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Analyse du cycle de vie

Application aux systèmes de dépollution


par Dr André WEIDENHAUPT
Responsable du Centre de ressources des technologies pour l’environnement (CRTE)
Centre de recherche public Henri-Tudor (Luxembourg)
et Dr Markus A. MEIER
Ciba Specialty Chemicals Inc, Colours department (Suisse)

1. Les ACV dans l’industrie chimique..................................................... G 5 810 – 2


2. Étude de cas : ACV des systèmes de dépollution
des rejets gazeux ..................................................................................... — 2
2.1 Critères de choix .......................................................................................... — 2
2.2 Caractérisation des effluents gazeux ......................................................... — 3
2.3 Aspects technologiques .............................................................................. — 3
3. Définitions des indicateurs d’éco-efficience.................................... — 4
3.1 Bénéfice écologique net (Net Ecological Benefit) NEBN .......................... — 7
3.2 Efficience écologique (Ecological Yield Efficiency) lgEYE........................ — 7
3.3 Calcul des indicateurs ................................................................................. — 7
3.3.1 Évaluation de l’impact environnemental
par la méthode Eco-Indicator 95 ....................................................... — 7
3.3.2 Classification des composés organiques volatils ............................ — 8
4. Analyse de l’incertitude ......................................................................... — 9
4.1 Incertitude et ACV........................................................................................ — 9
4.2 Identification des différents types d’incertitude........................................ — 9
4.3 Fonctions de distribution de probabilité ou scénarios utilisés
pour calculer les incertitudes...................................................................... — 10
4.4 Calcul des incertitudes par simulation
selon la technique de Monte-Carlo ............................................................ — 11
5. Résultats de l’ACV des systèmes de traitement
de rejets gazeux ...................................................................................... — 11
5.1 Comparaison basée sur la consommation en énergie............................. — 11
5.2 Comparaison basée sur les catégories d’impacts environnementaux ... — 11
5.3 Identification des principales contributions .............................................. — 12
5.4 Comparaison entre les différents indicateurs d’éco-efficience................ — 12
6. Choix du système de traitement de rejets gazeux
le plus adéquat ......................................................................................... — 13
6.1 Classement préférentiel des différentes options ...................................... — 13
6.2 Importance des différentes incertitudes .................................................... — 13
6.3 Possibilités d’optimisation.......................................................................... — 13
Références bibliographiques ......................................................................... — 14

et article est destiné à faciliter le choix d’une technologie de dépollution des


C rejets gazeux émis par une station d’épuration d’eaux usées provenant de
grands sites de production d’usines chimiques. Il prend en compte tous les effets
environnementaux liés aux différentes techniques à l’aide des analyses du cycle
de vie (ACV) et montre l’intérêt d’une telle démarche même au niveau des tech-
nologies de dépollution choisies.
Après une présentation sommaire des ACV dans le contexte de l’industrie chi-
mique, on exposera :

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— les technologies faisant l’objet de cette étude (biofiltration, adsorption sur


charbon actif, oxydation catalytique, incinération thermique régénérative) ;
— les indicateurs d’éco-efficience introduits dans cette approche (méthode
Eco-Indicator 95) ;
— les différents indicateurs d’impacts environnementaux (toxicité, effet de
serre, destruction de la couche d’ozone, formation de smog).
Comme les ACV se basent sur de nombreuses hypothèses, il a été nécessaire de
procéder à un calcul d’incertitude fondé sur la méthode de Monte-Carlo. Les résul-
tats obtenus ont été discutés et ont permis de déterminer la meilleure réflexion
possible pour une prise de décision quant au choix de la technologie de dépollu-
tion la mieux adapté et présentant les possibilités d’optimisation les meilleures.

1. Les ACV dans l’industrie à des technologies du type « end of pipe » ou technologies de dépol-
lution en bout de chaîne. L’ACV peut également être utilisée, dans ce
chimique contexte, comme outil d’aide à la décision évaluant les performances
environnementales des différentes technologies de dépollution.
■ L’analyse du cycle de vie (ACV) est une méthode d’évalua- Des études ACV ont d’ailleurs été appliquées aux stations d’épura-
tion des impacts des systèmes (produits, activités, servi- tion d’eaux communales et aux installations de traitement de
ces) du « berceau à la tombe », et cet article est centré sur déchets [16].
son application dans l’industrie chimique. Exemple : Pistor [17] a évalué, grâce aux ACV, l’éco-efficience et
Les ACV sont constituées de quatre phases définies par la SETAC l’éco-efficacité (cf. § 3.1 et 3.2) des différents procédés d’élimination
(Society of Environmental Toxicology and Chemistry) [8] et les nor- de l’azote des eaux usées (nitrification et dénitrification).
mes ISO 14 040 et suivantes [9] :
— définition des objectifs et leur domaine d’application [1][2] ;
— méthodologie de l’inventaire [1][7] ;
— évaluation de l’impact environnemental [3][4] qui se décom-
2. Étude de cas : ACV des
pose en 3 phases : systèmes de dépollution
• la classification,
• la caractérisation, des rejets gazeux
• la comparaison des données ;
— interprétation des résultats, phase importante qui engage Cette étude de cas a été réalisée dans le cadre d’une thèse de doc-
l’auteur de l’étude à tirer des conclusions et à proposer des actions, torat de Sciences techniques au laboratoire de chimie technique de
et ce, à chacune des étapes mentionnées ci-dessus. l’École polytechnique fédérale de Zurich [18].
■ L’industrie chimique a, depuis quelques années, cherché à
construire sa stratégie autour du concept de « développement
durable » [5] et elle l’a appliqué, plus particulièrement, à ses 2.1 Critères de choix
procédés [10] et à ses produits [11].
Le choix de la technologie la plus adéquate pour le traitement
Par ailleurs, des pressions sociales visant à réduire les nuisances
d’un rejet gazeux spécifique est le résultat d’un processus de déci-
écologiques liées aux emballages l’a poussé à la réalisation d’ACV
sion multicritère suivant :
de différents matériaux plastiques comme les polyoléfines ou le
polychlorure de vinyle (PVC) [12]. — une dimension socio-politique qui permet d’évaluer le niveau
d’acceptation de la technologie. On peut se limiter au respect de la
L’industrie des tensioactifs a également réalisé un effort similaire
réglementation en vigueur ;
lors d’études ACV des composés de poudres à laver [13].
— une dimension technique qui a pour objectif principal d’évaluer
La plupart de ces études ont été menées à l’échelle européenne et, la faisabilité technique du système de traitement de gaz. Générale-
de ce fait, elles ont utilisé des données moyennes pour chaque pro- ment, les paramètres considérés dans cette évaluation sont le volume
duit analysé. Cependant, par ailleurs, l’industrie chimique a aussi de gaz à traiter, la charge polluante du rejet, la nature des polluants,
procédé, en interne, à des études d’ACV dans le but d’opérer des les odeurs, la disponibilité de la technologie, l’espace nécessaire (et
choix entre différentes options de procédés ou d’évaluer les impacts disponible) pour l’installation, l’intégration dans les infrastructures
environnementaux spécifiques à leurs produits. existantes, le recyclage des polluants, la maintenance, etc. ;
Exemples : — une dimension environnementale dont l’objectif est d’évaluer
— étude d’un procédé moins polluant d’obtention d’un stilbène par le bénéfice écologique ou l’efficience écologique de la technologie,
oxydation d’un toluène substitué soit par l’eau de Javel, soit par l’air [14] ; dont le niveau de performance environnementale ;
— évaluation environnementale de la méthode biocatalytique et de — une dimension économique afin de connaître les coûts directs
la méthode catalytique par des complexes métalliques pour la réduc- et indirects associés à la technologie et d’évaluer ainsi le niveau de
tion énantiosélective de cétones. L’ACV a démontré que le choix du performance économique.
catalyseur est moins important que le choix des conditions de réaction Ces quatre dimensions sont mises en œuvre à deux niveaux de
et que les étapes ultérieures, comme l’extraction du produit par des décision indépendants :
solvants [15]. — le premier niveau regroupe la faisabilité technique et la législa-
Même si les efforts mentionnés ci-dessus ont abouti à une réduc- tion environnementale (évaluation socio-politique) ;
tion des impacts environnementaux au sein de l’industrie chimique, — une fois les technologies identifiées et considérées conformes
il existe toujours une pollution résiduelle au niveau des activités de aux exigences du premier niveau, le second niveau décisionnel évalue
production. Pour minimiser cette pollution résiduelle, on doit recourir leurs performances économiques et environnementales.

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2.2 Caractérisation des effluents gazeux 2.3 Aspects technologiques


Dans le domaine de la dépollution de rejets gazeux, un large spec-
L’étude de cas a porté sur des systèmes de traitement de rejets tre de technologies est disponible regroupant, entre autres, la con-
gazeux provenant de la station d’épuration RHIN à Pratteln (près de densation, l’adsorption physique ou chimique, l’incinération
thermique ou catalytique, la perméation sur membranes et les pro-
Bâle, en Suisse) qui traite les eaux usées communales et industriel-
cédés biotechnologiques. En ce qui concerne la faisabilité techni-
les de grands sites de production chimique (par exemple Clariant,
que, les charges volumiques et la teneur en polluants sont les
Ciba Specialty Chemicals, Novartis, Rohner). Les eaux industrielles éléments clefs qui limitent le choix entre les différentes techniques
subissent un prétraitement par neutralisation, sédimentation et trai- mentionnées ci-dessus. Comme l’indique la figure 1 a et b, seules
tement biologique aérobie avant d’être mélangées aux eaux com- quatre technologies sont applicables pour traiter les rejets gazeux
munales. Comme la teneur en solvants dans les eaux industrielles issus de l’installation de traitement biologique de la station d’épura-
est élevée, l’air issu de la phase de traitement biologique aérobie tion de Pratteln :
s’enrichit en composés organiques volatils (COV) (tableau 1) qui — la biofiltration ;
doivent être éliminés par un procédé de traitement de gaz. Le choix — l’adsorption sur charbon actif (CA) ;
de la technologie exige d’abord une connaissance des charges volu- — l’oxydation catalytique (OxCat) ;
miques dont les moyennes sont regroupées dans le tableau 2. — l’incinération thermique régénératrice (Thermo).

Quel est le volume


des rejets gazeux ?

Volume des
3
rejets gazeux (m /h)
10 100 1 000 10 000 100 000

Biofiltration
Membrane
Incin Incin-Ex
Condensation
Oxydation catalytique (OxCat)
Charbon actif (CA)
Incinération thermique régénérative (Thermo)

Quels traitements
peut-on effectuer ?

a choix par la charge volumique

Quelle est la charge


en polluants ?

Charge en
3
polluants (mg/m )
1 10 100 1 000 10 000 100 000

Biofiltration
Membrane
Incinération Incin-Ex
OxCat Condensation
Charbon actif
Thermo

Quels traitements
peut-on effectuer ?

b choix par la charge en polluants

Incin : incinération en incinérateur classique


Incin-Ex : incinération en incinérateur prévu pour recevoir des gaz explosibles
Dans l'incinération thermique régénérative, l'incinérateur utilisé est un incinérateur classique.
Figure 1 – Éléments du choix d’une technique
de dépollution de rejets gazeux

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tés d’adsorption (17,5 m3 et 7 t de charbon actif par unité). Le char-


Tableau 1 – Composition et concentrations des rejets bon doit être remplacé tous les cinq ans. A la sortie des lits de
charbon actif, les solvants et la vapeur sont condensés et refroidis
gazeux pour le scénario de référence (1990) (1) dans un condenseur (consommation en eau de 80 m3/h) et séparés
Rejets gazeux Concentration Contribution relative par gravimétrie.
(mg/m3) (%) ● Oxydation catalytique (OxCat)

Alcools. Éthers A l’aide d’un ventilateur d’une puissance de 250 kW provoquant


une dépression de 8 MPa, les gaz sont envoyés dans un échangeur
Isopropanol 0,21 0,1 de chaleur afin de les préchauffer. Ils sont ensuite introduits dans
Propanol 2,72 1,4 une chambre de combustion (consommation en gaz naturel : 67 m3/
Diéthyléther 0,40 0,2 h, volume de 15,75 m3) qui contient un catalyseur à l’oxyde de
chrome CrO3 sur un support inerte en alumine (Al2O3) qui doit être
Diméthyléther 3,85 2,0
remplacé tous les quatre ans. Après la combustion, les vapeurs sont
Hydrocarbures aromatiques condensées et refroidies par trempe (quench) afin de neutraliser les
Toluène 124,05 65,5 produits d’oxydation (consommation en eau de 2,6 m3/h).
● Incinération thermique régénérative (Thermo)
m-/p-Xylène 27,23 14,4
o-Xylène 6,17 3,3 Une dépression de 13 MPa est réalisée par un ventilateur de
410 kW. Comme pour l’oxydation catalytique, les rejets pollués sont
Éthylbenzène 10,72 5,7
préchauffés avant de passer dans la chambre de combustion
Cumène 1,08 0,6 (consommation de gaz naturel de 191 m3/h) composée de 6 cellules
Hydrocarbures (HC) de récupération de chaleur de 12 m3 chacune (15 t de céramique par
unité). Après cette incinération thermique, le même quench que
Nonane 2,97 1,6 pour l’oxydation catalytique peut être utilisé.
Décane 2,97 1,6
■ Consommation d’énergie et de matière des quatre systèmes
Cyclohexane 2,57 1,4 considérés
Composés chlorés Les demandes en matière et les consommations en énergie sont
Dichlorure de méthane 1,74 0,9 indiquées dans le tableau 3 pour la biofiltration, d’adsorption sur
charbon actif (CA), l’oxydation catalytique (OxCat) et l’incinération
Chlorure de benzène 2,78 1,5
thermique régénérative (Thermo).
Somme 189,46 100 %
(1) Le scénario de référence considère la concentration moyenne en polluant
dans les rejets gazeux en 1990. Cette composition a été prise comme réfé-
rence dans les calculs. Tous les calculs et les sensibilités des méthodes
d’analyses ont été évaluées par rapport à ce scénario de référence.
3. Définitions des indicateurs
d’éco-efficience
Tableau 2 – Charges volumiques des composés Le concept d’éco-efficience a été introduit dans le contexte du
des rejets gazeux « développement durable » par différents auteurs [19] [20] comme
étant la relation entre le bénéfice économique (en unités monétai-
Rejets gazeux Concentration
res) et l’impact environnemental causé. Cependant, le cas des traite-
(mg/m3) ments de gaz étant plus technique, il faut préciser cette définition
Alcools. Éthers 18 afin de pouvoir l’employer pour les besoins de l’aide à la décision.
La figure 2 représente, de façon sommaire, les bénéfices (EBene) et
Hydrocarbures aromatiques 288
les impacts environnementaux (EBurd) des systèmes de traitement
Hydrocarbures aliphatiques 28 de rejets gazeux.
Composés chlorés 16
Somme totale des COV 350
Impacts Bénéfices
Débit volumique des rejets gazeux 63 000 Nm3/h
« entrées » « sorties »

Rejets gazeux Rejets gazeux


■ Description technique des quatre systèmes de traitement
de rejets gazeux sélectionnés non traités V (m3) traités V' (m3)
● Biofiltration Système de
EBurd EBene
traitement
Le biofiltre comprend une unité de ventilation de 132 kW (dépres- (points/m3) (points/m3)
de gaz
sion de 5 MPa), un préhumidificateur (consommation en eau de
50 L/h) et trois unités de biofiltration de 700 m3 chacune. Chaque Coûts économiques
unité comporte du compost (50 % en volume), des billes de poly-sty-
(CHF/m3)
rène (45 % en volume) et du carbonate de calcium (5 % en volume).
La couche de CaCO3 garantit la minéralisation des polluants et doit
être remplacée tous les quatre ans. EBurd représente l'impact environnemental et EBene les bénéfices.
● Adsorption sur charbon actif (CA) Ces deux valeurs sont exprimées classiquement en « points », unité
L’unité de ventilation des lits d’adsorption sur charbon actif est de mesure de la pollution ou de l'impact environnemental
plus puissante que celle du biofiltre (160 kW), afin de vaincre une CHF francs suisses
perte de charge plus élevée (6,3 MPa). L’unité est composée de cinq
condenseurs (consommation en eau de 80 m3/h), de cinq unités de Figure 2 – Bilan des bénéfices et des impacts environnementaux
préchauffage (consommation en vapeur de 200 kg/h) et de cinq uni- des systèmes de traitement des rejets gazeux

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Tableau 3 – Énergie et matériaux utilisés par les quatre systèmes de traitement de rejets gazeux analysés (1)
Énergie et matériaux utilisés Biofiltration CA OxCat Thermo

Information générale
Durée de vie ................................................................................... (an) 20 (B) 20 (B) 20 (B) 20 (B)
Période de remplacement du filtre .............................................. (an) 4 (B) 5 (B) 4 (B)
Espace occupé sur place.............................................................. (m2) 1166 (A) 345 (E) 128 (E) 240 (E)
Construction
Excavage (bulldozer) .................................................................... (m3) 1500 (D) 600 (G) 120 (G) 312 (G)
Béton pc150 (sans acier) .................................................................. (t) 812 (D) 266 (G) 51,4 (G) 86 (G)
Acier de renforcement .................................................................. (kg) 30000 (D) 9520 (G) 1850 (G) 3100 (G)
Chambre à briques ........................................................................ (kg) 3500 (G) 3500 (G)
Laine de roches ............................................................................. (kg) 1980 (D) 1350 (G) 420 (G) 1700 (G)
Verre (non traité) ........................................................................... (kg) 427 (D) 27100 (G)
Polyéthylène (PEHD) ..................................................................... (kg) 5982 (D) 11200 (G) 1400 (G) 1400 (G)
Polypropylène................................................................................ (kg) 2025 (G) 2025 (G)
Polystyrène (mou) ......................................................................... (kg) 78 (D)
Polyester ........................................................................................ (kg) 716 (D)
Poly(fluorure de vinylidène) ......................................................... (kg) 300 (G)
Mousse PUR (dure) ....................................................................... (kg) 123 (D)
PVC (dur) ........................................................................................ (kg) 245 (D) 10 (G) 53 (G) 60 (G)
Aluminium (avec 0 % d’aluminium recyclé) .............................. (kg) 5 (D) 5 (F) 5 (F) 5 (F)
Cuivre ............................................................................................. (kg) 52 (D)
Acier (alliage basse teneur) .......................................................... (kg) 97500 (D) 51800 (G) 52700 (G) 40000 (G)
Acier (non allié) ............................................................................. (kg) 21200 (D) 1800 (G) 1800 (G) 1800 (G)
Feuilles d’acier (surface de zinc) .................................................. (kg) 200 (D) 200 (G) 200 (G) 200 (G)
Zinc (pour galvaniser) ................................................................... (kg) 28 (D)
Peinture alkyle ............................................................................... (kg) 100 (I) 30 (I)
Électricité (moyenne tension)....................................................(kWh) 3000 (I) 3000 (I) 3000 (I) 3000 (I)
Eau industrielle ............................................................................. (m3) 1000 (I) 1000 (I) 1000 (I) 1000 (I)
Voiture (Europe) ........................................................................... (km) 6880 (I) 1500 (I) 6000 (I) 6000 (I)
Camion 28 t ................................................................................. (t.km) 215430 (D) 20400 (G) 33230 (G) 20487 (G)
Premier remplissage des filtres
Polystyrène (mou) ......................................................................... (kg) 18900 (B)
Compost ......................................................................................... (kg) 945000 (B)
CaCO3 ............................................................................................. (kg) 283500 (B)
Charbon actif (neuf) ......................................................................... (t) 35 (E)
Catalyseur CrO3 ............................................................................. (kg) 450 (E)
(1) Indices de Collecte des données
priorité
A mesures basées sur données actuelles et vérifiées des procédés analysés
B données basées sur spécifications techniques des constructeurs
C mesures basées sur données actuelles mais non vérifiées des procédés analysés
D estimation basée sur données vérifiées
E données de dimensionnement vérifiées par jugement d’experts
F calcul basé sur comparaison avec procédés similaires (par exemple : même technologie de purification de gaz)
G estimation ou calcul basé sur données de dimensionnement
H estimation d’experts de compagnies vendant les procédés analysés
I estimation brute basée sur des hypothèses

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Tableau 3 – Énergie et matériaux utilisés par les quatre systèmes de traitement de rejets gazeux analysés (suite) (1)
Énergie et matériaux utilisés Biofiltration CA OxCat Thermo
Alumine (Al2O3)............................................................................. (kg) 15300 (E)
Céramique...................................................................................... (kg) 90000 (E)
Eau de transport ......................................................................... (t.km) 1073000 (D)
Camion 28 t................................................................................. (t.km) 24500 (G) 9450 (G) 54000 (G)
Opération
Gaz de combustion ................................................................ (Nm3/h) 67 (E) 191 (E)
Électricité moyenne tension ....................................................... (kW) 133 (A) 162 (E) 310 (E) 470 (E)
Hydroxyde de sodium................................................................ (kg/h) 0.94 (E) 0.94 (F)
Hydrogène .................................................................................... (L/h) 1,8 (C) 1,8 (F) 1,8 (F) 1,8 (F)
Eau industrielle........................................................................... (kg/h) 360 (C) 92150 (E) 2600 (E) 2600 (F)
Vapeur ......................................................................................... (kg/h) 580 (E)
Incinération de solvant ..................................................... (kg solv./h) 9 (G)
STEP RHIN .......................................................................... (kg TOC/h) 0.005 (A) 1,37 (G)
STEP RHIN ......................................................................... (kg NaCl/h) 1,33 (E) 1,33 (F)
Matériel des filtres pour remplacement
Polystyrène (mou) ......................................................................... (kg) 18900 (B)
Compost......................................................................................... (kg) 945000 (B)
CaCO3 ............................................................................................. (kg) 283500 (B)
Charbon actif (neuf) ......................................................................... (t) 3,5 (E)
Charbon actif (réactivé).................................................................... (t) 31,5 (E)
Catalyseur CrO3 ............................................................................. (kg) 450 (E)
Alumine (Al2O3)............................................................................. (kg) 15300 (E)
Eau de transport ......................................................................... (t.km) 1073000 (D)
Polystyrène sur décharge réactive............................................... (kg) 18900 (H)
Décharge réactive.......................................................................... (kg) 15750 (H)
Camion 28 t................................................................................. (t.km) 37420 (D) 36750 (G) 11750 (G)
Décharges
Voiture (Europe) ........................................................................... (km) 500 (I) 500 (I) 600 (I) 600 (I)
Camion 28 t (construction) ........................................................ (t.km) 48570 (D) 18050 (G) 6120 (G) 8270 (G)
Truck 28 t (filtres)........................................................................ (t.km) 37420 (D) 472 (G) 4500 (G)
Incinération de déchets toxiques .................................................... (t) 35 (E)
Décharge inerte ................................................................................ (t) 192 (H) 65,8 (H) 21,5 (H) 130 (H)
Décharge réactive.......................................................................... (kg) 412 (H) 270 (H) 15834 (H) 340 (H)
Incinération de plastiques ............................................................ (kg) 1430 (H) 2300 (H) 696 (H) 697 (H)
Polystyrène sur décharge réactive............................................... (kg) 18900 (H)
(1) Indices de Collecte des données
priorité
A mesures basées sur données actuelles et vérifiées des procédés analysés
B données basées sur spécifications techniques des constructeurs
C mesures basées sur données actuelles mais non vérifiées des procédés analysés
D estimation basée sur données vérifiées
E données de dimensionnement vérifiées par jugement d’experts
F calcul basé sur comparaison avec procédés similaires (par exemple : même technologie de purification de gaz)
G estimation ou calcul basé sur données de dimensionnement
H estimation d’experts de compagnies vendant les procédés analysés
I estimation brute basée sur des hypothèses

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3.1 Bénéfice écologique net pour le NEBN si le bénéfice et les impacts sont égaux et une plus
grande symétrie autour de ce point d’égalité.
(Net Ecological Benefit) NEBN
Exemple : si le rapport entre EBene et EBurd est égal à 10, lgEYE
est égal à 1 ; inversement, si ce rapport est égal à 0,1, lg EYE est
Le bénéfice écologique net normalisé (NEBN) représente la diffé- égal à –1,0.
rence entre les bénéfices et les impacts environnementaux normali-
sés divisée par le volume des rejets gazeux :

EBene (point) – EBurd (point) 3.3 Calcul des indicateurs


NEB N = ------------------------------------------------------------------------------------
3
-
Volume de rejets gazeux ( m )
Afin de pouvoir quantifier les résultats à l’aide des indicateurs
Les bénéfices et les impacts environnementaux sont calculés à définis précédemment, on a recours aux méthodes d’analyse de
l’aide des méthodes d’analyse de l’impact environnemental. Dans la l’impact qui regroupent les différentes catégories d’impacts et leur
présente étude, le NEBN est généralement normalisé à l’unité fonc- attribuent une note commune, comme c’est le cas de la méthode
tionnelle (1 m3 de rejets gazeux non traités). Ce paramètre indique si des écopoints suisses [21] ou de la méthode néerlandaise de l’Eco-
un bénéfice positif est atteint par le système de traitement, ce qui est indicator 95. Comme la méthode suisse est déjà assez ancienne et
le but recherché. Il s’agit donc d’un indicateur de l’efficacité du sys- qu’elle ne respecte pas le cadre méthodologique présenté par la
tème de traitement de gaz, le système avec le NEBN le plus élevé SETAC (Society of Environmental Toxicology and Chemistry) [8],
étant le plus efficace. nous allons nous limiter à la méthode de l’Eco-Indicator 95 [6] [12].

3.2 Efficience écologique 3.3.1 Évaluation de l’impact environnemental


par la méthode Eco-Indicator 95
(Ecological Yield Efficiency) lgEYE
La méthode Eco-Indicator 95 [12] suit les principes de la SETAC.
L’efficience écologique est représentée par le rapport entre les Les émissions sont d’abord regroupées dans des classes d’impact
impacts environnementaux associés aux nouveaux investissements environnemental : effet de serre, destruction de la couche d’ozone,
(c’est-à-dire les impacts non liés aux procédés) et le niveau de réduc- acidification, eutrophisation, smog estival, smog hivernal, métaux
tion des impacts environnementaux liés à la technologie de dépollu- lourds, carcinogénèse.
tion des rejets gazeux.
Comme, dans la présente étude, il s’agit d’une évaluation du
Ce rapport permet de s’assurer qu’il n’y a pas eu un déplacement potentiel de dépollution de systèmes de traitement de rejets gazeux,
de pollution. Le calcul se fait comme pour le bénéfice écologique net un nouvel indicateur (la toxicité) a été ajouté à la liste initiale des
par le biais des méthodes d’analyse de l’impact environnemental : classes d’impact de la méthode Eco-Indicator 95. Comme l’indique
la figure 3, les différents polluants sont d’abord réunis, selon leurs
lgEYE = lg  -----------------------------------------
EBene (points) effets, dans les différentes classes mentionnées ci-dessus puis nor-
 EBurd (points) malisés suivant la classification donnée dans le tableau 4. Ils sont
ensuite regroupés suivant trois critères :
Cet indicateur permet de sélectionner le système de traitement de
rejets gazeux qui utilise au mieux les nouvelles ressources investies. — possibilité de provoquer la mort d’êtres humains (mortalité) ;
La raison du choix d’un indicateur logarithmique s’explique par dif- — possibilité de nuire à la santé humaine (morbidité) ;
férents facteurs, entre autres l’obtention d’une valeur nulle comme — altération d’un écosystème.

Tableau 4 – Catégories d’impact environnemental considérées dans la méthode Eco-Indicator 95


et caractérisation des facteurs de classification
Catégorie d’impact Base de classification (1) Substance de référence Référence bibliographique
(kg/kg)
Effet de serre GWP100 CO2 [34]
Destruction de la couche d’ozone ODP CFC-11 [34]
Smog estival POCP Éthène [34]
Acidification AP SO2 [34]
3–
Eutrophisation NP PO 4 [34]
Smog hivernal SO2equi SO2 [22]
Métaux lourds Pbequi Pb [22]
Carcinogénèse PAHequi PAH [22]
Toxicité TOE Acétone [18]
(1) GWP100 : global warming potential (contribution à l’effet de serre) ; ODP : ozone depletion potential (pouvoir de dégradation de l’ozone) ; POCP : photochemi-
cal ozone creation potential (potentiel photochimique de création d’ozone) ; AP : acidification potential (potentiel d’acidification) ; NP : nutrification potential
(potentiel d’eutrophisation) ; PAH : polycyclic aromatic hydrocarbons (hydrocarbures aromatiques polycycliques HPA) ; TOE : toxicity equivalents (équivalent
de toxicité).

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Impact Effet Dommage Évaluation Résultat


ou nuisance

Effet de serre

Destruction de la
couche d'ozone

CFC
Smog estival Fatalité
Pb (mortalité)
Cd Acidification
HPA
Évaluation
poussières Nuisance à la Éco-
Eutrophisation subjective
santé humaine Indicator
des dégâts
COV
CO2 Smog hivernal

SO2 Nuisance à
Métaux lourds l'écosystème
NOx

Carcinogénèse

Toxicité

CFC chlorofluorocarbones
HPA hydrocarbures polycycliques aromatiques

COV composés organiques volatils

Figure 3 – Méthode d’agrégation suivant l’Eco-Indicator 95 (la nouvelle catégorie « toxicité » est incluse)

L’évaluation globale qui résulte d’un tel système d’agrégation est Quand des données plus fiables sur l’exposition sont disponibles,
purement subjective [3]. Il est donc nécessaire que cette étape criti- elles doivent être utilisées à la place de la PEC.
que soit basée sur des jugements d’experts et d’organismes officiels La PEC peut également être calculée à l’aide du concept de
qui s’appuient sur des méthodes reconnues des sciences humaines « fugacité » utilisé dans le modèle générique de Mackay [24] [25] en
et sociales. se basant sur les données physico-chimiques des substances.
Les PEC sont ensuite comparées aux niveaux de concentration
3.3.2 Classification des composés sans effet pour les organismes dans l’environnement (ou PNEC Pre-
dicted No Effect Concentration). Ces PNEC sont généralement obte-
organiques volatils nues par extrapolation de tests de toxicité réalisés sur d’autres
espèces biologiques que l’espèce humaine (bactéries, algues, plan-
Il s’agit, dans la présente étude, d’évaluer la capacité de dépollu- tes). Les PNEC peuvent correspondre aux NOEL (Non Observed
tion des quatre systèmes de traitements de rejets chargés en com- Effect Level) pour les mammifères ou aux NEC (No Effect Concentra-
posés organiques volatils (COV) présentés au paragraphe 2. Il faut tion) pour les hommes, provenant d’extrapolation de tests de toxi-
tenir compte des effets de ces composés sur l’environnement et, cité sur des espèces animales ou dérivant des données obtenues
notamment, de leur toxicité intrinsèque afin que l’évaluation soit directement sur l’Homme.
représentative. Cela a été réalisé en appliquant la méthodologie Après détermination de ces deux indicateurs clés que sont la PEC
européenne de l’évaluation des risques liés aux substances chimi- et la PNEC, un nouvel indicateur est alors introduit appelé équiva-
ques lors de leur déclaration légale [23]. lent de toxicité (TOE, toxicity equivalent) par comparaison avec le
Les « coefficients de risque » ont été calculé pour les différentes coefficient de risque de l’acétone choisie comme substance de réfé-
substances et sont des indicateurs censés être représentatifs des ris- rence. Les TOE des différentes substances deviennent ainsi compa-
ques qui peuvent survenir. rables.
L’évaluation des différentes données concernant l’exposition à Pour certains rejets gazeux, l’impact environnemental ne résulte
ces substances démarre par une estimation des émissions de pol- pas de leur toxicité, mais surtout de leur potentiel photochimique de
luants dans les milieux air, eau et sol. On effectue ensuite une éva- création d’ozone ; c’est pourquoi la toxicité des polluants chlorés
luation de la distribution de ces substances entre les différents n’est pas à sous-estimer. Cette catégorie a donc été introduite dans
milieux. Les résultats de cette étude permettent de déterminer la l’Eco-Indicator 95 afin que l’évaluation de l’impact environnemental
« concentration environnementale estimée » (ou PEC Predicted tienne compte de tous les effets environnementaux causés par les
Environmental Concentration) et, par conséquent, d’estimer la dose polluants émis au cours du cycle de vie des systèmes de traitement
journalière absorbée par les hommes (daily intake of humans). de rejets gazeux analysés.

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4. Analyse de l’incertitude p nombre de ressources / énergie utilisées (p = 44 dans


notre étude),
yj (A) vecteur d’utilisation de ressources et d’énergie par le
système A,
4.1 Incertitude et ACV Tij matrice de transformation (m x p) = (148 x 44) pour
transposer l’utilisation de ressources / énergie en
émissions,
L’idée d’intégrer les incertitudes lors de l’établissement des ACV
n’est pas nouvelle et, de ce fait, elle a été abordée suivant différentes Fki vecteur de transformation (m x q) = (148 x 9) pour
approches. transposer les substances émises en équivalents de
référence de la catégorie d’impact k (facteurs de
■ Comme le calcul exact des incertitudes est assez complexe, on caractérisation),
peut utiliser des indicateurs de qualité des données (data quality
indicators) [26] [27] [7]. Ces indicateurs de qualité tiennent compte nk charge actuelle (facteur de normalisation) des
de la fiabilité, de la « complétude » (caractère complet) et de la varia- équivalents de référence de la catégorie d’impact k,
bilité (temporelle, géographique et technologique) des données. rk facteur de réduction de la catégorie d’impact k.
Ces indicateurs sont regroupés dans une matrice de qualification
(dite « pedigree »), et il est possible d’assigner un vecteur à cinq
dimensions à chaque élément de l’inventaire.
■ Une autre approche est basée sur la théorie de la logique floue
« fuzzy logic » [28]. Les fonctions floues résultantes regroupent cha- Fonction de Variable à
que produit ou procédé dans différentes classes de sévérité des Nom de la
distribution considérer dans
dommages (basse, moyenne, élevée). variable
appliquée l'équation (1)
■ L’approche choisie ici se base sur une étude probabiliste. Cela
nécessite la définition des fonctions de distribution. Comme cette Données mesurées

liées au site
d1

Données
étape est relativement subjective, nous nous sommes limités aux
distributions de probabilité des lois normale et log-normale. Cette Âge des données/ yj
approche est semblable à celle adoptée dans une étude scandinave variation temporelle
d2
[29] et se distingue d’une étude américaine dans le choix de la fonc- (dimension du temps)
tion de distribution [30]. Dans cette dernière étude, en effet, le choix
d’une fonction de distribution bêta nécessite la définition de quatre
variables, ce qui augmente le degré de subjectivité et, donc, repré-
sente un certain désavantage par rapport aux lois de distribution
normale et log-normale. Choix des modules
d3
(congruence de
la technologie)

de données
Mesures des
4.2 Identification des différents d4

Modules
données d'émission
types d’incertitude Tij
Établissement de moyennes
d5
(congruence de l'espace
Comme l’incertitude dans les analyses du cycle de vie provient de et du temps)
différentes origines, il y a différents types d’incertitudes [4]. Avant Considération d'émissions
d6
de quantifier ces incertitudes, il est important de distinguer lesquel-
les sont quantifiables et lesquelles ne le sont pas (incertitudes quali-
tatives liées aux hypothèses). Les incertitudes qualitatives ne
pouvant être caractérisées par un instrument mathématique, il est
difficile de prédire leur importance. Afin de les réduire, il est néces- Facteurs de classification
saire d’établir une ACV en suivant les règles normalisées (cf. norme w1 Fki
ISO 14 040, par exemple [9]). Mais par contre, il est possible de
Facteurs d'évaluation

caractériser les incertitudes quantifiables par des méthodes statisti-


ques bien établies en se basant, pour l’Eco-Indicator 95, sur la for-
(Eco. Ind mod)

mule suivante (figure 4) :


Facteurs de normalisation
w2 nk
q m p
r  
Points ( A ) = ∑ -----k-
nk ∑ Fki  ∑ Tij yj ( A ) (1)
k =1 i=1 j=1

avec A système/technologie A,
Facteurs de réduction
k catégorie d’impact (effet de serre, destruction de la w3 rk
couche d’ozone, etc.),
q nombres de catégories d’impact considérées (q = 9
dans notre étude), Cette figure considère uniquement les variables qui doivent être
i substances émises (CO2, NOx, SO2, etc.), introduites dans la simulation de Monte-Carlo.
m nombres de substances considérées (m = 148 dans Les autres variables définies dans le tableau 5 ne peuvent pas être prises
notre étude), en compte car trop difficiles à estimer et à quantifier dans cette étude.

j ressources / énergies utilisées (acier, électricité, gaz de


combustion, etc.), Figure 4 – Incertitudes quantifiées et variabilités dans les ACV

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Le tableau 5 regroupe de façon synoptique tous les types d’incer- 4.3 Fonctions de distribution
titudes considérées dans cette étude. Les erreurs systématiques
sont liées aux hypothèses faites sur le modèle ou à un choix inadé- de probabilité ou scénarios utilisés
quat de l’importance de l’étude. Il est donc difficile, voire impossi- pour calculer les incertitudes
ble, de les quantifier. Les erreurs stochastiques sont dues aux
mesures et peuvent être décrites par une fonction de distribution de
probabilité. La variabilité est due aux moyennes qui sont utilisées ■ La distribution normale est appropriée lorsqu’il s’agit de décrire
pour faire les calculs et qui ne représentent donc pas des incertitu- l’incertitude de grands échantillons de données qui représentent
des dues aux mesures à proprement parler. Ces erreurs peuvent être des événements stochastiques et qui sont distribués symétrique-
décrites soit en appliquant des fonctions de distribution de probabi- ment autour de la moyenne. La fonction de densité de probabilité
lité, soit en définissant des scénarios. est définie par la moyenne et par l’écart-type. (0)

Tableau 5 – Identification et caractérisation des incertitudes


Caractérisation
Nombre de
Variable Exemple
Origine de l’incertitude paramètres
(1) (2) incertitude incertitude
incertains
due à liée à

Définition des objectifs et importance


r1 Hypothèses générales Fonctionnalité ou durée de vie Erreurs Modèle Inconnu
du système systématiques
r2 Non-considération de tous les processus Utilisation d’azote ou transport Erreurs Modèle Inconnu
de l’inventaire systématiques
r3 Incertitude due à la définition inadéquate Normalisée à mg C/h ou m3 gaz/h Erreurs Modèle 1
de l’unité fonctionnelle systématiques
Données directes de l’inventaire
r4 Incertitude due à l’allocation d’émissions Règles d’allocation basées sur la Erreurs Modèle 1
masse ou la valeur capitale systématiques
d1 Incertitude dans la mesure des données Mesure d’huile, de gaz de combus- Erreurs Données < 30
tion ou d’électricité stochastiques
d2 Incertitude due à l’âge Données datant de 1990 au lieu Erreurs Données < 13
des données / variation temporelle de 1996 stochastiques
(année de référence)
Données indirectes de l’inventaire
d3 Incertitude due au choix du module Électricité UCPTE au lieu de CH Variabilité Données 2
d4 Incertitude dans la détermination / calcul Mesures des émissions de CO2, Erreurs Données > 2700
des émissions NOx, SO2 stochastiques
d5 Incertitude due aux moyennes Données en provenance de France Variabilité Données < 13
(espace, technologie, temps) ou de 1990
d6 Non-considération de substances émises Émissions de Cr, Pb, Co, dioxine Erreurs Données 22
dans les modules négligées systématiques
Évaluation de l’impact : Eco-Indicator 95 modifié
r5 Incertitude due à des calculs faux /fausses Fonction du dommage non Erreurs Modèle Inconnu
hypothèses adéquate systématiques
r6 Incertitude due à la non-considération Radiation, bruit, etc., exclus Erreurs Modèle Inconnu
de catégories d’impact systématiques
w1 Incertitude dans la détermination Données toxicologiques Incertitude Évaluation 116
des facteurs de classification incomplètes stochastique
w2 Incertitude dans la détermination du flux Précision des données nationales Incertitude Évaluation 9
actuel (facteur de normalisation) d’énergie, incertitude des facteurs stochastique
de classification
w3 Incertitude de la détermination Détermination des flux Incertitude Évaluation 9
du facteur de réduction stochastique
(1) Variables utilisées dans ce tableau : r : incertitude due au modèle ; d : incertitude due aux données ; w : incertitude due à l’évaluation.
(2) UCPTE : Union pour la coordination de la production et du transport de l’électricité (électricité produite en moyenne en Europe par un ensemble européen de
centrales (principalement des centrales nucléaires ou thermiques). CH : électricité produite en Suisse par un ensemble suisse de centrales (principalement des
centrales nucléaires et hydrauliques).

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■ La distribution log-normale est appropriée lorsqu’il s’agit d’un 5.2 Comparaison basée sur les catégories
grand échantillon de données (non négatives) et que la variance est
plutôt exprimée par un facteur que par un pourcentage. La fonction d’impacts environnementaux
de densité de probabilité est alors définie par la moyenne et par
l’écart-type.
Les écopoints de la méthode Eco-Indicator 95 calculés pour obte-
■ Les scénarios ont été utilisés lorsqu’il s’agissait du choix entre dif- nir les paramètres EBurd (impact environnemental) et EBene (béné-
férentes options discrètes. Les incertitudes dans cette catégorie sont fices environnementaux) sont représentés sur le figure 5.
plutôt causées par des préférences subjectives ou objectives au Le bénéfice environnemental est représenté par la réduction des
cours du processus de décision que par des incertitudes stochas- émissions des catégories d’impact que sont le smog estival (POCP,
tiques. La figure 4 (p. 9) représente de façon synoptique les différen- potentiel photochimique de création d’ozone troposphérique), la
tes approches pour calculer les incertitudes dans le cadre de l’étude carcinogénèse et la toxicité. La réduction du POCP est dominante
des systèmes de traitement de rejets gazeux. (> 80 %), car cet impact est surtout lié aux polluants comme le
toluène, le xylène et l’éthylbenzène présents en grandes quantités
dans les rejets non traités. En ce qui concerne les quatre impacts
4.4 Calcul des incertitudes par simulation environnementaux, il faut noter que la plupart des émissions sont
selon la technique de Monte-Carlo dues à des procédés de combustion de combustibles fossiles (GWP,
NP, SO2equi) et aux métaux lourds (> 80 %).
Le calcul du modèle des incertitudes et de l’imprécision pour
l’Eco-Indicator 95 modifié a dû être simulé par échantillonnage pour
chaque distribution de l’incertitude considérée. Pour ce faire, la x 10–5 [Pt/m3 gaz)
méthode de Monte-Carlo a été utilisée.
1,4 EBurd
Dans la procédure d’échantillonnage, un nombre est choisi au
hasard entre 0 et 1. Si F (x) est la fonction de distribution cumulative
1,2
(FDC) de X, alors y = F (x) est la probabilité P (X < x ). Le point de
départ de tout échantillon aléatoire est une variable y* qui est distri-
1,0
buée uniformément entre 0 et 1 ( Y * ∼ U ( 0, 1 ) ). En utilisant la FDC de
la distribution de probabilité choisie pour la variable d’entrée, la
0,8
valeur échantillonnée y* se calcule par [31] :
X * = F –1 (Y *) 0,6 TOE

avec X * et Y * somme de tous les x * et y * PAH equi


0,4
Si le nombre d’échantillons est assez élevé, l’échantillonnage
selon la méthode de Monte-Carlo donne la FDC de la distribution 0,2 Pb equi
d’entrée. Cependant, pour éviter le cloisonnement des données, on
a effectué l’échantillonnage selon la méthode « Latin Hypercube » 0 SO2 equi
telle qu’elle est fournie dans le logiciel appliqué @risk [32]. Biofiltration Charbon Oxydation Incinération
actif (CA) catalytique thermique NP
Dans notre étude, environ 3 000 variables d’entrée ont été échan-
(OxCat) régénérative
tillonnées pour chaque itération. Pour chaque simulation, 2 500 ité- (thermo)
rations ont été faites et la convergence analysée par étapes de 100 AP
0
itérations. Cette quantité d’itérations a permis de maintenir les
variations entre les moyennes, les écarts-types et les percentiles au- 0,2 POCP
dessous de 1,5 %.
0,4 ODP

0,6 GWP
5. Résultats de l’ACV Pour la
0,8
des systèmes de traitement signification
de ces

de rejets gazeux 1,0 contributions,


se reporter
au tableau 4
1,2

5.1 Comparaison basée 1,4


sur la consommation en énergie 1,6

Les quatre systèmes de traitement de rejets gazeux ont d’abord été 1,8
comparé par rapport à leur consommation en énergie (y compris
l’énergie contenue dans la matière ou feedstock et l’énergie de pré- 2,0
combustion) tout au long de leur cycle de vie. Pour cela, il a fallu tenir
compte de la consommation en électricité et en vapeur (dans les cas 2,2
étudiés, la vapeur provient à 92 % du gaz naturel et à 8 % du pétrole).
Si l’on compare la consommation en énergie, la biofiltration est 2,4 EBene
l’option la plus intéressante du point de vue des impacts sur l’envi-
ronnement. La consommation énergétique de l’adsorption sur char-
bon actif est semblable à celle de l’oxydation catalytique, cependant Figure 5 – EBurd et EBene calculés par la méthode Eco-Indicator 95
les sources d’énergie sont différentes (gaz pour OxCat et vapeur pour avec les contributions des différentes catégories de l’impact
CA). La consommation en énergie du thermoréacteur est sensible- environnemental (médiane et intervalle d’incertitude à 25 % et 75 %
ment plus élevée que celle des autres systèmes analysés. percentiles)

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La classification des quatre procédés étudiés suivant le bénéfice


environnemental croissant (biofiltration < CA < OxCat ≈ Thermo) et
suivant la charge environnementale décroissante (cf. figure 5) Tableau 7 – Contribution relative des principales
(biofiltration < CA < OxCat < Thermo) étant sensiblement identique, sous-unités à EBurd (1)
il n’est pas possible de sélectionner clairement le système le plus
adéquat. Pour cela, il faudra faire appel aux indicateurs définis au Contribution
paragraphe 3. (%)
Sous-unités
Biofiltration CA OxCat Thermo
O Ventilateur pour 78,6 52,6 63,8 62,2
5.3 Identification des principales gaz usé
contributions O Four 15,3 25,8
O Quench 17,3 10,2
O Régénération CA 14,9
L’identification des contributions principales à l’impact environne-
mental est particulièrement importante dans le but d’optimiser les O Préchauffage 7,8
systèmes de traitement de rejets gazeux et d’établir, pour ces systè- C Matériaux de 6,1 1,7
mes, une méthode simplifiée d’ACV suivant la méthodologie propo- construction
sée par Christiansen [33] (tableau 6). Pour chacun des systèmes
O Décantage (eau usée) 6,7
analysés, l’emploi de l’électricité est d’une importance majeure pour
EBurd ; l’utilisation de vapeur est un élément très important dans le O Incinération de solvant 6,1
système à adsorption sur charbon actif ainsi que le gaz de combus-
R Remplacements 4,8
tion dans le système à oxydation catalytique et à thermoréacteur. de paquets
O Produits 2,8 1,6
de dégradation
O Refroidissement 3,9
du condenseur
Tableau 6 – Contribution relative des principales O Séchage CA 3,2
ressources énergétiques et matérielles C Premier paquet 1,7 0,9
à l’impact environnemental de filtres
R Transport du matériel 2,0
Contribution de remplacement
Ressources (%)
(1) D Décharge des maté- 2,0
Biofiltration CA OxCat Thermo riaux de construction

Électricité (moyenne 79,2 53,4 79,2 71,3 Autres 2,0 2,2 2,0 1,8
tension, UCPTE) Total 100 100 100 100
Gaz de combustion (haute 8,6 14,6
pression, CH) (1) Phases de cycle de vie : C = construction ; O = opération ; R = remplace-
ment du paquet de filtres ; D = désassemblage/décharge
Vapeur 22,7
Émissions dues à la 8,3 12,3
combustion sur site
STEP RHIN 9,2 1,4 En résumé, il faut souligner que moins de dix différentes ressour-
ces énergétiques et matérielles entrent pour 97 % dans l’impact
Incinération de solvant 6,1 environnemental et moins de 10 sous-unités des systèmes de traite-
Acier (alliage basse teneur) 4,4 1,3 ment de rejets gazeux représentent 97 % de EBurd (cf. tableau 7).
Polystyrène (paquet de 4,7
filtres)
Eau industrielle 4,5 5.4 Comparaison entre les différents
Produits de dégradation 2,9 indicateurs d’éco-efficience
Eau de transport 2,5
Compost (paquet de filtres) 1,4 Grâce aux indicateurs du bénéfice écologique net (NEBN) et de
Charbon actif (neuf) 1,2 l’efficience écologique (lgEYE) définis préalablement, cette compa-
raison permet d’avoir une appréciation générale de la performance
Plastiques en décharge 1,5 écologique des systèmes de traitement de rejets gazeux analysés.
Camion 28 t 0,9 Le NEBN, indicateur de l’efficacité écologique, est positif pour tous
les systèmes comme l’indique la figure 6, le thermoréacteur étant
Acier (non allié) 0,8 légèrement moins performant que les autres systèmes.
Autres 1,7 1,6 2,5 1,8
En ce qui concerne l’éco-efficience, les différences sont plus
Total 100 100 100 100 importantes, la biofiltration étant le meilleur système à choisir.
Cependant, les erreurs étant considérablement élevées, il convient
(1) UCPTE et CH : cf. tableau 5 de vérifier plus en détail si ces conclusions sont valables.

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NEBN lgEYE NEBN (Pt/m3 gaz)


x 10–5 [Pt/m3] Biofiltration
3,5 1,0
1,15 x 10 –5
51,4 % Charbon actif
3,0
1,14 x 10 –5 61,7 %
0,8
68,9 % OxCat 97,4 %
2,5 99,9 %
–5
1,08 x 10
99,9 % Thermo
2,0 0,6
4,51 x 10 –6

1,5
lgEYE
0,4
Biofiltration
1,0
0,58
99,9 % Charbon actif
0,5 0,2
0,38 99,9 %
87,1 % OxCat 99,9 %
0 99,9 %
0,33
0 99,9 % Thermo
– 0,5
0,11

– 1,0 – 0,2 NEBN et lgEYE valeurs médianes obtenues par la méthode Éco-Indicateur
Biofiltration

Charbon actif

OxCat

Thermo

Biofiltration

Charbon actif

OxCat

Thermo

modulé.
La colonne du milieu indique le classement avec la valeur de l'indicateur.
La fiabilité est indiquée pour chaque comparaison comme probabilité du
classement actuel [P (X > 0) en %].

Figure 7 – Classement et diagrammes significatifs des systèmes de


traitement de rejets gazeux analysés
Figure 6 – NEBN et lgEYE pour les systèmes analysés selon
EcoIndmod (médiane et intervalle d’incertitude à 5 %, 25 %, 75 % et
95 % percentiles)
Seule l’incinération thermique régénérative a un NEBN relative-
ment plus bas que celui des autres systèmes.
Dans le cas de lgEYE, le classement semble valable pour toutes les
6. Choix du système combinaisons. Il n’y a que 12,9 % de chance que l’oxydation catalyti-
de traitement de rejets que ait une meilleure performance que l’adsorption sur charbon actif.

gazeux le plus adéquat 6.2 Importance des différentes


incertitudes
6.1 Classement préférentiel
des différentes options Une partie essentielle d’une analyse d’incertitude est l’identifica-
tion de paramètres incertains dont le poids est très important quant
au résultat final. Suite à une analyse détaillée des incertitudes, nous
L’analyse des résultats absolus pour NEBN et lgEYE montre que avons pu montrer que les incertitudes liées à l’évaluation de
les valeurs obtenues sont trop proches pour être significatives l’impact environnemental ont le plus d’influence sur le résultat final.
même si l’on peut marquer une légère préférence pour la biofiltra- Les facteurs de réduction ont une très grande influence car ils affec-
tion. Dans cette étude, il y a cependant une bonne corrélation entre tent l’ensemble des impacts liés à une catégorie tandis que le choix
les résultats, car on a utilisé les mêmes données, et la même analyse d’un mauvais facteur de classification ne touche qu’à l’évaluation
de l’impact a été réalisée. d’une seule substance. Les incertitudes liées aux données de
Pour cette raison, il convient plutôt de considérer la différence l’inventaire sont beaucoup moins importantes que celles liées à
relative entre les indicateurs qui représentera une estimation plus l’évaluation de l’impact, et cela aussi bien pour les données sur site
significative (par exemple, ∆ NEBN Bio-OxCat), car elle tient compte de que pour les modules de seconde importance.
cette corrélation. Si ces différences (∆ NEBN et ∆ lgEYE) sont positi-
ves, leur fiabilité peut être déterminée à l’aide de la fonction de dis-
tribution cumulative (FDC) comme au paragraphe 4. 6.3 Possibilités d’optimisation
La figure 7 montre le classement et le pourcentage de fiabilité des
indicateurs obtenus toujours grâce à la méthode Eco-Indicator 95. Dans la présente étude, nous avons analysé en détail l’impact
La biofiltration, l’adsorption sur charbon actif et l’oxydation catalyti- environnemental lié à l’installation et à la mise en œuvre de systè-
que ont pratiquement le même NEBN. Il y a 48,6 % de chance que mes de traitement de rejets gazeux pollués. Cette analyse nous a
l’adsorption sur charbon actif ait un NEBN supérieur à celui de la montré qu’il est parfois plus utile de ne pas « chasser » la dernière
biofiltration : molécule de polluant, mais d’installer un système qui, dans son
P (NEBN Bio < NEBN CA) = 0,486 ensemble, a une performance écologique positive. Cette analyse

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ANALYSE DU CYCLE DE VIE _____________________________________________________________________________________________________________

nous a amené à évaluer les quatre systèmes très en détail, ce qui étude spécifique à chaque type de système de traitement de rejets
nous a permis de mettre en évidence les points faibles pour lesquels gazeux, il faut considérer aussi les possibilités d’optimisation liées à
on pourrait proposer des améliorations comme un plus grand nom- la réduction du volume des gaz et de la pollution des rejets gazeux
bre de modules constituant les systèmes, par exemple. Une telle dont il convient de tenir compte dès l’installation d’un système de
structure permettrait de mieux tenir compte des variations à court et dépollution. En plus, il faudra toujours voir si une combinaison de
à long terme, et l’on peut ainsi envisager d’arrêter le fonctionne- différents systèmes de traitement de rejets gazeux ne mènerait pas
ment d’un des modules selon le besoin de dépollution. Hormis une à un bilan global plus positif.

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