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Recommandations

Recommandations pour la prise en charge des patients


sous traitement anti-vitamines K
en chirurgie bucco-dentaire

SOCIÉTÉ FRANCOPHONE DE MÉDECINE BUCCALE


ET CHIRURGIE BUCCALE

EN COLLABORATION AVEC LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE CARDIOLOGIE

Groupe de travail
Gilbert DE MELLO (Odontologie, Rennes) Président
Pierre GANGLOFF (Odontologie, Nancy) Rapporteur
Pierre DJIANE (Cardiologie, Marseille)
Jean-Marc GALEAZZI (Odontologie, Paris)
Bernard IUNG (Cardiologie, Paris)
Benoît LEFEVRE (Odontologie, Reims) Chargé de projet
Claire LEPOUSE (Anesthésie réanimation, Reims)
Jean-Pierre MARIOTTINI (Odontologie, Nice)
Jean-Jacques MONSUEZ (Cardiologie, Médecine Interne, Villejuif)
Laurent NAWROCKI (Odontologie, Lille)
Jean-Luc PONTIS (Médecine générale, Val d’Izé)
Marc SAMAMA (Anesthésie réanimation, Bobigny)
Jean-François SCHVED (Hématologie, Montpellier)
Jacques-Henri TORRES (Stomatologie, Montpellier)

Groupe de lecture
Géraud ANDRIEU (Anesthésie-réanimation, Paris)
Patrick BEHAR (Cardiologie, Montivilliers)
Jean-François COMPERE (Chirurgie maxillo-faciale, Caen)
Philippe de MOERLOOSE (Hématologie, Genève)
Christophe DESCHAUMES (Odontologie, Clermont-Ferrand)
Damien DURAN (Odontologie, Toulouse)
Carle FAVRE de THIERRENS (Odontologie, Sète)
Emile FERRARI (Cardiologie, Nice)
Jean-Christophe FRICAIN (Odontologie, Bordeaux)
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie

Eric GERARD (Odontologie, Metz)


Patrick GIRARD (Odontologie, Paris)
Patrick GOUDOT (Chirurgie maxillo-faciale, Montpellier)
Jean-Claude HARNET (Odontologie, Strasbourg)
François JACHIET (Odontologie, Paris)
Jacques JEANDOT (Stomatologie, Bordeaux)
Jean-Pierre LAROCHE (Médecine vasculaire, Avignon)
Thomas LECOMPTE (Hématologie, Nancy)
Brigitte LESTIENNE (Anesthésie réanimation, Montpellier)
Philippe LETELLIER (Odontologie, Brest)
Jean-Claude LIBERSA (Odontologie, Lille)
Claude-Jean MARIOTTINI (Cardiologie, St Laurent du Var)
Cédric MAUPRIVEZ (Odontologie, Reims)
Damien METZ (Cardiologie, Reims)
Jean-Sébastien PETIT (Anesthésie-réanimation, Reims)
Jérôme QUERO (Odontologie, Laval)
Jacky SAMSON (Stomatologie, Genève)
Pierre SIE (Hématologie, Toulouse)
Thierry TRENQUE (Pharmacologie, Reims)
Daniel VIENNET (Odontologie, Nancy)
Christian WANG (Odontologie, Nancy)
médecine
buccale
chirurgie
buccale

VOL. 12, N° 4 MÉTHODOLOGIE GÉNÉRALE


2006
page 188 Objectif 5. Comment traiter une complication hémorra-
L’évolution des données de la littérature sur le gique chez un patient sous traitement AVK en
risque hémorragique lié aux traitements anti-vita- chirurgie bucco-dentaire ?
mines K (AVK) et les techniques d’hémostase
locale en odontologie ou stomatologie ainsi qu’une Critères de recherche bibliographique
meilleure prise en compte du risque thromboem- Langues
bolique ont conduit la Société Francophone de 1. Anglais
Médecine Buccale et Chirurgie Buccale à consti-
2. Français
tuer, en collaboration avec la Société Française
de Cardiologie, un groupe de travail chargé de
Limites
rédiger des recommandations sur la prise en
1. Publications de 1985 à 2005
charge des patients sous traitement anti-vita-
mines K en chirurgie bucco-dentaire. 2. Etudes menées chez l’homme

Recherche (Bases de données)


Questions posées au groupe de travail
1. AFSSAPS (Agence Française de Sécurité
1. Quelles sont les indications des AVK et les
Sanitaire des Produits de Santé)
molécules utilisées ?
2. ANAES (Agence Nationale d’Accréditation et
2. Quels sont les risques de l’arrêt ou de la modi- d’Evaluation en Santé),
fication d’un traitement AVK ? 3. Bibliodent
3. Comment évaluer le risque hémorragique en 4. Bibliothèques
chirurgie bucco-dentaire chez un patient sous 5. Cochrane
traitement AVK ? 6. Embase
4. Comment prévenir le risque hémorragique en 7. EMC (Encyclopédie Médico Chirurgicale)
chirurgie bucco-dentaire chez un patient sous 8. HAS (Haute Autorité de Santé)
traitement AVK ? 9. Internet
Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

10. Medline Revues (Etude systématique des sommaires


11. Pascal de revues)
12. SFAR (Société Française d’Anesthésie et de 1. Archives des Maladies du Cœur et des
Réanimation) Vaisseaux
13. SFC (Société Française de Cardiologie) 2. British Dental Journal
14. SFMBCB (Société Francophone de Médecine 3. British Journal of Haematology
Buccale et de Chirurgie Buccale) 4. Circulation
5. International Journal of Oral and
MeSH (Mots clés) Maxillofacial Surgery
1. Anticoagulants 6. Journal of American College of Cardiology
2. Antivitamins K 7. Journal of Cranio Maxillo Facial Surgery
3. Dental Care 8. Journal of Dental Research
4. Hemorrhage, Bleeding 9. Journal of Thrombosis and Haemostasis
5. Oral surgery 10. Médecine Buccale Chirurgie Buccale
6. Periodontal surgery 11. Oral Surgery Oral Medicine Oral Pathology
7. Thrombosis Oral Radiology and Endodonty
8. Tooth extraction, Dental extraction 12. Revue de Stomatologie et de Chirurgie
9. Vitamin K antagonists Maxillo-Faciale
13. The Journal of Heart Valve Disease
14. Thrombosis and Haemostasis

médecine
buccale
chirurgie
Méthodologie buccale
L’élaboration et la rédaction de l’argumentaire et logique afin d’affecter à chacune un niveau de
VOL. 12, N° 4
des recommandations de ce travail ont suivi la preuve scientifique coté de A à C. Les recomman-
2006
méthodologie proposée par la Société Européenne dations sont classées selon leur force en classes
page 189
de Cardiologie [1]. Chaque référence bibliographique (I, II ou III) en tenant compte du niveau de preuve
a été analysée en appréciant sa qualité méthodo- des études sur lesquelles elles s’appuient.

Niveau de preuve scientifique des études Force des recommandations (grade)

• Niveau A : • Classe I :
Fondé sur des données provenant de plusieurs Situations dans lesquelles il y a une preuve et/ou
études randomisées comprenant un grand un accord général pour dire que le traitement est
nombre de patients. utile et efficace.
• Niveau B : • Classe II :
Fondé sur des données provenant d’un nombre Situations dans lesquelles il y a des éléments
limité d’études randomisées comprenant un faible contradictoires et/ou des divergences d’opinion
nombre de patients ou de bons travaux non ran- sur l’utilité et l’efficacité du traitement :
domisés ou de registres d’observations. . IIa : Le poids des preuves est plutôt en faveur
de la technique.
• Niveau C :
. IIb : Le poids des preuves est insuffisant pour
Fondé sur un consensus des experts consultés.
avoir une opinion.
• Classe III :
Situations dans lesquelles il y a une preuve et/ou
un accord général pour dire que le traitement n’est
ni utile ni efficace ou éventuellement nuisible.
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie

RECOMMANDATIONS Ces recommandations se limitent aux AVK


prescrites au long cours, les patients ayant
Introduction une pathologie cardiovasculaire non stabili-
Les anti-vitamines K (AVK) sont fréquemment uti- sée et/ou possédant d’autres anomalies
lisées dans le traitement curatif ou préventif des constitutionnelles ou induites de l’hémostase
accidents thromboemboliques artériels ou vei- ainsi que les patients traités par l’association
neux avec comme complication majeure l’hé- AVK/agents antiplaquettaires et ceux pris en
morragie. De ce fait, avant une intervention de charge en urgence ne sont pas concernés par
chirurgie bucco-dentaire, se pose le problème de ces recommandations. Ces cas particuliers
la conduite à tenir vis à vis de ce traitement : arrêt imposent une hospitalisation, une concerta-
transitoire avec ou sans relais par une héparino- tion pluridisciplinaire et une hémostase spé-
thérapie ou poursuite avec ou sans diminution cifique à chaque cas.
de la posologie. Le choix entre ces différentes Ces recommandations s’adressent aux odonto-
stratégies dépend du risque hémorragique et du logistes, aux stomatologistes, aux médecins
risque thromboembolique qui doivent être éva- généralistes et aux médecins spécialistes (car-
lués chez chaque patient pour obtenir le meilleur diologie, hématologie, anesthésie-réanimation,
rapport bénéfice/risque. médecine interne, médecine vasculaire…).
De nombreuses études récentes ont mis en évi-
dence la possibilité de pratiquer les interventions
médecine de chirurgie bucco-dentaire sans interruption ou Modalités de prise en charge d’un
buccale diminution de posologie des AVK à condition : patient traité par AVK en chirurgie
chirurgie – de respecter un protocole opératoire strict et
buccale bucco-dentaire
d’avoir un INR (International Normalized Ratio)
VOL. 12, N° 4 stable inférieur à 4 ;
2006 – d’utiliser systématiquement des moyens d’hé- 1. Un contact préalable avec le médecin respon-
page 190 mostase locale ; sable du suivi du traitement par AVK du patient
– d’assurer impérativement la continuité des soins est indispensable. (I C)
(le patient doit être en possession des coordon-
nées de son praticien ou du praticien d’astreinte). 2. L’arrêt systématique du traitement par AVK
L’arrêt des AVK avec l’instauration d’un relais par avant une intervention de chirurgie buccale, paro-
de l’héparine (héparine non fractionnée : HNF ou dontale ou implantaire n’est pas justifié. (I A)
héparines de bas poids moléculaire : HBPM)
avant, pendant et après l’intervention chirurgicale 3. La poursuite du traitement par AVK est recom-
est une alternative. Ce choix peut être préféré mandée dans les cas d’interventions de chirurgie
dans les cas d’intervention à risque hémorragique buccale, parodontale ou implantaire sauf en cas
élevé ou si le patient n’est pas coopérant. de risque médical associé, sous réserve de la
Il est à noter que dans toute la littérature étudiée, coopération du patient et de la proximité d’une
aucune séquelle et aucun décès n’ont été retrou- structure hospitalière capable de le prendre très
vés dans les cas où un saignement post-opératoire rapidement en charge. (I A)
était observé chez des patients après une inter-
vention de chirurgie bucco-dentaire sans modifi- 4. La valeur de l’INR doit être stable et inférieure
cation de leur traitement par AVK. En revanche, des à 4. (I A)
complications mortelles sont survenues après arrêt
ou diminution de la posologie des AVK. 5. Un bilan biologique donnant au moins la valeur
L’objectif de ces recommandations est de définir de l’INR est réalisé dans les 24 heures avant l’in-
une attitude cohérente et codifiée pour la prise tervention chirurgicale. (I A)
en charge des patients sous traitement AVK
devant bénéficier d’une intervention de chirurgie 6. Les techniques d’hémostase locale sont indis-
bucco-dentaire. pensables et systématiquement associées. (I A)
Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

7. La continuité des soins doit être assurée. Tout Prévention des risques hémorragiques
patient traité par AVK ayant une complication
hémorragique post-opératoire doit pouvoir 14. Le contrôle de la douleur se fera par l’utili-
contacter un praticien compétent dans la ges- sation de paracétamol en première intention.
tion de ce type de patients ou un service hospi- L’acide acétylsalicylique est contre-indiqué. Les
talier d’odontologie ou de stomatologie
dérivés opiacés peuvent être prescrits (antal-
d’astreinte. (I C)
giques de niveau 2 ou 3). Les anti-inflammatoires
non stéroïdiens (AINS) ne doivent pas être utili-
8. La prise en charge de ce type de patients peut
sés à visée antalgique. (IA)
se faire en pratique de ville par des praticiens dis-
posant du plateau technique nécessaire (moyens Si une prescription anti-inflammatoire se révèle
d’hémostase locale notamment), pour des nécessaire, les corticoïdes en cure courte doi-
patients dont l’INR est inférieur ou égal à 3 et pour vent, en l’absence de contre-indication, être pré-
des actes sans risque hémorragique ou à risque férés aux AINS.
hémorragique modéré. (I C) Dans les cas d’une prescription anti-infectieuse,
des cas sporadiques d’augmentation de l’INR ont
9. Une prise en charge hospitalière est recom- été rapportés après prise d’amoxicilline, de clin-
mandée si l’INR est supérieur à 3 et/ou si le risque damycine ou d’érythromycine, les patients doi-
hémorragique est élevé et/ou s’il existe un risque vent en être informés et rester vigilants. (I B)
médical associé (notamment un patient traité La prescription d’une antibioprophylaxie pour la médecine
buccale
par l’association AVK / agents antiplaquet- prévention de l’endocardite infectieuse n’inter- chirurgie
taires). (I C) agit pas avec l’hémostase et doit suivre les règles buccale

habituelles. (I B) VOL. 12, N° 4


10. L’instauration d’un relais du traitement par AVK 2006
La prescription de miconazole chez des patients
à l’aide d’HBPM ou d’HNF en milieu hospitalier page 191
traités par AVK est formellement contre-indiquée.
avant, pendant et après la phase chirurgicale est
(I A)
possible mais doit rester exceptionnelle. (II B)
Toute autre prescription doit faire rechercher une
11. Les anesthésies loco-régionales sont décon- éventuelle interaction avec les AVK.
seillées. L’anesthésique local doit contenir un
vasoconstricteur sauf dans les rares cas de
contre-indication de son emploi. (I C) Traitement des complications hémor-
ragiques post-opératoires
12. Dans les cas d’avulsions dentaires, la mise en
place d’un matériau hémostatique résorbable 15. En cas d’hémorragie post-opératoire, la règle
intra-alvéolaire doit être systématique. Toute plaie est la reprise chirurgicale. Après anesthésie locale,
intrabuccale doit être suturée. Les fils de suture
la plaie est réouverte et vérifiée, les procédures
peuvent être résorbables ou non. Les points doi-
d’hémostase locale sont ensuite reprises. (I C)
vent être unitaires. Dans les cas d’interventions
Les conseils post-opératoires sont renouvelés.
chirurgicales hémorragiques, l’utilisation de colle
biologique et/ou d’agent antifibrinolytique est
recommandée. Une compression locale doit être 16. Une exploration de l’hémostase comprenant
mise en place immédiatement en post-opératoire la mesure de l’INR et la numération plaquettaire
pendant au moins 10 minutes. (I C) doit être réalisée. (I C)

13. L’antibioprophylaxie est obligatoire lorsque la 17. Dans le cas où le saignement persiste malgré
prévention de l’endocardite infectieuse est recom- la reprise de l’hémostase, le patient doit être hos-
mandée. (I A) pitalisé. (I C)
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie

ARGUMENTAIRE en possession des coordonnées de son praticien


et de celles d’un praticien ou d’une structure d’as-
Introduction treinte en cas de besoin.
Les anti-vitamines K (AVK) sont fréquemment uti- L’arrêt du traitement par AVK avant une interven-
lisées dans le traitement curatif ou préventif des tion chirurgicale doit devenir une option théra-
accidents thromboemboliques artériels ou vei- peutique limitée. Elle ne peut être décidée qu’en
neux. Leur utilisation nécessite une surveillance accord avec le praticien chargé du suivi du
biologique régulière par l’INR (International patient. Cette stratégie est toutefois envisageable
Normalized Ratio). Une valeur cible de l’INR com- chez des patients qui présentent un risque
prise entre 2 et 3 est conseillée chez la majorité thrombo-embolique faible [9,58,59].
des patients. La complication majeure du traite-
ment par AVK est l’hémorragie. De ce fait, avant Une autre alternative est l’arrêt des AVK avec ins-
une intervention de chirurgie buccale, parodon- tauration d’un relais par de l’HNF ou par des
tale ou implantaire, se pose le problème de la HBPM avant, pendant et après l’intervention chi-
conduite à tenir vis à vis de ce traitement : arrêt rurgicale [60-69]. Toutefois, l’évaluation de la pro-
transitoire avec ou sans relais par une héparino- cédure de relais des AVK par des HBPM ou HNF
thérapie ou poursuite avec ou sans diminution repose sur un niveau de preuve modeste et il
de la posologie, en sachant toutefois que le fait n’existe pas d’essai randomisé mais de simples
de modifier le traitement habituel pris par le études de cas [62-64,70] comparant la poursuite du
médecine patient va l’exposer à un risque thromboembo- traitement par AVK au relais héparinique. Des
buccale lique accru [2-25]. L’augmentation de ce risque est complications thromboemboliques ont été rap-
chirurgie
buccale évaluée entre 0,02 % et 1 % selon les études et portées lors de relais par des HBPM. Cette stra-
l’indication du traitement anticoagulant [26]. Les tégie est encore fréquemment utilisée et peut être
VOL. 12, N° 4
2006
complications thromboemboliques sont asso- préférée dans les cas d’intervention avec un
page 192
ciées à une morbi-mortalité non négligeable. Des risque très hémorragique : état inflammatoire
séquelles sont retrouvées dans 70 à 75 % des local, nombre élevé d’avulsions, décollement
cas pour les patients qui ont été victime d’un acci- muqueux important. Cette méthode est égale-
dent thromboembolique artériel et dans 4 à 10 % ment utilisée dans les cas où le patient n’est pas
des cas pour un accident thromboembolique vei- coopérant.
neux [26]. La prise en charge d’un patient traité par AVK et
opéré sous anesthésie générale (AG) constitue
Dans toute la littérature étudiée, aucune une situation particulière. Dans la plupart des
séquelle et aucun décès n’ont été retrouvés cas, l’AG est indiquée par un geste chirurgical
dans les cas où un saignement post-opéra- important ou par la non coopération du patient.
toire était observé chez des patients après une De ce fait, la majorité des interventions sous AG
intervention de chirurgie buccale sans modi- se fait avec un relais des AVK par une héparino-
fication de leur traitement par AVK. De nom- thérapie.
breuses études récentes [26-57] ont mis en évidence
la possibilité de pratiquer les interventions chi- L’aspect médico-légal doit être pris en compte.
rurgicales d’odontologie ou de stomatologie sans • Le consentement éclairé du patient doit être
interruption ni diminution du traitement par AVK. obtenu.
Cette possibilité nécessite la mise en place d’un • Le dossier du patient doit être régulièrement mis
protocole opératoire strict et un INR stable. Des à jour, avec mention de l’état clinique, des inci-
moyens d’hémostase locale sont systématique- dents ou accidents et des modifications théra-
ment utilisés et doivent être bien maîtrisés par peutiques mêmes minimes. Une trace écrite des
l’opérateur afin de contrôler le risque hémorra- contacts téléphoniques ou oraux avec les diffé-
gique post-opératoire. Enfin, la continuité des rents praticiens (cardiologue, médecin vasculaire,
soins est impérative ; le patient doit toujours être médecin généraliste) doit figurer dans le dossier.
Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

Enfin, il est nécessaire de noter les contacts télé- pays où plus de 18 000 hospitalisations et pro-
phoniques avec le patient dans son dossier. bablement 3 000 décès par an sont en rapport
• Une radiographie pré-opératoire (rétro-alvéo- avec un accident hémorragique dû au traitement.
laire ou panoramique en fonction de l’acte à réa- La gravité potentielle de cette complication oblige
liser) est indispensable. à respecter strictement les contre-indications du
• Chaque intervention donne lieu à un compte traitement : existence d’un trouble de la coagu-
rendu opératoire comprenant les produits utilisés. lation acquis ou congénital, lésions organiques
• Les examens biologiques sont conservés ainsi susceptibles de saigner, hypertension artérielle
que des copies des prescriptions. grave non contrôlée, insuffisance hépatocellulaire
ou rénale sévère, incapacité du patient à respec-
ter les règles du traitement et sa surveillance bio-
Question 1 : Quelles sont les indica- logique. Les indications des AVK [84-108] concernent
tions des AVK et les molécules utili- dans la majorité des cas les pathologies car-
sées ? diaques emboligènes, elles sont utilisées :
– Chez les sujets en fibrillation auriculaire de plus
Les AVK, produits de synthèse actifs par voie de 65 ans ou plus jeunes s’il existe une valvulo-
orale, sont à l’heure actuelle les médicaments les pathie mitrale ou des facteurs de risque throm-
plus efficaces pour prévenir la formation ou l’ex- boembolique : antécédent d’accident cérébral
tension d’un caillot dans les cavités cardiaques ischémique, hypertension artérielle, diabète,
ou le système vasculaire et le risque throm- insuffisance cardiaque. De nombreux essais thé- médecine
buccale
boembolique en général. Selon les résultats d’une rapeutiques suggèrent qu’un traitement par les
chirurgie
enquête de l’AFSSAPS, on estime qu’environ 1 à AVK ciblant un INR compris entre 2 et 3 réduit le buccale
1,5 % de la population française reçoit un traite- risque embolique d’au moins 60 % chez les
VOL. 12, N° 4
ment par les AVK [71-73]. patients avec fibrillation auriculaire sans lésion 2006
L’action anticoagulante des AVK est une action valvulaire. page 193
indirecte, elle est liée à la réduction de la synthèse – Chez les porteurs de prothèses valvulaires, lors-
hépatique de certains facteurs procoagulants vita- qu’elles sont mécaniques, en maintenant à vie
mine K dépendants : facteurs II, VII, IX et X. Le un INR entre 2 et 3 pour les prothèses aortiques
degré d’anticoagulation obtenue est dépendant à faible risque thromboembolique et entre 3 et
de la dose prescrite et de la susceptibilité indivi- 4,5 pour les autres ; lorsqu’elles sont biologiques,
duelle. Il est apprécié par la valeur du temps de en l’absence de fibrillation auriculaire durant les
Quick exprimé en INR. Ce paramètre est indé- trois premiers mois post-opératoires, avec un
pendant des réactifs utilisés ce qui n’est pas le niveau d’anticoagulation plus bas : INR entre 2
cas pour le taux de prothrombine. Les valeurs et 3.
ciblées de l’INR se situent habituellement entre 2 – Chez les patients atteints de valvulopathie mitrale
et 3 lorsque le risque thromboembolique est sévère, en particulier de rétrécissement mitral, en
moyen et entre 3 et 4,5 lorsqu’il est majeur [74-77]. fibrillation auriculaire ou en rythme sinusal, lors-
Le maniement des AVK est complexe, avec deux qu’il existe des facteurs favorisant la survenue
risques permanents : celui de traiter insuffisam- d’embolie détectés par l’échocardiogramme ou
ment et d’exposer le patient à une récidive throm- un antécédent d’accident thromboembolique. Il
botique, celui de trop anticoaguler avec le risque est alors recommandé de maintenir au long cours
de survenue d’une hémorragie dont la gravité une anticoagulation forte avec un INR entre 3 et
dépend de l’abondance et de la localisation [78-83]. 4,5.
L’incidence annuelle des complications hémor- – Chez les patients avec un antécédent d’infarc-
ragiques générales est estimée entre 3 et 5 % tus du myocarde compliqué de thrombus mural
pour les formes graves et à 0,6 % pour les formes ou de dyskinésies emboligènes.
mortelles. Il faut rappeler que les AVK constituent La maladie thromboembolique veineuse repré-
la première cause d’effets iatrogènes dans notre sente la deuxième grande indication. En préven-
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie

Tableau 1 : Durée du traitement AVK en fonction de la pathologie

Indications Durée du traitement

Prévention des embolies systémiques en cas de :

– Fibrillation auriculaire
• âge > 65 ans
• âge < 65 ans avec facteurs de risque } Au long cours

– Prothèses valvulaires tissulaires en rythme sinusal 3 mois


– Prothèses valvulaires mécaniques Au long cours
– Valvulopathies mitrales (rétrécissement mitral) Au long cours
avec facteurs favorisants
– Infarctus du myocarde avec thrombus mural ou Au long cours
dyskinésies emboligènes

Traitement de la maladie thromboembolique


veineuse :

– Prévention secondaire 3 à 6 mois

– En cas de cancer ou de récidives multiples sur Au long cours


médecine un terrain thrombophilique
buccale
chirurgie
buccale

VOL. 12, N° 4
2006 tion secondaire, les AVK sont prescrites en relais marine, l’acénocoumarol (Sintrom®, Minisintrom®)
page 194 de l’héparinothérapie, elles doivent, dans la majo- et la warfarine (Coumadine®) (Annexe 1).
rité des cas, être poursuivies pendant 3 à 6 mois Le délai et la durée d’action de ces molécules
ou au long cours en cas de cancer ou de récidives sont fonction de leur rapidité d’absorption, de leur
multiples sur un terrain thrombophilique. En pré- degré de liaison à l’albumine plasmatique, de leur
vention primaire, elles peuvent être prescrites chez affinité pour le récepteur hépatique et de la rapi-
des patients immobilisés pour une longue période. dité de leur catabolisme. Leur demi-vie d’élimi-
Dans les deux cas la cible thérapeutique doit être nation est variable : courte avec l’acénocoumarol
un INR compris entre 2 et 3. (8 à 10 heures), longue avec la fluindione
Les principales indications sont rappelées dans (31 heures) et la warfarine (35 à 45 heures). La
le tableau 1 avec pour chacune la durée recom- latence d’action étant surtout liée à la demi-vie
mandée du traitement. des facteurs de coagulation vitamine K dépen-
La prescription d’AVK s’accompagne de la remise dants, une AVK à demi-vie courte ne sera pas plus
d’un carnet d’information et de suivi de traitement rapidement efficace qu’une AVK à demi-vie
obligatoire depuis janvier 2004 par le médecin longue. Bien qu’il n’y ait pas de données cliniques
traitant, un biologiste ou un pharmacien. Ce car- permettant de recommander systématiquement
net permet au patient de mieux comprendre son le choix des AVK à demi-vie longue, il existe un
traitement, répond aux questions les plus fré- assez large consensus pour considérer qu’elles
quentes, indique le traitement prescrit avec l’INR permettent une meilleure stabilité de l’anticoa-
cible et permet également le suivi thérapeutique gulation.
du traitement avec notamment la valeur de l’INR Le temps de retour à la normale de la coagulation
à chaque examen. après arrêt de l’AVK est également variable en
Trois molécules sont disponibles actuellement en fonction de la molécule utilisée : 1 à 4 jours pour
France : l’une est dérivée de l’indanedione, la fluin- l’acénocoumarol, 3 à 4 jours pour la fluindione et
dione (Previscan®) et les deux autres de la cou- 4 jours pour la warfarine.
Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

Question 2 : Quels sont les risques de 2. Lorsque ce n’est pas possible, l’alternative
l’arrêt ou de la modification d’un trai- consiste en un relais des AVK par l’héparine
tement AVK ? (HNF ou HBPM) qui a longtemps été considéré
comme l’option de prise en charge chez les
L’arrêt transitoire, la diminution de la posologie patients à haut risque thromboembolique, en par-
des AVK ou leur relais par de l’HNF ou par des ticulier les porteurs de prothèse valvulaire méca-
HBPM limitent le risque hémorragique mais expo- nique. L’instauration d’une fenêtre thérapeutique,
sent le patient à un risque thromboembolique avec sans anticoagulant oral, vise à mieux maîtriser le
des conséquences parfois graves. Entre deux tiers risque de saignement local tout en minimisant le
et trois quarts des embolies d’origine cardiaque risque thromboembolique. Cette stratégie se heurte
sont de topographie cérébrale. Des séquelles sont toutefois aux difficultés d’équilibre du traitement
retrouvées dans 70 à 75 % des cas chez les anticoagulant par l’HNF, qui nécessite en pratique
patients victimes d’un accident thromboembo- une perfusion intraveineuse continue et donc une
lique artériel et dans 4 à 10 % des cas après un hospitalisation pour toute la durée du relais.
accident thromboembolique veineux [26]. Lorsque la voie sous-cutanée doit être utilisée, en
L’augmentation du risque hémorragique post- particulier en ambulatoire, les difficultés d’équilibre
opératoire doit être mise en balance avec les d’un traitement par l’HNF conduisent à recourir fré-
conséquences d’un accident thromboembolique. quemment aux HBPM. Malgré certaines données
Il s’agit d’une analyse classique de rapport béné- favorables dans de petites séries non contrôlées,
fice / risque pour le patient. l’utilisation des HBPM demeure controversée en médecine
cas de prothèse valvulaire et elles ne sont pas buccale
Trois options thérapeutiques sont envisageables chirurgie
pour les patients traités par AVK (Annexes 2 et 3). approuvées officiellement dans cette indica- buccale
tion [32,109]. L’utilisation des HBPM doit être parti-
1. L’attitude thérapeutique recommandée en VOL. 12, N° 4
culièrement prudente chez le sujet âgé et elle est
première intention est la réalisation des extrac- 2006
contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale. En
tions dentaires en poursuivant un traitement page 195
pratique, les AVK doivent être arrêtées 3 à 5 jours
AVK efficace. Une série rapportant 2 014 pro-
avant le geste, l’HNF ou l’HBPM est débutée
cédures effectuées chez 774 patients avec pour-
lorsque l’INR devient inférieur à la zone thérapeu-
suite des anticoagulants oraux, dont 1 964
tique, puis la posologie est adaptée selon le bilan
extractions dentaires, n’a rapporté des compli-
biologique afin de maintenir une anticoagulation
cations hémorragiques sévères que chez
efficace (TCA à 2 fois le témoin ou activité anti-Xa
12 patients (1,5 %), dont plus de la moitié à l’oc-
entre 0,5 et 1 U/ml). L’utilisation d’HBPM en deux
casion d’une anticoagulation excessive [26]. Une
injections sous-cutanées par jour est préférable à
série française récente apporte les arguments
une seule injection. L’HNF est arrêtée 4 à 6 heures
concordants : parmi 2 389 patients ayant eu des
avant le geste opératoire et l’HBPM 12 heures
extractions dentaires au cours d’un traitement par
avant, puis reprise 6 à 12 heures après l’interven-
AVK, seuls 2 patients (0,1%) ont eu une compli-
tion. Les AVK sont reprises le soir même de l’in-
cation hémorragique majeure [36]. Une réinterven-
tervention en association avec l’HNF ou l’HBPM,
tion locale a été nécessaire dans 34 cas (1,4 %),
qui seront arrêtées dès que l’INR dépasse 2 à deux
le plus souvent en ambulatoire.
reprises, à 24 heures d’intervalle [41,49,110-116].
La pratique des extractions dentaires sous trai-
tement anticoagulant oral apparaît donc à faible 3. Enfin dans de rares cas, l’arrêt temporaire
risque car aucune séquelle et aucun décès n’ont du traitement AVK sans relais par l’héparine
été observés dans la littérature. En revanche, des peut être possible pour limiter le risque hémor-
complications mortelles ont été décrites après ragique. Cette attitude est envisagée dans les
arrêt ou modification du traitement par AVK. La recommandations nord-américaines chez les
pratique des soins et extractions dentaires patients présentant une prothèse valvulaire aor-
sans modification des AVK est actuellement tique à faible risque thromboembolique, sur la
privilégiée [26-57]. base d’une estimation du risque thromboembo-
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie

lique à 0,1 % pour 3 jours [117,118]. Cette estimation Sensibilité International ou International Standar-
peut être discutée car elle repose sur des extra- dized Index) est un mode d’expression du temps
polations d’études anciennes comportant des de Quick utilisé pour éviter la variabilité des résul-
patients sélectionnés. Des données récentes lais- tats en fonction de la thromboplastine utilisée et
sent penser que ce risque est plus élevé à l’arrêt donc des laboratoires [74]. La valeur cible de l’INR
du traitement [119]. Dans le cas particulier des se situe entre 2 et 3 en prévention des embolies
extractions dentaires, une série de 542 procé- systémiques (fibrillation auriculaire, prothèses val-
dures effectuées après arrêt des AVK sans relais vulaires tissulaires, prothèses mécaniques aor-
faisait état d’un chiffre concordant de 1 % de tiques à faible risque embolique, infarctus du
complications thromboemboliques [26]. myocarde avec thrombus mural ou dyskinésie
L’arrêt des AVK sans relais n’est donc envisa- emboligène) ou en cas de traitement de la mala-
geable, avec l’accord du médecin responsable die thromboembolique veineuse. Un INR plus
du suivi du traitement par AVK, que chez les élevé n’est nécessaire que pour les autres pro-
patients présentant une maladie thromboem- thèses valvulaires mécaniques ou pour les val-
bolique veineuse ou une fibrillation auriculaire vulopathies mitrales sévères avec facteurs
sans cardiopathie sous-jacente, dans tous les favorisants [32,126] (Tableau 2). Pour ces patients,
cas avec un faible risque thromboembolique. les soins dentaires, dans la plupart des cas, pour-
Cette modalité est fortement déconseillée et ront être réalisés avec un INR compris entre 3 et
n’est pas recommandée en cas de prothèse 3,5 avec une surveillance de l’INR plus fréquente.
médecine valvulaire mécanique. L’INR doit être mesuré dans les 24 heures précé-
buccale dant l’intervention chirurgicale [127]. La disponibi-
chirurgie
buccale
lité prochaine des dispositifs d’automesure de
Question 3 : Comment évaluer le l’INR permettra un contrôle plus rapproché dans
VOL. 12, N° 4 risque hémorragique en chirurgie l’heure précédant l’intervention [128,129].
2006
bucco-dentaire chez un patient sous De nombreuses études démontrent la possibilité
page 196
traitement AVK ? de réaliser des avulsions dentaires simples sans
précaution autre que d’utiliser des moyens d’hé-
La surveillance du niveau d’anticoagulation doit mostase locale dans les cas où l’INR est inférieur
se faire par un temps de Quick exprimé en INR à 4 [120,130,131].
[120-125]. C’est un test semi-analytique qui reflète Les facteurs favorisants des accidents hémor-
l’activité de 3 des 4 facteurs vitamine K dépen- ragiques des patients traités par AVK sont mul-
dants (II, VII, X) et du facteur V non vitamine K tiples [132-138] et doivent conduire à une vigilance
dépendant. L’INR (TQ patient / TQ témoin, ce rap- accrue sans être considérés comme des contre-
port étant élevé à la puissance ISI : Indice de indications :

Tableau 2 : Zones thérapeutiques de l’INR en fonction de l’indication du traitement AVK

Pathologies indiquant le traitement AVK Zone thérapeutique de l’INR

Prévention des embolies systémiques en cas de :


• Fibrillation auriculaire 2-3
• Prothèses valvulaires tissulaires 2-3
• Prothèses mécaniques aortiques à faible risque embolique * 2-3
• Autres prothèses valvulaires mécaniques 3 - 4,5
• Valvulopathies mitrales sévères avec facteurs favorisants 3 - 4,5
• Infarctus du myocarde avec thrombus mural ou 2-3
dyskinésie emboligène
Traitement de la maladie thromboembolique veineuse 2-3
* Prothèse double ailette, patient en rythme sinusal sans antécédent embolique
Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

• Les pathologies associées : insuffisance rénale De nombreuses études récentes ont mis en évi-
sévère (clairance de la créatinine inférieure à dence la possibilité de prendre en charge les
20 ml/mn), l’insuffisance cardiaque sévère, les patients traités par AVK sans modification de leur
accidents cérébraux ischémiques et l’hyperten- traitement avant une intervention de chirurgie buc-
sion artérielle mal contrôlée. cale, parodontale ou implantaire [26-57]. Les patients
• Toute pathologie intercurrente peut modifier le devant subir ce type d’intervention doivent avoir
métabolisme des AVK et entraîner un risque de une valeur stable de leur INR inférieure à 4
surdosage : atteinte hépatique ou biliaire (cho- [26,56,59,127,131,142].

lestase), destruction de la flore intestinale (anti- La conduite à tenir est la suivante (Annexe 4) :
biotiques, diarrhée). • Une prémédication sédative est recommandée.
• Les médicaments associés : possibilité de • En l’absence de contre-indication, l’anesthé-
potentialisation ou d’inhibition de l’action des AVK. sique local doit contenir un vasoconstricteur [143].
• La durée du traitement anticoagulant : le risque Elle peut se faire en para-apicale, intraseptale ou
est élevé pendant la phase d’équilibre puis dimi- intraligamentaire. Les anesthésies loco-régionales
nue au-delà de la première année d’utilisation. à la lingula (épine de Spix) sont déconseillées afin
• L’association d’AVK à des agents antiplaquet- de prévenir les risques d’hématome pharyngé
taires (AAP) est retrouvée dans certains cas de [144,145].

prothèses valvulaires et chez des patients por- • La phase chirurgicale doit être la plus atrauma-
teurs d’endoprothèses coronaires actives ou à tique possible.
haut risque thromboembolique. Elle impose une • Les septa osseux doivent être régularisés ainsi médecine
prise en charge hospitalière et un contact buccale
que les berges muqueuses.
chirurgie
préalable avec le cardiologue. • Le tissu de granulation ainsi que les granulomes buccale
• L’âge : les accidents hémorragiques sont plus ou kystes doivent être curetés en totalité.
VOL. 12, N° 4
fréquents après 65 ans et plus graves après 75 ans. • Un agent hémostatique local résorbable doit 2006
être mis en place dans chaque alvéole. Cela peut page 197
être du collagène natif (Pangen®, Collagène Z®,
Question 4 : Comment prévenir le Curacoll®, Biocollagène®, Etik collagène®,
risque hémorragique en chirurgie Hémocollagène®, Bleed-X®, Antema®), de la géla-
bucco-dentaire chez un patient sous tine (Gelfoam®, Gelita ®, Curaspon®) ou de l’oxy-
traitement AVK ? cellulose (Surgicel®, Curacel-i®) en dehors de
patients à risque infectieux, tout en sachant que
Il a longtemps été proposé d’interrompre le traite- le contact osseux direct avec l’oxycellulose est
ment anticoagulant des patients avant toute avulsion contre-indiqué [130,146-150,177].
dentaire. Ce type de pratique s’avère dangereux • Les plaies doivent être suturées (soie, poly-
pour le malade avec des risques très importants amide, polypropylène) avec mise en place de
de complication thromboembolique [28, 29]. points de suture unitaires séparés. Les fils résor-
Ce n’est que dans les situations où un haut risque bables présentent l’intérêt de ne pas nécessiter
hémorragique chirurgical est prévisible en fonc- de réintervention pour leur dépose. Les surjets
tion du type d’acte (Tableau 3), qu’il est possible sont à éviter, le risque de saignement étant plus
de relayer le traitement AVK par une HNF ou des important en cas de lâchage des points.
HBPM [139,140] avant, pendant et après la phase • Une compression locale est nécessaire à l’aide
chirurgicale en milieu hospitalier lorsque la valeur d’une compresse pendant au moins 10 minutes
de l’INR est supérieure ou égale à 3. [151,152].

Le geste chirurgical est à retarder dans les cas où • Il est recommandé de réaliser la compression
l’INR est supérieur à 4 et, pour ces patients, on locale post-opératoire à l’aide d’une compresse
peut demander de maintenir l’INR en dessous de imbibée d’acide tranexamique à 5 % [153-155].
4 pour le jour de l’intervention et pendant les Néanmoins, l’utilisation d’un agent antifibrinoly-
3 jours post-opératoires. tique après l’intervention (acide tranexamique) en
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie

Tableau 3 : Evaluation du risque hémorragique et conduite à tenir en fonction du type d’acte à réaliser.

Actes sans risque hémorragique Conduite à tenir


• Soins conservateurs Aucune mesure particulière si ce n’est la prise en
• Soins prothétiques supra-gingivaux compte du risque infectieux éventuel (prévention de
• Anesthésie para-apicale, intraligamentaire l’endocardite*)
ou intraseptale
• Détartrage

Actes à risque hémorragique modéré Conduite à tenir


• Avulsions en secteur localisé • Compression locale intra-alvéolaire avec matériau
• Implant unitaire hémostatique
• Surfaçage • Sutures
• Acide tranexamique (compression ou rinçage passif)
• Colle biologique conseillée si l’INR est supérieur à 3

Actes à haut risque hémorragique Conduite à tenir


• Avulsions de plus de trois dents 1) Si l’INR est inférieur ou égal à 3 :
• Avulsions dans différents quadrants • Compression locale intra-alvéolaire avec matériau
• Chirurgie parodontale, mucogingivale hémostatique
• Désinclusion avec traction chirurgico-orthodontique • Sutures
• Avulsions de dents temporaires • Colle biologique conseillée
• Avulsions de dents au parodonte amoindri • Acide tranexamique (compression ou rinçage passif)
• Avulsions en zone inflammatoire
médecine • Avulsions de dents incluses 2) Si l’INR est supérieur à 3 :
buccale • Implants multiples • Relais des AVK par HNF ou HBPM en milieu hospitalier
chirurgie • Enucléations kystiques et chirurgie apicale • Compression locale intra-alvéolaire avec matériau
buccale • Biopsie hémostatique
• Sutures
VOL. 12, N° 4
• Colle biologique systématique
2006
• Acide tranexamique (compression ou rinçage passif)
page 198
Gestes contre-indiqués
• Greffe gingivale libre
• Gestes contre-indiqués selon la conférence de
consensus de prévention de l’endocardite infectieuse
si ces mesures sont requises
• Tous les gestes présentant un risque hémorragique
dans les cas où le plateau technique à la disposition
du praticien est insuffisant
• Est déconseillée : anesthésie loco-régionale du
nerf alvéolaire inférieur

• Sans allergie à la pénicilline


– 3 g d’amoxicilline per os une heure avant le geste
Rappel des modalités de l’antibioprophylaxie • En cas d’allergie à la pénicilline
pour la prévention de l’endocardite infectieuse – 1 g de pristinamycine per os une heure avant le geste
(sous anesthésie locale) [141] – 600 mg de clindamycine per os une heure avant
le geste

association avec les autres mesures d’hémo- risque hémorragique [54,152,156-163]. Ce produit n’est
stase locale n’a pas permis de mettre en évi- délivré qu’en pharmacie hospitalière et néces-
dence de diminution significative des saignements site donc une prise en charge dans un service
post-opératoires [130]. hospitalier (en externe ou en hospitalisation).
• Une colle biologique doit être utilisée en com- • Les colles non biologiques doivent être évitées [177].
plément de l’agent hémostatique local et des • Les gouttières de compression en silicone ou
sutures dans les rares cas où l’INR est supérieur en résine représentent une technique de com-
à 3 et/ou si le type d’intervention est classé à haut pression complémentaire [36,149,150,164].
Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

Les différents médicaments hémostatiques actifs met à tout praticien de connaître exactement la
par voie locale disponibles en France sont réfé- situation du patient.
rencés dans l’annexe 5. Les prescriptions médicamenteuses post-opé-
Il est préférable de programmer l’intervention le ratoires peuvent induire des interactions avec les
matin, en début de semaine afin de pouvoir plus AVK [165,166]. Pour cette catégorie de patients, le
facilement contrôler les hémorragies post-opéra- contrôle de la douleur se fait par l’utilisation de
toires éventuelles et garder le patient en surveillance paracétamol en première intention. L’acide acé-
jusqu’à l’arrêt complet du saignement. tylsalicylique est contre-indiqué. Les prescriptions
Les conditions de prise en charge extra-hospita- d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont
lière des patients traités par AVK sont les mêmes contre-indiquées. Les dérivés opiacés peuvent
que celles retenues pour la chirurgie ambulatoire : être prescrits dans les cas où la douleur est plus
patient accompagné, habitant à moins d’une importante (antalgiques de niveau 2 ou 3).
heure d’une structure de soins adaptée à l’acte, Si une prescription anti-inflammatoire se révèle
apte à observer les prescriptions médicales et nécessaire, des corticoïdes en cure courte seront
ayant une compréhension suffisante de ce qui lui privilégiés dans les cas où le patient ne présente
est proposé. Dans le cas où ces critères ne sont pas de contre-indication à cette prescription.
pas remplis, le geste se fera au cours d’une hos- En ce qui concerne le contrôle infectieux, des
pitalisation. études ont montré un allongement du TQ et du
Pour la phase post-opératoire, des instructions saignement post-opératoire dans les cas de pres-
claires doivent être données au patient (Annexe 6) : cription d’amoxicilline [167-169]. Néanmoins, il ne médecine
semble pas y avoir d’effet sur le risque hémorra- buccale
• Protéger le caillot pendant les 3 premières heures
chirurgie
en restant au calme. gique post-opératoire avec cette famille d’anti- buccale
• Ne pas se rincer la bouche pendant les 24 pre- biotiques. Le métronidazole, quant à lui, interagit
VOL. 12, N° 4
mières heures. avec les AVK. Il doit être évité autant que possible
2006
• Ne pas désorganiser le caillot par des mouve- chez ce type de patients. L’érythromycine inter-
page 199
ments de succion ou à l’aide d’objets étrangers agit avec les dérivés de la coumarine de façon
(cure dent). irrégulière. Certains patients développent de fortes
• Ne pas fumer ni boire de l’alcool. interactions [170-173]. Dans tous les cas, une anti-
• Ne pas boire ni manger trop chaud les premiers bioprophylaxie ne modifie pas la valeur de l’INR.
jours. Si une infection avérée doit être traitée : les anti-
• Si le saignement reprend, une compression biotiques adéquats sont prescrits avec un
locale à l’aide d’une compresse imbibée d’acide contrôle de l’INR plus rapproché.
tranexamique à 5 % pendant au moins Il peut exister un risque d’augmentation de l’INR
10 minutes doit être mise en place. Si le saigne- par arrêt d’un médicament inhibiteur de l’action
ment persiste malgré cette nouvelle compression, des AVK, c’est le cas des barbituriques, de la
le praticien doit être revu pour évaluer la situation. diphénylhydantoïne ou de la rifampicine [134].
Une reprise chirurgicale peut se révéler néces-
saire.
• La continuité des soins doit être assurée dans Question 5 : Comment traiter une com-
les cas de saignement post-opératoire. Le patient plication hémorragique chez un patient
doit pouvoir contacter son praticien ou une struc- sous traitement AVK en chirurgie
ture d’astreinte. bucco-dentaire ?
• Un contrôle est réalisé au 3e jour.
Une feuille de compte rendu opératoire est Les accidents hémorragiques compliquent envi-
remise au patient (Annexe 7). Celle-ci comprend ron 1,5 % des cas où les AVK ne sont pas arrê-
la dernière valeur connue de l’INR du patient avant tées ou poursuivies sans modification de la
l’intervention, le type d’intervention réalisée ainsi posologie [26,36]. La prise en charge d’une hémor-
que le protocole d’hémostase utilisé. Cela per- ragie post-opératoire chez un patient traité par
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie

AVK repose toujours en premier lieu sur une action rapide mais n’est pas plus efficace que la voie
locale pour contrôler le saignement. La règle est orale [183]. Dans les cas d’hémorragies graves dif-
la reprise chirurgicale. La zone opératoire est réou- ficilement contrôlables ou mettant en jeu le pro-
verte après anesthésie, le matériau de compres- nostic vital, l’administration de complexes
sion intra-alvéolaire est retiré. Ce geste permet prothrombiniques (concentrés de facteurs II, VII,
de visualiser le saignement pour agir directement IX et X : PPSB ou Kaskadil ® ou Octaplex ® qui
à sa source. La suite est identique à la prise en est une association PPSB et protéines C-S) peut
charge initiale. Un matériau hémostatique intra- être recommandée en plus de la vitamine K1.
alvéolaire est remis en place, des sutures sont • L’administration d’HNF ou d’HBPM est instituée
réalisées, une compression locale est instaurée dès que possible après l’arrêt du saignement. Le
et un agent antifibrinolytique par voie locale peut traitement AVK sera repris par la suite.
être associé au cours de la période de cicatrisa-
tion [154,174-181]. Une colle biologique peut être uti-
Propositions du groupe de travail
lisée si nécessaire. Une exploration biologique de
l’hémostase est demandée afin de connaître pré-
A l’issue de ces travaux, les membres du groupe
cisément la valeur de l’INR du patient.
de travail proposent :
Si un saignement non contrôlé persiste après la
1- De mener des études d’évaluation des pra-
reprise chirurgicale :
tiques de prise en charge en chirurgie bucco-den-
• Le patient doit être hospitalisé dans un service taire des patients sous traitement AVK.
médecine adapté afin de pouvoir le surveiller et instaurer
buccale 2- D’accompagner la diffusion de ces recom-
chirurgie dans de bonnes conditions le traitement médical. mandations par des actions de formation médi-
buccale • Les AVK sont arrêtées jusqu’au moment où cale continue.
l’hémorragie est contrôlée. Ceci peut être asso- 3- D’inclure une page spécifique à ces recom-
VOL. 12, N° 4
2006 cié à l’administration de vitamine K1 per os qui mandations dans les livrets et carnets d’informa-
page 200 entraîne une correction lente (en 6 à 8 heures) de tion et de surveillance remis aux patients sous
l’INR dépendant notamment de la demi-vie de traitement AVK.
l’AVK que prend le patient [182]. La vitamine K1 ne 4- D’établir une liste des services hospitaliers pou-
doit jamais être utilisée chez les patients porteurs vant prendre en charge une urgence bucco-den-
de prothèses valvulaires sauf dans le cas d’ur- taire chez les patients traités par AVK ainsi qu’une
gences majeures, le risque de thrombose étant liste des cliniques d’anti-coagulation.
très important. L’administration de vitamine K1 5- D’évaluer les économies de santé pouvant être
par voie intraveineuse n’est pas recommandée induites par ces recommandations et ainsi de
car elle peut être responsable d’une réaction ana- pouvoir promouvoir la reconnaissance d’une cota-
phylactique sévère ou d’une résistance aux AVK. tion spécifique de l’acte pour l’utilisation justifiée
De plus, la voie intraveineuse est un peu plus de moyens d’hémostase locale particuliers.

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Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

Annexe 1 : Liste des AVK prescrites par voie orale


actuellement commercialisées en France

Dénomination Commune Internationale Nom de Spécialité Indications

Dérivés de l’indanedione
• Cardiopathies emboligènes
Fluindione PREVISCAN® 20 mg • Infarctus du myocarde
• Traitement des thromboses veineuses
Dérivés de la coumarine
profondes et de l’embolie pulmonaire
Acénocoumarol SINTROM® 4 mg • Prévention des thromboses veineuses
et de l’embolie pulmonaire lors de la
MINISINTROM® 1 mg chirurgie de la hanche
• Prévention des thromboses sur
Warfarine COUMADINE® 2 mg, 5 mg cathéter

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Annexe 2 : Lieu de prise en charge des patients traités par AVK buccale

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Actes sans risque hémorragique Actes à haut risque hémorragique 2006


ou à risque hémorragique modéré page 207

INR inférieur ou égal à 3


Prise en charge en pratique de ville Prise en charge hospitalière

INR compris entre 3 et 4 Prise en charge hospitalière Prise en charge hospitalière

Ces recommandations se limitent aux AVK prescrites au long cours, les patients ayant une pathologie
cardiovasculaire non stabilisée et/ou possédant d’autres anomalies constitutionnelles ou induites de
l’hémostase ainsi que les patients traités par l’association AVK/agents antiplaquettaires et ceux pris en
charge en urgence ne sont pas concernés par ces recommandations. Ces cas particuliers imposent une
hospitalisation, une concertation pluridisciplinaire et une hémostase spécifique à chaque cas.

En ce qui concerne la prise en charge en pratique de ville, il faut dans la mesure du possible essayer de
limiter les soins lors de chaque rendez vous afin de se placer dans le cas d’actes sans risque hémorra-
gique ou à risque hémorragique modéré.
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Annexe 3 : Arbre décisionnel

Ces recommandations se limitent aux AVK prescrites au long cours, les patients ayant une pathologie cardiovasculaire non stabilisée et/ou possédant
d’autres anomalies constitutionnelles ou induites de l’hémostase ainsi que les patients traités par l’association AVK/agents antiplaquettaires et ceux pris
en charge en urgence ne sont pas concernés par ces recommandations. Ces cas particuliers imposent une hospitalisation, une concertation pluridiscipli-
naire et une hémostase spécifique à chaque cas.

Valeur de l’INR

0 2 3 4

Rééquilibrer les AVK, pas de geste Le geste opératoire est faisable quel que Si l’acte à réaliser est à risque Pas de geste immédiat et rééquilibrer
immédiat soit l’acte sans modification des AVK. hémorragique modéré : à un INR < 4 pour le jour de l’interven-
• Hémostase locale tion jusqu’au 3ème jour post-opératoire
Adresser au médecin prenant en Si l’acte à réaliser est à risque • Sutures
charge le traitement par AVK. hémorragique modéré : • Colle biologique conseillée
• Hémostase locale • Acide tranexamique (compression
• Sutures et/ou rinçage passif)
• Acide tranexamique (compression Prise en charge hospitalière
et/ou rinçage passif)
Pratique de ville
Si l’acte à réaliser est classé à haut
risque hémorragique et/ou si le
Si l’acte à réaliser est classé à haut patient n’est pas coopérant :
risque hémorragique : • Hospitalisation
• Hémostase locale • Relais des AVK par HNF ou HBPM
• Sutures • Hémostase locale
• Colle biologique conseillée • Sutures
• Acide tranexamique (compression • Colle biologique systématique
et/ou rinçage passif) • Acide tranexamique (compression
Prise en charge hospitalière et/ou rinçage passif)
Prise en charge hospitalière
Société Francophone de Médecine Buccale et Chirurgie Buccale et Société Française de Cardiologie
Annexe 4 : Protocoles d’hémostase locale

Actes sans risque hémorragique Actes à haut risque hémorragique


ou à risque hémorragique modéré ou INR compris entre 3 et 4
et INR inférieur ou égal à 3 Pratique hospitalière
Pratique de ville

1) Plaie ouverte suite 1) Plaie ouverte suite


5) Sutures muqueuses
à l’intervention à l’intervention

2) Mise en place 6) Mise en place de


2) Mise en place de colle
d’un agent hémostatique colle biologique en
biologique au contact
local résorbable dans surface en noyant
osseux
chaque alvéole les fils de suture

3) Mise en place d’un 7) Compression et


agent hémostatique acide tranexamique
3) Sutures muqueuses
local résorbable dans en compression et/ou
chaque alvéole en rinçage passif

4) Compression et
4) Mise en place de
acide tranexamique
colle biologique
en compression et/ou
en surface
en rinçage passif

Schémas : Frachon et al. (177)


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Annexe 5 : Liste des médicaments hémostatiques actifs par voie locale disponibles en France

Désignation Composition Formes et présentations Mécanisme d’action Utilisation


Hémostatiques locaux résorbables
Ces molécules stimulent
GELFOAM®, GELITA®, Gélatine d’origine porcine Eponge l’adhésion plaquettaire et le
CURASPON® système de coagulation
(activation du facteur XII,
kininogène de bas poids
moléculaire) Placer en compression dans
l’alvéole et maintenir en place
PANGEN®, COLLAGENE Z®, Collagène d’origine bovine • Compresse par des sutures
CURACOLL®, • Eponge
BIOCOLLAGENE®, • Poudre
ETIK COLLAGENE®, • Réservé à l’usage hospitalier
HEMOCOLLAGENE®, (PANGEN®)
BLEED-X®, ANTEMA®

SURGICEL®, CURACEL-i® Cellulose oxydée régénérée Gaze Compression locale

Antifibrinolytiques

EXACYL® solution buvable Acide tranexamique Ampoule de 10 ml L’acide tranexamique inhibe la Imbiber une compresse
fibrinolyse (inactivation de la puis comprimer ou
SPOTOF® Gé solution plasmine après fixation utiliser en rinçage
buvable irréversible au plasminogène) buccal passif

Colles biologiques (colles de fibrine)

BERIPLAST® • Solution A • Kit de 1 ml, 2 ml, 5ml Les colles de fibrine Placer dans l’alvéole et
o Fibrinogène • A partir du mélange des reproduisent la phase finale de maintenir par des sutures
BIOCOLL® o Fibronectine 2 solutions, il se forme une la coagulation (transformation
o Aprotinine d’origine bovine solution visqueuse qui se du fibrinogène en fibrine par
o Facteur XIII transforme rapidement en un l’action de la thrombine,
TISSUCOL®
o Plasminogène humain gel élastique, de couleur stabilisation du caillot par le
• Solution B blanche, adhérant fortement facteur XIII) et inhibent la
o Thrombine humaine aux tissus fibrinolyse (aprotinine)
• Réservé à l’usage hospitalier
(traçabilité)
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Recommandations pour la prise en charge des patients sous AVK en chirurgie bucco-dentaire

Annexe 6 : Exemple d’information et de conseils post-opératoires


pouvant être remis au patient

Ce document est destiné à vous informer sur le maintien de votre traitement anticoagulant, ses avan-
tages et ses risques. Nous vous recommandons de le lire attentivement.

Quels sont les avantages du maintien de votre traitement anticoagulant ?


La prise quotidienne de votre traitement anticoagulant limite le risque de récidive d’un accident
thromboembolique. Son arrêt, même pour quelques jours, en vue d’une extraction dentaire, ne peut
donc se concevoir sans risque. Aussi, son maintien est justifié et préférable.

Quels sont les inconvénients et les risques associés à son maintien ?


Le maintien de votre traitement anticoagulant augmente le risque de saignement post-opératoire.
Celui-ci est facilement limité lors d’une extraction dentaire par l’utilisation de moyens locaux pour
contrôler le saignement. En revanche, la pérennité du caillot dans le temps nécessite de votre part
le respect de certaines précautions.

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buccale
Quelles sont les mesures post-opératoires à respecter ? chirurgie
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IL FAUT :
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– Appliquer une poche de glace contre la région opérée, le plus tôt possible après l’opération le
2006
jour de l’intervention.
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– Privilégier une alimentation molle et froide ou tiède durant la première semaine post-opéra-
toire.
– Se brosser les dents normalement en évitant de toucher le site opératoire.

IL NE FAUT PAS :
– Fumer ou boire de l’alcool car cela retarde la cicatrisation.
– Boire ou manger chaud les premiers jours.
– Faire des bains de bouche antiseptiques le jour de l’intervention.
– Faire des bains de bouche antiseptiques pour arrêter un saignement.
– Passer la langue sur la plaie, aspirer ou cracher.

NE VOUS INQUIETEZ PAS SI :


– Vous observez les premiers jours des tâches de sang sur votre oreiller.
– Vous crachez les premiers jours de petites quantités de sang.
– Vous avez un « bleu », une ecchymose.
– Vous saignez : mordez sur une compresse stérile pendant 20 minutes. A renouveler si néces-
saire.

EN CAS DE SAIGNEMENT NON CONTROLABLE :


– Vous devez nous contacter au numéro de téléphone suivant :
…………………………………..……………………………………
– En cas d’absence, n’hésitez pas à vous rendre au service des urgences de l’hôpital ou à consul-
ter votre médecin traitant.
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Annexe 7 : Exemple de compte rendu opératoire pouvant être remis au patient

Ce document est destiné à informer tout praticien sur l’intervention que vous venez de subir. Nous
vous recommandons de le conserver précieusement et de le présenter si nécessaire.

Date de l’intervention :

Lieu et praticien ayant réalisé l’intervention (nom, adresse, téléphone) :

Type et posologie du traitement anticoagulant suivi :

Autres traitements suivis par le patient :


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Allergies connues présentées par le patient :
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Pathologies connues du patient :

Date et valeur du dernier INR connu :

Type d’intervention :

Classification du risque hémorragique :

Protocole d’hémostase locale utilisé :

Prescriptions post-opératoires :