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3. 38 et 39. MASSIF ANTI-ATLASIQUE par

Michel COMBE, Guy DUROZOY et Abdelmajid EL HEBIL

C'est la géologie de la chaîne anti-atlasique qui conduit à différencier ce bassin hydrogéologique. Les formations précambriennes de la partie centrale affleurent selon un axe WSW-ENE et sont surmontées par la couverture calcaire de I'Infracambrien et du Géorgien constituant une auréole pratiquement conti- nue à la périphérie de l'axe ancien. Précambrien, Infracambrien et Géorgien forment ainsi un massif compact, long de 725 km dans le sens WSW-ENE entre l'océan Atlantique et le massif de l'Ougnate et

large de 25 km à 130 km selon les endroits, que l'on définit comme bassin hydrogéologique de la zone axiale de l'Anti-Atlas ; ce bassin a une superficie de 42 000 km2, dont 3 000 km2 pour le jbel Guir au SW. Autour de cette zone axiale se situent des bassins en forme de dépressions : sillon pré-africain au N (Souss, bassins de Ouarzazate et Ksar-es-Souk), Tafilalt à l'E, Bas Drâ—Bani, Moyen Drâ et Maïdère au S qui constituent autant de bassins hydrogéolo- giques différents, traités séparément dans cet ouvrage.

Cadre géographique

MORPHOLOGIE ET HYDROGRAPHIE

L'Anti-Atlas constitue un vaste bombement qui culmine au jbel Amalou-Mansour dans le Sarho (2712 m) et au jbel Aklim(2531 m) à l'E d'Irherm, et vient buter contre le Haut Atlas par la puissante masse volcanique du Siroua (3 304 m).

Le matériel de la chaîne est très ancien :

Précambrien essentiellement constitué de roches de natures ignées et volcaniques et Infracambrien- Géorgien de nature sédimentaire affleurent grossière- ment en proportions égales. Au centre de la chaîne affleurent des granites et des schistes précambriens où l'érosion a entaillée de vastes dépressions comme la cuvette de Tafraoute ; autour de ces cuvettes, des quartzites précambriens constituent des saillies impressionnantes (jbel Lkst, 2370 m, dominant Tafraoute) ; le matériel d'origine volcanique a également bien résisté à l'érosion et apparaît en crêtes.

L'auréole sédimentaire de la zone axiale précam- brienne comporte une série variée, avec alternance de calcaires, de schistes et de grès d'inégales duretés. La disposition monoclinale de ces séries à partir de la zone axiale a permis à l'érosion de bien dégager les niveaux Ses plus durs et les plus résistants.

Toutes ces formations sont entaillées par un réseau hydrographique complexe d'oueds asséchés la plus grande partie de l'année car le climat est très aride, pré-saharien sur le flanc sud ; ces oueds tranchent la masse des calcaires primaires en d'impo- santes gorges.

La morphologie est caractérisée par la présence d'une surface d'aplanissement généralisée dénommée « surface pré-hamadienne » par G. Choubert (1952), d'âge anté-miocène, sensiblement aquitanienne. Cette surface est remarquablement conservée dans les calcaires et dolomies adoudouniens, moulant le bombement de fond de l'Anti-Atlas. Au Néogène, les principaux oueds (Drà - Zguid - Tissint - Tata - Akka, etc.) serpentaient sur cette surface en voie de déformation par des mouvements tectoniques alpins et déposaient leurs alluvions sur le pourtour de l'Anti - Atlas (comblement du sillon préafricain - dépôts des Hamada). Le soulèvement plio-villafranchien a inter- rompu cet équilibre, les oueds ont entaillé sur place leurs gorges surimposées. A l'exception de l'oued Aghene qui suit le faisceau de failles issues de l'accident majeur de l'Anti-Atlas, tous les oueds recoupent les accidents tectoniques qu'ils rencontrent.

A l'exception des affluents du Souss au N et de quelques bassins côtiers à l'W, tout le réseau hydrographique de l'Anti-Atlas aboutit à des bassins

244

RESSOURCES

EN

sahariens : Drâ et Daoura. Dans son ensemble, le réseau hydrographique est orienté transversalement à Taxe de la chaîne et comporte souvent de fortes pentes.

POPULATION ET ECONOMIE

La population est dominée par l'élément berbère chleuh ; elle est relativement nombreuse (évaluée à 300 000 personnes) pour une zone si ingrate où la végétation naturelle est une steppe clairsemée à thym et armoise, ne comportant une strate arborescente (arganier - thuya) qu'en bordure de mer, puis des euphorbes cactoïdes en deçà de 150 km de l'Océan. Les vallées où se trouve Peau regroupent cette population et la densité d'habitat y est parfois très forte, notamment sur le versant nord-ouest où les pluies, plus abondantes, autorisent la culture d'orge sans irrigation. Dans les autres vallées se situent de petites palmeraies.

Les zones cultivées sont localisées dans les fonds de vallées imperméables et dans certaines boutonnières précambriennes où les pentes aménagées en terrasses que retiennent des murettes de pierres, portent des récoltes d'orge toujours incertaines et quelques arbres : arganiers et amandiers. L'agriculture est plus variée et plus sûre dans les vallées en raison des possibilités d'irrigation ; on y trouve les légumes, le maïs et des céréales, poussant à l'ombre de figuiers, palmiers et arbres fruitiers. Ainsi, 8 à 10 000 hectares par an sont cultivés, auxquels s'ajoutent des cultures en sec (orge) pratiquées occasionnellement sur des terrasses d'épandage de crues ; ces dernières cultures peuvent atteindre, en année exceptionnelle, quelque 200 000 ha. L'élevage complète ces cultures et porte sur des animaux résistants que des bergers mènent en été sur les plus hauts massifs. Le troupeau est de l'ordre de 200 000 ovins et caprins et 2 000 chameaux, les bovins étant peu nombreux.

L'exploitation de quelques mines (cuivre domi- nant, cobalt, manganèse) emploie de faibles effectifs en général. Le tourisme bénéficie presque exclusive- ment à Tafraoute. Toute cette activité est insuffisante et l'émigration est partout indispensable. Les hommes quittent les villages pendant quelques années pour les villes du pays ou de l'étranger d'où ils expédient leurs salaires aux familles puis, dès qu'ils possèdent quelques économies, reviennent au village pour les investir dans l'agriculture ou le commerce.

Les agglomérations importantes drainant les échanges commerciaux de l'Anti-Atlas se situent en général dans les plaines bordant le massif (Gouli- mine - Tiznite - Taroudant - Ouarzazate). Dans le massif lui-même, on relève quelques villages (nombre d'habitants en 1 9 7 1 ) : Ifni (13600), Tafraoute (1 000), Tazenakht (750), Taliouine (720).

EAU

DU

MAROC

Géologie

La connaissance géologique du Précambrien de l'Anti-Atlas est essentiellement l'œuvre de G. Chou- bert (Thèse, 1960). L'infracambrien et le Cambrien ont été plus particulièrement étudiés par P. Hupé (Thèse, 1959). Doivent également être cités les travaux de L. Gentil (de 1904 à 1923), J. Bourcart (1927 - 1937), L. Neltner ( 1 9 2 7 - 1 9 4 1 ) , J. Bondon ( 1 9 3 1 - 1936). L. Clariond (1 929 - 1944).

STRATIGRAPHIE

Précambrien

Les terrains précambriens affleurent en une série de boutonnières alignées selon un axe ENE-WSW, à l'exception de celle du jbel Guir située en limite SW du domaine. Les plus importantes sont, d'ouest en est :

les boutonnières d'Ifni, du Kerdous, d'Irherm, de Tazenakht, du Sarhro et de l'Ougnate, mais il existe également de nombreux pointements de moindre développement.

La succession des cycles orogéniques précam- briens a été donnée par G. Choubert ainsi qu'il suit :

- Précambrien 0 : il comprend une série schisteuse

faiblement métamorphisée : schistes verts, séricitos-

chistes, micaschistes, des éléments volcaniques ba siques (gabbros et dolérites) et des granites ayant recoupé l'ensemble en produisant un métamorphisme de contact. Les directions tectoniques de cette ancienne chaîne sont E-W et ESE-WNW ; on dénomme également cet ensemble : système du Kerdous.

- Précambrien II : on y rencontre des quartzites épais

(plus de I 000 m) constituant la plupart des grandes crêtes de l'Anti-Atlas (jbel Lkst dans le Kerdous par exemple), des roches volcaniques basiques (gabbros et dolérites) et des schistes. Les grands massifs quartzi- tiques sont plissés selon une tectonique cahotique (système anti-atlasique occidental en général).

- Précambrien II - I I I : appartiennent à ce système des

conglomérats et vulcanites de base (rhyolites et andésites), des granites (Tafraoute par exemple) et des schistes (série d'Anzi de plus de 500 m d'épaisseur). Localement, un conglomérat plus ou moins développé peut appartenir à ce système et on le nomme « ultime conglomérat » (est du Kerdous et massif d'Irherm notamment). Ces formations sont bien développées dans le centre et l'est de l'Anti-Atlas et appartiennent au système dénommé Siroua - Sarhro.

Infracambrien et Géorgien

G. Choubert y distingue les termes suivants :

- Adoudounien inférieur : la série de base comprend un niveau calcaire ou dolomitique transgressif sur le

MASSIF

ANTI-ATLASIQUE

245

Précambrien, suivi par une assise schisteuse ; des brèches ou conglomérats existent localement à la base ; bien représentée à l'W, notamment dans la fosse d'Anzi (400 m de puissance), cette série diminue rapidement d'épaisseur vers l'E et disparaît dans l'Anti-Atlas central. Puis viennent les dolomies et calcaires dolomitiques « inférieurs » à Collenia, puis- sante série pouvant atteindre 1 000 m (vallée de l'oued Adoudou, à l'E du massif des Akhsass dans l'W du massif), s'amincissant vers l'E pour disparaître dans l'Anti-Atlas central en bordure du bassin de Ouarza- zate et de celui du Drâ moyen ; ces calcaires sont cristallins, massifs, en bancs épais de 2 m et réguliers, mais on note à l'W du Tazeroualt quelques intercala- tions marneuses ou marno-calcaires blanches dès la base.

- Adoudounien

dépôts sont caractéristiques d'une régression marine dans presque toute la chaîne, la mer ne demeurant que dans la fosse d'Anzi où la sédimentation calcaire se poursuit. Dans l'W de la chaîne, on note de bas en haut : des marnes violacées suivies de schistes violets francs (de 0 à 150 m d'épaisseur), puis des schistes intercalés de bancs calcaires suivis de dolomies ou calcaires dolomitiques à niveaux marneux puis schis- teux (de 0 à 600 m). La puissance de l'Adoudounien moyen dans son ensemble est très variable, mais diminue vers l'E (400 à 500 m au N de Tata - 300 m dans le chaînon de Bou-Azzer — El-Graara, au coude du Drâ) pour disparaître dans le Sarhro et l'Ougnate.

- Adoudounien supérieur, « série des calcaires supé

rieurs ». Il s'agit de calcaires massifs, (rapportés maintenant au Cambrien) (Choubert et Faure - Muret, 1973), en bancs plus petits que dans la série inférieure, comportant au NE des intercalations marno-calcaires blanches. L'épaisseur de la série est importante : 400 à 500 m à l'W, mais diminue vers l'E : 200 m à 300 m dans l'Anti-Atlas central, pour disparaître en biseau sur les flancs du jbel Sarhro, dans la partie orientale de la chaîne.

- Géorgien.

complexe du fait des variations de faciès d'E en W.

A l'étage d'Amouslek, correspondent sur la bordure méridionale de la chaîne : à l'W, des calcaires noirs, souvent oolithiques à archaeocyathidés (20 à 30 m), puis des schistes (schistes de Timoulay) et de nouveau des calcaires à archaeocyathidés ; à l'E, on trouve des calcaires et dolomies en alternances. L'ensemble constitue la série « schisto-calcaire » dont l'épaisseur est voisine de 400 m dans l'W (bordure de la plaine du Souss - N de Tata) mais décroît vers l'E dans le massif du Bas—Drâ et le jbel Sarhro.

Vient ensuite l'étage d'Issafène ou « complexe schisteux supérieur » qui comprend des schistes vers l'W avec des calcaires qui prennent de l'importance

moyen : « série

lie de

vin ».

Ces

La stratigraphie du Géorgien est assez

vers l'E, secteur où des grès apparaissent également dans la série. L'épaisseur passe de 400 m en bordure du Souss à 100 m au N de Tata et 50 m dans l'W du Sarhro où ces niveaux disparaissent, envahis par des grès.

L'étage d'Asrhir ou « grès terminaux » achève le cycle géorgien, marquant la régression de la mer. L'épaisseur de ces niveaux est variable, mais augmente d'W en E et du N au S, pour être maximale au centre- sud de la chaîne, vers Zagora (175 m) ; vers l'E, ces grès prennent une coloration rose marquant la proximité des terres émergées. Ces grès peuvent localement surmonter directement la série « schisto- calcaire » (région d'Amagour, en bordure du Souss).

Acadien

Des alternances de schistes et de grès affleurent sur les formations précédentes. Plus tendres, elles constituent des zones déprimées où les oueds élargis- sent leurs vallées et répandent leurs atterrissements. La limite montagne-plaine est ainsi extrêmement nette.

Pliovillafranchien ou étage Hamadien

Comme il a précédemment été dit (cf. morpholo- gie), une surface d'aplanissement généralisée, sensi- blement aquitanienne, est très caractéristique dans tout l'Anti-Atlas (surface pré-hamadienne de G. Choubert, 1952). Au Néogène, les oueds ont serpenté sur cette surface avant de s'enfoncer à partir du Pliovillafran- chien ; au cours de cet enfoncement, toutes sortes de dépôts lacustres se sont constitués dans les dépressions de la chaîne et sur ses bordures. On notera par exemple de telles formations, peu épaisses, au NW du Kerdous, sur des calcaires adoudouniens et le long du littoral atlantique une plate-forme étroite constituée par une couverture continue de conglomérats et dépôts calcareux hamadiens.

Quaternaire

Ces dépôts sont abondants, bien que peu épais en général, dans l'ensemble de la chaîne. D'anciens sols sont très développés dans les dépressions des plateaux calcaires, dans les grands thalwegs, mais aussi sur les pentes de reliefs précambriens surtout rhyolitiques et andésitiques avec fréquemment des restes d'une ancienne carapace calcaire ; ils témoignent d'un climat humide au Quaternaire ancien. Les cônes d'éboulis et pierres sont nombreux dans les hauts bassins des massifs quartzitiques et aux débouchés des vallées calcaires.

Dans les grandes vallées (Issafène - Tamanart), existe un système de terrasses anciennes. Les alluvions actuelles ne sont bien développées que dans les vallées importantes, lorsque la pente diminue et peuvent être considérables au débouché de grands reliefs sur le

246 RESSOURCES EN EAU DU MAROC COUPES GEOLOGIQUES DU FLANC NORD DE L'ANTI -ATLAS Coupe
246
RESSOURCES
EN
EAU
DU
MAROC
COUPES GEOLOGIQUES DU FLANC NORD DE L'ANTI -ATLAS
Coupe
I
-
ADOUDOUNIEN
NW
SE
Ksar d'Imi n'Timbal
(sur rive gauche)
Souk-el-khemis
des Issendalen
(sur rive gauche)
Ksar d'Assadas
(sur rive gauche)
Calcaires supérieurs
Calcaires lités et en plaquettes
350 m
Calcaires lités alternant
avec des schistes verts et violets
300 m
425 m
Série lie de vin : Faciès marin du Souss 650 m
Sommet de la série
des calcaires inférieurs
Coupe
II
GEORGIEN
WNW
ESE
E
Sommet d'Adar
en face d'Amagour
Butte isolée de
calcaire récifal
à Archaeocyathidés
Arcaeocyathidés
Complexe schisteux
Schistes et grès terminaux 500 à 600 m
Calcaires de base et
série schisto-calcaire à
Archaeocyathidés et Trilabites
450 m
G
E
O
R
G
I E
N
Adoudounien
0
200
400
600 m
emplacement
de la Zone
probable
à
Soukianda
à Antatlasia
Zones
et
Hebediscus
Zone ambroggii à Daguinaspis
Zone
Choubertello
à Fallataspis
Zone
à
Tazemmourtensis
Position du
présmée
niveau
à dernier
Protolenidés

versant sud (plaines de Tagmoute sur l'oued Tata, plaine de l'oued Akka, etc.).

Enfin, au pied des falaises de calcaires adoudou- niens dominant des zones déprimées, de nombreux massifs de travertins témoignent d'un important drainage des calcaires lors du dernier pluvial quater- naire.

TECTONIQUE

Les terrains précambriens et infracambriens de l'Anti-Atlas ont subi les premières grandes déforma- tions lors des mouvements hercyniens. G. Choubert distingue deux phases paroxysmales au Westphalien inférieur et au Stéphanien moyen, la dernière ayant provoqué un bombement de fond de l'ensemble de la chaîne.

L'orogénie atlasique a repris le pli de fond hercynien sans nouveau plissement de la couverture, mais a provoqué le rejeu des principales cassures. Après les premiers soulèvements anté-aquitaniens,

Fig. 104

s'établit la surface d'aplanissement anté-hamadienne qui sera creusée à la suite de nouveaux bombements pliovillafranchiens.

D'une façon générale, la couverture sédimentaire de l'Anti-Atlas s'infléchit brutalement au N, sous les formations de la plaine du Souss, mais demeure par contre bien conservée sur le flanc sud où les pendages sont doux.

Les accidents tectoniques sont nombreux et souvent d'origine profonde, tel « l'accident majeur de l'Anti-Atlas», diverticule de l'accident sud-atlasique qui prend en écharpe l'Anti-Atlas central et la boutonnière de Bou-Azzer—El-Graara, puis se perd sous la Hamada du Guir, ou encore l'accident du Kheneg-Brahim qui recoupe obliquement le flanc sud de l'Anti-Atlas dans la région de Tata. Les failles importantes (comme les plis de la couverture d'ail- leurs) sont orientées SW-NE ; elles sont souvent soulignées par des dykes volcaniques basiques (doléri- tes surtout).

247

COUPES GELOGIQUES DU FLANC SUD DE L'ANTI-ATLAS

NW

0

Schistes

et grès

Acadien

0

COUPE 1 . SERIE DE LA BORDURE DE L'ANTI-ATLAS

REGION DE TIZNIT

F

Surface d'érosion

490 m

1

2 km

asif

bel Haj

Schistes

et grès

Calc.

ecoriasés

Géorgien

Equivalent de la série Schisto-calc.

Calcaires

sup.

Série

lie de

vin

Calcaires inf.

Adoudounien

Série de base schistes

grès, calc.

COUPE II - SERIE DE LA REGION DE TATA

S

J. Ouoarhis

1500 m

N

0 1 km

El Graara

1 2 km

Schistes

gréseux

Acadien

COUPE III

Schistes

et grès

terminaux

430 m

Série

schisto-cal.

-faciès-

-oriental

480 m

Géorgien

Schistes et

Calcaires

Cal.

sup. grès, lie de vin

inférieurs

510 m

980 m

190

Adoudounien

Conglomérats

Prec. III

-

BOUTONNIERE

PRECAMBRIENNE D'EL GRAARA

Précambrien

I

COUPE

-

Calcaires inférieurs-Schistes-Calcaires supérieurs - Andésites et grès

II - III

IV

Adoudounien et Géorgien

- MASSIF DU BAS - DRA

Jbel Taissa

Schistes

et grès

Schistes-calcaires schistes et grès

Calcaires

supérieurs

Géorgien et adoudounien

Série

lie de

vin

Calcaires

inférieurs

Conglomérats du Précambrien III

Fig.105

Précambrien

Conglomérats du P.C. III

Précambrien III

1500 m

1000 m

Schistes

Acadien

0 1 km

SE

248

RESSOURCES

EN

EAU

DU

MAROC

Climatologie

L'ensemble du massif de l'Anti-Atlas se situe dans la zone aride à déficit pluviométrique annuel compris entre 600 et 800 mm ; ceci résulte de la position de cette zone en latitude: entre 29 et 31° Nord. Toutefois l'altitude atténue ce caractère dans la zone axiale de la chaîne et la présence de l'océan Atlantique produit le même effet dans la zone occidentale, jusqu'à 100 km de la côte au plus.

PRECIPITATIONS

Les moyennes annuelles disponibles pour la période 1933-63 sont récapitulées sur les figures 106 107. Comme on peut en juger, les observations sont peu nombreuses ; cependant, une carte des isohyètes basée sur le relief, la végétation et quelques postes supplémentaires n'ayant fonctionné que peu de temps est présentée sur la figure 103. Le secteur occidental est celui qui dispose du plus grand nombre d'observa- tions, en particulier le bassin versant de l'oued Massa.

Les pluies sont les plus abondantes sur les reliefs, principalement sur ceux qui sont exposés vers l'océan :

423 mm à Tiffermite, 1347 m d'altitude, contre seulement 183 mm à Irherm, 1 7 5 0 m d'altitude. Exceptée la zone occidentale et le jbel Siroua, les sommets reçoivent exceptionnellement plus de 400 mm à l'W et plus de 300 mm à l'E. Au niveau des

bassins versants anti-atlasiques, les moyennes pluvio- métriques interannuelles se situent entre 100 et 200 mm à l'E du méridien du jbel Siroua et entre 200 et 300 mm à l'W où le bassin versant du Massa atteint un peu plus : 310 mm.

Les pluies surviennent essentiellement d'octobre

à avril dans la partie occidentale soumise au régime

maritime (avec un maximum marqué en décembre- janvier) mais plutôt de septembre à novembre ou décembre dans la partie orientale qui reçoit surtout des pluies d'orages. Ces pluies tombent en peu de temps ; le nombre de jours par an à précipitations supérieures

à 1 mm est d'une trentaine en moyenne dans l'W (une

cinquantaine en altitude) et de l'ordre d'une dizaine dans l'E.

Le régime interannuel des précipitations est très irrégulier et l'on note des séquences d'années sèches et d'années pluvieuses ne présentant pas de cycle de retour régulier. On a déjà relevé des séquences sèches (précipitations annuelles inférieures à la moyenne interannuelle) de six années consécutives.

TEMPERATURES

Les relevés de température sont rares dans cette zone : trois postes servent de référence (Irherm -

MAROC SUD-OCCIDENTAL

CLIMAT0L0GIE

1933-1963

38 - ANTI ATLAS OCCIDENTAL

Nom de la station

Réseau

Altitude

Coordonnées

 

Situation

 

Pluviométrie moyenne (mm)

 

Lat .N.

Long.W.

dans le bassin

J

F

 

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

ANZI

MI

500

29° 39'

9° 22'

Sud-ouest

47

35

 

30

25

8

2

0

1

8

20

35

46

257

TIFFERMITE S k EL ARBA AIT BAHA AIT ABDELLAH TAFRAOUTE IRHERM

MI

1347

29° 33'

17'

sud-ouest

71

5

50

43

18

2

0

3

10

32

57

80

423

MI

580

30° 04'

9° 07'

nord-ouest

52

41

35

22

4

0

1

0

8

27

40

61

291

MI

1750

29° 40'

6° 46'

centre

26

20

17

14

3

2 1

5

10

20

26

3B

197

MI

1050

29° 43'

01'

centre

29

25

22

12

3

1 1

4

13

16

28

38

192

MI

1750

30° 06'

8° 28'

centre

22

20

16

10

4

2

2

8

16

21

28

32

183

   

Moyennes des températures maximales et minimales (°C)

 

Nom de la station

JANV.

FEVR.

MARS

AVR.

MAI

JUIN

JUIL.

AOUT

SEPT.

OCT.

NOV.

DEC.

Année

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

MIni

Max.

MIni.

Max.

Mini.

Max

Mini.

Max.

MinI.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

TAFRAOUTE

19.6

2.8

22.4

4.2

26.0

6.3

29.1

0.3

31.7

10.7

34.6

13.7

42.0

17.6

42.9

16.0

38.7

15.4

32.6

11.9

26.3

7.6

20.4

3.6

30.5

10.1

IRHERM

9.9

-0.2

12.8

1.4

16.3

4.0

20.6

6.8

24 .7

5.7

23.9

13.3

34.0

16.7

32.6

16.3

27.4

13.0

20.8

8.5

14.3

4.1

10.0

0.6

21.1

7.9

   

Moyennes des températures moyennes (°C)

 

Classification Thornthwaite

Evaporation

Evaporation mesurée

Nom de la station

ETR

Indice

 

Type

d'après

(P=Piche B=Bac) (mm)

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

(mm)

global

climatique

Turc (mm)

Quantité

Période

TAFRAOUTE

11.2

13.6

16.2

18.7

21.2

20.2

29.8

30.8

27.0

22.2

17.0

12.0

20.3

190

- 49,0

E

1

B' 4 db' 4

180

   

IRHERM

4.8

7.1

10.2

13.7

17.2

21.6

25.4

24.4

20.2

14.6

9.2

5.3

14.5

160

- 46,0

E

1

B’ 2 db' 4

170

Fig.106

MAROC SUD-OCCIDENTAL

MASSIF

ANTI-ATLASIQUE

CLIMATOLOGIE

1933-1963

39 - ANTI -ATLAS CENTRAL

249

Nom de la station

Réseau

Altitude

Coordonnées

Situation

 

Pluviométrie moyenne (mm)

 

Lat .N.

Long.W.

dans le bassin

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

AOULOUZ

EF

700

30° 40'

8° 11'

ouest

46

61

43

28

12

3

0

5

17

42

51

57

365

TAZENAKHT

MI

1400

30° 35'

7° 12'

centre

8

3

11

7

5

2

2

6

21

23

20

11

119

(OUARZAZATE)

SMN

1135

30° 55'

6° 56'

(nord)

8

6

11

8

5

4

2

8

19

17

17

14

119

(AGDZ)

MI

1100

30° 42'

6° 28'

(est)

9

4

8

8

5

4

1

6

19

16

17

11

108

   

Moyennes des températures maximales et minimales (°C)

 

Nom de la station

JANV.

FEVR.

MARS

AVR.

MAI

JUIN

JUIL.

AOUT

SEPT.

OCT.

NOV.

DEC.

Année

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

MIni

Max.

MIni.

Max.

Mini.

Max

Mini.

Max.

MinI.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

TAZENAKHT

17.3

3.3

19.9

5.4

23.1

8.9

26.6

12.2

30.5

16.1

35.1

19.9

38.7

23.5

37.6

22.9

32.8

19.6

27.0

14.6

21.3

8.7

17.2

4.1

27.2

13.3

(OUARZAZATE)

17.2

1.4

19.9

3.4

23.3

6.7

27.0

9.8

31.0

13.5

35.8

17.1

39.5

20.5

36.3

20.0

33.4

16.8

27.4

12.0

21.4

6.5

17.2

2.2

27.6

10.8

(AGDZ)

19.2

4.2

22.3

6.2

25.6

9.5

29.6

12.8

33.6

17.0

38.4

21.3

42.1

25.8

40.8

25.1

36.0

21.0

29.9

15.2

23. 8

9.3

19.6

5.0

30.1

14.4

   

Moyennes des températures moyennes (°C)

 

Classification Thornthwaite

Evaporation

Evaporation mesurée

Nom de la station

ETR

Indice

Type

d'après

(P=Piche B=Bac) (mm)

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

(mm)

global

climatique

Turc (mm)

Quantité

Période

TAZENAKHT

10.3

12.6

16.0

19.4

23.3

27.5

31.1

30.2

26.2

20.8

15.0

10.6

20.3

110

-

53,5

E 1 B' 4 db' 4

110

   

(OUARZAZATE)

9.3

11.6

15.0

18.4

22.2

26.4

30.0

29.2

25.1

19.7

14.0

5.7

19.2

110

-53,1

E 1 B' 4 db' 3

110

(AGDZ)

11.9

14.2

17.6

21.2

25.3

29.0

34.0

33.0

28.5

22.6

16.6

12.3

22.3

110

-

54,6

E 1 A' db' 4

100

Fig. 107

Tafraoute - Tazenakht) dans l'Anti-Atlas même et il faut se référer à des postes de bordure pour compléter les informations sur le versant sud : Tata (cf. Bas Drâ - Bani) et sur le bas versant occidental : Tiznit (cf. Plaine de Tiznit).

A l'exception du bas-versant côtier occidental, les températures peuvent partout descendre au-dessous de zéro degré en hiver et dépasser 40° C en été. Les écarts journaliers sont de l'ordre de 15 à 18° C, plus forts en montagne qu'en plaine en été, sensiblement du même ordre en hiver.

Les moyennes des températures maximales et minimales varient entre 5 et 20° C en moyenne et 10 à 30° C dans les vallées.

EVAPORATION ET EVAPOTRANSPIRATION

Quelques mesures de l'évaporation potentielle ont été effectuées près de la zone axiale anti-atlasique, soit au Piche (3,9 m/an à Ouarzazate), soit au bac Colorado (4,0 m/an à Tagounite du Ktaoua), ce qui revient à adopter 2,8 m/an après correction, avec des moyennes journalières comprises entre 4 mm (janvier) et 1 3 mm (juillet).

Les précipitations annuelles tombant en quelques jours, les calculs d'évapotranspiration annuelle par les méthodes de Turc ou Thornthwaite surévaluent l'évapotranspiration et n'ont pas de sens. Les calculs mensuels par les mêmes méthodes ne fournissent pas non plus de résultats satisfaisants et il faut pratique- ment descendre au niveau journalier ou à la rigueur hebdomadaire.

Des bilans journaliers ont été établis par J.P. Durocher pour les stations d'Irherm et de Tata, année 1951, établissant que lors de cette année humide, 10 à 15 % des pluies avaient pu s'infiltrer alors qu'un calcul mois par mois laissait apparaître une évapora- tion potentielle annuelle égale aux précipitations. On peut admettre avec J. Margat (Mémoire explicatif de la carte hydrogéologique de la plaine du Tafilalt, 1962), que seules les hauteurs de précipitations journalières égales ou supérieures à 5 ou 10 fois la hauteur moyenne journalière de l'évapotranspiration poten- tielle peuvent entraîner une infiltration efficace vers les nappes souterraines.

Hydrologie

Les observations hydrologiques sont très rares dans l'Anti-Atlas. A l'exception du bassin versant de l'oued Massa (observations permanentes depuis 1948)

et de celui de l'oued Immerguène, affluent rive gauche du Haut-Souss (depuis 1970), aucun oued n'est régulièrement observé en raison de l'éloignement, de l'inaccessibilité, de la fugacité des écoulements et de

250

RESSOURCES

EN

l'absence d'objectif précis d'aménagement. En effet, à part le Massa et l'Immerguène (les apports de l'oued Drâ qui traversent l'Anti-Atlas provenant du Haut Atlas), aucun oued ne coule plus de quelques jours ou quelques semaines par an en année humide.

BASSIN VERSANT DE L'OUED MASSA

Ce bassin côtier atlantique de 3 784 km2 de superficie à la station de jaugeage de Tankist, comportant 3 550 km2 dans l'Anti-Atlas, a une forme grossièrement circulaire, une altitude moyenne de 925 m et 46 % de sa superficie dépassent l'altitude de 1 000 m.

Le bassin est constitué des terrains précambriens du massif du Kerdous et de leur auréole sédimentaire, essentiellement calcaire (Adoudounien et Géorgien).

La pluviosité moyenne interannuelle sur le bassin est de 310 mm/an, variant entre 80 et 570 mm/an.

Le régime de l'oued Massa suit les irrégularités climatiques interannuelles et annuelles (pluies grou- pées en quelques jours) et se caractérise par des crues brèves et violentes interrompant de longues périodes de sécheresse.

Le module moyen annuel de la période 1950-1968 est de 5,3 m3/s fictifs continus à Tankist (site du barrage Youssef-ben-Tachfine), ayant varié entre un maximum de 13,4 m3/s (1955-56) et un minimum de 0,5 m3/s (1960-61). Le débit spécifique moyen de la période s'établit ainsi à 1,4 l/s/km2.

Les crues constituent l'essentiel des apports annuels et surviennent entre les mois de novembre et d'avril. Ainsi, les apports exceptionnels de l'année 1955-56 (420 hm3) sont passés pour 70 % dans le mois de février 1956 (300 hm3).

Les étiages sont prolongés : moins de 1 m3/s pendant six mois consécutifs au moins (mai à octobre) et sévères, de Tordre de 200 à 300 1/s pendant deux mois (août-septembre). L'étiage absolu mesuré jusqu'à présent est celui de septembre 1952 : 50 1/s. Il faut noter que ce sont des sources issues des calcaires qui entretiennent le débit de la rivière en été, en dépit de captages pour l'irrigation à Souk-el-Arba des Aït- Ahmed, au débouché de la montagne.

Les crues sont en moyenne au nombre de 5 par an et sont rapides et violentes, le débit passant en quelques heures de sa valeur d'étiage à une valeur maximale. Les hydrogrammes sont pointus, caractéris- tiques d'un faible temps de concentration et d'un ruissellement élevé. Les probabilités de débits maxima instantanés sont de 5 200 m3/s pour la crue millé- naire, 3 400 m3/s pour la centenaire et 1 800 m3/s pour la décennale.

L'oued Massa est depuis 1973 régularisé par le

EAU

DU

MAROC

barrage Youssef-Ben-Tachfine au site de Tankist : 310 millions de m3 de retenue, barrage destiné à l'irrigation du périmètre moderne de la plaine des Chtouka (cf. chapitre Plaine des Chtouka).

BASSINS VERSANTS DE L'OUED SOUSS

Plusieurs affluents de l'oued Souss drainent le flanc nord de l'Anti-Atlas ; de fait, seul l'oued Immerguène qui rejoint le Haut-Souss avant Aoulouz possède un cours pérenne. Les autres affluents, pratiquement toujours à sec, apportent rarement de l'eau à l'oued Souss car les crues s'infiltrent sur les piémonts et dans la plaine du Souss. Une station hydrologique fonctionne sur l'oued Immerguène de- puis 1969 ; aucune mesure de débit de crue n'a jamais été effectuée sur les autres oueds.

En fonction des quelques années de mesures disponibles, il semblerait que l'Immerguène représente quelque 25 % des apports du Souss à Aoulouz (7,0 m3/s fictifs continus pour la période 1932-1970 et 4 450 km2 de superficie), soit 1,4 m3/s de débit moyen interannuel pour un bassin versant de 2 750 km2 de superficie, constitué de Précambrien de la zone axiale et surtout pour moitié de calcaires de l'Adoudounien et du Géorgien, ayant une altitude moyenne de 1 700 m et une pente modérée de 1 , 5 % . Si le régime de l'oued Immerguène n'est pas encore bien connu, les étiages ont par contre été analysés en détail comme on le verra dans le chapitre hydrogéolo- gie (El Hebil, 1972), car on dispose de jaugeages mensuels en période sèche depuis 1956 ; les débits d'étiage sont en général inférieurs à 200 1/s, pouvant s'abaisser à 50-70 1/s en août au point de contrôle (radier de la route principale n° 32), mais les prélèvements pour irrigation à l'amont de la station de mesure atteignent environ 300 1/s (El Hebil, 1972). Le débit naturel de l'Immerguène serait ainsi de l'ordre de 55.10 6m3/an pour une pluie moyenne sur les 2 750 km2 de bassin, de l'ordre de 200 mm ; le ruissellement atteindrait environ 10 %.

Pour l'ensemble du versant nord de l'Anti-Atlas, les bassins affluents du Souss représentent 8 400 km2 de superficie (Immerguène compris) et une pluie moyenne de 240 à 275 mm, soit avec le coefficient de ruissellement de l'Immerguène un apport annuel de l'ordre de 200 à 230.10 6 m3.

BASSINS VERSANTS DE L'OUED DRA

Bas Drâ (du lac Iriqui à la mer) Aucune mesure n'existe encore sur les affluents de l'oued Drâ provenant du massif de l'Anti-Atlas, tant en étiage qu'en crue, mais des stations hydrolo- giques sont envisagées entre 1975 et 1977 sur un ou deux oueds du Bani (oued Tata en particulier).

considérations

en théoriques et en raisonnant sur la base des données du

On

est

donc

réduit

aux

MASSIF

ANTI-ATLASIQUE

251

Massa, on a pu estimer à environ 200.10 6 m3/an les apports superficiels au Bas-Drâ des 13 500 km2 de bassins versants de la zone axiale anti-atlasique.

Drâ moyen (de Ouarzazate au lac Iriqui)

Là encore, les apports à l'oued Drâ sont estimés, faute de mesure, de façon très théorique entre 20 et 30.10 6 m3/an pour 2 100 km2 inclus dans la zone axiale de l'Anti-Atlas.

Haut-Drâ (en amont de Ouarzazate)

Les débits superficiels provenant de la bordure nord de l'Anti-Atlas entre le jbel Siroua et Ouarzazate sont collectés par Passif N'Aït-Douchène essentielle- ment, oued non contrôlé et affluent de Passif Ouarzazate qui possède également des affluents rive gauche provenant du Haut Atlas ; on ne peut distinguer à la station de jaugeage de Ouarzazate les volumes des apports des deux origines. Les apports du N'Aït-Douchène, pour 4 050 km2 de bassins versants anti-atlasiques arrosés en moyenne de 100 à 140 mm/ an, seraient compris entre 60 et 70.10 6 m3/an.

Par ailleurs, l'oued Dadès recueille les apports des affluents du versant septentrional du Sarhro (1 445 km2), soit de l'ordre de 20 à 25.10 6 m3/an.

Le Haut oued Drâ reçoit ainsi quelque 80 à 95.10 6 m3/an ruisselés sur le flanc nord de l'Anti- Atlas.

AUTRES BASSINS VERSANTS DE L'ANTI-ATLAS

Les massifs du Sarhro et de l'Ougnate (Anti- Allas oriental) sont également draînés par les oueds Todhra-Rhériss et les oueds du bassin du Maïdère.

Le ruissellement provenant de ces massifs est inconnu; on l'estime à 25.10 6 m3/an pour le Todhra-Rhériss (1 615 km2 de bassin à pluviométrie moyenne de 1 50 mm) et de 25 à 30 millions de m3/an pour le Maïdère (1 660 km2 de bassin à pluviométrie comprise entre 1 50 et 1 80 mm).

Enfin quelques oueds côtiers de l'extrémité ouest de la chaîne drainent la zone axiale de l'Anti-Atlas :

oueds Seyad Noun (3 025 km2, apports entre 50 et 55. 10 6 m3/an), oued Adoudou (390 km2, apports annuels de 10.10 6 m3/an), bassins côtiers du massif d'Ifni (1 500 km2, 20.10 6 m3/an), bassins côtiers nés dans le jbel Guir (920 km2, 1 0 . 1 0 6 m3/an).

BILAN HYDROLOGIQUE DE LA ZONE AXIALE DE LANTI-ATLAS

La zone axiale, partie montagneuse de l'Anti- Atlas, constitue une zone de dispersion des ruisselle- ments. Tout comme les précipitations, ceux-ci sont très irréguliers tant annuellement qu'interannuelle- ment. Deux bassins hydrologiques seulement sont contrôlés par des mesures, ceux du Massa et de rimmerguène, soit 6 500 km2 sur une superficie totale de 42 000 km2. Pour chiffrer les ruissellements sur 35 500 km2, on est actuellement réduit à des hypothèses très hasardeuses qui demeureront encore longtemps, car on ignore tout des volumes dérivés à chaque crue dans toutes les vallées.

Compte tenu de ces réserves, on retiendra comme ordre de grandeur un ruissellement moyen interannuel de quelque 800 à 900.10 6 m3 appartenant pour plus de la moitié aux secteurs N et NE de l'Anti-Atlas. Ces apports sont ventilés dans le tableau ci-après selon le découpage mentionné sur la figure 103. Ces eaux sont toujours de bonne qualité chimique.

Hydrogéologie

Les recherches hydrogéologiques dans la zone axiale de l'Anti-Atlas ont fait l'objet d'interventions

ponctuelles de R. Ambroggi (1942-1952), R. Bourgin (1956). J. Chamayou (1 961-65). R. Dijon

Tableau 46

RECAPITULA TIF DES APPORTS SUPERFICIELS ESTIMES DU MASSIF DE L'ANTI-ATLAS (ZONE AXIALE). LE DECOUPAGE DES BASSINS EST CELUI DE LA FIGURE 103.

 

Pluie

Coefficient

Apports

 

Bassin versant

Superficie

moyenne

de ruissell.

moyens an.

 

(km2)

(mm)

estimé

en 10 6 m3

OUED SOUSS (O. Immerguène inclus)

 

8 400

240 à 275

10

200 à 230

OUED DRA : Bas Drâ. Bani

13 500

150

10

200

Drâ moyen

2 100

100 à 140

10

20 à 30

 

Haut

Drâ. N'Aït-Douchène

4

050

150 à 175

10

60 à 70

Haut

Drâ. Dadès

] 445

150 a 170

10

20 à 25

OUEDS TODHRA-RHERISS

 

1615

150

10

25

OUEDS DU BASSIN DU MAIDERE

1 660

150 à 180

10

25 à 30

OUED

SEYAD-NOUN

3 025

160 à 180

10

50 à 55

OUED ADOUDOU

390

220

10

10

OUEDS COTIERS DU MASSIF D'IFNI

1 500

150

10

20

OUEDS COTIERS DU JBEL GUIR

920

120

10

10

OUED MASSA

3 550

310

15

165

 

TOTAL

42 155

805 à 890

252

RESSOURCES EN EAU DU MAROC

(1961-65). J.P. Durocher (1961-65), A. Robaux (1938-51), J. Margat (1951). Puis, deux études synthétiques ont été réalisées : l'une par A. El Hebil sur le haut bassin de l'oued Souss (1972) et l'autre sur la zone axiale occidentale à l'W du méridien d'Irherm par G. Durozoy (1974). Il est prévu d'étendre en 1975-76 la dernière étude à la partie orientale de la chaîne. Les eaux souterraines constituent en effet les seules ressources permanentes en eau de la zone axiale de l'Anti-Atlas.

LES RESERVOIRS AQUIFERES

Formations précambriennes

Granites et migmatites. - Ces formations sont très

altérées en surface dans les zones déprimées, mais par contre peu altérées dans les zones en relief où peuvent exister des circulations en réseaux. Dans les creux, les granites sont surmontés d'arènes perméables où se trouvent de véritables nappes (« Tagragra » d'Ifni, de Tafraoute, du Kerdous). Lorsque les épaisseurs d'arènes ou zones altérées sont faibles, il n'existe pas de nappe généralisée, mais une nappe en réseaux qui est drainée par les oueds (massif du Tazeroualt) et peut alors être exploitée à ce niveau.

Roches éruptives. - Rhyolites, andésites, ignimbri-

tes, cinérites et tufs éruptifs sont imperméables dans leur massif mais peuvent contenir des nappes en réseaux lorsqu'elles sont fissurées, ou mieux lorsqu'elles sont fracturées. En principe toutes les émergences issues de ces formations se situent sur des failles. Localement on trouve des émergences, toujours de faible débit, au contact de deux natures différentes de roches éruptives (rhyolite et tuf cinéritique par exemple).

Les sources sont toujours relativement nombreu- ses dans ces formations, mais toujours avec de faibles débits. En fait les oueds drainent les réseaux de fissures et sont exploités par des puits situés dans les thalwegs, au niveau d'un secteur de roches plus fissurées ou faillées. Les débits spécifiques de ces ouvrages sont faibles.

Les zones éruptives présentent un intérêt certain lorsque de grands massifs sont drainés par une vallée assez conséquente où des alluvions servent de réservoir supplémentaire dans lequel les pompages ont de meilleurs rendements (vallées des oueds Ifni, Aït- Baha, Tangarfa).

Quartzites. - Constituant une série très épaisse

(plus de 1 000 m dans le jbel Lkst), tectonisés, fracturés, ils possèdent une perméabilité de fissures et,

malgré la raideur générale des pentes, constituent un puissant réservoir souterrain. Les dolérites qui injec- tent souvent les quartzites jouent un grand rôle dans l'hydrogéologie de ces massifs. En effet, les émergen-

ces qui ne sont pas localisées à la périphérie des quartzites, aux points bas, se trouvent aux contacts quartzites - dolérites, constituant des zones de dépressions. De nombreuses sources sont issues des quartzites et les débits sont importants (jusqu'à 20 1/s dans la vallée des Amelne au pied du jbel Lkst, près de Tafraoute). Deux massifs quartzitiques existent dans le Kerdous : le Lkst (2 300 m) et le Mzi (1 500 m). On note encore des puits dans des dolérites altérées au contact des quartzites.

Conglomérats. - Les conglomérats du Précambrien

II

- III de la série d'Anzi ont un comportement

hydraulique très voisin de celui des roches éruptives :

rhyolites et andésites qui le constituent. Par contre, « l'ultime conglomérat» qui existe localement à la base de la série adoudounienne (E du massif du Kerdous, Aït-Abdallah, W du massif d'Irherm) et est généralement peu épais, possède une perméabilité de fissures en relation avec les effets tectoniques locaux et alimente souvent de petites émergences ; il peut aussi fonctionner parfois comme un drain de la zone altérée des schistes de base de l'Adoudounien (rive droite du haut assif N'Guerf, en amont de Aît-Baha).

Les schistes. - Les schistes de la série d'Anzi sont très peu altérés et de ce fait imperméables dans leur masse. Exceptionnellement, une source de débit infime résulte de l'intercalation d'un niveau de roche fracturée (intercalations de conglomérats à Tanalt par exemple). Les zones d'altération dans ces schistes n'existent que lorsqu'ils ont été affectés par une ancienne surface structurale et recouverts par des sols anciens : des puits à faible débit peuvent alors être positifs (région d'Anzi).

Formations infracambriennes et géorgiennes

Les schistes de base. - Imperméables en général,

ils

peuvent néanmoins être aquifères dans les zones

d'altération suffisamment épaisses existant sous des pentes douces en des dépressions (NE de Aït-Baha). Ces zones d'altération pourraient même drainer des circulations dans les calcaires adoudouniens sus- jacents ; ceci semble être le cas le long de la bordure du massif ancien d'Ifni où les anciens exutoires, marqués par des dépôts travertineux, sont taris depuis long temps, mais où existent des puits dans les schistes. Les schistes jouent un rôle de barrage pour les sous-écoulements des oueds descendant de massifs précambriens et des puits se situent fréquemment à ce niveau, dans les vallées.

Série calcaire adoudounienne et série schisto-

calcaire géorgienne. - Ce complexe est de très loin le

plus intéressant grâce à la puissance et à l'extension du réservoir qu'il constitue, ce qui lui permet de jouer un grand rôle régulateur des eaux souterraines. Les précipitations infiltrées dans les calcaires inférieurs,

où la karstification existe sans être toutefois très

O. O. Rhéris CARTE HYDROGEOLOGIQUE DE L'ANTI - ATLAS Par ; R. Ambrggi et C.
O.
O.
Rhéris
CARTE HYDROGEOLOGIQUE DE L'ANTI - ATLAS
Par ; R. Ambrggi et C. Choubert
Eaux du Géorgien
J. Bani
Eaux des Nappes alluviales
TINZOULINE
Ouarzazate
TERNATA
Bou Denib
O.
Foums acadiens
Ab
Abeïno
Seuils ordiviciens du Dra
FEZZOUATA
Ksar es Souk
If
Ifrane
Tat2
Tata (centre)
1
Tansikht
Ou
Ouijane
Akg
Akka Iguirène
2
aslag
Bn
Bou Namane
Kj
Ka ej Toua
3
Zagora (seil de)
Ag
Aglou
Tr
Tritt
4
Takkat (Foum)
Tid
Tidsi
Tz
Touzide
5
Tidri (Foum)
Tin
Tinouaïnane
Tinerhir
Tj
No
Nouzola
Taz
Tazemmourt
Er
_
O.
Al
Alougoum
Foums Dévoniens
El Graara
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Br
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J. Ougnat
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It
Imi n'Tinbal
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El Arba
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Foums Ordiviciens
Bd
Tir
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Tam1
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Tarjicht
Bd
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Timoulay
Ta
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Foum el Hassane
Fe
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Agadir Igouramen
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Ouarzazate
Tam2
Tamezrar
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Tar1
Targant
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O.
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O.
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4
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5
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Calcaires, Schistes et Grès
Carbonifère
Calcaires et Schistes
Dévonien
C. Dra
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Schistes, Grès, Quartzites
Ordivicien et Silurien
As
Limons, Croûtes, Calcaires lacustres etc.
Schistes
Acadien
Quaternaire
Dunes
Calcaires et Schistes
Géorgien
H
A
Marnes, grèset Conglomérats
Miocène continental
Laves et conglomérats
Précambrien III
U
T
Marnes et calcaires
Eocène et Nummulitique
Schistes, Quartzites, etc.
A
Précambrien II
Marnes, Grès et Calcaires
T
Crétacé
Granites
L
S
20 km
10
A
0
40
80 km
Calcaires et Marnes
Jurassique
Roches volcaniques
Dolérites
du Siroua
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A
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O.
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Fig. 108

MASSIF ANTI-ATLASIQUE D'après H. SCHOELLER DIAGRAMME D'ANALYSE DE L' EAU 1/? Rés. sec et E.
MASSIF
ANTI-ATLASIQUE
D'après H. SCHOELLER
DIAGRAMME D'ANALYSE DE L' EAU
1/?
Rés. sec
et E. BERKALOFF
à 25°C
Teneurs en mg/l
Figuré
n° IRE
à 180° C
dh
pH
mmhos
+ +
+ +
+
+
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--
Ca
Mg
Na
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Cl
SO
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mg/l
/cm
° fr
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10 000
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_
_
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_
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_
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1 000
-
CO
- combiné
3
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-
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)
- +
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3
3
1 000
1 000
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NO
3
1 000
1 000
1 000
milliéquivalents
1 000
10
10
100
100
100
100
100
100
100
1
1
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10
10
10
10
10
10
0.1
0.1
10
milliéquivalents

253

Fig. 109 — Représentation sur diagrammes logarithmiques de la composition d'eaux du Précambrien : dans la cuvette des Zenaga, puits de Tazenakht = 90/63, rhettara Sidi Larbi = 41/72, source d'Amazirh = 77/63. Massif d'Irherm, puits d'Irherm = 9/71. Massif du Kerdous source Aïn Imi N'Tizert à Tafraoute = 53/79 et puits d'Anzi = 63/79. Massif du Bas-Drâ, sources Ait Oussa = 44/90 et d'El Aïoun du Drâ = 52/90.

développée, ressortent dans les oueds importants au mur des schistes violets de la « série lie de vin » lorsque cette série est recoupée en aval-pendage, cas assez général sur les flancs de la zone axiale. Ces émergences se réinfiltrent dans les alluvions, puis des

alluvions dans les calcaires supérieurs. De nouvelles résurgences naissent au sortir des calcaires supérieurs, au contact soit des schistes de Timoulay (Géorgien), soit à celui des schistes acadiens ; s'il n'y a pas résurgence, les eaux circulent dans les alluvions et

254

RESSOURCES

EN

réapparaissent plus à l'aval, lorsque l'oued recoupe un chaînon ordovicien en cluse étroite (foum). Ce schéma est général sur le flanc sud de l'Anti-Atlas.

Sur le flanc nord en bordure de la plaine du Souss, il n'y a pas toujours de résurgence. Au niveau des schistes violets tout d'abord, aucune résurgence n'apparaît par exemple dans l'oued Aouerga qui suit pourtant très longtemps le contact calcaires inférieurs - schistes ; ici l'eau passe vraisemblablement des calcaires dans les alluvions et percole ensuite dans les calcaires supérieurs. Puis ces calcaires plongent sous la plaine du Souss et l'eau ne réapparaît plus, alimentant souterrainement la puissante nappe du Souss.

Sur le flanc ouest, on observe peu de résurgences au sortir des calcaires supérieurs en bordure des plaines de Tiznit et Goulimine—Bou-Izakarn car les calcaires lacustres jouent le rôle de drain.

Les schistes, violets adoudouniens ne sont pas également développés partout dans l'Anti-Atlas occi- dental ; en particulier ils n'existent pratiquement pas dans l'W du massif des Akhsass (entre les boutonniè- res du Kerdous et d'Ifni) et de ce fait n'occasionnent aucune émergence. Ils disparaissent également vers l'E, sur les flancs du Sarhro, tout comme les calcaires encaissants.

Les formations schisteuses peuvent contenir un peu d'eau dans les franges altérées des dépressions ou de pentes très douces : puits d'Ifergane dans les schistes violets (à l'E de la piste Irherm - Aït- Abdallah), puits de l'assif Aouerga dans les schistes de Timoulay du Géorgien (versant nord de l'Anti-Atlas).

D'une façon générale, les résurgences des calcaires adoudouniens et de la série schisto-calcaire géorgienne sont importantes et localisées en certains secteurs des grands oueds drainants. Cependant sur la bordure des dépressions précambriennes existent également de petites sources de faible débit au contact des schistes de base (Irherm par exemple).

On ne peut véritablement parler de karst à propos des calcaires adoudouniens et il n'existe pas de morphologie karstique typique. Les cuvettes fermées sont rares bien que le drainage souterrain des plateaux soit manifeste. Dans les falaises calcaires des oueds s'observent quelques grottes ou grosses fissures ouvertes (une galerie souterraine a été explorée sur 500 m au S du plateau des Akhsass), mais dans l'ensemble la fissuration doit être peu développée et les conduits souterrains localisés selon les grands axes de drainage (synclinaux) et surtout les accidents tecto- niques, ce qui rend très aléatoire toute recherche par forage dans la masse des calcaires.

Villafranchien et Quaternaire

Les calcaires lacustres qui s'étendent sur les calcaires de l'Adoudounien (NW du Kerdous par

EAU

DU

MAROC

exemple) ne renferment pas de nappe car les percolations d'eau de pluie les traversent et gagnent les calcaires adoudouniens. Ces calcaires lacustres ne sont aquifères que dans les plaines de bordure du massif, lorsqu'ils drainent l'Adoudounien (plaines de Tiznit et de Goulimine).

Les alluvions récentes jouent évidemment un rôle considérable dans les grandes vallées où elles servent de réservoir-relai aux eaux des formations calcaires. Elles sont toujours aquifères quand elles se situent sur des formations imperméables et sont suffisamment épaisses. L'eau est alors aisément accessible et les populations sont implantées à ces endroits, exploitant les nappes par drains souterrains (rhettaras) et puits. Il est vraisemblable que dans ces vallées, l'eau des sous- écoulements provient davantage des résurgences depuis les calcaires plutôt que des infiltrations d'eau de crue.

QUALITE CHIMIQUE DES EAUX

Dans l'ensemble de la zone axiale de l'Anti- Atlas, terrains précambriens et calcaires, il ne se pose en général aucun problème de qualité chimique des eaux. Les eaux salées ou anormalement minéralisées sont exceptionnelles. C'est le long du littoral que se rencontrent les eaux les plus chargées (secteur d'Ifni notamment) ; il faut y voir là, en plus des concentra- tions normalement plus élevées dans les cours inférieurs oueds, l'influence des embruns salés car la nébulosité est fréquente dans ce secteur.

Toutes les eaux des calcaires adoudouniens et géorgiens ont un faciès bicarbonaté calco-magnésien assez riche en sulfates (fig. 110). Les résidus secs sont généralement plus faibles sur le versant nord (0,3 à 0,6 g/1) que sur le versant sud (0,6 à 1,6 g/1). Les températures de ces eaux aux principales sources sont toujours comprises entre 22 et 25° C assez constantes dans l'année.

Les eaux du Précambrien sont encore de meilleure qualité. Les faciès chimiques, plus variables en raison des natures différentes des réservoirs, présentent toutefois une dominante bicarbonatée calco- magnésienne, plus ou moins sulfatée (fig. 109). Les résidus secs se tiennent entre 0,3 et 0,7 g/1 et les températures demeurent inférieures à 20° C, subissant de fortes variations annuelles.

Les eaux des sous-écoulements qui se tiennent dans les alluvions récentes héritent bien entendu des faciès précédents. Les eaux les plus salées du domaine se situent dans les calcaires lacustres de la cuvette des Zenaga (2 g/1 de résidu sec - faciès chloruré sodique) en raison de l'évaporation qui affecte la nappe phréatique peu profonde.

MASSIF ANTI-ATLASIQUE D'après H. SCHOELLER DIAGRAMME D'ANALYSE DE L' EAU 1/? Rés. sec et E.
MASSIF
ANTI-ATLASIQUE
D'après H. SCHOELLER
DIAGRAMME D'ANALYSE DE L' EAU
1/?
Rés. sec
et E. BERKALOFF
à 25°C
Teneurs en mg/l
Figuré
n° IRE
à 180° C
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pH
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_
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100
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CO
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3
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( CO
HCO
)
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3
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1 000
1 000
-
NO
3
1 000
1 000
1 000
1 000
milliéquivalents
10
10
100
100
100
100
100
100
100
1
1
10
10
10
10
10
10
10
0.1
0.1
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milliéquivalents

255

Fig. 110 — Représentation sur diagrammes logarithmiques de la composition d'eaux des calcaires adoudouniens et géorgiens de l'Anti-Atlas :

sur le versant nord, Aïn Berguen = 6/71 et Aïn Amouslek = 1305/70 - sur le versant sud, Afella Irhir = 78/79, Aïn Imi N'Tit = 149/79, Targa Tamghart = 19/80 - dans le bas Drâ, Aïn Tiglite = 21/91. Une source thermale enfin, Abeïno = 57/88.

ETAT DES CONNAISSANCES QUANTITATIVES SUR LES RESSOURCES EN EAU SOUTERRAINE

Bien que désormais assez bien prospectée, la zone axiale de l'Anti-Atlas ne permet pas de se livrer à des calculs de bilan souterrain qui n'auraient d'ailleurs

aucun sens en raison des irrégularités de l'alimentation des nappes par la pluie. On connaît bien les zones aquifères et quelques mesures ont été réalisées sur les débits des principales résurgences et des gros ouvrages de captage (rhettara), mais ceci à des époques différentes, alors que ces débits varient considérable-

256

RESSOURCES

EN

ment en fonction de la pluviosité des années antérieures. On ne peut donc faire mieux que de tenter une évaluation des volumes régularisés par les aquifères souterrains de ce bassin hydrogéologique.

Adoudounien et Géorgien

Flanc nord de l'Anti-Atlas

Entre l'oued Massa à l'W et le Siroua à l’E, les résurgences ne sont pas très nombreuses, mais

certaines, regroupées, ont de forts débits : celles de l'oued Amaghous affluent du Massa débitent 500 1/s, celles de l'oued Immerguène affluent du haut Souss :

500 1/s en moyenne interannuelle. Viennent ensuite

les résurgences en bordure de la plaine du Souss :

170 1/s pour le groupe situé au S de Taroudant (Tidsi,

Tiouaïnane, Tazzemourt, Tiout), 190 1/s le long de l'oued Arhène au SE de Taroudant. S'ajoutent aux résurgences les alimentations souterraines par abou- chements directs à la nappe de la plaine du Souss, soit

1 100 1/s sur la bordure méridionale de la plaine.

Au total, les calcaires du flanc nord de la zone axiale débitent environ 2500 1/s.

Flancs ouest et sud-ouest Entre les massifs précambriens d'Ifni et du

Kerdous se situent les résurgences de bordure de la plaine de Tiznit : 300 1/s et celles bordant le bassin du Seyad-Noun : oued Ifrane (100 1/s), Abeïno (10 1/s),

Timoulay (45 1/s), Anameur (40 1/s), etc

220 1/s. Il s'y ajoute celles du jbel Guir et tous les

écoulements souterrains drainés par les calcaires lacustres des plaines de Tiznit et Goulimine dont l'existence est démontrée, les débits étant évalués très

grossièrement à 400 1/s pour Tiznit et 500 1/s pour Goulimine.

Flanc sud, du bassin du Seyad à celui du Dra (Bani)

Dans la partie centrale, les calcaires ont une large extension et des résurgences importantes apparaissent en dépit de la faible pluviosité qui les alimente (Tagmoute 100 1/s - oued Tamanart 130 1/s, etc.). Les débits souterrains parvenant aux foums du Bani, soit 2 170 1/s (cf. chapitre Bas- Drâ — Bani) devraient être majorés des débits utilisés pour l'irrigation dans les vallées de l'amont pour fournir le total de l'eau produite par les calcaires ; malheureuse- ment, les utilisations sont inconnues. On admettra alors, compte tenu des débits des exutoires dans les vallées, une production par les calcaires de l'ordre de

totalisant

2 500 1/s.

Bordures des massifs du Tifernine, d'El-Graara, du Sarhro et de l'Ougnate

Dans ce secteur, les formations calcaires dimi- nuent considérablement d'épaisseur, les calcaires inférieurs de l'Adoudounien disparaissant même. Les sources issues des calcaires sont peu nombreuses et de

EAU

DU

MAROC

faible débit, situées surtout autour des boutonnières des Zenaga (40 1/s) et d'El-Graara (15 1/s); les sous- écoulements existent, alimentant de petites palmeraies, mais sont quantitativement inconnus. On admettra un total de 300 1/s pour ce secteur.

Le récapitulatif des débits issus des calcaires de la zone axiale de l'Anti-Atlas est le suivant : flanc nord : 2 500 1/s flancs ouest et sud-ouest : 1 420 1/s flanc sud : 2 500 1/s Anti-Atlas oriental : 300 1/s soit un total d'environ 6 700 1/s dont une faible part est exploitée dans la zone axiale elle-même.

Précambrien

Il est extrêmement difficile de se faire une idée des débits disponibles dans les boutonnières précam- briennes qui, rappelons-le sont relativement très exploitées. De fait, seules les boutonnières de l'Anti- Atlas occidental ont jusqu'à présent fait l'objet d'inventaires détaillés comportant des enquêtes sur l'utilisation de l'eau (Durozoy, 1974). Dans ces boutonnières, les captages : sources et surtout puits sont très nombreux, chaque ouvrage produisant peu en général.

Dans le massif Précambrien d'Ifni existent en 1973: 8 sources (3 1/s pour la plus importante à Mirleft) et 760 puits dont 200 au moins équipés de pompes à moteurs. L'exhaure est estimée à 63 1/s fictifs continus et 40 1/s se perdent en mer dans le seul bassin de l'oued Ifni. Ce massif produirait ainsi plus de 1001/s ; les ressources souterraines ont été chiffrées à 3 % de la pluie moyenne annuelle dans les granites et migmatites et 2 % de la pluie moyenne annuelle dans les roches éruptives.

Dans le massif du Kerdous (2 670 km2 de Précambrien) existent en 1973 : 142 sources (120 1/s au total), 7 émergences de sous-écoulements (45 1/s) et 3 300 puits dont 900 équipés de pompes à moteur (45 1/s). Ce massif serait ainsi exploité pour 210 l/s environ et les ressources en eau souterraine sont chiffrées en pourcentages de la pluie moyenne annuelle à 4 % dans les affleurements de quartzites, 1 96 dans les granites, 2 % dans les roches éruptives, moins de 1 % dans les schistes et conglomérats.

Sur le flanc septentrional de l'Anti-Atlas d'autres bassins ont été inventoriés en détail. Le bassin de l'assif Arhène comporte une grande part du massif d'Irherm et 355 km2 de Précambrien essentiellement sous forme de conglomérats laviques ; les exploitations d'eau atteignent 45 1/s sous forme de 50 sources de faible débit (40 1/s) et 200 puits dont 70 équipés de moyens d'exhaure (5 1/s). Dans les bassins des oueds Sdass et N'Ouadig drainant le massif des Ida-ou- Zedoute (quartzites surtout, migmatites, conglomérats et schistes), 25 1/s sont exploités dans le Précambrien.

MASSIF

ANTI-ATLASIQUE

257

De même 20 1/s sont exploités dans les mêmes formations du bassin de l'oued Aouerga.

Compte tenu de ces données sur la zone occidentale, on peut estimer les exploitations actuelles dans l'ensemble du Précambrien de la chaîne autour de

600 à 700 1/s et les ressources exploitables à quelque

1 000 1/s.

Au total, les ressources en eau souterraine de

l'Anti-Atlas seraient donc de l'ordre de 7 700 1/s

fictifs continus pour 42 000 km2 (soit 0,18

1/s/

km2), réparties comme suit, compte tenu de la distribution de la pluie et des réservoirs. Précambrien :

quartzites : 0,5 l/s/km2 - roches éruptives et conglo- mérats : 0,15 l/s/km2 - granites et migmatites :

0,09 l/s/km2 - schistes : 0,03 l/s/km2. Calcaires :

0,4 l/s/km2 pour les bassins méridionaux et 0,6 à 1,0 l/s/km2 pour les bassins septentrionaux et occidentaux mieux arrosés. Une grande partie de ces ressources est utilisée à la périphérie de la zone axiale (plaines du Souss, de Tiznit et de Goulimine - Bas Drâ et Bani).

Aménagement des eaux

AMENAGEMENTS

TRADITIONNELS Les sources

des sources à débit notable (jusqu'à 20 1/s dans le jbel Lkst, vallée des Ameln).

Les rhettaras

Ces drains souterrains de conception ancienne sont très répandus dans l'Anti-Atlas où l'on en dénombre plus de 200. Ils sont habituellement implantés au niveau d'anciennes sources dont le débit naturel diminuait au cours des temps ce qui a nécessité, afin de le maintenir, des travaux de creusement souterrain pour pénétrer dans la nappe à une côte plus basse ; au cours des temps, les galeries n'ont cessé de s'allonger, dépassant fréquemment le millier de mètres. On ne creuse plus guère de rhettara nouvelle actuellement, car ce travail est considérable, mais on entretient les galeries existantes en les curant régulièrement ; en effet les galeries ne sont générale- ment pas revêtues et s'éboulent. Pour pouvoir accéder aux galeries et y travailler, des puits régulièrement espacés jalonnent le drain. Les rhettaras produisent des débits pérennes d'importance variable, de la fraction de 1/s à quelques dizaines de 1/s ; ces débits varient avec le niveau des nappes et sont par conséquent maxima après les périodes de recharge. De tels ouvrages ont l'inconvé- nient de rabattre les nappes sans possibilité de modulation en fonction des besoins, donc sans utiliser au mieux les réserves, mais ont par contre l'avantage de produire de l'eau gravitaire sans besoin d'énergie. On a depuis longtemps songé à les remplacer par des stations de pompage collectives qui, captant toute la hauteur de l'aquifère, éliminant les réinfiltrations dans les parties adductrices des galeries et permettant de moduler les réserves souterraines, auraient fourni les débits supérieurs susceptibles d'étendre les irriga- tions ; sur le plan pratique, une telle substitution se heurte à des obstacles majeurs à savoir : paiement de l'énergie et garantie de fonctionnement (longues interruptions lors de pannes des pompes ou des moteurs - entretien non assuré par du personnel qualifié). Les puits Les puits sont évidemment très nombreux dans ces régions, creusés par les particuliers pour leurs propres besoins. Jusque vers 1960, le puisage

Les sources et résurgences de sous-écoulement sont assez nombreuses, notamment au N et au NW et toujours utilisées. Les sources les plus importantes proviennent évidemment de dégorgements des calcai- res infracambriens et géorgiens en des points bas topographiques (fonds de vallées) ; ce sont en particulier les sources de Souk-el-Arba des Aït- Ahmed, dans la vallée du Massa (3 émergences totalisant de 300 à 600 1/s, cf. chapitre plaine de Tiznit), celles des principaux oueds du Bani, celles

bordant la plaine de Goulimine—Bou-Izakarn, etc. Très souvent les sources ne sont pas individualisées et débitent dans le sous-écoulement d'un oued d'où elles résurgent au niveau d'un seuil géologique (vallée de l'Immerguène, vallées des oueds Arrhène et Bergen sur le flanc nord du massif) ; les sous-écoulements peuvent alors véhiculer des débits importants : 220 à

260 1/s pour l'Immerguène au seuil de la route Agadir-

Ouarzazate (station de jaugeage). Ces eaux sont captées par les populations grâce à des barrages de prise sommaires et fusibles sur les lits mineurs des oueds, ouvrages dérivant les eaux dans les Séguias en terre qui les acheminent par gravité vers les champs à irriguer ; les pertes d'eau sont importantes au cours du transport et de la submersion des champs pendant l'irrigation, mais une grande part se réinfiltre et rejoint le sous-écoulement principal pour être captée à nouveau à la prise suivante. Les populations de l'Anti-

Atlas maîtrisent parfaitement et de longue date ces techniques simples de captage et il faut prendre garde, en imperméabilisant certaines Séguias, de ne pas détruire de fragiles équilibres de répartition de l'eau entre l'amont et l'aval d'un même bassin.

A titre indicatif, on peut noter que plus de 50 sources (débits unitaires entre 0,1 et 25 1/s) ont été inventoriées dans la vallée de l'Immerguène (El Hebil,

1972).

Les sources sont généralement nombreuses mais de faible débit dans les formations précambriennes, notamment dans les roches métamorphiques et volcaniques ; seuls les massifs de quartzites donnent

258

RESSOURCES

EN

s'effectuait manuellement ou par traction animale, servant essentiellement à fournir l'eau potable, plus rarement à une irrigation de complément. Depuis, les pompes mécaniques se sont considérablement déve- loppées (cf. ci-après). En ces régions, les puits traditionnels sont peu profonds, rarement cuvelés et ne pénètrent pas les formations dures et compactes.

AMENAGEMENTS MODERNES

Barrages d'accumulation

Trois grands barrages d'accumulation existent en 1974 dans le domaine de l'Anti-Atlas : Youssef-Ben- Tachfine sur l'oued Massa au site de Tankist (en bordure ouest du massif), Mansour-Eddahbi au S de Ouarzazate sur l'oued Drâ au site de Zaouia N'Ourbaz et le barrage de Taghdout sur l'oued Amara au N de Tazenakht, au centre du massif. Aucun autre ouvrage d'accumulation n'est envisagé dans ce secteur. Le barrage de Taghdout est situé sur l'oued . Amara, affluent de l'oued N'Aït-Douchène qui se jette dans l'oued Ouarzazate. Les caractéristiques du bassin à Taghdout sont les suivantes : superficie 302 km2, altitude du site 1 470 m, altitude maximale du bassin 3 304 m (jbel Siroua) ; le bassin est de forme triangulaire, long de 30 km et large de 16 au maximum, constitué essentiellement par des roches volcaniques reposant sur des granites. Le barrage achevé en 1956 est une voûte mince et étroite haute de 27,5 m au-dessus des fondations, longue de 21,8 m, barrant une gorge taillée dans des quartzites précam- briens ; sous l'ouvrage, on retrouve les quartzites sous une douzaine de mètres d'alluvions. Le volume total de la retenue est de 4,7.10 6 m3 et permettrait de régulariser près de 6.10 6 m3/an si les apports étaient réguliers ; de fait, les apports sont mal connus, aucune mesure n'ayant jamais été effectués et ils ont été estimés entre 2.10 6 m3/an (année sèche), 6 à 11 . 1 0 6m3/an (année moyenne) et 20 à 25.10 6 m3/an (année humide). La crue d'ordre centennal serait de l'ordre de 75 m3/s, dimension du déversoir. Depuis sa mise en service, ce barrage est mal exploité, ne régularisant que 2,4.10 6 m3/an en moyenne, les autres apports étant perdus par évapora- tion ou par déversement au-dessus de la crête de l'ouvrage ; cependant ces déversés (3 à 5 mois par an, de novembre à mars, en périodes d'hydraulicité moyenne ou forte) s'infiltrent à l'aval de l'ouvrage dans le lit de l'oued et sont repris par des rhettaras et un barrage souterrain au niveau des périmètres de Tazenakht. Il est à noter qu'avant la construction du barrage, l'oued Amara fournissait 40 1/s pérennes à partir de résurgences du sous-écoulement en amont de la gorge (35 ha irrigués) et 10 1/s par une rhettara implantée dans la gorge même.

Les eaux retenues servent à l'irrigation d'un périmètre de 200 ha situé sur les basses terrasses de l'oued, principalement en rive_gauche et comportant de

EAU

DU

MAROC

l'arboriculture (amandiers) et des cultures assolées (mais et céréales surtout, luzerne, maraîchage) pour une dotation en eau à la parcelle de 15 000 m3/ha/ an, chiffre très élevé.

Des propositions de mise en valeur ont été introduites (SOMET, 1971), montrant que l'on pouvait porter le périmètre à 500 ha en surélevant le barrage et en l'exploitant par une régularisation annuelle. Cependant, le fait que les terres de la zone d'extension soient médiocres et les incidences sur les périmètres de Tazenakht d'une plus grande mobilisation de l'eau à l'amont, ont conduit l'Etat à renoncer à ce projet.

Cet exemple de réalisation en zone aride est intéressant sur le plan méthodologique ; un barrage d'accumulation de réalisation facile, dans un site exceptionnel, ne peut garantir annuellement qu'une faible part (de l'ordre de 30 %) des apports de l'oued en raison de la nécessité d'effectuer une régularisation interannuelle qui occasionne d'importantes pertes par évaporation. Il est certain qu'une gestion sophistiquée du réservoir permettrait d'accroître les débits régulari- sés, mais celle-ci demande une technicité qui n'est pas disponible en de tels endroits. Dans ces conditions, l'investissement consenti est trop élevé pour les résultats obtenus et d'autres moyens de captage doivent être recherchés, à un coût inférieur.

Le barrage Mansour-Eddahbi au site de Zaouia N'Ôurbaz sur l'oued Drâ à son entrée dans le domaine, vers le nord, est un grand barrage d'accumulation retenant les eaux venant du Haut Atlas et du flanc septentrional de l'Anti-Atlas (15 000 km2 de bassin versant). L'ouvrage, d'une capacité de retenue de 560 millions de m3 est décrit en détail dans le chapitre ; vallée moyenne du Drâ ; il sert en effet à l'irrigation des palmeraies de cette vallée. Le barrage a été terminé en 1972 et une usine électrique y est associée. • Le barrage Youssef-ben-Tachfine au site de Tankist, sur l'oued Massa, se situe à la bordure NW de l'Anti-Atlas et retient les eaux d'un bassin versant de 3 784 km2 situé entièrement dans ce domaine. L'ouvrage est une digue souple en enrochements avec noyau vertical d'argile, sur un site hétérogène constitué d'alternances de quartzites et de schistes en disposition synclinale. L'ouvrage est posé au cœur du synclinal, très tectonisé mais plus homogène (pélites entre deux bancs de quartzites). Les apports moyens annuels du bassin versant sont de 160 Mm3, avec une très grande irrégularité ( 1 6 à 420 Mm3/an), ce qui contraint à constituer une vaste retenue, capable de réaliser une régularisation interannuelle. L'ouvrage, haut de 80 m au-dessus de la fondation et de 67 m au- dessus du lit, est long de 670 m en crête.

La capacité utile de la retenue est 290.10 6 m3 pour une capacité totale de 310 .10 6 m3 ; le débit

MASSIF

ANTI-ATLASIQUE

259

régularisé garanti n'est que de 90.10 6 m3/an desti- nés à l'irrigation de 19 500 ha nouveaux: dans la plaine des Chtouka au S d'Agadir et dans la basse vallée du Massa (Tassila : 1 200 ha). L'ouvrage a été mis en service en 1 972.

Barrages de prises, de dérivation de crues et barrages souterrains

Aucun ouvrage moderne de prise en oued ou de dérivation de crues ne peut être cité dans l'Anti-Atlas, bien que ce type de captage des crues y soit répandu ; tous les ouvrages sont traditionnels, fusibles et précaires, emportés pratiquement à chaque crue. On ne trouve d'ouvrages permanents de ce type que dans les foums du Bani, à l'extrémité méridionale de la chaîne ; ils sont alors soit en béton (Foum Addis et Foum Akka aval), soit en maçonnerie ( 1 7 ouvrages dont 4 détruits), soit en gabions (4 ouvrages, tous détruits). La rareté des crues et leur violence rend la stabilité de ces ouvrages précaires si les moyens nécessaires en fondations et ancrages ne sont pas consentis lors de l'exécution.

Les barrages souterrains ou barrages de sous- écoulement ont eu une certaine vogue dans ces régions vers les années 1940-50. Beaucoup ont été étudiés à l'époque, mais peu ont finalement été réalisés ; parmi ces derniers on citera les ouvrages de Tazenakht et du petit Massa et quelques barrages de dérivation des crues dans les foums du Bani qui jouent-également un rôle semblable (Akka - Rehala - Foum-el-Hassane - Ksabi).

Le barrage souterrain du « petit Massa » situé à l'aval de Tankist, près de la route Agadir - Tiznit, a été construit en 1951-52. L'oued est large de 90 m et tapissé de 2 à 3 m d'alluvions reposant sur des quartzites. Les alluvions ont été ôtées grâce au havage, jusqu'au substratum, de caissons en béton par l'intérieur ; puis les caissons ont été surélevés par de la maçonnerie ancrée également sur les berges ; l'ouvrage a été plusieurs fois endommagé par de fortes crues. Initialement, il existait une prise haute au niveau de l'oued et une prise basse vannée pour exploiter la réserve d'eau contenue dans les alluvions ; un rapport de 1963 signalait que la prise basse ne fonctionnait plus depuis longtemps. Ainsi, l'ouvrage n'est-il qu'un moyen de captage du sous-écoulement, sans possibilité de jouer sur les réserves emmagasi- nées. Il dérive 250 à 350 1/s vers un périmètre irrigué de 500 ha (Tassila).

Le barrage souterrain de Tazenakht, construit en 1948 sur l'oued Amara en aval de Taghdout, est long de 20 m, large de 1 m et haut de 12 m ; il est construit en maçonnerie, traversant les alluvions pour s'ancrer sur le substratum granitique. Là encore, la prise basse d'irrigation fut rapidement bouchée et l'on se contente

d'exploiter la prise haute : débits superficiels et sommet du sous-écoulement (soit 10 à 20 1/s). Depuis 1965, un puits est exploité dans la retenue souterraine pour l'alimentation en eau potable de Tazenakht et le débit de la prise haute a ainsi considérablement chuté en étiage.

Pompages

Les pompages mécaniques par moteurs à pétrole, mazout ou essence se sont considérablement dévelop- pés en dix ans ( 1 964-1 974). En 1964, J.P. Durocher notait la présence de quelques pompes seulement, alors que G. Durozoy (1974) en dénombre plusieurs centaines dans la partie occidentale de l'Anti-Atlas et que l'évolution est semblable dans la partie orientale (plaine de Tazenakht en particulier). On a pensé pendant un temps promouvoir la création de stations de pompage collectives pour l'irrigation dans certains foums du Bani où d'importants débits unitaires pouvaient être exhaurés par pompage (30 à 50 1/s) ; les répercussions sur les débits des rhettaras existantes, vu le système complexe des droits d'eau et la substitution d'une eau gravitaire par une eau pompée, donc payante, n'ont pas permis jusqu'à présent d'aller plus avant dans ces projets. Certains particuliers pompent cependant de petits débits dans les foums, à l'amont où à l'aval également, irrigant ainsi de nouvelles terres non dominées par les Séguias traditionnelles ; les débits exhaurés demeurent modes- tes et sans trop d'influence sur les rhettaras tant que ces pompages ne se multiplieront pas:

Les plus importantes installations de pompage alimentent des centres miniers pour 10 à 20 1/s (Bou- Azzer—Tazalarth) et des centres urbains (Ifni- Tazenakht).

ALIMENTATIONS EN EAU POTABLE

Les populations rurales consomment l'eau des puits dans les zones où existent des nappes et plus généralement l'eau des Séguias d'irrigation provenant de sources, d'oueds ou de rhettaras. Seules les petites agglomérations possèdent des adductions et en ce cas d'importants problèmes se posent toujours pour mobiliser les ressources en eau nécessaires.

Sidi-Ifni (13 600 habitants en 1 9 7 1 ) dispose de captages par pompages dans des puits traversant le sous-écoulement de l'oued Ifni. Un débit de 10 1/s d'une eau assez saumâtre (2,5 g/1 de résidu sec) est produit par ces ouvrages et l'on tente d'améliorer les captages par approfondissement des puits et creuse- ment de galeries car aucune autre ressource n'est disponible à proximité de l'agglomération. Si l'im- plantation d'un complexe touristique en cette région se confirmait, une adduction lointaine s'avérerait proba- blement nécessaire.

260

RESSOURCES

EN

Tafraoute (1 000 habitants en 1971) dispose d'une fraction de 1/s à partir d'une petite source. On a envisagé de récupérer 1 à 2 1/s sur une des sources importantes de la proche vallée des Ameln (70 1/s débités par la totalité des sources), mais ceci se heurte à d'insurmontables problèmes de droits d'eau. Des puits ont alors été creusés dans la vallée des Ameln pour tenter de produire le débit recherché.

Tazenakhi (750 habitants en 1971) est alimenté par un puits implanté dans la retenue d'un petit barrage souterrain sur l'oued Amara, puits qui fournit 3 1/s mais nuit aux prélèvements à usage agricole au niveau du barrage.

ORIENTATION DES RECHERCHES POUR DE NOUVEAUX AMENAGEMENTS

En ce qui concerne les eaux superficielles (crues), les barrages de prises pourraient être multipliés, car ceux qui existent ont montré leur efficacité. Cependant il s'agit toujours d'ouvrages difficiles à réaliser car il leur faut supporter des pointes de crues importantes. Afin que de tels ouvrages puissent être raisonnable- ment projetés, il faut disposer de mesures hydrolo- giques sur les crues. La Division des Ressources en Eau doit implanter un réseau de mesures entre. 1975, et 1977 sur certains oueds choisis comme représentatifs de la région. Ces eaux ainsi dérivées devraient permettre un accroissement des superficies de céréales cultivées sans irrigation, sur zones d'épandage, mais

EAU

DU

MAROC

permettraient également d'accroître la recharge natu- relle des nappes souterraines.

Pour les eaux souterraines, certaines améliora- tions sont possibles immédiatement, telles le béton- nage des parties adductrices des rhettaras pour éviter les réinfiltrations. En dehors de cela, toute interven- tion doit être étudiée dans le cadre des équilibres amont-aval des différents bassins versants, y compris les bétonnages de Séguias d'irrigation. D'importantes recherches systématiques par sondages de reconnais- sance à l'air (formations homogènes et consolidées) ou par puits (formations meubles) sont actuellement projetées afin de mobiliser des eaux souterraines hors des lieux de captage traditionnels que sont les foums, car en ces lieux la complexité du régime des droits d'eau interdit toute intervention ; dans ces recherches, on s'oriente principalement vers la satisfaction de besoins en eau alimentaire (hommes et troupeaux) afin d'étendre les pâturages. On a délimité les zones sans eau souterraine où l'Etat pourra développer un programme de construction de citernes enterrées. On cherchera également à étendre les irrigations par pompage à l'aval des foums, là où le solde non utilisé des eaux de l'Anti-Atlas est définitivement perdu. Enfin on peut espérer qu'un jour, le niveau de technicité des populations ayant augmenté, on pourra accroître les mobilisations d'eau souterraine pour l'irrigation grâce à la substitution des rhettaras par des stations de pompage.

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