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     Université  Badi  Mokhtar  Annaba                                                                                                                                                                                                      Cycle  Licence.  Semestre  II  


 
         Département  d’architecture                                                                                                                                                                                                                    THEORIE  DU  PROJET                                                      

La lumière et la
couleur en
Architecture

  Équipe  pédagogique  :  MR  Naoufel  BAHRI,  Mme  


Khedidja  BOUFENARA,  Melle  Heddya  BOULKROUNE,  
 
Melle  Bahia  KEBIR,  Melle  Nadira  SAIDi  
 
 
« Toute architecture existe uniquement
 
en présence de la lumière et d’ombres
et, donc, est en tant que valeur de couleur ». A.E.Brinckman

Introduction  
« Il est peu d’objets aussi dépourvus de couleur qu’un clou »
 

L’analyse de cette phrase peut donner deux interprétations complètement différentes l’une de
l’autre.

La première donnée par un scientifique peut être la suivante : cette phrase est fausse car un
clou présente bien une couleur (qu’il soit gris clair, foncé, bronze ou doré).

La seconde donnée par un esthète (peintre, photographe ou autre) peut être la suivante : la
couleur du clou elle même n’est pas représentative mais peut prendre toute une autre
importance selon le support du clou, l’éclairage et l’angle de vision.

En tant qu’architecte chevauchant la science et l’esthétique nous devons tenir compte des
deux interprétations.  

Dans le noir le plus complet, nous ne pouvons distinguer ni les formes et encore moins les
couleurs des objets. C’est la présence de la lumière qui engendre la couleur. Donc l’étude de
la couleur ne peut se faire sans l’étude de la lumière.

Bibliographie  :  Adrienne  CHINN,  Jeux  de  matières  et  de  couleurs,  Édit  EYROLLES,  Paris,  2008  ;  
L’Encyclopédie  de  la  décoration,  Édit  Place  des  Victoires,  Paris,  2004  ;  Jacques  DEBAIGTS,  La  couleur  
dans  la  maison,  édit  Du  Moniteur,  Paris,  1978  ;  Konrad  GATZ  et  Gerhard  ACHTERBERG,  La  couleur  en  
ARCHITECTURE,  
  Édit  EYROLLES,  Paris,  1967  ;  CONNAISSANCE  DE  LA  PEINTURE,  Centre  international  
des  arts,  Monte-­‐Carlo,  1962  ;  C.  DEHAYNIM,  Cours  :  Couleurs  et  Lumière,  Constantine.  

 
 

Ceux sont deux notions étroitement liées, que ce soit dans la perception et donc dans la
création, que ce soit scientifiquement donc dans la production de matières colorées ou à
colorer.

1 / Composition de la couleur

Définition :

A/ Sensation visuelle que produit sur la rétine la lumière reçue soit directement, soit
après réflexion sur un corps. Cette sensation, phénomène exclusivement physique, dépend à
la fois de la nature de la lumière émise et de la façon dont un corps réagit à la lumière.

B/ Rayonnement corpusculaire et ondulatoire provenant d’un corps en ignition. Un rayon


de lumière solaire ou de lumière blanche venant de traverser un prisme, projette sur un écran
une série de bandes colorées connue sous le nom de spectre solaire.

Distribuer donc, des lumières dans un espace, c’est y distribuer des énergies. Le phénomène
de la couleur doit être considéré sous plusieurs aspects : physique, physiologique,
psychologique et esthétique.

Selon la bibliographie leur nomenclature varie de cent cinquante (150) à cent quatre vingt
(180) couleurs. Elle a été réduite à six (06) couleurs indécomposables appelées couleurs
pures : violet - bleu - vert - jaune - orange et rouge.

Classification des couleurs :

L’expérience a permis de dégager les rapports qui existent entre les différentes radiations
colorées du spectre solaire.

A/ Les couleurs primaires appelées par les esthètes couleurs ou tons fondamentaux :
ceux sont celles qui ne peuvent être reconstituées par aucun mélange de deux ou
plusieurs couleurs du spectre. Il en existe trois : le rouge, le jaune et le bleu.

B/ Les couleurs binaires ou tons dérivés : ceux sont trois couleurs simples obtenues
par superposition de deux couleurs primaires : Orange = jaune + rouge ; vert = jaune +
bleu ; violet = rouge + bleu.

 
 

C/ les couleurs tertiaires, situées entre les couleurs primaires et secondaires,


s’obtiennent en mélangeant, à parts égales, une couleur primaire et une couleur
secondaire renfermant la couleur primaire.

Disque chromatique

rouge
ge

vio
an

le
t
or

lignes de contraste

bl
e

eu
un
ja

vert

Roue chromatique

 
 

C/ Les couleurs complémentaires : la superposition de deux lumières colorées


convenablement choisies peut suffire à la reconstitution de la lumière blanche. Ces
deux couleurs de ces lumières sont dites alors complémentaires. Il existe trois couples
de couleurs complémentaires : rouge + vert, jaune + violet, bleu +orange. On dit aussi,
que toutes les couleurs diamétralement opposées sur la roue chromatique, sont
complémentaires.

D/ Les couleurs ou tons neutres : noir, blanc, gris. Dans ce cas, il est préférable de
parler de ton car les techniciens définissent :

Le noir comme étant la superposition de toutes ces couleurs.


Le blanc comme étant l’absence de réflexion de couleurs.
Le gris comme étant la superposition des deux.

E/ Les couleurs ou tons médians : les combinaisons des couleurs du disque


chromatique (primaires ou binaires) aux tons neutres Noir - Gris donnent les tons
médians. Ex : Une pointe de noir ajoutée au jaune donne du brun qui fonce
proportionnellement avec la quantité de noir ajoutée.

F/ Les couleurs ou tons rompus : en rompant les couleurs pures (celles du disque)
avec du blanc on obtient des tons moins vigoureux appelés plus précisément les tons
rompus.

Les couleurs sont caractérisées par les qualités suivantes : le ton, la nuance et la saturation.

Le ton ou éclat d’une couleur est le degré de luminosité de celle-ci, allant de sa


valeur la plus claire à la plus foncée. On parle de ton Vif ou Éteint.
La nuance est liée à la proportion de chacune des couleurs primaire ou secondaire
entrant dans la composition de la couleur. Il existe des millions de nuances
différentes, mais l’œil humain ne peut en percevoir qu’environ 10 000.
La saturation ou intensité ou force, est liée à la plus ou moins grande
concentration en pigment de la couleur. Une couleur saturée est une couleur pure,
elle ne contient pas de Noir. Selon son degré de saturation, une couleur peut être
plus ou moins opaque ou transparente. Cette intensité peut changer selon le
support sur lequel la couleur est appliquée.

 
 

Les techniques de coloration dépendent des systèmes suivants :

Le système soustractif consiste en une superposition de couleurs transparentes. La


couleur ainsi obtenue est toujours plus foncée que chacun des tons séparés entrant
dans la composition. Ce système est utilisé notamment en aquarelle, vitrail, émaux et
films.
Le système additif consiste en un mélange de lumières colorées projetées. Ce système
est utilisé dans les scènes de spectacles.
Le système partitif consiste en une juxtaposition de coloris que notre œil perçoit
globalement ou séparément. Toutefois, il existe toujours une relation ou conjugaison
des proportions des surfaces colorées et de la distance qui les sépare de nos yeux.
Ainsi la perception des mêmes couleurs sera différentes selon que l’on se trouve prés
ou loin de la même surface colorée, selon que cette surface soit importante ou petite.

II / Symbolique de la couleur

Éléments d’origine externe, les couleurs n’en sont pas moins intériorisées par la
perception. Dans la vie de tous les jours, les couleurs nous servent d’abords à identifier les
objets. Associées à leur forme, elles en complètent le signalement. D’où l’inquiétude, parfois
l’indignation, qui se manifestent quand un artiste peint des cheveux en rouge, des arbres en
bleu ou pis, des visages en violet. Non seulement il nous semble porter atteinte à la nature et à
notre œil. Mais, il viole le pacte (harmonie sensorielle) que l’un et l’autre ont établi depuis des
millénaires.

Contrairement aux données de notre expérience nous tendons à fixer une fois pour toute, les
couleurs des objets tels qu’ils nous apparaissent dans la vie quotidienne ou bien tels qu’on
nous a appris à les voir. Les nuances de la perception colorée restent très subjectives.
L’énoncé d’une couleur éveille en chacun d’entre nous des images, des souvenirs et des
réactions très diverses.

Notre comportement est plus singulier puisqu’il change selon les circonstances. Lors de la
décoration d’un appartement : le choix d’un tapis, d’un rideau est toute une affaire ; tel rouge
agace par sa violence, le vert du canapé « jure » avec la nature de la tapisserie. L’affaire
devient plus grave s’il s’agit de choisir une robe ou une cravate.

 
 

Les couleurs s’imposent comme des pôles existentiels qui ne peuvent pas être considérés
comme des éléments facultatifs. Les couleurs agissent donc sur notre affectivité :

Isolement en produisant sur nous certaines sensations ou en provoquant des


associations d’idées.
Dans les rapports qui nous plaisent parfois ou nous heurtent d’autres fois.

Les couleurs ont donc un rôle d’animation sur l’être humain car elles lui constituent son
« milieu » ou son « ambiance ».

Une classification des couleurs en fonction de la sensation qu’elles provoquent sur notre
conscient et subconscient s’est imposée aux architectes et fait partie de l’étude du confort
(visuel) lors de la projection d’un édifice.

1. Les teintes chaudes : tirant vers le rouge, l’orange, le brun telles que le rose, le pêche,
l’ocre et l’ivoire conviendront aux locaux dits froids ou faiblement ensoleillés et
seront classiques dans les pays froids et dans les locaux où les utilisateurs ne bougent
pas ou peu.
Le rouge étant la couleur la plus chaude elle est perçue comme la couleur de la
vie, de la fécondité, de l’amitié et de la chaleur physique et humaine. Elle
exprime aussi la colère, la signalisation, et l’amour. Son caractère est accentué
par le jaune et atténué par le bleu. Le rouge est associé au carré qui est lui-
même associé à l’homme et à la raison.
Le jaune est la couleur du soleil, de l’or. Il s’oppose à l’argent qui correspond à
la lune et donc à la lumière froide. Il représente la lumière ou la vérité
immanente. Le jaune fait éclater son support, le dissout, le fond. Il avale le
bleu lorsqu’il lui est superposé. Le contraste jaune-bleu est aussi fort que le
contraste blanc-noir. Le jaune parait plus grand que le bleu. Il est associé au
triangle qui est lui-même associé au rayon.
2. Les teintes froides : tirant vers le bleu et le vert conviennent parfaitement aux locaux
chaudement ensoleillées et dans les locaux surchauffés par une source de chaleur quel
qu’elle soit ou dans lesquels les utilisateurs fournissent un travail physique qui les fait
suer.
Le bleu est la couleur la plus inerte du spectre. Elle amène l’homme aux
rythmes de l’endormissement. Elle est tout naturellement la couleur de la
chambre. Elle véhicule l’idée de repos et donc du rejet du rouge. Symbole du

 
 

ciel elle provoque une sensation de froid. Le bleu est associé au cercle lui-
même associé au repos.
Le vert est symbole de végétation, de mer, de fleuve, de pluie de vent frais, de
reptile et de poisson
3. Les teintes claires (claire ne signifiant pas fade) sont toujours plus gaies. Leur pouvoir
réfléchissant élevé leur fait utiliser au maximum la lumière reçue. Elles sont indiquées
dans les locaux d’ensoleillement moyen et ne nécessitant pas d’éclairage artificiel
élevé. Elles sont aussi indiquées dans les locaux exigeant une grande propreté puisque
la moindre tache ou salissure sera visible immédiatement (ce qui explique le blanc
dans les hôpitaux, laboratoire, nurseries chambres d’enfants, etc.…).
Le blanc symbolise la vérité révélée, la pureté.
Le noir ou absence de couleur est aussi absence de lumière et donc est
synonyme de ténèbres, de l’eau profonde et de l’inconnu.

Le tableau récapitulatif comprendra les différentes perceptions et symboles des autres


couleurs.

III / Couleurs et Lumière

La couleur et la lumière sont si étroitement liées que le coefficient de réflexion de l’une ne


peut être déterminé qu’en fonction (généralement inverse) du pouvoir éclairant de l’autre et
vis versa. La nature de la lumière aura un effet directe sur la perception de la couleur (voir
transparents).

Ainsi la lumière artificielle, selon son type, donne soit des tons plus : rouge- jaune - orange,
soit des tons tirant vers le vert - bleu - violet par rapport à la lumière naturelle.

Il est important pour un architecte ou un décorateur de bien choisir le type de lumière en


fonction de ce qu’il veut éclairer. L’éclairage nous renseigne sur la nature de la lumière :
soleil, type de lampe électrique, chandelle ; sur la manière dont elle se distribue (gauche -
droite). Il a pour fonction de compléter le signalement des objets en les situant aux moments
de la journée par rapport aux circonstances particulières dans lesquelles ils se trouvent et dans
lesquelles nous nous trouvons.

 
 

Le renforcement des ombres et des lumières relève du clair - obscur. L’éclairage devient une
fin expressive et donc tient une grande place dans l’architecture moderne ; instrument
d’expression, il fait partie du style.

 
 

L’ombre produit des effets de volume et de profondeur sur une surface. C’est l’effet
tridimensionnel de la lumière. Les ombres peuvent être propres à l’objet ou projetées, l’ombre
met en valeur l’espace (intérieur ou extérieur) autour de l’objet.

La lumière rend les objets non seulement visibles, mais indique aussi leur configuration, leur
orientation et la distance entre eux (tous ces éléments sont mis en évidence dans le traitement
des plans de masse). Cette dernière est due à la différence de luminosité.

IV / Couleurs et Surfaces

La réussite d’une composition colorée ne dépend qu’en partie des couleurs.


Deux autres éléments y contribuent à savoir la texture et les motifs. Ces
éléments agissent sur la réflexion et le degré d’absorption de la lumière.

Les corps renvoient la lumière généralement une plus ou moins grande quantité de la lumière
qu’ils reçoivent. Ce pouvoir n’est pas le même pour tous les corps, il dépend de la nature de
ceux-ci. Ainsi il y a des corps réfléchissant, partiellement réfléchissant et enfin absorbant.

Un corps prend à nos yeux la couleur qu’il réfléchit après avoir absorber les autres.
Un corps capable de réfléchir toute la lumière qu’il reçoit apparaît blanc (bien sûr si la
lumière est blanche).
Un corps capable d’absorber toute la lumière blanche qu’il reçoit apparaît noir.

Remarque : Toutes les demi-teintes sont imaginables entre ces possibilités extrêmes de
réflexion et d’absorption.

L’architecte pour réaliser son œuvre utilise plusieurs matériaux. Chacun de ces derniers peut
être traité en surface de manière différente rêche ou lisse, uni ou à motifs superficiels ou
incrustés. Le degré de réflexion va dépendre non seulement de la nature du matériau mais
aussi de son traitement surfacique. L’aspect de la surface du matériau est appelé texture.
Ainsi la couleur va dépendre de la nature du matériau mais aussi de sa texture.

La complexité d’un choix de couleur va s’accentuer par les différences de textures des
éléments architecturaux eux-mêmes mais aussi par celles des éléments entrant dans
l’ameublement et la décoration et leur exposition aux différentes sources lumineuses.

 
 

V / Couleurs et Volumes

Les couleurs claires semblent ouvertes sur l’espace, alors que les teintes foncées ou soutenues
semblent limiter ou fermer l’espace.

Ainsi une grande hauteur de plafond fait apparaître les murs rapprochés d’ou le fait que la
couleur de ceux - ci gagnerait à être adoucie.

Les couleurs claires qui élargissent les dimensions apparentes des volumes, les allègent en
réduisant leur densité visuelle. Les couleurs foncées produisent l’effet inverse.

Les architectes et décorateurs et peintres tirent partie de l’opposition des couleurs saillantes et
des couleurs fuyantes qui suggèrent (virtuellement) des premiers plans et des arrières plans.

Les couleurs chaudes (rouge - orange) tendent à s’avancer vers le spectateur : couleurs dites
saillantes alors que les couleurs froides (bleu - vert) tendent au contraire à reculer : couleurs
dites fuyante.

La lumière devient donc une forme dans la masure où elle ne se surajoute pas aux choses ni à
l’espace mais elle les constitue.

Soustraite à la servitude du jour naturel (dans le cas de musée par exemple) et selon l’apport
de différents types d’éclairage, la lumière se cadence (notion de rythme). L’atmosphère ainsi
créée lie les objets et la nature dans la même harmonie.

VI / Harmonisation des couleurs

L’automatisme résultant de la juxtaposition de deux ou plusieurs couleurs produit un effet


visuel très rigoureux. Mais il est presque impossible de codifier les règles qui le régissent.
Ceci est dû à l’appréciation de la combinaison de ces couleurs et donc il reste subjectif et
diffère d’un individu à un autre. Le nombre considérable de variantes de tons et de natures
ajoute à la complexité du problème.

La sensation satisfaisante d’équilibre visuel que peut accorder une harmonisation colorée est
une affaire de goût absolu ou relatif. Il existe des personnes ayant une oreille musicale ainsi
que celle qui ont l’œil. Toutefois, quelques indications générales permettent l’orientation :

 
 

L’association de deux nuances voisines ou de plusieurs tons d’une même couleur


donne toujours un ensemble harmonieux.
Dans la juxtaposition de deux couleurs, chacune est influencée par la complémentaire
de l’autre : on voit apparaître le phénomène de contraste.
Il n’est pas nécessaire pour autant de partir toujours de couleurs complémentaires
pures : qui risquent de se heurter violemment (rouge - vert). Il sera préférable
d’adoucir la vivacité de l’une ou de l’autre sinon des deux.

Afin de faciliter les choix, il existe différentes palettes adaptées aux ambiances, aux
personnalités et aux fonctions recherchées.

Les palettes harmoniques (les plus anciennes) (voir page suivante, et à utiliser avec la
grille des combinaisons adaptée). Une combinaison utilisant cette palette est toujours
réussie du fait des relations étroites existant entre les teintes.
Les palettes complémentaires plus difficiles à réussir mais donnent d’excellent
résultats lorsqu’elles sont bien utilisées. Les complémentaires sont particulièrement
utiles en tant qu’accent de couleur.
Les palettes complémentaires décalées, beaucoup plus complexes que les précédentes,
elles élargissent le nombre de teintes entrant dans la combinaison.
Les palettes monochromatiques comprennent les différents tons d’une même couleur.
Elles sont notamment utilisées lors des mélanges de textures.
Les palettes neutres noir – blanc - gris, beige – grège - crème, sont incontournables en
architecture d’intérieur bien qu’elles n’existent pas dans la roue chromatique. Ces
teintes apportent les éléments apaisant dans les autres palettes.
Les palettes froides, fuyantes sont recommandées des les petits espaces et ceux
orientés au sud et à l’ouest dans l’hémisphère Nord et au nord et à l’est dans
l’hémisphère Sud.
Les palettes chaudes dont les teintes « avancent » sont parfaites pour les espaces longs
et étroits et ceux exposés au nord et à l’est dans l’hémisphère Nord et au sud et à
l’ouest dans l’hémisphère Sud.
Les palettes vives dont les couleurs sont les plus pures de la roue chromatique donnent
le plus d’énergie mais doivent être utilisées avec parcimonie à cause de leur vitalité et
de leur force.

 
 

Les accents sont un excellent moyen d’animer les palettes monochromatiques, harmoniques
ou neutres. Leur utilisation doit être limitée de point de vue surface et volume. Leur but est
d’apporter un peu de vitalité dans l’espace. Ils peuvent être réduits à un bouquet de fleurs de
même couleur dans un espace, à une porte dans une façade.

Les contrastes, à l’instar des accents, sont souvent utilisés. Les contrastes fondamentaux des
couleurs sont :

Le contraste de la couleur en soi


Le contraste clair-obscur
Le contraste chaud-froid
Le contraste des complémentaires
Le contraste simultané
Le contraste de qualité
Le contraste de quantité

Grille d’harmonie

 
 

Palette des couleurs fondamentales et


complémentaires.

 
 

VII / Couleurs et Architecture

Ce n’est qu’à partir des années vingt que la couleur est devenue partie intégrante de
l’architecture.

« Toute forme visuelle appartient quant à son effet d’ensemble, à la composition


environnante, à savoir l’effet visuel total » .W . Gropius

« L’architecture est l’étude des formes en présence de la lumière » .Le Corbusier.

En architecture, la couleur d’un bâtiment est liée au milieu naturel environnant. Actuellement
les architectes ne se limitent plus aux couleurs locales mais vont puiser dans la palette
chromatique. Ce dernier élément peut provoquer des sentiments de rejet, d’indécision ou de
déstabilisation. La couleur associée à la lumière (à différents moments de la journée) a un rôle
prépondérant dans l’intégration du bâtiment dans son site ou dans la création
« d’ambiance »particulière et ou personnalisée à l’intérieur de celui-ci.

Les couleurs externes pénètrent à l’intérieur avec plus ou moins d’intensité par le biais des
ouvertures (mer, bois, jardin, voisinage immédiat, etc.). Elles doivent être prises en
considération lors de la conception de l’ambiance que l’on veut créer. Si une pelouse arrive
jusqu’à a porte fenêtre d’un séjour, la moquette ou le tapis vert et les voilages assortis sont à
proscrire.

Dans tous les cas il faut se mettre en harmonie avec l’extérieur, comme pour la forme, soit par
accord ou opposition correspondant aux mimétisme et au contraste. La région géographique
impliquant un taux de luminosité influe sur les principes de conception d’abords sur la taille
des ouvertures et ensuite sur le type de couleurs à utiliser.

Toutefois, en architecture d’intérieur, la couleur est intimement liée à la décoration (type,


style, ameublement, décoration et aménagement) et à l’éclairage fut-il naturel ou artificiel.

Les perceptions spatiales dépendent de plusieurs facteurs :

Structures et proportions.
Textures et reflets.
Effet d’ombre et de lumière
Nature des matériaux et des teintes.

 
 

L’emploi des couleurs en architecture a été de plus en plus développé grâce aux nouveaux
procédés de construction et aux nouveaux matériaux. De nos jours , les architectes se doivent
d’avoir un sens très développé des couleurs et de leur utilisation en construction .

Le choix des couleurs doit être déterminé au moment où se fait le projet de la construction. Ce
choix n’est pas à faire uniquement sur la planche à dessin, mais aussi sur place, à savoir sur le
lieu même où s’érigera la construction.

L’expression de couleur donnée par la construction au milieu de son cadre environnant,


dépend essentiellement de l’effet coloré actif ou passif de ce cadre. Il n’est pas
recommandable de prévoir plus de deux ou trois teintes de contrastes dans une construction.
Les effets de forme et les proportions peuvent être optiquement modifiés et corrigés.

Ce que l’on désire obtenir, c’est en général une certaine harmonie et un bon équilibre des
formes et des couleurs .C’est ainsi que l’on a réalisé de véritables plans de couleurs pour les
grands complexes d’habitation, après de nombreuses discussions et de nombreux essais.

 
 

 
 

 
 

VIII / Effets thermiques de la teinte des couleurs

La teinte des couleurs influence aussi fréquemment le comportement thermique des murs
extérieurs. Il faut donc tenir compte de ce fait lors des choix des matériaux et de leur couleur,
ainsi qu’au moment de la construction. Des essais poussés ont montré que les températures
superficielles dues à l’action directe du soleil varient fortement en fonction de la couleur.

Les différences de température peuvent créer des contraintes importantes au niveau du


revêtement du mur.

L’orientation de ces murs tient une place importante lors des choix des couleurs du fait de la
différence d’ensoleillement et du degré d’absorption ou de réflexion de la matière colorante.

Dans certains cas on a enregistré des variations de température atteignant les cent degrés et ce
entre l’été et l’hiver ; ces variations peuvent causer de grands dommages aux murs. Les
solutions pour y remédier sont beaucoup plus coûteuses que les études préalables des
matériaux colorés ou des surfaces traitées spécialement. La couleur devient donc un remède
prophylactique à différents désordres pouvant apparaitre sur les façades notamment les
fissures de retrait des enduits de façades, la pénétration de l’humidité à l’intérieur des murs
exposés aux pluies ( nord-ouest au Nord de l’Algérie) l’excès de chaleur ou de froid des
espaces exposés aux soleil ou au vent.

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