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Bruno BOSSIS

UNESCO

2004-2005

Séminaire pratique

Les étapes d’une création électroacoustique simple

Session 2 :

Enregistrement des sons


Choix du matériel et du logiciel
Les principaux types de microphones1 :
• le microphone statique : une membrane produit une tension par effet capacitif.
Ils sont sensibles, mais onéreux et fragiles. Le Neumann U87 (devenu U89) est
resté célèbre pour sa qualité ;
• le microphone à électret : le principe est très proche de celui du microphone
statique, mais il est simplifié et la tension de polarisation est plus faible. Il est
nécessaire de l’alimenter par une pile ou par une alimentation externe (fantôme).
Ils sont petits, peu coûteux, robustes, mais de qualité souvent médiocre ;
• le microphone dynamique : la membrane entraîne une bobine de fil de cuivre à
l’intérieur d'un aimant fixe. Ces microphones sont économiques, solides, mais
peu sensibles. Le Shure SM-58 en est un exemple. Ils sont utilisés pour des
enregistrements de proximité.
D’autres types moins connus de microphones comme le microphone à ruban ou le
microphone piézoélectrique existent également.

Dans l’exemple proposé, un microphone dynamique donnerait de bons résultats, mais


certains sons doivent être enregistrés, si possible, de l’intérieur de la flûte. Par ailleurs, le prix
relativement bas des microphones à électret l’a fait choisir dans cette utilisation pédagogique.
S’il est alimenté par une pile, il ne faut pas oublier de l’éteindre ou d’enlever la pile après
chaque utilisation. La durée de vie de la pile sera ainsi beaucoup plus longue..
Malheureusement, le niveau du signal à la sortie du microphone est trop faible pour
attaquer l’entrée « ligne » d’un appareil. Le choix du préamplificateur dépend avant tout du
matériel et du budget disponible. Une « carte son » possède en général une entrée micro (le
préamplificateur est situé à l’intérieur de la carte). Il est également possible d’utiliser l’entrée
micro d’un magnétophone ou d’un amplificateur hi-fi. Dans tous les cas, le danger réside
surtout dans le bruit de fond et, dans une moindre mesure, dans la distorsion générée par le
dispositif. Une carte son autre que celle d’origine est préférable. Seulemement, sa qualité est
très souvent proportionnelle à son prix.

Un exemple d’entrée micro

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http://www.sweetwater.com/microphones/mic_types.php ou
http://www.audiotechnica.com/using/mphones/guide/

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Branchement du micro sur un ordinateur

Il faut souligner l’importance de la qualité du son du matériau d’origine. Sans aucune


correction, le son doit être le meilleur possible, sans bruit de fond ni distorsion.
Un son enregistré avec des défauts parcourt toute la chaîne de production. Croire qu’il
sera possible de corriger ultérieurement ces problèmes est illusoire. Il est le plus souvent
improductif d’essayer de gommer les défauts d’un enregistrement avec des filtres ou des
effets comme la compression. Le résultat est presque toujours décevant.

Pour la qualité du rendu sonore, le choix du logiciel d’enregistrement est secondaire. Il


est superflu de chercher à enregistrer avec un logiciel différent du séquenceur. Le logiciel
Audacity a été choisi pour sa facilité d’utilisation et son existence sur Windows et Mac OS2.
Le résultat de chaque enregistrement peut être un « clip » sur une piste audio du séquenceur,
ou, après exportation, un fichier son (exemples d’extensions : .wav, .mp3, .aif).

De façon à pouvoir mettre en ligne toutes les ressources (des fichiers trop lourds
seraient difficiles à télécharger pour certains utilisateurs), l’ensemble des sons a été compressé
en mp3. La qualité reste suffisante pour une création pédagogique.

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http://www.omf.paris4.sorbonne.fr/UNESCO-YDC/TUTORIAL/EBOOK/YDCT-1RECORD.html

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Préparation de l’enregistrement
Afin d’éviter des bruits parasites, le micro ne doit pas être tenu à la main, mais posé sur
un pied, un support quelconque ou fixé à l’intérieur de la flûte. Le pied n’est pas obligatoire,
mais le support doit être stable. Il suffit de disposer le micro à la bonne hauteur sur un tissu
replié plusieurs fois en prenant garde à ne pas en couvrir la tête.
Le tissu évite la propagation de vibrations parasites au corps du micro. Tenir le micro à
la main risque de provoquer des bruits de frottement. Puisqu’il s’agit de recueillir surtout les
bruits percussifs des clés, le microphone peut être placé à l’extrémité de la patte d’ut. Un
micro à électret fixé dans la flûte par une pince sera très économique.

Le micro à électret fixé dans la flûte

Suivant l’intensité du son, le micro doit être le plus proche possible de la flûte de façon
à éviter le bruit de fond. Aucune saturation ne doit cependant apparaître.

Avant de commencer, il faut prévoir le dossier (ou répertoire) dans lequel sera
sauvegardé le projet. C’est à l’intérieur de ce dossier que les fichiers sons seront classés. Il est
plus prudent de classer les sons par famille en créant des dossiers (ou sous-dossiers) à
l’intérieur du dossier du projet. Il faut être très rigoureux sur l’organisation des fichiers et des
dossiers de façon à ne rien perdre. Pour la même raison, autant que possible, il faut
sauvegarder sur plusieurs supports (disque dur, disquettes, cdrom, clé USB, etc.). Les
enregistrements sont des « fichiers sons » non compressés (.wav par exemple).
Une façon commode de les classer par ordre de préférence est d’ajouter une série de
« 1 » avant le numéro de la prise. La qualité peut aller raisonnablement de un à trois « 1 ».
Des tirets sont nécessaires pour rendre lisible les noms. Le son « Do » correspondant à la
troisième prise et jugé excellent possédera le nom « Do-111-03 ». Ainsi, les sons apparaissent
par ordre de qualité et il est impossible de confondre les numéros de prises et de qualité.

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Avant de commencer
Une prise est rarement suffisante. Avec un séquenceur, le plus simple est d’effectuer
chaque prise sur une nouvelle piste. Les fonctions Mute et Solo rendent la comparaison des
prises très aisée.

La qualité du matériau d’origine est très importante. Il est conseillé de conserver


plusieurs versions du même matériau et de recommencer les prises dans différentes conditions
matérielles et sur plusieurs séances de travail. L’oreille se fatigue vite.

Le logiciel WinOscillo se révèle trés pratique pour vérifier que le signal entre bien dans
l’ordinateur, que le bruit de fond n’est pas trop important et que le micro ne sature pas Le
signal doit occuper environ la moitié ou les trois-quarts de la hauteur de la fenêtre.

Le signal entrant dans l’ordinateur

Un enregistrement en stéréo n’est pas indispensable. Dans Audacity, le réglage en mono


se fait dans Menu File/Preferences. Si ce réglage n’est pas effectué, toute nouvelle piste sera
stéréo. Pour alléger le travail de l’ordinateur, il est préférable de ne pas cocher la case « Play
other tracks while recording one ». Ce mode est utile lorsqu’il est nécessaire d’entendre ce qui
a été enregistré lors de prises précédentes.

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« Record in Stereo » est décoché

La qualité de l’enregistrement sera largement suffisante avec une fréquence


d’échantillonnage compatible avec les Cds audio.

Réglage du « Sample rate »

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Un exemple d’enregistrement
Le but de ce premier enregistrement est de rechercher différents sons percussifs qui
pourront ensuite être isolés.

Pour enregistrer, il suffit de cliquer sur le bouton rouge.

Pendant l’enregistrement

Arrêter l’enregistrement avec le bouton jaune.

Résultat de l’enregistrement avec tous ses défauts

SON « 0101.mp3 »

Chaque enregistrement s’appelle une « prise ». A chaque nouvelle prise, Audacity crée
automatiquement une nouvelle piste. Ne pas oublier de sauvegarder régulièrement le

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« projet » (Menu File/ Save Project). La première fois, il faut choisir le nom du projet. Celui-
ci contient les sons et la configuration d’Audacity.

Après quelques « prises »

Par moment, le son est trop ou pas assez fort, ou l’intérêt pour la pièce n’est pas
probant. Les fragments qui serviront de matériau sonore à cette réalisation sont notamment
choisis selon des critères d’intensité. Il faut éliminer impitoyablement tout fragment trop fort
(les courbes bleues, c’est-à-dire l’enveloppe d’amplitude, atteignent la limite de l’espace
horizontal réservé à la piste), et trop faible (les courbes bleues dépassent à peine de la ligne
horizontale de silence). Dans le premier cas, la saturation provient d’un écrêtage numérique
qui rend inutilisable le son, même en diminuant ensuite l’intensité. Dans le second cas, le
bruit de fond deviendra trop important après les manipulations éventuelles sur le son (rapport
signal/bruit trop faible). L’idéal est de conserver des fragments remplissant aux trois-quarts
l’espace vertical de la piste.

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Isolement d’un fragment sonore
Tout d’abord, il est nécessaire d’agrandir la visualisation du fragment à sélectionner.
Choisir l’outil « zoom » dont le bouton contient une loupe, puis cliquer sur l’endroit à
agrandir.

Zoom

Ensuite, le fragment sonore agrandi est isolé puis copié dans le presse-papier.

Copie du fragment dans le presse-papier

Ajout d’une nouvelle piste

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Le fragment sonore contenu dans le presse-papier est collé (sélectionner, puis coller
dans la nouvelle piste avec : menu Edit/Paste).

Le fragment sonore collé dans la nouvelle piste

De façon à éviter tout « clic » au début et en fin de fragment sonore, un « fade in/out »
est nécessaire. Audacity n’a pas d’outil dédié, mais le contrôle de l’enveloppe d’amplitude est
un bon moyen de réaliser les deux fades. L’outil « Enveloppe » est sélectionné.

Sélection de l’outil « Envelope »

Des lignes horizontales bleues apparaissent en haut et en bas. Elles resteront toujours
symétriques. La réduction de l’amplitude s’effectue en faisant glisser vers le bas la poignée de
droite de la ligne bleue du haut.

Fade out, première étape

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Puis, après avoir cliqué sur la ligne bleue du haut, légèrement avant son extrémité de
droite, le point de préhension est remonté vers le haut.

Fade out, seconde étape

Le fade out est réalisé. Le même processus est nécessaire pour le fade in.

Fade in, première étape

Fade in, seconde étape

Le son est maintenant prêt à être utilisé dans la création.

SON « rec_fade.mp3 »

Si l’enregistrement et la sélection du son ont été soigneux, toute autre transformation


serait préjudiciable à sa qualité. Il faut éviter d’amplifier, de « normaliser » ou de filtrer le
matériau de base. Par exemple, amplifier le son augmente également le bruit de fond.

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Les matériaux sonores sélectionnés
La même méthode a permis d’obtenir une vingtaine de matériaux de base. Leur
classement rend leur utilisation plus facile.

• Les sons dont les noms commencent par « noise » proviennent de souffles sur le
biseau de l’embouchure, mais sans chercher à faire une note (noise, noise2,
noiseattaq, noisedoux).
• Une lecture dans l’embouchure fait entendre une voix fantomatique. Il s’agit
d’un extrait des Mémoires d’outre-tombe (livre 39, chapitre 10) de
Chateaubriand (chateau).
• Une note chantée dans la flûte (sing) donne une voix « colorée » par la flûte.
• Quelques rythmes avec des bruits de clés ont été enregistrés pour disposer de
sons plus longs (gesterythm, gesterythmmetal, gesterythmrond).
• De la même façon, des bruits rapides de clés donnent des grésillements (gresi,
gresi2).
• Pour éviter des références à des mélodies, peu de notes ont été enregistrées
(notedoux, notecuivr, notepinc, notevoil, noteglissdesc).
• Une série de sept sons fait entendre des bruits de clés individuels et sonores
(noms commençant par « toc »).
• En plus de ces fragments, un synthétiseur (un Korg K5) a été utilisé pour
enregistrer une série de lignes mélodiques modales. Le branchement a été réalisé
en analogique sur la prise Jack. Un simple cordon Jack-Jack suffit pour relier le
synthétiseur à l’entrée ligne de l’ordinateur. Ces mélodies constituent une
famille de variantes d’une ligne très simple (noms commençant par « flute »).

Tous les matériaux sont rendus cohérents du fait qu’ils proviennent tous de la flûte.
Bien entendu, il n’est pas obligatoire d’utiliser tous les sons disponibles dans ce réservoir.

TOUS LES SONS

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