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METHODOLOGIE POUR LE DROIT DISCIPLINAIRE

Raisonnement à respecter pour examiner la régularité d’une sanction disciplinaire (ne concerne pas le
licenciement) :

I. La qualification de la sanction

 La définition de la sanction (art. L. 1331-1)


- une mesure prise par l’employeur autre qu’une observation verbale
- une mesure à même d’affecter, immédiatement ou non, la présence du salarié dans
l’entreprise, sa fonction, sa carrière ou sa rémunération
- une mesure motivée par le comportement du salarié considéré par l’employeur comme fautif

 Conséquence de la qualification de sanction :


Application du droit disciplinaire : procédure + règles de fond

II. Le respect de la procédure disciplinaire

 La convocation à l’entretien préalable


- la forme (R.1332-1)
- le contenu (L.1332-2 + R.1332-1)
- un délai suffisant entre la convocation et l’entretien (jurisprudence)

 Le déroulement de l’entretien préalable


- l’indication des griefs retenus et l’écoute des explications (L. 1332-2)
- la présence et l’assistance du salarié (L.1332-2) et de l’employeur (jurisprudence)

 Le prononcé de la sanction
- la forme (R.3142-40)
- la motivation (L. 1332-2 + jurisprudence)
- les délais : au plus tôt 1 jour franc et au plus tard 1 mois après la date de l’entretien (L. 1332-
2)

Conséquence du non respect : le juge peut annuler la sanction (L. 1333-2 + jurisprudence : distinction
irrégularités substantielles / formelles).

III. La justification et la proportionnalité de la sanction disciplinaire

 La justification de la sanction (L. 1333-1)


- l’indication du motif
- le respect de délais:
• le délai de prescription des fautes de 2 mois (L.1332-4)
• le délai d’ «amnistie » des sanctions de 3 ans (L. 1332-5)
- le respect des interdictions du droit disciplinaire : pas de sanction discriminatoire (L.1332-1 à
-3), pécuniaire (L. 1331-2), sanction disponible (L. 1321-1), non cumul des sanctions
- le caractère fautif des faits invoqués (+ licéité des moyens de preuve)

Conséquence du non respect : le juge doit annuler la sanction qui est injustifiée (L.1333-2 + jurisp.).

 La proportionnalité de la sanction à la faute commise (L. 1333-2)


Conséquence du non respect : le juge peut annuler la sanction (L. 1333-2)

METHOLOGIE A RESPECTER POUR


L’EXAMEN DE LA LEGALITE DES CLAUSES DU REGLEMENT INTERIEUR

1. La règle posée par la clause relève-t-elle du contenu normatif du RI (hygiène, sécurité,


discipline) ?

2. La clause est-elle conforme aux lois, règlements, conventions collectives applicables


dans l’entreprise ?

3. Si la clause porte atteinte à un droit des personnes ou à une liberté individuelle ou


collective, cette restriction est-elle justifiée par la nature de la tâche à accomplir et
proportionnée au but recherché ?

4. En cas de réponse négative à l’une de ces questions, quelles sont les voies de recours
mise à la disposition du salarié concerné ou du syndicat ou des représentants du
personnel ?