K’eskon attend ?

Spécial journée PEAC#2 : 21 janvier 2017

Une journée bien chargée !!
Aujourd’hui s’est déroulée la deuxième édition de cette journée
d’études sur les PEAC. Bruno Gachard, un conseiller académique
en spectacle vivant à la DAAC, nous l’a présentée.

C

ette journée a été organisée entre autres par Bruno Gachard et
deux de ses complices mais aussi avec l’aide de beaucoup d’autres
personnes. Un vrai travail d’équipe.
Si ce séminaire a été organisé, c’est pour permettre à la culture d’être
toujours présente dans l’enseignement (école, collège, lycée) et de se développer chez les jeunes par le biais des personnes présentes à cette journée. Elle n’était pas annoncée par les médias car le projet n’est pas pour
tout public. Il y avait environ 90 personnes à cette journée avec, en fait,
plus d’acteurs de la culture que d’enseignants. Parmi les participants, se
trouvait le Ministère de la Culture, la DSDEN (Direction des services départementaux de l’éducation nationale), Canopé (lieux de ressources) et…
bien d’autres !
Au programme :
Le matin, nous
avons été accueillis dans
une des salles
du théâtre Blossac. Un peu
plus tard, on
nous a fait la
présentation de
la journée. Ensuite, il y a eu
un dialogue de
plateau entre
Noël Coye
(historien) et
Elsa Glycos (Inspectrice Education Nationale) qui ont parlé de la « trace »
sur la scène même. Et comme même les gens de culture mangent, à midi,
un repas a été servi par le Café cantine de Gençay (une cantine qui a de
particulier d’organiser des événements culturels).
L’après-midi, des ateliers de design, de gravure, de théâtre, d’arts graphiques ou encore de danses traditionnelles ont été présentés par plusieurs intervenants venus de partout dans la Vienne. A la suite des ateliers, un goûter musical animé par deux musiciens du conservatoire a mis
le point final

Laisser une trace
Laisser une trace ! Voilà bien une expression qui a un sens diffèrent pour
chacun de nous. Il y a les traces qui
indiquent le passage de quelqu’un,
qu’on laisse dans son sillage (laisser
une trace), il y a la trace de pas, l’empreinte, mais il y a aussi la trace de
poison, celle qui trahit le criminel…
Voilà des expressions basées sur le
même mot mais toutes différentes.
Car une trace peut-être négative
comme elle peut être positive. Dans
le sens d’un souvenir ou comme un
tatouage (pas toujours), elle est plutôt positive mais elle est négative
dans le sens des traces d’une maladie
ou des traces de sauce sur un vêtement.
On a bien compris que pour ce séminaire, on parle de laisser une trace
dans l’esprit de quelqu’un, ou plutôt
une trace de culture dans l’esprit des
gens. La culture est ce qui nous différencie les uns des autres, mentalement bien sûr ; la culture est ce qui
nous définit, c’est une partie de nous.
Certains en sont addict, toujours à
l’affut de spectacles, d’expositions, et
même, dans le plus grave des cas, ils
deviennent profs, à vouloir déléguer
leur soif de culture, prêts à sauter sur
le premier élève qui se présente. Et ils
laissent des traces !

Bruno Gachard nous a confié son enthousiasme pour cette journée et espère que les gens en auront bien profité ; qu’elle laissera des traces !

En conclusion, je dirais que la culture
est une passion que certains cultivent
plus que d’autres mais personne n’a
la même ni la met au même niveau.
Et pour les traces, il y a toutes sortes
de traces : certaines que l’on veut
garder, d’autres dont on veut se débarrasser mais elles témoignent
toutes d’un passage ou d’un moments passé.

Camille Goosens et Rémi Boulay

Eléa Degeorges et Ilham
1

Medias

Qu’est ce qu’une ‘’trace’’ ?
Une trace, ça peut signifier tellement de choses ! J’ai 14
ans mais ça ne m’empêche pas d’être curieuse. J’ai donc
voulu savoir ce qui déplace autant de gens pour une journée comme celle-là, consacrée aux traces dans un parcours d’éducation artistique et culturelle. Sans crainte, je
suis allée au dialogue de Noël Coye et Elsa Glycos sur la
trace culturelle qui était organisé sur la scène du théâtre
Blossac. Et on peut dire que ce débat était … spécial ?...

T

out d’abord il faut savoir qu’une trace est une
marque, rien de compliqué pour l’instant. Ensuite,
elle perd ses caractéristiques jusqu'à disparaitre mais
il y a quand même quelque chose qui reste… Là, c’est assez
contradictoire : la trace s’efface mais reste ! J’avoue ne pas
avoir saisi cela. Noël Coye est un préhistorien. En confidence,
avant, je pensais qu’un préhistorien était un ‘’homme
de Cro-Magnon’’ mais…non. En le voyant, j’ai réalisé
qu’un préhistorien est un homme qui étudie la préhistoire ! Pour Noël, donc, « les traces sont essentielles,
centrales en archéologie ». J’ai découvert que les traces
prenaient énormément de place : des réserves de musées en sont saturées et de même que des bibliothèques avec des milliers de pages les concernant.
« La trace constitue l’univers en expansion » a-t-il dit. Je
me suis répété mainte et mainte fois cette phrase mais
je n’ai toujours pas réussi à la définir. Je sens bien que
cette phrase a du sens mais je ne sais pas vraiment lequel ; elle est, « complexe », on va dire. Durant le débat, plusieurs œuvres, tableaux, objets nous ont été
présentés comme La Dame à Capuche, emblème de la
préhistoire, en passant par des montagnards vietnamiens. Il y a eu aussi une déduction à partir de traces de
pas d’une hypothétique famille de six personnes passant rapidement à un endroit, des gravures, des peintures superposées, des palimpsestes (sorte de parchemins). Bref une accumulation de traces... Toutes ces
œuvres ont été réalisées à un moment précis (entre
11millions et 23mille av. JC), très très précis !
Je dois faire un aveu. Plein de phrases, de mots de la conférence ( qui était compréhensible pour quelqu’un qui en sait un
peu sur le sujet mais totalement absurde pour un collégien
qui n’avait aucune idée de ce qu’est une trace ) m’intriguent
car je n’ai pas compris leur sens ou même ce qu’ils faisaient dans le débat. On a parlé de snapchat, mais
aussi de madeleine. J’ai entendu des bribes comme :
« on trace la trace », « à partir de la trace qu’il a
tracée lui-même de cette trace », « les Cro-Magnon
sont des hommes comme nous, juste moins évolués » , « le temps aplati sur une seule paroi », « un
magma de cheval ». Pour finir, cette conférence était
complexe mais très intéressante et elle m’a permis
d’en savoir un peu plus sur la trace de la culture. Ceci est ma
trace que je laisse dans k’eskon attend.
Julie Pouzin

Un compte rendu en
temps réel !
Rencontre avec un des organisateurs,
James Chaignaud, représentant du ministère de l’agriculture et impliqué dans
Rurart, du projet de compte rendu en
temps réel et artistique de la journée,
réalisé par l’Ecole Européenne Supérieure
de l’Image et la Fanzinothèque

«

Je mène, depuis un an maintenant,
un projet autour de comptes- rendus
en temps réel d’événements divers»
nous explique
James Chaignaud. L’idée
était que,
comme dans ce
genre de journée, ils récupèrent les comptes
rendus que 6
mois après, cela
n’intéresse donc
plus les lecteurs.
Pour changer
cela, ils ont décidé de tout faire
le jour même.
« Le défi était de
sortir un compte
-rendu sans savoir ce qui se
passera dans la journée puisque tout se passe
en direct. » Et donc que les visiteurs puissent en
fin de journée le récupérer. Cette journée leur
sert à se poser des questions et à laisser une
trace pour que les participants puissent plus
tard se souvenir de ce qui s’est passé. Le
compte rendu est réalisé sur place (tout le matériel a été emporté : ordinateur, imprimante..)
Et c’est une rencontre qui a permis cette réalisation : la rencontre entre la fanzino et l’EESI.
Julie Pouzin et Raphaël Tribot
2

Invités

L’image ? Ca s’enseigne !

Et en particulier à l’EESI (Ecole Européenne Supérieure de l’Image). Et cet établissement est présent
lors de la journée EAPC pour la réalisation d’un compte rendu artistique avec la fanzinothèque.
Nous avons questionné un professeur professant là bas.

Qu’est ce que l’EESI ?
« L’EESI est une école supérieure
d’art. Elle est située dans deux
villes, Poitiers et Angoulême »
nous explique Jacques Lafon, professeur d’histoire de l’art. « Des
cours d’art (peintures, sculptures,
cinéma,…) sont donnés par des
artistes renommés, certains internationalement.
Qu’elle est l’histoire de cette
école supérieure?
« Au départ il y avait deux écoles
avant qu’elles ne soient réunies, le
première était à Poitiers. Très ancienne, elle datait du 18eme siècle.
Elle formait des dessinateurs pour
l’industrie. La deuxième, plus récente, à Angoulême, était une
école d’art ‘‘normale’’ qui formait

des artistes, des peintres, des
sculpteurs… Elles se sont regroupées en 1995 pour s’intéresser
d’avantage à l’image »

« Réussir notre projet avec la fanzinothèque ! ». En effet, l’EESI et la
fanzinothèque réalisent un compte
-rendu artistique de cette journée
(précision dans un autre article).

Comment faire pour rentrer dans
cette école supérieure ?
« Une personne qui veut y rentrer
à intérêt à commencer à dessiner
et à fréquenter les musées. Il faudrait aussi s’investir dans des
classes spécialisées d’art ou de
médias » (la classe journalisme par
exemple !) On rentre à l’école en
ayant son bac et en présentant un
dossier artistique (avec des dessins, des peintures, des photos, des
reportages...) à un concours qui a
lieu deux fois par an
Qu’attendez-vous de cette journée ?

Qu’entendez-vous par trace en
matière de culture ?
« Il y a toute une démarche philosophique importante en art sur ‘’la
trace’’. Pour Jacques Lafon une
photographie est ‘’une trace’’ contrairement à une peinture : « Une
trace se définit par le fait que tu
n’interviens pas en tant qu’auteur,
artiste, personne dessus. Dans une
peinture, il y a toute la personnalité du peintre et ce dernier va raconter une histoire ».
Raphaël Tribot, Abdessamad
Kassous

La fanzinothèque au théâtre
La fanzino, on devait forcément la trouver dans une journée telle que celle-ci. Elle était au
travail, un peu comme nous. Nous avons rencontré une représentante de la
fanzinothèque, Virginie, au théâtre Blossac.

L

a fanzinotheque est un
projet qui consiste à
conserver les fanzines, à les
garder, à les cataloguer. Les
fanzines sont des publications éditées à peu d’exemplaires. Il y a pas mal de visiteurs à la fanzinothèque notamment depuis qu’elle est

au centre ville de Poitiers (pendant les
travaux qui doivent la rénover) car l’espace est plus visible. Il y a des gens de
Poitiers et parfois même des personnes qui viennent d’assez loin pour
venir chercher un fanzine qui y est conservé. Les visiteurs sont surtout des
adultes plutôt que des adolescents.
À suivre page 4
3

Invités

La clique d’Arsène : un choc !

L

Frédérique Antelme est metteur en scène et directrice artistique
de la clique d’Arsène de Poitiers, elle travaille également sur un
P.E.A.C. avec des élèves de primaires pour la cinquième année.

a clique d’Arsène est constituée d’une administratrice, une chargée de diffusion et des
comédiens qui changent en fonction des spectacles.
Frédérique dit qu’elle est assez fidèle avec la distribution des rôles aux acteurs mais qu’il lui arrive de changer d’acteurs en fonction des spectacles. Depuis longtemps, la compagnie travaille avec des jeunes et des
publics empêchés, c'est-à-dire des publics avec des problèmes mentaux ou à problématique sociale. Ils sont
assez ouverts autour de l’éducation artistique.
La compagnie est très ancienne, elle date de 1992. Elle
était un collectif pendant plus de quinze ans avant que
Frédérique reprenne la direction artistique.
La directrice artistique avoue qu’elle aime beaucoup
travailler avec des comédiens qui font des propositions
ou des modifications personnelles sur le texte ou sur le
jeu, ce qui permet de diversifier les points de vue et que
ce soit le plus enrichissant possible.
Elle choisit ses acteurs parce qu’elle sait que les acteurs
peuvent emmener et apporter quelque chose de particulier à la pièce. Les acteurs ont choisi ce métier car il

Suite de l’article p.3
Virginie et ses collègues aujourd’hui élaborent un fanzine qui
sera, en quelque sorte, la synthèse de cette journée. Il doit être
élaboré en une journée pour que,
ce soir, chaque participant reparte avec l’édition. (…) Ils participent à cette journée car cela
leur semble intéressant de créer
ce fanzine en live. Souvent dans
les journées du même type, ils
font un compte-rendu qui est
envoyé quelques semaines après
aux participants. L’idée est de
créer un objet papier à donner au
participant pour que chacun puis-

crée du lien social et permet de rencontrer des gens.
Frédérique fait partie des membres qui organisent la
journée, elle s’est dit que ce serait intéressant de proposer des petits ateliers de découverte. Elle s’est investie et a proposé un atelier de théâtre étant donné son
métier. Pour elle, la trace, c’est l’empreinte de ce qui
reste, de ce qu’on doit garder.
Tom Le Guillou et Maxime Bussereau

sent en avoir un. Là, le
challenge, c’est de le
rendre immédiatement.
C’est un vrai engagement et ça répond à un
engagement plus large
de vouloir que la culture
fasse partie de la vie.
Pour Virginie, il faut
donc la défendre. Il faut
défendre la qualité. Et
une culture qualitative
tient dans la transmission, c’est pour cela
qu’ils invitent les gens à
participer à la conception de cette
culture.

Laurine Royer et Johanna
Andreau
4

Invités

La culture pour un maitre de conférence
Nous avons rencontré au fil de la journée un maitre de conférence à l’université
de Bordeaux-Montaigne, et nous l’avons interrogé sur son opinion concernant
la culture et la presse jeune.

F

rancois Pouthier est un maitre de
conférence associé à l’université Bordeaux-Montaigne, expert dans la
période du moyen âge. C’est un historien.
Aujourd’hui, il continue toujours à en apprendre sur les traces du passé, sur les vestiges.
Pourquoi est-il venu sur cet l’évènement ?
Aujourd’hui, il était présent pour réaliser le
cadrage, l’animation mais aussi pour les
débats et la présentation. Mais il était aussi
présent pour apprendre plus sur les traces
du passé : le débat sur la préhistoire avec
Noël Coye l’intéressait.
Et la culture, c’est quoi pour lui ?
Pour Francois Pouthier, la culture est un
facteur d’enrichissement individuel mais
aussi collectif. C’est aussi un facteur de
construction avec d’autres quand on mène
une opération entre l’éducation artistique

et culturelle pour construire les jeunes, qui
sont de très bon spectateurs. C’est aussi un
facteur de relation sociale et humaine et ça
crée aussi du commun.
Et la presse jeune, il en pense quoi ?
Il pense beaucoup de bien, lui-même en
lisait avant : « mon quotidien ». Il se souvient que les articles étaient très bien écrits
et intéressants, aussi bien pour les adultes
que pour les jeunes.
Et la trace de culture, c’est quoi pour lui ?
Pour lui, c’est quelque chose qui l’a marqué. « Je me souviens du premier spectacle
que je suis parti voir, je me souviens
… »nous dit-il. « C’est une trace dans ma
mémoire, et cette trace, elle renvoie à la
culture en elle-même... »
Ilham Derouiche et Elea Degeorges

Le slam ça slam !

«

Au fil de la journée, on a aussi rencontré le slam qui devait faire l’objet d’un
atelier. Le slam donne la parole à tout le monde, quel que soit son style, le sujet à traiter. Maël, du collectif l’Astre en moi, nous dit tout…

de trois minutes, ni musique, ni cosLe Slam, c’est un moment tumes et ni d’accessoires, juste en
où les gens partagent de parlant.
la textualité au sens large. Ce n’est
Ce moment rapproche les gens de
pas un style en lui-même bien que les
tous âges, par exemple une grandgens pensent que c’est un style.
mère de 90 ans et un jeune de 17
C’est un moment où les gens se reans sur la même scène "C’est assez
trouvent comme dans une cuisine
beau à voir, les gens se suivent mais
sauf qu’au lieu de préparer des petits
ne se ressemblent pas, c’est très
plats, là ce sont des textes. "Voilà
éclectique."
comment Maël définit son art.
Certains slameurs racontent un moLe slam est né en 1985 aux Etatsment de leur vie, des cris de colère
Unis par Marc Smith. Ce dernier a
ou essayent de surprendre. On est
aussi inventé un chelem, un tournoi
dans l’émotion, parfois dans le rire.
où l’on "claque les mots" : pas plus
C’est du stand-up.

Maël est slameur depuis 2003. Il a
découvert le slam en 1999 par un
film. Il lui a fallu 3-4 ans avant de
pouvoir écrire ses textes, d’avoir le
courage de monter sur scène ; surtout qu’il n’y avait pas de scène par
ici, il devait aller sur Bordeaux. Au
début, il s’était intéressé au rap mais
le rap a beaucoup de clichés et après
avoir vu le film, il s’est identifié au
slam.
"Il faut savoir y mettre du rythme,
écouter les différentes autres voix."
Cindy Philiponeau et Aurélie Cretté

5

Partenaires

Une compagnie monstrueusement cool
Une pièce à dévorer !
Studio Monstre a mis en scène
l’ouverture de la journée avec
un texte joué par Mathilde Souchaud. Un choc… savoureux !
La compagnie ne souhaitait pas
que leur spectacle soit une pause
entre deux discours. Ils ont donc
joué une pièce en rapport avec le
thème du jour (les inégalités face
à la culture) mais en le prenant à
l’envers avec un humour noir
incomparable. C’est un texte de
Jonathan Swift un peu
« rafraichi » sur la famine et la
pauvreté.
La meilleure solution pour réduire les inégalités ? Commercialiser les bébés en boucherie
car c’est connu qu’un gigot de
nourrisson rapporte plus qu’un
enfant instruit ! En fournissant
un plat de luxe pour les riches,
les pauvres pourraient en profiter pour alléger leurs charges et
gagner un peu. Pour les chasseurs en manque de gibier, la
solution serait de laisser gambader des adolescents dans les forets. Pour les écologistes pas de
panique, l’espèce Humaine n’est
pas protégée ni en voie de disparition. Et ça permet enfin de réserver la culture aux 2% d’enfants qui bénéficient aujourd’hui
des activités culturelles extra
scolaires.
Tom et Maxime

Nous avons rencontré la compagnie Studio Monstre, une super troupe
de théâtre basée à Poitiers. C’est eux qui ont ouvert la journée. De
manière audacieuse. Voici leur histoire…

P

our commencer,
la petite équipe
s’est rencontrée
au lycée. Elle est constituée de Mathilde
Souchaud qui est directrice artistique,
metteur en scène et
comédienne au sein de
la compagnie, de Théophile Sclavis qui est
comédien et il y a enfin Yoann Gasiorowski
qui est aussi comédien,
Gala Ognibene qui est scénographe et
enfin Arthur Gueydan qui est concepteur lumière. Ils ont tous un rôle différent et précis au sein de la troupe ce
qui permet de construire des spectacles.
Ils se sont, pour la plupart, rencontrés à
l’E.N.S.A.T. (école nationale supérieure
des arts et techniques du théâtre) à
Lyon. Mathilde a une formation initiale
au conservatoire à Poitiers où elle a
rencontré Yoann. Après sa formation à
l’E.N.S.A.T, elle a eu une expérience
professionnelle qui ne lui suffit pas. Elle
veut créer ses propres projets. Mathilde décide donc de rassembler ses
amis Théophile, Gala, Yoann et Arthur
et de créer la compagnie Studio
Monstre à Potiers, ville dans laquelle la
petite troupe peut bénéficier de soutien.
La compagnie est très récente. En effet,
elle existe depuis seulement un an et
demi. « C’est notre métier dans le sens
où c’est notre activité principale, on en
vit, on est payé pour le travail qu’on
fait. En tout cas, on fait tout pour être
payé le plus possible ! » nous dit Mathilde. En créant cette compagnie, la
troupe a, en quelque sorte, crée une

entreprise. Ils partent de rien, gèrent
tout de A à Ils ont plusieurs projets en
vue dont le projet « hors les murs »
qu’ils vont jouer dans les musés et les
centres d’art contemporain.
Un début décapant !
Pour ce qui est de l’ouverture de la
journée PEAC, Mathilde explique que
les organisateurs leur ont donné carte
blanche pour venir présenter un spectacle de 20 minutes. Ils trouvaient
dommage que leur spectacle serve de
récréation. Ils souhaitaient donc vraiment l’inscrire sur le thème de la journée et prendre tout le public par surprise en donnant le contrepied du
thème officiel. Ils ont donc fait ce texte
de Jonathan Swift, provocateur puisque
proposant une manière radicale de
réduire les inégalités face à la culture,
en faisant des enfants pauvres de la
viande de boucherie.
Pour finir et définir la journée, Mathilde dit que pour elle le mot trace
c’est ce que l’on donne et ce que l’on
laisse : « la trace c’est ce que l’on garde
en mémoire et ce que l’on peut ressortir plus tard ! »
Tom Le Guillou et Maxime Bussereau

6

Ateliers

Eh bien dansons maintenant !

Marie-Laure Villedary est une retraitée qui a été anciennement conseillère pédagogique. Elle s’est
rendue aujourd’hui à la deuxième édition de la PEAC pour animer l’atelier danse.

M

arie-Laure a un passé
d’institutrice puis ensuite
elle a été conseillère pédagogique puis finalement retraitée.
Nous lui avons demandé si elle avait
des anecdotes dans la danse et elle
nous dit qu’elle n’en a pas vraiment
mais la chose qui l’a le plus marquée
c’est quelle voyait dans ses ateliers
que les adultes faisaient un peu
comme les enfants, à rapprocher les
danses folkloriques avec d’autres
danses et surtout à s’amuser comme
des gosses.
L’organisation…
Elle est venue aujourd’hui car les
organisateurs de cet événement lui
ont demandé de faire découvrir aux
participants la danse. Les organisateurs savaient que ça lui ferait très
plaisir de venir et elle-même le dit.
Elle est heureuse d’avoir été invitée
à cet événement et d’avoir pu y par-

ticiper.
Quelques précisions …
Comment faire
pour devenir
danseur ou danseuse ? Elle a fait
des stages, elle
dit que ce n’était
pas très dur et
puis surtout elle
a pris beaucoup de plaisir à faire tout
cela. Une danse folklorique c’est une
danse du patrimoine qui se fait parfois dans les mariages et d’autres
événements.
Quelles danses?
Elle a fait des danses de tous pays,
c'est-à-dire des danses locales. Par
exemple, elle n’allait pas faire des
danses françaises en Algérie. Là-bas,
si on veut faire des danses locales,

on danse algérien.
Des tournées ?!
Elle ne faisait pas de tournées mais
quelques spectacles par-ci par-là
pour des personnes du 3ème ou 4éme
âge, pour les divertir je pense. Aujourd’hui, pour les PEAC, c’était un
peu pour tout le monde.
Vanessa Dugué et Abdessamad
Kassous

Un atelier sur des tickets
Guillaume Heurtault est un graphiste pour les éditions
FLBLB. Lors de la deuxième édition de la PEAC, il est
venu animer un atelier d’arts graphiques. Rencontre.

C

omme pour tous les autres ateliers, la thématique
principale de celui d’arts graphiques était la
« trace ». Pour animer son atelier, Guillaume
Heurtault a eu comme idée de partir d’un petit objet pour
essayer de raconter des choses par le biais du texte et du
dessin. Pour ce faire, il a choisi de partir d’un ticket de
caisse, qui est lui aussi une trace d’achat, pour écrire une
histoire ou une pensée. Certaines contraintes ont été
mises en place pour aider à la création. En effet, les participants ont eu le droit d’utiliser seulement quatre couleurs : le noir, qui était la couleur principale, le bleu, pour
les apports complémentaires à leurs idées, le vert avec

lequel ils n’avaient le droit d’écrire que de la main droite
sans lever le crayon et enfin le rouge, avec lequel ils devaient écrire de la main gauche. Le ticket de caisse n’était
en réalité qu’un prétexte. Certains dessinaient en regardant son contenu tandis que d’autres écrivaient tout ce
qui leur passait par la tête. Cet atelier était expérimental
et son créateur est curieux de savoir le résultat, car les
participants avaient carte blanche tout en respectant les
contraintes. Il espère aussi que son atelier se passe dans
la bonne humeur.
Guillaume Heurthault est rentré en école d’art à Epinal et
Nancy après son BAC en arts appliqués. Depuis 10 ans
maintenant, il travaille chez les éditions FLBLB en tant
que graphiste, même s’il lui arrive de travailler à son
compte pour certaines réalisations.
Camille Goosens et Rémi Boulay
7

Ateliers

Mets la main à la patte
Les Encres à Pattes, c’est un des intervenants des ateliers
de l’après-midi. Un collectif qui fait profession de partager la gravure. Rencontre de Floriane Musseau, une des
animatrices du collectif.

N

ous avons rencontré
Floriane Musseau, 26
ans, qui habite à Poitiers. Elle fait partie du
collectif « Les encres à Pattes » qui
est implanté sur Poitiers. Ce collectif
existe depuis un an. Elles sont
deux : elle, et son amie et associée,
Marie Tijo. Elles sont toutes deux
travailleuses indépendantes. Floriane a d’abord fait un DUT en Communication puis une Licence en Arts
Appliqués, orientée vers le graphisme et la communication visuelle, pour finir aux Beaux Arts de
Poitiers d’où elle est sortie il y a trois
ans.
C’est sortie des études qu’elle a
commencé à faire de la gravure pour
son métier qui est devenu sa passion : plasticienne. Elle fait des inter-

ventions dans des collèges,
lycées ainsi que dans des Esat
(établissement et service d'aide par
le travail). Et c’est une bonne chose
d’être dans ce type d’établissement
médico-social de travail protégé,
réservé aux personnes en situation
de handicap et visant
leur insertion ou
réinsertion sociale et professionnelle. Elle y
vient pour de la
gravure mais également pour des
activités d’arts
plastiques.

prendre la gravure. Ce sont elles qui
interviennent dans des établissements. Floriane nous a confié : « Je
pense qu’à partir du moment où l’on
fait des arts plastiques dans l’éducation, il faut qu’il y ait un minimum
de passion pour pouvoir transmettre
de la connaissance et
de la pratique ».

Le collectif « Les
Encres à Pattes »
n’est pas un club,
c’est-à-dire qu’on
ne peut pas y ap-

Elle attend de cette
journée de la rencontre et de
l’échange. Son atelier
sert à faire découvrir
la gravure. On sait
qu’au moins il restera une trace.
Lindsay Van-horde
et Ana Hommelet

K’eskon Attend, acteur de cette journée
Fiers d’être invité pour une telle occasion. Nous avons été chargés de réaliser
un journal pour rendre compte de l’occasion. Qui sommes-nous ?
article à temps, ce qui veut dire
qu’il faut s’y prendre rapidement.
Qui dirige K’eskon Attend ?
Jacques Arfeuillere n’est pas qu’un
simple Professeur de français dans
le collège, c’est aussi le coanimateur de K’eskon Attend avec Mme
Lenhard, documentaliste. Les décisions
sont prises en conférence de rédaction
avec l’accord des profs.

de notre ville (association, politiques,
artistes…) On découvre aussi le monde
du journalisme.
Qu’est ce que ont a fait pendant cette
journée PEAC ?

Nous avons participé à cette journée
PEAC pour faire un journal en direct, et
K’eskon Attend est un journal créé par
nous avons eu la chance de rencontrer :
des jeunes journalistes participant à une
studio monstre, le conservateur du patriclasse de Journalisme au Collège René
moine, l’école européenne supérieure de
Descartes de Châtellerault. Les élèves de
l’image (EESI) et plein d’autres… Plein de
Pourquoi on fait ça ?
la classe se réunissent 2 heures par sereportages en une seule journée : une
maine en conférence de rédaction. , Cha- On fait ça pour informer les habitants de
bonne opération.
Châtellerault (enfant, adolescent,
cun fait un article et parle de ce qu’il
Adulte). On peut rencontrer les acteurs Lucas Martineau
veut. La contrainte c’est de rendre son
K’eskon Attend ? Qu’est ce que c’est ?

8

Coulisses

Sauvé ! Le théâtre revit
Le séminaire ne pouvait rêver un meilleur lieu pour parler culture. Maryse Lavrard, première adjointe du maire
de Châtellerault, vice présidente du patrimoine nous a
raconté l’histoire du Théâtre Blossac qui accueille la 2ème
rencontre PEAC.

A

vant les années 1840, ce
théâtre était une église.
Puis on a détruit le clocher de cette ancienne
église, on a construit des gradins…
On avait une salle de spectacle.
Quand il y a eu plus
d’argent, on a voulu construire vraiment dans cet espace. Si on a fait le
choix d’un théâtre
à l’italienne, c’est
que c’était la
mode à l’époque.
Au départ, les murs
du théâtre étaient
dans les tons bleus
et verts, puis avec
les changements
de mode, ils sont devenus rouges
et dorés, le théâtre devenait
luxueux.
En 1977, le théâtre est désaffecté,
car beaucoup de ces théâtres à

l’italienne avaient connu des incendies sur Paris et partout en
France. Sur le conseil des pompiers, malheureusement, le
théâtre ferme ses portes pour des
raisons de sécurité. Certains
théâtres de France sont
détruits pour en construire de nouveaux, rénovés, ou remis aux
normes mais complètement transformés. "Ce
n’est pas le cas de celui
de Châtellerault, lui est
laissé à l’abandon complet."
Au départ, le théâtre
abandonné devait servir à agrandir la mairie,
mais grâce aux châtelleraudais qui
ont dit NON, le théâtre a pu être
sauvé.
En 2008, les châtelleraudais attristés par l’abandon du théâtre, ont
pu grâce à l’Etat qui a financé la

moitié de la restauration, les élus
de la ville, le ministère de la culture, voir leur théâtre remis à
neuf. Maryse Lavrard précise : « A
l’identique de celui de 1840, la
scène n’a pas bougé avec toujours
les mêmes équipements et à
l’identique de 1899 pour la salle,
avec les dorures, les peintures, le
rouge ».
De nombreux artistes sont venus
jouer, chanter dans ce théâtre, et
nous espérons que le théâtre en
verra passer pleins d’autres. Qu’ils
suivront ces traces…
Cindy Philipponeau .et Aurélie
Cretté.

La culture et l’ambiance sont dans l’assiette !
Nous, "espionnes professionnelles", c’est-à-dire jeunes journalistes, avons écouté quelques conversations des visiteurs du théâtre à l’occasion de cette journée PEAC. De quoi peuvent bien parler, quand ils
mangent, des gens de culture ? Et nous en avons conclu qu’ils parlaient de tout et n’importe quoi.

C

ommençons par les élèves de
la classe journalisme. Leur
sujet de conversation était le
front d’Abdessamad et les cheveux
d’Antoine. Ensuite, pour les autres,
nous avons remarqué que plusieurs
personnes parlaient de la représentation qui venait de se terminer. Nous
avons également vu une dame qui

profite de cette journée pour monter
un projet théâtral et de la file
d’attente du buffet pour prendre des
contacts en rapport avec ce projet.
Autre sujet fort : le Chauffage ! "Le
chauffage a été réparé, il commence
juste à chauffer. " Car oui, il n’y avait
plus de chauffage toute la matinée!
Côté ambiance, pendant ce repas, il y

avait les gens seuls. Il y avait ceux qui
ont été rejoints ou ceux qui sont restés sur leur téléphone ou en appel. Il
y avait ceux en groupes qui rigolaient,
ceux qui prenaient des photos, ceux
qui mettaient de l’ambiance tels que
Raphaël (encore classe journalisme)
qui faisait du piano. (…)
À suivre page 10
9

Coulisses

Journalistes : Johanna

Pas tout à fait une cantine
Aujourd’hui, à la journée PEAC, le Café-Cantine de Gençay a été sollicité
pour faire le «café d’accueil » ainsi que le buffet du midi. Nous avons
rencontré Patrick Tibout, un des gérants du Café-Cantine.

P

our le buffet du midi, c’est Patrick qui a été choisi car l’autre
cuisinier était déjà sollicité pour
une activité au café-cantine
même.

Actuellement, ils sont six à y travailler
dont quatre bénévoles. Le café cantine
existe depuis un an et demi et deux salariés y travaillent à temps complet. L’idée
du café-cantine est née de plusieurs bénévoles associatifs qui se sont dit que le concept d’un bar/café était une bonne idée
car dans un bar tout le monde discute
ensemble, et c’est surtout très convivial.

(suite de l’article page 9)
L’ambiance était plutôt pas mal. Nous

Les clients sont de tous âges, familles
avec enfants, personnes âgées, jeunes
couples… L’idée est également d’apporter une partie culturelle et sociale,
par des expos, des concerts, des réunions. Le restaurant travaille avec des
producteurs pour la plupart bio et locaux pour faire vivre l’économie locale. Le concept n’est pas unique mais
il y en a peu, surtout à la campagne.
Patrick Tibout aimerait que ce concept
se développe plus partout en France
et il espère que ce café-cantine donnera envie à d’autres personnes de faire
de même. Grâce à une cagnotte en
ligne (Financement participatif), ils ont
réussi à récolter 12000 euros, le double de
ce qu'ils espéraient récolter, ce qui était
inespéré au départ de ce projet. «C’est
grâce à tous ces gens-là, qu’on a pu se
lancer », souligne Patrick.
Sur le thème de la journée, la trace ? Les
cuisiniers espèrent en laisser une, dans la
mémoire des convives, que leurs plats
étant appréciés, ils auront la visite des
personnes ayant travaillé lors de cette
journée.
Ana Hommelet et Lindsay Van Horde

avons surpris une
conversation qui
parlait de
nous ! Ils
disaient
que le petit
discours
que Camille
et Tom
avait fait
était plutôt
amusant. Il y avait des personnes curieuses qui passaient dans les rangées

Andreau, Remi Boulay,
Maxime Bussereau, Aurélie
Crette, Eléa Degeorges,
Ilham Derouiche, Vanessa
Dugé, Noémie Enain, Melvin Ferdonnet, Adèle Furet, Camille Goossens,
Ana Hommelet, Abdessamad Kassous, Audrey Lagarde, Thomas Lamarre,
Tom Le Guillou, Lucas
Martineau, Jade Nespoux,
Cindy Philipponeau, Mathéo Poirault, Julie Pouzin,
Coline Raffoux, Laurine
Royer, Raphael Tribot,
Lindsay Van Horde, Alix
Vaucelle.

Directeurs de publication : Lenhard Séverine
et Arfeuillère Jacques
Maquette : Lenhard Séverine / Photographies :
©Keskon Attend,
Classe journalisme du
collège René Descartes,
98, BD Blossac86 106 Châtellerault
Imprimé à 400 exemplaires par Canopé, Clemi
Châtellerault. Janvier
2017.
Avec le soutien
du

des tables et qui regardaient un peu ce
que l’on faisait sur nos blocs notes.
Nous avons aussi entendu quelques
rires forts.
Enfin, il faut dire que, là aussi, à table,
on parlait nourriture. "ça fait du bien
de manger un plat chaud, alors qu’il
fait froid dehors " Car nous avons eu le
privilège d’avoir un plat chaud alors
que c’était un buffet.
Qu’une chose à dire c’était vraiment
sympa !
Laurine Royer et Johanna Andreau

10

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