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COLLECTIF EN SOUTIEN À SYLVAIN RIVARD 12 novembre 2020

OBJET : En référence au communiqué (en pièce jointe) provenant du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki en date du 5
nov. 2020 et considérant que la Nation n’a jamais été consultée.

Dans le contexte actuel où on discute de l’appropriation culturelle et compte tenu de la position du Conseil des arts du
Canada qui statue que l’artiste qui démontre dans sa démarche artistique des éléments de culture autochtone doit être en
lien, en discussion, en consultation avec les autochtones, nous tenons à souligner que c’est exactement le cas de Monsieur
Sylvain Rivard. Monsieur Rivard a toujours été bienveillant avec les Abénakis, autant généreux de son savoir et de son savoir-
faire que de son art. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas de statut autochtone qu’il n’en a pas l’esprit, le cœur et l’âme. Pour
nous, ces valeurs sont plus importantes que la reconnaissance officielle d’un quelconque statut. S’il suffit d’obtenir ce statut
pour pouvoir se permettre de générer du ressentiment, d’être irrespectueux et de détruire autant des œuvres que leur
auteur, nous ne valons pas plus que ce que nous reprochons aux autres qui, sous prétexte de telle religion ou culture,
provoquent les guerres ou les conflits.

La vraie vocation du guerrier autochtone n'est pas de détruire mais de protéger. De tout temps l'autochtone sait reconnaître
un cœur vaillant, un esprit fidèle et digne, droit et honnête. De tout temps les autochtones savent reconnaître les gens qui
leur sont bénéfiques et qui se greffent naturellement aux valeurs de leur esprit et de leur culture. De tout temps, quand de
telles personnes se distinguent par leur action, par leurs dires, par l'art qu’ils créent et la culture qu'ils manifestent et les
connaissances qu'ils font rayonner, de tout temps, ces gens sont reconnus, accueillis et adoptés par les Premières Nations.
Si de tels principes nous ont échappés, il est essentiel de se rappeler qu'ils ont existés. Nous devons faire perdurer les
traditions et les mœurs de nos ancêtres pour nous rappeler qui nous sommes et transmettre aux générations futures les
vraies valeurs de la culture autochtone. Empressons-nous de rectifier les erreurs, les mauvais pas, la trajectoire de la route
sur laquelle aurait pu s'engager notre esprit en choisissant plutôt le contraire de la bienveillance, de la reconnaissance et de
l'accueil.

Aussi, nous nous mobilisons aujourd'hui afin de reconnaître ensemble l'esprit, la générosité et le don de soi de monsieur
Sylvain Rivard. Nous saluons ses connaissances et son savoir-faire. Sylvain qui, dès son enfance, a baigné dans la culture
abénakise, a consacré sa vie à mieux la connaitre, à apprendre la langue, à approfondir ses connaissances des univers
autochtones et à les partager. Nous reconnaissons qu’il a consacré d’innombrables années d'études, de recherches et
d'approfondissement à un point tel qu'il est devenu une sommité, une référence incontestable des savoirs et du savoir-faire
autochtones autant ici qu'à l'international. Loin de vouloir prendre notre place, il nous fait apprécier notre propre culture
et la fait rayonner en la célébrant. Que les musées se réfèrent à ses compétences depuis si longtemps en est une preuve
évidente. De plus, ses œuvres originales sont des témoignages percutants. Nous souhaitons qu'il puisse continuer dans la
dignité ce travail colossal et immense qu'il a entrepris depuis tant d'années.

Que toute controverse à son égard soit donc effacée. Sylvain Rivard porte un esprit, une âme et un cœur autochtones.
Nous l’invitons chaleureusement à accepter, à titre honorifique, de devenir membre de notre nation abénakise.

Et nous avons signé en incluant ici toute personne solidaire qui, pour une raison ou pour une autre, est dans l’impossibilité
de se prononcer:

1. Membres de la Nation abénakise:


1. Annette Nolett, ainée, en son propre nom et celui de sa famille
2. Annie O’Bomsawin
3. Claire Lamirande
4. Élise Boucher
5. Guy O’Bomsawin
6. Hélène O’Bomsawin
7. Lysanne O’Bomsawin
8. Mélanie Carroué
9. Nicole O’Bomsawin
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10. Philippe O’Bomsawin


11. Thérèse O’Bomsawin, ainée

2. Membres des autres nations autochtones qui appuient les Abénakis signataires de cette lettre :
1. Al Harrington, Iskatewizaagegan #39, nation Anishinaabe
2. André Dudemaine, travailleur culturel Innu
3. Angel Horn, nation Mohawk, artiste photographe
4. Christine Philippe, nation Ilnu-Abénakis
5. Gail Chamberlain, nation Anishinaabe, artiste
6. Joan Grégoire, Inuit, conteuse
7. Joséphine Bacon, Innu, auteure et poète
8. Kathia Rock, compositrice et auteure Innu
9. Dr Léuli Eshrāghi, artiste, commissaire, auteur, chercheur postdoctoral à l’Université Concordia
10. Marie-Céline Einish, nation Naskapi, artiste
11. Mary Mark, nation Innu, Pakuashipi
12. Maya Cousineau Mollen, auteure et poète, nation Innu
13. Nina Segalowitz, Inuit, chanteuse
14. Ranikohnriio Lazare, nation Mohawk
15. Sébastien Le Breton, Mi’Kmaq
16. Tahatie Montour, Nation Mohawk, artiste
17. Véronique Thusky, nation Anishinaabe
18. Yolande-Okia Picard, nation Wendat, conteuse conférencière, auteure et artisane professionnelle.

3. Toute autre personne qui soutient cette démarche :


1. Anne Saint-Denis, artiste
2. Carl Morasse, cinéaste-ethnologue
3. Cécile Bond, directrice Espace Culture Ashukan
4. Edward Houle, PhD, historien de l’architecture et stagiaire en architecture
5. Emilie Sarah Caravacchia, professeure de littérature et doctorante en littérature comparée
6. Eric Moutquin, architecte
7. Isabelle St-Pierre, poète
8. Karine Gaucher, commissaire d’exposition, travailleuse culturelle, anciennement directrice de la programmation à La Guilde
9. Kathleen Payette, directrice générale du Musée Grévin, Montréal
10. Lise Gervais Laplante. AREQ, Présidente de la section Nicolet de la Société St-Jean-Baptiste
11. Louis Caron, écrivain, raconteur, auteur de romans historiques
12. Michelle Joannette, directrice générale de la Guilde canadienne des métiers d’art (La Guilde)
13. Nadia Lacasse, enseignante
14. Olivier Touchette, enseignant
15. Pâquerette Des Chênes, artiste
16. Pierre-Alexandre Corneillet, Représentant Québec Solidaire Laval
17. Sébastien Daigle, designer
18. Thanh-An Hoang, technicien senior en architecture
19. William Gallet, technicien en architecture

SOURCE: COLLECTIF EN SOUTIEN À SYLVAIN RIVARD : SR.Collectif@gmail.com


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Pièces Jointes :
- Argumentaire signé Guy O’Bomsawin datant du 11 novembre 2020
- Communiqué du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki datant du 5 novembre 2020
- Lettre du Musée des Abénakis datant du 1er octobre 2020
Document ANNEXE 11 Novembre 2020

ARGUMENTS EN FAVEUR DE LA LÉGITIMITÉ DE SYLVAIN RIVARD

1 – Monsieur Sylvain Rivard a parfaitement le droit d’affirmer qu’il est de descendance abénakise à condition,
évidemment, de ne pas prétendre l’être au sens de la loi.

2 - Comme une forte proportion de Québécois est de descendance abénakise ou autochtone, il est impertinent de les
accuser d’appropriation culturelle sans autre forme.

3 - Il est tout aussi impertinent de dénoncer de la sorte des non-Abénakis, ou des métis au sens large, dont le savoir sur
nos ancêtres et leur langue nous permet de nous enrichir sur leur culture.

4 - Cette dénonciation est d’autant inopportune, qu’il y a risque qu’une interprétation universelle conduise à la censure
de tout Non-Autochtone dont l’expertise est indispensable à comprendre également l’évolution des rapports entre les
tribus * et la société québécoise, de même que l’apport des uns et des autres dans l’environnement culturel et social de
l’ensemble d’un Québec plus inclusif que nombre de nations et de sociétés.

5 - Pareille intransigeance peut par ailleurs être perçue comme fort négative par les Québécois de toute origine, en ce
sens qu’elle ne peut qu’être tenue pour une attitude de rejet semblable à celle que dénoncent certains Autochtones à
leur égard.

6 - Ostraciser quiconque en raison de son origine ou de points de vue menant à avoir des positions et des attitudes
s’harmonisant davantage avec la réalité sociohistorique n’est nullement acceptable.

7 - Dans l’affaire Rivard, seul un dialogue peut permettre de dénouer ce qui pourrait autrement devenir une crise que
personne ne souhaite, ou alimenter des débats fondés sur des paramètres inexacts ou trompeurs.

8 - Au Québec, c’est un fait historique qu’Autochtones, Québécois d’origine française ou nouveaux arrivants ont évolué
en harmonie durant des décennies; le prouvent : les nombreuses familles officiellement indiennes qui portent le nom
d’ancêtres qu’ils ont adoptés, ou encore le nom de la descendance d’enfants dits Blancs dont elles n’acceptaient pas le
traitement que leur infligeaient leurs parents. Un savoir qu’il ne faut jamais perdre de vue.

9 - Bref, il est socialement dangereux de créer artificiellement des crises dont les conséquences ne peuvent qu’être
déplorables, voire catastrophiques.

10 - Quant au concept de l’appropriation culturelle, il s’agit d’une vue aveugle de l’esprit, puisque sans le partage
multimillénaire du savoir des diverses civilisations nations, l’humanité en serait encore à ses premiers balbutiements.

11 - Enfin, il est fondamental de savoir qu’une personne née au nord du 45e parallèle de l’Amérique du Nord, ne peut
se déclarer officiellement Autochtone que si l’administration du Gouvernement du Canada la reconnaît comme telle; or,
lorsque les recensements ont été tenus par ce même Canada - le plus récent ayant été fait au cours du 20e siècle - tous
ceux qui habitaient ces territoires fédéraux que sont les réserves étaient systématiquement inscrits, sans distinction
d’origine; d’où des noms de famille qui sont tantôt français, anglais, écossais, allemands ou autres.

12 - Précision. Les Autochtones du Canada sont d’abord identifiés par leur matricule, et non par un numéro d’assurance
sociale ou d’assurance maladie. Au Québec, comme ailleurs, nombreux sont encore ceux dont leur numéro de bande
est inférieur au chiffre 500, correspondant au 500e inscrit de la communauté où lui ou son père tenu pour autochtone a
été inscrit.

* Référence au Conseil tribal de la Nation Waban-Aki

Guy O’Bomsawin, Abénakis