Vous êtes sur la page 1sur 356

Introduction

La Constitution ivoirienne dispose en son article 19 que « le droit à un environnement sain est reconnu à tous », et en son article 28 que « la protection de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour la communauté et pour chaque personne physique ou morale ».

C’est ainsi que le législateur, ayant pris conscience du droit inaliénable de chaque citoyen ivoirien à un environnement sain, a adopté le 3 octobre 1996 le Code de l’Environnement. Depuis cette date, plusieurs textes législatifs et réglementaires ont été adoptés d’une part dans le domaine de l’environnement et d’autre part dans d’autres domaines ayant une interaction avec l’environnement.

Mais, force est de reconnaître qu’il n’existait à ce jour aucun document qui rassemble ces différents textes pour en faciliter leur usage et contribuer à la préservation de notre environnement.

Aussi, est-il paru nécessaire d’élaborer cet ouvrage pour palier à cette insuffisance, d’en faire une large diffusion, avec pour objectif de permettre une connaissance plus complète du droit de l’environnement dans notre pays.

J’espère que les lecteurs de cet ouvrage en feront un bon usage pour un environnement sain pour tous dans le souci du développement durable de la Côte d’Ivoire.

Tel est en tout cas mon vœu le plus cher.

Docteur AHIZI Aka Daniel Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts

Avertissement

Le présent ouvrage est organisé de la façon suivante :

Une introduction qui offre le mot du Docteur AHIZI Aka Daniel, Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts.

L’avertissement qui énonce les différentes parties de l’ouvrage à savoir :

Première partie : Textes législatives et réglementaires relatifs à la protection de l’environnement. Dans cette partie, à chaque loi sont rapportés tous les décrets et arrêtés s’y rattachant.

Deuxième partie : Textes législatives et règlementaires dans les domaines ayant une interaction avec l’environnement

Troisième partie : Conventions ratifiées par la Côte d’Ivoire.

Table des matières

Première partie

6

Loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de l’Environnement

7

Décret n° 97-393 du 9 juillet 1997 portant création et organisation d’un établissement public à caractère

administratif dénommé Agence Nationale de l’Environnement (ANDE)

31

Arrêté n°445/MINEME/CAB du 24 mars 2004, portant intégration du Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental (BEIE) à l’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE)

37

Décret n° 96-894 du 08 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études

relatives à l’impact environnemental des projets de développement

39

Arrêté n°00972 du 14 novembre 2007, relatif à l’application du décret n°96-894 du 8 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact environnemental des projets de développement

52

Décret n° 2005-03 du 6 janvier 2005 portant Audit

61

Arrêté n°00973 du 14 novembre 2007 relatif à l’application du n° 2005 -03 du 6 janvier 2005 portant

audit

Décret n° 97-678 du 3 décembre 1997 portant sur la protection de l’environnement marin et lagunaire

environnemental 67

contre la pollution

 

83

Décret

98-19

du

14

janvier

1998

portant

création

et

organisation

du

Fonds

National

de

l’Environnement, en abrégé «F.N.D.E»

 

88

Décret

98-43

du

28

janvier

1998

relatif

aux

installations

classées

pour

la

protection

de

l’environnement

 

92

Décret n° 91-662 du 9 octobre 1991, portant création d’un établissement public à caractère

administrative (EPA), dénommé « Centre Ivoirien Antipollution » (CIAPOL) et déterminant ses

attributions, son organisation et son fonctionnement

100

Arrêté n° 044/MINEME/IG du 24 mars 2004 portant intégration du Service de l’Inspection des Installations Classées (SIIC), au Centre Ivoirien Anti-Pollution (CIAPOL)

115

Arrêté n° 205 /MINEME/IG/ du 19 octobre 2005 portant mise en place, composition et mission de la cellule d’élaboration du plan programme de la dépollution, de l’aménagement et d’exploitation de l’espace lagunaire

117

Arrêté n° 206 /MINEME/IG/ du 19 octobre 2005, portant nomination des membres de la cellule d’élaboration du plan programme de la dépollution, de l’aménagement et d’exploitation de l’espace lagunaire

119

Loi n° 88-651 du 07 juillet 1988 portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les

effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances nocives

121

Loi n° 2002-102 du 11 février 2002, relative à la création, à la gestion et au financement des parcs nationaux et des réserves naturelles

123

Décret n° 2002-359 du 24 juillet 2002, portant création, organisation et fonctionnement de l’Office

147

Ivoirien des Parcs et Réserves

2ème Partie

163

Loi n° 2003-208 du 7 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux Collectivités Territoriales (En matière de protection de l’environnement et de gestion des ressources naturelles):

164

Loi n° du 19 portant Code Pétrolier

170

Loi n° 95-553 du 18 juillet 1995 portant Code Minier

195

Loi n° 98-755 du 23 décembre 1998 portant Code de l’Eau

222

Loi n o 65-425 du 20 décembre 1965 portant Code Forestier

247

Décret N° 66-122 du 31 mars 1966, déterminant les essences forestières, dites protégées

258

Décret n° 66-428 du 15 septembre 1966 fixant les procédures de classement et de déclassement des

260

forets domaniales

Décret n o 66-421 du 15 septembre 1966 réglementant l’exploitation des bois d’œuvre et d’ébénisterie,

de service, de feu et a charbon

264

Annexe

269

Arrêté n o 1399 du 4 novembre 1966 fixant les modalités d’application du décret n° 66-421 du 15 septembre 1966, réglementant l’exploitation des bois d’œuvre et d’ébénisterie, de service, de feu et à

charbon

273

Décret n o 66-50 du 8 mars 1966 réglementant la profession d’exploitant forestier

281

Décret no 66-420 du 15 septembre 1966 portant réglementation des industries du bois

283

Arrête n° 1577 du 5 décembre 1966 fixant les modalités d’application du décret n° 66-420 du 15 septembre 1966, portant réglementation des industries du bois

285

Arrêté n° 243 du 1 mars 1967 rectifiant l’Arrêté n°1577 du 5 décembre 1966, fixant les modalités d’application du Décret n° 66-420 du 15 septembre 1966, portant réglementation des industries du bois

287

Décret n° 67-576 du 15 décembre 1967 réglementant la profession d’exploitant de bois ou de

produits ligneux

Arrêté interministériel n° 5085-AEF du 24 janvier 1968 portant application des dispositions du décret n°

288

67-576 du 15 décembre 1967, réglementant la profession d’exportateur de bois

290

Décret n° 66-52 du 8 mars 1966 fixant les modalités de mise a feu autorisées

292

Décret n° 66-362 du 17 novembre 1966 fixant les modalités de représentation de l’administration devant les tribunaux répressifs et la procédure des transactions en matières forestières

293

Décret n° 66-427 du 15 septembre 1966 portant répartition du produit net des amendes confiscations

restrictions dommages intérêts contraintes et transactions en matière de police forestière

295

Annexes au Décret n° 67-522 du 28 novembre 1967 portant suspension d’attributions de permis

297

d’exploitation forestière

Ordonnance n° 66-626 du 31 décembre 1966 portant fixation du montant des redevances forestières en

matière d’exportation des bois d’œuvre et d’ébénisterie et instituant une taxe de reboisement

298

Décret n°93-2006 du 3 février 1993, portant transformation de la SODEFOR en Société d’Etat

301

Statuts de la Société de Développement des Forets (SODEFOR)

302

Loi n° 65-255 du 4 août 1965 relative a la protection de la faune et à l’exercice de la chasse

308

Décret n° 66-424 du 15 septembre 1966 relatif a la licence de guide de chasse

Décret n° 66-425 du 15 septembre 1966 réglementant le trafic, la circulation, l’importation, l’exploitation

333

Décret n° 66-433 du 15 septembre 1966 portant statut et réglementation de la procédure de classement

des trophées d’animaux protégés et spectaculaires et de leurs dépouilles

328

des reserves naturelles, intégrales ou partielles et des parcs nationaux

Arrêté n° 1712 AGRI/EFC du 29 décembre 1966 fixant les conditions d’élimination ou d’éloignement

335

des animaux nuisibles

339

Arrêté n° 621 AGRI/EFC du 29 mai 1967 réglementant la destruction des produits de la chasse

341

Arrêté n° 1068 du 29 septembre 1967 réglementant la chasse des crocodiles et varans dans un but commercial

342

Arrêté n° 1069 du 29 décembre 1967 réglementant la détention des animaux vivants par des particuliers

343

Arrêté n o 68 du 23 janvier 1967 fixant les tarifs et redevances en matière de chasse et de capture des

animaux

345

Arrêté n o 15 SEPN / SEB du 26 décembre 1972 portant modification de l’Arrêté n° 68 du 23 janvier 1967 fixant les tarifs des taxes et redevances en matière de chasse et de capture des animaux sauvages

347

Ordonnance n° 2007–586 du 04 octobre 2007 abrogeant certaines dispositions de la loi n°2003-208 du 07 juillet 2003 portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux Collectivités Territoriales.349

Arrêté n°060 du 11 octobre 2007, portant ouverture des activités relatives à la salubrité et la gestion des ordures ménagères et des déchets urbains par « l’Agence Nationale de la Salubrité urbaine »

(ANASUR)

351

Troisième partie

353

Les Conventions auxquelles la Côte d’Ivoire est Partie

354

Première partie

La première partie est consacrée aux textes législatifs et réglementaires relatifs à la protection de l’environnement.

Loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de l’Environnement

LASSEMBLEE NATIONALE A ADOPTE.

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE PROMULGUE LA LOI DONT LA TENEUR SUIT :

TITRE I : DEFINITIONS, OBJECTIF ET DOMAINE D’APPLICATION

CHAPITRE I : DEFINITIONS

Article 1 er : Aux termes de la présente loi :

L’environnement est l’ensemble des éléments physiques, chimiques, biologiques et des facteurs socio économiques, moraux et intellectuels susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect, immédiat ou à terme sur le développement du milieu, des êtres vivants et des activités humaines.

L’environnement humain concerne le cadre de vie et l’aménagement du territoire.

L’environnement naturel comprend :

le sol et le sous-sol ;

les ressources en eau ;

l’air ;

la diversité biologique ;

les paysages, sites et monuments

Les ressources en eau comprennent les eaux intérieures de surface et les eaux souterraines.

L’air est la couche atmosphérique dont la modification physique, chimique ou autre peut porter atteinte à la santé des êtres vivants, aux écosystèmes et à l’environnement en général.

Le paysage est une portion du territoire dont les divers éléments forment un ensemble pittoresque par la disposition de ses composants ou les contours de ses formes ou l’effet de ses couleurs.

Le site est une portion de paysage particularisée par sa situation géographique et/ou son histoire.

Le monument naturel est un élément ou un groupe d’éléments dus à la nature tels que rochers, arbres, sources, bouleversements du sol, accidents géologiques ou autres qui, séparément ou ensemble, forment un panorama digne d’attention.

L’écosystème est un ensemble structuré qui englobe en une seule et même unité fonctionnelle le biotope et la biocénose.

Le biotope est l’aire géographique où l’ensemble des facteurs physiques et chimiques de l’environnement reste sensiblement constant.

La biocénose est l’ensemble des végétaux et animaux qui vivent dans les mêmes conditions de milieu et dans un espace donné de dimensions variables.

L’écologie est l’étude des milieux ou vivent, se reproduisent et meurent les êtres vivants ainsi que des rapports de ces êtres avec le milieu et leur protection contre toute pollution.

La diversité biologique est la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont il fait partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes.

La pollution est la contamination ou la modification directe ou indirecte de l’environnement provoquée par tout acte susceptible :

d’altérer le milieu de vie de l’homme et des autres espèces vivantes ;

de nuire à la santé, au bien-être de l’homme, de la flore et de la faune ou aux biens collectifs et individuels.

La pollution des eaux est l’introduction dans le milieu aquatique de toute substance susceptible de modifier les caractéristiques physiques, chimiques et/ou biologiques de l’eau et de créer des risques pour la santé de l’homme, de nuire à la faune et à la flore terrestre et aquatique, de porter atteinte à l’agrément des sites ou de gêner toute utilisation rationnelle des eaux.

La pollution atmosphérique ou pollution de l’air est l’émission volontaire ou accidentelle dans la couche atmosphérique de gaz, de fumée ou de substances de nature à créer des nuisances pour les êtres vivants, à compromettre leur santé ou la sécurité publique ou nuire à la production agricole, à la conservation des édifices ou au caractère des sites et paysages.

Pollution transfrontalière est la pollution qui a son origine dans un pays et dont les effets se propagent dans d’autres pays.

Les aires protégées sont les zones spécialement consacrées à la préservation de la diversité biologique et des ressources naturelles qui y sont associées.

Les zones maritimes comprennent : les eaux archipélagiques, la mer territoriale, la zone économique exclusive, le plateau continental ainsi que le rivage de la mer, les fonds marins et le sous-sol correspondant.

L’établissement humain comprend l’ensemble des agglomérations urbaines et rurales, des infrastructures et équipements dont elles doivent disposer pour assurer à leurs habitants un cadre de vie agréable et une existence saine, harmonieuse et équilibrée.

Les hydrocarbures sont des substances énergétiques, fluides (liquides ou gazeuses).

La nuisance est toute atteinte à la santé des êtres vivants, de leur fait ou non, par l’émission de bruits, de lumière, d’odeurs etc.

Les déchets sont des produits solides, liquides ou gazeux, résultant des activités des ménages, d’un processus de fabrication ou tout bien meuble ou immeuble abandonné ou qui menace ruine.

Les déchets dangereux sont des produits solides, liquides ou gazeux, qui représentent une menace sérieuse ou des risques particuliers, pour la santé, la sécurité des êtres vivants et la qualité de l’environnement.

Les matières fertilisantes sont les engrais, les amendements et tout produit dont l’emploi, contribue à améliorer la productivité agricole.

Les risques naturels sont les catastrophes et calamités naturelles qui peuvent avoir des effets imprévisibles sur l’environnement et la santé.

L’accident majeur est défini comme un événement tel qu’une émission de substances dangereuses, un incendie, une explosion résultant d’un développement incontrôlé d’une activité industrielle, agricole ou domestique.

Les plans d’urgence se définissent comme l’organisation rapide et rationnelle, sous la responsabilité d’une autorité déterminée, des moyens de toute nature pour faire face à une situation d’une extrême gravité.

Les feux de brousse sont des feux allumés volontairement ou non quelle qu’en soit l’ampleur, causant des dommages à l’homme et à ses biens, à la flore et à la faune.

La désertification désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches par suite de divers facteurs parmi lesquels les variations climatiques et les activités humaines. La pêche consiste en capture, l’extraction ou la récolte de poissons, cétacés, chéloniens végétaux, planctons ou animaux vertébrés ou invertébrés vivant partiellement ou complètement dans le milieu aquatique.

La chasse consiste en tout acte tendant à :

- Blesser ou tuer s’approprier ou non de tout ou partie de sa dépouille, un animal en liberté dans son milieu naturel au ses des textes législatifs et réglementaires en vigueur ;

- Détruire les œufs des oiseaux et des reptiles.

La capture consiste en tout acte en tendant à :

- Priver de sa liberté, un animal sauvage ;

- Récolter et retirer hors de leur lieu naturel d’éclosion, les œufs des oiseaux ou des reptiles.

L’étude d’impact environnemental est un rapport d’évaluation de l’impact probable d’une activité envisagée sur l’environnement.

Le Bureau d’Etude environnemental est un service à la disposition de l’autorité nationale compétente chargé d’examiner les études d’impact.

L’audit environnemental est une procédure d’évaluation et de contrôle des actions de protection de l’environnement.

L’autorité nationale compétente est une entité unique ou un groupement d’entités dont les compétences sont définies par décret.

L’association de Défense de l’Environnement est l’organisme par lequel deux ou plusieurs personnes mettent en commun leurs connaissances ou leurs activités en vue de concourir à la défense de l’environnement.

CHAPITRE II : OBJECTIFS

Article 2 : Le présent code vise à :

protéger les sols, sous-sols, sites, paysages et monuments nationaux, les formations végétales, la faune et la flore et particulièrement les domaines classés, les parcs nationaux et réserves existantes ;

établir les principes fondamentaux destinés à gérer, à protéger l’environnement contre toutes les formes de dégradation afin de valoriser les ressources naturelles, de lutter contre toutes sortes de pollutions et nuisances ;

améliorer les conditions de vie des différents types de population dans le respect de l’équilibre avec le milieu ambiant ;

créer les conditions d’une utilisation rationnelle et durable des ressources naturelles pour les générations présentes et futures ;

garantir à tous les citoyens, un cadre de vie écologiquement sain et équilibré ;

veiller à la restauration des milieux endommagés.

CHAPITRE III : DOMAINE D’APPLICATION

Article 3 :

La présente loi ne fait pas obstacle à l’application des dispositions législatives et réglementaires concernant l’urbanisme et les constructions, la santé, l’hygiène, la sécurité et la tranquillité publique, la protection des écosystèmes et d’une manière générale à l’exercice des pouvoirs de police.

Article 4 :

La présente loi ne s’applique pas aux activités militaires et aux situations de guerre. Toutefois, les auteurs de telles activités sont tenus de prendre en compte les préoccupations de protection de l’environnement.

Article 5 :

La présente loi s’applique à toutes les formes de pollution telles que définies à l’article 1 er du présent code et susceptibles de provoquer une altération de la composition et de la consistance de la couche atmosphérique avec des conséquences dommageable pour la santé des êtres vivants, la production, les biens et l’équilibre es écosystèmes.

Article 6 :

Sont soumis aux dispositions de la présente loi ;

les installations classées telles que définies dans leur nomenclature : les usines, dépôts, mines, chantiers, carrières, stockages souterrains ou en surface, magasins et ateliers ;

les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients, soit pour la commodité, soit pour la santé, la sécurité et la salubrité publique ;

les déversements, écoulements, rejets et dépôts susceptibles de provoquer ou d’accroître la dégradation du milieu récepteur.

Article 7 :

Sont visés, aux termes de la présente loi, les différents types d’énergie suivants :

l’énergie solaire ;

l’énergie de biomasse ;

l’énergie éolienne ;

l’énergie géothermique ;

l’énergie hydro-électrique ;

l’énergie thermique ;

l’énergie nucléaire.

Article 8 :

Aux termes de la présente loi, sont visées les substances ou combinaisons de substances fabriquées ou à l’état naturel susceptibles, en raison de leur caractère toxique, radioactif, corrosif ou nocif de constituer un danger pour la santé des personnes, la conservation des sols et sous-sol, des eaux, de la faune et de la flore, de l’environnement en général, lorsqu’elles sont utilisées ou évacuées dans le milieu naturel.

Article 9 :

Est visée par la présente loi, l’utilisation de techniques publicitaires agressives. Nul ne peut faire de la publicité sur un immeuble sans l’autorisation du propriétaire ou des autorités compétentes dans les conditions fixées par décret.

TITRE II : L’ENVIRONNEMENT

CHAPITRE I : L’ENVIRONNEMENT NATUREL

SECTION I : LE SOL ET LE SOUS-SOL

Article 10 :

Le sol et le sous-sol constituent des ressources naturelles à préserver de toutes formes de dégradation

et dont il importe de promouvoir l’utilisation durable.

L’usage du sol et du sous-sol doit être fait en respectant les intérêts collectifs attachés à leur préservation.

A ce titre, le droit de propriété doit être exercé sans qu’il nuise à l’intérêt général. Les statuts du sol

doivent établir les droits et obligations du titulaire vis-à-vis d’une protection du sol.

Article 11 :

Les sols doivent être affectés à des usages conformes à leur vocation. L’utilisation d’espace pour des usages non réversibles doit être limitée et la plus rationnelle possible.

Article 12 :

Tout projet d’aménagement et d’affectation du sol à des fins agricoles, industrielles ou urbaines, tout projet de recherche ou d’exploitation des matières premières du sous-sol sont soumis à autorisation préalable dans les conditions fixées par décret.

SECTION II : LES RESSOURCES EN EAU ET LES EAUX MARITIMES

Article 13 :

Les points de prélèvement de l’eau destinée à la consommation humaine, doivent être entourés d’un périmètre de protection prévu à l’article 51 du présent code.

Toute activité susceptible de nuire à la qualité des eaux est interdite ou peut être réglementée à l’intérieur des périmètres de protection.

Article 14 :

La gestion de l’eau peut être concédée. Le concessionnaire est responsable de la qualité de l’eau distribuée conformément aux normes en vigueur.

Article 15 :

Les occupants d’un basin versant et/ou les utilisateurs de l’eau peuvent se constituer en association pour la protection du milieu.

SECTION III : LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

Article 16 :

L’introduction, l’importation et l’exportation de toute espèce animale ou végétale sont soumises à autorisation préalable dans les conditions fixées par décret.

Article 17 :

En dehors de la chasse traditionnelle ou des cas prévus par les articles 99 et 103 du Code Pénal relatifs à la légitime défense et à l’état de nécessité, toutes formes de chasse sont soumises à l’obtention d’un permis de chasse.

Article 18 :

Toutes les formes de pêche relèvent de l’autorité nationale compétente :

la pêche artisanale doit être exercée dans le respect de la réglementation en tenant compte d’une bonne gestion de l’environnement ;

la pêche industrielle requiert pour son exercice, l’obtention d’une licence délivrée par l’autorité administrative compétente.

Article 19 :

La vente, l’échange, la commercialisation de la viande de chasse sont réglementés.

SECTION IV : L’AIR

Article 20 :

Les immeubles, les installations classées, les véhicules et engins à moteur, les activités industrielles, commerciales, artisanales ou agricoles, détenues ou exercées par toute personne physique ou morale doivent être conçus et exploités conformément aux normes techniques en vigueur en matière de préservation de l’atmosphère.

CHAPITRE II : L’ENVIRONNEMENT HUMAIN

Article 21 :

Les plans d’aménagement du territoire, les schémas directeurs, les plans d’urbanisme et autres documents d’urbanisme doivent prendre en compte les impératifs de protection de l’environnement dans le choix, l’emplacement et la réalisation des zones d’activités économique, industrielle, de résidence et de loisirs.

Article 22 :

L’autorité compétente, aux termes des règlements en vigueur, peut refuser le permis de construire si les constructions sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l’intégrité des lieux avoisinants.

Article 23 :

Aucun travail public ou privé dans le périmètre auquel s’applique un plan ne peut être réalisé que s’il est compatible avec ce dernier, et s’il prend en considération les dispositions d’ordre environnemental, prévues par les textes en vigueur.

Article 24 :

Les travaux de construction d’ouvrages publics tels que routes, barrages, peuvent être soumis à une étude d’impact environnemental.

Article 25 :

Les caractéristiques des eaux résiduaires rejetées doivent permettre aux milieux récepteurs de satisfaire aux objectifs qui leur sont assignés. Le déversement des eaux résiduaires dans le réseau d’assainissement public ne doit nuire ni à la conservation des ouvrages ni à la gestion de ces réseaux.

Article 26 :

Tous les déchets, notamment les déchets hospitaliers et dangereux, doivent être collectés, traités et éliminés de manière écologiquement rationnelle afin de prévenir, supprimer ou réduire leurs effets nocifs sur la santé de l’homme, sur les ressources naturelles, sur la faune et la flore et sur la qualité de l’Environnement.

Article 27 :

L’enfouissement dans le sol et le sous-sol de déchets non toxiques ne peut être opéré qu’après autorisation et sous réserve du respect des prescriptions techniques et règles particulières définies par décret.

Article 28 :

L’élimination des déchets doit respecter les normes en vigueur et être conçue de manière à faciliter leur valorisation.

A cette fin, il est fait obligation aux structures concernées de :

développer et divulguer la connaissance des techniques appropriées ;

conclure des contrats organisant la réutilisation des déchets ;

réglementer les modes de fabrication

Article 29 :

Tous les engins doivent être munis d’un avertisseur sonore conforme à un type homologué par les services compétents et ne doivent pas émettre de bruit susceptible de causer une gêne aux usagers de

la route et aux riverains.

Article 30 :

En agglomération, l’usage des avertisseurs sonores n’est autorisé qu’en cas de besoin absolu pour donner les avertissements nécessaires aux autres usagers de la route.

La nuit, les signaux sonores ne doivent être utilisés qu’en cas de nécessité absolue.

Article 31 :

Lorsque l’urgence le justifie, l’autorité compétente peut prendre toutes mesures appropriées pour faire cesser immédiatement toute émission de bruits susceptibles de nuire à la santé des êtres vivants, de constituer une gêne excessive et insupportable pour le voisinage ou d’endommager les biens.

Article 32 :

Les feux précoces ou les feux allumés en vue du renouvellement des pâturages, de débroussaillement des terrains de culture ou dans le cadre de l’aménagement des zones pastorales, forestières ou savanicoles, des parcs nationaux et des réserves fauniques font l’objet de réglementation de la part de l’autorité administrative compétence.

TITRE III : PRINCIPES GENERAUX

Article 33 :

Toute personne a le droit fondamental de vivre dans un environnement sain et équilibré. Il a aussi le devoir de contribuer individuellement ou collectivement à la sauvegarde du patrimoine naturel.

A cette fin, lorsqu’un tribunal statue sur une demande, il prend notamment en considération, l’état des connaissances scientifiques, les solutions adoptées par les autres pays et les dispositions des instruments internationaux.

Article 34 :

La politique nationale de protection de l’environnement incombe à l’Etat.

L’Etat peut élaborer des plans d’actions environnementales avec les collectivités locales ou toute autre structure.

Article 35 :

Lors de la planification et de l’exécution d’actes pouvant avoir un impact important sur l’environnement, les autorités publiques et les particuliers se conforment aux principes suivants :

35.1- Principe de précaution

Lors de la planification ou de l’exécution de toute action, des mesures préliminaires sont prises de manière à éviter ou à réduire tout risque ou tout danger pour l’environnement.

Toute personne dont les activités sont susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement doit, avant d’agir, prendre en considération les intérêts des tiers ainsi que la nécessité de protéger l’environnement.

Si, à la lumière de l’expérience ou des connaissances scientifiques, une action est jugée susceptible de causer un risque ou un danger pour l’environnement, cette action n’est entreprise qu’après une évaluation préalable indiquant qu’elle n’aura pas d’impact préjudiciable à l’environnement.

35.2 - Substitution

Si, à une action susceptible d’avoir un impact préjudiciable à l’environnement, peut être substituée une autre action qui présente un risque ou un danger moindre, cette dernière action est choisie même si elle entraîne des coûts plus élevés en rapport avec les valeurs à protéger.

35.3- Préservation de la diversité biologique

Toute action doit éviter d’avoir un effet préjudiciable notable sur la diversité biologique.

35.4- Non dégradation des ressources naturelles

Pour réaliser un développement durable, il y a lieu d’éviter de porter atteinte aux ressources naturelles tels que l’eau, l’air et les sols qui, en tout état de cause, font partie intégrante du processus de développement et ne doivent pas être prises en considération isolément. Les effets irréversibles sur les terres doivent être évités dans toute la mesure du possible.

35.5- Principe ‘’Pollueur-payeur’’

Toute personne physique ou morale dont les agissements et/ou les activités causent ou sont susceptibles de causer des dommages à l’environnement est soumise à une taxe et/ou à une redevance. Elle assume, en outre, toutes les mesures de remise en état.

35.6- Information et participation

Toute personne a le droit d’être informée de l’état de l’environnement et de participer aux procédures préalables à la prise de décisions susceptibles d’avoir des effets préjudiciables à l’environnement.

35.7- Coopération

Les autorités publiques, les institutions internationales, les associations de défense et les particuliers concourent à protéger l’environnement à tous les niveaux possibles.

TITRE IV: LES OBLIGATIONS DE L’ETAT ET DESCOLLECTIVITES LOCALES

CHAPITRE I : DISPOSITIONS GENERALES

Article 36 :

L’Etat est propriétaire des gisements et des accumulations naturelles d’hydrocarbures existant en Côte d’Ivoire y compris sur le plateau continental.

Article 37 :

Les cours d’eau, les lagunes, les lacs naturels, les nappes phréatiques, les sources, les bassins versants et les zones maritimes sont du domaine public.

Article 38 :

Les immeubles, établissements agricoles, industriels, commerciaux ou artisanaux, véhicules ou autres objets mobiliers possédés, exploités ou détenus par toute personne physique ou morale, privée ou publique devront être construits, exploités ou utilisés de manière à satisfaire aux normes techniques en vigueur ou édictées en application de la présente loi.

Article 39 :

Tout projet important susceptible d’avoir un impact sur l’environnement doit faire l’objet d’une étude d’impact préalable. Il en est de même des programmes, plans et politiques pouvant affecter l’environnement. Un décret en précisera la liste complète.

Tout projet fait l’objet d’un contrôle et d’un suivi pour vérifier la pertinence des prévisions et adopter les mesures correctives nécessaires.

Article 40 :

L’Etude d’Impact Environnemental (EIE) comporte au minimum :

une description de l’activité proposée ;

une description de l’environnement susceptible d’être affecté y compris les renseignements spécifiques nécessaires pour identifier ou évaluer les effets de l’activité proposée sur l’environnement ;

une liste des produits utilisés le cas échéant ;

une description des solutions alternatives, le cas échéant

une évaluation des effets probables ou potentiels de l’activité proposée et des autres solutions possibles sur l’environnement, y compris les effets directs, indirects, cumulatifs à court, à moyen et long termes ;

l’identification et la description des mesures visant à atténuer les effets de l’activité proposée et les autres solutions possibles, sur l’environnement, et une évaluation de ces mesures ;

une indication des lacunes en matière de connaissance et des incertitudes rencontrées dans la mise au point de l’information nécessaire ;

une indication sur les risques pour l’environnement d’un Etat voisin dus à l’activité proposée ou aux autres solutions possibles ;

un bref résumé de l’information fournie au titre des rubriques précédentes ;

la définition des modalités de contrôle et de suivi réguliers d’indicateurs environnementaux avant (état initial) pendant le chantier, durant l’exploitation de l’ouvrage ou de l’aménagement et le cas échéant, après la fin de l’exploitation (remise en état ou réaménagement des lieux) ;

une estimation financière des mesures préconisées pour prévenir, réduire ou compenser les effets négatifs du projet sur l’environnement et des mesures de suivi et contrôle réguliers d’indicateur environnementaux pertinents.

Article 41 :

L’examen des études d’impact environnemental par le Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental, donnera lieu au versement d’une taxe au Fonds National de l’Environnement dont l’assiette sera précisée par décret.

Article 42 :

Sur proposition de l’autorité nationale compétente, le Conseil des Ministres établit et révise par décret la liste des travaux, activités, documents de planification pour lesquels les autorités publiques ne pourront, sous peine de nullité, prendre aucune décision, approbation ou autorisation sans disposer d’une étude d’impact environnemental leur permettant d’en apprécier les conséquences directes ou indirectes pour l’environnement.

Article 43 :

Sont soumises à autorisation, les installations qui présentent des dangers ou inconvénients visés à l’article 6 du présent code.

Elles ne peuvent être ouvertes sans une autorisation préalable délivrée dans les conditions fixées par décret sur demande de l’exploitant. Sont soumises à déclaration, les installations qui, bien que ne présentent pas de tels dangers ou inconvénients, doivent néanmoins respecter les prescriptions générales édictées par l’autorité compétente en vue d’assurer la protection des intérêts visés à l’article 6. Les installations soumises à autorisation, qui occasionnent des risques majeurs (incendies, explosions, émanations toxiques, etc.) font l’objet d’une réglementation spécifique visant notamment à maîtriser l’urbanisation dans leur environnement immédiat.

Article 44 :

Sont soumises à permis ou à licence, la pêche industrielle, la chasse et la capture.

Article 45 :

L’inspection des installations classées est assurée par des agents assermentés ayant la qualité d’Officier de Police Judiciaire dans l’exercice de leur fonction.

Article 46 :

Les installations classées visées à l’article 6 sont assujetties à une taxe de contrôle et d’inspection, versée au Fonds National de l’Environnement.

Article 47 :

Les installations de l’Etat affectées à la défense nationale, sont soumises à des règles particulières.

Article 48 :

Toutes les installations classées existantes bénéficient d’un délai de 2 ans à compter de la promulgation de la présente loi pour être mise en conformité avec ses dispositions et ses textes d’application.

Article 49 :

Il est instauré des normes appropriées pour la protection de l’environnement.

Il est créé un label pour les produits de consommation les plus respectueux de l’environnement.

Des normes sont également exigées pour les produits importés.

Article 50 :

Les entreprises ou ouvrages, sources de pollutions importantes seront soumis à un audit écologique par des experts agréés, aux frais de leurs promoteurs. Les conditions de cet audit seront précisées par décret. Les résultats de l’audit écologique sont transmis à l’Autorité Nationale Compétente.

Article 51 :

Il est institué des périmètres de protection en vue de la conservation ou de la restauration des :

écosystèmes ;

forêts, boisements, espèces et espaces protégés ;

monuments, sites et paysages ;

systèmes hydrauliques et de la qualité des eaux ;

espaces littoraux.

Article 52 :

L’Autorité Nationale Compétente peut à l’intérieur des périmètres visés à l’article 49 :

interdire, limiter ou réglementer les activités incompatibles avec les objectifs assignés à la zone ;

mettre en œuvre des programmes de restauration du milieu naturel ou des monuments ;

approuver tout plan d’aménagement ou d’action définissant les moyens d’atteindre les objectifs assignés à la zone.

Article 53 :

La protection, la conservation et la valorisation du patrimoine culturel et architectural font partie intégrante de la politique nationale de protection et de la mise en valeur de l’environnement.

Article 54 :

Il est dressé une liste de sites et monuments protégés qui précise les mesures à prendre pour la protection du patrimoine architectural, historique et culturel sur tout le territoire national.

Cette liste est révisée tous les cinq ans.

CHAPITRE II : DISPOSITIONS PARTICULIERES

SECTION I : LES OBLIGATIONS DE L’ETAT

Article 55 :

L’Etat s’engage à :

faire de l’environnement et de sa protection une politique globale et intégrée ;

prendre toutes dispositions appropriées pour assurer ou faire assurer le respect des obligations découlant des conventions et accords internationaux auxquels il est parti;

interdire toute activité menée sous son contrôle ou dans les limites de sa juridiction, susceptible d’entraîner une dégradation de l’environnement dans un autre Etat ou dans des régions ne relevant d’aucune juridiction nationale ;

œuvrer en toute coopération avec les autres Etats pour prendre les mesures contre la pollution transfrontalière.

Article 56 :

L’Etat détermine la politique nationale de l’Environnement et veille à sa mise en œuvre.

Il assure, par des mesures idoines, la protection, la conservation et la gestion de l’environnement. Toutefois, les occupants d’un bassin versant et/ou les utilisateurs de l’eau peuvent se constituer en association pour la protection du milieu.

Il réglemente l’établissement d’accès aux digues et déversements d’égouts dans les milieux récepteurs.

Il interdit et réglemente l’exercice d’activités susceptibles de constituer, d’une manière ou d’une autre, une menace pour l’environnement, l’intégrité et le fonctionnement des écosystèmes.

Article 57 :

L’Etat détermine :

la création d’un réseau de réserves biologiques en proportion avec l’usage des sols ;

les mesures de lutte contre l’érosion ;

les mesures de lutte contre la pollution du sol par des substances chimiques, les engrais, les produis phytosanitaires et autres dont l’usage est admis ;

les mesures de prévention des pollutions diffuses affectant le sol et les mesures concrètes de restauration des sols endommagés ;

les périmètres de protection des points de prélèvement de l’eau destinée à la consommation humaine ;

les seuils critiques des polluants atmosphériques ;

les espaces alloués aux zones industrielles.

Article 58 :

L’Etat dresse une liste :

des espèces animales et végétales qui doivent être partiellement ou intégralement protégées en raison de leur dans les écosystèmes, de leur valeur esthétique, de leur rareté, de la menace qui pèse sur leurs populations et enfin de l’intérêt touristique, culturel, économique, et scientifique qu’elles représentent ;

des sites et monuments protégés en précisant les mesures à prendre pour la protection du patrimoine architectural, historique et culturel national ;

des établissements, édifices et monuments qui, bien que non classés ou inscrits sur lesquels l’affichage es interdit.

Cette liste est revue et corrigée tous les cinq ans.

Article 59 :

L’Etat assure la gestion de l’eau en préservant la qualité de ses sources, en évitant le gaspillage et en accroissant la disponibilité.

Article 60 :

L’Etat établit des normes conçues de manière à faciliter la valorisation des déchets. A cette fin, il est fait obligation aux structures concernées :

de développer et de divulguer la connaissance des techniques appropriées ;

de conclure des contrats organisant la réutilisation des déchets ;

de réglementer les modes de fabrication et d’utilisation de certains matériaux ou produits, afin de faciliter la récupération des éléments de leur composition.

Article 61 :

L’Etat s’engage à :

promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables ou non ;

lutter contre toute forme de gaspillage des énergies ;

lutter contre le gaspillage de toutes les sources d’énergie notamment les ressources ligneuses.

Article 62 :

Tout projet de texte relatif à l’environnement est soumis à l’avis et à l’observation de l’Autorité Nationale Compétente.

L’Autorité Nationale Compétente dispose d’un délai de deux mois à compter de la transmission du projet pour donner suite. Le silence de ladite autorité vaut, au terme du délai, approbation. Toute divergence entre l’auteur d’un projet et l’autorité nationale compétente est tranchée par le Conseil des Ministres.

Article 63 :

L’Etat prend les mesures adéquates pour introduire l’éducation, la formation et la sensibilisation environnementales dans les programmes d’enseignement à tous les niveaux. Il peut donner son agrément aux associations de défense de l’environnement et de leur allouer des subventions.

Article 64 :

Dans sa politique nationale de gestion de l’environnement, l’Etat de Côte d’Ivoire intègre la coopération internationale.

Article 65 :

L’Autorité Nationale Compétente coordonne les mécanismes nationaux de mise en œuvre et de suivi des conventions et accords internationaux relatifs à l’environnement.

SECTION II : LES OBLIGATIONS DES COLLECTIVITES LOCALES

Article 66 :

Les communes sont responsables de la collecte, du transport et de l’élimination des déchets ménagers. Cette action peut être entreprise en liaison avec les départements et les régions ou avec des groupes privées ou publics habilités à cet effet.

Elles ont l’obligation d’élaborer des schémas de collecte et de traitement des déchets ménagers avec le concours des services techniques des structures compétentes.

Elles assurent également l’élimination d’autres déchets qu’elles peuvent, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, contrôler ou traiter.

Article 67 :

Les collectivités locales sont tenues d’avoir :

un plan de gestion de l’environnement ;

une ou plusieurs décharges contrôlées d’ordures ménagères.

Elles veillent à enrayer tous les dépôts sauvages. Elles instituent une taxe de salubrité.

SECTION III : LES OBLIGATIONS COMMUNES A L’ETAT ET AUX COLLECTIVITES LOCALES

Article 68 :

Il incombe à l’Etat, aux collectivités locales et aux concessionnaires d’assurer, dans le respect des prescriptions environnementales, l’exploitation rationnelle des gisements et accumulations naturelles d’hydrocarbures existant en Côte d’Ivoire y compris sur le plateau continental.

Article 69 :

L’Etat et les collectivités doivent veiller à la création, au maintien et à l’entretien d’espaces verts.

Article 70 :

La gestion des eaux usées relève de la compétence de l’Etat, des collectivités locales et de toutes autres structures susceptibles de produire des effluents de nature à porter atteinte à l’environnement.

Elle peut faire l’objet d’une concession.

Article 71 :

L’Etat, les régions, les départements et les collectivités locales s’engagent à élaborer des programmes d’action et à organiser des plans d’urgence dans tous les domaines en vue de protéger l’environnement.

Article 72 :

L’éducation, la formation et la sensibilisation environnementales incombent à l’Etat, aux collectivités locales et aux associations de défense.

Article 73 :

Les établissements et institutions publics ou privés ayant en charge l’enseignement, la recherche et l’information sont tenus dans le cadre de leurs compétences respectives :

de sensibiliser aux problèmes d’environnement par des programmes adaptés ;

d’intégrer dans leurs activités des programmes permettant d’assurer une meilleure connaissance de l’environnement.

SECTION IV : LES INSTITUTIONS

Article 74 :

Pour l’application de la présente loi, il est créé :

un réseau de réserves biologiques en proportion avec l’intensification de l’exploitation des sols ;

un observatoire de la qualité de l’air ;

une Agence Nationale de l’Environnement (ANDE), établissement public de catégorie particulière dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière ;

un Fonds National de l’Environnement (FNDE) ;

une bourse de déchets ;

Par ailleurs, le juge des référés est compétent pour constater ou faire cesser immédiatement toute pollution ou toute forme de dégradation de l’environnement.

La procédure d’urgence prévue aux articles 221 à 230 du Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative est applicable.

TITRE V : DISPOSITIONS PREVENTIVES ET DISPOSITIONS PENALES

CHAPITRE I : DISPOSITIONS PREVENTIVES

Article 75 :

Sont interdits :

les déversements, les rejets de tous corps solides, de toutes substances liquides, gazeuses, dans les cours et plans d’eaux et leurs abords ;

des eaux tant de surface que

toute activité susceptible de nuire à la qualité de l’air et souterraines.

Article 76 :

Il est interdit de rejeter dans les zones maritimes et lagunaires, toutes substances susceptibles

de :

détruire les sites et monuments présentant un intérêt scientifique, culturel, touristique ou historique ;

détruire la faune et la flore ;

porter atteinte à la valeur esthétique et touristique de la lagune, de la mer et du littoral.

Article 77 :

Il est interdit de rejeter dans les eaux maritimes et lagunaires :

des eaux usées, à moins de les avoir préalablement traitées conformément aux normes en vigueur ;

des déchets de toutes sortes non préalablement traités et nuisibles.

Article 78 :

Il est interdit de détenir ou d’abandonner des déchets susceptibles de :

favoriser le développement d’animaux vecteurs de maladies ;

provoquer des dommages aux personnes et aux biens.

Article 79 :

Sont interdits :

tous déversements, écoulements, rejets ou dépôts de toutes natures susceptibles de provoquer ou d’accroître la pollution des eaux continentales, lagunaires et maritimes dans les limites territoriales ;

toute exploitation illégale, dégradante et/ou non réglementée ;

toute émission dans l’atmosphère de gaz toxique, fumée, suie, poussière ou toutes autres substances chimiques non conformes à la réglementation en vigueur.

Article 80 :

Conformément aux dispositions spéciales des conventions internationales ratifiées par la Côte d’Ivoire, sont interdits les déversements, les immersions et incinérations dans les eaux maritimes sous juridiction ivoirienne de substances de toutes natures susceptibles :

de porter atteinte à la santé publique et aux ressources maritimes biologiques ;

de nuire aux activités maritimes y compris la navigation et la pêche ;

d’altérer la qualité des eaux maritimes ;

de dégrader les valeurs d’agréments et le potentiel touristique de la mer et du littoral.

Article 81 :

Sont interdits :

l’importation non autorisée de déchets sur le territoire national ;

les dépôts de déchets sur le domaine public non autorisé, y compris le domaine public maritime tel que défini par les textes en vigueur ;

l’immersion, l’incinération ou l’élimination par quelque procédé que ce soit, des déchets dans les eaux continentales, lagunaires et maritimes, sous juridiction ivoirienne.

Article 82 :

Sont interdits sur le territoire national, tous actes relatifs à l’achat, à la vente, à l’importation, à l’exportation et au transit des substances ou combinaison de substances visées à l’article 8 de la présente loi.

Article 83 :

Sont interdites, si elles n’ont pas fait l’objet d’une homologation et/ou si elles ne bénéficient pas dune autorisation provisoire de vente, d’importation, d’exportation délivrée par les autorités compétentes, toute importation, exportation, détention en vue de la vente ou de la mise en vente, de distribution même à titre gratuit, de l’une quelconque des matières fertilisantes définies à l’article 1 er de la présente loi.

Article 84 :

L’usage de l’avertisseur sonore est interdit dans les agglomérations et aux environs des hôpitaux et des écoles sauf nécessité absolue et dans ce cas, il doit être bref et modéré.

De même sont interdites les émissions de bruits, de lumières et d’odeurs susceptibles de nuire à la santé des êtres vivants ou de constituer une gêne excessive et insupportable pour le voisinage ou d’endommager les biens.

Article 85 :

Tout affichage est interdit sur :

les immeubles classés monuments historiques ou inscrits ;

les monuments naturels et dans les sites classés, inscrits ou protégés ;

les monuments, sites et les constructions dont la liste est établie par les autorités compétentes, bénéficiant d’une protection spéciale ;

les panneaux de signalisation routière.

Article 86 :

Sont interdits :

L’usage d’explosif, de drogues, de produits chimiques ou appâts dans les eaux de nature à enivrer ou à détruire ;

- l’emploi des drogues, de produits chimiques ou appâts de nature à détruire le gibier et/ou à le rendre impropre à la consommation ;

- les feux de brousse non contrôlés.

Article 87 :

Il est interdit de :

- tuer, blesser ou capturer les animaux appartenant aux espèces protégées ;

- détruire ou endommager les habitats, les larves et les jeunes espèces protégées ;

- faire périr, endommager les végétaux protégés, en cueillir tout ou partie ;

- transporter ou mettre en vente tout ou partie d’un animal ou d’un végétal protégé ;

- procéder à l’abattage d’arbres dans les forêts classées, aires protégées et parcs nationaux.

CHAPITRE II : DISPOSITIONS PENALES

Article 88 :

Toute personne morale ou physique, qui omet de faire une étude d’impact environnemental prescrite par l’autorité compétente et préalable à tout projet susceptible d’avoir des effets nuisibles sur l’environnement, est passible de suspension d’activité ou de fermeture d’établissement sans préjudice des mesures de réparation des dommages causés à l’environnement, aux personnes et aux biens.

La falsification d’une étude d’impact environnemental et/ou sa non conformité sont punies des mêmes peines.

Article 89 :

Est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 5.000.000 de francs, quiconque procède ou fait procéder à l’abattage d’arbres ou d’animaux dan les forêts classées, les aires protégées et les parcs nationaux.

Les complices sont punis des mêmes peines.

Article 90 :

Est puni d’une amende de 10.000.000 de francs à 100.000.000 de francs et d’un emprisonnement de six mois à deux ans ou de l’une de ces deux peines seulement, toute destruction de site ou monument classé.

Article 91 :

Est puni d’un emprisonnement de un à six mois et d’une amende de 1.000.000 de francs à 5.00.000 de francs ou de l’une de ces deux peines seulement : tout responsable d’un établissement faisant obstacle à l’exercice des fonctions des agents chargés de l’inspection des installations classées.

En cas de récidive, il est procédé à la fermeture temporaire de l’établissement.

Article 92 :

Est passible d’une amende de 5.000.000 de francs à 50.000.000 de francs sans préjudice d’une suspension temporaire des activités, ou d’une fermeture de l’établissement, tout établissement qui ne sera pas mis en conformité avec les dispositions de la présente loi dans les deux ans de sa promulgation.

Article 93 :

Quiconque poursuit l’exploitation d’une installation classée sans se conformer à la mise en demeure d’avoir à respecter les prescriptions techniques déterminées est puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 200.000 francs à 2.000.000 de francs.

Article 94 :

Quiconque poursuit l’exploitation d’une installation classée frappée de fermeture, de suspension ou d’interdiction est puni de deux mois à deux ans d’emprisonnement et de 50.000.000 de francs à 100.000.000 de francs ou de l’une de ces eux peines seulement.

Article 95 :

Est puni d’une amende de 1.000.000 de francs à 2.500.000 de francs et d’un emprisonnement de six mois à deux ans ou de l’une de ces deux peines seulement quiconque se livre de façon illicite à des travaux de recherches ou d’exploitation des hydrocarbures.

Article 96 :

Est passible d’une amende de 100.000.000 de francs à 500.000.000 de francs quiconque effectue des rejets interdits ou, sans autorisation, des rejets soumis à autorisation préalable ainsi que défini aux articles 74 à 86 du présent code dans les conditions fixées par décret ou ne se conforme pas aux conditions déterminées par son autorisation.

Article 97 :

Est puni d’une amende de 2.000.000 de francs à 50.000.000 de francs et d’un emprisonnement de deux mois à deux ans ou de l’une de ces deux peines seulement, toute personne ayant pollué les eaux continentales par des déversements, écoulement, rejets et dépôts de substances de toute nature susceptible de provoquer ou d’accroître la pollution des eaux continentales et/ou des eaux maritimes dans les limites territoriales.

En cas de récidive, la peine est portée au double. Le coupable peut être condamné à curer les lieux pollués.

L’Autorité Nationale Compétente peut, en cas de négligence, refus ou résistance, y procéder ou y faire procéder aux frais et dépens de l’intéressé.

Article 98 :

Est puni d’une amende de 100.00.000 de francs à 1.000.000.000 de francs et d’un emprisonnement de un à cinq ans ou de l’une des deux peines seulement sans préjudice des sanctions administratives en vigueur, quiconque, nonobstant les dispositions spéciales des conventions internationales, procède à des déversements, immersion et incinération dans les eaux maritimes sous juridiction ivoirienne, des substances de toutes nature susceptibles :

de porter atteinte à la santé publique et aux ressources maritimes biologiques ;

de nuire aux activités maritimes y compris la navigation et la pêche ;

d’altérer la qualité des eaux maritimes ;

de dégrader les valeurs d’agrément et le potentiel touristique de la mer et du littoral.

L’administration maritime peut arraisonner tout navire surpris en flagrant délit de déversement de contaminants, y compris les hydrocarbures en mer.

En cas de récidive, l’amende est portée au double et l’Administration se réserve le droit de procéder à la saisie du navire.

Article 99 :

Est passible d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende de 5.000.000 de francs à 100.000.000 de francs quiconque :

dépose des déchets dans le domaine public maritime national ;

importe sans autorisation des déchets sur le territoire national ;

immerge, incinère ou élimine par quelque procédé que ce soit des déchets dans les eaux continentales, lagunaires et/ou maritimes sous juridiction ivoirienne.

Article 100 :

Est puni d’une amende de 1.000.000 de francs à 30.000.000 de francs et d’un emprisonnement de trois à vingt-quatre mois ou de l’une de ces deux peines seulement, le promoteur de toute entreprise procédant à des dépôts sauvages.

L’autorisation d’exercer toute activité de collecte de déchets sur le territoire national peut être suspendue pour une période d’au moins deux ans.

Article 101 :

Quiconque procède ou fait procéder à l’achat, à la vente, à l’importation, au transit, au stockage, à l’enfouissement ou au déversement sur le territoire national de déchets dangereux ou signe un accord pour l’autorisation est passible d’un emprisonnement de 10 à 20 ans et d’une amende de 500.000.000 de francs à 5.000.000.000 de francs.

La juridiction ayant prononcé la peine peut :

ordonner la saisie de tout moyen ayant servi à la commission de l’infraction ;

ordonner la saisie et l’élimination des déchets aux frais et dépens du propriétaire desdits déchets.

Article 102 :

Est puni d’une amende de 1.000 francs à 10.000 francs celui qui dépose, abandonne, jette des ordures, déchets, matériaux, ou verse des eaux usées domestiques en un lieu public ou privé sauf si le dépôt a lieu à un emplacement désigné à cet effet par l’Autorité Compétente.

De même est soumise à ces peines et/ou astreinte au nettoyage des lieux, toute personne qui pollue par des déjections un domaine public ou privée.

Sont punis d’une amende de 1.000 francs à 10.000 francs ou astreint au nettoyage des lieux, ceux qui auront pollué par des déchets humains un bien public ou privé sauf si ces emplacements sont désignés à cet effet par l’autorité compétente.

Article 103 :

Est passible d’une amende de 10.000 francs à 500.000 de francs quiconque :

fait usage dans les agglomérations et aux environs des hôpitaux et des écoles, d’avertisseurs sonores en dehors des cas de danger immédiat ;

fait usage intempestif et sans nécessité absolue, en dehors des agglomérations d’avertisseurs sonores ;

fait usage, sans nécessité absolue d’avertisseurs sonores dans la nuit ;

émet des bruits susceptibles de causer une gêne aux usagers de la route et aux riverains ;

utilise des engins à moteur munis d’avertisseurs sonores non conformes au type homologué par les services compétents ;

émet des bruits, lumières ou odeurs susceptibles de nuire à la santé es êtres vivants, de constituer une gêne excessive et insupportable pour le voisinage ou d’endommager les biens.

Article 104 :

Est puni d’une amende de 50.000 francs à 5.000.000 francs et d’un emprisonnement de trois mois au maximum quiconque fait :

de

la

publicité

compétentes ;

sur

un

immeuble

sans

l’autorisation

du

propriétaire

et

des

autorités

de l’affichage et des graffitis sur les immeubles classés inscrits ou classés monuments historiques, sur les monuments naturels et dans les sites inscrits ou protégés.

Article 105 :

Les circonstances atténuantes et le sursis ne sont pas applicables aux infractions prévues par le présent code relatives aux déchets dangereux.

Article 106 :

La tentative et la complicité des infractions prévues par le présent code sont punissables des mêmes peines que l’infraction elle-même.

Article 107 :

Les infractions sont constatées sur procès-verbal par les agents assermentés de l’Autorité Nationale Compétente

Article 108 :

L’administration chargée de l’environnement peut transiger en toute circonstance et à tout moment de la procédure avant toute décision au fond.

La demande de transaction est soumise à l’Autorité Nationale Compétente qui fixe en cas d’acceptation, le montant de celle-ci.

Article 109 :

La poursuite des infractions relevant du présent code obéit aux règles définies par le code de procédure pénale.

Article 110 :

Les Collectivités Locales, les associations de défense de l’environnement régulièrement déclarées ou toutes personnes doivent saisir l’autorité nationale compétente avant tout recours devant les juridictions et/ou exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les faits constituant une infraction relevant de la présente loi et portant un préjudice direct ou indirect aux intérêts collectifs ou individuels.

TITRE VI : DISPOSITIONS FINALES

Article 111 :

Les modalités d’application des dispositions de la présente loi feront l’objet de décrets.

Article 112 :

La présente loi abroge toutes les dispositions contraires antérieures.

Article 113 :

La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

Fait à Abidjan, le 3 octobre 1996

Henri Konan BEDIE

Décret n° 97-393 du 9 juillet 1997 portant création et organisation d’un établissement public à caractère administratif dénomme Agence Nationale de l’Environnement (ANDE)

LE PRESDENT DE LA REPUBLIQUE

Sur rapport conjoint du ministre du logement du Cadre de Vie et l’Environnement et du ministre de l’Economie et des finances

Vu

la Constitution;

Vu

la loi n° 80 -1070 du 13 septembre 1980 fixant, les règles générales relative aux établissements publics nationaux ;

Vu

la loi n° 94-440 du 16 août 1994 déterminant la composition, l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la cour suprême;

Vu

la loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de l’Environnement;

Vu

le décret n° 63-163 du 11 avril 1963 portant institution d’une indemnité représentative de frais en faveur des fonctionnaires et agents occupants certains emplois, tel que modifié par le décret n° 81-642 du 5 août 1981;

Vu

le décret n° 82-137 du 18 avril 1982 portant organisation administrative des Etablissements publics nationaux ;

Vu

le décret n° 82-402 du 21 avril 1982 portant organisation administrative des Etablissements publics nationaux. ;

Vu

le décret n° 84-67du 25janvier 1984 règlementant la gestion et la comptabilité des biens et matières des Etablissements publics nationaux ;

Vu

le décret n° 85-1087du16octobre1985relatif à la situation des personnels des Etablissements publics nationaux ;

Vu

le décret n° 96 PR .02 du 26 janvier 1996 portant nomination des membres du gouvernement tel que modifié par le décret n°96 PR. du 10 août 1996 ;

Vu

le décret n° 96-179 du 1mars1996portant attribution des membres du

gouvernement ;

Vu

le décret n° 96-894 du 8novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact environnemental des projets de développement ;

Le conseil des ministres entendu,

DECRETE :

TITRE PREMIER : DISPOSITIOPNS GENERALES

Article premier :

Il est crée un établissement public à caractère administratif dénommé Agence nationale de l’Environnement en abrégé ANDE, organisé conformément aux dispositions du présent décret.

Article 2 :

La tutelle administrative et technique de l’agence de l’environnement est exercée par le ministre du logement, du cadre de vie et de l’environnement et la tutelle financière exercée par le ministre de l’économie et des finances.

Article 3 :

Le siège de l’agence nationale de l’Environnement (ANDE) est fixé à Abidjan.

Article 4

L’Agence nationale de l’Environnement (ANDE) a pour mission :

-

D’assurer la coordination de l’exécution des projets de développement à caractère environnemental ;

-

D’effectuer le suivi et de procéder à l’évaluation des projets du plan national d’action environnementale (PNAE) ;

-

De constituer et de gérer un portefeuille de projets d’investissement environnementaux ;

-

De participer, au coté du ministre chargé de l’économie et des finances, à la recherche de financements du PNAE ;

-

De garantir la prise en compte des préoccupations environnementales dans les projets et

-

programmes de développement ; De veiller à la mise en place et la gestion d’un système national d’information environnemental ;

-

De mettre en œuvre, la procédure d’étude d’impact ainsi que l’évaluation de l’impact environnemental des politiques macro économiques ;

-

De mettre en œuvre les conventions internationales dans le domaine de l’environnement ;

-

D’établir une relation suivie avec les réseaux d’ONG.

TITRE 2 : COMMISSION CONSULTATIVE DE GESTION

Article 5

L’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE) est administrée par une commission consultative de gestion composée comme suit :

- Le ministre chargé de l’Environnement ou son représentant ;

- Le ministre chargé de l’Economie et des Finances ou son représentant ;

- Le ministre chargé de l’Agriculture et des Ressources animales ou son représentant ;

- Le ministre chargé des Infrastructures économiques ou son représentant ;

- Le ministre chargé des Ministres Mines et Energies ou son représentant ;

- Le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique ou son représentant ;

- Le ministre chargé de la santé ou son représentant ;

- Le ministre chargé du Plan et du Développement Industriel ou son représentant ;

- Le ministre chargé de l’Intérieur et de l’Intégration nationale ou son représentant ;

- Un représentant de la Chambre du Commerce et de l’Industrie ;

- Un représentant de la Chambre de l’Agriculture.

Article 6 :

Outre les pouvoirs et attributions que la commission consultative de Gestion exerce conformément à la loi n° 80-1070 du 13 septembre 1980 et aux décrets n° 81-137 du 18 février 1981 et n° 82-402 du 21 avril 1982 susvisés, les actes ci-après du directeur de l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE) sont soumis à son autorisation préalable :

- Les modifications apportées aux structures de l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE) ;

- Les programmes d’activité de l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE).

Article 7:

Le contrôleur budgétaire et l’agent comptable participent, avec voix consultative, aux réunions de la Commission consultative de Gestion, dans les cas prévus par le décret n° 81-137 du 18 février 1981 précité, notamment en ses articles 15 et 32. Le président de la Commissions consultative de Gestion peut inviter aux réunions de la Commission, avec voix consultative, toute personne dont il estime utile d’entendre les avis.

TITRE III : LA DIRECTION

Article 8:

L’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE) est dirigée par un directeur nommé par décret en conseil des ministres. Il a rang de directeur d’Administration centrale.

Article 9 :

Pour la réalisation de ses missions, l’Agence Nationale de l’Environnement (ANDE) comprend quatre sous directions :

1. La sous direction de la Planification, du Suivi et de l’Evaluation des projets ;

2. La sous direction des Etudes d’Impact environnemental et de contrôle des Projets ;

3. La sous direction des Affaires économiques et des Relations internationales ;

4. La sous direction des Affaires administratives et financières.

Article 10 :

La sous direction de la Planification, du Suivi et de l’Evaluation des projets.

Elle est chargée :

- De la programmation de l’exécution des projets ;

- De la mise en cohérence des politiques et stratégies environnementales définies au niveau central, et des actions entreprises dans le cadre du PNAE ;

- Du suivi et de l’évaluation des projets inscrits au PNAE ;

- Du développement, de l’harmonisation et de l’exploitation d’un réseau de banque de données environnementales (mise en place d’un système national d’informations environnementales).

Article 11 :

La sous direction des Etudes d’Impact environnemental et de Contrôle des Projets. Elle est chargée :

- De la formulation des directives sectorielles et de la mise en œuvre des procédures d’études d’impact environnemental (EIE) ;

- De la coordination technique de la mise en œuvre des procédures d’EIE ;

- Du suivi et du contrôle de la conformité de e qui a été prévu dans les EIE ;

- De l’évaluation des coûts des nuisances et des dépenses à engager pour les réduire.

Article 12 :

La sous direction des Affaires économiques et des Relations internationales.

Elle est chargée :

- De la mobilisation des ressources financières pour la mise en œuvre du PNAE (création d’un fond national de l’Environnement, amélioration des instruments fiscaux et du taux de recouvrement, recherche de fonds extérieurs…) ;

- Du suivi de la gestion des fonds alloués aux structures chargées de l’exécution technique des projets inscrits au PNAE ;

- Du financement des projets et du suivi des investissements ;

- Du suivi juridique et des Conventions internationales.

Article 13 :

La sous direction des Affaires administratives et financières.

La sous direction des Affaires administratives et financières est chargée conformément aux dispositions du décret n°81-17 du 18 février 1981 susvisé, de toutes les opérations liées à l’élaboration et à l’exécution du budget. A ce titre, elle est notamment chargée :

- De la préparation du projet de budget de l’ANDE ;

- De l’établissement de l’état mensuel d’exécution du budget ;

- De la préparation des marchés, baux et Conventions ;

- De la gestion et de la formation du personnel ;

- De la gestion du patrimoine et du matériel.

TITRE IV: REGIME FINANCIER ET COMPTABLE

Article 14:

Les recettes et les dépenses de l’Agence sont prévues et évaluées dans le budget annuel de l’établissement conformément aux dispositions du décret n°81-137 du 18 février 1981 précité.

Les recettes proviennent notamment :

a) Des ressources ordinaires ;

b) Des ressources extraordinaires;

a) Des ressources ordinaires.

Elles comprennent :

- La subvention et les dotations des budgets de l’Etat ;

- Le produit des redevances et taxes sur la pollution ;

- Le produit des droits et redevances de contrôle des projets ;

- Les revenus des prestations et de l’examen des rapports des études d’impact environnemental ;

- Le produit des droits et redevances de toute nature dont la perception aura été régulièrement autorisée par le Gouvernement ;

- Les taxes parafiscales par la loi des finances.

b) Des ressources extraordinaires.

Elles comprennent :

- Les produits des emprunts ;

- Les subsides de l’Etat, des Collectivités territoriales, d’Organismes publics ou privés, nationaux ou internationaux.

- Les dons et legs;

- Toutes autres ressources extraordinaires, et généralement, les ressources qui pourraient lui être affectées ou résulter de son activité.

Les dépenses de l’Agence Nationale De l’Environnement sont constituées par :

- Les dépenses de fonctionnement ;

- Les dépenses d’investissement et d’équipement.

Article 15 :

Les fonds de l’Agence Nationale De l’Environnement sont des deniers publics. Ils sont déposés à ce titre à la Caisse autonome d’Amortissement.

TITRE V : LE CONTROLE

Article 16:

Le contrôleur budgétaire est nommé auprès de l’Agence Nationale De l’Environnement par arrêté du ministre de l’Economie et des Finances. Il exerce le contrôle sur l’exécution du budget de l’établissement conformément aux dispositions du décret n°81-137 du 18 février 1981 susvisé.

Article 17:

L’agence comptable.

Il est ouvert à l’Agence Nationale De l’Environnement un poste comptable à la tête duquel est placé un agent comptable ayant la qualité de comptable public et sous la responsabilité personnelle et pécuniaire duquel sont effectuées les opérations financières.

Article 18 :

Le contrôle des comptes

Le contrôle a posteriori des comptes et de la gestion de l’Agence Nationale De l’Environnement est exercé par la chambre des Comptes de la Cour Suprême dans les conditions définies par le titre IV de la loi n° 94-440 du 16 août 1994 susvisée.

TITRE VI : LE PATRIMOINE

Article 19 :

Il est dressé, à compter de l’entrée en vigueur du présent décret, un inventaire évaluatif des actifs qui constituent la dotation ou l’affectation initiale de l’Agence Nationale De l’Environnement.

Cet inventaire fait l’objet d’une prise en charge dans la comptabilité de l’agent comptable.

TITRE VII : DISPOSITIONS FINALES

Article 20 :

Le ministre de l’Economie et des Finances et le ministre du logement, du cadre de vie et de l’Environnement, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au journal officiel de la république de Côte d’Ivoire

Fait à Abidjan, le 9 juillet 1997

Henri Konan BEDIE

Arrêté n°445/MINEME/CAB du 24 mars 2004, portant intégration du Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental (BEIE), à l’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE)

Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement,

Vu

la Constitution ;

Vu

le décret n° 96-894 du 8 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact environnemental des projets de développement ;

Vu

le décret n° 97-393 du 9 juillet 1997, portant création d’un Etablissement Public à caractère Administratif, dénommé Agence Nationale De l’Environnement (ANDE) ;

Vu

le décret n° 98-19 du 14 janvier 1998, portant création et organisation du Fonds National De l’Environnement en abrégé « FNDE » ;

Vu

le décret n° 2003-44 du 25 janvier 2003, portant nomination du Premier Ministre ;

Vu

le décret n° 2003-62 du 10 mars 2003, portant délégation de compétences au Premier Ministre tel que modifié et complété par le décret n° 2003-90 du 11 avril 2003 ;

Vu

le décret n° 2003-65 du 13 mars 2003, portant nomination des membres du Gouvernement ;

Vu

le décret n° 2003-102 du 24 avril 2003, portant attributions des membres du Gouvernement de Réconciliation Nationale ;

Vu

le décret n° 2003-164 du 12 juin 2003 portant organisation du Ministère d’Etat, Ministère de l’Environnement ;

Vu

les nécessités de service ;

Article 1 er :

ARRETE

Est intégré à l’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE), le Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental (BEIE), en application des dispositions de l’article 14 du décret n° 2003-164 du 12 juin 2003 portant organisation du Ministère d’Etat, Ministère de l’Environnement.

Article 2 :

Le Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental (BEIE) poursuit ses activités conformément aux dispositions du décret n° 96-894 du 8 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact environnemental des projets de développement.

Article 3:

L’exercice de la tutelle administrative et de contrôle technique du Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental est délégué au Directeur de l’ANDE qui rend régulièrement compte au Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement, de sa gestion administrative et technique.

Article 4:

Le présent arrêté abroge toutes dispositions antérieures contraires.

Article 5:

Le Directeur de l’ANDE est chargé de l’exécution du présent arrêté qui sera communiqué partout où besoin sera.

Fait à Abidjan, le 24 mars 2004

Angèle GNONSOA

Décret n° 96-894 du 08 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact environnemental des projets de développement

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Sur rapport conjoint du Ministre du Logement, du Cadre de Vie et de l’Environnement, du Ministre de la Justice et des Libertés Publiques, du Ministre de l’Economie et des Finances, du Ministre Délégué Auprès du Premier Ministre Chargé du Plan et du Développement Industriel, du Ministre de l’Agriculture et des Ressources Animales, du ministre des Infrastructures Economiques, du Ministre des Ressources Minières et Pétrolières, du Ministre de l’Intérieur et de L’Intégration Nationale, du Ministre de la Santé Publique ;

VU

la Constitution ;

VU

la loi n° 96-766 du 03 octobre 1996 portant Code de l’Environnement ;

VU

le décret n° 96-PR/002 du 26 janvier portant nomination des membres du Gouvernement tel que modifié par le décret n° 96-PR/10 du 10/08/96 ;

VU

le décret n° 96-179 du 1 er mars 1996 portant attributions des membres du Gouvernement ;

Le conseil des Ministres entendu,

DISPOSITIONS GENERALES

Article premier :

DECRETE

Le présent décret détermine les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact des projets de développement sur l’environnement.

Article 2 :

Sont soumis à l’étude d’impact environnemental :

1) les projets énumérés à l’annexe I du présent décret ; 2) les projets situés sur ou à proximité de zones à risques ou zones écologiquement sensibles énoncées dans l’annexe III du présent décret. Lorsqu’un projet, en raison de sa nature, de ses dimensions, de la sensibilité du site qui l’accueille, risque de porter atteinte à l’environnement, l’administration de tutelle chargée d’instruire le dossier technique devra requérir au préalable l’autorisation du Ministère chargé de l’Environnement.

L’autorisation est accordée sur la base d’une étude d’impact sur l’environnement.

Article 3:

Les termes ci-après sont définis comme suit :

1) Etude d’Impact Environnemental (EIE) : ensemble des procédés utilisés pour évaluer les effets d’une donnée, activité sur l’ensemble et proposer toute mesure ou action en vue de faire disparaître, réduire ou atténuer les effets néfastes pour l’environnement susceptibles d’être engendrés par une telle activité.

2) Constat d’impact : inventaire des effets du projet ou programme, sans suggérer nécessairement l’étude des variantes et les moyens permettant de corriger les effets négatifs.

3) Constat d’exclusion catégorielle: rapport justifiant l’exclusion catégorielle. En effet, lorsqu’un projet ne figure dans aucune des catégories citées aux annexes I, II et III, il bénéficie d’une exclusion catégorielle, qui le dispense à priori d’une étude d’impact environnemental et du constat d’impact.

4) Projet : tout aménagement, toute infrastructure, ou tout ouvrage notamment industriel, agricole ou commercial dont l’activité peut-être génératrice de pollution, de nuisance ou de dégradation de l’environnement.

5) Maître d’Ouvrage ou Pétitionnaire : la personne physique ou morale auteur d’une demande d’autorisation concernant un projet ou programme privé, ou l’autorité publique initiatrice du projet.

6) Maître d’œuvre : la personne physique ou morale chargée d’étudier, puis de réaliser les ouvrages correspondants au projet.

7) Autorisation : la décision de l’autorité ou des autorités compétentes qui donne droit au maître d’ouvrage ou au pétitionnaire de réaliser le projet.

8) Site : portion du paysage considéré du point de vue de l’harmonie et dont la configuration est appropriée à une ou plusieurs activités.

Article 4 :

L’autorisation de réalisation délivrée à chaque projet soumis à l’étude d’impact environnemental, doit faire obligation au respect des règles et procédures conformément aux dispositions du présent décret.

REGLES DE PROCEDURES

Article 5 :

Pour tout projet ayant un lien avec les domaines prévus à l’annexe II du présent décret, l’autorité habilitée à délivrer l’autorisation doit exiger du maître d’ouvrage ou du pétitionnaire un constat d’impact aux fins d’en évaluer le risque d’impact sérieux sur l’environnement et d’exiger ou non une étude d’impact environnemental.

Article 6 :

Les projets bénéficiant d’une exclusion catégorielle doivent faire l’objet d’un constat d’exclusion catégorielle, délivrée dans un débat de 30 jours à compter de la date d’introduction de la demande du

pétitionnaire auprès de l’administration technique de tutelle et portant le visa du Bureau d’étude d’impact environnemental.

A l’expiration de ce délai et en cas de silence du Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental, le projet

est réputé conforme aux objectifs de préservation de l’environnement.

Article 7 :

Dans un délai n’excédant pas les 30 jours à compter de la date effective de réception du constat d’impact, le Ministre chargé de l’environnement doit aviser le Maître d’ouvrage ou le pétitionnaire soit de son approbation, soit de l’exigence de la présentation d’une étude d’impact environnemental, soit de la prolongation de l’examen du dossier dans un délai complémentaire de 15 jours. Une copie de la décision sera transmise à l’administration technique concernée. Le dépôt d’un constat d’impact doit faire l’objet d’un récépissé.

A l’expiration de ce délai et en cas de silence du Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental, le projet

est réputé conforme aux objectifs de préservation de l’environnement.

Article 8 :

Si l’administration technique habilitée à délivrer l’autorisation considère que le projet peut avoir des conséquences négatives notables sur l’environnement, mêmes en l’absence de liens avec les listes établies en annexes I, II, III, elle peut lui appliquer les dispositions de l’article 5.

De même le Ministre chargé de l’environnement peut saisir l’administration technique habilitée à délivrer l’autorisation pour exiger la réalisation d’une étude d’impact pour un projet ou programme, même en l’absence de liens avec les listes établies en annexes I, II, III.

Si l’administration technique habilitée à délivrer l’autorisation est saisie par la société civile de la nécessité d’une étude d’impact environnemental, elle peut après examen du dossier de projet exiger un constat d’impact pour apprécier les risques et exiger ou non une étude d’impact.

Article 9 :

L’Etude d’Impact Environnemental est à la charge du maître d’ouvrage ou pétitionnaire. Il peut recourir

à un organisme ou consultant indépendant de son choix pour l’exécuter. Mais l’utilisation partielle ou

entière des compétences nationales est obligatoire. Elle devra, dans la mesure des compétences disponibles, être conforme à la répartition 2/3 experts et/ou consultants nationaux 1/3 et /ou consultants non nationaux.

Article 10 :

La copie originale de l’étude d’impact environnemental doit être déposée par le maître d’ouvrage ou pétitionnaire auprès du Ministère de tutelle et en trois exemplaires au Bureau d’études d’impact. Ce dépôt doit faire l’objet d’un récépissé délivré par le Bureau d’Etudes d’Impact.

Un modèle de rapport d’études d’impact est repris en annexe IV.

LES REGLES ADMINISTRATIVES

Article 11 :

Aux fins d’agir avec diligence et efficience dans l’instruction des dossiers d’étude d’impact. Il est crée au sein du Ministère chargé de l’Environnement un Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental réunissant les spécialistes des différentes disciplines nécessaires pour une appréciation correcte des conséquences d’un projet sur tous les aspects de l’environnement concerné par celui-ci.

Ce Bureau est chargé de :

1) l’assistance

structures

d’Administration, les ONG et tous les autres partenaires ;

technique

aux

différentes

impliquées

notamment

2) la définition des termes de référence de l’étude d’impact environnemental en concertation avec l’administration technique de tutelle, le maître d’ouvrage, ou pétitionnaire ou son représentant et éventuellement le public ;

3) l’enregistrement et l’évaluation des constats d’impact et des études d’impact environnemental aux fins d’approbation ou d’autorisation, sous le sceau du Ministre chargé de l’Environnement ;

4) l’audit et du suivi des mesures préconisées par l’étude d’impact

environnemental ;

5) l’organisation des enquêtes publiques, avec les administrations concernées;

6) la

besoin,

objectivement l’appréciation des mesures envisagées et de leurs portées.

diffusion

en

tant

que

de

des

informations

susceptibles

d’éclater

LE CONTENU DE L’ETUDE D’IMPACT ENVIRONNEMENTAL

Article 12 :

L’étude d’impact environnemental proprement dite consiste en 5 grandes activités : identification, analyse, évaluation, mesures correctives, suivi et contrôle, que doit refléter son contenu, l’étude doit notamment comprendre au minimum les éléments suivants :

1) Identification

La description détaillée du projet ;

2) Analyse

- L’analyse de l’état initial du site. Cette analyse doit porter sur les éléments du milieu naturel (la faune, la flore, les richesses naturelles, le système hydrographique, le climat, le sol etc.) sur le paysage, sur les types d’occupation du sol (agriculture, végétation naturelle, urbanisation) sur la nature des activités pratiquées(agricoles, touristiques, industrielles, commerciale, etc.) et sur le milieu humain (situation démographique et sanitaire, occupation du territoire) le statut juridique du site et son

environnement définis par les plans d’aménagement du territoire et par les arrêtés de protection des milieux déterminés.

- Une analyse des conséquences prévisibles directes, indirectes notamment ceux résultant des travaux réversibles, irréversibles, cumulatives et/ou synergiques du projet ou programme d’unité sur l’environnement et en particulier sur les sites et paysages, le cadre de vie du citoyen, sur l’hygiène, la salubrité et les commodités de voisinage, des conséquences, des bruits, vibration, odeurs, émissions lumineuses et autres effets induits non prévisibles à priori.

3) Evaluation

-

Les

raisons

environnementales

pour

lesquelles

envisagées, le projet présenté a été retenu.

notamment

parmi

les

options

- La présentation des autres variantes envisagées devra être faite pour les projets énoncés à l’Annexe I.

4) Mesures correctives

- les mesures de prévention, suppression, réduction et/ou de compensation envisagées par le maître d’ouvrage ou le pétitionnaire pour prévenir, supprimer, réduire et éventuellement compenser les conséquences dommageables du projet.

5) Suivi et contrôle

Les limites des connaissances scientifiques dans le domaine notamment celles qui obèrent la nette appréciation des conséquences dommageables du projet.

Les indicateurs permettant le suivi et l’audit de la prise effective des mesures de prévention, de suppression, de réduction et de compensation prescrites par l’étude d’impact.

LES DISPOSITIONS PARTICULIERES

Article 13 :

Toute confiscation ou falsification des résultats d’une étude d’impact environnemental est passible de poursuites judiciaires ;

Article 14 :

Le Ministre chargé de l’environnement dispose de deux mois, à compter de la date de réception du dossier d’étude d’impact environnemental, pour notifier sa décision d’approbation du projet. Le dépôt du dossier doit faire l’objet d’un récépissé.

A l’expiration de ce délai et en cas de silence du Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental, le projet est réputé conforme aux objectifs de préservation de l’environnement.

Article 15 :

Les études d’impact environnemental définitives sont conservées par le Ministre chargé de l’environnement. Elles pourront être consultées par les institutions scientifiques et d’une manière générale par toute personne qui en fait la demande.

Article 16 :

Le projet soumis à l’étude d’impact environnemental fait l’objet d’une enquête publique. L’étude d’impact environnemental est portée à la connaissance du public dans le cadre de cette enquête et constitue une pièce du dossier.

Article 17 :

L’examen des études d’impact par le Bureau d’études d’impact environnemental donnera lieu au versement d’une taxe au fonds de l’environnement ;

Article 18 :

Les caractéristiques du projet telles qu’elles auront été éventuellement modifiées après l’étude d’impact environnemental et, en particulier, les mesures visées à l’article 12 alinéa 4 entreront dans les conditions d’autorisation.

L’autorisation sera retirée au cas où les mesures mentionnées dans l’étude d’impact environnemental présentée par le maître d’ouvrage ou pétitionnaire n’auront pas été respectées.

Article 19 :

Le maître d’ouvrage ou pétitionnaire peut recourir à l’arbitrage des autorités de tutelle ou à tout autre organe désigné à cet effet, au cas où il juge mal fondée la décision qui lui est notifiée par le Ministre chargé de l’environnement.

DISPOSITIONS FINALES

Article 20 :

Les dispositions du présent décret s’appliquent aux nouveaux projets visés en annexes I et II.

On entend par nouveau projet, tout projet qui n’a pas fait l’objet d’une autorisation à la date d’entrée en vigueur du présent décret ou, tout projet faisant l’objet d’extension de transformation ou de changement de procédé de fabrication entraînant des risques de pollution ou de dégradation.

Sont dispensés de la procédure d’étude d’impact environnemental les travaux d’entretien et de grosses réparations, quelles que soient les projets auxquels ils se rapportent. Sauf si ces opérations affectent l’environnement de façon manifeste.

Article 21 :

Le Ministre du Logement, du Cadre de Vie et de l’Environnement, le Ministre de la Justice et des Libertés Publiques, le Ministre de l’Economie et des Finances , le Ministre de l’Agriculture et des Ressources Animales, le Ministre délégué auprès du Premier Ministre, chargé du Plan et du Développement Industriel, le Ministre des Infrastructures Economiques, le Ministre de l’Intérieur et de l’Intégration Nationale et le Ministre de la Santé Publique sont chargés , chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 08 novembre 1996

Henri KONAN BEDIE

ANNEXE I (Projets soumis à étude d’impact environnemental)

Projets visés à l’article 2 alinéa 1

Les établissements dangereux, insalubres ou incommodes soumis à autorisation de la nomenclature des installations classées.

1 Agriculture :

a) Projet de remembrement rural ; b) Défrichements et projets d’affectation de terres incultes ou d’étendues semi naturelles à l’exploitation agricole intensive d’une superficie supérieure à 999 ha.

2. Aménagements forestiers :

a) Opérations de reboisement d’une superficie supérieure à 999 ha

3. Industries extractives :

a) Opérations d’exploration et d’exploitation de pétrole et de gaz naturel

b) Extraction des ressources minérales et de carrières

4. Industrie de l’énergie :

a) Raffineries de pétrole brut et installations de gazéification et de liquéfaction ;

b) Centrales thermiques et autres installations de combustion d’une puissance calorique élevée ;

c) Barrages hydro électriques.

5. Elimination des déchets :

a) Installations destinées à stocker ou à éliminer les déchets quelle que soit la nature et le procédé d’élimination de ceux-ci ;

b) Décharges non contrôlées recevant ou non de déchets biomédicaux,

c) Les stations d’épuration d’eaux usées.

6. Industries des produits alimentaires :

a)

Industries des corps gras végétaux et animaux ;

b)

Conserves de produits animaux et végétaux ;

c)

Fabrication de produits laitiers ;

d)

Brasseries et malteries ;

e)

Confiseries et siroperies ;

f)

Installations destinées à l’abattage d’animaux ;

g)

Féculeries industrielles ;

h)

Usines de farines de poisson et d’huile de poisson ;

i)

Fabrication de sucre ;

j)

Stations de traitement d’eau pour l’alimentation humaine.

7. Industries chimiques :

a) Installations de fabrication de produits chimiques, de pesticides de produits pharmaceutiques, de peinture et de vernis, d’élastomère et de peroxydes.

8. Travail des métaux :

a) Installation sidérurgiques et installations de production des métaux non ferreux ;

b) Stockage de ferrailles

9. Industrie textile, industrie du cuir, du bois et du papier :

a) Unités de fabrication de pâte à papier et de coton ;

b) Unités de production et de traitement de cellulose ;

c) Unités de tannerie et de mégisserie ;

d) Unités textiles et de teintureries.

10. Projets d’infrastructures :

a) Construction de voie pour le trafic de chemins de fer, d’autoroute ainsi que d’aéroport dont le décollage et l’atterrissage sont d’une longueur de 2100 mètres ou plus ;

b) Ports de commerce de pêche et de plaisance ;

c) Travaux d’aménagements de zones industrielles ;

d) Travaux d’aménagements urbains ;

e) Ouvrages de canalisation et de régularisation des cours d’eau

f) Barrages ou autres installations destinées à retenir les eaux ou les stocker d’une façon durable ;

g) Installations d’oléoducs et de gazoducs ou de tous autres types de canalisations ;

h) Installations d’aqueducs.

11. Autres :

a) Installations destinées à la fabrication de ciment ;

b) Villages de vacances et hôtels d’une capacité supérieure à 150 lits ;

c) Fabrication et conditionnement, chargement ou en cartouchage de poudres et explosifs

ANNEXE II (projets soumis au constat d’impact environnemental)

Projets visés à l’article 5

1- Agriculture :

a) Projets d’hydraulique agricole ;

b) Exploitation pouvant abriter des volailles ;

c) Exploitation pouvant abriter des porcs et autres ruminants ;

d) Installation d’aquaculture et de pisciculture ;

e) Récupération de territoire sur la mer.

2- Aménagements forestiers :

a) Opérations de reboisement d’une superficie comprise entre 100 ha et 999 ha

b) Défrichements et projets d’affectation de terres incultes ou d’étendues semi naturelles à l’exploitation agricole intensive d’une superficie comprise entre 100 ha et 999.

3- Industries extractives :

a) Forages en profondeur à l’exception pour étudier la qualité des sols et notamment :

1) les forages géothermiques

2) les forages pour le stockage des déchets ; 3) les forages pour l’approvisionnement en eau ;

b) Extraction dans les exploitations souterraines de ressources minérales.

4-Industrie de l’énergie :

a) Installations industrielles destinées à la production d’énergie, de vapeur d’eau chaude (autres que celles visés à l’annexe I)

b) Installations industrielles destinées au transport de gaz de vapeur d’eau chaude, transport d’énergie électrique par lignes aériennes ;

c) Stockage aérien de gaz naturel ;

d) Stockage de gaz combustibles en réservoirs souterrains ;

e) Stockage de gaz combustibles fossiles ;

f) Installations destinées à la production d’énergie hydroélectrique.

5- Travail des métaux :

a) Emboutissage, découpage de grosses pièces ;

b) Traitement de surface revêtement des métaux ;

c) Chaudronnerie, construction de réservoirs et, d’autres pièces de série ;

d) Construction et assemblage de véhicules automobiles et construction de moteurs pour ceux-ci ;

e) Chantiers navals ;

f) Installations pour la construction et la réparation d’aéronefs ;

g) Construction de matériel ferroviaire ;

h) Emboutissage de fonds des explosifs ;

i) Installations de calcination et de minerais métalliques.

6- Fabrication de verre :

7- Industries chimiques : Installations de stockage et de produits para chimiques et chimiques

8- Industrie textile, industrie du cuir, du bois et du papier :

a) Usine de lavage, de dégraissage et de blanchissement de la laine ;

b) Fabrication de panneaux de fibres, de particules et de contreplaques ;

c) Teinture de fibres.

9- Industries du caoutchouc : traitement de produits à base d’élastomère.

10-Projets d’infrastructures :

a) Construction de routes et d’aérodromes (projets qui ne figurent pas à l’annexe I=

b) les tramways

11-Modification des projets figurant à l’annexe I et qui ont donné lieu précédemment à une étude d’impact sur l’environnement.

12- Documents d’urbanisme :

a) Schéma directeur d’aménagement et/ou schéma directeur d’urbanisme ;

b) Plans d’occupation du sol ;

c) zones d’aménagement concerté.

ANNEXE III (sites dont les projets sont soumis à Etudes d’Impact Environnemental)

Sites concernés par l’article 2, alinéa 2

1- Aires protégées et réserves analogues ;

2- Zones humides et mangroves

3- Espaces d’intérêt scientifique, culturel, touristique ;

4- Zones définies écologiquement sensibles ;

5- Périmètre de protection des points d’eau ;

6- Espaces maritimes sous juridiction nationale internationale ou autres eaux internationales.

ANNEXE IV :(Modèle indicatif de rapport d’Etudes d’Impact Environnemental)

1- Résumé non technique

2- Introduction

Objet du rapport ;

Présentation des responsables de l’étude d’impact environnemental ;

Procédure et portée de l’étude d’impact environnemental ;

Brève description du contenu des méthodes et des techniques utilisées pour faire l’étude d’impact environnemental.

3- Description du projet ou programme

Auteur du projet ou programme ;

lieu d’implantation du projet ou programme ;

nécessité et justification du projet ou programme ;

élaboration des objectifs, cibles et indicateurs ;

description du projet : matière première, procédés, équipement, main d’œuvre, produits, etc.

cartes, organigrammes et photographies si nécessaires;

un résumé des caractéristiques techniques, économiques et écologiques est essentiel pour le projet ou le programme ;

calendrier d’application prévu ;

nécessité d’une étude d’impact environnemental.

4- Contexte environnemental

méthodes de collecte des données ;

état qualitatif et quantitatif du milieu physique, biologique et socio-économique avant la mise en œuvre du projet ;

frontières spatiales à l’intérieur de l’environnement considéré ;

zones écologiquement sensible ayant une valeur écologique reconnue scientifique, socio- économique ou culturelle spéciale ou unique ;

tendances de l’état de l’environnement ;

lacunes des données.

5- Autres options de développement

6- Impact sur l’environnement de chaque option et plan de contrôle

méthodes techniques et hypothèses impliquées

données de base ;

prévision (ampleur, importance, distribution, incertitudes)

mesures d’atténuations requises ;

besoin de surveillance continue.

7- Comparaison des options, conclusion

8- Programme de surveillance continue

9- Recommandations pour l’évaluation du projet ou programme

10. Sources de données et d’informations -communication, consultations, programme de collecte de données sur le terrain, opinions écrites, participation du public.

11- Références

12- Annexes

Arrêté n°00972 du 14 novembre 2007, relatif à l’application du décret n°96-894 du 8 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact environnemental des projets de développement

LE MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DES EAUX ET FORETS

Vu

la constitution :

Vu

la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement ;

Vu

la loi n°98-755 du 23 décembre 1998 portant Code de l’Eau ;

Vu

le décret n°96-894 du 8 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relative à l’impact environnemental des projets de développement ;

Vu

le décret n°97-393 du 9 juillet 1997 portant création et organisation d’un établissement public à caractère administratif dénommé Agence Nationale De l’Environnement (ANDE) ;

Vu

le décret n°98-19 du 14 janvier 1998 portant création et organisation du Fonds National De l’Environnement, en abrégé « FNDE » ;

Vu

le décret n°2005-03 du 06 janvier 2005 portant Audit Environnemental ;

Vu

le décret n°2007-568 du 10 août 2007 portant organisation du Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts

Vu

l’arrêté n°00973 du 14 NOV 2007 relatif à l’application du décret n°2005-03 du 06 janvier 2005 portant Audit Environnemental.

Sur proposition du Directeur de l’Agence National De l’Environnement (ANDE)

ARRETE

CHAPITRE 1 : DISPOSITIONS GENERALES

Définitions

Article 1 :

Aux termes de cet arrêté

Audit environnemental ou audit écologique : Evaluation systématique et documentée de la performance environnementale d’un organisme pour déterminer ses forces et faiblesses en vue de l’élaboration d’un plan d’actions correctives. L’audit a le soutien de la direction générale de l’organisme :

Etude d’impact environnemental (EIE) : ensemble des procédés utilisés pour évaluer les effets d’une activité donnée sur l’environnement et proposer toute mesure ou action en vue de faire disparaitre, réduire ou atténuer les effets néfastes pour l’environnement susceptibles d’être engendrés par une telle activité :

Constat d’impact : inventaire des effets du projet ou programme, sans suggérer nécessairement l’étude des variantes et des moyens permettant de corriger les effets négatifs ;

Constat

développement ;

d’exclusion

catégorielle :

rapport

justifiant

l’exclusion

catégorielle

d’un

projet

de

Projet : tout aménagement, toute infrastructure, ou tout ouvrage dont les aspects ont des impacts susceptibles de dégrader l’environnement ;

Promoteur : personne physique ou moral, privée ou publique ou son délégué initiateur du projet développement ;

Permis environnemental d’exploiter : exigences environnementales réglementaires auxquelles sont soumis tous les organismes exerçant sur le territoire national et dont l’inobservation est sanctionnée par les dispositions de l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement. Il contient le référentiel de l’audit environnemental. Le permis environnemental d’exploiter tient lieu de plan de gestion environnementale ;

Partie concernée : individu groupe d’individus, y compris des autorités, qui est concerné ou affecté par les résultats obtenus en matière d’environnement par un projet ;

Termes de référence (TDR) : Ensemble des procédures et des exigences indispensables à la réalisation d’une activité donnée ;

Mesures d’atténuation ou de mitigation ou des impacts environnementaux : dispositions envisagées ou prises pour minimiser les effets néfastes résultant de l’implantation et de l’exploitation d’un projet de développement ;

Bureau d’étude environnementale ou Auditeur environnemental : Personne morale ayant une connaissance appropriée des secteurs et des domaines contrôlés, et notamment, des questions pertinentes telles que :

- les compétences et une expérience solide en gestion des aspects et impacts environnementaux des activités, produits et services ;

- une parfaite maitrise de la réglementation environnementale ivoirienne applicable dans les organismes susceptibles d’avoir des impacts sur l’environnement ;

- une formation et une compétence suffisantes relatives aux techniques spécifiques d’audit, d’EIE ou toute autre expertise environnement ;

Bureau d’étude environnementale agréé : personne morale ayant reçu mandat de l’autorité environnementale pour exercer les activités relatives à l’internalisation des contraintes environnementales dans les organismes telles que définies dans le présent arrêté ; Autorité environnementale ou autorité nationale compétente : entité unique ou un groupement d’entités dont les compétences sont définies par décret.

OBJECTIFS

Article 2 :

Le présent arrêté vise notamment à :

- promouvoir la prise en compte des contraintes environnementales dans l’élaboration, l’implantation et l’exécution des projets de développement.

- amener les opérateurs économiques à anticiper les impacts négatifs de leurs projets lors des phases conceptuelles et d’implantation.

CHAMS D’APPLICATION

Article 3 :

Le présent arrêté s’applique à tous les projets de développement ;

Article 4 :

Sont notamment visées par les dispositions du présent arrêté

- les projets de développement susceptibles de porter atteinte à l’intégrité des êtres humains et des écosystèmes récepteurs pendant leur implantation et exploitation

CHAPITRE 2 : GESTION DES ETUDES D’IMPACTS ENIRONNEMENTAL (EIE)

SECTION 1 : DEROULEMENT DE L’ETUDES D’IMPACT ENVIRONNEMENTAL

Article 5 :

L’ANDE est l’autorité Environnementale chargée de superviser, de valider et de contrôler toutes les activités relatives aux études d’impact environnemental des projets de développement.

Article 6 :

Les termes de références (TDR) relatifs aux EIE doivent être élaborés, puis validés par l’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE).

Article 7 :

Les frais d’élaboration et de validation des Termes De Référence (TDR) élaborés, par l’ANDE sont à la charge du promoteur du projet.

Article 8 :

L’élaboration, puis la validation des TDR doivent se faire dans les quinze (15) jours ouvrés à compter de

la date de réception du dossier par l’ANDE.

Article 9 :

Le processus de validation des TDR consiste en une séance de travail entre le bureau d’étude environnementale agrée, choisi par le promoteur pour la réalisation de EIE, le promoteur lui-même et l’ANDE, en vue d’en harmoniser le contenu. Les travaux de validation des TDR doivent impérativement se tenir sur une journée de travail.

Article 10 :

Les études d’impact environnemental doivent être réalisées par les bureaux d’étude environnementale agréés par arrêté du Ministre chargé de l’environnement conformément aux dispositions des articles 9 et 12 du décret n° 96-894 du 8 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relatives à l’impact environnemental des projets de développement.

Article 11 :

L’étude d’impact environnemental doit intégrer les enquêtes publiques avec les parties concernées dans sa réalisation.

A cet effet, les procès verbaux et comptes-rendus des enquêtes dûment signés doivent être versés en

annexes du rapport d’EIE.

Article 12°

Le rapport d’étude d’impact environnemental, revêtu du sceau du bureau d’étude environnemental agréé, doit déposé à l’ANDE en trois (3) ou dix (10) exemplaires, selon les cas, par les soins du promoteur ou de son représentant pour validation.

SECTION 2 : EXAMEN ET VALIDATION DU RAPPORT D’ETUDE D’IMPACT ENVIRONNEMENT

Article 13 :

Le rapport d’étude d’impact environnemental est soumis pour examen à une personne physique ou morale dûment qualifiée et figurant sur une liste agréée par le ministère en charge de l’environnement, sur proposition du Directeur de l’ANDE.

Article 14 :

L’examen du rapport de l’EIE ne peut excéder quinze (15) jours ouvrés. Passé ce délai le rapport est réputé recevable.

Article 15 :

L’examinateur du rapport de l’EIE perçoit une indemnité dont le montant est défini par le Directeur de l’ANDE. Cette indemnité est imputable à chaque rapport d’étude d’impact environnemental.

Article 16 :

La validation de l’étude d’impact environnemental doit se faire dans les quinze (15) jours, à compter de la date du dépôt du rapport de l’EIE. Le processus de validation des rapports d’EIE comprend :

- l’instruction du dossier qui consiste :

o

En une séance préliminaire de travail avec le bureau d’étude environnementale agréé ayant réalisé le rapport de l’EIE. Le bureau d’étude environnemental expose les principales articulations et les conclusions de son travail pour permettre à l’Autorité Environnementale de préparer les investigations complémentaires de terrain. , le cas échéant :

o

En une visite de site avant la séance préliminaire de travail, afin de permettre l’appréciation du terrain pour l’élaboration des TDR par l’ANDE.

- La délibération pour rendre la décision de l’Autorité Environnementale doit avoir lieu dans les trois (3) jours ouvrés.

Article 17 :

Une attestation, puis un arrêté d’approbation de l’étude d’impact environnemental est délivrée par l’Autorité Environnementale au promoteur du projet si celui-ci est écologiquement viable.

Article 18 :

Six mois après la réalisation et l’exploitation des activités d’un projet de développement, le suivi environnemental consécutif à l’EIE est complété par un Audit Environnemental, sans pour autant interrompre le cours de ce suivi environnemental.

Article 19 :

Un Bureau d’Etude Environnemental agréé, désigné par le promoteur, devra mener un Audit Environnemental pour s’assurer que la conduite des activités du projet reste écologiquement viable selon le Plan de Gestion Environnementale (PGE) défini dans l’EIE.

CHAPITRE 3 : AGREMENT DES BUREAUX D’ETUDE ENVIRONNEMENTALE

Article 20:

Les bureaux d’étude environnementale doivent être agréés par arrêté du Ministre en charge de l’environnement pour la réalisation des études relatives à l’impact environnemental des projets de développement. La durée de l’agrément est de cinq (5) ans.

Article 21 :

Sont autorisés à réaliser des études relatives à l’impact environnemental des projets de développement, les bureaux d’étude environnementale agréés par arrêté du Ministre chargé de l’environnement.

Article 22 :

La liste des bureaux d’étude environnementale agréés sera publiée périodiquement dans le Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire.

Article 23 :

Sont recevables et réputés conformes à la réglementation, des études relatives à l’impact environnemental des projets de développement réalisés par des bureaux d’étude environnementale agréés par arrêté du Ministre chargé de l’Environnement.

Article 24:

L’agrément peut être suspendu ou retiré si le bureau d’étude environnementale ne respecte pas ses engagements et est passible de poursuites judiciaires, le cas échéant.

CHAPITRE 4 : DISPOSITIONS FINANCIERES

Article 25 :

Les bureaux d’étude environnementale sont assujettis au payement des frais d’agrément pour les activités des EIE, fixés à 5.000.000 CFA, payables à l’agence comptable de l’ANDE.

Article 26 :

Les frais d’élaboration et d’enregistrement des TDR, à l’exception des stations services fixés à 5 000 000 FCFA et imputables au promoteur, sont payables à l’Agence Comptable de l’ANDE.

Article 27 :

Les coûts des redevances de l’ANDE, payables à son Agence Comptable, incluent la visite de reconnaissance du site, l’organisation d’une enquête publique selon les cas, l’évaluation technique du rapport de l’EIE en comité interministériel qui aboutira à l’élaboration de l’arrêté d’approbation et du cahier des charges environnementales, ainsi que le suivi environnemental Selon la nature des projets, ces coûts des redevances sont les suivants :

- projets d’infrastructures 50.000.000 FCFA

- projets d’industries du textile, du cuir, du bois, du papier: 40.000.000 FCFA

- projets d’industries de travail des métaux et de verre : 45.000.000 FCFA

- projets d’industries chimiques : 70.000.000 FCFA

- projets d’industries agroalimentaires : 35.000.000 FCFA

- projets d’élimination de déchets 15.000.000 FCFA

- projets d’industries de l’énergie incluant le transport électrique : 60.000.000 FCFA

- projets d’exploration minière : 15.000.000FCFA et d’exploitation : 30.000.000 FCFA (par an) ;

- projets d’exploration de carrière : 10.000.000FCFAet d’exploitation : 20.000.000fcfa (par an)

- projets d’exploration pétrolière et gazière, par bloc : 20.000.000 F CFA

- projets d’exploitation pétrolière et gazière, par puits et par an : 50.000.000 FCFA

- autres projets soumis à l’étude d’impact environnemental : 10.000.000 FCFA

Article 28 :

Les frais d’élaboration des TDR, de validation des rapports d’EIE des stations services sont respectivement de 1.500.000F et 3.000 .000 F, payables à l’Agence comptable de l’ANDE.

CHAPITRE5 : DISPOTIONS PREVENTIVES ET SANCTIONS

Article 29 :

Il est interdit à tout organisme d’exercer sans le permis environnemental d’exploiter. L’absence du permis environnemental d’exploiter est un crime écologique puni par la peine maximale des dispositions de l’article 92 de la loi n°96-766 du03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement.

Article 30 :

Il est interdit de financer ou refinancer, d’assurer ou réassurer tout organisme susceptible d’avoir des impacts sur l’environnement et qui ne peut produire un certificat de conformité environnementale, sous peine de sanctions prévues par l’article 92 de 766 du 03 octorbre1996, portant code de l’environnement.

Article 31:

Il est interdit de falsifier les rapports des EIE sous peine de sanctions prévues par l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement.

Article 32 :

Il est interdit d’avoir recours à un bureau d’étude non agréé pour la réalisation d’une EIE, sous peine de sanctions prévues par l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement. Les sanctions s’appliquent individuellement aussi bien au promoteur du projet de développement qu’au bureau d’étude environnementale qui exécute la requête.

Article 33 :

Tout défaut d’EIE, est puni par les peines maximales des dispositions de l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement.

Article 34 :

Est passible des peines prévues par l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement tout promoteur d’un projet de développement qui ne respecte pas le cahier des charges environnementales consécutif à l’EIE de son projet.

Article 35 :

Est passible des peines par Toute partie concernée par l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement, toute partie qui omet l’attestation ou l’arrêté d’approbation de l’EIE dans la constitution de ses dossiers administratifs, d’assurance ou réassurance, de financement ou refinancement d’un projet de développement.

Article 36:

Toute partie concernée qui fait obstruction à l’application du présent arrêté est passible des peines maximales des dépositions par l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement.

CHAPITRE 6 : DISPOSITIONS TRANITOIRES

Article 37 :

Les promoteurs qui ont réalisé leurs projets de développement de janvier 1997 à ce jour, disposent d’un délai de deux mois à compter de la date de publication du présent arrêté pour déposer à l’ANDE leur rapport d’EIE sous peines des peines maximales prévues les dispositions de l’article 92 de la loi n°96- 766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement.

Article 38 :

A défaut d’un rapport d’étude d’impact environnemental, un audit environnemental de substitution sera diligenté dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur.

Article 39 :

Une attestation provisoire d’agrément est délivrée par le Directeur de l’ANDE aux bureaux d’étude environnementale pour une durée non renouvelable de six (6) mois avant l’obtention de l’agrément définitif à compter de la signature du présent arrêté.

CHAPITRE 7 : DSPOSITIONS PARTICULIERES

Article 40:

Le Directeur de l’ANDE peut, s’il le juge nécessaire, demander la réalisation des études relatives à l’impact environnemental ou toute autre étude technique environnementale dans les conditions prévues par la règlementation en vigueur.

CHAPITRE 8 : DISPOSITIONS FINALES

Article 41 :

Le présent arrêté abroge toutes dispositions antérieures contraires.

Article 42 :

Le Directeur de l’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE) est chargé de l’exécution du présent arrêté qui prend effet à compter de sa date de signature et sera publié au journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 14 novembre 2007

Dr. AHIZI Aka Daniel

Décret n° 2005-03 du 6 janvier 2005 portant Audit Environnemental.

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Sur rapport conjoint de Madame la Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement, du Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances, du Ministre de l’Industrie et du Développement du Secteur Privé et du Ministre du Plan et du Développement,

Vu

la Constitution ;

Vu

la loi n o 96-766 du 03 octobre 1996 portant Code de l’Environnement, notamment en son article 50 ;

Vu

le décret n° 97-393 du 8 juillet 1997 portant création et organisation d’un Etablissement Public à caractère administratif dénommé Agence Nationale De l’Environnement de Côte d’Ivoire ;

Vu

le décret n o 2003-65 du 13 mars 2003 portant nomination des membres du Gouvernement tel que modifié et complété par les décrets n o 2003-346 du 12 septembre 2003 et n o 2003-349 du 15 septembre 2003;

Vu

le décret n° 2003-102 du 24 avril 2003 portant attribution des membres du Gouvernement de Réconciliation Nationale tel que modifié par le décret n o 2003-398 du 24 octobre 2003 ;

Le Conseil des Ministres entendu,

DECRETE :

CHAPITRE 1 : DISPOSITIONS GENERALES

Article 1 : Modalités d’application

Le présent décret détermine, en application des dispositions de l’article 50 de la loi n o 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de l’Environnement, les modalités de mise en œuvre de l’audit environnemental.

Article 2 : Objet

L’audit environnemental a pour objet d’apprécier, de manière périodique, l’impact que tout ou partie des activités, des modes opératoires ou de l’existence d’un organisme ou ouvrage est susceptible, directement ou indirectement, de générer sur l’environnement.

Article 3 : Champ d’application et périodicité

Sont soumis, tous les trois (3) ans, à l’audit environnemental, les entreprises, les industries et ouvrages, ou partie ou combinaison de celles-ci, de droit public ou privé, sources de pollution, qui ont leur propre structure fonctionnelle et administrative. Les objectifs sont définis par le demandeur. Le champ est défini par le responsable d’audit après consultation du demandeur.

Article 4 : Cadre de mise en œuvre de l’audit environnemental

L’audit environnemental est effectué conformément aux principes généraux, aux lignes directrices et à la méthodologie relative à la procédure d’audit environnemental, définis dans le présent décret.

Article 5 : Plaintes des parties intéressées

Un individu ou un groupe d’individus, ainsi que l’autorité administrative communale, départementale, régionale ou nationale, concernés ou affectés par les impacts environnementaux, d’un organisme ou d’un ouvrage, peuvent saisir le Ministre chargé de l’environnement pour exiger un audit environnemental.

Article 6 : Cadre réglementaire

L’audit environnemental permet au Ministère chargé de l’environnement de veiller au respect des normes, d’exiger des mesures de prévention, d’atténuation et de réparation ou de prendre des sanctions dans le cas du non respect délibéré ou de la récidive.

CHAPITRE 2 : DOMAINES, CRITERES ET TYPES D’AUDIT NVIRONNEMENTAL

Article 7 : Domaines d’audit environnemental

Le présent décret prend en compte deux domaines d’audit environnemental :

- Le Plan de Gestion Environnementale – Audit (PGE-A) ;

- le Système de Management Environnemental (SME).

Un diagnostic permet d’identifier le domaine d’audit applicable à l’organisme à auditer.

Article 8 : Critères d’audit environnemental

Trois critères permettent de couvrir les domaines d’audit : la conformité, l’efficacité et l’efficience.

Article 9 : Application des critères d’audit au PGE-A

Conformité :

Ce critère consiste à l’exécution des activités ou pratiques selon les exigences définies ou les lois et règlements ainsi que les conventions internationales ratifiées;

Efficacité :

L’efficacité est la prévention de la pollution et la maîtrise des impacts et aspects environnementaux;

Efficience :

L’efficience consiste à la réduction des infractions et à l’amélioration des indicateurs de performance environnementale (IPE).

Article 10 : Application des critères d’audit au SME

Conformité :

La conformité consiste au respect des exigences du SME par une norme internationale;

Efficacité :

L’efficacité consiste à atteindre des objectifs et des cibles fixés lors de la mise en œuvre du SME;

Efficience :

L’efficience se mesure à la réduction des coûts.

Article 11 : Différents types d’audit environnemental

Il existe trois types d’audit environnemental :

- L’audit interne ;

- l’audit externe ;

- l’audit de certification.

Article 12 : Audit interne

Conduit du propre fait de l’entreprise, l’audit interne vise à vérifier le bon fonctionnement de son Plan de Gestion Environnementale-Audit ou de son Système de Management Environnemental. Il peut être réalisé soit par un auditeur interne, soit par des auditeurs externes selon la procédure d’audit propre à l’entreprise.

Article 13 : Audit externe

Il est réalisé par des auditeurs externes agréés par le Ministère chargé de l’Environnement sur avis L’audit externe est initié par le Ministre chargé de l’environnement sur avis technique de l’Agence Nationale de l’Environnement. technique de l’Agence Nationale de l’Environnement.

Article 14 : Coût de la prestation

Les frais de l’audit externe sont à la charge de l’audité.

Article 15: Audit de certification

L’audit de certification est réalisé par un organisme accrédité et reconnu par les institutions du pays. Il est initié dans l’optique de la certification des activités d’une entreprise ou de son Système de Management Environnemental (SME) par rapport à une norme internationale.

Article 16: Types d’audits obligatoires

Au sens du présent décret, sont considérés comme obligatoires :

- L’audit externe PGE-A ;

- L’audit externe SME

SECTION I: AUDIT EXTERNE PGE-A

Article 17: Mise en place d’un Plan de Gestion Environnementale-Audit

Le Plan de Gestion Environnementale-Audit (PGE-A) est conçu par l’ANDE pour accompagner les entreprises dans la prise en compte de l’environnement dans leurs activités. La mise en place du PGE-A est obligatoire au sein des entreprises ne disposant pas d’un Système de Management Environnemental. L’Agence Nationale de l’Environnement est chargée de la mise en place du PGE-A, les frais y afférant sont à la charge de l’entreprise. Tout outil de gestion environnementale, mis en œuvre au sein d’une entreprise à l’initiative du promoteur, doit être validé par l’Agence Nationale De l’Environnement.

Article 18: Champ d’application de l’audit PGE-A

Sont soumis à l’audit PGE-A, les entreprises, industries et ouvrages peu avancés dans la prise en compte de la protection de l’environnement ou déjà sensibilisés à l’environnement, et qui devraient franchir le pas de la mise en œuvre de mesures pratiques de gestion environnementale.

Article 19: Tenue de registres

Toute personne physique ou morale qui gère une installation ou un ouvrage constituant une menace pour l’environnement est astreinte à la tenue systématique de registres contribuant à donner la preuve d’une gestion saine de ses activités.

Article 20: Registres visés

Les registres visés à l’article 19 portent sur :

- Les rejets des eaux industrielles ;

- Les émissions atmosphériques ;

- La gestion des déchets solides, liquides et dangereux ;

- la gestion des produits chimiques.

Cette liste n’est pas exhaustive et les registres peuvent être adaptés par l’entreprise concernée selon les activités de celle-ci.

SECTION II: AUDIT DU SYSTEME DE MANAGEMENT ENVIRONNEMENTAL

Article 21: Mise en place d’un Système de Management Environnemental (SME)

La mise en place d’un Système de Management Environnemental (SME) est la garantie pour tout organisme d’obtenir une certification internationale en matière de protection de l’environnement.

Un SME n’est valide que s’il est réalisé par des auditeurs qualifiés des Systèmes de Management Environnemental.

Article 22: Champ d’application de l’audit SME

L’audit SME vise à vérifier le bon fonctionnement d’un Système de Management Environnemental. Sont soumis à l’audit SME, les organismes ayant établi un Système de Management Environnemental et assurant son amélioration continue.

CHAPITRE 3 : PROCEDURES D’AUDIT ENVIRONNEMENTAL

Article 23: Cadre fonctionnel de l’audit environnemental

L’audit est réalisé conformément à des méthodes et procédures bien définies, cohérentes et basées sur des normes nationales et/ou internationales en cas de besoin. Il est conçu pour garantir au demandeur et à l’audité le niveau de confiance souhaité pour la fiabilité des résultats de l’audit.

Article 24: Conduite de l’audit environnemental

La conduite de l’audit comporte six phases :

- Initialisation de l’audit ;

- Préparation de l’audit ;

- Conduite de l’audit ;

- Synthèse de l’audit ;

- Rapport de l’audit ;

- suivi et exploitation de l’audit.

Article 25: Achèvement de l’audit

L’audit est achevé lorsque toutes les activités définies dans le plan d’audit ont été menées à terme. Si le rapport d’audit ne peut être achevé dans les délais établis, le responsable de l’équipe d’audit informe le Ministère chargé de l’environnement des raisons du retard et propose à son approbation une nouvelle date de diffusion.

CHAPITRE 4 : MODE DE GESTION DE L’AUDIT

Article 26: Conservation documentaire

Tous les documents de travail et le rapport de l’audit sont conservés conformément à l’accord conclu, d’une part entre le Ministre chargé de l’environnement, le responsable d’audit et l’audité, et d’autre part selon la réglementation en vigueur en matière de propriété intellectuelle.

Article 27: Agrément de l’auditeur externe

L’auditeur doit être agréé par le Ministère chargé de l’environnement. A cet effet, un arrêté ministériel portant agrément des auditeurs environnementaux sera élaboré et publié par les voies officielles.

Article 28: Planification et gestion du programme d’audit

L’Agence Nationale de l’Environnement planifie et gère le programme d’audit environnemental. A ce titre, elle développe les compétences qui lui permettent de planifier et d’ordonnancer les audits environnementaux.

Article 29: Choix des auditeurs externes

Le choix des auditeurs externes relève de la compétence de l’organisme à auditer. Il est tenu de recourir à un auditeur agréé dans le cas d’un audit externe.

L’entreprise s’assure de la compétence et de la qualification des auditeurs externes qu’elle serait amenée à utiliser pour l’audit interne. Article 30: Prise en charge des mesures correctives

Les coûts des mesures correctives à mettre en œuvre sont à la charge de la structure auditée, selon un programme établi par le rapport d’audit.

CHAPITRE 5 : SANCTIONS ADMINISTRATIVES ET PENALES

Article 31: Mise en demeure

Lorsque l’Agence Nationale de l’Environnement constate l’inobservation de certaines dispositions du présent décret, elle fait rapport au Ministre chargé de l’environnement qui met l’exploitant en demeure d’exécuter, dans un délai déterminé, les mesures correctives par injonction.

Article 32: Expiration de la mise en demeure

Si à l’expiration du délai sus-visé à l’article 31, l’audité n’a pas obtempéré à l’injonction, le Ministre chargé de l’environnement peut soit faire procéder d’office, aux frais de l’exploitant, à l’exécution des actions correctives prescrites, soit obliger l’exploitant à consigner entre les mains d’un comptable public une somme susceptible de couvrir le montant des travaux à réaliser, laquelle sera restituée à l’audité après l’exécution des actions correctives prescrites. Par ailleurs, le Ministre chargé de l’environnement, de concert, avec le Ministre chargé de l’industrie et du développement du secteur privé, peut faire suspendre par arrêté, le fonctionnement de l’organisme audité, jusqu’à l’exécution des actions correctives prescrites.

Article 33: Sanctions prévues

Toute violation aux dispositions du présent décret est punie par les dispositions pénales prévues par la loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant code de l’environnement.

Article 34: Organisme visé par le présent décret

Tout organisme source de pollution et installé sur le territoire ivoirien, avant ou après l’adoption du présent décret, est tenu de se conformer aux dispositions dudit décret.

Article 35: Exécution du présent décret

La Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances, le Ministre de l’Industrie et du Développement du Secteur Privé et le Ministre du Plan et du Développement sont chargés, chacun pour ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 6 janvier 2005

Laurent GBAGBO

Arrêté n°00973 du 14 novembre 2007 relatif à l’application du n°2005 -03 du 6 janvier 2005 portant audit environnemental.

LE MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT, DES ET FORETS

Vu

la constitution

Vu

la loi 96-766 du 03 du octobre 1996 portant Code l’Environnement

Vu

la loi n°98-755 du 23 décembre 1998 portant Code de l’Eau ;

Vu

le décret n°96-894 du 8 novembre 1996 déterminant les règles et procédures applicables aux études relative à l’impact environnemental des projets de développement ;

Vu

le décret n°97-393 du 9 juillet 1997 portant création et organisation d’un établissement public à caractère administratif dénommé Agence Nationale De l’Environnement (ANDE) ;

Vu

le décret n°98-19 du 14 janvier 1998 portant création et organisation du Fonds National De l’Environnement, en abrégé « FNDE » ;

Vu

le décret n°98-43 du 28 janvier 1998 relatif aux installations classées pour la protection de l’environnement ;

Vu

le décret n°2005-03 du 06 janvier 2005 portant Audit Environnemental ;

Vu

le décret 2007-450 du 29 mars 2007 portant nomination du Premier Ministre ;

Vu

le décret 2007-456 du 7 avril 2007 portant nomination des Membres du Gouvernements ;

Vu

le décret 2007-458 du 20 avril 2007 portant attributions des membres du Gouvernement ;

Vu

le décret n°2007-568 du 10 août 2007 portant organisation du Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts

Vu

l’arrêté n°0462 du 13 mai 1998 modifiant la nomenclature des installations classées.

Sur proposition du Directeur de l’Agence National De l’Environnement (ANDE)

ARRETE

CHAPITRE : DISPOSITION GENERALE

OBJET

Article 1 :

Le présent arrêté a pour objet de la précision et la clarification de certaines dispositions de la loi n°96- 766 du 03 du octobre 1996 portant Code l’Environnement, notamment en son article 50 ainsi que celles du décret n°2005-03 du décret 2005-03 du janvier 2005 portant Audit Environnemental et celles du décret 98-43 du 28 janvier 1998 relatif aux installations classées pour la protection de l’Environnement.

DEFINITIONS

Article 2 :

Aux termes de cet arrêté,

L’audit environnemental ou audit écologique est l’évaluation systématique et documentée de la performance environnementale d’un organisme pour déterminer ses forces et faiblesses en vue de l’élaboration d’un plan d’actions correctives ;

L’audit environnemental de substitution à une étude d’impact environnemental est l’évaluation systématique et documentée de la performance environnementale d’un organisme pour déterminer ses forces et faiblesses et l’étude des modifications des écosystèmes récepteurs consécutivement au fonctionnement de celui-ci. A cet effet, les TDR y afférents sont obligatoirement validés sous dix(10) jours ouvrés par l’ANDE avant son exécution par un bureau d’étude environnementale agréé.

Le bureau d’étude environnementale ou l’auditeur environnemental est une personne morale ayant une connaissance appropriée des secteurs et des domaines contrôlés, et notamment, des questions pertinentes telles que :

les compétences et une expérience solides en gestion des aspects et impacts environnementaux des activités, produits et services ;

la parfaite maîtrise de la réglementation environnementale ivoirienne applicable dans les organismes susceptibles d’avoir des impacts sur l’environnement ;

la formation et la compétence suffisantes relatives aux techniques spécifiques d’audit, d’EIE ou toute autre expertise environnementale ;

Le bureau d’étude environnemental agréé est une personne morale ayant reçu mandat de l’autorité environnementale pour exercer les activités relatives à l’internalisation des contraintes environnementales dans les organismes telles que définies dans le présent arrêté ;

L’agrément multicritère est constitué d’au moins trois (3) agréments relatifs aux activités d’expertise environnementale délivrés par l’autorité environnementale ;

L’organisme est une compagnie, une société, firme, entreprise, autorité ou institution ou partie ou combinaison de celles-ci, un bâtiment à quai ou en rade, ayant ou non la personnalité juridique, de droit public ou privé, qui a sa propre structure fonctionnelle et administrative ;

Le certificat de conformité environnementale est la distinction des organismes dont la démarche environnementale est efficace et efficiente. C’est le document exigé aux organismes pour la constitution des dossiers d’assurance ou réassurance, de financement ou refinancement et pour tout acte administratif. Il doit être délivré consécutivement à un audit environnemental datant de trois (3) mois au plus à compter de la date de sa diffusion. Les résultats du bilan écologique ne peuvent donner lieu à un certificat de conformité environnementale ;

Le plan d’actions correctives est un chronogramme d’activités ayant pour objectif la levée des non conformités et de tout écart réglementaire relatifs à l’internalisation des contraintes environnementales ;

L’activité post audit est l’ensemble d’actions destinées à améliorer la performance écologique de l’organisme et à garantir le processus d’amélioration continue de la démarche environnementale à la suite d’un audit environnemental ;

Le cycle d’audit environnemental est l’ensemble constitué par l’audit environnemental et par toutes activités post audit. Le cycle d’audit environnemental est d’un (1) an et comprend un audit environnemental, un (1) bilan écologique et l’ensemble des éco gestes destinés à améliorer la performance environnementale de l’organisme ;

L’enregistrement constitue la preuve matérielle permettant d’attester de la réalisation d’une activité ou de la satisfaction d’une exigence ;

La documentation est l’ensemble des enregistrements archivés et susceptible de faire l’objet d’un contrôle ;

Le bilan écologique ou bilan environnemental comprend l’inventaire de l’ensemble des activités relatives à la prise en compte des contraintes écologiques par un organisme sur une année, le chronogramme des activités destinées à l’amélioration et le maintien de sa démarche environnementale sur l’année en cours et l’année suivante, l’étude comparative de ses performances environnementales des deux exercices consécutifs en vue de la mise en évidence de son processus d’amélioration continue ;

Le crime écologique est une pratique ou un comportement irrespectueux de l’environnement qui se traduit par le non respect de la réglementation et favorisant les modes de production, de consommation ou d’exploitation non viable des ressources. Toute activité qui met en péril la résilience des écosystèmes et qui fait subir des externalités négatives aux parties concernées est considérée comme crime écologique.

La récidive d’un crime est sanctionné par les peines maximales relatives aux dispositions de l’article 92 de a loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement ;

L’éco-geste est une pratique ou un comportement respectueux de l’environnement par la promotion de l’utilisation rationnelle des ressources et la minimisation des pollutions et nuisances ;

La démarche environnementale réglementaire est l’ensemble des dispositions prises par un organisme pour se conformer aux prescriptions environnementales réglementaires dans la conduite quotidienne de ses activités.

L’étude d’impact environnementale (EIE) est le rapport d’évaluation de l’impact probable d’un projet de développement sur les écosystèmes sollicités par son implantation et sa mise en œuvre ;

La gestion écologique est l’ensemble des méthodes d’exploitation d’un organisme qui privilégie l’utilisation efficace et efficiente des matières naturelles et artificielles tout en minimisant les coûts de production et/ou d’exploitation et les impacts environnementaux consécutifs à ses activités ;

La politique environnementale est une déclaration documentée effectuée par l’organisme sur ses intentions et principes par rapport à son comportement environnemental en général, qui offre un cadre à son action et établit des objectifs et buts en matière d’environnement ;

L’installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) est une installation fixe dont l’exploitation présente des risques pour l’environnement et pour l’homme ;

L’amélioration continue est un processus d’enrichissement du Système de Management Environnemental (SME) visant à obtenir des améliorations de la performance environnementale globale en fonction de la politique environnementale ;

La performance environnementale est l’ensemble des résultats mesurables du Système de Management Environnemental (SME), en relation avec la maîtrise, par l’organisme de ses aspects

environnementaux environnementaux ;

La prévention de la pollution est le recours à es procédés, pratiques, matériaux ou produits qui évitent ou réduisent la pollution, ou encore en assirent la maîtrise. La prévention de la pollution peut comprendre le recyclage, le traitement, la modification des procédés, des dispositifs de contrôle, l’utilisation efficace et efficiente des ressources et le recours à des matériaux de substitution ;

L’aspect environnemental est l’élément des activités, produits ou services d’un organisme susceptible d’interagir avec l’environnement. Un aspect environnemental significatif est un aspect environnemental qui a ou peut avoir un impact significatif sur l’environnement ;

Le programme environnemental est une description des mesures (en ce qui concerne les responsabilités et les moyens) prises ou envisagées par un organisme pour atteindre des objectifs environnementaux, généraux ou spécifiques, ainsi que des échéances fixées pour leur mise en œuvre ;

L’objectif environnemental est le but environnemental global, découlant de la politique environnementale, qu’un organisme se fixe et qui est quantifié dans la mesure du possible ;

La cible humaine est l’ensemble des personnes susceptibles d’être affectées, dans un espace donné, par la dérive du fonctionnement de tout ou d’une partie d’un organisme ;

Le système de management environnemental est un outil de gestion de l’organisme et de la collectivité qui lui permet de s’organiser de manière à réduire et maîtriser ses impacts sur l’environnement. Il inscrit l’engagement d’amélioration environnementale de l’organisme ou de la collectivité dans la durée en lui permettant de se perfectionner continuellement ;

Le service environnement fonctionnel est la structure chargée, au sein de l’organisme, de la mise en œuvre de la démarche environnementale. Cette structure définit ses objectifs et cibles en cohérence avec ses aspects et impacts environnementaux et établit périodiquement son programme environnemental ;

Le plan de gestion environnementale est le contenu du permis environnemental d’exploiter ainsi que les principales articulations de sa mise en œuvre par l’organisme ;

Le permis environnemental d’exploiter est l’ensemble des exigences environnementales réglementaires auxquelles sont soumis tous les organismes exerçant sur le territoire national et dont l’inobservation est sanctionnée par les dispositions de l’article 92 de la loi n°96-766 du 03 octobre 1996, portant Code de l’Environnement. Il contient le référentiel de l’audit environnemental. Le permis environnemental d’exploiter tient lieu de plan de gestion environnemental

L’étude prescriptions techniques environnementales d’activités est l’inventaire de l’ensemble des activités d’un organisme en vue de faire ressortir ses aspects et impacts environnementaux ; l’étude de la criticité des conséquences de ses impacts environnementaux sur les écosystèmes récepteurs y compris l’homme et, enfin, les moyens de maîtrise des risques environnementaux.

L’étude

environnementales ;

environnementales d’activités contient le plan de gestion

cibles

sur

la

base

de

la

politique

environnementale,

de

ses

objectifs

et

de

prescriptions

techniques

La partie concernée est l’individu ou groupe d’individus, y compris des autorités, qui est concerné ou affecté par les résultats obtenus en matière d’environnement par un organisme ;

Les Termes De Référence (TDR) sont l’ensemble des procédures et exigences indispensables à la réalisation d’une activité donnée. Les TDR sont aussi appelés référentiel ;

La zone occupée est le lieu (postes de travail, bureaux, salle de contrôle, etc.) où une ou plusieurs personnes séjournent en permanence ;

Les paramètres environnementaux sont les indicateurs permettant d’apprécier objectivement la contamination ou la pollution d’une ou de plusieurs composantes environnementales ;

Le récépissé de déclaration est le permis environnemental d’exploiter d’un organisme dont les dangers environnementaux inhérents à son fonctionnement peuvent être circonscrits avec le risque minimum de mettre en péril le voisinage. Le récépissé de déclaration est signé par le Directeur de L’ANDE.

OBJECTIFS

Article 3 :

Le présent arrêté vise à :

promouvoir dans tous les organismes la mise en œuvre systématique d’une démarche environnementale efficace et efficiente susceptible de minimiser les risques environnementaux consécutifs à leurs activités, produits et services. La démarche environnementale fait l’objet d’audits ou de contrôles périodiques ;

garantir à tous les personnels et sous-traitants des organismes des conditions saines de travail, conformément aux dispositions pertinentes du Code du Travail ;

amener chaque organisme à sensibiliser tous ses personnels et sous-traitants aux aspects et impacts environnementaux de ses activités, produits et services ;

amener les organismes à communiquer périodiquement en externe sur les performances environnementales et les éco gestes relatifs aux aspects et impacts environnementaux de leurs activités, produits et services, notamment à la demande de l’Agence Nationale De l’Environnement ;

demander à chaque organisme d’assurer sa veille réglementaire n matière de gestion e ses risques environnementaux.

CHAMPS D’APPLICATION

Article 4 :

Le présent arrêté s’applique à tous les organismes dont les activités, produits et services sont susceptibles d’avoir un impact négatif sur les écosystèmes environnementaux et sur la santé humaine.

Article 5 :

Sont visées par les dispositions de cet arrêté :

les usines, les mines, les dépôts, les magasins et ateliers, les stockages ;

les installations, de droit privé et public, exploitées par des personnes physiques ou morales susceptibles de porter atteinte à l’intégrité des êtres humais et des écosystèmes ;

CHAPITRE 2 : PERMIS ENVIRONNEMENTAL D’EXPLOITER

SECTION

ENVIRONNEMENTALES D’ACTIVITES

I

:

REALISATION

DE

Article 6 :

L’ETUDE

DE

PRSCRIPTIONS

TECHNIQUES

L’organisme doit identifier et hiérarchiser tous les dangers et inconvénients liés à son fonctionnement tels que définis dans les articles 1 et 2 du décret n°98-43 du 28 janvier 1998 relatif aux installations classés pour la protection de l’environnement.

Article 7 :

L’organisme doit rendre prioritaire l’internalisation des exigences environnementales et de développement durable dans la conduite de ses activités pendant toute la durée de son exploitation. L’ensemble de ces exigences est inscrit dans le permis environnemental d’exploiter ou plan de gestion environnementale.

Article 8 :

La délivrance du permis environnemental d’exploiter à un organisme est subordonnée à une étude de prescriptions techniques environnementales d’activités. La validité de l’étude de prescriptions techniques environnementales d’activités est de deux (2) ans.

Article 9 :

L’ouverture et la poursuite des activités d’un organisme dont les aspects et impacts environnementaux susceptibles de nuire à l’environnement doivent être conditionnées par l’obtention préalable du permis environnemental d’exploiter. L’organisme qui exerce sans permis environnemental d’exploiter est déclaré clandestin et dangereux pour l’environnement. Il n’est donc pas autorisé à poursuivre ses activités sur tout le territoire national.

Article 10 :

Le permis environnemental d’exploiter est :

soit, un arrêté d’autorisation d’exploiter à jour pour les organismes soumis à

autorisation ;

soit, un récépissé de déclaration à jour pour les organismes soumis à déclaration.

Article 11 :

Pour l’obtention du permis environnemental d’exploiter, l’organisme doit faire réaliser, à ses frais, une étude de prescriptions techniques environnementales d’activités par un bureau d’étude environnementale agréé.

SECTION II : EXAMEN ET VALIDATION DU RAPPORT DE L’ETUDE DE PRESCRIPTIONS TECHNIQUES ENVIRONNEMENTALES D’ACTIVITES

Article 12 :

Le rapport de l’étude de prescriptions techniques environnementales d’activités, revêtu du sceau du bureau d’étude environnementale agréé, doit être déposé à l’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE) pour enregistrement et traitement.

Article 13 :

Le rapport de l’étude de l’étude de prescriptions techniques environnementales d’activités est soumis à un examen suivi d’une validation éventuelle.

Article 14 :

Le rapport de l’étude de l’étude de prescriptions techniques environnementales d’activités est soumis à un examen suivi d’une validation éventuelle par une personne physique ou morale dûment qualifié et figurant sur une liste agréée par le Ministre chargé de l’environnement, sur proposition du Directeur de l’ANDE.

Article 15 :

L’examen de validation de l’étude de l’étude de prescriptions techniques environnementales d’activités ne peuvent excéder trente(30) jours ouvrés.

Article 16 :

L’examinateur chargé du traitement des rapports des études de prescriptions techniques environnementales d’activités perçoit une indemnité dont le montant est fixé par le Directeur de l’ANDE.

Article 17 :

Trente (30) jours ouvrés après le dépôt, sans réaction de l’Autorité Environnementale, l’étude de prescriptions techniques environnementales d’activités tient lieu de permis environnemental d’exploiter. La réalisation d’une nouvelle étude de prescriptions techniques environnementales d’activités est subordonnée la délivrance préalable du permis environnemental d’exploiter en cours d’instruction.

Article 18 :

Le permis environnemental d’exploiter est délivré suite à :

 <