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récit
Fant
asti
que

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 0


Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 1
Table des
matières
Le récit fantastique : repères ..

………............. 1
1. Histoire du genre fantastique ……………………………… …. 1
2. Mes représentations du fantastique ..…………………………... 2
3. Le genre et l’édition ……………………………..………………. 3
4. Aux frontières du genre …………………………………...……. 4
5. En résumé… ……………………………………………………. 7

Le début d’un récit

fantastique …..……….… 8

L’intrusion du surnaturel …..

…………….... 11
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Le pacte avec le démon …..

……………..... 13

La manifestation matérielle du

surnaturel ……..... 15

La fin du récit fantastique …..

…………....... 17

Le fantastique au cinéma et à la

télévision ……....18
1. Appliquer la grille d’analyse du fantastique à un film ..……... 19
2. Lire un document audiovisuel ..……………………………...... 20
A. Observations de quelques séquences audiovisuelles ……………………. 20
B. Le vocabulaire de l’image ………………………………………..………. 20
1) Le cadre
2) Le champ
3) L’échelle des plans (= grosseur des plans)
4) L’angle de prise de vue
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5) Les mouvements de la caméra
6) Exercices
En guise de conclusion sur le vocabulaire de l’image…
C. Les différents métiers du cinéma …………………………………………. 27

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Le récit

fantastique :

repères
1. Histoire du genre fantastique

● Le récit fantastique apparaît en France au XVIIème siècle alors que les philosophes des Lumières
combattent le triomphe de la raison. J. Cazotte (1719-1792) est l’initiateur du genre avec Le diable
amoureux : Biondetta est-elle une charmante jeune fille ou le diable en personne ?

● Au début du XIXème siècle, le récit fantastique connaît un véritable essor dans toute la littérature
européenne sous la forme privilégiée du conte et de la nouvelle. Lié aux premières études sur la
folie, il exprime un mouvement de révolte contre le rationalisme qui prétend tout expliquer par la
raison. Nodier, Balzac, Gautier, Mérimée, Villers de L’Isle-Adam, Maupassant y trouvent une source
d’inspiration déterminante.

● Au XXème siècle, le récit fantastique prend un nouvel élan


avec les interrogations de l’homme sur la condition
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humaine ; les écrivains y expriment leur univers intérieur
(Kafta, Buzzati). Le genre s’oriente également vers
l’heroïc fantasy, sortes de récits merveilleux qui
renvoient à l’origine de l’humanité (Tolkien, Le Seigneur
des anneaux, 1966) ; ou bien il dévie vers des récits de
terreur et d’épouvante (Stephen King).

2. Mes représentations du fantastique


Pour nous, le fantastique, c’est…

Après avoir mis nos idées en commun, complétons les tableaux suivants :

Les domaines du
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fantastique

Les personnages
« fantastiques »

Sentiments
provoqués par le
fantastique

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3. Le genre et l’édition

Sculpteur,
Antonin désire
trouver la paix
dans une grande
maison isolée où
il vient de
s’installer. Le
bruit court que la
bâtisse est
hantée par une
jeune sorcière
qui déchaîne les
éléments.
Quand le chat
d’Antonin est
sauvagement
tué, la spirale du
cauchemar se

4ème de couverture pour


Danse avec les spectres
de Sarah Cohen-Scali,
coll. « Cascade Pluriel /
Fantastique »
© Rageot-éditeur, 1998

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Observez pour chacune des couvertures reproduites le nom de la collection, le logo, les illustrations…
Quel est l’effet produit ? Retrouvez-vous les sentiments que vous pensiez être provoqués par le
fantastique ?
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………

Le genre et l’édition (suite)


● Les grands classiques de la littérature fantastique (Le Horla, La Peau de chagrin, …) ne relèvent pas
d’un traitement particulier dans le domaine de l’édition (contrairement aux récits policiers publiés
dans les collections spécifiques).
● Les titres et les illustrations des récits fantastiques donnent des indicent aux lecteurs quant à la
nature des événements racontés : les champs lexicaux1 des titres se réfèrent à la mort et à
l’anéantissement (« La Morte amoureuse » de T. Gautier ; « La Chute de la maison Usher » d’E . A.
Poe), à l’étrange (L’Etrange histoire de Peter Schlemihl » de A. Chamisso en 1813, …) au
fantomatique (« Le Fantôme de l’Opéra » de Gaston Leroux en 1910).
● En revanche, la littérature pour la jeunesse multiplie des collections qui annoncent des sensations
fortes : collections « Peur bleue » (Nathan), « Chair de Poule » (Bayard Presse), « Vertige »
(Hachette). Les couleurs des couvertures jouent sur le noir, le rouge, parfois aussi sur les couleurs
fluo et dégoulinantes qui suggèrent l’horreur.

4. Aux frontières du genre


Voici trois textes. D’après vos connaissances et vos déductions, différentiez-les. Lequel est un récit
fantastique, lequel un récit merveilleux et lequel un récit de science fiction ? Expliquez brièvement
chacun de vos choix ?

Texte 1

1
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Texte 2

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Texte 3

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Texte 1 Texte 2 Texte 3
Type de récit

Narrateur

Situation

Ecriture

Surnaturel

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Le genre fantastique est souvent confondu avec d’autres genres aux caractéristiques proches.

● Le récit merveilleux (ou conte de fées) présente, comme le récit fantastique, des événements et des
personnages surnaturels (fées, sorcières, animaux ou objets magiques) ; mais il se place sous
l’invocation de la formule « Il était une fois » de sorte que le lecteur admet l’existence du surnaturel
sans chercher à l’expliquer ou à la contester.

● Dans les récits de science-fiction, l’action se déroule sans un futur imaginaire fondé sur le progrès
scientifique et les avancées technologiques. Les personnages y assouvissent leurs rêves ou se sont
plongés dans l’angoisse (machine à remonter le temps, présence d’extra-terrestres, savant fou
investi de tous les pouvoirs, …). Le monde de la science-fiction est accepté comme tel par les
personnages et le lecteur, le doute est absent de cet univers.

5. En résumé…

1) a) À quelle époque le genre fantastique s’est-il développé ? Sous quelle forme littéraire ?
Citez deux titres et deux auteurs d’œuvres fantastiques.
b) Quels sont les thèmes caractéristiques du genre fantastique ?
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2) Qu’est-ce qui différencie le fantastique du merveilleux, de la science-fiction ?
3) Observez pour chacune des couvertures reproduites dans les pages précédentes le nom de la collection, le
logo, les illustrations… Quel est l’effet produit ?
4) Relisez la 4ème de couverture de Danse avec les spectres : en quoi les informations fournies relèvent-elles du
genre fantastique ?

Le début d’un
récit
fantastique
«Le veston ensorcelé»

Bien que j'apprécie l'élégance vestimentaire, je ne fais guère


attention, habituellement, à la perfection plus ou moins grande avec laquelle
sont coupés les complets de mes semblables.
Un soir pourtant, lors d'une réception dans une maison de Milan, je fis
5 la connaissance d'un homme qui paraissait avoir la quarantaine et qui
resplendissait littéralement à cause de la beauté linéaire 1, pure, absolue de son
1. beauté linéaire:
beauté des lignes du
vêtement.
costume. Je ne savais pas qui c'était, je le rencontrais pour la première fois et
pendant la présentation, comme cela arrive toujours, il m'avait été impossible
Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 11
10 d'en comprendre le nom. Mais à un certain moment de la soirée je me trouvai
près de lui et nous commençâmes à bavarder. Il semblait être un homme poli
et fort civil avec toutefois un soupçon de tristesse. Avec une familiarité peut-
être exagérée – si seulement Dieu m'en avait préservé! – je lui fis compliments
pour son élégance; et j'osai même lui demander qui était son tailleur.
15 L'homme eut un curieux petit sourire, comme s'il s'était attendu à
cette question.
« Presque personne ne le connaît, dit-il, et pourtant c'est un grand
maître. Mais il ne travaille que lorsque ça lui chante. Pour quelques clients
seulement.
20 – De sorte que moi... ?
– Oh! vous pouvez essayer, vous pouvez toujours. Il s'appelle
Corticella, Alfonso Corticella, rue Ferrara au 17.
– Il doit être très cher, j'imagine.
– Je le pense, oui, mais à vrai dire je n'en sais rien. Ce costume il me l'a
25 fait il y a trois ans et il ne m'a pas encore envoyé sa note.
– Corticella? rue Ferrara, au 17, vous avez dit?
– Exactement », répondit l'inconnu.
Et il me planta là pour se mêler à un autre groupe.
Au 17 de la rue Ferrara je trouvai une maison comme tant d'autres, et
30 le logis d'Alfonso Corticella ressemblait à celui des autres tailleurs. Il vint en
personne m'ouvrir la porte. C'était un petit vieillard aux cheveux noirs qui
étaient sûrement teints.
À ma grande surprise, il ne fit aucune difficulté. Au contraire il
paraissait désireux de me voir devenir son client. Je lui expliquai comment
35 j'avais eu son adresse, je louai2 sa coupe et lui demandai de me faire un
2. louai: admirai. complet. Nous choisîmes un peigné gris 3 puis il prit mes mesures et s'offrit de
3. peigné gris: tissu venir pour l'essayage, chez moi. Je lui demandai son prix. Cela ne pressait pas,
de laine à longues me répondit-il, nous nous mettrions toujours d'accord. Quel homme
fibres de très belle
sympathique! pensai-je tout d'abord. Et pourtant plus tard, comme je rentrai
qualité.
40 chez moi, je m'aperçus que le petit vieux m'avait produit un malaise (peut-être
à cause de ses sourires trop insistants et trop doucereux 4). En somme je n'avais
4. doucereux:
aucune envie de le revoir. Mais désormais le complet était commandé. Et
trop aimables,
hypocrites. quelque vingt jours plus tard il était prêt.
Quand on me le livra, je l'essayai, pour quelques secondes, devant
45 mon miroir. C'était un chef-d'œuvre. Mais je ne sais trop pourquoi, peut-être à
cause du souvenir du déplaisant petit vieux, je n'avais aucune envie de le
porter. Et des semaines passèrent avant que je me décide.
À suivre
Dino Buzzati, «Le veston ensorcelé », dans Le K (1966),
traduit de l'italien par Jacqueline Remillet @ Robert Laffont.

🡺 Lire et analyser
Le narrateur et l’histoire racontée
1. Identifiez le statut du narrateur. Justifiez.
2. a) Identifiez les temps verbaux de la première phrase et ceux utilisés dans la suite de
l’extrait (hors dialogue).

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b) Quel passage renvoie au moment de l’énonciation ? Quel passage renvoie au récit
d’événements passés (= récit rétrospectif) ? Relevez l’indication temporelle qui marque
le début du récit.
3. Si seulement Dieu m’en avait préservé (l. 17) : quelles hypothèses le lecteur peut-il
émettre sur la suite de l’histoire à la lecture de ce commentaire du narrateur ?
4. Quels sont les événements rapportés dans ce début de récit ? Résumez-les en
quelques lignes.
René Magitte (1898-1967),
Le Pèlerin, 1966, huile sur Le cadre et les personnages
toile (collection privée)
5. a) Relevez les indications de lieu. Sont-elles précises ?
b) Dans quels différents lieux l’histoire se déroule-t-elle ?
6. Qui sont les deux personnages rencontrés par le narrateur ?

Les manifestations de l’étrange et les réactions du narrateur


7. En quoi les personnages apparaissent-ils comme banals mais aussi étranges, physiquement ou dans leur comportement ?
8. Relevez dans ce début de texte les expressions qui vous semblent étranges et qui pourraient vous guider pour imaginer
la suite du récit.

La structure du récit fantastique


9. Ce début de texte a été divisé en trois parties. Pourquoi à votre avis ? Pourriez-vous leur donner à chacune un titre ?

Les hypothèses de lecture


10. Relisez le titre de la nouvelle. A quelle suite pouvez-vous vous attendre ? Emettez des hypothèses grâce à notre analyse
actuelle.

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Leçon… Le début d’un récit fantastique
● Le récit fantastique est le plus souvent mené à la ……………………………………… :
Le narrateur raconte une histoire insolite qu’il a lui-même …………………. ou dont il a été le
………………………
La narration à la première personne favorise l’…………………………………………….. qui partage les
sentiments du narrateur-personnage.
● L’histoire racontée se déroule toujours dans un …………………………………. qui renvoie à un
……………………………….., mais certains ……………..……………………. créent dès le début un certain malaise.
● Parfois, le récit fantastique se présente sous forme d’un récit rétrospectif (récit d’événements
passés) : le narrateur opère un retour sur son passé et raconte ce qui lui est arrivé (c’est le cas dans
« Le veston ensorcelé »).
● Le récit fantastique peut aussi être emboîté dans un premier récit : au cours d’une soirée entre amis
par exemple, un personnage raconte ce qui lui est arrivé ; il y a alors présence de deux narrateurs.
● On repère déjà la première étape du récit fantastique : l’…………………………………….

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🡺 Lire et écrire
Rédiger le début d’une nouvelle fantastique
Imaginez le début d’une nouvelle fantastique qui commencera par les mots suivants : « Comme chaque matin, j’allumai mon
ordinateur pour consulter mes e-mails. L’écran s’éclaira… »
Vous veillerez à créer une atmosphère étrange.

Critères de réussite
● Statut du narrateur respecté
● Cadre réaliste présent
● Indices d’étrangetés présents

L’intrusion du
surnaturel

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«Le veston ensorcelé» (suite)
Ce jour-là, je m'en souviendrai toujours. C'était un mardi d'avril et il pleuvait. Quand
j'eus passé mon complet - pantalon, gilet et veston - je constatai avec plaisir qu'il ne me
tiraillait pas et ne me gênait pas aux entournures comme le font toujours les vêtements neufs.
Et pourtant il tombait à la perfection.
5 Par habitude je ne mets rien dans la poche droite de mon veston, mes papiers je les
place dans la poche gauche. Ce qui explique pourquoi ce n'est que deux heures plus tard, au
bureau, en glissant par hasard ma main dans la poche droite, que je m'aperçus qu'il y avait un
papier dedans. Peut-être la note du tailleur ?
Non. C'était un billet de dix mille lires.
10 Je restai interdit. Ce n'était certes pas moi qui l'y avais mis. D'autre part il était
absurde de penser à une plaisanterie du tailleur Corticella. Encore moins à un cadeau de ma
femme de ménage, la seule personne qui avait eu l'occasion de s'approcher du complet après
1. un billet de la Sainte Farce: le tailleur. Est-ce que ce serait un billet de la Sainte Farce 1 ? Je le regardai à contre-jour, je le
une plaisanterie. comparai à d'autres. Plus authentique que lui c'était impossible.
15 L'unique explication, une distraction de Corticella. Peut-être qu'un client était venu lui
verser un acompte, à ce moment-là il n'avait pas son portefeuille et, pour ne pas laisser traîner
le billet, il l'avait glissé dans mon veston pendu à un cintre. Ce sont des choses qui peuvent
arriver.
J'écrasai la sonnette pour appeler ma secrétaire. J'allais écrire un mot à Corticella et
20 lui restituer cet argent qui n'était pas à moi. Mais, à ce moment, et je ne saurais en expliquer la
raison, je glissai de nouveau ma main dans ma poche.
«Qu'avez-vous, monsieur ? Vous ne vous sentez pas bien ? » me demanda la secrétaire
qui entrait alors.
J'avais dû pâlir comme la mort. Dans la poche mes doigts avaient rencontré les bords
25 d'un morceau de papier qui n'y était pas quelques instants avant.
«Non, non, ce n'est rien, dis-je, un léger vertige. Ça m'arrive parfois depuis quelque
temps. Sans doute un peu de fatigue. Vous pouvez aller, mon petit, j'avais à vous dicter une
lettre mais nous le ferons plus tard.»
Ce n'est qu'une fois la secrétaire sortie que j'osai extirper la feuille de ma poche.
30 C'était un autre billet de dix mille lires. Alors, je fis une troisième tentative. Et un troisième
billet sortit.
Mon cœur se mit à battre la chamade. J'eus la sensation de me trouver entraîné, pour
des raisons mystérieuses, dans la ronde d'un conte de fées comme ceux que l'on raconte aux
enfants et que personne ne croit vrais.
35 Sous le prétexte que je ne me sentais pas bien, je quittai mon bureau et rentrai à la
maison. J'avais besoin de rester seul. Heureusement la femme qui faisait mon ménage était
2. spasmodique: déjà partie. Je fermai les portes, baissai les stores et commençai à extraire les billets l'un après
avec des mouvements l'autre aussi vite que je le pouvais, de la poche qui semblait inépuisable.
brusques. Je travaillai avec une tension spasmodique2 des nerfs dans la crainte de voir cesser
40 d'un moment à l'autre le miracle. J'aurais voulu continuer toute la soirée, toute la nuit jusqu'à
accumuler des milliards. Mais à un certain moment les forces me manquèrent.
Devant moi il y avait un tas impressionnant de billets de banque. L'important
maintenant était de les dissimuler, pour que personne n'en ait connaissance. Je vidai une vieille
malle pleine de tapis et, dans le fond, je déposai par liasses les billets que je comptai au fur et à
45 mesure. Il y en avait largement pour cinquante millions.
Quand je me réveillai le lendemain matin, la femme de ménage était là, stupéfaite de
me trouver tout habillé sur mon lit. Je m'efforçai de rire, en lui expliquant que la veille au soir
j'avais bu un verre de trop et que le sommeil m'avait surpris à l'improviste.
Une nouvelle angoisse: la femme se proposait pour m'aider à enlever mon veston afin
50 de lui donner au moins un coup de brosse.
Je répondis que je devais sortir tout de suite et que je n'avais pas le temps de me
changer. Et puis je me hâtai vers un magasin de confection pour acheter un vêtement
semblable au mien en tous points; je laisserai le nouveau aux mains de ma femme de ménage;
le mien, celui qui ferait de moi en quelques jours un des hommes les plus puissants du monde,
55 je le cacherai en lieu sûr.
Je ne comprenais pas si je vivais un rêve, si j'étais heureux ou si au contraire je
suffoquais sous le poids d'une trop grande fatalité. En chemin, à travers mon imperméable, je
palpais continuellement l'endroit de la poche magique. Chaque fois je soupirais de
soulagement. Sous l'étoffe, le réconfortant froissement du papier-monnaie me répondait.

Dino Buzzati, «Le veston ensorcelé », dans Le K (1966),


À suivre traduit de l'italien par Jacqueline Remillet @ Robert Laffont.

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🡺 Lire et analyser
La progression du récit d) En quoi cet événement peut-il être interprété

1. a) En quoi la première phrase marque-t-elle un comme un avertissement ? pour quelle raison le

tournant dans l’histoire ? héros aurait-il dû penser qu’il transgressait un

b) Quel est l’événement qui survient (lignes 64 à interdit ?

76) ? 4. Quel est le pouvoir du veston ?

2. Quels événements s’enchaînent ? Le rythme 5. En quoi le héros ne tient-il pas compte de

s’accélère-t-il ? l’avertissement reçu ? Pour quelle raison ? Quel rêve


le narrateur pense-t-il pouvoir réaliser grâce au
Les manifestations de l’étrange et les réactions
veston ? Pour répondre, citez un passage précis.
du narrateur
6. Que craint-il ? Quelle stratégie met-il en œuvre pour
3. a) En quoi l’événement survenu en début de l’extrait
garder son secret ?
est-il insolite ?
La visée et les hypothèses de lecture
b) Quelles hypothèses le narrateur émet-il pour
7. Quel est l’effet produit sur le lecteur par cette
expliquer cet événement ? Lesquelles rejette-t-il ?
lecture ?
c) Les explications émises par le narrateur
8. A quelle suite pouvez-vous vous attendre ? Emettez
appartiennent-elles au domaine du rationnel
des hypothèses.
(explicables par la raison ) ou de l’irrationnel ?

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Leçon… L’intrusion du surnaturel
● Dans un récit fantastique, le personnage est souvent confronté à un …………………………… 
……………………………qui ne peut être expliqué par les lois naturelles. Cet événement se présente
souvent comme un…………………. que le personnage est tenté de transgresser en dépit du danger
qu’il peut courir.
● Le personnage se pose des questions, ……………………………, doute : il tente tout d’abord de trouver
une ………………………………..............….. à cet événement ou bien il admet que l’événement appartient
au ……………………………………………..
● Le lecteur, comme le personnage, est dans l’incapacité de choisir entre une explication rationnelle
et une interprétation surnaturelle des faits.
● L’intrusion du surnaturel se produit souvent lorsque le personnage est seul, le soir. Le personnage
perd souvent ses repères de temps et de lieu. Il éprouve un certain malaise qui peut aller de
l’angoisse à l’exaltation (par exemple, un sentiment de puissance lié à l’obtention d’un pouvoir…).
● On repère ici les deux étapes suivantes du récit fantastique :
1. l’…………………………………….

2. la ……………………………………

Le pacte avec le
démon
«Le veston ensorcelé» (suite)

Mais une singulière coïncidence refroidit mon délire joyeux. Sur les

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 18


journaux du matin de gros titres : l'annonce d'un cambriolage survenu la
veille occupait presque toute la première page. La camionnette blindée
d'une banque qui, après avoir fait le tour des succursales, allait transporter
5 au siège central les versements de la journée, avait été arrêtée et dévalisée
rue Palmanova par quatre bandits. Comme les gens accouraient, un des
gangsters, pour protéger sa fuite, s'était mis à tirer. Un des passants avait
été tué. Mais c'est surtout le montant du butin qui me frappa : exactement
cinquante millions (comme les miens).
10 Pouvait-il exister un rapport entre ma richesse soudaine et le hold-
up de ces bandits survenu presque en même temps ? Cela semblait ridicule
1. perplexe: de le penser. Et je ne suis pas superstitieux. Toutefois l'événement me laissa
qui ne sait que penser. très perplexe1.
2. effréné: Plus on possède et plus on désire. J'étais déjà riche, compte tenu de
excessif, sans frein.
3. m'éperonnait:
15 mes modestes habitudes. Mais le mirage d'une existence de luxe effréné 2
m'excitait. m'éperonnait3. Et le soir même je me remis au travail. Maintenant je
procédais avec plus de calme et les nerfs moins tendus. Cent trente-cinq
autres millions s'ajoutèrent au trésor précédent.
Cette nuit-là je ne réussis pas à fermer l'œil. Était-ce le
20 pressentiment d'un danger ? Ou la conscience tourmentée de l'homme qui
obtient sans l'avoir méritée une fabuleuse fortune ? Ou une espèce de
remords confus ? Aux premières heures de l'aube je sautai du lit, m'habillai
et courus dehors en quête d'un journal.
Comme je lisais, le souffle me manqua. Un terrible incendie
25 provoqué par un dépôt de pétrole qui s'était enflammé avait presque
complètement détruit un immeuble dans la rue de San Cloro, en plein
centre. Entre autres, les coffres d'une grande agence immobilière qui
contenaient plus de cent trente millions en espèces avaient été détruits.
Deux pompiers avaient trouvé la mort en combattant le sinistre.
4. forfaits:
crimes.
30 Dois-je maintenant énumérer un par un tous mes forfaits 4 ? Oui,
parce que désormais je savais que l'argent que le veston me procurait venait
du crime, du sang, du désespoir, de la mort, venait de l'enfer. Mais
insidieusement ma raison refusait railleusement d'admettre une quelconque
responsabilité de ma part. Et alors la tentation revenait, et alors ma main -
35 c'était tellement facile - se glissait dans ma poche et mes doigts, avec une
volupté soudaine, étreignaient les coins d'un billet toujours nouveau.
L'argent, le divin argent !
Sans quitter mon ancien appartement (pour ne pas attirer
l'attention) je m'étais acheté en peu de temps une grande villa, je possédais
40 une précieuse
collection de tableaux, je circulais en automobile de luxe et, après avoir
quitté mon emploi « pour raison de santé », je voyageais et parcourais le
monde en compagnie de femmes merveilleuses.
Je savais que chaque fois que je soutirais de l'argent de mon veston,
45 il se produisait dans le monde quelque chose d'abject 5 et de douloureux.
5. abject: ignoble.
6. étayée: soutenue.
Mais
c'était toujours une concordance vague, qui n'était pas étayée 6 par des
preuves logiques. En attendant, à chacun de mes encaissements, ma
conscience se dégradait, devenait de plus en plus vile. Et le tailleur ? Je lui
50 téléphonai pour lui demander sa note mais personne ne répondit. Via
Ferrara on me dit qu'il avait émigré, il était à l'étranger, on ne savait pas où.
Tout conspirait pour me démontrer que, sans le savoir, j'avais fait un pacte
À suivre avec le démon.

Dino Buzzati, «Le veston ensorcelé », dans Le K (1966),


traduit de l'italien par Jacqueline Remillet @ Robert Laffont.

🡺 Lire et analyser
Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 19
1. a) Quels sont les 2 événements que le narrateur a b) Le narrateur se sent-il responsable ? Quel lien
choisi de raconter ? Quels sont leurs points établit-il finalement entre les événements et sa
communs ? richesse ?
b) En quoi sont-ils dramatiques ? 4. a) Que signifie l’expression « pacte avec le démon » ?
2. a) Relevez le champ lexical de la richesse et du luxe. b) Quel est ce pacte ? Quel interdit a-t-il
b) Qu’apporte l’argent au narrateur ? transgressé ? Quel est le rôle du veston ?
c) Quels sentiments le narrateur éprouve-t-il face à 5. Quel est l’effet produit sur le lecteur par l’évocation
l’argent ? Appuyez-vous sur des expressions précises. du démon ?
3. a) Relevez les expressions qui montrent que peu à 6. Quelles hypothèses pour la suite ?
peu le narrateur établit un rapport entre les
événements qui surviennent et sa richesse.

Leçon… Le pacte avec le démon

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 20


● Le …………………………… ou …………………………… est une figure majeure de l’univers fantastique. Le
diable use de ses charmes pour …………………………… ses victimes : il peut se métamorphoser en
animal ou en humain pour offrir un ………………………………………………………… (ici le tailleur/démon offre
un veston magique).
● Le diable satisfait alors un désir qu’il a repéré chez sa victime. Celle-ci succombe à la
……………………………, transgresse l’…………………………… (jeunesse éternelle, richesse illimitée, etc.) et
établit une sorte de …………………………… avec le diable en se mettant sous sa dépendance.

La manifestation
matérielle du
surnaturel
«Le veston ensorcelé» (suite)
 
  Cela dura jusqu'au jour où dans l'immeuble que j'habitais depuis de
1. sexagénaire: longues années, on découvrit un matin une sexagénaire 1 retraitée asphyxiée
personne d'une
soixantaine d'années.
par le gaz ; elle s'était tuée parce qu'elle avait perdu les trente mille lires de
sa pension qu'elle avait touchée la veille (et qui avaient fini dans mes mains).
5 Assez, assez ! pour ne pas m'enfoncer dans l'abîme, je devais me
débarrasser de mon veston. Mais non pas en le cédant à quelqu'un d'autre,
2. opprobre: parce que l'opprobre2 aurait continué (qui aurait pu résister à un tel attrait ?).
honte. Il devenait indispensable de le détruire.
 J'arrivai en voiture dans une vallée perdue des Alpes. Je laissai mon
10 auto sur un terre-plein herbeux et je me dirigeai droit sur le bois. Il n'y avait
pas âme qui vive. Après avoir dépassé le bourg, j'atteignis le gravier de la
moraine3. Là, entre deux gigantesques rochers, je tirai du sac tyrolien
3. moraine: débris l'infâme veston, l'imbibai d'essence et y mis le feu. En quelques minutes, il ne
de roches arrachés
de la montagne resta que des cendres.
par les glaciers. 15 Mais à la dernière lueur des flammes, derrière moi – à deux ou trois
mètres aurait-on dit –, une voix humaine retentit: « Trop tard, trop tard! »
Terrorisé je me retournai d'un mouvement brusque comme si un serpent
m'avait piqué. Mais il n'y avait personne en vue. J’explorai tout alentour
sautant d'une roche à l'autre, pour débusquer le maudit qui me jouait ce
Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 21
20 tour. Rien. Il n'y avait que des pierres.
 Malgré l'épouvante que j'éprouvais, je redescendis dans la vallée,
avec une sensation de soulagement. Libre finalement. Et riche,
heureusement.

Dino Buzzati, « Le veston ensorcelé.,


 dans Le K (1966), traduit de l'italien par
Jacqueline Remillet @ Robert Laffont.

Dino Buzzati (1906-1972), À suivre


Portrait d’un vieux noble autrichien,
1966, tempera sur carton.

🡺 Lire et analyser
La progression du récit 4. a) Qui désigne selon vous la voix humaine (l. 245) ?

1. a) Quel est l’événement qui provoque une réaction b) Emettez une hypothèse rationnelle et une

nouvelle du le narrateur ? surnaturelle sur l’identité de cet énonciateur.

b) Quelles sont les actions qui se succèdent ensuite ?

Les manifestations du surnaturel et les Les éléments symboliques


5. a) A la dernière lueur des flammes (l. 243) : que peut
réactions du narrateur
symboliser le feu de cet extrait ?
2. a) Pour quelle raison l’événement survenu provoque-
b) Comme si un serpent m’avait piqué (l. 246-247) : à
t-il chez le narrateur un sursaut de conscience ? Pour
quel serpent se réfère-t-il ? Expliquez cette référence.
répondre, dites en quoi il se distingue de ceux
survenus précédemment.
Les hypothèses de lecture
3. Quels éléments rendent le paysage inquiétant ? 6. Quelles hypothèses pour la suite ?

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 22


Leçon… Les manifestations matérielles du surnaturel
● Dans un récit fantastique, le surnaturel apparaît sous différentes …………………………… : créature
fantomatique, voix, animal. Parfois certains éléments du corps ……………………… s’animent d’une vie
étrange : cheveux, mains, cœur…
● L’événement surnaturel se manifeste dans un cadre déterminé : …………………………… (chambre),
……………………………
● L’atmosphère est toujours inquiétante : l’événement survient souvent de ……………………, dans des
lieux enveloppés de brouillard, où les …………………………………… ………………………………………………… ; il
peut aussi se produire lors d’une tempête, lorsque la nature est……………………………
● L’ensemble de ces éléments contribue à mettre le lecteur en condition et suscite chez lui
l’……………………………

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 23


La fin du récit

fantastique

« Le veston ensorcelé» (fin)


 
  Mais sur le talus, ma voiture n'était plus là. Et lorsque je fus rentré
en ville, ma somptueuse villa avait disparu ; à sa place un pré inculte avec
l'écriteau «Terrain communal à vendre ». Et mes comptes en banque, je ne
pus m'expliquer comment, étaient complètement épuisés. Disparus de mes
1. actions: 5 nombreux coffres-forts les gros paquets d'actions1. Et de la poussière, rien
titres négociables
représentant que de la poussière, dans la vieille malle.
une part du capital  Désormais j'ai repris péniblement mon travail, je m'en tire à grand-
d’une société
peine, et ce qui est étrange, personne ne semble surpris par ma ruine subite.
 Et je sais que ce n'est pas encore fini. Je sais qu'un jour la sonnette
10 de la porte retentira, j'irai ouvrir et je trouverai devant moi ce tailleur de
malheur, avec son sourire abject, pour l'ultime règlement de comptes. 

Dino Buzzati, «Le veston ensorcelé», dans Le K (1966),


traduit de l'italien par Jacqueline Remillet @ Robert Laffont

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 24


Leçon… La fin d’un récit fantastique
● A la fin d’un récit fantastique, le lecteur comme le personnage sont dans l’……………………
…………………………… …………………………… ……………………………  des faits, d’autant que le surnaturel laisse
parfois des traces visibles de son passage.
● Dans un récit fantastique dont le thème est le ……………………………………………………, la victime ne peut
en aucun cas se dégager du pacte : au terme du contrat, le diable vient réclamer son dû, le pacte
conduit à la ……………………………  et à la damnation.
● Dans le schéma du récit fantastique, cette dernière étape s’appelle la …………………………... 

Le fantastique au

cinéma et à la

télévision
Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 25
● Le genre fantastique conquiert très tôt le cinéma. Les vampires font leur apparition dans le cinéma
expressionniste allemand dans les années 1920 (Nosferatu le vampire de F. W. Murnau, …). Le
cinéma fantastique connaît ensuite un premier âge d’or, les progrès technologiques permettant des
effets spéciaux de plus en plus spectaculaires (Dracula en 1931, La Momie en 1932, …). Ces films,
souvent inspirés d’œuvres littéraires, donneront lieu pour la plupart à de multiples autres versions
jusqu’à nos jours.

● De nombreux autres films sont tournés par la suite et autour des années 1970, le cinéma fantastique
prend un tournant décisif. Tout en renouvelant les figures légendaires du fantastique traditionnel
(Nosferatu, fantôme de la nuit de W. Herzog en 1979, …), il s’oriente vers des films où l’horreur et
l’épouvante dominent (L’Exorciste de W. Friedkin en 1974).Les réalisateurs américains S. Spielberg
(Les Dents de la mer, 1975) et J. Carpenter (The Thing, 1982, Christine, 1983, …) Le réalisateur S.
Kubrick (Shining, 1980) sont les représentants de cette nouvelle génération.

● Depuis les années 1990, on peut constater, à travers des films à grands succès (Dracula de F. F.
Coppola, en 1992, La Neuvième Porte de R. Polanski en 1999, Sleepy Hollow de T. Burton en 2000, le
Pacte des Loups de C. Gans en 2001), un retour aux motifs fantastiques traditionnels.

● Parallèlement, le genre se prête parfois à la tendresse (Edward aux mains d’argent de T. Burton en
1991) mais aussi à l’humour et à la fantaisie (La famille Adams de B. Sonnenfeld en 1991, La Mort
vous va si bien de R. Zemeckis en 1992) et peut faire l’objet de parodies (Le Bal des vampires de R.
Polanski en 1968, La Momie de S. Sommers en 1999).

● Parmi les séries télévisées, la série X Files, Aux frontières du réel est devenue une série culte. Elle
est fondée sur les thèmes de la littérature fantastique : le mal, le démon, la présence d’un au-delà.
Le téléspectateur peut reconnaître à travers les personnages de Fox Mulder et de Dana Scully,
agents du FBI, la lutte entre la raison et l’irrationnel.

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 26


⇨ Analyse de « Dracula »
de Francis Ford Coppola

1. Appliquer la grille d’analyse du fantastique à un film


Travail personnel à rendre pour le ………………………….

Consignes : Le fond 
1) Résumez le film en 10 lignes minimum à 15 lignes maximum.
2) Retrouvez les 6 (5 ?) étapes étudiées dans la grille du fantastique.
3) Apportez des preuves prouvant que ce film appartient bien au genre « fantastique » (décor, musique,…).
4) Formulez votre avis personnel quant au film. Argumentez votre réponse.

La forme
1) Le travail doit être dactylographié. Les titres doivent être tapés en gras souligné, Times New Roman 14. Le
reste du texte doit être présenté en Times New Roman 12. Vous pouvez utiliser un interligne (Format,
Paragraphe, Interlignes) de 1,5 maximum.
2) Le travail doit comprendre une page de garde reprenant :
▪ Vos nom, prénom et classe (coin supérieur gauche),
▪ Le nom de l’établissement scolaire (coin supérieur droit),
▪ Les titres présentés comme suivent :

Français
Analyse d’un film fantastique
« Dracula » de F. F. Coppola, 1992
▪ L’année scolaire (coin inférieur gauche),
▪ Le nom du professeur (coin inférieur droit).

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 27


2. Lire un document audiovisuel
A. Observations de quelques séquences audiovisuelles

Extrait du film « Dracula » de F.F. Coppola, 1992

B. Le vocabulaire de l’image

7) Le cadre
Il délimite une partie de la réalité, il la transforme.
→ Le hors-cadre, lui, représente tout ce que le réalisateur ne veut pas montrer.

8) Le champ
C’est un fragment d’espace, ce que nous voyons.
→ Le hors champ est l’espace plus large qui entretient des liens avec l’image, au-delà du champ.

9) L’échelle des plans (= grosseur des plans)


Le plan est une façon de cadrer l’image que l’on veut montrer au public, la scène que l’on veut filmer.

Les différents plans (que ce soit au cinéma, en photographie ou en bande dessinée) permettent au spectateur
d’attirer ou de diluer son attention sur un personnage, un objet, un lieu, …

Un plan varie en fait selon la distance du spectateur au sujet, au décor, …

Au cinéma, chaque plan est « pensé », il n’y en a pas un qui est pris au hasard. Ils ont chacun une fonction, une
utilité, et être capable de les utiliser correctement n’est pas évident.

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 28


Cette notion d’échelle des plans est toute relative, souvent sujette à interprétation, dès que les personnes sont
nombreuses à l’écran ou dès que la position debout n’est plus observée.

ou
pied

Plan Présenter
genou
ou
italien
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ou
cuisse

Plan
taille
ou
moyen
rapproch
é

ou
buste

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 30


10) L’angle de prise de vue
▪ La ………………………………………………………………………..

▪ La ………………………………………………………………………..

La vision est surélevée par rapport au sujet, au décor, … Ceci permet au spectateur de dominer la scène.

▪ La ………………………………………………………………………. 

La vision se situe plus bas que le sujet, le décor, … Le spectateur est dominé par la scène.

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 31


11) Les mouvements de la caméra

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Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 33
6.

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En guise de conclusion sur le vocabulaire de l’image…

C. Les différents métiers du cinéma

Article rédigé par Alexandre Le Guienne, réactualisé en mai 2004.

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 35


"Attention, moteur !" Qui n'a pas rêvé au moins une fois dans sa vie d'entendre ou de prononcer
cette phrase magique ? Oui, le cinéma fait rêver !

Et si le rêve devenait réalité ? Impossible ? Malgré les idées reçues, pour faire carrière dans le cinéma, il n'y a pas de parcours
modèle, pas de formation obligatoire.
Tout de même, méfiez-vous des jolies plaquettes de présentation de certaines écoles, car derrière le papier glacé, la
formation distillée n'est pas toujours efficace pour s'insérer dans le milieu professionnel.

Le cinéma ne se résume pas aux acteurs ni aux réalisateurs. Des dizaines de corps de métiers travaillent dans cette industrie.
Si vous êtes dresseurs d'animaux, électriciens, commerciaux, juristes, vous pouvez tenter votre chance sur le grand ou petit
écran. Oui, un film ça se réalise mais ça se vend et ça s'exploite.

Première étape de l'élaboration d'un film, la production regroupe tous les professionnels qui sont à
la genèse du film : les scénaristes, les financiers, les agents artistiques, et les spécialistes du casting.
C'est à ce moment là qu'un film naît, par l'écriture bien sûr mais également par la recherche des
capitaux nécessaires à sa réalisation.
Le scénariste :
C'est l'écrivain du film. Ce n'est pas par hasard s'il est également le plus souvent romancier. Il doit connaître également les
contraintes techniques et les possibilités offertes notamment par les nouvelles technologies.
Travail laborieux - le scénariste réécrit plusieurs fois certains chapitres du scénario -, l'écriture d'un scénario est un travail
d'équipe. Dialoguistes, adaptateurs (les spécialistes de l'adaptation d'une œuvre littéraire, d'une pièce de théâtre),
conseillers historique, story-boarder (ceux qui dessinent les différentes scènes) se greffent au travail du scénariste.
Le producteur :
C'est lui qui tient les cordons de la bourse. Il détermine les coûts d'un film, trouve les financements, à travers les différentes
aides, négocie avec d'éventuels co-producteurs (le budget moyen d'un film français s'élève à 4,5 millions d'euros, soit sept
fois moins qu'un film américain).
Son rôle ne s'arrête pas à l'argent : il sélectionne les projets, fait naître des talents. En fait, il intervient souvent à toutes les
étapes : de l'écriture du scénario, à l'embauche des équipes, et parfois même jusqu'au montage.
Le régisseur :
C'est le responsable du confort matériel de l'équipe présente sur le plateau. Il déniche les hôtels, s'occupe des repas. C'est
également lui qui négocie les autorisations de tournage et se charge de la location de matériel. Pas de formation particulière.
L'agent artistique :
Il gère la carrière des acteurs, des réalisateurs et de certains techniciens. Considéré comme un troisième parent, il se charge
aussi de dénicher les nouveaux talents. En contrepartie, il reçoit un pourcentage sur le cachet (généralement 10%). Aucune
formation n'est requise, mais des études de droit privé sont vivement conseillées. Les qualités relationnelles priment. Il faut
aussi être solidement implanté dans le milieu du cinéma et être convaincant. 

Deuxième grosse étape de la conception d'un film et certainement la plus connue : la réalisation !

Di Cecco E. FRANÇAIS 4ème TQ Le récit fantastique - 36


Le réalisateur :
C'est l'homme orchestre d'un plateau de tournage ! Souvent scénariste ou co-scénariste, il repère les lieux de tournage,
recherche et dirige les acteurs, impose ses choix et ménage les susceptibilités de toute l'équipe.
L'assistant réalisateur :
C'est le numéro 2 du plateau. C'est lui qui établit, d'après le scénario, le plan de tournage. Il estime le temps, prévoit les
accessoires, les cascades, et répartit le travail entre les techniciens. Il repère aussi des lieux de tournage.
Son ennemi, ce sont les temps morts qui ralentissent le tournage et alourdissent le coût du film.
Le scripte :
C'est la mémoire du film et la gardienne du temps. Elle doit tout connaître, se rappeler toutes les scènes, toutes les prises,
elle veille aux possibles incohérences.
Le monteur :
Véritable architecte du film, il travaille en étroite collaboration avec le réalisateur et la scripte. Il sélectionne les meilleures
prises de vue, et amène sa touche personnelle au film.

Le film est en boîte, il faut maintenant que le spectateur puisse venir le voir.

En France, ce sont près de 4 200 films que les distributeurs proposent chaque année au public. Ils se battent pour imposer les
films dans le plus grand nombre de salles.
Une fois fait, le distributeur se charge de tirer les copies, s'occupe de la bande-annonce, imagine une affiche avec un
"affichiste" et élabore un "plan média" avec l'attachée de presse.
Aujourd'hui, on compte environ 160 entreprises, dont beaucoup de micro-structures spécialisées dans la distribution. Les
cinq plus gros opérateurs détiennent plus de 60% des parts de marché et les dix premiers empochent 90% des recettes.

Dernière étape, l'exploitation. Autrement dit, tous les professionnels qui dirigent des cinémas, ceux
qui projettent les films, les programment, et ceux qui accueillent les spectateurs.

Le bilan 2003 du cinéma français est en demi-teinte : 174  millions d'entrées en décembre contre 185 millions en 2002. En
tête du classement, le poisson-clown Nemo. Taxi 3 s'est imposé comme LE succès de l'année, suivi par Matrix Reloaded, le
Retour du Roi et Chouchou. Plus de 200 films ont été proposés au public, dont une majorité d'initiative française. 
Depuis le début de l'année 2004, les entrées dans les salles s'élèvent à plus de 50 millions, soit 2,7% de mieux que sur la
même période en 2003.
Le programmateur :
Le programmateur choisit les films qui seront à l'affiche dans les grandes salles et plus particulièrement celles intégrées à un
réseau. Une fois son choix arrêté, il négocie avec les distributeurs.
L'exploitant :
C'est le terme qui désigne le directeur d'un cinéma. Son rôle ? En contact direct avec le distributeur, il négocie les droits
d'exploitation (le prix de la copie du film).

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Lorsqu'il est indépendant, il choisit également les films. Outre la gestion du cinéma et le management de son personnel
(projectionnistes, hôtesses d'accueil, caissières...), il s'occupe aussi d'organiser des manifestations, des animations culturelles,
des rencontres entre le public et les professionnels du cinéma.
Le projectionniste :
Dernier maillon de la chaîne, le projectionniste installe les bobines dans les machines. Il est également chargé de surveiller la
qualité et l'usure des films, ainsi que le bon fonctionnement de son matériel.

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