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Code de la Construction

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PROJET DE LOI PORTANT DIVERSES
DISPOSITIONS RELATIVES
À LA CONSTRUCTION

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PARTIE OBJET, CHAMPS D’APPLICATION
PRÉLIMINAIRE ET DÉFINITIONS

Art.1 OBJET

La présente loi portant diverses dispositions relatives à la construction a pour objet,


d’organiser et de réglementer le domaine de la construction.

Elle traite particulièrement de la qualité, de la sécurité, de la stabilité et de la durabilité


du clos et du couvert de la construction.

Art.2 CHAMP D’APPLICATION

Sont assujetties aux dispositions de la présente loi portant code de la construction, les
constructions :
 Edifiées à la diligence de personnes morales de droit public ;
 Réalisées par des personnes physiques ou morales de droit Privé et recevant du
public ;
 Destinées à la vente, à la location ou mises à disposition de tiers;
 A usage industriel, commercial ou d’activités ;
 comportant quatre niveaux et plus et totalisant une surface cumulée des
planchers excédant 400m2 ;
 Les constructions ayant subi des extensions ou modifications (surélévation,
réaffectation…) les rendant éligibles aux sujétions prévues par la présente loi ;
 Désignées par voie règlementaire.

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Art.3 DÉFINITIONS PRÉLIMINAIRES

Au sens de la présente loi, on entend par :

Construction : tout ouvrage réalisé par un assemblage ordonné de matériaux donnant


lieu à un clos et couvert en vue de répondre à une fonction destinée.

Ouvrage : Est réputé ouvrage tout ce qui est édifié à demeure par l'utilisation des
matériaux de construction, soit au dessus du sol ou à son niveau soit sous le sol, soit au
dessus de l'eau.

Clos et couvert : le clos et couvert est assuré par tous les éléments concourant à la
stabilité du bâtiment et tous les éléments qui leurs sont notamment intégrés : les
fondations, la structure, la charpente, la toiture, les façades, les escaliers, l’étanchéité
et les dallages.
Le clos et couvert assure la mise hors eau de la construction

Hors eau : se dit d’une construction dont le clos et couvert est achevé.

Recevant du public : bâtiments, locaux et enceintes dans lesquels des personnes sont
admises, soit librement, soit moyennant une rétribution ou une participation
quelconque, ou dans lesquels sont tenues des réunions ouvertes à tout-venant ou sur
invitation, payantes ou non. Sont considérées comme faisant partie du public toutes les
personnes admises dans l’établissement à quelque titre que ce soit, en plus du
personnel.

Travaux de ravalement : les travaux de remise à neuf du revêtement d’origine d’une


façade sans toucher à la structure de l’édifice.

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Promotion immobilière : consiste à réaliser ou à faire réaliser :

 les opérations d’urbanisme et d’aménagement définies par la législation de


l’urbanisme ;
 l’édification, l’amélioration, la réhabilitation ou l’extension de constructions sur
des terrains aménagés ;
 Les produits fonciers et immobiliers issus de ces opérations d’urbanisme et de
construction sont destinés à la vente ;
 Les immeubles réalisés en vue de leur cession peuvent être individuels, collectifs
ou semi collectifs, à usage d’habitation, d’industrie, de commerce ou à usage
professionnel.

Sécurité, résistance, stabilité et durabilité : l’ensemble des éléments permettant,


notamment :

 La résistance mécanique et stabilité des structures et du sol ;


 La sécurité en cas d’incendie ;
 La sécurité d’usage ;
 L’hygiène, santé et environnement ;
 La stabilité des ouvrages existants et/ou avoisinants ;
 La préservation de la sécurité, de la résistance et de la stabilité durant le cycle de
vie présumé de la construction.

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PARTIE I DE L’ACTE DE BÂTIR

Art.4 RESPECT DES DISPOSITIONS LÉGISLATIVES ET RÉGLEMENTAIRES

Toute construction doit être conçue, réalisée et maintenue conformément aux lois et
règlements en vigueur.

Art. 5 NORMES ET RÈGLEMENTS APPLICABLES

1° Toutes les normes marocaines relatives à la sécurité, à la stabilité, à la résistance et à


la durabilité de la construction et des matériaux sont de plein droit d’application
obligatoire. La liste desdites normes établie, après avis conforme de l’IMANOR, par
l’autorité gouvernementale chargée de l’Habitat et de l’Urbanisme est fixée par voie
règlementaire ;

2° Toute construction doit être conçue et calculée selon les règlements généraux de la
construction.

Art.6 ETUDES PRÉALABLES ET VÉRIFICATIONS DE CONFORMITÉ


DE L’EXÉCUTION DES TRAVAUX

Toute construction doit obligatoirement faire l’objet :

 D’études préalables :
 Géotechniques qui ont notamment pour but l’étude du sol : le type de
sol, sa résistance mécanique, les déformations (tassements), les
phénomènes de mouvements du sol (glissements) en vue de définir les
types de fondation. Ces études doivent tenir compte notamment des
aléas géologiques, de la présence ou des venues d’eau. Le contenu de
l’étude géotechnique est arrêté par voie règlementaire ;

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 Etudes techniques de structure et des matériaux en vue de définir et
de dimensionner la structure pour assurer sa stabilité, sa résistance et
sa durabilité;
 Risques d’incendie conformément aux règlements en vigueur ;
 Bilan des risques générés par le chantier conformément à l’article 29
ci- dessous ;
 Etudes techniques relatives aux travaux de démolition et /ou
d’excavation rendues nécessaires par les travaux du chantier en vue de
garantir la sécurité et la salubrité du chantier, des propriétés riveraines
et des usagers de la voie publique.

 De vérification de la conformité de l’exécution des travaux


 Les réceptions des fouilles ;
 Les essais de contrôle qualité des matériaux mis en exécution. Les
vérifications et les essais seront fixés par voie réglementaire

Art.7 DE LA DÉCLARATION D’OUVERTURE DE CHANTIER

Il est strictement interdit d’entamer tous travaux de construction sans avoir déposé au
préalable auprès de l’autorité compétente en matière de délivrance de l’autorisation de
construire, une déclaration d’ouverture de chantier.

Cette déclaration doit être déposée au moins quinze jours avant le début effectif des
travaux.

Ladite déclaration est également exigible dans le cas de modification de constructions si


elle porte sur les points visés par les règlements en vigueur.

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Art. 8 DOCUMENTS ET ATTESTATIONS REQUIS

La déclaration d’ouverture de chantier doit obligatoirement être assortie des


documents attestant de la réalisation des études citées dans l’article 6 ci-dessus, des
mentions de contrats liant le maitre d’ouvrage aux divers intervenants ainsi que de la
mention des délais de réalisation de la construction et de la date de commencement
des travaux.

Art. 9 INTERRUPTION DES TRAVAUX ASSURANT LE CLOS ET LE COUVERT

1° Une fois les travaux assurant le clos et le couvert entamés, ils ne doivent faire l’objet
d’aucune interruption continue dépassant six mois ;
2° La reprise desdits travaux ne peut s’opérer qu’après qu’une expertise ait été
effectuée par l’ingénieur spécialisé attestant que les travaux réalisés n’ont souffert
d’aucun impact affectant la stabilité de la structure et la solidité de l’ouvrage.

Art. 10 DOCUMENTS INHÉRENTS AU CHANTIER

Dès le début des travaux, le maitre d’ouvrage ou son mandataire est tenu de déposer
au niveau du chantier les documents suivants :
 Autorisation de construire ;
 Déclaration d’ouverture du chantier (document attestant le dépôt) ;
 Délimitation de l’aire du chantier interdite d’accès au public ;
 Cahier de chantier ;
 Plans d’exécution architecturaux ;
 Plans d’exécutions techniques portant visas « sans réserve » du contrôleur
technique de la construction ;
 Documents définissant les travaux préparatoires nécessaires pour garantir la
sécurité et la salubrité du chantier, des propriétés riveraines et des usagers
de la voie publique ;
 Etudes géotechniques ;
 Gestion des risques (incendie, chantier…) ;
 Identifiants de l’entreprise et des sous-traitants éventuels ;
 Contrats de louage d’ouvrage ou de services des divers intervenants et
assurances responsabilité civile et dommages y afférentes.

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Art. 11 DU CAHIER DE CHANTIER

Un cahier de chantier, dont le modèle est fixé par l’administration compétente, doit
être ouvert et tenu en permanence durant toute la durée des travaux sur le chantier,
par l’architecte concepteur du projet.
Ledit cahier, assurant la traçabilité du déroulement des travaux dans le chantier, est
mis à la disposition de tous les intervenants sous la responsabilité du chef de chantier.

Ce cahier doit obligatoirement contenir :


 Tous les éléments relatifs à l’identité du projet ;
 La nature des travaux ;
 L’identité des entreprises par corps d’Etat ;
 La déclaration d’ouverture de chantier ;
 Les dates, notes, ordres et visas des visites des agents de l’administration ;
 Les visites de l’Architecte ;
 Les visites de l’ingénieur spécialisé exerçant à titre privé ;
 Les visites de l’ingénieur géomètre-topographe ;
 Les visites de l’ingénieur exerçant la mission de contrôle technique de la
construction ;
 Les visites de l’ingénieur exerçant dans le laboratoire spécialisé dans le
domaine de la construction ;
 L’attestation de fin des travaux ;

Doivent être consignés sur ledit cahier les comptes-rendus et observations des divers
intervenants dans la construction.

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Art. 12 DU PERMIS DE DÉMOLIR

Toute démolition, totale ou partielle d’une construction portant sur les points visés par
les règlements, est assujettie à une autorisation de démolir délivrée par le président du
conseil communal après avis de l’Administration.
En vue de garantir la sécurité et la salubrité du chantier, de préserver les droits des
propriétés riveraines et ceux des usagers de la voie publique, l’Administration doit
exiger du pétitionnaire la production d’une attestation établie par un ingénieur
spécialisé exerçant à titre privé en structure et stabilité des bâtiments, pouvant
prescrire les mesures de confortement nécessaires.

Art.13 DE LA MODIFICATION ET DU CHANGEMENT DE DESTINATION


DE LA CONSTRUCTION

Sans préjudice des dispositions prévues à la législation de l’urbanisme, tout


changement de destination d’une construction existante est préalablement assujetti au
dépôt auprès du président du conseil communal d’un dossier technique comprenant, le
cas échéant, un plan modificatif dûment établi par l’architecte et l’avis de l’ingénieur
spécialisé exerçant à titre privé et éventuellement les mesures nécessaires devant
pallier les risques résultant du changement de la destination. Il en est de même de la
modification de constructions existantes et des travaux de rénovation et de
restauration affectant la stabilité et la solidité de la structure.

Toute modification intervenue en cours de chantier ne peut être opérée que par
l’intervenant en charge de la mission considérée. Dans ce cas elle doit être
obligatoirement consignée dans le cahier de chantier.

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PARTIE II LES CONSTRUCTEURS

Art. 14 LES CONSTRUCTEURS

Est réputé constructeur quiconque contribue totalement ou partiellement à l’opération


de construction, notamment :

 Le Maitre d’ouvrage, le maitre d’ouvrage délégué ou toute personne physique


ou morale ayant été mandatée par le maitre d’ouvrage;
 Le promoteur immobilier ;
 Le producteur, le fabricant, l’importateur ou négociant des matériaux de
construction ayant constitué toute ou partie de la construction ;
 L’Architecte ;
 L’Ingénieur spécialisé chargé des études techniques de la construction ;
 L’Ingénieur, géomètre-topographe.
 L’Entrepreneur chargé par le maître d’ouvrage ou son mandataire de procéder
aux travaux de construction ainsi que tout sous traitant lié à l’entrepreneur par
un contrat de louage d’ouvrage ou de service ou d’industrie ;
 L’Ingénieur chargé du contrôle technique ;
 Les ingénieurs exerçant dans des laboratoires spécialisés dans le domaine de la
construction chargés des études géotechniques, des essais et de contrôle des
matériaux.
 Toute autre personne mandatée par le maitre d’ouvrage pour des missions
complémentaires à celles des intervenants ci-dessus mentionnés ;
 Coordonateur sécurité pour les chantiers de construction regroupant plus de 50
personnes.

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Art. 15 DES MISSIONS DES CONSTRUCTEURS LIÉES À LA SÉCURITÉ,
À LA STABILITÉ ET À LA DURABILITÉ :

Nonobstant toute autre disposition législative, les missions des constructeurs ci-dessus
désignés se déclinent, chacun en ce qui le concerne, comme suit :

1° Le Maitre d’ouvrage : est la personne physique ou morale désignée par ce terme


dans les documents contractuels et pour le compte de qui les constructions sont
réalisées ;

Le maitre d’ouvrage est le responsable principal de l’ouvrage Il lui appartient, après


s’être assuré de la faisabilité et de l’opportunité de l’opération envisagée, d’en
déterminer la localisation, d’en définir le programme, d’en arrêter l’enveloppe
financière prévisionnelle, d’en assurer le financement, de choisir le processus selon
lequel l’ouvrage sera réalisé et de conclure, avec les maîtres d’œuvre et
entrepreneurs qu’il choisit, le ou les contrats ayant pour objet les études et
l’exécution des travaux.

Il doit être lié par des contrats écrits avec l’Architecte, les Ingénieurs spécialisés,
l’Entrepreneur, l’Ingénieur géomètre topographe ou toutes structures permettant
l’exercice de la profession de ces intervenants en vertu des textes en vigueur. Ces
contrats sont obligatoirement réputés contenir les clauses relatives aux missions
imparties auxdits intervenants telles que définies par la présente loi.

Le maitre de l’ouvrage peut recourir à d’autres intervenants pour des missions


complémentaires. Il peut également mandater toute personne physique ou morale
pour assurer à ces lieux et places toute ou partie des missions qui lui incombent.

Le maitre d’ouvrage s’interdit de donner directement des ordres aux entrepreneurs


pour l’exécution des travaux qui ne relèvent pas de ses missions.

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2° Le Maître d’ouvrage délégué : c’est le mandataire exclusif du maître d’ouvrage. Il
est chargé par ce dernier d’assurer à ses lieux et places toute ou partie des missions
et responsabilités qui lui incombent.

3° L’Architecte doit assumer, outre les missions qui lui sont dévolues par la
législation en vigueur, les missions suivantes :

 S’assurer, avant l’ouverture du chantier, que toutes les conditions sont


réunies pour le démarrage des travaux ; notamment celles relatives aux
dispositions de l’article 10 ;
 Donner l’ordre de commencement des travaux.
 Procéder aux arrêts des travaux en cas de constatation de défaillances
graves ou de manquement aux obligations des différents intervenants ;
notamment celles relatives aux articles 4,6 à 10 et 13 de la présente loi ;
 Déclarer l’achèvement des travaux.

4° L’Ingénieur spécialisé doit assumer, outre les missions qui lui sont dévolues par la
législation en vigueur, les missions suivantes :
 S’assurer que l’entreprise désignée pour la réalisation des travaux est en
possession de tous les moyens techniques et humains pour mener à bien
les tâches qui lui sont confiées et ce, en relation avec la nature du
chantier, des risques encourus et du type des travaux à réaliser ;
 Valider le plan d’organisation du chantier présenté par l’entreprise ;
notamment au niveau des mesures prises pour assurer la sécurité au sein
du chantier et à ces alentours.
 Valider les résultats des essais élaborés par les ingénieurs travaillant dans
le cadre de laboratoires spécialisés dans le domaine de la construction, eu
égard à la nature de la construction et aux études techniques qu’il a
élaboré ;
 Déclarer les constructions achevées aptes à recevoir les usagers avec ou
sans conditions.

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5° L’Ingénieur, géomètre, topographe doit assurer, outre les missions qui lui sont
dévolues par la législation en vigueur, les missions suivantes :

 L’implantation des constructions selon les plans architecturaux autorisés


de la construction considérée ;
 De s’assurer que la cote de seuil de la construction désignée par
l’Architecte est à même de permettre la mise hors eau du bâtiment.

6° L’ingénieur chargé du contrôle technique de la construction doit assurer les missions


prévues aux articles 48 et 49 de la présente loi.

7° Le coordonateur sécurité : il est chargé de la coordination de sécurité dans les


chantiers de construction

Sous la responsabilité du maître d'ouvrage, il a pour mission :

 de veiller à ce que les principes généraux de prévention soient


effectivement mis en œuvre, et ce conformément à l’article 30 de la
présente loi ;
 d'élaborer et de tenir à jour le plan général de coordination en matière de
sécurité et de protection de la santé (PGC) dont les énonciations sont
définies par voie réglementaire ;
 d'ouvrir et de tenir à jour le registre-journal de la coordination en matière
de sécurité ;
 de définir les sujétions afférentes à la mise en place et à l'utilisation des
protections collectives, des appareils de levage, des accès provisoires et
des installations générales ;
 d'organiser les inspections communes et de définir les consignes ;
 d'organiser la coordination de la sécurité entre les différents
intervenants ;
 de prendre en compte les interférences avec les activités d'exploitation
sur le site à l'intérieur ou à proximité duquel est implanté le chantier en
vertu du plan de prévention ;
 de prendre les dispositions nécessaires afin que seules les personnes
autorisées puissent accéder au chantier.

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8° Les ingénieurs travaillant dans les laboratoires spécialisés dans le domaine de la
construction : Ils doivent assurer selon les normes en vigueur les essais et les
vérifications se rapportant particulièrement au :

 Sol ;
 Béton et composants ;
 Produits préfabriqués ;
 Remblai (Plateforme sous dallage…) ;
 Etanchéité ;
 Auscultation dynamique et chargement.

9° L’entrepreneur doit, outre les missions qui lui sont dévolues par les documents
contractuels le liant au maitre de l’ouvrage, prendre toutes les mesures nécessaires
pour assurer la sécurité du chantier, des ouvriers, des visiteurs, des alentours, des
constructions voisines et des usagers de la voie publique riveraine…etc.

10° Le promoteur immobilier est l’intermédiaire qui réalise ou fait réaliser des
opérations d’urbanisme et/ou de construction prévues par la législation au profit de
personnes physiques ou morales accédants à la propriété foncière et / ou immobilière.
Il a la responsabilité de procéder ou de faire procéder à la réalisation d’un programme
de construction d’un ou de plusieurs édifices. Il procède lui-même ou fait procéder à
l’exécution de tout ou partie des opérations juridiques, administratives et financières
concourant au même objet. Le promoteur immobilier est tenu au respect du contrat de
promotion immobilière qui le lie au maître de l’ouvrage.

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Art. 16 DE LA RESPONSABILITÉ EN CAS DE REMPLACEMENT D’UN
DES INTERVENANTS EN COURS DE RÉALISATION LA
CONSTRUCTION

En cas de remplacement de l’un des constructeurs au cours de la réalisation de la


construction, le maitre de l’ouvrage doit veiller à ce que tous les documents afférents à
la mission du constructeur susvisé soient remis à son successeur qui doit procéder à
l’évaluation du déroulement de la mission et d’accepter par conséquent d’être subrogé
aux obligations du constructeur initial.

Art. 17 DE LA SOUS-TRAITANCE AU COURS DES TRAVAUX

1° L’entrepreneur peut sous-traiter une partie de la réalisation de la construction. Dans


ce cas, il doit obligatoirement requérir l’accord préalable du maitre de l’ouvrage ;

2° Un contrat de sous-traitance doit être obligatoirement établi. Le contrat doit définir


les parties sous-traitées, les responsabilités du sous-traitant à l’égard de l’entrepreneur
principal, du promoteur immobilier et /ou du maître de l’ouvrage ;

3° Les travaux relatifs à la structure ne peuvent être scindés en deux ou en plusieurs


lots. En cas de contraintes techniques liées à la nature et à la complexité des ouvrages à
exécuter de la construction, la division des lots est tolérée sous condition de l’accord de
l’ingénieur spécialisé exerçant dans le privé ayant élaboré les études relatives à ladite
structure ;

4° Les sous-traitants doivent satisfaire aux mêmes conditions requises pour


l’entrepreneur principal pour ce qui concerne les travaux objets de la sous traitance.

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PARTIE III LES MATERIAUX

Art. 18 MATÉRIAUX INTERDITS

Tout matériau rentrant dans la construction est interdit d’utilisation si :

 Il est d’origine non identifiée ;


 Il ne répond pas aux normes d’application obligatoires et à la règlementation en
vigueur ;
 Il n’est pas couvert par la normalisation .

Art. 19 IDENTIFICATION DES PRODUITS DES CARRIÈRES


ET DES USINES

1° Les matériaux et les produits de construction livrés par les carrières et usines doivent
être accompagnés de fiche-produit consignant les informations permettant de les
identifier ainsi que leurs spécifications techniques ;

2° Les attestations de l’origine des produits de carrière et des usines doivent être mises
à la disposition des constructeurs et des autorités de contrôle et gardés en archive par
le maître de l’ouvrage au moins jusqu’à l’expiration de la garantie décennale.

3° Pour toute construction, les constructeurs désignés aux alinéas n°1, 2, 3, 4, 5 et 6 de


l’article 15 sont tenus du respect des normes relatives à la qualité.

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PARTIE IV LES PROCEDES DE CONSTRUCTION

Art. 20 LES PROCÉDÉS DE CONSTRUCTION

Les procédés de construction regroupent toutes les constructions « conventionnelles »


dont les composantes du clos et le couvert sont constitués de :

 Structure porteuse : Réalisée à la base de matériaux conventionnels : Béton,


maçonnerie, métal ou bois.
 Eléments non structuraux : Réalisés en maçonnerie, briques, en panneaux de
plâtre ou en béton banché ;
 Tout système de fixation ou de scellement.

Art. 21 LES PROCÉDÉS COURANTS DE LA CONSTRUCTION

Les procédés courants de la construction représentent les techniques courantes de la


construction relevant du domaine traditionnel, et qui sont régies par :

 Les règles de l’art : il s’agit de pratiques éprouvés de longue date, parfois


même non codifiées, qui régissent le savoir faire d’une profession ;
 Les normes définissant les performances des produits et matériaux ;
 Les règles professionnelles édictées par les organisations
professionnelles représentatives.

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Art. 22 DÉFINITION PROCÉDÉS INNOVANTS DE LA CONSTRUCTION

Sont considérés comme procédés ou élément de procédé innovants ; toute technique


ou technique de construction, dérogeant aux règles normatives du domaine
conventionnel.

Art. 23 CONDITIONS D’UTILISATION ET DES PROCÉDÉS


INNOVANTS

En vue de leur utilisation, les procédés ou éléments de procédés innovants doivent faire
l’objet d’une procédure administrative d’avis technique dont les modalités sont fixées par
voie réglementaire .

Art. 24 ETUDES ET RECHERCHES TECHNIQUES INTÉRESSANT


LES INDUSTRIES DU BÂTIMENT : MISE EN PLACE DU CMSTC

Il est crée un centre scientifique et technique de la construction qui est un


établissement public de caractère industriel et commercial doté de l’autonomie
financière et placé sous l’autorité du département chargé de l’habitat. Cet
établissement a pour objet de procéder à des études et de recherches scientifiques et
techniques intéressant la construction.

Art. 25 ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU CMSTC

Un décret réglementaire précise les modalités d’application, les tâches et règles


d’organisation de fonctionnement et de contrôle du Centre Marocain Scientifique et
Technique de la Construction.

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PARTIE V GESTION DES RISQUES DANS LES
CHANTIERS DE CONSTRUCTION

Art. 26 RESPECT DES RÈGLES DE SÉCURITÉ

Les principes de précaution et les règles de sécurité existantes sur un chantier doivent
être respectés par tous les intervenants opérant sur un chantier de construction .

Art. 27 OPÉRATIONS DANGEREUSES ET RÈGLES DE PRÉCAUTION À


PRÉVOIR

Aucune opération pouvant mettre en danger les personnes ou les installations du


chantier ne doit être réalisée au mépris des règles de précautions requises.

Toute situation dangereuse observée pendant l’exécution des travaux doit être
rapportée et toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour que personne
d’autre n’y soit exposé.

Art. 28 LE BILAN DES RISQUES

Sans préjudice d’autres dispositions prévues par le code du travail, l’entrepreneur, est
tenu de réaliser le bilan des risques qui consiste en la réalisation d’une évaluation des
risques par chantier et de leur évolution. Le contenu et la forme dudit bilan seront
précisés par voie réglementaire.

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Le bilan des risques permet de détecter les risques professionnels, à travers :
 L’identification des risques professionnels ;
 Le repérage des dangers
 L’analyse des dangers et l’impact de l’exposition des usagers à ces dangers ;
 Le classement des risques professionnels par ordre de gravité ;
 Le développent du sens de la prévention des risques professionnels et de
sécurité au sein du chantier de construction, et ce en définissant les actions de
prévention à mettre en œuvre pour réduire ou éliminer les accidents de travail
et pour protéger la santé des usagers.

Art. 29 LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DE PRÉVENTION

Afin d’assurer la sécurité et de protéger la santé de toutes les personnes qui


interviennent sur un chantier de construction, le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre et
le coordonnateur mentionné à l’article 15 doivent pendant la réalisation de l’ouvrage,
mettre en œuvre les principes généraux de prévention qui se déclinent notamment
comme suit :

 Combattre les risques à la source, les éviter et évaluer ceux qui ne peuvent pas
être évités ;
 Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les
mesures de protection individuelle ;
 Adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui concerne la conception des
postes de travail ainsi que le choix des équipements et des méthodes de travail
et de production ;
 Tenir compte de l'état d'évolution des techniques de la construction ;

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Art. 30 MISE EN ŒUVRE DES PRINCIPES DE PRÉVENTION

Les principes susvisés sont pris en compte dans l’organisation des opérations de
chantier, en vue de permettre la planification de l’exécution des différents travaux ou
phases de travail qui se déroulent simultanément ou successivement, de prévoir la
durée de ces phases et de faciliter les interventions ultérieures sur l’ouvrage.

Art. 31 COORDINATION EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ


DANS LE CHANTIER

Sans préjudice des dispositions contenues dans la législation du travail, une


coordination en matière de sécurité et de santé des travailleurs doit être organisée
pour tout chantier où sont appelés à intervenir plusieurs travailleurs indépendants ou
entreprises, entreprises sous-traitantes incluses, aux fins de prévenir les risques
résultant de leurs interventions simultanées ou successives et de prévoir, lorsqu’elle
s’impose, l’utilisation des moyens communs tels que les infrastructures, les moyens
logistiques et les protections collectives.

Art. 32 CHAMP ET ÉTENDUE DE LA COORDINATION-SÉCURITÉ

1° La coordination en matière de sécurité et de santé doit être organisée au cours de la


réalisation de l’ouvrage. Le maître d’ouvrage désigne à cet effet, un coordonnateur, qui
peut-être une personne physique ou morale, pour prendre en charge cette mission.

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2° Toutefois, pour les opérations de construction entreprises par un particulier pour
son usage personnel, celui de son conjoint ou de ses ascendants ou descendants, la
coordination est assurée par la personne qui assure effectivement la maîtrise du
chantier.

3° La taille et la nature des chantiers de construction concernés par cette disposition


sont fixées par voie règlementaire .

4° En application de l’obligation ci-dessus mentionnée un plan général de coordination


peut être établi à la diligence du maitre d’ouvrage et ce, dès la phase de conception,
d’étude et d’élaboration du projet. Ledit plan est tenu à jour pendant toute la durée
des travaux par le coordinateur.

Art. 33 SANCTION RELATIVE AU NON RESPECT DES RÈGLES


DE COORDINATION SÉCURITÉ

Le non respect des dispositions citées aux articles 31 et 32 ci-dessus mentionnés sont
passibles d’une amende de 20.000 à 50.000 dirhams

Art. 34 SANCTION RELATIVE AU NON RESPECT DES DISPOSITIONS


CONCERNANT LA MISE EN PLACE DES COMITÉS
DE SÉCURITÉ ET D’HYGIÈNE

Par dérogation aux dispositions de l’article 344 du code du travail, le non respect des
dispositions du chapitre V relatif aux comités de sécurité et d’hygiène est passible
d'une amende de 20.000 à 50.000 dirhams.

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Art. 35 MISE EN PLACE D’UN INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE
ET DE SÉCURITÉ POUR LA PRÉVENTION DES ACCIDENTS
DU TRAVAIL ET DES MALADIES PROFESSIONNELLES

L’institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du


travail et les maladies professionnelles est un établissement public de caractère
industriel et commercial, doté de l'autonomie financière et placé sous l'autorité de
l'Administration compétente. Cet établissement est chargé notamment de :

 Définir la stratégie nationale en matière de méthodes d’évaluation des risques et


de proposition de mesures adéquates pour réduire et éliminer les risques des
chantiers de construction.
 Combler le déficit en matière de préparation de projets de normes d’hygiène et
de sécurité dans les établissements de travail et les chantiers de construction.
 Participer à la rédaction de textes à caractère réglementaire ou normatif en
matière d’hygiène et de sécurité.
 Conduire des programmes d'études et de recherches pour améliorer l’hygiène
et la sécurité au travail.

Art. 36 ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT

Un décret réglementaire précise les modalités d'application du présent titre, les tâches
et règles d'organisation, de fonctionnement et de contrôle de l’institut national de
recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et les maladies
professionnelles.

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DES RESPONSABILITÉS DES CONSTRUCTEURS ET
PARTIE VI DES GARANTIES DE RÉPARATION DES
DÉSORDRES ET DOMMAGES

Art.37 RESPONSABILITÉS DES MAITRES D’OUVRAGE ET DES


MAITRES D’ŒUVRE :

L’article 769 du dahir sur les obligations et contrats est modifié ainsi qu’il suit :
L'Architecte, l’Ingénieur spécialisé chargé des études techniques, l’Ingénieur spécialisé
chargé des études géotechniques, des essais et de contrôle des matériaux, l’Ingénieur
chargé du contrôle technique, l'entrepreneur, ainsi que toute autre personne chargée
directement par le maître de l’ouvrage sont responsables de plein droit dans les dix
années à partir de la réception définitive de la construction ou autre ouvrage qu’ils ont
conçu, réalisé ou dirigé ou contrôlé les travaux, lorsque cet ouvrage s'écroule, en tout
ou en partie, ou menace de s’effondrer, par défaut des matériaux, par le vice de la
construction ou par le vice du sol. Il en est de même en cas d'atteinte évidente à sa
solidité au niveau des fondations, des structures, ou du couvert.

Cette présomption de responsabilité s'étend également aux sous-traitants, aux


producteurs et fournisseurs des matériaux ainsi qu’aux promoteurs immobiliers et à
toute personne qui à titre habituel ou professionnel, vendent après achèvement, un
ouvrage qu'ils ont construit ou fait construire, et toute autre personne qui, bien
qu'agissant en qualité de mandataire du propriétaire de l'ouvrage, accomplit une
mission assimilable à celle d'un promoteur immobilier.

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Art.38 RESPONSABILITÉS DES FABRICANTS D’OUVRAGE
OU DE PRODUIT

Le fabricant d'un ouvrage, d'une partie d'ouvrage conçu et produit pour satisfaire, en
état de service, à des exigences précises et déterminées à l'avance, est solidairement
responsable des obligations mises par l’article 38 ci-dessus mentionné, à la charge de
l’entrepreneur ou de tout intervenant lié au maitre de l’ouvrage par un contrat de
location d’ouvrage qui a mis en œuvre, sans modification et conformément aux règles
édictées par le fabricant, l'ouvrage, la partie d'ouvrage considéré.
Sont assimilés à des fabricants pour l'application du présent article :
 Celui qui a importé un ouvrage, une partie d'ouvrage fabriqué à l'étranger ;
 Celui qui l'a présenté comme son œuvre en faisant figurer sur lui son nom, sa
marque de fabrique ou tout autre signe distinctif.

Art. 39 CAS D’EXCLUSION

Une telle responsabilité n'a point lieu à l'encontre de tout intervenant qui prouve que
les dommages affectant l'ouvrage sont dus à la force majeure ou à la faute d'un tiers ou
à la persistance du maître de l'ouvrage à appliquer ses instructions fermes malgré sa
mise en garde par huissier contre les dangers qu'elles comportent.

Il en est de même lorsque la cause dûment constatée du dommage ne relève pas de la


responsabilité professionnelle directe de chacun desdits intervenants.

L'action en responsabilité décennale se prescrit dans le délai d'un an à compter du jour


de la constatation de l'effondrement de l'ouvrage ou de l'apparition de sa menace
d'effondrement ou de l'atteinte à sa solidité.

26
Art. 40 DES GARANTIES DE RÉPARATION DES DOMMAGES

L'entrepreneur est tenu, pendant un délai d'un an, à compter de la réception


provisoire, d’une obligation de parfait achèvement qui s'étend à la réparation de tous
les désordres signalés par le maître de l'ouvrage, soit au moyen de réserves
mentionnées au procès-verbal de réception, soit par voie de notification écrite pour
ceux révélés postérieurement à la réception.

Art. 41 EXÉCUTION DES TRAVAUX DE RÉPARATION

Les délais nécessaires à l'exécution des travaux de réparation sont fixés d'un commun
accord par le maître de l'ouvrage et l'entrepreneur concerné.

En l'absence d'un tel accord ou en cas d'inexécution dans le délai fixé, les travaux
peuvent, après mise en demeure restée infructueuse, être exécutés aux frais et risques
de l'entrepreneur défaillant.

L'exécution des travaux exigés au titre de la garantie de parfait achèvement est


constatée d'un commun accord, ou, à défaut, judiciairement. La garantie de parfait
achèvement est considérée comme une réception définitive ;

La garantie ne s'étend pas aux travaux nécessaires pour remédier aux effets de l'usure
normale ou de l'usage.

27
Art.42 DES ASSURANCES OBLIGATOIRES :

1° Pour les constructions assujetties à l’article 2 ci-dessus mentionné de la présente loi,


le maître de l’ouvrage doit assurer, auprès d’une entreprise d’assurance, la
responsabilité de tous les intervenants mentionnés à l’article 14 précité, et ce en vertu
d’un contrat d’assurance unique par chantier souscrit avant l’ouverture du chantier. Ce
contrat doit couvrir également tout dommage ouvrage survenant du début de chantier
jusqu’à l’expiration de la garantie décennale.
2° Le maître de l’ouvrage retient, sur les rémunérations revenant à chaque intervenant
dans le chantier, sa quote-part de la prime d’assurance après lui avoir remis une copie
du contrat d’assurance.
3° L’autorité communale concernée vérifie la souscription par le maître de l'ouvrage du
contrat d'assurance de la responsabilité de tous les intervenants dans la construction
avant l'ouverture du chantier.
4° Le maître de l'ouvrage est tenu de communiquer à l’autorité ci- dessus citée une
copie dudit contrat lors de l'opération de vérification.

Art. 43 OBLIGATION DU MAINTIEN DE LA GARANTIE D’ASSURANCE

Tout contrat d’assurance conclu est réputé comporter une clause assurant le maintien
de la garantie pour la durée de la responsabilité, même en présence d’une stipulation
contraire.

Art. 44 MISE EN ŒUVRE DE LA GARANTIE DE RÉPARATION

A l’exclusion, des dommages causés uniquement au complexe d’étanchéité, l’assureur


répond avant toute recherche de responsabilité, des dépenses relatives aux travaux de
réparation des dommages dont les intervenants dans la construction sont responsables
conformément aux dispositions de la présente loi.

28
En cas d’accord entre l’assureur et les bénéficiaires, sur le montant des dommages, les
indemnités découlant des contrats d’assurance de la responsabilité dans le domaine de
la construction sont attribuées dans un délai de trois mois à compter de la date de la
constatation des dommages, faite par l’expert mandaté à cet effet.

Au cas où l’une des parties n’approuve pas le montant de l’indemnité évaluée par
l’expert, l’assureur doit allouer aux bénéficiaires, dans les mêmes délais 75% de ce
montant en attendant que le montant définitif de l’indemnité soit fixé par le tribunal
compétent.

Art. 45 CAS D’EXCLUSION

L’assurance obligatoire de la responsabilité dans le domaine de la construction ne


s’applique pas :
 à l'Etat, aux collectivités territoriales locales, aux établissements publics à
caractère administratif et aux entreprises publiques, toutes les fois qu’ils
construisent pour leur compte sans intervenants ;
 aux personnes physiques construisant un logement en faisant appel ou non à
des intervenants, pour l’occuper soi-même ou le faire occuper par son
conjoint, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint.

Art. 46 DU CONTRÔLE TECHNIQUE DE LA CONSTRUCTION

Le contrôle technique est obligatoire pour les constructions désignées à l’article 2 de la


présente loi.

Ne peuvent exercer ce contrôle que les contrôleurs techniques agréés par l'autorité
administrative compétente.

Les conditions ainsi que les modalités d’agrément des contrôleurs techniques sont
fixées par voir réglementaire.

29
Art. 47 MISSION DU CONTRÔLEUR TECHNIQUE

La mission du contrôleur technique, telle que définie par la présente loi consiste ;
notamment à veiller à la prévention des différents aléas techniques susceptibles d'être
rencontrés dans la réalisation de l'ouvrage et à émettre son avis au maître de l'ouvrage,
à l'assureur et aux intervenants, sur les questions d'ordre technique concernant
notamment la solidité, la résistance et la stabilité de l'ouvrage ainsi que la sécurité des
personnes.

La mise en œuvre des missions imparties au contrôleur technique est définie par voie
réglementaire .

Art. 48 CAS D’INCOMPATIBILITÉ

L'activité du contrôle technique prévue au présent chapitre est incompatible avec


l'exercice de toute activité de conception ou d'exécution d'une construction ou d’un
ouvrage. Il est également interdit au contrôleur technique de procéder à toute
expertise judiciaire d'un ouvrage dont le contrôle lui a été confié.

Art. 49 NULLITÉ DES DISPOSITIONS CONTRAIRES

Est nulle de plein droit, toute clause contraire aux dispositions des articles précédents
tendant à supprimer ou à réduire la responsabilité décennale.

Art. 50 SANCTION RELATIVE AU MÉPRIS DES DISPOSITIONS


CONCERNANT LE CONTRÔLE TECHNIQUE DES
CONSTRUCTIONS

Quiconque contrevient aux dispositions de l’article 47 de la présente loi sera puni


d’emprisonnement de 3 à 6 mois et d’une amende de 10 000 à 20 000 dirhams ou de
l’une de ces deux peines seulement.

30
PARTIE VII DE L’EXPLOITATION ET DE LA
MAINTENANCE

Art. 51 DE LA RÉCEPTION DES TRAVAUX DU CLOS ET DU COUVERT

1° Le maitre d’ouvrage, l’entrepreneur, l’architecte, l’ingénieur spécialisé chargé des


études techniques et l’ingénieur chargé du contrôle technique doivent obligatoirement
déclarer l’achèvement des travaux du clos et du couvert de la construction ;
2° La réception provisoire est notifiée dans un procès verbal signé par les personnes
désignées par le premier alinéa du présent article. Le délai de l’obligation du parfait
achèvement court pendant une période d’une année à partir de la date de ladite
réception. La réception provisoire permet de s’assurer de la qualité, la sécurité et de la
stabilité de la construction ;
3° La réception définitive est notifiée dans un procès verbal signé par les personnes
désignées par le premier alinéa du présent article.

Art. 52 FORMALISME REQUIS LORS DE LA RÉCEPTION

La réception intervient contradictoirement, à l'amiable, à la demande de la partie la


plus diligente, par un écrit, avec ou sans réserves. A défaut d'accord, la réception
intervient par voie d'arbitrage ou judiciairement.

Art. 53 DU PERMIS D’HABITER ET DU CERTIFICAT DE CONFORMITÉ

Sans préjudice des dispositions de la législation de l’urbanisme, le permis d’habiter ou


le certificat de conformité des constructions ou locaux concernant les constructions
désignés à l’article 2 de la présente loi, ne peut être délivré que si la construction
satisfait aux exigences de qualité, de sécurité, de résistance et de stabilité telles que
prévues, notamment aux Règlements Généraux de Construction et ce, sur la base
d’un dossier présenté par le maitre d’ouvrage comprenant les pièces suivantes :

31
 Le procès verbal de la réception provisoire ;
 Un dossier des ouvrages exécutés ou plan de récolement ;
 Un plan et un descriptif des méthodes d’entretien et de maintenance de la
construction, notamment pour les parties dégradables et à risques.

Art. 54 RÈGLES APPLICABLES AUX CONSTRUCTIONS

1° Toute construction doit être stable, durable et entretenue depuis la conception, la


réalisation, l’exploitation et ce, jusqu’à la démolition ;
2° Tous les intervenants dans la construction sont tenus de prendre les mesures
nécessaires permettant d’assurer la sécurité et la durabilité de la construction depuis sa
réalisation jusqu’à son exploitation ;
3° la durée de vie utile de chaque corps d’état de la construction est définie par les
normes en vigueur ;
4° Toute construction ayant atteint sa durée de vie utile doit faire l’objet d’études
attestant de sa solidité, de sa résistance et de sa stabilité. Cette étude doit en outre
déterminer l’horizon temporel de validité de l’aptitude de la construction susvisée à
remplir les fonctions qui lui sont imparties.

Art.55 DU CONTRÔLE ET DE L’EXAMEN DE L’ÉTAT GÉNÉRAL


DES CONSTRUCTIONS

1° il est prévu un diagnostic technique établi par un ingénieur spécialisé en construction


pour tout immeuble construit depuis plus de 10 ans en cas d’aliénations, d’indivision ou
de copropriété, portant constat de l'état apparent de la solidité du clos et du couvert et
de celui de l'état des conduites et canalisations collectives ainsi que des équipements
communs et de sécurité ;
2° le délai de l’examen est porté à 15 ans pour les autres constructions ;
3° Pour les immeubles en copropriété, la tenue par le syndicat des copropriétaires, d’un
cahier de suivi de la maintenance de la construction est obligatoire. Il en est de même
pour les locaux abritant des activités industrielles ou commerciales ; ainsi que pour les
bâtiments recevant du public.

32
Art. 56 RAVALEMENTS DES IMMEUBLES

Les travaux relatifs aux ravalements des immeubles doivent être effectués au moins
une fois tous les dix ans à la diligence du propriétaire ou du syndic de l’immeuble sur
injonction faite auxdits propriétaire et syndic par l’autorité municipale fixant un délai
des réalisations desdits travaux prescrits et qui ne peut excéder un an.

Art. 57 DÉCLARATION DES DÉSORDRES

Tout désordre pouvant mener à l’effondrement de la construction ou toute menace de


l’intégrité physique des occupants due à un défaut ou vice de construction ou à un
défaut d’entretien et de maintenance doivent être signalés à l’autorité compétente par
le maitre d’ouvrage et/ou par les usagers.

Art. 58 RÉPARATION DES DÉSORDRES

Tout désordre ou pathologie de la construction dus notamment à un vice de


construction, à la qualité altérée des matériaux, à la précarité des procédés utilisés ou à
cause de transformation ou de réaffectation à des usages contrariant leurs destinations
initiales doit être rapportée et réparée dans les meilleurs délais.

Art. 59 EXÉCUTION D’OFFICE

Dans le cas où les travaux prescrits en vertu des articles 57 et 58 ci-dessus, n’ont pas été
exécutés dans les délais impartis, le président du conseil communal peut sur
autorisation du président du tribunal de première instance statuant comme en matière
de référé, les faire exécuter d’office aux frais du propriétaire ou syndic de l’immeuble.
Le montant des frais est avancé par la commune. Il est recouvré comme en matière
d’impôts directs.

33
PARTIE VIII CONTRÔLE ET SANCTIONS DES
INFRACTIONS

Art. 60 SANCTIONS INHÉRENTES A LA VIOLATION DES NORMES

Nonobstant toutes dispositions contraires, est punie :

- d’un emprisonnement de 2 mois à 1 an et d’une amende de 200.000 à 1.000.000 de


dirhams, toute violation des normes édictées par les règlements en vigueur concernant
la stabilité et la solidité de la construction.

- d’un emprisonnement de 1 mois à 6 mois et d’une amende de 50.000 à 300.000


dirhams toute violation des normes édictées par les règlements en vigueur concernant
l’utilisation des matériaux et de procédés de construction interdits.

Art.61 DU CONTRÔLE DU RESPECT DES RÈGLES DE LA


CONSTRUCTION, DE LA CONSTATATION DES INFRACTIONS

Les infractions aux dispositions de la présente loi et des textes pris pour son application
sont constatées par :

 Les officiers de police judiciaire ;


 Les fonctionnaires et agents de l’Etat et des communes commissionnés
respectivement par l’autorité gouvernementale chargée de l’habitat et de
l’urbanisme et par les présidents des conseils communaux concernés ;
 Tout Architecte, Ingénieur spécialisé ou Expert commissionné à cet effet, à
titre exceptionnel, par le président du conseil communal concerné ou par
l’administration de l’habitat et de l’urbanisme.

34
Art.62 DE LA PROCÉDURE DE CONSTATATION DES INFRACTIONS

L’agent ayant constaté une infraction de celles visées par la présente loi en établit un
procès-verbal qu'il porte sans délai sur un registre réservé à cet effet, et qu’il transmet,
outre au contrevenant, au procureur du Roi compétent, au président du conseil
communal, au gouverneur de la préfecture ou de la province et au directeur de l’agence
urbaine concernée.

Art. 63 DE LA PROCÉDURE D’ARRÊT DES TRAVAUX, DE LA REMISE


EN ÉTAT DES LIEUX ET DE LA POURSUITE DES CONTREVENANTS

Lorsque les travaux objet de l’infraction sont en cours, ledit agent, s’il a été mandaté à
cet effet, notifie au contrevenant l’ordre d’arrêter immédiatement le chantier. Au cas
où l’agent ne dispose pas de ce mandat, le gouverneur y procède dès réception du
procès-verbal de constat. Le président du conseil communal et le directeur de l’agence
urbaine en sont informés.

Le gouverneur procède également pendant l’arrêt des travaux à la saisie, le cas


échéant, du matériel, des outillages et des matériaux de construction ainsi qu'à la
fermeture du chantier et sa mise sous scellés.

Art. 64 ENGAGEMENT DES POURSUITES

Lorsque les faits constatés sont constitutifs d’une des infractions prévues par la
présente loi, le procureur du Roi compétent engage les poursuites à l’encontre du
contrevenant sur la base du procès-verbal de constatation qui lui est soumis par l’une
des parties visées à l’article 61 ci-dessus.

35
Art.65 RÉGULARISATION DES INFRACTIONS

1° Si les faits reprochés sont constitutifs de l’une des infractions prévues aux articles 60
et 67, le président du conseil communal ordonne au contrevenant de prendre les
mesures qui s’imposent pour régulariser la situation dans le délai qu’il lui fixe et qui ne
doit, en aucun cas, excéder 10 jours.

2° La régularisation de la situation de la construction ne fait, en aucun cas, obstacle à


l’engagement des poursuites et ne met pas fin aux poursuites engagées. Ladite
régularisation n’affecte pas non plus les droits des tiers à saisir les juridictions
compétentes pour réparation des préjudices causés par l’infraction ou par la remise à
l'état primitif des lieux.

3° Si à l’expiration du délai précité ci-dessus, le contrevenant n’a pas exécuté les


ordres qui lui ont été notifiées les dispositions de l’article 62 et suivant de cette loi sont
applicables.

4° Le président du conseil communal informe les destinataires du procès-verbal des


mesures qu’il a prises en application du présent article, ainsi que les suites qui leur ont
été réservées.

Art. 66 DROIT DE VISITE ET DE COMMUNICATION DES DOCUMENTS


TECHNIQUES

Les fonctionnaires et les agents commissionnés à cet effet par l'autorité administrative
compétente et assermentés peuvent visiter les constructions en cours, procéder aux
vérifications qu'ils jugent utiles et se faire communiquer tous documents techniques se
rapportant à la réalisation des bâtiments, à son exploitation et à sa maintenance. Ce
droit de visite et de communication peut aussi être exercé après obtention du permis
d’habiter ou certificat de conformité pendant un an.

36
Art.67 DES SANCTIONS RELATIVES AUX INFRACTIONS AUX RÈGLES
DE LA POLICE DE LA CONSTRUCTION

Sans préjudice de sanctions pénales plus graves, le fait d’exposer directement autrui à
un risque de mort ou de blessures de nature à entrainer un handicap ou une incapacité
dépassant 21 jours ou une infirmité permanente ou un préjudice matériel par la
violation manifestement délibérée de l’obligation de sécurité prévue par le présent
titre ou les textes pris pour son application, est puni d’un emprisonnement de 6 mois à
5 ans et d’une amende de 10.000 à 60.000 dirhams ou de l’une de ces deux peines
seulement.

Art .68 NOTIFICATION DES ORDRES

Les ordres prévus par cette loi sont notifiés au contrevenant par voie administrative. Si
ces notifications s’avèrent impossibles, il est procédé au dépôt de copies des ordres
concernés au siège de l’autorité administrative dont relève l’immeuble objet de
l’infraction et à l’affichage d’autres copies au lieu dudit immeuble.

Art. 69 SANCTION À LA REPRISE DES TRAVAUX AYANT FAIT OBJET


D'ARRÊT PAR VOIE ADMINISTRATIVE

Est punie de l’emprisonnement de trois mois à deux ans ou d’une amende de 10.000 à
100.000 dirhams ou de ces deux peines à la fois, la reprise des travaux ayant fait objet
d’arrêt par voie administrative.

Art.70 CAS DES COAUTEUR DES INFRACTIONS

Est considéré comme coauteur des infractions, les intervenants désignés dans l’article
14 ci-dessus, s’il est établi que l’infraction est inhérente pour chacun d’eux à leurs
actes, à leurs ordres ou à leur négligence au regard des missions qui leur sont dévolues
en vertu de l’article 15 de la présente loi.

37
Art.71 RÉCIDIVE

Les amendes prévues par cette loi sont portées au double, en cas de récidive pour
infraction de qualification identique dans un délai de douze mois qui suit la date à
laquelle la décision de la première condamnation est devenue définitive.

Art.72 CUMUL DES INFRACTIONS

Le cumul des infractions entraîne le cumul des amendes.

Art.73 SUITE À DONNER PAR LES JURIDICTIONS COMPÉTENTES,


AUX INFRACTIONS QUI LEUR SONT SOUMISES

La juridiction compétente est tenue, si l’administration n’y procède pas, d’ordonner,


aux frais du contrevenant, l’exécution des travaux nécessaires pour rendre l’immeuble
conforme à la réglementation en vigueur.

De même qu’un représentant du gouverneur est obligatoirement convoqué à la séance


pour rendre compte à la cour des suites réservées aux ordres et mesures administratifs
pris pour la démolition des constructions réalisées ou pour la remise en état des lieux.

Les travaux ordonnés par la juridiction compétente doivent être exécutés dans un délai
de 15 jours à dater de la notification du jugement devenu définitif. A défaut, l'autorité
locale peut y faire procéder quarante-huit heures après la mise en demeure adressée
au contrevenant, et prendre toutes mesures utiles à cette fin. Les frais et dépenses
engagés à cet effet sont supportés par ce dernier

38
Art.74 TRANSACTION ADMINISTRATIVE

L’Administration compétente peut, s’il n’est pas fait recours par l’autorité communale
des dispositions de l’article 65 ci-dessus, soit de sa propre initiative, soit à la demande
du contrevenant, procéder à une transaction au sujet des contraventions prévues par la
présente loi, si aucun dommage n’a été causé à autrui. Dans ce cas, l’administration
compétente peut demander au contrevenant, par lettre recommandée avec accusé de
réception, par huissier de justice ou par tout moyen permettant de justifier la
réception, de présenter dans un délai de 10 jours sa défense, assisté, le cas échéant,
d’un avocat ou d’un expert, après qu’elle lui notifie les griefs retenus contre lui et
qu’elle le mette en mesure de consulter son dossier. Passé ce délai, l’administration
compétente peut, au vu du procès-verbal et des moyens de défense soulevés par
l’intéressé, soit transmettre le dossier au procureur du Roi compétent soit ordonner,
par décision motivée, au concerné de payer une amende administrative, dont le
montant est de 3.000 à 10.000 dirhams pour les personnes physiques et de 10.000 à
40.000 dirhams pour les personnes morales.
En cas de récidive, ces amendes sont portées au double.

Art.75 SUITE À DONNER AUX TRANSACTIONS CONCLUES


PAR L’ADMINISTRATION

La conclusion de la transaction déchoit l’administration compétente de son droit à la


poursuite.

L’administration compétente transmet le dossier au procureur du Roi, si la transaction


n’a pas été conclue ou si la peine administrative n’a pas été exécutée.

La transaction ne peut être exercée après transmission du dossier au procureur du Roi.

39
Art.76 PRESCRIPTION

La décision administrative ne peut porter sur des faits commis depuis plus de 5 ans,
sauf s’il a été accompli dans ce délai un acte tendant à leurs recherches ou à leurs
constatations.

Art.77 DU CONTRÔLE INTÉGRAL DE LA FILIÈRE CONSTRUCTION

Sont chargés de la mise en œuvre du contrôle intégral prévu en vertu des articles 78 et
79 ci-dessous, les fonctionnaires ou agents de l’Etat, des collectivités locales et des
établissements publics commissionnés par l’autorité gouvernementale chargée de
l’urbanisme et de l’habitat qui remplissent les conditions fixées par voie réglementaire,
notamment celle relative au niveau de la maitrise technique et l’expérience requises.

Art.78 NATURE ET ÉTENDUE DU CONTRÔLE INTÉGRAL

Le contrôle intégral du respect des règles et normes régissant la filière construction,


s’étend en amont et en aval à toutes les phases du processus relatif à l’acte de
construire.
Il couvre tous les contrôles institués conformément à la présente loi et à la législation
en vigueur et ce durant le cycle de vie d’une construction, de l’extraction des
matériaux, à sa réalisation et à son exploitation et sa maintenance.

40
Art.79 MISE EN ŒUVRE DU CONTRÔLE INTÉGRAL

Nonobstant toutes dispositions contraires, les fonctionnaires et agents chargés de la


mise en œuvre du contrôle intégral, sont à l’occasion de l’exercice de leurs missions,
investis de plein droit des pouvoirs consentis à leurs homologues commissionnés par
l’administration compétente, en vertu des dispositifs référents suivants :

 Loi n° 08-01 relative à l'exploitation des carrières, promulguée par le dahir n° 1-


02-130 du 1 rabii Il 1423 (13 juin 2002) (B.O. n° 5036 du 5 septembre 2002).

 Loi n°12-06 relative à la normalisation, à la certification et à l’accréditation


promulguée par dahir du 11 février 2010.

 Loi n°13-83 relative à la répression des fraudes sur les marchandises promulguée
par le dahir n° 1-83- 108 du 9 moharrem 1405(5 octobre 1984).

 Loi n°12-90 relative à l’urbanisme.

 Loi n°25-90 sur les lotissements, groupes d’habitations et morcellements.

 Dahir du 25 juin 1960 relatif au développement des agglomérations rurales.

 Dispositions relatives aux agences urbaines.

 Dispositions relatives aux édifices affectés au culte musulman.

 Arrêté viziriel du 9 mars 1953 portant réglementation de la hauteur sous


plafond des locaux à usage d'habitation.

 Décret du 26 décembre 1964 définissant les zones d'habitat économique et


approuvant le règlement général de construction applicable à ces zones.

 Règlement national parasismique dénommé ‘RPS 2000 applicable sur


l’ensemble du territoire à toutes les constructions, institué par le décret n°2-
02-177du 9 hija 1422 (22 février 2002) tel qu’il a été modifié.

 Règlements généraux de construction.

41
 Les règlements communaux de construction.

 Etablissements classés.

 Législation relative à la protection de l’environnement et au développement


durable et notamment.

 Loi n° 11-03 relative à la protection et à la mise en valeur de l'environnement


promulguée par le dahir n° 1-03-59 du 10 rabii I 1424 (12 mai 2003).

 Etudes d’impact sur l’environnement prévues par la loi n° 12-03 promulguée par
le Dahir n° 1-03-60 du 10 rabii I 1424 (12 mai 2003) (B.O. du 19 juin 2003).

 Loi n° 65-99 relative au Code du travail, promulguée par Dahir du 11 septembre


2003).

 Dahir du 12 août 1913, formant Code des obligations et des contrats.

 Loi n°10.03 relative aux accessibilités.

Art.80 DE LA PROCÉDURE DE CONSTATATION DES INFRACTIONS

Les infractions découlant de la mise en œuvre du contrôle intégral sont diligentés par
les personnes chargées dudit contrôle selon les procédures de constatation et de
poursuite décrites par les législations spécifiques prévoyant les infractions y afférentes.

42
PARTIE IX MESURES TRANSITOIRES

Art.81 L'ENTRÉE EN VIGUEUR EFFECTIVE DES DISPOSITIONS DE LA


PRÉSENTE LOI

L’entrée en vigueur des dispositions de la présente loi sera effective deux années après
sa promulgation et sa publication au bulletin officiel.

Les décrets pris pour son application doivent être édictés au plus tard six mois après la
date de la publication de la loi susvisée.

Art.82 DES SITES D’EMPRUNT PROVISOIRE DE CARRIÈRE

En cas d’indisponibilité de carrières agrées dans une région, des lieux d’emprunt
provisoires présentant les spécifications techniques requises peuvent être ouvert à
l’utilisation après autorisation provisoire spécifique délivré par l’autorité compétente.

Art. 83 ABSENCE DE NORME MAROCAINE

A défaut d’existence de normes marocaines en matière de sécurité, de stabilité, de


résistance et de durabilité de la construction, il sera fait application des normes
étrangères dont la mise en utilisation est autorisée par le département de l’Habitat et
de l’Urbanisme.

Les modalités et conditions de mise en œuvre desdites dispositions sont définies par
voie règlementaire.

43
Art. 84 DÉFAUT D’EXISTENCE DE RÈGLES DE CALCUL MAROCAINES

A défaut d’existence de règles de calcul marocaines d’application obligatoire en matière


de sécurité, de stabilité, de résistance et de durabilité de la construction, il sera fait
application des Euro codes suivants :
 Euro code 0 : base de calcul ;

 Euro code 1 : action sur les structures ;

 Euro code 2 : calcul des structures en béton ;

 Euro code 3 : calcul des structures en acier ;

 Euro code 4 : calcul des structures mixtes acier béton ;

 Euro code 5 : calcul des structures en bois ;

 Euro code 6 : calcul des ouvrages en maçonnerie ;

 Euro code 7 : calcul géotechnique.

La mise en utilisation de ces Euro codes adaptés, le cas échéant aux contingences
nationales est assurée par le département de l’Habitat et de l’Urbanisme .

Les modalités et conditions de mise en œuvre sont définies par voie règlementaire.

44
Art. 85 EXAMEN DES PROJETS DÉPOSÉS AVANT LA DATE D’ENTRÉE
EN VIGUEUR DE LA LOI

Les dispositions de la présente loi ne sont pas applicables aux projets de construction,
qui à la date de son entrée en vigueur, ont fait l’objet d’un dossier régulièrement
constitué déposé au siège de l’autorité compétente en vue de l’obtention des
autorisations nécessaires.

Art. 86 RÉGIME DES AVIS TECHNIQUES DÉLIVRÉS AVANT LA MISE


EN PLACE DU CMSTC

En attendant la mise en place du CMSTC, le président de la commission délivrant les


avis techniques peut, le cas échéant faire appel à un laboratoire spécialisé accrédité.

Art.87 DISPOSITION FINALE

Peuvent être pris, en tant que de besoin, tous textes réglementaires nécessaires à
l'application des dispositions des articles de la présente loi.

45