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Cours Energies renouvelables Chapitre 2 : Système éolien

Chapitre 2 : Système éolien.

1ére partie : Introduction au gisement éolienne.

1. Introduction

Le choix du site et la caractérisation statistique de la vitesse de vent d’une site représentent les
facteurs les plus importants dans le processus d'implantation d'un parc éolien.

2. Météorologie du vent

Le vent représente la vitesse à laquelle une particule d’air présente dans l'atmosphère est soumise. Il
prend naissance sous l'effet des différences de températures et de pression.

2.1. Comment mesure t’on le vent ?


Les données de vent sont classifiées selon deux informations : la vitesse et la direction selon le plan
horizontal.
2.2. Mesure des paramètres du vent

2.2.1. Indicateurs écologiques

Les indicateurs écologiques peuvent être utilisés afin de déterminer l’intensité du vent dominant
dans une région. Les dunes de sable (les tailles des particules de sable, les formes des dunes) peuvent
nous donner des indications sur l’intensité moyenne et la direction du vent dans cette région.

Dans les sites côtiers et montagneux, les arbres peuvent aussi être utilisés entant qu’indicateurs
biologiques.

2.2.2. Anémomètres et Girouette

Les capteurs les plus fréquemment utilisés pour mesurer la vitesse du vent sont les
anémomètres à moulinet figure 4. La vitesse du vent s’exprime en mètres par seconde (m/s), en
kilomètres par heure (km/h) ou en nœuds (kt). 1 m/s correspond à 3.6 km/h et à 1.85 kt.

La direction du vent quant à elle, est mesurée au moyen de girouettes, généralement à18
directions de 20°. Souvent les quartes points cardinaux sont indiqués par les lettres N, S, E, W pour
nous servir du repère. La direction est mesurée en degrés par rapport au Nord géographique.

Figure4. Ensemble d’un anémomètre et girouette.

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Caractérisation horizontale de la vitesse du vent

La puissance énergique éolienne moyenne disponible, associée à une circulation d’une masse d’air à
une vitesse <V> et agissant sur une surface A, de la roue d'une éolienne s'écrit :

ρ: désigne la masse volumique


L’expression précédente montre que la puissance disponible varie avec la vitesse cubique
moyenne du vent. Cette dernière est déterminée à partir d’un traitement statistique des données vent
brutes et le calcul des fréquences à un seuil donné de vitesse.
2.2. Variabilités temporelle La variabilité temporelle comprend trois sous-groupes :
2.2.1. A basses fréquences :
Les variations annuelles : la variabilité annuelle est très importante dans l'estimation du potentiel
éolien d'un site.
Les variabilités saisonnières et mensuelles : Ces types ont pour principaux objectifs les problèmes
de sous-production et surtout de surproduction durant des périodes spécifiques de l'année
2.2.2. A moyennes fréquences : les variations journalières, horaires.
Les variabilités journalière et horaire : affectent le fonctionnement et plus particulièrement le taux
d'utilisation journalier de l'éolienne

2.2.3. Hautes fréquences : les variations à la seconde ou à plus haute fréquence (au-dessus de 1
Hz) caractéristiques de la turbulence du vent
2.3. Caractérisations verticale de la vitesse du vent :
Concerne principalement la variation verticale et le champ des directions du vent. La variation
verticale (spatiale) amène une dimension tout à fait différente au problème d'étude du vent.

Il est donc nécessaire de déterminer une relation liant les vitesses de vent pour différentes
hauteurs. Plusieurs relations existent mais dépendent des paramètres caractéristiques des sites comme
la topographie et la rugosité. Extrapolation verticale des paramètres vent

2.3.1. La loi de Davenport et Harris

La vitesse de vent augmente avec l'altitude. Cette dépendance s'exprime par la loi empirique de
Davenport et Harris

𝑍𝑍2 𝛼𝛼
𝑉𝑉(𝑍𝑍2 )/𝑉𝑉(𝑍𝑍1 ) = � �
𝑍𝑍1

Avec : α un coefficient qui dépend de la topographie du site et la rugosité du sol

2.3.2. Loi de puissance modifiée


Ce modèle a pour but d'allier théorie et expérimentation par l'introduction du paramètre de
rugosité dans la loi de puissance.
𝑍𝑍 𝑛𝑛
𝑉𝑉(𝑍𝑍2 )/𝑉𝑉(𝑍𝑍1 ) = � 2 �
𝑍𝑍1

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2.3.3. Modèle d’extrapolation de Justus et Mikhaiel


En 1976, Justus et Mikhaiel ont proposé, pour une référence d’altitude initiale égale à 10m, les
formules d’extrapolation suivantes :
𝑍𝑍
𝐾𝐾2 1−0,0881𝑙𝑙𝑙𝑙 � 102 �
=� 𝑍𝑍 � (1.22)
𝐾𝐾1 1−0,0881𝑙𝑙𝑙𝑙 � 101 �

𝐶𝐶2 𝑍𝑍 𝑚𝑚
= � 2� (1.23)
𝐶𝐶1 𝑍𝑍1

Avec :

0,37−0,0881𝑙𝑙𝑙𝑙 (𝐶𝐶1 )
𝑚𝑚 = � 𝑍𝑍 � (1.24)
1−0,0881𝑙𝑙𝑙𝑙 � 101 �

2.4. Modeles D’ajustement

Les études de modélisation de la distribution des vitesses du vent ont été orientées vers des
modèles associant puissance et exponentielle, les modèles usuels étant :

la distribution de Weibull : La fonction de Weibull permet de caractériser la distribution


fréquentielle des vitesses de vent sur une période donnée, Elle est définie par l'équation suivante :
𝑘𝑘 𝑉𝑉 𝑘𝑘−1 𝑉𝑉 𝑘𝑘
𝑓𝑓(𝑉𝑉) = � � � � 𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒 �− � � �
𝐶𝐶 𝐶𝐶 𝐶𝐶
Où :
- 𝑓𝑓(𝑉𝑉) est la fonction de densité de probabilité de Weibull qui représente la distribution en
fréquences de vitesses mesurées
- k est le facteur de forme de la loi de Weibull, décrivant la distribution de la vitesse des vents
(caractérise la forme de la distribution de fréquence)
- C, en m/s, est le facteur d'échelle de la loi de Weibull. Il est relié à la vitesse moyenne du vent
par le facteur de forme k qui détermine la qualité du vent.
• la distribution hybride de Weibull : La distribution hybride de Weibull est utilisée
lorsque la fréquence des vents calmes enregistrée, sur un site donné, est supérieure ou
égale à 15%.
𝑘𝑘 𝑉𝑉 𝑘𝑘−1 𝑉𝑉 𝑘𝑘
𝑓𝑓(𝑉𝑉) = (1 − 𝑓𝑓𝑓𝑓0 ) � � � � 𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒 �− � � � Pour V> 0
𝐶𝐶 𝐶𝐶 𝐶𝐶
𝑓𝑓(𝑉𝑉) = 𝑓𝑓𝑓𝑓0 Pour V < 0

Où 𝑓𝑓𝑓𝑓0 représente la fréquence des vents calmes.

• la distribution de Rayleigh : La distribution de Rayleigh est un cas particulier de la


distribution de Weibull pour le cas où le facteur de forme k est égal à 2. Sa densité de
probabilité est donnée par :

𝑉𝑉 𝑉𝑉 2
𝑓𝑓(𝑉𝑉) = 2 2 𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒 �− � � �
𝐶𝐶 𝐶𝐶

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2.5Les paramètres de vent

Toute fois la distribution de Weibull classique (fonction de deux paramètres) est la plus
indiquée. L'utilisation de ces deux paramètres permet l’évaluation d’un nombre important de
propriétés de la distribution, d'où une meilleure caractérisation des sites.

Lois utilisées pour la détermination des facteurs éoliens caractérisant un site, à savoir :
• la vitesse moyenne du vent.
• la vitesse cubique moyenne du vent.
• La variance et l'écart type de la distribution des vitesses
• La vitesse max du vent.
• le facteur de puissance
• l’indice de variation.
Le tableau ci-dessous représente les expressions des vitesses moyennes, cubiques moyennes et la
variance selon le modèle utilisé.
Distributions 〈𝑽𝑽〉 〈𝑉𝑉 3 〉 𝜕𝜕 2
Weibull 1 3 2 1
𝐶𝐶 2 �𝛤𝛤 �1 + � − 𝛤𝛤 2 �1 + ��
𝐶𝐶 𝛤𝛤 �1 + � 𝐶𝐶 3 𝛤𝛤 �1 + � 𝑘𝑘 𝑘𝑘
𝑘𝑘 𝑘𝑘
Hybrid 1 3 2 2
(1 − 𝑓𝑓𝑓𝑓0 ) 𝐶𝐶 𝛤𝛤 �1 + � (1 − 𝑓𝑓𝑓𝑓0 )𝐶𝐶 3 𝛤𝛤 �1 + � (1 − 𝑓𝑓𝑓𝑓0 )𝐶𝐶 �𝛤𝛤 �1 + 𝑘𝑘 � −
Weibull 𝑘𝑘 𝑘𝑘 1
𝛤𝛤 2 �1 + ��
𝑘𝑘
Rayliegh 0.886 C 1.32𝐶𝐶 3 0 .2146𝐶𝐶 2

2èmePartie : Architecture des éoliennes.

1. Introduction
Une éolienne à pour rôle de convertir l’énergie cinétique du vent en énergie électrique. Ses
différents éléments sont conçus pour maximiser cette conversion énergique
2. Type des éoliennes :
On peut diviser les éoliennes en deux grandes familles:
- les éoliennes à axe vertical.
- les éoliennes à axe horizontal.
2.1. Éoliennes à axe vertical :
On dit éolienne à axe vertical car son axe de rotation est vertical.
2.1.1. Les avantages : ce type d’éolienne a fait l’objet de nombreuses recherche. Il présente
l’avantage :
• de ne pas nécessiter de système d’orientation des pales.
• de posséder une partie mécanique (multiplication et génératrice) au niveau du sol, facilitant
ainsi les interventions de maintenance.
• ne nécessitant donc pas l’édification (construction) d’une tour
2.1.2 Les inconvénients :
• certaines de ces éoliennes doivent être entraînées au démarrage.
• le mât, souvent très lourd, subit de fortes contraintes mécaniques.
Ces deniers poussant ainsi les constructeurs à pratiquement abandonner ces aérogénérateurs (sauf pour
les très faibles puissances) au profit d’éoliennes à axe horizontal.

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Figure 2.1 : éolienne à axe vertical.

2.2. Éoliennes à axe horizontal :


On dit éolienne à axe horizontale car l’axe de rotation est horizontal.
2.2.1. Les avantages : Les éoliennes à axe horizontal beaucoup plus largement employées car :
• Elles présentent un rendement aérodynamique plus élevé
• démarrant de façon autonome
• Elles présentent un faible encombrement au niveau du sol.
2.2.2. Les inconvénients :
• Elles nécessitent très souvent un mécanisme d’orientation des pales.

Figure2.2 : éolienne a axe horizontal.


3. Principe de fonctionnement :
3.1. Éolienne a axe verticale :
Deux principes différents sont utilisés pour ce type de machines, à savoir la traînée
différentielle ou la variation cyclique d’incidence.
• Traînée différentielle : Le principe de mise en mouvement de ce type de machine est
identique à celui d’un anémomètre. L’illustration la plus courante de ce type d’éolienne est le
rotor de Savonius.

Figure 1.3 : rotor de savonius et effet du vent sur un corps creux.

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3.1.2 Variation cyclique d’incidence : Le fonctionnement est ici basé sur le fait qu’un profil placé
dans un écoulement d’air selon différents angles.Ce principe de fonctionnement a été breveté au début
des années 1930 par le Français Darrieus.

3.2. Eolienne à axe horizontale :


Les éoliennes produisent de l'électricité en utilisant la puissance du vent pour entraîner un
générateur électrique. Le vent passe à travers les pales générant une force de rotation. Les pales en
rotation entraînent un arbre à l’intérieur de la nacelle, qui pénètre dans une boîte de
vitesses(multiplicateur). La boîte de vitesses augmente la vitesse de rotation pour faire tourner le
générateur électrique en grande vitesse.
Ce fonctionnement est illustré par la figure

4. Applications des éoliennes


Les éoliennes sont divisées en trois catégories selon leur puissance nominale.
- Eoliennes de petite puissance : inférieur à 40kW.
- Eoliennes de moyenne puissance : de 40kW à quelques centaines de kW.
- Eoliennes de forte puissance : supérieur à 1 MW.

L’énergie éolienne peut être utilisée de trois manières :

• Conservation de l’énergie mécanique : le vent est utilisé pour faire avancer un véhicule (navire
à voile ou char à voile), pour pomper de l’eau (moulins de Majorque, éoliennes de pompage
pour irriguer ou abreuver le bétail) ou pour faire tourner la meule d’un moulin ;
• Transformation en force motrice (pompage de liquides, compression de fluides...) ;
• Production d'énergie électrique ; l’éolienne est alors couplée à un générateur électrique pour
fabriquer du courant continu ou alternatif. Le générateur est relié à un réseau électrique ou
bien fonctionne au sein d'un système « autonome » avec un générateur d’appoint (par exemple
un groupe électrogène) et/ou un parc de batteries ou un autre dispositif de stockage d'énergie.

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5. Architecture d’une éolienne à axe horizontal


Une éolienne est généralement constituée de trois éléments principaux :

- le mât
- la nacelle
- le rotor

Figure1.4 : Exemple d’un système éolien a axe horizontal.

5.1. Le mât (la tour)


Généralement un tube d’acier ou éventuellement un treillis métallique. Il doit être le plus haut
possible pour éviter les perturbations prés du sol.
5.2. La nacelle
Regroupe tous les éléments mécaniques permettant de coupler le rotor éolien au générateur
électrique :
- Arbres lent : fait le lien entre les pales et le multiplicateur. Il tourne de la même
vitesse que les pales.
- Arbre rapide : Il transmet la puissance du multiplicateur a l’alternateur. Il tourne
à la vitesse spécifique de génératrice.
- Multiplicateur : adapte la vitesse (l’arbre lent) de la turbine à la vitesse de la
génératrice.
- Système de commande : c’est un ordinateur qui contrôle les différents
composants de l’éolienne
- Frein à disque : qui permet d’arrêter le système en cas de surcharge.
- Le générateur : qui est généralement une machine synchrone ou asynchrone.
- les systèmes hydrauliques ou électriques d’orientation des pales (frein
aérodynamique) et de la nacelle (nécessaire pour garder la surface balayée par
l’aérogénérateur perpendiculaire à la direction du vent).
- Le système de refroidissement par air ou par fluide.
- Anémomètre et girouette : le système électronique de gestion de l’éolienne.
5.3. Le rotor
Le rotor, formé par les pales assemblées dans leur moyeu. Pour les éoliennes destinées à la
production d’électricité, le nombre de pales varie classiquement de 1 à 3, le rotor tripale étant de loin
le plus courant car il représente un bon compromis entre le coût, le comportement vibratoire, la
pollution visuelle et le bruit.

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3ème partie : conversion de l’énergie éolienne.


1. Potentiel énergétique éolien
La conversion de l’énergie cinétique due au vent en énergie mécanique (mouvement de rotation
de l’éolienne) l’énergie disponible (potentiel) subit une suite de pertes en cascades, jusqu’à la sortie
machine, (limite de Betz, seuils machine et pertes de conversion). Cette dégradation de l’énergie est
représentée ci-dessous:

Représentation schématique des dégradations successives de l'énergie éolienne.

En effet, seule une partie de la puissance éolienne disponible sur un site donné, appelée puissance
utile est réellement obtenue à la fin de processus, soit à la sortie de l’éolienne.
2. Puissance énergétique disponible
L'énergie cinétique moyenne disponible sur un site donné, par unité de temps et par unité de
surface due à la vitesse du vent, s’écrit :
1
〈𝑃𝑃〉 = 𝜌𝜌〈𝑉𝑉 3 〉 (1)
2

3. Potentiel énergétique éolien récupérable :


Pour définir cette énergie, on va utiliser deux théories:
3.1. théorie de disque
Dans cette méthode Froude utilise les équations de conservation de quantité de mouvement pour
connaître les performances d'une hélice considérée comme étant un disque uniformément chargé ayant
un nombre infini de pales.
a- Energie cinétique disponible
L’énergie cinétique disponible est convertie en énergie mécanique en utilisant une machine à
aubes (où pâles) dite communément éolienne.
Soit une masse d’air traversant un disque de surface A, à une vitesse V et soient 𝑉𝑉1 et 𝑉𝑉2 les vitesses
respectives en amont et en aval de la surface (voire figure ci-dessous).

Bilan sur une section de l’hélice.

L’équation de conservation de la quantité de mouvement permet d’écrire que la force qui s’exerce sur
le disque est égale à la variation de la quantité de mouvement, soit :

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𝐹𝐹 = 𝜌𝜌𝜌𝜌𝜌𝜌(𝑉𝑉1 − 𝑉𝑉2 ) (2)

En appliquant l’équation qui définit l’énergie, comme le produit d’une force par la vitesse, il vient :

P = 𝐹𝐹𝐹𝐹 = 𝜌𝜌𝑉𝑉 2 𝐴𝐴(𝑉𝑉1 − 𝑉𝑉2 ) (3)

Comme par ailleurs, la variation d’énergie cinétique donne (équation de Bernoulli) :


1
𝑃𝑃 = 𝜌𝜌𝜌𝜌𝜌𝜌�𝑉𝑉1 2 − 𝑉𝑉2 2 � (4)
2

Les équations (3) et (4) définissent l’énergie cinétique d’une éolienne .

b- La vitesse d’une éolienne

Par identification de (3) et (4), il vient :


𝑉𝑉1 +𝑉𝑉2
𝑉𝑉 = (5)
2

c- Puissance aérodynamique récupérable

En remplaçant V dans l’équation (3), on obtient :


1 𝑉𝑉1 +𝑉𝑉2
𝑃𝑃 = 𝜌𝜌𝜌𝜌�𝑉𝑉1 2 − 𝑉𝑉2 2 �( ) (6)
2 2

3.2. La limite de Betz

Le maximum récupéré par la roue est obtenu pour :

𝜕𝜕𝜕𝜕 𝜕𝜕 2 𝑃𝑃
=0 et <0 (7)
𝜕𝜕𝑉𝑉2 𝑉𝑉22

Soit pour :

3𝑉𝑉22 + 2𝑉𝑉1 𝑉𝑉2 − 𝑉𝑉12 = 0 (8)

Equation dont la solution est donnée par :


1
𝑉𝑉2 = 𝑉𝑉1
3

En remplaçant dans l’équation (6), la puissance maximale qui peut être extraite par une roue est égale
à:

1 𝑉𝑉 2 𝑉𝑉 𝑉𝑉
𝑃𝑃𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚 = 𝐴𝐴 𝜌𝜌 �𝑉𝑉12 − � 1 � � � 1 + 1 �
2 3 2 6

16 1
𝑃𝑃𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚 = ∗ 𝜌𝜌 ∗ 𝐴𝐴 ∗ 𝑉𝑉13
27 2

En se référant à l’équation (1), on obtient :


16
〈𝑃𝑃𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚 〉 = 〈𝑃𝑃𝑑𝑑 〉
27

Cette limite (environ 0.59) est appelée ‘limite de Betz

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En prenant en considération la limite de Betz et en remplaçant la densité de l’air par sa valeur


moyenne, la moyenne maximale récupérable par unité de surface est donnée par:

〈𝑃𝑃𝑟𝑟 〉max = 0.37〈𝑉𝑉 3 〉

Enfin la densité d’énergie moyenne récupérable sur une année. AEB est égale à:

〈𝐸𝐸〉max = 〈𝑃𝑃𝑟𝑟 〉∆𝑡𝑡 = 0.37 ∗ 24 ∗ 365.25 ∗ 〈𝑉𝑉 3 〉

Soit en kWh/𝑚𝑚2 : 〈𝐸𝐸 〉max = 3.25〈𝑉𝑉 3 〉

3.3. Théorie de l'élément de la pale:


Cependant, seule une partie de l’énergie disponible peut être captée par l’éolienne. La puissance
captée par la turbine peut s’exprimer en fonction de cette puissance disponible en introduisant un
facteur dépendant des conditions aérodynamiques des pales, donc de la vitesse du vent v, de la vitesse
de rotation Ωtur et de l’angle de calage β qui pourraitê tre calculé en partant d’une étude complète sur
l’action du vent sur les pales.
L’angle de calage (β) est l’angle formé par la pale et le plan de rotation de la pale

Vitesses et forces exercées sur un profil d'une éolienne.

On introduit l'angle d'incidence (alpha), de calage (beta) ainsi que la vitesse relative Va (Vr )
dans la figure de gauche. La résultante des forces engendrée par la vitesse du vent et la rotation de
l'éolienne est illustrée dans la figure de droite.

La puissance récupérable ou aerodynamique d’une éolienne est exprimée par la relation suivante :

Cp : est le coefficient de puissance (sans unité).

En réalité, jusqu’à présent, seulement 60 à 70% de la puissance maximale théorique 𝑃𝑃é𝑜𝑜𝑙𝑙 𝑚𝑚𝑎𝑎𝑥𝑥
peut être exploitée par les turbines les plus perfectionnés. Ce rendement, appelé coefficient de
puissance Cp de l’éolienne, est propre à chaque voilure. Ce coefficient lie la puissance éolienne
(recupérable) à la vitesse du vent.

Cp (max)=0.59

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3.4. La vitesse spécifique :

On définit la vitesse spécifique (normalisée) λ comme étant le rapport de la vitesse linéaire en bout
de pales de la turbine 𝛺𝛺𝑡𝑡.Rt sur la vitesse instantanée de vent et donné par l’expression

V : Vitesse de vent (m/s).


𝛺𝛺 : Vitesse de rotation avant multiplicateur (rad/s)
Rt : Rayon de la surface balayée(m).

La figure suivante donne une vue sur les coefficients

de puissance 𝐶𝐶𝑝𝑝 habituels en fonction de la vitesse

réduite λ pour différents types d’éoliennes.

L’expression du coefficient de puissance a été

approchée, pour le type de turbine Éolienne de

1.5 MW, par l’équation suivante :

3.5. Le couple aérodynamique:

Si la vitesse de la turbine est connue, le couple aérodynamique est donc directement déterminé
par :

3.6. Coefficient de couple


Le coefficient de couple 𝐶𝐶𝑚𝑚 est assez proche du coefficient de puissance 𝐶𝐶𝑝𝑝. Il est fort utile
afin d’estimer la valeur des couples pour différents points de fonctionnement, notamment à vitesse de
rotation Ω𝑡𝑡 nulle, ce qui correspond à une valeur de 𝐶𝐶𝑝𝑝 nulle pour une valeur de 𝐶𝐶𝑚𝑚 non nulle.

4. La puissance éolienne utile :


Finalement la puissance électrique générée s’exprime comme un produit de la puissance du vent, qui
représente l’énergie du vent à traversant les pales de l’éolienne à chaque seconde, et des différents
rendements :
P éolienne=Pv x Cp x𝑵𝑵𝒈𝒈 x𝑵𝑵𝒃𝒃
Cp : coefficient de puissance qui représente l’efficacité du rotor.
𝑁𝑁𝑔𝑔 : représente le rendement du générateur qui varie entre 70 et 98%.
𝑁𝑁𝑏𝑏 : représente le rendement du multiplicateur qui varie entre 70 et 98%.
5. Régulation mécanique de la puissance d’une éolienne

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Une turbine éolienne est dimensionnée pour développer une puissance nominale 𝑃𝑃𝑛𝑛 à partir d’une
vitesse de vent nominale 𝑉𝑉𝑛𝑛. Pour des vitesses de vents supérieures à vn, la turbine éolienne doit
modifier ses paramètres aérodynamiques afin d’éviter les surcharges mécaniques (turbines, mat et
structure), de sorte que la puissance récupérée par la turbine ne dépasse pas la puissance nominale
pour laquelle l’éolienne a été conçue. Il y a d’autres grandeurs dimensionnâtes :

𝑉𝑉𝑑𝑑 la vitesse du vent à partir de laquelle l’éolienne commence à fournir de l’énergie


𝑉𝑉c la vitesse maximale de vent au-delà de laquelle l’éolienne doit être stoppée pour des raisons de
sûreté de fonctionnement (figure ci-dessous)

Diagramme de la puissance utile sur l'arbre en fonction de la vitesse du vent.

Ainsi la caractéristique de puissance en fonction de la vitesse du vent comporte quatre zones:


- La zone I, où P turbine = 0 (la turbine ne fournit pas de puissance) ;
- La zone II, dans laquelle la puissance fournie sur l'arbre dépend de la vitesse du vent V ;
- La zone III, où généralement la vitesse de rotation est maintenue constante par un dispositif
de régulation et où la puissance P turbine fournie reste sensiblement égale à 𝑃𝑃𝑛𝑛 ;

- La zone IV, dans laquelle le système de sûreté du fonctionnement arrête la rotation et le


transfert de l'énergie.
5.1. Systèmes de régulation
La plupart des grandes turbines éoliennes utilisent deux principes de contrôle aérodynamique pour
limiter la puissance extraite à la valeur de la puissance nominale de la génératrice :
- système « pitch » ou « à pas ou calage variable » qui permet d’ajuster la portance des pales à
la vitesse du vent, principalement pour maintenir une puissance sensiblement constante dans la zone
III de vitesses ;
- système « stall » ou à « décrochage aérodynamique », le plus robuste car c’est la forme des
pales qui conduit à une perte de portance au-delà d’une certaine vitesse de vent,
- système« stall actif», la courbe de puissance maximale n’est pas plate et chute plus vite. Il
s’agit donc d’une solution passive et robuste (pas besoin de système d’orientation des pales).

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