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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ?

Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

REPUBLIQUE DU SENEGAL
Un Peuple Ŕ Un But Ŕ Une Foi

Ministère de l’Enseignement Supérieur Ministère de l’Environnement, de la


des Centres Universitaires Régionaux Protection de la Nature, des Bassins
et des Universités de Rétention et des Lacs Artificiels

Direction des Eaux, Forêts, Chasses et


de la Conservation des sols
Institut Supérieur de Formation Agricole Inspection Régionale des Eaux et
et Rurale (ISFAR) ex ENCR de Bambey Forêts de Kaolack

Projet de Gestion et de Restauration


Département Production Forestière des Terres Dégradées du Bassin
Arachidier
(PROGERT)

Pour l’Obtention du Diplôme d’Ingénieur des Travaux des Eaux et Forêts

THEME :
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion
durable des ressources naturelles?
Etude de cas de koutal : site d’intervention du PROGERT
dans la région de KAOLACK.

Présenté par : Lassana Diallo 43ème Promotion

MAITRE DE STAGE : TUTEUR DE STAGE :


Monsieur Birahim FALL, IEF Colonel Djibril CISSE, IEF
Chef du Département Production Forestière à l’ISFAR Expert en Gestion de Micro Projets
au PROGERT

Janvier 2010

0
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

SOMMAIRE
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DE L’ETUDE…………………………………..1
INTRODUCTION…………………………………………………………………………1
I PROBLEMATIQUE…………………………………………………………………......2
II OBJECTIFS…………………………………………………………………………......2
2-1 Objectif global………………………………………………………………………2
2-2 Objectifs spécifiques……………………………………………………………......3
2-3 Résultats attendus…………………………………………………………………...3
III METHODOLOGIE…………………………………………………………………….3
3-1 La recherche bibliographique………………………………………………………..3
3-2 Les enquêtes de terrain………………………………………………………….......4
3-3 L’échantillonnage…………………………………………………………………....4
DEUXIEME PARTIE : PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL……………5
I PRESENTATION DU PROGERT…………………………………………………….......5
II OBJECTIFS……………………………………………………………………………….5
III ACTIVITE………………………………………………………………………………..5
IV PARTENARIAT…………………………………………………………………………6
V STRATEGIE D’INTERVENTION……………………………………………………….6
TROISIEME PARTIE : LE PROCESSUS DE MISE EN ŒUVRE DU VOLET
MICROCREDIT……………………………………………………………………………….7
I CHOIX DES MICROPROJETS……………………………………………………………7
II MODE DE FINANCEMENT DES MICROPROJETS…………………………………...8
2-1 Cadrage spatial et institutionnel……………………………………………………….8
2-2 Subvention des comités inter-villageois (CIV)……………………………………….9
2-3 Définition participative des critères d’accès…………………………………………..9
2-4 Cadre contractuel……………………………………………………………………...9
2-5 Création de mutuelles…………………………………………………………………9
III PROGRAMME DE REALISATION……………………………………………………9
3-1 Appui aux activités d’épargne et de crédit du groupement féminin de Koutal……….9
3-2 Mise en place d’un fonds d’appui aux initiatives locales……………………………10
3-3 Financement d’activités génératrices de revenus visant à promouvoir les produits
agricoles, de l’élevage et forestiers alimentaires dans les sites d’intervention du
progert………………………………………………………………………………………..10
3-4 Création au niveau de la zone d’intervention d’un comité local de gestion de fonds
d’appui aux initiatives locales………………………………………………………………...10
3-5 Mise en place des instances de suivi et de contrôle des caisses alimentées par le
fond…………………………………………………………………………………………..10
3-6 Mise à contribution des fonds générés par les émigrés……………………………...10
QUATIEME PARTIE : PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE……………………..11
I LOCALISATION………………………………………………………………………..11
II MILIEU PHYSIQUE……………………………………………………………………13
2-1 Le climat…………………………………………………………………………….12

I
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

2-2 Relief et sols………………………………………………………………………...12


2-3 Les ressources forestières…………………………………………………………...12
III ACTIVITES ECONOMIQUES……………………………………………………….13
3-1 Agriculture…………………………………………………………………………..13
3-2 Elevage………………………………………………………………………………13
3-3 L’artisanat……………………………………………………………………………14
3-4 Le commerce………………………………………………………………………...14
V INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS SOCIO6ECONOMIQUES…………….14
4-1 L’hydraulique………………………………………………………………………..14
4-2 La santé……………………………………………………………………………....14
4-3 L’éducation…………………………………………………………………………..14
CINQUIEME PARTIE : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS…………..15
I IDENTIFICATION DES GROUPEMENTS……………………………………………16
II LA DYNAMIQUE ORGANISATIONNELLE ET FONCTIONNELLE DES
GROUPEMENTS…………………………………………………………………………....17
2-1 La composition du bureau des groupements………………………………………...17
2-1-1 Le rôle des membres…………………………………………………………..17
2-1-1-1 La Présidente……………….………………………………………….17
2-1-1-2 La secrétaire…………………………………………………………...17
2-1-1-3 La trésorière…………………………………………………………...17
2-1-1-4 La commissaire aux comptes………………………………………….17
2-1-2 La représentativité…………………………………………………………….18
2-2 Le processus de prise de décision……………………………………………………18
2-3 Les modalités de contrôle……………………………………………………………18
2-4 Patrimoine et capital………………………………………………………………....18
2-5 Sources et modes de financement……………………………………………………18
2-6 Formation et gestion des groupements en microcrédits……………………………..19
III IMPLICATION DES GROUPEMENTS DANS LA GESTION DES RESSOURCES
NATURELLES………………………………………………………………………………20
3-1 L’état de dégradation des sols………………………………………………………..20
3-2 Le niveau de dégradation……………………………………………………………..20
3-3 Les causes de dégradation………………………………………………………….21
4- Contribution des microcrédits à la restauration des terres dégradées…………………23
5- Le financement des microcrédits………………………………………………………23
6 Les activités de récupération des terres………………………………….......................24
6-1 Le système de récupération à travers l’embouche……………………………….24
6-2 Le système de récupération à base de coque d’arachide………………………...25
6-3 Les opérations de plantations…………………………………………………....26

II
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

7-Les impacts de la restauration des terres sur les conditions de vie des
populations……………………………………………………………………………………27
7-1 Les impacts agricoles de la restauration des terres………………………………27
Les terres récupérés et cultivées par les groupements féminins de koutal…………...29

7-2 Les impacts forestiers de la récupération des terres…………………………….30


Les opérations de plantation effectuées dans la forêt régionale par les GPF……….32
7-3 Les impacts pastoraux de la récupération des terres…………………………….33
8- Les autres activités développées par les microcrédits………………………………...33
9- L’efficacité des microcrédits sur la gestion des ressources naturelles………………..34

10- Les évaluations des microcrédits…………………………………………………….35


11- Les projets porteurs pouvant être financés par les microcrédits……………………..36
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS………………………………………………37
Conclusion……………………………………………………………………………………37
Recommandation……………………………………………………………………………..38
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………………………39
ANNEXE1…………………………………………………………………………………...40
ANNEXE2……………………………………………………………………………………45
ORGANIGRAMME…………………………………………………………………………49

III
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

DEDICACE
Je rends grâce à Allah qui m’a permis d’achever ce travail en paix.

Je dédie ce mémoire à :

 Mon très cher papa que je ne cesserai de remercier assez afin de lui témoigner ma
gratitude, mon amour et ma reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour moi afin que
je réussisse dans la vie.

 Ma tendre et douce maman. Elle m’a toujours indiqué le chemin à suivre dans la vie.

 Mes deux frères que j’aime beaucoup.

 Tous mes cousins et cousines.

 Mes grands parents.

 Toutes mes tantes.

 Tous mes oncles, particulièrement à Djiby SEYDI et son épouse Mame Khady
DRAME qui m’ont toujours soutenu.

 Madame Mariama DIOP DIALLO.

 L’ensemble des étudiants de la 43ème Promotion.

 Tous les étudiants des 41ème, 42ème ,44ème et 45ème Promotions.

IV
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

REMERCIEMENTS
Mes remerciements profonds vont à l’endroit de :

 Docteur Ahmet Tidiane DIALLO, Directeur de l’ISFAR ex ENCR ;

 Docteur Abdoulaye FAYE, Directeur des études de l’ISFAR ;

 Monsieur Birahim FALL, Ingénieur des Eaux et Forêts, Chef du Département


Production Forestière de l’ISFAR;

 Docteur Mohamed CAMARA, Professeur à l’ISFAR ;

 Monsieur Ibrahima MBODJI, Ingénieur Agronome à l’ISFAR;

 Monsieur Mbaye NDIAYE, Chef de la scolarité à l’ISFAR ;

 Monsieur Ousseynou BEYE, Bibliothécaire à l’ISFAR ;

 Messieurs les professeurs et surveillants de l’ISFAR ;

 Colonel Djibril CISSE, Ingénieur des Eaux et Forêts, Expert en Microcrédits du


PROGERT ;

 Colonel Malang KIDIERA, Inspecteur Régional des Eaux et Forêts de Kaolack ;

 Colonel Ousmane CISSOKHO, Inspecteur Régional des Eaux et Forêts de Diourbel ;

 Commandants Mamadou Abdoulaye Seye LO et Sékou MANE, Adjoints respectifs à


L’inspection de Diourbel et de Kaolack ;

 Monsieur Adama KONE, Assistant de Recherche du PROGERT à Kaolack ;

 Monsieur Guy Valentin MEDANG, Assistant de Recherche du PROGERT à


Diourbel ;

 Lieutenants Youssouf SAGNA et Malang DIATTA de l’IREF de Kaolack et de


Diourbel ;

 Adjudants Chefs Mamadou DIOUF et Moulaye AIDARA de l’IREF de Diourbel ;

 Sergents Fokina MANE et Abdoulaye NGOM du Secteur des Eaux et Forêts de


Diourbel ;

 Madame Awa CISSE CISSOKHO, journaliste à la RTS de Diourbel

V
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

 Messieurs Yoro DIALLO et Niokhor Issa SAMB ; chauffeurs respectifs de l’IREF et


du PROGERT de Diourbel ;

 Messieurs Ndiaga MAR et AL Ousseynou DIALLO, Chauffeur au Secteur de


Diourbel et au PROGERT de Kaolack ;

 Messieurs Ibrahima Prospère THIAM, Idrissa Boa NDIAYE, Gora SOW, Moussa
FAYE, à l’IREF de Diourbel ;

 Sergents Ndongo FALL et Séourou THIAM de l’ENSOA ;

 Soldat de promotion GOUDIABY à l’ENSOA.

VI
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

LISTE DES TABLEAUX


Tableau 1 : Critères de sélection des microprojets pour le programme d’appui à la promotion
de moyens d’existence durable………………………………………………………………8

Tableau 2 : La charge d’exploitation de l’embouche………………………………………24

Tableau3 : Le financement du système de récupération à base de coque


d’arachide……………………………………………………………………………………25

Tableau 4 : Les résultats du dispositif de test de comportement sur le mil et le maïs………26

Tableau 5 : Les résultats de la récolte………………………………………………………..28

Tableau 6 : La récapitulation des activités de reboisement………………………………….31

VII
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

LISTE DES FIGURES


Figure 1 : Pourcentage du niveau de dégradation des terres……………………………….20

Figure 2 : Pourcentage des causes de dégradation des terres………………………………21

Figure 3 : Pourcentage de la contribution des microcrédits à la restauration des terres……23

Figure 4 : Pourcentage des activités financées par les microcrédits………………………...23

Figure 5 : Pourcentage des superficies emblavées…………………………………………..27

Figure 6 : Pourcentage des espèces utilisées dans les activités de plantation……………….30

Figure 7 : Pourcentage des femmes disposant de matériels destinés à la plantation………..33

Figure 8 : Pourcentage de l’efficacité des microcrédits sur la GRN……………………….34

Figure 9 : Pourcentage des changements apportés par les microcrédits…………………….35

Figure 10 : Pourcentage des femmes dans les projets porteurs pouvant être financés par les
microcrédits………………………………………………………………………………….36

Images 1-2 : Etat de dégradation des sols hors de la forêt régionale……………………...22

Images 3-4 : Etat de dégradation des sols à l’intérieur de la forêt régionale………………26

Images5 : Champ de mil……………………………………………………………………29

Images6 : Champ d’arachide………………………………………………………………29

Images7 : Champ de maïs………………………………………………………………….29

Images 8-9 : Plantations effectuées dans la forêt régionale……………………………….32

Images 10-11 : Plantations effectuées dans la forêt régionale…………………………….32

VIII
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

LISTE DES ACRONYMES


AGR : Activités Génératrices de Revenus

CDD : Convention sur le Développement Durable

CBD : Convention sur la Biodiversité

CIV : Comité Inter-Villageois

CV : Comité Villageois

CGFK : Comité de Gestion aux Fonds d’appui de Koutal

CAURIE-MF : Coopérative Autonome pour le Renforcement des Initiatives Economiques


par la Micro finance

GDRN : Gestion Durable des Ressources Naturelles

GRN : Gestion des Ressources Naturelles

GPF : Groupement de Promotion Féminine

GIE : Groupement d’Intérêt Economique

GDS : Gestion Des Sols

LCD : Lutte Contre la Désertification

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PNAE : Plan National d’Action pour l’Environnement

PAN/LCD : Programme d’Action National/Lutte Contre la Désertification

PAGERNA : Projet Autopromotion et Gestion des Ressources Naturelles au Sine Saloum

PNACB : Plan National d’Action pour la Conservation de la Biodiversité

PROGERT : Projet de Gestion et de Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier

SFD : Système Financier Décentralisé

UEMOA : Union Economique Monétaire Ouest Africaine

IX
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

RESUME
Les microcrédits occupent une place très importante dans la vie des populations de Koutal.
Situé dans la communauté rurale de Ndiafatte, département de Kaolack, la zone de Koutal est
caractérisée par un état d’avancement de la pauvreté lié à la dégradation des terres. Les
résultats obtenus grâce aux enquêtes menées à Koutal, ont indiqué que les microcrédits
constituent un outil efficace dans la gestion durable des ressources naturelles. Ils permettent
aux populations de procéder à la récupération des terres agricoles affectées par la salinisation,
et aussi de développer des activités génératrices de revenus pouvant ainsi contribuer à la
réduction de la pauvreté.
A cet effet, le PROGERT, en vue d’accompagner ces groupements, a mis à leur profit un
fonds d’appui aux initiatives locales pour la promotion des moyens d’existence durable. Ce
fonds qui permet aux groupements de développer des activités génératrices de revenus liées à
la gestion durable des terres, s’inscrit dans le cadre de la création d’une mutuelle d’épargne et
de crédit.

Cependant, pour une gestion durable des ressources naturelles et la pérennisation des actions
entreprises pour, à la fois le bien être des populations et la préservation de l’environnement, il
y a lieu de lever certaines contraintes relatives à la gestion des microcrédits.

X
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

INTRODUCTION
Le Sénégal, partie prenante des Conventions sur le Développement Durable (CDD), de la

Conservation de la Biodiversité (CBD) et de la Lutte Contre la Désertification (LCD),


demeure fortement engagé pour la mise en œuvre du Développement Durable à travers son
9éme plan d’orientation pour le développement économique et social (République du Sénégal,

1997 :8) notamment dans le PNAE, le PAN/LCD, et le PNACB.

La Gestion Durable des Ressources Naturelles (GDRN) constitue un axe fondamental de la

Politique de développement économique et social du Sénégal comme en témoignent les


différents documents.

Conscient que le développement durable ne peut se traduire en réalité que par une
participation et une responsabilisation des populations et des conseils ruraux (CR), le Sénégal
a mis en place depuis 1972, un processus de décentralisation qui a abouti à la loi n°96-07 du
22 mars 1996 relative au transfert de compétences en matière de Gestion Durable des
Ressources Naturelles (GDRN) aux collectivités locales de manière à impulser des initiatives
pour une exploitation durable des ressources naturelles.

Le développement économique et social étant étroitement lié à la préservation des


écosystèmes, il sied ainsi de développer un modèle reposant sur les hypothèses pour
lesquelles il est possible pour les intérêts collectifs d’intégrer des objectifs économiques,
écologiques et sociaux suivant une démarche de gestion durable des ressources naturelles.
Cette combinaison rend l’approche attractive et forge de nouvelles alliances entre les
différents acteurs.

Le lien entre pauvreté, environnement et développement ne peut pas être nié. En effet, les

problèmes environnementaux contribuent à plus d’un titre à l’accentuation de la pauvreté qui


peut fortement contribuer à la recrudescence des problèmes environnementaux. La sortie de
ce cercle vicieux exige des changements de comportement de tous les acteurs et à tous les
niveaux.

Une législation foncière adaptée permettrait aux populations locales de protéger, de


sauvegarder et d’aménager les ressources naturelles de manière plus rationnelle et durable,
afin d’accroître leur sécurité alimentaire, de valoriser leurs ressources forestières et de
développer des affaires commerciales.

Cette option a amené le gouvernement avec l’appui des partenaires au développement à


mettre en place une nouvelle génération de projets qui ont pour la plupart adopté des
stratégies d’intervention basées sur une plus grande implication des populations et des
collectivités locales afin d’assurer leur participation effective dans l’identification, la
planification, l’exécution et le suivi/évaluation des actions à entreprendre. (Doc. PAGERNA,
WK, capitalisation des acquis, Mars 2002).

1
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

D’où la pertinence de notre étude dont le thème s’intitule : Les microcrédits sont-ils un outil
efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude du cas de Koutal, dans la région
de Kaolack.

L’étude sera abordée sous deux parties : La première traite la présentation de l’étude
composée de la problématique, des objectifs et de la méthodologie. La deuxième partie est
consacrée à l’analyse et à la discussion des résultats qui seront suivies des recommandations.

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

PREMIERE PARTIE: PRESENTATION DE L’ETUDE

I. PROBLEMATIQUE

La gestion environnementale constitue un défi planétaire, que l’humanité tente de relever à


plusieurs niveaux et dans des domaines différents .Elle se traduit à toutes les échelles, du
niveau local au niveau mondial en terme de conservation.

Le bassin arachidier(Les régions de Fatick, Diourbel, Kaolack et Louga, Thiès), caractérisé


par une population estimée à 4million d’hts, soit 40% de la population totale du Sénégal, voit
ses ressources naturelles se dégrader de jour en jour. La zone du Bassin Arachidier constitue
l’un des principaux espaces agricoles du Sénégal, dont les sols s’appauvrissent suite à
plusieurs décennies de culture arachidière et à une salinisation des terres. La pluviométrie de
la zone d’intérêt varie dans l’espace et dans le temps avec des baisses relatives enregistrées
durant ces dernières années. Il découle de cette situation une baisse de la productivité des
terres et la dégradation du couvert végétal. Ces contraintes ont induit au niveau des
populations une baisse des revenus, une vulnérabilité des ménages à l’insécurité alimentaire et
une augmentation de la pauvreté des populations qui, pour assurer leur survie quotidienne, ont
recours à une exploitation irrationnelle des ressources naturelles ou sont forcées à l’exode.
(Source, CSE, Bulletin n°14 du suivi de la campagne agricole.)
Etant donné que les populations sont si étroitement liées aux ressources naturelles, que la
capacité de régénération, la diversité de ces ressources et leur gestion durable conditionnent
leur survie et la reproduction de leur société.

Le Gouvernement du Sénégal, face à cette situation, a initié, avec l’appui du Fonds pour
l’Environnement Mondial et le programme des nations unies pour le développement, le Projet de
Gestion et de Restauration des Terres du bassin arachidier (PROGERT) pour contribuer à la mise en
œuvre du Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification PAN / LCD. (Source : Rapport
du Centre de Suivi Ecologique sur la caractérisation écologique des sites d’intervention du
PROGERT).
C’est ainsi que, dans le but de mieux conserver les ressources naturelles, le PROGERT a
développé des stratégies de gestion durable et d’intensification des productions pour la
restauration des terres et la protection de la biodiversité à travers de nouvelles approches
d’aménagement participatif des terroirs et des technologies d’allégement de la pression sur les
ressources, des méthodes novatrices de restauration des terres et de diversification des
productions.
Parmi celles-ci, on note la promotion de moyens d’existence durable liés à la gestion des
ressources naturelles, à travers des Activités Génératrices de Revenus (AGR).Pour cela, le
projet s’engage à financer les initiatives locales des femmes et des jeunes et de leur faciliter
aussi l’accès au microcrédit.

Ces stratégies vont permettre non seulement de contribuer à l’amélioration des conditions de
vie des populations en luttant contre la pauvreté mais aussi à la restauration des terres
dégradées.

3
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

L’intérêt de cette présente étude est de savoir si les microcrédits constituent un outil efficace
de gestion durable des ressources naturelles ?

II. OBJECTIFS

2-1 Objectif global

L’objectif global de l’étude est de faire une analyse des microcrédits liés à la gestion durable
des ressources naturelles.

2-2 Objectifs spécifiques

L’objectif global sera décliné en trois (03) objectifs spécifiques :

 Identifier les organisations qui gèrent ces micro crédits ;

 Etudier la dynamique organisationnelle et fonctionnelle des organisations qui gèrent


ces micro crédits ;

 Analyser l’implication des organisations gestionnaires des microcrédits dans la gestion


durable des ressources naturelles (la terre).

2-3 Résultats attendus

Les organisations qui gèrent les microcrédits sont identifiées ;

La dynamique organisationnelle et fonctionnelle de ces organisations est étudiée ;

L’implication de ces organisations dans la gestion durable des ressources naturelles (la
terre) est analysée ;

III. METHODOLOGIE

L’atteinte des objectifs assignés à notre étude a conduit à adopter la méthodologie suivante :
 La recherche bibliographique ;
 Les enquêtes de terrain
 L’échantillonnage ;
 Le traitement des données ;
 La rédaction du mémoire.

3-1 Recherche bibliographique

Elle nous a permis de faire la collecte d’informations à partir de consultation d’ouvrages


relatifs à l’objet de notre étude et de documents du PROGERT.
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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Elle a été réalisée au niveau des bibliothèques de :

 L’Institut Supérieur de Formation Agricole et Rurale (I.S.F.A.R) ex ENCR de


Bambey ;

 L’Inspection Régionale des Eaux et Forets de Kaolack ;

 L’unité locale du projet à Kaolack.

3-2 Enquêtes de terrain

Cette étape consiste à descendre sur le terrain pour des rencontres avec des responsables (chef
de village, présidentes des GIE, des personnes ressources du village) et de les informer de
l’objectif de notre étude. Ensuite des enquêtes seront réalisées à travers des entretiens et des
questionnaires aux populations observées.

3-3 Echantillonnage

Pour la réalisation de l’enquête, un questionnaire sera utilisé pour le recueil d’informations


auprès des membres des différents Groupements de Promotion Féminine. Ils sont au total 368
membres répartis comme suit :

 150 membres pour le GPF Takku Ligueye ;

 100 membres pour Sakaleing ;

 60 membres pour Mosquée ;

 58 membres pour Sope Borom touba.

Pour déterminer le choix porté sur les membres à enquêter, nous avons procédé à une
stratification. Pour chaque Groupement de Promotion Féminine (GPF), nous allons prendre
25% des membres qui vont constituer notre échantillon.
Ainsi nous aurons :

 37 membres à enquêter pour le groupement « Takku Ligueye » ;

 25 membres à enquêter pour le groupement « Sakalin »;

 15 membres à enquêter pour le groupement « Mosquée » ;

 14 membres à enquêter pour le groupement « Sope Borom Touba »

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DEUXIEME PARTIE : PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL

I. PRESENTATION DU PROGERT

Le Projet de Gestion et de Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier


(PROGERT) est un projet de cinq ans, qui vient compléter les initiatives en cours et
s’attaquer aux principales causes climatiques et anthropiques de la dégradation des terres du
Bassin Arachidier.

II. OBJECTIFS

L’objectif global du projet est de catalyser la gestion durable des terres au niveau du
Paysage pour combattre leur dégradation et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté.
Les objectifs spécifiques du projet sont de :
 Freiner la tendance à la dégradation des terres dans les sites du projet ;

 Sauvegarder l’intégrité des écosystèmes agro-sylvo-pastoraux ainsi que leurs


fonctions.

III. ACTIVITES

Les activités du Projet pour la Gestion et la Restauration des Terres dégradées du Bassin
Arachidier (PROGERT) sont identifiées en fonction des résultats attendus :

 La fertilité des terres cultivables est améliorée par le développement de


technologies novatrices et adaptées ;

 L’utilisation des forêts et des pâturages est rationalisée par la promotion des
bonnes pratiques ;

 Les politiques et le partenariat local sont harmonisés et les capacités


renforcées pour la gestion intégrée des terres suivant l’approche paysage ;

 La Gestion est adaptée en fonction des leçons apprises et du système de suivi


des comités consultatifs locaux fonctionnels,

 Les Activités Génératrices de Revenus sont rendues compatibles avec les


principes de Gestion des Ressources Naturelles et Gestion Durable des
Terres ;
 L’accès au crédit pour le financement des Activités Génératrices de Revenus
(A.G.R) au profit des paysans qui adoptent les bonnes pratiques de la Gestion
des Sols (G.D.S) ;

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

 La promotion des pratiques positives dans l’épargne rurale en appuyant les


initiatives locales.

IV. PARTENARIAT

Le Projet de Gestion et de Restauration des Terres dégradées du bassin arachidier


(PROGERT) est dans une dynamique de partenariat avec les services en charge du
développement rural, les O.N.G, le secteur privé, les projets et les Programmes mis en œuvre
au niveau de sa Zone d’intervention (cf. organigramme en annexe) et avec certains
départements ministériels et directions techniques.
Le projet intervient dans la zone du Bassin Arachidier notamment dans les régions de Thiès,
Diourbel, Louga, Fatick, et Kaolack, au niveau de 15 sites sélectionnés. Une combinaison de
certains critères a été utilisée pour le choix des sites, elle concerne :
 Les critères environnementaux : le statut d’utilisation des terres, la pression
anthropique, le niveau de dégradation de l’écosystème et la pression pastorale ;
 Les critères socio-économiques : le niveau de pauvreté, le potentiel d’activités
génératrices de revenus qui protègent les ressources naturelles ;
 Les critères d’ordre politique: l’engagement politique pour une bonne stratégie de mise
en œuvre du programme gestion durable des terres et pour l’accroissement du
potentiel de cofinancement avec les bailleurs de fonds.

V. STRATEGIE D’INTERVENTION

Elle se base sur « l’approche paysage », une approche holistique et participative qui prend en
compte les dimensions géographiques, techniques, institutionnelles, sociales et économiques.
Elle repose également sur :

 L’intégration des approches communautaires, collectives et individuelles ;

 La prise en compte de la dimension genre ;

 Le soutien aux initiatives privées ;

 Le développement d’un programme commun de concertation « le cadre de


coordination des actions » ;

 Le partenariat public/privé ;

 La gestion du paysage et l’intensification de l’agriculture.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

TROISIEME PARTIE : LE PROCESSUS DE MISE EN ŒUVRE DU VOLET


MICROCREDITS

La promotion des moyens d’existence durable liés à la gestion des ressources naturelles
constitue un programme qui va permettre d’impulser les initiatives locales pour l’élaboration
de microprojets portant sur des actions de valorisation des potentialités agricoles, pastorales et
forestières des sites d’intervention du projet.

Les microprojets ont le double but d’apporter des améliorations concrètes à l’environnement
et de stimuler les communautés à s’engager davantage dans leur propre développement.

D’autre part, la prise en charge de la gestion du terroir à travers ces microprojets devrait
continuer après la fin du projet avec l’appui du crédit revolving par le biais d’une caisse
villageoise autogérée dépendant d’un Système Financier Décentralisé (SFD) par une mutuelle
d’épargne et de crédit propre au groupement.

I CHOIX DES MICROPROJETS

Il sera nécessaire de déterminer les critères de sélection des microprojets pour le programme
d’appui à la promotion des moyens d’existence durable.

A cet effet, il s’agira de :

 Caractériser les types de microprojets pouvant assurer des moyens d’existence durable.

 Déterminer le système de microcrédit adapté.

 Définir les critères d’éligibilité au financement et les modalités d’accès.


Tableau 1: Critères de sélection des microprojets pour le programme d’appui à la
promotion des moyens d’existence durable

Critères environnementaux Critères Critères Type de


organisationnels microprojet
Socio-économiques

Etat de dégradation des Taux de pauvreté Existence OCB et degré Pertinence par
terres de leur implication dans rapport à la GRN
la GRN

Les potentialités agricoles, Les possibilités Présence de projets Capacité des


pastorales et forestières de la d’accès au environnementaux acteurs à sa mise
zone microcrédit en œuvre

Caractéristiques Niveau de Capacité de mobilisation La taille du


morphologiques du milieu et valorisation du et de contribution locale financement
densité du réseau potentiel naturel par aux coûts des requis
hydrographique des AGR microprojets

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

II- MODE DE FINANCEMENT DES MICROPROJETS

Suite aux recommandations issues de l’atelier sur l’opérationnalisation du PROGERT, Il sera


mis en place une ligne de crédit au profit des bénéficiaires potentiels et dont l’accès sera lié à
la soumission de microprojets pertinents en relation avec la gestion et restauration des terres
dégradées.

2-1- Cadrage spatial et institutionnel

Les populations sont appuyées pour mettre en place un modèle d’organisation adapté aussi
bien dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet que celles relatives au micro
crédit (CIV, CV, GIE, Associations etc.).

2-2- Subvention des Comités inter-villageois (CIV)

Les CIV et les bénéficiaires sont appuyés dans l’élaboration de micro projets AGR ayant des
liens avec la restauration des terres. Les partenaires techniques et les structures
déconcentrées seront parties prenantes pour renforcer les capacités des bénéficiaires dans la
mise en œuvre des Activités Génératrices de Revenus (AGR).

2-3- Définition participative des critères d’accès :

 Etre résident ;
 bonne moralité ;
 participation aux activités du projet ;
 respect des dispositions du code local de gestion des terres dégradées ;
 ne pas avoir contracté un prêt en cours etc. ;
2-4- Cadre contractuel :

Une convention de financement sera signée d’une part entre le projet et le SFD, et d’autre
part entre les bénéficiaires (CIV ; Groupements) et le SFD pour les contrats de financement.

2-5- Création de mutuelles

Le Projet pour la Gestion des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT) va


appuyer les Comité inter-villageois (C.I.V) à mettre en place leurs propres mutuelles en
perspective, d’asseoir un système de crédit tournant «Revolving »

Cette démarche va créer une opportunité aux populations de pouvoir disposer de leur propre
système financier décentralisé, d’accroître leurs bénéfices et d’enclencher un mécanisme de
financement durable de leurs activités de base pour promouvoir l’épargne et créer des
emplois.

Compte tenu de l’option du projet d’intervenir suivant l’approche «Paysage », induisant


souvent une zone d’emprise large pouvant englober plusieurs communautés rurales dépendant
de régions administratives différentes, il s’avère utile de voir la possibilité d’un réseautage de
mutuelles similaires.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

La démarche visant à accroître l’accès aux ressources financières tiendra également compte
de la nécessité de renforcer les capacités techniques et technologiques des bénéficiaires dans
la mise en œuvre des AGR par la formation pour la promotion d’investissements pouvant
améliorer leurs conditions de vie et de travail.

III-PROGRAMME DE REALISATIONS

Les actions ciblées dans ce programme ont porté sur :

3-1 Appui aux activités d’épargne et de crédit du Groupement Féminin de


Koutal.
Cet appui a permis la mise en place et la gestion d’un fonds de crédit rotatif portant
sur 5.000.000 F CFA.

3-2 Mise en place d’un fonds d’appui aux initiatives locales

Un fonds d’appui aux initiatives rurales permettra de faire des subventions à travers les
mutuelles d’épargne et de crédit pour la réalisation des AGR.

Ainsi, Il sera mis en place des mécanismes opérationnels propres à garantir le remboursement
des fonds qui au finish seront convertis en crédit revolving.

3-3 Financement d’activités génératrices de revenus visant à promouvoir les


produits agricoles, de l’élevage et forestiers alimentaires dans les sites
d’intervention du PROGERT.

Le choix de types de produits à promouvoir tiendra compte de la périssabilité, et de


l’existence de procédés de transformation.

Pour le financement des activités, l’on procédera à l’allocation d’une première tranche de
crédits dont l’utilisation et le recouvrement conditionneront la libération de la deuxième
tranche.

Ainsi, grâce à ce fonds, des équipements seront acquis pour l'exécution des activités de
génération de revenus basées sur le crédit et devant permettre la valorisation des produits
agricoles, forestiers et de l’élevage.

3-4 Création au niveau de la zone d’intervention d’un comité local de gestion des
fonds d’appui aux initiatives locales

Il sera crée au niveau de chaque site d’intervention du Projet pour la Gestion et la


Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT) un comité local de
gestion des fonds d’appui aux initiatives locales pour le développement d’activités
génératrices de revenus promues sur la base des bons résultats des pratiques positives
appliquées au Sénégal et ailleurs dans le Sahel.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

3-5 Mise en place des instances de suivi et de contrôle des caisses alimentées par
le fonds

Ces instances auront pour tâches de suivre les activités financées par le crédit et les
remboursements

3-6 Mise à contribution des fonds générés par les émigrés

Des accords seront établis avec les institutions financières locales pour le développement de
mécanismes de financement durable de la gestion des terres. Dans cette dynamique, une
réflexion sera menée sur la manière dont les flux financiers générés par les émigrés,
pourraient contribuer aux actions de restauration des terres dégradées. (Source : Processus de
mise en œuvre des microprojets de promotion de moyens d’existence durable .Janvier
2008).

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QUATRIEME PARTIE : PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE

SITUATION GEOADMINISTRATIVE DE KAOLACK

(Source : www. au-senegal.com)

I. LOCALISATION

La zone de Koutal est composée de neuf villages. Elle est située à l’Est de la communauté
rurale de Ndiafatte et se trouve à 5km de la ville de Kaolack.
Elle a une population totale estimée à 5059 habitants répartis dans 799 concessions et 1041
ménages. La population imposable est de 1172 habitants dont 519 femmes. Le nombre
d’exemptés est de 148 dont 83 hommes.
La population de 07 à 14 ans est de 1273 habitants dont 580 garçons.

II. MILIEU PHYSIQUE


2-1 Climat

Il est de type soudano-sahélien et marqué par trois types de vents :


 L’Alizé maritime (novembre Ŕ février) : avec des températures variant entre 24° et
26° C, il apporte la fraîcheur et le froid ;

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 L’Harmattan : agent très actif dans l’érosion de l’écosystème, il est marqué par des
vents de sable et des températures qui avoisinent parfois 45°C ;
 La mousson (juillet Ŕ octobre) : elle traverse la Communauté Rurale ; facteur de
pluie, elle constitue un intérêt particulier pour les populations de cette zone à forte
potentialités agricoles.
A l’instar du reste du pays on y retrouve deux saisons que sont la saison des pluies qui s’étale
de juin à octobre avec de fortes pluies et la saison sèche pour le reste de l’année.
2-2 Relief et Sols
On rencontre trois(03) types de sols à Koutal:
 les sols Deck (argileux), environ 80 % : ils sont caractérisés par leurs faibles
rendements. Ils nécessitent une revalorisation forte pour mieux satisfaire les besoins
des populations de la zone à majorité agricole ;
 les sols Deck-Dior (sablo-argileux), environ 15 % : ils sont moins riches que les sols
Dior et ne sont exploités qu’avec l’apport d’intrants ;
 les sols Dior (sableux) : ils constituent la plus petite partie et sont sablo-argileux et
aptes à presque toutes les cultures.
2-3 Ressources forestières
La forêt de Koutal avec ses 900 ha polarise les villages de Touba sanokho, campement ibou
drame, keur baka, bone soutoura, koutal wolof, koutal Malick ndiaye, keur ngagne.
Les organisations communautaires de base notamment les Groupements de Promotion
Féminine (GPF), les Groupements d’Intérêt Economique (GIE), en collaboration avec le
Projet de Gestion et de Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT)
participent de manière active à la gestion de la forêt. L’intervention de ces organisations
tourne autour du reboisement avec l’appui en logistique du Service des Eaux et Forêts et du
PROGERT. Des contrats de culture entre populations locales et le Service des Eaux et Forêts
ont été établis.
On note aussi une forte utilisation de la main d’œuvre locale (productions de plants, des
travaux de foresterie). Les ressources végétales sont constituées d’Acacia seyal (Sourour),
Balanites aegyptiaca (soump), Zizyphus mauritiana (sédèm), Borassus aethiopium (rôniers),
Diospyros mespiliformis (alome), Acacia nilotica var adansoni (nep nep), Acacia albida
(kad), Sterculia setigera (mbep), Combretum glutinosum (rat), Grewia bicolor (kel),
Tamarindus indica (dakhar) etc.

Cependant, il est à signaler que plusieurs espèces sont menacées de disparition. Il s’agit entre
autre de Pterocarpus erinaceus (venn), Cordyla pinnata (dimb), Celtis integrifolia (mboul),
Prosopis africana (ir), Bombax costatum (bombax).

La disparition progressive de certaines espèces est surtout liée à l’avancée de la langue salée
et à la léthargie des commissions de vigilance pour l’environnement.

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Le recul de la végétation a aussi comme effets d’entrainement, la disparition des espèces


fauniques comme le lion, les panthères, les phacochères, les antilopes, les pintades.

III. ACTIVITES ECONOMIQUES


3-1 Agriculture
L’économie de Koutal repose essentiellement sur l’agriculture qui constitue d’une part la
principale source de revenus des populations et d’autre part la grande activité utilisatrice de
main d’œuvre. Elle est cependant tributaire de la pluviométrie qui la rend aléatoire.
Les systèmes agraires sont dominés par les exploitations de type familial.
Les spéculations cultivées dans la zone de Koutal sont : l’arachide, le mil, le sorgho, le maïs.
3-2 Elevage
L’élevage est de type extensif avec un système de gestion traditionnel et contemplatif. Il joue
un rôle très important dans l’économie du village surtout dans le secteur agricole où les
animaux de trait (chevaux, ânes, bœufs de labour) ont contribué à l’augmentation des
productions et à l’allégement des efforts physiques. La restauration de la fertilité des sols
passe par l’utilisation de fumier comme engrais dans les champs en permettant ainsi
l’augmentation des rendements agricoles.
L’élevage constitue aussi une source de revenus pour les populations par la vente du lait ou du
bétail.
3-3 Artisanat
C’est un secteur qui joue un rôle fondamental dans le développement socioéconomique
des populations.
Il regroupe les boulangers traditionnels, les menuisiers, les forgerons, les couturiers, les
teinturiers et les maçons.
3-4 Commerce
On y note 42 boutiques dont 40 fonctionnelles, 01 marché permanent avec 28 étables, 07
télécentres et 11 unités de transformation des céréales (UTC), 02 restaurants, 04
boulangeries traditionnelles, 01 atelier de teinture, 02 ateliers de forge et 02 salons de
coiffure.
IV. INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS SOCIO ECONOMIQUES
4-1 Hydraulique
La zone de Koutal dispose de forages, de puits, de châteaux d’eau. On y recense 29 bornes
fontaines dont 02 non fonctionnelles
4-2 Santé
La zone de Koutal dispose d’un poste de santé, d’une maternité et d’une case de santé.
Le personnel médical est composé d’un infirmier chef de poste, de 06 matrones, et de 05
relais polyvalents.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

4-3 Education
On y recense 04 écoles dont 03 du cycle primaire et un collège d’enseignement moyen
(CEM), une maternelle et une case des tout petits. Il existe 32 salles de classe au niveau
des écoles.
L’effectif scolaire est de 1036 élèves dont 575 garçons. Le personnel enseignant est
composé de 11 instituteurs et de 14 volontaires pour les primaires.
Quant aux collèges d’enseignement moyen (CEM), il y’a 417 élèves et 16 professeurs
dont 03 titulaires.
Pour l’alphabétisation, 02 cours sont déjà bouclés avec un total de 125 apprenants dont 80
femmes. Les principales langues enseignées : le wolof (95 apprenants), le sérère (30
apprenants). (Source : Plan local d’hydraulique et d’assainissement de la
communauté rurale de Ndiaffate. Janvier 2008.)

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CINQUIEME PARTIE : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS


Depuis fort longtemps, l’absence d’un système de financement qui répond aux problèmes de
restauration des terres, demeure un souci récurrent à Koutal. Des initiatives développées, au
cours de ces dernières années, pour l’accès des communautés paysannes au crédit, restent
insuffisantes. En effet, les dispositifs de financement, longtemps mis en place par l’Etat, se
sont révélés inadaptés aux besoins et aspirations des ruraux pour relancer leurs activités
destinées à améliorer de façon durable leurs moyens d’existence.
C’est dans cette perspective, que le PROGERT et les groupements, à travers l’approche
participative, ont démarré en Décembre 2008 à koutal, le processus de mise en place d’une
mutuelle d’épargne et de crédit propre aux groupements qui travaillent pour la récupération
des terres salées de Koutal.
Cependant, compte tenu des nouvelles dispositions relatives à la création des mutuelles à
appliquer au sein des pays membres de l’UEMOA, et au regard des multiples exigences pour
l’obtention de l’agrément découlant de cette règlementation, il est apparu opportun de se
limiter pour le moment à l’implantation de Caisses Villageoises Autogérées par les
groupements cibles et rattachées à des SFD.
Ainsi, le PROGERT s’est lancé dans une dynamique de partenariat avec les SDF pour la mise
en place de ces dites Caisses Villageoises ou Bancs Villageois selon la dénomination de la
Coopérative Autonome pour le Renforcement des Initiatives Economiques par la Micro
Finance (CAURIE-MF) avec qui le premier protocole de partenariat a été signé en septembre
2009.

I. IDENTIFICATION DES GROUPEMENTS

La zone de Koutal dispose de quatre (04) groupements de promotion féminine spontanément


créés. Il s’agit de :

 du groupement « Takku Ligueye ».Il est composé de 150 membres et créé en 1995 ;

 du groupement « Sakaleing ».Il est composé de 100 membres et créé en 1999 ;

 du groupement « Mosquée ».Il est composé de 60 membres et créé en 2004 ;

 du groupement « Sope Borom Touba ».Il est composé de 58 membres et créé en 2000

Suite à un partenariat dans la mise en œuvre des actions de restauration des terres salées
depuis sa phase de formulation en 2006 avec le groupement de promotion féminine « Takku
Ligueye » du village de Koutal, le PROGERT, se basant sur des résultats concluants obtenus
avec ce groupement, se propose d’accompagner les initiatives développées par ces femmes.

Sur la base de l’information et de la sensibilisation, le groupement « Takku Ligueye » s’est


ouvert à trois autres groupements de promotion féminine. Ils s’inscrivent tous dans le cadre

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

du développement des activités génératrices de revenus liées à la gestion durable des terres.
Ils contribuent aussi à la réduction de la pauvreté.
Les activités consistent d’une part, à conduire une opération avec achat d’animaux (bovins)
initialement maigres et les mettre à l’engrais, et d’autre part, à la commercialisation de
produits agricoles.

Ainsi pour mieux faciliter la collaboration, les groupements de promotion féminine se sont
organisés en Comité de Gestion du Fonds d’appui aux groupements féminins (CGFK).Ce
comité dispose d’un compte (n°241 000 630) dans les livres de la mutuelle d’épargne et de
crédit de la chambre de commerce de Kaolack. Le PROGERT signe avec le Comité de
Gestion du Fonds d’appui aux groupements féminin de Koutal (CGFK) un protocole
d’accord. Ce dernier vise à entreprendre des activités génératrices de revenus pour la
promotion de moyens d’existence durable.
Une enveloppe de cinq millions de francs (5.000.000F CFA), correspondant au montant des
microprojets sélectionnés et approuvés, est versée (sous forme de prêt) dans le compte du
CGFK.
A partir de cette opération, des prêts de 1.200.000F CFA ont été octroyés à chacun des
quatre groupements. Au préalable, ils doivent s’acquitter de leurs droits d’adhésion au Comité
de Gestion et supporter un taux de 10%.
Le fonds est destiné à financer les Activités Génératrices de Revenus (AGR) liées à la gestion
des ressources naturelles. Ainsi il permet la préservation de l’environnement tout en faisant la
promotion des activités agricoles, forestières et pastorales.

II. DYNAMIQUE ORGANISATIONNELLE ET FONCTIONNELLE DES


GROUPEMENTS

2-1 Composition du bureau des groupements

2-1-1 Rôle des membres

Pour leur bon fonctionnement, chaque groupement dispose d’un bureau. Il est essentiellement
composé des membres du groupement. Chaque membre, assisté par une adjointe, assure les
tâches qui lui sont assignées. Ils se sont organisés ainsi :

2-1-1-1 La présidente

Elle est chargée de veiller à l’exécution des décisions ; convoquer et présider les réunions ;
approuver les dépenses ; représenter ou se faire représenter.

2-1-1-2 La secrétaire

Elle est chargée de tenir à jour le registre des membres ; faire parvenir les convocations ;
enregistrer les délibérations ; établir ou conserver un exemplaire des documents ; dresser ou
conserver les procès verbaux (PV) ; enregistrer et classer les courriers, les archives.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

2-1-1-3 La trésorière

Elle est chargée de gérer les fonds ; tenir à jour la comptabilité des ressources ; assurer une
gestion effective ; régler les dépenses conformément au budget ; tenir à jour et rendre
accessible toutes les pièces ; enregistrer les versements d’argent effectués; présenter à chaque
fois la situation.

2-1-1-4 La commissaire aux comptes

Elle est chargée de vérifier la caisse ; vérifier les dépenses exécutées justifiées ; s’assurer si
les biens sont en sécurité ; faire des comptes rendus, des contrôles.

2-1-2 Représentativité

Un (01) seul membre de chaque groupement a le droit de siéger et de représenter son


groupement dans les comités, au même titre que les présidentes des groupements au sein du
conseil d’administration du Comité de Gestion du Fonds d’appui
Les Comités que dispose le CGFK sont au nombre de quatre (04).Il s’agit :

-du comité de crédit ;

-du comité de surveillance ;

-du comité d’éducation ;

-de la gérance.

2-2 Processus de prise de décision

Les groupements de promotion féminine disposent chacun d’un règlement intérieur auquel les
membres doivent se conformer. Il permet la bonne marche du groupement.
En effet le règlement intérieur définit le mode de fonctionnement interne tel que :
-le fonctionnement administratif des organes ;
-les règlements de gestion ;
-les sanctions.

2-3 Modalités de contrôle

Les groupements disposent de commissaires aux comptes. Ils sont chargés de vérifier la
caisse, les dépenses, de contrôler les biens et de dresser des Procès Verbaux des contrôles
effectués. Ils ont à leur disposition des cahiers qui leur permettent de mener à bien leur travail.

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

2-4 Patrimoine et capital

Les groupements ne sont pas bien fournis en équipements. Aucun groupement ne dispose de
matériels pouvant alléger les travaux de restauration des sols.
Pour les prêts consentis, les groupements mènent des activités génératrices de revenus
(Embouche, cultures, commerce…) qui leur permettront de rembourser à l’échéance les prêts.
Cependant, ils ont en leur possession quelques matériels (marmites, bâches, chaises…)
destinés à la location.

2-5 Sources et modes de financement

A part le Projet de Gestion et Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier


(PROGERT) qui a mis en place un fonds d’appui aux initiatives locales, il n’existe aucune
autre structure pour l’octroi de crédits.

C’est dans ce cadre qu’un protocole de partenariat a été établi entre le Projet de Gestion et
de Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT) et le Comité de
Gestion du Fonds d’appui aux groupements féminins de Koutal (CGFK).

Le protocole d’accord est fondé sur les principes de la concertation et du partenariat entre le
PROGERT et le CGFK, pour la mise en œuvre de microprojets financés par le fonds
d’appui aux initiatives locales et dont les activités sont liées à la Gestion des Ressources
Naturelles (GRN).
Pour la réalisation des microprojets visant à renforcer les capacités de production et à
accroître les revenus des populations, les activités porteront sur:

 Le soutien à l’organisation des populations ;


 Le financement par le microcrédit d’activités génératrices de revenus liées à la GRN et
pouvant contribuer à la réduction de la pauvreté ;
 L’appui à la mise en place d’un système de crédit revolving pour assurer la pérennité
du financement des microprojets.

L’utilisation du fonds est réglementée par les dispositions du protocole d’accord dont
l’article 07 stipule : « Tout groupement bénéficiaire de prêt devra au préalable s’acquitter de
ses droits d’adhésion et de sa part sociale définies dans les statuts et règlement intérieur du
CGFK, et supporter un taux d’intérêt de 10 %. »

2-6 Formation et gestion des groupements en microcrédit

Une session de formation portant sur la mutuelle d’épargne et de crédit a été financée par le
PROGERT en 2008 pour le bénéfice des groupements. La formation a duré trois (03) jours
et a eu pour objectif de renforcer la capacité du comité de gestion mis en place avec l’appui
du PROGERT afin de lui permettre d’assumer pleinement ses responsabilités en matière de
sélection de projets porteurs, d’octroi de crédit avec toutes les exigences requises , de
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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

recouvrement des fonds et de suivi et contrôle. Cette formation a également permis une mise à
disposition des outils de gestion des mutuelles et de faire ressortir les capacités du système
de crédit revolving à promouvoir le financement des AGR liées à la GRN ainsi que les leçons
apprises de la mise en œuvre des AGR en milieu rural dans le cadre des projets de
développement.
Par cette formation, les participants (46 membres) ont pu acquérir des connaissances
techniques qui leur permettront de développer les activités génératrices de revenus et
d’optimiser leur exploitation.

III. IMPLICATION DES GROUPEMENTS DANS LA GESTION DES RESSOURCES


NATURELLES

3-1 Etat de dégradation des sols de Koutal

Au Sénégal, les sols salés sont localisés dans les régions de Kaolack, Fatick, Kolda,
Ziguinchor et dans le Delta et la moyenne vallée du fleuve Sénégal. Ils couvrent une
superficie estimée à environ un million d’hectares.
L’amplitude des terres salines et acides appelées aussi « tannes », gagne de plus en plus du
terrain, surtout dans la région de Kaolack et précisément à Koutal. Ce phénomène ronge
d’année en année les terres cultivables et hypothèque graduellement les possibilités de survie
des populations.
Cette dégradation affecte progressivement les terres cultivables, réduit significativement les
rendements agricoles et accentue la pauvreté.
Cependant, la salinisation a fait l’objet de nombreuses études aussi bien de la part des
structures de recherche que des services de développement (service forestier).Il est dés lors
opportun de capitaliser ces expériences pour conforter la récupération des terres tout en
limitant graduellement leur avancée.
Pour ce faire, le Projet de Gestion et de Restauration des terres dégradées du Bassin
Arachidier (PROGERT), en collaboration avec les groupements de promotion féminine de
Koutal, a appliqué des techniques et des approches participatives diversifiées pour inverser
durablement le processus de dégradation biologique des sols à Koutal.

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

3-2 Niveau de dégradation des terres

Figure 1 : Pourcentage du niveau de dégradation des terres

Selon les enquêtes, 86,81% des femmes estiment que les terres sont dégradées et 13,19%
disent que les terres sont peu dégradées.
3-3 Causes de dégradation des sols

Figure 2 : Pourcentage des causes de dégradation

Selon les enquêtes menées sur le terrain, 82,42% des terres dégradées sont causées par la
salinité, 13,19% par la baisse de la pluviométrie et 4,39% par l’action anthropique.

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
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Image 1 : Etat de dégradation des sols hors de la forêt régionale Image 2 : Etat de dégradation des sols hors de la forêt régionale

Ces images prises le 28/09/09 montrent l’état de dégradation


avancée des terres rongées par le sel dans la forêt régionale et en
dehors de celle-ci .C’est ce qui justifie l’intervention du
PROGERT, en collaboration avec les GPF de Koutal, à travers les
microcrédits, de procéder à leur récupération.

Image 3 : Etat de dégradation des sols à l’intérieur de la


forêt régionale Image 4 : Etat de dégradation des sols à l’intérieur dans la
forêt régionale

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4- Contribution des microcrédits à la restauration des terres dégradées

Figure 3 : Pourcentage de contribution des microcrédits à la restauration des terres

Sur la base des enquêtes menées sur le terrain, il s’avère selon les groupements de promotion
féminine de Koutal que les microcrédits contribuent à 60,44% à la restauration des terres
dégradées par des activités agricoles et à 39,56% par des activités pastorales. Les produits et
sous produits de ces activités pourront être utilisés pour restaurer les terres (coques
d’arachides et fumier animal).

5-Financement des microcrédits

Figure 4 : Pourcentage des activités financées par les microcrédits

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
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Selon les enquêtes menées sur le terrain, les microcrédits financent 57,6% des activités de
récupération des terres à base de coque d’arachide, 38,4% à travers l’embouche et 4% pour
l’achat d’unités de transformation telles que les décortiqueuses d’arachide pourvoyeuses de
coques d’arachide.

6- Activités de récupération des terres

6-1 Système de récupération à travers l’embouche

Pour les activités liées à la gestion des ressources naturelles (GRN), Les actions des
groupements de Koutal consistent à la récupération des terres agricoles à travers des
opérations d’embouche.
En effet, les femmes achètent des bœufs initialement maigres et les mettent à l’engrais.
Pour la bonne marche de cette opération, la charge d’exploitation se présente comme suit :

Tableau 2 : les charges d’exploitation

RUBRIQUES MONTANT EN F CFA

Achat d’animaux (02 sujets) 400.000

Achat d’aliments de base 15.000

Achat d’aliments complémentaires 35.000

Soins vétérinaires 10.000

Transport et cordage 10.000

Imprévus 10.000

TOTAL 480.000

Au terme de cette opération d’embouche, les sujets (bovins) sont vendus, la fumure organique
obtenue des animaux sera immédiatement appliquée dans les terres agricoles, permettant ainsi
de fertiliser les champs qui doivent abriter les cultures d’arachide, de mil, de mais et de niébé.

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6-2 Système de récupération à base de coque d’arachide

La récupération des terres est aussi possible avec les sous produits agricoles. Pour une
amélioration de la structure du sol, les groupements de promotion féminine de Koutal
achètent une quantité d’arachide disponible en coque (02 tonnes) pour l’amendement des
sols.
Au sortir de cette opération, les graines sont récupérées et vendues, les coques utilisées pour
la fertilisation des sols.
Le financement pour la bonne marche de cette opération se présente ainsi :

Tableau 3 : Le financement du système de récupération à base de coque d’arachide

DESIGNATION QUANTITE EN KG PRIX UNITAIRE MONTANT


(PU)

Achat arachide 2000 205 410.000

Manutention 10.000

Transport 30.000

FDR 270.000

TOTAL 720.000

Des études ont révélé que la coque d’arachide est riche en ions calcium. A une dose de deux
(02) à quatre (04) tonnes/ha sur sol argileux et de huit (08) à dix (10) tonnes/ha sur sol
sableux, la coque d’arachide peut contribuer de façon efficiente à la réorganisation de la
structure du sol et à l’amélioration de sa fertilité.

Avant même l’entame de ces activités, un dispositif de test de comportement sur le mil et le
maïs a été conduit par le PROGERT, sur six (06) ha dans le site opérationnel de Koutal entre
2006 et 2007, à l’intention de trois (03) groupements de promotion féminine.

Il s’agit d’étudier l’évolution de la production de ces spéculations, cultivées avec épandages


de coques d’arachide, comparée à des témoins sans épandage de coques d’arachide.

Chaque groupement a travaillé sur un bloc de deux (02) ha subdivisés en quatre (04) placettes
de 0,5 ha ; soit trois (03) répétitions et douze (12) placettes. Dans chaque bloc de quatre (04)
placettes, il est cultivé du mil et du maïs avec épandage de coque d’arachide.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Chaque placette de 0,5 ha traité a reçu cent soixante deux (162) m3 de coques d’arachide.
Pour mieux ameublir le sol en vue d’une meilleure aération et pour asseoir un bon
enfouissement de la coque d’arachide, un labour croisé a été effectué. (Source : Senesylva,
numéro spécial sur le PROGERT. Mai 2009 N°36)

Les résultats obtenus au cours des années 2006 et 2007 se présentent comme suit :
Tableau 4 : Les résultats du dispositif de test de comportement sur le mil et sur le maïs

Evolution de la production moyenne des


Spéculations Placettes placettes en (Kg)

2006 2007

Placette de mil sans coque 20 45

Mil
Placette de mil avec coque 185 575

Placette de maïs sans coque 70 88


Maïs
Placette de maïs avec coque 220 305
(Source : Senesylva, numéro spécial sur le PROGERT. Mai 2009 N°36)

6-3 Opérations de plantations

Après achat de plants par le PROGERT au niveau des pépiniéristes de Ngane, de Nioro, de
Kaffrine, de Medina Sabah et de Diourbel, la première opération consiste à épandre de la
matière organique en l’occurrence la coque d’arachide.
La seconde étape sera de procéder à un labour pour améliorer la porosité du sol et faciliter une
meilleure infiltration de l’eau.
La dernière étape consiste à réaliser la plantation. A cet effet, le choix des espèces découle de
l’analyse des besoins exprimés par la population et des résultats de la recherche. Les facteurs
déterminants reposent sur les deux critères :
-La résistance au sol ;
-La valeur économique.
Pour la mise en œuvre de ce programme de régénération des terres salées, le PROGERT a mis
à la disposition des femmes des moyens financiers estimés à 1.025.725frs CFA prévus pour la
plantation et le suivi dont les modalités de paiement s’établissent en trois tranches : 30% au
démarrage des activités soit une somme de 315.825 frs,40% après 80% de superficies
plantées soit 421.100 frs et enfin 30% soit 315.825frs après la réalisation totale.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

C’est ainsi que les groupements de Koutal, en collaboration avec le Projet de Gestion et de
Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier, ont reboisé plusieurs espèces en
plantation massive et en plantation linéaire à l’intérieur de la forêt classée et à l’extérieur de la
forêt classée de Koutal.

Pour cela, des espèces (Acacia nilotica ; Zizyphus etc.) qui offrent des retombées
significatives aux paysans par l’exploitation des produits (ligneux et non ligneux) sont
plantées. Elles sont complétées par des espèces halophiles exotiques d’origine Australienne
qui ont été testées par la recherche dans le cadre de la récupération des terres salées au niveau
de la station expérimentale de Ndiaffat. Il s’agit des espèces telles que Eucalyptus
camaldulensis, Tamarix aphila, Melaleuca leucadendron.

7- Impacts de la restauration des terres sur les conditions de vie des populations

7 -1 Impacts agricoles de la restauration des terres

Figure 5 : pourcentage des superficies emblavées

Les activités liées à la restauration des terres ont permis aux groupements de promotion
féminine de Koutal d’emblaver 10,55% de terres et d’augmenter ainsi leurs productions
agricoles.

27
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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Convaincus de l’efficience de la coque d’arachide à la réorganisation de la structure du sol et


à l’amélioration de sa fertilité, les femmes de Koutal, au cours de l’année 2008, ont encore
utilisé la coque d’arachide afin d’augmenter leurs productions agricoles.

Ainsi les résultats obtenus de la récolte se présentent comme suit :


Tableau 5 : Les résultats de la récolte

Spéculations Placettes/ha Rendements/kgr

1ha avec coque 320


Mil (sorgho)

1ha sans coque 200

2ha avec coque 430


Maïs
2ha sans coque 250

Pour le mil (sorgho), les femmes ont obtenu 320 kilogrammes sur une superficie d’un (01)
hectare avec les coques d’arachide et 200 kilogrammes sans coque d’arachide sur une
superficie d’un (01) hectare.

Pour le maïs, elles ont obtenu quatre cent trente (430) Kilogrammes sur une superficie de
deux (02) hectares avec coque d’arachide et deux cent cinquante (250) kilogrammes sans
coque d’arachide sur une superficie de deux (02) hectares.

Pour les cultures de bissap et de gombo intercalées à l’intérieur de ces spéculations, les
femmes de Koutal ont obtenu pour le bissap, vingt cinq (25) sacs de 100 kilogrammes. Ce qui
fait un total de 2500 kilogrammes
Pour le gombo, les recettes obtenues de la vente sont estimées à deux cent cinquante mille
francs (250.000 Fr.).

Pour l’année 2009, les groupements de promotion féminine de Koutal ont réussi à emblaver
un (01) hectare de mil, de niébé et d’arachide dont la récolte n’est pas encore effectuée.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Les terres récupérées et cultivées par les groupements féminins de Koutal


Images prises le 28/09/09 par Lassana Diallo

Image 5 : champs de mil sorghos

Image 6 : champs d’arachide Image 7 : champs de maïs

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

7- 2 Impacts forestiers de la restauration des terres

Les activités de plantation ont démarré avec la mise en place d’une haie vive au niveau du
périmètre de la forêt régionale, suivie de plantations massives à l’intérieur de la forêt. Une
superficie de cinquante (50) hectares de terres ont été récupérées par les groupements, sur un
total de deux cent quatre vingt dix (290) hectares, soit 17,24%.Un désherbage systématique
est réalisé tout au tour du plant après sa mise en terre.

Figure 6 : Pourcentage des espèces utilisées

Les espèces utilisées sont : Acacia melifera, 2800 plants soit 13,27% ; Prosopis juliflora,
5500 plants soit 26,06% ; Eucalyptus camaldulensis, 8300 plants soit 39,33% ; Acacia
senegal, 1500 plants soit 7,10% ; Zizyphus mauritiana, 600 plants soit 2,84% ; Parkinsonia
aculeata, 600 plants soit 2.84 ; Leucaena leucocephala, 1000 plants soit 4,73% et
Anacardium occidental, 800 plants soit 3,79%.

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Tableau 6 : La récapitulation des activités de reboisement

Indicateurs Longueur Superficie Nombre plants Espèces utilisées

Types plantations (km) (ha)

Acacia melifera
Parkinsonia,
Haies vives 3 3 100 prosopis

Eucalyptus,
Prosopis, Acacia
Plantation massive 50 18000 senegal, zizyphus,
Leuceana,
anacardier

Regarnissage 1450

TOTAL 22 550

En guise de haies vives, les femmes ont planté 3.100 plants de Acacia melifera, de
Parkinsonia aculeata et de Prosopis juliflora sur une longueur de trois (3) kilomètres soit
34,83% du nombre total de ces espèces.

Pour les plantations massives, elles ont plantées 18.000 plants de Eucalyptus camaldulensis,
de Prosopis juliflora, de Acacia senegal, de Zizyphus mauritiana, de Leucena leucocephala et
de Anacardium occidental.

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Les opérations de plantation effectuées dans la forêt régionale par les groupements de
Promotion féminine de Koutal
Images prises le 28/09/09 par Lassana Diallo

Image 8 : Plantations effectuées dans la forêt régionale Image 9 : Plantations effectuées dans la forêt régionale

Pour remédier au problème de dégradation avancée des terres explicité à


travers les photos précédemment prises sur l’état de dégradation des sols de
Koutal, les GPF ont procédé aux opérations de reboisement qui leur ont
permis de récupérer une superficie de 50 ha de terres dans la forêt régionale .

Image 10 : Plantations effectuées dans la forêt régionale Image 11 : Plantations effectuées dans la forêt régionale

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

7-3 Impacts pastoraux de la récupération des terres

Ces activités de récupération des terres contribuent à la promotion de l’élevage. A travers ces
microcrédits, les groupements de promotion féminine achètent des animaux dont leur fumure
organique est destinée à fertiliser et à récupérer les terres. Ainsi, pour la bonne marche de
cette opération, les groupements identifient, de concert avec leurs membres, les personnes
engagées et susceptibles de porter garant du suivi des animaux. Les groupements mettront
ainsi en place un comité qui sera chargé de suivre ces activités. Ce comité sera assisté par
l’agent vétérinaire de la zone et le PROGERT.

8- Autres activités développées par les microcrédits

Figure 7 : Pourcentage de femmes disposant de matériels destinés à la location

Les groupements de promotion féminine ne se limitent pas aux réalisations liées à la gestion
des ressources naturelles. Etant donné que le processus de récupération des terres est long, les
femmes de Koutal, à partir des recettes obtenues de la vente de leurs productions agricoles et
pastorales, achètent de petits matériels destinés à la location au niveau de la zone. A cet
effet, selon les enquêtes menées, 40,66% des femmes de koutal disposent de petites chaises
en fer, 32,97% disposent de bâches et de petits tubes en fer et 26,37% disposent d’ustensiles
de cuisine (marmites, écumoires, louches etc). Cette activité leur permet aussi de lutter contre
la pauvreté et d’améliorer leurs conditions de vie, tout en accroissant leurs richesses et leurs
biens.

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9- Efficacité des microcrédits sur la gestion des ressources naturelles

Figure 8 : Pourcentage des microcrédits sur la GRN

Les groupements de promotion féminine de Koutal trouvent les microcrédits comme outil
efficace de gestion durable des ressources naturelles car contribuant à 65,93% à la lutte
contre la dégradation du capital « Terre », base essentielle de leurs activités économiques.

Ils contribuent à 25,27% à atténuer la pauvreté en milieu rural (zone de Koutal) par une
meilleure valorisation des produits agricoles, forestiers et de l’élevage. Ils contribuent aussi à
8,80% à l’augmentation des revenus des populations, à travers des activités génératrices de
revenus (AGR) et ceci dans un souci de préservation et de gestion durable des ressources
naturelles surexploitée

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10- Evaluations des microcrédits

Figure 9 : Pourcentage des changements apportés par les microcrédits

Selon les enquêtes, 52,74% des changements apportés aux populations de Koutal par ces
microcrédits résultent du partenariat avec le Projet pour la Gestion et la Restauration des
Terres dégradées du Bassin Arachidier afin de :

-Lutter contre la dégradation des terres causée par le sel ;

- De récupérer des terres salées ;

-D’atténuer la pauvreté en augmentant leurs revenus par la valorisation des


produits agricoles, forestiers et de l’élevage) ;

25,14% pour la création d’emplois et la diminution de l’exode ; 15,38% pour l’ouverture du


village vers un partenariat multiforme à travers leurs activités de restauration des terres et de
la préservation de l’environnement et 6,74% pour la Promotion de l’épargne en milieu rural.

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11- Projets porteurs pouvant être financés par les microcrédits

Figure10 : Pourcentage des femmes dans les projets porteurs pouvant être financés par
les microcrédits

A Koutal, 60% des femmes, soutiennent que les projets les plus porteurs que les microcrédits
peuvent financer, tournent autour des microprojets de développement local en agriculture et
élevage (embouche, intrants agricoles et petit commerce). Certaines femmes, soient 20%,
disent que les microcrédits peuvent financer des projets de pépinières et de riziculture. Le
reste, soit 13% des femmes de Koutal soutiennent que des projets de pisciculture peuvent
être développés dans les bas-fonds.

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CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 Conclusion

Les « microcrédits comme un outil efficace dans la gestion durable des ressources
naturelles » a fait l’objet d’une étude dans la zone de Koutal, communauté rurale de
Ndiaffate, arrondissement de Ndiendieng, département de Kaolack. Cette étude a permis
d’identifier les groupements de promotion féminine qui gèrent ces microcrédits dans la zone,
d’étudier leur dynamique organisationnelle et fonctionnelle et enfin d’analyser leur
implication dans la gestion durable des ressources naturelles.

Au terme de cette étude, il est montré que les microcrédits contribuent dans une large mesure
au bien être des habitants de Koutal et surtout les groupements féminins tout en préservant
les facteurs naturels de production « Terres » et l’environnement.

A cet effet, dans la zone de Koutal, les microcrédits financés par le Projet pour la Gestion et la
Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT) ont allié les
considérations suivantes :
1. Sociales
En atténuant la pauvreté par l’amélioration des revenus des populations et les capacités des
ménages ruraux pauvres ;

2. Environnementales
En luttant contre la dégradation des terres salées et en contribuant à la restauration et à la
gestion durable des ressources naturelles ;

3. Agricoles
En emblavant d’importantes superficies de terres agricoles, ce qui était impossible dans le
passé, afin de sortir progressivement la population de Koutal de la pauvreté.

Cependant, pour une gestion durable des ressources naturelles et la pérennisation des actions
entreprises pour, à la fois le bien être des populations et la préservation de l’environnement, il
y a lieu de lever certaines contraintes soulignées par les groupements et qui sont relatives à la
gestion des microcrédits.

C’est dans ce cadre que des recommandations ont été dégagées en vue de remédier aux
problèmes soulevés par les populations pour une promotion de moyens d’existence durable à
travers les microcrédits.

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

 Recommandations

A la suite des observations et des analyses, des recommandations pratiques ont été formulées.
Ces recommandations peuvent servir de pistes de réflexion sur les difficultés évoquées par les
groupements de promotion féminine de Koutal. Elles sont d’abord élaborées en fonction de ce
que les groupements peuvent entreprendre eux-mêmes, ensuite de ce que peut apporter le
Projet de Gestion et Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT) en
vue d’améliorer leurs conditions de vie tout en préservant les facteurs naturels de production
« Terres » et l’environnement.

Les recommandations ci-après peuvent être formulées :

 Promouvoir les activités génératrices de revenus avec l’implication davantage des


Groupements d’intérêt économiques (GIE), des Associations Sportives et Culturelles
(ASC)…, afin d’atténuer la pauvreté en augmentant leurs revenus par la valorisation
de produits agricoles, forestiers et d’élevage;

 Maximiser les épandages des coques d’arachide afin de mieux restaurer et récupérer
les terres ;

 Promouvoir l’agro-sylvo-pastoralisme avec l’utilisation de fumure organique dans


les champs et la plantation d’espèces forestières pour une meilleure restauration des
sols

 Améliorer la protection et la gestion des formations forestières par le Service des


Eaux et Forets et le PROGERT en impliquant et responsabilisant les populations ;

 Renforcer l’éducation et la communication environnementale ;

 La mise en place d’une caisse d’épargne et de crédits au niveau de Koutal pour la


promotion des activités génératrices de revenus liées à la gestion durable des
ressources naturelles et faciliter aussi l’obtention des microcrédits ;

 Augmenter les financements des microprojets pour permettre aussi aux groupements
de disposer de matériels pouvant travailler le sol ;

 Renforcer les capacités des membres des groupements pour une meilleure gestion
des microcrédits.

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Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 Centre de Suivi Ecologique, bulletin n°14 du suivi de la campagne agricole

 Rapport du Centre de Suivi Ecologique sur la caractérisation des sites d’intervention


du PROGERT

 Http// www.au-senegal.com

 Berhaut, J, Flore du Sénégal, 485 pages.

 PAGERNA, capitalisation des acquis, mars 2002.

 Processus de mise en œuvre des microprojets de promotion de moyens d’existence


durable, Janvier 2008.

 Plan local d’hydraulique et d’assainissement de la Communauté Rurale de Ndiafatte,


103 pages, Janvier 2008.

 SENESYLVA, Bulletin d’information et de liaison de la Direction des Eaux et Forêts,


Chasse et de la Conservation des sols, numéro 36, Mai 2009

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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

ANNEXE1

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Etude de cas de koutal, un site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Questionnaire sur les microcrédits dans le village de Koutal, communauté rurale de


Ndiafatte, département de Kaolack

I - LOCALISATION

Région : …………………………………………………...

Département : …………………………………………….

Arrondissement : …………………………………………

Communauté Rurale : …………………………………....

Village :……………………………………………………..

II- PRESENTATION DU GROUPEMENT BENEFICIAIRE DU MICRO CREDIT

 Nom de l’organisation ……………………………………


 Date de création………………………………………………
 Statut juridique/Raison sociale ?..............................................
GIE……. Association……… Fédération de Groupements………Autres à
préciser………………………………………
Nombre de membres ? Hommes :………… Femmes :……… Total :…….
 Quelle est l’origine de la création de ce groupement ? Création spontanée…..........
Par l’appui d’une structure quelconque à préciser…………….
 Quels sont les domaines d’activités du groupement?
Agriculture……………. Elevage………….. Maraichage…………..
Commerce…………Restauration des terres………………………………..
Autres (préciser)…………………………………..
 Nature et montant des microcrédits alloués aux groupements ?..............................
 Structure d’appui aux groupements………………………………………………..

 Avez-vous connu le micro crédit avant l’intervention du


PROGERT ?.............................
 Quels sont les partenaires qui ont financé les microcrédits ?....................................
 Quelles sont les modalités et conditions d’acquisition des microcrédits (éligibilité,
remboursement, contre partie
financière,….)?................................................................................................

i
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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

 Composition du bureau et niveau d’étude des gestionnaires

titre âge sexe Niveau d’études Formations


reçues
Président
Vice président
Secrétaire
Trésorière
Commissaire
aux comptes

 Les membres du bureau jouent-ils leur rôle ? Oui………………. Non……………


 Si oui, quel est le rôle de chaque membre ?.................................................................
 Qui représente le groupement au sein du Comité de Gestion et de Fond d’appui ?....

VIII Processus de prise de décision

Existe t-il un règlement intérieur ? Oui………………… Non…………….

Si non comment les décisions sont-elles prises ?

-Unanimité des voix……….. Majorité des voix………… Autres……………..

Quelle est l’instance suprême de prise de décision ?

-Le président………… Le bureau……….. L’assemblée générale…………

Comment l’exécution des décisions est-elle évaluée ?

-En AG……. En réunion de bureau…………. Autres……………

VII modalités de contrôle comptable

Les comptes de votre organisation font-ils l’objet d’une vérification par les commissaires aux
comptes ? Oui…….. Non………

Si oui, Quelle est la périodicité des contrôles ?......................................

Si non, quelles sont les modalités de contrôle comptables en vigueur dans votre organisation ?

Audit……. Autres……………………………………

Quels sont les outils de vérification comptables en vigueur dans votre organisation ?

-Livre de caisse………… Autres…………………………..

ii
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V patrimoine et capital de l’organisation

Quelle est la situation concernant le patrimoine et le capital de votre organisation ?

période capital

2006

2007

2008

2009

période capital

2006

2007

2008

2009

IX Sources et modes de financement

Comment sont financés vos projets ?

Par prêt bancaire………….. Montant……………….


Sur fonds propres…………. Montant…………………
Par subvention…………….. . Montant……………………
Autres……………………………….

Avez Ŕvous bénéficié de prêt ? Oui………………. Non

Si oui, quelle est la structure créancière ?

Mutuelle……………………………..
CNCAS…………………..
Autres………………………..
Si non pourquoi ?..............................................................................

iii
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Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

III Formation et gestion des microcrédits

 Avez-vous bénéficié d’une formation en gestion de


microcrédit ?.....................................................................................................................
...........................................................................................................................................
.................................
 Quel est le nombre de personnes formées ?...................................................................
 Qui a financé la formation ?............................................
 Origine de l’appui : Gouvernement……, ONG………. Projet………

XI AGR et Gestion des ressources naturelles

Quel est le niveau de dégradation des terres ?

Dégradées…, peu dégradées…, pas dégradées…, se régénère………..

Quelles sont les causes de la dégradation ?

Baisse de la pluviométrie……, action de l’homme…, salinité …, avancée de la mer…,


autre à préciser……..

Votre organisation pratique t-elle des activités de GRN ? Oui ……….. Non………

En quoi consistent ces activités ?..........................................................................................

Quels sont les impacts des AGR sur la restauration des Ressources naturelles (terres
dégradées /végétation) et sur les conditions de vie des
populations?......................................................................................................

Comment voyez-vous ces impacts sur la gestion des ressources naturelles ?

Court Terme…………….. Moyen Terme ………….. Long Terme……..

Quels changements ces activités ont-elles apporté aux bénéficiaires sur le plan :

-revenus : accroissements des richesses et de biens …… ; Rien du tout ………


Changements modestes………………. Non perceptibles……………………….

- Contribution à la lutte contre la dégradation des terres………………………………

- Contribution à la gestion des ressources naturelles de manière plus globale……………

Croyez-vous profondément, que les AGR constituent un outil efficace de gestion des R.N ?
Oui …. Non …

.Quelles sont les évaluations du micro projet ? :……………………………………………

Quels sont les projets porteurs pouvant être financé par les microprojets ?

Votre appréciation par rapport aux montants obtenus :…………………………………

iv
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Quelles sont vos suggestions pour améliorer l’accès au financement de projets pour la GDRN
(terre) ?
Quelles suggestions pouvez-vous faire pour faciliter l’obtention de microprojets pour la
GDRN notamment la gestion des terres ?...............................................................................

v
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ANNEXE 2

PROTOCOLE D’ACCORD ENTRE LE PROGERT ET LE CGFK


(Comité de Gestion du Fonds d’appui aux groupements féminins de Koutal)
POUR LA GESTION DU FONDS D’APPUI A LA PROMOTION DE
MOYENS D’EXISTENCE DURABLE DANS LE CADRE DE LA
GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

I. OBJET

ARTICLE 1 : Objet du protocole d’accord

Le présent protocole vise à établir un partenaire entre le Projet de Gestion et de Restauration


des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT) et le Comité de Gestion du Fonds
d’appui aux Groupements féminins de Koutal (CGFK) en vue d’accompagner le
développement d’activités génératrices de revenus dans le cadre du fonds d’appui aux
initiatives locales pour la promotion des moyens d’existence durable. Le protocole prévoit
ainsi le renforcement des capacités des bénéficiaires et la mise en place de moyens financiers
devant permettre la création d’une mutuelle d’épargne et de crédit propre à ces groupements
femmes.

II. PRINCIPES ET CADRE DE L’ACCORD

ARTICLE 2 : Principes de fonctionnement

Le protocole d’accord est fondé sur les principes de la concertation et du partenariat entre le
PROGERT et le CGFK, pour la mise en œuvre de microprojets financés par le fond d’appui
aux initiatives locales et dont les activités sont liées à la gestion des ressources naturelles.

Pour la réalisation des microprojets visant à renforcer les capacités de production et à


accroitre les revenus des populations, les activités porteront sur :

 Le soutien à l’organisation des populations ;

 L’appui à la mise en place d’un système de crédit revolving ;

 Le financement par les microcrédits d’activités génératrices de revenus liées à la


gestion des ressources naturelles et pouvant contribuer à la réduction de la
pauvreté ;

 La création par les groupements de femmes de Koutal de leur propre mutuelle


d’épargne et de crédit pour assurer la pérennité du financement des microprojets.

vi
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
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III. FONCTIONNEMENT

ARTICLE 3 : le fonds d’appui aux initiatives locales

Le fonds est destiné à financer des Activités Génératrices de Revenus (AGR) liées à la gestion
des ressources naturelles, à la réhabilitation et à la préservation de l’environnement et devant
permettre la promotion des filières des produits agricoles , forestiers et de l’élevage.

Il est directement géré par le PROGERT qui peut appuyer le CGF à travers des virements à
hauteur des montants des microprojets sélectionnés par le comité de sélection mis sur pied et
approuvé par le Coordonnateur National du PROGERT.

ARTICLE 4 : Fonctionnement du compte du CGKF

Le CGFK a ouvert un compte dans les livres de la mutuelle d’épargne et de crédit de la


chambre de commerce de Kaolack sous le n° de compte 241 000 630 ; le numéro d’adhésion
étant : 00063444. Ce compte reçoit l’argent du Fonds d’Appui aux initiatives Locales destiné
à financer les microprojets retenus par le Comité Régional de Sélection mis en place au profit
des groupements membres du CGFK.

Au démarrage des activités, une enveloppe correspondant au montant des microprojets


sélectionnés et approuvés sera versée (sous forme de prêt) directement dans le compte du
CGFK pour financer les premiers microprojets. Ce montant est fixé à un maximum de cinq
millions (5 000 000 F CFA).

La mobilisation des moyens financiers destinés aux microprojets se fera sur la base de la
signature conjointe de la Présidente du CGFK et de la secrétaire du CGFK.

IV.MODALITES ET CONDITIONS DE PRET :

Article 5 :

Le fonds ne finance que de microprojets pertinents en relation avec la gestion des ressources
naturelles et devant permettre la restauration des terres dégradées.

La commission de sélection du CGFK élargie aux responsables désignés du PROGERT et de


l’Inspection Régionale des Eaux et Forets de Kaolack procède à la sélection des projets
proposés et endossés par les groupements selon les critères définis de commun accord avec
les structures concernées.

vii
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Article 6 :

Tout prêt consenti est octroyé par le CGFK aux groupements membres qui en assurent la
garantie par le biais de la caution solidaire des promoteurs, après avis favorable du Comité de
Sélection matérialisé par un accréditif.

Article 7 :

Tout groupement bénéficiaire de prêt devra au préalable s’acquitter de ses droits d’adhésion et
de sa part sociale définie dans les statuts et règlement intérieur du CGFK, et supporter un taux
d’intérêt de 10%.

V. MECANISME DE GESTION

Article 8 :

La cogestion des microprojets relève de deux structures que sont le PROGERT et le CGFK
qui doivent travailler en étroite collaboration avec le Service Forestier de Kaolack et les
structures techniques déconcentrées en charge du développement rural.

Article 9 :

Les procédures applicables dans le cadre de ce protocole seront celles se rapportant aux règles
de l’exécution nationale et au manuel de procédures opérationnelles (MPO) du PROGERT.

Article 10 :

Les fonds versés restent la propriété du PROGERT sauf dispositions contraires prises
conjointement par le PNUD et le Gouvernement du Sénégal.

Article 11 :

A ce titre, la gestion des fonds alloués au CGFK, prêtés aux membres par ce dernier et
remboursés sera supervisée par le PROGERT.

VI. SUIVI ET EVALUATION

Article 12 :

Les instances de suivi et de contrôle des caisses alimentées par le fonds auront pour taches de
suivre les activités financées par le crédit et le remboursement, en rapport avec les
responsables du PROGERT.

viii
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

Article 13 :

Le PROGERT apportera les appuis techniques nécessaires pour les types d’activités indiquées
dans ce protocole et assurera leur suivi.

VII. DISPOSITION FINALES

Article 14 :

Le présent contrat reste valable durant toute la mise en œuvre du PROGERT.


Article 15 :

Les parties contractantes s’engagent à respecter la forme écrite pour toute notification liée à
l’exécution du présent protocole.

Article 16 :

Tous les aménagements relatifs au présent protocole se feront sur la base d’avenants dûment
négociés entre les parties.

Article 17 :

Le présent protocole est signé en deux (02) exemplaires originaux :

-Un (01) exemplaire pour le Comité de Gestion de Koutal ;

-Un (01) exemplaire pour la Coordination du PROGERT

ix
Les microcrédits sont-ils un outil efficace de gestion durable des ressources naturelles ? Etude de cas de
Koutal : site d’intervention du PROGERT dans la région de Kaolack.

ANNEXE 3 : Organigramme du PROGERT

Relations hiérarchiques et contractuelles Décisions conjointes

Coordination, Appui, Suivi et circulation des informations

MEPNBRLA PNUD/FEM
MEF PNUD-Sénégal

Niveau national
Comité
Comité de Pilotage du Projet
Scientifique et
Technique

Partenaires
opérationnels
Unité de Coordination du Projet
(Service
(UCP ) administration;
ONGS;
Consultants
internationaux,
etc.)
Cadre de concertation

Agences Régionales de
Services Techniques
Développement (ARD)
déconcentrés

Les CR, CADL et CR, CADL et CR, CADL et CR, CADL et CR, CADL et
Niveau services Services Services Services Services
Régional techniques Techniques Techniques Techniques
Techniques