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GSJ Cours 2009-2010

GRANDS SYSTÈMES JURIDIQUES


COURS

DEUXIÈME PARTIE

LA FAMILLE DES SYSTÈMES


DE COMMON LAW

(SUITE)

Mode d‘emploi

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CHAPITRE III. LE SYSTÈME AMÉRICAIN :


L'AUTRE MODÈLE DE COMMON LAW

Introduction

 Les États-Unis sont historiquement le premier grand État à avoir adopté le système de
CL développé en Angleterre.

 Le droit des États-Unis appartient sans aucun doute si l'on se base sur ses éléments

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déterminants et sa structure, à la famille de la CL : même conception du droit et de son


rôle dans la société, mêmes grandes divisions et concepts, même manière de considérer
la règle de droit, que ce que nous avons envisagé jusque-là à propos du Royaume-Uni.

 MAIS il existe, d'un autre côté, de grandes différences entre les systèmes anglais et
américain : différences tenant aux mentalités, aux conditions géographiques, tout aussi
bien que religieuses, tenant aussi à la structure de l'État (les États-Unis sont un État
fédéral) et aux caractéristiques du régime politique américain (présidentiel).

Rem. Il se peut donc qu'il y ait entre les États-Unis et le RU des analogies dans le
vocabulaire juridique qui cachent parfois des différences de concepts – ou à l'inverse des différences
de vocabulaire qui masquent l'analogie des concepts. Il convient, lorsque l'on aborde les deux
systèmes, d'y être attentif.

Section 1. Approche historique du droit des États-Unis

Les premiers établissements anglais sur le territoire de ce qui est maintenant les EU, datent
du XVIIème siècle.
 Colonie de Jamestown en Virginie fondée en 1607 ;
 Colonie de Plymouth dans le Massachussetts fondée en 1620...
 ... La colonie de New-York fondée par les hollandais devient anglaise en 1664.
 Il y a en 1722 , 13 colonies sous domination britannique, qui supportent de plus en plus mal
cette domination.

Quel est le droit applicable sur ces territoires?

Le droit applicable sur ces territoires est la common law anglaise, répondent les juges de
Londres lorsque la question leur est posée dans l'affaire Calvin de 1608 : « La CL d'Angleterre est
en principe applicable : les sujets anglais la transportent avec eux lorsqu'ils s'établissent sur des
territoires qui ne sont pas soumis à des nations civilisées ». Donc sur ces territoires est reçue la CL
ainsi que les lois qui pouvaient l'avoir complétée avant la colonisation des EU (càd jusqu'à 1607).

Mais ce principe est assorti de restrictions : à savoir que la CL d'Angleterre n'est applicable
que « dans la mesure où ses règles sont appropriées aux conditions de vie règnant dans les
colonies » (v. J. BENTHAM, Works vol. IV, 1843). En fait, c'est cette restriction beaucoup plus que
le principe qui est essentielle, les règles de la CL anglaise n'étant, en effet, par tout à fait appropriées
aux conditions de vie des colons – toutes les questions de droit nouvelles liées à l'époque, à la
société (il y a un fort désir de renouveau social), aux évolutions économiques et techniques ne
trouvent pas de solutions dans la CL.

De plus, l'application de la CL pose un certain nombre de problèmes, tenant en particulier au


fait qu'il s'agit d'un droit complexe et que les colonies manquent de juristes compétents pour
l'appliquer.

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Enfin, dans les colonies britanniques, la CL est parfois perçue comme un instrument de la
domination anglaise.

Donc, le droit qui y est réellement appliqué s'éloigne en fait de la CL anglaise, au sens où il
est très simplifié. Il tire souvent son inspiration de la Bible, bien plus que de la CL, et se ramène à la
discrétion des magistrats.

À partir de 1776, càd de l'indépendance américaine, le système juridique des États-Unis


s'affirme définitivement comme propre au nouvel État et possédant une originalité certaine par
rapport au système de CL anglaise.

En premier lieu, il est fondé sur une constitution écrite, ce qui est une option totalement
différente de celle de l'Angleterre. Sur la base de cette constitution, la Cour suprême ne tarde pas à
se reconnaître le pouvoir de contrôler la constitutionnalité des lois fédérales d'abord (Marbury v.
Madison, 1803), puis des lois des États. Peu à peu, à travers un ensemble de décisions la Cour
suprême des États-Unis acquiert un rôle absolument central dans le système juridique du pays. Cette
revalorisation du rôle du juge correspond aux caractéristiques d'un système de CL.

Au milieu du XIXème siècle pourtant, un mouvement se dessine aux États-Unis en faveur de


la codification d'inspiration romano-germanique. Les juristes américains s'intéressent de près à ce
qui se passe en matière de codification en Europe continentale et certains d'entre eux considèrent,
sur le modèle de ce qui se produit là-bas, que la codification serait une solution afin de créer un
droit proprement national.

Cette faveur pour le droit écrit se manifeste de différentes manières et possède différents
fondements :

 la Nouvelle-Orléans (territoire détaché de l'ancienne Louisiane et incorporé à l'Union)


adopte en 1808 un code civil à la française;
 en 1811, BENTHAM offre ses services au Président Madison pour donner un code aux
EU ;
 en 1836, la Commission des lois du Massachussets demande la rédaction d'un code civil ;
 en 1846, la constitution de l'État de New-York prévoit également la rédaction d'un code ;
 à partir de l'indépendance, divers États interdisent de citer les arrêts anglais postérieurs à
1776 ;
 de nombreux territoires sont annexés à l'Union sur lesquels étaient en vigueur les droits
français ou espagnol (l'influence RG en est donc renforcée sur l'ensemble du système
américain) ;
 ...

On peut dire qu'il y a véritablement dans la première moitié du XIXème siècle, une
concurrence entre système de CL et RG. Et, un grand nombre juristes (dont MAINE) prédisent que
le système américain va tomber dans le giron de la famille romano-germanique.

Pourtant ce n'est pas le cas, et la CL triomphe! Elle l'emporte finalement pour des raisons
diverses : l'élite politique et des juristes est formée de WASPs, fortement imprégnés de la culture

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anglaise ; d'autre part, une classe de juristes compétents et aptes à travailler en CL a pu se


développer entre temps, et ils se sont approprié la CL ; le prestige des juristes anglais et la
réputation de qualité du système jouent également en sa faveur ; enfin la communauté de langue,
qui permet des échanges permanents est aussi déterminante.

Donc, finalement, la CL demeure et s'étend même aux territoires d'influence française ou


espagnole dans lesquels elle finit par dominer aussi, à quelques exceptions près : la Louisiane par
exemple conserve un système mixte.

Section 2. Quelques caractéristiques du système juridique des EU

Le système américain présente un certain nombre de particularités par rapport à la CL


anglaise, et c'est sur ces particularités que nous allons insister maintenant (sur l'une d'entre elles du
moins).

Elles tiennent au constitutionnalisme du système (valeur quasi-sacrée de la constitution), à la


place centrale de la Cour suprême : deux points qui sont développés largement dans le cours de
droit constitutionnel de première année et sur lesquels il ne paraît pas très utile de revenir.

Mais, elles tiennent aussi à la nature fédérale de l'État, qui a pour conséquence la juxtaposition de
plusieurs systèmes de droit présentant des différences : le droit fédéral et les systèmes des États
fédérés. C'est ce point que nous allons développer.

Le système fédéral américain implique la superposition d'ordres juridiques et la présence sur


le territoire des EU d'une variété de systèmes juridiques.

La meilleure (parce qu'elle est connue de tous) illustration de cette variété des systèmes et des
règles juridiques peut être trouvée dans le droit pénal : chacun sait que le droit pénal d'un certain
nombre d'États américains comporte la peine de mort, alors que d'autres l'ont abolie.

Face à cette diversité, la question qui s'est posée – et qui nous intéresse plus particulièrement
– est celle de savoir si ce que l'on désigne sous le terme de CL américaine est en réalité une
common law générale fédérale ou la common law des États (auquel cas il n'existerait pas de
common law fédérale générale).

Pour bien comprendre cette question, il faut rappeler que la constitution américaine confère aux
États fédérés une compétence de droit commun et que la Fédération a elle reçu des compétences
d'attribution, dans certains domaines seulement. Donc, en toute logique, la common law fédérale
devrait être limitée aux domaines de compétence de la Fédération et ne pas être générale.

Or, le Judiciary Act de 1789 indique que les cours fédérales, lorsqu'elles doivent pour une raison ou
une autre statuer dans des affaires qui mettent en jeu le droit des États fédérés (cela se produit dans
un certain nombre de cas, détaillés plus bas) doivent appliquer le droit de ces États. Mais la loi ne

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précise pas s'il s'agit des lois au sens strict ou aussi de la jurisprudence dégagée sur les questions en
cause par les cours de ces États (particulièrement dans le silence des textes de loi).

Dans une décision de 1842, la Cour suprême des EU (affaire Swift v. Tyson) avait accrédité l'idée de
l'existence d'une common law générale fédérale qui s'appliquerait dans le silence de la loi des États.
Donc les cours fédérales dans ces hypothèses ne devaient pas fait appel à la jurisprudence des cours
des États fédérés. Autrement dit, la jurisprudence des cours des États fédérés cèderait le pas devant
la jurisprudence des cours fédérales.

Mais cela aboutirait aussi, selon de nombreux juristes qui ne tardent pas à critiquer cette décision, à
créer une common law fédérale dans des domaines normalement confiés par la constitution aux
États fédérés, donc à une immixion du droit fédéral dans les domaines réservés aux États.

Finalement, la Cour suprême a donc préféré exclure l'existence d'une telle common law dans
l'affaire : Erie Railroad Compagny v. Tompkins de 1939 : « there is no federal general CL ».
Les cours fédérales doivent appliquer le droit des États fédérés, que ce droit ait été formulé par le
Parlement de l'État dans une loi écrite ou par sa Cour suprême dans une décision antérieure, ne
regarde pas les autorités fédérales.

Attention, pourtant cela n'exclut pas qu'il existe une CL fédérale pour les matières de la
compétence de la Fédération, mais ce n'est pas une common law générale, qui aurait vocation à
s'étendre à tous domaines du droit.

De plus, l'interprétation dominante de la position de la Cour suprême, favorise l'idée qu'une


common law générale ne doit pas se superposer au droit des États mais, petit à petit, se créer d'elle-
même, par rapprochement spontané du droit des États fédérés.

Car, au-delà de la diversité des systèmes des États fédérés, de leurs traits particuliers, il existe tout
de même une certaine tendance au rapprochement de ces systèmes.

C'est l'unité de la common law qui joue là : les différences entre les législations n'empêchent pas une
interprétation similaire, reposant sur les mêmes méthodes et principes de base, ni des emprunts de
solutions jurisprudentielles, d'un système à l'autre.

Section 3. Aperçu sur quelques éléments structurels du droit américain

Là encore, du fait que le droit des États-Unis appartient à la famille des systèmes de CL,
l'importance des juges et de la justice est très grande. Elle est encore accentuée par le rôle essentiel
joué dans ce système par les juges de la Cour suprême.

On peut dire que la justice est une institution centrale de la société américaine et sur le plan
politique, un troisième pouvoir à part entière : « l'indépendance et l'impartialité judiciaires
constituent une part du système des checks and balance qui caractérisent le système juridique

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américain » (DARBY).

Une justice omni-présente dans la société américaine.

La justice américaine fascine les citoyens des États-Unis d'Amérique, tout comme d'ailleurs
ceux d'autres pays (il n'est que de constater le succès des séries télévisées américaines ayant pour
thème la justice ou les juristes, aux EU comme à l'étranger). En tant que troisième pouvoir, la
médiatisation de la justice (réelle et non fictive cette fois) est également très poussée.

Quelles sont les raisons de ce phénomène?

Il y a aux EU un très grand nombre de juristes, d'avocats constitués parfois en cabinets très
puissants et qui exercent une influence considérable, en particulier dans le monde des affaires.

La faiblesse de la protection sociale et la crise du système des assurances ont favorisé une
multiplication des recours, le réflexe d'en appeler au juge et à la justice pour obtenir des dommages
et intérêts dans les situations les plus diverses.

La générosité des juridictions (et la tendance des jurys à se laisser convaincre facilement) a
provoqué une inflation des dommages et intérêts obtenus par les plaignants.

Les avocats, qui sont rémunérés au pourcentage des réparations obtenues, ont naturellement
tendance, d'une part, à alourdir les sommes demandées en réparation d'un dommage ; mais aussi à
pousser les justiciables à porter leur affaire devant la justice (incitation au contentieux).

Enfin, ce sont développé les class actions, actions en nom collectif dans lesquelles les plaideurs
s'associent pour porter une affaire devant la justice, dans de grandes affaires de santé ou à l'occasion
de scandales juridico-financiers.

Malgré cette omni-présence de la justice, la situation des juges américains est différente de
celle des juges anglais, car il n'y a pas aux EU d'unité de la justice et du corps judiciaire, en
conséquence du sytème fédéral. La justice américaine apparaît au contraire comme une organisation
complexe et d'une qualité tout à fait inégale.

Justice fédérale et justice des États fédérés.

Il y a aux États-Unis deux hiérarchies judiciaires : une fédérale et une pour chaque État
fédéré. À la différence des autres États fédéraux (de l'Allemagne ou du Canada, par exemple) où
l'on ne trouve des juridictions fédérales qu'au sommet de la hiérarchie, les États-Unis ont adopté un
système original, indéniablement plus complexe. On trouve des juridictions fédérales dans tous les
États fédérés et elles doivent dans un certain nombre de cas être saisies en première instance.

De plus, les juridictions américaines ne sont pas divisées en ordres juridictionnels différents
selon les domaines du droit. Les affaires civiles, pénales, administratives sont en principe tranchées
par les mêmes juridictions, sous réserve toute fois de l'existence de nombreuses juridictions

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spécialisées (dans le domaine commercial, par exemple) – mais elles ne forment pas de véritables
ordres.

 La justice fédérale

Elle est composée d'une part de tribunaux spécialisés dans des domaines variés (exemples :
les importations, les actions en responsabilité contre l'État) mais aussi de tribunaux possédant une
compétence générale.

Il y a deux niveaux de cours fédérales :

− Les cours fédérales de premier degré (United States District Courts).

Il y en a environ une centaine, réparties sur tout le territoire des États-Unis. Elles ont une
compétence générale. Elles connaissent d'affaires pour lesquelles la compétence fédérale est
possible ou obligatoire (v. infra sur la répartition des compétences). Elles statuent en formation à
juge unique. Les juges sont nommés par le Président des États-Unis et leur nomination doit être
confirmée par le Sénat.

− Les cours fédérales d'appel (United States Courts of Appeal)

Il y en a 13 en tout, ce qui fait que chacune est compétente pour plusieurs États. Les juges statuent
en formation collégiale (de 3 juges). Elles connaissent des appels contre les décisions de certains
organes administratifs et des cours de fédérales de premier degré.

− La Cour surpême des États-Unis – renvoi au cours de droit constitutionnel.

 La justice dans les États fédérés

Elle représente en réalité 95 % des litiges. Son organisation est assez différente d'un État à
un autre et peu parfois être très complexe.

Les juges des tribunaux des États fédérés sont le plus souvent, traditionnellement, élus. Pour éviter
un certain nombre de dérives liées à l'élection des juges et afin d'améliorer la qualité de cette justice,
qui à été grandement mise en question, les États ont ces derniers 10 ou 15 ans légiféré afin de
réformer les systèmes de désignation des juges.

Ils restent souvent basés sur l'élection au suffrage universel mais avec des garanties de compétence
des candidats, comme par exemple la soumission des candidatures à l'approbation de l'association
des juristes de l'État concerné... Rem. Voir la question du financement des campagnes électorales...

L'élection des juges est considérée comme faisant partie des garanties de la démocratie, aux États-
Unis. De même, la possibilité de faire juger son affaire devant un jury, qui se prononce sur les faits,
est inscrite dans la constitution et ouverte devant presque tous les tribunaux.

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Organisation de la justice dans les États fédérés :

− Première instance : dans les zones rurales on trouve les juges de paix ou pour les zones urbaines
les cours municipales, pour les affaires de faible importance. Pour les affaires plus importantes
présentant des enjeux financiers plus élevés au civil ou au pénal des peines encourues plus
lourdes, interviennent d'autres cours, appelées souvent cours de comtés (County Courts – mais
leurs dénominations changent suivant les États).

− Appel : les cours d'appel n'existent que dans certains États (les plus peuplés).

− Les Cours suprêmes d'États : leurs dénominations varient là encore d'un État à un autre. Elles
sont éventuellement saisies en dernier ressort et ne statuent que sur les points de droit.

Principes de répartition des compétences.

Les juridictions d'États.

− Elles ont une compétence de droit commun. Une juridiction d'État peut donc toujours être saisie,
quitte à ce que le défendeur décline la compétence.
− Elles ont une compétence générale et statuent en CL ou en equity.

Les juridictions fédérales.

Elles ont une compétence théoriquement résiduelle, pratiquement ... pour un assez grand nombre de
litiges :

− en raison de leur nature, parce qu'ils se fondent au moins pour une part sur une disposition de la
constitution, une loi fédérale, un traité ou qu'ils touchent des domaines régis par le seul droit
fédéral ;
− en raison de la qualité des parties : affaires concernant les EU ou d'autres États du monde, des
diplomates de haut rang ou des citoyens américains domiciliés dans des États différents si les
intérêts financiers en jeu sont importants.

Éléments de connaissance du droit.

L'opinion est assez répandue parmi les juristes américains selon laquelle, les sources sont
extrêmement éparpillées, parfois difficiles d'accès (toute la jurisprudence n'est pas
systématiquement publiée) – même si les bases de données numériques ont considérablement
améliorée la situation.

Les organismes professionnels jouent depuis longtemps aux États-Unis un rôle considérable
en matière de diffusion de la CL, de connaissance du droit, de modernisation du droit. Parmi eux :
l'American Bar Association et l'American Law Institute.

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Par exemple : l'American Law Institute, qui est une institution prívée, non étatique, a réalisé
une sorte de codification de la CL des EU en partant des principales catégories du droit (contracts /
torts / truts...), rassemblant les règles générales déductibles des arrêts, avec des annotations
permettant de distinguer les variations suivant les États. Il s'agit des Restatements of the Law et
Restatements in the Courts... (entrepris en 1932, la troisième édition est en cours). Bien que l'on ait
utilisé le terme de codification, n'y a pas là d'oeuvre du législateur et l'autorité de ces ouvrages est
variable selon leurs auteurs /coordonnateurs.