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Le loup criait

Le loup criait sous les feuilles


En crachant les belles plumes
De son repas de volailles :
Comme lui je me consume.

Les salades, les fruits


N’attendent que la cueillette ;
Mais l’araignée de la haie
Ne mange que des violettes.

Que je dorme ! que je bouille


Aux autels de Salomon.
Le bouillon court sur la rouille,
Et se mêle au Cédron.

Arthur Rimbaud

Pluie de Printemps

Pluie de Printemps tombe du ciel


parfumée au Soleil qui vient pointer son nez
Les plantes sourient à la lueur du jour
Et viennent offrir leur coeur à ses gouttes semées

Pluie de printemps plus belle que l’Automne


Vient rafraîchir les coeurs, vient inonder les cours
Et bientôt donne tout ce qu’attend la Nature
L’Eau si précieuse et pure pour tout recommencer

Elodie Santos, 2009


Oiseau de Printemps

Joli Chardonneret tu es sorti de l’ombre


Posé sur la rembarde pour venir me chanter
Une ode à la Nature, au Soleil, au Printemps
Tu es venu me dire que l’Amour est devant

Saute, vrille, vole


Et mange toutes les graines que je t’ai donné
Revient sur mon balcon, recommence ton chant
Qui m’envahit toute entière
Ces matins des beaux jours

Joli Chardonneret je te veux sur ma route


dans ma jolie campagne
au pied de mon balcon

Elodie Santos, 2009

Une heure pour la planète

Une heure pour la Planète


C’est ce que j’ai donné
A notre amie Nature
Pour la préserver

Eteindre la lumière
Et l’ombre apprivoiser
Pour allumer la Vie
Continuer de s’aimer

Elodie Santos, 2009


Printemps qui vient…

Printemps qui vient fleurir le temps


arrive un jour sans qu’on le voit venir
Printemps qui vient comme le vent
souffler sur l’hiver et le faire partir
Printemps qui vient renaître à nouveau
nous caresser la peau et nous faire sourire
Printemps qui vient avec la Douceur
accueillir le Soleil qu’on avait oublié
Printemps qui vient nous réchauffer
arroser les jardins, faire jaillir les fleurs
Printemps qui vient nous dire Je t’aime
Afin qu’on puisse tout recommencer

Elodie Santos, 2009

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Le vent nocturne
Oh ! les cimes des pins grincent en se heurtant
Et l’on entend aussi se lamenter l’autan
Et du fleuve prochain à grand’voix triomphales
Les elfes rire au vent ou corner aux rafales
Attys Attys Attys charmant et débraillé
C’est ton nom qu’en la nuit les elfes ont raillé
Parce qu’un de tes pins s’abat au vent gothique
La forêt fuit au loin comme une armée antique
Dont les lances ô pins s’agitent au tournant
Les villages éteints méditent maintenant
Comme les vierges les vieillards et les poètes
Et ne s’éveilleront au pas de nul venant
Ni quand sur leurs pigeons fondront les gypaètes

Guillaume Apollinaire

Poème classé dans Guillaume Apollinaire, Nature.


Les fleurs
Des avalanches d’or du vieil azur, au jour
Premier et de la neige éternelle des astres
Jadis tu détachas les grands calices pour
La terre jeune encore et vierge de désastres,

Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin,


Et ce divin laurier des âmes exilées
Vermeil comme le pur orteil du séraphin
Que rougit la pudeur des aurores foulées,

L’hyacinthe, le myrte à l’adorable éclair


Et, pareille à la chair de la femme, la rose
Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,
Celle qu’un sang farouche et radieux arrose !

Et tu fis la blancheur sanglotante des lys


Qui roulant sur des mers de soupirs qu’elle effleure
A travers l’encens bleu des horizons pâlis
Monte rêveusement vers la lune qui pleure !

Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs,


Notre Dame, hosannah du jardin de nos limbes !
Et finisse l’écho par les célestes soirs,
Extase des regards, scintillement des nimbes !

Ô Mère qui créas en ton sein juste et fort,


Calices balançant la future fiole,
De grandes fleurs avec la balsamique Mort
Pour le poète las que la vie étiole.

Stéphane Mallarmé

Poème classé dans Nature, Stéphane Mallarmé.


Novembre
Captif de l’hiver dans ma chambre
Et las de tant d’espoirs menteurs,
Je vois dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.

Ils souffrent bien sous cette pluie ;


Mais, au pays ensoleillé,
Je songe qu’un rayon essuie
Et réchauffe l’oiseau mouillé.

Mon âme est comme une fauvette


Triste sous un ciel pluvieux ;
Le soleil dont sa joie est faite
Est le regard de deux beaux yeux ;

Mais loin d’eux elle est exilée ;


Et, plus que ces oiseaux, martyr,
Je ne puis prendre ma volée
Et n’ai pas le droit de partir.

François Coppée

Poème classé dans François Coppée, Hiver, Nature

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L’orage
Parmi les pommes d’or que frôle un vent léger
Tu m’apparais là-haut, glissant de branche en branche,
Lorsque soudain l’orage accourt en avalanche
Et lacère le front ramu du vieux verger.

Tu fuis craintive et preste et descends de l’échelle


Et t’abrites sous l’appentis dont le mur clair
Devient livide et blanc aux lueurs de l’éclair
Et dont sonne le toit sous la pluie et la grêle.

Mais voici tout le ciel redevenu vermeil.


Alors, dans l’herbe en fleur qui de nouveau t’accueille,
Tu t’avances et tends, pour qu’il rie au soleil,
Le fruit mouillé que tu cueillis, parmi les feuilles. Emile Verhaeren
Renouveau

Le printemps maladif a chassé tristement


L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L’impuissance s’étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne


Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau
Et triste, j’erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,


Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…


- Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil
De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Stéphane Mallarmé

Poème classé dans Nature, Printemps, Stéphane Mallarmé.

Une heure pour la planète

Une heure pour la Planète


C’est ce que j’ai donné
A notre amie Nature
Pour la préserver

Eteindre la lumière
Et l’ombre apprivoiser
Pour allumer la Vie
Continuer de s’aimer

Elodie Santos, 2009

Poème classé dans Elodie Santos, Nature, Tristesse.


Les poètes
Au siècle qui s’en vient hommes et femmes fortes
Nous lutterons sans maîtres au loin des cités mortes
Sur nous tous les jours le guillotiné d’en haut
Laissera le sang pleuvoir sur nos fronts plus beaux.

Les poètes vont chantant Noël sur les chemins


Célébrant la justice et l’attendant demain
Les fleurs d’antan se sont fanées et l’on n’y pense plus
Et la fleur d’aujourd’hui demain aura vécu.

Mais sur nos cœurs des fleurs séchées fleurs de jadis


Sont toujours là immarcescibles à nos cœurs tristes
Je marcherai paisible vers les pays fameux
Où des gens s’en allaient aux horizons fumeux

Et je verrai les plaines où les canons tonnèrent


Je bercerai mes rêves sur les vastes mers
Et la vie hermétique sera mon désespoir
Et tendre je dirai me penchant vers Elle un soir

Dans le jardin les fleurs attendent que tu les cueilles


Et est-ce pas ? ta bouche attend que je la veuille ?
Ah ! mes lèvres ! sur combien de bouches mes lèvres ont posé
Ne m’en souviendrai plus puisque j’aurai les siennes

Les siennes Vanité ! Les miennes et les siennes


Ah ! sur combien de bouches les lèvres ont posé
Jamais jamais heureux toujours toujours partir
Nos pauvres yeux bornés par les grandes montagnes

Par les chemins pierreux nos pauvres pieds blessés


Là-bas trop [près] du but notre bâton brisé
Et la gourde tarie et la nuit dans les bois
Les effrois et les lèvres l’insomnie et les voix

La voix d’Hérodiade en rut et amoureuse


Mordant les pâles lèvres du Baptiste décollé
Et la voix des hiboux nichés au fond des yeuses
Et l’écho qui rit la voix la voix des en allés

Et la voix de folie et de sang le rire triste


De Macbeth quand il voit au loin la forêt marcher
Et ne songe pas à s’apercevoir des reflets d’or
Soleil des grandes lances des dendrophores

Guillaume Apollinaire Poème classé dans Amour, Guerre, Guillaume Apollinaire, Nature
Tristesse d’été

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,


En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie


T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux
” Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! ”

Mais la chevelure est une rivière tiède,


Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,


Pour voir s’il sait donner au coeur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.

Stéphane Mallarmé

Poème classé dans Eté, Nature, Stéphane Mallarmé, Tristesse.

En hiver

Le sol trempé se gerce aux froidures premières,


La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,
Et met, au bord des toits et des chaumes branlants,
Des coussinets de laine irisés de lumières.

Passent dans les champs nus les plaintes coutumières,


A travers le désert des silences dolents,
Où de grands corbeaux lourds abattent leurs vols lents
Et s’en viennent de faim rôder près des chaumières.

Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,


Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,
On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,
Et l’amour s’éveillait, le soir, de gars à gouge,
Au bouillonnement gras et siffleur, du brassin
Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d’airain.

Emile Verhaeren

Poème classé dans Emile Verhaeren, Hiver, Nature.

Clair de lune
Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur


L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,


Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

Paul Verlaine

Poème classé dans Nature, Paul Verlaine.

Soleils couchants
J’aime les soirs sereins et beaux, j’aime les soirs,
Soit qu’ils dorent le front des antiques manoirs
Ensevelis dans les feuillages ;
Soit que la brume au loin s’allonge en bancs de feu ;
Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu
A des archipels de nuages.

Oh ! regardez le ciel ! cent nuages mouvants,


Amoncelés là-haut sous le souffle des vents,
Groupent leurs formes inconnues ;
Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair.
Comme si tout à coup quelque géant de l’air
Tirait son glaive dans les nues.
Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ;
Tantôt fait, à l’égal des larges dômes d’or,
Luire le toit d’une chaumière ;
Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ;
Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons,
Comme de grands lacs de lumière.

Puis voilà qu’on croit voir, dans le ciel balayé,


Pendre un grand crocodile au dos large et rayé,
Aux trois rangs de dents acérées ;
Sous son ventre plombé glisse un rayon du soir ;
Cent nuages ardents luisent sous son flanc noir
Comme des écailles dorées.

Puis se dresse un palais. Puis l’air tremble, et tout fuit.


L’édifice effrayant des nuages détruit
S’écroule en ruines pressées ;
Il jonche au loin le ciel, et ses cônes vermeils
Pendent, la pointe en bas, sur nos têtes, pareils
A des montagnes renversées.

Ces nuages de plomb, d’or, de cuivre, de fer,


Où l’ouragan, la trombe, et la foudre, et l’enfer
Dorment avec de sourds murmures,
C’est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds,
Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds
Ses retentissantes armures.

Tout s’en va ! Le soleil, d’en haut précipité,


Comme un globe d’airain qui, rouge, est rejeté
Dans les fournaises remuées,
En tombant sur leurs flots que son choc désunit
Fait en flocons de feu jaillir jusqu’au zénith
L’ardente écume des nuées.

Oh ! contemplez le ciel ! et dès qu’a fui le jour,


En tout temps, en tout lieu, d’un ineffable amour,
Regardez à travers ses voiles ;
Un mystère est au fond de leur grave beauté,
L’hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l’été,
Quand la nuit les brode d’étoiles.

Victor Hugo

Poème classé dans Nature, Victor Hugo.


À un jeune poète créole

S’il est une heure fortunée


Parmi nos heures d’ici-bas,
Une heure de paix couronnée,
Et de trêve à nos vains débats,

C’est l’heure, entre toutes bénie,


Où la strophe aux fraîches senteurs,
Pour nous, au vent de l’harmonie,
S’épanouit en vers chanteurs ;

C’est l’heure où quelque âme inconnue,


Sœur par l’accent et par le luth,
A notre muse inculte et nue
Adresse un fraternel salut ;

Où des mains que Dieu même inspire,


Nous consolant de tout affront,
Jettent des fleurs sur notre lyre,
Et des lauriers sur notre front.

O fleurs au poétique arôme,


Aumône d’accords et d’encens,
Dont l’haleine enivrante embaume
Les plus intimes de nos sens ;

Parfums sans prix, voix cadencée,


Lauriers aux rameaux toujours verts,
Strophe pieuse où la pensée
Parle encor plus haut que le vers ;

Offrande sainte du poète,


Dons vrais du cœur, chants ingénus,
Dans mon humble et pauvre retraite,
Soyez, soyez les bienvenus !

Et toi, toi qui me les envoies,


Ces dons cueillis sur les hauts lieux,
Toi qui fais sur mes sombres voies
Chanter ton vers mélodieux ;

Barde frère, dont le courage,


Réveillant mon luth endormi,
A traversé ma nuit d’orage
Pour m’apporter tes chants d’ami ;
Puisse le sort, pour moi sévère,
Clément et facile à tes vœux,
Dans ta course à travers la terre,
Vouloir les choses que tu veux !

As-tu dans ton cœur de jeune homme


Quelque beau rêve aux plis flottants,
Vierge que tout bas ta voix nomme,
Vierge qu’implorent tes vingt ans ?

Blonde et jeune de chevelure,


Vois-tu, dans l’ombre de tes nuits,
Une lumineuse figure
Sourire à tes chastes ennuis ?

Eh bien, qu’à l’heure où, lente et pâle,


La lune, oiseau mystérieux,
Ouvrant ses deux ailes d’opale,
Prend son vol à travers les cieux ;

L’onde au mélodieux ramage,


La brise aux murmures sacrés,
Bercent pour toi sa molle image
Sur un nuage aux flancs nacrés ;

Et que l’ange des doux mensonges


Fasse éclore, dans sa beauté,
Du blanc calice de tes songes,
Une blanche réalité !

Es-tu de ceux qu’un souffle enflamme,


Esprits épars dans l’univers,
Qui portent caché dans leur âme
Le mal de la muse et des vers ;

De ceux qu’une âpre soif altère,


Et qui, troublés jusqu’au tombeau,
S’en vont inquiets par la terre,
Malades de l’amour du beau ?

Eh bien, qu’une large harmonie,


Berçant le cours de tes pensers,
Pour en alléger ton génie,
Les roule à flots toujours pressés !

Qu’aux pieds ombreux des ravinales,


Dans quelque île aux flots caressants,
Ta vie aux brises virginales
S’exhale en lumineux accents !
Que de son onde au ciel puisée
L’aube, mouillant l’herbe des champs,
Roule ses perles de rosée
Sur la jeunesse de tes chants !

Que chaque jour, plus riche encore,


Éblouissante ascension,
Sur ton esprit, comme une aurore,
Se lève l’inspiration !

Qu’enfin sur ta route choisie,


Rencontrant un bonheur rêvé,
Tu trouves dans la poésie
Ce qu’hélas ! je n’ai point trouvé.

Bonheur ! éternelle chimère !


L’homme, jouet d’un sort railleur,
Ne quitte le sein de sa mère
Que pour apprendre la douleur.

Une expérience fatale,


L’abreuvant de déceptions,
Effeuille pétale à pétale
La fleur de ses illusions.

Combien d’amis de ma jeunesse


Ont déjà fui de mon chemin !
Leur main, que pressait ma tendresse,
Hélas ! ne presse plus ma main.

Comme de gais oiseaux qu’assemble


Un même nid dans les buissons,
Par les airs nous allions ensemble,
Unis d’amour et de chansons.

D’un même arbre branches jumelles,


Nous mêlions nos rameaux aimés ;
Mais la vie aux bises cruelles
De toutes parts nous a semés.

Les uns, troupe joyeuse et blonde,


Les plus rieurs de ma saison,
Sont partis pour un autre monde,
Avides d’un autre horizon.

Ceux-ci, vains oiseaux de passage,


Oubliant leurs jours de frimas,
Ont changé d’âme et de visage,
Hélas ! en changeant de climats.
Ceux-là, groupe stérile et louche,
Renégats au cœur sec et mort,
Unissent leur bouche à la bouche
Qui ment, qui calomnie et mord !

Et pourtant leur voix qui m’accuse


Devrait plutôt sur moi gémir !
Pourtant ce qu’a flétri la Muse,
Tout noble cœur doit le flétrir !

Nègres, mes frères ! peuple esclave !


J’ai vu votre joug détesté,
Et de mon sein, bouillante lave,
A jailli mon vers irrité !

Non ! votre mal n’est pas un thème


A moduler de vains concerts !
Ma lèvre a connu l’anathème,
Car ma main a pesé vos fers !

De ceux-la que votre souffrance


Avait émus en d’autres jours,
J’espérais… candide espérance !
A ma voix ils sont restés sourds !

Plongés dans un sommeil de pierre,


Lorsque vint l’heure des combats,
L’un a renié comme Pierre,
L’autre a trahi comme Judas.

Est-ce impuissance, orgueil, envie ?


Dieu le sait ! - mais mon cœur est las ;
Et sur les ronces de la vie
Je tombe, enfin ! je saigne, hélas !

Ainsi partout deuil et tristesse !


L’homme, d’espoir découronné,
Au mont désert de la vieillesse,
Marche des siens abandonné.

Étouffons donc notre délire,


Et laissons nos pleurs seuls parler !
Il est des douleurs que la lyre
Est impuissante à consoler !

Mais pourquoi d’un triste nuage


Assombrir l’azur de ton ciel ?
Pourquoi, dégoûté du breuvage,
Mêler mon absinthe à ton miel ?
Sauve du doute qui m’assiège
Ton avril au rêve enchanté ;
Lys, garde ta robe de neige !
Cygne, ton plumage argenté !

De ta foi n’éteins pas les flammes ;


Aime et chante au milieu des pleurs :
Le chant est le parfum des âmes !
L’amour est le parfum des cœurs !

Il est vrai, nos tiges sont nées


Dans les gazons d’un sol pareil ;
Mais, ami ! sur nos destinées
Ne luit pas un même soleil.

Un même rocher vert de mousse


De son onde allaita nos jours ;
Mais ton eau chante, heureuse et douce,
La mienne gémit dans son cours.

Sur des mers où l’aube étincelle,


Ta muse aux fraîches visions
Monte une odorante nacelle
Où rament les illusions ;

La mienne au choc des vents contraires


Soutient la lutte du devoir,
Car ma nef d’un peuple de frères
Porte la fortune et l’espoir.

Toi, tu vois sur de blanches grèves


Des bords aimés poindre et fleurir ;
Moi, je vois, par delà mes rêves,
Nos libertés à conquérir !

Donc sur leurs routes opposées


Laissons voguer nos deux esquifs :
A toi les ondes apaisées !
A moi la vague aux noirs récifs !

Mais si jamais, pour les tempêtes


Désertant de paisibles bords,
Tu voulais, rêvant nos conquêtes,
Dans mes eaux risquer tes sabords ;

Si, bravant les fureurs sauvages


Du présent contre l’avenir,
Pour tenter les mêmes rivages,
Tes mâts aux miens voulaient s’unir ;
Fendant la vague échevelée
Qui me roule dans ses brouillards,
Viens avec moi, dans la mêlée,
Affronter les mêmes hasards ;

Et dans nos barques fraternelles,


Sous l’œil de Dieu, couple indompté,
Nageons de la rame et des ailes
Vers les mers de la Liberté !

Auguste Lacaussade

Poème classé dans Auguste Lacaussade, Nature.

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À mon ami ***


Tu sais l'amour et son ivresse
Tu sais l'amour et ses combats ;
Tu sais une voix qui t'adresse
Ces mots d'ineffable tendresse
Qui ne se disent que tout bas.

Sur un beau sein, ta bouche errante


Enfin a pu se reposer,
Et sur une lèvre mourante
Sentir la douceur enivrante
Que recèle un premier baiser-

Maître de ces biens qu'on envie


Ton coeur est pur, tes jours sont pleins !
Esclave à tes voeux asservie,
La fortune embellit ta vie
Tu sais qu'on t'aime, et tu te plains !

Et tu te plains ! et t'exagères
Ces vagues ennuis d'un moment,
Ces chagrins, ces douleurs légères,
Et ces peines si passagères
Qu'on ne peut souffrir qu'en aimant !

Et tu pleures ! et tu regrettes
Cet épanchement amoureux !
Pourquoi ces maux que tu t'apprêtes ?
Garde ces plaintes indiscrètes
Et ces pleurs pour les malheureux !

Pour moi, de qui l'âme flétrie


N'a jamais reçu de serment,
Comme un exilé sans patrie,
Pour moi, qu'une voix attendrie
N'a jamais nommé doucement,

Personne qui daigne m'entendre,


A mon sort qui saigne s'unir,
Et m'interroge d'un air tendre,
Pourquoi je me suis fait attendre
Un jour tout entier sans venir.

Personne qui me recommande


De ne rester que peu d'instants
Hors du logis ; qui me gourmande
Lorsque je rentre et me demande
Où je suis allé si longtemps.

Jamais d'haleine caressante


Qui, la nuit, vienne m'embaumer ;
Personne dont la main pressante
Cherche la mienne, et dont je sente
Sur mon coeur les bras se fermer !

Une fois pourtant - quatre années


Auraient-elles donc effacé
Ce que ces heures fortunées
D'illusions environnées
Au fond de mon âme ont laissé ?

Oh ! c'est qu'elle était si jolie !


Soit qu'elle ouvrit ses yeux si grands,
Soit que sa paupière affaiblie
Comme un voile qui se déplie
Éteignit ses regards mourants !

- J'osai concevoir l'espérance


Que les destins moins ennemis,
Prenant pitié de ma souffrance,
Viendraient me donner l'assurance
D'un bonheur qu'ils auraient permis :

L'heure que j'avais attendue,


Le bonheur que j'avais rêvé
A fui de mon âme éperdue,
Comme une note suspendue,
Comme un sourire inachevé !

Elle ne s'est point souvenue


Du monde qui ne la vit pas ;
Rien n'a signalé sa venue,
Elle est passée, humble, inconnue,
Sans laisser trace de ses pas.

Depuis lors, triste et monotone,


Chaque jour commence et finit :
Rien ne m'émeut, rien ne m'étonne,
Comme un dernier rayon d'automne
J'aperçois mon front qui jaunit.

Et loin de tous, quand le mystère


De l'avenir s'est refermé,
Je fuis, exilé volontaire !
- Il n'est qu'un bonheur sur la terre,
Celui d'aimer et d'être aimé.
Bisous de rêve

j ai fais un drôle de rêve un rêve merveilleux


je mourais mais j étais bien , je volais léger
puis je me suis retrouvais dans ta chambre tu dormais
je me suis allongeais à coté de toi doucement
je me suis penchais pour t’ embrasser.
je posais mes lèvres sur les tiennes ………

…….ce n était qu’un rêve ….

ma langue caressais tendrement tes lèvres


puis tu ouvris la bouche
la je rentrais ma langue et me mit en t embrasser
mes main te caresser tes épaules ton visage
puis tu posa tes mains sur ma nuque et tu te mit en m embrasser toi aussi
c étais ho je ne peux l écrire ,magique , c étais trop
puis tu ouvras les yeux et tu as dis sab c est toi ?
là mon réveil a sonné
j ai refermer les yeux mais plus personne
je pensais a se rêve en prenant mon café et j ai eu comme des frissons
quand ma langue a mouiller mes lèvres
je sentais le goût des tiennes , ton rouge a lèvre , ton odeur ta chaleur
j étais si heureuse
je jour la je partie travailler sans me mettre du rouge a lèvre
toute les 2 secondes j humidifié mes lèvres pour te sentir
je ne sais pas si il a un paradis mais je crois que dieu c est que je t aime
et si je mourais ne sois pas triste car je serais près de toi
a te voir , peut être te toucher et t embrasser a nouveau
je serais heureuse car comme dis une chanson
dieu réunie toujours ceux qui s aimes
je t aime je t aime je t aime

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