Vous êtes sur la page 1sur 6

29/9

FLTR 1510 : littérature européenne

P.A. Deproost

Héritages antiques : grec et latin

Cours accessible via internet (icampus)

1. Les héritages grec et latin relèvent des « fondations » du patrimoine


littéraire européen, par rapport à d’autres héritages qui en seraient plutôt
les « remblais » => sont venus se greffer sur les héritages grec et latin. Un
certain nombre de valeurs (littéraires, éthiques, culturelles, …) nous
viennent directement des grecs/latins. Démocratie : référence directe à la
Grèce. Tous les genres littéraires nous viennent de là : théatre, litt.
Fantastique, romans, …
2. Pourtant ces deux héritages auraient pu ne pas s’imposer ; et il ne faut pas
oublier que l’histoire des littératures anciennes ressemble souvent à celle
d’un gigantesque naufrage. Nous avons perdu plus de 80% de ce que les
grecs et latins ont écrit. Il y a bcp de txt dont ns ne connaissons que le
titre, bcp d’auteurs dont nous ne connaissons que le nom, bcp de txt et
auteurs dont ns ne connaissons rien du tout. Par ailleurs, ces 2 héritages
auraient pu ne jamais s’imposer pour des raisons internes. L’histoire de la
grèce est une histoire de ville, de cités qui ont passé leur temps à se
disputer => mauvaise transmission des œuvres culturelles. Cmt
connaissons-nous la grèce ? Essentiellement grace à Rome qui était
tellement émerveillée par cette culture qu’ils ont décidé de la transmettre.
Grèce paralysée par problèmes internes qui ne transmettaient pas cette
culture. Latin n’est qu’un dialecte parmi d’autres DONC pas langues de
culture mondiale. Latin = dialecte de Rome et donc le dialecte d’un projet
expansionniste, mondial, et qui a écrasé ts les autres, qui a été porteur
d’une véritable culture.
3. Leur chance a été de se trouver à la confluence de deux projets
universalistes ; Rome et le christianisme.
- grèce : a trouvé sur son chemin rome (« la grèce une fois prise
(militairement) a su conquérir rome => culturellement).
- Latin : langue de rome mais c’est le christianisme qui a permi aux
littératures anciennes de se dvpper, se transmettre.***
 La Grèce a été sauvée par Rome, Rome a été sauvée par le Christianisme ;
L’Europe était née.

L’héritage Grec
Liminaires

1. Les Grecs ont inventé tous les genres littéraires


Il y a avait de la poésie et de la philo avant la grèce, mais cela existait de
façon embryonnaire et avec un but fonctionnaire. Poésie = parler au dieux,
retenir un certain nmbre de chose. Philo = induire comportements, morale,
éthique. Avant la Grèce, on ne faisait pas de la philo pour elle-mm. La pensée
n’était pas un objet de la pensée, mais au service de la vie en société. On
faisait de la poésie pour des buts purement fonctionnaires. En Grèce, pour la
1ere fois, ts les genres littéraires deviennent considérés pour eux-mm.
C’est à Rome que le roman s’est inventé, mais le reste était en Grèce.
2. La littérature grecque a reconnu une valeur littéraire à la diversité de ses
dialectes. Les genres littéraires correspondent à des dialectes. Ex : on
n’écrit pas de l’histoire ds le mm dialecte que la philo, pas d’épopée ds
mm dialecte que l’histoire. Pas de poésie lyrique orale que ds poésie
monodique. A Rome, un seul dialecte : latin. En Grèce, dialectes ont
reconnaissance en fct des genres littéraires.

L’épopée

La question homérique

Dans l’histoire de la littérature grecque, les genres littéraires apparaissent les


uns après les autres => chronologie dans l’apparition des genres littéraires.
Pour Rome, pas le mm plan : Rome a été fasciné par l’héritage grec et a reçu
l’ensemble.
Premier genre littéraire : Homère (l’épopée, la question homérique). Qui est
Homère ? On n’en sait rien. La tradition nous dit que c’est un poète né à
Smyrne (Turquie actuelle, Asie Mineure côte de mer Egée) au 8ème siècle =>
aveugle. Détail mais prudence, car grands poètes, devins, toujours aveugles
mm si en réalité ne l’étaient pas. Le poète est qqn qui puise son inspiration en
lui-même. Cécité = caractéristique de l’inspiration.

Iliade (guerre de Troie) et Odyssée (voyage de retour d’Ulysse) :

1. Contradictions internes et sujet différent (fils de/cousin/père de, …)


2. Valeurs humaines, héroïques, religieuses et sociales différentes

MAIS

1. Mêmes personnages autour de la guerre de Troie


2. Texte linguistiquement et stylistiquement très proche

Rationalisation littéraire de dépôts légendaires cousus entre eux et organisés par


un « rhapsode » que la tradition a appelé Homère. => épopées qui
probablement constituent une mise par écrit de toute une série de légendes, de
contes, d’histoires qui circulaient dans des milieux d’Asie Mineure ou de Grèce de
l’époque mis ensemble.
Homère est qqn qui rassemble toute une série de légendes qui circulaient à son
époque et en a fait une œuvre littéraire = rhapsode (rhapto = coudre ensemble).

 L’Iliade

Iliade = nom grec de la ville de Troie (Ilion). Epopée consacrée à la guerre de


Troie ? Pas tout à fait exact. Consacré à un épisode de la guerre de Troie qui a
pour origine la colère d’Achille. « Chante, ô déesse, la colère d’Achille, fils de
Pélée. »
Achille avait une captive et cette captive lui a été ravie par le chef des Grecs,
Agamemnon, chef de l’ensemble des troupes grecques. Achille décide qu’il se
retire dans sa tente et quitte le combat, provoquant ainsi défaite sur défaite du
côté des troupes grecques. La situation devient extr problématique, et Achille est
séduit par les ***
Il n’y va pas, mais envoie son meilleur ami Patrocle. Il est tué par Hector qui
décide alors de repartir au combat pour venger la mort de son ami. La situation
s’inverse et les grecs remportent victoire sur victoire jusqu’au moment où Achille
met à mort Hector. La fin de L’Iliade est une scène où l’on voit Achille le grec et
Priam, le père d’Hector, se retrouver en pleurant la mort de Patrocle et Hector.
Echange entre les deux corps. Les deux ennemis se réconcilient pour un temps.

 L’Odyssée

Présente un sujet très différent : raconte le long retour d’Ulysse dans sa patrie
après la guerre de Troie. L’Odyssée est une épopée qui porte le nom de son nom
principal. Ulysse est un personnage important dans l’Iliade mais pas aussi
important dans l’Iliade que ds l’Odyssée. Retour prend une dizaine d’années. Île
d’Ithaque à l’Ouest de la Grèce. Retour ponctué par toute une série de combats,
de rencontre, et retrouve sa femme, son lit, … Un jour arrive sur l’île un
personnage méconnaissable sauf par son chien. Finalement a lieu un concours
organisé par les courtisans de Pénélope (tir à l’arc), Ulysse remporte le concours
et retrouve sa place. Il est poursuivi par la vengeance de Neptune/Poseidon. Il
crée tout au long du voyage des obstacles. Le héros doit traverser des épreuves
pour grandir, pour mieux comprendre le sens de son existence. Il affronte toutes
ces difficultés (la mer). Il erre sur les mers et affronte un univers monstrueux.
C’est un voyage dangereux et il se perfectionne dans son dvpt humain. Son
errance sur la Méditerranée le conduit dans l’île de Calypso et dan le royaume
des Phéaciens. Il raconte son récit dans ces deux endroits et c’est ainsi qu’on
connaît toute son histoire. C’est après son récit qu’il retrouvera son île. A la fin du
poème, il retrouve son épouse Pénélope.

 L’Iliade et l’Odyssée

 Un certain sens de l’humanité

Nous donnent toute une série d’éléments qui nous permettent de dégager
une certaine typologie de la manière dont les anciens concevaient l’homme.
La légende n’est que le support d’une analyse humaine. Les élément
importants sont :

- Un rapport entre les dieux et les hommes : les épopées se déroulent dans
un temps « où les hommes parlaient aux dieux », on les voit interagir. Tout
ce qui se passe sur terre ne peut se passer que pcq les dieux l’ont ordonné
ou permi ; ils organisent la vie des hommes => déterminisme divin qui
organise tous les actes des hommes. Les hommes restent libres mais ds
des espaces étroits. (ex : ulysse arrive sur l’ile de calypso : prévu par
l’ordonnancement de la divinité mais il a le choix : reste-t-il ou prend-il la
route ? il a le droit de choisir et il part, mm si calypso propose
l’immortalité. Il préfère la mortalité, retrouver sa femme mortelle). Les
dieux sont aussi sous la coupe d’une force qui les dépasse qu’on appelle le
destin (force contre laquelle les dieux ne peuvent rien faire, image la +
significative = la balance qui décide, force supérieure aux dieux).
- Un amour irrépressible de la vie humaine : les héros grecs sont des héros
qui veulent vivre mais qui veulent vivre comme des hommes et qui
cherchent à préserver à tout prix cette dimension fondamentale. Ulysse
préfère quitter Calypso (beauté, immortalité, …) pour continuer à vivre une
vie d’homme, mortelle. Achille sait qu’il va mourir très jeune. Mais plutôt
que se lamenter sur cela, il profite au maximum de cette vie qui lui est
donnée. Il essaie de marquer tous les instants de son existence par cette
recherche de la gloire.
- Une évolution dans les valeurs de l’héroïsme : l’héroïsme des 2 épopées
n’est pas le mm. L’Iliade est une épopée guerrière, qui raconte des
combats entre héros, souvent singuliers (qui opposent 2 individus). Le
héros acquiert sa gloire, sa valeur, par la force des armes. Epopée de
démesure (un héros en tue 1000). L’Odyssée est l’épopée d’un héros qui
rentre chez lui, du retour, de l’errance, où le héros acquiert sa valeur, sa
gloire par la force des rames. Il rame dans tous les sens du mot : il est sur
un bateau qui connaît de grosses difficultés, et il galère. La vie d’Ulysse est
une galère : il obtient sa valeur par la volonté de dépasser les épreuves qui
se présentent à lui. C’est dans cette victoire qu’il retrouve sa gloire. Il est
parti de chez lui dans un certain état et qui revient transformé par les
épreuves qu’il a connu. C’est une épopée qui défend des valeurs
courtoises (élément d’initiation, perfectionnement). Valeurs d’apaisement,
de calme, domestiques se mettent en place. Héros malin, intelligent.
« Héros aux mille tours. » Il ne passe pas son temps à tuer, instaure des
dialogues, réfléchit.

Le théâtre

Le théâtre n’est pour nous qu’un divertissement, il n’est pas important. En Grèce,
la tragédie, le théâtre est un événement lié à tous les moments de la vie en
société, il est très important.

a. la tragédie

• Un certain sens de la mort : met en scène des personnages


qui se posent la question de la mort. Toutes les tragédies
ont au centre de la problématique la mort. Nous savons tous
qu’un jour nous mourrons. L’homme craint la mort. Les
Grecs ont été angoissés par l’imminence de la mort. Qu’est
la mort ? Qu’arrive-t-il quand on meurt ? Les religions
apportent des solutions, mais il n’y a pas d’explication
rationnelle. La tragédie est une façon de conjurer cette
crainte de la mort en mettant en scène des personnages
appartenant à la mythologie et qui ont connu des conflits,
des peurs, des révoltes et qui ont connus la mort. C’est une
mise en scène d’une situation que les hommes rencontrent
tôt ou tard. Grace à cette mise en scène, l’homme peut
essayer de rationaliser ses craintes, de les catégoriser. Il
voit représenté sur la scène des choses par rapport
auxquelles il peut prendre un certain recul. Il voit des
références qui sont mises en scène.
• Une célébration religieuse : Le théâtre est très étroitement
lié à une célébration religieuse. Le mot tragédie est
d’origine religieuse : Dionysos (dieu du vin, fertilité,
violence, démesure). Trogos = bouc = animal de Dionysos
(violence). Odè = champ***.
• Une célébration civique : activité qui se passe à l’intérieur
même des structures de la cité. Les tragédies sont
organisées par la cité. C’est le chef de la cité (archonte) qui
organise des tragédies. Tragédie = jour férié, tlm est prié d’y
assister. Grandes Dionysies : fêtes au printemps, l’archonte
commandait un grand concours de tragédies. Pratiques
civiques pour permettre aux gens d’assister aux
représentations. Un poète était vainqueur et recevait des
récompenses. Ces pièces étaient habituellement liées à des
cycles (familiaux au dynastiques (Atride)) dont se
revendiquaient différentes cités. C’est une manière de
montrer les vertus qui fondent la cité et de provoquer les
questionnement sur la mort chez les habitants. On estime à
1200 le nombre des tragédies composées au 4-5ème s.
pendant la période classique. Il nous reste 7 pièces
d’Eschyle (sur 80), 7 pièces de Sophocle (sur 100), 17 sur
Euripide (sur 100). ********
 Eschyle (2ème moitié du 6ème s. ACN, né vers 625, mort
vers 450 ACN) est le plus ancien dramaturge. Il est
considéré comme l’inventeur de la tragédie et du
théâtre car il est le premier à avoir introduit sur scène
un deuxième acteur. Avant Eschyle, il y avait des
spectacles mais qui souvent se limitaient à un
personnage unique qui était de temps en temps
interrompu par un cœur (personnage collectif). Il y a
avait un « dialogue » entre ce personnage unique et ce
cœur. Eschyle fait monter sur scène un deuxième
acteur. Un dialogue peut s’installer entre deux
personnages. Eschyle était un poète théologien : il
reste très proche de la théologie dans toutes ses
pièces. Il traite du rapport de l’homme avec la divinité.
Il n’est pas un philosophe, il est un théologien et c’est
ce qui donne un grand lyrisme à son style. Il n’est pas
rationaliste, cartésien, philosophe, mais un poète. Il
essaie de montrer ce rapport entre l’homme et la
divinité dans toutes ses pièces. Il manifeste sa révolte
contre les injustices, le totalitarisme de la divinité,
contre la condition humaine. Il n’admet pas le fait que
les dieux plombent la condition humaine engagée dans
l’hérédité du crime (« vendetta »). Tout homme qui a
tué doit être lui-même tué. Il faut un jour terminer cette
spirale néfaste.
 Sophocle (plus jeune qu’Eschyle, né vers 496, vie
couvre ~totalité du 5ème siècle) : Deuxième des grands
tragiques athéniens. On a conservé 7 pièces sur plus
d’une centaine. Le sujet de ses pièces est assez
proches de celles d’Eschyle (guerre de Troie, Ajax,
Philoctète, Thèbes, Antigone, …). Sophocle introduit un
troisième acteur sur la scène => dramaturgie plus
complexe. La mise en scène s’enrichit. Par rapport à
Eschyle, Sophocle fait descendre la tragédie du ciel sur
la terre. Sophocle est moins théologien. Il ne renie pas
le monde des dieux ou que les dieux ont un regard sur
la vie des hommes. Mais pour Sophocle, le ressort
tragique, ce qui fait l’action tragique, ce qui détermine
la vie des hommes, c’est leur propre volonté et la
manière dont eux réagissent par rapport à ce que les
dieux leur impose. Il reconnaît l’action des dieux sur les
hommes mais c’est l’homme qui reste le protagoniste
du drame, c’est l’homme qui réagit. Tout cela est en
définitive le résultat non pas d’une fatalité mais d’un
comportement. (ex : Œdipe est né accompagné d’une
prophétie terrible : tuer son père (parricide) et marier
sa mère (incestueux) => imposé par la divinité. Le
problème d’Œdipe chez Sophocle c’est sa curiosité. Le
fait qu’il a essayé de comprendre est la raison de son
malheur. Il est malheureux parce qu’il a tout fait pour
connaître cette prophétie pour s’interroger sur ce qu’il
lui arriverait. C’est dans son comportement d’homme
qu’il crée lui-même son propre malheur et le châtiment
qu’il s’impose (se crève les yeux et part en exil) =>
coupable d’avoir recherché et découvert son malheur.
Conflit de valeurs (ex : Antigone veut donner une
sépulture à son frère qui est un traître (et elle meurt
pour cela après être enfermée par son oncle).)

b. la comédie