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TYPES DE PROGRESSION TEXTUELLE

TYPES PRINCIPAUX (B. Combettes)

 La progression à thème constant ( Th1 + Prop1. Th1+Prop2) :

En février 1967, Michel Foucault partait à Tunis pour fuir le bruit médiatique qui avait suivi la parution de «les Mots
et les choses». Il s’installait à Sidi Bou Saïd, face à la mer. Il écrivait sa conférence sur «des espaces autres», cherchait
une nouvelle stylisation de son existence, tentait de rejoindre son devenir grec. Il était face à la mer. Il lisait «la
Révolution permanente» de Léon Trotski, mais il lisait aussi «la Méditerranée» de Fernand Braudel, et de plus en plus
de livres d’historiens. Alors, dans une lettre, il s’exclame: «L’histoire, c’est tout de même prodigieusement amusant.
On est moins solitaire et tout aussi libre.» (Le Nouvel Obs, le 19 déc. 2015)

Colin regardait Alise. Elle portait, par un hasard étrange, un sweat-shirt blanc et une jupe jaune. Elle avait des souliers
blanc et jaune et des patins de hockey. Elle avait des bas de soie fumée et des socquettes blanches repliées sur le haut
des chaussures à peine montantes et lacées de coton blanc, faisant trois fois le tour de la cheville. Elle comportait en
outre un foulard de soie vert vif et des cheveux blonds extraordinairement touffus, encadrant son visage d’une masse
frisée serré. Elle regardait au moyen d’yeux bleus ouverts et son volume était limité par une peau fraîche et dorée. Elle
possédait des bras et des mollets ronds, une taille fine et un buste si bien dessiné que l’on eût dit une photographie. (B.
Vian, L’Ecume des jours)

 La progression linéaire ou en escalier {Th1 + Prop1. (Th2=Prop1)+Prop2} : « le rhème d’une première
phrase devient le thème de la seconde dont le rhème fournit, à son tour, le thème de la suivante, et ainsi
de suite ». ADAM 45

Il entra, gratta ses pieds sur une grille luisante aux lames acérées et suivit un couloir bas bordé par des lampes à
lumière pulsée. Tout au bout du couloir, il y avait une porte. Elle portait le numéro indiqué dans le journal et il entra
sans frapper comme le recommandait l’annonce. (B. Vian, L’Ecume des jours)

1. Jean-Baptiste a une balle Ah


Il la lance à Pascal 2. Yasmina prend une orange
Qui la lance à Frédéric Elle la donne à Mari-Ange
Qui la lance à Ludovic Qui la donne à Kévin
Qui la lance à Léonore Qui la donne à Marine
Qui la lance à Victor Qui la donne à Mélanie
Qui la lance à Yasmina Qui la donne à Corentin
Qui la lâche elle (sic !) reste là Qui la mange et ne dit rien
Hein
3. Corentin reçoit une claque
Il la rend à Jean-Jacques
Qui la rend à Joséphine 4. Mais David a un ballon
Qui la rend à Justine Il le lance à Manon
Qui la rend à Isabelle Qui le lance à Farid
Qui la rend à Ezéquiel Qui le lance à Astrid
Qui la rend à Grégoire Qui le lance à Emilie
Qui pleure dans son mouchoir Qui le lance à Willy
Noir (…) Qui le lance à Mélissa
Qui le garde et le rend pas
Quoi
ROND II, B5
 La progression à thèmes dérivés d’un hyperthème (ou en éventail)

http://www.didafle.com/techniques-expression/Progression_theme%20_derive.html

De forme sensiblement carrée, assez élevée de plafond, la chambre de Colin prenait jour sur le dehors par une baie de
cinquante centimètres de haut qui courait sur toute la longueur du mur à un mètre vingt du sol environ. Le plancher était
recouvert d’un épais tapis orange clair et les murs tendus de cuir naturel. Le lit ne reposait pas sur le tapis mais sur une
plate-forme à mi-hauteur du mur. On y accédait par une petite échelle de chêne syracusé garnie de cuivre rouge blanc. La
niche formée par la plate-forme, sous le lit, servait de boudoir. Il s’y trouvait des livres et des fauteuils confortables, et
la photographie du Dalaï-Lama. (Boris Vian, L’Écume des jours)
La pièce, de quatre mètres sur cinq environ, prenait jour sur l’avenue Louis-Armstrong par deux baies allongées. Des
glaces sans tain coulissaient sur le côté et permettaient d’introduire les odeurs du printemps lorsqu’il s’en rencontrait à
l’extérieur. Du côté opposé, une table de chêne souple occupait l’un des coins de la pièce. Deux banquettes à angle
droit correspondaient à deux des côtés de la table et des chaises assorties, à coussins de maroquin bleu, garnissaient les
deux côtés libres. (Boris Vian, L’Écume des jours)
 La rupture thématique:

(P1) La porte s'ouvrit. (P2) Des soldats entraient avec des falots, entourant des brancardiers qui firent rouler des blessés,
comme des paquets, tout près de Katow. (P3) La nuit venait, elle montait du sol où les gémissements se croisaient comme
des rats, mêlés à une épouvantable odeur ; la plupart des hommes ne pouvaient bouger. (P4) La porte se referma. (La
condition humaine)
La démocratie est une école de courage. Dans cette école, il n’y a pas d’élèves et pas de maitres. Chacun est à l’écoute de
l’autre. Mais la démocratie ressemble aussi à une porte ouverte sur l’anarchie.

UN AUTRE TYPE :

 Progression globale : elle caractérise le fait de thématiser tout un énoncé.


Jean est rentré hier à 4 heures. C’était prévisible.
Dans cet exemple, Jean est en position de thème dans la phrase 1. C’ comme thème de la 2ème phrase, ne reprend pas
seulement le thème Jean, ni le propos ; il reprend tout l’énoncé « Jean est rentré hier à 4 heures ».

Les types se combinent souvent dans les textes :

Les soldats portaient leur fusil à l’épaule. Ces fusils étaient d’un ancien modèle. Un modèle que les autres en face
avaient abandonné depuis longtemps.

CATAPHORE. « Gagnante de la première édition de Loft Story en 2001, elle est l'illustration de la gloire immédiate
offerte par la téléréalité... et de la difficulté à gérer "l'après". Confrontée à la drogue et à la violence conjugale, Loana
effectue plusieurs tentatives de suicide au cours de la décennie qui suit l'émission. La jeune femme, qui tente depuis de
remonter la pente, est apparue cette année dans la saison 2 des "Anges de la téléréalité".Ci-dessus, Loana en concert au
Petit Journal Montparnasse, en juin dernier. » L'Obs MOnde