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INJS

Intitulé de l’enseignement : Arts de la scène
Enseignant : Yao Kouamé Gérard, Maître-Assistant à l’UFR ICA / UFBH
Cible : C1
Plan du cours
Introduction
1- Théorie de l’art
1.1- L’essence de l’art
1.2- Le principe de la classification des arts

22.12.22.3-

Les concepts constitutifs des arts de la scène
L’action
Le lieu
Le public

33.13.23.3-

Analyse de quelques arts du spectacle
Le théâtre
La danse
Le cinéma

44.14.24.3-

La production des arts de la scène
Les enjeux socio-économiques des arts de la scène
Les circuits d’exploitation des arts de la scène
Les ressources de la création des arts de la scène

Conclusion

1

d’art culinaire. Or l’art est une notion générique qui englobe différentes expériences et pratiques humaines dont chacune repose sur une spécificité. Polymnie (lyrisme). Dans la mythologie grecque. d’art martial sans oublier les arts de la scène. est avant tout un art et doit absolument s’étudier comme tel. loin de rendre plus explicite la notion de l’art.Introduction : L’étude des arts de la scène nous situe dans le domaine des catégories des arts. désigne la beauté humainement créée. Plus précisément. L’art rime donc avec l’idéalité. c’est-à-dire au travail de création artisanal d’un artéfact qui est entièrement œuvre de l’homme lui-même. au sens platonicien. Mais cette diversité des pratiques artistiques. il se présente comme le point culminant de toute praxis dont est capable l’être humain. Cette étude nous amène à prendre pour point de départ l’art en lui-même. Aristote appelle art l’œuvre humaine dans ce qu’elle a de réussie : cette réussite lui venant de la façon assurée de procéder pour rendre belle la chose produite. Associé à l’action divine sur l’homme. d’art graphique. elle s’atteste dans la réalisation d’un telos et d’une dunamis. contribuer à la rendre plus obscure. l’art est la représentation du beau. 1 Cette conception ancienne est réfutée par Platon. D’où la nécessité d’en faire un objet d’étude et de penser. On parle aujourd’hui d’art visuel. ne lui appartient pas vraiment. A ce titre. il s’entend aussi bien de la démarche créatrice qui doit être totalement maîtrisée. répétable à souhait et transmissible par l’enseignement que le résultat de cette démarche créatrice. Uranie (astronomie) 2 . en effet. voire inexistante. l’art était le résultat d’une possession ou folie divine. par exemple. L’art de la scène. Mais la part de l’homme dans cette représentation du beau a évolué en fonction des pensées. 2 Clio (histoire). peut au contraire. sous l’emprise d’une muse. en grec mania1. Avec Aristote. de surcroit. La problématique fondamentale de ce cours est la suivante : qu’est-ce qu’un art de la scène ? À partir de quand ou de quoi avons-nous en face un art de la scène ? Quelles en sont les concepts constitutifs ? 1. la poésie héroïque).L’essence de l’art ? « Qu’est-ce que l’art ? » L’art est la représentation du beau. Calliope (éloquence. une œuvre qui. le sublime dans lequel se maîtrise et se résorbe tout geste humain. Il est. on dénombre neuf muses dont Melpomène (tragédie). Terpsichore (danse) 2. pour qui une œuvre créée sous l’emprise des muses ne peut pas être élevée au rang d’œuvre d’art. l’horizon utopique que vise à réaliser ce geste humain au point de faire de l’homme un être étrange. Suivant la vulgate. de ce fait. l’art. Thalie (Comédie). en grec un deinon. Contre cette beauté musaïque ou divinement créée. Cette part humaine était d’abord tenue pour insignifiante. L’artiste était sensé créer. Il s’agit en somme de bien cerner le domaine propre des arts de la scène dans le système général des arts. Euterpe (Musique). Erato (élégie). Dans son acception antique. l’art désignait tout simplement l’idéalité de la beauté ou la beauté idéalisée. à la technè ou à la mèchanè. cette conception évolue pour faire place au poièn.Théorie de l’art 1. selon Nietzsche.1. le complément indispensable de la vie. l’art s’est mis à désigner aussi bien la démarche créatrice maîtrisée que le résultat de cette démarche. Dès lors.

l’art est une forme plurielle qui se distribue sans s’épuiser. un univers fictionnel qui surgit et se développe en marge et au revers de l’univers réel. p. Comme ce dernier. Si la beauté n’est plus considérée comme un critère déterminant pour dire s’il y a art ou non. Le disant. Hölderlin met en garde contre la tentation de juger les œuvres d’art « plutôt d’après les impressions qu’elles font que d’après leur loi et les autres procédures grâce auxquelles le beau est produit » (« Remarques sur Œdipe ». l’art. à ce titre. Dans ce cas précis. et comme l’exprime le schéma cidessus. Paris. et donc un territoire consistant de la vie. Ce sont : le moyen. c’est en raison du fait que la beauté peut être atteinte aussi de façon accidentelle ou hasardeuse. Quant au critère de l’objet. 1998. 3 . L’œuvre sera dite belle et. A ce titre. mais elle ne sera pas dite « œuvre d’art ». En revanche. l’œuvre. sans que le créateur puisse en rendre compte en toute conscience. quoique belle. Christian Bourgeois Editeur. trois critères au regard desquels on pouvait opérer une distribution et une classification des arts ou des formes mimétiques. dès lors qu’elle pourra produire son effet attendu. l’objet et le mode de la représentation. 1. va se fragmenter et ses disperser en plusieurs catégories. l’art est le revers du réel. Toute œuvre d’art est un mélange savant et maîtrisé de ces trois éléments constitutifs. Le critère du moyen vient répondre à la question « avec quoi ou à partir de quoi crée-t-on ? ». il permet de répondre à la question « qu’est-ce qu’on représente ? » Enfin. S’inspirant de cette conception aristotélicienne de l’art. considérée comme une œuvre d’art. En premier lieu. ne pourra pas être dite « œuvre d’art ». traduction franç. 207). si « le caractère assuré » du conditionnement de l’œuvre importe plus que le résultat et vaut critère décisif de qualification de l’œuvre d’art. c’est bien parce que lui seul détermine de façon consciente et en dernier ressort la beauté de la forme à obtenir au terme du procès de création. le philosophe allemand Hegel a établi une première classification des arts en 6 catégories : 1. par Philippe Lacoue-Labarthe. Ou encore. tout art ne le vise pas de la même manière.Architecture 3 Le hasard ou l’accidentel peut faire une chose belle. en suivant les mêmes lois et procédures. Finalement. Aristote avait défini dans sa Poétique. sentiment et raisonnement. est art toute création reposant sur une « loi calculable ».2- Le principe de la classification des arts Au regard de ce qui précède. ce singulier qui regroupe une pluralité des gestes créateurs. on peut déduire que l’art désigne l’humainement construit par opposition au déjà-là. En fait. le critère du mode aide à répondre à la question « comment on représente ? ». En d’autres termes. bien que l’art vise le beau. in Œdipe le tyran. En fonction des modalités de son exécution. au naturel. c’est-àdire toute chose belle et dont la procédure ou la manière d’être conditionnée peut être déterminée. il est tout aussi infini de possibilités.c’est-à-dire un but visé qui est un effet initialement assigné à l’œuvre créée. Après Aristote. il réaffirme l’idée suivant laquelle l’art ne doit plus être réduit seulement à une forme et une création visant à apprivoiser le beau. Hölderlin assigne à l’art un triple contenu : représentation. apprise et répétée à souhait 3. mais aussi et surtout inclure « le caractère assurée » et non accidentelle de la démarche de création. C’est d’ailleurs ce qui rend l’art « connaissable ».

Du point de vue de sa construction. l’œuvre d’art du spectacle ne préexiste pas à sa représentation devant un public. Aujourd’hui. en retour. trois nouvelles catégories se sont ajoutées aux précédentes . sous le regard participatif du public .Univers interactif/ numérique Au total.Danse. théâtre. 1. le théoricien italien Canudo Riccioto ajoute le cinéma comme 7 e art. 2. Celle-ci est directe. théâtre. non saisie via un médium. Elle surgit directement sur la scène. non différée. On dira par exemple qu’au théâtre. l’action s’entend aussi bien des discours prononcés que des faits et des gestes.Bande dessinée 10. ce sont : 1. on dénombre aujourd’hui 10 catégories d’art.Architecture 2. et même des silences des acteurs-personnages.Photographie/ Télévision/ radio/ « arts médiatique » 2. Il s’agit de la notion de scène. cirque.1- L’action L’action est le contenu de la représentation. mime. lequel est rendu contemporain des événements et des personnages représentés sur la scène par les acteurs. La représentation est donc dynamique et non figée comme dans un tableau.Cinéma 8. « arts de la scène » A cette première liste. C’est dire que. c’est-à-dire des rôles déterminés et purement fictionnels.Peinture 4. Qui plus est.Les concepts constitutifs des arts de la scène Les arts de la scène se reconnaissent facilement par leur mode de constitution dont un indice est contenu dans le nom même de ces arts. cirque. l’action scénique se signale à l’attention par une immédiateté entre l’idée et sa réalisation ou sa représentation. 4 .Sculpture 3.Bande dessinée 3. « arts de la scène » 7. contrairement au tableau qui est achevé dans un atelier avant son exposition publique.Poésie 6.23456- Sculpture Peinture Musique Poésie Danse.Photographie/ Télévision/ radio/ « arts médiatique » 9.Univers interactif/ numérique 2. rend évanescent. Elle est mise en œuvre par des acteurs qui incarnent des personnages. mime.Musique 5. dire c’est faire et faire. Ce caractère immédiat. c’est dire. Celle-ci est le réceptacle d’une action se déroulant devant un public-spectateur.

faut-il aller au théâtre . Ils déploient une logistique impressionnante. et ils la font ici et maintenant. ce sont des « personnages agissants ». en suivant les mêmes lois et procédures. Il peut se lire comme pièce écrite tout comme se donner à voir comme représentation scénique. de la régie technique son et lumière. notamment que la musique. l’art du spectacle est aussi appelé « art vivant ». pour exister. comme dit Aristote. le public ne reste pas moins un acteur important des arts de la scène. la danse. bien souvent. qui font l’action .3- Le public Sans appartenir au spectacle artistique proprement. Qu’en est-il du lieu ? 2. En somme. les arts de la scène se reconnaissables par leur complexité. 2. Il disparaît à mesure que la performance se réalise et n’existe plus une fois celle-ci achevée. la peinture. Ce passage du général au particulier se fera en considérant deux exemples significatifs : le théâtre et le cinéma. Celle-ci vient servir de point d’appui ou d’ancrage au spectacle artistique proposé au public-spectateur. pour être vu. Si ce devenirlittéraire du théâtre est une conséquence de la critique philosophique dont cet art a fait l’objet dans La Poétique d’Aristote. ils convoquent d’autres formes d’art.impermanent le spectacle créé. ils demandent un lieu qui est un cadre de partage et de communion entre les acteurs-personnages d’une part. le lieu est indispensable à l’art de la scène. En effet. etc. il faut aller au cinéma. De même et de plus en plus. et situé ces arts dans le système général des arts. mais tout art ne le vise pas de la même manière. Mais aussi. En effet. tout comme pour voir un film. en tant qu’ils forment un carrefour géométrique des autres arts. En dernier ressort. il ne fait pas partie de la fiction proposée sur la scène. En effet. 3. il consacre l’existence de l’œuvre scénique. aussi bien pour sa création que pour sa réception. Après avoir jeté un regard panoramique sur les arts de la scène. les arts de la scène font appellent aussi à la technique. C’est lui. Non seulement pour être créé. Par sa présence. il convient à présent de regarder quelques-unes de ses espèces pour voir de quoi elles retournent. le public-spectateur est une entité réelle . l’étymologie du terme reste cependant sans ambiguïté. En outre.1- Le spectacle théâtral Le théâtre est à la fois un genre littéraire et un art du spectacle.Analyse de quelques arts du spectacle Certes l’art vise le beau. entre ces acteurs personnages et le public-spectateur d’autre part. Ces arts viennent animer la scène pour relever le goût du spectacle. « art de la scène » ou « art de la performance ».2- Le lieu L’art de la scène se dresse nécessairement en un lieu déterminé et prévu à cet effet. les arts de la scène ont besoin d’un lieu . le destinataire de l’œuvre représentée scéniquement. 3. c’est ce lieu de déroulement des spectacles artistiques qui est désigné par la notion de « scène ». C’est le cas du cinéma. En raison de ce caractère immédiat de sa réalisation et de la matière vivante et de la procédure particulières qu’il utilise pour sa réalisation. Ainsi pour voir une pièce de théâtre. L’acteur cesse d’être le personnage qu’il vient à peine d’incarner pour reprendre son identité sociale antérieure au spectacle. 5 . en effet.

Ce n’est que par glissement ultérieur de sens que le théâtre en vient à désigner aussi l’objet offert au regard. Le premier est le temps externe de l’horloge. Ce lieu obéissait à une triple organisation : d’abord l’espace dédié au jeu des acteurs (le proskenion au dessus de la skènè).le mot grec « theatron ». Gallimard. d’où est issu le mot français « théâtre ». un cadre a été aménagé pour servir de lieu permanent de représentation du spectacle théâtral : par exemple le théâtre de Dionysos. Pour une meilleure intelligence du spectacle théâtral. Folio Essai. 4 Biet Christian et Triau Christophe. nous allons considérer ces éléments séparément. désigne originellement le « lieu d’où l’on regarde ». En somme il faut savoir repérer la continuité et/ou la discontinuité du lieu théâtral dans les éléments constitutifs du théâtre. Or de quoi est fait un spectacle théâtral ? A cette question. p. Tout comme le lieu. le temps et le discours. essentiellement fictionnel. Quant au lieu représenté. Christian Biet et Christophe Triau répondent ceci : « le théâtre se donne comme lieu. ce qui pourrait être interprété comme l’expression d’un lieu en pleine mutation. en référence au spectacle rituel offert à Dionysos lors des concours dramatiques. Plus tard. 6 . Il découle d’un aménagement de la scène et de son enrichissement par des éléments de décor et toute sorte d’accessoires. durant trois heures d’horloge. en tant que toute action théâtrale se situe dans des coordonnées spatiotemporelles définies par l’auteur. Tout comme il peut avoir une rupture entre la case et le costume . sa détermination obéit à une contrainte : l’action théâtrale devait tenir en une seule révolution du soleil. une séparation nette est faite entre l’espace proprement dédié au jeu des acteurs et celui réservé au public-spectateur. C’est pourquoi il est à lire et à reconstituer. Cet édifice a connu une évolution au fil des siècles. D’abord le lieu de la représentation. 260). le lieu physique et le lieu fictionnel se résument dans la notion de scène. le lieu théâtral va se scinder en deux parties : la scène et la salle. en forme d’amphithéâtre taillé sur le flanc de colline. Mais chaque fois. c’est-à-dire le spectacle dramatique ou opsis. Le lieu fictionnel peut être suggéré par différents éléments. Cette suggestion de lieu faite au moyen de la case peinte peut être renforcée par le costume des personnages. Le second est le temps interne de la fiction. il est celui où est supposé se dérouler l’action. Le théâtre repose sur une superposition de deux lieux en principe hétérogènes : le lieu de la représentation et le lieu représenté. elle est aussi le support fictionnel déroulement de déroule l’action. Tout l’être du théâtre s’éclaire donc dans ce jeu de correspondance entre l’espace. Le temps est suggéré par divers éléments. Seul ce temps fictionnel est expressif pour le théâtre. le temps théâtral se scinde en deux entités hétérogènes : le temps de la représentation et le temps représenté. 2006. Par exemple une simple case ronde peinte sur une toile de fond peut suggérer le monde rural du nord de la Côte d’Ivoire. Qu’est ce que le théâtre ? (Paris. Le premier fait référence à l’édifice abritant le spectacle. Dans la Grèce antique par exemple. Coll. c’est-à-dire un jour. à juger »4. celui au cours duquel la représentation a lieu : en journée et en soirée. Depuis La Poétique aristotélicienne. ensuite celui servant à l’évolution du chœur (l’orchestra) et la grande partie où prenait place le peuple (le theatron). comme temps et comme discours à interpréter. Au théâtre. La scène n’est jamais prise pour une simple portion d’un ensemble .

2. le film. devant public. c’est-à-dire sa puissance de signification sera fonction des relations qu’il entretient avec les autres signes de l’univers théâtral. Comme le livre. avec la projection de leur première réalisation : « La sortie des usines ». Toutefois ce langage théâtral ne saurait se réduire au seul discours articulé. le théâtre est un carrefour des autres arts. à travers le monde entier6. il peut être reproduit en plusieurs exemplaires.. au sens où Walter Benjamin entend ce concept de langage. quant à lui. (discours comme événement central focalisant le déroulement de l’action théâtrale). cit. p. voire du fictionnel. l’action doit être organisée en vue d’un renversement du bonheur vers le malheur. grâce aux frères Auguste et Louis Lumière. Dans la mesure où tout ce qui répond d’une présence voulue par l’auteur dans l’œuvre devient signe. dire c’est faire et faire c’est dire. En ce qui concerne la tragédie. il convoque et tisse ensemble des gestes. Même un monologue ou un soliloque ne prend sens que par rapport au vide qui est créé autour du sujet parlant. en raison de son impermanence. Il peut également être projeté simultanément dans différentes salles. verbal. »5 Alors que la performance théâtrale. l’épaisseur de chaque signe. est né le 28 décembre 1895. Cet art consiste dans la restitution du mouvement au moyen d’un ensemble de procédés techniques d’enregistrement de l’image et du son puis de leur projection sur un écran. C’est dire qu’un signe n’est jamais isolé.Vient enfin le discours théâtral. 5 6 Georges Sadoul. c’est-à-dire d’une crise vers un dénouement heureux. ce dont il s’agit. D’où le fait que l’action obéisse à une structuration particulière tenant compte du genre théâtral considéré. meurt au lieu et au moment même où elle naît devant le public. Pour ce faire. comme dit Barthélemy Kotchy.Le cinéma Le cinéma. au théâtre. L’artiste devra prendre position soit en se situant dans la continuité de la règle soit en se situant en marge de cette loi. Dans le cadre de la comédie. La touche d’originalité de chaque auteur apparaît alors dans la façon de faire advenir le bonheur ou le malheur des personnages engagés dans l’action dramatique. Le jeu théâtral est fait d’un agencement harmonieux de différents signes. A ce dernier titre. En effet. Histoire des spectacles. c’est-à-dire une des manifestations possibles de la vie de l’esprit. sous l’apparence du vrai. le théâtre suppose un réseau de relations entre les personnages et entre les personnages et les choses qui les environnent. chaque création est un espace de négociation avec la règle qui gouverne l’art. 3. En somme. Le dire et le faire se rejoignent dans un espace figuré et structuré pour se féconder mutuellement et donner sens au théâtre afin que le public-spectateur puisse y tirer sa nourriture spirituelle. 1620 Ibid 7 . demeure . des paroles. et le discours du théâtre deviendrait lacunaire si l’un ou l’autre signe fait défaut. l’enregistrement sur pellicule des images et des sons. il survit à sa projection sur écran. op. Le théâtre est essentiellement discours ou langage. Chaque signe théâtral participe d’un tout qu’est l’expressivité dramatique . devant un public. Comme langage. Ce qui fait dire à Georges Sadoul : « Le cinéma est différent des autres spectacles parce que son support matériel. Le théâtre se présente comme un jeu dynamique de simulation du faux. possède un double caractère : l’ubiquité et la pérennité. divers signes visuels et sonores et même divers arts. Le discours théâtral est le ti esti. encore appelé 7e art. Il se constitue en vue d’une finalité. le renversement de l’action doit se faire dans le sens contraire.

le cinéma ne se lira ni ne se critiquera pas exactement de la même manière qu’une une pièce de théâtre parce qu’il est constitué différemment. s’impose la production qui ne doit pas être confondue avec la création. En ce sens ils sont parfois utilisés comme des moyens ou des supports de propagandes politiques pour asseoir des idéaux. Car. son ubiquité et de sa "médiateté". de brassages des peuples et des individualités. En ce sens. Au-delà du jeu des acteurs. le cinéma se distingue une fois de plus des autres formes d’arts du spectacle. ni le temps ne sont enfermés dans des contraintes. il contient et déborde à la fois les arts vivants.De plus le cinéma ne vaut art que par les plans et leur agencement ou montage. en font un art du spectacle de type particulier. Donc en plus de la qualité à rechercher dans le jeu des acteurs. le cinéma est un art vivant enfermé dans une pellicule et projeté ensuite sur un écran par un moyen technique. Des spectacles peuvent ainsi être investis au service de la recherche de la paix sociale et de la cohésion nationale après des années de crises dans un pays comme le nôtre. c’est-à-dire par sa présentation via des supports intermédiaires tels que la pellicule et l’écran. il y a la façon d’enregistrer et d’agencer les images qui détermine en dernier ressort le sens et l’effet à prêter à ces images. plus précisément un art du spectacle par assimilation. les arts de la scène sont des occasions de communion et de communication. il offre de plus une large possibilité de création : ici ni le lieu. la production s’entend des mécanismes de financement de la création artistique et de circulation des œuvres créées. 1620 8 .1- Les enjeux socio-économiques des arts de la scène Tout d’abord. Ce qui montre bien que la arts de la scène ont un grand enjeu socio-économique. Mais cette performance ne devient véritablement cinématographique ou ne vaut film que lorsqu’elle est effectivement filmée à l’aide de caméras. il y a aussi la qualité de la prise de vue et de son. Le cinéma présuppose la performance des acteurs. différée. Un travail artistique. Le spectacle projeté est vécu de façon indirecte. Le cinéma est le résultat de la rencontre des arts vivant et de la technique. 4. En raison de ses caractéristiques propres qui fondent sa différence. Selon Louis Delluc. En effet. Pour cette raison. en Afrique. l’art pour l’art est 7 Histoire des spectacles. voire poétique de montage et de finition viendra lui donner sa forme définitive. L’art a bien une utilité sociale qui va bien au-delà de son aspect esthétique. Des segments parallèles de l’action peuvent se dérouler simultanément dans des lieux différents et au même moment. dit-on. Le film n’existe pas encore une fois le tournage terminé. Le cinéma se caractérise donc par sa "médiateté". De ce point de vue. Cette différence fondamentale qui les oppose.La production des arts de la scène Entre le moment de sa conception comme une idée née dans l’esprit d’un créateur donné et celui de sa mise en œuvre devant un public spectacle. le cinéma s’est transformé en art et son évolution se fait en même temps que celle de la technologie. C’est aussi une industrie…et un commerce »7 Simple curiosité scientifique au départ. « Le cinéma n’est pas qu’un art…ce moyen d’expression est beaucoup d’autres choses. 4. Sa résistance au temps (pérennité). Sous l’ange de l’art.

3- Les ressources de la création des arts de la scène Certes. l’acteur se transforme pour le temps de la performance en personnage . de cadreurs. sa représentation demande des ressources techniques et financières dont l’importance varie en fonction des arts de la scène concernés. sont à la portée de tous. En ce sens. Ainsi le Fond National du Cinéma vient-il en aide aux réalisateurs nationaux porteurs de projets de films. Par ailleurs. est d’abord une forme d’expression artistique . Il y montre à juste titre comme l’art théâtral se met au service de la construction d’une communauté responsable et mature. C’est ce débat que Bakary Traoré soulève dans son étude intitulée : Le théâtre africain et ses fonctions sociales. 4. l’art est très méconnu et très peu financé. les arts de la scène sont des bassins de créativité et d’auto-emploi répondant parfaitement à la politique gouvernementale de promotion de l’entreprenariat jeune notamment. africains et internationaux d’exploitation des œuvres. Au cours de la représentation scénique. Elle l’est effectivement lorsqu’elle a lieu en donnant l’illusion que l’action est sensée se déroulement tout naturellement au présent. il convient de souligner les traits suivants. Des métiers comme ceux de metteurs en scène. de régisseurs. mais aussi lorsqu’elle emploie des personnages eux-mêmes vivants pour représenter l’action. il faut en plus que cette représentation soit vivante. Au plan économique. Le basculement du réel au fictionnel s’atteste dans l’emploi superposé des notions d’acteur ou être physique réel à celle de personnages ou êtres fictionnels dont la réalité se limite à la représentation sans la déborder. la vision du monde de son auteur. Il ne suffit donc pas d’avoir affaire à un art de la représentation. Par 9 . Un art de la scène. 4. Ce sont les mêmes opportunités qui sont offertes par le FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou) dans le domaine du cinéma africain.une vue de l’esprit. Conclusion Au terme de ce cours portant sur les arts de la scène. le fictionnel absorbe le réel et se déploie ici et maintenant. de la vie elle-même. Tout d’abord vient la définition de la nature propre des arts de la scène. de l’action. le monde. la vie.2- Les circuits d’exploitation des arts de la scène Une fois créés. de réalisateurs. etc. sur un plan purement fictionnel. autrement dit. en Afrique. Néanmoins. de monteur. c’est un art qui vise à représenter. Par exemple. Les arts de la scène participent souvent également à l’éveil des enfants et à l’éducation des jeunes. en marge de la vie réelle. sous quelque forme qu’il se manifeste. sous le regard participatif du public-spectateur. il existe quelques mécanismes nationaux et internationaux de financement de la création artistique. le MASA (Marché des Arts et du Spectacle Africain) donne à de multiples créateurs des occasions de faire connaître et/ou de vendre leurs œuvres. Et même quand l’œuvre d’art de la scène existe déjà. Ce sont en un mot des outils didactiques dont l’avantage réside dans leur facilité d’accès à tous. l’art du spectacle repose sur l’idée du mouvement. les arts de la scène suivent des circuits nationaux. il acquiert ainsi une autre identité qui vient doubler et cacher celle qu’il revêt dans la vie réelle.

conséquent. c’est-à-dire la scène. les arts du spectacle se pratiquent librement et s’observent dans toutes les sociétés. Au contraire. les conditions mêmes d’existence des arts du spectacle. l’acteur et le public. Ceux-ci offrent une possibilité infinie de création telle qu’on peut dire que ces arts ne peuvent plus être considérés comme l’apanage d’un peuple ou d’une époque qu’il s’agirait ensuite d’universaliser. un art qui ne restitue pas le mouvement inhérent à la vie sur scène ne peut pas entrer dans la catégorie des arts du spectacle. Au surplus. permettent d’affirmer l’universalité et la diversité des arts du spectacle. 10 .

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