Vous êtes sur la page 1sur 875

I

Digitized by Google '


I

_ *
• I

LTJNIVERS

HISTOIRE ET DliSCUIl'TION
DE TOUS LES PEUPLES

ASIE MIIHEtJRE

Digitized by Google
' • •

TYPOGRAPHIE DE PIRMIN DIDOT PHftRES, PILS ET C«.


RI K JACDH, N" .'iO.

. ij ^ jd by Googl
ASIE MIJXEURE

GkOCiKAFiJlQtli;, UISTOIUQUK Kï A KCIl KOLOG IQIJ K

lES PROïiltkES
*
£1 m \im ll£ LA tUKR&Um&K 11 AME
m

> • *

DR u'ttmnvx

PARIS
FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C«'. ItDITËURS
lMI'ltlVLrH<i l»F I. nSTITl T ht FHAMIF
Hl » I A( oit . jt',

M DCCC LXH
ASIE MINEURE,
DBBOBII1II0R

GÉOGRAPHIQUE, HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE,


PAn CHARIiRS TEXIER,

LIVRE PBiEMlER.
AVAirr-raovos. — tbayaux vbs TOTAttnms modiuiis.
OOIOBILS 8Um » AtU. —
L'OBttAlllSATlOir d'UIT VOTAftB BTOlftlIK.

OiAPlXRE PREMIER. vit même qui ne pouvaient dessiner que


la carabine d'une main et le crayon
Tnat» Mnéet se sont éeoolées de* de rentre, posittoo peu oommode iHwr
poilq«e Panteur de ce livre entreprit un peintre. De sérieux obstacles s*étaient
en son entier la presqu'île
d'explorer certainement présentés , qui avaient
de j'Asie Mineure. £n ce temps-là arrêté Tessor a'explorateurs entrepre-
eelle contrée punissait presque inabor- nants ; des attaques mdaiiMi iiaient
dable, «t tons les voyajseurs qui Ta.- été suivies de conflita dont rissue Alt
vaimt parcourue revenaient en faisant fatale. Lesdiflltrultés presque insurmoD»
des récits émouvants des dangers qu'il» tables que rencontraient les voyageurs
avâeat courus. Les uns, comme Tuur- n'étaient pas de nature à encourager
nefiMt, racontaient combien de fois ces aortes d'entreprises; des contrées
lis attaques des brigands les avaient for- désertes à traverseras guerre civile, les
cés de >e détourner de Itur route; les dissensions intestines entre les diverses
^treseutauiaient leur narration comme autorités, les privations des choses les
iTil se fût agi d*one expédition guer- plus néeessairet, tels étalent lea obsta-
rière. Le colonel Leake partait avec une cles contre lesquels il fallait lutter. Qui-
escorte very well annnted; d'autres conque voulait visitér l'Asie devait sur-
as dc^maient que sous la protection de tout cacher à un peuple défiant i'inten-
\mn dotAkhhoreUed gun (i). On en lioiid'observer le pays et d'en éludiw
les monuments: cardans une opération
(i' Fellow's Journal, p. igS. AruudcU, topogrnpliiqiieles populations étaient
Jnvn Cliurc/ifj, |i, 3, etc. toujours disposées a soupçonner l'idée
y'Umraiton. (Aaii Minbubb.) T. II. 1

Digitized by Google
9 X.*4)KIVEA&.

d'une invasion étrangère. Les voyageurs COIItBlI.8 AOX TOTAGBUBS.


étaient obligés d'emprunter Tliabit de
simples marclmnds pour traverser et •TJè premier principe qui doit guider
pays avec plus de sécurité, et pour ob- un voyageur dans ces contrées lointai-
tenir des notions qui étaient accueillies nes , c'est la coQÛance dans les popu-
avec avidité par les Bavants de l'Europe. lations qu'il visite. Noos pouvons dire
Blaia grâce à Ténergie du souveain< quMI n'y a pas d'exemple qu'un cava-
qui avait anéanti les janissaires, et qui lier arrivant franchement dans une tri-
voulait fermement modilier l'esprit de bu, et y demandant l'abri et les vivres,
aoD peuple, un heureux ehangement aucun secours lui ait été reftisé. L'hos*
s'était fait dans les relations des habi- pitalité, l'alfa et la diffo, comme on
tants de l'Asie Mineure avec les étran- dit en Afrique, sont toujours dans les
gers qui les visitaient, et, pendant plu- nui'ursdes Orientaux qui ne se sont pas
sieurs années, l'auteur a pu paroqurjr ,
gales au contact des villes. 11 est ce-
la eontiée, non-seulement sans ireu- pendant une condilioD importante, c*est
eontrer d'oppo*;itiiMi delà part des ati- de parler tant 5oit peu la langue du
torités ou des paysans, mais encore c'est pays et de pouvoirs'exprimer soi-même.
a l'aide de^ renseignements qu'il obte- C'est déjà diftVrcut quand on est à la
oait , et qui étaient toujours accompa- merci d*un drogman presque toujours
gnés des offres de service les plus ami- élevé dans la crainte des Turcs et de
caK'S, qu'il a pu pénétrer dans ces ré- la peste, et disposé néaninoios a vanter
gions presque désertes ou les vivres lui ses nombreux exploits contre les bri-
eussent manqué sansrie concours em- Îands. Comme
la plupart de ces auxi-
pressé qu'il trouvait dans ce pays. iaires, qui ont cependant leur de^rré
Cet état de choses, qui paraissait si d'utilité, ne connaissent que inédioere-
nouveau alors, fut bientôt annonce et inent la langue turque, ils sont exposes
Sublié en Europe. L'auteur s'empressa à causer au voyageur les plus grands
e le faiio oonnattrë, et appela de tons mécomptes , soit sur les routes qu'il
côtés les explorateurs d'un pnvs sur veut parcourir, soit sur les ressources
lequel l'histoire comme les sciences qu'il doit rencontrer.
avaient tant à apprendre. C'est à partir Il est donc de la plus grande impor*
de ce jour que les voyages de l'Asie de- tance pour ceux qm veulent entrepren-
vinrent si nombreux et si fructueux. Si dre un loniz vovape dans ces contrées
l'on se reporte a la connaissance que les d'apprendre sultisamment de langue
érudits comme les géographes avaient turque pour savoir au moins compter
alors de -IHkieBt, on comprendra les couramment; cela est nécessaire pour
immenses prostrés que les sciences et les distances comme pour les dépenses.
l'histoire ont faits dans cette voie. La connaissance des monnaies et des
L'Angleterre comme l'Allemagne et mesures est des plus faciles à acquérir.
la Russie oMapporté leur tribut au On ne oompte guère lesditcsnoes oue
fiinds cortimun des eonnais.sances de l'O par heures de marche, sahaf ; x\u rfip-
rient, et eef)en(laiit. ni;<liiré ce (jui a ete vnl au pas fait six kilomètres dans un
fait, on peut dire que cette étude n'est sahat; ceci résulte d'un calcul fait
encore qu'à l'état naissant Nous allons pendant plusieurs années. Un voyageur
résumer dans ce volnsne l'état des con- qui veut parcourir l'Asie, nous enten-
naissances historiques et iréoirrapbi- dou'; ici PA.sie depuis Smyrne jusqu'au
golfe Persique , car les mœurs sont à
ques qui résulte des études deja faites,
et nous signalerons les lacunes qui extf>
tiDt encore et les espérances que fait
peu près les mêmes dans tontes
contrées, doit avoir soin de se munir,
M
concevoir cette ardeur de connaître par l'intermédiaire de son ambassade,
qui est un des cachets saillants de la d'un ferman impérial vnlable pour les
jeuiiei>se d'aujourd'hui.' autorités des provinces qu'il veut visl»
ter. 1^ f^ivemenra dis grandes villea,
comme Sm)Tne, Rroussa,etc.,déliNTent,
à la demande des consuls, des 6oMyown//
ou passeports valables pour le rayon de

Digitized by Google
«

ASIR M NELRK. S
leur couver ne ment; m.iis ces papiers ne moleste pas parla demande de la
le
fout lotD d'avoir rinilueiice des fer- capitation ou sous quelque autre pré»
ans. Enfin pour «Itor d'un lieu à teite, que les vivres nécessaires lui
un autre.» il y a encore un papier de soient fournis,
-
qu'il taouve toujours
route appelé teskêré qni n'est bon «ue
. hospitalité, égards et protection , sui-
pour avoir des chevaux de {xjste. L in- vant les capitulations impériales. Tel
eoBTéiiient de ces deux dernières piè- est l'objet de mou présent ferman ; dès
CM, efcst qu'elles ne mettent pea le aa i^eeplion, oonfBrflMiknKia^ «aete-
voyageur à Fabri des vi vîtes douanières ment.
a tous l<»s lieux de péage, tandis que Écrit a la fin de la lune de iafer 1361
le porteur du ferman ny est jamais (20 juin 1836).
«pété, 1011 qu'il aiUe par lem ou par Traduit par le soussigné, saeréliire
wterprète du Aoi.
l^mis donnons ici le modèle d'un Signé: Anhxbal DAI9TAN.
ferman délivré «ous le regoe du sultan
Mii—omt à la dfMOMtede Vwaàmwê- Pour le personnel que le voyageur
dflvde Fraioe* veut emmener avee hu, le poraonnafie
le plus important est un eawass. MU
Traduction ffint Jerman adrf'.ssf n ton- Un cawass est une espèce de maréchal
Us, les autorités civiles et mititains des logis qui porte le ferman et qui se
éea pays âihtéÊtntrê CoMlmiiinopk eharge de procurer à la earatane, bona-
et Tanowê. mes et chevaux, tout ce dont elle a
besoin. Ce cawnss est nécessairement un
L'ambassadeur de France, près ma Su- Turc; mais il n'a pas besoin d'être réel-
Mfaae Porte, amiral baron Roussin, mo- lement tiié du c(>rp> des eswass. Il
dèle des grands de la nation chrétien- suffit qu'on lui fasse délivrer une com-
ne, a dernièrement dans
, la note qu'il a mission par les bureaux de la Porte.
pr^nié^ eiposé. <iue le gentilhomme Quand un voyageur est assez heureux
français àe rend de Constantinopie pour avohr trouve un bon cawass, il
à Tanona poor fUreun voyage deenno- peut partir tranquille; Il tvauvun Vom-
un certain nombre de domes-
sité, 3v»^r jours sa tente ou son koiwr bien ap-
tiques francs, et il a demande que ce provisionne les chevaux bien
. four-
frâtilbomme , partout sur sa route, nis d'orge et de loin et bonne réception
dtpaii Gontantbiople jusqu'à Tarions, partout. Maia il finit ae défier d'un ea-
aoit logé convenaolement ; qu'il n'é- w ass querelleur, qui croit se donner
prouve aucune difficulté ni pour lui- de l'importance en molestant le petit
mènae, ni pour ses etïets et ses mon- nombre de curieux et d'enfants qui
Iws, que les tivres nécessaires lui s*arrétentpour foir paaMr le ûO^^Um ;
loîeBt fournis, qu'on se garde bien de c'est le nom que Ica
Tares du peupla et
î<» molester en lui demandant la capi- des bazars donnent aux Européens.
talion, ou pour tout autre prétexte, que Apres le cawass vient le cuisinier. On
les règles de l'hospitalité soient obser- preud ordinairement un jeune Grec qui
vées enven loi, et qu'il jouisse dSine n'a besoin que de savoir fiHea le pifarar;
pl» ine et entière protection, conformé- il n'est pas même nécessaire qu'il sarhc
ment aux capitulations impériales. plumer des poules, cardans ce pays ou
Mon ordre est qu'il soit agi ainsi que se contente de les tremper un moineot
dasRis. Yous dooc quf êtes les autorités dans Teau bouillante, et d'un aeol geste
tnsdites , vous saurez que ce gentil- on enlève tout plumaa et peau, et
,

homme mérite liospitalite et respect, quelquefois la viande.


bans quelque débarque, eu
lieu qu'il L'interprète vient ensuite ; il se pré-
alant de Constantinople à Tarsous avec sente ordinairement eomme pariant
«a entain nombre de domestiques « mdlatlnetenient • tontes les langues
franet, vous aurez soin qu'il soit locé du pays. Il est presque toujours dans le
«^renaWemenr. qu'il n'e()rouve au- vrai. Son emploi consiste a préparer les
<:tiae difficulté ni pour lui-méoie, ni bagages et à les surveiller au moment
fair sas cflMv et ms Baonlwrcs, ^uNm des haltaa. U fiât lea iMaMf goiMria'

uiyitized by Google
4 L'UMIVimS»
sions dans les bazars, et accompagne CHAPITRE It
le voyageur dans les visites qu'il lait
aux aatorités. HTeiàsi.
L'or^aDisation de la caravane exige
beaucoup de soins. Autrefois le service Au nombre des provisions utiles, on
des postes d'Asie, qui était établi depuis doit compter une petite pharmacie coq-
Cyrus, fonettonnait anex régulièremant ; tenant les médicaments les plus usuels,
le fermaD donnait droitàéiceaem comme comme le sulfate de quinine, du lau-
ageut et au tarif du gouvernement. I.e danum, de l'ammoniaque, quelques
prix était une piastre, 0,25 cent, par prises de purgatifs , une trousse conte-
cheval et par heure de marche; mais nant ciseaux, lancettes, pierre infernale
aujourd'hui ce service est presque dé- et quelques bandes daus le cas d*un
sorganisé ; de plus les prix ont été con- accident. Il est utile d'emporter un
sidérablement augmentés il est mieux
; scariflcateur a vec des ventouses à pompe.
de taire uii traité avec un caravaneur Ce petit instrument, qui remplace avan-
annéniflD, mi kiUergi, qui se charité, tageusement lee san^MMB, peut leodre
moyennant un contrat passé de gré à de grands services. Dans presque toutes
gré, de fournir pendant tout le temps les eaux stagnantes de l'Asie Ton trouve
du voyage, et sur toute route, le nombre des sangsues; mais il faut avoir soin
da ehefanz requis. Il se eliarge en outra de les nire dégorger pendant quel-
de la nourriture et de tout le personnel ques jours avnnt de les employer ; sans
des palefreniers {surutgi), et s engage à cela leur morsure peut être venimeuse
remplacer tout cheval qui viendrait à et causer des abcès. Une boîte de cly-
manquer en route. Celui qui désirerait sopompe ne devra pas être oubliée, aind
une monture plua ûa» que les chevaux qu une pièce de diachvlon contre les
de caravane et avoir un cheval à lui
, clous et furoncles que excès de la cha-
1

ferait toujours bien de stipuler la nour- leur peut faire naître. Le moindre soin
riture de sou ebeval par le katergi; sans médical que l'on donne à ses gens est
cela il courrait risque d*étre ranoonné toujours du meilleur effet; ils en août
dans les villages où il s'nrrétemit. très-reeonnaissanta et servent avee plus
Le matériel du voyage se compose de zèle.
de deux paires de cantines, en bois ou Il est à peu près inutile d'appeler un
en cuir, d*une petite tente, d'un lit des médeeinsdu pays, tant leur ignorance
pliant avec quelques ta|Na« enfin d*une est grande; mais maintenant dans pres-
cuisine portative, une marmite, des que toutes les villes on trouve des méde-
assiettesde fer battu et deux petits ton- cins européens. Ce sont les barbiers du
neaux pour Teau. Les autres cantines pays qui se chargent de faire lea sai-
contiouient les livrée de vojraae, lee gnées; ils saignent ordinairement les
instruments, tels que boussole^ lu- malades soit du pied soit de la main, et
nettes, et les objets qui servent à la laissent le membre dans un bassin d'eau
spécialité des recherches que l'on veut chaude. Dans Tignorance où ils sont
nire. Ainsi anjouidliui, la plupart de de l'anatomie, ils se hasardent rarement
ceux qui voyagent pour étudier les mo- à faire une saignée du bras dans la
numents ne manqueront pas d'emporter crainte d'un accident. On fera bien du
un appareil photographique; mais si reste, avant d'entreprendre un long
Vùù veut un bagage plus portatif, il sufiBt voyage, de prendre une consultation
de se munir d'une caméra lucida, petit éeiite «te aon propre médecin qui don-
instrument qui offre les ressources les nera des conseils selon le tempérament.
plus étendues. 11 faut aussi emporter Mais en route il ne faut pas négliger
un grand parasol de paysagiste oui sert les petites indispositions que la fatigue
,

en même temps pour s'nbriter dans les aggrave promptîeaient , surtout les fiè-
courtflB haltes que l'on fait en route. vres et la dyssenlerie. Les insolations
doivent être soigneusement évitées, ea
ayaut soin de porter un chapeau à large
bord et de ne jamais stationner pour
daninaroaéeriieqa'àrabrid'unparâiol.

Digitized by Google
ASIE MINEURE. S
Le régime diététique est des plus toutes les populations champêtres. Les
simples :m conformer à la manière de mesures hygiéniques à prendre sont
vivre du pays. l/usa;zc du via, du ta- des plus simples; excepté quelques can-
bac, du café n'a rien de nuisible, deux tons marécageux comme Éphèsc et
dcMkt l'estoinac pourra s accouunoder quelques embouchures de fleuves, le
éa tate^e eoiis toatee lei formes troo- pays est d*une salubrité complète. Il
veroiit une ressource précieuse dans cet faut avoir soin de ne jamais dormir la
aiimenl. ï.cs fruits sont eénéraleinent nuit en plein air pour ne pas contrac-
boQS et tres^abondants en Asie ; mais il ter d'ophtalmies et de ne pas dormir
Iêêl nvoir les èboisir dans leur pro» en plein soleil. Les vêtements que l'on
we aatate. La raisins de Smyrne doit porter ne diffèrent en rien de ceux
1« poires d*ADgora , les melons do que I on porte eu Europe; ceux qui sont
Cassaba sontd*un usage salutaire quand habitués aux vêtements de flanelle ne
Si oc les preud pas par excès. Mais il devront pas les quitter à cause de la
tet i'abtenir autant que pOMble de chaleur; une ceinture de laine est un
toutes les solanées comme tomates nié- hon préservatif eontre les re^oidiase-
loneenes et des concombres crus, dont ments.
ie& iodigènes font un usage immodéré. i\ous devons* avant de terminer celle
tar toat dire en nn mot, le Toya- question d*bygiène , dire un mot d'un
gmr fera bien de ne pas s*écarter du fléau gui peu'iant bien longtemps a été
régime alimentaire qu*il suivait dans son un sujet d effroi pour les voyageurs eu-
pays. Ceux uui ont l'habitude du thé ropéens ; nou< voulons parler de la
peatent en rasre osase à toute heure peste, puiaqu il faut l'appeler par son
pour tieinoa habiloelle; elle remplace nom. Lorsque nous sommes arrivé en
a^iîn'3frpuscnn«»nt le vin , qui est rare et Orient, nous venions comme tous les
laeiliocre dans l'intérieur. autres dans la persuasion que la fuite
Les salaisons ne sont pas un aliment seule pourrait mettre à l'abri de ratteinte
sam; on aTn tronte pas a acheter dans de la contagion ; que le moindre attgu-
Vimérieur, et celles qu'on emporte ne chement, le plus petit contact suffisaient
tardent pâ^ à devenir ranees. pour friire contracter la peste, et c'est
Ceui qui up craignent pas d'augmen- dans ces idées partagées du reste par
,

tv kmr bagage poonont emporter nne partie de la population franque de


quelques boîtes de conserves et de lé- rOrient, que nous traversâmes plusieurs
eurnes secs ; mais il est surtout impor- épidémies, (".iir de 1833 a 1842 la peste
tant de se Dourvoir d'un sac de biscuits se manifesta dans les différentes régions
qifoa appelle à Soiyrne paxlmada pour de la Turquie d*Asie sous la forme de
la cas ou Ton ne trouverait pas de pain plus de trente épidémies dont quelques-
éua les haltes, et cela arrive fréquem- unes lurent très-meurtrières. T^s précau-
amt lorsqu'on entre dans les régions des tions que nous croyions devoir prendre
nanindes. En effet ces tribus ne cuisent en voyageant ne nous mettaient pas tou-
pas de pnin, mais préparent an mo- jours à rabri du contact, et nous finîmes
mtmt du repas des galettes appelées par reconnaître que les Haniiers que
Dita et qui ne sont autre chose que de peut présenter la peste ont toujours ele
la pâte non lefée, chauffée pendant fort exagérés. ISolre expérience person-
qaeJquaa minntes sur une plaque de nelle nesufDrait certainement pas pour
tôle. On est toujours certain de trouver donner un conseil à ce sujet; mais de-
en route à s'approvisionner de viande puis cette époque les médecins du Caire
de oaoutoo , d'œufs et de poules. Celui ont recueilli et publié des observations
prend ffnât mn
préparations de lai- qui peuvent rassurer ceux que leurs pé-
tage que font les nomades se trouve ré^inations conduiraient dans des con-
assure contre toute privation; car trées où la peste se manifeste. iNous re-
4ans toutes les tribus, comme dans les viendrons plus tard sur ce sujet, qui ne
Plages, le lait est abondant. Ou le peut être traité d'une manière incidente.
«aasamaiaéonx ou aigri; il prend alors La peste d'ailleurs ne se manifeste plus
le nom île youkourt^ et fait pour qu'a de rares intervalles et teod à dis*
Mm dire ia liaae do la aourriture de paraître de l'Orient.

Digitized by Google
LUinVEAS»
tl est eucorc un détail important à revenir ensuite au bord de la mer dans
traiter, c'est la qu«8tiond*arfi!Mit et eelle la Mysie, l'iColide et la Carie.
du harfîchich, mot turc que les voya- La géographie pure e\i lierait que
pfurs apnreunt'nt bien vite n connaître, nous .suivi^ions Tordre des bassins des
el qui u a pas d'analogue dans les au- neuves; mais cette méthode u 1 iiicou-
tres pays. Backchfch veut dire à la fois vénient de morceler Tbistoire des pro-
présent, pour boire, bonne main, et ne vinces et de jeter le lecteur dans une
sianific pas seulement rénmneralion sorte (le contusion. >'ous pensons qu'il
d*uu petit service» c'est une libéralité vaut mieux étudier chaque province
gratuite que Pon attend de Tétranger. séparément ; les populations qui les ont
Mats comme le présent se borne ordi- successivement occupées ont tomié des
nairement à quelque menue mormaie, groupes distincts qui seront mieux s li-
il n'est pas très-onéreux quaud on sis par cette méthode, et les caractères
peut le, donner sous cette forme ; voilà des monuments et des mœurs présen-
pourquoi il est très-important d'avoir teront un tableau plus complet.
avec >oi une certaine provision de pias- Kntre les œuvres d*art des Grecs de
tres el (ledemi-pia sires. rionie, les monumentstaillesdans le roc
Pour fonds que l'un doit emporter
les de la Lycie, et les grottes grossière-
avec soi, lesbanquiers de Smymeet de ment ébauchées de la Cappadoee, entre
Constantinople ont aujourd'hui beau- les villes de marbre
h.lties par les
coup plus <l«' relations qu'autrefois avec Grecs et les constructions gigantesques
les villes de i'iuterieur. il >era donc des Lclc^es et des Medes, la differeuce
possible de se procurer des traites sur ne vient pas seulement des races qui
Smjrrne, Angora, Césarée et Aiep. lesont élevés, elle tient aussi h la for-
Ainsi organisée, nous conduirons mation du sol où vécurent ces diffé-
notre caravane dans les régions les rentes populations ; le caractère de l'ar-
plus reculées de la péninsule et lui dé- chitecture change avec la nature des
velopperons toutes les beautés de la matériaui que Tou peut mettre en ceii-
nature et de Tart qu'elle renferme. vre. T. es premiers édifices en brique et
eu pi^e turent bâtis dans les plaines de
la Chaldée et de la Babylonie, et le dé-
CHAPlxa£ m. faut de bois de constriKtloa dot con-
duire les linbit.mts à inventer la voûte
DIVISION DE l'OUVAAGK. pour couvrir leurs monuments. Les
p

contrées montagneuses uu la roche est


Les géographes anciens ne parais* tendre et facile à travailler offrirent
sent pas avoir adopté de plan fixe dans aux populations troglodytes des repaires
les descriptions de l'Asie Mineure qui commodes, et les grands rochers cal-
sont parvenues jusqu'à nous. Strabon caires de la Perse et de la Médie furent
commence par la protioee eeniTBle de pris comme le livre impérissable où
la Cappadooe, et marche de Pest à les conquérants d'alors firent graver
l'ouest sans s'attacher à un ordre mé- leurs exploits.
tbodique. Seyiax fait le tour de la La line et précise architecture des
presqu'île deuuis le Pont jusqu'à la Grecs n'aurait jamais orné les villes
Ciliae ; nous le suivrons dans son pé- et les colonies anciennes si d*ioépui-
riple. Pline et Mêla suivent une mar- sables carrières de marliro n'eussent
che contraire. Les geouniplies modernes fourni d'abondants el «ic riches mat©'
ont adopté plus volontiers, dans la des- riaux aux artistes d Lurope ou d*A-
cription de la presqulle d*A8ie, Tordre sie.Si les vallées où coulent de grands
des provinces du septentrion au midi ; fleuves ont souvent servi de frontières
c'est en effet ordinairement par la Ki- aux États, elles ont rarement arrêté
tliyuie que presque tous les voyageurs l'essor des conquérants : la marche de
qui ont décrit le pays sont entrés dans rhistoire ne doit donc en tenir comité
rAsie Mineure ; nous adopterons la qne dans le cas oii elles ont réelle-
m^me marche. Nous étudierons la Bi- ment formé une barrière entre des
thynie et les provinces centrales pour race«s distinctes . comme fit le fleuve
ASIE MBI£UKE.
Brfyt dans la haM » attlifdié asiati- LesCataooiens;
qur. entre l<*s ra< •mopéiiiiHteika Les Carîens;
Les Lyciens.
Lt^ butlurieus anciens^ avaient dans Ces derniers se divisent en qiiatia
bM éeritft îniplioittin60t démontré branches qoi sont :

oue ee fleuve partagea la population l>esMyliens :

r.\sie en dt iix soudies bien dis- Les Stilymes;


mais cela ressort phitùt de la
tiacleb; Les Teriiiile:>
\

mmpmaiÊua des doeoments aa*ila LesLyeiena.


•oiisont laissés que d*un grand fût
seneralement reconnu et attesté par LB NOM D'aSOL
eux; oous avons cherché il y a long-
temps (1) à faire resaordr tout ce que n n*est pas surprenant qu'une eontrés
ce fait a^t de
pour l*étode
saillant qui fut morcelée par des populations
de h rontrée,
nous voyons que
et si différentes de langue et d'origine
depuis ce temps non-seulement aucune n'ait jamais été désignée sous un nom
controverse ne s'est élevée sur ce sujet unique. Le nom d'Asie ne fiit d'sbord
ds la eart des anteora qui l'ont traité; appuqué C|U*a la partie occidentale de
nuis il est regardé aujourd'hui comme la presqu'île, à celle que les Romains
acquis a Thistoire (2) ; ce sont ces deux appelaient province d' Asie. Quant a l'o-
soudvtt, l'une, appelée par les anciens rigiuc de ce uom, qui de nos jours s'ap-
Lsae^^jiisus mi Syrisus blanes« Imqs nuque au vaste continent oriental, noos
das faces sémltic^ues qui peuplèrent TA- lisons dans Hérodote (I) : « On croit
fie occidentnie jusqu'à la Phenicie, et néanmoins d'après ce que rapjwrtent
,

l'autre connue sous le nom générique les Grecs, que 1 Asie fut ainsi uommée
de Bryges et de Mysiens émigrés de do nom de la femme de Proniéthée.
h Imee, et <|ui sont psr eonséquent Cependant les Lydiens réclament pour
de race européenne, ou comme d'au- eux l'honneur d avoir donné le nom à
tres ont démontré de race indo-ger-
i l'Asie, et soutiennent qu'il vient non oas
aiàaïque. de la femnte de Prométhée mais d A- ,

Véak doue une divWoa nsturalis I, flisde Cotyset petit-fils de Manès, et

dont nous devrons tenir eomptS, H que la triltu Asiade qui existe à Sardes
r|ai peut si'établir de la manière sni- tire le sien tie la même origine. Néan-
>.

Vjuite: moins ce nom d'Asie que se disputaient


les peuples de la région occidentale s*est

iloces imtUhgermanigvet ou eunh bientôt répandu au delà de ces limites;


péennet :
car Hérodote n(Hi> apprend que les ré-
gions situées a i est de TLuphrate por-
Les Thraess; tèrent aussi le nom d*Asie : « Les As»
Les M^ens; syriens, dit-il, étaient maîtres de toute
Les I>»lè£rf's; l'Asie supérieure, depuis cinq cent
Les Bitliynieiis; vingt ans, lorsque les Médes commen-
Les Phrygiens ; cèrent les premiers à se soustraire à leur
Les PaiMiiagoniens ; dominatioii (S>. « On pourrait encore
Les Grées; citer un grana nombre de passages où
le nom d'Asie est appliqué a tout le
Jiaces aemUiquex : continent, témoiu ceux-ci : « Cyaxare,
filsde PhrMfle, soumit toute TAsie an-
Les Capp.idociens ; dessus de THalys (1, 103). f^s Scythes
I>ej» Ciliciens , demeurèrent maîtres de l'Asie pendant
Les Lycaonitfiis j vingt»huit ans ci| 106). Astyage ût passer
sous le joug des Perses les Mèdes, qui
(t) Am» Mimture, iSJg, iiIrodoctiM, avaiem dominé sur TAile au delà du

(a) t'oY. Vivien de Saiol-Marlio, iTifl. (i) Uérod., IV, 45.


'
t Jte, ^i ogr.^ «tc^ etc. (s) Uérud., I, 95.

Digitized by Google
8 L*UNIV£RS.
fleuve Halys pendant cent vingt-huit nom à la totalité de l'Asie actuelle;
ans, non compris le temps de Tinvasiou mais comme dans leurs connaissances
des Scythes (I, 130). Les Perses qui géographiques ils n'avaient aucune idée
frétaient soustraits à la puissanee des len précisa de ce que nous ap|ieioa«
Hèdes furent, depuis la défifite d*As* un continent, ils ont étendu le nom
tyage, les maîtres de l'Asie {ibid.). » d'Asie de proche en proche à mesure
Ces mots, haute et basse Asie, sont Îu'ils ont avancé dans l'intérieur. Les
employés par Hérodote (i) pour dési- .ydiens le connaissaient déjà, et il est
§ner les contréessituées à rsst etè Toucst probable qu'il leur était venudei peuples
e THalys. En parlant des campagnes de l'Asie moyenne; voilà pour le conti-
de Cyrus et d'Harpage dans le pays situé nent entier. Le nom d'Asie Mineure
entre Sardes et la Lycie, il s'exprime n'apparaît nulle part dans l'kistoire
ainsi : « Tandis qu*HarpaiB;e subjuguait ancienne ; sous Tempire romain cette
l'Asie inférieure Cyrus lui-même por-
,
contrée est désignée sous le nom de
tait la guerre dans l'Asie supérieure. » province d'Asie ; elle comprend les pays
La limite qui séparait ces deux contrées situés au nord, en deçà
c'est-à-dire
faria ihdifrérmites époques; elle fut fiiée du Taurus , mais d*ap-
elle n'avait pas
d'abord au fleuve Sangarius,' puis à pellatioD dtotinete. Strabon se contente
l'Halys (2). Il ressort de toutes ces ci- de la nommer La Chersonnèse (!) en
tations que si dans la très-haute anti- opposition avec tout le continent d'Asie.
quité la contrée appelée Asie avait porté Le nom d'Asie Mineure n'apparaît
un autro nom , cette tradition était corn* dans l'histoire que sous lesempereurs by-
Elélement effacée de la mémoire des zantins Oïl dis.iit alors la petite Asie {'2).

ommes, et (|ue dcja six ou sept cents Dans de celte province en


les divisions
ans avant notre ère ce nom était appli- thèmes ri-mpereur Constantin Por-
qué à tonte la partie oonnue du oontinent. phyrogénète lui fait prendre la déno-
Cela ressort des vers du poète Mimnerme mination de Thème Anatoliiiue, d'où
cité par Strabon (3). Cet auteur, parlant est venu le nom d'Anatolie et par cor -

de l'expédition des y£oiiens qui chas- ruption de Katolie, qui se trouve sur
sèrent les Lélèges du territoire d*É- plusieurs cartes. Ces deux derniers
phèse, s'exprime ainsi : « Apfès avoir noms commencent à tomber en désué-
quitté Pylos.... Nous arrivâmes par mer tufle. et sa dénomination d'Asie Mineure
eu Asie, objet de nos désirs or le poète est fieueraleroeut adoptée pour designer
Mimnerme passe pour avoir été contem- la dbersonnèse d'Asie. .

porain de Soloii ; il écrivait donc dans


le septième siècle avant notre ère. Pau- CHAPITAE IV.
sanias, racontant les circonstances du
départ des Ioniens sous la couduite de DIVISIONS DE L'ASIE MINEUHE A DIF-
Nilée, fils de Codms, mentionne les di- FÉBBNTBS ÉPOQUES.
verses tribus grecques qui l'accompa-
gnèrent ; — • ils se rendirent sur des Un pays qui a été peuplé et colonisé
vaisseaux en Asie » (4j. — Ces événe- par taut de tribus de races différentes
ments se passaientdans le onzième siècle abordant de tous les points de rhorizon,
avant notre ère; or si à cette époque TA- a dd nécessairement, dans lecoursdes
sieeOt porté un autre nom, l'auteur n'eût siècles, subir de nombreuses et impor-
as manqué de le dire, comme il le tantes modifications dans ses divisions
i it ponr les villes et les provinces. territoriales. Cependant il est un lait
Vouloir remonter plus haut dans les an- attesté par Homère, c'est aue, avant la
tiquités grecques serait se jeter dans guerre de Troie, les principales provinces
des conjectures II est possil>le que les étaient déjà constituées en corps d'état,
nouveaux colons n'aient pas étendu ce en d'autres ternies les grandes niigra-
tions thraoes venues d'Europe pour s'é-
(0 Hérod., liv. IV, 4S. tablir dans la pfesqulle avaient eu lisu.
(2) Hérodote, 1,7a; VI, 43*
(3) XIV, 634. (i) Slrab.. XIV, 664.
(4) Pausatiiw, L VII, rh. 2, (9) f^oy, Wnd Orote, Lr%cb.IL »

kju,^ jd by Google
AS1£ MINEUR]^ 9

S MW fooloas rechercher queltet fii- ( La Bithynie.


m»l les divisions de la contrée anté- La Pnphiagonie.
neurement à ces migrations, nous en ^- nord: Le Pout.
Au .

L'Honoriade.
KHnmes réduits à rassembler quelques
bits épmdans les aneieiis écrivains, L'Hellénopont.
qui nous apprennent, il est vrai, que da ^
Le Pont PoMmoBÎaqna.
Bord et de l'est de grandes invasions
Lss tnns deraièiea en furent détachéei.
mrent lieu à diverses époques antébol-
kmques', mais ces eipèdiliolit tempo* ^Les deux Mysies.
nifcs ne changèrent nen anx divisions l La Troade.
géographiques. L'invasion de Sésos- L'.€olide.
Al'ocoklent:
tris (I) fut aussi de peu de durée, et L'IoViie.
les Egyptiens, vainqueurs des tribus La Doride.
anatiqDes, n*ont lainé dans le pays au- La Carie.
eune trace de leur séjour, à Texception ^La Lycie.
du monument de Iiiyniphi, cité par La Pamphylie,
Hérodote. •
Au mm :
La Cilicie Trachée.
Le eoara de THalys, qui coupe la La Cilicie Champêtre.
|ns(pi*lte en deoi parties à peu prés / La Galalie.
rçales paraît avoir ete la base des deux \ La IMirvf^ie épictète.
grandes divisions primitives, soit pour Au centre ; < La sraûde Phrygie.
races, soit pour le territoire. La ré- j La Pisidie.
Bon située à Test du fleuve et qui dans I L*Isaurie.
b haute antiquité était désignée sous ( La Cappadoce.
le nom de Leucos-Syrie faisait partie A Veët: L'Arménie I".
de celte dernière contrée. La Cappadoce ( L'Arménie
2*.

teit déjà eonstituée en royaume , sans


iorta sous la suzeraineté dfes rois d'As- Les Romains, faisant abstraction des
syrie. Tout le territoire situé à l'ouest régions situées au delà du Taurus, don-
du âeuie était pour aiusi dire à la naient le nom d'Asie propre, gux pro-
BMrei dea trihus errantes, comme les prie vocatur Isia^ à toute la contrée
.

Mai^, les Lélèges et les habitants des tituéesunord de cette chaîne; elle com-
Ses qui venaient tour à tour se dispu- men<;ait au Golfe de Telmissus (1), et
têr quelques lambeaux de territoire. finissait à la presqu'ile des Thyniens à
Après la guerre de Troie Tinvasion des l'entrée du Bosphore (2). Agrippa divisa
peuples grecs suit un courant régu- eette Asie propre en deux parties ; il
lier, et les srandes et riches colonies donnait à la première pour limites à
ioniennes s'établissent sur la cote orien- l'orient !a Phrygie et la I-ycaonie, au
tale, tandis que la monarchie des Perses couchant la mer Égée, au nndi TÉ-
i^avanee au eouehant du fleuve fron- gypte (S)? au septentrion la Pa|>blago-
tièie, faisant d*abord la guerre aux rois nie ; il lui supposait quatre eent soixante-
aboriî?ènes de Lydie avant de se mesu- dix mille pas de long sur trois cent
rer avec les Grecs. C'est à partir de cette mille pas de large. Il fixait pour limites
époque du sixième au cmquième siècle à la seconde partie de PAsie propre i
avant notre ère que nous avons des do- Porient l'Arménie Mineure, à l'occident
mments suffisants pour établir unedivi- la Phrvgie,laLvcaonie la Pamphylie (4),
sion géosrrapliique de l'Asie Mineure au septentrion la province pontique, au
qui présente uu certain caractère de midi la mer de Pamphylie et faisait sa

Ces provinces sont classées de la mn- (i) Pline ,


V, ch. ^7.
niere suivante, d'après leur ordre de (a) Pline, V, ch. îa.
position du nord au sud, en deux gran- (3) PUm dit quelques liguei plus haut
éadivmoBs : ta Pontique, 1* Asiatique, ipi'dte otMnineiiçiit à Telmiuu.
qai formant vingt-quatre piovinoea. (4) Ici provinces du sud ne font pku
les

partie di- l'Asie propre; on est en droit dt


vb. loa. •uppoier une laule daiu le moi Égypte*
(t) HinA^ i>v. 11.
10 L UMV tRS.
longueur de cinq ci'ut soixante mille La CiRYRATiQiîK , chet-licu Cibyra,
pas, sur trois cent viogt-cinq mille ville de fhrygie; elle compte viugt-cinq
pas de largeur. L'Ionie et les prai- cités daus sou ressort.
ries asienoes que les Grecs regardaient La Symnadiqub, cbef-liea Synnada;
eomme le cœur du pays faisaient elle dans son ressort vingt et ua
a
partie de cette division ; c'est là aussi peuples divers doat six seulement sont
qu'étaieut situées les sept églises d'Asie uommés (1).
.mentiennées dans l*Êeritttre. Darius, L'APAHBBif iTB» cbéf-licu Apaméc de
maître de l'Asie, divisa la contrée en Phrygie ; elle compte dans son ressort
quatre satrapies auxcjueiles il imposa six villes qui sont nommées et neuf
un tribut. Hérodote (1) doune les dif- dont le nom est passé sous silence
férentes divisions de ces gouvernements ; comme n'ayant aucune célébrité.
nous les mentioiineroDS en parlant des HiLicàBNAssE, cbef-lieu Halicar-
provinces. nasse; les six villes ^ui sont sous sa
juridiction lui ont été attribuées par
CHAPITRE V. Alexandre le Grand.
Alabaiisa^ cité libre qui donne son
JURIDICTIONS nOMAliVES. nom au ressort dont elle 'est le chef-
lieu. Sous sa juridiction sont dix villes.
Dés l'origine de la puissance romaine
en Asie, la contrée tut divisée en dio- La Saedique, chef-lieu bardes; sa
juridiction s'étend par delà le mont
cèses ou gouvernements, dans lesquels il
Tmolus jusqu'au Méandre; elle com-
y avait un tribunal où Ton rendait la prend dix villes. Pline en nomme cinq et
justice. Strabon se plaint de la confu-
sion que ce mode de division apportait d'autres peu connues {ighoOUes).
dans la géograpbie , les provinces n'é-
La Lycaonib, annexée au district de
l'Asie propre. Klle a dans son ressort
tant plus renfermées dans leurs limites
cinq nations. De cette province, fut, de
respectives et variant selon les caprices
plus, distraite, une tréirarchie qui con-
des vainqueurs.
« Les pays qui suivent au midi (de
fine à la Galatie. Cette juridiction com-

la Catacécaumène) jusqu'au mont Tau-


mande quatorze villes dont la plus c.*-
lèbreest Iconium.
rus sont tellemeot confondus les uns
avec les autres, qu'il est bien difficile de Smybnk, tenant dans son ressori la
déterminer au juste ce qui appartient à plupart des villes d'.4k)lide,les Magné-
siens du Sipyle et les Macédoniens
la Phrygie , à la Lydie , a la Carie ou à
Bircaniens.
la Mysie. Ce qui n*a pas peu contribué
à celte confusion, c*est que les Romains,
Éphèse comprend dans s.i juridic-
dans la distribution de e^s pays, n'out tion neuf
populations diverses au
point eu égard à la ditference des na- nombre desquelles on comptait ceox
d'flypcepa, ville célèbre par son temple
tions; mais ils les ont divisés en Juridic-
tions dont chacune avait une ville
de Dinne persique.
principale où les juges s*a88emblaient Adhamyttiuh. avait dans son res-
sort toute la Troaae , et par conséquent
pour tenir les assises (2). »
étendait son gonvemement jusqu'au
mous emprunterons à Pline les dMIs
fleuve ICsepus.
sur les circonscriptions de ces dépar-
tements, sur lesquels l'auteur latin nous Pkhgame, < la ville la plus célèbre
fournit des documents précieux; néan- de daus son ressort
l'Asie. » Llle avait

moins il ne suit pas d'ordre méthodique douze peuples et d'autres cités de


dans sa nomendature, et il en compte maraue.
Telles sont les juridictions mention-
plusieurs sans nommer leur cbef-liea
d'arrondissement. nées par Pline. 11 ne reste qu'une
Nous en donnons un tableau selon le faible lacune pour arriver aux confins
classement qu'en fait Tauteur (3 ) de TAsie propre, c'est-à-dire au Bos-
phore; c'est la généralité de Bithvnie
(i) Liv. III, 8»,. dont il ne donne pas le chef-lieu ; mais
;

(a) Sirabou, XÏlI, 639.


(S) Fline, liv. T, pawiiD. (1) Plîue»V, «9.
^

Digitized by Google
IMM ett comblét put VUub le
CHAPITRE VL
tm
j«aii,4|in, comme gouverneur de cette
THàlIBS.
MMB, résidait à Niconiedie. ASIE DIVISÉB Ef(

On ^oit que dan» celle répartitioa


des gouternemeots lee non» des an- Le nom de thème, qui fat donné à
éem pem^leB et les limites des nn- divisions icrriioriales , vient du
oenues provinees sont tout à f:tit
lais-
mot ?jec qui signifie position. Le
sa de côte , comme si déjà l empire thème anatoli(|ue, qui plus lard donna
«ail voulu leaier
lîail uiw nw^w ««« ^ les
leuuer une fttsion entre son nom à toute
a luuic lo Analolii,
la contrée, *»----™-»
Afférentes races. Cet élat de division ^natolie, d'où l'on fil par abbréviation
son ma- ^atolSe, n'est cependant pas le
plus éloi-
ta juridictions avant ehaeiine
çislral particulier fui c-ej-endant
inodilie ^p^s l'orient; mais, comme le lail
Vespasien, qui sépara yijj;erver l'empereur Constantin
Constantli Por»
.o , de...
reiiue
sous le reijue
SOUS i-.;-» 1-
^jj^^rver
r..: .
partie de l'Asie pour eu faire le phyrogénète, qui a laissé un tn
, .
t,aité lies
oœ nom
MQvemement qu'on appela l'Asie pro- ii,^,„es de l'empire byzantm ,
ce
c

consulaire. Une loi de l'empereur


An- fj,^ ^i^nné à la
provincf égard à sa
province eu ega
position vis-a-vis de Byzance ; mais
ce
tooin établit eu principe que
celle

nodification fut ÉMte à la demande des ji^eme esl au couchant de la Mésopota-


peuples d'Asie, ad desiderin tsia-
n^ie et des provinces de l'est
namm, etcette époque on ajouta les
:i

îles à r Asi»' proconsulairc; la ville TUÈKK 1 AKATOLQIUE.


d Èpbeie lut déclarée premièie
wétro-
pskToeel ne parait pas avoir rien etaaogé
Le thème analolique est habité par
limites des juridictions, mais aug-
cinq peuples divers; il commence à
îïai la
aectait l'autorité du proconsul ^ sur appartenant a la
petite ville de Mérus Cl '

dacuu des déparlejueuls. Avant l'CBI' province de Thrvgie salutaire, ll'se pro-
piie d* Alexandre Sévère chaque pro- termine au
lon^^e ius(ju a Iconiuiu et se
"mceeul son préfet particulier; crpen-
Antonin pavs des Isaures vers le Taures; cette
•hiit d^^Duis Vespasien jusqu'à ou
contrée est aussi appelée Lycaonie,
ieprxtm^ul d'Asie paraît avoir eu uoe
se trouvent les montagnes froides (
le
inspection géoerale sur toutes les pro-
plus Taurus ) ; le versant nord de la Pam-
Tioees d*Asle et une juridiction
proconsu- phylie en lait aussi partie.
particnlîère sur la provinre
Dans La région intérieure du thème ana-
[jire et sur les îles de l Uellespont. partie
lolique comprend la Pisidie et la
U suite le vicaire du diocèse d*Asieoar- de la Phrvgie capatienne depuis Acroi-
osn cette inspection. Ces divisions delà
ne chan- num jusqu'à Amorium. La Carie et la
ÎSote administration politi(|ue
de Lvcie en forment les limites maritimes.
jèrent rien aux anciens chefs-lieux
Ce thème est donc compris dans les
laridieuon civile daus lesquels on con-
Mais sous limites suivantes. Il commence à Mé-
îiuua à rendre la justice.
rus, frontière du tiieme Obséquium,
s'é-
Constantin tout le territoire de l'empire
et TO- tend en longueur jusqu'aux montagnes
tut divise en quatre diocèses,
de risaurie. En largeur, il a vers sa
n^nt ti en forma j)ms qu'un seul.
Il
y
même gauche les frontières du thème des Bu-
eut plu^ieurs provinces dans un le eommencemeol^ de la
diocèse cellaires et
diocèse, tandis qu'auparavant le i'Isaurie et le
Cappadoce; a sa droite
était borné à une seule juridiction; en
commencement du thème cihyrrbceti*
d'autres termes, le mol diocèse est en
que; ce thème est gouverné par un
langue grecque synonyme de jundic- proennsnl qui a SOUS ses ordres un ma-
toin(l). , .
gistcr agmtnum, chef des milices et qui
La division de l'empire décrétée par plus tard reçut le nom de patrice.
uhvfanlin le Grand dura jusqu'au
Dans le principe, la répartition n elait
'

rvgtte de ConMauliu Porphyrogénete. pas faite ainsi; le département militaire

était divisé en préfectures, qui renfer-


(x)Stnboo, XII, 699.

(j) ro> . le Syuecdeme d*Hiérorlè$.


LOJNIVERS.
maient un nombre de tiwpes indé- Ifagnésie, Tralles,
terminé.
Hiérapolis , Go-
losaa? (I),Laodicée, Nyssa , Stratoni-
Les einq nations qui composaient le cée, Alabande, Alinda , Mvrina, Téoe.
thème aoatolique étaient les Phrygiens, Lébédus, Philadelphie (2)/
les Lycaoniens , les Isaures , les Pam-
phylieos et les Pisidiens. Ces peuples,
antérieurement à la conquête romaine, mHB lY 0B8BQ01UK.
formaient ou dei républiques ou des
monarchies ; les Romains les divisèrent Le nom d'Obsequium vient d'un mot
en provinces et en préfectures. Le pré- {jrec désignant, à la cour de Byzance,
fet duprétoire avait l'administration e secrétaire des commandements (3) :
roiUtaiie et le préfet urbain le ffouver- aussi le chef du thème Obiequium n*a
oemeot eifil. pas le titre de préteur, mais celui de
comte.
THàMB II ABMÉNIAQUB. L'étendue de ce thème est détermi-
née ainsi qu*il suit :
Le thème arméniaque est ainsi
Il commence augolfe Astacénus (de
nommé parce qu'il est voisin des fron- rs'icomédie) et au promontoire Dascy-
tières de l'Arménie. Strabon ni les nu- lium; il s'étend jusqu'à Trilonos aux
tres auteuis qui ont traité de la géogra- monts Signai ns, et rtie Proeonnése et ,

phie de la contrée ne font aucune men* se prolonge jusqu'à Ahvdos, Cv/iqueet


tion de ce nom, qui lui fut donné par Parium. Du golfe Astacénus il s'étend
l'empereur Héraclius. Il comprend jusqu'à l'Olympe mysien à la région
presque toute la Cappadoce. Cette der- des Da^otthéniens et Jusqu'à Pruse
nière province fut divisée en trois par- même ou habitent les Bithyniena.
ties : la Cataonre, qui commence à Méli- Au sud comprend une partie de
il

tène la Taurique, qui s't'tend jusqu'au


;
rOlympe jusqu'au Rhyndnrus où ha-
pied du Taurus, et le centre, ou est bitent les Mysiens sur le littoral, et à
Césarée, métropole. La grande Cappa- Cyziqueoù habitent les Phrygiens et les
doce commence à Césarée et s'étend Grecs. De ce côté il s'étend jusqu'à Do-
jusqu'au royaume du Pont; elle est bor- rylée et Cotyirum, patrie du célèbre
née au couchant par TUalys et à l'o- Esope. A l'ofieut il va jusqu'à la ville
rient par la Mélitène. de Mérus; au couchant ilfinftà Abydos.
La pelite Cappadoce embrassait une En largeur il s'étend du fleuve Rhyn-
partie de la Cilicie, qui renfermait qua- dacus jusqu'à la ville de Domntère. Les
tre villes. chefs de ce thème avaient dans leurs
Le thème arméniaque contient sept atdributions l'entretien tles voies et des
qui sont : Amasée, Ibora, Zali-
villes, édifices et des logements royaux.
chm Andnpa, , Aminsus, Neooéaarée, Les nations qui bn!)itaient ce thème
Sinope. étaient : les Bithyniens, les
Mysiens, les
Phrygiens, les Dardaniens * que l'on
TnillIBS m DB8 TRBâCIBNS. appelle aussi les TTOyens. Il contenait
les villes suivantes :

Ce Ihcme comprenait ce qu'on appe- IVicce (métropole), Cotyrrum, Dory-


^
lait primitivement la province d'Asie et lée, IMidaeum, Apamée, Myriée, Lamp-
3 ni était sous les ordres du proconsul saque, Parium, Cyzique, Abydoe.
*Asie.
Le nom de ce thème lui vient de ce (0 Célébra par aonégliM derAidiaii|e
qu'au temps d'Alyatte, roi de Lydie, des Michel.
colons de Mysie, qui est une coutrée de (a) Il est à remarquer que la pusitiou da

la Thrace d'Europe, vinrent s'établir toutes ces villes est aujourd'hui bien déter-
dans cette région. minée.
Il comprend vingt et nne villes, qui (3) Ordiois tuendi et honorii eama, pne-
sont : cunt.
Ephèse, Sm}^,
Sardes, Milet,
Priène, GolophoD,Tbyatire,Pergame,

L^y u^ud by Google


A8IB MIREDRE. 18

TH^HB V OPTIMATUM. Les nations sont Gslates ,


les les Bi
thsmiens , les Maryandiniens.
Od i$;nore par quelle raison ce thème
fut appelé Optimatum ; les troupes n'y XakMS Tll DS PAPflLAGOIlXB.
sont |H>int placées en c«iDtonuement et
1 ot «MinMiidé par uo fonetionnaire Les Paphiagoniens étalent regardés
fû porte le.titre de Domestique, et oui dans l'antiquité comme la nation la plus
Mt d'an ordre inférieur au préteur; les stupide, la plus impudente et la plus
peuples qui liabitent ce thème sont : détestable qu'on pût rencontrer. Homère
Les Bithyniftiif , Jes ThartiaUB, \m les <Bite pourtant sa nombre des peu*
ThyBMDs, qui Mot TOisini des Phry- pies qui vinrent au secours de Prtsm
gjens. et déjà à cette époque la Paphlnjionie
Les villes remarquables sont : était célèbre par la race de ses mules.
"Nicomédie, métropole, HtiéDopolis, Les Paphiagoniens passaient pour
Prœnetus, Astacux, Partbanopolîs. être de rac« égyptienne, conduits par
Le thème Optimatum est arrosé par Phinee, qui le premier habita la Paphla-
tefleuve Saugarius, sur lequel un pont gonie; il fut père de Paphlagon« qui
magoitique a été construit par l'empe- donna son nom au pays.
reor JustiDieo. Les Tilles principales sont : Amastra
Ce pont existe cnrore nous en par^
; Sinope et Teium (l).
leroDK en décrivant la Bithynie. La Paphiagonie est bornée à l'o-
rient par l'Halys et au couchant par
BàMB Tt DIS BUÇBLL4IBBS. le Billœus.

Ce thème n*a pas non


plus reçu son THBMB VIII CHALDIA.
Dom d'un lieu particulier ou de' quel-
que peuple oâonre, mais tout simple- Ce thème est ainsi nommé des aa-
ncsldn bijcellaires, qui sont des agents dens Perses venus de la Chaldée. La
infeneors chargés de In subsistnnce métropole est Trébizonde, ville grecque
des troupes (des vivres, pain, selon l ex- ainsi que l'atteste Xénophon. Dans
pression usitée aujourd'hui. ) On ap- Pintérieur sont compris <fes pays ap-
pelle bueeiius (l) un petit pain rond partenant à l'Arménie Mineure, comme
et plat; le gside pain s'appelle eella* le prouvent les noms seuls des contrées,
rius. La Ceitzène, les Syspérites et Gœza-
Les peuples qui occupent ce thème Dum, dont il est fait mention dans TÉ-
Mit les Mamnidioiens et les Galates. criinre au quatrième livre des Rois. Les
Hcommencea la de Modrena, con-
ville Assyriens ayant réduit en servitude
fronte rOptimatiim, remonte vers la les habitants de Samarie les transport
métropole d'Aocyre et s'étend jus- tèrent près du fleuve Gœzanum. Le pays
qii*Mix confins de la Cappadooe et aa fut appelé Chaldée par les Perses pour
ehiteau de Saniana ; tout ce territoire se rappeler leur cx)ntrée natale, d'ou Us
0t occupé pnr les Galates. ont été appelés Gbaldéens (2).
Galates, colonie des Francs, ar-
rivèrent en Asie du temps d'Aitale, roi THiiME XI DE SSBASTB.
de Pergame et de Nicomède, fils de
pmtès; ils occupèrent le pays jusqu'au liC thème de Sébaste commence à
royaume de Pont et jusqu'à la ville son nom de
la petite Arménie ; il prit
d'Heraclée et au fleuve Parthénius. Sébaste (César), qui honora du même
Dans les terres ils s'étendent jusqu*aii titre plusieun villes de l'Asie.
fleuve Halys. D'en est donné ni la numendatma
Il
Les de ce thème sont
villes : des villes ni celle des frontières.
Ancyre, métropole des Galates, Gau*
diopoli's, métropole desMaryandiniens, (i) Déjà nonuiiée dans l'aiilre ibème.
Héradés, Pruse (sur rHypios), Teium. (s) Les tbènct VL de If é^opotamie et X
Colonet ne font point piriio do la prco»
(i^iillcr, àoudicr. qu'Ile.

Digitized by Google
14

rtàxÈ m DB LTCÂiriKiB. tbékb xin db 'bsurdcib*

Lycandus ne conimenrn à être Le thème de Scleucie rst cette pnrtic


comptée au nombre des thèmes et des de risaurie bornée au couchant par Je
illcB que sont le règne de l'empereur mont Taurus , à Torient par les monta-
Léon; antérieurement la Tîlle était sans gnes de la Cilieieoù sont les fflles ma-
aucune population tant Lycanflus que
, ritimes.
Izamondns et toute la région frontière T.es villes principales sont :

de l'Arménie. Séleucie , Corycus, l'autre de Corycus


Cependant un Arménien de distinc- et la plaine qui produit le safran, les
tion, haut comme un colosse, pnidre villes de Soli, >4i)gée, Pompéiopolis
de Lœcastria, homme à la fiiriin longue Aphrodisias, Issus avec le golfe de
et ambidextre , appelé en langue armé- même nom, dans le voisinage duquel
nienne Azotus, Tint soit comme tninf- est la Tille de Tarse, patrie de Tapétre
làge, soitcomme ami, tonver l*iemp6- Paul.
reur Léon, et nvnnt re^u le comman- Séleucie n'eut d'abord ni le titre de
dement des troupes, sous le titre de thème, ni même celui de préfecture;
prafectus a^minis y s*en alla faire la c'étaitun simple château avec une ve-
guerre aux Bulgares. Mais il fiit battu dette pour surveiller les incursions des
et disparut ainsi que Théodose * le pio- Sarrasins qui possédaient Tarse; mais
tovestiaire de l'empereur. l'empereur Romanus, qui augmente?
L'Arménien avec lui un ami
avait les frontières de 1 empire, eu lit une
nommé Mélias, qui s'échappa sain et préfecture.
sauf du combat, et comme il était fait Cette ville reçut son nom de .son foo-
à la vie d'aventures, il rasscnihla uiir dntenr Scleiiciis Nica!ior. Ce district fut
lignée d'Arméniens, alla s emparer de aussi appelé Decapole , parce que, outre
Eycandus, rebfltit la citadelle et restaura Séleucie, il contenait dix villes, sa-
les mines de la ville. La contrée, réta- voir :

blie dans son ancien état, fut rendue Germanicopolis , Titiopolis, Domé-
aux Arméniens. Comme elle était fer- liopolis, Zénopolis, Néapolis, Clau-
tile et admirablement pourvue de bons diopolis, Irenopolis, Césarée, Lauza-
pâturages, elle fut classée parmi les dus, Dalisandus.
thèmes et devint une des belles prétures Dans cette dernière ville on conserve
par les soins et le courage de Melias. le bouclier du saint martyr Théodore,
Le nom de la ville est d'origine armé- suspendu à la vodte du temple.
nienne. On raconte que l'empereur
Justinien, parcourant les provinces de TH^MB Xnr DB CIBYBBHA.
l'Asie Mineure arriva à Lveaiidus. T>e
proœcus de la ville, magistrat muni- Le thème de Cibyrrha commence à
ci|)al, était si riche en bétail, qu'il offrit Sélende, sito^ sur la mer Orientale, et
à titre d*hommage à Justinien dix trou- finit au couchant dans les parages de
peaux de mille brebis variés de couleur Milt t, (le Jassns et du colfe deBarirylia.
et divisés de la sorte : Il s'étend chez les Audaniens ou est si-

Mille noires, mille blanches, mille tuée Mylasa, ville très-célèbre, la villede
grises, mille mélangées, mille rous- BargyUa, Myndus , Strobelus, Halicar-
ses, mille couleur de belette, mille iinsse, pntri'e d'Hérodote, où Ton voit
jaunâtres, mille marquées de noir, le tombeau de Mausole
mille rouges et uiilie dorées, qui rap- Eu marchant vers l'orient on trouve
pelaient, au dire oes Grecs, la célèbre le golfe Céramique et la ville du même
toison d'or. T/empereur .irccpta avec nom. A l'extrémité du rivage est U vilFe
joie, et flt inscrire sur la porte de Ly- de Cnide; en continii.Tnt verN l'orient
candus une inscription qui est une sorte on trouve le golfe Ofcdemus, le port
de jen de mots. de Laryma, situé en face de lUe d«
L'anteur grec ne doime pas les noms Symé. ï^a région maritime appartient
'
des villes pnncipéles du thème de Ly- aux Rhodiens, qui possèdeftt de"? arse-
candus. naux lùi traversant de Tauire côte, on

Digitized by Google
ASIE Ml
imare la de Telmiesai,
célèbre ville loi écbut en partage. Ce sont eee
€Oiiiite Patate et Xenthus, patrie da qni sont eneore mités parmi les Turcs,
peintre Protogène, puis cette ville de et les anciennes conscriptions territo-
I.ycie exhalant Podeur des parfums, riales sont a peu de chose près celles
c'est Myra, la ville du bieniieureux des pachalik d'aujourd' hui. Cliaque di-
frint Ifiëelu dMB le eotps Mese etbê- vision territoriale porte le .nom de
ler des parfîims comme Tindique 4e sandjak.
TM>m de la ville fl). De là on voit le Le sandjak de Hrou'^sa avnif r ru
ieuve Phoenix et la ville du même d'Othman le nom de Khodawenkiar.
oïD, pais Pbaieili, ville eélèbre et La division moderne de l'Asie Mineore
Attalia, fondée par Attale Philadelphe. mt donc «ijouid*hai damée ainsi qQ*il
Ensuite Sylapom nuis Perga, ville cé- suit :

lèbre, Sidf repaire des pirates et Seigé, La Bitbynie, sandjak de Khodawen-


colonie de Lacédémooe. kiar.
La montage et le cbftteao d*AiiemQ- La Mysie, Kara-si.
rinm, ensuite Antioche seconde, et La Lydie, Saruk Kban.
Gbyrrha, la ville dont le thème a pris ÎNKToiiie, Aï'tm.
son DO m
vulgaire et sans renommée. Carie, Menlesche.
On troofe enenite Sellnus, petite ville
ivee lin fleuve de même nom, puis le La Pamphylie, |
port vieux et Seleticie elle-même. Voilà
r'-'"^'^' I Hamid.
les villes qui sont soumises a Tadmi- Isaune, |

iriMratioD du prétenr de QhyrHia* Lycaonie, )


Caratnan.
Dans Pintérieur des terres, sur les Cappadoce, j
trootières du thème Thracien, le thème (Inppadoce, Iconiimi.
deCibyrrha commence a Milet, passe n Plirvîîie, Kermiau.
Slratonicée. Ce qu'on appelle Mogola, Pap'hlagonie, Kastamouni.
h ville de Pysie, il traverse la région Ua- Pont, Amaaia.
ffhîa et Tauropolis. Il 8*étend jusqu'à
Tlûs et OHnoauda, et travers»' Phileta, CUAPITHE VU.
Pod^lia , le lieu dit Anomatichos et ar-
tmk Saf^laasin pour flnir dans les ré* COUP D*flBII. 8DB LA FOBMB ûÈKt"
pom du Taurus où demeurent les RALB BB LA PBBBQU'IlB.
K-îures. Tt*lle est l'étendue du thème
de Cibyrrha dont les habitajits se sont Il sufût de jeter les yeux sur la carte

MNncnt montrée rebelles anx ordree des continents pour ^re frappé de la
des eBB pefçura. L'tle de Rhodes est si* particularité que présente la rarme de
toee au voisinage de ce thème qui, re- PAsie Mineure. Toutes les grandes
gardant en même temps le nord et le presquiles du globe, tous les grands
midi affecte la forme triangulaire d'un caps sont en effet tournés vers le pôle
A. n est pevplé par une oolonie do- and, le c^np de Bonne-Espénmee,
rienne venue nu Péloponnèse et Ifti 9é comme le cap Horn, ritnlie comme
pcctend de la race d'Hercule. la Grèce ou la presfju ile in iienne.
L'Asie Mineure seule se détache du con-
nnnsioif db l'asib sous la domi- tinent, en se dirigeant de Test à Touest.
HATlOff OTTOMLAKB. Ses côtes sont baignées par les eaux dé
trois mers qui différent entre elles au-
Apres la chute de I empire byzan- tant par leur étendue que par leur ca-
lia, lei priness ieltyoallides se parta- ractère physique ; enfin le relief de la
gènnt IcB dîfliIreBlei pnivineea et cha- presquMie la forme et la direction de
ean d'enx donqp eon nom à eelle qui ses montagnes, viennent pour ainsi dire
se grouper pour faire de cette partie
(i) Les saints dont le «orp^ exhale des de l'Asie une terre exceptionnelle.
kaih» parfumées éf aient appelé* Myroble- La presqu'île que non» connaissons
_,1 y a „„e \orte de jeu de OMUtor le
aujourd'hui sous le nom d'Asie Mi-
M
là*
de 11 ville de Mjra. neure ou d'Anatolie est cette partie du
16
grand oontioent asiatique renfermée fondaient pas bien compta de la eMtfbe
entre le 34*> 35' et le 55' degré de lon- qui ferme la côte de la Lycie, et pre-
gitude orientale. Les côtes de la partie naient leurs mesures en' suivant les
nord appartenant à Teinpire ottoman sinuosités de cette côte. La forme gé-
se prolongent jusqu'au degré. nérale de la presqu'île eat certainemeoC
En cap Aoemourtqui est
latitude, le la conséquence des nombraui aoolète*
la terre le plus sud, passe par le SG*^ ments des montagnes qui ont surgi â
degré, et au nord, le promontoire de différents âges géologiques ; mais Tac-
Sinope passe par le 42' degré 8 minu- tion des feux souterrains a eu aussi une
tes. Klie est baignée au nord pnr la part énorme dans la comtttation de ré-
Pont-Euxiii, le Bosphore et la Propon- gions entières.
tide; la mer l'jjee VKiiiîne ses côtes occi- Néanmoins, malgré l'effet des terri-
dentales; la icgiou du sud est limitée bles tremblements de terre dont nous
par cette partie de la Méditerranée oue voyons de nos jours l'action désas-
les anciens appelaient mer de Rbooas treuse, nous persistons malgré l'opi-
,

ou de Cilicie. nion de quelques géologues , basée du


Du
côté de Torient , les limites de reste sur une tradition de l'antiquité,
TAsie Mineure ont été très-?ariablea et nous persistons è croire an synchro-
sont moins faciles à déterminer. Stra- nisme des bassins des mers. Ainsi pour
bon et Apollodore inclinent h penser nous le Bosphore comme les Darda-
aue tout le territoire qui est a Torient nelles et le détroit de Gibraltar appar-
e la ligne tirée d'Amisus à I«U8, ou tiennent, comme lea éléments oonatitn»
de Samsoun à Seandéroon, doit être tifs, à la période géologique actuelle.
reuardé comme n*appartennnt p;is à la Nous pouvons même aflirmer, que si
presqu'île. Trébizonde et son territoire- depuis notre époque géologique, la
en seraient alors exclus. La distance- forme du Bosphore a été modifiée, ce
Îui sépare ees deux pointa, d'après canal a été plutôt rétréci qu'élargi , car
Iratosthène, a trois mille stades de tout le terrain qui avoisinc les îles
700 au degré, soit 5.i4 kilomètres, 865 Cyanées d'Kurope et celles d'Asie, est
met.; cette mesure est lom d'être exacte. formé par des terrains de tracbytes
Les géographes modernes ont étendu mii ae sont épanchés dans la mer. Lea
le territoire de TAsie Mineure à l'orient bassins des mers conserveraient selon
de THalys; c'est le cours de l'Euphratc nous depuis cette époque leurs limites
qui en forme la limite à Torient, jusrju'à respectives si leurs nvages n'étaient
la hauteur de Malatia el d'Eguine; en- soumis à une loi géologique appartenant
suite la frontière s*incline à Test pour à la troisième période ; nous voulona
venir rencontrer la mer Noire a Test parler de la loi des atterriasamenta.
de Trébizonde. L'erreur des anciens sur
la forme réelle de TAsie Mineure est ALLUVIONS DES FLEUVES.
d'ailleurs bien excusable; car il n'y a
guère que soixante ans que les obser- Si l'on examine la tradition conser-
vations deReauchamp el celles du com- vée par quelques historiens, on ne man-
mandant lieaufort ont donné à l'Asie quera pas d'exemples pour prouver l'ir-
Mineure sa véritable forme en l'étants* ruption on la retraite des eaux marines
sant d'un deizré. Dnnville avait bien sur certaines côtes; mais partout où
senti la difficulté, mais n'avait pu la ré- nous avons été à même de vérifier celte
soudre. Strabon compte 3,500 stades assertion, nous avons reconnu l'effet
de Chaloédoine è Sinope, soit 647 84, normal desalluvions. Pour mettre cette
tandis qu'en réalité il n'y en a aue 520. vérité en évidence, nous noua conten-
Il compte 5,000 stades àe Rhodes à Is- terons de prendre pour exemples quel-
sus, soit 554 ^- 8G5, tandis qu'il n'y a que ques ports fondés sur les bords de Ja
116 milles géographiques. 11 fait cepen- Méditerranée qui nous permettront
dantlaiemaïqnetna-esacteque Amisus d'établir avec certitode le mouvement
et Issus se troufent sur le même méri- de retrait, et en même temps les cauasa
dien. L'erreur des anciens géographes de la retraite des eaux de la mer.
provient sans doute de ce qu'ils ue se liCS ports de Cymé, de Milet, de
*

ASIE MfNKTJAE. 17

Pompeiopolis , sur la côte d'Asie, Hip- polis ; ce oort est aujourd'hui entière-
pûoe et Carthage sur la «sdte d'Afrique, ment eomné. Ici, les eaux douces ont
nous donnent des jalons pour mesurer une propriété incrustante qu'on remar-
b marche des alluvions sur ces côtes, que dans presque toutes les rivières de
et nous pouvons conslater d'autre part la côte. Ainsi, le port de Pompéiopolis
que les ports situés loin des embouchii- est rempli par une véritable roche, et
ns des fleufw ont continué d'être fré- les blocs de colonnes ou autres débris
quentés par les navires. qui sont épars dans cette masse, sont
I>»s hommes des premiers âges, les novéscommedans uneespèce déciment.
Bab)ioiiienSf les Egyptiens, les Assy- La rivière de Douden, que les anciens
lictts , qui avaient , plus que nous, con- appelaient Catarrhaetès , parce qu'elle
servé une impression profonde des se précipite dans la mer aune grande
temas diluviens* s*étant établis sur k's hauteur, jouit au plus haut degré de
bonis des (grands Ueuves de TAsie ou cette propriété incrustante. Tout le ter-
de r Afrique, avaient pris toutes les pré- ritoire de son parcours est converti en
eautions Imaginables jiour se mettre à véritable rocher qui eufrtobe les plantes,
Fabri des itiondntion'-. f ps travaux qu'ils les restes d'animaux, et les couvre d'une
cx*H;utèrent dans ce but étonnent notre couche calcaire.
imagination, et nous serions tentés de En continuant le périple vers Touest,
les ncarder comme faboleui, si, eliaque on arrive dans la province de Lycie qui
jour, les études laites sur ces cojitrées offre d'immenses et magnifiques ports
n'apportaient la preuve la plus évidente dans un étal parfait pour le mouillage
de la véracité des historiens de l'anti- des navires : le port de Marmarice, ce-

quité, et si Ton n'était souvent à même lui de Macri ; les ports de Myra , Phel*
de vmfier, sur le soi même, la réalité lus Antiphilo c'est qu'ici le Taurus do-
:

des travaux entrepris et menés i leur mino la côte presque verticalement et


fin. les eaux n'ont pu charrier de limon
Le golfe d'Alexandrette, qui était dans dans ces ports.
riHiliquité un port aussi salubre que Noosavons souvent entendu les msrins
commf>A^^ n'offre plus sur son rivai^e et les fîéocraphes se demander pourquoi
marais (H'stilentiels; reftVt na-
qui' lies la cote d'Asie et la côte du nord de
turel des vagues apportant uecessai- la Méditerranée étaient si riches eu ex-
rsoifnt sur cette cote tous les détritus cellents ports* tandis que dans tout son
que contiennent les eaux a suffi en quel- parcours la cote d'Afrique n'en offrait
quKS siècles pour opérer cette métamor- pas un seul disme de ce nom. Voci la
véritable raison le continent Africain
:

La
province voisine , que les anciens a été dans l'origine aussi éebaneré que
appetaient la Cilicie champêtre, est une le continent d'Asie; mais sous rinHuenoe
immense étendue de terrains d'allerris- des niterrissements et surtout car ,

sement qui sont couverts de la plus ceci est une cause majeure, sous l'in-
abondante végétation. Plusieurs rivières, fluence des vents du Kord qui régnent
le Sema, le Pjrramus, le Cjrdnus, ar^ sur cette côte pendant huit mois dé l'an-
ros«il cps contré.^s et coîitinupnt de nre le mouvement de la mer loin d'en-
,

l'accroître en étendue. Ce mouvement lever la moindre parcelle de sable, les


des terres est déjà apparent dans Tan- accumule saus cesse sur le rivage. Tout
liqaité Entre la ville d Adana et ta mer, ce qui existait de ports, golfes ou échan-
sont de vastes maremmes qui se sont cnires, a été peu à peu comblé, tandis
formées depuis cette épocpip î,a ville que la côte d'Asie, .ibritée par ses hautes
de Tarsous, qui était maritime dans montagnes est restée dans l'état où elle
fasiiqnité, ne reçoit plus maintenant filtCTMe.
de navires , et le fond de la mer s'est Si nous remontons vers le WOïd en
lellmunt exhaussé que les navires «ont sniivnnt la côte, nous trouvons un des
obliges de mouiller à Mersine, à deux exemples les plus curieux de la puis-
beueji de Tarsous. sance des atterrissements pour changer
A Toucst de Tarsous, il y avait un la surface d'un {)ays. Nous voulons parler
poit romain V dans la ville de Pompéio- de la villedeMilet, une dSB placée mari*

1* Uvraisom, ( Atii Miriobb. T. II. S

Digitizod by Gû*..wtL
Uoies ies plus cëlèbreâ de Tantiqiiité. comme la valléa a très-pen de pente,
Uiiet avait quatre ports dont un seul
, de voir Iw eaux prendre une direction
pouvait contenir une flotte entière; die en sens inverse du cours du fleuve et
tut fondée onze cents ans avant J.-G., former des nœuds qu'il est impossible
et tous Aletandre elle'jouissalt encore de déterminer eiactement parce quMIs
de son pouvoir maritime. Mais Milet sont toujours variables. La nature du
était située a l'embouchure du Méandre, terrain, qui est composé d'un sable argi-
et ce petit fleuve, dont le sinueux par- leux, se prête à ces jeux de la nature,
eonn est devenu proverbial, a suffi pour «t comme le sol de la vallée du Méandre
anéantir complètement cette mère de est presque entièrement couvert de prai-
quatre-vingts colonies. Il y a un fait re- ries, d'herbes Gnes, le cours de la ri-
marquable, qui paraît avoir été oublié : vière s]y dessine d'une manière, saisis-
e*est que les ifinuosités du Méandre sont sante qui a frappé tons oeux qui ont par-
essentielleinent variables. Dans l'espace couru ces rives. Une autre ville, Priene,
de deux ou trois ans, la direction des située dans le voisinage du fleuve, et
eaux change plusieurs fois, et, sans eniin liéraclée du Latmus, placée au
abandonner positivement la ligne géné- fond d'un golfe du même nom , partici-
rale de son parcours, le fleuve se prati- paient aux privilèges des villes mariti-
que à droite et à gauche d'innombrables mes. Le Méandre, en charriant des sa-
lacets qui finissent par former des lits bles a peu a peu comblé le port de
,

nouveaux. Priene , celui de Milet, et a fermé l'en-


Toutefois Strabon(l) mentionne un trée du golfe de lafnms, de manière à
usoge des Ioniens oui prouve que cette en former un lac qu'on appelle aujour-
observation avait (léjn été faite par les d'hui Oufn-Bnf] Milet est a plus de deux
riverains du fleuve. On raconte, dit-il lieues dans les terres, et une lie, l'ile de
qu'on intenlo des nroeès an Méandre Lade, assez éloignée Jadis du continent,
toutes les fins qa*ii change les limites a été englobée dans les atterrissemenls,
drs champs en rongeant Tes angles de et ne se retrouve plus aujourd'hui.
ses rives, et que s'il en est convaincu, La ville maritime d'^^plièse a eu le
on le condamne à des amendes qui sont même sort que Milet. Son port est au-
prises sur les péages. jourd'hui comblé par les allnvions do
I,e Méandre coule depuis
la ville de Caystre.
Yéni-Cheher jusqu'à la mer, dnns une TIn autre fleuve de l'Asie Mineure,
masse de terrain meuble dont la jpuis- rUermus, qui se jette dans le golfe de
•anee n*e8t pas eonnoe, mais qui dé> Smyme , joue à régard de cette ville le
passe de beaucoup la profondeur de son mr^rne rôle que le Méandre à l'égard de
lit. Dans les grandes crues quand le , Milet. Les masses énormes de limon
courant e^t devenu rapide les eaux ra-, âu'il charrie ont formé une large bande
vinent peu è peu le rivage, qui , presque e terrain sur laqtielle est assise la ville
partout, forme une falailO verticale. de Ménimen; mais, de plus, il forme
Dans les endroits où il y a un remous, à l'entrée du golfe de Smyrne un banc
la falaise ruinée peu a peu, s'écroule, et dont rétendue augmenté de jour en
le fleuve s'enfonce dans un coude qu'il jour, et , si des travaux de draguage ne
creuse incessamment. Ce mouvement sont pas exécutés dans un bref délai,
des ondes vn ensuite frapper la rive op- on peut prédire le moment assez rap-
posée qui est ravmeo de la même ma- proché où les vaisseaux ne pourront
nière , de sorte que les eaux se creusent plus aller mouiller à Smyrne. Bien plus,
un lit en zizitag qui a donné i ce cours on peut être assuré que dans un temps
d'eau un caractrre particulier. Mais donné le golfe de Smyrne devi^idra W
l'action des eau\ sur les rives étant in- lac, comme le golfe de Milet.
cessaute , les terres sont peu a peu en- En dehors du golfe de Smyrne, vers
lit du fleuve, les coudes
trainées dans le le nord, était une antre ville célèbre , la

se comblent pour se reformer sur de de Cymé, avec un port maritime et


ville
noaveaux dessins, et il n'est pas rare, un port de commerce. Les allnvions
du Caïque ont tellement changé l'aspect
(i) XII, 58o. de cette côte ,
que l'on cherche en vain

Digitized by Google
ASIE MmeiiRE. 1»
rnden rivage ; les jetées de Tancien CHAprraK viii.
lort se voient è ivrès iTiioe lieue dam
in terres , au milieu de marécages qui
portent dans le pays le nom Touzfa
PËBIPLK as L'ASIE IIINEURB. —
fTi/éii, la Salme-aux-Oies. On eoni-
CÔTB SBPTBIITBIOIIALB.
prend dans quelle perplexité se sont
troorés les géographes qiii voulaient re- Apràs cet exposé des causes qui ont
trouver les vestiges dn monde ancien produit la forme actuelle de la pres-
avant que ces observations eussent été qu'île, nous suivrons le contour des
faites. Les
fleuves de la Troade qui , côtes et nous verrons jusqu'à quel point
Mt ehanf^ leurs eours et mUé leors ees considérations géiiérales sont justi-
eaux, mettaient nos devanciers dans on fiées.
embarras inextricable. Trébizonde, située à l'origine de la
Otte action évidente de^ alluvions, courbure que forme la partie extrême
ont formé de vastes territoires sur de la mer Noift par 87* SO' environ de
C' côtes d'Afrique et dont le delta du longitude, offre le premier point de la
ITil «t le plus célèbre exemple, a lieu côte qui ait l'apparence d un mouillase;
également sur la côte nord de l'Asie qut'l(|ues rochers volcaniques, traces
Miaeure. L.es veuts du nord et du nord- d'une coulée de laves qui s'est épanchée
ouest étant eaux qui récent le plus dans la mer, ont serfi de base à un
itedièranient dans ces régions, tous les môle qui y fut fait dans le sixième siè-
sables charriés par les rivières si pptiies cle, mais qui est aujourd'hui détruit.
qu elles soient sont rejetés sur la côte Les navires suut mouillés aux parages
et ont eonverti les moindres eriqucs de Platana, où ils sont abrités du vent
en p.Uufages. Si Ton jette les yeux sur de l'ouest et du nord-ouest; mais le
la côte opposée, la presqu'île de Crimée seul véritable port de Trébizonde est
offre les mai'nifiques ports de Sébas- la côte même où les habitants ont l'ha-
topol, Balakiava et plusieurs autres bitude de tirer les barques exactement
Mwnagfa. Sur la cote d'Asie, il n'y comme du temps de Xénophon.
a^oe la presqu'île de Sinope, qui, abri- A partir de ce point la côte s'inflé-
tant la cote aes vents du large, a pré- chit au nord en formant une dentelure
servé le port deà ensablements. Dans peu accusée. Les terres sont élevées et
h Propootide , Fesemple n*est pas abruptes, s'ouvrent pour donner pas-
moins frappant; sur toute la côte de sage à des vallées verdoyantes. Peu à
Thrace, il n'y a aucun port, taudis que peu les côtes s*aplanissent et l'on ar-
sur la côte opposée on voit encore le rive aux alluvions du Yechil Irmak.
port 4e Cyzique qui pourrait s'ouvrir Toute la plaine qui forme le bassin
poor abriter une flotte. Suivons un Iniirienr des fleuves est basas et msré-
moment la même loi sur tout le liltoral cageuse. Cette pointe sablonneu.<:e et
sud delà Méditerranée; nous trouvons le delta des Kizil Irmak forment les
partout des mouillages forains, excepté deux pointes extrêmes de la baie de
dans la baie d'Oran ; tandis que sur la Sanisoun , sur le golfe d'Amiaus, à la-
côtpnord, nous comptons la Spezzia, quelle les anciens donnaient une éten-
Gènes, Villefranche Toulon, Mar- , due exagérée. C'est la partie la plus
seille et d'autres encore jusqu'à Gibral- saillante au nord et la plus accideulee
tar. Ceci n*cst certainement pas l'effet de toute la eôte; on autre golfe plus
du basard. large et non moins profond suit im-
côte occidentale de l'Asie Mineure, médiatement celui d'Amisus; c'est la
étant fortement accentuée, présente en baie de Sinope dont la pointe ouest
BMime temps Tim et l'atitie des deux très*iaillsfltB eit Ibraiée nsr nne pres-
phéioaiènes , c*est • à • dire des golfes qu'île rocheuse Bouz tépé bouroun qui
larges profonds comme ceux de
er engendre l'excellent mouillage de Si-
Smvrne, Jassus et d'Haiicamasse, et
<je nope , le seul port de toute la côte.
ta mèmt temps des golfes comblés A partir de Sinope jusqu'au mouillage
CMIID0 ceux de I^tmos et de Ofmé, d'ÉregIt, la cdte s'infléehit au sud en
déorivant un arc de cercle» Le oap
3

Digitized by Google
Kérembé autrefois Carambis est le point grands lacs africains ne peut agir avec
le plus sailhmi de cette courbeensuite
; autant de puissance sur la cote. Aussi
vient Amassera, située à la pointe d'une voyous-nous de grands golfes, le golfe
sinuosité du rivage, et entin Bender de Nicome'die, celui de Cius ou de Mou-
Erégli, randeiuie Héradée, av«e une dania entrer profondémentdans les terres
presqu'île peu saillante. et rester, comme aux époques des pre-
La côte forme ensuite une courbure miers âges vierges de tous les détritus
,

en sens contraire, c'est-à-dire dont la que charrient les eaux marines. Les îles
coDcaviié est toramée mi nord. On ne nombreuses, la grande tie de marbre
saurait donner le nom de golfe à cet de Marmara donnent de la variété à
espace de mer, ouvert à tous les ou- cette mer, tandis que les forêts om-
ragans du nord; ici il n'y a aucun breuses de la cote reflètent leur verdure
moQillage; les atlerrissemeDis de la dans ces ondes toujours pures.
Sakkarin et de THypius, deux fleuves L'aspect des côtes des Dardanelles
importnnts pour la contrée, ont comblé ne présente aucune particularité digne
toute cette baie qui autrefois était pro- d'être notée. courant violent du
fonde, et converti en pâturages des ter- Bosphore a perdu de sa puissance en
vains autrefois inondés. A partir de ce traversant la mer de Marmara et les
point, la côte commence à s'exhausser eauT de la mer Noire s'épanchent avec
et devient de plus en plus rocheuse, une sorte de tranquillité dans l'ilelies-
jusqu'à l'entrée du Bosphore . où l'on pont. La côte asiatique des Dardanelles
raoontre les ties Cjranésa irEaroiM, est basse et peu aoeidentée; les châ*
et celles d*As e; ce sont plusieurs grou- teaux d'Asie, le cap Sigée qui signale
pes d'ilots très abruptes , leurs flancs l'eutrée du détroit sont des terres basses
étant toujours assaillis par les vagues. et sans mouvement. Cet aspect est aussi
Ils sont de nature voleanigae , comme eelui de la Troade. La ebafne de rida
les deux cdtes qui les atoisinent leur
; qui s'élève loin de la côte laisse entre
eoroposition est très-variée ; on y distin- elle et la mer
ce vaste territoire qu'on
au milieu de rognons de trachytes, appelle plaine de Troie, terraui où
la
Se I couches de cendres volcaniques Ton rencontre des bsncs de coquilles
avec du pyroxène et des fragments de marines pétrifiées et dont les espèces
ebalcédome altérée. sont li's mêmes (jue celles qui vivent
Tel est le rivage nord de la presqu'île, encore dans ces mers. Les eaux tombant
semblable, comme nous l'avons dit, pour de rida ont, bien avant que les hom-
runifonnité des lignst, à ceux des auties mes soient venus babiter ces résions
continents qui piesententleur fironlau formé cette plaine qui devait Are si
nord. célèbre.
Le Bosphore, cet admirable et singu- L'Ile de Ténédos en face de la Troade
lier eanal des deux mers, dont la for- arrête l'effet des vents du large et
mation a toujours été pour les popula- permet aux navires de mouiller avec
tions rivemiiies le sujet d'un si grand sOn té stir celte côte dont le nom est
étonnement qu'on en est venu à sup- devenu a son tour historique sous le
poser des phoiomèoes impossibles pour nom de baie de Bézica. Le petit port an*
expliquer son existence , le Bosphore, tique d'Alexandrie Troas, avec un nidln
qui est à lui seul un port magnifique de ensablé était le seul mouillage que
six lieuesde long, balaye constamment les anciens eussent sur cette côte, qui à
de ses ondes mugissantes les côtes partir de ce point devient roide et in-
d'Europe et d*Asie, et ne laisse aucune hospitalière pour les navires. Le eon*
alluvion se former sur ses rives. Son tineut forme ici un groupe montagneux
courant de droite entre dans le port de nommé le cap Baba; c'est l'ancien pro-
la Corne-d'ûr et eulève les sables que montoire d'Assos formant la corne sep-
ehaiTient constamment le Cyndaris et le tentrionale du goifé d*Adramytte: ici
Barbyzes, et empêche tout ensablement. la côte s^infléchit tout à coup à I est;
Ifi letableau des cotes d'Asie chnnîie elle est abrupte et sons la moindre
d'aspect; la mer de Marmara dont haie; ce n'est qu'en approchant du
rétendue surpasse à peine celle des fond du golfe que les terres s*abaissent

kju,^ jd by Google
ASIE MINEURE. Il

<A doDQent passage à quelques ruis* aue par des tempêtes locales peu re>
iMUx. Toul ce groupe de montagnes outables pour les navires.
csi BBiiirawwnt voleaiiimie; ee sont lei Noua n'avooa aueune donnée pour
en s*épancbaDt dans la mer qui établir jusqu'à quel point la physiono-
ont formé eMAe eôte. mie de la cote nord au golfe de Smyrne
a pu changer depuis l'antiquité mais
*,

les alluvions de PHermus sont d abon*


CUAPITRE IX.
dantes qu'elles modiGent presque à vue
d'oeil les lignes de la côte en formant un
CÔTE OGQOEMTALE. delta qui s'aranoe incessamment vers
la côte opposée. Cette grande plaine où
L'autre eDme <iii ^olfe d*Adramytte l'Hermus traîne ses ondes tranquilles
m loiu de ressemblt r à la précédente. a dû à une période reculée être une an-
L u groupe d'Iles que les Grecs appellent nexe du golfe de Smyrne; et il fut un
Moseo Nisi (les iles aux Veaux) découpent temps où le groupe accidenté de Pho-
Ifli abords du continent comme noe den* kia se présemt somme une tie; maia
triure au milieu de laquelle les barques celte forme des terres a dil précéder
comme les pros navires trouvent un de beaucoup tous les âges historiques.
abri. Eu coutiouaot le périple au sud, La côte sud du golfe est iuissi accentuée
le Halle de Teliaiiderii, autnlbis de que eelle du nord est plane. Le cap
Pit^ne. r.lattikos KolpoM^ suooède à Mêlas est conmNMé de roches volcani-
c^lui d'Adramylte; c'était l'ancien port 3ue8 et de laves noires ; plus loin ce sont
de Pergame et ici la c6te n'a pas changé es tracbytes rougeâtres qu^ ont valu
de pbjrioDomie depuis l'antiquité. Il son nom a la ville d'Erythra , la villa
a*en est pas de môme des parages qui Rouge. En avançant dans la golfe on
toÎTent toul ce qui fut autrefois le
: aperçoit deux pitons junjeaux d'une
9>Ue de Cymé toutes les terres sur les- forme régulière aue les Turcs appellent
qucUcs 8*élef aient les villes de Myr- Iki kardach (les aeux Frères) et qui sont
riiioa TléoDtichos etd'ii^ ont tellement bien connus des navigateurs français
changé de physionomie qu'il est im- sous le nom des Mamelles. Un certain
rssible à l'observateur de suivre sur nombre de petites ties, et notamment
terrain aucune description ancienne la grande et la petite OurLc, longent
de ecs parages, les alluvions ont tout cette cAte du golfe et contribuent a en
ri3o.lifit». fiûre un des plus beaux et des plus im-
Les petites baies de Phokia, ainsi portants mouillages de l'Asie Mineure.
appelées aujourd'hui de l'ancienne et A la hauteur des Mamelles, la presqu'île
dà la nouvelle Phooée, sont les derniers qui forme la edte sud subit un étran-
wîllageg que présentent cette côte Slement qui la réduit aux proportions
jusqu*aa golfe de Smyrne. L'effet des 'un isthme. La côte occidentale fait
alluvioDs oe s'est pas fait sentir jusque- face à l'Ile de Chio et au milieu des dé*
là et la mer a conservé sa profondeur. coupures saus nombre forme la baie de
D^i groupes montagneui signalent Tcheimé. Au sud de l'isthme les navires
rentrée du golfe de Smyrne; celui du trouvent encore la baie de Sighadjik, qui
nord est appeléKizil bournou àcause de était rauciei» pori de Téos. Quelle ri-
la couleur rouge de^ terre:». L'autre Ra- chesse de bons uiouillages et comme
ie boamoa (le cap Noir), ainsi nommé on eomiirand bien que tes nations ac-
de sa couleur noire qui avait déjà frappé tives et intelligentes venues de l'Occi-
les aiieieDS. Aussi avait-il reni le nom dent s'établir dans ces parages ont dû
de cap Mêlas. L*eotrée du golfe de rapidement s'élever à une prospérité
Smftm est dirigée fers le nordKwesl; commerciale inouïe. Les villes de Claroa,
die en abritée des vents et de la mer du Coloplioo, Lebedus brillaient sur cette
lacgspar In grande lie de Métélin; la côte dans des situations heureuses et
lisne des côtes suit d'ailleurs un con- bien choisies. Éphèse seule , fondée à
tour sinueux qui s'inDédiit d'abord a l'embouchure du Caystre eut dès set
,

rot, eotuila ao nord-esl,* de sorte que premiers temps à luttercoutre renvahis*


kêmn du ^lf« M
panvant être agtiéai sèment des allwvions; dss lagunes se
lorniaient, cjUi ont engendré le.s étangs CUAPiiaE X.
fiélinusiens; les rois Attales taisaieut en
Vtin leter Abb m6kê pour donner de la Oéra MBIIDIONAU*
rnp'.ditéaux eaui des fleuves; les sables
gagnaient toujours et en m^me temps, Au fond du golfe de Symé s'élovt^
par un phénomène encore inexpliqué* une haute montagne dont les acroteres
u mer gagnait d'antres parties du ri« descendent dans la mer par des pentes
vage ; de sorte qu*on volt aQ{ourd*hin le rapides ; c*est le mont PncBiiii avee la
léngulier spectacle d'un pont situé rn presqu'île du m^me nom, connue au-
pleine mer la ou fut dans le moyeu âge jourd'hui sous le nom peu poétique de
reinbouchure du Caystre. Barba Nicolo , que porte aussi une pe«
fions avons parlé plus haut des at- tite tle voisine. Le groupe montagoeut
lerrissemenl^ nu Méandre; cVstà cette du mont Phoenix engendre une baie
latitude que Unit l'action des grandes prutoiide et singulière, qui s'appelle au-
aliuviuns. Le cap Arbora, peu acceu- jourd'hui baie de iMennerid|é et en
tuét indique rentrée du golfe de Jasius, français de Marmariee^ Cette baie, d'une
dans le<juel nous finîmes par rencon* forme presque circulaire, a son entrée
Irer. après t.mt de vaines recherches tournée vers le sud. Un tlot, qui a été
de nos prédécesseurs , le golfe de fiar- naturellement rejoint au continent par
gy lia^ que Ton eroyait comblé. A
la non^ une bande de sanle, défend l'entrée des
v»He de celte découverte» l*amir«nté an- lames du lain»; et à gauebe de Ttlot
glaise envoya le navire lieacon pour une passe assez profonde pour que les
faire le re evcmenl de ce port si sin- plus gros navires puissent la franchir
gulièrement perdu. Ou explique du donne entrée dans
reste comment le i^lfe de Bargylia est
re.sté lon;;iemps ignoré des rares na-
plus sdr de la céte. Il est vrai
avantage est balancé par un immense
^
le port, qui est le
cet

vigateurs qui remontent le golle de inconvénient ; un seul navire mouillé a


Jassus ou Uasi»ein >\alé si. Car ces l'entrée peut bloquer le port , et dans
parafes sont à peu près déserts et ne oss demièns annesa la flotte ottomane,
boot fréquentés que par quelque s bar- qui avait eu l'imprudence de se retirer à
ques du pays ; l'entrée du eolfe de Bar- Marmarice fut bloquée par un vaisseau
gylia, qui lui-même e;»t une anuexe de de Mehemet-Ali qui ganlait la passe.
celui de lassus , est masquée par une Après Marmariee s'ouvre le vaste et
gmnde tle ; de sorte qu*elle ttW pM magnifique golfe de Macri, (|ui fut une
aperçue du large. C'est en nous diri- possession des chevaliers de H Modes.
geant par terre d'Halicamosse vers Un grand nombre d'iles en défendent
Jassus que nous retrouvâmes ce rentrée contre les vents et la mer. Une
golfe. Ile longue , qu'on appelle encore aujour»
Le cap Krio, célèbre dans l'anti-
si d'hui !'île des (Chevaliers, le sé[)arepour
quité sous le nom
de Triopium pro- ainsi dire en deux bassins; celui qui
moutorium, forme la corne méridio- est le plus avance dans les terres est
nale des terres du golfe de Gos qui l'ancien Glauens Sinus sur le bord du-
Erend son nom deHIe voisine. De nom- quel était la ville de Telmiasus. Ici .

reuses baies s'ouvrent d»* part et d'au- nous retrouvons le phénomène ter-
tre, parnu lesquelles U laut compter restre des aliuvious sous un aspect nou-
la bliedeBoudroumou d'Halicamatae. veau, e'est-àHtire que non-seulement
Les terres du cap Krio sont tellement la vallée qui s'étend à plusieurs ki-
échancrées que tout autour de l'isthme lomètres dans les terres a été entière-
dorique les navires trouvent des abris ;
ment comblée par les alluvions; mais
il en est de même du golfe de Svmé. les monuments antiques connue les
Aussi les aodeos Cariens étaient«i1s de tombeaux et les magasins qui étaient
ti ird s nnvigateuit et des pirates redou-
i jadis au bord de la mer, sont aujour-
tables. d'hui baignés par les flots et enfoncés
à une certaine profondeur. Ce mouve*
ment ne peut lira dû à un eiliauise»
ment des eaui de laner; car il se re-

Digitized by Google
ASIE M^£ÙR£. as

trouverait marqué sur toute la côte , il parages de Tile Kakava rancieone Do*
&ut donc Tattribuer à un abaissement lichiste. Cette Ile longue et roeheuse
local du terrain Nous remarquerons plus est séracée du continent par un canal
à l'est le même pliéiiomène, Unulis (ju'au qui n a pas un kilomètre de large; le
port de Watiis près d Antiphellus les continent lui-même est découpe en
monuments antiques occu|ieut encore une dentelure profonde qui engendre
INTcs du rivage leur position primi- plusieurs petits ports, notamment le
tite. port Tristomo, dont le nom antique est
Toute la càte depuis Macri jusqu'à inconnu. Le canal de Ivakava offre le
nie de Kasteliorizo tonne une suite plui» beau mouillage du monde puur
non interrompue de saillies et de r^ une fond est de roche
flotte entiiore ; le
traites motivées par les coutreforts ou et partout on atteint le fond par douxe
acroleres du Taurus qui descendent ou quinze brasses. Les nombreuses
Jusque dans la mer. 11 tant uuter dans constructions antiques s'élè veut tant sur
ee nombre la saillie appelée Yèdi bou- Itle que sur le rivage et offrent, l^en
roun par lee Turcs, UepUt Ravi par les plus accusé, le singulier phénomène que
Gr*»cs ou en français les SeptCaps. On nous avons déjà signalé à Macri, c'est-à-
arrive ensuite a la grande vallée du dire que les habitations comme les toni'
XantbuSf à Tenibouchure de laquel.e beaux sont envahis par les eaux. Tout
était la TÛle et le port de Patare. Toute le reste du littoral environnant n*ayant
la physionomie de ce territoire a lelie- pas oliangé de niveau, il faut en conclure
inent chance que l'on a peine a recou- a un abaissement de plusieurs mètres du
uaiire les dei»Griptious des anciens, Les massif de Tile de Kakava et du fond du
atterrissemento ont eomblé le port de détroit qui sépare Tllede la terre ferme.
Patare* et les eaux du Xanthus forment Les découpures du rivage engen-
méplate qui^agne toujours sur la mer. drent encore une autre baie profonde
Asii milles environ à Test, la baie deKa- à l'est de l'île de, Kakava; c'est la baie
laouki, le Phoenieus portus des HomaiaSt Andraki, non loin de laquelle est la ville
offie encore aux navires un mouillage de livra. Toute la plaine de iMyra est
BUSii «ain que tranquille; c'est comme form^ par les alluvioos d'une rivière
un hasâiu d'eau limpide au milieu d'une appelée Demeri.
nature vierge et austère. Une fois que La baie de f hinéca reçoit les eaux
le bâtiment est mouillé à Kalamaki, on de plnsieuis rivières, dont la plus consi*
perd de vueTenUrée, et les marins com- dérable est le Allaghir icliaï, qui ont
parent ce mouillage à une cuvette. formé un vaste dépôt alluvionnaire dont
Malheureusement Teau douce y mau- 1 âge ne parait pas tres-ancieu ; car dans

qMet il est d*autant moins fréquenté toute eelte plaine on ne trouve aueune
que ses rives ne sont que des monta- trace de ville antique. La ville de Limyn,
Knes abruptes et sont complètement in- qui est la plus voisine, est assise sur
Uabiiées. Un groupe de petites lies, les collines qui appartiennent aux peu-
Ici llet Tolo et Okendra,sont comme tes inférieures du Taurus.
la léte d'un petit archipel dont Tile de Le cap Cbélidonia, qui forme la
"Kasteliorizo est le centre. Cette der- pointe sua«est de la Lycie, est aussi la
nière est placée juste dans le méridien terre l;i plus avancée vers le sud en-;

du port Sevédo où fut la ville d'Auti- suite la côte tourne brusquement dans
pbdlus; le port Sévédo eieellent mouil- la direetion du nord. Elle est partout
lage est divise en deux parties par une de nature rocheuse, ne reçoit aucun
I.ii.une de terre ro< heuse; l'autre petite cours d'eau important et se prolonge
crit^ud porte le uom de port Vathy (pro- ainsi dans une longueur de quarante
foad ) ; elle n'est bonne que pour les millet . et forme la branche oeeidentaifli-
ksr4|iiea; on mouille au fond du port dttgolmd*Adalia« Une iuGnité depetitee
Sévedo par sept ou huit brasses. criques découpent cette côte, où flooi».-
La baie Uassar, qui suit celle de Sé- saient plusieurs villes anciennes.
védu, est ouverte aux vents du sud- La situation d'AdaUa marque le fond
euastet n*est intéresiaiite à aucun point du golfe de même nom formé parlaeélo
de vue. Il n'en est pas de même des* de la Parophylie. Toute cette terre.

Digitized by Google
24 LUNIVERS.
dans k)D||ueur de plus de quntre-
la côte reprend son aspect varié tantôt
vingls kilomètres, est formée parles al- rocheux, tantôt agreste; c'est la (iilicie
luvions de trois rivières donl les noms Trachée des Grecs. Les géographes
aDcieos sont le Catarrhactès, le Cestrus comptent toute cette plage comme fai-
et TEurymédon. Ici le travail des al- sant partie du golfe d Adalia. Jusqu'au
luvions se manifeste avec une puissance cap Anémour il n'y a pas un seul mouil-
dont le reste de id cote u offre pas lage sur tout le long de la côte; car ce-
d*eiemple. A part quelques collines de lui d'Alaya est ouvert au sud-ouest.
roche tendre et qui elles-mêmes sont Les bâtiments des indigènes, qui con-
composées d'une espèce de travertin, naissent bien ces parages, ont l'habi-
c'est-à-dire de formation d'eau douce, tude de mouiller eu pleme côte et tout
tout le territoire eomiiris entre AdaKa près du rivage ; ils se considèrent ainsi
et Sidé est formé de terrains de trans- comme à l'abri des vents du sud, qui
port. Les villes .inciennes qui peuplaient cependant donnent en plein dans le
cette contrée sont assises sur les con- âolfe; mais par suite de la proximité
treforts inférieurs du Taurus. Non- es montagnes qui forment comme un
seulement la côte gagne en étendue sur vaste écran, la côte, selon rexpressioo
la mer
qui la baigne, mais dons les pa- des marins, refuse le vent, et les plus
rages d' Adalla elle ga}2;ne aussi eu hau- fortes bourrasques du sud causent ra-
teur par la vertu incrustante des eaux rement des sinistres aux bàiimeuts
du Catarrhae^. Nous avons une preuve mouillés en pleine e6te. Nous avons
palpable des importantes mudifications même vu des bâtiments de guerre de la
que cette cote a subies par les témoi- marine égyptienne rester en station à
gnages des auteurs aucieus qui men- l'aucre a l'abri de ce mouillage précaire.
tionnent un grand lae, le lac Capria, au En jetant un coup d^œil sur la carte,
centre de la Pamphylie, et que nous u*a* on voit que la cdtesud de TAtie Mineure
vous plus retrouvé. Ceux qui comme est pour ainsi dire composée de deux
nous ont visite le pays dans ces dernières golfes, celui d'Adalia et celui de Tar-
années n'ont pu que constater la dis* sous, séparés par un large promontoire
parition de ce lae, qui a oertainement dont le cap Anemour forme la' pointe
été comblé par les alterrissemcuts. la plus avancée. Toute la partie est de
L'embouchure des fleuves s cst aussi ce promontoire est de nature rocheuse
sensiblemeut modifiée. Ces rivières de et forme par conséquent, par sa ren-
Pamphylie étaient pour la marine des contre avec les eaux de la mer, un cer-
(»recs comme autant d« ports où les tain nombre de petites criques, parmi
Hottes trouvaient uu .jbri, Aujourd'liui lesquelles le Lessan el Kalpé, petit cap
des barres formées par les sables n'en prot^é par uu ilot, l'Ilot l'ro\ençal
permettent Toccès mi*à de faibles bar- peut mériter le titre de véritable purt ;
ques, et encore dans la saison des hautes mais c*est le dernier de la côte ; car de-
eaux. puis ce point jusqu'au golfe d'Alexan-
On voit par le nombre inûni de drette nous retrouvons les plages allu-
mouillages, oe criques et dflots dont la vionnaires formées par les nombreux
G^te de l'ancienne Lycie est hérissée cours d'eau du Taurus, parmi lesquels
combien cette contrée était fn vnrnble à le Cydnus à Tarsous, le Sarus à Ada-
la piraterie. Des grottes nalurelle> creu- na, et le Pyramus à Ayas jouent le
. sées dans les rochers, une montagne principal rôle. Dans le premier siècle
Ipresque infranchissable qui descend de notre ère un témoignage non équi*
jusqu'à la côte étaient des retraites sûres voqiie d'un autour conlem[)orain atteste
pour le brigandage. La vue de ce pays que la ville de Tarsous était située près
explique commeut la puissance romiiuiu d un lac qui servait eu même temps de
a étéforcée de compter avec les pirates port et drarsenal (1). Aujourd'hui on
et quelquefois de capituler avec eux ne trouve plus vestige de ce lac.
avant d'en purger les mers. Le delta formé par les fleuves Sa-
Le fleuve Mêlas qui marquait la fron- rus et Pyramus change de jour en jour
tièiteorientale de la Pampliylie est aussi
la limite do pays de plaines. Au delà la (i) Stiab., Xiy,67e.

Digitized by Googlc
ASIE MINEURE. 16
1.1 plix'sionomie de la côte. Ce pliëno- obstruée par les soi les. Le vent de
ii en?' rlnit tellement appréciable du nier, qu'on appelle dans ce pays im-
Il mps inèiiie des Grecs qu'on prévoyait bat , pousse dans le golfe une' partie
dfiâ le jour où la mtrde Chypre serait des sables diarriés par les fleuves et
corollf c , Pt on prêtait h l'oracle la pré- contribue à son envasement. Aujour-
diction suivante: Un temps viendra où d'hui le mouillage d'Alexandrette est
la postérité verra le vaste et rapide le seul qui soit praticable pour les gros
PyramiB itteindre l*ne sacrée de Chypre navires.
à fbree de reculer la côte de la terre Les caps Karatasch, à Touest, et
ferme (I). On sait que les anciens Kanzir, à l'est, limitent les riva<;es du
etai«it fort prodigues de faits sem- golfed'Alexandrette ou de Scanderoun ;
blables , soit pour réunir, soit pour sé- il s avauce dans les terres dans une pro-

parer lés fies et les contiDents; mais fondeur d'environ 0^40', soit quinze
il n'eu est pos moins vrai que toute lieues selon la direction nord-est. La
celte contrée g.iïne à vue d'oeil sur la ville de Scanderoun est située sur la
ner, et les barres formées h l'embou- côte orientale» au sud d'une petite anse;
cbnra des fleuves engendrent ces étangs le mouillage est abrité des vents du
qui sont comblés à leur tour. large par les terres environnant es. Cest
Le Pyrarnus, .iprès avoir rlinrrié des au cap Kanzir que se termine le périple
monceaux Ue sable qui ont obstrué de l'Asie .Mineure; tout le reste du lit-
soo embouchure , a pris son cours plus toral appartient à la Syrie.
à Test et s'est creusé on nouveau lit qui Ce rapide coup d'œil jeté sur les
s'ou^Te près du cap Karatasch. Sur côtes de la presqu'île montre jusqu'à
toute cette côtelés navires ne sauraient quel point le profil de son littoral a été
trouver un mouillage, tant elle est hé- modifié non-seulement par les grands
tissée de bas-fonds sablonneux. phénomènes géologiques qui ont pré-
Wons devons dire aussi que le long cédé l'arrivée des premiers habitants,
de celte c<5te, et notamment au mouil- niais encore par l'efTet du travail des
lage de Mersyn, près de Tarsous, ce alluYîons. Depuis les époques histo-
qui a contribué le plosà gâter le mooil- riques, plusieurs lacs, des golfes, ont
Wffe,rV>t riiabitu<leséculairedesmarins été comblés par les terres amoncelées
qui viennentsur lest p iur faire des char- et sont devenus des terres habitables.
gemenU sur cette côte et qui jettent Un calcul a été fait duquel il resuite
for lest dans la mer. En effet, des que l'Asie Mineure, depuis l'époque de
sonda «r^ opérés par un marin firan- Strabon, s'e^t augmentée d*une surface
çais ont ramerif^ des pierres travaillées, égale à la moitié d'un département de
des briaues et une quantité de pro- la France. Il sera donc toujours im-
Mts bmrogènes qui prouvent que le portant pour ceux qui voudront s'oc-
fond sur cette côte n'est rien moins que cuper de questions de géographie an-
naturel. L^ancien lit du Pyramusest en cienne de tenir compte de ces modi-
,

communication avec un vaste étang fications.


BMrio de peu de profondeur j la nou-
Telle embouchure a déjà formé un CHAPITRE XL
delta considérnble, et les vents roodi-
fient à leur gré les sinuosités du rivage
JIONT TAUBU8.
en rassemblant tantôt le sable en col-
ines et co folaises, tantôt en formant Montagnes de la Lyciè,
des burres à fleur d*eau ou sous-ma-
nTn»s. La nouvelle embouehure du Py- Nous avons déjà exposé un des ca-
rarnus se trouve maintenant à l'ouest ractères qui distinguent la presqu'île
énap Karatasch, et par conséquent d'Asie des autres contrées de l'Europe ;
danc le golfe même d'Alexandrette. mais il en est un plus frappant encore,
f j baie d' \yas, qui fut autrefois un c'est le haut relief de ses terres qui
Moeiient mouillage, est maintenant surgissent du sein des mers romme une
oyramide tronquée dont le sommet
(i) Sirab.» Xn, U5. torme les plateaux intérienn. Cet htu-

Digitizea by
L*UN1V£RS.
tes terres ne Jamais à moins
s^afaaissent Iliabitant, qui, s*en rapportant seule*
de six ou huit cents mètres au-dessus ment au témoignage de ses yeux , voit de
des inerSf et forment, pour ainsi dire, grandes montagnes dans ce qui nVst en
le uiveau moyen de T Asie occidentale ; realité que les contreforts des terres éle*
eif l'Arménie et la Perse restent, dans vées du centre. Mais toutes ces monta-
leurs régions , à six cents mètres au* gnes secondaires ont en un nom qui se
dessus de la mer. rattache à des événements historiques ;
Il y a peu d'années que Tinvention leurs ondulations ont formé les limites
du baromètre portatif a permis aux de provinces et do royaumes ; elles sont
observateurs de mesurer avec une exac- done pour Tétude de hi presuu'ile aussi
titude suffisante l'altitude des contrées importantes à connaître sous le point de
qu'ils parcouraient, et les récits des vue historique que sous celui de la
premiers voya>;eurs furent accueillis géographie.
avec la plus grande incrédulité. Nous Du peu de mots que noua avoni dit
ne 6aurions croire, disait un rédacteur de la distribution des eaux sur cette
du Journal cies Sarnnfs, que la ville partie du continent on ne doit rien coor
d'Ërzéroum suit aussi élevée que le col dure de défavorable à la coutrée.
du petit Saint-Bernard. C'est pourtant L*ûioomparable beauté du diniat, la
ce qui a lieu, et les vérifications réité- richesse de la végétation feront toujours
rées des mêmes altitudes, si elles ne de ce pays une terre privilégiée où le
concordent pas à quelques mètres près travail intelligent de l'homme recevrait
offrent cependant un moyen de con- au centuple la récompense de sei
trôle suffisant pourqu*on puisse dès au- soins.
jourd'hui tracer le profil de toute celle Du côté du sud le plateau central de
partie du continent asiatique. On pour- l'Asie Mineure est soutenu par une
rait dire, non sans quelque apparence
de raison , que l*Asie mineure n
une contrée sillonnée par des chaînes
pas W ârande cbaiue qui suit les uuuulatioas

la
e la eéte et qui se prolonge dans tootn
longueur de la presqu'île. Cette
de montagnes mais qu'elle est à elle
, chaîne, appelée par les anciens Taurus, 1

seule une montaraie dont les chaînes du mot syrien Tor (montagne) est
ne sont que les dentelures. En effet, une de celles qui ont été le nueux étii- 1

ues de la mer, les côtes se présentent dîées par les géographes anciens; ili
comme une suite à peine interrompue en faisaient la base de tout le système
de montagnes rocheuses et abruptes; géographique de l'Asie.
vues du coté de la terre les sourcilleux
, Le uiout Taurus est comparé par
sommets ne sont plus que des collines, Ératosthène à un baudrier qui cou-
don! l'ascension est des plus faciles. fierait le continent en deux parties,
Cette manière d'envisager la contrée 'une septentrionale, l'autre méridionale.
n'est pas nouvelle; car le géographe Ces deux parties sont, reialivemeut aux
ÉratoKtbène estime la largeur de la Grecs, en deçà et au delà du Taurus , et
chaîne du Taunis égale à celle de toute la chaîne elle-même était regardée
la presqu'île (1). Les anciens avaient déjà comme la plus considérable de la terre
remarqué que la conséquence de cette habitée. Elle était considérée comme
eonfurmation n'était pas des plus heu- prenant naissance aux colounes d'Her-
reuses pour en (aire une région homo* cule, passant le détroit de Sicile , lon-
gène. Les eaux y sont trop dispersées, geant les exlrémit?'>s méridionales du
les rivières maigres et torrentueuses, Péloponnèse et de l'Altique, et s éten-
les terres en pentes trop rapides; de là dant jusqu'à Rhodes et au golfe dMssus.
ces immenses alluvions dont nous avons Du golfe d'Issus elle remonte vers le
tracé un tableau dans le chapitre pré- nord, va joindre la grande chaîne de 1

cédent. riinaiis dans l'Inde, et se prolonge jus- ,

Cette forme du relief des terres que qu'à la mer des Indes dans une lon-
révèle Tétode harométrique du conti- gueur de quarante-cinq mille stadea \

nent d*Asie échappe en grande partie à soit 88S myriamètres. Mais dans tout
ce parcours il change tant de fois de ^

(x) Slraboo, liv. XI, 490. nom qu'on a peine à reconnaître lu

Digitized by Google
ASIE MIMEURË. 99
mêm chaîne. Pline (1) ne lui en tions anciennes qui ont beaucoup plus
éoQue [*as inoins de vingt difterents, de précision. 1^ nom même du Taurus
p^rim i.6quelâ les plus cooous sooti'I- est aujourd'hui complètement oublié, et
Hf, le Paropamisus, le Fariadrèt, ebaque groupe porte uo nom partieu-
li Caucase. Strabon le divise en einq lier.
groupes parn)i lesquels il compte le
«oot Zagrosi de Perse. Ammieu Mar- CBAGUB.
ealiB et Paul Orose lui donnent cinq
Wêêêê qm diffèrent de ceux des aulMs
géoiErraphes. Ptolémée ne lui pu donne
pas moiQS de vingt-deux daus Teteudue A l'ouest de la vallée du Xanthus s'é-
de son parcours et Pomponius Mêla lève le massif gigantesque dei Akdagh,
dH sagemenl qoe les Graes afaieM . la Cragoa, qui domine toute la hyàê
rhilritude d'appeler es» montagnee les et dont la hauteur atteint 8,000 mètres.
flionts Cérauniens. Son sommet est presque toujours cou-
DqNlis que la f^éopraphie de ces con- vert de neige et ses rameaux s'étendent
tiéss est mieux étudiée ou a reconnu
, dans une direction diagonale selon le
^ot eette longue suite de montagnes nord-ouest et le sud-esL Au nord il
D^appartenait pas à la même chaîne ;
fait sa jonction avec le mont Cadmus
mais pour les anciens c'était toujours au moyen d'un plateau qui n'a pas
ItTaurus, c'est-a dire le pays monta- moins de (>00 mètres au-dessus du ni-
peux par eseeUettee, et sooi ee rap- veau de la mer. Il se relie, à Touest,
port ils étaient dans le mi. avec le mont Massicytus qui domine la
Pour le continent qui nous occupe, le baie de Telniissus ou de Macri et ses ,

Btooi Taurus prend naissance dans la aerotères méridionaux forment les caps
ywi Uwm de Lyele aa sud-ouest de TA- de Phinéea et de Ghéiidonitf.
lic^ c'est-à-dire dans le troupe de Cragus Pour bien èlasser ee groupe lyeien
dotmne la baie de Telinissus, et qui, d'après l'ancienne péojrnphie nous ,

de AM jours, porte le nom de Akdagh éprouvons une certaine liilUculte pré- ,

(la montagne Blanche ). Le mont Mas- cisément à cause des documents variés
mifÊm si*éiève à Tooest de eette monta* que nous ont laissés les géographes.
ne et fait partie intégrante du groupe. Ainsi Strabon (1), Pline (2) Senèque (3) .

Des vallées presque inextricables secroi- n'hésitent pas à placer le moni Chi-
MDt en tous sens dans ces hautes ré- mère dans le Cragus même et dans le
gieas; la plus longue et la mieux dessi- mont Solyme, qui en est proche.
née est celle du fleuve Xanthus que les D'après la description de Stralion, il
habitants aj)|)ellent Rodja tchaï, In maî- faudrait donner le nom de Cragus à
Iretse rivière. On sait combien, dans tout le massit qui est à Test du fleuve
SIS régions , les nomenclatures géogra- Xanthus, et toutes les autres monta-
phi(|ucs données par les habitants sont gnes qu*il nomme ne seraient que des
arbitraires et incertaines ; les montagnes différentes réj^ions du groupe principal.
rhaiicr>nl de nom presque dans chaque Toute la région qui est .i l'ouest du
diÂtrici; les fleuves dix fois dans leur Solfe de xMacri appartenait aux Ulio-
pareoiirs. Ce sont presque toujours des iens; c'est la région appelée Pensa et
MOOI inations prises de la couleur des qoe Seyitt appelie le paifs des ilAo-
roches ou des eaux : la montagne blan- aiens.
die , rouge , jaune ; aucun souvenir des La ville et le mont Dxdala appar-
Bona hiaconques n^est resté dans le tenaient aux RbodiensU); mais la mon*
pays ; et il n*est pas rare que les habi- tagne faisait partie de la Lycie, c*e8t-è*
tants d*un même village niaient plu- dire qu'elle est regardée comme appar»
sieurs nomspour désigner la même tenant au Taurus.
montagne. Aussi serait-ii a désirer que
les géographes européens eonservaa-
(i) Slrabuu,XlV, 665.
Mot autant que possible les dénomioa- (a) Pline, V,»7.
(3) Sciicque , ep. 79.
(0 V, S7. (4) Slnd)., XiV, 664.

Digitized by Google
« Après le monl Dsdala vient l'An- nom. On l'appelle aujourd'hui Taktalu
ti-Cragus, montagne eoupée à pic, puis (montagne des planches), parce qu'il y
lemont Cragus avec ses huit cimes et a une scierie pour débiter les bois.
une ville de même nom. C'est dans ces La région nord, dont les cimes s'éche-
montagnes que la fable place la Ciii* lonnent parallèlement à la mer, est le
mère, et Ton voit i peu de distance une mont Climax, qui descend jusqu'au ri-
vallée nommée Chimxra et dont Tou- vage. Lorsque du port d'Adaha on est
verture commence dès le rivage de la témoin du coucher du soleil derrière
mer (1). »» Cette description embrasse ces montagnes le spectacle est des plus
,

donc toute la larçeur de la Lvcie puis- majestueux. Chaque plan de montagne,


que nous sommes arrivés a la côte chaque aommet se oesatoe dans la va-
orientale. Strabon nomme en effet les fteur bleue , et l'on peut à loisir compter
îles chélidoniennes qui terminent cette es échelons du mont Climax qui se ,

côte ; ce qui ne Tempéche pas de mettre présente comme un escalier gigao»


dans la même région le mont Olympus tesque pour atteindre Jes hauteurs de
ou Pboenicos, et tout à fait au même la Lycie. Voilà selon nous le groupe qui
endroit le mont Solymn (2), près de doit porter les noms de Cra^us et d'An-
Phasélis, dont la pusiiion est bien con- ti-Cragus. Ce dernier était ainsi nommé-
nue, et toujours dans la même région le parce qu il se présentait d'abord aux
moDt Climax (échelle), qu'Alexandre navigateurs qui venaient de l'ouest
frnnchitave('difliculté,etdanscenombre Si nous reprenons les définitions des
nous devons encore trouver place pour auteurs grecs et latins, nous trouverons
le mont Massicy tus (3;, avec une ville qu'elles sont toutes d accord pour at-
du ménM nom. Pour faire concorder tribuer le Cragus k la Lycie et non
cette topographie avee Tétat du pays il la chaîne qui court plus rers Test.
est cinirque nous devons restreindre les Étienne de Byzance le désigne comme
différents groupes et les faire rentrer montagne de Lvcie qui prit son nom
Tun dans l'autre. Aussi TAnti Cragus d'un fils de Trémilus et de la nymphe
montagne qui 8*élève à Test du
est la Prasidice. il s*y trouvait des grottes
golfe de iMacri, et qui projette sept consacrées aux dieux champêtres. Sie[)h.
promontoires dans la mer; on donne }\yz. V. Cragus). Ovide (l)nomn»e ensem-
aujourd'hui à ce massif le nom turc ble le Cragus, les villes de Xanthus et
de Yedi booroun. Ce groupe est li- de Lymira, qui en étaient voisines.
mité à Test par la vallée du Xan- Pline '2) ne mentionne le Crapiis que
thus, Kodja Uîhaï. Le massif suivant roniiiic un promontoire mais il le met
;

qui est limité à Test par la courte et dans la Lycie près du n)onl IMassycitus.
abrupte vallée de Pbinéca, est le mont Une seule autorité a pu porter quel-
MassicytDS, aujourd'hui Ak dagh. Il ques géographes à sup|X)ser que le nom
comprend un certain nombre de som- de Cragus était donné à qiiohjuo chaîne
mets notamment le Sousousfiagh (mon- de la Cilicie ; c'est la mention faite par
tagne sans eau); ensuite vient lu So- Ptolémée de la d'Antiochia ad
ville
lyma mons appelé tantôt Almaludagh Cragum qui appartenait à la Cilicie ; ce
du nom de la ville voisine, tantôt iSl- qui e.st confirmé parles médailles. Mais
lynizda^îh (montagne solitaire). Strabon donne explication de cette
1

Le versant oriental du mont Solyma difficulté (3) en mentionnant sur la côte


donne naissance à la vallée d*Alaghir de Cilicie un écueil qui avait aussi le
tchaï , qui forme la limite entre la côte nom de Cragus. « Puis Cragus, rocher
orientale et le dernier groupe: enfin la (Petra) voisin delà nier, escarpé de tous
bande moutagiieuse comprise entre côtes. M On voit que ce n'est pas le nom
cette vallée et la mer est divisée en deux d*une montagne. Selon Boclijart le nom
par cap Avova. La région sud est
le de Cragus serait, comme celui de Tau-
le mont Olympus avec la ville du môme ros, d'origine sémitique, et viendraitdu

(0 StralK)n,X.lV, p. 665. (i) J/cVam., IX, 645.


(a) Ibid.. 666. ù) V. 2^.
(5)Flin., 0) Sinb., XIT, 669.

Digitized by Google
ASi£ MIIŒURE 99

BK>t Crac, qui en langiM qrriaqoe li- forme des montagnes et des vallées.
goifip une roche. Ce sont ces roches orisées et entraînées
Tout le massif lycien est composé de dans les bas fonds par la fonte des
ttàm^ se npporlmt à rice du eal* neiges qui ont formé par la suite des
tà» alpin, c*Mt-iNlire de formatioii siècles ces grandes ooliines de brèches
et de conglomérats qui composent pres-
Ij base des montagnes qui entourent que toute la ceinture de la Lycie. Nous
le golte de Telmissus est une brèche avons déjà dit quelques mots de ce
cÉeiin tendre dins laquelle on a pu mouvement insensible des ritages ma*
fnlefflent creuser les monuments dont nifesté par l'exliaussement ou l'enfon-
nous parlerons dans la suite. Ce genre cement des monuments antiques on ;

de conglomérat forme des montagnes le reconnaît dans presque tout le pour-


«lièifs dans tout le pourtour de la tour de la Lyde. Le port de Gaunas
Lvcif La masse des montagnes , même
. est aujourd'hui convertien un lac d'eau
des plus élevées est d'une formation douce qui s'épanche dans la mer, et
crttacee; c'est un calcaire blanc com- les antiques constructions de la ville
peie foorent marneux et dont l'âge •ont à trois kilomètres du rivage; leur
est déterminé par la présence de fossiles nifeauaetuel indique un exhaussement
de cftte époque ; maiscénéralement ces successif du sol. Déjà dans l'antiquité
fossiles sont tres-rares sur In côte de le territoire de Caunus passait pour
Lyeie; on rencontre seulement une for- malsain. Strabon parle du teint hâve
Slioo asseï poissante de nummulites et maladif de ses habitants et rappelle
« MportTristomo, à file de Kakava. le mot d'un plaisant qui disait on
:

Le ealcaire qui compose la plus ne saurait appeler malsain un endroit


grande partie des montagnes de la Lycie où les morts mêmes marchent (i).
ot Uaoe de lait, sonore, très-&eue i L'ensemble du massif lyeien parait être
IniJI u et a tous les caractères d'une eontempoiaîn de la formation crétacée,
iMbe métamorphique; c'est une question qui se reconnaît dans toutes les îles de
fK les geolosues auront à décider. Il rarcliipel et sur la côte du Pélopon-
sn raaarquable en ce qu'il présente nèse. Il y a donc peu d'espoir d'y trou-
dans sa eontsitiire des sortes d'excava- ver des dépôts métalliques, et, en effet,
l»ooi qui ont souvent la forme de Ioiiîîs jamais il n'en a été fait ment on dans
tabès; d'autres fois de géodes remplies la contrée. Plus au nord daus la pro-
de taille rouge. vince de Cibyratis les habitants étaient
La fiilée
du XinHiut , toute d*allu* rsBommés par leur babileté à tratail*
^'m présente sur ses flancs quelques
, 1er le fer ; mais il ne paraît pas que
l>^cs de grès vert, et surtout des ces mines aient jamais été très-consi-
dépôts douce ; la vallée de Myra
d'eau dérables ; elles sont aujourd'hui com-
Ullte mime époque séologique, et plètement ignorées ou épuisées.
ses monuments sont taillés dans
une
f^ lie blanche compacte et d'un travail
TAUmUS DB PAMPHYLIB BT DB CI-
t'est l'abondance des roches LICIB.
crioiitt qui a porté le peuple de la
Lvcie à pratiquer un art oans lequel il Toute la cdte orientale de la Lycie,
a eicellé a l'égal des Perses, l'art de qui se termine au cap Chélidonia par
tiiller les monuments dans le roc. cinq petites îles (|u'on appelait les îles
Toutes ces montagnes sont encore Chelidonieunes ;des hyroudelles) forme,
ioanrbui eonvertes d'épaisses fo- eomroe nous l'avons dit, une eréte mon-
et rien ne saurait peindre la beauté tagneuse qui se dirige au nord. Elle
de cfs vallées inextricables au fond des- auitte le nord de la mer et remonte
î^elies roulent les eaux des torrents; ans les terres en laissant sur la cdte
Hi la natuie tendre de leur forma- la grande plaine d'Adalia.
tioo et surtout les lits de marne qui Ga massif montagneux dans lequel se
sont lulprcalt'S dans les bancs pins so-
trouvaient plusieurs villes aoeienDCS te
jjd« lont des causes incessantes d e-
Mements qui changent peu a peu la (i) SU«bon, XIV, 65i.

Digitized by Google
so L'UNIVKRS
nomme Sousoas dagh ; on lui donnait du Taurus qui la limite au nord prend
autrefois le nom de Sagniassus. I/épais- eneftet un aspect plus sauvage et plus
seur de ce massif est d'euviron quarante alpestre que dans la région de l'ouest.
kilomètres; il forme le contrefort méri- Sa largeur est aussi plus considérable ;
dional du lac d'Kgdir el s'ouvre pour il constitue presque en entier le sol de

laisser passer les eaux de la rivière Dou- la province de Pisidie; mais pour l'a-
den ; une des passes se trouve au sud nalyse géographique sommaire que
d'AglMoun (Sagaisssus); e*6it randanne nous finsons, nous sommes eontraiot
pa89ede Termessus qu'Alexandre a en- de nous en rapporter uniquement ^tix
levée nvee peine. Le caractère de ces noms anciens ; car les noms modernes
montagnes se présente de la même ma- ne sont que confusion.
nière dans tout le paremm de la eôte. Dès que le Taurus a donné passage
Du côté du sud, ce sont de hautes cimes au fleure Mêlas, il se rapproche de la
qui s'élèvent de quinze cents à deux mer et constitue pendant ime lonjerueur
mille mètres au-dessus de la mer. Vues de près de cent cinquante kilomètres
du côté du nord, ce ne sont plus que le rivage même de la mer, dans laquelle
des collines, tant le plateau intérieur il rient plonger en erandea ftlaiMa
coriservedabanteur, de buitèneufeents abruptes. Il est impossible de joùir d*un
mètres. spectacle plus grandiose et plus saisis-
sant lorsqu'on navigue en rao^éant les
CHAPITRE XII. terrsada la DKde. Le point culminent
MONTAGNES DE LA PAMPBYLIB de cette Cbatue est la montagne que
Ton nomme aujourd'hui Gœukdagli (la
BT DB LA GILIGIB.
montagne céleste ) (1) et représente à
A la plaine d'Adalin commence la ré- n'en pas douter le mont Aodriclus
gion de Pamphylie , qui est bofd^ au (onw jMrktoi) la seule monta^oe
nord par la ebatne du Taoros, dans que nomme Strabon dans ces parages.
lequel s'ouvre un autre passante qui don- Le Gœukdagh est de nature calcaire
nait accès dans la Pisidie ; tout ce mas- comme tout le reste de la chaîne. Des
sif porte aujourd'hui le nom de Des- les premiers Jours de décembre, ses
poîras da^li. 11 s'étend jusqu'aux laes sommets se couvrent déneige.
d'Kî;dir et de Beychéri. Des pics nom- fictive Selinus nous donne un re-
breux et d'une élévation considérable père pourdéterminer le rocher duCragus
dominent le parcours de la chaîne et place à l'ouest du cap Anemour. Nous
formetil on dédale de tallées <|nl oons* avons déjà fait observer (2) que ce nom
tltuaienl la province sauvage de Pisi- de Cragus était tout h fait local et n'ap-
die les eaux de ce.s montagnes se dé-
; partenait pas à une chaîne c'est donc ;

versent dans la Méditerranée par trois mtroduire une grave erreur en géogra-
ri* ières principales qui sont le Cesirus, phie que d'appliquer le nom de GragvS'à
Acsou , l'Eurymédon, le Keaprisou et cette partie du Taurus; il n'y a rien d'é-
le Mêlas Manafgatsou. tonnant du reste de retrouver le ni^nnp
Apres la Despoïrasdagh, la montagne nom appliqué à deux localités ditte-
prend le nom de Baoulo et se rap- rentes; il y a en Asie une auantilé <de
proche de la odte ters son extrémité fleuves Lycns, plusieurs Mélns et non
orientale; une autre chaîne, celle du moins d'Olympe. \je rocher d'Anemu-
BouzbouroundnfïlK court parallèlcnient rium, qu'on appelle encore aujourd'hui
à la première.Au nord, Jusqu'aux plai- Anemour, est le point le plus saillant
nes de KoDleh, sont plusieurs massila, de la côte tant en hauteur qu'en lati-
et notamment le Karadagh, près de tude c'est le point où le continent ae
;

Karaman, qui appartiennent au Tau- rapproche le plus de Chypre (3).


rus topographiquement , mais qui eu Le fleuve Caiycadnus, qu'on appelle
diffèrent eooime formation ; ear sont œ
des montagnes volcaniques. Cest au (i) Gttuk tmit dire littéralement bleu cé-
fleuve Mêlas ou Manafgat que les an- leste.
ciens faisaient commencer la Cilicie (a) Voy. plushanf, p. ^8, col. 9.
Trachée c'est-à-dire rocheuse. Lachahie (3>Slrab., XIV, 669.

Digitizod by Gû*..wtL
ASIE UUNEUaB II

i4Qwd*hDi Sélefké tefaai , «si eoeore Aprèi avoir amladé ce défilé, on


repère pour reconnaître quelques arrive sur un plateau d'où partent en
détailsde la région montagneuse; c'est diverses directions des vallées qui con-
à Test de cette rivière que se trouvait duisent au nord, à Test et à l'ouest. De
limbe nommée Pœcile avec tmenNite notre temps c*étalt Samonr-bey, dévoué
des échelles taillée dans le roc pour à Méhémet-Ali, qui occupait ce Yaëla,
alIfTde la côie à Séleucie. Ici Stra- c'est-à-direque le pacha d'Égypte était
boa emploie eoeore le mot peira pour de maître de l'Asie Mineure. D'é-
fait
dtufBDer ce rocher, comme il l*a fiit paisses forêts d*cisenees d'arbres verts
Bour le rocher Cragus de Cilide. Pour et des cèdres couvrent ces montagnes,
le mont Andriclus qui selnn nous forme et la nature des roches prouve qu'elles
b frontière septentionale de la Glicie, appartiennent à une formation bien an-
le jçéographe grec emploie le mot oros térieure à celle du Taurus; le sommet
qai s'appuque aox chaînes aussi bien offre de nombreux fossilei qui ne se
qu'aux montacnes isolées. Il y n dans rencontrent que dans les couches infé-
Strabon une sorte de fonfusiou dans la rieures du terrain secondaire; le pied
oomeoclaiure des montagnes de cette de ces montagnes est* couvert par des
cdie. AfMrès avoir Irit porcoarir à son formationa pk» réeantai, et nous y
IrTteur foutes les côtes et les montaçies avons recueuli une espèce d*huttre, la
delà Cilicie, il Aux extrémités
«njoute « plus grande espèce connue et qui n*a
,

du Taurus est le mont Olympus... pas encore reçu de nom des géologues ;
d*oà Ton
voit toute la Lycie, la Pam- elle a plus de einquante centimètres de
phylie et la Pisidie, et qui servit de re- longueur (1). Le versant oriental de
traite au pirate Zineticns(l ». Il est clair
) ces montagnes donne passage au fleuve
que c'est la même montaj^ne qu'il a Sarus, qui coule au milieu des forêts
mentionnée en Lycie (2) ; il était hors de cèdres. Ici les habitants divisent les
de propos d*en parler ici. montagnes en deux groupes, l'un appelé
11 nous reste à placer unp cliaîne ci- Runik Pliyrat (le ^rand Pliyrat) et
licienBe appartenant au Taurus et dont l'autre Kutehuk F^hyrat. Ces deux mon-
5/raboo n a pas parié, c'est le mont Im> tagnes sont calcaires et séparent le bas-
Itrus, que Pline indique au nord de sin du San» de celui du Pyramus.
Séleucie (3) ; ce serait alors Tancienne Ici rAntivTkliros remonte au nord pour
dénomination de toute cette partie du former un des contreforts de la vallée
Taurus qui confine à la Cilicie cham» où coule 1 Euphrate, qu'on appelle aussi
pilK jusqu'à la chaîne qu*on appelait Phyrat tehaî. Ces montagnes ont été
Anti-Taurus, et qui commence au delà longtemps au pouvoir des prinees chré-
du fleuve Pyramus. tiens, et les ruines de nombreux châ-
Cesi daiis ia région orientale de teaux du moyen fige, attestent que ces
rimbarus ou du Taurus de Cilicie passages étaient vigoureusement dé-
que ae trouvent les célèbres portes nndus. Id la largeur do Taurus, selon
alidenn^ npp«^lép.s atijourd'hui Kulek Pline (2), est de douze mille pas. Pen»
Bofhaz (le délilc du moucheron ). On ne dant qu'il traverse le Taurus, l'Eu-
saurait se faire une idée de la contu- i)lirate perdait son nom pour prendre
fliou de montai^es qui existent en cet e nom d*Ommas. Après avoir franchi
«Bdroit, tantôt des précisées qu'il faut les rapidos de la montagne, il reprend
tourner en longeant des corniches de son nom d'Euphrate (3^ T/Anti-Tau-
rochers glissants, tantôt des pentes si rus ou grand Phyrat a abandonné la
nfiâeê q^on ne saurait les franchir à direction de Pouest à Pest pour pren?
cheval si le chemin n*eût été rendu dre celle du nord. Ici nous retrouvons
praticable en couvrant le rocher avec dans sacontexture les m^mes boulever-
des troncs d'arbres qui forment une sements, on pourrait dire les mêmes
c^>èee d'escaJier.

(1) Pluiienrs échantillei» loot dépoiéi


(i) SirA^ XTV, 67s. dans tes galeries du Jardio dci plsnlas.
(i) UV, 666. (a) I.iv. V, ch. 94.
(J)Uf. r,cb, a7- (3) Pline, M.
LTJNIVEBS.
abmlioiit que dans la branche paral- MORT AMAllOa BT MONT ftHOflUt
lèle à la mer; mais la formation des bbilah dagb.
montagnes est des plus variées et très-
difDcile à définir ce n'est plus le cal-
: La chanie de montagnes qui borne
caire alpin dont Tâge est bien connu à Test le golfe d'Alexaudrette se com-
été géologues, c'est un mélange de poae du mont Rhosus et du mont
schistes, (f argiles de diverses époques Amanus, connu aujourd'hui sous le nom
et de roches qui iip sont pas encore de Beïlan dagh. Cette (•h;)îne court
étudiées; mais nulle oart ou ne voit ap- dans la direction du sud au nord ; elle
parafera le granit ni lea roehera à baâe forme avec le Taurus un angle aigu
de feldspath; les terrains volcaniques dans lequel s*enfonoe le golfe d Alesan-
y sont très-peu étendus; ce sont les drette.
schistes irises et des roches d*ua noir Le mont Rhosus occupe la partie
de jais qui an prjBmIer aspect ont méridionale de la chaîne. La hauteur ne
Tapparence de houille ; mais hélas on dépasse pas dix-huit cents mètres. Il se
est Dieu vile df^lroinpé. L'Anli-Taurus termine au sud par un fîrnnd promon-
après avoir forme comme une barrière toire qui est marque sur les cartes sous
le nom de Raz el kanzyr ( le cap du
aue TEuphrate franchit en écumant
epuis la latitude de Malatia jusqu'à Cochon ) ; entre TAmanus et le Rhosus,
celle de Bir ou de Biradjik, l'Anti-Tau- il y a une dépression qui donne accès
rus file sur la rive droite du fleuve dans l'intérieur; la ville de BeïKin e>l
Kur aller montagnes de
regagner les située à l'entrée de ce delile qui était
,

Lrménie. Atora de notre


il n*est plus connu sous le nom du passage de TA-
domaine. Nous pouvons donr résumer manns.
ainsi les diverses branches de cette La chaîne du Rhosus s'étend jusqu' i

longue chaîne. la latitude de la \ille de Skanderuuu la ;

se trouve un autre passage qu'on ap-


CHaIrB du TAOEDS. pelle aujourd'hui Beli Boghaz.
Ce mot ll'li, se trouve assez
fréqiieaunent dans les nums de lieux
!«' Cron^ Craguê, comprenmU :
dau-s CCS régions signilie beau, joli i il
,

Anti-Cragus, Yedi Booroun dagh, est tretjueinmeot employé dans la eon*


Massicytus, Ak dagh, ersation pour dire tr es-bien.
Solyma Bey dagh
, Poursuivre l'opininn des tiéogrnplies
Climax-Chimxra , Tactalu dagh. anciens qui ont duniic des muntagnes
d*Asie une description plus méthodique,
3* Croupe Tawve ptmphffUeH : nous devons rattacher au système du
Pas deTermessns, Taurus une grande partie dii plateau et
Sousous daghf des moulagncs de la (';i[)[)a(luce, c"esl-a-
Sa^ialassus dire les monts Kara dagli ()ui s'clevent
Agiasouu dagh, Baoulo. le long du revers septentrional du
Taurus, dans les reliions delà ville de
Z* Groupe Andriclus de la CUicie Karaman el les niunla^ues de la IMsidie
Trachée. et quelques-unes de celles de la Carie,
notamment le mont Cadmus qu'on ap-
Kara dagh
pelle aujourd'hui Baba dagh.
Despoïras dagh.
Il en serait de même du plus grand
4* Croupe Imbnrm de CUicie cham- et du plus célèbre volcan de l'Asie Mi-
pêtre. rival de TArarat ; en un mot
neure , du
du mont Argée qui domine la ville de
Ala dagh Césaréc de Cappadoce; mais en don-
Kulek boghaz. nant une description abstraite de ces
5' Groupe AtUi- Taurus. montagnes et surtout avec les noms
modernes qui, comme nous Tavons déjà
Buyuk Phvrat, dit,sont si variables, nous ne présente-
Kutcliuk Phyrat. rions au lecteur que des idées confuses

Digitized by Google
ASIE MmEUaE. 33

oa insaisissables , il est préférable de I/Hermus» qui descend des plateaux


donner la description de ces groupes de la Phrygie, apporte à la mer de
isolés avec celle des provinces dont Smyrne le tribut des eaux des monta-
ils font ptrtie. Now noiif bornerooi, gnes du nord.
d.ins ri>t aperçu orograpiiique « à donner Pour suivre selon leur position la
une idée des grandes chaînes dont la description de ces fnontagnes, nous
position et la dénomination sont bien continuerons de remonter du sud au
adoriws et eonstatées, et qui fervent i nord depuis les versants du Taums.
déterminer les limites des provinces. La Lycie, dont le groupe montagneux
Le mont Taurus, à ce point de vue, doit est si remarquable , forme comme le
fixer d'abord l'attention de tous ceux coin sud-ouest de la presqu'île. Nous
qui veulent se rendre compte de la géo- avons dit, d'après l'autorité des anciens
graphie de la presqo*tle d'Asie, puis- géographes, que tout oe qui était à l'oc-
qu'il sert de base à cette grande divi- cident de ce groupe n'appartenait pas
sioini'Asie au del.i du Taurus et d'Asie au Taurus. Cette division pouvait être
en deçà du iaurus qui a ete admise considérée comme arbitraire; car les
dans tout le eoun de rantiquité. ramifications de cette grànde ébahie se
se prolongent vers le nord eV forment
caiAPiTa£ xui. plusieurs bassins lacustres. Mais la
division politique de la presqu'île de-
CHAÎNES DE L'INTÉBIEUB. mandait ce partage pour conserver les
régions distineteff cTAsie en deçà du
n
est iropoftant de faire remarquer Taurus et d'Asie au delà du Taurus (1).
eombten les anciens ont cherché à
mettre de méthode dans la déûnition MONT PHQENIX.
éea nHHita$;nes qui sillonnent la près-
(^uHe de l'Asie Mineure; et mal|;ré La contrée qui s'étend à
l'ouest du
\ extrême difficulté de classer ces golfe de .Macri appartenait à la Carie;
chaînes qui se coupent en divers sens, mais comme elle avait été longtemps
ili ont iài&i la physionomie de la con- la propriété des Rhodiens, elle conser-
ftée Mssi bien que ponrraieDt le ftire vait le nom de Peraea et finissait au
les géographes modernes ; il fout àiiie mont Phœnix. L'étude de cette der-
la part des difficultés qui se présen- nière montagne exigerait de plus longs
taienteo foule par faute d'instruments dévéloppements que ceux que nous
de précision, la boussole et le baro- pouvons y consacrer dans ce tableau
èlie. On recounatt dans le tableau sommaire. Elle domine un des plus re-
eco^raphique de l'Asie Mineure trois marauables golfes de la côte, le golfe
irrandes chaînes principales et qui sont de >iarmarice ou Phiscus (2). Aujour-
a peu près parallèles entre elles dans d'hui elle est sans nom local. Au som-
Il direetioa de l'est à Toaest, aa sud le met on reconnaît encore les vestiges
Tnrus qui est le contrefort sud du pla- du célèbre fort dont les défenseurs ont
tpîiu central, au nord le mont Ida et résisté jusqu'à la mort aux attaques
au centre le mont Tmolus. Deux chaînes d'Alexaudre.
, Mes-
le Sipylus et le La variété des marbres prédenx dont
jis, ont moins d'importance, mais se composent différentes parties de
viennent toutes deux s'amortir au pla- cette montagne lui a valu le nom
teau central de laPhr^pie et en for- qu'elle porte aujourd'hui. Le fort Phœ-
it comme les contrêiorts occiden- nix est situé siu" un mamelon, à 1,200
mètres environ au-dessus de la mer, et
Cette formation, qui au premier est dominé par un pic beaucoup plus
abord ferait concevoir l'existence de élevé. Le golfe, dont la forme est un
longues vallées transversales, est inter- triangle amort aux angles forme comme
rompue par des ramifications qui s'é- le centre de nombreuses fallées qol
tendent en diverses directions et ne
laissent passage qu'à deux grands cours (i) Sirah., XIV, 65i.
d'fsu. Je Méandre et le Caystre. (a) Sinb., m,
VUvratnm, (Asie Mirbuab )t , II. t

Digitized by Google
84 L*IQiI?BRS«

viennent en rayonnant se réunir près- iks pays très-accidentes où se trou-


Îue en on point central du golfo. aieot let Tilles de Stmoaieée, Mylasa,
Jne presqu*1ie rocheuse de calcaire Jassus, Halicamasse et Cnide. Toute
blanc sert d'assiette à la petite ville de cette contrée est d'une richesse in-
Maniiarice. On pourrait dire que ce sou- croyable en carrières de marbre blanc et
lèvement est d'une date presque his- veiné. La montagne .sur laquelle est
torique; car au sommet des roches, à bitie Jassus est d'un marbre de mé-
plus de dix mètres au-dessus de la mer, diocre qualité, avei' des bancs schisteux
on trouve le rocher percé par les pho- qui se débitent en tablettes. .Mais les
lades, el nous avons encore trouvé des murs de ia ville sont du plus beau
eoquillesen place. Ce fait doit se ratta- marbre blanc, tiré des environs; Ne
cher au mouvement extraordinaire que temple d* Apollon est ég^ement de
nous signalons sur toute la côte de marbre blanc. Nous parlerons de la ri-
Lycie, iiiouveni* nt d'ascension d'une chesse des monuments de Cnide. Toutes
part el d'abaisseuit ut de l'autre, qui mé- ces carrières sont loin d'être connues;
rite une sérieuse attention de la part d'autres générations y puiseront des
des géologues et qui doit ouvrir des matériaux pour les mofiuments de l'a-
points de vue nouveaux sur la physique venir. Strabon n'oublie pas de mention-
du globe. ner ces carrières (I) : « Mylasa esl située
Cette presqu'île rocheuse est entourée dans une plaine trè8*ftrtile ; die est do*
f)ar
une grande plaine d*alluvion sur minée par une montsgno où il y a une
aquelie j^'elevent trois îlots de roche. carrière de fort bem marbre blanc. »

Il est clair qu'à une certaine époque Les niontagnes qui dominent Hali-
toute cette plaine Taisait partie du camasse s'abaissent dans ia mer eu
solfe et que les alluvions apportées par formant plusieun caps, parmi lesquels il
deux petites rivières ont oonsblé la partie hnt remarquer je cap Triopxum où
haute. était située Cnide. Ici la roche est com-
Une autre singularité à signaler, c'est posée d'un poudiugue calcaire dans un
rentrée du golfe même, qui est barrée ciment sablonneux rougeâtre, qui n'est
par une grande tle , et a cauche les propra à aucun emploi.
montagnes viennent se profiler de ma- On pourrait considérer ce pays mon-
nière a cacher complètement l'entrée tagneux comme un des contreforts sep-
du c.iual. A droite, c'est-à-dire à l'est, il tentrionaux du Taurus qui se rattache
semble qu'il y a une passe ouverte dans au mont Cadmus, le Baba dagh d'au-
laquelle le navire n'a qu'à se lancer; jourd'hui, qui s'élève à 1,850 mètres au-
mais c'est là qu'est le danger pour ceux dessus du niveau de l:i mer. Cette mon-
qui ignorent ces lieux ; car une barre tagne, composée de calcaire, tantôt
de sable ferme tout à Ceiit ce passage. compacte, tantôt marneux, pourrait ap-
11 faut donc pour entrer dans la baie de partenir aux terraiosde Tâ^ de laeraie
Mnrrnarice louvoyer entri la grnnflc et du calcaire compnct© qui compose le
Ile et rîlot (1) et toujours ranger la cote Taurus et la plupart des îles de I archi-
ouest. La constitution géologique de ces pel. Ses ramilicatious s'étendent vers le
montagnes paratt d'une époque anté- sud, oà nous avons frmcbi on ool au sud
rieure a celle du mont Taurus. On y delà villede Denizly quiest à 1277 0.
reconnaît des innrhres saccliaroïdes de de hauteur alxsolue.
différentes couleurs, des serpentines en Le versant nord du Baba dagh donne
couches assez puissantes 0t deiioebes naissance au Lycus et nous transporte
ealcaires avee des pénétrations d'autres dans les plaines du Méandre. Mais
roches siliceuses dont nous De aanrions nous avons encore à étudier deux chaînes
déterminer l'âge. qui forment le liane méridional de cette
Le revers septentrional du mont vallée, le mont Latinus et le mont
Pbœnix se rattache aux montagnes de Grius (3).
la Carie, ne constituent pas de
tjiii

ehatoes trés-élevées, mais qui ferment (i) XIV, 658.


(a) SCrtb,^ JIW, 636,
i^i) Voir lu cai te.

Digitized by Google
ASIE MIKEURE.
inait du
autrefois la rive occidentale
golfe de ou
AlUet. Cest te mont Grtus
Il etetae du Litnus eoimnence à Ghazokleadagh, dont les sommets ma-
m ëèll^her dmuement du Baba dagh melonnés sont couverts d^me épaisse

(Père des montagnes) et so diiue forêt.La chaîne du Grius est aussi coiu-
ffrs l'ou. st en donnant, par diverses posée de schistes micacés et de gneiss,
deprtssioiis qui paraissent tout à fait qui la plaeent dans le cadre de la for-
te vallées d*ér08lon, passage à plu- mation primitive. Celte chôme s étend
fleurs petits affluents du Méandre, jusqu'à Mendelia (Kuroinus) (I). l.lle
Dotamni^-nt la Tchina et l'Arpas linit par s élargir vers le sud et forme

idiai. ioute la composition de cette entre Kuromus et Mylasa au rempart


noBtagoe Mt
d^un scbisie micacé qui dans lequel sont des carrières de marbre
ms annonee des terrains très-auciens cristallin.
ctde première formation. La montagne Le Me:uiclre, qui fornie la limite entre ,

de \rpas, qui son nom de l'an-


tire l'Iouie et la Carie, coule de Test, a l'ouest
cienue ville de Harpasa, forme un des devant la chaîne du Latmus. Le versant
m
wnHe ent» principaux de la montafpie, septentrional de la vallée est forme par
qui continue de filer vers Tniiest en pré- une chaîne lonfîue et continue que les
sentant des sommets peu accidenlcs ; anciens appelaient le mont Mtssogis
enbn elle se termine par le massif de (iWwo^^ÎA ); or pour une oreille grecqtje
Bcdi pannakdagh ( les Cinq*DoigtS ), ce nom peut signifier le milieu de la
qui est Tancien et le célèbre Latmus, terre, comme s'il divisait la région en
4oot la mer baillait jadis la Toute
hase. deux parties égales,
eette montaiioe est granitique ou for-
mée de roches à base de feldspath; mokt HSSSOeiS.
ifcst donc une des plus andennes for-
roalions de la contrée, contemporaine Le mont Messoiiis, que Ton nomme
in mont Tinolus, et qui vit autour aujourd'hui Kestenous dagh (la mouta-
dTette surgir toutes les montagnes que gne des Châtaigniers), s'étend dans une
MMs avons visitées, AujnvnThui, longueur de pins de vingt myriamètres,
comme nous Tavons déjà dit, Is pic du depuis le plateau de la Phrv^ie où était
ont Latmus se baigne dans un lîic située Célœnae, aujourd'hui Dinaire,
marécai^eux qu'on appelle Oufa-Bafi , jusqu'à la mer, où il vjeut s'amortir en
dont les eaux jadis marines , adou- l'ormaut le groupe du Mj^cale. Du cété
des par lee pluies, ne sont plus <fne du sud, le mont Messogis se présente
.

nsmâtres. Un curieux, c'est


fait nssez gous un aspect verdoyant et fertile. Les
que ce lac contient des mulets et nu- sommets sont arrondis et plusieurs val-
très poissons de mer qui furent enfer- lées s'ouvrent pour donner cours a de
més loranoe le Méandre eut boaebé petites rivières qui viennent se jeter
rentrée an golfis et qui s*y sont per- dans le Méandre. La formation du
pétuës. Messogis diffère complètement de la
Le mont Latmus est entouré d'une chaîne du Latmus, qui lui fait face au
ceinture de forets qui sont célèbres 8ud. La majeure partie du groupe de
^ÊffM la fable.On y montrait dans une Kestenous est composée de cailloux
grotte voisine d'un ruisseau le tombeau roulés et de terrains d'alluvion charriés
d'F.ndvmlon. Le somtnet de la mon- sans doute par le Méandre à une époque
tagne," complètement dépouille de ver- très-reculee. Ces terrains sont d'une
dure, se cornposede eloq pilons grani- fertilité sans égale et étaient dans l'an-
tlifiies qui lui ont valu son nom de mon- tiquité peuplé» de villes nombreuses.
X-'znf des Ciiiq-Doicts C'estunedés plus Le Messoiiis du côté de l'est offre une
élevées de la chaîne mais si onen juge
; l assez, faible élévation, parce que la val-
par la fonte rapide des neiges au prin- lée du Méandre s'élève insensiblement
temps, son altitude ne doit pss dépssser jusqu'au plateau de la Phrygie.
quinze cents mètres.
De l'autre côté du lac court une
chaine d'un ordre secondaire et qui for- (i) Sirabou, XiV, 635.
cupent les pentes est Tralles, aujour- le Lethaeus, qui coulait à Magnésie, et
d'hui Aîdiu qui est à l'entrée d'une val- TEudou, qui coulait à Tralles.
lée profonde, coupant la montagne daDt Une branche occidentale du mont
1:1 direction du nord au sud. Eusuite Messogis se détache dans la direction
vient la région fertile qu'on ap[)elle le du nord et donne naissance à la chaîne
marché aux Ggues , ft'osly bazar. C'est du mont Factyas, qui contient les cbalnes
cette province qui fournit Mt figues con- secondaires, le mont Priou et le moût
'
nues sous le nom de figues de Smyrne. La Thorax (1).
beauté du pays a bien sa contre-partie mont Pactyas est la chaîne que
dans les affreux tremblements de terre l'on franchit pour aller de Smyrne à
^ui ont ravagé la contrée à différentes Ëphèse c'est sur le versant nord de cette
;

époques. Pourtant dans ces régions on montagne que l'on trouve les raines de
n'observe aucune trace de terrains vol- Métropolis.
caniques. Le mont Messogis vient s'a-
mortir à la côte en formant une mon- MONT PAXON.
tagne élefée et arrondie; ^est le mont
Myeà\e,n célèbre dans Tantiquité. On La chaîne du mont Prion court pa»
l'appelle aujourd'hui Samsoun dagh; rallèlement au mont P.ictyas et forme
cVst aussi le nom du reste de la chaine la côte méridionale de l'ancien golfe
qui descend jusqu'au Méandre. d'Éphèse, aujourd'hui comblé. Les cré-
iBS dénudées et rocheuses de cette
MONT MTCALB. montagne qui se détachent sur le ciel en
Profondes dentelures qui lui donnent
Le mont Mycale se présente du côté apparence d'une scie, npîtuv en grec.
de la mer comme un edne régulier à Paosanlas (3) lui doraie le nom de moot
sommet tronqué. Ses ramifications des- Pion^ ainsi nommé, dit-il, à cause de la
cendent du coté du nord et forment le fertilité de son sol, du mot grec ntcuv,
mouillage de Scala Mova et les ondu- gras, ifertile. Mais tous ceux qui ont vu
lations montagneuses qui entourent le cette montagne conviendront que la
détroit de Samoa. Strabon (1) décrit eo dénomination de Strabon lui est bien
ces termes le mont Mycale « Après l'em
: plus applicable, car ses sommets se pré-
boucbure du Méandre vient le rivage sentent aux yeux comme une falaise dé-
au-dessus duquel sont la ville de Frièue chirée. Nous devons ajouter cependant
et le mont Mycale. Celle montagne, qui que Pline donne également le nom de
est couverte ae bois et abondante engi* Pion à la montagne sur laquelle Êphèse
bier,s'incline versl'île deSamos,ei forme était b^\tie," aftoUiturmonfe Pione{Z).n
au delà du cap Trogilium un détroit Le revers méridional du mont Prion,
d'environ sept stades (1,308 mètres). » composé de nombreuses vallées bien
Cette distance est trop petite; mais le arroaées, va se rattacher au mont Tho-
restedela description peut encore s'appli- rax, qui domine la vallée du fleuve Lo-
quer au mont Sainsoui). Le mont IVles- thaeus où était située Magnésie du
sogis, selon le géographe Théopompe (2), Méandre. Le mont Thorax se présente
fSmd depuis Gmsnae jusqu'à Mycale; du edté du sud comme un o6ne arrondi
en sorte' mie cettemontaçne, celle qui à son sommet. Ses flancs renferment de
avoisine CelsensBet Apamee, est habitée belles carrières de marbre qui ont servi
par les Phrygiens , une autre partie par a bâtir la ville de Magnéi»ie et plusieurs
des Mysi et des Lydiens, le reste par monuments d'£phèse. La position des
des Gariens et des Ioniens. monts Pactyas et Thorax est fliée par
Le revers nord est p'us abrupte et Strabon (4) de la manière suivante. Le <

plus accidente queversant siul. Il


le premier lieu que l'on rencontre en
est sillonne par des vallées plus pro- sortant d'Épbèse est Magnésie sur le
fondes, qui donnent naissance à de pe*
tites rinores antrefois cflèbres, comme (i)Sintb.,XlV, 633.
W 7. ch. V.
XIV, 6îr,. (3) Uv. V, rli. aij.
SUab., XUI, 6*9. (4) XIV, <i46.
ASIE MIIfEIJRE. 91

Méandre; on l'appelie ainsi parce qu'elle table; mais c'est de ses flancs nord que
ctt ntuée près de ce flea?e ; mais elle est sort le Pactole, qui déjà du temps des
encore plu*; près du I^thacus ^ qui vient Romains avait perdu de son antique re-
du moDt Pactyas des Épliésiens. Ma- nommée. Nous nous étendroTi?; dins la
gnésie est sitiîée dans une plauie au partie historique sur .les recherches que
pied du mont Thorax, où fut crucifié le nous avons raltes sur la régime de ce
(pruMiMirieii Dsphytas. •> fleu ve. Un
petit lac, situé presque au som-
Le revers septentrional de la mon* met de montaojne, en lorme la source
la
tafine n'offre pas un caractère aussi et rochers de gneiss et de mica-
les
tranché', il s'abaisse rapidement vers la schiste fournissent eucore aujourd'hui
grmio vallée transventle où eoole le à ses ondes les parcelles de mica qui
Cejstre. donnent au sable cet aspect brillant.
Le mont Tmolus est à nos yeux le
CHAPITRE XIV. premier noyau , l'ossature de toute la
{iresqu'ile ; c'est cette chaîne qui, d'après
MORT TM0LU8. a théorie géologique aujourd'hui géné-
ralement admise, .f dil surgir la première
uiont Tmolus est la chaîne qui du sein de la terre, alors que le j^éant
forme le revers septentrional de la val- du Taurus était encore englouti dans les
lée 4u Gaystte. il se rattache, à Te- abîmes terrestres. Le Tmolus est en ef-
rient, au mont Messogis par des ondu- fet composé de granit et de roches pri-
lations, qui se prolongent jiisqu'nu mont mordiales; c'est une rareté en Asie Mi-
Cadinus; de sorte que cette montagne neure que nous ne retrouverons guères
forma eomme le noeud oà se réunissent qu*à rida et è TOlympe. L'aspect de la
plasieurt chaînes ; c'est peut-être à cause montagne offre tout le cachet, séduisant
de cela que les Turcs lui ont donné le pour le peintre, des contours accidentés
nom de Baba dagh (le Père des monta- que présentent les rochers granitiques^
Peut-être dans quelques-unes de ses ra-
Le mont Tmolus était célèbre dans mifications pourraitK>n signaler quelques
/'anfi fuilépar ses excellents vignobles, lambenux caleaires; mais nous n'en
dont ne reste plus aujourd'hui que de
il avons p;is rencontré. Dans les régions de
fà\b\es traces dans les villes de Baïudir la ville de Tapoë, Tancienne llypoepa,
Cl lia Tapôe (1). Strabon le dépeint le granit passe tout à fait au schiste
comme étant couvert de forêts (9) dont micacé. Le versant nord commande la
il ne reste plus que le souvenir. On plaine de Sardes, où roule le fleuve Her-
vuU encore sur les flancs de ses val- mus. Tous les contreforts de ce côté
lées lias miai de forêts de éhénes qui sont composésd'agglomératsde cailloux
ont été incendiées et dont les troncs roulés, ae fragments de gneiss et de
rh.irhonnés re^-tent comme les tristes té- sable; c'est à un de ces contreforts
moins du passé. I.e mont Tmolus est qu'appartient massif sur lequel s'é-
le
appelé aujourd'hui Bouz dagh (monta- levait la citadelle de Sardes. Le Tmo-
gne da la Neige), parce que c*68t sur ses lus ou Bouz jlagh commence à se dé«
sommets que la ville de Smyrne et le^ firimer en s'approchant de In mer et
villages environnants viennent s'appro- aisse entre loi et le mont Pagus une
vtsiooDer de neige. Il s'eteod de l'est à large vallée qui conduit dans la vallée
Ton^ dans unelongueur de cent vingt duCaystre. Aunordje long de la chatne,
kilomètres environ. Aussi la phrase s'étend la vallée de Bournaliat, à l'entrée
les traducteurs français prêtent à de laquelle est située la villi' de Smyrne.
bon (3) : n Le mont r.iiolus est Nous devons mentionner aussi un pays
assez ramassé », ne nous parait pas montagneux qui forme la barrière nord
ciacte. Le Tmolus du côté dui sud ne de la vallée de Bournabat. Cette chaîne,
donne nalasanoa à aucune rivière do- dont l'altitude atteint à peine la hau-
teur de quinze cents mètres, appartient
(t) Pline, liv. Y, ck 29. en entier au système crétacé ; c'est dans
fa) XIII, 639. las rochers qui dominent la vflle de
0) xni, «»9« Bournabat que les touristes vont visiter
S8 LUNIYERS.
des exeavationg appelées , sans aucune tièrement oompoié de traHiytea et de
espèce d'aulorité, les Grottes d*Homère. roches de nature volcanique , et a cela
Olte tradition a pour base un pass.iiie de particulier que c'est une formai ion
de Pausauias (1} qui a été faussement isolée au milieu des montagnes caU ni-
appliqué à cette loealilé. « Les Smyr* res. Les Turcs l'appellent Kizil dagli {\j
né^ns ont dans leur pays le fleofe Mê- montagne Rouge). Au sud sont les mon-
les dont les eaux sont excellentes: près tajînesde Téos, de Claros et de (>>lo-
de sa source est une grotte ou Honière, phon en calcaire gris qui approche du
dit-ou, COU) posait ses poèmes. Les marbre, et au uord la vallée de Bour-
grottes que l'on nontre aujourd'hui ne nabat.
sont pas à la source du fleuve, ce sont des
excavations peu profondes dans la ro-
che calcaire, et qui u'oot rieu de reiiiar-
CHAPITRE XV.
3uable. Le versant oriental de ce rameau
u Tmolus est couvert d*une fofétasses MONT MIMAS.
touffue dans laquelle est le célèbre ro-
cher où sè trouve ^rrave le portrait de Le groupe qui forme la rive méri-
Sésostris. La jolie ville de ÎSyniphi , cé- dionale du golfe de Smyrne est re-
lèbre par ses plants de oerisiers, est si- marquable par deux montagnes coni-
tuée au pied de cette montagne. Ces ques, égales de forint- et de dimension
différentes chaînes nous ont conduit que les navigateurs français appellent
jusqu'au bord de la mer au golfe de les deux Mamelles et les Turcs Iki Kar-
Smyme. Nousavonsàexaminerlesgroa- daoh (lei Deux Frères), Au pied de
pes montagneux qui Tentourent et qui ces montagnes sont situées les sources
ont servi d'asile aux premières colonies chaudes mentionnées par Strabon '!)
ioniennes qui vinrent s établir en Asie. et par Pausanias ('i). Les Clazomé-
<•

L'étude de ces montagnes offrirait niens, dit-il, ont une source chaude oà
un puissant intérêt au géologue, attendu ils rendent une espèce de eulte à Aga-
quê-sous un cadre restreint il pourrait memnon. »

trouver des formations de tous les j\îzes, Les ruines de Clazomènes sont en
depuis les granits jusqu'aux roclies vul- effet situées dans le voisinage. Pausa-
eaniques du terrain tertiaire. La forme nias donne le nom de Maerta au pro-
de ces montagnes se |)résente sous des montoire voisin de Téos ce serait alors ;

traits grandioses et saisissants, qui se la pointe du port de Sighad}ik.


gravent facilement dans la mémoire du Pline (3) attribue au mont Mimas
navigateur. toute Pétendué de cette presqu'île et
Nous suivrons pour notre étude la lui donne deux cent dnquante mille pas
ligne de In chaîne au Tmolus. La mon- d'étendtie. Il ne mentionne pa< ^I i- 1

tagne qui domine In ville de Smyrne est melles, qui sont cependant fort remar-
le mont Pagus près duquel Aliexandre quables.
est censé avoir eU une vision O). Pli- A
Touest de ees montagnes il y a
ne (3) lui donne le nom. de Martusie. entre les golfes de Sfenyrne et de Téos
Dans cette même contrée on trouve le ofi de Sighadjik un ahaissenu-nt de
mont Martusie adossé à Smyrne (a ttuyn terrain qui avait donné à Alexandre
Smyrna), et dont les racines vont join- le Grand la velléité de faire couper
dre celles du mont Olympe. Tout cela Tisthme, dont la longueur est de sept
n'est pas très-exact; car entre les mon- milles romains (4). Il voulait ainsi faire
tagnes de Smyrne et roiyinpt». il y a de une île de la presqu'île d'Krythrce et du
grandes vall6es sans compter celle du (nont Mimas. Mais ce projet n'a pas
Mêlés dont Tauteur vient de parler dans même en de commencement; do inoiiis
le même chapitre. Le mont Pagus on Il n*en reste aucune trace. U s'est eoo-
Martusie est presque conique; il est en-
(i) XIV, r);5.
Ci) Liv. VII, ch. V. (a) L. VII, ch. 4.
(i) Paus.y acb. S. (3) Liv. V, ch. ag.
(3) Liv. y, eb. «g. (4) Pliae^ lir. T, ch. aç.

Uiyiiized by Google
ASIE MIIVEUEE. 9i
tenté de faire réunir aa conlioent Vile CHAPITAË XVL
ie Gazomenes.
Os projetsde eooper les isthmes MOMlf SIPYLDS ET SES BKBBAHGHB-
furent souvent entrepris dans Tanti- MBNTS.
quilé. mais jamais n'uboutire t. Héro-
dote au sujet (ie& Cuidieus une
raconte Sur la rive droite du golfe de Smyrn^
i aosez plaisants. Le massif rar
Birte et non loin de Tembouchure du Mélès
s'élève une montagne conique dont
lipel est bâti In ville de Guide est réuni
ncootinent par un isthme delà lar- les rniuiliealions forment le groupe du
prarde cinq stades (740™). LesCiiidiiMis Maiiiser da^ih (monta4;ne de .Mj;,mu'-
quiiTaient voulu le couper, rencouUaut sie).Cest le mont Sipylus, uu des plus
uiefeaie d'obstades, envoyèrent eon- célèbres de la Phrv^ie. Cette mon-
soher Poracle de Delphes, qui leur ré- tagne se présente plutôt sous la forme
|)H>ndit inçrëmienieiit Ne vous donnez
: •< d'un massif que d'une chaîne; elle
pa» laot de peine. Si Jupiter avait voulu doit son origine à de trés-auciens vol-
qae mire lOTUoiie fût ooe Ile, il n'au- sans dont les éruptions ont eouvert la
pas eu besoin de vous pour cela. » Les
rait contrée à des époques antérieures aux
Ceidiens se le tinrent pour dit (1). temps historiques, et doivent être ran-
Darius voulut couper risthine du gés dans l'ordre des volcans anciens,
moDt Athos, ^eroQ l'isthme deCoi uiliie ; i.es ruches qui les composent sont des
tous ces projets sont toujours restés trachytes rouges et bleus; mais à une
ifiacherés. époque plus récente des laves se sont
Cest aux montagnes des Mamelles faitjour surles flancs de cette montagne,
et à la hauteur des îles d'Ourlak que et ont donné naissance à des coulées
i^srii^ la fematioii calcaire. Le grand qui sont en tout semblables à celles des
ctp qui forme la corne méridionale du volcans de l'Auvergne. Le groupe du
pelfe de Smyrne s'appelle aujourd'hui Sipylus s'étend .1l'est jusqu'à la ville de
ILara t-^^urnou. Célait autrefois le cap Magnésie et est séparé par une dépres-
Utlùi , i un et l*autre nom signiiie le cap sion assez forte des montagnes calcaires
ifur siBsi nommé
de la roche volca- de Kournabat et de Nymphi ; au nord
90e noire dont il est composé, et sa base est baignée par les eaux de l'Uer-
doDt on fait des meules de moulin. nuis que h's Turcs ap|)ellent Sarahat
C'est cette montagne que les Grecs ap- ou Kediz tchaï et qui va se jeter dans
pdsient Mioms. Tout le reste du pro- le golfe de Smyrne, à Touest de la mon-
BNiloire où sont les ruines d^Ërythrae tagne. Au nord-est, le Sipylus se rattache
ffX composé de trachytes rouvres c'est ; par des ondulations presque msensibles
je pense, en dépit dès autres étvmolo- au Mourad dagh le mont Dindyinène,
o» de ce nom, ce qui a motivé le nom une des montagnes importantes de la
«TÊrythrae, la ville Rouge. Au sud du Phrygie centrale.
ont Mimas et du golfe d'Érythran L importance du mont Sipylus étant
sont les collines qui dominent ïchesme, beaucoup plus grande sous le rapport
composées de tuf volcanique blanc. iiistorique qu'au point de vue géogra-
Tontes ces contemrs des edtes qui s'har- phique, nous compléterons l'étude de
monisent avec le bleu intense du ciel cette montagne lorsque nous nous oc-
donnent à la cote d'Ionie un aspect cuperons des villes situées sur son ter-
particulier qui se grave dans le souvenir ritoire.
tfe tons ceux qui ont visité ces parages. Le reste de la côte nord du golfe eît
Les îles Arginusses , aujourd'hui Spat- formé d'aUuvions qui s'étendent jus-
madores, appartiennent aussi aux ter- qu'aux rochers de Phokin, l'anciemie
rains plutoniens, tandis que l'île voi- Phocée placée n r»'ntr«'»' ùu golfe.
sine de Chio rentre dans la grande fa- Depuis la plaine de l'ilermus jusqu'à
mille des ties de rarchipei qui sont, Pergame et sur la côte jusqu'au golfe
r oins deux 00 trois tlots, dn système
d*Adramytte le pays est composé de
CTélacè. plaines peu accidentées dans lesquelles
coule le ileuve Caïque et l'un de ses af-
f
) Hérodote, 1, 174. fluents, le Selinus.

Digitized by Google
40

Id le tanndn eommence à présenter CHAPITRB XVII.


un aspect nouveau la rc^zion purement
;

calcaire a cesse et
roches schis-
les
MORT ISA.
teuses avec des filons de quartz com-
mencent à surgir, msis souvent entre-
de dire laquelle des
Il serait difficile
coupés par des épanchements traehyti-
deux montages de rida ou de l'O-
ues. chaque moiilafine, chaque oolfine
lympe pa<>sait dans l'opinion des an-
e cette régioo porte un nom inndfrue, ciens pour avoir la plus grande célé-
mais qui ne se rattache en rien aux sou- brité ; mais il eu est peu qui aient été
venirs historiques. Le groupe méridional
le sujet de commentaires plus variés et
est toujours le IManiser dagh, et le massif plus nombreux. [> voisinage de la
entier est le Kodja dagh, h maîtresse
(
Troade, toutes les traditions mvtliolo-
montagne). Plus on avance vers le nord, logiques dont le luont Ida fut le "théâtre
lus le terrain primitif se développe. Au- donnent un intérêt particulier a Tetude
8essus de la ville de Pergame on entre
de cette montagne. Nous n'avons au-
eu plein dans le système pranitiqiie ou
jourd'hui à notre disposition quedesfra^*
de micaschiste qui constitue feuseuible ments tronqués de Dcmétrius de Scepis
da mont Ida. Les dififtients torrents qui {|ue Strabon nous a conservés ; mais ces
descendent de ces montagnes témoi- ragments sont précieux pour nous gui-
gnent que les sommets sont de ni^me der dans la connaissance deeette chaîne
nature que la base; car tous les cailloux dont rplude est des plus compliquées.
roulés qu'on ramasse dans leurs lits
Nous pouvons faire au sujet du mont
sont de syénite, de gneiss et de micas-
Ida la même observation que nous
chiste. M. Tchihatcheff, qui a bien ob-
avons faite au suiet du Taurus; ^ent
servé ces parages, cite une localité cu-
que ce nom était donné dans Tantlquité
rieuse dans le Madara dagh, au nord non pas à une seule chaîne, mais à un
de Pergame; c'est un chaos de blocs de système mouta^eux qui coupait toute
syénite accumulés comme par suite
la Troade depuis le golfe d'Adramytte
d'un treuiblement de terre et dans les-
jtisqu'à i'Heilesponr, et la séparait pour
quels ou observe la roche d'»puis l'état ainsi dire du reste de la Mvsie. C'est
Bpin et compacte jusqu'à celui de la plus
sous ce point de vue qu'il faut accepter
complètedésaaregation. Là, un petit vil- la définition de Strabon; car ou éprou-
las^e du nom deTchamoglou s'est installé
verait quelque déception si l'on voulait
au milieu de ce désordre de la nature.
suivre une seule et unique chaîne dans
Les maisons sont en partie établies, tout le parcours qu'il lui assigne.
soiLs les blocs suspendus , et forment des
Aussi les anciens et surtout Uoniere
habitations moitié cavernes moitié mai-
ont-ils l'habitude de nommer le mont
sous. Chaque fissure, chnqiie crevasse a
Ida au pluriel.
pour ainsi dire éle utilisée pour y établir
une demeure, et quelques murailles de Classcfnqiie siib ipsA
pierres sèches couvertes de branchages AntandroetPhrygiie inolimur montibus iJ.'e.
ont complété l'habitation. (yif^tJEn,, iib. UI, v. 5.)
Cette montagne du Madara dach,
qui selon toute apparence est restée Les différents passages des anciens au-
dans tout le coure de l'antiquité sans teurs qui ont fait mention de cette
autres habitants que quelques LéJèges chaîne offrent trop d'intérêt pour ne pas
"l'roiïloflites (I), est peu visitée df nos être recueillis ifi ; ils nous serviront
tours, et l'on doit savoir gré à M, fchi- comme point de comparaison avec l'é-
iiatchef de ravoir si bien décrite, au tat moderne, tel que l'on peut rob-
prix de beaucoup de fatigues (S). server aujourd'hui.
Nous commencerons par les extraits
de Strabon, qui a puisé dans les écrits
(i) Él. By/. V. Gargara.
de Démétriusde Scep.sis, et qui s'attache
(») ^ùt Mineur , I. p. 4S0.
plus particulièrement aux aétails topo-
^phiques.
La meilleure idée lopographique de

Digitized by Google
ASIE AUJMËUKE 41

(¥ qu'onnppolle véritablement la Troade plaine, à la même distance aue r///tfij»


dû-ièire prise de la position de Tlda. recens, située entre ceS extrémités, tan-
Celle haute inoalague se dirige vers le dis que l'ancienne Ilium était placée
CQMliint et la mer oeeidentale, eu se au lien où commencent ces bras. Ce
Rpliiat atMsi un peu vers le nord et demi*eerde renferme la plaine simo-
Ti^rç la (*ôX(r septentrionale nui est celle sienne, que traverse le Simoïs et la
àela Propont iae, depuis le détroit d'A- plaine scamandrienne, où coule le Sca-
bfdos jus^iu'a l'/Ebepus et à la Cyzi- mandre. Ces deux plaines sont séparées
fcae. l'une de Tautre par un long col qui,s*é-
LMda a plusieurs extrémités qui s'a- tendant en ligne droite depuisTllium
TarK^nt en forme de pieds nui lui actuelle, adossée à ce même col, jusqu'à
(ioQDeiil la ûgure d'uu scolopeuare ; les la Cébrénie, forme avecles deux bras
ém demièm sont du cdté du septen- ci-dessos décrits la figure de la let*
trion les hauteurs près de Zéléia et
, , tree (i>.
du côlé (lu midi le cap Lectiirn. I,ps Le mont Ida a été qnalifié^ par Ho-
premières se terminent dans les terres mère de monl.itine abondanlp en sour-
on peu au-dessus de la Cyzicène, à la- ces à cause de la quantité de lleuves
apetle Zéléia même appartient aujour- qui en sortent.
d'hui ; mais le cap l.ertum s'avance Une dépendante du mont Ida
collin(^
jusqu a cette partie de la mer I^lgéo qu'on et nonitiiée ('otylus, est à environ 120
traverse pour aller de Ténedos a Les- sLailes au-dessus de bcepsisj de cette
bes. n parle (Homère) id fort à propos eoDinB sortent leScamandre, le Grani-
4b Leetom en le considérant comme que et Tii^sepus (1).
ene portion de l'Ida et comme le pre- Ëtlenne de Ryzance cite en ces ter-
mier lieu où l'on arrive de la mer pour mes le mont et la ville de (jar^^ara :

se rendre à cette moutigne. « CTest, dit-il, une ville de Troade située


Ce poêle distini^e fort bien aussi de sur le sommet du mont Ida ; on rappelle
8« extrémités le sommet de la mon- aussi Palacgargara. » Strabon l'attribue
tagne 50US le nom Gargarum ; car en- aux .-Kolieivs. Le mont Gargara était ha-
core aujourd'hui montre sur les
l'on bité par les Lélèges. Gargara était,dit-il,
Mrties levées de cette montagne un fondée par les habitants d'Assos. Selon
lictt nommé Gargarum et dont Gar- Éphore, cite par Macrobe, ees deux vil-
gara, ville actuelle des iEoliens, tire les étaient Gargara fut
très-vni«;inps, et
son nom. ainsi nommée
de Gar<îare. fils de Ju-
En doublant le cap Leetum , on de Larisse de Thessalie.
piter, qui vint
troore un vaste golfe formé par Tlda Le grammairien Diotime, natif d'Adra-
ai se retire du T.rctum pour avancer mylte, y tint une école; c'est de lui
dans l'intérieur des terres et par Canjc , qu'Aratus dit en deux vers « Je pleure :

autre cap opposé au Lectum ; quelques- sur Diotiine qui s'asseoit sur les rochers
us rappellent golfe de llda; d*autTes pour enseigner l'alphabet aux enfiints de
loi donnent le nom de golfe d*Adra- Gargara (9). » On donnait aussi ée nom
mylte (I). Deux montagnes s'élèvent à un promontoire mais nous croyons
;

au-dessus de la Proponttde, l'Olympe de qu'il faut Tidentifif r avec le cap Lectum,


M^e et rida. Au-dessous de' la pre- car il n'y en a pas deux dans ces pa-
mière est la P.ithynie, et en:re Tldaet rages.
lamert'st la Troâde '2). Ètienne do Byzance nous nppretuL
Selon Deinetruis de Seepss. ('es par- de plus, d'après Lycophron que le som- ,

ties du mont Ida vuisines de la Céuré- met chauve et dénudé de l'Ida portait
aïe se détaelientdeiix brasqui 8*avaneent le nom de Pfialacras. Ce mot, dit-il,
^er> la mer, l'un dans la direction de désigne le sommet de Tlda, ne produi-
Rhœtiun), l'autre dans celle de Sigeum, sant aucune plante à cause de la neiiieet
et forment comme un demi-cercle dont de la glace, mais qui est tout a fait dé-
les extrémités se terminent dans la pouillé. Toutes les montagnes privées

(i) XIII, 583. (I)XIII. r,^:.


(«)U. 574. (s)XIII,6oa.

Digitized by Google
41 L'UNIVERS*
de végétation portent le nom de Pha- sur la côte dans une longueur de dix on
lacrae. Selon Diodorede Sicile, la mon- douze kilomètres. C'est sur le penchant
tagne de rida son nom d'Ida, tille
tire de ces pitons qr.*e«>t située l'ancienne
de Melissée, roi de Crète ; c'e£t la plus ville d'Assos. Toute la montagne est for-
haute de eellea qui dominent l'Heiles-- mée de trachjrtes rouges très-durs et
pont; on y remarque, au milieu, un an- qui ont presque Papparence du por-
tre où Ton dit que les trois déesses fu- phyre. Cestde ces carrières inépuisables
rent jugées par Paris. —
On prétend que les Grecs ont tiré les matériaux des
aussi uue ce fut dans l'Ida que les dac- monumeuts d'Assos; la solidité de cette
tyles ioéens étaient établis, et que, ins- roche est à tonte épreuve; mais le ton,
truits par la mère des dieux, ils furent d'un violet foncé, est triste à la vue, et
les premiers à travailler le fer; enOn on sa dureté, jointe à sa naturf cristalline,
observe dans cette, montaeae un plié- empêche de donner à la pierre aucun
nomène qui tui est propre, td Dioaore poli. On remarque autour de fai ville de
décrit un phénomène d*optique causé très-grands amas de scories de fer ; d*oà
par le lever du soleil, et qui de nos jours viennent ces scories? ce n'est certaine-
peut encore être observé dans ces splen- ment pas la pauvre population du vil-
dides matinées caniculaires, quand les lage de Beyram qui a Jamais exploité
brumes de la montagne se dorent des des mines. Il est plus probable que ce
rayons du soleil naissant (1). Pomponius sont les vestiges des exploitations anti-
IMela rapporte les« mêmes pliéuomènes ques commencées par les Lélèges et
eu les exagérant (2). continuées par les Grecs. Les scories
Nous pouvons maintenant parcou- sont très-riches mfer, et forment des
rir eette longue duilne recherchant à rognons agglomérés épars sur le sol.
identifier les noms modernes avec les T. a formation volcanique s'nppuie
noms anciens. L'extrémité de la chaîne n Test et au nord sur le terrain grani-
de rida vient s'amortir dans la mer tique. Derrière ce premier étage de la
au cap Baba, qui est i'anden promon- montagne s*é)ève la belle chahie du
toriiim Lectum. On peut mouiller Gargara, jadis séjour des dieux, appelée
sous les terres du cap , abrité par une aujourd'hui Kaz dagh (la in(mtagne de
jetée qui s'avance d'une vingtaine de l'Oie). I^s Turcs sont trèb-portés a dé-
mètres dans la mer; elle est formée poétiser les noms.
de grosses pierres accumulées sans Le Gargara se ntlache à une autre
beaucoup d'art et ne peut défendre les chaîne orientale dont les sommets for-
navires contre les vcnls de l'ouest. ment un demi-cercle, et la courbure de
I>e petit Baba se présente à
village de cette chaîne est tournée vers l'ouest,
mi-côte; on y remarque un pauvre ca- c'est-à-dire vers la plaine de Troie. Les
ravansérail et une petite mosquée, et contreforts de cè grand cirque de mon-
un petit fort est bAli sur une pointe tagnes s'abaissent insensiblement vers
qui s'avance dans la mer. Les monta- la plaine, et tout ce relief topographique
gnes qui forment le cap Baba sont dé- rappelle assez bien la forme que nous
nudées à leur sommet et se présen- avons représentée plus haut. Les ma-
tent sous des contours très-accentués ;
gnifiques forêts de chênes qtii couvrent
la roche nue de couleur jaunAtre ^ort fe flanc de ces montagnes et qui don-
de terre en forme de pic ; la partie nent naissance a ces minces ruisseaux
moyenne est couverte de quelques jadis si renommés font de ces vallées
broussailles. Cec^ip forme la corne sep- un séjour plein de charmes pour le
tentrionale du golfe d'Adramytte. Toute voyageur qui attache quelque prix aux
la côte court dans une direction est et souvenirs de l'antiquité.
ouest. La seconde dishie que nous avons
Les terrains calcaires que l'on ob» mentionnée, et qui se rattache au Gar-
serve nu cap Baba font bientôt place gara , était le mont Cotylus, qui encla-
aux lorrains volcaniques qui s'étendent vait la plaine de (^éhrenie: c'est dgns
ces vallées qu'étaient situées les villes
(ODlodore^Xyn 7. de Seamandrieet de Scepsis et les mi-
(9)LtT. I,C. 18. nes d'argent qui étaient exploitées dans

Digitized by Google
ASIE MHfEURE. 41
hknte antiquité. La
nature géologi- Au nombre des lacs que renfermait la
fm êê tmin ae ^oppot» mrtlement région de TOlympe, les anciens ciicut
i Tauta$ m âm nanm d'argent dans souvent le lac Dascylitis, qui était aux
m parages, parce que les roches sont de environs de Cyzique (1). Rien n*a pu
la nature du gneiss, du quartz et des nous mettre sur les traces de ce lac, qui
iàaschistes, qui souvent servent de passait cependant pour un des plus im-
gagM au minerai d'aigent. portants de la eontrée, et aucun des
Le massif qui compose la chaîne de voyageurs qui ont consacré quelques
ndane vient pas s'abaisser dans la plaine pi^esà la description de la Bithyniene
Kkm une ligne de circonvaliation, mais il parait s'être souvenu de son' nom;
fH eatonéd'iBiieercie de montagnes in» nous devons en eonclure ou qu*il s*est
féheures qui circonscrivent la plaine de desseclu*, OU que ce nom S*est con-
Troie, et au nombre desquelles se trouve fondu dans celui d'un des autres lacs
la célèbreéminence du Per^arnii Au sud . d'ApolIonias ou de Milétopolis. Cepen-
elles ^rapprochent de la mer, el le pays dant Strabon (2) les nomme tous les
dqi uii les luines d* AlesandriaTroas jus» trois simultanément. G*cet une ques-
qu'au cap Baba va toujofm en é'élevant tion curieuse de géographiOt quLn*est
au-dessus de la mer. pas encore résolue.
AoQord, au contraire, le massif mon* Un si grand nombre de villes an-
imennédiaiie laisse entre lui ciennes peuplaient les valUes et les pla-
fft h mer toote la plaine de la Troade, teaux formai par eei montagnes , que
le cap Sisée ou
Janissaire , et se courbe leur nomenclature trouvera mieux sa
seloû la ligne des Dardanelles. Tous ces place dans les chapitres consacrés à ces
en>upes secondaires sont généralement villes. rSous mentionnerons encore le
de emire marneux et par conséquent Katerlidagh (montagne des Mulets), qui
i^ine constitution beaucoup plus récente est un des ncrotères de l'Olympe projeté
qutc la tirande chaîne de l'Ida. vers le nord et forme le cap de Bouz
Le m^f granitique reparaît sur la bouroun dans la mer de Marmara.
ete de rHclTespont dans la presqu*tle Id finit le système de rida et oom-
de <M|pe où il forme le mont Din- mence celui de l'Olympe Mvsien; mats
dl^vièae, aojourd*hui Kapou dagh ( la nous devons le laisser pour le moment,
nttmtaf^ de la Porte.) Cette montagne afm de suivre dans toute son étendue
est conique ; elle se rattache au continent le rempart montagneux qui soutient
par la presquile de Clique qui est les plateaux du centre à partir du golfe
bosse et sablonnease ; mais aotiemis elle de Nieomédie.
formait une île (!). La constitution de ces montagnes est
Son flanc occidental se prolonge en des plus variées et n'appartient plus
cap qui forme la presanlle o'Ar- à une nature, homogène eomme la
tÉU (9), atee on tlot dn même nom et plupoort de celles que nous avons dé-
qm est de nature calcaire, marbre gri- crites.
sâtre; c'est une amorce de la grande Nicomédie et ses alentours offrent
Ilede Procconèse ou de Marmara qui seuls un tableau varié des terrains de
teoie SUD nom à tonte cette mer qu on aédiment de plusieurs âi^es géologiques
vpeÛt autrefois Propontide. CVst la parmi lesquels le crrès rouge paraît
Imite que les anciens assignaient à la former un noyau considérabU', puis-
diainf de Tlda; elle se rattache au. qu'on le retrouve u plusieurs stations
KKit de roivmpe de Mysie par des tant snr le bord du Sanaarius que dans
moifieatioos de médiocre hauteur qui les villes de Géivéh et d'Akseraï.
doODpnt p assoie n plusieurs fleuves et Toute la chaîne, d'une cléviition mé-
formeut uii certain nombre de bassins diocre, qui forme un des eûtes du bassin
ideustres d'une certaine importance qui du lac de Sabandja, court à one distanee
teoMl à in proi^nee de BitliTiiie est moyenne de qmûe ItiloRiàtres de la
i^MtJî liant et ai fertUe. côte. £Ue s'onvre pour donner passage

(i)Strab., Xil, 575. • (0 Strabon, XII, S-jS,

(»)Id.,XJl, 576.

Digitized by Gopgle
44
au fleuve Saugarius aujourd'hui Sak- chait à la hauteur de Trébisond6 aVM
karia Pun des plus longs de l'Asie Mi- les monts Thechès. Ce que nous pour-
neure et dont le volume d'eau parnît rons en dire trouvera mieux sa pince
avoir singulièrement diminué si Ton , dans la description des provinces qu'ils
8*en rapporte aux deseriptions des his- traversent.
toriens (i).
Les ondulations de terrain qui se CHAtNBS DU GBRTBI.
maDifestent entre ces montagnes et la
mer sont bien définies par les Tores, qui Si l'on voulait établir une théorie des
ne leur donnent pas le nom de dagh, montagnes du centre comme les ancient
montagne, mais celui de tépé, butte. géographes l'ont fait du mont Taunis ,
Toute la côte sud du Bosphore de Thrace on pourrait dire que l'Olvmpe de Mysie
est généralement basse et peu ondulée; joue au nord le même rôle que le mont
il n*y a que la montagne du Géant Craans de Lyeie an sud; e'est-è-dire
(t»Mnple de Jupiter Urius), qui s'élè\ o en qu'il forme comme la souche de toutes
face du golfe de Buyukdéré et qui les cliaînes qui sillonnent la partie oeo-
présente une niasse assez importante; trale de la presqu'île.
mais II faut penser que sa base baigne A Touest il se rattache au mont Ida
dans les eaux de la mer. Son revers par une suite de soulèvements continus.
méridional est déjà beaucoup moins Il .«e diriiie au sud par le Touinandji
abrupte; sa hauteur absolue n'atteint dagh jusqu'au centre de la Phrvgie, et a
pas cinq cents mètres. Ainsi les plai- l'ouest il se rattache à l'Elma dagh, qui
nes de l'intérieur, situées immédiate- n*est que la oootinuation des monts
ment au sud de cette montaane dé- , A la dagh. Il une particularité bien
est
pas^^ent de quatre ou cinq fois en hau- plus commune en Asie que tinns les
teur le sommet même de la montague, régions d'Europe, c'est que les cours
pirisque leur hauteur moyenne est de des différents fleuves ne suivent que ra-
800 a IfOOO mètres. rameot la pente des montagnes , mais
Kara hournou est le cap qui indique viennent au contraire les couper à angle
l'entrée du Bosphore. De la jusqu'à Teni- droit et s'ouvrent un passage la ou l'on
bouehure du Sangarius le pays est plat, ne croirait pas qu'une rivière dUt passer.
se relève aux enviions de Cliilé; m is Pline dépeint d'une inanièn très-animée
l'aspect des montagnes est des plus la lutte de rKupliratr avec le mont
uniiormes; elles se composent de som- Taurus (1) lorsque la lleuve rencontre
mets arrondis et couverts de verdure, le géant des muutagnes d'Asie. Mais ce
s'abaissant pour donner passage aux fleuve n*est pas le seul qui semble pren-
fleuves et se relevant ensuite mais sans dre à l{\chene se détourner de son cours •

changer de physionomie. On peut dire pour aller chercher des issues impos-
mie les plateaux inférieurs viennent ici sibles. L'Ualys, après avoir longe les
ramortir par échelons bien déterminés montagnes de la Cappadoce, tourne
sans former ces grands profils monta- brusquement au nord et va se jeter sur
gneux que l'on remarque dans le sud les montagnes du royaume du Pont
et dans l'ouest. Ajoutez à cela que ces qu il iraiicbit dans les déiilcs de Son-
montagnes de la Paphiagonie et du gourlou.
royaunîe de Pont n'offrent que peu de Le Uliyndaeus, qui se rend dans la
souvenirs historiques; leur étude détail- mer de Marmara, l'Hermus prenant sa
lée n'aurait pour le lecteur qu'un in- source dans la même région, et (jui suit
térêt tout a fait abstrait, une nomencla- un cours tout à fait oppose , présentent
ture de noms turcs qui ne se rattache h le même caractère , et cependant ces
aucun nom antique ; c'est tout le profit défilés étroits qu'ils franchissent ne sont
qu'en pourrait tirer le lecteur. Nous pas des vallées d'érosion creusées par
nous bornerons à faire observer que toute les eaux, ce sont comme des fentes
cette chaîne portait autrefois le nom do ouvertes dans les chaînes et 4}ui sont
monts Otgmis, et qu'elle se ratta- contemporaines de la formation. La

(i) Praoope, De JEdif,, 1. V, c 3. (i) Pline, liv. V,cb. »4.


ASIE MINEURE.
plupart des de la côte sud
petits fleuves mais toutes les montagnes qui viennent
ae oomposeût d'une manière analogue. s'appuyer sur ses Uancs appartiennent
Ob peut dire qu'il n'y a uue le Méandre au système calcaire et à l'argile. Aussi
et le Caystre qui oonlent réiPinlière- te eontiée située entre BrouMa et Ku-
nienl dans leurs vallées respectives en tayah se présenle-t-elle sous des traits
longeant tranquillement les nionta^ines uniformes et monotones,l.a ville uième
«jui dirigent leurs cours. Aiusi le pas- de Kutayah est dominée par une mon-
sage d*an lleim do contiiMiit à la mer tagne crayeuse. Toute la plaine envi»
ii*cit-ipas te moiat du monde Tindica- ronnante est dépourvue de végétation.
tion d'une vallée supérieure. I! suffit I.e Mourad dagh offre un tahleau tout
de jeter les yeux sur la carte d'Asie pour différetit. Ses pics, hardiment découpés,
voir combien cours des rivières est
le se dessineot sur l'horizon. De vastes
tourmenté et par conséquent combien forêts et des vallées profondes offrent
du terrain est difncile à peindre
le relief aux nombreuses populations nomades
d'une manière intelligible. La chaîne des retraites d'été appelées yaé/a au.ssi
ou plutôt le massif de l'Olympe mysien fraicliesquesalubres. Le Mourad dagh.
f'âeve rapidement à peu de distanee vu dea hauleura de Kédiz, grand
de la mer de Maraiara, et c'est du côté yaéla qui est situé à 1,100 mètres au-
du nord qu'il présente le plus imposant dessus de la mer, se dessine comme une
aspect. L'histoire de roivmpe est tel- chaîne courant de l'est a l'ouest. Mais
lement liée à eelle de la ville de Bruussa du côté du sud ses contreforts des-
qae ee aetalt rompre l*aDlté da tableau cendent en suivant le cours de THer*
que de les sépnrer l'une de l'autre. mus presque jusque dans les parages
Nous nous contenterons ici de grouper de Koula De nombreuses villes de la
les chaînes qui. se rattachent au massif Phrygie Épictete se cachent dans les
de rOHrrope et qui eontribuentà former replis du terrain, et sont aujourd'hui
le relief de U contrée. Toute la région de pauvres villages. Au delà du Mourad
méndionnle de l'Olympe règne à une et vers le sud ouest court le Gouroan
hauteur de mille à onze cents mètres (la^'h dont les sommets restent cou-
,

âunj&ssus du nive^iu de la mer, etquoique verts de neige une partie de l'été. Mais
les omialatioQs des montâmes qui la toutes ces montagnes, dont les noms an-
sillonnent ne paraissent (|ued(> peu d'im- ciens sont ignorés, ne présentent, au
portance , elles ne laissent pas que d'a- point de vue historique, qu'un médiocre
voir une altitude absolue considérable. mterét, et dans état incertain de la
l

Li ehaliM qui te détaehe de TOlympe nomenclature turque il est difficile


du côté du md a*élend jusqu*à Kutayah d*en donner une description satisfai-
n s'abaisse vers celte ville en formant sante , puisqu'elles changent de nom
divers plateaux. Celui de l'est est arrosé presque à chaque vdlage, comme les
par le Poursak ou Thymbrius, qui va se cours d'eau qui les arrosent. Ainsi
Ktardana teSansarius. Le plateau de l'Hermus s'appelle à sa source Kodiz
rooest^au centre duquel est située la ville tchaï; plus loin vers la plaine deSardei
d'.Aizani, est arrosé par le Rhyndacus, c'est le Sarabat.
qui ne rend directement à la mer, en Une autre chaîne un peu mieux ca-
traversant le lie d'ApoUooias. Ce pla« ractérisée , partant du mont Olympe
teau d'Aîzani, appelé aujourd'hui Tctiaf- sépare la Rythinie de la Phrj'gie f.pic-
d«*r hiissar (le Château de seigle) est tète. C'est l'Ak dagh dont les ramihca-
comme le point de partage des eaux tions s'étendent jusqu'à Angora : cette
euire la Propontide et la mer Ionienne. chaîne appartient presque tout entière
A tMa-peu de distanee d*Aisani, un à la formation granitique. Elle est ar-
autre fleuve l'Hennus prend sa lOiiioe rosée par le fleuve Sangarius, et s'abaisse
et coule vers le sud. vers le sud oour former le vaste plateau
Une ^ande chaîne courant est et de la ville ae Sevri hissar. Mais le re-
eeeat deane paHi|e i oe eoura d*eau. vers sud est bordé par une chaîne se-
nie porte aujourd^ul le nom
de Mou- condaire offrant des soulèvements de
rad dagh. C'est le mont Dindymène. syénite très-remarquables. (/(St au
Le manif de rCHfmpe est gninitique ; pied d'une de ces montagnes qu'est il-

Digitized by Google
43 L*U1IIVBB&
tuée la ville de Pessiaunte, et par OM* contiennent plusieurs iacs, notamment
séquent la est le mont SAn-
montagne le grand lae Salé et plnsieufs autres laes»
dymène par Strabon , mais différent
cité appuyés aux versants septentrionaux da
de la chaîne que nous venons de nom- Taurus. Puis viennent les terrains vol-
mer. C'est la dernière moatag^e histo- caniques d'Urgub appartenant à la for-
rique de ces régions. mation plutoniênne dont le mont Argée
Au sud s'étendent les terrains leei" est le point saillant.
dentés de la Phrygie,qui sont presque Du c^té de l'ouest une autre région,
tous le produit de feux souterrains. appelée laCataeécaumèneou pays brûlé,
Le système calcaire se montre de est aussi le produit des feux souter-
DOQveatt h Test et s*éteod jusqu'à la rsins. La description de ces contrées
phdne de Kart hissar; c'est dans ces sera mieux plaew à e6té de celle des
montagnes que se trouvent les célèbres villes qu'elles renferment. On se fait
carrières de marbre de Synnada et ies mieux une idée des traits généraux du
grands épanchements trachytigues qui pays.
ont valu son nom à Kara htssar ( le On voit par le tableau très-suecinet
Château ISoir). que nous avons fait du relief de la
I/Ak dagh, changeant de nom, se presqu'île, qu'on peut la considérer
prolonge toujours à Test, il donne pas- comme un vaste plateau soutenu au
sage an fleuve Halys et va se rattaelier nord et au sud par des contreforts
aux montagnes d'Amasie. montagneux qui ne sont autres que le
Au sud de cette chaîne qui se dé-
,
Taurus et le mont Olgassus. Dans sa
compose en plusieurs ramifications pa- partie ouest, les chaînes de montagnes
rallèles qui traversent la province de viennent s'amortir au bord de la mer;
Haimanan, commenee la légion des pla- efest ee qui forme ces ^lles si non*
teaux, qui, rarement interrompus par breux et si profonds qui sont presque
des ondulations de terrain, s'étendent tous parallèles entre eux.
jusqu au deU de Césarée. Ces plateaux

^ oJ by Google
LIVRE 11.

LA BITHYNIB.

CHAFITRE FREBIIER. trouvait hors de la Bitfayole an*


cienne (1).

msms coi4>Ns de l\ btthynib.


Etienne de Byzance tait descendre
cette peuplade des fiébrydens de Bé-
LIMITU PB LA COIiTBS£.
bryce ou de Bébrycée, sans indiquer '

qu'elle ait aucune communauté d'ori-


La grâude et fertile contrée qui est ^'inc avec les Bébryciens d'Kspagne (2).
ntiiée sur les bords de la mer Foire, du Ce qui paraît certain , c'est que la na-
Boepliore et de la Propontide , et que tion des Bithyniens ne descend pas de
les Grecs et les Romnins ont appelée celle des Bébryces, car celle-ci fut ex-
Bithynie, était, dans Poriiiine, occupée terminée par la guerre ,'3). Si les Bé-
fil le peuple des Bébryces (1), et por- bryces ne sont pas cités par Homère
le nom de Bébryde
tait Lorsque les dans le recensement , c'est que , selon
Ansonautes remontèrent dans la Pro- la remarque d'Apollodore, ils sont
pontide les Bébr^'ces étaient gouvernés
,
compris sous le nom des Phrygiens
Dar le roi Amycus , (ils de Neptune et avec les Dolious. Et quoique Strahnn
de la nymphe Éithynis (3). Mais ce nom dise positivement que les Bébryces sont
paraît apocryphe , car les autres au- originaires de Tbraee (4) , il est certain
teurs anciens se taisent sur ce point; qu'ils sont venus s*établir en Asie long-
PUae et Strabon déclareut formelfe- temps avant la guerre de Troie.
DKBt que la Bithynie reçut ce nom Tous ces faits epars dans les histo-
après rnvasioii des Thraoês, nommés riens concourent à nous prouver que les
Bithyniens et Tbyniens. peuples qui occupaient P^ie Mmenre
Tout ce qui est relatif à l'histoire dans les aemiers siècles avant notre ère,
primitive de cette contrée est tellement étaient tous étrangers à la contrée.
obscur, que les historiens anciens eux- Nous verrons^ en étudiant les autres
imcs sont loin d'évce d'accord sur le provinces et en èherebant à débrouiller
petit nombre de foits qui nous sont
le chaos de tribus et de peuplades qui
{)arTenus. D'après un scoliaste dWpol- se sont succédé depuis le quatorzième
onius de Rhodes , les Bebrvces n'occu- siècle av. J.-C , que la majorité des
aaieut pas tout le pays qui fut depuis peuples qui ont occupé la partie de la
Bithynie , mais ils s'étendaient au presqu'île située à l'occident de THa* •

eoocbant fort an delà de ses limites. [\'s , était oriuinaire d'Europe. C'est la
ilmycus était roi des Bébryces dans la Thrace qui a fourni le plus fort con-
Bithynie, et possédait principalement tinrent de population à la partie sep-
lepays vers les côtes (4). » Cbaron pré- tentrionale de TAsie BUneore. Lee
tend que Ton donnait anciennement le Dryopes, qui se mêlèrent avec les Bé-
nom ae Bébrycie au pays des Lampsa- bryces, avaient émigré avec les Atbé-
oecâ. Le territoire de Lampsaque se
(i) Les Bébrvces et les Dryopes occupaicDt
(i) Semos, GmmmbC. mit l'Énéide, les enviroDf cTAbydoi. SlraboD, liv. XJH,
iîv. V, p. 373. p. 586 ; Hérodote , liv. I, cb.CUTL
^a) Proxima liehr'icii pandimlttr liautUt {1) Vcrlto Heêpûxcov.
, liitt. Dl*
rtgiù, Vakr. FUccus, liv. IV, p. 99. (3) Éralosthenes cité par Pline
(3) Apoltod. Bibl., Uv. I, eh. TIU, $ v>. tnr., liv.Y, ch. XXX;
ÀpoUonius de Rbod.,
(4) SdiolîasU Parisensia âd Apollon. Rho- Argon., liv. Il, ch. Il, p. 1:8. Schsefer.
<)i<>nv>m. Arfoo.» liv. Ily cb. II,
f,
xx8. (4) Sirabon, liv. Xlil, p. SSti^ Uérod^
Uv. I, cb. GXLYI.

Digitized by Google
48 L*UMIV£RS.
niens et les lonîei»; eeni-ei se fixèrent brement , ne (Siit mention ni des Bithj-

dans la région occidentale de TAsie niens, ni des Thyniens, dont la puia*


Mineure, cl Us Drvopes vinrent dans la sance s'est accrue dans la contrée au
Bébrycie et s'établirent sur les rives de point d'absorber tous les autres peu-
la Fropontide. Quant aux limites des ples. H^Mote affirme que les Bithy*
terrîtoîres occupés par ces différentes niens sont Tbraccs d^ori^ine; qu*ila
peuplades, il serait superflu de vouloir sont venus des bords du fleuve Stry-
les déterminer d'une manière positive, mon , qu'ils ont été chassés de leur pays
car Strabon remarquait qu'elles ont par les Teucriens et les Mysiens, et que
subi tant de variatioiis, et que la Bithy- ces derniers envoyèrent eux-mêmes une
nie a été occupée par des peuples si dif- colonie en Asie (I).
férents que les géographes déjà renon-
, Cette invasion des peuples de la fa-
çaient a i'éclairc isseuieut de cette ques- mille tiirace dure pendant plusieurs
ÛOD Si difficile. siècles. Les Phrygiens paraissent avoir
AfVès la mort d*Amycus , roi des Bé* été les premiers', puisqu'ils ont pénétré
bryces, tué par Pollux (!), les Argo- plus avant dans l'intérieur du pavs.
nautes hûtircnt un temple en Thonneur C'est en transportant le nom de la mère
du dieu qui leur avait donné la vie- patrie dans la nouvelle contrée qu'ils
toire (2). De leur côté , les Bébryoes venaient occuper, que les différentes
('lc\èrent à la mémoire d'Amycus un familles de colons ont jeté une grande
temple qui n'était éloigné que de cinq confusion dans la fiéographie de cts
stades du ^iympheou de CÛalcédoine. contrées. On trouve des Phrygiens, des
Un laorier o*une grandeur extraordi- Mysiens, des Bithyniens , dà Thyniens
naire avait crû prés de ce temple. Il et des Thraces en Europe et en Asie.
avait la vertu de rendre invincibles au Le scoliaste d'Apolloiuus de Bhodes
jeu du ceste ceux qui avaient niâcbé dit :Il faut observer qu'il y a deux Bi-

de ses feuilles (3). thynies : l'une, en £urope , aux envi-


La race d*Amycus régna encore rons de Saimydessus, c*estun lieu de la
quelque temps sur les Bébryces. Étienne TliiMce; l'autre en Asie, jus(iu';iu Bos-
de ByzaiR-e mentionne Mucaporis phore (2). La majeure partie des Bithy-
comme roi de Billiyme et INIaudron^qui niens est originaire de la Thrace, mais
régnait à Lampsaque, lorsque les Pho- s*est accrue par rémigration de Grecs
céens s'en emparèrent (4). C'est vers du continent qui f^onl venus s'établir
celte époque que les Cimmériens péné- dans cette contrée. Paus.-mlas va plus
trèrent dans la Bebr}cie et s'en rendi- loin ; il regarde tous les Bithyniens
rent maîtres. Une partie des Bébryces comme origmaires du continent de la
fut exterminée ; mais les Cimmériens ne Grèce. Les Bithyniens, dit-il , sont ori-
purent former d'établissement durable, ginaires de l'Arcadieet de Mantinée (3).
et furent n leur tour chassés par les Néanmoins, Strahon avait dit, avant
Thract'S bilbyniens (5). lut :La plupart des auteurs s'accor-
Quoiqu'il soit très-difficile de fixer dent à ri'u inli r les Bithyniens comme
positivement l'époque où h s tribus eu- originaires de h Mysie. Ils ont reçu
ropéennes qui occupaient la Tbrace et leur nom des liilhyniens et des Thy-
la Macédoine se sont transportées dans niens , deux peuples de la hrace quii

TAsie Mineure, il paraît certain que ce vinrent s'établir parmi eux. Les preuves
fut avant la guerre de Troie. Ces tribus, aU*on en donne par rapport au peuple
qui ont émigré à ditïérentcs époques, es Bithyniens c'est qu'il existe de nos
,

claieni les Phrygiens, les Mysiens et jours dans la Thrace une peuplade
les Tliyniens. Homère, dans son dénom- nommée Bithvniens, et par rapport aux
Thyniens , c est que la côte près d*A-
(i)Théo< iiie, Idyl. XXII. poûonie et de Saimydessus porte le nom
(a) Mcfpli., Hisl. ml. liv. VII, »h. L. do Tiiynias. Un passage d'Hérodote,
(3) Pliae, ii^r. XVI, ch. XLlVi Dyou.,
(0 Hérod.Jiv. Vn,ch. IXXV.
'
p. ao.
Cbmn. Hellenica , d, i J. MiUlcr.
(4) (a) II, vers 177.
(5) Arr. apud Eiut., p. 58, iu Diouyiiiim. (3) PauMuiat, lit. TlII,cb. IX.

Digitized by Google
ASIE MinCDEË. 4$

fÊt nous avons cite plus haut, atteste plade. Les Milésieos ayant bâti Héra-
M néoMi faits. dée, soumirent les Blariandyaiens
Ce fut seulement sous les rois de anciens habitants de cette contrée , et
Bithyiîie que In contrée eut des limites les vendirent comme esclaves, mais
bien' déterminées. Leurs possessions sans les envoyer hors du pays (l). Ainsi,
étaieotconaprises entre le Sangarius à dit Enslathe , leur eondition ressemblait
rorient, et le Rhyndacus au couchaut. beauooop à eeUe des Ilotes. Etienne de
Ana>nr»ement les Bithyniens possé-
, Byzance nomme aussi, d*après Théo-
daient lepays depuis le Bosphore jus- pompe, les Ladei^si et les Tranipsi
qu'au fleuve Rhebas. Le pays iiiouta- comme faisant partie des peuples de la
fsam gai suit était habité mV les Thy* Bithynie ; mais il ne dit pfls en quelles
iras jusqu'à la rivière ae Calès, de régions ils étaient établis (2).
nanière que les Bithvniens et les Thy* 2® Les Caucones. Celte peuplade oc-
siens étaient liiiiitrouhes (1). cupait une enclave du pays des Marian-
Do e6lé du snd, il est Imoeoup plos dyniens vers les bords de la mer, jus-
difficile de déterminer les limites de la qu'au fleuve Parthénius, qui preud sa
Bilhynip, m^me sous les rois. Leurs source dans la Paphlagonle même. Il y
conquêtes se sont étendues jusque dans a, dit Eustathe, un peuple en Arcadie
riûtérieur de la Phry^ie , et ils possé- nommé Caucones , qui , se croyant ori-
dèrent la Plirygie Hellespoutique oa ginaire de la Paphlagonle, prêta du se*
^îctète (2). Le royaume de Bithynie cours aux Troyens. C'est dans cette par-
se composait donc des peuples sui- tie de la Bithynie qu'existe encore une
vants: Seuplade noinmée Cauconiate, voisine
f* Les Mariandynisns; la langue et es Mariandyniens (S). Ils sont cités par
ks osages de ce peuple ne diffèrent pas Homère dans le dénombrement. Vers
de reux des Bithyniens. Il est probable la mer, dit il . sont craritonnés les Ca-
quecestun peuple thrace (3). Les Ma- riens et les Feoniens, célèbres tireurs
ria ndyniens possédaient la partie la d^arc , les Leiéges , les Caucones et les
plus orientala delà Bithynie, et don- nobles Pélasftes (4).
naient leur nom au golfe où tombe le Ces Caucones étaient des tribus er-
Sanffarius (4). Étienne de Byznnce rantes ,
répandues en Grèce et en Asie.
nomme Mof tavôuv{a /^(i>pa lepays qu'ils Eustathe nous a conservé une note très-
pense *avee Eustathe (S)
Ittbitaiait. 11 eurieuse et fort positive à ce suiet. Il
foe ee peuple prenait son nom d*un mentionne les Caucones du Pélopon*
nomme d'.Eolie, nommé Mariandynus. nèsc. On sait, dit-il, que les Caucones
Mais StraboD , sur l'autorité de Théo- sont un peuple nomade , et qu'il y avait
pompe (6), dit que ce Mariandynus non-senlement des Caucones en Arcs-
«ait maître d'une partie de la Paphia- die , mais aussi dans la Paphiagonie.
ponie. envahit ce canton sur les Bébry- Ils étaient voisins des Mariandyniens et

c«*«. et lui douna son nom après la con- habitaient 1 côte jusqu'au fleuve Par-
1

quête, lorsque les Argonautes eurent thénius (S). Il n'est pas étonnant de
ariné la llébr]rcie, ils ^arrêtèrent chez trouver dans ces contrées des peuples
les Mariandyniens , sur lesquels régnait nomades, caries Scythes qui, sous la
Lycus, qui les reçut favorablement, conduite de Madics, s'étaient emparés
parce quM était Grec d'origine et de la de l'Asie, en poursuivant les Cunmé*
laee de Pélops (7). Xénophou nous ap- riens chassés d'Europe (6) , et qui , après
piCMl quelle fat la 0n de cette peu- la défaite des Mèdes, la réduisirent
tout entière sous leur domination (7),

(i) EutUthe, ad Uion. (i) Xénoph., Exp, Crr., Mw. TI.


(»} Strabon , Iit, XII , p. 543. (a) Tliéop., Phagm., hb. VIII, p. sSo, éd.
(l) Stnbou, XII, p. Sia.
liv. Mùller. El. Bjfz. v. Ladepti.
(4) PiiDc, HUi, mat,, Inr. Vl, di. L (3) Etttitthe, ad Hom., /IrW., 363.
'>) Apiid Dionyt., liv, V, p. aSS. Eiistalhe, ad Hom., ///W., 36a.
(\)
(6/ Théop., p. 3ra, éd. Mùller. (5) Kiislalhe, (y.^ -s., liv. 111, v. 360.
i'/i EiUiolb. d'Apoilod., liv. I, ch. Vllf, (6) lléVudole, tiv. I. ch. CllI.
(7) Héradole, Kv. I, ch. CTI.
4* liprolieii. ( Ain Miino u. ) T. II. 4

Digitized by Google
L'UNIVERS.
liureot, chassés à leur tour par les !Slè- xNous croyons que ces documents sur i

(!('S , Inisser quelques tribus vagabondes les anciens peuples nui ont ocjcupe la
au milieu des moutagnes de la Paphia- tiithyuie sont les seuls qu'on doive re- j

^onie et du PoDt,e'e8t-à-dire des monts garder comme positife. Strabon lui*


l'aryadres et Orminius(l). Cette suppo- même a éprouve tant de ditlQculté à i

Mlion est contirrnée par Strabon.» Quant bien faire connaître leur origine, qu'il '

aux Caucones, dit-il , qui , selon quel- termine sa description en disant ; Telle
ques auteurs , oecapaiept la edte à Test était donc la dtspositiOD de ces lieux et
ucs Mariandyniens jusqu'au fleuve Par- de ces peuples. Elle ne ressemblait
thcnius , et qui possédaient la ville de guère à celle que Ton voit aujourd'hui.
Tieium, les.uns leur donnent une ori- Il faut chercher cette différence dans
gine Scythe, les autres les regardent les diverses révolutions qui ont tantôt
comme une peuplade sortie de la Ma- séparé, tantôt confondu les peuples,
cédoine, d'autres encore comme des suivant la volonté des maîtres, qui n'ont
Pélasges. On prétend aussi qu ils avaient pas toujours été les mêmes; car, après
leer demeure dans le pavs qui s'étcod la prise de Troie, ces pays passèrent
depuis Héraelée et les Mariandynieos sucoessivement sous la doininatioa d«s
jusqu'aux Leucosyrleus que nous nom- Phrygiens, des Mysiens, des Lydiens,
mons Cappadociens. On trouve le peu- des Eoliens, des Ioniens , des Perses et
ple des Caucones aux environs 4^ des Macédoniens , et en dernier lieu
Tieium , qui s'étendent jusqu'au fleuve des Romains , sous lesquels la plupart
Parthénius et celui des uénètes de l'au- de ces peuples ont podu jusqu'à leur
tre côté, à qui appartient l:i ville de langage et leur nom.
Cytorus. Encore de nos jours, ou voit Peu de temps après l'établissement
aux environs de ce ûeuve uue peuplade des Bithyniens dans cette contrée , ils
qui porte le nom de Caueonides. » furent soumis par Crésus (IL la det- A
3* Les Tbynieos qui occupaient la tructioD de Tempire de Lydie , ils pas-
presqu'île formée par le Pont-Kuxin le , sèrent sous la domination de la Perse
Bosphore et le golfe de Nicomédie. Ces et leur territoire forma une satrapie
Thyniens, comme nous l'avons vu, connue sous le nom de Dascylium ou
étaient Tli races et sortaient des États d*Hellespon tique.
du roi Phynée. Des colonii s grecques étaimt déjà
4" Les Bébryoes dont nous avons venues s'établir sur les côtes de la Pro-
parlé. puutiiio el avaieut repeuple un pays
6» Les Mjslens occupaient le depuis lonstemps ravagé par la guerre.
mont Olympe et qui sont venus de la !\Tais cet état de prospénté ne Hit pas
Thrace vers la même époque que les <l(ï longue durée; les n^publiques de
Phrygiens. Ces tribus , qui se sont élea- B} zauce et de.Chalcédoipe Ur^ui plu-
dues vers la Troade, oot donné leur sieurs invasions dans la Bithynie,
nom à cette province. Quant à ceux saccagèrent différentes villes de cette
qui s'étaient établis près du lac A^oa- province et en massacrèrt-nt les habi"
nius et dans l'Olympe, quoique celle taiits 2). Les Bithyniens eurent aussi à
montagne ait conservé de tout temps le suullru du passade de l'armée de Xé-
nom d*Oiympe Mysien, pour la distin- nopbon. Une reucontre eut lieu près de
guer des autres du même nom , ils se Calpé; ils ftirent vaincus , et Tarmée det
sont confondus avec ies Bithyniens {,2). dix piille arriva ( .lirysopolis (3).
:i

Ces défaites successives n'affaiblirent


(l) Plolémée ,
Geoj;., V. cependant pas le courage des Bithjr-
(«) Apullodora Duus apprend que du niens, qui u iiu rent constamment de
temps d'At'iyni«i, roi de» Itébrycei , la My- s'affranchir de la domination des f»er-
siu cuit gouveruée |)arLycus, ÛIa de Uàacy- ses, et mal^^e les embarras continuels
lui, qui fut secouru ptr Uereule coBlr« que le satrapie Pharuabaze leur suscita
Amycuf. Duu cette guerre, UercuU- tua
Myi;don, frère d'Amycu» et roi d'une por- '
.
••'

tiou de la Bébrycie , qui reçut ào lui le nom (i) Hérodote, liv. I, ch. GXX.T1U.
de Mygdooie. (Bibl. A|»oil.^ Uv. H, ch. (j Dioduif, liv. I ch. LX.XXII.
,

(J) Xénoph., H'ut,t Uv. iU, ch. H,


ASIE ttÎNEURK. SI
m dehors ,Bithynien Dédakès , eu
le mée, général d'Autigone envoyé au .

s'empmiit dTAsIacas, fonda une sorte secours des Grecs, eoMibinées avee
de fjouverncment monarchique C'est ce celles de Clmlcrdoine. Mais les discus-
prince que Ton peut regarder comme le sions qui éclataient entre les généraux
fondateur du royaume de Bithynie, d'Alexandre les forcèrent bientôt à veiU
quoique Menmon (1) ne le désigne id 1er à lenrs propret fhtévéts (1), et k»
et ses demndants qoe par le titre d*é* nouvelles républiques se trouvèrent ex-
parques. posées à la vengeance des rois de Bi-
Cet état de choses dura jusqu'au mo- thynie. Chaicédoine, qui avait voulu
meot où Alexandre aoéaiitit la puis* continuer seule la guerre, vit son ar-
saœe des Perses en Asie Hinenre. Cest mée taillée eo pièces , et toute la ville
alors quela Rithynie devint un royaume sur le point d'être pillée ; mais la répu-
sur Irqiiel les liistoriens anciens nous blique de Byzance, qui avait toujours
ont laissé quelques renseignements. tenu secrètement pour les Grecs, se
porta médiatriee entre les Bltbyniens et
CHAPITRB II. les habitants de Dialcédoine.
Le règne de Zipœtès ne fut qu'une
suite de guerres heureuses. En vain les
'
BOIS I>£ BITHYNIB.
lieutenants d*Alexandre , convoitant se^
Étienoe de Byzance nous donne le rielies provinces, lui cherchaient des
tableau chronologique du rej^ne des huit ennemis dans l'Asie et danslaThrace (2).
rois <jui ont gouverné la Kylhynie de- Les princes d'Héraclée se souvenaient
puis sa constitution en royaume jusqu'à encore des succès des rois de Bithynie
m fédnetion en provinee rmmrtne. et s'étaient liés avec Lysimaque oontre
BoCjras, de Dédalsès, se troara'
fils Zipœtès , qui résolut de mamier drioli
ot8ttr« de la Bithynie 5 la mort de son Contre Héraclée. pour soumettre à ja-
père : il défendit Astacus contre les mais une ville avec laquelle il ne pou-
OLtrepltes de Denys , tyran d'Héraclée, vait vivre en paix. Cette partie de la
qni vim Passiéger avec une armée nom* Bithynie, située au delà du Sangarius,
brruse. Son Gis Bias, qui hérita de son qui avait été occupée par les Mari.mdy
pouvoir et de ses États, eut à soutenir niens, était un pays presque désert et ,

de uombreuses guerres avec ses voisins les peuples qui l'habitaient , obéissant à.
poor mahitenir ses droits ( à 8S8 nnstinet nomade, vivaient" dans deà
a? J -C ). Tl résista avec avantage li buttés construites à la h5te , etn'àvaleot
Caraiius (2), lieutenant d'Alexandre, aucune ville. Ces habitudes se conser*
oui oommandait eo Pfarygie et qui avait vent encore parmi les peuples du pla-
Mmé le projet de rendre la liberté aux teau septentrional de l'Asie 1Mhieoré\
f91es grecques tombées au ponvoir des au delà de l'Halys. Mais les Bithvniens,
Bithyniens. originaires d'Europe, et habitues à des
La mort d'Alexandre délivra pour demeures fixes, sentaient le besoin de
toujours Bias de cet adversaire dange- créer des villes dans tous les lieux de
fsm; c^cst alors ^u*!! prit le titre de leur dortiioation. Pendaift oette eam««
roi que sa postérité conserva pendant nagnISj qui traîna en longueur, Zipœtèa
trws siècles. Son flis et successenif fonda la ville de Ziprelinm nu delà du ,

aes m
Zipœtès dut aussi affermir |)ar les ar-
poafoir sur des provinces dont
b possession lui était contestée. Les
Sangarius, près du mont Lyperus. Elle
n'est mentionnée que par Alémnoà et
Éticnhe de Bvzançe (S). Lè silence déS
'

républiques grecques jalouses de voir


, historiens d un t^nips postérieur donne
un royaume naissant qui menaçait in- lieu de penser qu'elle changea de nom
cessamment leur liberté, se liguèrent ou qu'elle ne subsista pas longtemps.
entre elles pour faire la guerre à Zipce-
lès, qui, dans le commencement, fail- (i) Çoôf. Dlod. 4e Sicile.
lit être aeeabié par les £»roes de Ptolé- (a) Memnon , ap. Phot,, ch XKf.
(3) Couf. Til. Uv., liv, iXXVIIi , ch.

(t) Apud Phot., y. 7aa.


^) Diedorcy p. 493*

4.
52
mCOMBOB I*'. côtes de laTroa !e dans le but d'y for-
mer un établissement (1).
Zipœtès mourut «près un règne de il mieux les appeler comme
valait
quarante-sept ans, en laissant son fils des amis que d'attendre qu'ils vinssent,
Nicomède 1*^^ possesseur de ses États. les armes à la main, reclanier un pays
Ce prince signala son avènement au pour s'établir. Lorsque nous nous oc-
trdne par un crime trop commun dans cuperons de rinvasion des Gaulois en
les annales de POrient. 11 fit massacrer Galatie, noos examinerons en détail lec
ses frères dans la crainte que leur am-
. circonstianres qui ont précédé leur arri-
bition n'amenât le démembrement d'un vée. Nicomède signa avec eux un traité
royaume encore mal affenni. Le plus qui nous a été couservé par Pbotius (2).
jeune d'entre eux , Zibéas ou Zipœtès Les Intérêts de Bjrzanee sont ménsigés
fut assez heureux [)our éclunpper à la dans ce traité, ainsi que ceux des autres
mort. Ketiré dans la partie orientale de villes alliées de Nicomède. Les Gaulois
la fiitliynie, il rassembla des partisans, devaient se déclarer ennemis de tous
et marelia contre son frère. ceux qui entreraient , les armes à la
Nicomède s'était ainsi suscité le dan- main^ dans les diverses terres dépen-
ger qu'il redoutait le plus. Kffrayé dantes de celte république.
des progrès que faisait son ennemi , il
demanda ralliance des habitants d*Hé- IiBS GAULOIS PASSENT £N ASIE.
raclée. anciens ennemis de la Bithynie,
mais depuis longtemps fatigués de la L'arrivée des Gaulois en Asie cîian-
tîucrre. (lhalcédoine avait cte tt llement gea la face des affaires. Bien qu Anlio-
maltraitée qu'elle vit avec^oie une pro- chus. Grec de nation, eût toutes les
position qui ^att propre a amener la sympathies des républiques de la Bithy-
cessation des troubles dont elle avait nie , elles restèrent fidèles à Nicomède.
tant souffert. Byzam e suivit la fortune lirniclée fournit même des vaisseaux
de Chalcédûine. Mais, d'un autre côté, pour défendre les eûtes. Les Gaulois
Antiochus, roi de Syrie, qui songeait marchèrent contre l'armée d'Antioehus
depuis longtemps a réduire sous sa do- et la forcèrent de repasser le Taurus.
mination les provinces de l'Asie Mi- Nicomède, pour récompenser la valeur
neure situées en deçà du Taurus, était de ses nouveaux alliés, leur céda quel-
venu uflrir des secours à Zipœtès. Cest ques terres au delà du Sauganus (3).
alors que Nicomède, pour faire face à Cest là que nous les retrouverons plus
un ennemi si puissant, eut Pidée d'ap- tard , imposant des lois à toute TAsie
peler à son secours des alliés dont la centrale.
renommée avait déjà traversé l'Helles- Délivré de tous ses ennemis, en
Cint, et qui seuls pouvaient contre-ba- bonne harmonie avec ses voisins, Nico-
ncer la puissance d*Antiochus On mède put donner ses soins aux intérêts
it paraître sur les bords de la Propon- de son royaume. Astacus la principale ,

tide les plus hardis compagnons de ville de Bithynie, avait si longtemps


Brennus, qui avaient laissé au loin der* souffert des ravages de la guerre, qu'elle
rière eux la Grèce et la Macédoine, et était presque démantelée. H songea à
qui c<impai«'nt aux portes de Byzance fonder une capitale et choisit pour l'é-
,

comme des alliés menaçants. Il est pro- tablir la position la plus heureuse de
bable que le traité que Nicomède avait toute la cote de Bithynie. Nicomède s'é-
signé avec les Byzantins ne fut pas sans tait allié à une princesse phrygienne
influence sur la détermination du roi, nommée Kosingis (4), dont il e'ut trois
et que les Byzantins furent heureux en , enfants. A la mort de Kosingis. il
lui prêtant secours, de se débarrasser épousa une femme nommée Étazéta,
d*iine amitié onéreuse. En ouvrant les qui traita les enfants du premier litavee
portas de TAsie à une poignée d'hom-
mes qui arrivaient pour fonder un em- '0 Slrah., liv. \U, rh. IV.
pire, Nicomède fil preuve d'une poli- (a) Mcmnoii, a|)uJ Pholiuin,p. 720.
tique sage. Déjà les émissaires des Gau-
lois avaient .âit une deseente sur les (4) IfaaiDOD, apiid Pbot.. p. 7«4*

Digitized by Google
ASIE MII^EURE. 5S
MAdorvté, que Ziëlns, Tahié, fut PftOtlAS lOl.
eMftaiot de 8e retirer près du roi d' Ar-
sène. La fin du règoe de Nicomède L^autre'fils de Fiioomède, Pnisias,
ibt eoDStamment heuraue. Les tenta- régnait sur la partie oceidentale du
tmi^s rois de Syrie, pour lui susci- rnvatime; mais , constamment nfcii[)é
ifr éf$ ennemis , n'eurent aucun suc- dans les ^^iierres civiles, il ne contiMua
m\ mourut après un règne de treote-
il pas entreprises de son père INico-
les
cinq an , eo déshéritant ses enfants du mède, et les travaux commencés pour
pnnierlit, au profit de Prusias, fils fonder et embellir les villes restèrent
M de sa seconde Cemine. suspendus.

ZIÉLAS BOI. PBUSIAS i*'.

Mais Ziéhs , en apprennnî h mort de A la mort de Ziélas , son fils r*rusins,


smpère, vint à d'un certain
la téte qui est généralement regard»' coni ne le
KMBbre de partisans revendiquer se^ premier roi de ce nom, parvint à réunir
Msala eouronne. 11 trouva un appui a son royaume les provinces que gou-
attendu dans la nntion des Gaulois vernait sou oncle FVusins. Ce fut le su-
tmo^nges (1 qui se souvf ii.ut de l'ai- jet de la première j^ut rre suscitée entre
fiance qu'elle avait contractée avec son les rois de Bitlivnieet ceux de IVr^ame.
pèn.ei qui en même temps accueillait hes deux partis trouvaient ficilement
2vec joie l'oocasion de faire la guerre. des alliés parmi les princes grecs et les
Araot d'élre arrivé aux frontières de la petites ré|>ublique<; , qui espéraient les
Bitbvnie, il avait deja rassemble une uns et les autres quelques agrandisse-
armée nombreuse; niais ceux d'IIéra- ments comme fruit de la victoire. At-
c!r>e et de Tium avaient pris le parti de telé s*étant ligué avec la république de
la rein»-. Ziéias , du reste, s'en vengea Byznnce, Prusias, pour mieux lui résis-
en i-iriuni contre eux les Gaulois, qui ter, lit alliance avec Philippe, roi de
ravagèrent li territoire d'iléraciée. Si Macédoi.ie. Ce prince avait déjà eu plu-
nous detoos nous en rapporter à Étienue sieurs occasions de porter la guerre en
de B^yanee (2), et eroire que Ziélas a Asie, et saisissait avec empressement
fnnâe la ville de Zéla dans le royaume de nouveaux motifs de «'immiscer plus
<ie Font, il faudrait supposer qu'il a avant dans les querelles des rois de cette
donné son nom aux lieux où il s'était contrée. Sous les plus frivoles prétextes,
retiré pendant son exil , sans s*arréter il attaquait les villes de la côte , choi-
à h difficulté que présenteraient d'au- sissant le moment où Umrs mIIIcs étaient
tres^auteurs qui placent celte ville in- ensa^fs dans des entreprises lointaines.
^inetement dans le Pont^ dans l'Ar- Une des places les plus importantes de
nvénie ou dans la Cappadoce, ear les la Propontide, dont l'origine remontait
frontière'i de cette province ont si sou- à une hante anliquilé, puisqu'elle était
trot varié, que la Nille de Zéla peut regardée co'ume fondée par un Argo-
avoir été comprise tantôt dans l'uue, naute (1) qui lui avait laisse son nom,
tantét dans Tautre de ces protInoes. Les la ville de Cius (2) , ayant fait alliance
dtesensions deZiélas et de sa belle -mère avec les vfltoliens, s'attira ainsi la co-
fnrpnî pour résultat le part.i;îe de la lère de Philippe qui l'nttnqua la p' il.
, ,

Bîtù} oie,et unaccommodetnciit eut lieu et en lit vendre les habitants, après a- l

asus les auspices de la république d' lié- voir ruinée de fond en comble (3). lA
iiçiée. Ziélas s'établit dans la partie
orif'ntale de In province. C'est peut-^lre
(i) Hérodote, liv. Y, rbap. CXXIl.
i cette époque que remonte la division
(>) Suivant ApolloJoic { Bililiolli., lih. II ,
en première et deuxième Bithynie, qui Ciiii fui fondée par l'Argouauif
la >il|p (le
ae rot pas cependant très-usitée. Polvpliôrnr qui, à sou retour de Colcliiilr,
,
I

f
ileso» Il lit à ItTiv avec llnctili'. Se lrou\iittt
(i) Memn , apod Fbol.. p. 7>4* abaiiJoniic sur la rôtc, il foiida la ville dtt
Cius, ri s'en (it roi.
(3)Pol)l>e, 709.

Digitized by Google
'S4 VUK
ville àt Hf^, fontf^ p«r Myrins, avait tenté <ie rassanhier ; la guerre fut
chef das Golophoniens , fut éf^aiement décrétée, et Prusias employa, mais en
saccagée par Philippe. Les Rhodiens vain, son influence auprès "des envoyés
alliés de ces deux villes, se liguèrent de Rome pour détourner la répubîiqtip
avec Attale l*"", et déclarèrent la jaierre d'un pareil projet. (170 av. J.-C.) Pour
Sku roi de Macédoine. Prusias, qui avait rendre son intervention plus utile à son
épousé Ap.iniée fille de ce prince, reçut
, beau -frère, Prusias attaqua Eumène,
en présent le territoire des villes c/>n- et porta la guerre dans les États du roi
quises ; il rebâtit Cius, et lui donna son de Pergame, qui fut aiusi contraint de
nom. La ville fut appelée Prusîade, et rester en Asie. Mais eee événementi
pour la distinguer de la ville du même servaient mieux la politique de Rome
nom, située au pied de l'Olympe, on que n'aurait pu faire une cuerre directe.
rappela Pruse sur mej-. La ville de Les Romaius attendaient que les rois
Myriée prit le nom d*Ajpamée , reine de d'Asie se fussent sufGsamment affaiblis
fiiihynie et femme de Prusias. Ce fut, les uns par les autres, pour les attaquer
Étienne de Byzance (l) , Nico-
suivaïJt ensuite ouvertement.
mède Épiphnne qui donna à la ville de liCS armées de Prusias remportèrent
Myriée le nom de sa mère A pâmée. sur celles d'Ëumène de nombreux avan-
lorsque les Bomains, déclarèrent la tages ; elles dorent ees suecèa moins è
^erre à Philippe, Prusias ne soutint rhahileté de leurs i^éraux qu'aux con-
pas son allié et laissa le roi de Pertrame
, seils d'Annibal, qui, errant et proscrit,
passer en Grèce pour porter du secours s'était retiré à la cour de Prusias, père
aux Romains. Profitant des dissensions de Cynxgus. Le général carthaginois
suscitées entre des États qui pouvaient combattit lui-même la flotte d' Eu-
voir d'un œil jaloux l'agrandissement de mène (l) et mit ses vaisseaux en fuite.
laBithynie, Prusias résolut d'étendre Des services aussi éclatants ne purent
ses frontières du côté de l'Orient. Il cependant détourner Prusias de la plus
enlreprit ieii^ d'Héraelée, Tune des lâche trahison. Eumèoe a*était plaint
principales places de la Paphlagonie, aux Romains de la conduite ae ce
et qui fut annexée au royaume de Pont prince; déjà In république était l'arbitre
rir Mithridate. Blessé pendant le siège, suprême auquel se soumettaient les
renonça aux conquêtes , et finit tran- monarques a* Asie, quand la voie des
qaillement sa vie , après un règne de armes n'était pas assez prompte.
quarante ans, laissant la courouie (3) Quintius FInminius, envové du sé-
à un fils qui portait son nom. nat, arriva en Bithynie avec la mission
avouée de rétablir la concorde entre
PBOSIAS f1. les deux rois. En apprenant que l'im-
placable ennemi des Romains vivait en
Ce Prusias, surnommé Cynagus, le Bithynie comme l'hôte et l'ami de Pru-
chasseur, monta sur le trône de Bith^mie sias Flaminius ne dissimula pas qUe le
,

vers 192 avant J.-C. L'alliance ^ui avait peuple romain ne oonsentirait jamais à
existé entre son père et les pnnces de recevoir pour allié un ami d'AnoilNiL
Macédoine subsistait toujours, malfjré C'est alors qtie le roi de Bithynie ne
la conduite équivoque de Prusins on \ ers rougit pas de solliciter la protection de
Philippe. Le roi de Bithynie tpousa Rome, en promettant de livrer son
une des anars de Persée , et prit une hôte; mais celui-ci , averti à temps du
part active aux intrigues que ce prince complot tramé conlro lui avait préparé ,

entretenait avec tous les ennemis des du [)oison ,


qu'il prit ;iu moment où les
Ronjains en Orient. Eumène, allié de gariles du roi venaient arrêter. Il fut I

la république , et jaloux de la puissance enterré à Libyssa, village qui était au


des rois de Bithynie , se plaignit aux bord de la mer (3).
RooMina de la perfidiie de Peraée, qui
(i) Plutarqiif , Vie d'Aunibal.
(i) Verbo MupXûou (a) n Fuit et Ltbysta oppidum , iibi oiinc
(a) Tit. liv., IXXn, eb. 34; XXXTO, HiiMiibalis tantna tumnlut... • Plinii Nulu-
di. 3o. nd. Hblov., lib. cep. XXXII.
iiSIR MINEURE.
Pmtiat* obligé de rendra à fiuiiiène atteindre Nicoroède, qui laissa ceppn*
kê proTînces conquises, entraprit le dant son trône à un fils du même nom.
Toyoep de Rome, pour
tâcher de se Ce prince, sous le nom Nicoinède III,
concilier, par sa présence, les intérêts soutint d'abord une guerre contre sou
du sénat. Mais l*attitBde suppliante frère Socrate, protégé par Mithrldate)
quil prit eo abordant le Capitole, la ce motif seul lui valut Talliance des
bassesse de sets supplications lui furent , Roniains, qui le rétablirent plusieurs
plus défavorables auprès des Uers répu- fois sur son trône. Depuis ce moment
blicains que la conduite hardie au'il la Bitbynie fut acquise aux Romains,
avait tenue en attaquant leurs alliés. et, quelques années plus tard, Plieo>
ReoToyé nvec mépris il revint en Bi-
, mède, en mourant, 1rs institua ses hé-
tbynie pour vencer sur les rois de ritiers. Cependant, ils n'entrèrent pas
Pergame, et déclara de nouveau la sans combattre eu possession de leur
guerre à Attale II, successeur d'En* héritage , et Blitbridiite mit une nom-
mené ; il le vainquit , et s'empara de sa breuse armée en eampame pour dé*
capitale mais les Romains le forcèrent
; fendre la Bithvnie, qui Tut soumise,
de nouveau à restituer cette ville à son malgré ses efforts, par Silanus, Lu-
souverain léfiitiine. Des soulèvements cullus et Cotta. Ce dernier avait établi
SM ienui en Bitbjrnie foieèrent Prusiae son quartier général i Cbalcédoine,
h s>nfuir à Nicoinédie ; son fils Nico- pendant que Lucullus assiégeait A pâmée
niède vint Tatt^quer, à la téte des ré- et Pruse cerné dans la ville par îVIithri-
:

voltés , dans sou dernier refuge. Apres date, qui avait armé une flotte nom-
ramir fait sttsssiner, il fut prodÎMné breuse , il fut secouru à temps par son
loi, etfeoDt le surnom de Pliilopelor* eollèfiiie (1).
l.p? premferes années de son rèsne se La dynastie des rois de Bitbynie doit
passèrent dans une paix profonde. donc éue établie de la mauière sui-
vante :

mCOMàDB II.
•Tint J.-C.
Bias régna de S78 è S9«
L'alliance de ces monarques avec les
,

Zipœtès, — 328 à 281


rois grecs t et leurs relations continuel- iMcomède l*"", — 281 ;i 246
Iss aiee kis priness esiatiques les nias
Prusias (Zelas) — 24(> a 332
ifBMBBién |Mir leur faste , donnent lieu Prusias 1*, — S33 à 192
de croire que la cour des rois de Bilhy- Prusias II , — 193 à 149
Die n'était pas moins brillante que celle
des Atinlc et des Séleuddes. Mais la
Nicomède II, — 149 à 92
Moomède IIU 93 à 76
Bitbjnie a été trop souvent envahie et
sseesigiée ,
pour qu*on puisse espérer d'y
retrouver quelque monument impor- LA BITHYRIB BÉDUITB BN PROVINCE
tant qui date de 1 époque où elle n'était OMAIIIB.
pes floamise à la dominetloo étran^fere.
Dès pays, converti en pro-
lors, cp

IflCOMiDB iiu vince romaine tuml»e sous le gouver-


,

nement des proconsuls et des piiteurs


UaUiaiiee qne eontraeta liieomède et rentre dans Fadministration générale
avi»c Mitbridate lui haine des
attira la de l'empire. Décrétée province du peuple
Romains, mais ne IVrnpèfha pas de romain (2), la Bitliynie fut gouvernée
conquérir la Cappadoce el la Paphla- par des proconsuls' tirés au sort. Plu-
fODie, qu'il partagea avec son allié. Les sieurs empereurs la visitèrent, et sou-
Romains appelés pour arbitres dans un vent son territoire devint le champ de
,

différend qui s'éleva cnlre eux, s'em- bataille où les prétendants è l'empire
narereut de la Cappadoce pour venger tirent valoir leurs droits.
le roi Ariaratbe assassiné par Mithri-
date (1). Le même sort ne tarda pas à (i) 71 av. J.-C.
(•) PUne, lY, 9$ Y, so; YX, S; Ylt«
6 et 10.

Digitizod by Gû*..wtL
LUNIVERS.
BMPBBBUBS BYZANTINS. en mettant le siège devant les villes
qu'ils occupaient. Im soldats de Pro-
De tous les combats qu'excitèrent les cope, qui étaient
à Nicée, purent
-ferres civiles, il n'en est pas de plus néanmoins une sortie et vinrent
faire ,

important que celui qui décida du sort inquiéter armée de Yalens qui en-
i

ds remptrs entre Licinios et GonstantiD. tourait Chaioédoine. La fuite seule mit


La flotte du premier avait été battue l'empereur à l'abri de leurs poursuites;
devant les murs de Byznnrp; presque il se sauva par le lac de Soplion
tous ses vaisseaux et ciuq nulle sold.its qu'Ammien Marcellin (1) nomme lac
avaient péri. Il passa secrètement à de Sunon. 11 est clair que l'auteur latin
Chalcédoine, et eut bientôt réuni autour ne veut pas parler du lac Ascanius :
de lui une armée de cinquante mille car tout le territoire de ?îicée était
hommes; mais Constantin, sans lui occupé par les ennemis, tandis que Ni-
donner le temps d'assembler des forces comedie tenait pour l'empereur. Cet
plus considérables, traYena le Bosphore événement, qui augmenta le nombre
et engagea la bataille , qui se donna sur des partisans de Procope, lui donna les
les linntpurs de (IhrvFopoIis aujour-
,
moyens de poursuivre le siège de Cy-
d'hui Scutari; tout le champ de bataille ziqiie, mais ne lui ouvrit pas pour cela
est occupé aujourd'hui par le vaste ci- le diemin de l'empire. Attaquée par
metière des musulmans, qui s'étend de- Valens dans la plaine de Naeolia, en
puis la ville Jusqu'au pied du mont Phry^ie. son année fut vaincue, et le
Boulgourlou. péneral Ini-nir'me, arn'-ti' dans sa fuite,
Pendant les règnes suivants, l'em- eut la tète tranchée par ordre de Tem-
pire, balaneé entre des victoires et des pereur, dont la vengeance ne s'arrêta
revers, soutint presque constamment pas là, car plusieurs des villes qui avaient
des guerres lointaines, et la Rithynie, pris le parti do Procope eurent leurs
ainsi que les provinces limitrophes, murailles rasées. Aussi, lorsque les
jouirent d'une sorte de tranquillité , que Perses , sous la conduite de Chosroès
des soulèvements partiels ne parvinrent firent une invasion en Bithynie, il leur
pas à troubler. Julien à peine monté
, fut facile de s'emparer dos villes ainsi
sur le trône, se fit ploire de réparer les démantelées. Aux irruptions des Perses
édiûcesdes principales villes qui avaicut succédèrent celles des (lutlis et des
été endommagées par des tremblenients Scythes, qui n'avaient pas pour usage
de terre. Partant ac Nicomédie, il tra- de faire une guerre en règle , mais dont
versa l'Asie pour aller faire In guerre le seul but était de fies/end re sur In
aux Perses. Son successeur, Juvien, côte pour piller les habitants et brûler
couronné dans Ancyre, ne vit pas même ce quils ne pouvaient emporter.
comme empereur les murailles de Malgré la persécution qu'elle avait
CoDStantinople. Valentinicn , l'un de éprouvée soiis les rèijnes des empereurs
ses tribuns, avait été appelé d'Aneyreeii Deceet Diocletien,la reliiiion chrétienne
Bithynieparun parti puissant qui, d'ac- se répandit avec rapidité en r»itliynie;
cord' avec Tarmee, Telut empereur dans du moment qu'elle trouva une' pro-
la ville de Nicée A peine investi de cette tection près du trône, les fidèles cou-
diiînité, il se rendit à Nicomédio, et vrirent de monastères et (ré^'H-^e-; les
associa son frère Vulens à l'empire. Le environs des villes et les penchants des
grand concours de partisans qui s'é- montagnes. Toutes les vallées de VO-
taient réunis autour oe& nouveaux em- îympe virent arriver des anarhorèles
pereurs ne put cependant étouffer les 3ui formaient des disciples fervents et
prétentions de Procope, allié à la famille évoués.
impériale. Malgré la présence de l'em-
pereur, il s'empara de Nicée et de Cluil- DOMIlfATlOll MUSULMANE.
cédoine. î>a mort de Valenlinien, sur-
venue sur ces entrefaites, lit passer Les autres parties de l'Asie INIineure
l'empire sans partage entre les mains étaient depuis longtemps tombées entre
de Valons, dont le premier aoin fut de
poursuivre pvee vigueur les rebelles, (i) Lib.XXyi«e.a.

Digitizoa Ly Gt.Ji.(
ASIE MllNKURE. 57
les mains de la race musulmane, qui leur était dévolu à eux et à leurs des-
liait formedes royaumes rt des prin- cendants. C'est là l'origine de la puis-
dpiotéi indépendantes; mais la vigt- sance des dérébeys (i), dont le gouver-
iaim des empereurs byzantins nv.iit nement, tout h fait féodal , fut pendant
éloi£M jusque-là des frontières de la plusieurs siècles d'un si prand seeotirs
Bitbynie les hordes des énnrs et des a la [)uissniice des sultans. (Ji!e'qui'>-
ealifes. Harouu-al-Uacbyd, qui s'était UDS de ces liefs, donnés pour un certain
enpiré d*Aiifçora , et dont Tavant-ganie nombre d'années, rentraient, h re.xtiuc-
^Dit\enue presque à Héraclée, s'était re- tion du titre, sous le pouvoir de la
parsuite d'un trnité signé avec l'em-
tire, Porte. I.es guerres p.irticulieres (juc sa
pereur (1). L«es Seidjoukides f d'ailleurs livrèrent ces beys, les vexations de
OMtoniBiCfit en gnerre avee d*aatres toute espèce dont ils accablèrent non-
prinees musulmans,
étaient mollement seulement les chrétiens, mais encore
attaque la Biîhynie, lorsque Toghrul, le les différentes tribus musulmanes qui
dùd de la dynastie d'Osman, voulant venaient camper dans leurs districts,
nnsieonquérirun empire pour les siens, eontrilmèrent à anéantir les derniers
urcha droit vers Touest, et vint mourir éléments de civilisation et de commerce
sur les bords du Sanijarius, en montrant dans cette rontrée. l'n des grands
i son tils Orkhnn les hauteurs de principes de la politi(fue du sultan
iiruu:»èa. Ala-Eddiu, sultan seldjoukide, Mahmoud était de réunir ious un prin-
lu avait donné en apanage toutes les cipe unique et absolu le gouvernement
terres qu'il pourrait conquérir au delà de Tempire. î.a puissance drsdt rcbeys
du Sanisarius. La prisse de Broussa, fut attaquée, et ceux qui étaient dans
doot les Osmanlis firent leur capitale le voisinage de Con^tantinople furent
en Asie, amena la chute du pouvoir obligés de se soumettre. Au|ourd*hui
de^ einperevra en Bitbynie. Des guerres la Bithynie est gouvernée par des pa-
infruetueoses , im pouvoir précaire, ne chas, qui reçoivent tous les ans l'm-
peuvent être considères comme la vestiture a Tepoque du Beyram. Ou
narqee d'une domination. Plus tard n*eutend plus parler de ces soulèvements
lersqoe les armées des croisés vinrent hardis qui mettaient en feu des pro-
occuper ces contrées, les Osmanlis, vinces entières, et maintenant Turcs et
quoique vaincus , ne furent jamais coni- chrétiens, courbés sous K même niveau,
piéCement cbassés, et la prise de Cous- jouissent, de la part des autorités, sinon
tantinople, en eooroonant les efforts de la même bienveillance, du moins
de deux siècles, cimenta pour jamais la d'une tranquillité relative.
domination musulmane.
Lors^iue le sultan Orkhan détermina CBAPiTAL m.
les lifDhcs de la province nouvellement
conquise, il donna les noms de ses raoïmERBa ne la BiTHTifiB.
lieutenants aux principaux districts
dont ils s'étaient empares. Aiu^^i , le pays Le royaume de fiithynie, formé du
des Tb^iens fut appelé Khodja-lb , et démembrement de plusieurs peuples,
la partie occidentale de la province eut naturellement des frontières \aria-
recul le nom de Kbodawenkiar; les bles; né.innioins du côté de l'ouest,
,

fiets que l'émir s'était réservés autour lei» limites turent constamment fixées
de roiviiioe furent appelés Sultan* par le Uliyndacus. Du côté de i e^t, il
OCoî. B^aîs le sultan ne (^rdait pas pour fut longte'inps borné par le cours du
h\ «;hu! If^ terres conquises, et les plus Snngarius (2); mais après l'adjonction
braies de ses émirs recevaient des por- du pays des Mariandyniens il s'é- ,

tions de territoire qui devaient au tendit Jusqu a Ileraelee, et même jus-


trésor pnblle, outra une redevanoe en qu'au Parthénius, c'est-à-dire , jusqu'à
geot, un certain nombre d'hommes la limite extrême du territoire de Cau-
raés; le /gouvernement de ces districts ooies. Cette Tbrace qni est en Asie,

(t) De Hammer, tii*ioire de Cempirt ot- (i) Dérébey, bey des vallétt.
4MMi, looie I, (a) Sifdioa, Kv. XII, p. 54r,
L'Ur^lVERS
dit Xénophon, commence à Teinbou- terminées par la chaîne de TOh nipe,
chure du Pont-Euxin et s'étend Jusqu'à qui est presque parallèle à la c^te de
Uéraclée. Elle est à droite de ceux qui i'Euxin , et nui étend ses ramifications
naviguent ven le Pont ; de Byzance à daus la Paphlagonie jusqu'au Pont et au
Héraelée il j t une iournée dé uavisa- fleuveHalys.
tien pour une trirème dans les plus
longsjours (I). HOnOUADB.
Les frontières déterminées par Stra»
bon loot un pea différentes. « La Bi- Vers le cinquième siècle , Xheodose U
tbynie est bornée à Torient par les Pa- détacha de la Bitbynie nne vaste portion
phlagoniens et les Mariandyniens , et dont il forma un gouveruemeot parti-
par quelques-uns des Épictètes; au culier qui fut appelé Honoriade , du
septentrioa par le Pont-Euxin, depuis nom de son oncle Uonorius. Ueraclée
Pembouebure du Sangarius jusqu'au reçut le titre de métropîde et d^nt le
Bospliore qui sépare Byzance de Chal- lieu de résidenoe du gouverneur (1).
cédoinc; à l'occident, par la Propon-
tide, et au midi, par la Mys^ie et la PAUAGES DU fiOSPHOBE.
Pbrygie surnommée Êpietète , laquelle
est aussi appelée Plurygie Hellespo^ La partie de la Bithynie qui est bai-
tique (2). » piiée par la mer a été de tout temps la
Sous la Romaius, les
douiiaaliuii des mieux connue et la plus peuplée. Le»
limites de la Bithynie furent un pea vastes ports que forment les sinuosités
changées. Toute la côte, dit Straoon de la cote attiraient, avant la fondation
(la partie droite du Pont-Euxin), était de Byza!u*<' le commerce de la Grèoo
,

soumise a Mithridate, depuis la Coichide et les colonies de l'Europe.


jusqu'à Héraelée. Mais le territoire si- Depuis l'embouchure du Hhyndacus
tué au delà de cette ville jusqu'à l'em- dans la Propontide jusqu'à rembovdiUM
bouchure du Pont-K'.ixin et jusqu'à du fleuve cius, la côte est peu élevée.
Chalcédoine, était reste sous la dépen- Toute cette plaine est riche en oliviers
dance du roi de Bithynie. Après la cLute et eu pâturages. 1^ fleuve Cius, qui
des rois de oe pays, les Romains con- sort do lac Ascanius, vient se jeter dans
servèrent les mêmes limites, de sorte un golfe profond qui prenait son nom
qu*Héraclée appartenait au Pont; mais de la ville la plus importante construite
le pays qui est au delà de cette ville sur ses bords. Au reste, on n'est pas d'ac-
appartenait à la Bithynie (8). La dé- cord sur cette dénomination ; Toinponius
termination de Ptolémée est diffé- Mêla s'exprime ainsi : « 11 v a eu delà
rente. La Bithynie. dit il, est bornée, de Dascylium deux golfes cle moyenne
au midi, par l'Asie propre, comme le grandeur; l'un, qui n'a point de nom,
montre la ligne tirée depuis le fleuve baigne la ville de Cius (2).»
Rhyndacus jusqu'à la frontière ; ;i l'o-
rient, par la Galatie et la Paphlagonie , CAP posmitfH.
d'après la ligne tirée depuis la limite
mentionnée jusqu'à Cytorus , ville du Le promontoire de Cius, qui fut ap-
Pont. pelé aussi le cap Posidiom (3), est formé
Néanmoins tous les auteurs mo-
, par un prolongement du mont Argan-
dernes qui ont traité de la Bithynie ihonius, sur le penchant duquel était
ancienne se sont accordes avec Éticnne Mtie la ville de Cius. Ce cap est sans
de Byzance et Arrien (4), ponr en fixer doute le Nepiuni fanum de Pomponius
les limites au Parthénius du côté de Mêla. Il est couvert de forets c est en :

l'orient Au sud , les frontières sont dé- en ce lieu que la fable place i'aventuie
d'Hylas enlevé par les nymphes.
(i) Xéoopk, JS«r/». Cyri^Mn, \, cb. lU,
D. X. (i) Jean Malala, C/tronog^., liv. XfV,
(î) Slrabon XJI, 563. p. 6g, 6, éd. Oxon.
(3) Slral)oii, liv. XII, p. 54i. (a) Mêla, liv. f, ch. XIX.
(4) Pèrip.f liv. I, p. i4, i5. (3) Plolomée, Iït. Y, ch. I.

kju,^ jd by Google
ASIE MI lÉURE. M
En remoDtaiil fers le nord, «t après Depuis Chalcédoine jusqu'à Tembou-
atoir doublé !• «ap PoiidiMfi , on «itre chwre da Pool*Einiii, la partie de la
hBiDédiatemeot dans un autre golfe qui côte d*A8ie qui est baignée par les eaux
s'éîeQd h l'ouest dont la partie
de Test . du Bosphore se prolonge du nord au
wd est forrpée par le mont Argantho* sud sans former de golfes profonds;
MIS, et la côte nord par la partie sud les bâtiments peuvent oepandant mouil-
ler à Scutari , dont le port était autrefois
très-fréquenté , mais qui a été comblé
«cm I»'ASTAC68 ou OB «IC0M£DII. pendant les f^uerres civiles. Pierre Gilles
en vit détruire les derniers vestiges,
Ce i^lfe , prenant son nom d«6 tilles lorsque la fille du sultan Soliman fit
les plus importantes construites sur ses bdtir une mosquée sur la côte d'Asie.
bnrds , est appelé tantôt Olbi^nus de la On voit encore dans In mer quelques
fiile d'Olbia (1), tantôt Aslaceous delà pierres qui ont appartenu à I ducièn
fUle d'Aitacus (J). môle, dont la construction avait pour
Plut tard , la ville de Nioomédie ayant iNit d'arrêter las efforts do courant.
remplacé la ville d'Olbia, ce golfe prit
le nom de polfe de Mcomédie, qu'il a POET CAI.PB.
conservé jusou'a nos jours. La côte ^ud
ét la p S w qr
tIe des Tbynieiis sa pro- Ta eôte baignée parlea eaux du Pont-
loa|i|;e du nord-ouest au sud-est , depuis Euxin n*offre aucun abri aux navires de-
le rop dp Chalcédoine jusqu'à la partie puis l'entrée du Bosphore Jusqu'au port
b plus etrpite du gulfe. A ee point, les Calpé, situé près de la rivière de ce
ttfres se rapprochent, forment aoe nom. Etienne de Byzance nous apptaud
larta 4e démit, qui, arrêtant l'impé- qu'il y avait également une vule de
taosité des values fait du golfe de Ni-
. Calpé; Xénoplion (I) nous a fait une
caoïédie un vaste et tranquille port. description de ce port il est ouvert
:

à l'abri d'un rocher escarpé qui s*a-


rOAT HBBJIIIS. vanee dans la mer, et qui a vingt aunea
de haut à l'endroit le plus bas; et au-
l e cap de Chalcédoine, nommé aussi dessus un espace d'environ quatre cents
Ueraçus, est bordé d'une quantité de pieds de large capable de loger dix mille
mdwia. Aa dedans de ce promontoire, Iiommet. Ao-dessou» est le port, vsta
la mer forme un golfe, qui, à le voir, Toccideot, avec une source qui ne tarit
semble être partout d'nne égale profon- jamais et qui coule le lon^ de la mer.
drâr. Cependant il n'y a au'autant Le cap qui forme le port Calpé s'a>
iVau qu*il en faut pour eoitfiir le lar- baisse du côté de Test , et la cote est
nlD (S). Justinien 6t réparer ce port plate et sans accident. Le fleuve San-
Hérsus (4). H fit faire un nouveau port garius qui se jette dans la mer un peii
,

dans le nu'me endroit; comme l'ancien £lusà l'e^l, servait aussi de port pour les
était exposé à la violence des veuts et arques. Mais, en realité, après le port
des tempêtes, il y remédia en faisant deCalpé,ll n*y avait que esluid*Héraciéa
jeter ouantité de caisses dans la mer, qui oftrît un abri certain aux navires.
et il éleva par ce moyen deux môles Tels sont les principaux traits de la
jusqu'à la surface de l'eau, au-dessus géographie et de l'histoire d'un pays
d^quels il posa des roches pour résister qui, à dltférentes époques, a appelé
à nmipétiiosité des vagues. Ainsi, il 1 attention des peuples les plus civilisés

fendit ce port extrêmement sûr mémo de l'Europe et la convoitise des hordes


pédant l'hiver et durant les plus- fu- incultes ae l'Asie. !>(• celte monarchie
neuses tempêtes. bithyuienne qui fut 1 des plus il>
alliée
lustres rois grecs, et dont la république
Mébi, îd.ibid.
(i)
romaine, à Tépoque de sa puissance,
Slml>on,liv. X.TI,p. 5fiJ. envia Thérita^e, il ne reste pas un
(»)
Demosth. dr lilihyuie Hv. lY. «pud
l î) ,
mouument qui puisse faire juger quels
Mephanum Byzani, verùô 'UpaCa.
(4) Procope, DtJSdilSeUs,IÀf, f*'di.XI. (i) CyrL, Uv. TI, di.

Digitized by Google
60 vm
principes aTaient dirigé les artistes de fut déclaré fils de Neptune, fonda une vil le
ce pays. 11 n*est pas probable que le à laquelle il donna son nom , et le goi le
style de rarebiteetiira phrygieune , dont lui-même prit le nom de la ville. Les
on retrouve quelques exemples, ait été Mégariens arrivèrent en Asie vers le
pratiqué longtemps par les Bithyniens , conimencementde la dix-septième olvnn-
qui, voisins des côtes de la mer, et en piade, c'est à-dire sept cent douie ans
relations eonstantes atec les eolonies avant J.-C. Memnoo (f) ramNnrte le
ffreeques , dorent enivre dans leais arts passage suivant : « Astacusmthsèitée
rinipro<;slon que donnait ani peuples par une colonie de Mécariens au com-
d'Asie génie hellénique.
le njeiicement de la dix-septième olym-
Tous les mouumrats de Tantiquité piade; ils donnèrent à la ville le uoin
que Ton rencontre en Bitbynie sont de d'Astaeus pour obéir à Toraele, en mé-
1 époque romaine. Presque tout rc que moire d'un certain Astacus, Tun des
les princes byzantins nvaient bâti a\pc Spartes habitant de Thèbes, » Si en effet
une rapidité (|ui témoignait plutôt du la ville d'Astaeus fut détruite par Lysi-
désir oe jouir vite de faire des maque , elle ne dura qne pendant une
choses durables, a été anéanti par période de quatre cents ans, et les
suite des guerres, des tremblements de habitants furent transportés à Nico-
terre et des renouvellements qu'a mo- médie par le fondateur de cette nouvelle
tivés une domination nouvelle. Les ville (2). prospérité de la colonie nais-
débris épars de ces temps reculés, de- sante ne taraa pas à porter ombrage aux
venus plus rares de jour en jour, ac juiè- chefs indigènes, qui attaquèrent et sou-
rent encore plus de prix nux yeux de mirent les nouveaux colons. Dédal-
riusionen qui les conserve avec respect, sès, le chef de la dvnastie bithynienoe,
comme les derniers témoins d^une briU incorpora dans ses États les deux villes
lante époque. Les contrées moins favo- grecques, et Astacus tomba sons les
risées de la nature, dont les sites sau- coups de Lysimaque fondant la guerre
vages, hérissés de rochers, ont été que ce priuce livra à Zipœtès. Cet évé-
dédaignés par les populations modernes, nement doit être placé entre 998 et 834
nous offriront une plus ample moisson av. J.-C, cette dernière date étant celle
d'anti(juités; mais nous avons cru de- de la mort de r.ysiinaque. T.e suecest-
voir recueillir scrupuleusement les mo- seur de Zipœtes, JNicomede ^ ^ appela
numents byzantins de Bilhynie, qui dans la nouvelle capitale qu'il venait
ne brillent pas par la perfection du de fonder les débris de la population
style, mais qui se rattachent par des d'Astaeus; ce qui n'emp^ehn pas cette
liens précieux à notre histoire nationale. ville ne se relever en partie de ses ruines,
tout en laissant à iSicomédie la supré-
CllAPlTUEIV. matie qu'elle avait conquise.
Pausanias (3), en décrivant les objets
d'art conservés dans l'enceinte ri O-
NIGOMÉDIB MÏÎTBOPOLB.
ASTACfIS. OLBIA. Ivmpie, mentionne une statue d ivoire
de Vlicomède 1*% roi de Bitbynie « qui
Lorsque les premiers colons grecs
a donné son nom à la plus grande ville
arrivèrent sur les côtes d'Asie « ils choi* de ce royaume, car M
comédie s'appelait
sirent les sites les plus favorables pour anciennement Astacus «.
développement du commerce C'est du moins lopiniou de Strahon;
le et de
ragriculture. Les Mégariens remontè- mais il n*en est pas moins vrai que
rent la Propontide et s'étaUirent au longtemps après cette époque Astacus
fond d'un vaste golfe situé à rentrée du est mentionnée par plusieurs auteurs

Bosphore de ïbraoe. connue existant sur le rivage du golfe


Astaoène concurremment avec Nica-
ASTACUS. médie; ce fait est facile à expliquer en

Tous ces lieux étaient alors sans nom ; (i) MemnoQ apiid Pholium, cb. XXI.
le chef de la colonie, nommé Astacus, (ils (a) Sirahon, XH, 563.
d'Olbia, qui en sa qualité de navigateur (3) Liv. V, ch. la.

Digitized by Gopgle
ASIE MINEUHE.
àtaal qu'Astacus s'est relevée de ses de Mcomédie qu une seule et même
TBîDes après la mort de L\«iinaque. ille. Ptolémée (i) fait aussi une dis-
Du temps de Constantin Forphyro- tinction entre Astacus et Olbia. Nous
génètf. Astiiciis est nienlionnéft parmi devons en conclure que, maljçré les
la tilles encore existantes: 1° Mco- assertions contraires des historiens ro-
médie métropole...; 4*^ Astacus.Pompo- mains , il y eut dans le golfe Astacène
Dhis MétSt après avoir décrit le golfe de trois villes qui chacune à son tour ac-
Qos, poursuit en ces termes: « L'autre quirent une certaine renommée et dont
golf?,qu'on appelle Olbinnus, porte sur les populations vinrent se fondre dans
îoa promontoire un temple de Neptune, celle de Mcomedie qui resta seule en
ft 4ans son cnfoooemeDt Astacus , fon- possession de donner son nom au vaste
déeparles Még;arieDS. • Ce promontoire golfe dont elle occupe l'extrémité.
«tie cap Posidiom, aujourd'hui Bouz Le cap Posidiuin formait la pointe
bourouD (le cap de la Glace), ainsi appelé sud du golfe Astacene; le cap Acriias
Bon pas parce quM
y fait plus froid formaitla pointe nord : e*est là quQ
que dans le voisinage, mais parce que commence le Bosphore. Ce dp s'appelle
c'est en ce lieu qu'on einbnrfumif pour aujourd'hui Fnnar BniLililchisi (le fanal
CoDstantinopIe les provisions de iieiiic re- du Jardin); il y a un petit phare pour
cueilliesdans rolympe ; cVst donc dans signaler l'entrée du golfe.
feToirinage de ce cap qu'il feutehercher
remplacement eDcore inconnu de l'an- KICOMiDIB.
dfone Astacus, et sur celle côte nucune
localité ne parait avoir niieu.\ convenu Le titre de fondateur d'une ville
I rametle d*une ville antique que le était tellement recherché que le pre-
file de Kara Bloursal. mier soin d'un prince vainqueur ou
puissant était de supprimer le nom des
OLfilA. villes déjà existantes et de le remplacer
par le sien propre. Le même sort est
TSat avtre ville du nom d'OIbia Ait arrivé à ISicomédie, fondée par le Thrace
Hnkmm fondée par les IMégariens; Zipa tps, père de ^'icomède. Ce der-
ina son nom
el.> de la mère de leur nier prince, avant de f.iire une se-
Hiri, et le ^olfe fut indifféremment dé- conde dédicace de la nouvelle ca|)i>
signe f>ar les Grecs sous les noms de taie de son royaume, offrit un sacriOce
jçoife d'Olbin ou d'AstniMis. L'examen favorables, et
fiour se rendre les dieux
attentif de ces cotes ne saurait conduire es prêtres lui annoncèrent, d'après les
irfcpDDaitre le site de lu ville car ce -,

Rrésa^es des victimes, que la ville dont


tolfe attira, pendant tout le cours de allait jeter les fondements serait une
Pempirc byzantin une population nom-
, des plus grandes et des plus florissantes
breuse, et un nombre considérable de de TAsie, et que la durée en serait
villes, de forteresses et de châteaux cou- éternelle (2). Une statue
d'ivoire, repré-
niieiu tes rivapes. sentant Mcomède, fut élevée sur la place
Seyiai ne foit aucune mention d*As- principale; e*est cette même statue que
laças et ne parle que de la ville d'OIbia Trajan transporta à Home (3).
d du golfe Olbianus. On peut inférer Suivant l'usa-ze presque général dans
in documents épars qui nous restent l'antiquité , de placer les villes sur des
sur ces deux cités qu'Astacus , fondée hauteurs, Nicomédie fut bâtie sur une
parles Mé^ariens, vil bientôt sa popu- (les collines qui entourent le golfe.
lation s'aupmenter par l'arrivée de co- On voit encore dans la artie la plus l

loDs athéniens qui se fondirent dans élevée une suite de murailles ilanquées
b population bithynienne en- allant de tours, qui paraissent avoir appartenu
s'établir à Nicomédie. à l'ancienne cité, et qui plus tard ser*
Ammien Marcellin (1) est du nombre virent d*acropole à la ville bithynienne,
des bistorieos qui ne font d'Astacus et
(f) I.iv. y, ch. I.

(i) Uv. XX II et Tiebel. PolKo in Bist, (a) Libaniui, t« U.


Paoïaoiai, T, eb. il

Digitizea by
63 LTOIVERS.
lorsqu'elle fut arrivée au plus haut degré Près des égouts et dans le terram qui
de prospérité. Une grande portion de est occupé aujourd'hui par l'arsenal, on
ces murailles s'élève à plus de deux voit les débrisd'un môle oui, semblable à
métras ao'dessiis du sol. Les tours, céltai de Pouzzoles, était formé d*arcades
demi-circulaires, soot construites en comme un pont. Cette invention des
pierres de petit appareil , qui indiquent Romains avait pour but de laisser ua
évidemment un ouvrage romaiii ; mais passage aux courants sous-marins qui »
les soubassements sont formés d'é- entraînant avec eux du sable et du li-
normes blocs de pierre calcaire , restes mon auraient bientôt comblé les ports
,

de la construction primitive. Ces mu exposés à leur action. Ce môle était hùii


railles descendent dans l'intérieur de de briques et couronne de larges assises
la ville moderne. On les reconnaît fa- de pierre. Les piles des arches sufû-
cilement au milieu des malsons ; Mieo- salent pour rompre Timpétuosité des
médie étant fondée sur une colline de vagues. Les débris de cette construction
de grès, elles ne peuvent se confondre sont encore baignés par les eaux de la
avec les roches naturelles. mer; mais la portion la plus considé-
En descendant du côté ouest de la rable se trouve au milieu d'un terrain
colline principale, les niurailles se per- (foi n*existait pas du temps de l'an-
dent bientôt au milieu des jardins et cienne ISicomédie. En effet, le golfe
des proupes de maisons. Cependant, de d'Astacus est soumis aux mêmes lois
diiîtaiice en distance, on remarque des que tous les autres golfes qui commu-
murs de soutènement construits en niquent avec des plaines. Des atterris-
rands blocs , qui formaient sans doute se mcnts considérables ont été formés
e magnifiques terrasses sur lésquell^ par les eaux des torrents, qui ont charrié
étaient situées les habitations. Le der- les terres sur lesquelles sont bâtis
nier mur de ce genre est au pied de la maintenant les arsenaux de 'la ville
colline de l'ouest. 11 était à cette époque turque.
situé au bord de la tuer ; il est bâti de Non loin du môle, et sur la der-
brigues, et soutenu, de trois mètres eu nière terrasse, se trouve une construc-
trois piètres , par de grands contre-forts tion dont la destination n'est pas facile
de pierra, entre lesquels s'ouvraient à expliquer. C'est une plate-forme dont
les égouts, qui étaient aussi au bord de l'élévation varie de cinq à deux mètres,
la mer. Ces égouts sont encore en par- sur la pente du terrain. LUe est bâtie
fait état de conservation , et annoncent en grands blocs de pierre , appareillés
les débris d*une opulente et vaste cité. avee le plus grand soin, et forme un
Ce sont de grands canaux dans lesquels carré de vingt et un mètres cinquante
un homme peut marcher debout. Ils centimètres de côté sur trois desquels
,

pénètrent horizontalement dans l'inté- sontjilaces des avant-corps carrés. On


rieur des terres. On conçoit, pour la ne voit aucuue trace de porte ni d*es-
*
ville de Nicomédie, la nécessité d*avoir calier autour de ce massii qui est assta
eu des égouts nombreux et bien entre- bien conservé. Le couronnement est
tenus. Située sur la pente d'une colline formé de grosses pierres portant une
rapide, sur un terrain très-ondulé , elle moulure et percées d'un trou earré,
eût été exposée aux ravages des eaux comme si elles avaient dû supporter
pluviales, comme on leremarque au- une Sa situation dominant la
grille.
jourd'hui dans la ville moderne. baieçonviendrait beaucoup a un temple;
Par la seule observation de ses mu- mais ce terre-pleiu parait avoir été
railles et des rares débris de Tancienue primitivement inaccessible de toosedtds.
ville, on peut rapporter les ruines de Ni- Etait-ce le piédestal de quelque colosse
comédie à trois époques différentes, l'é- ou de quelque trophée, c'eÀ qu'il W
poque delà Billiynie indépendante, l'é- est impossible de décider.
poque romaine et l'époque byzantine. Ni- La ville de JNicoiuédie fut richement
comédie ne resta i>as longtemps au haut dotée par les foiade Bithynie (I). Mieo*
de la colline; ses habitants se portèrent
naturellement vers la mer où les appe- (i) Anniiit îi M.irccllin lui doiiiip \v litn-
laient le commerce et la navi^Uon, d« oière des viiltui de Bilhyuic (liv. X\ 11,

L/iyiii^cG by Google
ASIE MiPiËURË.
mèèt rorsa de monuments somptueux qui avait reçu des embellissements oott-
et Téclat de sa cour attira dans ses États sidérables, et l'on voit dans ses lettres
aMi-seulemcDt les princes ses voisins, à l'empereur auelle était sa sollicitude
nais aéteisH le plus illustre des Ro- pour le bien-être de la province qu'il
MiBi, qui dot regretter plus d'une fois administrait Parmi les projets de tra-
letrr»pIongséjour()u'il lit chez Mcomède. vaux publics que le préteur de Bithynie^
Les empereurs romains iiiaîtres de , soumettait à Trajan, il en est un qui est
Il Bitbynie, traitèrent les habitants exposé en détail dans une de ses lettres
alBlAt en alliés qu'en peuples conquis. & rempereur (1 ). Pline songeait h ioindia
Inb fOQtes somptueuses furent ou- à la mer pariin canal le lac de Sabandji^
Tpftes dans toutes les directions des , é loi pilé de Nicomédie d'une distance
ports furent creuses , des canaux même d'environ trente kilomètres; d'autre
entrepris pour mettre les provinces p3 rt ce lac aurait pu être joint au fleuve
en rapport direct avec les villes mari- Sangarius,et la navigation aurait pu se
times. L'exploitation des forets qui faire directement entre la mer Noire et
Cuuvraient la Bithynie fut un des points le golfe de Nicomédie sans avoir à passer
qui attirèrent le plus Tattention des le Bosphore. Le chemin était abrégé de
wpéMocs. Le luie des construetions tout le circuit de la presqutle des-Thy*
commençait à se répandre dans Home, nieos. Ce projet avait reçu de la part
et TFurope ne suffisait plus à fournir d'un roi de Bithynie un commencement
ks matériaux précieux dont les patri- d'exécution; mais il parait, malgré l'ap-
éem embellissaient leurs riches nllas. probation que Trajao envole à nine (3),
LUe de Proconnèse offrait une mine qu*aucun travail ne fut exécuté.
époisalile de marbre biniir: mais la Pendant que Pline visitait quelques
pasnon des roches précieuses et rares villes de son gouvernement, un violent
augmentait à mesure qu'elle se trouvait incendie éclata à ISicomédie et détruisit
stfâCûte. Lm
arsenaux de Nieomédie, non-seulement plusieurs maisons par-
nêna en matières premières, fournis- ticulières, mais encore deux édinces
saient des navires qui transportaient publics, le temple d'isis et la Gérousie
^squ'en marbres de prix , les
Italie les ou palais du sénat A cette occasion
jaspes eolorés et les métaux qui ser- Pline proposé à Tkigan d'établir une
raient pour ta décoration. Nicomédie communauté de surveillants pour pré*
profitait,pour ses constructions, du venir les incendies; mais l'empereur,
roisinage de tant de carrières magni- auquel les conférences des chrétiens
fiques le mont Dîndymène de Cvzique
: étaient déjà suspectes, refuse l'autori-
loi fournissait des granits, la vallée du sation, en faisant remarquer combiea
Sangarius des jaspes, les terrains voi- celle province a déjà été troublée par
ra. nques de Lyoissa des inalen.iux plus des sociétés de ce genre (3). En effet,
gru&siers, mais non moins sulideb. 1^ à peine les premiers chrétiens eu-
fkin ealcaire employée dans les con- rent-ifs prêché la doctrine du Christ
itructions était tirée des montagnes oui dans ces contrées, que de nombreux
sont en face , de l'autre côté du gulle, adeptes se réunirent à eux. Pline, qui
car le sol de la ville et les environs ne résidait à ISicomédie, usa avec modé-
Mt composés que de grès. ration do pouvoir que lui donnall rem-
Plioe, nommé préteur de Bithynie pereur pour poursuivre ks aeotateoKB
tous le règne de Trajan parle avec les
, dt' la nouvelle doctrine.
plus ganm éloges de Mcomedie COi Il mentionne dans ses lettres les
bains, les aoueducs, les forums et les
cà. XUl), «t Piiae l'appelle la ville illustre
temples qu*elle renfermait. C*est i cette
(H». « Ara»). époque que ISicomédie fut ravagée par
(t)Lorsque la Bilhynie fut réduite eu le terrible incendie qui détruisit ses

frorince romaioe, Micouicdte devini le siège monuments publics. Soit païf flatterie,
des souTerneun, doat quelques-una lui pro-
cvèrem 4« grands avaaiafe». PUm Tenia (x) Pline le Jeune, liv. lat.h,
fuse place publique et y construifit w (1) Ihid., /rt. U.
a|Méac Letim t6, 40, 4a^ So, (3) Plin. liv. X» XUl, lÀÀU.
soit par reconnaissance un
, c'était Dioelétien , qui sonmit àSk iérieii<(e«

ae Asie Mineure d élever des temples


1 métropole; mais l'activité qu'il dé-
empereurs. Kico- ploya pour augmenter et embellir celte
Swi
médie obéit au mouvement général Tille, m
changea bientôt en vexations
;
mais le sénat pour donner plus de
, que sa cupidité rendait encore plus in-
prix a une pareille faveur, ne Tac- tolërables. Lactances'est plu à recueillir
extrême réserve, tous les actes odieux reprochés à Dio-
ïîïï
Autsi i^^"*^!îî^!iHÎ
mon (Ofiiit il remarquer comme clétien à cause de son ^oùi désordonné
°" ^^^^'^^ Soater, pour des constructions faites sans but
""f
natif/i^"![f
de INicomédie et favori de Corn- et Fans projet arrête; car chaque jour
mode, permission qu'il obtint pour
la il donnait lordre de démolir des édi>
sa ville natale deftire élever un temple lices construits ou à peine achevés pour
a empereur, et de fonder des jeux et
I
les remplacer par d'autres. Le godt des
des combats en son honneur. Sur un jeux du cirque s'était répandu au point
morceau de frise richement orné, on que pas une ville ne voulait cire privée
m encore ooelques lettres qui semblent de cette jouissance. Diocleiien lit bâtir
«re du mot Anroifiiviis. Il serait
la fln on hippodrome somptueux qui n'existe
possil>le (jue ce fdtun débris du plus de nos jours, parce que de tout
temple
de Commode. Ce prince a reçu, en ef- temps cette ville avant été florissante
jet, dans plusieurs capitales de l'empire les matériaux de marbre des monu-
ies honneurs divins. ments furent taillés à nouveau pour
Dans qui s'engagea entre
la lutte êtreemployés dans d'autres édioccs.
Septime-Severe et Niger, la ville prit Un hôtel des monnaies, uij arsenal.
F^*"''
premier. Elle resta tou- des fabriques d'armes, des palais pour
jours Ç^JJJ
fidèle a rempereur, et parmi les sa femme et pour sa lille, furent élevés
monuments de son règne on trouve par ses ordres, et les liabltants, ap-
une portion d'inscription qui doit avoir pelés par corvée, travaillaient à leucs
appartenu a une statue élevée en l'hon- frais 5 ces cousfruclions gigantesques
Beur de ce prince par ordre de son fils qui ne s'élevaient qu'aux dépens des
Çaracalla; elle est gravée sur un plé- habitations de la ville. Tous ces édi-
destai dont la partie inférieure manque; Aces, construits à la hâte, ne résistèrent
mais on peut la restituer d'après une pns à l'effort des siècles. Il est même
inscription identique qui existe dans les probable que, pour la plupart, ils ne
mines de Synnada. Ces monumentssout rurenl pas achevés. Diocleiiêu, en
postérieurs à la prise de Ctésiphon par quittant la résidence de Nicomédie,
coupa court à une fortune aussi im-
A la hoiiiie Fortune . I.i \in,. (h(,nore) P^^^V*"" V' ^^'Cation
reinpei eiir César Maix Aurele Auloqjn Au- 305 de J.-C., dans la grande
^

piste, piettX,iélM9fe,h ri* année de sa P'"»"» "^*e


è TeSt de Nloomcdie. Il
liiiiMnc.» irihuiiiiieniie, conitti, tous l'em- nio"tn immédiatement en litière, et se
|HM« iir César .Sepiime.Sévère, pieux, Pcrllna.x, retira a Salone pour v finir SCS jours.
anguMe, vainqueur de r.Arabie, de l'Adia- Ce fut à JSicomcdie, en 303, que
beuo, det Pan hftt, irès-puimiiit et naître commença la persécution contre les
de la lerre et de la mer.
Chrétiens. Galfriiis vint trouver rem-
Cette inscription est de Tan 202 de P"^*"'* dans cette ville, et obtint, par
notre ère. l'année du premier consulat ^!''' ''islances , que les moyens les plus
de Çaracalla» et la onzième depuis que '"'^^^"''eux seraient mis en usage pour
son père l*avait associé
à Tempire. 'o^^^'' ^^^^f* ^ abandonner leur foi.
Fîéliogabale (218) parlant d'Antioche V^^''^ cathédrale fut le premier édi-
pour se rendre à Rome s'arrêta à Ni- 'I".' supporta la fureur du peuple :
comédie, où il passa l'hiver qui suivit °" enfum^ les portes, on livra au
aon élection. pillage tous les meubles et les livres
Nicomédie fut le séjour favori de ^^ontenaît , et peu s'en fallut qu*il
,,v
,i/i«c.4mM». c^^^ M
fût incendié ; la crainte de voir le tVii
propager au delà de Tenceime de

Digitizoa Ly G(.j(..wtL
ASIE Mlli£Ua£. •6

r4iilet taeré imt imltQmpéoherl'ciiH composèrent des poèmes pour ehanter


pmtar d'exécuter son dessein. L*évéflae les oerniers jours de Nicomédie.
smt Anthyme eut la t^te tranchée. On Libanius, dans sa iSlonodie, écrite
trouve dans une enlise grecque de la vers Tan 3ô4 CUt chante ainsi la ruine
l^iie mie inscription que nous rap- de Nieomédie : • f^icomédie , naguère
porterom quand
nous examinerons encore une ville, mais aujourd hui
cette province
dans laquelle est
, et rentrée dans In poussière, doit être
mentionné un évêque du niénie nom Sleurèe par moi en silence. Tant d'edi-
administrait le diocèse de S(»mail* ces publics et privés qui faisaient l'or*
Si nemeot de la ville croulèrent les uns
s.
Engagée dans la guerre entre les Bo- sur les autres! depuis la citadelle jus-
miinset les Perses, iSicomedie souffrit qu'aux jardins, tout s'abîma; les pré-
maux inouïs lorsque les derniers toires et les tribunaux, la multitude de
«iaifBi assi^^r ChaleedoiDc (l). Quel- temples, la masse des thermes, le magni-
ques années plus tard les Goths , arrn , fique palais, et le théâtre, qui sufiisait
^ant par le cnnal du Rnsphore, s'em- pour illustrer la ville.
parereul de Chalcedoine [J)^ ei celte « Le soleil était a peine arrivé à son
<*onquète inattendue leur fournit des midi. A ce moment les dieux gardiens de
armes et des provisions de toute es- 1.1 avaient abandonné les temples,
ville
pèce De là ils morelient sur Nicomé- et la sombrait comme un navire
ville
d»e. el , cruidés par un transfuiie ils , sans pilote; les murs tombaient sur les

parviennent a se rendre maîtres de la murs, les colonnes sur les colonnes, les
Dbee.Tottt ce que cette ville renfermait toits »ur les toits, tes fondements m^me
derkiwases tomba en leur pouvoir; les étaient détruits; le théâtre sVcroula
nïonuments publies furent livrés aux le premier avec fracas. Alors l'iiiceiidie
flammes, et (;e que le teu ne détruisit commence; ks toitures propagent les
Ms fat rasé quelque temps après, flammes ; leGrquelui>mên>e, plus solide
Wnmie Ves barbares se trouvèrent obli* que les murs de Babylone, est détruit;
gés de le siège de Cyzique. les animaux affamés errent à l'aventure;
Cependant tous ces désastres étaient les portiques, les nmsées , le temple des
fdcdeoieot réparés; car, malgré les Grâces et des Nymphes et le grand bain
csprvniont exagérées des historiens, qui portait le nom de Tempereur (3)
il est probable qift les villes dont ils tous ces édifices disparaissent et le ,

mentionn^'iit destruction n'étaient


la peuple au milieu d'> ces desastres erre
paseomplétemeot ruinées; mais lorsque comme des ianiumes. »
tel phéBomènes naturels se joignirent à La relat ion d* Ammien Maroellin, dans
Imt dlnvasions et de revers , Ni comédie sa description du tremblement de terre
fit sa fin approcher, et tout le luxe de qu'éprouva Nieomédie, nous fait l'on-
ses édifices disparut en un seul jour, naitre un grand nombre d'édifices qui
aaeaoïi par un terrible tremblement de seraient ignorés sans lui. • Dansoes jours
terre. En
examinant la nature de la dé èbolatioo, dit*ll. d*horribles tremble»
eoittrée,on est d'autant plus étonné menis de terre ont ravapé la ÎNlacédoine,
de voir qu'elle ait souffert de si vio- l'Asie et le Pont, et par leurs secousses
lenlps secousses, que rien, dans ses repétées ont ané^inii un grand nombre
environs, ne décèle une grande force de %ille8 et de montagnes. Et au milieu
ées feux souterrains, à peine si Ton de tant d'affreuses calamités, nous de-
'oiiprès de la mer quelques affleure- vons rapjieler In ruine de Nieomédie,
ments de terrains volcaniiiues. Ce fut métropole de la Biiliyuie, dont je vais
dns le quatrième siècle que la ville eut donner un vrai et succinct récit :
à souffrir les plus rudes atteintes; tous « Le 34 août à la poùite du jour,
,

les écrivains du temps ont parlé de d'épais nuages s'étnnt rassemblés, cou-
cette catastrophe dans les termes les vrirent la surface du ciel, et la lumière
plus lamentables; Libanius ei Ephrem
(i) LilNimi Ifonodit de NleQnedii, in
(i) Wicéphore Callisto. VU. opiT. ed. Mor»*U., Il, 1675.
(t) Aamien Marceilin, liv. XXtf , ch. IX. (s) San» doute \m ibcnnet
y Livraison, (Asia MiNBuai.) T. II. &
LtimVËRS.
du soleil disparut au point qu^on ne
, Ce ne fut guère que sous le règne de
distinguait pas les objets les plus voi- Justinien, vers le milieu du sixième
sins; puis, comme si un dieu eût lamcé siècle que Nicomédie vu renaître uue
,

lu foudre et excite les vents des quatre partie de sa prospérité passée (1). Pro*
«'Oint du monde, on entendit le bruit cope s'étend avec complaisance inr iei
effrayant des tempêtes et le fracas des nombreux monuments dont l'empereur
flots débordés ; à cela se joignirent des dota cette ville c'étaient encore des
:

tourbillons et des torrents de vapeurs bains, des aqueducs et des églises;


enflammées, avec d*aifrenx tremble* mais aucun de ees édifices n'a subsiste
ments de terre qui renversèrent de fond jusqu'à nous , et nous devons ebercber
en comble et la ville et les faubourgs. au milieu des jardins de la ville turque
La plupart des maisons qui se trouvè- les débris d'une cité qui fut si puis-
rent sur le penchani des collines tom- sante.
bèrent lei unes sur tes autres, el les Sous le rapport de Fantiquité, on
pchos portèrent de tous côtés le bruit ne saurait espérer faire de grandes dé>
•le cet horrible désastre. Les sommets couvertes dans une ville qui a supporté
des montagnes renvoyaient les cris de si déplorables catastrophes. Il ne
plamtifs de ceux qui eliereliaient leurs reste plus rien de ces temples de ces ,

épouses leurs enflints et leurs proches;


, portiques si nombreux. A Torieut de
rnliii longtemps avant la troisième
,
la ville,vers le quartier appelé Zei-
heure du jour, les ténèbres étant dis- toun, MahaUé-si,
et dans le lieu
sipées et l'air devenu plus serein , on nommé /mbaher,a\} milieu des terrains
découvrit toute rétendue de ees ra- du cimetière juif, se trouvent les ruines
vages. d'une grande citerne qui fournissait de
« Quelques malheureux accnblé^ par , l'e lu à l'ancienne ville. Elle est rom-

fes décombres, périrent ecm^es; d'au- posée de trente-six piliers port.«nt dea
tres, enseVelis jusqu*aux épaules, expi* arcMes stn'montées de voflies en pen-
rèrent faute r u rs ; c«ux-ci se trou-
( l < i
dentifi. Toute la construction est de
vèrent suspendus a de hautes poutres briqties les impostes seules sont d'une
:

sur lesquelles ils étaient tombés; on espèce de gres volcanique. La surface


vit alors confondus les cadavres d*un de cette citerne est de deux cent cin-
grand nombre d'habitants que le même quante mètres carrés; elle contenail
coup avait détruits; quelques-uns mou- quinze cents mètres cul)es d'eau. Pline
rurent de crainte et de disette d.ms avait trouvé une source considérable
leurs maisons ruinées. Ce fut aiusi que qu'il propos-ait à l'empereur d'utiliser
termina misérablement ses jours Aris- Sour rusage des habitants, en la oon-
tenète, oui avait ^cherché 19 place de ulsant à la ville au moyeb d'un ou-
vicnire du diocèse créé par ("onstanre vrage vodté (arcuato opère) ^ et il
pour honorer la pieté Je sa femme Ëu- tenait particulièrement à maintenir le
sébie On aurait pu sauver une niveau de ta sofirce, afin que les quar*
grande partie des temples, des mai* tiers élevés. pussent en profiter égale-
sons et des habitants, si ardeur des l ment, ir proposait, pour cela, de res-
llainines. qui se répandirent aussitôt, taurer un a([uediic qui avait coiîté aux
n'eût pas, pendant cinquante jours et habitants trois millions trois ceul viugt-
Cinquante nuits, aebevé de ruiner neuf mille sesterces (644,99S francs)
tout (1). • et qui étaitrestéimparfait(2 .Oq ne voit
C'est n cette époque que tout ce qui plus de traces de ce monument mais la ;

restait de l'art ancien dans la ville fut Sosition de cette citerne, à mi-cote,
entièrement détruit. On pourrait dire oime lieu de penser qu*elle a reçu les
que Nioomédie renferme encore Ici eaux de la source aujourd hui perdue.
preuves de ce tremblement de terre; L'intérieur était revelu d'un «mluit
car ses rues et ses cimetières sont jon- compose de trois couches différente^ ;

chés de colonnes, de débris d'arcbi- la première, appliquée immédiaitmeut


inn/iA et' de fragments informes.
(1) Pracopv, De JEéif,, liv. T.
" XTU, cap. VIL
(i; ikiiuii. Maradl., lib.

Digitizod by Gû*..wtL
ASl^ MINEURE. 67
su ies briques , était uo blocage coni' occupait. Elle est toujours une des filles
paaé de chaux et de cknent ; la deuxième» les plus importantas de FAsie Mineure ;
un métaoïse de cl)i)rboD pilé et de chaux; sa population peut étra éfaluée à 30.000
et la troisième était un stuc fort dur, âmefi, répartiaa de la manière suivante :
formé de pierres pilées, de chaux et Turcs. . , . , . 2,400 familles^

drfaaile. Grecs ....... i id.


Cest de ce lieu, qui domine une vallée Arméniena. • ^ . .
1 i<L
profonde. qu*oD jouit du plus beau coup Juifs 600 id.
j

a*oeil de l ville et du golle. Les nuiia-


i Mais on sait comhieji il est diflicile
lels qui a^ élèvent au milieu des mas^s d'obtenir des ren^^eiguements exacts sur
de wdore , et les nombreux jardins de la population, réelle dea * villes muai^^
Kieoroédie, lui donnent cet a>peet de nMnei;earlout le monde, les gouver-
frtU-beur et de ricbeise parliCttUer «MX neurs eomme les hululants ont intérêt
.

vâles de Bit h vn le. à en diiisiinuler lecbiMre- Quelque conr.


Après avoir suivi la fortune de la ca- fiance que Toniiospire aux rayas i .ilu
pitale de Tempire d'Orient, Micomédie eroiront toujouis utile de diimauffr Mi
tomba entre les mains des Ttircs en l'an noutbre de leurs corelijjonnaires. parce
TÎ7 de Thégire, ou IS'if) de notre ère, que le karatch ou capttation étant etaitli
après les efforts inutiles que lit Ka- par tète, et recueili^.pf^: ies tcliuri^adji
Mottmès, Mre
de Marie Paléelûiçue, ou prhnatsdeflbaquenetiion,«n parrient
penr défendre cette place. Après la ainsi, eu divisant Timp^t sur un plus ,

C'se de
Gonstantinople par les Latins, grand nombre de tètes, à en alléger le
princes Gomnèoes vinrent résider a poids, et les gouverneurs devant re-
IGcoinédie. mettre au trésor le montant, des impôts
Prcaqae Uialce ks éelises furent con- établissurun nombredeimedbabitants,
verties enmosquées par le sultaoOrkhau. sont enclins à donner un chitre nioindre
îie nti oms. Nicoinédie conserva tou- Pour qu'il reste une partie itotabi^ de
jours l-^lise grectiue les privilèges
i impôt perçu,dans leurs caisses. '-<

M JlnporlMoe d'un siège épi.«eopal ) et Le principal eommeroa dt Nieo-


• .

dans ies iKraodes tttes de TÊglise de médie st le tniis et le sel. On a utilisé


<

Con$taDtiao|»le 7 Kévéque de Nicoinédie les vastes marais qui sout au f iid du


marciie a cdté de celui de Nicee, iinmé* Kolfe, pour établir des salines qui sont
dieieaient après le petriarehe. On enn- d'un grand orodutt, La fiibricatien dis
wtnt daMl'éfdiie de Mtébmédie plu* uk est entre les maii0.jias particuliers ;
ënjrs reliques, ptirmi lesquelles on legouvernement se réserve la dîme du
icin trqiie lebras de saint H.isile ren- sel lubriqiié Le commerce de lH)is est
ferme dans une châsse d argent, qui a li|^, a la ciKirge de vendj*e au gouver-
Il Éji ie d*on bras et qui est rîelienieBt nement les écbantilions de .eboixi qui
eniée de rubis et de perles. f>*uvent être iitilesà la marine. IMaiscetle
T.a moderne Niromédie est appelée iherlé est clièremenl aclvetee par le»
par les Turrs Isnikmid, par suite de cliarges qu^pesent sur les.liabjtaut^; cm*
eme eorroptioDde langage qui % eiiéré Ita Rayas comma les Tumni quiis'oecn*
las noms des aneirnnei dlés. Iftilkmid pènt du eom merce des bois, doweal fouih
n*est qu^une portion deccn nwli gieci : nrren corvées les ouvriers nécessaires au^
service de la marine. gouveruenneiU
Le grand vizir Koupniii a fait établir alloue une jourikée de cinq piasUDs pouf
àHieoniédie des anrnaui maritiroes qui leaoutriera daees clianlià'î&; mais^tte
em lonjctemps fourni les galères et les somme est rarement payée intégrale-
caravelles les plus estniK »*- dedonslau- ment, et nul n'oserait la réclamer du
tioople. Tous les armements importants gouverneur. Les Arméniens se livrent
as MtèCoiHlnitiooph}, milsea eooa» iralontiars à la tabrinatioii du maioquiii ,
tndt aoeora i Hiaoroédie quelques bft* qui a*eiporte i Gonstantinople^
limants de çnierre. Cette ville doit à son La ville moderne de Nicomédie est
heureuse position, à son voisinage des composée de vingt-trois quartiers dont ,

forêts, et a l'activité, de ses lieiiitafits.i dixrneatsont.habités par les Turcs, trois


il nTavoir pa déebu du rang qu'elle par Isa cbréiins et un par laa jidft.
ÙS LUNIVERS.
La plus ancienne mosquée était au- cadence du style turc primitif date
trefois une grecque qui fut con-
église du règne du sultan Osmau, qui envoya
sacrée par sultan Orklian au culte de
le en Italie des artistes pour étudier les
rislain. Le plus grand temple musulman monuments de TOccident : c*étirft l'é-
a été liâli par Penew pacha, icrond vizir poque où réeoie du Bernin était à son
du sultnn Soliman le Grand, t (jui resta < apogée.
peudaul sept ans à ^icomédle comme A leur retour, ils introduisirent dans
gouverneur. Cette mosquée est près du les eonstruetions les modèles d'un art
port à rentrée de Tarsenal Sinam, qui : italien déjà dégénéré, et eneofeabétanll
en fut rareliltecte, imita dans de mom- en passant dans des mains qui ne le
dres proportions la mosquée que le comprenaient pas. Le faible reflet de
snitan faisait lifltir à la même épor|ue à Tartdes Arabes fut totalement éclipsé,
Constantiiiople, «Iquî porte le nom de et fart des Tures tomba au de|^ oà
Soliman. Le m^ine arrhilecte construisit nous le voyons aujourd'hui.
des bains et on caravanséraï. Os mo-
numents, en rapport avec le commerce CONSTITUTION DU SOL AUX ENVIBONS
et la population do la ville, n*offrent DB flIGOHÉDIB.
cependant rien de reinarqu.ible comme
oeuvre d'art. Il n'y a plus de traces du f-es collines sur lesquelles est b.ltie
magnifique palai« que le sultan Mou- la ville de Nicomédie sont un embran-
rad IV lit bfltbr à Micomédie, et qui était chement de la ehatne qui forme la eéte
entouré de Jiinliiis S|>lendides. Les nord du golfe et dont le mont Maltépé
palais que les premiers sultans Plient est le point culminant; au nord elles se
consiruire en Asie Mineure, celui de ratt.K-iient au mont Soplion ou de Sa-
Bmussa et relui de MagnésieduSI vlus, bandja.
ne sont plus que des amas de décombres. Le terrain ealeairebleu qui eonstitoe
L*ar5ieiial impérial d'où sortirent jadis le sol dé Scutan cesse bientôt pour faire
les vaillantes galères qui tinrent en placp à des roche* a base de quartz, et
échec les marines de Gènes et de Ve- le grès rouge Unit par dominer. Cette
nise, aujourd'hui désert et rainé, ne nature de roehe s'étend jusqu'au bacslQ
Eput plus servir à la
construction des du Sangarius. Dans Tintérieur de la
Âtimenîsd^un fort tonnasre; car les al- ville, il se présente sous la forme de
terrissements formés oeu à peu au foud straiilications bien distinctes mclinées
du golfe, ont oomtléM darse et rendu de tO degrés à Test, les eouehes ont
le mouillage impnileable pour les grands environ deux mètres d'épaisseur. Elles
vaisseaux. sont séparées par des lits de cailloux de
Si les ruines de Nicomédie , exami- quartz et de jaspe qui dans la partie su-
nées en détail, ne sont plus pour périeure de la colline ont à peine la
ranilquaire qu*un souvenir vagiie et grosseur d'un pois, et en descendant les
eonfos d'une civilisation effacée; si l'ar- couches intercalaires et Ie.5 cailloux aug-
tiste ne trouve rien qu'un sentiment mentent d'épaisseur, de sorte qu'à la
pitturesijue dans les constructions éle- hase de la colline elles forment avec la
vées par les Osmsniis, la nature s'y roehemémeun poudingue à gros noyaux;
montre toujours vivaee, grande et ma- Mentdt le grès rougs disparatt et le ter-
jestueuse; les collines omlwagées de té- rain est entièrement composé de eail«
rébinthes , les vigoureux et noirs cyprès loux.
qui entourent les demeures des morts La base du terrain des deux autres
les jardins verdoyants qui embellissent eollines est également de grès rouge;
chaque maison donnent à la ville nn
, mais dans la partie supérieure il est
aspec t Réitérai de richesse et de gaieté stratifié par un calcaire marneux à cas-
?ui s'évanouit quand on entre dans sures conchoïdes d'une désagrégation
intérieur. Ijes nombreux cimetières facile. Ces eouehes sont rseouvertes par
placés près des mosquées renferment une véritable marne, qui s'étend indéfi-
quelques monuments qui datent de Té- niment versl'est. Nous avons donc ici
ûoquf où l'art des Turcs puisait ses du terrain de gres rouge qui
l'origine
luspirations daus l*éeole aiWM. Là dé- fSme une partie du aol de la provinoe.

Digitized by Google
ASIE MINEURE.
CHAPfl&Ë V. ordinairement de quinze jours; ou pro-
Cte de la saison des cerises; Tusage de
PÛIPU DO OOLFB DB IIICOMÉDIB. es fhilt aide, dit*on, singulièrement Tae-
tion des eaux.
Pour entreprendre le périple du golfe I^es coupoles qui couvrent le bain
de >iooinédie , il faut retourner à cette sont, dit-on, celles qui furent construites
vilJe etsuivre la cdte nord. Il est bien |»ar Timpératrice Hélène, ^on loin de
âBportant pour les voyageurs qui s'oc- à sont quelques ruines qui apparte»
cupent de recherches d'anliquilé de ne naient sans doutp à Phosprce et au pa-
nm.tis traverser un ancien cimetière lais il'lleltMie et de (Constantin ("). ("est
Mos eiLainmer avec soin les pierres tu- à son retour de Jérusalem qiriie>eiie
ulrirri « Ctr on peut presque toujours Ht construire ces édilices sur Teiiipla-
y nCMÎilir des inscriptions; les stèles cemeut de Tancienne Drépanon, et
€l le* colonnes votives étant d'un Constantin, pour honorer sa mère,
transport facile, les habitants les em- éleva le bourg au rang d'' ville, et lui
pWeiit voloiitién pour déooier let donna le nom de Héténopolis; lui-
tombes. même, aux derniers temps de sa vie,
L.1 route de caravnne entre Nico- 8*y rendit quelquefois et mourut dans
medie et Ck)nstdntinople suit la cote Si villa d Ancyron, peliie place voisine
nord du golfe. Apres cinq heures de de Nicomédie.
MChe, on arrive à Yarimdjé, et on C'est ti Uélénopolis que se relira
eoodte au khan de Hérékp. On (lislinpue l'armée des croisés commandée par
sur Ij route les ruines d'un châtenu by- Pierre l'Ermite et Gauthier sms Avoir,
xantia qui domine la montagne voisine lorsqu'elle abandonna Nicée uour se
d oeseendent iusqu*è la mer. Hé- mettre en communication avec la cdte,
rékt parait occuper la place de Pancieone et pour renforcer l'année dans le but
Ancyron, petite ville df-s environs de d'.iti.iquer ISicée. Açrès le malheureux
Siieôiiifedie , où Constantin avait une combat contre les barrazins, ces der-
«ibdoèîlest mort; ce qui explique niers élevèrent une pyramide avec les
pourquoi les uns placent le lieu de sa ossements des Francs tombés sur le
mort à Nicoinédiejes autres à Ancyron. champ de bataille; ils ét lient au nombre
Eoeflet cette place pouvait éire regardée de vingt-cinq mille, si l'on en croit Alexis
eomme un faubourc de la capitale. Toute Comnène.
eme edie était jadis occupée par des Entre Yalovatch et Herwk eonle un
filas des patriciens de Byzance. petitruisseau dont les eaux forment
Bouz bouroun forme le point de sé- mille détours; on l'appelle aujourd'hui
paraiiou entre le golfe de Miœmédie et Airk ghelchid; c'est lancien (leuve
màm do Qus ou do Moudania. Pour se Draeo, auquel ses détours sans nombre
reodre à Nieée en droite ligne, on peut avaient valu cette dénomination. Il prei.d
daiorodre au village de Samanli, et de sa source dans les inoniajînes qui sé-
% se diriger par la rive sud du lac en parent le lac de >icéedela mer (2). Ce
passant perKurla. petit neuve formait la limite entre rem-
Un peu plus à Touest est le village <>ire des B)'zantins et celui des Sel ijou-
de Yalovatch qui marque la position u"de«, quand Alexis Ooiniiène, memré
de Drépanon appelé ensuite Héléno- du cote de l'ouest par le duc de Nor-
dis. il fdut chercher de ce coté les mandie, et du cAté de Test par Soliman,
Bs diauds où la princesse Hélène fut obli^ de conclure la paix il aban- ;

aurait fait fairede grand(*s constructions. donna a ce dernier toutes les terres
Ce* bams étaient fréquentes par les qu'il avait conquises depuis Nicée jus-
iudMiantsdel ancienne Bvzauce, comme qu'au fleuve Draco, et il ne resta plus
asijfooni'liui par eeui de Coostantinople, au prince grec que Tétroit territoire
qai !• s préfèrent à ceux de Broussa à compris entre le lleuve et la mer. Le
eause de la proximité de la capitale. village de Uersek est bâti sur un pro-
Leur situation dans une vallée om-
kevse eo £ût un lieu des plus agréa- (i) Procop«, D9 Mdif.^ Y, s.
Uss dans la saison d'été. La cure est («) Praeojpe, D9 Mdif,^ loe. du.

Digitized by Google
70 LUNIVERS.
montoire r|in <^ trouve directement en Constantinople; on prend les enux de
face de celui de Dil ; de sorte qu'en ce Taoucbandil avant d'aller terminer sa
point le golfe de ^icomédie est telle- cure à Yalovatch. Pendant trois jours
ment resserré que sn largeur n'a pas mi s'abstient de tout mets salé et de
plus de six kilomètres. Ce village tient toute espèce de vl nde; le quatrième
son nom du crand \isir Hers»^k Ahmed jour on commence prendre le matin
;i

pacha, qui en 1467 lit bâtir une mosquée une grande tasse d'eau et Ton se tient
ët un caraviinséràT. Non de Hersek
loin ehaudem«nt. Cela dure trois jours ; les
est le village de K'ara Muursal dont le trois jours suivants on boit de Teau trois
nom rappelle la première victoire du fois par jour et l'on ne mange que du
sultap Osman. Moursol, un des compa- poulet au riz non salé. Quand on s*est
gnoÀ's' d^armes de Agliidjé Rodja, ayant purjçé dit oo qulnse fois, on prend de
pris le nom de Ka'ra Moursal (le Noir), la limonade ou de b
soope acidulée
sVmpiri de la phrtie méridionale du avec un citron qui procure des éva-
goife de ISiconiédie, qui lui fut donnée cu lions. Pendant
i temps de la cure,
le
en flèf à condition qu'il entretiendrait lenazir ou directeur des eaux y fait sa
des barqjues armées pour veiller à la résidence pour maintenir Tordre public,
conservation de sa conqnéîe (1326). Un Souvent au lieu de faire succéder à
château (ju'il fit construire dans la cetle première cure l'usage des bains
partie sud du golfe porte encore son de Yalovatch, on le remplace par des
nom et est devenu le centre d*un vil- bains de sable, et alors on eontlniie le
îage; c'est en c* endroit que fut sar«s
t reyime de volailles et de riz. La plupart
doute fondée Astacus « en face de ÎVi- des buveurs d'eau sont installes sous
comédie ». A quelques iieues de cet eu- des tentes autour de la source; d'autres
droit as trouvent les bains diaods de demeurent dane le village. Cette épo(iue
Talovatch , l'ancienne Drépanon , qui de la saison des eaux rassemble à Taou-
prit ensuite le nom df Hélénopolis. cbandil une foule de marchands, de
Comme nous avons dit puis haut. baladins, de cajédji qui préparent le
L,e village que Ton rencontre n sui- i sorbet :c*est un tab eau des plus animés,
vant'la cdte porte le nom d'Rré^fli, qui Les femmes turques se dispensent de
par.fît occuper la place de Kii!)olf»n. la règle qui leur défend de paraître;
Celle mcme ville est mentionnée par voil hors du logis.

Ptoicmée soiisie uumd'Kribsca, Giaour En continuant de côtoyer le golfe,


Erégli, village situé sur ia montagne vol- on arrive après une heure et demie de
sine, est occupé par les famillesgrecqiies marche à une hingue de terre sablon-
chassées dn boni de la mer. neuse que l'on appelle Dil , c'est-à-dire
Tous ces rivages étaient couverts de langue. La pointe de Dil est placée
ridies villas byzantines; aussi trouve- exactement en ftoe de eeltede Hereeki
t-on À chaque pas des vestiges d*an- e'est ce qui forme l'étranglement du
Hennés murailles; mais il n*eiiste au- golfede^lconlér)ieeten fait un excellent
cun édiGce complet. mouillage en empêchant la mer du large
dV entrer. Cette terre est si basse et
T.o„rnAwn»L
TAOUCB4ifDiL. P^""^^' P'" tenir au eontinent que les
habitants du pays racontent qu elle a
été faite par un derviche qui voulait
La Langue de Lièvre. Un gros village traverser le golfe et n'avait pas de quoi
du même nom sVtève sur le dos de payer son passage; les batelière du
la cdPine ; c'est sans contredit le pins voisinage , craignant d voir l'entrée du
considérable et le pFus pittores(jne de ^olfe comblée, s'empressèrent de lui of-
toute la côte. Il est cé cbre par des frir leurs barques; et comme dans ces
sources minérales qui coulent à trois sortes de réiits îl y a toufoure mie
kilomètres du village, et qui sont preuve à Tappui , ôn montre dans te
le but de nombreux pèlerinages pen- voisinage le toml>eau fl'nn der\iche
dant toute la belle saison, mais surtout qui s'appelait Dil Baba ( le père de la
dans le mois d'avril. A cette époque les langue ). Il ya è Dil un petit khan et une
malades de tonte elaase arment de tbntaine qui furent coiistniita en tess

Digitized by Google
A$|E MU lEURE.
par Mustapha Bostandji, chef des jardi- dans les terres (l), pierre Gi>ie> doune
Dim du sultan Mourad III. au village moderne le nom 4o Daeibyssa.
On arrive après une heure de marche Tonales itiner;ïirev«5 mentionnent cette
noiuHié Mahallé ni Mime (le ville comme litii d'étape; ce t|ui prouve
tm tîllajze
quartier i\es aliuéesj qui n'otfre neu Ue qu'elle existait encore sous reinpire hy-
TeiDarqunble. zantin. LUtinéraired* Antonio plpoe Li-
,

Gvéfnié, dont le nom n*c0t autre byssa entre Clialeédoine et filioemêdieda


qu'une altération deLybissn,est située à cette manière:
six kilomèireï» de Taouchandil ; c'est en
AmoKiii»
ce lieu que mourut Annibal. 11 v a, dit
Piuurque 'J), en Bithyuieun village sur Chalcedonia.
le rivaiEe de ta mer, que Ceux du ap- Pantiebium. ... M. P. XV.
pf'Ilent lA'tnssn duquel on dit qu'il se Libyssain M. P. XXIV.
!ro 1 1 % dit uâ oracle tout commua en cette Nioomediam ... M. P. XXIL
sorte :
Tables de Peutioaar.
Iffre L^l>U«e engloulira le corps
Oc Aeoibal , quand l'àne «n wtn heNL Calcedonia.
Liuissa XXXVII.
Annibal, retiré à Lyblssa, avait fait Micotiiédia .... XXllI.
creuser des souterrains autour de sa
naisoii pour prendre la fiiite d.rna le Itinéraire de Bordeaux.
cas où il serai! potirsui\i. Mais sa re-
Chalcedonib.
traite ayant été cernée par des gardes,
Masfieie. . . , ; . M. P. VII.
S HS dèt-iUa à mourir pour ne pas Pandicia M. P. MI.
tooiber entre les mains des Romains.
Pontîmuis M. P. XIll.
Ptutarque rapporte qu'il s'empoisonna
etj buvant du sang de taureau. Celte
Libyssa M. P. IX.
Ibi fKisitui est rex Annibalianus qui
cToyartce. géoéialeroent répandue iians
fuit Afroium.
faaiîQuité, n'est basée sur aueua fait
Brunga M. P. XII.
léel : le sang de taureau n'est pas plus
malfarsjat que celui de tout autre animal. Micoinédia .... M. P. Xlil.

Jl taut donc s'en tenir à l'autre version


rapportée également par Plutarque que Le Port de Guébizé était autrefois
défendu par un château fort de cons-
la fgfaiéfal earthafttnois mourut en
truction byz^intiue dont il ne reste
InivaDt un poison qu'il portait toujours
arec lui. Le monument ou plutôt la âue Quelques vestiges. Sous le règne
colline qu on regarde comme le tom- e Soliman le Grand , une mosquée fut
construite à Giiehizé parTchoban Mus-
kaao d"Aimibal est un tumulus qui est
tapha pachii ; cetti' place était an nombre
aafourdlioi couvert de gazon et qui
n? présente au dehors aucune trace des conquêtes du sultan Orkhan.
de construction ; c'est uu emplacement En quittant Guébiié pour suivre la
fferse pour \m Itaturs' .fiusenrs de foute de Constantinople, on commence
fMiilles. à entrer dans l'intérieur du pays mais ;

Pline parle de Libyssa comme d'une on ne perd jamais la mer de vue. Uat
ridjé, petit village, est situé sur le ri-
rîlte qui n'existait plus de son temps (2).
• On y voyait la ville de Libyssa, dont vage; c'était du temps des Byzantins
i B9 reste plus que la tonobéau d*An* un cliAteriu fort qui fut pris pur .Maho-
Bîbal. « met Il en 1423. H y a aussi a naridje
Etienne de Byzance (3) ne la cite comme à Taouchaiîdil une source mi-
nérale qui est fréquentée par les Grecs
fis moins comme une ville maritime:
M eeia a'explique, attendu qu'elle était
ilia-voîaiiiafwlaaier.PtolénMela place
comme la première l'est par les Turcs.
Peiidik, ancienne Pantichium est si-
l

tuée â six kilomètres de Guébizé et à


égale distance de Kartal; e*est la |wa«
(r '; Annibai, in fine; AmyoC
(«) Li». V, 3«.
{3} V. I%SIÉ. '(i)liv. Tych. K.

Digitized by Google
79 L*DmVERS.
inière étape après Constantinople. Ici le selon Pline, éloignée de soixante-deux
rivage est très- accidenté et se decuupe mille cinq cent pas de iSicoroédie (l).
en une in6nité de promontoires. On ar- Les fondateurs de Bjrzance ayant été
rive enGn au pied d'une monUmne d*où consulter l'oracle pour lui demander
la vue s*étend sur loutc la ciipilale; en quel lieu ils devaient fonder une
c'est le iMaltépé, c'est-à-dire la colline ville : Allez, leur répondit-il , établissez-
êa trteor. On ftconto que bien des re- vous devant la ville des aveugles. Cette
efaerehes inutiles ont été faites a n satyre contre les habitants de Cbal-
base pour retrouver des trésors ima- cédoine fut répétée par Mégabyze (2),
ginaires; c Vst le point culminant d'une général perse. Ces gens-là, dit-il,
petite chaîne de collines qui va aboutir étaient dune aveugles pour avoir été
a la mer. Maltépé est à seize kilomè- choisir un territoire si ingrat lorsqu*ils
tres tle Scutnri et à douze de Cliaicé- avaient devant eux une contrée si nia-
doine; lien pnrnît marquer l'empla- griifKiue. Hyzanrp en effet fut toudée
cement de i't'lcKauun \ mais ce n'est dtx-sept ans après Cbalcédoine.
(]u'une conjecture, car il ne reste aucun Sous le rdgae de Darius Cbalcédoine
indice sufiDisant pour s*a88urer de cette fut soumise au pouvoir des Perses.
position. PharnabasesVmpara de la ville, et après
avoir réduit tous lesjeunes gens a état 1

CHAPITRË Vi. d*eunuques, il l< s envoya a Darius.


Polyen raconte la manière dont les
CBALCBDOINB. Perses s'emparèrent <ie la ville (3). Us
creusèrent un souterrain de quinze
L'ancienne Cbalcédoine est située stades qui avait son entrée sur le flauc
entre Soutariet Kadi-Keui,dans la plaine d*ttne colline et qui pénétrait sous les
qu'on appelle Doghandjilar meidani murailles jusqu'à la filace du marché.
(la place des F;iuconniers). ('/est aujour- T^nenuit que les assiégés étaient dans
d'hui le champ de manœuvres des la plus grande quiétude, Jes Perses en-
troupes cantonnées â Srutari. Au fond trèrent par le soùterrain et la ville fut
d'une petite baie formée par la pointe prise.
de Kadi-Keui se Irouve le jardin de Pendant la jjuerre entre les rois Pru-
Haïder Pacha avec une fontaine om- sias et Philippe, les Ilhodiens, d'abord
bragée par un magnifique platane. allies des /ttolieos ensuite de Phi-
Dans Tantiquité cette fontaine portait lippe, s*emparèrent de Lysimacbie, ville
le nom de source d'Hermaj^oras. de Troade, ensuite de Cius et enfin de
Kadi Keui, c est-a-dire le village du Cbalcédoine.
juge, s'élève sur remplacement de lau" Dans la guerre contre Mitliridate,
cienne Cbalcédoine dont les ruines cette dernièra ville fut prise par le pré*
m^me ont disparu, et qui ne vit plus que teur Aurélius Cotta, 7G ans avant J.-C.
dans le*: souvenirs historiques. Lorsque ÎSiithridate devml de nouveau
Cbalcédoine fut fondée Tan 67â maître de la Bithyuie, il marcha contre
avant J.-C. par Archi.is, qui conduisait Cbalcédoine; Cotta se retira dans la
une colonie ae Mégariens. ICIle prit son place, et laina Nudus, le commandant
nom du fleuve Chalcedon. qui arrose la de la flotte, occuper la plaine devant la
plaine voisine, et qui lui-même tenait ville. Chasse de cette position, ce der-

son num soit d'un iils de baiurne, soit nier voulait se retirer vers les portes ;
du flis du dev:n Cbalcas. Les autres mais dans le tumulte de la retraite, il

traditions découlent probablement de perdit beaucoup de monde (4).


Toracle local, qui avait une grande cé- Iji garde des portes fil descendre
lébrité. 11 était placé dans le temple d' A- du haut des murailles un panier dans
polloo et n*avait pas moins d'autorité
que Toracle de Deipbes. (i) Pliue, I. V,c. KXXU.
Cette ville reçut aussi les noms de (a) Hérod., IV, il^.
Procérastis et de Colpusa, sans doute a (3) Polyaniu, Strafag., VU, XI, S, ap.
cause de sa position dev.mt la Corne d'or, Haromer.
(]ui est le ^ol/e de Bvzance. Elle était. (4) Appieti, un, Mitkr,

kju,^ jd by Google
ASIE MINEURE. 78

W(|Qel furent hissés ?iudiis et quel- nèse et en partie ruinée; mais Pinvasiou
qurs officiers ; le reste fut mis en dé- des Scythes dans le courant du troi-
route. tMittiridate, qui ueDerdait au- sième siècle, sous le r^ne de l'em-
m» «msîon , vint le ttoêm jour se pereur Gallien , porta le comble à ses
placer avec sa flotte devaot l'entrée du malheurs ; la ville fut entièrement rasée.
p<wt. brisales chaînes qui le fermnient, ('onslantinople venait à peine d'être
tmUa quatre vaisseaux euoemis, amarra fondée. Quand les Goths ûrenl une ir-
I» lote, au nombre de soixante , à la ruption dont les ravages furent réparés
«le dâ siens, tandis oueCotta et Nu* par Cornélius Avitus.
dus qui se trouvaient aans In ville ne Dans la vin^t et imième année de son
^ou^uient opposer aurune résistance; rèsne, le '28 juin 320, jour de la Saint-
iaos cette action, Mitbridale ue perdit Pierrc, Constantin lit détruire les tem-
fw peu de nK>nde. ples de Cbalcédoine , ou les convertit
Pi*»rTe Gilles emprunte h Denys de en églises. L'orac'.e d'Apollon fut en-
Ih^ancp un qui montre a quelles
rc.*it glouti sous les décombres, el le temple
fourU'ries avaient recours les devins de de Vénus fut trausturme en église de
Cbaleèdoine pour attirer la foule à leurs Sainte-Euphémie. Cette église était si-
préfcsdiies révélations. tuée dans le faubourg du Chêne (Drys ).
Un faux devin, nommé Alexandre, (Tétait le plus brillant quartier de
s étant associé à Byzance u\ec un cliro- Cbalcédoine ; c'est là que Rutin, le mi*
fio^pbe diffamé nommé Coceonas, nistre favori d*Arcadius, possesseur de
remaniué que les trésors pieu*
tvairat ridiesses immenses, avait fait construire
valentdans les temples dr Dt^lplies, une spludide villa , qui englobait telle-
(Jaros, Delos. et que l'art de la divi- ment les construetioDs environnantes
nation donnait de grands profits; ils que tout le quartier était appelé Uuli-
estRprirent de fonder eux auisi un nopolis ; elle s^élevait sur la colline oui
orade. Coeconas préférait Cbalcédoine avait favorisé la prise de la ville par les
rntnme un lieu fréquenté par les mar- Perses. Ses colonnes de marbre pré-
d^ands. AWaiidre penchait pour une cieux se miraient dans les eaux du Bos-
viUe ét i'jptilagonie nommée Abooi phore. L'or et les mosaïques ornaieotde
Teiefcos 'ies murs d*AboD), et son avis somptueux appartements, et Rufin, <|Uoi*
remporta Us partirent donc pour Chal- que non bnptisé, avait fait bâtir une église
eédorne. et iin.iginèreut de faire dé- sous l'invocation des apôtres Pierre et
terrer près liu temple d'Apollon des Paul. Tout ce luxe et ces démonstrations
tables de bronze portant une inscrip* religieuses plaisaient a Théodose, dé>
tion dunt le sens était que bientôt Ks-
: fenseurardenlde la foi orthodoxe. L'em-
fOb[ f avec son pere Apolloi» arriverait pire d'Orient était infecté d'arianisme
«tels le royaume de Pont, ets'etatitirait depuis Valens; les ariens triomphaient;
eui» la vllfe d' A boni Teiehos. La fraude le détordre élsit dansTÉgliie; chaque
fat jssez bien conc> rtée pour que le église avait sa règle, et les evèques se
tniit «le cet événement s»* répandît lançaient mutuellement des anathèmes.
ripideiiieiH dans la Bitbynie et arri««ît Le polythéisme protitait de ces dissen-
jusqu'à Is ville, qui 8*empressa de ftire sions, et les sacriflces païens se multi-
lêtir un tpinple à Apollon. Coeeonas pliaient. Rufin, n*ét int encore que néo-
ffsta à Chairéidoine. distribuant les Gra- phyte, s*était déclaré avec vigueur pour
des avec succès On pense, ajoute le clergé orthodoxe ; mais il ne pouvait
Pterre Gilles « qui rapporte ce fait d'à- rester plus longtemps sans entrer dans
fm Lucien, que les tables de bronze le giron de TEffliae, et le Jour où le
trrmvéf^ dans les fondations des murs monastère et le temple quM avait filil
Cbalcédoine, quand V.il«>ns les fit bâtir furent achevés, la dédicace en fut
<iemoUr, remontent à cette époque. faite avec une splendeur inusitée, et
Qlfs eonteuateot quelques vershexa- Rulin reçut le baptême le 24 septembie
ilm annonçant à Byance des évé- S94. î^s evéqiies lurent mandes des di-
loneots smistres. vers diocèses de l'Asie; un concile de
Cbalcédoi/ip fut assiégée par Alci- dix-neuf prébits procédaâ la dédicace et
bààe peûdoiit la guerre du Pélopon* au baptême. Les anadioretes de ia Tué*
74 ^vm
baîdeet de TÉsypte avaient eieapoelés ; ment en £soe. L'ensemble des cons-
ils étaient arrivés ttius la conduiia 4a truetions sé conipoiait de régKae et 4e
leurs abbéaooomtade peaux de chèvres, deux vastes flion&>tères avec des por-
d'autres presque nus, les cheveux et la tiques et des promenoirs. C'est la qu*ea
bnrt>e en desordre ; ils rappelaient les l'année 46 1 se tint le condle coutro
Bosci ou anachorètes broutans, qui vi* Thére^ie d'Kutycnès et qui prit son
valent dons les mont;igues de Césarée. nom de la ville où il eut lieu. Hiéro-
La cuve baptismale était entoiiréç d'un des classe Chalcé oine parmi les \ill«i
rideau de pourpre, et HuPin y descendit de la Ponlica priitia^ et Un assigne le
soutenu par Aminonius, le célèbre soli- premier raog paru'i les évécliés de la
taire du Pont. province.
Trois foison lui plonsea la téte dans Dans la seconde année du règne de
Teau b 'piismale, et au sortir des fonts, Justinien, en 56 », le 21 mars, le général
Ainmonius lui donna l'act^olade. De ri- sarrasin Aimuuzar s'empara d'un fau-
ehea eulogies (les présents baptismciix) bourx Clialordoine, et le réduiait en
furent envoyées aux principaux habi- erndres. C'est de ce moment qn*UM
tants fie (lhalcédoine. Otie cérénionie .croyance dans Chalcédoine que
s'établit
fut illustrée par rhomélie de Grégoire le vingt unième jour du mois était
et
de iNysse, plus que par la pompe théâ- un jour malheureux. On se rappelait
trale qui raccompagnait. Ce fut pour de sinistres événements arrivée a nette
ainsi dire le dernier éclat ^e la spleotr même date
deur de Chalcédoine (I). L'invasion des Perses suivit à peu
Sur le promontoire Herœon s'élevait près la même marche que celle des Sar-
m somptueox palafs qui appartenait rasins ; ils se présentèn'nt devant Chal-
cédoine, la cinquième année du régne
à Théodose ; ce fieu était célèhre chez
les Byzantins. Cesl de là que Théodose d'Heraclius, en 715, et rumnte ils ne
écrivit aux chefs des ariens de Constimti- pouvaient pas s'en rendre maîtres im-
nople, qu'ils eussent à rentrer dans la médiatement « ils laissèrent un corps
communion de Nicée ou à abandonner d'observation, et lannee d'après ils
les églises dont ils étaient en posses- l'emportèrent (I). KnOn la ville étant
sion. Une assemblée de ces sectaires tombée entre les mains de.s Turcs peu
ayant eu lieu, les ariens se soumirent de temps avant la prise de Constant!-
à' la sentence de Théodose et quit- nople, ils détruisirent les derniers ves-
tèrent les édifices qu'ils possédiiient tiges de ses riches monuments pour
dans la ville, pour s'installer dans ceux bAtir dans leur nouvelle capitale des
du faubourg. D'après cette maxime musquées et des bains. Aujourd'hui on
qn*il8 avaient ado|»tée : Si vous êtes per> cberdie en vain remplacement de aet
séortés dans une ville, retirez-vous dans murs et de ses édifices ; nrals la fon-
une autre. taine d'Hermagoras continue de ra-
'
L'éidise de Sainte-£uphémie, décrite fraîchir le sol ; et le petit Ueuve Chaloé-
par Évagrius (2), fondée comme noos don, sous le nom peu poétique db
avons dit par Constantin, était distante Radi-Keui-Souiou, porte toujours ses
de deux stades ( 3fi« m. ) du Bosphore, eaux à la mer aprte avoir arrosé quel-
sur le penchant d'une colline dépendant ques jardins.
d'un faubourg de Chalcédoiue. Oa Pierre Gilles vit détruire les derniers
Mit voulu qmr ies Hdi^ qui se ren- vestiges du palais de Ruiln, qui fut plat
daient à regfrse pussent en même tard occupe par Bélisaire. I-es pierrea
temps jouir du spectacle de la nature, de taille étaient transportées à Cons-
du murmure des Ilots et de la verdure tantinople pour construire la mosuuee
de ta campagne. Son plos bel orne- de Sotiman le Grand. Cette destUiéa
ment, ajoute Téerivain, était Tadmi- des pierres de ChalcédobM inspire au
rable tableau que présentait la vue de savant écrivain de Hammer une triste
Coostaniinople <jui s'élevait directe monodie dans le genre de celles de Liba-
nius &ur Mieomraie! « Ab si ces pierres
(t) Anéd. thimyt/rag., i86e.
(«) Gilliitf, De n't Thrae,, ttb. m.
. ,(s)~l^ophant» easCel^ de éiesKes»

kju,^ jd by Google
ASIQ Ml mif^ 75,

papraient parler, s'écrie-t-il, elles nous breuses ooi|t|nwtkMi8 iiL ornèrent les
'
rediraient les hymnes chantes dans les abords. ' *
'

Uies oocturne:» de Vénus, les psaumes Lorsque les habitants du moderne


mi idtDtifeQt dans réffttse de Sainte- village de KadI Keui font quelques
Euphémie; auiourd^hui, au lieu des ex- fouilles pour planter des arbres ou
hortations des Pères de Tt^glise, elles élever quelque muraille, il est rare
a*eaieodfnt plus gue la voix du molliib Qu'ils ne tombent pas sur d'antiques
fluilnir eriecinq fois par jour: // n'esi fondations. Tous les fragments qu*on a
rauire Dieu qtte Dieu, et Mahomet eU mis a découvert datent des temps bf**
son prophète.... Ju<()u'à ce qu'un Irem- zantins; il y a longtemps que le dernier
bleineijt fle ou une révolution
terre vestige de la ville grecque a disparu.
inaitrndue leur donne une autre desU- Les médailles qu'on exhume à de rares
BilMNl ! » intervnllessont aussi du lias empin»; tt*
Lps anciens écrivnins attestent aue est même diffidie de s*en proeorer.
les habitants de Chalcédoine ne se dis-
tiaguèreut jamais dans les lettres; mais.
Us s'adonnaient avec ardeur à la pêche
des tbons et des pélan)ide5, et étaient Il y aurait aux environs de Chalcé-
derenus très-adroits dans l'.irt de fa- doine une curiosité archéologique et
briquer et de teudre les lilets. Les pois- naturelle à rechercher : cVstla fontaine
sons du genre scombre sont en effet Zaréta, citée par pi* sieurs écrivains
tifMoinlireui dans le Bosphore; à anciens et qui nourrij>sait de peUt:> cro-
certaines saisons ils remontent le cou-
codiles.
rant pour aller frayer dans la mer
Étienne de Byzance la mentionne en,
Noire , et redescendent ensuite pour ces termes (I) « Il y a une fontaine au-
:

ESgner la Méditerranée et continuer dessus delà merde Chalcédoine nourris-


Icar pérrgri nation autour du gldbe. La'
sant depetits{!rocodlles,»etStr8bon(3),
fitte de Chalcédoine avait deux ports • on trouve dansia Bithynie la ville de
forinès par deux promontoires ; l'un,
Chalcédoine..., le bourg de Chrysopolis
aooiQié Acritas, portait à son extré- et le temple chaletdonien ; au dessus de
lîlé on temple de* "N'énus IMarine; reslieuxetuonlotu delà mer la fontaine
Tautre, qui s appelle aujourd'hui Fa-
Azarétia, qui nourrit de petits croco-
oar bonroun , est regardé par Pierre
diles. * D'autres écrivains, notamment
Gilles comme l'ancien Ilœreum pro- Siace (3) et Antigonus de Caryste (4),
WÊcmtorium, Le grand port lîit défendu parlent aussi de ces animaux ; le premier
par un mÔfe, ouvrage du questeur et
les appelle des léiards byzantins ( By»
proicspathaire Rutrope, qui lui donna
zanitacot lacer tos]. C'était sans doute
son nom. L'autre port plus au nord une espèce de salamandre et non pas
s*aaviait snr le Bosphore, Justinien y de lézards (5), car ces animaux ne vi-
it laire quelques ouvrages et notam- vent pas dans l'ean.
ment des casemates pour les barques Le faubourg de Drys à Chalcédoine
que Ton tirait a sec sur le rivage. Cet avait pris l'accroissement d'une ville ;
osage est encore suivi a Cuustanti- aussi est il désigne par les écrivains du
Bopïe, et cet sortes de remises sont ap- temps comme une ville et un port de
pelées KaikHané, maisons de bateaux.
mer (0). Cédrénus n*en parle que comme
JuMinien fit construire un palais non
d'un faubourg qu'on nommait de son
loin du promontoire Hœreon, nous temps Rufiniana. Du temps de N. Ca-
avoos dit que Théodose en possédait liste, il gardait encore le nom de Jiuiio.
éËft on au même lieu. On y voyait aussi
une église de S<iint Jean ; et comme le
(t) Zaraïa.
ritage rtait rouvert de plantes marines,
(3) XII. 563.
00 appelaitcelte plaide CaJamotum. Pro- (3) Li¥. 4.
csuçiè nous apprend que par les ordres
(4) HiâUtr, tiiraf'.f cap. 164.
de Justinien un môle, supporté par des (5; Ffjr, SIraboa, Indnaiiou fringiîie,
arrades. fut coustruit dans le but de tom. 4, p. 79.
rendre le grand port plus sûr. De nom- (6) Socral., Jiist. teeUs., L TI, ch. i4.
76 LUNIVERS.
Le faubourg de Drys ou du Cb6ne avait navires uui traversaient le Bosphore en
pris son nom d'un chêne gigantesque venant du Pont-Ëuxin. Une flotte dv
qui eo faisait roroemenLOo disait alors trente voiles sous deux commandauts
le faubourg da Ruphin. veillait à la sdretédu port, tlne partie
de ce port fut comblée, lorsque la ville
CHAPITRE VU. de Chalcédoine fut détruite, et l'autre
partie, sous les empereurs byzantins,
CHBYSOPOLU. — SCUTABl. — ilSKV' pour empêcher les barbares d*y trouver
DAB. un retu^, 1^ derniers Testii^ de ee
port disparurent au commenrement du
A dix stades environ de Chalcédoine seizième sierle lorsque la (iile du sultao
et dans le territoire appelé Ciiaicedo- Soliman lit bâtir la mosquée qui porte
Dia (1) fie trouvait l'arsenal det Chalcé- aon nom. Quelle que fut aoni impor-
dooiens, qu*on appelait Chrysopolis, et tance commerciale du temps des Greea«
dont remplacement est occupé par la Chrysofiolis ne subit aucun accroisse-
ville moderne de Scutari, nommée Us- ment pendant le règne des rois de Bi>
kudar par les Tores. La ville 8*élève sur thynie. Strabon ne la mentionne que
uoepeote douce au pied du mont BouU comme un dépendant de Chal-
village
gourlou, du haut duquel on jouit du cédoine. Son nom acquit quelque célé-
plus niaiiniGque panorama qu'il soit brité, parce que c'est dans le voisinage
possible d imaginer ; en aucun lieu de de Chrysopolis que Licinms fut vaincu
la edie la vue du Bosphore et de Gons- par Consianfin en Tan S34, et la dix-
tautinople ne se développe d*uoe ma* neuvième annre de son rèfiDe. Licinius,
nière aussi splendide. prisonnier, fut conduit à Thessalonique,
L'antique Uirysopotis était, sous où il eut la téCe tranchée. Le noai de
l'empire des Perses, le lieu où se ver- Seutarl, qu*on ne trouve pas daos les
saient les tributs levés sur les peuples auteurs anciens, vient sans doute de ee
de la presqu'He ; cVst de là que lui vint que celte ville renfermait un corj S des
le nom de la ville d'Or. Etienne de scutariiy porte-boucliers, e^^^'^t^^ primi
Byzance, qui rapporte les traditions des Mcuiarii , créé avec les sagWarii par
Grecs, nous les montre fidèles b leur ha- Tempereur Valena. Ils précédaient le
bitude de faire dériver tous les noms des corps des seconds srutaires et se trou-
villes et des peuples de quelque héros vaient sous les ordres du maître des mi-
de leur race: selon cet auteur Chry- lices pour l'Orient (1). Selon M.deUam-
sès, fils de Ctiryseis et d*Agamemoon, mer, le nom uskudar est perse et cor-
fuyant la persécutioD d*i£giste et deCly- respond au mot de astandar, que Xéne-
temnestrc. se retira en Asie, et mou- phon emploie pour désigner lescourrieia
rut en ce lieu, où il eut sa sépulture. En impériaux, les aogari des Perses.
commémoration de ce fait, la ville fut
appelée Chrysopolis. Quoique le voisi- LES C0UBB1BBS BN OBIBNT DANS
nage de Byzanre ait toujours été un l'antiquitA bt db vos iovns.
obstacle à raccmissementdp cette ville,
comme elle se trouve être le point de Les Perses avaient établi à Chryso-
TAsie plus avanré du edté oe TEu*
le polis une statidb de fourriers qui por-
rope. elle fut toujours un lieu de tran- taient les ordres dans tout Tempire. et
sit assez fro lupnlp f^es Dix inille, après c^tte institution fut soii:neusement con-
avoir quitte Tr^bizoude, s'arrêtèrent servée par Tempire romam. Auguste
pendant sept joi.rs à Chrysopolis pouf imita les Perses en établissant une oor>
y vendre leur butm (2). Athéniens hn poration de reredarii ou courriers qui
s'étaiit emparés <le Chrysopolis, IVn- avaient des stations tous les cinquante
touièrent d une muraille, et en lirent nulles. Là on trouvait non-seulementdes
une place où se versait i*ar^ent prove- chevaux de rechange, niais encore des
nant dea dtmes perçues aur toua les voitures à deux et à quatre roues qui
pouvaient porter jusqu'à mille livres.
(f) Xèoopbon, Ânai^ 6, 36.
(ft) Xcooph., L 6. (i) Notice Je l'Enipirc, p. S9.

Digitized by Google
ASIË BUNEURE. 77

Le nombre des animaux, chevaux ou mu* nie (f). Cette institution des ançari ou
lecs, qui devaient être attelés était fixé des poster publiques commençait a dégé>
jiaf des rèxlements (1); les voitures à nérersous Tempire byzantin, 'les auber*
dmt roues ne pouvaient porter que cin({ gistes, par ftiveurouà prix d'argent, ob-
eenli; le cheval de poste ne portait tenaient la faculté de servir les cour-
qu'un excédant de trpnle livres; Tété riers, et Ils louaient leurs chevaux à tout
on attelait huit mules vl l'hiver dix; les venant. Le mauvais entretien des routes
voitures à deux roues étaient attelées de rendait inutile remploi des chariots;
vois Mies. Valentinien défendit de se le désordre se mettait dans Tadminis-
mettre pins de trois personnes dans ces tration quand les Turcs se sont rendus
dernière voitures (2). Outre ces trans- maîtres du pays. En leur qualité de peu-
ports « il y avait des chevaux de course pies cavaliers et nomades, leurs priiices
aMrlés vertdi qui franchissaieot ra- n*ont pas laissé tomber en désuétude
pidement de grandes distances (S). La une institution dans laquelle le cheval
selle et la bride ne devaient pas excéder joue le principal rôle. Aux manxioneê
le poids de soixante livres sous peine romaines succédèrent les mensil-hané,
d'amende. Chaque station devait être que le sultan Soliman organisa d'une
narine de vingt chevaux et jamais elle manière régulière. Les diploma délivrés
DP df^vaii être vide. I^s patriciens afO- par le préfet du prétoire furent rempla-
cli3ient uti grand luxe dans l'équipage cés par des bouyourdi délivrés par le
leurs moutures ; les mors et souvent pacha, et les agents seuls du gouverne-
ks brides étaient dor^ ; enQa un vété- ment avaleni le droit de se servir des
rÎMlfe payé par la commune diait at- chevaux. Mais dans cette institution des
taché à rétablissement. transports, le commerce n'était pas ou-
Chaque année le nombre des chevaux blié; les routes, mal entretenues, il est
était renouvelé par quart, et c*éiait la vrai, autant par incurie que comme
province qui avait la eliarge de les rem- question de défense, ne pouvaletu plus
^aeer.Parlemoven de ces courriHrs, les servir aux voitures, et la fhedn des L t-
nouvelles se répandaient avec la plus tins, dont les Turcs ont fait le mot
^nde célérité ; des esclaves se tenaient araba, la voiture, Gnit par devenir en
eoûstamment prêts pour sdler les ehe- Asie un objet de curiosité. Mais en re-
vaux ; des greniers bien approvisionnés vanche ils ont mfs un i:rand soin à fon-
servaient non-senlement aux chevaux de der des établissements magniliques sous
(xi^te, mais encore aux cavaliers qui le nom de caravanséraï, c'est-à-dire pa-
voyageaient par détachement. Les em- lais des caravanes. Ces établiiieinents
pereurs eux-mêmes disaient usage de contiennent au reande-chatisiéede vastes
mov»*ri de transport. Titii'; tomba écuries, des magasins pour les marchan-
uuiade dans une maison de poste. dises et au premier étage des chambres
Les particuliers pouvaient faire usage pour les voyageurs. Il y a ordinaire-
ém postes impériales moyennant une ment une dotation attachée à l'établis-
pfrm lésion du prapfectns prxtoriOf qui sement pour défrayer le personnel, et les
deJivrdit des diplômes. Pline, préteur de caravanes sont reçues moyennant une
Bitbynie, parait avoir été tres-difticile très-mimine redevance. îles caravau-
fmr délivrer ces permis de poste, et il séraîs sont classés parmi les fondattons
écrit à Traian qu*il n*en donne <pie dans pieuses, comme les fontaines et les hospi-
le cas d'absolue nécessité. T. ut-même, ces, et la création d'un tel édilice dispense
laaM|u*U parcourait sa province, ne voya- un musulman du voyage de la Mecque.
pait p0a cheval mais dans des voitures ; Aux angari dss Persans. aux eermfo-
c'est ainsi qu'il so rendit d'Èphèse a r/ldes Romains a succédéchez les Turcs
Pereamp. Mais ce voyage lefatifîua beau- une corporation qui tenait de près a
coup, et il s€ rembarqua à Pitane, le port celle «les jani.s.saires et qui cependant
de Pergame pour se rendre en Bithy- existe encore, c'est le corps des fatars,
qui sont considérés comme courriers do
(t)I«S, Cod. Th. cabinet poar porter lesordresde la Porto.
(a) L. 17, 3o, Cod. Tlipod.
(1} FtMBp.y De BtUo Pers., lib. %, • (i) Pline, liv. X,UtL XViU.

Diyiiized by Google
78
^on-seulel11eDt ils ont le droit de pren- statiolis étaient sur les sommets fsanm,
dre daitf diaqoe mensil hané tes che- i£gylos. Marnas, Kyrizos, Mokilss (1)
vaux qui leur sont nécessaires; mais et la dernière sur le sommet du mont
dans les villages ou môme sur les roules Auxent (Boulgourlou), où était le monas-
nui cavalier n'oserait refuser de troquer tère des Accemites (qui ne dorment pas).
son cheval contre celui d*un Tatar en Ce dernier point correspondait directe-
mission, quitte à retrouver sa monture ment avec le palais. Il est fait mention
dans la maison poste prochaine. Les de cette télégraphie dans l'histoire by-
tatars sont reconnaissabies à leur cos- zantine au sujet de remuereur Mi-
tume particulitT ; ils portent un grand chel III en 84S, Ce.prince, abandonnant
bénicne, sorte de robe' rouge aTee le fes, les soins de rempire,se livrait avec en»-
et tout l'attirail de campagne ne les portement aux jeux du cirque Vn cour-
quitte jamais; nous voulons parler des rier du palais vint au moment des cour-
armes de toute sorte et des accessoires ses lui annoncer que les Sarrasins ve-
âe la piper. naient d^envahir une des provinces do
l'empire. Il fil écarter cet importun et
TÉliGEAmS CHEZ LBS BYZAlfXUlS, ordonna d'éteindre les feux qui dans les
tem[)S d alarme avertissaient tous 1rs
indépendemment de cette transmîs- pays situés entre Gonstafitinople et Tai^
rion terrestre des ordres impériaux, les sus (2).
souverains de Byznnce avaient établi Le promontoire de Seutari forme la
une ligne de télégraphie aérienne véritable limite entre le Bosplioreet la
nocturne entre Tarsus et la ville de Propoiit'tde; c'est à cette place que,^ se-
Seutari. première station était placée lon la tradition des Grecs, la vaehe lo
sur le mont Roulj;ourlou Ce système de aurait traversé la mer; aussi le cap de
sicnaux oi)rresponflait avec Conslanti- Seutari était-il appelé Damalis ou le cap
uople, soit à la tour des vedettes (1) de la Vache. Si 1 ou veut chercher une ,
soit à la tour du centenler voisine du source historique à ce nom de Damalis,
palais. î/invention de ces signaux re- il faut franchir plusieurs siècles et ar-
monte aux plus anciens temps histori- river à l'époque d'Alexandre. Philippe
ques. La prise de Troie fut annoncée à de Macédoine assiégeait By^uce , qui
ht par des signaux nocturnes qui défendu par Charès, général athé-
était
ae répétèrent de proche en proche sur nien. Sa femme Damalis étant morte
les sommets de toutes les montagnes (2). pendant lesiéfïe, les Byzantins, pour
Les Gaulois connaissaient le même reconnaître les services que leur avait
moyen de correspondance; mais l'or- rendus Charès, élevèrent un tombi au à
ganisation régulière des signaux télé- Damalis sur le cap de Seutari et di<aa>
graphiques ne date oue du neuvième sèrent une colonne portant la flguraeaa-
siècle de notre ère. Ils furent perfec- blémalique d'une vache (3).
tionnés sous le règne de Théophile par Seutari est du petit nombre des villes
Léen le Philosophe, évéque de Thessa- d'Asie qui n^ont pas vu leur prospérité
loniqae. La nécessité de connaître les déchoir avec la domination musul-
mouvements des Sarrasin- avait fait or- mane. Faubourg de Constantinople
ganiser ce service ; les feux étaient dis- comme elle l'était de Chalcédoiue, c'est
posés de manière à former des chiffires toujours le lieu de casernement des
qui correspondaient à des phrases; huit principales troupes réunies autour de
stations étaient établies entre Tarsus et la capitale, et de m a |:ni tiques casernes,
la capitale.La première à Kula dans qui s'nu<;menteut tous les jours, peuvent
Je voisinage de Tarsus (sans doute recevoir des corps d'artillerie et de ca-
Rulek-Boipias )(S), une seeonde sur les valerie. (

hauteurs du mont Argée (4). Les autres Autant par esprit de. religion qaa

( I ) Cohortes vigili«Hi.
(a) Eschyle, dgtmmmm^ v.sS«,fttS. (i) Anjomtlliui inconDti».
(3) Vo\er page 3i. (a) Gibbon, règne de Michel.
(4) Cuutiuiiiilor Theuphaim, IV, § Ç3) Codio 4'*près Deiiys de Byfaaee ( !>•-
Hmmmt, Ioc^ dl.

Digitized by Gopgle
ASIE MlNEniiB. 7»
pour plaire aux troupes
cantonnées a à n'en sont pas moins regar-
la vie civile,
amtn, la plupart des flahaos ont con- dé comme des fondations pteoses.FHWS
toM à embellir Soutari de plusieurs routons parler des bains et descaravan*
monuments remarquables ; les fontaines serais, ('es derniers édifices sont dignes
T sont décorées avec goût et de nom- d'une ville qui est la première place de
brraies mosqaées rompent, par la forme transit entre TAsie et l'Europe, ils sont
éié^ante de leurs coupoles et la rnulti- nombreux et largement instattés. On
pficite de leurs minarets, l'uniformité est toujours certam d'y rencontrer des
des ligues du paysaj^e. Moins voisine de carnvaneurs arméniens pour des voyages
Coo»t«intiDople , Scutari passerait pour de long cours; ils sont aussi disposes à
WÊt tillB rcniar^imblè. partir pour la Perse et TAfganistan que
pour les environs de Smvrne ; mais
M06QUAB Jïtl^mLTAn SOUMAN. pour tout ce qui concerne l*équipement
do voyage, c'est à Constantinople seule-
La airitan Sollmaii; fils dè SéNM, fil ment qu on peut se les prororer.
bâtir eo 1S47, en Thonneur de sa lllle La ville de Scutari est entourée d'un
MihrniD sulTnne, une mosquée qui est imriiense champ des morts planté de cy-
restée la plus belle de la ville. Elle est près séculaires, qui font de ce lieu un
riioéa ao boni de lu mer ; les liojnbmitfs dèsrités'les plus renrarquables des en-
«Ddpoles de son avant-eouf (haram) virons de la capitale. Il u*y a pas en
sont couvertes de plomb et lOUteJlOfiS Asie d'autres jardins publics que les ci-
par des colonnes de marbre. metières. Ce sont des lieux de prome-
La mosquée bâtie par la mère du sul- nade aussi bien que de recueillement. I41
tta Ifabofnet III est située dans la par* mort n*est pas envisagée par les musul-
tk fnd de In ville; elle fut bân'e on mans sous le m^me point de vue que pnr
el est imitée d'une ëjilise gr« rque leschrétiens, etl idéed'uneautrevie leur

de CoDStautinople qu'on appelle Kilicé- cause plutôt uu seutiment de quiétude


IKaoïl-fll. La grande eoapofe est eotou - què de tristesse. La terre d*ABie étant
rte de six autres demi-coupoles dispo- la patrie commune de tous les Osman-
s<*esen pofvfîone et quatre autres sYlè- lis, les principaux habitants de Cons-
f&u dans les quatre angles. Cet édiiii e tantinople attachent uu certain prix à
«tailadiiir«iieéiiiiiieflea noD loin du ndée d^^llei' repdier où reposent lenn
wclié aax chevaux (at bazari) et do- abeétres, et font transporter leur dé-
mine presquè toute la ville. pouille mortelle à Scutari. Ceuendant
Différenies sultan» s et princesses ont le urand cimetière n'est pas décoré de
suif le même exemple et ont orné la
i monuments somptueux, de chapelles
vMie de Seutarl d'édifices religieux, de sépulbrales bU 7H«r6éA, comme on en
tekkès ou couvents de derviches et voit un srand nombre à Constantinople.
dtiospices pour les pauvres. Tous ces Autrefois la dignité du mort était indi-
ioonuiiienis ont été bâtis aune époque quée sur sa tombe par la forme du tur-
ai rareMmture lurqve abandonnait ban qtii eooroiiniiif la pleire tomtrlaire;
Péeale arabe, dont elle avait été un re- aujourd'hui c*ést le simple fez qui In-
I
flet orisinal, i>oor se jeter dans l'archi- dique la sépulture des grands comme
tcciure bâtarde qui n'est ni musulmane des marchands. Les tombeaux des fem-
I

irf ehidtioniie. La mosqnéiB de 9éKm 111 mes sont mwêi d*dtte ^p\ë itoserip*
;

en est m eiemple déplorable. Quoique


bJtieen marbre et dét-orée avec un cer-
tion au milieu de laquelle est sculpté
un cyprès la léte penchée c'est le sym-
;

tim luxe, ou ne trouve ni dans sou eo- bole de râme qui s'est envolée au ciel.
aeaibie ni dans les détails de ses. nmer Une fois le mort déposé dans h tnmbe,
Ma rien qui rap^télle plutôt Porieilt to famille vient quMpiefois rendre vl^
qatTocriderit ; c'est on style qui n'a pas
I

'

site a la sépulture; mais le tombeau


i aiÂne pour lui rorijdnaliié de la bar- reste sans gardien sous la protection
'
Me. Les princes musulmans qui ont de la piété publique* sans que jamais on
dolé la ville de Seotarî de tant «la mo- songe à sa réparation ou a son entre-
aaneota religieux n'ont pas oublié d'v tien. Aussi quoique le cimetière de Scu-
jiMidre eeujtqtti* bien «h» «
rapportant tari date de l'éubliisement des Turoi

Digitized by Google
80 L'UNIVERS.
à Constaotinople, on y découvre à L'ancienne tour était un ouvrage de l'em-
peine un seul tombeau qui remonte au pereur Manuel ; c'est eu ce point qu'était
delà d'un siècle. Les nombreuses ins- attachée la grande chaîne qui temiait
criptions peuvent cependant offrir quel* rentrée du Bosphore et dont l'autre ex*
que intérêt à rorientaliste; il y trouvera trémité était reliée au continent d'Eu-
toujours le sentiment religieux exprimé rope. L'ancienne tour, dont il reste
sans emphase , et quelquefois des ex- quelques dessins, était un bâtiment mas*
traits des poètes persans ou arabei les Mf, oooronnédc créneaux etconvert psr
plus aimes des musulmans. un toit pyramidal. Une Jetéo sons-ma-
Le mont Boulgourlou est l'ancien rine reliait cet écueil au continent d'A-
Damairysi les environs étaient couverts sie. L'édifice byz.antin que P. Gilles a
de jardina et de maisons de plaisance. TU et décrit a été démoli au commen-
L*Anonyme de Constantînople, dans sa cement de ce siècle, et remplacé par un
nomi nclature des palais et des monas- f)avillnn dans le goût moderne et dont
tères construits au nohi du Bosphore ( ), I a coupole est surmontée d'un fanai.
cite le palais de Br^as, ainsi nommé, Il est entouré de quelques corps de
dit il, paroe que le dernier des empe- garde où atationne un poste. Déjà da
reurs byzantins, fuyant sa capitale pour temps de P. Gilles on croyait que l'in-
se retirer a Jérusalem, pourra dans son térieur de ce petit fort était .iliineaté
palais, (le Bryas entendre les cris de dé- par une source d'eau vive; mais il est
sespoir des liabitants. constant qu^il n*y a qu'une citerne qui
Il fut construit par les empereurs Ti- reçoit les eaux pluviales. Les Turcs ra-
bère et Maurice, qui biltirent aussi le content au sujet du nom de l'édillce,
lais de Damatrys, où se trouvait le la Tour de la 1-ille, une histoire roma-
isdcConsiantIn Va
veugic, filsd*lrène. nesque d*une princesse qui y fîit déte-
Le port d'Kutrope, ainsi nommé dn nue; c'est sans doute ce conte qui a
protospaihaire de l'empereur Constan- motivé de la part des Européens le nom
tin, gui le fit construire, était voisin de de 'l ()iir (le I.éandre^ quoiqu'elle n'ait

ces lieux. rien de commun avec l'événement poé-


Les princes b^ntins avaient pris les tique dont Se&tos fut le théâtre.
mœurs des Orientaux avec lesquels
ils étaient en communication constante, CHAPITRE VUL
et le goût des jardins appelés Paradu
ehei lee Perses, a^éiait inirodoitcliei les us f LIS DUS PBIIICBS. DAiifoinaf.
Grecs; ils étaient établis de préférence
sur In côte d'Asie; le palais de Damatrys Iles des Princes forment un pe-
Les
titaii entouré d'un vaste parc rempli de tit archipel peu eloijine de la cdte de
fdbier, oà les empereurs et les princes Bithynie et à l'entrée du golfe de Wiee»
leurs fils allaient se livrer à rexerciccde roédie ; les Grecs les appelaient Daimo-
la chasse. Tous ces palais ont disparu ; nisi (les lies des Génies). H est assez
mais les fontaines qui les arrosaient cir- avec les noms mo-
difficile d'identifier
culent encore au milieu des jardins des dernes les nombreuses Iles qui sont men-
Ttees. tionnées par Pliiie(l) sur toute la sur-
face de la Propontide ; nous ne pouvons
LA. TOUA OB LÉANDBE. reconnaître que l'île Pro< onnese ou de
Marmara, rilede Besbicusou Calolimoo,
A quelques encablures du rivage, et le groupe des Hrs des Princes. Us
dernières sont mentionnées sous Iw
dans le voisinage de Scutari, s*élève unt
tour de construction moderne que les ,
noms suivants Élée, lesdeux Rhodusse,
:

Turcs appellent Kiz Koule-si (la Tour de Érébinthe , Méjjalé, Chalcite et Pityode.
la Fille), et qui est connue des Européens Le caractère de chacune de ces iw»
de
anus ie nom dn Tour de Léandre. fille leur position respective, permettent
est liâtie sur un éeoeil ii flevr d'eau. se reconnaître danf cette aèchenonifo*
clature.
(i) AnonyuH, Pars III, liv. III, p. Sg,
ap IWuMliiri (s) PUnSbUv. ch. XXXn.

L^y u^ud by Google


ASI£ MlNEimE. 81

Gomme ces tlee sont nommées, d'a- Les des Prineea • fîirani ainsi
Iles •
fri^ iMir positioii à Tégard de Chalcé- nommées par les Byzantins* parce que
doiof, Élée s*identifie avec Proté ou la durant toute la période de cet empire
première. Étienne de Byzance (I) cite elles furent couvertes d'églises et de mo-
ce passage d'Artémidoré. • En partant nastères qui servirent de lieux de re-
do cap Aeritas , aprèa avoir naTigué traite foreée on volontaira i un grand
cot ëii alàdes (8), on arrive au cap nombre de princes détrônés on chassés
Hvn> Il y a dans ce voisinage l'île Pi- de la cour.
xunie, uni' autre tle nommée Chalcitis,
oÉlèbre par ses mines de cuivre, et une FaoT^
autre Ile nominée Prota; d« là à la ville
de ("hnicitis il y a quarante stades ( sept L'empereur Romain Diogène, qui fot
kilomètres et demi). Les deux Rhodusse prisonnier de Alp-Arsian, recouvra sa
ml aujourd'hui Kliobito et Anti- liberté moyennant trois cent soixante
Rkobito, très-voiaiDea Tone de Tautra; mille pifees d*or, pour venir expirer
Chaicitis n^a pas changé de nom ; c*e&t comme prisonnier religieux dans un
ftîe de Chalki. Pityode est Pita; Eré- monastère de l'Ile de Proté, qu'il avait
bintbe est alors Antigone ; car l'île de fondé (1). Cent trente ans auparavant
Megalé, la pliisfcrande de toutes, est eer- Temperenr Romain I*' avait éprouvé
tMaement l'Ile du Prime, qui a donné un sort semblable. Renfermé par ses
son nom n toflt le iironpe. La distance fils dans un rooDastèrOt il y finit ses
dûnn<^e p;ir Artémidore sert à fixer les jours.
positioub du ca^ Aeritas, qu'il faut Le plus ancien clottre de Hle de
plaeer dans le voisinage de Sditari. » Proté rat bflti dans la première année
Les noms turcs diffèrent complète- du neuvième siècle c'était une prison
;

ment de ceux donnés par les Grecs ; les d'Ktat aussi bien qu'une maison reli-
dittkullésque nous avons signalées gieuse, et chaque révolution accomplie
yenrla Boaiendatore des fleuves et des dans Constantinople fournissait un
montagnes se retrouvent encore dans contingent au personnel des moines du
eellts des rilles. H en est plusieurs qui, couvent. Les successeurs de Nicépliore
uiéuie aujourd'iiui, portent plusieurs furent rasés et renfermés dans le cou-
MO», les uns turcs, les antres grecs, et vent de cette tle; il arrivait quelquefois
d'antres donnés par les marins étran* que œuK des reclus qui n'avaient pas eu
pers. L'archipel des Princes est connu les yeux crevés ou arrachés trouvaient
des Turf'i sous le nom de Kizil Adalar moyen, a l'occasion de quelaue révolu-
lies houges). C'est aussi le nom de tion de palais, de jeter de coté la haire
nie PrinJiipo, la plus grande du groupe. pour reprendre la cuirasse.
Elles doivent donc être classées d'apfis
la nomendature suivante (3) : NTIOOIIB.

PMTâ. Proté.
Sam Mf nifii stion.
KinaliadaSi. Du temps des empereurs byzantins
Prinfsipn. ada
Antigone avait reçu le nom de Panor-
VccjiLE. Kizil si.
mus; on y avait bâti un chflteau formi-
FataryTOW. Antigcne. fipgbaili ada aL dable dont l'anonyme de Constantino-
ple (2) fait une description romanesque
CsALom. Chofki. Hdbell ada si
de laquelle il ressort que Choaroës as-
L*llr Rri.a«r.

ftancisel'*. sîésrea celle place avant d'attaqurr Chal-


Rhobito. TaooeliaoadaiL
L'Ile tir» L*«vrrf. cédoine. Outre ses hautes murailles, le
laoa c ttE II*, yinii Rkobiio. Sadef ada si. château était protégé par un buste de
femme i deux tétas qui était placé dans
la tour du noid aundesans dfe la porte
't^ T. Chalrilis.
ys, Vingt kilomètres. (i) Voyez Hammer, Corn tan tinopoiis und
(3) Le premier nom est en romain, le st- der Bospfêoros, \>. 36i. Branet de Pmlc,
md en grec anoderoe, le utiisiéow en La (irècCf p. aog.
(a) Anonyme de C. P.» Uv. Y, p. S3

6* UmtiMon. (Asm Uinburb.) T. II. 6


82 L'UNIVERS
d'entrée. Le feu avant été mis au châ- In Vierge et le troisième dédié à la sainte
teau, et toute la place réduite en cen- Trinité, où Ton est conduit par une allée
dres, la tour seule stibsistait encore de cyprès séculaires.
grâce à la Yerln de la statne bicéphale
qui écartait les flammes de quinze au- PBIHKIPO.
nes des murailles. Chosrops emporta
cette statue eu Perse, où elle fut 1 objet Il y a toute apparence que Pile ap-
d'un eulte. |)elée aujourd'hui Prinkipo doit être
Les ruines du cbâteau de Panormus identifiée avec celle que Phue appelle
existent encore au bord de la mer près Méi^nlé ; c'est la plus consi(!érn[)le do
du port ; on les n[)pelle Bourglinz; les groupe. Les Turcs lui donnent le nom
ruines de citernes el de murailles que de Kizil ada si, c'est-à-dire l'ile Rouge,
l'on décoom an Boromet de la eolline à cause de la couleur de aea mcota- ]

appartiennent au monastère, prison d'É- giies. Cbaiki et Prinkipo sont placées


tat dont il est souvent
mention.
fait vis a-vis l'une de l'autre et ne sont sé-
Cest la que Mettiodius, avant d'être parées que par un étroit canal. Son
étevé au patriarcat de Gonttantinople, étendue ne dépasse pas cinq kilomè-
souffrit UD long et cruel supplice. fiLen- tres ; elle est allongée dans la directHm '

fermé dans un cachot obscur avec deux nord-est sud -ouest et traversée par une
,

brigands, l'un d'eux vint à mourir, et hgne de petites collines.


on laissa le cadavre infect avec le prt- La nature du sol est calcaire et
aoonlef. Ce supplice dura sept ans, a la auartâeuae; elle renferme des traoes ée
suite desquels Méthodius fut tiré de sa fer oxydé. A In pointe nord est situé
prison par Michel, tils de ïbéopbiie» et le grand village qui porte le même
nommé patriarche. nom que l'ile ; il renlerme trois monas-
tèras; l'un bâti dans la plaine et deux
GHAftCmS. autres sur une colline. Le village est
entouré de vergers, d'oliviers, et de ri-
Chalcitis prit son nom des anciennes ches cultures ; les bois de cyprès et d'ar-
mines de cuivre qu'on y exploitait ; on bres fhntiecs donnent a ce petit coin de
reconnall encore quelques traces des an- rtle un aspect de fraîcheur bien rare
eiens lrdvnu\d:ins les environs du port. aux environs de la capitale. Du côte du
Elle est couverte d'une magnilique végé* nord on trouve au contraire une con-
tation, abondamment arrosée, et s'élève trée sauvage et aride qui contraste avec
comme on ednede verdure au milieu du la fertilité des jardins du village. Il ne
groupe d'Iles dont elle £iit pnaque le reste en fait de ruines des anciennes
centre constructions byzantines qtie quelques
Elle parait avoir été dès les plus anciens Sans de murailles ayant appartenu à
temps unséiour de paix et de tranquil- es monastères.
lité , étrangère à toutes les catastrophes A
la pointe sud de l'tle se trouve le
{)olitiquefi qui reteutissnient dans les monastère de Saint-Georges. Du hautde
les voisines. Le cuivre de ses loioes la colline voisine on Jouit du magnifique
était des plus estimés et était surtout panorama de toute l'Ile. Deux belles
employé pour fabriquer tes statues des sources ombragées par des platanes cou-
dieux. C'est de l'airain de Chalcitis lent non loin du chemin ; c est le lieu de
qu'av.iit ete faite la statue d'Apollon à rendez-vous des habitants de Conslaii-
Sicyone. L'ile produisait outre le cuivre tinople, princiualemeut des Grecs qui :

du lapis lazuli et du borax ou cbryso- s'y rendent le dimanche en ctfk. i

colle. Arislote lui-même mentionne ces Une si heureuse situation fut appré- |

lies comme dignes de remarque. L'île ciée par les princes hyzantins qui éle-
j

entière affecte la forme triangulaire; vèrent à Tenvi des villas et des monas- |

vuedu cdté du nid, elle se présentesous tères dans les vallées de 111c. Jasàiiic& i

la forme d'un cône unique ; mais vue y fît bâtir un palais dont les ruinss sont
en travers on y découvre trois sommets peut-être celles que Ton observe près I

(couronnes tous trois par des monas- du couvent de Saint-Pîicolas et c'est ,


;

tèreii celui de Saint-Georges, celui de sans doute du règue de cet empereur

Digitized by GooqIc
ASIE MINEURE 8S

a pris le nom de Tite du de Satyrus fut construit par le pathar-


LMégalé
X ^1). CeUe lie fut, comme les au- ciie Ignatius.
im,le tbéfltre dé ces revers de fev^ La petite tle d*<Oiieia est voisine de
tm si eomMnt m moment de la Platée. Sou nom, quisigiiilie, rude âpre,
cltDt»' de Byzance, et i! semblnit que est bien d^accord avec son .ispeet désolé.
lespnoces et les impératrices ue tissent Les mitres îlots, ne soutquedts rociiers
Utîr des moi^3tères que dans la nré- où séjournent pendant la belle saiaoïi
vyoode leur ehale. L'impératrice Irène, qaelqMB ûunillesde péeheurit
doDt le rèiine jeta un si vif éclat ter- ,

mina «PS jours dans un monastère de CHAPITEL IX.


^niikipo, et riiiiperatrice Zoé, forcée de
pNnirele voiK len- ^ moment PABAGB8 Oa LA MBB MOUIB. LB MOV»
fermée dans cette île par Michel Cala- «BARV.
fjle. Mai*, rlle en sortit bientôt pour
rmoiitersur le trône. L'usurpateur fut La montagne située sur la côte d'Asie
^vé deit vne et renfermé à son tomr immédiatement en fiice do goifé de
dus le monastère de Sergius. Baynkdéréest eonnue de tous les navî-
Aujourd'hui ce petit rtrchiiit'l a p«'rdu gtteurs qui traversent le Bospbore. Les
iM^le soD importance strate^iique au Turcs lui donnent le nom de Yorus
ent de vue de Tattaque et de la dé-» da|;h; on l'appelle aussi quelt^uefois
Mde la capitale; mais à Tépoque Je8ehadagh(lamontagnede Josue). Lea
bnaniine il vit plus d'une fois 1rs flot- indigènes prétendent que c'est là que
rf< df> hT^t'S et des Turcs se glisser au fut enterre le prophète des Hébreux. Au
mibfu du déblaie des îles pour foudre haut de la montagne on trouve une en^
«rOoastmtinople. ceinte earrée, entourée d*un- mar il»
l.lWde Platée est tout à fait nue et pierrM sèches. Ce lieu correspond, au
àfî^W-, rt\e servit de lieu d'exil a Mi- sitr appelé le lit d'Hercule. Un mara-
chel Kbaogabé, qui, au commeucemeut bout avec quelques arbustes auxquels,
ét mnèm eièele, fiit reoferané dans sont suspendus des' «bififode marquent;
m iMHHiàre et forcé de prendre la le degré de superstition <|ue les iedi*»
fonîon» arec son lils. Il y vécut encore gènes ont au sujet de certaines pierres:
treote^eukans sous le nom d'Athanase, ou de certains arbres; ccft»* (rroyanre»
S»dan âls, dans la fleur de l'âge, fu- dei musulmans r^andue sur toute la
net pmis de Isnr fifiKté; le premier, terre de Fislem mérite quelques dévelop-
F.winlius, mourut peu de temps après, (>ein< ntsque nous donnerons en parlant
rt fut enterre du cote uauche de l'église, ûes lieox de pèlerinages' 4%lébres.
et le tombeau du père fut placé à droite.. . >i ' I •

Uneottd tis, Ignaiim, erriva à la di- LB TBMPLB DB lirPmB> TOnSk


imiié de petriarche et devint le fonda-
^*H]r da monastère de Satyrus, qui fut Ce temple fut bâti par Phryxns 11 était .

^usur le moQtMaltépe; c'est là qu'il du Bosphore, dans la par-


situr à l'eutrée
mrm sépaltare. tie laplus étroite du canal, au point où
Aeioq kilomètres de Pandik, sur la la ehatne de roiympoMysieB vient ren-
mme de Chalcédoiiie et ri donz** kilo- contrer le rivage ; cet endroitfut dès les
twtrwî de Scutari, se trouve le port de temps les plnsrei'iilcs léu.irdé l'omuu' le
titiài dans le voisinage duquel a élevait plus important pour la deleuse de la côte
tepaliis de Brjns le «onaetère Sa- A d*Asie; et dans les' dernieIrB siè cles i9
Irn»; ils se trouvaient entr»- U- i)ort et devint la possessiOtt des Génois qnl y bi«
lémonl Maltépé qui en est peu éloigné. tirent un cbritenu aujourd'biri en mines,
Od V voit en effet quelques ruines qui mais qui porte encore le uom de Djiné-
•at pu appartenir à nn palais. Le palaii vise kalé si (le château génois). Ce lieu
de Biyas lut construit par les empe- est générateant désigné par leSaiMeuva
«s ifamiee et Tibèee ; le monaatèra anciens SOUS le nom de lliéron ou de
temple de Jupiter. Jason, à son retour
'i* Hamnter. ConstaiitinojJoUs und du Colchide, y consacra un autel aux
(le la

â^ifiuroSf I. il, 376. douze dieux: les navigateurs du Pont*»

Digitized by Google
64 LUr<IV£RS.
Ettxin étaient dans Tusage iVy consa- iter; les Grecs étaient supérieurs aiiX
crer des »»ftran(Jes. I>a po.- session de ce arbares ; n»ais ils s'enfuirent à l'arrivée
territoire fut longtemps un objet de con- des Gotbs et livrèrent Chalcédoine qui
iwtatioii entre les Byzantins et les ha* fut mise an pillage.
bitants de Chalcédoioe. Prusias finit par |)remière apparition des Russes
s'tMi rendre maître et s'y fortifla ; mais dans le Bosphore eut lieu en 866; ils s'a-
il fut contraint de le rendre aux Byzan- vancèrent jusqu'au Uiéron. ils revio-
tins afee tons les obiets qu*U avait en- rsnt une seeonde foto en 949, dans In
levés dn temple, les bois, les tuiles» et vingt-troisième année du règne de rem-
les caissons. pereur Romanus , brûlèrent Sténia , la
D'après la tradition conservée par flotte grecque, et s'emparèrent de Hié-
Biodore de Sicile, les Argonautes re- ron ; enfin ils arrivèrent jusqu'à Byxanoe.
venant de Coichos, étant arrivés à Les Génois, maîtres de Galata, s'em*
Pembouchure du Bosphore, y sacrifiè- parèrent du Hiéron, et y construisirent
rent auxdouze dieux. Le temple pa- le château dont on voit encore aujour-
rait avoir alors été consacré à Jupiter d'hui les ruines. L'écusson de la répu-
et à Neptune; car Tun et Tautre dieu blique de Génea subsiste su-dessus de la
étaient honorés dans l'Hiéron du Bos- porte d'entrée.
phore (1). Pausanias, vainqueurde Mar- Au delà de ce chftteau jusqu'à l'em-
donius à Platée, consacra une coupe bouchure de la mer Noire, il y avait
d'airain à Neptune Sauveur, et fit éle- plusieurs antres phweaqni ne sont plus
ver une statue à ce dieu avec le con< connues que de nom ; mais que P. OU*
cours des habitants de Chalcédoine. les,d'après Denys de Bvzance, place
Cicerou fait mention d'une statue de dans l'ordre suivant Chels, c est-à-dire
:

Jupiter Uriusqui existait égalementdaos sont situées entre le fa-


les échelles qui
w lieu sacré. •num Jovis et Panticbium ; aujourd'lrai
Pierre château
(iilles décrit ainsi le ce lieu est complètement sauvnpe et
fort tel qu'il existait desou temps; les désert, les montagnes couvertes de ver-
Grecs lui donnent encore le nom de dure descendent jusque dans la mer.
Hiéron. C'est un petit fort défendu aussi Pantteblum, différent de celui qui
bien par la nature que par Tart, placé était sur le golfe d*Astacu8, est ainsi
sur la pointe la plus avancée du pro- nommé des fortifications qui Tentou-
montoire qui est formé de plusieurs raient. Le cap Coracium, aujqurd'hui le
éminenees, séparées par des vallées bol» fort Poims, est entouré de roehers ari-
aées. U restait encore à cette époque des où les corbeaux ont l'habitude de
quelques débris des anciens édifices venir nicher; c'est à cause de ce fait
composes de grandes pierres de. taille que les Grecs lui ont donné le nom de
les Turcs enlevaient pour les porter cap des Corbeaux.
Sue
Coastentinople. Après ce eap vient la tour de Médée
Ce rempart de Byzance ne put arrê- qui se présente sous In forme d'un ro-
ter les invasions dés barbares. En 248 cher arrondi et dans le voisinage sont
de J.-C. les Uérules firent une descente les Cyanées d'Asie qui sont loiu de pré-
an moyen d'une flotte de cinq eenia senter l'aspect singulier des Cyanées
barques, et vinrent assié^'^r c:hrysopo- d l urope. Strahon estime à vingt stedes
lis; mais après uu combat naval ils fu- la distance entre ces deux écueils.
rent obligés de battre en retraite jus- Vient ensuite le promontoire Ancy-
qu'au Hiéron. Veisia mélme éjjoque, en rsum oà Jsaon prit une anere de pierre
368, les Goihs firent une invasion en Bi- qu'il abandonna plus tard. On arriva
thynieet ravagèrent le pays jusqu'à Nico- enfin au fleuve Rhebas dont l'embou-
médie ; ils s'emparèrent du fort de Hié- churo est située à quatre-vingt-dix sta-
ron où ils déposèrent leur butin. Une des du Hiérou ; ce cours d*eau forme la
garnison de Chalcédoine gardait les limite de la presqu'île des Thyniens, et
abofda du eliâteau etdu temple de Ju- marque, selon les Byzantins l'entrée,

du Bosphore. Il porte encore le nom de


( I ) p. Gilles, BMfK Thraà€9, Uv. 111, Riva i un petit fort ou kavak est bUi a
cb. V. l'amboiKhiira pour surveiller les odtaa.

L-i^jiu^ucl by Goog
ASIE MIN£URE.
CHAPITRE X. que eonfinner son opinion. Quelques
restes d'antiquité prouvent qu en effet
OBOllADR. DUS.C PROS OLYMFUM- ce village est situé sur une station an-
PBOSK SUB L HVPIUS. tique, bn continuant vers Test, on ar-
rive au bord d*une petite rivière nom-
Dus le prÎDcipe, le cours du Sauga- mée Milan sou, qui n'est antre que le
rios formait la frontière orientale de la fleuve Hypius, dont le cours n'a pas une
BitiiyDie; mais le roi Prusias, s'étaut grande étendue, il se jette dans la mer
etDpâréde la côted'Héraclée, aimexa tout à cent quatre-vingts stades de Tembou-
ce territoire à aes États et en porta la churedu Sangarius. On ne peut douter
frontière jusqu'à cette dernière ville (1). quMl ne soii identique avec, la rivière
Voila la même page du
pourquoi dans nommée Milan tch;iï par les Turcs.
geuiU'aphe grec ou trouve deux limites Dans l'antiquité l'embouchure de TUy-
d|ttn«Dt«t assignées à ee royaume. pitis offrait un
asoea bon mouillage atix
!Vous a?0DS dit que la province d*Uo- navires, et flotte de Mithridate
la
y
Aoriade fut détachée de la Bithynie [)ar trouva un refuge momentané pendant
l'empereur Tbéodose qui voulut créer uue violente tempête.
•a Boumu dëpanement de Tempire en La rivière prend sa source dans les
fhoaneur de son oncle Hooorius. Toute BDontagnes voisines de Boli, qui sont ap-
cette contrée fut dans l'origine détachée pelées indistinctement mont Liperns et
de la Paphiagooie, et cette derrière mont liypius (I). Klle traverse un petit
province réunie au royaume de Pont lac, et après avoir contourné une colline
n'eut plus même d^administration par- boisée, vase jeterà la mer après un coure
ti ulière. La province de l'Honoriade de trentre kilomètres environ. Tout ce
esi portée d tris le synecdèine de Hiéro- territoire fut conquis sur les Maryandi-
des connue contenant six villes Prusias, : niens par les bebryces, qui h'avancèrent
Héradée, Tiiim, Claudiopolis, Hadria- jusqu'au fleuve Hypius, et Ton bâtit en
aopélis d
Cratia. Les trois premières ce lieu une ville qui fuit nommée Hy-
SUT \a côte, les trois autres dans l'inté- pia (i>).

rieur des teries. Les noms d'iieraclée La dynastie des Prusias regardait
(Reradea Pootlea) et de Tiom sont trop eomme iioe gloire d*atiaeber à la fb»»
intimement liésà l'histoire du royaoBie dation d*une ville un nom qui devait
de Pont pour en être détachés; nous rester à jamais célèbre Aprèsdeux vil-
D0Q8 occu|)eroos de l'histoire de ces les de Pruse fondées l'une au pied de
TiOes quand nous étudierons cet ancien rOlympe et l'autre au bord de la mer,
foyaane. Prusias IV voulut eréer une ville de son
DtDSTCHÉ. nom dans la province qu'il avait récem-
ment conquise et fut le fondateur de
Après avoir, franclii le Sauj^anus Pruse sur i'iiypius, épithete qui lui fut
m arrive au village de Tehandak où donnée pour 'la distinguer «ms autres
trt)<t\e tine maison de poste. On villes do même nom. Comme les histo-
rnconlre ça et la quelques vestijjes riens ne font plus aucune rnentiou delà
<i auiiquiié qui prouvent qu on
se tient ville d'Uypia^ il est a croire que le nom
tM^oort sar la grande Toie romaine de Pruse (îit donné à cette ville d'Hy*
fui conduisait dans Test; on traverse pin et (ju'on créa Prusa ad IJypium.
cofuite une plaine découverte et assez Cette ville est connue par ses médailles;
bien cultivée, et Ton arrive au village elle est mentionnée par Plolémée, et un
4DaMcbé, dont le nom rappelle celui de ses évèiues, nommé Uesjrchius de
éùfÊsm Pros Olyropam, petite ville Pruse sur r Hypius, faisait partiedu eOD*
P^us connue par les cartes itinéraires ci le de Mcée.
que par rhistoire. Otter. dans ses voya- Les ruines (le Pruse sur l'IIypiusont
ges, est le premier qui ait ideutilie la été retrouvéessur reinplaccmeut même
ville aotiqae avec le petit village, et les de la petite ville de Eski bagh, que les
«fcKrvatioos frites depuis lors n*ont fait
(i) Pliue, V, ch. 3î.
(i; Straboa, XII, 54S. Scbui. Apoll., l. il, V. 797.

uiyitized by Google
L*UNIV£RS.
habitants pioooncent Uskubi. Kski sbté à la fnrear des Iconoelasiii (Ij.
ita^\\ signifie nncieii jnrdin,
rappelant Les habiMnts de tons ces districts
sans doute un de ces crands parcs de paraissent mener une vie assez heuieii<'
plaisance nommés paraois, dans lesquels Le pays est extrêinenieut fertile, ci de
les princes d'Orieot M
livraîentauxpM» belles fofélB, qui appartiennent toujours
sirs de la chasse. an pays boisé de 1 Olympe Ma merdes
I.a ville turque s'élève au milieu des arbres), couronnent les montagnes L>\-
jardins sur le penchant d'une colline ploitation des bois est une source lo-
qui était couronnée par l'acropole de cessante de tnvail, et de nombreuses
Pruse ; c'est encore la ésidiMicedf- Tagha.
:
immunités sont aecordées aux paysans
.es iiiuraillrs de l'ancienne ville, en- bilcIuTons en compensation des cliar-
core conservées, se prolongent en par- ges (jue leur impose le gouvernement.
tie mr la colliné et en partie dans la ]^ bétail est nombreux; mais dans ces
plaine. Elles sont tfa «ttrerees époques pays trop humides, le mouton ne près*
et Pou observe même quebjues parties pérc pas aussi bien que dans la rrgion
qui sont laites avec des débris de mo- des hauts plat^nux. La nature sylvestre
traiaeilts antiques. Une des portes attire est peu difterente de celle de l'Italie,
surtout rattentîon ; «Ile est composée mais inBnimenc plus belle et plus abon-
d*éiiormes pierres, et l'architrave qui dante que celle des eÔtes de Provenee.
la couronne est d une seule pièce et n'a Le goiil de la marine n'est pas ties-ré-
pas moins de quatre mètres de long; pandu dans les villages d'alentour, et
oiais les fortes dimensions des pienres les T^ires paraissent plus disposés à n
ne suffisent pas pouf donner le eachet livrer aux travaux des champs.
àv la haute antiquité; cette porte ne pa-
rait pas antérieure aux murailles ro« <;UAPiiKl:^ XI.
malnes.
A Texcention du théâtre, dont la ca- irniteAiBK DB litooMinii av lac
réa ou salle, creusée dans le flanc de DB SàBÂKDiA (SOFBOV).
la colline, est assez bien conservée. Il ne
reste que des débris des autres monu- La route de Isicomédie à Sabandja le
ments; les gradins du théâtre sont eu* dirige veis l*esi« On côtoie d'abord les
eore en partie à leur place; le prosce- salines, qui peuvent avoir deux kilomè-
nium est détruit et l'on ne peut res- tres de long sur huit de large. Ici les
tituer que par conjecture. Les buissons collines cessent de suivre les contouit
qui couvrent le sol, les baules herbes de la baie pour se diriger vers la nord,
qui envahissent les monuments anti- et forment ainsi une large vallée qui a
ques sont un obstacle à des recherches environ huit kilomètres d'étendue et
superficielles; mais il est certain que dont la culture est ncbe et variée. Après
des fouilles entreprises en cet endroit six IdloroèHes de marche, on traverse
qui li*a jamais été exploité comme car- sur un pont la petite rivière Kérès, fjui

rière donnerait lieu à des découvertes va se jeter dans le golfe. Pendant les
intéressantes. 11 ne taut pas oublier que vingt-quatre iùlomètres que Ton piif-
moiuune yille a eu dMmportanee dans oourt de Nicomédie à Sabandja on ne
les temps modernes, plus on doit es- quitte pas cette vallée, on marche tou-
pérer dry foire des déeoufertes d'anti^ jours sur le terrain d'alluvion qui ren-
quités. ferme peu de cailloux; il est arrose par
M. fioré,daus sa correspondance, fait un certain nombre de ruisseaux J"'
mention d'une ancienne statue de la oendent des montagnes du nord; de la
Vlerj^ qu'il aurait découverte dans un sa grande fertilité. Tout porte à croire
jardin. Il est à croire qu'il aura con-

fondu quelque statue antique avec la


que dans la haute antiquité, le f^f^
des eaux de ces régions était tout à W
représentation de la Vierge; car non- LeSangBrius,dont le cours
diflfifirent.
seulement ce n'est pas dans l'usage de moyen est dePest a rouest, devait suivre
et
l'Église d'Orient d'avoir des figures de la ligne des montagnes de Sabandja
ronde bosse, mais on peut dire que bien
peu de bas-reliefs chrétiens ont ré- (i) E. Borë, Correspond.^ t^-»o<»»

Digitized by Google
AS1K M NEURB. A7

mîr déboucher dans le jïolfe de ^i- cienue Sophon (I ). Le lac de Sophon a


coinéiieen traversant la dépression du reçu dans le Bas-Empire différentes dé*
Ik de Saband ja , comme le Rhyndacus nominations; Ammien Marcellin l'ap*
traverse le lac Apollonias (I). Les allu- pelle le lae de Sunon, Snnonensis la-
mions ayant exhaussé le terrain entre le cus (2); Anne (>)nn>eue lui donne le
lac et le golfe« le Oeuve fut forcé de nom de Baana (3). 11 est séparé de la
prtiMire te lUreetHm quil suit aujour- ville par des jardins asses étendus. Sa
d'btii. et le Sangarius dlla se jeter dans longueur est d'environ dix kilomètres,
h mer Noire, en laissant des marécages et sa largeur n'en a pas plus de six. Du
qui marquent sou ancien lit côté de Sabaudia, c'est-à-dire de la
A droite de la route de Nieomédie à grande vallée, c^est une plage saUon-
SabaDdjaJaehatuedecollines s'élève in- neu.se mais du côté du nord et du sud,
;

couvre de tnillis (\u\


senî^iblf-ment et se le lac est en< ai>sé &a\\< fnie chaîne de
plus loindeviennent une véritable torèt niontai:nî-s hoiscfs descendent jus-
appartenant à celte reciou de l'Olynipc qu'au i)ord de l'eau. circonférence
que les indisènes appellent Agai^ di» au lac est estimée par Otter à quinze
«irf(b Merdes arbres). milles, soit vingt >ept kilomètres et demi.
On arrive après six heures de marche Tchiiintchetï estime son pourtour à
à Sabaodja, située dans la partie sud du trente-six kilomètres ; Les eaux sont
be, mais non |^
sur la riveimmédiate, douces et potables.
dont elle est séparée par des Jardins «t Il est une loi f^érale sur les lacs,
de,> cultures. c'est que leurs eaux sont douces toutes
Sabandja n'est qu'une ville de transit; les fois qu'ils sont en communication
elle doit son existence aux nombreuses avec la mer ; du moment qu^ils sont sans
caravanes qui la traversent en venant communication , ils deviennent de pe-
de Test ou du sud de la presqu'île. On tites mers intérieures : leurs eaux sont

y compte de cinq à six cents maisons, saumàtres ou .salées.


une mosquée de cbetive apparence, et La pensée d'utiliser les eaux de ce
te khans pour les voyageurs. Aucun lac pour créer un canal de navigation
aonument de Pancienne ville ne sub- entre ce pays et le golfe de Nieomédie
siste pl(i< on trouve cà et là dans les
, a souvent été agitée dans l'antiquité
rues de^ fragments d'architecture qui etexaminée de nos Jours. M. de Uani*
SMt presque tons de l*époque du Bas- mer (4) a fait, au point de vue histo**
riqoe, une étude approfondie de la
question; mais le p'ojet proposé par
LB LAC DB soraon. Pline le .leune à ïrajan ne paraît pas
avoir reçu un commencement d'exécu-
tion, du moins il n*en existe aucune
A défaut d'autres renseignements,
trace 5).
la présence du
lac suffirait pour per-
P<iur se rendre au pont du Sangarius,
Mitn d'identifier Sabandja avec Tan*
qu'on appelle dans le pays Becb-Kou-
prou (les Cinq ponts) , on oommenee
(i) Sollle Ti xiois .\npabi' riciilif; srin , a côtoyer le lac; inais bientôt les collines
iuk gAïue £iiu«uikui)£ vom Nicuaiedia
dit;
abruptes venant jus(iue dans les eaux,
Mf ortwiHt son faNttnich>>See nur aus on est obligé de marcher pendant plus
njg'tdiweniaiteBi Land von Sand iind
d*une heure dans le lac même sur un
KiMelchuli bestiiide so wâre es nicht iin-
,
fond de sablé; dans quelque.s endroits
•arKiieinlich, da& der Saugariu» eiust dui t
les chevaux ont de eau jusqu'aux
«me Awladong zum Meere hatle,... uod
l

i^n BeUe
iiordwaris rrst eimn» jùngern
sangles. Les collines .sont composées du
/Jurchbnicbe verdankle. Cari. RiUer : Efd- roches quartzeus^ avec du sable rou<
Ittode, x8 j»art. 3* >ol., pag. 676.
Ifous ne pouvons développer plut longu»> (f) Cédrénus, II, p. 6«8, Hist. miUe.
Mflt un demanderait iiti ménioire
sujet qiii (a) Ammieii Man2elHn,Uv.XXYI,ch.Ttii.
^éeial; nous recommandoos ceUe question (3) X, a8a.
«n luyageurs géologues qui visiteront celle U) Uublick auf einer Reisc nacb Broiissa.
pwiaoe; (S) PUm, ieil., liv. X, lelt. 4.

Digitized by Google
88 UUNIVERS.
geâtre qui contient du Les
fer hydraté. Justinien a commencé d'y faire un
eaux du lac en minant constamment la pont, et il s'applique avec une telle ar-
base des collines ont causé des éboule- deur à cet ouvrage, que je ne doute pas
nents qui ont taillé presque à pic le ter- qu'il ne Tsebève en peu de temps ( I). »
rain de la rive; cependant de distance en L'ouvrage fut en effet terminé dans
distance s'ouvrent de petites vallées dont la trente-quatrième année du règne de
la verdure contraste agréablement avec Justinien, c'est-à dire en 661 de J.'C*
ee fiable aride. D*aprà8 Paul Diacre, on détourna le San*
BientSt OQ abandonne les bords du ganus de son lit pour exécuter la fon«
lac pour entrer dans des terrains ma- dation des piles.
récageux mais cultivés; ce n'est qu'au Coustaiitm Porphyrogénète rappelle
bout d'une heure que Ton reneontre la en c«s termes la construction de ce mo-
petite rivière qui sort du lae deSabaodja nument. « Le thème Optimatum esttra-
etquon appelle Kilis sou; elle passe sous versé par le fleuve Sangarius, dont les
un pont romain d'une seule arch* et , rives sont jointes par un pont divine
tourne ensuite vers le sud. A peu de d'être vu. Il fut bâti par reuipereur
distance de là, on une colline
franehit Justinien, qui ne sera jamais assez glori-
de gfès rouf^e, et Ton arrive au pont, fié. Sur une des pierres du pont est
monument d'une rare magnificence et placée Tinscription suivante :
qui mérite tous les éloges qu'en ont fait
les contemporains. Toi atuM , OMUM
rorgocineuse Hetpcrie,
les peuples médiques et toutrs les lion^rs
barbares, Saugarins, dout le cours intpe-
CHAPITAE XII.
tuenx ett roniiu par ces voéies, tu coules
maintenant 6MiAved*uii travail souverain, ja<
PONT DS JUSTINIEN SUB LB SANOA- dis ic-belle aux navires, jadis indompté,
BrU8. mauiienanl lu gis sous les entraves d une
pierre infiexible
L'empereur Juslinien, pour faciliter
les communications d'un bout à l'autre Cette inscription n'existe plus, mats le
de l'empire , songea partieuUèrement, monument est presque intact 11 est
dans leatravaui qu*il entreprit, à éta- composé de huit arches et a quatre cent
blir de grandes routes et a restaurer vingt-neuf mètres de longueur. L'ou-
celles qui existaient deja. La plus im- verture des grandes arches est de vingt-
Sortaute était celle qui conduisait de trois mètres, et lalongueur des piles de
licomédie aux confins de la Syrie en six mètres cinquante centimètres. Il est
traversant la Phrygie et la Cnppadoce. bâti en grands blocs de pierre calcaire;
Cette route était coupée n peu de dis- les arches sont à plein ceiiUre et s'éle-
tance de Sopliun par le fleuve Saoga- veut toutes à la même hauteur, de sorte,
riiis; e*e8t li que Tempereur entreprit que le tablier du ftomt est par^itement
de construire le pont monumental qui horizontal. Au
niveau du pont sont
existe encore. Il fut sans doute cx)m- ménagées sur chaque pile des héxèdres
mencé vers l'an ôô3, lorsque Justinien exactement comme au Pout-JN'euf à
lit la paix avec les Perses. Il n*était pas Paris.
eneore achevé lorsque Procope écrivait A l'extrémité du côté do lac est une
son livre Des Le Sangarius,
Édifices. « grande porte en forme d'arc de triom-
dit l'historien de Justinien , ce fleuve phe renfermant tin escalier en hélice
dont le cours est si rapide , dout la pro- pour monter au sommet.
fondeur est un abhne et dont la largeur A Tautre extrémité est une grande
ne peutitre comparée qu'à l'étendue de niche de la même dimension iiue Tare;
rOcéan n'avait jamais souffert de pont.
, c'était un lieu de repos pour les voya*
Ceux qui étaient assez hardis pour le geurs.
traverser attachaient ensemble plu- Eu ce point la route se bifurque ; une
sieurs bateaux et passaient dessus ; mais brancbe se dirige vers le nord pour en-
cela ne se faisait pas sans danger, car
le fleuve, rompant les cordages, disper- (i) Proco|ie, De jEdif., liv. V, ch. lU.
sait les bateaux et noyait les hommes. (a) V.. Porphyrogeuèle, De Titem,, V,

Digitized by Google
ASIE MINEURE.
tm dans l,i Paphlasonie; l'autre em- Sanparius. Ce villai;e est situé sur la
branvutinenl tournait vers le sud pour rive gauche du Heuve^ oui en cet en-
«ooduire ta Phrygie. droit a une largueur d^environ cent
Uoe chose curieuse, cVst que le fleuve mètres et se divise ensuite en deux
,

San'i^irius , si rii(!pment tr.iift' d;ms branches qui forment ce qu'on ap[)elle


rta54!riptioii de Juslinien* n'a pas cou- l'ile. Peudaut Tête, ces deux branches

Motià se soumettre à réteniel esclavage sont presque à sec ; ce qui explique le


dont il était menacé ; peu à peu son nom de Xérobates que les anciens don*
cours s'est porté à \'^'>\, ot aujourd'hui naient (Hiflqurfois San^iarius [i].
il ne passe plus sous ce pont «ju'uu uiince Les deux branches du Meuve sont
ruisseau marécageux le grand courant
: réunies par un double pont que Ton
tffst transporté à Test; ceci tendrait à nomme Usun-kouprou , et la roule se
aifmver qu'en efft t le pont de Justinien continue vers l'est jusqu'à ce qu'on ren-
M établi sur un lit Inctice qui s'est peu contre un autre petit Ueuve nommé
à peu trouve encombre par le limon du Milan sou, l'ancien Uypius.
flaire.
Ces mouvements des rivières de TA- CHAPITRE XIU.
fie ne sont pas sans exemple; on peut
CD citer plusieurs gui se sout ouvert ITIMÉBAIRE D£ SABA^OJ A A GEÏVËil C2;,
la iKMiv^les embouchum de|mis les L'ANGIENNB TOTTQBOM , BT A KICEB.
toBps bisioriqoes.
Lorsqoe Tempire byzantin se vit me- Ku sortant de Sabandja, on suit la
tac? par tous les peuples de Tlslam grande route de caravane qui traverse
les Perses, les IMongols et les Tartares, obliquement l*Asie, et Ton fait quelques
OBI, des régions de Test, se ruaient sur kilomètres dans la direction de l'est. Le
Conslantinople , le conrs du SnnL'nrius terrain que l'on parcourt est très-acci-
devint une d" défense bien plus
liL'iit* dente. Il est presque entièrement com-
imporUnle (|u'auparavant. Aussi les posé d'argile plastique entremêlée de
Coffloèocs earent-Hs soin de faire cens* marnes verdâtre8contournées,talquea>
traire sor ses rives des châteaux pour ses, (jui paraissent servir de lit a l'argile.
suneiWer les ennemis. Les abords du La nature des cailloux roules par les
pont furent laissés dans Tabandou; torrents indique que ces terrains ne s e-
Ks marécages eommencèrent à se for- tendent pas rort foin ; car les ruisseaux
Birr et le fleuve peu à peu changea la charient de nombreux fragments de
direction de son lit. qUiirlz et de serpentine.
Les culées du pont sont assises de Apres neuf kilomètres de marche, on
part et d'autre sur des collines de grès se retrouve sor le terrain de gres rouge
rou:;e dont l'inclinaison concorde. Du de la même formation que les collines
fôlé du lac elles forment im éperon fjui du pont de Sabandja, et sans doute le
r«>erre le défile p ir où les eaux s'é- mcuie que Ton retrouve a iSicomedic.
diappent pour aller au Sangarius. Après avoir franchi cette colline, la ua«
Attenant à la culée orientale du pont, turedu terrain et du pays change su-
tanmarque une construction, encore bitement ; on descend dans une vallée
hieD conservée, ()ui si* coinpov?' {l'un profonde enclavée dans des montagnes
«taiu nombre de salles voiltees; tout presuue a pic, composées d'uu poudiu-
tft bâti eo pierres de snrand appareil Rue dans lequel il entre des cailloux de
miune le reste de rédioce. Il y a lieu quartz et de jaspe, et d'une roche blanche
annexe comme une sta-
àf T(":-)r(\pT celtff analogue à la baryte sulfatée. Le ciment
liou (Je ou une de ces maisons
veredarii, naturel qui unit ces différentes natures
ée poste qui jalonnaient cette grande de roche n*offre aucune solidité , de
isie jusqu'aux contins de la CilTcie. sorte qu'elle se désagrège fadtement,
Apres avoir traverse le pont, on re- et ses parties constituantes vont se ré«
joint la route qui se dirige au nord-est, pendre dans le lit des torrents.
et l'on arrive au petit village de Ada>

tniri (te Bazar de nie), ainsi nommé (i) PliOiuA,, dê FbmiSf I. II, p. a4.
talloc formé par deux hrancbes do (a) ProïKMMtt Gbciveh.

Digitized by Google
90 Ulm
Le ooura du fleuve qui arrose cette d*antiquité pour être certain qu^elle oc*
villée, grossi par le^ eaux et la fonte cupe la situation d'une ville antique ; il
des neiges, vient chaque année ronger V a sur la grande place plusieurs dé-
peu à peu la base des falaises , qui s'é- bris de sarcopbases, et un autel orné
crouieot en élargissant la vallée. Il n^est de palmettes sur lequel on Ut eu gnuids
pas difficile de trouver au milieu des caractères le nom AjUAAETS; un autre
cailloux qui encombrent le lit des ruis- fragment de cippe en marbre porte sur
seaux des fragments de jaspe rubaué sa partie supérieure la trace de deux
rouge et vert d'une grande beauté; les pieds qui appartenaient à une statue de
garties polies par les erai laiBsent voir grandeur naturelle.
m plus brillantes couleurs. En jetant les yeux sur les itinéraires
En continuant la route, on se trouve anciens, on reconnaît une ville de Tôt-
sur une formation schisteuse qui en- tœum, située sur la route de Constanli-
gendre des rocs pointus et des formes nople à Autioche, eutre Orieus Medio
très-tourmemées; on arrive ensuite à et Dablls» à vingt-huit milles de la pre-
une vallée transversale qui est un des mière et à égale distance de Tautre
affluents du Saugarius ; c'est une ri- Tottœum se trouve également sur la
vière rapide, dont les eaux sont jau- route de Mcée à Ancyre, et dans la
nâtres et charrient beaucoup de sable du Saugarius elle' est marquée à
vallée
elle coule au milieu d'une foraatioD quarante milles de Nicée, distance qui

de poudingue trMur, qui détend pres- convient parfaitement à Gcïveli (I);


que jusqu à Nicée. Dablaî est à vingt-huit milles, etDadas-
La ville de Geïveh est située sur la taua, où mourut l'empereur Jovieo (2),
rive droite du Sangarius ; on traverse le à quaraute-cinq milles. I«a tablede Pm-
fleuve sur un pont musulman de six tinger est aussi d'accord avec ces dis-
arches, ouvrage du sultan Bayazid. La tances. Dadastana est marquée par Am-
vallée a environ quatre kilomètres de mien IVlarcellin comme étant sur la

large. Geïveh est dans la plaine, et du frontière de la Bithynie et de la Ca-


cdté du sud la vue est Bornée par la latie. 11 y a sept heures de marcheoii
ligne des montagnes du Toumandji vingt-hm't kilomètres entre Sabandja et
dagh, qui fait partie de la chaîne de TO- Geïveli.
lympe. De nombreuses cultures de mû- Ak serai, la Maison blanche (douze
rier et des jardins bien arrosés cou- kilomètres de Geïveh), petite ville Mjs
vrent les environs. Les melons et les importance, est située sur la rive gauche
fruits de Gèiveh sont célèbres dans la du Sangarius, que Ton traverse sur un
coTiîrép mnis la difficulté de transport
; bac en venant de Geïveh les fragment!
;

OUI existe dans toute la Turquie d'Asie d'architrave et de colonnes que l'on peut
force de les consommer presque sur trouver dans Ak serai, proviennent de
place; on en porte eepenoant Jusqu'à Lefké, randenne Leucœ, qui en est dis-
Broussa. Geîven était autrefois une ville tante de huit kilomètres mais elle n est
;

assez considérable; elle avait au delà de pas sur la route directe de I^icée.
trois cents maisons; elle fut totalement j

ruinée par une inondation du Sangarius LBUCiB.


qui la rasa presque entièrement sous le
règne de Mourad IV ( 1640 ); jamais La ville de Leucîc est située sur une ,

elle ne s'est relevée de cet échec. Les petite rivière appelée Leflié sou
maisons construites depuis cette époque colouel Leake et d'autres géographes ,

paraissent avoir été Uties en prévision ont démontré être la même que le fleuve
d'une autre inondation; elles sont pour Gallus, qui, selon Strahon, prenait sa
la plupart élevées sur de crrnnds piliers de source dans la Phrvgie nellesponti- ,

bois et bâties en terre battue. que (3) et allait se jeter dans ^^J^]
Il y a plusieurs caravanséraïs et une gariusà trois cents stades deNicomédie; |

'
ehétive mosquée; autrefois elle avait i

Slusieurs écoles et des mosquées, qui oit (i) Itiitét, jént.fp. i4x.
isparu. Marc, KXVydlf >
I

(a) Âiiirnien I.
,

On trou\ e à Geïveh asscs de vestiges i^) SUaben, JLIU &43. |

Digitized by Google
ASIE MDrEURB. •I

nous pensons cependant qu'il est dif- nombreux disséminés sur les collines
férait du fleuve Gallus cité par Pline (1), vertes animent le paysage, dont le fond
étqaé les GalTcs, prêtres de Cybèle^ se compose des sommets nspiendisBants
3* aient pris leur nom ; ce dernier fleuve de rOlympe. Tant desilence et desoli*
doit couler aux eoTîrons de Pessi- tude ont succède aux marches guer-
ouote. rières des nations. Cet amas rouge de
Le Oalhis qu*on appelle Lefké son briques , c*est Nicée où se sont tottus
prend sa source dans le venant orien- avec adtamemenl presque tous les
tale de rOlympe on l'appelle Bedrè
; anciens possesseurs du sol , les Ro-
tchai, il coule vers est, rassemblant tous
1 mains comme les Byzantins, les mu-
les cours d*eau secondaires ei notam- sulmans et les croisés, et maintenant
locnt eèliii goi s'éch. ppe du laed'Ai- à peine rhabltsnt de ces lieux sait-Il le
ueb i^heul (le Lac du Miroir), voisin nom de cette ville qui fut si chèrement
petite ville du m^me nom dont le
'le 1.1 disputée. En descendant dans la vallée
Mie rp|)Oud à celui d'Angelocomé des du !ric. on arrive, après une heure de mar-
ByzanUus ; entin il va se jeter dans le che, à un ancien camp retranché eu rui-
Sânprias à Test de Lefké. Dans leur nes. Cest une enceinte carrée flanquée
babitude de confondre ensemble tous de tours; Tendroit paraît abandonné.Les
lesciMir; d'eau, les Turcs, donnetit aussi habitants donnent à cet endroit le nom
j cette rivière 'e nom de Sakkaria ( de Kara eddin (la Religion noire) (Test
SaDgarius),ce qui a pendant longtemps uu des anciens camps construits par
apporté beaucoup ae confusion dans les croisés pendsnt qu'ils assiégeaient
riijdroffraphie de cette province. Nicée.
Aioeh eheul est une ville de trois mille
bibitaots dont la principale industrie CliAPiTRE XIV.
eonsiite dans Pexploitation des forêts,
ibcoltirfnt aussi de la soie, qui se vend incÉi.
50'F !p titre de soie de Broussa. Sa si-
tuation sur la grande route de Constan- Nicée, l'ancienne capitale de la Bi-
tÏDople a K.uta^ ail la rend assez iloris- thynie, célèbre a tant île titres dans les
saate. annales des chrétiens, aujourd'hui dou-
De GeTveh à Nicée en ligne direct» blement dtohue du rang qu'elle occn*
ooeonirte quarantp-huitkilomètres, on pait comme place de giîerre et comme
UUssfLefkc au sud. La première poste métropole, n'offre plus dans sou en-
«t à Ah serai, douze liilonietres, la ceinte que les débris épars de la cité by-
vaOée du Sangarius qui s*étend à nerte zantine ; mais rimportanoe et la eonser>
de vue est peuplée de nombreux villages vation parfaite de son système de dé-
composés cbacun de quinze on vingt fense en font un des lieux les plus in-
maisons. On fait une courte lialte à téressants a étudier, pour rintelligence
Mécridje, huit kilomètres. A partir dece de la poliorcétique ancienue, et des
point on abandonne le bassin du San- sièges nombreux que cette ville a sou»
:3nus pour entrer dans celui du lac As- tenus contre Ics Arshes, les Grecs et
•muis ou de Nicée. Kn sortant de Mé- les Latins.
cndjé, on franchit un col élevé; le ter* Comuie point stratégique,ISicée com-
nin de rouge que Ton n*a pas mande la grande vallée dans laquelle
i|Qitté jnsqu*à Ak serai (Ai place à une est situé le lac Ascanius, Ton des plus
niture de roches schisteuses etde mica- grands de l'Asie Mineure, et défend le
S'^hi'ite.
col qui sépare le bassin du Sangarius
Arrivé au haut de la montagne , un du bassin de la Propontide. Aussi les
ipteadivle spectacle se dcronlc aux re* premiers peuples oui , venant de la
mardis. Le laede Nicée étend à Thorizon Thrace, se sont établis dans la Bithyuie,
J3 mppo arirentéc: de loin en loin, des ont dtl nécessairement choisir de préfé-
t?rniipes d'arbres indi(|uant des villages rence un poiut si important et si facile
uiitbragent le tableau, et les troupeaux à défendre. Séparé au nord du golfe
de Nkoiiiédie par la chaîne du mont
fOLîv.V, ch. S. Arganthonitu, et défendu an sud par

Digitized by Google
93 L'UNIVERS.
les contre-forts inférieursde l'Olympe, puisqu'elle la portait encore vers Tan
le bassin du lac a eié de tout temps cé- 120 de J.-C. A cette époque, elle était
lèbre par sa fertilité; mats les anciens le lieu de résidence des proconsuls;
avaleot déjà remarqué que la pureté de sous Néron, Caius Pétroiiius (I); sous
Tair ne répondait pas a la beauté du Hadrien, Sévère, qui depuis fut em-
pays, et que les habitants alors, comme pereur; sous Trajau, Servilius Cal-
aujourd'hui, achetaient par des maladies vus, y exercèrent cette dignité. ConstaU'
épidènimies les avantages du etiroat (I ). tin, en témoignage du respect pour le
Suivant Etienne de Ryzance Ci), elle fut premier roucile général qui s*y était as-
dnns Torigine colonisée par les Bottœi semblé (2), affranchit Nicée delajuri
qui lui donnèrent le nom d'Ancora diction de Nicomedie. Mais l'empereur
(
'AYxtûprj ). Mais on a peu de docu- Valeus, qui persécuta les chrétiens de
ments suir celte ville du temps de la eette contrée, lui enlofa le titre de mé«
BithyDle indépendante ; il n*est pas même tropole pour le rendre définitivement à
bien certain qu'elle ait existe à celte Nicomédie. C'est sans doute alors qu'elle
époque; car, selon Strabon, son origine dut l'effacer de ses monuments, comme
«t moins aucieoue. Elle a été fondée nous l'avons vu dans les inscriptions ci-
par Autigooe, fils de Philippe, qui la tées plus haut.
nomma .tutigonia; ce qui ferait re- Les tremblements de terre qui rava-
monter son origine a Pan 3 1 6 avant J.-C. gèrent cette partie de l'Asie, à différentes
époque où Aotigone deviut maître de époQues, n'épargnèrent pas la ville de
toute cette partie de TAsie, après la Micee. L'empereur Hadrien , vers 1 30 de
mort d*Eumène. Après la diute d'An- J.-C. (3), rebfttitles murailles, et fit cons-
tigone, la ville tomba entre les mains de truire les deux portes de marbre blanc
Lysimnque, qui l'appela Psicée, dunom qui existent encore au nord et à l'est.
de sa femme, ûlle d'Autipater. Sous le règne de Valérieu, en 259,
Voilà à peu près tout ce que nous sa- les Scythes, qui avaient fait invasion f>n
vons de PorigineVie la Nieée grecque, Bithvnie, prirent et pillèrent Nicée; de
dont riiistoire avait été écrite par Mé- là, ils se dirigèrent vers Cy/i(]ue, mais
nécrates, cité par Plutarque dans la vie furent arrêtés parle fleuve Rhyndacus,
de Thésée. Quoique Strabon donne à subitement gros&i par les pluies; ils brû-
?ficée le titrede oiélropole, Nieomédie lèrent Nicomédie et Nicwe, qu'ils s'é-
lui contesta toujours ce pîrtvilége, et taient d'abord contentés de ravager. Le
rantipnthie rpii exîstnit entre ces deux séjour de ces barbares en Bithynie ne
villes se manifesta dans plusieurs occa- fut pas de longue durée, et les villes
sions; ainsi, dans la lutte entre ^iger qui avaient souffert de leurs invasions
et Sévère, Nioomédie s'étant déclarée se relevèrent bientét de leurs ruines. On
ftour ce dernier, Nieée, par haine pour employa dans la construction des murs
es Nicome{liens, embrassa le parti de les débris des édifices que les Scythes
&on adversaire^ et les deux villes pri- avaient reuversés \ les plus beaux frag-
rent les armes pour soutenir les cbeft ments d*aniiiteeture, les stèles et lea
qu'elles avaient choi.«is (8). Les rois de Elédestaux qui contenaient les actes pu-
Jiitliynie li ibitèrent constnmmeiit cette lics de la ville et qui mentionnaient les
deriiu re viile, dans laquelle se trouvait services rendus par les citoyens, furent
leur palais. Dans les médailles frappées employés péle-méle avec les matériaux
SOUS les empereurs, Nicée n*est point bruts. Les eolonnes des temples, oou-
désignée comme métrofiole ; cependant cbées comme des pièces de bois, servi-
plusieurs inscriptions tracées sur les rent à affermir les fondations des tours
portes semblent attester qu'elle prenait ébranlées parles machines. Peu à peu,
ce titre sur ses monuments publics. tout ce qui restait de l'ancienne Nicée
Il paraîtrait que Nicét conserva cette disparut de son enceinte et fut remplacé
qualification pendant plus d'un siècle, par des édifices bfttis à la bflta, qui ne

(i) strabon, iiv. XII, p. 565. (i) Tacite, lib. XVI, i8.
(a) Voce Nicsa. 1%) Dioo Chrysostoiue , Oral. XXX VIU.
(3) GC Hiradim, ttv. m, cb, a. (3)Bmèbe| ChronhoM,

Digitized by Google
ASIE MINKITRË.
Mjpdaient. ni par leurgoi^t ni par la Il n'existe plus rien des thermes de
soFidiîéde leur construction, les monu- Justinien, et les grands bains bâtis par
iD«nts élevés à la belle époque de Tart. les sultans , abandonnés à la dévasta-
rempereor Claude 11, treute ans tion et à rincurie, ne sont plus que des
ploitard, éle\a lesdfeux portes qui exis- ruines ajoutées à celles qui jonchent le
t'!:t aujourdMuli an sud dp la ville sol de Nicée.
ftj l'ouest du côté du lac les inscrip- ; La célébrité que Nicée s'était ac-
tioQsquoQ lit encore sur lesarchitraves auisepar les deux conciles qui se tinrent
taiittribueiit la reconstruction des mu* ans son enceinte , la plaça toujours
railles. au premier rant; des métropoles ecclé-
I.'ppoqu*» brillante de la ville de Ni- siastiques. Favorisée de toutes les ma-
Cfé est ct'lle où la religion chrétienne, nières par les empereurs grecs, elle
protégée par Tempereur, prit son essor devint le principal objet des attaques
û lortit vidorieiue des perséeatioos du des conquérants arabn, qui, arrifés
paj^nnisme que lÎBf chrétiens dissidents eomme chefs de tribus errantes dans le
tentaient de renouveler. Le premier sud de l'Asie Mineure, avaient en peu
concile œcuménique, dans Icfjtjel trois de temps fondé un État dont la puis-
cent dix-huit évéques déterminèrent les sance devint redoutable an vieil einpire
actesde la foi catholique , fixèrent le de Byzance. Sous les premiers califes,
temps de Pâques, posèrent les bases de les Arabes s'avancèrent en vainqueurs
la discipline ecclésiastique, et con- jusqu'à Héraclée de Bithynie. et ne se
damnèrent rhérésie d'Anus ; ce cé- retirèrent qu'après avoir signe avec les
lèbre concile se tint, non pas dans empereurs byzantins des traités qui
Qoe é^ise, mais dans le palais im* accordaient aux musulmans de grands
périal. avant aces. Mais la paix ne fut pas de
Sous le règne de Vnlens, 1» ville longue durée, et leurs armes victorieu-
soufini encore des atteintes d'un ses vinrent se briser contre les rem-
tf wHtoBcut de terre qui endommagea parts de Tïlcée, qui, malgré les écheéa
tfs édifices publics; ils furent re- réitérés qu'elle avait éprouvés, était en-
construits par la libéralité de l'empe- core la place forte la plus redoutable
reur rij. de toute la contrée. I.es empereurs
règne de Justioien, la ville
Sous le I.eon le Philosophe et Constantin Por-
reçut d<s embélHssemeDts considéra* phyrogénète, son fils, qu'il afait eu de
Us, et les temples détruits furent Zoé, sa troisième femme, élevèrent les
remplacés par des églises et des mo- murailles de marbre avec les tours qui
sasteres Procope nutis apprend que se voient au nord-est de la ville, et
cet empereur lunda plusieurs établis- constatèrent par une inscription leur
Koeats religieux pour les hommes et fictoire sur les Arabes, vers 91 S.
poor lés femmes. 11 restaura le palais Ces succès éloif^nèrent pour quelque
fii avait été presque entièrement dé- temps les entreprises des Arabes mais ;

truit, et rétablit un aqueduc mis hors vers le milieu du onzième siècle (1074),
d*u$age par la vétusté; c'est probable- Soliman le Seldjoukide, sultan d'ico-
ment celai qui apporte encore aujoor* nium, cènquit Nieée, qui lui fut cédée
d'hui ses eaux dans la ville par In porte en toute propriété par l'empereur grec,
de Kefké. Nous saxons, par le niùne Niréphore Botoniates; il v établit sa
lateur, que Justinieu lit construire des résidence. Les deux fils àe Soliman,
thèmes près de rbdtellerie. des cour- a^étant,à la mort de leur père, éefaap*
riers (3). L'importance de cet établis- pés de la prison où ils étaient retenus,
semeot ressortait du ^rnnd nombre de se rendirent à Ni'*ée, où ils furent re-
routes qui, de tous les points de Tem- çus avec tous les honneurs dus ;iu sang
pire, venaient converger vers cette ville. des sultans, et le gouverneur de la ville
la remit entre leurs mains, eomme un
(i) Chrotiieon PtuekmU^ page 557, éd. de bien qui leur appartenait par droit de
Koooe. naissance. Kilidj-Arslan l'aîné
, da
(3) ytredarhnm Divtnorh,^, Procope, deux frères, voulant augmenter la po-
4e ^ftdts. pulation de la ville et iui rendre son

Digitized by Google
94 ^UNIVERS
ancienne importnncp, fitrassembler les riches dél)ris de monuments anciens
l'enjtnes et les eiilaiits des -iiomnies qui épars sur le sol, pour que cet art, créé
étaient en garnison dans ISicée, et leur dans le but de suppléer à la disette
ordonna de renir habiter la ville (l). de matériaux destina à Tomemcnt,
C'était un usage qui se perpétuait de> pût subsister dans cette contrée. La
puis les anciens conquérants, de trans- fabrique de Nicée fournit également
porter par une simple ordonnance les de ses produits à Constant inople , et
populations d'un district dans un autre. un poète persan était attaché a Téta-
Lei sultans dépeuplèrent ainsi Héli* blisaement pour composeï les inserip-
tène, <|ui, sous Justinien, était une des timis repnduitBS sur les émaux (l).
plus grandes villes de la seconde Ar- Nous arrivons maintenant à l'épomie
ménie, et en transportèrent les habi- où l'histoire de Nicée efface celle aes
tants à Constantinû|)le. Cest depuis autres villes de l'Asie, par le rôle impor-
ce temps <]ue la nation arméDienneest tant qu'elle joue dans les annales do
devenue si nombreuse dans ostte capi- cbristianisnu>.
tale. T/arrivée des croisés en Bithynie, en
Nicte se ressentit bientôt du fioùt siunalee par la malheureuse
I0U.5, lut
pour le.s arts qui distinguait les princes expédition de Pierre l'Ermite et de
seldjoukides, et aile commença à voir Gauthier sans Avoir. A
son départ de
fleurir dans ses murs une ère nouvelle Constantinople^ Tarmée s*embarquasur
de civilisation arabe. Rivaux des ca- des vaisseaux qu- lui avait fournis
lifes de Bagdad et de Cordoue , ces l'empereur grec, et se dirigea vers Ni-
Êrinces rassemblaient a leur cour tous comedie , où elle séjourna peu de
S hommes distingués dans les arts et temps. Elle alla ensuite dresser son
dau.<; sciences. L'élan qu'ils don*
les camp aux environs de Kemlik, Tao-
nèrent à l'art de construire ouvrit bien- cienne Cius, appelée Civitot par les his-
tôt une phase nouvelle et une route in- toriens des croisades, et que les Grecs
connue oîi se jetèrent les artistes orien- appellent aujourd'hui Gàio. C'est de ce
taux. Ils avaient appelé de 1* Arabie et pomt que rarmée, parcourant les bords
de la Perse les astronomes et les poètes. du lac. exerça ses déprédations sur le
Ce fut aussi à cette ontré(^ (|u'ils de-
< territoire de ISicée. Les soldats enle-
mandèrent des artistes pour élever les vaient le gros et le menu bétail appar-
élégants édifices ornés d'émaux dtmt tenant à des Grecs serviteurs des Turcs.
Fantique empire de la Chine avait ré- Le pays était gouverné alors par So-
pandu peu 0 peu le goilt dans TAsie liman le JeunCf sumonMoné Kilky-Ars*
occident.! le. Ils marchaient, emprun- lan (1).
tant toujours aux peuples chez lesquels Le succès des Latins encouragea les
ils s'établissaient quelque chose de Teutons à tenter une entreprise sem-
leurs arta et de leurs usages, mais cou* blable ; s'étant rassemblés au nombre de
servant comme par instinct le type trois mille hommes d'infanterie, ils
d'ornenK'ntation créé par les Arabes et prirent la route de Nieée, et vinrent at-
fonde uniquement sur les règles de la taquer une ville située au pied d'une
géométrie. montagne, à quatre milles environ de
L*art d*émailler la fiilence, si utile Nicée^ Guillaume de Tyr ne nomme
pour orner des monuments construits point cette place , mais il atteste que c'é-
Sans les plaines de la Cappadoce, où tait un point fortifié et capable de ré-
le marbre et la pierre a l>àtir sont très- sister à une attaque; eu effet, il fallut
rares^ fik transporté à Nioée. Cette fii- toute l'impétuosité des Teutons pour
brique donna quelques produits qui vaincre les efiforts des habitants, qui
furent employés à la décoration des furent presque tous massacrés. Soli-
monuments, ^icee et Hroiissn en ont man ap[)renant le succès des chré-
,

conservé des traces ; mais la Bitliyuie tiens , rassemble quinze luille hommes,
était liDp riche en matériaux de toute et revient à Kioee pour chasser les
eapèce, en marbies blaneset vainés, en
(i) Moiimdgra n'Ol)>;<ion, t. III.

(i) AkxiMir, lib. Vl« cap. U. (a) Guiilauiae de l^yr, Uv. 1, p. 66,

Digitizeu by LiOOgl
ASIE MINEURE. 95

TMf do Ibrt qsHIs oeettpûeDt (l). droite de Test à Touest, tandis que du
iîi prodiges de couraKe de ceux-ci ne coté d» nord la c^te est bien plus si-
peoTent éloigner les Turcs, qui finis- nueuse et les moutagues plus e^icar-
scfii par meure le feu à la porte du pées.
diiteio et par entrer dans la place. La nouvelle de la défaite des Teu-
LtflMfdit aotMindu coup de main tons arriva cependant au camp de Civi-
foot pitié deux cents
massacré sans ; tot, et plongea les pèlerins dans la
jeuDesgens sont conservés pour Ves- consterniiiiou ; mais bientôt le déses-
daya^, et tout le reste périt par le poir lit place à la soif de la vengeance,
et une oinititude sans ordre vint as-
^tulà route dnreete de liicée à Ghio saillir la tente de Gautliit^r-snns-Avoir,
m oe trouve aucune trace du château qui résista longtemps , mais Unit par se
motionné dans Guillaume de Tyr; mettre à la téte des sieus , et marcha
nais* en remontant a quatre milles a avec deux cent cinquante mille bom-
rot tel la grande TaUee qui conduit fliea sur Nicée pour surprendra Soli-
aa Sinprius , on reoonnattprès du vil- man. Le sultan, averti par ses espions,
lageKara cddin un vaste camp retranché sort de la ville et se r^clie dans les dé-
oa cassaba de forme carrée que nous
, ,
des montagnes formant les contre-
filés
aïOQâ décrit plus haut. Il y a lieu de fortsdu mont Olympe. Surpris par lès
cnîn qoe lea Tentons, dans leurs ex- Turcs, les croisés sont massacrés, et un
corsioos, avaient tourné la ville do Ni- petit nombre de pèlerins parvint seul à
cfe et étitel venus B*empaier de cette
, s'échapper, et se retira dans une forte-
foàùaa (3). > resse ruinée qui se trouvait près de Ci-
TooteR km communications entre les vitot Cest dans cette malheureuse af-
Miiéti de Test et la ville de :Sicée se faire que périt Gauthier-sans-Avoir, qui
sont ton jours faites par la rivesud du lac. tomba percé de sept flèches.
A retle époque , la grande voi«' romaine, Deux ans après rexpédition de (iau-
RikUurM par ^éron, qui conduisait de tiùer, la grande armée des croises,
IGeée i Apamée, devait dtie Men plus composée do sept cent mille hommes,
pritioble que de nos jours; d'ailleurs, vint , sous la conduite de Godefroi de
nirond du lac suit une ligne presque Bouillon Tancrède et de Bohemond,
, (le

de Nicée. Sohman Kilidj-


faire le sie^e
Arslau, sulUn d'iconium , Tun des plus
(i) Albert d'Aix, liv. I. p. 16.
célèbres princes seld|eulûdes , étendait
[ij Les historieo<t de» crui<4de$ n'ont pas
mm titix de doetmeots pour que fou pmM alors son pouvoir sur la majeure par-
d^nniner d*ime aiaiiière positive la posî- tie (le l'Asie Mineure. Au moment où
t! Jii rh.^f Pin app«-lé Exoroj^orctirn par le
Il
il avait été informé de la marche des
Buine Robert , Exorogorgnm piir Guibert de croisés , il s'était rendu efaes Isa princes
Ragent, et Xeii^ordon per Aam
Oonnèfit. ses voisins, et leur avait persuadé que
La (iistaDce de quatre journées de Nirumé- sa cause était celle de tout l'islamisme.
à» D'rst pus une donnée suffisante puisque , Il en avait o))tena des renforts considé-
Mot igaoroQj» quel chemin suivaient les rables (1) et des secours en argent et en
oiiiéi, et qu*ib peuvent avoir employé matériel» Mais , avec une grande intel-
ffn\Tf jours s'iU ont passé par Sa1>anclja et ligence de la stratégie , il avait compris
Ak-Strraî pour gagner la grande vallée de que son action serait beaucoup plus
Hicée. Cette roule e^t plus longue , mais il etUi ace s'il sf tenait hors de la ville,
l'f a pwde rnootagnei franchir. Guillaume
au de sVnfermer dans les murail-
lieu
ieTvr, en rapportant la défaite des Teutons
«iios ce cbàtrau, n'en donne point le noui;
les. En
conséquence, il se retira dans
les défilés de POlympe avec une troupe
mu û dit qu'il était situé au pied d'une mon- d'environ cinquante mille soldats sur
ttCM à quatre niOes environ de Nicee. Il
pirait que ce passage a échappé à M. de
lesquels il comptait pour attaquer à dos
Hainmrr quand il a discute la position les clurétiens. 11 mit d'ailleurs tous ses
^lUorogorgum , qu'il plaee è Ak-Son, ville soins à prémunir Nicée contre un long
utoée sur k eraant »ord-etf de l'Olympe siège, 'rames les fortifieatîons élevées
H séparée du bassin de Nirée par unecbaiMb
àt loootafQes d'uu accès diUicUe. (c) Guillaume de T)r, 11, p. ia8.

Digitized by Google
L*UmV£R8.
par les empereurs grecs avaient été mond de Saint-Gilles, et est repoussé
mises en bon état, et la triple ligne de après des prodiues de valeur. Les chr6>
cirronvallation qui défendait son en- tiens, non moins barbares que leurs
ceinte fit l'admiration des croisés, et, ennemis coupèrent les léles des morts,
,

loin de les intimider, redoubla leur et les jetereut dans la ville à l'aide de
courage. Un laiige fossé communiquant leurs machines.
avec le lae était toujours rempli d'eau La ville était investie de trois côtés,
et le revers du côté de la place était et les chrétiens veillaient jour et nuit à
défendu par un agger llanqué de tours, ce qu'aucun convoi de vivres ou de
lonnant un chemin couvert de seize munitions ne pdt être introduit dans
mètres de large en avant du rempart, Nicée. Mais à Touest les murs étaient
lequel avait dix mètres de hauteur sur baignés par les eaux du lac Ascanius
une épaisseur de quatre mètres. De dis- qui offraient une communication facile
tance en distance, des tours de dix-neuf avec le dehors. Les chrétiens, n'ayant
mètres de hauteur et de dix mètres de à leur disposition ni barques ni bateaux,
diamètre protégeaient la muraille et le m
se trouvaient dans Ti possibilité de ré-
chemin de ronde qui dreulaît tout au duire la ville par la famine. Soliman
tour de la ville. lui-m^Mue prenait souvent la voie du lac
La forme de la ville est irrégulière, pour aller voir sa femme et son tils
son grand axe se dirige du nord au quMI laissait dans la place pour mieux
sud ; toute la partie sud est défendue encourager les assiégés à résister aux
par le lac, sur lequel il n'y avait pas croiséf?.
d'embarcations. î-a porte du ISord con- Plusieurs semaines s'étaient écoulées
duisait vers le moût Arganthonius, sans que les croisés eussent tenté un
dont les collines sont boisées et cou- assaut; chaque joiur on inventait des
vertes de Jardins. La porte de Test machines pour renverser les murailles.
s'ouvre sur la grande vallée qui forme Parmi les princes les uns dirigeaient les
le prolongement du bassin du lac, et la balistes, les autres fabriquaient des bé-
porte du sud communique avec la route liers de 1er pour t)attre en brèche les
<|ui conduit à Brousse par la montagne. remparts, mais îe géjiie des Sarrasins
Toutes ces portes étaient défendues par ne le cédait pas à celui des Francs. Les
un double ran^ de tours et par des che- portes avaient été fermées avec soin
mins tortueux que formaient les res- par des herses de fer glissant dans des
sauts de Tanger, et qui forçaient Tas^ rainures, et les murailles garnies de
saillant de passer imtnrdiatement sous machines de toutes sortes écrasaient les
les traits de la place. Telle était la ville assiégeants sous des quartiers de roche,
que les chrétiens vinrent assicper au ou enlevaient avec des crochets de fer
nombre de six ceut mille fantiissms et les combattants qui s'approchaient trop
cent mille cavaliers cuirassés. Le due près des murailles , et les laissaient re-
Godefroi se chargea d*attaquer Test de tomber morts ou mutilés. Les têtes
la ville, c'est-à-dire, la porte de Lefké des vaincus servaient de part et d'autre
et les remparts qui la défendaient. de projectdes et chaque fois que les
,

Bohémond et Tancrède occupèrent la àSarrasins eftVcluaient une sortie , les


position du nord L*ouest de la ville fut têtesde ceux qui succombaient étaient
Oloqué avec difficulté par Hugues le coupées et portées à l'empereur de
Graud et l'évêque Adhérnar. 1^ valeu- Constantinople, comme un sanglant
reux comte de Toulouse ^ arrivé depuis trophée. Kn récompense, Alexis euvopit
peu, défendit la positioii du sud; ce aux Croisés des vivres et des chariots
nil ee corps d*arniee i|ui eut à soutenir chargés d*armes,de munitions et d*ba-
le premier engacjement avec les Sarra- billements.
sius. Soliman, qui était en embuscade Les chefs de l'armée , fermement
dans les déûlés situes au sud du lac résolus à s'emparer de ^icée, pour ne
(il occupait probablement le territoire pas laisser entre les mains de leurs en*
de Yenicheher ) , Toulant dégager les nen:is une place aussi importante, se
abords de Nicée occupés par les chré- décidèrent à pousser le siège avec vi-
tiens, s'élance sur la troupe de Ray- gueur. Deux seigneurs croisés, Henri

Digitizeu by LiOOgle
ASIE MIÎ^KURE. Vf
de Haché comte Herman firent
et le , la ville était constamment ravitaillée
construire une machine appelée le Re- par les navires, jugèrent qu'elle ne tom-
nard, faite en bois de cbéne, et recou- berait jamais entre leurs mains, s'ils ne
f«to dt claies d'esier et de eoir. Gel parvoaaieat à fermer eetle voie. £a
appareil, aui pouvait contenir vingt conséquence, ils s*adressèrent à Tem-
hommes devait être approché des niu-
, rcur pour qu'il leur fût donné des
niiies pour en saper les fondements; rques, qui furent transportées sur
«Niii, pendant qu'on le traînait , tous des traîneaux tirés par des chevaux et
lit bon rafbittèrant et écrasèrent les par des hommes, du port de Civitot
hommes qui s'y étaient renfermés. jusqu'au lac de Nicée, dans une longueur
Quoique les murailles ne fussent bâties de sept milles; les bâtiments étaient
fue de briques , les machines des Francs assez grands pour contenir jusqu'à cent
raient si imparfaites, qu ils purent à combattants. Cette entreprise fut ache-
pnoe entamer le ciment qui les reliait vée dans l'espaee d'une nuit.
Cependant, à force d'attaques réitérées, mentionne plusieurs faits
L'histoire
parvinrent à pratiquer quelques fentes
ils de ce genre. Au siège de Tarente,le8
(bos les murs. L.a résistance désespérée Komaius , maîtres dé la citadelle , in-
te Teret arrêtait Télan des ehmens, vestis de toas odtés par Tarmée d'Aa-
dès qu'une inimine était entamée^ nibal , avalent cependant la mer libre,
lien relkltissnit une autre derrière. Ils et reçurent de ISIéta ponte assez de ren-
combattaient du haut de leurs remparts forts pour détruire les ouvrages avancés
arec ud zèle infatigable , et lançaient des Carthaginois. AnnilMl, pour inter-
r Wi dirélieos de la poix , de Thuile ^ cepter toute eommunioation entre b
te tocebes enflammées, et toutes les dtadeJle et la mer, fit fabriquer des
nntiè res propres à incendier lesmaebioea machines pour traîner les galères, qui
te assise a nts. furent transportées à travers la ville,
En maot
les efforts de courage dé- du port Jusqu'à la pleine mer (1). Dans
im
ee aiége mémorable, ea la guerre contre Hitbridate, Lneullus
CBBptaDt If nomlna des assiégeants, étant venu pour délivrer Cyzique , blo-
<Ï0! émit s'élever au moins à quatre quée par l'armée de ce prince, fil prendre
ceotmiJie hommes effectifs, il y a lieu sur le lac Dascylitis une grande barque
des'étoooer qu'une place comme iVicée au'il fit traîner sur un chariot jusque
B'at pas été aiile?ee : ear située en ans la mer, et a^ant embarqué des
pbise, elle n'est défendue que par des soldats, il l'introduisit dans la ville (2).
ouvrae**s d'art, sans que la disposition Plus tard, au siège de Constantiuople
te lieux vienne ajouter à la difiicultë uar Mahomet il, les Ottomans, vou-
étrattaque. Elle a été néanmoins rfe- lant i*empafer du port , dont l'entrée
pdés par les historiens des croisades était fermée par des chaînes, firent
wmme la place la plus forte de toute passer sur des chariots des barques
lAnatolip. Robert le moine regarde la armées en guerre , depuis le point du
KiiditioQ de ISicee comme une preuve Bosphore appelé auiourd'hui Château
MotaeCion divine : « Car, dit-il d'Europe (3), jusqu^à la partie sup^
Mlle forée humaine n'aarait pu rem- rieure de la Corne d'Or. Mais de
porter sans le secours de Dieu et il , toutes ces entreprises , celle des croisés
cuit bien juste que celte ville, qui avait fut la plus difficile, puisqu'en une nuit
^ anctionner tous les dogmes de É- l les barques parcoururent sept milles de
frcatholique, fdt enlevée aux ennemis chemin par terre. Ha suivirent proba-
notre sainte foi et réconciliée au blement la vallée d'éeoulement du lac
Sdgneur. et qu'elle rentrât dans le sein au pied des collines, où coulait la ri-
A noire sainte mere Kclise comme un vière appelée par les anciens ileuve As-
<ieM8membres. • Maliieureusement, canius.
{aoix ne brilla pas longtemps sur les
ttesdeNicée, car peu d années après, (i) TSte-Ltve, II, chap. ni.
«le retomba entre les mains des Ott»- (a) PliiUrcli., in Fjictttlo.
i&aos.
( {) Koiimili-Hi«ar. Umboms', HttU émOê-
Cependant les chrétiens, voyant que tomatUy tom. 11.

V Livraison, (Asie Mineure.) T. 11. f

Digitized by Google
98 L*U19IVfiRS.

Cette flnfHne Atait lous te» ordres dm "pour fuir par Je lae; mais elle fat SN
capitaine BnttiilBftss, 4110 1« IdHoffint rétée avec .son fils-, et liviés aux prisées
des croisades appellent Tafin , et qoi croises. C'est alors que les musulmans
était particulièrement attaché à la per- envoyèrent des députés à Godefroi pour
sonne de Tempereur. Lorsque les mu- traiter de la reddiuou de la place ; H^-
sulmans virent les murafllai du edté dm tmnites qui avait reçu des Instnioifoni
,

lae oeméespar les barqoes ées chr^eos, secrètes de l'empereur ALexis« péoèlie
leur courage commença à les abandon- dans la ville, et décide les Ottomans à
ner. Du côté des chrétiens, nu contraire, rendre de préférence la ville à Tempe'
l'attaque fut poussée plus vigoureuse- reur. Cette proposition fut acceptée,
ment; le edié du midi, c'est-à dtre de et les prineea croisés virent sans envie
la porte de Yéni chclier, où commao* une trahison qui les privait du fruit de
dait le comte de Toulouse, était remar- leur victoire. Mais, sous le rapport po-
quable par une tour d'une grande élé- lit ifjue, ils avaient atteint leur but :

vation ; près de là se trouvait le palais i'ar, devant s'enfoncer dans l'iotérieur,

des saHm, qu'Ame Oomnène nomme 41s étaient sûrs de n^ pas laisser sur
svltanikon, et où demeuraient la femme leurs derrières un ennemi redoutable^
f t In sopur de Soliman. Ce palais était Kn IIOG, la ville de Nicet fut remise
sans doute le même que celui qui fut par l'empereur Alexis aux princes seld-
construit par les empereurs grecs et joukides. A la mort du jeune Alexis,
restauré par Justînfen. Tous les efforts 'Andronic Comnène, peu de temps après
des croisés se tournèrent vers ce point, son avènement à l'empire, en 1 183 , se
et les machines les plus puissantes fu- présenta devant les villes de Pnise et de
rent approchées pour battre en brèche ISicee, qui lui refusaient i'obeissance;
et renverser la tour. Ils parvinrent, à Nicée ayant été réduite, fut saccagée
raide d*un bélier très-solide, traîné à par les troupes impériales, qui y con^
force de bras à faire dans la muraille
, mirent des cruautés inouïes (1); mais
une ouverture assez ^zrande pour que elle revint aux Comnènes, au ij)oment
deux hommes pussent y passer. La nuit de la prise de Constantinople par les
ayant mis un terme aux tiaraux du Latins, et Tempereur Théodore Laaea-
siège, les ebrétient s^aperçment avec ris, qui s'y fit couronner en 1 SOS, 'yétt^
découragement que les Turcs avaient blil le siéfze de / empire de ISicée,
{)ro{ite de leur repos pour réparer tous A la chute de l'empire des Seldjou-
es dommages de la veille. IJn des as- kides, les Osmaolis s'emparèrent rapî*
saillants. Lombard de naittanoe, nro> dément de lenrs anciennes prorinees.
pose enfin de construire niM maeniiie Orkhan eut d'abord à se rendre mattsa
au moyen de laquelle la muraille sera des places de Broussa et de Nicée
sapée sans danger pour les assaillants. dont son pere avait préparé la conquête*
Les chefs des croisés lui fournissent A cette époque, Andronic le Jeune ré-
rar^^ et les matériaiix néeessalRS, gnait à Gonstantinople (ISM). La priée
et bientôt les Turcs voient une tour de de Micée n'offrit pas à l'armée ottomane
bois, dont la hauteur ^ale celle des moiîis de difticultés qu'à celle des croi-
remparts s'avancer lentement , et venir
, ses, t'i la marche du sié^je fut exacte-
s'appliquer contre la muraille, sans que meuila même. Orkhan s'empara des pc^
les combattants qu'elle contient soient tits forts constniits dans les plaiMs
exposés aux traits de la ville. I.n mu- vironnantes , et bloqua la place asses
raille v^i minée; les pierres de la base étroitement pour que les habitants,
sont remplacées par des pièces de bois pressés par la famine, songeassent à lui
et bientôt le feu, consumant ces sup- 4MJvrir leurs portes. Il s'empara du fort
ports , amène la ehnte du rempart , qui de KarateMn, veisin de Mieéev ea qui
s*écroule en entraînant la tour, objet acheva d'intercepter toute communica*
d*une atlaquH si bien corubince. Cet tion avec le dehors. Enfin, les habi-
éveiienient acheva de démoraliser les^ lanis. épuisés par des assauts multipliés
assiégés, d'autant plus que )m femme et par un blocus de plusieurs aimées,
de Soliman , voyant sa retraite Bttnacée •

par la chute de la tour, fit uae tentative <i) Art de férifiar \m dalea, p. 4ei«

Digitized by Google
ASiB MumiuiK.
tniter«Dt de leur redditioa, doDt les nieu fit construire la grande église de
flMditioiis ta m
ut acceptées par le aal* 8siiilci^pbie;àCbnslantinople,eD Ott,
toutes les grandes églises reçurent la
tm, La gamiHNi pouraît sortir avec ses
images, et se retirer h ('onstantinople, forme d'une basilique. On peut citer, à
près dp l'empereur, et les habitants oui l'appui de cette opmion, le monastère
raieraient à Nicée, en acceptaot la loi de Saint-Jean-Stuoius, oui subsiste en-
AmÎBqueur, coBsenrsIeiit la Kberlé core dans cette ville, et réglise^e Beth«
depniiquer leurreligioii^Gaaeoaditioaa léem bâtie paf l'impératrice Hélène
,

acceptées, les habitants se porlrrent en mèr»' de Constantin, deux monuments


foule au-devant du sultan, qui fit son dont la date est certaine. Ces églises
atrée triomphale par la porte de Yéoi sont formées par deux rangs de colon-
chtlup. nM intérieures, supportant une toilm
la première pensée d*Orkhan fut 4*é< en charpente. An fond de l'église est
!fvtrdes mosqtif^es e\ d'établir des éco- rhémi(^ycte {-zh P»iix»), où était placé
kî Ffli^iVuses. appar-
E^lusiefirs «'frli^t's l'autel. Cette forme' urimitive a été imi-
taiant aux Grecs turent converties en tée de la iMsiiique oee aacieris, oà te
osqoées; ott «emarque encore aurfour- tanaieiht levassemUées (iKxX7}awt(). Plu-
M les ruines de n^lie appeléé
\2hia-Sopbi3, qui était, comme la mé-
sieurs de ces églises de premier style
n'étaient que d'anciens temples, dont
tropole de Conslantinople, consacrée à Tinteneur avait été élargi en entourant
h sagesse du Verbe incarné. Toutes les d'one muraille la «sIoÉiwie du péri*
pcutBRS et les mosaî^es feiM^ésentant aiyle. Ce ne fut qu'à naoilBtion du chel^
des sojets religieux, toui les versets des d*œn vre d' Anthémius que les architectes
livT« saints inscrits sur les murailles d'une époque postérieure à Justinien
fttrail détruits et recouverts de chaux, construisirent des églises à coupole.
(t OD leur substitua des sentences du L'église de Sainte-Sopnie est un mcNni»
Conn, dont il' tvHie enooie aûjoar*
'
mêAt ffnp peu Cbnnu et trop peu étu-
de nombreux vestiges ; mais de- dié, car c'est de sa création que date
puis plus d'un siècle, depuis la dé* une ère nouvelle pour l'architecture by-
cb«û(t complète de la ^ille de Nicée, zantine. L'église d'Agbia-Sophia à Mi-
Mto mosquée même est abandonnée; eée était oouterte par un éùm
ènpè»-
beoo^ i(*estécroulée , et tout le dentif sur uil f^an carré. Ce caraetère
qusrtifr environnant n*est pl^s qa*iiâ seul indique qu'elle est p!us réceîJte
«us de décombres. que la seconde moitié du sixième siècle.
INous pensons donc que église oui exis-
I

iSUSX DB SAintB SOPHIE. tait à répoque du premier eondie devait


être, comme toutes tes autres, en forme
lei voyageurs ont souvent cherché de basilique. Il nous reste trop peu d'é-
^ tricei de l'église illustré^ par le léments poiir baser inie opinion sur l'é-
fMi concile œcuménkiue qui déter-
^ les actes de la foi catholique , et
If^ bases de la discipline ecclêsias-
tendue ei la posiiiou de cette église^
mais il ne faut pas la ehereher parnii
celles qui subslsti^nt encore. Il n^est pas
^ue. Paul Luc.is avait cru reconnaître certain d'ailleurs, que le premier con-
ytejg lise dans les ruines du tht-atre cile général, qui s'a.ssembla le i9 Juin
J*Ib que Ton -observe encore dans 83â, se soit tenu dans une église; 1 em-
e pvtie svd-ouest de la vrlle.' Cette pereur Constantin, qui le présida en
"î^ininn n'a \m9 besoin d'être discutée*
f»ersonnè. n^était pas encore baptisé. Se-
il d^-
Hammer croit que l'église d'A- on V/Hsfofre des conciles le saint
Ifca-Sophia est la même que celle ou synode se tint dans le palais impérial.
• tflitce premier Mais pour
^ qoi
^torc byzantine
ont snitri les
eottcDe,
phases de l'archi-
depuis Constantin
L'empereur, pour honorer les évêques,
prit sa place au milieu d'eux sur ut)
Ce palais devait être
siège d'or fort bas.
jtt*<j"'à chute de flonstantinople, il
la le même
qu'occtipaiehrles prêteurs r6-
W lacile de déterminer les limites chro-
mains et les empereurs grecs, et qui
"piques dm jUfffeçnta styles d'ar-
'^'(0 Ténel,pi«a mS.
7,

Digitized by Google
100 L'UJNIVEHS
était au fcntr« de fa fille. Mail les ca- tellement malsain pendint Pété, goe
raelères de église d*Afdùa-Sopbia ae
I le métropolitain est autorisée habiteff
rapportent parfaitement à ceux des mo- la ville ae Ghio. Les habitants n*oot
numents du huitième siècle, et, par d'autre industrie qu'un ])eu de jardi-
conséquent, il ne serait pas iuipossihle nage et la récolte de la soie. Quelques
que le aeeond eondle, qui ae tint en 787, familles grecques fabriquent des tissus
s*y fût rassemblé. qui se eoofondent dans le oomroeroe
Orkhan fit élever à Nicée le premier avee ceux de Brousn.
imaret ( hospice pour les pauvres) qae
les Ottomans aient construit dans cette CHATITKL XV.
partie de TAaie; mais les sultans seld-
joukides avaient déjà créé, dans la par- LIS MOBS.
tieorientale de l'Asie Mineure, d»- ces
t'ondation» pieuses où Ton distribuait Tant de maîtres divers, tant de sièges
ÊM pauvres et aux vieux soldats dos vi- et de catastrophes , ont apporté trop
vres et des secours. Ces monuments de changements dans la forme de Ten*
recevaient toujours de la piété du fon- ceinte de Nicée, pour qu'on puisse es-
dateur, ou des donations particnlières, pérer d'y rien rencontrer qui date de la
un revenu en immeubles destiué a l'en- iSicée de Lysimaque, ni même de celle
tietieD de rétablisaeoMiit Ces biens, d'Hadrien. Da temps de Strtbon, la
désignés sous le nom de pokou/^ con- ville avait seise stadas on deux mille
sistaient en terres conquises sur les neuf cent quarante-quatre mètres de
chrétiens , en bazars et en bains, dont circuit; le pied de ses murailles était
la location reveuail a la mosquée de la- baigne par les eaux du lac, qui la dé-
quelle les imarets dépendaient gMra* fondaient du côté de Touest. Le géo-
lement. graphe grec remarque, en outre, que
Un des soins du sultan Orkhan après ses quatre portes pouvaient être aper-
la conquête de Nicee fut d'organiser çues d'une pierre située au milieu du
radministration, et de déterminer les gynmase. Ce gymuase avait été com-
limites ou sandjaks nouvellement con- mencé un peu avant Tarrivéa de PUne
quis. Nicée fut déclarée capitale du en Bithynie, pour remplacer Tancien
sandjak de Kodjà-Illi ; mais, sous Ma- édifice que le feu avait détruit. On le
homet II, le chel-lieu fut transporte à reéonstruisait sur un plan beaucoup
Nieomédie, et cefutle signal de ranéano f»ius vaste, mais Pline blâme beaucoup
tissement de Nicée. 'architecte. Il trouve que rédllioe est
Aujourd'hui la ville de Nicée est gou- irrégulier, et que les parties en sont
vernée par un niutzellim ressortissant mal ordonnées, et, d'après l'avis d'un
au pachaUk de Broussa. architecte, il pense que les murs ue
La viliemoderoet appelée par lesTures pourront aoutmir la charge qu'on leur
Isnik , corruption des mots grecs th destine, quoiquils aient vingt-deux
Netxafav , occupe la partie centrale de la pieds de large, dimension prodigieuse
cité byzantine. Eu entrant par la porte pour un monument de c^^tte espèce (I).
de Lefké, on parcourt uu grand espace Le peu de solidité des édifices oe Nicée
planté en janlins, avant «rarriver a la tenait particulièrement à la mauvaise
ville moderne, dont les maisons bâties ualité du terrain, qui, composé
d*argile offrent Paspect le plus miséra- 'atterrissements, n a pas la solidité
ble ; la rue principale, formant le ba- nécessaire pour soutenir de lourdes
zar, est la seule dont Taspect soit un masses.
peu vivant. La population grecque ne Au piemier eonp d*ceil, on asnit
dépasse pas douze a quinze oeots flmes, tenté de croire que les murailles n'ont
et habite un quartier séparé, voisin de pas changé de forme, car les portes se
Téglise actuelle, dont le métropolitain trouvent encore aujourd'hui aux extré-
tient sous sa juridiction tout le pays mités de deux axes qui se coupent à
environnant, depuis Ak*séraT, à l est, anglat droits. Mais, ainsi que nous l'a*
jusqu'à Ghio, à Pouesl. ei jiistju'a Yéni
chehvr, au sud. Mais Tair de liioée est (t)nia., MfùL,Ub. Xtlattra XLTUI.

Digitized by Googlc
ASIE MDreviiK.. 101

loiË observe, remparts sont beau-


les mètres de largeur, et l'intérieur des
cotf plus jDodernes, et reoferment de murailles est un béton compose de gros
aMMi déinit de rnoomnents an* aable et de eaflloux. Généralement,
dan; le système de défense^ nn des rappareil des murailles est en assisea
^os complets et des mieux conservés réglées; mais, soit caprice des ouvriers,
!oal« les villes de l'Asie Mineure, soit pour donner plus de solidité à
est eacore presque entier ; il se com- certaines tours, on en remarque quel-
fm irnut eDoeinle fortiflée, flanquée ques-unes dont les assises sont ajustées
éi toun demi-circulaires, c'était le obliquement pour former une espèce
miîntum ou remp.Trt des I,a!ins. Kn d'épi ou d'ajustement bizarre. Dans
avant du mœuiutn et a une distance de plusieurs endroits , la muraille est ap-
ttiie mètres s'élève une deuxième en- pareillée avec trois assises de moellons
carie^lement flanquée de tours, dis- et deux assises de briques alternant. Il
fmu m
éeiiii|uier devant celles du n'existe point d'inscription qui nous
MTiHart, et qui défendaient les abords apprenne à quel règne remonte la cons-
do tooe. C'était Vaqqer des t'ortitica- truction des murailles , mais le sys-
tmsaaeienoes qui dans le principe
, tème général de défense est tellement
('ail tout simplement composé des semblable à celui de Constantinople,
î^^rres du fosse rejelées du côté de la qu'on doit penser que ces deux villes
^>t!e Plus lard, 1 agger fut une fortifi- ont ele fortifiées à la même epo(|UP,
uùoo coDstruite , défendue par des c'est-à-dire, dans le courant du qua-
•wi fn eorrespondaient aux inler- trième siècle.
nlBési tooii du mœnium. Enfin, le Du cdté de l'orient, les murs suivent
kÊéffaUtim. dont la largeur est au- une liene droite dirigée du nord au
,

jaRlIrui indéterminée par suite des sud , depuis l'angle sud jusqu'à la
Aoslemeois, complétait la défense de porte orincipale, qu'on appelle encore
h lie. Des canaux communiquant
a^U lac servaient
aujourd'hui porte m
heSké ou de Leucs.
à inonder le fossé Cette muraille est défendue par vingt et
dans les d'attaque. Les tours et les
cas une tours.
muraiiJes àe Tagger sont moins élevées La tour de l'angle sud-est est fendue
ttOa du niœnium, afin que les dans toute sa hauteur ; elle ne porte
placées sur le sommet des néanmoins à rextérieur aucune trace
tMrs du mœnium puissent agir aossi de l'effet des machines. A la hauli ur
P*|ts de l'enceinte des mu-
que possible du rempart elle contient une grande
Us tours de Nicée, engagées chambre voûtée et éclairée sur la ville.
b rempart de la largeur d'un dia- On peut facilement cheminer sur le
Ktre, oot une saillie égale à oe même parapet dans toute la longeur des
diimètrp, c'est-à-dire qu'elles sont murnilles. Le chemin de ronde est
loroces un cercle tancent aux mu-
par pavé de grandes dalles de marl)re, ex-
et relié par deux plans perpen- traites des monuments anciens. Ou re-
•lÙM. Ces taon ne sont cependant marque surtout un grand nombre de
tantes éaaleaou semblables, car on piédestaux de I*,t9 de hauteur sur
M »ot quelques-unes qtii n'ont de 0,80 de Inri^e, et qui portent tous dos
**^^i«que les deux tiers d'uu diamètre, bases de coloriiie att» rinnt au même
^syes qui sont carrées mais ces ; bloc, et, de part el d'autre, des arrache-
^'f^èns sont d^une époque plus ré> ments de marches. Il est évident que
Klies ne sont pas également es- tous ces piédestaux ont appartenu à un
Ktî; y en a qui n*ont que dix mè-
il m^me monument, qui devait ^Ire cons-
^ft d'iûiervalle
d axe en axe, d'autres truit dans la forme d'une ba«iilique. On
*|jwqu'à vingt-cinq mètres. compte soixaute-quatre piedestiiux d'é
Uconstruction générale des mu- gale dimension , qui proviennent évi-
**«est en briques, qui ont de trente demment du m^me lieu. Les autres
a furante centimètres de longueur sur blocs sont des morceaux d'architrave,
largeur de vingt-cinq a trente. Le des stèles sépulcrales ei d'autres débris
qui les relie est tres-épais ; le lit sculptés. Sur ce chemin de ronde était
* Miuir a de dan à trais eapti- placé le parapet avec les créneaux. Une

Digitized by Google
des tours dv cette ouniiUe etil surtout re- On atriTêâ la piate-forme supérieure
marquable ; la grande chambre a va il été de la tour par un eseali^ pratique
muree il y a plusifurs siècles, et n'a été dans l'intérieur de la muraille. Celte
ouverte que \er.s Tannée 1831. EUe ot- plate-forme est défendue par des <*re-
t'rait dan.s louLe leur iute;^rilclcj> di&posit ueaux. qui subsistent encore. Au dehors,
lions intérieures et la décoration. Dans les tours de Nicée sont oompléteroent
la partie inférieure de la tour est une ro- iioies , sans ressaut ni mâchicoulis. La
tonde voûtée, qui servait sans doute de ligne qui joint la porte de Leucjr à In
magasin pour les uiachint^ On arrive porte du Nord ou de Ck)nslanliuople
sur le rempart , par un escalier ex- (Stamboul-Kapou-Sou) suit uou ligne
térieur, dm une SAlle des gardes do sinueuse, dont la direction géoérala
ptain-pied aver le ctieaiin de ronde, et est nord-est et sud*ouest. 11 y a dix-
également circulaire et voûtée Elle est neuf tours dans cette partie, et une po-
éclairée par deux fenêtres lurl étroites terne de marbre donne accès dans Tiri-
ou barbacanes, oui coaiinuniquent avec térieur de la ville. Vers la poiate nord
deux oeliules ménagées dans Tlntérieuv on remarque une longue portioa lit
des murs (1) Chacune de ces cellules a muraille dans une longueur de deux
deux niches avec un banc pour les ve- cent quatre-vingt-quatorze mètres, toute
dettes. Ce qui donne à cette tour un bfitie eu marbre blanc. Elle est défen-
intérêt tout particulier, ce sont les due par trois tours earréca également
peintures qui décorant la salle des gar* en marbre , et ornées d*une oomiehe à
des; elles sont exécutées à l'encaustique denlicules La muraille porte onze as-
<ur le suic qui recouvre les bricjues. sises de 0™,.S0 de hauteur, et la tour
Ces Dciulures represeote^tt des prêtres vingt assises. La hauteur de la corniche
ou M aaiutB, dont la této est ornée
d*un nimbe d*or» et qui portent des
est de 0'',ô6, et supporte un rang de
créneaux. L'appareil de cette construc-
costumes en usage dans l'ancienne li- tion est fait avec soin . aussi quelques
turgie. Quelques-uns avaient leurs voyageurs ont-ils regardé celte portion
uoms écrits» selon Tusage byzantin, en des murs coaune un reste de la Nicee de
colonne vertieile. Une grande figure I^Fsimaque ; mais du cdié de la ville œt
de saint George, monté sur un cheval appareil est infiniment moins soigné ;
gris, était trop endommagée pour qu'il on voit une inscription dont les carac-
soit possible de la retracer; le cheval tères taillés en relief à la manière des
portait âu.\ jambes des anueaux ornes inscriptions arabes, attestent uue épo-
de iiierrerics. La voOte de la salle est que de décadenoe; elle est tracée en csiaq
peinte en bleu avec des étoiles en rougi. lignes sur une table de marbre de 1",80
Ces peintures portent tous les carac- de longueur, et placée à sept ou huit
tères l'art du douzième siècle; mais
de mètres au-dessus du sol. un jardin
on que les peintres byzantins ont
sait nouvellement planté et entouré de murs
plus que tous les autres cherché à con- attenant aux remparts intcreepte la cir-
server uo type déterminé dans leurs culation sur le chemin de ronde iolè-
figures religieuses, et que même à rieur. Il faut entrer daos le janUo pour
notre époque les tableaux des Crées voir l'inscription.
sont copiés sur ceux du moyen âge. U
Tri est le tropliée de mort des rnninnîl et
serait ooiic difficile de dira positive-
des Sarrasins couverts de hoote;
ment à quelle époque remontent ces
Id nos empereurs fidèltis au Clirist, Lcon
peintures. A peine cette tour fut-elle
et Constantin,
ouverte, que les Grecs s'y transpor- Oui réparé la ville, «1, à etase dtt nsuvaie
tèrent CD fimlu, eteonnirent les mu» état de l'ouvrage,
railles d'inscriptions qui détruisaient Ont élevé <wpuis les fondements U lour
ces curieuses peintures ; il est à rain- /
des CentenMie,
dre que d'ici à (quelques années elles ne Qu'ils ont «rhevée dans j'empare de sept
devit^nnent tout a fait méconnaissables. an*. Paoèus, liis du paUrice Fiavius Kuro»
petite , a (présidé).
{t)Vofn Anie Mmem% t. I**, pla»>
Ot la parte de C aiumiuaptoà tOÊm
fl

Digiii/eu by LiOOgle
étUc^ U ligne àeB miirailles se dirigs Au nord. 42
as sud-ouest; ily a seize tours , dont A l'est 68
9iieJqtH>â-UDes carrées. La porte de
sont Au sud « . 74
CoDsUDtioople se trouve doue au soixh A roueet 64
an tee^tpèee de grand tiiangle. De* Total. . . 238 tours.
puis It porte du Lac jusqu'à celle de

Yeai cheher, au sud , les murailles sui- Quanta disposition indiquée par
la
ffiot une série d'augies rentrants et Strabou , bien que les quatre portes se
snlbiiti qui donent grande forceme trouvent encore placées vers les quatre
a la défense. (Test le eftté.le plus fort ptints canNnam , ou ne iaurai< retnm*
de la place. Vers la porte de Yenî ver ni la forme carrée , ni la mesure du
fhelifr, elles enveloppent, en fnrnuint périmètre qu'il a indiquée; en effei,
ine saillie rectangulaire, une enceinte Strabon donnant seize stades au péri*
wmétmàmÊ, Gttto.weeinie rappellé mètre, on trouve « en mesurant le
pifâmiicnt le CMtniro oU'Mnp été pounour des nranilleB (i) :
«oidats qu'on observe dans les murailles

de Rome. Les fouilles que Ton fait dans


De la porte du Sud ou de Yeni
la ckimps qui occupent une partie de
chelier à celle de Lefké. . . lUi m.
]>e la porte de TEst ou de
nuérieur de Nicée mettent somreiit à
découvert les fondations de ^versédi*
Lefké à celle du nord. . . 1U9
fife<. l es débris qu'on trouvé en ce lieu,
De la porte du ISord ou de
uniquement composés de briques de Stamboul à du Lac.
celle 1119 .

différentes sortes , indigueul que les


,
De la porte du Lae à celle de
coQ&tnietioiis qui roccuoalent étaient
Yeni cheher 1064
fîtes dan on bai é*f0mé plmdt que Total pour le pourtour de la
ville. 4437
lyepois laporte du Lac jusqu'à l'an-
I^Mntf^ de la ville y la muraille est Las seise ttades de Stiabm équiva*
wiAk pir ingt-trois tours , et ou* 1ml à deux mille neuf cent cinqumta*
wtf par deux poternes. La tour de neuf mètres. Ainsi In circonférence ao-
,

TaDgie sud-ouest est carrée, et forme tuelle df la ville, qui est presque de
iw saillie considérable tant en dedans ,
viugl-quatre stades, est de moitié plus
'aa dehors des murs. A la hauteur du grande que «elle indiquée par Strabon^
f de ronde , me gMndé 6*aBt-ù dire oue pour arriver a la me*
CMifiia il y a
Ambre vortiée, dont les murs sont sure de Strauon , il faudrait prendre le
l»W}«e entièrement construits avec «les carré formé par les lignes qui join-
fra^^Qts antiques. Une tour voisine, draient les quatres portes deux à deux;
te 1i eonatmetim ii*a rim de senar* ce qui donne un eatré de trois mille
fiuble porte sur une taUelta
, de mar^ deux cents métrés de pourtour, ou dix»
kttlterii^tion aoifaikte : sept stades et demi. Mais , en examinant
les portes, nous verrons qu'elles ont
Tour de Micliel été construites après Tépoque où Strabon
lepaaditti» éerivait, et noua devuns en conduiu
cnipwMBr en Jçma iÇhriifj que la ville a été augmentée sous les
empeceurs Hadrien^ Claude II et Um.
Depins la porte de Yeni clieber jus-
({u'à l'angle sud-est de la ville , la mu- CHAPITRE XVI.
nille soit me HgM qui eit a peu prèf
uns la diieetlo» du
nord-est. Elle ett uâ PMtna.
défendue par quinze tours dont la con^
truction ne diffère en rien de celles dg Les quatre portes principales de la
r«t I ville de £1 icée subsistant eneara dans un
On compte aujourd'hui aux immilM état dacoMirvatian suffisant poua qu'on.
du Mœnium ceat huit tours et à
'(^i^

'>?ger cent trente, mi «oBt diapaiéof (i) Voyez Desc» tAÙÊ Mùmr», plta-
ehv y et VI. i

Digitized by Google
104 L*DinVERS
puisse juger de leur ancienne disposi- mais chaque membre se pourtoume
tion. Mais, lorsqu'on a construit les pour venir former sur le CMoiteau du
iniiraillei actiMiles, on a ero detoir no- pied-droit une espèce d'arahmsrf». Lo
foieer les portes «ntiqiMB |iar des ou- eouronnement des portes latérales est
vrages qui , au premier coup d'œil , en orné de denticules; l'entablement est
altèrent les proportions. Deux tours d*ordre dorique et la
, frise porte une
massives ont été ajoutées à droite et à inscription ; il u a pas été possible de
gauche de ebacnoe de ces portes, et détermiBor les dimensions de Pattique ;
sur Tattiqoe éb aasrim on a construit il y a même lieu de croire qu*il a été

une salle communiquant avec le che- démoli. Dans la frise et dans Parchi-
min de ronde supérieur, et servant de trave qui regarde l'extérieur delà ville
corps de garde aux vedettes. Toutes ces on voù une longue inscription oui est
annexes écaotde briques , se distiiigiieiit assss fruste, et dont les earaetères do
parbitenent de la construction ro- bronso étaient incrustés dans le marbre.
maine, qui est de marbre. porte de On ne peut donc lire aujourd'hui que
Lefké et celle de Stamboul sont tout à d'après la trace des crampons et d'après
fait semblables. Nous nous contente- les entailles très-peu profondes qui
rons dTen cuminer une en détail. avaient été fidlm pour maintenir les on-
En entrant dans la ville du côté de raetèrss»
Torieut, on franchit d'abord une porte *
de peu d'apparence, flanquée de deux A la maiioa ûnpérûle et & reoiperBur
César Hadrien b très-illustre métropole de
tours, et pres de laauelle sont encas-
Nicéc a olevé cps niiiraill«'v .*niis la surveil-
,

trés quelques bas-reliefs mutilés; c'é-


lance et la direction de Ca^ius Cbreslus.
tait la porte de TAgger. On passe ensuite
dans une petite cour qui se trouve à Et sur rarebitrave :

droite et u gauclie sur le prolongement


du ebemin mtert , dont la eommuni- A l'empereur César, fils du divin Hadrien,
eatkm est interceptée par deux fortes petit-fiU du divin Trajan, à TiUis ^liiis Ha-
arieQ, auguste « l'aouee...^ de sa puisMnce
murailles. TTn arc de triomphe en mar-
bre engagé entre deux tours, et écrasé
,
tribunitieune, la ville a élevé celle eo wMm
conséqucuce des foods douaéi par le trésor
par uue massive construction de bri-
des empereurs.
ques, sépare cette cour d'une seconde
porte de construction byzantine qui Ce monument, élevé par Tempereur
donne accès dans la ville. A droite et à Hadrien, remonte probablement à l'an-
gauche de celle porte, du côté de la née 120 de J.-C. Il est remarquable en
ville, étaient deux tours massives en ce que, contrairement au caractère im-
briqoeset ennierres , dont rapporeil est primés à l'arobitoeturo de cette époque,
formé de différents dessins (1). La tour sa structure est excessivement simple.
de gauche communique avec un château Les moulures sont d'un bon style, et se
d'eau dé[>cndant probablement de l'a-
, ressentent de la finesse du ciséau grec.
qutduc construit par l'empereur Justi- L.es deux niches placées à droite et à
nien. L'arc de triomphe se compose gauche du grand aro ne font pas un
d'une i^nde arcade de 4°>,2S d'ouver- bon effet, parce qu'elles écrasent les
ture; a droite et à gauche étaient <ieux proportions des petites portes. Du rôle
petites portes carrées qui donnaient droit, rarchivolte et la partie spiierique
passage aux piétons. Au-dessus de ces de la niche sont d'un seul bloc de mar-
portes sont deux niches coostmîtes sur bre.
un plan circulaire , et dont la partie su- L'inscription placée sur la porte de
périeure est cintrée. L'entablement de Stamboul était également de bronze
l'arc de triomphe est soutenu par deux mais ou n'avait pas eu soin d'entailler
Eilastres doriaues de peu d'importance, le marbre pourinscruster les caractères;
.'archivolte du grand are ne rient pas il s ensuit qu'elle est devenue i peu près

poser d'aplomb sur les supports (9), illisible.


La partie supérieure de l'arcade est
(i) Voyex ulaiiche 4u. ouverte pour donner passade à la herse,
^i servait, en tomoant, a fermer une

Digitized by Google
ASIË MINEURE. iOê

\Êt^ à deux Tentaux , eu madriers de de fftS. Les murailles de Tagger for-


I

fWne el camie de fer ce système de ; ment en ce lieu des angles rentrants et


(toe était fort usité daos les fortifiea- saillants qui défendent d'abord l'entrée
tim romaioes. Oo eo voit des traces du diemin couvert, car il faut passer entre
iriffioiw en Preoeect en Italie. deux toars très-rapprochées de l'agoer
pour arriver à la première porte, la-
raiU D£ COMSTAHTUIOPLE. quelle ne se trouve pas dans l'axe de la
grande porte de la ville, mais s'ouvre
A h porte da Ford, indépendam- perpendieitlairenieiit sont les traita de
ment de la double clôture qui exiate à la tour de TOuest. Ce passage franchi,
Test, on voit encore les traces d'une en- on devait encore traverser une porte
reijite de dix neuf mètres de long sur fermée par une forte herse, et on se
fiB^t mètres de large , et qui commu- trouvait dans une espèce de cour carrée,
dftt tfee la fille par trois portes qui semblable à celle de la porte de Stam*
sont à moitié nrinéea. Lea pilasina sont boni ; cette cour communiquait par trois
anvbre. portes avec la ville.
Les murailles de T.igger avaient dans
iVuowr Génr Mira-Aurèie GlMide,
Tintérieur de grandes casemates, mais
pifjx. hfnreijn, aut^uste,
qui sont trop ruinées pour qu*on paisse
Gnod pontife, ta seconde année de sa
en lever le plan. Ces ouvraRes étaient
fimn tribonitieiiiie, eonsul, père de h
de briques comme les grandes tours du

Prycoavui (a fait élever) mur* de la rempart, et l'intérieur était eu béton.


trcHtiusire Nicée, tous la direction de Yel- Les fondations des grandes tours sont
iv Mmiims, ti^illotlre légat consolaira avee des Uoes de marbre enlevés
fiiites
H prcprrtear de l'empereur, et de Salliut aux anciens monuments, et avec des
AaiMiM» k trè»-iUuftre logiale. colonnes couchées horizontalement
comme des morceaux de bois daus un
Hmn-AQieliiia Oaudîiis, qui est chantier. L'arebiteeture de la porte ne
^ féoeralement connu sous le nom
tiCbode II , fut appelé à l'empire l'an
présente rien de remarquable ; mais da
côté de la ville, des deux pilastres qui
JW <fe J.'C. Il devint consul l'année fermaient la cour carrée, il y en a en-
iiiiate,et mourut l'an 270. Cette ios- core un qui existe dans toute sa bau-
«Vtioai donc été placée Tannéa de sa leur, et qui porte dans sa partie soné>
non rieure un morceau d'architrave sur le-
quel on lit un fragment d'inscription.
POITB J>B YSlfl CHBHSB. Plusieurs pierres eparses sur le soi por-
tent également des fragmenta dHnscrip-
Ad sud de la ville , Il existe une troi- tions que des voyageurs ont oopiées i
roe porte souvent réparée par les Ot- différentes époques , et qu'on a recon-
Joans, car c'est celle qui a souffert nues au bout d'un siècle seulement ap*
KS plus nombreux assauts. C'est par là partenir à l'inscription du pilastre.
P lei mnsnlniatts intivdnisifent lee
La très-prande, et Ircs-iiohU-
Irès-iiliislre
l'wpa dPAlexis, plutôt que de rendre ,

fi Tïlle aux croises , ville de Nicée a élevé les murailles et les a


et par là encore
pie sultan Orkhan entra en trionjplia- consacrées i Tenipereiir César Mare- Aarèle,
Claude, pieui, baorem, aiigiMle,la aecofide
j^éa ng Nicée. Il parait que quelques
année de sa puinMnre tribmiitipnnp, proron-
**Dn ataienl Ikit comprendre aux in-
5ul, père de et au sacré sénat et
la patrie,
Neurs qui ont eonstmit les remparts petiple roAiaîtiton» la direction de rilliislre
,
<^îee point
devait ^tre principalement Yelliiis légat consulaire et propré-
Macrinus,
*l>u2*jux attaques des ennemis, car teur dv l'empereur, et de Salliits Antooimiiy
Jfcrtifié d'une manière toute parti- le très-illuslie logisle.
jBcie. Deox énomea tome, se ratta-
un avant-corps quadrangulaire,
"iant 3
Quoique cette inscription soit de la
»Bi construites obliquement en avant même année que celle de la porte du
rempart. Ces tours ont I0",03 de Lac, elle semble devoir être postérieure
et sont séparées par un espace de qaelqaee mois, puisque Vcmpeceur
Claude n\ est pai» iioroiné qualité de grande partie, et cepei^dant inaebev^,
fpssul. Ce sont les mêmes ni9f(istrats a" déjà absorbé,
' ' '
^ dit, plus de
ma-t' on
^
'

qui out présidé à l'érection de ces deux dix inillions de seî,terces (I,937,S00
portes, qui n'avaient rien de renianjua- Irancs); t t je crains que cette dépense
l
(l$ sousle rapport de, 'arçhitectu re. ,
ne soit inutile. De grandes fentes ^
•ont manifestées par suite des affaisse-
IKTteUUB 'ili LA VILU. ments, soil a cause du terrain qui est
humide et mou, soit a cause de la mau-
En entrant dans rintt:rieur de la vilie, vaise qualité de la pierre, qui est mince
on est frappé de Taspect de tristesse ^ et sans eonsistanoe. Il y a lieu de déli»
de désolation répandu sur ces lieux, bérer si on Tabandonnera , ou mêta$
L'espace compris entre la porte de s'il faut le dciruire, car les appuis et les

Yeui cheher et le bour^ moderne d'is- coustrucUons dont ou l'étaye de temps


nik est occupé par des jardins, do inl- en taouia me paraisscBt peu solides et
lieu desquels s'élèvent <;à et là quelques fiid eo&eux. Des partiewieie ont pro«
masures appartenant à d'anciennes cons- mis nombre d'utiles accessoires, des
tructtons turques. £n se dirigeant un basiliques autour du théâtre et des ga-
peu ffn on aperçoit quelqusi
le sud, leries dans la partie supérieure (por-
arcadês élevées sur un tertre entouré de tUnts supr- caveam)\ mais eertn*
broussailles. Ce *;ont les ruines d'un vaux sont ajournés depuis qu'on a sus-
théâtre antique (jui estpendu la construction du théâtre.
aujourd'hui <•

presque entierenuut enfoui sous terre. L'empereur répond à Pline « Cest à :

Il est du petit nombre des théâtres àb vous qui êtes sur les lieux d'examiner
l'Asie qui ne sont pas adossés à une et de régler ce qu'il convient de faire
niontaf^ne; aussi. \^cnven que fornient relativement auUicàtrede Nicée Le
les gradms^ n'étant soutenue que par théâtre achevé, n'oubliez pas de ré»
des vodt«,irest-eHe affaissée en imo- damer des particuliers les aceessoi-
sieurs endroits. La courbure du théâtre res qu'ils ont promis. » Ce n'est pas se
regarde le nord; la scène a soixante- jeter dans des conjectures îres-hasar-
dix-neuf mètres de diamètre ; mais il ne dees que de regarder les ruines qui
reste plus Hen de eetle partie de Tédh- etistent eoeame celles du tbéfttce biH
fice. Les vomitoires, dont la voAte sup* par les soins de Pline. L'appareil étant
portait les gradins, sont bî\tis en gros en pierre de taille, il est à croire que
blocs de pierre calcaire , uuis sans ci- l'ancienne construction a été démo-
roent, et paraissent vementer à une lie pour faire place à eeUe que sons
époque assês reculée. Dans ce qui reste voyons.
de la construction générale de cet édi-
fice, on n'observe rien qui ne rentre MOHUHBNTS MUSULMANS.
dans les dispositions connues. Aussi,
dans un pavs oik les théâtree antiqnse Le sultan Orkhcn , pour répandre el
sont si nombreux el si bien conservés, affermir les principes de l'islamisme,
celyi-ci mériterait-il peu d'attention, avait tait construire dans la ville plu-
s'il ne rappelait des souvenirs histori- sieurs édilices religieux, que nous
ques , car 11 est probable que le théflti« contentes de
dont nous voyons les ruines est le même parce qu'ils sont minés et ne présen-
que celui qui fut commencé par les ha- tent que peu d'intérêt sous le rapport
bilaots de Nicée pendant que Fliue de l'art Pour imiter l'exemple du sul-
était. préteur de Bitbynie . et qu*il de- tan, plusieiirs de ses lieutenants éln*
meiMle rautorisation de JDiperer ou d'à» Mirent aussi des fondations pieuses, et
olîever. Il que si ce n'est pas
est certain créèrent des wakoufs pour leur entre-
le même l'emplacement, du
edilice. tien. Cliacun croyait fai re un e action
moins, n'a pas changé. Pline s'exprime agréable à Dieu en censacrsDt unepatl
feneestermesdanssa lettre à Trajan(l) : du butin, soit au culte de l'islam, soit
• Le tfaéfltfe de Nftoée» bâti en tlè»* nu soulagement des pauvres. Ainsi
outre les médrécés ( écoles religieuses ),
(ï) c. Piiiiii Efist., iib. X, XLViii. • OÙ lesjeones gens étaient instraittgn^

Digitized by Google
t^HMIIIoamoveunant mie taible re- cades latérales sont formées par des
barrières de marbre , deœupees a jour
dîvancT U V avait des cuisines publi-
bl/^^ ( imireis ) et des
bain&ïntre- avec une déUcate«e extrême. Au^cawf
tenr^iW Mi a-un fondateur, qui, de la porte, on l.t cette 'nsmption^
^t dont les rarncteres sont graves en re-

^
Iigieu\
ouverts aux pauvres à certains
et à certaines fieures. Ce zèle re-
ne se raleulit pas sous les suc-
lief, selon I usage des mu>ulinans

j^,^,, dément et miséricor-


:

cfsseurs d Orkhan la vule de Broossa


ftit richement dotée de
blics par
;

monuments pu-
sultan Mourad. Nioee ne
le
^^ ^^^^ ^^^^^^ ^ eié bàii et conMcré
tMrli de mm- le règne da
fMè
j pcjort^Cheiih-Eddin Mourad i'% fils
fut pas oubliée parles lieutenants de.
ce prince, et le plus gracieux monument
farehiteetnre arabe, qui existe encore
d'Ourkhan.... Khayr-Eddin, fib d'Ali Al-
<^dcrè, que Dieu f«sM mîMrimrdb à
dm%, dam «epi «eut ^Mii»^in|t.
M
ï Nicée» le temple appelé
vulgairement L(Niang9.«a.piitt ubUim. .

la Mosquée verte ( Yechil-Djamy)


est
^

une des fondations de Rha> r-Eddin par. Surporte du portique OB IK eeit»


la
cfaa, graofl vizir de Mourad P'. antre inieriplMB « tracée sur une seule
Binistre, célèbre dans Thisloire olto- ligne : , , ^

mane par la prise de Salonique, dont « Cettemosquée asile des oulémas,


,

il s'empara après un siège, sanglant, a été bâtie par le vizir Khayr-Eddio-


Uissa dans l'histoire une brillaiite répu- Paeha, l'an 776 (U7a-1878). • La 4il-
tatiou de sagesseetde bravoure. 11 mou- férence de ces deax dates indique sans
rut a Yeni cheher, en Europe» en 1386, doute l'époque de la fondation et l'é-
pu de temps après la prise de Salo-, poquede la consécration. Quant au mot
mjue. imaret employé dan^ la première, il est
L'obligation sont tous les musul-
oii usité chez les' Arabes pour désigner in-
nansde fnire au moinsune fois dans distinctement toute fondation pieuse,
leur vie le pèlerinage de la Mecque peut ches les Turcs, il désigne un hospice
élte rachetée par des aumônes propor- où les pauvres reçoivent chaque jour
tionnées au rang et à la fortune des «ne distribution de vivres,
crmnls. C'est pour payer leur dette Dans Tintérieur d'un des gros murs
de pèlerinage «jue les sultans ont élevé est pratiqué un escalier qui conduit au
dans Constaotinople ces mosquées qui minaret. Au fond du sanctuaiiesetnwvo
fbotromenientde la ville. grand vi- oicbe vers laquelle tout musnlmaa
lir Khayr-Eddin, constamment engagé doit se tourner en faisant sa prière, et
dans des guerres qui tie lui laissèrent qui indique la direcliou de la ^l^'^qW
pas le loisir d'accomplir ce pieux de- c'est ce qu'on appelle le Mirhab. Près
voir, fonda b niosquée de Nicée, eon- de là , i la Mie
de l'assistant, se
formément à cette sentence du Coran : trouve une chaire, dont la torme est la
• Celui ijui élève une mosquée en l'hon- m^me dans toutes les mosquées musul-
neur du Seigneur notre maître , Dieu mânes , et qui consiste en un escalier
im élève une maison dans le Paradis. » très- rapide, conduisant à une espèce de
nous décrivons a cela de où se place mollah pour
Vtfilloe que pavillon , le

i^BMrquable qu'il doit être regardé, les instructions religieuses; cette chaire
non comme une œuvre des artistes turcs, ppiie ie ûoro de Uiruiber*
n>ait comme le dernier vestige des actl
4ia SeIdjouUdfls dans roccident de TA- ifiuss mcQOU-
'^L^èdifi'ir' est quadraugulaire; il a . Malffé tous les efforts des musuN
36 mètres de long sur 12 "',74 de inans,> ne parvmrent pas a anéantir
chreUenne dans la ville de
teu^ iSTavant du temple, U existe la religion
grecque s y es perpe-
>'icée. I.a nation
SS^rrhe en marbre bl:mc composé,
tuee fidèle a son culte , et entretient de
nr b façade , de trois arcades ogivales,
pcrt^ par deux colonnes de granit ses offrandes l'Unique église que les
ron«^et en relourdedeux arcadesquf vainqueurs ombrageux leurrent lai.s^^ce.

Sm^J!Sr^^ Les deui «Si EUeV «tuée dans la parUe meridio-.

Digitized by Google
lot LUN1VERS
nale du quartier grec, et, malgré les du lac, on se trouve sur raneienne voie
nombreuses réparations qu'elle a subies, qui traversait toute l'Asie, et allait des
il est facile de voir que sa construction côtes de la Propontide aux confins de
remonte au delà du douzième siècle. la Syrie. Cette route francJiissait le
La nef est couverte par une coupole qui Sanearius sur te grand pont de Sa-
était ornée de mosaïques « aujourd'tiui bandja; elle passait par Pessinunte, et
en partie détruites ; mais rbémicvle du de là s'inclinait au sud pour aller gagner
fond conserve encore toute sa décora- la Pisidie, en traversant la Cappadoce.
tion primitive. Dans la demi-coupole C'est encore In voie la plus fréquentée
qui le emonne, on voit une figure de
Sar les caravanes qui viennent de Bag-
la Vieige portant l'enfanl Jésus ; de part ad et de la Syrie ; mais depuis long-
et d'autre sont des anges revêtus d'un temps on ne songe plus à l entretenir
riche costume orné de pierreries et de ou à lj réparer. L'état de dégradation
perles, et oui portent uu étendard. où se trouvent les routes de l'empire ot-
Le premier vestibule ou narthexeoD' toman est une des marques les plus
serve aussi quelques tableaux en mo- évidentes de l'incurie et de Timpié-
saïque. Au-dessus de la porte principale, voyance de l'administration des pro-
on remarque une figure de la Vierge vinces qui se trouvent forcées de con-
,

les mains étendues , et vêtue d'un man- sommer surplace leurs produits, et ne
teau bleu. Cette mosaïque est à fond peuvent tirer qu'à grands frais les den-
d*or, et dans le champ dfu tableau on lit rées du dehors. C'est surtout en voyant
me mots : le soin que mettaient les anciens à ou-
vrir des communications faciles et di-
Seigoear, seconr» Ion Mrnteiir Nicépliore,
rectes entre tous les points de l'empire
, prépoM au
paii ioe vestitire, et grand élè-
riaitpie.
2ne Ton peut juger du contraste entre
» deux époques et de la déchéance où
On sait que charge de resfiarius ,
la ce pnys tombé. Dès les premiers
est
(jui correspond à celle de chambelkin, temps de la conquête, les Romains ou-

était une des hautes fonctions de la cour vrirent une voie de communication entre
de Byzance. La charge d*étériarque,qui les villes d'Apamée et de Cius. places
8*exprime en latin par comitum dux, maritimes assez importantes et rinlé-
appartenait aussi à un des grands offi- rieur du pays. Elle fut réparée par
ciers du palais. Le nom de Nicéphore, Kéron,qui lit trancher un rocher dont
inscrit .«^ur la principale porte de Téglise, leprolongement interceptait la route.
est probablement celui du fondateur; Ce rocherest connu des habitants sous
mais on a négligé d*inierire la date de le nom de Sari-Kaïa (la pierre jaune) ;
la construction. c'est un calcaire jurassique , jaunâtre à
On remarque dans l'éslise de Nicée la surface, mais gris à l'intérieur. Il se
un sarcophage très-précieux en pierre présente en plusieurs mamelons , et ap-
spéculaire, et dont la face antérieure partient è Vvsiï des contreforts des mon-
est décorée d'ornements dans le goiU tagnes qui encaissent le lac.
byzantin, d'une bonne exécution. Ce La base des collines est composée de
monument ne porte pas d'inscription. grès rouges, mais dans la partie su-
On peut supposer, d'après le caractère périeure on retrouve le calcaire juras*
de la sculpture, qu'il remonte au qua- sique avec ces roches abruptes qui smr-
trième siècle. En mettant des rierî;ps gissent du sol en formant des pilons
allumes dans l'intérieur, la pierre laisse aux flancs déchirés. Cette formation se
passer une lumière douce et uniforme, continue pendant trois heures de route,
et les ornements se déeoudent en noûr jusqu'à un vallon environné de rochers
sur le fond qui est plus edaifé. Cette (^ui s'avancent jusque dans le lac. C'est
pierre se tirait de Galatie. la que les travaux ont été les plus consi-
dérables.
VOIE BOMAIMB. Une inscription bilingue, tracée en
grands caractères , atteste que ces tra-
Eu sortant jpar la porte de Yeni vaux sont dus à l'empereur Kéron, qui
cbeber, et en smvaot la rive méridionile les fit faire la quatnème année de sa

Digitized by Google
ASIE MIHEUEE. 109

> tribmiltkiiii», ipar miéqiient •t 4* 85 de longueur en m Inllé dam


l aade J.-C.6ftmi69.Voici Mtte iM- un seul bloc de pierre calcaire. Sa
forme est celle d'un aedicule ; la fa-
çade se compose d'un fronton soutenu
CUiide , GU du difîs Gbude, petit
Keroo aai angles par deux pilastres d^ordre
tti Germaokits Gcwr, arnère petit-fils
de dorique, la corniche fit ornée de denti-
étli\>erv César Auguste, arrière- pelil-ûls du cules'. Dans l'intérieur sont taillées, a
ditio César Auguste , César Auç;uft(e Gernui- droite et à deux banquettes
gauche,
ucut, grand pontife , la quatrième aonée de pour déposer les corps. La forme et la
tapoisum c tribunilienne, empereur pùor dimension de ee mausolée ont déjà at-
UdruxicDU' fois, consul pour la troisième
tiré Tattcntion de quelques observa-
è fait réparer la route de Nicée à
teurs. Pococke a cru reconnaître sur
loi»,

AfMce,dêtnûie par le temps, par les mîm


l'une de ses faces une inscription hé-
de Catoi Jaiiui Aquila, prororateur impé-
braïque dont il n*3r ^ pas do testiges;
nà,
ear on ne peut prendre pour tels quel*
ques traits informes dus au caprice des
CHAPITRE XVII .
passants. T.cs alternatives des saisons
ont déjà contribué a la ruine de ce ino-
U rvaàlIIDB DK CASSIOS ASGLBPIO- numeot ; des fissures se sont ouvertes et
DOTOS. Tont fendu dans toute sa hautsur.
Il est certain que cette masse de
L« environs de Nicée, aujourd'hui pierre, qui présente un volume de près
presque déserts, étaieut certainement, de dix-huit mètres cubes, a été trans-
éuH les premiers siècles de notre ère, portée à cet endroit ; ear le sol sur
CMverts de nombreux viUages et da Mquel elle repose (>st de toute autre na-
MisoQs de cainpngne ; tout cein a dis* ture ; c'est un banc de schiste.
paru, ruiné par les sièges et les guerres La route de Bech tasch quille les
On ne reconnaît aucun vestige collines pour se diriger au milieu des
- - ^^vpvH».
ieliMCTopola. Il eiiste cependant au cultures de vignes et de mûriers; la vé>
BMift à quatre kilomètres de la ville, gétatfon est magnifique dans cette ré-
uo monument qui date du règne de. Tra- gion oomma dans tOOS les environs de
.fw. mérite ^
>iû et qui
, d'être
,V,». vu ; c'est la pvra-
V.
r.'
- Nicée.
aidede Cassius, connue dans le pays sous Bientôt on retrouve Ict montagnes,
Il SBQ de Bech taseb (les Cino pierres). mais arides et pelées. Un grand sounaa-
Où troofe foeilemeot a Nioéa des guides sament sur lequel on arrive par un es-
fà connaissent ce monument. calier de quatorze marches est entière-
La route suit d'abord les rives du Ijc ment taillé dans le roc; c'était sans
et &e rapproche des collines qui borneut doute l'emplacement de quelque petit
rhoriien du eôté du nord-est. Elles temple ou d*un autel de carrefour.
sout de formation jurassique, entre- En cet endroit la montagne est com-
coupées par les lits de schiste la roche ; posée de roches de inarbre blanc, mais
est uu calcaire gris blanc compacte et d'une quahté médiocre; il est imprégné
es peu erisulliu ; elle se présente en de paruenles cuivreuses qui forment
Mes non stratifiées, s^étevant en fa* des taises verdfltres. On arrive bientôt
presque verticales, (^est la ni^me
laises dans une grande plaine au milieu de
formation que l'on rencontre déjà à Ak laquelle est la pyramide, ou plutôt i'o-
Kraî et qui parait se prolonger sur belisque de Cassius. Ce monument est

tMte la ««^ .w.» do lac.
eote nord .w^. oonstmit «d ealeaire gris de la eontréc.
On a employé cette roche qui est II sa compose d*Hn soubassement carré,
presque aussi belle et plus dure que le couronné par une cornifhe, sur lequel
marbre dans presque tous les inonu- s'élève Tobélisque, de forme triangulaire;
neuls anciens de la ville. ce qui n'est pus d'un goût très-pur. La
A nac demi-heure de distance hors base porteune mouluredans lest^leatti*
te mars, sur les flanos de la colline, uue.L'obélisqueétaitcomposé de six blocs
» trouve un sarcophage antique de de pierre ; mais le couronnement est
grande dimension ; il a 2*^ 60 de large tomoé; il ne reste plus que cinq assises.

Digiti^oo by GoOglc
Vaàà pomniuoi les Turdi appelleiit m MB. La ehalne du sud, qui est oomois
BoniiBient Bech tasch la première ceinture d'un des plateaux
côté qui regarde le couchant est
Le de roivmpe, est couverte d'une végé-
parallèle à la face du piédestal , au- tation al)ondante et alpestre qui donne à
dessus de la plinthe de robélisque, on oetts région un aspect des plus liants.
Ut la eourtohiBeriptioii euivaiite : Leiae Aieenius, d*a|>rès les anciens géo>
graphes, appartenait à la Mysie et fîit
C.Ca^iu&,liU d'ÂsdépioUotU!», a vécu qua* ainsinommé de la région Ascania dont
Ire-vingMroif am. il faisait partie. Le t)Ourg d'Ascanie
était bAti sur les bords du lac dont Isi
Asclépiodote de Bithynie était eaux s*épanchaient dans la mer en for*
intime du poète \alprius Soranus qui mant le fleuve Ascnnius La contrée
vivait du ternes de Cicéron et de César. était aussi appelée Dulioiiide (1). La si-
Lorsque oe poète fiit mis en aeciisalioo« tuation et la raison d'être de ce lac soot
Asclépiodote lui ténaoignâ toujours le parfoltement indiquées par la natuie
même attachement; ses biens furent même du pays. La grande vallée cou-
confisqués et lui-même envoyé eu exil ; rant est et ouest et qui se termine à
Soranus fut condamné à uiort (I). Si Test par les montagnes de Ak serai (3),
l'on ejont» à la date de ces faits les deux chaînes parallèles au nord et as
<^uatre-vin^-trois ans de la vie de Cas- sud, et enfin à Touest une barrière de
sius,onarrive à la tin du premier siècle, collines peu élevées qui donne passagB
c*est-à-dire au temps où Pline était pré- au trop plein des eaux du lac.
teur de Bithynie. On est -donc à peu Toutes les eaux pluviales ne pour-
fffés certain de la date de. ce memir raient cependant sunire à l'entretien, i
ment. féraporation et à l'épanchement ds
cette nappe d*eau ; il faut de plus sup-
ciiAPiïR£ xvai, poser des sources souterraines qui en-
" • « . , » « •
tretiennent son niveau.
BOUTB DB mCÎB ClUS, «BIOt.VAn Ton examine bien la rive nerd, oa
LA BIVE SUD DU LAC. IiB JUIC ABOA.* vehra f)ue de ce côté les eaux tenosat
MIU6. PYXaOFOLlS à se retirer. Ce n'est que la conséquence
• s
des atterrissements formés par les
Nioée ae trouve en commanication eintes du mont Katerii. Les eau.v du
avec la mer par deoa routes, la pre- e sent trèMHMMiÉtres. ArislotesUri-
mière que nous avons indiquée plus bue cette particularité au nitre qu*ellii
haut (2) par Helénopolis et la vallée du tiennent en dissolution et non pas au
fleuve Draco, la seconde par ISiTive uie- sel marin (3). Les eaux du lac nourris-
ridionale du lac et le port de Gko ; c'est sent plusieurs espèces de poissons qoi
cette route que «MIS allons suîm. : nfrsont pas eneore étudiés; il y en a qoi
ont phis de soixante centimètres de lon-
LB JUAi2 ASGAIflUB.- •
gueur et qui ressemblent au sterlet:
mais il est très-difficile de s'en pro-
Lsa nraraHlea de Nicée-di» eété de curer; à peine peut-on trouver on bs*
Touest plongent dans les eaux mémefe teottsur le lae de llieée. Toute la partie
du lac, qui s'étend dans une direction d'histoire naturelle du lac, coquilles
moyenne de l'est a l'ouest, et dont le mollusques et poissons, est encore a
grand axe a environ viu^t-deux kilomè- étudier.
tMB de lonsueor.) tandis, que le petit exe Peu de plantes aquatiaoes woiswrt
nord et sud n^en e pas plus dedix. Il est sur sa bords , qui sont néanmoins fre-
encaissé entre deux chaînes de monta- âuentés par de nombreuses troupes
Î^nes; celle du nord^ qui n'est autre que 'oiseaux, parmi lesquels on remarque
e mont Arganthonius, aujourd'hui Ka>
tnrli dagh, offre des Ugnesisasi unifar» (i^ Slrabon.XlV, 68 x j XII, 564. HC^èw,
ËLf b. Ma, a. 79».
(
i) Tarît., ÂnnaL, XVï; ch. SJ. (a) Voy. pl. haut.

(3) Affittotok d$ Mira^., cb. 54.

Digitized by Googlc
ASIE m IfiURE. 111*

iesberons, lescigognes et les pélicans deb eaux stagnaiileB. IMiMtlinM'IlNig


sppeles par let Tints Sttka Ktmek parcours à peine traverse-t-oû'qnetques
TOiseau porteord*eau). Un grand nom- ruisseaux qui portent au Inc un maigre
bre d'echassiers, Tavocette, la spatule tribut. Bientôt cependant on rencontre
pffnnpnl leurs ébats sur la plage, sans un cours d'eau qui va se jeter dans l'an-
s'effrayer de la présence de l'homme eien fleuve Ateanius, qui sana eesup»
fiksiltee jouir en paix de cette na- pléroent courrait risque d'être à sëonne
tmsaovsge. La végétation des collines partie de l'année; en effet, d'après les
n'fst pas moins intéressante que la renseignements fournis pnr les bubi-
faune; les arbres des pays méridionaux, tants, le fleuve qui son du lac, autre-
larbousier, le myrte, le laurier, attfl- ment dit la rivière de décharge, ne
peat des propoittons ineonnucs dam coule qu*à certaines époques, environ
nos contrées. L*agnas castus, arbuste six mois de l'nnnéc, quand les pluies
jadis consacré à Junon , commence a ont exhausse la surface du lac. Cela se
faire son apparition ; il couvre des ré- conçoit vu ia rareté des ufûueots qui sont
fions entières dans le sud ctdaMVouest sur la rive siid.
de h pronoee. Sa
petite fleur bleue et On Ta vu rester à sec pendant plus
(Tune odeur de poivre sert à purifier d'une année. Voilà pourquoi il n'y a pas
l'atmosphère ; les anciens lui donnaient de moulins sur .ses bords quoique son
k nom d'ngnus castus, parce (qu'ils cours soit assez nipide.
cisraicot que ses petit» fruits,pns en Ces deux eoora d*eau peuvent être
infôsioo, eatreieoBteot la éhastatié. Lee facilement identifiés avec leurs an-
brancbei servaient poor fouetter tes en- ciennes dénominations. La rivière du lac
fants. est sans aucun doute le lleuve Asca-
de temps a autre de
On traverse Dius et l'autre serait le fleuve Cius, ce
mies plantatiotie de mûriers et (To* qui donnerait ralaan à PIfne (1) qui
vnm; ylus loin c'est un vallon planté fait des fleuves Cius et Atcanina deui
en feote fûlaie de chîitaiizniers et de eoura d'eau diliftrent&r"
pbtanes-, les sentiers serpentent sous les
irbm. ' P\TH0P0L1S,
Mn Ici tllla|[^ ne perainent pas;
iis »Mit situés loin de la route et à rni- C'est dans cette région d'Ascanie
fôle; c'est tout le contraire de l'Eu- qu'il faut placer la ville de Pythopolis,
rope où les habitations se rappro- fondre par Thésée; mafe il est difficile
oent le plus possible des voies fré- d'en déterminer la position à moins
^Hneci. qitfon ne la mMte mit TemplacèmeM
Le he paraît encaissé dans un bassin même de IVicée qui tt'eiiistait pas en-
i^pondinsue dont les couches, peu in- core. Si Ton s'en rapporte à Plular-
clinées, plongent sous les eaux. Avec que (2), qui emprunte ce fait à Méné-
eiosd'attenUou on pourrait se croire crate, historien de ?iicée, Pythopolisau-
sor la trace de quelque voie romaine; luH été fondée par Thésée dans le tnl'^
T'était en effet la ligne qu'elle suivait. sinage do lac Ascanius daUs les circons-
Les montacnes s'avancent peu à peu tances suivantes Soloïs, amideThésée,
:

juqu'au bord du lac ; c'est la que des s'et;int jeté dans la rivière voisine par
man furent exéctités par ordre de suite d'un désespoir amoureux, Thâée
nayerenr Néron pour ouvrir uii pas- désespéré donnaatr fleuve le nom de Sd-
la roche est dure et compacte lofa; e*est le fleuve Ascanius. De plus,
tomme dans les montagnes de l'est. pour obéir aux conseils de la Pythie, il
Après vingt kilomètres de route, la fondaen cet endroit une ville cju'il nom-
Mie qui encaisse le Hie s>n éloigne ; ma Pvlhopolis. D'après ce récit il feiu^
in eaux ont moins de profondeur et drait Chercher cette ville dans te 'ivial'
^mmencent laisser croître des joncs et
i\
nage du lac. Pline (S) ta met an noiuteu
«i'autres plant<*s aquatiques. Le terrain

uQi et marécageux ; mais comme le


<'!>t
(1) Liv. V, ch. 3a.
>o( eit eompnaé. diin lable fin, la route (a) PKitarqiie» ét TMêSê,
otCMore pratîeaUe aaéma au aiiOieu *»
(3)y,3«.

Digitized by Google
119 LUKIVERS.
des villes détruites. « Les de Py-
villes Cependant le nom de Cius subsista
thopoiis, Partiiénopoiis, et Coryphante toujours, et l'on peut dire que c'est celui
unt péri. » Od doit en conclure que cette qui a prévalu ; car le nom moderne de ia
ville et celle que
les historiens byzan- ville oue les Grecs appellent Ghio n*est
tins nomment Pythia sont deux places que raltération de ancien nom Kioe.
l

tout à fait différentes. Nous pnrlerons Les croisés, qui avaient fait de ce port
de cette dernière au sujet des bains de leur principal point de débarquement
Broussa. en Asie, lui donnaient le nom de Civiiot,
Étienne deByzaiioe, qui mentionDe et pour compléter la multitude de noms
les deux places (1) , Tlierma et Pytho- que cette petite ville a reçus depuis l'an-
polis, en fait deux villes différentes, tiquité, les Turcs l'appellent Guemlek,
puisqu'il place cette (iernière dans la My- ce qui veut dire cliemise, parce que c'est
sie. Ce canton appartint en effet primi- de cette ville que viennent par transit les
tivement à la Mysie. chemises de soie que l'on fabrique i
Broussa.
CHAPITRE XIX. La position de la mo lerne Cius est
des plus heureuses ; le beau golfe de
Cl us, GMIO. Moudania développe ses Ilots bleus
devant les maisons bâties en amphi-
La de Ghio, rancleniie
petite ville théâtre, et derrière la ville s'élève le
Cius, est située au bord de la mer sur mont Arganthonius, célèbre dans l'anti-
le revers oriental d'une colline dépen- uité par la fable du jeune Hylns, favori
dant du mont Katerli; elle n'occupe 'Hercule, qui, au moment uu ia ilotie
« qu'une très-petite partie dhs la ville an- dce Amnautes mouillée dam le
était
tique; Taucien port est aujourd'hui port, descendit à terre pour puiser de
comblé et converti en jardins ; mais le l'eau et fut enlevé par les nymphes.

f)ort moderne offre un excellent mouil- Nous avons rapporte la tradition con-
ageet contient un arsenal où l'ou cons- servée par Apollodore qui attribue à
truit de grands navires. Polyphème la fondation de Cius; celle
Cius est une des plus anciennes villes de Slrabon est différente; c'est l'Argo-
de la contrée, puisqu'elle passe pour naute Cius , autre compagnon de Jason,
avoir été fondée par Cius, l'un des Ar- oui, revenant de la Colchide, s'arrêta
gonautes à son retour de Colchide (2). dans ce port et fonda la ville à laquelle
Cette ville, placée à rentrée d'un golfe il a donné aon nom (t). Les Grecs ai-
bien abrité, en communication avec le maient beaucoup cette fable d'Hylas (2),
lac Ascanius par la rivière du même et le souvenir de cet événement se per-
nom , devint uientôt un lieu d'entrepôt t)étua parmi les habitants de Cius, ouï
considérable , attira dans son sein de nstituèrent une Ifte nocturne appelée
nombreux colons grecs. C'est pour cette Oribasie, pendant laquelle on courait
raison qu'elle fut aussi regardée comme par la montagne en portant des flam-
une colonie des INIilésiens. On connaît beaux et en appelant Hylas.
peu de chose de Thistoire ancienne de Le nom d'Uylas fut donné à la source
Cins qui paraît n'avoir jamais été qu'une et au ruisseau près duquel on suppose
place de commerce. Philippe, fils de Dé- qoeleJeuneAigooaute avait disparu. Ce
métrins, après avoir détruit Cius et Myr- cours d'eau, qui est qualifie lleuvc par
lén, ville voisine, les donna toutes deux à la plupart des géographes anciens, est
Prusias, ûls de Zelas oui rebâtit la ville encore ignoré aujourd'hui (3).
et loi donna le nom oe Pmse. Pour la Le mont Arganthonius qui domine la
distinguer de celle qui existait au pied ville fut ainsi appelé d'Arganthonis,
de l'Olympe, on l'appela Pruse sur mer femme de Rhésus (4) ; c'est une niontâ>
Prusa ad mare. habitants de Pru- gne, boisée et découpée par de longues
siade vécurent en paix avec les Romains
et en reçurent quelques privilèges. (i) Strab., XH, loc. cit.
(a) Virg., Ed., 6.
(i) Et. V,M., V. TherflM,F:ylhopolit. (3) Pline, V, 3î. Strab., loe.eil«
(s) Sirab., XII, 5(>). (4) £t. Bys., ArgmaltOÊUÊ»

Digitized by Google
ASIE MUiEUaE. tu
«altet tfiÊ&Êké le ÏOBjg 4% la Pkk
fà •OOn M «810 A BlOUitA.
i^intiik. La rivière de Ghio forme uoe

hgat de séparation bien Ir.mchée entre La route de Ghio à Broussa se dirige


les deux natures de roches qui consti- droit vers le sud ; du moment qu'on a
tuent œs montagnes ; celle qui domine passé la rivière, ou commence à monter
k fille de GhIo offre de nombreux gl» et Ton nequitte plus le pays monta»
KiDfQts de serpentine et de marbre gneux. route est belle et très-prati-
cipolio dout ou faisait des colonnes. cable, parce quVlle est fréquentée par
Les restes d*anii({uité les plus re- les chars qui portent des bois de l'O-
marquables dans rancienne Cuis sont lympe à Tarsenal de Ghio. Le transport
kt murailles, qui datent oertainement se fait au moyen d^attelages de qna*
de la fondation de la première ville; torze à seize bœufs; lorsqu'on emploie
elles l'etendent depuis l'jcropole où , les buffles on n'en met que six. Ces
e^t aujourd liut la de*i eure de VanUa
,
animaux sont en Asie beaucoup plus
ju<qir.i h ba<s«» %llle; leur construction grands et plus forts qu'en Itdie ; leurs
en blr>cs assemblés à joints irrëguliers cornes sont un objet de commerce eon-
dans le s'yle pélas;;ique est des plus sidérabie à 0)Mstantinople.
rtmarqu.ibles. Les duneusious de clin- Sur toute cette partie de la route, la
que pierre ne dépassent pas un mètre nature est tout a lait a l'état sauvage.
cmé; la fiice de la pierre est à bossai^e On franchit des collines rocheuses cou*
«la joints sont régulièrement aplanis vertes de végétation. A. dix kilomètres
m nsenu. environ de la ville, on descend dans un
Od observer que cet appa-
doit fair«* vallon qui était autrefois coupé par une
reil pas une condition de très-
seul n'est énorme muraille d'appareil pelasgii|ue ;
baie antiquité , car II a été pratiqué le milieu a été démoli pour faire passer
w les Romains ; mais de leur temps la route; cette muraille se prolonge à
liolerieur du mur était rempli en blo- droite et à gauche jusqu'au sommet de
eaee uni avec du mortier; t.uidis rjne chaîne colline; elle e>t bAiie eu pier-
daosU haute antiquité il ny a jamais res de grande dunension assemblées a
deiMrtieremployé dans la eonstruetion joints irréguliers, et porte tout le cachet
des murailles. Pour nous conformer à d'une haute autîquilè. Placée ainsi loin
l'eipresMon reçue, nous appellerons pé- de toute ville, ou ne peut (jue supposer
^sttiijues les constructions à joints irré- qu'elle a été élevée pour séparer deux
isbnquenous aurons a décrire, mais peuplades, peuC-élre le> Doliones et les
tm attacher à cette expression une Mysi. Ces murs frontières, /inex ou cio-
a itre idée que celle de ta forme des iùrx, sont assez dans les habitudes de
pierres et non pas d'antiquité ces temps, et la muraille qui existe en
Les monuments romains sont presque cet endroit ne parait pas avoir eu
Hm détruits. Cest ce qui a
lieu dans d*autre destination. Il serait intéressant
tMtes les villes qui ont conservé leur de savoir où sont les points d*attaehe;
POjMjlation. Mais les fouillos faites pour peut être en suivant son parcours se-
h (.mstriirtion des in.iisnns mettent rait-on conduit à quelque découverte.
souvent à découvert des fra>(mi nts d'ar- Après avoir franchi un second col, on
dMeeturt. On a retrouvé dans un desa nd dans la vallée du Nlloufer, que
jardio en dehors de la ville moderne Ton passe sur un pont de bois. Les
lemplaeement d'un temple dont U s souunets de l'Olympe se développent à
lonues entières mais couchées sur le la vue dans toute leur m;ijesté; le p iy-
toi MjiU en marbre cinoliu ; elles ont sage de Broussa, vu du côté du nord,
I^M de longueur; les enapiteaux corin- est des plus magnifiques qu'on poisse
Hmqs sont en marbre blanc. Malheu* imaginer.
fe«se«nent les habitants s'empressent
d'utiliser dans leurs constructions tous
hs fraj^nts d'architecture qu'ils ren-
ROUTE DE MOUDANIA A BROlfSSA*
APAMEA MYRLEA.
Mifent Voilà pourquoi les iuscriptioas
loatiifraà (Sm.
Myrlea était située au fond du golfe
da mémê nom et à peu de distance à
•* iÀmUson. (Ana Mikbojul) II. •

Digitized by Google
114 tniNIVERS.
de dus; (^Àaït une Colonie de
l'ouest sous celui de Seguino comme eelai ds
Colo|ihon qui prospéra pendant quel- Moudania sous celui de Montagnac.
ques iiiuiées comme indépendante.
ville On trouve à Moud;inia une maison
Mais elle fut prise et détruite par Phi- de poste assez mal administrée, ou ou 1

lippe, roi de Macédoine, fils de Dénié- peut prendre des ehevaux poor se rendre
trius, père de Persée, et qui donna son a Broussa; la route n*e>t que de vingt
terrnoire à Prusias, roi de Bitliynie, son kilomètres. On commence à monter
Éendre. Cepriucelartjtablitetiuidouu^ 9U milieu des jardins qui bordent ta
I n(Nn,d*A iiaméet sa tome. edte ; le pays n*est pas tMs-aeeidenté, et
Myrléa prit sou oom de Myrlus« chef quoique la terre paraisse propre à toûfe
de ta colonie des Colophonîens ; enfin sorte de culture, le pays est a peu pr^s
Étieaue de By2ance.(l} dit que c'était désert et la terre en friche. £q desi-en-
Je nom d*une' aniaz()nf l^.n^iin d*A- 'dant la dernière eolline, on wenté tu
^mt^e fut le seul qiu subsista pendant bord de la rivière Ifiloufer, qai sépare
Ja p< iode romaine.
I la plaine de Broussa des terres
Les haiiitaoïs conservèrent le droit Apameens.
d*admiui$tjrer leur$, affaires (*i);d<ins La rivière Niloufer, qo! tUverse ta
qvelques eireDnstitnces seulement ils I|B plaine de Broussa , prend sa source s^
reineltaienS entre}. içmiains 4u .procoA- le versant est de POlympe et entoure
sul. comme d'une ceinture tout le pied de la
La viUe de Moudania , qui Qccupe
.
montagne, recevant tous les cours d'eau
remplaeement de l'ancienne Aparoee, qui en descendent, et notamment tè
est située au bord de Ja mer. Ses mai- uceuk déré, qui est le plus considéra-
sons hlancliês s'élèvent sur le peiu'liant ble(l).Le cours de celte rivière est très-
d une coliiue et sont entourées de jar^ encaissé et souvent daQf;erçux; elle va
dina d*olivifnet de vignes. On ne t^QUT^ se jeter dans le Rliyndacus, a hait kfto-
aucun vestige d*antiquité , et Tancien metret au-dessus de son embouchure en
port pst roinplélemt nt détruit. Mouda- lougeant au sud le lac Apollonias. Nous
nia est le principal point de débarque- ne connaissons le nom de cette rivière
m -lit des navires qui font le transit qu*à partir du quatorzième âècle, et
entre Broussa et Constantinople; il est nousensommesféduitsauxoonjectures
préféré à celui de Chio parce que la sur son nom aiu icn. Cependant les
route ((•i conduit à Broussa ejtt pLi^s géoi^raphes modernes sont assez d'ac-
praticable. *
cord pour Tidentitier avec le fleuve
Les principales ressources de Mou- Odryssès, d'après ce passage de Sira-
dania consistent eu huile, blés et fruits; bon (2) tiré d'IIccatée. « Après la ville
il n'y a aucune industrie. d'Alazia est le fleuve O lrysses. Il vient
Les bâtiments mouillent pour ajnsi de roccident, du tac Duscylitis, traverse
dire en pleine «ôte; le. golfe,. q;ui fqt la plaine de Mygdohie et. va se Jet^
aueoessivenient appelé de Cius , de iSlyr- dans le Bhyndai-us. •
Icn, portail dans le moyen .^;ie le nom De tout 'ce passage le Niloufer ne
de golfe de Polimeur; il est dit liai e de remplit réellement, qu'une seule con-
savoir pourquoi, car aucune ville de ce dition, 6*eit de se Jeter dans le Rtaya-
om n'a jamais existé. dae«s. « Il vient de.roeeldent » est
T^n peu à l'ouest de Moudania, sur . *
se trouve le village de Siki (des
(r)U WleNilo»fer,f..mme(low^^
la côte , ^
0.r„.«
figues), ains» nommé à cause des nom- ^.^ «.''•^l*' f^"*»»*'^'^

Whiscs plantai oi s de
tourent. C était jadis
^^^
une
W
I eI^

petite ville
j„ ^,„.„ j'
^ ..^^^ j^^^.
^«,o^iJ,,.|^rtAd»f.iMÎë.M b—S.
avec une église grecque dediee a saint .
f,„ j^,„„^ j
j.r

Michel. Près du rivage est une belle de


k.i soinviiir «
manaRf les c«cu|uiKnottt
,

source qui arrose quelques jardins. Sur d Osinau donnèrent k oom de m»mkr (Né-
les cartes anciehnes ce noAi est déilgiiré nupinr) m
peUi qai 4fwem I» pfoioc
de Broutât» et ion BOBi byianlM e^ mie
*' ignoré.
(0 V. M>Tlu:a.
(a; Pline, /.^/(., Uv. XLVf.' '
* " (a) Slr.b., XU, 5ft«.
i jr Çmh" , w

Oigitized by Googl(
ASIE MINEURE. 115

m npres.«îonvague qui n'est que ré- de cette ville à cinq cent cinquante ans
iitm; mais surtout il ue sort pas du environ avant nmère. Ce ioeument a
iKDisevIitis Duisquil descend de TO- été conteafè'noDrlBDl raison par tous les
haipe. Cependant comme aucun cours écrivains modernes qni ont traité celle
Cba Dotabie ne vient dans ces parages question. Il est ainsi conçu. « I,a ville
leîflerdansie Hhyndarus, louten con- de Prusa, située au-dessous de l'Olympe
passade de Strabon conotM
sideraat le "en Mysie, aut* frontières de oelte contrée
rueiaet.OD s'est accordé pour donner ^dela Phrygie a été ftadée par Pru-
Doni d'Odrysscs va Niloufer d*aii- sias, qui lit la ^nerrp contre Crcsus.
joQrd hui. C'est une ville bien gouvernée f^lienne >-

ïious traiterons cette question plus (le Bvzance attribue la fondation de


» détail eu parlant du lac Da^cylitls. Prusa'à un r6i *du Même nom qui fut
contemporain de Cyrus , ce qui ne di-
CHAPITRE XX. minuerait en rien l'antiquité de la ville
de Pruse.
B&OLSSA. PBUSA. AD OLYMPUM. Pline lui assigne une autre origine,
^hm cet écrivain, elle flif fondée par
hmt BOMAttiE. Nooft ne saurions Annibal, lorsque, vaincu et fugitif, ea
iWOTer dans les anciens vestiges de Fa général se retira à la cour de Prusias.
lie de Broussa aucun monument qui l,a fondation de Prusa ne remonterait,
0016 permette de
^iuppieer aux lacunes selon cette tradition, qu'à deux cent
que présente rbîstoire de la eoptfale de 'cinquante ans environ avant ilotra ère»
iiBith]rme.Prérisement pareeque cette Nous pouvons avoir une Idée de Vaii*
*iil€ arriva,pendant la période du cienne capitale de la Bitlivnie en voyant
moytn 3ge, à un haut degré de splen- l'enceinte du château de Broussa, qui
deur et développement, les édinces
de occui:e évidemment l'emplacement de
«H fOttvaitfiit siiDbister^a cette époque l'ancienne ville
Nueai daîifiu pour .faire place à dçs On choisissait alors peur établir une
wDslruclions nouvelles Pour l'histoire ville un lieu élevé et d'un •
facile dé-
de ij/Hicnne ville, nous en sommes fense; s'il dominé de loin par
était
dûfii- leduiu a nous en rapporter aux quelque hauteur, on s'en in(]uiétait peu,
NailiMu mcntioQS qu^ep. ront deux qu les projectiles d'alors n'ayant quune
trois écrivains romains. portée irès-limitée L'antique Prusa
L'assielte de celte ville sur le pen- était de forme rarrée et abondamment
diao(<lu niontOlvmpe, dominant une pourvue dVau.v excellentes, tlle ne jouit
<9te plaine et côtnmandant d'impqr* ,pas longteinp<i Vie son autonomie car ,

Miuli^ aoiTHne ceiies du Uhyy- lorsque Lucullus eut battu Mithridate à


éoseidu Macestus devait lui donner
, Cyzique , Prusa fut assiés» et prise par
«M importance qui n'a été comprisp Triarius. Klle devmt pos^ession ro-
qi'au inoinent ou les tribus tifr^ues maine , et dans rorganisation des pro-
iMt «mues attaquer. l'empire byzi^i^. ^nces,'elle' Ait soumise à la Juridiction
période ronaine, faDcienoe
PeQd.int la de Nicôfiiédie. L'influence de Prusa sur
PfUMjoiia toujours un rôle secondaire; les affaires de Biiliynie était si peu im-
f^Mlledf (iyzique était alors le poipl portante que Tilc Live n'eu fait pas
lukiiuire le plus Aiiip<Y(AUt d^e la cou- même mention dans la campagne de
^l^aëliiis Iftbntre les Gaulois. Sous le
Us mis de Bithynie du nom de rl^he'de 'l'nijah, Prusa jouissait encore
fTiisias fondèrent da is différentes ré- d'une apparence de droits muniripaux;
ions de leurs Étals trois villes, aux- elle était en possession «l'un sénat dont
•iuelits ib duQiierent leur nom. Prusa, les décisions, si l'un en juge par la letlre

ttnmtaié ad olympum^ fut, selon de Pline le leone à Trajan (1), étaient


s riboo
(1), fondée par un roi du nom subordonnéés à celles du gouverneor
<1' Prusias, qui fut contemporain de romain.
tJCHis; ce qui ferait remonter ^'origine Pendant le régne de cet empereur,

XII , 564. (0 X. ss.

Digitized by Google
116 L'UNIVERS
Pnisa parntt avoir atteint le plus haut sion , h condition toutefois que le ter-
degré <ie prospérité, gr/ice à la bonne rain n'ait pas reçu la cunsécral.oa re*
odutinUtration du gouverneur de la ligieuse à lai|uelle il était destiné.
Province, qui n'était autre que Pline le Il résulte de cette correspondance
Jeune. Il étnit asNisté dans rexécution qu'il n'est nullement question des eaus
fi
-
SCS grands projets par Nymphydius thermales , dont les sources sortent de
iUiiu:> le priniipilaire (1), son ami et son terre assez loin de la ville 11 faut arriver
aneien compagnon (Tarmca. Tous les à répoque byzantine pour en trottverla
soins du gouverneur, après avoir ré^Ié première mctttioii dana les écrivaini an-
les affaires d'administration et de 11' ciens.
nance, avaient pour but de faire cons- Il ressort des lettres de Pline, que la
truire des élifiees somptueux et d*utilité ville de Prusa était décorée de tous les
publique. Nous avons au sujet d'un bain monuments qu*on retrouve habituelle-
con>truit à Prusa une suite de lettres ment dans les ruines des villes romaines
lutere^ntes de Pline à Trajau, qui peu- d'Asie, un gymnase, des Uiermes , un '

vent dooner une idée des préeautiont agora, et des portiques publics. Par !

irises par le gouvernement au sujet de une autre lettre (i) nous apprenons que
'

i
a ronsiruetiou des édifices municipaux. la ville possédait une bibliuthèq' e '

« Les Prusieos, écrit PlineàTraj.m, renfermant la statue de Trajan, pljcée !

ont un bain vieux et en mauvais état. probablement au milieu d'un portique.


Ils voudraieut le rétablir* si vous le per- A partir de cette époque, il existe une |

mettez. Je crois, nprès examen, «|U*il est In eu ne de six cents ans dans i'histoira
nécessiiire d'en wnslruire un nouveau , de iiroussa.
et il me semble que vous pouvez leur
accorder leur demande. Les fonds • FVTUIA.
pour le construire se coniposernn» d'a-
,

bord ;(les .sommes qu.* j'ai obligé les


particuliers à restituer, et puis de l'ar- Si les eaux thermales paraissent avoir
été négligées par les Honiains, elles at-
|(ent qu'ils avaient coutume d'employer
tirèrent l'attention des souverains de
a rhuile du bain, et qu'ils ont résolu
de consacrera la construction. C'est ce Bvziuice, et une petite ville du nom de
Î|ue, d'ailleurs, sembleut demander, et
Pythie fut fondée dana leur voisinaaa
immédiat. Cest au village de Tcbélur
. a beauté de la ville, et la splendeur de

votre rèune.Trajanactorda la permission guéh qu'il faudrait placer l'ancienne


de rebâtir le bain, pourvu que cet ou- Pythia. Étienne de Byzaoce en fait
vrage n'imposât aucune charge nouvelle mention en perlant des eaux ehandn
de l*Asie en même tempe que de Do-
aux liabitanis. Dans une autre lettre (9)
Pline annonce à l'empereur qu'il a choisi
rylée (2). « Il y a également un The ma
pour rel)i\tir l'ancien bain l'einplace- en Bitliyuie qu on ap) elle aussi Pyliiia ;
oieut d'une mai on qui a^ait été léguée ce M>nt les bains royaux de Prate. »
à Tempert ur Clau le dans le but de Prueope mentionne en ces termes la
ville de Pythia sans dire quelle était
construire à cet empereur un temple
sa position à l'égard de PruNa « Dans
eiixin iino de porinp^cs Ce monument
:

n'.iyjiiit p.is tté ven té, Pline écrit à


i
un endroit de la Bithynie aui s*appelle
Tnijuii : • Si vous «laigiitz, seigneur, ou Pythia, il y a des sources d eau chaiide
dT.nl plusieurs personnes et principale-
donner la maison ou la faire vendre
aux Prusiens, s en seront reconnais-
i
ment les liahii.ii.ts de (^unstantiiiuple
tirent uu notable soulagement dansleurs
sants. Je me propose de construire le
bain sut le même terraiu , et de l'eu- maladies. Jnstinien a laissé en cet endroit
des marques d*une m.ignincenc«? to<^
tourer de portiques et d>xèdres ou de
royale en y faisant bdtir un superbe pa-
sièges. Cet ouvrage sera par sa magni-
,

lais et uu bain pour l'usage du public;


ficence, digne de In splendeur de votre
régne. «Trajan accorde eoUu la permit»* de plos il y a nit oonduice pariin ca*

(0 «©. (i) X, 85.


(a'V.Tbma.

Digitized by Google
ASIE MUIEimS. 117

ml (ks etux fraîches afin de tempérer la ^ire, lesprinces de la dpastie seld-


ehaktfdn antres. » jookide avaient envahi plusieurs pro*
Do t^nps de Constaotin Porphyro- vinces de l'empire grec. Taj-hrul bey,
péofte Prthia avnii pris le nom de So- pelit-lils de Seidjouk, contracta une al-
teropohs du Sauveur).
la ville liance avec le calife successeur de iM;di-
Z<mare, c*est là (|ue Constan-
SeloQ moud le Cbaznévide, et mourut en
tin «t tombé malade : il ae fit trans- laia«ant le pouvoir è son neveu *Alp
porter diaa sa ville d*Aiieyron, où il Arsian, qui, le premier, étendit au delà
de l'Kuphrate la renommée des tribus
I>»s sou verni ns romme les pntririens turcomanes.
^ Byzaocf continuèrent dans la &uile LVmpereur Romain Diogène régnait
defrequeoter les eaux tliermales« et ces à Byzance, lorsque les Turcs se rué-
^(n^lft étaient pour eux roccasion de rent pour la première fois sur les villes
df!)icvprtfMii le luxe de leurs é(}uipa^es. de l'Asie IMinenre. Césarep fut prise et
Theodora, t'emiiH» de Jtis-
Ij:î)[>f>r.itri('<' pillée, et Tavant-L'arde des futurs pos-
tiQi^a, allâ, en i*annee â25, prendre les sesseurs du Bospbnre s'a%ança jusqu'ju
east daudes de Pnise avec une suite mont Olympe. Seifed Dewiet, prince
il qiatre mille serviteurs. de In dynastie d*- liamadan, assiégea
Broussnen 924, par capitul.irion,
la prit

laOUSSA BYZANTINE. et la lit dén)aiiteler. mais non pas raser


entièrement ; car plusieurs tours et une
Mai< les années s'écoulaient. .\u luxe grande partie des murailles fiorieot le
« a l'irul K'ive des Byzantins devait caractère d'une époque antérieure.
bifntôi succéder le bruil des armes, les Une beiireuse expédition, entreprise
une nation dédaignée et
de guerre; pendant le règne d Alexis Comneneen
presque ignorée de 8i*8 maîtres sup^rbea fOur, amena de nouveau lea musul-
3uit vu naiire un homme qui devait mans sous les murs de Brousse «qui
changer la l'jce de l'Asie romaine. fut prise et pillée; mais les musulmans
Maliomel, v,-jini|iieur des empereurs se retirèrent de nouveau.
fcyantios eo Arabie et sur TEuphrate, Lorsque les Ixitins se lurent emparés
avariiéoglé a tant de tribus insoumises de Constantiiiople , les princes hyzan*
l"*
de leur force. Chaaue ville prise tins, pour repous.ser ces nouveaux en-
''f3if
occasion du
pour ses guerriers I nemis, n'bésitérent pas à faire -dliance
P3rta:c d'un hulin considérable.
Il n'en avec les princes musulmans Théodore
wllait pas d.ivantage pour appeler au- Lascaris, des|)ote de Uomanie, s'etant
tMrdu ocuveau prophète toutes ces liéavec le sultan d*Icomum, s'empara
peuplades dis-éminées dans les steppes de Broussa, qui fut en vain assiégée par
«1^ l'As-e Aux Arabes (]ui
nnlerieiire. les Latins.
rosriioene et la iMësopo.
ataieutravajïe Le cb.lteau, qui passait alors pour
^ni nccédèrent les tribus turques, une place imprenable résista à toutes
"Mt le nom était à peine connu des les attatiues, et la place resta entre les
Bwntins (rest alors que commença mains aes Grecs jusqu'à la paix en
'e iuelde trois siècles qui devnit finir 1214.
par I
anéantissement de l'empire de By- La mollesse que les h;ibitaiit.s avaient
montrée dans leur défense contre les
musulmans excita la colère de IVm-
CUAPITRËXXI. pereur Andronic. Il punit les principaux
habitants en livrant leurs biens an pil-
IRTASIOIf MUSULMANE. lage, et lit périr ou exiler un grand nom-

bre d*eotre eux. Cest par ces moyens


l>ans la d'événements qui s'ac-
série violents qu'il se maintint a BfAUSsa Jus-
««plirenl pendant la période du qu'à ce qu'il eût reconquis son empire
wifBic au quinzième siècle, nous
ne sur les Laiins.
'ntniionnerons que ceux qui se ratta-
Pious sommes arrivés aux derniers
^ne»i directement h rhistoire de jours de la Prosa byzantine. Les musul-
Dès le tffoisièmaaièela de rhé- mans vainqueurs voot régner en mat*

Digitizeu by LiOOgle

df la (.-outrée,
1res sur la plus belle ville autre inQoaatèrp auq^. il, donna ion

et en faire base de leurs attaques


la nom.
contre des Byzantins.
la capitale Orkhan, une fois maître du trânf,

Vera Tan 1800, Ertbogrul laissa le songea à poursuivre ses conquêtes; r*est
gouvernement entre les mains de son la campagne contre
alors qu'il entreprit
nfs Osman, qui ne perdit pas de vue les Nicée et Nicomedie. Son zèle relif;ieu]i
gravides destinées de sa race. A peine s'accroissant en proportion de ses vic-
eut-il mis ses troupes en état d^entre- toires, il ordonna la construetiOD
prendre de nouvelles expéditions, qu*il plusieurs mosquées, et appela daos son
reprit avec \ii;ueur le siège de la ville nouvel État des artistes persans qulia-
( 1307 ). Deux de ses généraux, Ak Ti- troduisirent n Brouss.j la fabrication des
mour^ qui était le propre neveu du sul- faïences émaillées. A la mort du sultan,
tan, et Balabao, reçurent Tordre d*é- son corps fut déposé dans iachapellefih
lever deui forts dans la plaine pour In» nèbre où reposait son père ; la voûte, dé-
tercepter les communications de In place corée de laines d'arg' iit, était d«^si:iiél
;»v^c la mer. Ak Timour établit le sien sous le nom de Guinu^chli Koubl é.
du côté des bains, ce^t-à-dire vers Mourad l"", successeur d Orklidu, fut
l*ouest; Balahan occupa les bords de te déclaré f^ultan en 1S60. Ilsemonuaaiifli
rivière Fiiloufer, qui coule dans la plaine. zélé que ait prédéceneun i élever à»
Pendant prés de dix années, les garni- monuments publics.
rions de ces torts se bornèrent à inter- Le palais qu'il fit construire sur la

cepter tout connnerce entre la ville et colline qui domine la plaine de Broustt
la mer, jusqu'à ce qu*eDfin Osman, dé- est aujourd'hui complètement niai.
tenant vieux , résolut de diriger toutes Mais au milieu des décombre» ou pcat
tes forces contre Brousse. encore reconnaître les dispositions pr»»
Il s'empara en 13 7 delà ville d'É-
1 iiiieres.Les habitations n'étaient Ml
drenos, la démantela, et alla placer soq groupées en un seul corps de Mt»*
eamp à Bounar baehi, en resserrant la ments ; e*éuît une suite de kiosks plus
ligne du blocus. ou moins étendus disséminés dans des
Le commandant de la ville se pré- jardins, palais du sultan Selim a
f>arait à une vieonretise resistiince Andruuiple est disposé de la même ma-
orsque remi»ereur AnUroiiic lui envoya nière, et lorsqu'on visite le palainbi
Tordre de capituler. Il obtint un sauf* sehah de Perse à Téhéran et a Ispahaa,
conduit pour les iiabitants, qui se ren- on ne |)eut sVmpécher d'établir une
dirent à Gliio, une autre Prusa, qui de- comparaison avec l'ensemble du palais
vait aussi devenir la proie des musul- de Darius a Persépolis, et de conclure
mans. que, chez les mooarnues d*OrieBt, Il
Osman, le fondateur de la dynastie coutume d*avoir des habitatioos clair-
des Osmanlis, ne jouit pas longtemps semées dans des jardins est restée la
du fruit de sa victoire; il mourut en np- m^me depuis l'antiquité De somp-
prenant l'entrée de son fils Orkhan tueux jardins arroses d'eaux couraut^s
dans les murs de Brussa en 1826. Le dont il ne reste plus que les rigoles 0»-
corps du premier sultan fut déposé séehres, entouraient les élé<:ai>tes na-
dans la cbapelle de Tancien château de bitations du palais de Mour.id I/'s In*-
Broussa, qui fut convertie au culte de toriens ottomans nous ont l^^'^^^-
l'islam. Il avait reçu du sultan A la Ed- plus brillantes desrriptions de celle rtj
dvn Tinvesliture ae la principauté de sidence, que les successeurs de Mwif**
Karadja hisaar, et mourut sultan des se sont plu à embellir et à augmenter.
Ottomans. En 1380 eurent lieu dans ce p^'a"^
A l'ouest des thermes de Kaplidja, les noces de Bavazid lldirim, fils a«
on voit encore le monastère et lé tom- Mourad avec la tille du prince de Ktf*
beau de santon Abd-ul-Mousa qui mian. Les ambassadeurs de tout k>
avait accompagné Orkan dans toutes princes de Afdin, Mentesche, Casta-
ses pxpf^ditions. Lalaschin, un des meil- mouni, Karaman apportèrent a la jeune
leurs jienéraux du sultan, et qui servit mariée de riches présents en chilleset
sous Mourad fonda en |.3S0 un en chevaux. Édrenos bey,rénéaat ^reft

Digitized by Google
cyfîrit «ni esclaves greca (tes deux sexes, du sultan Mourad, Djem, frpre du siil-
les plus Ix'aux de sa nation. Dix d'entre tan Bay.'zid, sederlara cnninie un com-
'

eui portoieot de^assiettesid'or remplies, pétiteurau troue des Usuiaulis. Bay.izid


éiMMlii dits vaie» de ptrfuius, des ai- «tait es Kurope, et le priocie DJem,
pm
f
m dVir d'u» travail pr«ci«jux. La aidié de quelques ariisans, put taeilé-^
l

IfBi e mariée apportait en dot les clefs ment s*einpnrer de Broussa. Le sultan
dfs vilJfv li'KrzmubauK T^uuchaoU, Si*, ne daigna pas uiarcher eu p^^rsonne
mui^l ku\ayab. contre squ liere rebelle. Lue laibie ar-'
fis de Mourad, étant mouté sur mée attaqua les troupes de Djem dans
Jftrloaas 1SII9, Ot catnurer la ville de les plaines du Yéni nhelier et les mit
Broufsa de nouvelles fortilicniions; en déroute. Pendant t*e temps les ja-
mais la suite de son règne tut loin d'être nissaires se livraient au pillage de
d'accord avec ses brillants débutai. Broussa. Djeiu^ pour^pivi^par Baja/jd,
Afm laimiilte d* Angora, Broussa fut alla demander asile au 'prince d*lco-
MÎfabie, en 1409, paf les troupes de nium ; mais, ne se trouvant pas as&ezen
Timoor; les écoles et les mosquées sûreté dans cette \ill ', il s r lira près >

liffeot saccagées et lorsque les gcné-


, du grand maître de Hho l' s. La suite
ma. eurent partagé les tre^rs qu'ils des aventures du pnm Dieui est
Miiwt'tBaMéft dMs la «lUe» ils la H- étrànisère aux événements de i Aie; Il
vcrestaiix flammes. A la prise de la mourut à r*^ples en U9â. Une iim-
tillf les trésors de Bayazid furent dis- bassade ottomane fut envoyée à Naples
liibufs aux soldats ; It^ objets précieux pour demander les restes mortels du
iueot iniiombrables; les suidais niesu- prince Djeni ; ils furent apportés à
iMat au beisaeau les perlea et lea BfouiiM. et déposés dans un tombeau si-
pierm précieuses. tué dans j*enceinte des souverains. Ce
Apres la m<M't de Bayazid, IMoliam- monument existe encore intact, el donne
UMd, fils de ce sultaa» qui régna dans une idée Wu luxe hiz<ii re des monu-
ISMlescos le nomde iMalioinet i"', nients funèbres de celte époque. L'autre
qim Is fille é& ToeBt,.et vint prandre sêiHil ture, voisine de relie de Djeim cal,
WMaioa de Broussa en I404i ]sa< dit-on, celle d'Isa bey, son frère, qui
Hj^sn de ses frères et son compéti- ne fut pas plus lieureui dans sa révolte
'
Pf le présenta devant Brouss», et contre Bayaiid.
Ma babitanta de lui ouvrir ika
i; mais le plus grand Mimbre se CHAPITRE XXU.
retira dans le cbâteau et se défendit
HK- lant de fermeté, qu'Isa bey, n^ BBOUaSA JIUSUUCANm. ..

jKiiJv.inti emporter de vive force, se re»

tira iiprès avoir fait brûler la ville, qui L^enaemble de la ville de Broussa se
^»t à peine d^étre rebâtie. . . compoae de la ville proprement dite du
Broussa (ut encore expcf^ée aux at- château et des faiiboui gs; le tout forme
bques duKaraman, sultan d'Iconium, une suite de constructions ayant en
foi la prit et la pilla en 1413. 11 ûi dé- longueur quatre kilomètres environ et
fenw Ht os de Bayand et les flt brÂ- en largeur un kilomètre, placée sur un
br^bllquvment pour se venger de c% des p^ncbants de TOlympe, dont le§
fil» prince avait fait couper la tête sommets encadrent un riche et miies-
••a père. Ce siège désastreux fut le tueux paysage. Les faubourgs s'étendent
éairicri|ue fi^oussa eut a souffrir; mais à droite et.à saucbe, et le cbâteau, so-
bi incwdiea qm
y édatèient à plu* Udement àsbia aur une roclie, élevée,
époqoea , et notamment le grand d^ine la ville , et forme une enceinte
'l'Kanre oui ravagea les >ingt ciuq ré- crénélée flanquée de tours mavsi^es.
^lOQsdeia ville en 1490, ainsi qu'un Trois portes donnent ac( ès dans In
yedie non moins onsidérablb qui
( ville, oetie du nord, pppelee iab.ik Ca-
«B 1804, et qui u*épargna ni Icf nouai ( la Porte det assiettes) , celle de
^^lées, ni les tombeaux des aultana, rest, Yer Capou Porte de terre),
si (la
<>nt fte aussi funestes a Broussa que et celle de I ouest Kaplidja CapOtt si
sièges consécutif. A Ip mort (la i'orte des liains).

Digitized by Google
190
Deux autres portes, appelées
petite.^ les nombreuses et intarissables sources
Tune Sindao Capdu (la Porte de la
si thermales qui ont une si grande célé-
priiOfi), et Tauire Sou Capou si (la brité dans tout l'Orient. Deux magai-
Porte de Teau), conduisent du clhiteati fiques mosquées forment le centre de
sur les penchauts de l'Olympe; mais ne chacun de ces faubourgs et paraissent
sont fréqueutéesque par ûii petit nombre avoir motive leur création; celle de
d'habitants de la campaL'ne qui appor- Test a été bâtie par le aultan Bayasid,
tent des provisions. L'ancienne ville, et celle (le I ouest par le sultan Mourad.
oui est encore entourée de murs, est Kntourées Tune et l'autre par des bos-
iablie sur uti rociier a pic du côté du quets de cyprès et de ulatanes, elles
nord. Lei portes sont battes de briques restent encore aujourd*nui comme le
et retltiies dedailes de marbre. Pooocke lieu de pèlerinage et de promenade le
cite une inscription qui mentionne plus fréquenté par les habitants. Dans
i'emuereur Théodore I^ascaris comme d'autres quartiers, et surtout dans celui
uu des constructeurs de ces murailles. des eaux chaudepy,de nombieuses plan-
Bu cdté de l'ouest , le 80uba.<isement tations, disposées d'une manière pit-
des murs eslnnti [uc; il est cons'ruiten tor sque, forment d'auréables prome-
grands blocs de travertin posés en pa- nades qui contribuent a taire de broussa
rement et en boutis e. Le chemin qui une ville délicieuse entre toutes celles
conduit de cette (M>rte à la vallée yoI* de la contrée. On distingue surtout la
sine est taillé au ciseau dans le roc et promenade du Tchamlidja dont les sa-
paraît remonter a une haute antiquité. pins séculaires offrent une ombre im-
La côtedu sud, cVst-à*diredansla partie pénétrable; la nature seule fait lesl'r.iis
qui fait fooe à la montainie, la ville est des embellissements de ces lieux clwm*
défendue par une fortiflcation complète, fiétres; il fa-.it cependant en excepter
la muraille l'Agger et un larjie fossé. e kiosk d*Abdoul-Mumtn, qui s élève
Les tours sont espacées d'environ vin^jt a l'euiree d'une des gorges de Olympe, 1

mètres ; elles sont carrées et construites lin café, placéprèsd'ùn ruisseau, réunit,
en travertin et en blocs de marbre pfo* les jours de féte, une foule nombreuse;
venant en grande psrtie de monu- mais là, comme partout ailleurs, chaque
ments détruits. On remarque quelques classe, chaque religiou, a sa place
fragments de sculpture d*un bon style. choisie. Les Grecs ne se méleiit pas aoE
Au delà des murailles sont les ci- Turcs, les Arméniens aux Grres. La pipe
metières, planté*; fl<' hauts et mngni- et le eherbet .sont les délices que l'on
liques cyprès. Les tosses sont Oi'cupés vient chercher dans ce payradis, que
maintenant par des plantations de mU- parfois les lazzis d un bouiton turc ren-
riers. Celte enceinte paraît occuper l'as- dent plus bruyant i\iie de coutume.
siette de l'ancienne Pruse, qui, au dire Les voyageurs devront aussi faire
des auteurs contemporains, était une une excursion à la suurce appelée Aîn-
ville dn peu d'importance. Cette p^irtie Assa située à une denn-heure de la
,

de la ville est habitée uniquement par les ville sur le peiichaut de l'Olympe ; c'est
Turcs; les n;iO;tants chrétiens , armé- un hois de vieux châtaigniers dont les
n ien s e t j u s résid e n l d a u s 1 es fa u 1)0 u rus
i I fruits sont célèbres par leur gros.seur;
Du côte du sud il existe trois portes, une source abondante et limpide coule
mais toutes du moyen Age. Près de celle sous les ombragea au milieu des ro-
du milieu, il existe une ancienne prison, chers de granit. Ce lieu est aimé des
remarquable par un puits carré, larue et mu^dmans parce que le vieux derviche
profond, dans lequel on renfermait au- Kmir sultan venait souvent s'y asseoir
• trefois les prisonniers. Le rorher suV ei méditer. Il avait l' habitude de rester
lequel la ville est bâtie est un tuf cal- longtemps appuyé sur son bâton de
caire dépo«é par les nombreuses sources, derviche. C'est en souvenir de ce fait
et oui forme un %éritable travertin. Le que la source a pris le lutm de aîq-
faubourg de Émir sultan est situé sur Assa(la Source du bâton). L'autre forêt
la route de Nicée ; celui de Tcbékir- de cbâtaiSMit, non moins célèbre à
ffuéh est traversé par la route de Mou- Broussa, p irtc le nom deSobran. Là il
dania; c'est de ce côté que surgis^teot n'y a ni kiosque ni iégcode; mais uns

Digitized by Google
ASIE M^EURE. fSl

tdmirablft nature, dans toutr <:r» siuivnge mrtropolitain de leur culte qui e.sl sfi-
majesté, dédommage nniplemeDt celui bordouné au patriarche de Constinti-
qui a ttuté celte excursion. oople. Le sort de l'Église chrétienne a
Lps habitants jouissent avec calme Broussa est d¥% plus misérables. Pméf
mais avec on plaisir extrême de toutes de tous les moiioments religieux qui
les beautés que la nature a répnnducs avaient été rnnstnnts par leurs ancê-
autour de la ville. Il n'est pas un des tres, les chrétiens ue jouissent aujour-
versants de TOlympe qui ti*Qffre aux d'hui que de pauvres églises qui au
yeux quelqaa point de vue enchanteur. ddhors se distinguent à peine des mai-
Touîesles essencps de la plaine et de la sons particulières.
montagne, Içs cèdres et les cyprès, le 1^ quartier lurc occupe la partie cen-
cligne et le platane, le chiitaigner et trale de la ville; c'est là que sont situés
le béire sTy nultiplient arec une abon- les earatansemls , le besestein et les
dbnri' et une sève incroyables. Il est rare bazars.
de voir des forets présenter réunis tant Tout le versant inférieiir de l'Olympe
d arbres d uue venue, et chaque
»i belle est couvert d'épaisses plantations de
pM que Ton fait lieu à une sur-
donne mdriers qui servent à la nourriture des
prise nouvelle à la vue d'arbres eigan- vers à sole;c*est surtout le mârier mul-
te<qups qui portent plusieurs siècles ticaule qui est préféré. Les habitants
tur leurs cimes altières. Le pied de ces regardeut sa feuille comme plus nour-
fcréit est entouré d*one lanre ceinture rissante et ils signalent cet avantage
deverdure plus sombre et plus épaisse; particulier, c*est que pour la nourriture
ce n'est pins la nature seule, c'est des vers, on n'arr.iclie pas l.i feuille, (jui
ragricullure et l'industrie qui veillent à arrive toujours un peu flétrie dans la
la production de ces arbres exotiques. magnanerie; mais on coupe les ieunes
tiges qui atteignent quelquefois la lon-
CHAPITRE XXm. gueur de deux ou trois nipfrrc La
feuille arrive alors fraîche et inlaclc ,
BT4T MODEBJIE. —
IIVOUSTfilE. ~ avec toute sa sève et tout son parfum ;

COIfMBBCB. elle nourrit mieux le Ter, et lors(|u*il est


firêt à monter, il trouve dans la tige qui
maisons de Hroussa sont bihies iii a servi de nourriture un appui tout
dans le genre de celles de Constantin prêt pour y établir sou travail.
nople, e*cst-à-dhre que le bois domine On ne compte pas moins desept espèces
dansla constniction. rez-de-chaussée de mûriers dont un botaniste seul pourrait
sontordinairement brUis en moellon elen faire la distinction; toutes ces vnnctés
bnque ; mais les façades sont extrême- Êrospèrent également aux environs de
Mt simples. L*iiitérieor se compose iroussa. Les mûriers couvrent de leur
d'sa vesnlMile donnant accès à un es- ombre les bords des ruisseaux, et lor-
cnT'-^r onlinairement de marbre; c'est ment les haies du chemin. Ils semblent
au premier ciaize que sont les apparte- avoir retrouvé là leur climat natal;
ments d'habitation ; ils donnent tous sui* aussi, par la beauté et l'abondance de
an vestibule ouvert appelé kayat, sorte ses soies, Broussa est*elle devenue une
de salon d'été où sî' tif nt la fan'iille pen- ville rennmmép dans le monde entier.
dant les beoiix jours. Au milieu est urt Les soieries qu'elle fabri(|ue se répan-
bassin d'eau vive, la ville étant en pente dent dans tout l'empire turc, mais sont
Wfsleiinrd. Quelle que soit la direction peu connues en Europe. Les velours de
dins laquelle s'ouvre la grande fenêtre soie forment aussi une branche Impor^
du vesiibule. ip<; maisons de Broussa tante d'indn«5trie qiip la concurrença
jouissent toutes d'une vue magnifique, d'Europe finira bientôt par anéantir.
soit des frorges sauvages de la mon* L'industrie des soles, qui a rendu
tstne, soit oes vastes horiions de la Broussa si célèbre, n'occupe aucune
plaine. grande manufacture; les ouvriers,
Le quartier des chrétiens occupe la comme ceux de Lyon, travaillent en
légionde Test. Les Arménieos et les chambre. I..es fabricants leur donnent
CHéessonl plaréi aoos b jorldiction d'un un poids donné de soie, qurilfe doivent

Digitized by Google
randre ouvrée, avec la ditïereuce que il va cinquante ans, on remarquait tim.

eomporte le tissage. On fabrique aussi hausse considérable dans le prix des.


Qoe élofffe de soie que nous oonnaissons soies; aujourdïiui, malgré la concur-
sous te nom de brocard ; eVst un ma- reuce des soies de L^on et de celles de
gnifique tissu orné de ileurs d'or. Les Chine, les prix se maintiennent. On es-
Turcs rappellent du selyinieh parce time à cent mille pièces le montant de
qu'il fut inventé du temps du sultan l'exportation de la soie ouvrée. .

Sélim 11 ne w vend guère que pour l'u- 11 y a aussi k Brousse quelques &>
sage des harem de Constant! nople. On briques d'étoffes de coton, et AOtam*
sait au*il n'y a pas de nation au monde ment de serviettes et de peignoirs pour
qui fasse plus ae dépenses pour le luxe le bain. Les serviettes sont d'un tis^u
oe leurs femmes. de peluche extrêmement commode pour
Ces étoffes de soie blanche, altemali* sécher la peau; les foutha ou serviettes
ement rayées de bandes opaques et bleues dont ou s'entoure le corps sont
claires et qui sont assez répandues à composées de larges bandes ne soie
Paris mniateuaut, sont aussi de la fa- rouge et jaune sur un tissu de coton.
brique deBroussa. Elles servent pour L*usage des bains est si général eu
firîre les chemises des femmes, et des Orient nue ces .deux seuls arlicles sont
gandoura ou chemises pour la sortie du l'objet aun commerce considérable.
bain. Les coussins pour les soUs sont
aussi l'objet d'une industrie cojisidé* CHAPlïRt XXIV.
nble; (m peqlen avoir «ne idéeeam*
géant que dans tout Tempire miisttj- LBS BAUX.
man le sofa est le seul meuble en usnge;
r/est la chaise, la table et le lit des Orien- Un des caractères les plus saisissants
taux. de la ville, celui qui trappe d'abord le
Les soieries de Broussa sont peu eon- nouvel arrivant, c'est la variété et Ta-
nues en France, où elles ont été long* bondance extrême des eaux qui sur-
temps prohibées; elles jouissent de cet gissent de toutes parts, eaux froides,
avantage qu'elles peuventseiavercomme eaux tièdes, enux placées de l'Olympe,
des foulards. Le dessin est assez uni- eaux bouillantes des sources minérales.
forme; il eoDsisle «d grandes handes de Les possesseurs byzantins comme leun
diverses couleurs entremêlées de petites- successeurs les musulmans se sont pin
fjuirlandes de (leurs. La rayure est le à les aménager de In manière la plus
ond du dessm le plus goûté eu Orient; a^^éal)le pour ru>age des habitants.
c'est ce qu'on appelle pour les étoffes Les fontames ne se comptent pas et
TchiboukleuCen ratons); on n*aime pas chaque maison a dans son vestibule un
les jeux de fond comme nos fabricants bassin avec un jet d*eau courante et
ont rhabitude d'en faire; dès longtemps limpide pour l'usage de In famille. Ce
cette observation a été faite à la cham- n'est pas seulement pour les iisaizes do-
bre de commerce de Lyon, qui s'éton- mesti({ues que les eaux de l'Olvoipe
nait du peu de débit des étoffes de fournissent aux habitants le crisfeil de
Lyon en Orient. Depuis que les fabri- leurs ondes, les ruisseaux descendant
cants ont adopté les dessins orientaux de la montagne sont divisés en mille ca-
t)Our leurs cotonnades comme pour naux divers dans les jardins de la ville
eurs soieries , le débit en est olus con* et contribuent à leur donner cet aspect
sidéraUe. Pour les ebâles de rlnde, le verdoyant et riche qui frappe d*abord
dessin rayé est aussi très-goûté ; on ap- les regards. Malheureusement, de nos
'
pelle ces chûles Fermaîcb; les châles Fer- jours, l'entretien de ces canaux laisse
maïch sont très-connus à Paris ; on les a désirer, et les eaux se répandent sur
confond pour le nom avec les ebâles de les routes et dans les parties déclives du
Cachemire. sol et forment souvent des lagunes ma-
La soie brute fiit de tout temps l*ob- récageuses.
jetd'un grand commerce d'exportation. On compte à Broussa trois cours
On estime à plus de trois mille quintaux d'eau principaux; c'est plus que des
métriques la quotité de la récolte. Déjà, ruisseaux , ce ne sont pas des rivières,

Digiiizeu by LiOOgle
1

ASIft M »£IJR£.
Ijt iiiuBriwp 6 appelto BoMr baelil {li roiymM^Miel^eoule vers Ira ville par uné
tlie d« la source), le secoiul Ghœuk déré large vallée, la seule de la meotas^ne qui
( h Tstlée oéltste), •! lo niiaieui 4e Akt$ ait son ouverture vers le nord-est. Il
chashlan. forme de iioiiibreus^'s et abondantes
Bounar bachî est situé daos le voi- cascades (jui, au luumenl de ia foute des
iiM«e imroédiat de la vieille ville. Lei neiges, présienteot un spectacle pitto*
«MI ment de terre «veeeiees 4*aboa« nueet imposant. Un pontd*une seulç
dance pour former un ruisseau rapide e, et surmonté d'une piilerie eou-
qui coule dans un bassin entouré de verte comme eerlaiiis ponts de laSuisse,
platanes et de hêtres- C'est ie lieu de est jeté sur la vallée, el joint le quartier
tmàÊM^cm plus fréquenté peadam
le aniéniiBaiifnartifKtafe. (Voy. pl. 41 .)
b belle saisoo ; pluaieurs échoppes de
eafé étalent à Tentour leurs divaos de
nattées et leurs escabeaux bariolés, où
CHAmaE XXV.
kiabitanu viennent s*asseoir pour sa- LE&
wm
les
la pipe el le aarguileh ; les bonf-
fbns de toute sorte, les jongleurs de Toutes les
hJLVii. TUfiBMAJ.BS.

eaux thermales auxquelles


toutes les nations font «le ce lieu le firoussa doit sa renonimee surgissent
ibfâtre de leurs tours, et à certains jours, d'un des c^nlretorls inférieurs de l'O-
le soir, la promenade sMIlumine, et aui lympe dans la région oceideotale de la
féyaoiânMea du matin succède les re^ vUle. Le terrain dans lequel elles pren-
présentations théâtrales, c'est-<i-dire des nent naissance est composé de calcaire
marionnettes dont le langage plus que de schiste et de j^res tertiaire. Rien a la
libre n effraye cependaol pas la grave surface uanuonce Qu'a aucune
du sol
toeiélé qui lee éeoute. époque des phéoomènes volcaniques se
Lee eaux du Bounar bachi étaioit, saient manifestée dans cette région;
du temps de la splendeur de Broussa« niais aujourd'hui l'otisait que la chaleur
fooduites p^r des canaux souterrains interne du globe est la seule cause de
dua le palais du sultan Mourad, et la, la haute température de certaines eaux,
icadan à la lumière, ellee cireulaieol et les sonrees qui sont conduites entre
dnis des canaux de marbre au milieu de les couclies géologiques à une certaine
jardins enchanteurs dont il ne reila profondeur dans le aeîn de la terre en
plus q<ie le souvenir. sortent infailliblement à une tempéra-
Un grand pilier de maçonnerie, situé ture élevée sans que pour cela la con-
wm km du palais » en regardé par lea fiée OÙ ellea apparaissent ait jamais
bibitaola eomme le premier Sou-Térazi présanté un
earactère volcanique. Si
qui ait été eoostruit en Turquie. Cette quelques sources thermales d'Auvergne
méthode de conduire les eaux a été, se- et d'autres contrées ne sont pas dans ce
lon leur opinion , transportée d'Égypte dernier cas, on peut en citer une inlinité
eÉ lei Arabes 4a pratiquent de teiiips d*aolre8 qui surgissent de terrains
iannéaMiriaL Les eaux sont conduites crayeux ou calcaires dont la formation
par des tojanx de poterie jusquVn haut n'est nullement due aux terrains volcani-
de ces piliers , qui soot creux , et elle ques. Ou compte à Broussa sept sources
reprend alors une nouvelle impulsion pnoeipaies, quatre dans la plaine au
pour arriver à son but (1). Malgré ré> pied ét roiympe, et trois sur le dernier
tat d'atxandon et de ruine où se trouvent eotttreforC oe la montagne. Les quatre
aujourd'hui la plupart des éditices pu- premières sont Eski Kaplidja (l'ancien
:

blics , le système d'hydraulique est le bain chaud), Yeni Kaplidja (le nouveau
acol qui paraisse laténaser la ville el le bain chaud}, Keukurdli (le bain sulfu-
seul qui soit encore bleu entretenu. reux), et ednt de Kara Mustafo qui porto
I>€ ruisseau de Ghœuk déré prend le nom de aoo fondateur.
sa aouree dans les hautes régions de Les thennes sont divisés en trois par-
ties; la première, qui sert de salie d'en-

(i) Ce système d'hydraulique a été décrit trée dans laquelle oli quitte ses véts-
m éèuil j>ar le ^eral Andriossy {CoW' mems el l'on se prépare au bain , s*ap-
priln Djamigan; la tteooiide, qui est la

Digitized by Google
194 LTiniVERS.
Salle tiède où Ton stationne avant d'en- issue aux eaux chaudes; d'autres robi-
trer dans Pétuve pour ne pas être fa- nets sont placés dans les murailles au-
tigué par la trop grande ehaleor; eofin tour de la salle pour Tosage des bai-
le liain proprement dit, où se trouve la gneurs.
source prlTicipale, (jui répand la chaleur Tout l'intérieur de Tcdifice est décor ;

dans tout l'édilice. Autour de cette salie de plaques de marbre de diverses cou-
sont disposés dn eabioets ou eellules leurs. Les niehce sont surmontéea de
dans lesquelles on peut prendre son bain coupoles sculptées dans le goût oriental.
en particulier; mais la généralité des Le bain de Rski Kaplinja, le plus an-
•baigneurs se tient dans la grande salie. cien de tous, e&t cerU'iiuement celui qui
La «alla d*entréa forme un grand carré est mentionné par Ëtienne de Bysanee
eoufert par une voûte en pendentif, comme un des bains royaux de la By-
éclairée par de nombreuses fenêtres Au thynie. Les eaux sortent de terre a la
milieu une fontaine de marbre composée température de 80 degrés; elles sont re-
da plttsieurB couues répand une nappe nommées parleurs venus curatives. Le
d*eau fratcbe à 1 osage des baigneun. grand dôme ist un ouvrage du sultan
C'est un des charmes oe ces établisse- Kiourad I*', qui embellit la ville de
Rienls de trouver Tune à côté de l'autre Broussa de tant de inoouiiienta magni-
et avec la même abondance l'eau chaude fiques.
et Teau froide sortant prcaque des Sous 1.1 grande salle sont desaouler-
mêmes tuyaux, elles notiveaux arrivés, rains voûtés par le>quelç les eaux sont
qui ne se rendent pas bien compte de distribuées dans les diftérenies parties
la nature des eaux thermales, s'étonnent de 1 edilice.
d'un phénomène dont reiplication ett Elles arrireni dans la grande salle par
si simple. des canaux qui les déversent dans des
Dau!» l'avant-saile le baigneur ne man- coquilles de marbre et de la circulent
8ue pas de trouver, comme en tous les pour l'usage des baigneurs Dans cha-
siixderéunionenOrient, leeafédjï, (]ui cun des angisa de la salle sont det cel-
lui présente a son arrivée sa pipe et le lules destinées aux baigneurs dedlatino*
café, et a sa sortie le miroir incrusté de tion.
nacre dans lequel le tchilebi, Télegant Le bain de Yéni Kaplidja ou le nou-
Tkurc, donne un dernier coup d*œil è sa feau bain est le plus riche et le pHn re-
toilette. Cest snr le miroir que le bai- marquable de tous; il e^t situé sur la
gneur dépose la inode«to rétribution que t>ente inférieure de la montagne entre
touchent les baigneurs; car tes bams a ville et l'ancien bain. Les salles sont
sont dotés d'une fondation pour qoe le eouvertes par des eoupolea reeouTenes
public en puisse jouir gratuitement. de plomb. Toutes les wûîb& intérieures
Tout autour de la salle sont disposées sont revêtues de faïences et de plaques
des estrades garnies de rideaux et de de marbre percées de polygone qui fais-
coussins sur lesquels s^installeot les bai* aent tomber dans l'intérieur une lu-
gneurs ; etilest curieux de voir le calme, mière douée et uniforme. Une inscrip-
le silence et le recueillement gui ré- tion tracée sur une plaque émaillée ap-
gnent dans cette enceinteoù les baigneurs prend que ce bain a été construit par le
se réunissent souvent par centaines. grand vizir de Soliman le Grand, qui
La salle tiède est aussi de forme oar éprouva le bienfait de eea caus. 11 se-
rée; elle est chauffée par des tuyaux rait oiseux de rapporter tous les contea
souterrains qui portent au dehors les qui se débitent au sujet des cures opé-
eaux de la source principale. Au milieu rées dans les thermes de Broussa ; mais
est une estrade de marbre sur laquelle nous ne pouvons noua empêober de
s'asseoit le baigneur avant d'entrer mentionner un fait curieux dont nous
dans l'étuve. La troisième salle, dans la* fdmes témoin. Le bain de Yéni Kap-
quelle sont les sources chaudes, est cou- lidja possédait, au dire des Turcs, ia
ferte par une eoapole éelairée par un pierre à renfoneer les douleurs; e*éiait
grand nombre de polygonsa fermés par un bloe de trente centimètres environ
des verres convexes. Un robin^ de de diamètre en pierre de serpentine, et
bronze, placé en fsce de l'entrée, donne ayant a peu près la forme ovale d'une

Digitized by Google
ASIË MINEURE.
demi- pastèque. II était plat en dessous de toute la population agglomérée au*
et tx)mbé eo dessus. Sur la partie coo- tour des bains; c'est là qu'il paraît con-
fexe était un trou avec uu re&te de scel- venable de placer l'ancienne Pythia. Ce
iMKnt de plomb. Pour ceux qui oot vu qui prouve que dans les temps bysan*
4et poids antiques dans les collections, tins cette petite ville avait une certaine
nul doute que cette pierre n'ait servi à importance, c'est que le sultan Mourad
cet uiài^e. Les Turcs étaieot persuadés y ût bâtir une mosquée impériale, ce
fat cette pierre placée sur une partie que lei aultaiu ne font que dans les lieux
Jo eorpi affeetée d'une douleur (|uel- où ils ont résidé.
conque, avait la vertu de la dissiper ;
aus^i chaque baigneur entrant dans le CHAPHRK XXVI.
bain avait-il soin de s^inscrire, pour
aÎBsi dire« afin de jouir du bienfait de Lia MOSQOéES SB BBOuaai.
la pierre merveilleuse ; il n'y aurait là
qn une croyance en un remède chimé- Ton s'en rapportait au dire des
Si
rique, comme nous eo voyons journelle- babitanis, la ville de Broussa compterait
MDt en Kurope; mais les habitants au delà de trois cents mosquées; mais
avaient soin d'ajouter, qu'un jour, cette dans ce nombre ils comprennent les
pierre ayant été dérobée par une main netiips chapelles ou mesjid . les sébil-
inconnue, elle était revenue d'elle-même kiian, où résident des derviclies. U n'y
se réiotégrer dans le bain. a pas en rfolité plus de doute grandes
On dit que le milieu de la grande mosquées qui aient un caractère monu»
s-il!e était autrefois décoré de flgiires de mental; elles sont toutes l'ouvrage des
Uons en marbre qui répandaient Peau sultans de Broussa, et depuis la prise
fm dcf eoDdttitsplaoésdanaleur ||iieule; de Constantioople, aueua nouvel édl*>
mIb cette imitation de la fontaine des flee religieux n*a été construit.
lions de rAJ-Uambra est aujourd'hui
détruite. •
CABÀCTÏiBE Dh LA. MOSQUEE TUBQUl.
* Ls biln de Keurkurdii est d'une élia>
Isor iMense (90*> centisr.) et ses eaux Il y a longtemps qu'on l'a dit; les Os»

sont essentiellement cnargées de sul- manlis n'ont pas d'architecture particu-


hUth alcalins. Il est surtout fréquenté lière à leur nation ; tribus de la tente, ils
pour la f(uérison des maladies de peau. sont restés étrangers à l'art de bâtir, et
\â% autres bains sont situés à ini-iùle leurs édifices publics sont Tonnage d*é"
dans le petit village de Tchékirgué, dont trangers, d'architectes arabes ou per-
les eaux atteignent iusqu'à centi- sans d'abord, et d'architectes grecs en-
grades. Ils sont divisa en cellules des- suite. Aucun genre d'édilice ne peut
tsoéen aux malades qui veulent se soi* mieux que les monuments du cultedon-
gner loin du tumulte des grands bains. ner la preuve de ce fait.
Des baignoires de marbre sans aucun Mahomet, qui dans son livre a réglé
ornement sont placées dans chaque ca- les plus intimes détails de la vie pu-
binet ou kiosaue, qui avec un petit jardin blique ou privée, é^, pour les monu-
enoiposent ensemble de l'établisse-
1 ments reliîiieux , rien prescrit que la
ment, dont un médecin du pays est le condition de se Inurner vers la Mecque
directeur. Les eaux sont ainsi disper- eu faisant sa prière, et l'ablution avant
êè^M dans le village, OÙ un grand nom- de la commencer. Tout lieu qui offrira
bre de maisons jouissent du privilège de dans txm voisinage et qui per-
l'eau
d'avoir des bains particuliers qui sont mettra de se tourner vers la Mecque
à la disposition des malades moyennant pourra donc être uu heu convenable
une tvn-mod i
(
j u e redevance. pour la prière. Le minaret, qui se pré-
Il n'y a autour des grands bains qui sente comme le tjrpe le plus connu
wini dans la plaine auctm vesti^ie d'an- de l'édifice religieux musulman, n'est
aenoe ville. Mais le village de Tchékir- pas de prescription rigoureuse, et Ti-
gué, situé aur la hauteur voisine , est man peut remplir son emploi mime sur
aboodammeitl pourvu de sources chau* la place puMiaoe. Seulement, comme lea
dci» et fiftmie pour ainsi dire le ceatie dirétiens avaient pour usage d'appeler

Digitized by Gopgle
aux offices au moyen d^instriiménts de truites dans reropire Ottoman Ament
boit ou de bronze, il voulut que la voix imitées de l'église de Sainte-Sophie, ou
humaine fût seule employée pour con- plutôt prirent le type de l'Église grecque
voquer ses croyants. de l'époque de Justinien c'est-à-dire
,

Les premiers lieux de prière chez les une salle quadrangulaire décorée ou non
Anbei furent amiiiement des enceintes de colonnes à l'intérieur, mais toujours
carrées sur un côté desquelles était une couverte par une voûte ou pendentif
pierre debout qui indiquait de quel cûté éclairée par de nombreuses fenéires. Le
il fallait se tourner pour faire une prière harem précède la mosquée, et les nom-
alable. Lorsque les Arabes, devenus breuses fontaines coulent aux alentours
maîtres des villes, voulurent construire de l'édiGce pour l'usai des croyants.
des Dj.imi (lieu d'assemblée), ils firent Cette loi de l'arcbitertiire musulmane
de vastes portiques entourés de pilas- est générale et absol ue, et on ne peut
tres ou de colonnes; au milieu était une citer aucune mosquée postérieure a la
oour qu*oo appela narem , e*est-à-dire prise de Coiistantmople qui soit hMk
lieu fermé. La niche qui indiquait la en portiques; et rceiproituement toute
directioo de la Mecque fut appelée mosquée dont le dôme est éclairé par
niihrab Ils imitaient ainsi les portiques des fenétres.est certainement bâtie après
des temples de TÉ^pte et les agora, qui t4ô3.
étaient noinlireux dans -les villes ro- Le minaret, cette haute tour qui sl'é-
maines ou byzantines. Limâm ou pla- lève. devant la mosquée et qui donne
tdt le muezzin montait sur la terrasse aux villes d'Orient un caehet si original,
et convoquaiyt le peuple aux .heures de n'a rien dans sa construction ni dans sa
J|i prière. forme qui permette d'établir sur l'édi-
un grand nombre de mosqudea arabes fice auauel il appartient aucune donnée
et turques, bâties sur ce plan, subsistent chronologique.
encore dans le monde musulman. Les Les plus anciens minarets, ceux du
mosquées du Caire, celles d'Adana, de Caire, ont la forme des tours carrées di-
Xarsous, la. grande mosquée d'Alger, minuant d'étage eu étage; ceux du Ma-
^ellede Tlemoen en sont des exemples. roc et de VM^rw sont aussi des tours
Toutes sont antérieures à la prise de carrées sans aucun ornement. 11 faut
Coustantmople. Plus tard, les Arabes aller vers rOrienl pour rencontrer les
a^ant converti en édifices religieux quel- premiers minaret:i eu forme de colonne
ques églises byzantines, oi^ construisit ronde et élancée comme ceux qui ac-
4es mosquées sur le modèle de ces compagnent les mosquées de Constan-
dglises, c*e8t-à-dire que la grande salle tiuople. dette forme paraît avoir été im-
de prière fut couverte d'une coupole et portée cliez les Turcs par les architectes
le harem forma une cour en avant de persans qui eux-mêmes Tavaient imitée
l*édiAee. Dans les mosquées de cette des minarets de Tlnde. C'est, dicent Ici
époque, qui commence avec Tempiredcs Thaleb, Mahmoud le Gbaznévide qui
Seljoukiaes le pendentif n'est pas en*
, est l'inventeur de celte forme de mina-
core bien accuse. La coupole est basse ret. Les Monjzols et le prinee Djihan
et n'est pas éclairée par des fenêtres, et schah, qui bàtit a Tabnz celte magni-
lai ornements sont encore de stvle arabe. fique mosquée émaillée, Font transnoi^
On peut citer comme exemples de ce t^ en Perse, où elle est d'un ^odt gciié»
genre d'edilice quelques mosquées d'I- ral. hn effet rien n'est plus élégant que
conium, la mosquée du sultan Mourad ces colonnes surmontées d'un léger
et celledu suiian Bayazid à Broussa. kiosque, qui coupent les ligues horizon-
Chose eurienscla ville tie Constantinople tales des villes musulmanes. Cette forma
aa contient pas un seu) modéu de ce de minaret a si bien été adoptée par les
genre. Mais lorsque la capitale de l'em- Turcs qu'ils n'en ont jamais bâti que
pire byzantin tomba entre les mains sur ce modèle ; quelques minarets des
des Osuiaulis, Mahomet II, comme l'on mosquées de Tarsous et d'Adana sont
sait, convertit au oulte de rislam la ca- des imitations de ceux du Caue.
thédrale de Sainte-Sophie. Dès ce jour Telle est la règle générale qui peut
toutes les mosquées qui furent cons- permettre à Tobcpirvateur de classer au

Digitized by Google
ASIE miheum. IST

prtmier coup d*œil ua monument reli- lève à hauteur d'appui un bassin de


gieux étÊ mutulmaiii. Nous pourrions marbre alimenté par une fontaine per-
entrer dans d^autres déCaibm la forma pétoelle, et des poissons privés nagent
dé Parc et la décoration mais serait , œ avec sécurité dans cette eau limpide.
franger au sujet de ce Ijvre. Pour empéciier les oiseaux d'entrer dans
>'ous devous cependant faire ceXXfi le temnie, Th^ pétre est couvert uar une
flMBarqQe pour ceux qui Rattachent & grille de bronze. Les moraillitt on pour-
feioile des moDuAaéots orientaux « c*est tour sont percées, à hsuteur d'imposte,
que l'arc aiiiu desYurcs, n'est pas une de fenêtres qui correspondent à chaque
o^ive comme rjous l'en tendons, c'est-à- travée ; elles sont également fermées par
"

dire formée par deu^ arcà de cercle, mais des grillages. '

Rest un arc plein ccioire dont la partie La forme générale le TémUée est,
«gué est formée par deux tangentes. comme on le voit, d'une grande sim-
Il est une dernière observation a faire plicité etdénote un art tout primitif.
nir rarchitecture des Turcs, c*est q^u'ils Iji niche appelée mihrab est tournée
aot rejeté oompléteinent Tare en ter à du côté du sud -sud-est, puisque c'est
dfefal, e «bt-à'dire k èeotre surhaussé '
dans cette direetion qué se trouve la
.fai fut pratiqué par les Byzantins et Mecque.
adopté par les Arabes, parce que cette T,es mollahs parlent avec admiration
forme d arc mao'|ue de solidité. Tous de la décoration première de l'intérieur
ceux qui ont étudié les monuments de de ce temole; tous les piliers étaient,
riSpagoe et du Maroc savent oouijbien ''fiisent-lls, aorésjusqu'à l'imposte, et sur
flrtii Srme d*ar« généraleoient em- cette dorure serpentaient des arabes-
flsféa. ques entrelaçant les sura (chapitres) les
'
plus renommés du Koran. chaire à
OOIdÛO
• .
DJAMI,'
«
' '
prêcher. qu« l'on appelle ftdnnher, était
l'oeuvre o'uù sculpteur arabe très-M*
^^g^de mosquée, Oul^u Djami, est nommé. Aujourd'hui ce luxe a disparu;
ar^,sur plateau central de la ville;
le un l)adij;pon blanc recouvre tous les pi-
eUe domine tous les quartiers environ- lastres et des chiffres formés de lettres
asa^y Ct farine comme le centre de pers- mystérieuses, qui représentent les di-
HctÎTe 4n tableau pittoresque que pré- verses vertus d Allah, sont les seuls or-
sente l'ancienne capitale des Osmaulis. nements qui peuvent distraire l'oeil du
jLes mosquées sont ordinairement de- dévot musulman.
i^aées nar le nom de leur fondateur ; Deux grands minarets s'élèvent à
mm cttle-eî ayant été construite par droite et à gaucliede la porte princinale;
)|Bis sultans n*a reçu que Tappellalion ils ont la forme de colonnes eannuées;
rague de Oulon Djaini. le chapiteau est remplace par une ba-
fondée par le sultan Mou-
Elle fut lustrade a laquelle on arrive par un es-
radjl^^ coptiimee p^r fiayazid, ûls de calier intérieur. On voit encore sur la
MsuiM^ et terminée par Mohammed I*', lialustrade du minaret de droite le sjr-
MtM 4le ce dernier prince» ce qui ne phon qui, partant du penchant de TO-
les a pas empêchés de bâtir en leur lympe, amenait les eaux jusqu'à cette
propre nom troi!> mosquées qui subsis- plate-forme pour l'épancher ensuite en
tent encore. Oulou Ûjami l,bripe un gerbes dans l'intérieur du temple.
large quadrflàlèpe d'environ êent mètrea OntM la porte principale, la mosquée
de eô^, divi«6, à l'intérieur en vingt- a deui anires portas, celle qui est des-
cinq compartihîents, formés par autant tinée au sultan quand il vient faire sa
de piliers. Chacun de ces comparti- prière, et celle qui porte le nom de
ments est couvert par une coupole , à Mel^iufih Capou si ( la porte du tri-
Teiception de celui du milieu, qui reste . InimiI >^
à cieé ouvert pour donner de Pair et de
b lumière a tout l'intérieur. C'est ce qui 4| .« • «

représente, dans les anciens édifices de


«genre, i h^pètre ou harem. mi-
iiB de cette petite cour intérieure i^é-

Digitized by Google
CHAPITRE XXVIl santine. La façade a im eeitain rapport
avec celle du vieux palais à Venise.
MOtQUÉB DU SULTAN Bà.YAZlD, Au rez-de-chaussée cinq arcades ogi-
vales donnent accès a un longportiaue
La mocquée du sultan lldirim Baya- ou narthex. Des barrières de man>re
lid est située dnns le faubourg oriental sculptées à tour ferment les quatre ar-
au milieu d'un bosquet i\e cyprès et de cades latérales.
platanes ; elle est rt^marquaLle par la Le premier étaçe, .qui s'ouvre égale-
niasse de sa structure autant que par la ment sur un porti ]ue est au^si éclairé
simplicité de sa forme. Centrée est pré* par cinq grands arcs en ogive divisés
cédée d*uD vestibule couvert par une par des fenêtres géminées dont les arcs
toiture de charpente On entre ensuite sont supportés par une colonne unique.
dans une avaot-salle peu éclairée, à Le chapiteau e^tdans le godi byz.-intin;
droite et à gauche de laquelle sunt des les ornements des frises sont sculptés
cellules pour tes lampes et les différents en feuilles de viizne et de lierre qui
ustensilM de la mosquée. Il n> a qu*un rappellent tout à fait K- ciseau grec.
seul minaret d'une forme extrêmement L'intérieur de la mosquée présente
simple. une disposition uutq te en Orient. On
Celte mosquée se contruisait en arrive dans la nef par un vestibule olw-
même temps que la lorande mosquée cur; de sorte que Ton est frappé de la
impériale ; aussi les travaux furent-ils lumière qui règne dans l'intérieur. Le
souvent interrompus. Sur ces entrefaites, centre de la net est couronné par une
le sultan lui-même tomba entre les coupole surbaissée. Le vestibule d'en-
mains de Timour à la bataille d'An* trée donne par un double escalier aecèa
Sra,et Tédifioe religieux resta inaehevé. au premier étage, où sont disposées des
pendant grande nef couverte par
la cellules pour les desservants et les étu-
une coupole deux salles conti(;uës
et diants de la mosquée. Le même édifice
ont été entièrement terminées et sont sert ainsi de. temple et d'école.

consacrées an culte. Le plan de cette Le plein oeintre est employé con-


mosquée est tracé dans le style de tran- curremment avec Togive dans rintérieur
sition dont nous avons parlé, c'est-à- du monument; tout enfin y dénote on
dire que la coupole repose sur le plan rudiment de l'art byzantin.
carré de la net et n'est pas éclairée par Les historiens du temps, et notam-
des fenêtres. ment Kbatib Tchelébi, rapportent en
Près de la mosquée on a élevé le effet que le sultan Muurad employait
tombeau du sultan Bavazid. Ce monu- des ouvriers et des artistes chrétiens à
ment rappelle aussi in simplicité des la construction des nombreux monu-
premières cunstructions des Osinanlis ; ments qu'il fit élever dans sa nouvelle
il contient deux grands et deux petits capitale.
sarcophages; Pun d'eux renferme le
corps du sultan dont la destinée se ter* LJL MOSQU££ ns MOHAMMSD I*'.
mina d'une manière si lamentable.
Au pointdcToe de la perfection du tra-
MOSQUEE DE MOURAU l'*'
vail et du soin avec lequel tous les onift-
A TCUEKiAGUE. meiits sont sculptés, celte mosquée est
sans contredit la plus lemanjuahle de
Outre mosquée qui porte son nom,
la la ville et peut être citée comme un des
le sultan Mourad
fit encore bfltir dans le monuments les plus parfaits de Tart
faubourg de TcliéUirt:iié une njosquée osmaoli: mais on doit ajouter que c*est
appelée "Ghazi Unkiar Djami si (mos- une imitation des édifices de l'Inde nwh
quée du conquérant). Cet édifice diffère sulmane.
tellement par ses dispositions générales Le liarein ou l'avant-cour qui devait
et surtout par le caractère de sa façade précéder Tédifice n'a pas été achevée;
des autres monutnents des Osmanlis, elle est remplacée par un perron en
qu'on est tenté au premier abord de le marbre blanc qui conduit directement i
prendre pour une ancienne e^ise by> l'entrée.

Digitized by Google
ASIE MIREimE
LMumbni les plus variés, refouillés généralement désignée, par les htbi-
«fve UM dâieatesie sans égale, ornent tants, sotis le nom de Yechil Djaml
kt iwrailles extérieures. La porte est ( la mosquée verte ), à cause de la cou-
entourée d'une longue inscription in('lee leur verte des faïences qui l.i décorent.
d*entrelaes et de feuillages qui contient Jadis ie minaret et la coupole brillaient
le iinmiersura du Korao. Trois années aussi des couleurs de Ténieraude ; mais
entières ont été employées à la sculp- le temps et le manque d'entretien ont
ture de cette porte chaque lettre est
; effacé peu à peu cptie brillante pnrure,
en liaut relief et la plupart des carac- et là, comme dans tous les edilices mu-
tèret et des rinceans «ont entièrenieiit sulmans, la décadence et la ruine sem-
détachés du fond. blent présager à TOrient de noufellee
Une inscription qui fait partie des destinées.
ornements de cette frise rappelle en ces
termes nom du fondateur : Soltan
le CHAPITRE XXVUl.
Mohammed r^ (ils dusultaoBayaiidl*',
ils du sultan Mourad P^ TtniBBAUX us SULTANS.
L'intérieur du monument se coronose
d'une double nef couronnée par oeux Dans le quartier de l'ouest, près de la
coupoles. Les murs sont revêtus de mosquée du sultan Mourad, se trouve
faïences émaiilées qui donnent beau- l'enceinte consacrée à la sépulture des
coup dVclat et de richesse à cet en- premiers sultans osmaulis. Ce sont des
semble dont les lignes sont cependant chapelles sépulcrales construites sur un
fort simples. L'anMublement d'une plan carré , octogone ou hexagone et
mosquée ne comporte que la chaire de généralement couvertes de coupoles.
rimaiii à la.pielle «n arrive par un es- KUes sont au nombre de huit, et renfer-
lier de douze inarches ; c'est le minnber, ment les dépouilles mortelles du sultan
)• tribune du muexzin ou malifil» aorte Mourad, Mehemet Mouradi Sounni
d'estrade supportée par des colonnettes ; Mourad 1"(I389). C'est un monument
le mihrab ou niche centrale est en mar- fort simple dont la coupole, est soute-
bre rouge entourée d'une frise sculptée. nue par quatre colonnes byzantines.
Oana ehaqua moaquée turque, on re- Les mollons ehargésde la garae du tom-
marque à droite et à gauche du mihrab beau montrent encore avec or;zneil sou
deux énormes chanoeliers de bronze casque de bataille, entouréd'une mous-
supportant des cierges d'une grosseur seline en forme de turban, et dont le
et d'une hauteur exeeptionoenes. Le poids est tel que bien peu d*hommes
grtud flOÎD des imams est de conserver pourraient le conserver longtemps sur
ces cierses (tout en les allumant le la téle. seul signe extérieur qui in-
vendredi j depuis l'époque de la fonda- dique une grande bière
la sépulture est
ifoodelaniofi|uée;auaBl dès qoMla sont de marbre ouverte et remplie de terre,
brâlés jusqu'au tiers inférieur, on refond aux quatre coins de Isquelle sont placés
la cire qui reste avec d'autre cire pour quatre cierges de cire d'une hauteur
en fabriauer un nouveau cierge avant que remarquable et entretenus religieuse-
le précédent n*ait été entièrement con- ment.
sumé ; €*<8t ainsi que se perpétue I» Le sultan Mourad Gt aussi construire
flambeau qui ftit allumé parle premier un médrécé ou école avec une fondation
fondateur. pour entretenir un certain nombre de
Du sommet de la coupole pen- docteurs.
dent des chaînes de bronze qui sou- La même enceinte renferme aussi les
tlCMient des lustres de diftérentes for- cendres de Djem sultan, plus connu
mes et des œufs d'autruche rap{>ortés sous le nom de /^izim, les peintures de
par des pèlerins de la Mecque. Le lu- cette chapelle et les étendards qui déco-
minaire est des plus simples ; il consiste rent la sépulture du fils de Bayazid,
en po/lets de verre dans lesquels Pimam sont soigneusement conservés. L*autre
«titretient une mèche avec un neu sépulture, renfermée dans le m^me
d'huile. tombeau, est celle du sultan Moussa,
La mosquée de Mohaunned l*' esl qnidiipitta le trdue à son frère.
'à^ Uvraiton, 'Atis MiMSuaE }t H. 9

Dlgitized by Google
lio

Les antres chapelles sépulcrales sont CiUPIZR£ XXIX.


consacrées à Aïnisrha et i\ Gourlou,
deux GUes de Bayazid , et au suitao Mous- L'OLYMP £ DË UVSIE.
tâfa.
Dans lefond de Venceinte sont let Pour l'étranger qui arrive par mer
tomtjcaux du derviche Kaïgourlou d'une , sur les côtes de la Bithynie, le mont
princesse Mariani, fille d'un sultau et de Olympe présente le plus imposant spec-
deux filles de Moussa. Le sultau Maho- tacle. Couv ert de neige une grande par-
met II et ses successeurs sont enterrés tie de Tannée , entouré d'une ceinture
i GoDstsotliiople. de forêts sombres et séculaires, cette
montagne apparaît comme un colosse
TOVBIAir l>*08MA1f.
qui écrase le pays d'alentour ; aussi le^
Le tombeau d'Osman, appelé par les anciens n'en ont-ils jamais parlé qu'a-
Tares Daoïid HonaflHr (le monastère vee une 8orted*ediiiimtion respectueuse.
do David \ est une ancienne église Il est généralement désigné, par éeri-
grecque dédiée à saint Élie. L'édifice vains grecs et romains, sous le nom
est circulaire comme tous les monu- d'Olympe de Mysie. Du côté du nord,
ments consacres a saint Élie. La nef cen- c'est-à-dire de la mer, il se présente

trale est furmentée 4*otte eoapole aou* comme une montagne à doume som-
tenue par quatre colonneo de marbre met. Sa hauteur, qui parait considéra-
gris. Tin narthex formant galerie pré- ble, ne dépasse pas en réalité 2,235 mè-
cède la nef; toute la décoration inté- tres d'altitude absolue. Le plateau de la
rieuse consiste en revêtements de mar- ville est à 305 mètres au-dessus de la
bre gris séparés par des filets dentieii* mer. Le eommetde l'Olympe n*est qu'à
lés Uemplacementde l'autel est éelaifé 1,930 mètres au-dessus de la ville.
par trois fenêtres divisées chacune par Sur le revers sud, les acrotères de la
des meneaux de marbre gris formant monlapne torment de nombreux pla-
des petites colonnes dont les chapiteaux teaux doul l'altitude atteint jusqu'à
portent deseroix. 80a mètres; on conçoit qu'elle perde
On entre par une porte latérale ; car beaucoup de son aspect imposant, d'au-
le narthex de réélise a été converti en tant plus que ses ramifications se ratta-
salle sépulcrale renfermant les tom- chent, à l'ouest, à la chaîne de Tlda et,
beaux de princes et princesses aujour- à Test, au Katerli dagh, qui est le mont
d'haï ineonnns. Le ffrand incendie qui Ari^tbonius.
a détruit une partie de la ville, en 1804, Si l'on ne jugeait la constitution géo*
a ennsidérablement endommagé ce mo- logique de l'Olympe que par les nom-
nument. La coupole s'est écroulée et a breuses sources chaudes qui sortent de
été réparée depuis; mais aucune des ses contreforts inférieurs, on croirait
inscriptions qui faisaient connaître ces que nature Tolcanique domioe dans
la
tombeaux n'a été conservée. Il y a une sa formation il n'en est rien, et la masse
;

chapelle attenante au monastère gui de la montagne est priucipalement for-


renferme aussi les tombeaux de plu- mée de granit, de gneiss et d'autres
sieurs personnages. Elle a 8, 30 de lar- roehes à oase de feldspath. Sur cette
geur et est divisée en huit parties par masse primordiale s'appuient dee for-
huit niches circulaires qui sont sépa- mations géologiaues plus récentes; ainsi
rées par une couple de coloonettes ados- dans les vallées (Je l'ouest, on remarque
sées a la niuraille. de grands gisements de marbre blanc,
C'est dans ce tombeau qu*étaient dé- et un géologue a ebserré ce singulier
posés les symboles d'investiture du pbénomiène au sommet de la mon tau ue ;
premier sultan des Osmnrilis qui lui il a reconnu le granit recouvrant la for-

avaient été envoyés par A la-Kddin, sul- mation calcaire de marbre blanc, (je
tan d'icouium ; ils consistaient en un qui au premier coup d'œii lui narut une
tambour et un chapelet, tous deux de amNnane géologique, lui fut uentdt ei-
dimension peu ordmaires. Ces reliques pHqué par un esamen des terrains e»*
turques ont été consumées dans rineen* vironnants. Il reconnut qu'à une époqne
die de 1S04. trèfi-ancieuie, ces terrains avaient été

Digitized by Google
ASI^ iUNEURE. 181

huànmfiéÊpn quelque conimotioii son-, pourrez imaginer de quelle fertilité doi-


terraine etque le granit qui recouvrait vent ^tre les vallées, et comment les
la formation calcaire n'était autre chose forêts peuvent s'y multiplier avec une
qn^uoe niasse énorme déplacée par ce luxuriante majesté.
tuemblemeut de terre. Les vallées orien- Aussi on peut dire que peu de forêts
tales de la montagne sont en partie f>euvent être comparées à celles de TO-
granitiques et en partie composées de ympe pour la richesse des essences et
trapps, dont les formations acquièrenit la belle venue des arbres. Le chêne et
me grande étendue. Du cdté de fouest le hêtre y acquièrent des proportions
on reconnaît, surtout aux abords des inusitées ; le châtaignier y réussit moins
eaux cliaudes, des grès rouges tertiaires bien quoiqu'il se multiplie avec abon-
doot quelques-uns offrent des teintes dance. Mais le hêtre offre à chaque pas
mtcetoêléâ de veines plus pâles et qui , au voyageur qui veut s'aventurer dans
pourraient être eniployés dans les cons- ces solitudes presque impraticables des
tructions, s'ils étaient susceptibles d'ac- sujets d'une merveilleuse beauté. Ce
quérir un certain poli. En somme cette fait est très-remarquable au point de vue
masse énorme ne présente que très- de la persévérance des espèces végétales
peu de ressources comme carrière de dans les régions qui leur sont propices.
pierres à bdlir. Les pierres employées En effet il y a deux mille ans déjà que
dans la construction aes mosquées sont c'était une observation antique ou pré-
:

apportées du bord de la mer ; le sol u'of- tendait que les Mysiens qui étaient ve-
freqB*«B travertin de Qualité médiocre, nus s^établir en Bithynîe, alors terre
oui est employé pour les remplissaf||es phrygienne, avaient donné à la contrée
des murs, et il est peu d'édifices publics le nom de Mysie, parce qu'en leur lan-
pour lesuueis on n'ait emprunté le se- gue mysos signiliait un hêtre.
floundê la brique, comme ofGrant plus Parcourèns maintenant la montagne ;

de durée et sans doute plus d'économie visitons ses vallées, ses pâturages et ses .
*
%

que toutes le» pierres que produit le sauvagés habitants.


pays. Broussa étant située sur le penchant
Le marbre même qui a servi a la cons- même de l'Olympe , on ne peut sortir
truction de plusieurs mosquées n*est pas de la ville du cdté dil sud sans se trou-
tiré des vallées de l'Olympe; il est ap- ver immédiatement dans une des val-
porte de l'île de Marmara, carrière iné- lées, qui remonte presque jusnu'au som-
puisable qui a servi déjà a bâtir plusieurs met. Cependant il n'y a qu une seule
vttice et qui servira encore pendant plu- route fréquentée pour arriver au som*
sieurs siècles. metdela montagne, c'est celle de Gœuk-
La forme générale de l'Olympia se déré (le vallon céleste), qui coupe la
présente topographiquement comme un ville en deux parties du coté de l'est.
céae à base elliptique couronné par un Après être sorti de ce edté, à peine
double sommet. a-t-on fait une demi-heure de marche,
Du côté du sud, les contreforts s'a- qu'on se trouve au milieu d'un majes-
planissent pour former de vastes pla- tueux amphithéâtre de rochers caché
teaux où se réuniœent les eaux de tous par l'ombre épaisse d'arbres séculaires,
•es versants, pour former deux fleuves f>armi lesquels on distingue le noyer,
et plusieurs lacs. De ce côté, les acro- e chiîtai;;ner, le hêtre, et le chêne. Le
leres de la montagne sont beaucoup chemin serpente le long d'un ravin pro-
plus prononcés i la nature avait besoin fond et dangereux ; c'est la dépression
4e ioateiiir cette Immense masse grani- supérieure du Gœuk-déré, la vallée la
tique: ce sont autant de petites chaînes f)lus célèbre de l'Olympe celle dont
,

qui descendent du sonnnet dans la 'aspect est plus grandiose, surtout


le
plaine et forment dans leur intervalle au moment de la fonte des neiges lors-
ëse vtNéec arrosées par des cours d^eau 3 ne les torrents roulent avec les blocs
perpétuels , dont la source est dans les e granit les troncs des arbres déra-
neiges de l'Olympe. Couvrez ce sol cinés.En continuant à monter environ
vierge de l'humus des v^étaux accumu- une heure , ou arrive à un plateau ou-
Uê pendant des milliers iqe «èctes, vous vert de trob côtés , et dominé au sud

Digitized by Gopgle
ÎÈÏ L*UNlVERâ.
par uue immense muraille de rochers, nos tentes d'Europe ; les autres présen-
be oé point on peut d*an coup d*ceil tent respect des huttes des lodîm;
compter les vallé^ dePOlympe ; a droite elles sont rondes et couvertes pnr un
le Gœuk-déré ; à gauche, d:insunepro- toit bombé comme une coupole. Ces
fondt^ur incalculable, les contreforts qui dernières sont couvertes de peaux de
scteudent Jusqu'au mont Argantho- chèvres ou de vaches; elles sont par-
nius, et au loin la mer, qui forme flio- faitement closes, mais d'un transport
riiOD du tableau. difflcile. La muraille est faite d'un treil-
lis de roseaux qui se replie sur lui-
CUAPiTKE XXX. même et se roule ; la calotte est d'un
grand embarras pour les changements
IBS nOMADBS DB L'OLYMM. de yaëla ; elle s^emporte tout d'uue pièce.
La première station que l'on fait sur
CVsi sur ce plateau que commencent le plateau de l'Olympe a lieu chez le
des Turcomaus ap-
les habitatious d'été kehaya ou chef dès Turcomans ; il est
pelées yaéla. Le yaëla Joue un grand là au centre de ses administrés, qui oc-
rôle dans la vie aea nomades d'Asie.; cupent les différents versans de b mon-
chaque tribu a sa demeure d'été déter- tapne. ('linque yncla se compose d'une
inince, et aucune autre ne viendrait l'en vingtaine de familles, qui ont leurs
déposséder. Ce sont des pâturages placés troupeaux «n commun. Le chef de tous
sur les versants des montagnes, dans ces nomades, qui porte le titre de Yurok
des endroits frais et liien arrosés. Cha- Ariia-si çragha des nomades), fait sa ré-
cun s'y bâtit une hutte, ou y dresse une sidence à Muhalitch, où il vit entouré de
tente. I/hiver on descend dans les ré* ses rustiq ues courtisans.
gions chaudes, ou guermesir. Chacuu Ces nomades habitent la région
eultive un petit ooin de terre et fait moyenne de la montagne depuis les fo-
paître ses troupeaux. Nous avons vu rêts de hêtres jusqu*à la région des sa-
dans diverses régions de l'Asie un bien pins. Ils s'élèvent rarement au-dessiw
grand nombre de ces tribus turcomanes, de ce niveau quoique la montagne soit
et nous pouvons affirmer que partout couverte d'un gazon fin comme le ve-
nous avons trouvé l'aisance et le con- lours ; ces pâturages ne paraissent paa
tentement. Aussi quelle sérénité sur convenir à leurs troupeaux. C^tte popu-
ces visages, quel accueil synipatiquc est lation, qui anime le paysaj-e pittoresque
fait a l'étranger qui arrive. Ils ne con- et sauvage de l'Olympe , ne laisse pas
naissent d*atttre autorité que celle de Î|ue de causer des dégâts notables que
leur Ak-sakaI (barbe blanche) ou an- 'mcurie du gouvernement de Brouan
cien; ils payent très-peu de cliose au ne songe pas a empêcher. L'exploitation
gouvernemeul, et l'on peut dire que pas des bois se fait sans aucune méthode,
un d'entre eux ne changerait sa tente et pour abattre un arbre les bûcherons
pour la plus belle habitation de la ville. en détruisent plus de dix. Quant aux
Ces tribus turcomanes sonttrte respec- nomades, comme ils jouissent du droit
tées des Turcs des villes, parce qu'elles d'usage, de pacage, d'abattage sans
sortent de la noble souche de la tribu aucune restriction , on les voit couper à
du moutou noir, dout faisaient partie les plaisir les plus beaux troncs pour en
princes seidjoukides* tandis uue les tirer un profit minime; de plus cette
TuresOsmanlis sont de la tribu du mou- habitude, invétérée chez la plupart des
ton blanc, qui fut longtemps feudataire montatînards non-seulement de la Tur-
des Seidjoukides. quie mais du monde entier, d'incendier
Les y ouroukb, c est a-dire Turcomans les jeunes plants pour récolter du gazon
nomades, se construisent au yaâa des Tannée suivante, feit qu^ine partie
cabanes de bois et de branchages. Cest notable des forêts de l'Olympe a subi
ce que les Ali^ériens appellent des jîour- l'épreuve du feu, et alors les arbres qui
bis; ils ont aussi deux sortes de tentes, ont été sauvés végètent rabougris et
les unes eu laine noire, faites de poil de chétils. Les troncs carbonisés, au con-
chèvre ou de laine de mouton ; œlle-d traire, résisient i tout agent naturel de
se plante au moyen de piqueta comme destraetknit et l'on ptieourt de

Digiii/eu by LiOOgle
ASIE mUEUEE. Itt
opte» «wmU de «h pleox noin et en liberté; etr on peut Mtonent arri-
iftiarbonnés qui ont un aspect logulnre. ver i cheval jusqu'à cette hauteur. Des
L'exploitation régulière des hois se broussailles de pin et de genévrier (jue
fait dtt- préférence sur les pentes orien- les guides ont appoitées servent à allu-
taiesde roivmpe, qui sont moins abrup- mer le feu où se prépare le repas cham-
kt« et où les transports sont rdative- pêtre qui doit précéder Fascension. Il
eat plus faciles ; mais qudle iadustrie ne faut pas plus d'une heure pour arri-
primitive ! Des chars dont les roors sont ver au sommet, et si l'on a été favorisé
des ais mal joints, et a peine arrondis, par un ciel serein, la majesté du spec-
crieot sur des essieux de bois auxquels tacle qui se déroule aux regards suffit
tMBt un tiofKMi d*iiDe longueur déroeso- pour nire oublier les fatigues de la jour-
lée. Dix à doua paires de boeuft ttieot née. Une grande pariu de la carte de
avec lenteur une bille de lustre qui de- l'Asie Mineure se deNeioppe sous les
mande cinq ou six jours pour être des- yeux du spectateur; la vue s'étend au
o»idue dans le pays plat. Les fondiiè- sud jusi|u aux vallées supérieures du
MB formées ptr les roues et les pieds Rbyndacus, à Touest jusqu'à la Troade,
des animaux arrêtent joUmeltement la