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TRAVAIL DE RECHERCHE:

Les conséquences physiopathologiques et psychologiques des régimes restrictifs.

et psychologiques des régimes restrictifs. Flore Gaillard BDNH1 Travail de recherche présenté à:

Flore Gaillard

BDNH1

Travail de recherche présenté à:

Madame Malu-Séverine Sangolo-Gaubard — Nutrition et tendances Madame Meïra Bendennoune — Besoins nutritionnels

— Nutrition et tendances Madame Meïra Bendennoune — Besoins nutritionnels EDNH — Marseille Le 26 avril

EDNH — Marseille Le 26 avril 2019

Sommaire

Introduction……………………………………………………………………………….

I. Conséquences physiopathologiques……………………………………………

A. Risques au niveau de la santé…………………………………………………

B. Pertes de masse musculaire et osseuse……………………………………

C. Surpoids: l’effet yoyo……………………………………………………………

D. Risques chez les cas spécifiques…………………………………… ………

II. Conséquences psychologiques…………………………………………………….

A. Émotions négatives……………………………………………………………

B. Troubles du comportement alimentaire……………………………………….

Conclusion………………………………………………………………………………

Résumé en anglais………………………………………………………………………

Annexes…………………………………………………………………………………

Bibliographie.……………………………………………………………………………

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Introduction

Le surpoids et l’obésité en France est un réel problème. Ils touchent respectivement 32% et 15% des personnes adultes 1 . Ce problème peut nécessiter une prise en charge diététique auprès d’un professionnel de santé, mais de nombreuses personnes s’y prennent seules grâce à des régimes tendances trouvés sur internet, dans des livres renommés de certains docteurs, comme par exemple le régime Dukan ou Cohen ou bien par du bouche à oreilles : 23,6% des adultes suivent ou ont suivi un régime l’année précédent une enquête de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) sur les régimes amaigrissants (2006-2007) 2 .

Cependant, ces régimes d’amaigrissement sont bien souvent appliqués sans réel surpoids ou indication médicale, uniquement par soucis esthétique 2 : 30% des femmes d’IMC « normal » et 15% des femmes « minces » ont suivi un régime amaigrissant pendant l’enquête, ou l’année précédent 2 .

Suite à ces chiffres et informations, une question intéressante peut nous venir à l’esprit. Quelles conséquences physiopathologiques et psychologiques peuvent avoir les régimes restrictifs ?

Nous commencerons par étudier les différentes conséquences physiopathologiques, notamment en étudiant les risques au niveau de la santé, que ce soit au niveau des maladies, du poids, ou encore de la perte musculaire et osseuse. Nous enchaînerons ensuite sur les conséquences psychologiques car les régimes restrictifs peuvent avoir un réel impact sur la santé psychique ou encore les émotions.

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1 Anses, mise à jour le 21/09/16, Régimes amaigrissants: https://www.anses.fr/fr/content/régimes-amaigrissants

2 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 12

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I.

Les conséquences physiopathologiques

A. Risques au niveau de la santé

Sur les 15 régimes amaigrissants les plus populaires, l’ANSES déclare qu’ils « peuvent induire des déséquilibres nutritionnels et des inadéquations d’apports » 3 (insuffisance et excès). Par exemple, 80% des phases de régimes étudiées présentaient un apport en protéines trop élevé alors que l’apport en fibres était trop faible pour 74% des régimes 4 . Ces carences sont dues au fait que les régimes populaires ne sont ni variés ni équilibrés. La plupart nous privent de nutriments importants voire de groupes d’aliments entiers. De plus, les régimes ne tiennent pas compte du fait que chaque personne a des besoins nutritionnels différents selon son âge, son poids, sa taille, sa masse musculaire etc… Les carences ont d’ailleurs de nombreuses conséquences. Nous pouvons citer la fatigue, la faiblesse immunitaire, les problèmes respiratoires, les changements d’appétit, la pâleur, la perte de cheveux, la constipation, les palpitations, la dépression ou encore des troubles de concentration.

Les régimes restrictifs peuvent également être source de dérèglements hormonaux avec l’augmentation du cortisol, également appelée « hormone du stress », la perturbation du cycle chez la femme ou bien même la mise à mal de la thyroïde.

L’augmentation des risques cardio-vasculaires peut également être une conséquence des régimes restrictifs. Ces régimes peuvent augmenter les troubles de la glycémie et du profil lipidique, ainsi que perturber la pression artérielle et le rythme cardiaque.

En plus des risques cardio-vasculaires, les régimes hyperprotéinés (régimes avec quasiment uniquement de la viande, du poisson, des œufs et des produits laitiers) présentent un risque au niveau rénal et osseux. Les régimes hyperprotéinés augmentent le calcium urinaire par compensation de l’acidité due à l’excès de protéines, ce qui favorise la formation de calculs rénaux.

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3 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 5 (ligne 1-2)

4 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 12

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B. Pertes de masses musculaire et osseuse

Lorsque nous faisons un régime et que nous perdons du poids, nous pensons immédiatement que ce sont des kilogrammes de gras, mais en réalité, c’est notre masse musculaire que nous perdons, quelque soit l’apport protéique. Plus la perte de poids est rapide, plus c’est dangereux. Le corps n’a pas le temps de s’adapter à un amaigrissement si rapide, il va donc « passer en mode survie » et préserver ses fonctions vitales. La masse musculaire a besoin de beaucoup d’énergie pour fonctionner. Lors d’un régime restrictif, nous avons peu d’énergie disponible, le corps va donc réduire sa masse musculaire afin de réduire le besoin énergétique. Or, les muscles nous apportent une certaine tonicité. En perdant de la masse musculaire et non de la masse graisseuse, nous nous retrouvons donc proportionnellement plus gras qu’avant, et plus flasque, surtout s’il n’y a pas d’activité physique régulière.

Comme nous l’avons vu précédemment, les défenses immunitaires sont touchées lors de régimes restrictifs. Pour trouver de l’énergie, le corps va donc commencer un catabolisme musculaire. Le catabolisme est un processus naturel consistant à trouver l’énergie nécessaire dans les tissus musculaires. Celui-ci va donc encore plus provoquer la perte de masse musculaire (annexe 1).

En plus de la fonte musculaire, les os sont également impactés. D’après l’ANSES (l’agence nationale de la sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail), « Les régimes amaigrissants sont délétères pour l’intégrité du capital osseux : une diminution en moyenne de un à deux pourcents de la densité minérale osseuse est observée pour une perte de poids de 10 %. » 5 . Il y a donc un risque plus important de fractures. Mais les fractures vont engendrer une immobilisation, ce qui va donc réduire encore plus la masse maigre (masse musculaire et osseuse), et donc augmenter encore plus les risques de fracture. Il s’agit d’un cercle vicieux (annexe 1).

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5 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 5 (ligne 28 à 30)

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C.

Surpoids: l’effet yoyo

Le risque le plus habituel lors des régimes restrictifs reste tout de même la reprise de poids, voire le surpoids. Comme nous l’avons vu précédemment, ces régimes provoquent la fonte musculaire, et donc, en l’absence d’activité physique, plus nous faisons de régime, plus la prise de poids va être présente du fait que nous avons maintenant plus de place pour la graisse, vu que la masse musculaire en prend moins. Après un an, la reprise de poids concerne d’ailleurs 80% des personnes 6 .

De plus, au fur et à mesure des régimes, comme la masse musculaire est de moins en moins importante, notre métabolisme (ensemble des transformations chimiques et biologiques s'accomplissant dans l’organisme) diminue, ce qui diminue également notre capacité à brûler les calories. Cette baisse de métabolisme favorise donc la prise de poids.

D. Risques chez les cas spécifiques

Chez la femme enceinte, la restriction énergétique et les déficits nutritionnels présentent des risques pour le bon déroulement de la grossesse. Les régimes restrictifs peuvent ralentir le développement et la croissance du fœtus et peuvent également avoir des conséquences sur la santé future de l’enfant, ainsi qu’à son âge adulte 7 . De plus, la lactation sera également touchée à cause de la malnutrition protéino- énergétique, ce qui aura pour conséquence une mauvaise croissance et développement de l’enfant 8 . Chez l’enfant et l’adolescent, de par la restriction calorique (même sans restriction protéique), le ralentissement de la croissance ainsi que du développement pubertaire peuvent être des conséquences de ces régimes. S’ajoutent également des risques d’aménorrhées (absences de flux menstruels), de tendinites, de déminéralisation osseuse… 9

Chez le sportif amateur, un régime restrictif présente des risques à court terme tels que des risques cardiovasculaires lors d’une reprise sportive chez un sujet sédentaire (absence d’activité physique) de longue durée, et présentant des facteurs de risques vasculaires, ainsi que des risques de malaises (hypoglycémie…) 10 .

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6 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 5 (ligne 34)

7 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 6 (lignes 7 à 10)

8 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 6 (lignes 11 à 15)

9 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 6 (lignes 16 à 20)

10 Anses, Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », 25/11/10, page 6 (lignes 23 à 28)

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II.

Conséquences psychologiques

A. Émotions négatives

Lorsque l’on commence un régime restrictif, nous sommes confiant, nous croyons en ce régime « miracle » qui va nous faire perdre tout les kilogrammes souhaités. Seulement, au fur et à mesure du temps, les interdits alimentaires commencent à nous manquer: nous sommes frustrés. D’autres émotions négatives vont découler de cette frustration: l’agressivité, l’anxiété ou bien des variations d’humeur comme les sautes d’humeur, l’irritabilité ou l’instabilité émotionnelle.

Lorsque la personne suivant le régime va craquer sur un aliment interdit, cela va lui faire du bien et elle ne va pas penser aux conséquences. Mais très vite elle va se sentir coupable, et cette culpabilité amène souvent à un sentiment de honte, la honte de ne pas réussir à tenir les règles indiquées. Une nouvelle frustration est donc arrivée.

De plus, lorsqu’une personne décide de faire un régime, elle se met à l’écart du monde, elle ne mange pas comme les autres et donc s’isole socialement. Un mal-être profond est alors présent.

Lorsque la personne arrête son régime, si elle reprend du poids, ce qui est fort probable, celle-ci va dégrader sa perception de soi, elle va se sous estimer, penser qu’elle n’est bonne à rien et n’est même pas capable de réussir un régime. Elle va perdre confiance en soi et avoir une image de soi encore plus dégradée. Les échecs à répétition des régimes restrictifs ont pour conséquence fréquente la dépression et la perte d’estime de soi.

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B. Troubles du comportement alimentaire

La plupart du temps, les personnes pensent que pour maigrir, il faut se priver, moins manger, ou éliminer certaines catégories alimentaires. Seulement, moins manger va provoquer la faim, et avoir faim n’est pas normal, le corps n’est pas fait pour ça. Les régimes restrictifs vont donc engendrer des fringales et des pulsions alimentaires incontrôlables. Or, avoir des pulsions alimentaires incontrôlables, est nommée « hyperphagie boulimique », ce qui est un trouble du comportement alimentaire.

Dans le cas où le régime fonctionne, que la perte de poids est présente, la personne au régime peut tomber dans l’orthorexie. L’orthorexie est la volonté obsessionnelle de manger sainement et le refus systématique de manger de la nourriture dite « malsaine » comme la malbouffe, c’est un trouble poussant la personne à s’attacher obsessionnellement à la qualité des aliments ingérés 11 .

Les compulsions sont la principale conséquence d’une restriction alimentaire. Lorsque l’on affame l’organisme, notre corps va nous pousser à consommer de la nourriture pour pouvoir survivre. C’est pour cela que les régimes restrictifs échouent quasiment toujours.

Comme nous l’avons vu dans la première partie, la diminution de la masse maigre a un effet sur les défenses immunitaires. Ces défenses vont baisser et donc provoquer des infections, puis des inflammation et enfin, aboutir sur une perte d’appétit: l’anorexie (annexe 1).

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11 Larousse 2018

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Conclusion

Les régimes restrictif sont alors purement un cercle vicieux. Réduire considérablement les apports ont pour conséquence première de diminuer la masse maigre, ce qui augmente les risques de fracture, et donc d’immobilisation. L’immobilisation étant synonyme de manque d’activité physique, cela va encore favoriser la diminution de la masse maigre. Cette perte de masse maigre diminue également les défenses immunitaires, ce qui va favoriser les infections et le catabolisme, ce qui nous ramène à la diminution de la masse maigre. Les infections amènent également des inflammations, et donc la perte d’appétit (anorexie). Cette perte d’appétit réduit donc les apports énergétiques, et donc la masse maigre également.

En plus de l’anorexie, les régimes restrictifs peuvent amener d’autres troubles alimentaires tels que l’orthorexie ou l’hyperphagie boulimique, mais également de la dépression, de la perte de confiance en soi, de l’isolement social ainsi que d’autres troubles psychologiques.

Au niveau physiopathologique, les carences et les risques de maladies cardio-vasculaires, rénales ou osseuses sont également des conséquences de la restriction. Certains cas comme les femmes enceintes ou les enfants/adolescents peuvent également avoir d’autres conséquences (mauvais développement fœtal, troubles de la croissance et de la puberté…).

Finalement, les régimes restrictifs, en plus de ces conséquences psychologiques et physiopathologiques, causent une reprise pondérale. Ne serais-ce donc pas plus intéressant d’apprendre à faire un rééquilibrage alimentaire plutôt que de se restreindre à des repas peu composés ?

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Résumé en anglais

Drastically reduce intakes during a restrictive diet have the primary consequence of decreasing lean mass (muscle and bone mass), which increases the risk of fracture, and therefore immobilization. Immobilization being synonymous with lack of physical activity, this will further promote the decrease in lean mass. This loss of lean body mass also lowers immune defenses, which will promote infections and catabolism, which brings us back to the decrease in lean body mass. Infections also cause inflammation, and therefore loss of appetite (anorexia). This loss of appetite therefore reduces energy intake, and therefore lean mass also.

In addition to anorexia, restrictive diets can lead to other eating disorders such as orthorexia or binge eating, as well as depression, loss of self-esteem, social isolation, and depression. other psychological disorders.

At the physiopathological level, deficiencies and risks of cardiovascular, renal or bone diseases are also consequences of the restriction. Some cases such as pregnant women or children / adolescents may

also have other consequences (poor fetal development, growth disorders and puberty

).

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Annexes

Annexe 1: Cercle vicieux des conséquences des régimes restrictifs

Annexes Annexe 1: Cercle vicieux des conséquences des régimes restrictifs

Bibliographie

QUI ?

 

QUAND ?

! 21 septembre 2016

 

! ANSES

QUOI ?

OÙ ?

! France,

COMBIEN ?

! 1 page.

QUI ?

 

QUAND ?

! 22 janvier 2014

 

QUOI ?

OÙ ?

! France,

COMBIEN ?

! 1 page.

QUI ?

 

QUAND ?

! 25 novembre 2010

 

! ANSES

QUOI ?

! Dossier de presse « Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires

d’amaigrissement »

OÙ ?

! France,

COMBIEN ?

! 15 pages.

QUI ?

! Sonia

QUAND ?

 

QUOI ?

OÙ ?

! France,

COMBIEN ?

! 1 page.

QUI ?

 

QUAND ?

 

QUOI ?

OÙ ?

! France,

COMBIEN ?

! 1 page.