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MONEIM ADWAN

HOWARD MOODY
DICK VAN DER HARST

ORFEO &
MAJNUN
CARNET
pédagogique
AUX ORIGINES DE L’ŒUVRE
Le mythe d’Orphée et Eurydice :
L’amour et la mort aux sources de l’art
par  Louis Geisler,  assistant à la dramaturgie – Festival d’Aix

Le mythe d’Orphée occupe une place unique dans la culture occidentale tant il a inspiré de
nombreux artistes dans tous les domaines de la création, de l’Antiquité à nos jours. En littérature,
c’est un motif récurrent de la poésie, présent aussi bien chez Virgile et Ovide que dans les œuvres
des poètes de la Renaissance, au premier rang desquels Ronsard et Du Bellay, ou celles de Hugo,
Nerval et Apollinaire. Les peintres ont abondamment représenté Orphée jouant de la lyre au milieu
de la nature, ses amours avec Eurydice et sa mort tragique. En musique, ce mythe est indissociable
de l’histoire de l’opéra dont il sert de sujet à trois des premières œuvres du genre – l’Euridice de
Peri ( 1600 ) puis de Caccini ( 1602 ) et l’Orfeo de Monteverdi ( 1607 ) – avant d’être largement
repris par d’autres compositeurs comme Gluck. Cet engouement à travers les siècles s’explique
par la fascination qu’exerce la mythologie grecque sur le monde artistique, et qui constitue une
réserve presque inépuisable de sujets et d’aventures pouvant être réécrits ou réinterprétés. Mais
il est également lié à la figure même d’Orphée – celle du héros poète et musicien confronté à la
fatalité de la mort, et qui tente par amour de renverser l’ordre naturel du monde – dont le destin
mêle inextricablement les thèmes de l’amour, de la mort et de l’art.

LE MYTHE D’ORPHÉE
Il existe de très nombreuses variantes du mythe d’Orphée dont la mention la plus ancienne connue
apparait dans un poème d’Ibycos au VIe siècle av. J.-C. Les versions les plus célèbres aujourd’hui
sont celles présentées par Virgile dans ses Géorgiques et Ovide dans ses Métamorphoses. Orphée
passe généralement pour le fils de Calliope, la muse de l’éloquence et de la poésie épique, et du
roi de Thrace Œagre. Dès sa naissance, ses dons exceptionnels pour la musique ravissent Apollon,
parfois considéré comme son véritable père, qui lui fait cadeau d’une lyre forgée par Héphaïstos
et le guide avec l’aide des muses dans son apprentissage. La puissance de son art est telle que ses
chants sont capables d’apprivoiser les bêtes les plus féroces et de mouvoir les rochers inanimés.
Sur son passage, les animaux le suivent, les arbres s’inclinent et les rivières se détournent de leur
lit pour l’écouter.

LA QUÊTE DE LA TOISON D’OR


Devenu adulte, Orphée s’illustre tout d’abord aux côtés de Jason dans la quête de la Toison
d’or, une merveilleuse relique du bélier sacré de Zeus gardée par un dragon dans le royaume de
Colchide. Jason est le fils du roi Aeson, assassiné par son frère pour régner sur la ville de Iolcos en
Théssalie. Pour récupérer le trône qui lui revient de droit, il est mis au défi par son oncle de lui
rapporter la Toison d’or, afin de prouver son courage. Il organise donc une expédition à travers
les mers à laquelle prennent part d’autres héros mythiques comme Héraclès, Thésée, Castor et
Pollux. Durant la longue traversée de la Thessalie à la Colchide, la musique d’Orphée imprime
sa cadence aux rameurs et insuffle du courage à tout l’équipage. Elle apaise les flots, calme les
tempêtes et éloigne les récifs tranchants qui menacent de déchirer le navire. Son chant triomphe
de celui des sirènes, ces créatures maléfiques dont la voix envoûte les marins et les pousse au
naufrage. Selon certains auteurs, c’est également lui qui parvient à endormir le dragon gardien de
la Toison d’or, pour donner la victoire finale à Jason.

LA DESCENTE AUX ENFERS


De retour en Thrace après cet épisode, Orphée tombe éperdument amoureux de la nymphe
Eurydice, lui qui jusqu’à présent s’était toujours montré assez insensible aux charmes féminins.
Mais le jour même de leurs noces, Eurydice est mordue à la cheville par un serpent venimeux et
meurt. Orphée est inconsolable et décide de se rendre aux enfers pour tenter de ramener sa femme
sur terre. Il charme tout d’abord Cerbère, le monstre à trois têtes chargé de garder les portes du
royaume d’Hadès, puis le passeur Charon qui accepte de lui faire traverser le fleuve Achéron sur
sa barque. Sa musique retentit alors dans les enfers et fait cesser les supplices infligés aux âmes
condamnées : Tantale n’est plus accablé par la faim et la soif, les Danaïdes ne remplissent plus
leur jarre percée, Sisyphe s’assoit sur son rocher. Tous écoutent la plainte d’Orphée qui parvient
même à arracher des larmes aux Érinyes, les déesses de la vengeance. Sa peine et son amour
infinis attendrissent Perséphone, la reine des Enfers, qui demande à son époux d’accéder à la
prière du héros. Hadès accepte qu’Eurydice suive Orphée, à une seule condition : il ne doit pas
se retourner pour voir sa femme avant d’avoir revu la lumière du jour. Arrivé au seuil du monde
terrestre et inquiet de n’entendre aucun bruit derrière lui, Orphée se retourne néanmoins et,
rompant la promesse faite à Hadès, perd définitivement Eurydice.

LA MORT D’ORPHÉE
Désormais seul, Orphée se retire du monde pour chanter sa peine et son amour. Sa fidélité
inflexible à la mémoire d’Eurydice provoque la colère des Ménades, les adoratrices de Dionysos qui
célèbrent leur dieu par des danses, des cris et une ivresse constante. Prises d’une furie sanguinaire
en croisant la route d’Orphée, elles se précipitent sur lui, le démembrent et jettent les restes de
son corps dans l’Euros. La mort d’Orphée ne met pourtant pas fin à son amour : sa tête emportée
par le courant continue de célébrer Eurydice. Cette fidélité extrême, par-delà la mort, émeut Zeus,
qui décide de placer la lyre du héros dans le ciel – ainsi naît la constellation de la lyre – tandis que
ses membres sont enterrés par les muses éplorées sur l’île de Lesbos, qui devient l’île de la poésie.

LES INTERPRÉTATIONS DU MYTHE D’ORPHÉE


Le récit des différents épisodes du mythe d’Orphée frappe par sa richesse et sa puissance évocatrice.
Il aborde des thèmes aussi fondamentaux que l’amour, la mort et l’art, dont il explore les relations
profondes et mystérieuses à travers le destin tragique d’un poète qui s’accomplit véritablement
dans le deuil amoureux.
LE POUVOIR DE L’ART SUR LE MONDE
Le mythe d’Orphée est d’abord une illustration du pouvoir de l’art, envisagé comme une puissance
d’essence divine capable d’enchanter le monde et de transcender la réalité. Les différentes
versions du mythe présentent Orphée comme l’incarnation idéale de l’aède grec, dont la maîtrise
de la poésie et de la musique poussée à sa perfection s’apparente à une forme de magie. Par
ses chants, il est capable de contrôler la nature toute entière – hommes, animaux, végétaux,
pierres, créatures fabuleuses, phénomènes naturels – en lui insufflant des émotions et d’infléchir
la volonté des dieux. Ce pouvoir lui vient de son ascendance divine et surtout de son apprentissage
auprès des muses et d’Apollon qui lui ont transmis leurs secrets. Orphée a eu accès à une réalité
supérieure et, en ce sens, il apparaît comme un intermédiaire entre les hommes et les dieux, entre
le monde terrestre et le monde spirituel. Cette approche a séduit les nombreux auteurs qui, au
cours des siècles ont placé leurs œuvres sous le patronage d’Orphée, notamment Ronsard au XVIe
siècle qui utilise ce mythe pour illustrer ses théories littéraires et fait du personnage l’allégorie du
génie poétique, à la fois poète et prophète, dont il compte suivre l’exemple. Elle est également
au cœur de l’orphisme, un courant religieux antique qui fait d’Orphée le dépositaire d’un savoir
mystique acquis lors de sa descente aux enfers, et qui se transmet lors de rituels secrets.

L’AMOUR COMME FORCE HÉROÏQUE


Orphée incarne également la figure de l’amant absolu, prêt à encourir la colère des dieux pour
sauver celle qu’il aime, et fidèle même au-delà de la mort. Le décès d’Eurydice le jour de ses
noces symbolise le malheur inhérent à l’existence humaine. Orphée ne se résout pourtant pas à
accepter cette fatalité et se rend dans le monde des morts, malgré ses dangers, pour ramener sa
femme dans le monde des vivants. Ce voyage aux enfers est une révolte contre l’ordre naturel :
tenter de ressusciter Eurydice, c’est vouloir s’affranchir du principe même de la vie et de la mort.
C’est également une transgression des lois divines, car nul mortel n’est autorisé à pénétrer vivant
aux enfers, et encore moins à en ressortir. Orphée n’est pourtant pas condamné pour cet acte de
rébellion : sa prière, portée par sa musique, infléchit la rigueur des dieux. Il est en revanche puni
pour sa faiblesse lorsqu’il désobéit aux ordres d’Hadès en se retournant pour voir sa femme. La
perte définitive d’Eurydice renforce même la fidélité amoureuse d’Orphée : après sa propre mort,
sa tête continue de chanter leur amour.

LA SUBLIMATION COMME PRINCIPE DE LA CRÉATION ARTISTIQUE


Le mythe d’Orphée évoque aussi les origines de la création artistique, envisagée ici comme la
sublimation des passions personnelles pour atteindre une forme d’universalité. La descente aux
enfers est un thème récurrent de la mythologie grecque qui sert de cadre à un parcours initiatique
durant lequel le héros se découvre lui-même et finit par s’accomplir pleinement. Dans le cas
d’Orphée, sa traversée du monde souterrain est motivée par la recherche de celle qu’il aime, mais
qui est également la source et le sujet de son inspiration poétique. Ce qu’il découvre aux enfers,
c’est l’Art véritable, qu’il finira par incarner lui-même après sa mort. Avant sa rencontre avec
Eurydice, Orphée contrôle déjà la nature terrestre. La perte de sa femme décuple ses pouvoirs,
et le rend capable non seulement d’entrer dans un monde dont l’accès lui est normalement
interdit, mais également d’en bouleverser les règles et les caractéristiques propres : son chant
brise la monotonie de ce lieu réputé insensible, provoque l’empathie des âmes suppliciées et
infléchit même la volonté d’Hadès, pourtant garant du cycle immuable de la vie et de la mort. Ce
qui touche les dieux, ce n’est pas seulement l’amour d’Orphée pour Eurydice ou uniquement la
beauté de sa musique, mais bien sa peine infinie magnifiée par son chant. Au cœur des enfers,
l’Orphée amoureux rencontre véritablement l’Orphée magicien dans la souffrance du deuil et de
la perte, et l’être qui regagne seul le monde des vivants en est profondément transformé. Après
cette épreuve, Orphée de retour sur terre sublime ses sentiments dans un chant universel : ce n’est
plus sa peine qu’il exprime, mais celle de l’Humanité tout entière. Orphée meurt, mais sa voix –
c’est à dire son œuvre – est devenue immortelle et continue de résonner dans le monde. Et c’est
parce qu’il a atteint cette universalité que Zeus décide de placer sa lyre au ciel et lui accorde le
repos aux Champs-Élysées où séjournent les âmes des bienheureux.

Orphée ramenant Eurydice des enfers ( 1861 ) – Jean-Baptiste Camille Corot ( 1796–1875 )
AUX ORIGINES DE L’ŒUVRE
La légende de Laylâ et Majnûn
par Mathilde Chèvre, chercheuse à l’Iremam et docteure en études arabes ( littérature )

L’HISTOIRE

Dans Le Livre des chansons recueillies au Xe   siècle à Bagdad, on entend cette histoire :
Le père de Majnûn, sa mère et les hommes de la tribu allèrent trouver, tous ensemble, le père de Laylâ,
pour l’exhorter et l’adjurer au nom de la Miséricorde divine, de ne pas continuer ainsi. « Cet homme, lui
dirent-ils, est réellement en train de périr ; plus encore, et plus affreux : sa raison le quitte. Et toi, en le
traitant ainsi, tu fais la désolation de son père et sa famille. Nous t’adjurons, par la Miséricorde divine,
de ne pas continuer ainsi. Par Dieu, Laylâ n’est pas mieux née que lui et tu n’as pas autant de bien que
son père. Celui-ci te fait juge de la dot à verser, et si tu veux qu’il se dépouille de ses biens en ta faveur,
il le fera. » Mais le père de Laylâ refusa et jura, par tous les serments du monde, qu’il ne marierait
jamais sa fille au jeune homme. « Vais-je, dit-il, nous déshonorer, ma tribu et moi, en agissant comme
aucun Arabe ne l’a fait en marquant ma fille du sceau de l’infamie ? » Alors, les parents de Majnûn s’en
allèrent, tandis que le père de Laylâ, pour confirmer son désaccord sans plus attendre, mariait sa fille à
un homme de la tribu.

Majnûn source de déshonneur ? Pourtant, il est le fils préféré d’un seigneur de la tribu des Banû ‘Amir,
propriétaire de riches troupeaux, il est aussi le plus beau et le plus puissant des enfants de sa tribu,
doué d’un don pour la poésie. Pourtant, Majnûn, dont le vrai prénom est Qays, connaît sa cousine
Laylâ depuis l’enfance et partage avec elle le goût des poèmes. Pourtant, ces deux-là s’aiment, selon
une version de l’histoire, depuis leur enfance partagée à converser tout en gardant les moutons,
et selon une autre, depuis ce soir où Majnûn se rendit à la tente du père de Laylâ pour demander
d’emprunter de la nourriture. Laylâ lui apporta du beurre, et le versa dans son bol.
Nous parlions tous deux, pendant ce temps, tout à notre conversation, et Laylâ versait le beurre, emplissait
le bol à ras bord, sans que nous nous en rendissions compte. Et cependant, le beurre coulait, tant que nos
pieds pataugeaient dedans.
Dans une autre version encore, Majnûn est un Don Juan qui séduit une à une les dames de sa tribu,
jusqu’à Laylâ, dont il tombe amoureux fou quand elle se met à lui parler. Ainsi dans tous les cas,
Majnûn et Laylâ se rencontrent-ils par la parole, et leur amour grandit par la poésie.

Or, c’est dans le poème et le chant d’amour que réside le déshonneur. Le scandale n’est pas lié aux
mœurs, il était tout à fait admis que les garçons aillent parler avec les filles, ni à la déclaration d’amour
entre Majnûn à Laylâ, mais au fait que Majnûn clame cet amour à la face du monde, qu’il le chante,
qu’il le crie en poésie, et qu’il foule partant le territoire des pères, auxquels revient l’honneur et le
pouvoir de l’annonce publique. Majnûn refuse de jouer le jeu et érige « la poésie en tactique du fait
accompli », dût-il « en folir, en mourir », selon l’expression de son traducteur en français André Miquel.
Quand la nouvelle [ du mariage de Laylâ ] parvint à Majnûn, il fut au désespoir qu’on lui eût ravi Laylâ et
sa raison sombra tout à fait. ( … ) Le père de Majnûn l’emmena donc en pèlerinage, mais quand ils furent
à Mîna ( près de la Mekke ), Majnûn entendit, dans la nuit, quelqu’un qui criait : « Laylâ ! » Il poussa
un tel hurlement que tout le monde crut que c’en était fait de lui, tomba évanoui et le resta jusqu’au
lendemain. Il reprit alors connaissance, le teint décomposé, hagard, et récita des vers. ( … ) De ce
moment, la passion l’égara, et il ne fut plus maître de sa raison perdue. On raconte qu’il errait au désert
avec les bêtes sauvages, ne mangeant rien d’autre que les herbes qui poussaient là et ne buvant qu’avec
les antilopes. ( … ) Ses cheveux et ses poils s’allongèrent, les antilopes et autres bêtes ne le fuirent plus.
Après ce cri entendu dans la nuit, Majnûn, dont le surnom veut dire « fou », sombre tout
à fait dans les ténèbres de la folie, il déclame des vers et poèmes d’amour à Laylâ, dont
le prénom évoque à la fois la féminité et la nuit. Majnûn écrit jusqu’au dernier moment,
puisqu’on le retrouva mort sur une roche noire aux couleurs de la nuit. Entre sa dépouille et
le sol, gisaient les derniers vers qu’il eut écrit.

Ainsi vécu et mourut Majnûn, fou d’amour au point d’en prendre le nom, qui selon toute
vraisemblance n’a jamais existé. « Nous le savons : si une histoire est belle, et bien racontée, elle
nous impose d’y croire, de redevenir assez enfants pour que toutes les forces de notre imagination
s’emparent du héros, lui donnent corps en notre désir et en notre mémoire. Les Arabes, avec
Majnûn, ont fait mieux encore : personnage légendaire, il est devenu au fil des siècles, un homme
de chair et de sang, doté d’une biographie, et même d’un portrait ».

Ainsi, Majnûn est l’amour et le désir fou de le voir exister,


Majnûn est poème et puissance du verbe,
Majnûn est la nuit dans ses diverses déclinaisons,
Majnûn est une source d’inspiration qui irrigue jusqu’à nos jours.

L’HISTOIRE DANS LE TEMPS

Je rêve, je nous vois : deux gazelles paissant,


Sur des lieurs écartés, les pairies de hawdhân,
Je rêve, je nous vois au désert : deux colombes
Volant vers notre nid à l’heure où la nuit tombe.
Deux poissons dans les flots : je rêve et je crois nous voir
Lorsque la grande mer nous berce avec le soir.
Je rêve, je nous vois : ma vie, ta vie, ensemble !
Je vois, je rêve et la mort même nous rassemble
Sur le lit du tombeau, côte à côte couchés.
Retraite loin du monde, ô tombe bien cachée !
Nous y verrons, ressuscités, la vie nouvelle,
L’univers réuni, la rencontre éternelle.
Majnûn est l’amour
Majnûn, le fou d’amour, est un personnage littéraire bien que tout un chacun le croie réel, qui dit le
désir des hommes de voir son histoire exister. Si Majnûn est l’amour, il n’en est pas la seule évocation
dans l’histoire de la littérature arabe, puisque la presque totalité des poètes arabes dirent et disent
l’amour jusqu’à aujourd’hui.

L’ode anté-islamique ( avant 622 ) de la qasida s’ouvre traditionnellement par l’évocation de


l’aimée, la douleur due à son absence, le sacrifice d’une chamelle en son honneur, le souvenir de la
déambulation des amants sur les dunes ou leurs retrouvailles dans un baldaquin à dos de chameau.
Le reste de l’ode est dédié à l’évocation des vents de sable, à l’exaltation du clan, aux tempêtes, à la
nuit, à la course folle du cavalier et de son cheval… à la vie au désert. Après la conquête musulmane
et l’épanouissement d’une vie urbaine sous le califat abbasside ( après 750 ), la poésie bachique
de la khamriya est dédiée à l’évocation de l’ivresse, des chansons, du vin et des jarres couchées et
dégustées en bonne compagnie, à l’exaltation de l’amour pour un jeune échanson ou pour une
joueuse de luth.

Entre ces deux époques, prend forme l’amour courtois dit ‘udhrite, qui tient son nom des Banû
‘Udhra, une tribu originaire du sud de l’Arabie, « pauvre tribu, sinon tribu pauvre. Elle est mi-sédentaire
mi-nomade, la pire des situations : les riches palmeraies sont aux mains de l’aristocratie mekkoise
ou médinoise, tandis que les grandes routes caravanières ( sont ) contrôlées par les tribus bédouines
de haut rang ( … ) L’Islam, quand il apparaîtra, viendra accentuer cette marginalité : les Banû ‘Udhra,
décidément à côté de l’événement, rejetteront l’appel du Prophète et ne se convertiront qu’après
sa mort, ( … ) ils n’assumeront aucun rôle politique, ne fourniront aucun grand nom. À croire que
l’histoire, la vraie, leur avait échappé de toujours. » Mais du fond de cette marginalité historique et de
leur vallée isolée monta le chant d’amour qu’ils avaient inventé, et leur nom retentit lié à ce nouveau
genre poétique. « Nous étions, dit un ‘Udhrite, la tribu au cœur le plus tendre, mais les Banû ‘Amir
nous ont surpassé avec leur Majnûn ».

Majnûn est poème et puissance du verbe


Majnûn devient fou de voir son amour interdit, et l’amour lui est interdit pour l’avoir clamé haut et
fort. Fou d’amour, mais plus encore peut-être, fou de parole. Et l’on entend dans la réaction du père
de Laylâ, dans l’errance de Majnûn au cœur de la folie comme un espace vide que le poème emplit,
la puissance du verbe. Au désert, tout s’efface, et restent les mots. La langue arabe est une langue de
surgissement, dit le poète Adonis, de la déflagration. Langue d’étincelles et de visions, une extension
humaine de la magie de la nature et de ses secrets. Dans chaque poème arabe habite un second poème
qui n’est autre que celui de la langue.
Dans l’Arabie anté-islamique, les tribus rivalisent d’honneur par les mots. Lors de grandes foires
rituelles, les poètes se rencontrent dans des joutes oratoires et le poème le plus beau, jusqu’à être
suspendu au ciel, accorde à sa tribu la victoire. C’est à cause du verbe que Majnûn est puni, c’est par
le poème qu’il peuple son désert, et l’amour des mots se fond dans l’amour de Laylâ, chantre de la
féminité et de la nuit.
Majnûn est nuit et ténèbres
La nuit est, comme l’amour et la femme, un thème récurrent de la poésie arabe. Le nom même de
Laylâ intègre étymologiquement les deux thèmes : la nuit se dit layl, une nuit se dit layla, l’invention
d’un prénom écrit avec la voyelle longue du alif maqsûra ( qui marque la féminité ) associe en un mot
les deux grands principes. Par amour pour Laylâ, Majnûn plonge dans la nuit qui l’inspire et le nourrit,
et se perd dans une errance qui conduit aux ténèbres :
Une nuit après l’autre… et je compte les nuits
Moi qui sans les compter avait passé ma vie !
Elle attire mes yeux, quand bien même, en prière
Je devais les fixer devant, et non derrière.

Le prénom même de Majnûn, outre la folie, évoque l’idée d’un enveloppement et la nuit devient alors
métaphore du pouvoir de l’amour qui enveloppe celui qui s’y plonge. « Le verbe janna, dont majnûn
est le participe passé, évoque tout enveloppement, et notamment celui de la nuit embrassant la
terre. ( … ) La symbolique ( du nom de Laylâ ) opère ici par d’autres voies. Il ne s’agit plus maintenant
d’évoquer la nuit telle qu’elle, mais de connoter son infini et impérieux mystère, d’en faire le symbole
de la toute-puissance de l’aimée sur celui qui aime. »

La nuit est comme l’amour qui enveloppe, mais elle est aussi le décor de l’aventure amoureuse : c’est
une nuit que Majnûn va demander nourriture à la tente de Laylâ et que perdus dans leur discussion,
ils laissent verser le beurre ; après l’interdiction paternelle, c’est de nuit que les amants se retrouvent ;
devenu fou, c’est dans la nuit finale de sa folie que Majnûn se perd et déclame ses vers, jusqu’aux
derniers trouvés sur une roche noire, comme les ténèbres.

Majnûn est une source d’inspiration


Au-delà de sa mort sur cette roche noire, Majnûn et l’amour fou ont traversé le temps. La tradition
persane, puis turque, a entendu l’histoire comme un appel à l’amour mystique. Le récit n’est plus
celui d’une quête féminine, mais du désir de Dieu. Au début du XXe siècle, Majnûn devient une icône
du panarabisme, lorsque le poète égyptien Ahmed Chawqi le choisit comme dépositaire de valeurs
traditionnelles d’une nation arabe en quête d’identité. L’écho de Majnûn s’entend enfin jusqu’au
Fou d’Elsa, transfiguré cette fois en héraut de la révolution par Aragon. Constituant une anthologie
de la poésie syrienne d’aujourd’hui, la poétesse Maram al-Masri choisit à son tour le thème de
L’Amour au temps de l’insurrection et de la guerre, comme un hommage à l’amour fou. Majnûn
traverse le temps et irrigue la littérature, et son chant retentit en chansons, en films, en poèmes et
jusque dans l’opéra.

Note : les textes entre guillemets sont extraits des deux œuvres d’André Miquel.
L’Évanouissement de Laylâ & Majnûn,
page enluminée issue du troisième livre du Khamseh de Nezâmi
FESTIVAL D’AIX-EN-PROVENCE 2018

Opéra participatif
Conception d’Airan Berg
Livret de Martina Winkel et Fatena Alghorra
création mondiale

Direction musicale Bassem Akiki


Mise en scène Airan Berg, Martina Winkel
Conception des créatures Roger Titley
Vidéo Daan Lilius, Martina Winkel
Orfeo Yoann Dubruque
Eurydice Judith Fa
Majnun Jean Chahid
Layla Nai Barghouti
Narratrice Sachli Gholamalized
Chœurs amateurs issus des groupes Passerelles
Orchestre des Jeunes de la Méditerranée

PARCOURS URBAIN | 8 avril 2018 à Arles | 24 juin 2018 à Aix-en-Provence


OPÉRA PARTICIPATIF | 8 juillet 2018 | Cours Mirabeau

Commande et nouvelle production du Festival d’Aix-en-Provence


Co-commande et coproduction : La Monnaie / De Munt ( Belgique ), Valletta 2018
Foundation ( Malte ), Konzerthaus ( Autriche ), Rotterdam Opera Days ( Pays-Bas ),
Krakow International Festival ( Pologne ), Santa Maria de Feira ( Portugal )

Orfeo & Majnun reçoit le soutien du Programme


Europe Créative de l’Union européenne.
VUE D’ENSEMBLE

Conçu par l’artiste Airan Berg, Orfeo & Majnun est un projet multidisciplinaire et participatif,
explorant à travers un parcours urbain et un nouvel opéra les multiples facettes de deux mythes
fondateurs des civilisations occidentales et orientales : Orphée & Eurydice et Layla & Majnun.

PARTIE I UN PARCOURS URBAIN


ARLES | 8 avril 2018
AIX-EN-PROVENCE | 24 juin 2018
La première partie du projet prendra la forme d’une manifestation culturelle et participative à
l’échelle de la ville, dans laquelle des amateurs seront invités à se produire dans la discipline
de leur choix et à investir l’espace public avec leur création. Chant choral, musique, danse,
lecture, photographie, poésie, installations… toutes les formes d’expression artistique seront les
bienvenues. Présentées dans les différentes étapes du parcours, ces multiples performances auront
été préparées au cours de différents ateliers, qui mobiliseront toute l’année des amateurs issus de
tous les milieux sociaux, ainsi que des associations, écoles, conservatoires, structures culturelles
et artistes de la région.
Chacune de ces formes fera écho aux destins d’Orphée, Eurydice, Layla et Majnun pour évoquer
les thèmes de l’amour, du mariage et du deuil. Des créatures fantastiques issues de ces deux
légendes, construites et manipulées par les participants, accompagneront la déambulation des
spectateurs. Le public sera également invité à compléter ce bestiaire imaginaire en fabriquant
leurs propres marionnettes durant le parcours, pour devenir à leur tour acteurs de cette grande
fête artistique et citoyenne.

PARTIE II UN OPÉRA EN PLEIN AIR


COURS MIRABEAU | 8 juillet 2018
Le public retrouvera quelques jours plus tard certaines des créatures fantastiques et leurs
marionnettistes amateurs à l’occasion de la représentation de l’opéra Orfeo & Majnun sur le
cours Mirabeau.
La partition de cette nouvelle œuvre, confiée aux compositeurs Dick van der Harst, Howard
Moody et Moneim Adwan, mêlera à la fois des influences occidentales et orientales. Elle sera
interprétée en anglais, français et arabe par quatre jeunes solistes, accompagnés par un orchestre
réunissant musiciens amateurs et professionnels. Le chœur, constitué de 150 amateurs de
toutes les générations et de toutes les origines et déjà présent lors du parcours urbain, aura une
place prépondérante, aux côtés d’une narratrice de langue française.
 NOTE D’INTENTION
Un théâtre d’émotions autour de l’amour, la perte,
le désir et le pouvoir de la musique
par  Airan Berg et Martina Winkel

ÉCHOS INTERCULTURELS
Le mythe antique grec d’Orphée et Eurydice fusionnera avec la célèbre histoire d’amour arabe de
Layla et Majnun dans le cadre d’un projet pluridisciplinaire basé sur des ateliers, rassemblant des
citoyens de tous âges et de tous milieux. Le premier volet du projet débouchera sur une procession
en plein air mettant en scène des animaux et créatures mythiques qui jouent un rôle important
dans les deux histoires, de pair avec des contenus créés par les communautés locales. La seconde
partie entrelacera les deux histoires dans un spectacle lyrique, où éléments culturels, styles
musicaux et langues se feront écho ; des artistes professionnels composeront avec les participants
des diverses communautés une riche mosaïque de performances musicales interculturelles.

ORPHÉE ET EURYDICE
La musique, et tout particulièrement le chant, jaillit des émotions et les suscite. L’un des principaux
mythes de la création de la musique exploite abondamment ce potentiel émotionnel et articule
son histoire d’amour et de mort autour de la musique, ce puissant instrument d’expression,
presque magique, aux qualités apaisantes, ensorcelantes et profondément émouvantes. Orphée,
poète et musicien de l’Antiquité, fils de la muse Calliope et, dans certaines interprétations, du dieu
Apollon, était, dans l’imaginaire des Grecs anciens, non seulement le meilleur musicien de son
époque légendaire mais aussi le créateur de la danse et du chant, un héros culturel. Il était donc
parfaitement logique que le mythe le mettant en scène avec sa bien-aimée Eurydice joue un rôle
majeur lors de la naissance de l’opéra, nouvelle forme artistique de la Renaissance. ( … )

LAYLA ET MAJNUN
Cette célèbre romance, presque inconnue du public d’Europe occidentale, a été écrite par le
poète Nezâmi en 1188. Il s’agit en réalité de la transcription en farsi d’une vieille légende arabo-
bédouine préislamique avec ses variantes, contant l’histoire probablement vraie du poète Qays,
qui sombra dans la folie ( majnûn veut dire « fou » ), submergé par sa passion pour la belle Layla.
( … ) En 1908, le conte a servi de livret pour le premier opéra du Moyen Orient, que l’on doit au
compositeur azerbaïdjanais Uzeyir Hajibeyov alors jeune. Ce premier opéra « islamique » a été
créé à Bakou. De nombreuses autres compositions et interprétations de la légende ont suivi depuis
lors. L’histoire de ces amants maudits a été interprétée de diverses manières, tantôt comme une
idylle profane, tantôt comme une allégorie mystico-religieuse, elle a essaimé au fil des siècles dans
de nombreuses langues et versions, allant des poèmes, épopées et ballades aux chansons pop et
films de Bollywood.
TRANSCENDANCE
À l’instar d’Orphée et Eurydice, dont le mythe a marqué les débuts du genre artistique « opéra » en
Occident, Layla et Majnun, formant un couple emblématique, sont les protagonistes du premier
opéra de la culture du Moyen Orient. Orphée et Majnun sont devenus l’incarnation même de la
beauté et du pouvoir émotionnel du chant, de la musique et de la poésie. Prière et lamentation,
joie et deuil, amour, perte et désir s’entremêlent dans leur poésie, alors qu’ils vivent dans une
énigmatique présence transitionnelle, déployée entre un passé aux réminiscences persistantes et
une absence faite de désir ardent et de projections – entre souvenir et rêve. Tout comme Orphée,
Majnun épanche sa douleur et sa passion dans la poésie, partageant ses vers avec la nature sauvage
et ses créatures. Les deux poètes-musiciens se retirent dans des contrées désertiques ; tous deux
expriment leur passion et leur chagrin dans de magnifiques poèmes et chansons ; et ils n’ont plus
que les animaux pour compagnons. Alors qu’Orphée est séparé de sa femme Eurydice par la mort,
la bien-aimée de Majnun, Layla, lui est déjà inaccessible de son vivant, et la mort qui les sépare finit
par les réunir. Ces récits parlent d’expériences humaines élémentaires et essentielles : l’amour, la
perte d’un être cher et le deuil. Ils parlent de la mort, du souvenir et du prix de la survie.

Parmi les autres thématiques abordées, citons la question du genre, la relation souvent maudite
entre les amants, les rôles figés de l’homme et de la femme dans la société et les arts, ou encore la
relation troublante et mystérieuse entre Éros et Thanatos. Les deux femmes ont un rôle différent :
contrairement à Eurydice, réduite au silence dans le mythe antique, Layla est aussi loquace que
Majnun – elle écrit des poèmes et des mélodies évoquant son amour pour lui, tout en endurant le
sort d’une femme qui ne peut vivre la vie qu’elle désire. L’opéra donnera une voix forte à Eurydice
et Layla, en plaçant les deux femmes au cœur de la narration et en relatant les récits depuis leur
perspective, tout en faisant allusion au rôle et aux droits des femmes au sein des différentes
cultures. ( … )
Extrait de la description de projet par AIRAN BERG et MARTINA WINKEL, juillet 2016
 ÉQUIPE ARTISTIQUE

Moneim Adwan ( 1970 ) | Compositeur des parties en langue arabe


Moneim Adwan est un chanteur, musicien, compositeur né en Palestine. S’inscrivant dans une tradition
très ancienne, à la fois savante et populaire, il compose à partir de poèmes d’auteurs arabes et palestiniens
classiques et contemporains. Ses compositions tendent à garder cette tradition vivante dans un monde
qui oscille entre modernisme et traditions ancestrales. Son écriture est perméable aux influences
des musiques occidentales sous leurs formes les plus variées qu’il intègre dans son propre langage. Il
alterne des projets construits avec des musiciens d’autres univers musicaux, projets avec des amateurs
et projets plus personnels. Son premier opéra Kalilâ wa Dimna a été créée en 2016 au Festival d’Aix.
Howard Moody ( 1964 ) | Compositeur pour les chœurs
Howard Moody est un compositeur, chef d’orchestre et musicien anglais. Il dirige de nombreux
orchestres britanniques et des formations lyriques, des ensembles et des chorales à travers l’Eu-
rope. À la fois pianiste, organiste et claveciniste, il aborde des répertoires très divers, allant de la
musique baroque à l’improvisation en passant par le jazz. Il porte également un intérêt particulier
aux projets créatifs permettant aux enfants et aux jeunes de développer leur imaginaire à travers
la pratique musicale et vocale. Il a composé trois opéras : The Brussels Requiem ( 2011 ), Sindbad –
A Journey Through Living Flames ( 2014 ) et Push ( 2016 ).
Dick van der Harst ( 1959 ) | Compositeur des parties en langue anglaise
Dick van der Harst est musicien, arrangeur et compositeur. Il a créé de nombreux spectacles de
théâtre musical, notamment en collaboration de Guy Cassiers et Alain Platel. Il mélange dans ses
œuvres le jazz, le classique et la musique populaire. À chaque fois, il cherche à redéfinir le sens ac-
tuel de l’authenticité. Le résultat est une musique qui ne ressemble à aucun modèle. À l’écoute de
compositions d’autres époques, pays, et cultures, il relie instinctivement ces styles et ces genres à son
propre univers musical. Il crée ainsi un langage artistique personnel où priment le respect, la sincérité
et la maîtrise technique, comme le manifestent très clairement les projets Het huis der verborgen
muziekjes I & II en 2006 ( La maison des petites musiques cachées I & II ) et la fanfare Banda Azufaifo.
Airan Berg ( 1961 ) | Concepteur et metteur en scène
Airan Berg est un homme de théâtre israélo-autrichien, à la fois metteur en scène et directeur
artistique de manifestations culturelles. Il se forme à Broadway et au Festival de Salzburg avant
de présenter ses propres productions au Burgtheater de Vienne et au Schillertheater à Berlin. Il
étudie ensuite le théâtre masqué et le théâtre d’ombres à Bali, avant de fonder sa compagnie
de théâtre, Theater ohne Grenzen ( « Théâtre sans frontières » ) ainsi qu’un festival de théâtre de
marionnettes pour adultes. Le dialogue, la participation, l’émancipation et l’échange sont au
cœur de son travail qui incite les citoyens à prendre une part active dans la vie culturelle de leur
ville et à se réapproprier l’espace urbain. Il a ainsi développé une grande expérience des projets
participatifs de grande envergure, se déroulant à l’échelle de quartiers entiers et impliquant des
milliers de participants-amateurs. Dans le cadre des manifestations culturelles organisées en
2009 à Linz, alors capitale européenne de la culture, il a conçu le projet I Like to Move It, Move
It qui a rassemblé 3 000 élèves, 750 professeurs et 90 artistes. Il a depuis renouvelé ce type
d’expérience avec de nouveaux projets participatifs dans de nouvelles villes comme Istanbul.
 ANNEXES

Orphée charmant les animaux, Roelandt Savery ( 1626 )

Paysage avec Orphée & Eurydice, Nicolas Poussin ( 1659 )


 ANNEXES

Leila rend visite à Majnun dans la nature,


Kalmesh d’Amir Khusro

Majnûn dans la nature


( 1807, miniature persane,
Palais du Golestân, Téhéran, Iran )
La mort d’Orphée – Gustave Moreau ( 1865 )
pour aller plus loin

À ÉCOUTER À VOIR

MUSIQUE

Le mythe d’Orphée et Eurydice Le mythe de Layla et Majnûn


opéra | Orphée et Eurydice, Gluck ( 1774 ) opéra | Leyli & Medjunu, Uzeyir Hajibeyov
Direction de John Eliot Gardiner, ( 1908 )
avec Anne-Sofie von Otter et Barbara Hendricks • Partitions ( en russe ou azéri )
CD paru chez Warner / EMI http://leyli-mejnun.musigi-dunya.az/ru/leyli_25.html
www.deezer.com/fr/album/321620 • Version scénique présentée en 2012 ( non sous-titrée )
opéra | L’Orfeo, Monteverdi ( 1607 ) https://www.youtube.com/watch?v=LJgmcLALgng
Direction de René Jacobs et mise en scène oratorio | Leylâ et Majnûn ou l’amour mystique,
de Trisha Brown, DVD paru chez Harmonia Mundi
Armand Amar ( 2011 )
www.youtube.com/watch?v=sKD1qUVJJBU
Direction de Didier Benetti, avec le Shanghai
Les grands mythes, ARTE « Orphée, l’amour impossible » Percussion Ensemble ( Salle Pleyel, 2014 )
https://www.youtube.com/watch?v=cE0CGUxFI-M www.youtube.com/watch?v=Jg8MK96xHJ4

rock | Layla and Other Assorted Love Songs,


Le thème de « l’amour de loin » Dereck and the Dominos ( 1970-1971 )
Groupe fondé autour d’Eric Clapton
opéra | L’Amour de loin, Kaija Saariaho ( 2000 ) Chansons « Layla » et « I Am Yours » sur des poèmes
Livret d’Amin Maalouf inspiré par l’œuvre de Nizami
du troubadour Jaufré Rudel http://www.deezer.com/fr/album/924093
• Extrait de la mise en scène de Peter Sellars :
hip hop | Majnoon Layla, Omar Offendum ( 2010 )
https://www.youtube.com/watch?v=JpkFJZDkqAI
www.youtube.com/watch?v=6NpsVRiSK18
• Bande annonce de la mise en scène de Robert
Lepage présentée au Metropolitan Opera de New York :
https://www.youtube.com/watch?v=XkhaI6Nv-8Y

Orfeo & Majnun :


Œuvres des compositeurs Chanter l’amour
opéra | Kalilâ wa Dimna, Moneim Adwan ( 2016 ) Proposition artistique
Direction de Zied Zouari, mise en scène d’Olivier Letellier, des compositeurs Moneim Adwan,
Festival d’Aix 2016
Howard Moody et Dick van der Harst
Bande annonce :
www.youtube.com/watch?v=qsPl87hI4tg apprenez trois chants à l’aide
d’enregistrements didactiques
théâtre musical | La Colombe, le Renard www.mp2018.va-savoir.org/dansons-chantons
et le Héron, Moneim Adwan ( 2014 )
Mise en scène d’Olivier Letellier, Festival d’Aix 2014 en collaboration avec
www.youtube.com/watch?v=EYI6cCCG6Q&t=1264s
À VOIR À LIRE

« L’amour au fil des siècles », L’Express – grand format


ADAPTATIONS CINÉMATOGRAPHIQUES n° 18
Virgile, Géorgiques, Livre IV
Ovide, Les Métamorphoses, Livre X
Laila Majnu, Harnam Singh Rawail, 1976
Annick Béague, Jacques Boulogne, Alain Deremetz,
Version Bollywood la plus connue avec Rishi Kapoor
Françoise Toulze, Les Visages d’Orphée, Éditions
( non sous-titré ) :
Septentrions
www.youtube.com/watch?v=Ip7yg2eFAyM

Aaja Nachle, Anil Mehta, 2007 Layla et Majnûn, Nezâmi, Fayard


Film Bollywood avec Madhuri Dixit, Konkona Sen Sharma Majnûn – le Fou de Layla, André Miquel, Broché
et Akshaye Khanna « Leyla et Majnûn – l’amour fou à l’orientale » d’Amélie
Diya cherche à sauver un théâtre de la destruction en y Neuve-Eglise pour La Revue de Teheran
montant un spectacle inspiré de Layla & Majnun.
Le Diwân de la poésie arabe classique ( choix et préface
Extrait du film ( 20 minutes, non sous-titré ) montrant d’Adonis ), Gallimard, 2008
la mise en scène de l’histoire de Layla et Majnun :
Les Arabes et l’amour, anthologie poétique ( traduit,
www.youtube.com/watch?v=n0tlRuT0H2Q
présenté et annoté par André Miquel et Hamdane
Hadjhadji ), Sindbad/Actes Sud, 1999
Orieu Negro, Marcel Camus, 1959
Majnûn – L’Amour poème ( choix et traduction d’André
Mythe d’Orphée transposé à Rio de Janeiro pendant le Miquel ), Sindbad, 1984
carnaval
Masri Maram ( al- ), L’amour au temps de l’insurrection et
de la guerre, Le temps des cerises, 2014
Orphée, Jean Cocteau, 1950
Transposition contemporaine du mythe d’Orphée, Miquel André, Kemp Percy, Majnûn et Laylâ : l’amour
avec Jean Marais fou, Sindbad, 1984

Le Testament d’Orphée, Jean Cocteau, 1960


Mort et résurrection du poète, interprété par Jean Cocteau.
FESTIVAL D’AIX-EN-PROVENCE 2018 www.festival-aix.com

SE R V ICES ÉDUCATIF ET SOC IO-ARTISTIQ U E – PASSERELLES frederique.tessier@festival-aix.com


/ marie-laure.stephan@festival-aix.com / frederique.moullet@festival-aix.com COORDINATION
ÉDITORIALE ET TEXTES  Alain Perroux assisté de Louis Geisler ICONOGRAPHIE Extrait du dossier de présentation
de Orfeo & Majnun – production du Festival d’Aix-en-Provence 2018 : Processions et projets © Airan Berg DESIGN
GRAPHIQUE Céline Gillier