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Table des matières

1 Air humide 1
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Propriétés de l’air humide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2.1 Composition de l’atmosphère type . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2.2 Pressions et masses volumiques . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2.3 Humidité spéci…que . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.4 Humidité relative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.5 Volume massique et volume spéci…que . . . . . . . . . . . 5
1.2.6 Enthalpies massique et enthalpies spéci…ques . . . . . . . . 5
1.2.7 Température sèche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.8 Température humide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.9 Température de rosée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Le diagramme Psychrométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

2 Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 10


2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Mélange adiabatique de deux quantités d’air ayant des caractéris-
tiques di¤érentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Refroidissement de l’air humide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3.1 Le refroidissement sans déshumidi…cation (refroidissement
purement sensible) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3.2 Le refroidissement avec déshumidi…cation . . . . . . . . . 14
2.4 Réchau¤age de l’air humide (apport purement sensible) . . . . . . 17
2.4.1 Apport de chaleur q . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.4.2 Elévation de température . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.5 Humidi…cation de l’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.5.1 Humidi…cation de l’air par injection de vapeur d’eau . . . 20
2.5.2 Humidi…cation par injection d’eau ou par évaporation d’eau
au contact de l’air à humidi…er . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.6 Déshumidi…cation de l’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.6.1 Par refroidissement sur des serpentins réfrigérés . . . . . . 27
2.6.2 Déshumidi…cation par adsorption. . . . . . . . . . . . . . . 28

1
TABLE DES MATIÈRES 2

2.7 Application : évolution de l’air dans une installation de condition-


nement d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.7.1 Nomenclature des airs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.7.2 Conditionnement d’hiver . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.7.3 Conditionnement d’été . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

3 Notions de confort thermique 37


3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.2 Qu’est ce que le confort thermique ? . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3 Facteurs ayant une incidence sur le confort thermique . . . . . . . 38
3.4 Conditions d’un environnement thermique acceptable . . . . . . . 39
3.4.1 Conditions environnementales du confort thermique général 39
3.4.2 Conditions environnementales du confort thermique local . 41
3.5 Comment Améliorer le confort thermique ? . . . . . . . . . . . . . 42
3.5.1 Isolation des murs par l’intérieur . . . . . . . . . . . . . . 42
3.5.2 Confort d’hiver . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.5.3 Confort d’été . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

4 Applications 44
4.1 Série 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.1.1 Exercice 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.1.2 Exercice 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.1.3 Exercice 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.2 Série 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.1 Exercice 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.2 Exercice 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2.3 Exercice 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
Table des …gures

1.1 Courbe d’équilibre de l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4


1.2 Diagramme de l’ai humide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2.1 Mélange adiabatique de deux airs humides de caractéristiques dif-


férentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Mélange de deux quantités d’air. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.3 Refroidissement sensible de l’air. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4 Refroidissement sans déshumidi…cation. . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.5 Batterie froide pour un refroidissement de l’air humide avec déshu-
midi…cation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.6 Refroidissement avec déshumidi…cation. . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.7 Décomposition de l’évolution de l’air avec déshumidi…cation . . . 17
2.8 Échau¤ement de l’air humide. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.9 Réchau¤age par contact. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.10 Réchau¤age avec élévation de température. . . . . . . . . . . . . . 19
2.11 Humidi…cation de l’air par injection de vapeur d’eau. . . . . . . . 21
2.12 Humidi…cation adiabatique de l’air par injection d’eau . . . . . . 23
2.13 Saturation parfaite (ou totale) d’un air humide . . . . . . . . . . . 23
2.14 Humidi…cation partielle d’un air humide . . . . . . . . . . . . . . 24
2.15 Préchau¤age, humidi…cation et chau¤age d’un air humide . . . . . 24
2.16 Humidi…cation avec de l’eau chau¤ée . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.17 Évolution de l’air humidi…é avec de l’eau chau¤ée . . . . . . . . . 25
2.18 Humidi…cation de l’air avec de l’eau chau¤ée : chaleur sensible et
chaleur latente mises en oeuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.19 Évolution de l’air humidi…é avec de l’eau refroidie . . . . . . . . . 27
2.20 Humidi…cation de l’air avec de l’eau refroidie : chaleur sensible et
chaleur latente mises en oeuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.21 Déshumidi…cation de l’air : refroidissement et réchau¤age mises
en oeuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.22 Déshumidi…cation de l’air par adsorption avec refroidissement . . 29
2.23 Schéma général d’une installation climatique. . . . . . . . . . . . . 30
2.24 Installation de conditionnement d’air d’hiver . . . . . . . . . . . . 31

3
TABLE DES FIGURES 4

2.25 Évolution de l’air en régime d’hiver pour l’installation de la …gure


2.24. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.26 Installation de conditionnement d’air d’été. . . . . . . . . . . . . . 33
2.27 Évolution de l’air en régime d’été pour l’installation de la …gure
2.26. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.28 Centrale de conditionnement d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

3.1 Plages de température opératoire et d’humidité acceptables pour


des personnes portant des vêtements d’été ou d’hiver habituels et
e¤ectuant un travail léger et sédentaire. Source : Addendum to
Thermal Environmental Conditions for Human Occupancy, ASH-
RAE Standard 55a, 1995 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

4.1 Humidi…cation adiabatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46


4.2 Echau¤ement de l’air humide : apport en chaleur sensible . . . . . 47
Liste des tableaux

1.1 Composition molaire de l’air sec . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

5
Chapitre 1

Air humide

1.1 Généralités
Le conditionnement d’un local consiste à préparer et à introduire d’une façon
continue une certaine quantité d’air traité a…n que soient réalisées dans ce local
les conditions d’ambiance désirées.
Les principaux éléments intervenant dans le conditionnement de l’air sont :
– la température ;
– l’humidité ;
– la teneur en poussière ;
– la teneur en gaz (toxiques ou non).
Nous aurons besoin de connaître et surtout de comprendre les grandeurs
caractérisques de de l’air humide a…n de réaliser le conditionnement adéquat.

1.2 Propriétés de l’air humide


1.2.1 Composition de l’atmosphère type
L’air sec type est dé…nit sur les bases suivantes :
– l’air est considéré comme un gaz parfait ;
– l’humidité est négligée ;
– les constantes physiques sont les suivantes :
– masse molaire : 28:9644 kg= kmol,
– pression atmosphérique au niveau de la mer : 101325 Pa,
– température au niveau de la mer : 15 C,

1
1. Air humide 2

– masse volumique au niveau de la mer : 1:225 kg= m3 ,


– constante universelle des gaz parfaits : 8314:32 J= K kmol ;
– la composition molaire de l’air est donnée dans le tableau 1.1.

Tab. 1.1 –Composition molaire de l’air sec


Composants Fraction molaire Masse molaire
Azote 0.7809 28.0134
Oxygène 0.2095 31.9988
Argon 0.0093 39.948
Dioxyde de carbone 0.0003 44.0099
Néon 0.000018 20.183
Hélium 0.00000524 1.0026
Krypton 0.0000010 83.80
Hydrogène 0.00000050 2.0159
Xénon 0.00000008 131.30

Dans l’air atmosphérique nous devons, également, prendre en considération


l’humidité qui se présente soit sous forme de vapeur soit sous forme de phase
condensée liquide (eau en gouttelettes, nuages, brume, brouillard).

1.2.2 Pressions et masses volumiques


L’air atmosphérique est composé d’air sec et de vapeur d’eau. Un volume V
d’air humide renferme une masse totale m :

m = ma + mv

avec ma masse d’air sec et mv masse de vapeur d’eau.


Cet air humide est considéré comme un mélange de gaz parfait.
– pour l’air sec :
Pa V a = r a T
avec :
Pa ( Pa) pression partielle de l’air sec ;
V a ( m3 = kg) volume massique de l’air sec ;
ra = 287:05 ( J= kg K) :
La masse volumique est donnée par :
1 Pa Pa
ma = = =
Va ra T 287:05T
1. Air humide 3

– pour la vapeur d’eau :


Pv V v = r v T

avec :
Pv ( Pa) pression partielle de la vapeur d’eau ;
V v ( m3 = kg) volume massique de la vapeur d’eau ;
rv = 461:51 ( J= kg K) :
La masse volumique est donnée par :
1 Pv Pv
mv = = =
Vv rv T 461:51T

L’application de la loi de Dalton donne :

P = P a + Pv

où P est la pression totale de l’air humide appelée également pression atmosphé-


rique.
L’air humide est dit saturé en vapeur d’eau si sa pression partielle de la
vapeur d’eau est maximale (ou tension maximale) P sat . La masse de vapeur
d’eau présente dans le volume d’air V est alors maximale :

P sat V
msat
v =
461:51T
La pression de saturation P sat dépend de la température (Fig. 1.1).On peut
utiliser la formule de Dupre valable entre 50 C et +200 C pour calculer
P sat (T ) :

6435
P sat (T ) = exp 46:784 3:868 ln (T + 273:15)
T + 273:15

T température en C
P sat pression de saturation en mmHg:
La vapeur d’eau se présente dans l’air sous forme de vapeur si Pv < P sat (T ):

1.2.3 Humidité spéci…que


L’humidité spéci…que x est le rapport de la masse de vapeur d’eau contenue
dans un volume V d’air humide à la masse d’air sec contenue dans ce même
1. Air humide 4

Fig. 1.1 –Courbe d’équilibre de l’eau

volume.
mv mv
x = =
ma ma
287:05 Pv
=
461; 51 P Pv
Pv
= 0:622 ( kg d’eau= kg d’air sec)
P Pv
L’humidité spéci…que (on devrait même préciser humidité spéci…que en vapeur
d’eau) est encore parfois appelée rapport de mélange, humidité absolue, teneur
en eau, etc.

1.2.4 Humidité relative


Il s’agit du rapport entre la pression partielle de la vapeur d’eau contenue
dans l’air humide et la pression de la vapeur saturante à la température T .
Pv
Hr (%) = 100 sat
P (T )
1. Air humide 5

1.2.5 Volume massique et volume spéci…que


Le volume massique V est le volume occupé par l’unité de masse d’air humide.
Un volume V renfermant une masse m = ma + mv d’air humide, on a :
V 1
V = = m3 = kg d’air humide
ma + mv ma + mv
avec ma masse volumique de l’air sec et mv masse volumique de la vapeur d’eau.
On préfère généralement rapporter le volume occupé par l’air humide à l’unité de
masse d’air sec, d’où la dé…nition du volume spéci…que Vs : volume d’air humide
renfermant l’unité de masse d’air sec :
V ma + mv
Vs = =V = V (1 + x)
ma ma

1.2.6 Enthalpies massique et enthalpies spéci…ques


Rappelons que seules les variations d’enthalpies sont calculables et qu’il
convient donc de …xer, conventionnellement, une origine aux di¤érentes enthal-
pies. L’enthalpie de l’air humide doit tenir compte de l’enthalpie de l’air sec et de
l’enthalpie de l’eau qui l’accompagne. On est donc amené à …xer respectivement
une origine à l’enthalpie de l’air sec et une origine à l’enthalpie de l’eau. On
adopte habituellement les conventions suivantes :
– enthalpie de l’air sec : on se …xe la valeur 0 pour l’air sec à 0 C ;
– enthalpie de l’eau : on se …xe la valeur 0 pour l’eau liquide à 0 C.
On considère, pour les calculs d’équipements :
– l’enthalpie massique H pour l’air sec, l’eau ou l’air humide ; elle est rap-
portée à l’unité de masse du corps considéré. On l’exprime en J= kg, ou
plus souvent en kJ= kg ; on la rencontre encore souvent exprimée en unités
thermiques kcal= kg ;
– l’enthalpie spéci…que Hs pour l’air humide seulement ; elle est rapportée à
l’unité de masse d’air sec. On l’exprime en J= kg d’air se, ou plus souvent
en kJ= kg d’air sec.
1. Enthalpie massique de l’air sec : elle est donnée par :
Z T
Ha = cp;a dT ( kJ= kg d’air sec)
0
En adoptant la valeur moyenne de la capacité thermique massique de l’air
asec cp;a entre 20 C et +50 C, on peut écrire :
H a = 1:006T ( kJ= kg d’air sec)
1. Air humide 6

2. Enthalpie massique de l’eau liquide : elle est donnée par :


Z T
He = cp;e dT ( kJ= kg d’eau)
0

Dans le domaine du conditionnement de l’air (c’est à dire pour des tempé-


ratures comprises entre 0 C et +50 C), la valeur moyenne de la capacité
thermique massique de l’eau est 4:194 kJ= kg d’eau, soit

H e = 4:194T ( kJ= kgd’eau)

3. Enthalpie massique de la vapeur d’eau : Pour passer de l’eau liquide à 0 C


à l’eau à l’état de vapeur à la température T (sous la pression Pv ), il faut :
– fournir de la chaleur à température constante (chaleurla tente) pour vapo-
riser l’eau ;
– fournir de la chaleur à pression constante qui a pour résultat de surchau¤er
la vapeur (chaleur sensible).
Les expressions donnant l’enthalpie massique de la vapeur d’eau compor-
teront donc un terme indépendant de la température et un terme (ou une
série de termes) fonction de la température :

H v = a + b194T ( kJ= kgd’eau ou de vapeur d’eau)

On peut utiliser la relation linéaire suivante :

H v = 2500:8 + 1:8266T ( kJ= kgd’eau)

qui donne des résultats acceptables jusqu’à 50 C environ.


Soit un volume V renfermant une masse d’air humide m = ma + mv . L’en-
thalpie de cette masse d’air humide est donnée par :

H = ma H a + mv H v ( kJ)
mv
= ma H a + Hv
ma
= ma H a + xH v

Rapportée à l’unité de masse d’air sec, l’enthalpie spéci…que de l’air humide est
alors :
Hs = H a + xH v ( kJ= kg d’air sec)
soit encore

Hs = 1:006T + x (2500:8 + 1:8266T ) ( kJ= kg d’air sec)


1. Air humide 7

1.2.7 Température sèche


La température de bulbe sec T ou, plus rapidement, température «sèche»
est celle qui est indiquée par un thermomètre dont l’élément sensible, le bulbe,
est parfaitement sec, le dit thermomètre étant placé dans l’air en question. C’est
la température au sens habituel du terme.

1.2.8 Température humide


C’est la température d’équilibre Th d’une masse d’eau s’évaporant dans l’air
dans le cas où la chaleur nécessaire à l’évaporation n’est prélévée que sur l’air.
La di¤érence (T Th ) est représentative de l’humidité relative Hr car :
– elle est nulle si l’air est saturé en vapeur d’eau, soit si Hr = 100% pas
dévaporation possible ;
– elle augmente avec la di¤érence (P sat Pv ) qui est le moteur de transfert
de masse, ainsi elle diminue si Hr augmente.

1.2.9 Température de rosée


Si l’on refroidit, par un moyen quelconque, une surface S placée dans un air
humide dont l’humidité spéci…que est constante, on atteint une température Tr
pour laquelle la phase condensée, eau ou glace, apparaît sur la surface froide.
Lorsque la surface est polie (miroir), cette phase apparaît très bien, on dit qu’on
atteint le point de rosée.
Si la température Ts de la surface est telle que :
T s > T r : il n’y a aucun dépôt de phase condensée ;
T s <= T r : il y a condensation ou givrage sur la surface froide.
L’humidité spéci…que de l’air étant constante, sa pression de vapeur Pv est inva-
riable. La température de rosée est donc celle pour laquelle l’air devient saturé
pour la pression de vapeur d’eau Pv .

1.3 Le diagramme Psychrométrique


Le but est d’utiliser un diagramme qui permette, par simple lecture et sans
faire aucun calcul, de déterminer la valeur de toutes les grandeurs caractérisant
l’air humide connaissant deux d’entre elles.
1. Air humide 8

Nous présentons à titre d’exemple (Fig. 1.2) un diagramme dans un système


d’axes orthogonaux (x; T ) gradués en g d’eau= kg d’air sec et en C. Le dia-
gramme de l’air humide comprend également :
– La courbe de saturation ;
– Les courbes d’égales humidités absolues ;
– Les courbes d’égales humidités relatives ;
– Les courbes d’égales températures humide ;
– Les isenthalpes ;
– Les courbes d’égales masses volumiques ;
Il existe di¤érents types de diagramme psychrométrique : le diagramme de
Carrier (Pv ; T ), le diagramme de Mollier (Pv ; Hs ), etc.
1. Air humide 9

Fig. 1.2 –Diagramme de l’ai humide


Chapitre 2

Opérations élémentaires de
traitement de l’air humide

2.1 Généralités
Nous utilisons largement les diagrammes de l’air humide pour illustrer les
opérations élémentaires de traitement de l’air humide, nous examinerons succes-
sivement :
– le mélange adiabatique de deux airs humides de caractéristiques di¤érentes
(§ 2.2) ;
– le refroidissement d’un air humide sans ou avec déshumidi…cation (§ 2.3) ;
– le réchau¤age d’un air humide (§ 2.4) ;
– l’humidi…cation d’un air (§ 2.5) ;
– la déshumidi…cation d’un air (§ 2.6).
On en déduira par la suite la structure générale d’un système de traitement
d’air toutes saisons.

2.2 Mélange adiabatique de deux quantités d’air


ayant des caractéristiques di¤érentes
Les mélanges d’air sont courants en technique climatique : mélange air neuf-
air recyclé, mélange air chaud-froid, etc. On e¤ectue ces mélanges au moyen de
boîtes mélangeuses ou boîtes de mélange équipées de registres de réglage
des débits d’air à mélanger. On utilise également des caissons de mélange

10
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 11

Fig. 2.1 – Mélange adiabatique de deux airs humides de caractéristiques di¤é-


rentes

à l’entrée des centrales de traitement d’air. On a également des mélanges entre


l’air sou- é dans le local et l’air à l’intérieur de celui-ci.La vapeur d’eau contenue

Fig. 2.2 –Mélange de deux quantités d’air.

dans l’air est assimilée à un gaz parfait.


Soit un mélange :une masse ma;1 kg d’air sec à l’état M 1 (d’humidité spéci…que
x1 et d’enthalpie spéci…que H1 ) et une masse ma;2 kg d’air sec à l’état M 2
(d’humidité spéci…que x2 et d’enthalpie spéci…que H2 ).
M étant l’état …nal du mélange adiabatique, qui renferme une masse ma kg d’air
sec, à la température T; d’humidité spéci…que x et d’enthalpie spéci…que H.
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 12

On a :
– Le bilan massique de l’air sec :
ma = ma;1 + ma;2 ( kg d’air sec)
– Le bilan massique de l’eau :
ma x = ma;1 x1 + ma;2 x2 ( kg d’eau)
– Le bilan énergétique :
ma H = ma;1 H1 + ma;2 H2 ( kJ)
soit :
ma;1 (H H1 ) = ma;2 (H2 H) ( kJ)
ce qui traduit l’égalité entre la quantité de chaleur absorbée par l’air qui
se réchau¤e et La quantité de chaleur cédée par l’air qui se refroidit.
Les quantités de chaleur peuvent être également exprimées en fonction des
températures :
ma;1 Cp;air (T T1 ) = ma;2 Cp;air (T2 T)
où Cp;air est la chaleur spéci…que de l’air humide exprimée en ( kJ= kg d’air sec K) :
Des deux bilans massiques de l’air sec et de l’eau on peut déduire :
ma;1 =ma;2 = (x2 x)=(x x1 )
En traitant de la même manière le bilan massique de l’air sec et le bilan énergé-
tique, on aura :
ma;1 =ma;2 = (H2 H)=(H H1 ) = (T2 T )=(T T1 )
Dans les triangles rectangles M M1 A et M2 M B (Fig. 2.2) :
M1 A = T T1 ; M B = T2 T; M A = x x1 et M2 B = x2 x
Ces rapports étant égaux, les triangles sont semblables et les points M1 ; M; M2
sont alignés.
Pour un mélange de deux quantités d’air humide, on peut écrire les relations
suivantes :
x = (ma;1 x1 + ma;2 x2 )=(ma;1 + ma;2 )
H = (ma;1 H1 + ma;2 H2 )=(ma;1 + ma;2 )
T = (ma;1 T1 + ma;2 T2 )=(ma;1 + ma;2 )
Le point …guratif du mélange est situé le plus près du point …guratif de la masse
d’air la plus importante.
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 13

Fig. 2.3 –Refroidissement sensible de l’air.

2.3 Refroidissement de l’air humide


Soit à déterminer la température obtenue en enlevant une quantité de chaleur
Q( kJ) à un air humide donné. Il y a lieu de déterminer la quantité de chaleur
enlevée par ma kg d’air sec :

qf = Qf =ma = (H) = H1 H2

2.3.1 Le refroidissement sans déshumidi…cation (refroi-


dissement purement sensible)
Pour e¤ectuer cette opération, on utilise une batterie froide dont la tempé-
rature super…cielle est supérieure à la température de rosée de l’air à refroidir
(Fig. 2.3).
Les échangeurs de refroidissement (batteries froides) peuvent être :
– à circulation d’un ‡uide caloporteur froid ;
– à évaporation d’un frigorigène (batterie froide à détente directe).
Ce type d’opération est très peu courant.On donne les caractéristiques de l’air
à refroidir, déterminer :
1. le point M1 ;
2. l’enthalpie de l’air à refroidir H1 ;
3. l’enthalpie de l’air refroidi : H2 = H1 qf = H 1 (H)
4. le point de l’air refroidi M2 .
Nota
– la masse de vapeur d’eau x1 reste constante.
– le degré hygrométrique augmente : Hr2 > Hr1 .
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 14

Fig. 2.4 –Refroidissement sans déshumidi…cation.

Fig. 2.5 –Batterie froide pour un refroidissement de l’air humide avec déshumi-
di…cation.

Exemple
Un air humide : T1 = 19 C et Hr1 = 65% ; une quantité de chaleur qf =
4:18 kJ= kg d’air sec lui est enlevée ;
Déterminer M 2:

2.3.2 Le refroidissement avec déshumidi…cation


C’est une des transformations les plus importantes en climatisation puisqu’il
s’agit généralement de refroidir de l’air mais également d’abaisser sa richesse en
eau. Pour l’e¤ectuer, on met l’air en contact avec une surface solide ou liquide
(Fig. 2.5), dont la température est inférieure à sa température de rosée. Pendant
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 15

un temps t, en régime permanent :


– il entre en 1 de l’air dont l’humidité spéci…que est x1 , l’enthalpie spéci…que
H1 et qui contient une masse ma;1 kg d’air sec ;
– il sort en 2 de l’air dont l’humidité spéci…que est x2 , l’enthalpie spéci…que
H2 et qui contient une masse ma;2 kg d’air sec ;
– il sort en 3 une masse d’eau liquide me d’enthalpie massique He ;
– on extrait une quantité de chaleur Qf par l’intermédiaire de la batterie B.
On a :
– Le bilan massique de l’air sec :

ma;1 = ma;2 = ma ( kg d’air sec)

– Le bilan massique de l’eau :

ma;1 x1 = me + ma;2 x2 ( kg d’eau)


me = ma (x1 x2 ) ( kg d’eau)
me =ma = x1 x2 ( kg d’eau= kg d’air sec)

– Le bilan énergétique :

ma;1 H1 = me He + Qf + ma;2 H2
Qf = ma (H1 H2 ) me He ( kJ)

ou, par unité de masse d’air sec :

qf = Qf =ma = (H1 H2 ) (x1 x2 ) He ( kJ= kg d’air sec)

Cette relation est rigoureuse. Pour connaître qf , il faut connaître, donc les
états 1 et 2 de l’air humide entrant et sortant, ce qui nous donne égale-
ment x1 et x2 donc me =ma , mais il nous faut aussi connaître He , donc la
température Te de l’eau sortante. Celle-ci est comprise entre la tempéra-
ture de la surface froide et la température de bulbe humide de l’air sortant
mais elle n’est pas exactement connue. Notons que cela n’a aucune impor-
tance pratique pour le climaticien. En e¤et, le terme, (x1 x2 ) He ; peut
généralement être négligé vis-à-vis du premier (H1 H2 ):
Remarque
La transformation 1 ! 2 (Fig. 2.7) peut être décomposée en :
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 16

Fig. 2.6 –Refroidissement avec déshumidi…cation.

– une transformation 1 ! 3 au cours de laquelle la température sèche ne


change pas, T1 = T3 , et l’humidité spéci…que passe de x1 ! x3 . La chaleur
échangée par unité de masse d’air sec, chaleur latente, est représentée par
ql = (H1 H3 ).
– une transformation 3 ! 2 au cours de laquelle l’humidité spéci…que ne
change pas, x2 = x3 , et la température passe de T1 = T3 à T2 . La chaleur
échangée, chaleur purement sensible, est représentée par qs = (H3 H2 ).
La chaleur totale échangée, par unité de masse d’air sec, est : qf = ql + qs :
Le refroidissement accompagné de déshumidi…cation de l’air peut être e¤ectué
au moyen d’une batterie froide dont la température super…cielle est inférieure à
la température de rosée de l’air, l’humidité atmosphérique s’y condense donc ;
la batterie froide peut être à circulation d’un liquide frigoporteur ou à détente
directe.On donne les caractéristiques de l’air à refroidir (M1 donné) :
1. déterminer l’enthalpie spéci…que de l’air à refroidir H1 ;
2. caluculer l’enthalpie spéci…que de l’air refroidi : H2 = H1 qf ;
3. déterminer, sur le diagramme, le point caractéristique de l’air refroidi M2
(M2 se trouve sur la courbe de saturation, il y a condensation ; Hr = 100%).
La vapeur d’eau condensée doit être éliminée au fur et à mesure de la déshu-
midi…cation, sinon il y aurait production d’un brouillard. La quantité de vapeur
d’eau condensée par kilogramme d’air sec est : x = x1 x2 .
Exemple
Un air humide : T1 = 19 C et Hr1 = 65% ; une quantité de chaleur q =
12:54 kJ= kg d’air sec lui est enlevée ;
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 17

Fig. 2.7 –Décomposition de l’évolution de l’air avec déshumidi…cation

Fig. 2.8 –Échau¤ement de l’air humide.

déterminer : T2 ; Hr2 et x = x1 x2 de l’air refroidi.


Solution
H1 = 41:8 kJ= kg ;
Calculer : H2 = H1 q = 29; 26 kJ= kg d’air sec ; Hr2 = 100%; T2 = 10 C,
(x) = 9 7; 6 = 1; 4 g= kg d’air sec.

2.4 Réchau¤age de l’air humide (apport pure-


ment sensible)
La …gure (2.8) représente schématiquement le système qui permet ce réchauf-
fage. Pendant le temps t, en régime permanent :
– il entre en 1 de l’air humide d’humidité spéci…que x1 , d’enthalpie spéci…que
H1 , qui contient une masse ma;1 kg d’air sec ;
– on apporte une quantité de chaleur Qc par l’intermédiaire du réchau¤eur
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 18

R;
– il sort en 2 de l’air d’humidité spéci…que x2 , d’enthalpie spéci…que H2 , qui
contient une masse ma;2 kg d’air sec.
On a :
– Le bilan massique de l’air sec :

ma;1 = ma;2 = ma ( kg d’air sec)

– Le bilan massique de l’eau :

ma;1 x1 = ma;2 x2 ( kg d’eau)


x1 = x2 ( kg d’eau= kg d’air sec)

L’humidité spéci…que est inchangée.


– Le bilan énergétique :

ma;1 H1 = Qc + ma;2 H2
Qc = ma (H1 H2 ) ( kJ)

ou, par unité de masse d’air sec :

qc = Qc =ma = (H1 H2 ) ( kJ= kg d’air sec)

2.4.1 Apport de chaleur q


Soient le point caractéristique M1 de l’air à réchau¤er et la quantité de chaleur
apportée en kJ= kg donnés :
1. déterminer H1 ;
2. calculer H2 = H1 + q ;
3. déterminer M2 ;
Lire : T2 ; Hr2 < Hr1 .
Nota
La masse de vapeur d’eau reste constante, mais l’humidité relative diminue.

2.4.2 Elévation de température


Soient le point caractéristique M1 de l’air à réchau¤er et l’élévation de tem-
pérature donnés :
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 19

Fig. 2.9 –Réchau¤age par contact.

Fig. 2.10 –Réchau¤age avec élévation de température.


2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 20

1. calculer la température à atteindre : T2 = T1 + (T ) ;


2. déterminer M2 ;
3. lire Hr2 et H2 ;
4. calculer la quantité de chaleur à apporter : (H) = H2 H1 .
Exemple
Un air humide : T1 = 14 C et Hr1 = 50% ; soit à élever de 6 C la tempéra-
ture T .
Déterminer : T2 ; Hr2 ; H1 ; H2 ; (H) et x2 .
Solution
T2 = 20 C ; H1 = 26 kJ= kg ; (H) = 6:2 kJ= kg ;
Hr2 = 34% ; H2 = 32:2 kJ= kg ; x2 = x1 = 5 g= kg:

2.5 Humidi…cation de l’air


On peut être amené, dans un certain nombre de cas, à humidi…er l’air à
traiter :
– en hiver, car l’humidité spéci…que de l’air extérieur est basse ; cette néces-
sité d’humidi…er l’air en hiver est absolument courante en climatisation ;
– en conditionnement d’air industriel, par exemple : industrie textile, pou-
dreries, hôpitaux, etc. ;
– en été, dans les pays arides, pour refroidir un air chaud et sec par vapori-
sation directe d’eau dans cet air, etc.
On distingue :
1. l’humidi…cation d’air par injection de vapeur d’eau ; cette humidi…cation
s’e¤ectue, nous allons le voir, à température sèche de l’air à peu près
constante ;
2. l’humidi…cation d’air par injection dans celui-ci de gouttelettes d’eau li-
quide ou par évaporation d’eau liquide au contact de laquelle l’air circule ;
l’humidi…cation peut se faire avec de l’eau chau¤ée, avec de l’eau refroidie
ou encore avec de l’eau à laquelle on n’apporte ni ne soustrait de chaleur.

2.5.1 Humidi…cation de l’air par injection de vapeur d’eau


La …gure (2.11) représente schématiquement le dispositif d’humidi…cation par
injection de vapeur.On a, en régime permanent, pendant l’instant t :
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 21

Fig. 2.11 –Humidi…cation de l’air par injection de vapeur d’eau.

– Le bilan massique de l’air sec :

ma;1 = ma;2 = ma ( kg d’air sec)

– Le bilan massique de l’eau : on fournit au système une masse mv de vapeur


d’eau :

ma;2 x2 = mv + ma;1 x1 ( kg d’eau)


mv = ma (x2 x1 ) ( kg d’eau)
mv =ma = x2 x1 ( kg d’eau= kg d’air sec)

– Le bilan énergétique : la vapeur d’eau est injectée sous la pression atmo-


sphérique à la température Tv = 100 C et avec l’enthalpie massique Hv ;
on a :

ma;2 H2 = mv Hv + ma;1 H1 ( kJ)


mv Hv = ma (H2 H1 ) ( kJ)

ou, par unité de masse d’air sec :

(mv =ma ) Hv = H2 H1 ( kJ= kg d’air sec)


H2 H1 = (x2 x1 ) Hv ( kJ= kg d’air sec)

Pour représenter l’enthalpie massique de la vapeur d’eau dans un plus grand


domaine de température, on utilisera la relation proposée par Cadiergues :

Hv = 2500:8 + 1:826T + 2:818 10 4 T 2 1:086 10 5 T 3 ( kJ= kg d’eau)


2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 22

Ainsi à 100 C, on a Hv = 2683:4 ( kJ= kg d’eau) : Au cours de cette humidi…-


cation par la vapeur de l’état 1 à l’état 2, la variation de l’enthalpie spéci…que
est :
H2 H1 = 2683:4 (x2 x1 ) ( kJ= kg d’air sec)

Simultanément la variation de la température sèche est souvent négligée dans


les calculs pratiques et on admet que l’humidi…cation d’un air par injection de
vapeur d’eau s’e¤ectue à température sèche constante.

2.5.2 Humidi…cation par injection d’eau ou par évapora-


tion d’eau au contact de l’air à humidi…er
Elle peut se faire au moyen de :
– laveurs d’air à recirculation d’eau ;
– laveurs d’air à recirculation d’eau réchau¤ée ;
– laveurs d’air à recirculation d’eau refroidie ;
– atomiseurs ;
– humidi…cateurs à médias imprégnés.

Humidi…cation adiabatique

Elle se fait au moyen d’un laveur d’air à recirculation d’eau, celle-ci n’étant
ni chau¤ée ni refroidie (Fig. 2.12).
En négligeant la faible énergie consommée par la pompe, on peut considérer que
la saturation s’e¤ectue à enthalpie spéci…que constante (Fig. 2.13) ; on a :

H2 = H1 ( kJ= kg d’air sec)


x2 > x1 ( kg d’eau= kg d’air sec)
T2 < T1 ( C)

La température de l’eau e est sensiblement égale à la température de humide


de l’air traité.
Si le contact était parfait entre l’air et l’eau, et cela sur une distance su¢ sante, on
aurait, à la sortie en 2 un air humide saturé (Fig. 2.14). Il n’en est généralement
pas exactement ainsi. Le point 2, quoique très proche du point S, correspondant
à l’exacte saturation, ne l’atteint pas (…gure 26). On peut encore dire que Hr2 <
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 23

Fig. 2.12 –Humidi…cation adiabatique de l’air par injection d’eau

Fig. 2.13 –Saturation parfaite (ou totale) d’un air humide


2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 24

Fig. 2.14 –Humidi…cation partielle d’un air humide

Fig. 2.15 –Préchau¤age, humidi…cation et chau¤age d’un air humide

100%.
On appelle rendement de saturation le rapport :
x2 x1 T2 T1
sat =
xS x1 TS T1
Si l’on doit humidi…er et chau¤er un air froid (cas courant en hiver), on doit :
– le préchau¤er dans la batterie chaude de préchau¤age BPC (évolution de
1 à 2; …gure 2.15) ;
– l’humidi…er, par exemple dans le laveur L (évolution de 2 à 3 selon l’isen-
thalpe) ;
– le réchau¤er ensuite dans la batterie chaude BC de 3 à 4.
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 25

Fig. 2.16 –Humidi…cation avec de l’eau chau¤ée

Fig. 2.17 –Évolution de l’air humidi…é avec de l’eau chau¤ée

Humidi…cation avec de l’eau chau¤ée

Avant d’être injectée dans le laveur, l’eau est réchau¤ée dans l’échangeur E
(Fig. 2.16).
Si le rendement de saturation sat est égal à 1, l’air sort du laveur saturé e à
la température e de l’eau injectée T2 = e :
– Si e > T1 ; l’air est à la fois humidi…é et réchau¤é (évolution de 1 à 2,
…gure 2.17).
– Si Th;1 < e < T1 ; l’air est humidi…é mais refroidi à une température
supérieure à la température de humide de l’air entrant (évolution de 1 à
0
2 , …gure 2.17).
En négligeant la puissance de la pompe, on doit par unité de masse d’air sec
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 26

Fig. 2.18 – Humidi…cation de l’air avec de l’eau chau¤ée : chaleur sensible et


chaleur latente mises en oeuvre

fournir une quantité de chaleur :


Q
q= = H2 H1 ( kJ= kg d’air sec)
ma
Celle-ci peut se subdiviser (Fig. 2.18) :
– en chaleur latente (humidi…cation) :

ql = H 2 H3 ( kJ= kg d’air sec) > 0

– en chaleur sensible (échau¤ement) :

qs = H 3 H1 ( kJ= kg d’air sec) > 0

Humidi…cation avec de l’eau refroidie

Pour qu’il y ait humidi…cation, il faut que la température de l’eau refroidie e


mise en contact avec l’air soit supérieure à sa température de rosée. Le système
de traitement d’air est en tout point semblable à celui représenté sur la …gure
(2.16) mais l’échangeur E est cette fois-ci un refroidisseur d’eau et la chaleur Q
est extraite :
Q
q= = H1 H2 ( kJ= kg d’air sec)
ma
L’évolution de l’air dans les diagrammes psychrographiques est donnée sur la
…gure (2.19).La quantité de chaleur peut se subdiviser (Fig. 2.20) :
– en chaleur latente (humidi…cation) :

ql = H 3 H1 ( kJ= kg d’air sec) > 0


2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 27

Fig. 2.19 –Évolution de l’air humidi…é avec de l’eau refroidie

– en chaleur sensible (refroidissement) :

qs = H 2 H3 ( kJ= kg d’air sec) < 0

2.6 Déshumidi…cation de l’air


Nous avons déjà étudié au paragraphe (2.3.2) la déshumidi…cation de l’air
avec refroidissement par passage de cet air sur une batterie froide à température
de surface inférieure à la température de rosée de l’air ou par passage dans un
laveur d’air à circulation d’eau refroidie à une température inférieure à Tr . On
peut également enlever de l’humidité à l’air en le mettant en contact :
Nous détaillons dans ce qui suit di¤érents procédés de déshumidi…cation de l’air.

2.6.1 Par refroidissement sur des serpentins réfrigérés


On fait passer l’air à déshumidi…er dans un réfrigérant :
– Il y a d’abord refroidissement à humidité absolue constante x1 .
– Lorsque la température de rosée est atteinte Tr;1 , il y a refroidissement et
condensation d’une partie de la vapeur d’eau contenue dans l’air jusqu’en
M3 où l’humidité absolue correspond à x2 désirée. La quantité de chaleur
extraite à l’air humide est H1 H3 .
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 28

Fig. 2.20 – Humidi…cation de l’air avec de l’eau refroidie : chaleur sensible et


chaleur latente mises en oeuvre

– On doit faire passer ensuite l’air dans un réchau¤eur pour élever sa tem-
pérature de T3 à T1 . La quantité de chaleur à fournir est H2 H3 .

2.6.2 Déshumidi…cation par adsorption.


On fait passer l’air sur un corps « adsorbant » : gel de silice (silicagel), chlo-
rure de lithium, glycol. L’installation comprend en général deux circuits pour
permettre la régénération. L’adsorption s’e¤ectue approximativement à enthal-
pie constante, ce qui se traduit par une augmentation de la température. L’ins-
tallation doit comprendre un réfrigérant situé après le dispositif d’adsorption.

2.7 Application : évolution de l’air dans une


installation de conditionnement d’air
2.7.1 Nomenclature des airs
Les installations qui ont pour but de maintenir des conditions concernant le
stockage ou la fabrication de denrées et le travail de précision ne tiennent pas
compte des conditions de confort des personnes. Elles sont appelées « installa-
tions industrielles » .
Les installations non industrielles sont généralement dites « installations de cli-
matisation » .
La …gure (2.23) représente le schéma d’une installation climatique où l’on re-
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 29

Fig. 2.21 –Déshumidi…cation de l’air : refroidissement et réchau¤age mises en


oeuvre

Fig. 2.22 –Déshumidi…cation de l’air par adsorption avec refroidissement


2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 30

Fig. 2.23 –Schéma général d’une installation climatique.

marque :
– le local à climatiser (1) ;
– la centrale de traitement d’air (2) comportant généralement le ven-
tilateur de sou- age VS et divers matériels pour le traitement de l’air
non …gurés ici (caisson de mélange, …ltres, batterie froide, batterie chaude,
humidi…cateur, etc.) ;
– la gaine (ou conduit) de sou- age (3) (ou réseau de gaines si l’ins-
tallation couvre plusieurs locaux) ; elle débouche dans le local par une ou
plusieurs bouches de sou- age BS ;
– la gaine (ou conduit) de reprise (4) (ou réseau de gaines de reprise) ;
elle communique avec le local par une ou plusieurs bouches de reprise
BR ;
– le ventilateur de reprise VR (5) ;
– la gaine (ou conduit) d’air recyclé (6) qui permet de renvoyer vers la
centrale une partie plus ou moins grande de l’air repris ;
– la gaine (ou conduit) d’air rejeté (7), communiquant avec l’extérieur
par un ori…ce d’extraction OE ;
– la gaine (ou conduit) d’air neuf (8), communiquant avec l’extérieur
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 31

Fig. 2.24 –Installation de conditionnement d’air d’hiver

par une prise d’air neuf PAN ;


– une ou plusieurs gaines de dérivation (9) de tout (ou partie) de la centrale
de traitement d’air ;
– quelquefois, une gaine d’extraction (10) communiquant avec le local par
une bouche d’extraction BE ; l’air aspiré par le ventilateur d’extrac-
tion VE est rejeté dehors par l’ori…ce OE.

2.7.2 Conditionnement d’hiver


Le local nécessite un apport d’air neuf pour les besoins hygiéniques. Cet air
étant froid et sec, il y a nécessité de l’échau¤er et de l’humidi…er. Pour des raisons
d’économie, on recycle une partie de l’air repris. Comme nous l’avons dit, pour
faciliter l’humidi…cation, on préchau¤e l’air neuf qui entre dans la batterie de
préchau¤age BPC (Fig. 2.24) ordinairement précédé d’un pré…ltre PF.
L’état du local (1) est caractérisé par l’air de reprise R entrant dans la gaine
de reprise. L’air sou- é est représenté par S. Supposons que dans le local il
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 32

Fig. 2.25 – Évolution de l’air en régime d’hiver pour l’installation de la …gure


2.24.

n’y ait ni air in…ltré ni air perdu ni dégagement d’humidité ( me = 0), ce qui
signi…e que les échanges calori…ques entre le local et l’extérieur ne mettent en
jeu que de la chaleur sensible Qs et pas de chaleur latente. Ici, Qs < 0 car le
local perd de la chaleur vers l’extérieur puisque TR > Te .
La …gure 2.25 représente, dans le diagramme psychrographique, le tracé du cycle
d’évolution de l’air en régime d’hiver.
– De S à R, évolution de l’air dans le local : l’air sou- é se refroidit, à humidité
spéci…que constante puisque me = 0. Ce refroidissement de l’air sou- é
compense les déperditions thermiques (sensibles) du local.
– De R à 1, l’air repris s’échau¤e (légèrement) dans le ventilateur de re-
prise VR.
– De 2 = e (état de l’air extérieur) à 3, échau¤ement de l’air neuf qui traverse
la batterie de préchau¤age BPC ; l’échau¤ement s’e¤ectue à humidité
spéci…que constante.
– Le mélange de l’air recyclé 1 et de l’air neuf échau¤é 3 donne l’air mélangé
4.
– De 4 = 5 à 6, humidi…cation dans le laveur adiabatique HA ; l’air
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 33

Fig. 2.26 –Installation de conditionnement d’air d’été.

suit la courbe à température de bulbe humide constante passant par 4. On


humidi…e ainsi l’air de x4 à x6 = xS , valeur de sou- age.
– De 6 à 7, échau¤ement de l’air à humidité spéci…que constante dans la
batterie chaude BC.
– De 7 à S, léger échau¤ement complémentaire de l’air dans le ventilateur
de sou- age VS.
Dans tout ce qui précède, on a supposé que les pertes thermiques par les
parois des gaines étaient négligeables. On aurait évidemment pu en tenir compte
(échanges de chaleur sensible).

2.7.3 Conditionnement d’été


Le local nécessite toujours un débit d’air neuf qui est maintenant chaud et
humide. Il y a donc nécessité de le refroidir et de le déshumidi…er. Toujours pour
les mêmes raisons d’économie, on recycle une partie de l’air repris. On suppose
qu’il y a, dans le local, apport de chaleur sensible Qs > 0, puisque TR < Te ,,
et apport de chaleur latente, Ql > 0, car il y a apport d’une masse me d’eau
(occupants et in…ltration d’air extérieur humide).
L’air sou- é dans le local (état S) doit donc être plus froid et plus sec que celui
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 34

Fig. 2.27 –Évolution de l’air en régime d’été pour l’installation de la …gure 2.26.

du local (état R) :
Ts < TR et rs < r R (2.1)

La batterie froide BF est en fonctionnement pour refroidir et déshumidi…er


l’air, par contre la batterie de préchau¤age BPC et l’humidi…cateur HA
ne sont pas utilisés (Fig. 2.26).
La …gure 2.27 représente le cycle d’évolution de l’air dans le diagramme psychro-
métrique.
– De S à R, évolution de l’air dans le local : l’air sou- é s’échau¤e en absor-
bant les apports de chaleur sensible au local, il s’humidi…e en absorbant
l’eau qui y est dégagée.
– De R à 1, léger échau¤ement (chaleur sensible) dans le ventilateur de
sou- age.
– De 2 = e à 3, l’air neuf est simplement …ltré ; son état reste le même.
– Le mélange d’air recyclé 1 et d’air neuf 3 donne l’air mélangé 4.
– De 4 à 5, l’air mélangé est refroidi et déshumidi…é en traversant la batterie
froide BF. À la sortie de la batterie, en 5, l’air n’est pas exactement saturé
en raison du contact imparfait de l’air à traiter et de la batterie froide dont
la température super…cielle est Ts . On peut considérer que l’air en 5 est un
mélange entre de l’air parfaitement saturé à la température super…cielle Ts
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 35

de la batterie froide (la plus grande partie) et de l’air dans l’état initial 4.
Le point 5 est donc sur la droite qui joint 4 à s. Nota : cette façon de voir,
quoique non rigoureuse, est su¢ sante dans la pratique.
– En 5 = 6, l’humidité spéci…que est celle requise pour le sou- age mais,
comme on peut aisément le constater sur les diagrammes, cet air est trop
froid. Donc de 5 = 6 à 7, on échau¤e l’air à humidité spéci…que constante
(chaleur sensible) dans la batterie chaude BC qui doit rester en fonc-
tionnement, bien que la puissance requise ici soit beaucoup plus faible que
précédemment.
– De 7 à S, léger échau¤ement supplémentaire de l’air dans le ventilateur
de sou- age VS. Notons que, comme précédemment, on a supposé que
les pertes thermiques par les gaines étaient nulles.
2. Opérations élémentaires de traitement de l’air humide 36

Fig. 2.28 –Centrale de conditionnement d’air


Chapitre 3

Notions de confort thermique

3.1 Introduction
L’appréciation du confort thermique dépend des personnes. Cependant, en
jouant sur des paramètres essentiels comme la température, la vitesse de l’air
et l’humidité un équilibre thermique peut être atteint. Ces paramètres peuvent
s’ajuster en isolant thermiqueent le bâtiment, en évitant les in…ltrations d’air
parasite à travers les ouvertures, en choisissant un système de conditionnement
et d’aération adapter au bâtiment et son mode d’occupation.

3.2 Qu’est ce que le confort thermique ?


Le confort thermique se dé…nit comme la satisfaction exprimée à l’égard
de l’ambiance thermique du milieu environnant. Pour qu’une personne se sente
confortable, trois conditions doivent être réunies :
– Le corps doit maintenir une température interne stable.
– La production de sueur ne doit pas être trop abondante et la température
moyenne de la peau doit être confortable.
– Aucune partie du corps ne doit être trop chaude ni trop froide (inconfort
local).
Si le confort thermique est souhaitable, il est souvent di¢ cile de l’obtenir
dans plusieurs milieux de travail. Toutefois, des conditions thermiques inconfor-
tables ne présentent pas nécessairement un risque pour la santé ou la sécurité
des travailleurs puisque l’organisme peut s’adapter dans une certaine mesure aux

37
3. Notions de confort thermique 38

‡uctuations de l’ambiance.
Le corps humain échange en permanence de la chaleur avec son voisinage immé-
diat. L’habillement joue un rôle important dans la manière dont sont ressentis
les e¤ets de ces échanges qui se font suivant trois méchanismes distincts :
– par conduction pour les échanges termiques ayant lieu quand le corps est
en contact avec une surface (lorsqu’on marche pied nus, lorsqu’on touche
une surface, etc.),
– par convection pour les échanges de chaleur liés au mouvement de l’air
autour du corps. Ils sont d’autant plus intenses que la vitesse de l’air est
importante et que l’écart de température entre l’air et le corps est grand,
– par rayonnement pour des échanges de rayonnenements infrarouges avec
les parois qui peuvent être chaudes ou froides (cette senstaion peut être
expérimentée en se plaçant, un soir d’été, à proximité d’un mur qui a été
exposé au soleil dans la journée sans pour autant toucher le mur).
La recherche d’une ambiance de confort thermique consiste à trouver un
équilibre entre tous ces processus d’échange thermique de manière à ce que les
occupants du logement n’aient ni trop chaud ni trop froid. Cette recherche doit
également se faire en ménageant les consommations d’énergie.

3.3 Facteurs ayant une incidence sur le confort


thermique
Les principaux facteurs qui régissent les échanges de chaleur entre une per-
sonne et son environnement et qui ont une incidence sur son confort thermique
sont les suivants :
Pour la personne :
– Son activité physique (production de chaleur par le corps).
– Son habillement.
Pour l’environnement :
– La température de l’air et ses ‡uctuations.
– Le rayonnement thermique.
– L’humidité.
– La vitesse de l’air.
– La température des objets avec lesquels la personne est en contact.
3. Notions de confort thermique 39

3.4 Conditions d’un environnement thermique


acceptable
Les conditions d’un environnement thermique acceptable sont dé…nies dans
la norme 55-1992 et son addenda 1995 de l’American Society of Heating,
Refrigerating and Air Conditioning Engineers (ASHRAE) intitulée
Thermal Environmental Conditions for Human Occupancy. Cette norme spé-
ci…e des conditions dans lesquelles 80% ou plus des personnes en bonne santé
trouveront une ambiance confortable. En e¤et, en raison des di¤érences de per-
ception d’un individu à l’autre, il est impossible de déterminer une ambiance
thermique qui soit satisfaisante pour tous. La norme ASHRAE peut servir de
repère pour l’évaluation d’une situation de travail. Les recommandations qui
suivent s’appliquent à des activités sédentaires ou légères exercées par des per-
sonnes portant une tenue vestimentaire normale. Le travail de bureau constitue
le meilleur exemple de ce type d’activités. Les recommandations relatives aux
conditions environnementales ont été regroupées sous deux thèmes : d’une part,
celles qui visent à assurer le confort thermique général, c’est-à-dire du corps dans
son ensemble, et, d’autre part, celles qui concernent le confort thermique local.

3.4.1 Conditions environnementales du confort thermique


général
Température opératoire

L’ASHRAE spéci…e les normes de confort du corps dans son ensemble en


termes de température opératoire. Cette température tient compte de la tem-
pérature de l’air, du rayonnement thermique et de la vitesse de l’air jusqu’à
0:15 0:2 m= s. Les vêtements d’intérieur portés l’hiver o¤rent un degré d’isola-
tion thermique plus élevé que les tenues d’été. Voilà pourquoi les températures
opératoires de confort varient avec les saisons.
À 50% d’humidité relative, ces températures s’étalent de 23 à 26 C en été, et
de 20 à 23:5 C en hiver. Ces plages de températures sont légèrement déplacées
pour un taux d’humidité supérieur ou inférieur à 50% (Fig. 3.1). Dans le cas où
il n’y a pas d’échange par rayonnement entre la personne et son environnement
(par exemple, absence de rayonnement direct du soleil ou d’une fenêtre froide),
on peut considérer que la température opératoire est sensiblement la même que
3. Notions de confort thermique 40

la température de l’air ambiant. Le graphique peut alors être utilisé avec la tem-
pérature de l’air. Dans le cas où il y a une source de rayonnement, il faut alors
estimer la température opératoire ou la mesurer directement.

Fig. 3.1 – Plages de température opératoire et d’humidité acceptables pour


des personnes portant des vêtements d’été ou d’hiver habituels et e¤ectuant
un travail léger et sédentaire. Source : Addendum to Thermal Environmental
Conditions for Human Occupancy, ASHRAE Standard 55a, 1995

Humidité

Les limites de l’humidité relative indiquées dans le graphique précédant sont


basées sur des considérations qui relèvent du confort thermique. Ces limites ont
été établies pour prévenir l’assèchement de la peau, et l’irritation des yeux et
des voies respiratoires.

Vitesse de l’air

Aucun mouvement d’air minimum n’est nécessaire pour assurer le confort


thermique lorsque les températures se situent dans la zone de confort. La tem-
3. Notions de confort thermique 41

pérature opératoire peut, par contre, être augmentée jusqu’à 3 C au-dessus de


la zone de confort si la vitesse de l’air est accrue au-dessus de 0:2 m= s. Cette
dernière ne devrait pas excéder 0:8 m= s. Il est préférable que la vitesse et la
direction de l’air soient contrôlées par l’occupant.

Fluctuations de la température

Les variations de la température et la vitesse à laquelle elles se produisent


doivent être prises en considération. La température opératoire ne doit pas varier
de plus de 0:5 C à l’heure.

3.4.2 Conditions environnementales du confort thermique


local
Un environnement thermique inégal peut être la source d’inconfort pour cer-
taines parties du corps. Les principales conditions environnementales à maîtriser
pour éviter ces situations sont les suivantes :

Di¤érence verticale de la température de l’air

Dans un local fermé, la température de l’air augmente généralement du plan-


cher vers le plafond. Si la di¤érence de température est plus grande que 3 C
entre les pieds et la tête, il y a alors un risque d’inconfort local.

Asymétrie de la température de rayonnement

Une di¤érence marquée des températures des surfaces autour d’une personne,
ou encore le rayonnement direct du soleil, favorise des échanges asymétriques par
rayonnement avec certaines parties du corps. Par exemple, une fenêtre froide ou
un plafond chaud peuvent produire un e¤et de refroidissement ou d’échau¤ement
d’une partie du corps seulement. L’ASHRAE propose des valeurs limites pour
l’asymétrie de la température de rayonnement des surfaces, mais l’évaluation de
la conformité à ces valeurs requiert des appareils spéciaux. Il est souvent possible
de se limiter à une évaluation subjective pour déterminer un correctif approprié
à la situation.
3. Notions de confort thermique 42

Température des planchers

Pour minimiser le risque d’inconfort au niveau des pieds, il faut veiller à ce que
la température des planchers ne soit ni trop chaude ni trop froide. L’ASHRAE
propose des valeurs limites de température des planchers, mais là encore leur
application nécessite la prise de mesures avec des instruments spéciaux. Bien
souvent, une évaluation subjective su¢ t pour trouver le correctif approprié.

Courants d’air

Les courants d’air touchant certaines parties du corps peuvent avoir un e¤et
de refroidissement très inconfortable. La tête et les chevilles sont particulière-
ment vulnérables. Il est préférable de ne pas dépasser une vitesse moyenne de
l’air d’environ 0:15 à 0:2 m= s pour les températures de confort indiquées sur le
graphique (3.1).

3.5 Comment Améliorer le confort thermique ?


3.5.1 Isolation des murs par l’intérieur
Elle consiste généralement à recouvrir la surface intérieure des murs concer-
nés avec un matériau isolant et de réaliser un habillage qui aura notamment pour
fonction de protéger l’isolant. Cependant, les murs dont on envisage l’isolation
devront être sains et secs. Il serait très dommageable de poser un isolant ther-
mique sur un mur humide : quelques semaines ou quelques mois après la pose,
les e¤ets de l’humidité se feraient sentir à coup sûr. Le choix de l’isolant doit être
également guidé par des considérations acoustiques. Les isolants thermiques ne
sont pas tous des bons isolants acoustiques. Un mauvais choix pourrait conduire
à dégrader le confort acoustique.

3.5.2 Confort d’hiver


Améliorer le confort thermique en hiver passe par un diagnostic du bâtiment
et des installations de chau¤age. Quleques ré‡exes permettent d’orienter les choix
parmi les mesures proposées :
– isoler les combles avant les parois verticales ;
– isoler les murs en contact avec l’extérieur ;
3. Notions de confort thermique 43

– remplacer des simples vitrages par des doubles vitrages ;


– mettre en place une régulation pour le système de chau¤age ;

3.5.3 Confort d’été


Les moyens les plus utilisés pour se protéger de la chaleur estivale sont :
– la ventillation par ouverture des fenêtres lorsque cela est possible ;
– la mise à pro…t de l’inertie thermique du bâtiment, c’est à dire pro…ter de
la capacité que le bâtiment a de stocker la fraîcheur de la nuit pour limiter
l’élévation de la température le jour ;
– la limitation des apports solaires à travers les ouvertures (portes et fe-
nêtres), à l’aide de volets et de stores.
Chapitre 4

Applications

4.1 Série 1
4.1.1 Exercice 1
Soit un air humide à la pression atmosphérique normale de 101325 Pa, dont
la température sèche est de 25 C et l’humidité relative de 50%.
1. Calculer la pression de vapeur saturante. On donne :

6435
P sat (T ) = exp 46:784 3:868 ln (T + 273:15)
T + 273:15

avec T température en C et P sat pression de saturation en mmHg:


2. Déduire la pression partielle de la vapeur d’eau et celle de l’air sec.
3. Calculer l’humidité spéci…que.

4.1.2 Exercice 2
Soit 5 m3 d’air humide à 25 C, contenant 10 g de vapeur d’eau.
1. Quelle est la pression partielle de vapeur d’eau de cet air ?
2. Calculer la pression de vapeur saturante en utilisant la relation de l’exercice
1.
3. L’air est-il sursaturé ?
4. Si on augmente la teneur en humidité à température constante, pour quelle
quantité d’humidité cet air serait –il saturé ?

44
4. Applications 45

Données : R = 8:314 J= mol K et la masse molaire de la vapeur d’eau M v =


18 g= mol.

4.1.3 Exercice 3
Soit un air humide à la pression atmosphérique normale de 101325 Pa, dont
la température sèche est de 25 C et l’humidité spéci…que est x = 7 g= kg d’air
sec.
1. Déterminer l’expression de la pression partielle de vapeur d’eau en fonction
de la pression totale de l’air humide, de l’humidité spéci…que, de la masse
molaire de la vapeur d’eau et de la masse moalaire d’air sec.
2. Calculer pression partielle de vapeur d’eau et la pression partielle d’air sec.
3. Calculer la pression de vapeur saturante.
4. Calculer l’humidité relative.
5. Calculer la masse volumique de la vapeur d’eau et la masse volumique d’air
sec.
4. Applications 46

4.2 Série 2
4.2.1 Exercice 1
De l’air humide, pris à la température T 1 = 25 C et au degré hygrométrique
Hr = 80% est refroidi, à pression constante jusqu’à saturation, ensuite (à Hr =
100%) jusqu’à la température T 2 = 10 C. Après élimination de l’eau condensée,
on réchau¤e l’air jusqu’à la température T 3 = 25 C.
1. Quelles sont les caractéristiques de l’état …nal de l’air ?
2. Quelle est la masse d’eau condensée ?
3. Faire un schéma représentant cette évolution de l’air.

4.2.2 Exercice 2
La représentation du phénomène de refroidissement, par évaporation de l’eau,
sur un diagramme de l’air humide s’e¤ectue en première approximation, le long
d’une droite d’iso température humide. On supposera par la suite que la droite
d’iso température humide est égale à la droite isenthalpe.
De l’air humide 1 de température sèche T 1 = 30 C et d’humidité absolue x1 =
5 g= kg d’air sec passe par un système d’humidi…cation (évaporation d’eau) ; il
en sort à la température sèche T 1 = 18 C et à une humidité absolue x2. Il
passe ensuite dans un ventilateur pour être ensuite sou- é. Le passage dans le
ventilateur se traduit par un échau¤ement de 1.

Fig. 4.1 –Humidi…cation adiabatique

1. Représenter sur le diagramme de l’air humide l’évolution de l’air au travers


du système évaporatif ci-dessous.
4. Applications 47

2. Déterminer les caractéristiques de cet air à l’entrée du système (1), à la


sortie de l’humidi…cateur (2) et à la sortie du ventilateur (3), les valeurs
sont à inscrire dans un tableau.
3. Si le débit d’air humide est de 2 kg= s, calculer le débit d’eau introduit dans
l’air (e¢ cacité de l’humidi…cateur = 100%).
4. avec le même débit d’air, calculer la puissance chaude apportée par le
ventilateur.

4.2.3 Exercice 3
On considère les opérations élémentaires de traitement de l’air humide sui-
vantes :
1. Echau¤ement de l’air à humidité spéci…que constante :De l’air humide (1)

(1) (2) E n cein te d e


B a t t e ri e d e c h a u ff a g e
A ir am b ian t
séchage

Fig. 4.2 –Echau¤ement de l’air humide : apport en chaleur sensible

de température sèche T 1 = 25 C et d’humidité relative Hr1 = 65% passe


par une batterie de chau¤age (un échangeur de chaleur, des résistances
chau¤antes ou un capteur solaire) ; il en sort (2) à la température sèche
T 2 = 50 C.

(a) Représenter l’opération sur le digramme de l’air humide ;


(b) Déterminer les caractéristiques de cet air à l’entrée du système (1)
et à la sortie de la batterie (2), les valeurs (les températures sèche,
humide et de rosée, l’humidité relative, l’humidité absolue, l’enthalpie
et le volume spéci…que) sont à inscrire dans un tableau ;
(c) Si le débit d’air humide est de 2 kg= s, calculer le débit d’air sec et la
puissance Q apportée par la batterie.
4. Applications 48

2. Refroidissement de l’air avec déshumidi…cation :


C’est une des transformations les plus importantes en climatisation puis-
qu’il s’agit généralement de refroidir de l’air mais également d’abaisser sa
richesse en eau. Pour l’e¤ectuer, on met l’air en contact avec une surface
solide ou liquide, dont la température est inférieure à sa température de
rosée.
On donne :
– Les états de l’air à l’entrée et à la sortie du système sont : T e = 25 C,
Hr; e = 50% ; T s = 10 C; Hr; s = 55%.
– La masse de la vapeur d’eau qui se condense a un débit qe; c = 0:5 g= min.

(a) Représenter cette évolution sur le digramme de l’air humide ;


(b) Déterminer le débit d’air sec qui traverse le système ;
(c) Déterminer le débit de l’air humide à l’entrée ;
(d) En déduire le débit de l’air à la sortie.