Vous êtes sur la page 1sur 5

UNIVERSITÉ de NICE – SOPHIA ANTIPOLIS

UFR SCIENCES
Licence 2 MI

Examen d’Intégrales et Séries 2006–2007

Contrôle Continu du Lundi 13 novembre 2006

Durée : 2h00
Les documents, calculatrices,... ne sont pas autorisés.

Exercice 1 : (5 points) Séries numériques


Donner la nature des séries suivantes en
justifiant votre réponse :
X n! n! un+1 n + 1
1.1. . Soit un = n . On calcule = −−−−−→ +∞ > 1. On en conclut donc,
2n 2 un 2 n→+∞
n≥0
X n!
d’après le critère de d’Alembert, que la série diverge.
2n
X1    n≥0 
1 1 1 1
1.2. ln 1 + 2 . Soit un = ln 1 + 2 . Or ln(1 + x) ∼ x et comme 2 → 0,
n n n n x→0 n
n≥1
1 1 X 1
donc un ∼ 3 quand n → +∞. De plus, 3 ≥ 0 et converge, donc d’après le théorème
n n n3
n≥1
X1  1

de comparaison, ln 1 + 2 converge.
n n
n≥1
n
arctan n n

X arctan n   
arctan n π
1.3. . Soit un = . On calcule |un |1/n = −−−−−→ < 1.
2 2 2 n→+∞ 4
n≥0
X  arctan n n
On en conclut donc, d’après le critère de Cauchy, que la série converge.
2
    n≥0  
X 1 1 X 1
1.4. exp . lim exp = 1 6= 0, donc la série exp diverge.
n n→+∞ n n
n≥1       n≥1
X 1 1
1.5. 1 − exp − . Soit un = 1 − exp − . On utilise un développement li-
n n
n≥1
mité
 de l’exponentielle
  au voisinage
  de 0, à savoir exp x = 1 + x + o(x). On obtient que
1 1 1 1
1 − exp − = +o , c’est-à-dire un ∼ ≥ 0. Par le théorème de comparaison,
n n n n
X1 X 1

comme diverge, on en déduit que 1 − exp − diverge.
n n
n≥1 n≥1

1
Exercice 2 : (5 points) Séries numériques
(−1)n

2.1. Montrer que ∼ 1 quand n → +∞. En déduire la nature de
n
(−1) + n 2 n2
X (−1)n
.
(−1)n + n2
n≥2

(−1)n n2 (−1)n
1
On a = → 1 quand n → +∞ car → 0. On en déduit que

n
(−1)n + n2 (−1) n2


+ 1
n2

(−1)n

1 1 X 1
(−1)n + n2 ∼ n2 quand n → +∞. Pour tout n ∈ N, n2 ≥ 0 et la série converge,

n2
n≥1
X (−1)n
donc d’après le théorème de comparaison, la série converge absolument, donc
(−1)n + n2
n≥2
elle converge.
X (−1)n
2.2. On cherche à étudier la nature de .
(−1)n + n
n≥2
(−1)n 1

2.2.a. De l’équivalent ∼ quand n → +∞, que peut-on en déduire sur
(−1)n + n n
X (−1)n X (−1)n
la convergence asbolue de ? Sur la convergence de ?
(−1)n + n (−1)n + n
n≥2 n≥2
X1 X (−1)n
La série diverge, donc d’après le théorème de comparaison, la série ne
n (−1)n + n
n≥1 n≥2
converge pas absolument. En revanche, on ne peut rien en conclure sur la convergence ou la
divergence de la série.
(−1)n (−1)n 1
2.2.b. Montrer que n
= + vn avec vn ∼ − 2 quand n → +∞.
(−1) + n n n
On effectue un développement limité : 
(−1)n (−1)n (−1)n (−1)n (−1)n
   
1 1 1 1
= = 1 − + o = − + o =
(−1)n + n n (−1)n n n n n n2 n2
1+
n
n
(−1) 1
+ vn , avec vn ∼ − 2 quand n → +∞ .
n n
X (−1)n
2.2.c. Déduire de la question 2.2.b. la nature de .
(−1)n + n
  n≥2
1 1
On a que est une suite décroissante et que lim = 0, donc d’après le théorème des
n n n→+∞ n
X (−1)n 1 X 1
séries alternées, converge. De plus, vn ∼ − 2 ≤ 0 pour tout n ∈ N. Comme
n n n2
n≥2 n≥2
X
converge, donc d’après le théorème de comparaison, la série vn converge également. La
n≥2
X (−1)n
somme de deux séries convergentes converge, donc d’après la question 2.2.b.,
(−1)n + n
n≥2
converge.

2
Exercice 3 : (10 points) Intégrales généralisées Z +∞
ln t
3.1. Nous commençons par l’étude et le calcul de dt.
  1 t2
ln x 1
3.1.a. Montrer que 2
= o 3/2
quand x → +∞. En déduire la nature de
x x
Z +∞
ln t
dt.
1 t2
ln x ln x ln x
On a lim x3/2 2 = lim √ = 0 d’après les puissances comparées. Donc 2 =
 x→+∞
 x x→+∞ x x
1 ln t
o quand x → +∞. La fonction t → 2 est localement intégrable sur [1, +∞[. Or
x3/2 Z +∞
t
Z +∞
1 dt ln t
≥ 0 et converge, d’après le théorème de comparaison, dt est une
x3/2 1 t3/2 1 t2
intégrale convergente. Z +∞
dt
3.1.b. Quelle est la nature de ? La calculer.
1 t2
D’après le théorème du cours, c’est une intégrale convergente. Soit X ≥ 1. On calcule
Z X  X Z +∞
dt 1 1 dt
2
= − =1− → 1 quand X → +∞. Donc = 1.
1 t t 1 X 1 t2
Z X
ln t
3.1.c. Soit X ≥ 1. Faire une intégration par parties sur l’intégrale dt. En
Z +∞ 1 t2
ln t
déduire la valeur de dt en utilisant la question 3.1.b.
1 t2
1 1 1
On pose u(t) = ln t et v 0 (t) = 2 . Donc u0 (t) = et v(t) = − . L’intégration par parties
t t Z X t
ln t X
Z X  Z X
ln t 1 ln X 1 ln X
donne donc 2
dt = − + 2
dt = − + 2
dt. Or lim = 0 et
t t 1 1 t X 1 t X→+∞ X
Z X 1 Z +∞
1 ln t
lim 2
dt = 1, d’après la question précédente. Donc dt = 1.
X→+∞ 1 t
Z +∞ 1 t2
ln(1 + t)
3.2. Nous étudions maintenant dt.
1 t2 Z +∞
ln(1 + t)
3.2.a. Montrer que ln(1+x) ∼ ln x quand x → +∞. Donner la nature de dt.
1 t2
1
ln(1 + x) ln x + ln( + 1) 1

1

1

1

= x = 1+ ln + 1 . De plus, lim ln + 1 = 0,
ln x ln x ln x x x→+∞ ln x x
ln(1 + x)
donc lim = 1, c’est-à-dire ln(1 + x) ∼ ln x quand x → +∞.
x→+∞ ln x
ln(1 + t) ln(1 + t)
La fonction t → 2
est localement intégrable sur [1, +∞[. On a donc que ∼
tZ t2
+∞
ln t ln t
2
≥ 0 et comme dt converge d’après la question 3.1., d’après le théorème de
t Z +∞ 1 t2
ln(1 + t)
comparaison, dt converge.
1 t2 Z +∞
dt
3.2.b. Donner la nature de . Trouver les coefficients α et β tels que
1 t(t + 1)

3
Z +∞
1 α β dt
= + . En déduire la valeur de .
t(t + 1) t t+1 1 t(t + 1)
1 1 1
La fonction t → est localement intégrable sur [1, +∞[. ∼ 2 ≥ 0 quand
t(tZ+ 1) x(x + 1) xZ
+∞ +∞
dt dt
x → +∞. Comme 2
converge, d’après le théorème de comparaison,
1 t 1 t(t + 1)
1 1+t−t 1 1
converge. On a = = − , donc α = 1 et β = −1. Soit X ≥ 1,
t(t + 1) t(t + 1) t t+1
Z X Z X    X  
dt 1 1 X t X
= − dt = [ln t − ln(1 + t)]1 = ln = ln +
1 t(t + 1) 1 t t+1
Z +∞
1+t 1 1+X
dt
ln 2 → ln 2 quand X → +∞. Donc = ln 2.
1 t(t + 1)
Z X
ln(1 + t)
3.2.c. Soit X ≥ 1. Faire une intégration par parties sur l’intégrale dt.
Z +∞ 1 t2
ln(1 + t)
En utilisant la question 3.2.b., calculer la valeur de dt.
1 t2
1 1 1
On pose u(t) = ln(1 + t) et v 0 (t) = 2 . Donc u0 (t) = et v(t) = − . L’intégration par
t  t+ Z 1X t
ln(1 + t) X
Z X
ln(1 + t) 1 ln(1 + X)
parties donne donc 2
dt = − + dt = ln 2 − +
1 t t 1 1 t(t + 1) X
Z X
1 ln(1 + X)
dt. Or lim = 0 et en utilisant la question 3.2.b., on trouve que
1
Z +∞ t(t + 1) X→+∞ X
ln(1 + t)
dt = 2 ln 2.
1 t2 Z +∞
ln(1 + t)
3.2.d. Quelle est la nature de dt ?
0 t2 Z +∞
ln(1 + t) ln(1 + t)
La fonction t → 2
est localement intégrable sur ]0, +∞[. On a vu que dt
t Z 1 1 t2
ln(1 + t) t 1 dt
converge. Lorsque x → 0, 2
∼ 2 = ≥ 0 ; comme diverge, on en déduit que
Z 1 t Z +∞t t 0 t
ln(1 + t) ln(1 + t)
2
dt diverge et donc que dt diverge.
0 t Z 0+∞ t2
ln t
3.3. Nous étudions finalement sin t dt.
1 t Z +∞
ln t
3.3.a. En utilisant que pour x ≥ e, ln x ≥ 1, donner la nature de dt.
1 t
ln t ln t 1
La fonction t → est localement intégrable sur [1, +∞[. Pour t ≥ e, ≥ ≥ 0. Or
Z +∞ t Z +∞ t Zt +∞
dt ln t ln t
diverge, donc par théorème de comparaison, dt diverge. Donc dt
e t e t 1 t
diverge. Z +∞
ln t
3.3.b. La question 3.3.a. suffit-elle à donner la nature de sin t dt ? Pour-
1 t
quoi ? Z +∞
ln t ≤ ln t et
ln t
On a sin t dt diverge. Cela ne nous permet donc pas de conclure à
t t 1 t
l’aide des théorèmes de comparaison.

4
Z +∞ Z +∞
cos t ln t
3.3.c. Montrer que les intégrales dt et cos t dt sont absolument
1 t2 1 t2
convergentes. Z +∞
cos t 1 dt
On a 0 ≤ 2 ≤ 2 et comme est convergente, d’après le théorème de comparaison,
t t 1 t2
Z +∞
cos t
l’intégrale dt est absolument convergente, donc convergente.
1 t2 Z +∞
ln t ln t ln t
On a 0 ≤ cos t 2 ≤ 2 et comme
dt est convergente d’après la question 3.1.a.,
t t 1 t2
Z +∞
ln t
d’après le théorème de comparaison, l’intégrale cos t 2 dt est absolument convergente,
1 t
donc convergente. Z X
ln t
3.3.d. Soit X ≥ 1. En faisant une intégration par parties sur sin t dt et en
Z +∞ 1 t
ln t
utilisant la question 3.3.c., montrer que sin t dt est une intégrale conver-
1 t
gente.
ln t 1 ln t
On pose u(t) = et v 0 (t) = sin t. Donc u0 (t) = 2 − 2 et v(t) = − cos t. L’intégration
t t  t Z X
ln t X
Z X  Z X
ln t cos t ln t
par parties donne donc sin t dt = − cos t + 2
dt − cos t 2 dt =
1 t t 1 1 t 1 t
Z X Z X
ln X cos t ln t ln X
− cos X + 2
dt− cos t 2 dt. Or lim − cos X = 0 et d’après la question
X 1 t 1 t X→+∞ X
Z X Z X
cos t ln t
3.3.c., les deux intégrales 2
dt et cos t 2 dt ont une limite lorsque X → +∞. Donc
1 t 1 t
Z X Z +∞
ln t ln t
sin t dt admet une limite quand X → +∞, c’est-à-dire que l’intégrale sin t dt
1 t 1 t
est convergente.