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168 RECHERCHES SUR LA FAMILLE DONT FIT PARTIE MONTOUEMHAT

RECHERCHES SUR LA FAMILLE

DONT FIT PARTIE MONTOUEMHAT

(Suite)

PAR

Georges Legrain

DEUXIÈME PARTIE

LES ENFANTS DE KHAEMHOR

CHAPITRE TROISIÈME

Branche

\

8

La statue 82 de Karnak (Document 1) a fait connaître le père de Nsiptah, le

©^ ^Sf 1 1^ ''"~^^^' ^^ prophète d'Amon et nomarque Khaemhor I".

Dans le tableau des enfants de Khaemhor, les titres portés par les quatre fils de

Khaemhor montrent que la situation de Nsiptah était inférieure comme notoriété à

celle de ses frères Pherer et Nsimîn II, et peut-être aussi à celle de Petamon. La cachette

de Karnak a donné seulement une toute petite statuette de calcaire que Montouemhat

dédia à son père Nsiptah (Document 20). Nsiptah, outre sa statue, n'est connu graphi- quement que par le bas-relief qui décore le fond de la chapelle de Montouemhat au

temple de Maout. Il y suit Tahraqa et précède son fils Montouemhat et son petit-fîls Nsiptah II.

Les documents étudiés plus loin lui donnent deu.K fils, Horsiési et Montouemhat.

Aucun d'eu.x ne laisse douter que ce fut lui, et non pas Nsimin II, qui engendra Mon-

touemhat. M. Daressy avait déjà rétabli ce point généalogique dans son Recueil de Cônesfunéraires, p. 311, n*" 174'.

Nous croyons pouvoir aussi attribuera Nsiptah une fille, Tit-isit-heb.

Document 20

Statuette de Nsiptah I*'' dédiée par Montouemhat

La cachette de Karnak gardait (n''233) une petite statuette de Nsiptah en calcaire,

haute de 0"'20. Elle le représente accroupi, les bras croisés, portant au cou le collier

orné de St^

1. Auparavant M. Maspero, Rapport sur une Mission en Italie, 1880, p. 89, XVII, 2°, publia un cône de] Turin fournissant la mention que Nsiptah était père de Montouemhat.

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RECHERCHES SUR LA FAMILLE DONT FIT PARTIE MONTOUEMHAT

169

Les textes fournissent le document suivant : <s^ Ua/wsa'^^^^^^ [I-V-

- ^^^ "=^|l. Nsiptah porte les titres de

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titres

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Bibliographie. Journal d'Entrée du Musée du Caire, n° 37028.

Document 21

Cercueil de JJ

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Le document 1 a montré que grand-père de Montouemhat fut Khaemhor P"".

La série Nsiptah I«^ fils de Khaemhor P"", se retrouve sur le cercueil d'isitemkheb

du Musée du Caire.

Les documents 27, 41 et 60 prouvent que Montouemhat fut fils de la dame Isi-

temkheb. Le Musée du Caire possède donc le cercueil de la mère de Montouemhat.

Il convient de faire remarquer que les titres de Nsiptah sont, sur ce monument

peint, plus élevés que ceux qu'il porte sur les monuments gravés et sculptés.

De plus, Khaemhor P'' porte le titre de prophète de Montou, sire de Thèbes, qu'il

ne reçoit pas sur les monuments gravés. On le lui a déjà attribué sur le cercueil de

Nsiamenapit (Document 8).

Encore une fois nous constaterons ces erreurs des peintres de cercueils, qui mon-

trent avec quel ménagement et discernement on doit user de ces monuments souvent

sujets à caution.

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170 RECHERCHES SUR LA FAMILLE DONT FIT PARTIE MONTOUEMHÀT

Branche

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§ II. Horsiési II, fils de Nsiptah P^ et frétée de Montouemhat

Les titres que portèrent Nsiptah I", fils de Khaemhor, et Nsiptah II, fils de Mon- touemhat, permettent de les distinguer entre eux.

%^m r"^ i~i , prophète d'Amon, chef de la

ville, scribe de l'autel aux offrandes du temple d'Amon. Ceux de Nsiptah II sont beau-

coup plus élevés : les principaux sont D "^^ et V^ , prince héréditaire et chef de la

région du midi ou la Thébaïde d'alors. 11 est difficile de les confondre entre eux :

c'est pourquoi je reconnais Nsiptah P'' comme père de l'Horsiési II que font connaître

les statues 181, 136 et 237 de Karnak (Documents 22, 23, 24).

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Nsiptah est

Horsiési II serait donc le frère de Montouemhat, frère qui, d'ailleurs, ne joua

presque aucun rôle et ne fut que prophète de Montou en même temps qu'il continuait

la fonction paternelle de scribe de l'autel aux offrandes d'Amon.

La jolie statuette 181, qu'il a laissée, est presque un chef-d'œuvre, un véritable

portrait. Les deux autres sont petites et sans importance. Avec le fils d'Horsiési II, le

nommé jl (I

la dynastie Saïte.

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i Anamennanebouf, on atteint le règne de Psamétique I**" et

Document 22

Statuette de S^ ri

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RECHERCHES SUR LA FAMILLE DONT FIT PARTIE MONTOUEMHAT

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Bibliographie. Karnak, Joiu^nal de Fouilles, n" 181 ; Journal d'Entrée du Musée

du Caire, n° 36942.

Document 24

Statuette de S^ n

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Bibliographie. Karnak, Journal de Fouilles,, 237 ; Journal d/ Entrée du Musée

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Il existe à Karnak, au nord du temple d'Amon, et à l'ouest du temple d'Osiris

172 RECHERCHES SUR LA FAMILLE DONT FIT PARTIE MONTOUEMHAT

hiq-djeto, un petit temple composé de deux pièces et ruiné en partie. Il fut construit

sous le pontificat d'Améniritis P^ et de Shapenapit II.

Découverte pendant l'hiver 1884-1885, par M. Maspero, elle fut copiée par M, U. Bouriantqui la fit connaître dans son Rapport au Ministre de l'Instruction pu- blique sur une Mission dans la Haute Egypte, 1884-85, inséré dans les Mémoires

publiés par les membres de la Mission archéologique française du Caire, l, p. 389 à 393.

J'ai revu ce « Rapport » devant le monument même. Quelques corrections y

doivent être faites.

Sur les bas-reliefs qui décorent la première chambre, soit derrière Shapenapit II,

soit derrière Maout, figure une petite figure de femme nommée, non pas

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'Tut-isit-heb comme l'a lu M. Bouriant, mais

pleine de

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Karnak, n" 301, mentionnant une 1

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^^^ devait être Titisitsetbeh, mais une statue de

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Sm' indique que le nom était Titi-

isit-heb et que les lapicides pouvaient con fond i-e lui avec UJJ . La présence de cette

Tit-isit-heb dans les bas-reliefs suggéra à M. Bouruuit deux hypothèses : ou bien elle

était la fondatrice du monument, ou bien sa figure avait été « gravée après coup, à une époque postérieure à Piankhi ». M. Bouriant pensait que cette dernière hypothèse

n'avait rien d'improbable. Cependant, le fait que dans la seconde pièce, Tit-isit-heb figure seule devant Osiris qu'elle adore, et que les caractères du texte gravé au-dessus

et devant elle sont identiques à ceux gravés dans les tableaux de la première chambre pour les dieux et pour Shapenapit, semble faire voir, dans Tit-isit-heb, la fondatrice de

cette chapelle. Tit-isit-heb figure en quatre endroits dans ce monument :

A. Première chambre, paroi ouest. Tit-isit-heb est debout, bras pendants, derrière

Shapenapit qui présente deux vases 00 *'^ jj^^^^Ir^^^^l] ^^^ Osiris-Oun-

nofré dans le perséa. La figure de Tit-isit-heb est de petites dimensions. On lit au-dessous

d'elle :

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B. Paroi est de la même chambre. Shapenapit (?) présente quatre taureaux abattus

à Amon (?) et à Maout. Derrière Maout, Tit-isit-heb, toute petite, lève les mains en

adoration. Texte au-dessus d'elle :

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RECHERCHES SUR LA FAMILLE DONT FIT PARTIE MONTOUEMHAT

C. Paroi sud de la même chambre.

173

M. Bouriant a mentionne que dans le tableau de cette paroi, dans lequel Sha-

penapit présente une table d'offrandes à Amon et à Maout, Tit-isit-heb, minuscule,

figure encore derrière Maout. Il n'a pas reproduit le petit texte qui se trouve au-dessus

d'elle :

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ni un autre texte gravé derrière Shapenapit. Le mauvais état du bas de la ligne 3

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est regrettable, car

on ne peut

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ou '^^

établir si

D. Paroi sud de la seconde chambre.

l'on

doit

lire :

Tit-isit-heb est plus grande que dans les autres représentations, mais cependant

moitié moins grande que l'Osiris qu'elle adore, debout, levant les deux mains. On lit

devant elle :

Les textes A et B ont été utilisés par M. J. Lieblein dans son Dictionnaire de Noms hiéroglyphiques, n° 2318.

Les quatre textes fournissent le tableau suivant :

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Document 25

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174 RECHERCHES SUR LA FAMHXE DONT FIT PARTIE MONTOUEMHAT

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On remarquera que tous les titres que porte Nsiptah, père de Tit-isit-heb sont ceux

que porta Nsiptah P'". L'identification serait plus évidente si la lecture du titre

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® ^ était possible à la troisième ligne du texte C ; elle n'est pas absolument certaine.

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On pourrait retrouver ce titre de Nsiptah sur un monument du Musée du Caire.

Nous avons déjà signalé ce fait que, à cette époque, LHJ était lu ft

) l|| J , et que ce

signe se confondait avec f | J

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. C'est pour cette raison que l'identification de la fi ô

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AMJ [T] ^^n monument suivant paraît

[SJ avec la §01

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certaine

Socle de statue au nom de Ail x J

Ce socle de granit noir, long de 0'"55, large de O'^SS, fut rapporté de Louqsor au

Musée du Caire en 1883. Il porte le n" d'Entrée 25285 et le 1219 du Catalogue

général. Statues, I, par M. Borchardt.

Les inscriptions qu'il porte renferment une invocation à Amon-Ra, maître des trônes des deux mondes, qui réside dans les Apitou, en faveur de Tit-isit-heb, fille de

Il y a une cassure où. ne se voit qu'un trait m

du nom

^ qui paraît être un

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et le début

Document 26

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Deux recluses d'Amon appelées

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Nsiptah. l-autrees. I^fr^tl

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1. Une statuette funéraire en bois peint au nom de la fi

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se trouvait!

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TEXTES RELIGIEUX

175

d'Amon Titisitheb, fille du nomarque Ankh-Hor, dont les titres ne correspondent

nullement avec ceux du père de la Titisitheb du socle de statue. On ne peut non plus

retrouver des vestiges du nom de Ankh-Hor dans la cassure, au lieu qu'il est possible

d'y reconnaître celui de Nsiptah. Ici, comme dans la chapelle de Karnak, les cassures

empêchent une identification absolument certaine, et obligent, du moins actuellement,

à ne présenter la Titisitheb de la chapelle de Karnak comme la même que celle du

socle de statue et comme la fille de Nsiptah P' qu'avec une certaine restriction, quoique

cette identification paraisse des plus probables.

La date de la construction de cette chapelle peut être fixée ainsi que celle de

l'existence de Nsiptah et de sa fille Titisitheb.

Les textes protocolaires de la chapelle que MM. Bouriant et Lieblein ont déjà pu-

bliés, nomment d'une part Améniritis P®, la fille de Kachta et Shapenapit II, la fille

de Piankhi. Améniritis II et Tahraqa n'y paraissent pas. Le monument de Titisit-

heb serait donc antérieur à l'arrivée de Tahraqa, aux invasions assyriennes et à

l'édicule de Montouemhat au temple de Maout, ce dernier raconte comment il tenta

de relever Thèbes de ses ruines. On sait que Shapenapit II, après avoir adopté Améni-

ritis II, la déshérita plus tard au profit de Nitocris Shapenapit III. Lorsque celle-ci

arriva à Thèbes en l'an VII de Psamétique I*'', ce fut encore Montouemhat, alors très

vieux, qui la reçut, entouré du clergé thébain et lui offrit les présents d'usage.

Le document n" 59 rappellera ce fait.

(A suivre.)

TEXTES RELIGIEUX

PAR

Pierre Lacau

LXXXVII

A = Sarcophage de (1

^ -^^ . Berseh, XI1« dynastie. Musée du Caire, Cat.

gén., 28092. Côté 3, 1. 92-98. B = Même sarcophage. Côté 2, 1. 15-20.

C = Sarcophage de l| 5 "^j^. Berseh, XIP dynastie. Musée du Caire, Cat. gén.,

28089. Côté 4, 1.42-56.

D = Sarcophage de (1 9 ^^- C'est le sarcophage extérieur du précédent. Musée du

Caire, Cat. gén., 28090. Côté 3, l. 32-42.

E et F = Voir au chapitre LXXXVI.

dans la collection Sabattier, n° 116 (Leguain, Textes recueillis dans quelques collections particulières, in

Recueil de Traoauoe). Elle

appartint peut-être à l'une des deux. Citons encore un

de Florence qui appartint à la

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cercueil du Musée