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Ecole d'Architecture de Toulouse

Petit Guide
d'introduction aux techniques de
recherche et publication
par

Patrick Pérez

Toulouse, octobre 2003


La déontologie
La déontologie regroupe les règles du savoir-vivre au sein d'un corps professionnel. Elle
met en avant le respect, la courtoisie, et … un peu de morale et de droit, tout à la fois. Il s'agit
rien de moins que de se forger ici une certaine éthique de l'activité de recherche (par rapport aux
informateurs sur le terrain, respect des institutions, respect des collègues et du travail accumulé,
rigueur dans le raisonnement). Examinons pour commencer quelques points fort simples.

Responsabilité de l'écrit
Vous êtes responsable de vos écrits : lorsqu'on écrit, il faut en effet toujours se souvenir que
l'on divulgue des opinions, des faits, des interprétations sur la "place publique". Ce passage du
privé (voire de l'intime) au public n'est pas sans poser de nombreux problèmes de respect de
l'anonymat, et de la personne en général (c'est pourquoi il est parfois préférable d'user de
pseudonymes, ou de modifier certains détails rendant impossible toute identification des
personnes dans les écrits). Cette responsabilité de l'écrit recouvre aussi la responsabilité de votre
opinion pour tous les jugements émis (ce qui peut exposer parfois l'auteur à des actions en
justice). Bref, écrire est un acte qui se construit généralement dans la solitude mais qui peut
mettre en jeu l'écoute et le fonctionnement de la société toute entière. Soyez circonspects dans
vos jugements !
Vous devez encore assumer la responsabilité de vos hypothèses ainsi que de vos conclusions,
parce qu'elles sont, plus que tout le reste, le fruit même de votre démarche de recherche. A cette
fin, il sera impératif dans le cours de votre texte, de bien séparer ce qui ressortit au domaine des
informations et des données (vérifiables et "objectivables" dans une certaine mesure), de ce qui
ressortit à leur interprétation (hypothèses, inductions, chaînes déductives, conclusions). Sans
quoi, on ne saurait pas très bien ce qu'exprimerait l'auteur par rapport à des "opinions
rapportées", présentes dans les données elles-mêmes.

Rendre à César
Les idées que nous avons et que nous explorons dans le cadre d'une recherche sont bien
souvent des prolongements de "pistes" lues chez un auteur, dans un ouvrage ou un article. Il est
donc du devoir de tout intellectuel de citer l'origine d'une découverte, d'une idée-force, comme
d'indiquer le ou les auteurs qui ont permis de mener à bien tel ou tel raisonnement. C'est en effet
un acte particulièrement malhonnête, et combien répandu, que de laisser s'attribuer la primeur
d'une petite découverte (ou une manière originale d'envisager un problème par exemple) en
omettant ses sources. Citez donc toujours les auteurs à partir desquels vous avez bâti votre
raisonnement.
Attention aux données manquantes
Lorsqu'on analyse une situation à partir d'un relevé effectué en un temps différent (période de
terrain, interview non renouvelable, etc.), il arrive assez fréquemment que certaines informations
viennent à manquer, informations que l'on aurait pu obtenir facilement lors des enquêtes : c'est
en effet l'épreuve de l'écriture, avec sa mise en place de raisonnements, d'hypothèses, d'inductions
et de déductions, qui lève le voile de l'incomplétude des données (une incomplétude précisément,
dont on ne pouvait se rendre compte au moment du travail de terrain). La tentation est alors très
grande d' "inventer" ou de "travestir" un détail, un résultat d'enquête, pour plier les données aux
résultats escomptés… Ne cédez jamais à cette tentation, car outre le préjudice que vous feriez
subir à vos informateurs (qui, de facto, ne vous auraient pas tenu exactement les propos prêtés)
vous détruiriez du même coup la valeur scientifique de votre travail. Il vaut donc mieux faire
apparaître les données manquantes, en précisant que l'absence de telle ou telle information ne
permet pas d'aller plus avant dans une chaîne de déductions. Il sera possible à tout chercheur
venant après vous, de reprendre et de compléter, si cela est possible, vos raisonnements.

De la vérification
Toutes vos informations doivent être vérifiables pour que votre raisonnement, à défaut d'être
reproductible comme une expérience de chimie, puisse néanmoins être suivi pas à pas en
disposant des mêmes sources que vous. A cette fin, les citations doivent être entières, ou sinon,
toute troncature doit clairement apparaître (signalée par : […] ) et ne doit jamais permettre de
changer le sens de la phrase de l'auteur. Les sources textuelles doivent être référencées en suivant
une méthode claire (cf. plus loin) renvoyant toujours à la bibliographie, laquelle doit contenir les
éléments de localisation nécessaires pour que l'ouvrage ou l'article puisse être retrouvé par
n'importe quel chercheur. Si un ouvrage a été édité plusieurs fois, on prendra garde à bien
indiquer la date d'édition et de réédition, sans quoi la référence au numéro de page d'une citation
risque fort de ne pas correspondre avec la pagination de la nouvelle édition. Pour un manuscrit
ou un document rare, il sera nécessaire d'indiquer le fonds documentaire qui le conserve (et
l'adresse s'il s'agit d'un fonds privé peu connu) ainsi que la cote du document. Quant aux citations
directes lors d'interviews, le lecteur ne peut que vous faire confiance… à vous de jouer le jeu.
Doit-on enfin rappeler que le chercheur sur le terrain ne doit pas soustraire à la communauté
(scientifique ou autre) des documents rares mais convoités pour enrichir une "collection
personnelle" !

*
La construction du discours scientifique

Il ne peut être dans le propos d'un petit guide comme celui-ci d'introduire l'étudiant au
champ complexe de l'épistémologie (analyse des fondements du discours scientifique). Si ces
questions vous intéressent vous pouvez facilement accéder aux ouvrages de Bernard, Bachelard,
Gaston-Granger, Breton, ... , pour citer quelques auteurs plus abordables que Serres. Cependant,
il faut ici insister sur quelques points généraux qui doivent être suivis dans votre mémoire.

Le vocabulaire
Il est fondamental de maîtriser le vocabulaire utilisé. Ce point peut sembler trivial, pourtant
combien de fois est-on confronté à des textes qui, voulant "faire intellectuel", alignent des mots
rares et creux pour aboutir dans le meilleur des cas à un infâme galimatias, ou, pire, à de
douloureux contresens. Il faut donc éviter au maximum toutes les formules creuses et
jargonnesques ; il faut cultiver une langue simple, claire, charpentée par une belle grammaire. Ne
faites pas de phrases trop longues ; méfiez-vous des périphrases, des rejets du sujet, de trop
nombreuses propositions relatives. Profitez de ce temps d'écriture pour enrichir votre vocabulaire
et votre orthographe ; n'ayez pas la flemme, consultez de temps à autre le dictionnaire ou un
guide "des règles et usages du bon français"; prenez le temps de trouver et choisir le "bon" mot,
celui qui sied exactement ; apprenez enfin à maîtriser le vocabulaire propre à votre profession (ou
à votre champ d'investigation) et éliminez tous les termes inutilement complexes qui n'auraient
pour effet que de limiter votre public de lecteurs à quelques pédants. Enfin, n'ayez aucune
indulgence pour vos fautes d'orthographe ; elles sont toujours impardonnables.

Vérification des données


Vous devez vérifier la valeur de vos informations (sont-elles fiables ? quelle confiance avez-
vous dans l'auteur que vous citez ?). Aussi ne faut-il jamais faire de citation de citation, car
l'auteur qui vous précède peut avoir modifié le texte cité (même sans le vouloir) et vous allez, sans
le savoir, répéter cette erreur. Allez donc toujours à la source première d'un document ou d'un
système de pensée ; balayez les épigones, les compilateurs, les suiveurs, les disciples… cherchez
l'origine, vous gagnerez du temps et vous ne travestirez pas la pensée de ceux que vous citerez.
Explicitation
Parce que tous les points de votre raisonnement doivent pouvoir être suivis dans les moindres
détails et s'enchaîner logiquement (c'est la base même de la construction d'une démonstration),
méfiez-vous des sauts de pensée et des "courts-circuits", des déductions aux prémisses
incomplètes, des références floues et des inductions aux raisons obscures. Expliquez et explicitez
vos raisonnements point par point, présentez vos hypothèses comme telles, justifiez vos
conclusions. Les étapes de toute démonstration doivent apparaître avec clarté. Enfin, séparez
sans ambiguïté de langage ce qui est de l'ordre des informations initiales (données brutes,
informations issues d'entretiens) et ce qui est issu de votre raisonnement, sans quoi, votre
interprétation se mêlera aux données pour qu'on la confonde avec une simple opinion (c'est à
dire à une interprétation sans démonstration).

Accumulation
Enfin respectez le principe d'accumulation et de non-bouclage de la "science". Pensez à faire
avancer votre domaine en établissant un "état de l'art" de la question que vous vous proposez de
traiter, avant de vous lancer à corps perdu dans votre recherche. Vous devez en effet
impérativement connaître l'état d'une question et les travaux principaux menés en ce sens, avant
que de vous engager dans vos propres travaux ; vous vous épargnerez la production inutile d'un
mémoire "déjà fait" et "déjà traité". Au cours de votre recherche pensez à référencer
correctement toutes vos données (citations, bibliographie, etc.), ainsi un chercheur à votre suite
pourra reprendre une piste simplement esquissée ou abandonnée; on pourra aussi contester votre
démonstration (c'est la règle du jeu !). Enfin, à l'issue de vos travaux, pensez à déposer vos
résultats dans les bibliothèques et les centres de ressources qui vous ont aidés.

*
La recherche bibliographique

Il n'est pas de travail de recherche sans exploration bibliographique sérieuse. Il y a même de


nombreux universitaires qui, lorsqu'ils ont un document nouveau en main et avant d'entreprendre
toute lecture, parcourent rapidement la bibliographie pour se faire une opinion sur la valeur de
l'ouvrage. Pourtant, si la recherche bibliographique fait souvent les délices du chercheur
professionnel, l'étudiant confronté à cette première étape de son travail est rapidement désarmé,
désorienté et épouvanté devant la masse des matériaux à fouiller. Et il y a de quoi ! Quelques
chiffres évoqueront bien vite l'ampleur du labyrinthe des publications : la plus grande
bibliothèque du monde, la bibliothèque du Congrès, à Washington D.C., contient au long de ses
dizaines de kilomètres de rayonnages plus de 240 millions de documents imprimés ! La
bibliothèque nationale de Paris recèle quant à elle plus de 16 millions de livres, et il entre, de par
l'obligation du "dépôt légal" (institué par le bibliothécaire de François Premier), de 25 à 40 000
nouveaux titres chaque année. Le centre français de documentation de l'INIST (Institut national
de l'information scientifique et technique) entretient une base de plus de 25 millions d'articles et
rapports scientifiques. Comment dans une telle masse de matériaux retrouver les trois ou quatre
articles ou livres dont on a besoin pour commencer un travail de recherche ?

Heuristiques de recherche
Au risque d'en décevoir certains, il faut bien avouer qu'il n'y a pas de "recette", ni de méthode
unique et sûre en recherche bibliographique. Il y a plutôt des heuristiques, des "trucs" et des
petits savoirs que les chercheurs combinent à des "morceaux" de procédures de recherche plus
systématiques. La raison principale de ce bricolage méthodologique est tout simplement qu'on ne
dispose jamais du temps nécessaire à une recherche exhaustive (par le dépouillement par exemple
du catalogue général des cinq plus grandes bibliothèques du monde, accessibles via Internet
depuis peu). Il faut par conséquent aller vite et à l'essentiel. Examinons ces heuristiques :
On tente dans un premier temps de bien identifier les ressources dont on dispose : elles sont
multiples : chercheurs, enseignants, bases de données en CDROM, Internet, bibliothèques.
Comme élément primordial pour l'établissement d'une bibliographie, il y a la connaissance directe
(personnelle) de spécialistes du domaine ; ceux-là peuvent sélectionner des ouvrages, vous
conseiller dans un domaine qu'ils connaissent et suivent depuis longtemps, vous offrir une
bibliographie de départ. Vous pouvez trouver ces spécialistes parmi les enseignants de votre
université ou école (parmi les membres de votre laboratoire d'accueil si vous en avez un).
Ensuite, il convient de savoir identifier des centres de références valables (fichiers informatisés,
bases de données) ainsi que des centres de stockage et de consultation des éléments référencés
(bibliothèques, médiathèques, …). Car, s'il est aisé au moyen de l'Internet d'accéder au catalogue
de la bibliothèque du Congrès, vous serez peu avancé de connaître la cote d'un ouvrage que vous
ne pourrez consulter sans vous rendre à Washington D.C. ; cette bibliothèque ne prête pas en
effet ses documents ! Méfiez-vous donc du rapport au "virtuel" car, à un moment ou à un autre, il
vous faudra vous procurer physiquement le document recherché or très peu de documents sont
actuellement disponibles sur l'Internet en raison des copyrights (ces documents, lorsque
disponibles, libres de droits, et de moins de cinquante ans, ont en général peu de valeur
scientifique… parce qu'ils sont gratuits !). Etablissez donc une liste des centres de ressources
textuelles (centres de documentation, bibliothèques universitaires, bibliothèques de laboratoires,
etc.) dans lesquels vous pouvez vous rendre.
Effectuez une première recherche générale pour repérer les "spécialistes" de votre question. Ils
sont incontournables ; ce sont ceux dont, pour une même formule de recherche, le nom revient
constamment dans toutes les bases de données (il s'agit là d'une évaluation statistique de la
notoriété ; méthode parfois injuste, mais souvent efficace). Eliminez dans un premier temps les
chercheurs trop peu connus : si leur travail est de qualité et important, vous les retrouverez de
toute façon plus tard. Vous aborderez ainsi votre domaine sans perdre de temps et en vous
structurant correctement l'esprit pour la question traitée. De la même façon, ne retenez que les
ouvrages de première main ; éliminez systématiquement les ouvrages de commentaires et les
compilations.
Commencez vos premières recherches sérieuses en papillonnant autour du domaine pour vous
faire une simple idée du paysage intellectuel de la question. Retenez, chez les auteurs éminents, les
textes à portée théorique et non monographique. Commencez à enquêter simultanément sur le
terrain pour "prendre la température", chercher des pistes, nouer des contacts et trouver par le
"bouche à oreille" d'autres chercheurs travaillant sur le même terrain (ou un terrain similaire).
C'est là, avec de la chance, que vous trouverez les meilleures références pour les études de type
monographique.
Etablissez enfin une bibliographie concise (4 ou 5 ouvrages ou articles) et précise, que vous
étendrez par la suite en fonction des recherches (dans le sens de l'avancement du travail). Soyez
aussi particulièrement attentif aux bibliographies situées à la fin des meilleurs documents ; en
effet, dès qu'un document vous paraît bien ciblé par rapport à votre propre recherche, il faut
analyser les sources sur lesquelles l'auteur s'est basé (vous pouvez faire ainsi de bonnes
trouvailles).
Enfin, lisez au fur et à mesure les documents importants que vous vous procurez ; rien ne sert
d'accumuler des matériaux que vous ne pourrez de toutes façons pas lire au "dernier moment"
faute de temps. En outre certains documents peuvent orienter ou réorienter votre recherche en
cours.

Les outils de recherche


Ce sont essentiellement aujourd'hui des banques de données informatisées. Essentiellement
sur CDROM (consultables dans les Ecoles supérieures et Universités), on en trouve aussi
quelques unes sur Internet (quelques adresses sont fournies à la fin de ce petit chapitre).

Quelques CDROM incontournables et à consulter dans les centres de bibliographie des


Universités :
PASCAL/FRANCIS: cette base de l'INIST fournit l'essentiel de la documentation
bibliographique du CNRS. Composée de deux fonds, PASCAL contient les références dans les
domaines des sciences exactes et de la vie, tandis que FRANCIS traite des sciences humaines,
sociales, de l'architecture des arts et des lettres. Il s'agit d'une base de 17 millions de références,
très facile à utiliser au moyen de requêtes booléennes, qui compile surtout des articles
scientifiques. Si vous disposez de moyens financiers et désirez vous procurer un document
introuvable, l'INIST peut vous faire parvenir une copie d'un document (environ 1Euro la feuille).
Une fois vos références établies, vous devez utiliser la base Myriade pour localiser physiquement
les revues dont les articles ont été identifiés.
MYRIADE : est une base de localisation de revues. Elle permet, en donnant une région française
(ou un ensemble de départements) et un titre de revue, de savoir où l'on peut consulter cette
revue. Vous savez l'état de chaque collection dans les différentes bibliothèques, s'il y a des
numéros manquants etc. C'est un outil indispensable pour éviter de nombreux déplacements
infructueux.
DOCTHESE : catalogue général des thèses soutenues en France depuis 1982 environ. Un
numéro renvoie au fichier des thèses microfichées, présent dans toutes les bibliothèques
universitaires.
The MicroForms Library : catalogue et fichier de microfiches des thèses soutenues aux Etats-
Unis depuis 1980 environ. Consultable à l'Université de Nanterre et à la Maison des Sciences de
l'Homme à Paris (Bd Raspail, 6e).
URBAMET : catalogue des articles de revues concernant l'architecture et l'urbanisme (présent
dans toutes les écoles d'architecture) ; particulièrement recommandé pour retrouver des projets
d'architectes internationaux, des expériences de construction et des articles de colloques sur
l'habitat en général.
Catalogue français des TPFE : présent dans les écoles d'architecture, il permet d'identifier et de
localiser des mémoires d'architecture dans les 22 écoles du territoire français. Ces mémoires
peuvent être prêtés pour une durée de quinze jours entre bibliothèques.
Catalogue des libraires et éditeurs : renseigne sur l'existence des stocks pour un ouvrage donné (et
non des articles). Ce n'est pas tant un outil de recherche (car son moteur de recherche est peu
performant en raison d'une indexation et de mots-clefs pauvres) qu'un moyen de savoir si un
ouvrage déjà identifié peut être encore acheté dans le commerce.
Catalogue général inter-universitaire : consultable dans toutes les universités et également sur
Internet, il recense tous les ouvrages de tous les fonds universitaires français et suisses. C'est une
merveille technologique, à utiliser sans modération ! Le système fournit la localisation et la cote
de chaque ouvrage. Si celui-ci n'est pas présent dans votre université, vous pouvez le faire venir
par le service du prêt inter-universitaire (gratuit).
Pensez enfin à explorer les fichiers manuels des départements de géographie, d'urbanisme et de
sociologie de vos universités. Chaque département possède en effet souvent une bibliothèque
dont le fonds n'a pas été recollé avec celui de la bibliothèque générale de l'université : on y fait
parfois d'excellentes trouvailles parmi les maîtrises, mastère, DESS, DEA et autres mémoires
déposés.

Quelques sites Internet :


Fonds des Ecoles d'Architecture : www.toulouse.archi.fr/
Catalogue inter-universitaire : www.abes.fr
Catalogue des articles de l'INIST : www.inist.fr
Bibliothèque nationale (fichier général) : www.bnf.fr
Bibliothèque de sciences humaines de la MSH : www.msh-paris.fr
Bibliothèque du Congrès (ce site donne accès aux catalogues de toutes les bibliothèques
universitaires des EE. UU.) : lcweb.loc.gov
Bibliothèque du Muséum National d'Histoire Naturelle (+ Musée de l'homme): www.mnhn.fr
Fonds anthropologique de Nanterre : www.mae.u-paris10.fr/dbtw-wpd/bed/index.html
Procédure de recherche
Lorsque vous arrivez sur un système de recherche bibliographique, il est important d'avoir déjà
une certaine idée de ce que l'on cherche et de disposer des informations suivantes :
1) une localisation géographique (par rapport à votre aire de travail, votre terrain, le pays ou la
région qui vous occupe).
2) une période, une fourchette temporelle de publication : vous intéressez-vous aux publications
des 5, 10, 20, ou 100 dernières années par exemple ? Ou à des documents publiés de 1942 à
1946... ?
3) un champ de recherche : médecine, archéologie, etc. Pour de nombreuses bases de données,
l'architecture ne constitue pas vraiment un champ, car il ne s'agit pas d'une discipline
universitaire. Il en est de même pour le "paysage". Ces termes seront présents dans les mots-
clefs. On prendra donc pour champ bien souvent l'urbanisme, l'économie, l'histoire, la
géographie (physique, sociale, humaine, urbaine, etc.), ou même parfois la philosophie (pour
les études d'esthétique), l'anthropologie ou la sociologie pour, par exemple, les monographies
d'architecture vernaculaire ou les transformations de la ville.
4) disposer d'une liste de mots-clefs que l'on choisira en fonction du thème d'investigation et
non en fonction des méthodes de recherche documentaire. Explorez bien les listes de
synonymes et limitez-vous à une dizaine de mots-clefs.
5) testez ce masque de recherche en tous sens, en essayant de repérer les résultats les plus
proches sur le domaine considéré, les auteurs dont le nom et les travaux reviennent, les
thèmes de recherche déjà traités. Il est possible d'inverser alors le masque de recherche, en
retenant le nom de quelques auteurs sélectionnés, et en établissant leur bibliographie (on fait
d'intéressantes découvertes par ce moyen).
6) dès qu'on a repéré trois ou quatre articles bien ciblés sur le domaine, au plus près de la
recherche, s'arrêter, se les procurer et les lire. Consulter alors attentivement la bibliographie
de ces articles, c'est ainsi que l'on trouve généralement d'autres articles d'intérêt en repérant
par ce moyen ceux qui reviennent régulièrement.
7) on peut alors re-boucler le processus ; lancer une nouvelle recherche avec quelques auteurs,
en élargissant de plus en plus le champ géographique (pour comparatisme ou visée plus
théorique) ou thématique (pour glaner des idées ayant fait leurs preuves dans des recherches
similaires).

En phase de recherche
Durant la procédure de recherche, lorsque vous sélectionnez des articles, faites attention à la
qualité des sources. Rejetez les articles issus de revues de vulgarisation ou basés sur des interviews
de chercheurs. Sélectionnez les grandes revues de recherche.
Si lors d'une consultation avec un masque (c'est à dire au moyen d'une formule de recherche
quelconque), vous obtenez plus de vingt ou trente réponses, il faut, soit reformuler le masque (de
façon plus restrictive), soit enchaîner une autre formule sur le sous-ensemble constitué ; par
exemple, si l'on travaille sur le paysage pyrénéen, sélectionner dans un premier temps tous les
enregistrements qui traitent du paysage (KEY-WORD="paysage"), puis sélectionner dans ce
sous-ensemble ceux qui traitent des Pyrénées (KEY-WORD="Pyrénées"). Ce qui correspond au
masque total : KEY-WORD="paysage" AND KEY-WORD="Pyrénées".
Méfiez vous de ces enchaînements de formules booléennes. Ainsi la formule littérale
"sélectionner les articles qui traitent des Pyrénées (proposition A) ET d'économies d'énergie
(proposition B)" (soit recherche = A ET B) va extraire de la base toutes les fiches qui traitent à la
fois (dans le même article) des Pyrénées ET d'économies d'énergie. Vous remarquez donc que le
ET de la langue française correspond souvent au OU de la logique booléenne.
Attention aux problèmes phonologiques et orthographiques dans les mots-clés avec des termes
vernaculaires ou étrangers, car une simple différence orthographique peut faire manquer une
référence. Par exemple, les mots espagnols possèdent une lettre spéciale (ñ) transcrite parfois en
"n" ou "ni" ou "gn" selon le documentaliste qui a référencé le document. Pour des langues
relevant d'autres alphabets, certains sons sont notés de manière fantaisiste selon les auteurs (par
exemple, le K! du K!lung est parfois écrit K° ou K' ou Q°). Il est donc nécessaire de tester
plusieurs orthographes lors de recherches incluant de tels termes.
Testez également toutes les désinences possibles d'un terme servant de mot-clef ; ainsi une
requête portant sur les ouvrages d' "anthropologie urbaine" doit explorer les combinaisons de
mots-clefs :
- anthropologie + urbain,
- anthropologie + urbaine,
- anthropologie + urbaines,
- anthropologie + urbanisme,
- etc.

*
La rédaction du mémoire

Pour l'étudiant, le mémoire permet d'être confronté pour la première fois à une véritable
pratique de recherche (même si celle-ci est forcément balbutiante). La finalité est multiple : d'une
part, le mémoire est une sorte de "coup d'essai" pour un travail futur plus important ; on y
découvre les joies et les difficultés liées à la rédaction d'une cinquantaine ou d'une centaine de
pages ; d'autre part, il permet de se faire une certaine idée du travail universitaire de recherche.
La recherche est une activité imposant beaucoup de patience et de persévérance, de la discipline
et de la rigueur, de l'honnêteté intellectuelle et un goût prononcé pour la lecture. Il faut en outre
faire preuve de curiosité d'esprit pour bien y réussir. Selon la manière dont vous allez vous y
prendre, vous vivrez une expérience passionnante ou ... un calvaire ! A vous donc de faire les
bons choix, de suivre quelques conseils et d'accorder un temps suffisant à cette activité.

Définition du contenu
L' "année mémoire" est concrétisée par la production d'un objet nommé "mémoire". Il
s'agit d'une étude, menée avec la rigueur qui sied à un travail scientifique, autour d'une question
bien posée dès le départ. L'étude, après une analyse d'oeuvres ou une enquête auprès
d'institutions, de particuliers, d'ouvrages ou d'archives, doit aboutir à la rédaction d'un mémoire
d'une centaine de pages (pour un TPFE ou un mémoire de 5ème année), ou d'une cinquantaine
de pages (pour la 4ème année), comprenant l'exposé du sujet et sa problématique, les hypothèses,
la méthodologie suivie durant la phase de recherche, les analyses enfin (c'est la partie centrale du
travail) et les conclusions. Une bibliographie suit toujours le texte principal.

Règles générales de présentation du mémoire


Il n'existe pas de règle unique et absolue pour la présentation des mémoires. Vous pouvez vous-
mêmes inventer et fixer les règles de présentation qui vous semblent pertinentes. Néanmoins, il
ne faut pas perdre de vue que la présentation doit être claire, régulière, agréable et efficace. Aussi,
on suivra les quelques principes de bon sens suivants :
- Le mémoire doit être dactylographié sur traitement de texte.
- La casse (ou corps typographique) sera bien lisible (par ex. Garamond, Times, Helvética, etc.),
avec une taille de 12 points au moins pour le corps principal. L'interligne sera de 1,5 au moins.
- Le texte doit être entièrement justifié à gauche et à droite.
- Vous laisserez des marges suffisantes en haut et en bas, à gauche et à droite (par exemple 3 cm à
gauche, 2 cm à droite ; ces marges sont nécessaires à la fois pour la qualité de présentation du
texte, pour la reliure, et pour que l'on puisse aisément placer des notes manuscrites).
- Le mémoire doit être paginé de la première à la dernière page.
- Les parties, sections, chapitres et sous-chapitres doivent être clairement identifiés, et leur
hiérarchie doit être évidente à la lecture (par ex. : A., A.1., 1.a., 1.2.2., 1.a.2., B.a.2., etc.).
- Les expressions en latin ou formulées dans des langues étrangères doivent être en italique.
- Les notes (nécessaires uniquement pour développer une notion peu connue ou qui
encombrerait le propos principal) doivent être placées en bas de page (et non en fin d'ouvrage
ou de chapitre). Leur corps typographique est généralement inférieur au corps du texte
principal. Ne rejetez pas les références bibliographiques en fin de chapitre ; laissez-les dans le
texte principal ou dans les notes de bas de page.
- Les illustrations, ainsi que les citations directes ou indirectes, doivent porter une référence de
source (avec auteur, année d'édition et page - sauf en cas de citations de contexte pour lesquelles
on note simplement le nom de l'auteur et l'année de l'ouvrage identifié dans la bibliographie),
renvoyant à la table des illustrations ou à la bibliographie.
- Le texte doit obligatoirement être relu et corrigé aux plans de l'orthographe et de la grammaire
avant que d'être imprimé et remis à un tiers (enseignant, jury, etc.). Vous pouvez à cette fin vous
aider du correcteur orthographique de votre ordinateur ; n'utilisez cependant jamais le
correcteur grammatical dont la syntaxe est beaucoup trop pauvre pour des textes de niveau
universitaire.

Composition du mémoire
On doit y trouver, dans l'ordre, les section suivantes :
- un avant-propos ou avertissement (facultatif, il est très rare dans un mémoire universitaire),
- un sommaire (ou table des matières abrégée) offrant, sur une seule page, une liste des
différentes sections (introduction, chapitres, bibliographie, annexes, etc.), avec les numéros
des pages correspondantes,
- une table des abréviations et acronymes est parfois nécessaire lorsque le texte comporte
beaucoup de sigles, codes, acronymes institutionnels, etc.,
- un corps principal formé de plusieurs sections bien identifiées (introduction, problématique et
hypothèses, analyse, conclusion). Ces sections sont nommées judicieusement, divisées en
chapitres et développées en fonction des besoins de votre sujet,
- une bibliographie reprenant l'ensemble des ouvrages cités de façon directe ou indirecte dans
le corps de votre texte ; on ne cite jamais les ouvrages qui ont été consultés mais qui
n'apparaissent pas dans le corps du texte,
- un glossaire est obligatoire lorsqu'on utilise de nombreux termes étrangers à la langue
française (par ex. l'analyse de l'habitat de la vallée du Louron commande l'utilisation de termes
pyrénéens que l'on regroupe dans le glossaire avec une explication pour chacun),
- une table des illustrations peut être nécessaire si l'iconographie est abondante ; la table
contient pour chaque illustration le numéro de l'illustration (ex. : figure nn.), l'auteur de
l'illustration, une source avec référence complète (comme pour un ouvrage en bibliographie),
suivie, à la façon d'une table des matières, du numéro de la page où elle apparaît dans le texte,
- quelques annexes peuvent encore être fournies si elles sont très nécessaires ou intéressantes
pour le sujet (par ex. un règlement de parc naturel, des textes juridiques particuliers, un
manifeste artistique, etc.).
- tout à la fin du volume, une table des matières reprend de façon détaillée le plan général du
mémoire en fournissant, en face de chaque titre de section, chapitre ou paragraphe, son
numéro de page.

A propos du plan
Il existe grosse modo quatre types de plans :
- le plan structuré par enchaînement : il traduit une progression logique de vos recherches, en
enchaînant les questions et les analyses jusqu'à résoudre (au moins partiellement) votre
problématique. C'est le type de plan actuellement le plus commun bien qu'il nécessite un esprit
très méthodique pour s'avérer efficace.
- le plan classique : dit aussi "par opposition et synthèse", c'est la structure de nos dissertations
de philosophie. Il est formé de trois parties (thèse-antithèse-synthèse) et semble l'héritier de la
disputatio médiévale (en particulier, des exposés de droit). On examine la problématique, on offre
sa position avec des développements ; on examine les avis et effets contraires (positions
opposées, inconvénients), puis on produit une synthèse. Pour les problèmes qui nous occupent
en architecture, ce plan semble peu efficace au premier abord (à vous de voir).
- le plan en collection de thèmes : il fonctionne un peu comme un recueil d'articles (ici les
chapitres) traitant d'autant de thèmes ou d'aspects différents, mais tous centrés sur votre
problématique. C'est la structure la plus souple (on peut ajouter ou retrancher facilement des
thèmes-chapitres) mais elle demande beaucoup d'habitude de recherche pour ne pas glisser vers
le hors-sujet ou le bric-à-brac.
- le plan en changements d'optique : proche de la structure précédente, il s'agit de changer de
points de vue au fil des chapitres pour examiner la même question. On peut ainsi adopter une
analyse des mêmes objets avec des échelles différentes (la maison, le quartier, la ville), avec des
positions différentes selon les protagonistes (le citoyen, l'élu, le promeneur, l'exploitant agricole,
l'industriel), etc. Il a l'inconvénient de produire beaucoup de redites (les différents points de vue
ne produisant pas en effet des discours totalement originaux les uns par rapport aux autres).

Quelques conseils
Le sujet et la problématique :
Le travail intellectuel est très souvent d'ordre "labyrinthique"; aussi s'engager dans une
recherche sans question à traiter, sans véritable objet à analyser, risque fort de vous plonger dans
l'errance. Par conséquent, ne commencez jamais un travail de recherche sans un sujet clairement
identifié avec sa problématique (c'est à dire une question intéressante que vous vous proposez de
résoudre avec vos moyens). Ne choisissez jamais une problématique "parce qu'on vous l'a
donnée" alors que vous n'aviez "pas d'idée": un sujet emprunté ne conduit généralement pas à un
bon résultat. Choisissez vous-même votre sujet, à partir de ce que vous aimez et de ce qui vous
passionne. Faites-vous conseiller par des enseignants sur la complexité de votre problématique,
sur les acquis du domaine, l'état de l'art (vous économiserez ainsi beaucoup de temps en ayant
tout de suite accès à certains ouvrages incontournables sur le domaine traité).

Sur la rédaction :
L'écriture est un art difficile et vous vous trouverez bien souvent en face d'une page blanche
sans savoir par où commencer pour la "remplir". Les très bons jours (rares), vous écrirez 8 pages
au maximum, les mauvais jours (courants), une page sera toute votre production. Aussi serez-
vous particulièrement attentif à la gestion de votre emploi du temps : pour un mémoire de 4ème
ou 5ème année, sachez offrir un mois à l'identification précise du sujet et de sa problématique,
quatre mois à la phase de recherche, de prise de notes et d'entretiens, puis un bon mois et demi
pour la rédaction finale. Pour un travail plus complexe (TPFE, Maîtrise, DESS, DEA, etc.), il est
nécessaire d'écrire au fur et à mesure de l'avancement du travail (chapitre par chapitre, thème
après thème), car ce serait s'illusionner que de penser que l'on peut tout rédiger d'un trait, à la fin ;
en outre, une telle pratique vous interdirait l'accès au jeu des relectures successives, si salutaires
pour "rectifier le tir" en cours de recherche.
Le jeu des paragraphes :
Tout paragraphe commence par un alinéa, c'est à dire un retrait (de 1 cm ou plus) de la
première phrase. Le paragraphe traduit une unité de pensée. Aussi essayez absolument de rendre
cohérente la succession des phrases à l'intérieur d'un paragraphe. Vous resterez aussi dans le
même paragraphe tant que le sujet que vous traitez fait partie du même contexte. On ne change
pas en effet de paragraphe à chaque phrase (cela traduit une pensée confuse et dispersée).
Lorsque dans un même chapitre ou sous-chapitre plusieurs paragraphes se succèdent, vous
pouvez décider de ne marquer d'un retrait que le premier paragraphe (et non les suivants).

Au sujet des "annexes" :


Les annexes à votre mémoire (placées en fin de mémoire, ou formant un autre volume) ne
doivent être présentes que si elles apportent un document particulièrement important pour le
sujet (par exemple un texte ou dessin très rare, découvert durant les recherches). En aucun cas il
ne peut s'agir d'un bric-à-brac incluant questionnaires, plans en tous genres sans analyse, notes de
terrain, entretiens non dépouillés, coupures de presse accumulées indistinctement, etc.

Images et dessins :
l'iconographie doit être pertinente et particulièrement soignée, surtout dans des mémoires
d'architecture. Elle ne doit pas être utilisée pour "boucher les trous", "remplacer la vacance de
texte", "faire des pages en plus" (de tels procédés n'illusionnent personne). N'oubliez pas de citer
la source de toutes vos illustrations. Lorsqu'une image ou un dessin est parfaitement redondant
avec le texte, supprimez l'image.

Sur la bibliographie :
Il s'agit d'une partie très importante de votre travail. La bibliographie, pour de nombreux
universitaires, reflète en effet directement la qualité du travail de recherche : une bibliographie
incomplète (ou ne faisant pas référence aux grands auteurs ayant travaillé sur le domaine que
vous traitez) trahit une faiblesse de l'investigation. Par ailleurs, n'oubliez pas que l'on place en
bibliographie uniquement les ouvrages cités dans le texte et seulement ceux-là.

Méfiez vous du "tout informatique" :


L'incorporation de dessins saisis par le moyen d'un scanner et placés dans le texte prend
beaucoup de temps de manipulation pour un résultat parfois inférieur au collage d'une simple
photocopie sur votre "maquette". Souvenez-vous donc que l'informatique ne doit être utilisée
que lorsqu'elle présente une véritable utilité. N'oubliez pas d'autre part de faire régulièrement des
sauvegardes de vos données et de votre texte sur des supports magnétiques différents (sous peine
de tout perdre au bout de plusieurs mois de travail).

Règles de citation
Le principe de la citation est extrêmement important dans un travail scientifique, tout
simplement parce que votre travail doit suivre une logique de la preuve. C'est à dire que ce que
vous avancez, vous devez le démontrer. Et il en est de même, dès lors que vous faites appel à des
informations "extérieures" (paroles, écrits, dessins, qui ne sont pas de vous). Sans quoi, nous
pourrions inventer tous les éléments nécessaires à nos démonstrations (certains ne s'en privent
d'ailleurs pas !). Aussi devez-vous citer la source de vos informations ; vous devez indiquer à
chaque fois que nécessaire d'où vous tirez telle ou telle hypothèse ; vous devez fournir l'origine de
toute citation. Pensez donc, dès les premiers moments de votre recherche, à noter correctement
sur des fiches de lecture toutes les informations dont vous aurez besoin ultérieurement pour
établir ces références. Pour des raisons déontologiques, on ne fait jamais de citation de citation ;
vous devez donc aller directement à la source des textes que vous utilisez.
La manière de référencer des citations suit des règles précises que vous devez apprendre.
Nous les indiquons ci-dessous en forme d'exemples auto-référencés (c'est à dire que l'explication
se prend elle-même pour exemple) :
- Les "citations directes d'ouvrages ou d'articles doivent être entre guillemets, sans italique, non
soulignées, et comporter à la suite le nom de l'auteur, l'année de l'ouvrage et le numéro de la
page" (Auteur 2001:18) ou (Auteur 2001, p. 18).
- S'il s'agit d'une citation indirecte (ou citation de contexte), on ne met pas de guillemets bien
entendu mais on fait suivre une référence à l'auteur avec son nom et la date de l'ouvrage (Auteur
2001). On peut encore indiquer l'ensemble des pages où l'on peut trouver ce thème chez
l'auteur en question (Auteur 2001:1-15) ou (Auteur 2001:254 et passim).
- Si vous citez des propos tenus par des informateurs lors d'une enquête, il faut les placer "entre
guillemets, comme des citations, et en italique, puis les faire suivre d'une référence comportant le nom de leur
auteur (ou l'organisme, ou un pseudonyme utilisé pour des raisons de confidentialité), suivi du mot entretien et de
la date de cet entretien" (Auteur, entretien du 3 novembre 1999).
- Lorsqu'un auteur a écrit plusieurs ouvrages ou articles dans une même année, il est d'usage
d'ajouter à la date de publication un suffixe alphabétique (attribué par ordre temporel de
publication) (Auteur 1999b:254). Il s'agit dans ce cas de la deuxième publication de cet auteur
pour l'année 1999, page 254.

Formats de bibliographie
Il existe plusieurs formats de bibliographie qui tous, reprennent les mêmes éléments, mais
en les présentant parfois dans un ordre différent (par exemple : la date à la fin ou au début de la
référence). Ce n'est donc pas l'ordre des informations qui est important mais leur présence. Une
référence incomplète n'a aucune valeur puisqu'on ne peut retrouver l'ouvrage signalé. Voici un
exemple de format de bibliographie que vous pouvez suivre.

Pour un ouvrage :
Auteur, Prénom, (année de publication) Titre de l'ouvrage, en italique, sans guillemets, Lieu d'édition:
Nom de l'éditeur (si possible, nombre de pages).
Exemples :
Lévi -Strauss, Claude, (1984) Paroles données, Paris : Plon (pp. 354).
Talayesva, D. (1982) Soleil Hopi, collection "Terre Humaine". Paris : Plon.

Pour un article de revue :


Auteur, Prénom, (année de publication) "Titre de l'article entre guillemets", Nom de la revue sans
guillemets, avec italique, vol. n (trimestre), pp. 25-65.
Exemples :
Malotki, E. (1991) "Language as a Key to Cultural Understanding : New Interpretations of
Central Hopi Concepts", Baessler-Archiv (Beitrage zur Völkerkunde), 39(1), pp. 43-75.

Pour un article pris dans un ouvrage collectif :


Auteur, Prénom, (année de publication) "Titre du chapitre écrit par un auteur précis dans un
ouvrage édité en forme de compilation, entre guillemets", (pp. 25-65), in Prénom Nom (éd.), Titre
de l'ouvrage, en italiques, sans guillemets, Lieu d'édition: Nom de l'éditeur.
Exemples :
Frigout, Arlette, (1970) "Le Repos des nuages", (pp. 100-114), in Fernand Pouillon (éd.), Echanges
et Communications offerts à Claude Lévi-Strauss, Paris : Mouton.

Pour un manuscrit :
Auteur, Prénom, (date de rédaction connue ou supposée), Nom du mémoire en italique et sans
guillemets, Cote, Lieu de conservation : organisme en assurant la conservation.
Exemples :
Lévi-Strauss, Claude (s.d., vers 1992), sans titre (notes pour la rédaction d'Histoire de Lynx), CLS-
8523, Paris : Laboratoire d'Anthropologie Sociale (Collège de France).

Quelques abréviations communes


av. J.C., ap. J.C. : avant Jésus Christ, après Jésus Christ (convention pour : avant l'an 0, ou après).
cf. ou conf. : confère (c'est à dire "faisant référence à").
éd. : éditeur (pour le compilateur d'un ouvrage collectif).
et passim : et suivantes (pour signaler à partir d'un numéro de page, que les pages suivantes sont
concernées).
F. : Francs ; kg. : kilogrammes ; m. : mètres.
M. : Monsieur ; MM. : Messieurs ; Mme : Madame ; Mmes : Mesdames ; Melle : Mademoiselle ;
Melles : Mesdemoiselles.
op. cit. : opus cité (ouvrage référencé précédemment).
p. : page ; pp. : pages.
p. ex. : par exemple.
s. d. : sans date (pour un ouvrage sans date).

*
Un modèle de fiche de lecture
(à réaliser sur une feuille qui sera ensuite classée dans une chemise en fonction des
mots-clefs ; la meilleure solution consiste à rédiger cette fiche sur une base de
données du type End-Note).

Identification
Date de rédaction de la fiche : jours/mois/année.
Identification de l'ouvrage, article, compte rendu, manuscrit, etc. : cette identification doit
impérativement comporter tous les éléments présents dans une référence bibliographie complète,
+ le nombre de pages de l'ouvrage (s'il s'agit d'un ouvrage), + les références précises de l'éditeur
s'il s'agit d'un rapport produit par une institution (ministère, centre de recherche, comité, etc.).
Localisation : s'il s'agit d'un document rare (rapport, mémoire, manuscrit,...), vous avez intérêt à
noter l'établissement dans lequel vous l'avez consulté (bibliothèque, centre de ressources, etc.),
ainsi que sa cote. En l'absence de cette information, il vous sera probablement impossible de
retrouver ce document.

Mots-clefs
Quelques termes bien choisis et peu nombreux (10 mots maximum) permettent de cerner le
champ d'étude du document (discipline, localisation géographique, domaines couverts, période,
points particuliers). Vous ferez attention en outre, à ce que ces termes soient partagés d'une fiche
à l'autre ; il faut en effet que les mots-clefs se retrouvent de fiche en fiche pour permettre
sélections et classements. Eliminez donc les synonymes dans les mots-clefs.

Résumé
Récapitulez la trame générale du document, les données de base, le raisonnement de l'auteur, ses
conclusions (20 lignes maximum). Pour chaque étape dans le déroulement des différentes phases
du raisonnement, vous indiquerez entre parenthèses les numéros des pages concernées.

Points particulier
Chaque point qui, selon vous, est particulièrement important dans le document (un ensemble de
phrase que vous désirez garder tel quel pour en faire une citation plus tard, une manière de
raisonnement qui vous a plu, une information intéressante, un appareil théorique inconnu), doit
être noté ici sans oublier de noter les numéros des pages d'où provient l'information en question.
Ne relevez jamais une citation ne provenant pas du document original (citation de citation) :
outre le fait que cette pratique est contraire à la déontologie de la recherche scientifique (seules les
informations de première main ont de la valeur), elle vous exposerait à citer un auteur de façon
incorrecte ou à déformer sa pensée (vous ne savez pas en effet de quel contexte a été tirée la
citation).
Lorsqu'un ouvrage est très riche, on peut même faire des fiches séparées précisant les points
particuliers, en indiquant bien entendu pour chacune d'elle l'ouvrage concerné (ces "sous-fiches"
sont particulièrement faciles à mettre en oeuvre si vous travaillez sur un ordinateur avec une base
de données).

Eléments de bibliographie
Certains ouvrages citent parfois des ouvrages rares ou inconnus de vous, qu'il semble intéressant
de consulter. Profitez donc de la fiche pour en noter les références.

Eléments iconographiques

Certains ouvrages offrent une iconographie intéressante qu'il convient de conserver. Notez en ce
cas, soit une brève description de ces documents avec les références (numéros des pages
concernées), soit faites une photocopie (avec références complètes et numéro de page) à
conserver dans une chemise spéciale.

Nota : Si vous utilisez une base de données informatique, toutes les fiches et les sous-fiches
peuvent être conservées ensemble, dans la même base (elles pourront être sélectionnées, choisies
et retrouvées à partir de n'importe quel mot - mot-clef, ou mot du texte de résumé par exemple).
Dans le cas de fiches "papier", ce sont les mots-clefs qui permettent de regrouper les fiches dans
des chemises remaniées à chaque "exploration de vos données" (lorsque vous rédigez un chapitre
de votre mémoire, il faut en effet, avant la rédaction, "interroger" les données en sélectionnant les
fiches pertinentes pour le sujet de votre chapitre).

*
Annexe
On trouvera dans les pages qui suivent un exemple de règles
typographiques pour la rédaction d'un article scientifique (à faire paraître
dans une revue ou pour un colloque). Ce petit texte est écrit de façon auto-
référentielle, c'est à dire qu'il se prend lui-même comme objet de son propre
exposé (c'est un texte en forme d'article scientifique ayant pour sujet sa
propre typographie !). C'est ce type de document qui est envoyé par les
secrétariats de revues et de colloques aux auteurs.
Règles de typographie pour la rédaction d'un article
(Titre de l'article ou du mémoire en caractères gras, centré,
casse : Garamond ou Times, 16 ou 18).
par

Prénom Nom (casse 14, centré)


Titre et Année du séminaire (casse 12, centré)
Institution
Adresse
mél : votre adresse mél

Résumé : placer ici le résumé de votre texte, en un court paragraphe de 15 lignes maximum
(casse 12, justifié). Faire suivre ce résumé d'une ligne continue comme suit.
______________________________________________________________________

Saut de deux lignes et introduction de votre texte, en casse 12. L'ensemble du texte doit
être justifié ; la mise en page doit offrir au texte une largeur de 15 cm avec une marge gauche de
3,5 cm et une marge droite de 2,5 cm. Les paragraphes doivent tous commencer à la ligne, et le
premier paragraphe de chaque chapitre ou sous-chapitre doit commencer en alinéa avec un retrait
de 1 cm.

1. Titre de votre petit chapitre, ou ensemble de paragraphes (en gras, casse


14, justifié, pas de retrait).
1.1. Un titre de sous-chapitre si besoin (en gras, casse 12).

Ici commence le coeur de votre texte à proprement parler. Vous pouvez créer autant de
petits chapitres et de sous-chapitres que vous le désirez. Les différents paragraphes ne doivent
pas être séparés entre eux par des lignes vides, mais par un simple retour à la ligne, comme on
peut le voir sur le paragraphe qui suit.
Lorsque vous utilisez des termes latins ou étrangers, ils doivent être typographiés en italique, sans
guillemets. Les "citations directes d'ouvrages ou d'articles doivent être entre guillemets, sans
italique, non soulignées, et comporter à la suite la référence d'auteur, l'année de l'ouvrage et le
numéro de la page" (Auteur 1999:12). S'il s'agit d'une citation indirecte (ou citation de contexte),
on ne met pas de guillemets mais on fait suivre une référence à l'auteur avec simplement son nom
et la date de l'ouvrage ; on peut encore indiquer l'ensemble de pages où l'on peut trouver ce
thème chez l'auteur en question. (Auteur 1999) ou (Auteur 1999:1-15). Si vous citez des propos
tenus par des informateurs lors d'une enquête, il faut les placer "entre guillemets, comme des citations, et
en italique, puis les faire suivre d'une référence comportant le nom de leur auteur (ou l'organisme, ou un
pseudonyme utilisé pour des raisons de confidentialité), suivi du mot entretien et de la date de cet entretien"
(Auteur, entretien du 3 novembre 1999).

1.2. Sous-chapitre concernant les sauts de lignes.


A la fin d'un chapitre ou d'un sous-chapitre, on saute deux lignes ; après un titre de chapitre ou
un titre de sous-chapitre, on ne saute qu'une ligne ; d'un paragraphe à l'autre, on ne saute pas de
ligne.

Conclusion.
On termine toujours un article par une conclusion qui rappelle les principales thèses
développées ou analysées, puis qui ouvre l'espace de recherche à la réflexion ou à la discussion en
donnant des pistes non explorées qui sont apparues dans le cours du travail. Lorsque vous avez
fini votre corps de texte, vous pouvez marquer la fin de l'article en plaçant une étoile (ou
n'importe quel petit signe) en gras, comme suit.

Références bibliographiques (classées par ordre alphabétique de nom d'auteur, avec un


retrait pour chaque référence qui fasse bien apparaître le nom de l'auteur).

Auteur, Prénom, (année de publication) Titre de l'ouvrage, en italique, sans guillemets, Lieu d'édition:
Nom de l'éditeur (si possible, nombre de pages).
Auteur, Prénom, (année de publication) "Titre de l'article entre guillemets", Nom de la revue sans
guillemets, avec italique, vol. n (trimestre), pp. 25-65.
Auteur, Prénom, (année de publication) "Titre du chapitre écrit par un auteur précis dans un
ouvrage édité en forme de compilation, entre guillemets", (pp. 25-65), in Prénom
Nom (éd.), Titre de l'ouvrage, en italiques, sans guillemets, Lieu d'édition: Nom de l'éditeur.
Auteur, Prénom, (date de rédaction connue ou supposée), Nom du mémoire ou du manuscrit en italique
et sans guillemets, Cote, Lieu de conservation : organisme en assurant la conservation.
Frigout, Arlette, (1970) "Le Repos des nuages", (pp. 100-114), in Fernand Pouillon (éd.), Echanges
et Communications offerts à Claude Lévi-Strauss, Paris : Mouton.
Lévi -Strauss, Claude, (1984) Paroles données, Paris : Plon.
Lévi-Strauss, Claude (s.d., vers 1992), sans titre (notes manuscrites pour la rédaction d'Histoire de
Lynx), CLS-8523, Paris : Laboratoire d'Anthropologie Sociale (Collège de France).