INJS

Intitulé de l’enseignement : Arts de la scène
Enseignant : Yao Kouamé Gérard, Maître-Assistant à l’UFR ICA / UFBH
Cible : C1
Plan du cours
Introduction
1- Théorie de l’art
1.1- L’essence de l’art
1.2- Le principe de la classification des arts

22.12.22.3-

Les concepts constitutifs des arts de la scène
L’action
Le lieu
Le public

33.13.23.3-

Analyse de quelques arts du spectacle
Le théâtre
La danse
Le cinéma

44.14.24.3-

La production des arts de la scène
Les enjeux socio-économiques des arts de la scène
Les circuits d’exploitation des arts de la scène
Les ressources de la création des arts de la scène

Conclusion

1

c’est-à-dire au travail de création artisanal d’un artéfact qui est entièrement œuvre de l’homme lui-même. l’horizon utopique que vise à réaliser ce geste humain au point de faire de l’homme un être étrange. peut au contraire. par exemple. D’où la nécessité d’en faire un objet d’étude et de penser. désigne la beauté humainement créée. répétable à souhait et transmissible par l’enseignement que le résultat de cette démarche créatrice. Cette part humaine était d’abord tenue pour insignifiante. Plus précisément. elle s’atteste dans la réalisation d’un telos et d’une dunamis. Terpsichore (danse) 2. en grec mania1. d’art culinaire. A ce titre. à la technè ou à la mèchanè. L’art de la scène. Polymnie (lyrisme). d’art graphique. Associé à l’action divine sur l’homme. pour qui une œuvre créée sous l’emprise des muses ne peut pas être élevée au rang d’œuvre d’art. la poésie héroïque). voire inexistante. d’art martial sans oublier les arts de la scène. est avant tout un art et doit absolument s’étudier comme tel. Il s’agit en somme de bien cerner le domaine propre des arts de la scène dans le système général des arts. 1 Cette conception ancienne est réfutée par Platon. Uranie (astronomie) 2 . Thalie (Comédie). Mais la part de l’homme dans cette représentation du beau a évolué en fonction des pensées.L’essence de l’art ? « Qu’est-ce que l’art ? » L’art est la représentation du beau. Il est. de surcroit. Contre cette beauté musaïque ou divinement créée. le complément indispensable de la vie. Mais cette diversité des pratiques artistiques. on dénombre neuf muses dont Melpomène (tragédie). loin de rendre plus explicite la notion de l’art. cette conception évolue pour faire place au poièn. Erato (élégie). l’art était le résultat d’une possession ou folie divine. une œuvre qui. de ce fait. On parle aujourd’hui d’art visuel. l’art s’est mis à désigner aussi bien la démarche créatrice maîtrisée que le résultat de cette démarche. selon Nietzsche. sous l’emprise d’une muse. contribuer à la rendre plus obscure. L’artiste était sensé créer. il se présente comme le point culminant de toute praxis dont est capable l’être humain. le sublime dans lequel se maîtrise et se résorbe tout geste humain. Avec Aristote. Cette étude nous amène à prendre pour point de départ l’art en lui-même. au sens platonicien. Or l’art est une notion générique qui englobe différentes expériences et pratiques humaines dont chacune repose sur une spécificité. Suivant la vulgate.Introduction : L’étude des arts de la scène nous situe dans le domaine des catégories des arts. La problématique fondamentale de ce cours est la suivante : qu’est-ce qu’un art de la scène ? À partir de quand ou de quoi avons-nous en face un art de la scène ? Quelles en sont les concepts constitutifs ? 1. Euterpe (Musique). Aristote appelle art l’œuvre humaine dans ce qu’elle a de réussie : cette réussite lui venant de la façon assurée de procéder pour rendre belle la chose produite. Dans son acception antique. l’art désignait tout simplement l’idéalité de la beauté ou la beauté idéalisée.Théorie de l’art 1. il s’entend aussi bien de la démarche créatrice qui doit être totalement maîtrisée. L’art rime donc avec l’idéalité. l’art. en grec un deinon. Dans la mythologie grecque. 2 Clio (histoire). Dès lors. Calliope (éloquence. ne lui appartient pas vraiment. l’art est la représentation du beau. en effet.1.

Hölderlin met en garde contre la tentation de juger les œuvres d’art « plutôt d’après les impressions qu’elles font que d’après leur loi et les autres procédures grâce auxquelles le beau est produit » (« Remarques sur Œdipe ». Aristote avait défini dans sa Poétique. est art toute création reposant sur une « loi calculable ». l’art. à ce titre. L’œuvre sera dite belle et. si « le caractère assuré » du conditionnement de l’œuvre importe plus que le résultat et vaut critère décisif de qualification de l’œuvre d’art. Si la beauté n’est plus considérée comme un critère déterminant pour dire s’il y a art ou non. En fonction des modalités de son exécution. apprise et répétée à souhait 3. 1. mais aussi et surtout inclure « le caractère assurée » et non accidentelle de la démarche de création. l’œuvre. 1998. le philosophe allemand Hegel a établi une première classification des arts en 6 catégories : 1. Hölderlin assigne à l’art un triple contenu : représentation. traduction franç. sans que le créateur puisse en rendre compte en toute conscience. l’art est une forme plurielle qui se distribue sans s’épuiser. et comme l’exprime le schéma cidessus. il réaffirme l’idée suivant laquelle l’art ne doit plus être réduit seulement à une forme et une création visant à apprivoiser le beau.c’est-à-dire un but visé qui est un effet initialement assigné à l’œuvre créée. 207). c’est bien parce que lui seul détermine de façon consciente et en dernier ressort la beauté de la forme à obtenir au terme du procès de création. p. Dans ce cas précis. ce singulier qui regroupe une pluralité des gestes créateurs. Ou encore. considérée comme une œuvre d’art. Après Aristote. le critère du mode aide à répondre à la question « comment on représente ? ». un univers fictionnel qui surgit et se développe en marge et au revers de l’univers réel. Christian Bourgeois Editeur. au naturel. Le disant. en suivant les mêmes lois et procédures. c’est-àdire toute chose belle et dont la procédure ou la manière d’être conditionnée peut être déterminée. ne pourra pas être dite « œuvre d’art ». En fait. Paris. En d’autres termes. Finalement. Toute œuvre d’art est un mélange savant et maîtrisé de ces trois éléments constitutifs. Ce sont : le moyen. sentiment et raisonnement. et donc un territoire consistant de la vie. par Philippe Lacoue-Labarthe. 3 . Comme ce dernier. c’est en raison du fait que la beauté peut être atteinte aussi de façon accidentelle ou hasardeuse. tout art ne le vise pas de la même manière. dès lors qu’elle pourra produire son effet attendu. En revanche. mais elle ne sera pas dite « œuvre d’art ». En premier lieu. bien que l’art vise le beau. C’est d’ailleurs ce qui rend l’art « connaissable ». S’inspirant de cette conception aristotélicienne de l’art.Architecture 3 Le hasard ou l’accidentel peut faire une chose belle. l’art est le revers du réel. il permet de répondre à la question « qu’est-ce qu’on représente ? » Enfin. il est tout aussi infini de possibilités. on peut déduire que l’art désigne l’humainement construit par opposition au déjà-là.2- Le principe de la classification des arts Au regard de ce qui précède. Le critère du moyen vient répondre à la question « avec quoi ou à partir de quoi crée-t-on ? ». va se fragmenter et ses disperser en plusieurs catégories. l’objet et le mode de la représentation. in Œdipe le tyran. A ce titre. Quant au critère de l’objet. quoique belle. trois critères au regard desquels on pouvait opérer une distribution et une classification des arts ou des formes mimétiques.

Du point de vue de sa construction. Aujourd’hui. l’action scénique se signale à l’attention par une immédiateté entre l’idée et sa réalisation ou sa représentation.Cinéma 8.Photographie/ Télévision/ radio/ « arts médiatique » 2. et même des silences des acteurs-personnages. Qui plus est. C’est dire que. lequel est rendu contemporain des événements et des personnages représentés sur la scène par les acteurs. On dira par exemple qu’au théâtre.Univers interactif/ numérique Au total. c’est-à-dire des rôles déterminés et purement fictionnels. 2.Sculpture 3. sous le regard participatif du public . « arts de la scène » 7. on dénombre aujourd’hui 10 catégories d’art. Celle-ci est directe.1- L’action L’action est le contenu de la représentation.Univers interactif/ numérique 2.Photographie/ Télévision/ radio/ « arts médiatique » 9. Elle est mise en œuvre par des acteurs qui incarnent des personnages. Il s’agit de la notion de scène. rend évanescent.Musique 5.Bande dessinée 10. en retour. c’est dire.Poésie 6. l’œuvre d’art du spectacle ne préexiste pas à sa représentation devant un public.23456- Sculpture Peinture Musique Poésie Danse. mime. cirque. le théoricien italien Canudo Riccioto ajoute le cinéma comme 7 e art. contrairement au tableau qui est achevé dans un atelier avant son exposition publique. cirque. théâtre. trois nouvelles catégories se sont ajoutées aux précédentes .Architecture 2. « arts de la scène » A cette première liste.Peinture 4. non différée. 4 .Danse. Ce caractère immédiat. 1. théâtre. mime.Bande dessinée 3. Celle-ci est le réceptacle d’une action se déroulant devant un public-spectateur. La représentation est donc dynamique et non figée comme dans un tableau. Elle surgit directement sur la scène. l’action s’entend aussi bien des discours prononcés que des faits et des gestes. dire c’est faire et faire. ce sont : 1.Les concepts constitutifs des arts de la scène Les arts de la scène se reconnaissent facilement par leur mode de constitution dont un indice est contenu dans le nom même de ces arts. non saisie via un médium.

notamment que la musique. il convient à présent de regarder quelques-unes de ses espèces pour voir de quoi elles retournent. L’acteur cesse d’être le personnage qu’il vient à peine d’incarner pour reprendre son identité sociale antérieure au spectacle. il consacre l’existence de l’œuvre scénique. et ils la font ici et maintenant. la danse. 2. les arts de la scène font appellent aussi à la technique. Non seulement pour être créé. 5 . Après avoir jeté un regard panoramique sur les arts de la scène. 3. Celle-ci vient servir de point d’appui ou d’ancrage au spectacle artistique proposé au public-spectateur. la peinture.2- Le lieu L’art de la scène se dresse nécessairement en un lieu déterminé et prévu à cet effet. aussi bien pour sa création que pour sa réception. C’est le cas du cinéma. pour exister. Ainsi pour voir une pièce de théâtre. C’est lui. mais tout art ne le vise pas de la même manière. En somme. pour être vu. En raison de ce caractère immédiat de sa réalisation et de la matière vivante et de la procédure particulières qu’il utilise pour sa réalisation. l’étymologie du terme reste cependant sans ambiguïté. Qu’en est-il du lieu ? 2. Ces arts viennent animer la scène pour relever le goût du spectacle. Ce passage du général au particulier se fera en considérant deux exemples significatifs : le théâtre et le cinéma. les arts de la scène ont besoin d’un lieu .Analyse de quelques arts du spectacle Certes l’art vise le beau.1- Le spectacle théâtral Le théâtre est à la fois un genre littéraire et un art du spectacle. le public-spectateur est une entité réelle .3- Le public Sans appartenir au spectacle artistique proprement. le public ne reste pas moins un acteur important des arts de la scène. En effet. l’art du spectacle est aussi appelé « art vivant ». bien souvent. le destinataire de l’œuvre représentée scéniquement. tout comme pour voir un film. en suivant les mêmes lois et procédures. Il disparaît à mesure que la performance se réalise et n’existe plus une fois celle-ci achevée. ce sont des « personnages agissants ». « art de la scène » ou « art de la performance ». comme dit Aristote. En effet. Par sa présence. et situé ces arts dans le système général des arts. En outre. Mais aussi.impermanent le spectacle créé. il ne fait pas partie de la fiction proposée sur la scène. entre ces acteurs personnages et le public-spectateur d’autre part. Il peut se lire comme pièce écrite tout comme se donner à voir comme représentation scénique. 3. en tant qu’ils forment un carrefour géométrique des autres arts. Si ce devenirlittéraire du théâtre est une conséquence de la critique philosophique dont cet art a fait l’objet dans La Poétique d’Aristote. les arts de la scène se reconnaissables par leur complexité. qui font l’action . ils convoquent d’autres formes d’art. il faut aller au cinéma. De même et de plus en plus. faut-il aller au théâtre . en effet. c’est ce lieu de déroulement des spectacles artistiques qui est désigné par la notion de « scène ». ils demandent un lieu qui est un cadre de partage et de communion entre les acteurs-personnages d’une part. de la régie technique son et lumière. En dernier ressort. Ils déploient une logistique impressionnante. En effet. le lieu est indispensable à l’art de la scène. etc.

Or de quoi est fait un spectacle théâtral ? A cette question. Coll. Dans la Grèce antique par exemple. le lieu physique et le lieu fictionnel se résument dans la notion de scène. Cette suggestion de lieu faite au moyen de la case peinte peut être renforcée par le costume des personnages. D’abord le lieu de la représentation. p. Le temps est suggéré par divers éléments. Seul ce temps fictionnel est expressif pour le théâtre. Ce lieu obéissait à une triple organisation : d’abord l’espace dédié au jeu des acteurs (le proskenion au dessus de la skènè). Par exemple une simple case ronde peinte sur une toile de fond peut suggérer le monde rural du nord de la Côte d’Ivoire. Mais chaque fois. c’est-à-dire le spectacle dramatique ou opsis. Folio Essai. Le lieu fictionnel peut être suggéré par différents éléments. désigne originellement le « lieu d’où l’on regarde ». 2006. Le théâtre repose sur une superposition de deux lieux en principe hétérogènes : le lieu de la représentation et le lieu représenté. Le premier fait référence à l’édifice abritant le spectacle. Christian Biet et Christophe Triau répondent ceci : « le théâtre se donne comme lieu. En somme il faut savoir repérer la continuité et/ou la discontinuité du lieu théâtral dans les éléments constitutifs du théâtre. celui au cours duquel la représentation a lieu : en journée et en soirée. durant trois heures d’horloge. il est celui où est supposé se dérouler l’action. le temps théâtral se scinde en deux entités hétérogènes : le temps de la représentation et le temps représenté. Quant au lieu représenté. Le second est le temps interne de la fiction. 6 . nous allons considérer ces éléments séparément. La scène n’est jamais prise pour une simple portion d’un ensemble . Qu’est ce que le théâtre ? (Paris. elle est aussi le support fictionnel déroulement de déroule l’action. en tant que toute action théâtrale se situe dans des coordonnées spatiotemporelles définies par l’auteur. à juger »4. Plus tard. ce qui pourrait être interprété comme l’expression d’un lieu en pleine mutation. C’est pourquoi il est à lire et à reconstituer. Il découle d’un aménagement de la scène et de son enrichissement par des éléments de décor et toute sorte d’accessoires. c’est-à-dire un jour. Pour une meilleure intelligence du spectacle théâtral. Tout comme il peut avoir une rupture entre la case et le costume . 4 Biet Christian et Triau Christophe. Ce n’est que par glissement ultérieur de sens que le théâtre en vient à désigner aussi l’objet offert au regard. Le premier est le temps externe de l’horloge. 260). comme temps et comme discours à interpréter. Gallimard. Tout comme le lieu. en forme d’amphithéâtre taillé sur le flanc de colline. le temps et le discours. d’où est issu le mot français « théâtre ». le lieu théâtral va se scinder en deux parties : la scène et la salle. un cadre a été aménagé pour servir de lieu permanent de représentation du spectacle théâtral : par exemple le théâtre de Dionysos. Au théâtre. sa détermination obéit à une contrainte : l’action théâtrale devait tenir en une seule révolution du soleil. en référence au spectacle rituel offert à Dionysos lors des concours dramatiques. ensuite celui servant à l’évolution du chœur (l’orchestra) et la grande partie où prenait place le peuple (le theatron). essentiellement fictionnel. Depuis La Poétique aristotélicienne. Cet édifice a connu une évolution au fil des siècles. une séparation nette est faite entre l’espace proprement dédié au jeu des acteurs et celui réservé au public-spectateur. Tout l’être du théâtre s’éclaire donc dans ce jeu de correspondance entre l’espace.le mot grec « theatron ».

le renversement de l’action doit se faire dans le sens contraire. Chaque signe théâtral participe d’un tout qu’est l’expressivité dramatique . cit. Dans le cadre de la comédie. Le dire et le faire se rejoignent dans un espace figuré et structuré pour se féconder mutuellement et donner sens au théâtre afin que le public-spectateur puisse y tirer sa nourriture spirituelle.. des paroles. A ce dernier titre. Toutefois ce langage théâtral ne saurait se réduire au seul discours articulé. meurt au lieu et au moment même où elle naît devant le public. Même un monologue ou un soliloque ne prend sens que par rapport au vide qui est créé autour du sujet parlant. Pour ce faire. op. grâce aux frères Auguste et Louis Lumière. Le jeu théâtral est fait d’un agencement harmonieux de différents signes. devant public. à travers le monde entier6. possède un double caractère : l’ubiquité et la pérennité. l’épaisseur de chaque signe.Le cinéma Le cinéma. Dans la mesure où tout ce qui répond d’une présence voulue par l’auteur dans l’œuvre devient signe. »5 Alors que la performance théâtrale. divers signes visuels et sonores et même divers arts. demeure . verbal. le théâtre est un carrefour des autres arts. quant à lui. dire c’est faire et faire c’est dire. ce dont il s’agit. il survit à sa projection sur écran.Vient enfin le discours théâtral. 3. D’où le fait que l’action obéisse à une structuration particulière tenant compte du genre théâtral considéré. c’est-à-dire une des manifestations possibles de la vie de l’esprit. Ce qui fait dire à Georges Sadoul : « Le cinéma est différent des autres spectacles parce que son support matériel. il convoque et tisse ensemble des gestes. devant un public. au sens où Walter Benjamin entend ce concept de langage. Le théâtre est essentiellement discours ou langage. voire du fictionnel. Comme langage. La touche d’originalité de chaque auteur apparaît alors dans la façon de faire advenir le bonheur ou le malheur des personnages engagés dans l’action dramatique. avec la projection de leur première réalisation : « La sortie des usines ». l’enregistrement sur pellicule des images et des sons. (discours comme événement central focalisant le déroulement de l’action théâtrale). 5 6 Georges Sadoul. en raison de son impermanence. L’artiste devra prendre position soit en se situant dans la continuité de la règle soit en se situant en marge de cette loi. Histoire des spectacles. En ce qui concerne la tragédie. comme dit Barthélemy Kotchy. En effet. l’action doit être organisée en vue d’un renversement du bonheur vers le malheur. En somme. il peut être reproduit en plusieurs exemplaires. p. le film.2. est né le 28 décembre 1895. encore appelé 7e art. le théâtre suppose un réseau de relations entre les personnages et entre les personnages et les choses qui les environnent. C’est dire qu’un signe n’est jamais isolé. sous l’apparence du vrai. 1620 Ibid 7 . Il peut également être projeté simultanément dans différentes salles. Il se constitue en vue d’une finalité. Le théâtre se présente comme un jeu dynamique de simulation du faux. c’est-à-dire sa puissance de signification sera fonction des relations qu’il entretient avec les autres signes de l’univers théâtral. chaque création est un espace de négociation avec la règle qui gouverne l’art. Cet art consiste dans la restitution du mouvement au moyen d’un ensemble de procédés techniques d’enregistrement de l’image et du son puis de leur projection sur un écran. Comme le livre. Le discours théâtral est le ti esti. au théâtre. c’est-à-dire d’une crise vers un dénouement heureux. et le discours du théâtre deviendrait lacunaire si l’un ou l’autre signe fait défaut.

il y a aussi la qualité de la prise de vue et de son. le cinéma ne se lira ni ne se critiquera pas exactement de la même manière qu’une une pièce de théâtre parce qu’il est constitué différemment. Selon Louis Delluc. son ubiquité et de sa "médiateté". le cinéma se distingue une fois de plus des autres formes d’arts du spectacle. En ce sens. L’art a bien une utilité sociale qui va bien au-delà de son aspect esthétique. Un travail artistique. de brassages des peuples et des individualités. en font un art du spectacle de type particulier.La production des arts de la scène Entre le moment de sa conception comme une idée née dans l’esprit d’un créateur donné et celui de sa mise en œuvre devant un public spectacle. En effet. 1620 8 .1- Les enjeux socio-économiques des arts de la scène Tout d’abord. dit-on. Des spectacles peuvent ainsi être investis au service de la recherche de la paix sociale et de la cohésion nationale après des années de crises dans un pays comme le nôtre. l’art pour l’art est 7 Histoire des spectacles. il offre de plus une large possibilité de création : ici ni le lieu.De plus le cinéma ne vaut art que par les plans et leur agencement ou montage. plus précisément un art du spectacle par assimilation. Des segments parallèles de l’action peuvent se dérouler simultanément dans des lieux différents et au même moment. en Afrique. les arts de la scène sont des occasions de communion et de communication. Mais cette performance ne devient véritablement cinématographique ou ne vaut film que lorsqu’elle est effectivement filmée à l’aide de caméras. Au-delà du jeu des acteurs. la production s’entend des mécanismes de financement de la création artistique et de circulation des œuvres créées. le cinéma est un art vivant enfermé dans une pellicule et projeté ensuite sur un écran par un moyen technique. s’impose la production qui ne doit pas être confondue avec la création. « Le cinéma n’est pas qu’un art…ce moyen d’expression est beaucoup d’autres choses. Le spectacle projeté est vécu de façon indirecte. Donc en plus de la qualité à rechercher dans le jeu des acteurs. il y a la façon d’enregistrer et d’agencer les images qui détermine en dernier ressort le sens et l’effet à prêter à ces images. 4. C’est aussi une industrie…et un commerce »7 Simple curiosité scientifique au départ. il contient et déborde à la fois les arts vivants. différée. voire poétique de montage et de finition viendra lui donner sa forme définitive. le cinéma s’est transformé en art et son évolution se fait en même temps que celle de la technologie. Car. Sous l’ange de l’art. Le film n’existe pas encore une fois le tournage terminé. c’est-à-dire par sa présentation via des supports intermédiaires tels que la pellicule et l’écran. En raison de ses caractéristiques propres qui fondent sa différence. Pour cette raison. En ce sens ils sont parfois utilisés comme des moyens ou des supports de propagandes politiques pour asseoir des idéaux. Ce qui montre bien que la arts de la scène ont un grand enjeu socio-économique. Cette différence fondamentale qui les oppose. Le cinéma se caractérise donc par sa "médiateté". Le cinéma présuppose la performance des acteurs. De ce point de vue. Le cinéma est le résultat de la rencontre des arts vivant et de la technique. ni le temps ne sont enfermés dans des contraintes. 4. Sa résistance au temps (pérennité).

Elle l’est effectivement lorsqu’elle a lieu en donnant l’illusion que l’action est sensée se déroulement tout naturellement au présent. le MASA (Marché des Arts et du Spectacle Africain) donne à de multiples créateurs des occasions de faire connaître et/ou de vendre leurs œuvres. il existe quelques mécanismes nationaux et internationaux de financement de la création artistique. Au plan économique. de cadreurs.3- Les ressources de la création des arts de la scène Certes. de l’action. en marge de la vie réelle. il faut en plus que cette représentation soit vivante. Un art de la scène. Par exemple. sa représentation demande des ressources techniques et financières dont l’importance varie en fonction des arts de la scène concernés.2- Les circuits d’exploitation des arts de la scène Une fois créés. en Afrique. sous quelque forme qu’il se manifeste. l’acteur se transforme pour le temps de la performance en personnage . Au cours de la représentation scénique. il acquiert ainsi une autre identité qui vient doubler et cacher celle qu’il revêt dans la vie réelle. l’art est très méconnu et très peu financé. sous le regard participatif du public-spectateur. les arts de la scène suivent des circuits nationaux. est d’abord une forme d’expression artistique . de régisseurs. c’est un art qui vise à représenter. mais aussi lorsqu’elle emploie des personnages eux-mêmes vivants pour représenter l’action. etc. Des métiers comme ceux de metteurs en scène. l’art du spectacle repose sur l’idée du mouvement. Il ne suffit donc pas d’avoir affaire à un art de la représentation. il convient de souligner les traits suivants. autrement dit. Conclusion Au terme de ce cours portant sur les arts de la scène. de la vie elle-même. Par 9 . le fictionnel absorbe le réel et se déploie ici et maintenant. sont à la portée de tous. les arts de la scène sont des bassins de créativité et d’auto-emploi répondant parfaitement à la politique gouvernementale de promotion de l’entreprenariat jeune notamment. Par ailleurs. de monteur. la vie. de réalisateurs. 4. Les arts de la scène participent souvent également à l’éveil des enfants et à l’éducation des jeunes. le monde. sur un plan purement fictionnel. Ce sont les mêmes opportunités qui sont offertes par le FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou) dans le domaine du cinéma africain. 4. Tout d’abord vient la définition de la nature propre des arts de la scène. Ainsi le Fond National du Cinéma vient-il en aide aux réalisateurs nationaux porteurs de projets de films. Le basculement du réel au fictionnel s’atteste dans l’emploi superposé des notions d’acteur ou être physique réel à celle de personnages ou êtres fictionnels dont la réalité se limite à la représentation sans la déborder. Ce sont en un mot des outils didactiques dont l’avantage réside dans leur facilité d’accès à tous. la vision du monde de son auteur. Et même quand l’œuvre d’art de la scène existe déjà.une vue de l’esprit. africains et internationaux d’exploitation des œuvres. En ce sens. Néanmoins. C’est ce débat que Bakary Traoré soulève dans son étude intitulée : Le théâtre africain et ses fonctions sociales. Il y montre à juste titre comme l’art théâtral se met au service de la construction d’une communauté responsable et mature.

c’est-à-dire la scène. les arts du spectacle se pratiquent librement et s’observent dans toutes les sociétés. Au surplus.conséquent. Ceux-ci offrent une possibilité infinie de création telle qu’on peut dire que ces arts ne peuvent plus être considérés comme l’apanage d’un peuple ou d’une époque qu’il s’agirait ensuite d’universaliser. les conditions mêmes d’existence des arts du spectacle. 10 . permettent d’affirmer l’universalité et la diversité des arts du spectacle. l’acteur et le public. un art qui ne restitue pas le mouvement inhérent à la vie sur scène ne peut pas entrer dans la catégorie des arts du spectacle. Au contraire.

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