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Du même auteur

DREUX

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-Nouveau guide du béton - 296 p. I.T.B.T.P.).

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1983.

BOUCHART, CIBOIS et DE HARO -Initiation au béton armé. Règles B.A.E.L.

23 2 p. ; 1983.

DECELLE et LEGENDRE -Mécanique appliquée au Génie Civil. Résistance des matériaux. Initiation à l'élasticité. Calcul des structures - 240 p. ; 1983.

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HADDADI - Calcul des structures sur PC 1500/PC 2. Résistance des maté- riaux. Béton armé. Construction métallique - 128 p. ; 1983, (cou. Dossiers de la Construction).

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1500/PC 2s -

t

LACROIX et FUENTES -Le projet de béton précontraint - 420 p. ;1981,(coU. Cours de 1'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées).

MATHIVAT

- Construction par encorbellement des ponts en béton précon- traint - 360 p. ; 1978.

SOCOTEC

- Calcul de beton

armésur HP 41 - 160 p. ; 1983, (cou. Dossien

de la Construction).

COURS PRATIQUE

DE BÉTON -

PRÉCONTRAINT

RÈGLES BPEL

Georges DREUX

Professeur au Centre des Hautes Études de la Construction

Jacky MAZARS

Mailre Assistant a I'Ecole Normale Superieure de l'Enseignement Technique (E.N.S.E.T.)

et

Michel RIMBOEUF

Ingénieur TPE, Chargé de Mission B la Direction des Routes Professeur a 1'E.S. T.P. charge de cours a 1'E.N.S.E.T.

EYROLLES

61, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris

1984

-

Si vous désirez erre tenu au courant de nos publications. il vous suffit d'adresser votre carte de visite au :

Service fiPresse». Éditions €YROLLES 61, Boulevard Saint-Germain, 75240 PARIS CEDEX 05.

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q La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41. d'une

ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et

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@Editions EYROLLES, 1984

part, que les ucopies

Jusqu'à

ces dernières années, le dimensionnement et la sécurité des ouvrages

étaient basés sur des méthodes de calcul dites ((auxcontraintes admissibles)). Au cours des dernières décades, les travaux du C.E.B. (Comité EuropCc du Béton) et deia F.I.P. (Fédération Internationale de la Précécontrainte) ont abouti à la mise au point d'une nouvelle méthode de calcul prenant en compte le compow ment des matériaux audel8 de leur limite élastique et jusqu'a leurs déformatic et confrainre ulrinies avant rupture.

un règlement basé sur la même méthode a été récemment

promulgÜ6, c'est le B.A.E.L. 80. Pour le béton précontraint, une commission a étudié un nouveau règlement, le BPEL 83 ('), destiné A remplacer lesprécédentes instructions dites nprovisoiresr (IF1 et IP2).

Pour le béton &é,

/-Y--- La mise en vigueur du BPEL se fera dans un futur relativement rapproché si quelques petites modifications étaient apportées entre temps, elles ne porteraient vraisemblablement que sur les valeurs de quelques uns des coefficients mais n'affe teraient pas les méthodes et principes de calcul tels que nous les exposons dans c ouvrage. Etant donné le caractére volontairement élagué de ce cours, il n'a pas éth possible d'y traiter dans le détail toutes les spécifications de la règiementation relati à l'emploi du béton précontraint dans ses multiples formes et applications.

Nous avons donc volontairement éludé certaines prescriptions non fondamen

1

1

i

tales.

Ce ((COURS))doit essentiellement permettre la lecture facile des règlemer.-,

et instructions ainsi que leur interprétation et application correcte.

(1 i Titw 1 -section 2 du fascicule 62 du CCTC

VI ll

Cours pratique

de béton précontraint . Règles BPEL 83

Notre but a donc été de domer à cet ouvrage un caractère pratique en nous limitant aux connaissances indispensables des principes de la précontrainte pour la conception et le calcul des ouvragesnon exceptionnels. ii conviendra de se référer aux textes réglementaires pour l'application des règles dans leur integralité au calcul des ouvrages réels. Nous avons toutefois jugé intéressant de maintenir une partie traitant de la technologie. des procédés et de la réalisation des ouvrages ainsi que des contrôles en cours d'exécution . Cet ouvrage est donc bien un tCours de béton précontraint actualisé». c'est tout au moins ce que nous nous sommes propod de faire. ii est destiné aux élèves des établissements d'enseignement technologique (T.S.des lycées techniques. I.U.T., Universités. Grandes Ecoles) et à tous ceux qui veulent s'initier à la pratique de la precontrainte. il permet également A ceux qui ont déjà pratiqué cette technique de s'initier aux nouvelles méthodes de calcul aux états limites.

TABLE DES MATIÈRES

1

Présentation

VI1

A.Cénéralités

 

3

A.1.

Un peu d'histoire

3

A.2.

Etat actuel de la réglementation

4

A.3. Principe et fonctionnement du béton précontraint

5

B.Technologie. procédés et matiriels

13

B.1.

Précontrainte par post-tension

13

B.2.

Précontrainte par fils adhérents.Pré-tension

26

B3. Vérinsplats

36

C.Les matériaux :bbtons-aciers

37

C.1. Lebéton

37

C2.

Les aciers passifs

42

C3

.

Les aciers pour précontrainte

44

C.4.

Conséquencesd'un traitement thermique du béton

48

.

E.Exécution et contrôles

E.1.

E2. R6tomage

Protection des matériaux et Précautions à la mise en œuvre

E3.

Mise en tension des armatures

E.4.

Pertes de tension à la mise en tension des cibles

E5.

Contrôle des opérations de mise en tension

E.6. Injections -contrôles sur chantier E7. Particularités de la Pré-tension

49

49

49

49

52

54

54

55

55

56

58

64

65

I.

1

I D Dispositionsconstructives D.1. Formes .coffrages

1 D2. Armatures passives D.3. Armatures de précontrainte parpost-tension D.4. Armatures de précontrainte par pr6-tension

++4
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4

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

On peut penser que c'est en tant qu'«héritier d'une race d'artisans)), comme il se plaisait à le dire lui-même, que Freyssinet conçut et tealisa en 1907 à Moulins un tirant ((précomprimé))suivant le principe le plus pur de l'idée de précontrainte.

11 s'agissait d'étudier le décintrement par vérins des voûtes d'une série de grands ponts sur l'Allier. Freyssinet fit construire par l'Entreprise Mercier une voûte d'essai de 50 m de portée et de 2 rn de fléche. IIfallait évidemment rendre aussi peu variable que possible la distance entre les deux culées ; plutôt que de construire ces culées sous forme de blocs importants dont la stabilité eut été aléatoire compte tenu de la nature du terrain, Freyssinet eut l'idée de couler entre elles un prisme de béton qu'il comprima en.tendant des fils tréfilés de 9 mm logés par groupes dansles alvéoles. tirés à 75 kgf/mm2 et clavetés par paires vers I'amére des culées. il obtient ainsi une force de 2 500 tf, précomprimant le prisme de béton qui, sous l'effet de la poussée de la voûte au dtcintrernent, ne devait simplement que se décomprimer. En utilisant ce que nous savons aujourd'hui de la précontrainte on ne ferait pas

autrement

c'était en 1907.

A.2. ETAT ACTUEL DE LA REGLEMENTATION

- La circulaire no 141 du 26 octobre 1953 portant envoi d'instructions provi- soires relatives à l'emploi du Béton Précontraint a constitué le premier règlement de calcul en la matiére.

instructions furent ensuite remplacées par la circulaire no 44 du 12

août 1965 baptisée ultérieurement tIP1, (Instruction Provisoire no 1).

-Ces

-Puis la circulaire no 73-153 du 13 août 1973 baptisée tJP2, introduisit dans les calculs la référence à la résistance (tcaractéristique du béton, les principes des tétats-limitesu et les dfiérents ((GENRES, de Béton Précontraint. Toutefois cette derniére circulaire précisait dans son article premier :

provisoire du 12 aoat 1965 reste en vigueur pour les construc-

tions en béton précontraint lorsqu'il n'est pas fait référence Ala présente instruction,.

Cette double réglementation n'a pas simplifié les choses, et, en pratique. I'IPZ est restée, aujourd'hui, relativement peu appliquée sauf sur quelques points particu- ben. C'est pourquoi, A la suite de la mise au point des nouvelles règles de calcul du béton armé aux Etats limites (BAEL 80), une commission a préparé un nouveau réglernent de Calcul du Béton Précontraint, également aux Etats Limites, le BPEL 83. C'est en nous basant sur ce nouveau texte que nous avons rédigé le présent ouvrage.

tl'instruction

A.3. PRINCIPE ET FONCTIONNEMENT DU BETON PRECONTRAINT

A.3.1. Principe

préc contraindre une construction, c'est la soumettre, avant application des charges, a des forces additionnelles déterminant des contraintes telles que leur. composition avec celles provenant des charges donne, en tous points, des résultantes inférieures aux contraintes limites qmtière peut supporter indéfiniment sans al- tération)).

Eugéne Freyssinet

Autrement dit, en béton précontraint on applique en général ce principe, de maniére que le béton reste toujours comprimé ou ne subisse tout au moins que des contraintes de traction faibles et jugtes alom admissibles. Pour un certain nombre de structures, l'homme a déjà fait appel depuis long- temps à cette notion de précontrainte, par exemple : la roue de charrette, le tonneau, la roue de bicyclette etc Mais c'est en particulier en béton que la précontrainte a trouvé sa principale application en conférant à ce matériau de nouvelles lettres de noblesse.

En effet, le béton, matériau bien connu, obtenu par mélange de gravier, sable, ciment et eau a la propriété de faire prise et de durcir ; il acquiert ainsi une résistance très élevée aux efforts de compression ; malheureusement, sa résistance aux efforts de traction reste assez faible. Cest pourquoi dans une poutre en béton dit armé on place des barres d'acier dans les zones qui doive,nt subir des tractions (dans la zone inférieure de la poutre en particulier) et ces barres se substituent alors au béton, qui se fi urerait, et prennent A leur compte les efforts de traction en question. Qpinicipe du béton pdcontraint est fondamentalement différent : dans les zones qui doivent subir des tractions on crée artificiellement une contrainte de compression préalable une pré-contrainte et ainsi l'effort de traction dangereux n'engendre qu'une décompression du béton ; celuici ne risque alors plus de fissurer, A la condition que la contrainte de compression préalablement appliquée ne soit pas inférieure A la contrainte de traction en cause ; c'est là l'affaire de l'ingénieur et de ses calculs.

6

Cours pratique de béton piecuritraiiit. tcegles BPtL W

Les procédés de précontrainte sont maintenant extrêmement nombreux. Us reviennent a peu près tous à utiliser des câbles d'acier a très haute résistance que l'on place sous gaine dans les coffrages avant bétonnage ; lorsque le béton a fait sa prise et a suffisamment durci, on exerce sur ces câbles restés libres a I'inté- rieur de leur gaine, une très forte traction sur chacune de leun extrérnit6s à l'aide de vérins spéciaux prenant appui sur le béton ; quand leur mise en tension est ainsi

l

8.

1.

-.

Ancrage

/

v

Cable tendu

Surcharges

Fissures dans la zone tendue

,

v

Poutre en bdton arme

?--

--~'

Surcharges

/

T

,

i

i

Compression de la zone

*

faiblement wrnprirnb

f

\I,/DémmDression

de la zone

A

Poutre en bdron précOntraint

7

Fig. A.1. - Comparaison du fonctionnement entre Bdmn Armd et Bdton Précontraint

réalisée des dispositifs d'ancrage placés aux extrémités permettent de bloquer ces câbles et de les maintenu ainsi en tension ; par réaction toute la zone de béton comprise entre les ancrages se trouve ainsi comprimée. Partant de cette idée simple

B en elle-même, l'ingéniosité de Freyssinet s'est donnée libre cours et depuis, bien d'autres constructeurs tant en France qu'à l'étranger ont imagin6 divers dispositifs de mise en tension et d'ancrage et ont mis cette technique en application dans les

l

ouvrages les plus divers. On ne peut donc plus dire aujourd'hui q"e la précontrainte est un procédé nouveau et révolutionnaire mais il réserve encore bien des possibilités d'ingéniosité dans le vaste domaine des bitisseurs.

A.3.2. Dispositif de démonstration

Nous donnons ci-aprh deux photos d'un dispositif de démonstration.

Partons de la notiob instinctive qui consiste $ serrer fortement entre ses mains une rangée de livres pour, par exemple, la transporter d'une étagère sur l'autre.

Nous avons remplad les livres

par des plaques de bois de 12 cm de

hauteur, 8

d'épaisseur. la force de senage est

exercée par un tendeur de fusil de chasse sous-marine tendu à travers les plaques et ensuite bloqué a chacune Fig. A.2. de ses extrémités par une petite plaqcette en acier. La force de tension ainsi maintenue, pour cet allongement, est de

étalonnée préalablement sur le tendeur amené au meme allonge-

ment par une charge verticale. Par réaction eue met en compression l'assemblage

des 10 plaques et l'on obtient ainsi une petite poutre précontrainte. Cette posée sur deux appuis distants de 46 cm peut supporter une surcharge.

cm de largeur et 5 cm

15 daN ; elle a $té

La charge de seMce annule la contrainte de compression sur la fibre infé- rieure ;eue est de 7 daN.

46

~ ~

---

\

7

Plaquette- ancrage

Fig. A.3. - Dispositif de démonstration. '

8

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

Ce dispositif permet de comprendre, très schématiquement bien sûr, comment on passe de la rangée de livres à la construction d'un pont à l'aide de voussoirs préfabriqués assemblés par précontrainte (voir constmction du Pont d'Ottmarsheim). Dans les voussoirs en béton les trous sont réalisés à l'aide de gaines tubulaires mises en place avant bétonnage et les tendeurs sont des câbles d'acier permettant la réalisation de compression de plusieurs centaines de tonnes.

Fig. A.4. - Analogie entre 18 Poutre de dernonstmtion pdddente mont& en wnwle (&le de précontrainte excentres vers le haut) et la constrvcrion en console dune des lm*, du Pont dOrrmnheirn (vouss~inpréfabriques avec c8bles de pr6mnminte enfilds d la panie superieud.

Généralités

9

A.3.3. Fonctionnement d'une poutre en béton précontraint

Considérons une poutre reposant sur deux appuis et sa section mddiane AB ; si la poutre fléchit sous l'effet de son poids propre ou de surcharges passagères il apparaît sur la fibre supérieure en A des contraintes de compression, et des contrain- tes de traction sur la fibre inférieure en B.

Fig. A.5. -Sch6rna d'une poutm.

Distniution des contraintes

Par convention de signe on affecte du signe + les contraintes de compression

les contraintes de traction. On distingue souvent par ' (prime) les

et du

contraintes sur la fibre supérieure. Supposons que sous I'effet du poids propre G on ait en MPa :

- en A une compression 0;; = + 10 (fibre supérieure) ; - et en B une traction UG = - 18 (fibre inférieure).

sighe -

Sous l'effet des surcharges Q ces contraintes augmentent :

Supposons que la majoration soit :

 

0;,=+5

et

oQ=-9

de traction atteindrait donc sur la fibre

inférieure oG + OQ = - 18 - 9 = - 27 MPa et il y a longtemps qu'il y aurait eu rupture en traction. On comprimera donc le bdton en choisissant une force F et une excentricite e de maniére que la compression qui en résultera en B soit Idgérernent supérieure ?i27 MPa par exemple 28 MPA. L'appadion des contraintes de traction dues au poids propre et aux surcharges provoquera alors, non pas la mise en traction de cette fibre inférieure, mais tout simplement y~décompression, la contrainte de traction se déduisant de la contrainte de compression préalable. En raison de son excentricité cette précontrainte si elle agissait seule ferait naitre sur la fibre supérieure une contrainte de traction - 6 MPa par exemple.

Sans précontrainte, la contrainte

1O

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

Le tableau des résultats de calcul des contraintes en senice se présente souvent sous la forme ci-après :

TABLEAU1 - Etat des contraintes en service

Contraintes

Contrainies

élimcntairrs

rdsultantes

La contrnintes sont en MPa

Poids

Sur-

Précon-

à

propre

charge

trainte

vide

 

c

Q

P

Fibre

supérieure d

.

.

.

.

+ 10

+5

- 6

+ 4

Fibre

inférieure O

.

.

.

.

.

- 18

- 9

-i-28

+ 10

en

charge

+9

+1

On voit alors, ce qui est souvent le cas, que le béton travaille en chmge sous une contrainte moins élevée qu'à vide ii en résulte que dans les calculs d'un ouvrage en service il convient d'étudier non seulement le cas de l'ouvrage sous les surcharges maximales mais aussi le cas à vide

Les diagrammes de contraintes peuvent se représenter ainsi dans la hauteur de la section

II convient par ailleurs d'étudier égale- ment l'ouvrage en phase de construction ;

1

k,a

Fig. A.6.

O en effet dans ce cas le poids propre n'est souvent pas entiérement réalisé au moment de la mise en précontrainte et par contre celle-ci est plus forte que celle qui a été calculée comme suffisante en service ; des pertes et chutes de tension inte~ennenten effet après la mise en tension et c'est pourquoi la tension

dans les câbles au moment de la mise en tension

10

doit

être

supérieure

à celle sur laquelle

on

compte pour

toute

la période de senice

de

l'ouvrage.

 

Le calcul peut donc donner par exemple pour la phase en construction les résultats suivants :

b

TABLEAU2 - Etat des contraintes en phase de construction

Les contraintes sont en MPa

Contraintes

 

(partiel)

initiales

résultantes

Fibre supérieure

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

-

7.5

+

0,s

Fibre inférieure

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

- 15

+3,3

.t

$

I

i

b

Généralités

11

On voit alors. ce qui est presque toujours le cas. que le béton est soumis en phase de construction à des contraintes beaucoup plus élevées que celles que l'ou- vrage aura à subir en service vide ou en charge). La construction elle-méme et la mise en tension en particulier, constituent donc un test de se-te, en ce qui concer- ne la qualité du béton Voilà pourquoi une bonne qualité du béton, bien contrôlée, est nécessaire et que des occidents risquent d 'arriverà la mise en tension si le béton n'a pas ou nii pas encore, les qualités de résistance requises. A remarquer également que. à vide la contrainte de compression sur la fibre inférieure est nettement plus importante que sur la fibre supérieure ; ceci explique la cambure vers le haut que prennent généralement les poutres précontraintes. Par ailleurs il convient de préciser qu'en dehors des contraintes mentionnées ci-dessus, il s'en produit également d'importantes B la mise en tension directement sous les blocs d'ancmge. Toutes dispositions doivent donc être prises pour éviter une rupture locale en ces points (épaisseur suffsante du béton, frettage et une surveillance particuliére sera nécessaire concernant la parfaite mise en œuvre du béton enrobant ces ancrages ; c'est pourquoi quand on désire réaliser la mise en précontrainte d'un béton relativement jeune il est quelquefois préférable de pré- voir aux abouts de la poutre des plaques en béton préfabriquées et contenant les blocs d'ancrage.

)

.

Relevage des dbles

Tout ce qui précède et les tableaux en particulier s'appliquent à la section centrale AB de la poutre où les contraintes dues à la flexion sont maximales. Or, ces contraintes s'annulent au droit des appuis pour la poutre considérée, car il n'y a plus d'effort de flexion proprement dit en ce point. Si donc on maintenait la même excentricité e pour la précontrainte, on aurait dans la section d'appui par seule action de cette précontrainte (à la mise en tension). - en A : O' = - 7.5 MPa (traction inadmissible sur la fibre supérieure) et

- en B : o = +33 MPa (compression inadmissible sur la fibre inférieure). C'est pourquoi au fur et à mesure que les contraintes dues à la flexion dimi- nuent en aiiant vers les appuis, on rétablit l'équilibre en diminuant l'excentricité que I'on annule, ou presque. aux appuis où I'on a alors, sous la seule précontrainte,

une contrainte de compression uniforme (ou presque) de (par exemple) une centaine

de bar parfaitement admissible. Pratiquement on ne peut relever suivant un trac4 unique tout le paquet de câbles qui se trouvent en B et on les relève progressivement dans le plan vertical de la poutre ce qui explique le tracé en éventail, habituel.

Exemple de faussemanœuvre

Nous voyons qu'un équilibre judicieux se trouve réalisé en pemnence entre les forces de flexion et les forces de précontrainte et ceci entraine certaines précau- tions dlkmentaires propres à éviter un déséquilibre de ces forces et toute manœuvre doit être préalablement autorisée.

l

I

12

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

Reprenons par exemple le tableau 2 et supposons qu'aussitôt après la mise

en tension on fasse reposer la poutre sur deux appuis intermédiaires plus rapprochés

comme on le

fléchissent trop :

des pieux en béton armé pour Cviter qu'ils ne

fait par exemple pour

t-

Fig. A.7.

I

Dans ce cas les contraintes de poids propre dans la section médiane se trouvent être environ six fois plus faibles que dans le cas où la poutre reposait sur ses extrb- mités alors que les contraintes dues ti la précontrainte restent les mêmes. Le tableau de calcul 2 se trouverait alors transformé de la façon suivante :

Contraintes élémntnues

Les contmintes sont en MPa

Poids

Réconkainte

Contraintes

Propre

initiale

résultantes

Fibre supérieure 0'

- 6,2

(traction

excessive)

Fibre inférieure 0

+30.5

(compression

excessive)

La poutre se romprait avec fissuration sur la fibre supérieure et compression excessive sur la fibre inférieure. Donc cette manœuvre qui soulagerait une piéce en béton armé, améne en béton précontraint une rupture quasi-certaine.

Précautions conœmmt les echafaudages et appuis

.

,f

ii résulte également de la remarque précédente que les échafaudages et appuis sous coffrage doivent être asez rigides afin que soit évité tout tassement des appuis aux extrémités de la poutre lorsqu'elle prend sa cambrure sou l'effet de la précon- trainte ; eile se libére dors de son coffrage et ne repose plus que sur ses appuis extrêmes ce qui a pour effet de faire intervenir le poids propre en portPe libre d'un appui A l'autre. Si par contre les appuis extrêmes tassent au fur et A mesure que la poutre les rechemhes, le coffrage reste au contact de =lie4 sur toute sa longueur, le poids propre n'est dors pas mobilisé et il arrive que la précontrainte, agissant pratiquement seule, provoque la mpture de la piéce par traction ou compression excessive. C'est un point à prévoir et Asurveiller en exécution.

TECHNOLOGIE, PROCÉDÉS ET MATERIELS

B. 1. PR~CONTRAINTEPAR POST-TENSION

Etant donné le caractère succinct de ce document, nous ne donnerons ici que quelques détaiis sur les procédés les plus caract6ristiques.

l

B.ll. Les procédés Freyssinet

Us sont encore appelCs Rocédés tSTUP» (Sté Technique pour l'utilisation de la Récontrainte) ; cette SociktC a maintenant pris nom cFreyssinet International)).

Les aîbies : Fils ou torons sous gaine rangés en couronne autour d'un ressort central (on a tendance à supprimer ce ressort dont l'utilité ne semble pas m.

Fig. 8.1. - Gaina de difhfmntr dhmdtra

14

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

Les gaines : Elles sont en feuiliard mince serti en helice. Leurs diamétres sont adaptks aux diamètres des diffkrents câbles utilises.

Les ancmges : Principe du qoïncement conique. Les blocs d'ancrage des câbles

12 $ 8 mm sont en beton fretté. Pour les 12 Torons T13 et

TIS mm ils sont en acier.

Les vérins : Ce sont des verins A double effet. Les fils ou câbles sont fixés surele cylindre extkrieur du verin qui prend appui, sur le bCton durci, par l'inter- mediaire de son piston principal. A I'interieur de celuici un petit piston secondaire sert enfoncer et a bloquer le cône mâle après rkalisation de la tension prkvue.

12 $ 5 -

12 $ 7

et

1

Principe du fonctionnement du vérin Freysinet adéclavetage automatique

Fig. 8.2.

Le vérin (fig. 1) prend appui sur le cône d'ancrage par l'interne- diaire d'une bague (1) et les füs sont fixés sur le pot de presse (2) au moyen de clavettes (3). La mise en tension s'effectue en faisant admettre le liquide sous pression dans la chambre de tension (4) par I'intemidiaire d'un flexible termine par une pipe frxée h la bride (5) par une vis: -

Une fois la tension terminbe, on ferme l'admission dans la chambre de tension et on bloque le cône mâle dans son logement en admettant le liquide sous pression .1 ybre de blocage (6) par un flexible fixe B la bride (7), l'admission du liquide se aisant par un trou perce dans une tige centrale (8) et l'enfoncement du I cône mâle par le poussoir (9).

Fig. 6.3. - Coupe d'un verin Freyssinet

1

Technologie, proddés et matériels

15

Après le blocage du cône mâle on remet à la vidange la chambre de tension (4)

et on effectue le rappel de la partie avant du vérin en conyuant à pomper dans la

chambre de blocage qui communique avec la chambre de rappel (10). En fui de

course, les bossages (1 1) de la partie avant du verin viennent buter votre les clavettes. 1

(3) qui sont chassées de leur logement et le vérin se trouve libkrk.

Fig. 8.4. - Câbk Freyssinet

Fig. 8.5. - Cdnes d'ancrage Freyssinet (pour câbles 12 d 7 et 12 Q8mm).

1

Fig. 8.6. - Ancragespour câbles 12 T 13 (8 cane central, B gauche et B clavettes triples, B dmitel.

44

Cours pratique de béton précontraint. Régles BPEL 83

Cas des aciers écrouis : (Aciers H.A. en particulier)

Le palier de plasticite intermédiaire AA' on'est plus apparent et I'on définit,

d'élasticité f, à 2 6, correspondant à l'ordonnée du

par convention une limite

point de rencontre de la courbe avec la droite issue de l'abscisse 2 et parallèle

à la partie rectiligne OA donc de pente Es = 200.000 MPa.

,us . MPa

Fig. C.6. - Courbe de comportement expérimental d'un acier dcroui en traction

Ces aciers dits passifs sont mécaniquement caractérisés, en ce qui concerne

garantie f, telles qu'elles sont indiquées dans

les calculs par leur limite d'élasticité

le tableau du paragraphe précédent C.2.2 : Nuances.

C.3. LES ACIERS POUR PRECONTRAINTE

Aprhs les échecs auxquels fut voude la prdcontrainte réaiisde avec des aciers ordinaires, il est dii à Freyssinet d'avoir bien dégage la nécessité d'employer des aciers il haute résistance et à haute limite d'élasticitt ; en effet. des aciers doux ordinaires ne pourraient être tendus qu'à une contrainte d'environ 150 MF% et les chutes par fluage et retrait du béton et par relaxation de I'acier (voir ci-aprés) attei- gnant facilement une centaine de MPa entraineraient une diminution de plus des 213 de la précontrainte du béton. Par contre, des aciers à haute résistance peuvent être tendus facilement à 1250 MPa et, si les chutes atteignent par exemple 250 MPa, la précontrainte du béton conservera encore les 415 de sa valeur initiale.

Les matériaux : Bétons-Aciers

C.3.1. Fabrication

Ces aciers à haute résistance s'obtiennent ordinairement par traitement mdca- nique (tréfdage) ou par traitement thermique (trempe suivie de revenu). Voici par eremple un processus de fabrication :

1) On part du fi «machine» obtenu par laminage à chaud avec un diamètre de 8mm. C'est de I'acier Martin à 0,7 %carbone (rupture à 800 - 1 000 MPa). 2) il passe dans un bain d'acide chlorhydrique pour décapage ; 3) Par tréfdage, il est mis au diamètre de 7 mm ; cette opération est en réalité un simple calibrage. 4) ii est recuit au four électrique à 950 " (longueur du four : 13,50 m, durée de passage 8 min). 5) il passe dans un bain d'huile à 40" qui donne la trempe, d'où une rdsistance h la rupture = 1 800 MPa, mais l'acier est alors devenu cassant. 6) ii passe dans un bain de plomb à 450" qui donne le arevenu)) et le rend moins cassant, la résistance de rupture tombant aloa à 1 500 ou 1 600 MPa. 7) Enrouleme'nt en couronne (4 1.50 m environ).

C.3.2. Diagramme contraintesdéformations

Fig. C.7. - Diagremm conirainmdBfomtion d'un k-ierB heu-

résistance pourphnfrachte :

fpr :limite de ~ptum- fpe :lïmire Blertique B 0.1 %

Par exemple, on iit sur le diagramme précédent que sous une contrainte :

op = 1 200 MPa. l'allongement relatif serait de 6 %,, soit 6 mm par mètre cones- pondant à un coefficient d'dlasticitd apparent de :

E -OP-

1 200 - 200 000 MPa ;

p-hl-0,006-

-

1

il s'agit ici d'un fil : on trouverait 190 000 MPa pour un toron.

46

Coun pratique de béton précontraint. Regles BPEL 83

Si la contrainte augmente et dépasse la valeur fp,, l'augmentation de l'don- gement n'est plus du tout proportionnelle à l'augmentation de contrainte ; c'est la phase dite cplastique~et au moment de la rupture, l'allongement atteint en général des valeurs de 40 à 50 soit 40 à 50 mm par mètre ; c'est là, pour les armatures de précontrainte, une sécurité à la rupture. L'allongement de rupture du fd doit être au moins égal à l'allongement garanti AG.

C.3.3. Caractéristiquesmécaniques

Les principales caractéristiques mécaniques des aciers pour ,armatures de précontrainte se dtfmissent à 'partir du diagramme de déformation, dongement- traction. Pour toute fourniture ayant reçu l'agrément, le fournisseur garantit les valeurs de ces caractéristiques qui portent alors l'indice g.

a. Contrainte de niphire f,,

La contrainte de rupture d'une éprouvette prélevée sur le fil est déf~ecomme le quotient de l'effdtt maximal mesuré dans l'essai de traction de cette éprouvette par la section moyenne initiale de cette éprouvette. La contrainte de rupture du fd est défmie comme la moyenne arithmétique des contraintes de rupture de 18

éprouvettes au moins, diminuée de 2J écarts-types de ces contraintes de rupture. 2$ La contrainte de rupture du fii ainsi défmie doit être au moins égaie à la contrainte de rupture garantie fprg.

@.

-

b. Contrainte caractéristique de déformation ou limite élastique à 0,l %

La contrainte caractéristique de déformation d'une éprouvette prélevée sur le fil est définie comme l'ordonnée du point d'intersection du diagramme de trac- tion de l'éprouvette en coordonnées cartésiennes (allongements relatifs-contraintes) i avec la droite ayant une pente de 200 000 MPa et passant par le point d'abscisse un millième et d'ordonnee nulle.

du fil est déf~ecomme la

moyenne arithmétique des contraintes caractéristiques de déformation de 18 éprou- vettes au moins, diminuée de 2J écarts-types de ces derniàres contraintes. La contrainte caractkristique de déformation du fil doit être au moins égale à la contrainte caractéristique garantie fpeS appelée de préférence limite élastique garantie.

La contrainte caractéristique de déformation

Dans la première partie rectiligne du diagramme, il y a proportionnalité entre AI

; c'est la phase «élastique))et le

les contraintes op et les allongements relatifs

I

coefficient d'élasticité correspondant a, en général, une valeur moyenne :

Ep = 200 000 MPa pour les fils et barres et 190 000 MPa pour les torons.

Les matériaux : Bétons-Acien

C.3.4. Relaxation

Si un fil d'acier est tendu à une contrainte relativement élevée entre deux

-%.dg;

points futes, c'est-àdire sous une longueur constante, la contrainte initiale tend à

que l'on appelle la relaxation de l'acier ;

il entraîne, pour les armatures de précontrainte. une chute de tension dont il convien-

dra de tenir compte. Le phénomène est caractérise par la valeur de la relaxation maximale de l'acier

= 0,7 fprg SOUS une longueur

constante et sous température constante (+ 20

à 1 O00 heures (piooo)pour une tension

diminuer avec le temps ; c'est ce phénomène

initiale o

t lof

Le règlement indique une formule d'extrapolation permettant relaxation totale finale à partir de la valeur garantie à 1 000 h (cf. H.23).

d'évaluer la

Nous donnons ci-dessous, à titre d'exemple, un tableau de caractéristiques garanties pour des fiis de 7 et 8 mm de diamètre et dans chacune des classes de qualité 1, II et 111.

AG Se

ZG 5%

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

 

-

 

.

TBR

RN

TBR

RN

AG :allongement de rupture garanti ZG : cOefIicient destriction garanti (Z est la réduction relative de I'aire de la section de rupture dans i'essai de traction).

p : est la perte de tension par rehxation selon la susceptibilité de i'acier (en In de la contrainte initiale) :

TBR : très basse relaxation BR : basse relaxation RN : relaxation normale

48

Cours pratique de béton précontraint. Régles BPEL 83

C.4. CONSEQUENCES D'UN TRAITEMENT THERMIQUE DU BETON

L'objectif de l'application d'un traitement thermique du bdton est I'augmenta- tion de la résistance en compression aux jeunes âges. En général on peut obtenir par ce moyen une rdsistance à 1 j egale 2 ceUe 2 7 j en durcissement normal. Mais la courbe d'évolution à tendance 2 marquer un palier. M8 j on a :

fc étuvé

90 B 95 %fc

beton traité thermiquement

< béton non trait&

Fig. 12.8.- Effet d'un traitement thermique sur le durcissement du bPton

La résistance A la traction est aussi modifiée ;la variation est semblable à celle de la compression mais la ciifference à 28 j est plus forte. De même un traitement thermique modifie les lois d'évolution des défoma- tions différées du béton. En pré-tension le traitement thermique a pour effet d'accéIdrer l'évolution de la relaxation des armatures.

DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

D.1. FORMESCOFFRAGES

1 En ce qui concerne les formes de sections, les ouvrages en béton précontraint ne présentent pas de différences fondamentales avec les ouvrages en béton armé

1 toutefois, h portee et charges identiques, les ouvrages précontraints présentent des sections moins importantes, de plus grands élancements, (âmes d'épaisseur moindre en particulier) ;les dispositions de coffrages restent les mêmes.

;

1 D.2. ARMATURES PASSIVES

0

Elles sont les mêmes qu'en

bdton md (BAEL chapitre A.7) et prdsentdes

dans les cours de BAEL (Bibliographieno (41).

I D.3. ARMATURES DE PRECONTRAINTE PAR POST-TENSION

Selon le type de gaine, les rayons de courbure R doivent satisfaire aux valeurs minimales suivantes :

- gaines enroulables R > 3 mètres

- gaines rigides cintrables

- tubes rigides R > 3 métres.

la main R > 100 $i ($i= diarnetre intérieur)

Les armatures de prdcontrainte doivent être disposées dans chaque section de maniere 2 assurer une bonne répartition des efforts, A permettre un bétonnage correct et A éviter un affaiblissement des Clements constitutifs de la structure.

50

Cours pratique de béton prkcontraint. Régles BPEL 83

D.3.1. Groupement des armatures de précontrainte

Le groupement des armatures de précontrainte doit satisfaire aux condifions suivantes :

- le nombre de conduits dans chaque paquet est limit6

Maximum

si @>5 cm

Maximum si $<5 cm

- dans le sens horizontal à :

2

si

$f5cm

1

si

$>5cm

- dans le sens vertical à :

3

2

1

si

si

si

$<5cm

5<$<10cm

$2lOcm

$désignant le diametre d'encombrement maximal des conduits intéressés. -La stabilitt des paquets de conduits et leur immobilité pendant le b6tonnage doivent être soigneusement assurées. - La résistance de chaque conduit d'un paquet doit lui permettre de supporter, sans déformation susceptible de gêner I'injection, les efforts provenant des armatures disposées dans les autres conduits du paquet pendant les différentes phases de mise en tension.

- Le projet doit être conçu de manière àpermettre l'injection simultanée des conduits d'un même paquet.

- Des Cvents d'injection, en position correcte et en nombre suffisant, sont pr6vus et indiquts sur les dessins de càblage.

D.3.2. Espacement des armatures de précontrainte

En section courante l'espacement (espacement horizontal : eH - espacement vertical eV) des conduits isolts ou des paquets de conduits doit satisfaire aux condi- tions suivantes :

4cm

l

de conduits

CI

l

O colonnes de conduits 1 iq $2)

$ désignant le diamètre d'encombrement maximal des conduits intéressés.

Dispositions constructives

51

Dans les zones où les conduits ou paquets se rapprochent ou se croisent. l'étude de relevage des câbles doit être faite de manière 6viter l'existence d'obsta- cles susceptibles de s'opposer à la mise en place du béton. II n'est néanmoins pas tenu compte, pour la justification de la résistance d'une section, du btton situ6 entre conduits, pour lequel les conditions exigdes en section courante ne seraient localement pas satisfaites. Dans le cas de pièces minces comportant des armatures disposées suivant

leur plan moyen, l'espacement de ces armatures ne doit pas étre inférieur fois 1'6paisseur de la pièce.

Ces conditions visent à assurer une bonne mise en place du b6ton entre des conduits ou paquets satisfaisants au paragraphe précédent. Eiies ne sont toutefois pas toujours suffisantes pour permettre le passage des aiguilles vibrantes. Des cherni- nées de vibration, de largeur supérieure au diamètre des aiguiiles utilisées, doivent alors être prévues.

deux

D.3.3. Distance da armatures de précontrainte aux parements

La distance minimale c entre un conduit ou un paquet de conduits et un parement doit satisfaire aux conditions ci-après :

d

a désignant la dimension horizontale du rectangle circonscrit au conduit ou au pa- quet de conduits.

$ le diamttre des conduits

d = 3,4 ou 5 cm selon que l'ouvrage

est à l'abri des intempéries ou en

atmosphères agressives.

REMARQUE : I'bpaisseur de l'âme d'une poutre peut étre évaluée à partir de ces conditions d'enrobage, mais on doit également prendre en compte dans cette déter- mination le mode d'ex6cution et notamment le cas oil il est n6cessaire de laisser descendre les aiguiiies vibrantes pour la bonne réalisation du talon.

52

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

Dispositionsconstructives

0.3.4. Enrobage des plaques d'ancrage

(d'aprés circulaire no 79-78 du 16 Août 79).

Les dimensions principales différentes unités de précontrainte.

des ancrages sont fucées par les agréments des

-

-

En générai les distances minimales d'enrobages et les entraxes sont indiqués dans le tableau ci-après.

Force à I'anaage

'la

en tension (IN)

Enrobage mini. c théorique

(cm)

Distances minimalesentre nus des plaques Adans une direction (cm)

Somme minimale des dis- tances entre nus des pkques dans deux direc tions qerpendicukires Af A (cm)

<500

500 H 1500

1500à 3000

3000 8 4000

>4000

 

5

7

8

1O

O

O

O

5

7

O

4

6

1O

14

0.4. ARMATURES DE PRCCONTRAINTE PAR PR€-TENSION

D.4.1. Groupement des armatures de précontrainte

Les armatures de précontrainte par p&-tension ne doivent pas être groupées en paquets. Un tel groupement aurait pour effet de modifier sensiblement la lon- gueur de scellement de ces armatures.

i D.4.2. Espacement des armatures de précontrainte

L'entraxe minimal à prévoir entre les armatures (füs ou torons) ne doit pas étre inférieur à trois fois leur diamètre. I Cette règle conduit généralement à l'absence de difficultés de bétonnage pour autant que les distances aux armatures passives respectent les conditions indiquées

i au chapitre A.7 du B.A.E.L,

D.4.3. Distance des armatures de précontrainte aux parements

La distance de I'axe de ces armatures au parement le plus proche ne doit pas étre inférieure à 2,s fois leur diamètre. Cette condition vise à assurer un scellement convenable des armatures.

au parement le plus

proche) doit être au moins égal à :

- 1 cm pour les parements coffrés qui sont situés dans des locaux couverts et clos et qui ne sont pas exposés aux condensations ;

En outre, i'enrobage (distance de I'axe de l'armature

- 3 cm pour les parements coffrés exposés aux intempéries ou susceptibles de l'être, exposés aux condensations, ou, eu égard à la destination des ouvrages, au contact d'un liquide ;

3 et 4 cm, respectivement, pour les parements non coffrés, dans les cas définis dans les deux alinéas qui précèdent ; - 5 cm, sauf dispositions particulières du C.P.S. pour les ouvrages exposés à une atmosphère agressive.

Cette condition d'enrobage est prise en compte dans la définition de la section d'enrobage (cf. J).

-

-

~

Exécution

et contrôles

55

Plus encore que pour les ouvrages est un facteur primordial de la durabiiité

~Calisationsur chantier devra donc être soigneusement contrôlée.

e& béton armé, la qualité de l'exécution des ouvrages en béton précontraint ; leur

et le

doivent être entreposés à

I'abri des intempiries et de tout risque de corrosion. Il est rappel6 que les propriétés métallurgiques des aciers de précontrainte peuvent être affectées par toutes les opérations effectuées à haute température, telles que le soudage ou le découpage au chalumeau effectués sur les câbles ou dans leur voisinage (protection nécessaire contre les étincelles). Les fils, cibles et barres ne doivent pas être pliés ou tordus au cours des manu- tentions et de la mise en œuvre.

matCriel (vérins, pompes, manométres, dynamométres

Tous les matériaux métalliques (fils, câbles, barres, gaines, ancrages

)

)

Si les câbles doivent rester dans les gaines pendant un long laps de temps avant l'application de la protection définitive (injection) on purgera regulièrement les gaines par soufflage à l'air comprime ou de préférence par des orifices de drainage ménagés aux points bas ; on évitera ainsi le risque de gel d'une eau accumulCe dans

la gaine ce qui peut provoquer l'éclatement

gés par des huiles 6mulsionnables utilisées conformément aux recommandations du fabricant ; ces huiles peuvent avoir l'avantage de réduire, en même temps, les coeffi- cients de frottement.

du béton. Les câbles pourront être proté-

Les gaines devront rester parfaitement étanches et l'on évitera pour cela toute

perforation, écrasement ou

entre tronçons de gaines et aux raccords entre gaines et ancrages ; les manchonages

des joints seront soigneusement rendus étanches à l'aide d'un ruban adhésif.

Le trac6 des gaines devra être ttabli conformément aux dessins d'exécution ; il devra être régulier, sans changement brusque de direction et il conviendra de

pliure ; on prêtera une attention particulière aux joints

i

i

i

l

!

réduire au minimum toutes les deviations parasites (sinuosités, festons

tent les frottements à la mise en tension. Si aucune tol6rance de pose n'estgrécisée,

on pourra se référer aux valeurs suivantes (d'après le Guide de la FIP) :

)

qui augmen-

fiérnenh d'une hauteur

ToErancedans le sens de lo hautnu (d) de I'Plhnt

Inférieure à, 200 mm

de

de plus de 1 000 mm

200 1 000 mm

Poutresjusqu'à 200 mm de largeur

Poutres de 200 à 1 000 mm de largeur

Dalleset poutresdeplus de 1 000mm de largeur

+- dl40

+5 mm

+IO mm

ToIérancedans k sens de lo logaude I'ilirnent

Pour les éléments comprenant plusieurs gaines, la tolérance de gaines ind~dueUespeut étre supérieure aux valeurs données dans le tableau, mais on s'en tiendra à une tolérance maximum absolue de 2 25 mm : la tolérance sur le centre de gravité des gaines reste fiée par le tableau ci-dessus.

qui devront

être suffisamment rigides et bien calées dans le coffrage. Le nombre de points de fwation devra ëtre suffisant pour éviter tout dCplacement des câbles au cours du bétonnage.

La mise en place des tuyaux d'injection et des évents ne doit pas faire obstacle (swtout dememèreles ancrages) à une mise en place correcte du beton qui doit étre compact et rempiir parj-aitement le cofiage.

La fixation des câbles

se fait en général sur une cage d'armatures

'

Le bétonnage des ouvrages en beton précontraint présente les mêmes parti- cularités que celui des ouvrages en béton armé ; toutefois la présence des gaines constitue parfois une entrave supplémentaire non négligeable au cheminement du béton et il faudra s'en préoccuper soigneusement. Pour l'exécution du bétonnage et le contrôle de la qualité du béton, on pourra

se référer aux

Bibliographien [ 1] [2] [3])

'k

rescriptions habituelles ou à des ouvrages traitant du béton : (cf.

E.3. MISE EN TENSION DES ARMATURES

E.3.1. Programme de mise en tension

Les mises en tension sont effectuées conformément à un programme détaillé dont la production fait partie de celle des dessins d'exécution.

56

Cours pratique de béton précontraint. Regles BPEL 83

Ce programme comporte et précise :

- les moyens matériel et personnel de mise en tension,

- les méthodes de mesures des efforts et des allongements,

- une note de calculs étabiissant, pour chaque unité, la relation théorique entre les efforts appliqués et les allongements prévisibles,

- la définition de l'épreuve de convenance éve~tueiie,

- les consignes de mise en tension,

- le délai séparant l'exécution de l'injectionget ceUe de la mise en tension ;celui-ci permet de se prononcer sur l'oppominité d'une protection provisoire,

- les mesures de sécurité A adopter vis-à-vis du personnel et des tiers au moment des opérations de mise en'tension,

- l'ordre des mises en tension.

E.3.2. Matériel de mise en tension

Le matériel doit être conforme A celili décrit dans la circulaire accordant l'agrément du procédé de précontrainte utilisé (pour chaque unité). Ki doit être en bon état et soumisà des vérifications périodiques.

E.4. PERTES DE TENSION A LA MISE EN TENSION DES CABLES

E.4.1. Pertes par frottement

Ki s'agit de la perte de tension qui se produit tout le long du câble par frotte- ment dans la gaine et qui fait que, pour obtenir une tension donnée, dans un câble, au milieu d'une poutre, il faut réaliser à l'ancrage une tension de valeur supérieure. Le frottement dans les courbes se conçoit fort bien et il fait en particulier intervenir un coefficient de frottement f (fils sur gaine) et l'angle a de relevage du câble.

Considérons le câble du schéma ci-aprés. Pour une tension PA à l'origine A, la tension en B est, par suite du frottement :

PB = PA e-*

(cf. 1.11).

Fig. E.1. - Trace schematique d'un cdble relevb

l

rl

I

1 Exécution et contrôles

En ligne droite, par contre, le frottement se conçoit moins bien. Si le câble

1 est parfaitement rectiligne, il n'y a théoriquement pas de frottement ; mais pratique-

I ment les câbles droits présentent toujours dans leur tracé des imperfections et des sinuosités plus ou moins importantes (phénomènes de festons et d'ondulations)

entraînant un frottement qu'il serait vain de prétendre calculer avec précision. Ces

déviations parasites fonction de la précision d'exécution existent aussi dans les parties courbes.

de ces phénomènes on définit une déviation angulaire

moyenne q par mètre linéaire, et l'on pose généralement cp= f ad.

,

.

,

1

Pour tenir

compte

Ainsi pour le câble de la figure précédente :

et

pB = pAe-f(C'

= pA e-fa-ipl~

p,

= pA ,-fo-ip(i~ +ld)

Pour un point quelconque situé à une distance x de l'ancrage au niveau duquel
'

on applique une tension Po, on a :

P(X)= po e-/'-Px

x est en métres et a en radian f est le coefficient de frottement par radian ip est le coefficient de frottement par métre.

Valeurs courantes des coefficientsf et cp (BPEL. annexe 3)

f

Gzs

Nature des

armatures

3<R <6

R >6

cp

 

(en m)

(en m)

 

fh tréfdés

22 - R

1

ronds

0.1 6

et tisses

1O0

Câbles ne traversant pas desjoints ou

24

- R

0,002

swfaces de reprise

torons

0.18

 

100

 

fh kéfdés

24

- R

II

ronds

0.18

et lisses

1O0

Câbles traversant de nombreux joints ou

26 -

R

 

0,003

reprisesde bétonnage

torons

0.20

1O0

Dans le tableau précédent R est le rayon de courbure le plus faible du tracé de la gaine considérée. il est B noter que la qualité de l'exbcution influence notablement la valeur de ces coefficients ; une mauvaise exécution peut entraîner leur doublement.

58

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

Calcul simplifié des pertes par frottement

La formule exponentielle préctdente peut se simplifier dans la plupart des cas si l'on remarque que le développement en série de ex est :

Si la valeur de fexposant x est faible (ce qui est le cas dansla formule ci-dessus

deviennent

négligeables. On peut alors négliger ces termes et admettre que 6 = 1 +x ;on peut alon tcrire :

où l'exposant de e est en gtnéral inftrieur à O,?,les termes -

x2

2!

x3

+- +

3!

P(x)=Po 11 -fa-9x1

E.4.2.Pertes à I'ancrage

Lorsqu'aprés avoir bloqué le câble ; on dégonfle le vérin, la tension des fils se reporte sur l'ancrage et il se produit un auto-blocage qui a pour effet de provoquer un léger enfoncement du système d'ancrage, entraînant une rentrée correspondante des armatures, d'où une chute de tension. La valeur des rentrées d'armatures est fonction du système d'ancrage utilisé,

du procédé correspondant. On la note g et

elle est donnée par l'arrêté d'agrément ses valeurs courantes sont (cf. B.]) :

w

g = 1 à 5 mm pour les ancrages par clavettes

g = 1 à 12 mm pour les ancrages par cône

selon que le système permet ou non une reprise de tension. , L'incidence de ce phénomène sur la tension des armatures est étudiée en 1.12.

E.5. CONTROLE DES OPERATIONS

DE MISE EN TENSION

E.5.1.Mesuresdes efforts et des allongements

en mesurant simultanément les

efforts appliques et les allongements à l'extrémité des unités de précontrainte.

Pour ce faire, le chantier doit disposer de deux manomètres, vérifiés pério-

diquement

datant de moins de trois mois et donnant la correspondance entre pression lue et pression réelle.

Le contrôle de la mise en tension s'effectue

; on ne peut accepter que des manomètres ayant une fiche d'étalonnage

Exécution et contrôles

59

Dans le cas où le manomètre est brancht directement sur le vérin, le couple vtrin-manomètre doit faire l'objet d'un ttalonnage bi-annuel avec établissement du diagramme pression-force. Dans l'autre cas ou le manomètre est branche sur la pompe. c'est l'ensemble pompe-flexible-vérin qui doit faire l'objet d'un ttalomage semestriel.

La mesure des allongements des câbles de précontrainte faite avec une précision égale au millimètre.

doit pouvoir être

E.5.2.Calcul des allongements

il est établi un calcul justificatif pour chaque unité de précontrainte (cf. 1.1.1.). Le calcul des allongements est conduit à partir du diagramme des te'nsions escomptées le long du câble compte tenu de l'effort exercé à son extrémité et de la courbe contrainte (ou force) - diformation de l'acier. Ce calcul fait notamment apparaître la correspondance entre la pressionp~A obtenir en fin de mise en tension et la valeur A. de l'allongement prévisible.

E.5.3.Consignes de mise en tension

de mise en tension, le chantier doit disposer d'un

comportant les informations nécessaires et les consignes à respecter,

prtcisant au moins :

- le procédt de prtcontrainte, la nature des unités à mettre en œuvre et le matériel nécessaire,

- I'ordre dans lequel les unités doivent être tendues et les extrémités par lesquelles la tension doit être exercée,

- la succession des phases de mise en tension et de décintrement, si de telles phases d'extcution sont prtvues,

- les essais éventuels à exécuter (essais de frottement, par exemple),

Avant

toute opération

-document

- la résistance du béton à atteindre avant la mise en tension,

- pour chaque unité, la pression maximale po à atteindre et l'allongement prévisible du cible correspondant Ao,

- éventuellement, les valeurs de rentrée d'armatures, (maxima tolérables).

1 E.5.4.Contrôle des misas en tension

Les mises en tension sont effectuées en présence et sous contrôle d'un agent qualifié. Prtalablement à la mise en tension, on s'assure que le câble peut glisser libre- ment dans son conduit et on évacue, par soufflage énergique I'eau éventuellement présente dans le conduit.

60

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

La mise en tension est exécutée conformément aux indications spécifiques précisées dans la circulaire d'agrément du procédé de précontrainte utilisé.

est la pression à obtenu en fin de mise en tension, les allongements

sont mesurés à au moins troir paliers de pression inférieurs à 0,85 po, à un palier

Si po

p, (pression dite d'alerte) compris entre 090 et 0,95 po et enfin

à po.

La pression ne doit en aucun cas dépasser po ; l'allongement est obligatoire- ment limité à 1,10 Ao. Les allongements finaux sont considérés comme satisfaisants lonqu'ils sont compris entre 0,95 A0 et 1,10 Ao. L'entrepreneur établit ou fait établir par le détenteur du procédé, au fur et à mesure de l'exécution des opérations de mise en tension, un procès-verbal où sont reportés tous les résultats des mesures effectuées ainsi que les diverses obser- vations qui auront pu ëtre faites et les anomalies qui auront pu être décelées.

'

En

fonction des anomalies constatées, toutes décisions utiles doivent être

prises de façon à :

- déceler l'origine des anomalies,

- prévoir des câbles supplémentaires au projet, si les frottements (mesure des coeffi- cients de transmission) risquent d'être plus élevés que ce qu'on a prévu a priori

rayon de courbure, ciblage ondulé la tension du câble si on constate des frottements inférieurs aux valeurs

(faible

-limiter

escomptées,

- remplacer le câble ou limiter sa tension en prévoyant des câbles de renforcement si des ruptures (fils ou torons) en nombre excessif sont constatbes,

- mettre en œuvre des unités de plus forte puissance.

).

E.5.5. Enregistrement des observations

Toutes les données relevées au coun des opérations de mise en tension doivent être immédiatement enregistrées sur la fiche de mise en tension. Puisqu'eUes consti- tuent les seules preuves disponibles de la réalisation de la force de précontrainte nécessaire, eues doivent être signées par la personne responsable de la mise en tension et conservées en lieu sûr. Les cibles de précontrainte seront conservés dans un état qui leur permette éventuellement d'être retendus, avant d'avoir obtenu l'approbation dbfmitive de la mise en tension.

tiendra par câble une fiche

dont nous donnons ci-après un modèle :

Au coun de la mise en tension le chef d'équipe

Dans la mesure des allongements, une des difficultés consiste k éliminer l'im- précision dans la fixation du zéro initiai ; au début, en effet, l'allongement comprend en partie la mise en place du câble (surtout s'il y a courbes et contre~ourbes)et l'absorption du mou. C'est pour éliminer cette imprécision que dans les fiches telles qu'elles sont présentées ci-après. on a fait la marque du zéro des allongements aprés avoir mis une pression de 50 bars (parfois davantage. notamment si le cible est très Io ng).

!

Exécution et contrbles

61

On corrige ensuite (dernière colonne) en supposant que l'allongement, qui a dû, vraisemblablement, se produire entre O et 50 et que I'on nla pas pu mesurer, est égal à celui qui s'est produit entre 50 et 100et que I'on a effectivement mesuré.

ENTREPRISE :

Exemple de fiche de mise en tension

Ouvrage :

Page NO

Date able No 10

Eldment NO Poutre 5 Type du câble 12 (b 7

Date able No IO

Eldment NO Poutre 6 Type du dble 12 $7

1~ongueurentrerephrei

m. Type du vdrin U3 11Longueur entre rephres

m. Type du vdrin ~3)

Allongt prdvu 250 mm. Pres. prdvue 340 bars

Allongt prevu 250mm. Prer prdvue 340 bai

1 Allongement (mm)

39

56

75

Pression

bars

50

100

450

200

25O

Allongement (mm)

Cete A

Coté B

Total

Corrige

O

O

O

54

30

24

54408

SS

46

101

155

70

68

138

192

89

87

176

230

correcte

avec allongement différé

Si l'allongement se produit d'une façon régulibre, le raisonnement est tout à

fait valable ; mais il a parfois bté constate un phénombne dit d'allongement drfére':

par suite de frottements excessifs au départ, ou de points dun (pincement du cible dans sa gaine, légère introduction de laitance due à un défaut d'etanchéité de la gaine,

etc

par contre dans les phases suivantes, l'augmentation de tension peut provoquer

la rupture des points durs ou de frottement excessif et la part d'allongement retenue

l'allongement entre O et 50 bars peut ne se produire que très partiellement ;

),

no 6, on a

d'abord eu 54 mm (au lieu de 37) entre 50 et 100bars puis 101 - 54 = 47 (toujours au lieu de 37) entre 100 et 150 bars ; on a donc incorpord en trop dans l'allonge-

ment élastique entre 50

et 100 bars 54 - 37 = 17 mm et 47 - 37 = 10 mm soit

précédemment se trouve alors récupérbe ; dans l'exemple

de la poutre

27 mm de trop ; de plus on avait surévalué l'allongement

de 54 - 37 = 17 mm d'ou une erreur en plus de 27 + 17 mm = 44 mm.

normal entre Oet 50 bars

On trouve ainsi finalement un allongement de 294 mm, au lieu des 250 atten- dus. On voit ainsi l'erreur importante que peut parfois entrainer le phtnomène d'allongement difftré, quand le zéro des allongements est ainsi fîxt. On peut toutefois se rendre compte si ce phénomène anormal a lieu, en com- parant le produit par 4 de l'allongement trouvé entre 50 et 100 et l'allongement entre 50 et 250, qui devraient être thtonquement tgaux. En effet, dans le premier cas (allongement normal), on a trouvé 37 mm d'allongement entre 50 et 100 de pression au vérin et 149 mm entre 50 et 250 : on a donc 4 X 37 = 148, trés voisin de 149 mm ; tandis que dans le deuxième cas (avec allongement différt), on a :

4 X 54 = 216 > 176, ce qui montre.que 54 est très largement erroné par excès. On se rend compte, dks ce cas, de tout l'intérêt qu'il y a à enregistrer les valeurs d'allongement à chaque palier de charge ; il est alors possible, en générai, de corriger I'erreur faite sur le zéro des allongements et d'effectuer une mise en tension conforme.

E.5.6. Mesures des coefficients de frottement réels sur chantier

ïi est peut-étre utile, dans certains cas, de définir, par des mesures sur chantiers, des valeurs moyennes réelles des coefficients f et ip. En effet, sur un câble choisi, on mettra un vtrin actif d'un côté à la pression po, et on lira, à l'autre bout du câble sur un vtrin passif, une pression pt <PO par suite de la perte par frottement dans les câbles, mais égaiement dans les ancrages et les vérins. On pourra en déduire facile- ment les contraintes oo et o, au niveau de chacun des ancrages.

Exemple : Nous donnons ci-dessous les résultats d'une des mesures de f et cp SUI une poutre du viaduc d'accès du pont de Tancarvilie :

Fig. E.2. - Trace des c.5bles A et 6 d'unepoutre du viaduc d'ecds du pont de Tancerville

Calcul de la contrainte demére l'ancrage (côtt btton) :

Po = pression active prevoquant la mise en tension ;

S

= section du pot de presse du vérin = 157,8 cm2 :

w

= section

du

câble (1 2 $J 7

mm) = 462 mm2.

Exécution et contrôles

63

Les pertes par frottement dans l'ensemble vérin-cône sont évaluées à a = 5 % (3 % dans le cône et 2 % dans le vérin) ; elles peuvent d'ailleurs se mesurer de la manière par mise en opposition de deux vérins reliés entre eux par 12 fils de 7 mm, soit directement pour la mesure de la perte dans le vérin seul, soit en passant par deux cônes opposés pour la mesure de la perte dans l'ensemble vérin-cône. On a donc derrière l'ancrage côtt actif :

Du côtt passif, c'est la tension du câble qui met le vérin en pression, le sens de la perte par frottement est inversé et l'on aura :

Les caractéristiques des deux câbles choisis A et B et les résultats des mesures sont résumées dans le tableau ci-après (câbles 12 $J 7 mm) :

Angle de relevage chaque extrémité) O Pression atteinte c6té actif, Po Contrainte dans les fils à I'anaage g = 32,s Po Pression atteinte côté parsif. Pl Contrainte dans les fils à fanaage 01 = 36 Pl Longueur totale x (d'un ancrage à'l'aube) :

29'

Gibk A

= 0,507 r 37 IlPa

1 202 XlPa

26 \!Pa

936 \[Pa

L'équation précédente peut alors s'écrire pour chaque cible : a, = oo c-fQ-PX log 1 202 - log 936

:(2X0,507)f+20$=

0,434

(avec loe. e = 0.434)

-GibleA

- GibleB :(2 X 0,192)1+50,? $=

log 1 202 - log 1 026

0,434

Le système de deux équations à deux inconnues permet de calculer :

Le coefficient de frottement en courbe f est normal, par contre celui par unité de longueur est assez faible ; cela s'explique par les soins apportés à l'exécution

pour diminuer le plus possible les déviations parasites (festons, ondulations, jarets

Cette plus faible valeur

de ip a d'ailleurs été confirmée par des allongements mesurts un peu supérieurs à

ceux calculés avec ip = 0,3 %. On peut recommencer l'opération

série d'tquations 2 inconnues) qui ne seront en général pas compatibles entre elles

sur d'autres càbles et on obtient alors une

dans les courbes, défauts dans la rectitude des alignements

).

64

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

en raison de la dispersion des mesures. On obtiendra des valeurs probables de f et cp par la méthode des moindres carrés. On pouna également, en les résolvant deux à deux, trouver des valeurs de f et 9 (avec une certaine dispersion vraisemblablement) encadrant les phénomènes de frottement ; en faisant la moyenne, soit pour I'ensem- ble du chantier, soit par nature d'ouvrages, on obtiendra les coefficients propres au chantier considérd, car, Li notre avis, ces phénomènes dépendent de plusieurs facteurs qui, en somme, ((classent)) un chantier : nature d'ouvrages, matériaux employés, difficultés de mise en œuvre, habileté de la maind'ceuvre, qualité de la maîtrise, exigences du maître d'œuvre, efficacité de la surveillance et du contrôle, etc.

I

l

+;

81 f

E.6. INJECTION (Cf. 8.3)- CONTROLE SUR CHANTIER

doivent étre effectuées par un persorinel qualifié

et expérimenté. Avant decommencer les opérations d'injection, on doit s'assurer d'un appro- visiorinement en eau courante et en air-comprimé. ü est fortement recommandd de disposer sur le chantier d'un matdriel de malaxage de rechange.

U est recommandé de vérifier la résistance à la compression et le ressuage du coulis, de mëme que l'expansion, si un agent expansif est utilisé. En cas de risque de gelée, la tempdrature de la gaine devra étre vérifiée durant 48 h, avant et après I'injection. Le contrôle gammagraphique est recommandé quand on soupçonne la présence de vides importants dans les gaines.

Les opérations d'injection

Les défauts qui peuvent ëtre repérés par gammagraphie sont :

a) Le remplissage incomplet des gaines de précontrainte

b) L'air et les inclusions d'eau

c) Les fissures si la direction de la fissure est voisine de celle des radiations

d) La localisation des aciers de précontrainte, la rupture d'un acier

e) La localisation et les dévjations des gaines

f) Les vides de cailloux.

hécautions à prendre aprés I'injection

Toutes les ouvertures et dvents doivent étre cachetés hermétiquement après la fin de I'injection, pour empëcher I'eau, les produits antigel et autres agents corro- sifs d'entrer dans les conduits. Les évents métalliques doivent ëtre distants des surfaces apparentes du béton d'une quantité suffisante pour respecter les règles d'enrobage des aciers. Les ancrages définitifs doivent ètre correctement protégés : on doit empëcher I'eau ou les agents agressifs susceptibles de corroder l'acier ou l'ancrage lui-mëme.

Exécution et contrôles

E.7. PARTICULARITS DE LA PRE-TENSION

D'une façon générale les prescriptions concernant la fabrication et le contrôle des produits précontraints par pré-tension sont semblables à celles que nous venons de voir pour la post-tension.

Afm de ne pas compromettre l'adhérence, les armatures ne doivent pas recevoir

de traitement de surface (huile, graisses ou peintures) tant en usine que pour le trans-

port ou le stockage. Celui-ci doit ëtre fait dans un endroit sec et propre afin d'éviter toute attaque de corrosion. Les consignes de rnise en tension sont celles vues en E.5.3 auxquelles il faut ajouter celles relatives aux étapes successives du relâchement des armatures sur le banc, aux coupes des armatures après relâchement, au marquage des produits et à

la manutention jusqu'à

I'ajre de stockage des produits.

Le contrôle de la mise en tension se fait aussi à partir des informations du manomètre de vérin et de l'allongement des armatures. ii faut de plus faire à inter- valle de temps régulier des mesures de perte sur le banc en disposant un dynano- mètre sur une armature, au voisinage du massif d'ancrage non utilisé pour la rnise en tension. Après relâchement des armatures il faut contrôler que les déformations des

produits respectent

contrôler les rentrées d'armatures qui se prod*ent

les valeurs prescrites.

Pour certains produits il est prévu de

à leun extrémités.

la

Toutes les opérations indiquées au 5 E.6 (injection) ne s'appliquent pas ici, protection des amiatures étant directement assurée par le béton qui entoure les

armatures pour autant que celui-ci soit bien compact et pas fissuré.

1

EFFETS DE LA PRÉCONTRAINTESUR UNE STRUCTURE

F.1. EFFETS D'UN CABLE DE PR~CONTRAINTE

F.l .l.Equilibre d'ensemble d'une pièce précontrainte (fig. F.11

?y'-----v

en

Le câble de préconîrainte est tendu

prenant appui sur le béton. L'ensemble

béton + ca'ble est en équilibre ; d'aprés

la loi de l'action et de la réaction (ou d'ac- tions rtciproques), cela veut dire que la Fig. F.1. force dtveloppée par le câble (P) est

équilibrée par une réaction du béton (Fb)

---.

P = Fb. Donc globalement l'ensemble

béton + câble est soumis B un système de forces nul (P- Fb = O). En conséquence la précontrainte ne développe que des efforts internes.

l

I

I

F.1.2. Effets internes ddéveloppdés par la précontrainte

a. Quiiibre du câble

Soit un câble consideré comme un fd parfait prtsentant une courbure de rayon entre les sections A et S d'une piéce. si l'on exerce une force PA sur le câble et en considérant un frottement de coefficient f

du

sur sa gaine, la force P (x) dans la

section s (x) doit équilibrer (fig. F.2) :

2

l

A

1

Fig. F.2.

1

1

S (XI

Effets de la précontrainte sur une structure

- l'effort PA

- l'action radiale (centrifuge) du béton résultant de la courbure Z - P (x)

s

A

r

-

I'action tangente de frottement du btton Z f - P(x)

s

A

r'

b. Equiiiim du bCton

De même I'effort Fb (x) doit équi- librer (fig. F.3) :

- I'e ffort Fb A

- l'action

due à la courbure Z -

radiale

(centripète)

s

du

câble

A

- l'action

tangente

~(x). câble Af -

s

r

r

de

frottement

du

A

Fig. F.3

s 1x1

L'équilibre du systéme béton +câble impose que les ternes soient identique- ment égaux et donc Fb (x) = P (x).

c. Sollicitations dues au Gble dans une section

Nous utilisons ici la convention de signes habituelle de la R.d.M. (Cf Annexe) L'effet du câble peut donc être étudié de deux façons :

- Soit comme l'effet de la force existant dans le câble

appliquée au point de passage du câble (méthode interne) (fig. F.4) :

- -.

s (XI

Fig. F.4.

(

la: : ;

N = P (x) cos a (x)

sollicitation

moment fléchissant M = P (x) cos u (x) e (x)

l tranchant

V = -

P (x) sin a (x)

L'inclinaison du câble réduit l'effort tranchant dans S (x). L'effort tranchant résultant est appelt effort tranchant réduit (Vred)

Fig. F.5.

S'(XI

- soit comme l'effet de la force du câble dans la section d'about et des effets des forces réparties entre A et S (mtthode directe). (fig. F.5).

6 8

Cours pratique de béton précontraint. Règles BPEL 83

F. 1.3. Déformations dues à la précontrainte

Nous n'examinerons

que les déformations principales. Celles-ci sont dues à

la compression exercée par le câble et à la flexion résultant de son excentricité.

a. Raccourcissement du béton

Sous I'effet de la compression le béton se raccourcit. Tant que nous restons dans le domaine élastique de ce matériau la déformation se calcule par la loi de

Hooke.

en supposant la force de pré-

P

La contrainte de compression est ab = -

B

contrainte

constante (B

= aire d'une

section

de la pièce).

Le raccourcissement

sera

AI

ab

 

-

 

---

 

1

Ebi