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Etudes des milieux poreux

I- Définition

Les milieux poreux sont des corps qui contiennent des pores. Les pores sont des cavités
existants au sein de la masse solide, réparties plus au moins régulièrement et dont les formes
et dimensions peuvent varier dans de très larges limites.
Dans un milieu poreux, les pores peuvent être reliés entre eux ou bien isolés. Dans ce
cours on envisage que le cas des pores reliés pour qu’il puisse y avoir écoulement d’un fluide
à travers un milieu poreux cette liaison est indispensable.
Nous devons encore distinguer deux milieux poreux 
Les milieux constitués d’un empilement de particules élémentaires, garnissage ( anneaux de
Rachig, selles, grilles,……etc.) ou solides quelconques (sable, granules, limaille de zinc,
poudres……)
Les milieux constitués d’un bloc unique de matière solide poreuse dans la masse, souvent
appelés milieux poreux consolidés (pierre ponce, toiles, coton, papier filtre, catalyseurs
contenant des micropores de très faible dimensions,……etc.)
La différence entre ces deux types est que dans le premier cas on caractérise le milieu en
se rapportant au garnissage élémentaire et en précisant sa forme et ses dimensions par
exemple une sphère de diamètre donnée ou un anneau de Rachig.
Par contre dans le deuxième cas, il ne serait plus possible de distinguer des fractions
élémentaires représentatives, puisque le solide constitue un bloc cohérent. On s’attachera alors
beaucoup plus à la partie vide.
Lorsqu’un fluide s’écoule à travers un milieu poreux, dans le premier cas on est ramené à
étudier l’écoulement autour d’obstacles, alors dans le deuxième cas on considère l’écoulement
dans des conduites. Les deux façons d’aborder le problème sont complètement différentes.
Les problèmes qui peuvent se poser sont extrêmement nombreux et les applications
possibles intéressent plusieurs domaines comme la mécanique des sols, les recherches
hydrologiques, la technique pétrolière, la purification de l'eau, la technologie des poutres et
évidemment le génie chimique.
Nous intéressons plus particulièrement à la fluidisation, bien que d’autres opérations
fondamentales relèvent du domaine de milieu poreux et nous pouvons citer, l’étude des
couches fixes et mobiles, ou encore des couches à jets, les transports pneumatiques, la
sédimentation, la centrifugation, la décantation, la filtration, etc…….

2- Grandeurs caractéristiques des milieux:

On peut dénombrer une multitude de propriétés susceptible de caractériser soit le gain de


solide en tant qu’un milieu consolidé soit une population de particules. L’importance de
chacune d’elles dépend essentiellement des applications envisagées.

2-1 Porosité ou fraction de vide

On peut distinguer deux sortes de porosités ou de fraction vide, la porosité macroscopique


(externe) de la couche et la porosité microscopique (interne).

2-1-1 Porosité macroscopique externe ()

Pour une couche de matériaux ou d’un garnissage, la porosité externe est


définie comme le rapport entre le volume laissé libre et le volume total de la couche :

1
VC  V P
 (1)
VC
Vc étant le volume de la couche
Vp étant le volume total des particules qui constituent la couche.

Ce taux de vide dépend de la forme des particules constituant et de distribution de taille. Dans
le cas de couches fixes, dépend très sensiblement de la façon dont la couche a été constituée
(vrac, tassement, rangement, vibration, etc …) Pour une couche constituée de particules
sphériques de diamètre identiques  peut varier de 0.26 pour empilement tétraédrique à 0.4
pour un empilement réalisé suivant une maille cubique mais il ne varie pas avec le diamètre
des sphères.

Dans le cas de garnissage de forme différente d’une sphère , la fraction de vide varie avec les
dimensions du garnissage ainsi d’ailleurs qu’avec sa nature.

- Pour des anneaux Raschig en grès : 0,568 <  < 0,711


½ pouce < dimensions < 1 1/2 pouce
nominales
- Pour des anneaux Raschig en carbone :  = 0,745 1
 = 0,67 1 ½
- Pour des selles de Berl : 0,31 <  < 0,75
3/4 < d < 1 ½
- Pour des selles Intalox : 0,74 <  < 0,8
1 < d < 1 ½

En outre, le taux de vide varie localement. En effet,, dans le cas d’un garnissage en vrac, il
existe un effet de paroi en raison d’un arrangement introduit localement par la surface du
récipient. On observe près de la paroi une région où le taux de vide est relativement élevé et
une variation cyclique du taux de vide locale. ’ avec la distance par rapport à la paroi.

2-1-2 Porosité microscopique ou interne (  )

Elle existe pour des matériaux poreux tels l’alumine active, le coke. Le charbon actif. Si Vp,
représente le volume géométrique et Vs le volume effectif de solide dans la particule on a :
V P  Vs
 (2)
Vp
La porosité interne d’une particule dépend de la nature du matériau solide et des traitements
thermiques, mécaniques ou chimiques auxquels elle a été soumise. Pour du sable par exemple,
elle est pratiquement nulle, pour des adsorbants comme le charbon actif elle peut atteindre des
valeurs supérieures à 0,75.

2-2 Masse volumique

On utilisera couramment trois définitions différentes de la masse volumique selon qu’elle


intéresse le solide, la particule ou la couche.

2-2-1 Masse volumique réelle (  s )

2
La masse volumique réelle du solide, constituant la particule est le rapport de la masse de la
particule à son volume en supposant que le solide est non poreux.

2-2-2 Masse volumique apparente de la particule (  p )

La masse volumique de matériaux poreux n’est pas égale à la masse volumique réelle,  p du
solide constituant la particule puisque celui ci n’occupe pas tout le volume de la particule. La
relation entre  p et  s est la suivante :
 p   s (1   )
Elle peut être déterminée par pycnomètrie en utilisant le mercure comme liquide. Il convient
d’abord de faire le vide au dessus de l’échantillon et de limiter la pression appliquée au
mercure afin qu’il ne pénètre pas dans les pores. Une autre technique permettant de
déterminer aussi cette masse volumique sera décrite dans la suite du cours.

2-2-3 Masse volumique apparente de la couche (  c )

La masse totale d’une couche de particules solides est :


mc   p Vp   f (Vc  Vp )
avec  f  : masse volumique du fluide
 p  : masse volumique apparente de la particule.

La masse volumique apparente de la couche est donc :


m  V   f (Vc  Vp )
c  c  p p
Vc Vc
 c  (1   )  p   f (4)
Si le taux de vide n’est pas très important et la masse volumique du fluide est faible par
rapport à celle de la particule, on peut négliger la contribution du fluide dans l’équation (4) de
sorte que :
 c  (1   )  p (5)

Généralement, deux masses volumiques différentes d’une couche sont évaluées, celle de la
couche en vrac non tassée c vibr. La différence entre les deux valeurs de c ainsi obtenues
permet de déterminer le coefficient de compressibilité de la couche de particules :
   c vrac
  cvibr x 100 (6)
 c vibr'

Ce coefficient  permet d’apprécier l’aptitude d’une population de particules à s’écouler.


Quand le coefficient de compressibilité dépasse 20C°, les particules ont du mal à s’écouler
librement.
2-3 Surfaces spécifiques

2-3-1 Surface spécifique externe à la particule (Sp)

C’est le rapport entre la surface Ap d’une particule et son volume


AP
Sp  (7)
Vp
Dans le cas d’une particule sphérique de diamètre d ……..

3
d 2 6
Sp  
d 3
d (8)
6

3-2-2 Surface spécifique de la couche

C’est le rapport entre la surface des particules par unité de volume de la couche
A
Sc  c (9)
Vc
Ac étant la surface totale des particules qui constituent la couche
Vc le volume total de la couche.

Notons que pour une couche formée de particules identiques la surface spécifique de la
couche est égale à :
Ac S
Sp   c (10)
Vc (1   ) 1  
Soit pour une couche de particules sphériques :
6 (1   )
Sc  (10 bis)
d

2-4 Diamètre de la particule - Facteur de forme

Ces deux grandeurs interviennent pour caractériser des particules de forme quelconque.

2-4-1 Diamètre équivalent ou fictif

Il existe de nombreuses définitions différentes de diamètre fictifs équivalents pour des


particules non sphériques. Nous en citerons deux.
1- diamètre de la sphère de même volume que la particule. Dans ce cas :
 de 3
Vp 
6
(11)
6 Vp 1/ 3
de  ( ) 1/3
 1,241 Vp

2- diamètre de la sphère de même surface spécifique que la particule. Alors,


 de 2 6
Sp  
 de 3 / 6 de
(12)
6
de 
Sp

2-4-2 Facteur de forme ou facteur de sphéricité

Le facteur de forme  est défini comme le rapport entre la surface de la sphère de volume
équivalent à celui de la particule et la surface de la particule. Calculons la surface de la sphère
en fonction de son volume.

4
 de 3 1/ 3
Vp   d e  1,241 Vp 1111
6
donc
 de   x 1,2412 Vp
2 2/3

2/3
 4,87 Vp
d’où l’expression du facteur de forme   :
2/3
Vp
  4,87 (13)
Ap
 est égale à 1 dans le cas d’une sphère
 < 1 pour toues les autres formes car la sphère est le corps qui, pour un volume donné a la
surface la plus petite.

2-5 Rayon hydraulique rh. diamètre hydraulique dh

Ces grandeurs permettent d’utiliser les équations donnant la perte de charge dans une
canalisation de forme cylindrique, pour calculer la perte de charge dans une canalisation de
forme quelconque, on définit le rayon hydraulique rh d’une canalisation à partir de la relation :
aire de la section droite perpendiculaire à l' écoulement
rh 
périmètre mouillé
Dans le cas d’une conduite à section droite circulaire
d2

d (14)
rh  4 
d 4
Si l’on envisage le cas d’une canalisation de forme quelconque on posera pour expression du
diamètre hydraulique dh :
d h  4 rh (15)

A partir de la définition de rh on peut encore écrire :


aire de l' écoulement longueur de passage volume de vide
rh  x 
pérémètre mouilé longueur de passage surface de solide
mais :
volume de vide
 
volume total
d’où
 (volume total de la couche)  . Vc
rh  
surface totale des particules Ac
   dp
rh    (16)
S c S p (1   ) 1 -  6
4 
dh  * dp (17)
6 1 

2-6 Vitesse du fluide

On peut distinguer trois définitions pour la vitesse dans un milieu poreux.

2-6-1 On appelle vitesse à vide Uo (superficielle) le rapport entre le débit de fluide et


la section total de colonne non garnie (enveloppe de la couche).

5
Q
Uo  (18)
A

2-6-2 – La vitesse réelle à l’intérieure de la couche est évidemment supérieure à Uo.


On appelle vitesse interstitielle Us, la vitesse moyenne suivant l’axe d’écoulement et on écrit :
U
Us  o (19)

2-6-3- En fait la vitesse interstitielle effective Ue du fluide passant à travers les


interstices à une valeur différente, car elle n’est pas en tout point parallèle à l’axe
d’écoulement : le fluide est en effet obligé de contourner les particules. Si la hauteur de la
couche est L, le trajet réel suivi par un filet fluide sera Le > L. On peut écrire :
Le L

Ue Us
(20)
Le U o Le
Ue  Us 
L  L
Le
est caractéristique du chemin réel suivi et on l’appelle le facteur de tortuosité ‘’T’’.
L
Selon certains auteurs pour un empilage de particules sphériques ce facteur est égal à 2 ce
qui correspond à la valeur moyenne
Le
 2 (21)
L

2-7 Nombre de Reynolds

Pour caractériser l‘écoulement d’un fluide dans une canalisation on fait intervenir le nombre
de Reynolds. L’écoulement à travers un garnissage sera caractérisé par un nouveau nombre de
Reynolds qui peut prendre deux formes différentes :

-Rep ou nombre de Reynolds rapporté à la particule et faisant intervenir dp


d pU o 
R ep  (22)
µ
- Reh ou nombre de Reynolds hydraulique faisant intervenir dh
d hU s  U 
R eh   4 rh s
µ µ
dans le cas de particules sphériques on a :
 Uo  4  Uod p 1
4d p
R eh  
6 1   µ 6 µ 1 
4 1
R eh  R ep (23)
6 1 

III-Ecoulement à travers les milieux poreux :

En raison de la complexité structurale des milieux poreux, l’écoulement d’un fluide à


travers un lit de particules a fait l’objet d études expérimentales. Les résultats obtenus pour ce

6
cas particuliers (arrangements réguliers de sphères de tailles uniforme) peuvent conduire à des
hypothèses erronées dans le cas de milieux constitués de particules de tailles et de formes
irrégulières disposées en vrac dans un appareil. Néanmoins, on trouve dans la littérature ces
corrélations empiriques qui fournissent à l’ingénieur des outils pour estimer raisonnablement
les pertes de charge subies par un fluide ou encore les coefficients de transferts de chaleur ou
de matière entre le fluide et les particules solides.
3-1 Loi de Darcy :
Considérons un milieu poreux homogène cylindrique de hauteur h et limité par
deux plans parallèles. A travers ce milieu, nous faisons circuler un fluide, avec un débit Q et
nous relevons la valeur de la perte de charge subie par le fluide à la traversée de la couche.
En faisant varier les diverses grandeurs mises en jeu, essentiellement le débit, l’aire de
section droite A, et la hauteur h on obtient la relation :
 KA P A
Q
 h

avec P  Pa   gh
  : étant la viscosité
K : perméabilité spécifique du milieu poreux,
La dimension de la perméabilité est alors :
K   Q   h L3T 1 ML1T 1 L
   L² 
 P  A ML1T  2 L ²
L’unité de perméabilité est le m². on utilise très souvent la Darcy
Un Darcy = 9.87 10-13m²~10-12m²
Le Darcy est la perméabilité d’un milieu de 1cm d’épaisseur à travers lequel s’écoule
1mm d’eau par seconde sous l’action d’une différence de pression de 1atm. Notons que la
constante K est une propriété du milieu poreux.
K  f ( , S c ,......)
La perméabilité est susceptible de varier avec les contraintes externes que subit le milieu
poreux

3-2 Représentation physique de la perméabilité (modèle capillaire)

La loi de Darcy a une utilité très limitée. En effet tout calcul d’écoulement à travers un
milieu poreux nécessite la connaissance de la perméabilité du milieu, c’est à dire exige de
faire des expériences pour la déterminer.
La perméabilité est un paramètre lié aux propriétés du milieu poreux, degré de vide,
surface spécifique, diamètre équivalent le diamètre hydraulique, etc.…..De nombreux
chercheurs ont abordé le problème de la description de l’écoulement dans un milieu poreux
qui est extrêmement complexe. Le procédé utilisé a consisté à proposer des modèles plus
simples dont l’étude physique était abordable et à comparer les résultats obtenus avec ceux de
l’expérience. Il nous semble qu’il n’existe pas de modèle parfait mais il y a des modèles dont
les résultats sont suffisamment satisfaisants.

3-3 Interprétation physique de la perméabilité d’un milieu poreux

Ce modèle très simple est basé sur les hypothèses suivantes :


- L’espace interstitiel dans un milieu poreux est assimilé à un ensemble de capillaires droits,
parallèles, cylindriques de même diamètre ayant probablement la même surface interne
que celle du milieu poreux et un volume égal au volume interstitiel.

7
- Le fluide s’écoule en régime laminaire dans les capillaires.
- L’écoulement est bien établi.
- Le régime est permanent
On peut encore écrire dans ces conditions :
 d 4 P
q (Hagen – Poiseuille)
128  x
q étant le débit à travers un capillaire
Si ‘’n ‘’représente le nombre de capillaire par unité d’aire de section droite, le débit s’écrit
alors :

n d 4 P
Q  nq  
128  x
En comparant cette expression avec celle correspondant à la loi de Darcy.
K P
Q (A=1)
 x
On en déduit :
n d 4
K 
128
Dans ce modèle, le degré de vide  et la surface spécifique s’expriment par :
volume des pores nLd / 4 nd ²
2
   
volume total L *1 4
surface des pores ndL
Sc    nd
volume du milieu L *1

ou encore :
4 S2
d et n  c
Sc 4
En combinant ces deux dernières équations avec celle de la perméabilité on obtient :
16 3  3   3 P
K  et Q 
32S c2 2 S c2 2S c2  x

L’expérience a montré que cette équation ne représente pas généralement de façon


convenable la relation entre perméabilité et porosité. On l’a souvent corrigé en introduisant un
facteur de tortuosité T
3
K
T ² S c2
Remarques :
1) Si on prend pour T la valeur 2 déterminée par Carman, on retrouve l’équation ci-dessus.
2) En modifiant la valeur donnée à T on arrive souvent à faire concorder les résultats
expérimentaux et modèles. A ce moment on retrouve le problème original : il est nécessaire
d’expérimenter pour déterminer K puisque K contient un paramètre ajustable ; la turtuosité T.
3-2-2 La relation de Kozeny-Carman
Dans le cas d’un milieu poreux, constitué d’un ensemble de particules solides Kozeny et
Carman ont assimilé l’espace interstitiel à un assemblage de conduits parallèles ayant
globalement la même surface interne que celle présentée par les particules et un volume égal
au volume interstitiel. Tous ces conduits sont supposés de section droite constante et dont la
forme de section droite est représentative de la forme moyenne de section droite des pores

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réels. Ils ont également supposé que le chemin suivi par le fluide était tortueux et que la
longueur d’un capillaire Le>L l’épaisseur L du milieu poreux. En supposant l’écoulement
laminaire dans un tube cylindrique la loi de Hagen-Poiseuille s’écrit :
 d² d 4 P
q U e  
4 128 x
soit :
 U e x
P  32

Par analogie Kozeny a posé :
 U e Le
P   k 0
rh ²
k0 est un facteur caractérisant la forme de section droite de capillaire
(comme   4rh pour un cercle on obtient k0=2)
On sait que :
 U L
rh  et Ue  0 e
Sc  L
où U0 étant la vitesse superficielle :
U 0 Le S c ²
P  k 0  Le
 L ²
L 
  k 0 ( e )² 3 U 0 LS c ²
L 
En remplaçant Sc par S p (1   )  :
L (1   )²
P   k 0 ( e )²  U 0 LS p ²
L 3
L
On regroupe les termes k 0 ( e )² caractéristiques de la forme des pores sous le nom de
L
constante de Kozeny
L
k 0 ( e )²  k
L
On obtient :
P (1   )²
 k S p ²U 0
L 3
C’est l’équation de Kozeny-Carman qui donne la perte de charge par unité de longueur en
régime laminaire.
Si on compare avec la loi de Darcy :
P Q 
  U 0
L KA K
On obtient pour la perméabilité :
3
K 
k (1   )² S p ²
Le
avec k  k 0 ()²
L
Carman propose quelques valeurs pour k0
Forme K0
Cercle 2
Ellipse

9
a=2b 2.13
a=10b 2.45
Carré 1.78
Rectangle
a=2b 1.94
a=10b 2.65
Fente 3
Triangulaire 1.67
équilatéral

On peut donc admettre que pour des formes courantes k0 est compris entre 2 et 2.5 et
L
indépendant de la forme. Si l’on admet la valeur proposée par Carman ( e )²  2 . La
L
constante de Kozeny devient une valeur voisine de 5. Ceci a été vérifié expérimentalement par
différents auteurs qui proposent le plus souvent k=5.
Dans le cas d’une couche de particules sphériques de diamètre uniforme égale à dp en tenant
6
compte de S p  d et en considérant que k=5, on peut écrire :
p

P (1   )²  U 0
 180
L 3 dp²
3-3 Relations empiriques :

 La loi de Darcy et la plupart des équations que nous avons établies jusqu’à présent ne sont
pas valable que dans le domaine de faible vitesse de fluide. Si nous considérons le nombre
de Reynolds rapporté à la particule.
 U 0d p
Rep 

Si Rep<10 on est régime laminaire et la loi de Darcy est applicable
Si Rep>10 le régime n’est plus laminaire et la relation entre la perte de charge et le débit n’est
plus linéaire et la forme de lois qui lient ces derniers est du type parabolique. Une forme
modifiée de la loi d Darcy a été proposée par Forchkeimer.
P g
 U0 (    gU 0 )
L K
avec K : perméabilité spécifique du milieu
 : paramètre d’inertie
On définit souvent un régime intermédiaire pour 10<Rep<200 qui n’a pas exactement la même
signification physique que pour l’écoulement dans un tube.
Si Rep>200 l’écoulement est turbulent.

 Relation de Ergun :

En reprenant le raisonnement précédent avec la loi de Darcy modifiée Ergun a proposée


une corrélation semi-empirique de la forme suivante :
P A'  (1   )² B '  f U 0 (1   )
 U0 (  )
L d p ² 3 d p 3
avec A’=150 et B’=1.75
soit :

10
P (1   )²  U 0 (1   )  f U 0 ²
 150  1.75
L  3
dp² 3 dp
Cette relation est valable quel que soit le régime d’écoulement. Elle comprend deux
termes, le premier terme du second membre représente les pertes d’énergie liées aux
forces de viscosité, le deuxième terme représente les pertes d’énergies liées à la turbulence
même de l’écoulement.
Si Rep<10 le premier terme est prépondérant et on retrouve une relation analogue à
celle Kozeny-Carman, avec un coefficient numérique différent 150 au lieu de 180.
Lorsque Rep>200 le deuxième terme est prépondérant.
A partir de la relation d’Ergun on peut définir un facteur de frottement :
P d p (1   )  A(1   ) 
f     B
L  fU0
2
 3
 Rep 
 f U 0 DP
avec Rep 

Pour des particules non sphériques la relation d'Ergun peut se mettre sous forme :
P (1   )²  U 0 (1   )  f U 0 ²
 A'  B'
L  3
 ²d p ² 3  dp
avec  facteur de forme.
Remarque :
Détermination des caractéristiques d'un matériau solide divisé par la méthode d'Ergun.
La méthode imaginée par Ergun permet de déduire des mesures de perméabilité d'une
couche fixe de particules. La masse volumique des particules  P et leur surface
spécifique externe SP.
P A' (1   )² B' (1   )
  SP ²   f S PU 0
LU 0 36  3
6 3
avec d P  6 / S P
P
 a  bU 0
LU 0
P
En portant graphiquement les valeurs en fonction de U0, On peut facilement
LU 0
déduire les coefficients a et b et par suite la surface spécifique externe SP de particules et le
taux de vide moyen  de la couche, d'où la masse volumique  P des particules.
On a en effet :
a B'²  f ² 1 / 3
 ( )
b ² A' 
mP
P 
AC L(1   )
a 6B'  f 1
SP 
b A'  1  

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2-4-3 Diamètre moyen équivalent d’un matériau de large intervalle de granulométrie

La répartition granulométrique d’une poudre peut être obtenue par tamisage. L’histogramme
d’une poudre est présenté sur la figure 2. Lorsqu’on désire donner de l’importance à la surface
des particules on définit leur diamètre moyen par :
100
dp  n
xi (14)

i 1 dp i
avec :
- xi : pourcentage massique de solide que laisse le tamis d’ouverture t i – 1 et que retient
le diamètre d’ouverture ti.
- dpi : diamètre moyen de cette fraction de population tel que :
t t
d pi  i -1 i
2
On utilise également quelquefois un diamètre arithmétique moyen
d 'p   x i d pi
En général on présente les résultats d’un tamisage sous forme suivante (cf tableau)

Ouverture de tamis % pondéral % pondéral dpi


(mm) retenu cumulatif (mm)
2,500 - 100 -
2,000 4,6 95,4 2,250
1,600 7,8 87,6 1,800
1,250 12,2 75,4 1,425
1,000 151,7 59,7 1,125
0,800 14,2 45,5 0,900
- - - -
- - - -
- - - -

Du point de vue de la représentation graphique il existe plusieurs possibilités (voir. fig.3).


Polygone des fréquences x pondéral retenu = f (ouverture du tamis)
Histogramme de fréquence  pondéral retenu = f (ouverture du tamis)
% cumulatif pondéral en (coordonnées arithmétiques ou en coordonnées arithmétique /
probabilité)
% cumulatif pondéral = f (ouverture).

On définit souvent l’ouverture moyenne ou la taille médiane t50 de la masse totale du produit
(voir fig. 3).
On définit le coefficient de variation Cv qui exprime l’écart par rapport à l’uniformité. Pour
une distribution normal.
t t
C v  84 16
2 t 50
Plus la taille est uniforme plus Cv est petit.
On considère que la distribution est normale si le graphe % pondéré cumulatif = f (ouverture)
en coordonnées arithmétique / probabilité est linéaire entre 10% et 90%.

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