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PSI* — 2017/2018 — Corrigé du D.L.

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Problème A : transformation de Fourier


I — Généralités et premiers exemples
1) a) Soit x ∈ R ; justifier la définition de f (x) revient à montrer que la fonction gx : t → e−ixt f (t) est
intégrable sur R. Or gx est continue sur R, comme f, et j’ai :
∀t ∈ R |gx (t)| = |f (t)| .
Par conséquent, gx est intégrable sur R, puisque f l’est.
f est bien définie sur R.
b) Supposons f paire et à valeurs réelles. x étant fixé dans R, j’effectue le changement de variable C 1
bijectif u = −t pour obtenir :
f (x) = e−ixt f (t) dt = eixu f (−u) du = eixu f (u) du car f est paire ;
R R R
f (x) est encore égal à la demi-somme de la première et de la troisième des intégrales ci-dessus, soit
1
f (x) = e−ixt f (t) dt + eixt f (t) dt = cos (xt) f (t) dt.
2 R R R
J’en déduis en particulier :
Si f est paire et à valeurs réelles, alors f également.
De même, pour f impaire, j’obtiens
1
f (x) = e−ixt f (t) dt − eixt f (t) dt = −i sin (xt) f (t) dt.
2 R R R
J’en déduis en particulier :
Si f est impaire et à valeurs réelles, alors f est impaire à valeurs imaginaires pures.

2) a) p est clairement continue sur R, intégrable sur R car continue sur le segment [−1, 1] et nulle en
dehors de ce segment :
p appartient à I.
b) p étant paire, il vient facilement, d’après le résultat vu au 1)b) :
1
∀x ∈ R p (x) = 2 Re eixt (1 − t) dt ,
0
d’où, après une intégration par parties :
1 si x = 0
∀x ∈ R p (x) = 2 .
(1 − cos x) si x = 0
x2
x2
Comme 1 − cos x ∼ , p est continue sur R ; de plus, p est paire, elle est donc intégrable sur R
0 2
si et seulement si elle l’est sur R+ . Comme p est continue sur [0, 1], il suffit de montrer qu’elle est
1
intégrable sur [1, +∞[, or, d’après l’expression obtenue ci-dessus, j’ai p (x) = O , donc par
x→+∞ x2
comparaison à une intégrale de Riemann, comme 2 > 1 :
p appartient à I.

1
3) a) De même, j’ai En continue sur R, paire et En (x) = O , d’où, grâce au 1)b) :
x→+∞ x2
En ∈ I et En (x) = 2 Re Kn .
e−αt
b) En intégrant par parties avec u : t → − et v : t → tn , comme le produit uv admet pour limite 0
α
n
en 0 et en +∞ et comme Kn converge, j’obtiens : ∀n ∈ N∗ Kn = Kn−1 . Par ailleurs, un simple
α
1
calcul de primitive montre que K0 = , d’où par une récurrence immédiate :
α
n!
∀n ∈ N∗ Kn = n+1 .
α
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c) D’après a) et b), j’ai


n! n! n+1
En (x) = 2 Re = 2 Re n+1 (1 + ix) ;
(1 − ix)n+1 2
(1 + x )
il en résulte en particulier :
2 2 1 − x2 4 1 − 3x2
E0 (x) = ; E1 (x) = ; E2 (x) = .
1 + x2 (1 + x2 )2 (1 + x2 )3
d) Notons que, comme 1 > 0,
1 + ix = 1 + x2 ei arctan x ,
d’où
2 (n!) cos [(n + 1) arctan x] n+1
En (x) = , avec β (n) = .
(1 + x2 )β(n) 2

1
e) D’après l’expression précédente, En est paire, continue sur R et En (x) = O xn+1 ; cela permet
x→+∞
de conclure que En est dans I pour n ≥ 1 (auquel cas n + 1 > 1. . . ). Pour la valeur n = 0, E0 a été
explicité au c) et appartient aussi à I :
En appartient à I pour tout n de N.

II — Transformée de Fourier de H0
2
1) H0 est paire, continue sur R et intégrable sur R+ (car e−t /2 = O 1/t2 ). De plus, le changement
√ t→+∞
de variable C 1 bijectif t = u 2 donne

−t2 /2
√ −u2
√ π π
e dt = 2 e du = 2 = .
R+ R+ 2 2
Donc, compte tenu de la parité :

H0 est intégrable sur R et H0 (t) dt = 2π.
R

2) a) Pour les mêmes raisons que H0 ci-dessus,


gn appartient à I pour tout n dans N.
2
b) Une intégration par parties avec u : t → −e−t /2 et v : t → t2n+1 , comme le produit uv admet pour
limite 0 en 0 et en +∞ et comme In+1 converge, donne :
∀n ∈ N In+1 = (2n + 1) In .
D’où, par une récurrence immédiate, pour n dans N :
(2n)!
In = (2n − 1) (2n − 3) . . . 3 · 1 · I0 = I0 .
2n · n!
Comme I0 = π/2 (vu au 1)), j’ai finalement :

In π/2
∀n ∈ N = n .
(2n)! 2 · n!
n
−x2 /2
3) La série proposée n’est autre que : je reconnais la série exponentielle !
n!
n≥0
n
−x2 /2 2
/2 .
converge et a pour somme e−x
n!
n≥0

4) La fonction proposée est continue, majorée en valeur absolue par H0 qui est intégrable sur R d’après le
1), donc
2
La fonction t → e−t /2 cos (xt) est intégrable sur R.
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5) Fixons x réel. D’après I-1)b), H0 étant paire, j’ai


+∞ ∞ +∞ ∞
+∞
(xt)2n −t2 /2
n x2n
H0 (x) = 2 −t2 /2
cos (xt) e dt = 2 (−1) e dt = 2 (−1)n gn (t) dt.
0 0 (2n)! 0 (2n)!
n=0 n=0

Je vais appliquer sur R+ le théorème d’intégration terme à terme à la série de fonctions un définie
par
x2n
∀n ∈ N ∀t ∈ R+ un (t) = (−1)n gn (t) .
(2n)!
• La série de fonctions un converge simplement sur R+ , par construction, sa somme étant la fonction
2
t → cos (xt) e−t /2 , qui est continue sur R+ .
• Les un sont continues sur R+ , intégrables sur R+ , avec d’après 2)b),
x2n π
|un | = .
R+ 2n · n! 2

• La série numérique de terme général |un | converge (encore une série exponentielle, de somme
R+
π 2

2 · ex /2 . . . ).

J’en conclus que la fonction somme est intégrable sur R+ (résultat déjà prouvé au 3). . . ) et
– surtout – que
+∞ ∞ +∞
x2n
(−1)n
2
cos (xt) e−t /2 dt = gn (t) dt ,
0 0 (2n)!
n=0
d’où

x2n +∞ 2n −t2 /2
H0 (x) = 2 (−1)n t e dt.
n=0
(2n)! 0

6) D’après 5) et 2)b), j’obtiens :


∞ ∞
x2n x2n π √
(−1)n (−1)n n
2
H0 (x) = 2 In = 2 = 2π · e−x /2 ,
(2n)! 2 · n! 2
n=0 n=0
cela pour tout réel x, autrement dit :

H0 = λ0 .H0 , avec λ0 = 2π.

Problème B
Partie I

1) Il est immédiat que E est un sous-espace vectoriel du R-espace vectoriel des applications continues de
f (t)
R+ dans R ; de plus, si f ∈ B, alors g : t → est continue sur R+ et
1 + t2
1
g (t) = O .
t→+∞ 1 + t2
1
Comme t → est intégrable sur R+ , il en résulte que g est intégrable sur R+ , donc élément de E.
1 + t2
E est un R-espace vectoriel contenant B.
π
2) γ est continue sur R+ et n’est pas bornée, car γ 2nπ + −→ +∞ ; γ n’appartient pas à B. En
2 n→∞
revanche, √
t 1
γ (t) = O = O 3/2 .
t→+∞ 1 + t2 t
Comme 3/2 > 1, γ est intégrable sur R+ :
γ est élément de E mais n’appartient pas à B.
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f (t)
3) Soit x fixé dans J ; x > −1, donc : ∀t ∈ R+ 1 + t2 + x > 0. Par conséquent, la fonction t →
1 + t2 + x
est continue sur R+ . De plus, 1 + t2 + x ∼ t2 ∼ 1 + t2 , d’où
t→+∞ t→+∞
|f (t)| |f (t)|
∼ .
1 + t + x t→+∞ 1 + t2
2

Comme f est élément de E par hypothèse, j’en déduis que :


f (t)
t→ est intégrable sur R+ .
1 + t2 + x

4) D’après la question précédente, pour f ∈ E, T [f ] est bien élément de F ; de plus T est clairement
linéaire d’après la linéarité de l’intégrale :
T est une application linéaire de E dans F.

Partie II
f (t)
1) Je note u la fonction (x, t) → . Soit a > −1 ;
1 + t2 + x
• pour tout x de [a, +∞[, la fonction t → u (x, t) est continue et intégrable sur R+ (cf. partie I)
∂u f (t)
• pour tout t de R+ , x → u (x, t) est C 1 sur [a, +∞[ avec (x, t) = −
∂x (1 + t2 + x)2
∂u
• pour tout x de [a, +∞[, t → (x, t) est continue sur R+ et
∂x
∂u |f (t)|
∀ (x, t) ∈ [a, +∞[ × R+ (x, t) ≤ ϕ1 (t) où ϕ1 : t → ;
∂x (1 + t2 + a)2
f (t)
ϕ1 est continue et intégrable sur R+ (ϕ1 (t) = o ).
t→+∞ 1 + t2
Ainsi, je peux appliquer le théorème de dérivation sous le signe . T [f] est de classe C 1 sur [a, +∞[ et
sa dérivée est donnée par la formule de Leibniz. Comme cela vaut pour tout a > −1, j’en conclus que :
T [f ] est de classe C 1 sur J et sa dérivée est donnée par (1).

2) a) Le raisonnement du 1) s’applique par récurrence pour toutes les dérivées de T [f], car, pour p ≥ 2,
p! |f (t)|
l’hypothèse de domination pour T [f](p) est vérifiée avec ϕp : t → , qui est continue
(1 + t2 + a)p+1
et intégrable sur R+ (car négligeable devant ϕ1 au voisinage de +∞). Par conséquent,
T [f] est de classe C ∞ sur J et : ∀x ∈ J T [f ](p) (x) = (−1)p p!Fp (x).
b) Pour x = 0, le résultat précédent s’écrit
∀p ∈ N T [f](p) (0) = (−1)p p!Ip .
p+1
3) a) Comme pour tout t dans R+ , 1 + t2 ≥ 1, j’ai : ∀p ∈ N 1 + t2 ≥ 1 + t2 , d’où immédiatement
|f (t)| |f (t)|
∀p ∈ N ∀t ∈ R+ p+1 ≤ .
(1 + t2 ) 1 + t2
J’ai déjà vu que ces deux fonctions sont intégrables ; j’en déduis
|f (t)| |f (t)|
∀p ∈ N p+1 dt ≤ 2
dt.
R+ (1 + t2 ) R+ 1 + t

b) La majoration fournie par le a) semble suggérer l’utilisation du théorème d’intégration terme à terme
d’une série de fonctions. Posons précisément, pour x fixé dans ]−1, 1[ :
xp f (t)
∀p ∈ N ∀t ∈ R+ up (t) = (−1)p .
(1 + t2 )p+1
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∗ La série de fonctions up converge simplement sur R+ , avec


∞ ∞ p
f (t) −x f (t) 1 f (t)
∀t ∈ R+ up (t) = = x = ;
p=0 1 + t2 p=0
1 + t2 2
1 + t 1 + 1+t2 1 + t2 + x
la fonction somme est donc continue sur R+ .
∗ Les up sont continues, intégrables sur R+ d’après ce qui précède, avec :

∀p ∈ N |up | = Ip |x|p et up = (−1)p Ip xp .


R+ R+

∗ D’après a), la suite (Ip ) est bornée ; donc, puisque |x| < 1, la série numérique R+ |up | converge.
Je peux donc conclure, grâce au théorème d’intégration terme à terme d’une série de fonctions, que
cette fonction somme est intégrable sur R+ (déjà vu !) et que

f (t)
dt = up , autrement dit :
R+ 1 + t2 + x p=0 R+


T [f] (x) = (−1)p Ip xp , cela pour tout réel x de l’intervalle ]−1, 1[.
p=0

c) D’après 2)a), T est bien définie, mais il est clair qu’elle ne peut être surjective : le résultat précédent
montre en effet que toute fonction de Im T est développable en série entière sur ]−1, 1[, alors que ce
n’est pas le cas de toutes les fonctions de classe C ∞ sur J. En conclusion :
T n’est pas surjective.
N.B. Un autre argument, plus terre à terre et visible dès la définition de T [f ], est que toute fonction
de Im T est bornée sur R+ . . .

Partie III

1) a) J’ai immédiatement, sachant que f appartient à E :


t +∞
|f (u)| |f (u)|
∀t ∈ R+ |Φ (t)| ≤ du ≤ du.
0 1 + u2 0 1 + u2
Par conséquent :
Φ est bornée sur R+ .
b) Je dispose donc de M > 0 tel que : ∀t ∈ R+ |Φ (t)| ≤ M. Alors, pour k ∈ N∗ ,
tΦ (t) t 1
∀t ∈ R+ ≤M = O .
(1 + t2 )k+1 (1 + t2 )k+1 t→+∞ t2k+1
Or 2k + 1 > 1 ; comme la fonction considérée est continue sur R+ , il en résulte que
tΦ (t)
t→ est intégrable sur R+ .
(1 + t2 )k+1
f (t) t d −1
Φ étant une primitive de t → 2
et comme k+1
= , j’obtiens en
1+t (1 + t2 ) dt 2k (1 + t2 )k
intégrant par parties, pour X > 0 :
X
X X
tΦ (t) −Φ (t) f (t)
dt = + dt.
0 (1 + t2 )k+1 2k (1 + t2 )k 0
0 2k (1 + t2 )k+1
Comme Φ (0) = 0 et comme Φ est bornée, j’en déduis en faisant tendre X vers +∞ :
tΦ (t) Ik
∀k ∈ N∗ k+1
dt = .
R+ (1 + t2 ) 2k

2) T [f ] étant la fonction nulle par hypothèse, toutes ses dérivées sont également nulles, notamment en 0.
Autrement dit, d’après le II)2)b), j’ai :
∀k ∈ N Ik = 0.
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1−u
3) a) D’après les théorèmes opératoires classiques, ϕ est continue sur ]0, 1] ; lim = +∞ et
u→0 u
lim Φ (t) = T [f] (0) = 0 par hypothèse.
t→+∞
Donc, par composition de limites, lim ϕ (u) = 0 = ϕ (0). ϕ est également continue en 0.
u→0
ϕ est continue sur [0, 1].
J’effectue sur ]0, 1], le changement de variable C 1 bijectif
1−u 1 −2t
t= , soit u = ; du = dt.
u 1+t2
(1 + t2 )2
J’obtiens, pour k ∈ N,
1 +∞
2tΦ (t) Ik+1
uk ϕ (u) du = dt = = 0 (cf. 1)b) et 2)).
0 0 (1 + t2 )k+2 k+1
Finalement,
∀k ∈ N uk ϕ (u) du = 0.
R+
1
b) (5) et la linéarité de l’intégrale montrent que P ϕ = 0 pour tout polynôme P . ϕ étant continue, le
0
théorème de Weierstrass me fournit une suite (Pn ) de polynômes convergeant uniformément vers ϕ
sur [0, 1] ; comme ϕ est bornée (car continue sur un segment), la suite (Pn ϕ) converge uniformément
vers ϕ2 sur [0, 1] (en effet N∞ Pn ϕ − ϕ2 ≤ N∞ (ϕ) N∞ (Pn − ϕ)).
1 1
J’en déduis que la suite des intégrales Pn ϕ converge vers ϕ2 ; or cette suite est la suite
0 0
1
nulle d’après a), donc, par unicité de la limite : ϕ2 = 0. Comme ϕ2 est positive, continue, elle
0
est nulle sur [0, 1], d’où
∀u ∈ [0, 1] ϕ (u) = 0.

4) La question précédente montre que, si f appartient à Ker T , la fonction Φ associée comme ci-dessus est
nulle sur R+ ; il en résulte que sa dérivée est nulle également sur R+ et par conséquent f = 0.
T est injective.

Problème C — Polynômes d’Hermite


Première partie

1) Soit P un polynôme de degré n ∈ N (le cas P = 0 est trivial), de terme dominant an X n ; P est une
fonction continue sur R et, au voisinage de ±∞, [P (t)]2 est équivalent à a2n t2n ; or :
2
lim t2 · a2n t2n e−t = 0,
t→±∞

donc, par comparaison avec une intégrale de Riemann, t → [P (t)]2 e−t est intégrable sur R :
2

E contient les fonctions polynomiales.

2) Je montre que E est un sous-espace vectoriel de l’espace des fonctions continues de R dans R : E en
est une partie par définition, non vide car la fonction nulle est dans E ; il est clair que E est stable par
la multiplication externe par un réel ; reste à prouver la stabilité pour l’addition : soient donc f et g
dans E :
∀t ∈ R [f(t) + g(t)]2 = [f(t)]2 + [g(t)]2 + 2f(t)g(t) ≤ 2 [f(t)]2 + [g(t)]2 .
Il en résulte que t → [(f + g)(t)]2 e−t est intégrable sur R, puisque t → [f(t)]2 e−t et t → [g(t)]2 e−t
2 2 2

le sont par hypothèse. En conclusion :


E est un R-espace vectoriel.
Pour (f, g) ∈ E 2 , la majoration :
1
∀t ∈ R |f(t)g(t)| ≤ [f(t)]2 + [g(t)]2
2
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2
prouve que t → f (t) g (t) e−t est intégrable sur R : (f|g) est bien défini. Il est clair que (·|·) est
bilinéaire symétrique, positive et, si f ∈ E vérifie (f|f ) = 0, alors, t → [f(t)]2 e−t étant positive et
2

2
continue, elle est nulle sur R, d’où f = 0 puisque e−t ne s’annule pas ; en résumé :
(·|·) est un produit scalaire sur E.

Deuxième partie

1) φn (1) = 2n, φn (X) = 2(n − 1)X et pour k ≥ 2 :


φn (X k ) = k(k − 1)X k−2 + 2(n − k)X k . Donc :
φn (X k ) est de degré : k si n = k, k − 2 si n = k ≥ 2 et −∞ si n = k < 2.
J’en déduis, par combinaisons linéaires, que pour P polynôme de degré k = n, φn (P ) est encore de degré
k ; donc un polynôme non nul de Ker φn est nécessairement de degré n. Pour n = 0, réciproquement,
tout polynôme constant est dans Ker φ0 : Ker φ0 est la droite des polynômes constants, qui est bien
engendrée par un polynôme de degré 0. Pour n ≥ 1, φn (Rn [X]) est contenu dans Rn−1 [X] et plus
précisément égal à Rn−1 [X] (car contenant φn (1), . . . , φn (X n−1 ) qui en est une base, en tant que
famille de n polynômes de degrés échelonnés 0, . . . , n−1, donc libre) ; φn induit donc un endomorphisme
de Rn [X] de rang n : d’après le théorème du rang, son noyau est une droite vectorielle, qui coïncide
avec Ker φn et est engendrée par un polynôme de degré n, puisqu’un polynôme non nul de Ker φn est
nécessairement de degré n, comme je l’ai déjà signalé :
Ker φn est une droite vectorielle engendré par un polynôme de degré n.
n
Hn est de la forme ak X k , avec an = 2n et φn (Hn ) = 0, donc :
k=0
n n
k(k − 1)ak X k−2 + 2 (n − k)ak X k = 0,
k=2 k=0
n−2 n
soit, en réindexant : (k + 1)(k + 2)ak+2 X k + 2 (n − k)ak X k = 0,
k=0 k=0
(k + 1)(k + 2)
d’où : an−1 = 0 et ∀k ∈ {0, . . . , n − 2} ak = − ak+2 .
2(n − k)
J’en déduis par récurrence, compte tenu de an = 2n :
Pour p tel que 0 ≤ 2p + 1 ≤ n, an−2p−1 = 0 et
2n−2p n!
pour p tel que 0 ≤ 2p ≤ n, an−2p = (−1)p
p!(n − 2p)!
Ce résultat permet d’obtenir :
H0 = 1, H1 = 2X, H2 = 4X 2 − 2, H3 = 8X 3 − 12X.
Enfin la nullité des coefficients de la forme an−2p−1 signifie que :
Hn est de la même parité que n.

2) Je remarque que : ∀t ∈ R ψ ′ (t) + 2tψ(t) = 0 et la formule de Leibniz donne, en dérivant n + 1 fois :


∀n ∈ N ∀t ∈ R ψ (n+2) (t) + 2tψ(n+1) (t) + 2(n + 1)ψ (n) (t) = 0.

3) Une récurrence facile montre que ψ(n) (t) est le produit de e−t par un polynôme de terme dominant
2

(−2)n X n . En outre, pour tout n ∈ N et tout t ∈ R :


ψ(n+1) (t) + 2tψ(n) (t)
2
yn′ (t) = et
ψ(n+2) (t) + 4tψ(n+1) (t) + 2ψ(n) (t) + 4t2 ψ (n) (t)
2
yn′′ (t) = et

ψ(n+2) (t) + 2tψ (n+1) (t) + (2n + 2)ψ (n) (t) = 0


2
d’où : φn (yn )(t) = et
d’après la question précédente. En conclusion :
yn est un polynôme de Ker φn .
Hn étant l’unique polynôme de la droite Ker φn de coefficient dominant 2n , j’en déduis :
2 dn −t2
∀t ∈ R Hn (t) = (−1)n yn (t) = (−1)n et e .
dtn
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2
4) En multipliant la relation du 2) par et , j’obtiens :
∀t ∈ R yn+2 (t) + 2tyn+1 (t) + 2(n + 1)yn (t) = 0,
autrement dit, d’après la question précédente, en simplifiant par (−1)n :
Hn+2 − 2XHn+1 + 2(n + 1)Hn = 0.

5) Soient n ∈ N∗ , P ∈ R [X] ; j’intègre par parties, sachant que tous les produits d’un polynôme par
2
t → e−t sont intégrables sur R et admettent une limite nulle en ±∞ :
+∞
2
+∞
dn 2
Hn (t)P (t)e−t dt = (−1)n n e−t P (t)dt
−∞ −∞ dt
+∞
dn−1 −t2 +∞
dn−1 −t2 ′
= (−1)n e P (t) − (−1)n e P (t)dt
dtn−1 −∞ −∞ dtn−1
+∞
2
=0+ Hn−1 (t)e−t P ′ (t)dt
−∞
En conclusion :
Pour n ∈ N∗ et P ∈ R [X], (Hn |P ) = (Hn−1 |P ′ ).

6) En itérant le résultat précédent, je trouve, pour p ≤ n : (Hn |X p ) = (Hn−p |p!) = p!(Hn−p |1).
Pour p < n, j’applique une fois de plus le résultat précédent : (Hn−p |1) = (Hn−p−1 |0) = 0.

Pour p = n, (H0 |1) = I0 = π. En résumé :

Pour p < n, (Hn |X p ) = 0 et (Hn |X n ) = n! π.
Hp étant de degré p, le résultat précédent prouve que, pour p < n, (Hn |Hp ) = 0 et, Hn ayant 2n pour
coefficient dominant, (Hn |Hn ) = 2n (Hn |X n ), soit finalement :

La famille (Hn )n∈N est orthogonale et ∀n ∈ N Hn 2 = 2n n! π.

Troisième partie
La projection orthogonale de f sur F = Vect(H0 , . . . , Hn ) est :
n (Hk |f )
gn = β k (f)Hk où β k (f) =
k=0 Hk 2
et f − gn est orthogonal à F , donc à gn − fn , d’où grâce au théorème de Pythagore :
2 2 2 2
f − fn = f − gn + gn − fn = f − gn + gn − fn .
De même, f − gn est orthogonal à gn , donc :
n n
2 2 2
f − gn = (f − gn |f − gn ) = (f − gn |f) = f − β k (f)(Hk |f) = f − [αk (f )]2 .
k=0 k=0
Enfin, la famille (H0 , . . . , Hn ) étant orthogonale :
n
2
gn − fn = [β k (f) − xk ]2 Hk 2
.
k=0
Il en résulte que :
n n
2 2
f − fn = f − [αk (f )]2 + [β k (f) − xk ]2 Hk 2
est minimum lorsque ∀k ≤ n xk = β k (f).
k=0 k=0

Pour ce choix des xk , j’ai :


n
[αk (f )]2 = f 2
− f − fn 2
.
k=0
En particulier :
n
[αk (f)]2 ≤ f 2
.
k=0
La série de terme général [αk (f )]2 est à termes positifs et je viens de voir que ses sommes partielles sont
majorées :
La série de terme général [αk (f)]2 est convergente.