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NOSTRADAMUS

LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

2ème EDITION
TOMEs 1 et 2

JEAN BENDOR

Copyright © 2020 Jean Bendor


Tous droits réservés.
ISBN : 9798606680108
TABLE DES MATIÈRES

1 AVANT PROPOS Pg n°
2 LE MEMOIRE Pg n°
3 NOSTRADAMUS Pg n°
4 LES CLES DE Pg n°
DECRYPTAGE
5 LES LIENS AVEC Pg n°
L’EPOQUE ROMAINE
6 CESAR Pg n°
7 HENRY Pg n°
8 NOSTRADAMUS, Pg n°
FONDEMENTS DES
FACULTES
9 LES IDEES RECUES Pg n°
10 LE GRAND CHYREN Pg n°
11 LES CELIQUES Pg n°
12 JULES CESAR Pg n°
13 LES ANTECHRISTS Pg n°
14 LE FAUX PROPHETE Pg n°
15 DE L’ANTIQUITE A Pg n°
L’APOCALYPSE
16 SATAN Pg n°
17 LA GRANDE INVASION Pg n°
3 VAISEAUX COSMIQUE Pg n°
4 AIGLE, COQ ET AUTRES Pg n°
5 LA MORT DU SOLEIL Pg n°
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

AVANT PROPOS

Quatre siècles et demi se sont écoulés depuis l’extinction


corporelle de Nostradamus, sans que sa notoriété ne s’en
trouve altérée. En raison du changement de millénaire et dans
la dernière décennie, on a pu constater un regain d’intérêt
pour les prophéties et augures de toutes sortes. Il n’y a rien
d’étonnant à cela, chaque fois que le monde traverse une crise
grave et c’est malheureusement le cas actuellement, nombre
de lecteurs se portent naturellement vers ce genre de
littérature. Ajoutons à cela que ce début de millénaire, dont
certains pensent ou espèrent qu’il ouvre sur une ère nouvelle,
ne fait qu’attiser une curiosité toujours croissante et jamais
assouvie, d’un public friand de mystères.
L’énigme nostradamienne est aussi entretenue par un
noyau de commentateurs assez talentueux pour convaincre
leurs lecteurs du bien-fondé de leurs allégations. Au-delà de
la curiosité que certains portent aux prophéties en général, on
découvre leurs inquiétudes, leurs peurs et leurs angoisses,
toutes sortes de craintes dues, pour une part, aux incertitudes
auxquelles nous sommes actuellement confrontés, mais plus
encore aux conséquences prévisibles de nos erreurs passées.
Avec le temps, les interprètes des temps passés ont de
concert entériné l’idée d’une relation des prédictions
nostradamiennes avec les derniers siècles écoulés et l’ont
même le plus souvent enrichie de détails abondants
largement dans ce sens. Faute de contradicteurs, cette théorie
s’est finalement imposée au point de devenir la référence
absolue. Force est de constater qu’elle aura séduit les lecteurs
les plus exigeants durant des lustres.

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

De ce fait, beaucoup reprochent à leur célèbre auteur


d’avoir dramatisé, des situations qui ne justifiaient pas, à leur
avis, de description aussi sombre, tant il est vrai que les
catastrophes augurées leur paraissent, a priori, largement
disproportionnées, en regard des faits historiques auxquels
les commentateurs les ont toujours rattachés. La remarque est
pertinente et l’on ne pourrait que leur donner raison, si les
prophéties se rapportaient effectivement, de près ou de loin,
à l’histoire des derniers siècles, mais ce n’est pas le cas.
Au grand dam de mes prédécesseurs, mes interprétations
démontreront que les divinations du célèbre devin
concernent uniquement la fin des temps. Il sera vite démontré
que les scènes décrites se rapportent bel et bien à de
véritables, catastrophes, calamités et autres tragédies dont il
apparaîtra, qu’aucune ne s’est encore jamais produite. Par
conséquent, avant d’entreprendre la lecture de cet ouvrage et
pour en saisir toutes les subtilités, mieux vaut tout oublier des
interprétations antérieures.
Les errements du passé proviennent, selon toute
vraisemblance, d’une mauvaise interprétation du mot
prophétie, qui, avec le temps, aura perdu sa signification
originelle. En raison d’une origine assurément divine, les
prédictions de Nostradamus commandent de redonner à cette
expression, sa véritable signification.
Avec la fin de l’Inquisition et depuis cette lointaine
époque, les devins, astrologues et autres extralucides se sont
tout à la fois, multipliés et fortement diversifiés dans les
techniques de vaticination. Quelle que soit leur spécialité,
aucun n’a jamais su et pour certains jamais voulu établir la
distinction entre la prophétie d’essence divine et les formes
de divination issues d’autres coutumes et traditions. Depuis
ce temps et en raison de cela, la signification du mot s’est
progressivement altérée, au point que sa définition est

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

finalement devenue : « toute prédiction d’un événement


futur. » Cette définition englobe maintenant tous les arts
divinatoires, de sorte qu’elle interdit désormais de saisir la
nuance entre les deux concepts. Pour quiconque veut
comprendre le sens profond des prophéties, il faut, en
premier lieu, les rétablir dans leur contexte, dans lequel
interviennent tant le critère religieux que leur relation avec le
peuple israélite.
Au début de sa première épître, Nostradamus précise, en
parlant de son œuvre, qu’il appelle ici son mémoire : « …afin
de faire connaître ce que la divine essence m'a donné à
connaître par les révolutions Astronomiques. » Le propos
est clair et sans ambiguïté. La seule nuance tient dans la
divine essence, qui confère à ses prophéties le caractère
religieux qui fait tellement défaut dans les interprétations
antérieures et qui atteste, du même coup, leur authenticité. En
raison du voile qui masquait le sens des mots, cette nuance a
depuis toujours échappé à mes devanciers que de
nombreuses, mais illusoires corrélations entre l’histoire des
derniers siècles et le sens présumé de certains quatrains 1
auront fini par égarer de manière définitive. C’est ainsi que
les prophéties de Nostradamus sont devenues, dans l’esprit
du plus grand nombre, une compilation de divinations dont
le centre d’intérêt se rapporte finalement à l’histoire de la
France et de quelques pays limitrophes, dans laquelle la
noblesse de notre beau pays est portée aux plus hauts
sommets.
En ce qui concerne mes interprétations, il sera vite prouvé
que le divin intervient aussi bien dans l’origine des
prophéties que dans leur accomplissement. En toute logique,

1
Groupe de quatre lignes versifiées ou strophe. Dans le même ordre
d’idées, le sixain en comprend six.

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Dieu a certainement mieux à faire qu’à s’occuper de vagues


divinations qui ne serviraient qu’à satisfaire les aspirations
d’une poignée de curieux. Comme chacun peut le constater,
les prophéties bibliques, même apocryphes, servent toujours
et en premier lieu les desseins de Dieu, c’est aussi et fort
heureusement le cas des prédictions nostradamiennes.
Selon une convention tacite dans laquelle intervient
également le côté purement pratique, on regroupe
généralement les quatrains, sixains et présages sous un même
vocable. Le terme de quatrains, que Nostradamus appelle
parfois sentences, semble faire l’unanimité des
commentateurs. Bien que les centuries ne respectent pas
toujours la centaine d’unités, il est d’usage de les désigner
sous ce vocable que l’auguste devin a lui-même privilégié.
Notons au passage que ce mot fait volontairement allusion
aux antiques centuries romaines. Cette relation apparaîtra
plus clairement au fil de la lecture, mais pour l’instant, elle
n’en constitue pas moins un premier indice.
Beaucoup dénient la paternité des sixains à Nostradamus.
En ce qui me concerne, je juge préférable de les assimiler
dans le même cadre, du fait d’une complémentarité
indiscutable.
Depuis leur lointaine rédaction, les prophéties de
Nostradamus n’ont cessé de faire couler l’encre en cataracte.
Pourtant et contrairement à de fausses affirmations, il
s’avérera que nul n’en a encore jamais percé leurs mystères.
Néanmoins et en dépit de leur impénétrabilité, nombre
d’admirateurs n’en sont pas moins restés fidèles à l’idée que
le séculaire mémoire cachait de grandes et véritables
prophéties et que leur illustre auteur possédait des dons de
voyance tout à fait exceptionnels.
Le temps est maintenant venu que les faits vont leur
donner raison. Rendues à leur signification originelle, les

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

légendaires prédictions vont enfin démontrer que Michel de


Nostredame, médecin, astrologue et devin était vraiment
digne de la confiance qu’ils ont mise en lui. Ceux qui lui sont
restés fidèles vont finalement recevoir la juste récompense de
leur longue attente.
Faisons pour une fois preuve de pragmatisme et pour ne
prendre que ces quelques exemples, choisis parmi les
interprétations les plus classiques émises antérieurement.
Peut-on dire que la fuite de Louis XVI à Varennes et sa mort
sur l’échafaud résultent d’une intervention divine dûment
établie ? Outre l’extrême-onction que recevaient
généralement les guillotinés, il ne ressort de la triste fin du
roi aucune marque religieuse. Enfin, le diable lui-même ne
pourrait y découvrir aucun lien avec le peuple juif. Il en est
de même du fameux duel entre Montgomery et Henri II, au
cours duquel ce dernier a perdu accidentellement la vie, ou
même avec le fait qu’un petit caporal parvienne à la tête de
l’Empire ou qu’il connaisse une cuisante défaite à Waterloo.
On pourrait multiplier les exemples de ce genre avec
l’avènement du communisme, la folie hitlérienne, les
Guerres du Golfe ou du Kosovo ou tout autre événement que
d’aucuns ont cru reconnaître dans les quatrains. Encore que
la persécution des Juifs sous l’Allemagne nazie aurait pu
faire l’objet d’une prophétie, du fait que les Hébreux forment
le peuple élu de Dieu et qu’en finalité, le futur attestera que
les séculaires prédictions les concernent au plus près. Cette
relation pourrait effectivement être prise en considération !
Néanmoins, il me faut dire que ce tragique épisode ne fait
l’objet d’aucune prédiction, pas plus dans les divinations de
Nostradamus que dans les prophéties bibliques ou
apocryphes. Si les prophéties incluaient effectivement notre

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

époque, il est certain que la Shoah1 et les bourreaux qui l’ont


accomplie feraient l’objet de nombreuses divinations, or,
outre le quatrain IX, 53, avec lequel certains tissent le lien, il
est attribué à Néron, aucun autre ne répond a ce critère ! Il
ressort de cela que la nature des quatrains se prête facilement
à toutes les situations, pour peu que l’on se donne la peine de
rechercher quelque hasardeuse correspondance.
Si une catastrophe notoire devait se produire demain, aux
confins de la terre ou même du ciel, il se trouverait toujours
quelqu’un pour établir des liens avec la nouvelle conjoncture.
Le cas s’est encore produit après les attentats dont
l’Amérique a été victime le 11 septembre 2001. Les quatrains
ont une nouvelle fois été scrutés, disséqués et analysés de
mille manières, pour leur faire dire que Nostradamus avait
bien prédit le douloureux événement. Toutefois et dans leur
volonté de faire coller la prophétie à l’actualité, nul n’a
jamais tenu compte des limites géographiques fixées par
l’auguste devin dans son épître à Henry, dans laquelle il
précise :
« La plupart des vers sont accordés aux calculs
Astronomiques correspondants aux ans, mois et semaines
des régions et contrées concernées, et à la plupart des villes
et cités de toute l'Europe, d'une partie de l'Afrique et d'une
partie de l'Asie. »
A moins de remettre en question les déclarations de
Nostradamus, il nous faut bien admettre, au vu de cet extrait,
que ses prophéties ne concernent qu’une poignée de pays, ce
qui exclut d’emblée plus des trois quarts de la planète, dont

1
Terme hébreu signifiant « catastrophe », désignant plus
particulièrement le massacre des Juifs d’Europe par l’Allemagne nazie
pendant la Seconde Guerre mondiale. On utilise aussi le mot «
Holocauste ».

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

le continent américain et les pays du Levant auxquels


beaucoup d’exégètes font trop souvent référence.
La suite établira que Rome est au cœur de la prophétie.
Cette affirmation s’avérera par la suite en parfaite cohésion
avec les récits bibliques. Les détracteurs rétorqueront que la
Bible évoque fréquemment des faits de guerre, dont il semble
de prime abord qu’ils n’ont aucun lien direct avec le divin.
Ne nous hâtons pas de juger les Ecritures saintes avant
d’avoir pris connaissance des prédictions nostradamiennes,
grâce auxquelles les prophéties bibliques pourront enfin
révéler leurs mystères. Elles démontreront par exemple, que
l’histoire de Babylone et de ses rois est véritablement
prophétique, au vrai sens du terme et tout à fait digne
d’intérêt. Il s’avérera, en effet, que tout ce qui touche à cette
ville, rois, hommes, et même les guerres, ont une relation
directe et indéniable avec le divin et comme chacun a déjà pu
le constater, avec le peuple israélite. Le lecteur découvrira
encore, à travers cet ouvrage, que la majorité des prédictions
se rapporte effectivement aux choses du ciel, tant aux objets
qu’aux entités qui en sont les hôtes.
Le mémoire a justement pour vocation de rapporter ces
choses, parmi lesquelles les événements marquants du
dantesque chaos dans lequel la Création entière devrait
plonger, au temps de la fin.
De précédentes divinations, issues des sources les plus
diverses, situaient la fin des temps entre 1960 et l’an 2000,
mais, comme l’intervalle de temps est maintenant écoulé, la
prédiction se voit miraculeusement reportée par les voyants
et autres vaticinateurs entre le début de ce siècle et 2025.
Etant donné le peu de fiabilités des prédictions alarmistes, la
date fatidique pourrait se voir ainsi reportée indéfiniment.
D’autre part, les aventures qui en sont le ferment se succèdent
sur une période si longue qu’aucun être qui en verrait le début

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

ne pourrait en voir la fin, pas plus que sa postérité sur


plusieurs générations. Néanmoins, l’apocalypse ne connaîtra
pas de terme avant que toutes les prophéties de Nostradamus
ne soient accomplies. Or, elles impliquent que près d’une
dizaine de rois, empereurs ou despotes se succèdent au règne
du monde, avant que Rome, ville dominatrice et siège du
gouvernement mondial ne soit définitivement anéantie, et
cela, conformément au récit biblique de Jean.
La chute de Rome et conjointement de Babylone pourrait
ne pas marquer la fin de l’apocalypse, mais seulement une
étape décisive dans son déroulement, car, selon mes
déductions, plusieurs empires devraient encore se succéder
après cet événement.
En termes de durée, certains quatrains évoquent des temps
extrêmement longs, comme celui-ci :

X, 100
Le grand empire sera par Angleterre,
Le pempotam des ans plus de trois cens :
Grandes copies passer par mer & terre,
Les Lusitains n'en seront pas contens.

Transcription :
Le grand empire mondial (aux ailes puissantes) obtiendra,
grâce à l'Angleterre, la grandeur et la puissance durant plus
de trois cents ans. De grandes armées passeront par mer et
par terre, les Portugais n'en seront pas contents.
Le quatrain ci-après laisse entrevoir, quant à lui, une
période de 290 ans, d’autres encore, des durées moindres.
Etant donné qu’elles affèrent à un même événement et même
en supposant qu’elles se confondent, elles n’en laissent pas
moins paraître un étirement de l’apocalypse sur plusieurs
siècles. On est bien loin de l’épouvantable cataclysme qui

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

éradiquerait toute vie sur terre en un instant et cela devrait


rassurer ceux qui craignaient ou craignent encore de vivre ce
fameux jour, censé marquer la fin du monde !
III, 57
Sept fois changer verrez gens Britaniques
Taints en sang en deux cents nonante an :
France non point par appuy Germanique,
Aries doubte son pole Bastarnan.

● Germanique : la Germanie antique s'étendait entre la


mer du Nord, la Baltique, la Vistule, les Carpates, le Danube
et le Rhin ● Aries : signe du Bélier ● pole : en opposition
logique, opposant, rival ● Bastarnan : de Bastarne, peuple de
Dacie (env. Roumanie). Anc. peuple germanique qui
s'étendait au IIe s. de la haute Vistule, au bas du Danube.
(Seconde allusion au peuple germanique du troisième vers.)

Transcription :
On verra changer les Britanniques, qui seront
ensanglantés sept fois en deux cent quatre-vingt-dix ans.
Privée de l’appui germain, la France doutera en avril de son
rival Bastarne.

Dans ce concept, la Germanie ne représenterait pas


forcément l’Allemagne d’aujourd’hui, ses frontières seraient
celles qui existaient au début de notre ère, tel que précisé
dans l’analyse du quatrain. Les noms comme Germanie et
Bastarne portent déjà témoignage d’une relation avec une
autre époque.

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

En raison de leur obscurantisme, les centuries1 ne font pas


que des adeptes. Des détracteurs irréductibles s’efforcent,
depuis toujours et par tous les moyens de les discréditer, sans
seulement connaître les raisons profondes qui ont amené leur
illustre auteur à utiliser cette forme d’expression. Bref ! Il en
est pour lesquels l’hermétisme du colossal ouvrage leur
inspire plutôt une vaste mystification. Dans cette hypothèse
et cela aurait pu être le cas, force serait de reconnaître
l’éclatante réussite du plus magistral canular pseudo
prophétique de tous les temps. Fort heureusement, il n’en est
rien, la prophétie est bien réelle et il sera vite démontré que
la renommée dont jouit encore Nostradamus n’est ni
entachée de mensonge, ni empreinte de charlatanerie.
Comment peut-on imaginer qu’un homme aussi intelligent et
singulièrement doué, s’épuise sur un travail aussi colossal
avec pour seul objet de se moquer de ses concitoyens et de
leur postérité ?
J’ai décrypté, depuis déjà longtemps, la quasi-totalité des
prédictions de Nostradamus, dans leur signification initiale
dont j’ai découvert le secret et j’en ai fait plusieurs livres,
dont celui-ci. Fort de mes acquisitions, je suis en mesure
d’affirmer que, contrairement aux allégations des instances
religieuses et à condition qu’elles soient anciennes, toutes les
prophéties connues à ce jour entreraient dans un cadre unique
et parfaitement cohérent, dont aucune ne s’écarterait jamais.
Cet aspect vaut aussi bien pour les écrits bibliques et
apocryphes ou les Manuscrits de Qumrân. Les oracles
sibyllins, les prédictions de Nostradamus ne font pas
exception à la règle.

1
Groupe (théorique) de cent quatrains, même si ce nombre n’est pas
toujours fidèlement respecté.

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

LE MEMOIRE

Le mémoire comporte deux épîtres. La première ne serait


pas destinée, comme le croient la plupart des exégètes, à
César, le fils aîné de la famille, mais à un fils spirituel que
Nostradamus s’est inventé pour les besoins de la cause,
auquel il a donné le même prénom. César sera le futur
traducteur et par conséquent, l’héritier de son œuvre dont il
aura découvert les subtilités. En compensation de cet
héritage, le célèbre visionnaire lui demande de révéler au
monde les prophéties dont il sera dépositaire. Malgré
l’hermétisme du langage, on devine aisément que ce
document est destiné à lui servir de guide.
Indépendamment de l’épître à César, Nostradamus en a
écrit une seconde, également en prose, dédiée cette fois à un
roi du futur auquel il donne le prénom d’Henry, sous les traits
duquel les premiers traducteurs ont, de concert, identifié
Henri II. Cette idée a depuis, été reprise par la majorité de
leurs successeurs, sans qu’aucun ne tienne compte des trop
nombreuses marques de déférence incluses dans les
premières lignes, qui l’assimilent plus à un saint qu’à un roi,
comme le montre cet extrait :
« A cause de cette suprême vision que j'ai eue, ô Roi très
Chrétien et très victorieux, dès l'instant où mon visage,
depuis longtemps assombri, s'est présenté devant la déité de
votre incommensurable Majesté, je suis resté depuis
continuellement ébloui, ne cessant d'honorer et de vénérer
dignement le premier jour où je me présentais à elle pour la

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

première fois, comme devant une extraordinaire Majesté


humaine. »
L’admiration débordante dont il fait preuve à son égard
s’explique par le fait qu’il dédie cette seconde épître à
l’archange Michel. Aussi curieuse qu’elle puisse paraître, il
apparaîtra sous peu que l’hypothèse repose sur de solides
présomptions, ce sont en tout cas les conclusions auxquelles
je suis arrivé, après de longues et patientes recherches. Aussi
bon, aussi admirable qu’il pût être, Henry II ne méritait
certainement pas des superlatifs aussi gratifiants. Outre cela
et comme nous le verrons sous peu, les majuscules à Roi,
Chrétien et Majesté ont une signification cachée sur laquelle
nous reviendrons sous peu.
La dédicace à Henry est tout à fait symbolique, car la
seconde épître n’est en réalité qu’une subtile extension de la
première, à la différence près qu’elle retrace les grandes
lignes de la prophétie cachée dans les quatrains. Il est clair
qu’elle a pour principal objet d’éclairer le futur traducteur sur
certains points obscurs du déroulement de l’apocalypse.
L’écart de temps entre des deux écrits donne à penser
qu’après un long temps de réflexion, Nostradamus aurait
décidé de rajouter à ses prophéties un complément
d’information.

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

NOSTRADAMUS

Je ne pense pas devoir narrer la jeunesse de Nostradamus,


d’autres l’ont fait avant moi, bien mieux que je ne saurais le
faire. Elle figure désormais dans tous les ouvrages consacrés
au plus célèbre des devins, ce pourquoi, nous n’évoquerons,
ici, que les époques de sa vie en lien direct avec cet ouvrage.
A partir des années 1550, l’astrologue prenant le pas sur
le médecin, Nostradamus délaissa quelque peu la médecine
pour se consacrer presque exclusivement à ses prophéties et
aux almanachs auxquels il apporta sa contribution jusqu’à sa
mort. Il rédigea, dans le même temps, ses premières
prophéties sous forme de quatrains impénétrables qui
formèrent, une fois regroupés par centaines, les célèbres
centuries. En 1555, il publia les trois premières et cinquante-
trois quatrains de la quatrième, auxquels s’ajoute la préface à
César qui remportèrent, dès leur parution, un vif succès.
Les almanachs ne sont pas ce que l’on croit généralement
et leur popularité s’explique uniquement par le fait qu’ils ont
une face cachée dont personne n’a encore jamais parlé,
encore fallait-il la découvrir. Pour comprendre cela, il faut se
reporter au contexte de l’époque et notamment à
l’Inquisition. En 1231, le pape Grégoire IX mit sur pied une
forme de répression de l’hérésie qui, une fois les règles
établies, deviendra la Sainte Inquisition.
On peut se demander ce que vient faire l’Inquisition dans
une histoire d’almanachs, qui ne verront le jour que deux
siècles et demi plus tard. C’est que les religions cathare et
vaudoise véhiculaient des idées anticonformistes, souvent

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

reprises par les almanachs sous une forme cachée et que ces
idées commençaient à déborder les religions traditionnelles.
Si elles ont séduit un nombre toujours plus grand de
catholiques, c’est justement parce qu’elles révèlent une
multitude de secrets, sur lesquels repose une part non-
négligeable des mystérieuses prédictions.
L’almanach, dont la vocation première était de décompter
les jours, s’adressait plus généralement, comme son titre
l’indique, aux bergers et aux paysans, encore que certains se
fussent spécialisés dans des corporations bien déterminées.
L’almanach est l’ancêtre du calendrier. Outre la figuration
des jours et des semaines, il comportait déjà la liste des saints
et les phases de la Lune, mais un autre de ses aspects était de
prodiguer moult conseils en agriculture et en soins
vétérinaires à une population essentiellement paysanne.
Comme l’indique la dénomination, almanach
astrologique, l’astrologie tenait bien évidemment une place
importante, sous plusieurs aspects. Les paysans voyaient
d’ailleurs dans l’astrologue un homme doué d’immenses
pouvoirs, aussi le considéraient-ils à l’égal de tout autre
notable, ce pour quoi il n’était pas rare de voir des portraits
d’astrologues en illustrer la première page. Par de savants
calculs basés sur la science des astres, l’astrologue établissait
ce qu’il était convenu d’appeler, des « pronostications. »
Les pronostications englobaient tout un éventail de
divinations, de la prévision du temps aux prédictions les plus
diverses. On peut dire que les premières prévisions
météorologiques datent de cette époque. L’astrologue
annonçait à l’avance, saison par saison, mois par mois, les
caprices du temps auxquels les paysans pouvaient s’attendre.
Ce point revêtait tant d’importance, qu’ils n’auraient jamais
entrepris de travail susceptible d’influer sur les récoltes sans
consulter la pronostication correspondante. C’est elle qui

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

fixait en finalité le calendrier des travaux des paysans et des


bergers.
Les pronostications annonçaient également les
événements à venir, les bons comme les mauvais, par
exemple, le destin du pays ou encore, l’avenir de la famille
royale et de sa descendance, avec parfois, il faut le dire,
quelques heureuses réussites. Parmi ces réussites, il serait
intéressant de pouvoir départager la part due au hasard de
celle due à une véritable science des astres.
Les almanachs traitaient parfois de politique, mais,
comme elle dépendait pour partie de l’Eglise, on comprendra
que ce genre de pronostications était sous surveillance.
L’almanach astrologique a d’ailleurs fait l’objet, dans la
France du XVIe siècle, de plusieurs mises en garde et fut
soumis dès 1538 à un contrôle rigoureux ordonné par le
Parlement. Les mesures furent ensuite reconduites par les
papes Sixte Quint et Urbain VIII par des bulles pontificales.
Tout cela n’est que le but avoué des almanachs, mais leur
véritable raison d’être tient pour partie dans les prophéties et
autres révélations cachées dans des articles parfois
simplistes, dont l’intérêt nous semblerait aujourd’hui
discutable. Les thèmes portaient pour beaucoup sur les
planètes de notre système, le Soleil, la Lune, mais aussi sur
des phénomènes célestes comme les comètes, voire sur des
héros de légende, souvent des géants. C’est justement dans
ces récits d’apparence anodine que réside la véritable raison
du succès des almanachs. La vérité, c’est qu’ils avaient un
double sens, de sorte que leur véritable signification restait
impénétrable au néophyte. Malgré les contrôles rigoureux, le
clergé ne trouvait rien à redire contre des traités astrologiques
apparemment inoffensifs, sous l’innocence desquels se
cachait en réalité, ce qui était, alors, considéré comme la pire
des hérésies.

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Pour des gens comme Rabelais ou Nostradamus, aussi


bien que pour les autres fabricateurs d’almanachs, c’était à
qui montrerait le plus d’ingéniosité pour passer des idées
novatrices et antithétiques astucieusement cachées dans
d’anodins récits. Les contemporains du facétieux astrologue
étaient ravis de la manière dont leurs courageux auteurs
inculquaient leur philosophie, au nez et à la barbe des
suspicieux moines dominicains. C’est là, tout à la fois, le
secret et la véritable raison du formidable succès des
almanachs, qui ont tellement marqué les mémoires jusqu’à la
Renaissance.
Sans véritable signification pour le profane, les articles
auraient néanmoins pu conduire leurs auteurs au bûcher pour
hérésie. Ce genre de bravades, digne de potaches, par
lesquels les moines inquisiteurs étaient bafoués, à leur insu,
faisait la joie de tous et contribuait à une notoriété toujours
croissante des almanachs qui ne s’en vendaient que mieux.
Nostradamus était, tout à la fois, visionnaire dans tous les
sens du terme et devin. Contrairement à ce que l’on croit,
cette dernière faculté ne résulte pas d’un don héréditaire,
mais d’une acquisition, comme il en est de toute science.
Contrairement au type de visionnaire, qui ne peut voir que
des événements inhérents à l’apocalypse, le devin astrologue
fonde ses prédictions sur la mécanique céleste. Toutefois,
l’emploi du télescope n’ayant été introduit par Galilée qu’en
1609, l’observation des astres ne portait à cette époque que
sur les étoiles visibles à l’œil nu.
L’apprentissage de l’astrologie résulte d’un long et
fastidieux travail d’acquisition auquel nul ne peut se
soustraire, les astrologues en savent quelque chose. Par
conséquent, Nostradamus a obligatoirement été formé à cette
pratique par une autre que la voie héréditaire. Il est par
ailleurs impossible de situer l’époque à laquelle il aurait

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LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

commencé à développer ses talents d’astrologue, on sait


seulement qu’il a puisé au moins une partie de ses
connaissances, dans des manuscrits qu’il aurait
mystérieusement reçus, dont il parle dans la préface à César.
Les exégètes ont souvent prêté à Nostradamus des
prédispositions qu’il ne possédait pas, par exemple, celle de
se livrer à l’alchimie. Il n’avait certainement aucune attirance
pour cette science dont il savait pertinemment qu’elle relève
de la métaphore. Il n’est toutefois pas exclu que les
mystérieux livres lui aient révélé, entre autres grands secrets :
les rudiments de la divination fondés sur le mouvement des
astres et quelques autres sciences et notions de véritable
chimie, d’où les astucieux mélanges qu’on lui connaît.
Portée par les almanachs, la renommée de Nostradamus
parvint un jour de 1556 aux oreilles de Catherine de Médicis,
qui le fit mander à la Cour en juillet de cette même année
pour établir l’horoscope de ses fils. Peu après, ils se rendirent
ensemble au château de Blois ou la reine mit à sa disposition
l’hôtel de Nemours. Elle-même passionnée de sciences
occultes, la reine entretint avec lui de longues conversations
sur des sujets, qu’ils ont malheureusement emportés dans
l’au-delà. On devine néanmoins qu’il aurait fait à la reine
certaines prédictions sur l’avenir de la famille royale et du
royaume et des confidences sur les mystères cachés, sans
doute assez pour faire d’elle une initiée de haut niveau. En
récompense, la reine lui aurait offert, outre de somptueux
cadeaux, la charge très enviée de médecin à la Cour et fait de
lui son astrologue personnel.
En octobre 1564, Nostradamus était au faîte de sa gloire.
Preuve que sa renommée n’était pas surfaite et pour comble
d’honneur, il reçut dans son hôtel particulier de la rue
Farreiroux, où il s’était finalement retiré, la visite de la reine,

21
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

accompagnée pour l’occasion de Charles IX et d’Henri de


Béarn.
A partir de cette époque, la santé de Nostradamus déclina
rapidement. En 1566, une vieille arthrite se réveilla soudain.
De plus, les crises de goutte dont il souffrait depuis de
longues années se succédaient maintenant les unes aux
autres, la douleur ne lui laissait que de rares moments de
répit. Les déplacements devenaient chaque jour plus pénibles
et les gestes du quotidien lui arrachaient des gémissements,
tant la douleur était aiguë. Puis vint le jour où il s’alita pour
ne plus jamais se relever.
Le 1er juillet, Nostradamus reçut l'extrême-onction.
L'histoire rapporte qu'il demanda de rester seul la dernière
nuit. A son secrétaire et ami Chavigny qui lui demandait s'ils
se reverraient le lendemain, Nostradamus lui répondit : tu ne
me trouveras pas vivant au point du jour. Il mourut le
lendemain 2 juillet 1566 au petit matin, dans sa demeure de
Salon-de-Grau à l’âge de 62 ans, 6 mois et 17 jours.
Nostradamus fut inhumé, selon sa propre volonté, en
position verticale dans un mur de la chapelle des Cordeliers,
à Salon-de-Provence, afin disait-il, que nul mécréant ne
vienne piétiner sa tombe. Pour preuve qu'il n'avait pas tout
prévu, en 1791, le couvent franciscain tomba aux mains des
révolutionnaires qui se livrèrent à un saccage généralisé de
l'édifice, le tombeau fut profané et les restes du défunt
dispersés. La municipalité aurait récupéré les cendres du
défunt dans une urne, qui serait depuis ce jour conservée dans
la chapelle de la Vierge, à l'église collégiale Saint-Laurent.
Alors qu'il voulait s'en protéger, Nostradamus n'a jamais fait
que favoriser la profanation de ses restes.

22
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

23
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

LES CLES DE DECRYPTAGE

Avant d’entreprendre la lecture des épîtres, il est


indispensable de découvrir les principales clés de décryptage,
afin de matérialiser les liens, d’abord avec l’univers romain
et comme je l’ai précédemment laissé entendre, avec le ciel !
Ces clés ne sont encore connues que d’un tout petit nombre
auquel j’ai moi-même dévoilé le secret. Néanmoins et malgré
mes efforts, celle qui devrait répondre à l’ordonnancement et
selon toutes probabilités, à la datation des quatrains, n’a pas
encore livré tous ses secrets.
Cela dit, je n’aurais jamais entrepris la rédaction de cet
ouvrage si je n’avais découvert, presque simultanément, les
trois clés de décryptage, parmi lesquelles la clé des
majuscules. Mais pour la mettre en exergue, je dois évoquer
deux quatrains qui, pour rester logiques, ne peuvent être
dissociés l’un de l’autre.
Contrairement à une idée émise antérieurement et
fortement ancrée dans les esprits, Nostradamus n’a jamais
prédit la mort d’Henri II, au moins dans les circonstances
invoquées et je suis catégorique sur ce point ! Selon
d’aucuns, le quatrain trente-cinq de la première centurie
prédirait la mort du roi au cours d’une joute qui l’aurait
opposé au connétable Montgomery. En supposant que
Nostradamus ait auguré l’accident par la science des astres,
il en aurait certainement parlé à la reine. Dans cette
hypothèse, il est certain qu’elle aurait mis tout en œuvre pour
empêcher la participation du roi au tournoi fatal. L’idée de

24
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

rapporter la prédiction à Henri II a fait de nombreuses


émules, si bien que le quatrain est devenu depuis un grand
classique des facultés divinatoires du célèbre devin.

I, 35
Le lyon jeune le vieux surmontera,
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d'or les yeux luy crevera
Deux classes une puis mourir mort cruelle.

● Le Lyon jeune a par ailleurs, été identifié à Mercure, le


vieux l’a été au soleil.

Transcription :
Mercure, le jeune lion, surmontera le soleil, au champ de
bataille dans un étrange duel, en cage d'or lui crèvera les
yeux, le second assaut lui apportera une mort cruelle.

A ce niveau, cette transcription semble insensée. Il se


trouve que, métamorphosée en comète, Mercure est entrée
dans le soleil, le privant de la vue. Il s’agit d’une métaphore,
parce qu’un antique précepte précise par ailleurs, « que le
soleil voit tout, même ce qui se passe sous les toits des
chaumières. »
Il est trop tôt pour développer le sujet. Les causes
apparaîtront au fil de l’ouvrage. Outre cela, ce quatrain est si
clairement libellé, qu’il ne nécessite aucune traduction, à
condition toutefois, d’avoir identifié les protagonistes.
Quoi qu’il en soit, les exégètes l’ont toujours présenté
comme l’exemple le plus éloquent des facultés de
Nostradamus. Cette idée s’est imposée depuis déjà bien des
lustres dans l’esprit de tous. Je crois, cette fois encore, être
le seul à avoir un avis contraire et je tiens à le faire savoir. Il

25
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

n’est, en effet, pas concevable de laisser l’erreur s’imposer


comme une vérité. Mes dénégations reposent, bien entendu,
sur une étude minutieuse et objective, tenant compte de tous
les paramètres.
Même en admettant le malencontreux accident comme
une divination particulièrement exacte, il s’avère que les
fameux lyons (ou Lyons) figurent dans d’autres quatrains,
dont le sens est en totale contradiction avec l’hypothèse
avancée par mes prédécesseurs. Volontairement ou non,
l’auteur initial de cette interprétation a visiblement omis
d’apporter les éclaircissements qui s’imposaient sur le
mot Lyon. Or, il se trouve que ce terme figure près d’une
trentaine de fois dans les centuries. Même si on exclut la ville
de Lyon, le signe du zodiaque et l’armée des trois Lyons, il
reste tout de même une quinzaine de quatrains consacrés aux
fameux Lyons du duel en cause. L’hypothèse déjà fragilisée
d’une joute entre les deux seigneurs finit, dans la divination
suivante, par se désagréger complètement.

VIII, 34
Après Victoire du Lyon au Lyon
Sus la montagne de Iura Secatombe,
Delues & brodes septieme million,
Lyon, Ulme à Mausol mort & tombe.

● Sécatombe : mot formé à partir du lat. secabilis, qui peut


être coupé, divisé et tombe. Soulignons l’allusion fort
astucieuse à hécatombe. La majuscule tisse le lien avec le ciel
● Delues : du lat. délucto : lutter de toutes ses forces,
combattre ● brodes : du verbe broder, donner de l'ampleur en
y ajoutant des épisodes fantaisistes, exagérer ● Ulme :
anagramme de lume. Astre de petite taille ● Mausol :
abréviation de Mausolée.

26
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Transcription :
Après la victoire du Lyon (jeune) sur le Lyon (vieux), la
montagne du Jura sera divisée en tombes. On dit, mais c'est
peut-être exagéré, que les combats ont fait le septième
million de morts. A Lyon, un luminaire tombera mort en
élevant un mausolée.

Force est de constater, que le premier vers augure bel et


bien la funeste rencontre entre les lyons du quatrain I, 35.
Soulignons au passage le côté astronomique de la chose. Je
vais maintenant dire pourquoi je conteste, avec autant de
vigueur, l’hypothèse d’une joute mortelle entre Henri II et
Montgomery.
Cette prédiction constitue un excellent tremplin pour
révéler, après quatre siècles et demi d’hermétisme, un des
premiers grands secrets de l’illustre devin, en même temps
que la première clé de décryptage. Entre autres arguments
forts, il faut savoir que les majuscules dont sont parfois dotés
les noms communs, de manière visiblement inadéquate,
forment une des trois clés de décryptage. Exception faite des
noms propres et en début de lignes où elles se trouvent
naturellement justifiées, elles indiquent que le mot qui en est
doté fait référence aux choses du ciel : étoiles, planètes et
autres objets célestes, mais encore à ses habitants, y compris
leurs us, coutumes et religions et subséquemment à leurs
dieux. Avec ses capitales à Victoire, Lyon, Secatombe, Ulme
et Mausol, ce quatrain est l’exemple type de majuscules en
apparence inappropriées. Elles signifient, dans le cas présent,
que tous ces mots ont un rapport avec le ciel. Il ressort de la
majuscule au mot Lyon, que les duellistes sont d’origine
céleste. On relèvera néanmoins plusieurs cas, où cet attribut
forge avec le ciel des liens moins directs, par exemple : celle

27
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

à Secatombe impute, de manière formelle, le massacre à une


engeance extraterrestre, sur laquelle nous reviendrons
d’autant plus sûrement qu’elle forme l’essentiel de l’ouvrage.
La majuscule à Victoire vient de ce que ladite victoire est
consacrée au Lyon jeune, un héros forcément non-terrestre.
La dernière ligne prête à plusieurs interprétations possibles,
mais quel que soit le sens qu’on lui donne, les liens avec le
ciel découlent de l’évidence. Quand bien même la chute d’un
astéroïde prêterait à sourire, il apparaîtra sous peu que le
chaos cosmique entraîne les astres et autres astéroïdes dans
une titanesque tourmente, qui peut les faire s’entrechoquer et
parfois même chuter. Mais pour que cela puisse se produire,
il faut nécessairement que ces objets gravitent à une courte
distance du globe terrestre. Bien que je rencontre de
nombreux éléments probants, j’ai moi-même beaucoup de
mal à l’imaginer. Mais ne sommes-nous pas dans
l’apocalypse ? période durant laquelle les étrangetés
s’intègrent à la vie courante.
En ce qui concerne les Rois ou chefs de guerre terriens, la
majuscule marque leur soumission aux instances issues des
étoiles. Ces particularités se révéleront davantage au fil de la
lecture, nous reviendrons de toute manière longuement sur
ces sujets.
Il se trouve néanmoins que la règle liée aux majuscules
n’est pas toujours fidèlement respectée, certains mots qui
devraient logiquement en comporter n’en comportent pas,
c’est justement le cas des « lyons » du q. I, 35, alors qu’ils en
sont pourvus au quatrain ci-dessus. On pourrait mettre en
cause les imprimeurs, mais je pense plus à une volonté de
Nostradamus, afin de préserver l’hermétisme de ses
divinations. Le fait de doter ou non les mots de majuscules
aurait pour but, de réduire la multiplication de cet attribut,
pour lequel un nombre trop élevé risquait de dévoiler

28
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

prématurément leur véritable signification, Nostradamus


s’en remettant en cela à la perspicacité de son futur traducteur
pour rétablir les coïncidences. Cette observation me conforte
dans l’idée d’un acte mûrement réfléchi de l’auguste devin
pour occulter l’ingénieux stratagème, tant il s’avère que sans
cette précaution, le subterfuge aurait probablement été éventé
depuis longtemps. Ajoutons que cet attribut n’est pas
systématiquement indispensable, dès l’instant où l’on en a
saisi toutes les subtilités. A ce sujet, je me demande comment
il peut se faire que certaines majuscules figurent dans telle ou
telle édition et pas dans d’autres, et ce, bien que leur
adéquation avec les choses du ciel soit avérée. A cet égard et
pour ne pas prêter flanc à la critique, je me suis fondé sur
l’édition de Benoît Rigaud de 1568.
Entre autres démentis d’une relation de ce dernier quatrain
avec l’histoire de France ou de Navarre et malgré mes
recherches, il ne se trouve aucun livre d’histoire pour
évoquer des combats aussi acerbes à l’époque concernée, ni
une pareille hécatombe dans le Jura. On ne me fera jamais
croire, que l’histoire aurait pu passer sous silence sept
millions de morts, je présume, pour l’ensemble de cette
guerre et une invasion étrangère d’une si grande ampleur,
dans une province française, sans que rien ne transpire. Des
faits de cette nature n’ayant jamais été rapportés depuis le
XVIe siècle, il devient évident que l’interprétation du
quatrain place les héros de la prophétie dans un autre
contexte et dans un autre temps.
Si mes prédécesseurs ont pour ainsi dire tous remarqué
l’inadéquation entre les majuscules et les mots qui en sont
pourvus, aucun n’en a jamais percé la véritable signification.
Ce constat tend à expliquer les raisons pour lesquelles elles
n’ont jamais fait l’objet d’aucune étude approfondie et
qu’aucune suggestion valable n’a jamais été formulée à leur

29
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

égard. Ce que beaucoup ont pris, jusqu’à maintenant, pour


des coquilles imputables aux imprimeurs, s’avère être en
finalité une ingénieuse astuce que, vu sa résistance aux
tentatives de décryptage durant des siècles, personne ne
pourra jamais dévaloriser. Le premier exemple de majuscule
inadéquate tient dans la première phrase de l’épître à
César, dans laquelle l’adjectif « Astronomique » figure sans
raison valable avec cet attribut dont il est clair, qu’il n’a
d’autre fin que de servir d’indice. Le fait est encore plus
patent dans l’épître à Henry, dans laquelle ce même mot est
libellé cinq fois avec cette particularité. Ce stratagème touche
un nombre considérable de mots, pour la bonne raison qu’à
de rares exceptions près, la quasi-totalité des quatrains tisse,
directement ou indirectement, des liens avec le ciel, ce qui
sera prochainement démontré.
Après la clé des majuscules, voilà la clé romaine, pour
laquelle rien n’explique comment elle a pu échapper aussi
longtemps aux investigateurs, dans la mesure où elle repose
uniquement sur l’observation et le bon sens. En effet et aussi
incroyable qu’il puisse paraître, il s’avère que jusqu’à ce jour
et en dépit de l’évidence, nul n’a jamais accepté l’idée que
les célèbres prédictions pouvaient évoquer, ce qu’elles
laissent par ailleurs clairement entrevoir, une tranche bien
réelle d’histoire romaine. Il suffit pour s’en convaincre de
rechercher dans les centuries les noms des protagonistes, rois
et chefs de guerre, et même des peuples qui font l’objet des
prédictions et de les comparer aux récits historiques. Parmi
les noms clairement libellés, on trouvera sans peine Néron,
Hiéron, Hannibal, Magon, Agrippine, Ahenobarbus,
Antoine, Claude, Plancus, Hadrien, etc., la liste n’est pas
exhaustive ! D’autres grands noms de l’antiquité romaine
apparaîtront bientôt. Même s’ils sont sciemment tronqués ou
voilés, voire seulement suggérés, mais en raison des

30
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

nombreux indices laissés par Nostradamus, nombre d’entre


eux n’en sont pas moins reconnaissables. Nul n’est besoin
d’une grande érudition pour se rendre compte que ces gens-
là ont tous guerroyé dans les siècles charnières du début de
notre ère. Cette remarque exclut d’emblée toutes possibilités
de ressemblance avec des personnages ayant vécu au cours
des siècles récemment écoulés et encore moins à notre
époque.
Les peuples en cause sont les : Romains, Gaulois, Celtes,
Germains, Suèves, Goths, Volsques, Vandales, Etrusques,
etc. Bref ! A quoi bon les énumérer tous ? La suite de la
lecture nous les fera découvrir, ainsi que certaines villes dont
on croit qu’elles ont existé dans le passé, telles : Babylone,
Memphis, Albe-la-Longue dont les noms figurent dans les
centuries de manière incontestable. Contrairement à
certaines idées émises dans le passé et depuis lors, fortement
ancrées dans les esprits, il s’avère qu’aucun acteur des
centuries ne sort du cadre des guerres puniques et de la guerre
des Gaules. Dans l’hypothèse nostradamienne, ces quelques
siècles d’histoire du début de notre ère constituent, sans
conteste possible, la globalité de la prophétie et
subséquemment, une autre clé de décryptage. Cette nouvelle
théorie en surprendra plus d’un, tout comme elle m’a surpris
lors de sa découverte et je dois avouer qu’il m’a fallu
beaucoup de temps avant de pouvoir l’admettre, tant elle
semble, de prime abord, absolument irréaliste. Néanmoins,
après moult vérifications et recoupements de toutes sortes,
j’ai finalement dû me rendre à l’évidence et accepter le fait
que les prophéties de Nostradamus présageaient bel et bien
une fin des temps entièrement calquée sur l’époque romaine.
La projection de plusieurs siècles d’histoire du début de
notre ère dans l’apocalypse est tellement irréaliste, qu’il
m’arrive parfois de douter, d’autant plus que les Romains

31
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

nous ont laissé des traces quasiment irréfutables quant à leur


existence dans le passé. Quand bien même il aurait
entièrement tort, il n’en reste pas moins que Nostradamus a
écrit ces choses, pour qu’elles soient comprises et
interprétées dans ce sens. En ce qui me concerne, je ne fais
que rapporter les prédictions du grand mage salonnais, en
toute objectivité, dans leur sens initial. Loin d’être farfelue,
cette nouvelle approche se voit bien au contraire largement
confortée par les prophéties bibliques et apocryphes,
principalement de la mer Morte et même d’autres origines,
dans lesquelles figurent indubitablement les mêmes
protagonistes, peuples, villes et pays. Il n’empêche que les
antiques écrits grecs et latins tendent, eux aussi, à accréditer
l’hypothèse émise dans cet ouvrage, appuyée en cela par de
nombreux extraits de leurs auteurs.
La conjugaison de la clé romaine et l’inadéquation des
majuscules permettent en finalité de décrypter une bonne
partie des quatrains, sixains et présages, avec une marge
d’erreur relativement réduite. Ces deux trouvailles
constituent, sans conteste, la plus grande avancée que nous
n’ayons jamais connue, vers la résolution de l’énigme que
pose, depuis maintenant plusieurs siècles, l’hermétisme des
célèbres prédictions.
Etant donné cette relation, d’une part avec la gent
extraterrestre et maintenant avec l’histoire romaine, il
devient toujours plus évident que les prophéties de
Nostradamus ne peuvent, en aucune manière, concerner
l’histoire des derniers siècles écoulés ou même
contemporaine. Si d’aucuns venaient à juger cette corrélation
irrationnelle, qu’ils se détrompent ! Ramenées à leur
signification originelle, les poèmes prophétiques du devin
salonnais démontreront que les Romains des premiers
siècles, les Celtes et bien d’autres ethnies supposées

32
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

appartenir au temps jadis, seraient en fait d’origine


extraterrestre et que tous appartiennent au futur.
A cet égard, une recherche des peuples, de haute stature
(plus ou moins trois mètres), aux yeux bleus, cheveux blonds
ou roux et au teint laiteux y compris les empereurs romains
(sauf Auguste), apporte un début d’éclairage. Jules César,
Brutus, Tibère, Caligula, Néron et leurs armées sont de ce
nombre. Ces caractéristiques se retrouvent dans toutes les
tribus citées dans les centuries. Ils figurent dans la Bible sous
d’autres appellations et cela concerne à peu près toutes les
ethnies mentionnées dans le séculaire ouvrage et cela, chacun
peut le vérifier.
Pour illustrer la relation entre les Romains et les
populations célestes, rappelons que la Bible, elle-même,
évoque des faits inhérents à cette époque, dans lesquels
figurent clairement des anges venus du ciel, l’annonciation
en est peut-être la meilleure illustration. Les anges sont
encore apparus en bien d’autres occasions, depuis la
naissance et tout au long de la vie de Jésus, mais aussi bien
avant et après Lui et ce, sous occupation romaine ! Certes,
les Ecritures ne laissent rien transparaître d’une origine
céleste des Celtes ou des Romains, elle apparaîtra seulement
au fil de la lecture. Il n’empêche que ce temps a été marqué
par de nombreuses interventions angéliques, qui,
curieusement, ne se sont jamais reproduites depuis. Ces
anges dont l’apparence humanoïde ne peut être mise en doute
ne sortaient certainement pas du néant ! Les prophéties de
Nostradamus nous apportent maintenant la preuve de leur
existence charnelle.
Afin de pouvoir suivre et comprendre la suite, il est
important de signaler dès maintenant que nos célestes
visiteurs ne se différencient de nous que par quelques détails,
notamment l’androgénie. Il s’avère malheureusement pour

33
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

les Terriens, que les futurs arrivants ne sont pas aussi bons
qu’on le souhaiterait, car ils ne sont rien moins que des anges
démoniaques, les uns fils du soleils, les autres fils de Satan,
le Baal1 ou Dagon2 biblique, dont ils forment, tout à la fois,
le collège sacerdotal et la phalange armée, étant tout à la fois,
prêtres et soldats. Conformément à la prophétie de Jean, le
chaos cosmique les précipitera sur notre planète, a priori,
contre leur volonté, ainsi que leur diable de patron.
Soulignons tout de même les nombreuses corrélations
entre les prédictions nostradamiennes et l’Egypte ancienne,
notamment le fait que le culte solaire et le serpent qui lui est
associé y sont omniprésents. Les quatrains racontent
l’invasion de la terre, puis la guerre qui oppose nos
envahisseurs à nos libérateurs Celtes, en l’occurrence les
anges de Michel, suivant en cela scrupuleusement la trame
élaborée dans l’Apocalypse de Jean.
Quelle que soit l’opinion de chacun sur ce sujet, seul
compte le fait que les divinations rapportent des faits
inhérents à des êtres venus de l’espace, à leurs us et coutumes
sur lesquels il nous reste tout à apprendre. Légende ou réalité,
la faisabilité de la chose ressort d’un autre débat, il importe
seulement de rapporter les prédictions avec la plus grande
rigueur et pour autant que faire se peut, sans état d’âme !

1
Nom phénicien de Satan, assimilé dans la mythologie égyptienne à
Seth et à Montou. En sémite, Baal signifie « Seigneur, Maître ». Son
culte exigeait le sacrifice de victimes humaines. On le retrouve par
ailleurs sous les noms de Baal-Berith, le seigneur de l'alliance ; Baal-
Gad, le dieu du bonheur ou de la fortune ; Baal-Péor ou Belphégor ;
Baal-Samen le seigneur du ciel ; Baal-Zébuth ou Belzébuth, le seigneur
des mouche et autres dérivés de Baal. En Mésopotamien, Nergal dont le
nom son nom signifie en sumérien « Maître de la Grande Ville », c’est-
à-dire des Enfers.
2
Dragon par syncope. Idole nationale des Philistins formée d’une tête et
d’un buste d’homme et d’une queue de poisson, mélange monstrueux
d’un homme et d’une bête, représentation symbolique du diable.

34
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Retenons toutefois que les Ecritures ancestrales faisaient déjà


état d’êtres venus des cieux, alors que l’humanité n’en était
encore qu’aux premiers vagissements. D’autre part, que nos
lointains aïeux aient pu rapporter de pareilles aventures, dans
un temps où la simple idée d’une vie extraterrestre était, selon
notre culture, parfaitement inimaginable, plaide en faveur
d’un fond de réalisme. Il semble, par ailleurs, que la terre
porte des traces de visites extraterrestres, par exemple à
Nazca1. A quoi bon ces gigantesques géoglyphes, si ce n’était
pour être vus de visiteurs célestes, et ce, d’autant qu’ils sont
insaisissables depuis la terre. Le doute persiste quant à
l’Egypte ancienne et quelques autres sites. L’empreinte
extraterrestre porte surtout sur la culture religieuse dont il
apparaîtra clairement, à travers cet ouvrage, qu’elle a été
enseignée à tous les peuples de la terre. Cette culture ne serait
pas venue, comme d’aucuns tentent de l’expliquer, d’un
besoin des hommes de se créer des dieux, mais d’un
prosélytisme organisé dans les temps reculés à l’échelle
mondiale, par des missionnaires sataniques, forcément venus
d’autres mondes.
La dernière clé de décryptage repose sur les antiques
mythes et légendes, de tous pays, de toutes cultures. Et cela
m’oblige maintenant à révéler que la guerre de Troie est une
prophétie cachée dans une longue suite de métaphores, dont
seuls quelques rares initiés étaient jusqu’à ces jours capables
d’en saisir le sens. En vérité, l’Iliade et l’Odyssée relatent les
plus grands événements de l’apocalypse, sous une forme
impénétrable au commun. En effet et contrairement à une
idée largement répandue, « la guerre de Troie n’a pas eu lieu
! » De ce fait, les personnages historiques, présumés

1
Ville du Pérou surtout connue pour ses géoglyphes, d’immenses lignes
et figures tracées dans le désert proche, dont le gigantisme inspire une
relation avec des visiteurs célestes.

35
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

contemporains de cette épopée ou de quelques divinités


mythiques posent la question de leur appartenance au passé,
étant donné que les célèbres héros et héroïnes figurent tous
dans l’apocalypse dont ils sont les acteurs de premier plan.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les oracles sibyllins
portent justement et dans de nombreux cas sur les dieux,
déesses et demi-dieux de la légendaire épopée. Pour ne citer
que les plus connus : Zeus, Cronos, Titan, Héraclès, Rhéa,
Dioné, Gaia, Aphrodite, Hector et combien d’autres… Quant
à Nostradamus, j’ai relevé plus de quatre-vingts noms de ses
glorieux héros, libellés de manière tellement claire qu’il est
impossible de s’y tromper. Outre les noms portés par les
planètes, on trouvera sans peine : Hercule, Deucalion,
Hermès, Achille, Charon, Silène, Borée, Phaëton, etc. Et cela
souligne le lien entre la mythologie et l’apocalypse, d’autant
plus sûrement que leurs oracles à tous deux portent
manifestement sur la fin des temps.
En résumé, la Bible, dans son entièreté, les Manuscrits de
Qumrân, la guerre de Troie et les prédictions de notre
l’illustre devin forment une seule prophétie. Il s’agit de la
REVELATION promise par les écritures, avant le grand
bouleversement.
Il est curieux de constater, que nul avant moi n’a jamais
établi ces corrélations. Je subodore que, faute de pouvoir leur
trouver un sens plausible, mes devanciers auront choisi
d’occulter cette catégorie de prédictions. Cette dernière clé
fera l’objet d’un autre ouvrage, attendu que le développement
de ce seul critère demande de longues explications, que
d’autre part, la fabuleuse épopée est cachée depuis des
millénaires, sans que personne n’ait jamais révélé ses
mystères. A cet égard, ma conscience n’a pas encore donné
son avis.

36
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Afin d’illustrer les prodigieuses métamorphoses du soleil


et de Mercure et justifier le quatrain I, 35, il se trouve que le
gouvernement du Mexique dévoile depuis peu des pièces
archéologiques mayas, découvertes depuis environ 80 ans,
liées au monde extraterrestre. L’une d’elles, un artefact,
plusieurs fois millénaire, laisse clairement entrevoir un soleil
anormalement actif projetant un extraordinaire jet de matière
vers ce qui semble être la planète Mercure. Il est clair que le
jaillissement provient directement du manteau solaire. On
devine des flammes tout autour de l’objet visé et cela signifie
que la substance reçue recouvre toute sa surface. Le contour
irrégulier d’une autre planète donne à penser qu’elle dégage
également des flammes et cela correspond au chaos
cosmique brossé par les quatrains. Une immense tache noire
occupe une grande surface du soleil. Cette zone représente
vraisemblablement une de ces taches à partir desquelles se
produisent les éruptions cycliques que nous connaissons
bien, mais celle-ci est de taille phénoménale. Plusieurs
aéronefs de type inconnu figurent dans le tableau. Or, selon
la prophétie, la venue des premiers extraterrestres devrait
coïncider avec la transmutation solaire, d’autant plus
vraisemblablement que notre astre figure, pour nos célestes
visiteurs, un de leurs plus grands dieux, car tout est lié, depuis
la nuit des temps. Cet artefact semble correspondre à
l’arrivée supposée des Annunakis et de la comète Nibiru à
laquelle ils sont étroitement associés. Mais… n’allons pas
trop vite en besogne !
Une pareille flamme, sur un soleil déchainé n’est pas
irréaliste. Le 23 juillet 2012, la Nasa a pris un cliché du soleil,
du lequel on pouvait voir, chose rare dans le cadre normal de
son activité, une éjection de taille colossale, de probablement
plusieurs millions de km de longueur. Si la Terre avait été
moins chanceuse, à trois semaines près, les scientifiques

37
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

estiment que cette perturbation solaire nous aurait coûté des


milliers de milliards de dollars de dégâts et qu'il aurait fallu 4
à 10 ans pour nous en remettre complètement.

38
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

LES RELATIONS
AVEC
L’EPOQUE ROMAINE

L’hypothèse d’une relation avec l’époque romaine est


vérifiable par tous et face à l’évidence, nul ne pourra jamais
la contester ni m’accuser d’avoir manipulé les prédictions
pour qu’elles répondent à quelques obscures aspirations.
Cette nouvelle théorie élargit considérablement le champ des
investigations. D’aucuns pourraient se demander ce que vient
faire cette tranche d’histoire dans des prophéties dédiées au
futur, la réponse à cette question fait justement l’objet de cet
ouvrage. Hasard ou volonté divine ? Il est tout de même
curieux de constater, que sur les mille cinq cents livres qu’ils
leur ont consacrés, aucun de leurs auteurs n’a jamais évoqué
les raisons, pour lesquelles les prophéties de Nostradamus
relataient des faits de guerre inhérents à cette lointaine
époque.
Alors que tous s’attendaient, dans un contexte
d’hermétisme, à rencontrer des noms dûment cryptés, il se
trouve que contrairement à cela et contre toute attente, un
nombre déjà non négligeable de quatrains laisse transparaître
des noms clairement libellés de rois ou chefs de guerre
romains et autres des tribus barbares de ces temps-là. Cette
clarté s’est avérée être un piège, au sens où mes devanciers
se sont évertués à leur chercher des correspondances
parfaitement illusoires, plutôt que simplement les transposer
sans rien changer. Il faut effectivement une bonne dose de
naïveté, pour accepter d’emblée l’idée que les noms proposés

39
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

répondent effectivement à la réalité historique.


Concrètement, la règle de décryptage est simple : ne pas
tenter d’interpréter les noms se rapportant à l’histoire
antique ! Néron reste Néron, Hannibal reste Hannibal, les
Celtes sont des Celtes et les Gaulois des Gaulois ! Ce qui est
vrai pour ces quatre exemples l’est également pour les autres
acteurs de cette tranche d’histoire. En résumé, le concept
nostradamien laisse clairement transparaître une parfaite
analogie entre l’antique Empire romain et la surpuissante
Rome apocalyptique à laquelle est justement et étroitement
liée l’hellénisme.
Les coïncidences avec l’histoire romaine sont beaucoup
trop évidentes pour être dues au seul fait du hasard. Etant
donné leur nombre et l’importance que Nostradamus leur
accorde, il est impossible de les ignorer ou de les passer sous
silence. On ne saurait parler de cette époque sans évoquer les
guerres Puniques vers lesquelles nous ramènent de nombreux
quatrains. On remarquera que les empereurs ou chefs de
guerre de ce lointain passé ont, dans les prédictions, les
mêmes attributions que dans les récits historiques. C’est ainsi
que nous pourrons bientôt voir se succéder nombre de rois,
chefs de guerre et peuples de l’Antiquité, de sorte qu’il ne
sera plus possible de réfuter la relation ci-dessus évoquée.
Pour affirmer les liens entre les prophéties de Nostradamus
et l’histoire romaine, j’ai retenu, entre autres arguments forts,
cet extrait d’une prédiction en prose.
Livre 1, présage 38 : Ceste année est celle qui fut du temps
de Cesar & Pompée : & la fin de l'année la proscription1 qui
d'Auguste, Marc Antoine & Lepide.

1
A la fin de la République, condamnation arbitraire annoncée par voie
d'affiches, et qui donnait licence à quiconque de tuer ceux dont les noms
étaient affichés.

40
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Transcription :
Cette année est identique à celle qui fut du temps de César
et Pompée et à la fin de l’année on affichera des listes de
condamnés signées d’Auguste, de Marc Antoine et de
Lépide.

Je ne vois pas comment donner un autre sens à ce présage,


sans procéder à des manipulations sordides auxquelles je me
suis toujours refusé. Il s’avère, en effet, qu’Auguste, Antoine
et Lépide ont publié un édit mémorable visant à éliminer
leurs adversaires politiques dans lequel il est précisé, entre
autres recommandations :
« Quant à ceux dont les noms sont ici affichés, que
personne ne leur vienne en aide, ne les cache, ne favorise
leur fuite en quelque lieu que ce soit, ne se laisse influencer
par leurs richesses.
Quiconque serait convaincu de venir à leur secours ou de
les aider ou de s’entendre avec eux, celui-là nous ne lui
accorderons ni circonstance atténuante ni pardon et nous
l’inscrirons dans la liste des proscrits.
Aux exécuteurs qui nous apporteront les têtes : vingt-cinq
mille drachmes attiques [25000 deniers] par tête pour un
homme libre ; l’affranchissement et dix mille drachmes
attiques pour un esclave ainsi que le droit de cité de son
maître. Les dénonciateurs recevront les mêmes récompenses.
Enfin, aucun de ceux qui toucheront une récompense ne
sera inscrit dans nos registres, afin qu’il puisse rester
anonyme. »
Ce fragment, d’un édit dûment avéré, constitue la preuve
flagrante que Nostradamus reproduit bel et bien l’histoire
romaine jusque dans le détail et que la divination
préalablement évoquée porte véritablement sur les triumvirs
précités. La singularité tient dans le fait qu’il la projette dans

41
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

le futur. Or, je ne vois pas à quoi pourrait répondre


l’évocation d’un édit romain dans une prophétie destinée à
de lointaines générations. Il ne semble, en effet, pas possible
de concevoir, pour l’avenir même lointain, un triumvirat
romain rééditant le même décret.
Soulignons que toutes les prédictions en prose concernent
cette même époque. On retrouve dans ce groupe, les noms
clairement libellés du consul romain Marcellus ; du général
commandant des forces carthaginoises en Sicile, Hamilcar
Barca ; de l’empereur romain d’Occident Honorius ; du chef
d’Etat athénien, vainqueur à Marathon, Thémistocle ; du chef
romain Scipion, dit l’Africain ; du roi d’Epire Pyrrhus et
combien d’autres… Les peuples concernés, toujours dans cet
ouvrage, sont les : Vandales, Daces, Gallois, Carthaginois,
Fabiens, Honorics, Scythes, etc. Mais les évocations les plus
importantes à mes yeux sont celles de Marius et de Sylla,
prédécesseurs de Jules César, qui fait que la prophétie
engloberait aussi leurs règnes, tel qu’il apparaît ici :
« L'Italie indignée, Prince estrange revolté, Sylla &
Marius arrivez, sectes en sedition. »
A leur sujet, j’ai découvert dans la Pharsale de Lucain :
« L’ombre de Sylla sortit de la terre et rendit d’effrayants
oracles ; les laboureurs épouvantés virent au bord de l’Anio
Marius briser sa tombe, et lever sa tête du sein des morts. »
Les tombeaux qui s’ouvrent et maintenant les
résurrections de Marius et de Sylla nous amènent à la
conclusion, que ce phénomène, au demeurant incroyable,
concerne plus certainement la fin des temps, durant laquelle
se produit la résurrection promise par les écritures, que les
temps anciens. Quoi qu’il en soit, cet extrait de Lucain tend
également vers l’hypothèse d’une prophétie encore
inaccomplie. Reste à savoir que les antiques écrits sont pour

42
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

beaucoup des prophéties, en étroite correspondance, tant


avec la Bible qu’avec les prédictions du devin salonnais.
Les résurrections de Marius et Sylla font immédiatement
suite à la description d’un bouleversement cataclysmique, au
cours duquel : « la comète qui change la face des empires
déploya sa formidable chevelure. Le Soleil au plus haut de
sa course, s’enveloppa d’un voile noir et plongea le monde
dans les ténèbres. La terre s'ébranla sur ses pôles, etc. »
Bref ! Un cataclysme d’une si grande ampleur ne peut en
aucun cas s’être produit dans le passé sans avoir laissé
aucune trace. Cela étant, le caractère prophétique de la
Pharsale est nettement mis en exergue.
Les prédictions en prose et les quatrains évoquent un
même chaos cosmique, sur lequel nous reviendrons de
nombreuses fois et cela souligne leur communion dans un
même thème. La prédiction 280 du second livre en prose
évoque par exemple : « un Soleil d’une insolite clarté et le
passage d’une comète qui présageait des choses tristes. »
Outre les guerres, le reste de l’ouvrage évoque de
nombreuses calamités et des éclipses beaucoup plus
fréquentes que la normale, auxquelles succèdent de grands et
terribles fléaux, toutes sortes de choses qui font penser que
les antiques Romains auraient déjà vécu l’ultime et universel
chaos.
Nostradamus ne nous laisse finalement guère d’autre
choix que de projeter ses prophéties vers des lendemains que
nous espérons lointains ou de les renier en bloc. Je n’ose pas
croire qu’il se soit moqué de ses lecteurs ou de son entourage,
ni même de leur postérité, en reproduisant une tranche
d’histoire sous des sentences poétiques réputées pour leur
hermétisme. Alors que penser ? Quant à imaginer que le
futur soit une réplique exacte du passé, n’y songeons pas un
seul instant ! Quoi qu’il en soit, je me devais de rapporter ces

43
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

étrangetés qui s’avèrent être dans le cas présent du plus grand


intérêt. Il appartiendra aux historiens de rétablir la vérité,
mais si possible, en expliquant clairement et sans détour, ces
anormalités.
Les trop nombreuses corrélations avec les prophéties
bibliques, apocryphes ou autres tendent à donner raison à
Nostradamus, au sens où, passé et futur se confondraient dans
une même prophétie. Quoi qu’il en soit, j’ai bien peur que les
arguments les plus éloquents ne pèsent pas lourd, face aux
preuves existantes qu’aucun historien n’oserait remettre en
question. Malgré cette objection, nous n’en continuerons pas
moins notre exploration dans cette voie.
Que Nostradamus se soit trompé, voire, qu’il ait tout
inventé est en l’occurrence secondaire, ce qui importe avant
toutes choses, c’est de décrypter les quatrains dans leur
signification originelle. Quel qu’en soit le résultat, c’est
d’abord et avant tout le but recherché par tous les exégètes,
depuis maintenant plusieurs siècles. C’est seulement quand
ce travail aura été effectué que nous pourrons juger du bien-
fondé ou non de ses prédictions, afin que nous soyons fixés
une fois pour toutes ! Soulignons néanmoins, à son crédit,
que les cavaliers de l’apocalypse et l’Antéchrist ont été
formellement identifiés par les analystes du monde entier,
comme étant des rois et chefs de guerre romains. Que d’autre
part, les prophéties bibliques, voire apocryphes et autres
écrits pseudépigraphes portent en majeure partie sur les
époques romaine et babylonienne. Nous verrons encore que
de grands personnages dont les noms figurent pourtant dans
la Genèse, marquent également l’apocalypse de leur
présence.
En ce qui me concerne, ma foi en Nostradamus est
inébranlable et je lui voue une confiance aveugle. Selon moi,
il faut d’abord rassembler et analyser objectivement toutes

44
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

les données, il se pourrait que les incohérences ne soient


qu’apparentes. Il s’avère néanmoins que je suis arrivé aux
mêmes conclusions que lui, à partir des antiques écrits grecs
et latins desquels j’ai beaucoup appris. Selon cette source, il
ne fait aucun doute que les Romains auraient vécu des
événements cataclysmiques dont on retrouve simultanément
trace, tant dans l’histoire que dans la Bible. Si ce rapport
n’existait pas, Nostradamus aurait tout aussi bien pu évoquer
des personnages ayant vécu à des époques différentes et dans
une plus large fourchette de temps. L’histoire ne manque pas
de héros pour servir d’exemple ou pour donner un sens
particulier à telle ou telle prédiction. Quoi qu’il en soit, son
hypothèse se doit d’être prise avec le plus grand sérieux, au
moins aussi longtemps qu’elle n’aura pas été discréditée par
des autorités compétentes en la matière.
Une caractéristique fondamentale des prophéties fait que,
selon les cultures, les principaux acteurs, dieux, anges,
démons et chefs de guerre les plus éminents, même plusieurs
villes ou pays portent une multitude de noms. Ce principe est
universel et de toute évidence, orchestré par des puissances
occultes dans le but d’égarer les esprits, et ce, depuis les
temps les plus reculés.
En raison de ces observations, les détracteurs des
centuries trouveront probablement matière à fustiger
Nostradamus et dénoncer une colossale mystification visant
à remettre en cause les fondements mêmes de notre
civilisation. Il est encore trop tôt pour juger du bien-fondé
des évocations historico-nostradamiennes. A décharge pour
lui, il apporte des éclaircissements tout à fait crédibles sur
certaines zones d’ombre des Ecritures et de notre histoire.
Indépendamment des similitudes entre les noms, on
constate encore que les antiques rois et seigneurs de guerre
de l’époque romaine présentent de bien étranges analogies

45
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

avec leurs homonymes du futur. Tous ont participé, de près


ou de loin, à la grandeur ou à la décadence de Rome ou de
Babylone et aux guerres puniques. Il apparaît encore, que les
protagonistes des centuries ne doivent rien en tyrannie à leurs
prédécesseurs d’antan, notamment envers les Juifs et les
chrétiens et les soldats à la brutalité sanguinaire des hordes
barbares de ces temps-là.
Malgré l’illogisme de la chose et en supposant que la
période historique concernée fasse véritablement référence à
l’apocalypse, on en arrive obligatoirement à la conclusion
qu’elle s’étend sur une période au moins égale à la tranche
d’histoire considérée. Encore faudrait-il que la datation des
événements reflète scrupuleusement la réalité historique. Il
n’est même pas déraisonnable de penser, que le dramatique
épisode dure bien plus longtemps que ne le laissent entrevoir
les quatrains.
Ces constatations posent de grandes énigmes, pour
lesquelles il est impossible d’apporter la moindre réponse.
Elles vont encore se multiplier et se compliquer au fil de la
lecture, par l’entrée en scène des plus grands acteurs de
l’histoire dont personne à ce jour n’a jamais soupçonné une
quelconque participation à la prophétie et de moyens
techniques que nul n’a jamais pris en considération.

46
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

CESAR

Si le ciel ne me fait pas d’autres révélations, il me sera


bien difficile de prétendre à l’héritage de Nostradamus,
quand bien même j’ai reçu une part déjà non négligeable de
son savoir. D’autre part, il reste tant à faire et encore tant à
découvrir, que je ne me sens pas capable d’assurer le reste de
la mission, que Nostradamus a confié au futur interprète de
son étrange mémoire, et ce, d’autant moins que je me
retrouve seul, face à une tâche monumentale qui réclamerait
le travail de toute une équipe. Il est, d’ores et déjà certain que
d’autres après moi apporteront leur pierre à l’édifice et
l’héritage final pourrait bien revenir à celui qui regroupera
toutes les données et révélera au monde les dernières
prophéties, en même temps que l’organisation et la datation
des prédictions.
Il est peu concevable que Nostradamus ait confié à son
propre rejeton la révélation de prophéties que lui-même ne
pouvait révéler en son temps, alors que l’intégrisme religieux
pesait encore si lourdement, avec le risque toujours possible
d’une résurgence de l’Inquisition. Le choix du nom de son
futur dauphin ne devrait rien au hasard, mais ferait allusion à
Jules César (Caius Julius Caesar), avec lequel la prophétie
présente de toute évidence de solides attaches.
L’épître à César est juste assez claire pour que celui qui la
pénètre soit potentiellement capable de résoudre les énigmes
posées par l’ensemble de l’ouvrage et par conséquent, de le
décrypter, afin d’en révéler toute la sublimité. En ce qui me
concerne, mon inspiration m’a poussé à employer en premier
lieu la voie du décryptage, la lettre est venue en second pour

47
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

confirmer une transcription déjà bien avancée, parce qu’une


bonne étoile m’a immédiatement conduit à découvrir les
premières clés, de sorte que j’ai pu sauter une étape.
Conscient des dangers encourus par le futur César,
Nostradamus le met en garde sur le risque toujours possible
de plagiat, par un quatrain dont la compréhension a depuis
toujours échappé à l’attention des précédents analystes.

IX, 07
Qui ouvrira le monument trouvé,
Et ne viendra le serrer promptement
Mal luy viendra et ne pourra prouvé
Si mieux doit être roy Breton ou Normand.

● monument en termes d’ouvrage remarquable, d’œuvre


exceptionnelle ● serrer : mettre dans une serre,
enfermer, protéger ● roy : celui à qui revient la souveraineté,
à prendre ici dans le sens de pérennité.

Transcription :
Qui recueillera les secrets cachés dans l’œuvre
monumentale et ne viendra les protéger rapidement, verra
venir le malheur, car il ne pourra prouver s’il est le véritable
auteur de la traduction ou seulement un contrefacteur.

Que les Normands me pardonnent cette interprétation,


mais il semble bien que Nostradamus fasse véritablement
allusion au caractère ambigu de la population d’alors, de ce
petit coin de France pour lequel j’ai moi-même beaucoup
d’affection pour y avoir séjourné durant quinze ans et enrichi
ma famille de deux petits Normands. Une définition du
dictionnaire Larousse pour Normand, sur laquelle j’ai fondé
mon interprétation donne effectivement ceci : « Fam. Faire

48
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

une réponse de Normand, répondre en Normand, en étant


ambigu, sans s’engager. »
Le décryptage des centuries exige de César un certain
nombre de qualités : du courage, de l’obstination, du temps
et les moyens adéquats. Un ordinateur s’avère indispensable,
car il est impensable de décrypter une œuvre aussi colossale
avec pour seuls outils, un crayon et du papier. Si l’on peut
facilement réunir en un seul individu les critères évoqués, il
est indubitablement plus difficile de trouver un véritable
initié, au sens strict du mot.
En plus de ses prophéties, Nostradamus lègue à son fils
spirituel et héritier de son œuvre, les fondements de son
savoir, c’est d’ailleurs en cela que réside l’essentiel de
l’héritage. L’épître est riche d’enseignements, de suggestions
et d’indications, destinés de toute évidence à lui servir de
guide. Nous en arrivons donc à cette condition essentielle :
que César doit avant tout être initié à certains mystères, dont
dépendent en grande partie la connaissance et les facultés
dont disposait son auguste testateur. C’est la raison pour
laquelle Nostradamus a rajouté à la centurie VI, un quatrain
en forme d’avertissement, le seul qui soit rédigé en latin et
dans lequel il enjoint fermement au néophyte de se tenir
éloigné de ses prophéties. Ce texte a invariablement été repris
et commenté par les interprètes successifs, chacun
s’efforçant de démontrer, avec beaucoup de convictions,
qu’il en a bien saisi le sens et qu’il répond très exactement
aux exigences exprimées, ce en quoi il semble qu’ils se soient
tous leurrés. Ces quelques lignes rendent indéniable
l’hypothèse selon laquelle Nostradamus aurait bel et bien
prévu l’éventualité que des commentateurs seraient leurrés
par une facilité illusoire du décryptage.

VI, 100 bis

49
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Legis cantio contrà ineptos criticos.


Quid legent horce versu, maturè censunto
Profanum vulgus et inscium ne attrectato :
Omnesque astrologi blenni, barbari procul sunto
Qui aliter facit, is rite sacer esto

Transcription :
Mesures de précautions contre les critiques absurdes.
Que ceux qui lisent ces vers méditent mûrement leur sens,
Que le profane et l'ignorant s'en éloignent,
Que les astrologues, les sots et les barbares s'en écartent,
Que celui qui transgresse cette interdiction soit sacré selon le rite.

Ce quatrain compte au nombre des rarissimes éléments


qui ne sont pas liés au critère astronomique ou de quelque
autre manière avec le ciel.
Entre autres recommandations, Nostradamus avertit César
du risque pour les initiés aux mystères célestes d’être tués sur
place, sans jugement et sans délai. Heureusement pour nous,
cette sentence barbare ne concerne pas le temps présent, mais
seulement celui de la fin. En ces jours-là, il sera sans doute
préférable, pour nos lointains descendants, de dissimuler
leurs connaissances en ce domaine.

IV, 18
Des plus lettrez dessus les faicts celestes
Seront par princes ignorans reprouvez :
Punis d'Edict, chassez, comme scelestes,
Et mis à mort là où seront trouvez.

● Princes : homme ou chef doté de pouvoirs, mais pas


forcément issu de lignée royale ● Edict : le sens du quatrain
indique clairement, ici, que le décret est d’obédience

50
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

satanique, la majuscule témoigne d’un lien avec le Sénat


romain et subséquemment avec le diable, auquel il est
assujetti ● scelestes pour scélérats.

Transcription :
Les plus instruits sur les phénomènes célestes seront
pourchassés et exécutés sur place par des gouvernants
ignorants et réprouvés, en vertu d'un Edit romain les
désignant comme coupables de crimes.

Nous commençons à parler de satanisme, de diable et de


Sénat romain et ce n’est encore qu’un début. Il faut savoir
qu’en ces temps-là, le satanisme deviendra une religion à part
entière et même qu’elle surpassera les religions
traditionnelles. Il n’est pas question, ici, de quelques
illuminés qui se livreraient à des rites antireligieux, mais de
nos célestes et diaboliques envahisseurs auxquels s’ajoute,
bien entendu, un panel d’adeptes de cette religion, encadrés
par un collège sacerdotal parfaitement structuré, subordonné
au grand pontife romain.
Il arrive parfois à Nostradamus de faire montre d’un
certain humour, tout en restant de bon conseil. Outre les
recommandations et autres instructions, le présage ci-après
montre qu’il sermonne César, en termes remarquablement
choisis, pour avoir failli à sa mission de rapporter une
prédiction cruciale pour la France, en temps et en heure.

Présage 11 - Septembre 1555


Pleurer le ciel, ail cela fait faire.
La mer s'appreste. Annibal fait ses ruses.
Denys mouille, classe tarde, ne taire
N'a sceu secret, & à quoy tu t'amuses ?

51
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

● Hannibal ou Annibal. Général et homme d'Etat


carthaginois (né en 246 av. J.-C. et décédé en 183). Hannibal
a été élevé dans la haine de Rome par son père Hamilcar.
C’est lui qui déclencha la seconde guerre punique ● Denys
l’Ancien (Syracuse, vers 430 ­ id. 367 avant J.-C.), tyran de
Syracuse de 405 à 367, célèbre pour ses cruautés. Il lutta
contre les Carthaginois, qui s’étaient rendus maîtres d’une
partie de la Sicile ● à quoi tu t’amuses : question posée par
Nostradamus à César, en l’occurrence au rapporteur de ses
prophéties.

Transcription :
Aie ! Cela fait souffrir de voir le ciel pleurer. La marine
de guerre s’apprête. Hannibal prépare sournoisement la
guerre. Denys est au mouillage, la flotte tarde, il ne faut pas
te taire, elle n'a pas su le secret ! - Alors ! A quoi tu t'amuses ?

L’évocation d’Annibal dans ce quatrain témoigne, s’il en


était encore besoin, d’une relation directe entre les prophéties
de Nostradamus et dans le cas présent, avec la haute époque
romaine. Certes, l’évocation de quelques personnages ne
constitue pas une preuve formelle, d’autant que plusieurs
siècles séparent Annibal et Denys l’Ancien et plus encore
avec le Jeune. Le décalage est tel qu’historiquement ces
deux-là n’ont jamais pu se rencontrer. Il n’empêche qu’ils
figurent bel et bien dans un même présage. Bien que
contradictoire, la réunion, ici, des deux grands chefs de
guerre donne à penser qu’ils auraient vécu dans le même
temps. Ce genre d’invraisemblance n’est pas exceptionnel,
nous découvrirons plus loin que la plupart des protagonistes
de la prophétie sont concernés par ce problème de décalage
chronologique. Cette observation tendrait à donner raison
aux pourfendeurs des centuries, si finalement et comme nous

52
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

le verrons bientôt, la Bible et d’autres écrits anciens ne


venaient soutenir la thèse nostradamienne.
Pour des raisons pratiques liées au développement ou à
l’explication de certains thèmes, nous devrons parfois faire
appel à l’une ou l’autre épître. Abstraction faite de
l’hermétisme intentionnel de certaines expressions,
Nostradamus a rédigé son ouvrage dans le françois de son
époque, un français aujourd’hui difficile à interpréter.
L’utilisation d’un langage moyenâgeux ne fait que
compliquer le problème déjà épineux du décryptage. Il n’est
pas certain que son illustre auteur ait songé à cela.
En ce qui concerne les quatrains et les épîtres, mes
interprétations ne cherchent pas à faire de belles phrases et
ne respectent pas toujours les règles de grammaire ou
d’orthographe les plus élémentaires, et ce, afin de rester aussi
fidèle que possible au texte original. En effet, je me suis vite
rendu compte que vouloir trop se rapprocher du vocabulaire
de notre temps menait à de sérieuses dérives quant aux
interprétations et que le sens des phrases pouvait s’en trouver
changé pour un simple détail. J’ai donc choisi de privilégier
les idées de fond plutôt que l’harmonie des mots. Loin de moi
l’idée de faire un cours sur le vocabulaire médiéval,
néanmoins, il faut au moins connaître les règles les plus
rudimentaires. Outre l’absence d’accents et un enchaînement
apparemment anachronique des phrases, il faut tout de même
savoir que certains mots d’autrefois n’ont plus cours
aujourd’hui, que d’autres n’ont plus la même signification ou
sont orthographiés de manière totalement différente. En
raison de ces impératifs, je me suis évertué à traduire les
épîtres aussi fidèlement que possible, en fonction de mes
faibles connaissances. Outre cela, je me suis appliqué à la
traduction des quatrains, sixains et présages sur le même

53
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

principe et avec la même volonté de perfection, sans jamais


tenir compte du temps consacré à ce rude travail.
Il importe encore de savoir que le vocabulaire d’époque
manquait de certains mots devenus courants de nos jours,
d’où d’énormes difficultés d’interprétation. De ce fait,
pratiquement tous les chefs d’Etat, despotes, gouverneurs
consuls ou proconsuls sont appelés Roys ou Princes. Il arrive
cependant, mais très rarement, que ces titres désignent
quelques véritables monarques de sang royal.
La majuscule à Prince marque pour les uns, leur
appartenance à Dieu dont ils sont les envoyés et pour les
autres, leur soumission au pouvoir satanique, représenté en
l’occurrence par le Sénat romain. A titre d’exception,
soulignons la prédiction en prose 120 du livre 1, dont voici
le libellé :
« Deliberation du grand Pontife pour les Princes terriens
apaiser, mais en vain : le decret ne sortira en effect. »
Soulignons qu’il n’y aurait aucune raison d’évoquer des
Princes terriens, s’ils ne marquaient la différence avec les
Princes célestes. Les Princes terriens figurent sept fois dans
les présages en prose. Il est encore question, dans ce même
ouvrage, de « Rois terriens » et de « Princes Chretiens »,
pour lesquels l’origine céleste est quasi certaine, et ce, quand
bien même elle ne serait pas formellement établie.
Dans ce concept et comme nous l’avons précédemment
entrevu, l’équivalent au titre de général est le plus souvent
honoré du titre de Duc, doté dans la plupart des cas d’une
majuscule attestant, sinon une origine céleste, dans tous les
cas sa sujétion au Sénat romain et par là même au diable.
Reste à savoir qu’à l’instar de l’époque romaine et
conformément à la prophétie, tous les pays, toutes les
provinces du monde, seront gouvernés par des chefs issus des

54
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

légions démoniaques romaines et de sympathisants ralliés à


leur cause.

55
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

HENRY

Combien de commentateurs, écrivains et historiens, se


sont déjà penchés sur la légende du grand Monarque, avec au
cœur, le secret espoir de découvrir l’identité du fabuleux
personnage, leur quête visant avant toutes choses à percer la
dynastie d’où proviendrait le futur souverain.
La prophétie rapporte que le grand Roy régnera sur le
monde, et même sur l'Univers au temps de l’apocalypse,
époque au cours de laquelle il apparaît comme l’un des plus
fameux héros. De grandes familles, dont les noms se
rattachent à la haute noblesse de France, depuis de lointaines
générations, ont même fondé le secret espoir de voir un jour
leur noble rejeton accéder à l’éminente et universelle
souveraineté. A cet égard, bien des commentateurs ont
échafaudé des hypothèses, dont certaines trouvent leurs
fondements dans des recherches historiques hautement
élaborées et tout à fait dignes d’intérêt. Ce nonobstant,
l’hermétisme des quatrains les a vraisemblablement
empêchés de découvrir la véritable nature du grand et
mystérieux roi. Ajoutons à cela la part de cartésianisme,
héritage de notre culture à laquelle nul n’échappe et qui nous
voile trop souvent l’évidence. Dans ce genre d’interprétation,
ce comportement que d’aucuns considèrent plutôt comme
une qualité devient ici un inconvénient majeur, car il fausse
tout discernement. C’est la raison pour laquelle une personne
quelque peu naïve a certainement plus de chances de réussir
le décryptage qu’un intellectuel bardé de diplômes.
Que l’on croie ou non dans les facultés de Nostradamus,
il n’en demeure pas moins qu’il a écrit ces choses pour

56
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

qu’elles soient interprétées dans ce sens, que beaucoup


trouveront assurément irrationnel. A condition qu’ils ne
soient pas cabochards, même les plus sceptiques devront se
ranger à cette constatation. Personnellement, je réitère ma
confiance en Michel de Nostredame et ma foi en ses
prophéties, mais comme tout un chacun, j’ignore quand elles
se produiront.
L’épître à Henry se distingue de celle, dédiée à César par
le fait que, pour la pénétrer, il faut avoir au préalable décrypté
une bonne partie des prédictions. Aussi pesant qu’il soit,
l’accomplissement de ce travail est essentiel à sa
compréhension. Cela fait, les liens commencent à se faire
jour avec l’ensemble les quatrains, sixains et présages dont
elle semble faire la synthèse. Le lien s’affirme avec l’époque
romaine à laquelle se trouvent curieusement mêlés le diable,
l’Antéchrist et le faux prophète, avec pour toile de fond, un
enchaînement de guerres et de catastrophes terrestres et
cosmiques, dont découlent de nombreuses et incroyables
destructions. Le décor est éminemment apocalyptique. Le
document résume le déroulement de l'ultime tragédie, avec
juste assez de détails pour que le futur traducteur découvre et
établisse les premiers liens. Le problème, en ce qui me
concerne, tient dans le décalage entre les récits historiques et
les éléments apportés par l’épître, qui fait que malgré
l’évidence apparente, je me trouve dans l’incapacité
d’identifier certains des principaux seigneurs de guerre.
Outre le diable, quelques-uns me sont tout de même apparus
parmi lesquels : le grand Monarque, les antéchrists et
quelques rois, mais c’est insuffisant pour rétablir une
chronologie acceptable.
En ce qui me concerne, j’ai seulement découvert
l’essentiel du document plus d’un an après avoir terminé
l’analyse des quatrains.

57
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

Tout comme les centuries ou les prédictions en prose,


cette épître entremêle, dans une même prophétie,
l’apocalypse et l’histoire romaine qui se voit, en dépit de
toute logique, retranchée des temps anciens pour être projetée
dans le futur, de sorte que le puissant et fastueux Empire ne
trouverait plus sa place dans le passé. Au titre des
coïncidences, soulignons que Nostradamus ne fait que
reproduire les schémas biblique et historique, dans lesquels
force est de constater que les règnes romains ont tous été
marqués par des bouleversements terrestres et astronomiques
hors du commun. On ne compte plus les séismes, pluies de
pierres, ténèbres sur la terre entière, éclipses, comètes, chutes
d’étoiles, soleils doubles ou même triples, etc., dont la
fréquence s’écarte notablement des lois astronomiques.
En théorie, il suffirait de transposer les personnages et leur
histoire à l’ère apocalyptique. Si le principe paraît simple et
bien que les noms des protagonistes, villes et pays soient
identiques, une transposition littérale s’avère néanmoins
inapplicable. Outre des différences notoires sur des points de
détail, l’impossibilité vient essentiellement du fait que le
devin salonnais ajoute à l’histoire des siècles en question, des
événements ignorés de tous et par là même, des historiens.
Ajoutons à cela que certains quatrains, à caractère historique,
sont parfois fort éloignés des critères connus et enfin, que les
événements auxquels ils correspondent ne relèvent pas tous
d’une même règle calendaire.
La question ne se pose pas de savoir si Nostradamus à tort
ou à raison, en vérité le fait importe peu, en ce qui nous
concerne, seul entre en ligne le contenu de son œuvre. Je
compte ensuite sur la sagacité et la compétence des historiens
pour établir les correspondances et si faire se peut, faire
ressortir la vérité. Quant à moi, il ne m’appartient pas de
juger du bien-fondé des prédictions, mais seulement de

58
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

décrypter et d’interpréter les textes en toute impartialité, sans


en dénaturer la pensée originelle. Par conséquent et sans
renier mes opinions, je dois rappeler que mes interprétations
ne font pas seulement état de convictions personnelles, mais
qu’elles rapportent en premier lieu des constatations, dont
j’admets cependant le caractère particulièrement troublant. Il
est de fait qu’elles sont à des années-lumière de nos
connaissances historiques dont elles bouleversent
l’ordonnancement traditionnel. Dans ce concept et
contrairement à ce que nous apprenait l’école primaire, nos
ancêtres ne seraient pas les Gaulois, du fait que la prophétie
les fait intervenir, non plus dans le passé, mais dans des
temps non encore révolus.
Il est à prévoir que l’hypothèse d’une relation entre
l’apocalypse et l’histoire antique fera naître une grande
polémique, car elle implique de faire le choix entre le récit
historique reconnu par tous et les prophéties du vénérable
devin astrologue. Le mieux serait de trouver une explication
rationnelle qui ne réfuterait pas ses prédictions dont, pour de
multiples raisons, nous verrons qu’elles sont parfois aussi
plausibles que l’histoire communément admise par les
historiens, poètes et philosophes, des temps jadis à nos jours.
Reste à savoir si l’apocalypse est une sorte de résurgence de
cette époque lointaine, ou si cette tranche d’histoire doit tout
simplement être rapportée au futur apocalyptique. Le cas
échéant, je n’ose présumer des conséquences qu’impliquerait
la consécration de cette dernière théorie. Dans les faits, c’est
tout un pan d’histoire qui s’écroulerait, laissant derrière lui
un vide de plusieurs siècles, pour lesquels nous avons tout de
même retrouvé de nombreux vestiges et des preuves
quasiment irréfutables, oui mais…
Entre autres coïncidences, il se trouve que la Rome
apocalyptique est également administrée par un Sénat, tout

59
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

comme au temps de la domination romaine et cela apparaît


dans plusieurs divinations dans lesquelles cette institution est
mise en évidence. Les similitudes sont vraiment trop
nombreuses pour rejeter l’hypothèse d’une relation entre le
monde romain et l’apocalypse, dont l’incontestabilité se
manifestera véritablement par nombre de détails troublants,
quand nous en arriverons à des faits historiques plus précis.
J’ai mûrement réfléchi sur la possibilité d’une sorte de
boucle par laquelle certaines scènes du passé pourraient
resurgir, reprenant en cela une idée souvent émise par les
astrologues, auquel cas, les noms des empereurs et autres
chefs de guerre serviraient seulement de points de repère.
Cette piste ne peut pas être retenue, en raison de la
descendance divine de plusieurs d’entre eux et de certains
détails dont on est sûr, qu’ils ne peuvent pas se reproduire
avec autant d’exactitude. Au grand dam des historiens, notre
quête du futur va nous plonger peu à peu dans l’univers
romain, revu et corrigé par l’illustre visionnaire, dans lequel
les grands empereurs romains font figure d’antéchrists.
Malgré une apparente facilité, il ne m’a pas été facile de
découvrir la véritable identité du grand Monarque et
destinataire virtuel de la seconde épître, à cause d’un simple
mot. En effet, dans les toutes premières lignes, Nostradamus
s’adresse à sa « Majesté le roi Henry » en termes de déité.
Or, ce terme n’est employé aujourd’hui qu’envers les
divinités et le grand Monarque n’en est pas une. L’erreur
vient peut-être du fait que le mot déité aurait perdu la
signification qu’il avait autrefois. En tout cas, ce détail m’a
induit en erreur durant longtemps, car il se trouve justement,
par un curieux hasard, qu’une véritable divinité combat à ses
côtés, dans le même temps et pour la même cause.
Outre la dignité de grand Monarque, le grand roi porte
aussi le titre tout aussi honorifique de grand Chyren, ce nom

60
LES MYSTERES DE L’APOCALYPSE

étant une anagramme presque parfaite d'Henry, le C trouvant


son explication dans l’origine latine du nom Henrycus. En
vertu de ces constatations, il ne fait aucun doute que l’épître
à Henry est en finalité dédiée au grand Chyren, archange et
premier Monarque de l’Univers. Encore que ce problème ne
soit pas crucial, puisque le véritable objet de l’épître vise en
finalité à parfaire l’initiation de César.

61
NOSTRADAMUS,
FONDEMENTS DES FACULTES

La plupart des exégètes pensent que les facultés dont


jouissait Nostradamus étaient innées. Loin de moi l’idée de
contester cette opinion, encore faut-il y ajouter un bémol.
Disons plutôt qu’il était doté de prédispositions qui ne
demandaient qu’à éclore, moyennant l’acquisition de certaines
connaissances et une préparation adéquate. Il suffit pour s’en
convaincre de se reporter à la section de l’épître à Henry, dans
laquelle il indique clairement qu’il n’aurait jamais cru
vaticiner par les seules voies héréditaires. Il décrit par ailleurs
la manière dont il se relaxait, afin de préparer son esprit par
des méthodes dont nous reconnaissons aujourd’hui les effets
bénéfiques.

Section non publiée

62
LES IDEES REÇUES

Les idées reçues sont depuis bien longtemps à la source de


nombreuses erreurs, quant à l'interprétation des centuries. Il
s’avère que mes devanciers ont le plus souvent fondé leurs
convictions sur les théories erronées de leurs prédécesseurs et
cela dure depuis des siècles sans qu’aucun n’ait jamais
véritablement songé à rompre cette pratique pernicieuse. La
finalité de la chose, c’est que les innombrables retranscriptions
portent pour leur grande majorité sur des faits ou événements
survenus entre la mort de Nostradamus et nos jours.
Face à leur nombre, il est impossible de présenter ici tous
les exemples d’idées reçues et ce n’est d’ailleurs pas l’objet de
cet ouvrage, raison pour laquelle je me limiterai à seulement
quelques exemples choisis parmi les plus représentatifs.
Outre le fameux duel entre les Lyons dont nous avons déjà
parlé, le premier quatrain de la première centurie donne déjà
lieu à des idées préconçues. La première concerne le siège de
bronze auquel certains exégètes n’hésitent pas à prêter des
pouvoirs surnaturels. S’ajoute à cela la petite flamme évoquée
au troisième vers, dont de précédents commentateurs laissent
entendre qu’elle surgissait du néant.

I, 01
Estant assis de nuict secret estude,
Seul reposé sur la selle d'aerain :
Flambe exiguë sortant de sollitude,

63
Fait prospérer qui n'est à croire vain.

● selle : siège à trois pieds surmontés d'un plateau tournant


● aerain pour airain : bronze ● flambe pour flamme.

Transcription partielle :
Etant assis de nuit, j’étudie en secret, seul reposé sur le siège
de bronze. La planète « Jupiter », sortant de solitude, apporte
la lumière sur des secrets, qui ne sont pas à croire vains.

Bien qu’il soit relativement clair, ce quatrain n’en prête pas


moins à des interprétations contradictoires. Pour commencer,
il s’avère que la grande majorité des interprètes cherche à
donner un sens ésotérique à la selle d’aerain. Or, il se trouve
que cette expression désigne un siège de bronze, tout à fait
ordinaire, dont se servaient couramment les gens de cette
époque. Un tabouret de bois aurait tout aussi bien fait l’affaire,
si le noble fessier de notre vénérable ami ne méritait quelques
égards particuliers dus à la condition aisée de son illustre
propriétaire. Outre ces considérations, ce quatrain a pour
principal objet d’attirer l’attention de César sur les pouvoirs de
la petite flamme et la lui faire découvrir. Il s’avère, en effet,
que le don de prophétie tient pour une grande part dans ladite
petite flamme dont Nostradamus précise, dans sa première
épître, qu’elle est naturelle et d’autre part, qu’elle n’était pas
étrangère aux philosophes de jadis. La conjugaison des deux
éléments m’a naturellement amené à identifier la planète
Jupiter, à laquelle Nostradamus prête ses facultés de
divination. C’est, en effet, sur elle que repose l’essentiel de la

64
philosophie dont Nostradamus a hérité et ce constat vaut
également pour les antiques philosophes grecs et latins, pour
lesquels Jupiter représente le plus puissant des dieux, principe
sur lequel ils ont fondé leur sublime doctrine.
Il n’y a pas si longtemps, le sens du prochain quatrain que
je propose de découvrir avait été attribué au voyage que Jean-
Paul II avait effectué à Lyon dans les années quatre-vingt. Au
cours de son séjour dans la capitale lyonnaise et en fondant
leurs assertions sur cette prédiction, d’aucuns avaient auguré
son assassinat. La prédiction ne s’étant pas réalisée, la
prophétie s’est immédiatement reportée sur l’attentat dont il a
été victime, le 13 mai 1981, dans d’autres conditions, en
d’autres lieux et fort heureusement, sans son trépas, en dépit
d’une grave blessure.
Si la prophétie ne s’est pas produite, ce n’est pas grâce aux
prières dont je ne nie pas les effets, mais tout simplement parce
qu’elle ne s’appliquait pas à notre temps. D’autre part et
contrairement à l’apparence, il s’avère qu’elle ne concerne
aucun pape, passé, présent ou à venir. Il nous faut avouer, cette
fois encore, que les apparences sont bien trompeuses. Sans le
vouloir, mais en raison de l’hermétisme des sentences,
Nostradamus aura involontairement tendu de nombreux
pièges.

II, 97
Romain Pontife garde de t'approcher,
De la cité que deux fleuves arrouse,
Ton sang viendra aupres de là cracher,
Toy & les tiens quand fleurira la rose.

65
● Pontife : ce mot ne fait pas allusion à un pape, mais à un
empereur romain, dont on sait, de source historique, qu’ils
étaient tous titulaire de ce titre. La maj. indique sa provenance
céleste ●cité désigne Lyon, ville effectivement assise au
confluent de Saône et Rhône ● rose : la rose représente ici une
Alliance.

Transcription :
Pontife (empereur) romain, garde de t'approcher de Lyon,
car proche de là, ton sang et celui des tiens y seront versés,
quand le conseil de l’Alliance sera en plein essor.

La majuscule à Pontife marque l’origine céleste du


personnage et dans le cas présent, ses attaches avec le diable
et le Sénat romain. Ce titre lui confère une grande souveraineté
à la tête du gouvernement mondial de Rome et
obligatoirement, une place au premier rang de la hiérarchie
satanique. S’il est dit que son sang serait versé, rien ne dit qu’il
sera tué. En ce qui me concerne, je ne connais aucun souverain
ou despote romain qui ait été blessé ou tué à Lyon dans une
attaque ou dans une embuscade. Il n’est même pas certain que
l’attentat auguré soit perpétré en France et si j’ai proposé la
ville de Lyon pour cadre de l’action, le seul critère de choix
repose sur le fait que cette ville est assise au confluent de Saône
et Rhône. Hormis cela, l’action pourrait tout aussi bien se
passer dans une autre ville. En raison de sa situation au
confluent du Pô et de la Doire Ripaire, Turin pourrait
également faire une excellente candidate. Pour son assise au

66
confluent de l'Aniene et du Tibre, Rome elle-même n’est pas à
écarter. En cherchant bien, on trouverait certainement d’autres
villes françaises ou italiennes, ou même d’autres pays
pareillement arrosés par deux fleuves. Sur ce point, le choix de
la ville n’est pas formellement arrêté.
L’idée de l’assassinat d’un pape s’est vue confortée par la
prédiction suivante, dans laquelle il semblerait qu’une
embuscade soit tendue, au confluent de Saône et Rhône, le lieu
étant cette fois clairement indiqué. L’amalgame entre les deux
quatrains devait fatalement aboutir à une conclusion erronée,
alors que les tableaux brossés par Nostradamus sont, de toute
évidence, indépendants l’un de l’autre.
S’il est admis que le quatrain précédent évoquait bien un
guet-apens dirigé contre un dignitaire ecclésiastique, quelle
que soit son obédience, la nature du suivant diffère
radicalement, au sens où il décrit un acte de guerre d’une tout
autre nature.

IX, 68
Du mont Aymar sera noble obcurcie,
Le mal viendra au ioinct de Saone & Rosne,
Dans le bois cachez soldats iour de Lucie,
Qui ne fut onc un si horrible throsne.

● Mont Aymar : Montélimar ● noble : ce mot est une


aphérèse de Grenoble et entre dans le cadre, selon l’expression
nostradamienne, des mots raboutés. La distance qui sépare les
deux villes précitées (104 Km en ligne droite) marque la
violence des combats ● Saône & Rosne identifie Lyon, ville

67
assise au confluent des deux fleuves ● Lucie : sainte Lucie,
fêtée le 13 décembre ● throsne pour siège, au sens où la ville
est assiégée.

Transcription :
Depuis Montélimar, on verra Grenoble obscurcie.
L’ennemi viendra de Lyon. Le 13 décembre, des soldats se
cacheront dans le bois. Jamais personne ne vit un si horrible
siège.

La volonté de faire coller la prophétie aux événements aura


voilé une fois de plus le véritable sens de la prédiction qui,
comme chacun peut maintenant s’en rendre compte, n’évoque
en aucun cas un meurtre, mais bel et bien le siège de Grenoble.
Il n’est maintenant plus possible d’y voir aucun lien avec
quelque agression d’un pape et surtout pas avec celle dont a
été victime Jean-Paul II.
Nous savons maintenant que la victime de l’attentat du
quatrain II, 97 est un chef romain, d’obédience satanique,
possiblement Auguste. Au fur et à mesure de l’avancement,
nous découvrirons d’autres prédictions, dans lesquelles il est
également question de pontifes, et même de grands pontifes,
dont les relations avec le ciel, le satanisme et la haute époque
romaine sont indéniables. En ce qui concerne les Romains,
rappelons que Numa Pompilius aurait lui-même instauré le
collège des pontifes.
Si Nostradamus avait voulu désigner le pape, l’expression
aurait vraisemblablement comporté des marques de déférence
encore plus manifestes. D’autre part, étant donné l’époque, sa

68
foi et son éducation, il ne se serait certainement pas permis de
tutoyer le premier évêque de Rome. Par contre, le fait de
tutoyer l’empereur est de bien meilleur aloi, puisque cette
pratique s’inscrivait, semble-t-il, dans la tradition romaine.
Pour des raisons que je m’explique mal, certaines
interprétations ont associé la « rose » au Parti socialiste, dont
il est vrai qu’elle en est le symbole depuis 1981, avec
l’accession à la présidence de François Mitterrand.

Sixain 44 - Annes 610 - 615


La belle roze en la France admiree,
D'un tres grand Prince à la fin desiree,
Six cens & dix, lors naistront ses amours
Cinq ans apres, sera d'un grand blessee
Du trait d'Amour, elle sera enlassee,
Si à quinze ans du Ciel reçoit secours.

● Prince : la majuscule indique son origine céleste et


vraisemblablement une nature angélique dans le vrai sens du
terme. Il me semble entrevoir saint Michel ● trait d’amour :
rel. à Cupidon, dieu de l'Amour chez les Romains, assimilé à
l'Eros grec. Il est personnifié par un jeune enfant muni d'un arc
et d'une flèche. Il symbolise, ici, le « Dieu » suprême des Juifs
et des chrétiens.

Transcription :

69
L’Alliance Sainte sera admirée en France et convoitée par
le grand Monarque. L’an six cent dix de liturgie 1 verra se
profiler les premiers signes d'amour. Cinq ans plus tard, un
grand personnage lui portera un mauvais coup, mais elle sera
soutenue par le « Dieu d’Amour. » Si elle arrive à tenir quinze
ans, elle recevra l’aide du Ciel.

Pour autant que je sache, François. Mitterrand n’a jamais


reçu de titre princier. Outre cela, la majuscule à Prince tisse un
lien étroit avec le ciel, ce détail excluant d’emblée tout rapport
avec ce président. La confusion s’est étendue à toutes les
prédictions dans lesquelles figure la rose, pour laquelle je ferai
remarquer qu’elle ne comporte jamais de majuscule. Ce détail
souligne une origine purement terrestre. A titre des
corrélations, soulignons que la rose figure aussi bien dans les
quatrains que dans les sixains.

V, 96
Sur le milieu du grand monde la rose,
Pour nouveaux faicts sang public espandu :
A dire vray on aura bouche close,
Lors au besoing viendra tard attendu.

Transcription :
Bien qu’affirmant son influence sur le monde, le Conseil de
l’Alliance préférera taire les atrocités commises, car il ne lui
sera pas possible de dire la vérité. Elle sera seulement dévoilée

1
Ensemble des règles fixant le déroulement des actions, par rapport au
récit.

70
quand le besoin s’en fera sentir, mais quand elle le sera, il sera
trop tard, le Conseil aura trop attendu.

La prochaine prédiction consolide sérieusement


l’hypothèse d’une Alliance sainte, avec l’évocation de la
sapience, que le second vers identifie clairement à la rose.

V, 31
Par terre Attique chef de la sapience,
Qui de present est la rose du monde :
Pont ruiné, & sa grand'preeminence
Sera subdite & naufrage des ondes.

● Attique : péninsule à l'extrémité S.E. de la Grèce ●


sapience : du lat. sapiens : intelligent, raisonnable, ici
l’Alliance sainte ● pont : en termes de lien, ici les négociations
● rose, au sens optimisme, espoir ● preéminence : supériorité
absolue sur tous les autres, suprématie ● subdite : subdiviser,
diviser les parties d'un tout qui a déjà été divisé.

Transcription :
Depuis la Grèce, le chef de l’Alliance sainte qui dans le
temps présent est le seul espoir du monde, verra les
négociations rompues, le grand conseil suprême sera divisé.
Ce fait causera le naufrage d’un projet grandiose qui tombera
à l'eau.

Ces dernières divinations sont parfaitement claires sur le


fait que la rose rayonne sur le monde. Or, il faut bien le dire,

71
ni la France de Mitterrand, ni le Parti socialiste n’ont jamais
rayonné aussi brillamment sur l’ensemble de la planète.
A propos de la rose, ce passage de la Bible concrétise, s’il
en était besoin, le lien entre le quatrain ci-dessus évoqué et la
Bible.
- Il s'en retournera dans son pays avec un matériel
important. Ayant des intentions hostiles contre l’Alliance
Sainte, il les accomplira, puis s'en retournera dans son pays.
L'heure venue, il reviendra contre le Midi, mais il n'en sera
pas de la fin comme du début. Des navires de Kittim1 viendront
contre lui et il sera découragé. De nouveau, il s'emportera et
agira contre l'Alliance Sainte ; de nouveau, il sera
d'intelligence avec ceux qui abandonnent l'Alliance Sainte.
(Dn. 11, 28 - 30).
De précédentes interprétations rattachaient le quatrain ci-
après à Napoléon, dont l’histoire rapporte, qu’il aurait
effectivement été un farouche ennemi de l’Eglise, d’où la
confusion bien compréhensible, quand on n’a pas saisi le sens
réel des prédictions.

VIII, 57
De soldat simple parviendra en empire,
De robe courte parviendra à la longue
Vaillant aux armes en eglise ou plus pyre,
Vexer les prestres comme l'eau fait l'esponge.

1
Le nom de Kittim semble initialement désigner dans la littérature
judaïque, les envahisseurs que les Egyptiens, puis les Juifs appelaient les
peuples de la mer.

72
● Robe pour Toge. Longue pièce de laine drapée, portée
autrefois, par les dignitaires romains ● vexer : blesser,
tourmenter, contrarier. Nostradamus emploie toujours ce mot
dans le sens de combattre, attaquer.

Transcription :
De simple soldat, il deviendra empereur. Il passera de la
jupe courte du simple soldat à la toge. Vaillant combattant, il
sera pire encore avec l’Eglise en supprimant les prêtres comme
l’éponge absorbe l’eau.

Que Napoléon ait été ennemi de l’Eglise et même du pape


est une évidence, certains commentateurs vont même jusqu’à
lui prêter l’image d’un antéchrist, mais, au point de supprimer
les prêtres en si grand nombre que le laisse entendre la
prédiction n’est tout de même pas pensable. L’empereur
n’aurait jamais pu se conduire de façon aussi abominable sans
que rien ne transpire. Dans le cas contraire, sa popularité s’en
serait trouvée sérieusement émoussée et la France en serait
encore aujourd’hui couverte de honte.
Il est vrai que le premier vers prête vraiment à confusion,
en raison d’une coïncidence indéniable avec l’ascension
fulgurante de Napoléon. Le second vers aurait dû semer le
doute, car, à ma connaissance, aucun portrait ne représente
Napoléon en robe, qu’elle soit courte ou longue. Il ne s’agit
bien sûr pas de lui, mais d’un farouche adversaire de la gent
ecclésiastique, un chef de guerre éminemment cruel et
sanguinaire du futur. Le concept nostradamien implique qu’il

73
soit issu des légions romaines. Rappelons pour mémoire que
les soldats romains portaient une sorte de jupe courte, alors que
les dignitaires portaient la longue. Il convient par conséquent
de rechercher, à travers l’histoire, un empereur issu des légions
et d’origine modeste. Mes recherches m’ont orienté vers
Trajan. Fils d’un soldat, il fut nommé, en 97, gouverneur de la
Germanie. Adopté la même année par Nerva, il fut proclamé
empereur de Rome à la mort de ce dernier en 98. Il mourut
brusquement à Sélinonte en 117, au retour d’une de ses
campagnes, alors qu’il regagnait Rome.
La confusion avec Napoléon s’est vue confortée par le
quatrain ci-après, dans lequel il est clairement question d’un
empereur et qui plus est, né non loin d’Italie.

I, 60
Un Empereur naistra pres d'Italie,
Qui à l'Empire sera vendu bien cher,
Diront avec quels gens il se ralie,
Qu'on trouvera moins prince que boucher.

● naistra : du verbe naître au sens accéder ● Empire : la


majuscule souligne, tout à la fois, ses liens avec le ciel, par
l’origine des sénateurs romains et son assujettissement au
diable.

Transcription :
Né non loin d'Italie, un homme accédera au titre
d’Empereur. Il se vendra bien cher à l'Empire romain. On ne

74
saura avec quelles gens il se rallie, tant il se montrera plus
boucher que souverain.

L’origine corse de Napoléon est de toute évidence la cause


première de la méprise. Il me faut avouer que si je n’étais déjà
engagé dans cette autre voie, je me serais certainement laissé
prendre au piège involontairement tendu par ces deux
quatrains. Il s’agit plus vraisemblablement de Claude,
(Tiberius, Claudius Nero Drusus), empereur romain né à
Lugdunum (auj. Lyon) en 10 av. J.-C., par conséquent non loin
d’Italie. Sa figuration au rang des protagonistes de la prophétie
est par ailleurs clairement établie dans le quatrain VI, 641 dans
lequel son nom est clairement libellé.
Convaincus de liens avec l’histoire de France, la plupart des
exégètes ont rattaché la prochaine divination à l’amiral
Montmorency, ce qui s’avérera vite faux.

IX, 18
Le lys Dauffois portera dans Nansi
Iusques en Flandres electeur de l'Empire,
Neufve obturée au grand Montmorency,
Hors lieux prouvez delivre à clere peine.

● lys : symbole de Royauté ● dauffois pour dauphin, fils


aîné, héritier ou successeur. (Soulignons la majuscule à
Dauffois) ● electeur : relatif au choix ● Empire est pris ici au
sens d’autorité ayant pouvoir sur cette région ● Neufve pour

1
Ne figure pas dans cet ouvrage.

75
nouvelle ● Montmorency : sous préf. du Val-d'Oise ● clere
pour clergé, ecclésiastique.

Transcription :
Le successeur du roi (vraisemblablement dictateur et tyran)
projette d'étendre sa domination de Nancy jusqu'aux Flandres
par voie électorale. Une lettre cachetée est adressée au chef
militaire de Montmorency lui demandant de prouver que lui
est ses troupes sont hors de la ville. Si la réponse est positive,
l’ecclésiastique prisonnier sera libéré.

La majuscule à Dauffois marque de manière quasi certaine


que le successeur du lys vient d’un autre système. La
descendance royale est probablement fictive, preuve en est
qu’il fait appel à l’électorat pour étendre sa domination. En
raison de la majuscule, Empire fait indubitablement allusion
au Sénat romain, dont le Dauphin est assurément l’un des
représentants. Etre le dauphin n’implique pas obligatoirement
que le sujet soit fils de roi, Nostradamus utilise souvent ce
genre de comparaison pour désigner un successeur. D’autre
part, il est clair que Montmorency représente, dans le cas
présent, le nom de la ville et non pas celui de l’amiral de
France. En résumé : un chef militaire occupe Montmorency
avec ses troupes et le nouveau tyran tente de l’en expulser en
exerçant un chantage.
L’idée d’une invasion jaune pour la fin du siècle dernier a
pratiquement fait le tour de la planète. Cette fausse prédiction
vient du quatrain suivant, dont on constate cette fois encore
qu’il embrouille les esprits. Encore une fois, si je n’avais pas

76
emprunté une autre voie, je me serais presque à coup sûr
fourvoyé.

III, 04
Quand seront proche le defaut des lunaires,
De l'un à l'autre ne distant grandement,
Froid, siccité, dangers vers les frontières,
Mesme ou l'oracle a pris commencement.

● Lunaires : qui concerne ou évoque une lune.

Transcription :
Quand des changements interviendront sur les premières
planètes, de l'une à l'autre, il s'écoulera peu de temps. En ce
temps-là, on connaîtra le froid et la sécheresse. Il y aura danger
vers les frontières et des risques de guerre, même en terre
sainte où l'oracle a pris commencement.

Contrairement à l’idée reçue et contre toute attente, nous


n’avons fort heureusement pas subi d’invasion asiatique, ni
aucune impliquant dans le même temps quelque danger vers
les frontières. Cette fausse prédiction est fondée sur une
interprétation erronée du mot « lunaires » et n’a rien à voir,
que ce soit de près ou de loin, avec l’un ou l’autre des peuples
du Levant. Cette rumeur a eu en son temps un énorme
retentissement, même dans les pays voisins et jusqu’en
Amérique.
Malgré le côté insolite de la chose, il apparaîtra plus avant
que les lunaires représentent véritablement des astres de notre

77
système. Il faut savoir que les grandes planètes et leurs
satellites sont aussi des lunes. Le défaut concerne les
transmutations qui les toucheront les uns après les autres en un
temps très court. Il s’avère d’autre part que les conséquences,
en l’occurrence froidure et sécheresse, concordent beaucoup
mieux avec des perturbations astrales qu’avec quelque
incursion qui ne changerait de toute manière rien au climat.
Soulignons cette fois encore la relation avec l’astronomie.
A propos des transmutations planétaires, il est dit dans les
annales Maya que Kinich Ahau1, le Soleil, va intensifier son
rayonnement. Et il n'y aura pas à attendre des dizaines d'années
pour en voir le résultat. Nous verrons bientôt les planètes
s'illuminer comme par contagion en l'espace de quelques mois.
A ce sujet, les habitants de l'Amérique centrale croyaient que,
s'ils n'offraient pas du sang et des vies humaines aux dieux, le
Soleil mourrait et que la fin du monde arriverait.
L’entrée en combustion des planètes se vérifiera dans un
prochain chapitre.
Le quatrain ci-après, dans lequel mes devanciers ont pour
ainsi dire tous vu se dessiner en filigrane la fuite de Louis XVI
à Varennes, suivie de son arrestation et de son exécution,
compte certainement parmi les plus édifiants. Emise dans les
années quatre-vingt, cette hypothèse n’a depuis cette date
jamais été contestée. Contrairement à cela, elle est restée
comme collée à la prédiction, ne faisant que conforter les
lecteurs dans leur croyance quant aux facultés divinatoires de

1
Dieu Maya, également appelé Ahau Kin et Ah Kinchil ("celui au visage
de soleil"), Kinich Ahau était le dieu maya du Soleil et le mari de la
déesse de la Lune Ix Chel.

78
Nostradamus. Il est vrai que les correspondances avec la fuite
de Louis XVI à Varennes sont véritablement troublantes.
Je suis bien conscient du peu d’arguments dont je dispose
pour crédibiliser mon hypothèse, mais tant pis ! De toute
manière, il est indispensable de rétablir dès maintenant une
vérité qui se vérifiera par elle-même dans la suite des temps.
Ajoutons à cela que l’explication proposée est parfaitement
cohérente avec les interprétations précédentes et qu’elle
respecte au plus près les critères précités.

IX, 20
De nuict viendra par la forest de Reines
Deux pars vaultorte Herne la pierre blanche,
Le moine noir en gris dedans Varennes
Esleu cap, cause tempeste, feu sang tranche.

● Reines : certaines éditions écrivent Rennes et parfois


même Reims ●Vaultorte pour vol torte, au sens vol tortueux ●
Herne pour Hernie. La majuscule tisse le lien avec le ciel ●
moines : à prendre ici et selon la définition du dictionnaire au
sens de bouillottes, réserves de chaleur ● Esleu pour élu, au
sens choisi ● cap : en vieux français, cap désigne la tête.

Transcription :
Varennes est survolée par deux moines (planétoïdes en fin
de combustion) venus de la forêt de « Reines » en suivant un
itinéraire tortueux. Par suite d’une hernie semblable à une
pierre blanche, le noir vire soudainement au gris et prend la
tête, puis il déclenche sur Varennes une tempête de feu et

79
d’escarboucles1 qui met la ville à feu et à sang, hachant menu
la ville et les forces d’occupation ennemies.

En résumé : Varennes est investie par les armées célestes


d’occupation. La prédiction décrit leur anéantissement dans
cette ville par une pluie de pierres incandescentes.
Les moines ne seraient rien moins que des corps célestes
satellisés en fin de combustion, mais encore actifs à l’intérieur,
d’où le terme de moines donné par Nostradamus, en raison de
la réserve de chaleur emmagasinée sous la croûte externe. Les
moines naissent du chaos stellaire et ils sont nombreux. Il
m’est apparu qu’au cours de leur refroidissement, il se formait
à leur surface une croûte épaisse, émaillée de nombreuses
craquelures à travers lesquelles transparaissait, de manière
parfois fugitive, la rougeur de la lave en fusion. Suivant leur
avancement vers l’extinction, la croûte passerait du rouge au
noir, voire au gris cendreux en phase finale. Quelle que soit
l’apparence de l’objet, il n’en demeure pas moins que le
magma interne reste en ignition bien longtemps après son
extinction apparente. Des pressions internes produiraient en
surface de nombreuses et fréquentes éruptions, voire comme
ici, des sortes de hernies, avec pour conséquence lorsqu’elles
éclatent, des pluies de pierres incandescentes et des cataractes
de feu. Je subodore que la hernie de celui de tête aura crevé au-
dessus de Varennes, probablement à cause de sa subite
métamorphose qui l’aura fait virer du noir au gris. Nous
reviendrons sur les transmutations astrales, dans un chapitre
entièrement consacré au désordre cosmique.

1
Pierres incandescentes, charbons ardents, météorites ignées.

80
Moine aurait logiquement dû comporter une majuscule,
Nostradamus la lui aura fait perdre au profit de Hernie, lequel
mot relie de toute manière l’objet à l’astronomie, en vertu du
fait que les quatrains sont tous, de près ou de loin liés à ce
critère.
Il était important de parler de ce quatrain, car il compte
depuis déjà de longues années parmi les plus représentatifs des
dons de clairvoyance de son illustre auteur. On peut voir qu’à
l’instar des autres prophéties, le sens global s’accorde
parfaitement au contexte apocalyptique. S’il n’avait pas été
faussement attribué à l’arrestation de Louis XVI et de ce fait,
qu’il ait acquis une aussi grande notoriété, je ne l’aurais
certainement pas publié dans cet ouvrage. Si je le fais, c’est
uniquement pour rétablir sa signification originelle et
réaffirmer qu’il n’a aucun lien avec la mésaventure du roi. Si
ma version ne devait pas convaincre, en raison de l’étrangeté
des arguments, il faut dire que les interprétations antérieures
sont encore plus ténébreuses et que leurs explications
réclament une dose d’imagination beaucoup plus élevée.
La destruction de la ville ne viserait pas spécialement les
habitants, ni quelque point stratégique, mais les envahisseurs
célestes qui auraient investi la cité. La précision de ces corps
plus ou moins ignés inspire qu’ils pourraient être guidés par
des puissances occultes. Le nom de la forêt est sujet à
controverse, du fait que l’orthographe diffère au gré des
éditions. Comme il s’agit essentiellement d’une direction, son
libellé ne change absolument rien au sens de la prophétie. Que
les moines viennent de l’est ou de l’ouest, du nord ou du sud
n’a en vérité que peu d’importance. Néanmoins, pour éviter

81
toute polémique, nous retiendrons la formulation « Reines » de
l'édition posthume de Benoît Rigaud.
Reste que, outre Varennes-en-Argonne, près de vingt villes
françaises portent le nom de Varennes, parmi lesquelles prises
au hasard : Varennes-Jarcy, Varennes-sur-Amance, Varennes-
sur-Loire, Varennes-Changy, Varennes-Vauzelles, etc.
Aucune indication ne permet de dire qu’il s’agit de Varennes-
en-Argonne. Si cette ville a été rattachée au quatrain, c’est à
cause du mot Reines, le pluriel portant de fait vers une possible
équivoque avec Reims. Etant donné que l’essentiel des
divinations concerne le sud, il pourrait tout aussi bien s’agir
d’une ville du Midi. Cela dit, l’hypothèse la plus probable reste
Varennes-en-Argonne, du fait que le quatrain III, 18, sur lequel
nous reviendrons prochainement, montre une arrivée massive
d’envahisseurs célestes dans cette région.
Entre autres idées reçues, le mot noir, qui figure au
troisième vers du quatrain que nous venons d’examiner, est
devenu au fil du temps et dans l’esprit du plus grand nombre
synonyme de « roi. » Tout d’abord, redonnons au mot noir sa
signification originelle, car, contrairement à une certaine
croyance, il se trouve que dans les centuries, noir ne désigne
jamais autre chose que la couleur qui s’y rapporte. En
conséquence de quoi, noir peut qualifier indifféremment un
africain, un roi ou une chose dont la particularité principale
aurait quelque rapport avec le noir. C’est là qu’intervient le
hasard ! Il s’avère, en effet, par une curieuse coïncidence,
qu’une des caractéristiques physiques des Roys de la prophétie
se rapporte souvent à cette couleur, d’où la confusion bien
explicable de l’auteur initial de cette méprise. Encore faut-il

82
savoir que le terme de Roy est une expression allégorique,
prêtée le plus souvent à des entités dont la seule royauté réside
dans leur souveraineté sur une ville, une région ou un pays.
Au chapitre des idées reçues, le quatrain que nous allons
maintenant découvrir a été, dans le passé, adapté par deux fois
au gré des événements. Une première fois pour illustrer la
montée des ayatollahs iraniens et la seconde, la première
guerre du Golfe. Je suis étonné qu’il n’ait pas trouvé quelque
exégète pour le réadapter à la seconde guerre engagée cette
fois par le président G.W. Bush.

VIII, 70
Il entrera vilain, meschant infame
Tyrannisant la Mésopotamie
Tous amis fait d'adulterine dame,
Terre horrible noir de phisionomie.

● adultérine, au sens de traître, trompeuse, infâme ● dame :


la Babylone biblique en l’occurrence Rome.

Transcription partielle :
Il entrera vilain, méchant, infâme, tyrannisant la
Mésopotamie, dont les habitants sont tous amis de l’infâme
Babylone. Après le déluge de feu, l’aspect noir de la terre sera
horrible à voir.

A mêmes causes, mêmes effets. Même si le grand méchant


n’est pas formellement identifié, les conséquences de son
passage laissent supposer qu’il est de même nature et origine

83
que les moines qui ont précédemment anéanti Varennes. Sa
noirceur indique que la combustion est déjà bien avancée.
Dans les années 1980, la guerre du Golfe ne s’étant pas encore
produite, une première interprétation du quatrain rapportait la
prédiction à l’accession au pouvoir de l’ayatollah Khomeiny
en Iran, que d’aucuns avaient cru reconnaître sous les traits du
« vilain, méchant infâme. » Le reste de la prophétie
correspondant, selon ce auteur, à la tyrannie et aux exactions
qui ont suivi cet événement, encore faut-il une bonne dose
d’imagination pour y voir quelque rapport. Enfin, en raison du
différent qui opposait les deux pays et qui devait peu après
aboutir à une guerre de huit ans, Khomeiny n’a
vraisemblablement jamais foulé le sol irakien.
Cette même prédiction a été rapportée une seconde fois en
1990 à la première guerre du Golfe, déclenchée par un acte de
guerre caractérisé de l’Irak contre le Koweït. Cette agression
lui a valu en retour une guerre particulièrement meurtrière et
dévastatrice sur son propre sol. Toutefois et dans ce contexte,
la « terre horrible et noire de physionomie » aurait
effectivement mieux convenu à une description du Koweït,
dont les puits de pétrole ont été incendiés par centaines,
causant une pollution si importante que cette région est restée
plongée dans la pénombre durant des mois. La tournure du
quatrain est effectivement trompeuse et face à la réalité, on
comprend que beaucoup soient tombés dans le piège
fortuitement tendu par les événements. En vérité, la prophétie
n’aurait aucun rapport, ni avec Khomeiny, ni avec l’Irak de
Saddam Hussein, mais seulement avec des événements dont
aucun ne se serait encore produit.

84
Contrairement à ce que l’on serait en droit d’imaginer, la
prophétie ne ferait pas obligatoirement allusion à l’antique
Mésopotamie, mais à une contrée également sise entre deux
fleuves. Dans son épître à Henry, Nostradamus précise que
cette dernière est exiguë, cette indication donne à penser qu’il
s’agirait plus vraisemblablement d’un autre lieu :
« […] pour la cité libre, constituée et assise dans une autre
exiguë Mésopotamie. »
J’ai cru comprendre et c’est le sens que j’ai donné à
l’interprétation de cet extrait, qu’après avoir été totalement
détruite, Rome serait déplacée et reconstruite dans cette autre,
a priori, minuscule mésopotamie. La notion d’exiguïté ouvre
sur tant de possibilités que je n’ai pas cherché à situer le nouvel
emplacement. Le quatrain ci-après évoque justement des
Mésopotamiens, reste à savoir de quelle Mésopotamie, attendu
qu’Assour est roi de Babylone et conjointement, des Rouges
Nostradamiens.

VII, 22
Les citoyens de Mesopotamie
Irez encontre amis de Tarraconne,
Ieux, rits, banquets, toute gens endormie
Vicaire au Rosne, prins cité, ceux de d'Ausone.

● Tarraconne pour Tarragone, ville d'Espagne orientale en


Catalogne ● Vicaire : remplaçant, suppléant. Ne perdons pas
de vue que le contexte est religieux, même si cette religion est
contraire aux traditions actuelles et que les chefs et

85
gouverneurs sont avant tout des ecclésiastiques sataniques de
haut rang.

Transcription :
Les citoyens de Mésopotamie, fâchés contre leurs alliés de
Tarragone, profiteront d'une grande fête pour les assaillir
quand ils seront tous endormis. Le suppléant ecclésiastique du
gouverneur se réfugiera dans le Rhône, la ville sera enlevée par
les Italiens d’Ausone.

L’exiguïté, invoquée par Nostradamus, donne à penser que


cette Mésopotamie se situerait entre deux fleuves italiens, dans
un lieu probablement proche de la Rome actuelle.
Les Rouges figurent dans de nombreux quatrains, dont le
suivant en tant que force militaire d’occupation. Avec la
montée du communisme au siècle dernier, la majorité des
exégètes a cru reconnaître en eux les communistes des pays de
l’Est ! Nul ne saurait les blâmer de cette confusion, tant il est
vrai que les coïncidences s’avèrent parfois saisissantes. Qui ne
s’y serait laissé prendre, dans un temps où le communisme
était encore prospère ? Ce qui ne leur est pas apparu, c’est que
les Rouges sont les représentants d’une religion, ce qui s’avère
en totale contradiction avec les principes de ce parti
éminemment athéiste.

VIII, 19
A soustenir la grande cappe troublee,
Pour l'eclaircir les rouges marcheront,
De mort famille sera presque accablee,

86
Les rouges rouges le rouge assomeront.

● cappe pour cape. Figure un haut dignitaire ecclésiastique


(le faux prophète). Le quatrain II, 69 montre qu’il est au
sommet de la hiérarchie satanique et romaine ● troublee : qui
ne s'explique pas clairement, suspecté ● accablee pour
exterminée.

Transcription :
Pour soutenir leur chef suspecté du crime et pour le
disculper, les Rouges feront semblant de croire au mensonge.
Pour une famille presque entièrement exterminée, les Rouges,
rouges de colère, assommeront un des leurs.

Le terme de Rouges vient de ce que cette engeance barbare


porte, contrairement aux troupes modernes qui ont toutes opté
pour des tenues camouflées, une vêture d’un rouge éclatant qui
leur donne à tous une allure princière, ce en quoi ils présentent
de sérieuses concordances avec les Chaldéens et Assyriens des
temps jadis, auxquels je crois devoir les assimiler. Ils figurent
dans l’Histoire en termes de Kittim. Les Rouges sont
androgynes, une caractéristique propre aux anges. Leur stature
dépasse avoisine peu ou prou les 3 m. Bons marins, valeureux
guerriers, ils n’en sont pas moins des démons, au sens propre
du terme. Ils ont une réputation de mangeurs de cru (de viande
crue), ils ont en cela une prédilection pour les femmes et les
petits enfants, mais… ne sont-ils pas de démons ?
La confusion avec les communistes vient du fait que le
rouge symbolisait ce parti et que ses adeptes l’arboraient

87
fièrement sur leur drapeau. Avec le temps et par une extension
du langage populaire, les communistes sont devenus « les
Rouges. » Or, l’U.R.S.S. étant maintenant totalement
effondrée, ce vocable a perdu sa raison d’être. Les pays qui
font encore référence au communisme, dont la Chine, sont
désormais largement ouverts à l’économie de marché. En
conséquence de quoi, l’autoritarisme communiste a presque
disparu de la planète. Par conséquent, un retour en arrière vers
un communisme archaïque est peu probable.
Contrairement aux communistes qui rejetaient en blocs
toutes les religions, les Rouges sont, au contraire, très pieux, à
ceci près qu’ils ne tolèrent que les dévotions aux divinités
sataniques, raison pour laquelle ils imposent tant de contraintes
aux églises chrétiennes qu’ils tentent visiblement d’étouffer
par des règlements pervers.

VI, 10
Un peu de temps les temples des couleurs
De blanc & noir les deux entremeslee :
Rouges & iaunes leur emblemeront les leurs,
Sang, terre, peste, feu d'eau affollee.

Transcription :
Les églises disposeront de peu de temps pour se conformer
aux couleurs imposées. Elles pourront combiner le blanc et le
noir, alors que les Rouges utiliseront pour leurs propres
temples, des emblèmes rouge et jaune. Le sang qui inondera la
terre, la pestilence, le feu et l'eau affoleront les populations.

88
Il apparaît ici, que leurs emblèmes mélangent du rouge et
du jaune, à savoir que le jaune symbolise le Soleil, un de leur
grand dieu auquel ils vouent un culte pratiquement égal à celui
de Satan. Le jaune ayant pour autre avantage de rompre la
monotonie d’une couleur uniforme en insérant des motifs
harmonieux.
Les Zersas, une autre caste, figurent dans l’épître à Henry,
dans laquelle Nostradamus laisse subtilement entendre qu’ils
viennent du ciel en ces termes :
« Puis le grand Empire de l'Antechrist commencera dans la
Arda1 et Zersas2 descendre en nombre grand et innumerable,
tellement que la venuë du sainct Esprit procedant du 48 3
degrez, fera transmigration, deschassant à l'abomination de
l'Antechrist, faisant la guerre contre le royal qui sera le grand
Vicaire de Iesus-Christ et contre son Eglise, etc. »

Traduction :
« Puis le grand Empire de l'Antéchrist commencera dans
l’Arda. Les Zersas descendront (du ciel) en si grand nombre,
que les anges de Michel qui débarqueront au 48e degré seront
chassés et devront céder la place à l'abomination de
l’Antéchrist. Ce dernier mènera une guerre contre le grand
Monarque qui sera le grand Vicaire de Jésus-Christ, etc. »
Les Zersas jouent un rôle essentiel dans l’apocalypse. On
les retrouve dans un grand nombre de quatrains, quoique sous

1
Riv. de Bulgarie, affl. de la Marica.
2
Anagramme de Rasés.
3
Certaines éditions indiquent 24 degrés, 48 degrés semblent néanmoins
plus plausibles.

89
différentes appellations, le plus souvent en termes de Rasez et
sous quelques autres allégories…

90
GRAND CHYREN,
MONARQUE DE L’UNIVERS

Mes devanciers ont opéré, depuis déjà longtemps, le


rapprochement entre le grand Monarque de l’épître à Henry et
le grand Chyren. Le fait est que les deux personnages forment
une seule et même entité, dont la venue en tant que libérateur
du monde est annoncée par un grand nombre de prophéties et
par la Bible. Malgré tous leurs efforts, aucun n’a cependant
jamais imaginé que l’illustre personnage pouvait représenter
l’autre visage de saint Michel, le Saint-Esprit et Grand Vicaire
de Jésus-Christ précédemment cité, avec lequel les
ressemblances sont pourtant frappantes.
Section non publiée

91
LES CELIQUES,
ANGES DU GRAND CHYREN

Le terme d’ange prête parfois à confusion, au sens où il


éveille dans certains esprits et par erreur une notion de sainteté.
Il s’avère dans les faits, que ce terme englobe aussi bien des
êtres corporels dont il est fait mention, tant dans les Ecritures
ou les quatrains, que des êtres spirituels et invisibles, « sans
pieds ni mains » comme dit Nostradamus. A titre d’exemple et
bien qu’ils aient une apparence humaine, nos célestes
envahisseurs n’en sont pas moins des anges du diable.
En ce qui nous concerne, les anges de Dieu sont représentés
par les Celtes, ou Blancs du grand Chyren. Nous connaissons
déjà leurs opposants sous les vocables de Barbares, Rouges et
de Zersas. L’apocalypse voit les deux communautés
s’affronter sur notre sol et dans notre ciel et bien entendu,
l’humanité y est étroitement mêlée. Les prophéties rapportent
que dans les temps anciens, les anges descendaient du ciel pour
accomplir quelques divines missions. Selon la Bible combien
dans l’antiquité ont eu la joie d’être visités par des anges dont
l’apparence humaine est incontestable ! Indépendamment de
la visite à la vierge Marie et bien avant cela, selon la Bible, les
anges ont souvent pris contact avec les antiques patriarches,
ainsi qu’avec certains prophètes. Contrairement aux Barbares
sataniques dont la vêture est d’un rouge éclatant, les anges du
grand Chyren seraient vêtus de brocart d’un blanc étincelant.

92
Les prophéties de Nostradamus sont, dans leur grande
majorité, inhérentes à ces deux catégories.
Outre de nombreuses marques laissées sur notre planète, la
gent angélique ne nous est pas totalement inconnue puisqu’elle
figure, depuis la nuit des temps dans de nombreuses
prophéties. Sans que l’on sache très bien pourquoi personne
n’a jamais souligné les détails physiques de ces êtres. La prise
de conscience de leur matérialité aurait depuis longtemps
apporté la réponse à la vieille question : de savoir si le ciel était
habité par une gent de type humanoïde. Il est pourtant notoire
que depuis la nuit des temps, les anges descendent du ciel ! A
cet égard, on peut lire, en Genèse 19,2 et suivants, que les
anges qui ont visité Lot, éprouvent le besoin de manger et de
dormir et que ses voisins les prennent purement et simplement
pour des hommes.
Les facultés de Nostradamus n’expliquent pas, à elles
seules, cette prescience qu’il avait de l’existence de
populations extraterrestres, alors que quatre cent cinquante ans
plus tard, nous réfutons encore cette théorie.

Section non publiée

93
JULES CESAR

Jules César figure indubitablement dans la prophétie, quoi


que sans jamais être clairement nommé. Dans l’état actuel de
nos connaissances, il est difficile de le débusquer. J’ai
néanmoins découvert un quatrain, à partir duquel il est possible
de vérifier sa présence.
A cet égard, rappelons qu’Enée est une autre, des multiples
appellations du diable. Dans la mythologie grecque et romaine,
Ascagne ou Iule est le fils d’Énée et de Créuse (la fille de
Priam).
Selon la tradition romaine, Ascagne fait souche en Italie à
la suite de son père, Virgile le représente, dans l’Enéide 1 ,
comme un personnage incarnant l’espoir des Troyens
survivants. Quand Troie tomba aux mains des Achéens. Grâce
à la célèbre ruse d'Ulysse, Énée s'enfuit avec ses amis, son père
Anchise, sa femme Créuse et son fils Ascagne, aussi appelé
Iule, les Lares et les Pénates ainsi que Mimas pour fonder selon
les vœux des Dieux la nouvelle Troie en Hespérie (l'actuelle
Italie).
Bref ! Ce passage décrit la fuite d’Enée après la chute de
Troie et sa venue sur notre planète et cela correspond au verset
12,9 de l’Apocalypse biblique, suivant lequel il est précipité
sur terre. Il m’est par ailleurs apparu, que l’événement se
1
Virgile se serait, dit-on, inspiré du récit d’Homère pour écrire cet
ouvrage. La fabuleuse épopée relate les exploits d’Énée et les origines de
Rome. Composée à la gloire l’empereur Auguste, elle fait de lui le
descendant du prestigieux héros.

94
produisait à la cinquième heure de l’Apocalypse et cela
constitue pour moi, un repère de première importance. Or, il se
trouve que le nom d’Ascagne apparaît maintenant dans cet
autre quatrain, dont le sens est sans équivoque quant à la nature
belliqueuse de l’individu.

X, 27
Par le cinquième & un grand Hercules
Viendront le temple ouvrir de main bellique,
Un Clément Iule & Ascans recules,
Lespee clef aigle, connurent onc si grand picque.

● Cinquième indique probablement un rang ou une position


qui reste encore à déterminer ● La majuscule à Hercules tisse
le lien avec le ciel. Le pluriel à ce mot fait vraisemblablement
référence à un géant, attendu que le temps de Jules César
correspond également au temps de Moïse, Josué, Hénoch et
des géants appelés Nephilim ● temple : édifice religieux, ici,
le Vatican ● Clément ferait référence à la magnanimité du
pape ● Lespee pour épée, la croix de saint Pierre est renversée
et ressemble de ce fait à une épée ● clef : figure dans les
armoiries du Vatican ● aigle : figure héraldique, blason ●
picque pour pique : qui blesse l'amour-propre.

Dans les faits, Noé était non seulement contemporain de


Jules César, il lui aurait même survécu. A cette époque, le
déluge qui vise à éliminer les géants n’a pas encore eu lieu. Je
sais que c’est difficile à concevoir, mais toute analyse
méticuleuse aboutira à cette conclusion. Nul ne connait la

95
raison pour laquelle les antiques historiens ont dissocié cette
tranche d’histoire romaine de celle des antiques patriarches, le
fait est qu’ils étaient tous contemporains et il est finalement
assez simple de mettre ces affirmations en exergue. A cet
égard, la figuration d’Abraham sous le règne de Nemrod, alias
Assour et Nabuchodonosor pour lequel son père fabriquait des
idoles, est un argument de poids.

Transcription :
Avec le « cinquième (?) », accompagné d’un garde du corps
de taille imposante viendra forcer la porte du Vatican. Le Pape
fera reculer Iule et Ascagne, la croix de saint Pierre, les clefs
et le blason ne connurent jamais une si grande querelle.

Le terme de cinquième me trouble énormément. La


correspondance avec quelque personnage de son entourage ou
de sa famille, voire dans sa généalogie m’échappe. Le quatrain
ci-après est très important, au sens où il montre maintenant
l’arrivée de Satan dans le Latium. Le géant devait être
immensément grand, de même type que les Nephilim, attendu
que la taille de Jules César était d’environ 3 m.

II, 43
Durant l'estoille chevelue apparente,
Les trois grands princes seront faits ennemis :
Frappez du ciel paix terre tremulente,
Pau, Timbre undans, serpent sus le bort mis.

96
● Timbre pour Tibre (par épenthèse). Fleuve d'Italie, il
traverse la Toscane, l’Ombrie, le Latium et arrose Rome ●
undans : du lat unda, relatif à la submersion, l’eau en
mouvement, etc. ● Trémulente : syn. de tremblement.

Transcription :
Durant le passage de la comète, les trois grands souverains
entreront en conflit. Sous les coups du ciel, la paix de la terre
sera chancelante. Le grand chef de Pau installera Satan au bord
du Tibre en crue.

Je déduis de cette prédiction, que Jules César aurait établit


son quartier général à Pau. Arrivé en même temps que son
diable de père ou peu s’en faut, c’est à lui qu’incombe de
pourvoir à l’installation de son diable de père, forcément en
dehors de Rome pour cause de gigantisme. A titre de
concordance, les trois grands princes représenteraient les
triumvirs. A cet égard, si on ajoute Brutus, je crois voir en eux
les quatre cavaliers de l’apocalypse.
Notons encore le passage de la comète, dont on dénote les
effets dévastateurs. Une prochaine apparition de l’objet, peu
après la mort de Jules César causera le basculement de la terre.
Le déluge, marqué dans la Bible par le sixième sceau a lieu à
cet instant précis. Noé, Moïse, Josué survivent au cataclysme.
Abraham n’est encore qu’un enfant. Mathusalem s’éteint juste
avant le cataclysme.
A bien y regarder, cet épisode ressemble fort étrangement
au passage de l’Enéide, dans lequel Virgile rapporte l’arrivée
d’Enée dans le Latium, escorté de ses compagnons troyens et

97
de son fils, le bel Iule, les Troyens figurant ses sujets. Le fait
que le puissant chef de Pau s’occupe personnellement
d’installer le dragon infernal au bord du fleuve suppose qu’il
est au plus haut rang de la hiérarchie et proche de ce dernier.
Quoi qu’il en soit, les qualificatifs GRAND et PAU, libellés
en capitales, marquent son rang élevé dans la hiérarchie
satanique.
Il est à présumer, que les quatrains afférents à Jules César
son beaucoup plus nombreux. A cet égard, des triumvirs
figurent dans d’autres prédictions. Son triumvirat représente
vraisemblablement l’armée des trois Lyons, l’association des
trois frères ou la triplicité de feu. Que dire du quatrain suivant,
à qui octroyer le quatrain ?

III, 65
Quand le sepulcre du grand Romain trouvé,
Le iour apres sera esleu Pontife,
Du Senat gueres il ne sera prouvé,
Empoisonné, son sang au sacré scyphe.

● Senat : pouvoir politique romain ● scyphe : du lat.


scyphus : vase à boire, coupe, ciboire.

Transcription :
Quand le tombeau du grand Romain sera trouvé, le jour
suivant sera élu le nouveau chef suprême satanique de Rome,
mais il ne sera pas approuvé par le Sénat. Son sang sera
empoisonné en buvant dans le vase sacré.

98
Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, un inclassable. Je
travaille à cela depuis trop longtemps, je n’ai plus le courage
de chercher plus avant et à quoi bon ? Néanmoins, à titre
d’argument, je veux terminer ce chapitre par une prédiction
évoquant indubitablement la capture de Vercingétorix,
justement par Jules César.

II, 20
Freres & seurs en divers lieux captifs,
Se trouveront passer pres du monarque :
Les contempler ses rameaux ententifs,
Desplaisant voir menton, front, nez, les marques.

● contempler : regarder avec soin ● rameaux ententifs :


désigne ici des oreilles.

Transcription :
Des religieux et des religieuses seront détenus en divers
lieux, on les fera passer près du monarque, ils pourront voir le
bout de ses oreilles. Ils trouveront déplaisant de voir sur le
menton, le front et sur le nez, les marques des sévices.

Il est de fait que Vercingétorix a été malmené et finalement


étranglé quelques années plus tard dans les geôles romaines.

99
LES ANTECHRISTS

Les prophètes s’accordent généralement sur l’apparition,


dans les temps de la fin, d’un Antéchrist sous les traits duquel
les observateurs des XVIe et XVIIe siècles avaient déjà cru
reconnaître un pontife romain. Cette thèse se verra, par la suite,
corroborée par de nombreux quatrains avec lesquels nous
remonterons le temps jusqu’à l’époque romaine.
Je rencontre de grandes difficultés pour distinguer les
antéchrists et certains chefs de guerre les uns des autres. A cet
égard, il semble régner, même chez les plus grands prophètes
une certaine confusion. En autres ambiguïtés, il se trouve que
Nostradamus évoque trois antéchrists, les deux premiers
apparaissant comme de redoutables chefs de guerre, le
troisième est évoqué en ces termes :
« L’Antéchrist suivant sera le prince infernal et les
royaumes de la chrétienté trembleront pour la dernière fois et
aussi les infidèles durant un espace de vingt-cinq ans. »
Le quatrain ci-après illustre la qualification de Satan, au
titre de troisième antéchrist.

VIII, 77
L'antéchrist trois bien tost annichilez
Vingt & sept ans sang durera sa guerre,
Les heretiques morts, captifs exilez,

100
Sang corps humain eau rogie gresler terre.

● heretiques pour hérétiques : opinion contraire aux


principes d'une religion.

Transcription :
Le troisième antéchrist (Satan) se livrera sans tarder à une
destruction totale, sa guerre durera vingt-sept ans. Les
opposants à son culte seront tués, faits prisonniers ou exilés.
Les corps humains rougiront les eaux et grêleront la terre.

Cela étant, seuls nous intéressent les deux premiers. Leur


identification est compliquée par le fait qu’ils figurent
essentiellement sous des allégories. Une prospection
minutieuse m’a néanmoins amené à identifier l’empereur
romain Auguste, au titre d’Antéchrist. Quoi que personne ne
le connaisse sous cette appellation, son nom biblique est
Bélial.
Bélial ou Béliar personnifie le Mal dans la tradition juive et
chrétienne de l'Antiquité. Bélial joue un rôle important dans
les manuscrits de Qumrân. Il est présent dans la Règle de la
Guerre, les Hodayot et les Berakhot. Ces textes décrivent le
combat mythique de la fin des temps entre les Fils de Lumière
et les Fils des Ténèbres. Ces puissances sont représentées sur
terre par le combat entre le maître de justice et le prêtre du
mensonge, et dans les cieux par le combat entre les archanges
Michel et Bélial. Les derniers temps sont décrits comme ceux
du pouvoir de Bélial. Mais finalement, le bien remportera la
victoire et Bélial sera vaincu. On devrait pourvoir l’identifier

101
à la Bête ou 666, à laquelle les analystes prêtent plutôt les traits
de Néron. Il serait intéressant d’effectuer le même calcul pour
César Octave Auguste, dans les langues concernées.
A propos d’Auguste, j’ai retenu cet extrait des
« Métamorphoses » d’Ovide :
« Le bruit de l’iniquité des mortels avait frappé mes
oreilles : je désirais qu'il fût mensonger ; et, cachant ma
divinité sous des formes humaines, je descends des hautes
régions de l’éther, et je vais visiter la terre. Il serait trop long
de vous raconter tous les excès qui partout frappèrent mes
regards. Le mal était encore plus grand que la renommée ne
le publiait. »
Auguste serait le premier des trois antéchrists et il vient du
ciel. Selon une prophétie indienne, il descendrait sur terre
après avoir fait escale sur la lune. Auguste est fils du diable au
même titre que Jésus est fils de Dieu, il est aussi le grand
Pontife, en d’autres termes, le grand prêtre satanique.
Les prophètes s’accordent généralement sur le fait que de
grands bouleversements astronomiques accompagneront la
venue du terrifiant personnage, que de grands astres de notre
système enfreindront les lois fondamentales. Dans les
manuscrits de la mer Morte, le prophète Elie lui prête, entre
autres pouvoirs, celui de parcourir le ciel avec les astres et
d’avoir sur eux autorité. Parcourir le ciel avec les astres inspire
bien évidemment qu’il dispose d’un astronef, sur lequel nous
reviendrons dans un chapitre consacré aux matériels volants de
tous types, décrits par les antiques auteurs grecs et romains.
A cet égard et malgré leur hermétisme, nombre de quatrains
sont suffisamment limpides pour laisser filtrer quelques

102
précieuses indications, notamment son association avec
Assour, le faux prophète dont nous avons déjà parlé. Nous
reviendrons sur ce personnage dans un prochain chapitre.
Le quatrain ci-après montre maintenant la venue de
l’Antéchrist de manière quasiment indéniable.

I, 64
De nuict soleil penseront avoir veu
Quand le pourceau demy homme on verra,
Bruit, chant, bataille au ciel battre aperceu,
Et bestes brutes à parler on orra.

Transcription :
De nuit, on pensera voir le Soleil en voyant arriver le
pourceau demi-homme. Un chant de guerre résonnera dans le
vacarme de la grande bataille qui se déroulera dans le ciel. On
aura à se battre contre des bêtes brutes.

L’expression « demy » dénote la concordance entre la


petite taille de l’individu et celle de l’Antéchrist. Le même
qualificatif apparaît dans cet autre quatrain, dont il est clair
qu’il forme une suite logique avec le précédent.

Section non publiée

[...]
Le quatrain suivant établit de manière certaine le lien avec
l’histoire romaine du début de notre ère.

103
V, 75
Montera haut sur le bien plus à dextre,
Demourra assis sur la pierre quarree,
Vers le midy posé à la fenestre,
Baston tortu en main, bouche ferree.

● demourra : la signification latine de ce mot est démoror,


demeurer ● quarree pour carrée. La pierre carrée pourrait
représenter un socle ou un podium ● tortu pour tordu : crosse
portée par les hauts dignitaires, du culte satanique s’entend !

Transcription :
Il montera très haut à l'extrême droite et demeurera assis sur
la pierre carrée. On le verra en direction du sud, posant à la
fenêtre, la crosse en main, des paroles savantes et habiles
sortiront de sa bouche.

Mes recherches m’ont amené à voir dans ce quatrain


l’intronisation de Numa Pompilius évoquée par Tite Live, avec
laquelle les concordances sont époustouflantes :
« Rappelant que Romulus n'était devenu roi qu'avec
l'approbation divine pour fonder notre ville, Numa exigea, lui
aussi, de prendre l'avis des dieux sur son élection. Il se fit
conduire à la citadelle par l'augure, qui se vit officiellement
confier à vie cette charge honorifique, et s'assit face au midi
sur une pierre. A la gauche de Numa, l'augure s'était voilé la
tête et tenait dans la main droite un bâton recourbé, sans
nœuds, qu'on appela lituus. Du regard, il embrassa Rome et
l'arrière-pays. Il pria, délimita des secteurs d'est en ouest, puis

104
situa le midi à droite et le nord à gauche. Devant lui, tout en
portant son regard le plus loin possible, il détermina
mentalement un point de repère. Saisissant alors le lituus de
la main gauche, il posa la droite sur la tête de Numa et pria :
Jupiter, notre père, si les dieux veulent bien que Numa
Pompilius dont je tiens la tête règne sur Rome, donne-nous, je
t'en prie, des signes précis dans les limites que j'ai tracées. Il
énonça alors entièrement les auspices qu'il voulait se faire
envoyer. Il les reçut. Intronisé, Numa descendit de
l'observatoire augural. »
L’histoire de Numa relève assurément de la métaphore. Sa
sagesse et sa piété 1 sont des traits généralement prêtés à
Auguste auquel je crois pouvoir l’identifier. Les liens avec
Romulus, la nymphe Egérie et Jupiter le projettent
irrémédiablement dans le futur. Il s’agit, ici et n’en pas douter,
du sacre d’Auguste. L’officiant est assurément le faux
prophète, dont nous verrons par ailleurs, qu’il porte tous les
attributs d’un chef religieux de rang élevé.
Force est de constater la corrélation avec la prophétie de
Nostradamus. Il eut été vraiment dommage de ne pas la citer,
pour son évidente concordance avec Tite Live. Dans cette
hypothèse, la pierre carrée représenterait l’observatoire
augural sur lequel se déroule la cérémonie, Numa étant
effectivement tourné vers le midi. Le bâton évoqué par Tite est
un objet semblable, recourbé, sans nœuds, appelé lituus. Face
à autant de détails, le doute n’est plus permis quant à
l’identification de l’individu à Numa, alias Auguste, que je sais
être certaine. Quoi qu’il en soit, ce quatrain compte

1
Sa piété signifie qu’il voue un culte à un dieu, en l’occurrence au Diable.

105
indubitablement au nombre des plus représentatifs de la
relation entre les centuries et l’histoire romaine.
Nul n’est besoin d’être visionnaire pour constater les
multiples concordances entre les récits historiques et les
prédictions de Nostradamus, raison pour laquelle, la majuscule
aidant, je n’ai pas hésité à traduire Conseil par Sénat.
N’oublions pas que la prophétie nous projette au cœur de
l’histoire romaine, et ce, même si les vestiges de cette lointaine
époque prouvent le contraire. Il ne m’appartient pas de
détourner les affirmations du devin salonnais pour qu’elles
répondent à la réalité historique. La majuscule à Conseil
indique, quant à elle, les obédience et origine dudit Conseil.

106
LE FAUX PROPHETE

Comme je l’ai précédemment laissé entrevoir, je rencontre


de grandes difficultés pour distinguer les antéchrists et certains
chefs de guerre les uns des autres. A cet égard, il semble
régner, même chez les plus grands prophètes une certaine
confusion.
Nostradamus avançait une date assez précise, quant à la
venue d’un « grand Roy d’effrayeur » en juillet 1999.
Beaucoup ont cru voir dans cette annonce, la venue de
l’Antéchrist, mais une observation plus approfondie porte à
voir l’arrivée du faux prophète. Son arrivée sur terre s’inscrit
dans le soixante-douzième quatrain de la dixième centurie.
Comme il est dit dans l’épitre à Henry, l’Antéchrist et ses
Zersas viennent, quant à eux, dans le même temps que
l’archange Michel.

X, 72
L'an mil neuf cens nonante neuf sept mois,
Du ciel viendra un grand Roy d'effrayeur :
Resusciter le grand Roy d'Angoulmois,
Avant après Mars regner par bonheur.

Transcription :

107
Au mois de juillet 1999, du ciel viendra un grand Roy
effrayant, qui ressuscitera le nom du grand BEL, avant et après
Mars régnera par bonheur.

La plupart de mes devanciers ont rattaché Mars à la guerre,


mais ce n’est pas mon avis, car, quelles qu’en soient les
raisons, aucune guerre ne peut régner par bonheur.
L’hypothèse la plus probable serait que Mars règne, à cette
époque, en lieu et place du Soleil défaillant, ce qui se vérifiera
par la suite comme une potentialité, d'où l’expression « par
bonheur. » Quant au nom de Bel 1 , il est révélé par une
comparaison particulièrement subtile avec un fait
historiquement marquant. L’Angoumois, comté, puis duché
d’Angoulême est une ancienne région de France. Son annexion
au royaume de France sous la royauté Philippe le Bel en 1308,
fait effectivement de lui le premier roi d’Angoumois. La
majuscule à Roy indique que le personnage vient des cieux.
L’histoire n’a que peu d’importance, il faut seulement retenir
la façon dont Nostradamus use de cette homonymie avec
Philippe le Bel pour révéler l’un des noms de l’indésirable
visiteur. Pour les sceptiques et pour confirmation, il se trouve
que le nom de Bel est clairement libellé dans cet autre
quatrain :
.
VIII, 36
Sera commis conte oindre a duché,
De Saulne & sainct Aulbin & Bel l'œuvre

1
Une des multiples appellations de l’Antéchrist. Bēl est un mot akkadien
signifiant « maître » ou « seigneur ».

108
Paver de marbre de tours loing espluche
Non Bleteran resister & chef d’œuvre.

● commis : anc. fr. comètre, désigner ● conte : du v. conter,


faire le récit d'une histoire vraie ou imaginaire ● Saulne pour
Lons-le-Saunier ● Bleteran pour Bletterans, petite ville au S -
O. de Lons-le-Saunier. Soulignons que les trois villes citées
dans ce quatrain sont relativement proches les unes des autres.

Transcription :
Le reporter sera désigné, pour raconter la destruction du
territoire de Lons-le-Saunier et de Saint-Aubin. Une belle
œuvre attribuée à Bel ! On retrouvera loin les pavés de marbre
arrachés aux tours. Bletterans ne pourra pas empêcher la
réalisation du chef-d’œuvre (de destruction).

Chef-d’œuvre est évoqué ici par dérision, il ne faut surtout


pas prendre cette expression dans son sens littéral. Outre cela,
le chef-d’œuvre en question porte une signature, dont on peut
dire qu’elle colle parfaitement bien avec la nature belliqueuse
de l’Antéchrist. Pour du beau travail, c’est du beau travail !
Dans ce quatrain dont le sens est sans équivoque, le nom de
Bel figure si clairement que nul ne peut le nier. La majuscule
à Bel montre qu’il s’agit bien d’un nom propre et non pas d’un
qualificatif qui n’aurait ici aucun sens.
Bien qu’il ne soit pas particulièrement obscur et malgré de
multiples tentatives, il n’en demeure pas moins que personne
n’est jamais arrivé à lui redonner sa signification originelle.
Depuis la première édition des centuries, ce quatrain est

109
systématiquement analysé avec une extrême minutie et
largement commenté par nombre d’interprètes tous aussi
cultivés que compétents. Sans préjuger de la valeur de leurs
interprétations, il est de fait qu’elles ont largement contribué à
sa notoriété, si bien qu’il est aujourd’hui connu d’un large
public. Ajoutons à cela qu’il est depuis toujours au centre
d’une polémique qui ne s’est jamais éteinte, le désaccord
portant principalement sur l’origine du personnage qui en est
le centre d’intérêt. Les avis sont partagés, entre ceux dont
l’esprit est largement ouvert sur l’existence éventuelle, voire
évidente de vies extraterrestres et pour lesquels le visiteur
viendrait de l’espace et d’autres, au demeurant plus cartésiens,
qui excluent d’emblée cette éventualité pour cause
d’irréalisme. La part de rationalisme dont ils sont légitimement
dotés leur interdit de voir, dans ce même présage, autre chose
que le banal atterrissage d’un voyageur transporté par avion.
Etant donné notre culture, nul ne saurait les blâmer d’une
conviction tellement plus conventionnelle. Le sens caché des
majuscules m’a permis de découvrir, enfin et pour la première
fois, le véritable sens de ce quatrain, même le nom du visiteur.
L’interprétation qui s’ensuit devrait mettre un point final à la
séculaire controverse sur son origine.
Les versets concernant Bel sont rares, la Bible en dénombre
seulement quatre, dont un dans Jérémie (50, 2), dans lequel il
est démontré que Bel est roi de Babylone, mais encore, et c’est
très important, qu’il est aussi Merodak 1 , nom pour lequel
j'obtiens encore cinq références. Il est dit par ailleurs que
Merodak, dont le nom dérive de Mardouk (une des

1
Selon les Bibles, Merodac, Evil-Merodac, Merodak-Baladan, Berodac…

110
nombreuses appellations sumériennes du Soleil), est roi des
pays de la mer, en d’autres termes, de la Méditerranée. D’autre
part, le verset 46, 1 d’Isaïe identifie clairement Bel à Nebo en
ces termes : « Bel s'écroule, Nebo tombe. » Soulignons à cet
égard que plusieurs grands rois de Babylone portent dans leurs
noms les préfixes Bel, Nebo, Nebu, Nabu, Nabo ou encore
Nebou, dont on retrouve trace dans Nabuchodonosor,
Nabopolassar, Nabonide, ou Belschatsar. Il se trouve que
Nabuchodonosor est une autre appellation de Bel, un nom
parmi des dizaines d’autres dont Assour et probablement
Assourbanipal et autres dérivés.
Le faux prophète figure dans les Manuscrits de Qumrân, au
chapitre Règlement de la guerre, au titre de chef des Kittim.
« La conquête des fils de lumière sera entreprise en
premier lieu contre le lot des fils de ténèbres, contre l'armée
de Bélial, contre la bande d'Édom et de Moab et des fils
d'Ammon et la multitude des fils de l'Orient et] de la Philistie,
et contre les bandes des Kittim d'Assour et leur peuple, (qui
seront venus) au secours des impies de l'Alliance, fils de Lévi
et fils de Juda et fils de Benjamin. »
Ce paragraphe est riche d’enseignement. Soulignons la
contemporanéité entre Assour et Bélial, attendu qu’à eux deux,
ils imposent leur domination à l’ensemble de la planète. Bélial
au titre d’empereur de Rome, Bel au titre de roi de Babylone.
Il est à noter que les protagonistes figurent tous dans la Bible
et qui plus est, au temps de l’Alliance entre Dieu et Moïse.
Outre les Kittim, l’auteur évoque les Moabites, les
Ammonites, les Philistins, les fils de Lévi, ceux de Juda et de
Benjamin. A son propos, la Bible précise :

111
« Benjamin est un loup qui déchire ; Le matin, il dévore la
proie, Et le soir, il partage le butin. »
Benjamin figure un redoutable chef de guerre du futur,
rallié à nos célestes et démoniaques envahisseurs. Il figure sept
ou huit fois dans les centuries, sous l’appellation de loup, sans
majuscule du fait de son origine terrienne.
Contrairement aux anciennes croyances et bien qu’il fasse
l’objet de cultes très anciens, Bel ou Bêl n’est pas un dieu, sa
constitution et son apparence sont proches de l’humain, les
différences avec nous porteraient essentiellement sur sa haute
stature et sa bestialité innée.
La position hiérarchique de Bel le place au premier rang de
son armée dont il est, tout à la fois, le chef militaire et spirituel,
de sorte que ses soldats sont aussi ses disciples. Il est le plus
haut représentant du culte solaire, dans tout ce qu’il a de plus
exécrable.
A son égard,
Section non publiée

112
DE L’ANTIQUITE A L’APOCALYPSE

Des liens étroits uniraient par ailleurs Chaldéens, Assyriens


et les Rouges ou Kittim des centuries, autrement que par les
similitudes de religion, de mœurs ou vestimentaires. Cette
hypothèse résulte de l’examen attentif d’un passage de l’épître
à Henry, dans lequel l’astrologue et devin salonnais apporte
deux éléments capitaux, dont l’évocation ne se justifie que par
une volonté d’apporter des précisions indispensables au
décryptage des centuries. Il s’agit premièrement du nom
d’Abraham à propos duquel il précise, « lequel a été un très
brillant astrologue reconnu de tous. Il inventa le premier
alphabet Chaldaïque » et en second, du rapport entre Abraham
et ledit alphabet.
L’évocation d’Abraham dans cette prophétie mérite que
l’on s’y attarde quelques instants. Nostradamus avait
certainement de bonnes raisons d’évoquer ce haut personnage
et les détails qu’il rajoute ont obligatoirement une signification
que nous aurions sans doute grand tort de négliger, entre
autres, la majuscule à Chaldaïque par laquelle l’alphabet se
voit rattaché au ciel. Cet attribut représente, selon toute
vraisemblance, un premier indice quant à l’origine céleste des
Chaldéens, ce qui sera par ailleurs démontré. Nous verrons

113
plus avant, qu’Abraham lui-même figure dans la prophétie,
ainsi que d’autres grandes figures de la Genèse que nul
n’imaginerait retrouver dans le futur.
Pour de multiples raisons, dont cette histoire d’alphabet
citée plus haut, le lien entre Abraham, les Chaldéens et la
prophétie semble manifeste, d’autant plus que l’antique
patriarche est lui-même natif d’Ur, qui était, alors, la ville
principale de la Chaldée. Entre autres coïncidences avec la
prophétie, l’histoire rapporte que tout comme Ninive, cette
ville se mesurait à Babylone.
La figuration d’Abraham dans la prophétie permet de
concevoir celle d’Ismaël, dont l’évocation, dans le quatrain
suivant, n’aurait aucune raison d’être s’il ne figurait un chef
diabolique de premier rang. La singularité, c’est que la
prophétie les projette dans des temps non encore révolus.

Section non publiée


...
Attardons-nous quelques instants sur Brutus, avec cet autre
extrait du Mirabilis Liber :
« Mais vers l'an du Seigneur 1515, un peu avant ou après,
ces provinces seront secourues par un jeune captif, qui
recouvrera la couronne du lys et étendra sa domination sur
tout l'Univers. Une fois bien établi, il détruira les fils de Brutus
et leur île, en sorte qu'il n'en sera plus question, et qu'ils
demeureront à jamais anéantis. Voilà ce qui concerne les
tribulations qui doivent avoir lieu avant le rétablissement de
la chrétienté. »

114
L’ile en question est l’Angleterre (la perfide Albion) et les
fils de Brutus sont des géants, comme il apparaît dans les récits
de Geoffroy de Monmouth. L’ile sera submergée à jamais, il
se pourrait qu’elle figure l’Atlantide.
Tous ces arguments donnent à voir en Brutus un grand chef
barbare de la fin des temps. La couronne de Lys laisse
entrevoir un roi de France de la lignée des Bourbons,
indubitablement le grand Monarque. Il ne doit pas être tenu
compte de la date (1515), attendu que ni Brutus, ni le G.M.
n’ont jamais vécu à la date indiquée.
Cette prédiction se voit confortée par la prophétie d’Orval,
dont voici deux extraits :
1) - « En ce temps-là, un jeune homme venu d’outre-mer
dans le pays du celte gaulois, se manifestera par conseils de
force ; mais les grands qu’il ombragera l’enverront guerroyer
dans la terre de la captivité. La victoire le ramènera au pays
premier. Les fils de Brutus moult stupides seront à son
approche, car il les dominera et prendra nom empereur. Moult
hauts et puissants rois seront en crainte vraie et son aigle
enlèvera moult sceptres et moult couronnes ; piétons et
cavaliers portant aigle et sang, autant que moucherons dans
les airs, courront avec lui dans toute l’Europe, qui sera moult
ébahie et moult sanglante. »
2) - « Hurlez, fils de Brutus, appelez par vos cris les bêtes
qui vont manger. Dieu grand ! Quel bruit d’armes ! Il n’y a
pas encore un nombre plein de lunes, et voici venir maints
guerroyers. »

Section non publiée

115
ROME-BABYLONE

Le chapitre 17 du livre de l’Apocalypse identifie Babylone,


la grande prostituée, à Rome. Le fait qu’elle soit assise sur sept
montagnes (les sept collines de Rome) rend l’hypothèse
indéniable. Sur ce point, les analystes font l’unanimité. Rien
n’explique cette confusion, si ce n’est que, sur le plan
religieux, Rome et Babylone, la capitale assyrienne, sont liées
comme les doigts de la main, dans le but de soumettre
l’humanité sous leur joug.
Nous ne connaissons de cette ville que ce que les historiens
et les prophètes ont bien voulu en dire, à cela près que la
datation des événements n’a de valeur que pour l’auteur du
récit, d’où un décalage de plusieurs siècles avec les autres
cultures et dans le cas de l’antique métropole, aucune ville de
ce nom n’a encore jamais existé. En dépit des découvertes
parfois fracassantes, tout ce qui concerne Babylone relève de
la prophétie, au même titre que les siècles d’histoire romaine,
de Mithridate à Hadrien et plus. Comment est-ce possible ? La
réponse à cette question apparaîtra dans la suite des temps.
Quand bien même Nostradamus évoque Babylone, il est
impossible, à travers ses prophéties, d’établir la distinction
entre l’antique cité mésopotamienne et Rome.

116
Certains détails m’ont néanmoins amené à distinguer les
deux villes, notamment grâce à l’identification et aux rôles de
chacun de leurs rois respectifs.
Le sixain 42, ci-après, découvre déjà, que la « grand’Cité »
à laquelle Nostradamus fait plusieurs fois allusion, est bien
Rome. En usant d’un astucieux jeu de mots, notre devin
apporte ici confirmation de ce que nous savions déjà : Rome
est bien la ville sur laquelle Bélial a jeté son dévolu. Cette
hypothèse se voit corroborée par les paroles de la Vierge Marie
lors d’une apparition à La Salette en 1846 : « Rome perdra la
foi et sera le siège de l'Antéchrist », ce en quoi, elle est en
parfaite communion avec l’hypothèse nostradamienne, selon
laquelle la capitale italienne serait bien au cœur de la
prophétie ! Les biblistes ne le démentiront pas puisque cette
hypothèse est d’abord la leur et qu’ils la proposent en
conclusion de toutes leurs analyses.

Sixain 42
La grand'Cité ou est le premier homme,
Bien amplement la ville ie vous nomme,
Tout en alarme, & le soldat és champs
Par fer & eaue, grandement afflige,
Et à la fin, des François soulage,
Mais ré sera des six cens & dix ans.

● ville : Nostradamus nomme la ville par cette simple


liaison, premieR-OME, de sorte que phonétiquement nous
obtenons Rome.

117
Transcription :
La grande cité ou est le premier homme (Bélial), bien
amplement la ville je vous nomme, est toute en alarme, les
champs sont couverts de soldats, elle sera grandement affligée
par la chaleur accablante et par l'eau, à la fin les Français seront
soulagés, mais tout recommencera dès l'an six cent dix.

Avec ou sans majuscule, l’expression grand’Cité, ou


simplement Cité lorsqu’elle comporte une majuscule se
rapporte toujours à Rome. Le lien avec le ciel se fait à travers
ses célestes et diaboliques occupants.

III, 84
La grand'cité sera bien desolee,
Des habitants un seul n'y demourra :
Mur, sexe, temple, & vierge violee,
Par fer, feu, peste, canon peuple mourra.

● grand’cité : Rome (cf. Sixain 42) ● désolee : ravagée,


rendue déserte.

Transcription :
Rome sera complètement ravagée, aucun des habitants ne
survivra. Placés devant un mur, les hommes et les femmes
seront séparés et dans le temple, les femmes et les vierges
seront violées. Par la chaleur, le feu, la pestilence et le canon,
tout le peuple mourra.

118
A titre de coïncidence entre Rome et Babylone, rappelons-
le quatrain II, 30 dans lequel Nostradamus évoque Babel, par
lequel les Romains sont durement persécutés. Comme on peut
le constater, les vraies questions commencent seulement à se
poser.

I, 55
Soubz l'opposite climat Babylonique,
Grande sera de sang effusion,
Que terre & mer, air, ciel sera inique,
Sectes, faim, règnes, pestes, confusion.

Transcription :
Sous le climat de Rome, diamétralement opposé aux
religions traditionnelles, l’effusion de sang sera tellement
grande que la mer, l'air et le ciel en seront pollués. Rome verra
naître de nouvelles sectes, la ville connaîtra la famine, des
changements de pouvoirs et des épidémies dans la confusion
la plus totale.

Il est impossible de savoir, s’il s’agit plus précisément de


Rome ou de Babylone. Je penche pour la capitale italienne à
laquelle les prédictions font le plus souvent allusion, Babylone
n’ayant pas d’autre population que les Barbares androgynes.

I, 08
Combien de fois prinse cité solaire
Sera changeant les lois barbares & vaines :
Ton mal s'approche. Plus seras tributaire

119
Le Grand Hadrie recourira tes veines.

● cité solaire : Rome. Historiquement ● Grand Hadrie :


Hadrien, empereur romain et premier représentant du culte
solaire. Soulignons la maj. à Grand.

Transcription :
La ville de Rome sera prise de nombreuses fois, les lois
seront changées pour d'autres barbares et inutiles. Ô Rome, ton
mal s'approche, tu seras assujettie à un tribut plus important !
Le grand Hadrien te rendra exsangue.

Rome est dite « cité solaire », au sens où elle est le siège


mondial du culte solaire. A titre de corrélation, les empereurs
comme Néron s’identifiaient au Soleil. Claude se considérait
comme le « nouveau soleil. ». Caligula se livrait à une
hystérique danse du soleil. Constantin frappait des pièces à
l’effigie du soleil, etc.
L’évocation d’Hadrien, dont la vénération pour le Soleil est
formellement établie est aussi un argument de poids. Un bref
regard sur l’histoire romaine montre que les empereurs
romains cultivaient tous cette idéologie. Il m’est apparu, au
cours de mes recherches, que les statues du Soleil florissaient
en ces temps-là, à la croisée des chemins, avec obligation pour
les passants de se prosterner devant elles. L’évocation
d’Hadrien souligne déjà une étendue de temps de près de deux
siècles depuis Jules César et ce n’est encore là qu’un fragment
de la durée totale de l’apocalypse.

120
VI, 100
Fille de l'Aure, asyle du mal sain
Où iusqu'au ciel se voit l'amphiteatre :
Prodige veu, ton mal est fort prochain,
Sera captive, & des fois plus de quatre.

● Aure pour Aurore, la maj. relie indubitablement ce mot


au Soleil ● mal sain pour malsain : qui nuit à la santé physique
ou morale ● amphitheatre : le Colisée ● Prodige : événement
extraordinaire, qui surprend par ses qualités, sa rareté et sa
grandeur.

Transcription :
Rome, fille du Soleil, tu abrites un être malfaisant. Toi !
Ville où jusqu'au ciel, on voit le Colisée, je vois venir sur toi
un événement prodigieux. Ton mal est proche, tu seras captive
plus de quatre fois.

Notons cette fois encore, la relation avec cette prophétie, de


Don Bosco, de 1870 (parlant au nom de Dieu) :
« Rome ! ... je te rendrai visite quatre fois ! La première,
j'ébranlerai tes terres et ses habitants. La deuxième,
j'apporterai massacre et extermination jusqu'à tes murailles.
Tu n'ouvres pas encore les yeux, je viendrai une troisième fois
... et le règne de la terreur, de la peur et de la désolation
commencera. Mes sages fuient, ma loi est foulée aux pieds et
je viendrai donc une quatrième fois. Malheur à toi si ma loi
reste encore un vain mot ! Ton sang et le sang de tes fils
laveront les outrages que tu as faits à la loi de ton Dieu. »

121
V, 32
Où tout bon est, tout bien Soleil & Lune,
Est abondant, sa ruine s'approche :
Du ciel s'advance vaner ta fortune,
En mesme estat que la septiesme roche.

● Le premier vers évoque la ville de Rome, dont les


occupants adorent, entre autres dieux et comme nous l’avons
vu précédemment, Soleil et Lune ● s’advance pour s’avance.
Le fléau qui s’avance est une comète, sur laquelle nous
reviendrons longuement.

● fléau, tout donne à penser qu’il s’agit de la comète.

Transcription :
Où tout est bon, tout est bien. Avec ses dieux Soleil et Lune,
elle qui vit dans l’abondance. Sa ruine s'approche. Du ciel
s'avance un fléau qui vannera sa fortune et réduira tout à l’état
de roche initiale.

VI, 04
Le Celtiq fleuve changera de rivage,
Plus ne tiendra la cité d'Agrippine,
Tout transmué ormis le vieil language,
Saturne, Leo, Mars, Cancer en rapine.

● Celtiq pour Celtique : rel. aux Celtes. Mais pourquoi


diable le Tibre est-il dit celtique ? ● Agrippine mère et fille

122
sont deux princesses romaines, la cité est Rome ● transmué :
du v. transmuer, transformer d'un noyau atomique en un autre.

Transcription :
Le Tibre changera de rivage, Rome ne tiendra plus, tout sera
transmué, hormis le vieux langage. Saturne est dans le signe
du Lion, Mars s’octroie par la force une place en Cancer.

En ce qui concerne la cité, Agrippine mère ou fille ont


effectivement marqué Rome plus que toute autre ville de leur
présence. Notons tout de même la majuscule à Celtiq et
retenons seulement que la prophétie nous projette dans un
temps dont l’essentiel reste encore à découvrir.

123
SATAN

Section non publiée

124
LA GRANDE INVASION

L’invasion d’au moins une partie de l’Europe n’a bien sûr


pas échappé à l’observation de mes prédécesseurs et certains
l’ont largement commentée dans leurs ouvrages, à ceci près
qu’ils se sont fourvoyés sur la nature des envahisseurs. Dans
un chapitre précédent, j’ai donné les raisons de cette méprise,
il ne semble donc pas nécessaire d’y revenir. Publiés dans les
années quatre-vingt, l’annonce d’une invasion, dont
l’accomplissement était présagé pour la fin du millénaire, a fait
en son temps les gorges chaudes.
S’il n’est plus question d’invasion jaune, le danger n’en est
pas moins grand et comme chacun l’aura déjà compris, il
viendra des Rouges et des Zersas ! Toutefois, si l’annonce
d’une invasion se voit maintenant confirmée, la datation de
l’événement reste indéterminée et aucun élément ne permet
d’avancer qu’il se produira dans un proche ou un lointain
avenir.
La subtilité des quatrains a réussi ce tour de force,
d’occulter durant des siècles une prophétie impliquant des
populations extraterrestres. Même si d’aucuns l’ont
soupçonnée, nul n’est jamais arrivé à la mettre en exergue. En
réponse à cette constatation, certains exégètes, parmi les plus
réputés, ont même été jusqu’à dénier publiquement et avec
véhémence cette simple éventualité. Abstraction faite de cette

125
remarque, il n’en demeure pas moins que l’auguste devin a
consacré aux célestes envahisseurs un grand nombre de
quatrains.
Certaines éditions comportent parfois des différences, dont
on ne sait ni à qui ni à quoi les imputer, si tant est que la
retranscription à partir des manuscrits originaux n’était peut-
être pas aussi facile qu’il puisse paraître. L’exemple que je vais
maintenant donner est certainement le plus flagrant et peut-être
aussi le plus grave de conséquences. Il se pourrait, en effet,
qu’il ait été préjudiciable à ceux de mes devanciers qui ont
fondé leurs interprétations sur une édition apparemment
erronée. En effet, pour ne citer que ce cas, on constate que la
version de l’épître à Henry, sur laquelle s’est appuyé Jean-
Charles de Fontbrune, comporte une différence notable et
gravement pénalisante par rapport à la version sur laquelle
s’est appuyé Serge Hutin.
Dans son livre intitulé « Les Prophéties de Nostradamus »
paru aux éditions Belfond en 1989, Serge Hutin utilise, comme
précisé plus haut, les noms Arda et Zersas, etc.
Dans « Nostradamus, historien et prophète » de Jean-
Charles de Fontbrune et par un mystère difficilement
explicable, étant donné l’origine commune de l’épître, la
même phrase devient ici : Puis le grand Empire de l'Antéchrist
commencera dans la Atila et Zerfes descendre en nombre
grand et innumérable. Comme on peut le constater, les mots
Arda et Zersas de la version précédente sont miraculeusement
devenus dans celle-ci Atila et Zerfes. Le hasard fait que je suis
tombé sur la bonne version, de sorte que sans rien changer, j’ai
immédiatement pu établir la coïncidence avec la prophétie.

126
Sans savoir que les noms Atila et Zerfes étaient
intraduisibles, J.-C. de Fontbrune s’est évertué à rechercher les
meilleures concordances possibles à ces deux mots. Le hasard
veut qu’Atila soit une anagramme d’Altaï, mais en ce qui nous
concerne et étant donné des limites géographiques imposées
par Nostradamus, la chaîne de montagnes qui porte ce nom se
situant aux frontières de la Chine et de la Mongolie est
beaucoup trop éloignée pour nous intéresser. Quant à Zerfes,
il trouverait sa correspondance dans l’anagramme
approximative de Sevrej, dont le nom se rapporterait à une
petite bourgade du petit Altaï. La faute à Zerfes peut
s’expliquer par le fait qu’en ancien français, le « s » était si
voisin du « f » qu’il pouvait effectivement prêter à confusion.
Cette explication n'est toutefois valable que pour Zerfes et ne
corrige les différences que de manière partielle. De toute
manière, rien n’explique la permutation des mots Arda et Atila,
à moins qu’un initié n’ait sciemment échangé les mots, en
référence au roi des Huns, de façon à glisser un indice. Dans
tous les cas, force est de mettre en cause l’intervention d’un
tiers. Même s’il est mal orthographié, le nom « Atila » nous
conduit à Attila, roi des Huns, pour lequel plusieurs indices
donnent à penser, qu’il serait une autre face du chef des
démons, précisément des Baals. Le fait qu’il figure dans les
anciens mythes et qui plus est, de cultures différentes est en
cela un précieux indice. Cela étant, prise à son premier degré,
l’expression « fléau de Dieu » à laquelle il est intimement lié,
montre que Dieu aurait armé son bras pour châtier l’humanité.
L’identification d’Attila au chef des démons se vérifie dans
les mythes et légendes de plusieurs cultures. Il se trouve

127
qu’Attila figure dans l’Epopée des Nibelungen sous le nom
d’Etzel au titre de roi des Huns et dans La chanson des
Nibelungen sous celui d’Atli. Il figure encore sous le même
nom dans la Völsunga saga, un récit islandais du XIIIe siècle
aux côtés de Sigurdr (Siegfried) et dans la Thidrekssaga sous
le nom d'Attilius. Dans sa Légende des siècles, dont voici un
extrait, Victor Hugo évoque Attila en termes d’archange :
Contre Nemrod sur terre et Neptune sur l'eau,
Le fleuve Rhin trahi par la rivière Meuse,
Et, groupes blêmissants sur la paroi brumeuse,
Odin, le loup Fenris et le serpent Asgar ;
Et toute la lumière éclairant ce hangar,
Qui semble d'un dragon avoir été l'étable,
Vient d'un flambeau sinistre allumé sur la table ;
C'est le grand chandelier aux sept branches de fer
Que l'archange Attila rapporta de l'enfer
Après qu'il eut vaincu le Mammon, et sept âmes

Section non publiée

128
AIGLES ET
VAISSEAUX COSMIQUES

Nous avons précédemment parlé de nuées et nous savons


déjà que les aigles sont des machines volantes, pour ne pas dire
des vaisseaux spatiaux.

Section non publié

129
AIGLE, COQ ET AUTRES…

Il arrive que des protagonistes, pour lesquels les différences


entre les dates de naissance ou de règne interdisent toute
contemporanéité, n’en figurent pas moins dans un même
quatrain. Peu importe de savoir qui a raison, des historiens ou
de Nostradamus, je ne fais que rapporter ses prophéties dans
ce qui apparaît comme leur véritable signification.
Le coq, dont nous savons qu’il est aussi Hiéron, figure une
quinzaine de fois comme un grand et puissant chef de guerre,
le nombre de ses évocations marque l’importance que lui
accorde Nostradamus. Le quatrain suivant annonce, si l’on
peut dire, sa naissance à la souveraineté, de manière si subtile
que personne ne semble l’avoir jamais remarquée.

VIII, 41
Esleu sera Renard ne sonnant mot,
Faisant le saint public vivant pain d'orge
Syrannisera pres tant à un coq,
Mettant à pied des plus grands sur la gorge.

● Renard : rusé, malin ● Syranisera allusion faite à


Syracuse et à la tyrannie dont cette ville et port de la côte
orientale de Sicile à historiquement fait l’objet ● coq :

130
symbolise l’agressivité du tyran de Syracuse (Hiéron) ● pieds :
mettre le pied sur la gorge, au sens vaincre, étouffer.

Transcription :
Le Rusé (Héron) sera élu sans dire un mot, en se faisant
passer publiquement pour un saint vivant modestement. Il
tyrannisera Syracuse. Devenu aussi agressif qu'un coq, il
étouffera l'ardeur des plus grands.

Il apparaît clairement que le Renard est aussi le coq et tyran


de la cité sicilienne. La prédiction ne laisse rien transparaître
de l’identité du personnage, mais seulement qu’il tyrannise
Syracuse. La majuscule à Renard me dérange énormément, au
sens où elle devrait indiquer une origine céleste. Or, il se
trouve que le coq qu’il est censé représenter n’en comporte
jamais. Peut-être faut-il voir dans cet attribut, une accession à
quelque ministère satanique, d’autant plus probablement qu’il
est qualifié de saint Hiéron dans un quatrain que nous verrons
sous peu. D’après l’histoire, les seuls tyrans qui ont marqué
l’histoire de Syracuse sont Hiéron I et Hiéron II. Etant donné
le contexte, je ne vois pas d’autre alternative que de relier l’un
des deux Hiéron à la prophétie. Une alliance avec les Romains
montrera sous peu qu’il s’agit du second. Il se trouve justement
que le nom du tyran est clairement libellé dans les deux
prochains quatrains et cela marque inéluctablement sa
participation dans la prophétie.

VIII, 16
Au lieu que HIERON fait sa nef fabriquer

131
Si grand deluge sera & si subite,
Qu'on n'aura lieu ni terres s'ataquer,
L'onde monter Fesulan Olympiques.

● Le libellé en capitales marque manifestement le rang


élevé de Hiéron ● Fiesole, ville proche de Florence.

Transcription :
Au port de Syracuse où HIERON fait fabriquer son bateau,
un grand déluge arrivera si soudainement qu'il n'y aura plus ni
endroit, ni terre à attaquer. L’eau montera aussi à Fiesole
durant les Olympiades.

Athénée (Déipnosophistai) nous a laissé une description


détaillée d’un luxueux bateau, La Syracusaine (env. 4 000
tonneaux). Construit sur ordre de Hiéron II et mis à l’eau par
Archimède en personne au moyen d’un mécanisme de sa
conception, il comportait de nombreuses machines :
catapultes, grues, etc.
Je comprends l’étonnement de tous devant de telles
coïncidences, cependant, quel autre sens donner au quatrain ?
Doit-on en conclure qu’Athénée serait lui aussi un homme du
futur dont on lirait aujourd’hui les écrits ? Il apparaît de toute
évidence que le passé et le futur se confondent, sans qu’il soit
possible de fournir la moindre explication ou sans remettre en
cause les prophéties ou l’histoire.
Pour ceux qui douteraient encore de la précédente
interprétation,
Section non publiée...

132
LE CHAOS COSMIQUE
LA COMETE

L’apocalypse découle en premier lieu du chaos cosmique,


dû à l’agonie du Soleil, dont je suppute qu’elle s’étend sur plus
d’un siècle. Conformément à toute mort d’étoile, le Soleil
devient d’abord gigantesque. Par un phénomène appelé effet
de marée, exception faite de la terre et de la Lune, sa mutation
a pour conséquence directe de faire entrer toutes les planètes
du système et leurs satellites en combustion. La ceinture
d’astéroïde est également touchée.
Les premiers signes figurent au tout début de l’ouvrage.

I, 02
La verge en main mise au milieu de BRANCHES,
De l'onde il moulle & le limbe & le pied :
Un peur & voix frémissent par les manches :
Splendeur divine. Le divin pres s'assied.

● BRANCHES pour Branchus, identifié à l’astre solaire. Le


libellé en capitale marque sa prééminence sur une religion ●
les manches sont symboliques.

133
Transcription :
La verge en main mise au cœur du soleil, de son influence
il imbibe et le limbe zodiacal et le pied (centre). Il engendre la
peur, des tonnerres sortent par ses manches, il resplendit dans
sa divinité. Le Divin établit sa puissance tout auprès.

Au plus fort de son exaltation, le soleil projette dans le ciel


des masses colossales de matière, sous forme de météores,
météorites et débris de toute dimension qui se dispersent dans
le système. Petites ou grandes, les planètes réactivées
engendrent des éruptions de même nature, ajoutant au système
déjà fortement encombré leurs aérolites, bolides et autres
matériaux stellaires dont une petite partie retombera sur terre.
Bien que les causes ne figurent pratiquement jamais, les effets
dévastateurs du bouleversement cosmique n’en paraissent pas
moins dans la Bible en termes de grêles de pierres
incandescentes, de retombées de soufre et de poix brûlante,
comme nous l’avons préalablement entrevu.
En raison du chaos, les planètes quittent leur rang. Livrées
à elles-mêmes, les planètes Mercure et Mars errent dans le
système. La première, sous forme de comète, qui, lorsqu’elle
passe près de la terre, l’arrose copieusement de pierres
incandescentes, de bitume et de cendres. La planète Mars ère,
elle aussi, en projetant autour d’elle toutes sortes de matériaux
ignés. Si la Bible laisse clairement entrevoir un chaos
cosmique avec pour corollaire, des transmutations solaires, des
ténèbres inhabituelles, des chutes d’étoiles, de pierres et autres
matériaux, elle n’en révèle pour ainsi dire jamais les causes.

134
Outre cela, les tremblements de terre s’enchaînent les uns
après les autres.
Je n’aurais sans doute jamais découvert les causes du chaos,
si je n’avais percé les antiques mystères sur lesquels est fondé
l’hermétisme propre aux prophètes et aux philosophes d’antan.
A propos du désordre cosmique, Pline relève, dans son livre
Histoire Naturelle :
« On voit des étoiles apparaître des journées entières avec
le soleil ; le plus souvent, elles entourent cet astre d'une espèce
de couronne d'épis et de cercles de diverses couleurs. Ce
phénomène arriva lors de l'entrée à Rome d'Auguste dans sa
première jeunesse, venant, après la mort de son père, prendre
l'héritage d'un grand nom. De semblables couronnes se font
voir autour de la lune, et des étoiles fixes qui ont un grand
éclat. »
Comme on peut le constater, je ne fais que relever des
phénomènes pour lesquels je ne trouve d’autres explications,
que des effets dus aux nombreuses métamorphoses des astres
de notre système. Les étoiles qui apparaissent avec le soleil
sont des planètes en combustion. L’incendie qui menace la
terre est bien réel, du fait que le soleil est sept fois plus
ardent que de coutume comme l’inspire le verset
suivant d’Isaïe :
- La lumière de la lune sera comme celle du soleil, et la
lumière du soleil sera multipliée par sept. (Is. 30, 26).
La comète figure dans un grand nombre de prophéties. Sur
la fin des années quatre-vingt, je m’étais mis en tête d’en
percer les mystères, c’est d’ailleurs de cette époque que datent
mes premières recherches sérieuses. Pour ce faire, j’avais créé

135
un système de fiches, afin de suivre et mettre à jour son périple
au gré de mes trouvailles. C’est au cours de ces premières
investigations que j’ai découvert, un peu par hasard et grâce à
la grande prophétesse d’Erythrée, la première clé de
décryptage des prophéties de Nostradamus, qui fait que depuis
ce jour, j’ai dévié de mon premier objectif pour m’employer
entièrement à cela. Bien que cette quête ne fasse plus partie de
mes priorités, mes recherches m’ont néanmoins permis de
découvrir sur cet objet plus de mystères que je n’aurais jamais
espérés. Mais revenons sur le désordre stellaire avec cette
nouvelle suite de quatrains.

I, 17
Par quarante ans l’Iris n’apparoistra,
Par quarante ans tous les iours sera veu :
La terre aride en siccite croistra,
Et grands deluges quand sera apperceu.

● Iris : nom mythique du Soleil.

Transcription :
Durant quarante ans, on ne verra pas le soleil. Les quarante
ans suivants, il sera vu tous les jours, la terre croîtra en
sécheresse. De grands déluges se produiront lorsque cela se
produira.

En dépit des exemples apportés au début de cet ouvrage, si


d’aucuns croient encore que l’apocalypse se produit en un jour,
ce quatrain démontre que le déroulement, de ce seul

136
événement s’étale sur une période de quatre-vingts ans. Cela
étant, cette prédiction s’avère être un bon sujet de méditation,
propice à réviser tout jugement sur la durée de l’apocalypse.

I, 51
Chefs d’Aries, Iupiter & Saturne,
Dieu eternel quelles mutations ?
Puis par long siecle son maling temps retourne
Gaule et Italie, quelles esmotions ?

● maling pour mauvais.

Transcription :
Jupiter et Saturne gouvernent le signe du Bélier. Dieu
éternel ! Que leur arrive-t-il ? Quelles mutations ! Puis, avec
le long siècle, son malin temps s’en retourne. La France et
l’Italie connaîtront, alors, quelques émotions.

Je n’ai pas réussi à donner un sens convenable au troisième


vers. Outre cela, ce quatrain laisse nettement entrevoir les
mutations des premiers astres.
Aussi incroyable qu’il puisse paraître, la prochaine
prédiction révèle maintenant l’embrasement de deux astres de
notre système. Nous verrons par ailleurs que le même
phénomène touche aussi Jupiter, Neptune et leurs satellites.

IV, 67
Lors que Saturne & Mars esgaux combust,
L’air fort seiché longue trajection,

137
Par feux secrets d’ardeur grand lieu adust,
Peu pluye, vent chault, guerres, incursions.

● esgaux pour égaux ● combust pour combustion ●


trajection pour trajectoire, en termes de longue durée ● secrets,
au sens cachés et dans ce cas précis, invisibles ● ardeur :
chaleur extrême ● adust : du lat. adustus, brûlé par le Soleil.

Transcription :
Lorsque Saturne et Mars seront égaux en combustion, l’air
sera sec pendant une longue période, à cause de l’ardente
chaleur emmagasinée dans une grande surface brûlée par le
Soleil. On aura peu de pluies, mais du vent chaud, on connaîtra
des guerres et des incursions.

C’est à cette mutation que j’ai précédemment fait allusion,


à propos d’une exaltation de Mars et des catastrophes qui en
découlent. Elle explique aussi le comportement de cet astre
oriental, dont nous avons vu qu’il produisait du tonnerre et des
éclairs (cf. V, 81). Le sens de la prédiction donne à entendre,
que les planètes rallumées ajoutent leur propre rayonnement à
celui du Soleil et que par conséquent, la chaleur emmagasinée
pourrait provenir de l’association des trois astres.

II, 88
Le circuit du grand faict ruineux,
Le nom septiesme du cinquiesme sera :
D’un tiers plus grand l’estrange belliqueux,
Mouton, Lutece, Aix ne garentira.

138
● belliqueux : qui aime la guerre, qui excite au combat, à la
lutte. Ce qualificatif est clairement attribué à Mars dans un
prochain sixain ● mouton, appellation allégorique du signe du
Bélier ● Lutèce pour Paris ● Aix pour Aix-en-Provence.

Transcription :
Le circuit de l’astre occasionne des faits ruineux. Jupiter
passe de la cinquième à la septième position. L’étrange astre
belliqueux deviendra plus grand d’un tiers. Entre le 21 mars et
le 20 avril, le pouvoir satanique d’Aix-en-Provence ne
garantira pas la paix de Paris.

Je crois pouvoir identifier l’astre belliqueux à Mars.


L’augmentation d’un tiers semble plausible, en raison de la
dilatation due à la combustion.

IV, 33
Iupiter ioinct plus Venus qu’a la Lune,
Apparoissant de plenitude blanche :
Venus cachée sous la blancheur Neptune
De Mars frappee par la gravee blanche.

● plénitude pour totalité ● gravée pour gravier.

Transcription partielle :
[Jupiter ioinct plus Vénus qu’a la Lune], apparaîtra pleine
et blanche. Vénus cachée sous la blancheur de Neptune, sera
frappée par une grêle de pierres produites par Mars.

139
Je n’ai malheureusement pas réussi à donner un sens
logique au premier vers. On se demande ce que fait Vénus,
jointe à Jupiter et qui plus est, cachée sous la blancheur de
Neptune. Pour que Vénus puisse être frappée par la gravée de
Mars, il faut qu’elle soit dans son environnement, ce qui est
contraire à toute logique. Leurs orbites sont aujourd’hui
tellement éloignées l’une de l’autre que ce cas de figure n’est
même pas envisageable, mais c’est sans compter que Mars est
pour l’heure un astre errant. L’évocation de la gravée montre
que Mars éjecte des quantités importantes de matériaux dont
une partie finira indubitablement sur terre, sous forme de
pluies de pierres incandescentes et autres matières poisseuses
et ce type d’éjection vaut pour tous les astres du système du
fait de leur ignition.
Quant au désordre planétaire, les annales chinoises
décrivent le jour ou cinq planètes quittèrent leur trajectoire,
que deux étoiles combattirent dans les cieux. Sur le même
thème, le Mirabilis Liber précise :
« Des étoiles se choqueront, ce qui sera le signal de la
destruction et du massacre de presque tous les hommes. »

Section non publiée

II, 15
Un peu devant monarque trucidé :
Castor, Pollux en nef, astre crinite :
L’erain public par terre & mer vuidé,

140
Pise, Ast, Ferrare, Turin, terre interdite.

● erain pour airain : syn. de forte chaleur.

Transcription :
Un peu avant l’assassinat du monarque (Jules César) on
verra dans le ciel l’astre chevelu dans la constellation des
Gémeaux. La chaleur et la lumière solaire ne seront plus ni sur
terre, ni sur mer. Une large bande de terre comprenant le
Piémont, avec les villes d’Asti et Turin, l’Emilie avec Ferrare
et la Toscane avec Pise, deviendra terre interdite.

L’identification du monarque trucidé à César est quasiment


certaine. Néanmoins, il m’est par ailleurs apparu qu’à cette
époque, si le Soleil était notablement affaibli, il n’était pas
encore éteint. Quant à la comète de 44, Ovide l’identifie dans
Les Métamorphoses, à l’âme du dictateur défunt :
« Vénus, écrit-il, descend des voûtes éthérées, invisible à
tous les regards, et s’arrête au milieu du Sénat. Du corps de
César, elle détache son âme, l’empêche de s’évaporer et
l’emporte dans la région des astres. En s’élevant, la déesse la
sent se transformer en une substance divine et s’embraser. Elle
la laisse s’échapper de son sein, l’âme s’envole au-dessus de
la Lune, et devient une étoile brillante qui traîne dans un long
espace sa chevelure enflammée. »
Les « Géorgiques », livre dans lequel Virgile évoque lui
aussi la mort de César, découvre un contexte en parfaite
concordance avec les événements précédemment décrits.

141
L’extrait ci-après conforte toujours plus l’hypothèse, d’une
étroite relation entre l’époque romaine et la prophétie :
« Le Soleil ! Qui oserait dire qu’il nous trompe ? Le Soleil
si souvent qui dénonça, près d’éclater dans l’ombre, tant de
désordres, de trahisons et de guerres pareilles à des tumeurs.
Lui qui prit Rome en pitié quand César se fut éteint, voilant de
sombre rouille sa tête brillante et faisant craindre une
éternelle nuit à une génération impie. En ce temps-là, je sais,
la terre aussi et les plaines de la mer, ainsi que les chiennes de
mauvais augure et les oiseaux maudits dormaient des
présages. Combien de fois avons-nous vu, ses fournaises
sautées, l’Etna inonder en bouillonnant les champs des
Cyclopes, globes de feu, roches en fusion qui roulaient. Un
bruit d’armes traversa le ciel de Germanie ; les Alpes
tremblèrent de secousses inconnues. Partout des bois
silencieux sortit une voix, et quelle voix ! Des spectres laiteux,
étranges, apparurent dans cette sombre nuit-là ; par prodige
des bêtes ont parlé ! Les rivières s’arrêtèrent, les terres
s’entrouvrent et dans les temples l’ivoire sévère se couvre de
larmes, et suent les statues d’airain. Le Pô, le roi des fleuves
entraîne des forêts dans ses tourbillons fous et dans toutes les
plaines emporte pêle-mêle étables et troupeaux. A ces mêmes
jours nous ne cessâmes de voir des menaces et des deuils se
profiler dans les entrailles, le sang couler des puits, et à
l’heure des ténèbres les hautes villes retentissaient du
hurlement des loups. Jamais, par un ciel clair, plus souvent ne
tomba la foudre, ni ne brûlèrent tant de sauvages comètes. »
La couleur rouille du Soleil aurait pour cause une poussière
rouge qu’un cataclysme récent aurait dispersée dans

142
l’atmosphère. A cet égard, j’ai par ailleurs pu entrevoir un
effleurement de la comète avec les hautes couches
atmosphériques. Le cas échéant, cette hypothèse ne demande
qu’à être étayée. Cela dit, la simple idée que des armées livrent
combat dans les nuages correspond certainement plus à la fin
des temps qu’à l’histoire des premiers siècles de notre ère.
Face à ces arguments, la thèse d’une relation entre l’histoire
romaine et les prophéties de Nostradamus s’affirme toujours
davantage !
La synthèse de tous ces éléments m’a amené à établir le
rapprochement avec la chute d’un corps céleste, dont les effets
sont largement perçus dans le quatrain suivant :

I, 84
Lune obscurcie aux profondes tenebres,
Son frere passe de couleur ferrugine,
Le grand caché long temps sous les latebres,
Tiedera fer dans la praye sanguine.

● latebres : du lat. lătĕbra, ombre, obscurité.

Transcription :
La Lune est plongée dans de profondes ténèbres, la
poussière rouge donne à son frère, le Soleil, une teinte
ferrugineuse. Le grand astre, caché depuis longtemps sous
l’obscurité, chauffera dur comme fer la prairie colorée en sang.

Il s’agit indubitablement, ici, de l’épais manteau de


poussière vermillon qui rendait précédemment le Soleil

143
couleur rouille. Quant à l’étoile en cause, il pourrait s’agir
d’une des étoiles figurant dans l’Apocalypse de Jean. La
couleur rouge tend à la relier à la grande comète, pour laquelle
il m’est par ailleurs apparu, qu’elle était accompagnée dans
son périple d’un ou peut-être même deux énormes rochers,
capables de devenir en un instant des météores. Quant au
grand, je présume qu’il figure la planète Mars, en
remplacement du soleil presque éteint.

V, 65
Subit venu l’effrayeur sera grande,
Des principaux de l’affaire cachez :
Et dame embraise plus ne sera en veue
Ce peu à peu seront les grands fachez.

Transcription :
Une grande frayeur arrivera subitement, les principaux
responsables cacheront l’affaire jusqu’à ce que la comète
embrasée ne soit plus en vue. La dissimulation du secret
fâchera peu à peu les grands de la planète.

Je suppute que la grande frayeur correspond au passage de


l’objet et que le désastre planétaire qui s’en est suivi était
prévisible. Il apparaît que les principaux responsables ont
manipulé ou escamoté des informations capitales jusqu’à ce
que la comète ne soit plus en vue et que conséquemment, ce
comportement aura fâché plusieurs chefs d’Etat.

144
Entre autres passages de la comète et cela souligne sa
longévité, l’histoire rapporte que l’empereur Domitien, lui-
même grand astrologue, prédit qu’à l’heure de sa mort :
« La lune située dans le Verseau, se couvrirait de sang et
qu’il se produirait un événement dont tous les hommes
parleraient. »
La Lune qui se couvre de sang et la valeur qu’il donne à
l’événement marquent assurément la chute d’un bolide et cela
aurait eu lieu entre 81 et 96 après J.-C., c'est-à-dire, plus d’un
siècle après le grand cataclysme.
Les quatrains qui vont suivre ne laisseront désormais plus
paraître que les conséquences du désordre stellaire, sachant
que le soleil dilaté et devenu informe, disperse dans l’éther
d’énormes quantités de plasma solaire et des roches de toutes
dimensions, dont certaines de taille colossale. Nous verrons
sous peu d’autres divinations sur la comète, mais en raison de
leur teneur, j’ai dû faire le choix de les faire figurer dans un
autre chapitre.

V, 62
Sur les rochers sang on verra pleuvoir,
Sol Orient, Saturne Occidental :
Pres d’Orgon guerre, à Rome grand mal voir,
Nefs parfondree, & prins le Tridental.

● Sol : identifié ici à Mars, alors en ignition. La position de


Mars en Orient est précisée dans l’épître au roi de Navarre en
termes de « Mars oriental. » ● Orgon : v. des Bouches du
Rhône, sur la Durance ● parfondrée pour effondrée ●

145
Tridental : désigne le Capitolium ou Capitole, temple étrusque
consacré à Jupiter, Junon, et Minerve.

Transcription :
La pluie tombant sur les rochers sera de couleur sang.
L’astre solaire (Mars) ensoleille l’Orient et Saturne l’Occident.
La région d’Orgon sera touchée par la guerre, Rome connaîtra
beaucoup de malheurs, dont les Eglises détruites et le Capitole
investi.

Cette prédiction atteste du bouleversement astral, au sens


où il montre que Mars éclaire l’Orient et Saturne la face
occidentale de notre globe, ce qui ne peut s’expliquer que par
un rapprochement considérable avec la terre, inconcevable
dans notre temps. Quoi qu’il en soit, nous voilà face à deux
soleils ! Il se trouve, en effet, que les principales planètes se
substitueront au Soleil défaillant des derniers temps. Même s’il
est difficile de se représenter la terre avec un soleil à l’est et un
autre à l’ouest, je ne vois pas quel autre sens donner à cette
prédiction, encore que les antiques auteurs évoquent parfois
jusqu’à trois soleils en même temps. A titre de coïncidence
avec l’époque romaine, soulignons l’évocation de Rome et le
siège du Capitole, justement au temps de la comète.
A propos de soleils multiples, Julius Obsequens rapporte
qu’en l’an de Rome 708 (45 av. J.-C) : « Trois soleils
resplendirent à la fois. »

II, 18
Nouvelle et pluye subite, impetueuse,

146
Empeschera subit deux exercites :
Pierre, ciel, feux faire la mer pierreuse,
La mort de sept terre & marin subites.

● exercites : du lat. exercitus : armée, corps de troupe.

Transcription :
Une nouvelle pluie de pierres, soudaine et impétueuse,
arrêtera brusquement deux armées. Les pierres du ciel,
accompagnées de feu, feront la mer pierreuse. La calamité fera
périr, sur le coup, sept soldats de l’armée de terre et de la
marine.

Entre autres grandes calamités, l’histoire romaine a été


fortement marquée par de fréquentes pluies de pierres et autres
matières stellaires. Sachant qu’elle couvre cette même période,
nul ne s’étonnera de redécouvrir les mêmes fléaux dans la
Bible.
- J’exercerai mes jugements contre lui par la peste et par le
sang ; Par une pluie violente et par des pierres de grêle ; Je
ferai pleuvoir le feu et le soufre sur lui et sur ses troupes, Et
sur les peuples nombreux qui seront avec lui. (Ez. 38, 22).
Il est impossible d’évoquer tous les versets dans lesquels
figurent des pluies de pierres ou de grêlons incandescents, de
feu du ciel et autres déversements de soufre ou de poix. Au
titre des pluies et autres objets tombés du ciel et en ce qui
concerne les prédictions de l’illustre devin, j’ai seulement
retenu quelques exemples parmi les plus marquants.

147
III, 42
L’enfant naistra à deux dents dans la gorge,
Pierres en Tuscie par pluy tomberont,
Peu d’ans apres ne sera bled ni orge,
Pour saouler ceux qui de faim failliront.

● deux dents, au sens mordant, agressif ● Tuscie : ancienne


région d’Italie qui avait Florence pour capitale (auj. Toscane).

Transcription :
Le très jeune souverain deviendra doublement agressif.
Dans le même temps, il pleuvra des pierres en Toscane qui
tomberont dru comme la pluie. Les années suivantes, les
récoltes de blé et d’orge seront si faibles, qu’elles seront
incapables de rassasier ceux qui mourront de faim.

I, 46
Tout apres d’Aux, de Lestore & Mirande,
Grand feu du ciel en trois nuicts tombera :
Cause adviendra bien stupende & Mirande,
Bien peu apres la terre tremblera.

● aux pour Auch : Auch, Lectoure et Mirande sont trois


villes du Gers ● Stupende : du lat. stupendus, merveilleux,
étonnant.

Transcription :

148
Tout près d’Auch, de Lectoure et Mirande, le feu du ciel
tombera durant trois nuits. La cause sera bien merveilleuse,
peu de temps après la terre tremblera à Mirande.

VIII, 7
Verceil, Milan donra intelligence
Dedans Tycin sera faite la playe
Courir par Seine eau, sang, feu par Florence,
Unique cheoir d’hault en bas faisant maye

● Intelligence, au sens entente secrète ● Tycin pour Tessin


: canton du sud-est de la Suisse, à la frontière avec l’Italie ●
playe pour plaie, au sens brèche, trouée ● Unique : se dit d’une
personne ou d’une chose qui est seule dans son genre ● cheoir
pour choir au sens tomber, chuter ● maye : pierre creusée en
auge, ici, un cratère.

Transcription :
Verceil et Milan s’entendront secrètement, ils opéreront une
percée dans le Tessin. Ils emprunteront la Seine, mais seront
mis à sang et à feu par les forces de Florence. Cas unique ! Il
cherra une roche de haut en bas qui creusera un cratère en
tombant.

Le quatrain suivant montre, non plus une chute d’étoile,


mais une énorme roche de plus d’un kilomètre de diamètre qui
roule en causant d’énormes dégâts. Dans ce cas précis, la taille
de l’objet m’a fait éliminer la chute d’un corps céleste, qui
aurait sans doute définitivement rasé Rome, attendu que tout

149
indique que le phénomène concerne cette région. On ignore si
l’événement se produit sous le règne de l’Antéchrist ou sous
un autre. La prédiction est remarquable par ses détails.

I, 69
La grande montagne ronde de sept stades,
Apres paix, guerre, faim, inondation,
Roulera loin abismant grands contrades,
Mesmes antiques, & grand fondation

● stade : chez les Grecs, longueur variable entre 162 ou 198


m (on peut estimer le diamètre de la roche entre 1100 et 1400
m.). ● contrades : forme ancienne de contrées ● fondation,
désigne des monuments historiques.

Transcription :
Après la paix, la guerre, la famine et l’inondation, la grande
roche ronde de sept stades, roulera loin, abîmant de grandes
contrées et même de grands et antiques monuments.

Présage 28 - Juin 1558


Là où la foy estoit sera rompuë :
Les ennemis les ennemis paistront.
Feu Ciel pleuvra, ardra, interrompuë
Nuit entreprise. Chefs querelles mettront.

● Nuit pour Noire ● entreprise : machination.

Transcription :

150
Ceux qui avaient la foi la verront brisée, les ennemis se
combattront entre eux. Du feu pleuvra du ciel, intense,
ininterrompu ! Une noire machination fera naître une querelle
entre les chefs.

Nous venons de voir l’essentiel sur la métamorphose des


planètes et des conséquences catastrophiques qui s’ensuivent.
Chose incroyable, il apparaît maintenant que la Lune est
également gravement touchée ! Contrairement aux planètes de
notre système, elle ne se rallumerait pas, mais subirait une
collision avec la grande comète. Si d’aucuns pensent que la
Lune brisée résulte d’une mauvaise interprétation ou d’une
imagination débordante, la prophétie va se voir corroborée par
des Ecritures saintes dont la crédibilité ne peut être mise en
doute.

Supplément aux centuries


VII, 43 bis
Lorsqu’on verra les deux licornes
L’une baissant, l’autre abaissant,
Minde au milieu, pilier aux bornes
S’en fuira le neveu en riant.

● licornes : du lat. unicornis, à une corne ● Minde, au sens


minimum de. ● riant, au sens rire aux éclats.

Transcription :
Quand on verra les deux cornes de la Lune, l’une baissant,
l’autre abaissant, avec un minimum de matière au milieu et des

151
piliers aux extrémités, le morceau de Lune (arraché) s’en ira
en projetant des éclats.

Le vocable neveu mérite peut-être un complément


d’information. La Lune étant considérée ici comme une sœur
de la terre, le fragment de Lune qui s’en échappe figure par
conséquent le neveu.
En dépit de mes efforts, je n’ai trouvé, dans la Bible aucun
indice d’une lune fendue ou brisée, mais j’en ai enfin trouvé la
trace dans le Coran, Sourate 54, versets 1-3.
« L’Heure approche et la lune s’est fendue. »
Comme je l’ai par ailleurs laissé entrevoir, les cornes
brisées de la lune figurent encore dans le testament de Moïse.
Outre cela, il se pourrait que j’aie trouvé la cause de la
tribulation lunaire, encore une fois chez Pierre Frobert1 :
« L’étoile chevelue heurte l’astre mort entraînant des flots
de pierres énormes. »
On ne saurait être plus clair ! Il m’est venu à l’esprit que la
Lune pourrait avoir été heurtée par la comète, peu avant
d’effleurer notre planète.
La prophétie de la Lune fendue figure encore dans les
hadiths, dont celui-ci, selon lequel les Mecquois demandent au
prophète de prouver qu’il est bien celui qu’il prétend être :
« Ils dirent au Prophète : Si ce que tu dis est vrai, alors
scinde la lune en deux moitiés ! Le Prophète s’adressa alors
à Dieu afin qu’il lui octroie ce qu’ils avaient demandé. Et la

1
Pierre Frobert fut un poète et un prophète contemporain. Il aurait écrit
un recueil de poèmes et de prophéties entre 1980 et 1988. Editions
Trajectoire. Prophétie du 25 décembre 1980,

152
lune se scinda en deux moitiés, l’une en amont de la montagne
et l’autre en aval ! Et le Prophète d’appeler des témoins pour
attester de ce miracle. »
Le narrateur ajoute : « C'est un signe de l'Heure et de la fin
des temps. »

Supplément aux centuries


III, 26
Des Roys & Princes dresseront simulacres,
Augures, creuz eslevez aruspices :
Corne victime doree, & d’azur, d’acre,
Interpretez seront les extirpices.

● aruspices pour haruspices : science de divination par


l’étude de l’intérieur des victimes ● acre : ancienne mesure
agraire qui valait en France env. 50 ares.

Transcription :
Des Rois et des Princes sataniques (chefs d’Etat,
gouverneurs ou potentats) établiront des rapports trompeurs
sur la Lune. Des augures sans cervelle exalteront la science de
la divination dans les restes de la corne de la victime dorée (la
Lune) du ciel et de l’agriculture. Les fragments extirpés seront
récupérés pour analyse.

A propos des prophéties dont les papes font l’objet, tout le


monde connaît la prophétie de Malachie, qui permet
d’identifier et de lister les papes à partir de détails propres à
chacun d’eux. Je ne m’étendrai ni sur la méthode ni sur les

153
résultats, je veux seulement faire remarquer que le n° 109 « De
mediate lunae » (de la moitié de la Lune), faussement attribué
à Jean-Paul 1er et le n° 110 « De labore solis » (du labeur du
Soleil) attribué à Jean-Paul II sont probablement plus en
rapport avec la Lune brisée et le travail du soleil que cet
ouvrage a précédemment révélé. Il résulte de cette observation
qu’il resterait bien plus de papes à venir que ne le supposent
les interprétations, apparemment peu crédibles, non pas de la
prophétie de Malachie, mais des interprétations qui en ont été
faites.

Présage 47 - Janvier 1560


Iournée, dicte, interim, ne concile,
L’an paix prepare, peste, faim, schismatique.
Mis hors dedans changer ciel domicile,
Fin du congé révolte hierarchique.

● dicte : du lat. edictum pour Edit, loi ou ordonnance


promulguée par l’autorité souveraine ● intérim : espace de
temps pendant lequel une fonction est remplacée par une autre
● concile : assemblée régulière d’évêques et de théologiens,
qui décident des questions de doctrine et de discipline
ecclésiastiques ● hors pour au-delà de. ● dedans au sens, à
l’intérieur.

Transcription :
Journée fériée, ce jour-là, il n’y a pas d’assemblée
(sénatoriale). Bien que nous soyons en paix, l’année s’annonce
mal, on craint la maladie, la famine et un nouveau schisme.

154
Mis hors du ciel présent, le ciel change de domicile. La fin du
congé verra naître une révolte au sein de la hiérarchie
(romaine).
Le ciel changeant de domicile est bien entendu une illusion
d’optique, dans les faits, c’est le basculement de la terre qui
donne cette illusion. Si la translation de la terre devait poser
quelque interrogation, le quatrain suivant devrait lever les
derniers doutes
Section non publiée

155
Mes livres et vidéos
Format Kindle :
Les mystères de l'apocalypse
https://www.amazon.fr/NOSTRADAMUS-
MYST%C3%88RES-LAPOCALYPSE-Jean-BENDOR-
ebook/dp/1676250301

Livre broché en deux tomes :


Les mystères de l'apocalypse Tome 1
https://www.amazon.fr/NOSTRADAMUS-
MYST%C3%88RES-LAPOCALYPSE-Jean-
BENDOR/dp/B089CQNPJ8

Les mystères de l'apocalypse Tome 2


https://www.amazon.fr/NOSTRADAMUS-MYST%C3%88RE-
LAPOCALYPSE-Jean-BENDOR/dp/B089CR1F73

Méthode de décryptage > Kindle


https://www.amazon.fr/NOSTRADAMUS-
M%C3%89THODE-D%C3%89CRYPTAGE-Jean-Bendor-
ebook/dp/B084M6V3QZ

Vidéos:
Atlantide lune brisée Apocalypse
https://www.youtube.com/watch?v=ATHcAYt1up0

Nostradamus, la fin du Mystère


https://www.youtube.com/watch?v=wmyLW3hBxUU

Nostradamus, révélations sur l’antéchrist.


https://youtu.be/hf-wxtO9h0Q

156
LA MORT DU SOLEIL

La mort du Soleil figure dans de nombreuses cultures, de


manière parfois si subtile, qu’il n’est pas toujours possible
d’établir le rapprochement. Quant au décryptage, j’essaierai,
autant que faire se peut, de placer les quatrains de manière
aussi judicieuse que possible, afin de préserver la cohérence
du propos, sans toutefois garantir la chronologie de la fin
tragique du grand luminaire, dont il semble qu’elle s’étend sur
plusieurs décennies. D’autre part et comme précédemment, je
comparerai aussi souvent que possible les quatrains aux
antiques écrits.
Voyons maintenant les premières transformations, ici, de
deux grands luminaires dont tout indique, qu’ils représentent
la Lune et le Soleil. Ce premier quatrain d’une longue série
marque de manière quasiment irréfutable le début des
transformations, qui conduiront en finalité à l’extinction du
grand astre.

III, 05
Pres loing defaut de deux grands luminaires,
Qui surviendra entre l’Avril et Mars :
O quelle cherté : mais deux grand debonnaires

157
Par terre & mer secourrant toutes parts.

● luminaires : Soleil et Lune sont les deux seuls objets à


éclairer la Terre ● débonnaires : bons jusqu’à la faiblesse.

Transcription :
Dans un temps peu éloigné du défaut du Soleil et de la Lune,
qui surviendra entre avril et mars, ô quelle cherté ! Mais deux
grands pays débonnaires achemineront, par terre et par mer,
les secours qui arriveront de toutes parts.

I, 37
Un peu devant que le soleil s’absconse,
Conflict donné, grand peuple dubiteux,
Prosligez, port marin ne fait response,
Pont & sepulcre en deux estranges lieux.

● absconce : de l’adj. abscons, difficile à comprendre ●


dubiteux pour dubitatif : qui exprime le doute ● prosligez : du
lat. profligo, ruiner, abattre.

Transcription partielle :
Un peu avant que le Soleil ne montre des signes inquiétants,
un grand pays instable subira une attaque. Le port de mer sera
anéanti avant même de pouvoir se défendre. [Pont et sépulcre]
seront transférés en deux autres lieux, à l’étranger.

Malgré d’intenses recherches, je n’ai pas réussi à traduire


« Pont et sépulcre. » J’ai bien pensé à un bateau et un tombeau,

158
mais cette interprétation m’a paru trop incohérente pour être
retenue. Pour comprendre ce quatrain, il faudrait trouver sa
place dans l’organisation des centuries.
Les transformations solaires vont maintenant apparaître, de
manière tellement évidente qu’il est fort étonnant que nul ne
les ait jamais reliées les unes aux autres.

Présage 03 - Janvier 1555


Le gros airain qui les heures ordonne,
Sur le trépas du Tyran cassera :
Pleurs plaintes, & cris, eaux, glace pain ne donne.
V.S.C. paix, l’année passera.

Transcription :
Le gros Soleil impitoyable, qui marque les heures, cessera
de briller quand mourra le Tyran. Il y aura des pleurs et des
cris, car sans Soleil, il n’y aura plus d’eau, tout va geler et la
nourriture ne tardera pas à manquer. Verseau, Sagittaire et
Capricorne verront la paix et l’année passera.

Je ne suis pas entièrement convaincu de l’interprétation du


dernier vers, car les signes ne figurent pas dans l’ordre
conventionnel dans lequel le Soleil les traverse, mais je n’ai
pour l’instant pas d’autre explication. Les trois signes couvrent
une période s’étendant du 22 novembre au 20 février, encore
que les dates ont peu d’importance, puisque la période
réellement couverte s’étendrait, en réalité, du 22 novembre à
la fin de l’année suivante. Les trois lettres ainsi placées
auraient pour véritable objet, outre l’harmonie des mots, de

159
donner au vers concerné le nombre de pieds voulu. Il est
impossible, dans l’état actuel de nos connaissances,
d’identifier le Tyran. Les antiques auteurs situent l’annonce de
la mort du soleil entre les règnes d’Auguste et de Tibère, fin
de l’un ou début de l’autre, mais il se trouve, qu’au titre
d’antéchrist, Auguste est jeté vivant dans l’abîme. La question
reste posée.

IX, 48
La grand’cité d’Occéan maritime
Environnee de marets en christal :
Dans le solstice hyemal & la prime,
Sera tentee de vent espouvantal.

● grand'cité : ici, Gênes ● Occean : avec une majuscule,


désigne toujours la Méditerranée. La sibylle l’appelle mer
Divine. Cette mer est liée plus que nulle autre aux prophéties
apocalyptiques, on le constate même à travers la Bible ●
solstice : époque où le Soleil est le plus loin de l’équateur
● hyemal : du lat. hiems, hiemis, hiver.

Transcription :
Gênes sera environnée de marais gelés. Quand le Soleil sera
éclipsé pour la première fois, la ville sera éprouvée par un vent
épouvantable.

Section non publiée

160
V, 41
Nay sous les ombres & iournee nocturne,
Sera au regne & bonté souveraine,
Fera renaistre son sang de l’antique urne,
Renouvellant siecle d’or pour l’airain

Transcription :
On le voit naître dans l’ombre, mais de jour, il est invisible,
il sera au règne, le bon Soleil souverain. Il fera renaître son
sang de l’antique cendre, renouvelant le siècle d’or après un
siècle dur et impitoyable.

X, 84
Le naturelle à son plus hault non bas,
Le tard retour fera maris contens :
Le Recloing ne sera sans debats,
En employant & perdant tout son temps.

● naturelle pour naturel, ici le Soleil ● Recloing: mot


composé de reclus et de loin. La majuscule atteste de la nature
céleste de celui qui est Reclus loin ● debats, au sens discuter,
contester ● temps, signifie que le Soleil aura perdu la valeur
des cycles, journaliers, annuels, etc.

Transcription :
Le Soleil sera à son plus haut dans le ciel, il sera chaud, son
retour tardif fera les hommes contents. La réclusion lointaine
de l’astre sera au centre des discussions qui porteront sur la

161
façon de gérer le temps, car les cycles d’autrefois seront
perdus.

La traduction versifiée du Traité des hiéroglyphes


d’Horapollon est le premier texte connu de Nostradamus.
Entre autres mystères absolument indéniables pour un œil
exercé, ces Hiéroglyphes dits, d’Horapollo ou Horus Apollo,
décrivent les figures avec lesquelles les Egyptiens exprimaient
: « Leurs mystères secrets et les choses saintes et divines. » On
ne sait pas de quand datent ces écrits, on sait seulement qu’ils
ont d’abord été traduits en Grec, probablement dans les tout
premiers siècles de notre ère, pour être repris et retraduits en
français à partir de cette langue par Jacques Kerver qui les
aurait publiés pour la première fois à Paris 1543. Nostradamus
aurait repris cet ouvrage pour le rééditer en vers. La
versification me semble être une erreur, parce qu’elle a
contraint le devin astrologue à changer certains mots et
certaines expressions déjà bien malmenées par des traductions
en cascade. Soulignons néanmoins la coïncidence entre le
sixain précédent et cet extrait du traité d’Horapollo, dans
lequel le laps de cinq cents ans est égal au temps accordé au
Phénix pour revenir en Egypte, et ce, conformément à la
tradition.
Comment ils représentent celui qui revient tard de sa
pérégrination.
Voulant écrire véridiquement ce qui convient
Celui qui tard revient de son voyage
Peignaient le phénix qu’en Egypte revient
Lors quant il a cinq cents ans de bon âge,

162
Car quand est proche de sa fin d’avantage
Que le Phénix s’en retourne en Egypte
II est traité par mystères licites,
Tout ce qu’ils ont accoutumé de faire
D’attribuer aux oiseaux ont cogite
Tel honneur rendre à lui ont délibère.

Quatrain I, 48
Vingt ans du regne de la Lune passez,
Sept mille ans autre tiendra sa monarchie :
Quand le Soleil prendra ses iours lassez,
Lors accomplir & mine ma prophetie.

Transcription :
Quand vingt ans du règne de la Lune seront passés, une
autre planète tiendra la monarchie (du ciel) durant sept mille
autres années. Quand le Soleil sera en fin de vie, alors
s’accomplira et se terminera ma prophétie.

Je ne sais pas si ce quatrain trouve sa meilleure place ici ou


aussitôt après la mort du Soleil. Ici ou là, peu importe !
L’essentiel étant de saisir le véritable sens des prophéties de
notre très estimé devin.
Le dernier grand initié, qu’il m’a été donné de découvrir est
Victor Hugo, mais il y en avait d’autres, beaucoup d’autres…
Voilà ce qu’il écrit sur la mort du soleil

Le soleil était là qui mourait dans l'abîme.


L'astre, au fond du brouillard, sans air qui le ranime,

163
Se refroidissait, morne et lentement détruit.
On voyait sa rondeur sinistre dans la nuit ;
Et l'on voyait décroître, en ce silence sombre,
Ses ulcères de feu sous une lèpre d'ombre.
Charbon d'un monde éteint ! flambeau soufflé par Dieu !
Ses crevasses montraient encore un peu de feu.
Comme si par les trous du crâne on eût vu l'âme.
Au centre palpitait et rampait une flamme
Qui par instants léchait les bords extérieurs,
Et de chaque cratère il sortait des lueurs
Qui frissonnaient ainsi que de flamboyants glaives,
Et s'évanouissaient sans bruit comme des rêves.
L'astre était presque noir. L'archange était si las
Qu'il n'avait plus de voix et plus de souffle, hélas !
Et l'astre agonisait sous ses regards farouches.
Il mourait, il luttait. Avec ses sombres bouches
Dans l'obscurité froide il lançait par moments
Des flots ardents, des blocs rougis, des monts fumants,
Des rocs tout écumants de sa clarté première ;
Comme si ce géant de vie et de lumière,
Englouti par la brume où tout s'évanouit,
N'eût pas voulu mourir sans insulter la nuit
Et sans cracher sa lave à la face de l'ombre.

La mort du Soleil figure encore dans le Mirabilis Liber1,


dans lequel elle comprend neuf phases à partir desquelles on
1
Le Mirabilis Liber est un recueil populaire et anonyme de prophéties et
de prédictions chrétiennes attribuées à des saints, des oracles antiques ou
des devins. Il parut pour la première fois en 1522 sous son nom latin qui
signifie « Livre Merveilleux » ou encore « Livre des Prodiges. »

164
peut suivre sa dégradation progressive, jusqu'à son extinction
totale.

FIN

165
01 - I, 01 64 03 – III, 42 149
01 - I, 02 1 34 03 - III, 57 11, 12 08 - VIII, 41 131
01 - I, 08 120 03 - III, 65 99 08 - VIII, 57 73
01 – I, 17 137 03 - III, 84 119 08 – VIII, 7 150
01 - I, 35 26 04 - IV, 18 51 08 - VIII, 70 84
01 – I, 37 158 04 – IV, 33 140 08 - VIII, 77 101
01 – I, 46 149 04 – IV, 67 138 09 - IX, 07 49
01 – I, 48 163 05 - V, 31 72 09 - IX, 18 76
01 – I, 51 138 05 - V, 32 123 09 – IX, 48 160
01 - I, 55 120 05 – V, 41 161 09 - IX, 68 68
01 - I, 60 75 05 – V, 62 146 09 - X, 20 80
01 - I, 64 104 05 – V, 65 145 10 - X, 100 11
01 – I, 69 151 05 - V, 75 105 10 - X, 27 96
01 – I, 84 144 05 - V, 96 71 10 - X, 72 108
02 – II, 15 141 06 - VI, 04 123 10 – X, 84 161
02 – II, 18 147 06 - VI, 10 89 Prés. prose 38 41
02 - II, 20 100 06 - VI, 100 122 Présage 03 159
02 - II, 43 97 07 - VII, 22 86 Présage 11 52
02 – II, 8 139 07 – VII, 43 bis 152 Présage 28 151
02 - II, 97 66 08 - VIII, 16 132 Présage 47 155
03 - III, 04 78 08 - VIII, 19 87 Sixain 42 118
03 – III, 05 157 08 - VIII, 34 27 Sixain 44 70
03 – III, 26 154 08 - VIII, 36 109

Près de 70 quatrains décryptés dans ce seul condensé.

166
EAN

167