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THESE

DE

DOCTORAT

spécialité: ENERGETIQUE

"LA CLIMATISATION NATURELLE: MODELISATION DES OBJETS ARCHITECTURAUX, AIDE A LA CONCEPTION EN CLIMAT TROPICAL"

présentée par

Cláudia BARROSO-KRAUSE

pour obtenir le titre de Docteur

de l'Ecole des Mines de Paris,

le 9 Novembre 1995

devant le jury composé de:

Messieurs

Dominique MARCHIO

Président

Oscar CORBELLA

Rapporteur

Eduardo DE OLIVEIRA FERNANDES

Rapporteur

Pierre LAVIGNE

Rapporteur

Paul BREJON

Examinateur

Jérôme ADNOT

Examinateur

ii

Remerciements

Ce travail a été réalisé dans le cadre du programme de coopération franco-brésilien CAPES-COFECUB. Sa réussite n'aurait pas y lieu sans le soutien actif de l'ADEME et du Centre d'Energétique de l'Ecole des Mines de Paris.

De nombreuses personnes m'ont aidé, en France et au Brésil, chacune à sa manière, à mener ce travail à bien.

Merci à Jérôme Adnot, pour ce que je peux résumer, comme un soutien amical, et incessant à la bonne réalisation de cette thèse; je souhaiterais que tous les doctorants puissent jouir d'un tel rapport avec leur responsable scientifique;

Merci à Denis Clodic, pour sa patience dans la gestion d'une situation administrative délicate, qui a permis le bon déroulement de cette recherche;

Merci à Messieurs Eduardo de Oliveira Fernandes, Oscar Corbella et Pierre Lavigne pour l'intérêt qu'ils m'ont démontré en acceptant de participer au jury; à Dominique Marchio, pour m'avoir si bien reçu à la salle de l'Or, et aussi pour avoir accepté d'assurer la fonction de président du jury;

Merci à Paul Brejon pour l'appui important à la bonne réalisation des travaux et pour la participation au jury;

Merci à Philippe Calvet, pour son aide patiente à cette architecte impatiente avec les ordinateurs;

Merci aussi à aux collègues du centre, surtout à Mme Caron, Lionel Cauret, Marc Cherrey, Ruxandra Dumitru, José Kaelher, Kevin Murphy, Bernd Polster, Anne Marie Pougin, Claire Rochas, et Sorin Stan, pour l'accueil chaleureux et le partage des heures difficiles;

Merci à Pierre Fernandez, qui, avec Pierre Lavigne et Paul Brejon, m'a invité à venir en France pour effectuer les travaux qui ont aboutit à cette thèse et m'a amicalement toujours soutenu;

Merci, encore en France, à la famille Poppe, pour m'avoir adopté, son soutien a été capital pour que cette thèse soit aujourd'hui bouclée;

Merci, au Brésil, à l'équipe de mestrado de la FAU-UFRJ, surtout à Liana de Ranieri Pereira et Aldo Gonçalves Moura pour l'aide et la stimulation apportés tout au long de mon entreprise;

Merci à Anna Lucia Romano Fragoso Pires; à Pedro Campello, aux membres du GEE Rita de Cássia pour l'appui solide au cours de cette dernière année;

et très particulièrement,

Merci à Helena, à Carlos, à Gilson, à Philipe et à Luisa, mes compagnons dans l'entreprise qui a abouti à la présentation de cette thèse, pour l'encouragement et l'amour constamment présents.

iii

Résumé des résultats

Dans certaines régions où le climat ne met pas en cause l'intégrité physique de l'individu, même s'il est responsable de son inconfort, il devient très difficile, dans l'état actuel des choses, d'intégrer les méthodes d'analyse thermique des bâtiments au processus millénaire de conception architecturale. Et s'il est vrai que l'agression thermique en zone tropicale humide

est très importante, dépassant souvent les limites des conditions de confort jour et nuit

d'autant plus vrai qu'un projet architectural, même s'il est adapté au climat dans lequel il s'insère, peut être techniquement mauvais, s'il ne prend pas en compte les autres objectifs à atteindre

Pour éviter cela, la recherche s'est orientée vers la représentation des modèles thermiques concernés par la climatisation naturelle dans le langage architectural en phase initiale de conception. Elle comporte une enquête sur les principes de la conception architecturale d'une part, du confort d'été d'autre part. On propose comme résultat de ces recherches un concept de "tableau de bord" repérant les objets architecturaux par rapport à l'objectif de confort final attendu. Il rassemble les choix les plus fréquents dans une certaine culture et les relie à des modèles réduits de performance thermique. Il permet l'inclusion de nouveaux objets. On offre ainsi un rapport entre les choix architecturaux en phase d'esquisse et la plage des conséquences thermiques et aérauliques.

il est

La présentation retenue offre, à coté de chaque icône représentant un choix architectural, un chiffre correspondant à son apport quantitatif sur le confort global attendu. En suivant chronologiquement la conception architecturale sur ce "tableau de bord" thermique, l'utilisateur obtiendra aussi souvent qu'il le voudra une note totale, somme de celles découlant de chaque choix effectué, qui correspondra à une prévision de la qualité thermique de son bâtiment.

La vérification faite avec le tableau de bord permet aussi d'éviter des modifications importantes dans le projet après passage éventuel par des logiciels de simulation. Ceci allégera également le rapport entre les domaines concernés (sol et drainage, éclairagisme, acoustique, structure, plomberie, circulation, etc.)

La méthode d'analyse utilisée dans le tableau de bord permet à chaque ensemble de procédures de climatisation passive d'être représenté en phase d'esquisse, par des objets architecturaux. On étudie les phénomènes physiques, on retient ceux qui sont importants pour les décisions prises, et ensuite on établit les modèles correspondants. Il s'agit, en réalité, de réunir et d'interpréter des plages de performances non par groupe physique, mais par choix architectural. Pour la comparaison des résultats des icônes présentés dans le tableau de bord, une échelle d'évaluation de leurs influences spécifiques a été créée, basée sur une décomposition des degrés-heures de surchauffe.

La maquette présentée se rapporte à un climat, le climat tropical humide, à une saison, l'été, à un type d'occupation, nocturne et à une option, la non-climatisation. Mais la méthode peut aussi aider à la création de tableaux pour des ambiances climatisées (l'echelle s'exprime alors en kWh de consommation) et bien évidemment à d'autres profils d'occupation, saison et climat, tout comme à des approfondissements d'un aspect constructif du bâti(ex. les toitures). Une étude détaillée a été menée sur un composant mal connu: le végétal intégré à l'enveloppe du bâtiment.

iv

Executive summary

There are regions where the environment and climatic conditions do not threat physical integrity of individuous. Nevertheless, they may affect their comfort. Despite of that, it is not easy a task of changing behaviour to take into account building thermal response analyses, in millenary process of architectural conception. The situation may became still more relevant when tropical humid region are concerned. An architectural design comprising local cultural aspects and construction techniques would no longer suffice.

This is the framework upon which this research were oriented for, aimed at representing thermal models related to natural ventilation conditions at the first steps of the architectural design. The chosen methodology has to face either architectural principles and summer comfort. The results are shown through a "tableau de bord" (control display) establishing relationships between architectural objects and comfort related objective functions. Building elements are compared following their thermal behaviour. Creation or inclusion of new elements are allowed. So are the creation of hierarchies that should guide the conception phase.

Several icons were thus created defining architectural elements (say architectural choices), each of them being associated to indexes representing their thermal influence. Summing up different elements, different choices locally available, the project can be attributed a comfort grade, which represents the quality of the design on a thermal comfort stand point.

By using the "tableau de bord", it would be possible to some extent to avoid or at least better use thermal simulation software. Future research may add the " tableau de bord" to

those softwares. By the same token, the relationships with others areas (lighting, acoustics,

civil works,

The analytical methods used at the construction of the "tableau de bord" allow each set of relevant physical phenomena to be represented. One is to study the phenomena involved, split them all into objects (or sets of objects) representative of the architectural choices, by this way establishing hierarchies. Ranges of thermal performance are then put together as a function of the different architectural choices. With the aim of comparing different choices, each icon is associated to an evaluation scale based on a decomposition of the heating grade- hour.

The research works resulted in a prototype, so far representing a tropical humid region, summer time, a night occupation typology with no mechanical climatisation.

However, other "tableau de bord" may be adapted, for instance including mechanical climatisation (in such case, the evaluation scale could be presented in terms of energy consummation - kWh). Deeper analyses of specific building elements would be possible as well. At this regard, the research works have performed the analysis of an almost unknown building element, i.e. the vegetation as a shelter cover. On icon was created to represent the vegetation and its behaviour evaluated as a passive element.

)

are thereby made easier.

v

La Climatisation Naturelle: Modélisation des Objets Architecturaux, Aide à la Conception en Climat Tropical

Avant-propos

SOMMAIRE

Page

10

Chapitre 1: La conception architecturale, le confort d'été et les bases de la méthode du tableau de bord.

1.1

Les phases de la conception architecturale: les connaissances, les exigences et les

13

contraintes

 
 

1.1.1 Le pronostic et le diagnostic.

 

14

1.1.2 La phase l'esquisse

 

15

1.2 Nature des problèmes de confort d'été.

 

16

 

1.2.1

Evaluation du confort d'éte: le concept de dégrés-heures naturels:

 

16

1.2.2

Les

outils

d'aide

thermique:

les

atouts

et

les

contraintes

pour

21

l'architecture climatique d'été.

 

1.2.3

Un modèle de référence: notre choix pour l'étude - Casamo-Clim

 

23

1.3 Les bases et les attendus de la méthode du tableau de bord.

 

26

 

1.3.1 Les choix de base.

 

26

1.3.2 La notation utilisée: le degré-heure d'inconfort.

 

29

1.3.3 Le coût d'un degré-heure d'inconfort.

 

32

1.3.4 L'échelle du tableau de bord.

 

34

1.3.5 La forme générique du tableau de bord

 

35

1.3.6 Du tableau de bord générique au tableau de bord utilisable.

 

37

Chapitre 2: La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

 

2.1 Elaboration d'une méthode pour la décomposition des objets en icônes du "tableau de bord".

40

 

2.1.1

Notre choix.

 

42

vi

 

2.1.3

Définition d'une note de confort.

44

2. 2

Discussion des parties fixes du "tableau de bord": le scénario géographique et

46

culturel."

 
 

2.2.1 Le scénario socio-culturel.

46

2.2.2 le scénario géographique.

47

 

2.2.2.1 Phénomènes physiques à prendre en compte.

49

2.2.2.2 Les autres modifications.

51

2.3 Le traitement des éléments de l'enveloppe.

53

 

2.3.1 La morphologie extérieure et le volume.

54

2.3.2 La couverture.

56

2.3.3 Le groupe des murs.

59

 

2.3.3.1 L'ombre portée.

59

2.3.3.2 La couleur du revêtement extérieur.

60

2.3.3.3 Le rôle de l'inertie.

61

 

2.3.4 Le groupe du vitrage ou l'enveloppe transparente.

62

2.3.5 Le groupe de la perméabilité ou les ouvertures.

65

2.4 Inclusion d'un nouvel objet - le composant végétal

67

 

2.4.1 Pourquoi étudier l'objet "composant végétal"?

67

2.4.2 Démarche générale de la modélisation - le végétal comme écran.

70

 

2.4.2.1 La modélisation simplifiée.

71

2.4.2.2 Deux cas limites.

73

2.4.2.3 Cas général.

74

2.4.2.4 Extension de la méthode au cas de locaux non-climatisés.

76

2.4.2.5 Conclusion générale de la modélisation.

77

2.4.2.6 Le test de la méthode.

77

2.5 La présentation du tableau de bord: la version papier et l'extension informatisée.

80

2.6 La notice de fabrication.

83

 

2.6.1 Règles pour la création de tableaux de bord.

83

2.6.2 La création de tableurs de gestion.

85

Chapitre 3: Applications: un tableau de bord dans le contexte d'une ville ouvrière pour un milieu urbain dense tropical

3.1 Choix d'un cas réprésentatif: la "Vila" Kennedy.

87

3.11 L'inventaire: l'origine de la Cité Kennedy.

87

vii

 

3.1.3

Les modifications apportées au projet originel.

90

3.2 La création du profil typique.

92

 

3.2.1 Le climat.

 

92

3.2.2 L'occupation

93

3.2.3 La validation de la démarche - le confort d'été constaté sur le

93

terrain.

 

3.3 Le cas de référence ou le prototype de base de l'étude

97

 

3.3.1

Valeurs admises pour les zones fixes du tableau de bord: le jour-

97

typique, l'occupation,

 

3.3.2

Détermination de la valeur du seuil de confort retenu.

98

3.4 Les limites de l'application de la méthode pour la cité Kennedy.

99

3.5 Application de la méthode: définition des zones initiales du tableau.

100

3.6 Etude des groupes.

 

102

 

3.6.1.

Etude des objets du groupe principal, la couverture.

102

 

3.6.1.1 Cas considérés.

102

3.6.1.2 Résultats bruts initiaux.

103

3.6.1.3 Essai de simplification de choix.

104

3.6.1.4 Choix final.

105

3.6.1.5 Les icônes du groupe couverture.

108

 

3.6.2

Etude des objets "murs extérieurs": le rôle de la couleur du

109

revêtement, de l'ombre portée, et celui de l'inertie.

3.6.3. Le sous-groupe du vitrage

113

3.6.4. Le sous-groupe de la ventilation de l'ambiance

113

 

3.6.4.1 Résultats standards( effets purement thermiques des débits d'air)

114

3.6.4.2

Correction pour la vitesse de l'air (effets des débits d'air

115

sur le métabolisme)

3.7.L'inclusion de la végétation

 

117

3.7.1 Utilisation dans le logiciel Casamo-Clim

117

3.7.2 Résultats de la simulation

119

3.8. Les effets résiduels: la morphologie extérieure (y compris le volume) et le microclimat

121

3.9

Présentation du produit final

122

Conclusion

124

viii

Annexes

Annexe 1 - A propos de la reconstitution des journées-types d'après les données extrêmes disponibles - la température de l'air et l'humidité relative (Ch.2)

131

Annexe 2 - Tableur de calcul de degrés-heures d'inconfort (Ch.2.4.2)

139

Annexe 3 - En remontant le passé: L'homme, ses rapports; l'architecture et le

141

confort

(Ch.

3.3.1)

Annexe 4 - Tableurs de gestion du tableau de bord (Ch. 2.6.2)

162

Annexe 5 - Caractéristiques du projet architectural simulé (Ch. 3.1)

167

Annexe 6 - Variation de l'irradiation solaire reçue par les façades et toitures selon diverses orientations (Ch. 3.6.2)

172

Annexe 7 - Valeurs de coefficients utilisés dans le calcul du débit d'air (Ch.3.6.4)

173

Annexe 8 - Le calcul des coefficients d'échange thermique par convection pour la climatisation naturelle (Ch. 2.4.2.1)

174

Annexe 9 - La linéarisation des équations à la puissance 4 pour les climats chauds étudiés. (Ch. 2.4.2.1)

175

Annexe 10 - Exemple de tableau pour le calcul du rôle du végétal comme composant de l'enveloppe -cas sans comble.(Ch 2.4)

177

Annexe 11 - Analyse simplifiée des phénomènes physiques et bibliographie à propos de la végétation dans le cadre de la climatisation passive .(Ch.2.5)

179

Annexe 12 - Vol d'oiseau sur le confort d'été et sur quelques outils d'évaluation architecturale. (Ch. 1.2.2)

189

Annexe 13 - Résultats de l'étude de sensibilité des paramètres de la couverture. (conf. Chapitre 3.6.1.3)

212

ix

Logique arabe Un Architecte est un homme qui sait trèspeu de choses sur un trèsgrand
Logique arabe
Un Architecte est un homme qui sait trèspeu de choses sur un trèsgrand nombre de sujetset
qui, progressivement, en sait de moins en moins sur un nombre toujours plus grand dechoses,
jusqu'àce qu'il nesachepratiquement plus rien sur à peu prèstout
Au contraire, un Ingénieur est unhommequi sait beaucoupdechoses dans dedomaines très limités et
qui, au cours de sa vie professionnelle, en sait deplus enplus sur des sujets de plus en plus limités,
jusqu'à ce qu'il sache pratiquement tout sur à peu près rien.
Un Entrepreneur commence à savoir tout sur tout mais finit par ne plus rien savoir sur rien et
ceci est dûen cequi le concerneà la fréquentation des Architectes et des Ingénieurs.
Mohamed MOKZOUNI, entrepreneur Irakien

d'un débris de papier rétrouvé par terre, dans un coin de la salle de l'or,au cenerg.

Avant-propos

10

Avant-propos

"D'abord l'homme construit sa demeure, ensuite, sa demeure le bâtit 1 "

La recherche en Thermique du Bâtiment manifeste une nouvelle attitude face à l'architecture. Elle cherche à définir une approche de la construction qui dépend étroitement du site, du paysage, du climat et des habitudes locales de construction. Elle souhaite préserver le choix de conception, mais l'associe à la responsabilité thermique. On vient de se rendre compte qu'on a peut être été trop loin en faisant trop confiance à cette croyance erronée en une énergie fossile pour apporter le confort thermique à l'intérieur des bâtiments.

L'architecture du vingtième siècle se caractérisera (au moins du coté historique) par une importance exagérée accordée à la technologie, à l'exclusion de toute autre valeur. De là cette dépendance actuelle envers le contrôle mécanique de l'ambiance intérieure 2 , au détriment d'une exploitation des phénomènes climatiques et des autres phénomènes naturels pour la satisfaction de nos exigences de confort.

L'accès à l'information, la compréhension et l'assimilation de celle-ci sont un grand problème de notre époque dans tous les domaines, y compris celui du bâtiment. Au fur et à mesure que les phénomènes à prendre en compte deviennent plus complexes et que la gamme des matériaux, des composants et des techniques possibles pour un projet s'enrichit, on se heurte, dans la pratique, à la difficulté d'accès au savoir.

Une fois de plus, il faut se rendre compte que tous les milieux professionnels sont des microcosmes, qu'ils ont leur vocabulaire, leurs habitudes, leurs manies, et qu'on devra s'adapter à celui des architectes, comme à tant d'autres. S'agissant d'un milieu comme les autres, homogène, avec ses conventions et ses rites, celui qui les ignore est immédiatement identifié, et rejeté comme un corps étranger.

Pour être pratique et utilisable, une information doit conduire au degré de précision strictement nécessaire à chaque stade d'avancement du projet. Ce degré de précision va s'améliorer d'étape en étape, depuis l'esquisse jusqu'aux documents d'exécution, en passant par les plans de détail et la maquette. Cela n'aurait aucun sens de calculer avec force détails les déperditions ou les gains d'un bâtiment au début d'une étude, puisque le projet sera modifié de nombreuses fois avant sa formulation définitive.

Ainsi, en général, les architectes, les entrepreneurs et surtout les auto-constructeurs négligent les informations disponibles parce qu'elles se présentent sous une forme trop technique, complexe ou fastidieuse. D'où des erreurs de conception ou en tout cas des prises de risques inconsidérées dans la conception. Et d'où, finalement, des résultats qui ne sont pas conformes à ce qui était attendu.

Aujourd'hui encore, par la faute de l'aspect international de cette architecture, on prête peu attention à la diversité et au caractère particulier des climats et des solutions de conception

1 d'après Wiston Churchill : "First man builds a house, afterwards the house builds him" 2 contrôle, d'ailleurs qui n'a pas réussi à apporter la satisfaction voulue.

Avant-propos

11

régionales. Et pourtant c'est la construction elle-même et ses éléments constructifs qui composent l'installation "thermique" à coté ou non des machines frigorifiques, et il faut bien renseigner le concepteur, si l'on veut qu'il fasse un choix de qualité

Or on peut constater l'importance des premières décisions prises lors de la conception d'un projet d'architecture sur l'oeuvre achevée du point de vue énergétique.

considère sous l'angle de la

climatisation naturelle, se résume à la connaissance et à la maîtrise des liens entre les principaux acteurs concernés l'homme-usager et le lieu géographique.

Et que le choix d'un indice pour l'évaluation des conditions thermiques d'une ambiance doit être en rapport avec les conditions climatiques prépondérantes à un certain endroit, et avec l'activité développée par l'individu-cible.

Mais on sait davantage: qu'en général, il y a certaines combinaisons typiques des objets architecturaux, caractéristiques des styles courants pratiqués. Ces combinaisons ayant une performance thermique sur une ambiance occupée, nous permettent une évaluation statistique.

Compte tenu du cadre ainsi décrit, on se propose d'influencer le début de la conception architecturale, avec une méthode d'évaluation thermique pertinente au stade en question et conforme aux habitudes du métier.

Le fruit de notre recherche, le tableau de bord, couvre une gamme étendue de concepts et d'informations passives. La structure de la méthode est assez souple pour accueillir autant des nouvelles techniques que les procédures vernaculaires régionales.

Il offre un choix de présentation: un "outil-carton", que l'architecte met sur sa table à dessin et des versions informatisées. Dans les deux cas, comme le but est de rendre l'information technique accessible au grand public concerné, on évite volontairement (et dans la mesure du possible) de faire usage des symboles graphiques abstraits utilisés dans l'univers des agences d'architecture.

L'important est de fournir, dans un langage accessible, une évaluation du rapport entre des choix disponibles au concepteur en début de conception et les compromis thermiques qu'il établit et le résultat final.

La maquette présentée se rapporte à un climat, le climat tropical humide, à une saison, l'été, à un type d'occupation, nocturne et à une option, la non-climatisation. Mais la méthode permet aussi la création de tableaux pour des ambiances climatisés (l'échelle s'exprime alors en kWh de consommation) et bien évidemment à d'autres profils d'occupation, saison et climat, toute comme à des approfondissements d'un aspect constructif (ex. les toitures) du bâti.

On espère contribuer à une architecture plus consciente de l'homme qui vivra à l'intérieur, et aussi consolider cette liaison aujourd'hui un peu fragile, malgré son importance, entre le concepteur architecte et l'ingénieur-thermicien.

On sait

que la conception architecturale,

si

on

la

-*-

La conception architecturale

12

Chapitre 1: La conception architecturale, le confort d'été et les bases de la méthode du tableau de bord.

"Concevoir est la seule activité où la théorie, la pratique et l'enseignement sont pratiqués parallèlement et sans aucune séparation temporelle, spatiale ou intellectuelle 1 .

"Le confort est un enjeu. Moins un enjeu de convoitise pour ceux qui aspirent au confort, qu'un enjeu dans une société prise entre une civilisation de l'être et une civilisation de l'avoir." 2

nombreuses oeuvres essayent d'expliquer (et de

mettre en oeuvre) ce processus de l'esprit humain 3 qui permet de créer à partir d'une vision progressive quelque chose d'achevé. Si on a l'habitude de commencer par comprendre en faisant appel aux définitions des dictionnaires standards, bien obligés d'être explicites, on ne va pas très loin. Le Petit Robert nous offre pour conception, "Formation d'un concept, d'une idée générale dans l'esprit humain", concept étant par la suite présenté comme "du lat. conceptus, de concipere (recevoir), représentation mentale générale et abstraite d'un objet." 4.

Le sujet de la conception est vaste

De

Des chercheurs du domaine nous proposent déjà quelques définitions plus approfondies, dont certaines, recueillies par Adolphe[LA91], sont reprises ici. Ainsi, on s'aperçoit qu'il faudrait répartir le concept initial en deux, pour servir à l'Art et à la Science. En tant qu'art "la conception est l'action de l'esprit humain qui consiste en l'élaboration d'un concept ou d'une idée, à partir de son expérience ou de son intuition, par opposition à la fabrication qui est un assemblage de parties préexistantes - concevoir est créer". En tant que science, "la conception s'apparente à l'exploitation simultanée de plusieurs alternatives, à des sauts de niveaux d'abstraction ou de description distincts, au cours desquels les exigences sont remises en question - concevoir est contraindre."

Le fait de restreindre le champ à un domaine - l'architecture - qui reste à mi-chemin entre les deux définitions, art et science, ne facilite pas la tâche. Ainsi, la conception architecturale devient "un acte complexe qui exige la transformation d'un corps initial d'information insuffisant, en un corps final qui permettra de communiquer formes et dimensions

1 de Khaldoun ZREIK dans l'Editorial de la revue Sciences et techniques de la conception, vol.1,n°1, 1992; Ed. HERMES, Paris. 2 d'après Jacques Dreyfus, 30 ans après avoir écrit "Le confort dans l'Habitat", dans son livre "La société du confort, quel enjeu, quelles illusions?" 3 On se demande si cette limite est valide, quand on s'aperçoit de la façon dont certaines bêtes (le castor ou le "joão de barro") construisent leur habitat. 4 personnellement, la 1 ère définition de "conception" dans le petit Robert me semble plus claire, malgré son apparente différence avec notre sujet: "Formation d'un nouvel être dans l'utérus maternel à la suite de la réunion d'un spermatozoïde et d'un ovule". La suite de ce chapitre le démontrera.

La conception architecturale

13

de l'édifice à un chantier"[JL89]in[LA91]. Somme toute, c'est l'acte de transformer un brouillard consistant d'intuitions, d'acquis et de désirs en une forme concrète à bâtir.

1.1 Les phases de la conception architecturale: les connaissances, les exigences et les contraintes.

de nombreuses études, le processus de conception en architecture

représente la façon dont l'architecte 5 synthétise toutes les données issues d'une part du "pronostic" du potentiel du site (concept ci-après), et d'autre part du cahier des charges, synthèse effectuée selon son expérience 6 et son style personnel.

Encore objet

En résumé cependant, on peut dire que ce processus est découpé dans un but de

caractérisées surtout

contractualisation, en diverses phases (esquisse, APS, APD, projet, par le niveau de détail atteint:

),

THERMIQUE

ARCHITECTURE

CONTRAINTES

PRATIQUE dossierd'appel DUGENIE d'offre CLIMATIQUE programmation (procédures: ventiler, ) APS APD
PRATIQUE
dossierd'appel
DUGENIE
d'offre
CLIMATIQUE
programmation
(procédures:
ventiler, )
APS
APD
REGLEMENTATION
APD 1/n
APD2/n
APD 3/n
APD
n/n
PROJET
PHENOMENES
PROJET
1/n
PHYSIQUES
PROJET 2/n
PROJET 3/n
ELEMENTAIRES
PROJET
4/n
( λ, τ, α, E,
)
PROJET
n/n

secteur commercial

+ client

Client
Client

Disciplines de l'ingénierie concernées:

sol, drainage

 

structure

 

plomberie

s

impact envir.

 

climatisation equip. speciaux

CHANTIER
CHANTIER
envir .   climatisation equip. speciaux CHANTIER FOURNISSEURS Figure 1. 1 Le développement de la conception

FOURNISSEURS

Figure 1. 1 Le développement de la conception architecturale, ses rapports avec l'usage standard de la thermique et les autres sciences du bâtiment.

5 pour être réaliste, le mot "architecte" ici, et désormais, désigne quiconque conçoit pour bâtir et pas seulement celui qui y est légalement habilité. 6 d'ailleurs, il y a des approches différentes notamment par le "poids" attribué par chaque concepteur aux divers critères disponibles, ce qui rend difficile la modélisation des processus de conception [PF92].

La conception architecturale

14

On remarque qu'en même temps, chacune de ces phases correspond à un certain niveau

de contraintes prises en compte et donc à une liberté de choix "inversement" proportionnelle à

l’avancement.

On identifie pourtant la phase d'esquisse comme celle où à la fois il y a la moindre

intervention des autres domaines de la construction et le plus de liberté de choix, c'est à dire la phase idéale pour l'introduction d'une évaluation préalable de l'efficacité thermique des prises

de décision architecturales.

Liberté de choix contraintes Esquisse Avantprojet Projet l'idée L'oeuvre initiale achevée
Liberté
de choix
contraintes
Esquisse
Avantprojet
Projet
l'idée
L'oeuvre
initiale
achevée

Figure 1. 2 Schéma séquentiel dans la conception pour l'état de documentation du projet

Ainsi, on s'intéresse ici à la phase d'esquisse. Cependant, pour avoir une vision globale, on abordera d'abord une phase précédente: celle qu'on décide d'appeler de pronostic et diagnostic.

1.1.1 Le pronostic et le diagnostic

A partir de l'étude d'un climat, d'un site et d'un cahier des charges, le pronostic général se

propose d'établir et de hiérarchiser les meilleurs axes de conception à suivre, les stratégies les

plus réussies, en tenant compte plutôt de l'idée d'un profil d'occupation (type et période) à respecter que de la connaissance d'un projet particulier.

habitudeset désirs lebudget lesparticularités
habitudeset désirs
lebudget
lesparticularités

Figure 1. 3 - Les éléments de conception à prendre en compte du coté de l'usager

Le pronostic thermique permet un dépistage des phénomènes de base pouvant intervenir dans le choix des stratégies à suivre et la détermination de l'ordre de grandeur des performances thermiques du bâtiment. Ainsi on se donne des scénarios de climat, d'occupation,

de

densité urbaine, d'intensité des vents, de relief (altitude, proximité de la côte, etc

),

de bruit

et

de pollution, d'orientation du terrain (si il y en a une qui est déterminante pour le projet), de

contiguïté, etc

La conception architecturale

15

La conception architecturale 15 Leterrain sesenvirons son potentiel Figure 1. 4- La représentation geo-climatique

Leterrain

La conception architecturale 15 Leterrain sesenvirons son potentiel Figure 1. 4- La représentation geo-climatique

sesenvirons son potentiel

Figure 1. 4- La représentation geo-climatique nécessaire pour le pronostic thermique

Le relevé de ces éléments extérieurs qui interviendront dans le projet se fait par un processus en alternance dans une phase interdépendante qu'on appelle de diagnostic thermique 7 . Les éléments repérés seront considérés comme des contraintes ou atouts dans le processus de conception. C'est l'établissement d'un ensemble de valeurs propre à chaque projet, qui l'identifiera et déterminera des prises de décisions spécifiques.

1.1.2 La phase d'esquisse

Ensuite, l'architecte commence à organiser cette masse d'informations selon son style et en utilisant des images mentales retenues dans le cadre de ses choix culturels, budgétaires, etc. C'est la phase d'esquisse, où sont établis les axes principaux du projet. L'architecte est alors en train de minimiser les inconvénients rencontrés (voire de les annuler), et d'utiliser les atouts. Pour cette composition optimale, il a besoin d'un va et vient continu avec la phase de diagnostic.

Dans une analyse méthodologique générale de la conception architecturale, les principales caractéristiques de la phase d'esquisse, qui la distinguent des autres phases sont l'absence presque totale de données concernant le bâtiment à venir et une énorme liberté de choix architecturale pour la conception de sa forme.

C'est le moment précis du début de la conception, où l'on traduit par des images (ou des traits) le brouillon (ou brouillard) d'idées venu de la phase de pronostic général (et non seulement thermique). Cette phase se caractérise par la manipulation d'objets architecturaux complexes à partir de prises de décisions. A ce stade là, l'architecte reste "flou" en ce qui concerne la description physique de ces formes et éléments.

Exemple: "Mets-je un comble ou pas? Ventilé, peut-être?". Où comble est un objet composé d'une toiture (avec différentes possibilités pour la géométrie et la composition), d'un espace (à déterminer ) et d'un plafond (si on en décide ainsi, lui aussi sera composé). La composition porte sur le domaine architectural, comme expliqué ci-dessus, mais aussi sur celui de la thermique, et de la lumière, parmi d'autres.

7 partie intégrante d'un diagnostic global, qui n'est pas complètement achevée quand on passe à l'esquisse.

La conception architecturale

16

La conception architecturale 16 Figure 1. 5 - Le processus mental d'organisation des informations en phase

Figure 1. 5 - Le processus mental d'organisation des informations en phase d'esquisse

On va donc chercher à démontrer que, du point de vue thermique et dans la phase d'esquisse, on peut trouver des objets (voir l'exemple ci-dessus) qui traduisent des styles architecturaux divers, puisqu'il s'agit de représenter des solutions constructives générales d'assemblage des éléments du bâtiment, c'est à dire des formes de base.

La conception architecturale

17

1.2 Nature des problèmes de confort d'été.

La conception architecturale, si on la considère sous l'angle de la climatisation naturelle, se résume à la connaissance et à la maîtrise des liens entre les principaux acteurs concernés l'homme-usager et le lieu géographique. En fait les habitats anciens, qui ne pouvaient faire appel qu'à la climatisation naturelle, constituent déjà pour certains[XB89], par les dispositifs adoptés, des exemples de compréhension véritable des effets du climat sur la sensation du confort.

Mais, que savons-nous de ce confort? A la fois beaucoup et bien peu: beaucoup quand

le sujet. Bien peu quand on examine la

on considère le volume des rapports, articles, possibilité de sa prise en compte dans un projet.

sur

Mais, en l'absence d'un modèle de pleine compréhension et de globalisation des "conforts" et compte tenu de l'objectif de cette recherche, on s'en tiendra ici au confort hygrothermique dans son état de l'art, appelé dorénavant tout simplement confort. Afin de pouvoir l'étudier et découvrir les atouts disponibles pour l'architecte en climat chaud-humide, on détaillera certains des phénomènes à partir de la bibliographie rencontrée (voir Annexe 12).

Ce chapitre propose d'abord de discuter les principaux enjeux dans l'optique thermique d'évaluation d'un projet quelconque:

A C B
A
C
B

A)- les possibilités climatiques du lieu

B)- le confort minimal attendu

de

l'enveloppe face à l'un et à l'autre, c'est à dire l'établissement d'un indice de qualité thermique.

C)-

le

rôle

de

la

performance

du

projet

Ensuite, on vérifiera le rôle réel de la thermique des bâtiments dans la conception architecturale actuelle en milieu tropical.

1.2.1 Evaluation du confort d'éte: le concept de dégrés-heures naturels.

Si l'on réfléchit aux possibilités climatiques d'un lieu, où les phénomènes peuvent être décrits à partir des données des stations météorologiques (parfois, des seules valeurs de température sèche et d'humidité), on peut dire qu'elles constituent "l'identité énergétique" du terrain, permettant de prévoir ce que l'on éprouve, sous certaines conditions climatiques:

La conception architecturale

18

La conception architecturale 18 Figure 1.6 - Les variations climatiques De plus, ces données fournissent le

Figure 1.6 - Les variations climatiques

De plus, ces données fournissent le potentiel "frigorifique" et la charge "calorifique" naturels. On y retrouve donc les limites des ressources climatiques du lieu. Et bien évidement, en climatisation passive, on ne pourra pas obtenir plus que ce qui est disponible naturellement.

Pour quantifier cette identité, on propose ici l'idée des dh nat (degrés-heures naturels) d'un lieu. Ils représentent, pour un type de climat à étudier, son potentiel frigorifique et la charge calorifique préliminaire à laquelle on doit s'attendre. Les dh naturel , , définis comme la valeur des dégrés-heures 8 de la température de l'air en dehors d'une certaine limite se partagent, entre des dh nat de confort et des dh nat d'inconfort. Le graphique ci-dessous illustre cette approche:

. Le graphique ci-dessous illustre cette approche: Figure 1. 7 - Evolution de la température extérieure
. Le graphique ci-dessous illustre cette approche: Figure 1. 7 - Evolution de la température extérieure
. Le graphique ci-dessous illustre cette approche: Figure 1. 7 - Evolution de la température extérieure

Figure 1. 7 - Evolution de la température extérieure et les limites de confort

Dans un but pédagogique on traduira d'abord la notion de confort (ou l'inconfort) par des écarts de températures, même si l'on reconnaît l'importance de l'influence de l'humidité.

Ainsi, les surfaces correspondant aux dh nat de dépassement de la limite supérieure 9 , peuvent être interprétées comme une mesure de l'inconfort, les dh nat d'inconfort, représentant à un facteur près la charge frigorifique et celles au-dessous de la limite correspondent, bien évidement, à une situation inverse: il s'agit de dh nat de confort (ou au même facteur près, à une ressource frigorifique).

8 il faudrait faire la différence entre le degré-heure décrit et celui généralement fourni par les stations météorologiques. Celui-ci fait rapport à la quantité de chaleur perdue par un édifice durant cette saison et la base de référence est toujours (ou presque) 18°C[PL92] 9 ou à l'extérieur des deux limites, selon le cas

La conception architecturale

19

On peut aussi, faire référence à une température sol-air 10 et aboutir à d'autres dh nat , mais il semble raisonnable de choisir comme référence pour les climats tropicaux humides un endroit soumis à un vent moyen et à l'ombre.

On peut vérifier la sensibilité des dh nat aux variations géographiques en réfléchissant à la
On peut vérifier la sensibilité des dh nat aux variations géographiques en réfléchissant à
la carte, au tableau et au graphique de températures et d'humidité ci-dessous. Ils représentent
les environs de la ville de Rio de Janeiro, au Brésil.
TER
GOV
JAC
Océan Atlantique
N

Figure 1. 8 - Carte de Rio de Janeiro(partial), Brésil

Trois stations ont été retenues, dans un rayon de 100 km, soumises à des configurations géographiques différentes:

- Governador (GOV) se situe sur une plaine au niveau de la mer, à l'intérieur de

la baie de Guanabara. Banlieue très urbanisée, est une région d'industries atteinte par l'îlot

thermique situé un peu à ouest, à Bonsucesso[CB89]. Ses valeurs moyennes annuelles de température et humidité relative sont 24,9°C et 74%.

- Jacarépaguá (JAC) est une plaine océanique (l'Océan Atlantique), coupée par

de nombreux lacs et marais et beaucoup moins urbanisée; La température varie pendant l'année

autour de 24,2°C avec une humidité relative de 77,9%.

- En ce qui concerne Teresópolis (TER), il s'agit d'un petit village de vacances,

dans une vallée à 870 m d'altitude, en plein milieu d'une réserve de la forêt atlantique brésilienne et dont le climat est considéré comme tropical d'altitude[IB89], ayant une moyenne annuelle de température de 17,7°C et 84% d'humidité relative.

Les valeurs retenues pour l'étude sont celles du mois de février (valeurs moyennes sur 5 ans), en saison d'été [BK90]. En ne disposant que des valeurs extrêmes et leurs heures d'occurrence, une reconstitution préalable des données météorologiques pour une journée- typique a été réalisée selon les algorithmes utilisés par le logiciel CASAMO-CLIM (voir Annexe 1).

10 T sol-air =T air +(α/h e ).φ; où α l'albédo du terrain, h e le coeff. d'échanges convectifs; φ la radiation incidente.

La conception architecturale

20

 

lat

long

alt

vent

vent

T

T

H

H

dh nat d'inconfort

Station

S

O

(m)

jour

nuit

min

max

min

max

 

journalier

(m/s)

(m/s)

(°C)

(°C)

(%)

(%)

∑∑∑∑

chaud

froid

Governador

22°49

43°15

10

5,1

2,6

25,1

34,7

53

92

77

77

0

Jacarépaguá

22°59

43°22

10

3,5

3,1

23,4

31,4

63

91

35

35

0

Teresópolis

22°27

42°58

870

3,0

0,1

18,2

26,6

56

87

9

7

2

Tableau 1. 1 - données geo-climatiques typiques d'été (Février) pour 3 stations à Rio de Janeiro -1985-1890.

On remarque qu'à l'intérieur d'un même climat général, et pour les mêmes températures de seuil de confort (19°C et 27°C), on obtient des dh nat très différents.

On observe aussi l'occurrence de dh nat d'inconfort liés non plus à la surchauffe, mais à la sous-chauffe. Si les dh nat de confort et d'inconfort sont du même ordre de grandeur, on peut espérer par une stratégie de déphasage arriver à un certain confort moyen.

Journées typiques d'été (22°S)

35 chaud 30 confort (T max admise) Governador 25 Jacarépaguá confort (Tmin admise) 20 Teresópolis
35
chaud
30
confort (T max admise)
Governador
25
Jacarépaguá
confort (Tmin admise)
20
Teresópolis
°C
froid
15
1 2
3
4
5
6
7
8
9
10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
heures
Figure 1. 9 - Evolution de température pour 3 stations (Février) à Rio de Janeiro, Brésil

La situation de Teresópolis illustre le cas d'un lieu où le résultat des conditions de confort d'été conduirait à l'étude de l'inconfort plutôt pour d'autres saisons, notamment l'hiver.

Ce serait vraisemblablement le cas pour toutes les régions tropicales d'altitude 11 et certaines régions méditerranéennes.

En outre, une analyse heure par heure des valeurs des dh (voir tableau suivant) permet d'envisager des stratégies à adopter.

11 Selon Dreyfus[JD60], en pays tropical, le climat d'altitude ne s'observe que pour une altitude égale ou supérieure à 400m, quand le climat est comparable à celui des régions voisines d'altitude plus faible, mais les minima de température tendent à être trop marqués en hiver pour qu'il y ait confort vrai.

La conception architecturale

21

 

Calcul des dh naturels d'inconfort pour les trois stations à Rio (Brésil) (référence: T conf max = 27°C; T conf min = 19°C)

 
 

Rio Teresópolis

Rio Governador

Rio Jacarépaguá

h T air

HR

dh d'inc

T air

HR

dh d'inc

T air

HR

dh d'inc

1 20,48

81

confort

27,17

62

0,17

24,78

85

confort

 

2 19,62

84

confort

26,31

66

confort

24,26

87

confort

 

3 18,94

85

-0,06

25,65

68

confort

23,84

89

confort

 

4 18,47

87

-0,53

25,24

70

confort

23,56

90

confort

 

5 18,23

87

-0,77

25,1

71

confort

23,4

91

confort

 

6 18,27

86

-0,73

25,29

75

confort

23,49

91

confort

 

7 18,83

84

-0,17

25,86

82

confort

24,16

90

confort

 

8 19,88

81

confort

26,76

80

confort

25,4

86

confort

 

9 21,31

76

confort

27,91

75

0,91

26,98

80

confort

 

10 22,97

72

confort

29,22

68

2,22

28,64

74

1,64

 

11 24,68

67

confort

30,58

62

3,58

30,08

68

3,08

 

12 26,24

62

confort

31,89

55

4,89

31,05

64

4,05

 

13 27,5

59

0,50

33,04

50

6,04

31,4

63

4,4

 

14 28,32

57

1,32

33,94

48

6,94

31,33

64

4,33

 

15 28,6

56

1,60

34,51

45

7,51

31,11

68

4,11

 

16 28,48

56

1,48

34,7

46

7,7

30,77

65

3,77

 

17 28,12

58

1,12

34,56

48

7,56

30,29

67

3,29

 

18 27,54

59

0,54

34,15

50

7,15

29,72

69

2,72

 

19 26,77

62

confort

33,49

51

6,49

29,06

71

2,06

 

20 25,84

65

confort

32,63

53

5,63

28,34

73

1,34

 

21 24,79

68

confort

31,6

54

4,6

27,59

76

0,59

 

22 23,68

72

confort

30,48

56

3,48

26,83

78

confort

 

23 22,56

75

confort

29,32

58

2,32

26,09

81

confort

 

24 21,48

78

confort

28,20

60

1,17

25,40

83

confort

 

total jour froid (-) total jour chaud

-2,26

 

0

 

0

6,56

77,19

35,38

total journalier d'inconfort

8,82

77,19

35,38

Tableau 1. 2 - Etude horaire des dh nat d'inconfort pour les 3 stations

Si on compare les écarts rencontrés avec ceux des marges permises sous certaines conditions (comme décrites en ISO 7243[IS82]et 7730[AS93] avec des valeurs de clo et met attendues), on peut finir par les négliger à certaines heures, ce qui dirigerait les choix de conception.

La conception architecturale

22

1.2.2 Les outils d'aide thermique: les atouts et les contraintes pour l'architecture climatique d'été

L'architecture dite climatique maintient par nature, plus qu'une autre, des liens forts entre l'environnement extérieur, le climat et l'intérieur. La complexité qui en découle incite les concepteurs à utiliser des outils d'aide à la décision.

Les besoins de chaque phase du projet impliquent l'utilisation de différents types d'outils d'aide à la décision. On trouve une classification intéressante en [PB88] à ce propos. Brejon y classe les outils d'analyse thermique en quatre groupes:

- ceux destinés à la thermique d'avant-projet, à l'usage de l'architecte et du

thermicien;

- ceux appelé de la thermique du projet, à l'usage du concepteur, du contrôleur et de l'installateur;

- ceux dont le but principal est la gestion technique, et dont le public est l'exploitant et le gestionnaire;

- ceux créés pour l'audit à l'usage de l'exploitant et du gestionnaire.

Dans le cas du début de conception en architecture climatique, les outils devraient idéalement agir sur:

- la maîtrise des interactions thermiques et aérauliques entre les différents espaces intérieurs et extérieurs;

- l'exploitation des ressources naturelles (soleil, vent, sol, nappe);

- l'optimisation du confort obtenu au moindre coût.

Un relevé des outils disponibles (voir Annexe 12) montre qu'il en existe sous forme "papier", et sous forme "informatisée" 12 .

Au début de la conception, les outils servent surtout à l'analyse des solutions disponibles; ce sont des morceaux d'images dans la mémoire de l'architecte 13 . Il faut donc rassembler ces morceaux plus ou moins indépendants, représentant des stratégies et des habitudes et fournir des indications de performance. Essentiellement qualitatifs, en général, les outils se traduisent par des conseils qui ne donnent lieu à aucun calcul significatif (voir annexe

12).

Une fois les grands axes tracés, une phase très importante d'approfondissement du projet démarre, et les outils de simulation y ont un rôle primordial. Ils doivent être capables de reconstituer le scénario global attendu et d'en donner les réponses physiques (température intérieure, humidité, éclairage, etc

12 selon l'usage, le produit informatique logiciel reçoit le nom de didacticiel - pour la formation et de progiciel, quand il est commercialisé. D'une façon générale, dans tout le contexte de l'énergétique du bâtiment, on trouve plus d'une centaine de produits en France, rassemblés chez une dizaine d'éditeurs. 13 et on ne rentre pas ici dans le monde de la méthode personnelle de classement.

La conception architecturale

23

Puisque chaque outil est destiné à une étape précise du projet pour un besoin propre, on risque gros en les utilisant au mauvais moment. Par exemple, on ne peut utiliser les outils de simulation dans la phase initiale qu'en leur attribuant certaines entrées "au hasard". Cela empêche l'évaluation de l'importance des décisions réellement prises. En revanche, une bonne utilisation d'un outil adapté aux besoins du début de conception, doit empêcher des modifications capitales et tardives du projet, dont l'importance dans le coût global sont faciles à imaginer.

Quelques points sont importants à remarquer pour l'usage de tous ces outils:

- les limites des zones décrites dans les diagrammes de confort ne doivent, en principe,

être considérées que comme indicatives, car des erreurs surviennent du fait des écarts des conditions climatiques locales par rapport à celles qui ont servi de base à l'établissement (amplitudes de températures, vitesse de vent). En définitive, l'efficacité des méthodes constructives suggérées dépend aussi de la conception et de la construction du bâtiment.

- ils "cachent" les hypothèses sur le milieu étudié, et il faut donc toujours se repporter à

la bibliographie d'origine pour vérifier la pertinence du projet (climat + cahier de charges) avec les limites d'utilisation des outils 14 .;

- ils traitent toujours de prévisions, c'est à dire, qu'ils donnent des indications qualitatives, des statistiques sur un résultat final probable et non une évaluation précise d'un cas particulier.

- la plupart ne répondent qu'à une seule préoccupation technique, contrairement à la

situation que connaissent la majorité de leurs utilisateurs, qui doivent traiter tous les aspects en

même temps (voir schéma de la figure 1.1);

- pour les deux deux classes d'applications les plus importantes - l'aide à la décision et

l'aide au diagnostic - ils présentent le défaut d'exiger des utilisateurs la connaissance précise et la saisie d'un grand nombre de données;

- certains domaines, comme la conception d'installations "climatiques" non standards, la ventilation des bâtiments ou encore la thermique des bâtiments "passifs", sont peu ou insuffisamment traités.

14 Le climat tropical ne présente guère d'atouts pour l'établissement d'un bilan neutre (quand l'énergie non- utilisée produite à l'intérieur de l'organisme est dégagée facilement par le corps) pour l'individu (voir annexe 12). Ainsi, dans le cas d'un projet d'atelier de travaux pratiques de lycée technique par exemple, cas non-traité dans cette thèse [JA93], où l'homme arrive à produire par son activité, non les 80W prévus par la plupart des diagrammes, mais environs 200W - une énergie dont il profite parfois à 20% pour son travail - une option consciente pour un bon projet s'avère fondamentale pour qu'il puisse dissiper ces 80% et maintenir la température d'équilibre vers les 36,7°C nécessaires.

La conception architecturale

24

En fait, un banc d'essai comparatif de progiciels[JB92] confirme que si certains programmes ne permettent pas une liberté minimale d'architecture (orientation, inclinaison), d'autres sont très fermés en ce qui concerne l'usage attendu du bâtiment, c'est à dire les apports et leurs variations horaires dûs à l'occupation. L'existence de deux groupes de méthodes de traitement des échanges, dynamiques et statiques 15 , demande la connaissance préalable par l'architecte de l'influence de l'inertie dans son projet. En plus, il reste la question: quel pourrait être le "bon" logiciel. Compte tenu du besoin de réduction des équations pour alléger la manipulation de l'outil, réduction faite selon des hypothèses qui varient d'une équipe de recherche à l'autre, on reste toujours, comme dit [JB92], "sur sa faim" à la lecture des résultats

Enfin, nos dernières remarques concernant la manipulation des outils informatisés:

- un outil n'est pas "créateur". Le plus développé des "systèmes experts" rêvés ne fera qu'obéir à une série pré-conçue d'instructions.

- il est important de connaître l'objectif et l'optique dans lequel a été créé le

logiciel, ce qui détermine en grande partie ses caractéristiques et la méthode de travail induite 16 ;

-

la

plupart

d'entre

eux

n'exposent

pas

d'une

façon

claire

leurs

limites

d'utilisation ou

leurs hypothèses simplificatrices,

ce qui amène souvent

à des résultats

altérés 17

1.2.3 Un modèle de référence: notre choix pour l'étude - CASAMO-CLIM.

Pour la meilleure adaptation aux objectifs de cette recherche, il nous a semblé approprié le choix d'un logiciel ayant, entre autres, les caractéristiques suivantes:

- avoir été conçu pour l'étude de la climatisation naturelle et être déjà validé;

- avoir une littérature scientifique d'appui disponible;

15 dans les méthodes statiques, tous les échanges thermiques à l'intérieur du bâtiment et hors de lui sont supposés se faire à chaque instant en régime permanent, ce qui revient à négliger tous les effets de l'inertie thermique; l'ajout forfaitaire de classes d'inertie amène aux méthodes "quasi statiques". Les méthodes dynamiques opèrent au contraire en régime sans cesse variable et permettent de définir divers aspects de l'inertie thermique. La méthode harmonique part du principe que si un système linéaire est soumis à une sollicitation sinusoïdale, sa réponse en sortie est elle-même sinusoïdale et de même fréquence, étant le signal initial amorti et déphasé. 16 Ainsi, comme exemple, SIMULA offre la possibilité de simuler aisément des serres accolées à un bâtiment. Le transfert entre zones du rayonnement solaire n'étant pas possible pour CASAMO-CLIM, cette manipulation y requiert des astuces et n'offre que des résultats précaires. L'humidité relative, facteur d'importance pour l'étude du confort en pays chauds, est traitée dans CASAMO-CLIM pour le calcul de la température apparente de la voûte celeste (température du ciel) et pour les simulations; elle est négligée - puisque de moindre importance dans les climats tempérés - par SIMULA. 17 Ceci est d'ailleurs très bien visualisé par l'étude menée à l'Ecole d'Architecture de Toulouse en 1992 par Jean SOUM à la suite d'un banc d'essai effectué avec le SITERPA de UFSC, Brésil, où des saisies incorrectes ont provoqué un jugement erroné à propos de la performance du logiciel Casamo-Clim.

La conception architecturale

25

- permettre la prise en compte de l'effet de l'humidité, par ses effets sur le confort d'été (voir le chapitre suivant);

- avoir des sorties sous forme de données de température et d'humidité relative;

- prévoir la prise en compte des effets de masques sur les parois opaques et surfaces

vitrées;

- autoriser la prise en compte des phénomènes de microclimat;

Une analyse des logiciels disponibles et validés nous a conduit à CASAMO-CLIM [CE85][DC86]; qui en plus d'être très répandu, répondait bien à nos besoins et ne présentait pas l'effet "boîte noire" (ce logiciel est documenté, suivi en continu par l'ADEME et Airab Consultant et est l'objet de concours internationaux récents [MA93a], [MA93b]).

Tout d'abord, le module initial permet une première définition des plans géométriques du bâtiment et du site, ce qui fait connaître la valeur de la contrainte thermique et des potentialités des masques solaires, lointains ou intégrés au bâtiment. Le deuxième module, une fois les grands axes définis, décrit le projet, par l'introduction des matériaux 18 , apports internes et dimensions spécifiques à la géométrie de l'enveloppe du bâtiment. Les résultats de ce module peuvent amener l'architecte à modifier les surfaces d'ouvertures, la composition de certaines parois ou même à introduire des masques. Ces modules s'enchaînent de manière logique depuis l'introduction des données du projet jusqu'aux calculs finaux de température résultante et d'humidité relative intérieure. Le logiciel permet ensuite d'étudier plusieurs variantes d'un même projet de façon à obtenir des conditions d'ambiance aussi confortables que possibles en période chaude.

Ainsi, CASAMO-CLIM a pour principale fonction de calculer à chaque demi-heure les caractéristiques de l'ambiance intérieure d'un bâtiment, soumis à des conditions climatiques (la température extérieure, l'hygrométrie, un régime de ventilation, la nébulosité du ciel, l'albedo

du sol,

Les phénomènes physiques sont modélisés à l'aide d'hypothèses simplificatrices et

d'algorithmes inspirés de modèles détaillés comme MINERVE[MF86], ce qui lui permet d'être acessible sur un micro-ordinateur avec un temps de calcul très accepptable.

).

Les sorties du logiciel ont été conçues pour faciliter la conception thermique de l'envelopppe:

- représentation graphique de l'irradiation solaire et des effets des masques,

- valeurs horaires de caractéristiques de l'ambiance, avec possibilité d'une température résultante pour la période d'occupation,

- répresentation graphique de l'évolution quotidienne sur le diagramme bioclimatique de Givoni, permettant situer les résultats par rapport à une zone de confort.

18 Le logiciel possède des bibliothèques renouvelables de matériaux, parois et apports internes (valeur et profil).

La conception architecturale

26

(1)
(1)
La conception architecturale 26 (1) (3) (2) (4) Figure 1. 10 - quelques sorties graphiques du

(3)

(2)
(2)
La conception architecturale 26 (1) (3) (2) (4) Figure 1. 10 - quelques sorties graphiques du

(4)

Figure 1. 10 - quelques sorties graphiques du logiciel CASAMO-CLIM[CE85]:

1) flux journalier par plan de travail, 2) diagramme solaire d'une surface masquée, 3) évolution quotidienne de l'ambiance, 4) situation dans un graphique bioclimatique

Par rapport à d'autres logiciels disponibles, on a vérifié un bilan avantageux de la part de CASAMO-CLIM. Ses principaux atouts, cependant, ont été le traitement de l'humidité, la transparence de ses hypothèses et, pourquoi pas, l'expérience déjà acquise dans sa manipulation; il faut pas négliger, très souvent le meilleur logiciel est celui qu'on connaît le mieux

La conception architecturale

27

1.3 Les bases et les attendus de la méthode du tableau de bord.

On recherche une représentation des phénomènes thermiques intervenants dans la climatisation naturelle dans un langage architectural comparable avec la phase initiale de conception .

Mais jusqu'où aller dans la description des objets par l'architecte lors de la conception de son projet? Le but d'un outil d'aide à la conception architecturale en phase d'esquisse est d'orienter le concepteur sur certaines voies, non d'évaluer ce qu'il a déjà décidé. Il est donc important qu'on ne lui surcharge pas la réflexion et, qu'on ne lui pose pas de questions trop en "aval" de la phase de conception en cours.

Or, on sait que la maîtrise de la thermique de bâtiment se résume finalement à contrôler autant que possible les flux de chaleur échangés et stockés dans le bâtiment. Tout comme le climat, les impératifs sociaux, culturels et économiques apportent un lot important de contraintes à la conception architecturale.

Mais on sait davantage: qu'en général il y a certaines combinaisons typiques d'objets architecturaux, caractéristiques des styles courants pratiqués.

On propose ici un concept de "tableau de bord" qui rassemble les choix les plus fréquents dans une certaine culture reliés à des modèles réduits de performance thermique 19 . Ces choix sont réunis selon la systématique architecturale locale ou la hiérarchie thermique pour le confort d'été. La base créée permet aussi l'inclusion de nouveaux objets, dans un but didactique 20 .

La vérification de la performance du projet idéalisé avec le tableau de bord permet d'éviter des modifications importantes, qui n'apparaissent qu'après le passage par des logiciels de simulation. Ceci allége le rapport entre le développement architectural et celui des autres domaines concernés (sol et drainage, structure, plomberie, circulation, etc.).

1.3.1 Les choix de base.

Pour créer une méthode, on pose des prémisses pour la construction du tableau, réquis nécessaires pour son usage par les architectes en début de conception, à savoir:

- la simplicité et la représentativité des choix dans le tableau;

- la propriété d'additivité des notes;

- la stabilité de la notation lors de l'introduction de nouveaux composants et procédés.

L'ensemble offre un outil d'avant-projet de consultation facile, permettant à la fois des changements d'orientation, la compensation d'un mauvais choix du à une contrainte non- thermique par un autre.

19 qui renseigne sur la plage des conséquences thermiques et aérauliques (voire lumineuses et acoustiques) sur un résultat final probable.

parfois difficiles à assimiler, les

20 si les explications à propos de la performance des systèmes passifs sont

concepts et les formes s'intègrent facilement dans le vocabulaire quotidien de l'architecte.

La conception architecturale

28

Pour ce faire, il propose un rapport entre les choix architecturaux disponibles pendant la phase d'esquisse et la plage des conséquences thermiques et aérauliques (voire lumineuses et acoustiques) constituant le résultat final probable. Ces choix sont réunis selon la hiérarchie architecturale locale et la hiérarchie thermique pour le confort d'été. La transposition de l'influence de tous les objets architecturaux du tableau de bord est faite à la même échelle, sous forme linéaire. Des icônes représentent les principaux objets de la conception architecturale comptant pour la performance thermique d'un bâtiment. La méthode du tableau de bord décompose des éléments considérés comme inséparables, par le biais d'un artifice: l'évaluation de leurs influences spécifiques par simulation.

de leurs influences spécifiques par simulation. Figure 1. 11 - Position d'un "tableau de bord"
de leurs influences spécifiques par simulation. Figure 1. 11 - Position d'un "tableau de bord"
de leurs influences spécifiques par simulation. Figure 1. 11 - Position d'un "tableau de bord"

Figure 1. 11 - Position d'un "tableau de bord" dans le processus de conception.

La méthode du tableau de bord peut se décliner à différentes échelles:

- l'échelle du bâtiment:, intégration architecturale dans son site; on rassemble les acquis de la bonne architecture extérieure;

- l'échelle d'un quartier, sa description, sa densification: on rassemble les acquis d'une bonne conception urbaine;

- l'échelle d'une ville:on rassemble dans le territoire, des systèmes de maille, de liaison,

d'espaces intermédiaires, c'est à dire on propose la qualité en vue du potentiel "thermique"

disponible.

La conception architecturale

29

Dans cette thèse, on travaille sur la première échelle: celle du bâtiment, son enveloppe, son environnement proche. Parallèlement au pronostic thermique, traité dans la thèse, la

méthode permettrait d'autres évaluations: l'acoustique, l'éclairage, le bilan environnemental, le

coût d'installation et d'entretien, la consommation équivalente de climatisation être ajoutés.

pourraient

,

Globalement, comme on verra au chapitre 2, le processus de création d'un tableau de bord à cette échelle est le suivant: après un tri parmi les phénomènes les plus importants du point de vue de l'apport thermique dans la typologie architecturale ordinaire on décompose un "bâtiment-type" en des "objets architecturaux" 21 ,, cohérents avec le lieu et l'occupation, Ces objets, et leurs variantes, sont analysés et notés selon une évaluation de la qualité thermique apportée.

21 Certaines associations de procédés et matériaux sont considérées comme standard, selon la région: ainsi, pour les couvertures, on retient l'inclinaison horizontale d'une dalle, celle d'environ 15° pour les plaques de fibrociment et 25° pour les tuiles en terre cuite. De même pour le paramètre couleur extérieure, elle est sombre pour les dalles , gris pour les plaques en fibrociment et entre rouge et crème pour la tuile en terre cuite.

La conception architecturale

30

1.3.2 La notation utilisée: le degré-heure d'inconfort.

La conception architecturale, vue sous l'angle thermique, vise à harmoniser l'homme- usager et le lieu géographique/climatique. Pour l'évaluation de la qualité d'un projet, il s'agit donc de comprendre les effets du climat et du bâtiment sur la sensation du confort.

Chauffer et refroidir ne sont pas équivalents. Toute la modélisation du confort acquise pour la thermique d'hiver n'est pas aisément récupérable pour les conditions d'été[NB93]. Pour les climats chauds-humides, objet de ce travail, le confort attendu doit être évalué en tenant compte de l'humidité. De plus, le confort thermique de l'être humain n'est pas seulement lié à la situation instantanée locale, mais aussi aux situations passées récentes et à celles environnantes 22 [XB89]. C'est pourquoi l'impression de fraîcheur trop grande est quelque fois ressentie à l'entrée de certains immeubles 23 . La procédure de mise en confort devrait tenir compte du désagrément engendré par certaines ruptures.

Pour la quantifier, une méthode d'évaluation a été créée, à partir de Casamo [CE85] et de la notion de degrés-heures naturels déjà utilisée. Il s'agit d'un indice qu'on appelle degrés- heures d'inconfort.

L'indice des degrés-heures d'inconfort produits par une certaine variante du projet de base est donc défini 24 comme suit:

dh

inconf

oc

=

t

2 oc

∑ ∫

t 1 oc

[

T

res

oc

T

cc

oc

]

+

dt

Equation 1. 1 - Indice utilisé dans le tableau de bord

T res oc est la température résultante en occupation, et

T cc oc est la température de l'air de seuil de confort, corrigée par l'humidité selon l'étude IPT et par l'éventuel effet de la vitesse d'air selon notre interprétation de l'étude du CSTB décrite dans l'annexe 12.

22 ce que les dispositifs de climatisation artificielle ne prennent pas en compte. 23 ou comme remarque M.Berger[XB89], à la sortie d'un sauna 24 en fait, un raffinement de la notion des dh naturel , obtenu grâce à la connaissance des rapports entre la température, l'humidité et l'activité humaine - métabolisme et période d'occupation - concernée.

La conception architecturale

31

L'inconfort (écart entre T res oc et T ccoc ) est comptabilisé durant la période d'occupation soit de t à t 2oc , seulement quand il est positif. Ce calcul est effectué par le biais d'un tableur (voir Annexe 2).

1oc

effectué par le biais d'un tableur (voir Annexe 2). 1oc Il mesure donc les écarts de
effectué par le biais d'un tableur (voir Annexe 2). 1oc Il mesure donc les écarts de
effectué par le biais d'un tableur (voir Annexe 2). 1oc Il mesure donc les écarts de
effectué par le biais d'un tableur (voir Annexe 2). 1oc Il mesure donc les écarts de
effectué par le biais d'un tableur (voir Annexe 2). 1oc Il mesure donc les écarts de

Il mesure donc les écarts de température à la température maximal générés dans une variante du projet. La valeur de référence pour le confort demeure 27°C (avec les corrections décrites ensuite) et peut être modifiée selon l'activité et la région considérées.

La limite précédente est soumise à modification par l'étude IPT (voir tableau ci- dessous) et ensuite à nouvelle correction pour l'éventuel effet de la vitesse d'air.

Le travail développé par l'IPT (Instituto de Pesquisas Tecnológicas de São Paulo) [IP81] dans les années 80, visait aboutir à des recommandations pour la satisfaction des exigences hygrométriques de l'usager brésilien.

Pour cette définition la méthodologie employée a surtout pris en compte:

- des caractéristiques climatiques régionales pour l'établissement des seuils de confort en la température de l'air à l'intérieur des constructions;

- des paramètres de confort en usage dans d'autres pays, en tenant compte de ce

que l'habitat au Brésil n'utilise pas de la climatisation artificielle pendant toute l'année.

Le résultat est des données pour l'établissement de la température de confort d'été pour un homme standard. Il fournit, parmi d'autres recommandations, un tableau de seuil de confort pour la température de l'air à l'intérieur des ambiances, en fonction des conditions extérieures:

Te/HR*

<45%

45%-60%

>60%

 

> 30°C

29°C

27°C

27°C

* - pour le mois le plus chaud:

 

30° >Te >28°C

_

27°C

27°C

- maximales journalières.

Te

température

extérieure

moyenne

des

< 28°C

_

26°C

26°C

HR- l'humidité relative extérieure moyenne des minimales journalières.

Tableau 1. 3- Seuil de température de l'air en fonction de l'humidité, proposé par l'IPT

[IP81]

La conception architecturale

32

La correction pour l'effet de la vitesse d'air obéit à la formule suivante, ajustée par nous sur les courbes de performance du diagramme de l'étude CSTB (ch.2.3.3 et [CS92]), (pour une humidité absolue de 17g/kg d'air sec, soit 32°C et HR=57% ):

T seuil conf =T o - 6*exp(-v air /0.91)

Equation 1. 2 - Formule de correction de la température de seuil de confort pour l'effet du vent

où:

T seuil conf. - Température de référence de confort, corrigée de l'effet de la vitesse de l'air,

en °C

T o - Température de référence pour le confort, corrigée par l'IPT, en °C

v air - vitesse de l'air rencontrée (ou attendue), en m/s

Le tableau suivant décrit l'application de la correction aux seuils de températures de l'air proposés par l'IPT:

T IPT

 

Température de seuil de confort (T seuil conf )

 

T

o

0

0.06

0.13

0.50

0.80

1.00

1.50

2.00

3.00

0 m/s

m/s

m/s

m/s

m/s

m/s

m/s

m/s

m/s

m/s

 

26 26,4

26 26,8

 

28,5

29,5

30,0

30,8

31,3

31,8

 

27 27,4

27 27,8

 

29,5

30,5

31,0

31,8

32,3

32,8

 

28 28,4

28 28,8

 

30,5

31,5

32,0

32,8

33,3

33,8

 

29 29,4

29 29,8

 

31,5

32,5

33,0

33,8

34,3

34,8

Tableau 1.4 Des valeurs de la correction pour la vitesse d'air de la température de seuil de confort de l'IPT, en degrés Celsius.

35,0 34,0 33,0 32,0 31,0 °C 30,0 29,0 28,0 27,0 26,0 25,0 T 0,06 0,13
35,0
34,0
33,0
32,0
31,0
°C
30,0
29,0
28,0
27,0
26,0
25,0
T 0,06
0,13
0,50
0,80
1,00
1,50
2,00
3,00

CSTB

(0m/s)

Figure 1. 12 - Graphique de la variation de la température de seuil de confort type IPT selon la ventilation, après l'interprétation des études CSTB[CS92]

La conception architecturale

33

1.3.3 - Le coût d'un degré-heure d'inconfort

On a créé un indice d'évaluation qui permet la comparaison entre variantes d'un projet. Plus la note globale de la variante du projet est élevée, plus - au niveau thermique - le projet réel deviendra inconfortable. On défini le dh d'inconfort comme l'intégrale de surchauffe du projet sur la période d'occupation, ce qui a un sens physique.

Mais pour qu'une décision soit prise, le concepteur doit pouvoir aussi évaluer le surcoût financier d'une option par rapport à une autre. Ceci lui permet une meilleure évaluation face au prix d'installation (ou d'exécution) et de l'entretien de chaque option. Il nous faudrait donc une évaluation du coût "financier" de l'inconfort thermique 25 .

Le dessin ci-après donne l’ordre de grandeur des apports existants dans un bâtiment, dans le contexte tropical.

existants dans un bâtiment, dans le contexte tropical. Figure 1. 13 - Les apports génériques sur

Figure 1. 13 - Les apports génériques sur un bâtiment moyen en climat tropical.

La température intérieure obtenue, et par conséquent les charges de climatisation ou les degrés-heures d’inconfort, sont le résultat d’une interaction de plusieurs contraintes:

- celles du lieu (saisonnières et géographiques)

- celles liées à la forme et au choix des composants

- celles

équipements)

qu’apportent

les

utilisateurs

(profil

d’occupation

et

d'utilisation

des

Pour l'obtention de la sensation dite de confort minimale, la plupart de ces apports doit être rejetée (ou non reçue) par le bâtiment. Ce résultat peut être atteint soit grâce à un équipement de climatisation + l'enveloppe constructive, soit par l'enveloppe constructive seule.

25 A l'architecte le soin de comparer ce coût thermique, autre qu'au budget de l'oeuvre, à ceux des autres domaines de son métier: l'acoustique, l'éclairage, l'ergométrie, l'esthétique, etc.

La conception architecturale

34

On obtient ainsi deux cas différents pour l'analyse financière des procédés constructifs:

- le cas climatisé: la température d’air intérieur est considérée constante (et confortable par défaut 26 ), et il y a variation du flux entrant dans le bâtiment. Dans ce cas, on évalue les variantes en comparant leur prix d'exécution au prix de la consommation du système de climatisation.

la

- température résultante évoluer heure par heure et totalise des degrés-heures d’inconfort.

Le problème qui se pose donc ici, est d'avoir un calcul capable de "monétariser" les degrés-heures, de façon à permettre une évaluation économique des variantes. Les ordres de grandeurs de certains phénomènes peuvent être faibles, et l'architecte peut alors se demander s'il faut en tenir compte.

le

cas

sans

climatisation,

objet

principal de

notre

recherche:

l'usager

sent

On admet que s'il se présente une situation, ensemble de températures au-dessus de l'ensemble de la T seuil conf. , l'usager essayera, si son budget le lui permet, d'installer un système de climatisation.

Notons que le contexte énergétique actuel préoccupe véritablement les producteurs d'électricité. Les kWh coûtent cher "en pointe" partout. Notons aussi que travailler sur l'enveloppe constructive c’est prendre le problème à la base et réduire la probabilité et les conséquences de choix inconnus, comme l'emploi sauvage de climatiseur-fenêtre pour des pièces non isolées thermiquement.

On raisonne sur ce que paye l’usager - l’inconfort ou la climatisation et ce que l’on cherche à travers l’optimisation des procédés c’est à lui éviter d’avoir à installer une climatisation. Si on réfléchit au fait qu’un climatiseur bien installé peut réduire de 5K la température résultante d’une ambiance standard [AD91], alors réussir à obtenir un degré d’écart (1K) à cause d’un changement (par exemple 24DH/jour) , correspondra à 20% de la consommation de ce climatiseur, ce qui n’est pas négligeable.

En outre, très souvent on se trouve face à une situation d'ambiance non préalablement prévue pour le conditionnement d'air. A ce moment, trois possibilités se présentent:

1) Evaluer économiquement les degrés-heures par l'expression:

Coût de l'isolation de la pièce + coût de l'équipement de climatisation + consommation (kWh) nécessaire pour "extraire" les degrés au-dessus de 27°C ( notre limite de confort) au long de la journée typique.

2) Evaluer économiquement les degrés-heures par la méthode précédente mais en utilisant une valeur inferieure à 27°C, puisque celle-ci est un seuil et que l'utilisateur pourra lui donner une valeur plus basse;

3) Utiliser une version simplifiée des deux cas précédents, en retenant seulement la valeur de la consommation dans le calcul du coût.

Avec une des ces trois méthodes on peut donc "raccorder" les critères portant sur les cas climatisé et non climatisé.

26 la température ressentie résultante peut-être momentanément trop élevée dans certains cas, même si le total journalier est correcte;

La conception architecturale

35

1.3.4 L'echelle du tableau de bord.

Pour avoir une évaluation relative du résultat des variantes et savoir si les variations observées sont significatives, on se propose de déterminer une échelle de référence qui se situe à l'extérieur des cas étudiés et représente ce qu'on pourrait faire de mieux pour un certain profil d'occupation dans un certain climat. On a déjà les dh d'inconfort résultant des choix de l'architecte, ceux résultant des conditions extérieures, les dh naturels (chapitre 1.3.1). Il nous manque seulement un repère sur ce qu'on pourrait faire de mieux dans le climat considéré.

Ainsi, on crée la température de référence d'un bâtiment idéal, égale à la température de l'air extérieur (T ext ) débarrassée de toute surchauffe - le rayonnement solaire - et abaissée encore par l'effet des vents et par des pertes vers la voûte céleste (voir annexe 3).

T id = (T ext *0,96)-4°

Equation 1. 3 - La température de référence idéale pour le tableau de bord

(Text*0,96) équivaut à la température équivalente du ciel moyenne pour certains mois, en régions tropicales humides 27 , en °C.

Pour le calcul de l'effet de la ventilation sur la températurede référence, il y a une difficulté: la vitesse de l'air varie en niveau pendant toute la journée (et toute l'année). On a fait appel aux résultats des expériences du CSTB sur le potentiel de la ventilation naturelle aux Antilles[CS92]. Une valeur de 4°C représente donc le gain moyen en température effective pour la zone de confort avec une vitesse d'air de 1 m/s.

La température de référence idéale est une température fictive, cela va de soi, mais qui permet de garder une cohérence avec la température de calcul du tableau de bord. Elle permet de déceler les éventuels dh d'inconfort de base, crées par le lieu pour la période d'occupation, de rendre bien compte de la valeur d'un projet local performant et offre donc à l'architecte un point de repère dans l'échelle de performance des projets (avec lequel apprécier son propre choix).

En plus, en prévoyant l'arrivée des nouveaux procédés et matériaux de plus en plus performants, elle représente un repère inaccessible, mais cohérent pour les comparaisons.

Ainsi les eventuels dh d'inconfort de la température idéale s'écrivent:

dh

inconf

id

=

t

2 oc

∑ ∫

t 1 oc

[

T

id

oc

T

cc

oc

]

+

dt

Equation 1. 4 - le calcul des dh d'inconfort pour un bâtiment idéal.

27 les auteurs écrivent souvent la température du ciel de la façon suivante: T c = T ext *εc 0,25 ; εc étant l'émissivité équivalente du ciel, une fonction empirique de la température de rosée, selon Berger in Molle[NM84]; on a retenu ici, par analogie, celle du mois de mars pour les Antilles (Guadeloupe), εc=0,85.

La conception architecturale

36

Ils répresentent ce qu'on pourra faire de mieux pour chaque climat étudié. Cette notation permet de déceler les éventuels dh d'inconfort de base, créés par le lieu pour la période d'occupation, de rendre bien compte de la valeur d'un projet local performant et offre donc à l'architecte un point de repère dans l'échelle de performance des projets (avec lequel apprécier son propre choix).

1.3.5 La forme générique du tableau de bord

L'association proposée pour les choix se présente sous la forme d'un tableau de bord applicable dans un cadre climat-scénario d'occupation. Des colonnes d'icônes représentent les principaux objets de la conception architecturale comptant pour la performance thermique d'un bâtiment. L'utilisateur pourra ainsi vérifier aisément la hiérarchie de ses choix dans un même domaine.

La présentation des icônes doit permettre aussi bien l'analyse générale d'un bâtiment, que celle d'une zone suffisamment importante, selon l'utilisateur, pour mériter d'être analysée à cette phase-là.

La première section du tableau de bord se réfère, si elle existe (voir chapitre 2.3 plus loin), aux influences du site, tel que nous l'avons défini: des groupes de phénomènes particuliers à un terrain, pouvant augmenter ou affaiblir les valeurs prises par défaut dans le tableau. C'est la section du pronostic thermique.

Elle permet un dépistage des phénomènes de base pouvant intervenir dans le choix des stratégies à suivre et l'ordre de grandeur des performances thermiques du bâtiment. Ainsi,

peuvent y être présentés des scénarios de densité urbaine, d'intensité des vents, de relief

de bruit et de pollution, d'orientation du terrain (s'il y en a

(altitude, proximité de la côte, etc

une déterminante pour le projet), de contiguïté, etc. C'est ici qu'on peut retrouver les contraintes dues à la densité urbaine, ou dégager une situation géographique optimale.

),

La zone de l'enveloppe, dans le tableau de bord, décompose un bâtiment en objets de base (pas forcément élémentaires), en choix principaux. Il s'agit ici de décomposer ce bâtiment en "morceaux" reconnaissables par l'architecte comme des options indépendantes dans la conception, mais reconnaissables aussi par le thermicien comme des modèles indépendants ou semi-indépendants.

Ainsi, à coté des influences dues à l'implantation - décrites dans la section pronostic - on retrouve une section où sont notés les trois grands groupes de l'enveloppe constructive responsables du confort d'été: la forme (et le volume), l'enveloppe elle-même (divisée en toiture, surfaces opaques et translucides) et le débit d'air selon le type de projet (les ouvertures effectives pour le renouvellement d'air).

La conception architecturale

37

Cadre A Climat:Chaud-Humide n°1 Scenario d'occupation : Bureau

N min idéal=84

N =

i

pronostic

Protection solaire

Densité

Bruit

Site

+3

-2

0

+2

+3

-2

h

h

h

h

l

l

l

h

h

1

l

h

N +6

S 0

+10

E=O

N

+1

S 0

+12

E=O

N

?

S ??

E=O

N

S

E=O

???

+6

0

+10

zone de l'enveloppe

Forme/volume/hauteur

N

n=

1

N

14

N

6,5

2,50m<h<4,50

4,50m<h<8,00

8,00m<h

Comble

n=

2

6

8

10

12

Opaque

?

n=

Enveloppe:

Translucide

?

n=

45°

45°

45°

Overtures

 

n=

?

?

?

?

5

-8

-12

Figure 1. 14 - L'apparence souhaitée pour le tableau de bord.

La conception architecturale

38

La difficulté d'une telle démarche, quelque soit son utilité, vient de la constatation que certains objets élémentaires constructifs sont très dépendants les uns des autres au niveau de leurs performances. Mais, heureusement, l'observation nous conduit quand même à la constatation qu'il y a une ressemblance de choix dans chaque style architectural, du moins dans ce qu'on appelle l'architecture courante 28 . Et on fait appel à cette homogénéité de solutions constructives pour rassembler les performances vis-à-vis du confort.

1.3.6 Du tableau de bord générique au tableau de bord utilisable.

L'idée du tableau de bord se divise en deux: celle d'un tableau de bord "source" et des tableaux de bord "exécutables", utilisables régionalement. Le schéma de la Figure 3.2 place les tableaux de bord dans le processus de conception.

On crée d'abord un tableau de bord générique, non-exécutable, pour constituer une source de modèles. Il contient tous les modèles et hypothèses. On doit y retrouver chaque nouvel "objet" régional afin de préserver la cohérence des hypothèses et maintenir la linéarité des notations. A partir de celui-ci, des tableaux de bord particuliers, exécutables cette fois, sont créés au fur et à mesure des besoins; des tableaux de bord spécifiques, régionaux, visant un contexte socioculturel particulier, en enlevant certains icônes non-représentatifs de l'endroit considéré 29 . Ainsi pourront coexister avec une certaine harmonie, des modèles conçus pour l'évaluation des ambiances climatisées ou non à coté d'autres où la performance relative d'un groupe d'objets (disons les matériaux de toiture) est l'objet principal du tableau.

Ensuite, on veut créer un groupe d'icônes qui représente un modèle physique (équations et variantes) indépendant d'un côté et un ensemble de matériaux constructifs rassemblés d'une certaine manière d'un autre. Ils seront créés à partir de l'étude des recommandations de la littérature en climatisation naturelle (ou artificielle, dans le cas spécifique des cas climatisés), établies à partir de la bibliographie actuellement disponible, pour certaines combinaisons de climat avec des scénarios d'occupation standards (bureau, école "matin", maison, usine, usine 24h/24h, etc

Ils doivent apporter une réponse de qualité au projet et ceci, non seulement dans notre approche (la thermique dans la conception), mais aussi dans les autres domaines du confort des ambiances et de la qualité du bâtiment (mise en oeuvre et entretien). C'est pourquoi on cherchera à identifier les éléments répandus en architecture dans la plupart des cultures et en même temps pour la climatisation passive, à préciser leur formulation et leur action, et à les présenter accompagnés d'une note représentative de leur influence spécifique vers le confort attendu. Ainsi, à chaque chiffre, placé à coté d'un objet de conception (ou d'un choix), correspond en fait une méthode rassemblant les cas, leur interprétation physique et leurs conséquences sur le projet final.

28 l'architecture traditionnelle, ou celle qui correspond à environs 80% du bâti, où les proportions internes et les choix de matériaux obéissent plutôt à un cahier des charges traditionnel qu'à une intention de créer un monument 29 On pense surtout sur des cas où les coefficients sont faibles, comme par exemple, l'usage de l'inertie pour le climat amazonien ou le rôle du microclimat pour des zones urbanisés;

La conception architecturale

39

L'ensemble des hypothèses aboutit à des encadrements de projets, nommés cadres "climat-scénario". 30

La méthode pour l'établissement des tableaux de bord régionaux est relativement simple. Elle a pour but de permettre à chaque groupe représentatif d'architectes, d'établir des scénarios pour des tableaux de bord pour sa région climatique et culturelle.

D'abord, on en détermine le domaine d'application (la région, les types d'occupation, Ensuite, on prélève les données climatiques correspondant à cette région et ses particularités (voir chapitre microclimat). Troisièmement, on repère les choix architecturaux usuels du milieu et ceux recommandés en climatisation naturelle 31 . Ceci fait, il suffit alors d'en retirer les choix non compatibles avec la réalité étudiée et d'y ajouter les autres.

Au cas où un choix n'a pas de modèle physique déjà décrit, il faut alors l'introduire dans les tableurs de gestion du tableau de bord générique. Cette phase est illustrée au chapitre 2.4:

Inclusion d'un nouvel objet - le composant végétal.

30 grâce à cela, on créera comme exemple, le Cadre "ville ouvrière-habitation", décrit par un ensemble des données météorologiques représentatives de l'été dans les banlieues de haute densité de population dans le sud- est brésilien, plus un scénario d'heures d'occupation, issu des habitudes locales.

31 une partie de la bibliographie s'y rapportant est décrite dans ce travail, et les centres de recherches y font très souvent des ajouts.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

39

Chapitre 2:La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

"Logic, Logic, Logic is just the beginning of the wisdom, not the end" 1

Les hommes de chez toi, dit le petit prince, cultivent cinq mille roses dans un même jardin et ils n'y trouvent pas ce qu'ils cherchent. 2

Pour la construction du tableau de bord générique et des tableaux régionaux, on le répète, on part d'une hypothèse: pour une bonne acceptation, chaque tableau de bord doit être un outil à la fois simple à consulter et représentatif. Par là, on comprend l'obligation qu'il ne présente que les principaux choix architecturaux (du point de vue de l'influence thermique) et que ceux-ci soient passibles d'une évaluation des performances sans trop de calculs compliqués.

Pour préparer un tableau, on aura donc besoin d'identifier et de hiérarchiser les sources de chaleur, dans le projet d'architecture. Avant d'être réunies sous forme d'icônes thématiques, ce sources le seront par domaine. Ces domaines devront représenter les étapes parcourues par l'architecte soit dans la chronologie de ses prises de décision, soit au même moment, pour chaque axe conceptuel.

Grosso modo, les climats et les interventions de l'architecte "se donnent rendez-vous" sur l'enveloppe de la construction et aux environs proches. Ce dernier aspect influe en fait sur la qualité des phénomènes qui atteignent le premier (la vitesse du vent, la température extérieure de l'air, le rayonnement incident). Ainsi, la première petite hypothèse du tableau consistera-t-elle à révéler les limites du microclimat du milieu et ses influences sur les prises de décision, et la deuxième concernera l'évaluation de la cible 3 ou du confort attendu selon les choix effectués.

La difficulté d'une telle démarche, quelle que soit son utilité, vient de la constatation que certains objets élémentaires constructifs sont très dépendants les uns des autres au niveau de leurs performances. Mais, heureusement, l'observation nous conduit quand même à la constatation qu'il y a une ressemblance de choix dans chaque style architectural, du moins dans ce qu'on appelle l'architecture courante 4 . Et on fait appel à cette homogénéité de solutions constructives pour rassembler les performances vis-à-vis du confort.

La logique n'est que le début de la sagesse, et non sa fin. (Captain Spock, personnage

du film Star Trek VI - the undiscovered country) 2 Antoine de Saint-Exupéry, dans "Le Petit Prince", Editions Galimard, Paris, 1946. 3 On remarque déjà dans cette définition de la cible deux notions différentes: celle de l'attente d'un résultat (et non une prévision d'un résultat, comme dans les simulateurs), et celle du besoin de caractériser le confort thermique. La première notion nous amène au chapitre 1.1 précédent; la deuxième, à la définition d'une "note de confort", comme décrite dans le chapitre 1.2

1 La logique, la logique

4 l'architecture traditionnelle, ou celle qui correspond à environ 80% du bâti, où les proportions internes et les choix de matériaux obéissent plutôt à un cahier des charges traditionnel qu'à une intention de créer un monument

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

40

2.1 Elaboration d'une méthode pour la décomposition des objets en icônes du "tableau de bord".

Dans tous les cas présentés ci-dessous, l'étude porte sur des "zones architecturales d'intérêt thermique", importantes à ce stade de connaissance. Après un tri parmi les phénomènes les plus importants de notre point de vue (l'apport thermique), on dégage des "objets architecturaux" cohérents avec le lieu et l'occupation et logiques du point de vue de la conception architecturale. En outre, ils doivent correspondre à des modèles thermiques indépendants.

correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment
correspondre à des modèles thermiques indépendants. Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment

Figure 2. 1 - Décomposition possible d'un bâtiment suivant l'approche thermique.

Cette décomposition peut se faire selon plusieurs méthodes. Nous avons comparé cinq possibilités:

1 ere méthode envisageable: l'analyse thermique simplifiée

- on découpe l'univers des constructions en entités indépendantes et importantes du point de vue thermique (surtout à cette phase-là) et logiques du point de vue de la conception architecturale (même remarque),

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

41

- on évalue les paramètres de transfert de chaleur et ce sont ces valeurs, disons - KS

pour les parois; ks et τ pour les vitrages, ρcD pour le débit d'air, W pour les apports internes - qui exprimeront les performances,

- on regroupe ces entités en groupes d'icônes architecturaux dans la logique des choix de conception.

Avantages et inconvénients:

- inclusion de nouveaux matériaux sans modification des notes déjà disponibles,

- pas de performance relative par rapport aux conditions thermiques offertes (en base) par un lieu naturel.

2 eme méthode envisageable: la stratégie "projet réaliste" et des variantes

- on étudie un univers socioculturel. On y relève un "bâtiment-type", représentatif (et donc on fixe certains repères comme volume et activité - valeur et profil, etc.),

- on découpe maintenant ce bâtiment-type en entités importantes du point de vue thermique et logiques du point de vue de la conception architecturale,

- on fait évoluer le bâtiment de référence selon des variantes et les résultats obtenus par

simulation sont exprimés en termes de dh d'inconfort apportés (ou pas) par la variante étudiée,

- on regroupe les variantes en groupes d'icônes architecturales dans la logique des choix de conception.

Avantages et inconvénients:

- possibilité d'inclusion de nouveaux matériaux sans modification des notes déjà disponibles (la référence est le dh naturel du lieu),

- performances relatives aux conditions thermiques offertes par un certain milieu

naturel,

- restriction au module pris comme "bâtiment type".

3 eme possibilité, la stratégie "statistique": plusieurs milieux, plusieurs projets, codés et analysés par variante employée.

Dans cette approche on n'a plus de milieu physique déterminé ni de bâtiment-type établi. Pour une activité et une plage climatique déterminées, on identifie les modèles de ces "zones architecturales d'intérêt thermiques" rencontrées dans les bâtiments de l'univers constructif.

Un traitement statistique corrélera les variantes rencontrées et les valeurs de confort obtenues à l'intérieur de chaque ambiance principale (reproduite par simulation). On obtiendra ainsi la valeur relative de la variante parmi toutes celles disponibles dans le scénario.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

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Avantages et Inconvénients:

- des réponses plus cohérentes à l'univers du bâti,

- les notes se modifient à l'inclusion de chaque nouvel objet (perte de l'acquis précédent).

4 eme méthode envisageable: évaluation et correction des notes obtenues par la stratégie n° 1, par simulation (réunion des critères)

- on découpe l'univers des constructions en entités indépendantes et importantes du

point de vue thermique (surtout à cette phase-là) et logiques du point de vue de la conception

architecturale,

- on évalue leurs transferts de chaleur et on les note en dh ( en relation à un climat de base) qui exprimeront leurs performances spécifiques,

- maintenant, sur un univers déterminé, on "raffine" la valeur retrouvée, par le biais de la simulation des bâtiments entiers.

5 eme méthode envisageable: stratégie de la conception progressive (où l'on suit une démarche unique de conception)

On suit un l'évolution de la conception architecturale. On part de l'étude du terrain et on obtient ses dh naturels. Ensuite, on ajoute des contraintes de projet (des choix), dans le sens de l'extérieur (l'implantation, choix de volume, de la forme et de l'orientation principale), de l'enveloppe (choix de toiture - orientation, surface relative, constitution) à l'intérieur (apports attendus, débit d'air etc.). Chaque note des variantes offertes réfléchit son apport à l'ensemble déjà choisi. A la fin, on obtient une réponse représentative des choix faits.

Avantages et Inconvénients:

- les dépendances des résultats sont ainsi un peu affaiblies ( voire annulées)

- on oblige l'architecte à une linéarité de prise de décision. Les changements de "route"

après le dépassement d'un certain choix, obligent à un "re-parcours" à partir du point de

détour.

Les variantes constructives ne sont plus des entités de réponse indépendantes.

2.1.1 Notre choix.

On a préféré la réunion des stratégies 2 et 4 pour la stabilité des notes déjà déterminées. Mais on a modifié la référence. Celle-ci devient la température de projet fournie par le besoin de l'usager (c'est à dire celle issue de son occupation) et corrigée par la valeur de l'humidité rencontrée dans l'ambiance - voir chapitre 1).

On pense ainsi réunir les avantages jugés prioritaires au moindre coût. Au risque de limiter le champ d'application de chaque tableau conçu, on garantit l'acquis de l'architecte - qu'on interprète ici comme la mémorisation des notes déjà établies - que des futures mises à

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

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jour du tableau ne changeront pas. On garantit aussi une lecture égale parmi des utilisateurs de versions différentes.

2.1.2 Principes de la décomposition retenus

Pour mettre en oeuvre la méthode retenue dans le chapitre 2.1.1 précédent, la procédure de définition du cas de référence (bâtiment-type + scénario d'occupation + scénario geo-climatique) (repère (1) sur la figure 2.2), est la suivante:

(repère (1) sur la figure 2.2), est la suivante: (1) (2) (3) Figure 2. 2 -
(1)
(1)
(2)
(2)
(repère (1) sur la figure 2.2), est la suivante: (1) (2) (3) Figure 2. 2 -

(3)

(1) sur la figure 2.2), est la suivante: (1) (2) (3) Figure 2. 2 - Une
(1) sur la figure 2.2), est la suivante: (1) (2) (3) Figure 2. 2 - Une
(1) sur la figure 2.2), est la suivante: (1) (2) (3) Figure 2. 2 - Une

Figure 2. 2 - Une décomposition théorique d'un scénario bâti pour un cas de référence.

1 e ) on se place dans un univers socioculturel. On y fait un inventaire - l'homme et ses besoins, son entourage constructif, géographique et climatique. On vérifie quelle est la station météorologique la plus appropriée à l'étude. On remarque ici que, en fonction du relief local, ce n'est pas forcément la station la plus proche qui est la plus convenable.

2 e ) on relève dans cet univers un bâtiment-type représentatif (où une ambiance représentative), et on prend certains repères comme son volume, l'enveloppe usuelle, le pourcentage et la disposition des fenêtres, l'existence et le type de comble, l'ombre portée, les reliefs particuliers, etc.

3 e ) on fixe le scénario de référence pour un tableau de bord, donc certains repères comme le bâtiment-type, un descriptif du profil d'occupation standard - pour des apports internes divers - et la détermination d'un climat de base.

4 e ) on effectue une étude de détermination des problèmes d'inconfort (suivant la méthode décrite en 1.1) et on crée un climat de référence; pour fournir un repère externe au projet, on définit des degrés-heures rencontrés à l'extérieur (voir la méthode au chapitre 1 et

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

44

l'annexe 2); ceci pour la période la plus inconfortable - ici la saison chaude, à moins que des contraintes d'usage 5 s'imposent.

5 e ) maintenant on est capable d'effectuer une première analyse du cas de référence dans l'optique du confort (confort d'été, dans notre cas). Pour cela, on modélise le bâtiment de référence, et on l'optimise au niveau de l'implantation (pour le placer au mieux, soleil et vent, sur le terrain), suivant ce que préconise l'annexe 12.

6 e ) on partage maintenant ce bâtiment de référence en entités indépendantes et importantes du point de vue de l'intérêt thermique en début de conception et logiques du point de vue de la conception architecturale (repère (2) de la Figure 2. 2). On isole tout ce qui a trait au relief et au microclimat (repère (3) de la Figure 2. 2).

7 e ) on recherche dans la bibliographie sur la climatisation naturelle, des variantes recommandées ( et à éviter) pour les éléments retenus dans l'item précèdent et aussi celles qui sont les plus représentatives de l'inventaire effectué au début de la méthode;

8 e ) on simule ce bâtiment de référence en commençant par les variantes portant sur la zone considérée source principale des apports, pour cerner ce qui deviendra le groupe principal. Les résultats comprendront des influences négatives minimales du relief et du microclimat.

9 e ) on fait évoluer le bâtiment de référence selon des variantes rencontrées dans les autres groupes créés, à partir des résultats retenus pour le groupe principal, et les températures calculées par simulation sur les variantes sont exprimés sous forme de dh d'inconfort apportés à ceux du groupe principal.

10 e ) après une analyse des résultats, on regroupe les variantes qui méritent de figurer dans le tableau de bord en groupes d'icônes architecturales cohérentes dans la logique des choix de conception.

Cette méthode présente comme avantage la possibilité d'inclure de nouveaux matériaux (ou procédés) sans modification des notes déjà disponibles (voir chapitres 2.4 et 3.7), mais voit son usage restreint à des situations semblables au module pris en compte comme "bâtiment type".

2.1.3 Définition d'une note de confort

Les études décrites auparavant nous permettent d'exprimer la "réussite thermique" d'un projet - le confort - sous forme de couples acceptables - température/humidité - rencontrés à l'intérieur d'un bâtiment. Les limites d'acceptation varieront en fonction des pays et des activités. En tout cas, ce qui se trouve hors-limite est en zone d'inconfort et doit être supprimé. Une note d'inconfort représentera cet inconfort.

Faute d'un scénario plus explicite, on se référera ici à la référence suivante comme seuil de confort d'été pour un homme ayant 1 met d'activité: la valeur de la température "universelle" de seuil de confort de 27°C corrigée selon deux études: les études IPT[IP81]concernant le

5 On pourrait citer ici le cas de bâtiments scolaires standards où en général le mois le plus chaud correspond à un mois de vacances scolaires.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

45

rapport avec l'humidité et, pour des cas où une vitesse d'air existe une deuxième correction par le biais d'une formule extraite d'un diagramme du CSTB[CS92]; le chapitre 1.3.2 décrit avec détail ces deux procédures.

On présentera à l'utilisateur du tableau une note de confort du projet global appelée N, somme de toutes les notes n de chaque choix effectué. Il existe, bien sur, un bâtiment théorique, pour un climat et une occupation particuliers, pour lequel N est minimal. Il existe aussi un N qui correspondra à la note obtenue par l'usager à l'extérieur sous des conditions spécifiques: à l'ombre et sous un courant d'air.

Le but de l'utilisateur, comme dans les jeux de score, est d'obtenir, malgré les contraintes de son cahier de charge (ou de son terrain), un certain nombre de points dans chaque colonne et d'atteindre ainsi un N minimum au vu des contraintes et des atouts.

Il pourra ainsi vérifier la hiérarchie de ses choix dans un même domaine. De plus, une telle méthode lui permettra de compenser un mauvais choix, auquel il a dû se soumettre (comme la taille et la forme d'un terrain donné) par son travail.

L'important dans cette phase du travail consiste à transposer l'influence de tous les objets architecturaux du tableau de bord (déjà identifiés à des modèles physiques indépendants), sur une même échelle, et si possible, sous forme linéaire, afin d'obtenir une bonne lecture du tableau.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

46

2.2 - Discussion des parties fixes du "tableau de bord": le scénario géographique et culturel

La méthode du tableau de bord décompose des éléments jusqu'ici considérés (en toute justesse) comme inséparables, par le biais d'un artifice: l'évaluation de leurs influences spécifiques, surtout par des résultats de simulation. Or, cet objectif conduit à manipuler un grand nombre de variables, ce qui rend difficile, voire empêche une analyse des résultats et la décomposition des influences spécifiques. Ainsi, on a pris le parti de fixer certains éléments du projet, qui en général le sont déjà par défaut. Si l'option esthétique, structurelle ou les désirs du client peuvent changer au long du travail de conception, en revanche, on admet comme établies depuis le début de ce processus certaines informations, telles que: le lieu du projet (ou au moins la région) et le profil de l'usager. C'est ce qu'on a convenu d'appeler des scénarios socioculturel et géographique.

Toutes les valeurs repérées dans une région pour les éléments sélectionnés dans le

doivent y être même (et surtout) celles dont la

performance est négative. En plus, d'autres icônes, représentant des manières de bâtir non- habituelles, mais dans la plage des options possibles (du point de vue du marché et des limitations climatiques) doivent être incluses. C'est ce "mélange" qui permettra l'intégration des nouvelles techniques et la conservation de celles issues de l'architecture vernaculaire locale.

tableau (forme, toiture, ouvertures, etc

)

Les données géographiques constituent un repérage des atouts et fragilités du microclimat et du climat général dans un lieu particulier, qui doivent être pris en compte par le concepteur au bon moment dans sa démarche.

2.2.1 Le scénario socio-culturel

On peut démontrer dans une perspective historique que l'homme peut avoir un rôle encore plus déterminant que le climat sur la façon de bâtir et en conséquence sur le confort atteint (rôle décrit dans l'annexe 3). De plus, en général, la maîtrise des éléments de la Nature est plus facile que celle des "éléments" (enjeux) humains. Néanmoins, comme on l'observera dans cette même annexe 3, ce que l'homme crée, l'homme peut le changer

Le grand pari qui concerne aujourd'hui l'architecte est l'obtention de la satisfaction des besoins de sensations et d'humanité du futur habitant. Ces besoins correspondent aux "solutions d'hygiène", pour reprendre l'expression de l'époque de Pasteur, mais maintenant bien au-delà des valeurs minimales, pour la satisfaction des besoins physiologiques et

psychosociologiques[AL92].

Est architecte celui qui permet aux usagers de bien ressentir les nouveaux espaces, de faire le lien entre le passé et l'avenir. Concepteurs de l'aménagement et de l'espace qui détermineront le cadre de vie, il leur faudrait seulement, peut être, réintégrer dans cet énorme acquis, l'échelle humaine. Puisque il y a confort et confort: le confort tout court qui défini la norme du bon logement et le confort, comme dit très bien [JD90] discret, plus subtil, qui ignore la norme et que la norme ignore. C'est la recherche du chapitre 2.2.1. A la charnière d'un savoir historique traditionnel et vernaculaire, on doit savoir intégrer, d'instinct et d'expérience, les données naturelles du site et de son climat aux possibilités nouvelles des sciences et des techniques.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

47

L'approche chiffrée du scénario socioculturel correspond, outre le répérage des types de construction existants et des rêves typiques du bâtir local, à la façon dont la méthode fixe des valeurs des certains paramètres dans les simulations à réaliser. Sont ainsi fixés, à partir d'une étude statistique, les périodes d'occupation des gens et les autres sources de chaleur considérées importantes et les valeurs respectives de dégagement d'énergie. Dans une éventuelle étude de cas climatisés, l'obtention de la valeur de consigne effectivement utilisée doit aussi être incluse.

2.2.2 le scénario géographique

Les données géographiques, qu'on pourrait aussi appeler climatiques, se rapportent tout d'abord au microclimat et seront traitées dans le tableau dans une zone qu'on appelle zone de diagnostic. Ce qu'on fixe pour le tableau de base ce sont les données extérieures comme la durée de l'ensoleillement, les valeurs du rayonnement incident, de la nébulosité, de la température et de l'humidité relative, et, en général, du régime principal des vents incidents et de la valeur de l'albédo des environs 6 .

Pour rechercher l'appartenance d'un climat à une zone climatique prise en compte dans un tableau de bord, on compare le graphique établi (disons avec les moyennes mensuelles des maxima et des minima de température et d'humidité pour la période considérée) sur le diagramme psychrométrique pour le climat considéré avec celui de stations de référence.

Comme on l'a vu auparavant, d'après la définition du pronostic retenue dans le tableau de bord, les informations thermiques concernant la phase de pronostic feraient plutôt partie de l'étude du microclimat naturel d'un terrain. Elles prennent place à coté des autres caractéristiques physiques du lieu (relief, hydrographie, scénario) et des environs (routes, sources de pollution -sonore, visuelle ou de l'air -ou d'attraction. D'après notre méthode, il ne s'agit ici que de retenir les phénomènes qui effectivement modifient les entrées de base du scénario global de chaque tableau de bord.

Dans le domaine du microclimat il y a une limite, au delà de laquelle le sujet devient une étude d'urbanisme, échappant aux interventions architecturales. Ainsi, l'étude ne doit concerner ici que l'impact du milieu proche du bâtiment 7 sur sa performance. En fait, on cherchera à identifier les éléments du terrain capables de modifier d'une façon sensible les données standards des stations météorologiques 8 . Ce qui nous intéresse ici sont les procédures accessibles au concepteur standard pendant la conception d'un projet de bâtiment.

6 En principe, le fait d'avoir déjà établi le niveau d'urbanisation dans le scénario socioculturel, nous amène à un aperçu d'une surface typique et par conséquence d'une valeur d'albédo de sol. En revanche une étude dirigé vers les effets d'implantation, à niveau urbaniste, pourrait fixer d'autres paramètres, comme le bâtiment entier et faire varier le régime des vents, par l'effet Venturi par exemple et le paramètre mentionné. 7 Qu'il soit naturel ou déjà modifié par l'homme. 8 On sait que les données mesurées qui servent de référence à la conception du projet, le sont suivant des règles très précises, capables d'enlever des phénomènes particuliers, et donc en général, fiables.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

48

habitudes et desirs budget points spécifiques réglementation
habitudes et desirs
budget
points
spécifiques
réglementation
habitudes et desirs budget points spécifiques réglementation Cahier des charges

Cahier des charges

points spécifiques réglementation Cahier des charges Le terrain, ses environs ses potentialités Figure 2. 3 -
Le terrain, ses environs ses potentialités
Le terrain, ses environs ses potentialités

Le terrain, ses environs ses potentialités

des charges Le terrain, ses environs ses potentialités Figure 2. 3 - Les éléments du microclimat

Figure 2. 3 - Les éléments du microclimat et la conception architecturale.

Dans le domaine thermique, le concepteur standard doit utiliser les éphémérides climatiques externes de son terrain (son dossier "climatique") en les combinant avec les éléments thermiques internes. Les informations sur le microclimat sont un moyen d'ajustement (s'il le faut) des données climatiques obtenues à la station météorologique la plus proche.

Dans ce contexte, et en revenant aux buts de notre recherche 9 , l'étude du microclimat doit offrir un repérage clair de ce qui atteint vraiment le bâtiment et sous quelles conditions 10 .

Il faut bien clarifier les phénomènes méritant vraiment d'être pris en compte dans la phase d'esquisse et pour chacun d'eux déterminer:

1)l'ordre de grandeur de l'influence du phénomène,

2)son rayon d'action,

3)sa périodicité (saisonnière ou constante) et

4)sa pérennité (au moins en ce que concerne l'évolution attendue du milieu

concerné)

Ensuite, il faut les représenter avec le même langage que les autres objets architecturaux faisant partie de la "table d'orientation" de l'architecte (table d'orientation intellectuelle, ou abaques ou logiciels).

9 offrir à l'architecte, dans son langage, les différents phénomènes physiques thermiques concernant le bâtiment qui peuvent l'influencer dans ses décisions dans le projet.

10

20°C
20°C

: bien sûr, un bâtiment climatisé -et donc en général isolé- ne répond pas avec la même intensité aux phénoménes locaux que celui qui ne l'est pas

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

49

On définit les objets liés au groupe pronostic comme étant ceux qui ne font pas partie du climat général, mais qui ne peuvent pas être négligés dans la création

- soit d'un espace intérieur fermé;

- soit d'un espace intérieur ouvert (atrium romain).

On remarque ici que les éléments d'un microclimat naturel (montagnes, vallées), artificiel (issus du tissu urbain) ou de transition (pergolas, plantations,) peuvent se mélanger. L'important est de qualifier et quantifier leurs influences et c'est au concepteur de leur reconnaître un caractère permanent ou désirable, et de réfléchir aux moyens de s'y adapter ou de les créer.

2.2.2.1 Phénomènes physiques à prendre en compte

Dans la bibliographie on trouve des recherches 11 sur la réduction d'intensité des phénomènes au fur et à mesure que l'on s'approche du centre urbain. Celui-ci devient de plus en plus un microclimat défavorable et des expressions comme "île de chaleur" appartiennent déjà au quotidien.

L'environnement proche peut être divisé, si l'on pense aux influences thermiques, en trois effets: l'effet du relief (et du bâti) proches sur la ventilation qui atteindra l'enveloppe constructive; l'effet de l'albédo du terrain qui entoure le bâtiment sur le rayonnement diffus et réfléchi; l'effet de masques lointains sur le rayonnement global incident.

Une recherche dans la bibliographie nous amène à négliger l'effet bénéfique de la topographie sur les cas situés sur des zones urbanisées. En fait, des résultats quantitatifs présentés par le CSTB[CS92], des démarches expérimentales sur maquette en soufflerie atmosphérique avec récalage sur le terrain nous démontrent que la recherche du confort par ventilation des locaux ne doit pas compter, dans le plan d'implantation traditionnel des bâtiments, sur des bénéfices apportés par un bon emplacement topographique. Citons seulement comme exemple de contrainte rencontrée, le simple fait d'avoir un mur de clôture 12 , habitude traditionnelle, qui réduit la vitesse d'un vent extérieur de 1,5 m/s à une valeur à l'intérieur du bâtiment d'environ 0,18 à 0,36 m/s 13 , déjà insuffisante pour justifier l'ouverture d'un groupe à l'intérieur du tableau de bord. En fait, en zone urbanisée, les bénéfices à obtenir de l'effet topographique sur un projet demande des démarches spécifiques de projet, tellement il y a des contraintes des voisinages.

L'albédo de l'environnement proche a deux effets importants:

- il influe sur la température extérieure proche (et donc sur le flux susceptible d'être échangé avec l'intérieur);

11 Van Straaten et ses graphiques, etc 12 d'une hauteur entre 1,5m et 2,0m situé à 10-15m du bâtiment 13 Ceci pour une maison traditionelle ayant les caractéristiques suivantes: implantation en terrain plat et dégagé; axe des ouvertures de la maison parallèle à l'axe des vents dominants; perméabilité des façades au vent et sous le vent de l'ordre de 30%; toiture à 1 pente (10° environ), orientée face au vent; surface de base environ 30m²; hauteur globale entre 3 et 4m[CS92]

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

50

- il influe sur le rayonnement diffus et réfléchi reçu par le bâtiment.

Dans cette optique, les trois groupes de phénomènes qui sont créés par la zone du pronostic sont:

- l'affaiblissement ou l'interception du rayonnement solaire par une protection

placée à l'extérieur, telle qu'une montagne, un bâtiment ou un ensemble végétal;

- la modification de vents mesurés à la station météorologique, par un des objets

ou un autre; cela pouvant être traduit par un renouvellement d'air à l'intérieur (mini/maxi);

- les modifications de la température extérieure et de l'humidité proche; bien

qu'elles soient en général associées aux points précédents, on les individualise pour certains climats.

Le travail à faire est donc d'abord de dissiper ce brouillard d'influences, en ne prenant en compte que celles qui peuvent effectivement intervenir sur le bâtiment et surtout sur son ambiance intérieure - ceci étant évalué au niveau d'intervention de la phase d'esquisse.

Ce raisonnement nous amène déjà à partager le problème en deux: les bâtiments climatisés, qui peuvent se passer d'une bonne partie des informations et les non climatisés, (surtout les non-isolés de ce groupe), beaucoup plus sensibles à des variations.

L'affaiblissement ou l'interception du rayonnement solaire

Cette famille réunit deux groupes différents d'objets: ceux qui réduisent la durée de la journée et ceux qui affaiblissent l'intensité du rayonnement. Ils peuvent être rencontrés dans la Nature sous diverses formes:

- pour les premiers: grottes ou canyons, que ce soit au fond ou sur le coté (comme à Rocamadour, en France), etc

- pour les deuxièmes, on les trouve sous forme de forêts, ou de fonds de vallée

ou de villes subissant un phénomène d'inversion de température (ce qui se traduit par un fort

brouillard), etc

La

modification

de

la

température

extérieure

de

l'air

vient

en

général

comme

conséquence.

La modification du sens et de la vitesse des vents

Beaucoup plus étudiée, elle nous amène grosso modo:

- aux résultats des études liées au tissu urbain (comme celles de Van Straaten ou du CSTB - voir annexe 12).

- à celles liées au relief et à la proximité de zones d'inversion thermique

importantes (la mer, les lacs, etc

),

les barrières végétales pouvant être aussi mentionnées.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

51

2.2.2.2 Les autres modifications

Il s'agit ici de modifications plus complexes de la température extérieure et de l'humidité par des phénomènes associés qui peuvent être importants; on peut penser encore à une source d'eau ou à une végétation accolées au bâtiment, très répandues dans les régions arides.

Le climat urbain ne cause pas nécessairement une augmentation du stress thermique du milieu. Plusieurs investigations dans le domaine de la climatologie urbaine ont révélé aussi qu'en changeant certaines caractéristiques spécifiques des structures de bâtiment (par exemple en modifiant les surfaces closes par de la végétation, surtout sous forme de jardins et par des murs), un effet positif dans le climat intérieur peut être obtenu[PH90].

Bref, l'important à remarquer est le fait que l'architecte en début de conception, a besoin de savoir s'il existe, parmi les caractéristiques physiques de son terrain, une, ou plusieurs, qui sont capables de modifier les données météorologiques de la station, et ce dans quel sens. Ayant un profil climatique corrigé, il pourra faire appel aux techniques préconisées pour ce nouveau scénario de travail terrain-client.

Ceci semble orienter notre tableau de bord, non vers des éléments "notés" comme on a pensé au début mais vers une étude préalable de reconnaissance et de modification des données climatiques de base du projet. Ces modifications conduiront à une re-définition du scénario climatique à prendre en compte pour utiliser le tableau de bord.

à prendre en compte pour utiliser le tableau de bord. Figure 2. 4 - Des icônes
à prendre en compte pour utiliser le tableau de bord. Figure 2. 4 - Des icônes
à prendre en compte pour utiliser le tableau de bord. Figure 2. 4 - Des icônes

Figure 2. 4 - Des icônes pour un approche microclimatique.

L'annexe 11 constitue une bibliographie de référence sur le sujet.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

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Mais il y a effectivement un élément de l'implantation d'un bâtiment qui a une grande importance: l'orientation.

S

O ?° N
O
N

E

Figure 2. 5 - L'orientation d'un bâtiment.

L'effet de l'orientation sur la réception des apports étant déjà bien connu, on passe ici à son interprétation pour le tableau de bord. Quand et comment la prendre en compte? Notre méthode s'appuie d'abord sur une étude préalable d'usage. On retient de cette étude, s'il y en a, les orientations les plus répandues. A celles-ci on ajoute celles correspondant aux points cardinaux dans la meilleure et la pire des orientations; c'est à dire en ayant plusieurs façades vers l'extérieur, qu'elles soient prises en longueur dans la direction Nord-Sud ou Est-Ouest. Le résultat est une plage cohérente de choix.

Ensuite, on calcule les écarts obtenus pour la forme géométrique de base par rapport à
Ensuite, on calcule les écarts obtenus pour la forme géométrique de base par rapport à
ces orientations. Cela nous amènera à un tableau comme celui-ci:
Bilan journalier, en Wh/m², Rio, mois de février (pour un trouble de Linke égal à 4)
angle
Irradiation
%
albedo=0,1
7846
100%
Axe Nord-Sud
Plan
angle
Irradiation
% angle
Irradiation
% angle
Irradiation
%
N
90°
1854
24%
25°
7458
95%
15
7765
99%
E
90°
3505
45%
25°
7299
93%
15
7636
97%
S
90°
1278
16%
25°
6970
89%
15
7467
95%
O
90°
3505
45%
25°
7299
93%
15
7636
97%
moy
32%
angle
Irradiation
%

Figure 2. 6 - Variation d'irradiation selon les plans de réception.

On choisit alors la meilleure orientation vis à vis de l'ensoleillement et du régime de vents. Si les variations sur la géométrie du bâtiment-type créent des écarts importants (et cela dépend du nombre et du type de façades vers l'extérieur), il y aura un groupe qui prendra en compte ces variations.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

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2.3 Le traitement des éléments de l'enveloppe

L'expérience nous a démontré qu'une séparation totale des paramètres externes n'est pas possible et que les influences des ces hypothèses fixes doivent faire partie d'un groupe. Or, pour une bonne organisation du tableau, le bon sens (ou l'intuition) recommande qu'on le fasse sur le groupe jugé principal, celui qui aura le plus de variantes (et donc d'icônes) et qui en même temps reçoit la charge maximale de chaleur. Les autres groupes apporteront seulement des corrections à la valeur retenue.

On peut décomposer les principaux modes d'échange thermique dans un bâtiment quelconque:

1 4 5 2 3
1
4
5
2
3

φ1= transferts par la toiture

φ2= transferts par les murs

φ3= transferts par le plancher

φ4= transferts par le vitrage

φ5= transferts par le débit d'air

Figure 2. 7 - Les principaux modes d'échange thermique dans un bâtiment.

Chaque mode de transfert porte plus particulièrement sur certains objets architecturaux. Pour savoir dans quel ordre aborder la production des notes de confort, il faut d'abord créer, grâce à la littérature et à la simulation numérique, une hiérarchie d'influence entre ces transferts, et examiner la possibilité de les associer pour la création de groupes d'objets architecturaux cohérents du double point de vue de la Thermique et du processus de conception.

Tout cela dépend des contraintes de forme et de volume prises dans l'étape précédente, celle de la conception du cas de base. Il devient clair que pour un tableau de bord d'architecture verticale (un étage intermédiaire ou le rez-de-chaussée d'un immeuble) les murs, l'ensemble de parois opaques et/ou vitrages, deviennent le groupe principal, à la place occupée par la couverture pour les architectures horizontales 14 .

D'après la Figure 2. 7, on arrive à au moins 3 grands groupes dans le tableau de bord générique: la couverture, l'enveloppe verticale (les murs, y compris le vitrage) et la perméabilité (ou les ouvertures), responsable du débit d'air.

14 où l'on comprend le dernier étage du cas vertical

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

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Voici donc l'organisation générale du tableau:

54 Voici donc l'organisation générale du tableau: Figure 2. 8 - Principaux groupes de l'enveloppe définis
54 Voici donc l'organisation générale du tableau: Figure 2. 8 - Principaux groupes de l'enveloppe définis
54 Voici donc l'organisation générale du tableau: Figure 2. 8 - Principaux groupes de l'enveloppe définis
54 Voici donc l'organisation générale du tableau: Figure 2. 8 - Principaux groupes de l'enveloppe définis
54 Voici donc l'organisation générale du tableau: Figure 2. 8 - Principaux groupes de l'enveloppe définis

Figure 2. 8 - Principaux groupes de l'enveloppe définis pour le tableau de bord générique.

Passons à l'examen de certaines zones.

2.3.1 La morphologie extérieure et le volume.

habitudes et desirs budget points spécifiques réglementation Cahier des charges
habitudes et desirs
budget
points
spécifiques
réglementation
Cahier des charges
points spécifiques réglementation Cahier des charges Figure 2. 9 - La conception et la morphologie. L'effet
points spécifiques réglementation Cahier des charges Figure 2. 9 - La conception et la morphologie. L'effet
points spécifiques réglementation Cahier des charges Figure 2. 9 - La conception et la morphologie. L'effet

Figure 2. 9 - La conception et la morphologie.

L'effet de la morphologie extérieure sur les techniques de climatisation naturelle diffère de celui qui apparait avec la climatisation artificielle, qu'il s'agisse du chauffage ou de la réfrigération. Dans ces deux cas, compte tenu du maintien de la température de l'air intérieur par des équipements, on peut utiliser un coefficient de forme, qui exprime le rapport entre les surfaces de l'enveloppe du bâtiment et le volume habitable[PD84]. On essayera toujours de l'avoir au plus bas, de façon à minimiser les pertes (ou les gains) de l'ambiance. Le rôle du renouvellement d'air extérieur devient seulement hygiénique, le débit optimal étant assuré par l'équipement.

La mise en oeuvre de la méthode du tableau de bord.

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