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Cours sur le logiciel HEC-RAS

Cabinet Telesystems
http://www.tmis-conseil.com

Par

Khaled DEBIANE

Rabat, MAROC, Novembre 13-14, 2008


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Résumé

HEC-RAS est un logiciel intégré pour l'analyse hydraulique qui permet de simuler les
écoulements à surface libre. Il a été conçu par le Hydrologic Engineering Center du U.S Army
Corps of Engineers. Il est présentement utilisé dans plusieurs firmes d'ingénierie et
organismes gouvernementaux. Le code à surface libre HEC-RAS 3.1.2 est devenu maintenant
très performant, doté d'interfaces conviviales d'édition et de paramétrage des simulations. Il
peut traiter des cas complexes et il est disponible en freeware. Par contre, l'utilisation
pertinente de tels modèles nécessite des connaissances solides en hydraulique pour poser le
problème avec pertinence et juger de la qualité des résultats.
Ainsi, la formation fournira d'abord un rappel des bases théoriques relatives à l'hydraulique
des écoulements à surface libre. Je présenterai après le principe de fonctionnement de HEC-
RAS et les principaux menus du logiciel. Par la suite, les principales étapes requises pour la
modélisation hydraulique sont énumérées.
Le code HEC-RAS sera ensuite utilisé pour modéliser la courbe de tarage dans deux stations
(station d'Estellie sur le Verdon et la station de Pont de Mourrefrey dans l'Issole). On montre
dans ces deux cas que la modélisation hydraulique donne également des bons résultats dans la
détermination des courbes de tarage.
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TABLE DES MATIERES

I.1INTRODUCTION.......................................................................................................5

I.2RAPPEL DES BASES THÉORIQUES RELATIVES À L'HYDRAULIQUE DES


ÉCOULEMENTS À SURFACE LIBRE.........................................................................7

I.2.1Formules de perte de charge par frottement ; écoulement turbulent ........................................................7

I.2.2Formules de perte de charge par frottement ; écoulement laminaire...................................................... 13

I.2.3Simplification du modèle d’écoulement de Navier-Stokes ........................................................................ 16

I.2.4Formulation 1D : Modèle de Saint-Venant ................................................................................................ 18

I.2.5Equation différentielle du mouvement graduellement varié .................................................................... 20

I.2.6Hauteurs caractéristiques de l'écoulement ................................................................................................. 22

I.2.7Etude qualitative systématique et classification..........................................................................................23

I.3PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE HEC-RAS ET LES PRINCIPAUX


MENUS DU LOGICIEL............................................................................................... 25

I.3.1Etapes de la modélisation.............................................................................................................................. 26

I.4MODÉLISATION DES COURBES DE TARAGE ; CAS PRATIQUE.................... 33

I.4.1Station d’Estellié sur le Verdon.................................................................................................................... 33

I.4.2Station de pont de Mourrefrey dans l’Issole............................................................................................... 37


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I.1 Introduction
Les hydrauliciens savent actuellement caractériser l’écoulement de l’eau dans la nature.
Pour essayer de reproduire l’ensemble des phénomènes qui apparaissent avec l’eau, ils ont
réalisé beaucoup d’expériences avec de grands débits d’eau sur de grosses canalisations. De
multiples formules empiriques ont été proposées, tout particulièrement dans le cadre de la
modélisation unidirectionnelle des écoulements dans les canalisations longues en régime
uniforme.
L’une des hypothèses de base de la modélisation mathématique de ces écoulements
équivaut à supposer que le mouvement se fait par tranches de fluide et que la répartition de la
pression le long de la dite section transversale est hydrostatique. Chaque tranche est
représentée par un équilibre entre l’inertie d’une part, les forces d’Archimède d’autre part, et
le frottement qui s’exerce le long des parois mouillées de l’ouvrage considéré. Ce sont aussi
là, les hypothèses de l’approximation de l’eau peu profonde, désignée également en
hydraulique par le modèle de Saint-Venant, valable pour de grandes longueurs d’ondes.
Pour terminer la formulation mathématique, on est amené à faire le choix d’une loi de
frottement. Une loi a priori simple consiste à considérer que le comportement de chaque
tranche du fluide dans un écoulement graduellement varié (qui varie en temps et/ou en
espace), est similaire au comportement de la même tranche dans un écoulement uniforme. En
se servant ainsi des formules empiriques de la littérature relatives à ces écoulements
uniformes, on parvient à résoudre des problèmes beaucoup plus complexes.
Dans le cas des écoulements graduellement variées qui motive cette étude, le calcul et la
construction exacts du profil de la surface libre nécessitent la résolution de l'équation
différentielle du mouvement obtenue à partir du modèle de Saint Venant. Dans la littérature,
plusieurs méthodes de résolutions ont été utilisées :
• Méthode de Bakhmeteff
• Méthode par approximations successives
• Méthode graphique de Raytchine
• Méthode de Silber
• Méthode de Bresse
Mais quel que soit le procédé de calcul utilisé, le résultat ne donnera l'équation de la ligne
de la surface libre qu'à une constante prés. Et il faudra obligatoirement connaître l'un de ses

points ; celui-ci, appelé point de repère, désigné par h0 . Le point de repère est également
5

appelé "section de contrôle", il dépend de la singularité responsable de l'écoulement varié. En


général, ce point est calculé séparément de l'écoulement à l'endroit même de la singularité, car
c'est ici qu'un changement du régime d'écoulement se produit correspondant plus
généralement à Fr = 1 (qui donne la hauteur critique représentant l'énergie minimale de
l'écoulement). Mais, comme au voisinage des singularités le régime est brusquement varié,
cette hauteur théorique ne correspond jamais à la réalité. Ainsi, on fait souvent appel à des
lois semi-empiriques telles que la loi de déversoir, du ressaut hydraulique...
Actuellement, il existe un certain nombre de codes de calcul numérique permettant de
résoudre le problème dans des conditions pratiques. On trouve celles qui sont basées sur le
modèle 1D de Saint Venant, comme HEC-RAS (développé par Hydrologic Engineering
Center du U.S Army Corps of Engineers) et celles qui sont basées sur le modèle 2D, comme
MAC2D (développée à l’Université de Louvain-la-Neuve) et RUBAR20 (développée au
Cemagref).
Nous nous intéressons dans ce travail au code HEC-RAS c’est une abréviation de «
Hydrologic Engineering Center’s River Analysis System ». C’est un code 1D permanent ou
non-permanent de calcul de ligne d’eau en graduellement varié. Il résout « l’équation de
l’énergie unidimensionnelle », les pertes étant évaluées par la formule de frottement au fond
de Manning-Strickler et par des formules de contraction/expansion de l’écoulement. Pour les
situations rapidement variées telles que les ressauts hydrauliques, les écoulements à proximité
des ponts, et les confluences de rivière, l’équation de l’énergie est remplacée par l’équation de
quantité de mouvement. Pour les écoulements débordants, la section totale est divisée en sous-
sections homogènes en terme de forme et de rugosité, et chaque débit partiel Q i est calculé
selon la Divided Channel Method à l’aide de la formule de Manning-Strickler.
Le cours fournira d'abord un rappel des bases théoriques relatives à l'hydraulique des
écoulements à surface libre. Je présenterai après le principe de fonctionnement de HEC-RAS
et les principaux menus du logiciel. Par la suite, les principales étapes requises pour la
modélisation hydraulique sont énumérées.
Le code HEC-RAS sera ensuite utilisé pour modéliser la courbe de tarage dans deux stations
(station d'Estellie sur le Verdon et la station de Pont de Mourrefrey dans l'Issole). On montre
dans ces deux cas que la modélisation hydraulique donne également des bons résultats dans la
détermination des courbes de tarage.
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I.2 Rappel des bases théoriques relatives à l'hydraulique des


écoulements à surface libre

I.2.1 Formules de perte de charge par frottement ; écoulement turbulent


Depuis Chézy (1775), les ingénieurs ont cherché à établir une formule pratique qui
donnerait la relation entre la perte de charge (qui représente le frottement), le débit et les
autres éléments intervenant dans le mouvement de l'eau qui fut longtemps le seul intéressant
l'ingénieur. C'est le succès de la similitude qui a permet d'établir la forme générale de la loi de
frottement à travers le coefficient de perte de charge Λ . Ainsi, pour un fluide quelconque dans
un ouvrage quelconque (canalisation en charge, écoulement à surface libre), la pente de

frottement ( J f est désignée également dans la littérature par S f ), s’écrit :

Λ U2
Jf =
DH 2 g

(1)
DH est le diamètre hydraulique, dimension linéaire caractéristique d'une section transversale
de l'ouvrage considéré (diamètre d'une canalisation, diamètre hydraulique de la section
mouillée d'un écoulement à surface libre, etc.). g est l'accélération de la pesanteur. U
représente la vitesse moyenne débitante dans la dite section transversale. Λ est le coefficient
adimensionnel de perte de charge (dans la littérature on introduit aussi le coefficient de

frottement désigné par la lettre f ou par C f = Λ / 4 ) qui est fonction du nombre de Reynolds

de l'écoulement Re, et de ε / DH , la rugosité relative des parois de l'ouvrage ( ε est la hauteur


équivalente des rugosités des parois), soit :
 ε 
Λ = f  Re,  (2)
 DH 

Dans le cas d'un écoulement à surface libre, la pente du canal I est l'homologue de J, et on
peut s’attendre à un effet de pesanteur supplémentaire comme le nombre de Froude et l’effet
de la tension superficielle. On définit souvent dans ce cas le diamètre hydraulique, comme
suit :
7

2S DH
DH = et RH = (3)
P 2
Le point de distinction entre toutes les formules empiriques, semi-empiriques ou
analytiques proposées dans la littérature porte sur l'expression du coefficient de résistance Λ .
Comme signalé plus haut, la première formule empirique a été obtenue par Chézy

correspondant à Λ = C 2 /(8 g ) où C est une constante appelée coefficient de Chézy. C'est


depuis les expériences de Coulomb, en 1800, qu'on a su que la rugosité de la paroi a
également une influence. A la suite, plusieurs autres formules différentes (établies dans les
canaux ou dans les conduites en charge) ont été proposées. On peut citer par exemple les

formules de Prony, Tadini, Ganguillet & Kutter, Darcy, Bazin, Blasius ( Λ = 0.316 Re0.25 ),

Manning correspondant à C = Re1 / 6 / n où n est le coefficient de Manning, Strickler


correspondant à n = 1 / k où k est le coefficient de Strickler. Ces formules empiriques ont été
établies d'après les résultats d'expériences réalisées avec de grands débits d’eau sur de grosses
canalisations, mais dans un domaine assez limité. Elles ont été parfois employées, par la suite,
dans tous les cas possibles, avec des extrapolations que ceux qui les utilisent ne soupçonnent
même pas.
Dans le cas des écoulements dans les conduites en régime établi, le problème a été allégé
par Reynolds, en 1883, qui fut le premier à définir le nombre adimensionnel Re portant son
nom par la suite :
ρ UDH
Re = (4)
µ
où ρ et µ représente respectivement la masse volumique et la viscosité du fluide. Dans les
canaux, DH est souvent remplacé par 4 h où h représente la profondeur maximale (ou
moyenne) de l'écoulement. Les observations de Reynolds indiquent suivant la valeur du
nombre Re la nature du régime d'écoulement : pour de faibles valeurs de Re, les faibles
rugosités de la paroi n'ont pas d'influence et l'écoulement est laminaire ; pour Re assez grand,
un mouvement aléatoire des particules se produit donnant naissance à un écoulement
turbulent.
Dans les années trente, une contribution de plusieurs chercheurs (Prandtl, Nikuradse,
Karman, Millikan…) a permet d'aboutir à une solution semi-empirique donnant, d'une part la
répartition des vitesses locales (moyennes temporelles puisque celles-ci sont fluctuantes),
d'autre part l'expression du coefficient de résistance Λ . Ces solutions font appel aux résultats
de la similitude et à un certain nombre de raisonnements semi-théoriques faisant intervenir un
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grand nombre de constantes. C'est grâce à l'expérience que ces constantes ont été évaluées.
Ainsi, Λ a été caractérisée selon differents régimes d'écoulement, en passant du régime
laminaire (écoulement de Poiseuille) à l'écoulement turbulent hydrauliquement lisse (loi
logarithmique ou Karman-Prandtl), et enfin à l'écoulement hydrauliquement rugueux
(Nikuradse). Dans le cas des rugosités aléatoires, Colebrook propose pour le régime
intermédiaire (Hydrauliquement lisse/Hydrauliquement rugueux) une relation composite
(implicite) de telle sorte, pour Re petit, on tombe sur la loi logarithmique et pour Re grand, on
a la formule de Nikuradse. Moody et Rouse récapitulent par la suite ces formules dans un
diagramme appelé usuellement diagramme de Moody qui représente le coefficient de
résistance Λ en fonction du nombre de Reynolds et la rugosité relative ε / DH . Notons que
même si d'autres formules ont été proposées dans la suite, les ingénieurs préfèrent toujours
utiliser le diagramme de Moody. Ainsi, après un siècle et demi de recherches, le problème de
l'écoulement de l'eau dans les conduites en régime établi a été maîtrisé.
Il faut noter cependant que ces relations ont souvent été établies dans des géométries
circulaires ( DH = D ). Si la section de la conduite est quelconque, on fait appel au concept du

diamètre hydraulique ( DH = 4 S / P où S et P sont respectivement l'aire et le périmètre


mouillée de la section), qui suppose que les lois établies dans les géométries circulaires restent
valables en utilisant DH en place de D. L'erreur commise par cette approximation est environ
40% dans le régime laminaire, et de 15% dans le régime turbulent (cf. White 1986 pp. 322).
Une autre approximation, qui donne des résultats meilleurs que la première, a été proposée
par Jones (1976). Il s'agit de l'approximation du diamètre laminaire qui revient à remplacer
D = λ DH où λ est un coefficient correcteur de non-circularité. Le coefficient λ peut être
déterminé dans des conduites diverses à partir des solutions exactes relatives au cas laminaire
: solutions analytiques de Boussinesq (1868) pour des sections planes et elliptiques, et
beaucoup d'autres solutions données sous forme de séries par Berker (1963), White (1974),
Zarling (1976), Burgess et Mahajerin (1987)…
Notons également que le passage du régime laminaire au régime turbulent est un problème
qui n'est pas encore tout à fait résolu. Dans le diagramme de Moody, la transition se situe vers
Re = 2400 car on considère le cas des écoulements perturbés. On a pu atteindre en effet des
5
valeurs du nombre Re de l'ordre 10 en restant laminaire (avec des conduites très lisse et
exemptes de vibrations). Précisons toutefois que dans les conduites usuelles, Rec est rarement
supérieur à 4000 (Rec est le nombre de Reynolds lors de la transition).
9

D'autre part, un nombre considérable d'études a été consacré aux pertes de charge dans les
canalisations, qui devrait avoir pour conséquence de chercher dans quelle mesure ces
formules universelles (Prandtl, Nikuradse, Colebrook…) pourraient s'appliquer aux
écoulements à surface libre (Thijsse 1949, Powell 1950, Crump 1956 cités par Carlier 1980).
La formule de Crump se déduit immédiatement de la formule de Colebrook en y introduisant

le coefficient de Chézy C à la place du coefficient de résistance Λ = C 2 /(8 g ) . Donc cette


formule de Crump s'applique aussi bien aux canalisations en charge, qu'aux écoulements à
surface libre. Mais d'une manière générale, l'utilisation de ces formules universelles rencontre
bien des oppositions de la part de nombreux hydrauliciens qui préfèrent les formules
classiques de Bazin, Manning, Strickler, etc. Selon un extrait de l'article de Vadot (1954), les
formules établies pour les conduites ne peuvent pas être appliquées brutalement aux canaux.
Des expériences effectuées par Varwick dans des canaux, dont les parois, comme Nikuradse,
étaient recouvertes de rugosités artificielles, montrent la même allure que celles des courbes
de Nikuradse. Toutefois, il se situe nettement au-dessus de la courbe de l'écoulement lisse. En
outre, la transition et le passage au régime rugueux se produisent pour des nombres de
Reynolds plus grand en canal qu'en conduite. Vadot explique cela par les déformations de la
surface libre et par l'influence de l'encombrement des rugosités qui conduit à sous-estimer le
périmètre mouillé. D’autres auteurs font observer que les écarts ont pour cause l'existence
d'une surface libre qui a, sur l'écoulement, un effet de tranquillisant provoqué par le
frottement entre l'air et le liquide (Carlier 1980) et d'autre introduit l'effet de la tension
superficielle (cf. Bartolini 1977). On laisse de côté ces problèmes et signalons pour finir que
les expériences réalisées dans la littérature ont montré que les écoulements uniformes dans les
canaux changent du laminaire au turbulent dans le domaine Re variant entre 2000 à 50000 (cf.
Chow 1959 pp.8) suivant la rugosité des parois.
On retient donc que la formule la plus simple et la plus utilisée par les hydrauliciens pour
évaluer la pente de frottement d’un écoulement turbulent est celle de la formule de Manning-
Strickler, utilisée également dans le programme HEC-RAS. Elle s'exprime sous la forme:

Re1 / 3
Λ = (5)
8 g n2
où n est le coefficient de Manning, c’est un coefficient caractéristique de la nature des parois.
La formule de Strickler correspondant à n = 1 / K où K est le coefficient de Strickler.
10

Tableau 1: Valeurs estimées pour le coefficient de Manning en fonction de la nature des


parois

n (Manning) K (Strickler) (
Nature des parois
( s / m1 / 3 ) m1 / 3 / s )

Béton lisse 0.011 à 0.013 77 à 91

Béton brut 0.013 à 0.016 62 à 77

Canal en terre, non enherbé 0.017 60

Canal en terre, enherbé 0.02 50

Rivière de plaine, sans végétation


0.025 à 0.029 35 à 40
arbustive

Rivière de plaine, large, végétation


0.033 30
peu dense

Rivière à berges étroites très


0.067 à 0.1 10 à 15
végétalisées

Lit majeur en prairie 0.033 à 0.05 20 à 30

Lit majeur en vigne ou taillis 0.067 à 0.1 10 à 15

Lit majeur urbanisé 0.067 à 0.1 10 à 15

Lit majeur en forêt >0.1 <10

Dans le cas d’une rivière à lit de gravier et à berges non végétalisées K = 21d 50 , où d 50
1/ 6

désigne le diamètre (en mètre) des grains du lit tel que 50% en poids aient un diamètre
inférieur.
11

Cas d’un lit composé

La modélisation de l’aléa inondation se heurte à plusieurs difficultés dès lors qu’interviennent


des débordements de l’écoulement du lit mineur dans les lits majeurs contigus. Les
écoulements « en lit composé » sont alors caractérisés par une interaction turbulente entre
l’écoulement du lit mineur et celui du lit majeur. En outre, les lits majeurs peuvent présenter
une morphologie très variable le long d’une même rivière, et en particulier des variations de
largeur. Ces dernières donnent naissance à des transferts de masse entre lit mineur et lit
majeur qui, a priori, se superposent aux transferts turbulents classiques dus au gradient de
vitesses entre lits.
Le calcul le plus simple de la capacité d’écoulement d’un lit composé consiste à considérer la
section totale comme un tout homogène (nommé SCM dans la littérature pour « Single
Channel Method »). Mais compte tenu de la complexité de l’écoulement et de l’hétérogénéité
des vitesses sur la section totale, on conçoit bien que la formule de Manning appliquée à la
section totale n’est plus pertinente pour calculer le débit total. De surcroît, juste après le
débordement dans les plaines d’inondation, le périmètre mouillé augmente brusquement,
conduisant à une baisse significative du rayon hydraulique. Par conséquent, cela conduit à une
sous-estimation du débit sur la section totale si l’on considère une rugosité de Manning
constante sur la section totale.
Ainsi, d’autres méthodes ont été proposées tenteront de pallier ces insuffisances, chacune
étant rattachée à un concept ou une hypothèse particulière reliant les débits, les vitesses, les
forces de frottement, les contraintes au fond, entre sous-sections et section totale. La plus part

de ces méthode se basent sur le calcul d’une rugosité de Manning composite, nc , telle que :

nc = ∑
i
wi ni (6)

les wi étant des fonctions de pondération des rugosités par sous-section, ni , reliées aux
paramètres géométriques et hydrauliques, et différant selon les auteurs.
Dans le code HEC-RAS, la section totale est divisée en sous-sections homogènes en terme de
forme et de rugosité, et chaque débit partiel Q i est calculé selon la Divided Channel Method
(DCM) à l’aide de la formule de Manning-Strickler, soit :
1 2/3
Qi = Di J fi Di = Si RHi (7)
ni
12

Où D i est la débitance de la sous section homogène i (notée K dans le programme HEC-


RAS)
On considère alors que la débitance d’un écoulement élémentaire n’est pas affectée par la
présence des lits adjacents, donc que la perte de charge par lit est égale à la pente de
frottement sur le fond. On admet par ailleurs que les pentes de frottements par lits sont égales
entre elles, ce qui conduit à :

1/ 2 Q Q Q ∑ Qi
Q
Ji = 1 = 2 = ... = n = i
= (8)
D1 D2 Dn ∑ i
Di D

Où Q et D sont respectivement le débit total et la débitance totale.


Il résulte :
2/3
 N 
(
 ∑ Pi n i
1/5
) 
n c =  i= 1  (9)
 P 
 


N est le nombre total des sous sections (par défaut N= 3 dans le programme)
i est le numéro de la sous section
ni est le coefficient de Manning pour la sous section i
Pi est le périmètre mouillé pour la sous section i
Dans le calcul des périmètres mouillés, seuls les contacts terre-eau sont à considérer.

Klob, Krob,
Kch,
Plob Prob
Pch

Figure 1 : Calcul de la rugosité sous HEC-RAS dans le cas d’un lit composé

I.2.2 Formules de perte de charge par frottement ; écoulement laminaire


Quelle que soit la forme de la section, l'expression de Λ est la suivante :
64 1
Λ = (10)
Re U + ( forme de S )
Dans la littérature cette expression est généralement écrite comme suit
13

α
Λ = (11)
Re
A partir des résultats présentés dans la littérature (cf. Berker 1963, White 1974, Zarling 1976)
pour les écoulements dans les conduites diverses, un certain nombre de valeur de α sont
répertoriées dans le tableau 2.
( ∗ ) Pour une section rectangulaire de largeur finie b et d'épaisseur 2e, la forme de la section
est représentée par le rapport x̂ tel que xˆ = b /( 2e) . Dans ce cas, l'expression de α est déduite
de Berker :
512
α = 2
 1 (12)
 1 +  f ( xˆ )
 xˆ 

où f ( xˆ ) est une fonction dont les valeurs sont données par l'auteur sous forme d'un tableau ou
en forme de série :
96 1
α =
 1
2
192 1 ∞
1  2p + 1  (13)
 1+  1− 5 ˆ ∑ tanh π xˆ 
 xˆ  π x p = 0 ( 2 p + 1) 5
 2 
Il est possible de vérifier que α = 96 pour x̂ → ∞ (section plane) et que α ≈ 56.91 pour
xˆ = 1 (section carrée). Notons également qu'une section rectangulaire devient, à 5% près,
similaire à une section plane lorsque xˆ > 13.3 .
Par simplification, on considère souvent que la largeur du canal est assez importante pour que
la répartition de la vitesse dans l'axe central du canal soit parabolique, i.e
ρg  1 
.1 u= J f  hy − y 2  (14)
µ  2 
On vérifie ainsi que le paramètre de forme β , qui sera définit dans la suite, égal à 1.2, et que
3µ U
Jf = (15)
ρ g h2
Notons que la même loi a été utilisée par Hunt (1994), Aguirre-PE (1995) et Debiane (2000)
et aussi par d’autres investigateurs pour étudier les écoulements de fluides géologiques.
Aguirre-PE propose de la multiplier par un coefficient correcteur.
14

Tableau 2: Quelques valeurs de α reportées dans la littérature

DH α
Plan 4e 96
Rectangle xˆ = b / 2e  xˆ  Equation 13 ( ∗ )
  4e
 xˆ + 1  16  0.642 
≈  1−  if x ≥ 3
3 xˆ 
Cercle D 64
Ellipse xˆ = b / 2e 2e 1  1 
2

1
1  π  yˆ = 32 1 + 2   
  xˆ   yˆ 
yˆ = ∫
0
1 −  1 − 2  sin  ζ  dζ
 xˆ   2  xˆ → ∞ α = 8π 2 ≈ 78.9
Parallélogramme 2 cos(γ ) e ≈ 56.6 if γ = 30°
Hexagone  1  ≈ 60
 xˆ + 
 2 cos(γ ) 
xˆ = sin(γ ) b / 2e 4e
xˆ + 1

Rectangle Cercle Ellipse Parallelogramme Hexagone

e e e
D 2γ 2γ
Dans la 2e
b
conduite b
b

b
Dans le e R e e γ e γ
canal

Rectangle Demi-cercle Demi-ellipse Triangle Trapèze


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I.2.3 Simplification du modèle d’écoulement de Navier-Stokes


Nous nous intéressons au cas d'un fluide de comportement Newtonien. Nous supposons

que les particules fluides sont animées d'un mouvement de vitesse u relative à un repère
Galiléen suivant la direction x. La composante de vitesse le long de cet axe est noté u. Les
autres composantes sont v le long de l'axe y et w le long de l'axe z (Figure 2). Les équations de
base sont celles de la mécanique des fluides : équations de conservation de la masse, de la
quantité de mouvement et de l'énergie sous forme locale. Nous supposons pour commencer
que l'écoulement est laminaire, isotherme et isochore. Le frottement interne peut être alors
représenté par le troisième principe de Newton où la viscosité est le seul paramètre
rhéologique. Ainsi, les équations du mouvement se réduisent aux équations de Navier-Stokes
⋅  → →
(16)
ρ u = ρ g − grad p + 2 µ div D
et l'équation de continuité

div u = 0 (17)

où ρ est la masse volumique, µ la viscosité, g est l'accélération gravitationnelle, p est la
pression et D est le tenseur du taux de déformation.

y
b x
Ox
x θ  u
S g
Z
χ
(c)
z
1Figure 2: Système de cordonnées utilisé
L'espace de l'écoulement est supposé être beaucoup plus large qu'il est épais. Il est raisonnable
de réduire dans ce cas l'ensemble de ces équations aux deux composantes dans la direction x
et dans la direction y. Ces équations sont la formulation complète dans le cas de l'écoulement
bidimensionnel dans le plan (x, y), il résulte :
ρ ( u,t + u u, x + v u, y ) = − p, x + ρ g sin(α ) + µ ( u, xx + u, yy ) (18)
16

ρ ( v,t + u v, x + v v, y ) = − p, y − ρ g cos(α ) + µ ( v, xx + v, yy ) (19)


u, x + v, y = 0 (20)
où α est la pente du canal (Figure 2).
Deux dimensions caractéristiques de l'écoulement peuvent être considérées, L0 dans la
direction de la longueur, et h qui représente l'épaisseur. Un ensemble de variables
adimensionnelles normalisées sont choisies (leur ordre de grandeur est 1). Des lettres capitales
indiquent les variables normalisées. Pour les coordonnées d'espace et de temps, elles sont
choisies, comme suit
 x y U0 
( X , Y , T ) =  , , t  (21)
 L0 ε L0 L0 

où la référence U 0 et le paramètre ε sont introduits. Ce paramètre ε est le rapport h / L0 .


Les deux composantes réduites de vitesse (U et V) sont :
 u v 
(U ,V ) =  ,  (22)
U
 0 ε U 0 

La composante v est normalisée par l'intermédiaire de l'équation de continuité.


En supposant que la pression hydrostatique donne la norme pour la pression, il vient :
p
P= (23)
ρ gε L
Ainsi, en introduisant ces variables adimensionnelles, les équations du mouvement deviennent
:

U ,T + U U , X + V U ,Y = −
1
ε Fr 2
Re
(
(ε P, X − sin(α )) + 1 ε 2U , XX + U ,YY ) (24)

(2 P,Y + cos(α )) + ε ε 2V, XX + V,YY


( )
2
1
ε 2 (V,T + U V, X + V V,Y ) = − (25)
Fr Re
où Fr et Re sont respectivement, le nombre de Froude et le nombre de Reynolds :
U0 ρ U 0h h
Fr = ; Re = (26)
gh µ L

Notons que l'équation de conservation de la masse ne fait apparaître aucun nombre


adimensionnel.
En limitant maintenant ces expressions au cas spécifique où ε est petit devant 1, il vient :

U ,T + U U , X + V U ,Y = −
1
ε Fr 2
Re
(
(ε P, X − sin(α )) + 1 Ο (ε 2 ) + U ,YY ) (27)
17

1
Ο (ε 2 ) = − ( P,Y + cos(α )) + Ο (ε 2 ) (28)
Fr 2
En associant ces deux équations, il apparaît que l'inertie, la pression, la gravité et le frottement
visqueux ont les ordres de grandeur : 1, 1 / Fr 2 , 1 / Fr 2 , 1 / Re , respectivement. Si Re n'est pas

petit, on obtient à l'ordre Ο (ε 2 )

ρ ( u,t + u u, x + v u, y ) = − p, x + ρ g sin(α ) + µ u, yy + Ο (ε 2 ) (29)

p, y = − ρ g cos(α ) (30)
Négligeant la tension superficielle, l'équation 30 peut être alors intégrée le long de y, soit :
p = ρ g (h − y ) + p0 (31)

où p0 est la pression atmosphérique. Il résulte que la répartition de la pression le long de y est


hydrostatique. En utilisant l’équation (31), l’équation (29) peut être réécrite comme suit :
ρ ( u,t + u u, x + v u, y ) = − ρ g cos(α ) h, x + ρ g sin(α ) + µ u, yy + Ο (ε 2 ) (32)
Cette équation constitue la forme simplifiée des équations de Navier-Stokes dans
l'approximation d'un domaine très long.

I.2.4 Formulation 1D : Modèle de Saint-Venant


Il s'agit des mêmes équations de conservation que précédemment mais écrites pour des
valeurs moyennes dans une section. Si on applique le principe de conservation de la masse à

un domaine délimité par deux sections transversales, S x et S x + dx , et en supposant que le


système est fermé, i.e qu'il n'existe pas un débit entrant ou sortant de ce domaine, on obtient
une formulation globale du principe de la conservation de la masse, soit :
∂S ∂Q
+ = 0 (33)
∂t ∂x
où Q = S U est le débit global traversant la section mouillée S , et U étant la vitesse
moyenne. Pour une section rectangulaire de largeur b , S = b h . Il est avantageux dans ce cas

d'introduire un débit par unité de largeur du canal ' q ', tel que q = Q / b . Ainsi, l’équation (33)
se récrit :
∂h ∂q
+ = 0 (34)
∂t ∂x
ou bien
h,t + hU , x + Uh, x = 0 (35)
avec
18

. ∫ udy (36)
U = 0

h
La forme globale de l'équation dynamique peut être obtenue directement en intégrant
l’Equation 32 de y = 0 à y = h( x, t ) . En utilisant la règle de Leibnitz pour la dérivation sous
le signe intégral, il résulte :
τw
U ,t + β U U , x + (1 − β )U h,t + g cos(α )h, x = − + g sin(α ) + Ο (ε 2 ) (37)
ρh

où β est un coefficient de forme qui tient compte de la répartition de vitesse le long de (Oy).
h

∫ u dy
2
(38)
β = 0
2
hU
Ce coefficient dépend du nombre de Reynolds : ≈ 1.03 pour l'écoulement turbulent et ≈ 1.2
pour l'écoulement laminaire.
τ w = µ ( u, y ) y = 0 est la contrainte tangentielle à la paroi. Remarquons que le ralentissement

visqueux du fluide par les parois est responsable des forces de frottement.
En posant la pente d’énergie J égale à τ w / ρ gh et en négligeant le troisième terme du premier

membre de l'équation (37) car β ≈ 1 , il vient :


U ,t + β UU , x + g cos(α )h, x = g ( sin(α ) − J ) (39)
Les équations (39) et (34) représentent la formulation 1D de Saint-Venant. Par simplification,
les auteurs considèrent généralement β = 1 .
D'autre part, si l'écoulement considéré est dans l'espace (x, y, z), autrement dit si la largeur
du canal n'est pas très grande devant la hauteur de l'écoulement et si en plus la répartition de
vitesse à la surface libre est quasi-uniforme, il résulte que l'équation (39) reste toujours
valable. Il faut cependant remplacer les expressions de J, U, β par :

τ ∫ udσ ∫ u dσ
2
∫τ w dl
J = w ; U = S
; β = S
avec τ w = χ (40)
ρ gh S SU 2 χ

où τ w est la moyenne de τ w sur le périmètre mouillé χ


En outre, l'équation de continuité (33) devrait être prise sous sa forme générale, i. e :
h,t + U S, x + S U , x = 0 (41)

déduite à partir de l'équation (33) en remplaçant Q = S U


19

Avant de quitter ce paragraphe, insistons sur le fait que le modèle de Saint-Venant n'est

qu'une approximation d'ordre Ο (ε 2 ) qui devrait être valable lorsque la profondeur de


l'écoulement est petite devant sa longueur (hypothèse d'eau peu profonde)

I.2.5 Equation différentielle du mouvement graduellement varié


Considérons un canal cylindrique (on dit aussi prismatique en hydraulique) de pente θ .
Dans le cas permanent, l’équation (37) se simplifie, comme suit :
∂U
βU = g ( sin ( α ) − cos( α ) h, z − J ) (42)
∂z
pour l'équation dynamique qui exprime l'équilibre entre les forces de pesanteur, de frottement
et d'inertie, et
∂q
= 0 (43)
∂z
pour l'équation de continuité où q = US est le débit, h est la profondeur et β étant le
coefficient de forme qui tient compte de la non répartition uniforme de la vitesse (voir plus
haut). z a l’origine l’extrémité amont du canal, compté positivement suivant la direction de
l’écoulement.
Après manipulations, il résulte :
sin ( α ) − J
h, z = 2
β bqv (44)
cos( α ) −
gS 3
On retrouve bien le modèle classique des écoulements graduellement variées lorsque la pente
du fond est faible sin(α ) ≈ tan(α ) ≈ I et cos(α ) ≈ 1
En conservant la valeur du nombre de Froude égale à 1 pour définir la hauteur critique, il est
possible de définir le nombre de Froude, comme suit :
β bq 2
Fr = 2
(45)
gS 3 cos α
et l’équation (44) devient :
sin ( α ) − J
h, z =
(
cos( α ) 1 − Fr 2 ) (46)

On peut également définir l’énergie de l’écoulement, de la manière suivante :


1 β U2
E = cos( α ) h + (47)
2 g
En fonction de E , l’équation (44) devient :
20

E, z = sin ( α ) − J (48)

Modèle utilisé par HEC-RAS

Si l’on considère deux sections 1 et 2 de l’écoulement séparées d’un pas d’espace ∆ x , E1 et

E2 étant les énergies de l’écoulement à ces même points, il vient d’après l’équation (48),
E2 − E1 = ( sin ( α ) − J ) ∆ x (49)
Qui se réduit au modèle de Bernoulli utilisé dans le programme HEC-RAS pour calculer les
hauteurs d’eau lorsque la pente du canal est faible ( sin(α ) ≈ tan(α ) ≈ I et cos(α ) ≈ 1 ).
Concernant le calcul de la ligne d’eau, il s’effectue suivant la Standard Step Method : c’est
une procédure itérative de résolution de l’équation (49) et de l’équation donnant la pente
d’énergie J. Cette dernière est supposée égale à la somme de pertes de charge par frottement

J f et la perte par contraction ou expansion de la section, soit :

C U2 U2
J = Jf + β 2 2 − β1 1 (50)
∆ x 2g 2g

Comme dit précédemment, le programme devise la section mouillée en trois sous sections
(Fig. 1). Le coefficient β sur la section totale est calculé de la manière suivante :

St2  Dlob
3
Dch3 Drob
3

β = 3 2 + 2 + 2  (51)
Dt  Slob Sch S rob 

Dans le calcul, les coefficients β par sous-section étant supposés égaux à 1.


D’autre part, le pas d’espace ∆ x est calculé, comme suit :
∆ xlobQlob + ∆ xchQch + ∆ xrobQrob
∆x= (52)
Qlob + Qch + Qrob
Où lob, ch et rob désignent les lits gauche, mineur et droit, respectivement. ∆ x est noté L
dans le programme, β est noté a, S est noté A et U est noté V.

Enfin, la pente de frottement entre les sections 1 et 2 ( J f ) et est calculée par plusieurs
méthodes, à défaut de préciser, on a :
2
 Q + Q2 
J f =  1  (53)
 D1 + D2 
Le code HEC-RAS recommande d’utiliser les valeurs suivantes du coefficient de contraction :
• S’il n’y a pas de transition, C est nul
21

• Pour une transition graduelle, on a 0.1 pour le coefficient de contraction et 0.3 pour le
coefficient d’expansion
• Au niveau d’un pont, on a 0.3 pour le coefficient de contraction et 0.5 pour le coefficient
d’expansion
• Pour une brusque variation, on a 0.5 pour le coefficient de contraction et 0.8 pour le
coefficient d’expansion
Ainsi, le débit Q et la géométrie étant les données du problème, la pente de frottement, le
coefficient β et les pertes par contraction/expansion ne sont fonction que du tirant d’eau. On
a donc affaire à une résolution 1D sur la section totale de la ligne d’eau, sans résolution
explicite de la répartition de débit.
Remarque
A noter que la loi utilisée pour évaluer les pertes d’énergie par frottement est celle que tous
les hydrauliciens utilisent exclusivement qui suppose que la contrainte moyenne à la paroi
dans une section quelconque d'un écoulement graduellement varié est égale à la contrainte
moyenne à la paroi de l'écoulement uniforme ayant les mêmes valeurs du débit et de la
hauteur locale. Notons que cette manière d’évaluer J permet de retrouver les propriétés de
l’écoulement uniforme loin d’obstacles.

I.2.6 Hauteurs caractéristiques de l'écoulement

Hauteur normale
Considérons un canal de pente et de débit constant. Lorsque le numérateur de l'équation
(44) s'annule, la surface libre et le fond ont la même pente. Donc la profondeur est constante

et correspond à la hauteur normale ( hn ). Le calcul de cette hauteur nécessite la résolution des


équations du régime uniforme. Le procédé du calcul peut être numérique.
Hauteur critique
Considérons un canal de section quelconque et de pente α portant un débit constant.
Lorsque le dénominateur de l'équation (44) s'annule, la profondeur du fluide atteint une
hauteur appelée hauteur critique "hc". Le régime d'écoulement correspondant est appelé
régime critique. En général, ce régime est instable (fluctuation de la surface libre). Une petite
variation de l'énergie provoque des variations sensibles de profondeur de part et d'autre de hc.
Pour le calcul de hc, on annule le dénominateur de l’équation (44), soit donc:
22

β bqv2
cos( α ) − = 0 (54)
gS 3

qui correspond à Fr = 1 et également à l’énergie minimale de l’écoulement ‘ Emin ’ où :


3
Emin = hc (55)
2
Dans une section rectangulaire, l’équation (54) donne :
1
 β Q2 3
hc =   (56)
 g cos α 

Pente critique
Considérant un canal de section rectangulaire et de pente variable portant un débit

constant. On définit la pente critique " α c " comme étant la pente pour laquelle la hauteur

normale est égale à la hauteur critique ( hn = hc ) . Pour calculer α c , on associe les équations du
régime uniforme à l'équation du régime critique (l’équation (54)). Le procédé de calcul est
numérique.

I.2.7 Etude qualitative systématique et classification


Les formes possibles des profils de la surface libre sont déduites à partir de l'équation (44).

Son premier membre h, z est la pente de la surface libre rapportée au fond du canal (h est
mesurée positivement vers le haut). Son second membre peut être discuté en relation avec la
valeur respective des profondeurs normale et critique. On trouve donc un régime fluvial si
toutes les hauteurs sont supérieures à la hauteur critique ou bien un régime torrentiel dans
l'autre sens et enfin un régime critique dans le cas limite.
23

Figure 3 : Classification des profils de la surface libre


24

I.3 Principe de fonctionnement de HEC-RAS et les principaux menus


du logiciel
HEC-RAS est logiciel intégré pour l’analyse hydraulique qui permet de simuler les
écoulements à surface libre. Il a été conçu par le Hydrologic Engineering Center de l’US
Army Corps of Enginners. Il s’agit d’une nouvelle version d’un modèle hydraulique
auparavant nommé HEC-2, qui comporte maintenant un interface graphique permettant
d’éditer, modifier et visualiser les données d’entrée de même d’observer les résultats obtenus.

Pour démarrer HEC RAS, double-cliquez sur l’icône HEC-RAS 3.1.3.lnk


placé sur le bureau, ou bien
allez dans le menu Démarrer et choisissez le programme HEC-RAS 3.1.3. Fait important à
noter, HEC-RAS utilise comme symbole décimal le point, et non la virgule utilisée
habituellement dans notre système d’unité. Un message d’erreur peut apparaître lors du
démarrage si le symbole décimal spécifié pour votre ordinateur n’est pas le point. Vous
pouvez changer ce symbole dans le Panneau de configuration de Windows.
Suite au démarrage de HEC-RAS vous devez obtenir la fenêtre principale de HEC-RAS qui
illustrée à la figure ci-dessous.

Fenêtre principale de HEC-RAS


La barre de menu comprend toutes les fonctions disponibles de HEC-RAS. Le menu File
permet d’ouvrir, de créer et de sauvegarder un projet (avec extension .prj). Les autres options
permettent de modifier le titre du projet ou d’effacer tous les fichiers reliés à un projet. Utilisé
cette dernière option avec précaution !
Outre le menu File, le menu Edit est également important et permet de spécifier les données
de base décrivant le système hydrographique devant être modélisé ainsi que les conditions du
débit dans ce système.
25

La principale étape de la création d’un projet de modélisation avec HEC-RAS est de définir la
géométrie de notre cours d’eau, au moyen de sections transversales. Cette étape est réalisée en
choisissant l’option Geometric Data…Toute les données reliées à la géométrie du cours d’eau
sont sauvegardées dans les fichiers dont l’extension est .G** où ** désigne les chiffres
représentant une numérotation séquentielle.
Une autre option disponible dans le menu Edit est Steady Flow Data…Cette option permet de
spécifier la ou les valeurs de débit dans le cours d’eau qui devront être modélisés, ainsi que
les conditions limites de l’écoulement. Les informations qui sont spécifiées avec cette option
sont contenues dans les fichiers .F**.

I.3.1 Etapes de la modélisation

Projet
Dans le menu File, choisir l’option New Projet pour obtenir une fenêtre similaire à celle
illustrée plus bas. La première étape est de choisir le dossier de travail où le projet sera
sauvegardé.

Fenêtre New Projet

Un nouveau répertoire peut d’ailleurs être crée avec le bouton Create Directory. Le titre du
projet sera par la suite spécifié dans la ligne haute et un nom de fichier doit aussi être indiqué
dans la case suivante, tout en conservant l’extension .prj. Il ne faut pas utiliser les accents
pour un nom de fichier. Après avoir appuyé sur OK, un message apparaît pour confirmer les
26

informations soumises. Appuyez à nouveau sur OK et les données seront sauvegardées dans
le fichier et le répertoire indiqué.
Avant d’entrer les informations reliées à la géométrie et aux débits, il faut spécifier le système
d’unité utilisé. Dans le menu Option, allez à Units System et choisissez System
International (Metric System).

Géométrie des sections


Après avoir défini les principaux paramètres du projet, la deuxième étape est de définir les
caractéristiques géométriques du système modélisé. Sélectionnée Edit / Geometric Data… et
la fenêtre Base Geometric Data apparaît.

Fenêtre Geometric Data


Pour vous aider à tracer le tronçon de rivière à l’étude, vous pouvez ajoutez une image de
fond à cette fenêtre. Appuyez sur le bouton Add /Edit background pictures…et appuyez sur
Add afin de sélectionner le fichier image. Après avoir appuyé sur Close, un message apparaît
car la taille de l’image est plus grande que la taille de l’écran. Il est possible d’ajuster l’échelle
en choisissant dans le menu View l’option Full Plot. Pour sauvegarder les étapes accomplies,
allez à File / Save Geometric Data as… Sauvegardez les données de la géométrie sous un
27

fichier. Pour représenter le tronçon à étudier, cliquez sur le bouton River Reach. Le curseur se
transforme en crayon et vous et vous pouvez alors dessiner le tronçon de rivière à l’aide d’une
suite de points qui vont de l’amont vers l’aval, en suivant le centre de la rivière sur l’image
de référence. Vous double-cliquez pour indiquer la fin du tronçon. A ce moment, une fenêtre
apparaît vous demandant d’indiquer le nom de la rivière et le nom du tronçon.
Les autres caractéristiques géométriques nécessaires à cette étape sont les sections
transversales à différents endroit de la rivière. Les sections transversales sont représentées au
moyen de points représentant des coordonnées X-Y, où X est la distance par rapport à un
point de référence arbitraire placé sur la rive et Y est l’élévation du fond de la rivière.

Fenêtre Cross Section Data


Pour entrer les données, vous devez cliquer sur le bouton Cross-Section dans la partie gauche
pour obtenir une fenêtre similaire à celle illustrée ci-haut. Dans le menu Option, choisissez
Add a new Cross Section…Il vous est alors demandé de définir la station (River Station) de
cette section transversale qui est en fait un identificateur numérique. HEC-RAS place sur un
tronçon de rivière les stations en ordre décroissant de la partie amont ver la partie aval. La
signification de chacun des termes que l’on y retrouve est décrite ci-dessous :
River : nom de la rivière sur laquelle la nouvelle section sera ajoutée ;
Reach : non du tronçon de la rivière sur laquelle la nouvelle section sera ajoutée ;
River station : Identification numérique de la section transversale ;
Description : Commentaire de l’utilisation sur cette section
28

Cross-section coordinates : Coordonnées relatives dans le plan X-Y des points définissant la
section transversale ;
Downstream Reach Lengths : Distance en mètres jusqu’à la prochaine section transversale
située en aval. LOB signifie la partie gauche de la plaine inondable et ROB sa partie droite,
alors que Channel désigne le lit principal de la rivière ;
Manning’s values : Coefficient de Manning de chaque portion de la section transversale ;
Main channel bank stations : Coordonées, dans le plan X seulement, des limites gauches et
droite du lit principal de la rivière. Les valeurs fournies doivent correspondre à une valeur
déjà présente dans la partie Cross-section coordinates.
Après avoir entré les données, cliquez sur Apply Data. Vous pouvez alors visualiser la section
transversale que vous venez de définir dans la partie adjacente de la fenêtre. Les autres
sections seront rentrées de la même manière.
Pour augmenter la stabilité des calculs de niveau par le modèle. Il est recommandé d’avoir
une distance raisonnable entre deux sections transversales. En assumant que la pente et les
propriétés des sections varient de façon linéaire entre deux sections consécutives, la fonction
XS interpolation dans le menu Tools permet d’ajouter par interpolation de nouvelles sections
entre deux sections existantes.

Fenêtre XS interpolation
29

Pour terminer, vous pouvez vérifiez les données spécifiées avec le menu Tables. Les mêmes
paramètres pour toutes les sections y sont regroupés à l’intérieur d’un même tableau et
peuvent y être modifiés. Avant de quitter la fenêtre Geometric Data, sauvegardez les
informations que vous avez rentrées.

Débit et conditions aux limites


L’étape suivante de la modélisation hydraulique sur HEC-RAS est de spécifier les débits
utilisés pour calculer les profils d’écoulement. Dans la fenêtre principale, cliquez sur le
bouton Steady Flow Data. Pour obtenir une fenêtre similaire à celle illustrée plus bas. Pour
entrer les valeurs des débits, indiquées d’abord Number of Profiles. Par la suite, dans le menu
Options, allez à Edit Profil Names…et indiquée les noms de profils appropriés. Les valeurs de
débit qui sont entrées aux cases correspondantes sont représentatives de la section amont et
sont considérés valides sur tout le tronçon de rivière. HEC-RAS permet toutefois de
représenter des changements de débits aux sections transversales, lorsqu’un affluent important
entraîne un changement de débit dans le tronçon.

Fenêtre Steady Flow Data


Lorsque les débits correspondants aux différents profils devant être calculés sont spécifiés, il
faut par la suite définir les conditions limites de l’écoulement en cliquant sur le bouton Reach
30

Bondary Conditions. Les conditions limites sont nécessaires pour calculer la hauteur d’eau
initiale aux extrémités de chaque tronçon. Pour un écoulement fluvial, seulement les
conditions à l’aval sont nécessaires, tandis que pour un écoulement torrentiel, les conditions à
l’amont seulement sont nécessaires. Selon le régime d’écoulement modélisé, une seule des
deux conditions limites peut être indiquée. On a le choix entre trois conditions aux limites :
hauteur critique, hauteur normale et hauteur connue. Avant de passer à l’étape suivante,
sauvegardez ces données avec File / Save Flow Data as…Entrez le titre et quittez cette fenêtre
pour revenir au menu principal de HEC-RAS.

Fenêtre Reach Bondary Conditions

Simulation hydraulique
La dernière étape nécessaire à la modélisation avec HEC-RAS est de définir le plan utilisé.
Cliquez sur le bouton Perform à Steady Flow Simulation pour obtenir la fenêtre présentée
plus bas. Le Geometry File et Steady Flow File que vous avez crées y sont indiqués. Dans le
menu File, choisissez New Plan. Lorsque requis, entrez le titre et l’identificateur indiqué sur
la figure ci-dessous.
31

Choisissez le régime d’écoulement et appuyez sur Compute pour débuter la simulation. Une
fenêtre montrant la progression de la simulation s’ouvrira et les calculs s’effectueront.
Lorsque le programme a terminé, vous pouvez fermer la fenêtre Hydraulic Computation, ainsi
que la fenêtre Steady Flow Analysis.

Fenêtre Steady Flow Analysis

Visualisation des résultats


A la suite de la simulation les résultats sont automatiquement sauvegardés dans un fichier. Un
des résultats intéressant à consulter est la vu en profil du tronçon simulé. Cette fonction, View
Profiles, est située dans la barre de boutons. Allez également dans le menu Option de cette
fenêtre. Vous y trouverez les options d’affichage, telles que Zoom et Pan. Il y a aussi d’autres
options qui permettent d’afficher les résultats d’un ou plusieurs plans, d’ajouter ou supprimer
l’affichage de certains profiles, de changer le tronçon dont les résultats sont actuellement
affichés. Ce menu Options est d’ailleurs similaire pour différentes fenêtre graphiques
permettant de visualiser les résultats.
Une autre option graphique intéressante est accessible via le bouton View 3D multiple cross
section plot…. Les sections transversales de début et de fin peuvent être modifiées pour
afficher qu’une partie du tronçon à l’étude. Rotation et Azimuth permettent quant à eux de
modifier l’angle de vue. Pour ne voir qu’une seule section.
Deux autres boutons, View Detailed Output at XS… et View Output at Multiple…,
permettent de voir les résultants sous forme tabulaire.
Finalement, comme on peut voir dans le tableau des résultats des sections transversales, il y a
plusieurs variables qui sont calculées par HEC-RAS en plus des niveaux d’eau. Dans certains
cas, on s’intéressera aux vitesses afin de quantifier par exemple les possibilités d’érosion.
32

Nous allons maintenant modéliser deux tronçons de rivière : l’un se trouve sur Verdon dans la
station d’Estellié et l’autre sur l’Issole dans la station de Pont de Mourrefrey.

I.4 Modélisation des courbes de tarage ; cas pratique

I.4.1 Station d’Estellié sur le Verdon

Description du tronçon étudié


Suite à une crue en 1994, un profil en long a été réalisé sur le Verdon. Nous disposons de 9
sections à l’amont de la station hydrométrique et une section à l’aval. Le lit du Verdon est
constitué de galets, un tronçon de la rivière comporte des gros blocs en travers de
l’écoulement.
Sous HEC-RAS, nous allons donc modéliser un tronçon du fluide situé près de la station de
jaugeage d’Estellié.

Débit et conditions aux limites


Dans ce cas, l’écoulement simulé est fluvial, c’est à dire qu’il y a une rupture de pente (voir
figure 3) qui provoque des ondes de gravité qui se propagent en partie vers l’amont.
Nous avons choisit la condition au limite à hauteur normale. Celle-ci demande de connaître la
valeur de la pente du canal. On impose donc à l’amont une valeur de la pente du canal qui
donne la valeur de la hauteur normale.
Pour le tronçon étudié, la pente du canal varie entre 0.01 à 0.05. On vérifie d’après le tableau
4 que la pente du canal n’a pas d’influence sur la profondeur du fluide au niveau de la station
de jaugeage. On a pris alors une pente moyenne de 0.03.

Q (m 3/s) DH (m) pour I=0.01 DH (m) pour I=0.05


1 0.21 0.21
50 1.74 1.74
300 4.05 4.05

Tableau 4 : Influence de la pente du canal pour n=0.0365

Coefficient de Manning
D’après les résultats de la littérature, le coefficient de Manning varie dans notre cas entre
0.033 et 0.04. On peut vérifier d’après le tableau 5 que l’influence du paramètre n est
négligeable au niveau de la station de jaugeage. On a pris alors une valeur de n moyenne de
0.0365.
33

Q (m 3/s) DH (m) pour n=0.03 DH (m) pour n=0.05


1 0.21 0.23
50 1.73 1.75
300 4.04 4.06

Tableau 5 : Influence de la rugosité du canal pour I=0.03

Résultats

La figure 4 montre la forme de la section et la profondeur de l’eau pour un débit de 300 m 3 /s


et la figure 5 montre le profil de la surface libre. Pour ce débit, il n’existe pas de données pour
pouvoir vérifier notre résultat.

Figure 4 : Forme de la section au niveau de la station de jaugeage


34

Figure 5 : Profil de la surface libre

Interpolation au niveau de la station de jaugeage


En rajoutant, par interpolation, deux sections à l’amont et à l’aval de la station de jaugeage, il
apparaît au niveau de la station hydrométrique une élévation de la surface libre, comme s’il
s’agissait d’un ressaut hydraulique (voir figure 6 ci-dessous). Il claire donc que dans ce cas
l’influence de nombre de stations est non négligeable.
35

Figure 6 : Influence d’une interpolation au niveau de la station de jaugeage

COURBE DE TARAGE

2000.00
HEC RAS
MESURES
1500.00
DEBIT (m3/s)

1000.00

500.00

0.00
0 5 10 15
HAUTEUR (m)

Figure 7 : Comparaison de la courbe de tarage


36

Comparaison de la courbe de tarage


On vérifie d’après la figure 7 qu’on a un bon accord entre les résultats obtenus sous HEC
RAS et les mesures. Pour une hauteur de 13m, on estime le débit de la rivière à 1950 m3 /s

I.4.2 Station de pont de Mourrefrey dans l’Issole


Située dans le cours d’eau de l’Issole, la station de Pont de Mourrefrey est à l’amont d’un
simple pont. Nous avons pu aller sur place pour réaliser un profil topographique d’un tronçon
de la rivière et une mesure de débit, ainsi nous avons pu apprécier l’environnement. Comme
on peut voir sur la figure 8, la station hydrométrique est située à 6.62 m à l’amont du pont.
Sur la figure 9, on voit bien que le pont a une forme d’un arc. A l’aval du pont, un tronçon de
la rivière comporte des gros blocs en travers de l’écoulement (figure 10). Comme on peut voir
également sur la figure 11, il est possible de supposer que la rive droite de la rivière est
constituée d’un mur vertical, à gauche on a une zone plaine d’arbres (figure 12), suivi d’une
zone presque plate qui va jusqu’à un mure qui fait barrage à la route.
Le tronçon de la rivière est de pente moyenne de 0.02. Le relevé topographique a été réalisé
en quatre sections :
• à l’aval du pont
• au niveau du pont
• au niveau de l’échelle limnimétrique
• en amont de l’échelle limnimétrique
La condition limite est prise en amont avec la condition à profondeur normale et une pente de
0.02. Notons toutefois que la condition limite en aval du tronçon à hauteur critique donne
pratiquement les mêmes résultats.
On a fixé le coefficient de Manning des prairies à 0.1 et celui du lit de la rivière à 0.0365. Les
valeurs prises des paramètres du pont sont indiquées dans la figure ci-dessous.
On remarque sur les figures 13 et 14 qu’il peut y avoir un débordement de l’eau sur la route
de la rive gauche de la rivière et en amont du pont pour un débit d’environ 160 m 3 / s et cela
sans que le pont soit complètement inondé. Pour ce débit, la hauteur d’eau à l’échelle
limnimétrique atteint la valeur de 3.6 m.
Les sections transversales de début et de fin sont représentées sur la figure 15, on peut
visualiser également ici le début de débordement de l’eau dans la dernière section prélevée.
Enfin, dans la figure 16, on représente la comparaison entre la courbe de tarage obtenue sur
HEC RAS et les meures. Pour une hauteur à l’échelle limnimétrique de 2m, on estime le débit
37

de la rivière à 68 m 3 / s . Le meilleur ajustement est obtenu avec un coefficient de contraction


et d’expansion nul

Valeurs prises des paramètres du pont


38

Figure 8 : Vue de la station hydrométrique

Figure 9 : Forme du pont de Mourrefrey


39

Figure 10 : Tronçon de la rivière avec des gros blocs

Figure 11 : Vue de droite de la rivière


40

Figure 12 : Vue de gauche de la rivière

Figure 13 : Débordement de l’eau dans la dernière section prélevée


41

Figure 14 : Hauteur de l’eau sous le pont lors du débordement

Figure 15 : Les sections transversales de début et de fin


42

COURBE DE TARAGE

180

HEC RAS
160
MESURES

140

120

100

80

60

40

20

0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
HAUTEUR (m)

Figure 16 : Comparaison de la courbe de tarage


43

References

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