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Orestie

1 crime (assassinat d’Agamemnon)


2 vengeance (en tuant Egisthe et Cllytemnestre)
3 expiation (Eumenides)

1. ❖ Agamemnon
Le drame commence sous une nuit noire encore. Sur la plus haute terrasse du palais des Atrides, une
sentinelle veille depuis des années : elle attend de voir briller, du côté de la mer Egée, les feux qui
annonceront la chute de Troie et le retour du roi de Mycènes. La sentinelle chantonne, se tait, observe
la position des étoiles et, parfois, se parle à elle-même. Elle déplore à présent le sort de la maison
royale que domine une femme aux ténébreux desseins. Qui est-elle, et que fait-elle ? Tout à coup, une
lueur resplendit dans le lointain. Mais aucun cri de joie n'accueille l'heureuse nouvelle « Je n'en dirai
pas plus », annonce sentencieusement le serviteur fidèle. « Un boeuf énorme est sur ma langue . »
Ainsi s'est dissipée soudain la joie du retour, dans une angoisse profonde qui est le climat de tout le
drame.
Le choeur entre en scène, composé de douze vieillards d'Argos qui viennent, chaque matin, présenter
leurs devoirs à la reine. Ils ignoraient encore l'événement lorsqu'en chemin, ils ont vu des esclaves qui
préparaient le sacrifice sur les autels des dieux. Et sans doute ne veulent-ils penser qu'au joyeux retour
des vainqueurs, mais leur chant, tout comme les paroles du vigile, est gâté par les frissons de la peur,
par l'appréhension d'une même angoisse. Ils se rappellent l'entrée en guerre sous de funèbres auspices,
et cette scène déchirante ; le sacrifice d'Iphigénie.
Survient Clytemnestre « Troie est tombée », annonce la reine solennellement. Mais personne ne
semble la croire ; seul un lourd silence accueille ses paroles. Alors, d'une voix sèche, impérieuse, elle
énumère tous les messagers de feu qui, de mont en mont, de rive en rive, sont venus depuis Troie
jusqu'à Argos. Paroles viriles, hautaines, royales : ces flammes annonciatrices qu'elle évoque en criant
victoire, on les dirait soumises à sa volonté. Avec une joie cruelle, la reine imagine les scènes
sanglantes. Il lui semble entendre les cris, voir l'immense carnage dans la citée dévastée. La joie perce
sous ses paroles: humant le sang des ennemis du roi, déjà elle goûte le sang du roi, son ennemi, et
rumine sa vengeance. Elle rentre dans le palais, tandis que le choeur, de nouveau, annonce de funestes
présages.
Mais voici, fraichement arrivé de Troie, le héraut annonciateur de la victoire et du retour imminent
d'Agamemnon. Clytemnestre écoute, sort du palais, puis revient sur la scène.

« A mon époux, dit-elle en s'adressant au messager, rappelle bien ceci... Qu'il vienne retrouver dans
sa maison, telle qu'il l'y laissa, une épouse fidèle, chienne de garde à lui dévouée, farouche à ses
ennemis, toujours la même en tout . »

Elle se retire, et le héraut raconte au choeur les péripéties du long voyage, les naufrages, la flotte
coupée en deux, Ménélas dispersé. Seul, Agamemnon revient ; à lui seul la fortune a souri : mais
s'agit-il bien de bonheur ?
Le choeur entonne un chant plus sombre encore, plus douloureux, plus angoissé que le précédent: c'est
le point culminant du drame. Agamemnon arrive alors sur son char de triomphe, suivi de maints autres
chars et d'un lourd butin. Dans l'un de ces chars est Cassandre, la prophétesse, fille de Priam.
Cependant que les servantes disposent de riches tapis de pourpre, Clytemnestre salue le roi en ces
termes :
« J'ai brûlé mes yeux au cours de longues veilles, où je pleurais sur toi, dans l'obstiné silence des
signaux enflammés... Après tant de peines,... je puis bien appeler cet homme le chien de l'étable, le
cable sauveur du navire, la colonne soutien de la haute toiture,... la source vive qui désaltère le
voyageur ».

Ce disant, Clytemnestre est-elle sincère ?


Comment distinguer au juste, dans ses paroles, le mensonge de la vérité ? En effet, c'est avec la plus
grande sincérité qu'elle se réjouit du retour du roi : s'il n'était pas rentré, elle n'aurait pu assouvir sa
vengeance. Et cette joie donne à ses paroles de tendresse une cruauté singulière, mais franche.
D'ailleurs la simulation répugne à sa nature véhémente : quand elle y recourt, elle s'en saisit comme
d'un fouet. Bien que tout à son triomphe. Agamemnon perçoit obscurément la haine féroce que la
reine, en secret, lui voue. Furtivement, il descend de son char, et ce n'est pas sans crainte qu'il s'avance
vers elle. Vite, il pénètre dans la maison dont la porte se referme derrière lui avec toute la pesanteur du
destin.
Cassandre, elle, droite et ferme, est demeurée seule sur son char: la tête ceinte de lauriers, les yeux
fixes et comme pétrifiée, elle a revêtu la robe des prophétesses. Clytemnestre en vain lui ordonne de
descendre. Aux instances de la reine ne répond que son froid silence, et Clytemnestre, de guerre lasse,
se retire. Alors, tel un arbre qui frapperait le vent. Cassandre soudain s'agite. Elle lance un hurlement
invoque Apollon et, en proie à son esprit, elle évoque tous les crimes qui ensanglantèrent la maison
des Atrides, puis prédit le terrible drame qui va bientôt se consommer : déjà, son oeil reflète le meurtre
d'Agamemnon.
C'est alors que de l'intérieur du palais, s'échappent les cris du roi frappé à mort ; puis, la reine apparaît,
droite et superbe, tenant une hache tachée de sang:

« J'ai tout fait, je ne le nierai pas, pour qu'il ne pût ni fuir, ni écarter la mort ;... j'ai frappé, deux fois,
et, sans un geste, en deux gémissements, il a laissé aller ses membres ; et quand il fut à bas, je lui ai
donné encore le troisième coup ».

Survient alors Égisthe : se disputant avec Clytemnestre, il lui réclame sa part du pouvoir ; mais le
choeur des vieillards, brandissant leur épée, prononcent le nom d'Oreste.

AGAMEMNON
L’attente. Argos, devant le palais d’Agamemnon. Dixième année de la guerre de Troie. Dans la nuit,
un guetteur aperçoit enfin une flamme annonciatrice de la chute de la ville. Laissant éclater sa joie, il
entre dans le palais annoncer la nouvelle à la reine Clytemnestre. Peu après, les vieillards d’Argos
viennent s’informer. L’un d’eux rappelle le présage fatal qui précéda le départ de l’armée, avant de
raconter la mort d’Iphigénie, sacrifiée aux dieux par son propre père, Agamemnon, afin d’assurer le
départ de la flotte grecque. Clytemnestre expose aux vieillards l’itinéraire du signal de feu qui, de
Troie à Argos, lui a permis d’être informée aussitôt de la victoire. Comme douée de clairvoyance, elle
décrit la prise de la ville, fait des voeux pour que les Grecs évitent toute impiété, et rentre dans le
palais. Un héraut vient ensuite confirmer la nouvelle et le retour prochain d’Agamemnon. Mais les
questions d’un vieillard le contraignent à avouer la part obscure de la victoire : à son retour, la flotte
grecque a été dispersée par une tempête née du courroux des dieux. Arrive Agamemnon, accompagné
d’une captive : Cassandre, princesse troyenne et prophétesse que nul ne croit. Devant les vieux
citoyens d’Argos, Clytemnestre décrit sa longue attente, puis se prosterne devant son époux qu’elle
invite à entrer dans son palais en foulant un tapis de pourpre. Agamemnon, qui craint la jalousie
divine, finit par y consentir. Restée seule auprès des vieillards, Cassandre est prise d’un délire
prophétique qui lui fait voir les crimes passés (le festin de Thyeste, qui dévora à son insu ses propres
enfants, égorgés par son frère Atrée, père d’Agamemnon) et à venir : le meurtre du roi et sa propre
mort. Les vieillards ne parviennent pas à comprendre ses paroles. A son tour, Cassandre finit par
entrer dans le palais, pour y trouver sa fin. Le crime. Presque aussitôt, deux cris annoncent la mort du
roi. Au-dessus des cadavres de ses victimes, Clytemnestre se justifie devant les vieillards :
Agamemnon acquitte ses propres crimes (le meurtre d’Iphigénie), ceux de son père Atrée. Entre alors
Egisthe, fils de Thyeste et amant de Clytemnestre, qui revendique la conception du meurtre. Malgré
l’opposition des vieillards, le couple sanglant régnera sur Argos.

2. ❖ Les choéphores
Le nom d'Oreste sert de transition avec la tragédie qui suit : les Choéphores. Sept années environ se
sont écoulées : le temps qu'il faut pour permettre à Oreste, né peu avant le départ d'Agamemnon pour
Troie et éloigné d'Argos peu avant le meurtre, d'atteindre ses dix-huit ans et de faire valoir ses droits
au trône. Auparavant, Oreste s'est rendu à Delphes et a reçu d'Apollon l'ordre de venger la mort de son
père. Maintenant, il arrive à Argos accompagné de Pylade. Tandis qu'il est allé se recueillir sur la
tombe de son père, voici que s'avancent des porteuses d'offrandes funèbres (les Choéphores),
conduites par une jeune tille qu'Oreste reconnaît : c'est Électre, sa soeur.
Au cours de la nuit, Clytemnestre a eu un songe effrayant. Elle ne sait encore ce qu'il signifie, mais
devine qu'il lui faut apaiser l'âme du mort. La ligne du drame, très simple, est dès lors dessinée. Ce
sont comme deux chemins qui se rejoignent à la sépulture d'Agamemnon, pour complaire au désir des
dieux. Sur cette tombe, Electre, voyant une touffe de cheveux, croit y reconnaître ceux de son frère.
Oreste, alors, s'avance, et dévoile à sa soeur qui il est et pourquoi il est ici. Désormais, leurs volontés
seront tendues vers un même but : la vengeance. De même qu'Agamemnon est un chant de mort
préludant au péan de victoire, les Choéphores sont un péan qui aboutit à l'hymne funèbre du roi
assassiné. Par l'intermédiaire d'Hermès, Oreste invoque les mânes de son père ; l'action se précipite.
Oreste se fait passer pour un pèlerin venu annoncer à Clytemnestre la mort d'Oreste. Mais le temps
passe et il faut que s'accomplisse la prédiction d'Hermès :

« Qu'un coup meurtrier soit puni d'un coup meurtrier. »

Oreste entre alors dans la maison et, sans plus tarder, tue Égisthe. Clytemnestre accourt, demandant
qui a crié

« Je dis, lui répond un serviteur, que les morts frappent le vivant»

Oreste se trouve alors face à face avec sa mère, et celle-ci comprend enfin que le serpent qu'elle a vu
en songe, et qui suçait son sang, c'était Oreste... Oreste tue sa mère ; mais soudain, devenu fou, il est
poursuivi par les Erinyes.

LES CHOEPHORES
Le retour d’Oreste. Quelques années plus tard, Oreste, fils d’Agamemnon, revient d’exil pour venger
son père. Il prie sur sa tombe lorsqu’il aperçoit sa soeur Electre, accompagnée d’esclaves troyennes
faisant office de choéphores (porteuses de libations). Il se dissimule pour les écouter. Clytemnestre, à
la suite d’un rêve de mauvais augure, a envoyé sa fille apaiser l’esprit du mort. Electre ne sait
comment accomplir une mission aussi impie, mais sur les conseils d’une captive, elle détourne la
cérémonie à son profit, priant pour le retour d’Oreste et le châtiment des coupables. Oreste se fait alors
reconnaître, et explique à Electre que les oracles d’Apollon lui ont promis les plus atroces châtiments
s’il ne vengeait pas le meurtre de son père. Les deux enfants d’Agamemnon invoquent alors ensemble
l’esprit du roi défunt. Le matricide. Devant le palais, Oreste met à exécution son plan : se faisant
passer pour un étranger, il annonce à sa mère la mort d’Oreste, obtenant ainsi l’hospitalité. Peu après,
Egisthe vient à son tour aux nouvelles. Un hurlement annonce sa mort. Clytemnestre, face à son fils,
tente en vain de fléchir Oreste et entre dans le palais pour y être égorgée. Oreste, auprès des deux
cadavres, justifie son geste, puis annonce qu’il lui faut se rendre au sanctuaire d’Apollon pour y être
purifié par le dieu. Mais s’il a échappé à la colère de son père, celle de sa mère se déchaîne : à peine a-
t-il parlé qu’il aperçoit les Erinyes, divinités vengeresses du sang versé, qui viennent le traquer. Egaré,
il prend la fuite.

3. ❖ Les Euménides
Nom donné dans la mythologie grecque aux déesses de la vengeance, que les Latins identifièrent avec
leurs Furies. Les Anciens les appellent par antiphrase les Euménides, c'est-à-dire les Bienveillantes, de
manière à s'attirer leurs bonnes grâces en les flattant. D'après Hésiode, elles naquirent du sang que la
mutilation d'Ouranos répandit sur la Terre ; chez Eschyle, elles sont filles de la Nuit ; chez Sophocle,
filles de l'Ombre et de la Terre. Euripide fut le premier à préciser qu'elles étaient trois. Des écrivains
postérieurs les nomment Alecto (l'Implacable), Tisiphone (la Vengeresse du meurtre) et Mégère (la
Jalouse). Déesses primitives, elles ne reconnaissent que leur propre loi, et Zeus lui-même doit leur
obéir. On les représente ailées, coiffées de serpents et armées de fouets ou de torches. Elles habitent le
royaume des Ombres. Elles punissent impitoyablement tous les crimes contre les lois de la société
humaine, notamment les fautes contre la famille : elles tourmentent sans répit leur victime, qu'elles
frappent souvent de folie.

LES EUMENIDES
Delphes. La prêtresse du temple, apercevant Oreste souillé de sang et les furies vengeresses endormies
auprès de lui, prend la fuite. Elle sera la dernière voix humaine qui se fera entendre (exception faite de
celle d’Oreste) jusqu’à la fin de la trilogie. Apollon rassure Oreste et lui ordonne de se rendre à
Athènes, pour y supplier Athéna. Car le rituel de purification ne suffit pas : après avoir été lavée, la
tache du meurtre doit aussi être effacée au cours d’une longue errance. Les Erinyes, rappelées à leur
mission par le fantôme de Clytemnestre et chassées du sanctuaire par Apollon, reprennent leur chasse.
Athènes. Quand elles rejoignent Oreste, celui-ci enlace déjà la statue d’Athéna. Répondant à ses appels
suppliants, la déesse elle-même vient s’informer et refuse de trancher seule entre Oreste et les Erinyes
: seul un tribunal où les voix humaines et divines se mêlent pourra juger une telle affaire. Au cours du
procès, Apollon en personne vient plaider la cause d’Oreste. Sauvé par la voix d’Athéna, qui vote en
sa faveur et se range " du côté du père ", le matricide est délivré de ses tourments. Mais Athéna doit
encore persuader les puissantes Erinyes, qui s’estiment déshonorées et trompées par une ruse des "
jeunes dieux ", de ne pas déchaîner leur colère sur la terre d’Athènes. Elle finit par y parvenir en leur
garantissant d’autres honneurs : les Erinyes deviendront les " Bienveillantes " Euménides, qui
veilleront sur la prospé- rité d’Athènes pour peu qu’y règne la justice.
PREQUEL

De nombreux princes courtisaient la belle Hélène ; Agamemnon persuada son beau-père


de la marier à Ménélas. Ulysse, pour éviter les querelles entre les prétendants, leur avait fait
jurer de soutenir celui d'entre eux qui épouserait Hélène.

Agamemnon organisa l'expédition punitive contre Troie et il fournit cent navires mais le
chef suprême des Grecs fut retenu à Aulis par des vents contraires car il avait offensé Artémis
soit pour avoir tué une biche consacrée à la déesse, soit pour s'être vanté d'être meilleur chasseur
qu'elle.

Sur les conseils du devin Calchas, il voulut immoler sa propre fille, Iphigénie, pour
apaiser Artémis malgré l'opposition d'Achille.

Sur le conseil du devin Calchas, Iphigénie devait être sacrifiée à la déesse Artémis, pour
que les vents puissent pousser la flotte grecque d'Aulis vers Troie. Sur les conseils d'Ulysse,
son père, Agamemnon, la fit venir sous le faux prétexte de la marier à d'Achille. Iphigénie
supplie son père de la laisser vivre.

"Je résume ma prière en ce seul mot, plus fort que tout ce qu’on pourrait dire : la lumière est
bien douce à voir, la nuit souterraine ne l’est pas. Insensé qui souhaite de mourir! Mieux vaut
une misérable vie qu’une mort glorieuse." (Euripide, Iphigénie à Aulis )
Dès l’antiquité, le sacrifice d’Iphigénie a été ressenti comme scandaleux. Si Eschyle dans
Agamemnon a choisi une description violente de la scène. Agamemnon resta insensible aux
supplications de sa fille.

Clytemnestre irritée par ce sacrifice jura de se venger et noua pendant la guerre de Troie une
liaison adultère avec Egisthe.

Quand Agamemnon revint triomphant avec la princesse troyenne Cassandre, comme


concubine, Clytemnestre chercha à se venger de la mort d'Iphigénie et, avec l'aide d'Egisthe,
elle assassina son mari et sa maîtresse troyenne.

Agamemnon fut assassiné à Argos, dans le palais des Atrides, par sa femme Clytemnestre, par
vengeance pour le sacrifice d'Iphigénie
Egisthe, fils de Thyeste, devenu l'amant de Clytemnestre, fut son complice, accomplissant
ainsi la vengeance dont Thyeste rêvait contre Atrée et son fils.

D'autres auteurs racontent que c'est au sortir du bain qu'il trouva la mort. Clytemnestre lui
présenta une tunique sans trou et profitant de son embarras quand il engagea la tête, Egisthe
l'assassina froidement.

Avec son amant, elle régna pendant sept ans jusqu'au moment où ils furent à leur tour
tués par Oreste, à qui le dieu Apollon avait ordonné de venger la mort de son père.
Oreste n'était qu'un adolescent lorsque son père Agamemnon, de retour de la guerre de
Troie, fut tué par Clytemnestre et par Egisthe, son amant. Il put, avec l'aide de sa
sœur Électre, se réfugier chez son oncle Strophios, en Phocide. Il se lia d'une solide amitié avec
son cousin, Pylade qui demeura le fidèle compagnon de ses infortunes.

Parvenu à l'âge adulte, il décida, sur les conseils d'Apollon, de venger la mort de son
père.

Électre envoyait des appels fréquents à Oreste pour qu'il revienne venger la mort de son père.
Au bout de sept ans, Oreste et son ami Pylade se rendirent secrètement sur la tombe
d'Agamemnon. Là ils rencontrèrent Électre, venue y faire des libations et des prières. Oreste
se fit reconnaître de sa sœur, puis se rendit à Mycènes où ils annoncèrent la fausse mort
d'Oreste. A la faveur de l'agitation qu'avait causé cette nouvelle ils pénétrèrent dans le palais
et Oreste tua Egisthe et Clytemnestre, sa mère.
LES ATRIDES

Au sens propre, les Atrides sont les descendants du roi Atrée. Au sens étroit, le terme désigne souvent
Agamemnon et son frère Ménélas. Mais Oreste, fils d’Agamemnon, est également un Atride. Atrée
lui-même était fils de Pélops et petit-fils de Tantale (lui-même fils de Zeus), ce qui explique pourquoi
Eschyle parle parfois de la race des “ Pélopides ” ou des “ Tantalides ”. Oreste et Electre représentent
donc la cinquième génération d’une famille royale dont le palais est situé, selon les poètes, tantôt à
Mycènes (Homère), tantôt à Argos (Eschyle). Eschyle met en scène les deux dernières générations –
Agamemnon, ses enfants, son cousin Egisthe – et remonte au crime le plus marquant de la précédente
(le fameux festin offert par Atrée à Thyeste). A la fin des Choéphores, il énumère explicitement les
trois “ tempêtes ” qui ont marqué le palais des Atrides : le festin de Thyeste, le meurtre
d’Agamemnon, le matricide commis par Oreste.

Première génération : Tantale.


La nature de son crime varie selon les récits : il aurait révélé des secrets divins, ou dérobé aux dieux
leur boisson d’immortalité (le nectar), ou mis les Immortels à l’épreuve en leur servant, au cours d’un
banquet, les membres de son propre fils Pélops (ressuscité par les convives Olympiens). Le père de
Pélops est condamné à souffrir éternellement aux enfers de la faim et de la soif sans pouvoir atteindre
l’eau fraîche qui coule à ses pieds ni les fruits qui pendent au-dessus de sa tête.

Deuxième génération : Pélops.


Pour obtenir la main d’Hippodamie, ses prétendants devaient remporter une course de chars contre son
père Oenomaüs. Pélops corrompit le cocher, gagna la course, mais trahit son complice qu’il précipita
dans la mer, attirant ainsi sur sa maison la malédiction divine.

Troisième génération : Atrée et Thyeste.


Les deux frères se disputaient le trône de leur père Pélops. Un signe divin devait les départager : un
bouc à toison d’or naîtrait dans les troupeaux du nouveau roi. Ce bouc naquit dans les étables d’Atrée.
Mais Thyeste séduisit l’épouse de son frère et la persuada de lui remettre la toison. Atrée bannit
Thyeste, puis l’invita à revenir et lui servit un festin composé des chairs de ses propres enfants.
Lorsqu’il s’en fut aperçu, Thyeste, horrifié, alla consulter un oracle sur les moyens de se venger.
L’oracle lui prescrivit de s’unir à sa fille. C’est ainsi que naquit Egisthe. Dans l’ Orestie, Egisthe lui-
même donne du festin de Thyeste une version soigneusement tronquée : il ne fait en effet aucune
mention des fautes de son père, ni des circonstances de sa propre naissance. Quant à l’adultère de
Thyeste, seule Cassandre y fait fugitivement allusion.

Quatrième génération : Agamemnon et Ménélas.


Les deux frères ont épousé deux soeurs, Clytemnestre et Hélène. Lorsque Hélène est enlevée par le
Troyen Pâris, tous les Grecs se rassemblent sous les ordres d’Agamemnon pour venger cet affront.
Mais Agamemnon doit sacrifier sa fille Iphigénie aux dieux pour permettre à la flotte grecque de
s’embarquer (voir Iphigénie à Aulis, d’Euripide). Dix ans après, alors qu’il revient en triomphateur,
son épouse Clytemnestre (mère d’Iphigénie et soeur d’Hélène) le tue avec l’aide d’Egisthe, qui est
devenu son amant.

Cinquième génération : Electre et Oreste.


Nous avons conservé une version de l’attente d’Electre et du meurtre de Clytemnestre par Oreste due à
chacun des trois Tragiques. Oreste joue un rôle dans plusieurs pièces d’Euripide. Outre celle qui porte
son nom, il apparaît notamment dans Iphigénie en Tauride et dans Andromaque, dont se sont inspirés
Goethe et Racine.
The essence of a Greek tragedy - revenge and justice - can be found in the Oresteia by Aeschylus

The right to a trial by jury is one of the most treasured principles of Western democracy. Any
citizen who is lucky enough to live in a free society is aware of the protection afforded him
under the law and has a keen sense of justice.
It’s no surprise, then, that the courtroom drama has become a staple of British and
American culture, from To Kill a Mockingbird to Twelve Angry Men, LA Law
and Broadchurch. Whether it’s a story about a gruesome murder, a police cover-up or a
wrongful arrest, the gladiatorial arena of the court lends itself perfectly to drama.
But none of these novels, plays, films or TV shows would exist without a Greek tragedy
written 2,500 years ago. The Oresteia, written by Aeschylus, is the original courtroom drama
and the play that planted the concept of trial by jury in the public’s imagination.
We’re so lucky that one of those survivors is the Oresteia, containing, as it does, all the gory, sexy
ingredients of quintessential Greek tragedy: infidelity, murder, the ultimate family squabble, revenge
and, crucially, justice - in the form of the original jury trial

The second play in the trilogy, The Libation Bearers, tells the story of Agamemnon’s
daughter, Electra, and his son, Orestes; thus the collective title, the Oresteia. The whole work
pivots on the agonising question that sets revenge against justice: should you spare your
mother even if she kills your father?
Orestes’s answer is “No”. He murders Clytemnestra and her lover Aegisthus, too; not that you
see him actually doing it. In the Oresteia, you never watch any of the mass blood-letting; it’s
all done off-stage, with a lot of screaming, in an ingenious device that makes it all the more
horrifying
The last play in the trilogy – The Eumenides or The Kindly Ones – determines what happens
to Orestes: should he be convicted for murdering his mother or acquitted for rightly avenging
his father?
In The Eumenides, you see the Western European legal system under construction. The action
takes place on the Areopagus – the great flat chunk of limestone still visible in Athens, just
below the Acropolis. This rock acted as the ancient Greek court of appeal in real life – and
here the Western European court was born. And the courtroom drama, too.
Athenian citizens acted as jurors in the Athenian courts – and that’s what happens at the end
of the Oresteia. Orestes is tried for matricide by the goddess Athena, one of a jury of 12
selected by Athena from the Athenian citizens. Apollo acts as Orestes’s defence lawyer –
always handy to have a god as your barrister. And the dead Clytemnestra is represented by the
terrifying Furies, avenging goddesses who have been tormenting Orestes since the killings.
The jury is split evenly – and Athena rules that, with a divided vote, Orestes should be
acquitted. A happy ending, then – the result of Greek tragedies surprisingly often.
INSPIRATIONS – AU DELA

La Barbe bleue est à l'origine inspiré de la tradition orale. C'est une variante de l'ogre qui s'attaque à ses
femmes successives et aux enfants quand il en a. À la suite de la diffusion du récit de Perrault, on l'a
associé à différents personnages, historiques ou mythologiques :

 Ainsi, dans la mythologie grecque, Cronos et Médée partagent cette conduite infanticide, mais c'est la
mise en cause de la femme dans sa fonction la plus élevée qui est la faute majeure. La finalité morale
du conte doit faire entendre qu'elle mérite la mort[réf. souhaitée].
 Conomor, personnage historique travesti en Barbe bleue aux couleurs bretonnes, est conforme au
personnage du conte de Charles Perrault3.
 Henri VIII d'Angleterre, qui eut six femmes et dont deux furent condamnées à mort pour adultère et
trahisons (respectivement Anne Boleyn et Catherine Howard), est un modèle très vraisemblable du
personnage de Barbe-bleue[réf. souhaitée]. Il était effrayant, énorme et avait une barbe rousse.
 Henri Désiré Landru, tueur en série français, fut surnommé « le Barbe-bleue de Gambais ».
 Gilles de Rais, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, a été qualifié de « Barbe-bleue » nantais. Il fut
exécuté après avoir été accusé d'avoir violenté et assassiné nombre d'enfants et jeunes gens mais, mis à
part les meurtres en série, sa vie et ses actions sont loin de celles du personnage du conte.
En outre, depuis la perception renouvelée du phénomène des crimes sexuels en série vers la fin
du XIXe siècle15, le cas de Gilles de Rais est parfois rapproché de la catégorie criminelle des tueurs en
série, voire perçu comme l'archétype16 d'une figure médiatique contemporaine de la dangerosité, celle
du pédocriminel, « pédophile confondu avec l'assassin violeur17. » Le baron meurtrier devient ainsi
l'incarnation d'une structure perverse intemporelle n'ayant plus qu'un lointain rapport avec la triple
accusation médiévale de rébellion, de pacte avec le diable et de rapports contre-nature18.

3 BILLBOARDS, EBBING, MISSOURI


Après des mois sans que l'enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les
choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur
trois grands panneaux à l'entrée de leur ville.

"And it was two billboards, not three ... the first one kind of said everything we had on all of
ours: 'Why wasn't this case solved?' The second one, there was so much writing on it that you
couldn't even make out what the case was about. It wasn't like the bus stopped, either; I just
happened to look out the window as we drove past them.

"But what stuck with me," he continues, "was the rage. It was soangry." For several years,
McDonagh admits, he kept wondering if he'd simply dreamed the whole thing, if the sighting
had really happened at all. When he finally decided he wanted to do something with the idea,
his first thought was: Who rents out giant signs to chastise the police about not solving a
crime? His second was: What if it was a grieving mom?

Folle de rage. Mais d’une rage froide. Calculée. Mildred Hayes (Frances McDormand) n’est
pas du genre à jouer les hystériques dans un poste de police. Mais ce qu’elle veut dire, elle le
dit. Et ce qu’elle a à faire, elle le fait
THE H8FUL EIGHT
Years after the Civil War, bounty hunter Major Marquis Warren is transporting three
dead bounties to the town of Red Rock, Wyoming. He hitches a ride on a stagecoach driven
by O.B. Jackson. Aboard is John Ruth, a bounty hunter known for bringing in outlaws alive to
see them hang; handcuffed to him is fugitive Daisy Domergue, whom Ruth is escorting to
Red Rock. Ruth is suspicious of anyone who might steal his claim to the bounty.
Former Lost-Causer militiaman Chris Mannix, who claims he is traveling to Red Rock as the
town's new sheriff, persuades Ruth and Warren to let him on the stagecoach. Warren and Ruth
form an alliance to protect each other's bounties. Mannix and Warren almost come to blows
over their controversial war records.
The group seeks refuge from a blizzard at Minnie's Haberdashery, a stagecoach lodge. They
are greeted by Bob, a Mexican, who says the owner, Minnie, is visiting her mother. The other
lodgers are Oswaldo Mobray, a hangman; Joe Gage, a quiet cowboy traveling to visit his
mother; and Sanford Smithers, a former Confederate general traveling to put his missing son
to rest. Suspicious, Ruth disarms all but Warren. Warren leaves a gun next to Smithers and
provokes him into reaching for it by telling Smithers he tortured, raped, and killed Smithers'
son. When Smithers pulls a gun, Warren shoots him as revenge for Smithers' execution of
black soldiers at the Battle of Baton Rouge.
While everyone is distracted by the confrontation, someone seen only by Daisy poisons the
brewing coffee. Ruth and O.B. drink it, causing them to vomit blood, killing O.B. The dying
Ruth attacks Daisy, but she kills him with his own gun. Warren disarms Daisy, holds the men
at gunpoint and leaves her cuffed to Ruth's corpse. Warren is joined by Mannix, whom
Warren trusts because he nearly drank the poisoned coffee. Warren executes Bob, deducing
that he is an impostor who killed the lodge owners, as Minnie hates Mexicans and would
never leave one to care for the lodge. When Warren threatens to execute Daisy, Gage admits
that he poisoned the coffee. A man hiding in the cellar shoots Warren in the genitals. Mobray
draws a concealed gun and shoots Mannix, who returns fire, wounding Mobray and forcing
Gage against the wall.
Hours earlier, Bob, Mobray, Gage, and a fourth man, Jody, arrive at Minnie's Haberdashery.
They murder Minnie and five other bystanders, leaving only Smithers. Jody, Daisy's brother,
tells Smithers they plan to ambush Ruth to rescue Daisy; his gang will spare Smithers if he
keeps quiet, as they deduce that an extra lodger makes the setup more believable. The bandits
dispose of the bodies, hide the evidence, and conceal guns around the lodge. As Ruth's
stagecoach arrives, Jody hides in the cellar.
In the present, Mannix and Warren, both seriously wounded, hold Daisy, Gage, and the dying
Mobray at gunpoint. They force Jody out of the cellar by threatening to kill Daisy. Jody
surrenders and Warren executes him. Daisy claims fifteen of her brother's men are waiting in
Red Rock to kill Mannix and ransack the town; if Mannix kills Warren and allows her to
escape, the gang will spare him and let him claim the bounties of the deceased except her
brother.
As Daisy and Mobray taunt Warren, Warren shoots Daisy in the foot and Mobray in the leg;
Mobray soon dies from his wounds. Gage draws a hidden revolver but is shot dead by Mannix
and Warren. Warren tries to shoot Daisy but is out of bullets. Mannix calls Daisy's bluff and
rejects her offer, but faints from blood loss. Daisy hacks off Ruth's handcuffed arm and frees
herself. As she reaches for a gun, Mannix regains consciousness, shoots, and wounds her.
Warren persuades Mannix to hang her from the rafters in honor of Ruth. Afterward, as the
two men lie dying, Mannix reads aloud Warren's forged Lincoln letter.

DJANGO UNCHAINED
"Django, like many Tarantino films, also has been criticized as cartoonishly violent, but it is
only so when Django is killing slave owners and overseers. The violence against slaves is
always appropriately terrifying. This, if nothing else, puts Django in the running for
Tarantino's best film, the first one in which he discovers violence as horror rather than just
spectacle. When Schultz turns his head away from a slave being torn apart by dogs, Django
explains to Calvin Candie—the plantation owner played by Leo DiCaprio—that Schultz just
isn't used to Americans."

THE PUNISHER
Le Punisher incarne l’esprit de vengeance et de justice personnelle. Le monde dans lequel il
évolue est glauque et sans espoir. Cynique et impitoyable, il préfère toujours tuer ses
adversaires plutôt que d’accepter leur reddition pour les livrer à la justice. Reconnaissable au
crâne blanc qui orne sa poitrine, il est la terreur des criminels. Il fait partie de ces personnages
noirs et psychologiquement perturbés

Un jour, Francis Castiglione, d'origine italienne, avait lu un poème de William Blake qui
racontait comment toute créature a toujours besoin d'un être supérieur qui le domine pour lui
faire peur, une leçon dont il allait se souvenir quand la jeune Lauren, son amour platonique, se
suicida après avoir été violée par un mafieux local. Fou de rage, Frank est déterminé à rendre
la justice avec sa future façon particulière, mais le frère de Lauren, un militaire décoré s'était
déjà occupé du violeur, ce que le système judiciaire n'avait pas fait.

Frank Castle est assurément un personnage dérangeant, mais sa mission est plus complexe
qu’un dégommage systématique. C’est la marche douloureuse d’un mort vivant hanté par ses
erreurs, et rongé par la honte de n’avoir pu sauver sa famille et de prendre du plaisir à tuer.
Une errance qui semble synthétiser les angoisses de l’Amérique contemporaine, sa paranoïa,
sa fascination pour les conspirations, le tout dans une mise en scène redoutablement efficace
du cycle infernal de la violence.

L’excellent Jon Bernthal parvient à lui apporter un mélange de bestialité, de cruauté aveugle
et de fragilité. Sans nous contraindre à adhérer à sa vision du monde, il nous fait comprendre
sa rage, le rend intrigant, voire attachant.