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Lubrification des machines

1. Définition
La lubrification est le fait l’apporter un corps (solide, liquide ou gazeux) entre deux solides en
mouvement relatif dans le but de favoriser le glissement entre deux surfaces frottantes.

2. Analyse fonctionnelle
Exemple :
Fonction Fonction décomposée Critère Niveau
Lubrifier le Réduire les frottements et Rendement des supérieur à X%
mécanisme l’usure liaisons
Eviter le grippage
Evacuer la chaleur
Evacuer les impuretés
Protéger de la corrosion

3. Les différents types de lubrifiants


On distingue deux familles de lubrifiants :
• Les lubrifiants naturels, essentiellement les huiles et les graisses à base de pétrole.
• Les lubrifiants synthétiques (fabriqués chimiquement)

Les lubrifiants peuvent être :


• Solides
o Graphite
o Cires
o Résines
o Plastiques fluorés (PTFE)
o Polyamides
o Vernis de glissement
• Liquides
o Huiles minérales issues du pétrole
o Huiles synthétiques
o Huiles composées
• Pâteux
o Graisses à base de pétrole
o Pâtes lubrifiantes
o Graisses de synthèse (silicone…)

4. Propriétés physiques des lubrifiants


Un lubrifiant est un produit qui satisfait à trois conditions fondamentales :
• un film doit pouvoir être formé à la surface des pièces,
• le film formé doit être maintenu au contact,
• le film formé et maintenu doit se déformer facilement, sans se rompre, par
cisaillement.
4.1. Propriétés des huiles
• Onctuosité
C’est une variable que l'on ne sait pas encore chiffrer et qui qualifie le comportement global
des trois matériaux en présence, le lubrifiant et les deux pièces, compte tenu des traitements
de surface éventuels et de l'ambiance. Elle caractérise la plus ou moins grande solidité des
manteaux protecteurs.
• Viscosité (voir annexes)
La viscosité est la propriété inverse de la fluidité.
La viscosité de la majorité des fluides diminue lorsque la température augmente.
C'est une propriété fondamentale pour deux raisons aussi essentielles que contradictoires : un
bon rendement mécanique impose un lubrifiant très fluide mais la sécurité de fonctionnement
liée à l'épaisseur des films superficiels le fait préférer très visqueux !
o Viscosité dynamique (μ)
Cette grandeur a pour dimension M.L-1.T-1.
o Viscosité cinématique (v)
v est exprimée en mètre carré par seconde (m2/s).
Exemple de viscosité :
A 20°C Viscosité Viscosité Masse volumique
cinématique dynamique Kg/m3
mm²/s Pa.s
Essence 0,74 0,550 10-3 743
Huile SAE10 95 0,088 909
Huile SAE50 770 0,700 909
Eau 1,004 1,002 10-3 1
-5
Air sec 14,9 1,8 10 1,205

4.2. Propriétés des graisses


4.2.1. Constitution
Les graisses sont des produits viscoplastiques à deux phases qui comportent :
• une phase liquide, huile minérale ou fluide synthétique formant un support dispersant
et représentant parfois plus de 90 % du poids de la graisse,
• une phase solide dispersée se comportant en agent épaississant, généralement un savon
métallique, résultat de la réaction d'un acide gras (stéarique, oléique) avec un
hydroxyde métallique (calcium, lithium, sodium, aluminium, magnésium). Cette phase
représente de 8 à 40 % du poids. Dans certaines graisses, l'épaississant est un composé
inorganique comme la bentonite, sorte d'argile possédant de remarquables propriétés
d'adsorption.
• des additifs solubles améliorant les performances : antioxydant, antiusure, antirouille,
extrême pression, etc.,
• des additifs solides : graphite, bisulfure de molybdène,
• éventuellement, de l'eau ou de la glycérine facilitant la dispersion des autres produits.

4.2.2. Propriétés
• Consistance
Elle exprime la résistance à la déformation de la graisse. Elle diminue lorsque la température
augmente
• Point de goutte
Cette propriété caractérise la tenue de la graisse à la chaleur en précisant la température de
début de liquéfaction.
• Point de solidification
Indique la température de début de solidification.
• Autres : Résistance au cisaillement, qualité extrême pression, filmo-résistance,
acidité…

5. Les différents modes de lubrification


5.1. Absence de lubrification
Le glissement est relativement difficile. Les surfaces s’usent
rapidement.
Le contact entre les deux surfaces a lieu sur des aspérités. Au
début, le taux de portance est faible puis au fur et à mesure
de l’usure, ce taux augmente.
Le glissement donne lieu à de l’échauffement, à des
arrachements et éventuellement à des micro soudures si les
matériaux présentent une affinité chimique.

5.2. Lubrification limite


L'épaisseur du film lubrifiant est insuffisante pour isoler complètement les solides en contact ;
si la charge devient trop forte, il ne subsiste qu'une couche adsorbée quasi monomoléculaire.
C'est la solidité de cette dernière qui empêche les contacts métal sur métal. L'aptitude du
lubrifiant à former une couche adhérente, appelée onctuosité, est ici une qualité primordiale.
5.3. Lubrification onctueuse ( 0,05 < f < 0,2 )
Un film de lubrifiant recouvre les surfaces de
contact sous la forme d’une très fine couche
nommée épilamen.
Le coefficient de frottement se trouve diminué et
le glissement favorisé.
Quelques contacts locaux métal / métal subsistent.
La plupart des contacts se fait épilamen /
épilamen.
Il y a moins d’arrachements et de micro soudures.
L’usure est moins rapide que dans le cas du
frottement sec.

5.4. Lubrification hydrodynamique ( 0,002 < f < 0,01 )


Il n’y a aucun contact direct entre les surfaces. Une couche
de lubrifiant les sépare en permanence.
Le mouvement crée une portance hydrodynamique
comparable à ce qui se passe en ski nautique.
Le frottement est très réduit. L’usure est presque nulle.

5.5. Lubrification mixte ( 0,04 < f < 0,1 )


C’est un mélange de frottement onctueux et de frottement hydrodynamique. La portance
hydrodynamique est intermittente.

5.6. Lubrification hydrostatique ou aérostatique :


Elle consiste à envoyer, à l'aide d'une pompe ou d'un compresseur, un liquide ou un gaz sous
pression pour séparer les surfaces qui peuvent alors être ou non en mouvement relatif. Elle est
la garantie d'un frottement extrêmement faible et d'une absence quasi totale d'usure mais il
faut une source d'énergie extérieure

6. Solutions techniques
6.1. 2.1. Avantages et inconvénients des graisses par
rapports aux huiles
Avantages des graisses par Inconvénients des graisses par
rapport aux huiles rapport aux huiles
Graissage à vie possible Ne conviennent pas aux vitesses
Mise en place facile du lubrifiant élevées
Supportent mieux les chocs et les Ne conviennent pas aux charges
vibrations élevées
Tiennent mieux aux vitesses lentes Ne conviennent pas aux températures
Peuvent participer à l’étanchéité élevées
Simplicité de conception N’évacuent pas la chaleur
Etanchéité plus facile à réaliser
Prix de revient plus faible
6.2. Solutions techniques
6.2.1. Lubrification à l’huile
• Par barbotage ou par bain d’huile : une partie du mécanisme en mouvement
trempe dans l’huile et emporte par adhérence l’huile vers les points à lubrifier.

• Par barbotage et projections : variante de la précédente, une partie de l’huile est


projetée sur les parois et ruisselle pour être recueillie par des cuvettes, larmiers…
puis dirigée par des canaux vers les parties à lubrifier.

• Par brouillard d’huile : utilisée aux vitesses très élevées pour les roulements et
les engrenages et aussi dans les réseaux pneumatiques.
• Par circulation d’huile : une même pompe lubrifie en même temps plusieurs
zones. Le débit d’huile, constant, peut être réglé au niveau des points à lubrifier
pour assurer lubrification et refroidissement. Des échangeurs de chaleurs et des
filtres peuvent être ajoutés à l’installation.

6.2.2. Lubrification à la graisse


• Graissage par garnissage au montage : le graissage peut être à vie ou périodique
avec regarnissage après démontage et nettoyage lors des opérations de
maintenance.

• Par graisseur : ils permettent le regraissage périodique sans démontage. Il faut


alors prévoir des systèmes permettant d’évacuer la graisse usagée.
• Graissage centralisé : le lubrifiant est envoyé sous pression vers des distributeurs
doseurs par une pompe avec réseau de canalisations. Les distributeurs fournissent
ensuite la dose prévue en chaque point.