Vous êtes sur la page 1sur 2

Document 1

Les experts tirent la sonnette d'alarme

"La dégradation de nos écosystèmes est si avancée qu'elle remet en cause l'avenir de
l'humanité". Cette déclaration est issue du rapport qu'un millier de scientifiques originaires
de 95 pays ont établi sous l'égide de l'Organisation des Nations unies. Première
constatation : pour répondre aux besoins des populations en nourriture, en eau, en bois, en
fibres et en combustibles, l'homme a modifié, et en à peine plus de cinquante ans, l'équilibre
des grands écosystèmes par une surexploitation des ressources. Or les éléments que
recèlent les forêts, les savanes, les océans et leur fonction régulatrice sont indispensables à
notre survie : ils purifient l'air, fournissent l'eau douce, les stocks de pêche, les
médicaments, stabilisent le climat et limitent l'érosion des sols et l'impact des catastrophes
naturelles. Second constat : le temps presse. Nous avons à peine une quarantaine d'années
devant nous pour renverser la tendance. Les experts estiment que 60 % des écosystèmes
sont fortement menacés et la tendance devrait s'accentuer avec l'impact du réchauffement
planétaire. "Si nous ne changeons pas notre façon de faire dans le sens d'un développement
durable en intégrant le prix à payer pour les services rendus par la nature, nous léguerons à
nos descendants un monde invivable", affirment les scientifiques qui ont établi une liste des
priorités comme sauvegarder les réserves d'eau douce, les stocks étant déjà inférieurs à nos
besoin. Comme le déclare le secrétaire des Nations unies, Kofi Annan : " C'est seulement en
comptant à leur juste valeur l'ensemble de nos précieuses ressources naturelles et humaines
que nous pouvons espérer bâtir un futur durable."

Mélina Gazsi, du Dossier "Préserver l'avenir de la planète", Label France, nº59, 2005

Document 2

Environnement

Jamais la terre n'aura subi autant d'atteintes : épuisement et pollution des réserves d'eau
douce, destructions des sols par les cultures intensives, déforestations massives, pollution
de la mer et de l'air… La terre est malade. Au début du troisième millénaire, la terre
deviendra-t-elle inhumaine, inhospitalière pour l'homme par la faute de l'homme ?

Des conférences internationales pour rien ?

Le problème de l'environnement concerne tout le monde. Il faut des négociations


internationales sur plusieurs niveaux : politique, économique, juridique…Malheureusement,
il y a des pays qui ont des intérêts en contradiction avec la protection de la nature, d'où la
difficulté d'établir des règles planétaires respectées par tous. Les "tricheurs" avancent
toutes sortes de bonnes raisons pour ne pas appliquer des mesures internationales
discutées dans les conférences. On le voit dans le domaine de la pêche : l'exploitation
raisonnable des mers échoue parce que, dans certains pays, la pêche est une source de
profit. Pour toutes sortes de raisons, des pays comme le Japon et la Norvège, ne respectent
pas les décisions de protection sur la baleine, une espèce devenue rare.
Ce qu'il faut faire

Les gouvernements commencent à utiliser des instruments contre les pollueurs.


L'instrument le plus classique reste l'impôt. Si les Européens en général émettent beaucoup
moins de dioxyde de carbone dans l'atmosphère que les Américains, c'est parce que tous les
pays européens taxent fortement l'énergie. Des idées commencent à faire leur chemin dans
la tête des citoyens : "crise de l'environnement", "générations futures", "alimentation
biologique"… Certains pays ont inscrit l'éducation à l'environnement dans les programmes
scolaires. Car l'urgence, c'est l'information, l'éducation, l'enseignement de l'environnement.
Donner une information écologique aux citoyens de la planète. On devrait traiter de
l'environnement autant en géographie et en histoire qu'en sciences naturelles. L'admiration
et la connaissance de la nature ne suffisent pas, il faut aussi connaître les connexions
profondes entre les vivants et leur milieu.

Un monde pour demain

Il faudrait trouver des modes de cultures, des sources d'énergies qui respectent plus
l'environnement. Pourquoi ne pas créer un Conseil supérieur de l'environnement au niveau
européen, au niveau mondial, avec des pays qui acceptent les règles du jeu. Sans règles du
jeu, comment avancer ? L'origine de la vie, l'histoire de la vie sur des millions d'années sont
communs aux animaux et aux hommes. Les destructions de l'environnement frappent
presque simultanément les espèces animales et végétales et l'homme. Nous devrions donc
cesser de nous poser en maîtres qui se permettent de dégrader, de détruire ce que bon leur
semble, sans regarder les conséquences pour nous et pour ceux qui nous suivront.

Nicolas Hulot, Robert Barbault, Dominique Bourg, Pour que la terre reste humaine, Seuil 1999