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VICTOR HUGO

NOTRE-DAME DE PARIS (1831)


IV Mariage de Quasimodo (c’est la dernière page du roman)
[…]
Quant à la mystérieuse disparition de Quasimodo, voici tout ce que nous avons pu découvrir.
Deux ans environ ou dix-huit mois après les événements qui terminent cette histoire, quand on vint
rechercher dans la cave de Montfaucon le cadavre d'Olivier le Daim, qui avait été pendu deux jours
auparavant, et à qui Charles VIII accordait la grâce d'être enterré à Saint-Laurent en meilleure
compagnie, on trouva parmi toutes ces carcasses hideuses deux squelettes dont l'un tenait
l'autre singulièrement embrassé. L'un de ces deux squelettes, qui était celui d'une femme, avait
encore quelques lambeaux de robe d'une étoffe qui avait été blanche, et on voyait autour de son cou
un collier de grains d'adrézarach avec un petit sachet de soie, orné de verroterie verte, qui était
ouvert et vide. Ces objets avaient si peu de valeur que le bourreau sans doute n'en avait pas voulu.
L'autre, qui tenait celui-ci étroitement embrassé, était un squelette d'homme. On remarqua qu'il
avait la colonne vertébrale déviée, la tête dans les omoplates, et une jambe plus courte que l'autre. Il
n'avait d'ailleurs aucune rupture de vertèbre à la nuque, et il était évident qu'il n'avait pas été pendu.
L'homme auquel il avait appartenu était donc venu là, et il y était mort. Quand on voulut le détacher
du squelette qu'il embrassait, il tomba en poussière.
Traduction : Quanto alla misteriosa scomparsa di Quasimodo, ecco quel che siamo riusciti a
saperne.
Circa due anni o diciotto mesi dopo gli avvenimenti coi quali si è conclusa questa storia, essendo
andati a cercare nel sotterraneo di Montfaucon il cadavere di Olivier le Daini, che era stato
impiccato due giorni prima, e al quale Carlo VIII concedeva la grazia di essere sepolto in Saint-
Laurent in miglior compagnia, furono trovati, fra tutte quelle ripugnanti carcasse, due scheletri di
cui uno teneva stranamente abbracciato l'altro. Uno di quei due scheletri, che era di una donna,
aveva ancora qualche brandello di veste di una stoffa che era stata bianca, e le si scorgeva intorno al
collo una collana di grani turchini, con un sacchetto di seta, ornato di pedine di vetro verdi, aperto e
vuoto. Erano oggetti di così infimo valore, che certo il boia non aveva voluto saperne. L'altro
scheletro, che teneva il primo strettamente abbracciato, era di un uomo. Si notò che aveva la
colonna vertebrale deviata, la testa fra le scapole, e una gamba più corta dell'altra. Quello scheletro,
però, non presentava nessuna traccia di rottura di vertebre alla nuca, dal che risultava evidente che
non era stato impiccato. L'uomo al quale era appartenuto, dunque, era entrato là dentro da sé, e vi
era rimasto. Quando fecero per staccarlo dallo scheletro che abbracciava, si polverizzò.
COMMENTAIRE
Dans les pages finales de Notre-Dame de Paris, Victor Hugo nous donne la sensation que l’histoire
est bien réelle : « voici ce que nous avons pu découvrir. » Et à partir de là l’auteur nous raconte la
découverte de deux cadavres à la cave de Montfaucon, lieu destiné à déposer les cadavres des
personnes qu’on venait d’exécuter, environ deux ans après les événements. Hugo décrit les deux
cadavres enlacés l’un à l’autre. Il n’indique pas le nom des personnages, mais on comprend que les
objets portés par l’un appartiennent à Esméralda et que l’aspect difforme du corps de l’autre
appartient à Quasimodo.
« L'homme [… ] était donc venu là, et il y était mort. » : Quasimodo s’est donc laissé mourir de
faim et de soif sur le cadavre d’Esméralda : un suicide déterminé par la mort de la jeune femme par
exécution, femme envers laquelle il éprouvait de la gratitude et en quelque sorte de l’amour.
Ils tombent en poussière quand on tente de les séparer.
Encore une fois Victor Hugo réussit à mêler des éléments contrastants : l’aspect macabre de la
découverte des deux cadavres avec l’aspect sublime représenté par la vision des corps des deux
protagonistes qui maintenant sont unis pour l’éternité et trouveront la paix seulement dans l’au-delà.
Mais une question s’impose : Esméralda aurait-elle voulu ce « mariage » avec Quasimodo ? (L. D.)