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Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS)

- Fonctionnement et conséquences de son utilisation -

BUFFET Mathieu mathieu.buffet@club-internet.fr


LOUIS Julien juvoyage496@hotmail.com
MAUREL Nicolas nykozac@hotmail.com
SAUT Stéphan steph07.s@hotmail.fr

- Projet RERIP 2007 -


Master BGAE 1°année opt. SVT

-1-
-AVANT-PROPOS-

Notre projet est né d’une contradiction courante de l’esprit existant chez de nombreuses
personnes : « dans un désert, il n’y a pas d’eau ».
Or, au cours de nos recherches, nous avons découvert que le Sahara recelait des réserves
en eaux extraordinairement importantes et que celles-ci n’étaient pas bien gérées actuellement.
La difficile accessibilité à l’eau dans ces régions du monde soulève ainsi de nombreux problèmes
tant politiques, qu’économiques que humains. Il nous est donc paru intéressant de nous
préoccuper de ce type de thématique qui n’est pas couramment abordé. De plus, le peu
d’informations et/ou leur difficile accessibilité sur ce sujet a suscité notre curiosité.
Partant de ce constat, nous avons voulu sensibiliser les plus jeunes à ce problème majeur
de la planète, qui est la répartition et l’accessibilité de l’eau à tous les êtres vivant de la planète.
Ce sujet nous a paru en adéquation avec le programme de géographie de 5ième puisque
celui-ci traite des risques liés à l’eau dans le monde. Comme ce type de problématique n’est pas
uniquement géographique, cela a été l’occasion de montrer qu’une action pluridisciplinaire est
possible sur cette thématique. Ainsi, une collaboration du professeur d’histoire géographie avec
le professeur de SVT est nécessaire.
Ce type de thème soulevant de nombreuses réflexions d’ordre citoyenne, l’aboutissement final de
notre projet sera un « débat citoyen » sur ce thème.

Il est à noter que nous avons choisi le site du Sahara pour traiter les problèmes de
ressource et de disponibilité en eau car celui-ci ne présente pas, à première vue, de trace
montrant l’existence d’eau. Il nous a donc semblé être le bon exemple pour aboutir à ce débat.
En effet, bien que la même réflexion aurait été possible dans nos régions sèches de type
méditerranéen, nous avons voulu nous appuyer sur un cas visuel très marqué, ceci pour faire
naître le questionnement chez l’élève et ensuite ramener cette problématique à un cas plus
général.

-2-
-SOMMAIRE-

-AVANT-PROPOS- ..................................................................................................................- 2 -

-INTRODUCTION-..................................................................................................................- 4 -

I – DE L’EAU SOUS LES SABLES –.....................................................................................- 4 -


1. Délimitation géographique du SASS ..............................................................................- 4 -
2. Une structure géologique particulière permettant des retenues d’eau ............................- 5 -
3. La Paléorecharge, origine majeure des réserves d’eau actuelles ....................................- 6 -

II – RUISSELLEMENT, INFILTRATION ET EXUTOIRES : MOTEUR DE


L’HYDRODYNAMIQUE DU SASS –..................................................................................- 7 -
1. Les phénomènes de ruissellement – infiltration dans le domaine du SASS ...................- 7 -
A] Le processus de ruissellement........................................................................................- 7 -
B] L’infiltration aux affleurements perméables..................................................................- 8 -
2. Direction des écoulements et piézométrie ......................................................................- 9 -

III – EXPLOITATION DU SASS PAR L’HOMME –........................................................- 10 -


1. De l’utilisation traditionnelle à l’exploitation intensive ...............................................- 10 -
A] Un impact faible jusqu’en 1950...................................................................................- 10 -
B] Une exploitation de plus en plus intensive...................................................................- 10 -
2. Conséquences de l’utilisation massive des aquifères....................................................- 11 -
A] Conséquences sur les aquifères ;.................................................................................- 11 -
B] Conséquences sur les écosystèmes naturels ; ..............................................................- 11 -
3. Des ressources gaspillées conduisant à des situations aberrantes.................................- 12 -

-CONCLUSION-.....................................................................................................................- 12 -

-BIBLIOGRAPHIE- ...............................................................................................................- 13 -

-ANNEXES-.............................................................................................................................- 14 -
Annexe 1 : Glossaire.............................................................................................................- 14 -
Annexe 2 : Carte géographique de la partie septentrionale de l’Afrique du Nord. ..............- 16 -
Annexe 3 : Précision sur les mécanismes d’infiltration et la loi de Darcy. ..........................- 17 -

-3-
-INTRODUCTION-

Sur Terre, l’eau a un volume considéré comme fini dont la répartition à la surface de la
planète est très inégale. La majeure partie se trouvant dans les océans (97,5%), le reste (2,5%)
sur les continents sous forme de neige, de glace, de vapeur, d’eau courante ou souterraine. Sur
cette part continentale, la disponibilité en eau peut poser de véritables problèmes pour des
populations vivant dans des régions où les ressources sont difficilement accessibles voire même
inaccessibles.
Le XXI° siècle s’attelle donc à d’immenses chantiers dont celui d’offrir de l’eau potable et
d’irrigation à tous les habitants de la planète, notamment dans les régions Sahariennes. C’est
dans ce sens que vont donc aller des pays comme l’Algérie, la Tunisie ou la Libye.
Le Sahara au sens large s’étend de l’océan Atlantique au golfe Persique et entre le 18° et
le 35° de latitude Nord. Cette région, au climat aride à hyper-aride, est caractérisée par des
précipitations annuelles faibles (entre 0 et 200 mm), à distribution très irrégulière et inégale dans
le temps comme dans l'espace et notablement inférieures à l'évaporation potentielle annuelle.
Elle est caractérisée aussi par un taux d’ensoleillement supérieur à 3500 heures par an (contre
2500h pour comparaison, dans la région de Montpellier et 1600h pour Paris) et des températures
présentant de très grandes variations annuelles (55°C) et journalières (35°C). Avec la chaleur, les
vents desséchants érodent les roches jusqu'à les réduire en sable, constituant ainsi les autres
caractéristiques permanentes du Sahara. L’ensemble de ces caractères induisant une extrême
faiblesse des quantités d’eau de surface. Il recèle cependant d’importants gisements d’eau
souterraine dans sa partie Saharo-sahelienne mis en évidence par les investigations
d’hydrogéologues internationaux. La majeure partie de ces réserves est localisée dans
d'immenses réservoirs que sont les bassins sédimentaires transfrontière : le bassin de Nubie, le
bassin du Tchad, le bassin d’Illumenden (Niger, Mali, Algérie), le bassin de Taoudéni (Mali,
Mauritanie…), le bassin Sénégalo-mauritanien et le bassin du Sahara Septentrional appelé
Système Aquifère du Sahara Septentrional (ou SASS). C’est sur ce dernier que notre étude se
portera.
Au vu de son intense exploitation actuelle, pour subvenir aux besoins de la population
locale, il est nécessaire de comprendre comment fonctionne ce système et de faire le point sur les
conséquences de sa surexploitation. Autrement dit, quelle est la structure géologique de ce bassin
permettant ces retenues d’eau ? D’où et à quel moment vient l’eau qu’il contient ? Ou encore
quelles sont les conséquences de son utilisation par l’homme ?
Pour répondre à ces questions nous verrons donc, dans un premier temps, la géologie
particulière de ce système ainsi que l’origine ancienne de l’eau qu’il contient. Puis nous
analyserons son fonctionnement interne et identifierons quelles sont les recharges et exutoires
actuelles - moteurs de sa dynamique. Ce qui nous conduira enfin aux conséquences de son
intense exploitation anthropique.

I – DE L’EAU SOUS LES SABLES –

1. Délimitation géographique du SASS

Les 9000 points d’eau (oasis naturels et forages pour l’essentiel) répartis sur 3 pays, que
sont l’Algérie, la Tunisie et la Libye, ont permis une relative bonne connaissance du bassin. On
sait maintenant que le SASS recouvre une étendue de plus de 1 million de km², dont 60% se
trouvent en Algérie, un peu moins de 10% en Tunisie, et 30% en Libye. Ce bassin possède une
envergure de 1800 km E-W et de 900 km N-S (OSS, 2003). Il est limité au Nord-ouest par les
piémonts du versant Sud de l’Atlas saharien, au Nord par l’accident sud atlasique au Nord des
Chotts, relayé vers le golfe de Gabès par la faille d’El Hamma - Médenine. A l’Ouest, la limite
se situe au niveau de l’Oued Saoura-Reggane, au Sud par un alignement Est-ouest, de plateaux
(Hammadas) du Tinrhert et du Tademaït. Enfin, la limite Nord-est se situe un peu après les

-4-
reliefs du Dahart et celle du Sud-est parcoure la région de Syrte et va jusqu'à la ville de Hun en
Libye (CASTANY, 1998 et OSS, 2003).
Un contexte géologique particulier permet l’existence, dans ce périmètre, d’une des plus grandes
réserves d’eau au monde.

2. Une structure géologique particulière permettant des retenues d’eau

L’examen de la carte des


affleurements géologiques de la
région (Fig.1) nous indique deux
choses importantes :
- D’une part, nous pouvons constater que l’affleurement des couches est organisé de
façon concentrique. C'est-à-dire que les âges les plus vieux des couches affleurantes (terrain du
Primaire) se situent autour de la partie centrale de la région, pour finir avec les couches les plus
jeunes (Quaternaire) au centre.
- D’autre part, nous pouvons distinguer nettement de nombreuses failles dont les
principales se trouvent au centre du bassin dans la région d’El Aboid.
De plus, une carte topographique de la région ou une image satellite montre que la trace des
cours d’eau anciens n’atteint pas la mer mais se dirige vers l’intérieur de la région débouchant
dans de grands sebkhas : c’est une région endoréique. Tout ceci laisse donc penser que ce bassin
est organisé comme une cuvette.
L’étude minutieuse de 300 points également répartis sur le domaine (forages pétroliers et
forages d'eau profonds) a permis de
définir le modèle conceptuel du
Multicouche Saharien (Fig.2) et de
le simplifier grandement afin
d'élaborer une coupe géologique
SW-NE à travers l'ensemble du
Sahara Septentrional (Fig.3).
La série sédimentaire débute
par les formations marines
paléozoïques renfermant de l’eau
salée et des gisements de pétrole et
de gaz. Ces mêmes formations se
terminent par l’orogenèse
hercynienne. Elles sont surmontées
par les formations
lithostratigraphique du Secondaire et
du Tertiaire. Le Quaternaire est
essentiellement constitué de sables
dunaires (CASTANY, 1998).
Cette schématisation permet
de parvenir au modèle moderne : en
regroupant la nappe des calcaires du

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Crétacé supérieur, celle de l'Eocène carbonaté, et la nappe des sables du Moi-Pliocène, le
multicouche du SASS va se présenter sous la forme de trois systèmes aquifères superposés,
séparés par (ou communicant à travers) des formations semi-perméables.
Le Système Aquifère du Sahara Septentrional comprend donc deux principales couches
aquifères profondes : la formation du
Continental Intercalaire (étendue sur
1.100.000 km² ; 350m d’épaisseur
moyenne), la plus profonde, et celle du
Complexe Terminal (étendue sur
665.000 km² ; 342m d’épaisseur
moyenne). Entre ces deux couches
principales se trouve la nappe du
Turonien.
En d’autres termes, directement
surmontée par les argiles et carbonates
du Cénomanien, la formation du
Continental Intercalaire (CI) désigne un
épisode continental localisé entre deux
cycles sédimentaires marins : à la base,
le cycle du Paléozoïque qui achève
l’orogenèse hercynienne, et au sommet,
le cycle du Crétacé supérieur, résultat de la transgression cénomanienne (BABA SY, 2005). Le
Complexe Terminal (CT) quant à lui, regroupe sous une même dénomination plusieurs aquifères
situés dans des formations géologiques différentes (Sénonien, Eocène et Miopliocène), car ces
nappes font bien partie d’un même ensemble hydraulique (BEL et CUCHE, 1969 ; ERESS,
1972a ; OSS, 2003 ; BABA SY, 2005). Les intercommunications entre Sénonien, Eocène et
Miopliocène sont évidentes sur l’ensemble du bassin, à l’exception de la région des chotts où
l’Eocène (moyen et supérieur) imperméable vient s’intercaler. La nappe Turonienne est plus
individualisée par la couverture imperméable du Sénonien lagunaire, mais ses niveaux
concordent avec ceux du Sénonien ou du Miopliocène sur la bordure du bassin.
Il est cependant nécessaire d’émettre quelques réserves quant à l’objectivité de ce modèle
multicouche. En effet, les études réalisées sur ce système ont été commandées, pour une grande
part, pour le compte de l’OSS (BABA SY ayant collaboré à leurs projets). Il est donc difficile de
valider entièrement ce modèle puisque n’ayant pas subi de contre expertise (ou du moins, nous
ne les avons pas eu en main…).
C’est donc cette structure, en cuvette, endoréique, présentant une alternance de couches
perméables, semi-perméables ou imperméables, avec des affleurements de couches perméables
qui est responsable de l’accumulation d’eau. On peut se demander quand a eu lieu cette
accumulation.

3. La Paléorecharge, origine majeure des réserves d’eau actuelles

A priori, la découverte de peintures rupestres ou gravures dans tout le Sahara, représentant


des animaux typiques d’un climat plus clément, apporte un indice intéressant quant aux climats
passés. Il en est de même de la découverte de pointes de flèches, de pierres taillées ou de
Kjökkenmödding (accumulation préhistorique de déchets alimentaires – surtout coquilles et
ossements – et de débris d’ustensiles de cuisine) puisque ceux-ci montrent que l’Homme vivait
dans ces régions au climat plus doux.
Il est maintenant bien établi que les variations de la distribution saisonnière de l'insolation
sur la terre induisent des changements climatiques spectaculaires à l'échelle planétaire au cours
du Quaternaire. Les témoins de ce changement se retrouvent aussi bien sur les enregistrements
des sédiments marins que sur les dépôts continentaux. L'étude de ces derniers a montré que le
Sahara a connu, au moins, trois optimums humides pendant les derniers 150.000 ans qui sont

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datés de 140.000, 90.000 et de 11.000 à 4.000 ans B.P. (BABA SY, 2005). De plus, le Sahara
actuel porte les vestiges d'un réseau hydrographique ancien qui témoigne d'écoulements
endoréiques de surface au cours des périodes humides. On comprend ainsi que d'énormes
réserves hydrauliques se soient constituées au cours de ces périodes géologiques en s'accumulant
dans les terrains perméables du Secondaire et du Tertiaire séparés par des terrains imperméables.
C’est-à-dire qu’elles se sont infiltrées et accumulées au cours des temps géologiques, leur
alimentation s’est poursuivie au cours des périodes pluvieuses du Quaternaire par infiltration sur
les affleurements des couches perméables.
Si l’on prend pour exemple le CI : les données isotopiques concernant l’activité en 14C
ont été rassemblées des 72 points d’eau du CI étudiés. La lecture de la carte des âges (Fig.4) rend
bien compte à la fois du gisement géologique de l’aquifère et de son comportement
hydrodynamique. En effet, l’eau la plus ancienne correspond à des âges compris entre 40 000 et
50 000 ans. Ceci confirmant bien la théorie de la paléorecharge.
En revanche, les eaux plus anciennes correspondant aux périodes humides datant de 90 000 ou
140 000 ans ne sont pas visibles. Ceci
pourrait être expliqué par le
comportement hydrodynamique de
l’aquifère mis en évidence par cette
étude. En effet, les eaux les plus jeunes
(25ans) se situent à l’Ouest du CI et
plus on se dirige vers l’Est au plus
l’âge des eaux augmente. Cela traduit
schématiquement un mouvement des
eaux d’Ouest en Est dont l’apport se
ferait du côté de l’Atlas Saharien et
dont les exutoires se situeraient au
niveau du golfe de Gabès ainsi qu’en
Libye. Les eaux datant de plus de
50 000 ans ont donc été chassées du CI
au niveau des exutoires, cela
expliquerait leur absence sur la carte. Une autre explication de l’absence d’eau d’ages supérieurs
à 50 000 ans est que le 14C est utilisé en radiochronologie pour des temps n’allant que jusqu'à ces
ages ci.
Nous venons donc de voir que ces réserves datent des périodes humides du Quaternaire, qu’elles
sont soumises à une dynamique et qu’elles présentent enfin une recharge actuelle. Quels sont les
points d’entrées et de sorties de cette recharge ?

II – RUISSELLEMENT, INFILTRATION ET EXUTOIRES : MOTEUR DE


L’HYDRODYNAMIQUE DU SASS –

1. Les phénomènes de ruissellement – infiltration dans le domaine du SASS

Les eaux de pluie et de ruissellement, observées au Sahara septentrional, s’infiltrent dans les
sables dunaires, puis passent dans les formations perméables du CT avant de rejoindre la nappe
du CI proprement dite. Le domaine du Sahara septentrional reçoit, en moyenne, 62 milliards de
m3 de pluies par an (57 mm).

A] Le processus de ruissellement
Dès que l'intensité de la pluie est supérieure à la vitesse d'absorption de l'eau par la terre,
il y a excès momentané d'eau à la surface de celle-ci. Lorsque la pellicule d'eau libre ainsi formée
a une épaisseur suffisante, un ruissellement apparaît. Il est, évidemment, d'autant plus rapide que

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la pente est plus forte et la végétation plus clairsemée. Autrement dit, les facteurs intervenant
dans le phénomène du ruissellement sont :
-l’intensité et la quantité de pluie tombée,
-la perméabilité du sol arrosé, son pendage et l'état de sa couverture végétale.
Les pluies sahariennes, caractérisées
par leurs faibles valeurs
quantitatives, peuvent donner lieu à
un ruissellement important. Il existe
plus d’une quarantaine de bassins
versants (bassin hydrographique:
portion de territoire délimitée par des
lignes de crête, dont les eaux
alimentent un exutoire commun:
cours d’eau ou lac) au Sahara
septentrional et notamment au
niveau de l’Atlas. Il s’agit de régions
où l’altitude est plus importante et où
les formations nuageuses sont plus
courantes : les courbes des isohyètes
montrent effectivement des
moyennes de précipitations
supérieures dans ces régions (fig.5). Elle dénote aussi l’inégale répartition de ces précipitations.
Les quantités les plus importantes sont observées au Nord, sur l’Atlas saharien, où les moyennes
interannuelles sont de l’ordre de 200 à 250 mm. Le Dahar présente des moyennes comprises
entre 80 et 150 mm. Sur le Jebel Nefusa et le long de la côte libyenne, les moyennes
interannuelles sont comprises entre 80 et 250 mm. Ces régions sont les principales zones
d’alimentation des nappes du SASS. Le Grand Erg Occidental et le Grand Erg Oriental sont
traversés par les isohyètes 40 à 80 mm. En résumé, plus on se dirige vers le Sud, plus les
précipitations sont faibles.
Sur les bassins versants, l’ensemble du ruissellement interannuel moyen serait de l’ordre de 1
milliard de m3/an (BABA SY, 2005). Une grande partie de ces eaux ruisselantes s'infiltre dans les
lits des oueds (cours d’eau à régime hydrologique très irrégulier, souvent à sec, mais montrant
parfois des crues spectaculaires avec de la boue) ou s'étale dans les régions d'épandage avant de
s’infiltrer dans les formations aquifères affleurantes.

B] L’infiltration aux affleurements perméables


La quantification de l’infiltration n’est pas aisée. Toutefois, il a été possible d’établir des
ordres de grandeur aux zones de recharge des nappes, par le calcul de l’infiltration à partir des
eaux de pluie et de celle provenant des eaux de ruissellements. De même, une opération de
traçage, par des marqueurs solidaires à la molécule d’eau, a permis d’établir la carte des
écoulements souterrains (vitesse et direction).
Les éventuelles aires de recharge actuelles (infiltration de pluies) ont été définies sur la base de la
carte des isohyètes par DUBIEF (1959) et FANTOLI (1967), en supposant que seuls les
affleurements perméables avec une pluie moyenne supérieure à 100 mm pourraient être
considérés comme zones de recharge. Selon ce critère, seules les zones les plus pluvieuses de
l’Atlas saharien, du Dahar et du Jebel Nefusa participeraient à l’alimentation des nappes du
Sahara septentrional. Les hydrogéologues ont calculés les débits infiltrés directement aux
affleurements perméables utiles, à partir des eaux de pluies indépendamment de la quantité
précipitée. Car même avec des moyennes interannuelles faibles, les aires d’alimentation
possibles (autres que l’Atlas) sont parfois le siège de pluies exceptionnelles qui contribuent à
restituer (ou augmenter) la ressource. Plus d’une douzaine de zones de recharge potentielle sur
les affleurements du CI et du CT sont présentes : piedmonts de l’Atlas et du Hoggar, Dahar,
Nefusa, chotts d’Algérie et de Tunisie…

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Les coefficients d’infiltration dans le SASS sont de 1% à 10% environ si l’on considère
l’ensemble des précipitations. L’écart entre ces deux valeurs est du à l’absence d’uniformité des
terrains du Sahara : les caractéristiques physiques de ces derniers sont variables suivant les
régions (l’infiltration directe dans les affleurements perméables n’est donc pas la même). Il peut
aussi être dû aux différentes méthodes d’analyses utilisées par les chercheurs. Dans la suite de
l’étude nous considérerons le volume de la recharge à environ 2% des précipitations soit 1,2
milliards de m3/an (OSS, 2003).
Parmi le volume total de la recharge, deux paramètres rentrent en compte : infiltration directe et
ruissellement. Alors que les processus d’infiltration directe sont difficilement quantifiables (eau
directement infiltrée liée à une géomorphologie particulière : cuvettes par exemple), on peut
considérer qu’un tiers de la recharge proviendrait des eaux de ruissellement à partir des oueds.
De plus, seulement 30% de ces eaux (écoulements de l’Atlas) s’infiltreraient soit 0,34 milliards
de m3/an (NAZOUMOU, 2002). Les 70% d’eau ne pénétrant pas dans le système aquifère sont
considérés comme une perte.
Le détail du mécanisme précis d’infiltration n’est pas ici illustré car n’aide pas à la
compréhension de notre étude.

2. Direction des écoulements et piézométrie

Malgré la dégradation du réseau hydrographique ancien du Sahara, il est encore possible


de discerner une organisation hydrographique dans le modèle actuel. Comme vu précédemment,
les conditions géologiques et hydrologiques du Sahara septentrional offrent des possibilités de
recharge des nappes aquifères dans leur zone d’affleurement.
Les cartes piézométriques (mesure des niveaux supérieurs des eaux souterraines) mettent en
évidence les directions d’écoulements souterrains des zones d’alimentation des nappes vers leurs
exutoires. Les flux de transit sont donnés, en régime permanent, par la loi de Darcy. Les
transmissivités et les gradients hydrauliques ont été calculés aux zones de recharge concernées.
L’étude de ces paramètres démontre l’existence d’une dynamique dans la nappe souterraine. Le
SASS n’est donc pas un système hydrographique fossile.
Comme le montre la figure
6, le sens de déplacement
se fait des zones de
recharges (Atlas et région
d’In Amenas au pied du
massif du Hoggar) en
direction des exutoires. Les
zones exutoires, suggérées
par les points
d’aboutissement des lignes
de courant dessinées par la
carte piézométrique sont
pour l’essentiel, la région
des Chotts algéro-tunisiens,
marqué par la faille d’El
Hamma situé au niveau du
golfe de Gabès, ainsi que
l’exutoire libyen au niveau
du Golfe de Syrte entre Misrata et Buwayrat Al Hasun pour le CI et le CT. On note un dernier
exutoire pour le CI situé dans la région Sud-ouest du SASS.
Les vitesses de déplacement indiquent que le SASS est pourvu d’un réseau hydrodynamique lent
mais bien présent. Nous ne fournissons pas ici de valeurs précises des vitesses car celles-ci
fluctuent en fonction de nombreux paramètres et ne sont donc pas pertinentes.

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L’ensemble des valeurs des entrées et des sorties est résumé dans le tableau ci-après.
L’apport anthropique anté-1950 y est aussi inclut ce qui nous donne un bilan net (entrées –
sorties) nul. Il est intéressant de s’interroger sur les variations de ce bilan après 1950.

CT CI CT+CI
Entrées
Alimentation total 18.2 9.4 27.6
Apport Cambro-Ordovicien 2.0 2.0
Drainance Haut 0.5 0.5
Drainance Bas 5.4 5.4
Total 23.6 11.9 35.5
Sorties
Chotts et Sebkhas 8.85 0.2 9.05
Golfe de Syrte 0.6 0.8 1.4
Exutoire Tunisien 3.1 3.1
Sources ou Foggaras 4.3 3.6 7.9
Pompages 7.5 0.5 8.0
Drainance Haut 3.7 3.7
Drainance Bas 2.4 0.0 2.4
Total 23.6 11.9 35.5
Tableau : bilan entrées/sorties du SASS en m3/s avant 1950 (BABA SY, 2005, modifié)

III – EXPLOITATION DU SASS PAR L’HOMME –

Vu la quasi inexistence de cours d’eau permanent dans cette région du monde, la


principale source d’eau pour l’exploitation agricole et la survie des hommes est conditionnée par
l’exploitation des aquifères en profondeur. Originellement naturelle, les oasis, lieu de vie en
plein milieu du désert, existant généralement grâce à la présence d’une source, ont très tôt été
utilisés par l’Homme comme point d’implantation et de développement.

1. De l’utilisation traditionnelle à l’exploitation intensive

A] Un impact faible jusqu’en 1950


Jusqu’en 1950, l’utilisation du SASS par l’Homme était relativement restreinte. Ceux-ci
exploitaient des oasis naturels situés dans toute la région du Sahara. L’agriculture traditionnelle,
basée sur un étagement des végétaux (palmiers, arbre fruitiers ça et là, Céréales et légumes) et
sur une répartition minutieuse de l’eau entre les diverses parcelles de terre exploitables, ne
portait pas réellement atteinte à la nappe car exploitée faiblement. Le bilan des entrées d’eau et
des sorties étant à peu prés égal (35,5m3/s), le bilan net d’eau dans le SASS n’était pas modifié.

B] Une exploitation de plus en plus intensive


La mécanisation de l’agriculture, et
l’augmentation des populations ont conduit les
gouvernements à engager de grandes campagnes
agricoles massives. Les techniques agricoles
modernes ont permis d’étendre les oasis ou d’en
créer de nouveaux, engageant une exploitation
massive du SASS. Actuellement, selon
l’observatoire du Sahel et du Sahara (OSS), la
quantité d’eau prélevée dans les aquifères est
estimée à environ 2,5 milliards de m3 d’eau par an
soit 2,5 fois plus que la recharge de ces eaux (Fig.
7). Ceci laisse à s’inquiéter fortement sur l’avenir
des régions Sahariennes où l’on peut déjà observer
les premiers signes de détérioration des ressources
en eau.

- 10 -
2. Conséquences de l’utilisation massive des aquifères.

A] Conséquences sur les aquifères ;


Même si les quantités d’eau en présence sont énorme : estimées en 1992 à 60 000
milliards de m3 d’eau pour les deux aquifères selon MARGUAT (BABA SY, 2005) (La France
compte 6 500 aquifères distincts qui renferment 2 000 milliards de m3 d’eau potentiellement
exploitables – données du BRGM), il faut toutefois préciser qu’une grande partie n’est pas
exploitable à des coûts raisonnables. En effet, l’exploitation de ces eaux se fait sur le principe de
l’artésianisme : l’eau en profondeur étant sous pression, la construction d’un puit à une
profondeur appréciable entraîne une dépressurisation et donc l’expulsion de l’eau vers la surface.
Il est donc aisé de comprendre que plus on pompe, plus la pression dans les nappes diminue et
donc moins l’eau remonte et plus le coût énergétique et financier augmente.
De plus, ce pompage entraîne une diminution du niveau de la nappe et donc une disponibilité de
l’eau plus faible.
Dans une optique de fournir toujours plus d’eau aux populations, l’OSS, en partenariat avec
l’UNESCO, a proposé deux scénarios dans son rapport de synthèse de 2003 quant au devenir des
aquifères : Dans le meilleur des cas (scénario le moins pessimiste), il est prévu qu’une
exploitation au même régime que l’actuel aboutirait d’ici 2050 à une disparition total de
l’artésianisme en Tunisie et quasi-total en Algérie ainsi qu’à un abaissement du niveau des deux
aquifères de l’ordre de 40 et 30 mètres pour les CI et CT (jusqu’à 300 mètres dans le CI dans le
pire des cas).
Un autre problème vient du fait qu’une utilisation massive de celle-ci va entraîner une pollution
des aquifères notamment du CT relativement peu minéralisé. Deux exemples viendront illustrer
notre propos :
• Les bassins des Chotts Algéro-tunisiens, qui sont en réalité des régions où prédominent
les Sebkhas (zone de dépression fermée entourée de marais salant temporaires selon
BABA SY) sont des régions fortement peuplées. L’OSS prévoit qu’une exploitation forte
du Complexe Terminal comme c’est actuellement le cas pour les besoins en eau de la
population entraînera d’ici 2050 une salinisation forte du CT qui le rendra inexploitable.
En effet, l’utilisation de cet aquifère entraîne dans ces régions la percolation des eaux
temporaires fortement salées de surface vers l’aquifère.
• De même, l’exploitation de l’aquifère de Djeffara, exutoire principal des eaux
souterraines du sous bassin oriental, entraîne un appel d’eau de mer en direction du CT le
rendant, à cet endroit aussi, beaucoup trop salé pour une exploitation.
Entre l'Algérie, la Tunisie et la Libye, on peut donc voir que le CT aujourd'hui et le CI demain,
sont et seront dans un état d'exploitation tel qu'il faudra bien penser à y contrôler ensemble, sinon
à y réduire, les débits de pompages pour éviter un arrêt total de leur exploitation.
Mais l’exploitation intensive du SASS n’entraîne pas de problèmes qu’au niveau de la nappe.

B] Conséquences sur les écosystèmes naturels ;


Il ne faut pas oublier que l’utilisation de l’eau des aquifères pose de sérieux problèmes
d’irrigation des plantes et de salinité des sols. En effet, très
généralement, on peut considérer que la minéralisation des
eaux augmente avec la profondeur et avec le temps de
stockage de celles-ci. De même, cette salinité augmente avec
le temps de pompage (DAOUD Youcef et Amor HALITIM,
1994). Les eaux du SASS seront donc parfois trop
minéralisées (Salinisation supérieure à 3g/l) pour être
consommées ou être utilisées pour l’agriculture, celles-ci
oscillants entre moins d’1g/l à plus de 5g/l (BABA SY, 2005)
selon les endroits et les aquifères.
Il faut garder à l’esprit qu’une plante aura du mal à prélever
une eau fortement minéralisée, le potentiel osmotique du sol

- 11 -
augmentant. Il faudra donc, de façon générale, irriguer beaucoup plus dans les régions
Sahariennes que dans les régions tempérées pour obtenir le même rendement.
Parallèlement, il ne faut pas oublier que si la plante prélève de l’eau salée, elle n’évapotranspire
que de l’eau pure, sans sels. Celui-ci va donc s’accumuler dans les racines et sera ensuite excrété
dans les sols. Le Sahara, de part son comportement majoritairement endoréique et la présence de
nombreux Chotts, n’a donc pas de système naturel d’évacuation de ces sels (drainage). Ceux-ci
vont donc s’accumuler dans les sols, les rendant complètement stérile (Photo 1). A terme, une
oasis pourra même se transformer en Sebkha (DAOUD Youcef et Amor HALITIM, 1994).
L’exploitation intensive des ressources en eaux du SASS pose donc de sérieux problèmes
tant au niveau écologique (diminution des ressources en eau, écosystème transformé…) que
socio-économique (argent gaspillé, déplacement de population…) qui, quand solution il y a,
nécessite des réponses fortement coûteuses d’un point de vu technique comme financier.

3. Des ressources gaspillées conduisant à des situations aberrantes

En plus de ces problèmes liés à l’exploitation intensive des ressources en eau, d’autres vont
être liés à une mauvaise gestion de l’exploitation de ces ressources.
Il existe par exemple des régions très fertiles qui souffrent d’un
excès d’eau en plein Sahara. On assiste donc à de véritable
« noyage » d’oasis. De même, la culture céréalière intensive, non
adaptée aux milieux désertique, entraîne de très forte perte d’eau
liée à une évapotranspiration élevée (Photo2).

Dans l’hypothèse de la recherche d’une agriculture productive et


durable, il faudra donc à l’avenir penser à réfléchir à des
solutions adaptées au milieu Saharien, lutter contre la salinité des
aquifères et des sols ainsi qu’opérer un suivi de la nappe pour
éviter gaspillage et tarissement de celle-ci.

-CONCLUSION-

Le Sahara septentrional, caractérisé par des pluies rares et faibles ainsi que par un climat
sec et évaporant et des vents très violents, recèle d’importantes réserves d’eau souterraines,
mises en place depuis les périodes humides du Quaternaire. Ces pluies encore observées au
Sahara septentrional sont variables, irrégulières et inégalement réparties dans l’espace.
De plus, bien que l’immense majorité des réserves des aquifères du Sahara Septentrional se
soient mises en place depuis ces périodes humides anciennes, les nappes sont encore alimentées,
de nos jours, à l’occasion de conditions climatiques favorables. Les rares pluies observées,
engendrent l’infiltration des eaux de pluie et de ruissellement dans les nappes dans des zones
géomorphologiques particulières (flanc de montagne, cuvettes, Oueds…).
Les aquifères du SASS ne sont donc pas des aquifères fossiles comme cela était supposé jusqu’à
il y a quelques années par certains hydrogéologues. Ce sont des aquifères très peu renouvelables
à l’échelle humaine. Il n’en reste pas moins évident, que pour des temps géologiques
relativement court (50 000 ans), ceux-ci se rechargent.
Le problème qui se pose actuellement n’est donc pas pour la « survie » de cette nappe mais pour
son utilisation par l’homme à long terme.
A l’heure où, plus que le pétrole, la disponibilité de l’eau devient un enjeux géopolitique majeur
dans ces régions du monde, la question qui se pose actuellement est comment exploiter les
nappes sahariennes, au delà de leur taux de réalimentation, par puisage dans les réserves
accumulées, dans l’optique d’un développement durable ? L’intense évolution de l’exploitation
des aquifères du SASS a profondément modifié la vision que l’on peut désormais se faire de
cette exploitation, qui se trouve confrontée à un certain nombre de risques majeurs : fortes

- 12 -
interférences entre pays, salinisation des eaux, disparition de l’artésianisme, tarissement des
exutoires, hauteurs de pompage excessives…
Les trois pays concernés par le devenir du SASS sont donc condamnés, à court terme, à
rechercher ensemble une forme de gestion commune du Bassin Saharien afin de minimiser les
nuisances liées à ces risques.

-BIBLIOGRAPHIE-

Ouvrages
 BELTRANDO Gérard. Les climats. Processus, variabilité et risques, Arman Colin, 2004.
 CASTANY, Gilbert. Hydrogéologie : Principes et méthodes, Dunod, 1998.
 COLLIN, Jean-jacques. Les eaux souterraines : connaissance et gestion, Hermann, 2004.
 COSANDEY, Claude et Mark ROBINSON. Hydrologie continentale, Armand Colin / HER,
Paris, 2000.
 DUCHAUFOUR, Philippe. Introduction à la science du sol : sol, végétation,
environnement, Dunod, 2001.
 DURAND, J-H. Arrêter le désert, CILF, Presses Universitaires de France, coll. Techniques
Vivantes, 1988.
 FOUCAULT, Alain et Jean Francois RAOULT. Dictionnaire de Géologie, Dunod, 6°
édition, 2005.
 GILLI, Eric, Christian MANGAN et Jacques MUDRY. Hydrogéologie : Objets, méthodes
et applications, Dunod, 2004.
 PETIT-MAIRE, Nicole. Sahara: sous le sable… des lacs (un voyage dans le temps), CNRS
éditions, 2002.
Articles, Thèses et Rapport
 BABA SY, Mohamedou. Recharge et paléorecharge du système aquifère du Sahara
septentrional. Thèse de Doctorat en Géologie, Faculté de Tunis, Tunisie, 2005.
 BABA SY, Mohamedou et M. BESBES. Recharge des aquifères sahariens durant
l’Holocène et recharge actuelle. Etude sur modèle numérique, Colloque international sur la
gestion des grands aquifères, Dijon, France, 2006.
 BEN AISSA, Imed et autres. Gestion de l’eau et des sels au sein d’une oasis du Sud
tunisien, Projet INCO-WADEMED, 2004.
 BIED-CHARRETON, Marc. Le système aquifère du Sahara septentrional : Synthèse de la
première phase du projet « OSS/SASS », 1999-2002.
 DAOUD Youcef et Amor HALITIM. Irrigation et salinisation au Sahara algérien,
Sécheresse n°3 vol. 5 p.151-160, 1994.
 NAZOUMOU Y. Impact des barrages sur la recharge des nappes en zone aride : Etude par
modélisation numérique sur le cas de Kairouan (Tunisie centrale), Thèse de doctorat. ENIT.
Tunis, Tunisie. 221p. 2002.
 OSS (Observatoire du Sahara et du Sahel). Système Aquifère du Sahara
Septentrional «SASS» : Gestion commune d’un bassin transfrontière, Rapport de synthèse,
Janvier 2003.
 OSS (Observatoire du Sahara et du Sahel). Système Aquifère du Sahara
Septentrional «SASS» : Gestion commune d’un bassin transfrontière, Principaux résultats,
Mars 2003
Personne Ressource
 LEDUC, Christian. Hydroscience Montpellier.
CD Rom
 OSS (Observatoire du Sahara et du Sahel). Le Bassin du Sahara Septentrional (SASS), CD
Rom, 2006.

- 13 -
-ANNEXES-

Annexe 1 : Glossaire

Aquifère : (ou nappe d’eau souterraine) Eau souterraine remplissant entièrement les interstices
d’un terrain poreux et perméable (l’aquifère) de telle sorte qu’il y ait toujours liaison par l’eau
entre les pores. Terrain perméable contenant une nappe d’eau souterraine.
Aquitard : Terrain semi-perméable contenant une nappe d’eau souterraine.
Artésien : sondage ou forage qui donne une eau jaillissant naturellement.
Bassin hydrographique : ensemble des pentes inclinées vers un même cours d’eau et y
déversant leurs eaux de ruissellement.
Bassin versant : voir Bassin hydrographique.
Carbone 14 (14C) : isotope radioactif du carbone dont la période est de 5730 ans. Utilisé en
radiochronologie pour des temps récents (jusqu’à 50 000 ans au plus).
Chott : Dépression fermée des régions arides dont le fond est occupé par une sebkha.
Darcy (Henri 1856): Unité de perméabilité des terrains. Un terrain a une perméabilité de 1
Darcy, lorsqu’un fluide de 1 centipoise de viscosité (celle de l’eau à 20°c) s’y déplace sous
l’influence d’un gradient de pression de 1 atmosphère par centimètre, à la vitesse de 1 cm/sec.
Drainage : évacuation des eaux de surface ou des eaux souterraines excédentaires par des fossés
ou par des canalisations, dans un but d'assainissement.
Endoréisme : Fait, pour une région de ne pas avoir d’écoulement des eaux vers une mer ouverte
Erg : Espace désertique occupé par des dunes fixes dont seul le sable superficiel est remodelé
sans cesse par le vent.
Exutoire : Ouverture pour l’écoulement des eaux.
Foggaras : Galerie souterraine pour l’irrigation au Sahara.
Hydrodynamique : Partie de la mécanique des fluides qui s’appliquent aux liquides, étudie les
lois régissant leurs mouvements et les résistances qu’ils opposent au corps qui se meuvent par
rapport à eux.
Hydrogéologie : Partie de la géologie qui s’occupe de la circulation des eaux dans le sous sol.
Hydrologie : Science qui traite des propriétés mécaniques, physiques et chimiques des eaux
marines et continentales.
Isohyètes : Courbe joignant les points recevant la même quantité de précipitation pour une
période considéré.
Kjökkenmödding : (Mot danois) Accumulation préhistorique de déchets alimentaires – surtout
coquilles et ossements – et de débris d’ustensiles de cuisine.
Nappe phréatique : Nappe d’eau souterraine libre, peu profonde et accessible aux puits
habituels.
Nappe captive : Nappe d’eau souterraine contenue dans des roches poreuses et perméables
(sables, craie, calcaire) ou dans les roches fissurées (granite, gneiss…) mais la stratification des
niveaux géologiques les placent sous un « couvercle » géologique presque imperméable. L’eau
qu’elles contiennent, « sous pression », peut jaillir par des puits « artésiens ». Leur alimentation
provient pour partie de zones affleurantes à leur périphérie et pour partie d’échanges lents avec
d’autres nappes en position inférieure ou supérieure.
Oasis : Petite région fertile grâce à la présence d’eau dans un désert.
Perméabilité K : Aptitude d’un milieu à se laisser traverser par un fluide (liquide ou gaz).
Mesuré en Darcys par les hydrogéologues.
Piézométrie : (ou niveau piézométrique) surface, niveau supérieur de l’eau d’une nappe
aquifère.
Poise : Unité de viscosité dynamique valant 0,1 Pascal/sec.
Reg : surface caillouteuse (sédiments détritiques) des déserts qui a été débarrassée des éléments
fins par le vent.

- 14 -
Sebkha : Marécage salé, parfois asséché, qui occupe le fond d’une dépression dans les régions
désertiques et où se déposent des évaporites.
Transmissivité T : C’est le débit d’un niveau aquifère sur toute son épaisseur, par unité de
largeur et sous un gradient hydraulique unitaire. Il s’agit de la perméabilité K (m/s) en fonction
de l’épaisseur e (m) du niveau considéré ( T=K.e ) . Suivant les ordres de grandeur des
transmissivités qui le caractérisent, un aquifère est dit plus ou moins transmissif.

Les définitions sont issues du Dictionnaire de Géologie 6e édition (2006) de A. FOUCAULT et


J-F. RAOULT, du Petit LAROUSSE Illustré éd. 2004 et du Dictionnaire français
d’hydrogéologie, G. Castany et J. Margat, 1977.

- 15 -
Annexe 2 : Carte géographique de la partie septentrionale de l’Afrique du Nord.

- 16 -
Annexe 3 : Précision sur les mécanismes d’infiltration et la loi de Darcy. (Résumé de Castany
et GILLI, Eric, Christian MANGAN et Jacques MUDRY)

Les vitesses réelles d’infiltration et d’écoulement de l’eau dans la nappe ne peuvent pas
être calculées avec exactitude. Effectivement, seule l’utilisation de traceurs sur le terrain permet
de réaliser des moyennes de vitesses afin d’aboutir au modèle plus général. La comparaison entre
la valeur expérimentale et la valeur calculée grâce à la loi de Darcy montre des écarts parfois
significatifs rendant compte de la difficulté à établir un modèle de calcul précis. Le scientifique
doit prendre en compte la composition des terrains qui varie fortement. Les calculs effectués
doivent donc tenir compte des nombreux paramètres hydrodynamiques de la nappe (cf. tableau
applicable au SASS).

Concepts Paramètres hydrodynamiques Symboles Unités


emmagasinement porosité efficace ne %
coefficient d'emmagasinement S %
coefficient de perméabilité K m/s
perméabilité perméabilité intrinsèque k m²
transmissivité T m²/s
diffusivité T/S m²/s
piézométrie niveau piézométrique H
et charge hydraulique h mètres d'eau
gradients potentiel hydraulique ψ
gradient hydraulique i sans unité
débit unitaire q m/s
3
débits débit d'une nappe Q m /s
et vitesse de filtration V m/s
vitesses vitesse effective Ve m/s
vitesse de déplacement Vd m/s
Tableau : Paramètres hydrodynamiques régissant un aquifère. (CASTANY, 1998)

Le concept d’hydrodynamique souterraine permet de calculer la vitesse effective en


corrigeant les calculs de Darcy. Cette vitesse réelle est égale à la vitesse de filtration calculée par
l’équation de Darcy (Q/A = vitesse de filtration avec Q le débit (m3/s) de la nappe (complexe à
obtenir), A la section (m²) de la nappe) divisée par la porosité efficace de l’aquifère étudiée
(composition pédologique). Cette porosité efficace est de l’ordre de 10% dans un bassin
sédimentaire tel que le SASS (< à 3% pour un socle granitique). La vitesse (effective) réelle de
filtration sera 10 fois plus élevée que le calcul effectué dans l’équation de Darcy. On trouve des
vitesses de 2 à 3 m/an. Elle est plus proche de la vitesse de déplacement relevée sur le terrain
mais reste toujours un peu inférieure.
Sur le terrain, le traçage (concept d’hydrocinématique souterraine) permet de mesurer la
vitesse de déplacement de l’eau et la direction réelle de l’écoulement dans le milieu poreux.
Cette opération doit être réalisée pour comprendre le fonctionnement d’un aquifère. Un traceur
est une substance solidaire de la molécule d’eau permettant de l’identifier et de la suivre lors de
son déplacement dans la colonne de sédiments. Dans un aquifère poreux (propriété
sédimentologique) tel que le SASS, l’écoulement se fait avec des vitesses relativement
homogènes et faibles, estimé à 4 m/an par analogie au bassin albien Parisien (l’écoulement se fait
dans toute la section de l’aquifère).

Hydrodynamique et hydrocinématique sont deux méthodes ayant des objectifs différents :


-l’hydrodynamique permet le calcul du débit de la nappe et de la vitesse de filtration réelle ;
-l’hydrocinématique permet de calculer la vitesse de déplacement de l’eau de la nappe
(notamment vers les exutoires).

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