Vous êtes sur la page 1sur 9

-1-

Coopération financière sénégalo-allemande


Evaluation ex post

Restructuration de Pikine irrégulier sud (PIS I-III)


No BMZ 1998 66 773, 2003 65 445, 2004 65 526

Résultats Préliminaires

I. Cadre général

Dans la période du 8 au 12 mai 2017, une délégation du département indépendant des évalua-
tions de la Coopération financière (FZ E) de la KfW Banque de Développement composée du Dr.
Manuel Schiffler accompagné du consultant local Mr Abib NDOYE, a visité les zones PIS et de
recasement à Keur Massar pour procéder à l'évaluation ex post des projets susmentionnés. La
mission a eu pour objectif d'évaluer si les impacts de développement et les objectifs du projet
initialement prévus ont été atteints et si les résultats seront durables. La délégation a rencontré
des représentants de la Ville de Pikine, des Communes concernées par le projet dans le Dépar-
tement de Pikine, de la Fondation Droit à la Ville, de comités locaux ainsi que l’Association Foyers
Shama et de l’Agence Nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), impliquées dans la formation
professionnelle.
La délégation tient à exprimer sa sincère gratitude pour l'accueil chaleureux qui lui a été réservé
et pour l'excellente coopération pendant la mission.

L'évaluation est basée sur les critères internationalement reconnus du Comité pour l’Assistance
au Développement (CAD) de l'OCDE pour l'évaluation de projets de développement: pertinence,
efficacité, efficience, impact global sur le développement et durabilité. La délégation de la KfW a
souligné que les discussions ont été menées sur la base des conclusions provisoires de la mission
et que les résultats d'évaluation disponibles jusqu'à présent sont placées sous réserve d'un travail
d'analyse de fond et de leur approbation par la direction de la KfW. Le gouvernement fédéral
allemand sera destinataire d'un rapport confidentiel sur les résultats de l'évaluation. Une version
courte sera publiée et envoyée aux partenaires.
II. Description sommaire du programme

Activitiés et composantes
Le programme PIS comprend trois projets : PIS I,II et III.PIS I et III ont appuyé les activités sui-
vantes pour un coût total de 7,4 millions d’Euros:

 Construction de voies et installation de réseau d’éclairage public dans la zone PIS,


 Aménagement de la zone de recasement à Keur Massar, y inclus le terassement, cons-
truction de voies, le réseau électrique et l’éclairage public ainsi que l’approvisionnement
en eau potable et indemnisations,
 Dégagement des cuvettes dans la zone PIS et indeminisations
PIS II a appuyé les activités suivantes pour un coût total de 1,7 millions d’Euros :

Procès-verbal
-2-
 Réhabilitation, extension et équipement de trois écoles primaires à PIS
 Construction et équipement de deux nouvelles écoles dans la zone de recasement à Keur
Massar
 Réhabilitation, extension et équipement du centre municipal de formation professionnelle
« Foyers Shama » dans l’enceinte de la mairie de Pikine
 Construction et équipement de quatre centres polyvalents, dont 3 dans la zone PIS et 1 à
Keur Massar
Géographiquement le projet se divise en deux parties : la zone PIS (zone d intervention) et la
zone de recasement (Keur Massar) : La zone d’intervention comprend environ un tiers de Pikine
Irregulier Sud :
Aux activités financées par la partie allemande s’ajoutent environ 1 million d’Euros financées par
la partie sénégalaise à travers le Fonds de Restructuration et de Régularisation Foncière (FOR-
REF) et par la contribution de la ville de Pikine en forme des bâtiments existants pour Foyers
Shama.
L’assistance technique à travers la GTZ/GIZ a fait une contribution importante en créant les bases
pour la mise en œuvre du projet, telle que l’apporche participative, la création du FORREF et de
la FDV.

Facteurs exogénes importants


Plusieurs facteurs exogénes ont eu un fort impact sur le projet.
En premier lieu, le bilan hydrique de la zone PIS a été complètement bouleversé entre 2003 et
2006, avec des implications négatives sur la zone. A cause de la pollution de la nappe phréatique
, l’usine des eaux de Thiaroye qui servait à la production d’eau potable et qui était située à proxi-
mité de la zone PIS avait été fermée en 2003. Cela a entrainé une remontée de la nappe phréa-
tique jusqu’à la surface, rendant certaines voies impraticables sur une distance de 150 métres
(voie no. 7) ou difficiles à utiliser (voie No. 6). En 2005 et en 2006, après des décennies de sé-
cheresse, de fortes pluies ont causé d’importantes inondations dans la zone, qui était dépourvue
de système de drainage d’eau pluviale. En réponse, l’Etat a construit des canaux de drainage et
des stations de pompage qui ont mitigé le problème, sans complètement le résoudre. Pourtant
une voie construite par le projet (la voie 3) a dû être ouverte en 2012 pour permettre la construc-
tion d’une canalisation. A ce jour, la voie n’a pas été remise en état, rendant une moitié de celle-
ci difficile à utiliser. Ces effets négatifs liés en partie aux changements climatiques imprévisibles
ont donc eu un impact négatif substantiel sur la composante la plus importante du projet.
Un deuxième facteur c’est l’Acte 3 de la Décentralisation intervenu en décembre 2013 qui con-
sacre la communalisation intégrale,avec le transfert de la presque totalité des infrastructures
construites dans le cadre du projet PIS aux communes.(antérieurement communes d’arrondisse-
ment).Malgré tout , beaucoup de ces communes manquent de moyens financiers nécessaires
pour entretenir ces infrastructures. En outre, après le transfert des infrastructures aux communes
sous la supervision du préfet , les communes pretendent ne pas avoir les informations necesaires
pour pouvoir bien gérer ces infrastructures.
Un troisième facteur exogène est la construction de l’ autoroute à péage dans une partie de la
zone du projet. L’autoroute a d’abord eu un effet positif important, vu que la zone est devenue

Procès-verbal
-3-
beaucoup plus accessible, ce qui a entraîné une importante hausse des valeurs immobilières.
Mais l’autoroute a aussi coupé la voie No. 7 en deux, la transformant dans une impasse à faible
utilisation.
Des facteurs exogènes imprévisibles ou difficiles à prévoir lors de la conception du projet en 1999
ont donc influencé de manière significative l’impact du projet.
III.Méthodologie d'évaluation

Les évaluations ex-post font partie intégrante du cycle de projet de la KfW. Les projets à évaluer
sont sélectionnés sur la base d'une procédure de choix au hasard. L'objectif est d'évaluer les
résultats et les impacts d'un projet sur le développement, et cela dans une double perspective:
(1) l'apprentissage institutionnel (quels sont les éléments conceptuels du projet qui fonctionnent,
quels sont ceux qui ne fonctionnent pas, et pour quels motifs?), et (2) notre justification vis-à-vis
de notre mandant, qui est le gouvernement allemand. La méthodologie d'évaluation appliquée
consiste en deux éléments:
 analyse du matériel d'appui et des informations statistiques
 interviews semi-structurés avec une série d'intervenants-clé.
Les évaluations de la KfW sont menées en conformité avec les cinq critères DAC/OCDE sur l'ef-
fectivité du développement (pertinence, effectivité, impact, efficience et durabilité) comme défini
ci-dessous.
IV. Résultats provisoires de l'évaluation
Pertinence

Dans quelle mesure les objectifs d'une activité de développement correspondent-ils aux besoins
des bénéficiaires, aux priorités globales et aux politiques des partenaires et des bailleurs de
fonds? Dans quelle mesure l'activité était-elle basée sur un processus d'harmonisation et de con-
certation des bailleurs de fonds?

Les objectifs du programme correspondaient aux besoins des bénéficiaires et aux priorités du
gouvernement. L’aménagement urbain reste une priorité du gouvernment sénégalais. En effet, le
gouvernement a relevé le profil de cette activité par la création d’un Ministère Délégué chargé de
la Restructuration et de la Requalification des Banlieues. Après le changement de priorité de la
coopération sénégalo-allemande de l’aménagement urbain vers les énergies renouvelables,
d’autres bailleurs telle que l’Union Europénne continuent d’appuyer l’aménagement urbain. La
methodologie participative et les institutions établies dans le cadre du projet sont aussi utilisées
par l’Etat sénégalais à travers l’Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands
Travaux (APIX).
Dans l'ensemble et provisoirement, nous arrivons à la conclusion que la pertinence du projet est
bonne.

Effectivité

Les objectifs de programme de l'activité ont-ils été atteints? Quels ont été les éléments qui ont eu
une influence sur l'atteinte ou la non-atteinte des objectifs?

Procès-verbal
-4-
L'objectif du projet défini lors de l'évaluation ex ante a été l’exploitation pérenne de l’infrastructure
de base réalisée dans le cadre du projet. L'atteinte des indicateurs par rapport à l'objectif du
projet se résume comme suit:

Indicateur Situation lors de l'évaluation ex post

Les voies (No. 1,3,6 et 7) sont fréquentées, Partiellement accompli (fréquentation oui, en-
entretenues et régulièrement desensa- tretien non)
blées.

Les superficies régulièrement inondées ont Partiellement acompli


été considérablement réduites; celles qui
restent ne sont pas habitées.

Personne ne fait plus recours aux puits Accompli


pour s’approvisionner en eau potable. Les
(13) bornes-fontaines financées fonction-
nent toujours, sauf dans des cas où elles
ont été abondonnées parce que grâce à un
réseau d’AEP plus dense des branche-
ments particuliers s’y sont substitués.

Les (cinq) établissements scolaires sont Partiellement accompli (utilisation oui , mainte-
utilisés et entretenus. nance à améliorer)

Les (quatre) centres polyvalents et le Partiellement accompli


Foyers Shama sont utilisés et entretenus.

Voies

Les voies secondaires et tertiaires construites à Pikine irrégulier sud ont contribués de manière
significative à désenclaver la zone du projet. Dû à l’étroitesse des rues, auparavant des véhicules
étaient incapables de rentrer dans aucun des quartiers. Cela avait rendu impossible l’accès par
des véhicules particuliers et d’utilité publique, telles que les ambulances, les pompiers, les ca-
mions de collecte d’ordures ménagères et les hydrocureurs qui vident les fosses séptiques. Les
fonds du projet ayant été insuffisants pour élargir et aménager toutes les voies tertiaires, la partie
de la population affectée par cette insuffisance réclame l’élargissement des voies tertiatires dans
leurs quartiers. Cela démontre l’effet positif de cette composante du projet.

Pourtant, l’etat de la majorité des voies est mauvais, ce qui limite les effets positifs. Comme men-
tionné ci-dessus, trois des voies construites dans le cadre du projet sont dans un état de délabre-
ment avancé. La cause principale sont des facteurs exogènes au projet mentionnés ci-dessus :
remontée de la nappe, inondations et le blocage de la voie No. 7 par l’autoroute à péage. Un autre

Procès-verbal
-5-
facteur est l’absence de fonds dévoués à la maintenance des voies. Même sur la voie No. 1, la
seule qui est relativement peu affectée par les inondations et la remontée de la nappe, le sable
apporté par le vent est omniprésent.. En outre, les populations habitant sur l’axe de la voie N°1
font des remblais sur les parties inondées pour leur permettre de se déplacer facilement. La con-
vention tripartite entre l’Etat, la KfW et la ville de Pikine de 2002 prévoit de consacrer au moins
1,5% du buget de fonctionnement à l’entretien et à la maintenance des infrastructures. Cette obli-
gation n’est pas respectée. La ville de Pikine souligne que cette obligation est passée de la ville
aux communes concernées par l’Acte 3 de la décentralisation (voir ci-dessus).

Cet indicateur est donc considéré partiellement accompli. Le sous-indicateur relatif à l’entretien
n’est pas accompli.

Superficies inondées

L’hydrologie de la zone a complètement changée (voir ci-dessus). Malgré ce défi, les superficies
habitées et régulièrement inondées lors de l’évaluation ex-ante du projet (la mare de Sam-Sam
qui traverse la zone du projet) ne sont plus habitées. Dans ce sens, l’indicateur a été achevé.

Pourtant, la remontée de la nappe et les inondations sont des problèmes aïgus dans la zone hors
de la mare à cause des facteurs exogènes. Le lit mineur de la mare reste inondé pendant toute
l’année.

Cet indicateur est donc considéré partiellement accompli.

Eau potable

L’eau potable dans la zone PIS et dans la zone de recasement est disponible en continuité et en
bonne qualité à domicile pour la grande partie de la population, estimée à 95%. Les bornes-
fontaines ont perdu d’importance, parce que la population a eu à acceder à l’eau potable grâce
au programme de branchements sociaux initiés par l’Etat. Ce sont des branchements individuels
pour chaque domicile. Quelques bornes-fontaines ont par conséquent été abandonnées. Celles
qui restent en fonction desservent ceux qui n’ont pas de branchement individuel ou qui cherchent
à minorer leur consommation d’eau pour ne dépasser le volume affecté à la tranche sociale. Les
bornes-fontaines ne constituent pas une fin en soi, mais un moyen pour aprovisionner la popula-
tion qui aujourd’hui bénéficie de branchements à domicile.

Cet indicateur est considéré accompli.

Ecoles

Quatre parmi les cinq écoles concernées par le projet sont fonctionnelles avec un taux d’utilisation
très élevé, voire sur-exploitées. Une des écoles, l’ecole 2 de la zone de recasement, est aban-
donnée et se trouve dans un état lamentable. La dégradation avait aparemment commencée
quand l’école avait été transformée en collège d’enseignemnt moyen puis en lycée. En décembre

Procès-verbal
-6-
2016 le bâtiment a été abandonné avec le déménagement du lycée dans ses nouveaux locaux.
La commune de Keur Massar envisage de réaménager l’école et de l’ouvrir à nouveau comme
école élémentaire.

L’infrastructure des qautre autres écoles est acceptable, mais dans aucune école l’infrastructure
est en parfait état. A l’école 1 de la zone de recasement, qui a d’ailleurs obtenu d’excellents ré-
sultats aux examens d’entrée en 6ème et au certificat de fin d’études élementaires (CFEE), la
toiture est endommagée. Dans les trois écoles situées dans la zone PIS, uniquement des répa-
rations et des extensions avaient été effectuées par le projet. Les salles de classes de ces écoles
avaient été cosntruites bien avant le projet. Certaines salles ont dues être fermées à cause des
problèmes de stabilité du bâtiment (école Thiaroye Gare 1/b) ou à cause d’inondations causées
par la remontée de la nappe (école Moustapha Khaly Ndiaye).

Cet indicateur est considéré comme partiellement accompli.

Centre polyvalents et Foyers Shama

Cet indicateur est parmi les plus difficiles à évaluer. Pour rendre justice à la diversité des cinq
centres et à la diversité d’objectifs, trois sous-critères ont été utilisés :

- Taux d’utilisation : Le taux d’utilisation varie beaucoup entre les centres visités. Il est élevé
à Keur Massar, moyen aux Foyers Shama et bas à Médina Fass Mbao et à Thiaroye Gare
.
- Etat des infrastructures : L’état des infrastructures est convenable dans la plupart des cas,
mais avec le temps des réparations seront nécesaires.
- Suffisance et état de l’équipement : L’équipement est insuffisant et dans un état pauvre
dans la plupart des cas.

Le taux d’insértion dans le marché du travail n’avait pas été fixé comme un indicateur du projet
lors de son évaluation ex-ante. Pourtant, vu que la formation professionnelle constitue l’activité
principale des centres et que le but final de la formation est l’insértion dans le marché du travail,
cette question a été posée lors des visites. Il est à noter que le groupe cible sont des jeunes qui
ont du quitter l’école ou qui n’ont jamais fréquenté une école. Il faut donc être réaliste en fixant le
niveau à atteindre pour cet indicateur. Il est intéressant de noter que le taux d’insértion est de
100% à Keur Massar (sur 22 sorties avec formation), tandis qu’il est de 50% (85 sur 169 sorties
avec formation) aux Foyers Shama et aparemment encore plus faible à Medina Fass Mbao sur
un nombre très limité de sorties avec formation. Il est à noter que le taux d’abandon (ceux qui ne
finissent pas leur formation) est très élevé (82% aux Foyers Shama). Cependant, certains appre-
nants du foyers Shama vont poursuivre leur cursus au niveau du lycée Limamoulaye.

Le succès à Keur Massar s’explique surtout par un effort important de dissemination des services
du centre au sein de la communauté, une bonne qualité de la formation et une rémunération
acceptable des moniteurs (50.000 FCFA par mois, 9 mois sur 12) après une période initiale avec
une rémunération moindre. Le centre arrive à recouvrer la totalité de ses coûts de fonctionnement,

Procès-verbal
-7-
sauf la facture d’eau et d’électricité qui sont à la charge de la municipalité. La commune a inclus
des coûts de maintenance dans son dernier budget pour améliorer encore plus la prestation de
services du centre, y inclus l’achat d’équipement et le paiement des arriérés sur les factures d’eau
et d’électricité

Cet indicateur est considéré partiellement accompli.

Pondération des indicateurs

La pondération des différents indicateurs pour arriver à une conclusion globale ne devrait pas être
égale pour chaque indicateur. Par exemple, le coût des routes (indicateur n°. 1) est environ équi-
valent au coût global du dégagement des cuvettes, de l’aprovisionnement en eau potable, des
écoles et des centres polyvalents (indicateurs n°. 2, 3, 4 et 5). Donc l’indicateur n°. 1 recoit plus
de poids dans l’evaluation globale du projet.
Dans l'ensemble et provisoirement, nous arrivons à la conclusion que l’effectivité du projet est
convenable.
Efficience

Les activités ont-elles été efficientes par rapport à leur coût? Le programme a-t-il été exécuté de
la façon la plus efficiente par rapport à d'autres options ?

L’efficience du programme est déterminée par la durée du programme et l’acceptabilité de ses


coûts.
PIS I a été mis en œuvre entre mai 2002 (signature du contrat avec le consultant) et 2010, re-
ception provisoire des derniers travaux,soit sur 8 ans contre cinq ans prévus lors de l’évaluation
ex-ante. Le contrat de financement pour PIS II a été signé en Décembre 2004 et la récèption
provisoire des derniers travaux s’est faite en 2010. Quant à PIS III, le contrat a été signé en juin
2006 et la reception provisoire des derniers travaux a eu lieu en 2012. Leur durée de mise en
œuvre est donc entre cinq et six ans. La durée du programme est donc en deça des attentes.
Les coûts unitaires sont considérés acceptables, sous réserve d’une analyse plus détaillée.
Dans l'ensemble et provisoirement, l'efficience est évaluée convenable.
3. Impact

Dans quelle mesure l'activité a-t-elle contribué à l'atteinte des objectifs globaux de développe-
ment?

L'objectif global de développement défini lors de l'évaluation ex ante a été «l’amélioration du cadre
de vie des habitants actuels des quartiers touchés à Pikine irrégulier sud ».

Pour cet objectif global, aucun indicateur n’a été défini lors de l’évaluation ex ante. Dans un tel
cas, le département d’évaluation prévoit la définition ex-post d’un indicateur pour l’atteinte de
l’objectif global. Cet indicateur a été défini comme l’augmentation des valeurs immobilières dans

Procès-verbal
-8-
la zone du programme. Les valeurs immobilières à Pikine ont augmenté de manière très signifi-
cative entre 2001 et 2016. L’augmentation est entre environ 500 à 1000% dans la zone , voire
plus dans des cas exceptionnels.

Indicateur Situation lors de l'évaluation ex post

Changement des valeurs immobilières Accompli de manière très significative


dans la zone d’internvetion du programme

Cette augmentation s’explique surtout par des facteurs exogènes au projet, dont surtout le dé-
senclavement de Pikine par la construction d’une autoroute mentionné ci-dessus. Les activités du
projet ont certes contribués à l’amélioration des conditions de vie de la population et à l’augmen-
tation des valeurs immobilières, mais une quantification de cette contribution n’a pas été possible
dans le cadre de cette courte mission d’évaluation.
Effets indirects

Le programme a engendré des effets indirects importants. D’abord, comme mentionné ci-dessus,
la méthodologie participative de restructuration qui a été établie dans le cadre du projet a été le
prototype pour d’autres interventions à Dakar et dans d’autres villes du Sénégal entreprises par
la Fondation Droit à la Ville. Le projet a donc inspiré une approche au niveau national qui a fait
ses preuves.
Ensuite, le projet était parmi les premiers à mettre l’accent sur la nécessité de régler les problèmes
d’inondation dans la zone. Le programme a démoli des habitations dans les zones inondables,
dont les habitants ont été recasés, dans le but d’améliorer le drainage qui avait été obstrué par
les dégâts des maisons abandonnées. Ceci a contribué à une prise de conscience qui a abouti à
d’importants investissements de lutte contre les inondations dans le cadre d’un plan décennal
(2012-2022) de l’Etat et d’un Projet de Gestion des Eaux Pluviales et d’Adaptation au Change-
ment Climatique (PROGEP) appuyé par l’AFD et la Banque mondiale.
Dans l'ensemble et provisoirement, nous considérons que l'impact sur le développement est bon.
5. Durabilité

Dans quelle mesure les avantages du programme ont-ils persisté après la fin du financement par
les bailleurs de fonds?

Comme décrit ci-dessus (effectivité), l’état de l’infrastructure est en grande partie en deça des
attentes. Cela est dû en partie à des effets exogènes. Il est à noter que l’Etat a entrepris des
investissements importants dans le cadre du Plan Décennal pour la lutte contre les inondations
qui ont atténué les effets négatifs de celles-ci et de la remontée de la nappe sur l’infrastructure à
Pikine irrégulier sud.

En outre, il est à noter que les communes utilisent leur potentiel de générer des revenus de ma-
nière très différente, ce qui peut avoir un impact positif sur la maintenance et la perennité des
infrastructures. Par exemple, la commune de Keur Massar a multiplié par trois ses revenus en

Procès-verbal
-9-
quelques années en faisant des efforts sur le recensement complet des contribuables (com-
merces et autres entreprises). Cette commune a prévu 10 millions de FCFA pour la réhabilitation
et l’équipement de son centre polyvalent dans le budget de 2017 et envisage des réparations
pour les deux écoles construites dans la commune.
Dans l'ensemble et provisoirement, la durabilité est en-dessous des attentes.

Résultat général

Comme résultat général, et compte tenu de toutes les présentations, réunions et visites sur le
terrain, la délégation de la KfW a jusqu'à présent l'impression que l'impact du projet sur le déve-
loppement a été convenable.

Fait à Pikine, le 12 Mai 2017

Pour la Ville de Pikine Pour la KfW

Monsieur Abdoulaye THIMBO Dr. Manuel Schiffler

Procès-verbal