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CHAPITRE III

Réalisation d’un forage


« Si tous ceux qui croient avoir raison
n’avaient pas tort, la vérité ne serait pas
loin »
P. Dac, L’os à moelle

Le forage doit être le plus performant possible et permettre de prélever le


maximum d’eau, compte tenu de l’environnement hydrogéologique dans lequel il est
placé. Plusieurs paramètres fondamentaux interviennent déjà dans le choix du type de
foration, dans la nature et le dimensionnement des tubages et, évidemment, de la
crépines et du massif filtrant, mais aussi dans le développement de l’ouvrage.
Ce chapitre présente les grandes techniques de réalisation de forage et donne des
indications quant au choix de l’équipement de l’ouvrage, à sa capacité de réaliser les
travaux dans les meilleurs conditions techniques et financières, en tenant compte des
difficultés potentielles susceptibles d’être rencontrées lors de l’exécution.

3.1 Les différentes techniques de forage


En fonction de la géologie (terrains sédimentaires plus ou moins cohérents, zones
de socle dur, ...), ou de la profondeur à atteindre, plusieurs méthodes de forage
peuvent être envisagées.
Le diamètre de foration joue un rôle important. Le choix d’un diamètre de départ
pour la foration devra être fait en fonction de la profondeur de l’ouvrage et des
dimensions définitives de l’ouvrage. En effet, la nature de l’équipement d’exhaure
(nombre et dimension des pompes notamment) varie en fonction du débit escompté,
de la hauteur manométrique totale, et reste tributaire du diamètre du forage équipé.
Les principales méthodes de foration, présentées ci-après, sont applicables aussi
bien pour la réalisation de sondages de reconnaissance que de forages d’exploitation.
Un sondage de reconnaissance est généralement destiné :
— à établir la coupe géologique du terrain,
— à déterminer les différents niveaux aquifères,
— à définir le meilleur mode de captage pour la, ou les formations aquifères
rencontrées,
— à réaliser des prélèvements de terrain et/ou d’eau,
Les différentes techniques de forage 72

— à réaliser des pompages d’essais si le diamètre d’équipement est suffisant,


— à servir de piézomètre, et donc permettre le calcul des paramètres
hydrodynamiques de l’aquifère (S en particulier).
L’inconvénient de ce type d’ouvrage est le coût de réalisation (de l’ordre de 20 à
30 % du coût de l’ouvrage définitif pour un forage standard).
Cependant, un sondage de reconnaissance de diamètre suffisant en fonction de
l’objectif fixé peut, par la suite, être équipé pour l’exploitation. Dans le cas contraire,
soit le sondage est réalésé pour permettre son équipement en plus gros diamètre et sa
transformation en forage d’exploitation, soit le sondage de reconnaissance est laissé
en l’état, et utilisé comme piézomètre d’un forage d’exploitation à réaliser à
proximité.

3.1.1 Forage par battage (percussion)


Le forage par battage est la plus ancienne méthode employée sur les chantiers de
forage, ce procédé était utilisé par les Chinois il y a plus de 4 000 ans. La méthode
consiste à soulever un outil lourd (trépan) et à le laisser retomber sur le terrain à
traverser. La hauteur et la fréquence de chute varient selon la dureté des formations.
On distingue deux types de battages : le battage au treuil et le battage au câble.
Cette dernière méthode est la plus courante. Le trépan est suspendu à un câble qui est
alternativement tendu et relâché. Les mouvements sont rapides et le travail de l’outil
se fait plus par un effet de martèlement dû à l’énergie cinétique que par un effet de
poids comme pour le battage au treuil. Un émerillon permet au trépan de pivoter
automatiquement sur lui-même à chaque coup. Le trou est nettoyé au fur et à mesure
de l’avancement par descente d’une soupape permettant de remonter les débris
(cuttings). Ce procédé permet de réaliser des forages sans utilisation d’eau ou de
boue.
— Avantages :
• c’est un procédé simple et relativement peu coûteux (investissement
généralement plus faible que pour les autres procédés de foration) ;
• il n’y a pas de fluide de forage (boues) et pas de risques de pollution de la
nappe ;
• le trépan peut être rechargé, reforgé et affûté sur le chantier ;
• c’est une méthode bien adaptée pour les forages de moyenne profondeur ;
• les résultats sont très bons dans les terrains fissurés (pas de pertes).
— Inconvénients :
• vitesse d’avancement assez faible ;
• méthode peu adaptée dans les terrains plastiques ou boulants dans lesquels
le tubage à l’avancement est nécessaire ;
• il est impératif de remonter l’outil régulièrement afin de nettoyer le trou
(perte de temps) ;
• il n’est pas simple d’équilibrer des venues d’eau artésiennes jaillissantes.
Les différentes techniques de forage 73

3.1.2 Forage par havage


Le forage par havage, est plus connu sous le nom de procédé Benoto : dans ce
type de forage par curage ou havage, les tubages pénètrent dans la formation sous
l’effet de leur propre poids ou sous l’action de vérins hydrauliques. Une benne
preneuse « vide » progressivement l’intérieur du tubage tant que celui-ci se trouve
au-dessus du niveau statique. Au-dessous du niveau statique, l’emploi d’une soupape
est recommandé.
En présence d’éléments grossiers ou de blocs, l’utilisation d’un trépan tombant en
chute libre permet de briser l’obstacle. Il est également possible d’utiliser des
vibreurs hydrauliques pour faciliter la descente ou l’arrachage des tubages.
— Avantages :
• avancement rapide à faible profondeur dans des formations meubles,
notamment alluvionnaires (en l’absence d’éléments grossiers) ;
• réalisation d’ouvrages en gros diamètre.
— Inconvénients :
• méthode inadaptée aux terrains durs ;
• frottement des tubages mis en place à l’avancement ;
• difficulté pour arracher les tubages de soutènement après la mise en place
des crépines et du massif filtrant.

3.1.3 Forage rotary


Le forage rotary est le procédé le plus couramment utilisé, il a notamment fait ses
preuves dans le domaine de la recherche pétrolière.
Un outil (trépan) monté au bout d’une ligne de sonde (tiges vissées les unes aux
autres) est animé d’un mouvement de rotation de vitesse variable et d’un mouvement
de translation verticale sous l’effet d’une partie du poids de la ligne de sonde ou
d’une pression hydraulique.
Le mouvement de rotation est imprimé au train de tiges et à l’outil par un moteur
situé sur la machine de forage en tête de puits. Les tiges sont creuses et permettent
l’injection de boue au fond du forage.
Les outils utilisés en rotation sont des trépans de plusieurs types en fonction de la
dureté des terrains rencontrés (outils à lames, outils à pastilles, molettes ou tricône,
outils diamantés ou à carbures métalliques).
Au-dessus du trépan, on peut placer une ou plusieurs masses-tiges très lourdes qui
accentuent la pression verticale sur l’outil et favorisent la pénétration et la rectitude
du trou.
En résumé, l’ensemble du train de tiges ou « ligne de sonde » se compose, de haut
en bas, des éléments suivants (cf. figure 3-1) :
— une tête d’injection,
— une tige carrée,
— des tiges courantes,
Les différentes techniques de forage 74

Figure 3-1
Disposition schématique d’un atelier de forage rotary (d’après A. MABILLOT.
Les différentes techniques de forage 75

— des masses-tiges (qui donnent un poids supplémentaire et aide à maintenir la


verticalité du trou),
— un outil.
Le tout est suspendu à un mouflage installé dans le derrick ou bien sur un mât
dans le cas d’une sondeuse autoportée.
Toutefois, le forage au rotary nécessite l’emploi d’un fluide de forage préparé sur
le chantier, injecté en continu sous pression dans les tiges creuses de la ligne de
sonde, sortant au niveau d’évents sur l’outil, et remontant à la surface dans l’espace
annulaire (entre les tiges et les parois du trou). Ce fluide de forage peut être :
— de l’eau claire ;
— une boue à la bentonite (type d’argile) ;
— une boue à base de polymères d’origine synthétique, biodégradables.
Le principal défaut de la boue bentonitique est d’obturer les niveaux de venues
d’eau par un « cake » trop épais, ce qui conduit parfois les hydrogéologues à imposer
aux foreurs l’emploi d’eau claire ou de boues biodégradables dans les formations
aquifères.
Une fois la foration terminée, le cake forme sur les parois du forage une croûte
plus ou moins étanche qu’il faut éliminer au droit des horizons productifs. Parfois,
lorsque la pression de l’eau dans le forage est suffisante, le cake se détache de lui-
même. Dans le cas contraire, on utilise de l’hexamétaphosphate pour nettoyer le trou.
Dans certains cas particuliers, notamment le nettoyage de trous de gros diamètres,
la boue peut être injectée dans l’espace annulaire pour remonter les cuttings dans la
ligne de sonde (on parle alors de circulation inverse).
—Avantages du forage rotary :
• la profondeur atteinte peut être considérable (plusieurs milliers de mètres
en recherche pétrolière). De plus on peut atteindre 300 ou 400 mètres de
profondeur sans tuber si les terrains s’y prêtent ;
• la vitesse d’avancement en terrains tendres est importante et peut atteindre
100 m à 150 m par jour ;
• ce système permet un bon contrôle des paramètres de forage (poids de
l’outil, vitesse de rotation, qualité de la boue, débit d’injection de la boue)
en fonction des terrains à traverser ;
• le forage au rotary entraîne une consolidation des parois en terrains
meubles par dépôt d’un cake.
— Inconvénients :
• nécessité d’un fluide de forage, donc d’un approvisionnement du chantier
en eau ;
• colmatage possible des formations aquifères par la boue à la bentonite (ce
qui impose de ne pas l’employer dans le forage d’eau) ;
• nécessité de bien suivre la formation, puis l’évacuation du cake ;
• mélange des cuttings ;
• risques d’éboulement en cas d’arrêt de la foration sans nettoyage du trou.
Les différentes techniques de forage 76

3.1.4 Forage au marteau fond de trou


Cette méthode de forage utilise la percussion assortie d’une poussée sur l’outil
qui se trouve lui même en rotation. L’énergie utilisée pour actionner cet outillage est
l’air comprimé à haute pression (10-25 bars). C’est un procédé très intéressant en
recherche hydrogéologique et principalement en terrains durs.

a) Le marteau fond de trou classique


Un marteau pneumatique équipé de taillants est fixé à la base d’un train de tiges et
animé en percussion par envoi d’air comprimé dans la ligne de sonde, d’où le nom de
« marteau fond de trou ». Plus la pression de service d’air comprimé est élevée,
moins on aura de risques de coincements. La plupart des marteaux fond de trou
peuvent travailler à des pressions comprises entre 4 et 18 bars.
La technique du marteau fond de trou s’est particulièrement développée en
recherche d’eau dans les terrains durs ou fracturés.
— Avantages :
• avancement rapide ;
• profondeur couramment atteinte de l’ordre de 150 m ;
• les fluides de forage (air, mousse, ...) sont biens adaptés au forage d’eau ;
• bonne observation des cuttings (coupe géologique) et des zones
productrices d’eau (suivi hydrogéologique).
• Inconvénients :
• procédé peu adapté dans les terrains non consolidés ou plastiques ;
• risques de formation de bouchons de cuttings, nécessitant de fréquents
nettoyages du trou par soufflage ;
• profondeur fonction des caractéristiques du compresseur. Il est
recommandé d’avoir un compresseur très puissant lorsqu’on travaille sous
d’importantes hauteurs d’eau.
Dans certains cas, les méthodes au rotary et au marteau fond de trou seront
associées sur un même forage.
Afin de favoriser la tenue des parois et la remontée des cuttings dans les
formations peu consolidées, l’emploi de mousses de forage peut s’avérer nécessaire
au marteau fond de trou.
Les diamètres de foration au marteau fond de trou varient généralement de 4"
(102 mm) à 15" (381 mm).

b) Le système Odex en terrains non cohérents


La perforation de terrains de recouvrement et des alluvions est l’une des plus
difficiles à réaliser en raison des formations boulantes ou incohérente. il est alors
nécessaire de tuber les parois du trou au fur et à mesure de sa foration. Pour ce faire
on utilise la méthode Odex (Atlas Copco-Sandvik).
Les différentes techniques de forage 77

Cette méthode est basée sur le principe d’une percussion sans rotation. Elle met
en œuvre un taillant pilote avec aléseur excentrique qui permet de forer des trous
d’un diamètre légèrement supérieur au diamètre extérieur des tubes. Le tubage est
ainsi enfoncé progressivement à la suite de l’aléseur sous l’effet de son propre poids
et de l’énergie de percussion du marteau. Les tubes sont solidarisés entre eux soit par
soudure, soit par filetage. Le taillant excentrique se déploie par rotation dans le sens
des aiguilles d’une montre, une rotation en sens inverse en fin de foration permet son
repli et la remontée de la garniture. Comme en foration au marteau fond de trou
classique, l’évacuation des cuttings est là aussi assurée par la remontée de l’air, ici
entre tiges et tube.
Inconvénients : il arrive que l’excentrique se coince, il est alors souvent
nécessaire de remonter l’outil en arrachant tout le tubage.
L’emploi de mousse est indispensable dès que la profondeur dépasse 15 mètres.
La mousse a ici le même rôle qu’en système marteau fond de trou classique, de plus
elle lubrifie et stabilise le trou facilitant ainsi la descente du tubage.
Spécialement étudié pour la perforation des terrains de recouvrement, cet
équipement arrive à passer dans des formations très hétérogènes qui peuvent aller de
la terre meuble à la roche homogène. L’Odex peut ainsi forer au travers de blocs, soit
qu’il les traverse, soit qu’il les repousse sur les côtés.
En forage d’eau le système Odex est surtout utilisé pour le tubage depuis la
surface jusqu’à la roche homogène, ou en tubage sur toute l’épaisseur des formations
instables. Cependant, lorsqu’on veut poursuivre le forage dans la roche dure sous-
jacente, le diamètre du télescopage est limité par le diamètre du sabot au bas du
tubage.
L’Odex est aussi très utile pour isoler des nappes d’eau supérieures, plus sensibles
aux pollutions.

3.2 Les fluides de forage


Les fluides de forage ont un rôle capital dans l’exécution d’un ouvrage et il
convient d’y apporter une attention particulière. Nous ne donnons ici que quelques
indications de base suffisantes pour le suivi de forage « simple » à faible profondeur.
Pour le contrôle d’ouvrages profonds dans des formations géologiques complexes
nous ne saurions trop vous recommander d’approfondir vos connaissances dans des
ouvrages spécifiques ou plutôt de faire appel à des entreprises spécialisées qui
spécifieront la composition de la boue et les modifications à y apporter en cours de
forage. Le choix et le contrôle des fluides de forage sont des éléments fondamentaux
dont dépendent la réussite ou l’échec de l’ouvrage. En effet, les caractéristiques de la
boue évoluent dans le temps et en fonction des éléments rapportés par les terrains
traversés, ces modifications peuvent apporter de graves avaries : coincement du train
de tige, perte totale dans le forage, cake trop épais colmatant l’aquifère, etc.
Les fluides de forage 78

Le fluide de forage a plusieurs fonctions, notamment :


— le refroidissement et la lubrification de l’outil de forage (tricône, trépan, etc.) ;
— la remontée des formations géologiques traversées sous une forme broyée
(cuttings) ;
— la consolidation des parois nues du trou par dépôt d’une pellicule argileuse
(cake) ;
— une action de contre-pression vis-à-vis de venues d’eau artésiennes
jaillissantes (en augmentant la densité) ;
— de donner des renseignements utiles sur d’éventuelles venues d’eau ou pertes
de charge grâce au suivi du niveau dans les bacs à boue.
Etant donné ses multiples fonctions, la composition du fluide doit être étudiée
avec le plus grand soin. On en distingue classiquement deux grandes familles :
— les fluides à base d’eau,
— les fluides à base d’air.
Le choix du fluide de forage dépendra d’un grand nombre de facteurs (nature des
terrains, type d’équipement, possibilité d’approvisionnement en eau et en produits,
etc.). En général, les fluides à base d’eau, composés d’argile ou d’additifs polymères,
seront utilisés dans les formations non consolidées. Au contraire, l’air sera réservé
aux roches compactes ou semi-consolidées (air-lift).
Quel que soit le choix effectué, la réussite dépend principalement des dosages, du
choix des additifs et des caractéristiques physico-chimiques des terrains et de l’eau
des formations rencontrées.

3.2.1 Propriétés des fluides de forage


La gestion de la boue consiste à lui conserver des caractéristiques conformes aux
objectifs fixés, spécifiés plus haut. Ce problème n’est pas simple dans la mesure où
ses caractéristiques sont en permanence modifiées par la nature des terrains traversés,
des sédiments fins peuvent provoquer sa coagulation, des terrains gypseux sa
floculation, une formation aquifère en charge va la diluer, etc.
La boue est un mélange colloïdal dont les caractéristiques doivent être vérifiées
régulièrement et modifiées selon les cas pour conserver les qualités rhéologiques qui
lui sont nécessaires : densité, viscosité, filtrat, cake, pH et teneur en sable.

a) Densité
La densité de l’eau pure (à 4°C) est de 1. Celle d’une boue pourra varier entre 0,8
si on y incorpore de l’air et 2 si on ajoute de la barytine (sulfate de baryte : BaSO4,
densité 4,3). Une boue bentonitique neuve a une densité de 1,02 à 1,04 mais celle-ci
peut varier en cours de foration. La densité est mesurée avec une balance Roberval ou
mieux, avec une Baroïd.
La densité de la boue devra être réglée pour permettre en permanence la remontée
des débris de forage et l’amélioration de la tenue des parois. De plus, elle peut
équilibrer d’éventuelles venues d’eau (artésianisme). En utilisant la barytine ou l’eau,
il est possible d’alourdir ou d’alléger une boue de forage (cf. figures 3-2 et 3-3).
Les fluides de forage 79

Poids en tonnes de baryte à ajouter pour 10 m3 de boue initiale


18 1,9

16 1,8

Densité initiale de la boue à alourdir


14 Densité à 1,7
obtenir
12 1,6

10 2 1,5

8 1,8 1,4

6 1,6 1,3

4 1,4 1,2

2 1,2 1,1

0 1 1

Figure 3-2
Alourdissement d’une boue par la baryte (d’après A. MABILLOT, 1971).

Dans cet exemple, pour porter à 1,8 la densité de 10 tonnes de boue à 1,2 il faudra ajouter
10,5 tonnes de baryte.

D’une manière générale la densité de la boue est de l’ordre de 1,1 soit un dosage
de bentonite variant de 3 à 8 % soit 30 à 80 kg de produit par mètre cube de boue.
Il est fréquent d’observer des variations du volume de la boue, soit une
augmentation liée à une dilution par la rencontre d’une couche aquifère dont la
pression est supérieure à celle de la colonne de boue, soit une perte de boue liée à la
rencontre d’une zone fissurée ou d’une zone en dépression.
En cas d’augmentation de volume il convient d’arrêter l’éruption en alourdissant
la boue. On considère que la charge au fond du trou est égale à :

Hd
10
avec :
H : profondeur du trou en mètres,
d : densité.
Les fluides de forage 80

Ainsi pour une éruption provoquée à 150 m de profondeur par une nappe dont la pression
résiduelle au sol est de 7 kg, la pression totale de la nappe au fond est égale à :
150
10 + 7 = 22 kg
pour contrebalancer cette pression il convient d’avoir une boue de :
22 . 10
150 = 1,47
Les volumes et le poids de baryte à ajouter sont facilement identifiables à partir des
figures 3-2 et 3-3 empruntées à A. MABILLOT.

35
Volume d'eau en m3 à ajouter à 10 m3 de boue initiale

30 Densité à 1,25
obtenir

Densité initiale de la boue à alléger


25 1,1

20 1,5
1,2

15
1,3

10 1,4 1,75

1,5
5 1,6
1,7
1,8
0 1,9 2

Figure 3-3
Allégement par l’eau d’une boue de forage (d’après A. MABILLOT, 1971).

Dans cet exemple, pour ramener à 1,2, la densité de 10 m3 de boue de densité 1,8, il
faudra ajouter 10 m3 d’eau.

En cas de perte de boue les causes peuvent être très variables : boue trop fluide,
terrain fissuré ou fracturé, aquifère à faible pression, etc. Chaque cas particulier doit
trouver une solution adaptée, le cas le plus ennuyeux, et pourtant relativement
fréquent, est la perte totale qui met réellement l’ouvrage en péril. De multiples
solutions existent mais là encore elles doivent être adaptées au cas par cas.
Les fluides de forage 81

b) Viscosité
Une viscosité appropriée permet d’avoir un outil bien dégagé ainsi qu’une bonne
remontée et un dépôt rapide des débris de forage. De plus, elle permet de réduire les
pertes de charge dans le train de sonde.
On peut mesurer la viscosité d’une boue avec le viscomètre Marsh (sur le
chantier) ou le viscomètre Stormer (en laboratoire).

c) Cake et filtrat
Dans une formation perméable, la boue a tendance à laisser passer de l’eau au
travers de la paroi (filtrat) et à déposer une couche d’argile (cake) sur cette dernière.
Dans tous les cas, la nature du cake et du filtrat sera fonction de la composition
initiale de la boue. Or, comme nous l’avons vu, ces propriétés peuvent évoluer lors de
la foration. Il est donc important de contrôler régulièrement le cake et le filtrat.
Si le filtrat est trop grand (cake trop fin), les parois ne sont pas tenues et des
éboulement risquent de se produire. Si le filtrat est trop faible (cake trop épais), la
boue risque de colmater la formation aquifère.
Les mesures sont effectuées avec une presse Baroïd dans laquelle on dispose un
échantillon de boue qui sera égoutté. Il faut alors noter le volume de filtrat recueilli en
un temps donné ainsi que l’épaisseur et la consistance du cake obtenu.

d) pH
Le pH permet d’apprécier l’acidité ou l’alcalinité de la boue de forage. Si le pH
est compris entre 0 et 5, la solution est acide ; entre 6 et 8, elle est neutre ; au-delà de
8, elle est basique (alcaline). La mesure du pH est importante car elle révèle la
contamination par le ciment ou par l’eau de la couche aquifère si sa valeur est
supérieure à 10 ou 11. Par contre, si elle est inférieure à 7, les risques de floculation
sont à redouter. La mesure du pH doit être faite sur le filtrat.

e) Teneur en sable
Il est évident que la présence de sable dans la boue est néfaste à cause de son
caractère abrasif (problèmes d’usure des tubes, flexibles, pompes etc.). Il augmente
également la densité de la boue et risque, en cas de dépôts importants sur le fond, de
bloquer la garniture. On estime généralement que la teneur maximale admissible de
sable dans une boue est de 5 %. On peut la mesurer grâce à un élutriomètre.
L’élimination du sable se fait par l’intermédiaire de bacs ou fosses de décantation
ou par dessableurs centrifuges.
Les fluides de forage 82

TABLEAU III-I — Conditionnement de la boue à la bentonite,


(d’après A. MABILLOT, 1971).

Mesures Appareils Interprétation des résultats Remèdes et additifs


et valeurs à utiliser et conséquences
moyennes

Trop forte : Dilution par l’eau en


- risque de perte de boue, contrôlant les autres
Densité Balance - cake trop épais. caractéristiques. Brasser
(1,20) Baroïd ----------------------------------- énergiquement à la
Trop faible : mitrailleuse
- cake trop mince, -----------------------------------
- risque de dégradation des -
parois Ajouter de la bentonite
- éboulements, artésianisme. (d = 2,6) ou de la baryte
(d = 4,3). Brasser.
Trop forte : Emploi de pyrophosphates (4
- difficultés de pompage, kg pour 100 l d’eau), de
- risques de coincement de tanins, lignites ou ligno
Viscosité Viscosi- l’outil sulfates.
(40 à 45) mètre pendant les arrêts de Attention au pH.
Marsh ou circulation.
Stormer ----------------------------------- -----------------------------------
Trop faible : -
- risque de perte de boue, Ajouter de la bentonite, de
- risque de coincement par la l’amidon ou de la fécule.
séparation des éléments de la
boue
Ajouter amidon, fécule ou
Filtrat trop grand (cake trop CMC (Blanose -
Filtrat mince) : Carboxyméthyl-cellulose -
(5 à 10 Filtre- - risques d’éboulement, Cellulose colloïdale).
cm3) presse - risque de perte de boue. 3-10 kg/m3. Mixer et brasser.
cake Baroïd ----------------------------------- -----------------------------------
(5mm Filtrat trop faible (cake trop -
max.) épais) : Dilution par l’eau. Contrôler
- risque d’obstruction des les autres caractéristiques.
venues d’eau. Brasser à la mitrailleuse.
Sable Risque d’usure par érosion Employer des dessableurs à
(5 % Tamis des pompes à boue et des cyclones.
max.) Baroïd flexibles.
pH > 11 : contamination par Employer des
pH Papier pH l’eau ou le ciment. polyphosphates :
(7 à 9,5) pH < 7 : risque de - acides si le pH est supérieur
floculation. à 11 - neutres si le pH est
inférieur à 7
Les fluides de forage 83

f) Thixotropie
La thixotropie est la faculté, pour un mélange à base de produits en suspension,
de passer de l’état solide (gel) à l’état liquide sous l’action d’une agitation et de
revenir à l’état initial lorsque l’agitation cesse. Il faut donc maintenir la circulation
dans un forage même si la ligne de sonde ne tourne pas, pour éviter que la boue ne se
solidifie en bloquant l’outil.

g) Conditionnement de la boue
Le tableau III-I résume l’importance des différentes caractéristiques de la boue de
forage et les moyens de les modifier.
On estime que les caractéristiques idéales d’une boue neuve sont les suivantes :
— viscosité : 40 à 45,
— filtrat : 8 cm3 pour un échantillon de 600 cm3,
— pH : 7 à 9,
— solides : 0,5 %.

3.2.2 Boues bentonitiques


Les boues de forage sont généralement des suspensions colloïdales à base
d’argile, la plus utilisée étant la bentonite. Un gramme de bentonite dispersé dans
l’eau offre une surface de contact de 4 à 5 m2.
La bentonite est constituée principalement par une argile smectique : la
montmorillonite. Ce complexe alumino-silicaté contient des substances tels que le fer
ou le magnésium qui peuvent se substituer aux ions Si ou Al pour former des
bentonites aux caractéristiques différentes. En règle générale, lorsque les ions
métalliques d’une bentonite sont remplacés par des ions d’un autre métal, ses
propriétés en sont modifiées.
En présence d’eau par exemple, la bentonite s’hydrate en augmentant
considérablement de volume (12 à 15 fois et parfois 30 fois). Ces variations
proviennent des oxydes métalliques plus ou moins chargés électriquement.
Soulignons la caractéristique des boues bentonitiques de réagir et floculer en
présence d’eaux riches en nitrates.

a) Bentonite
Les bentonites sont caractérisées par les limites d’Atterberg.
— Limite de liquidité : elle représente la teneur en eau au-dessous de laquelle
une pâte argileuse se comporte comme un semi-liquide.
— Limite de plasticité : représente la teneur en eau au-dessous de laquelle une
pâte argileuse n’a plus de comportement plastique.
— Indice de plasticité : représente la différence entre les limites de liquidité et de
plasticité.
Les fluides de forage 84

On distingue plusieurs types de bentonites :


— les bentonites calciques naturelles ;
— les bentonites sodiques naturelles qui gonflent plus que les bentonites
calciques naturelles ; ce sont elles qui seront utilisées dans les boues de forage ;
— les bentonites permutées qui sont des bentonites calciques transformées en
bentonites sodiques par ajout de carbonate de soude ; le gonflement de ces bentonites
peut varier de 10 à 15 fois ;
— les bentonites calciques activées qui sont des bentonites permutées, dopées
par ajout de polymères améliorant leur gonflement (de 10 à 25 fois).
Le tableau III-II montre les valeurs des limites d’Atterberg pour les argiles et
divers types de bentonites.

TABLEAU III-II — Limites d’Atterberg des argiles.

Désignation Limite de limite de Indice de Gonflement


liquidité plasticité plasticité

Kaolin 20 à 50 1à2
Argiles plastiques 50 à 100 10 à 40 10 à 40 2à3
Argiles bentonitiques 80 à 150 3à6

Attapulgite
Illite 80 à 150 30 à 40 50 à 110 4à8
Sépiolite

Bentonite calcique 100 à 200 50 à 150 3à7


Bentonite sodique 450 à 550 50 à 60 400 à 500 12 à 18
Bentonite calcique
activée 350 à 700 300 à 650 10 à 25

b) Boues spéciales pour marnes gonflantes


Les terrains marneux ont la propriété de gonfler en présence d’eau. Les risques de
bloquer l’outil en fond de trou deviennent alors considérables. Or, il est admis que le
gonflement des marnes est d’autant plus important que la boue est alcaline.
Pour pallier cet inconvénient, il suffit parfois de ramener le pH de la boue aux
alentours de 7,5 ou 8 par addition de pyrophosphate acide. On peut aussi ajouter à la
boue, du silicate de soude ou de chaux, ou bien encore de l’amidon.
En règle générale, il est conseillé d’augmenter la densité de la boue, le débit de la
pompe et de traverser ces terrains marneux rapidement afin de tuber au plus tôt les
zones dangereuses.
Les fluides de forage 85

c) Boues à l’huile émulsionnée


Ces boues sont obtenues en ajoutant du gasoil (5 à 25 %) et un émulsifiant
organique à la boue classique. Elles lubrifient les parties métalliques et améliorent la
vitesse d’avancement de l’outil. Il faut toutefois faire attention aux risques de
pollution de l’aquifère. C’est la raison pour laquelle ces boues sont peu utilisées en
hydrogéologie.

3.2.3 Boues polymères


Les polymères sont des composés chimiques à haut poids moléculaire résultant de
l’association de plusieurs molécules simples, de poids moléculaire faible. Ces
polymères peuvent être utilisés directement comme boue de forage ou sous forme
d’additif aux boues bentonitiques. Ils présentent les avantages suivants :
— forage avec une pression réduite en fond de trou,
— pertes de fluide contrôlées sans nécessité d’avoir un cake épais,
— couple et frottements réduits,
— les échantillons ne sont pas souillés par le fluide.
Toutefois, ces polymères, qu’ils soient naturels ou artificiels, ont certains
inconvénients :
Pour les polymères naturels :
• prolifération des bactéries en un temps très court,
• élimination difficile des bactéries dans le massif filtrant,
• les bactéricides utilisés peuvent être toxiques.
Pour les polymères artificiels :
• risque d’instabilité des parois,
• risque de colmatage,
• risque de pollution lors de la destruction des polymères par action
chimique.

a) Les polymères naturels


Ce sont généralement des produits organiques obtenus à partir des gommes de
Guar. Leur configuration moléculaire leur permet de produire, pour la même masse
de matière à la même viscosité, 10 fois plus de gel qu’une boue bentonitique.
Les produits les plus couramment utilisés sont certainement le revert et le
foragum. Le premier a comme caractéristique essentielle le pouvoir de réversion de
sa viscosité. En effet, au bout d’un certain temps (2 à 5 jours environ selon la
température de l’eau et le dosage initial), la viscosité du gel s’atténue brusquement et
la boue devient fluide et limpide, semblable à de l’eau. De ce fait, la formation
aquifère se trouve naturellement débarrassée de la boue de forage et les opérations de
nettoyage et de développement s’en trouvent facilitées. Par ailleurs, la rupture de
viscosité s’accompagne d’un changement de couleur de la boue qui perd sa teinte
bleu foncé pour devenir incolore, ce qui facilité la prise de conscience du changement
de viscosité. Toutefois, lorsque les impératifs de forage l’exigent, la viscosité peut
être prolongée par addition de soude caustique (NaOH) dans la boue. Inversement,
Les fluides de forage 86

l’introduction de chlore permet de provoquer la rupture de viscosité. Enfin, il faut


noter que le pH doit être fixé entre 5 et 7 pour permettre une utilisation optimale du
revert.

b) Les polymères synthétiques


Ils peuvent être utilisés avec les boues bentonitiques ou les autres polymères. Les
produits qui permettent de fabriquer de telles boues sont les suivants :
— viscosifiants à base de copolymères acrylamide/acrilate de soude,
— viscosifiants biodégradables,
— lubrifiants biodégradables,
— moussants, mélanges tensioactifs biodégradables,
— fluidifiants à base de polyacrilates de sodium en solution aqueuse à 30 %,
— hydro-rétenteurs pour perte de circulation (gonflement 200 fois minimum).
Comme nous l’avons vu précédemment, ces produits polymères ne peuvent être
détruits que par action chimique, avec un risque réel de pollution de la nappe. Les
produits de destruction les plus couramment employés sont les suivants :
— eau de Javel 12° Cl. : 2 à 4 l/m3, destruction totale en une heure,
— eau oxygénée 110 vol. : 3 à 4 l/m3, destruction totale en 10 heures environ,
— acide chlorhydrique : 1 à 2 l/m3, destruction partielle (90 %) rapide,
— carbonate de soude : 10 kg/m3, destruction partielle (80 %) en plus de 24
heures.
Le tableau III-III résume les principaux problèmes qui peuvent se présenter et le
type d’action à entreprendre pour y remédier.

c) Boue polymère biodégradable


Les polymères synthétiques biodégradables ne sont valables que si leur durée de
vie est plus longue que celle des polymères naturels, permettant ainsi leur élimination
avant que le processus de dégradation (responsable de la prolifération des bactéries)
ne soit entamé.
Citons le produit AQUA GS qui permet d’obtenir une boue biodégradable
résistant aux bactéries et qui n’est attaquable qu’après 5 ou 6 semaines de présence
dans le forage. Elle résiste aux contaminants divers (argile, marne, dolomie, gaz
acide, eau ferrugineuse, etc.) et n’est pas détruite par le ciment. De plus, elle s’utilise
à faible concentration (1 à 3 kg/m3) avec tous les types d’eau (douce, salée, dure).
Enfin, elle limite le gonflement des argiles et a une bonne sédimentation dans les
bacs, facilitant ainsi sa circulation. Néanmoins, il est conseillé de travailler avec un
pH neutre.
Un autre produit, le D 800 ou AQUA J présente des caractéristiques semblables
avec des dosages comparables.
Les fluides de forage 87

TABLEAU III-III — Utilisation des produits GSP pour résoudre les


problèmes de forage.

Forage au rotary

1- En cas de réduction de la viscosité,


voir :
• le pH doit être supérieur à 5,5. On
• le pH peut l’augmenter avec de la soude
ou carbonate de soude.
• salinité de l’eau • Au-dessus de 8 g/l de sel, utiliser un
produit spécial (GS 550 S).
• nappe en charge • Augmenter la densité de la boue et la
recharger régulièrement toutes les 2
ou 3 heures.
2- Bonne viscosité mais mauvaise tenue
des parois de forage :

• présence de couches argileuse • Diminuer le viscosifiant et utiliser un


fluidifiant, ajouter du chlorure de
• présence de couches fluentes potasse.
• Diminuer la viscosité et les débits
• traversée de nappe d’eau salée élevés pour faciliter la remontée des
cuttings, sinon charger
• niveau statique près du sol progressivement la boue avec du sel.
• Utilisation d’une boue avec
• flambage des tiges qui battent la GS 550 S et saler pour équilibrer la
paroi et détruisent le film de boue pression hydrostatique.
• Ajouter de la boue pour que le forage
soit bien plein et saler pour
augmenter la densité.
• Diminuer la pression sur l’outil.
Forage au marteau fond de trou

• Arrêt sans raison apparente, tiges • Ajouter du solvant et laisser reposer


mal nettoyées formant un film de 10 minutes avant de reprendre la
polymère bloquant l’arrivée du foration.
fluide de forage
Forage carotté
Augmenter la concentration de
Mauvaise récupération des carottes : GS 550.
• Diminuer le débit et rétrécir les
• terrains peu cohérents passages d’eau de la couronne.
• Ralentir l’avancement et augmenter
• la carotte est détruite par la boue, la le diamètre du tube carottier. Utiliser
carotte ne monte pas ou retombe un carottier plus court.
Forage artésien Calculer la surpression et la densité
de la boue ainsi que le poids de sel.
• Perte de circulation dans l’aquifère Forer en perte avec une boue légère
ou injecter une boue visqueuse
contenant un agent de destruction
lent (H2O2).
Les fluides de forage 88

3.2.4 Air comprimé


L’emploi de l’air comprimé comme fluide de forage présente un certain nombre
d’avantages :
— plus grande vitesse de pénétration dans la roche dure,
— réduction du poids sur l’outil,
— grande capacité de dégagement des débris de forage,
— forage facilité dans les formations gonflantes,
— faibles besoins d’eau.

a) Forage au rotary
L’air comprimé est efficace dans les formations dures et stables (roches ignées,
métamorphiques ou sédimentaires denses).
En cours de forage le débit d’air sera ajusté pour maintenir une vitesse annulaire
nécessaire à la bonne remontée des cuttings. En principe, la capacité de remontée de
l’air est proportionnelle à sa densité et au carré de sa vitesse annulaire.

b) Forage au marteau fond de trou


Plus la pression d’air est élevée, moins on aura de risques de coincement de
l’outil en fond de trou. La plupart des marteaux travaillent entre 4 et 18 bars. Le
choix de la puissance du compresseur dépend de la consommation d’air estimée
pendant le forage et pendant le soufflage.

3.2.5 Mousse stabilisée


La mousse est un mélange de composés liquides (eau et produits) et gazeux (air).
La solution moussante est parfois accompagnée de polymères ou de bentonite pour
augmenter sa densité et améliorer ses qualités de viscosité et la stabilisation des
parois.
Le dosage varie en fonction de la qualité des agents moussants, entre 0,2 et 2 %
du poids d’eau utilisé. Il faut que la mousse conserve une certaine consistance type
« mousse à raser ».
Ce type de fluide de forage est utilisé :
— dans un forage rotary lorsque l’emploi de la boue est rendu difficile par la
nature des terrains, une fracturation trop importante, ou une alimentation en eau
insuffisante,
— dans un forage à l’air en présence d’une érosion excessive des parois de
forage, lorsqu’on rencontre des gonflements argileux, ou enfin lorsque l’évacuation
des cuttings est rendue difficile par la présence de venues d’eau.
Il faut souligner toutefois qu’en présence de fortes arrivées d’eau dans des
formations aquifères non consolidées, cette méthode peut se révéler inadaptée.
Les fluides de forage 89

a) Mousse pour forage au rotary


Pour le nettoyage du trou, on utilisera un produit moussant à un dosage de 0,3 à
0,5 % du volume d’eau. La concentration peut être augmentée légèrement en cas de
fortes venues d’eau.
Pour la stabilisation des parois de forage, on utilisera un viscosifiant donnant une
mousse stabilisée. La concentration se fait sur la base de 0,5 % du volume d’eau.
Les caractéristiques des débits d’air sont les suivantes :
— débit d’air pour forage : 350 à 400 litres/minute par pouce de diamètre à forer,
— débit de pompe d’injection : 0,1 à 0,2 % de mélange par rapport au volume
d’air.
En terrains tendres (vitesses de foration élevées), on augmentera le débit d’air et
le volume de solution moussante pour maintenir le rapport à 0,1-0,2 %. En terrains
durs par contre, on diminuera le débit d’air et le volume de la solution.

b) Mousse pour forage à l’air


Dans le cas de forage au marteau fond de trou, on prendra soin de respecter les
recommandations suivantes.
— Pour de faibles venues d’eau ou des pertes d’air réduites, il faut placer le
marteau en fond de trou, verser par les tiges 0,3 à 1 litre de produit moussant puis 5 à
15 litres d’eau et reprendre ensuite la foration.
— Si on traverse une zone boulante, on peut ajouter 5 à 20 g de polymères
stabilisants dans le circuit d’eau.
— En cas de fortes venues d’eau, d’éboulements, ou de pertes d’air
considérables, on utilisera 0,2 à 0,6 % de viscosifiant stabilisant avec 0,3 à 1,5 % de
produit moussant, selon l’importance de la venue d’eau.
Il faut savoir que l’utilisation de la mousse réduit la vitesse de pénétration
d’environ 40 % à 6-7 bars, 20 % à 10,5 bars et 10 % à 18 bars.
Après utilisation, le marteau doit être soufflé et lubrifié soigneusement.
Dans le cas très particulier du forage Odex, l’injection de mousse n’est pas
nécessaire.

3.3 Equipement des forages


Un forage d’eau est destiné à permettre l’extraction de l’eau contenue dans une
formation aquifère. C’est pourquoi, quelle que soit la méthode de foration retenue,
l’équipement comporte toujours une colonne d’exploitation maintenant le terrain
dans la partie supérieure non aquifère, et une partie crépinée au droit de la nappe
aquifère proprement dite (sauf dans le cas très particulier de crépines suspendues).
Il ne faut pas perdre de vue que l’exploitation doit se faire dans les meilleures
conditions possibles, tant du point de vue qualitatif :
— pas de pollution de l’eau au droit de l’ouvrage,
— pas d’entraînement d’éléments solides,
Equipement des forages 90

que du point de vue quantitatif :


— obtention du plus fort débit compatible avec les caractéristiques de l’aquifère
et la proximité éventuelle d’autres ouvrages exploitant le même aquifère,
— recherche du plus fort débit spécifique possible (débit par unité de
rabattement).

Diamètre extérieur du tubage


Sol 20" - 508 mm Sol

22"
3/8
560 mm
13" - 340 mm
17" 3/8
5/8
441 mm
9" - 244 mm

12" 1/8
7" ou 6" 5/8
308 mm
178 ou 168 mm

8" 1/2
4" 1/2
216 mm
114 mm

6" ou 5" 7/8

152 ou 149 mm

3" 7/8 - 96 mm
Diamètre de l'outil
de foration

Figure 3-4
Relations entre les diamètres des outils rotary et les diamètres des tubages les plus
courants.

Deux éléments fondamentaux constituent l’équipement des forages


d’exploitation :
— les tubages pleins (ou aveugles) ;
— les crépines ou tubages perforés.
Le débit d’exploitation espéré et la profondeur finale à atteindre conduisent à
déterminer les caractéristiques des outils de foration et le diamètre des tubages à
utiliser (cf figure 3-4). D’autre part, en fonction du débit souhaité, le choix de la
pompe immergée imposera le diamètre des tubages.
La qualité des tubages et des crépines est essentielle pour la durée de vie du
forage.
Equipement des forages 91

TABLEAU III-IV — Caractéristiques des principaux diamètres de tubages (API),


d’après A. MABILLOT, 1971.

Diamètres extérieurs Epaisseurs Diamètres Poids moyen au


intérieurs mètre avec
manchons
(pouces) (millimètres) (millimètres) (millimètres) (kilogrammes)
4"1/2 114,30 5,20 103,90 14,10
4"1/2 114,30 6,35 101,60 17,25
4"1/2 114,30 7,35 99,60 20,10

6"5/8 168,30 6,22 155,86 25,30


6"5/8 168,30 7,32 153,66 29,75
6"5/8 168,30 8,94 150,42 35,70

7 177,80 6,91 163,98 29,75


7 177,80 8,05 161,70 34,20
7 177,80 9,19 159,42 38,70
9"5/8 244,50 7,14 230,22 43,60
9"5/8 244,50 8,94 226,62 53,50
9"5/8 244,50 10,03 224,44 59,50

13"5/8 339,70 8,38 322,94 71,40


13"5/8 339,70 9,65 320,40 81,10
13"5/8 339,70 10,92 317,86 90,75

Quelques règles de base doivent être respectées :


— prévoir de laisser au moins un pouce (25,4 mm) de jeu entre la pompe et le
diamètre intérieur du tubage. Celui-ci sera donc 5 cm environ plus grand que le
diamètre extérieur de la pompe ;
— prévoir de laisser du jeu entre les parois nues du trou et le tubage plein,
notamment en prévision d’une cimentation de l’espace annulaire.

3.3.1 Tubages
Le diamètre du tubage sera fonction du débit espéré. Le tableau III-V permet
d’évaluer le diamètre pour le débit maximal dans les cas les plus fréquents.
Le choix du type du tubage sera ensuite fonction de la résistance aux diverses
sollicitations :
— efforts de traction ;
— efforts d’écrasement ;
— efforts d’éclatement ;
— efforts de flambage.
Equipement des forages 92

TABLEAU III-V — Relation diamètre du tube débit possible.

Diamètres intérieurs minima Débits maxima prévus


des tubages (m3/h)
(pouces)

4" 3
6" 50
8" 140
10" 250

Il existe deux matériaux principaux de tubage lisse :


— PVC (plastique) ;
— acier, avec notamment :
• acier noir,
• acier noir galvanisé,
• acier revêtu d’un film plastique,
• acier au chrome aluminium,
• acier inoxydable.
Les caractéristiques des tubages les plus courants sont les suivantes :
— longueur des éléments : 3 à 6 m ;
— épaisseur : 2 à 11 mm (acier), 4 à 16 mm (PVC) ;
— diamètre : 100 à 2 500 mm (acier), 60 à 315 mm (PVC) ;
— raccordement : manchon soudé, embouts filetés (acier), filetage (PVC).

3.3.2 Crépines
La crépine constitue l’élément principal de l’équipement d’un ouvrage
d’exploitation d’eau. Placées à la suite du tubage plein, face à une partie ou à la
totalité de la formation aquifère, les crépines doivent :
— permettre la production maximale d’eau claire sans sable ;
— résister à la corrosion dûe à des eaux agressives ;
— résister à la pression d’écrasement exercée par la formation aquifère en cours
d’exploitation ;
— avoir une longévité maximale ;
— induire des pertes de charges minimales.
Le plus souvent, dans le cas d’une nappe artésienne unique, les ouvrages de
captage sont de l’un des deux types suivants :
— ouvrage à équipement monolithique ;
— ouvrage télescopé à crépine de diamètre inférieur à celui du tubage
d’occultation des niveaux supérieurs.
Equipement des forages 93

Il existe plusieurs types de crépines industrielles en acier (préfabriquées, sans


modification sur le chantier) :
— crépine à trous ronds, utilisée en terrains durs, mais de faible densité de
perforation ou de vide (≈ 10 %) ;
— crépine à trous oblongs, avec des fentes rectangulaires verticales, de largeur
au moins égale à l’épaisseur de la tôle, longueur standard 3 cm, mais de faible densité
de perforation (≈ 10 à 20 %) ;
— crépine à persiennes, avec des perforations rectangulaires horizontales,
formant auvent, de bonne résistance mécanique, mais de faible pourcentage de
perforation ;
— crépine à nervures repoussées, type très fréquemment utilisé, réalisé à plat
puis roulé et soudé, de bonne résistance mécanique du fait du faible enlèvement de
métal, de pourcentage de vide variant de 3 à 27 % selon les dimensions des
ouvertures pratiquées ;
— crépine type Johnson, à ouverture horizontale continue sur toute la longueur
de la crépine, obtenue par enroulement en hélice d’un « fil enveloppe profilé » soudé
sur des génératrices métalliques verticales. Les avantages principaux d’une telle
crépine sont :
• la régularité et la précision de l’ouverture,
• les faibles risques de colmatage,
• le coefficient d’ouverture le plus élevé par rapport aux autres crépines.

0,50 2

2,5 Largeur du fil enveloppe (mm)


0,40 3
Coefficient d'ouverture

3,5
4
0,30 4,5

0,20

0,10

0,00
0,00 0,50 1,00 1,50 2,00 (mm)
Dimensions de l'ouverture

Figure 3-5
Ouverture, fils et coefficient d’ouverture des crépines Johnson, (d’après documentation
Johnson Filtration Systems, 1992).
Equipement des forages 94

Les tableaux et graphiques 3-5 et 3-6 résument les principales caractéristiques des
crépines Johnson (diamètres, ouverture, slot, débit linéaire).
Des crépines préfabriquées existent également en matière plastique (PVC). Pour
des ouvrages AEP il convient d’éviter le plus possible les crépines fabriquées
manuellement.

TABLEAU III-VI — Diamètres et poids des crépines Johnson — Série


Irrigator (d’après documentation Johnson Filtration Systems, 1992).

Diamètre Diamètre extérieur Diamètre intérieur Résistence à


nominal (hors tout) (de passage) l’écrasement et poids
des crépines
résistence poids
Pouces Pouces Millimètres Pouces Millimètres écrasement (kg/mètre)
(bar)

4 41/2 114 33/4 95 104 9,1

6 65/8 168 53/4 146 33 13,3

8 85/8 219 73/4 197 15 17,4

10 103/4 273 93/4 247 33 35,2

12 123/4 324 113/4 298 20 41,7

14 14 356 13 330 15 45,8

16 16 406 143/4 374 10 52,3

18 18 457 163/4 425 7 58,9

20 20 508 183/4 476 5 65,4

24 24 610 223/4 577 3 78,5

Note : la résistance à l’écrasement et le poids des crépines est donné pour une ouverture
nulle, pour obtenir le poids d’une crépine à ouverture à fente (f) donnée, il faut multiplier
le poids (sans fente) mentionné dans le tableau ci-dessus par l / l + f, l étant la largeur du
fil enveloppe. Il convient de procéder de la même façon pour obtenir la résistance à
l’écrasement : multiplier la résistance à l’écrasement à fente 0 par f / f + l.
Les valeurs standards de f = 0,5 ; 1 ; 1,5 ; 2 et l = 2 ; 2,5 ; 2,75 ; 3 ; 3,25 ; 3,5 ; 3,75 ; 4 ;
6,5.
Equipement des forages 95

120
Débits en m 3/h par mètre de crépine 0,5
100

Coefficient d'ouverture
Vitesse de l'eau : 3 cm/s

0,4
80
0,3
60

40 0,2

20 0,1

0
0 100 200 300 400 500 600
Diamètres extérieurs (mm)

Figure 3-6
Débits, diamètres et coefficients d’ouverture des crépines Johnson, (d’après documentation
Johnson Filtration Systems, 1992).

f
Exemple : coefficient d’ouverture C = f + l
avec f : dimension de la fente entre deux spires de fil, et l: largeur du fil enveloppe.
Pour f = 1 mm et l = 1,14 mm, C ≈ 46 %, alors qu’avec la même ouverture, on obtient :
- C ≈ 4 à 6 % pour une crépine à persiennes.
- C ≈ 16 % pour une crépine à nervures repoussées.

Ce qui conditionne la relation entre les trois grandeurs précédentes (cf. figure 3-
6), c’est la vitesse d’entrée de l’eau dans la crépine. Expérimentalement, la vitesse
optimale a été définie à 3 centimètres par seconde. La formule qui relie les trois
grandeurs (débits, diamètres, coefficient d’ouverture des crépines) est la suivante :
Q = π . DC . 0,03 . 3600
donc
Q = 340 . DC

avec :
Q : débit en m3/h pour un mètre de crépine,
D : diamètre extérieur en mètres de la crépine,
C : coefficient d’ouverture.
Equipement des forages 96

Pour diverses raisons dûes à l’exploitation du forage et à son évolution dans le


temps (obstruction de certaines fentes par des particules fines, colmatage partiel,
etc.), il sera nécessaire de pondérer le débit théorique par un coefficient de réduction
(de l’ordre de 0,5 à 0,75 par exemple).

a) Ouverture ou slot des crépines


La définition du slot d’une crépine se fait essentiellement d’après l’interprétation
de la courbe granulométrique de la formation aquifère.
Le coefficient d’ouverture est un élément fondamental car il conditionne le
passage de l’eau de l’aquifère vers le forage aussi faut-il généralement proscrire les
crépines dont le coefficient est < 10 % (trous ronds, oblongs, à persienne, ...).
Le slot de la crépine sera défini en fonction des caractéristiques du massif de
gravier. Le gravier mis en place dans l’espace annulaire entre les parois du trou et la
crépine constitue un massif filtrant artificiel. La granulométrie du massif de gravier
est choisie en fonction de celle de la formation encaissante ; elle sera en général
uniforme.
La mise en place d’un massif de gravier permet d’augmenter le slot de la crépine,
de réduire la vitesse de circulation de l’eau à l’entrée de la crépine, et donc
d’augmenter le débit de production.
Pour retenir un sable homogène très fin, on peut utiliser une double crépine
constituée de deux crépines emboîtées l’une dans l’autre. Ce procédé est cependant
déconseillé car il diminue fortement le débit d’exhaure de l’ouvrage. Dans la mesure
où l’on connait l’existence de ce sable fin avant de forer on peut réaliser un forage en
gros diamètre. De la sorte on peut augmenter la taille du massif filtrant de manière à
diminuer le champ de vitesse dans le cylindre extérieur (périmètre du massif) et donc
diminuer l’appel du sable vers les crépines. Ce double crépinage a fait ses preuves en
Afrique de l’Ouest et a permis de sauver un grand nombre de forages souffrant
d’ensablement.

b) Positionnement des crépines


Les crépines devront être placées face aux plus fortes venues d’eau et, d’une
façon générale, sur toute la hauteur de l’aquifère. Leur positionnement se fera donc
en fonction de la coupe géologique établie à partir de l’observation des cuttings, de la
vitesse d’avancement et des changements dans la qualité de la boue. Il existe toujours
un décalage entre les cuttings observés et la profondeur de l’outil ; ce décalage croît
avec la vitesse d’avancement et la profondeur ; il dépend également du débit de la
pompe à boue. L’utilisation de diagraphies gamma ray est souvent nécessaire pour
recaler la coupe géologique. Les diagraphies gamma ray enregistrent le rayonnement
gamma naturel émis par les formations argileuses. Lorsque la foration s’effectue dans
des terrains sédimentaires, cette diagraphie permet de positionner les crépines le plus
efficacement possible.
La longueur de la zone crépinée sera fonction de l’épaisseur de la zone à capter,
du niveau de rabattement, de la nature et de la stratification de la couche aquifère. Les
éléments nécessaires servant à positionner les crépines seront déduits des travaux de
reconnaissances préliminaires, à savoir :
— diagraphies instantanées, pertes de boue,
— carottage,
Equipement des forages 97

— analyse granulométrique des échantillons,


— logs géophysiques (diagraphies).
Il est recommandé de choisir des longueurs de crépines selon les quatre cas
suivants qui peuvent se présenter.
— Nappe artésienne en terrain homogène, non stratifié. Dans ce type d’aquifère,
on crépinera 80 à 90 % de son épaisseur en s’assurant que le rabattement ne descend
pas sous le niveau du toit de cette couche aquifère.
— Nappe artésienne en terrain hétérogène, stratifié. 80 à 90 % des couches les
plus perméables doivent être crépinées.
— Nappe libre en terrain homogène. Théoriquement, il est recommandé dans
une couche inférieure à 45 mètres de puissance de crépiner au moins le tiers inférieur
sans dépasser une hauteur de 50 % au maximum. Dans une couche plus puissante, on
peut crépiner 80 % de cet aquifère pour obtenir une capacité spécifique plus
importante. En fait, la longueur de crépine à adopter est un compromis entre la
crépine la plus longue possible (dont l’avantage est de réduire la vitesse d’entrée de
l’eau) et la crépine la plus courte placée à la base de l’aquifère et qui permet un
rabattement plus important. Il est recommandé de ne pas rabattre la nappe au-dessous
de la crépine.

Diamètre des Ouverture Longueur


Profondeur et nature
grains retenus des fentes des crépines
des formations
à 40%
120 120
Sable
0,5 mm 0,5 mm
moyen 6m
125
126 1,0 mm 1m
127
Sable
1,27 mm
très grossier 1,25 mm 5m

132 132
Sable
grossier 0,76 mm 0,75 mm 5m
136
137

Sable
1,52 mm
très grossier 1,5 mm 8m

145

Figure 3-7
Choix des fentes des crépines dans une formation hétérogène, (d’après R. LAUGA, 1990).
Equipement des forages 98

Figure 3-8
Différents types de crépines (d’après : 1 à 4 — données TUBAFOR ; 5 - A. MABILLOT,
1971)
Equipement des forages 99

— Nappe libre en terrain hétérogène. En principe, on doit positionner la crépine


dans les couches les plus perméables afin de permettre un rabattement maximum dans
les meilleures conditions d’exploitation. La longueur crépinée devrait être de l’ordre
du tiers de l’épaisseur de l’aquifère. Lorsque les couches perméables sont
relativement minces, il est alors nécessaire de capter d’autres couches, moins
aquifères, avec des ouvertures de crépine adaptées à ces différentes couches (cf.
figure 3-8).
En résumé, il faut essayer de crépiner au maximum la formation aquifère. Il est
utile de prévoir une chambre de pompage, zone où pourra être positionnée la pompe
de manière à répartir la zone d’appel de la pompe et le champ de vitesse de l’eau dans
les crépines. Dans la mesure du possible il est bon de renforcer le tubage de la
chambre de pompage car les arrêts et démarrage successifs de la pompe entraînent
souvent des chocs entre la pompe et le tubage et, par conséquent, une usure du
tubage.
Il est indispensable que le tubage et a fortiori les crépines soient positionnées
dans le forage avec des centreurs de manière à ce que le massif filtrant puisse être
correctement mis en place.

3.3.3 Massif filtrant


Le massif de gravier sera constitué d’un matériau :
— propre, sans éléments fins argileux ;
— à éléments plutôt arrondis qu’anguleux, pour limiter les pertes de charges ;
— siliceux (surtout pas calcaire) pour éviter tout risque de cimentation ou de
dissolution au contact avec l’eau ou durant les phases d’acidification.
L’épaisseur du massif de gravier doit se situer entre 3 et 8" (75 et 200 mm), en
fonction du diamètre de foration. Il sera généralement mis en place jusqu’à une cote
supérieure de plusieurs mètres à la cote du toit de l’aquifère ou du toit de la partie
crépinée. Cette réserve de gravier est indispensable pour compenser le tassement par
gravité du massif filtrant.
Par ailleurs, il faut savoir qu’un massif filtrant de granulométrie surdimensionnée
dans une formation sableuse fine, peut provoquer un ensablement de l’ouvrage. Par
contre, un massif filtrant de granulométrie trop fine peut conduire à une exploitation
partielle du potentiel de la nappe et rend difficile l’élimination de la boue de forage.
D’où l’intérêt de ne pas utiliser la boue benthonitique.
Aussi, la granulométrie du gravier utilisé se fera en fonction d’analyses
granulométriques des terrains aquifères à capter. Cette étude permet de définir
certains paramètres tels que le calibre caractéristique, l’indice de finesse ou le
coefficient d’uniformité du terrain.
— Le calibre caractéristique d’un terrain est défini tel que 10 % des éléments
sont plus fins et 90 % plus gros que lui par rapport au poids total de l’échantillon. Il
représente l’abscisse à 90 % sur la figure 3-9.
— L’indice de finesse ou calibre à 50 % est défini par l’abcisse à 50 %.
Equipement des forages 100

— Le coefficientd’uniformité (C.u.) s’exprime par le quotient des valeurs à


l’abscisse 40 % et 90 %.
La méthode expérimentale la plus courante est la suivante. Un échantillon de terrain
(environ 100 grammes) est séché puis passé au travers de tamis standardisés. Après
tamisage, on pèse les éléments restés dans les différents tamis. Les poids sont alors
additionnés à ceux des tamis précédents et l’on calcule le pourcentage de chaque
cumul par rapport au poids total. On trace alors la courbe granulométrique de
l’échantillon en portant ces pourcentages en ordonnée et les dimensions des mailles
des tamis en abscisse (cf. figure 3-9).

100 %

90 Calibre caractéristique

80 Valeur à 40 %
Coefficient d'uniformité = --------------------
Valeur à 90 %
70

60

50 Indice de finesse

40 Valeur à 40 %

30
Classe D
Classe C
20 Classe B

10
Classe A
0%
0,5 1,0 1,52 2,03 2,54 3,04 mm

Figure 3-9
Courbes granulométriques caractéristiques des terrains granulaires, (d’après R. LAUGA).

La détermination des paramètres précédents (indice de finesse, calibre


caractéristique et coefficient d’uniformité) permet de définir différents types de
terrains granulaires :
— classe “A” : sable fin (diamètre des grains entre 0,06 et 0,25 mm),
— classe “B” : sable moyen ou hétérogène (diamètre des grains entre 0,25 et 0,5
mm),
— classe “C” : gros sable (diamètre des grains entre 0,5 et 2 mm),
— classe “D” : sable et gravier fin (diamètre des grains entre 2 et 16 mm).
En-deçà, on trouve les silts et argiles (diamètres inférieurs à 0,06 mm) et au-delà,
les cailloux et blocs (diamètres supérieurs à 16 mm).
Soulignons que la forme des courbes de distribution a également une importance.
Les terrains qui donnent des courbes en S inversé (classes A et C) ont en général une
porosité plus grande que ceux qui se caractérisent par des courbes avec une queue
dûe aux matériaux grossiers (classe D).
Equipement des forages 101

En règle générale, on admet que si le d90 de la courbe granulométrique est


inférieur à 0,25, on devra envisager la mise en place d’un massif filtrant additionnel.
S’il est supérieur, on considère que le terrain peut être développé naturellement
(autodéveloppement).
Le coefficient d’uniformité d’un bon gravier additionnel doit se situer entre 2 et
2,5.
Enfin, il convient de prévoir, lors de la réalisation de l’ouvrage, la mise en place
d’un dispositif permettant de rajouter du gravier. En effet, il est fréquent que le
massif de gravier se tasse ou occupe un espace supplémentaire libéré par l’aquifère,
notamment après des acidifications, et il est alors nécessaire de rajouter du gravier.

3.4 Cimentation
Cette méthode consiste à remplir, par un mélange à base de ciment, tout ou partie
de la hauteur de l’espace annulaire entre un tubage et les parois du trou. La
cimentation est utilisée notamment dans les cas suivants :
— pour colmater une cavité ou des grosses fissures qui engendrent de fortes
pertes de boue lors de la foration,
— pour rendre étanche l’espace annulaire et empêcher la pollution par les eaux
de surface, des nappes souterraines mises en exploitation,
— pour fixer les colonnes de tubage au terrain et les protéger ainsi contre les
attaques corrosives de certaines eaux.
La figure 3-10 indique comment déterminer le volume d’eau et le poids de ciment
à utiliser pour obtenir une densité donnée et le volume de coulis correspondant.
Notons qu’il existe sur le marché bon nombre de ciments à prise rapide qui peuvent
être utilisés de manière à limiter l’immobilisation de l’atelier de forage.
Le choix de la qualité du ciment et l’adjonction d’additifs éventuels doivent être
décidés en fonction :
— de la nature du terrain et des eaux rencontrées,
— de la température du terrain (pour les forages très profonds),
— de la vitesse de prise du lait de ciment,
— du volume de ciment à mettre en œuvre,
— de la résistance du lait de ciment aux contaminants éventuellement présents
dans le forage,
— de la résistance finale du ciment à l’écrasement après prise à 7 et 28 jours.
Cimentation 102

70

66 1,70

Volume d'eau 60 1,75 Densités


pour 100 kg
de ciment 54 1,80

48 1,85

44 1,90

40 1,95
37 2,0
35 2,05

30 2,1
100 90 80 70 60
Volume du coulis

Figure 3-10
Diagramme triangulaire donnant les différents paramètres de préparation de coulis de
ciment pur (d’après R. LAUGA, 1990).

Avant d’entamer une opération de cimentation, il faut calculer le volume exact de


lait de ciment à mettre en œuvre. Ce volume est donné par la formule suivante :
H 1 2
V= . d1 – d2
2
avec :
H : hauteur de cimentation,
d1 : diamètre de foration,
d2 : diamètre du tubage.

Une opération de cimentation d’une colonne de tubage doit être effectuée de bout
en bout, sans interruption. Nous décrirons sommairement les principaux types de
cimentation utilisés en forage d’eau.

3.4.1 Cimentation par l’extérieur du tubage


Cette méthode ne concerne que les forages peu profonds. On introduit par le fond
la quantité de lait de ciment nécessaire pour remplir l’espace annulaire, puis, tout de
suite après, la colonne à cimenter. Le pied du tubage étant fermé par un bouchon
destructible, le casing sera rempli d’eau au fur et à mesure de la descente pour éviter
que la colonne de tubes ne flotte sur le ciment.
Il est possible également de cimenter après la mise en place de la colonne de
tubage. Dans ce cas, le lait de ciment est injecté grâce à une pompe par le fond et
remonte le long des parois du tubage au fur et à mesure de l’injection.
Cimentation 103

D’une façon générale la cimentation par l’extérieur du tubage est déconseillée


dans la mesure où elle est difficile à réaliser. Cependant si pour des raisons
techniques il est indispensable de passer par l’extérieur du tubage, l’utilisation d’une
canne d’injection simplifie la manœuvre.

3.4.2 Cimentation par l’intérieur du tubage


Dans ce cas, le lait de ciment est injecté depuis la surface par l’intérieur du tubage
et remonte ensuite le long des parois externes. Lorsque la cimentation est terminée, il
suffit de laver l’intérieur du tubage avec de l’eau claire pour une purge complète du
ciment.
Il existe plusieurs techniques pour empêcher le ciment de remonter par l’intérieur
du tubage.

a) Méthode du « float shoe »


Cette méthode utilise un sabot spécial (appelé float shoe) placé à la partie
inférieure de la colonne de tubes. Celui-ci comporte une balle plastique qui fait office
de bouchon et empêche le passage du fluide de bas en haut. De plus, il est en liaison
avec la surface par l’intermédiaire d’un tube vissé sur le sabot de cimentation qui
permet le passage du lait de ciment dans l’espace annulaire.
Lorsque le coulis de ciment, non pollué, apparaît à la surface, le remplissage
annulaire est terminé.

Tête de
cimentation Vanne ouverte Vanne fermée

Lait de ciment
Boue légère

Bouchon
Ciment
Boue

Mélange
boue-ciment

Figure 3-11
Envoi d’un bouchon avant injection de lait de ciment.
Cimentation 104

b) Méthode du bouchon libre


Un bouchon de cimentation destructible (bois, caoutchouc ou matière plastique)
est introduit dans la colonne à sceller avant ou après l’injection du lait de ciment.
— Dans le premier cas, le bouchon s’interpose entre la boue présente dans le
forage et le ciment qui est injecté juste derrière le bouchon. Après la mise en place du
ciment, on introduit un volume de boue sous pression qui va pousser le lait de ciment
et lui permettre de remonter dans l’espace annulaire. Le contact ciment-boue doit se
situer dans le tubage (cf. figure 3-11).
— Par contre, si le bouchon est placé après l’injection de ciment (cf. figure 3-
12), il sera poussé directement par la boue ou éventuellement l’eau. Lorsque le
ciment apparaît en surface, l’opération est terminée.

Tête de
cimentation Vanne ouverte Vanne fermée

Boue

Boue
Bouchon

Lait de ciment
Lait de ciment

Mélange
boue-ciment

Figure 3-12
Envoi d’un bouchon après injection de lait de ciment.

c) Cimentation avec bouchon contrôlé


Ce système ressemble à celui que nous avons décrit précédemment, toutefois, la
tête de cimentation est différente (étanche) et le tubage comporte un bouchon de pied
destiné à retenir le bouchon de cimentation lors de sa descente.
Le forage étant plein de boue, on injecte directement le lait de ciment qui, du fait
de sa densité, refoule la boue dans l’espace annulaire. Lorsque le volume de ciment
(préalablement défini) a été introduit, il suffit de libérer le bouchon qui se place sur le
ciment. On injecte alors de la boue ou de l’eau qui repousse le bouchon et refoule à
son tour le ciment dans l’espace annulaire jusqu’à ce que le bouchon arrive au fond.
Cimentation 105

d) Cimentations partielles
Il est possible de ne cimenter qu’une partie de la colonne en évaluant précisément
le volume de ciment à mettre en œuvre. De cette façon, on peut cimenter la partie
inférieure d’un captage, la partie supérieure ou même effectuer plusieurs
cimentations successives séparées par des filtres de sable fin. Ce cas est
particulièrement intéressant pour isoler les uns des autres des horizons aquifères
superposés.

3.4.3 Tête de puits


La tête de puits doit être réalisée avec soin car elle conditionne l’étanchéité du
captage. C’est un élément très important pour éviter une pollution accidentelle par les
eaux superficielles ou la condensation. La tête de puits doit être exécutée rapidement
de manière à éviter tout accident corporel sur le chantier. En cours de chantier il
appartient à l’entrepreneur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la
fermeture provisoire du puits tant que l’équipement de l’ouvrage n’est pas terminé.
Classiquement la tête de puits est cimentée sur une hauteur d’au moins trois mètres
par rapport au sol. Elle se termine par une aire bétonnée dont la taille minimum ne
saurait être inférieure au diamètre du tube majoré d’un mètre.
La tête de puits se prolonge par une hauteur de tube plein d’au moins 0,5 m. Ce
tube doit être fermé hermétiquement de manière à éviter toute contamination de la
nappe aquifère. Il est évident qu’aucune perforation de quelque nature que ce soit ne
saurait être tolérée sur l’ensemble des tubes pleins et des raccords.
Enfin, la tête de puits est généralement incluse dans un petit ouvrage de génie
civil. Ce dernier doit être conçu dans un souci d’optimisation de l’exploitation, on
veillera notamment à ce qu’il soit équipé d’un dispositif anti-intrusion et
correctement appareillé de manière à pouvoir facilement enlever la pompe et la
colonne de captage. Enfin, elle doit être parfaitement ventilée de manière à éviter la
condensation qui pourrait être source de pollution.

3.5 Développement des forages en formation alluviale


On procède au développement d’un forage lorsque celui-ci est totalement équipé
(tubage, crépine et massif filtrant). Cette opération consiste à améliorer la
perméabilité naturelle de la formation aquifère autour de la crépine. Le
développement a également pour but de stabiliser l’aquifère dans la zone de captage,
d’éliminer le cake ou fluide de forage qui protège la paroi et d’augmenter la capacité
spécifique du forage.
Bien sûr, même en l’absence de développement, la mise en exploitation d’un
ouvrage permet un certain auto-développement mais cette opération est lente,
destructrice pour le matériel de pompage et sans effet sur les ponts de sables qui
risquent de venir ensabler le forage.
Développement des forages en formation alluviale 106

3.5.1 Nettoyage
Lorsque la foration est terminée et que le tubage et le massif filtrant sont en place,
il est nécessaire dans un premier temps, de nettoyer l’ouvrage. Cette opération très
simple permet d’obtenir une eau claire et « propre », après remontée des cuttings et
des éléments fins accumulés dans le trou. On peut considérer que le nettoyage est la
première phase du développement du captage.
Le nettoyage d’un forage s’effectue généralement par pompage à l’émulseur. Il
dure jusqu’à obtention d’une eau claire. Il peut conduire à une augmentation de son
débit d’exhaure (développement naturel).
Afin de lessiver le plus parfaitement possible toute la hauteur des terrains
imbibés, il est utile d’alterner les périodes de pompage et les périodes de repos. Les
fluctuations successives du niveau piézométrique permettent alors de nettoyer
correctement la formation aquifère.

3.5.2 Développement
Comme nous l’avons vu, le développement d’un forage consiste, entre autres, à
améliorer la perméabilité de la formation aquifère située autour de la crépine et à
stabiliser cette formation. Il faut savoir que la mise en production immédiate d’un
ouvrage sans développement aurait des conséquences fâcheuses :
— elle ne permettrait pas d’obtenir le débit optimal pouvant être fourni par
l’aquifère ;
— elle entraînerait très certainement d’importantes venues de sable (risques de
dommages à la crépine et à la pompe, de colmatage, de tassement du massif de
gravier).
Le développement est donc destiné à parfaire le nettoyage du trou, de la crépine et
du massif de gravier et à améliorer les caractéristiques hydrodynamiques de
l’aquifère autour de la crépine, dans le but d’augmenter le débit exploitable et de
produire une eau propre. La perméabilité du terrain près de la crépine est ainsi
améliorée, notamment par élimination dans cette zone du maximum d’éléments fins
et par restructuration et stabilisation du massif de gravier.
Les méthodes de développement s’appliquent essentiellement à des formations
peu ou pas consolidées, également à des roches de type schistes ou granites anciens,
mais très rarement à des calcaires fissurés ou karstiques.
Développement des forages en formation alluviale 107

a) Méthodes de développement
Développement par surpompage
— C’est la méthode la plus simple. Elle consiste en un pompage à un débit très
supérieur au débit d’exploitation estimé ;
— il y a des risques de développement irrégulier selon les variations verticales
de perméabilité du terrain ;
— il est possible que ce type de développement provoque une compaction des
sédiments fins entraînant une diminution de la perméabilité ;
— il y a enfin des risques de création de « ponts de sable » et donc d’une
diminution de la perméabilité, par un flux unidirectionnel (cf. figure 3-13).

Un courant unidirectionnel Un courant alterné disloque et détruit


provoque des ponts de sable les ponts de sable

Figure 3-13
Création et élimination des « ponts de sable » autour de la crépine (d’après
A. MABILLOT, 1971).

Développement par pompage alterné


— alternance de démarrages et d’arrêts brusques de la pompe afin de créer de
brèves et puissantes variations de pression sur la couche aquifère, inversant le flux à
travers la crépine ;
— facilite la destruction des ponts de sable ;
— risques d’usure du matériel de pompage.
Développement par pistonnage
— mouvement vertical ascendant et descendant d’un piston dans l’ouvrage
créant, à la descente, une compression de la nappe avec refoulement de l’eau et des
fines dans la formation et, à la remontée, une dépression attirant les fines et l’eau dans
la crépine (les fines sont ensuite récupérées dans la crépine) (cf. figure 3-14) ;
— pour être efficace le piston doit rester dans la partie supérieure non crépinée ;
— inversion du flux à travers la crépine permettant l’élimination des ponts de
sable.
Développement des forages en formation alluviale 108

Tube de forage
Surface du sol

Niveau statique
de la nappe

Piston

Aller-retour du piston
dans la partie supérieure
non crépinée du forage

Tubage
plein

Crépine

Eau chargée de
sable et argile

Figure 3-14
Développement par pistonnage.

Développement par lavage aux jets d’eau sous pression


— c’est une méthode simple, dans laquelle un outil à jets d’eau sous pression
permet, par rotation et déplacement vertical, de traiter toute la longueur de crépine
(cf. figure 3-15).
— les particules fines pénètrent dans la crépine où elles sont récupérées ensuite
par pompage ou avec une soupape ;
— l’efficacité du procédé dépend du type de crépine : elle sera maximale pour
des crépines à ouverture continue du type Johnson.
Développement pneumatique
Ce procédé utilise le même principe que le développement par pistonnage, en
combinant l’action de flux et de reflux de l’aquifère autour de la crépine, provoquée
par les grands volumes d’air introduits dans le forage. Ce procédé s’utilise aussi bien
dans les terrains consolidés que non consolidés. Deux méthodes distinctes peuvent
être utilisées :
— la méthode à forage ouvert, qui consiste à alterner les phases de pompage à
l’émulseur et de soufflage brusque,
— la méthode à forage fermé, pour laquelle le casing est hermétiquement clos
par un joint.
Développement des forages en formation alluviale 109

Développement par fracturation


Cette technique de développement permet d’élargir les fractures existantes ou
d’en créer de nouvelles, afin d’améliorer la capacité spécifique du forage.
Sans entrer dans les détails techniques d’une telle méthode, soulignons qu’il
existe deux principaux types de fracturation artificielle :
— la fracturation hydraulique ou hydrofracturation, qui fait intervenir une phase
aqueuse injectée sous pression dans le forage,
— la fracturation à l’explosif. Il convient alors de déterminer précisément la
nature et la charge de l’explosif en fonction de la formation aquifère.
Développement chimique
Les agents chimiques utilisés peuvent être des acides ou des polyphosphates.
— Les acides sont particulièrement efficaces dans les roches solubles
carbonatées (calcaires, dolomies). En général, on utilise de l’acide chlorhydrique
dilué. Le volume d’acide à utiliser augmente à chaque opération d’acidification : il
varie de 2 à 5 fois le volume du trou à acidifier.

Jeu 20 mm
maximum

Jet Jet

Formation
aquifère

Crépine Massif filtrant


additionnel

Figure 3-15
Schéma du développement au jet sous pression.

— Les polyphosphates sont utilisés pour disperser le cake de forage et les argiles
en provenance du terrain.
Développement des forages en formation alluviale 110

Crépine à fil enroulé Crépine à nervures repoussées

Tube nervuré Crépine à persienne

Figure 3-16
Influence du type d’ouverture de la crépine sur l’efficacité du développement au jet sous
pression (d’après F-G. DRISCOLL, 1986).

Exemple de développement par acidification. Nous résumons, ci-après, un exemple


didactique d’amélioration par acidification d’un captage d’eau dans une formation
calcaire. Cet exemple est emprunté à R. BREMOND, 1962, et correspond à un forage
captant l’aquifère maestrichien à Taïba (Sénégal).
Description du forage : le forage doit exploiter deux aquifères : une formation calcaire
entre 240 et 330 mètres de profondeur et un horizon sableux au-delà de 400 mètres. Les
nappes sont captives. La coupe du forage est représentée en figure 3-17. Il y a
communication entre les nappes paléocène et maëstrichtienne. L’objectif était d’acidifier
la formation calcaire située entre 240 et 330 m.
Les divers pompages entrepris pour laver la formation ont montré que le débit spécifique
de l’ouvrage était de l’ordre de 1m3/h par mètre de rabattement. Une étude des pertes de
charge a permis de mettre en évidence la présence de deux régimes, un laminaire et un
turbulent. Il fallait donc admettre que la perte de charge laminaire était due à la formation
et que la perte de charge turbulente était le fait de l’accélération des vitesses au voisinage
du forage, cette dernière pouvait avoir deux causes : le calcaire était faiblement fissuré, ou
la boue de foration avait pénétré dans le calcaire, bouchant les fissurations.
Dans les deux cas, il fallait traiter le terrain autour du forage de manière à en augmenter la
fissuration ou mettre l’argile en suspension pour en débarrasser le calcaire. L’acidification
a été effectuée en trois passes (cf tableaux III-VII et III-VIII) selon le programme
suivant :
1. injection d’acide,
2. injection d’eau pour « pousser » l’acide dans la formation,
3. mise en compression de la nappe par air comprimé,
4. décompression brutale,
5. pompage.
Développement des forages en formation alluviale 111

Diamètre
du tubage: 12"
Sol
0
Sables quaternaires
30

Marnes grises du
lutétien inférieur et
éocène inférieur

Cimentation

240
Crépine entre 245
et 325 mètres
Calcaire blanc
du Paléocène

330
Cimentation

Sable maëstrichtien

Diamètre
du tubage:
10"1/2

Figure 3-17
Coupe du forage de Taïba.

TABLEAU III-VII — Nature et volume des produits utilisés lors des


opérations d’acidification.

Produits 1ère opération 2e et 3e opérations


Acide 22° baumé du
commerce 5 000 litres 10 000 litres
Eau 7 000 litres 14 000 litres
Acide citrique 50 kilogrammes 100 kilogrammes
Inhibiteur de corrosion
(IFF SSO) 15 litres 30 litres
Emulsionnant (Cémulsol) 5 litres 10 litres
Développement des forages en formation alluviale 112

TABLEAU III-VIII — Caractéristiques des opérations d’acidification.

1ère 2e 3e
opération opération opération

Volume d’acide injecté (litres) 10 070 23 055 23 350

Temps d’injection (minutes) 9 18 13

Débit moyen de la pompe (m3/h) 67,130 76,850 107,750

Volume d’eau injecté après l’acide (litres) 3 000 2 500 4 500

Temps d’injection de l’eau (minutes) 3 2 4

Temps d’injection d’air comprimé sur la


nappe (minutes) 6 7 8

Pression obtenue sur la nappe (kg/cm2) 5 5 5

Temps de décompression (secondes) 40 40 40

Temps passé entre le début de l’injection et


du repompage (minutes) 56 78 72

Résultats obtenus à l’émulseur

Débit (m3/h) 24 25 26

Rabattement correspondant (mètres) 9 7 6

Débit spécifique (m3/h/m) 2,6 3,8 4,3

% d’accroissement de production 160 % 280 % 330 %

Les résultats bruts après les opérations d’acidification montrent que le débit spécifique de
l’ouvrage est passé de 1m3/h/m à 4,3 m3/h/m, soit une augmentation de 330 %.
Par la suite, des pompages prolongés avec agitation pour faciliter le nettoyage de
l’ouvrage ont montré que la perte de charge dûe au régime turbulent de la nappe était
pratiquement éliminée et que la nappe dans son entier pouvait être considérée comme
animée d’un écoulement laminaire.
Le débit obtenu a été de 130 m3/h pour 31 mètres de rabattement, ce qui correspond à un
débit spécifique de 4,2 m3/h/m.

Développement à l’émulseur
— C’est la méthode la plus utilisée et la plus efficace.
— Elle fait intervenir une alternance de phases de pompage par émulseur et de
phases d’envoi d’air sous pression (chasses d’eau) à partir d’un dispositif « double
colonne », une colonne d’envoi d’air dans une colonne de production d’eau
émulsionnée (cf. figure 3-17).
Développement des forages en formation alluviale 113

— Cette méthode est utilisable soit en trou ouvert en tête avec possibilité de
déplacer le tube d’air et le tube d’eau, soit en trou fermé en tête avec la double
colonne fixe.
— Le développement à l’émulseur avec chasses d’eau se poursuit tant qu’il y a
des venues de sable. Dès que l’eau est claire, le puits peut être mis en production par
émulseur en continu durant au moins 1 heure (nettoyage).
Développement des grès
L’opération de forage dans les formations dures (notamment dans les grès) génère
pratiquement toujours une obturation des parois du trou, que ce soit par la boue de
forage (rotary), par le lissage des parois (battage), par les cuttings, par une obturation
des fissures ou par les sédiments très fins bloquant la porosité des grès. La plupart du
temps, l’emploi des explosifs n’est pas recommandé dans les grès surtout s’ils sont
friables.
Une des méthodes de développement efficace dans ce type de terrain est une
combinaison de pompage à l’émulseur d’une part, et, d’autre part, de flux et de reflux
provoqués par l’envoi d’air comprimé sous pression.
Une autre méthode consiste à mettre le forage en pression pour abaisser le niveau
statique, sans jamais dépasser le pied de tubage, afin d’éviter de faire pénétrer de l’air
dans la formation. L’ouverture rapide d’une vanne de surface provoquera la montée
soudaine du niveau en entraînant les sédiments fins et libres de la formation dans la
crépine. Ces sédiments seront ensuite évacués par air lift.

b) Principe du développement à l’émulseur


On injecte de l’air, amené par un tube, à la base d’une colonne descendue dans
l’eau d’un forage. L’émulsion ainsi créée diminue la densité de l’eau contenue dans
cette colonne (cf. figure 3-18).
Sous l’influence de la pression atmosphérique agissant sur l’eau située autour du
tube, le niveau de l’eau émulsionnée qui se trouve à l’intérieur s’élève et, si les
conditions requises se trouvent remplies, l’élévation peut être portée jusqu’à la sortie
de l’appareil au point qu’on s’est fixé.
Conditions requises :
Pour que l’eau atteigne le niveau qu’on s’est fixé, soit A de la figure 3-18 (niveau
du sol, par exemple), la longueur BC, de la partie immergée du tube d’air, doit être en
rapport avec la hauteur totale d’élévation AB, ou, plus exactement, avec la longueur
totale du tube d’air AC.
On a constaté qu’il fallait que BC soit égal à 60 % de AC :
BC = AC . 0,60
Ce qu’on peut aussi exprimer par :
BC = AB . 1,5
ou encore :
AC = AB . 2,5
Par conséquent, la longueur totale du tube d’air doit être au moins égale à 2 fois
et demie la hauteur totale d’élévation (rabattement compris).
Développement des forages en formation alluviale 114

Robinet 3 voies
air
air
eau
eau

joint

Tubage du forage

Tube d'eau
Tube d'air Tube d'air

Tube d'eau

crépines

Développement à « forage ouvert » Développement à « forage fermé »

Figure 3-18
Schéma d’un émulseur air lif (d’après A. MABILLOT, 1971).

Ces conditions limitent l’emploi des émulseurs à l’exploitation des ouvrages dont
la profondeur permet de recevoir une telle longueur de tuyau au-dessous du niveau
rabattu.
Précisons que le niveau statique n’est pas en cause, car il n’intervient qu’au
démarrage.
Les coefficients des trois formules ci-dessus : 0,60, 1,5 et 2,5, peuvent être
quelque peu réduits pour les forages profonds.
Développement des forages en formation alluviale 115

Les mesures effectuées sur un grand nombre d’ouvrages présentant des hauteurs
d’élévation de 7 à 200 mètres ont permis à A. MABILLOT de construire l’abaque qui
permet d’établir un projet de pompage par émulseur (figure 3-18).
Le fonctionnement de l’abaque 3-18 est expliqué par l’exemple suivant, emprunté à
A. MABILLOT :
Considérons un forage de 300 mètres de profondeur et de débit 50 m3/h pour un niveau
rabattu à 90 mètres au-dessous du niveau du sol. Nous souhaitons développer cet ouvrage
au moyen d’un dispositif d’émulseur. La question est de savoir comment dimensionner au
mieux ce dispositif capable de livrer 50 m3/h au niveau du sol, les pertes de charge étant
considérées comme négligeables.
1) Longueur totale du tube d’air : sur l’échelle verticale des profondeurs, à droite du
graphique, on marque le point 90 m (niveau rabattu pour le débit de 50 m3/h). Par ce
point, on trace une horizontale qui coupe la ligne à 45°, portant l’inscription : « niveau
rabattu », au point B. On trace la verticale passant par B. Le segment AB, dont la valeur
est 90 m, correspond à la hauteur totale d’élévation. Le point C1, intersection de AB
prolongée avec la courbe « submergence minimum », détermine la position limite
supérieure du pied du tube d’air. La longueur AC1, mesurée sur l’échelle des profondeurs
est égale à 144 mètres. C’est la longueur totale minimum du tube d’air. Dans ce cas, la
submergence est de BC1 : 144 – 90 = 54 m, soit environ 37,5 % de la longueur totale du
tube d’air.
En prolongeant encore la droite ABC1, on trouve le point C2, intersection de cette droite
avec la courbe « submergence maximum ». La longueur AC2, mesurée sur l’échelle des
profondeurs, est égale à 192 m. C’est la longueur maximum du tube d’air. Au-delà de
cette valeur, on n’obtient pas d’amélioration sensible du fonctionnement. La droite
ABC1C2, prolongée encore jusqu’à sa rencontre avec la ligne en pointillés, donne la
longueur qu’il aurait fallu donner au tube d’air si l’on avait observé la règle généralement
admise fixant la submergence à 60 %, soit, pour notre exemple : 225 mètres.
L’application de cette règle de 60 % aurait nécessité 33 m de plus de tube d’air que pour
la submergence maximum et 81 m de plus que pour la submergence minimum. Outre
cette économie de tube d’air (et de tube d’eau), on voit que l’émulseur aurait pu aussi bien
fonctionner dans un forage limité à 150 m environ, alors qu’avec la règle de 60 % il aurait
fallu au moins 225 m de profondeur forée.
Pour notre exemple, on aura donc le choix entre 144 et 192 m comme longueur totale du
tube d’air. On pourra prendre aussi bien n’importe quelle valeur entre ces deux limites.
On donnera cependant au tube d’eau quelques mètres de plus qu’au tube d’air.
2) Pression d’air au démarrage : cette pression correspond au poids d’une colonne d’eau
ayant pour hauteur la submergence du tube d’air :
. Au minimum : BC1 = 54 m ou 5,4 bars.
. Au maximum : BC2, = 102 m ou 10,2 bars.
3) Volume d’air nécessaire (détendu à la pression atmosphérique). On prolonge, vers la
gauche, l’horizontale passant par C1 ; elle coupe la courbe : « Rapport pour submergence
minimum » au point D1 qui correspond à un rapport, volume d’air/volume d’eau, de 12,5,
lu sur l’échelle horizontale située à la base de l’abaque.
Pour le débit indiqué : 50 m3/h d’eau, il faudrait : 50 x 12,5 = 625 m3/h d’air (à la
pression atmosphérique). Il faudrait donc, dans ce cas, disposer d’un compresseur aspirant
au moins 625 m3/h ou 10 400 l/m d’air et refoulant à 5,4 bars (au minimum) . En
prolongeant plus loin encore sur la gauche l’horizontale passant par C2, on trouve le point
D2 sur la courbe « Rapport pour submergence maximum ». Le rapport volume
d’air/volume d’eau est ramené à 6,4. Pour obtenir 50 m3/h d’eau, le compresseur devrait
aspirer : 50 . 6,4 = 320 m3/h d’air, mais il devrait le refouler à 10,2 bars, comme nous
l’avons indiqué plus haut.
Développement des forages en formation alluviale 116

Niveau de sortie du tube d'eau


0
A
45°

Profondeur en mètres
50

B
• 90
100

Ni
ve
au
ra
ba
ttu
D1 • • C1 144
150
Ra
ppo

D2 • • C2
rt p

192
our

200
sub

• 225
me

Po
rge

Su
Ra

siti

bm
nce
pp

250
ndo
ort

erg
min

up
po

en
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ce
Su
su

min
du
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bm

300
tub

im
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erg
Sub

um
e
en

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mer
ce

ir
em
ma

gen

axi
xi m

350
ce à

mu
um

m
60%

400

0 6,4 10 12,5 20
Rapport volume d'air / volume d'eau
Figure 3-19
Pompage par émulsion air-lift : abaque (d’après A. MABILLOT)
Développement des forages en formation alluviale 117

Pour le cas proposé : 50 m3/h, le tube d’eau devrait avoir 150 mm de diamètre
environ. On pourrait prendre un casing de 65/8. Le tube d’air serait constitué par un
tube de 2" (50 . 60). Ce tube pèse 6,4 kg au mètre. Pour 200 m environ, son poids
serait d’environ 1 300 kg. Si le tube lui-même, qui présente une section de métal de
900 mm2, résisterait largement à cette charge, les assemblages devraient être
particulièrement soignés, surtout pour les manchons supérieurs.

TABLEAU III-IX — Diamètres du tube d’eau et du tube d’air dans un


dispositif d’émulseur.

Débits de Diamètres Diamètre


pompage du tube d’eau du tube d’air
(m3/h) (mm) (mm)

6 à 12 60 20
12 à 20 90 30
20 à 30 100 40
30 à 50 125 50
50 à 90 150 65
90 à 170 200 65
170 à 220 250 65

c) Contrôle du développementPartant du principe qu’un bon développement


permet d’éliminer les venues de sable ou sédiments au cours des pompages
d’exploitation de l’ouvrage, et d’améliorer la capacité spécifique du forage, ces deux
critères doivent être contrôlés.
— Contrôle des sédiments. Cinq échantillons seront prélevés au cours du
pompage de réception. Le premier après 15 mn de pompage, les suivants après 25 %,
50 % et 75 % du temps prévu du pompage. Le dernier échantillon sera prélevé en fin
de pompage.
Précisons que la limite maximale admise pour la teneur en matières en suspension
est de 10 mg/l pour les eaux livrées à la consommation humaine.
— Contrôle de la capacité spécifique. Une formation peut être débarrassée du
sable sans que, pour autant, le classement des éléments restés en place soit optimum.
Le contrôle se fera par comparaison du rabattement de la nappe pour un même débit
(cf. figure 3-19), avant et après le développement, ou par des mesures du coefficient
de perméabilité.
Développement des forages en formation alluviale 118

Niveau de remplissage maximum


0

2
Premier essai avant développement
4
Profondeur de l'eau en mètres

6
Deuxième essai après développement
8

Derniers essais
10
developpement
terminé
12

14

15
Niveau statique

2 4 6 8 10 12
Temps de remplissage en minutes

Figure 3-20
Contrôle du développement par essais d’absorption (d’après A. MABILLOT, 1971).

3.6 Conclusion
La réalisation d’un captage d’eau souterraine est une entreprise délicate qui met
en œuvre une suite d’opérations exigeant la maîtrise de nombreuses techniques
spécialisées dont dépendent son succès, sa productivité et sa durée de vie. Toute
défaillance se traduit immanquablement par des difficultés d’exploitation.
Il n’est pas rare malheureusement de s’apercevoir, généralement trop tard, que le
fluide de forage n’est pas parfaitement adapté aux conditions physico-chimiques ou
hydrogéologiques des terrains (cake difficile à éliminer ou problèmes d’éboulement
de forage), que la qualité de l’eau d’exhaure n’est pas excellente (équipement
inadéquat, massif filtrant et développement insuffisant ou inadapté) ou enfin que le
débit n’est pas celui que l’on avait espéré (mauvaise identification de ou des
aquifères, mode de captage inadéquat, colmatage ou obstruction des venues d’eau,
etc.).
Conclusion 119

Par conséquent, la réussite d’une telle entreprise est intimement liée au choix
judicieux des différentes méthodes qui ont été abordées dans ce chapitre. Dans ce
cadre, comme nous le verrons par la suite, le rôle de l’ingénieur chargé du contrôle et
du suivi des travaux est primordial. Il doit, en association avec l’entreprise :
— définir les modalités de la foration (diamètre et type de foration),
— choisir le fluide de foration adéquat et l’adapter au fur et à mesure de son
évolution au contact des terrains rencontrés,
— résoudre les problèmes spécifiques à l’équipement, à la mise en place du
massif filtrant et à la cimentation,
— déterminer le type de développement idéal en fonction des caractéristiques
hydrogéologiques, et en définir le principe et la durée.