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NOTE D’INTRODUCTION

Mot d‘introduction

Les valeurs du sport sont nombreuses : fraternité, bien-être, dépassement de soi, esprit d‘équipe, entretien de son potentiel santé, … Il
ne serait pas possible de toutes les citer en quelques lignes.

Parmi ces nombreuses valeurs, il en est une à laquelle s‘attache le présent document : le respect de l‘environnement. En 2005 l‘UNES-
CO choisissait pour la Journée mondiale de l‘Environnement comme thème : « le lien entre le sport et la nature ». Il faut s‘en féliciter
car cette valeur du sport n‘est pas la moindre. La Région wallonne, et le Département Infrasports en particulier, est aussi sensible à ce
que les activités sportives se fassent à la fois dans un environnement optimal pour tout sportif quel que soit son niveau et respectent la
nature. Un des moyens pour parvenir à cet objectif est de construire ou de rénover des bâtiments sportifs en y intégrant de bonnes
pratiques énergétiques. Des pratiques qui doivent à la fois permettre aux pratiquants des différentes disciplines de bénéficier des condi-
tions de température et d‘éclairage optimales ainsi qu‘à réduire la consommation d‘énergie pour atteindre ces objectifs et/ou produire
l‘énergie nécessaire à partir de sources renouvelables. De plus, le coût croissant des combustibles fossiles pèse sur les revenus des
clubs sportifs ou des gestionnaires d‘installations. Cette démarche concilie donc parfaitement les valeurs du sport avec la logique finan-
cière.

Il convient encore d‘ajouter que les mesures d‘utilisation rationnelle de l‘énergie et celles qui présentent les temps de retour les plus
courts doivent être réalisées avant toute chose. Toutefois, lorsque toutes les opérations prioritaires d‘économie d‘énergie ont été réali-
sées, il est souvent utile et bienvenu de couronner un système énergétique par le recours à l‘énergie renouvelable.

L‘étude vise les nouvelles constructions uniquement. Elle fournit les outils nécessaires aux maîtres d‘ouvrage et aux auteurs de projet
leur permettant de concevoir des halls sportifs ayant de hautes performances énergétiques et assurant aux utilisateurs un confort opti-
mal.

La documentation se présente en deux volets, l‘un plus général destiné aux maîtres d‘ouvrage (outil d‘aide à la décision), l‘autre plus
technique destiné aux auteurs de projet (outil d‘aide à la conception).

Le volet « maître d‘ouvrage » décrit d‘un point de vue général les différentes stratégies énergétiques, présentant les avantages et les
inconvénients liés à chaque solution. Cette partie a pour but de faciliter le choix du maître de l‘ouvrage en ce qui concerne les différen-
tes solutions possibles pour chaque stratégie.

Le deuxième volet décrit chaque solution de manière détaillée, permettant aux auteurs de projet d‘intégrer les stratégies dans leurs
dossiers techniques (plans, métrés, estimatifs).

Assurer confort et bien-être aux usagers, mieux respecter notre environnement, réduire la charge financière qui pèse sur les Pouvoirs
locaux, les clubs et les gestionnaires, bref appliquer quelques unes des saines valeurs du sport, voilà l‘esprit qui a guidé la rédaction de
cet ouvrage. Ce document aidera tous ceux qui sont concernés à s‘inscrire dans une démarche de qualité énergétique, démarche pour
laquelle ils pourront bénéficier de différents mécanismes de soutien du gouvernement wallon (infrasports, ureba, …). Je vous souhaite
bonne lecture.

Avec le soutien de la

Région wallonne

3
REMERCIEMENTS

Nous souhaitons remercier tous ceux qui, par leur aide et leurs conseils, nous ont aidés à élaborer ce guide.
Nous remercions particulièrement :
Fred HAUTRIVE, Directeur du hall de sports de Grez-Doiceau, pour nous avoir aidé et accueilli à maintes reprises lors de
nos audits énergétiques, modélisations dynamiques, ... ;
Jean-François GLAUDE, Conseiller en Energie de la Commune de Grez-Doiceau, pour nous avoir donné accès aux docu-
ments techniques du hall de sports communal ;
TERMICO, Messieurs Michel de Fierlant et Philippe de MARCHANT ;
SCHWANk, Monsieur Gérard Cooreman ;
TROX, Monsieur Alain Dubois.

AVERTISSEMENT

La Région wallonne a souhaité fournir aux Maîtres d‘Ouvrage, aux bureaux d‘études et aux architectes un guide de référence pour la
conception "énergétique" des centres sportifs. Celui-ci doit servir à clarifier les demandes de performance énergétique entre un Maître
d‘Ouvrage et ses opérateurs et à préciser les critères techniques à mettre en œuvre pour atteindre ces performances.

Chaque Maître d'Ouvrage reste libre de décider, avec les conseils des bureaux d'études et/ou des installateurs, d'intégrer ou non les re-
commandations les plus intéressantes et les plus adaptées dans son projet.

Ces recommandations ne sont pas exhaustives et ne dispensent pas d'appliquer les normes et prescriptions réglementaires en vigueur.

Dans un but de promotion des économies d'énergie, des copies d‘extraits ou de l'intégralité de ce texte sont souhaitées. Aucune activité
commerciale relative à l‘utilisation des informations qu‘ils contiennent n‘est cependant autorisée.

Il appartient à chaque utilisateur de ce document de faire preuve de vigilance et de capacité d‘adaptation lorsqu‘il sera appelé à réaliser
son projet de conception. En aucun cas, la Région wallonne ou le concepteur du présent document n‘assumeront une quelconque res-
ponsabilité quant à une utilisation erronée ou inappropriée du présent document. La vérification finale reste du ressort de l'utilisateur.

Ce guide n'aborde pas ou très peu les questions liées aux primes car celles-ci sont très volatiles et sujet-
tes à des mises à jour régulières. Le dernière exemple en date est la suppression de la prime pour les cap-
teurs photovoltaïque (2010). Nous renvoyons donc le lecteur, à ce sujet :

Vers le site d’INFRASPORTS : http://pouvoirslocaux.wallonie.be

vers le portail de l'énergie en Région wallonne et plus particulièrement vers les primes UREBA : http://
energie.wallonie.be/fr/communes-cpas-provinces.html?IDC=6370;

Initiative Réalisation
INFRASPORT MATRIciel sa
Place de l'Université 25
Boulevard du Nord, 8 1348 Louvain-la-Neuve
5000 Namur
Contact
Tél : 010/24.15.70
Fax : 010/24.15.60
Courriel : bruyere@matriciel.be
Site Internet : www.matriciel.be

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TABLE DES MATIÈRES

1ère partie : La Synthèse…………………………………………………………………………………………………. 11

INTRODUCTION …………………………………………………………………………………………………………………………… 12
1 Pourquoi réduire la demande d‘énergie ? ……………………………………………………………………………………………… 12
1.1 Une approche durable ……………………………………………………………………………………………………………………. 12
1.2 Une réduction des coûts de fonctionnement …………………………………………………………………………………………... 12
1.3 Assurer le confort …………………………………………………………………………………………………………………………. 12
2 Quand et comment agir ? .......................................................................................................................................................... 12
2.1 La définition des besoins fonctionnels …………………………………………………………………………………………………. 13
2.2 La définition des besoins énergétiques ………………………………………………………………………………………………… 15

MÉTHODOLOGIE …………………………………………………………………………………………………………………………. 18

OPTIMISATION DE L’ENVELOPPE ……………………………………………………………………………………………………… 20


1 Adopter une forme compacte ……………………………………………………………………………………………………………. 20
2 Implanter et distribuer les locaux en fonction des activités qui s’y déroulent ……………………………………………………… 20
3 Dimensionner les ouvertures en fonction de l’exposition …………………………………………………………………………….. 21
4 Assurer une bonne protection solaire …………………………………………………………………………………………………... 21
5 Adapter l’inertie thermique du bâtiment à l’usage prévu des locaux ………………………………………………………………... 21
6 Permettre une ventilation naturelle intensive ………………………………………………………………………………………….. 21
7 Concevoir des fenêtres performantes ………………………………………………………………………………………………….. 22
8 Isoler les parois opaques ………………………………………………………………………………………………………………... 22
9 Supprimer les ponts thermiques ………………………………………………………………………………………………………... 22
10 Veiller à la bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe …………………………………………………………………………………… 23
11 Favoriser la lumière naturelle ……………………………………………………………………………………………………………. 23

OPTIMISATION DES SYSTÈMES ………………………………………………………………………………………………………….. 24


1 Centraliser ou décentraliser les besoins ? ……………………………………………………………………………………………... 24
2 Avoir recours aux énergies renouvelables …………………………………………………………………………………………….. 24
2.1 Quelle est l’évolution des besoins en fonction de la qualité de l’enveloppe ? ……………………………………………………... 24
2.2 Adapter les stratégies d’énergies renouvelables en fonction des ressources ……………………………………………………... 25
2.3 Adapter les stratégies d’énergies renouvelables en fonction des besoins…………………………………………………………... 26
2.4 Sélectionner les stratégies d’énergies renouvelables ………………………………………………………………………………… 26
3 Favoriser la « cohabitation raisonnée » des stratégies d’énergies renouvelables et fossiles ……………………………………. 31
3.1 La cogénération seule ……………………………………………………………………………………………………………………. 32
3.2 La pompe à chaleur (PAC) associée au photovoltaïque …………………………………………………………………………….. 32
3.3 La chaudière au bois associée au photovoltaïque ……………………………………………………………………………………. 33
3.4 Conclusions ……………………………………………………………………………………………………………………………….. 34
4 Optimiser les systèmes de production de chaleur …………………………………………………………………………………….. 35
4.1 Définition des besoins ……………………………………………………………………………………………………………………. 36
4.2 Choisir les systèmes ……………………………………………………………………………………………………………………... 37
4.3 Dimensionner les équipements …………………………………………………………………………………………………………. 39
5 Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire ………………………………………………………………………………………. 39
5.1 Choisir le vecteur énergétique …………………………………………………………………………………………………………... 39
5.2 Définir les besoins ………………………………………………………………………………………………………………………... 40
5.3 Choisir le système ………………………………………………………………………………………………………………………... 40
5.4 Choisir les composants …………………………………………………………………………………………………………………... 41
5.5 Dimensionner les équipements …………………………………………………………………………………………………………. 41
6 Optimiser les systèmes de ventilation ………………………………………………………………………………………………….. 41
TABLE DES MATIÈRES

6.1 Organiser les locaux ……………………………………………………………………………………………………………………… 41


6.2 Choisir le système ………………………………………………………………………………………………………………………… 42
6.3 Choisir les composants …………………………………………………………………………………………………………………... 42
6.4 Comment dimensionner le système ……………………………………………………………………………………………………. 43
7 Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel …………………………………………………………………………………………… 43
7.1 Diminuer la puissance installée …………………………………………………………………………………………………………. 43
7.2 Choisir du matériel énergétiquement efficace …………………………………………………………………………………………. 44
7.3 Gérer l’éclairage en fonction de l’occupation et de l’apport en éclairage naturel ………………………………………………….. 44
8 Comment réceptionner les travaux ……………………………………………………………………………………………………... 45
9 Petit glossaire………………………………………………………………………………………………………………………………. 45

2ème partie : Le guide…………………………………………………………………………………………………….. 47

OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE ……………….. 48
1 Principe …………………………………………………………………………………………………………………………………….. 48
1.1 Architecture durable ……………………………………………………………………………………………………………………… 48
1.2 Méthodologie ……………………………………………………………………………………………………………………………... 48
1.3 Hypothèses ………………………………………………………………………………………………………………………………... 49
1.4 Analyse des besoins énergétiques ……………………………………………………………………………………………………... 50
2 Mesures architecturales ………………………………………………………………………………………………………………….. 50
2.1 Adopter une forme compacte ……………………………………………………………………………………………………………. 50
2.2 Implanter et distribuer les locaux en fonction des activités qui s’y déroulent ……………………………………………………… 52
2.3 Dimensionner les ouvertures en fonction de l’exposition …………………………………………………………………………….. 54
2.4 Assurer une bonne protection solaire …………………………………………………………………………………………………... 55
2.5 Adapter l’inertie thermique du bâtiment à l’usage prévu des locaux ………………………………………………………………... 57
2.6 Permettre une ventilation naturelle intensive ………………………………………………………………………………………….. 59
2.7 Concevoir des fenêtres performantes ………………………………………………………………………………………………….. 61
2.8 Isoler les parois opaques ………………………………………………………………………………………………………………… 62
2.9 Supprimer les ponts thermiques ………………………………………………………………………………………………………… 66
2.10 Veiller à la bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe …………………………………………………………………………………… 67
2.11 Favoriser la lumière naturelle ……………………………………………………………………………………………………………. 70
3 Validation de la conception architecturale en fonction des besoins globaux ………………………………………………………. 72
4 Bibliographie ………………………………………………………………………………………………………………………………. 73

OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL …………………………………………………………….. 74


1 Centraliser ou décentraliser les besoins ………………………………………………………………………………………… 75
1.1 Centralisation ……………………………………………………………………………………………………………………………… 75
1.2 Décentralisation …………………………………………………………………………………………………………………………... 78
2 Avoir recours aux énergies renouvelables …………………………………………………………………………………………….. 79
2.1 Evaluation des besoins …………………………………………………………………………………………………………………... 79
2.2 « Stratégies » d’énergies renouvelables en fonction des ressources ………………………………………………………………. 80
2.3 « Stratégies » d’énergies renouvelables en fonction des besoins ………………………………………………………………….. 81
2.4 Un mots sur les « stratégies » d’énergies renouvelables ……………………………………………………………………………. 82
3 Favoriser la Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et fossiles …………………………………………….... 92
3.1 Stratégie d’énergie renouvelable pure : une utopie ? ………………………………………………………………………………... 92
3.2 « Cohabitation raisonnée » des stratégies …………………………………………………………………………………………….. 92
3.3 Pour les « accros » des énergies fossiles ……………………………………………………………………………………………... 94
3.4 Etude comparative des combinaisons de différentes stratégies …………………………………………………………………….. 96
3.5 Valider la combinaison des énergies renouvelables et fossiles par rapport aux besoins ………………………………………… 113
7
TABLE DES MATIÈRES

4 Optimiser les systèmes de production de chaleur ……………………………………………………………………………………. 120


4.1 Définition des besoins ……………………………………………………………………………………………………………………. 121
4.2 Choisir un système ……………………………………………………………………………………………………………………….. 122
4.3 Caractéristiques des installations ……………………………………………………………………………………………………….. 128
4.4 Dimensionnement des équipements ……………………………………………………………………………………………………. 141
4.5 Réception des travaux ……………………………………………………………………………………………………………………. 143
4.6 Conduite de l’installation …………………………………………………………………………………………………………………. 144
5 Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire ……………………………………………………………………………………….. 145
5.1 Choix du vecteur énergétique ……………………………………………………………………………………………………………. 145
5.2 Définition des besoins …………………………………………………………………………………………………………………….. 146
5.3 Choix du système …………………………………………………………………………………………………………………………. 146
5.4 Caractéristiques de l’installation …………………………………………………………………………………………………………. 146
5.5 Dimensionnement des équipements ……………………………………………………………………………………………………. 149
5.6 Choix des équipements …………………………………………………………………………………………………………………... 150
5.7 Régulation ………………………………………………………………………………………………………………………………….. 152
5.8 Réception des travaux ……………………………………………………………………………………………………………………. 152
6 Optimiser les systèmes de ventilation …………………………………………………………………………………………………... 153
6.1 Organisation des locaux ………………………………………………………………………………………………………………….. 153
6.2 Confort et énergie (aspect normes et réglementation) ………………………………………………………………………………... 153
6.3 Risques de condensation ………………………………………………………………………………………………………………… 155
6.4 Choisir les systèmes ……………………………………………………………………………………………………………………… 155
6.5 Disposition des équipements …………………………………………………………………………………………………………….. 155
6.6 Conception des installations ……………………………………………………………………………………………………………... 158
6.7 Dimensionnement des équipements ……………………………………………………………………………………………………. 158
6.8 Choix des équipements …………………………………………………………………………………………………………………... 162
6.9 Régulation ………………………………………………………………………………………………………………………………….. 163
6.10 Suivi des installations …………………………………………………………………………………………………………………….. 164
6.11 Réception des travaux ……………………………………………………………………………………………………………………. 165
6.12 Conduite de l’installation …………………………………………………………………………………………………………………. 165
7 Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel …………………………………………………………………………………………… 166
7.1 Puissance installée ……………………………………………………………………………………………………………………….. 166
7.2 Choix du matériel ………………………………………………………………………………………………………………………….. 167
7.3 Gestion de l’éclairage …………………………………………………………………………………………………………………….. 170
8 Bibliographie ……………………………………………………………………………………………………………………………….. 173
TABLE DES MATIÈRES

3ème partie : Les Fiches Thématiques ………………………………………………………………………………. 175

FT01 - L‘isolation de l‘enveloppe …………………………………………………………………………………………………………………… 177


FT02 - Les protections solaires …………………………………………………………………………………………………………………….. 189
FT03 - L‘éclairage naturel et artificiel ………………………………………………………………………………………………………………. 195
FT04 - La cogénération ……………………………………………………………………………………………………………………………... 226
FT05 - Le photovoltaïque ……………………………………………………………………………………………………………………………. 231
FT06 - Les puits canadiens / provençaux …………………………………………………………………………………………………………. 243
FT07 - La pompe à chaleur …………………………………………………………………………………………………………………………. 255
FT08 - L‘énergie éolienne …………………………………………………………………………………………………………………………... 265
FT09 - Le chauffe-eau solaire ………………………………………………………………………………………………………………………. 279
FT10 - La biomasse …………………………………………………………………………………………………………………………………. 295
FT11 - Comparaison des stratégies d‘énergie renouvelable ……………………………………………………………………………………. 301
FT12 - Le confort thermique et les enjeux énergétiques des grands espaces bien isolés …………………………………………………... 327
FT13 - Le dimensionnement et le choix des systèmes de chauffage et d‘ECS ………………………………………………………………. 357
FT14 - Le dimensionnement et le choix des systèmes de ventilation ………………………………………………………………………….. 369

9
10
La synthèse

11
SYNTHÈSE
Introduction

INTRODUCTION
1 POURQUOI RÉDUIRE LA DEMANDE D’ÉNERGIE ?

1.1 UNE APPROCHE DURABLE

Dans une approche durable de la construction, la question de l’énergie est primordiale. En effet, en tant que consommateur, cha-
cun est aujourd‘hui conscient de l‘importance de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Cette conscientisation n‘est pas réservée à l‘individu mais elle s‘impose aussi au niveau collectif : commune, école, … et dans un projet
de conception d‘un centre sportif.

1.2 UNE RÉDUCTION DES COÛTS DE FONCTIONNEMENT

En diminuant la consommation d‘énergie, une réduction des coûts d’utilisation des bâtiments est également possible. L’investisse-
ment dans le développement durable a donc aussi un impact positif sur les économies financières. En effet, la consommation énergétique
d‘un hall de sport est de plus en plus souvent considérée comme un facteur prépondérant pour la viabilité d‘un site. En temps de crise,
ce genre de paramètre peut faciliter la gestion financière d‘un complexe sportif et plus globalement d‘un budget ordinaire d‘une commune
ou d‘une asbl.
En outre, la consommation d‘énergie engendre des coûts environnementaux non négligeables, à charge de notre société.
De plus, les complexes sportifs qui investissent aujourd‘hui dans la réduction de leurs consommations énergétiques, se dotent d‘une ima-
ge de marque et d’un aspect didactique pour les jeunes générations.
Enfin, travailler aujourd‘hui sur l‘efficacité énergétique permet d’anticiper l’avenir proche puisque d’ici quelques années, tous les bâti-
ments seront soumis à des contraintes réglementaires de performances énergétiques de plus en plus sévères, sous l'impulsion de
l'Union européenne (directive sur la Performance Energétique des Bâtiments PEB). Pour ce, on se réfèrera à l‘évolution de la PEB en
Région Wallonne sur le portail Energie de la RW (http://energie.wallonie.be)

1.3 ASSURER LE CONFORT

La question de l‘énergie s‘accompagne de la notion de confort. En effet, pour définir une consommation d’énergie, il faut connaitre des
valeurs de consignes (températures minimales, maximales, niveau d‘éclairement…) qui sont elles-mêmes définies selon des critères de
confort.

Plus précisément, en parlant de confort, le guide comprend :

le confort hygrothermique (été + hiver),


le confort visuel (éclairage naturel et artificiel) ,
le confort respiratoire (ventilation hygiénique).

2 QUAND ET COMMENT AGIR ?

La question de l‘énergie doit être envisagée à différentes étapes du projet :

la définition des besoins de fonctionnalité ;


la définition des besoins énergétiques ;
la conception architecturale optimale ;
l‘optimisation des systèmes de production/distribution et émission de chaleur, de froid et d‘électricité ;
l‘utilisation consciente et rationnelle de l‘énergie pendant la durée de vie du bâtiment.

12
SYNTHÈSE
Introduction
2.1 LA DÉFINITION DES BESOINS FONCTIONNELS

2.1.1 PRINCIPES DE BASE

Généralement, on trouve quatre programmes principaux récurrents dans un projet de hall de sports :

un ou plusieurs plateaux sportifs permettant le sport de compétition (amateur ou professionnel), pour les rencontres fixées
principalement durant le week-end, et également des possibilités d'entraînement, pour le plus grand nombre de sportifs,
principalement durant la semaine ;
éventuellement, une ou des salles polyvalentes ;
des vestiaires pour les joueurs et les arbitres ;
une cafétéria.

A ces quatre programmes principaux peuvent encore venir se greffer des locaux techniques et d'accueil : bureau d'accueil, concierge-
rie, infirmerie, réserves à matériel, locaux techniques, salle de réunion, gradins (fixes et/ou mobiles repliables), …

Ce chapitre s‘intéressera aux grandes lignes de conception de la géométrie du bâtiment en fonction des critères de fonctionnalité sui-
vants :

accessibilité des différents locaux représentatifs du centre sportif ;


interaction des espaces les uns par rapport aux autres ;
activités prévues dans les locaux.

La plupart des critères cités ci-dessus et détaillés ci-après sont ceux référencés dans les fiches techniques Infrasports (Région
Wallonne).

2.1.2 ACCESSIBILITÉ DES LOCAUX

L‘accessibilité des différents espaces influence naturellement le programme de conception. Il en découle que la volumétrie des espaces
les uns par rapport aux autres va influencer :

le niveau des déperditions énergétiques des parois vu l‘influence de la compacité de l‘ensemble du centre sportif ;
les consommations énergétiques parallèles dans la distribution des énergies nécessaires à la ventilation hygiénique des
locaux, au chauffage des espaces et de l‘eau chaude sanitaire ;
les consommations énergétiques parallèles nécessaires à l‘accès des personnes à mobilité réduite (élévateur rabattable,
ascenseur, etc.).

Les contraintes d'accessibilité peuvent être, par exemple, les suivantes :

au moins un vestiaire doit être accessible aux personnes à mobilité réduite (selon les recommandations légales du CWA-
TUPE) ;
l'accessibilité des spectateurs aux aires de jeu doit être proscrite ;
lors des manifestations exceptionnelles, l'accessibilité aux gradins par le public pourra se faire à partir de l'extérieur ;
les vestiaires et les espaces de pratique sportive doivent pouvoir fonctionner indépendamment de la cafétéria.

13
SYNTHÈSE
Introduction
2.1.3 INTÉRACTION ENTRE LOCAUX

L‘agencement des espaces influence aussi la volumétrie de l‘ensemble du projet et, par conséquent, la compacité et le niveau de déper-
dition énergétique. En voici quelques exemples :

une jonction directe entre les tribunes et la cafétéria doit être privilégiée ;
une jonction entre les gradins fixes et les tribunes télescopiques doit être prévue ;
les rangements et réserves à matériel ainsi que les vestiaires doivent être disposés stratégiquement, de préférence sur la lon-
gueur des terrains ou plateaux sportifs. Il faut éviter les accès par l'arrière des goals ;
le bloc vestiaire sera une entité bien distincte du reste de l'infrastructure afin que les sportifs et les spectateurs ne s'y croisent pas.

2.1.4 ACTIVITÉS DANS LES LOCAUX

Les différentes activités envisagées dans les espaces influencent également les consommations énergétiques futures de par :

les températures de consigne nécessaires (influence sur le besoin de chauffage) ;


les débits d‘air hygiénique nécessaires (influence sur le besoin de ventilation hygiénique et le besoin de chauffage) ;
les dimensions minimales des aires de jeu et de leurs zones libres spécifiques en fonction du type de sport pratiqué (influence sur
la compacité) ;
les hauteurs libres règlementaires pour les jeux de ballon et le badminton (influence sur la compacité, le besoin de chauffage
(avec risque de stratification des températures) et le besoin de lumière) ;
les types de revêtements de sol et des murs des plateaux sportifs (influence sur l'accessibilité de la masse thermique) ;
le niveau d‘éclairement moyen requis ainsi que son uniformité en fonction du niveau de compétition (influence sur le besoin de
lumière) ;
le risque d'éblouissement à éviter sur les aires de jeu (influence sur la conception des ouvertures).

2.1.5 SCHÉMAS DE PRINCIPE

En tenant compte des critères de fonctionnalité, plusieurs schémas de principe d‘agencement des locaux les uns par rapport aux autres
peuvent être esquissés. Parmi les diverses possibilités, nous retiendrons deux schémas de principe, à savoir :

les locaux techniques et d'accueil sont disposés sur un seul niveau autour du plateau sportif principal, hors sol ;
les locaux techniques et d'accueil sont superposés contre le plateau sportif principal et les salles polyvalentes sont enterrées.

A LOCAUX TECHNIQUES ET D’ACCUEIL SUR UN SEUL NIVEAU, HORS SOL

Sans rentrer dans les détails, cette configu-


ration présente les avantages suivants :

améliore l‘accessibilité générale, y


compris pour les personnes à mo-
bilité réduite ;
augmente légèrement la possibilité
d'éclairer et de ventiler naturelle-
ment les locaux car la surface de
l'enveloppe est importante.

14
SYNTHÈSE
Introduction
B LOCAUX TECHNIQUES ET D’ACCUEIL SUPERPOSÉS ET SALLES POLYVALENTES ENTERRÉS

Cette configuration, quant à elle, présente les avanta-


ges suivants :
réduit la surface de déperdition et l'empreinte
au sol du bâtiment car la compacité est forte ;
permet plus facilement la récupération de
chaleur entre espaces ;
diminue les pertes dans la distribution des
énergies ;

2.1.5 HAUTEUR DU HALL PRINCIIPAL

La hauteur du hall est fonction des sports pratiqués. Par exemple, il est difficile de concevoir que du volley-ball soit pratiqué dans une
salle de faible hauteur. Cette hauteur a une influence directe sur les hauteurs disponibles pour les autres espaces comme les vestiaires
et les gradins superposés. En augmentant les hauteurs, on augmente nécessairement :

les surfaces déperditives ;


le risque de stratification des températures ;
les consommations énergétiques comme les consommations d‘éclairage ;

2.2 LA DÉFINITION DES BESOINS ÉNERGÉTIQUES

Les différents espaces liés à la pratique de sports ont tous des besoins énergétiques. En fonction de l‘importance de chacune de ces
parties, la demande énergétique du bâtiment va être différente et va devoir répondre à des besoins particuliers suivants :

les besoins de chaleur ;


les besoins de la ventilation hygiénique ;
les besoins de froid ;
les besoins d‘éclairage.

Il est très important que l‘investisseur (le maître d‘ouvrage) sache bien définir son programme et donc ses besoins. En effet, l‘architecte
ne pourra entamer une réflexion durable que sur la bonne compréhension des enjeux énergétiques du bâtiment.

Pour l‘aider, on peut par exemple se référer au tableau suivant. Ce tableau est établi pour un bâtiment que nous considérons déjà comme
bien isolé (plus que ce qu‘impose la réglementation).

Il est basé sur le bon sens et il n‘est pas exhaustif car il existe beaucoup de variantes et de paramètres à prendre en compte :

15
SYNTHÈSE
Introduction

Type Besoin d‘eau chaude


Besoin de chaleur Besoin d‘éclairage Besoin de ventilation Besoin d‘électricité
d‘espace sanitaire
Hall d‘entrée
Hall de sport
principal

Vestiaires

Cafétéria

Salles
polyvalentes

2.2.1 RÉPARTITION DES CONSOMMATIONS

La répartition des postes de consommation varie fort en fonction du niveau d‘isolation que peut atteindre le bâtiment. Les consommations
électriques d‘éclairage et de ventilation, par exemple, deviennent prépondérantes lorsqu‘on passe d‘un bâtiment d‘isolation règlementaire
(K45 et Umax des parois) à un bâtiment basse énergie voire très basse énergie.

L‘établissement de cette répartition prend toute son importance lorsque le projet s‘oriente vers l‘utilisation de stratégies en énergie renou-
velable.

A SIMULATIONS THERMIQUES DYNAMIQUES SUR UN BÂTIMENT TYPE MODÉLISÉ

Pour les besoins du guide, un centre sportif (nouveau hall de Grez Doiceau) a été modélisé afin de réaliser des simulations:

thermiques dynamiques (à l‘aide du logiciel TRNSYS) ;


de consommations d‘électricité dues à l‘éclairage (en tenant compte de l‘éclairage naturel : logiciels ECOTEC et DIALUX), à la
ventilation (logiciel MATRIciel), à la force motrice, …

Les résultats des simulations permettent de tirer des consommations globales et de les comparer par rapport à la moyenne du parc wallon
sachant que la surface au sol du centre sportif est de 2490 m².

A1 CAS DE GREZ-DOICEAU SIMULÉ (RÈGLEMENTAIRE)

Pour un bâtiment correctement isolé, la répartition des consommations entre le


combustible et l‘électricité est respectivement de 60 % et 40 %, soit de l‘ordre
de :

185.500 kWh/an pour le chauffage et l’ECS ;

123.862 kWh/an pour l’électricité.

Consommations d’un hall de sport dont les valeurs U des


parois sont règlementaires

16
SYNTHÈSE
Introduction
A2 CAS DE GREZ DOICEAU BASSE ÉNERGIE

Pour un bâtiment bien isolé, la répartition des consommations entre le combusti-


ble et l‘électricité change et est plus ou moins de 50 % et 50 %, soit de l‘ordre
de :

116.321 kWh/an pour le chauffage et l’ECS ;

123.862 kWh/an pour l’électricité.

Consommations d’un hall de sport à basse énergie


A3 CAS DE GREZ DOICEAU TRÈS BASSE ÉNERGIE

Pour un bâtiment bien isolé, la répartition des consommations entre le combusti-


ble et l‘électricité change et est respectivement de 40 % et 60 %, soit de l‘ordre
de :

98.347 kWh/an pour le chauffage et l’ECS ;

123.862 kWh/an pour l’électricité.

Consommations d’un hall de sport à très basse énergie


B MOYENNE EN RÉGION WALLONNE

La RW tient à jour une base de données concernant les consommations énergétiques du parc tertiaire. Plus spécifiquement, les consom-
mations moyennes en combustible et en électricité des centres sportifs sont données par les deux graphiques qui suivent. Sur chaque
graphe, les consommations des différents cas simulés de Grez-Doiceau sont placées et comparées par rapport à celles de la RW.

n
allo
cw
par Grez-Doiceau
n ne
M oye
n
w allo
p arc
ne
Règlementaire en
Grez-Doiceau Basse énergie M oy
Très basse énergie

Moyennes des consommations de combustible et d’électricité du parc wallon


C COMMENTAIRE

Par rapport à la moyenne wallonne, on peut constater que les besoins de chaleur de Grez-Doiceau sont nettement inférieurs. Par contre
les besoins d‘électricité sont plus importants. Une des explications est la consommation importante du poste de ventilation sachant que
beaucoup de salles du parc actuel sont peu ou pas ventilées et, donc, moins gourmandes en énergie. De plus, lors des relevés de comp-
teurs électriques, le centre sportif était en phase de réglage. Actuellement, des mesures draconiennes ont été prises.

Dans le cadre du guide, on veut clairement faire mieux que le parc wallon actuel et les statistiques de consommation présentées ici sont,
d‘une part insuffisamment précises, et d‘autre part, les proportions entre les consommations de chauffage et d‘électricité risquent d‘être
profondément différentes.
17
SYNTHÈSE
Méthodologie

MÉTHODOLOGIE
Avant toute chose, il n‘y a pas de recette unique pour la conception d‘un centre sportif. En d‘autres termes, chaque projet de conception
doit être vu au cas par cas en fonction de l‘implantation, des ressources renouvelables de proximité, ...
Après avoir défini les besoins fonctionnels et énergétiques, on cherchera, par ordre de priorité, à :
1. optimiser la conception architecturale afin de limiter les besoins (de chaud, de froid et d'éclairage artificiel) et les déperditions ;
2. optimiser les systèmes pour limiter l'impact environnemental en favorisant le recours aux énergies renouvelables.

La suite de ce guide explique les différentes démarches qui doivent permettre d'optimiser, prioritairement, la conception architectura-
le et, ensuite, les systèmes.
Ces démarches n‘ayant pas le même impact énergétique, il sera nécessaire de « hiérarchiser » sous forme d‘une pondération énergéti-
que. Par exemple, le fait de prévoir une enveloppe de bâtiment de très bonne qualité, en termes de déperdition et d‘étanchéité à l’air,
influence immanquablement le poids énergétique de l‘eau chaude sanitaire, de l‘éclairage, …
On doit donc prendre en compte simultanément l'ensemble des contraintes existantes en visant un optimum global.
Pas à pas, le lecteur est guidé dans sa démarche en abordant, dans chaque thématique, une chronologie classique de l‘avancement d‘un
projet de conception, à savoir :

L’esquisse : les premières idées d’implantation et d’orientation du bâtiments, l’intérêt d’exploitation des ressources renouvelables de
proximité du site, les premiers « coups de crayon » de la volumétrie, … sont abordés;

L’avant-projet : on précise déjà un certain nombre de choix ;

Le projet proprement dit : à ce stade, les choix sont figés, les plans de détails sont au point, tant en architecture qu‘en technique spécia-
le, et les cahiers de charge démarrés voire terminés. La phase projet inclut aussi l‘appel d‘offre , l‘adjudication, la réalisation du chantier,
…;
La mise en service et le suivi : ce sont des phases souvent négligées dans la conception. Or, elles revêtent une importance toute parti-
culière dans une conception énergétique sachant que, par exemple, le manque de suivi et de formation du personnel, de mise au point de
la régulation, … sont responsables de l‘ordre de 20 % de surconsommations d‘énergie.

Les primes ont été laissées volontairement au « placard » sachant qu‘elles sont « volatiles » et que le guide veut mettre l‘accent sur la
rentabilité énergétique et environnementale avant la rentabilité financière.
On est en droit aussi de se poser les questions suivantes :
La rentabilité financière est-elle une notion objective ? ;
Se réalise t‘elle par rapport à un placement en banque, sur la durée de vie du bâtiment, d‘un système, … ? ;
Ou encore, est-il normal que la notion de rentabilité n‘intervienne que très peu dans le choix d‘un type de pierre de taille, de bri-
que, de la forme, de la volumétrie et du jet architectural du projet ?
C‘est vrai que la rentabilité de l‘esthétique d‘un bâtiment peut être traduite par la génération d‘une plus-value à long terme. Aussi, dans le
même esprit, on tablera sur la plus-value que prendra un bâtiment dans un avenir assez proche, par l‘introduction d‘une couverture des
besoins énergétiques par des stratégies renouvelables.

Niveaux de lecture du guide

3 niveaux de lecture permettent aux acteurs du projet d’aborder le guide avec différents regards :

Le premier niveau de lecture, aborde la conception énergétique des centres sportifs de manière globale et simplifiée. Il s‘adresse
prioritairement aux maîtres d’ouvrage disposant de peu de temps ou ne désirant pas s‘investir en détail mais tout en restant un
acteur proactif dans le projet. Les auteurs de projet et les bureaux en techniques spéciales trouveront quant à eux un support
simplifié et chronologique à leur démarche ;
Le second niveau permet d‘entrer plus en détail dans le projet. A ce niveau, les différentes thématiques aideront les maîtres
d’ouvrage passionnés ou simplement curieux, les architectes et les bureaux d’étude en techniques spéciales à gérer les
différents stades d‘un projet de conception ;

18
SYNTHÈSE
Méthodologie

Le dernier niveaux est celui des fiches techniques où l‘on aborde des thématiques de manière pointue. Elle s‘adresse aux mêmes
acteurs que les deux premiers niveaux mais ayant une certaine expertise technique avérée.

19
SYNTHÈSE
Optimisation de l’enveloppe

OPTIMISATION DE L’ENVELOPPE

1 ADOPTER UNE FORME COMPACTE

Pour un même volume, une forte compacité limite la surface de déperdition du bâtiment et réduit donc la demande de chaleur.

A retenir :
 On privilégiera un bâtiment de grande taille avec une volumétrie simple, en évitant les saillies, décrochements ou creusements.

Dans certains cas, le bâtiment lui-même peut également, de par sa forme, constituer une protection contre les vents dominants très né-
fastes pour les déperditions.

A retenir :
 On adoptera des formes de toiture basses détournant le vent sans s‘opposer brutalement à lui. On pourra aussi utiliser des écrans
végétaux.

2 IMPLANTER ET DISTRIBUER LES LOCAUX EN FONCTION DES ACTIVITÉS QUI S’Y DÉROULENT

L'orientation des locaux répond à la destination de ceux-ci : les besoins en lumière naturelle, l'intérêt d'utiliser le rayonnement solaire pour
chauffer le local ou, au contraire, la nécessité de s'en protéger pour éviter la surchauffe, l'existence de vents pouvant refroidir le local en
hiver ou le rafraîchir en été, sont autant de paramètres importants dans le choix de l'orientation.
Le concepteur peut aussi optimiser la répartition de la charge de chauffage en organisant le bâtiment par zones fonctionnelles dont
l'orientation et l'ambiance thermique s'adaptent aux activités qui s'y déroulent. Ce zonage permet également de créer, sur les faces froi-
Esquisse

des du bâtiment, des espaces protecteurs ou "tampons".

A retenir :
 On concentrera de préférence au sud les vestiaires et la cafétéria (qui demandent une température de consigne plus élevée) et au
nord la réserve de matériel sportif (qui servira ainsi de zone tampon pour les plateaux sportifs) ;
 La chaufferie, quant à elle, sera positionnée dans le voisinage immédiat des plateaux sportifs et, de préférence, au centre de la
zone des vestiaires de manière à limiter les distances entre le ballon d'eau chaude et les douches.

Toutes les orientations apportent de l‘éclairage naturel. Il est cependant préférable de placer les fenêtres de telle façon que le soleil puis-
se pénétrer à l'intérieur d'un local au moment où il est le plus utilisé. De plus, la qualité lumineuse varie d‘une orientation à l‘autre.

A retenir :
 L‘orientation nord est à privilégier pour éclairer les locaux où il est important d'avoir un éclairage constant, sans source d'éblouis-
sement, tels que les plateaux sportifs ;
 L‘orientation sud apporte un éclairement important, une lumière plus facile à contrôler et un ensoleillement maximal en hiver et
minimal en été. C'est l'orientation à favoriser pour la cafétéria ;
 Les orientations est ou ouest présentent des caractéristiques identiques : possibilité d'inconfort visuel par éblouissement et surex-
position en été. Ces orientations seront donc évitées, dans la mesure du possible.

20
SYNTHÈSE
Optimisation de l’enveloppe
3 DIMENSIONNER LES OUVERTURES EN FONCTION DE L’EXPOSITION

Le choix de la position, de la taille et de la forme de la fenêtre doit résulter d'un compromis entre les besoins de lumière naturelle,
les besoins de gains solaires en hiver et la nécessité de limiter ceux-ci en été. Concrètement, au niveau de l‘énergie, on peut
jouer sur deux éléments : les apports énergétiques solaires et la performance thermique des vitrages.

A retenir :
 L’orientation préférentielle des baies vitrées est nord/sud ;
 Les baies vitrées seront principalement orientées plein sud afin de maximiser les gains solaires, surtout en mi-saison ;
 On minimisera la superficie de vitrage au nord en se limitant aux besoins jugés strictement nécessaires pour assurer l’éclai-
rage naturel des locaux ;
 On limitera la superficie de vitrage à l'est et à l'ouest pour des raisons de déperditions thermiques et de garantie de confort
d‘été.

4 ASSURER UNE BONNE PROTECTION SOLAIRE

Pour diminuer les problèmes d'éblouissement et de surchauffe, il faut protéger les ouvertures de l'ensoleillement direct. Le princi-
pe est d'ériger des écrans extérieurs qui mettent les surfaces vitrées à l'ombre.

A retenir :
 Les pièces orientées au nord bénéficient toute l'année d'une lumière égale et du rayonnement solaire diffus. Un vitrage clair
sans protection solaire sera privilégié ;

Esquisse
 Pour les fenêtres à l'est et à l'ouest, un vitrage clair associé à une protection extérieure mobile est de loin la solution la plus
efficace ;
 Au-delà d’une certaine superficie de fenêtre au sud, les apports solaires deviennent trop importants de sorte qu’une protec-
tion solaire est indispensable : vitrage sélectif ou protection solaire fixe ou mobile associée à un vitrage clair.

5 ADAPTER L’INERTIE THERMIQUE DU BÂTIMENT À L’USAGE PRÉVU DES LOCAUX

En mi-saison et en hiver, l'inertie thermique permet de stocker une partie de la chaleur solaire qui pénètre dans le bâtiment par
les vitrages, pour limiter la demande de chauffage en soirée. De plus, le corps étant très sensible à la température des parois,
plus la température de celles-ci sera élevée, plus la température de l'air pourra être basse, ce qui est physiologiquement meilleur.

En été, grâce à l‘absorption/restitution de chaleur durant la journée/nuit, l'inertie thermique répartit les apports de chaleur dans le
temps et permet ainsi d'éviter les surchauffes à l‘intérieur du bâtiment par écrêtement des pics de température.

A retenir :
 On favorisera une bonne inertie thermique en tant que facteur d'économie d’énergie et source de confort ;
 La gestion du chauffage devra cependant prendre en compte le comportement des parois pour anticiper la mise en route
ou l‘arrêt du chauffage en fonction de l‘occupation des locaux.

6 PERMETTRE UNE VENTILATION NATURELLE INTENSIVE

A certaines époques de l'année, l'inertie du bâtiment n‘est plus suffisante et la surchauffe éventuelle qui subsiste peut être dissi-
pée grâce à la ventilation naturelle qui permet de répartir la chaleur dans le bâtiment selon le type d‘organisation spatiale et la
position des ouvertures.

La ventilation naturelle peut être de type diurne ou nocturne. La ventilation nocturne est cependant plus efficace pour éviter les
surchauffes que celle effectuée durant la journée car la température extérieure est plus faible la nuit.

21
SYNTHÈSE
Optimisation de l’enveloppe

A retenir :
Aussi bien en ventilation intensive de jour que de nuit, on prévoira ;
 une disposition des locaux permettant une ventilation traversante horizontale et verticale ;
 des ouvertures larges et motorisées avec, de préférence, une gestion automatique.

7 CONCEVOIR DES FENÊTRES PERFORMANTES

Les fenêtres représentent les points faibles de l'isolation thermique du bâtiment, mais leurs performances ne cessent de s'améliorer.
Le niveau d‘isolation thermique d‘une fenêtre est calculé en faisant une moyenne pondérée (en fonction des surfaces relatives) des per-
formances du châssis, du vitrage et de l'intercalaire. Etant donné que le vitrage a une plus grande surface que le châssis, il influence
davantage le pouvoir isolant de la fenêtre.

A retenir :
 On assurera un niveau d'isolation élevé en choisissant, au minimum, des doubles vitrages à basse émissivité au gaz (U g ≤ 1,1 W/
m²K) ou des triples vitrages;
 On maximisera les gains solaires en choisissant des vitrages à transparence maximale au rayonnement solaire (TL) ;
 Qu'ils soient situés au niveau des terrains de sport ou en hauteur, les vitrages devront répondre à certains critères propres aux
plateaux sportifs : risque de bris par les ballons et risque de blessure en cas de chute contre la vitre.

8 ISOLER LES PAROIS OPAQUES

Dans les climats tempérés comme le nôtre, jusqu‘aux deux tiers des déperditions thermiques du bâtiment peuvent se produire par
conduction au droit de l'enveloppe. L'isolation de l'enveloppe est ainsi, et de loin, le moyen le plus efficace pour réduire la consommation
d'un bâtiment.
A titre d'exemple, voici quelques niveaux d'isolation conseillés :
Esquisse

Transmission thermique U Transmission thermique U


maximale selon la réglementa- maximale conseillée [W/m²K]
tion actuelle [W/m²K]
Murs et paroi opaques entre le volume protégé et l‘air extérieur 0,5 0,25
Toitures et plafonds 0,3 0,2
Planchers entre le volume protégé et le sol 0,9 0,4

A retenir :
 On assurera un niveau d'isolation élevé en maximisant l'épaisseur d'isolant dans les parois opaques (en priorité, les toitures et
plafonds, puis les murs et, enfin, les planchers) ;
 On portera une attention particulière à l'isolation de l'enveloppe extérieure des plateaux sportifs proprement dits qui représentent
la partie la plus énergivore d'un hall de sport.

9 SUPPRIMER LES PONTS THERMIQUES

Peu importe la température de consigne de la demande de chaud, dès que la température intérieure est supérieure à celle de l‘extérieur,
les ponts thermiques peuvent entraîner des problèmes d'inconfort, de consommations supplémentaires et de dégradations éventuelles
Projet

dans la construction.

A retenir :
 Afin d'éviter les ponts thermiques, l'isolation de l'enveloppe devra être continue. On veillera donc à isoler par l'extérieur, à choisir
des matériaux spécifiques et à dessiner des détails techniques.

22
SYNTHÈSE
Optimisation de l’enveloppe
10 VEILLER À LA BONNE ÉTANCHÉITÉ À L’AIR DE L’ENVELOPPE

Dans une démarche d‘utilisation rationnelle de l‘énergie, il convient d‘assurer le confort des occupants, tout en maîtrisant les
consommations énergétiques. Il faut donc limiter les apports d'air extérieur à la quantité nécessaire et suffisante pour maintenir la
qualité de l'air intérieur. Ce principe est difficilement respecté si l'enveloppe du bâtiment n'est pas étanche à l'air.

Projet
A retenir :
 On assurera la bonne étanchéité à l'air du bâtiment en concevant les détails techniques avec précision et en assurant leur
bonne réalisation sur chantier.

11 FAVORISER LA LUMIÈRE NATURELLE

Dans une démarche d'architecture durable, on privilégiera l‘utilisation de la lumière naturelle à l‘éclairage artificiel. Une utilisation
élargie de la lumière naturelle s'impose en toute logique pour limiter les dépenses d'énergie de l'éclairage artificiel avec des re-
tombées positives pour les utilisateurs. L‘éclairage artificiel doit ainsi être considéré comme un complément à la lumière naturel-
le.

A retenir :
 Tous les locaux d'un hall de sports devraient disposer d'un éclairage naturel (sauf les réserves et les locaux techniques) ;
 L'éblouissement doit être évité sur les plateaux sportifs par des mesures architecturales appropriées. D'une part, il faut que
les revêtements de sols et les couleurs de marquage soient mats et, d'autre part, que la lumière naturelle des salles soit
aussi régulière et peu éblouissante que possible. La manière la plus facile d'y parvenir consiste à orienter le principal front
de fenêtres vers le nord.
Il faut également encourager un éclairement multilatéral afin d'uniformiser l'éclairement du plateau. Ces surfaces vitrées seront
alors équipées de protections contre l'éblouissement.

De nombreuses solutions architecturales existent pour assurer l'éclairage naturel des plateaux sportifs. Voici une comparaison de
trois d'entre-elles :

Esquisse

23
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

OPTIMISATION DES SYSTÈMES

1 CENTRALISER OU DÉCENTRALISER LES BESOINS ?

A retenir :
 La centralisation des différents besoins au même endroit permettra d‘exploiter une même ressource énergétique renouvelable
sans démultiplication des équipements et, par conséquent des coûts d‘investissement.
Esquisse

On tiendra compte que la centralisation des besoins par un vecteur caloporteur (l‘eau pour le chauffage, l‘air pour la ventilation hygiéni-
que, …) entraîne des pertes énergétiques de distribution variables en fonction de la taille du centre sportif.
Un facteur aggravant dans la génération des pertes par distribution sont les longueurs des conduites véhiculant le fluide caloporteur.
« L‘ennemi » des pertes de distribution est aussi la température du fluide caloporteur.

A retenir :
 Le local technique devra être le plus central possible ;
Les températures et les débits du fluide caloporteur seront les plus faibles possibles sachant qu‘un projet de centre sportif à basse
voire très basse énergie les favorisera.
Projet

A retenir :
 La distribution du fluide caloporteur (air, eau, …) aura un degré d‘isolation en fonction des températures du fluide caloporteur.

2 AVOIR RECOURS AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES

A retenir :
 Suivant le site du projet d‘implantation d‘un centre sportif et après avoir réduit au maximum les besoins de chauffage, d‘ECS,
d‘électricité et de ventilation hygiénique, en optimisant l‘enveloppe du bâtiment et en objectivant l‘occupation réelle, on s‘attache-
ra à couvrir au maximum les besoins résiduels par des stratégies en énergie renouvelable disponible sur le site même ou à proxi-
mité immédiate de manière à réduire l‘impact environnemental du projet.

L‘objectif du guide étant de réduire au maximum l‘impact environnemental du centre sportif, les émissions de CO 2 doivent être considé-
rées comme l‘élément moteur de recours aux énergies renouvelables.
Esquisse

Le tableau suivant donne une idée de cet impact en fonction du type de vecteur énergétique choisi:

Combustible Emission CO2 [kgCO2/kWh]


Electricité 0,456
Fuel 0,34
Gaz 0,279
Huile 0,065
Bois 0,04

2.1 QUELLE EST L’ÉVOLUTION DES BESOINS EN FONCTION DE LA QUALITÉ DE L’ENVELOPPE ?

Il faut savoir que les différents besoins changent en fonction de la qualité de l‘enveloppe. En effet, plus l‘enveloppe est performance
thermiquement, plus la part de besoins d‘électricité augmente comme le montre les graphes suivants :

24
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

A retenir :
 Le bon choix des stratégies de couverture par des énergies renouvelables nécessite de déterminer avec précision les be-
soins résiduels en chauffage, ECS et électricité.

2.2 ADAPTER LES STRATÉGIES D’ÉNERGIE RENOUVELABLE EN FONCTION DES RESSOURCES

On a souvent tendance à vouloir réaliser un « cocktail » de stratégies d‘énergie renouvelable sans tenir compte du potentiel des
ressources sur site.
L‘erreur est humaine mais peut dans le cas d‘un hall sportif, bâtiment public et citoyen par excellence, développer une image
négative des énergies renouvelables. Le tableau suivant aide les auteurs de projet à mieux cerner quels sont les potentiels
d‘exploitation des énergies renouvelables :

CONDITIONS ET LIMITES D‘EXPLOITATION DES RESSOURCES RENOUVELABLES

« STRATEGIE » ENER-
Sol Air/vent Soleil Bois Huiles végétales Eau
GIE RENOUVELABLE
Limité en
Puits canadien puissance et
espace impor-
Puits provençal tant nécessai-
re
Sol favorable
Proximité
et régénéra-
Géothermie d’un cours
Esquisse
tion nécessai-
d’eau
re

Filière d’approvi-
sionnement déve-
Filière d’approvisionne-
loppée à proximité
Cogénération ment développée à
mais se limite aux
proximité
grandes puissan-
ces
Lieu bien
Eolien
exposé
Surface de
Photovoltaïque
toiture suffi-
sante et bien
Solaire thermique exposée

Filière d’approvisionne-
Filière d’approvi- ment développée à
Biomasse sionnement déve- proximité. La question
loppée à proximité d’éthique doit être
traitée

A retenir :
 Suivant les ressources de proximité, on cernera le potentiel de développement des stratégies d‘énergie renouvelable

25
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
2.3 ADAPTER LES STRATÉGIES D’ÉNERGIES RENOUVELABLES EN FONCTION DES BESOINS

Ce n‘est pas suffisant d‘uniquement se pencher sur le potentiel des énergies renouvelables. Il est nécessaire d‘évaluer de front les
besoins et le potentiel des ressources.
Un besoin disproportionné par rapport aux ressources entrainera un déséquilibre permanent. Par exemple, la géothermie ne sera pas
exploitable si les besoins de chauds sont importants et permanents. En effet, le pompage permanent des « calories » du sol, entraîne son
« appauvrissement thermique » au point de le rendre inutilisable à moyen terme.
Le tableau suivant propose une aide synthétique au choix des stratégies renouvelable en fonction des besoins :

CONDITIONS ET LIMITES DE SATISFACTION DES BESOINS DU BÂTIMENT


« STRATÉGIE »
Besoin d‘eau
D‘ÉNERGIE RE- Besoin de chaleur Besoin d‘éclairage Besoin de froid Besoin d‘électricité
chaude sanitaire
NOUVELABLE
Basse tempéra-
Puits canadien ture de pré-
chauffe possible
Haute températu-
re de refroidisse-
Puits provençal
ment par géo-
cooling possible
Basse tempéra- Haute températu-
Haute tempéra-
ture nécessaire re de refroidisse-
Géothermie ture à COP
pour un bon ment par géo-
moins bon
COP cooling possible
Esquisse

Haute tempéra- Haute tempéra-


Cogénération
ture possible ture

Electricité auto-
Eolien Electricité auto-
consommée à
consommée ou
favoriser ou ren-
renvoyée sur le Climatisation voyée sur le ré-
réseau solaire possible seau
Photovoltaïque mais au prix
d’une « usine à
gaz »
Température Température
haute ou basse haute ou basse
Solaire thermique
possible suivant possible suivant
la saison la saison
Haute tempéra-
Biomasse
ture possible

A retenir :
 En croisant les deux tableaux et par l‘appui d‘une étude approfondie par un bureau d‘étude spécialisé en énergies renouvelables,
on accommodera au mieux les besoins et les ressources ;
 Suivant le choix des stratégies, pour une question d‘investissement, on évitera les redondances comme, par exemple :
La cogénération produisant de la chaleur et de l‘électricité ;
Et des capteurs photovoltaïques générateurs d‘électricité.

2.4 SÉLECTIONNER LES STRATÉGIES D’ÉNERGIES RENOUVELABLES

La tendance actuelle est de trouver des solutions « palliatives » au problème d‘approvisionnement en énergie. Il est dès lors louable de
partir « faire son marché » aux énergies renouvelables.
Mais toutes les occasions ne sont pas nécessairement bonnes à prendre. Il est nécessaire de rester prudent par rapport à certaines idées
reçues.

26
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
2.4.1 LES COGÉNÉRATEURS

Comment ça marche?

Le cogénérateur est un moteur thermique accouplé à un alternateur qui permet de produire de l‘électricité locale tout en récupé-
rant la chaleur des gaz de combustion et du liquide de refroidissement du moteur. La chaleur produite est injectée dans un circuit
de chauffage et/ou d‘eau chaude sanitaire et l‘électricité est autoconsommée ou injectée sur le réseau.

Quelles sont les ressources ?

Les ressources renouvelables pour ce type de bâtiment sont l‘huile végétale et éventuellement le biogaz, le biodiesel, … La res-
source sera choisie en toute liberté par rapport à la proximité, l‘environnement, l‘éthique, le développement économique … La
cogénération peut donner des résultats satisfaisants en termes de couverture énergétique. L‘intérêt économique, pour autant qu‘il
soit objectif, est à étudier au cas par cas.

Ce qui interpelle

La cogénération peut se révéler intéressante de par la décentralisation de la production d‘électricité au niveau du centre
sportif tout en couvrant une grande partie des besoins de chaleur.
On analysera en son « âme et conscience » la pertinence ou pas de recourir au ressource peu populaire comme l‘huile
végétale tout en sachant que la « durabilité » se trouve aussi dans la diversification des ressources.

Esquisse
A retenir :
 On tiendra compte que l‘intérêt économique d‘une cogénération se fera surtout sur l‘autoconsommation d‘électricité et l‘ac-
quisition de Certificats Verts (CV). En bref, plus une cogénération « tourne » meilleur sera l‘intérêt économique ;
 On fera en sorte de mettre toutes les garanties de son côté quant à la pérennité de l‘approvisionnement par une ressource
renouvelable telle que l‘huile végétale ;
 Il faudra faire attention au support de ce type de technologie par les pouvoirs publics. On se renseignera donc sur l‘existen-
ce de primes allouées par la Région Wallonne (http://energie.wallonie.be) et sur la manière de s’octroyer des Certificats
Verts (http://www.cwape.be).

2.4.2 LES CAPTEURS PHOTOVOLTAÏQUES

Comment ça marche ?

Les cellules photovoltaïques (PV) sont capables de convertir l‘énergie lumineuse des « photons » (particule lumineuse) en éner-
gie électrique. L‘énergie lumineuse incidente est « issue » de l‘irradiation directe du soleil ou de façon indirectement à partir d‘un
ciel diffus. Cette production d‘énergie verte est soit directement autoconsommée, soit renvoyée sur le réseau électrique. Dans les
deux cas, un onduleur est nécessaire pour convertir le courant continu issu des capteurs PV en courant alternatif compatible
avec le réseau électrique.

Quelles sont les ressources ?

Il est clair que les ressources solaires sont à portée de tout projet de conception d‘un centre sportif. De surcroit, elles sont inépui-
sables.

27
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

Ce qui interpelle

Les seuls freins au développement« sans frontière » des capteurs photovoltaïques sont l‘appauvrissement des ressources en silicium,
l‘énergie grise1 mise en jeu, les coûts d’investissement, la gestion des problèmes de mise en réseau des capteurs, …

A retenir :
 On tiendra compte que l‘intérêt économique d‘une installation photovoltaïque se fera surtout sur l‘autoconsommation d‘électricité
et l‘acquisition de Certificats Verts (CV) ;
 Une attention toute particulière sera prise quant à l‘orientation; l‘inclinaison, les ombres rapportées, … ;
 Il faudra faire attention au support de ce type de technologie par les pouvoirs publics. On se renseignera donc sur l‘existence de
primes allouées par la Région Wallonne (http://energie.wallonie.be) et sur la manière de s’octroyer des Certificats Verts (http://
www.cwape.be).

2.4.3 PUITS CANADIEN / PROVENÇAL

Comment ça marche ?

Le puits canadien/provençal est simplement un conduit ou réseau de conduits enterré capable d‘échanger avec le sol une certaine quan-
tité d‘énergie thermique capable de préchauffer, en hiver, ou de pré refroidir, en été, l‘air de ventilation hygiénique qui le traverse sachant
que la température du sol reste pratiquement constant tout au long de l‘année à l‘inverse de l‘air externe.
Esquisse

Quelles sont les ressources ?

On pourrait considérer que la ressource est géothermique puisque le puits canadien/provençal utilise le sol comme ressource renouvela-
ble. Vu que la température du sol oscille toute l‘année aux alentours des 10°C, l‘air externe pour la ventilation peut être réchauffé en hiver
et refroidi en été. On est donc en face d‘une stratégie de préchauffe d‘hiver et de refroidissement d‘été entièrement renouvelable.

Ce qui interpelle

Le puits en mode « canadien » n‘est pas très intéressant dans notre région. Il souffre fort de la concurrence du récupérateur de
chaleur sur l‘air hygiénique dont :
le rendement thermique, en dessous de certains débits (de l‘ordre de 4500 m³/h), peut atteindre 92% (contre 80 % pour le
puits canadien) ;
les coûts d‘investissements et de placement sont nettement plus faibles.
Le même puits en mode « provençal » peut être considéré lorsque le hall de sports nécessite un certain confort en période chau-
de comme par exemple les centres sportifs de l‘Adeps ou accueillant des stages d‘été. Il permettra une réduction d‘un éventuel
inconfort thermique par la pulsion d‘air rafraichi (abaissement de l‘ordre de 4 à 5 °C de la température de l‘air externe).

A retenir :
Cette solution est donc limitée d‘un point de vue économique. Cependant, si cette solution est envisagée :
 La mise en œuvre est délicate et nécessite un soin particulier ;
 Il faudra faire attention à la gestion des condensats dans la ou les conduites par une pente vers le hall et une évacuation de l‘eau
de condensation à l‘égout.

1 Energiegrise : total des énergies mises en œuvre depuis l‘extraction des matières premières nécessaires à la conception des PV jusqu‘au recyclage en
passant par la fabrication, la pose et l‘exploitation, …

28
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
2.4.4 POMPE À CHALEUR

Comment ça marche?

La pompe à chaleur est un frigo inversé permettant d‘élever le niveau de température d‘une quantité d‘énergie thermique
« pompée » d‘une source froide (l‘air externe, le sol, l‘eau d‘une rivière par exemple) vers une source chaude (air intérieur du
bâtiment, l‘eau chaude d‘un plancher chauffant, …).

Quelles sont les ressources ?

Les ressources renouvelables sont le sol, l‘eau ou l‘air pour les besoins de chaleur via une pompe à chaleur eau/eau ou air/eau.
Il faut savoir que la pompe à chaleur dont la source froide est l‘air externe a une efficacité énergétique moindre que celle utilisant
l‘eau. Pour cette raison, dans la mesure où les ressources avoisinant le site le permettent, on privilégiera toujours une source
froide à eau.

Ce qui interpelle

La géothermie peut être une ressource renouvelable intéressante car elle permet à la PAC eau/eau d‘atteindre des effi-
cacités énergétiques très intéressantes (SPF2 de l’ordre de 4 à 5). Le problème est qu’elle coûte très cher, soit de l’ordre
de 50 €/m. Soit pour une puissance nécessaire de 50 kW, il est nécessaire, à raison de 50 W/m de sonde géothermique,
de forer 10 x 100 m de profondeur. L‘investissement dans la géothermie, sans compter le coût de la PAC, est budgété à
50.000 €. Ce qui laisse « rêveur » ;
De plus, à force de « pomper » les calories dans le sol, celui-ci peut s‘appauvrir à moyen terme et ne plus rien donner du
tout comme énergie thermique. D‘où la nécessité de régénérer le sol par la réinjection de chaleur s‘il y a nécessité de
refroidir une partie du centre sportif. Comme le but de ce guide est d‘éviter les besoins de froid dans les halls sportifs et

Esquisse
tenant compte du fait que la plupart sont peu fréquentés en période estivale, la géothermie fait office de surinvestisse-
ment ;
Envisager l‘eau d‘une rivière comme système renouvelable est une solution intéressante sachant que, non seulement
l‘investissement est nettement plus abordable, mais aussi que les performances de la PAC sont pratiquement aussi bon-
nes que lorsque la ressource est la géothermie ;
L‘air comme ressource renouvelable, malgré un SPF moindre de par la nécessité de dégivrer l‘évaporateur en période
froide, peut être envisagée par une étude thermique dynamique.

A retenir :
 Au cas par cas, il sera nécessaire d‘évaluer les performances de la PAC, la possibilité de régénération de la source froide,
…;
 La géothermie (énergie du sol), l‘hydrothermie (énergie de l‘eau) et l‘aérothermie sont soumis à un permis d‘environne-
ment ou unique selon le cas. On se renseignera au niveau de l‘administration : http://formpe.environnement.wallonie.be/

2.4.5 EOLIEN

Comment ça marche ?

Simplement, une éolienne utilise le vent pour faire tourner les pales qui, accouplé à un alternateur, produit de l‘électricité. L‘éner-
gie peut être autoconsommée ou renvoyée sur le réseau.

Quelles sont les ressources ?

Le vent dans nos régions est une ressource renouvelable non négligeable.
2 SPF : Seasonal Performance Factor ou COP (COefficient de Performance) annuel des pompe à chaleur
29
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

Ce qui interpelle

L‘exploitation des éoliennes à l‘échelle des centres sportifs relève du domaine du domestique. Le problème est que ces équipe-
ments ne sont pas souvent rentables ;
Envisager une éolienne de l‘ordre du MW (1.000.000 W), à l‘échelle d‘une commune, est un projet intéressant en termes d‘image
mais hors sujet au niveau de ce guide.

A retenir :
 L‘éolien sera envisagé avec toutes les réserves qui s‘imposent. Pour les convaincus, envisager l‘implantation d‘une éolienne pas-
sera nécessairement par une étude poussée d‘un bureau spécialisé.

2.4.6 SOLAIRE THERMIQUE

Comment ça marche ?

Contrairement aux capteurs photovoltaïques, les capteurs solaires thermiques transmettent une certaine quantité de chaleur issue du
rayonnement du soleil à un fluide caloporteur (comme l‘eau) les parcourant. Cette eau, au travers d‘un échangeur, transmet ensuite sa
chaleur à un ballon de stockage d‘eau chaude sanitaire par exemple.

Quelles sont les ressources ?

Tout comme le photovoltaïque, le solaire thermique envisagé pour le chauffage de l‘eau chaude sanitaire bénéficie d‘une ressource iné-
puisable à l‘échelle de l‘humanité.

Ce qui interpelle
Esquisse

Energétiquement, un projet solaire thermique peut être intéressant. On aurait donc tendance à prévoir la couverture complète
d‘un versant de toiture idéalement exposé au sud (en moyenne 500 m²) par des capteurs solaires thermiques.
La raison naturelle du frein existant au développement du solaire thermique est économique :
Pour les halls en activité faible ou nulle durant l‘été, le solaire thermique ne donne que peu souvent satisfaction au niveau
économique sachant que la plupart de l‘énergie solaire est concentrée sur cette période. En bref, on dispose de ressour-
ces solaires importantes lorsque les besoins sont faibles voire inexistants en période de vacances ;
Par contre, lorsque le projet de conception de centre sportif a des fortes chances d‘accueillir des sportifs en stage en été
(Adeps par exemple), un projet solaire thermique pourrait s’avéré économiquement intéressant.

A retenir :
 Il faudra tenir compte d‘un profil de consommation réel en considérant des débits de puisage réalistes et respectueux de l‘environ-
nement ;
 Une étude thermique dynamique en fonction de ces puisages permettra d‘apprécier si l‘intérêt économique est présent ou pas
dans le projet ;
 On n‘oubliera pas que l‘aspect éducatif est important de par la visibilité de l‘action énergétique envisagée par les capteurs solai-
res.

2.4.7 BIOMASSE

Comment ça marche ?

Simplement, la biomasse peut être transformée en un combustible intéressant au niveau environnemental. Le combustible conditionné
peut être brûlé dans un système de chauffage adapté comme une chaudière par exemple.

30
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

Quelles sont les ressources ?

La biomasse peut revêtir différentes formes comme, par exemple : la biométhanisation , le bois, …
Dans ce guide, on se concentrera plus particulièrement sur le bois qui semble plus abordable en termes de technologie « grand
public ».

Ce qui interpelle

Esquisse
La filière bois doit être envisagée quand l‘occasion se présente de par son intérêt environnemental (le bilan CO 2 est intéressant
soit 0,04 kg de CO2/kWh).

A retenir :
 La filière bois doit être envisagée avec des ressources de proximité en analysant correctement le potentiel de développe-
ment, la pérennité, les coûts, … ;
 Le stockage et le système d‘alimentation de la chaudière représentent un coût non négligeable dans le projet. On en tiendra
compte dans l‘étude de faisabilité.

3 FAVORISER LA « COHABITATION RAISONNÉE » DES STRATÉGIES D’ÉNERGIES RENOUVELABLES ET FOSSILES

Les stratégies d‘énergies renouvelables seules s‘auto-suffisent rarement pour une question de surdimensionnement, de sécurité
d‘approvisionnement, de modulation de puissance, …

Appréhender leur combinaison est un gage essentiel de réussite du projet. On parlera de « cohabitation raisonnée ».

A retenir :
 La couverture maximale des besoins sera assurée par une ou des stratégies d‘énergies renouvelables ;
 Tandis que le « coup de pouce » en puissance, lorsqu‘on se trouve en situation extrême de besoins (chaleur en hiver, éclai-
rage en soirée), sera assuré par les énergies fossiles classiques comme le gaz, le fuel, le réseau électrique classique, …

Projet

31
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
3.1 LA COGÉNÉRATION SEULE

Les besoins de chaleur et d’électricité sont assurés par la même stratégie.

Ressources

L‘huile végétale, le biodiesel, … sont des ressources intéressantes à étudier. Dans cette étude comparative, l‘huile végétale est retenue.

Cohabitation raisonnée

La cohabitation raisonnée pour la cogénération tiendra compte des aspects suivants :

Pour assurer les besoins de chaleur « en puissance », la source fossile sera le gaz afin de favoriser la chaudière à gaz à conden-
sation dont le rendement est excellent (104 % sur PCI) ;
Placer des capteurs photovoltaïques est source de redondance avec le cogénérateur si on se place sur le plan économi-
que. L‘investissement cumulé dans les deux équipements est important.

A retenir :
 Seule, la cogénération ne peut assurer la totalité des besoins de chaleur et d‘électricité. Elle doit travailler en bivalence pour les
besoins de chaleur avec une chaudière à haut rendement et, pour les besoins d‘électricité, avec le réseau;
Projet

 Un ordre de grandeur de puissance de cogénération optimisée pour un centre sportif de dimension classique à basse énergie est
de 30 kW thermiques (16 kW électriques) ;
 Avec cette taille de cogénérateur, la couverture des besoins de chaleur sont assurés à hauteur de 80 %, ce qui est intéressant ;
 Par contre, l‘autoconsommation d‘électricité est limitée pour la simple raison que les besoins de chaleur sont décalés par rapport
aux besoins d‘électricité (on doit chauffer plus à la relance du matin alors que les besoins d‘éclairage sont en soirée par exem-
ple), ce qui réduit son intérêt économique ;
 Le dimensionnement de la cogénération se fera sur les besoins de chaleur (chauffage et ECS) du centre sportif tout en tenant
compte des besoins électriques de manière à autoconsommer un maximum d‘énergie électrique ;
 Une étude dynamique pour le prédimensionnement est vivement conseillée.

3.2 LA POMPE À CHALEUR (PAC) ASSOCIÉE AU PHOTOVOLTAÏQUE

Les besoins d’électricité sont assurés par le PV et les besoins de chaleur par la PAC.

Ressources

Les ressources renouvelables sont :


Le soleil pour produire de l‘électricité via les capteurs photovoltaïques ;
Le sol, l‘eau ou l‘air pour les besoins de chaleur via une pompe à chaleur eau/eau ou air/eau.

Il faut savoir que la pompe à chaleur dont la source froide est l‘air externe, a une efficacité énergétique moindre que celle utilisant l‘eau.
Pour cette raison, dans la mesure où les ressources avoisinant le site le permettent, on privilégiera toujours une source froide à eau.

32
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

Cohabitation raisonnée

Vu que le photovoltaïque ne prend pas en compte tous les besoins d‘électricité, une cohabitation raisonnée doit être envisagée :
les besoins résiduels d‘électricité sont pris en charge par le réseau électrique classique.

Aussi, l‘occasion est rêvée pour « tapisser » les 500 m² de toiture du hall de sport bien orientés et inclinés par rapport à la course
du soleil. Contrairement à l‘intérêt énergétique, l‘intérêt économique n‘est malheureusement pas proportionnel à la surface de
capteurs photovoltaïques (PV). Un optimum économique dans le cas d‘un hall sportif à basse énergie peut être trouvé pour 75 m²
(optimum trouvé sans prime mais avec CV). Attention que cet optimum n’est pas nécessairement source de rentabilité et qu’il est
nécessaire de réaliser une étude précise.

Comme pour la cogénération, la pompe à chaleur sera dimensionnée pour couvrir au maximum les besoins de chaleur en éner-
gie. De nouveau, pour une question de surdimensionnement, de limite d‘abondance des ressources du sol, de l‘eau et de l‘air, de
modulation de puissance, …, la pompe à chaleur ne peut pas prendre en charge tous les besoins de chaleur. Le « coup de pou-
ce » sera de nouveau assuré par une chaudière gaz à condensation.

A retenir :
 La pompe à chaleur doit travailler aussi en bivalence avec une chaudière haut rendement de manière à couvrir tous les
besoins énergétiques et en puissance de chaleur ;
 Les panneaux photovoltaïques travaillent également en bivalence avec le réseau pour assurer tous les besoins d‘électrici-
té ;
 Un ordre de grandeur de puissance de PAC optimisée pour un centre sportif de dimension classique à basse énergie est de
40 kW thermiques. Pour cette puissance de PAC, 80% des besoins de chaleur sont assurés ;

Projet
 Un ordre de grandeur de couverture des besoins électriques par des capteurs photovoltaïques est de 75 m², c‘est l‘optimum
économique. Avec cette surface, seuls 6% des besoins électriques sont assurés, ce qui est peu ;
 Une étude au cas par cas sera nécessaire.

3.3 LA CHAUDIÈRE AU BOIS ASSOCIÉE AU PHOTOVOLTAÏQUE

Les besoins d’électricité sont assurés par le PV et les besoins de chaleur par la chaudière au bois.

Ressources

Les ressources renouvelables sont :


Le soleil pour produire de l‘électricité via les capteurs photovoltaïques ;
Le bois comme production de chaleur sous forme de pellets, de copeaux et de plaquettes ;

Cohabitation raisonnée

La même surface de capteurs photovoltaïques (75 m²) assure les 6% des besoins d‘électricité ;

Les 100% des besoins de chaud sont pris en charge par une voire deux chaudières au bois

33
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
A retenir :
 On privilégiera le conditionnement sous forme de pellets plus facile à stocker, plus constant dans leurs propriétés, … ;
 On fera attention au dimensionnement du stockage qui peut occuper des grands volumes si on n‘y prend pas garde ;
 Avec le chauffage au bois il n‘est pas impératif de dédoubler la production de chaleur. Néanmoins, deux chaudières de plus petite
puissance permettent une meilleure modularité et sécurité. De plus, contrairement aux chaudières gaz à condensation où le di-
mensionnement d‘une seule chaudière, qui voit son rendement optimum à charge partielle augmenter, deux chaudière bois de
puissance réduite permettent de travailler, pour des besoins partiels de chaleur, à charge nominale avec un rendement optimal ;

3.4 CONCLUSIONS

Le comparatif des « cohabitations raisonnées » d‘énergies renouvelables et fossiles permet de dégager des pistes de réflexion quant à
l‘intérêt d‘une telle association.

Aspect énergétique et environnemental

L‘intérêt énergétique et environnemental est manifeste. L‘analyse des consommations en énergie primaire 3 et des émissions de CO2 per-
met de se faire une opinion assez représentative :
Le rendement des équipements influence fortement les consommations énergétiques. Par exemple :
la chaudière au bois consomme plus d‘énergie que les autres stratégies de par son rendement de combustion de 92% ;
la cogénération, quant à elle, consomme moins d‘énergie primaire de par la production locale d‘électricité...
En termes d‘émission de CO2, les stratégies d’énergie renouvelable sont imbattables.
Projet

A noter toutefois qu‘il existe un paradoxe dans ce qui vient d‘être écrit : « il est nécessaire de proportionnellement consommer plus de
bois pour émettre moins de gaz à effet de serre. Rappelons tout de même que c’est cette émission de CO2 qui prime.

Aspects économiques

Les investissements en stratégie renouvelable sont de manière générale plus coûteux que les stratégies classiques utilisant des ressour-
ces fossiles. Tout cela est évidemment lié :

Au développement des marchés renouvelables ;


A l‘appui des pouvoirs locaux ;

3Energie primaire : le passage à l‘énergie primaire est nécessaire pour comparer des consommations d‘électricité avec celles issues d‘autres vecteurs
énergétiques (gaz, fuel). En partant de l‘énergie électrique finale (celle affichée au compteur local), l‘énergie primaire tient compte du rendement des
centrales électriques (soit 55% (valeur officielle de la CWAPE) ou 38% si les centrales nucléaires font partie du calcul).

34
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

Il est clair que, dans le cadre de ce guide, les études comparatives ne tiennent pas compte des primes mais juste des Certificats

Projet
Verts (CV), ce qui rend l‘intérêt des stratégies renouvelables limités.

Mais il ne faut pas trop vite en tirer des conclusions comme : « pas de rentabilité, pas d‘investissement !». En effet, l‘avenir est de
toute façon vers ce type d‘alternatives ; c‘est juste une question de temps.

De plus, pourquoi sommes-nous toujours en train de calculer une rentabilité sur le renouvelable alors que la question ne se pose
pratiquement jamais quant à la rentabilité sur le choix ou pas d‘une pierre de taille, d‘une forme architecturale évoluée, ... ?

A retenir :
 Que l‘on travaille à la réduction des émissions de CO 2 ;
 Qu‘il est nécessaire, pour chaque stratégie renouvelable de trouver l‘optimum énergétique, environnemental et économique ;
 Que la rentabilité économique, pour autant que cette notion soit objective (par exemple par rapport à la durée de vie des équipements), soit la plus
grande possible en tenant compte que les pouvoirs locaux peuvent intervenir sous forme de primes et de Certificats Verts (CV).

4 OPTIMISER LES SYSTÈMES DE PRODUCTION DE CHALEUR

Le choix d‘un système de chaleur pour les locaux communs à d‘autres bâtiments tertiaires comme le hall d‘entrée, les cou-
loirs, les vestiaires, la cafétéria, … ne sera pas détaillé dans ce guide sachant que le site d‘Energie+ en parle abondamment. On
renverra le lecteur au site : http://www.energieplus-lesite.be.
Le guide s‘attache plus particulièrement au choix du système de chauffage dans les grands halls de sport.

Au niveau macro : centralisation ou décentralisation des besoins d’un centre sportif ?


Esquisse

Compte tenu que les besoins de chauffage d‘un centre sportif à basse énergie représenteront malgré tout un poids énergétique
non négligeable dans le bilan global, on s‘attachera à choisir le système de chauffage en tenant toujours compte de la valorisa-
tion des énergies renouvelables.
Pour se faire, il sera conseillé de centraliser les besoins en un point du bâtiment dans le cas d‘un complexe sportif de taille nor-
male.

Dans le cas des centres sportifs de grande envergure, la centralisation sera envisagée au cas par cas en fonction des distances
séparant les différents bâtiments sachant que les pertes de distribution peuvent influencer fortement le bilan énergétique et éco-
nomique du projet.
La centralisation nécessitera d‘utiliser un vecteur caloporteur comme l‘eau chaude de manière à transporter les calories du point
de production de chaleur vers les différents émetteurs.

35
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
4.1 DÉFINITION DES BESOINS

Comment chauffer les grandes salles de sport?

La difficulté du chauffage des espaces de volume important et plus particulièrement des espaces de grande hauteur nécessite des émet-
teurs de chaleur spécifiques de manière à pouvoir amener les calories en tout point du plan de jeu classique (de l‘ordre de 1,5 m au des-
sus du sol) avec :

Le même confort thermique et confort de jeu ;


Un minimum de consommations énergétiques finales et de dépenses d‘exploitation ;
Et pour un impact environnemental réduit (émission de CO2).

Quel confort atteindre ?

Le choix du système de chauffage sera naturellement influencé par les critères de confort :

Thermique : la température couramment retenue est de 17°C lorsque la salle est susceptible d‘accueillir des enfants en bas âge.
Il faudra toujours se poser la question de savoir si 15°C n‘est pas suffisant sachant que cette valeur de température permet d‘en-
visager des salles de sport à basse énergie sans chauffage ;
De vitesse : pour un chauffage convectif4 , des vitesses d’air trop importantes risquent de causer un inconfort thermique (une
vitesse d‘air élevée renforce l‘évaporation de la sueur et, par conséquent, accentue l‘impression de froid) et un inconfort de jeu
(de l’air à vitesse élevée dévie la trajectoire des volants de badminton par exemple) ;
Sonore : le chauffage convectif nécessite des ventilateurs pour transporter l‘air chaud à grande distance, ce qui risque d‘augmen-
ter les nuisances sonores.
Esquisse

Comment maîtriser l’aspect énergétique ?

Dans ce type d‘espace de grande hauteur, une fois l‘enveloppe optimisée, les déperditions peuvent être limitées par l‘abaissement de la
température de l‘air. La température de confort est toujours la résultante de deux composantes :

La température de l‘air ;
La composante radiative5

A retenir :
 Pour un même confort thermique (résultante des températures identique) , plus la température de l‘air est faible, moins fortes
seront les déperditions au travers des parois et par ventilation. Ce qui signifie que la composante radiative prend plus de poids.

Un autre effet dans les espaces de grandes hauteurs est la stratification des températures 6. Elle se manifeste plus lorsqu’il existe des
mouvements convectifs. Il en résulte que les déperditions au travers des parois supérieures, et plus particulièrement la toiture, augmen-
tent.

A retenir :
 Quel que soit le système de chauffage, on limitera la stratification.

4 Chauffage convectif : système de chauffage utilisant l‘air comme vecteur caloporteur final
5Composant radiative : cette composante intervient lorsque deux surfaces sont à des températures différentes. La plus chaude émet alors un rayonne-
ment infrarouge (IR) vers la plus froide. Quand une main est proche d‘une vitre par exemple, la sensation de froid provient du fait que la peau de la main
émet un rayonnement vers la vitre plus froide.
6 Stratification
: la stratification se manifeste par l‘utilisation des systèmes de chauffage convectif. Le mouvement de l‘air chaud vers le haut favorise un
gradient de température croissant du bas vers le haut. Les déperditions des parois supérieures s‘en trouvent augmentées.

36
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
4.2 CHOISIR LES SYSTÈMES

Le choix d‘un système de chauffage d‘une salle de sport est surtout lié au choix des émetteurs.

4.2.1 CHOISIR LES ÉMETTEURS

Choisir un émetteur convectif

Dans les projets de centres sportifs à basse énergie, les émetteurs convectifs utilisent l‘air à basse température comme vecteur
caloporteur final. Ils permettent de chauffer sur de longues portées. Par l‘intermédiaire d‘un vecteur caloporteur de distribution
comme l‘eau chaude à basse température, les émetteurs convectifs à batterie chaude (aérothermes à batterie chaude) permet-
tent :

de valoriser des productions de chaleur renouvelables à basse température d‘eau (vecteur caloporteur de distribution)
comme par exemple les pompes à chaleur eau/eau, et d‘augmenter les rendements de production comme les chaudiè-
res gaz à condensation ;
de limiter la stratification des températures et, par conséquent, de réduire les consommations énergétiques.

A retenir :
On choisira un émetteur convectif tout en sachant qu‘il est nécessaire de maîtriser :
 les phénomènes de stratification par la limitation de température de pulsion et par l‘orientation des émetteurs ;

Avant projet
 les vitesses résiduelles d‘air sachant que le confort thermique et de jeu peut être perturbé.

Dans le cas où l‘exploitation des ressources renouvelables est difficile, on considèrera les techniques de chauffage décentrali-
sées comme les aérothermes à gaz à condensation qui ont un excellent rendement (104 % sur PCI 7).
Parmi les émetteurs convectifs, on retrouve :

Les aérothermes à gaz à condensation dont le rendement est excellent (104 % sur
PCI) ;
Les aérothermes à batterie chaude qui nécessitent une production centralisée et une
distribution dont les pertes doivent être maîtrisées. Pour un aérotherme de ce type,
alimenté par une chaudière gaz à condensation centralisée (104% sur PCI) et dont la
distribution génère des pertes par déperdition de 6%, le rendement global de l‘instal-
lation sera de 98% ;
Les bouches de ventilation type « jet » alimentées par une centrale de traitement d‘air
(CTA) à recyclage pour assurer les besoins de chaleur et de ventilation d’air hygiénique.
Aérotherme
Attention que le temps de relance des émetteurs est de 40 minutes.

Choisir un émetteur radiatif

Il n‘est pas toujours possible d‘exploiter les ressources renouvelables aux alentours du site. Ce qui signifie qu‘il n‘est pas néces-
saire de centraliser les besoins de chaleur. Il existe donc des systèmes de chauffage décentralisés comme les émetteurs radiants
à gaz. Ces émetteurs permettent de maximiser, pour une même température de confort, la composante radiante et, par consé-
quent, de diminuer la température de l‘air.
Les émetteurs radiants permettent donc :
De réduire les déperditions au travers des parois et par ventilation ;
De minimiser la stratification des températures.

7PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur. Ici le rendement est supérieur à 1 car l‘énergie de condensation de la vapeur d‘eau contenue dans le gaz
est prise en compte (de l‘ordre de 10%). Par rapport au pouvoir calorifique supérieur (PCS), le rendement est de l‘ordre de 94%.
37
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
Radiant lumineux (source : Schwank)
Par émetteurs radiatifs, on entend :
Les tubes radiants sombres ;
Les panneaux radiants lumineux.
Tube sombre (source : Termico)

A retenir :

 Dans le cadre des salles de sport, seuls les tubes radiants sombres conviennent. Les systèmes radiants sont intéressants de par
l‘abaissement des températures d‘air et, par conséquent, des déperditions au travers des parois et par ventilation. Attention aussi que
le temps de relance est assez faible, soit 15 minutes.

4.2.2 CHOISIR LA DISTRIBUTION

Intuitivement on serait tenté d‘éviter la distribution de chaleur par un vecteur caloporteur comme l‘eau chaude sachant qu‘elle entraîne
des déperditions thermiques pas nécessairement valorisable dans l‘espace chauffé. D‘un autre côté, la distribution par vecteur calopor-
teur permettra de couvrir les besoins de chaleur par une production centralisée à énergie renouvelable. C‘est le but de ce guide de
conception.

A retenir :
 Dans la mesure du possible, on privilégiera la distribution de la chaleur par vecteur caloporteur de manière à mettre en avant les
énergies renouvelables ;
Avant projet

 Vu que c‘est le point faible, on prendra soin de limiter les déperditions par l‘isolation des conduites et en favorisant leur passage
par le volume chauffé.
Quel que soit le type de distribution (eau chaude ou air), on veillera :
 à réduire les longueurs des conduites de distribution de manière à réduire les déperditions de chaleur hors du volume chauffé et
les pertes de charge ;
 à légèrement surdimensionner les sections de conduite pour limiter les pertes de charge ;
 à isoler les conduites en vue de la réduction des déperditions thermiques.

4.2.3 CHOISIR LA PRODUCTION

Les productions décentralisées

Ce type de production comme les aérothermes à gaz à condensation ou les tubes radiants sombres permet d‘éviter les pertes par distri-
bution puisque les production/distribution/émission sont regroupées dans un même équipement.

A retenir :
 Sachant que les pertes par distribution peuvent atteindre des valeurs de 10% et le rendement des aérothermes gaz à condensa-
tion une valeur de 104% sur PCI, on considèrera la production décentralisée comme un concurrent sérieux aux productions cen-
tralisées.

Les productions centralisées

Comme on l‘a vu, les productions centralisées permettent de mettre en évidence les stratégies à énergies renouvelables :

Les pompes à chaleur eau/eau peuvent produire de l‘eau chaude à basse température avec des performances énergétiques
importantes (SPF > 4), la source froide étant de la géothermie ou de l‘hydrothermie) ;
Les chaudières bois dont l‘impact environnemental est limité pourront reprendre une grande partie des besoins de chaleur à tra-
vers un aérotherme à batterie chaude à basse température ;

38
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
A retenir :
 On favorisera la production centralisée lorsque les ressources renouvelables à proximité du site seront exploitables en
quantité suffisante pour les besoins.

Les énergies renouvelables

A retenir :

Avant projet
Parmi les productions de chaleur qui favorisent l‘exploitation des ressources d‘énergie renouvelable, on retiendra :
 Les pompes à chaleur (PAC) eau/eau couplées à une source froide géothermique ou hydrothermique. Les PAC sont des
systèmes qui obtiennent leur meilleure performance énergétique lorsque les températures de source froide sont les plus
hautes possibles (7 à 12 °C minimum pour le sol par exemple) et les températures de source chaude les plus basses pos-
sibles (35°C maximum pour les émetteurs convectifs) ;
 Les cogénérateurs (à l‘huile végétale par exemple) ;
 Les chaudières au bois qui donnent d‘excellent résultats au niveau environnemental.

Les énergies fossiles

A retenir :
 Les chaudières gaz à condensation seront préférées de par leur rendement élevé (104 % sur PCI).

4.2.4 LA RÉGULATION

A retenir :
 La régulation de la production de chaleur sera réalisée en fonction des besoins réels et de la température externes. Une
modulation de puissance sera nécessaire.

4.3 DIMENSIONNER LES ÉQUIPEMENTS

Le dimensionnement des équipements de chauffage s‘adresse plus particulièrement aux bureaux d‘étude. On en est déjà au
stade du projet de conception.
Projet
Le maître d‘ouvrage retiendra seulement dans un premier temps que le bon dimensionnement des installations est un gage de
réussite au niveau de la bonne maîtrise des consommations énergétiques de par :

Une modulation facile des puissances des productions et des émetteurs en fonction des ressources et des besoins réels
du bâtiment;
Une limitation des pertes thermiques et des pertes de charge des distributions...

5 OPTIMISER LES SYSTÈMES D’EAU CHAUDE SANITAIRE

5.1 CHOISIR LE VECTEUR ÉNERGÉTIQUE

Tout comme le choix du vecteur énergétique des systèmes de production de chaleur, on tentera de valoriser les ressources
Esquisse

d‘énergie renouvelable en regroupant les besoins de chauffage et d‘ECS.


Un frein éventuel au regroupement de ces besoins est un régime de température différent :

Les températures de chauffage sont modulantes en fonction des besoins et des ressources. Dans un centre sportif à
basse énergie, on peut avoir un régime de température de pulsion d‘un système de chauffage convectif de 50-30°C ;
Les températures d‘ECS doivent être plus ou moins stables (> 55°C) de par le risque de prolifération des légionelles.
39
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
Sur base de cette observation, certains systèmes de production d‘eau chaude à stratégie d‘énergie renouvelable comme la pompe à
chaleur fonctionneront avec une performance énergétique limitée en régime production d‘eau chaude (SPF ~ 4 en régime chauffage et ~
2,5 voire 3 en régime ECS).

Pour rappel, les énergies renouvelables étudiées (non exhaustif) dans ce guide sont :

Les ressources géothermiques et hydrothermiques ;

Les ressources végétales comme l‘huile végétale ;

Et la biomasse comme le bois.


Dans tout cela, il ne faut oublier les ressources fossiles qui sont souvent associées aux ressources renouvelables.

Par exemple, la chaudière gaz à condensation complète bien une pompe à chaleur hydrothermique. Les 80 % des besoins de chauffage
sont assurés par la pompe à chaleur et les 20 % restant et l‘ECS sont pris en charge par la chaudière gaz à condensation.

On pourrait améliorer aussi la couverture des besoins d‘ECS par la PAC en assurant un préchauffage instantané de l‘eau chaude sanitai-
Esquisse

re.

A retenir :
 On étudiera au cas par cas en fonction des besoins combinés de chauffage et d‘ECS l‘intérêt du choix d‘une stratégie d‘énergie
renouvelable.

5.2 DÉFINIR LES BESOINS

5.2.1 RÉGIME DE TEMPÉRATURE

Les besoins sont essentiellement liés aux douches des sportifs et les points de puisage de la cafétéria. Les exigences de température
sont liées à la nécessité de maîtriser les légionelles en chauffant à 60°C.

5.2.2 ORGANISATION DES LOCAUX

Il est nécessaire de regrouper au mieux les locaux dans lesquels sont prévus des points de puisage. Dans les centres sportifs, fonction-
nellement parlant, c‘est le cas pour les douches.

5.3 CHOISIR LE SYSTÈME

Dans un centre sportif à basse énergie, les besoins d‘ECS risquent de peser
dans la balance par rapport aux besoins de chauffage.
Dans un souci environnemental, il faudra donc les prendre en considération.
Avant projet

A retenir :
 On optera plutôt pour une production centralisée pour les douches tout en maîtrisant les déperditions de la boucle d‘eau chaude ;
 Dans le cas d‘une cafétéria peu « gourmande » en besoins d‘ECS , on optera pour une production locale comme un petit boiler
électrique avec réservoir ;
 Pour favoriser les ressources locales en énergie , la combinaison du chauffage et de la production d‘ECS sanitaire sera privilé-
giée.
40
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
5.4 CHOISIR LES COMPOSANTS

5.4.1 PRODUCTION AU NIVEAU DES DOUCHES

A retenir :
 La production centralisée semi-instantanée répondra bien aux exigences à la fois :
de confort ;

Projet
de maîtrise du dimensionnement ;
et du recours aux énergies renouvelables locales.

5.4.2 POINT DE PUISAGE

A retenir :
 Les points de puisage auront des débits limités (6 à 8 litres.minute-1).

5.5 DIMENSIONNER LES ÉQUIPEMENTS

5.5.1 POINT DE PUISAGE

Il serait intéressant que le maître d‘ouvrage puisse se baser sur des mesures déjà réalisées sur d‘autres sites.

A retenir :
 On se renseignera en contactant d‘autres centres sportifs qui ont tenté de réduire leurs consommations d‘eau chaude sani-
taire.

5.5.2 LA PRODUCTION

On tiendra compte du fait que la production de chauffage est souvent différée de la production d‘eau chaude sanitaire.

A retenir :
 Il ne sera dès lors pas nécessaire de surdimensionner la production par le cumul des puissances de chauffage et de pro-
duction d‘ECS.

6 OPTIMISER LES SYSTÈMES DE VENTILATION


Esquisse

Le choix d‘un système de ventilation pour les locaux communs à d‘autres bâtiments tertiaires comme le hall d‘entrée, les cou-
loirs, les vestiaires, la cafétéria, … ne sera pas détaillé dans ce guide sachant que le site d‘Energie+ en parle abondamment. On
renverra le lecteur au site : http://www.energieplus-lesite.be.
Le guide s‘attache plus particulièrement au choix du système de ventilation dans les grands halls de sport et les vestiaires.

6.1 ORGANISER LES LOCAUX

Les grands aspects énergétiques de la ventilation résident dans :


La réduction des pertes de charge par l‘optimisation du tracé du réseau aéraulique, des longueurs de conduites, de
choix des composants du système, …
41
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

La récupération de chaleur sur l‘air extrait sachant que le poste des consommations énergétiques de la ventilation hygiénique
peut devenir conséquent par rapport au poste de chauffage.

A retenir :
On favorisera donc :
 La centralisation géographique de la production de ventilation et le choix de composants à faibles pertes de charge de manière à
réduire les consommations de ventilation ;
Esquisse

 La récupération de chaleur sur l‘air extrait sachant qu‘elle est plus facile à mettre en œuvre lorsqu‘on considère les différentes
zones telles que la grande salle, les vestiaires, la cafétéria, … comme des entités séparées.

L‘intérêt du transfert de chaleur de la salle de sport vers les vestiaires est assez limité pour les raisons suivantes :
les débits de ventilation sont relativement différents surtout si on considère que le chauffage de la salle de sport est assuré par le
système de ventilation, ce qui est souvent le cas. On arrive à devoir pulser des débits lors de la relance de chauffage entre 7.000
et 20.000 m³/h selon les besoins (qualité de l‘enveloppe) qui ne correspondent pas aux besoins de ventilation des vestiaires (de
l‘ordre de 3.000 m³/h) ;
la mise en œuvre d‘une récupération de chaleur sur l‘air extrait des douches pour réchauffer l‘air neuf de la salle de sport devient
compliquée.

6.2 CHOISIR LE SYSTÈME

Le choix du système de ventilation dépendra, comme tout au long de ce guide, de l‘intérêt ou pas de l‘exploitation raisonnée des ressour-
ces renouvelables de proximité. Si c‘est le cas, une centralisation des besoins est nécessaire. D‘autre part, le confort de jeu impose de
limiter les vitesses de l‘air (perturbation des volants de badminton par des vitesses trop importantes de l‘air) rendant le choix et de dimen-
sionnement des systèmes de ventilation délicats pour les salles de sport. Enfin, la récupération de chaleur sur l‘air extrait nécessite de
choisir un système à double flux où la pulsion et l‘extraction de l‘air sont proches l‘une de l‘autre.
Pour les bâtiments à basse énergie, lorsqu‘on considère que la ventilation hygiénique et le chauffage sont combinés en un seul et même
système, l‘intérêt vient du fait que :

Une pulsion de l‘air à basse température (de l‘ordre de 35°C maximum) permet d‘envisager des stratégies d‘énergie renouvela-
ble comme la pompe à chaleur (PAC). En effet, la pompe à chaleur moderne modulante, pour une température de sa source
chaude de l‘ordre de 40-45°C maximum, fonctionne avec une efficacité SPF de l‘ordre de 4 ;
projet

Pour une qualité de l‘enveloppe importante (faible déperdition et étanchéité à l‘air renforcée) et pour une température donnée, la
fourchette de régulation des débits de chauffage se rapproche de celle de régulation des débits de ventilation hygiénique. Donc,
on peut aisément combiner les deux systèmes avec des tailles d‘équipements limitées se rapprochant du dimensionnement des
installations simples de ventilation.

A retenir :
Le choix d‘un système de ventilation se fera suivant l‘intérêt ou pas :
 D‘exploiter les ressources d‘énergie renouvelable. Cette option implique souvent le choix d‘une ventilation centralisée ;
 De combiner ou pas la ventilation avec le chauffage sur l‘air. Dans un bâtiment à basse énergie, cette combinaison est profitable
vu que les débits de chauffage et de ventilation sont du même ordre de grandeur et permet un dimensionnement plus raisonnable
des installations de chauffage sur l‘air ;
 De récupérer la chaleur sur l‘air extrait, imposant le choix d‘un système de ventilation à double flux.

6.3 CHOISIR LES COMPOSANTS

6.3.1 LES BOUCHES DE VENTILATION


Avant

A retenir :
 Les bouches de ventilation auront des vitesses d‘air adaptées et des orientations en fonction du confort thermique et du confort de
jeu ;

42
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes

 Les pertes de charge seront les plus faibles possibles ;


 Si la pulsion s‘effectue de haut en bas, les bouches auront une induction importante de manière à déstratifier les tempéra-
tures.

6.3.2 LA DISTRIBUTION

Avant
A retenir :
 Les pertes de charge seront les plus faibles possibles. Les conduits circulaires seront préférés.

6.3.3 LA PRODUCTION

projet
A retenir :
 On insistera sur le choix d‘un récupérateur de chaleur à rendement thermique élevé sachant que l‘on peut atteindre des
valeurs théoriques de 92% pour des débits inférieurs à 4.500 m³/h.

6.3.4 LA GESTION

A retenir :
 On envisagera la variation de vitesse des ventilateurs de manière à tenir compte de l‘occupation réelle des espaces. Une
sonde CO2 dans la reprise de ventilation permettra de régler les débits.

6.4 COMMENT DIMENSIONNER LE SYSTÈME

A retenir :
 Le système sera dimensionné sur base des besoins réels de ventilation en fonction de l‘occupation ;
 En cas de combinaison des systèmes de ventilation et de chauffage sur l‘air, pour les bâtiments à basse énergie, on tente-

Projet
ra de trouver l‘optimum entre :
Une température de pulsion la plus basse possible de manière à valoriser les stratégies d‘exploitation des ressour-
ces en énergie renouvelable ;
Et des débits les plus faibles possibles afin de pouvoir réduire la taille de la centrale de traitement d‘air.

7 OPTIMISER LES SYSTÈMES D’ÉCLAIRAGE ARTIFICIEL

7.1 DIMINUER LA PUISSANCE INSTALLÉE

Si la lumière naturelle ne suffit pas pour apporter le niveau d‘éclairement suffisant, on veillera à limiter la puissance électrique de
l'ensemble des luminaires installés de manière à diminuer la consommation directe d‘électricité et les charges internes du local.
Avant projet

A retenir :
 Définir clairement les besoins et les paramètres de dimensionnement ainsi que les zones d'activité afin de pouvoir compa-
rer les offres des différents fabricants.
 Dimensionner l'éclairage pour répondre strictement aux critères de confort déterminés par les normes (sportives). Ces
normes reprennent les valeurs d'éclairement à atteindre en fonction du type de local et de la tâche qui y est réalisée ;
 Limiter la puissance installée. La puissance électrique définie par calcul pour l'ensemble des luminaires installés dans un
local sera la plus faible possible.

43
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
7.2 CHOISIR DU MATÉRIEL ÉNERGÉTIQUEMENT EFFICACE

Certains luminaires sont plus efficaces que d'autres.

Ils n'apportent pas tous le même niveau de confort ou le même aspect esthétique. Il convient donc d'adapter le choix du matériel d'éclai-
rage artificiel à chaque type de local afin d'assurer le confort des occupants tout en minimisant les consommations futures.

7.2.1 LAMPES

A retenir :
 Eclairage fonctionnel : lampes avec label "Energie A" ;
 Plateaux sportifs < 10 m sous plafond : tubes fluorescents ;
 Plateaux sportifs > 10 m sous plafond : lampes à décharge haute pression ;
 Circulations et sanitaires : tubes fluorescents ou lampes fluocompactes.

7.2.2 LUMINAIRES

A retenir :
Projet

 Favoriser l'éclairage direct plutôt qu'indirect ;


 Choisir des luminaires équipés d'optiques réfléchissantes et dont le rendement est supérieur à 75 % ;
 Plateaux sportifs : éviter l'éblouissement direct.

7.2.3 AUXILIAIRES

A retenir :
 Choisir des ballasts électroniques, si ceux-ci existent pour la puissance de lampe choisie ;
 Le facteur de puissance des circuits d'éclairage sera au minimum de 0,90 (et 0,95 avec ballasts électroniques).

7.3 GÉRER L’ÉCLAIRAGE EN FONCTION DE L’OCCUPATION ET DE L’APPORT EN ÉCLAIRAGE NATUREL

Des économies appréciables peuvent être réalisées en adaptant le temps d'allumage et le flux lumineux à l'occupation réelle des locaux
et aux besoins effectifs en éclairement.

A retenir :
Le système d'éclairage devra permettre :
 l'extinction de l‘éclairage artificiel si l'éclairage naturel est suffisant ;
 la diminution du flux lumineux lorsque l'éclairage naturel peut satisfaire partiellement le besoin d'éclairement ;
 l'extinction de l'éclairage d'un local lorsqu'il est inoccupé.

44
SYNTHÈSE
Optimisation des systèmes
;
8 COMMENT RÉCEPTIONNER LES TRAVAUX ?

Mise en route et suivi


A retenir :
Préalablement, dans le cahier des charges, il sera nécessaire de mentionner la nécessité de former le personnel par rapport
aux aspects techniques de conception, d‘exploitation, de régulation, … du bâtiment. C‘est aussi un gage de réussite du projet !
A la réception des travaux (provisoire et définitive), tous acteurs doivent être présents, à savoir :
 Le maître d‘ouvrage et le personnel susceptible d‘intervenir au niveau de l‘exploitation du centre sportif et de la comman-
des et de la régulation des systèmes ;
 Le maître d‘œuvre, le bureau d‘étude en techniques spéciales et/ou en conception énergétique ;
 Les entrepreneurs et les sous-traitants pour toutes les techniques spéciales. Dans chaque discipline technique, un expert
sera présent pour répondre à toutes les questions d‘exploitation, de régulation, … ;
 Tous les documents techniques, plans, … « as build » seront fournis à la réception provisoire.

9 PETIT GLOSSAIRE

Umax des parois : coefficients de déperditions thermiques des parois maximums autorisés (en W/m².K). Chaque
paroi en contact avec l‘extérieur (mur, toiture, fenêtre, …) a sa valeur de Umax à respecter;
Coefficient K : ancien coefficient caractérisant le niveau de déperdition d’un bâtiment :
Ancienne règlementation = K55;
Construire avec l‘énergie K45;
….
Ug (en W.m -2.K-1): Le coefficient Ug caractérise la performance d'isolation thermique des vitrages. Plus le coeffi-
cient est bas, plus la performance thermique est importante ;
TL (en %) : transmission lumineuse d‘un vitrage soumis à un rayonnement lumineux. Plus le vitrage est « clair »,
plus le TL est élevé ;
ECS : Eau Chaude Sanitaire ;
COP : coefficient de performance instantané d’une pompe à chaleur défini par le rapport de la chaleur fournie (en
kW) par la pompe à chaleur et la consommation électrique de son compresseur. Un COP de 4 est intéressant ;
PV : panneaux photovoltaïques ;
PAC : Pompe à Chaleur ;
SPF : Seasonal Performance Facteur ou COP saisonnier ou encore caractérise la performance énergétique
moyenne tout au long de la saison de chauffe. Le SPF peut être plus élevé que le COP ;
PCI : Pouvoir calorifique Inférieur du gaz. Une chaudière gaz à condensation peut arriver à des rendements de
104 % de par la condensation de la vapeur d’eau contenue dans les gaz de combustion. Le rendement réel est de
l‘ordre de 96 à 98 % si on prend le PCS (pouvoir calorifique supérieur) ;
CV : Certificat Vert. Les CV permettent de valoriser les énergies électriques produites par des filières vertes
(renseignement CWAPE) ;
Ventilation mécanique double flux : cette ventilation hygiénique est composé principalement de ventilateurs de
pulsion et d‘extraction, de réseaux de gaines, de bouches, … de pulsion et d‘extraction;
...

45
46
2ème partie

47
Le guide
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Principe
1 PRINCIPE

1.1 ARCHITECTURE DURABLE

Les halls sportifs que l‘on construit (ou rénove) doivent permettre la pratique du sport dans des conditions de confort, tant en hiver qu’en
été. Pour cela, outre l‘architecture, on se base sur des installations d'éclairage artificiel, de chauffage et éventuellement de climatisation,
consommatrices d‘énergie.

Dans une démarche d‘architecture durable, il est impératif de minimiser ces consommations sans l'apport de systèmes techniques en
respectant dès l'amont des règles simples en matière d'implantation, d'orientation, de géométrie, d'éléments constructifs et de matériaux.

Ce guide cherchera à limiter les besoins et les déperditions et à utiliser l'énergie passive par une réflexion sur la conception
architecturale.

Concevoir les ouvertures de façon à profiter au mieux des gains solaires, isoler l'enveloppe au-delà des exigences légales, adapter l'iner-
tie thermique à l'usage du bâtiment sont autant de solutions à prendre en compte pour réaliser des économies d'énergie et, par la même
occasion, minimiser l'impact d'un projet sur l'environnement.

Le choix intelligent d'un site, de l'implantation, des formes et de leur organisation, l'ordonnancement judicieux des fenêtres, le bon choix
des matériaux et des murs sont autant de critères pour capter et stocker la chaleur du soleil, exploiter au mieux la lumière et gérer confor-
tablement les températures dans une enveloppe adaptée au climat.

L‘enveloppe, en particulier, doit pouvoir créer une température intérieure supérieure à la température extérieure pendant l‘hiver
("stratégie du chaud") et inférieure à la température extérieure pendant l’été ("stratégie du froid").
Théorie

Elle doit pour cela disposer de structures capables d‘opérer une sélectivité thermique, permettant de rechercher certaines influences favo-
rables et d‘en écarter d‘autres qui le sont moins. On joue pour cela sur tous les moyens dont on dispose : l‘implantation et l‘orientation du
bâtiment, son architecture, la distribution intérieure, le choix des matériaux, leur disposition respective, leur couleur, etc.

1.2 MÉTHODOLOGIE

La méthodologie de cette section se base sur la prise en compte :

des besoins de chaud ;


des besoins de froid ;
des besoins de lumière.

Pour chacun de ces besoins, une stratégie a été élaborée. Les différentes mesures architecturales intervenant dans chaque stratégie sont
classées dans le tableau du chapitre "Analyse des besoins énergétiques" et sont ensuite développées dans le chapitre "Mesures architec-
turales".

L'approche doit cependant rester ouverte et offrir des réponses parfois très originales, n'hésitant pas à recourir aux matéri aux
nouveaux lorsqu'ils peuvent présenter un intérêt. Les recommandations qui vont suivre ne sont que des tendances à respecter.

48
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Principe ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE

1.3 HYPOTHÈSES

Théorie
La méthodologie utilisée fait appel à certaines hypothèses simplificatrices, à savoir que :
on se base sur une configuration idéale du hall de sports par rapport aux besoins fonctionnels et à l'efficience énergéti-
que. Cette configuration est tirée du chapitre "Schémas de principe" :

les ouvertures sont situées dans les façades de la cafétéria et dans la toiture du plateau sportif principal. Les vestiaires
n‘ont pas d‘ouvertures vitrées, considérant :
D‘une part, que les apports externes fournis pour chauffer les vestiaires sont faibles par rapport aux apports inter-
nes procurés par les occupants et la chaleur latente des douches. En effet, mis à part le problème de la première
occupation qui nécessite un apport de chaleur, les passages successifs des sportifs dans les vestiaires font que
ce genre d‘espace est souvent en surchauffe ;
D‘autre part, que les ouvertures vitrées, même translucides, entrainent souvent des problèmes de malveillances
vis-à-vis de l‘intimité des sportifs.
les besoins d‘éclairage se basent sur un rendement des équipements d'éclairage artificiel de 100 % et sur une exploita-
tion maximale des apports d‘éclairage naturel. Il est clair qu‘il sera nécessaire, dans la confrontation de la conception
architecturale avec les systèmes d‘éclairage artificiel, de tenir compte des performances des équipements et de leur ges-
tion.

49
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
1.4 ANALYSE DES BESOINS ÉNERGÉTIQUES

Besoin de chaud Besoin de froid Besoin de lumière


Adopter une forme compacte Adopter une forme compacte Adopter une forme compacte
Orienter les locaux en fonction des activités qui s'y Orienter les locaux en fonction des activités qui s'y
déroulent déroulent
Dimensionner les ouvertures en fonction de l'exposition Dimensionner les ouvertures en fonction de l'exposition Dimensionner les ouvertures en fonction de l'exposition
Assurer une bonne protection solaire
Adapter l'inertie thermique du bâtiment à l'usage prévu des Adapter l'inertie thermique du bâtiment à l'usage prévu des
Mesures locaux locaux
architecturales
Permettre une ventilation naturelle intensive
Concevoir des fenêtres performantes Concevoir des fenêtres performantes
Isoler les parois opaques
Supprimer les ponts thermiques
Veiller à la bonne étanchéité à l'air de l'enveloppe
Profiter au maximum de la lumière naturelle

Liste des mesures architecturales en fonction des besoins énergétiques.

2 MESURES ARCHITECTURALES
Théorie

Ce chapitre présente les mesures architecturales permettant de réduire les besoins énergétique des halls de sports.

Il ne rentre pas dans la théorie propre aux techniques abordées ci-dessous. Pour cela, nous renvoyons le lecteur vers l'outil d'information
Energie+ développé par la cellule Architecture et Climat de l'UCL et consultable gratuitement sur internet à l'adresse : www.energieplus-
lesite.be.

2.1 ADOPTER UNE FORME COMPACTE

Pour maintenir les pertes de chaleur par transmission, non voulues, les plus basses possibles, il est bon de minimiser les surfaces. Une
unité de mesure utile pour définir une forme bâtie optimale du point de vue énergétique est la compacité. Elle mesure le rapport entre le
volume protégé du bâtiment et son enveloppe extérieure : C = V/At [m]

La compacité est un critère d'évaluation thermique intéressant, car il permet de qualifier les volumes construits en indiquant leur degré
d'exposition aux conditions climatiques ambiantes, mais délicat à appliquer car il dépend de plusieurs facteurs.

La figure ci-contre propose, à partir d'une analyse purement géométrique, de comparer la variation de la compacité de formes simples par
rapport à :

la forme (à volume constant) : les formes simples sont plus compactes ;


la taille (à forme constante) : pour une forme définie, une augmentation de la taille entraîne une augmentation de la compacité ;
au mode de contact (à forme et volume constants) : la question du contact se posera principalement lors de l'agrandissement de
halls de sports par extension.

50
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE

Impact de la forme, la taille et la proximité d'autres volumes sur la compacité de formes simples.

Pour une même composition de parois, une variation de compacité modifie considérablement la demande d‘énergie. Par exem-
ple, passer d‘une compacité de 1 à 1,5 signifie que, pour un même volume, l‘enveloppe de déperdition a été diminuée de 1/3. Les

Théorie
pertes de chaleur par l‘enveloppe auront diminué dans la même proportion.
La figure ci-contre montre l‘impact de la compacité sur le calcul du niveau K :

Niveau K 50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
Compacité V/At 0 1 2 3 4 5

Impact de la compacité sur le niveau global d’isolation K, pour une composition de paroi identique. (Umoyen = 0,45 W/m²K)

Un juste compromis doit être trouvé entre une grande compacité pour limiter les pertes de chaleur et une faible compacité pour
profiter d'éclairage naturel et faciliter le rafraîchissement par ventilation naturelle.
Privilégier une forte compacité revient également, pour un volume fixé, à limiter la quantité de matériaux à mettre en œuvre pour
construire son enveloppe. Ce point a une influence directe sur l'impact environnemental du bâtiment et sur son coût.

51
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
Théorie

Relativement à l‘ensemble du bâtiment, les économies de matériaux à mettre en œuvre permises par une meilleure compacité sont bien
évidemment moins importantes, puisque l‘enveloppe ne représente qu‘une partie des parois. Cette diminution de l‘impact environnemen-
tal de l‘immeuble reste cependant appréciable, d‘autant qu‘elle s‘accompagne d‘une diminution de son coût.
Le coût relatif à une bonne isolation de l‘enveloppe est également diminué.

Besoin de chaud
Dans le cas des halls de sports où la demande de chaud est non négligeable, la compacité du
bâtiment sera un facteur déterminant dans les économies d‘énergie. Pour un même volume, une
forte compacité limitera la surface de déperdition du bâtiment et réduira donc la demande
de chaleur.
On privilégiera donc un bâtiment de grande taille avec une volumétrie simple, en évitant
les saillies, décrochements ou creusements, plutôt que d'avoir recours à une multitude de solu-
tions techniques. Volumétrie simple - Espace sportif "Le
Souchais", Carquefou (Architecte : Agence
Dans certains cas, le bâtiment lui-même peut également, de par sa forme, constituer une protec- MA / Murail Architectures - Photo : Stépha-
tion contre les vents dominants très néfastes pour les déperditions. On adoptera pour cela des ne Chalmeau).
formes de toiture basses détournant le vent sans s’opposer brutalement à lui. On pourra
aussi utiliser des écrans végétaux.

Besoin de froid
Esquisse

Dans les bâtiments récents, bien isolés, le problème de la surchauffe et de la consommation de froid prend de plus en plus d'importance
par rapport à celui de la consommation de chauffage.
Il convient donc, a priori, de favoriser autant que possible les possibilités de refroidir naturellement le bâtiment par ventilation naturelle
intensive en limitant le nombre d'étages à 2 ou 3 idéalement. Les contraintes techniques pour organiser une ventilation naturelle intensive
dans des bâtiments plus hauts deviennent très lourdes (exemple : cheminées hautes).
Les halls de sports étant peu sujets à surchauffe (principalement concentrée dans la cafétéria) et ne dépassant généralement pas 2 à 3
étages, une ventilation naturelle efficace pourra la plupart du temps être organisée facilement sans devoir concevoir un bâtiment à faible
compacité.

Besoin de lumière
Il est intéressant de concevoir un bâtiment à faible compacité afin de pouvoir limiter la profondeur des locaux et, ainsi, favoriser autant
que possible l'éclairage naturel via les ouvertures en façade.
Si ceci est valable pour la cafétéria, ce n'est cependant pas le cas pour les vestiaires car elles entrainent souvent des problèmes de mal-
veillance vis-à-vis de l‘intimité des sportifs. Quant aux plateaux sportifs, les ouvertures en façade peuvent être source d'éblouissement si
elles ne sont pas orientées convenablement.
Dans le cas d'un hall sportif, on ne cherchera donc pas à tout prix une faible compacité.

2.2 IMPLANTER ET DISTRIBUER LES LOCAUX EN FONCTION DES ACTIVITÉS QUI S’Y DÉROULENT

2.2.1 IMPLANTATION

L'implantation judicieuse d'un bâtiment est la tâche la plus importante de l'architecte. Elle détermine l'éclairement, les apports solaires, les
déperditions, les possibilités d'aération, etc.
Théorie

Le principal paramètre est la durée effective d'insolation en hiver, donc l'effet des masques (voir également "Favoriser la lumière naturel-
le"). Mais l'implantation sur le terrain doit aussi tenir compte des vents dominants, toujours source d'inconfort. Les moyennes élevées des
vitesses des vents conduisent à des pertes par transmission proportionnelles dans les édifices, tout comme les infiltrations et les déperdi-
tions par renouvellement d‘air. Il est préférable de choisir des sites protégés ou, quand ce n'est pas possible, d'avoir recours à des mesu-
res coupe-vent en cherchant une implantation qui permettra une protection de ces vents, soit par le relief, soit par des constructions avoi-
sinantes, soit encore par de la végétation.

De plus, la végétation peut aussi refroidir un site par son évaporation et transformer le gaz carbonique en oxygène.

52
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
2.2.2 ORIENTATION

L'orientation des locaux, quant à elle, répond à la destination de ceux-ci : les besoins en lumière naturelle, l'intérêt d'utiliser le
rayonnement solaire pour chauffer le local ou, au contraire, la nécessité de s'en protéger pour éviter la surchauffe, l'existence de
vents pouvant refroidir le local en hiver ou le rafraîchir en été, sont autant de paramètres importants dans le choix de l'orientation.

L'organisation spatiale d'un bâtiment devrait toujours être pensée en fonction du moment d'occupation des locaux, de l'activité
qui s'y déroule et de la course du soleil.

Le soleil, pour sa part, intervient pour dispenser lumière et chaleur. Une orientation adaptée aux contraintes du bâtiment permet
ainsi de réduire les consommations de chauffage et d'éclairage de ce bâtiment (voir "Dimensionner les ouvertures en fonction de
l'exposition").

2.2.3 ZONAGE THERMIQUE ET ESPACES TAMPONS

L'organisation d'un bâtiment part du principe que les pièces ont des qualités de climat intérieur différentes selon leur fonction.
Le concepteur peut optimiser la répartition de la charge de chauffage en organisant le bâtiment par zones fonctionnelles dont
l'orientation et l'ambiance thermique s'adaptent aux activités qui s'y déroulent : pièces de services concentrées au nord et baies
vitrées au sud pour optimiser l'apport de lumière naturelle, avec protections solaires et/ou ventilation naturelle pour un bon confort
d'été.

Théorie
Ce principe de zonage permet d'adapter le type d'ambiance thermique à l'utilisation propre de l'espace : les plateaux sportifs
seront moins chauffés que les vestiaires.

On veillera aussi à grouper :

les locaux à fortes charges internes (cafétéria, salles de conférence et de réunion, etc.) ;
les locaux dont le fonctionnement horaire sera similaire ;
les locaux qui doivent être gérés ensemble (pour une comptabilité énergétique indépendante, par exemple).

Le zonage permet également de créer, sur les faces froides du bâtiment, des espaces protecteurs ou "tampons" : ils jouent le rôle
de zones intermédiaires entre l‘intérieur et l‘extérieur.
Ce sont des locaux thermiquement moins exigeants où la température de consigne est plus basse (sanitaires, zones de circula-
tion, cages d'escaliers, dégagements, etc.) ou des locaux non chauffés (locaux techniques, par exemple). Ces locaux "protègent"
les espaces principaux.
A la frontière du hall de sports, l‘écart de température entre intérieur et extérieur sera ainsi abaissé de 5 à 10 °C, réduisant les
déperditions maximales de 20 à 30 %.

2.2.4 LONGUEUR DES RÉSEAUX DE DISTRIBUTION

Afin de réduire les pertes en ligne, on positionnera la chaufferie dans le bâtiment de telle manière que la longueur des réseaux de distribu-
tion soit la plus réduite possible.

Besoin de chaud
Esquisse

Pour un hall de sports, on concentrera de préférence au sud les vestiaires et la cafétéria (qui demandent une température de
consigne plus élevée) et au nord la réserve de matériel sportif (qui servira ainsi de zone tampon pour les plateaux sportifs). La
chaufferie, quant à elle, sera positionnée dans le voisinage immédiat des plateaux sportifs et, de préférence, au centre de la zone
des vestiaires de manière à limiter les distances entre le ballon d'eau chaude et les douches.

53
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
Besoin de lumière
Toutes les orientations apportent de l‘éclairage naturel. Il est cependant préférable de placer les fenêtres de telle façon que le soleil puis-
se pénétrer à l'intérieur d'un local au moment où il est le plus utilisé. De plus, la qualité lumineuse varie d‘une orientation à l‘autre :
l‘orientation nord assure la meilleure qualité lumineuse car elle bénéficie toute l'année d'une lumière égale et du rayonnement
Avant projet

solaire diffus, suscitant peu d'éblouissement, ne provoquant pas de surchauffe mais qui peut être insuffisante dans de nombreux
cas. C‘est une orientation à privilégier pour éclairer les locaux où il est important d'avoir un éclairage constant, sans source
d'éblouissement, tels que les plateaux sportifs (à l'aide d'ouvertures verticales, par exemple, en lieu et place des habituelles
coupoles en polycarbonate qui sont généralement peu isolantes et qui amènent beaucoup de surchauffes).
l‘orientation sud apporte un éclairement important, une lumière plus facile à contrôler et un ensoleillement maximal en hiver et
minimal en été. C'est l'orientation à favoriser pour la cafétéria.
les orientations est ou ouest présentent des caractéristiques identiques : possibilité d'inconfort visuel par éblouissement et surex-
position en été. Pour la cafétéria où le risque d'éblouissement n'est pas problématique et où l'activité est surtout concentrée en fin
de journée (accompagnée d'une augmentation des gains internes), on pourra choisir l'orientation ouest tout en veillant cependant
à ce que peu de chaleur ait été emmagasinée par le local durant la journée (par l'utilisation d'isolants à forte capacité thermique
volumique, par exemple).

2.3 DIMENSIONNER LES OUVERTURES EN FONCTION DE L’EXPOSITION

2.3.1 COMPLÉMENTARITÉ ÉCLAIRAGE NATUREL / THERMIQUE

Les fenêtres constituent à la fois les plus grandes opportunités mais aussi la plupart des risques pour le solaire passif.
Bien dimensionnées, organisées, orientées et réalisées, elles peuvent participer de façon décisive à l'alimentation énergétique d'un ouvra-
ge et au confort des utilisateurs. Elles sont des capteurs de la chaleur du soleil, par effet de serre (voir Energie+), et sont également indis-
pensables pour disposer d'un bon éclairage naturel (voir "Favoriser la lumière naturelle").
En revanche, c'est aussi à cause d'elles que sont créées des pertes de chaleur importantes, des refroidissements ou des surchauffes qui
diminuent fortement la qualité de vie. Elles restent les points faibles de l‘enveloppe en matière de déperditions en hiver (voir "Concevoir
des fenêtres performantes") et peuvent aussi devenir des sources d‘inconfort en été. Il s'agit alors de limiter les apports solaires, soit en
diminuant la taille de la fenêtre, soit en plaçant un ombrage (voir "Assurer une bonne protection solaire"). La quantité d'éclairage naturel
pénétrant dans le bâtiment est alors diminuée.
Le choix de la position, de la taille et de la forme de la fenêtre doit résulter d'un compromis entre les besoins de lumière naturelle, les
besoins de gains solaires en hiver et la nécessité de limiter ceux-ci en été. Concrètement, au niveau de l‘énergie, on peut jouer sur deux
éléments : les apports énergétiques solaires et la performance thermique des vitrages.

2.3.2 APPORTS ÉNERGÉTIQUES SOLAIRES

La valorisation des gains solaires se fait surtout par les surfaces vitrées. Or, les surfaces
vitrées restent des surfaces beaucoup plus déperditives que les parois opaques (par exemple,
un double vitrage basse émissivité avec un châssis bois d'environ 1 m² est 4 fois moins isolant
Théorie

qu‘un mur composé d‘un bloc de béton creux léger de 14 cm avec 8 cm de laine minérale). Il est
donc primordial d‘optimiser l‘orientation des fenêtres pour diminuer la consommation de chaud.
Pour les mêmes raisons, on veillera toujours à prendre en compte les ombrages, même dans
les projets d'urbanisme. Pour la demande de chaud, il ne sert, en effet, à rien de placer des surfa-
ces vitrées qui sont toujours ombrées : on augmente les surfaces déperditives tout en ne profitant
pas plus des gains solaires.
Les apports solaires varient selon la position relative du soleil et selon l'orientation et l'inclinaison
de la paroi ensoleillée.
Apports solaires par ciel serein en Belgi-
que à travers un double vitrage vertical orienté au sud, à l'est/ouest, au sud-est/sud-ouest et pour un double
vitrage horizontal.

La figure ci-dessus montre que la façade sud capte relativement peu d'énergie solaire en été
(hauteur du soleil dans le ciel) mais davantage en hiver. Les ouvertures verticales orientées au sud offrent ainsi la meilleure capacité de
régulation passive. On voit également que les fenêtres de façade et les ouvertures zénithales ont un comportement radicalement diver-
gent en ce qui concerne la sélection des pénétrations solaires.

Il faut donc différencier les façades en traitant de manière spécifique les ouvertures de chacune d'elles.

54
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
Besoin de chaud

L’orientation préférentielle des baies vitrées est nord/sud :


l'orientation sud est toujours favorable, quel que soit le type de vitrage et le site. Elle permet, même dans des situations
urbaines denses, de laisser pénétrer le soleil en hiver dans le bâtiment et lui assure d'importants gains solaires. Les
baies vitrées seront principalement orientées plein sud (et éventuellement sud-est ou sud-ouest) afin de maximi-
ser les gains solaires, surtout en mi-saison (et peu en été).
l'orientation nord est (presque) toujours défavorable. Les baies vitrées aux nord n‘apportent aucun gain solaire, quelque
soit le site, sauf avec certains vitrages de qualité. Il convient donc de minimiser la superficie de vitrage au nord en se
limitant aux besoins jugés strictement nécessaires pour assurer l’éclairage naturel des locaux.
les orientations est et ouest sont souvent défavorables (à l'exception des vitrages peu émissifs protégés par des volets).
Les baies vitrées à l‘est et à l'ouest captent, par rapport au sud, moins de gains solaires en mi-saison mais davantage en
été (voir graphique ci-dessus). Si l‘activité d‘un local est limitée au matin ou au soir et ne craint pas la surchauffe, ces
orientations peuvent éventuellement être privilégiées (est pour le matin, ouest pour le soir). Par contre, l‘éclairage peut
être éblouissant. Le bilan thermique d’une fenêtre à l’est et à l’ouest étant cependant négatif, il convient de limiter
la superficie de vitrage pour des raisons de déperditions thermiques et de garantie de confort d’été.

En outre, la question de l‘orientation des vitrages ne peut être uniquement envisagée que du
Voir fiche thématique 3 :

Avant projet
point de vue de la demande de chaud. Il faut effectivement tenir compte :
L’éclairage naturel
des risques de surchauffes ;
et artificiel
du confort visuel dû à l‘éclairage naturel.

Pour la demande de chaud, il existe un optimum de surface vitrée. Cet optimum tourne aux alentours de 5 à 20 % de la surface
au sol selon la définition de la température de consigne :
5 % si la température de consigne de chaud est faible, par ex. 12 °C ;
20 % si elle est élevée, par ex. 20 °C.

Besoin de froid
Dans ce cas, il faut plutôt s‘orienter vers le nord. En effet, c‘est la seule orientation qui permet la pose de surfaces vitrées avec
très peu de gains solaires.
Pour la demande de froid, il n'existe pas d'optimum de surface vitrée. Par contre, il est préférable de limiter les surfaces vitrées
car celles-ci peuvent être source de surchauffe.

Besoin de lumière

Pour la lumière naturelle, il faut veiller à prévoir assez d‘ouvertures vitrées en façades ; il n‘existe malheureusement pas de ratio
optimum unique à tout bâtiment.

2.4 ASSURER UNE BONNE PROTECTION SOLAIRE

Si la pénétration du soleil dans le bâtiment permet de limiter la consommation de chauf-


fage, il risque en été ou dès la mi-saison de provoquer une surchauffe et un inconfort Voir fiche thématique 12 :
Théorie

important. Confort thermique et enjeu éner-


En effet, l‘énergie solaire transmise aux locaux par l'intermédiaire des vitrages peut gétique des grands espaces
entraîner la surchauffe de l'air par effet de serre. De plus, même avec une température
ambiante intérieure acceptable, le confort thermique des occupants peut être détério-
ré par le rayonnement direct du soleil et le rayonnement chaud du vitrage ensoleillé.

55
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
Pour diminuer le risque d'inconfort, il faut faire en sorte qu'en été le rayonnement ne puisse que momentanément pénétrer à l'intérieur du
bâtiment et, donc, protéger les ouvertures de l'ensoleillement direct. Le principe est d'ériger des écrans extérieurs qui mettent les surfaces
vitrées à l'ombre.
La protection solaire est donc un élément important d‘une "stratégie du froid". Elle doit être dimensionnée
pour protéger du rayonnement direct quand le soleil est haut en été, et pour laisser passer la lumière en hiver
quand le soleil est bas.

Complément indispensable de la fenêtre (voir "Dimensionner les ouvertures en fonction de l'exposition"), la


protection solaire permet d'atteindre différents objectifs en fonction des situations rencontrées :

limiter l'éblouissement ;
diminuer les surchauffes dues au rayonnement solaire ;
supprimer l’insolation directe ;
améliorer l'isolation en augmentant le pouvoir isolant des fenêtres ;
assurer l'intimité entre l'intérieur et l'extérieur (surtout en milieu urbain et le soir) ou occulter un local ;
Protection solaire fixe
décorer la fenêtre ; (Architecte : Ferrand Sigal -
Théorie

Photographe : Frenchie
éviter la décoloration de certains matériaux. Christogatin).

2.4.1 TYPES DE PROTECTIONS SOLAIRES Voir fiche thématique 2 :


Les protections solaires
Il existe plusieurs types de protections solaires dont l'efficacité dépend de l'orientation de la façade.

2.4.2 CHOIX D’UNE PROTECTION SOLAIRE

Une protection solaire étant souvent coûteuse, il convient donc, dès les premières esquisses, d'implanter aussi convenablemen t
que possible le hall de sports afin d'éviter au maximum l'utilisation de protections solaires.
Si une protection solaire s'avère cependant nécessaire, le type de protection idéale à mettre en place pour un projet particulier dépend de
nombreux facteurs tels que la latitude du site considéré, l'orientation des baies vitrées, le type de contact désiré avec l'extérieur ou le mo-
de d'occupation du local à protéger. D'autres critères peuvent s'ajouter pour influencer le choix de la protection tels que sa résistance
mécanique, sa maintenance, son coût ou la possibilité d'ouvrir les fenêtres pour créer une ventilation naturelle du bâtiment (voir
"Permettre une ventilation naturelle intensive"). Si possible, elle maintiendra la possibilité de bénéficier d’une lumière naturelle suffisante
(voir "Favoriser la lumière naturelle").

Besoin de froid

Fenêtres au nord :
Les pièces orientées au nord bénéficient toute l'année d'une lumière égale et du rayonnement solaire diffus. Un vitrage clair sans
protection solaire est à privilégier ;
Avant projet

Fenêtres à l'est et à l'ouest :


Le rayonnement solaire est difficile à maîtriser car les rayonnements traversent les vitrages presque à l'horizontal entraînant
des risques de surchauffe et des risques d'éblouissement élevés.
Un vitrage clair associé à une protection extérieure mobile est de loin la solution la plus efficace.
A défaut, un vitrage sélectif avec un facteur solaire bas doit être privilégié, d'autant plus bas que le pourcentage de surface vitrée
est élevé. Mais un vitrage trop réfléchissant va augmenter les consommations en hiver, surtout si les gains internes sont faibles.
De plus, il ne parviendra jamais à empêcher entièrement l'éblouissement ;
Fenêtres au sud :
Une orientation sud est très intéressante puisque les apports solaires sont plus importants en mi-saison qu‘en été et que la protec-
tion solaire est plus facile à assurer que celle d'orientations est ou ouest : l'angle de rayonnement plus aigu du soleil conduit à un
taux de réflexion plus élevé du soleil sur la face externe des vitrages.

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OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
Il est donc intéressant d’augmenter raisonnablement la superficie d’une fenêtre au sud. Au-delà d’une certaine su-
perficie, les apports solaires deviennent trop importants de sorte qu‘une protection solaire est indispensable :
protection solaire fixe de type auvent ou brise soleil associée à un vitrage clair ;
protection solaire extérieure mobile associée à un vitrage clair ;
vitrage sélectif d‘autant plus important que la superficie de vitrage est importante.

Avant projet
Besoin de lumière

La mise en place d‘auvents ou de surplombs fixes destinés à réduire les problèmes d‘éblouissement et de surchauffe pénalise
bien sûr la quantité de lumière captée.
Le grand avantage de ce type de protections solaires est que, par ciel serein, elles protègent principalement des rayons directs
du soleil, qui sont toujours plus importants, alors que le rayonnement diffus n‘en est que très peu affecté. Cependant une protec-
tion fixe efficace en été réduit l‘éclairage par ciel couvert. Notons que, sous nos latitudes, la probabilité d‘ensoleillement est infé-
rieure à 20% en hiver et à 50 % en été.

2.5 ADAPTER L’INERTIE THERMIQUE DU BÂTIMENT À L’USAGE PRÉVU DES LOCAUX

L'inertie thermique est la capacité d'un matériau à stocker l'énergie (chaleur et fraîcheur) et à la restituer petit à petit . Cette
caractéristique, traduite par sa capacité thermique, est très importante pour garantir un bon confort notamment en été, c'est-à-
dire pour éviter les surchauffes.
L'inertie thermique est directement liée à la gestion des apports solaires et de la ventilation : elle permet de stocker l'énergie re-
çue par le bâtiment et de la restituer lentement lorsque cela est nécessaire ou bien de l'évacuer par une ventilation nocturne in-
tensive.
Elle stabilise ainsi les températures dans le bâtiment par rapport à l'instabilité du climat extérieur, des rayonnements solaires et
des sources de chaleur internes. Elle maintient un climat intérieur constant et peut aider à mieux exploiter les potentiels énergéti-
ques.
Cette capacité permet de limiter les effets d'une variation "rapide" de la température extérieure sur le climat intérieur par un dé-
phasage entre la température extérieure et la température de surface intérieure des murs et par amortissement de l'amplitude
de cette variation. Un déphasage suffisant permettra par exemple que la chaleur extérieure "n'arrive" qu'en fin de journée dans le
bâtiment, période où il est plus facile de le rafraîchir grâce à une simple ouverture des fenêtres.
Théorie
La figure ci-contre montre, en
comparant deux cas extrêmes,
que plus la masse thermique
accessible est grande, plus le
maximum d‘apports réels dus au
soleil sera faible et plus il sera
retardé par rapport au flux ins-
tantané traversant le vitrage.

Réaction d'un local à inertie forte et d'un local à faible inertie en présence d'apports solaires.

57
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
L'incapacité d'un local à faible inertie de stocker la chaleur provoque des phases de surchauffe assez rapides en cas d'ensoleillement
intense car le temps de déphasage est très court. Inversement, le local à forte inertie pourra accumuler la chaleur (limitation de la sur-
chauffe) et la restituer après un temps de déphasage de plusieurs heures.

L‘inertie thermique est définie par le type de matériaux de construction utilisé. Les matériaux lourds
tels que béton, brique, pierre, terre, etc. possèdent globalement plus d‘inertie que les matériaux Voir fiche thématique 1 :
isolants naturels (végétaux ou animaux) qui, eux-mêmes, possèdent plus d'inertie que les matériaux L’isolation de l’enveloppe
isolants synthétiques ou minéraux.

La capacité d'un matériau à absorber ou restituer une puissance thermique ("effusivité") dépend de sa chaleur spécifique, de sa conducti-
vité thermique et de son poids volumique.

L‘intérêt de privilégier l‘inertie dans les parois dépend du niveau de gains internes et du type d‘utilisation :

avec peu de gains internes, l‘inertie est très intéressante pour diminuer la demande de chaud ;

si le bâtiment est occupé en un mode régulier, occupation/inoccupation selon une fréquence courte (jour/nuit, par exemple), une
très forte inertie thermique peut s‘avérer avantageuse, la structure étant en régime stable, les pertes diurnes très faibles et il faut
alors peu d‘énergie pour maintenir le système. Une inertie moyenne est par contre totalement inadaptée. Au contraire, si le bâti-
ment est occupé de manière intermittente, une faible inertie permettra d'atteindre plus rapidement la température de consigne.

Pour bénéficier pleinement de l‘inertie :


Théorie

la structure portante (lourde) doit se trouver de préférence à l‘intérieur du volume chauffé car les masses qui participent le plus à
la diminution de la surchauffe due au rayonnement solaire sont, dans l‘ordre :

la dalle de sol ;
les murs intérieurs ;
les murs extérieurs ;

la capacité de stockage doit être répartie sur toutes les surfaces de la structure. Ce qui importe, c‘est la masse par m² de surface
en contact avec l‘air intérieur pour favoriser les échanges thermiques ;

la masse intérieure des parois du bâtiment doit être accessible (pas de faux-plafonds, pas de revêtement de mur ou de sol
isolant) afin de garantir de bonnes capacités d'échange entre cette masse et l'ambiance intérieure.
Dans le cas particulier des plateaux sportifs, les revêtements de sol habituellement utilisés (résine de polyuréthane coulée, par-
quet, etc.) limitent l'accessibilité de la masse thermique du sol. Il faudra donc privilégier les masses thermiques dans d'autres
parois que le sol.
On peut ainsi envisager l'utilisation du béton ou de la brique apparents pour les parois verticales. L'absence de revêtement sur les
matériaux de structure constitue, de plus, une très bonne mesure environnementale ;

les parois directement atteintes par le soleil doivent être plutôt foncées ; le sol sera si possible de couleur plutôt foncée et les
murs seront aussi dans des tons plutôt absorbants.
La couleur des surfaces qui ne sont pas atteintes par le soleil peut être quelconque.
Ce point doit cependant être nuancé par l'utilité des parois de teinte claire pour minimiser les besoins de lumière artificielle (voir
"Favoriser la lumière naturelle").

58
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Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
Besoin de chaud
En mi-saison et en hiver, l'inertie thermique permet de stocker une partie de la chaleur solaire qui pénètre dans le bâtiment par
les vitrages (piège à chaleur), pour limiter la demande de chauffage en soirée.
L‘inertie d‘un bâtiment, en contribuant à atténuer les fluctuations de température brutale dans les locaux, représente ainsi une
source de confort : elle évite les surchauffes et les chutes trop brutales de température. En évitant les surchauffes, elle limite les
pertes de chaleur.
C‘est donc un facteur d'économie d‘énergie en hiver pour les bâtiments à occupation continue. En contrepartie, dans les bâti-
ments à occupation intermittente comme les halls de sports, la gestion du chauffage doit prendre en compte le comporte-

Esquisse
ment des parois pour anticiper la mise en route ou l’arrêt du chauffage en fonction de l’occupation des locaux.
De plus, le corps étant très sensible à la température des parois, plus la température de celles-ci sera élevée, plus la température
de l'air pourra être basse, ce qui est physiologiquement meilleur. En ce sens, l'inertie thermique est une très grande source
de confort.

Besoin de froid
En été, grâce à l‘absorbation/restitution de chaleur durant la journée/nuit, l'inertie thermique répartit les apports de chaleur dans le
temps et permet ainsi d'éviter les surchauffes à l‘intérieur du bâtiment par écrêtement des pics de température.

C'est surtout en toiture que le déphasage joue un grand rôle pour le confort thermique d‘été d‘un bâtiment. Dans un hall de
sports, le risque de surchauffe étant surtout présent dans la cafétéria, on intégrera dans la toiture de celle-ci des isolants à forte

Avant projet
capacité thermique volumique tels que la fibre de bois en panneaux denses, la ouate de cellulose ou le liège en panneaux.

La conception des bâtiments à forte inertie doit néanmoins être réalisée avec des systèmes de protection solaire efficaces en été
pour éviter les surchauffes par la mise en charge de la masse des structures (voir "Assurer une bonne protection solaire"). De
plus, des dispositifs de ventilation nocturne doivent être mis en œuvre pour déstocker la nuit les calories stockées durant la jour-
née (voir "Ventilation intensive nocturne").

2.6 PERMETTRE UNE VENTILATION NATURELLE INTENSIVE

Pendant longtemps, la question du confort thermique s‘est limitée à assurer une température intérieure minimale pendant les
périodes froides. Pourtant, l’inconfort dû à des températures intérieures excessives peut être vécu très péniblement par
les occupants d'un bâtiment.
A certaines époques de l'année, l'inertie du bâtiment n‘est plus suffisante et la surchauffe éventuelle qui subsiste doit être dissi-
pée grâce à la ventilation.
Celle-ci peut être naturelle et permet de répartir la chaleur
dans le bâtiment selon le type d‘organisation spatiale et la
position des ouvertures.
Théorie

La ventilation naturelle peut être de type diurne ou noc-


turne. Remarquons cependant que la ventilation nocturne
Vue en élévation
est nettement plus efficace pour éviter les surchauffes que
celle effectuée durant la journée car la température exté- Vue en plan
rieure est plus faible la nuit.

Dissipation des surchauffes par la ventilation.


Vue en élévation Vue en élévation
59
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ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
2.6.1 VENTILATION INTENSIVE DIURNE

En sachant que la température extérieure à Uccle est 98 % du temps inférieure à 24°C, on peut considérer l‘air frais extérieur comme une
source de froid gratuit !
En effet, la ventilation intensive est une stratégie purement gratuite car il suffit, en gestion manuelle, d‘ouvrir les fenêtres pour effectuer un
courant d‘air entre l‘intérieur et l‘extérieur du bâtiment. Ce courant d‘air diminue la température de l‘air intérieur et favorise aussi une sen-
sation de confort accrue par l‘augmentation de la convection au niveau de la peau.
De plus, la température intérieure maximale de confort peut être majorée de quelques degrés en fonction de la vitesse de l‘air d‘un cou-
rant d‘air intérieur. Par exemple, si la vitesse du courant d‘air est de 0,8 m/s (courant d‘air non gênant), nous pouvons augmenter la tem-
pérature maximale de confort de +/- 2,5°C.
Afin d‘être réellement efficace, cette stratégie passive de froid demande toutefois une certaine discipline d‘utilisation des occupants ou le
recours à une installation d‘une régulation automatique (plus coûteuse). En effet, il faut ouvrir les fenêtres uniquement selon certaines
conditions :

quand la température de l‘air intérieur est plus grande que celle de l‘extérieur ;
quand la température de l‘air extérieur n‘est pas trop faible (+/-16°C) pour éviter un sentiment d‘inconfort dû à un refroidissement
trop intense ;
quand la température de l‘air intérieur est trop élevée. On veillera à refermer dès que la température de confort est atteinte sans
quoi la consommation d‘énergie pour la demande de chaud va augmenter (erreur courante : les fenêtres sont laissées ouvertes
avec le chauffage allumé !).

Pour augmenter l‘efficacité de cette stratégie, il faut maximiser le débit d’air sans pour autant créer un inconfort dû à un courant d’air
trop grand. Typiquement, pour éviter l‘inconfort dû à un trop grand courant d‘air, on prévoit maximum 4 renouvellements horaires pendant
la journée et 8 renouvellements horaires la nuit.
Théorie

En réalité, le débit d‘air de la ventilation naturelle intensive (et donc son efficacité de refroidissement) dépend de la configuration des ou-
vertures et des locaux :

avec des locaux mono-orientés, seule une ventilation unilatérale est possible : l‘air extérieur entre et sort par la même façade,
après avoir balayé le local. L’efficacité de refroidissement avec ce genre de configuration est mauvaise à moyenne ;
par opposition à la ventilation unilatérale, la ventilation traversante désigne les configurations dans lesquelles un courant d‘air
traverse les locaux de part en part. On distingue deux grands types de ventilation traversante :
horizontalement, sous l‘effet du vent, une différence de pression se crée entre les deux façades. Si le courant d‘air peut
traverser le bâtiment de part et d‘autre sans difficulté, l’efficacité est bonne à très bonne. Une bonne exposition aux
vents (favorisée par une orientation est-ouest, un milieu rural ou suburbain, une hauteur élevée du bâtiment, …) augmente
l‘efficacité de ce type de ventilation ;
verticalement, via une cheminée centrale ou des cheminées localisées (par exemple, la cheminée peut être constituée de
la cage d‘escalier). Si le courant d‘air peut traverser le bâtiment de part et d‘autre sans difficulté, l’efficacité peut être très
bonne.

2.6.2 VENTILATION INTENSIVE NOCTURNE

Elle est fondée sur les mêmes principes que la ventilation intensive de jour.
Toutefois, elle est particulièrement efficace la nuit car :

les températures extérieures sont généralement beaucoup plus froides ;


on peut se permettre des débits d‘air plus importants (8 à 10 vol/h) sans créer un inconfort.

Remarquons que la ventilation intensive de nuit est réellement utile quand elle est couplée avec une bonne inertie accessible
(voir "Adapter l'inertie thermique du bâtiment à l'usage prévu des locaux"). En effet, sans inertie, la puissance de froid di sponible
par la ventilation intensive de nuit est très rapidement limitée puisqu‘elle ne va servir qu‘à refroidir l‘air intérieur.

60
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
Par contre, avec de l‘inertie, la ventilation intensive de nuit va refroidir l‘air intérieur et la structure. Dès lors, la ve ntilation

Théorie
nocturne va décharger la chaleur accumulée par le bâtiment pendant la journée de sorte que, le matin, les parois du bâti-
ment seront fraîches.

Besoin de froid

Avant projet
Aussi bien en ventilation intensive de jour que de nuit, on prévoira :

une disposition des locaux permettant une ventilation traversante horizontale (ouvertures situées sur des façades oppo-
sées, essentiellement SO et NE) et verticale (ouvertures situées à des niveaux différents, avec une possibilité de commu-
nication entre étages) ;
des ouvertures larges et motorisées avec, de préférence, une gestion automatique, conçues pour empêcher les effrac-
tions et l'intrusion d'insectes, et éviter les courants d'air violents.

2.7 CONCEVOIR DES FENÊTRES PERFORMANTES

Les fenêtres représentent les points faibles de l'isolation thermique du bâtiment, mais leurs performances ne cessent de s'amélio-
rer. Grâce aux différents assemblages et traitements aujourd'hui disponibles, les fenêtres peuvent mieux jouer leur rôle en assu-
rant une bonne isolation thermique et un bon affaiblissement acoustique tout en garantissant la sécurité des biens et des person-
nes.

Plusieurs éléments interviennent dans le degré de performance d'isolation des fenêtres :

Théorie
Voir fiche thématique 1 :
le vitrage ;
L’isolation de l’enveloppe
le châssis ;
les joints entre les différents éléments.

Le niveau d‘isolation thermique d‘une fenêtre est calculé en faisant une moyenne pondérée (en fonction des surfaces relatives)
des performances du châssis, du vitrage et de l'intercalaire. Ce niveau se mesure avec le coefficient U de déperdition thermique.
Etant donné que le vitrage a une plus grande surface que le châssis, il influence davantage le pouvoir isolant de la fenêtre.

Besoin de chaud
Les vitrages très performants permettent aujourd'hui de diminuer drastiquement les consommations d'hiver. On assurera donc un
niveau d'isolation élevé en choisissant, au minimum, des doubles vitrages à basse émissivité au gaz ou des triples vitrages.
On maximisera également les gains solaires en choisissant des vitrages à transparence maximale au rayonnement solaire
(TL et FS élevés).
Projet

Les performances minimales à atteindre devraient être plus élevées que celles imposées actuellement par la Région Wallon-
ne :

Transmission thermique U Transmission thermique U


maximale selon la maximale conseillée
réglementation actuelle [W/m²K]
[W/m²K]
Fenêtres et autre parois translucides :
Valeur globale pour l‘élément (Uw) 2,5 1,8
Valeur spécifique pour la partie vitrée (Ug) 1,6 1,1
61
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
Besoin de froid

En été, on désirera limiter au maximum les gains de chaleur (FS faible) qui sont la
cause de surchauffes, tout en assurant un éclairage suffisant des locaux (TL éle-
vé). Ceci est cependant contradictoire avec ce que l'on souhaite en hiver.

La demande de froid étant cependant moins significative que la demande de


chaud, dans un hall de sports, on donnera la préférence aux caractéristiques opti-
males en hiver afin d'y maximiser les apports d'énergie gratuite.
Projet

Combinaisons possibles des valeurs TL et FS des vitrages.

Besoin de lumière

Si le besoin de lumière est important, on choisira de préférence des vitrages dont la transmission lumineuse est maximale :
pour le double vitrage basse émissivité : minimum 78 % ;
pour le double vitrage sélectif : minimum 58 % ;
pour le triple vitrage : minimum 73 %.

2.8 ISOLER LES PAROIS OPAQUES

L'enveloppe est l'interface entre l'intérieur et l'extérieur. Elle peut être considérée comme un systè-
me dynamique pouvant réagir aux changements permanents des rayonnements, au climat et répon- Voir fiche thématique 1 :
dre aux besoins de l'intérieur. L’isolation de l’enveloppe

On attend d'elle :

qu'elle protège contre les intempéries ;


qu'elle réduise les besoins énergétiques, aussi bien ceux liés à la construction du bâtiment que ceux liés à son exploita-
tion ;
qu'elle maximise les apports solaires récupérables ;
qu'elle offre un confort naturel en toute saison ;
Théorie

qu'elle laisse entrer la lumière naturelle dans le bâtiment et permette les liens visuels avec l'extérieur.

Les déperditions thermiques au travers de l'enveloppe constituent la première source de refroidissement des bâtiments. Une protection
thermique efficace est assurée en général dans l'enveloppe grâce à des matériaux isolants : dans les parois opaques par des matières ou
des éléments constructifs bien isolants, dans les zones transparentes par des vitrages performants ou des façades multicouches.

2.8.1 CHOIX DU SYSTÈME CONSTRUCTIF ET DE LA COMPOSITION DES PAROIS

Le compromis entre l‘efficacité énergétique et l‘investissement consiste à tirer le meilleur parti possible du mode constructif choisi. Dans le
cas d'éléments constructifs opaques, il est possible d'obtenir des isolations de qualité par l'épaisseur de la mise en œuvre. Les coûts sont
moins dus aux matériaux qu'à leur mise en œuvre.

A titre d‘exemple, voici différentes variantes de parois possibles pour un même pouvoir isolant. L‘exemple illustre clairement la nécessité
de préciser les caractéristiques de l'isolant et le type de mise en œuvre.

62
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
L'isolant peut se placer
de diverses manières
dans une paroi (à l'ex-
térieur, en sandwich ou
à l'intérieur) sans in-
fluencer la qualité d'iso-
lation thermique de
celle-ci.

Cependant, l'emplace-
ment de l'isolation in-
fluence l'inertie thermi-
que de la paroi (voir
"Adapter l'inertie ther-
mique du bâtiment à
l'usage prévu des lo-
caux") ainsi que le
risque de condensa-
tion.

2.8.2 PERFORMANCES THERMIQUES À ATTEINDRE

Le niveau d‘isolation thermique d‘une paroi est donné par son coefficient de transmission thermique U, exprimé en W/m²K (voir
Energie+), tandis que le niveau d’isolation d’un bâtiment complet est donné par le coefficient K.

Théorie
Il faut identifier le niveau K global et les coefficients de transmission thermique des parois idéaux. L‘optimum est généralement
défini sur un triple critère :

besoins en énergie pour un climat déterminé ;


possibilités constructives (contraintes d'intégration et leurs conséquences architecturales) ;
optimum financier dépendant du coût de construction et du coût de l'énergie.

Il est à remarquer que les premiers centimè-


tres d‘isolants apportent les gains relatifs les
plus importants. En effet, ce n‘est pas parce
qu‘on applique deux fois plus d‘isolant que l‘on
consomme deux fois moins.

Evolution du niveau K selon l'épaisseur de l'isolant


(source : Architecture et Climat – Maison Pléiade,
LLN).

De plus, l'augmentation de l'isolation peut générer une demande de froid plus importante (voir graphique ci-dessous). Les simula-
tions informatiques montrent cependant que le bilan reste bénéficiaire en faveur de l'isolation, notamment parce que la saison de
chauffe est plus longue que l'été et parce que le besoin de froid est très faible, dans le cas particulier des halls de sport .

63
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
Ceci montre également
l'importance d'une concep-
tion initiale du bâtiment
permettant la mise en
place éventuelle d'un sys-
tème de refroidissement
naturel qui valorise l'air
extérieur frais (Text <24°C)
Théorie

à un moment où celui-ci
est disponible, c‘est-à-dire
la nuit (voir "Ventilation
intensive nocturne").

Besoin de chaud
Lors de périodes froides, il s‘agira de conserver toute chaleur disponible, qu'elle découle de l'ensoleillement, d'apports internes ou du
système de chauffage. Dans les climats tempérés comme le nôtre, jusqu‘aux deux tiers des déperditions thermiques du bâtiment peuvent
se produire par conduction au droit de l'enveloppe.
L'isolation de l'enveloppe est ainsi, et de loin, le moyen le plus efficace pour réduire la consommation d'un bâtiment. On assurera donc un
niveau d'isolation élevé en maximisant l'épaisseur d'isolant dans les parois opaques (en priorité, les toitures et plafonds, puis les murs et,
enfin, les planchers). On portera une attention particulière à l'isolation de l'enveloppe extérieure des plateaux sportifs proprement dits qui
représentent la partie la plus énergivore d'un hall de sport.
Les performances minimales à atteindre devraient être plus élevées que celles imposées actuellement par la Région Wallonne. Ceci
est d'autant plus justifié que les exigences en vigueur sont régulièrement renforcées.

Transmission thermique U Transmission thermique U


maximale selon la maximale conseillée
réglementation actuelle [W/m²K]
[W/m²K]
Avant projet

Portes : 2,9
Murs et paroi opaques :
Entre le volume protégé et l‘air extérieur 0,5 0,25
Entre le volume protégé et un local non chauffé non à l‘abri du gel 0,6 0,3
Entre le volume protégé et un local non chauffé à l‘abri du gel 0,9 0,4
Entre le volume protégé et le sol 0,9 0,4
Toitures et plafonds 0,3 0,2
Planchers :
Entre le volume protégé et l‘air extérieur 0,6 0,25
Entre le volume protégé et un local non chauffé non à l‘abri du gel 0,6 0,3
Entre le volume protégé et un local non chauffé à l‘abri du gel 0,9 0,4
Entre le volume protégé et le sol 0,9 0,4
Parois mitoyennes (entre deux volumes protégés) 1,0 1,0

A isolation constante, voici quelques pistes pour limiter les pertes thermiques par transmission au travers des parois :
lorsque le terrain est en pente, enterrer une partie du bâtiment et, en tout cas, préférer l'enterrer plutôt que de le surélever : le sol
a une température plus ou moins constante tout au long de l‘année (température d'environ 12 °C à 2 m de profondeur) et, en hi-
ver, sa température est plus élevée que la température extérieure. Le bâtiment sera moins sensible aux changements de tempé-
rature et les influences du climat seront amorties. La protection peut ainsi être moins épaisse. Enfin, en été, cette paroi sera sour-
ce d'une fraîcheur généralement bienvenue ;
pour cette même raison, éviter les vides-ventilés : la dalle sur sol devient alors une surface beaucoup plus déperditive.

64
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
prévoir des surfaces claires aux abords du bâtiment (graviers, dalles, etc.) qui réfléchissent sur les murs une partie de
l'énergie qu'elles reçoivent ;
utiliser des couleurs plutôt absorbantes (dans les ocres ou les bruns) pour les parois extérieures sans lame d'air ventilée.

Avant projet
Recevant plus de rayonnement, leur température de surface sera plus élevée. Cette disposition est à utiliser avec modé-
ration en façades est et ouest, celles-ci recevant en été un rayonnement important qui peut être source d‘inconfort. Tout
dépendra des conditions locales et de la priorité que l'on accordera au confort d'été ou à la réduction des besoins en hi-
ver.

Mais jusqu'où faut-il pousser le niveau d'isolation ?


Le graphique ci-dessous montre l'évolution de la température du plateau sportif en l'absence totale de chauffage pour différents
niveaux d'isolation thermique.

On remarque que, pour un hall de sports "passif" (ou, plus exactement, "très basse énergie"), la température la plus basse attein-
te dans la zone du plateau sportif est de 15,3 °C et celle-ci ne descend sous la température de consigne (17 °C) que 8 jours par
an. On peut donc légitimement se poser la question de la pertinence de l'installation d'un système de chauffage pour le
plateau sportif si on choisit de concevoir celui-ci avec une enveloppe très basse énergie. L'investissement supplémentaire
à consentir pour amener les parois extérieures du plateau sportif au niveau très basse énergie pourrait être compensé par l'éco-
nomie réalisée sur l'absence de système de chauffage, sans compter les économies de consommation de chauffage du plateau
sportif …

Besoin de froid
Le déphasage d‘un matériau joue un grand rôle pour le confort thermique d‘été d‘un bâtiment (surtout en toiture). Il représente la
Projet

durée entre le moment ou la température est la plus élevée à l‘extérieur et celui où elle est la plus élevée à l‘intérieur (voir
"Adapter l'inertie thermique du bâtiment à l'usage prévu des locaux").
Pour l‘isolation des toitures des halls de sports (en particulier pour la cafétéria), on privilégiera donc un isolant ayant un déphasa-
ge élevé pour que l‘onde de chaleur extérieure du milieu de journée atteigne l‘intérieur du bâtiment durant la nuit. On utilisera,
pour ce faire, des isolants denses et végétaux tels que la fibre de bois en panneaux denses, la ouate de cellulose ou le liège en
panneaux.

65
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
2.9 SUPPRIMER LES PONTS THERMIQUES

Les ponts thermiques sont des défauts dans la conception et/ou dans la réalisation de l'enveloppe isolante, caractérisés par une rupture
locale de son caractère isolant. Les ponts thermiques peuvent représenter 10 % de la consommation de chauffage d‘un bâtiment et sont
sources de pollution intérieure. Avec l'augmentation des épaisseurs d'isolant, leur influence en valeur relative ne cesse de croître et peut
représenter jusqu'à 25 % du total. Leur résolution est donc un poste important de la conception énergétique de l‘enveloppe. Ils peuvent
être évités par une conception et une mise en œuvre de qualité.
Aux endroits des ponts thermiques, le flux de chaleur est particulièrement dense, ce qui se traduit par des températures de surface plus
basses que sur le reste de la paroi.

Exemple de pont thermique (source : Hoffmann & Dupont).

Analyse du risque de condensation dans un


Théorie

détail de raccord de toiture.

La figure ci-dessus illustre un cas typique


où le flux de chaleur au droit du raccord est particulièrement dense. Les pertes par transmission engendrées par ce pont thermique sont
donc loin d'être négligeables.
Peu importe la température de consigne de la demande de chaud, dès que la température intérieure est supérieure à celle de l‘extérieur,
les ponts thermiques peuvent entraîner des problèmes d'inconfort (parois froides), de consommations supplémentaires (déperditions)
et de dégradations éventuelles dans la construction (condensations, moisissures) :

impact sur la santé :


Le risque de condensation au droit d‘un pont thermique résulte d‘une température de surface trop basse et d‘une humidité abso-
lue de l'air intérieur trop élevée qui est directement due à un manque de ventilation ou à un débit de ventilation trop faible.
Les moisissures se développent sur les zones où peuvent se produire la condensation. Ces moisissures sont inesthétiques, pré-
sentent un risque sanitaire (asthme, etc.), dégradent tous les états de surface (peintures, plafonnage) et mettent à mal les éven-
tuelles constructions en bois (champignons) ;
impact sur le confort :
Les surfaces à proximité des ponts thermiques se caractérisent par une température de paroi inférieure à la température moyenne
des parois, ce qui engendre une sensation de paroi froide et, par conséquent, une situation d'inconfort thermique ;
impact sur le bâtiment :
L‘accumulation d‘humidité et l‘alternance de cycles de retrait et de dilatation entraînent diverses formes de dégâts selon le maté-
riau rencontré : moisissures sur les plafonnages, pourriture du bois, rupture adhésive des colles, corrosion des métaux, ...

Besoin de chaud
Projet

Afin d'éviter les ponts thermiques, l'isolation de l'enveloppe doit être continue. On veillera donc à isoler par l'extérieur, à choisir des maté-
riaux spécifiques (béton cellulaire ou argile expansée, verre cellulaire, isolants haute densité, etc.) et à dessiner des détails techniques.

66
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
Les principaux détails de construction considérés comme étant le siège de ponts thermiques sont :

les linteaux au-dessus des fenêtres et des portes ;


les seuils de fenêtres ;
la fermeture du creux au droit des battées de portes
et de fenêtres ;
Les planchers en contact avec la paroi extérieure
d‘un mur creux ;
les rives de toitures ;

Projet
les terrasses en saillie et les balcons ;
les colonnes ou poutres en bétons ;
les fondations.

Si des ponts thermiques ne peuvent être évités, lors de la conception ou de la construction, il est nécessaire de prendre en consi-
dération l‘impact de ces ponts thermiques à travers :

une évaluation des déperditions thermiques supplémentaires et l’influence sur les besoins de chaleur du bâtiment ;
une évaluation du risque de condensation et de moisissures résultant de la température intérieure de surface plus
faible au niveau du pont thermique.

2.10 VEILLER À LA BONNE ÉTANCHÉITÉ À L’AIR DE L’ENVELOPPE

Dans une démarche d‘utilisation rationnelle de l‘énergie, il convient d‘assurer le confort des occupants, tout en maîtrisant les
consommations énergétiques. Il faut donc limiter les apports d'air extérieur à la quantité nécessaire et suffisante (ni plus, ni
moins) pour maintenir la qualité de l'air intérieur.

Ce principe est difficilement respecté si l'enveloppe du bâtiment n'est pas étanche à l'air. En effet, les débits d'air frais entrant
dans le bâtiment via les infiltrations (fuites et fentes) sont tout à fait incontrôlables (en quantité, en température, en direction et
en durée) et varient fortement avec les conditions atmosphériques.

L'infiltration de l'air dans un bâtiment dépend de la qualité d'exécution du bâtiment. Ces infiltrations s'observent souvent dans
certains détails de construction et sont dues à des différences de pression engendrées soit par le vent, soit par l'écart de tempé-
rature de part et d'autre de l'enveloppe extérieure, soit par une différence de hauteur entre différentes fissures.
Théorie

La figure ci-contre illustre les problèmes d‘infiltrations qui sont particulièrement importants (± 20 %) au droit des portes et des
fenêtres, mais aussi aux raccords de toiture, d'un pare-vapeur ou au droit des murs non plafonnés.

Défauts d'étanchéité et courants d'air.

67
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
Il est nécessaire d‘assurer une bonne étanchéité à l‘air de l‘enveloppe des bâtiments pour :

limiter la consommation d‘énergie ;


éviter les courants d‘air inconfortables ;
éviter des dégâts de l‘enveloppe suite à des problèmes de condensation à l'intérieur des parois, entraînant des problèmes d‘humi-
dité, de moisissure et/ou de corrosion ;
permettre le fonctionnement correct de l‘installation de ventilation ;
renforcer la qualité acoustique de l‘enveloppe, surtout vrai en site bruyant ;
se protéger contre la pollution extérieure.

2.10.1 RESPIRATION DE L’ENVELOPPE?

L'étanchéité à l'air n'est pas incompatible avec une "respiration" de l'enveloppe. Étanchéifier l'enveloppe consiste à éviter le passage d'air
extérieur, non contrôlé, au travers de "trous" dans l'enveloppe du bâtiment (fissures, joints, …). Ces infiltrations sont à éviter mais un mur
étanche peut être "respirant" s'il favorise les échanges de vapeur entre l‘intérieur et l‘extérieur pour réguler naturellement le niveau d'humi-
dité de l'ambiance. La migration de vapeur au travers des parois est, contrairement aux infiltrations, favorable à un environnement confor-
table. Elle permet d'éviter des ambiances trop humides ou trop sèches.

Ainsi, une enveloppe étanche et respirante pourrait être comparée à une veste neuve en Gore-Tex®, tandis qu'une enveloppe non étan-
che et imperméable à la vapeur pourrait être comparée à une veste en plastique trouée. Elle ne permet pas d'évacuer la transpiration
Théorie

malgré les trous, et les trous créent des courants d'air augmentant l'inconfort. L'étanchéité à l'air dépend surtout de la qualité des maté-
riaux et de la qualité de leur mise en œuvre, tandis que la perméabilité à la vapeur dépend exclusivement de la nature des matériaux
mêmes.

2.10.2 INDICATEURS DE QUALITÉ

L‘efficacité de l'étanchéité à l‘air d‘un bâtiment ne peut être vérifiée que de façon empirique par un test appelé "blower door" ou
"infiltrométrie". Elle consiste à mettre les locaux en dépression ou en surpression à l’aide d’un ventilateur et de détecter les endroits où
l‘air s‘infiltre au travers de l‘enveloppe.

Test d’infiltrométrie – "blower-


door test".

La visualisation des infiltrations peut se faire :

par thermographie infrarouge ;


par la détection de déplacements d‘air à l'aide d'un anémomètre ;
à l'aide d'une fumée artificielle qui s‘échappe du bâtiment en s‘infiltrant dans les fissures, joints et autres défauts de l'enveloppe.

68
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
Le niveau de l'étanchéité de l'enveloppe se chiffre par la quantité d‘air (nombre de renouvellements d‘air) devant être insufflée
pour maintenir une différence de pression de 50 Pa dans le bâtiment. On considère qu‘en le divisant par 20, on obtient une ap-
proximation des débits d‘infiltration en conditions normales.

2.10.3 VALEURS CIBLES À ATTEINDRE

On visera un niveau d'étanchéité n50 minimum de :

2 vol/h lorsque la ventilation du bâtiment est assurée par un système mécanique à double flux ;
1 vol/h lorsque la ventilation du bâtiment est assurée par un système mécanique à double flux équipé d'un récupérateur
de chaleur.

2.10.4 MISE EN OEUVRE

Une bonne étanchéité à l‘air du bâtiment est atteinte à travers :

Théorie
une conception précise des détails techniques ;
une réalisation soignée lors du chantier.

Pour garantir cette étanchéité à l‘air des parois, il faut prévoir des raccords d‘étanchéité à l‘air à tous les nœuds problématiques
de l‘enveloppe :

aux raccords des châssis avec les murs : bavette en attente + bande autocollante ;
aux raccords de la façade avec le sol ;
à la jonction de la façade avec le toit ;
lors du passage de gaines, de câbles, de tuyaux… (à éviter dans la mesure du possible).

Besoin de chaud

En réalité, assurer l‘étanchéité à l‘air d‘un bâtiment n‘a de sens que si le bâtiment est chauffé, bien isolé et n‘a pas des ouvertu-
res trop importantes ou régulièrement ouvertes vers l‘extérieur. Pour le cas précis d'un hall de sports, l'entrée principale est un
Esquisse

point faible du point de vue de l'étanchéité à l'air. Il faut :


la placer sur une façade ou dans une zone abritée du vent ;
à défaut, la doter d'un sas :
Il joue le rôle d'espace tampon et diminue ainsi les pertes thermiques dues à l‘échange d‘air intérieur/extérieur
(voir "Zonage thermique et espaces tampons") ;
Il apporte un confort non négligeable par réduction des courants d‘air (générant parfois des régulations énergivo-
res).

Pour assurer la bonne étanchéité à l‘air d‘un bâtiment chauffé, il faut surtout étudier les détails suivants et assurer leur bonne
réalisation sur chantier :
Projet

détails mur-sol ;
détails mur-plancher ;
détails mur-toit ;
détails châssis ;

69
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE Mesures architecturales
2.11 FAVORISER LA LUMIÈRE NATURELLE

Dans une démarche d'architecture durable, on privilégiera l‘utilisation de la lumière naturelle à l‘éclaira- Voir fiche thématique 3 :
ge artificiel, et ce pour de multiples raisons : L’éclairage naturel
et artificiel
intérêt psychophysiologique par le rôle bactéricide de la lumière naturelle, par ses variations
selon les heures de la journée et par son rendu des couleurs. La qualité "spectrale" de la lumiè-
re naturelle ainsi que sa variabilité et ses nuances offrent une perception optimale des formes et
des couleurs. L'éclairage artificiel le plus performant est loin d'égaler la qualité de la lumière naturelle ;
intérêt économique (et environnemental) par la réduction des consommations d'énergie électrique. Cette réduction contribue éga-
lement à diminuer les gains internes produits par l'éclairage artificiel et donc les besoins en rafraîchissement.
Une utilisation élargie de la lumière naturelle s'impose donc en toute logique pour limiter les dépenses d'énergie de l'éclairage artificiel
avec des retombées positives pour les utilisateurs. L‘éclairage artificiel doit ainsi être considéré comme un complément à la lumière natu-
relle (voir "Optimiser les systèmes d‘éclairage artificiel").
L'intensité de la lumière naturelle variant fortement en fonction du type de ciel, du moment de l'année, de l'heure dans la journée, de
l'orientation de l'ouverture, de son inclinaison et de son environnement, la plus grande difficulté, pour le concepteur, sera de s’assurer que
le projet offre un niveau d‘éclairement naturel suffisant pour une période maximale au cours de l‘année.
Une intégration intelligente de la lumière naturelle dans les halls de sports permet de diminuer fortement les consommations
d'éclairage artificiel tout en protégeant les sportifs d'éventuels problèmes d'éblouissement. Contrairement aux apports de chaleur,
cette lumière naturelle peut être captée dans toutes les orientations même si elle varie en quantité et en qualité. La quantité et la qualité
de lumière captée dans un local dépendent de nombreux paramètres, dont :

le coefficient de réflexion des parois extérieures :


La quantité de lumière naturelle réfléchie sur les surfaces extérieures au bâtiment dépend principalement des facteurs de
réflexion de ces surfaces. Des surfaces de sol extérieur claires et réfléchissantes (dallage brillant ou plan d'eau, par
Théorie

exemple) peuvent ainsi contribuer à capter davantage de lumière ;


les masques lointains :
La quantité d'énergie solaire reçue en un endroit dépend souvent des ombres portées par des édifices ou des arbres voisins. Lors
de la conception d'un bâtiment en site non dégagé, il importe de mesurer l'impact de l'effet de masquage occasionné par le
relief, les bâtiments et les autres constructions voisines ou encore la végétation. S'il est essentiel de tenir compte des ombrages
provoqués par ces obstacles, il faut également prendre en considération l'évolution de ce site dans l'avenir (bâtiments futurs, …) ;
les masques proches :
Les masques proches sont des éléments architecturaux liés au bâtiment lui-même, tels que des murs de refend, des surplombs,
des balcons, des protections solaires fixes… qui génèrent un ombrage fonction de leur taille, de leur réflectivité et de leur orienta-
tion. Ils appartiennent donc à la grande famille des protections solaires, qui sont traitées en détail dans le chapitre "Assurer une
bonne protection solaire" ;
Les proportions et les dimensions du local :
Un volume compact permet de diminuer l‘enveloppe de déperdition et donc de diminuer les pertes et les coûts de construction
associés. Or pour éclairer naturellement toute la surface d‘un local, il est préférable d‘adopter une faible profondeur de local et
donc de diminuer la compacité (voir "Adopter une forme compacte").
En effet, la lumière ne pénètre significativement que jusqu‘à une distance de une fois et demi la hauteur du linteau de la fenêtre
par rapport au sol. Dès lors au-delà d‘une certaine profondeur, les niveaux d‘éclairement chutent au fond de la pièce. Il convient
donc de localiser de façon privilégiée les activités humaines dans cette zone éclairée naturellement.
Il est important de souligner que :
Le niveau d‘éclairement est d‘autant plus élevé dans un local que celui-ci est large (pour un rapport de surface vitrée/
surface au sol constant) ;
Si la profondeur du local a une grande influence sur la quantité de lumière naturelle, la hauteur sous plafond en a beau-
coup moins.
les couleurs et l'aménagement intérieur :
La nature et la couleur des parois intérieures influencent directement l'éclairage naturel et artificiel dû aux réflexions intérieures.
Plus les parois intérieures sont foncées, plus grand sera l‘écart entre les niveaux d‘éclairements de la pièce. Il convient donc de
privilégier des surfaces de couleurs claires qui favorisent la répartition de la lumière et rendent ainsi la pièce plus lumineuse.
En règle générale, pour une bonne distribution de la lumière, les murs et les plafonds devraient de préférence être de couleur
claire et mate afin de bien répartir les luminances. Pour éviter une réflexion gênante et pour des raisons pratiques, le sol sera
plutôt sombre et les surfaces brillantes seront de préférence petites et réservées aux meubles ou aux portes.
70
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
Mesures architecturales ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
Généralement, les coefficients de réflexion des murs, du sol et du mobilier situés à proximité de la fenêtre jouent
le rôle principal dans le jeu des réflexions intérieures. Dans une moindre mesure, les réflexions sur le plafond et
les murs plus éloignés des ouvertures peuvent aussi améliorer la transmission lumineuse ;
la dimension, la forme, la position et la transparence des ouvertures :
La taille et l'emplacement des ouvertures d'un bâtiment sont des éléments déterminants de la quantité de lumière exté-
rieure qui parvient à l'intérieur des locaux.
Il est intéressant d‘augmenter la surface des ouvertures afin de maximiser la quantité de lumière dans les locaux. Or, des

Théorie
considérations de confort thermique et d‘économie d‘énergie recommandent de limiter la surface vitrée (voir
"Complémentarité éclairage naturel / thermique"). En effet, les pertes thermiques au travers d’une fenêtre sont au mini-
mum 5 fois plus importantes qu‘au travers d‘une paroi opaque isolée (voir "Concevoir des fenêtres performantes").
Pour offrir un bon compromis entre pertes thermiques et qualité de l‘éclairage naturel, la surface nette éclairante d‘une
pièce de vie telle que la cafétéria sera comprise entre 15 et 25 % de la superficie du local avec des fenêtres idéale-
ment positionnées (fenêtres situées le plus haut possible sans allèges vitrées, qui n’influencent pas la qualité de l’éclai-
rage naturel et sont dommageables du point de vue thermique).
Voir fiche thématique 1 :
Le choix du vitrage influence également la lumière transmise. La quantité de lumiè-
re naturelle qui pénètre dans le bâtiment est d'autant plus grande que le facteur de L’isolation de l’enveloppe
transmission lumineuse d'un vitrage est élevé.

Besoin de lumière
A priori, tous les locaux d'un hall de sports devraient disposer d'un éclairage naturel (sauf les réserves et les locaux techniques).
Une attention particulière doit cependant être prêtée à l'éclairage naturel des plateaux sportifs car l'éclairage artificiel représente
une grosse partie de la consommation électrique du hall de sports (haut potentiel d'économie). De plus, les plateaux sportifs exi-
gent un niveau d'éclairement constant (dimensionnement précis) et ne peuvent être sujets à l'éblouissement (contrainte sportive).
Dans les salles de sports, la perceptibilité des mouvements, nécessaire pour des raisons de sécurité, est fortement compromise
par l'éblouissement (voir photos ci-dessous). Il doit être évité par des mesures architecturales appropriées. D'une part, il faut que
les revêtements de sols et les couleurs de marquage soient mats et, d'autre part, que la lumière naturelle des salles soit aussi
régulière et peu éblouissante que possible. La manière la plus facile d'y parvenir consiste à orienter le principal front de fenê-
tres vers le nord.

Avant projet

Salle sans protection contre l'éblouissement. Salle avec protection contre l'éblouissement.

(Source : bpa - Bureau de prévention des accidents).

Il faut également encourager un éclairement multilatéral afin d'uniformiser l'éclairement du plateau. Ces surfaces vitrées seront
alors équipées de protections contre l'éblouissement.

Différentes alternatives sont envisageables, parmi elles :


hall orienté selon un axe est-ouest et éclairé bilatéralement par des fenêtres situées en hau- Voir fiche thématique 3 :
teur ; L’éclairage naturel
éclairage par deux bandeaux zénithaux en-dessous desquels une toile diffusante est tendue ; et artificiel
éclairage zénithal par des sheds orientés au nord ;
Éclairage zénithal par une voûte filante opalescente.

71
OPTIMISER LA CONCEPTION ARCHITECTURALE POUR MINIMISER LES BESOINS
ET MAXIMISER L’ÉNERGIE PASSIVE
3 VALIDATION DE LA CONCEPTION ARCHITECTURALE EN FONCTION DES BESOINS GLOBAUX

Considérer les mesures architecturales décrites ci-avant de façon exclusive ne mène pas loin parce que, dans certains cas, des aspects
en amont de l'architecture durable comme l'urbanisme, les transports ou toute autre contrainte générale peuvent être négligés. Le non-
respect d'une seule mesure peut donc finalement se révéler globalement préférable ; et il est, en règle générale, compensable par d'au-
tres mesures (par exemple, des désavantages géométriques ou un site défavorable du point de vue de son microclimat par une meilleure
isolation thermique, l'abandon d'un coupe-vent par une meilleure densité, …).

72
Validation de la conception architecturale en fonction des besoins globaux-Bibliographie
4 BIBLIOGRAPHIE

Architecture et Climat (UCL) : "Energie+", 2009.


Bruxelles Environnement (IBGE) : "Guide pratique pour la construction et rénovation durables de petits bâtiments", janvier
2009.
Observ'ER : "Traité d'architecture et d'urbanisme bioclimatiques", décembre 2005.
Cabinet Olivier SIDLER : "Logements à faibles besoins en énergie - Guide de recommandations et d'aide à la concep-
tion", mars 2000.
FEBELCEM : "Béton et utilisation rationnelle de l'énergie", juin 2005.
Birkhäuser (Edition DETAIL) : "Architecture solaire - Stratégies, visions, concepts", 2003.
Ministère de la Région Wallonne : "L'éclairage naturel des bâtiments", 2001.
Ministère de la Région Wallonne : "Guide d'aide à l'utilisation de l'éclairage artificiel en complément à l'éclairage naturel ",
1999.
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Centralisation et décentralisation des besoins
Théorie

Sur base d‘un projet optimisé au niveau de la conception architecturale, en d‘autres termes lorsque les besoins individuellement sont limi-
tés, l‘empreinte écologique doit être réduite. Très modestement, on y arrive par le choix des systèmes intervenant dans la fourniture éner-
gétique en réponse aux besoins.

Le concepteur et le maître d‘ouvrage doivent alors se prononcer parmi les deux choix suivants :

choix des systèmes mettant en jeu des énergies renouvelables ;


choix des systèmes classiques mettant en jeu des énergies fossiles non renouvelables.

74
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Centralisation et décentralisation des besoins
La réalité de terrain se rapproche plus du choix de la combinaison de systèmes renouvelables et non renouvelables sou-
vent liés au fait que la disponibilité des sources renouvelables n‘est pas toujours synchronisée dans le temps avec les
besoins et suffisante quantitativement pour y palier.

A titre d’exemple, des panneaux photovoltaïques sans branchement sur le réseau électrique semblent voués à l’échec
sachant qu’il est difficile, mis à part les batteries (impact environnemental ?), de stocker l’électricité. En effet :
les panneaux photovoltaïques ne pourraient suffire à fournir l’électricité nécessaire à l’éclairage du bâtiment, la
ventilation, … quand il n’y a pas ou très peu de soleil ;
pour autant que le bâtiment soit bien conçu par rapport à l’éclairage naturel, le recours aux panneaux PV pour
fournir l’électricité de l’éclairage artificiel devrait être très limité ;
pour répondre aux besoins d’éclairage toute l’année, il serait donc nécessaire de combiner le « photovoltaïque »
au réseau de distribution classique électrique.

On remarquera que la centralisation des besoins d‘électricité ne pose en pratique pas de gros problème. A l‘inverse, la centralisa-
tion des besoins de chauffage et d‘eau chaude sanitaire (ECS) est génératrice de pertes thermiques par distribution du fluide
caloporteur (l‘eau chaude) non négligeables dont il faudra tenir compte dans les bilans énergétiques.

1 CENTRALISER OU DÉCENTRALISER LES BESOINS

La centralisation ou décentralisation des besoins de chaleur détermine à ce stade du guide le choix ou pas du recours partiel ou
total aux énergies renouvelables. En effet :
Un regroupement de tous les besoins de chaleur en un endroit stratégique du bâtiment (chaufferie centrale par
exemple) via un vecteur caloporteur, permet de combiner plus facilement des « stratégies renouvelables » entre
elles ou avec des « stratégies fossiles » au niveau d‘un « pot commun » pour redistribuer, directement ou en dif-
féré, les calories là où les besoins de chaleur existent. Cette configuration se marie donc bien avec un stockage ;

Théorie
Une décentralisation des besoins de chaleur rend la combinaison de ces stratégies difficile.

1.1 CENTRALISATION

1.1.1 PRINCIPE

Dans le cadre d‘une centralisation, on tente de regrouper les différents systèmes afin de ne pas démultiplier les points de produc-
tion pour les besoins de chaleur et d‘air hygiénique. Ces besoins étant dispersés dans tout le bâtiment, les différents émetteurs
doivent être alimentés en eau chaude par l‘intermédiaire de leur distribution respective.

Centralisation des différents besoins de chaleur

75
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Centralisation et décentralisation des besoins
La centralisation du chauffage présente les avantages et les inconvénients suivants :

+ Disposer d‘une seule production de chaleur en un endroit précis pour une question d‘investissement, de facilité d‘exploi-
tation et d‘approvisionnement en vecteur énergétique ;
Combiner facilement les « stratégies renouvelables » entre elles ou avec les stratégies fossiles ;
Alimenter facilement les émetteurs en chaleur via un vecteur caloporteur thermiquement efficace et abondant comme
l‘eau ;
Concentrer les vecteurs énergétiques en un seul point en dehors des espaces publics. Le gaz, par exemple, bien que
maîtrisé, doit être traité avec prudence lorsqu‘il alimente des systèmes décentralisés à travers les espaces occupés par
les sportifs ;
Permet le stockage de chaleur afin de ne pas trop surdimensionner les puissances des productions et de différer la
fourniture de besoins non synchronisés ;

– Faire face à des pertes énergétiques au niveau de la distribution et du stockage plus en moins importantes si une mise
en œuvre minutieuse de l‘isolation n‘est pas pratiquée;
Théorie

Prévoir un local technique de grande dimension. Dans la plupart des cas, un local technique enterré ou un cabanon
sera nécessaire ;
Les modes de production et de distribution doivent être d‘une technologie permettant le fonctionnement à des charges
variables sans perte de rendement;
...

Dans la mesure du possible, on a intérêt à grouper les productions de chaleur et les systèmes de ventilation. La centralisation de la
ventilation présente les avantages et les inconvénients suivants :

+ Disposer d‘une seule production de chaleur à proximité pour alimenter les différentes batteries chaudes des centrales
de traitement d‘air ;
Permettre la récupération de chaleur sur l‘air extrait plus facilement de par la proximité de la pulsion et de l‘extraction ;

– Faire face à des pertes aérauliques au niveau de la distribution ;


Prévoir un local technique de grande dimension. Dans la plupart des cas, un local technique enterré ou en cabanon
sera nécessaire ;

76
Centralisation et décentralisation des besoins LES SYS- OPTIMISER
TÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
1.1.2 DISPOSITIONS DU LOCAL TECHNIQUE

Dans le cas de la centralisation, un local technique est nécessaire pour accueillir tous les équipements de production de chauffa-
ge, d‘ECS et de ventilation.

On tiendra compte de la nécessité de placer le local technique de sorte à raccourcir au maximum les conduites de distribution
d‘air et d‘eau chaude de manière à réduire les pertes de distribution.

Cependant, il faut envisager que ce local technique doit être facilement accessible pour la maintenance (changement de gros
équipements par exemple), les pompiers, …, nécessitant un accès direct sur l‘extérieur. Concrètement, on tiendra compte du fait
que la centralisation est nécessaire pour réduire les pertes thermiques et électriques (des pertes de charge importante augmen-
tent les consommations électriques des ventilateurs), mais aussi des contraintes de fonctionnement en terme de sécurité incen-
die et de paintenance des équipements.

1.1.3 VECTEUR CALOPORTEUR COMMUN

La cohabitation des énergies renouvelables et fossiles présuppose, dans la plupart des configurations, de centraliser la produc-
tion de chaleur et d‘utiliser l‘eau chaude comme vecteur caloporteur. En effet, la flexibilité, pour passer d‘une énergie renouvela-
ble à une énergie fossile et vice versa, y est totale. Cependant, la centralisation est un élément réducteur dans le choix des sys-
tèmes de chauffage performant à énergie fossile comme les aérothermes à gaz à condensation ou les systèmes radiants à gaz.

Théorie
Ce qui signifie que ces types de système de chauffage, à priori, ne pourraient pas se combiner avec des « stratégies » à énergie
renouvelable

Le schéma ci-dessous propose de synthétiser ces différentes filières énergétiques considérées dans ce guide :

Filières énergétiques renouvelables et fossiles combinées

77
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Centralisation et décentralisation des besoins
1.2 DÉCENTRALISATION

1.2.1 PRINCIPE

Raisonnablement, la décentralisation de la production de chauffage ne s‘envisagera que partiellement de manière à conserver la possibili-
té de recourir aux énergies renouvelables pour maintenir la ligne de conduite du guide mais laisser la possibilité d‘opter pour des straté-
gies de chauffage à énergie fossile malgré tout très performantes.
Une configuration envisageable est par exemple :

la centralisation de la production de chaleur pour les espaces comme les vestiaires, les salles polyvalentes, la cafétéria,
… et pour l‘ECS. A ce niveau la production peut être un mixage de différentes stratégies renouvelables et fossiles classi-
ques ;
la décentralisation de la production de chaleur pour le grand hall ;
la décentralisation de la ventilation hygiénique est compliquée pour la simple raison que peu d‘équipement permettent à
la fois d‘assurer, pour un même confort :
le chauffage de l‘air neuf localement ;
et la récupération de chaleur.
Théorie

Décentralisation des besoins de chaleur

La décentralisation du chauffage présente les avantages et les inconvénients suivants :

+ Eviter les pertes par distribution au niveau du chauffage ;


Permettre un découpage plus précis des zones de la grande salle ;
Permettre l‘implantation de système de chauffage performant sur le lieu même des besoins ;

– Démultiplier des systèmes de chauffage en se répercutant sur les coûts d‘investissement, de maintenance ;
Implanter un vecteur énergétique dans les locaux occupés par les sportifs (gaz dans le grand hall par exemple) ;
Vu la disparité des espaces en termes de volumétrie, risquer d‘implanter des systèmes de chauffage différents.

78
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
2 AVOIR RECOURS AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES

OBJECTIFS
Tenter de couvrir les besoins de chaleur et d’électricité par des « stratégies » ayant recours aux énergies re-
nouvelables de manière à limiter l’impact environnemental du centre sportif
Exploiter au mieux les ressources environnantes

Après la réduction des besoins, c‘est le recours aux énergies renouvelables qui motive principalement la rédaction de ce guide.
Comme on l‘a vu précédemment, la réduction des divers besoins passe par l‘optimisation de l‘enveloppe du bâtiment, à savoir :

la réduction des déperditions aux travers des parois, des pertes par ventilation, … pour une réduction des be-
soins de chauffage ;
la maîtrise de la lumière naturelle, et par conséquent, des besoins d‘éclairage artificiel ;
la réduction des besoins d‘eau chaude sanitaire (ECS) ;

Prendre en charge partiellement ou totalement les besoins résiduels du bâtiment par des « stratégies d‘énergies renouvelables »
nécessite une maîtrise de toutes les techniques disponibles sur le marché dans ce domaine.

Esquisse
Il faut naturellement être inventif dans la combinaison de ces stratégies tout en essayant de rester les « pieds sur terre ». En
effet, on pourrait vite arriver à la conception « d‘une usine à gaz » (terme pas très approprié d‘accord mais compris de tous) au
niveau techniques spéciales alors que le but de ce guide est de simplifier au maximum la conception architecturale.

L‘idée donc du recours aux énergies renouvelables est de proposer des alternatives simples, réalistes, déjà éprouvées pour mini-
miser l‘impact environnemental des besoins résiduels du centre sportif.

2.1 EVALUATION DES BESOINS

Le moment est venu de quantifier les besoins résiduels d‘un centre sportif.
3 cas théoriques de niveau d’isolation on été simulés grâce à divers logiciel de simulation dynamique pour évaluer :

les besoins thermiques (TRNSYS) de chauffage et de refroidissement ;


les besoins d‘ECS (logiciel « propriétaire » MATRIciel) ;
les besoins d‘éclairage artificiel en fonction de l‘éclairage naturel (ECOTECH ; Daysim ; Dialux).
Ces niveaux d‘isolation ont été définis comme suit :

Libellé K Chauffage Refroidissement


Type « règlementaire au niveau Umax des parois » K24 50 kWh/m².an 0 kWh/m².an
Type « basse énergie » K12 23 kWh/m².an 1 kWh/m².an
Type « très basse énergie » K8 15 kWh/m².an 1 kWh/m².an

Suivant le cas de niveau d‘isolation, on retrouve la répartition des besoins de cha-


leur et électrique.

La part des besoins de chaleur est importante par rapport aux besoins électriques
et d‘ECS pour le cas le moins performant concernant l‘isolation de l‘enveloppe.

A remarquer que le cas règlementaire est celui qui respecte la règlementation


wallonne au niveau des coefficients U max des parois externes.

79
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
Mais dès l‘instant où le niveau d‘isolation devient plus important, les consomma-
tions électriques prennent le dessus. Dans les consommations électriques on re-
trouve principalement des besoins :

d‘éclairage artificiel ;
de force motrice pour les ventilateurs des groupes de traitement d‘air ;
de force motrice pour les auxiliaires de chauffage ;
de bureautique et d‘électroménager.

Ces diverses répartitions entre les besoins de chaleur et d‘électricité sont impor-
tantes à déterminer avec précision par un bureau d‘étude spécialisé car le choix de
« stratégies » combinées d‘énergies renouvelables s‘articule pratiquement toujours
autour de ces deux besoins.

Par exemple, comme on le verra plus loin dans les différentes études théoriques
d’alternatives renouvelables, la proportion des besoins de chaleur et d’électricité
et leur simultanéité intervient clairement dans le dimensionnement :

de la puissance d’une cogénération ;


de la puissance d’une pompe à chaleur couplée avec des capteurs solaires photovoltaïques;

2.2 « STRATÉGIES » D’ÉNERGIES RENOUVELABLES EN FONCTION DES RESSOURCES

Le potentiel d‘exploitation des énergies renouvelables est lié aux ressources présentes sur le site ou à proximité du projet
de conception. Par exemple il semble difficilement concevable d‘envisager :
Esquisse

Une éolienne dans un endroit peu exposé aux vents ;


Une chaudière au bois dans un endroit peu entouré de forêts exploitables ;
Une géothermie avec un sol potentiellement inexploitable.
Comme le montre le tableau suivant, différentes « stratégies » sont possibles en fonction des ressources exploitables sur le lieu
du projet :

« RESSOURCE » ENERGIE RENOUVELABLE

« STRATEGIE »
ENERGIE Sol Air/vent soleil Bois Huiles végétales Eau
RENOUVELABLE

Puits canadien Limité en


puissance et
espace Free-cooling
important de surface
Puits provençal
nécessaire d’un plan
d’eau
Sol favorable
Proximité
et
Géothermie d’un cours
régénération
d’eau
nécessaire
Ressource à
Filière
proximité +
Cogénération d’approvisionnement
grande
développée
puissance
Lieu bien
Eolien
exposé
Photovoltaïque Surface de
toiture
Solaire thermique suffisante et
bien exposée
Filière
Ressource à
Biomasse d’approvisionnement
proximité
développée

80
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
2.3 « STRATÉGIES » D’ÉNERGIES RENOUVELABLES EN FONCTION DES BESOINS

Le recours aux énergies renouvelables peut être intéressant afin de réduire tant la facture énergétique que l‘empreinte écologi-
que du centre sportif. Cependant, il sera nécessaire de privilégier la meilleure filière renouvelable en fonction de la combinaison
des différents besoins :

de chauffage ;
d‘ECS ;
d‘éclairage ;
de ventilation ...
En effet, le recours :
à un ensemble d‘énergies renouvelables, sans au préalable pondérer les différents besoins pourrait entrainer une
incompatibilité d‘une technique par rapport au besoin. On notera, par exemple, la non régénération des sols ex-
ploités par géothermie lorsque les énergies extraites et réinjectées dans le sol sont déséquilibrés ;
à un large panel de techniques dans le domaine renouvelable pourrait tenter le maître d‘ouvrage à l‘utilisation
redondante de différentes techniques pour des mêmes besoins et donc un investissement conséquent non néces-
saire. Par exemple, on serait tenté, à l‘extrême, pour le même besoin de chaleur et d‘électricité, de placer des
capteurs photovoltaïques, des capteurs solaires thermiques et une cogénération 1.

Le tableau suivant propose une aide synthétique au choix des « stratégies » faisant appel aux énergies renouvelables en fonction
des besoins :
BESOINS DU BÄTIMENT
« STRATEGIE »
Besoin de Besoin Besoin d‘eau Besoin
D‘ENERGIE Besoin de froid
chaleur d‘éclairage chaude sanitaire d‘électricité
RENOUVELABLE

Esquisse
Très basse
température de
Puits canadien
préchauffe
possible
Haute
température de
Puits provençal
refroidissement
par free cooling
Basse Haute
Haute
température température de
Géothermie température à
pour un bon refroidissement
COP moins bon
COP par géocooling
Haute Haute
Cogénération
température Electricité température Electricité
autoconsommée autoconsommée
Eolien
ou renvoyée sur ou renvoyée sur
le réseau Climatisation le réseau
Photovoltaïque
solaire
Température Température
haute ou basse haute ou basse
Solaire thermique
suivant la suivant la
saison saison
Haute
Biomasse
température

La liste des « stratégies » d‘énergies renouvelables de ce tableau n‘est pas exhaustive mais reprend celles susceptibles de s‘ap-
pliquer à un hall sportif et de se combiner entre elles pour subvenir aux différents besoins.

1: la cogénération est un moteur thermique accouplé à un alternateur qui produit simultanément de la chaleur et de l’électricité. Cet équipement
permet de décentraliser la production d‘électricité sur le site même en demande de besoins de chaleur.

81
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
2.4 UN MOT SUR LES « STRATÉGIES » D’ÉNERGIES RENOUVELABLES

Les énergies renouvelables ont fait et font toujours couler beaucoup d‘encre quant à leur pertinence, éthique, durabilité, … Le but de ce
Esquisse

guide n‘est pas de faire l‘éloge d‘une stratégie par rapport à une autre mais simplement d‘évaluer pour chacune d‘elle :
les enjeux et la rentabilité ;
la faisabilité technique.

2.4.1 COGÉNÉRATION

Si on a besoin de chaleur et d’électricité...

A ENJEU ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Voir fiche thématique 4 :


Lorsque des besoins thermiques et d‘électricité simultanés sont présents dans un bâtiment, une produc-
tion « décentralisée », pour assurer ces besoins sur le site d‘exploitation, peut être envisagée en évitant Cogénération
la destruction d‘énergie primaire de production d‘électricité inévitable au niveau de la centrale électrique
et du réseau de distribution.
Une cogénération peut répondre à cette attente. Le principe de base est simple : un moteur thermique couplé à un alternateur permet de
subvenir :
aux besoins de chauffe par la récupération de la chaleur des gaz de combustion et du liquide de refroidissement du mo-
teur ;
aux besoins d‘électricité par la production sur site de l‘alternateur.

La décentralisation de la production d‘électricité par l‘implantation d‘une cogénération sur site permet non seulement de réduire les
consommations d‘énergie primaire (le rendement moyen « officiel CWAPE » de 55 % intervient dans le calcul comparatif d‘une centrale
Avant projet

TGV et d‘une cogénération) mais aussi, et c‘est le but final, de réduire les émissions de CO2. Une cogénération :
au gaz émet 279 g de CO2 par kWh ;
à l‘huile végétale émet 65 g de CO2 par kWh ;
au bois émet 40 g de CO2 par kWh.

Indépendamment des considérations éthiques du colza, de durabilité de bois dû à la gestion saine des forêts, …, on sent tout de suite un
intérêt non négligeable pour ce type de technologie.

B RENTABILITÉ

Pour qu‘un tel investissement soit rentable, il faut que la consommation de chaleur de chauffage et d‘ECS soit importante. Concrètement,
dans le cas des halls sportifs, les volumes d‘eau chaude sanitaire demandés pour ces différents puisages, la consommation électrique
d‘éclairage et des moteurs de ventilation sont généralement importants. Une cogénération a donc une chance d‘être intéressante.

Elle est d‘autant plus rentable :

que la couverture énergétique et, par conséquent, le nombre d‘heures de fonctionnement est important ;
que l‘autoconsommation d‘électricité est grande ;
que le type de combustible utilisé est durable, à savoir que le nombre de « Certificats Verts » (CV) est important.

Mais il ne faut pas se voiler la face, la rentabilité d‘une cogénération est principalement basée sur la vente de CV pendant une
durée déterminée (10 à 15 ans).

82
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
C ASPECTS TECHNIQUES

Une cogénération se dimensionne principalement


sur les besoins de chaleur et obtient sa rentabilité
sur la production d‘électricité ;
Actuellement les constructeurs couvrent toute une
gamme de puissances de cogénération pouvant
allez de 5 kW à plusieurs MW. Dans le cas des halls
sportifs basse énergie, une puissance thermique
aux alentours des 30 kW semble émerger ;
Au niveau de l‘avant-projet, il faut déjà prévoir un
volume d‘encombrement libre qui accueillera la co-
génération à côté du ou des ballons de stockage de
l‘ECS. N‘oublions pas aussi que la présence d‘un
ballon de stockage pour la cogénération permet
d‘augmenter sont temps de fonctionnement et donc
sa rentabilité. Ce ballon de stockage est souvent
important : à ne pas oublier !

Source : Cogengreen

Ne pas oublier qu‘une cogénération est un moyen pour couvrir « en énergie » les besoins thermiques du bâti-
ment. L‘optimum énergétique implique une puissance de cogénération qui ne permet que rarement de couvrir les
besoins «en puissance » thermique complet. Pour cette raison, on est souvent obligé d‘y adjoindre un complé-
ment en chaleur. Dans le
cas d‘une chaudière à

Avant projet
condensation comme com-
plément de chauffage , il y
a lieu de voir la pertinence
de cette association sa-
chant qu‘une cogénération
travaille à un régime de
température assez élevé
vis-à -vis de celui de la
chaudière à condensation
qui risquerait de ne pas
condenser si la températu-
re minimale de retour de la
cogénération devait être
nettement supérieure à
50°C.
Source : ICEDD
2.4.2 INSTALLATION DE PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES

Si on a besoin d’électricité...

A ENJEU ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Voir fiche thématique 5 :


Actuellement, la technologie des capteurs photovoltaïques (PV) est très répandue. Tout com- Photovoltaïque
me les panneaux solaires thermiques, les capteurs PV offrent la possibilité de mettre à profit
une énergie renouvelable.

En Belgique, le soleil fournit chaque année l'équivalent en énergie de 1000 kWh par mètre carré. Grâce aux panneaux
photovoltaïques, il est possible de capter gratuitement cette énergie et ce, durant toute l‘année.

A noter, cependant, qu‘il faudra tenir compte des rendements limités des capteurs PV (de l‘ordre de 13 % —> 100 W/m² d‘irra-
diation solaire donne 13Wc/m²).

83
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
Comme pour l‘énergie éolienne :

en plus des atouts environnementaux, une production locale d‘électricité verte permet de limiter la consommation annuel-
le d‘électricité, de réduire les pics quarts horaires et apporte une image de marque et un aspect didactique pour les jeu-
nes et moins jeunes sportifs au sein de la commune ;
la production locale d‘électricité grâce aux énergies renouvelables se justifie moyennant une étude de rentabilité qui per-
mettra de déterminer la surface optimale de capteurs PV à placer.

B RENTABILITÉ

Indépendamment des primes, qui restent un domaine relativement volatile, la rentabilité d‘une installation de capteurs photovoltaïques est
surtout liée à l‘attribution des certificats verts (CV) pendant une durée déterminée (10 à 15 ans) et du prix de l‘électricité achetée et reven-
due. L‘auteur de projet a donc toujours intérêt à demander une simulation auprès d‘un bureau d‘étude spécialisé ou auprès des facilita-
teurs de la RW.

C ASPECTS TECHNIQUES

Les principaux types de capteurs que l‘on pourrait rencontrer au niveau des centres sportifs seraient :
pour les toitures plates :
des panneaux inclinés. Attention que ce type de configuration limite la surface réelle
exploitable par rapport à la surface de toiture disponible sachant qu‘un panneau incliné
ne peut pas induire une ombre portée au niveau du panneau suivant —> seulement 30
% de la surface disponible de la toiture sont exploitables ;
Avant projet

la membrane souple silicium amorphe.


pour les toitures inclinées les capteurs PV classiques.

Pour info : on consultera le site énergie de la RW pour tout renseignement précis au niveau des avancées
technologiques.

Voici quelques chiffres valables pour la Wallonie pour dimensionner un système photovoltaïque fixe (panneaux rigides à base de silicium
poly cristallin):

8 m² <=> 1 kWc <=> 850 kWh par an * facteur de correction 2

2: Le facteur de correction tient compte des paramètres de configuration du placement


des panneaux :

le rendement optimum est obtenu pour une orientation sud avec une incli-
naison de 35°.

Si on s'écarte de cette position, le rendement diminue. Pour chiffrer cette diminu-


tion de rendement, on applique un facteur de correction sur les 850 kWh pan an
obtenu par kWc. Les valeurs de ce facteur de correction sont données dans le
tableau suivant :

84
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Avoir recours aux énergies renouvelables
2.4.3 PUIT CANADIEN / PROVENCAL

Si on a besoin de chaleur et de refroidissement...

A ENJEU ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Le puits canadien/provençal entre dans la catégorie des systèmes de préchauffage de Voir fiche thématique 6 :
l‘air neuf de ventilation des bâtiments utilisant les énergies renouvelables Puits canadien / provençal
« géothermiques ». En effet, on profite :

en période froide de la chaleur du sol (de l‘ordre de 10°C) pour réchauffer l‘air externe. Un écart pratique de tem-
pérature de 5 K entre le sol et l‘air suffit à préchauffer : c‘est le puits canadien ;
en période chaude, la fraîcheur du sol (la température d‘été reste pratiquement constante par rapport à celle d‘hi-
ver) a un pouvoir rafraichissant sur l‘air neuf externe : c‘est le puits provençal.

B RENTABILITÉ

La rentabilité énergétique du puits canadien sous nos latitudes est assez limitée quand on sait que les écarts entre les tempéra-
tures moyennes de l‘air extérieur et de la terre restent limités (de l‘ordre de 4 à 5 °C).

Ceci est d‘autant plus valable qu‘il souffre de la concurrence du récupérateur de chaleur à plaque que l‘on intègre pratiquement

Avant projet
en standard dans les systèmes de ventilation à double flux. En effet, un tel récupérateur peut atteindre pour des débits < 4500
m³/h des rendements en température de l‘ordre de 90 %.

Au niveau financier, sans rentrer dans le détail des chiffres, on voit tout de suite que l‘investissement consenti pour un puits cana-
dien/provençal est beaucoup plus important que celui d‘un récupérateur haut rendement. Effectivement, les coûts dus à la fouille,
les équipements, la mise en œuvre, … devraient être importants.

Exemple :
Qsens Economie Economie de
Une salle de sport a été modélisée sur Economie
[kWh]/6 moi énergétique CO2 [kg de
des dimensions standards (L x l x H : financière [€/an]
s [kWh/an] CO2/an]
45x25x9m). Pour des conditions identi-
Pas de
ques de fonctionnement interne et un système de 36.152 0 0 0
même climat tout au long de l’année, préchaufage
des simulations thermiques dynami-
Puits canadien 34.588 3.476 173 970
ques (TRNSYS) ont été réalisées pour
Récupérateur 24.366 26.191 1.309 7.307
mettre en évidence les besoins de cha-
leur. Dans ces simulations, on a comparé un puits canadien et un récupérateur de chaleur (voir détail de la fiche thématique 6: le
puits canadien/provençal) de même rendement thermique.

Au vu des résultats, le récupérateur de chaleur à plaque à haut rendement est nettement plus performant que le puits canadien.

85
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
C ASPECTS TECHNIQUES

C.1 CRITÈRES DE CONCEPTION

Les éléments pris en compte pour la conception d‘un puits canadien/provençal sont :

le mode de ventilation hygiénique associé ;


la nature du sol ;
La localisation géographique ;
L‘espace disponible pour le placement ;
Les pertes de charge.

C.2 DIMENSIONNEMENT

En se basant sur un rendement thermique du puits de 80 % (valeur courante de dimensionnement), on détermine les longueurs de
Avant projet

conduits à prévoir en fonction :

des débits à assurer ;


des diamètres des conduits ;
de leurs pertes de charge ;

Des conduits placés en parallèles permettent d‘augmenter le débit nécessaire pour assurer les besoins d‘air neuf.

C.3 HYGIÈNE

On prévoira une pente continue depuis la prise d‘air vers le local technique du centre sportif et ce afin d‘éviter que les condensats inhé-
rents au puis canadien/provençal ne stagnent dans les conduites. Dans la foulée, un système d‘évacuation des condensats sera prévu.

2.4.4 GÉOTHERMIE

Si on a besoin de chaleur et de refroidissement éventuel (pas vraiment nécessaire dans un centre sportif…)

A ENJEU ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Voir fiche thématique 7:


On pourrait envisager de « pomper » la chaleur du sol pour subvenir aux besoins de chaleur du
centre sportif. A part quelques endroits sur terre privilégiés à ce niveau, la géothermie ne serait La pompe à chaleur
pas d‘une grande efficacité vu les températures de sol relativement basses (en moyenne 10°C)
dans notre région. L‘adjonction d‘une pompe à chaleur au sol ou à un cours d‘eau permet de
« pomper » l‘énergie du sol à un niveau de température acceptable et de la porter à une température plus élevée pour chauffer
un centre sportif ou, plus modestement, des salles de sport.

Un bâtiment bien ou très bien isolé peut réduire ses besoins énergétiques et ses puissances de relance de chauffage. C‘est à ce
niveau que l‘association d‘une PAC avec une source froide géothermique peut s‘avérer efficace. En effet, pour une puissance d e
relance modeste, les émetteurs de chaleur (source chaude de la PAC) tels que les batteries chaudes des chauffages par air,
peuvent être dimensionnés pour des températures de l‘ordre de 35°C par conditions extrêmes de températures externes sans
pour autant nécessiter des débits de ventilation élevés.

Pour une puissance de chauffage de 56kW nécessaire en relance dans une salle sport bien isolée, le débit de ventilation de chauffage
assurant le confort est de l’ordre de 7.500 m³/h pour une température de pulsion de 35°C; ce qui correspond au débit d’air neuf nécessai-
re en pointe (quelle coïncidence !)

86
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
Dans ces conditions les enjeux énergétiques et environnementaux peuvent être avantageux sachant que pour
:
des températures de source froide élevées (par degré d‘augmentation de la source froide, les consommations
énergétiques diminuent de 3 %) ;
des températures de source chaude basses (par degré de diminution de la source chaude, les consommations
énergétiques diminuent de 3 %) ;
les performances énergétiques des PAC sont élevées.

On parlera de COP (coefficient de performance) en moyenne au cours de la saison de chauffe > 4.

B RENTABILITÉ

La rentabilité énergétique et environnementale d‘une installation de géothermie associée à une pompe à chaleur est à examiner
au cas par cas. Cette rentabilité se matérialise par la diminution des consommations énergétiques et des émissions de CO2 par
rapport à une installation de chauffage classique (exemple d‘une chaudière au gaz à condensation).

Une PAC dont le COP saisonnier est de 4 signifie que pour un besoins de chauffe de 1kWh, sa consommation est de 0,25 kWh.
Super ! Mais pas de chance, le réseau belge (centrale comprise à un rendement de 55 % (CWAPE) voire 38 % si on considère le
nucléaire ; ce qui signifie qu’au lieu de consommer 0,25 kWh, la PAC consommera au pire 0,65 kWh
Une chaudière à gaz à condensation de rendement de 104 % PCI consommera 0.96 kWh pour fournir 1 kWh de besoins de
chauffe ;
Une pompe à chaleur peut donc donner une rentabilité énergétique et environnementale à un projet de géothermie

Avant projet
Par contre, la rentabilité financière, pour autant que ce soit une notion objective, est relativement difficile à atteindre. Tout dépend
naturellement de l‘accessibilité de la source froide.

Un forage géothermique, par exemple, est couteux (50 €/m foré en moyenne). Pour une salle de sport de 46 kW de puissance
de chauffe, avec une efficacité moyenne du sol de 50 W/m de profondeur, il faut 920 m de sondes géothermiques pour un bud-
get avoisinant les 46.000 € ;
Un centre sportif à côté de la Meuse pourrait, sous certaines conditions, se permettre d’investir dans une solution PAC eau/eau
avec comme source froide l’eau de la Meuse. Les coûts d’investissement de « connexion hydraulique » entre la PAC et la source
froide seraient limités (conduites d’eau, pompe, filtration, …).

C ASPECTS TECHNIQUES

C.1 CONFIGURATION DES POMPES À CHALEUR

On retrouve principalement les grandes familles de pompe à chaleur suivantes :

pompe à chaleur eau/eau ;


pompe à chaleur air/eau ;
pompe à chaleur air/air.

C.2 ELÉMENT DE CHOIX

Le choix de la pompe à chaleur sera surtout motivé par la performance énergétique du système (COP) et donc par le souci de
réduire les émissions de gaz à effet de serre.

87
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
La performance énergétique de la PAC est liée au choix de la source chaude et de la source froide :

la source chaude, dans les bâtiments basse énergie, peut être dimensionnée pour des températures basses tout en assu-
rant la puissance de chauffe nécessaire. A ce niveau, pour autant que les températures de source chaude soient les mê-
mes, que ce soit pour des émetteurs à air chaud, ou des planchers chauffants à eau, le choix en faveur d‘un modèle de
PAC à air ou à eau n‘est que peu significatif ;
par contre au niveau de la source froide, l‘avantage est nettement aux PAC eau/eau quant à la performance énergétique
(COP saisonnier > 4 en moyenne). En effet, les sources froides pour ce type de PAC ont des températures plus stables
tout au long de l‘année puisqu‘elles font appel à des sources tels que le sol, les rivières, les nappes phréatiques, … (de
l‘ordre de 10°C en moyenne). A l‘inverse une PAC air/eau, par exemple, utilise l‘air comme source froide. On sait tous
que la température de l‘air est très fluctuante au cours des saisons. De plus, il est froid voire très froid au moment où le s
besoins de chauffe sont les plus importants.

C.3 GAINS ÉNERGÉTIQUES

Tant au niveau de la source chaude que de la source froide, la température est un élément essentiel de choix du système de chauffage
par pompe à chaleur. Un bon ordre de grandeur est une augmentation de 3 % de l‘efficacité énergétique lorsque :

la température de la source froide augmente de 1°C ;


la température de la source chaude diminue de 1°C.

C.4 DIMENSIONNEMENT ET MISE EN OEUVRE

Comme on l‘a souvent dit, une stratégie d‘énergie renouvelable


sera mise en place afin de couvrir le maximum « en énergie »
des besoins de chaleur. On la choisira souvent bivalente avec
Avant projet

une production fossile telle qu‘une chaudière à gaz à condensa-


tion par exemple de manière à couvrir, elle, le solde « en puis-
sance » que ne peut fournir la PAC.
Sur cette base, pour un centre sportif de type basse énergie,
l‘optimum énergétique correspond en général, à une puissance
de PAC de l‘ordre de 30 à 40 % de la puissance de relance
dans les conditions de température les plus défavorables en
période froide; ce qui correspond en pratique à l‘optimum éco-
nomique situé entre 70 et 80 % de l‘énergie de chauffe.
Monotone de chaleur

Les émetteurs (sources chaudes de la PAC) devraient être dimensionnés pour des températures les plus basses possibles tout en assu-
rant le confort escompté.
Les sources froides doivent être dimensionnées sur base de leur capacité respective.

Par exemple, on peut espérer « tirer » de 10 à 50W/m dans le sol en fonction de sa nature.

La valeur de l‘énergie susceptible d‘être pompée de la source froide nécessite de faire appel à des bureaux spécialisés capables d’effec-
tuer des essais de sol, de mesurer des capacités de régénération d‘une nappe phréatique et de s‘assurer, par l‘utilisation de simulation
dynamique , de la pérennité du système (équilibre de la température sur 20 ans)

C.5 BESOINS D’EAU CHAUDE SANITAIRE

C‘est spécifiquement pour ce type de besoins que l‘appoint d‘une production classique, style chaudière à gaz à condensation, est néces-
saire sachant que les PAC, pour des températures d‘eau chaude de 60°C (pour éviter la prolifération des légionelles), voient leur COP
s‘écrouler.

88
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
2.4.5 EOLIEN

A TECHNOLOGIE

Voir fiche thématique 8:


Que rêver de plus belle application renouvelable !
Eoliennes

Rien qu‘en regardant autour de soi, on se rend compte que la technologie semble au point
même pour les petites et moyennes puissances. Bien que d‘aspect simple (tout le monde a déjà fabriqué son propre moulin à
vent sur la plage), la technologie derrière les « vraies » éoliennes est très complexe ne fusse qu‘au niveau :

purement aéraulique comme l‘optimisation des profils des pales ;


des contraintes mécaniques des mâts ;
de l‘orientation du système par rapport au vent ;
de la stabilité de la vitesse ;
du renvoi de l‘électricité sur le réseau ;

B ENJEU ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Les enjeux sont naturellement évidents. Tout comme les « stratégies d‘énergie renouvelables » tel que le soleil, l‘éolien est éner-

Avant projet
gétiquement aléatoire puisqu‘il dépend de la « bonne volonté » du vent. Il sera nécessaire de réaliser une étude par un bureau
d‘étude spécialisé dans cette matière.

En plus des enjeux énergétiques et environnementaux, l‘auteur de projet devra mettre en balance la nécessité, en termes de
durabilité, de ne pas trop éloigner le centre sportif du centre de la commune et le besoin de choisir un site venteux à l‘abri de
toutes perturbations dues à la proximité d‘obstacles comme les habitations d‘un quartier.

C RENTABILITÉ

L‘éolienne peut offrir une puissance électrique importante et se montrer rentable financièrement pour autant que le site soit bien
implanté et que le dimensionnement de l‘éolienne soit
optimal. La rentabilité se situe au niveau :

de la réduction de la consommation d‘élec-


tricité du réseau ;
des aides financières, des incitants fiscaux
au niveau fédéral et des certificats verts
(CV) au niveau de la région permettent
d‘augmenter la rentabilité du projet.

Coût des éolienne (prix catalogue HTVA)

La rentabilité s‘exprimera aussi en termes autres que purement financier. On considèrera aussi l‘impact didactique, la durabilité
par rapport à l‘activité non seulement du centre sportif mais aussi au niveau de la commune et l‘image de marque.

89
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
D ASPECTS TECHNIQUES

Deux types d‘éolienne sont couramment rencontrés sur le marché, à savoir les turbines à axe horizontal et vertical.
Les turbines à axe horizontal ont souvent meilleure presse que celles à axe vertical. En général, on invoque :

leur puissance plus élevée ;


leur meilleure efficacité ;
« Elles vont chercher le vent là où il est ! » ;

Par contre :

toute la technologie à entretenir se trouve en hauteur ;


un mécanisme d‘orientation est nécessaire ;
… Types à axe vertical et axe horizontal

2.4.6 SOLAIRE THERMIQUE

A ENJEUX ET RENTABILITÉ

Dans les bâtiments « basse énergie », la consommation d‘eau chaude sanitaire (ECS) peut représenter Voir fiche thématique 9:
Avant projet

une part importante de la consommation totale de chaleur du bâtiment. Dans une démarche globale de Chauffe eau solaire
réduction de la dépense d‘énergie, il est donc particulièrement logique d‗étudier la rentabilité d‘une
installation de panneaux solaires thermiques.

Pour qu‘un tel investissement soit rentable, il faut que la consommation d’ECS soit importante. Concrètement, dans le cas des halls
sportifs, les puisages d‘eau chaude sanitaire sont généralement les suivants :

douches et sanitaires ;
cuisine et cafétéria.

Les volumes d‘eau chaude sanitaire demandés pour ces différents puisages sont généralement importants. Les panneaux solai-
res thermiques ont donc une chance d‘être intéressants.

B ASPECTS TECHNIQUES

Au niveau de l‘avant-projet, il faut déjà prévoir un volume d‘encombrement libre qui accueillera les ballons de stockage de
l‘ECS ;
De plus, la boucle d‘eau chaude préparée par les panneaux solaires doit être la plus réduite possible pour limiter les per-
tes : dans ce cas, il est conseillé de placer le local chaufferie (appoint de chaud pour l‘ECS) le plus proche des panneaux
(par ex. sous-toiture…).

90
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Avoir recours aux énergies renouvelables
2.4.7 BIOMASSE

A ENJEUX ET RENTABILITÉ

A.1 ENERGIE ET ENVIRONNEMENT

Voir fiche thématique 10:


Le bois en tant que combustible d‘origine renouvelable est intéressant. Son bilan CO 2 est pres-
que neutre (les émissions équivalent la quantité emmagasinée au cours de la croissance des Biomasse
arbres sur pied en dehors de la transformation) si on suppose un cycle complet du bois qui
permet à des plantations nouvelles de capter le CO2 émis par le bois brûlé ! La solution est
donc très intéressante du point de vue environnemental (émissions de CO2).
De plus, la filière bois est assez séduisante pour les raisons principales suivantes :

le bois est abondant en RW ;


les gammes de puissance de chaudière bois sont bien adaptées
aux bâtiments de basse et moyenne puissance ;
le bois est plus facilement « conditionnable » et transportable (sous
forme de bûches, de plaquette, de pellets, …) que le lisier pour la
biométhanisation par exemple.

A.2 INVESTISSEMENT

Avant projet
En termes d‘investissement, les systèmes de chauffage au bois restent relativement coûteux. Il faut compter que le prix,
pour installation de moyenne puissance comme celle d‘un centre sportif basse énergie (125 kW pour le chauffage et
l‘ECS) est de l‘ordre du double de celui d‘une chaudière classique de même puissance mais à gaz à condensation.
Par contre, le prix du combustible pellet offre l‘avantage d‘être relativement moins volatil (subit quand même la loi de
l‘ordre et la demande) par rapport aux énergies fossiles non renouvelables, ce qui représente, sur le long terme, une
garantie relative de maintien des coûts d‘exploitation.

B ASPECTS TECHNIQUES

On retiendra surtout au niveau des aspects techniques que :

les chaudières à pellets sont des chaudières intéressantes au niveau énergétique par rapport aux autres types de
chaudières au bois, car leur rendement pouvant aller jusqu‘à 92 %, elles rivalisent avec les chaudières au fuel et
gaz HR. Bien entendu, si on les compare aux chaudières à gaz à condensation, les chaudières à pellets sont « un
cran » en dessous (on raisonnera alors en termes de bilan CO2 qui penche favorablement en faveur des chaudiè-
res bois) ;
les difficultés techniques et financières d‘une chaufferie au bois résident surtout dans le stockage du combustible
(place, infrastructure importante, alimentation de la chaudière sophistiquée, …).

C DIMENSIONNEMENT

C‘est surtout le dimensionnement du stockage qui devra être fait avec soins par un bureau d‘étude spécialisé.
Les dimensions de la zone de stockage seront évaluées en fonction des paramètres suivants :

le combustible (pellets ou plaquettes) ;


les caractéristiques intrinsèques du combustible (taux d‘humidité…) ;
la consommation estimée du bâtiment ;
et l‘autonomie souhaitée.

91
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
3 FAVORISER LA COMBINAISON DES « STRATÉGIES D’ÉNERGIES RENOUVELABLES » ET FOSSILES

L’objectif :
réduire l’impact énergétique et environnemental au maximum, en combinant, pour un bâtiment basse énergie, diffé-
rentes stratégies faisant appel aux énergies renouvelables ;
limiter au maximum l’appoint en énergie fossile pour les besoins de chaleur

3.1 STRATÉGIE D’ÉNERGIE RENOUVELABLE PURE : UNE UTOPIE ?

En partant du principe que les besoins énergétiques d‘un centre sportif, quels qu‘ils soient, doivent être limités au maximum, les ressour-
ces d‘énergie renouvelable sont-elles capables de subvenir à ces besoins dans leur totalité ? Auquel cas on peut considérer que le bâti-
ment est un bâtiment « zéro énergie ».

Un tel type de bâtiment relève du prototype, mais il ne doit pas être écarté pour la cause !
Pour un projet de conception aussi ambitieux, il est nécessaire d‘étudier dans les moindres détails les aspects énergétiques et financiers
à un degré de précision important. Lorsque le maître d‘ouvrage se trouve dans cet état d‘esprit, il fera appel à des bureaux d‘étude en
architecture et en techniques spéciales spécialisés dans le domaine de la conception basse énergie et durable.

Ce n‘est pas le but de ce guide ! Ici on vise plutôt un plus grand nombre de projets réalistes à basse énergie. Cette prise de position impli-
que que les besoins énergétiques des centres sportifs concernés ne seront pas suffisamment faibles pour être pris en charge par des
stratégies purement renouvelables.

3.2 « COHABITATION RAISONNÉE » DES STRATÉGIES


Projet

N‘oublions pas que nous sommes champions en matière de compromis. C‘est la raison pour laquelle la plupart des systèmes innovateurs
font appel à un mixage des systèmes de production des énergies renouvelables et fossiles.

Les exemples suivants le montrent :

production de chaleur par pompe à chaleur (PAC) associée à une chaudière classique à haut rendement au gaz. La pom-
pe à chaleur produit la chaleur la plupart du temps afin de réduire l‘impact énergétique et environnemental. La chaudière
au gaz est juste là pour donner le complément de chaleur en période très froide et pour servir de « backup » en cas de
besoin ;
lorsque la conception du centre sportif a intégré les grands principes de l‘optimisation de l‘éclairage naturel, le besoin
d‘éclairage artificiel des espaces est réduit au maximum. Envisager que le solde électrique pour l‘éclairage artificiel puis-
se être fourni uniquement par des capteurs photovoltaïques est difficilement concevable dans le sens où la production
électrique des capteurs solaires diffère de la consommation de l‘éclairage. Pour compliquer le tout, on sait que l‘électrici-
té est difficilement stockable si ce n‘est que par des accumulateurs électriques. A ce propos, les accumulateurs sont sou-
vent sous les feux de la rampe en matière d‘environnement (les batteries n‘ont pas une bonne réputation écologique :
métaux lourds, dégagement gazeux dans le bâtiment, …). Bref, on se retrouve dans l‘obligation d‘associer les capteurs
photovoltaïques avec le réseau électrique classique qui stocke virtuellement l‘énergie produite par les capteurs. On asso-
cie donc indirectement une énergie renouvelable avec une énergie fossile (centrale électrique TGV par exemple) ;

D‘emblée, on considérera une « cohabitation raisonnée » des stratégies d‘énergies renouvelables avec des énergies fossiles en considé-
rant que :

on maximise la « couverture énergétique » des besoins par une stratégie d‘énergie renouvelable ;
comme « mal nécessaire », on assure les besoins énergétiques « en puissance » avec des stratégies d‘énergie fossile.

92
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
3.2.1 EXEMPLE DE LA POMPE À CHALEUR BIVALENTE

A CONTEXTE

Supposons que le maître d‘ouvrage soit prudent mais


conscient de la nécessité de favoriser les énergies re-
nouvelables. Le lieu du projet est :

favorable à l‘utilisation d‘une rivière à débit


relativement constant au cours de l‘année ;
pourvu d‘une alimentation en gaz naturel.

Le bâtiment à construire est basse énergie et nécessite


peu de besoin de chaleur. Un des choix de chauffage
particulièrement adapté pourrait être une pompe à cha-
leur eau/eau où la source froide serait l‘eau de la rivière
et la source chaude une batterie d‘aérotherme dont la
température de soufflage d‘air est limitée à 30-35°C. Source : Energie + (monotone de chaleur)

La prudence du maître d‘ouvrage voudra qu‘il prévoie aussi une redondance par le choix d‘un appoint comme par exemple une
chaudière gaz à condensation vu qu‘il dispose d‘une conduite de gaz à proximité.
A noter que, classiquement, un tel besoin de chaleur est assuré par deux chaudières en parallèle, ce qui permet de rester sur les
sentiers battus. L‘originalité de cette combinaison de systèmes porte sur :

Projet
la réduction éventuelle de l‘impact environnemental (émissions de gaz carbonique CO 2) grâce à l’utilisation d’une
ressource renouvelable comme l‘eau de la rivière ;
la diversification des vecteurs énergétiques en matière de sécurité d‘approvisionnement ;
la compatibilité des niveaux de températures basses permettant de maximiser la condensation de la chaudière
gaz et l‘efficacité de la pompe à chaleur (COP élevé pour des températures de source chaude basse).

B OPTIMUM ÉNERGÉTIQUE, ENVIRONNEMENTAL ET ÉCONOMIQUE

Dans la littérature, l‘optimum énergétique, environnemental et économique d‘une pompe à chaleur se situe souvent pour un di-
mensionnement de puissance de PAC à hauteur de 30 à 40 % de la puissance de base déterminée en fonction des besoins
réels du bâtiment ; ce qui correspond à 70 à 80 % de l‘énergie de chauffe. En d‘autres termes, c‘est à cette valeur de puissance
que la PAC couvre le maximum des consommations énergétiques de chaleur du bâtiment.

Le complément « en puissance » devrait être pris en charge par une stratégie d‘énergie fossile plus classique comme une chau-
dière à gaz à condensation.

3.2.2 EXEMPLE DE LA COGÉNÉRATION BIVALENTE

A CONTEXTE

Le même maître d‘ouvrage, est toujours aussi prudent et conscient de la nécessité de favoriser les énergies renouvelables. Le
lieu du projet est :
au milieu des champs de colza ;
pourvu d‘une alimentation en fuel.

93
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
Le bâtiment à construire est toujours basse énergie. Un des choix
de chauffage particulièrement adapté pourrait être une cogénéra-
tion à l‘huile végétale.

La prudence du maître d‘ouvrage voudra qu‘il prévoie aussi une


redondance par le choix d‘un appoint comme par exemple une
chaudière au fuel de manière à permettre une reconversion de la
cogénération à l‘huile végétale en cogénération au fuel ; en cas de
pénurie d‘huile végétale, la conversion de la cogénération au fuel
ne serait pas trop compliquée à réaliser. Le seul bénéfice environ-
nemental restant serait une production décentralisée d‘électricité
par la cogénération.

L‘originalité de cette combinaison de systèmes porte sur :


Source : Energie + (monotone de chaleur)

la réduction de l‘impact environnemental (émissions de gaz carbonique) grâce à l‘utilisation d‘une ressource renouvelable
comme l‘huile végétale ;
la diversification des vecteurs énergétiques en matière de sécurité d‘approvisionnement.

B OPTIMUM ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Comme dans le cas d‘une pompe à chaleur, il n‘est nécessairement pas intéressant au niveau énergétique et environnemental, voire
économique, de couvrir l‘ensemble des besoins de chaleur par une cogénération surdimensionnée.
Projet

Dans le dimensionnement d’une cogénération, par exemple, le logiciel « CogenSim » calcule, en fonction des besoins de chaleur, un
optimum qui prend en compte :
l’impact énergétique et environnemental le plus faible possible ;
l’impact financier minimum.
On se rend compte que cet optimum correspond à une puissance de l’ordre de 25 à 30 % de la puissance maximum nécessaire dans les
conditions de température externe les plus sévères.

3.3 POUR LES « ACCROS » DES ÉNERGIES FOSSILES

Tout le monde ne peut pas être intéressé par les énergies renouvelables. Qu‘à cela ne tienne, pour les irréductibles, autant envisager des
systèmes performants pour subvenir aux besoins énergétiques.
A ce stade de la réflexion, ce guide peut encore tenter de convaincre ces irréductibles sans toutefois leur faire perdre la face. On peut, par
exemple, adopter une solution hybride où :

les besoins de chaleur d‘une partie du centre sportif seraient pris en charge par une stratégie renouvelable associée à
une stratégie classique. On pense à l‘ensemble des besoins de chauffe et d‘eau chaude sanitaire du bâtiment à l‘exclu-
sion de la grande salle de sport ;
les besoins de chaleur de la grande salle de sport seraient, quant à eux, pris en charge par des systèmes spécifiques aux
espaces de grande hauteur comme les systèmes convectifs (aérothermes à gaz à condensation) ou les systèmes radiatifs
(radiants à gaz). Ces systèmes sont difficiles à combiner aux autres vu qu’ils ne donnent pas la chaleur aux émetteurs via
un fluide caloporteur comme l‘eau chaude. On parle alors de systèmes de chauffage décentralisés.

A ce stade, le principe de « subvenir aux besoins énergétiques là où ils sont » doit influencer la réflexion des concepteurs sur le choix des
systèmes fossiles décentralisés. En effet, on se rend compte que les systèmes de production de chaleur décentralisés à très haut rende-
ment et sans combinaison possible avec les stratégies renouvelables, pourraient avoir leur rôle à jouer pour une partie des besoins de
chaleur du centre sportif. Ceci est dû au fait qu‘il n‘y a pas de pertes de distribution avec un quelconque vecteur caloporteur comme dans
les systèmes centralisés.

94
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
Le schéma suivant illustre la combinaison complète des différents vecteurs énergétiques sélectionnés dans ce guide qu‘ils soient
renouvelables ou pas :

Projet
Ressources renouvelables et fossiles combinées

Les besoins en chaleur dans notre bâtiment basse énergie sont répartis comme suit :

de l’ordre de 40 % pour la grande salle de sport ;


le solde de 60 % pour les autres espaces.

Le compromis trouvé ici est de subvenir aux besoins de chaleur :

de la grande salle avec des systèmes spécifiques à ce type d’espace comme les aérothermes à gaz à condensation ou
les radiants à gaz ;
du reste du bâtiment et de l’eau chaude sanitaire par des systèmes renouvelables.

Avec ce type de configuration, on pourrait quand même agir sur


l’impact environnemental à raison de 60 % du potentiel. Attention
que pour un centre sportif un peu plus modeste, sans salle poly-
valente, il serait nécessaire de revoir sa position dans le sens où
le potentiel des besoins de chaleur disponibles pour réduire l’im-
pact environnemental ne serait plus que de 40 % ; à méditer

95
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
3.4 ETUDE COMPARATIVE DES COMBINAISONS DE DIFFÉRENTES STRATÉGIES

3.4.1 COHABITATION RAISONNÉE

L‘étude porte sur la cohabitation de différentes stratégies d‘énergies renouvelables avec des énergies fossiles classiques. L‘idée reste,
bien sûr :

de maximiser la « couverture » des besoins énergétiques du centre sportif par des stratégies d‘énergies renouvelables
comme par exemple :
une pompe à chaleur géothermique pour assurer les besoins de chaud ;
des capteurs solaires photovoltaïques pour assurer les besoins d‘électricité ;

d‘assurer le complément en puissance, en temps et en énergie par une stratégie d‘énergies fossiles comme par exemple :
une chaudière à gaz à condensation pour le chaud ;
le réseau électrique classique pour les besoins électriques lorsqu‘ils sont en dehors des plages de production des
capteurs photovoltaïques (éclairage des aires de jeux lorsqu‘il fait noir dehors) ;

Il en résulte que tout un catalogue ou « panel » de stratégies d‘énergies renouvelables et fossiles est disponible.
Parmi ce « panel », on veillera à éviter la redondance des « stratégies renouvelables».
Projet

En d‘autres termes, le choix d‘une cogénération à l‘huile végétale avec des capteurs photovoltaïques, par exemple, ne serait pas oppor-
tun dans le sens où les deux systèmes produisent tous les deux de l‘électricité. Vu l‘importance des investissements des deux
« stratégies » et sachant qu‘une seule pourrait subvenir à la fourniture d‘électricité (bon dimensionnement), on évitera la combinaison de
ces deux « stratégies ».

La combinaison « raisonnée » devra donc tenir compte de :

tous les besoins du centre sportif (chaud, électricité principalement) ;


la pertinence écologique et durable (cohérence en termes de filière d‘approvisionnement, bilan CO2 favorable, …) ;
la non redondance des stratégies ;
l‘aspect financier (coûts d‘exploitation et investissements estimés) ;

3.4.2 COMBINAISONS SÉLECTIONNÉES

Sur base des critères de cohabitation raisonnée, émergent différentes combinaisons mûrement réfléchies et non exhaustives que l‘on
pourra comparer entre elles et par rapport à une référence fossile performante et ce, d‘une part au niveau du bilan énergétique annuel et
environnemental (émission de CO2), à savoir :

la combinaison des énergies solaires avec une énergie fossile comme cas de base ;
la combinaison des énergies photovoltaïque et géothermique ;
la cogénération à l‘huile végétale ;
la combinaison des énergies photovoltaïque et de la biomasse.

96
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
3.4.3 DONNÉES ET HYPOTHÈSES DE TRAVAIL

A ENVELOPPE ET SYSTÈMES

Voir fiche thématique 11:


Notre objectif est de proposer des alternatives à la conception habituelle rencontrée dans le Comparaison des straté-
cadre des nouveaux projets actuels.
gies d’énergies renouvela-
D‘emblée on part sur l‘étude d‘un centre sportif basse énergie comme on a pu l‘étudier dans le bles et fossiles
cadre de l‘optimisation de l‘enveloppe.
Pour rappel, le bâtiment de référence était le centre sportif de Grez-Doiceau. Au départ, celui-ci
peut être considéré comme un projet type « Réglementaire au niveau Umax des parois».
Par exemple :

l‘isolation de l‘enveloppe a été bien soignée sachant que l‘on trouve minimum 10 cm de laine de roche dans les
murs et 15 cm en toiture ;
les productions de chauffage sont performantes : chaudières à gaz à condensation ;
le système de chauffage du grand hall est par air à recyclage, ce qui limite l‘impact énergétique ;
la plupart des systèmes de ventilation sont équipés de récupérateur de chaleur.

A.1 ENVELOPPE DE RÉFÉRENCE

Le bâtiment de référence de Grez-Doiceau modélisé est retenu, mais l‘alternative « basse énergie » a été prise en compte, à
savoir :

isolation renforcée des parois externes ;

Projet
l‘éclairage artificiel tient compte de l‘éclairage naturel. Le lanterneau de la grande salle a été optimisé en tenant
compte non seulement de l‘exploitation maximale de la lumière du jour (fraction lumière du jour), mais aussi du
minimum de déperditions thermiques au travers du lanterneau. Pour rappel, dans le cas spécifique des grandes
salles de sport, l‘optimum énergétique entre l‘exploitation de la lumière du jour et les déperditions thermiques est
compris entre 10 et 15 % ;
les systèmes de ventilation des zones principales reprises dans l‘étude sont indépendants, à double flux avec
récupérateur de chaleur (80 % de rendement thermique).

Pulsion parallèle aux versants de la toiture (bouches type « jet »)


A.2 SYSTÈME DE RÉFÉRENCE Extraction sous le faîte de toiture

Centrales de traitement d’air (CTA) équipées d’un


récupérateur de chaleur sur l’air extrait

Ballon ECS

Système de production de Collecteur de chauffage


Centrale de traitement d’air (CTA) équipée d’un récu-
chaleur à connecter
pérateur de chaleur sur l’air extrait

97
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
Afin de permettre la comparaison des différentes productions de chaleur et d‘électricité, on centralise :

les besoins de chaleur sur un collecteur, soit les besoins :


de chauffage par air des différentes zones ;
d‘eau chaude sanitaire ;
de chauffage de l‘air hygiénique.

les besoins d‘électricité au niveau du tableau électrique principal.

Les systèmes de chauffage, de ventilation et d‘ECS sont repris dans le tableau suivant en détaillant les types de production, de distribu-
tion et d‘émission :

Zones Système Production Distribution Emission

Centrale de traitement d‘air Bouche à déplacement


Chauffage
Salle principale à recyclage et récupération Sur l‘air par gaine au sol
Ventilation de chaleur sur l‘air neuf Reprise sous la toiture
Chauffage Centrale de traitement d‘air Pulsion classique
Salles polyvalentes à récupération de chaleur Sur l‘air par gaine
Ventilation sur l‘air neuf Reprise classique

Chauffage Centrale de traitement d‘air Pulsion vestiaire


à récupération de chaleur Sur l‘air par gaine
Ventilation sur l‘air neuf Reprise douche
Vestiaires
Projet

ECS Boucle d‘eau chaude à


Production semi-centralisée 60°C départ et 55°C Douche à poussoir
retour au minimum
Chauffage Centrale de traitement d‘air Pulsion classique
Cafétéria à récupération de chaleur Sur l‘air par gaine
Ventilation sur l‘air neuf Reprise classique

Pour chaque type de systèmes, des rendements ont été appliqués dans la simulation de manière à tenir compte des pertes à chaque
étape du parcours des vecteurs caloporteurs.

B APPORTS INTERNES

Les apports internes n‘ont pas été modifiés par rapport au cas de base. Ils sont essentiellement dus aux sportifs pratiquant leur sport
dans les salles, à la vapeur d‘eau issue des douches, aux sportifs et spectateurs fréquentant la cafétéria. Chaque centre sportif aura ses
propres apports internes en fonction surtout de la fréquentation.

C IMPACT ENVIRONNEMENTAL ET FINANCIER DES ÉNERGIES

98
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
D SUBVENTIONS

D.1 PRIMES

Vu que l‘attribution des primes et de leur hauteur pour tel ou tel système est un « terrain mouvant » en permanence, dans cette
étude comparative, on n‘en tient pas compte.
Cette hypothèse nous permet :

d‘assurer au guide une certaine pérennité à long terme et indépendance de mouvement par rapport aux systèmes
de primes ;
d‘accentuer la motivation énergétique des projets par rapport à celle purement financière.

D.2 CERTIFICATS VERTS

Contrairement aux primes qui peuvent être assez « volatiles », le marché des certificats verts, de par son principe, semble plus
stable. Cependant, l‘octroi des CV pour un investissement est limitée dans le temps (10 à 15 ans). Pour ces diverses raisons,
dans les simulations qui suivent, on en tient compte pour assurer trouver l‘optimum financier.

3.4.4 SIMULATIONS

Différents logiciel de simulation ont été utilisés pour établir les bilans énergétiques, environnementaux et financiers, à savoir le
profil de consommation annuel :

Projet
des besoins de chaud, de froid éventuel provenant des simulations thermiques dynamiques en utilisant le logiciel
TRNSYS :

Besoins de chaleur et de refroidissement d’un hall sportif basse énergie

des besoins d‘éclairage tenant compte de l‘éclairage naturel et étant issu de la conjugaison des simulations dans
Ecotect, Daysim et Dialux ;
des besoins d‘ECS provenant d‘un logiciel propriétaire MATRIciel ;
des besoins électriques des ventilateurs des centrales de traitement d‘air (CTA) provenant de la corrélation de
mesures in situ et des modèles de simulation Consoclim de l‘Ecole des Mines de Paris ;

Dans les différentes simulations, heure par heure, on analyse la correspondance des besoins de chaleur et électriques en fonc-
tion des ressources comme par exemple les besoins d‘ECS et d‘électricité avec la présence de soleil.

99
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
A CAS DE SIMULATION

Pour nous permettre d‘évaluer l‘impact énergétique et environnemental du choix des stratégies d‘énergies renouvelables, un cas classi-
que est pris comme base ou référence de travail, à savoir :

une chaudière à ressource fossile pour les besoins de chaleur ;


des capteurs photovoltaïques sur la toiture pour couvrir l‘optimum énergie des besoins d‘électricité du centre sportif ;
le réseau électrique pour les besoins d‘éclairage, de ventilation, …
Pour valoriser l‘utilisation des énergies renouvelables, on s‘arrange pour que le cas de base soit favorable à l‘environnement. Le tableau
suivant synthétise les différentes simulations :

ENERGIES FOSSILES ENERGIES RENOUVELABLES


ALTERNATIVE ALTERNATIVE ALTERNATIVE
BESOINS BASE 1 BASE 2 BASE 3
1 2 3
Energie Chaudière gaz Chaudière gaz Cogénération à Chaudière bois
Chaudière Pompe à cha-
à condensa- à condensa- l‘huile végétale
fuel leur eau/eau
Besoins de tion tion
chaleur Complément Panneaux
Chaudière gaz Chaudière gaz
puissance solaires ther-
à condensation à condensation
miques
Energie PV PV PV PV
Besoins Complément
d‘électricité énergie et Réseau Réseau Réseau Réseau Réseau Réseau
puissance
Projet

Pour les différents cas de base et alternatives, on analyse :

les consommations d‘énergie primaire ;


les émissions de CO2 ;
les coûts d‘exploitation ;
les investissements.

B CAS DE BASE 1 : CHAUDIÈRE FUEL + PV

Une chaudière fuel fournit les besoins de chaleur , les capteurs PV fournissent les besoins électriques en parallèle avec le réseau électrique

100
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
B.1 RESSOURCES ET SYSTÈMES

De manière à couvrir partiellement ou totalement les différents types de besoins, l‘association d‘une ou plusieurs chaudières avec
des panneaux photovoltaïques est complémentaire et non redondant.

Les ressources associées aux systèmes devraient théoriquement permettre d‘assurer tous les besoins d‘un centre sportif classi-
que.

BESOINS DU BÂTIMENT
« RESSOURCES »
Besoin d‘eau
Besoin de Besoin d‘é- Besoin de ventila-
Besoin de froid chaude sani-
D‘ÉNERGIE RENOU- chaleur clairage tion
taire
VELABLE ET FOSSILE
Refroidisse-
ment naturel Refroidissement
Air
mécanique

Eclairage
Alternative
naturel + Complément
avec cap-
Apport exter- complé- électrique des
Soleil teurs solai-
ne gratuit ment avec ventilateurs avec
res thermi-
capteurs les capteurs PV
ques
PV

Chaudière Chaudière fuel (à


Chaudière
fuel (à condensation)
Gaz / Fuel haut rende-
condensa- pour chauffer

Projet
ment
tion) l’air neuf

PV + Ré-
PV + Réseau
Electricité seau élec-
électrique
trique

B.2 CHAUDIÈRE FUEL

La chaudière fuel pourrait être utilisée dans le cas d‘un centre sportif qui se trouverait isolé sans ressource renouvelable ou
conduite gaz à proximité.

Dans nos chères contrées, cette situation peut encore se présenter mais devient, heureusement marginale. Un peu « en carica-
ture », cette situation pourrait se présenter dans un coin de la Région Wallonne où il n‘y a pas de ressource à proximité immédia-
te :

de bois pour une chaudière biomasse par exemple ;


d‘eau pour une pompe à chaleur. Vous allez dire que s‘il n‘y a pas d‘électricité c‘est foutu pour faire fonctionner la
PAC ;
de champs de colza pour produire de l‘huile végétale pour une cogénération ;
et enfin de gaz pour une chaudière à condensation.

Objectivement, ce genre d‘endroit existe-t-il encore sur notre « demi-confetti » qu‘est la RW ?


Bref, si ce « paradis » sur terre existe, la chaudière au fuel peut « faire l‘affaire ».

101
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
B.3 PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES

Vu que les surfaces des toitures des centres sportifs sont loin d‘être négligeables, la pose de panneaux photovoltaïques est toute indi-
quée.
Pour le hall de référence étudié, l‘optimalisation donne une valeur de 75 m².

Sans rentrer dans les détails, on se rend compte qu‘il est toujours délicat d‘effectuer un calcul de rentabilité sachant que :

les réglementations concernant le niveau de kWc maximum autorisé et la notion de « compteur qui peut tourner à l‘en-
vers », changent ;
les prix des CV évoluent selon le marché ;
les primes suivent les politiques menées ;

Pour ces diverses raisons, il est toujours utile de demander une étude de faisabilité auprès d‘un bureau d‘étude spécialisé lors de la réali-
sation de l‘avant-projet et d‘obtenir une garantie de la part des autorités régionales quant à la certitude d‘obtention des primes et aides à
l‘investissement.

En effet, il est toujours nécessaire d‘analyser :

l‘impact énergétique et environnemental ;


l‘aspect financier du projet ;
la faisabilité technique ;
Projet

la durée de vie des équipements ;


C CAS DE BASE 2 : CHAUDIÈRE GAZ + PV

Une chaudière gaz fournit les besoins de chaleur , les capteurs PV fournissent les besoins électriques en parallèle avec le réseau électrique

102
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
C.1 RESSOURCES ET SYSTÈMES

Dans ce cas, toute chose restant égale, on remplace la chaudière fuel par une chaudière gaz à condensation.

C.2 CHAUDIÈRE GAZ A CONDENSATION

Lorsqu‘on dispose d‘une conduite de gaz à proximité du projet, on s‘arrangera pour choisir un système de chauffage avec chaudière à
gaz à condensation. Cette configuration permet, pour autant que l‘on favorise la condensation, d‘obtenir des rendements proches de 104
% su PCI, raison pour laquelle la comparaison entre les deux types de chaudières en matière énergétique et environnementale est inté-
ressante.

C.3 PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES

La surface optimisée est la même que pour le cas précédent, soit 75 m² de panneaux photovoltaïques.

D CAS DE BASE 3 : CHAUDIÈRE GAZ + PANNEAUX SOLAIRES THERMIQUES

Projet
Une chaudière gaz fournit les besoins de chaleur , les capteurs CES solaires fournissent les besoins d’ECS et le réseau fournit les besoins
électriques

D.1 RESSOURCES ET SYSTÈMES

Dans ce cas, on cherche à mettre en évidence l‘impact énergétique et environnemental des capteurs solaires thermiques. Malgré
la difficulté de « rentabiliser » ce type d‘installation dans la pratique, une installation solaire thermique fait partie des stratégies
d‘énergie renouvelable simple et didactique.

Pourrait-on envisager de placer des capteurs solaires thermiques et des capteurs photovoltaïques sachant que les uns comme
les autres sont limités en surface par rapport à l‘aspect économique de l‘opération ? Oui, pourquoi pas ! Le tout, naturellement,
est une question d‘investissement. On verra par la suite dans les résultats de simulation que l‘addition des 2 types de capteurs
représente un investissement très important pour une amélioration mitigée des bilans énergétique et environnemental.

Pour ce cas spécifique, on simulera juste l‘association d‘une chaudière gaz à condensation avec des panneaux solaires thermi-
ques.

103
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
D.2 CHAUDIÈRE GAZ A CONDENSATION

On dispose de la même chaudière gaz à condensation que le cas précédent.

D.3 PANNEAUX SOLAIRES THERMIQUES

Tout comme les panneaux photovoltaïques, on détermine une surface de capteurs pour laquelle on a un optimum économique.
Une simulation a été réalisée à l‘aide du logiciel « propriétaire » MATRIciel et inspiré du logiciel de T-sol.

Les résultats de la simulation donnent un optimum à 60 m²

E ALTERNATIVE 1 : POMPE À CHALEUR + PV


Projet

Une pompe à chaleur fournit les besoins de chaleur , les capteurs PV fournissent les besoins électriques en parallèle avec le réseau électrique

La combinaison des ressources solaire et géothermique implique l‘association de panneaux photovoltaïques et d‘un système de pompe à
chaleur dont l‘évaporateur est adapté à la source froide. Celle-ci peut être de différents types, à savoir :

le sol sous forme de géothermie en nappe horizontale, les sondes ou les pieux géothermiques, … ;
l‘eau d‘une rivière, d‘une nappe phréatique de surface, … ;
l‘air ambiant.

104
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles

BESOINS DU BÄTIMENT

« RESSOURCES » Besoin d‘eau


Besoin de Besoin Besoin de
Besoin de froid chaude
D‘ENERGIE FOSSILE chaleur d‘éclairage ventilation
sanitaire
Panneaux Panneaux
Panneaux Panneaux
Soleil solaires solaires
photovoltaïques photovoltaïques
thermiques thermiques
Pompe à Pompe à
chaleur chaleur
Sol eau/eau ou eau/eau ou
eau/air + eau/air +
géothermie géothermie
Pompe à Pompe à
chaleur chaleur
Eau
eau/eau ou eau/eau ou
eau/air eau/air
Pompe à Pompe à
Free cooling
chaleur chaleur
Air naturel et
air/eau ou air/eau ou
volontaire
air/air air/air

E.1 POMPE À CHALEUR

Projet
Une pompe à chaleur pourrait-elle assurer seule les besoins de chaleur d‘un bâtiment basse énergie ?

A première vue dans un bâtiment basse voire très basse énergie, oui !

Mais avec quelle efficacité (COP) ou seasonal Performance Factor (SPF) ?

En effet, bien que la source chaude (batterie chaude d‘une centrale de traitement d‘air par exemple) reste à des températures
raisonnables (35°C : à vérifier), même par grand froid, la température de la source froide (air, eau, sol) peut atteindre des valeurs
proches de zéro degré voire moins. La nécessité de dégivrer régulièrement altère l‘efficacité d‘une pompe à chaleur.

On peut donc en arriver à atteindre des COP de l‘ordre de 2.5 dans certains cas ou moins encore.

De plus, la nécessité de chauffer l‘ECS de manière très régulière à des températures de l‘ordre de 60°C (de l‘ordre de 65°C pour
la température de condensation du fluide frigorigène), entraîne aussi une dégradation importante des performances de la pompe
à chaleur.
De manière générale, on peut espérer avec des SPF :
2.5 à 3 pour les PAC air/eau en ECS ;
3 à 4 pour les PAC air/eau en chauffage basse température ;
> 4 pour les PAC eau/eau ;
De nouveau, la réflexion raisonnée nous conduit à envisager une cohabitation d‘une pompe à chaleur bivalente avec un système
de production de chaleur pouvant travailler à haute température.
On rappelle que la cohabitation raisonnée propose :

de prévoir une stratégie d‘énergie renouvelable qui maximalise la couverture énergétique des besoins de chaleur.
C‘est une pompe à chaleur eau/eau qui serait privilégiée car elle a un meilleur COP que les PAC air/eau par
exemple ;
d‘y adjoindre une stratégie d‘énergie fossile qui donne le coup de pouce en puissance quand c‘est nécessaire.
Dans ce cas, si le gaz est disponible, la chaudière gaz à condensation conviendrait le mieux.

105
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles

En pratique on prévoit, suivant la monotone de chaleur, de recou-


rir à la combinaison d’une PAC avec une chaudière gaz à
condensation respectivement à hauteur de 33 % de la puissance
pour la PAC et les 67 % restant pour la chaudière.

En analysant la monotone de chaleur ci-contre, on se rend comp-


te qu’effectivement pour des températures de source froide infé-
rieures à 5°C la pompe à chaleur classique risque de fonctionner
en mode dégivrage.

Actuellement, il est clair que les nouveaux modèles de pompe à


chaleur peuvent travailler à des températures de source froide
bien plus basse que 0°C avec des valeurs de COP qui se main-
tiennent à des valeurs acceptables.
Source : Energie + (monotone de chaleur)

Néanmoins, ces technologies doivent encore faire leurs preuves à longs termes et elles conviennent en général pour des puissances
inférieures à celles nécessaires pour chauffer un centre sportif basse énergie.

Dans le cas étudié ici, une puissance de PAC de l’ordre de 40 KW correspond à 33 % des besoins de chaleur nécessaires.

Rappelons ici qu‘une pompe à chaleur sera d‘autant plus efficace que :
Projet

La source froide sera à la température la plus élevée possible. Par exemple, le sol est en moyenne à une température de
l‘ordre de 10°C par rapport à l‘air qui peut descendre sous nos latitudes en -dessous de -10°C.
On favorisera donc la géothermie pour autant que financièrement une certaine rentabilité existe ;

La source chaude sera à la température la plus basse possible.


On notera que dans les bâtiments bien isolés et à infiltrations réduites, les températures de source chaude peuvent être
plus basse pour la simple raison que les déperditions à compenser sont plus faibles et, par conséquent, les puissances
spécifiques en W/m² plus faibles aussi.

E.2 PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES

On se trouve avec les mêmes contraintes économiques que dans le cas précédent. La surface optimale reste donc de l‘ordre de 75 m².

106
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
F ALTERNATIVE 2 : COGÉNÉRATION À L’HUILE VÉGÉTALE

Projet
Une cogénération fournit les besoins de chaleur et d’électricité en parallèle avec le réseau électrique

F.1 LES RESSOURCES ET SYSTÈMES

La cogénération a l‘avantage de pouvoir combiner la plupart des besoins de chaleur et d‘électricité.

L‘idée de combiner cette cogénération avec des panneaux photovoltaïques ne semble pas cohérente pour la simple raison que
l‘on mettrait en œuvre des stratégies d‘énergie renouvelable redondantes.

BESOINS DU BÄTIMENT
« RESSOURCES » Besoin d‘eau
Besoin de Besoin Besoin de
D‘ENERGIE Besoin de froid chaude
chaleur d‘éclairage ventilation
RENOUVELABLE sanitaire
Electricité du
Chaleur du Electricité du Chaleur du cogénérateur
Huile végétale
cogénérateur cogénérateur cogénérateur pour le
ventilateur
Ventilation
Air
naturelle

107
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
F.2 LE COGÉNÉRATEUR

Si le cogénérateur est bien dimensionné sur base de profils de besoins de chaleur et électrique précis, il peut théoriquement subvenir à
une part importante des besoins. Plusieurs pistes de cogénérateurs dit à énergie « renouvelable » existent.

On citera principalement :

le bois :
les cogénérateurs brûlant ce type de vecteur renouvelable n‘existent que pour des puissances
thermiques supérieures à 500 KW. Dans le cas d‘un hall sportif dit « basse énergie », la puissance
de 400 kW est trop importante par rapport aux besoins réels de chaleur et d‘électricité. On ne re-
tiendra cette application que pour les complexes sportifs de grande importance ou pour un réseau
de chaleur à l‘échelle d‘une commune (installation de cogénération au bois de Gedinne) ;

l‘huile végétale :
à l‘inverse du bois, il existe des petites unités de cogénérations de faibles et moyennes puissan-
ces. Cependant, toute la polémique se situe au niveau de l‘éthique de production de l‘huile végéta- Source : Xylowatt
le : cultiver pour manger ou chauffer tel est le débat. En restant neutre à ce niveau, le guide se doit
quand même d‘en parler en toute liberté et de signaler, tout simplement qu‘une telle filière renouve-
lable existe en Région Wallonne.

L‘approvisionnement en huile végétale doit être garanti avant de se lancer dans ce type de démarche.
Projet

La même réflexion que pour la combinaison d’une pompe à chaleur avec des capteurs photovoltaïques, peut être menée si on envisage
une cogénération à l’huile végétale.

Dans ce cas, le cogénérateur devra aussi tenter de recouvrir tout


seul le maximum :

des besoins de chaleur comme la pompe à chaleur ;


des besoins d’électricité comme les panneaux
photovoltaïques.

Le logiciel CogenSim de la RW, nous permet de dimensionner un


cogénérateur à l’huile végétale sur base des profils de
consommations de chaleur et d’électricité de notre centre sportif de
référence.

Source : Energie+ (monotone de chaleur)

La puissance thermique du cogénérateur calculée pour rendre le projet économiquement optimal est de l’ordre de 30 kWth pour 16 kW
électrique. Tout comme le dimensionnement de la pompe à chaleur, l’optimum économique donne une puissance de l’ordre de 25 à 30 %
de la puissance maximum de dimensionnement.

Pour les mêmes raisons que les autres alternatives renouvelables, la cogénération doit être associée à une autre stratégie de production
de chaleur comme une chaudière à gaz à condensation avec la même ambition de complément en puissance à la cogénération (voir §
2.4.1.

108
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
G ALTERNATIVE 3 : BIOMASSE ET PHOTOVOLTAÏQUE

Une chaudière bois fournit les besoins de chaleur , les capteurs PV fournissent les besoins électriques en parallèle avec le réseau électrique

G.1 LES RESSOURCES ET SYSTÈMES

Projet
La combinaison des ressources solaire et biomasse (bois par exemple) implique l‘association de panneaux photovoltaïques et
d‘un système de chaudière au bois. Les ressources de bois sont assez importantes dans notre région. Alors pourquoi ne pas en
profiter de manière raisonnée. Néanmoins, la proximité de filière d‘exploitation de bois est impérative pour justifier une telle initia-
tive.

BESOINS DU BÄTIMENT

« STRATEGIE » Besoin
Besoin de
Besoin Besoin de d‘eau
D‘ENERGIE Besoin de chaleur ventilation
d‘éclairage froid chaude
RENOUVELABLE hygiénique
sanitaire
Chaudière au Chaudière
Biomasse (bois)
bois au bois
Panneaux
Panneaux photovoltaïques
Soleil
photovoltaïques pour le
ventilateur
Ventilation
Air
naturelle

G.2 CHAUDIÈRE AU BOIS

Les chaudières au bois peuvent atteindre des rendements de l‘ordre de 92 %. La chaudière envisagée dans cette étude est une
chaudière à pellet à aspiration. Les pellets sont stockés dans un silo dimensionné à l‘aide d‘un logiciel « propriétaire » MATRIciel
de manière à optimiser les dimensions sur basse des besoins de chaleur et d‘un scénario de stockage raisonnable.

109
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
G.3 PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES

Tout comme les autres alternatives, l‘optimum économique est de l‘ordre de 75 m² de panneaux photovoltaïques.

3.4.5 ANALYSE DES RÉSULTATS DES SIMULATIONS COMBINÉES

Mettre en évidence le « bienfait » énergétique et environnemental des stratégies d’énergies renouvelables


Suivant les comparaisons des différentes stratégies raisonnées d’énergies renouvelables et fossiles, aider les auteurs
du projet à faire un choix raisonné

Il est intéressant d‘analyser les différentes combinaisons raisonnées de stratégies d‘énergies renouve-
lables et fossiles afin de montrer quels sont leurs impacts : Voir fiche thématique 11 :
Comparaison des straté-
en énergie finale et en coût d‘exploitation ; gies d’énergies renouvela-
en énergie primaire et en émission de CO2 ; bles et fossiles
en termes financiers.

A ENERGIE FINALE
Projet

L‘énergie finale est celle réellement consommée par le centre sportif. Elle
permet, moyennant le prix unitaire des vecteurs énergétiques, de calcu-
ler les coûts d‘exploitation : votre facture énergétique annuelle !
La comparaison des différentes alternatives donne la cogénération et la
pompe à chaleur associée aux capteurs photovoltaïques comme les
moins énergivores au niveau des compteurs d‘entrée du bâtiment.
Pour la cogénération les compteurs sont :

le niveau de la cuve d‘huile végétale en traduisant les litres


consommés en kWh ;
les kWh électriques réellement consommés sur le ou les
compteurs électriques de la cabine haute tension (dans la
plupart des applications).

Pour la pompe à chaleur c‘est uniquement l‘énergie électrique qu‘il faut relever sur le ou les compteurs électriques.

B COUT D’EXPLOITATION

Le coût d‘exploitation est la facture énergétique payée en fin d‘année.


Il dépend directement des fluctuations incessantes des prix de l‘énergie.

C‘est la raison pour laquelle, quels que soient les vecteurs énergétiques et/ou les ressources renouvelables choisis, la réduction drastique
des besoins par le soin porté aux déperditions de l‘enveloppe au travers des parois, par infiltration et ventilation, est une priorité fonda-
mentale.

110
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
Les simulations réalisées montrent que fondamentalement :
les coûts d‘exploitation diminuent suivant la percep-
tion ou pas de certificats verts. Par exemple, la cogé-
nération et la pompe à chaleur associée aux PV cou-
teraient le moins cher aux exploitants d‘un centre
sportif avec, pour seule raison, qu‘elles génèrent
beaucoup de CV. A l‘inverse, si les CV n‘existaient
pas, ces solutions couteraient très chers ;
le dimensionnement des systèmes de production
montre ici toute son importance. En effet, ce dimen-
sionnement, comme on l‘a vu, est réalisé sur base
d‘une optimisation du choix des équipements en fonc-
tion :

de la couverture énergétique maximale ;


de la génération du plus de CV possibles ;
et des coûts d‘exploitation les plus faibles.

C ENERGIE PRIMAIRE

L‘évaluation des énergies primaires donne une idée de l‘impact des besoins énergétiques d‘un centre sportif sur l‘environnement.
Suivant le vecteur énergétique utilisé, les tendances de la comparaison des énergies finales peuvent s‘inverser. Pour preuve, la
consommation d‘énergie électrique pour le chauffage ruine, en
grande partie, la bonne impression laissée au niveau des coûts
d‘exploitation. Ceci dit, On voit encore dans les simulations qui

Projet
ont été menées que :

l‘alternative qui fait intervenir la cogénération est inté-


ressante car, et c‘est le principe escompté, la produc-
tion électrique est décentralisée et ne fait pas interve-
nir la « cascade » des rendements dramatiques pour
la fourniture d‘électricité depuis la centrale jusqu‘au
compteur du centre sportif ;
l‘alternative mettant en évidence la pompe à chaleur,
bien que toujours intéressante globalement, fait juste-
ment l‘effet inverse d‘une cogénération, à savoir : la
centralisation des consommations électriques de la
PAC via le réseau national et les centrales.

D EMISSION CO2

« Last but not least », les émissions de CO2, raison principale de


l‘existence de ce guide, sont aussi évaluées.
L‘interprétation des résultats donne :

la cogénération « gagnante » avec plus de 50 % de


réduction des émissions de CO2 par rapport au choix
du vecteur énergétique fuel ;
la solution de la chaudière au bois « pointe son nez »
comme alternative environnementale intéressante ;
la pompe à chaleur reste intéressante de par le sou-
tien, en grande partie des capteurs photovoltaïques.

111
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
E INVESTISSEMENT

Voici, comme d‘habitude, « le nerf de la guerre » : l‘aspect finan-


cier. Les prix évalués sont des prix budgétaires 2009.
A chaque projet, correspond toujours une négociation des prix qui
peuvent changer en fonction des affinités énergétiques des entre-
preneurs.

Avis donc aux maîtres d‘ouvrage et aux auteurs de projet : « restez


svp objectif et ne succombez pas à la tentation de faire passer à la
trappe les alternatives renouvelables sous prétexte que votre enve-
loppe budgétaire est dépassée et que les stratégies d‘énergies
renouvelables, présentées comme novatrices, sont par consé-
quent, chères ».

Ceci dit, voici quand même un point de comparaison à « l‘instant


t » qui n‘engage que les auteurs du projet :

l‘association de la cogénération et de la chaudière gaz,


décidément, est assez intéressante même au niveau
financier ;
l‘association de la chaudière au bois et des PV se dé-
fend bien par rapport aux solutions fossiles ;
Projet

par contre, l‘association de la pompe à chaleur, de la


chaudière et des PV est onéreuse. Attention la source
froide de la PAC est un réseau de sondes géothermi-
ques (coûts : de l‘ordre de 40.000 € dans ce cas-ci).
D‘où l‘importance de bien choisir le site d‘implantation
du centre sportif surtout en fonction des ressources
renouvelables. A titre indicatif, si le site choisi se trou-
vait en bordure de « Meuse », l‘investissement serait
réduit. Le tableau ci-contre montre cet impact.

3.4.6 CONCLUSION

Volontairement, des temps de retour n‘ont pas été calculés car il est très difficile voire impossible d‘anticiper les marchés de l’énergie, les
primes à l‘aide à la conception énergétique des bâtiments, …
La seule chose dont on est certain, c‘est que le train de la rationalisation des énergies est en route depuis bien longtemps, qu‘il va pren-
dre de la vitesse et qu‘il acquiert une inertie grandissante.

En termes de choix de stratégie de couverture des besoins :

ne vous précipitez pas vers les solutions classiques, rôdées ;


restez indépendant de toute forme de « lobbying » ;
soyez créatif.

C‘est vrai que la tentation est toujours grande de « s‘en sortir au moins cher et à court terme ! »
Dans le cas précis d‘un projet de construction d‘un centre sportif, c‘est l‘occasion de mettre en évidence votre savoir faire sur un bâtiment
qui restera une vitrine en matière de technologie accessible par tous.
N‘oubliez surtout pas que la plupart des sportifs sont jeunes d‘esprit ! L‘impact éducatif, didactique que représente les énergies renouve-
lables doit vous faire réfléchir à long terme.
112
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
En combinant les différents résultats tant sur les points de vue énergétique, environnemental et financier, on peut en conclure
prudemment et pour ce cas précis d‘étude que :

la cogénération à l‘huile végétale est intéressante mais traine derrière elle un problème éthique à analyser au cas
par cas sachant que malgré tout, vu les quotas imposés pour les denrées alimentaires sur le territoire européen,
une partie de la culture pourrait être consacrée à l‘énergie à l‘instar de la canne à sucre du Brésil. De plus, le
développement de l‘huile végétale pourrait permettre de redynamiser le secteur agricole en crise. Pour chaque
projet, on analysera et on sondera la sensibilité des interlocuteurs de manière objective ;
dans le mécanisme des Certificats Verts (CV), beaucoup de combinaisons de stratégies d‘énergies renouvelables
perdent tout leur intérêt financier. Cependant, ce mécanisme est plus stable que celui des primes. Depuis qu‘il a
été mis sur pied la valeur de revente du certificat vert s‘est plus ou moins maintenue au même niveau (85 à 90 €
par CV).

3.5 VALIDER LA COMBINAISON DES ÉNERGIES RENOUVELABLES ET FOSSILES PAR RAPPORT AUX BESOINS

Projet

113
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
En reprenant les étapes successives d‘un projet de conception énergétique d‘un centre sportif, on doit toujours tenir en mémoire que les
étapes logiques sont comme suit :

l‘optimisation de la conception afin de limiter les besoins énergétiques du bâtiment ;


le recours aux énergies renouvelables dans la mesure du possible pour couvrir « en énergie » un maximum de besoins ;
L‘association d‘un complément d‘énergie fossile si nécessaire pour couvrir « en puissance » un minimum de besoins.

C‘est à ce point qu‘il est important de faire la synthèse quant au recours à la cohabitation raisonnée des ressources renouvelables et fos-
siles.
Pour chauffer, approvisionner en ECS, éclairer, fournir la force motrice électrique à un centre sportif, comme on l‘a vu, on privilégiera les
énergies renouvelables en fonction des ressources locales disponibles et de leur durabilité.

Entre autres, on entend par durabilité des ressources :

la pérennité des ressources :


gestion responsable des forêts (chaque arbre coupé est remplacé) ;
régénération thermique des sols dans le cas d‘une géothermie. En effet, une PAC tirant sa chaleur du sol pendant
toute la saison froide, le refroidit et, par conséquent l‘épuise au bout d‘une période pouvant varier de quelques
années à plusieurs dizaines d‘années suivant le degré de durabilité considéré ;

l‘étique comme par exemple l‘huile végétale : « vaut-il mieux cultiver du colza pour chauffer plutôt que cultiver des céréa-
Projet

les pour manger ? ». A ce niveau, le but du guide n‘est pas de prendre position mais de montrer que la filière existe ;
le respect de l‘environnement : l‘exploitation énergétique d‘une nappe phréatique ne risque-t-elle pas de perturber l‘éco-
système ;

Un projet de centre sportif :

en pleine zone forestière ou à proximité de ressources de bois importantes, une chaudière à granulés de bois pourrait
être envisagée ;
a proximité d‘une rivière, d‘un plan d‘eau à débit de renouvellement important, ou encore sur une parcelle dont le sous -sol
abrite une nappe phréatique, le recours à une pompe à chaleur sera étudié ;
en zone agricole, une filière de production d‘huile végétale existant, il serait intéressant d‘évaluer le potentiel d‘une cog é-
nération à l‘huile végétale.

Mais, il est aussi nécessaire de valider le choix du recours aux énergies renouvelables et/ou fossiles en fonction :

des systèmes associés disponibles sur le marché, une sorte de validation technique ;
de l‘impact financier de cette décision ;
de l‘adaptation architecturale éventuelle entraînée par ce choix.

114
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
3.5.1 PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ

A VALIDATION TECHNIQUE

Les technologies de production d‘électricité à partir d‘énergie renouvelable sont, à l‘heure actuelle, éprouvées bien qu‘elles ne
soient pas souvent de grande efficacité.

Par exemple, les capteurs photovoltaïques ont des efficacités énergétiques de l’ordre de 12-13 %. 1000 W/m² qui tombe sur un
capteur donne seulement de l’ordre de 120 Wc/m².

B VALIDATION FINANCIÈRE

Comme on l‘a vu lors de l‘étude comparative entre les différentes cohabitations raisonnées des stratégies renouvelables et/ou
fossiles, malheureusement l‘optimum énergétique n‘est que très rarement l‘optimum financier.

Par exemple, si l’on voulait subvenir aux besoins maximum d’électricité on devrait placer une surface importante de capteurs
photovoltaïques. Or on a vu que l’optimum économique était de l’ordre de 75 m². On est bien loin de la surface exploitable de 500
m² du centre sportif.

C VALIDATION ARCHITECTURALE

Projet
On entend par validation architecturale, le fait que l‘on soit amené à adapter l‘architecture pour optimiser tant énergétiquement
que financièrement le projet de recours aux énergies renouvelables.

Dans le cas par exemple d’un centre sportif mal orienté, la surface de toiture serait de 60 m² seulement. Pour les mêmes besoins
électriques correspondant à un optimum de 75 m², il serait dommage de ne pas essayer d’augmenter la surface de toiture ou
orienter le bâtiment de façon à offrir plus de surface de toiture bien exposée au rayonnement solaire.

3.5.2 PRODUCTION DE CHALEUR

A VALIDATION TECHNIQUE

A.1 EN FONCTION DES VECTEURS ÉNERGÉTIQUES D’ORIGINE RENOUVELABLE

Choisir un vecteur énergétique, surtout dans le domaine des énergies renouvelables, conditionne souvent le choix d‘un système
de production de chaleur.
En effet, comme on l‘a vu, le choix :
de la géothermie impose souvent le choix d‘une pompe à chaleur comme moyen de production de chaleur ;
du bois comme filière renouvelable, oriente le choix du système de chauffage vers la chaudière au bois, la cogé-
nération au bois n‘étant pas présente sur la marché pour des puissances moyennes nécessaires à des bâtiments
tel que les centres sportifs de taille courante. A certaines exceptions près, comme l‘association d‘un centre sportif
et d‘une piscine, par exemple, la cogénération bois ne pourra pas être envisagée faute de technologie présente
sur le marché ;
de l‘huile végétale ou biodiesel, de nouveau, impose le choix d‘une cogénération pour la simple raison que la
technologie des chaudières avec ce type de vecteur énergétique n‘est pas au point. Cependant, les constructeurs
de certains brûleurs y travaillent ;

115
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
A.2 EN FONCTION DES VECTEURS D’ORIGINE FOSSILE

De même, choisir un vecteur énergétique d‘origine fossile restreint le choix du système de production de chaleur.
Effectivement, le choix :
du gaz, orientera le choix du système vers les chaudières à condensation ;
du fuel, vers les chaudières basse température HR, voire les chaudières à condensation ;
de l‘électricité vers les pompes à chaleur.

Gaz ou fuel ?

Sur base des émissions liées à la combustion, le gaz naturel est recommandé. Actuellement, le gaz est le combustible dont la combustion
a le moins d‘impact local sur l‘environnement (moins d‘émissions de CO2, de SO2, de suies et, pour les chaudières de plus de 70 kW,
moins d'émissions de NOx).

Si la priorité est donnée à la rentabilité de l'investissement, le fuel se défend. Il a été, ces dernières années, en moyenne, moins cher que
le gaz. Le choix dépend également de la facilité et du coût de raccordement, en comparaison au coût du stockage de fuel. Le tableau
suivant montre l‘impact du choix du vecteur énergétique :

Pour des raisons stratégiques ou de sécurité d'approvisionnement, l'installation de brûleurs mixtes "gaz + fuel" peut être envisagée.
Si le fuel est utilisé, ce sera du « Gasoil Extra » dont la teneur en soufre s'élève à 50 mg/kg (50 ppm) au maximum. Ce fuel, bien que plus
cher, permet une diminution des émissions de SO2
Projet

L‘auteur de projet en tiendra donc compte pour trouver la bonne adéquation entre la stratégie d‘énergie renouvelable et/ou fossile et les
systèmes de production de chaleur disponibles sur le marché.

Electricité directe, envisageable ?

Suite au faible rendement actuel de production en centrale électrique (rendement TGV selon la CWAPE = 55 %, rendement si l‘on tient
compte des centrales nucléaires = 38 %), l'utilisation de l'électricité comme énergie de chauffage par effet Joule (chauffage direct ou à
accumulation) sera limitée à des appoints décentralisés de faible puissance ou limités dans le temps, dont la consommation est jugée tout
à fait marginale, c‘est-à-dire inférieure à 10 kWh/m²/an. Par « m² », on entend, la surface totale brute du bâtiment chauffé.

On sera particulièrement attentif aux batteries de chauffage électrique équipant les unités terminales. Dans de nombreux cas, lors du
dimensionnement, on surestime les apports internes. On en déduit que l'appoint de chauffage sera négligeable et que des batteries élec-
triques peuvent se justifier.

La pratique montre que les consommations réelles sont souvent plus élevées. A titre indicatif le tableau suivant montre l‘impact énergéti-
que et environnemental d‘un chauffage électrique direct par rapport à la même chaudière gaz à condensation décrite ci-avant :

Efficacité Energie Coefficient


Besoins de Emission de CO2
Vecteur Système de finale d‘émission de
chaleur
énergétique chauffage CO2 [kg de Kg de CO2
[kWh] [kWh] CO2/kWh]
Chaudière gaz à 104 % sur
gaz 96 0.251 24
condensation PCI
100
Chauffage
Electricité 98 % 102 0.456 47
électrique direct
116
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
A.3 CAS SPÉCIFIQUE D’UNE SOURCE GÉOTHERMIQUE

Dans le cas précis du recours à la géothermie, il est nécessaire d‘étudier, de manière précise, la « durabilité » de la géothermie.
En effet, suivant les besoins énergétiques du bâtiment, on peut arriver à déséquilibrer la balance de régénération de la source
géothermique.

Par exemple :
Considérons un centre sportif en demande de chaud (c’est le cas des bâtiments considérés dans ce guide) sans besoin de froid.
La pompe à chaleur couplée aux sondes géothermiques, au fur et à mesure qu’elle « pompe » de la chaleur à la source froide (le
sol) pendant la période de chauffe, celle-ci se refroidit. Il n’est pas sûr que pendant la saison chaude la source froide va se régé-
nérer (reprendre sa température initiale). A moyen terme, on pourrait observer, sur certains projets, un « appauvrissement » des
capacités énergétique de la source froide.
Sur certain projet, une simulation donnait de l’ordre de 15 ans de durée de vie du sol  pas très durable

Il est donc nécessaire d‘étudier, dans le cas de la géothermie, la capacité régénératrice de la source froide en fonction des be-
soins du projet. Ce genre d‘étude est réalisable par simulation thermique dynamique auprès des bureaux d‘étude spécialisés.

A.4 COMPATIBILITÉ ECS ET CHAUFFAGE DANS LE CAS DES POMPES À CHALEUR

Projet
Régime de température source froide

La température de la source froide influence beaucoup les performances des pompes à chaleur.

Un bon ordre de grandeur est une réduction des consommations énergétiques de 3% par augmentation de 1°C de la températu-
re de la source froide. Une source froide comme l‘eau permet d‘obtenir des performances de pompe à chaleur pouvant atteindre
des COP de 3,5 voire 4 à 4,5 dans le meilleur des cas (annoncé par exemple par Eurovent 3).

A titre d‘exemple, en comparant une bonne pompe à chaleur de classe A avec un COP de 4.45 (PAC eau/eau) par rapport à une
chaudière à condensation de rendement sur PCI de 104 %, on obtient les résultats suivants :

Efficacité Energie Coefficient


Besoins de Emission de CO2
Vecteur Système de finale d‘émission de
chaleur
énergétique chauffage CO2 [kg de Kg de CO2
[kWh] [kWh] CO2/kWh]
Chaudière gaz à 104 % sur
gaz 96 0.251 24
condensation PCI
100
Pompe à 0.456 10
Electricité 4.5 22
chaleur eau/eau 0.660 15

3 : Eurovent est un organisme de validation de programmes d’études d’équipements HVAC selon un protocole précis basé sur les normes
européennes. Les programmes ont pour but de comparer des équipements de mêmes caractéristiques techniques mais de marques différen-
tes.

117
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
Régime de température source chaude

Rappelons que :

de par la nécessité de maîtriser la prolifération des légionelles, il est impératif de maintenir la température de l‘ECS au -
dessus des 60°C ;
pour les bâtiments basse ou très basse énergie, on peut se permettre de réduire fortement le régime de température de
chauffage tout au long de la saison de chauffe.

Les pompes à chaleur, elles, préfèrent les régimes de températures de source chaude (les émetteurs du bâtiment) le plus bas possible.
Ce qui signifie que pour des températures de condensation de l‘ordre de 70°C (température du fluide frigorigène de la pompe nécessaire
pour que l‘ECS soit à 60°C), les performances de la machine (SPF) deviennent franchement mauvaises, soit des SPF de l‘ordre de 2,5
voire moins.

Vu qu‘il est difficile de s‘en sortir avec la seule pompe à chaleur pour subvenir à tous les besoins de chaleur, comme on l‘a vu, on aura
recours à des systèmes de chauffage pouvant travailler avec une bonne performance énergétique à haute température comme les chau-
dières gaz à condensation. Vous allez dire, oui mais la condensation n‘aura pas lieu pendant le chauffage de l‘ECS ! Qu‘à cela ne tienne,
on a vu que la chaudière d‘appoint était là aussi pour aider la pompe à chaleur pendant les périodes froides. Pour un réseau d‘émetteurs
bien dimensionné, la condensation des chaudières aura bien lieu même en hiver.

A.5 COMPATIBILITÉ ECS ET CHAUFFAGE DANS LE CAS D’UNE CHAUDIÈRE À CONDENSATION

La technologie des chaudières à condensation est au point quant à l‘accep-


tation des deux besoins de chauffage et d‘ECS. En effet, de plus en plus en
Projet

standard, les chaudières à condensation de moyenne puissance sont équi-


pées de deux échangeurs :

un échangeur à haute température assurant les besoins


d‘ECS ;
un échangeur à basse température subvenant aux besoins de
chauffage basse température et permettant ainsi de maximiser
la condensation.

On peut aussi arriver à faire condenser une chaudière à un seul


échangeur en adaptant correctement le réseau de distribution d‘eau
chaude.

Valorisation de la condensation
B VALIDATION FINANCIÈRE

Par exemple, le cas de la cogénération est un exemple frappant, où la validation financière impose de réduire ses ambitions en matière de
couverture « énergétique » sachant que la rentabilité d’un projet de cogénération dépend énormément de la génération de certificat vert
(CV).

118
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Combinaison des « stratégies d’énergies renouvelables » et d’énergies fossiles
C VALIDATION ARCHITECTURALE

Le choix d‘une alternative géothermique pourrait influencer :

la taille de la fouille du bâtiment ;


l‘emplacement d‘un parking ;

Projet

119
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
4 OPTIMISER LES SYSTÈMES DE PRODUCTION DE CHALEUR

Partant du principe qu‘il ne faut pas « réinventer le fil à couper le beurre », on se concentre principalement sur le chauffage des salles de
sports de grande hauteur. Pour le chauffage des autres zones du centre sportif, tout ou pratiquement tout est dit au niveau d‘Energie+4

Exemple de pompe à chaleur comme moyen de production de chaleur

La cohabitation raisonnée des stratégies de chauffe renouvelables et fossiles, pour un projet basse énergie ou très basse énergie, condi-
tionne, dans la plupart des cas, la centralisation de la production de chaleur de manière à :
ne pas multiplier les unités de production de chaleur ;
donner une certaine flexibilité pour le passage d‘une source renouvelable à une source fossile sans trop de complication.
Attention que dans le choix de la centralisation, il faudra tenir compte des pertes par distribution qui conduisent inélucta-
blement à des consommations énergétiques plus importantes.
Théorie

La centralisation de la production de chaleur sera partielle lorsque :


l‘ensemble des besoins de chaud des zones des vestiaires, des communs, de l‘entrée et de la cafétéria est centralisé ;
les besoins de chaleur de la grande salle de sport sont assurés par un système décentralisé tel que des aérothermes à
gaz à condensation ou des tubes sombres radiants principalement.

Par contre, la centralisation de la production de chaleur sera totale quand, à la fois, les besoins de chaleur des vestiaires, des communs,
… et de la grande salle sont pris en charge par un seul système centralisé.

Le choix d‘un système de chauffage et de surcroît, dans des espaces de grandes tailles et de hauteur conséquente, implique le choix du
vecteur caloporteur final capable d‘amener la calorie là où il faut. En effet, le confort dans les grands espaces impose que la répartition de
chaleur soit homogène au même titre que dans les espaces classiques (comme dans les bureaux ou les classes d‘école par exemple) et
ce même au centre de la zone.

La difficulté du choix réside dans la manière dont l‘émetteur doit amener les calories en tout endroit en respectant certains critères :
dans des conditions idéales de confort thermique. Les principaux paramètres qui conditionnent le confort thermique
sont une température homogène en tout point et une vitesse d‘air la plus faible possible ;
avec un minimum de consommations énergétiques finales et de dépenses d’exploitation . De ce point de vue, le
choix de l‘émetteur tiendra compte :
de la stratification possible des températures dans les espaces de hauteur importante qui augmente les consom-
mations énergétique ;
du rendement d‘émission ;
et, pour certains équipements comme les aérothermes à gaz et systèmes radiant à gaz, du rendement énergéti-
que global.
et pour un impact environnemental réduit (émission de CO 2).

4 : La nouvelle version 6 d’Energie+ est disponible sur le site : http://www.energieplus-lesite.be/

120
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Le vecteur caloporteur final peut être :
l‘air comme vecteur convectif et implique le choix d‘émetteurs convectifs ;
l‘infrarouge comme vecteur radiant, ce qui restreint le choix de l‘émetteur aux systèmes radiants.

Théorie
Il faut ajouter que choix de l‘émetteur conditionne immanquablement le choix de la distribution et de la production de chaleur :

une production centralisée en chaufferie implique l‘emploi d‘un vecteur caloporteur intermédiaire comme l‘eau
pour alimenter en chaleur les émetteurs. En général, seuls les émetteurs convectifs pourront être reliés à une
production centralisée ;
une production décentralisée permet d‘ouvrir l‘éventail des possibilités de choix des émetteurs utilisant le principe
radiatif ou convectif local.

4.1 DÉFINITION DES BESOINS

Un certain nombre de critères doit être pris en compte pour pouvoir déterminer le système de chauffage à envisager dans un
projet.
On pointera principalement les critères suivants:
le confort thermique et de pratique des sports ;
le confort sonore.

4.1.1 CONFORT THERMIQUE ET PRATIQUE DE SPORT

A NOTION DE TEMPÉRATURE DE CONFORT

Le confort en fonction des sports pratiqués a été défini dans la programmation. Cette contrainte de confort implique le choix d‘un
système de chauffage qui optimise les consommations énergétiques futures.
Spécifiquement dans les grandes salles de sports, on considère que la température de confort peut être inférieure à celle cou-
ramment rencontrée dans les locaux classiques (20-21°C). On parlera de température d‘air de l‘ordre de 15 à 17°C suivant la
présence ou pas d‘enfants dans les espaces où l‘on pratique un sport. Cependant, la notion de confort est plus compliquée que
l‘on pense dans le sens où la température ressentie par le sportif n‘est pas uniquement la température de l‘air. Effectivement, le
confort thermique fait appel à une résultante de 2 températures :
la composante de la température de l‘air ; Esquisse
et celle de la température radiative induite par le rayonnement des parois et des corps qui entourent le sportif.

La température ressentie s‘exprime par la relation ti = tair + r. Pour les valeurs positives de r, le sportif est récepteur et nécessite,
pour éviter la sensation d‘inconfort, d‘être dans une ambiance où la température de l‘air est plus faible. A l‘inverse, pour des com-
posantes radiatives négatives (parois environnantes froides), la température de l‘air doit être plus élevée afin de garder le même
confort.

Cette notion de température de confort, aussi appelée température opérative, est très importante dans le cas des espaces de
grande hauteur, car elle influence le niveau de température de l‘air à atteindre en fonction du niveau de la composante radiative
de l‘émetteur de chauffage.
Pour un même confort :
un émetteur radiatif permet d‘abaisser la température de l‘air de la salle de sports, ce qui permet de réduire les
consommations énergétiques par déperdition au travers des parois externes, par infiltration et par chauffage de
l‘‘air hygiénique ;
un émetteur convectif travaille sur la température de l‘air avec une composante radiative nulle ou faible. Si les
parois de la salle sont froides, il sera nécessaire d‘augmenter la consigne de température de l‘air pour obtenir le
même confort que pour les émetteurs radiatifs.

121
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
B VITESSE DE L’AIR

La vitesse de l‘air influence le confort thermique. Des vitesses d‘air importantes réduisent :

le confort thermique par augmentation de l‘évaporation de la transpiration sur la peau ;


le confort de pratique sportive en agissant, par exemple, sur la trajectoire d‘un volant de badminton ou de la balle de ten-
nis de table.

Le confort thermique n‘est donc pas suffisant ! Il est nécessaire aussi de choisir le système de chauffage permettant la pratique du sport
sans perturbation du jeu. Comme on vient de le mentionner, c‘est surtout la pratique du badminton et du tennis de table qui pose problè-
me au niveau des vitesses d‘air sur les aires de jeu. En effet, ces types de sports imposent des vitesses de déplacement d‘air faibles et
homogènes sur tous les terrains concernés ; en d‘autres termes, pour une salle omnisport, c‘est toute l‘aire de jeux qui doit tenir compte
de ce critère.
Pour le confort thermique, en général, on considère qu‘une vitesse d‘air de l‘ordre de 0,2 m/s au niveau des aires de jeux est correcte.

C CADRE LÉGISLATIF ET NORMES


Esquisse

NBN X 10-005 ou ISO 7730 : ambiances thermiques modérées :"Détermination des indices PMV et PPD, et spécification
des conditions de confort thermique" ;
RGPT.

4.1.2 LE CONFORT SONORE

Le confort sonore est un des critères de choix important sachant que les systèmes de chauffage décentralisés comme les aérothermes
provoquent des nuisances sonores non négligeables vu que les ventilateurs, faisant partie intégrante des aérothermes, produisent direc-
tement le bruit dans la salle de sports.
Le cadre normatif est repris dans plusieurs normes et règlementation. Parmi celles-ci :
NBN EN 13779 (2007): Ventilation dans les bâtiments non résidentiels- Spécifications des performances pour les systè-
mes de ventilation et de climatisation.

4.2 CHOISIR UN SYSTÈME

Sur base des besoins thermiques de chauffage, le cheminement logique passe par les étapes successives de choix :
projet

des émetteurs décentralisés ou centralisés ;


de la distribution ;
de la production.

4.2.1 CHOISIR UN ÉMETTEUR

A CRITÈRES DE CHOIX

A.1 NIVEAU DE DÉPERDITION

Il est évident que les consommations de chauffage sont d‘autant plus grandes que la température am- Voir fiche thématique 12 :
Avant

biante interne est élevée par rapport à l‘extérieur. En effet, les déperditions des parois et les pertes par Confort thermique des
ventilation sont proportionnelles à l‘écart de température entre les ambiances interne et externe. grandes salles de sport et
Pour un même confort thermique ou même température ressentie au niveau des espaces occupés, le enjeux énergétiques
choix d‘un émetteur devra tenir compte :
de l‘importance de la composante radiative de l‘émetteur (tressentie = t air + r). En effet,
pour une composante radiative importante, la température de l‘air peut être plus basse et permet de réduire les consom-
mations énergétiques ;
122
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
du risque de stratification des températures dans les espaces de grande hauteur. La stratification des températu-
res implique que les couches d‘air sous la toiture sont plus chaudes et entrainent des déperditions inutiles au
travers des parois supérieures du hall.

Exemple de l’importance de la composante radiative

Pour une température de confort d’air de 17°C assuré


par un émetteur convectif, une température d’air de 14-
15°C sera suffisante avec un émetteur radiatif.
Si on considère une température moyenne annuelle de
6,5°C dans les Ardennes pendant la période de chauffe,
l’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur pas-
se de 10,5 à 7,5-8.5 K, soit une réduction respective et
théorique de 29 à 20 % de la consommation énergétique
initiale.
Sur papier, l’opération paraît intéressante si on ne tenait
compte que de l’abaissement de l’écart de température. En réalité, comme le guide l’aborde plus tard, le rendement d’émission
est variable d’un système à l’autre et en influence naturellement la performance.

Exemple de l’importance de la stratification

Pour une température de confort d’air dans les espa-


ces occupés de 17°C assurée par un émetteur convec-
tif, une stratification risque de se mettre en place. Dans
des bâtiments peu isolés en toiture, le risque est réel.

Avant projet
Cette température peut atteindre des valeurs importan-
tes de l’ordre de 0.5 à 1 °C / m de hauteur.
Dans le cas d’un centre sportif basse énergie, la strati-
fication peut être limitée en prenant en compte des
règles de base comme, par exemple, la déstratification
indirecte en plaçant la reprise de la ventilation hygiéni-
que à double flux au niveau de la toiture.

A.2 EFFICIENCE DES SYSTÈMES

Vu que certains émetteurs combinent les fonctions de production de distribution et d‘émission, pour comparer « des pommes
entre elles », d‘un point de vue efficience des systèmes, il est nécessaire de considérer l‘ensemble du système de chauffage :

des tubes radiants sombres permettent de réduire la température de l‘air et, par conséquent, les déperditions des
parois et par ventilation, mais ont une efficacité radiative qui ne dépassent pas les 70 % ;
des aérothermes à gaz à condensation travailleront sur base d‘une température d‘air plus élevée. Les déperdi-
tions des parois et par ventilation seront plus élevées. Cependant, ce système n‘a pas de perte de distribution et
possède un rendement de production digne de celui atteint par les chaudières classiques à condensation, soit de
l‘ordre de 100-104 % PCI ;
une batterie chaude d‘un système de chauffage par air à partir d‘une centrale de traitement d‘air (CTA), même
alimentée par une chaudière à condensation, implique la prise en compte de toute une série de pertes dues à la
centralisation de la production de chaleur, à savoir :
pertes de distribution dans les conduites d‘eau chaude qui sont fonction principalement de la température
des conduites, leur niveau d‘isolation et de leur longueur ;
pertes aérauliques dans la distribution d‘air. Ces pertes se traduisent par l‘augmentation des consomma-
tions électriques des ventilateurs (pertes de charge du réseau) et de chauffage de la batterie de chaude
(le manque d’étanchéité des conduits d’air dans les zones « hors volume protégé » entraîne des pertes
thermiques) ;
… 123
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Dans un bâtiment basse énergie, les déperditions par les parois et la ventilation étant plus faibles qu‘un bâtiment type « passoire », les
puissances de chauffe sont nécessairement moindres. Par conséquent, pour des systèmes convectifs centralisés comme des aérother-
mes ou des centrales de traitement d‘air à batterie chaude, et pour des débits de ventilation sur les batteries chaudes identiques, les tem-
pératures de pulsion peuvent être moindres. Ce constat est très intéressant pour les raisons suivantes :
les pertes par distribution d‘eau chaude sont réduites ;
dans le cas où une pompe à chaleur (PAC) alimente la batterie chaude à basse température, l‘efficacité énergétique de la
PAC est d‘autant meilleure que la température de pulsion est basse ;
dans le cas d‘une chaudière à condensation alimentant la même batterie chaude, son rendement s‘améliore de par une
augmentation de la condensation.

Exemple :
Par simulation thermique dynamique (TRNSYS), différents niveaux
d’isolation ont été appliqués au centre sportif de Grez-Doiceau.
Suivant le degré d’isolation de l’enveloppe, la puissance de relan-
ce maximale durant une année climatique normale a été relevée.

Pour un même débit de 10.000 m³/h, la température de pulsion


pour une consigne de température de 17°C dans la salle est de :
tp = Prelance / (0,.34 [Wh/m³K] x 10.000 [m³/h] x 1000) + 17 [K]

Pour les différents niveaux d’isolation, les températures de pulsion


sont reprises dans le tableau suivant :
Puissance de Température de
Avant projet

Niveau d‘isolation
Entre le niveau d’isolation règlementaire et le très basse énergie, les relance (kW) pulsion (°C)
consommations énergétiques de distribution sont quasi réduites de
Réglementaire 85 42.0
moitié. Moyennant une température de pincement de 8 à 10°C entre la
température d’eau et la température de pulsion, en basse énergie, la Basse énergie 46 30.5
température de l’eau chaude en période froide serait de l’ordre de 40°
C. Très basse énergie 26 24.6
Cette valeur de température permet d’augurer :
une condensation optimale d’une chaudière à condensation (la condensation est abondante aux alentours des 50°C) ;
un coefficient de performance saisonnier (SPF) de la pompe à chaleur eau/eau de l’ordre de 4 (40°C +pincement entre l’eau
chaude et le fluide de la PAC)

B CHOISIRS DES ÉMETTEURS CONVECTIFS

Les émetteurs convectifs s‘appuient sur l‘air pour transmettre les calories. Le principe diffère des systèmes de chauffage pour les espaces
classiques à hauteur normale comme les radiateurs ou les convecteurs. Dans les halls de sport, les radiateurs ne conviennent pas dans
le sens où la part de chaleur convective issue des radiateurs est mal exploitée puisqu‘elle « lèche » les murs et monte directement sous
la toiture sans amener à température de confort le centre de la salle. Les émetteurs convectifs comme les aérothermes ou les « jets »,
quant à eux, sont étudiés pour atteindre des longues portées de transport de la chaleur avec le triple inconvénient :
de devoir utiliser une ventilation mécanique pour forcer l‘air à atteindre des longues portées ; ce qui implique des
consommations énergétiques supplémentaires pour alimenter le ventilateur de l‘aérotherme ;
de donner, et c‘est une conséquence de la ventilation forcée, une vitesse d‘air non négligeable et non homogène sur tou-
te la portée du jet, entrainant un risque d‘inconfort thermique et une incompatibilité avec la pratique de certains sports
(badminton et tennis de table) ;
de plus, il est nécessaire de pulser l‘air à des températures plus élevées de manière à combattre les déperditions des
parois et par ventilation. L‘écart de température entre la pulsion et l‘ambiance est d‘autant plus important que les déper-
ditions sont grandes. Il n‘était pas rare, avant, de rencontrer des écarts de température de l‘ordre de 30°C. Ces écarts de
température importants sont aussi responsables du phénomène de « stratification » qui augmente artificiellement les dé-
perditions énergétiques des bâtiments de hauteur importante au travers des parois supérieures.

124
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Une température de pulsion basse, dans le cas des émetteurs convectifs, est primordiale afin de réduire les consomma-
tions énergétiques. En effet, quel que soit l‘émetteur, une basse température d‘air de soufflage implique que :
le système de chauffage en amont améliore ses performances que la source énergétique soit renouvelable ou
fossile ;
la stratification des températures est moins importante.

C CHOISIR LES ÉMETTEURS RADIATIFS

Le choix d‘un système radiatif doit être motivé par le souci, pour un même confort thermique qu‘avec un système convectif, de
réduire les consommations énergétiques par le fait que l‘on peut travailler à une température d‘air plus faible.
Pour éviter de produire trop de convectif indirect par le passage de l‘air sur les surfaces exposées au système radiatif et donc de
risquer d‘initier une stratification de l‘air, les surfaces exposées devront donc être limitées au strict minimum nécessaire.

On peut facilement concevoir que seules les aires de jeux et les parois derrières les bancs des réserves devront être exposées
au système radiatif

4.2.2 CHOISIR LA DISTRIBUTION

Energétiquement parlant, on a toujours intérêt à coupler la production, la distribution et l‘émission en un « seul équipement ». On
parle de décentralisation des installations de chauffage. Dans cette configuration, le vecteur énergétique doit être amené directe-
ment à l‘émetteur ; c‘est le cas des aérothermes et des radiants à gaz principalement.

On trouve, par exemple, des aérothermes à gaz à condensation qui permettent d’atteindre des rendements
proches de ceux des chaudières à gaz à condensation mais sans les pertes de distribution inhérentes au
même aérotherme mais équipé d’une batterie chaude alimentée par une chaudière centrale à condensation.

Avant projet
Cependant, à l‘heure actuelle, on ne peut plus concevoir d‘installation de distribution d‘un vecteur caloporteur (comme l‘eau chau-
de) sans une isolation élaborée et une optimisation des longueurs des conduites ; ce qui implique que les pertes au niveau de la
distribution peuvent être maîtrisées et donc influencent moins qu‘auparavant le rendement global de l‘installation.

D‘un point de vue global, le choix « macroscopique » du système de chauffage centralisé ou décentralisé se résume plutôt à un
aspect financier plus qu‘un aspect énergétique.
En conception, on demandera au bureau d‘étude engagé dans le projet de chiffrer les deux alternatives à bilan énergétique et
confort égaux.

4.2.3 CHOISIR LA PRODUCTION

A PRODUCTION CENTRALISÉE

Il n‘est pas inutile de rappeler que l‘objectif de ce guide est d‘aider les concepteurs et les maitres d‘ouvrage à tout d‘abord réduire les
besoins énergétiques du centre sportif, ensuite tenter d‘exploiter au maximum les ressources renouvelables du site.

125
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur

La production centralisée, comme vu précédemment, permet d‘envisager plus facilement l‘utilisation :

de stratégies à énergies renouvelables seules pour répondre aux besoins thermiques, entre autres, d‘un bâtiment très
basse énergie ;
de stratégies à énergies renouvelables couplées avec celles à énergies fossiles pour les besoins thermiques d‘un bâti-
ment basse énergie.

A.1 QUELLE TEMPÉRATURE D’EAU CHAUDE?

Choisir des émetteurs fonctionnant à basse température (radiateurs largement dimensionnés, chauffage à air chaud limité à 35°C de
température de pulsion, chauffage par le sol pour certaines applications, …) permet de travailler avec des systèmes de production de
chaleur utilisant des stratégies renouvelables et fossiles avec une bonne performance énergétique :

une pompe à chaleur associée à un réseau d‘émetteur à faible température d‘eau, permet d‘optimiser son coefficient de
performance. On compte souvent une amélioration de la performance des PAC de l‘ordre de 3 % à chaque degrés de
réduction de la température de la source chaude (la température de la batterie chaude de la centrale de traitement d‘air
par exemple) ;
une chaudière à gaz à condensation obtient son meilleur rendement lorsque la température de retour d‘eau est faible
(idéalement < 50 °C).

A.2 COMBIEN DE PRODUCTION DE CHALEUR?

Se limiter à un seul système de chauffage sauf si :

une sécurité d'approvisionnement est indispensable en cas de panne d‘une production ;


les dimensions de la chaufferie imposent un découpage de la puissance ;
Avant projet

des besoins de chaleur existent en dehors de la saison de chauffe (eau chaude sanitaire par exemple).

Avec les chaudières actuelles, découper la puissance à installer en plusieurs chaudières n’apporte plus d’économie d’énergie et demande
un investissement plus important.

Cas des pompes à chaleur

Malheureusement, dans le cas d‘une pompe à chaleur comme seul


moyen de production de chaleur, cela paraît peu intéressant pour
diverses raisons mais dont l‘inconvénient principal est que le
surdimensionnement de la pompe à chaleur réduit sa plage de
travail à régime partiel.

Source : Energie+ (monotone de chaleur)

126
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Un compresseur de PAC à débit variable peut travailler à des régimes compris entre 25 et 100 voire 120 % :

pour une puissance de 100 kW, par exemple, la PAC pourra subvenir à des besoins de l’ordre de 20 KW en mi-saison ;
pour une puissance de 75 KW, la PAC pourra reprendre une charge de 15 kW en mi-saison.

De plus, en période de grands froids, il n‘est pas intéressant pour une PAC de fonctionner au maximum de sa puissance
à haute température de source chaude et à basse température de source froide (eau de rivière froide par exemple).

Une PAC air/air par une température externe de -10°C et devant fournir une température d’air dans la grande salle de 35°C pour
vaincre des déperditions importantes, verra son COP (Coefficient de Performance) diminuer de manière significative.

Cependant, dans le cas d‘un centre sportif à très basse énergie, où les températures de chauffe des émetteurs peuvent être très
basses (25-30°C), on envisagera la possibilité de recourir à une PAC comme seule production de chaleur. Cette possibilité
devra être étudiée par un bureau d‘étude spécialisé.

Cas des chaudières bois

La chaudière au bois pourrait être prévue comme seule unité de production de chaleur. Attention, toutefois, à la plage de modula-
rité sachant que la reprise totale de la puissance par une seule chaudière limite, tout comme les autres moyens de production, sa

Avant projet
plage de modulation. En effet, en mi-saison, on risque d‘avoir des difficultés de régulation du brûleur pour des basses puissan-
ces. Dans la pratique, on s‘arrangera pour découper la puissance au minimum en deux parties, en notant que certains construc-
teurs de ce type de chaudière proposent des « tandems » à des prix plus attractifs que certaines unités uniques reprenant toute
la puissance à leur charge.

Cas des cogénérations

Les cogénérations sont des moteurs thermiques plus sensibles aux pannes que les chaudières classiques. C‘est pour cette rai-
son, que dans une chaufferie existante, l‘implantation d‘une cogénération se fait pratiquement toujours en parallèle sur les chau-
dières existantes.
En effet, son rôle étant plutôt « énergétique », la ou les chaudières viennent toujours en appoint :

En « puissance » en période froide ;


Comme sécurité en cas de panne de la cogénération.

On appliquera le même raisonnement pour les conceptions neuves.

B PRODUCTION DÉCENTRALISÉE

Lorsque l‘exploitation des ressources renouvelables est limitée voire impossible, on envisagera un système de chauffage spé-
cifique sur le grand hall de sport indépendant du reste du centre sportif.

En effet :

on peut rendre le hall totalement indépendant des autres zones et, par conséquent, obtenir une meilleure maîtrise
des plages horaires, de la régulation du système, … ;
il n‘y a pas de pertes thermiques par distribution, ces pertes pouvant atteindre de 8 à 10 % des consommations
totales de chauffage si on n‘y prend pas garde.

127
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Les aérothermes à gaz à condensation ont un excellent rendement sur PCI capable d’atteindre ceux des chaudières classiques à
Avant projet

condensation (de l’ordre de 104 % sur PCI).

Les aérothermes à gaz à condensation et les radiants à tubes sombres font partie des systèmes de chauffe qui peuvent être bien adaptés
pour subvenir aux besoins des grandes salles de sport. Dans ce cas, les systèmes de production et d‘émission ne font qu‘un.

4.3 CARACTÉRISTIQUES DES INSTALLATIONS

4.3.1 LES ÉMETTEURS

A LES ÉMETTEURS CONVECTIFS

Les émetteurs convectifs fréquemment utilisés pour les halls sont les aérothermes et les « jets ». Dans ce qui suit, on détaille les
différents types d‘émetteur convectifs non pas au niveau de leur technologie, de leur principe détaillé, … mais plutôt au niveau de leur
optimisation énergétique. On parlera principalement :

Des aérothermes à gaz ;


Des aérothermes à batterie chaude ;
Des bouches de pulsion d‘air prétraité en centrale de traitement d‘air (CTA).

A.1 LES AÉROTHERMES À GAZ


Projet

Aérothermes à gaz à condensation dans la salle de sport

On trouve des fabricants qui développent des aérothermes à gaz à condensation. Cette avancée technologique permet d‘augurer des
rendements de système de chauffage semblables à ceux des chaudières gaz à condensation modernes. Ces rendements peuvent être de
l‘ordre de 100 à 104 % sur PCI.

Vu qu‘il fonctionne en parfaite autonomie, on ne pourra pas l‘associer avec une production de chaleur centralisée point de départ de l‘ex-
ploitation des énergies renouvelables. Attention qu‘il ne faut absolument pas faire le procès de cet équipement sachant que l‘on peut ex-
ploiter les énergies renouvelables sur d‘autres postes énergétiques (comme les capteurs photovoltaïques pour les besoins d‘éclairage par
exemple) ou sur une partie de la production de chaleur indépendamment de la production de chaleur de chauffage du hall de sport princi-
pal (chaleur pour l‘ECS et le chauffage des autres espaces par exemple).

128
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Les aérothermes de ce type présentent les avantages et inconvénients suivants :

+
pas de perte de distribution puisque le même équipement intègre la production, la distribution et l‘émission ;
zonage possible en fonction des plateaux occupés ou pas ;


Relance lente (de l‘ordre de 30 à 40 minutes) ;
alimentation de gaz dans le hall (protection des conduites de gaz) ;
pour les systèmes ventouses, à chaque aérotherme, un percement dans la toiture ou le mur doit être réalisé
(étanchéité)
vitesses de l‘air non homogène ;
bruit des ventilateurs ;
protection des équipements contre les impacts des ballons ;
vu la décentralisation, un ou d‘autres systèmes de production de chaleur seront nécessaires pour les autres
zones du centre sportif et la production d‘eau chaude sanitaire (ECS) ;
maintenance et dépannage à effectuer dans la salle de sport ;
pour être complet, le système de chauffage doit être couplé à un système supplémentaire de ventilation hygié-

Projet
nique mais de taille réduite juste pour les besoins hygiéniques uniquement.

A.2 LES AÉROTHERMES À BATTERIE CHAUDE

Aérothermes à batterie d’eau chaude dans la salle de sport

Ce type d‘équipement nécessite une alimentation de la batterie en eau chaude.

Dans ce contexte, l‘aérotherme à batterie chaude peut être associé avec une production de chaleur centralisée et, par consé-
quent, bénéficier des calories d‘une ressource renouvelable.

129
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Les aérothermes de ce type présentent les avantages et inconvénients suivants :

+
zonage possible en fonction des plateaux occupés ou pas ;
pas d‘alimentation de gaz dans le hall ;
peu de maintenance et réparation dans le hall si ce n‘est au niveau ventilateur ;
un seul équipement centralisé pour l‘ensemble des besoins de chaleur (chauffage de toutes les zones, ECS
essentiellement) ;


relance lente (de l‘ordre de 30 à 40 minutes) ;
protection des équipements contre les impacts des ballons ;
pertes de distribution puisque la batterie doit être alimentée par un réseau d‘eau chaude. Néanmoins avec les niveaux
d‘isolation à respecter actuellement et les températures basses nécessaires, cet impact est limité ;
vitesses de l‘air non homogène ;
Projet

bruit du ventilateur ;
de même, le système de chauffage doit être couplé à un système supplémentaire de ventilation hygiénique mais de
taille réduite juste pour les besoins hygiéniques uniquement ;

A.3 LES BOUCHES DE PULSION TYPE « JET »

Centrale de traitement d’air (CTA) avec batterie d’eau chaude. Pulsion par bouches de type « jet »

Les systèmes à bouches de ventilation type « jet » permettent d‘obtenir une distribution homogène de l‘air hygiénique en mode ventilation
et de la chaleur en mode chauffage. Un tel système fonctionnement sur le principe de l‘induction de l‘air ambiant par l‘air sortant de la
bouche de ventilation.
La vitesse à la sortie de la bouche et le profil de la bouche permettent d‘induire (entrainer par sa vitesse) une quantité d‘air ambiant non
négligeable à sa proximité (1 m³ d‘air sortant de la bouche de ventilation peut induire de 15 à 30 m³ d‘air ambiant ce qui réduit le risque de
stratification).

130
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Dans le cas d‘un réseau de « jet » mis en hauteur, comme le montre la figure ci-avant, pour tant soit peu que l‘orientation, le
dimensionnement et la répartition soient bien pensés, on peut arriver à combiner :

la déstratification des températures par induction de l‘air sous la toiture ;


le chauffage de l‘ambiance avec des vitesses résiduelles d‘air de pulsion acceptables pour la plupart des sports
par le choix d‘une orientation intelligente des jets d‘air ;
la ventilation hygiénique nécessaire au confort respiratoire.

Le réseau de bouches de pulsion type « jet » est en général couplé à une centrale de traitement d‘air (CTA).

Une telle installation présente les avantages et inconvénients suivants :

+
par une bonne étude, la stratification peut être limitée voire inexistante ;
pas d‘alimentation de gaz dans le hall ;
pas de bruit dans le hall (en-dessous du seuil toléré par la norme EN 13779 par exemple) ;
pas de maintenance et réparation dans le hall ;

Projet
un seul équipement centralisé pour l‘ensemble des besoins de chaleur (chauffage de toutes les zones, ECS
essentiellement) et des besoins de ventilation hygiénique ;
moyennant un placement et une orientation bien pensée, les vitesses élevées à la sortie des bouches
n‘influencent pas ou peu le bon déroulement des sports comme le badminton et le tennis de table ;


relance lente (de l‘ordre de 30 à 40 minutes) ;
pas de flexibilité au niveau du zonage en fonction des espaces occupés ou pas ;
pertes de charge dans le réseau de distribution d‘air hygiénique et de chauffage combinés, celles-ci entrainant
des consommations supplémentaires d‘énergie électrique au niveau des ventilateurs ;
vu que les débits de ventilation sont plus importants pour assurer la réchauffe de la salle, le dimensionnement
des gaines est plus important et, par conséquent plus coûteux. De plus, le dimensionnement des ventilateurs
tient compte des débits de relance nécessaires pour remettre la salle à température. Suivant le niveau
d‘isolation et d‘étanchéité de l‘enveloppe, les débits de relance seront différents. Conséquence, l‘écart entre les
débits de relance et les débits hygiéniques (voir chapitre ventilation) peuvent être importants, nécessitant des
ventilateurs spéciaux prévus pour des plages importantes de variations de débit ;

131
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
A.4 LES BOUCHES PAR DÉPLACEMENT

Bouches à déplacement dans le grand hall


Projet

Les bouches par déplacement, pour un même débit de ventilation offrent beaucoup de confort thermique de par les faibles vitesses de
déplacement de l‘air. Ce type d‘émetteur doit être placé au niveau du sol, ce qui représente un certain défit au niveau architectural, stabili-
té et fonctionnalité.
Les avantages et inconvénients sont repris dans le tableau suivant :

+
pas d‘alimentation de gaz dans le hall ;
pas de bruit dans le hall ;
pas de maintenance et réparation dans le hall ;
un seul équipement centralisé pour l‘ensemble des besoins de chaleur (chauffage de toutes les zones, ECS
essentiellement) et des besoins de ventilation hygiénique ;
grand confort à proximité des bouches (vitesse d‘air < 0,2 m/s).


la stratification risque d‘être importante ;
pas de flexibilité au niveau du zonage en fonction des zones occupées ou pas ;
pertes de distribution puisque la batterie doit être alimentée par un réseau d‘eau chaude. Néanmoins avec les niveaux
d‘isolation à respecter actuellement et les températures basses nécessaires, cet impact est limité ;
vu que les débits de ventilation sont plus importants pour assurer la réchauffe de la salle, le dimensionnement des
gaines est plus important et, par conséquent plus coûteux. De plus, le dimensionnement des ventilateurs tient compte
des débits de relance nécessaire pour remettre la salle à température. Suivant le niveau d‘isolation et d‘étanchéité de
l‘enveloppe, les débits de relance seront différents. Conséquence, l‘écart entre les débits de relance et les débits
hygiéniques (voir chapitre ventilation) peuvent être importants, nécessitant des ventilateurs spéciaux prévus pour des
plages importantes de variations de débit ;
risque de température non homogène sur la largeur de la salle vu les faibles vitesses de déplacement de l‘air ;
les bouches de pulsion peuvent être obturées par des sacs et matériel de sport ;

132
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
B LES ÉMETTEURS RADIATIFS

Emetteurs gaz radiants sombres

Les émetteurs radiatifs travaillent aussi bien dans le vide que dans l‘air. Tout comme le soleil, ce type d‘équipement émet dans
l‘infrarouge visible ou non visible. On parlera respectivement d‘émetteurs lumineux et sombre. Dans les deux cas, pour une mê-
me température de confort et suivant la valeur de la composante de température r, on peut arriver à réduire la température de
l‘air et, par conséquent, les déperditions au travers des parois et par ventilation.
La composante r est sensible aux très petites variations de température des émetteurs radiatifs. En effet, sans rentrer dans les
détails, le rayonnement thermique d‘un émetteur est fonction de la relation suivante : Q(r) = 5.77 x 10-8 x Є x SurfaceEmetteur x
(TempEmetteur4 – TempParoi4). Pour une faible variation de la température des gaz de combustion de l‘émetteur, la température T P

Projet
variera à la 4ème puissance, signifiant que le confort risque d’être délicat à assurer.

Parmi les émetteurs radiatifs, on aura le choix entre :

les panneaux radiants lumineux travaillant dans l‘infrarouge visible ;


les tubes sombres travaillant dans l‘infrarouge non visible.

B.1 LES PANNEAUX RADIANTS LUMINEUX

Les panneaux radiants lumineux sont des systèmes radiants où la combustion du gaz avec l‘air s‘effectue au niveau d‘éléments
céramiques. L‘air nécessaire à la combustion du gaz est pris à l‘ambiance même. Les gaz de combustion, quant à eux, sont
évacués dans l‘ambiance en toiture ; ce qui nécessite une ouverture permanente dans la toiture.
Les panneaux radiatifs lumineux présentent les avantages et inconvénients suivants :

+
efficacité radiative pouvant atteindre les 80 % ;
température d‘air dans l‘ambiance plus faible qu‘avec les systèmes convectifs pour un même confort thermique.
D‘où moins de déperditions thermiques au travers des parois et par ventilation ;
relance rapide (de l‘ordre de 10 à 15 minutes) ;
zonage très facile en fonction des plateaux occupés ou pas ;
pas de déplacement d‘air comme les émetteurs convectifs ;
pas de bruit dans le hall ;

133
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur


la combustion du gaz s‘effectue dans l‘ambiance même et nécessite un taux minimum de ventilation en toiture (pertes
nécessaires) ;
pas de récupération simple de chaleur possible sur les gaz brûlés ;
maintenance des équipements dans l‘ambiance même et en hauteur ;
régulation de température difficile (régulation sur la température de l‘air et radiative) ;
fonctionnement du brûleur en tout ou rien. La modulation de puissance d‘émission est difficile en mi-saison ;
protection des équipements contre les impacts de ballons ;

Le choix de ce type d‘émetteur se justifie mal dans le sens où, bien que son efficacité radiative soit acceptable (de l‘ordre de 80 %),
l‘évacuation des gaz dans l‘ambiance même de la grande salle de sport nécessite de mettre en place une ventilation où l‘air extrait est
difficilement récupérable. Dans un centre sportif basse voire très basse énergie, ce système n‘est pas compatible avec une optimisation
de l‘étanchéité de l‘enveloppe et une rationalisation de l‘air hygiénique.

B.2 LES TUBES RADIANTS SOMBRES

Les tubes radiants sombres sont composés de tubes en forme de U ou en ligne dans lesquels un
mélange de gaz et d‘air externe est brûlé à leur entrée.

Le produit de la combustion peut atteindre des températures de l‘ordre de 250 à 500 °C en moyenne
et parcours toute la longueur du tube grâce à une extraction mécanique placée à la sortie des tubes.
Les tubes s‘échauffant, rayonnent vers le bas grâce à un réflecteur dans une gamme d‘onde
infrarouge sombre (non visible).

Les tubes radiants sombres présentent les caractéristiques suivantes :


Projet

puissance de l‘ordre de 15 à 40 kW/m² au sol ;


réflecteur permettant de couvrir avec plus ou moins de précision l‘espace à chauffer ;
Source : Schwank
le système a ses propres alimentation en air et évacuation des gaz brûlés ;
la régulation est réalisée par un thermostat à bulbe noir qui permet de combiner la température radiative et la température
de l‘air ;
en général, le brûleur travaille en tout ou rien. Certains modèles commencent à travailler en modulation de température.

Les tubes radiants sombres présentent les avantages et inconvénients suivants :

+
température d‘air dans l‘ambiance plus faible qu‘avec les systèmes convectifs. D‘où moins de déperditions thermiques
au travers des parois et par ventilation ;
relance rapide (de l‘ordre de 15 minutes) ;
récupération possible de chaleur de la partie convective au moyen d‘un système de ventilation double flux avec
récupérateur de chaleur. L‘extraction s‘effectuera en partie haute de la salle des sports au dessus des tubes radiants
sombres ;

134
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
zonage très facile en fonction des plateaux occupés ou pas ;
pas de déplacement d‘air comme les émetteurs convectifs ;
pas de bruit dans le hall ;


efficacité radiative pouvant atteindre les 70 % ;
régulation de température difficile (régulation sur la température de l‘air et radiative) ;
fonctionnement du brûleur en tout ou rien. La modulation de puissance d‘émission est difficile en mi-saison ;
maintenance des équipements dans l‘ambiance même et en hauteur ;
protection des équipements contre les impacts de ballons.

Les tubes radiants sombres peuvent convenir dans une configuration de salle de grande hauteur de centre sportif.

4.3.2 PRODUCTION D’EAU CHAUDE

A LES POMPES À CHALEUR

Projet
A.1 TEMPÉRATURE DES SOURCES

On sait que les pompes à chaleur ont des meilleures performances


lorsque :

leur température de source froide est élevée ;


leur température de source chaude basse.
Source : Energie + (influence de la température de la source froide)
En effet, le travail de compression du compresseur diminue
plus l‘écart de température entre les deux sources est faible (dans le principe même du fonctionnement des PAC, il y a une cer-
taine correspondance entre les températures, les pressions du fluide frigorigène).

On compte de l’ordre de 3 % d’amélioration des performances énergétiques lorsque la température de la source froide augmente
de 1°C et la température de la source chaude diminue de 1°C.

Les sources froides peuvent être de différentes sortes.

On pointera :

l‘air ;
le sol ;
l‘eau.

135
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
Projet

Besoins de chaud alimentés par pompe à chaleur

Pour une même source chaude à température la plus basse possible, le tableau suivant reprend les avantages et les inconvénients dans
différentes sources froides :

Air Sol Eau


Dépend du type de
Implantation Facile sol et de la Facile
puissance à prévoir
Elevé (50 €/m de Moyen suivant
faible
Coût d‘implantation forage) l’éloignement la
source

Dépend du type de
sol, du pouvoir de
régénération, de
Puissance de source Dépend du débit
Fonction du climat, … l‘équilibre éventuel
disponible d‘eau de la source
en besoins de froid et
de chaleur pour un
PAC réversible, …

A.2 PUISSANCE DES POMPES À CHALEUR

En fonction des puissances nécessaires, le choix des types de pompes à chaleur est plus ou moins ouvert.

A savoir, lorsqu‘on parle de pompe à chaleur de plus de 100 kW, des PAC à compresseurs à vis existent sur le marché. Ce type de
machine permet d‘atteindre des COP plus importants ( 3 < COP < 4 voire 4,5) que les PAC à compresseurs « scroll » (2,5 < COP < 3,5
voire 4).

136
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
A.3 RÉGULATION

Les nouveaux modèles de PAC sont équipés de régulateur de plus en plus fin.
On notera que :

la régulation de la vitesse du compresseur permet de moduler la puissance de la PAC de 10 à 120 % grâce aux
systèmes « INVERTER » pour les petites puissances ;
la régulation à pression (température) flottante permet de suivre au plus près les variations des conditions de
température de source chaude ;
l‘utilisation de détendeurs électroniques permet de suivre au plus près les variations des charges thermiques et
des températures des sources chaude et froide ;

A.4 PERFORMANCES ÉNERGÉTIQUES

S‘assurer que le COP saisonnier (SPF : seasonal Performance Factor) soit supérieur à 4 (bâtiment exemplaire en RBC).
Un site tel que Eurovent (http://www.eurovent-certification.com) permet de connaître le SPF facilement.

B LES COGÉNÉRATEURS

Si un cogénérateur doit cohabiter avec une chaudière à gaz à condensation, il sera nécessaire, et ce en fonction d‘un profil de
consommation électrique et de chauffe du centre sportif précis, d‘étudier l‘intérêt énergétique sachant que :

Projet
la cogénération sans stockage doit travailler à des températures
de retour d‘eau chaude supérieures à 50°C ;
la chaudière à gaz à condensation voit son efficacité énergétique
augmenter pour des températures de retour d‘eau < 50°C ;
cette pseudo incompatibilité peut être résolue par l‘adjonction
d‘un stockage d‘eau au niveau de la cogénération permettant de
mieux adapter les températures de retour des deux sources de
production de chaleur distinctes.

Cogénérateur

Envisager le stockage d‘eau chaude permettant de non seulement améliorer la rentabilité de l‘investissement dans la plupart des
cas et d‘y associer une chaudière à condensation avec des retours d‘eau chaude de l‘ordre de 50°C de manière à favoriser la
condensation de cette dernière.

C LES CHAUDIÈRES AU BOIS

Les chaudières au bois, comme on l‘a vu dans l‘étude comparative de la cohabitation raisonnée des stratégies d‘énergies
renouvelables et fossiles, est un moyen de chauffage environnemental très intéressant.

Il est clair que l‘on ne peut pas nécessairement implanter ce type de système de chauffe partout dans la RW. Quoique la RW
reste quand même une région où les exploitations de bois sont importantes et le territoire est limité en matière de déplacement
pour l‘approvisionnement.

Au cas par cas, il sera utile d‘analyser la pertinence de ce choix. L‘inconvénient majeure de ce type de système est le stockage
qui nécessite un endroit sec, aéré et assez volumineux en général mais dépendant des besoins et de l‘autonomie en ressource
de bois.

137
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur

Plusieurs conditionnements existent pour le bois :

les bûches ;
les plaquettes ;
les pellets.

En pratique, le conditionnement des pellets est plus simple. Les rendements de


chaudière, avec les pellets, sont ceux les plus élevés au niveau du bois et attei-
gnent de l‘ordre de 92 % comme les chaudières fuels.

Source : Okofen
D LES CHAUDIÈRES AU GAZ

Dans la perspective de choisir des solutions classiques de production de chaleur avec les énergies fossiles, autant choisir le gaz naturel
s‘il est disponible à proximité. Dans ce cas, au minimum choisir au moins une chaudière à condensation.

Les chaudières à gaz à condensation sont les chaudières les plus performantes sur le marché. Elles permettent une diminution des
consommations de 6 à 9 % par rapport aux meilleures chaudières gaz traditionnelles.
De plus, des primes compensent souvent le surcoût d’investissement par rapport aux autres chaudières (renseignement portail de la
RW).

La décision d'installer au moins une chaudière à condensation doit se prendre tôt car elle a des conséquen-
Projet

ces sur la conception du réseau hydraulique. En effet, on doit s‘assurer que les retours d‘eau chaude seront
à basse température pour valoriser au maximum la condensation.
Dans le cas de la combinaison des besoins de chauffage avec ceux de production d‘eau chaude sanitaire
(ECS), il serait nécessaire d’envisager un double retour d’eau chaude :

à basse température pour les circuits de chauffage ;


à haute température pour le retour de la boucle d‘eau chaude sanitaire.

Il faut donc que l'eau des émetteurs revienne la plus froide possible vers la chaudière, sinon la condensa-
tion ne se fait pas, et le rendement de la chaudière devient celui d'une chaudière traditionnelle.
Dans les bâtiments basse énergie, voire très basse énergie, la température de retour peut être basse vu
que les émetteurs, pour un dimensionnement classique, nécessitent une puissance plus faible d‘émission.
Pour un débit identique, les températures pourraient être plus basses (tout profit pour la condensation de la
chaudière.

Source : Energie +
D.1 CHAUDIÈRES ATMOSPHÉRIQUES

A défaut de chaudières à condensation, refuser les chaudières gaz "atmosphériques" traditionnelles (brûleur sans
ventilateur ou arrivée d'air sans clapet de fermeture). et leur préférer les chaudières (fuel ou gaz) équipées d'un
brûleur pulsé modulant.

138
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur

Les chaudières atmosphériques présentent un plus mauvais rendement que toutes les autres chaudières : perte de 9 à 14 % par
rapport aux chaudières à condensation et de 3 à 5 % par rapport aux chaudières gaz ou fuel à brûleur pulsé, suite au
refroidissement permanent de leur foyer et à un plus mauvais rendement de combustion.

D.2 BRULEUR

Pour une chaudière traditionnelle, choisir au minimum un brûleur à 2 allures ;


Eviter les brûleurs "tout ou rien", sauf pour équiper une chaudière traditionnelle en cascade avec une chaudière à
condensation qui serait, elle, à brûleur modulant, ou encore lorsque le choix se porte sur les systèmes décentrali-
sés radiants fonctionnant avec ce type de brûleur « tout ou rien » (à noter, qu‘à l‘heure actuelle, certains cons-
tructeurs équipent les systèmes radiants d‘un brûleur modulant dans une plage réduite de puissance de 90 à 100
%).

Ce choix diminue les rejets polluants et augmente le rendement de combustion moyen.

Pour une chaudière à condensation, choisir de préférence un brûleur modulant sa puissance dans la plus grande
plage possible (idéalement de 10 à 100%).

La puissance est alors (presque) toujours adaptée aux besoins tout en gardant constante la qualité de la combustion.

4.3.3 DISTRIBUTION D’EAU CHAUDE

Lors du pré-dimensionnement, et pour les estimations des coûts, on tiendra compte d'un dimensionnement large :

Projet
des tuyauteries (circulateurs peu puissants) ;
des émetteurs (chauffage à basse température) ;
de l'isolation des tuyauteries (pertes limitées).

A CONDUITES

Isoler suffisamment les conduites ;


Prévoir l'isolation correcte des conduites, y compris les coudes et les vannes, ainsi que les circulateurs si leur
fabricant commercialise une coque isolante adaptée.

Ordre de grandeur : l’épaisseur d’isolant à prévoir est semblable au diamètre du conduit pour les petits diamètres.
L'isolation est toujours très rentable : remboursée en quelques années par les économies d'énergie.

B CIRCULATEURS

Choisir des circulateurs à vitesse variable.

L'adaptation de leur vitesse devra être réglée lors de la réception de sorte qu'ils fournissent le débit nominal calculé.
Ils permettent un réglage plus précis de leur vitesse de fonctionnement et une régulation de celle-ci en fonction des besoins. Leur
surcoût est rapidement remboursé par la diminution de la consommation électrique surtout lorsque l'installation est équipée de
vannes thermostatiques. Attention qu’il faut prévoir des moteurs électriques spéciaux si l’on veut moduler la vitesse des
circulateurs dans des plages < 40 %.

139
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur

C ACCESSOIRES

Prévoir des organes d'équilibrage au départ des "branches" d'un circuit et sur chaque corps de chauffe.

Les organes d’équilibrage sont nécessaires pour répartir correctement des débits entre les différentes branches du circuit et as-
surer ainsi le confort.
Ils constituent aussi le meilleur moyen de mesurer le débit circulant réellement dans l’installation et permettent un réglage correct
de la hauteur manométrique de référence des circulateurs à vitesse variable. Cet ajustement permet d'éviter des surconsomma-
tions inutiles.

4.3.4 RÉGULATION

A RÉGULATION DES SYSTÈMES

On ne négligera pas l'étude du poste régulation. En effet, en consacrant les moyens nécessaires
à l'étude du système et à l'investissement dans des équipements de régulation performants. On
pense à la régulation :
de la production en température glissante par rapport à la température externe qui
permet d‘adapter au plus près les températures de départ des différents circuits de
distribution en fonction du climat externe ;
des émetteurs en fonction des températures de consigne des zones.

C'est la régulation qui aura le plus d'influence sur la consommation future. Régulateurs dans un tableau électrique

B GESTION DES ZONES

La régulation couplée avec une gestion technique centralisée (GTC) peut s‘avérer intéressante
pour permettre aux gestionnaires du centre sportif de combiner d‘un seul endroit :

la régulation proprement dite ;


la gestion des consignes de température des zones ;
la gestion des horaires d‘occupation des zones et donc la gestion de leur intermit-
Projet

tence ;

Gestion technique centralisée (GTC)
Une GTC peut simplement être hébergée sur un ordinateur de gestion de l‘occupation des salles
par les écoles, les clubs, les particuliers, …
Si l'occupation des locaux est discontinue, prévoir, pour chaque zone (max 2 500 m²), un système de régulation permettant :
la coupure complète du chauffage en dehors de l‘occupation (nuit, week-end), tout en assurant le maintien d'une tempéra-
ture minimale des locaux ;
le réglage automatique optimisé de l'heure de démarrage du matin, en fonction de la température extérieure et de la tem-
pérature intérieure ;
dans les locaux occupés en dehors des heures normales d'occupation , la possibilité d'une dérogation (une relance du
circuit en dehors de l'horaire d‘occupation), tout en prévoyant un retour automatique au mode « coupure », sans risque
d'oubli.
Attention toutefois que la plupart des systèmes GTC requièrent une certaine connaissance technique, ce qui limite quelque peu leur utili-
sation. On prendra garde quant au choix d‘une GTC niveau « ingénieur » qui risque de ne pas être exploitée de par sa complexité.
Il faut éviter de faire fonctionner l'installation dans une zone lorsque les locaux ne sont pas occupés.
Le Maître d'Ouvrage précisera au concepteur où il souhaite avoir accès au bouton de dérogation.

140
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur

C EQUIPEMENTS

On n‘oubliera pas de :
prévoir un dispositif de contrôle de la température intérieure souhaitée, dans un ou plusieurs points de contrôle
(de préférence dans tous les locaux) dont une moyenne peut être établie, pour définir la température de distribu-
tion du circuit .

Ce dispositif peut aussi être, par exemple, une ou des sondes de température placées en divers endroits de la salle de sports
Cette régulation permettra d'éviter les surchauffes et donc les surconsommations locales.

Choisir des systèmes de régulation simples.

Ils permettront au gestionnaire de comprendre et de conduire facilement l'installation.

Eventuellement placer des sondes de températures à différentes hauteurs de manière à contrôler la stratification.

4.3.5 SUIVI DES CONSOMMATIONS

On prévoira un dispositif de mesure de la consommation de combustible de la chaufferie si la surface qu'elle chauffe dépasse
400 m² tout en mentionnant que ce type de compteur doit être régulièrement étalonné.

Le suivi de la consommation permettra de se rendre compte d'une dérive éventuelle des consommations.

Projet
Si l‘installation est susceptible de desservir des zones de bâtiment occupées par un concierge, un exploitant de cafétéria, il serait
intéressant d‘équiper chacune de ces zones d‘un compteur intégrateur permettant de connaître sa consommation propre et éven-
tuellement de la refacturer.

Pour motiver les exploitants résidents, il est important qu'ils payent exactement ce qu'ils consomment afin que leurs efforts en
matière d'économie soient récompensés.

On équipera donc chaque production de chauffage d'un dispositif permettant de suivre la consommation :

un (des) compteur(s) horaire(s) électriques de fonctionnement pour les pompes à chaleur ;


un compteur gaz pour les productions au gaz ;
éventuellement des compteurs de chaleur sur les différents circuits de distribution principaux de chauffage et pour
la production d‘ECS.

4.4 DIMENSIONNEMENT DES ÉQUIPEMENTS

4.4.1 EMETTEURS CENTRALISÉS

A SURDIMENSIONNER LÉGÈREMENT LES ÉMETTEURS Voir fiche thématique 13 :


Dimensionnement et
Cette mesure permet de diminuer la température de l‘eau et de favoriser ainsi le rendement choix des systèmes de
des systèmes de production, comme les pompes à chaleur, les chaudières à gaz à conden- chauffage et d’ECS
sation.

141
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur

4.4.2 DISTRIBUTION

A CONDUITES

A.1 UN CIRCUIT PAR ZONE

Chaque zone du bâtiment ayant une occupation, une température de consigne, des émetteurs différents doit pouvoir disposer de son
propre circuit de chauffage et être régulée séparément.

Il faut éviter de faire fonctionner le système pour tout le bâtiment lorsqu'une seule zone le nécessite. Exemples : en période scolaire, le
matin en général, les salles de sports peuvent être occupées sans pour autant que la cafétéria soit occupée.

A.2 EVITER LES PERTES DE CHARGE

On concevra un réseau de distribution qui limite la consommation des circulateurs : circuits rectilignes, le moins de cou-
des possible … Ceci implique le choix de l‘emplacement des locaux techniques par rapport aux émetteurs ;
On dimensionnera les tuyauteries de façon suffisamment large pour limiter la consommation des circulateurs, les pertes
de charge étant moindre pour des plus grands diamètres.

B CIRCULATEURS

B.1 EVITER LE SURDIMENSIONNEMENT DES CIRCULATEURS

Un ordre de grandeur : la puissance électrique absorbée par l'ensemble des circulateurs devrait être de l'ordre du millième de la puissan-
ce calorifique utile des chaudières. Dépasser 2 millièmes peut être synonyme d'installation énergivore. En outre, il sera intéressant de
prévoir des circulateurs à débit variable (en fonction d‘un delta p par exemple) de manière à réduire les consommations électriques.

4.4.3 PRODUCTION D’EAU CHAUDE

A SURDIMENSIONNEMENT

On évitera le surdimensionnement des systèmes de production de chaleur. En effet, une production de chaleur surdimensionnée ne
permet pas de moduler correctement la puissance tout au long de l‘année et notamment en mi-saison où la puissance de chauffe rési-
duelle peut descendre aux alentours des 10 à 20 % de la puissance nominale.

B DIMENSIONNEMENT
Projet

Le choix de la puissance des chaudières doit être le résultat du calcul des déperditions calorifiques du bâtiment.
On évitera de déterminer la puissance à installer à partir de méthodes empiriques basées sur l'addition de la puissance des émetteurs,
sur des ratios de puissance en fonction du volume ou de la surface à chauffer.

Cela conduirait à un surdimensionnement inutilement coûteux.

142
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur

4.4.4 PRODUCTION DÉCENTRALISÉE

A SYSTÈMES RADIATIFS

Pour ne pas surdimensionner une production à système radiant, il est nécessaire de tenir compte principalement :

de la composante r de la température opérative. En effet, la détermination de cette valeur r permet de réduire la


température de l‘air dans la salle de sport et, par conséquent, les déperditions énergétiques par les parois et par
ventilation ;
de la surface de couverture strictement nécessaire ; à savoir les aires de jeux.

On sait que le surdimensionnement risque de créer :

Projet
non seulement un inconfort par surexposition des zones chauffées ;
mais aussi une surconsommation énergétique de par la génération d‘une stratification des températures due à
l‘accentuation de courant de convection de l‘air sur les surfaces plus chaudes couvertes par les systèmes ra-
diants.

B SYSTÈMES CONVECTIFS À GAZ

Tout comme les chaudières gaz à condensation, les aérothermes à gaz à condensation devront être dimensionnés pour travailler
sur une basse température d‘air. Dans le cas de salles de sports faisant partie d‘un centre basse voire très basse énergie, on
pourra y parvenir assez facilement.

4.5 RÉCEPTION DES TRAVAUX

Lors de la réception de l'installation, doivent être fournis :

un dossier technique descriptif (plans, schémas, notice des appareils) ;


les instructions d'utilisation compréhensibles par une personne non spécialisée ;
les paramètres de réglage ;
les instructions de maintenance (précisant notamment les conditions de garantie).
Mise en route et suivi

Avant d'accorder la réception définitive de l'installation :

vérifier que la régulation fonctionne correctement ;


y a-t-il des zones où il fait trop froid? Des zones où il y a surchauffe ?
l'installation est-elle bien à l'arrêt dans les différentes zones lorsqu'elles sont inoccupées, ou lorsqu'il n'y a pas
besoin de chauffage ? Il peut être intéressant de passer dans le bâtiment un soir, un week -end, pendant une se-
maine de congés,… ;
la relance ne se fait-elle pas trop tôt ?

143
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de production de chaleur
4.6 CONDUITE DE L’INSTALLATION

Il serait intéressant de financer, pour un membre du personnel technique, une formation dispensée par la société de régu-
lation ;
L‘apprentissage devra se faire « in situ » par un formateur qualifié et ayant des aptitudes pédagogiques. La formation
comprendra :
l‘apprentissage de la lecture et du paramétrage des régulateurs locaux et centralisés ;
des exercices pratiques, simulations et réponses aux diverses questions posées.
L‘ensemble de la formation sera résumé dans un syllabus pouvant servir de mode d‘emploi des équipements (différent
d‘une simple photocopie des notices techniques des équipements).

La différence de consommation entre une installation bien ou mal régulée peut aller jusqu'à 30% de la facture annuelle de combustible.
Mise en route et suivi

144
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
5 OPTIMISER LES SYSTÈMES D’EAU CHAUDE SANITAIRE

5.1 CHOIX DU VECTEUR ÉNERGÉTIQUE

Dans le choix du vecteur énergétique, au même titre que l‘optimisation des systèmes de chauffage, on envisagera le recours aux
énergies renouvelables comme prioritaire en fonction des ressources potentielles du site sur lequel le projet sera étudié.

La tentation est forte de recourir à la même source renouvelable que le système de chauffage pour produire de l‘ECS. Cepen-
dant, on tiendra compte des différences de régimes de températures entre les deux systèmes sachant que :

dans un bâtiment basse énergie ou très basse énergie, les régimes de température de chauffage peuvent être
abaissés drastiquement ;
quel que soit le niveau de performance de l‘enveloppe, le régime de température pour la production d‘eau chaude
sanitaire est inchangé (température de retour minimum de 55°C) de par la nécessité de maîtriser la prolifération

Théorie
des légionelles dans l‘eau.

5.1.1 RESSOURCES GÉOTHERMIQUES

Comme nous l‘avons vu, la valorisation des ressources géothermiques implique souvent le choix d‘une pompe à chaleur. Dans le
cas de la production d‘ECS, les températures demandées à la source chaude sont souvent de l‘ordre de 60°C de température
d‘eau, « légionella » impose. A ces valeurs de température, les performances des PAC deviennent médiocres. Certains fabri-
cants n‘hésitent pas à conseiller le recours au chauffage électrique direct pour donner le complément de chaleur nécessaire pour
atteindre les 60°C.

C‘est à ce niveau que la cohabitation raisonnée des stratégies d‘énergies renouvelables et fossiles prend toute son importance.

Dans ce cas-ci, on conseillera de combiner :

une pompe à chaleur pour assurer un maximum « énergétique » des besoins de chauffage du centre sportif ;
une chaudière gaz à condensation pour prendre le complément de puissance nécessaire à la PAC en période
froide et prendre en charge les besoins d‘ECS même si on sait que la chaudière à condensation ne condensera
pas lors de la production d‘ECS.

5.1.2 RESSOURCES VÉGÉTALES

De manière générale, la cogénération peut travailler à des régimes de température compatibles avec la production d‘eau chaude
sanitaire. Dans le calcul de pré dimensionnement d‘une cogénération, on pourra inclure à la fois les besoins de chauffage et
d‘ECS, ce qui permettra d‘augmenter le potentiel d‘utilisation des ressources renouvelables (temps production de la cogénération
augmenté).
Comme on l‘a vu aussi, le recours seul à la cogénération est difficilement envisageable sachant que sa couverture énergétique
n‘atteint que rarement les 100 % des besoins pour garantir l‘optimum énergétique et économique de la cogénération. Il est donc
souvent nécessaire de recourir à un complément comme une chaudière au gaz par exemple.

5.1.3 RESSOURCES BIOMASSE

Les chaudières au bois, de par leurs régimes de température modulables (attention, il faut bien le vérifier), peuvent convenir à la
couverture des besoins de chauffage et d‘ECS.

145
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
5.1.3 RESSOURCES FOSSILES

Le gaz est actuellement le combustible dont la combustion a le moins d‘impact local sur l‘environnement. Et il permet une production dé-
centralisée de l'eau chaude, évitant parfois le recours à une boucle de distribution.
Les systèmes électriques de préparation d'eau chaude sanitaire ont un rendement de seulement 40% en moyenne : celui des centrales
électriques. De plus, à ce jour, le prix de revient de la chaleur électrique est double de celui de la chaleur gaz ou fuel.
L'idée qu'il vaut mieux placer un préparateur électrique pour couvrir les besoins de l'été en coupant la chaudière centrale n'est plus de
mise avec une chaudière actuelle (pertes de maintien très faibles), sauf dans des cas de puisage très limité

5.2 DÉFINITION DES BESOINS

5.2.1 BESOINS D’ECS DANS LES SANITAIRES COMMUNS

Il n‘est pas nécessaire de prévoir de fourniture d'eau chaude dans les locaux sanitaires communs. Quand on parle de sanitaires com-
Théorie

muns, ce sont les sanitaires des spectateurs ou des clients de la cafétéria.

On constate en effet que l'utilisateur n'attend pas l'arrivée effective de l'eau chaude au robinet pour se laver les mains

5.2.2 CONSIGNE DE TEMPÉRATURE DE L’ECS

Il est nécessaire de prévoir le maintien de l'eau en tout point du réseau à une température minimale de 60°C.
On sera particulièrement vigilant à tenir cette température au niveau :
du ballon de stockage, si présent ;
de la boucle de distribution ;

Cette mesure est destinée à éviter le risque de prolifération des légionelles. On sait que les « petites bêtes » sont particulièrement actives
aux alentours des 30-50°C.

5.2.3 ORGANISATION DES LOCAUX

On s‘arrangera pour regrouper spatialement tous les locaux nécessitant une arrivée d'eau chaude.

Cette mesure permet de limiter la longueur ou éviter l'existence d'une boucle de distribution sanitaire qui, même si elle est bien isolée,
développe des pertes énergétiques plus importantes que celles d'un ballon de stockage !

5.3 CHOIX DU SYSTÈME

5.3.1 PRODUCTION CENTRALISÉE OU DÉCENTRALISÉE (PLUSIEURS APPAREILS) ?


Avant projet

Dans le cas des centres sportifs, on a intérêt à grouper les douches dans une même zone ne fusse que pour une question de fonctionnali-
té par rapport à l‘activité principale d‘un tel type de bâtiment qui est le sport. Disséminer les vestiaires et douches à des endroits diamétra-
lement opposées n‘a pas beaucoup de sens. On optera donc pour une production centralisée en s‘assurant que la boucle d‘eau chaude
est optimisée au niveau des déperditions et des risques de prolifération des légionelles (bras morts entre la boucle et le point de puisage)

146
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
5.3.2 PRODUCTION INDÉPENDANTE OU COMBINÉE AU CHAUFFAGE DU BÂTIMENT ?

Dans un cas classique de conception, on envisagera l'installation d'une chaudière dédicacée au chauffage de l'eau chaude sani-
taire en été si la puissance nominale en eau chaude sanitaire représente moins de 30% de la puissance de la plus petite
chaudière du bâtiment. Elle fonctionnera :
soit en parallèle sur l'installation de chauffage ;
soit de façon autonome.

En hiver, la puissance appelée s'additionne aux besoins de chaleur du bâtiment. Mais en été, il faut éviter qu'une chaudière sur-
dimensionnée ne fonctionne par intermittence, générant des imbrûlés à chaque allumage.
Dans le centre sportif basse énergie qui nous sert de référence tout au long du guide (Grez Doiceau), la part de puissance né-
cessaire à la fourniture des besoins d’ECS est inférieure à 30 %. On pourrait considérer qu’une seule chaudière est nécessaire
pour subvenir aux besoins d’ECS.

Cependant, il faut tenir à l‘esprit que le but premier du guide, après l‘optimisation de l‘enveloppe, est de couvrir un maxi-
mum les besoins de chaleur avec des énergies renouvelables qu‘ils soient de chauffage ou d‘ECS. Energétiquement et
pratiquement parlant, la combinaison du chauffage et de la production d‘ECS s‘impose donc.

Avant projet
Dans notre hall de référence, quand on analyse les besoins
énergétiques d’ECS par rapport à ceux de chauffage, ils sont
importants. Ce serait donc dommage de ne pas les couvrir par une
ou des stratégies d énergie renouvelable comme par exemple la
cogénération, la chaudière au bois, …
Certains diront que l’on pourrait envisager une chaudière au bois
réservée pour l’’ECS. Pourquoi pas !
A voir naturellement au cas par cas.

5.4 CARACTÉRISTIQUES DE L’INSTALLATION

5.4.1 CHOIX DU SYSTÈME POUR LA PRODUCTION CENTRALISÉE

Parmi les différents systèmes de production d'eau chaude (instantanés, à accumulation et semi instantanés), le bureau d'études
devra faire un choix permettant de couvrir au mieux le profil des besoins.

Le recours aux énergies renouvelables nécessite de regrouper les besoins de chaleur et particulièrement ceux d‘ECS. En effet,
comme on l‘a vu, ceux-ci sont loin d‘être négligeables face aux besoins de chauffage des zones du centre sportif.
Par contre, il est clair que c'est la lutte contre le développement de la légionnelle qui entraîne désormais une production et une
distribution d'eau chaude sanitaire à haute température (60°C). Ceci ne constitue pas en soi un supplément de consommation
finale mais requiert à tout le moins une isolation renforcée des équipements et contrarie l'évolution technologique actuelle vers
une production de chaleur à basse température pour les bâtiments… Si l‘on est dans cet état d‘esprit , le recours à une produc-
tion indépendante serait souhaitable.

Ceci dit, il est difficile de remettre en question le recours aux énergies renouvelables par le simple fait qu‘il faut isoler plus la dis-
tribution d‘une production centralisée. De toute façon, à l‘heure actuelle, on ne conçoit plus une installation centralisée d‘ECS
sans isolation tout en réduisant au maximum les longueurs de conduites.

147
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
5.4.2 CHOIX DU SYSTÈME POUR LA PRODUCTION DÉCENTRALISÉE

Pour la production autonome destinée à une partie des points de puisage fortement éloignés de la production centralisée, on choisira :

un préparateur gaz à condensation ;


ou, pour des faibles besoins, un accumulateur électrique.

C’est le cas du point de puisage de la cuisine de la cafétéria

Le surcoût des accumulateurs gaz « à condensation » par rapport aux accumulateurs traditionnels est remboursé en 2 à 4 ans grâce à
une augmentation importante du rendement de combustion et une diminution des pertes d’entretien (de 0,5..0,8 Wh/l.°C.24h à 0,3..0,4
Wh/l.°C.24h).

5.4.3 APPAREILS INSTALLÉS AUX POINTS DE PUISAGE

A DÉBIT D’EAU

Pour chacun des équipements sanitaires, on étudiera les possibilités de réduction du débit d‘eau, du temps de puisage et du niveau de
température : mousseurs, pommeaux de douche économiques, boutons poussoirs à rappel automatique, robinet à œil électronique, poi-
projet

gnées ergonomiques, mitigeurs, ...

La principale économie d'énergie sur l'eau chaude sanitaire se fera sur la réduction des quantités d'eau consommées.

B PRESSION
Avant

Si la situation du bâtiment entraîne une pression élevée dans le réseau, on placera un réducteur de pression à l'entrée de l'installation.

Cela permettra de réduire les débits à chaque point de puisage et de limiter les fuites éventuelles.

5.4.4 DISPOSITION DES BALLONS DE STOCKAGE

Placer les ballons de stockage en position verticale.

La position verticale favorise la stratification des températures et augmente le volume intérieur utile.

5.4.5 SUIVI DES CONSOMMATIONS

Si l‘installation de production d‘eau chaude sanitaire fournit plus de 2.000 litres/jour à 60°C, prévoir un dispositif permettant de suivre les
consommations volumiques ou calorifiques d‘eau chaude sanitaire au niveau des équipements centralisés.

En pratique, ceci correspond à un centre sportif délivrant plus de 70 douches/jour, … Le suivi de la consommation spécifique d'eau
chaude sanitaire permettra de se rendre compte d'une dérive éventuelle.
148
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
5.5 DIMENSIONNEMENT DES ÉQUIPEMENTS

5.5.1 ESTIMATION DES BESOINS EN EAU CHAUDE

A PROFIL DE PUISAGE PAR CALCUL Voir fiche thématique 13 :


Le dimensionnement et le
choix des systèmes de
Il est nécessaire de définir le profil de puisage d‘eau chaude le plus précisément possible.
Cette recommandation s'applique tout particulièrement aux installations comportant un ballon chauffage et d’ECS
de stockage.

Cette étape est indispensable pour permettre un dimensionnement optimal et réaliste, tant du point de vue de l’investissement
que des pertes d’énergie.
Dans le centre sportif de référence, on a considéré 55 douches pendant 10 minutes à raison de 10 litres/min (PEB)

B PAR MESURE DIRECTE

On pourrait aussi relever le profil de puisage d‘un bâtiment existant de référence par mesure directe sachant qu‘il a été audité et
optimisé.
On peut en effet définir le profil de puisage du bâtiment au moyen d‘un compteur volumétrique placé sur l‘alimentation en eau
froide de l‘installation de production d‘eau chaude sanitaire existante. Ce compteur sera récupéré sur la nouvelle installation pour
suivre la consommation.

Le profil de puisage d'un bâtiment est déterminant pour :


évaluer l'intérêt d'une technologie alternative (capteurs solaires, par exemple) ;
dimensionner correctement une nouvelle installation et dimensionner tout particulièrement le choix du volume de

Projet
stockage (le coût d’un compteur d’eau est de l’ordre de 125 à 300 €, ce qui est inférieur à la différence de coût entre deux
ballons de tailles successives d’une même gamme) ;
sensibiliser les utilisateurs (suivi des consommations).

5.5.2 PRODUCTION

A CHAUDIÈRE GAZ À CONDENSATION

Si la préparation de l'eau chaude sanitaire est assurée par une chaudière à condensation, l‘échangeur qui produit l‘eau sanitaire
doit être dimensionné pour assurer un retour à basse température vers la chaudière (de l‘ordre de 45°C), à moins que la chaudiè-
re ne soit équipée de deux retours séparés.

La chaudière gaz à condensation est de loin la chaudière ayant le meilleur rendement (elle permet un gain de 6 à 9% par rapport
aux technologies traditionnelles), mais pour atteindre ces performances, elle doit recevoir de l'eau de retour de l'installation à
basse température.

B SURDIMENSIONNEMENT

Si l'eau chaude sanitaire est produite par une production de chaleur assurant le chauffage du bâtiment, on ne surdimensionnera
pas cette production de façon excessive en cumulant puissance pour l'eau sanitaire et puissance pour la relance sachant qu‘en
général, la relance du matin est bien avant que les premiers sportifs soit sous la douche.
En pratique, aucun surdimensionnement n'est à prévoir tant que la puissance du chauffage de l'eau chaude sanitaire ne dépasse
pas 25% de la puissance de chauffage du bâtiment.
149
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
Le surdimensionnement est non seulement énergivore, mais aussi coûteux à l'investissement …

5.5.3 DISTRIBUTION

A TEMPÉRATURE DE CONSIGNE

On configurera la boucle de distribution pour qu'elle soit parcourue par de l'eau dont la température est toujours proche de 60°C.

Une température inférieure à 55°C entraîne un risque de prolifération des légionelles, une température trop élevée entraîne des pertes
énergétiques.

B CIRCULATEUR

Eviter le surdimensionnement du circulateur de boucle.

Le principe des boucles de circulation est similaire à celui utilisé autrefois pour éviter le gel d'une conduite en hiver : laisser passer un fin
filet à la sortie du robinet ! Le débit de circulation d'eau compense les pertes de chaleur de la boucle mais ne doit pas assurer le débit
d'eau d'alimentation d'un équipement.

5.6 CHOIX DES ÉQUIPEMENTS

5.6.1 PRÉPARATEUR GAZ À ACCUMULATION


Projet

Si le préparateur gaz à accumulation fait plus de 300 litres, on choisira un appareil :

dont le rendement utile minimal est de 98 % sur PCI mesuré suivant la norme EN 89 ;
dont la consommation d'entretien est limitée.

Exclure donc les appareils atmosphériques traditionnels.

5.6.2 CHAUFFE-EAU ÉLECTRIQUE

Dans le cas où une situation spécifique justifie l'usage d'un chauffe-eau électrique, on le choisira à faible volume d‘eau et bien isolé. On
limitera son usage aux petites cuisines des cafétérias.

5.6.3 BALLON DE STOCKAGE

A FAVORISER LA STRATIFICATION

On prévoira le placement vertical des ballons de stockage. On les équipera et les raccordera de manière à favoriser la stratification inter-
ne des températures.

On pensera aux brise-jets d'arrivée d'eau froide, au retour de la boucle de circulation en haut du ballon, …pour augmenter le volume
intérieur utile, et donc limiter le volume total sélectionné, et donc limiter les pertes de maintien.

150
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
5.6.4 ISOLATION DES ÉQUIPEMENTS DE PRÉPARATION

Il est nécessaire de définir le profil de puisage d‘eau chaude le plus précisément possible. Cette recommandation s'appli-
que tout particulièrement aux installations comportant un ballon de stockage.

Le surcoût d’une isolation de 10 cm par rapport à une isolation de 5 cm est rentabilisé en plus ou moins 3 ans.

On augmentera encore le niveau d'isolation si celle-ci est effectuée sur site :

un équivalent de 10 cm de laine minérale pour les ballons de moins de 400 l ;


un équivalent de 12 cm de laine minérale pour les ballons de plus de 400 l et moins de 2000 l ;
un équivalent de 14 cm de laine minérale pour les ballons de plus de 2000 l.

La rentabilité de l'isolation est généralement meilleure si elle est mise en place sur site.

5.6.5 DISTRIBUTION D’EAU CHAUDE SANITAIRE

A LES CONDUITES

On isolera les conduites (tronçons droits, courbes et branchements) véhi-


culant de l'eau chaude si :

Projet
elles se trouvent dans le sol, à l'extérieur ou dans des espa-
ces ne faisant pas partie du volume chauffé du bâtiment
(chaufferie, sous-sol, caniveau éventuel...) ;
elles sont maintenues en température (boucle de circulation).

L'épaisseur de l'isolant augmentera avec le diamètre de la conduite, de 3


cm pour une conduite DN10 à l'intérieur, jusqu'à 6 cm pour une conduite
DN 80 à l'extérieur.

Source : Energie +

1 m de tuyau en acier de 1 pouce de diamètre, non isolé, dans lequel circule de l'eau chaude à 70°C et qui parcourt une
ambiance à 20°C a une perte équivalente à la consommation d'une ampoule de 60 W.

B LES ACCESSOIRES

On isolera également les vannes et brides. On choisira des coquilles ou matelas permettant un démontage et un remontage rapi-
de pour contrôle, sans endommagement de l‘isolant.

Isoler les vannes est très rentable, mais cette action est rarement entreprise par crainte que la présence d'isolant ne masque
provisoirement l'apparition de fuites. Les dégâts encourus risqueraient alors d'être plus importants. Mais si le moyen d'isolation
choisi est facilement démontable, une surveillance régulière est alors aisément réalisée.
Et l'argument de la fuite paraît "léger" si l'on pense que les vannes des réseaux d'eau glacée sont toujours isolées…

151
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’eau chaude sanitaire
C EQUILIBRAGE DES CIRCUITS

On prévoira un organe d'équilibrage sur chaque branche du circuit de distribution lorsque celui-ci en comprend plusieurs.

5.7 RÉGULATION
Projet

Si la production d‘eau chaude se fait via un ballon accumulateur, on régulera si possible la production :
pour qu'elle fonctionne à basse température sauf lorsqu'il y a demande d'eau chaude sanitaire. C‘est le principe de la
priorité ECS ;
pour qu'une horloge limite les périodes de relance de la production en dehors de la saison de chauffe. Dans le cas des
centres sportifs, il est flagrant que la consommation d‘ECS diminue fortement à partir du mois de mai. Rare sont les cas
où les activités sportives intenses continuent mis à part les tournois éventuels ou les stages d‘été.

Pour limiter les pertes de la production et, en été, limiter le nombre de démarrages du brûleur, synonymes de mauvaise combustion.

5.8 RÉCEPTION DES TRAVAUX

Lors de la réception de l'installation, doivent être fournis :


un dossier technique descriptif (plans, schémas, notice des appareils, paramètres de réglage) ;
les instructions d'utilisation compréhensibles par une personne non spécialisée ;
les instructions de maintenance (précisant notamment les conditions de garantie).
Mise en route et suivi

152
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
6 OPTIMISER LES SYSTÈMES DE VENTILATION
A ce niveau, le guide aborde uniquement les systèmes de ventilation pour les grands halls de sport et les vestiaires qui, en général, sont
intimement liés. Pour les autres locaux comme le hall d‘entrée, les couloirs, la cafétéria, …, le guide renvoie le lecteur au site Energie+ :
http://www.energieplus-lesite.be/

6.1 ORGANISATION DES LOCAUX

Comme on l‘a vu, une des priorités dans un nouveau projet est d‘optimiser la fonctionnalité du centre sportif. On en est arrivé à
présenter dans le guide une ou deux organisations types des zones composant ce centre.
Intrinsèquement, les zones à activités différentes se regroupent naturellement et constituent des entités qui doivent être ventilées
par des systèmes différents de par :
des débits d‘air neuf forts différents ;
des horaires et niveaux d‘occupation différents ;
des activités différentes.

Exemple :
la grande salle de sport accueille des sportifs en nombres variables. Les apports internes en température et humidité
varient constamment ;
les vestiaires dégagent beaucoup de vapeur d’eau et doivent être déshumidifiés régulièrement ;
la cafétéria est souvent occupée après les heures de sport ;

Avant projet
Le fait de prévoir des systèmes de ventilation différents pour chaque zone permet donc d'assurer l'apport d'air neuf dans ces
zones de façon indépendante et modulée (voir régulation ci-après).
Il faut ajouter aussi que la programmation d‘un système de ventilation par zone distincte permet de favoriser la récupération de
chaleur :
on peut récupérer la chaleur latente des douches pour préchauffer l‘air neuf des vestiaires ;
il en est de même lorsqu‘on récupère la chaleur de stratification de la grande salle (sous la toiture) pour préchauf-
fer l‘air neuf.

6.2 CONFORT ET ENERGIE (ASPECT NORMES ET RÉGLEMENTATION)

A l‘heure actuelle, on ne conçoit plus de centre sportif sans ventilation adéquate car le confort respiratoire doit naturellement être
assuré. Pour l‘assurer on appliquera l‘annexe VI de la PEB (Performance Energétique des Bâtiments : septembre 2009) qui se
base essentiellement sur la NBN EN 13779:2007 (ventilation dans les bâtiments non-résidentiels).
L'annexe VI impose une qualité d'air minimale correspondant à la catégorie "médiocre" telle que définit dans la norme NBN EN
13779. Cette exigence revient à imposer les débits de conception minimaux.

6.2.1 PIÈCE SERVANT À UNE OCCUPATION HUMAINE TYPE

Dans le cas d'une activité avec un rapport métabolique voisin de 1,2, le débit minimal devra être de 22 m³.h-1.personne-1 dans
les zones non-fumeurs (c‘est le cas d‘un centre sportif).
Ces débits tiennent compte du métabolisme humain aussi bien que des émissions types dans les bâtiments à faible pollution. Si
l'activité métabolique est élevée (met >1,2), il convient d'augmenter les débits fournis d'un facteur met / 1,2.

5 Met : notion d’activité humaine : 1 met = 58 W.m-2


153
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
6.2.2 PIÈCE NON DESTINÉE À L’OCCUPATION HUMAINE

Dans ce cas, le débit minimal s'exprime en mètre cube par heure et par surface de plancher :
1,3 m³.h-1.m-2

Cette valeur a été déterminée sur base d'une période d'activité de 50 % et une hauteur de plafond de 3 mètres. Pour des périodes d'acti-
vités plus courtes et des hauteurs de plafond plus élevées, il convient que le débit d'air soit plus élevé.

6.2.3 SANITAIRES

On détermine le débit de conception des espaces de toilette en fonction du nombre de WC (y compris les urinoirs).
Si le nombre de WC n'est pas connu, le débit de conception des toilettes sera déterminé sur base de leur surface au sol.
Le débit de conception devra être de :

25 m³.h -1 par WC ;
15 m³.h -1 par m² au sol si le nombre de WC n'est pas connu au moment du dimensionnement du système de ventilation.

6.2.3 OCCUPATION HUMAINE


Avant projet

Surface au sol par


La détermination du débit de conception minimal devra pren-
Type d'occupation personne
dre en considération l'occupation déterminée selon le ta- [m²/personne]
bleau ci-contre. Lorsque l'on détermine l'occupation à l'aide
de ce tableau, il faut arrondir le nombre de personnes obte- Horeca
nu à l'unité supérieure. Restaurants, cafétéria, buffet rapide, cantine, bars, cocktail-
1.5
bar
Cuisine, kitchenette 10
Sports et loisirs
Hall de sport, stades (salle de jeu), salle de gymnastique 3.5
Vestiaires 2
Espace de spectateurs, tribunes 1
Club sportif : salles d'aérobic, salle de fitness, club de 10
bowling
Autres espaces 15

Par exemple, une grande salle de sport de surface standard de 45 m x 25 m pourrait accueillir jusqu’à :
(45 x 25) [m²] / 3.5 [m²/personne] = 321 personnes.
Ce qui représenterait un débit d’air neuf de 22 [m³.h-1.personne-1] x 321 [personnes] = 7.071 [m³/h].

6.2.4 ASPECT ÉNERGÉTIQUE

L‘aspect énergétique se centre sur les consommations de chaleur des batteries de préchauffe et de réchauffe mais aussi et surtout sur les
consommations des ventilateurs. La PEB en Wallonie s‘inspire de la norme EN 13779. En ce qui concerne les ventilateurs, leur puissance
spécifique doit appartenir à l'une de ces 3 catégories :

catégorie 1 : moins de 500 W.m -3.s ou 0,14 W.m -3.h ;


catégorie 2 : entre 500 et 750 W.m -3.s ou 0,2 W.m -3.h ;
catégorie 3 : entre 750 et 1250 W.m -3.s ou 0,34 W.m -3.h.

154
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
6.3 RISQUES DE CONDENSATION

La déshumidification des salles de sports par de l‘air neuf est primordiale pour éviter, comme auparavant dans
certaines salles omnisport non équipées, de » prendre sa douche » sous une toiture mal isolée. Dans le cadre
d‘une conception énergétique de hall, c‘est vrai que l‘on prend soins de bien isoler la toiture et, par conséquent,
de réduire le risque de condensation en sous-toiture. Néanmoins, l‘apport de lumière naturelle étant important
aussi en termes de confort visuel, le lanterneau ou les « sheds » prévus en toiture, accentuent le risque de
condensation de l‘humidité interne développée par l‘activité sportive. Une attention toute particulière sera prise au
niveau des détails techniques des « sheds » de manière à maîtriser les ponts thermiques. Une ventilation correcte
sera donc nécessaire ;
Idem dans les vestiaires, et les douches, les débits d‘air neuf peuvent être importants afin de bien déshumidifier
l‘ambiance.

Un point de comparaison : dans les piscines, afin de ne pas altérer les structures architecturales des locaux on ne peut pas
dépasser les 65 % d’humidité à 28°C.

6.4 CHOISIR LES SYSTÈMES

On prévoira, dans la mesure du possible, des systèmes d'apport d'air neuf indépendants (groupe de traitement d'air et conduites)
pour les groupes de locaux ayant des usages ou des émissions de polluants nettement différents comme les zones suivantes :
la grande salle de sport ;
les salles polyvalentes si existantes ;
les vestiaires ;
la cafétéria et la kitchenette.

6.4.1 VENTILATION DU BINOME GRANDE SALLE DE SPORT - VESTIAIRES

Dans le cadre d‘une conception basse énergie ou très basse énergie, une proportion importante des consommations énergétiques de
chauffe concerne la ventilation hygiénique. On se rend bien compte que la configuration en système D telle qu‘elle est décrite ci-dessus
est très énergivore sans faire appel aux récupérateurs à haut rendement thermique.
Actuellement, les récupérateurs de chaleur sur l‘air extrait pour préchauffer l‘air neuf ont des rendements très intéressants et pour des
budgets acceptables.

Sous certaines conditions et pour des débits inférieurs à 4.500 m³/h, certains fabricants annoncent des rendements pouvant atteindre les
92 % . Les valeurs moyennes actuelles de rendement sont de l’ordre de 85 %.

A RELANCE DE CHAUFFAGE DU MATIN

Le débit de ventilation de 7.500 m³/h suffit à chauffer le hall de par la très bonne qualité de l‘isolation et l‘étanchéité renforcée de l‘enve-
loppe.
Avant projet

Système de chauffage Débit de relance du matin


155
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
B MAINTIEN EN TEMPÉRATURE ET VENTILATION HYGIÉNIQUE

Le débit est réduit de moitié (suivant les possibilités techniques des ventilateurs), soit 3.750 m³/h. Cette valeur de débit est intéressante vu
qu‘elle correspond bien à la fourchette de débit de ventilation hygiénique nécessaire pour assurer la qualité de l‘air de la grande salle.

Rappelons que la plage de variation classique des variateurs de fréquence couplés aux ventilateurs est souvent comprise entre 20-25 Hz
et 50 Hz, ce qui correspond à une plage de variation de vitesse comprise entre 40-50 % et 100 voire 120 %. Pour des fréquences plus
basses, il est nécessaire de passer à des moteurs électriques prévus pour les supporter (les échauffements sont plus importants aux
basses fréquences.

Système de chauffage Débit de maintien en température et de ventilation hygiénique

Le principe du système est simple et nécessite de centraliser la ventilation avec récupération de chaleur au moyen de deux CTA. La confi-
guration comprend :
Avant projet

dans le local technique, deux centrales de traitement d‘air (CTA) système D équipées de ventilateurs de pulsion et d‘ex-
traction, et d‘un récupérateur de chaleur haut rendement. Un pour la grande salle de sport, l‘autre pour les vestiaires ;
d‘un circuit de distribution d‘air le plus court possible vers chaque zone ;
de bouches de pulsion type « jet » placées sous la toiture soufflant parallèlement aux versants de toiture vers le bas pour
la grande salle ;
de bouches de pulsion classiques à induction pour les vestiaires ;
de bouches de reprise en dessous de la toiture pour récupérer l‘air de stratification pour la salle de sport ;
de bouches d‘extraction classiques dans les douches;
d‘un réseau d‘extraction différent pour chaque zones avec retour vers la CTA.

Le système présente les avantages et inconvénients suivants :

+
les débits peuvent être adaptés à la demande indépendamment les uns des autres (sonde CO 2 en fonction de
l‘occupation de la grande salle et sonde hygrométrique en fonction du taux d‘humidité des douches par exem-
ple);

156
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation

la gestion des horaires de fonctionnement est plus aisée ;


on sait chauffer la grande salle par le système de ventilation et amener de l‘air neuf avec un seul système pour
autant que l‘installation soit bien dimensionnée ;
les consommations énergétiques devraient être moindres.


le système demande plus de longueurs de gaines aérauliques et deux CTA avec un récupérateur de chaleur chacune.
L‘investissement devrait être plus important.

6.5 DISPOSITION DES ÉQUIPEMENTS

6.5.1 AMENÉE D’AIR NEUF

On étudiera l'emplacement de la prise d'air neuf :

en fonction de l'importance des besoins de chauffage et de refroidissement du bâtiment, il peut être préférable de
favoriser, par exemple, un emplacement en façade nord plutôt qu'en façade sud ;
On ne disposera pas les prises d‘air neuf au niveau du sol extérieur, de manière à éviter l‘aspiration d‘air pollué
par les poussières, gaz d‘échappement du parking, …

Ce type de disposition entraînerait un apport d'air chaud en mi-saison sans nécessairement favoriser le préchauffage de l'air en
hiver.

6.5.2 PRÉCHAUFFAGE DE L’AIR

A PUIT CANADIEN / PROVENÇAL


Voir fiche thématique 6 :
Puits canadien/
On pourrait envisager le passage de l'air neuf dans une masse thermique "tampon" (conduit provençaux
enterré, par exemple).

Cette configuration entraîne avant son entrée dans le bâtiment, un réchauffement de l'air en hiver, mais aussi son rafraîchisse-
Avant projet

ment en été.

Seulement de nombreuses études ont montré que le puits canadien ne peut pas concurrencer un bon récupérateur de chaleur
pour les raisons suivantes :

le récupérateur de chaleur haut rendement a une efficacité thermique plus importante. Vu qu‘il travaille sur l‘air
extrait pour réchauffer l‘air neuf à partir d‘une température plus élevée (de l‘ordre de 17°C si on prend la salle de
sport) que celle de la terre qui ne dépassera pas 10°C ;
malgré le fait que le récupérateur nécessite un système à double flux, alors que le puits canadien pourrait s‘en
passer, l‘investissement dans ce dernier est assez conséquent) ;
le puits canadien doit tenir compte du risque hygiénique dû la stagnation de la condensation dans le conduit d‘air.

157
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation

A l‘avantage du puits provençal (le même puits canadien mais utilisé en période chaude), on peut obtenir un
projet

« géocooling » permettant de réduire dans de bonnes conditions la température d‘air neuf de 4 à 5°C.

B RÉCUPÉRATEUR DE CHALEUR
Avant

Il va de soi que si l‘installation comprend une pulsion et une extraction mécaniques (système double flux), on prévoira un récupérateur
de chaleur sur l'air extrait pour préchauffer l'air neuf.

6.6 CONCEPTION DES INSTALLATIONS

Le cahiers de charge énergétique de Energie+ (http://www-energieplus.lesite.be/) donne le détail de conception des installations
de distribution.

6.6.1 PRÉPARATION DE L’AIR

A FILTRES

on choisira des filtres ayant la perte de charge initiale en utilisation la plus basse possible ;
on choisira la classe de filtre F7.

Faire le choix des filtres tôt, avant le dimensionnement des ventilateurs, permet d'éviter le surdimensionnement de ceux-ci.

B BATTERIES DE CHAUFFE

L'utilisation de batteries électriques sera fortement déconseillée. Les limiter à des appoints décentralisés ou limités dans le temps, dont la
consommation, évaluée par un programme de simulation dynamique, est jugée tout à fait marginale.
Par contre, l'électricité peut être valorisée dans une pompe à chaleur pour la récupération d'énergie, par exemple sur l'air extrait. Mais vu
Projet

de nouveau l‘efficacité des récupérateurs de chaleur sur l‘air extrait, la pompe à chaleur fera figure » d‘usine à gaz ».

Suite au faible rendement de production actuel en centrale électrique, une batterie à eau est plus efficace énergétiquement qu'une batte-
rie électrique par effet Joule.

C HUMIDIFICATION

On évitera le placement d‘humidificateur sachant qu‘énergétiquement parlant les consommations pour l‘humidification sont très importan-
tes. Le fait de se passer d‘humidificateur pourrait se justifier par « l‘autoproduction » d‘humidité importante des sportifs.

158
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
6.6.2 DISTRIBUTION

A CONDUITS

Lorsque l‘encombrement le permet, on choisira des conduits circulaires, de manière à réduire les pertes de char-
ge. Si des conduits de section rectangulaire sont choisis, se rapprocher autant que possible d‘une section carrée.

En passant d'une gaine circulaire à une gaine rectangulaire dont le rapport des côtés est égal à 4, on augmente la consommation
du ventilateur d'environ 30 %.

On concevra le réseau de distribution de manière à minimiser les pertes de charge :


dimensionnement des gaines ;
tracé des circuits ;
choix d'équipements divers à faible perte de charge (batteries, clapets de commandes, coudes, raccords
entre ventilateurs et gaines, grille de prise d'air neuf, silencieux , etc.) ;

B GESTION DE L’OCCUPATION

On pourrait équiper les installations desservant plusieurs zones à horaires d'occupation différents. Les vestiaires sont parfois
divisés en 2 zones distinctes.

Projet
On prévoira alors :

des registres motorisés.

Ils permettront l'arrêt de la pulsion et de l'extraction de façon indépendante pour chaque zone.

des ventilateurs à débit variable, par exemple au moyen d'un variateur de vitesse ou par paliers.

Ils permettront d'ajuster le débit d'air du groupe au nombre de zones en fonctionnement.

C BOUCHES DE PULSION DES SALLES DE SPORT

La ventilation dans les salles de sport relève du défit. En effet, il est non seulement nécessaire d‘assurer :

le confort thermique. On est tenu de conjuguer :


la température opérative (température de l‘air et température radiative) ;
la vitesse de déplacement de l‘air (plus la vitesse de l‘air est importante plus la sensation d‘inconfort est
grande) ;
et l‘homogénéité de l‘air neuf dans un grand espace comme la salle de sport principale.
mais aussi le confort de pratique de sport : la pratique du badminton et, dans une moindre mesure le tennis de
table, sont perturbés par des vitesses d‘air importantes).
159
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
Le défit est encore plus important lorsque l‘on veut combiner la ventilation hygiénique avec un chauffage convectif (chauffage sur l‘air). En
effet, les débits de chauffage doivent être plus importants que pour la simple ventilation hygiénique. Il en résulte une meilleure maîtrise
encore des vitesses de déplacement de l‘air.

Par exemple, pour des besoins de chauffage de l’ordre de 45 kW nécessaires pour couvrir les déperditions des parois et par ventilation
de notre bâtiment basse énergie de référence, pour une température maximale de pulsion de 35°C (cette température permet d’optimiser
l’utilisation de système à énergie renouvelable comme les pompes à chaleur géothermiques) et une consigne dans la grande salle de
sport de 17°C, le débit de pulsion nécessaire est de l’ordre de 12.000 m³/h.

Pour tenir compte de tous ces critères, les bouches :

devront être positionnées correctement et avoir des vitesses résiduelles faibles pour éviter tout inconfort thermique et de
pratique des sports ;
devront avoir des débits et des portées suffisantes pour ventiler voire chauffer de manière homogène le plan d‘occupation
des aires de sport.

La configuration suivante est celle de notre centre sportif témoin (Grez-Doiceau) en l’état actuel. La centrale de traitement d’air assure à la
fois la ventilation hygiénique et le chauffage :

à la relance, le débit de brassage en air recyclé est de l’ordre de 24.000 m³/h pour des températures de pulsion maximales de 35°
C et un débit d’air neuf nul.
lorsque la salle est à température (17°C de consigne), et qu’il y a occupation, le débit de brassage passe à 12.000 m³/h avec un
débit d’air neuf de 1.000 m³/h ;
une sonde de CO2 sur la reprise permet de réguler le débit d’air neuf. Pour une occupation de salle importante (ppm de CO 2 aug-
mente), le débit d’air neuf passe de 1.000 à 4.500 m³/h.
Projet

Les bouches de pulsion sont des » jets » et ont été placées en hauteur et inclinées parallèlement à la pente de la toiture. Le plénum de
reprise est derrière un des emplacements de goal de mini-foot. Ce type de bouches a été normalement choisi pour son aptitude à induire
l’air ambiant à des valeurs de 15 à 30 (1 m³ d’air qui sort d’une des bouches permet d’entrainer entre 15 et 30 m³ d’air ambiant à proximi-
té.
Ce système est intéressant puisqu’il permet :

d’homogénéiser l’air de la salle ;


d’une certaine manière, de déstratifier les températures par l’induction importante ;
d’optimiser le confort de par l’homogénéisation due à l’induction et l’orientation des « jets » ;

Système de chauffage
Positionnement des bouches de ventilation

160
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
D BOUCHES DE PULSION DES AUTRES LOCAUX

On choisira des bouches de pulsion qui permettent de souffler l'air à très basse température sans créer d‘inconfort.

Cette mesure permet de valoriser au maximum le pouvoir rafraîchissant de l’air extérieur en mi-saison et de limiter les périodes
où l’air neuf doit être préchauffé alors que l’ambiance est refroidie.

E BOUCHES DE VESTIAIRES

Si certaines bouches du réseau sont susceptibles d‘être fermées, par exemple en fonction de l‘occupation, un système doit per-
mettre de maintenir un débit constant au niveau des bouches restées ouvertes :

équiper chaque bouche d‘un organe auto-réglable ;


faire varier la vitesse du ventilateur en fonction de la pression du réseau.

6.7 DIMENSIONNEMENT DES ÉQUIPEMENTS

6.7.1 APPORT D’AIR NEUF HYGIÉNIQUE

Voir fiche thématique 14 :


Limiter le débit d'air neuf aux valeurs exigées par les réglementations ;
Le dimensionnement et le

Projet
Ne pas envisager de surdimensionnement permanent, même dans le but de per- choix des systèmes de
mettre une déshumidification, un chauffage ou un refroidissement complémentaire
de l‘ambiance. D'autres solutions peuvent être apportées ; ventilations

N'augmenter le débit d'air neuf que temporairement, et pour rafraîchir naturelle-


ment le bâtiment par exemple (free-cooling).

Le débit d'air neuf est un facteur capital de la consommation des bâtiments tertiaires. Le taux imposé par les réglementations
garantit une qualité de l'air suffisante et ne doit donc pas être majoré, sous peine de détruire l'efficacité énergétique de l'installa-
tion.

6.7.2 PRÉPARATION DE L’AIR

On financera des batteries dont la perte de charge côté air est limitée au maximum.

Une batterie de chaud ou de froid doit être choisie pour minimiser les pertes de charge coté "air" plutôt que côté "eau". En effet, la
consommation du ventilateur sera toujours nettement plus importante que la consommation de la pompe faisant circuler l'eau
chaude ou froide.

6.7.3 DISTRIBUTION DE L’AIR

On dimensionnera les gaines de façon suffisamment large pour limiter la consommation des ventilateurs (essentiellement : per-
tes de charge de 1 Pa/m voire de 0.5Pa/m)

161
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
6.8 CHOIX DES ÉQUIPEMENTS

6.8.1 PRÉPARATION DE L’AIR

on choisira des groupes de traitement d‘air dont les parois sont bien isolées ;
on choisira le type de récupérateur de chaleur en fonction des résultats d‘une étude comparative technico -économique
des différents systèmes possibles, établie sur une année type et adaptée à la situation particulière du projet.

A VENTILATEURS

On sélectionnera des ventilateurs centrifuges équipés d‘aubes inclinées vers l‘arrière pour les installations importantes
(débit d'air supérieur à 3000 m³/h ou pression totale supérieure à 600 Pa).

Les ventilateurs à aubage arrière ont un bien meilleur rendement que les ventilateurs à aubage avant.

Pour le rejet d'air directement vers l'extérieur, choisir des ventilateurs équipés d‘un dispositif qui empêche le passage d'a ir à l‘ar-
rêt de l‘appareil.

Cela concerne par exemple les ventilateurs hélicoïdes du type mural et les ventilateurs de toitures.

Choisir des ventilateurs dont le rendement minimal est de 60% à 82% selon le débit d'air prévu ;
Pour faire varier le débit d‘air à l'aide du ventilateur, éviter la régulation par étranglement ou by -pass, on optera
pour :
une gestion de la vitesse de rotation du ventilateur (en continu ou par pallier) ;
l‘utilisation d‘aubages de prérotation pour les ventilateurs centrifuges ;
la gestion de l‘angle de calage des aubes pour les ventilateurs hélicoïdes.

B RÉCUPÉRATEUR DE CHALEUR

On choisira des récupérateurs de rendement thermique élevé (η >85 %,


Projet

idéalement > 90 %) parmi différents types :

à flux croisé dont les rendements peuvent, pour des débits < 4.500 m³/h ,
atteindre de l‘ordre de 92 %. Les récupérateurs à flux croisés sont aussi
intéressants pour l‘absence presque parfaite de contact de l‘air neuf avec
l‘air rejeté, ce qui peut être intéressant d‘un point de vue hygiénique ;

à roue avec l‘intérêt de récupérer la chaleur latente contenue dans l‘air


humide ;
Source : Energie+

à régénérateur statique à volet fonctionnant sur le même principe que le


récupérateur à roue.
A noter toutefois que les rendements thermiques des récupérateurs sont théori-
ques. Comme pour tout système, le rendement saisonnier peut être tout à fait diffé-
rent. Pour plus de précision, il serait nécessaire d‘envisager une simulation thermi-
que dynamique.

Source : Menerga
162
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
6.8.2 DISTRIBUTION DE L’AIR

A GAINES

On isolera tous les conduits d'air neuf.

Avant traitement de l’air, l’isolation se justifie par les risques de condensation encourus sur les parois extérieures du conduit.
Après traitement de l’air, l’isolation se justifie pour limiter les pertes calorifiques avant diffusion dans le local.

Isoler les conduits d'air extrait :


s'ils sont raccordés à un récupérateur de chaleur ;
ou si l'air est recyclé.
et lorsque :
ils traversent des locaux non traités ;
ils sont insérés dans une trémie en contact avec l'extérieur.
Isoler les conduits par l'extérieur.

La perte de charge, et donc la consommation des ventilateurs, augmente lorsque les conduits sont isolés intérieurement. Une
isolation par l'intérieur génère un risque de déplacement de fibres (déchirure durant la pose, vieillissement, …) et rend le net-

Projet
toyage des conduites impossible.

B BOUCHES DE PULSION DE LA GRANDE SALLE DE SPORT

On privilégiera les bouches à hautes induction (comme les bouches de types « jets » en partie haute de la salle
de sport de manière à favoriser la déstratification.

C BOUCHES DES AUTRES LOCAUX

On choisira des bouches de pulsion munies d'un dispositif de réglage du débit simple et efficace.

L'objectif est de pouvoir régler chaque bouche en équilibrant les débits dans les différents locaux, et de la caler ensuite en posi-
tion.

6.9 RÉGULATION

On ne négligera pas l'étude de ce poste : consacrer les moyens nécessaires à l'étude du système et à l'investis-
sement dans des équipements de régulation performants.

C'est la régulation qui aura le plus d'influence sur la consommation future.

On choisira des systèmes de régulation dont l'interface de communication est facilement compréhensible et d'un
usage simple.

163
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
Ils permettront au gestionnaire de comprendre et de conduire facilement l'installation comme par exemple :
le choix des consignes de température ;
la programmation des horaires de ventilation des salles de sport.

On ne perdra pas de vue qu‘une gestion technique centralisée (GTC) permettra de piloter les installations de ventilation à
distance en fonction d‘une grille horaire d‘occupation des plateaux de sport.

6.9.1 GESTION DU DÉBIT D’AIR NEUF

On choisira un système de régulation qui permette :


une programmation hebdomadaire de l'apport d'air neuf dans chaque zone ;
une programmation hebdomadaire du niveau de ventilation sanitaire (réduction ou coupure en période d'inoccupa-
tion ou en fonction de sonde hygrométrique) ;
l'arrêt automatique de l‘apport d'air neuf en période de relance ;
de régler les débits d'air neuf et d‘air recyclé sur base de la comparaison des températures extérieure, intérieure et
de consigne ;
d'ajuster le débit d'air d'un groupe de ventilation desservant plusieurs zones au nombre de zones en fonctionne-
ment.

Idéalement, cette régulation permettra également :


une programmation annuelle ;
d'organiser un free cooling (balayage du bâtiment par de l'air neuf non traité dans le but de rafraîchir celui -ci) en
période d'inoccupation, dans certaines conditions de température intérieure et extérieure. Attention que dans la
plupart des cas et pour autant que le bâtiment soit bien conçu, une ventilation naturelle sera suffisante sans faire
appel à la ventilation mécanique.

6.9.2 GESTION DE LA PRÉPARATION DE L’AIR


Projet

Choisir une régulation qui permette de mettre le groupe de traitement d‘air automatiquement à l'arrêt en fonction d'un
horaire d'occupation du bâtiment. En particulier, l‘apport d‘air neuf devra pouvoir être arrêté automatiquement en période
d‘inoccupation ;
Si on installe une récupération de chaleur sur l‘air extrait, choisir une régulation modulante : par by-pass, par recyclage,
par variation de vitesse, …

Si cette régulation se fait en tout ou rien, la récupération de chaleur sera empêchée lorsque la température extérieure devient négative et
qu'il y a risque de givre du récupérateur. Il est alors impossible de tenir compte de la récupération de chaleur pour le dimensionnement
des autres équipements.
De plus, lorsque des besoins en refroidissement se font ressentir pour des températures extérieures relativement fraîche, il est intéressant
de réduire la récupération de chaleur pour profiter au maximum du free cooling.

6.10 SUIVI DES INSTALLATIONS

Prévoir, pour chaque section de filtres, un manomètre différentiel et une lampe signalant le moment où il doit être rem-
placé (lorsque la perte de charge choisie pour le remplacement de l‘élément filtrant est atteinte). Le cas échéant, cette
donnée pourra être contrôlée au niveau du système de gestion centralisée ;
Suivi

Equiper les servomoteurs des clapets de commande d‘un relevé de position permettant un contrôle permanent du bon
fonctionnement de la régulation. Le cas échéant, cette donnée pourra être contrôlée au niveau du système de gestion
centralisée.

164
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes de ventilation
6.11 RÉCEPTION DES TRAVAUX

Lors de la réception de l'installation, doivent être fournis :


un dossier technique descriptif (plans, schémas, notice des appareils, paramètres de réglage) ;
les instructions d'utilisation compréhensibles par une personne non spécialisée ;
les instructions de maintenance (précisant notamment les conditions de garantie) ;
un procès verbal d'essai attestant de la qualité de l'étanchéité des conduits de distribution et des caissons
de traitement d'air.

Avant d'accorder la réception définitive de l'installation, vérifier que la régulation :


arrête, dans une zone inoccupée, la pulsion et l'extraction, y compris durant la période de relance des
installations (de chauffage ou de refroidissement), excepté lorsqu'un rafraîchissement nocturne est organi-
sé ;

Il peut être intéressant de passer dans le bâtiment un soir, un week-end, pendant une semaine de congés,…

diminue ou arrête l'allure de fonctionnement des extractions sanitaires ;


ajuste le débit d'air d'un groupe qui dessert plusieurs zones en fonction du nombre de zones en fonction-
nement.

Mise en
Avant d'accorder la réception définitive de l'installation, s'assurer que le type et la classe du filtre, ainsi que la
perte de charge finale sont affichés sur le caisson de traitement d‘air, sous une forme clairement visible.

6.12 CONDUITE DE L’INSTALLATION

route et suivi
Financer, pour un membre du personnel technique, une formation dispensée par la société de régulation. L‘ap-
prentissage devra se faire « in situ » par un formateur qualifié et ayant des aptitudes pédagogiques. La formation
comprendra :
l‘apprentissage de la lecture et du paramétrage des régulateurs locaux et centralisés ;
des exercices pratiques, simulations et réponses aux diverses questions posées.

L‘ensemble de la formation sera résumé dans un syllabus pouvant servir de mode d‘emploi des équipements (différent d‘une
simple photocopie des notices techniques des équipements

165
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
7 OPTIMISER LES SYSTÈMES D’ÉCLAIRAGE ARTIFICIEL

Pour être parfaitement cohérente, une démarche d‘architecture durable doit aller au bout de sa logique Voir fiche thématique 3 :
d‘économie d‘énergie et également envisager la consommation électrique de l‘éclairage artificiel. L’éclairage naturel
et artificiel
L'éclairage d'un hall de sports est assez difficile à concevoir. Des petits projectiles doivent être suivis
par les yeux à très haute vitesse. Pour les sports qui demandent des déplacements rapides, une unifor-
mité d'éclairement est importante car les yeux n'ont pas le temps de s'ajuster à un niveau d'éclairement variable dans les différents en-
droits du hall. L'éblouissement est également un problème particulier car des sources de forte luminosité sont distrayantes et peuvent être
la cause de la perte de vue de l'objet qui les traverse. Dans les cas extrêmes, elles peuvent même devenir inconfortables.

Pour assurer le confort visuel des sportifs, un éclairage adéquat et approprié doit être assuré. Cet éclairage peut être fourni par la lumière
du jour, par l'éclairage artificiel ou par une combinaison des deux. Dans une démarche d‘utilisation rationnelle de l‘énergie (URE), il
convient naturellement de ne considérer l’éclairage artificiel que comme un complément à la lumière naturelle (voir "Favoriser la
lumière naturelle").

Pour réduire la consommation électrique de l‘éclairage artificiel, on cherchera :

À diminuer la puissance installée tout en garantissant un éclairement suffisant. Le choix se portera ainsi sur le matériel
(lampe, luminaire, ballast) ayant la meilleure efficacité énergétique ;
À adapter la fourniture d'éclairage aux besoins réels en fonction de l'occupation et de l'apport en éclairage naturel.

7.1 PUISSANCE INSTALLÉE

Si la lumière naturelle ne suffit pas pour apporter le niveau d‘éclairement suffisant, on veillera à limiter la puissance électrique de l'en-
semble des luminaires installés de manière à diminuer la consommation directe d‘électricité et les charges internes du local (limiter la
consommation de refroidissement).
Projet

Pour ce faire, il faudra :


définir clairement les besoins (niveaux d'éclairement et d'uniformité, taux d'éblouissement unifié (UGR), …) et les paramètres
de dimensionnement ainsi que les zones d'activité afin de pouvoir comparer les offres des différents fabricants :
le calcul de l'éclairement moyen et de l'uniformité se fait sur la zone de calcul :
pour les salles de sports, les calculs se font de manière pratique selon une grille couvrant l'ensemble des aires
principales de tous les terrains des salles ;
pour les couloirs et les sanitaires, la zone de calcul correspond à la surface du local.
le facteur de maintenance choisi pour le dimensionnement doit, soit être calculé de manière détaillée, soit correspondre
aux valeurs par défaut fixées par le "Code de bonne pratique en éclairage intérieur" (IBE-BIV) ;
les coefficients de réflexion des parois considérées dans les calculs doivent, soit correspondre à la réalité, soit correspon-
dre à des valeurs moyennes.
dimensionner l'éclairage pour répondre strictement aux critères de confort déterminés par les normes NBN EN 12193
pour les installations sportives proprement dites et NBN EN 12464-1 pour les autres locaux. Ces normes reprennent les valeurs
d'éclairement à atteindre en fonction du type de local et de la tâche qui y est réalisée ;
limiter la puissance installée. La puissance électrique définie par calcul pour l'ensemble des luminaires installés dans un local (y
compris les luminaires décentralisés) sera la plus faible possible. Pour une installation d'éclairage énergétiquement bien conçue,
la puissance totale installée (perte ballast comprise) ne devrait pas dépasser :
2 W/m² par 100 lux pour des locaux de bureau, soit 10 W/m² ;
2,8 W/m² par 100 lux pour les salles de sports ;
3 W/m² par100 lux pour les zones de circulation et les couloirs, soit 3 W/m² ;
3,5 W/m² par 100 lux pour les vestiaires et les toilettes, soit 7 W/m².

166
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
7.2 CHOIX DU MATÉRIEL

Certains luminaires sont plus efficaces que d'autres. Ils n'apportent pas tous le même niveau de confort ou le même aspect es-
thétique.
Il convient donc d'adapter le choix du matériel d'éclairage artificiel à chaque type de local afin d'assurer le confort des occupants
tout en minimisant les consommations futures.

7.2.1 LAMPES

A GÉNÉRALITÉS

Pour assurer l‘éclairage fonctionnel, les lampes dites "à usage domestique" (c‘est-à-dire les lampes à
incandescence, les lampes fluocompactes à ballast intégré ou séparé et les tubes fluorescents émet-
tant moins de 6 500 lm) disposeront d‘un label "Energie A" ;
Les lampes au mercure haute pression ne peuvent être utilisées ;
L‘utilisation de lampes dont l’efficacité lumineuse (rapport entre la puissance de la lampe et son flux
lumineux) est inférieure à 85 lm/W est déconseillée.

B PLATEAUX SPORTIFS

Généralités :

Projet
afin d'obtenir une ambiance chromatique agréable, on choisira des sources lumineuses offrant de bonnes
caractéristiques de rendu des couleurs. Cela vaut particulièrement dans les salles de sports avec mar-
quage du terrain en diverses couleurs. La classe d'IRC des lampes sera ainsi au minimum de classe 2 (IRC
entre 60 et 80) si la salle n'est jamais utilisée en compétition et de classe 1B (IRC entre 80 et 90) si on y joue en
compétition ;
on préférera des lampes de couleur froide (> 4000K) dans des salles qui ont un apport important en lumière
naturelle, de manière à éviter de trop grandes différences entre l'éclairage artificiel et naturel.

Salle de sports de moins de 10 m sous plafond : les tubes fluorescents conviennent bien car :
leur faible flux lumineux (par exemple, 8.850 lm pour une lampe de
120 W) les rend 20 à 30 fois moins éblouissants que les lampes à
décharge haute pression ;
leur plus grand nombre permet :
d'obtenir une plus grande uniformité d'éclairement qu‘a-
vec des lampes à décharge haute pression et donc une
réduction des ombres portées ;
de ne pas laisser de tache sombre au sol en attendant
le remplacement d'une lampe défectueuse . Tube fluorescent (source : Sylvania).
leur efficacité lumineuse est très élevée. Elle est légèrement plus élevée que celles des lampes aux halogénures
métalliques dans la gamme des puissances utilisées pour les salles de sport intérieures ;
après une extinction, ils se rallument quasi immédiatement ;
ils peuvent être dimmés facilement et permettent donc une gestion de commande plus perfectionnée ;
un large choix d'indice de rendu des couleurs permet d'adapter l'éclairage en fonction du niveau de jeu dans la
salle.

167
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
Salle de sports de plus de 10 m sous plafond : bien qu'une installation avec tubes fluorescents soit plus confortable, on
peut envisager une installation avec lampes à décharge haute pression (lampes aux halogénures métalliques ou au so-
dium haute pression, à IRC élevé), tout en sachant que :

l'éblouissement plus important des lampes à décharge est atténué par la hauteur.
Néanmoins, il faut être particulièrement attentif à leur emplacement vu les risques
d'éblouissement que représentent ces lampes ;
le faible nombre de luminaires à installer empêche d'obtenir une uniformité suffi-
sante dans les salles de petite hauteur. Une hauteur plus grande engendre une
meilleure uniformité. Pour la même raison, la présence d'ombres portées diminue
avec une meilleure répartition des flux lumineux ;
vu le faible nombre de points lumineux à installer, la maintenance sera plus rapi-
de, ce qui peut représenter un facteur non négligeable dans un local où les pla-
Lampes à décharge haute pression
fonds sont hauts et donc peu accessibles.
(source : Sylvania).

C CIRCULATIONS ET SANITAIRES

Le choix du type de lampe s'effectue d'abord pour l'éclairage général : les tubes fluorescents conviennent bien (grande efficaci-
té énergétique, bon rendu des couleurs, durée de vie importante, faible coût d'achat). Pour l'éclairage ponctuel, on orientera son
choix vers des lampes fluocompactes ou des halogénures métalliques (décoration par exemple) ;
Si certaines zones de local doivent disposer d‘un éclairage décoratif, il est recommandé d‘assurer celui-ci au moyen de lampes
fluocompactes (luminaires type "downlight") ou de lampes aux iodures métalliques à brûleur céramique (dans le cas d’un éclaira-
ge continu) ;
L‘utilisation des lampes halogènes sera limitée à l‘éclairage d‘accentuation
Projet

(éclairage ponctuel) dans des locaux de petite taille ou à des systèmes


d‘éclairage dont le temps d‘allumage est court et épisodique. Dans ces cas,
les lampes halogènes seront à couche infrarouge réfléchissante
(technologie IRC). On ne peut éclairer un local avec des lampes halogè-
nes ;
La classe d'IRC des lampes sera au minimum de classe 2 (IRC entre 60 et
80), dans les circulations. Dans la pratique, pour les lampes fluorescentes,
on peut également choisir des lampes 830 - 840 dans toutes les situations.
Cela uniformise les ambiances et facilite la maintenance.

Lampe fluocompacte (source : Sylvania).

7.2.2 LUMINAIRES

A GÉNÉRALITÉS

On favorisera l'éclairage direct plutôt qu'indirect et le flux hémisphérique supérieur des luminaires proposés ne pourra pas dé-
passer 50 % du flux total ;
Les luminaires seront équipés d'optique en aluminium performant et munis d'une attestation de leur rendement lumineux ;
Les éléments du luminaire seront faciles d‘accès pour l‘entretien (accès aux composants électriques, démontage des
optiques, ...).

168
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
B PLATEAUX SPORTIFS

Dans les directions de vue les plus fréquentes pour les diverses disciplines sportives, aucune lumière directe ne doit tom-
ber dans les yeux des sportifs et des spectateurs.
L'éblouissement que l'on cherche à éviter dans les salles de sports est l'éblouissement par la vue directe de la lampe
lorsqu'on regarde vers le haut. Les grilles de défilement n'empêcheront pas un tel éblouissement. Seul le choix des lam-
pes et l'emplacement des luminaires permettront de l'éviter. La grille de défilement limitera l'éblouissement d'inconfort,
mais celui-ci n'est pas très important dans une salle de sports. De plus, la grille de défilement diminue le rendement des
luminaires. Pour éviter l'éblouissement direct, on évitera de placer des luminaires inclinés. Pour une installation avec
tubes fluorescents, les luminaires seront placés en lignes parallèles à la longueur de la salle ;
Tout en respectant les autres critères de choix, les luminaires auront un rende-
ment minimum de 75 % et seront équipés d'optiques réfléchissantes ;
Tout en respectant l'uniformité d'éclairement, on a intérêt à choisir les luminaires
équipés des lampes au flux lumineux le plus élevé. Ceci réduira le nombre de
luminaires et de ballasts et donc l'investissement. De plus, les lampes à décharge
de 400 W ont en général une efficacité légèrement supérieure à celles de 250 W.

Plafonnier pour salles de sports

Projet
(source : Zumtobel).

C CIRCULATIONS ET SANITAIRES

Les luminaires auront un rendement minimum de 75 % ;


Pour éviter l'éblouissement direct, on évitera les luminaires à distribution extensive et on équipera les luminaires ou-
verts de ventelles planes avec un angle de défilement minimum de 75° ;
Pour les espaces de circulation, on peut se permettre de diminuer le niveau d'éclairement (100 à 200 lux au sol selon le
cas) tout en gardant un niveau d'uniformité acceptable (Emin/Emoy > 0,5). Plus particulier aux escaliers, l'orientation des
luminaires doit assurer un contraste entre les marches et les contremarches.

7.2.3 AUXILIAIRES

Les ballasts seront :


pour les lampes fluorescentes : de type électronique avec préchauffage des cathodes ("warm start") ou électroni-
que graduables. Ils auront une durée de vie minimale de 50.000 heures. Le préchauffage des cathodes permet de
limiter la diminution de durée de vie des lampes fluorescentes lorsque le nombre d‘allumages augmente ;
pour les lampes à décharge : de type électronique, si ceux-ci existent pour la puissance de lampe choisie. Ils aug-
mentent la durée de vie des lampes ((jusqu'à 30 % de plus), éliminent leur problème de clignotement et, pour
autant qu'ils soient graduables, permettent de tenir compte de l'apport de lumière naturelle. Malheureusement,
pour les puissances des lampes à décharge haute pression utilisées dans les installations sportives, il n'existe
actuellement que des ballasts électromagnétiques.
Le facteur de puissance d'un circuit d'éclairage sera au minimum de :
0,95 en présence de ballasts électroniques ;
0,90 en présence de ballasts électromagnétiques.

169
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
7.3 GESTION DE L’ÉCLAIRAGE

Des économies appréciables peuvent être réalisées en adaptant le temps d'allumage et le flux lumineux à l'occupation réelle des lo-
caux et aux besoins effectifs en éclairement.
Le système d'éclairage devrait donc permettre :

l'extinction de l‘éclairage artificiel si l'éclairage naturel est suffisant ;


la diminution du flux lumineux lorsque l'éclairage naturel peut satisfaire partiellement le besoin d'éclairement ;
l'extinction de l'éclairage d'un local lorsqu'il est inoccupé.

Pour cela, il faut :

dans chaque local, disposer au minimum d'une commande d’allumage et d'extinction propre. Dans les locaux demandant des
niveaux d‘éclairement différents en fonction de l‘activité, la com-
mande de l‘éclairage sera répartie de manière à adapter le nom-
bre de luminaires en fonctionnement ;

Division du circuit d'éclairage en deux circuits indépendants.


Projet

disposer d‘une commande d‘éclairage propre (commandant


1 luminaire sur 3, par exemple) pour les activités secondaires
(gardiennage, entretien, ...) ;
dans chaque local, commander séparément des autres luminai-
res la rangée de luminaires la plus proche des fenêtres. Cette
recommandation s'applique également aux locaux équipés de deux
luminaires situés à des distances différentes des fenêtres. Pour que
ce système soit optimum, il est préférable de placer les luminaires
parallèlement à la façade ;

Principe du zonage en fonction des disponibilités d'éclairage naturel.

dans les locaux profitant d'éclairage naturel,


réguler le flux lumineux des luminaires les
plus proches des fenêtres en fonction de
l'apport en éclairage naturel. Il est égale-
ment recommandé de gérer les luminaires de
la rangée contiguë de manière à ne pas créer
de "discontinuité" d‘éclairement sur la surface
du local. La combinaison avec un système
coupant l‘alimentation électrique des luminai-
res en cas d‘inoccupation est nécessaire pour
éviter le rallumage automatique à la nuit tom-
bée ;

permettre une coupure automatique de l‘installation (par un système de gestion centralisée) en fonction d‘une programmation
horaire avec possibilités de dérogation locale et retour au mode automatique après une certaine période. Il est exclu de couper
l‘installation sans possibilité de relance, pour des questions de sécurité ;

170
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
dans les lieux privés (en opposition aux lieux publics ou de passage), laisser la commande des luminaires accessible aux
occupants. Dans les lieux publics ou de passage, la commande manuelle ne sera accessible qu‘au gestionnaire. Ces
exigences ne s‘appliquent pas lorsque l‘allumage et l‘extinction des luminaires sont commandés par détection de présen-
ce ;
commander l‘ensemble des luminaires extérieurs au bâtiment au moyen d‘interrupteurs munis de témoins de visualisa-
tion. Asservir cette commande à une cellule crépusculaire avec possibilité de limitation par horloge.

A PLATEAUX SPORTIFS

Zonage :
Dans une salle omnisports, il est inutile d'éclairer toute la salle
alors qu'un seul terrain est occupé. Il est important de prévoir un
zonage, c'est-à-dire une commande séparée pour les différents
terrains de la salle. Un pupitre de commande à plusieurs interrup-
teurs est alors nécessaire ;

Exemple de zonage.

Projet
Plusieurs niveaux d'éclairement :
Les niveaux d'éclairement doivent être différents pour un sport pratiqué en compétition ou comme loisir (différents ni-
veaux de jeux) :
au moyen de luminaires prévus à cet effet avec des luminaires à plusieurs lampes :

Luminaire avec 1 lampe au sodium HP et 1 lampe aux iodu-


res métalliques.

au moyen de luminaires non prévus à cet effet, en rajoutant un circuit d'éclairage supplémentaire ;
par variation du flux lumineux (graduation des tubes fluorescents, par exemple).

171
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
Gestion en fonction de l'occupation :
On peut y arriver en utilisant :
un tableau de commande à distance avec lampes témoins ;
des temporisations par minuteries ou relais temporisés ;
des systèmes à jetons ;
des horloges ;
des détecteurs de présence à temporisation longue par
zonage.

Exemple de détection adaptée au zonage.

Gestion en fonction de l'éclairage naturel :


Une gestion en fonction de l'apport en éclairage naturel peut
s'appliquer aux salles omnisports avec baies vitrées. Elle sera parti-
culièrement intéressante dans les salles avec éclairage zénithal, car
la lumière naturelle pénètre dans tout le local.
Elle sera d'autant plus intéressante que les temps d'occupation sont
élevés. En effet, lorsque les salles sont peu utilisées en journée, le
Projet

temps de valorisation de l'éclairage naturel se réduit, la rentabilité


des systèmes de variation du flux lumineux en fonction des apports
extérieurs aussi.
On utilisera, de préférence, un système avec régulateur qui com-
mande un ensemble de luminaires et qui permet la gradation
(dimming) des lampes.

Exemple de système avec régulateur.

B CIRCULATIONS ET SANITAIRES

Circulations :
Dans les circulations, l'utilisation :
d'une minuterie peut s'envisager si leur occupation est occasionnelle. Une configuration idéale de l'installation est l'asso-
ciation de la minuterie avec un ballast électronique (avec préchauffage) et de lampes fluorescentes ;
d'un détecteur de présence (de préférence à double technologie de détection) se rencontre là où les temps de présence
sont plus longs avec une configuration semblable à celle de la minuterie. Les détecteurs seront de type à infrarouges pas-
sifs. Ils seront placés à la place des interrupteurs ou au plafond ;
d'horloges s'utilise lorsque l'on désire une commande générale d'extinction en dehors des heures de présence. Elles com-
manderont l'extinction des luminaires dans les circulations après les heures d'occupation du bâtiment.
Sanitaires :
Pour autant que la puissance installée soit importante, la détection de présence (de préférence à double technologie de détection)
peut s'envisager dans les sanitaires. Une configuration idéale de l'installation est l'association d'un détecteur de présence avec un
ballast électronique (avec préchauffage) et de lampes fluorescentes. Les détecteurs seront de type à infrarouges passifs. Ils se-
ront placés à la place des interrupteurs ou au plafond.

172
OPTIMISER LES SYSTÈMES POUR LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Optimiser les systèmes d’éclairage artificiel
8 BIBLIOGRAPHIE

Architecture et Climat (UCL) : "Energie+", version 6 2009 ;


Bruxelles Environnement (IBGE) : "Guide pratique pour la construction et rénovation durables de petits bâtiments", janvier
2009 ;
Observ'ER : "Traité d'architecture et d'urbanisme bioclimatiques", décembre 2005 ;
Ministère de la Région Wallonne : "Guide d'aide à l'utilisation de l'éclairage artificiel en complément à l'éclairage naturel ",
1999 ;
IBE-BIV : "Code de bonne pratique en éclairage intérieur".

173
3ème partie Les fiches thématiques
L'isolation de l'enveloppe
FT 01

Boulevard du Nord, 8
5000 Namur
spw.wallonie.be
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»
1 DÉMARCHE

Les déperditions thermiques par conduction au droit de l'enveloppe représentent plus des deux tiers des déperditions totale. Une bonne
isolation est donc un facteur essentiel à la maîtrise énergétique du bâtiment.
Le rôle de l'isolation thermique est de préserver le confort en réduisant les échanges thermiques avec l'ambiance extérieure : si celle-ci
est froide, l'isolation garde la chaleur ; si celle-ci est chaude, l'isolation préserve la fraîcheur.

2 ASPECTS TECHNIQUES

2.1 ISOLANTS

2.1.1 EFFICACITÉ

Niveau d'isolation thermique :


La qualité d‘isolation thermique d‘un matériau homogène est déterminée par son coefficient de conductivité thermique λ
(lambda) exprimé en W/mK (voir Energie+). Il caractérise l'aptitude à transmettre l'énergie (chaleur) au travers d'un matériau don-
né. Cette valeur est propre à chaque matériau. Plus la conductivité est faible, plus l'isolation est efficace et donc plus l'épaisseur
nécessaire à mettre en œuvre sera réduite. Un matériau est isolant lorsque sa valeur λ est inférieure à 0,065 W/mK ;
Densité ρ et capacité thermique massique c :
Plus la capacité thermique volumique (= ρ x c) d'un isolant est élevée, plus il peut stocker d'énergie et, donc, de chaleur.
Cette capacité élevée assure une régulation optimale en temps (décalage de phase) et en ampleur de fluctuation
(amortissement de l'amplitude) de la température dans le bâtiment par rapport à la température extérieure ;
Capacité hygroscopique :
L‘absorption d‘humidité d‘un isolant détermine sa capacité à absorber la vapeur et à la restituer sans que celle -ci ne se
condense dans l'isolant (diminuant ainsi le risque de réduction de son pouvoir isolant et d'accélération de sa dégradation).
Cette caractéristique hygroscopique permet de maintenir un degré d‘humidité adéquat au sein du bâtiment.

2.1.2 EFFICACITÉ

Les isolants peuvent être subdivisés en isolants d‘origine minérale, en isolants synthétiques (constitués de composés chimiques) ou enco-
re en isolants d'origine animale ou végétale (recyclables ou fabriqués à partir de matériaux de récupération) :

Conductivité Capacité
Conductivité Perméabilité à Energie
Densité ρ thermique ni thermique Réaction au
Type Isolant thermique di1 la vapeur grise Recyclabilité Renouvelabilité
[kg/m³] par défaut2 massique c feu
[W/(mK)] d'eau μ [kWh/m³]
[W/(mK)] [J/kgK]
Laine de Panneaux 120 à
MW 20 à 175 Non renouvelable
roche ou rouleaux Non 1.010 Difficilement
0,031 à 0,050 0,045 1.030 1à2 mais largement
(laine combustible 240 à recyclable
GW Laine de verre 12 à 100 disponible
minérale) 1.340
Minéral Recyclable en Non renouvelable
Verre Non 1.200 à
CG Panneaux 110 à 165 0,038 à 0,60 0,055 1.000 Infini matière première mais largement
cellulaire combustible 1.600
secondaire disponible
Difficilement Non renouvelable
Perlite Non
EPB Panneaux 170 à 200 0,045 à 0,060 0,060 900 5 à 20 230 à 940 recyclable sauf en mais largement
expansée combustible
isolant en vrac disponible
Panneaux 40 Combustible
(gaz toxique 850 à Non recyclable Non
PUR Polyuréthane 0,023 à 0,038 0,035 1.400 à 1.450 100 à 150
Mousse 30 libéré en cas 1.200 (incinération) renouvelable
d'incendie)
Polystyrène Combustible
EPS Panneaux 9 à 45 0,031 à 0,046 0,045 20 à 150 450 à 500 Non recyclable
expansé (gaz toxique Non
1.450 (sauf si matériau
Synthétique Polystyrène libéré en cas renouvelable
XPS Panneaux 32 à 45 0,028 à 0,041 0,040 150 à 225 800 à 850 propre et pur)
extrudé d'incendie)
0,045
Mousse (0,030 si Bon
PF phénolique Panneaux 8 à 40 0,022 à 0,038 cellules 1.400 80 comportement
(ou résol) fermées au feu
revêtues)

1 Les valeurs mentionnées dans cette colonne à titre d‘information sont les valeurs les plus basses et les plus hautes fournies par les spécifications techniques européennes de l‘EOTA (European
Organisation for Technical Approvals), les déclarations volontaires de qualité ATG (agréments techniques de l'UBAtc) ou les certificats Keymark du CEN (Comité européen de normalisation), quels
que soient l'application et les autres facteurs d'influence éventuels.
2 Les valeurs λni par défaut sont à utiliser en l’absence d’informations précises sur les caractéristiques thermiques du produit. Elles sont tirées de l'annexe VII de la PEB.

178
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»
Conductivité Capacité
Conductivité Perméabilité à Energie
Densité ρ thermique ni thermique
Type Isolant thermique di1 la vapeur Réaction au feu grise Recyclabilité Renouvelabilité
[kg/m³] par défaut2 massique c
[W/(mK)] d'eau μ [kWh/m³]
[W/(mK)] [J/kgK]
Recyclable en Renouvelable
Panneaux Difficilement
ICB Liège expansé 80 à 125 0,032 à 0,049 0,050 1.560 5 à 30 80 à 450 matière première mais ressource
semi-rigides combustible
secondaire fragile
Panneaux Ininflammable à
70 à 100 Recyclable en Renouvelable
semi-rigides difficilement
CEL Cellulose 0,035 à 0,045 0,060 1.900 à 2.150 0,5 à 3 6 à 150 matière première (papiers
Vrac inflammable
23 à 50 secondaire recyclés)
(flocons) (auto-extinguible)
Panneaux Difficilement Recyclable et
Chanvre 25 à 35 Plante annuelle
semi-rigides inflammable (pas compostable
(ou laine de 0,039 à 0,080 0,060 1.400 à 1.700 1à2 30 à 50 totalement
Végétal Rouleaux de dégagement (en l'absence
chanvre) 25 à 210 renouvelable
(laine) toxique) d'additifs)
Panneaux Entièrement
45 à 190 Compostable
mous Difficilement 13 à renouvelable et
Fibre de bois 0,037 à 0,070 0,060 2.000 à 2.100 3à8 (suivant
Panneaux combustible 1.400 largement
240 à 270 additifs)
semi-rigides disponible
Panneaux Difficilement
400 à 500 0,050 à 0,065 Plante annuelle
agglomérés inflammable (pas Recyclable et
Lin 0,060 1.550 à 1.880 1à2 30 à 50 totalement
de dégagement compostable
Vrac 18 à 40 0,037 à 0,060 renouvelable
toxique)
Vrac,
Ininflammable à Aisé quand elle
Laine de rouleaux ou
Animal 10 à 35 0,031 à 0,060 0,060 1.600 à 1.720 1à2 difficilement 55 est pure (suivant Renouvelable
mouton panneaux
inflammable additifs)
semi-rigides
Produit mince Ne peut être utilisé que comme complément d'un isolant traditionnel Non
Composite PMR Rouleaux 1.800 Ininflammable Non recyclable
réfléchissant ou comme pare-vapeur (et non comme sous-toiture) renouvelable

Caractéristiques spécifiques des isolants (sur base de la documentation des produits).

2.1.3 CHOIX

Chaque isolant a des caractéristiques spécifiques (voir tableau ci-dessus). Le choix d‘un isolant dépendra donc en priorité de l‘usage au-
quel il est destiné et des caractéristiques attendues pour cet usage. Ce sera un compromis entre différents critères : esthétiques, techni-
ques, environnementaux, sanitaires et économiques. A performance égale, on choisira le matériau le moins cher. Il faut cependant rai-
sonner en coût global et tenir compte non seulement du coût de l'isolant mais aussi de sa mise en œuvre.
De plus, afin de s'inscrire dans une démarche d'architecture durable, il y a lieu de tenir compte de l’impact global des matériaux sur la
santé et sur l’environnement (énergie grise, exploitation des ressources, recyclabilité, nocivité, etc.). On préfèrera donc, pour une per-
formance équivalente, les isolants minéraux aux synthétiques, et les isolants naturels (végétaux ou animaux) aux minéraux. Notons que,
si des considérations environnementales poussent à choisir un isolant un peu moins performant, on pourra compenser la légère perte de
pouvoir isolant par
une surépaisseur de
quelques centimè-
tres.

L‘épaisseur d‘isolant
Les valeurs mentionnées dans cette colonne à titre d‘information sont les valeurs les plus basses et les plus hautes fournies par les spécifications techniques
1

européennes de l‘EOTA (European Organisation for Technical Approvals), les déclarations volontaires de qualité ATG (agréments techniques de l'UBAtc) ou les
à mettre en œuvrecertificats Keymark du CEN (Comité européen de normalisation), quels que soient l'application et les autres facteurs d'influence éventuels.

dépendra de Les valeurs 2 Lainesont


la λ par défaut
ni
deàroche (MW)
utiliser en Lainesurdelesverre
l‘absence d‘informations précises (GW) thermiques du produit.
caractéristiques Verre
Ellescellulaire (CG)
sont tirées de l'annexe VII de la PEB. Perlite expansée (EPB)
conductivité thermi-
que λ de l‘isolant
retenu et de la per-
formance thermique
(coefficient de trans-
mission thermique
U) que l'on désire
atteindre pour la Polyuréthane (PUR) Polystyrène expansé (EPS) Polystyrène extrudé (XPS) Cellulose (CEL)
paroi.

Lin Fibre de bois Chanvre Liège (ICB)


3 Les valeurs mentionnées dans cette colonne à titre d‘information sont les valeurs les plus basses et les plus hautes fournies par les spécifications techniques européennes de l‘EOTA (European
Organisation for Technical Approvals), les déclarations volontaires de qualité ATG (agréments techniques de l'UBAtc) ou les certificats Keymark du CEN (Comité européen de normalisation), quels
que soient l'application et les autres facteurs d'influence éventuels.
4 Les valeurs λni par défaut sont à utiliser en l’absence d’informations précises sur les caractéristiques thermiques du produit. Elles sont tirées de l'annexe VII de la PEB.

179
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»
2.2 CHÂSSIS

2.2.1 PERFORMANCES

Les châssis constituent le point faible dans les fenêtres. En général, leur isolation est nettement inférieure à celle du vitrage, malgré l'utili-
sation de profils thermiquement dissociés ou d'autres caractéristiques constructives.
Les paramètres intervenant dans le degré d'isolation thermique des châssis sont :
le coefficient de transmission thermique du matériau constituant le châssis.
le type d'ouvrant.

Les châssis étant généralement plus déperditifs que les vitrages, il est conseillé, dans la mesure du possible, de minimiser montants et
traverses : pas de fenêtres trop petites et des ouvrants en nombre restreint. Cette mesure permet aussi de limiter les ponts thermiques
induits par les nombreux raccords entre les châssis et le vitrage ainsi que les problèmes d'infiltration à l'air.
Les châssis actuels sont fabriqués en bois, en aluminium ou en un matériau synthétique (PVC ou polyuréthane) :

Transmission Qualité Coût


Nombre thermique Uch écologique Durée de (1 = le moins Résistant
Type de moyenne Entretien
(énergie grise, vie cher, 3 = le au feu ?
chambres
[W/m²K] santé, recyclage) plus cher)
Très bon Régulier Longue
Bois 1,6 à 2,2 (avec labels FSC (sauf si capotage (si bien 1 Non
et PEFC) aluminium extérieur) entretenu)

Plusieurs 1,5 à 1,7


PVC Très mauvais Facile Limitée 2 Non
Une seule 2,8 à 3,0

Polyuréthane
2,9 Très mauvais Facile Limitée 2 Non
(PUR)
Aluminium ou
acier Très
3,5 à 4,2 Mauvais Facile 3 Oui
(avec coupure longue
thermique)

Caractéristiques spécifiques des châssis (sur base de la documentation des produits).

Bois :
Il s‘agit d‘un matériau intéressant tant au niveau de son bilan environnemental que de ses performances thermiques. L‘uti-
lisation du bois, en accord avec les critères environnementaux, doit répondre aux trois conditions suivantes :
le bois doit être d‘origine locale ou géographiquement proche ;
le bois ne doit pas nécessiter de produits de traitements néfastes pour l‘environnement ou la santé ;
le bois doit répondre aux labellisations prouvant la gestion équilibrée des forêts d‘origine (PEFC ou FSC).

PVC :
Il s‘agit d‘un matériau issu de l‘industrie du chlore. Son bilan environnemental est défavorable. Notons cependant que les
industriels du secteur cherchent à minimiser l‘impact de leurs produits, notamment autours du label "Greenline", qui pré-
sente des exigences sévères de limitation des produits polluants utilisés lors de la production. Les propriétés thermiques
des châssis PVC sont obtenues, comme pour les châssis métalliques, par coupures thermiques et injection d‘isolant.

180
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»
Aluminium ou acier :
Les profilés métalliques demandent une importante quantité d‘énergie pour leur fabrication et ont un écobilan défavorable.
Notons cependant que l'aluminium est recyclable indéfiniment à plus de 90% pour un besoin d‘énergie en recyclage plus
de 10 fois moindre que lors de l‘extraction/production initiale. Ce matériau a une très longue durée de vie et ne demande
pas d‘entretien. Les performances thermiques de ces matériaux sont faibles mais compensées par des coupures thermi-
ques lors de la fabrication (joints et calles en nylons, injection d‘isolant). Cette technique altère néanmoins le potentiel de
recyclage car elle nuit à la possibilité de désolidariser les matériaux ;
Bois-aluminium :
Il existe actuellement sur le marché des châssis bois-aluminium qui combinent les avanta-
ges du bois (impact environnemental et performances thermiques) et de l‘aluminium (facilité
d‘entretien), avec cependant un bémol pour l'impact environnemental du capot en alumi-
nium. Le coût de ce type de châssis est comparable à des châssis aluminium performants à
coupure thermique. Le bois est protégé de l‘environnement extérieur de sorte qu‘il est pos-
sible de prévoir une structure en bois moins noble d‘origine locale (épicéa, par exemple).

Exemple de châssis bois-aluminium (source : Thermopane)

2.3 VITRAGES

2.3.1 PERFORMANCES

Le coefficient de conduction thermique Ug (anciennement k) d'un vitrage quantifie le transfert de chaleur par conduction à tra-
vers celui-ci. Plus le vitrage utilisé est isolant (coefficient Ug faible), plus les déperditions thermiques à travers sa surface sont réduites en
hiver et plus le vitrage est chaud en face intérieure. Il s'ensuit que la température de l'air ambiant doit être moins élevée pour assurer le
confort de l'occupant.
Différents moyens ont été mis en œuvre pour réduire la transmission thermique au droit des vitrages. Le premier a été de diminuer les
pertes pas conduction en intercalant entre deux vitrages de l'air ou un gaz déshydraté.
Le choix d‘un double vitrage est désormais une pratique courante. On peut en distinguer de différentes sortes selon leur remplissage ;
les plus courants sont remplis d‘air, mais on en trouve également remplis d‘un gaz déshydraté (exemple argon). Celui-ci permet d‘encore
diminuer les déperditions thermiques du vitrage.
On trouve maintenant également des triples vitrages permettant une meilleure isolation thermique. L’espace entre les feuilles de verre
peut également être rempli d‘air ou d‘un autre gaz. Le triple vitrage, plus épais et plus lourd, ne s‘adapte pas toujours aux menuiseries
classiques.
Une autre voie consiste à agir sur les caractéristiques de surface du verre. Les vitrages "à haut rendement" ou "super isolants" sont équi-
pés d‘une couche invisible "à basse émissivité", en général une couche transparente d'argent ou d'oxydes métalliques qui, vu sa fragili-
té, est déposée sous vide à l'intérieur du double vitrage. Cette couche bloque une partie du transfert de chaleur par rayonnement prove-
nant de l'intérieur du bâtiment, diminuant ainsi les déperditions au travers de la fenêtre.

A gauche : composition d’un double vitrage : 1. Feuilles de verre, 2. Air et/ou gaz déshydraté, 3. Espaceur entre les feuilles de verre, 4. Ouverture pour
l'absorption d'humidité, 5. Première barrière d'étanchéité, 6. Dessicant, pour assécher le gaz emprisonné, 7. Seconde barrière d'étanchéité.

A droite : Illustration du principe d’un double vitrage basse émissivité.

181
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»
Les performances d‘un vitrage ne se limitent pas à son caractère isolant. Il faut également prendre en compte deux autres notions :

facteur énergétique vis-à-vis du soleil :


Le facteur solaire g (anciennement FS) est le rapport entre l'énergie totale entrant dans le local à travers ce vitrage et
l'énergie solaire incidente. Cette grandeur représente le niveau de protection que le vitrage et son ombrage offrent face
aux surchauffes en été et son rôle de "capteur d‘énergie" en hiver. Le choix du facteur solaire influence les économies
d'énergie car plus le vitrage contrôle le rayonnement entrant, plus les frais de climatisation et les risques de surchauffe
sont réduits. Inversement, le bénéfice des gains solaires en hiver sera diminué.
Pour information, le standard "passif" recommande que : g ≥ U g/1,6 ;
facteur lumineux :
La transmission lumineuse Tl est la fraction du rayonnement solaire passant à travers le vitrage, si on ne considère que la
partie visible du spectre solaire. C'est une grandeur qui caractérise la transparence du vitrage. Par conséquent, plus la TL
est élevée, plus grande est la quantité de lumière qui pénètre dans le bâtiment et moins l'éclairage artificiel sera nécessai-
re en journée. Le type de vitrage (simple, double, absorbant, réfléchissant, …) affecte directement la transmission lumi-
neuse à travers la fenêtre. Signalons également que la transmission lumineuse d'un vitrage dépend fortement de son fac-
teur de maintenance.

Caractéristiques d'un double vitrage classique, d'un double vitrage spectralement sélectif et d'un double vitrage réfléchissant.

En matière de protection solaire, il n'existe pas encore de vitrage capable de protéger contre les déperditions de chaleur en hiver et contre
les apports de chaleur extérieurs en été.
Un compromis doit être trouvé entre un facteur solaire élevé en hiver, bas en été, et une transmission lumineuse importante toute l‘année.

Idéalement, on résout ce problème en choisissant un vitrage clair (transmission lumineuse élevée), avec un facteur solaire élevé,
pour profiter des gains solaires, et on confie l‘ombrage en été à une protection solaire type auvent, store, volet, …

2.3.2 INCLINAISON

Toutes influences confondues, la réflectivité naturelle d'un vitrage dépend de l'angle d'incidence des rayons du soleil avec le vitrage.

182
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»

Variation du taux de transmission en fonction de l'angle d'incidence du rayonnement solaire.

La figure ci-dessus montre la diminution rapide du taux de transmission pour des incidences supérieures à 60°.

Cette propriété du vitrage est intéressante : grâce à elle un rayon solaire à midi en été sur une façade sud ne pénétrera que très peu
dans un bâtiment, alors qu’en hiver ce rayon traversera le vitrage sans difficulté.

Ainsi, en jouant sur les propriétés de réflexion des vitrages, on aura en façade sud une régulation naturelle des flux entrant en
fonction de la saison.

2.3.3 CARACTÉRISTIQUES

Voici les caractéristiques énergétiques des principaux vitrages. Notons que le facteur solaire et la transmission lumineuse du vitrage vont
influencer l‘impact de la fenêtre sur la surchauffe et l‘apport en éclairage naturel.

Transmission
Transmission Facteur
Type de vitrage thermique U Aspect en réflexion
lumineuse TL [%] solaire g [%]
[W/m²K]
Simple Clair (4 à 8 mm) 3,2 à 3,7 81 à 87 59 à 73 Neutre
Double Clair 2,7 à 2,9 78 à 81 71 à 77 Neutre
Clair basse émissivité 1,1 à 1,9 74 à 81 58 à 73 Neutre
Clair basse émissivité et réfléchissant 1,4 à 1,6 41 à 75 22 à 45 Neutre
Clair basse émissivité + gaz isolant 1,1 à 1,6 74 à 81 59 à 73 Neutre
Clair basse émissivité et réfléchissant +
1,0 à 1,3 41 à 75 22 à 50 Neutre
gaz isolant (vitrage sélectif)
Clair absorbant Vert, bronze, bleu,
1,1 à 2,8 35 à 70 26 à 40
gris…
Clair réfléchissant Argenté, métallique,
1,1 à 1,6 35 à 61 29 à 33
doré, gris, vert, bleu…
Triple Basse émissivité à l‘argon 0,6 à 0,9 72 à 74 60 à 63 Neutre

De nombreux vitrages disposent d‘un agrément technique qui prouve leur qualité isolante. Ces agréments peuvent être consultés en dé-
tail sur le site de l‘UBATC (www.ubatc.be). La garantie d'efficacité des doubles vitrages prévus dans les agréments techniques (ATG) est
de 10 ans, mais la durée de vie réelle est bien supérieure.

183
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»
3 ETUDE DE CAS

Afin de pouvoir se diriger préférentiellement vers la stratégie du chaud ou vers la stratégie du froid, il faut pouvoir évaluer l'importance
relative des besoins en chaud et des besoins en froid d'un bâtiment.
Sur base d'une simulation thermique dynamique (réalisée à l'aide du logiciel TRNSYS), nous allons évaluer l’influence de la compacité
du bâtiment et du niveau d'isolation thermique de l'enveloppe sur les besoins en chaud et en froid.

3.1 PARAMÈTRES DE SIMULATION

Températures de consigne :
plateau sportif : 17 °C ;
salles polyvalentes : 18 °C ;
vestiaires : 20 °C ;
cafétéria : 19 °C ;
Horaire d'occupation : on considère que le hall de sports est en activité :
de 16h00 à 23h00 en semaine ;
de 10h30 à 23h00 le week-end et le mercredi.

3.2 MODÈLES DE SIMULATION

3.2.1 COMPACITÉ

3 organisations spatiales sont simulées, avec des compacités volumiques différentes :


salles polyvalentes enterrées
Cas 1 : forte compacité et
Cas 2 : faible compacité et
bâtiment hors sol

184
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»

Cas 3 : forte compacité et


bâtiment semi-enterré

3.2.2 NIVEAU D’ISOLATION

La combinaison des modèles ci-dessus avec 3 coefficients moyens de transmission thermique ks différents donne les 9 modèles suivants,
avec des niveaux d'isolation thermique globale K spécifiques :

Compacité Bâtiment à isolation Bâtiment Bâtiment


volumique réglementaire basse énergie passif
[m] (ks = 0,4 W/m²K) (ks = 0,2 W/m²K) (ks = 0,1 W/m²K)
Forte compacité et salles polyvalentes enterrées 3,1 K 24 (cas R1) K 12 (cas BE1) K 8 (cas P1)
Faible compacité et bâtiment hors sol 2,5 K 25 (cas R2) K 14 (cas BE2) K 9 (cas P2)
Forte compacité et bâtiment semi-enterré 3,2 K 24 (cas R3) K 12 (cas BE3) K 8 (cas P3)

3.2.3 CARACTÉRISTIQUES

Cas R1 Cas R2 Cas R3 Cas BE1 Cas BE2 Cas BE3 Cas P1 Cas P2 Cas P3
U murs W/m²K 0,5 0,5 0,5 0,25 0,25 0,25 0,15 0,15 0,15
U toiture W/m²K 0,3 0,3 0,3 0,2 0,2 0,2 0,15 0,15 0,15
U sol W/m²K 0,9 0,9 0,9 0,25 0,25 0,25 0,15 0,15 0,15
U murs contre terre W/m²K 0,9 0,9 0,9 0,25 0,25 0,25 0,15 0,15 0,15
U vitrages W/m²K 1,1 1,1 1,1 1,1 1,1 1,1 0,7 0,7 0,7
U lanterneau W/m²K 1,3 1,3 1,3 1,1 1,1 1,1 0,7 0,7 0,7
Compacité m 3,1 2,5 3,2 3,1 2,5 3,2 3,1 2,5 3,2
Niveau d'isolation K - 24 25 24 12 14 12 8 9 8
TL vitrages - 0,78 0,78 0,78 0,78 0,78 0,78 0,64 0,64 0,64
TL lanterneau - 0,38 0,38 0,38 0,62 0,62 0,62 0,57 0,57 0,57
FS vitrages - 0,60 0,60 0,60 0,60 0,60 0,60 0,50 0,50 0,50
FS lanterneau - 0,30 0,30 0,30 0,33 0,33 0,33 0,29 0,29 0,29
Etanchéité à l'air h-1 1,2 1,2 1,2 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6
n50
Rendement du % 70 70 70 70 70 70 70 70 70
récupérateur

3.3 ANALYSE DES RÉSULTATS DE SIMULATION

A la lecture du graphique ci-dessous, on remarque immédiatement que la demande de froid est presque inexistante et augmente très
légèrement lorsque le niveau d'isolation thermique global K diminue.

185
FICHE THÉMATIQUE :
« L’isolation de l’enveloppe»
La simulation thermique confirme également que, à niveau d'isolation constant, une plus forte compacité réduit les besoins de chaud en
n'augmentant les besoins de froid
que de manière insignifiante.

Très logiquement, le graphique


montre aussi qu'une augmentation
du niveau d'isolation induit une
réduction des besoins de chaud.
Cette diminution est de moins en
moins importante plus le niveau K
diminue mais reste cependant
appréciable, même sous K 10.

Le fait d'enterrer de manière plus


ou moins importante une partie du
bâtiment a extrêmement peu d'im-
pact sur les besoins de chaud et
de froid, hormis en cas d'isolation
thermique moins poussée (mais ce
cas n'est pas à conseiller).

On se concentrera donc essentiellement sur la stratégie du chaud, lors de la conception d'un hall de sports, en favorisant une forte
compacité et une isolation thermique poussée.

5 INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

5.1 BIBLIOGRAPHIE

Architecture et Climat (UCL) : "Energie+", 2009 ;


Bruxelles Environnement (IBGE) : "Guide pratique pour la construction et rénovation durables de petits bâtiments", janvier
2009 ;
Observ'ER : "Traité d'architecture et d'urbanisme bioclimatiques", décembre 2005 ;
Cabinet Olivier SIDLER : "Logements à faibles besoins en énergie - Guide de recommandations et d'aide à la concep-
tion", mars 2000 ;
FEBELCEM : "Béton et utilisation rationnelle de l'énergie", juin 2005 ;
Birkhäuser (Edition DETAIL) : "Architecture solaire - Stratégies, visions, concepts", 2003.

186
187
Les protections solaires
FT 02

Boulevard du Nord, 8
5000 Namur
spw.wallonie.be
FICHE THÉMATIQUE :
« Les protections solaires»
1 DÉMARCHE

Si la pénétration du soleil dans le bâtiment permet de limiter la consommation de chauffage, il risque en été ou dès la mi-saison de provo-
quer une surchauffe et un inconfort important. Il est donc nécessaire de pouvoir, au fil des saisons, modifier l‘exposition des ouvertures au
rayonnement solaire. La protection solaire est ainsi un élément important d‘une "stratégie du froid".
Une protection solaire efficace évite les surchauffes à l'intérieur d'un bâtiment et s'adapte aux différentes conditions météorologiques ou
lumineuses. L'objectif est autant de minimiser la consommation pour le refroidissement et l'éclairage que de permettre de pratiquer des
activités sans éblouissements.

2 ASPECTS TECHNIQUES

On appelle protection solaire tout corps empêchant le rayonnement solaire d'atteindre une surface qu'on souhaite ne pas voir ensoleillée.
Il existe plusieurs types de protections solaires dont l'efficacité dépend de l'orientation de la façade :

2.1 FIXES (AUVENTS, BRISE-SOLEIL, RETRAIT DES FENÊTRES, MURS DE REFENDS, SURPLOMBS, LIGHT-SHELVES, …)

Les protections solaires fixes (ou masques proches) font partie intégrante du
bâtiment. De par leur projection, elles créent un ombrage sur les parois vitrées
et limitent ainsi le rayonnement solaire. De par leur caractère immobile, elles ont
une efficacité de lutte contre la surchauffe (et l'éblouissement) qui dépend de
leur taille, de leur réflectivité et de leur orientation, et qui est variable en fonction
de la position du soleil :

les protections solaires fixes sont surtout intéressantes pour l’orien-


tation sud car :
en hiver, le soleil est bas, l‘ombrage est donc limité et les gains
solaires conservés. Par contre, les risques d'éblouissement
subsistent ;
en été, le soleil est haut, l‘ombrage est donc maximum et l‘éner-
gie solaire ne pénètre plus à l‘intérieur.
Protection fixe (Architecte : M. Van der Rohe).

En été : En hiver : En mi-saison :


la protection est maximum lorsque la protection est inopérante et les aux mois de septembre et de mars, la
le soleil est au zénith gains solaires conservés protection est partielle

Ecran fixe sur façade sud.

à l’est et à l’ouest, l’auvent est nettement moins efficace puisque le soleil est bas tant en été qu‘en hiver ; l‘ombrage est donc
plus faible. Il vaut mieux utiliser des bandeaux verticaux.

Ces protections offrent l'avantage d'être plus résistantes dans le temps que les protections mobiles.
Enfin, remarquons que les protections solaires fixes pénalisent les apports de lumière naturelle dans le bâtiment pendant toute l‘année et
donc aussi les jours de ciel couvert.

190
FICHE THÉMATIQUE :
« Les protections solaires»
2.2 MOBILES (STORES INTÉRIEURS ET EXTÉRIEURS, VOLETS, CLAUSTRAS, PANNEAUX COULISSANTS, ETC.)

De par leur caractère mobile, l'efficacité de ces stores dans la lutte contre la
surchauffe est donc indépendante de l’orientation.
Une protection mobile permet :
un ombrage plus élevé voir total selon le type de protection (store ou
volet) et de la volonté de l‘occupant ;
de limiter l‘ombrage dans le temps et donc ne pas contraindre l’éclai-
rage naturel en permanence ;
de supprimer l’éblouissement.
La protection mobile sera toujours plus efficace si elle est placée à l'exté-
rieur du vitrage car elle rejette le rayonnement solaire avant qu'il n'ait
atteint le vitrage et évite ainsi la surchauffe par effet de serre. Protection mobile.

Par contre, pour une même protection solaire installée à l’extérieur ou à l’inté-
rieur, le contrôle de la luminosité sera identique.

Une protection solaire mobile extérieure est une stratégie de froid très effica-
ce. Elle reste néanmoins peu employée car c‘est une solution plus encom-
brante, assez coûteuse, dont la gestion manuelle n'est pas optimale et qui
peut être fragile. De plus, les protections extérieures doivent être choisies
pour résister aux intempéries et, éventuellement, au vandalisme. En outre,
elles sont plus difficiles à nettoyer et à entretenir et, dans les zones urbai-
nes fréquentées, leur encrassement peut être assez rapide.

Les volets enroulables sont une solution très intéressante pour les personnes
régulièrement absente en journée (robustesse, déperdition thermique en hi-
Comportement d'une protection solaire par rapport à la
ver). Néanmoins, elle laisse très peu passer la lumière.
chaleur, selon sa position.

2.3 PERMANENTES (VITRAGES SOLAIRES ET FILMS COLLÉS SUR LES VITRAGES)

Afin de minimiser les gains solaires, tout en conservant une bonne transmission lumineuse, on peut avoir recours à une protection solaire
permanente telle que les vitrages sélectifs. Ces vitrages transmettent le rayonnement visible tout en arrêtant le rayonnement solaire
correspondant aux infrarouges proches et le rayonnement des corps terrestres (les infrarouges lointains). Ces vitrages présentant un
degré de protection constant quelle que soit l'heure ou la saison, ils diminuent aussi les gains solaires en hiver, ce qui augmente la
consommation de chaud !
Concrètement, pour des fenêtres verticales, il convient de faire un choix entre :

Vitrage clair : TL ≈ 0,8 et FS ≈ 0,6 Vitrage sélectif TL ≈0,7 et FS ≈ 0,4

191
FICHE THÉMATIQUE :
« Les protections solaires»
Ces protections solaires permanentes ne sont envisageables que dans les cas où les risques de surchauffe sont importants.
Elles ont l'inconvénient de réduire les niveaux de lumière naturelle à l'intérieur. Par contre, leur entretien est aisé.

2.4 VÉGÉTALES

Bien choisies et implantées, les plantes peuvent assurer, pendant la période de


végétation, les saisons chaudes, une fonction de protection solaire. Des plantations
au feuillage persistant font trop d'ombre et réduisent les rayonnements solaires
d'hiver. Les espèces caduques, en revanche, laissent passer la lumière naturelle en
hiver tout en protégeant du rayonnement solaire en été.

Il est donc conseillé d'opter pour des plantations à feuilles caduques, avec peu de
branches, pour avoir un ombrage minimal en hiver (et profiter ainsi des apports
d'énergie solaire hivernaux), mais un feuillage dense, pour la raison inverse en été.

Les paramètres influençant les facteurs de transmission et d'absorption lumineuse


d'un arbre sont sa hauteur à maturité, sa vitesse de croissance, l'apparence de ses
feuilles et leur mode de chute, ainsi que la distance des branches au sol (pour le
choix d‘une essence d‘arbre : www.lesarbres.fr).

Protection végétale.
Les plantations sont surtout intéressantes à l‘est et à l‘ouest puisque le soleil est
bas en été. Au sud le soleil est haut en été de sorte que l‘ombre de l‘arbre n‘attein-
dra pas la façade (voir illustration ci-dessous).

Arbres au sud Arbres à l’est ou à l’ouest

Les protections végétales réalisées à l‘aide de plantes grimpantes (vigne, chèvrefeuille, glycine) peuvent aussi être très efficaces et être
aménagées sur les parois verticales pour réduire leur échauffement.
Il faut toutefois faire attention avec ce genre de protection solaire car :

on doit attendre quelques années avant qu‘elle ait atteint sa pleine hauteur, ;
on doit assurer un entretien régulier.

192
FICHE THÉMATIQUE :
« Les protections solaires»
3 INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

3.1 BIBLIOGRAPHIE

Architecture et Climat (UCL) : "Energie+", 2009 ;


Bruxelles Environnement (IBGE) : "Guide pratique pour la construction et rénovation durables de petits bâtiments", janvier
2009 ;
Observ'ER : "Traité d'architecture et d'urbanisme bioclimatiques", décembre 2005 ;
Birkhäuser (Edition DETAIL) : "Architecture solaire - Stratégies, visions, concepts", 2003 ;
Ministère de la Région Wallonne : "L'éclairage naturel des bâtiments", 2001.

193
L'éclairage naturel et artificiel
FT 03

Boulevard du Nord, 8
5000 Namur
spw.wallonie.be
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
1 DÉMARCHE

"L'architecture est le jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière." 1
La conception d'ambiances lumineuses de qualité est un processus créatif qui nécessite de générer des solutions appropriées
au niveau architectural et technique pour obtenir un environnement confortable, tout en réduisant la consommation énergétique
des bâtiments et en favorisant son impact positif sur l'environnement.
La première exigence, celle du confort visuel, est l'objectif à atteindre. La seconde, l'utilisation rationnelle de l'éclairage, est une logique
qui doit être intégrée du début à la fin du projet.

2 ASPECTS TECHNIQUES

2.1 NOTIONS DE BASE

2.1.1 GRANDEURS PHOTOMÉTRIQUES

La sensibilité à la clarté de l'œil dépendant des longueurs d'onde est la base des unités photométriques utilisées pour les mesures et les
calculs dans l'éclairagisme.
Le but de la photométrie est de quantifier les grandeurs relatives au rayonnement en fonction de l'impression visuelle produite.
Il est dès lors nécessaire de définir ces grandeurs :

Flux lumineux :
Le flux lumineux Φ d’une source est l'évaluation, selon la sensibilité de l'œil, de la quantité de
lumière rayonnée dans toutes les directions de l'espace par cette source. Il s‘exprime en lumen
(lm). C'est la "puissance" lumineuse d'une source.
Efficacité lumineuse :
L'efficacité lumineuse (ou rendement lumineux) η d'une source est le quotient de son flux lumineux
Φ par sa puissance P. Elle s'exprime en lm/W et permet de comparer l'efficacité lumineuse des
différentes lampes.
Intensité lumineuse :
L‘intensité lumineuse est le flux lumineux émis par unité d'angle solide dans une direction
donnée. Elle se mesure en candela (1 candela = 1 lumen/stéradian).
Elle permet de caractériser les luminaires en indiquant sur un graphe leur intensité lumineuse dans
les différentes directions pour une source lumineuse de 1000 lm.
L'intensité lumineuse est définie par rapport à une source ponctuelle. En éclairage naturel, on ne
parle donc pas d'intensité lumineuse de la voûte céleste.

Luminance :
La luminance (L) d'une source est le rapport entre l'intensité lumineuse émise dans une direction
et la surface apparente de la source lumineuse dans la direction considérée. La luminance
s'exprime en candéla par mètre carré (cd/m²).
Elle traduit la sensation visuelle de luminosité créée par une source lumineuse principale (le soleil,
le ciel, …) ou par une source de lumière secondaire (surface éclairée). C'est la seule grandeur
photométrique réellement perçue par l'œil humain.

Eclairement :
L‘éclairement (E) d'une surface est le rapport du flux lumineux reçu à l'aire de cette surface.
Son unité est le lux (lx), équivalent à 1 lm/m².
L'éclairement dépend de l'intensité de la source lumineuse, de la distance entre la source et la
surface éclairée et de son inclinaison par rapport aux rayons lumineux. L'éclairement caractérise
donc la quantité de lumière reçue par une surface. Cependant, cette grandeur est très difficilement
perceptible par l'œil humain mais plus facilement mesurable que la luminance.

1 : Le Corbusier. in : Le Corbusier : "Vers une architecture", 1923.


196
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
2.1.2 FACTEUR DE LUMIÈRE DU JOUR

En éclairage naturel, la notion d'éclairement est parfois remplacée


par la notion de facteur de lumière du jour (FLJ).
Le facteur de lumière du jour indique le rapport de l’éclaire-
ment naturel intérieur reçu en un point de référence à l'éclai-
rement extérieur simultané sur une surface horizontale en
site parfaitement dégagé par ciel couvert.
Il s'exprime en %. C‘est un indicateur dédié spécifiquement à la
lumière naturelle.

Facteur de Lumière du Jour.


Mettre E0 au sommet de la voûte filante

Sous les conditions d‘un ciel couvert (ciel normalisé par la Commission Internationale de l‘Éclairage), les valeurs du facteur de lumière du
jour sont indépendantes de l‘orientation des baies vitrées, de la saison et de l‘heure. Elles donnent ainsi une mesure objective et facile-
ment comparable de la qualité de l‘éclairement à l‘intérieur d‘un bâtiment.

Dans un nouveau projet, son évaluation nécessite la construction d‘une maquette ou d‘une simulation pour pouvoir être chiffrée.

Un objectif raisonnable est d'arriver à un temps d'utilisation de l'éclairage naturel d'au moins 60 %.

2.1.3 COEFFICIENT DE RÉFLEXION D’UNE PAROI

Le facteur de réflexion ρ d'une surface est la


quantité d'énergie lumineuse qu'elle réfléchit par
rapport à celle qu'elle reçoit.
Une surface dont le coefficient de réflexion est élevé
réfléchit beaucoup la lumière et apparaît claire. Une
surface dont le coefficient de réflexion est faible réflé-
chit peu la lumière et paraît sombre.

Les coefficients de réflexion lumineuse des parois d'un local influencent fortement la répartition de la lumière. Celle-ci est d'autant meilleu-
re que les réflexions de la lumière sur chaque paroi sont élevées et uniformément réparties. Il est donc important de tenir compte des
coefficients de réflexion des matériaux de finition et
de l'ameublement.
Coefficients de réflexion recommandés
D'une manière générale, on recommande de choisir
des couleurs claires pour les plafonds et les zones Plafonds 0,7 à 0,85
situées près des sources lumineuses, des couleurs Murs proches de la source lumineuse ou de l'arrivée de lumière 0,5 à 0,7
assez claires pour les murs et des couleurs relative-
ment plus foncées pour le sol. Autres murs 0,3 à 0,5
Sols 0,05 à 0,3
(Source : Magazine du CSTC – 3e trimestre 2003).

197
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
2.2 CONFORT VISUEL

L'éclairage d'un hall de sports est assez difficile à concevoir. Des petits projectiles doivent être suivis par les yeux à très
haute vitesse.
Pour les sports qui demandent des déplacements rapides, une uniformité d'éclairement est importante car les yeux n'ont
pas le temps de s'ajuster à un niveau d'éclairement variable dans les différents endroits du hall. L'éblouissement est éga-
lement un problème particulier car des sources de forte luminosité sont distrayantes et peuvent être la cause de la perte
de vue de l'objet qui les traverse.
Dans les cas extrêmes, elles peuvent même devenir inconfortables.

Le confort visuel est une impression subjective liée à la quantité, à la distribution et à la qualité de la lumière.
Il dépend d'une combinaison de paramètres physiques : l'éclairement, la luminance, le contraste, l'éblouissement et le spectre lumineux,
auxquels s'ajoutent des caractéristiques propres à l'environnement et à la tâche visuelle à accomplir, comme la taille des éléments à
observer et le temps disponible pour la vision. Le confort visuel relève, en outre, de facteurs physiologiques et psychologiques liés à l'indi-
vidu tels que son âge, son acuité visuelle ou la possibilité de regarder à l'extérieur.
Les paramètres du confort visuel pour lesquels l'architecte joue un rôle prépondérant sont :
le niveau d'éclairement de la tâche visuelle ;
une répartition harmonieuse de la lumière dans l'espace ;
les rapports de luminance présents dans le local ;
l'absence d'ombres gênantes ;
la mise en valeur du relief et du modelé des objets ;
une vue vers l'extérieur ;
un rendu des couleurs correct ;
une teinte de lumière agréable ;
l'absence d'éblouissement.
Il est cependant très difficile de quantifier les valeurs idéales que ces paramètres devraient atteindre : il n'existe en effet pas de solution
universelle au problème du confort visuel car celui-ci sera influencé par la destination de l'espace (type de tâche), la configuration du
lieu, et les différences individuelles.
De plus, le jugement de la qualité de la lumière sera influencé par des aspects personnels, culturels et historiques.

2.2.1 NIVEAU D’ÉCLAIREMENT

C'est le critère d'ambiance lumineuse le plus important. Le niveau d‘éclairement caractérise la quantité de lumière reçue par une surface,
une paroi ou un objet (voir Grandeurs photométriques).
Un niveau d’éclairement minimal est requis pour une vision claire et sans fatigue. Il faut aussi noter qu’un éclairement trop
important peut être une source d’inconfort. Il faut donc juger et adopter les niveaux d'éclairement moyens en fonction du local
et des activités qui y seront exécutées.
Les tableaux suivants reprennent les niveaux d‘éclairements déterminés par les normes NBN EN 12193 pour les installations sportives
proprement dites et NBN EN 12464-1 pour les autres locaux.

A EXIGENCES POUR L’ÉCLAIRAGE DES PLATEAUX SPORTIFS Classe d'éclairage


I II III
Niveau de compétition
(Niveau de (Niveau de (Niveau de
Choix de la classe d'éclairage : pratique très pratique pratique
élevé) élevé) général)
International et national *
Régional * *
Local * * *
Entrainement * *
Loisirs et sports scolaires (éducation physique) *

198
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
Eclairement recommandé :
L'éclairement à maintenir E m est la valeur en-dessous de laquelle l'éclairement moyen de la surface considérée ne peut
pas descendre. C'est l'éclairement moyen au moment où la maintenance doit être effectuée : nettoyage des luminaires
complété ou non par le
remplacement simultané Éclairement horizontal moyen [lux] à maintenir au niveau du sol suivant la norme EN 12193
des lampes. (la première valeur se réfère à l'aire principale de jeu tandis que la seconde, entre parenthèses, a
trait à l'aire totale de jeu.)

Le niveau d'éclairement Classe d'éclairage


Sport
dans la salle devra cor- I II III
respondre au niveau
d'éclairement du sport le Arts martiaux (kendo, karaté) 750 (565) 500 (375) 200 (150)
plus exigeant pratiqué Athlétisme (toutes activités) 500 300 200
dans celle-ci.
Badminton 750 (565) 500 (375) 300 (225)
Basket-ball 750 (565) 500 (375) 200 (150)
Lors d'un projet de
conception d'une salle Ring : 2000 Ring : 1000 Ring : 500
comprenant des terrains Boxe
Entrainement : 300 Entrainement : 300 Entrainement : 300
utilisés en compétition,
ces chiffres sont à vérifier Danse (aerobic, keep fit) 500 300 200
auprès des différentes
Escrime 750 (565) 500 (375) 300 (225)
fédérations sportives dont
les exigences peuvent Football (à 5 ou à 6) 750 (565) 500 (375) 200 (150)
évoluer.
Gymnastique 500 300 200
Pour l'entretien des sal-
les, le niveau d'éclaire- Handball 750 (565) 500 (375) 200 (150)
ment moyen peut se limi- Judo 750 (565) 500 (375) 200 (150)
ter à 100 lux.
Mur d'escalade 500 300 200
Netball 750 (565) 500 (375) 200 (150)
Squash 750 500 300
Tennis de table (ping-pong) 750 500 300
Tennis 750 500 300
Volley-ball 750 500 200

B EXIGENCES POUR L’ÉCLAIRAGE DES LOCAUX TECHNIQUES ET D’ACCUEIL

Éclairement horizontal moyen [lux] à maintenir suivant la norme EN 12464-1


(la hauteur de la surface de référence est variable suivant la zone)
Type d'intérieur, tâche ou activité Emoy
Halls d'entrée 100
Zones de circulation et couloirs 100
Réserves matériel 100
Escaliers 150
Vestiaires et toilettes 200
Salles de conférence et de réunion 500
Infirmerie 500
Cuisine 500
Restaurant (cafétéria) -
(l'éclairage est généralement étudié
pour créer l'atmosphère appropriée)
199
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
2.2.2 RÉPARTITION LUMINEUSE

Un bon niveau d'éclairement ne suffit pas. En effet, il se mesure en un point précis et de ce fait, on peut avoir une différence de plusieurs
centaines de lux entre deux points d'une même salle, même si ces deux points ne sont distants que de quelques mètres. Si les écarts
sont trop importants, des tâches de lumière (ou d'ombre) peuvent apparaître sur le plateau sportif, ce qui provoque un inconfort pour les
occupants.
De plus, lors d'activités sportives, la direction du regard change fréquemment et rapidement. De grandes différences de luminance dans
l'environnement provoquent une adaptation permanente des yeux, ce qui aboutit inéluctablement à des phénomènes de fatigue. À
l‘inverse, si les différences de luminance sont trop faibles, cela crée un espace monotone et sans relief. Il faut donc trouver le bon
compromis entre un éclairage uniforme pour le confort visuel et un éclairage accentué pour une meilleure ambiance lumineuse.
Voici les valeurs recommandées pour le facteur d'uniformité des salles de sports (rapport de l'éclairement minimal à l'éclairement moyen
d'une surface) :

Uniformité d'éclairement (Emin/Emoy) à maintenir au niveau du sol suivant la norme EN 12193


Classe d'éclairage
Sport
I II III
Arts martiaux (kendo, karaté) 0,7 0,7 0,5
Athlétisme (toutes activités) 0,7 0,6 0,5
Badminton 0,7 0,7 0,7
Basket-ball 0,7 0,7 0,5
Boxe 0,8 0,8 0,5
Danse (aerobic, keep fit) 0,7 0,6 0,5
Escrime 0,7 0,7 0,7
Football (à 5 ou à 6) 0,7 0,7 0,5
Gymnastique 0,7 0,6 0,5
Handball 0,7 0,7 0,5
Judo 0,7 0,7 0,5
Mur d'escalade 0,7 0,6 0,5
Netball 0,7 0,7 0,5
Squash 0,7 0,7 0,7
Tennis de table (ping-pong) 0,7 0,7 0,7
Tennis 0,7 0,7 0,5
Volley-ball 0,7 0,7 0,5

2.2.3 EBLOUISSEMENT

L'éblouissement est l'effet de conditions de vision dans lesquelles l'individu subit une
réduction de l'aptitude à percevoir les objets, pouvant aller jusqu'à un aveuglement
temporaire. Il est dû à une luminosité trop intense de surfaces placées dans la direction de la
vision ou à un contraste lumineux trop important entre surfaces contigües Il réduit la performan-
ce visuelle et provoque des malaises et des accidents.

200
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
L'éblouissement le plus rencontré dans les salles de sports est l'éblouissement direct invalidant, provoqué par la vue d'une luminance très
élevée pendant un temps très court. Celui-ci peut, juste après l'éblouissement, empêcher la vision de certains objets sans pour autant
créer de l'inconfort. Ce cas se présente plus fréquemment dans les salles de sports car l'axe de vision d'un sportif est constamment chan-
geant et celui-ci regarde vers le haut pour suivre les balles en hauteur.

En éclairage naturel, l'éblouissement peut être provoqué par :


la vision directe du soleil ou du ciel au travers des fenêtres ;
la réflexion du soleil ou du ciel sur les bâtiments voisins ;
un contraste de luminance excessif entre une fenêtre et le mur dans lequel elle s'inscrit ;
un contraste de luminance excessif entre une fenêtre et son châssis ;
une surface intérieure réfléchissante qui crée des contrastes de luminance trop élevés par rapport aux surfaces voisines.
Il est intéressant de noter qu'une plus grande ouverture à la lumière naturelle cause moins d'éblouissement qu'une petite car elle augmen-
te le niveau d'adaptation des yeux et diminue le contraste de luminance.

En éclairage artificiel, l'éblouissement peut être provoqué par la vue directe d'une lampe ou par sa réflexion sur les parois polies des lumi-
naires, sur les surfaces du local ou sur des objets.
L'éblouissement direct provoqué par un luminaire est d'autant plus fort pour une position donnée
de l'observateur que :
la luminance du luminaire est élevée (par exemple, luminaires avec lampes à décharge ou
lampes halogènes) ;
le fond sur lequel elle se détache est sombre ;
le nombre de luminaires dans le champ visuel est important ;
l‘angle compris entre la direction considérée et la verticale est important ; pratiquement, en dessous de 45° par rapport à la verti-
cale, l‘éblouissement devient négligeable.
La position des luminaires et la répartition de la lumière qu'ils émettent sont donc fondamentales. D'autant que le degré de tolérance à
l'éblouissement venant d'un luminaire (source lumineuse de petite taille) est plus faible que celui venant d'une fenêtre (source lumineuse
de grande taille).

L'éblouissement obtenu par une fenêtre est moindre que l'éblouissement obtenu à partir d'une source de lumière artificielle v ue
sous le même angle solide, en raison des différences psychologiques relatives aux sensations produites par ces deux types de
sollicitations.

A DIFFÉRENTES PRÉCAUTIONS PEUVENT ÊTRE PRISES POUR DIMIINUER LES RISQUES D’ÉBLOUISSEMENT DÛ À L’ÉCLAIRAGE NATUREL

Prévoir une grande fenêtre plutôt que plusieurs petites fenêtres. En effet, une grande ouverture à la lumière
naturelle occasionne moins d‘éblouissement qu‘une petite car elle augmente le niveau d‘adaptation des yeux et
diminue le contraste de luminance et la sensation d‘éblouissement qui lui est associée.

Voiler le ciel par l‘utilisation d‘une protection solaire.

Voiler en partie le ciel en assombrissant la fenêtre par un élément déflecteur (lightshelf, murs de refends, débords
de toiture, …)

Voiler en partie le ciel en disposant à l‘extérieur des éléments moins lumineux que le ciel (atrium, cour intérieure).

Situer les percements en hauteur (ouvertures zénithales, clerestories, …) afin de limiter l'éblouissement direct
puisque la plupart des tâches visuelles nécessitent une vue droite ou vers le bas.

201
Diminuer le contraste fenêtre-châssis en augmentant le coefficient de réflexion du châssis au moyen de couleurs
Voiler en partie le ciel en disposant à l‘extérieur des éléments moins lumineux que le ciel (atrium, cour intérieure).

FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel etplupart
artificiel»
Situer les percements en hauteur (ouvertures zénithales, clerestories, …) afin de limiter l'éblouissement direct
puisque la des tâches visuelles nécessitent une vue droite ou vers le bas.

Diminuer le contraste fenêtre-châssis en augmentant le coefficient de réflexion du châssis au moyen de couleurs


claires et mates.

Diminuer le contraste mur-fenêtre en augmentant le coefficient de réflexion du mur qui contient la fenêtre.

Diminuer le contraste mur-fenêtre en augmentant le coefficient de réflexion du mur qui contient la fenêtre.

Diminuer le contraste mur-fenêtre en augmentant la part indirecte de l‘éclairage naturel au moyen de parois très
claires.

Favoriser les revêtements mats car ils diffusent la lumière.

2.2.4 OMBRES GÊNANTES

En fonction de sa direction, la lumière peut provoquer l'apparition d'ombres marquées créées par la présence d'un élément entre la tâche
visuelle et la source lumineuse. Celles-ci sont mauvaises pour la vision puisqu'elles diminuent fortement les contrastes.
A l'inverse, une lumière non directionnelle, telle qu'on peut la créer avec un éclairage artificiel purement indirect, rendra difficile la percep-
tion des reliefs et peut rendre, par exemple, les visages désagréables à regarder.
Une pénétration latérale de la lumière naturelle satisfait généralement à la perception tridimensionnelle du relief des objets et de leur cou-
leur, grâce à sa directionnalité et à sa composition spectrale. Le cas est idéal mais le niveau d'éclairement diminue dès qu'on s'éloigne
des fenêtres.

2.2.5 RENDU DES COULEURS

La perception des couleurs varie d'une personne à l'autre. Elle est totalement dépendante de la sensibilité de l'œil qui est
fonction de la longueur d'onde du rayonnement visible perçu.
Lorsqu‘on éclaire des objets à partir d‘une source lumineuse naturelle, l‘objet va réfléchir une certaine partie du spectre lumineux. En
fonction des longueurs d‘onde renvoyées, l‘objet aura une certaine couleur. C‘est ce qui définit la couleur d‘un objet.
Lorsque l‘on éclaire cet objet à partir d‘une source artificielle, la couleur apparente de l‘objet peut être modifiée en fonction du type de
source utilisé. En effet, par rapport à la lumière naturelle qui contient un spectre continu de couleurs, certains éclairages artificiels peuvent
ne pas toutes les contenir.

L'évolution du spectre lumineux de la lumière modifie l'aspect d'un bâtiment.

La capacité d'une source lumineuse à restituer les différentes couleurs du spectre visible de l'objet qu'elle éclaire est désignée par son
indice de rendu des couleurs (IRC). L'indice maximum (IRC100) correspond à une source dont la lumière émise rend les couleurs de la
même manière que la lumière de référence.
Par exemple, un code "840" sur une lampe indique un IRC compris entre 80 et 90 (premier chiffre). Les deux derniers chiffres sont les
deux premières valeurs de la température de couleur, soit 4.000 K, dans notre exemple.

202
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
2.2.6 TEINTE DE LA LUMIÈRE

La couleur de la lumière a une action directe sur la sensation de confort de l’ambiance lumineuse d’un espace car elle influence
directement notre perception de la couleur des objets.

Une lumière de couleur dite "chaude" est composée majoritairement de radiations dans les couleurs rouges-orangées alors qu‘une
lumière dite "froide" est composée principalement de radiations dans les couleurs violettes et bleues.

Ainsi, l'architecte peut influencer la couleur apparente de la lumière naturelle par le choix des matériaux et des couleurs des
éléments qui vont transmettre et réfléchir la lumière.

La sensation de couleur chaude ou froide dépend aussi de la quantité de lumière dans la pièce. Plus l‘éclairement est important, plus la
température de couleur des sources doit être élevée, et ce, afin que la perception de la lumière ne paraisse pas trop chaude. Pour les
locaux éclairés en grande partie par la lumière naturelle, il est donc préférable de choisir des luminaires de température de
couleur élevée afin d'éviter de trop grandes différences entre les éclairages artificiel et naturel.

Le diagramme de Kruithof ci-contre donne, à cet effet, les


valeurs recommandées de la température de couleur en
fonction de l'éclairement :

Diagramme de Kruithof.

2.2.7 APPORT D’ÉCLAIRAGE NATUREL

Si l'éclairage artificiel fournit la lumière à la demande, à l'endroit désiré et en quantité voulue, il ne peut cependant pas apporter le même
agrément que celui offert par la lumière naturelle. Celle-ci procure un rendement visuel accru et est plus confortable pour des niveaux
d'éclairement inférieurs à ceux apportés artificiellement tout en permettant des économies d'énergie électrique.
Sa variabilité, qui peut être considérée comme un désavantage en éclairage artificiel, permet d'établir une harmonie avec le monde
extérieur et crée une ambiance intérieure plus chaleureuse. Son caractère cyclique est un facteur important pour l'équilibre psychique.
De plus, les fenêtres par lesquelles la lumière naturelle pénètre permettent une communication visuelle avec l'extérieur et une
vue au loin nécessaire au repos de l'œil après une vision rapprochée.
L'éclairage artificiel doit donc être considéré comme le complément - occasionnel ou permanent - de l'éclairage naturel et s'accorder
autant que possible à son spectre lumineux de même qu'à ses variations grâce à un système de contrôle adéquat tant pour l'éclairage
général que pour l'éclairage localisé. Pour le confort des occupants, la source lumineuse principale doit être le soleil.

2.3 LUMIÈRE ARTIFICIELLE COMME COMPLÉMENT À LA LUMIÈRE NATURELLE

2.3.1 LAMPES

La source lumineuse (ou lampe) est la base de l‘appareil d‘éclairage. Sans elle, l‘appareil n‘a pas lieu d‘être. Son rôle est de fournir la
lumière nécessaire pour éclairer.

203
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
A TYPES DE LAMPES

Il existe une grande variété de lampes sur le marché. Elles se différencient par
leurs principes de production de lumière qui influencent leurs caractéristiques
principales.

On choisira une lampe en fonction de l'application pour laquelle on la destine, de


ses différentes caractéristiques techniques, mais aussi son aspect esthétique, sa
possibilité de dégradation, …

Lampes à incandescence :

Le flux lumineux d'une lampe à incandescence est assez faible,


tout comme son efficacité lumineuse ainsi que sa durée de vie. La
lumière fournie par une lampe à incandescence standard est de
couleur blanc-chaud et l'indice de rendu des couleurs de ce type
de lampe est excellent ;

Lampes halogènes :

La durée de vie d'une lampe halogène est meilleure que celle d'une lampe à incandescence, tout comme son efficacité lumineuse.
L'indice de rendu des couleurs d'une lampe halogène est excellent ;

Tubes fluorescents :

Les lampes fluorescentes ont une très bonne efficacité lumineuse. La


température de couleur va du blanc chaud au blanc froid de type lumière du
jour. Les tubes actuels peuvent avoir des indices de rendu des couleurs très
élevés. La durée de vie d'un tube fluorescent dépend du type de ballast qui
lui est associé et est beaucoup plus importante que celle des lampes à
incandescence et halogènes ;

Lampes fluocompactes :

Ces lampes nouvelles bénéficient des caractéristiques exceptionnelles des lampes fluorescentes (faible consommation d'énergie,
forme compacte et entretien aisé, haute qualité de la lumière).

204
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
Lampes à vapeur de mercure haute pression :
La lampe à vapeur de mercure haute pression est aujourd'hui démodée pour plusieurs
raisons : son efficacité lumineuse est faible, de même que son indice de rendu des
couleurs. De plus, sa durée de vie n'est pas très élevée et elle est donc défavorable à
l'environnement. Cette lampe est surtout utilisée en éclairage public. Actuellement, elle
n'est plus utilisée que pour le remplacement des lampes existantes ;

Lampes à vapeur de sodium :

La lampe au sodium émet une lumière monochromatique jaune-orangée au maximum de la


sensibilité de l'œil. Cette lumière monochromatique lui confère la plus haute efficacité lumineuse
de toutes les lampes.

La lampe à vapeur de sodium basse pression a un très


mauvais indice de rendu des couleurs. Elle est principalement
utilisée pour l'éclairage des autoroutes car l'efficacité lumineuse
est très élevée et que le rendu des couleurs n'y est pas
primordial.

Les lampes à vapeur de sodium haute pression présentent des puissances et des efficacités moindres que celles que l'on obtient
avec du sodium à basse pression mais ont un indice de rendu des couleurs un peu meilleur (au détriment de l'efficacité
lumineuse).
Certaines lampes au sodium haute pression peuvent remplacer directement les lampes au mercure haute pression ;

Lampes aux halogénures (ou iodures) métalliques :

Elles ont un flux lumineux très élevé et une bonne efficacité lumineuse. Leur grand avantage par rapport aux lampes à vapeur de
sodium est un bon indice de rendu des couleurs. Ces lampes couvrent toute la gamme de puissance.
Un de leurs avantages principaux est leur petite taille qui leur permet d'être utilisées afin de créer une grande variété d'effets
décoratifs avec ou sans utilisation de réflecteur ;

Lampes à induction :

La durée de vie de cette lampe est exceptionnelle. La lampe à induction est utilisée là où la
maintenance est difficile ou coûteuse, et dans des situations requérant de longues périodes de
fonctionnement.

205
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»

206
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
B EFFICACITÉ LUMINEUSE DES LAMPES

On évalue la qualité énergétique d'une lampe par son


efficacité lumineuse (en lm/W) définie comme le
rapport du flux lumineux (en lumen) par la puissance
électrique absorbée (en watt).

2.3.2 AUXILIAIRES

Certaines lampes nécessitent l‘usage d‘auxiliaires afin de fonctionner correctement. Les auxiliaires peuvent se décomposer en deux
catégories principales : les transformateurs et les ballasts.

A TRANSFORMATEUR

Le transformateur est utilisé dans le cadre des halogènes très basse tension (TBT). Celui-ci peut être de deux types : (ferro) magnétique
ou électronique. Le rôle du transformateur est de fournir à la lampe une tension plus faible (généralement 12V pour l‘halogène) à partir de
la tension du réseau. Un des avantages de l‘utilisation de lampes TBT est du point de vue sécuritaire.
En effet, dans le cas d‘utilisation de lampes halogènes TBT, il n‘y a pratiquement plus de risque d‘électrocution (si l‘on reste du côté TBT
du transformateur).
Notons que les LEDs fonctionnent aussi en TBT et en plus de nécessiter un transformateur, elles ont besoin d‘un redresseur pour
fonctionner en courant continu.

B STARTER ET BALLAST

Le starter et le ballast sont utilisés pour les lampes à décharge


(et donc les fluorescentes).
Les deux rôles fondamentaux de ce couple sont d‘assurer
l‘allumage de la lampe ainsi que de limiter le courant dans le
tube au cours de son utilisation afin d‘empêcher sa destruction.

207
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
On trouve sur le marché deux types de ballast : des ballasts ferromagnétiques composés d‘un bobinage autour d‘un noyau ferreux, qui
doivent être utilisés avec un starter, et des ballasts électroniques qui intègrent le rôle du starter.

Ballast électromagnétique Ballast électronique.

Le ballast électronique est plus avantageux pour plusieurs raisons :


il augmente la durée de vie des lampes ;
il induit une meilleure efficacité lumineuse des lampes (économie d'énergie de 20 à 30 %) ;
son mode de fonctionnement à fréquence plus élevée améliore le confort grâce à un fonctionnement stable sans effet stroboscopi-
que ni tremblotements d'électrodes ;
sa forme spécifique "graduable" offre la possibilité de graduer le tube ("dimming"), c'est-à-dire de choisir précisément la quantité
de lumière fournie par le tube ;
il éteint automatiquement les lampes défectueuses en fin de vie, évitant ainsi leur clignotement ;
Il a un meilleur facteur de puissance (proche de 1) ;
Il diminue le niveau de bruit.

Un ballast doit être approprié au type et à la puissance de la lampe qui lui est associée.

2.3.3 LUMINAIRES

Un luminaire sert à répartir, filtrer ou transformer la lumière des lampes.

Il peut être composé de :

l'armature qui permet l'assemblage des différents composants du luminaire et la fixation du luminaire au plafond ou au mur ;
le réflecteur qui réfléchit la lumière émise par la lampe et la dirige selon des directions préférentielles ;
les ventelles qui protègent l'œil des éblouissements en empêchant la vue directe de la lampe ;
le diffuseur ou protecteur qui remplace parfois les ventelles et protège la lampe de l'ambiance. On parle aussi de "vasque" ;
la platine qui permet la fixation des auxiliaires électriques (ballasts, starters, …).

L'ensemble des dispositifs chargés de contrôler la lumière émise (réflecteurs, ventelles) est aussi appelé "optique".

Le choix du luminaire est primordial. Il doit permettre une optimisation de la lumière émise par les lampes, tout en évitant les problèmes
de réflexion et d'éblouissement. Outre les aspects esthétiques et photométriques, le choix d'un luminaire doit prendre en compte les
aspects mécaniques, électriques et thermiques de celui-ci.

Les aspects photométriques du luminaire concernent son rendement, son angle de défilement, la protection contre l'éblouissement, les
luminances, la distribution lumineuse ainsi que les caractéristiques photométriques propres aux matériaux utilisés pour le luminaire.

208
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
A RENDEMENT

Le luminaire, même si un de ses rôles est de répartir au mieux la lumière dans le local, est aussi un frein à la diffusion de la lumière. En
effet, aucun luminaire n‘est capable de restituer totalement la lumière fournie par la source lumineuse car ses éléments vont absorber
plus ou moins une partie du rayonnement lumineux.
On définit alors le rendement total ηt d’un luminaire comme étant le
rapport du flux lumineux émis par le luminaire par rapport au flux
lumineux des lampes. Il se situe entre 35 et 100 %. Il est d'autant plus
bas qu'il y a des éléments (ventelles, globe opalin ou prismatique)
devant les lampes afin d'éviter l'éblouissement ou pour favoriser
l'esthétique.
Rendement (source : ETAP).

B ANGLE DE DÉFILEMENT

L'angle de défilement d'un luminaire est l'angle sous lequel la source nue ne peut être vue par
l'observateur. Il s'exprime en degré.
On parle d'angle de défilement dans la direction transversale et dans la direction longitudinale.

(Source : ETAP).

C TAUX D’ÉBLOUISSEMENT

L'éblouissement dû à un luminaire peut provenir d'une vision directe de la source de lumière (éblouissement direct) et de la réflexion de la
lumière sur une surface quelconque vers l'œil de l'observateur (éblouissement indirect) ou sur la tâche à réaliser (ce qui provoque un effet
de voile).

L'angle critique de vue directe d'un luminaire pour lequel on commence à avoir des problèmes d'éblouissement vaut 45° par rapport à la
verticale (correspondant à la valeur γ dans le schéma de l'angle de défilement du paragraphe précédent).
L'éblouissement d'inconfort provenant directement des luminaires doit être quantifié par l'auteur du projet en utilisant la méthode
tabulaire d'évaluation du taux d'éblouissement unifié UGR de la CIE.

Sans rentrer dans les détails, le facteur UGR donne une idée de l'éblouissement d'inconfort dans le champ visuel de l'observateur par
rapport à la luminance de fond (éblouissement provoqué par l'association de plusieurs luminaires dans un environnement considéré). Ce
facteur UGR varie de 10 à 30. Plus la valeur du facteur est élevée, plus la probabilité d'éblouissement d'inconfort est importante. Pour les
plateaux sportifs, le facteur UGR devrait être inférieur à 22.

D LUMINANCE

La luminance moyenne d'un luminaire, exprimée en cd/m², représente sa brillance et quantifie les risques d'éblouissement. Elle est
définie en fonction de l'angle de vision du luminaire par rapport à la verticale (angle d'élévation). Celle-ci peut être à la base
d'éblouissements ou de réflexions gênantes. Les luminaires dits "basse luminance" ont une luminance moyenne faible pour des angles
supérieurs à leur angle de défilement.

209
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
E DISTRIBUTION LUMINEUSE

Un des rôles des luminaires étant de distribuer la lumière provenant de la source dans l‘espace, il faut un moyen pour décrire comment se
fera cette distribution. Cette distribution lumineuse est décrite le plus souvent dans les catalogues par un diagramme polaire reprenant la
distribution perpendiculaire et parallèle à l‘axe de la lampe. La forme du réflecteur et les positions de la lampe permettent d'obtenir
différents modèles de distributions lumineuses :
la distribution extensive où le faisceau lumineux du luminaire est large donnant un éclairement relativement uniforme ;
la distribution intensive avec un faisceau lumineux étroit donnant un éclairage d‘accentuation ;
la distribution asymétrique pouvant être utilisée pour éclairer des surfaces verticales comme des murs ou des tableaux.

La distribution lumineuse d‘un luminaire peut être aussi disponible en version informatique (sous formes de fichiers photométriques)
permettant ainsi la modélisation d‘une installation d‘éclairage à l‘aide de logiciels tels que Dialux® ou Relux®.

F PLANS DE COUPE

Pour décrire les caractéristiques photométriques d'un luminaire, les fabricants définissent différents
plans "C" et angles "γ" suivant lesquels on peut observer un luminaire.
Les matériaux utilisés influencent les caractéristiques photométriques des luminaires. D'une manière
générale, grâce à un meilleur contrôle de la diffusion de lumière, les optiques performants en alumi-
nium ont des rendements lumineux nettement supérieurs et présentent moins de risques de réflexions
sur les surfaces brillantes que les optiques peints (en blanc ou gris).

2.3.4 SYSTÈMES D’ÉCLAIRAGE

En fonction des luminaires utilisés et de leur


placement, on peut distinguer différents systèmes
d‘éclairages.

210
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
A ECLAIRAGE INDIRECT

L‘éclairage indirect consiste à utiliser une surface de réflexion (le plus souvent le plafond et parfois les murs) pour diffuser la lumière dans
le local.
Un éclairage indirect via le plafond a l'avantage de ne pas provoquer d'éblouissement par la vue directe des lampes. La probabilité
d'ombre est inférieure. Mais son efficacité énergétique est faible et fort dépendante du coefficient de réflexion du plafond parois.
A niveau d'éclairement égal, un éclairage indirect sur revêtement clair exige une puissance installée de 30 à 50 % supérieure à un
éclairage direct. Pour une installation efficace au niveau énergétique, on choisira donc toujours un éclairage principal direct.
Certains architectes préfèrent malgré tout un éclairage indirect dans les salles de sports intérieures. On place alors des projecteurs avec
des lampes à décharge haute pression. Les plafonds sont, dans ce cas, de couleur claire.

B ECLAIRAGE DIRECT

Avec ce principe d‘éclairage, la lumière est projetée directement sur la tâche à éclairer. Les luminaires sont habituellement répartis
uniformément au plafond et fournissent un éclairage général.
Comme la lumière est émise directement sur la surface à éclairer, le rendement de ce principe est très bon et donc les puissances
installées seront faibles.
Par contre, les risques d‘éblouissement sont présents. De plus, la répartition de la lumière dans le local peut être assez irrégulière et, de
ce fait, assez éloignée des caractéristiques de la lumière naturelle.

C ECLAIRAGE DIRECT / INDIRECT

Ce système d‘éclairage est similaire au mode indirect mais se distingue par le fait qu'une partie de la lumière est aussi projetée sur le plan
de travail. La partie directe reste toutefois dominante.
Les avantages de ce mode d'éclairage sont identiques à ceux de l'éclairage indirect. En plus, la partie directe crée des ombres
avantageuses et permet de réduire la luminance du plafond.
L'inconvénient principal de ce genre d'éclairage est que son rendement est très sensible aux coefficients de réflexion des parois, mais ce
point est moins marqué que pour l'éclairage indirect car une partie de l'éclairage est dirigée directement vers le plan de travail.

D ECLAIRAGE À DEUX COMPOSANTES

Pour l‘éclairage à deux composantes, deux luminaires différents sont utilisés. Le premier assure un éclairement général direct ou indirect
de faible valeur (environ 300 lux) alors que le second ajoute un appoint supplémentaire là où c‘est nécessaire.
L‘avantage de ce système est qu‘il est possible de réduire fortement les puissances installées car l‘éclairage général peut être
relativement faible.
Cependant, un des inconvénients est qu‘il peut générer des contrastes et des ombres importantes ainsi que des réflexions gênantes.

2.3.5 GESTION DE L’ÉCLAIRAGE ARTIFICIEL

La gestion de l’éclairage au sens large définit le moyen de contrôler les luminaires dans un local. Il peut s’agir d’un
moyen manuel, semi-automatisé ou totalement automatisé.

A ALLUMAGE / EXTECTION (ON / OFF)

L‘allumage/extinction est le moyen le plus facile de contrôler les lampes. Il s‘agit simplement d‘allumer ou d‘éteindre (en contrôlant le
circuit électrique) les lampes en fonction des besoins.

211
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
Les outils permettant assurer l‘allumage-extinction sont les interrupteurs ou les télérupteurs. Un placement judicieux de ceux-ci est
recommandé afin que les utilisateurs soient encouragés à éteindre les lampes en quittant un local. Pour ce faire, un interrupteur à chaque
accès d‘un local est vivement recommandé. De plus, pour les locaux de grandes dimensions ou pour les locaux où des tâches diverses
sont effectuées, il est conseillé de travailler avec plusieurs circuits et ce afin de permettre aux utilisateurs d‘allumer uniquement une partie
de l‘éclairage en fonction de leurs besoins.

B DIMMING

Le dimming (ou gradation), c'est-à-dire l'ajustement en continu de l'éclairage artificiel, consiste à contrôler le flux lumineux de la lampe en
fonction des apports extérieurs et des desiderata des utilisateurs. Cela s‘effectue facilement pour les lampes incandescentes : il suffit de
diminuer la tension d‘alimentation de ces lampes pour diminuer leur flux lumineux. Pour les lampes fluorescentes, il est nécessaire d‘avoir
un ballast spécifique (ballast électronique graduable) pour pouvoir contrôler le flux lumineux des lampes. En général, les lampes
fluorescentes compactes à ballast intégré ne sont pas compatibles avec les gradateurs des lampes incandescentes. Il n‘est donc pas
possible de remplacer les lampes incandescentes sur gradateurs par des fluocompactes standards. Par contre, il est possible de trouver
des lampes fluorescentes compactes spécifiques qui peuvent être branchées sur ces gradateurs. De même, les lampes aux halogénures
métalliques, régulièrement utilisées pour les plateaux sportifs, ne sont pas dimmables, contrairement aux lampes à vapeur de sodium
haute pression.

C HORLOGES ET MINUTERIES

La gestion temporelle utilise une horloge pour effectuer des actions sur les lampes. Les actions peuvent être effectuées soit à heure
programmées (horloge), soit après un certains temps d‘allumage (minuterie) et consistent à éteindre l‘éclairage le plus souvent mais peut
également consister à allumer ou graduer les lampes.
Dans les bâtiments où l'horaire de travail est fixe (immeubles de bureaux ou écoles), il est possible
d'assurer, par zone ou pour l'ensemble du bâtiment, une commande d'allumage ou d'extinction de
l'éclairage sur base de signaux horaires.

Horloge.

L'usage de minuteries assure l'extinction automatique de l'éclairage dans les locaux de circulation
(escaliers, halls, …) où la présence des utilisateurs est momentanée. L'éclairage, commandé par bouton
poussoir, s'éteint après un temps réglable, déterminé par la durée que l'utilisateur met pour parcourir la
zone. Les minuteries peuvent également être combinées à un détecteur de présence associé à une sonde
crépusculaire pour gérer l'allumage (détecteur + sonde) et l'extinction (minuterie) de manière automatique.

Minuterie.

D DÉTECTEURS DE PRÉSENCE

La détection de présence utilise un capteur qui détecte la présence (ou l‘absence) d‘un individu dans
un espace spécifié. On distingue principalement deux types de technologies : les détecteurs PIR
(Passive InfraRed – infrarouge passif) et les détecteurs HF (Haute Fréquence). Les détecteurs PIR
fonctionnent avec la détection d‘un corps chaud en mouvement alors que la technologie HF utilise
l‘effet Doppler (réflexion des ondes différentes sur un corps en mouvement), à la manière d‘un sonar.

Détecteur de mouvement IR (source : Philips).

212
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
L‘action sur les lampes peut être de trois types : l‘allumage, l‘extinction ou, dans certains cas plus rares, la gradation. De plus, certains
détecteurs fonctionnent de manière totalement automatique (allumage lors de la détection de présence et extinction lors de l‘absence),
alors que d‘autres, plus rares mais préférables, requièrent un allumage manuel au moyen d‘un bouton poussoir et gère l‘extinction
lorsqu‘il ne détecte plus personne. Ils sont souvent appelés "détecteurs d‘absence".

Les détecteurs de présence sont aussi généralement munis d‘un réglage du délai avant extinction afin d‘éviter au maximum les
extinctions alors qu‘une personne est encore présente dans l‘espace considéré. La durée du délai est fonction de l‘utilisation des zones.
On choisira de préférence un délai court dans les zones de circulation (où les mouvements sont amples et les risques de non-détection
de présence sont limités) et un délai plus long dans des locaux où l‘on est susceptible de rester un certain temps sans bouger. Cette
temporisation à l'extinction est également nécessaire pour ne pas réduire la durée de vie des lampes par des cycles d'allumage/extinction
trop fréquents. Ainsi, une absence de 1 ou 2 minute(s) ne peut entraîner l'extinction des lampes.

E CELLULES D’ÉCLAIREMENT

Très souvent, dans les zones proches des fenêtres, l'éclairage artificiel n'est nécessaire que le matin, le soir ou la nuit. Le reste de la
journée, l'apport en éclairage naturel peut y être suffisant pour assurer le confort visuel.

Pour gérer l'éclairage artificiel en fonction de l'éclairage naturel disponible, on place une ou plusieurs cellules de mesure continue de
l'éclairement soit à l'extérieur du local à gérer (sur la façade ou sur le toit), soit dans le local lui-même.

La détection de la lumière du jour va utiliser un capteur photosensible pour effectuer des actions sur l‘éclairage. Ces actions peuvent être
de différents types : allumage et extinction par sonde crépusculaire ou gradation par sonde de luminosité. Il existe différents types de cas :
allumage et extinction automatique en fonction du niveau d‘éclairement. Dans ce cas, les lampes sont allumées automatiquement
lorsqu‘il fait trop sombre et s‘éteignent automatiquement lorsqu‘il fait suffisamment clair ;
combinaison avec un détecteur de présence pour empêcher l‘allumage alors qu‘il fait encore suffisamment clair dans la zone de
détection ;
gradation pour maintenir un niveau d‘éclairement constant. Dans ce cas, il est nécessaire d‘utiliser des lampes graduables. Les
lampes sont contrôlées de manière à ce que le niveau d‘éclairement sur la surface de contrôle reste constant quel que soit l‘ap-
port d‘éclairage naturel. Ainsi, lorsque l‘éclairage naturel est important, l‘éclairage artificiel sera gradué alors que lorsqu‘il fait noir
dehors, l‘éclairage artificiel fonctionnera à plein régime.

F GESTION LOCALE OU CENTRALISÉE

Il existe deux configurations d'un système d'éclairage :

gestion locale :
Dans une configuration locale, chaque organe d'action locale (interrupteur) agit sur un ou des luminaires sans passer par un
organe de commande central.
Les systèmes d'éclairage locaux gardent leur place dans les projets de conception lorsque le budget est restreint ou que l'activité
locale développée est incontrôlable et non répétitive et, par conséquent, ne nécessite pas de gestion à distance.
Une configuration locale avec gestion énergétique en fonction de l'occupation demandera beaucoup de ressources au niveau de
la maintenance (et une sensibilisation des occupants) vu qu'on démultiplie le nombre de points de gestion ;
gestion centralisée (GTC) :
Dans une configuration centralisée, tous les équipements sont connectés en parallèle sur un même bus de communication, cha-
que lampe et chaque interrupteur ayant une adresse informatique propre.
L'architecture de ces nouveaux systèmes se caractérise par un contrôle local par groupes de luminaires, librement définis par
l'utilisateur, et par une gestion centralisée de l'éclairage qui reçoit des signaux provenant de différentes sondes, par exemple des
cellules photoélectriques ou des détecteurs de présence.
Ce type d'installation permet un enregistrement préalable de scénarios lumineux dans la mémoire de l'unité de gestion comme,
par exemple, la mise en service de différents groupes de luminaires à certaines heures de la journée.

213
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
Ce système de gestion centralisée de l'éclairage présente trois grands avantages :

il confère une très grande flexibilité au système ;


il permet d'enregistre beaucoup d'informations utiles pour la gestion énergétique et la maintenance des sources lumineuses ;
il assure, enfin, l'intégration du système d'éclairage au système de gestion centralisée du bâtiment, en association avec la gestion
du chauffage, de la climatisation, des protections solaires, …

Ce système de gestion centralisée de l'éclairage comporte néanmoins deux défauts :

son investissement initial est élevé ;


il requiert une séparation de puissance et de commande, qui demande un grand nombre de connexions et donc un câblage impor-
tant sur chantier.

3 ETUDE DE CAS

Lors de la conception d'un hall de sports, une attention toute particulière doit être apportée à la quantité et à la qualité de lumière du jour
apportée aux plateaux sportifs.

A partir d'une modélisation du hall de sports de Grez-Doiceau, nous allons évaluer l‘influence de la proportion d'ouvertures en toiture et de
l'orientation du bâtiment sur l'éclairage naturel du plateau sportif principal mais également sur ses consommations de chauffage, d'une
part, et d'électricité (pour l'éclairage artificiel), d'autre part. Cette évaluation a été validée par une simulation dynamique d'éclairage
naturel (réalisée à l'aide du logiciel Daysim) et d'une simulation thermique dynamique (réalisée à l'aide du logiciel TRNSYS).

3.1 NOTIONS DE BASE

Quelques notions théoriques sont utilisées dans les analyses qui suivent pour définir scientifiquement la quantité de lumière du jour :

l'éclairement de lumière du jour utile qui mesure dynamiquement la performance de la lumière du jour. Comme son nom l'indi-
que, elle vise à déterminer le pourcentage des heures occupées par an où la lumière du jour est "utile" pour l'occupant, c'est-à-
dire ni trop sombre, ni trop claire. Le seuil supérieur est destiné à détecter les moments où un surplus de lumière naturelle pourrait
conduire à un inconfort visuel (éblouissement) et/ou thermique ;
l'autonomie de lumière du jour en un point d‘un bâtiment, qui définit le pourcentage des heures occupées par an où le niveau
minimum d‘éclairement requis peut être assuré par la seule lumière naturelle. Contrairement au facteur lumière du jour générale-
ment utilisé, l'autonomie en lumière du jour considère toutes les conditions de ciel tout au long de l'année.

Exemple : Une autonomie en lumière du jour de 70 % pour un lieu de travail occupé en semaine de 8 h à 18 h et un éclairement
minimum de 500 lux implique que l‘occupant est en principe capable de travailler 70 % de l‘année uniquement avec de l‘éclairage
naturel.

3.2 HYPOTHÈSES

L‘éclairage naturel est réalisé via une ouverture zénithale située au faîte de la toiture. Cette ouverture consiste en un lanterneau en poly-
carbonate opalin à triple parois de 32 x 4 m (soit 128 m²) orienté le long de l'axe NNE-SSO (244° de décalage par rapport au nord).

214
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
Aucune baie vitrée n‘est placée dans les parois verticales de la
salle, à l'exception de la surface vitrée communiquant avec la
cafétéria en partie supérieure des gradins.

3.3 SIMULATION D’ÉCLAIRAGE NATUREL

3.3.1 PARAMÈTRES

Les caractéristiques du plateau sportif sont les suivantes :

dimensions principales de la pièce : 44,66 x 26,70 m ;


hauteur du faîte de toiture : 12,73 m ;
surface de calcul : 40 x 20 m (aire de jeu) ;
aucun masque solaire lointain ;
horaire d‘occupation : de 9 à 23 h ;
niveau d‘éclairement souhaité : 300 lux ;
transmission lumineuse du lanterneau opalin : 36 % ;
facteurs de réflexion des parois :
plafond : 60% ;
murs : 70 % (sauf mur d'escalade : 52 %) ;
sol (résine de polyuréthane coulée) : 50 %.

3.3.2 MODÈLES

Proportion d'ouvertures en toiture : 4 tailles de lanterneau zénithal sont simulés :


Très petit lanterneau

Proportion d'ouvertures en toiture : 6 %

215
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
Petit lanterneau

Proportion d'ouvertures en toiture : 10 %


Grand lanterneau

Proportion d'ouvertures en toiture : 17 %


Très grand lanterneau

Proportion d'ouvertures en toiture : 23 %

Orientation du bâtiment : 8 dé-


calages par rapport au nord
sont simulés dynamiquement,
de 0 à 360°, par pas de 45°. En
effet, le lanterneau n'étant pas
centré sur l'aire de jeu (voir
image ci-dessous), on ne peut
pas considérer qu'un décalage
de 45° par rapport au nord don-
nera les mêmes résultats qu'un
décalage de 225°.

Vue en plan du bâtiment décalé de 45° par


rapport au nord (sens horloger). La surface de
calcul est représentée en bleu.

216
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
3.3.3 ANALYSE DES RÉSULTATS

Les résultats sont évalués sur base d‘une comparaison du facteur, de l'autonomie et de l'éclairement utile de lumière du jour.
proportion d'ouvertures en toiture :
A la lecture des résultats (voir graphiques ci-dessous), on peut remarquer que, pour une même orientation du bâtiment :
Plus la proportion d'ouvertures en toiture augmente, plus le facteur de lumière du jour > 2 % augmente. Celui-ci tend ce-
pendant vers le maximum (100 %) à partir de 10 % d'ouvertures en toiture ;
Plus la proportion d'ouvertures en toiture augmente, plus l'autonomie de lumière du jour maximum augmente. Cela signifie
également que la consommation en éclairage artificiel diminue lorsqu'on augmente la proportion d'ouvertures ;
L'éclairement de lumière du jour utile (de 100 à 2000 lux) est maximal aux alentours de 10 % d'ouvertures en toiture.

Augmenter de façon exagérée la proportion d'ouvertures en toiture n'est donc pas à conseiller, du point de vue de l'éclai-
rage naturel, car ceci peut mener à un éclairement trop important qui augmentera le risque d'éblouissement pour les spor-
tifs ; il faut trouver un juste équilibre entre l'éclairage naturel utile et la réduction des besoins en éclairage artificiel . Dans
l'étude de cas qui nous concerne, cet optimum semble se situer aux environs de 10 % d'ouvertures en toiture.

orientation du bâtiment :
Les simulations dynamiques (voir graphique ci-dessous) montrent que, pour une même configuration des ouvertures,
l'orientation du bâtiment a une grande influence sur
l'éclairement de jour utile et sur l'autonomie de lumière
du jour, et donc également sur les consommations en
éclairage artificiel. Ces deux valeurs réagissent cepen-
dant de manière antinomique à la variation de l'orien-
tation du bâtiment. Une fois de plus, du point de vue
de l'éclairage naturel, il faut trouver un optimum entre
un éclairement de lumière du jour réellement utile pour
les activités sportives qui devront se dérouler sur le
plateau et une autonomie de lumière du jour la plus
élevée possible.

Influence de l'orientation du bâtiment sur l'éclairage naturel du plateau


sportif (via un lanterneau zénithal décentré).

Les conclusions ci-dessus ne prennent en compte que les aspects liés à l'éclairage mais il ne faut surtout pas oublier que les ouvertures
pratiquées dans l'enveloppe du bâtiment sont également source de déperditions thermiques et de surchauffes estivales.

Il convient donc également de simuler le comportement thermique du plateau sportif en fonction de la proportion d'ouvertures en toiture et
de l'orientation du bâtiment afin de savoir si l'optimum en termes d'éclairage correspond à l'optimum en termes thermiques.

217
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
3.4 SIMULATION THERMIQUE

3.4.1 PARAMÈTRES

Températures de consigne :
plateau sportif : 17 °C ;
salles polyvalentes : 18 °C ;
vestiaires : 20 °C ;
cafétéria : 19 °C ;
Horaire d'occupation : on considère que le hall de sports est en activité :
de 16h00 à 23h00 en semaine ;
de 10h30 à 23h00 le week-end et le mercredi.

3.4.2 ANALYSE DES RÉSULTATS

A PROPORTION D’OUVERTURES EN TOITURES

Consommation du hall [isolation réglementaire] en fonction de la


part d'ouverture zénithale par rapport à la surface de toiture
Chauffage Refroidissement Eclairage (300lx min)

70000 kWh/an

60000 kWh/an

50000 kWh/an

40000 kWh/an

30000 kWh/an

20000 kWh/an

10000 kWh/an

0 kWh/an
0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% 50%

Consommation du hall [isolation "passive"] en fonction de la part


d'ouverture zénithale par rapport à la surface de toiture
Chauffage Refroidissement Eclairage (300lx min)

70000 kWh/an

60000 kWh/an

50000 kWh/an

40000 kWh/an

30000 kWh/an

20000 kWh/an

10000 kWh/an

0 kWh/an
0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% 50%

218
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
On remarque sur les graphiques ci-dessus que la consommation d'électricité pour l'éclairage artificiel du plateau sportif diminue fortement
lorsque la proportion d'ouvertures en toiture varie de 0 à 5 %, puis décroit ensuite lentement au-delà de 5 %. La consommation de chauf-
fage, quant à elle, augmente de manière constate avec la proportion d'ouvertures tandis que la consommation de refroidissement ne com-
mence à devenir significative qu'au-delà de 20 % d'ouvertures.
En mettant ces résultats en concordance avec les simulations d'éclairage naturel, on peut trouver un optimum commun aux deux simula-
tions aux alentours de 10 % d'ouvertures en toiture. Cette valeur est, bien entendu, propre à l'étude de cas qui nous occupe ici ; il faut
seulement en retenir l'importance de la prise en compte des aspects thermiques lors de la conception des ouvertures, en parallèle
avec les aspects visuels.

B ORIENTATION DU BÂTIMENT

Le graphique ci-dessous montre que les besoins énergétiques de chauffage sont minimalisés lorsque les locaux à température de consi-
gne élevée (tels que les vestiaires) et avec de grandes ouvertures destinées à capter les apports solaires (tels que la cafétéria) sont orien-
tés plein sud. Les besoins énergétiques de refroidissement étant faibles dans le cas des halls de sports, l'impact de l'orientation du bâti-
ment sur ceux-ci est très peu perceptible.
De plus, notre modèle de simulation intégrant un lanterneau zénithal comme seule ouverture dans l'enveloppe extérieure du plateau spor-
tif, l'orientation de celui-ci n'a quasiment aucun impact sur les besoins énergétiques du hall de sports.

En comparant ces résultats avec ceux des simulations Besoins énergétique du bâtiment en
d'éclairage naturel, on aperçoit que l'orientation préfé-
rentielle de notre modèle en termes thermiques est fonction de l'orientation
également celle qui apporte le plus grand éclairement 25 kWh/m².an
de lumière du jour utile (de 100 à 2000 lux) pour le
20 kWh/m².an
plateau sportif.
15 kWh/m².an

10 kWh/m².an
Ceci constitue un argument supplémentaire en faveur
de l'orientation nord-sud pour le hall de sports, 5 kWh/m².an
avec les vestiaires et la cafétéria au sud et le pla- 0 kWh/m².an
teau sportif au nord, malgré le fait que l'autonomie N NE E SE S SO O NO
de lumière du jour soit minimale pour le plateau sportif
lorsque le bâtiment est orienté de cette manière. Chauffage Refroidissement

C TYPE DE VITRAGE

Le type de vitrage influence égale-


ment les besoins en chauffage et en Besoins énergétiques du plateau sportif en fonction
froid.
du type de lanterneau
Chauffage Refroidissement
Dans notre modèle, un vitrage clair
12 kWh/m².an
en toiture donnera plus d'apports
solaires mais risquera d'induire de la 10 kWh/m².an
surchauffe, contrairement à un vitra-
ge opalin (voir graphique ci-contre). 8 kWh/m².an

6 kWh/m².an

4 kWh/m².an

2 kWh/m².an

0 kWh/m².an
Eclairage zénithal opalin Eclairage zénithal clair

125 m² en toiture 125 m² en toiture

219
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
3.5 SOLUTIONS ALTERNATIVES

D'autres configurations existent pour éclairer naturellement le plateau sportif de notre modèle. Nous en présentons deux ci-dessous que
nous comparerons ensuite avec notre modèle initial (éclairé par un lanterneau zénithal opalin orienté NNE-SSO).

3.5.1 MODÈLES

Les trois modèles considérés présentent la même autonomie de lumière du jour moyenne (environ 44 %).
Nous avons délibérément choisi d'orienter les longues façades des deux modèles alternatifs au nord et au sud (pour autant, bien entendu,
que cela soit possible en pratique d'un point de vue technique et urbanistique) pour mettre en évidence les bénéfices de cette orientation
optimale.

Modèle 2 : éclairage bilatéral par des fenêtres situées le plus en hauteur possible le long de l'aire de jeu

Caractéristiques :

orientation : faîte dans l'axe est-ouest


Eclairage bilatéral nord et sud

transmission lumineuse du vitrage : 78 %


ouverture au nord : 44,66 x 1,79 m (80 m²)
ouverture au sud : 44,66 x 0,56 m (25 m²)

Modèle 3 : éclairage par deux sheds orientés au nord

Caractéristiques :

transmission lumineuse du vitrage : 78 %


Eclairage par sheds au nord

ouvertures au nord : 2 x 44,66 x 1,1 m (100


m²)
hauteur sous plafond : 8,6 m

220
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
3.5.2 RÉSULTATS

A COMPARAISON

Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3

Eclairage zénithal opalin NNE-SSO Eclairage bilatéral nord et sud Eclairage par sheds au nord

FLJ > 2 % 96 % 62 % 99 %

Eclairement de 31 % (100-2000 lx) 38 % (100-2000 lx) 55 % (100-2000 lx)


lumière du jour
utile 27 % (> 2000 lx) 17 % (> 2000 lx) 3 % (> 2000 lx)

Autonomie de lu- 30 à 60 % 27 à 60 % 33 à 56 %
mière du jour min-
max
Consommation 39,3 MWh (sans dimming) 41,1 MWh (sans dimming) 40,6 MWh (sans dimming)
d'éclairage sans
dimming 35,0 MWh (avec dimming en fonction de 36,3 MWh (avec dimming en fonction de 35,1 MWh (avec dimming en fonction
l'apport en éclairage naturel) l'apport en éclairage naturel) de l'apport en éclairage naturel)
Avantages Très efficace par ciel couvert ; Facilité d'entretien des vitrages ; Eclairage naturel uniforme et
constant sur l'aire de jeu ;
Consommation d'éclairage artifi- Consommation de chauffage
ciel plus faible (avec ou sans plus faible grâce aux apports Aucun risque d'éblouissement
dimming). solaires ; des joueurs ;

Consommations énergétiques Bon niveau d'éclairement de


cumulées (chaud, froid, éclaira- lumière du jour utile (de 100 à
ge) plus faibles. 2000 lux).
Inconvénients Aucune vue vers l'extérieur (à cause du Faible facteur de lumière du Consommation de chauffage
polycarbonate opalin) jour ; plus élevée car apports solaires
Dysfonctionnement thermique inexistants ;
important tout au long de l'année Risque d'éblouissement en l'ab-
(avec risque de surchauffe) ; sence de protections solaires. Coût de construction plus éle-
vé .
Risque d'éblouissement pour les
sports tels que le badminton ou le
volley-ball ;

Moins bon éclairement de lumière


du jour utile (de 100 à 2000 lux).

221
FICHE THÉMATIQUE :
« L’éclairage naturel et artificiel»
B BESOINS ÉNERGÉTIQUES GLOBAUX

En analysant les besoins énergétiques des différents modèles considérés (voir graphique ci-dessous), on remarque également que les
besoins énergétiques d'éclairage artificiel représentent la plus grosse partie des besoins énergétiques du plateau sportif. Cela renforce
donc l'intérêt d'accorder une attention particulière à la maximisation des apports d'éclairage naturel et à l'optimisation de l'éclairage artifi-
ciel afin de minimiser les consommations qui y sont liées.
Ce constat est encore plus vrai si on convertit les valeurs ci-dessous en énergie primaire ...

Besoins énergétiques du plateau sportif en fonction


du type d'ouvertures
Chauffage Refroidissement Eclairage

50 kWh/m².an
45 kWh/m².an
40 kWh/m².an
35 kWh/m².an
30 kWh/m².an
25 kWh/m².an
20 kWh/m².an
15 kWh/m².an
10 kWh/m².an
5 kWh/m².an
0 kWh/m².an
Eclairage zénithal opalin Eclairage bilatéral Eclairage par sheds

125 m² en toiture 80 m² sur façade nord et 25 100 m² au nord


m² sur façade sud

Besoins énergétiques globaux d'un plateau sportif "basse énergie".

4 INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

4.1 BIBLIOGRAPHIE

Architecture et Climat (UCL) : "Energie+", 2009 ;


Bruxelles Environnement (IBGE) : "Guide pratique pour la construction et rénovation durables de petits bâtiments", janvier
2009 ;
Observ'ER : "Traité d'architecture et d'urbanisme bioclimatiques", décembre 2005 ;
IBE-BIV : "Code de bonne pratique en éclairage intérieur" ;
Ministère de la Région Wallonne : "L'éclairage naturel des bâtiments", 2001 ;
Ministère de la Région Wallonne : "Guide d'aide à l'utilisation de l'éclairage artificiel en complément à l'éclairage naturel ",
1999.

222
223
La cogénération
FT 04

Boulevard du Nord, 8
5000 Namur
spw.wallonie.be
FICHE THÉMATIQUE :
« La cogénération»
1 INTRODUCTION

D‘une manière générale, le processus de production d‘électricité génère une quantité importante de chaleur qui est perdue. Par exemple
lorsque l‘on fait tourner un groupe électrogène qui est simplement un moteur à explosion dont l‘arbre entraîne un alternateur ou génératri-
ce, toute la chaleur dégagée par le moteur est perdue (plus de 50% de l‘énergie produite). C‘est également le cas dans les centrales élec-
triques traditionnelles.
La cogénération consiste justement à produire localement de l‘électricité avec un moteur mais en récupérant la chaleur émise pour l‘injec-
ter dans le circuit de chauffage ou de la production d‘eau chaude sanitaire du centre sportif
On obtient ainsi des rendements énergétiques supérieurs à une production séparée équivalente d‘électricité et de chaleur et une réduc-
tion des émissions de CO2.

2 FONCTIONNEMENT

2.1 PRINCIPE

Source : CD ROM: "Les petites et moyennes installations de cogénération", ICEDD

Le cœur du cogénérateur est le moteur. Celui-ci peut être alimenté par du gaz naturel, du biogaz ou encore de l‘huile végétale. Ces deux
derniers combustibles pouvant être des résidus de l‘activité industrielle du site ou de son voisinage.
L‘électricité produite par la génératrice du cogénérateur est injectée sur le réseau électrique du site, au travers d‘une série d‘équipements
de protection, l‘excédent par rapport à la consommation locale étant racheté par le distributeur.
La chaleur est, elle, récupérée au niveau du circuit de refroidissement du moteur, de ses gaz d‘échappement et encore de son réseau de
lubrification. Elle alimente alors le réseau de distribution de chaleur local.
Des grosses installations peuvent également fonctionner au bois. Dans ce cas, l‘installation est composée d‘une chaudière bois alimen-
tant une turbine à vapeur (min 2 MWe). Il existe également des systèmes de gazéification du bois dont la production alimente un moteur
gaz (min 300 kWe).

2.2 COGÉNÉRATION « DE QUALITÉ »

Pour que la cogénération soit dite « de qualité », c‘est-à-dire qu‘elle génère une réduction des émissions de CO2 par rapport aux filières
de production de chaleur (chaudières) et d‘électricité (centrales et réseau) séparées, il importe que toute la chaleur produite par le moteur
soit valorisée. C‘est pourquoi, son dimensionnement se fera toujours sur les besoins de chaleur du site, tout en ayant la possibilité de
combiner le cogénérateur à un ballon de stockage de manière à pouvoir satisfaire d‘éventuels besoins thermiques de pointe ou situés en
dehors des heures de consommation électrique.
L‘objectif est ainsi d‘augmenter le temps de fonctionnement du moteur et donc sa rentabilité.
226
FICHE THÉMATIQUE :
« La cogénération»
Ne pouvant souvent pas couvrir l‘entièreté de la demande de chaleur d‘un site, une cogénération sera combinée à une chaudière qui as-
surera le complément de puissance nécessaire. Elle peut aussi bien s‘installer en rénovation au côté des chaudières existantes ou en
installation neuve. Dans ce dernier cas, le cogénérateur peut remplacer une chaudière redondante prévue initialement.
La connaissance de son profil de besoin de chaleur et de sa consommation électrique est primordiale pour dimensionner une installation
optimale d‘un point de vue énergétique et rentable financièrement. Il faut absolument dimensionner la cogénération sur base des besoins
en chaleur après avoir établi une courbe de chauffe. Il convient de choisir une puissance thermique qui permette à l‘unité de cogénération
de fonctionner idéalement au moins 5.000 heures par an.
Pour ce faire, des aides existent en Région wallonne : voir le site portail de la région wallonne « energie.wallonie.be », dossier
« cogénération ».

2.3 TAILLE DE L’INSTALLATION ET RÉSEAU DE CHALEUR

Il existe des cogénérateurs, quasiment de toute puissance, de 5 kW électriques (et une dizaine de kW thermiques) à plusieurs MW de
puissance. Il se développe même des moteurs de 1 kW électrique, pour les toutes petites demandes d‘énergie.

Exemples :cogénération gaz de 5,5 kWe (de la taille d’une chaudière domestique) et de 1 MWe

Un réseau de chaleur alimenté par une cogénération au gaz doit s‘appuyer au niveau économique sur une densité économique sur une
densité énergétique (kWh/m de conduite) importante, faute de quoi son coût sera prohibitif.
Par contre, notamment, grâce aux aides financières publiques (certificats verts majorés), il peut être envisagé une installation centralisée
fonctionnant à la biomasse. Ce type d‘installation est d‘autant plus intéressant d‘un point de vue environnemental et financier s‘il permet
de valoriser une biomasse sinon considérée comme déchet : biomasse sèche (déchets de l‘industrie du bois, plaquettes, copeaux, …) ou
biomasse humide (déchets de l‘industrie agro-alimentaire). Il convient toutefois d‘être particulièrement attentif à sécuriser l‘approvisionne-
ment en qualité, quantité et prix sur une longue période.

2.4 EQUIPEMENTS NÉCESSAIRES

Le cogénérateur peut s‘installer en chaufferie au côté des chaudières ou encore en dehors du bâtiment dans un container insonorisé.
Outre le moteur, la génératrice et les chaudières d‘appoint, une installation de cogénération comprend :
le raccordement électrique au réseau du site avec les protections électriques "classiques" ;
la protection spécifique à la production d‘énergie électrique en parallèle sur le réseau ;
le dispositif de synchronisation en cas de génératrice synchrone ;
des échangeurs de chaleur pour assurer le transfert vers le réseau de distribution ;
un stockage de chaleur tampon ;
une cheminée pour l‘échappement du moteur avec récupération des condensats, isolation, pot catalytique et silencieux ;
un capotage acoustique du moteur ou du local chaufferie, en fonction de la taille de l‘installation ;
un système de comptage pour le calcul du bilan énergétique de l‘installation et l‘octroi des certificats verts (comptage de la pro-
duction électrique, de la production de chaleur et de la consommation de combustible) ;
un traitement et stockage du combustible (en cas de biomasse) : broyage, séchage, centrale de gazéification, digesteur, …;
une alimentation en combustible gaz ou biomasse (silo, réservoir, …).

227
FICHE THÉMATIQUE :
« La cogénération»
3 AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS

3.1 LES AVANTAGES

Si la cogénération est « de qualité », elle génère une réduction des émissions de CO2 par rapport aux filières de production séparées
traditionnelles (généralement de 10 à 20%). A ce titre, l‘électricité produite est considérée comme une électricité verte donnant droit à des
certificats verts monnayables auprès des distributeurs.

La cogénération peut être rentable financièrement. Cette rentabilité est possible grâce à :

la réduction de la facture électrique. L‘électricité produite n‘est plus achetée au distributeur. Si l‘installation a une puissance électri-
que inférieure à 10 kW, l‘électricité excédentaire produite par rapport aux besoins instantanés sert à diminuer voire annuler les
consommations aux moments où la cogénération n‘est pas suffisante pour fournir toute l‘électricité appelée (le compteur tourne à
l‘envers !) . Si l‘installation est plus puissante, l‘électricité produite en excédent est rachetée par le distributeur à un prix nettement
moindre (2 à 3 fois moins) que le prix d‘achat par le client. Ce prix de rachat doit être négocié et risque de perturber la rentabilité ;
la revente des certificats verts octroyés par la Région wallonne, au prix du marché (80 .. 90 € au printemps 2009). C‘est cette re-
vente qui assurera principalement la rentabilité financière du projet. La preuve que le centre sportif dispose d‘une cogénération de
qualité est fournie par un système de comptage placé sur l‘installation. Dans le cas d‘un réseau de chaleur commun aux bâti-
ments sportifs alimenté par une cogénération fonctionnant à la biomasse, l‘électricité sera le plus souvent entièrement revendue
au distributeur électrique. La perte sur la facture électrique engendrée par le prix moindre sera cependant largement compensée
par l‘octroi d‘une quantité beaucoup plus importante de certificats verts, ce qui permet le surcoût du réseau de chaleur.

Par exemple, une installation de 16 kW électriques et 30 kW thermiques, produisant environ Voir fiche thématique 11 :
100.000 kWh de chaleur par an sera remboursée en environ 5 ans (pour un coût d’installa- Comparaison des straté-
tion de 60.000 €). gies des énergies renou-
La rentabilité sera fonction de la taille de l‘installation, de son coût spécifique (€/kW) dimi- velables
nuant avec la taille et du pourcentage d‘autoconsommation de l‘électricité produite.

3.2 LES INCONVÉNIENTS

Obtenir une cogénération de qualité demande d‘être très strict quant au dimensionnement de l‘installation par rapport aux besoins éner-
gétiques du bâtiment. Il est en effet important d‘assurer une consommation de l‘ensemble de la chaleur produite. Il vaudra ainsi mieux
sous-dimensionner une installation que de la surdimensionner. Dans un bâtiment neuf, la difficulté sera d‘évaluer les besoins futurs. Dans
un bâtiment existant, les besoins devront être définis grâce à une compagne de mesure.

Dans les installations de moyenne et grande puissance, et principalement dans les bâtiments existants, la conception de l‘hydraulique et
de la régulation de l‘installation complète « chaudières-cogénérateur » reste délicate. Une mauvaise intégration du cogénérateur ne per-
mettra pas d‘optimaliser son fonctionnement et donc sa rentabilité (enclenchement intempestif des chaudières d‘appoint, déclenchement
du cogénérateur en fonction des températures d‘eau de l‘installation, …).

Enfin, les performances ne seront garanties que si un suivi régulier des paramètres de l‘installation est assuré.

On peut également ajouter au nombre des inconvénients :

un investissement élevé ; éventuellement, un mécanisme de tiers-investissement peut être possible ;


une durée de vie limitée à 10 .. 15 ans, après laquelle un reconditionnement du moteur est nécessaire (pris en compte dans les
calculs de rentabilité ci-dessus) ;
un entretien régulier demandant souvent un contrat de garantie « omnium » (également pris en compte dans les calculs de renta-
bilité ci-dessus).

228
FICHE THÉMATIQUE :
« La cogénération»

Répartition des coûts d’exploitation totaux et de maintenance en particulier.


Source : CD ROM: "Les petites et moyennes installations de cogénération", ICEDD

4 CONCLUSION

A partir d‘un besoin de chaleur de l‘ordre de 150 000 kWh/an (ou 15 000 m³ gaz/an), il peut être tout-à-fait intéressant d‘envisager de
couvrir une partie de ses besoins énergétiques au moyen d‘une installation de cogénération au gaz (ou au biogaz).
Dans une zone industrielle, une commune, … générant des résidus de biomasse, ces derniers peuvent utilement être valorisés dans une
production d‘énergie centralisée alimentée par une cogénération.
Dans les deux cas, la rentabilité financière du projet sera assurée grâce aux aides octroyées par la Région aux producteurs d‘électricité
verte sous la forme de certificats verts. Des temps de retour sur investissement allant de 2 à 7 ans peuvent ainsi être obtenus.
Une condition cependant : le système doit être dimensionné de sorte que l‘ensemble de la chaleur produite puisse être absorbée par le
site de destination. Produire de l‘électricité sans valoriser la chaleur résiduelle du processus ne peut en aucun cas être considéré comme
un système énergétiquement performant.
Une définition précise des besoins de chaleur du site est donc un point essentiel pour la qualité du projet.

5 BIBLIOGRAPHIE ET SITES INTÉRESSANTS

CD Rom: "Les petites et moyennes installations de cogénération", ICEDD ;


Périodiques « le REactif », Ministère de la Région wallonne, DGTRE ;

Site portail énergie de la Région wallonne : http://energie.wallonie.be/ ;

Pour les certificats Verts (CV) : http://www.cwape.be/ ;

Ressource biomasse : http://environnement.wallonie.be.

229
Le photovoltaïque
FT 05

Boulevard du Nord, 8
5000 Namur
spw.wallonie.be
FICHE THÉMATIQUE :
« Le photovoltaïque»
1 ENJEUX

A l‘heure où la question de l‘énergie est devenue primordiale tant du point de vue environnemental que du point de vue financier, les éner-
gies renouvelables doivent être sérieusement envisagées chez tout candidat bâtisseur.

Les énergies renouvelables peuvent se définir comme des énergies de flux (à l‘inverse des énergies fossiles qui sont des énergies de
stock). C‘est-à-dire qu‘elles se régénèrent en permanence au rythme du soleil et de ses dérivés le vent, les cours d‘eau, les vagues, les
courants marins, la croissance de la biomasse…

Dans le cas de la production d‘électricité par des panneaux photovoltaïques, c‘est le soleil qui est la source de d‘énergie gratuite et renou-
velable. Plus précisément, en Belgique, l‘irradiation sur une surface idéalement orientée est de +/- 1.100 kWh/m² par an. De ce flux éner-
gétique solaire, les panneaux photovoltaïques courants sont capables de produire +/- 105kWh/m²/an!

Notons bien que les « kWh » (unité d‘énergie) sont des kWhélectrique et non thermiques (ce qui est le cas des capteurs solaires thermiques).
Pour la production de chaleur par énergie solaire, nous renvoyons le lecteur à la « Fiche 9 : « Le chauffage solaire (ECS)».

ATOUT FINANCIER

Diminution de la facture électrique ;


Génération de Certificat vert (CV).

ATOUT ENVIRONNEMENT

En Belgique, la production de 1 kWc fourni par des panneaux photovoltaïques (plus ou moins 8m²), peut éviter jusqu'à 10 tonnes
d'émissions de dioxyde de carbone (CO2) durant l'entièreté de sa vie commerciale (25ans).

2 ASPECTS TECHNIQUES

2.1 PRINCIPE

2.1.1 LE GÉNÉRATEUR PHOTOVOLTAÏQUE

L‘effet photovoltaïque est obtenu par l’