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Les Koguis, gardiens de notre planète

À la fin du XVIIe siècle, après soixante-quinze années d’affrontements avec les conquistadores espagnols, les Koguis
ont décidé de se retirer du monde “civilisé.”

Aujourd’hui, ils n’ont plus rien à craindre des Espagnols, mais leur vie n’est guère plus facile et leur civilisation semble
être condamnée à s’éteindre. Menacés par différents groupes de guérilleros qui sévissent en Colombie, les
narcotrafiquants, les pilleurs de tombes et même les paysans sans terre qui s’installent sur leur territoire, ils n’ont
cessé de fuir toujours plus haut, dans les vallées de Sierra Nevada ou leur survie devient de plus en plus difficile.

Au XVIIe siècle, il y avait environ 500 000 Koguis. Aujourd’hui, on n’en dénombre pas plus de 25 000. Pour eux, la
Sierra Nevada représente le centre du monde. C’est la Terre mère qui leur a transmis le code moral et spirituel qui
régit leur vie sur la Terre. Peuple de sages, les Koguis pratiquent une vie spirituelle intense. Leurs enfants sont initiés
très tôt aux mystères de leur religion, en pratiquant des rites qui leur apprennent qu’ils ne sont qu’un élément parmi
d’autres dans la nature.

Les Koguis considèrent que les hommes ne sont pas propriétaires de la Terre, mais que c’est la Terre qui les possède
et qui prend soin d’eux. Au centre de cet univers spirituel se trouvent les Mamus, prêtres et philosophes, qui veillent à
l’ordre spirituel de la communauté. À l’écoute des phénomènes naturels, ce sont eux qui président les cérémonies et
les rites de leur village, destinés à évoquer les ancêtres ou à remercier le dieu du Bien.

Si les Koguis verraient à disparaître, nous perdrions avec eux un exemple de sagesse particulièrement précieux pour
notre époque. Après toutes les erreurs commises à l’encontre des éléments, nous nous voyons en effet contraints, à
l’aube de ce nouveau siècle de reconsidérer le rapport entre l'économie et la sauvegarde de la nature.

Dans les conditions du monde moderne, la tribu des Koguis


A. mène une guerre perpétuelle et sans merci contre l’univers <<civilisé>>.
B. n’a plus aucune raison valable de craindre son entourage le plus proche.
C. continue à être l’objet des persécutions violentes des conquérants espagnols.
D. est forcé de se replier sur elle-même en abandonnant les terres de ses ancêtres.

La vision du monde des Koguis est basée sur la croyance selon laquelle
A. les humains ont la Terre en leur complete et definitive possession.
B. les lois gouvernant les rapports entre les humains sont dictées par la Terre.
C. les enfants, plus proches de la nature, en comprennent mieux les mystères.
D. la nature attribués aux humains une place privilégiée et unique dans l’univers.

Dans la civilisation des Koguis, le pouvoir des Mamus


A. est d’ordre éthique et assure la santé et l'intégrité morales de la communauté.
B. est cantonné aux arts divinatoires et à l'interprétation des phénomènes naturels.
C. est purement administratif et se réduit à l’organisation des cérémonies du village.
D. s'étend à la gestion de tous les aspects de la vie quotidienne dans la communauté.

L'extinction de la tribu des Koguis aurait pour conséquences


A. des problèmes écologiques considérables dans la région de la Sierra Nevada.
B. la dégradation des conditions de vie des autres peuples indigènes en Colombie.
C. la disparition irrémédiable d’un mode de vie basé sur l’harmonie avec la natures.
D. des difficultés économiques importantes pour le reste de la population de la région.