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LE SURRÉALISME

CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES:

▪ Surréalisme: mot inventé par Apollinaire mais avec un autre sens (tout peut
être objet de poésie).
▪ Surréalisme : cela veut dire qu’il n’y a qu’une seule réalité. Il y a une réalité
supérieure qui est la réalité de la fantaisie. Le rêve fait partie du réel.
▪ Mouvement rénovateur de la poésie et des mouvements d’avant-garde.
▪ Il y a des choses qui vont continuer : l’idée de l’ensemble des mouvements
de l’avant-garde (la collaboration entre musiciens, peintres,… dans le travail).

INTRODUCTION:
En général le surréalisme constitue une réaction contre la pensée réaliste.
Dans la civilisation française depuis Descartes,il y avait dans la mentalité
premièrement l’idée d’un dieu qui organisait le monde, la politique, et la
monarchie (le roi est le représentant de Dieu).

À l’époque des Lumières et de la Révolution, on remplace le dieu révélé par


un dieu rationnel qui était le produit d’une logique. L’argument pour
l’existence de Dieu était la nécessité logique.
Ce rationalisme qui vient de Descartes continue après l’Ancien Régime et
pendant la révolution.
Le surréalisme est un mouvement français qui naît contre la logique, et en
même temps est un mouvement de tous.
La date de commencement du surréalisme on peut la situer vers 1918-1919-
1920.

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Les surréalistes étaient contre la pensée rationnelle. Leur objectif était
d’introduire dans le domaine du réel, de la raison, tout un tas de domaines
qu’auparavant étaient considérés comme de domaines irrationnels.
Antécédents :
1- Le roman noir et la littérature fantastique sont des antécédents.
Breton dit : « Ce qu’il y a d’admirable dans le fantastique c’est qu’il n’y a plus
de fantastique, il n’y a que du réel ».
Il y a un dépassement du champ rationnel traditionnel.
Le roman noir et la littérature fantastique expriment le désir de libération de
l’ordre actuelle en ce qu’il y a de restrictif, soit pour le domaine de la
connaissance, soit pour le domaine de la moralité, de l’éthique.
2- Le marquis de Sade (de là vient le mot sadisme). Il a écrit des livres qui
allaient contre la morale.
Ils revendiquent de Sade qu’il a osé aller contre les tabous, parce qu’il rompt
avec les interdits traditionnels, et les surréalistes étaient contre les tabous
moraux.
3- Un autre antécédent est le romantisme allemand. Le romantisme allemand
en général représente une valorisation du fantastique, de l’imagination. Ce
qu’ils valorisent du romantisme allemand est la prééminence du monde
intérieur sur le monde sensible.
4- Les antécédents plus immédiats sont dans les poètes du XIX siècle tel que
Nerval, Baudelaire et Rimbaud dans le contexte romantique de la valorisation
de l’intuition.
Ici il y a deux choses importantes qu’ils vont trouver et garder eux-mêmes :
- Croyance à la valeur créatrice de l’imagination.
- Croyance à la valeur créatrice du langage.

 On avait l’idée traditionnelle que l’imagination représentait la


réalité extérieure et ensuite l’image de la réalité extérieure dans notre tête. Par

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contre, les poètes français, tels que Baudelaire, attribuaient à l’imagination
non pas le rôle de représenter une réalité extérieure, mais attribuaient une
certaine autonomie, un rôle non pas passif ( passif parce que l’imagination
dépendait passivement de la réalité extérieure) mais actif, qui devient
indépendant du monde sensible et du monde logique, donc il ne s’agit plus de
donner un sens au monde sensible à travers l’imagination, mais par contre de
créer un monde nouveau à partir de l’imagination. L’imagination a comme
fonction de créer un monde autonome. Elle devient productrice de réalités,
créatrice (voir Dali par exemple). Cette idée apparaît déjà au XIX siècle
(deuxième moitié) avec Baudelaire et d’autres. (Il faut dire qu’avant on ne
valorisait pas l’imaginaire, il était proscrit).
Donner à l’imagination une valeur positive.

 Valeur créatrice du langage. Traditionnellement la logique


impose que le langage soit postérieur à la pensée (d’abord on pense, puis on
exprime ce qu’on pense). On demande au lecteur de reproduire ce que
l’émetteur dit à travers le langage.
Maintenant, on se rend compte que la parole produit des pensées à posteriori.
Le langage devient autonome. Les mots d’expression créent des réalités, sans
que ces réalités doivent être vérifiées d’après une réalité visible quelconque.
On va trouver un langage qui apparemment est plus logique : la parole
suggère et crée de pensées ; les mots ont une puissance extraordinaire ; le
langage n’exprime rien de concret de l’extérieure, mais la structure profonde
du cosmos. Pour les surréalistes tout est réalité. La parole devient source de
réalité, devient antérieure à la réalité. Elle crée une réalité qui n’est plus de
réalité du monde sensible, mais la réalité du monde total.
Les idées du surréalisme se sont répandues partout (mais pas dans toutes les
couches de la société en même temps). Il y a une influence importante des

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poètes du XIX siècle, et il y a des influences plus proches, ce sont des poètes
de l’époque d’Apollinaire, et d’Apollinaire lui-même.
Un auteur qui a eu une grande influence sur les surréalistes est Jarry (qui a
écrit Ubu Roi). Breton voit en lui celui qui a su sorti des deux extrêmes dont
l’art se voyait soumis à l’époque ancienne. Jarry était intéressé par la réalité
extérieure et par la psychologie. Il a été le premier à considérer la réalité
autrement, donc il faut le voir comme un précédent.
Un autre auteur qui les a influencé est Apollinaire. Il a inventé le mot
surréalisme, mais avec un autre sens. Toute la réalité sensible devient objet de
poésie pour Apollinaire. Une attitude qu’ils vont trouver chez lui est que le
poète est ouvert à toute la réalité, par exemple, dans les calligrammes il ouvre
le sens à l’univers, il n’intervient pas. Il ne suit pas les règles de la logique
dans un certain sens (par exemple dans les poèmes- conversation).
Dans ce sens il va être un précédent pour les surréalistes. D’autre part sa
spontanéité va influencer aussi.

Mais le mouvement qui va influencer de plus près le surréalisme va être le


mouvement Dada. Le seul pays en paix pendant la guerre qu’il y avait en
Europe était la Suisse. Beaucoup de gens qui ne voulaient pas la guerre sont y
allés, surtout des artistes.
En 1915 un auteur allemand qui s’appelle Hugo Ball arrive en Suisse. Il était
acteur de théâtre et arrive avec sa fille ( ?) qui s’appelle Emy Hennings. Il était
aussi poète et journaliste. Il commençât à faire des activités artistiques à
Zurich. Il convainc le propriétaire d’un bistrot (Mierei), d’un café, de faire là
des activités artistiques. Hennings aussi était là.

Il réunit un certain nombre d’artistes dans ce café. Il décide de changer le nom


de ce cabaret et le dénomme Cabaret Voltaire. Ce nouveau cabaret est fondé
en 1916. Ses activités donnent lieu à une revue qui s’appelle Cabaret Voltaire.

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Le mot « dada » apparaît car il y a beaucoup de roumains (comme les frères
Janko), et le mot « da » en roumain signifie « oui ». Il va apparaître une revue
qui s’appelle Dada. Il y avait des éléments qui venaient de l’expressionnisme
allemand mais aussi du futurisme. Il proposait la liberté absolue et cela
donnait un résultat négatif.
Un des points négatifs qu’ils ont essayé tenter est la poésie abstraite, mais cela
est impossible.

Tristan Tzara est partisan du hasard. Il proposait laisser passer l’inconscient.


On a l’idée que l’art doit devenir un reflet de l’inconscient. Tout le surréalisme
s’explique par cette tentative.
Un élément qui contribue à précipiter l’idée de Dada est l’apparition à Zurich
de Picabia. Il venait de Cuba, et il présent à Zurich une revue qui s’appelle
391.
La revue Dada était moitié française, moitié allemande. 391 était en français.
Les trois premiers numéros ont été publiés à Barcelone.

Duchamp tourne en dérision la peinture qu’on appelait normale et il inaugure


une peinture mécanique (« ready made »), peinture avec des objets tout faits.
Objets qui sont contre la peinture traditionnelle. Tout ça est une réaction
contre le nihilisme. Ce mouvement devient de plus en plus nihiliste
(caractéristique).
Les relations de Picabia avec Dada se manifestent dans leur relation.
Dada a un caractère négatif et nihiliste qui va être un problème.
Tzara entre en contact avec Apollinaire pendant la guerre, qui publie dans une
revue qui s’appelle Nord-Sud qui apparaît à Paris. Nord-Sud est une revue

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publiée à Paris par l’avant-garde. Les rapports avec Dada n’étaient pas très
importants car on était pendant la guerre. L’important de cette revue est le
titre, qui explique un peu le sens de la revue. Nord-Sud est le nom de la
première ligne de métro à Paris (aujourd’hui c’est la ligne 5). Le métro est le
symbole d’une nouvelle culture, de l’industrie, …

Tzara entre en relation avec André Breton et Philippe Soupault (années 1917-
1918). Breton, Aragon et Soupault créent à Paris une nouvelle revue qui
s’appelle Littérature. Revue relativement traditionnelle car Gide y collabore
(aussi Valéry). Elle se publie à Paris vers 1918-1919. Elle apparaît juste à la
fin de la guerre, donc on est dans une nouvelle étape. Elle avait comme
ambition trouver un moyen d’expression pour tous ceux qui avaient quelque
chose à dire après la première guerre mondiale. Breton et ses amis au début
reconnaissent dans le manifeste Dada des inquiétudes semblables mais il se
méfiait un peu de Tzara.
Les futurs surréalistes (Breton, Aragon, Eluard) vont rompre avec le
mouvement Dada surtout à cause de leur caractère nihiliste et provocateur.
Breton et son groupe publient en 1919 un texte qui apparaît dans la revue
Littérature et qui s’appelle Les champs magnétiques. Ici il cherche une chose :
l’exploration de la pensée, de la pensée réelle à travers une méthode qui était
l’écriture automatique. L’idée de base des surréalistes est ceci. Il y a un
discours intérieur de la pensée. Ils croyaient que si on se met à écrire sans
penser à rien de logique, on écrit ce qui vient à la tête, et cette écriture
reproduirait la pensée intérieure de la tête. Ils ont expérimenté aussi d’autres
méthodes avec la même finalité. Ils croyaient que le discours intérieur pourrait
aussi se manifester dans les rêves. Cela va évoluer. Cela a une différence
importante avec Dada : les surréalistes avaient un projet, ils se proposaient
quelque chose, et Dada n’avaient pas de projet. Les divergences commencent
à apparaître vers 1921.

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Aragon, Eluard, Soupault et Breton accordaient des notes importantes à
Baudelaire, et un moins 25 à Tzara dans un test (enquête) publié dans une
revue.

Les surréalistes ont apprécié chez Dada la partie négative, mais ils disaient
que la pure négativité n’allait nulle part et il fallait chercher le positif. Ils
cherchaient la rupture avec la société traditionnelle et ils voulaient explorer la
pensée. Ils s’orientent vers l’automatisme et les dadaïstes continuent vers le
nihilisme. Breton et Soupault publient Les champs magnétiques. Le mot veut
dire qu’ils cherchent une méthode de prospection intérieure. Breton, Eluard,
Aragon et Soupault décident élargir le groupe à d’autres artistes qui n’étaient
pas des écrivains, et à ce moment il apparaissent des peintres comme Vitrac,
Joan Miró ou Péret (1922-1923). Ils formulent les idées de base de cet esprit
neuf avec un but : une plus grande libération de l’esprit moyennant
l’expression de la pensée intérieure. Ils étaient contre :

1. La logique et le rationalisme. Ils s’appuyaient sur les études de Freud qui


était à la mode (inconscient et subconscient qui ne pouvait pas s’exprimer
à cause de la répression de la société, et l’art était une façon de
s’exprimer).

2. Contre les tabous moraux, religieux, sexuels et sociaux. Contre les


normes qu’ils croyaient irrationnelles. Ils étaient contre la morale en tant
que morale irrationnelle (pas contre la morale, ils ne cherchaient pas
l’immoralité) car elle était fondée sur une logique traditionnelle.

3. Ils étaient contre les goûts artistiques traditionnels. Contre


l’académisme, la société bourgeoise. Ils croyaient que les conventions

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traditionnelles empêchaient l’art de s’exprimer. Contre tout cela ils
proposaient la prospection mentale, la découverte de la réalité intérieure.

En 1924 apparaît le premier manifeste du surréalisme.


Dates à retenir :
1916 : Dada.
1918-1919 : Surréalisme.
1924 : Premier manifeste.
1930 : Deuxième manifeste.

Dans les rêves il n’y a pas de contrôle, de logique. Ils cherchaient la liberté
d’expression. À partir des premiers manifestes jusqu’à 1930 il y a beaucoup
d’œuvres importantes qui sont produites. À ce moment Aragon publie un
texte qui s’appelle Une vague de rêves. Il définit le surréalisme comme le
dépassement de la dialectique entre le réel et l’irréel. L’écriture automatique
devient importante.
Importance de la réalité des mots sur la réalité de la matière. Ils imaginent que
par ce chemin la poésie va contribuer à la liberté de l’homme et de la femme.
Aragon rédige un texte Paysan de Paris ; Eluard publie un travail Mourir de
ne pas mourir ; Breton Poison soluble. À cette époque apparaissent d’autres
œuvres maîtres très importantes : Breton publie Légitime défense, Nadja ;
Eluard un texte très important Capitale de la douleur (1926), L’amour la
poésie. C’est le mouvement de peintres très importants. Collaboration entre
les écrivains et les peintres qui illustraient les livres des écrivains. Les
écrivains parfois font des catalogues d’exposition des peintres. Il y a des
peintres très connus à cette époque comme Joan Miró, Dali, Tanguy, Chirico
ou Arpe. À cette époque apparaît aussi un des très grands poètes français René
Char, aussi Prévert. Le cinéma collabore beaucoup avec les surréalistes.
Certains films (comme ceux de Charles Chaplin) s’expliquent avec le

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surréalisme. En Espagne on peut nommer Buñuel, avec des films comme Un
chien andalou (1928), L’hache d’or (1929).
Les surréalistes rejettent la notion de « genre littéraire ». Il y a une revue à
cette époque qui s’appelle La révolution surréaliste, qui remplace celle de
Littérature.
Un autre peintre important est Ernst. Tableaux : L’habillement de l’épousée,
OEdipe roi.

CHAPITRE 1 : HISTOIRE
→ Mouvement du second manifeste : fin 1920, début 1930

Ce second manifeste est un manifeste plus violent.


Apparition d’une nouvelle revue: Le surréalisme au service de la révolution.
C’est une époque où en Russie il y a la révolution de 1917. On regardait cette
révolution comme positive pour la libération de l’homme, et on ignorait ce qui
commençait à apparaître : le stalinisme. La révolution soviétique a eu du
succès en Russie. En occident dans les années 20 les gens plus progressistes
considéraient l’union soviétique comme un modèle. Les surréalistes entrent au
parti communiste car ils avaient leurs points de vue : libération totale de
l’esprit (et si on fabriquait une société libre on pourrait être libre).
Très vite vont apparaître des problèmes politiques : la société soviétique est
devenue sur le stalinisme un régime répressif que sous la prétention de rendre
la liberté aux prolétaires il essayait de contrôler toute l’activité artistique. Le
champ littéraire est devenu hétéronome, contrôlé par les puissances politiques
et non pas économiques. Par exemple, on a imposé le réalisme socialiste
(manière d’écrire imposée pour que le prolétariat comprenne les œuvres, pour
que les ouvrières puissent avoir accès à la culture). Au fond les manifestations
surréalistes étaient très loin du réalisme socialiste. Le réalisme socialiste

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imposait les termes et le style, et les ouvriers doivent en comprendre. Les
surréalistes étaient le contraire.

Union Soviétique : Les partis essayaient de contrôler les artistes, et les pays
communistes. Vers 1933 on organise un Congrès International des écrivains
communistes dans une ville qui s’appelle Kharkov (ou écrit aussi Jarkov). À
ce congrès on condamne le surréalisme, et Aragon y participe et signe ce
congrès.
Ils (les communistes) condamnent le surréalisme car il a une écriture
bourgeoise, le style n’est pas très bien compris, (et donc le prolétariat ne
pouvait pas accéder à cette écriture).

En rentrant en France Aragon va avoir des problèmes avec les autres


surréalistes car il a signé contre eux. Ils vont quitter le parti communiste, mais
Aragon y reste (année 33).
(Les surréalistes étaient entrés dans le parti par des raisons de libération de
l’individu, mais le parti communiste voulait une libération du capital, mais il
impose une vision de l’art)
Les surréalistes étaient persécutés par Staline. Trotski part en France et il a du
contact avec les surréalistes.
Aragon est mis en prison lorsqu’il arrive en France à cause d’un poème, Front
rouge (poème violent qui invitait à l’assassinat des policiers), qu’il publie. Le
groupe surréaliste va le défendre quand même. Il va laisser le groupe
surréaliste et il continue le communisme jusqu’à la mort, mais sans faire du
réalisme socialiste.
Breton a défendu Aragon au nom de la liberté. Aragon va rompre avec le
surréalisme. Eluard et Breton rompent avec le communisme. Les autres
s’alignent un peu sur le trotskisme.

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À ce moment il publie une espèce de manifeste qui s’appelle Certificat où il
dénonce publiquement la sclérose de l’union soviétique, et la soumission des
intellectuels au parti communiste. En 1936 c’est la guerre d’Espagne, où il y
participe. Breton part pour le Mexique où il trouve Trotski et ensuite il part
aux EEUU. C’est une époque très violente, mais le surréalisme continue
jusqu’à la guerre et se répand par le monde.

Résumé :
- 1930 : Revue.
- Second manifeste.
- Entrée dans le communisme : ils voulaient la libération totale de l’homme et
ils croyaient que le communisme pouvait amener à cette libération.
- Système répressif à l’Union Soviétique.
- Congrès à Kharkov. Aragon y participe.
- Aragon revient en France, il est condamné, les surréalistes le défendent.
Rupture avec le parti communiste.
- Critique du régime soviétique qui persécute les intellectuels.
- Alignement provisoire sur le trotskisme.
- Malgré tout les surréalistes continuent à produire des œuvres et à argumenter
leur pouvoir symbolique.
Question d’examen :
Pourquoi les surréalistes entrent en politique ? Pour arriver à la libération
totale de l’homme, de la pensée,… pour cela il faut entrer en politique, et
quel est le parti qui s’approche le plus à cela ? Le parti communiste. Le
problème va être qu’il y a un malentendu, parce que ce parti n’était pas
compris en Russie de la même façon qu’en France.

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(Lenin meurt en 1923, c’est alors que Staline prend le pouvoir).
Les surréalistes avaient réussi à imposer leurs règles de l’art. Les écrivains
étaient reconnus, comme Aragon et René Char, mais aussi Dali, Miró… Le
mouvement continue même après la guerre pendant les années 45-50, et même
une bonne partie des années 60. Breton n’était pas un écrivain formidable,
mais il était l’organisateur. Il meurt en 1966, c’est un peu la fin du
surréalisme.
Les surréalistes ont participé dans la guerre des années 40, et ils ont participé
dans la résistance. Au moment de la guerre quelques-uns sont à nouveau
rentrés dans le parti communiste pour participer à la résistance, comme c’est
le cas de René Char.
La fin du surréalisme : il va disparaître peu à peu, surtout à la mort de Breton.

CHAPITRE 2 : LA MENTALITÉ SURRÉALISTE

Le surréalisme est une façon de penser, et surtout est une méthode, ou une
recherche de méthode pour s’approcher de la réalité telle qu’ils la concevaient.

Le surréalisme est influencé par le futurisme. On le voit surtout dans la partie


négative, mais ils trouvaient que ce que les futuristes disaient n’était pas
suffisant. Les surréalistes ont dit : « ni la littérature ni la philosophie orientale
n’ont pas été capables de rendre compte de la pensée humaine ». Cela par
deux raisons :
a) La « pensée rationnelle » qui fonctionne comme une passoire, comme
un filtre et qui élimine de la pensée tout ce qui n’est pas logique.
b) Les surréalistes étaient contre les conceptions dualistes du monde,
contre l’idée d’âme - corps, esprit - matière, haut - bas, beau - laid, ... Ces
idées qui parcourent la mentalité occidentale.

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A) Critique de la « pensée rationnelle »

La pensée rationnelle a une conception de la réalité, et le surréalisme est dans


ce sens un peu « anti-français ».Cela est une question qu’ils attribuent à la
société occidentale, car ils trouvent que la société orientale a une pensée plus
mystique, exotique ...
Le monde occidental est pour eux restrictif. C’est un monde où règne la
censure, où on élimine de la pensée tout ce qui n’apparaît pas comme logique.
Ils disent qu’on doit pouvoir penser et faire ce qu’on veut. Ils n’admettent pas
des limitations.

À propos du manifeste : C’est un manifeste sur l’imaginaire. L’imagination


qui est puissante chez l’enfant se voit limitée à l’âge adulte.
D’autre part, c’est un manifeste sur la sensibilité. La sensibilité est limitée par
la logique et la raison. La logique limite la soif naturelle que toute personne
humaine a de merveilleux. Ils disent que le merveilleux est toujours beau. La
logique et la raison tendent à l’annulation du monde fantastique.
Attaquer la logique suppose s’attaquer à un système mental et politique,
système d’organisation de la vie sociale.
Ils imaginaient que la société changerait pour permettre le développement
intégral de la personne humaine.
La société tel qu’elle est organisée ne permet pas ce développement intégral,
alors, il faut changer la société. Ils cherchent le changement du système de
pensée (ce sont des idées très peu matérielles).

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Cette idée du fonctionnement réel de la pensée suppose une grande capacité
de révolte donc, toutes les normes imposées par la raison (les idées
traditionnelles : idée de la famille, de la religion, de l’esthétique...) pour les
surréalistes constituent des problèmes pour le développement intégral de la
pensée humaine.
Ils croyaient qu’il fallait encore lutter contre toutes les valeurs occidentales
qui étaient des valeurs blanches (composant en quelque sorte raciste), contre
le monde chrétien, et contre le monde rationaliste. En résumé, critique des
systèmes occidentaux.

B) Les systèmes dualistes

Lorsqu’il s’agit de donner un sens au monde, de penser quel est le rôle de


l’homme dans le monde apparaissent toujours deux pôles: l’esprit d’une part,
et la matière d’autre part.
Ils se sont soulevés contre ce dualisme. La dynamique contre laquelle les
surréalistes se sont soulevés a provoqué des œuvres différentes. (Bourdieu
disait que la réalité était une représentation de la réalité).

Pour les surréalistes le système philosophique traditionnel prime une seule des
pôles (ils étaient contre ce système philosophique traditionnel). Pour eux, le
système dualiste est un système faux.

Ils étaient pour une unique réalité qui est la réalité cosmique, du monde.

Tout cela du côté négatif.


Côté positif :
Le surréalisme dans sa définition propose quelque chose de positif. Le
surréalisme repose sur une nouvelle vision de l’homme et du monde.

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Les surréalistes croient que les idées traditionnelles de matière - esprit ne sont
pas contradictoires (p.126 du second Manifeste), mais complémentaires. (On
peut comprendre pourquoi les surréalistes imaginaient une seule réalité).
De la même façon la réalité visible et fantastique ne les considèrent pas
comme opposées. Tout cela fait partie d’un unique réel.

Cette théorie qu’elle soit vraie ou fausse, ou quel que soit le degré vérité (avec
théorie on se réfère surtout à ce qui concerne la question matière esprit) a
produit des œuvres très différentes.

Il faut dire d’abord que les surréalistes ne se manifestaient pas contre la


raison, ils sont opposés à tous les points de vue qui mutilent la raison.
En second lieu, ils ne sont non plus contre le réel. Il ne faut pas confondre le
surréalisme comme quelque chose d’irréel. En effet, surréalisme
étymologiquement est : sur réalisme (sobre realismo), c’est-à-dire, un
réalisme plus grand (donc ce n’est pas un infra réalisme). Le surréalisme n’est
pas ni le surnaturel, ni le spirituel, ni l’irréel… Le surréalisme est l’idée de
mettre dans le réel tout ce qu’auparavant faisait partie de l’imaginaire, de
l’irréel.
Troisièmement, le surréalisme veut réduire la contradiction. On considère
l’homme comme un lieu permanent d’imagination, d’invention. C’est pour
cela qu’ils s’opposent à la logique traditionnelle qui éliminait ce qui n’était
pas considéré comme logique. Le surréalisme refuse toute limitation
préalable, et quelles limitations existaient en littérature ? Par exemple la
limitation de genre littéraire. Pour les surréalistes c’était stupide. Ils étaient
contre les genres littéraires et surtout contre le roman parce qu’ils trouvaient
que le roman ce qu’il fait est de copier la réalité telle qu’elle est, et cela leur
semble idiot. (Voir page 114)
Le lecteur doit être libre dans l’interprétation.

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Ils vont mêler des genres (donc, l’idée de genre littéraire est une idée à
éliminer des surréalistes).
Le surréalisme a un côté toujours critique qui est permanent, il a aussi une
attitude permanente d’ouverture.

Le seul système qui les a beaucoup tenté est le psychanalyse, parce qu’ils
voulaient relever la partie cachée de l’imaginaire et ils ont cru y trouver la
solution. Ce que les psychanalystes considéraient comme anormal les
surréalistes le considéraient normal. Ils ont aussi côtoyé le marxisme.

D’autres choses à tenir en compte :


1. Nouvelle vision de l’homme, cela veut dire, ils cherchent un homme libre,
libre de contraintes (surtout de la logique).
2. Nouvelle idée du langage, de la poésie (mais aussi de la peinture, et de tous
les arts en général). Pour eux le problème essentiel était le problème de
l’expression humaine. S’ils sont entrés en politique, côtoyé le marxisme,…
c’était pour chercher une plus grande liberté humaine. L’écriture automatique
relevait que le langage peut être utilisé autrement que pour communiquer
quelque chose de précis. Le langage est tout autre chose qu’un moyen de
communication inerte et transparent. Il est quelque chose de plus.
Les surréalistes ont compris que le langage pouvait avoir une vie propre, une
certaine autonomie, que tu peux dire un mot qui n’a pas des idées préalables et
que cela produit des réactions chez le récepteur. Ils ont découvert le
phénomène de la connotation (avant que Saussure) : un langage peut dénoter
d’autres choses.
Ils ont vu que par exemple le mot « table » n’avait pas la même signification
pour Breton qui était médecin, que pour un étudiant, un cuisinier, etc. Alors ils
se sont rendus compte que les connotations ne sont pas volontaires. Si on dit
« père » chacun va apercevoir une chose différente selon l’expérience de

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chacun sans penser au sens général du mot. Donc les mots ont une certaine
autonomie qui provoque des réactions chez le récepteur.
Ils ont découvert aussi qu’en associant deux mots qui normalement n’étaient
pas associés, il se produisait un surplus de significations surtout en associant
deux mots qui étaient traditionnellement interdits, par exemple « les guêpes
fleuries ». Ils rompent les tabous. C’est pour tout cela qu’ils utilisent tellement
des associations si contraires.
(faltan os primeiros 15minutos día 03/03/09)
Il y a une recherche permanente d’idées et de méthodes à partir d’abord, d’une
négation de préconcept et de là, ils ont profité de Dada (de la partie négative).
Les méthodes :
La première méthode qu’ils ont utilisé est l’écriture automatique. L’œuvre
plus importante est celle qui a été publié par Breton et Soupault qui s’appelle
Les champs magnétiques (1919).
Chronologiquement ils ont utilisé plusieurs techniques : ils ont transcrit des
rêves, ils ont provoqué le sommeil par l’hypnose, et ils ont pratiqué l’écriture
automatique. Les récits des rêves trouvaient la difficulté du décalage entre le
temps de l’écriture et le temps des rêves. Ils ont abandonné le récit de rêves.
Puis ils se sont inclinés par l’automatisme de l’écriture surtout avant le
premier Manifeste (voir page 119). Finalement ils se sont rendus compte que
ce qui écrivait était le génie. On ne pouvait pas faire abstraction du génie.
(Voir page 119).

Fonction de l’écriture automatique : Rompre la logique.

Il y a eu pas mal d’écrivains qui ont pratiqué l’écriture automatique comme


Diderot, Goehte, Hoffman, Restif de la Bretonne,… Mais la nouveauté des
surréalistes est qu’ils proposaient l’écriture automatique comme méthode
permanente, tandis que les autres l’employaient comme un jeu.

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Les traditions :
- Il y avait certains écrivains marginaux comme Rimbaud ou Lautréamont qui
a écrit Chants de Maldorore. Tradition des marginaux (qui échappaient aux
règles).
- Tradition du spiritisme (on le pratiquait beaucoup). Il ne faut pas dire que les
surréalistes le pratiquaient, mais il y avait quelque chose de pareil avec cela
car allaient dans la recherche de l’intérieur.
- Courant psychanalytique qui était à la mode (Freud).

Toutes ces courants s’intègrent dans l’écriture automatique (l’écriture


automatique consiste à laisser parler le langage et transcrire). Mais il y a un
problème, il y a une contradiction : Pour s’abstraire radicalement du monde
quotidien on doit faire un effort conscient, donc, si je fais un effort conscient
je ne peux pas écrire inconsciemment. Si le discours doit être incontrôlé on
doit faire également un effort conscient qui surveille l’inconscient. Pour eux,
le texte automatique devient un moyen de connaissance du fonctionnement de
la pensée libre.
Ils se sont rendus compte que le texte automatique pouvait être analysé
psychologiquement (était psycho analysable).
Breton arrive à la conclusion que l’histoire de l’automatisme chez les
surréalistes était l’histoire d’un échec continuel. L’idée au début était que
« tout homme est poète », mais ils se sont rendus compte que cela était faux,
que n’importe qui ne pouvait pas écrire, pas tout le monde pouvait être poète.
Et ils se sont rendus compte aussi que :
 C’était difficile de se débarrasser de tout souci esthétique.
 De la difficulté de se débarrasser de toute la logique.

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 Que l’espoir de la pratique par tout le monde de l’écriture automatique
était impossible.
Aragon avait dit : « Si vous écrivez suivant une méthode de tristes
imbécillités, ce sont de tristes imbécillités. »
Les textes automatiques sont là, sa qualité est importante, mais ce qui est
évident est que d’autres espoirs qu’on avait ont provoque des déceptions.

Donc, la phrase qu’on avait vu de « faire abstraction de son génie » (voir les
copies) est impossible, et ils s’en sont rendus compte.
(faltan os primeiros 15minutos 09/03/09)

Breton ( ?) : Les associations de mots inattendus, je cesserai de les


provoquer ».
L’association de mots inattendus n’était pas méconnue des écrivains
traditionnels.

Méthodes :
1. Malgré que les méthodes surréalistes ont échoué (ils n’ont pas obtenu les
résultats prévus), ils ont arrivé à changer la manière de lecture et ils ont créé
de nouveaux textes.
2. Quête de l’inconscient à travers les rêves. Le texte fondateur de
l’exploration de rêves est Les vases communiquants de Breton.
Les surréalistes vont s’intéresser à l’étude des rêves jusqu’à négliger le
rationnel. Le rêve dans une situation normale apparaît comme un discours
continu.
Ils se sont dit, même quand on se réveille on pense des choses qu’on ne peut
pas justifier (on peut rêver sans être endormi), tout n’est pas logique, donc, ils
se sont rendus compte qu’il n’y avait pas une coupure entre la pensée normale
et les rêves. Dans les rêves la logique ne fonctionne pas.

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Comme ils étaient contre tous les dualismes, ils voulaient séparer le dualisme
entre rêve et réel et cela explique beaucoup de poèmes, de tableaux,… Dans
Les vases communiquants ils vont ( ?) des récits de rêves. Les idées de Les
vases communiquants se répandent.

On est en 1932. C’est une époque qui prévoit la guerre qui va venir. En
Espagne on a proclamé la République espagnole. Breton va être accusé par les
marxistes par idéaliste, C’est une époque qui se comprend dans
l’affrontement du marxisme. L’idée de Breton va dans le sens que dans le
sommeil et quand on ne sommeille pas, il y a une causalité.
Ils se sont rendus compte qu’il n’y a pas une frontière entre rêve et réalité. En
effet quand on est en train de s’endormir, on se réveille et on se rend compte
qu’on était en train de rêver. Ils ont aperçu cela, et cela explique les œuvres
surréalistes. Aussi bien le peintre que le poète partageaient ces idées.
Breton, qui se disait matérialiste, critiquait les pragmatismes révolutionnaires
(qui étaient aussi matérialistes) qui au nom d’une efficacité immédiate
exigeraient la suspension des recherches pour une connaissance totale des
dogmes et ne considéraient que l’aspect pragmatique.
Breton dit que puisqu’il n’y a pas de frontière claire entre rêve et réel, donc le
rêve apparaît comme un centre possible de recherche pour les textes
surréalistes.

3. Méthode psychanalytique. Tout au début ils se sont appuyés dans ces


théories, mais puis il y a des différences importantes, différences des points de
vue :
 Pour les psychanalystes la psychanalyse avait une fonction médicale.
Pour les surréalistes la psychanalyse est un savoir supplémentaire sur la
partie essentielle de l’homme. Pour eux ce n’est pas une fonction
clinique du tout, c’est artistique.

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 Il y a deux conceptions opposées du mot « normal » : Ce qui n’était pas
normal pour les psychanalystes l’était pour les surréalistes.
Pour Freud toute société est répressive (point de vue de la société
pessimiste); pour les surréalistes on peut penser à une société qui soit
libre (point de vue de la société optimiste).
 Pour Freud il y a une différence entre science et art. Pour les
surréalistes science et art font partie du même monde.

Il faut dire qu’à part ces méthodes ils ont exploré d’autres, comme par
exemple le monde de la folie. Ils croyaient que chez les fous ne fonctionne
pas ni la logique, ni la censure, ni les moyens de contrôle.
Ils se sont intéressés aussi par la peinture des enfants.

Le mouvement surréaliste a une caractéristique commune avec les autres


mouvements français du XIX siècle, et c’est que dans tous ces mouvements
on a essayé de répondre à la question de la condition humaine. Le problème
est le même qui se propose Gide, Sartre, Camus,… Le surréalisme veut un
homme inséré dans l’univers non comme centre de l’univers, mais un homme
faisant partie de l’univers. Pour les surréalistes l’homme doit se réconcilier
avec l’univers. Le point suprême est qu’il existait au fond de nous cette
communion avec l’univers et l’authentiquement humain ne peut se manifester
que lorsqu’il se voit libéré de la logique traditionnelle. L’homme est de la
même substance que le monde (tout cela quant à l’idée que le surréalisme a de
l’homme et du monde). Le surréalisme a complètement renouvelé la
littérature. Le surréalisme suppose une dynamique révolutionnaire, c’est un
système ouvert en recherche constante. Camus nous disait: « Le surréalisme
n’est ni une politique, ni une religion,le surréalisme ne peut être qu’une
impossible sagesse ».

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Du point de vue du champ littéraire, le surréalisme a obtenu un grand pouvoir
symbolique surtout en poésie (champ de production restreint), il a été à
l’origine des grands poètes du XIX siècle.

En plus, le surréalisme a modifié les prévisibilités de lecture, mais pas


seulement en France.

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