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Réponses de Jean-Claude Marquette au questionnaire formulé par Robert

Murphy, directeur de la RCM Galerie. Mars 2021.

- Quand et comment avez-vous commencé à utiliser l’ordinateur dans votre travail ?


A partir du milieu de l’année 1971. Ma demande d’inscription pour l’année universitaire 1969-1970 au
Centre Universitaire Expérimental de Vincennes, devenu quelques mois plus tard Université de Paris VIII-
Vincennes, étant accepté je me suis inscrit au département des Arts plastiques, alors dirigé par Frank
Popper, ainsi qu’au département d’Informatique, curieux de savoir ce que plastiquement on pouvait
créer avec un ordinateur. Les UV que j’ai choisies de suivre en informatique entretenaient un rapport
plus ou moins direct avec la création visuelle et je trouvais un intérêt particulier pour l’apprentissage du
langage ALGØL (ALGorithmic Oriented Language), car il proposait une formulation proche du langage
courant et sa syntaxe était rigoureuse.
- Vous avez programmé comment ? Quelles étaient les difficultés et les surprises ?
Le b.a-ba de l’ALGØL (les ALØRS ECRIRE… SINØN DEBUT… ALLERA > le fameux GØTØ, etc.) appris à tra-
vers les cours m’a permis de rédiger de petits programmes que je voulais les plus simples possible
n’étant pas un passionné des mathématiques. C’est une UV d’initiation aux “Grammaires Formelles”
puis la lecture du livre “Notions sur les Grammaires Formelles” cosigné par Maurice Gross et André
Lentin qui déclenchèrent mon intérêt pour Chomsky et la linguistique générative. En 1969 j’avais réalisé
quelques petits travaux plastiques avec le hasard. A cette fin, j’avais acheté une roulette dont la bille
définissait la répartition de triangles rectangles selon les valeurs noir pair et impair, rouge pair et impair.
J’aurais aussi pu choisir d’utiliser le Yi Jing, le “Livre des mutations”, tout comme John Cage. Mais j’ai
acheté, importé des USA, quelque chose de plus fascinant : le livre “A million Random Digits with
100,000 Norman Deviates” édité par The Rand Corporation en 1955. Sur 400 pages, au format 20 cm x
30 cm, se déroulent sur 10 colonnes par page des tables de chiffres générés avec une roulette électron-
ique par un ordinateur IBM. Fascinant! De quoi créer des travaux plastiques pendant des dizaines
d’années! Mais je n’étais pas satisfait du concept mis en place et des processus créatifs utilisés. Je
voulais que quelque chose de signifiant soit à la base de ce que j’allais créer pour que l’ensemble ait un
sens, tout comme les langues et les langages, et ne pas dépendre uniquement de ce que j’appellerai le
“hasard absolu”. L’alphabet plastique et les peintures d’Herbin entre 1945 et 1960, dont les sources
furent les mots, me mirent sur une piste. Constructiviste dans l’âme, je recherchais un texte qui
pourrait illustrer cette idée que faire de l’art avec un ordinateur serait un pied de nez à ce pour quoi
cette machine était en fait uniquement destinée : le traitement de données commerciales, militaires
et scientifiques. Je tombais, par hasard, sur un poème du futuriste russe Velimir Khlebnikov :
“La conjuration par le rire”, le texte jouait sur une déclinaison des racines de manière quelque peu
bruitiste. Enfin, je tenais ce qui allait sous-tendre mon travail plastique et c’est là que l’ordinateur allait
pouvoir intervenir en me permettant de systématiser l’ensemble du processus de création. La structure
profonde serait le texte et la structure de surface serait ce qui serait donné à voir plastiquement.
L’ordinateur, selon mes instructions précises - c’est-à-dire les contraintes d’une recette, on parle
aujourd’hui d’algorithme*, cela fait quelque peu post-moderne -, allait coder le texte du poème en des
suites binaires possibles et finies de 0 et de 1, qui allaient devenir le support de mon travail de plasticien
sur la couleur. Ces listings seraient les partitions sur lesquelles j’allais construire toute ma démarche
artistique pré-digitale.
1. La préparation informatique. Construire un organigramme précis spécifiant les contraintes quant au
codage du texte par l’ordinateur.
2. Définir les contraintes imposées au traitement du texte par l’ordinateur. La première lettre du poème
traduit = O jusqu’à la dernière = S doivent se conformer aux règles suivantes :
2.1. Toutes les lettres sont converties en capitales (majuscules) non accentuées, aucune lettre en bas de
casse (minuscules) n’est tolérée.
2.2. Aucun espace entre les mots.
2.3. Aucun signe de ponctuation.
2.4. Aucun interlignage possible.
2.5 Assurer une couverture totale du texte codé pour chaque surface probable, c’est-à-dire interdiction
que toute ligne de texte codé puisse rester fragmentaire.
L’enseignement reçu à l’Ecole Estienne (ESAIG) a très certainement influencé mes décisions : le dessin
d’alphabet, une culture de la lettre, des cours d’Histoire de l’Art et d’Histoire du Livre ainsi que, plus
tard, la pratique personnelle de la calligraphie occidentale tout comme la lecture de livres d’art ou de
catalogues d’exposition détaillant certains manuscrits remontant au Haut Moyen Age.
*Algorithme : ensemble de règles précises définissant un procédé de calcul destiné à obtenir un résultat déterminé à partir de
certaines données initiales. Markov, 1962.

- Quel ordinateur avez-vous utilisé ?


Entre 1970 et 1972, le sous-équipement conjoncturel du département informatique de la faculté de
Vincennes (celle du bois du même nom) en équipement informatique ne me satisfaisant pas, je
recherchais d’autres alternatives me référant par exemple aux équipements que j’avais côtoyés et/ou
utilisés pendant six mois, au second semestre de l’année 1969, lors de mon travail au sein du
département informatique des NMPP à Paris. Tout a enfin commencé par la conclusion à l’été 1971
d’une longue randonnée en compagnie de deux amis à bord d’une Renault 4L. Nous étions partis de
Saint-Puy dans le Gers, étions passés par Toulouse, pour ensuite effectuer une grande traversée de
l’Aude, poursuivie par une longue descente sur Sète pour finir par une remontée sur Lyon avec comme
point d’arrivée Villette, des alentours de Villechenève. C’est là, dans la propriété familiale de mon ami
Yves Bonnassieux, que j’ai fait la connaissance de son frère aîné Jean-Loup, programmeur, qui sachant
que je recherchais un ordinateur m’a proposé de lui adresser mon travail alors codé manuellement en
ALGØL. Comme ce travail devait être réalisé à Tarare chez GVR (Groupement Voiles et Rideaux) sur l’or-
dinateur partagé des entreprises régionales de voilages, un IBM 360/25, il lui a fallu transcoder l’ensem-
ble en CØBØL (COmmon Business Oriented Language) ou en FØRTRAN (FORmula TRANslated), mais
aujourd‘hui je ne me souviens plus très bien de ce qu’il m’avait écrit au sujet du langage qu’il avait été
dans l’obligation d’utiliser. Ce qui est certain c’est que j’ai reçu par La Poste, quelques semaines plus
tard, un gros pli qui contenait un grand nombre de listings. Ces sorties imprimées depuis le mainframe
(ordinateur gros système) respectaient scrupuleusement les règles formulées dans le programme que
j’avais envoyé à Jean-Loup. C’était formidable, je tenais entre mes mains plusieurs mois de réflexions et
d’efforts enfin concrétisés. Mais maintenant il me fallait donner formes et couleurs à ce tas de papiers.
- Pourquoi avez-vous choisi de coder le poème de Khlebnikov ?
Velimir Khlebnikov (1885-1922) était un étrange et très étonnant personnage tout à la fois linguiste,
mathématicien et poète qui eut une vie dramatique. C’était un ami proche de Vladimir Maïakovski. Le
poème ironique “La Conjuration par le rire”, publié en 1910, présentait un intérêt personnel autant
symbolique que formel : c’était cubo-futuriste. Ce texte est très éloigné de la poésie traditionnelle, c’est
proche de Dada comme du Lettrisme. Khlebnikov caractérisait son écriture de langage zaoum, ce qui
pourrait signifier par delà l’intellect. Là, l’Oulipo n’a guère inventé. Le texte joue sur les déclinaisons de
mots à tel point qu’il pourrait être déclamé à haute voix. L’artiste lettriste François Dufrêne aurait très
bien pu s’en emparer pour se le mettre aisément en bouche et le déclamer à tue-tête. Je me suis donc
servi de ce texte comme d’une charpente, d’une ossature. Comme je ne parle ni ne lit le russe, j’ai utilisé
une traduction faite par Luda Schnitzer publiée dans “Choix de poèmes” par les éditions Pierre Jean
Oswald, Honfleur - Paris en 1967.
- Il n’y avait ni écran, ni imprimante liés aux ordinateurs de l’époque, comment avez-vous
déterminé votre expression plastique ?
Le poème de Khlebnikov a été codé sous 6 bits, 7 bits et 8 bits (un octet) d’information. 18 possibilités
acceptables :
- Sous 6 bits, les sorties possibles, pleine surface, sont : 36 colonnes / 44 lignes - 44/36 - 33/48 - 48/33 -
24/66 - 66/24.
- Sous 7 bits, les sorties possibles, pleine surface, sont : 42 colonnes / 44 lignes - 44/42 - 33/56 - 56/33 -
28/66 - 66/28.
- Sous 8 bits, les sorties possibles, pleine surface, sont : 48 colonnes / 44 lignes - 44/48 - 33/64 - 64/33 -
32/66 - 66/32.
Les listings, ces papiers imprimés sont enfin là. Des pages de 1 et de 0 ou de carré noir (1) sur fond blanc
(0). Mais, et après…
C’est alors qu’il faut inventer puis créer son propre système de représentation graphique minimal en
adéquation avec le code binaire : des matrices composées de formes carrées habillées avec un premier
paramètre couleur attribué au 1 et un second paramètre couleur attribué au 0. Il faut jongler entre
listings appelés partitions et toiles montées sur châssis, collages sur support en bois, pochoirs réalisés
avec des bombes de couleurs Marabu et sérigraphies sur cartons (uniquement montrant un fragment)
pour pouvoir présenter plastiquement quelque chose de visuel et d’artistique.
Il faut préciser, et c’est très important, que les travaux plastiques pré-digitaux de formes et de couleurs
ainsi réalisés puissent faire penser aujourd’hui à du pixel**, mais cela n’en est pas. Le pixel reste alors un
parfait inconnu. Aucun moyen d’affichage moderne : les premières cartes graphiques couleur comme
les premiers moniteurs couleur destinés à l’affichage des données informatiques n’existent pas encore…
Le premier micro-ordinateur n’a pas encore été inventé, seul règne alors le “mainframe computer” - cet
ordinateur central ou gros système – jusqu’à la proche naissance du mini-ordinateur.
**Pixel : point représentant le plus petit élément de teinte homogène d’une image et pouvant être transmis sous forme
numérique.

- Pouvez-vous expliquer les variations dans ce travail ?


J’ai utilisé le terme de partitions et c’est très important quant à ma démarche de plasticien. Je voulais
que ce soit celui-là qui reste le maître et non pas l’informaticien débutant. Seule la partition 36 colonnes
/ 44 lignes a été exploitée. Toutes les œuvres exposées à la RCM Galerie en sont issues. Pour quelques
œuvres, le choix d’une forme carrée permet de construire une grille qui fera office de matrice. C’est
permettre ainsi cette alternance des 1 et des 0 qui sous-tendent l’ensemble et ainsi oblitérer picturale-
ment tout problème de fond : tout n’est que surface et jeux de couleurs au niveau perceptif. Pour l’une
des toiles, j’ai exploité l’alternance des lignes impaires = couleurs aux tons foncés et des lignes paires =
couleurs aux tons clairs, pour une autre ce sera l’alternance des colonnes par groupe de 6 (36:6). Ce sera
aussi choisir de ne faire figurer que les voyelles contenues dans chaque mot en affectant à chacune une
couleur et la variation pourra jouer d’une œuvre à l’autre, etc. Ici l’informatique s’efface pour que les
formes et couleurs se composent.
- Etiez-vous nombreux à travailler avec l’ordinateur à l’époque ?
Zagreb a été avec les manifestations “Nouvelle Tendance”, dont la création remonte à 1961, le lieu où
le petit monde du “Computer Art” de tous les continents s’y côtoyait : artistes européens de l’Ouest
comme de l’Est d’alors, artistes étasuniens, latino-américains, japonais, etc. J’ai été invité en 1971 à
participer au colloque international qui préparait la manifestation “Nouvelle Tendance 5” pour 1973.
Comme prévu “Tendencije 5” fut une manifestation importante à laquelle je participais en exposant
une suite de pochoirs avec déclinaisons de couleurs réalisées à partir du listing 6 bits - 36 colonnes / 44
lignes. Le catalogue de l’exposition NT5 recense favorablement participants et acteurs de cette ten-
dance artistique innovante à l’époque. En 1978, je reçus une nouvelle invitation destinée à préparer NT6.
Malheureusement, la manifestation “Nouvelle Tendance 6” qui devait suivre le colloque fut annulée. Dès
lors plus aucune manifestation de cette ampleur ne sera organisée. C’est ainsi que je perdis la totalité
de mes contacts.
- Le GAIV était reconnu pour ses recherches dans le champ de la couleur, pouvez-vous nous en
dire un peu plus sur cela, et sur votre démarche en particulier ?
Ceux du GAIV (Groupe Art et Informatique de Vincennes) avaient chacun leur spécificité bien qu’il existe
néanmoins comme un partage entre certains membres de concepts communs qui se traduisent et
s’identifient très facilement visuellement. J’ai quitté le groupe très tôt, dès 1972, par conséquent je
ne pourrais rien écrire de plus. En vérifiant certaines informations pour étayer la rédaction de mes
réponses j’ai retrouvé, parmi ma documentation informatique concernant la programmation, un
document manuscrit ronéotypé composé de 22 pages au format 21 cm x 29,7 cm décrivant un
programme concernant le traitement des couleurs, écrit par l’un des membres du GAIV, enseignant au
sein du département d’informatique. Ce document avait été distribué lors d’un cours de programma-
tion aux quelques rares participants.
Le GAIV n’était pas mon seul centre d’intérêt, j’avais par ailleurs d’autres engagements tout aussi
importants. J’avais entrepris avec mon ami peintre Jean Dupanier, dans son atelier de la rue du Général
Bertrand, Paris 7ème, des études et des recherches approfondies sur la couleur et la lumière qui nous ont
occupées pendant quelques années. Ces journées lumineuses et colorées se finissaient toujours au café
Le Dôme devant une bonne bière. J’avais rencontré Jean à la Galerie Weiller qui jouxtait cet hôtel de la
rue Gît-le-Cœur dans lequel vécurent, lors de leurs séjours à Paris, certains poètes de la Beat
Generation. Tous deux nous appartenions à ce groupe d’artistes, aux pratiques diverses, qu’avait réuni le
peintre Hermann Amann sous l’appellation “Jacob ou la Persuasion”. En 1971, Hermann avait demandé
à Aragon l’autorisation, qui lui fut accordée, de pouvoir utiliser le titre de l’un de ses poèmes pour
baptiser le groupe lors des expositions et manifestations communes qu’il organisait principalement à
la Galerie Weiller et au théâtre Le Palace de la rue du faubourg Montmartre.
- Comment le travail était-il reçu par le public ?
Néant ou presque, déjà que le petit milieu de l’art ni comprenait rien ou si peu, alors quant au public!!!
Quelques rares articles ont été publiés ici où là dans Le Monde, dans Le Figaro, dans le numéro 50 de la
revue Opus International et plusieurs autres publications dont l’hebdomadaire “La Presse Informatique”
et même une encyclopédie des Arts hebdomadaire “Les Muses”, opus 183, l’auteur de l’article “Art
permutationnel” n’était autre que le professeur et chercheur Abraham Moles. Des expositions furent
organisées ici ou là telle la première exposition internationale “Ordinateur et Création Artistique”
organisée par la société de service informatique SESA dirigée par Monsieur Jacques Stern - un polytech-
nicien visionnaire - dont les conseillers artistiques furent Manfred Mohr et François Weil - à l’Espace
Cardin en 1973.
- Comment voyez-vous l’intérêt pour ce travail aujourd’hui ?
Essentiel historiquement, cela fait partie du développement conjoint de la technologie et de l’expression
artistique. Le Centre Pompidou avec sa série de programmes Mutation/Créations développée
conjointement par le Musée National d’Art Moderne et le Centre de Créations Industrielles a enfin saisi
l’enjeu historique que pose l’ère du numérique et ses prémices. En 2018 “Coder le Monde”- le deuxième
volet d’un ensemble de cinq manifestations - a vu un record d’affluence absolu en termes de visiteur.
Ayant parcouru quatre fois l’exposition pour accompagner famille ou amis, j’avais pu constater un réel
engouement d’un public surtout composé de jeunes personnes. Les nombreux twitts étaient aussi
étonnés qu’élogieux! En 1967 aux USA, il y avait bien eu cet organisme non lucratif, E.A.T (Experiments in
Art and Technology) qui avait favorisé la collaboration entre artistes et ingénieurs, mais ici, en Europe,
et encore moins en France, rien ou si peu. Il fallait avoir l’esprit pionnier, être innovant, et essayer de
faire quelque chose avec les équipements qui étaient plus ou moins accessibles, quelles qu’en soient les
conditions.
Petit inventaire des disponibilités envisageables. Des terminaux ou télétypes équipés de claviers pour la
saisie des textes et qui permettaient d’entrée des lignes de code qui s’affichaient sur un moniteur noir
et blanc rudimentaire, des cartes et des bandes perforées en entrées des données, des bandes
magnétiques faisant un va-et-vient incessant dans de grandes armoires, des disques durs de quelques
Ko (kilooctets), lourds et énormes, enchâssés dans des tiroirs. Pour l’image : une sinusoïde verte qui se
déplaçait sur un écran noir, des tableaux de bord couverts de diodes colorées avec des interrupteurs à
bascule. Pour les connexions internes : les paquets de câbles de l’ordinateur et les câbles coaxiaux vers
les terminaux, telles ces grandes imprimantes recouvertes d’un capot transparent pour réduire le bruit
assourdissant produit par leur fonctionnement… Ce furent pour commencer les mainframes puis sont
apparus les mini-ordinateurs. Inimaginable aujourd’hui! Seules les personnes qui ont côtoyé ce monde
du pré-digital peuvent comprendre ce que ce fut et quels efforts incroyables d’imagination il nous a fallu
produire pour présenter quelque chose qui puisse être artistique et visuellement présentable.
Pour clore cet exercice des Q-R, j’aimerais citer cette déclaration prémonitoire de Frantisek Kupka faite
en 1946 au micro de la Radio Nationale Tchécoslovaque lors de la rétrospective organisée à l’occasion de
ses 75 ans par la Société Artistique Waldès à Prague : “L’art jaillit directement de l’âme de l’homme, de
sa sensibilité. Cet art continuera donc d’exister par des moyens divers et variés. Il se peut qu’à l’avenir on
ne peigne plus. On trouvera peut-être même des moyens mécaniques pour communiquer. L’homme
livrera son ressenti à son prochain comme par télépathie. Un être pensant transmettra des réflexions,
des chiffres, des opinions directement, sans recours au langage, sans les formuler verbalement”.
Extrait du DVD édité par Arte Editions en 2018. “Frantisek Kupka - The Other Story of Modernity”, un film de Jacques Lœuille,
Zadig Productions (traduction sous-titrée en français entre les 49:26 et 54:52 environ).

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