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Histoire de la Chanson Anglophone

Les années 40
On assiste à un exode massif d'Afro-américains quittant le sud des
Etats Unis et son commerce triangulaire qui avait auparavant réduits leurs
ancêtres à l'esclavage.
En effet, à la fin du XIXe siècle, les esclaves sont affranchis et des terres
comme la Louisiane (terre française dont le nom renvoie au roi Louis XIV)
leur sont offertes. Les générations futures vendent ces terres et partent
pour le nord des Etats Unis, notamment en direction de New York et de
Chicago, villes industrielles dans lesquelles ils espèrent trouver un travail
décent. Ainsi, cette population noire américaine débarque dans ces villes
avec leur musique blues, héritière directe du gospel et du negro spiritual.

NB : Le Negro Spiritual, chanté à 4 voix (de préférence a capella, en


référence au work songs), est fondé sur l'Ancien Testament, contrairement
au Gospel, qui lui s'interprète d'une manière plus unifiée et instrumentale,
et qui lui, est fondé sur le Nouveau Testament.

A ce blues va s'ajouter par la suite une guitare électrique qui se rapproche


des sons urbains, et un rythme plus marqué : c'est la naissance du Rythm
N' Blues.

Les années 50
A cette époque l'accent est mis sur le divertissement (cinéma,
concerts, disques...), probablement dû à une volonté d'oublier l'horreur
des guerres mondiales des décennies précédentes. La musique américaine
de l'époque est proprette et bien pensante (Frank Sinatra, Doris Day,
Crosby...). Les jeunes, quant à eux, écoutent du Rythm N' Blues de plus en
plus électrique, et à caractère de plus en plus sexuel. Les maisons de
disques comprennent très vite le profit qu'elles peuvent en tirer et le
premier enregistrement de Chuck Berry voit le jour.
Pratiquement au même moment, le terme de Rock N' Roll apparaît, avec
un double sens amenant à une allusion purement sexuelle ("balancer et
rouler"). A partir de 1955, le Rock N' Roll (et ses variantes telles que le
Swing, le Boogie-woogie, le Doo-wop...) déferle en Europe.
D'autre part, la musique Country apparaît, musique dite "blanche" (car la
ségrégation raciale est toujours bien présente), mais qui, étrangement,
puise son inspiration dans le Rhythm N' Blues. Elle s'y inspirera tant et si
bien que les deux genres vont fusionner pour donner naissance au
Rockabilly (Elvis Presley, Jerry Lee Lewis...).
Les Afro-américains, eux, restent rattachés à leur Rhythm N' Blues, qui est
vu comme une musique de détraqués. Des groupuscules tentent même de
la censurer, et à la fin des années 50, les puristes blancs parviennent à
mettre un terme au Rockabilly, pour laisser à nouveau place à la Country.
La toute fin des années 50 est marquée par de nombreux scandales liés à
des histoires de drogue, de meurtres et de mœurs. Des chanteurs
beaucoup plus consensuels sont replacés sur le devant de la scène,
réinterprétant des titres issus des mouvements décriés d'une manière bien
plus sage.

Les années 60
En réaction face à cette politesse musicale s'élève la vague de la
musique dite contestataire ou musique Folk (moquée en France par des
interprètes tels que Boris Vian ou Henri Salvador). En outre, le président J.F
Kennedy veut revoir les bases de la société et la refonder sur un système
d'égalité plutôt que sur l'argent : les années hippies débarquent.
Londres, malgré un taux de chômage et de précarité affolant
(conséquence directe du baby-boom) devient la capitale du design et de la
photographie, et surtout, voit apparaître 4 garçons dans le vent : Les
Beatles, dont le style est considéré comme Rock, parallèlement aux Rolling
Stones, qui eux, centrent leur musique sur le Rhythm N' Blues.
En 1969, un évènement musical grandiose a lieu : Woodstock, festival
incommensurable de 3 jours qui a compté plus de 300 000 participants et
qui a rassemblé les plus grandes têtes d'affiche de l'époque (The Doors,
Janis Joplin, Joe Cocker, Jimi Hendrix, The Who...). L'évènement à
dominance Folk dénonce les drames de l'année précédente (assassinat de
Martin Luther King, guerre du Viêt-Nam).
L'époque est également marquée par l'apparition de nouvelles drogues et
des morts qui vont avec.

Les années 70
1970 débute avec la séparation des Beatles et l'apparition de
Motown, une maison de disques réservée aux chanteurs noirs américains
(Marvin Gaye, Stevie Wonder, Diana Ross, les Jackson 5...). La France
connaît Johnny Hallyday, Salut Les Copains et Les Chats Sauvages, avant
de basculer vers les années Yéyé avec France Gall et Claude François, mais
aussi Jacques Dutronc et Nino Ferrer (Rhythm N' Blues), Hugues Auffray et
Antoine (Folk), et enfin Michel Polnareff (Folk Rock).
Aux Etats Unis et en Europe, le choc pétrolier de 1973 a laissé des dégâts
considérables : le taux de chômage est élevé et l'on assiste à la bruyante
entrée en scène du Hard Rock (Led Zeppelin, Deep Purple), un genre
toujours enraciné dans le Rhythm N' Blues, dont les textes machistes et
révoltés sont hurlés, et dont les guitares allègrement saturées donnent
naissance aux premiers guitar heroes. D'autre groupes issus de ce genre
se révèlent : Scorpions en Allemagne, AC/DC en Australie, Trust en France,
mais aussi Queen, Aerosmith...
Par la suite, le Heavy Metal va finalement s'échapper du Rhythm N' Blues
en accordant sa guitare un peu en dessous pour donner un côté dissonant.
S'y adjoignent les avancées technologiques (synthétiseurs, boucles,
pédale d'effet...) et un intérêt à nouveau porté sur le jazz et la musique
classique (Pink Floyd, Genesis...).
Les années 70 sont frappées d'une véritable éclosion musicale ; une
multitude de groupes natifs du métissage des genres se manifestent : The
Eagles, avec Hotel California (Country Rock), James Brown (Funk), Santana
(Jazz Fusion, mélange du Rhythm N' Blues et de la Musique Latine), Miles
Davis (Jazz Rock), Elton John (qui ouvre l'ère de la pop music), David
Bowie, T-Rex et Alice Cooper (Glam-Rock), Bob Marley (avec l'avènement
du reggae).

 Exodus - Bob Marley

S'ensuivent également le Punk (The Clash, The Sex Pistols), courant assez
éphémère qui s'étend de 1975 à 1977, et la New Wave (The Cure,
Costello).

 Drug Stabbing Time - The Clash


 Killing an Arab - The Cure

A la fin des années 70, le Rock et le Reggae fusionnent (The Police, UB40),
et l'on commence à rentrer dans l'ère de l'enregistrement numérique.

 One World - The Police

Les années 80
Les années 80 sont marquées par le chômage florissant et l'arrivée
du sida (conséquence directe de la libération sexuelle qui a lieu ces
années là). Les valeurs de la société commencent à changer, notamment
avec le culte de l'argent et de l'image que l'on donne de soi. En 1986 a
lieu, entre autre, la chute du mur de Berlin.
On assiste à l'émergence d'une nouvelle technique instrumentale :
l'électronique. En découlent les samplers, boites à rythme (avec les limites
que présentent ces techniques), qui font la vie dure aux "vrais" musiciens,
puisque l'on en a de moins en moins besoin. Le rock essaie de survivre
tant qu'il peut dans cette époque. La musique populaire du moment
fonctionne plus sur l'image que sur sa propre qualité : les premiers clips
vidéos font leur apparition sur MTV (dont Thriller de Michael Jackson en
1986), et à ce moment là, la musique n'est plus seulement de la musique,
mais tout un univers avec son style bien étudié (ex : Boy Georges).

 Don't go - Yazoo

Le Heavy Metal, rebelle et caricatural, naît à son tour, revendiquant


son mauvais goût (Guns & Roses, Motorhead...), et se décline par la suite
en plusieurs catégories : Dark Metal, Black Metal, Trash Metal, Speed
Metal... En Irlande, U2 reste le seul groupe rock qui parvient à tenir tête à
l'electro.
C'est aussi à cette période que la New Wave entre en scène,
principalement incarnée par The Cure (dont Robert Smith) et The Smiths
(dont Mauricet) et qui vont petit à petit rentrer dans la musique
électronique. Aussi appelée Technopop dansante, elle prend rapidement le
dessus, avec des groupes comme Depeche Mode, Yazoo, The Pet Shop
Boys, Duran Duran, Spandav Balet).

 It's a sing - The Pet Shop Boys


Le rap débarque aux USA, déjà annoncé par la dub, venue des DJ
jamaïcains. Rap signifie "proférer" en anglais, c'est un style sorti des
ghettos américains, et dont les textes portent sur le racisme et la pauvreté
(avant qu'il soit pris d'assaut en France par des petites précieuses ridicules
et commerciales qui vendent daubes sur daubes). Avec le rap arrive les
techniques du Break Beat et du Scratching, qui donnent naissance à la
mouvance Hip-hop, lancée par Sidney.
D'autre part, dans ces années là, la musique electro (synonyme
d'homosexualité et de sexualité débridée aux USA), est jetée hors de
l'Amérique. Un retour au folk rock se fait sentir, avec R.E.M, Bruce
Springsteen et ZZ Top. Là dedans, un artiste débarque sur la scène
musicale et mélange tous les styles déjà préalablement connus, le funk, le
jazz, le blues, le hip-hop, le rock... Cet artiste se fait appeler Prince.

 Kiss - Prince

Il faut savoir qu'au début des années 80, le Japon inonde le marché
avec ses premiers P-C aux prix abordables. C'est le début des prémisses
du message internet. On commence dès lors à parler de Home Studio et
tout le monde peut déjà commencer à créer des sons synthétiques. La
musique prend alors un autre tournant, elle est faite par des DJ. Le premier
CD de techno sort en 85 (avant les CD s'échangeaient en secret sous les
vestes).

 Hot Butter - Pop Corn 78

Aux USA, le DJ Franckie Knuckles invente le concept de la House, en


même temps qu'un autre DJ new-yorkais, François Kervorkian. Ils
développent cette musique dans les boites gays. Les maisons de disques
se rendent vite compte que ce style sera invendable dans l'Amérique
puritaine. C'est pourquoi ce style fut mis dehors, mais récupéré par
l'Europe (plus précisément l'Angleterre, la France, l'Allemagne et la
Belgique). La House se décline ensuite vers l'Acid House lorsque Knuckles
et Kervorkian rajoutent des sons aux harmoniques acides.
En Angleterre, Margaret Thatcher voit arriver d'un mauvais oeil cette
Acid House, qu'elle assimile aussitôt à de la musique pour drogués. Dès
lors, elle fait passer un décret spécifiant que tous les bars et toutes les
boites fermeront à deux heures du matin (autrement dit, à l'heure où tout
commence dans une soirée). Les jeunes, frustrés, battent alors la
campagne (= to rave en anglais) à la recherche de lieux désaffectés où
organiser de "vraies" soirée : c'est la naissance des rave party.
Evidemment, l'Etat, pour palier à cela, officialise ce type de soirée, qu'il
baptise "free party" : c'est le même principe qu'une rave party mais avec
obligation de la présence d'un médecin et d'un centre médical à côté
(autrement dit, ça enlève tout le fun d'une rave party).
De son côté, le rap poursuit son évolution aux USA. L'extension de
son Musical Instrument Digital Interface (ou MIDI) sort en 1986, et tout le
monde code en conséquence en .midi.
La Techno de Detroit, est lancée en 1988 par Laurent Garnier. C'est
un style uniquement concentré sur le battement et le bruitage (on n'y
trouve aucune mélodie et aucun chant). Elle se développe étrangement en
Allemagne, avec les Kraftwerk.
Depuis 1985, et tout au long de cette période, les BPM (Battement
Par Minute) ne cessent de s'accélérer et prennent des voies très
différentes : on assiste à une effervescence de groupes technoïdes
(Cabaret Voltaire et Depeche Mode en Angleterre, Front 242 en Belgique,
Daf en Allemagne). Un glissement s'opère par la suite vers une techno
plus commerciale : la technopop.
Amusant à noter qu'une seule radio refuse strictement de passer un
seul morceau de techno sur ses ondes : NRJ.

Les années 90
Une tendance des plus remarquable a lieu entre 90 et 91 : la trip-
hop, avec Massive Attack et Portishead. C'est un mélange de hip hop et de
dub (les BPM s'améliorent). La tendance Jungle apparaît enfin, mettant en
avant une alliance entre la batterie et la Marching Bass. Etienne Daho fut
l'un des premiers à expérimenter ce style musical.

 Asian Dub Fondation


 Portishead - Give Me a Reason
 The Chemical Brothers - Galvanise
 Depeche Mode - Art of Pipeline Noise
 Cabaret Voltaire - Drink Your Poison