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Introduction a l'Etude de La Semiologie 1

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INTRODUCTION A L’ETUDE DE LA SEMIOLOGIE 1

LA SEMIOLOGIE
I- QU’EST-CE QUE LA SEMIOLOGIE ?

1/ Généralité La sémiotique est l'étude des signes et de leur signification. En français, le terme sémiologie est souvent utilisé, avec la même signification. (voir l'article sémiologie). A tort puisque le principe sémiotique se différencie de la sémiologie à partir de harles Sanders Peirce. En effet celui-ci élabore un principe sémiotique fonctionnant sur un système triadique, quand la sémiologie fonctionne, elle, selon un système binaire. La sémiotique étudie le processus de signification c'est-à-dire la production, la codification et la communication de signes.Elle concerne tous les types de signes ou de symboles, et non seulement les mots, contrairement à la sémantique. Même un geste ou un son sont considérés comme des signes. Même des images, des concepts, des idées ou des pensées peuvent être des symboles. La sémiotique fournit les outils nécessaires à l'examen critique des symboles et des informations, dans des domaines divers. La faculté de manipuler des symboles est une caractéristique de l'être humain et permet à celui-ci d'utiliser bien mieux les relations entre idées, choses, concepts et qualités que les autres espèces vivantes. Actuellement, depuis Charles W. Morris[1], on distingue trois "dimensions" de la sémiotique :

• •

la sémantique : la relation entre les signes et ce qu'ils signifient (relations internes entre signifiant et signifié ou relation externe entre le signe global et le référent). Travaux du logicien Alfred Tarski, de Roland Barthes. la syntaxe : les relations entre signes. Travaux des philosophes Gottlob Frege, Bertrand Russell, Rudolf Carnap, Richard Montague. la pragmatique : la relation entre les signes et leurs utilisateurs. Travaux de Charles Peirce, William James, George Herbert Mead, John Dewey, Charles W. Morris.

La sémiotique, qui plonge ses racines dans l'épistémologie, la philosophie des sciences, la logique formelle, et, pour Saussure, dans la psychologie, prend de plus en plus d'importance au regard des sciences et de la technologie.

La sémiotique ou théorie du sens

]

Toute pensée s'effectue à l'aide de signes. Un signe est une triade: un représentamen (signe matériel) dénote un objet (un objet de pensée) grâce à un interprétant (une représentation mentale de la relation entre le représentamen et l'objet). Le représentamen est premier (une pure possibilité de signifier), l'objet est second (ce qui existe et dont on parle), mais ce processus s'effectue en vertu d'un interprétant (un troisième qui dynamise la relation de signification). L'interprétant est aussi un signe susceptible d'être à nouveau interprété, ainsi indéfiniment. Je vous parle d'un chien. Le mot « chien » est le représentamen, l'objet est ce qui est désigné par ce mot, et le premier interprétant est la définition que nous partageons de ce mot: le concept de chien. Ce premier rapport, Peirce le nomme le fondement (ground) du signe. Mais le processus sémiotique continue, car à partir de ce signe il est possible que je me représente mentalement un certain chien, dont je vous parle ensuite, faisant naître en votre esprit d'autres interprétants et ce jusqu’à l'épuisement réel du processus d'échange (ou de la pensée, qui est un dialogue avec soi-même). Penser et signifier sont donc le même processus vu sous deux angles différents. Ce processus se nomme la sémiosis.

Les signes se distinguent d'abord en qualisigne (la pure possibilité du signe), sinsigne (ce signe-là) et légisigne (la loi qui régit la grammaire du signe). Puis, au plan de la signification on aura l'icône (un signe par ressemblance avec l'objet), l'indice (un signe relié comme un symptôme à son objet) et le symbole (un signe doté d'une signification abstraite). Enfin, au plan pratique, on aura le rhème (un nom, un verbe, un adjectif), le dicisigne (une proposition verbale ou visuelle, par exemple) et l'argument (une règle d'inférence). Toute pensée ou signification aboutit donc à une inférence, à un raisonnement élémentaire. Revenant à la théorie logique, Peirce distingue les abductions (abduction: inférence qui mène à la découverte d'une hypothèse plausible), les inductions (induction: raisonnement statistique) et les déductions (déduction: raisonnement parfaitement logique où de prémisses vraies on tire une conclusion certaine). Les trois formes de l'inférence jouent un rôle important dans la découverte et la justification scientifique. C'est par l'inférence que le symbole acquiert sa pleine force en menant à un jugement. Les énoncés du premier type n'établissent que l'existence d'un sujet de relation : « x » existe (priméité). Les énoncés du deuxième type établissent une relation à deux termes: « Claude aime Louis » ("x" entretient la relation « aimer » avec « y »; secondéité). Mais il faut aussi considérer les relations à trois termes, comme dans « Julie donne un verre de vin à Claudine » ("x" entretient la relation « donner... » « z » « à... » « y »; tiercéité). Ainsi, Peirce reproche-t-il à Kant de s'être arrêté aux seules catégories et d'avoir négligé l'élément le plus important de la pensée: l'établissement du jugement à travers les inférences. Ce formalisme permet de penser une multitude de phénomènes de pensée et de signification, de l'expression artistique à la démonstration d'un théorème, de l'analyse d'un circuit informatique à la communication quotidienne, de l'établissement d'un diagnostic médical à l'expérience esthétique ou éthique. Son formalisme logique est le garant de sa généralité. La position de médiateur de l'interprétant permet de dépasser les conceptions statiques et dualistes de l'empirisme, mais la place de l'objet ancre fermement son concept dans l'expérience pratique, dans l'habitude de pensée et surtout dans le processus de changement des croyances, qui ne sont rien d'autre que des habitudes de pensée. La philosophie de Peirce trouve son plus grand achèvement dans sa sémiotique, car « l'homme est un signe » écrit-il à la fin de sa vie. Dans la mesure où il n'y a pas de pensée sans signe, dans la mesure où « l'intelligence est une action finalisée », la théorie sémiotique permet de répondre à la grande question kantienne, ou du moins d'indiquer une direction pour la réponse à cette question : « qu'est-ce que l'homme ? » Pour Peirce, avant beaucoup d'autres, l'être humain est un animal symbolique. Sa caractéristique propre est l'intelligence, c'est-à-dire l'action réfléchie, où il fait œuvre de lui-même en signifiant. En donnant un sens à sa vie à travers différents univers symboliques, l'être humain accomplit et dépasse sa forme de sujet en devenant créateur et interprète de ses signes et des signes qu'il découvre dans le monde. Il ne peut faire cela que dans la mesure où il est congénitalement un être social et historique. Car la pensée comme la signification sont des processus communautaires et non des processus que le prétendu penseur accomplirait seul « dans sa tête ».

2/Sémiotique ou Semiologie

La sémiologie est la science des signes.Le terme sémiologie a été créé par Emile Littré et pour lui, il se rapportait à la médecine [1]. Il a ensuite été repris et élargi par Ferdinand de Saussure, pour qui la sémiologie est « la science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale » (Cours de linguistique générale, p. 33). Le terme sémiotique, inventé par Charles Sanders Peirce quelques années auparavant, recouvre la même idée et est utilisé le plus fréquemment en dehors de France.Toute science étudiant des signes est une sémiologie. Le terme est donc utilisé dans plusieurs disciplines. Les deux écoles en sémiologie : 1) La sémiologie de la Communication étudie uniquement le monde des signes, par exemple l'étude des systèmes de vêtements de deuil ou de la canne blanche de l'aveugle (système à un seul signe ou signe isolé). Représentants éminents : Georges Mounin, Éric Buyssens, Louis Prieto. La sémiologie de la Communication a étudié : le code de la route, les signaux ferroviaires maritimes et aériens, le morse, les sonneries militaires, les insignes, les langages machine, la notation musicale, le langage de la chimie, des ordinateurs, les langues parlées, sifflées, le tam-tam 2) La sémiologie de la Signification n'a pas d'a priori, elle étudie signes et indices, sans se préoccuper de la distinction. Représentant : Roland Barthes créateur du courant. Elle s'intéresse à tout ce qui signifie quelque chose sans se préoccuper si cela est volontaire ou pas. Interprétation de phénomènes de société, elle cherche si les choses n'ont pas un sens caché, des valeurs symboliques par exemple le combat bien/mal chez les catcheurs. Le combat à un rôle de catharsis. Elle s'est occupé d'analyse de pubs, des notions impliquées dans le langage. Conscient, conventionnel, précis : sémiologie de la communication. Univers du sens caché, sans rigueur, non conventionnel : sémiologie de la Signification. - D'après le cours de C. Maury-Rouan, Langage et Communication."

II- LA SEMIOLOGIE DE LA SIGNIFICATION Dès que l'on déborde le domaine du signal , on est dans le champ de la signification qui est à notre sens le domaine proprement sémiotique. En termes phénoménologiques on se préoccupera donc plutôt de ce qui se produit dans l'esprit d'un interprète quelconque lorsqu'il perçoit une chose et que c'est une autre chose qui est présente à son esprit. On retrouve donc ici la problématique de l 'objet de la sémiotique. Cette question appelle une prise de position sans équivoque sur les acceptions dans lesquelles sont pris des termes comme sens et signification et aussi sur le fait de les employer au singulier ou au pluriel. En effet doit-on parler de sémiologie de la signification ou de sémiologie des significations ?. Dans le premier cas on postule l'existence d'une signification unique et normative qu'il s'agirait de retrouver dans chaque acte singulier d'interprétation et qui permettrait d'invalider toutes les interprétations "déviantes". Dans le second cas les significations sont constatées, elles sont le fait d'acteurs sociaux particuliers et ne sont rapportées à une signification unique que sous le rapport de l'individuel au collectif, du psychologique au social. Cette signification prend alors valeur d'institution sociale c'est-à-dire d'un état précaire, contingent et historiquement daté. Les significations particulières observées sont alors les moments, au sens philosophique, d'une dynamique sociale. Il ne s'agit plus alors de déviance, qui est une catégorie

complémentaire de la norme, mais d'articulation à saisir. Le danger est donc à notre sens de faire de la sémiologie une science normative qui prescrive les significations au lieu de les décrire. Faut-il distinguer sémiotique de la production et de l'interprétation ? Pour certains les deux processus sont totalement réversibles. Pour d'autres, il y a une dissymétrie fondamentale. On peut cependant montrer qu'il y a une certaine dualité résultant de l'anticipation de l'interprétation au moment de la production. La plupart des auteurs se sont intéressés presqu'exclusivement au problème de l'interprétation des signes, l'opinion largement répandue étant que production et interprétation sont des processus totalement réversibles. Il s'ensuivrait que décrire l'interprétation c'est aussi décrire, en miroir, la production. Umberto Eco fait même de cette réversibilité une caractéristique des processus sémiotiques. Contre cette affirmation on peut observer que, si le producteur est maître de l'objet qu'il choisit pour communiquer son message (choix de mots, de graphismes, de gestes,..., de configurations multiples des uns et des autres) l'interprète est contraint d'effectuer sur cet objet un travail de re-construction (une sémiosis inférentielle) qui n'aboutit pas nécessairement à retrouver le message original. Ce sont en effet les rapports singuliers que producteur et interprète entretiennent avec les institutions de la signification qui règlent leur communication ce qui introduit une dissymétrie à priori. Si on ne peut retenir la notion de réversibilité pour identifier production et interprétation comment prendre en compte formellement les homologies des deux processus ? Ce qu'il faut remarquer avant toute chose c'est que toute production est en quelque sorte une interprétation à priori effectuée dans le temps même de la production. C'est ce que veut dire Jean Paul Sartre lorsqu'il analyse sa façon d'écrire : "Je modifie les mots en fonction de l'idée que j'ai de lui (le public), c'est à dire de moi recevant ce que je veux écrire. (Obliques 18/19, entretien avec M. Sicard). En d'autres termes la production est un processus d'incorporation d'une pensée dans une configuration d'existants qui se passe tout entier sous la dépendance d'une interprétation anticipée par rapport à laquelle le producteur redevient un interprète comme un autre et à ce titre, participe à un processus collectif d'interprétation que nous décrivons comme une institution sociale. Il y a donc du côté du producteur un processus qui va du particulier à l'universel, de l'individuel au collectif tandis que du côté de l'interprète on va de l'universel au particulier et du collectif à l'individuel. Donc plutôt que de réversibilité qui ne différencie pas les deux démarches on doit parler de dualité afin de mettre l'accent sur l'opposition des "sens de parcours" qui différencie production et interprétation selon le schéma :

Quel rapport y-a-t-il entre sémiotique et communication ? Tout acte de communication peut être décrit comme un couple constitué par un signe produit par un émetteur puis interprété par un récepteur. Son étude combinera donc production et interprétation d'un même signe. Il est clair que pour avancer dans la connaissance des signes il convient de prendre en considération ce à quoi ils servent lorsqu'ils sont plus ou moins intentionnels, à savoir à communiquer. Dans un sens plus large, on peut même considérer que dans tout phénomène sémiotique il y a passage, au moyen du signe, d'une certaine forme de relations qui est dans l'esprit d'un producteur à l'esprit d'un interprète. Cette forme de relations ne ferait alors que transiter par le signe qui devient, selon les termes de Peirce, "un medium pour la communication d'une forme (ou figure)" (le cas des signes naturels, qui n'ont pas de producteur humain doit être considéré à part). Il est à remarquer que dans l'acte de communication défini comme un couple (signe produit/signe interprété), le producteur aussi bien que l'interprète font référence à la même relation de nature institutionnelle qui lie le signe et son objet. Le producteur l'utilise comme un déjà-là (un "comens" dit Peirce, c'est à dire un "être commun") qui lui permet de choisir une chose (le signe) et de la présenter comme le substitut d'une autre chose absente (l'objet du signe) avec la garantie ( à l'intérieur de sa communauté) qu'un l'interprète éventuel partageant sa culture aura la possibilité de faire fonctionner dans l'autre sens (dualité). Etudier la communication du point de vue sémiotique c'est donc étudier un couple de signes duaux l'un de l'autre et concaténés selon le schéma :

On voit que la communication est réussie lorsque objet du producteur et objet de l'interprète coïncident Qu'est-ce qu'un signe naturel ? Ce sont des signes qui n'ont pas de producteur humain. Leur reconnaissance est étroitement dépendante de l'état de la science au moment où on le considère. Sa qualification sera donc fixée par le degré d'information scientifique de son interprète. Les signes naturels puisqu'ils sont des signes, présupposent une connexion entre le signe qui représente et un certain objet qui est représenté. Cependant cette connexion est établie par la nature sans la moindre intervention humaine; elle se situe donc dans le monde physique, exclusivement et l'interprète ne fait que constater ce fait. Or dans notre conception du signe nous avons donné à cette connexion valeur d'institution. Il faut donc , afin de justifier notre prétention à édifier une sémiotique générale, que les signes naturels puissent être incorporés

dans la conception générale énoncée et pour celà il faut les analyser de façon plus précise. Pour commencer il ne faut pas se laisser aveugler par les exemples d'école (fumée/feu, nuage/pluie) dont le caractère d'évidence masque la complexité des rapports réels entre les deux termes, le savoir empirique de chacun permettant de faire l'économie du savoir scientifique. Le problème est tout autre si l'on considère le couple marée/lune, car voir dans la marée un signe de la lune présuppose une connaissance des lois de la gravitation qui n'est pas donnée dans l'expérience ordinaire. Pourtant la connexion entre la marée et la lune vaut bien celle qui existe entre un nuage noir et l'imminence de la pluie. Or pour ce qui est des marées, il est bien connu qu'elles n'ont pas toujours été attribuées à l'influence de la lune, ce qui signifie que la notion de signe naturel est étroitement liée à l'état de la science au moment de l'interprétation et donc au rapport que l'interprète entretient avec la science de son temps. On peut donc considérer que, au delà de la généralisation spontanée effectuée par les acteurs sociaux dans les domaines les plus prosaïques de leur expérience quotidienne, c'est en fait la communauté scientifique d'une époque déterminé qui garantit la réalité de connexions qui caractérisent les signes naturels. A ce titre, cette communauté peut être considérée comme productrice de ces signes, ce qui permet de les réintegrer dans le droit commun avec la particularité qu'une communauté est substituée à une personne dans le signe dual. Cela reviendra à considérer le savoir scientifique comme un faisceau d'institutions reliant les phénomènes naturels à certains objets par un rapport de causalité au sein de théories ayant pour fonction de décrire les phénoménologies observées. Dès lors, rien n'interdit plus de définir les phénomènes sémiotiques dans le champ de la communication puisque dans tous les cas nous aurons à évaluer et à formaliser la position d'un interprète vis à vis d'une institution sociale connectant représentant et représenté, signe et objet. Le cas des signes naturels se distinguera alors seulement par le fait que le producteur virtuel est l'institution elle-même Quel est aujourd'hui l'état du champ sémiotique ?
On peut comparer l'état actuel du champ sémiotique à une nébuleuse dans laquelle on pourrait repérer deux points de condensation caractérisés, l'un par l'utilisation des formalismes de type exclusivement binaires, l'autre par la place qu'il fait à la triadicité. Aucun de ces champs n'est vraiment homogène. Nous avons traité dans les précédentes pages des conceptualisations proprement sémiotiques ayant leur origine dans les travaux de Saussure, Hjelmslev et Greimas d'une part, Peirce d'autre part. Aussi nous bornerons nous ici à donner quelques indications sur certaines initiatives récentes qui se situent à distance de ces deux pôles par le seul fait qu'elles répondent à des problèmatiques qui ne sont pas directement sémiotiques. C'est le cas notamment des chercheurs réunis dans une mouvance dont le Cercle Sémiotique de Toronto serait le noyau pour lesquels le projet sémiotique ne prendrait sens qu'au sein d'une philosophie de la nature qui le réduit à l'état de perspective, ruinant en fait tout projet scientifique au bénéfice d'un oecuménisme très éclectique incorporant les sciences de la nature et de la vie sous un aspect quelque peu ésotérique. Citons aussi le projet de "sémiophysique" développé à partir de la théorie des catastrophes alimente une philosophie naturelle d'inspiration vitaliste et s'efforce de fonder la sémiotique sur des critères géométriques ou topologiques au prix d'une minoration drastique du rôle de l'esprit humain dans l'essence même des phénomènes sémiotiques.

1/ Sémiotique percienne ou triadique

Qui est Charles Sanders Peirce ?
Charles Sanders Peirce (10 septembre 1839 - 19 avril 1914) est un sémiologue et philosophe américain. Il est considéré comme le fondateur du courant pragmatiste avec William James et, avec Ferdinand de Saussure, un des deux pères de la sémiologie (ou sémiotique) moderne. Ces dernières décennies, sa pensée a été l'objet d'un regain d'intérêt. Il est désormais considéré comme un innovateur dans de nombreux domaines, en particulier dans la méthodologie de la recherche et dans la philosophie des sciences. William James, qui introduisit le terme en philosophie (Philosophical conceptions and practical results, 1898), attribue à Charles Peirce la fondation du pragmatisme. Contrairement à d'autres pragmatistes plus récents comme James et John Dewey, Peirce conçoit originellement le pragmatisme comme une méthode pour la clarification d'idées s'appuyant sur l'utilisation de méthodes scientifiques pour résoudre des problèmes philosophiques. Peirce a fait des contributions importantes dans le domaine de la logique déductive, mais était à l'origine intéressé par la logique en sciences, et en particulier dans ce qu'il appelait l'abduction (ce qui diffère de la déduction et de l'induction). L'abduction est un processus pendant lequel une hypothèse est générée telle que des faits surprenants puissent être expliqués. « There is a more familiar name for it than abduction » a écrit Peirce, « for it is neither more nor less than guessing » ( Il y a un nom plus familier pour cela que l'abduction (...) ce n'est ni plus ni moins que deviner ). En effet, Peirce considérait l'abduction comme le cœur non seulement de toute recherche scientifique, mais aussi de toutes les activités humaines ordinaires. Son pragmatisme peut être compris comme une méthode de tri des confusions conceptuelles en établissant un rapport entre le sens des concepts et leurs conséquences pratiques. Cette théorie n'a donc absolument aucune ressemblance avec la notion vulgaire de pragmatisme qui est associée par exemple avec la recherche sans égards de profits. http://robert.marty.perso.cegetel.net/semiotique/s040.htm http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Sanders_Peirce sens la sémiotique ou théorie du

Peirce a élaboré une théorie sémiotique à la fois générale, triadique et pragmatique. Une théorie générale : - qui envisage à la fois la vie émotionnelle, pratique et intellectuelle ; - qui envisage toutes les composantes de la sémiotique ; - qui généralise le concept de signe. Une théorie triadique : - qui repose sur trois catégories philosophiques : la priméité, la secondéité et la tiercéité ; - qui met en relation trois termes : le signe ou representamen, l'objet et l'interprétant.

Une théorie pragmatique, c’est-à-dire : - qui prend en considération le contexte de production et de réception des signes ; - qui définit le signe par son action sur l'interprète.

Le pragmatisme [modifier]
La maxime pragmatiste se formule ainsi: « Considérer quels sont les effets pratiques que nous pensons pouvoir être produits par l'objet de notre conception. La conception de tous ces effets est la conception complète de l'objet ». ("Comment rendre nos idées claires", #15) Le pragmatisme est d'abord une philosophie de la signification. Une conception quelconque se définit par l'ensemble de ses effets pratiques. Si deux conceptions aux noms différents comportent les mêmes effets pratiques, alors elles ne forment qu'une seule et même conception. Par contre, si deux conceptions partagent un même nom, mais impliquent des effets différents, nous avons deux conceptions différentes.Une conception découle d'une croyance. Une croyance est une habitude mentale qui guide l'action. Il explicite cette position dans son texte « Comment se fixe la croyance ».Si je crois qu'une chose est dure, je crois que dans un certain arrangement de faits, cette chose se comportera de telle et telle manière. Une conception est une croyance qui indique à propos d'un certain objet, quel sera son comportement dans toutes les circonstances possibles. C'est la même règle qui s'applique pour définir des termes abstraits ou métaphysiques. Toutes les significations se ramènent à des effets pratiques dans telles ou telles circonstances. Il considère cette maxime comme une part essentielle de sa méthodologie philosophique.On voit clairement l'influence de la formation scientifique de Peirce sur sa philosophie. Ce dernier est toujours empreint de l'esprit de laboratoire. Il refuse les distinctions byzantines de la métaphysique traditionnelle et croit pouvoir montrer que de nombreux problèmes philosophiques sont en fait de faux problèmes, en les analysant en termes de conséquences pratiques. On remarque aussi l'influence des philosophes du sens commun. Peirce nomme quelquefois sa position philosophique un « sens commun critique ».Par ailleurs, la maxime pragmatiste peut servir à définir la vérité d'une proposition. Pour Peirce, la vérité est une affaire de convergence à long terme des recherches scientifiques. L'opinion qui survit aux tests et qui rejoint l'accord de la communauté des chercheurs après avoir été discutée largement et passée au crible de la critique, cette opinion peut être considérée comme vraie et réelle.Lorsque William James popularisera sa propre philosophie pragmatiste, pour bien s'en distinguer Peirce renommera sa conception le « pragmaticisme ». LES CATÉGORIES À LA BASE DE LA SÉMIOTIQUE Selon Peirce, trois catégories sont nécessaires et suffisantes pour rendre compte de toute l'expérience humaine. Ces catégories correspondent aux nombres UN, DEUX, TROIS. Elles sont désignées comme « priméité », « secondéité », « tiercéité » (« firstness », « secondness », « thirdness »). LA PRIMÉITÉ La priméité est une conception de l'être indépendamment de toute autre chose. Ce serait, par exemple, le mode d'être d’une « rougéité » avant que quelque chose dans l'univers fût rouge ; ou une impression générale de peine, avant qu'on ne se demande si cette impression provient d'un mal à la tête, d'une brûlure ou d'une douleur morale. Il faut bien comprendre que, dans la priméité, il n'y a que du UN. Il s'agit donc d'une conception de l'être dans sa globalité, sa

totalité, sans limites ni parties, sans cause ni effet. Une qualité est une pure potentialité abstraite. La priméité est de l'ordre du possible ; elle est vécue dans une sorte d'instant intemporel. Elle correspond à la vie émotionnelle. LA SECONDÉITÉ La secondéité est la conception de l'être relatif à quelque chose d'autre. C'est la catégorie de l'individuel, de l'expérience, du fait, de l'existence, de l'action-réaction. Par exemple, la pierre qu’on lâche tombe sur le sol ; la girouette s'oriente en fonction de la direction du vent ; vous éprouvez une douleur, maintenant, à cause d'un mal de dents. La secondéité s'inscrit dans un temps discontinu, où s'impose la dimension du passé : tel fait a lieu à tel moment, avant tel autre, qui en est la conséquence. La secondéité correspond à la vie pratique. LA TIERCÉITÉ La tiercéité est la médiation par laquelle un premier et un second sont mis en relation. La tiercéité est le régime de la règle, de la loi ; mais une loi ne se manifeste qu'à travers des faits qui l'appliquent, donc dans la secondéité ; et ces faits eux-mêmes actualisent des qualités, donc de la priméité. Tandis que la secondéité est une catégorie de l'individuel, la tiercéité et la priméité sont des catégories du général ; mais la généralité de la priméité est de l'ordre du possible, et celle de la tiercéité est de l'ordre du nécessaire et, par conséquent, de la prédiction. La loi de la pesanteur, par exemple, nous permet de prédire que chaque fois que nous lâcherons une pierre, elle tombera sur le sol. La tiercéité est la catégorie de la pensée, du langage, de la représentation, du processus sémiotique ; elle permet la communication sociale ; elle correspond à la vie intellectuelle. QUELQUES SEMIOTICIENS MAJEURS

Jacques Derrida (Algérie, 1930 - Paris, 2004) est probablement le philosophe français
contemporain le plus connu aux États-Unis. Ses réflexions philosophiques sur la phénoménologie et sur le structuralisme ont provoqué une rupture dans la tradition occidentale logocentriste. Derrida s’inscrit dans le courant post-structuraliste. La théorie de la déconstruction (L’écriture et la différence, 1967) est sans aucun doute le plus grand apport de Derrida aux études littéraires. Les thèses de l’auteur sont devenues populaires aux États-Unis à la fin des années soixante, à la suite d’une conférence du philosophe qui a suscité un intérêt sans précédent dans la communauté universitaire. La pensée structuraliste fonde son système sur un binarisme que Derrida s’efforce de déconstruire. Ainsi, les oppositions strictes entre, par exemple, nature / culture et autre / même ne tiennent plus. Les études féministes se sont appropriées les thèses déconstructionnistes de Derrida dans le but d’abolir les apriorismes du patriarcat. En plus de la conception plurivoque du signe, on doit à Derrida l’élaboration de concepts tels que l’archi-écriture, la trace, la clôture et la différance (De la grammatologie, 1967). Ces notions s’inscrivent dans une réflexion voulant que l’origine absolue n’existe pas. De signes en signes, le glissement de sens est infini.

Umberto Eco (Italie, 1932) est un théoricien éclectique dont les travaux en sémiotique ont
contribué à l’élaboration d’une philosophie de la signification et de l'interprétation. Journaliste, professeur, théoricien et romancier, Eco a étudié la pragmatique du texte et l’esthétique de la réception.Les travaux de Eco mettent en place la théorisation d’une sémiotique générale, forme contemporaine d’une philosophie des divers langages, qu’ils soient parlés, écrits, scientifiques ou artistiques. Eco suggère de revoir la sémiotique en ses propres bases conceptuelles. Alors qu'on a surtout axé la réflexion sur la signification du signe, Eco s'intéressera aussi à son interprétation. Le théoricien a pour postulat de base que le signe est plurivoque. Une œuvre, composée d’une infinité de signes, devient ainsi œuvre ouverte (L’œuvre ouverte, 1965), puisqu’elle offre une pluralité d’interprétations possibles. Le lecteur du texte doit mettre à profit son encyclopédie pour actualiser le message, sans pour autant surinterpréter les indices textuels présents (Interprétation et surinterprétation, 1992). Ce lecteur modèle (Lector in fabula, 1985) est en mesure de saisir la signification du texte en dégageant les modes de production et d’interprétation sémiotiques (La production des signes, 1992). Umberto Eco est professeur à l’Université de Bologne en Italie; il est également président de l’International Center for Semiotic and Cognitive Studies.

Jacques Fontanille, né en France en 1948, est professeur à l'Université de Limoges et
titulaire de la Chaire de sémiotique à l'Institut universitaire de France.Il a publié de nombreux articles et livres dans le domaine de la sémiotique théorique, de la sémiotique littéraire et de la sémiotique visuelle. On lui doit, entre autres, une sémiotique des passions (avec Greimas), une sémiotique tensive (avec Zilberberg) et, articulant l'ensemble de ses propositions théoriques, une sémiotique du discours.

Gérard Genette est né en 1930, est un critique littéraire et un théoricien structuraliste
ayant largement contribué au développement de la narratologie. Bien que cette discipline avait fait l’objet de plusieurs études avant la venue du théoricien, il a élaboré une terminologie devenue universelle pour décrire le fonctionnement d’un récit. Par ailleurs, ses travaux sur la transtextualité constituent encore aujourd’hui une référence incontournable dans le champ des études littéraires. Les classifications de Genette sont rigoureusement élaborées, et ce don pour la typologie lui assure une reconnaissance certaine par ceux qui s’intéressent à la poétique en général, et à l’approche narratologique en particulier.Écrivain et enseignant, Genette est actuellement assistant de littérature française à la Sorbonne et Maître de conférence à l'École normale supérieure. Il a été directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, en plus d’être le fondateur et le directeur de la collection Poétique aux éditions du Seuil.

Algirdas Julien Greimas (Lituanie, 1917 - Paris, 1992) est, avec Roland Barthes, le
sémioticien français le plus célèbre. Il a développé l'analyse formelle des productions sémiotiques, en particulier des récits.On lui doit, entre autres, les concepts suivants : isotopie (répétition d'un même élément de sens), carré sémiotique (structure élémentaire de la signification, construite sur la base d'une opposition), modèle actantiel (décomposition d'une action en six actants), programme narratif (représentation d'une action en tant que succession de deux états opposés), sémiotique du monde naturelle (le monde est un signe et, à ce titre, constitué de signifiants et de signifiés).L'hypothèse greimassienne du parcours génératif de la signification permet de fondre en un tout cohérent plusieurs de ces concepts. Pour se constituer, la signification passe par les niveaux suivants : (1) les structures sémio-narratives profondes (où se trouve le carré sémiotique); (2) les structures sémio-narratives de surface (où

se trouvent les dispositifs pour décrire les actions : modèle actantiel, programme narratif, schéma narratif canonique); (3) les structures discursives (où se place, entre autres éléments, l'analyse figurative/thématique/axiologique); (4) la manifestation (c'est-à-dire le phénomène plus ou moins empirique manifesté, par exemple un texte).

Louis Hjelmslev (Copenhague, 1899-1965) est l’auteur d’une théorie du langage, dite
glossématique, qui a inspiré un grand nombre de sémioticiens européens. Linguiste, il a contribué dans les années 1930 au sein du Cercle Linguistique de Copenhague à l’essor du structuralisme scientifique.La sémiotique lui a emprunté un très grand nombre de concepts, dont certains sont déjà des reprises de concepts théorisés par Ferdinand de Saussure. Il en est ainsi des concepts de sémiotique, expression, contenu, forme, substance, usage ; à quoi s’ajoutent des concepts propres à la glossématique, tels que (terme) neutre, (terme) complexe, (sémiotique) connotative, métasémiotique, norme, matière ou texte.Son œuvre reste d’un accès difficile, tant en raison de conditions éditoriales et philologiques précaires qu’à cause du caractère hautement abstrait de la réflexion ainsi que de l’aspect formalisé des textes. Elle n’en est pas moins essentielle à qui cherche à se frotter à la dimension théorique de la sémiotique.

Roman Jakobson (1896-1982) a été un des plus grands maîtres de la linguistique du XXe
siècle. Né en Russie, membre, dès 1915 de l’école des formalistes russes, Jakobson enseigna entre les deux guerres en Tchécoslovaquie et fut, avec N. Troubetzkoy, un des chefs de file du fameux Cercle linguistique de Prague. Lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les nazis, il est contraint de fuir en Scandinavie, d’où il gagne les États-Unis en 1941. De 1942 à 1946, Jakobson enseigne à l’École libre des hautes études de New York, où il collabore avec C. Lévi-Strauss.En 1943, il apparaît parmi les fondateurs du cercle linguistique de New York, dont il assumera la vice-présidence jusqu’en 1949. À partir de 1943, il enseigne dans de nombreuses institutions, entres autres à l’Université Harvard et au MIT. Jakobson a, par son enseignement aux Etats-Unis, contribué à abolir les frontières entre la linguistique européenne et la linguistique américaine. Il a exercé une profonde influence sur la linguistique générale (notamment dans les travaux de N. Chomsky et M. Halle), les études slaves, mais aussi la sémiotique, l’anthropologie, la psychanalyse, l’ethnologie, la mythologie, la théorie de la communication, les études littéraires. En sémiotique, son célèbre modèle des fonctions du langage fait partie du patrimoine intellectuel de la discipline. Licencié (1967) puis Docteur en Philologie romane (1971), Jean-Marie Klinkenberg, né à Verviers (Belgique) en 1946, enseigne les sciences du langage à l'Université de Liège, et en particulier la rhétorique et la sémiologie. Il y enseigne aussi les littératures francophones (belge et québécoise en particulier). Ses activités se sont orientées dans deux directions. Celle de la linguistique et de la sémiotique d'une part, celle des cultures francophones d’autre part. Dans la première orientation, il a fait sa marque en rénovant la rhétorique, dès la fin des années 1960, au sein de l’équipe interdisciplinaire connue sous le nom de Groupe µ (se prononce « Groupe mu »), et, plus récemment, en contribuant à orienter la sémiotique dans une direction sociale et cognitiviste. Ses travaux de sémiotique et de rhétorique ont été traduits en une quinzaine de langues.Dans la seconde orientation, il a renouvelé l'approche des lettres belges, en envisageant celles-ci dans une optique sociale et institutionnelle — aisément transposable aux autres cultures francophones qu’il a étudiées, comme la québécoise — et en lançant des programmes interuniversitaires de recherches. Il a ainsi fondé et préside un Centre d’études des lettres francophone de Belgique.

Jean-Marie Klinkenberg est président de l'Association internationale de sémiotique visuelle (International Association for Visual Semiotics

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