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Le structuralisme et la

linguistique
Courant ou mouvement
1. Structure et structuralisme
• -le mot structuralisme n’a pas été utilisé par les
structuralistes.
• -les structuralistes ont travaillé sur la notion de
structure dans leur domaines divers (ethnologie,
linguistique, psychanalyse)
• -d’autres usages ont été rapportés de ce terme,
mais pour désigner autre chose que ce qu’avait
énoncé les précurseurs de ce
courant/mouvement.
• -un abus dans son utilisation a conduit certains
auteurs à parler de phénomène de mode.
2. Les définitions admises
Emile Benveniste: « Le principe de la «
structure » comme objet d’étude a été
affirmé, un peu avant 1930, par les
linguistes qui se proposaient de réagir ainsi
contre la conception exclusivement
historique de la langue, contre une
linguistique qui dissociait la langue en
éléments isolés et s’occupait à en suivre les
transformations. »
• Une « structure », ce sera par exemple la
manière dont l'échange est organisé dans un
secteur de la société, ou dans une société tout
entière. Cette notion de structure sociale ne
concerne pas directement les manifestations
empiriques, mais seulement le « modèle », ou
« patron », construit d'après la réalité
concrète des relations sociales (Pensées
Sauvages, 305). « Quand on s'attache à définir
une structure, on se place, pourrait-on dire,
au niveau de la grammaire et de la syntaxe, et
non à celui de la langue parlée » (PS, 335).
• Pour l’appeler structure, un modèle doit répondre
à des conditions. Il devra présenter un caractère
de « système», c'est-à-dire consister en de
éléments tels qu'un changement sur un point
entraîne un changement de tous les autres, et
que l'ensemble en soit modifié dans sa cohérence
et son organisation interne. De plus, tout modèle
doit appartenir à un « groupe de
transformations» : ce qui le rend applicable à
toutes les situations avec lesquelles il est assez en
affinité pour que les éléments obtenus
conservent certaines propriétés générales (PS,
197).
• un mode de connaissance critique,
déconstruisant les dogmes humanistes et
psychologiques établis, que comme une
méthode. Le temps était à la contre-culture,
d’où le succès du structuralisme, aux
alentours des années 1960 à 1980.
• La recherche de schémas formels sous-jacents
aux formes que prenaient leurs dépliements a
marqué bien des initiatives diverses en
sciences humaines, en mathématiques et en
neurologie.
Les recherches des mathématiciens qui, tel
Poincaré, prenaient en compte les lois de
composition et de transformation des groupes
mathématiques, bien au-delà des propriétés
intrinsèques des éléments qui les composent.
Depuis les travaux de Galois en
mathématiques, la notion de structure
désigne la découverte des lois de groupe dans
les transformations algébriques. Travailler sur
le groupe comme système de transformation,
expérimenter le champ et le schéma de base.
• La perspective atomiste est évacuée.
• Le sens ne compte plus, ou plus exactement il
suppose un sens caché, celui d’une forme,
forme active, qui, sans être figée en une
succession ordonnée de significations, serait
plus significative et plus efficience que le
contenu. Il reste important de poser que c’est
bien l’idée d’une totalité réglée que
présuppose l’idée de structure. La structure
constitue une totalité autoréglée qui produit
des combinatoires.
• La méthode inductive était nettement rejetée,
et d’une façon précise.
• 3. Principes du structuralisme
• Un courant de pensé qui a dominé en Europe dans la
seconde moitié des années 60, après le déclin de
l’existentialisme.
• Sa méthodologie cherche à repérer un ordre présent
derrière les faits et leurs variations.
• Un objet de connaissance, doit être appréhendé par
rapport à une totalité au sein de laquelle il est immergé
et dont il reçoit, en retour, des propriétés nouvelles.
• La réalité sociale possède une existence à travers la
fonction symbolique, ce qui rend le langage l’élément
phare de la structure.
• La signification ne vient que du jeu combinatoire des
rapports structuraux. La structure la plus déterminante
pour l’homme est la structure symbolique.
• L’homme est déterminé par des structures qui lui
sont extérieurs (langage, économie).
• L’être humain ne peut être appréhendé qu’à
travers un réseau de relations symboliques qui
sont autant de structures auxquelles il participe
sans en être conscient.
• Les structures élémentaires de la parenté, Claude
Levis Strauss a mis en évidence l’importance de
l’interdit de l’inceste dans les relations entre
hommes et femmes chez les indiens d’amazonie.
• Contrecarrer l’existentialisme, représenté par
Sartre, qui considérait l’homme comme maître
de son destin.
• Caractéristiques de la structure
• 1. Différenciation: une différenciation des éléments ou
des fonctions interdépendante.
• 2. La hiérarchie des éléments et des fonctions
• 3. dans toute structure, il existe un noyau central qui
confère une signification à l’ensemble.
• 4. une structure ne vient pas du néant. Elle a un passé,
une histoire, une genèse.
• 5. elle possède elle-même le principe général de ses
transformations.
• 6. les structures sont mouvantes changeantes.
• 7. leur fonctions changent avec le temps. Certaines
deviennent importantes d’autres qui étaient
importantes deviennent moins importantes.
• les figures du structuralisme
• Saussure: la langue est un système de signes arbitraire.
Elle est un système qui ne connait que son ordre
propre.
• Foucault dans Les Mots et les Choses (1966), il
soutenait que l’« on dira qu’il y a une science humaine,
non pas partout où il est question de l’homme, mais
partout où on analyse, dans la dimension propre à
l’inconscient, des normes, des règles, des ensembles
signifiants qui dévoilent à la conscience les conditions
de ses formes et de ses contenus ».
• Lacan/ structure psychologique (névrose, perversion et
psychose).
• Benveniste/ structure de la langue
• Barthes/ structure des signes
• Tous élu au collège de France dans les années 70.
• Lévi-Strauss
• Il a tenté de réunir une théorie de l’inconscient avec
une théorie de la fonction symbolique (mais, bien
antérieurement.
• Boas soutenait la thèse d’un inconscient actif dans les
faits de culture et de langue), alors il était important
de partir de la description de la structure des faits
linguistiques pour envisager une grammaire des faits
sociaux et des mythologies.
• Pour Lévi-Strauss, en effet, Mauss invente et anticipe
lorsqu’il délimite la thèse des Patterns de culture, et
ceci pourtant alors que Mauss s’oppose au fondateur
de la psychanalyse, dans un refus non pas tant de sa
clinique que de ses formalisations et surtout de ses «
mythes ».
• Jakobson
• Le modèle des fonctions du langage de Jakobson
distingue six éléments ou facteurs de la communication
nécessaires pour qu'il y ait communication : contexte ;
destinateur (émetteur) ; destinataire (récepteur) ;
contact ; code commun ; message. Chaque facteur est le
point d'aboutissement d'une relation, ou fonction,
établie entre le message et ce facteur.
Ce sont, respectivement, les fonctions : (1) référentielle
(« La terre tourne ») ; (2) émotive (« waw ! ») ; (3)
conative (« Viens ici ») ; (4) phatique (« Allô ? ») ; (5)
métalinguistique (« Qu'entends-tu par “ aimer ”? ») ; (6)
poétique («youpii »). L'analyse des fonctions du langage
consiste à stipuler, pour une unité (par exemple, un mot,
un texte, une image), une classe ou un type d'unités.
• Critique:
• Levinas reproche au structuralisme de nier le rôle de
l’individu dans la société.
• C’est un courant qui néglige l’observation du terrain et
construit la compréhension sur la pensée.
• La critique du sujet,  en tant qu’unité transcendantale,
amorcée par le structuralisme est intéressante.
• L’idée d’un sujet hors du monde, d’une unité synthétique
ultime, paraît sans fondement.
• L’homme est au contraire multiple et divisé, en interaction
avec le monde et avec ses semblables. S’il y a une unité
relative c‘est celle de l’individu à situer dans son
environnement, ou celle de l’agent se mettant dans une
position particulière vis-à-vis d’une tâche donnée. 
• Pour Piaget dans Le Structuralisme (1968), « le
danger permanent qui menace le structuralisme,
est le réalisme de la structure ». Ce réalisme de la
structure rejoint est un idéalisme car la structure
n’est pas concrète. Mais, en général, dans ces
années-là, le structuralisme se rattache surtout
au langage car c’est un moment de mise en
exergue de la linguistique comme modèle pour
les sciences de l’homme. Cette conception
structurale se synthétise dans la « fonction
symbolique » avec Lévi-Strauss ou « l’ordre
symbolique » avec Lacan.
• Une « structure », ce sera par exemple la manière
dont l'échange est organisé dans un secteur de la
société, ou dans une société tout entière.
• Cette notion de structure sociale ne concerne
pas directement les manifestations empiriques,
mais seulement le « modèle », ou « patron »,
construit d'après la réalité concrète des relations
sociales.
• Pour saisir le réel scientifique, il faut d'abord
écarter le vécu. C'est le seul moyen d'atteindre
des invariants, par delà la diversité sensible des
sociétés humaines.
• Pour mériter le nom de structure, un modèle
social devra satisfaire à d'autres conditions. Et
d'abord, il devra présenter un caractère de «
système», c'est-à-dire consister en des éléments
tels qu'un changement
• sur un point entraîne un changement de tous les
autres, et que l'ensemble en soit modifié dans sa
cohérence et son organisation interne. De plus,
tout modèle doit appartenir à un « groupe de
transformations » : ce qui le rend applicable à
toutes les situations avec lesquelles il est assez
en affinité pour que les éléments obtenus
conservent certaines propriétés générales
• Lévi-Strauss insiste beaucoup, et c'est là un
des traits caractéristiques du structuralisme
en ethnologie, sur la subordination de
l'histoire au système.
• L'ethnologue ne peut certes rester indifférent
aux processus historiques et à l'expression
multiforme des phénomènes sociaux du
passé. Mais, s'il leur accorde le même intérêt
passionné que l'historien, c'est avec
l'intention d'en éliminer tout ce qu'ils doivent
à l'événement et à la réflexion
Plus on descendra dans la direction des groupes
concrets, plus aussi l'ethnologie devra s'attendre
à rencontrer des singularités et des
dénominations arbitraires, dues surtout à des
incidents qui compliquent et paralysent toute
espèce d'arrangement logique.
Les sociétés qui prétendent former un système
cohérent et articulé sont aussi des collectivités
d'êtres vivants ; le conduites ou les prohibitions
de la structure n'assurent jamais un
développement régulier. Même si des règles de
mariage sont appliquées en vue de maintenir
constants la structure sociale et le taux de
reproduction, ces mécanismes, menacés par
toutes sortes de fléaux, ne fonctionnent jamais
d'une manière parfaite.
Son succès considérable,
y compris dans l’opinion, suffisamment éclairée pour
faire Des mots et des
choses, un best-seller, provient sans doute de la façon
dont le structuralisme s’est
présenté : presque davantage un mode de connaissance
critique, déconstruisant
les dogmes humanistes et psychologiques établis, que
comme une méthode.
Bourdieu
passerelle entre structuralisme et constructivisme
• « Par structuralisme ou structuraliste, je veux dire qu'il
existe, dans le monde social lui-même, [...] des structures
objectives indépendantes de la conscience et de la
volonté des agents, qui sont capables d'orienter ou de
contraindre leurs pratiques ou leurs représentations.
• Par constructivisme, je veux dire qu'il y a une genèse
sociale d'une part des schèmes de perception, de pensée
et d'action qui sont constitutifs de ce que j'appelle
habitus, et d'autre part des structures sociales, et en
particulier de ce que j'appelle des champs .
• Cela introduit à la notion de rupture épistémologique.
• Pierre Bourdieu cherche à concilier l’objectif
(le social) et le subjectif (l’individu) au sein du
« constructivisme structuraliste ». Il désigne
ainsi le double mouvement d’intériorisation
de l’extérieur et d’extériorisation de
l’intérieur. La connaissance puise son origine
dans le social.
• Dès l’enfance, l’individu assimile ainsi des
comportements, des perceptions et des
références qui structurent ses habitus et
génèrent des capitaux sociaux, économiques
et culturels mobilisables.
• L’individu intériorise donc très tôt l’organisation
sociale dans laquelle il s’inscrit, ce qui configure
son organisation cognitive. Les structures
objectives fondent les représentations
subjectives. En retour, ces représentations
modèlent le social sous certaines conditions.
Pierre Bourdieu cite l’exemple des effets de
théorie qui résultent des conséquences d’une
théorie sur la réalité sociale comme ce fut le cas
du marxisme. Le cognitif peut influer sur le
social. On peut penser aux théories des
islamistes chez nous.
• d'un côté, les structures objectives que construit
le sociologue dans le moment objectiviste, en
écartant les représentations subjectives des
agents, sont le fondement des représentations
subjectives et elles constituent les contraintes
structurelles qui pèsent sur les interactions ;
mais d'un autre côté, ces représentions doivent
aussi être retenues si l'on veut rendre compte
notamment des luttes quotidiennes,
individuelles et collectives, qui visent à
transformer ou à conserver ces structures ».
Essai social et pouvoir symbolique.
C’est quoi l’habitus?
• L’habitus constitue une règle acquise dont les
fondements conscients et inconscients sont
partagés par un groupe.
• En effet, chaque adaptation d’un habitus
implique la mise en application de codes
connus et partagés, compris et acceptés, sous
peine que l’adaptation ne passe pour une
déviance.
• L’habitus est une « loi immanente, déposée en chaque
agent par la prime éducation, qui est la condition non
seulement de la concertation des pratiques mais aussi
des pratiques de concertation, puisque les
redressements et les ajustements consciemment
opérés par les agents eux-mêmes supposent la maîtrise
d’un code commun et que les entreprises de
mobilisation collective ne peuvent réussir sans un
minimum de concordance entre l’habitus des agents
mobilisateurs et les dispositions de ceux dont ils
s’efforcent d’exprimer les aspirations. »
• (Bourdieu 2000, p.272)
• L'habitus, ce sont en quelque sorte les
structures sociales de notre subjectivité, qui
se constituent d'abord au travers de nos
premières expériences (habitus primaire),
puis de notre vie d'adulte (habitus
secondaires). C'est la façon dont les structures
sociales s'impriment dans nos têtes et nos
corps par intériorisation de l'extériorité. Pierre
Bourdieu définit alors la notion, plus
précisément que ne l'avait fait Norbert Elais,
comme un « système de dispositions durables
et transposables »
• Le champ:
1. Est une sphère de la vie sociale qui s'est
progressivement autonomisée à travers l'histoire
autour de relations sociales. Les gens ne courent
ainsi pas pour les mêmes raisons dans le champs
économiques, dans le champ artistique, dans le
champ journalistique, dans le champ politique ou
dans le champ sportif.
2. Chaque champ est alors à la fois un champ de forces
- il est marqué par une distribution inégale des
ressources et donc un rapport de forces entre
dominants et dominés - et un champ de luttes -les
agents sociaux s'y affrontent pour conserver ou
transformer ce rapport de forces.
3. Pour Pierre Bourdieu, la définition même du
champ et la délimitation de ses frontières (qui
a le droit d'y participer ?, etc.) peut être aussi
en jeu dans ces luttes, ce qui distingue cette
notion de celle habituellement plus fermée de
"système".
4. Chaque champ est marqué par des relations
de concurrence entre ses agents (Pierre
Bourdieu parle aussi de marché), même si la
participation au jeu suppose un minimum
d'accord sur l'existence du champ.
• L’ordre symbolique:
• la réalité sociale est un ensemble de rapports
de forces entre des groupes sociaux
historiquement en lutte les uns avec les
autres, il voit ainsi que la réalité sociale est
aussi un ensemble de rapport de sens, qu'elle
a donc une dimension symbolique.
• Pour lui, les représentations et le langage
participent à la construction de la réalité
sociale, même si bien entendu ils ne sont pas
toute la réalité.
Le capital culturel
• L’ensemble des connaissances acquises par
des sujets au sein d’un ordre social.
• Ces connaissances déterminent la vision et
l’action de l’individu.
• Elles renseignent aussi sur son statut social et
sur son pouvoir au sein d’un ordre.
• Ceux qui sont les mieux dotés culturellement,
sont ceux qui le plus de chance d’être
dominants.