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Université de Pau et des Pays de l’Adour

UFR Lettres, Langues et Sciences Humaines

Département Histoire, Histoire de l’Art, Archéologie et Anthropologie

MASTER 2

Archéologie Préventive

« Amator civitatis »

Les notables municipaux en Numidie

(IIème siècle ap. J.-C. – IVème siècle)

Par MONTAGNE Geoffroy

Sous la direction de Mme Françoise Des Boscs, maître de conférences en


Histoire Ancienne

Année universitaire

2012-2013

2
Pour ma mère

3
REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier madame Françoise Des Boscs, notre directrice de recherche,
pour ses conseils avisés, son aide précieuse (notamment dans le domaine de
l’épigraphie) et sa constante disponibilité.

Nous remercions également monsieur Callegarin pour le don de certains catalogues


épigraphiques scannés.

Nous tenons également à exprimer notre gratitude envers notre tante Marie-Louise
Colosio pour la relecture et les corrections auxquelles elle a aimablement voulu
s’adonner pour notre mémoire.

4
INTRODUCTION

5
Notre travail de cette année porte sur une première approche des notables
municipaux en Numidie par le biais de la documentation épigraphique. Cette étude
s’inscrit dans une approche plus globale de l’histoire des cités, de la vie municipale,
ainsi que de l’économie. Lors du Xème congrès international d’épigraphie grecque et
latine tenu à Nîmes en octobre 1992, C. Lepelley qualifiait l’épigraphie de « discipline
mère pour qui veut étudier l’histoire des cités et de la société »1. Notre travail de
recherche de master 2 porte sur les notables en Numidie romaine du IIème au IVème siècle
ap. J.-C. La première difficulté est de cerner les limites de la province de Numidie.

1
C. Lepelley « Evergétisme et épigraphie dans l’Antiquité tardive : les provinces de langue latine », in
Actes du Xème congrès international d’épigraphie grecque et latine, tenu à Nîmes, du 4 au 9 octobre 1992,
Christol M. et Masson O. (ed.), p. 335-336.

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D’un point de vue purement administratif la Numidie, en tant que province, fut
créée en 193 sous Septime Sévère. Cette Numidie n’a, alors, pas grand-chose à voir
avec le royaume éponyme fondé à la suite des guerres puniques avec la bienveillance de
la République romaine. En 202 av. J.-C. Rome voulait mettre en place un Etat numide
contrebalançant le pouvoir carthaginois. Au fur et à mesure, le royaume numide ne
cessa d’être morcelé. A la mort de Massinissa, le pouvoir fut partagé entre ses trois fils :
Micipsa l’aîné s’occupa de l’administration, Gulussa commanda l’armée et Mastanabal
fut en charge de la Justice. Finalement Micipsa finit par tenir le pouvoir entre ses seules
mains (de 148 av. J.-C. à 118 av. J.-C.). A la mort de Micipsa, ses deux fils ( Adherbal
et Hiempsal) se disputèrent le trône. Entra en scène Jugurtha (neveu de Micipsa et fils
adoptif de celui-ci) soutenu par Scipion Emilien. Le royaume fut alors, selon la volonté
du père, partagé entre les trois prétendants : Cirta à Adherbal, Thirnida à Hiempsal et
Thugga à Jugurtha. Ce dernier fit assassiner Hiempsal et déclencha une guerre contre
l’autre. Rome, dont l’influence sur la région n’était pas négligeable, trancha en faveur
d’un nouveau partage du territoire numide. Mais c’était sans compter sur l’ambition de
Jugurtha qui provoqua une nouvelle agression contre Adherbal. Ce dernier prit la fuite
pour Rome. Les Romains interviennent en 115 sous le commandement de Metellus et
Marius. En 106 av. J.-C. l’ancien allié de Jugurtha, Bocchus roi de Maurétanie, le trahit
et le livra aux Romains. Jugurtha mourut dans les geôles romaines en 104.

Lors de l’expédition de Pompée contre les Marianistes, les Numides prennent


le parti de ces derniers. Après la défaite des partisans de Marius, le royaume numide
voit sa superficie se restreindre. De l’expédition de Jules César et sa victoire à Thapsus
en fevrier 46 av. J.-C., naissent les provinces d’Africa Nova (issue de l’annexion du
Regnum Numidiae) et Africa Vetus (l’ancien territoire de Carthage). Ces deux territoires
forment, pendant un temps l’Afrique Proconsulaire. La gouvernance est assurée par un
proconsul de rang sénatorial siégeant à Carthage. Les guerres africaines menées
d’Auguste à Claude semblent n’avoir pour but que la pacification. En 19 av. J.-C.,
Cornelius Balbus (proconsul de 21 à 19 av. J.-C.) dirige une expédition contre les
Guaramantes. Par la suite, Gétules et Musulames commencent à s’agiter. En 14 ap. J.-C.
la construction de la rocade engendre une grande révolte des Musulames dirigés par
Tacfarinas. L’insurrection est matée. Mais en 44 ap. J.-C., il y a de nouveau une

8
aggravation de la situation. En conséquence Claude manda Galba (pour deux ans) afin
de rétablir l’ordre et de soumettre les Musulames.

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En ce qui concerne, la conquête de la Numidie, Rome s’employa tant bien que
mal à contrôler cette région très agitée. En effet, les populations se soulevaient
fréquemment contre l’ordre romain. Les légions eurent grand mal à pacifier la région.
Les Zénètes (populations nomades du Maghreb) se révoltaient souvent au Ier siècle ap.
J.-C. De plus le manque de structures-relais de la romanité telles que les villes ou bien
la morphologie du terrain (zones de montagnes) empêchaient les légions de bien
contrôler ce territoire. On peut dégager trois grandes phases de l’expansion romaine en
territoire numide : tout d’abord une phase de consolidation (création de colonies
militaires), puis une extension (conquête passant nécessairement par la pacification de
l’Aurès-Nemencha), et pour finir le démembrement (constitution des confins sahariens
qui aboutirent à l’amputation d’une partie de la Proconsulaire ; partie qui passa sous
l’autorité du légat d’Auguste propréteur).

La deuxième phase s’amorça en 75 ap. J.-C. La IIIème légion Auguste fut


transférée à Théveste. Une première route fut construite et reliait Hippo Regius au camp
de la légion. Dans les premières années du règne de Trajan l’essentiel de la IIIème légion
est en poste à Lambèse. A la fin du IIème siècle, Lambèse devient la capitale de la
Numidie. Elle est reliée à Théveste via Thamugadi et Mascula. En 100, les forces
romaines pénètrent dans l’Aurès. Une des principales conséquences est la création d’une
rocade s’orientant vers le nord et empruntant le défilé d’El Kantara (oued el-Haï) et
rejoignant Lambèse où elle souda l’axe Théveste-Lambèse. Ainsi l’ancien « limes »
linéaire était doublé par une voie stratégique qui encerclait le massif. Une voie
secondaire fut bâtie sous Hadrien et Antonin, désireux de poursuivre l’œuvre de Trajan.
Le quadrillage du réseau routier fut renforcé par le Fossatum : système fortifié
comprenant un fossé large de 4 à 10 m et appuyé de fortins et de tours de guet. Cet
édifice montrait la volonté de barrer les couloirs de circulations aux tribus nomades.
Selon les estimations, l’ouvrage devait s’étendre sur une longueur de 230 km. On
constate donc un énorme investissement de la part des autorités romaines pour sécuriser
leurs possessions sur les confins numido-sahariens.

Avec la conquête romaine et la pacification de l’Afrique du Nord-Ouest, une


intense phase d’urbanisation s’engagea. L’extension urbaine se poursuivit de deux
façons : soit par agrandissement et transformation des établissements qui existaient déjà
(exemple : Thubursicu Numidarum) avec l’application d’un véritable plan d’urbanisme ;
soit par la fondation de nouveaux centres urbains aux endroits présentant un fort

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potentiel économique et stratégique (exemple : Timgad). La création de colonies
militaires a favorisé le processus d’urbanisation. L’objectif premier était de contrôler les
vastes zones frontalières. J. Gascou évoque les conditions principales du développement
du municipal en Afrique 1:

 la paix : J. Gascou évoque la nécessaire pacification des aires où les nouvelles


fondations étaient implantées pour favoriser le processus de municipalisation.

 L’extension de l’occupation : cette dernière pouvait être une condition de la


précédente. Ainsi l’éloignement de la frontière pouvait signifier une mise à
distance des troubles. La création de Calame et Thubursicu Numidarum (sous
Trajan) constituait pour J. Gascou un progrès de la pacification dans ce
secteur. En effet, ces deux cités étaient éloignées du territoire initial de la
Proconsulaire.

 L’enrichissement économique des nouvelles et anciennes fondations


légitimant ainsi la domination romaine car « propagatrice de bienfaits ».

 L’émergence d’une culture syncrétique permettant ainsi un échange culturel


tout en évitant une romanisation trop pesante.

Le règne de Trajan fut celui qui vit une accélération de l’incursion romaine vers
l’Ouest et donc une multiplication des fondations. Ainsi Thelepte, située à 65 km au
Sud-Ouest de Théveste, Timgad, Diana Veteranorum étaient toutes des fondations de
l’époque trajanne. Thelepte obtint son statut de colonie à partir de la moitié du IIème
siècle. Théveste, quant à elle, était une colonie de vétérans. Toutes ces cités devenaient
des municipes sur la base d’une structure urbaine préexistante. Selon J. Gascou « toute
fondation de municipe suppose une maturation antérieure »2. Ainsi il n’y avait pas de
création de municipes ex nihilo. Thubursicu Numidarum fut également créée sous
Trajan et elle accéda au rang de municipe entre 100 et 117. J. Gascou voit plusieurs
raisons à son élévation en municipe : une romanisation due à la proximité de Madauros
et de la Confédération cirtéenne ; une valeur stratégique pour sa position sur la route
entre Hippo Regius et Théveste. Calame (27 km au nord-ouest de Thubursicu
Numidarum), quant à elle, était une vieille ville marquée par l’influence punique (avant

1
Gascou J. La politique municipale de l’Empire Romain en Afrique proconsulaire, de Trajan à Septime-
Sévère, Rome, 1972, p. 32.
2
Ibid. p. 36.

11
sa transformation, elle fut dirigée par des suffètes). Elle semble être devenue un
municipe sous Hadrien (mais ce n’est que la première apparition). Cuicul semble être
une fondation de Nerva ou de Trajan. Ces créations de municipes et ces fondations
doivent être mises en lien avec la politique d’expansion de Trajan. Ce dernier, en effet,
semble poursuivre l’œuvre des Flaviens mais avec une amplification que constate J.
Gascou1. L’exemple de Timgad est le plus frappant, car cette colonie était directement
en contact avec les peuplades insoumises de l’Aurès. On peut constater la création de
ces muncipes dans des régions où la romanisation était en cours. La multiplication des
municipes semblait « obéir à une volonté de sédentarisation et de romanisation »2. Le
but de la politique de Trajan était d’imposer la présence romaine et d’assurer la sécurité
de la province. D’ailleurs, il fut le dernier empereur à établir des colonies militaires en
Afrique.

Par la suite Hadrien appliqua sa politique comme partout ailleurs dans l’Empire,
c’est-à-dire une sécurisation des acquis romains et un arrêt (relatif) de la conquête. En
Afrique, il fut davantage attentif au développement des zones anciennement conquises.
Il oeuvra ainsi pour une égalisation entre les municipalités datant de l’époque césarienne
et augustéenne. Antonin le Pieux ne fit quasiment aucun progrès dans la
municipalisation de l’Afrique proconsulaire et notamment dans la zone de la future
province de Numidie. C’est en cela que le règne de Marc-Aurèle puis de Commode
marque une rupture : il n’a pas l’ampleur, en termes de fondations de nouvelles
colonies, de l’époque d’Hadrien mais il constitue tout de même un renouveau après
l’immobilisme d’Antonin le Pieux. C’est à cette période que Lambèse obtint le statut de
municipe de droit latin. Verecunda devint également, à cette même période, un
municipe. Enfin, sous Septime-Sévère, on constate une grande importance de la
politique municipale menée par l’empereur (nombreuses fondations en Afrique
proconsulaire). Sous son Principat, Lambèse devint la capitale de la nouvelle province
de Numidie. La datation du passage au statut colonial de Lambèse est assez large : entre
197 et 252. J. Gascou pense qu’elle pourrait dater du règne de Septime-Sévère car c’est
à cette période qu’elle devint la capitale de la province. Et donc le passage de municipe

1
Ibid. p. 132.
2
Ibid. p. 154.

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à colonie honoraire serait une hypothèse envisageable1. Mais la création de la province
de Numidie n’accéléra pas le processus de municipalisation.

Selon F. Jacques il ne semble pas y avoir de vaste mouvement de


municipalisation, l’exemple de la brillante réussite de Timgad ne devant pas, selon lui,
nous égarer. Il conclut en constatant que, dans les régions du sud-est de la Numidie, il y
a de nettes limites à la romanisation et une absence de véritable intégration à un
« Empire civilisé »2. Les inscriptions que nous avons étudiées nous montrent une
situation bien différente ; mais il faut prendre garde car elles montrent une situation
idéale d’une romanisation réussie.

Cette identité romaine est au centre des interrogations sur les notables
municipaux. Les conditions de la romanité sont double : la présence de structures
urbaines (vecteur de cette identité) et l’autonomie locale. Cette autonomie est
importante lorsque l’on approche la vie municipale. En effet, le gouvernement d’une
cité manifeste une volonté de préserver cet idéal d’autonomie. Cette préservation est
placée sous la responsabilité d’élites en compétition pour le pouvoir. Ces élites
composent le gouvernement de la cité en Numidie (et plus généralement à l’échelle de
l’Empire).

Nous venons de présenter, rapidement, la phase de conquête et de pacification


du territoire de ce qui va être la Numidie romaine ; désormais il nous faut préciser le
contexte de la création de cette province sous Septime Sévère et son évolution.

Sous Septime Sévère, le légat d’Auguste dispose de la plénitude des pouvoirs


civils et militaires dans la région. Avant d’être qualifié de legatus Augusti pro praetore
provinciae Numidiae, le légat était legatus Augusti pro praetore exercitus provinciae
Africae. Le mot numidiae n’était pas mentionné dans son titre. Mais il fallait que la
province portât un nom qui la différenciait de la Proconsulaire. Comme nous l’avons
évoqué, d’un point de vue géographique, la province de Numidie est fort différente du
territoire des anciens rois numides (une grande partie de ce territoire étant incorporé à la
Proconsulaire). De même il convient de préciser que le district d’Hippone recouvre le
territoire de l’Africa Nova mais n’appartient pas administrativement à la province de
Numidie. Au IIIème siècle le terme de Numidia apparaît pour désigner une partie de la

1
Ibid. p. 196.
2
Ibid. p. 139.

13
Proconsulaire ; on voit se répandre l’usage de l’expression « Numidie proconsulaire »
définissant un diocèse centré sur Hippo Regius. On ne peut donc parler d’UNE Numidie
mais DES Numidies. Dans le cadre de notre travail de Master 2, nous avons jugé
opportun de délimiter notre zone d’étude à la province de Numidie au sens large. Afin
de compléter le tableau, il faut préciser qu’au début du IVème siècle nous avons trois
Numidies (c’est-à-dire Numidie de Lambèse, Numidie Proconsulaire et Confédération
cirtéenne). Mais en 303, Dioclétien modifie le statut et la dénomination de la
Confédération cirtéenne qui devient Numidia Cirtensis et la Numidie de Lambèse prend
le titre de Numidie militaire.

Dans un souci d’exhaustivité, nous tenons maintenant à mentionner le cas de la


Confédération cirtéenne (nous développerons le thème notamment sur les magistratures
en seconde partie). Cette confédération de quatre cités comprenant Chullu, Rusicade,
Mileu et Cirta (capitale de la Confédération), constitue une sorte « d’Etat dans l’Etat ».
S. Gsell la qualifie d’« exception dans le régime municipal romain »1. J. Heurgon parle
« d’hapax que les tendances unificatrices de la politique romaine ont laissé subsister
pendant deux siècles »2. Cette Confédération jouit d’une véritable autonomie : un seul
corps de magistrats, un conseil municipal et un seul siège à la colonie-mère Cirta.

Cirta est donc détachée à la fois de la Proconsulaire et de la Numidie : c’est une


circonscription particulière disposant d’un statut spécial et d’une autonomie de fait.
Cette autonomie est tout de même contrebalancée par la tutelle exercée par le
gouverneur le plus proche : le proconsul (au départ), puis le praeses provinciae
Numidiae. Cette tutelle s’exerce sous la forme d’un patronage. Ainsi, on a une longue
période d’autonomie (environ deux siècles) accompagnée d’une certaine prospérité
économique. Mais la Confédération n’a pas survécu à la crise du IIIème siècle et à la
rupture avec la tradition. A la suite de la nomination de M. Cocceius Anicius Faustus
Flavianus en 251 au poste de curateur des colonies cirtéennes, les triumvirs, jusqu’alors
dirigeants de la Confédération, perdent leurs prérogatives. La fin de la Confédération est
sans doute corrélée avec cette nomination. La dissolution de la contributio3 et la

1
S. Gsell Histoire ancienne de l’Afrique du Nord, vol. VIII, p. 158
2
J. Heurgon, « les origines campaniennes de la confédération cirtéenne », in Libyca, t. V, 1957, p. 8
3
P. Veyne définit le terme contribuere comme « l’action de rattacher une circonscription territoriale,
quelle qu’elle fût, à une autre circonscription, de lui enlever son originalité administrative. »
(« Contributio : Bénévent, Capoue, Cirta in Latomus, t. XVIII, 1959, p. 568). En conséquence, la
dissolution de ce « lien » entraine une individualisation des cités autrefois membres de la Confédération ;
chacune devenant ainsi une respublica à part entière.

14
capacité de chacune des trois autres cités à choisir leurs magistrats ont conduit Cirta à
devenir une cité comme les autres et à perdre sa prédominance. La dissolution de la
Confédération cirtéenne entraîne de facto un agrandissement de la province de Numidie.

Sous Dioclétien, la Numidie est, très brièvement (303-314), divisée en deux : La


Numidie militaire (dont Lambèse est la capitale) et la Numidie cirtéenne (Cirta). Cette
dernière recouvre le territoire de l’ancienne Confédération. L’avènement du règne de
Constantin marque une nouvelle étape : Cirta prend alors le nom de Constantina, et la
province de Numidia Constantina est créée. Cette nouvelle province sonne le glas de la
domination de Lambèse et de la Numidie militaire. Cette dernière est incorporée dans la
Numidia Constantina. Le transfert de capitale est effectif dès 314. Ainsi, le territoire de
la nouvelle Numidia Constantina englobe la « vieille province de Numidie réunifiée
après son dédoublement en deux provinces ordonné par Dioclétien »1.

La création de la province de Numidie en tant qu’entité à part entière fut donc


relativement tardive par rapport à la Proconsulaire et aux Maurétanies. Ainsi jusqu’à
Septime Sévère les premières cités, fondées par les différents empereurs (notamment
sous les Antonins), et leur territoire ne constituaient alors qu’une ramification du
territoire de la Proconsulaire. Ainsi des cités telles que Thubursicu numidarum ou bien
Calame n’étaient qu’une étape de l’incursion romaine vers l’intérieur des terres. Les
différentes fondations de cités sur le territoire numide que nous avons évoquées
précédemment avaient pour objectif premier la sécurisation des acquis territoriaux
romains. La Numidie pré-romaine n’était pas un territoire très urbanisé. Les Romains ne
pouvaient donc pas s’appuyer sur un substrat urbain plus ancien pour faciliter la
conquête. Cela explique aussi la fondation de colonies militaires telles que Timgad,
Lambèse ou Diana. Dans cette situation, la cité de Cirta constituait donc une exception
et plutôt une sorte d’enclave romaine mais reposant sur un ensemble urbain d’origine
punique puis numide. D’autant plus que Cirta était proche du littoral alors que les
incursions romaines en Numidie avaient tendance à se tourner vers l’intérieur des terres.

La conquête romaine de la Numidie renvoie (pour l’Afrique en général) à une


autre question : celle de la romanisation. Ainsi, les différents travaux qui, depuis la fin
du XIXème jusqu’à nos jours, portèrent sur l’Afrique romaine, prirent en compte ce
concept de « romanisation ». Cependant cet outil est difficile à manipuler dans la

1
Berthier A., La Numidie : Rome et le Maghreb, Paris, 1981, p.184.

15
mesure où, durant plus d’un demi-siècle d’historographie française, il fut teinté de
l’idéologie du conquérant (du colonisateur). En effet, depuis 1830, date à laquelle la
conquête de l’Algérie a commencé, les différents savants envoyés sur zone ont voulu
justifier la conquête en soutenant que la France reprenait l’œuvre civilisatrice de Rome
en Afrique. Cette idée est attestée dans les propos du maréchal Soult en 1833, par
exemple1, par lesquels il atteste du rôle de l’armée dans la connaissance du passé.

Les militaires ont donc fourni un travail très important en matière de relevés
topographiques par exemple. Mais, par la suite, les scientifiques et savants français ont
peu à peu pris le relais. En avril 1837 est créée une commission chargée des recherches
scientifiques en Algérie. A partir de ce moment-là, la recherche a pris deux
orientations : l’analyse précise des monuments historiques et la collecte d’inscriptions.
Ainsi L. Renier a multiplié les voyages entre 1850 et 1851 dans la région de Lambèse.
Ses prospections lui ont permis de mettre au jour une grande quantité d’inscriptions : les
inscriptions latines de l’Algérie comptent 4417 textes dont 1409 sont de Lambèse. Les
inscriptions découvertes par L. Rénier ont fourni une bonne base de sources historiques.
Toutefois il n’a pas tenu compte du support contrairement à T. Mommsen qui a donné
la rédaction du volume huit sur l’Afrique à son collègue G. Wilmanns. Un peu plus tard
en 1894 S. Gsell a obtenu une chaire d’Antiquités de l’Algérie et décide de s’intéresser
aux bâtiments publics et lieux de cultes chrétiens.

De même, il ne faut pas oublier le rôle prépondérant des sociétés savantes


locales. La première a vu le jour à Constantine sous l’impulsion des membres de
l’administration civile et militaire. En 1853 est publié le premier Recueil de la Société
de Constantine. Cette revue se composait à la fois de publications et de comptes-rendus.
En 1867, plusieurs publications sont consacrées à des stèles dédiées à Saturne et
découvertes à Aïn Beida. La Revue africaine nait à Alger en 1856. Les académies
d’Hippone et d’Oran sont respectivement fondées en 1865 et 1878. En 1882, le premier
Bulletin de correspondance africaine est publié.

1
«L’occupation de la Régence d’Alger par les troupes françaises (…) ne doit pas rester sans résultat
pour la science et de son côtéla Science elle-même peut concourir àcette œuvre de civilisation qui
commence en Afrique sous la protection de nos armes. Quelques personnes qui s’occupent avec une
attention éclairée des affaires d’Alger m’ont signalé, et j’ai senti moi même, les avantages que sous ce
double rapport pouvait offrir une bonne géographie de la Maurétanie sous la civilisation antique et une
histoire de la colonisation des Romains dans cette contrée, des institutions qu’ils ont fondées, des
rapports qui s’étaient établis entre eux et les indigènes. Je n’ai pas besoin d’insister sur l’intérêt
scientifique de ces recherches; celui qu’elles auraient pour l’administration n’en est pas moins évident.».

16
La multiplication de ces revues, sociétés et nouveaux postes montrent bien
l’intérêt que porte le gouvernement français d’alors à la conquête romaine et au concept
de romanisation. L’objectif est de savoir où Rome a échoué et où il a réussi afin de
s’inspirer de son exemple en l’imitant ou en ne commettant pas les mêmes erreurs. C’est
en cela que le concept de romanisation est fortement empreint d’une vision colonialiste.
Cette appréciation tend à s’atténuer au fur et à mesure mais garde tout de même quelque
persistance encore aujourd’hui. Ainsi, l’ouvrage de R. Cagnat (paru en 1892) intitulé
l’armée romaine d’Afrique et l’occupation militaire de l’Afrique sous les empereurs
laissait entrevoir une vision très sécuritaire appliquée au territoire africain (et
notamment la Numidie). La vision de R. Cagnat convergeait avec celle de S. Gsell, une
vingtaine d’années plus tard. Dans son Histoire ancienne de l’Afrique du Nord,
composée de huit volumes (parus entre 1913 et 1929), il s’attachait à une
compréhension globale et totale dépourvue de toute comparaison avec l’époque
moderne. En partant des royaumes indigènes et des rois antérieurs au pouvoir romain, il
procéda par comparaison analogique. Il fit également intervenir des notions
d’ethnologie. Mais malgré tout sa vision rejoint celle de R. Cagnat

A partir des années soixante, on a assisté à une remise en question de cette


vision « colonialiste » et à la mise en place de nouvelles problématiques de recherche.
En 1949, dans son ouvrage intitulé l’Afrique blanche française, J. Despois dénonce le
travail des historiens affirmant qu’ils agissaient davantage par idéologie que par rigueur
scientifique. De même cette vision sécuritaire a été également remise en cause par C.
Courtois en 19561. Son approche a été reprise par P.-A. Fevrier en 1989 dans le volume
un de son Approche du Maghreb romain : pouvoirs, différences et conflits.

De l’autre côté de la Méditerranée, les écrits sur ces problématiques portant sur
l’impact de la culture romaine étaient également au centre des travaux de certains
savants. Mais là encore l’idéologie et le besoin de la construction d’une identité ont pris
une part trop importante dans des ouvrages à but scientifique. L’exemple le plus
frappant est celui d’A. Laroui qui juge l’action de Rome en Afrique très négative. Il met
en avant les révoltes contre l’ordre romain afin de soutenir son propos 2. Parallèlement
d’autres ouvrages paraissent et viennent remettre en question la notion d’une

1
COURTOIS C., JULIEN C.-A., Histoire de l’Afrique du Nord, des origines à la conquête arabe, vol.1,
Paris, 1956.
2
LAROUI A., L’Histoire du Maghreb : essai de synthèse, Paris, 1982.

17
romanisation en tant qu’échange unilatéral de Rome vers la province. M. Benabou avec
son livre sur La résistance africaine à la romanisation pose la question de la pertinence
de ce terme pour qualifier l’influence romaine sur les populations africaines1. Cependant
son ouvrage a fait la polémique dans la mesure où il présentait, dans certains aspects de
la résistance à la romanisation, une vision bipolaire. Dans la première partie de son
ouvrage, traitant de la résistance militaire, M. Benabou semblait se délivrer du
manichéisme inhérent à l’école classique (c’est-à-dire une opposition entre Rome et les
indigènes) et il a mis en valeurs les différentes formes de résistances ou d'acceptations.
Mais dans la deuxième partie concernant la résistance religieuse, il semblait se faire le
défenseur d’une culture africaine si longtemps dominée et opprimée par les
envahisseurs. Le travail de M. Benabou a été vivement critiqué par Y. Thébert dans son
article « romanisation et déromanisation en Afrique : histoire décolonisée ou histoire
inversée ? » paru en 19782. Pour Y. Thébert, le prétexte idéologique semblait davantage
dominer dans la seconde partie de M. Benabou. De plus, ce dernier mettait en évidence
la notion de permanence berbère. Là aussi, Y. Thébert le reprend en affirmant qu’il est
dangereux d’user de la résistance comme un concept unificateur débouchant sur une
vision globale des rapports entre Rome et l’Afrique. La thématique du « berbère »
semblait récurrente chez M. Benabou. P. Le Roux a mis l’accent sur cette notion
globalisante car à l’instar d’un concept de romanisation (à portée civilisatrice)
s’inscrivant dans le cadre de la colonisation par les grandes puissances européennes,
cette notion de résistance constante et systématique se place elle-même dans une
période de décolonisation. On présenterait alors l’image d’un indigène uniformisé. A
l’inverse, on opposerait donc à un Romain abstrait, un indigène qui l’est tout autant3.

L’usage même du terme « romanisation » a été remis en question au tout début


du XXIème siècle. On peut se poser la question d’un dépassement de la romanisation. Ce
dépassement, deux historiens l’ont théorisé : G. Woolf dans son ouvrage Becoming
Roman. The Origins of Provincial Civilisation in Gaul (1998)4 puis J. Webster dans un
article paru dans l’American Journal of Archeology en 2001 et s’intitulant « Creolizing

1
BENABOU M., La résistance africaine à la romanisation, Paris, 1975.
2
THEBERT Y., « Romanisation et déromanisation en Afrique : histoire décolonisée ou histoire
inversée ? » in Annales, économies, sociétés, civilisations, 33, 1, Paris, 1978, p. 64-82.
3
LE ROUX P. La toge et les armes, Rome entre Méditerranée et Océan, Presses universitaires de
Rennes, Rennes, 2011, p. 58.
4
WOOLF G., (Becoming Roman. The Origins of Provincial Civilisation in Gaul, Cambridge university
press, Cambridge, 1998.

18
the Roman Provinces »1. Tous deux prônent le dépassement de ce concept, trop marqué
par l’empreinte du colonisateur, pour dériver vers une terminologie qu’ils estiment plus
neutre et proche de la réalité. J. Webster est le premier à vraiment proposer un nouveau
terme : celui de créolisation. L’usage de ce terme s’insère tout particulièrement bien
dans un mouvement anglo-saxon très en vogue depuis les années quatre-vingts fondé
sur les études anthropologiques. Le terme de créolosation recouvre, à l’origine, les
éléments de syncrétisme issus des croisements entre la religion des indigènes de Cuba et
le christianisme des colons espagnols du XVIIIème siècle. Ce concept adapté à l’époque
antique est sensé mettre en évidence le rôle d’une culture matérielle romanisée à la fois
vectrice d’une nouvelle identité et protectrice des croyances et pratiques pré-romaines.
Cependant, ce nouveau terme est remis en question car il survalorise certaines notions,
certes primordiales à l’époque moderne, mais très secondaires dans l’Antiquité : des
notions telles que la race ou bien le dogme.

La grande difficulté à trouver un terme définissant correctement le principe


d’influence mais aussi d’échange mutuel a conduit d’autres historiens à revenir au
concept de romanisation mais tout en modifiant certains aspects de celui-ci. Ce fut
notamment le cas de N. Terrenato qui, par l’exemple de l’Italie, apporta une nouvelle
conception de la romanisation2. Sa méthodologie reposa sur une étude des écarts entre
l’Italie et les autres provinces. Il développa le concept de « négociation entre élites »
c’est-à-dire qu’à un moment donné les rivalités opposant les élites furent mises de côté
au bénéfice de la convergence et l’extension d’une culture commune. Dans son propos,
le caractère complexe de la romanisation et les élites eurent un rôle central.

Au vue des débats sur la romanisation, il semble que la question n’est pas encore
réglée. Mais il apparaît difficile de se détacher du concept de romanisation et de le
remplacer par autre chose. Pour notre part, nous partons du principe que ce terme définit
plutôt correctement la réalité d’une influence certaine de Rome sur les populations
conquises. La continuation des cultures et pratiques préromaines ne contredit pas, à
notre sens, cette influence d’une Rome proposant son modèle à ses nouvelles provinces.
C’est notamment ce que semble avoir révélé notre travail de M2 où l’on voit une société

1
WEBSTER J. « Creolizing the Roman Provinces » in American journal of archeology, 105, 2001, p.
209-225.
2
TERRENATO N. « A Tale of Three Cities : the romanization of Northern coastal Etruria », in Italy and
the West. Comparative issues in Romanization, Keay S., Terrenato N. (dir.), Oxbow Books, Oxford,
2001, p. 54-67.

19
romanisée et une certaine fierté vis-à-vis de la communauté et de son propre cursus.
Mais il convient de nuancer en disant que nous n’étudions qu’une partie de cette
population, la plus élevée socialement (donc la plus romanisée), et donc la plus basse
numériquement. Par conséquent, notre étude ne peut privilégier ni l’une ni l’autre des
théories puisqu’elle n’est pas totalement représentative de l’ensemble de la société
africaine d’alors.

Notre étude s’étend du IIème siècle au IVème siècle ap. J.-C. Nous tenons à
préciser que ce découpage n’est pas arbitraire et repose d’abord sur un aspect
pragmatique : la majorité des inscriptions datées se trouve entre ces bornes
chronologiques. De plus, au IIème siècle l’empereur Septime-Sévère crée, officiellement,
la province de Numidie. Les inscriptions datées les plus tardives mentionnent le règne
de Théodose (fin IVème siècle). Nous nous sommes donc fondé sur celles-ci pour établir
le terminus post quem de notre sujet.

Outre les aspects historiographiques que nous venons d’introduire, il convient


également de préciser les aspects sémantiques que revêt notre sujet : les notables
municipaux. Nous sommes donc amené à réfléchir sur la notion de notable et de
notabilité dans le cadre des cités. Un notable est une personne ayant une situation
sociale de premier rang dans une ville ou une région.

Un notable appartient, au sein d’une même cité, à une élite sociale. Mais on
peut se demander quelle différence il y a entre un notable et une élite.

Une élite est une personne jouissant d’une position sociale élevée au sein de la
communauté civique (que ce soit celle d’une cité ou l’ensemble des citoyens de
l’Empire). L’origine de sa position est due à sa richesse mais aussi à son pouvoir et une
influence certaine. Dans son introduction aux études consacrées aux élites hispaniques,
A. Tranoy use d’une défintition de Taine, tirée de son ouvrage Origines de la France
contemporaine (1893) : les élites sont « ceux qui ont des lumières, de l’aisance et de la
conscience »1. Ainsi cette élite se caractérise par une culture, une richesse et une
conscience politique. Cette dernière, A. Tranoy en fait un des « critères les plus

1
NAVARRO CABALLERO M., DEMOUGIN S. (éd.), Elites hispaniques, AUSONIUS, Bordeaux,
2001, p. 9.

20
importants pour définir les élites »1. En effet, la participation des élites à la vie
politique et surtout au pouvoir est un maillon important de la Dignitas.

Où se placent, donc, les notables parmi les élites ? Cette élite englobe la grande
majorité des milieux dirigeants c’est-à-dire à la fois les sénateurs, les chevaliers et
l’aristocratie municipale. Ces trois sous-catégories semblent au départ être bien
distinctes mais au fur et à mesure sont liées les unes aux autres : à partir de la fin du
IIème siècle un nombre croissant de nouveaux chevaliers était choisi parmi les rangs des
notables municipaux. Les notables municipaux faisaient partie intégrante de ces élites.
Mais sans rang équestre ou sénatorial leur perspective de carrière ne se bornait qu’à
l’horizon de leur petite patrie. Mais nous y reviendrons plus tard.

On peut se demander comment se définit un notable ? Si l’on s’en réfère à la


définition de M. Christol, « Le terme de notables renvoie à l’élite civique, définie par la
participation avérée à l’activité politique, c’est-à-dire par l’exercice de charges ou de
fonctions »2. Le lien entre le notable et la charge qu’il occupe est bien mis en valeur par
M. Christol. Ainsi si l’on s’en réfère à sa définition c’était la fonction qui faisait le
notable. Les termes « notables » et « municipaux » de notre sujet sont donc
inextricablement liés. Mais M. Christol fait également remarquer que les notables
forment un ensemble hétérogène, hiérarchisé et subdivisé. Mais selon lui le terme d’élite
permet de mieux s’adapter à l’analyse sociale ainsi qu’à la diversité des situations et des
comportements3. Le terme notable serait alors trop connoté politiquement. Cela dit la
position de M. Christol semble ambigue dans la mesure où il définit un notable par
l’exercice d’une activité ou charge civique au sein de sa cité tout en lui préférant le
terme d’ « élite » moins réducteur (mais également moins précis). Pour ce travail de
Master 2, nous avons basé notre première approche (et notre plan l’a montré) sur
l’aspect essentiellement politique parce que les inscritpions de notre corpus ont été
seléctionnées sur la base de la définition de M. Christol. La mention des magistratures
municipales est essentielle car elle fonde la notabilité.

1
Ibid. p. 10
2
CHRISTOL M. « En-deçà du monde des notables : la situation en Gaule Narbonnaise », in
Autocélébration des élites locales dans le monde romain : contexte, textes, images (IIème s. av. J.-C. –
IIIème s. ap. J.-C.), CEBEILLAC-GERVASONI M., LAMOINE L., TREMENT F. (dirs.), Clermont-
Ferrand, 2004, p. 59.
3
Ibid. p. 60.

21
Un sujet traitant des notables municipaux renvoie automatiquement à la notion
de notabilité. Peut-être que cette dernière pourrait fournir une nouvelle définition sur les
notables ? Quelles sont les conditions de la notabilité dans l’Empire romain ? En
premier lieu, comment la notabilité peut-elle se définir ?

J. Andreau opère une distinction en disant : « j’entends par oligarchies


l’ensemble des ordres privilégiés (Sénat, ordre équestre, oligarchies municipales), et par
notabilités tous ceux qui, sans appartenir à ces ordres, en sont proches par les sources de
revenus et le style de vie »1. Dans cette définition J. Andreau semble distinguer
oligarchies municipales et notabilités. Les notables seraient donc une catégorie de
personne que l’on pourrait presque rapprocher de Trimalcion : c’est-à-dire un groupe de
personnes désirant s’approcher au plus près par leur mode de vie, des élites de l’Empire.
Cependant l’approche de J. Andreau dans sa communication est essentiellement
économique et donc, de fait, sa définition cadre avec son objet d’étude. Pour confirmer,
nos dires, J.-P. Morel, qui reprend la définition de J. Andreau, s’excuse pour une faille
dans la discimination entre les élites municipales proprement dites (c’est-à-dire
magistrats ou classe décurionale) et les notables2.

Donc pour faire suite à ce que nous avons dit, on peut s’interroger sur ce qui
fonde la notabilité ? Tout d’abord elle repose sur une certaine aisance matérielle. Les
notables étaient des personnes riches (fortune individuelle ou familiale). Leur richesse
reposait essentiellement sur la propriété foncière. Mais pas seulement, car à ces élites
terriennes vinrent se greffer des citoyens romains originaires d’Italie ou de plus vieilles
provinces. Il y avait un certain nombre de vétérans et de petits fonctionnaires accédant à
la propriété foncière par donation ou achat des terres. La deuxième condition (la plus
importante) était la dignitas. Cette qualité caractérisait l’élite romaine et donc était un
facteur de notabilité. La richesse seule ne suffisait pas. Ainsi ce qui faisait la dignité
d’un homme, « reposait en effet à Rome comme dans toutes les cités, sur les honneurs,
sur les magistratures revêtues et non sur l’appartenance à une classe socio-
économique »3. Ainsi, la société romaine était une société dite « timocratique » c’est-à-
dire fondée sur le « règne des honneurs ». Sachant cela, on peut dire que c’était

1
« A propos de la vie financière à Pouzzoles : Cluvius et Vestorius », in Bourgeoisies, 1983, Paris, p. 9
2
MOREL J-P, « Elites municipales et manufactures en Italie », in Les élites municipales de l’Italie
péninsulaire, des Gracques à Néron, actes du colloque de Clermont-Ferrand (28-30 novembre 1991),
CEBEILLAC-GERVASONI M. (dir.), Rome, p. 183.
3
Roman D, Roman Y., Rome : de la République à l’Empire, IIIème siècle av. J.-C. – IIIème siècle ap. J.-C.,
Paris, 2006, p. 312.

22
réellement la carrière des honneurs qui constituait la notabilité. Les notables municipaux
constituaient l’épine dorsale de la vie politique au sein de la cité. Ils siégeaient au sénat
local (curie), et formaient le conseil des décurions. Au sein de ces derniers étaient
choisis les magistrats administrant la cité (questeurs, édiles, duumvirs…). D’un point de
vue plus général, il semble que les cités de l’Orient hellénistique possédaient depuis
longtemps des institutions municipales. Rome calqua ainsi ce modèle sur celui des
nouvelles colonies qu’elle fondait. Par conséquent, on assistait donc à l’émergence
d’une certaine homogénéité, d’un modèle1. On avait donc à la base une assemblée des
citoyens de la cité dont le but était d’élire les magistrats, de délibérer et de prendre des
décisions pour la cité. A côté de ces assemblées, il y avait un sénat composé d’une
centaine de membres, conseillant et contrôlant les magistrats. Enfin le dernier niveau
était occupé par les magistrats de la cité. Ces fonctions étaient collégiales. Le cursus des
honneurs municipaux se composait de plusieurs échelons dont la plus haute fonction
était la quinquennalité (rédaction de l’album hiérarchisé des décurions tous les cinq
ans). La notion de notabilité (dignitas) était inextricablement liée aux charges (munus
et/ou honos) dévolues au gouvernement de la respublica.

Maintenant arrêtons-nous sur les notions d’honos et de munus. L’honos peut-être


traduit comme un « honneur » et munus comme une « charge ». Les deux traductions
montrent bien la différence de perception que l’on pouvait en avoir (nous allons y
revenir).Outre la différence de point de vue, ce qui distingue l’honor du munus c’est le
versement d’une somme honoraire ou summa honoraria. Cette somme était une
promesse dont le notable devait s’acquitter s’il obtenait la fonction convoitée lors d’une
campagne électorale. En effet, l’honor impliquait ce type de versement alors que le
munus non. Ainsi, un duumvirat était un honor, alors qu’un curateur ou un official était
un munus.

Cette distinction s’intègre dans un contexte historiographique où, jusque dans les
années cinquante, certains historiens pensaient que durant Bas-Empire, le poids de la
bureaucratie impériale et l’appauvrissement des provinces étaient si forts que les
fonctions municipales, autrefois considérées comme des honneurs, étaient devenues des
charges (munus) et bientôt des fardeaux (onus).

1
Il faut faire attention à ne pas généraliser outre mesure car il y avait des variations au sein de chaque cité
(notamment en ce qui concernait les magistratures municipales).

23
Claude Lepelley dans l’introduction de son volume un sur les cités de l’Afrique
romaine à la basse période résume l’opinion des historiens du XIXème et du début XXème
siècles en trois livres de synthèse parus entre 1926 et 19271. Tout d’abord, M.
Rostovtzeff dans son Histoire économique et sociale de l’Empire Romain (1926)
affirme que l’aristocratie et la bouregoisie urbaine ont été décimées par les empereurs
militaires du IIIème siècle. M. Rostovtzeff rappelle le règne de Dioclétien comme celui
d’une tyrannie bureaucratique à cause de laquelle toute autonomie municipale fut
supprimée. Il va même plus loin en affirmant que les villes étaient devenues de
véritables prisons. La même année paraît un ouvrage de synthèse sur l’administration
municipale de l’Empire romain, écrit par F. Albot et A. Johnson et intitulé Municipal
administration in the Roman Empire. Ici encore, les deux historiens pensent que
l’autorité du gouverneur oppressa les élites municipales à un point tel qu’au IVème siècle
les cités devinrent des villages denués de toute structure politique interne. Dans La fin
du monde antique et le début du Moyen-Age (1927), F. Lot livre un raisonnement
encore plus systématique que les deux précédents. Selon lui, on assiste à une décadence
irrémédiable des cités au IVème siècle, due à un abandon des fonctions municipales de la
part des familles de notables. C.-A. Julien applique cette conception à l’Afrique romaine
tardive, pour affirmer la « banqueroute frauduleuse de la colonisation romaine »2. Les
trois ouvrages évoqués précédemment montrent relativement bien que cette vision
catastrophiste préodominait chez les savants. C. Lepelley explique cette « vision
pessimiste » par une surinterprétation de certains documents comme le Code
Théodosien qui laisserait paraître un contrôle extrême exercé par l’Etat romain3. De
même, des lettrés tels que saint Augustin ou Optat de Milev mentionnent des épisodes
de violentes émeutes en Numidie. Cela aurait ainsi conforté les historiens dans leurs
conclusions.

Ainsi jusque dans les années cinquante, il n’y eut aucune remise en question de
l’historiographie traditionnelle.

Mais à partir des années soixante, une multiplication des études convergentes
oblige à une révision de cet aspect de l’Afrique. On constate, par exemple, que,

1
LEPELLEY C., Les cités de l’Afrique romaine au Bas-Empire, vol. 1, Etudes Augustiniennes, Paris,
1979, p. 10.
2
JULIEN C.-A., Histoire de l’Afrique du Nord, Paris, 1931, p. 62.
3
LEPELLEY C., Les cités de l’Afrique romaine au Bas-Empire, vol. 1, Etudes Augustiniennes, Paris,
1979, p. 14.

24
paradoxalement, la crise du IIIème siècle a conduit à une multiplication des inscriptions
municipales mentionnant par exemple des travaux d’édification ou de restauration. Dans
son livre intitulé Civilisation de l’Afrique romaine paru en 1959, G. Picard montre que
les provinces de Proconsulaire et de Numidie présentent une assez forte densité urbaine,
ainsi qu’un degré de romanisation relativement élevé. Selon P. Veyne, il apparait que la
vie municipale entre le Haut et le Bas-Empire n’a que peu changé1. Cette thèse, C.
Lepelley la confirme en 1979 dans son travail sur les cités de l’Afrique romaine du Bas-
Empire2. Dans le volume un, il montre les permanences de la vie municipale en Afrique,
caractérisée, semble-t-il, par un fort esprit de conservatisme. F. Jacques, quant à lui,
s’inscrit dans cette tradition en disant, en ce qui concerne les différents aspects de la vie
municipale, qu’il y a « plus de permanence que d’évolution »3.

Ainsi la question de la place de ces élites et leurs rôles dans la vie municipale
des cités de Numidie se pose. En effet, nous avons dit précédemment que ce qui fonde
la notabilité c’est avant tout la pratique de la politique et l’exercice de magistratures
municipales. Notre corpus nous laisse entrevoir un assez large éventail de fonctions
municipales plus ou moins homogènes. Ces dernières posent un certain nombre de
questions et de difficultés. Tout d’abord on peut se demander si le cursus municipal en
Numidie est fixe ou bien s’il varie en fonction des cités ? Qu’en est-il vis-à-vis d’autres
provinces africaines ? De même, la nature de certaines magistratures municipales pose
des problèmes. A quel moment une magistrature peut-elle se définir comme un honor
ou un munus ? Qu’en était-il de la transmission de ces charges ; peut-on réellement
parler comme le dit J. Andreau d’ « aristocratie municipale » ? Les magistratures
demeuraient-elles aux mainx des mêmes familles ? La question d’une mobilité sociale
des élites municipales semble également se poser. Nos inscriptions paraissent également
révéler une importante activité évergétique en Numidie. Qu’en est-il réellement ? Peut-
on dire que cet évergétisme fonde la notabilité et si oui comment se caractérise t-il ? De
plus, on peut s’interroger sur les renseignements que peuvent nous donner ces
inscriptions évergétiques sur des domaines comme l’économie, l’urbanisme mais aussi
des éléments moins concrets tels que le « patriotisme local ». On peut également se
demander si les actes de munificences étaient toujours librement consentis. Et si, par

1
Veyne P., Le pain et le cirque, sociologie historique d’un pluralisme politique, Paris, 1976, p. 51.
2
LEPELLEY C., Les cités de l’Afrique romaine au Bas-Empire, 2 vol., Etudes Augustiniennes, Paris,
1979.
3
JACQUES F., Le privilège de la liberté. Politique impériale et autonomie municipale dans les cités de
l’Ocident romain de Marc-Aurèle à Gordien III (161-244), Ecole Française de Rome, Rome, 1984, p. 75.

25
voie de conséquence, il existait une pression, une obligation de donner pour les notables
municipaux ?

Afin d’appréhender ces questions, nous présenterons, tout d’abord, le corpus


d’inscriptions épigraphiques que nous avons réalisé durant nos recherches. Cette partie
sera divisée en deux sous-parties. La première traitera de la méthodologie que nous
avons appliquée lors du recensement et de la mise en forme du corpus épigraphique.
Puis, dans la deuxième, apparaitront les inscriptions classées par cités. Dans un
deuxième temps, nous traiterons de l’apport de l’épigraphie dans l’étude des notables et
leur intégration dans la vie municipale. Pour cela, nous nous focaliserons sur les
magistratures municipales car ce sont elles qui réellement fondent le notable. Cette
première approche peut sembler d’emblée superficielle mais elle s’inscrit tout de même
dans la définition du notable municipal évoquée précedemment. D’autant plus que,
compte tenu des modestes objectifs que nous nous sommes fixés pour cette année,
l’étude de ces magistratures reste essentielle car ces dernières posent un certain nombre
d’interrogations sur la vie politique dans les cités de Numidie. Enfin, nous nous
focaliserons sur un élément (qui prédomine dans les inscriptions découvertes) : celui de
l’évergétisme et plus particulièrement de l’évergétisme ob honorem c’est-à-dire les
libéralités dont les candidats faisaient preuve lors d’une élection. En effet, cette dernière
partie semble également assez réductrice, mais comme nous allons le dire les
inscriptions évergétiques dominent très largement notre corpus épigraphique. D’autant
plus que l’étude de l’évergétisme débouche en général sur une approche plus
globalisante de la société des notabilités urbaines. De même, elle permet une approche
de l’économie et est un indice de la santé financière des grandes familles de notables au
sein des cités. Mais l’évergétisme semble poser, en lui-même, des interrogations comme
nous allons le voir pour l’évergétisme ob honorem.

26
PREMIERE PARTIE : Corpus épigraphique

27
1.1. Considérations méthodologiques

Notre travail de recherche nous a amené à réfléchir sur la méthode employée pour
le recensement des notables municipaux. Nos sources pour ce travail furent le Corpus
Inscriptionum latinorum, les Inscriptions latines de l’Algérie, et l’Année Epigraphique.
Ces sources ne sont pas les seules qui permettent d’étudier les notables municipaux. Les
textes des auteurs grecs et romains fournissent également une source d’information plus
ou moins abondante. Cependant dans le cadre de notre mémoire nous avons décidé de
donner la priorité aux catalogues épigraphiques. Nous réservons l’emploi des sources
littéraires pour un futur travail de recherche plus approfondi.

Le Corpus Inscriptionum latinorum (ou CIL) et notamment le volume huit


concernant l’Afrique fut publié par G. Wilmanns en 1881, puis réédité par H. Dessau,
R. Cagnat et J. Schmidt en 1894. L’état de la documentation remonte à un siècle. Les
savants ont recensé en tout près de 30 000 inscriptions (CIL et addendum) Concernant
la zone de la Numidie méridionale plus de 3300 inscriptions ont été dénombrées. De
même l’Année Epigraphique publiée chaque année depuis 1888, révise un certain
nombre d’inscriptions et en signale des inédites. Au total 50 000 inscriptions furent
décomptées (beaucoup plus que pour toutes les autres régions de l’Empire). Les
Inscriptions Latines de l’Algérie recensent également une grande partie des inscriptions
qui ont été découvertes. Le tome I prend en compte une partie de la Proconsulaire ;
tandis que le tome II traite de la Confédération cirtéenne, de Cuicul.

Du point de vue de la méthode de recherche, nous avons sélectionné les


inscriptions en nous fondant sur la liste des charges que l’on trouve dans le cursus
municipal : questeur, édile, duumvir, duumvir quinquennal, flamine perpétuel (liste non
exhaustive). Bien que cette méthodologie puisse être sujette à caution, elle présente, tout
de même, l’intérêt de cibler précisément les personnes occupant ces fonctions. De plus,
ces charges étant de type censitaire, elle ne pouvait qu’échoir aux élites socio-
économiques et donc politiques. Le cens décurional, par exemple, variait en fonction de
la richesse de la cité. Mais il pouvait aussi être fixé par décision impériale. Selon C.
Lepelley, les conditions du cens étaient variables1. Il était en moyenne de 50 jugères
(soit 12,5 ha) ce qui était assez peu. Une loi de Constance II l’établissait à 25 jugères de

1
Lepelley C., Les cités de l’Afrique romaine au Bas-Empire, vol. 1, Paris, 1979, p. 197-201.

28
terres. Et une autre loi de Valentinien III (439) fixait un cens à 300 sous d’or soit une
propriété de 150 jugères (environ 38 ha). Cependant, certaines fonctions ou charges
peuvent être relativement ambigües et donc nous avons été amené à faire des choix. Un
des objectifs étaient de trouver des notables originaires de Numidie. Certaines charges
incombaient non point à des membres de l’aristocratie municipale mais à des
fonctionnaires impériaux « parachutés » dans la province. L’exemple le plus flagrant est
celui du curator rei publicae : au départ, envoyé par l’empereur et extérieur à la cité (et
même à la province), il devint, progressivement, un membre de la notabilité
municipale1. Par conséquent, nous avons choisi de les intégrer dans notre corpus. En
revanche, les gouverneurs ne sont pas présents car ils n’appartiennent pas au « monde
municipal ».

Le problème du choix se pose également en des termes géographiques : ainsi la


question de savoir si une inscription appartient à la province de Numidie ou bien à la
Proconsulaire (sachant que la frontière entre ces deux entités a été mouvante) doit entrer
en ligne de compte. La difficulté du choix se pose sur des villes frontalières telles que
Tipasa, Calame ou Madauros dont on peut considérer qu’elles appartiennent à la
Proconsulaire mais qui, dans le CIL, sont placées sur un territoire que G. Wilmanns
nomme « Numidie proconsulaire ». Par souci de cohérence nous avons décidé de suivre
la qualification de CIL et avons donc intégré les inscriptions des cités de la province de
Numidie (au sens large). Néanmoins nous avons conscience d’avoir peut-être trop élargi
l’éventail des inscriptions, mais compte tenu des mouvances du territoire de la province
de Numidie nous pensons que cette approche est justifiable.

1
Ibid. p. 168-193.

29
La présentation de nos inscriptions dans le corpus se divise en six sections (dont
quatre récurrentes) :

1- Le lemme au sein duquel nous mentionnons la source de


notre inscription (CIL, ILAlg ou AE) et les concordances que
l’on peut trouver dans les autres corpus (Inscriptiones
Latinae Selectae) ainsi que le numéro de l’inscription. Dans
un cadre nous intégrons six sous-catégories : localisation
(lieu de découverte de l’inscription) ; description (aspect,
matériau, anormalités ou particularités) ; les dimensions en
centimètres (longueur + largeur + épaisseur) ; la hauteur des
lettres (en cm) ; hederae (le nombre d’hederae, et le numéro
des lignes) ; ligatures (quelles lettres sont liées et à quelle
ligne). Lorsque ces sections sont vides cela signifie que nous
n’avons pas trouvé de mention dans les corpus ou, dans le
cas des hederae ou des ligatures, qu’elles sont absentes.
2- Transcription. Nous avons tenté de restituer le plus
fidèlement possible les inscriptions à l’identique du modèle
d’origine. Cependant en ce qui concerne les inscriptions
directement tirées de l’Année Epigraphique, cette section est
absente car elle-même n’est pas présente dans la revue. Nous
n’avons pas non plus mentionné l’ouvrage ou revue
d’origine de l’inscription reprise par l’Année Epigraphique.
Travail que nous réserverons pour un développement futur.
3- Restitution. Elle se fait en fonction des normes de
présentation mentionnées par J-M Lassère1.
4- Traduction. Le travail de traduction fut relativement long et
difficile, par conséquent nous nous excusons pour les
expressions quelque peu maladroites qui peuvent en
ressortir.
5- Datation. Fondée sur les estimations des historiens qui ont
publié les corpus ou qui ont mentionné les inscriptions dans

1
Lassère J-M, Manuel d’épigraphie romaine, vol.1, Paris, 2011.

30
leurs travaux. Pour d’autres, nous nous sommes fondé sur les
titulatures impériales ou les fastes consulaires.
6- Commentaire. Cette section, à l’instar, de la précédente,
n’est pas constamment présente dans notre présentation,
mais nous la mettons lorsque certaines particularités sont
mentionnées par les historiens.

Nous avons recensé entre cent-cinquante et cent-soixante inscriptions. Nous


tenons cependant à préciser qu’étant donné nos conditions de sélection, il se peut que
certains notables (ceux dont les noms ont disparu) soient ignorés de notre corpus.

Notre corpus en lui-même présente donc un certain nombre d’inscriptions mais


de divers types : allant de la simple inscription funéraire à une mention d’acte
d’évergétisme, en passant par des dédicaces impériales. Les inscriptions laissent paraître
un certain nombre de notables ayant eu des carrières relativement glorieuses. Nous
n’avons que quelques mentions de simples décurions ou curiales, cela montrant ainsi
que le corpus épigraphique oriente notre étude vers les plus grands parmi les notables.
Cette constatation s’inscrit dans les propos de P. Corbier écrivant que « grâce au texte
épigraphique, l’historien ne connaît qu’un monde heureux, paisible et ordonné qu’il doit
naturellement critiquer comme il le fait pour un texte littéraire ou historique »1. Il y a
cependant deux inscriptions assez importantes mentionnant les décurions. La première
est la composition de la curia commodiana, retrouvée sur une inscription à Timgad et
parue dans l’Année Epigraphique de 1982, où sont mentionnés les noms de pas moins
de cinquante-deux curiales. La deuxième est plutôt un fragment de plusieurs
inscriptions : c’est l’album municipal de Timgad2. Cet album (que nous étudierons plus
en détail ultérieurement) mentionne une grande partie des décurions (en exercice ou
non) de la ville de Timgad que A. Chastagnol daterait des années 360. Ce dernier
dénombre cent-soixante-huit noms réellement inscrits, avec une estimation maximale de
cent-quatre-vingt-huit3. Excepté ces deux exceptions, les noms de simples décurions
n’apparaissent que très rarement dans nos inscriptions :

1
Corbier P., Griesheimer M., L’Afrique romaine, 146 av. J.-C. – 439 ap. J.-C., Paris, 2005, p. 33.
2
CIL VIII, 2403 (= 17824, 17903) (= AE 1948, 118) (= 1949, 133) (1956, 133) (= AE 1978, 891).
3
Chastagnol A., L’Album municipal de Timgad, Bonn, 1987, p. 33.

31
Mention du décurionat dans les
inscriptions
Mentions du décurionat Total des inscriptions

6%

94%

De plus, il convient encore de nuancer ce graphique, car 50% de ces inscriptions


mentionnant le poste de décurion, place en général cette fonction accompagnée d’autres
charges plus élevées (flamine perpétuel, édilité ou duumvirat). Nous voulons ainsi
nuancer notre intitulé de recherche en démontrant que dans notre travail, l’épigraphie
nous a conduit à étudier le milieu d’une aristocratie municipale la plus en vue et peut-
être à ignorer une petite bourgeoisie absente dans l’épigraphie.

Dans cette sous-partie, faisant office d’introduction méthodologique, nous avons tenté
de montré notre méthode de travail de recherche, mais aussi de recensement et de mise
en forme. Nous avons mis en évidence les choix et les difficultés qui se sont posés dans
ce travail de master 2 ; et les limites qui peuvent en résulter.

Ainsi, nous avons présenté notre corpus en classant les inscriptions par le lieu de
découverte. Pour cela nous avons suivi le classement effectué par G. Wilmanns dans le
volume VIII du CIL.

Quant au classement chronologique des inscriptions nous avons réalisé un histogramme


afin de constater la répartition chronologique de ces inscriptions. Nous tenons
cependant à préciser que ce graphique n’est pas forcément bien illustratif d’une situation
étant donné que nous n’avons qu’une cinquantaine d’inscriptions datées sur un corpus
de cent-cinquante.

32
Répartition chronologique des inscritpions
datées
25

20

15
Nombre d'inscriptions par
10 demi-siècle

0
100-150 150-200 200-250 250-300 300-350 350-400

Comme nous l’avons dit le faible nombre d’inscriptions datées ne peut donner
qu’une vue d’ensemble assez limitée (l’absence d’inscriptions de la première moitié du
IVème siècle peut s’expliquer par le fait que nous n’avons pas pu dater des inscriptions
de cette période). Cependant, on peut dégager une tendance globale sur cette répartition.

Tout d’abord, il ne faut pas, à notre sens, voir le vide des années 300-350 comme
un élément révélateur d’une diminution de la pratique épigraphique ou bien d’un
affaiblissement de la notabilité municipale. Le faible nombre d’inscriptions datées ne
nous permet pas de dire si oui ou non ce vide peut s’expliquer, mais on peut y voir un
concours de circonstance malheureux faisant qu’aucune des inscriptions datées ne se
plaçait dans ces années-là. Quoiqu’il en soit, nous constatons une diminution
progressive de la pratique épigraphique à l’aube du IVème siècle. Nous ne disposons pas
d’arguments probants pour expliquer ce phénomène. Cependant une esquisse
d’explication peut se trouver dans les propos de C. Lepelley s’interrogeant sur un
évergétisme tardif1. C. Lepelley constate cette diminution (d’une épigraphie de
l’évergétisme) et semble l’expliquer davantage par un déclin de la pratique de graver

1
cf. LEPELLEY C., « Evergétisme et épigraphie dans l’Antiquité tardive : les provinces de langue
latine », in actes du Xème congrès international d’épigraphie grecque et latine, tenu à Nîmes, du 4 au 9
octobre 1992, Christol M. et Masson O. (éd.), Publication de la Sorbonne, 1997, p. 335-352.

33
que de l’évergétisme en lui-même1. Malheureusement nous ne sommes pas en mesure
de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse (pour la Numidie) dans la mesure où nous ne
disposons que d’un très faible échantillonage d’inscriptions datées.

Parallèlement à cela, on constate également une sureprésentation entre les années


200-250. Pour être plus, précis la majorité de ces inscriptions se placent davantage dans
les premières années du IIIème siècle (notamment dans la première décennie). Cette
croissance peut s’expliquer par une amélioration de la prospérité économique des cités
de la toute jeune province de Numidie. D’ailleurs nous pouvons mettre ce graphique en
lien avec celui sur l’évolution de l’évergétisme ob honorem que nous traiterons
ultérieurement. On constate ainsi une concordance. Mais nous nous occuperons de cette
problématique dans notre troisième partie sur l’évergétisme en Numidie.

1
Ibid. p. 338.

34
1.2. LES NOTABLES DE NUMIDIE : CORPUS EPIGRAPHIQUE

1.2.1. THEVESTE (Tebessa)

CIL VIII, 1842 (= ILAlg. I, 3007)

Localisation : Theveste. « Dans la maçonnerie de la tour voisine de la


porte d’Aïn-Chela » (Groult apud Renier). Sur un dé de piédestal dans
un encadrement. Côté sud de l’enceinte byzantine
Description :
Dimensions : 100 x 124
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

MERCURIO

AUG SACR

Q LONGEIUS Q F PAP

FAUSTINUS AEDIL PRAEF

I D OB HONOREM AED STATUAM

MERCURI CUM SUIS ORNAMENTIS

QUAM EX HS V PROMISRAT O O

DEDICAVIT INLATIS REIP HS IV LEGITIMUS

ET AMPLIUS I PRETIUM STATUAM IMPENDIT HS II

LDDD

35
Restitution :

Mercurio /aug(usto) sacr(o)/ Q(uintus) Longeius Q(uniti) f(ilius) Pap(iria)/ Faustinus


aedil(is) praef(ectus)/ I(ure)d(icundo) ob honorem aed(ilitatis) statuam / Mercuri cum
suis ornamentis / quam ex (sestertium) V promis[e]rat [epul]o [d][at]o/ Dedicavit
inlatis reip(ublicae) (sestertium) IV legitimus/ Et amplius I(n) pretium statuam impendit
(sestertium) II/ L(ocus) d(atus) d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

A Mercure Auguste Sacré, Qunitus Longeuis Faustinus, fils de Quintus, de la tribu


Papiria, édile, praefectus iure dicundo, en l’honneur de son édilité a élevé une statue de
Mercure avec ses ornements, s’est acquitté de 5000 sesterces qu’il promettait et a fait
donner un banquet, il a dédié, il s’est acquitté pour la république de la somme légitime
de 4000 sesterces et l’a augmenté de 2000 sesterces pour la valeur de la statue.
Emplacement attribué par décret des décurions.

Commentaire :

A la l. 7 Th. Mommsen restitua par epulo dato.

AE 1982, 961.

Localisation : Henchir Gousset.


Description : le cadre est orné de stries. Présence de traits de séparation
interlinéaires.
Dimensions : 44 x 90 x 15 (dimensions totales), 38 x 80 (dimensions
du champs épigraphique).
Hauteur des lettres : 5, 3.5 (dernière ligne débordant sur le cadre).
Hederae :
Ligatures :

36
Restitution :

Pro felicitate temporum beatorum / Quintus Cassius Taurus fl(amen) p(er)p(etuus)


legalis / ob honorem flamoni(i) paterni con/sensu splendidissimi ordinis sibi con/locati
cenitatem<<genitalem>> curiam sum(p)tu proprio / reparavit(!)

Traduction :

Pour le bonheur des temps heureux, Quintus Cassius Taurus, flamine perpétuel de
Leges (Maiorum), en l’honneur du flaminat de son père qui lui a été attribué avec
l’accord du plus splendide ordre, il a restauré, à ses frais, la curie de sa ville ancestrale.

Datation :

Vers la fin du IVème siècle. On a là un exemple du maintien des traditions municipales


et de l’évergétisme des notables à cette époque tardive.

Commentaire :

Ligne 2 : legalis pourrait être l’ethnique de leges (Maiorum) et l’équivalent de legensis,


mot signalé pour l’évêque d’une ville nommée Leges dans les Actes de la conférence de
Carthage de 411.

Ligne 4 : le mot cenitatem est certainement fautif. L’éditeur suggère qu’il s’agit peut-
être de la salle de banquet de la curie, mais la construction de la phrase est alors
inexplicable. F. Jacques nous suggère de lire plutôt : genitalem curiam, la curie de sa
ville natale, expression qui figure dans une loi d’Honorius (C. Theod., XII, 1, 161).

Ligne 3 : après la mort de son père décédé soit en étant flamen designatus soit en
charge, son fils Q. Cassius Taurus a été nommé flamine à sa place, probablement à sa
demande même, et accomplit pendant son propre flaminat l’acte énergétique que, selon
toute vraisemblance, son père avait promis auparavant.

37
1.2.2. MASCULA (Krenschela)

CIL VIII, 2248.

Localisation : Mascula (Krenchela)


Description : Sur un table bordée d’une monture en haut, à gauche et en
bas. Inscription brisée à droite et dans l’angle supérieur gauche.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures : IL et IR (l.2), TR (l.3),, IT (l.4), ME et TR (l.5), MA, IB et TR
(l.6)

Transcription :

D M S

// .. M . F . PAPIR . NUNDINARIUS . AEDIL . IIVIR . QUI

ROMAN . L . IUL . CRISP MILIA . EQUESTRI . DEFUNC

IANI A MILITIS . IULIAE HONORAT . FILIAE . Q . IUL . ROG

RIAM . EORUM . ET . DEMETRIAE . HIEAE RARISSIMAE FEM

MANIB . SI SUIS . SUPERSTITB . IUL . DEMETRIANO . E . IUL . SALLUS

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum) / [-] [Iul(ius)] M(…) F(ilius) Papir(ia) Nundinarius Aedil(is)
IIvir qui[nquennalis eq(ues)]/ roman(us) L. Iul(io) Crisp[ino] [fa]milia equestri
defunc[to in Hispania]/ a militis Iuliae Honorat(iae) filiae Q(uinto) Iul(io) Rog[ato

38
fil(io) in memo]/riam eorum et demetriae hieae rarissimae fem[inae suas dis]/ manib(us)
sibi [ et filius] suis superstitb Iul(ius) Demetriano E(t) Iul(ius) Sallus[tiano fecit.

Traduction :

Aux sacrés dieux mânes. Iulius Nundinarius, fils de M(arcus ?), de la tribu Papiria, qui
fut édile duumvir quinquennal et chevalier romain de son état, pour L. Iulius Crispinus
de famille de rang équestre, mort en Hispanie. A Diane, de Iulia Honoratus fille de
Quintus, pour Iulius Rogatus fils en leurs mémoire et […] Iulius Demetrianus et Iulius
Sallustianus ont fait.

1.2.3. THAMUGADI (Timgad)

CIL VIII 2343 (= 1693) (= ILS 6840) (= AE 1914, 41)

Localisation : Thamugadi (Timgad)


Description : autel
Dimensions : 118 x 64
Hauteur des lettres : 4
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DIANAE AUG

P . IULIUS LI

BERALIS SACERDOTA

LIS . P . A . II . VIR

39
II . ET . QQ . P . I . D . IN

COL(ONIA) THYS

DRITANA F P NOMINE

FILIARUM SUARUM I

LIARUM DE

DIT IDEMQ

DEDIC . D . D .

Restitution :

Dianae aug(ustae) / P(ublius) Iulius li/beralis sacerdota/lis P(rovinciae) A(fricae) IIvir/II


et q(uin)q(uenalis) p(raefectus) i(ure) d(icundo) in/ Col(onia) Thys/dritana f(lamen)
p(erpetuus) nomine/ Filiarum suarum Iu/liarum de/dit idemq(ue)/ Dedic(avit) d(ecreto)
d(ecurionum)

Traduction :

A Diane Auguste. P(ublius) Iulius Liberalis, prêtre de la province d’Afrique, duumvir à


deux reprises duumvir quinquennal, praefectus iure dicundo dans la colonie de
Thysdritana et flamine perpétuel. Il dédia cela à ses fils. Il dédicace par décret des
décurions.

CIL VIII 2344 (= 17800).

40
Localisation : Timgad (Thamugadi). Decouvert dans le fort byzantin.
Description : autel
Dimensions : 120 x 60
Hauteur des lettres : 6 à 4.5
Hederae : 1 (l.2), 4 (l.7), 3 (l.8), 1 (l.9), 2 (l.10), 2 (l.11), 1 (l.12), 3
(l.13), 2 (l.14), 2 (l.15).
Ligatures : TE (l.11)

Transcription :

FORTUNAE

REDUCI AUG

/////////////

/////////////

/////////////

/////////////

C ANNIUS C F PAPIRIA VICTOR FL PP

AED STATUAM

STATUAM QUAM HONOREM

AED SUA PRAETER LEGITIMAM POL

LICITUS EST EX

HS XVI N POSUIT

LUDIS EDITIS ET

DEDICAVIT

Restitution :

Fortunae/ reduci aug(ustae)/


41
[----|----]

[----|----]

C(aius) Annius C(aii) f(ilius) Papiria victor fl(amen) p(er)p(etuus)/

Aed(ilis) statuam/ quam honorem/ aed(ilitis) sua praeter legitimam pol/licitus

Est ex/ (sestertium) XVI n(ummum) posuit/ ludis editis et/ dedicavit

Traduction :

Monument dédié à Fortune Auguste restauré - - - - Caius Annius Victor, fils de Caius,
de la tribu Papiria, flamine perpétuel et édile qui a posé une statue d’une valeurs de 16
000 sesterces en l’honneur de son édilité et indépendamment de la somme légitime
dont il s’est acquitté, il a organisé des jeux et il a consacré.

CIL VIII, 2345 (= 17813) (= ILS 633) (= AE, 1893, 115).

Localisation : Timgad (Thamugadi). Près de l’arc de triomphe.


Description : Base.
Dimensions : 110 x 62
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures : UM (l.8)

Transcription :

GENIO VIRTUTUM

42
MARTI . AUG . CON

SERVATORI GALER

VALERI MAXIMI

ET FORTISSIMI CAES

VALERIUS FLORUS

V P P P NUM . NU

MINI MAIESTA

TIQUE EORUM

DICATISSIMIUS

POSUIT CURANTE IULIO

LAMBESIO CUR REI PUBLICAE

Restitution :

Genio virtutum marti aug(usti) con/servatori Galer(i)/ Valeri maximi/ et fortissimi


caes(ari)/ Valerius Florus/ V(ir) p(erfectissimus) p(raeses) p(rovincia) N(u)m(idiae)
Nu/mini maiesta/tique eorum / dicatissimius/ posuit Curante Iulio/ Lambesio cur(ator)
rei publicae.

Traduction :

Au génie Vertueux Mars Auguste conservateur Galère César, Valerius Florus vir
perfectissimus pronvinciae Numidiae, très dévoué, a posé en l’honneur du numen et de
la majesté de ceux-ci, par les soins de Iulius Lambesius curateur de la république.

CIL VIII, 2346 (= 17813) (= ILS 632) (= AE 1893, 115).

43
Localisation : Timgad (Thamugadi), près de l’arc de triomphe. Dans la
maçonnerie de la tour du milieu de la face méridionale du fort byzantin,
sur un dé de piédestal.
Description : autel
Dimensions : 110 x 62
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

[HER]CULI AUG

CONSERVATORI

D N IMP M AURELI

VALERI M[A]X[IMIA]NI

INV[ICTI AC SEM]

PER FELICIS AUG

VALERIUS FLORIUS

V P P P NUM

NUM

INI MAIESTATIQUE

FORUM DICATIS

SIMUS POSUIT

CURANTE

IUL LAMBESIO

CURATORE REIP

44
Restitution :

[her]culi aug(usti)/ conservatori/ D(omini) n(ostrum) imp(eratori) M(arci) Aureli/ Valeri


M[a]x[imia]ni/ inv[icti ac sem]/per Felicis aug(usti)/ Valerius Florius/ V(ir)
p(erfectissimus) p(raeses) p(rovinciae) num(idiae)/ Num/ini maiestatique/ eorum
dicatis/simus posuit/ curante/ Iul(io) Lambesio/ curatore reip(ublicae)

Traduction :

Pour Hercule Auguste conservateur, à notre maître, imperator Marcus Aurelius Valerius
Maximianus, invincible pour toujours, heureux Auguste. Valerius Florus, homme
perfectissime, président de la province de Numidie, très dévoué, au numen et à la
majesté de ceux-ci. Par les soins de Iulius Lambesius, curateur de la république.

Datation :

Exercice de la Tétrarchie par Maximien (285-305).

CIL VIII, 2347 (= 17813) (= ILS 631) (= AE 1893, 115).

Localisation : Timgad (Thamugadi). Au sommet de l’une des tours de la


face médridionale du fort byzantin, sur un dé de piédestal.
Description : Base
Dimensions : 116 x 54
Hauteur des lettres : 5 à 4
Hederae :
Ligatures : UM et NU (l.8)

Transcription :

45
I.O.M

CONSERVA

TORI D N IMP

C. VAL DIOCLETI

ANI CTI ET

SEMPER FEL AUG

VALERIUS FLO

RUS V P P P NUM NU

MINI MAIESTATI

QUE EORUM DI

CATISSIMUS

POSUIT CURAN

TE IUL(IO) LAMBE

SIO . CUR . REIP .

Restitution :

I(ovi) o(ptimo) m(aximo)/ conserva/tori D(omino) n(ostro) imp(eratori)/ C(aii) Val(eri)


Diocleti/ani [invi]cti et/ Semper fel(ix) aug(usto)/ Valerius Flo/rus V(ir)
p(erfectissimus) p(raeses) p(rovinciae) Num(idiae) Nu/mini maiestati/que eorum
di/catissimus/ Posuit curan/te Iul(io) Lambe/sio Cur(atore) reip(ublicae)

Traduction :

A Jupiter le meilleur le plus grand conservateur, à notre maître imperator C. Valerius


Diocletianus invincible et toujours Auguste heureux. Valerius Florus, homme
perfectissime, président de la province de Numidie, très dévoué, a fait poser cela en
l’honneur du numen et de la majesté de ceux-ci, par les soins de Iulius Lambaesius,
curateur de la république,

46
Datation :

284-285 (date à laquelle Dioclétien nomme Maximien « César »).

CIL VIII, 2362 (= AE 1941, 45).

Localisation : Timgad (Thamugadi). Sur le forum.


Description : Base
Dimensions : 116 x 68
Hauteur des lettres : 5.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

IMP . CAES

T . AELIO

HADRIANO

ANTONINO

AUG . PIO . P . P

M . CAELIUS

M . F . HORATIA

SATURNINUS

OB HONOR QQ

INLATA RP SUM

HONORARIA EX

HS V N POSUIT

47
IDEMQ DED D D

Restitution :

Imp(eratori) caes(ari) / T. Aelio / Hadriano / Antonino / aug(usto) pio p(atri) p(atriae) /


M. Caelius / M. f(ilius) Horatia/ Saturninus / ob honor(em) q(uin)q(uennalis) / Inlata
r(ei)p(ublicae) sum(ma) / honoraria ex / (sestertium) V n(ummum) posuit / Idemq(ue)
ded(icavit) d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

Pour l’imperator caesari T. Aelius Hadrianus Antoninus auguste pieux père de la patrie.
Marcus Caelius Saturninus, fils de Marcus, de la tribu Horatia, en l’honneur de son
quinquennal s’acquitta de la summa honoraria en donnant 5000 sesterces à la
république, il posa cela et dédia, par décret des décurions.

Datation:

Antonin le Pieux (138-161).

CIL VIII, 2372 (= AE 1941, 47) (= AE 1987, 1071).

Localisation : Timgad (Thamugadi). Dans la muraille du fort byzantin.


Description : fin illisible.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

48
Transcription :

IMP CAES M . AURELIO AN

TONINO PIO FELICE AUG

M POMPEIUS PUDENTINUS VET

FL PP OB HONOREM FLAMONI

SUPER LEGITIMA ET STA

TUAM MARTIS AD AR

CUM PANTHEUM SUM

[PTU

Restitution :

Imp(eratore) Caes(are) M(arco) Aurelio An/tonino Pio Felice Aug(usto) / M(arcus)


Pompeius Pudenti[a]nus vet(eranus) / fl(amen) p(er)p(etuus) ob honorem flamoni(i) /
super legitima et sta/tuam Martis ad ar(am) / cum pantheum sum/[ptu

Traduction :

A l’imperator Caesar Marcus Aurelius Antoninus Pieux Heureux Auguste. Marcus


Pompeius Prudentianus vétéran, flamine perpétuel, en l’honneur de son flaminat, s’est
acquitté en plus de la somme légitime et a élevé une statue de Mars sur l’autel avec le
panthéon ( ?).

Datation :

Elegabal (218-222).

CIL VIII, 2387.

49
Localisation : Timgad (Thamugadi). Sur le forum.
Description : Autel octogonal.
Dimensions : 150 x 45
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DOMITORI HOSTI

UM INVICTO

IMP INDULGEN

TISSIMO PRINCIPI

DN FL CL IULIANO

INVICTO PIO FE

LICI SEMPER AUG

RESP ET ORDO CO

LONIAE THAMG

CURANTE FL AUILINO FL P

CURATORE REI

PUB POSUIT DEDI

CAVITQUE

Restitution :

Domitori hosti/um invicto/imp(eratore) indulgen/tissimo Principi/ d(omino)n(ostro)


Fl() cl(arissimo) Iuliano/ invicto pio Fe/lici semper aug(usto)/ resp (ublcae) et ordo

50
co/loniae Tham(u)g(adi)/ curante Fl(avio) Auilino fl(amine) p(erpetuo) / Curatore
rei/pub(licae) posuit dedi/cavitque

Traduction :

Au vainqueur des ennemis, imperator invincible, au prince le plus indulgent, à notre


maître, Iulianus, invicible, pieux toujours heureux Auguste. La republique et l’ordre de
la colonie de Timgad s’en occupe, Flavius Aulinus Flamine perpétuel, curateur de la
république a posé et a dédié.

Datation :

Julien l’Apostat (361-364).

CIL VIII, 2388 (= 1683), (= ILS 5554).

Localisation : Timgad (Thamugadi). Dans les ruines du portique


oriental du grand temple, sur quatre pierres bordées d’une moulure en
haut et en haut et en bas.
Description : quatre fragments d’une architrave. Fragment cassé en bas
à gauche et à droite (texte manquant).
Dimensions : a) 93 x 42, b) 93 x 99, c) 93 x 122, d) 93 x 100
Hauteur des lettres : 7 (l.1), 6 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

PRO MAGNIFICIENTA SAECULI D N VALENTINIANI ET VALENTIS SEMPER AUGUSTORUM

51
UOR PORTICUS CAPITOLI SERIAE VETUSTATIS ABSUMPTAS ET USQUE ADIMA
FUNDAMENTA C

NOVO OPERE PERFECTAS EXORNATASQUE DEDICAVIT PUBLIUS CAETONIUS CAECIN

NUS VIR CLARISSIMUS CONSULARIS CURANTIBUS AELIO IULIANO INTERUM


REIPUBLICAE

FL AQUILIN FF PP ANTONIO PETRONIANO FF PP ANTONIO IANUIARIANO FF PP //////

//// V ////////// TIONM NOCI // CUR REIPUB

Restitution :

Pro magnificienta saeculi d(ominorum) n(ostrum) (bis) Valentiniani et Valentis semper


augustorum [quat]uor porticus capitoli seriae Vetustatis absumptas et usque adima
fundamenta c[ollapsus] / Novo opere perfectas exornatasque dedicavit Publius
Caetonius Caecin[a] [albi)/nus vir clarissimus consularis curantibus Aelio Iuliano
interum reipublicae [curatore] Fl(avio) Aquilino f(lamine) p(erpetuo) Antonio
Petroniano f(lamine) p(er)p(etuo) Antonio Ianuiariano f(lamine) p(er)p(etuo) [----|----
]tion[u]m noci[-] cur(atore) Reipub(licae)

Traduction :

Pour la magnificence du siècle de nos maîtres Valentinien et Valens toujours Augustes,


les quatre côté du portique du capitole de la vieille série étaient détruits et il enleva
jusqu’aux fondations écroulées, les nouveaux travaux étant achevés et ornés, Publius
Caetonius Caecina Albinus, homme clarissime, consul, il consacra, et par les soins
d’Aelius Iulianus le nouveau curateur de la république, Flavius Aquilinus, flamine
perpétuel, Antonius Petronianus, flamine perpétuel, Antonius Ianuarius, flamine
perpétuel ----

Datation :

364 (double gouvernance de Valentinien Ier et Valens avant le partage de l’Empire la


même année).

52
Commentaire :

Sous le règne de Valentinien Ier et de Valens, Publius Caeionius Caecina, consulaire de


Numidie (364-367), les quatre côtés du grand portique du Capitole furent restaurés par
les soins d’Aelius Julianus, curateur pour la seconde fois, et des flamines perpétuels
Flavius Aquilinus, Antonius Petronianus et Antonius Juanuarius. Les trois premiers
dignitaires se retrouvent se retrouvent sur l’album municipal. Il ne faut relier cette
restauration à un attachement particulier de l’autorité municipale au paganisme à cette
date : les capitoles étaient, par exccellence, des monuments publics à l’utilisation non
exclusivement cultuelle (d’autant plus que le curateur Aelius Julianus était chrétien,
comme le montre le chrisme qui figure à la tête de la table du patronat que les
Thamugadiens lui offrirent).

CIL VIII 2394 (= 1693) (= AE 1889, 11) (= AE 1992, 1833).

Localisation : Timgad (Thamugadi). A l’Ouest de l’arc de triomphe, sur


un dé de piédestal.
Description : Base.
Dimensions : 125 x 60
Hauteur des lettres : 8 (l.1), 4 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

SERTIO

M PLOTIO FAUSTO

EQ R PRAEF COH

III ITYREAEORUM TRIB COH I FL

53
CANATHENORUM

PRAEF(ECTO) ALAE I FL

GALLORUM TAU

RIANAE FL P

SACERD URBIS

PLOTIUS THALLUS

ALUMNUS

PATRONO BENI

GNISSIMO

Restitution :

Sertio/ M(arco) Plotio Fausto/ eq(uiti) r(omano) praef(ecto) coh(ortis) / III Ityreaeorum
trib(uno) coh(ortis) I fl(avia ?)/ Canathenorum/ Praef(ecto) alae I fl(avia ?)/ Gallorum
tau/rianae fl(amini) p(erpetui)/ Sacerd(oti) urbis/ Plotius Thallus/ Alumnus/ Patrono
beni/gnissimo

Traduction :

Marcus Plotius Faustus, signum Sertius, chevalier romain, préfet de la cohorte III des
Ityréens, tribun de la cohorte I fl(lavienne ?) des Canathénérins, préfet de l’aile I
fl(lavienne ?) des Gaulois (taurianae), flamine perpétuel, prêtre de la ville, Plotius
Thallus Alumnus, à son patron très béni.

CIL VIII, 2397 (= ILS 2752) (= AE 1992, 1833).

54
Localisation : Timagd (Thamugadi).
Description : idem (cf. supra)
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

SERTIA

CORNELIAE

VLENTINAE

TUCCIANAE

FL PP

M PLOTIUS

FAUSTUS

A. MILIT FL PP

CONIUGI

DESIDERAN

TISSIMAE

Restitution :

Sertia/ Corneliae/ V[a]lentinae/ Tuccianae/ Fl(aminis) p(er)p(etui)/ M(arcus) Plotius/


Faustus/ A. milit(is) fl(amen) p(er)p(etui)/ Coniugi/ desideran/tissimae

Traduction :

55
A Cornelia Valentina Tucciana, signum Sertia, flamine perpétuel, Marcus Plotius
Faustus,a accompli son service militaire, flamine perpétuel, à sa femme très désirable.

CIL VIII, 2398 (= 1693) (= AE 1992, 1833)

Localisation : Timgad (Thamugadi). « A l’Ouest de l’arc de triomphe


sur un dé de piédestal » (Renier).
Description : Base jumellée avec la précédente.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae : 2 (l.14)
Ligatures :

Transcription :

CORNELIAE

VALENTINAE

TUCCINAE

FL PP BONAE

MEMORIAE

FEMINAE AD

EXORNATIO

NEM OPERIS

MACELLI QUO

PATRIAE SU

AE FECERUNT

FAUSTUS MARI

TUS POSUIT

56
Restitution :

Corneliae/ Valentinae/ Tuccinae/ Fl(aminicae) p(er)p(etuae) bonae/ memoriae/ Feminae


ad/ exornatio/ nem operis/ Macelli quo/patriae su/ae fecerunt/ Faustus mari/tus posuit

Traduction :

A Cornelia Valentina Tuccina, flaminique perpétuelle, bonne mémoire de sa femme, par


l’embellissement du marché qu’ils firent faire pour leur patrie, Son mari Faustus a posé.

CIL VIII, 2399 (=1693) (= ILS 2753) (= AE 1992, 1833)

Localisation : Timgad (Thamugadi). A l’ouest de l’arc de triomphe sur


un dé de piédestal.
Description : Base jumelle de la précedente.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae : 2 (l.13)
Ligatures :

Transcription :

M PLOTIUS FAU

STUS EQ R A MILI

TIIS III FL PP

SACERDOS UR

BIS AD EXOR

57
NATIONEM OPE

RIS MACELLI

QUOD CUM VA

LENTINA CON

IUGE PATRI

AE SUAE FECIT

SIBI POSUIT

Restitution :

M(arcus) Plotius Fau/stus eq(ues) r(omanus) a mili/tiis III fl(amen) p(er)p(etuus)/


sacerdos Ur/bis ad exor/nationem ope/ris macelli/ Quod cum Va/lentina con/iuge
patri/ae Suae fecit/ sibi posuit

Traduction :

Marcus Plotius Faustus, chevalier romain, a servi dans les trois milices, flamine
perpétuel, prêtre de la ville, a recouvert avec Valentina, sa femme, par les ornements le
marché, pour sa patrie. Il a posé pour elle.

CIL VIII, 2400 (= 17900).

Localisation : Timgad (Thamugadi). Au forum


Description : sur un dé de piédestal, brisé dans sa partie supérieure
droite.
Dimensions : 113 x 55
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

58
Transcription :

POTA

C PONTIO

PIO VERO

NIANO VIC

RI C P

C. PONTI VICTO

RIS VERIANI

V E FL PP AMA

TORIS CIVIUM

FILIO

Q. HAMMONIUS

DONATIANUS

QPID

PATRONO

LDDD

Restitution :

Pota[mio]/ C(aio) Pontio [Ul]/pio Vero[-]/niano Vic[to]/ri c(larissimo) p(uero)/ C(ai)


Ponti Victo/ris Veriani/ v(iri) e(gregii) fl(aminis) p(er)p(etui) Ama/toris civium/ filio/
Q(uintus) Hammonius/ Donatianus/ Q(uaestor) p(raefectus) i(ure) d(icundo)/ patrono/
L(ocus) d(atus) d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

Pour Caius Pontius Ulpius Verus [-]nianus Victor, signum Potamius, enfant clarissime,
fils de Caius Pontius Victor Verianus, uir egregius, flamine perpétuel et ami des

59
citoyens. Quintus Hammonius Donatianus, questeur, praefectus iure dicundo, patron.
Eplacement attribué par décret des décurions.

Commentaire :

Le titre amator civium semble archaïque et peut correspondre avec un titre d’origine
punique.

L’enfant quant à lui porte le titre de clarissimus puer ce qui est étrange dans la mesure
où son père est un chevalier

Datation :

Selon C. Lepelley, le fait que l’on attribue le titre de uir egregius à un honoratus
n’ayant fait aucune carrière équestre et l’absence de mention de la tribu fait remonter la
datation à la seconde moitié du IIIème siècle. De plus, C. Lepelley remarque que ni les
Pontii ni les Hammonii ne sont présents sur l’album de Timgad ce qui le conduit à dater
l’inscription à une période antérieur au règne de Dioclétien. C. Lepelley précise « sa
graphie onciale est caractéristique, à Timgad du IIIème siècle. »

CIL VIII, 2403 (= 17824, 17903) (= AE 1948, 118) (= 1949, 133) (1956, 133) (=
AE 1978, 891)

Album incomplet : brisé en trois parties et chacune se développant sur deux colonnes
soit en tout six colonnes.

Première partie.

Timgad, in foro in basi fracta alta m. 1,10 ; lata in antica a) m. 0,26, b) m. 0,25 ; in
lateribus m. 0,57. Litteris in antica c. 8 ad 5, in lateribus c.2, postica nunquam scripta
fuit.

Deuxième partie.

Six fragments (de b) à f)) découvert par Duthois à l’intérieur de la curie, publiée par A.
Poulle en 1884 puis complété par le fragment a) par J. Schmidt.

60
Troisième partie.

Dédicace à l’empereur Carus (282-283).

Transcription :

ALBUS ORDINIS COL

THAMG VV CC

VULCACIUS RUFINUS PTR

MARIUS DECIANUS PTR

INSTEIUS LAMPADIUS PTR

POMPEUS DEUTERIUS PTR

CORNELIUS VALENTINUS PTR

VALERIUS ERENIANUS

SESSIUS PULVERIUS

VALERIUS PORPHYRIUS

CESSIUS TRIGETIUS

CESSIUS ANDANIUS

PLOTIUS FLORENTINUS VIR P FL P

ELIUS AMPELIUS VIR P

SACERDOTALES

IUL PAULUS TRIGETIUS PTR

ANTONIUS VICTOR FL P

CURATOR

OCTAVIUS SOSINIANUS FL P

DUOVIRI

SESSIUS CRESCONIUS AUG

PAPIRIUS VITALIS FL P

61
CORFIDIUS VALENTINIANUS FL P

GRASIDIUS VICTORINUS FL P

ANTONIUS VINDICIANUS FL P

GRASIDIUS SADUNTIUS FL P

CLAUDIUS LICENTIUS FL P

SENTIUS VICTOR FL P

AUFIDIUS OPTATUS FL P

SESSIUS IULIANUS FL P

EGNATIUS FLORENTIUS FL P

PLOTIUS CRESCENTILIANUS FL P

CLAUDIUS SATURUS FL P EXCT

AURELIUS MAXIMUS FL P EXCT

CINCIUS PORPHYRIUS FL P

ELIUS IULIANUS FL P

FLAVIUS PALMINUS FL P

FLAVIUS VINCENTIUS FL P

SULPICIUS INGENNUS FL P

PLOTIUS PRETEXTATUS FL P

AGRIUS PRETEXTATUS FL P

CINCIUS INNOCENTIUS FL P

IULIUS GUBERNIUS FL P

VALLIUS CANDIDUS FL P

FL AQUILINUS FL P

FL FAUSTINIANUS FL P

VIRIUS MANILIANUS FL P

FL DONATIANUS FL P

62
OCTAVIUS FALACER FL P

ANTONIUS PETRONIANUS FL P

ANNIUS VERISSIMUS FL P

ACILIUS CONCESSANUS FL P

GARGILIUS CALVENTIANUS FL P

SESSIUS IANUARIANUS FL P

PONTIFICES

PLOTIUS ROMULUS

ULPIUS PURPURIUS

HORATIUS MAXIMUS

ELIUS BIBIANUS

AUGURES

IULIUS VICTORINIANUS

FL PULLENTIUS

PLOTIUS PAULINIANUS

EDILES

AURELIUS RUFINUS

IUL VALERINUS

QUAESTORES

VETILIUS SATURNINUS

DUOVIRALICI

FLAVIDIUS SUDIANUS

VATERIUS SAPIDUS

FLAVIDIUS PROCILIANUS

POMPEUS RUFINIANUS

ACILIUS VALERIANUS

63
IUL FAUSTUS

VATERIUS DONATUS

LETORIUS LAERTIUS

VALLIUS HOSPES

ULPIUS ISTHEFANUS

FAUSTINIANUS CITHERI

VARIUS VICTOR

ELIUS VICTOR DUMVIRC

SEXTILIUS PRAETEXTATUS DUMVIRC

PLOTIUS VALERIANUS DUMVIRC

EDILICI NON EXCUSATI

CLAUDIUS FIRMINUS IUN

VETILIUS CRESCES

CLAUDIUS TICERIU

SEXTUS SIMPLICIU

ANNIUS URC

CLAUDIU IUN

……

……

……

RMINUS MAIOR

DONATUS

S VICTOR

IUS

64
NTIUS

SILVANUS

US QUINTILIANUS

Q NON EXCUSAT

RIUS LIBERALI

US CAMI

CIUS C US

……

UNCTI EXC

……

……

……

……

IV

OSANUS

METIANUS CERI

RICIUS LACTANTIUS

BLICIUS VICTORIN US

CILIUS SILVIUS

MPEUS SEVERIANUS

F AUSTINUS

MPEUS FLAVIANUS IUN

NNIUS CUBERNIUS

VALLIUS HOSPES

VALLIUS EMILIANUS

VALLIUS ROTASUS

65
VIRIUS ADELFIUS

SESSIUS AMPELIUS

SESSIUS PETRONIANUS

LIUS DONATIANUS

NNIUS FLAVIANUS

NCIUS AVICIUS

DIUS SECUNDIANUS

S US

US DUBITATUS

US VICTORINIANUS

US LEONTIUS

AUSTINIANUS

ALFIUS

US GUBERNIUS

US DULCITIUS

IANUS

N HONORES FUNCTI

NON EXCUSATI

CENSITUS

MINENTIUS

US DOMITIANUS

IANUARIUS

IUS FLAVIANUS

UNIOR

ULIANUS

66
US

PTIUS

……

CALVIN

IUL AGROBIUS

PAPIRIUS ALFIUS

TINTIRIUS FORTU ATIANUS

TINTIRIUS SATURUS

ELVIUS A IUS

ELVIU NULUS

CRANIUS MUCRO

MARCIUS MUNATIANUS

CECILIUS GANGALIUS

PONPEUS RUFINIANUS GREGORI

OCTAVIUS CRESCONIUS

FL PRIMIANUS

GRANIUS OPTANTIUS

PLOTIUS SENECIO

INNOCENTIUS ABASSI

VARIUS IANUARIUS

PULLAENIUS VICTOR

VETILIUS GAIANUS

IULIUS VICTORINIANUS

PONPONIUS EUCROMIUS

ANTONIUS SALONIUS

FL IANUARIUS

67
GAIULUS DATULLI

VITALIS DATULLI

IULIUS LEPORIUS

ANTONIUS DATIANUS

SESSIUS PULVERIUS

FAUSTINIANUS PALMIN

……

PAPIRIUS FELIX

SERTORIUS CROM

IULIUS EUSTRAT

IULLUS E

SERTOR

……

……

……

……

……

……

……

……

……

……

…….

R…

A…

IN

68
IN

AN

SATU

IULIU

ANTO

VICTO

MESSI

AUREL

CAELIUS SEC ANUS

EMILIUS CHORE TUS

CAELIUS MATUTINUS

BRUTIUS VIVENTIUS

DUBIDIUS VICTORINUS

SESSIUS CRESCONIUS

ULPIUS VICTOR

……

……

……

……

……

CLERICI

VIRIUS AGROBIUS

IUL(IUS) ZUCCARIUS

OCTAVIUS GALLUS

SALLUSTIUS VICTORINUS

AURELIUS CRESCES

69
C ASEGMEI

IUL BARIC

SEMPRONIUS DONATUS

SEMPRONIUS GERMANUS

SEMPRONIUS GERMANUS

FABRICIUS APULEUS

……

MILITES QUI IN OF DM VICARI M

CAELIUS OPTATUS QUI ET AIMENTIUS

POMPEUS FAUSTINIANUS

SEXTIUS SABINIANUS

SEXTIUS VICTORINIANUS

VARIUS AUGUSTALIS

MILITES QUI IN OF DM CONSULARIS M

VIRIUS ARTEMIUS

CAECILIUS CALCEDONIUS

DONATUS FILI INNOCENTI ABASSI

VIRIUS ARTEMIOLUS

LEONTIUS FIL CEREALIS

CEREALIS FIL CEREALIS

SESSIUS INNOCENTIUS

LETORUS POTENTIUS

FLAVIDIUS SUDIANUS

POMPONIUS CRESCONIUS

POMPONIUS MAURENTIUS

POMPEUS SIMPLICIUS

70
POMPONIUS URANIUS

FLAVIDIUS IULIANUS

ACILIUS ACILIANUS

SERTORIUS CROMATIUS

DUBIDIUS IULIANUS

IUL PROTASIUS IUNIOR

GRANIUS CESONIANUS

CLAUDIUS DISCOLUS

DOMITIUS LAURENTIUS

POMPEUS EUCARPIUS

AVINIUS BASSUS

POMPEUS CRESCONIUS

POMPEUS ADELFIUS EUCARPI

LUCCEUS LUCCEI

DUBIZIUS

ACILIUS SPERATIANUS

PLOTIUS MACRINUS

VIRIUS CURTIOLUS

ANTONIUS BOTELLICUS

DUBIZIUS CELERINUS

QUI ET QUINTIANUS

CORFIZIUS CREMENTIUS

ANTONIUS FLORUS

CECILIUS RESTUTUS

DUBIZIUS CRESCENTIANUS

GRANIUS AMANTIUS

71
……

……

……

……

……

IN OFFICIO PREFECTI

ANNONE

AVIANIUS DONATUS

AVIANIUS CRESCONIUS

AVIANIUS CONCILIANUS

SEMPRONIUS FILIUS

SECUNDI

CECILIUS FABBIANUS

POMPEUS PASCENTIUS

POSSIDI

SESSIUS CRESCONIUS

CLODIUS ATIANUS

CLAUDIUS FELIX

SALLUSTIUS GERMANUS

IULIUS ZUCCARIUS

AVIANIUS FAUSTINIANUS

ANNIUS CRESCONIUS

FL CRESCENTIANUS

POMPEUS ADELFIUS

POSSIDIUS POMPEUS

SIMPLICIUS GREGORIUS

72
NASIDIUS NASIDIUS

SEMPRONIUS MELIOR

SEMPRONIUS OPTATIANUS

CLODIUS RESTITUTUS

PAPIRIUS AURELIANUS

FL REPENTINUS

……

……

……

……

QUI IN OFFICIO RATIO M

ROGATIANUS FILIUS

PAULINI ARISSANI

PALMINUS FILIUS PALMINI

ARISSANI

ANNIUS GALLUS FILIUS

BINCENTI

IULIUS PLACUNTIUS

FELIX FILIUS PALMINI

ARISSANI

Restitution :

Albus(!) ordinis col(oniae) / Tham(u)g(adi) vv(irorum) cc(larissimorum) /

Vulcacius Rufinus p(a)tr(onus) / Marius Decianus p(a)tr(onus) / Insteius

Lampadius p(a)tr(onus) / Pompe(i)us Deuterius p(a)tr(onus) / Cornelius

73
Valentinus p(a)tr(onus) / Valerius (H)eren(n)ianus / Sessius Pulverius /

Valerius Porphyrius / Cessius Trigetius / Cessius Andanius /

Plotius Florentinus vir p(erfectissimus) fl(amen) p(erpetuus) / (A)elius Ampelius vir

p(erfectissimus) /

sacerdotales /

Iul(ius) Paulus Trigetius p(a)tr(onus) / Antonius Victor fl(amen) p(erpetuus) /

curator /

Octavius Sosinianus fl(amen) p(erpetuus) /

duoviri /

Sessius Cresconius aug(ur) / Papirius Vitalis fl(amen)

p(erpetuus) / Corfidius Valentinianus fl(amen) p(erpetuus) / Grasidius

Victorinus fl(amen) p(erpetuus) / Antonius Vindicianus fl(amen) p(erpetuus) /

Grasidius Saduntius fl(amen) p(erpetuus) / Claudius Licentius fl(amen)

p(erpetuus) / Sentius Victor fl(amen) p(erpetuus) / Aufidius Optatus fl(amen)

p(erpetuus) / Sessius Iulianus fl(amen) p(erpetuus) / Egnatius Florentius

fl(amen) p(erpetuus) / Plotius Crescentilianus fl(amen) p(erpetuus) / Claudius

Saturus fl(amen) p(erpetuus) ex(a)ct(or) / Aurelius Maximus fl(amen)

p(erpetuus) ex(a)ct(or) / Cincius Porphyrius fl(amen) p(erpetuus) / (A)elius

Iulianus fl(amen) p(erpetuus) / Flavius Palminus fl(amen) p(erpetuus) / Flavius

Vincentius fl(amen) p(erpetuus) / Sulpicius Ingennu(u)s(!) fl(amen) p(erpetuus)

// Plotius Pr(a)etextatus fl(amen) p(erpetuus) / Agrius Pr(a)etextatus fl(amen)

p(erpetuus) / Cincius Innocentius fl(amen) p(erpetuus) / Iulius Gubernius

fl(amen) p(erpetuus) / Vallius Candidus fl(amen) p(erpetuus) / Fl(avius)

74
Aquilinus fl(amen) p(erpetuus) / Fl(avius) Faustinianus fl(amen) p(erpetuus) /

Virius Manilianus fl(amen) p(erpetuus) / Fl(avius) Donatianus fl(amen)

p(erpetuus) / Octavius Falacer fl(amen) p(erpetuus) / Antonius Petronianus

fl(amen) p(erpetuus) / Annius Verissimus fl(amen) p(erpetuus) / Acilius

Concessanus fl(amen) p(erpetuus) / Gargilius Calventianus fl(amen) p(erpetuus)

/ Sessius Ianuarianus fl(amen) p(erpetuus) /

pontifices /

Plotius Romulus / Ulpius Purpurius / Horatius Maximus / (A)elius Bibianus(!) /

augures /

Iulius Victorinianus / Fl(avius) Pullentius / Plotius Paulinianus /

(a)ediles /

Aurelius Rufinus / Iul(ius) Valerinus / quaestores / Vetilius Saturninus /

duoviralici /

Flavidius Sudianus / Vaterius Sapidus / Flavidius Procilianus /

Pompe(i)us Rufinianus / Acilius Valerianus / Iul(ius) Faustus / Vaterius

Donatus / L(a)etorius Laertius / Vallius Hospes / Ulpius Isthefanus(!) /

Faustinianus Citheri / Varius Victor //

[A]elius Victor du(u)mvir(ali)c(ius) /

Sextilius Praetextatus du(u)mvir(ali)c(ius) / Plotius Valerianus

du(u)mvir(ali)c(ius) / [a]edilici non excusati / Claudius Firminus iun(ior) /

Vetilius Cresces / Claudius Ticeriu[s maior] / Sextus Simpliciu[s] / Annius

Urc[3] / Claudiu[s Ticerius] iun(ior) / [6] / [6] / [6] /

75
[Claudius Fi]rminus maior / [3] Donatus / [3]s Victor / [3]ius / [3]s /

[3]ntius / [3] Silvanus / [3]us Quintilianus / q(uaestoricii) non

excusat[i] / [3]rius Liberali[s] / [3]us Cami[3] / [3]cius C[3]us /

[6] / [non honores f]uncti exc(usati) / [6] / [6] / [6] /

[6] / [3]IV[3] / [3]osanus / [3] Metianus Ceri[3] / [Fab]ricius

Lactantius / [Pu]blicius Victorin[ian]us / [Cae]cilius Silvius / [Po]mpe(i)us

Severianus / [3]f() Austinus / [Po]mpe(i)us Flavianus iun(ior) / [A]nnius

Cubernius(!) / Vallius Hospes / Vallius (A)emilianus / Vallius <P=R>rotas(i)us

/ Virius Adelfius / Sessius Ampelius / Sessius Petronianus / [Ae]lius

Donatianus / [A]nnius Flavianus / [Ci]ncius Avicius / [3]dius Secundianus /

[3]s[3]us / [3]d[3] / [3]us Dubitatus / [3]us Victorinianus /

[3]us Leontius / [3 F]austinianus / [3] Alfius / [3]us Gubernius /

[3]us Dulcitius / [3]ianus / [no]n honores functi / [3] non excusati /

[3]censitus / [3]minentius // [3]us Domitianus / [3] Ianuarius /

[3]ius Flavianus / [3 I]unior / [3]ulianus / [3]us / [3]ptius /

[6] / Calvin[3] / Iul(ius) Agrobius / Papirius Alfius / Tintirius

Fortu[n]atianus / Tintirius Saturus / (H)elvius A[3]ius / (H)elviu[s

3]nulus / Cranius Mucro / Marcius Munatianus / C(a)ecilius Gangalius /

Ponpe(i)us(!) Rufinianus Gregori / Octavius Cresconius / Fl(avius) Primianus /

Granius Optantius / Plotius Senecio / Innocentius Abassi[3] / Varius

Ianuarius / Pullaenius Victor / Vetilius Gaianus / Iulius Victorinianus /

Ponponius(!) Eucromius / Antonius Salonius / Fl(avius) Ianuarius / Gaiulus

Datulli / Vitalis Datulli / Iulius Leporius / Antonius Datianus / Sessius

76
Pulverius / Faustinianus Palmin[us] / [[6]] / Papirius Felix / Sertorius

Crom[atius] / Iulius Eustrat[ius] / Iullus E[3] / Sertor[ius 3] / [6]

/ [6] / [6] / [6] / [6] / [6] / [6] / [6] /

[6] / [6] / [6] / R[3] / A[3] / In[3] / In[3] / An[3]

/ Satu[3] / Iuliu[s 3] / Anto[3] / Victo[3] / Messi[3] / Aurel[ius

3] // Caelius Sec[undi]anus / (A)emilius Chore[n]tus / Caelius Matutinus /

Brutius Viventius / Dubidius Victorinus / Sessius Cresconius / Ulpius Victor /

[6] / [6] / [6] / [6] / [6] / clerici / Virius

Agrobius / Iul(ius) Zuccarius / Octavius Gallus / Sallustius Victorinus /

Aurelius Cresces / C() Asegmei / Iul(ius) Baric / Sempronius Donatus /

Sempronius Germanus / Sempronius Germanus / Fabricius Apuleus / [6] /

milites qui in of(ficio) d(o)m(ini) vicari m(ilitant) / Caelius Optatus qui et

A<r=I>mentius / Pompe(i)us Faustinianus / Sextius Sabinianus / Sextius

Victorinianus / Varius Augustalis / milites qui in of(ficio) d(o)m(ini)

consularis m(ilitant) / Virius Artemius / Caecilius Calcedonius / Donatus fili

Innocenti Abassi / Virius Artemiolus / Leontius fil(ius) Cerealis / Cerealis

fil(ius) Cerealis / Sessius Innocentius / Letor(i)us Potentius / Flavidius

Sudianus / Pomponius Cresconius / Pomponius Maurentius / Pompe(i)us Simplicius

/ Pomponius Uranius / Flavidius Iulianus / Acilius Acilianus / Sertorius

C(h)romatius / Dubidius Iulianus / Iul(ius) Protasius Iunior / Granius

C(a)esonianus / Claudius Discolus / Domitius Laurentius / Pompe(i)us Eucarpius

/ Avinius Bassus / Pompe(i)us Cresconius / Pompe(i)us Adelfius Eucarpi /

Lucce(i)us Luccei // Dubizius / Acilius Speratianus / Plotius Macrinus / Virius

77
Curtiolus / Antonius Botellicus / Dubizius Celerinus / qui et Quintianus /

Corfizius(!) Crementius / Antonius Florus / C(a)ecilius Restutus / Dubizius

Crescentianus / Granius Amantius / [6] / [6] / [6] / [6] /

[6] / in officio pr(a)efecti / annon(a)e / Avianius Donatus / Avianius

Cresconius / Avianius Concilianus / Sempronius filius / Secundi / C(a)ecilius

Fabbianus(!) / Pompe(i)us Pascentius / Possidi / Sessius Cresconius / Clodius

Atianus / Claudius Felix / Sallustius Germanus / Iulius Zuccarius / Avianius

Faustinianus / Annius Cresconius / Fl(avius) Crescentianus / Pompe(i)us

Adelfius / Possidius Pompe(i)us / Simplicius Gregorius / Nasidius Nasidius /

Sempronius Melior / Sempronius Optatianus / Clodius Restitutus / Papirius

Aurelianus / Fl(avius) Repentinus / [6] / [6] / [6] / [6] /

[6] / qui in officio ratio(nalis) m(ilitant) / Rogatianus filius / Paulini

Arissani / Palminus filius Palmini / Arissani / Annius Gallus filius /

Bincenti(!) / Iulius Placuntius(!) / Felix filius Palmini / Arissani

CIL VIII, 2407 (= 17826).

Localisation : Timgad (Thamugadi). Sur le forum.


Description : sur une base
Dimensions : 105 x 45
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures : TH (l.10)

78
Transcription :

Q SULPICIUS

LICINIUS L F EQ ROM

FL P IN SPLENDI

DISSIMIS CIVITA

IB DUABUS COL

AMUG ET MU

NICIPI LAMBAE

SITANI IN COL

AUTEUM THAMUG

ETIAM OMNIB

NORIB FUNCTUS TRONO

Restitution :

Q(uintus) Sulpicius/ Licinius L(ucii) f(ilius) eq(ues) rom(anum) / Fl(amen) p(erpetuus)


in splendi/dissimis civita / [t]ib[us] duabus col(oniae)/ [Th]amug(adensium) et
mu/nicipi Lambae/ sitani in col(onia)/ auteum Thamug(adi)/ etiam omnib[(us?)]/
[ho]norib(us) functus [pa]trono

Traduction :

Q. Sulpicius Licinius, fils de L., chevalier romain, flamine perpétuel, servant dans les
deux plus splendides cités la colonie de Timgad et le municipe de Lambèse, ayant non
seulement accompli tous les honneurs. Il est fait patron.

79
CIL VIII, 2409 (= 17909)

Localisation : Timgad (Thamugadi). Au forum.


Description : sur un dé de piédestal. Base. La deuxième partie (à partir
de la l.10) de l’inscription est illisible
Dimensions : 108 x 60
Hauteur des lettres : 3.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

M . VIRRIO . M . FIL

PAP . FLAVIO . IUGUR

THAE . EQ . R . FL . P . P . DECU

RIONI . SPLENDISSI

MAE . COLONIAE

CARTHAGINIENSIUM

CURATORI REIP TAN

TUM . DISERTO . QUAN

TUM. BONO . SPLENDIDIS

SIMUS ORDO COL THAM

GADENSIUM //////

TIALI /////////

SUS ////// O ///

N ///////////

////////////

80
////////////

////////////

Restitution :

M(arco) Virrio M(arci) f(ilio)/ Pap(iria) Flavio Iugur/thae eq(uiti) r(omano) fl(amini)
p(er)p(etuo) decu/rioni splendissi/mae coloniae/ carthaginiensium/ curatori reip(ublicae)
tan/tum diserto quan/tum bono splendidis/simus ordo col(oniae) tham[u]/gadensium [---
-]/ tiali [----]/ sus [----] o [----]/ n [----]|-----

Traduction :

A Marcus Virrius Flavius Iugurtha, fils de Marcus, de la tribu Papiria, chevalier romain,
flamine perpétuel, décurion de la très splendide colonie de Carthage, curateur de la
république aussi habile que bon. Le très splendidie ordre de la colonie de Timgad

AE 1968, 647.

Localisation : Timgad (Thamugadi). Dressée au fond d’une placette


byzantine, en avant du fort byzantin.
Description : dalle de calcaire bleu. Double moulure, en haut et en bas.
Martelage à la l.2 et au début de la l.3.
Dimensions : 325 x 108 x 20
Hauteur des lettres : 11 à 5
Hederae :

Restitution :

81
Genio coloniae Aug(usto) sacrum / [M(arco) Lucceio Tor]q[uato Bassiano leg(ato)]
Aug(usti) [pr(o)pr(aetore) co(n)s(ule) des(ignato) pat(rono)] / [col(oniae)] dedic(ante)
ob honor(em) fl(amoni) perp(etui) M(arci) Publici C(ai) fil(i) Pap(iria) Candidi /
C(aius) Publicius C(ai) f(ilius) P(apiria) Veranus frater eius super (sestertium) X(milia)
legit(imam) promissis / amplius (sestertium) XX(milibus) ampliata pec(unia) ex
(sestertium) LXIIII(milibus) aedem a solo cum statua fec(it)

Traduction :

Au Génie Auguste sacré de la colonie, consacré par Marcus Lucceius Torquatus


Bassianus, légat d’Auguste propréteur, consul désigné, patron de la colonie, en
l’honneur du flaminat perpétuel de Marcus Publicus Candidus, fils de Caius, de la tribu
Papiria, Caius Publicius Veranus, fils de Caius, de la tribu Papiria, son frère, augmenta
la somme légitime de 10 000 sesterces promise jusqu’à 20 000 sesterces, et il fit faire
un temple depuis la fondation avec une statue, pour une valeur augmentée de 64 000
sesterces.

AE 1979, 670

Localisation : Timgad (Thamugadi).


Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

P(ublius) Iulius P(ubli) filius Papiria / Liberalis sacerdotalis p(rovinciae) A(fricae)


f(lamen) p(erpetuus) / q(uin)q(uennalis) IIvir praef(ectus) i(ure) d(icundo) q(uaestor) et

82
in col(onia) Thys/dritana f(lamen) p(erpetuus) lacum quem super legi/[timam flamoni
summam promiserat ex HS] / XXXII(milibus) CCCXLVIII fecit idemq(ue) dedic(avit)
d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

Publius Iulius Liberalis, fils de Publius, de la tribu Papiria, prêtre de la province


d’Afrique, flamine perpétuel, quinquennal, duumvir, praefectus iure dicundo, questeur
dans la colonie de Thysdrus, flamine perpétuel fit faire un fontaine indépendamment de
la somme légitime pour un valeur totale de 32 348 sesterces qu’il avait promis pour son
flaminat, il fit faire cela et consacra par décret des décurions.

Commentaire :

P. Iulius Liberalis finança une fontaine (lacum) à Timgad. Originaire de Thamugadi, il y


a rempli plusieurs fonctions municipales. Après quoi il exerça le flaminat perpétuel dans
la colonie de Thysdrus (El Jem), ce qui lui permit de devenir sacerdotalis provinciae
Africae. Revenu à Timgad, il y fut nommé flamine perpétuel et s’est acquitté de la
pollicitation relative à cette fonction.

AE 1982, 958.

83
Localisation : Timgad (Thamugadi). Trouvée dans le fort byzantin.
Description : base en calcaire blanc. Le texte a) est gravé sur la face
principale, le champs épigraphique est mouluré. Lettres (face a))
présentent des traces rouges. . Les textes b) et c) s trouvent sur les faces
latérales.
Dimensions : 120 x 62 x 52 (dimensions générale), 107 x 25
(dimensions du champs épigraphique a)), 120 x 27 (dimensions des
champs épigraphiques b) et c)).
Hauteur des lettres : 4 (a)), 2.5 à 2 (b) et c))
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

Dianae / Aug(ustae) / pro salute / Imperato/rum domi/norum no/strorum /


Invictis/simorum / L(uci) Septimi Se/veri et M(arci) Aure/li Antonini Au/gustorum / et
Iuliae / Augustae / matris Au/gusti et sen(atus) / et castro/rum cu/ria Com/modiana //
Curiales cur(iae) / Commodianae / L(ucius) Maenius Vibidi/anus / M(arcus) Annius
Faus/tus / C(aius) Popilius Lae/tus / L(ucius) Longeiius Pri/mus / L(ucius)
Licinius Hono/ratus / M(arcus) Volussenius Fo/rtunatus Q(uintus) Caecilius Atean/us /
Q(uintus) Timinius Felix / Q(uintus) Lurius Seve/rus / P(ublius) Caelius
Satu/rninus / Ti(berius) Cl(audius) Victor / L(ucius) Iulius Dona/tus mag(ister) /
L(ucius) Statius Max/imus / M(arcus) Cornelius Ser/vandianus / C(aius) Clodius
Satur/ninus / L(ucius) Aulonius Felix / L(ucius) Valerius Vic/tor / C(aius) Albanius
Aeli/anus / P(ublius) Aelius Victor / M(arcus) Aennius Sat/urninus Leporin(us) /
M(arcus) Acilius Luca/nus / Q(uintus) Sallustius Ca/ndidus / Q(uintus) Iulius
Thele/macus // Q(uintus) Helvius Muri/cus / Q(uintus) Iulius Mychr/onius /
C(aius) Publilius For/tunatus / M(arcus) Ulpius Felix / L(ucius) Aedius Ianuar/ius /
L(ucius) Caeladius Sat/urninus / Q(uintus) Grattius Fortu/natus / M(arcus)
Antonius Satur/ninus / L(ucius) Egnatius Agric/ola / M(arcus) Ulpius Peculia/ris /
P(ublius) Pactumeius Fe/lix / Q(uintus) Antonius Sulla / M(arcus) Acilius
Caladia(nus) / P(ublius) Fabius Catulianus(?) / Q(uintus) Iulius Sapa / L(ucius)

84
Aemilius Vict(or) / C(aius) Annius Posianu(s) / L(ucius) Claudius Festiv(u)s /
T(itus) Flavius Cumin(us) / L(ucius) Aemilius Dona(tus) / Q(uintus) Pomponius
Gemin(us) / Q(uintus) Grattius Donat(us) / L(ucius) Blossius Honor(atus) / Q(uintus)
Cornelius Vict(or) / L(ucius) Valerius Felix / Q(uintus) Iulius Fortuna(tus) / P(ublius)
Camerius Fa/ustus / C(aius) Peticius Castus / Q(uintus) Arrius Processus / Stablicus

Datation :

Cette dédicace à Diane Auguste a été faite pro salute de Caracalla et Géta entre le 4
février 211 et le 27 février 212. Après l’assassinat de Géta, les noms des deux
empereurs furent martelés et on regrava, aux lignes 10-12, avec de nombreuses
ligatures, les noms de Septime Sévère et de Caracalla. Pour Iulia Domna, associée à
l’hommage, on martela, à la ligne 17, le orum de Augustorum, et l’on regrava i et sen.

Commentaire :

La curia Commodiana, appelée par erreur Commoda dans le C.I.L, VIII, 2405, était
donc déjà connue à Timagd, avec la curia Marcia (17906).

L’intérêt principal du texte réside dans la liste des 52 curiales dont 20 appartiennent à
des familles de notables connues par leurs libéralités, 16 à des familles peu connues et
16 autres à des familles jusqu’ici absente de la vie politique et sociale de Thamugadi. A
noter que le magister n’est nommé qu’en douzième position, ce qui, semble- t-il,
indique que les membres de la curia sont classés par ordre d’entrée, par ancienneté, non
d’âge, mais d’appartenance à la curie. Enfin, le nombre de 52 pour une curie paraît bien
signifier que les curiales ne représentaient qu’une partie du corps politique des cives,
ceux qui délibèrent ; les autres, la masse (populus) constituant ceux qui votent.

AE 1987, 1072.

85
Localisation : Timgad (Thamugadi). Découverte à l’oued Taga.
Description : base.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

Corneliae / Valentinae / Tuccianae / Fl(aminicae) p(er)p(etuae) / coniugi / M(arcii)


Ploti(i) Faus/ti a militi(i)s / fl(aminiis) p(er)p(etui) / ob merita in / ciuis (sic)
patri/amque et mu/nificenti/am eius res(publica) / col(oniae) Thamug(adensium) /
D(ecreto) d(ecuionum)

Traduction :

A Cornelia Valentina Tucciana, flaminique perpétuelle, épouse de Marcus Plotius


Faustus, ayant effectué son service militaire, flamine perpétuel, en échange des services
pour les citoyens et la patrie et la générosité, la république de la colonie de Timgad, par
décret des décurions.

AE 1987, 1073.

Localisation : Timgad (Thamugadi).


Description : base moulurée découverte avec la précédente.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

86
Restitution :

Imp(eratori) Caes(ari) T(ito) Aelio Hadri/ano Antonino Aug(usto) Pio p(atri) p(atriae) /
M(arcus) Acilius Man(ii) fil(ius) Papir(ia tribu) Concessus aedilis / p(raefectus) i(ure)
d(icundo) ob honorem ae/dilitatis super le/gitima(m) quan/ti pollicitus est / (sestertium)
II n(ummum) ex (sestertium) IIII n(ummum) / posuit idemq(ue) dedicavit / tempore
aedilitatis suae / d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

A l’imperator caesar Titus Aelius Hadrianus Antoninus, Auguste, pieux, père de la


patrie, Marcus Acilius Concessus, fils de Manius, de la tribu Papiria, édile, praefectus
iure dicundo en l’honneur de son édilité en plus d’une somme légitime, il s’acquitta
d’une pollicitation d’un prix de 2 000 sesterces, pour un total de 4 000 sesterces, il posa
cela et consacra dans le temps de son édilité, par décret des décurions.

Datation :

Antonin le Pieux (138-161).

Commentaire :

M. Acilius doit être un ancêtre du flamine Acilius Concessianus qui figure sur l’album
de Timgad (CIL VIII, 2403).

L’expression tempore aedilitatis suae montre plutôt bien la volonté du dédicant de


préciser que sa dotation s’est faite durant son mandat. On peut donc y voir une volonté
de démontrer la générosité du notable mais aussi (mais cela reste une hypothèse) de
prouver qu’il n’a pas subi de pénalité pour retard de paiement pour sa promesse ob
honorem.

AE 1997, 1728.

87
Localisation : Thamugadi (Timgad). ). Dans l’atrium de la maison des
Corfidii.
Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

Corfidius Crementius fl(amen) p(er)p(etuus) / avorum atavorumq(ue) morum probita/te


auctis insignibus erga publi[ca] privataq(ue) prepollens domum compara[vit in]
umbili/co sitam patrie ruinis iam diu informib(us) tris/tem felicius quam condita est
restituit et ad/iecto decori in aeternum robore sibi pos/terisq(ue) laetioribus d(e)d(it)
Corfidiorum

Traduction :

Corfidius Crementius, flamine perpétuel, les insignes de ses ancêtres et de ses


bisancêtres ayant été augmentés par la probité de ses mœurs, puissant dans les choses
publiques et privées, acheta cette maison située au centre (nombril) de sa patrie, triste de
ruines depuis longtemps informes, la rebâtit plus heureusement qu’elle n’avait été
fondée et ayant ajouté une force éternelle à la beauté, l’a dédiée pour lui et ses
descendants plus joyeux : maison des Corfidii.

1.2.4. LAMBESE (Lamasba)

CIL VIII, 2620.

88
Localisation : Lambèse. Sur la voie septimienne, près de
l’amphithéâtre.
Description :
Dimensions : 130 x 96
Hauteur des lettres : 12 (l.1), 6.5 à 5 (seq.)
Hederae :
Ligatures : DI, VI, AE pour DIVINAE (l.7), MI, NI pour NUMINI

Transcription :

IOM

CONSERVATORI

IMP CAES M AURELI SE

VERI ALEXANDRI INVIC

TI PII FELICIS AUG ET IULIAE MAMMEAE MATRIS [D. N. ?]

AUG TOTIUSQ DOMUS DIVINAE

L. MARIUS CRESCENTI

ANNUS Q AEDIL IIVIRA

DEVOT NUMINI EORUM A

RAM QUAM DEVOVIT SUA

PECUNIA POSUIT

Restitution :

I(ovi) o(ptimo) m(aximo)/ conservatori/ Imp(eratori) caes(ari) M(arci) Aureli se/veri


[[Alexandri]] invic/ti pii felicis aug(usto) et [[Iuliae Mammeae matris ]]/ aug(usta)

89
totiusq(ue) Domus divinae/ L(ucius) Marius Crescenti/annus q(uaestor) aedil(is) IIvira/
devot(um) numini eorum a/ram quam devovit sua/ pecunia posuit

Traduction :

A Jupiter sauveur, le meilleur, le grand. A imperator caesar Marcus Aurelius Severus


Alexander, invincible, pieux, heureux auguste et à Iulia Mammeae mère (soit « des
Camps » soit « du Sénat »), augusta de tout et de la divine maison ( ?). Lucius Marius
Crescentiannus, questeur, édile, duumuir, dévoué à leurs numen, a consacré un autel
qu’il posa par son propre argent.

Datation :

On peut tenter de dater cette inscription grâce à la mention de Iulia Mammea. Cette
dernière est élevée au rang d’Augusta le 14 mars 222. Le terme de mater peut renvoyer
aux titres de « Mère des Camps » (obtenus sans doute en 224) ou de « Mère du Sénat »
(226). On peut donc tenter de réduire le cadre chronologique entre 224 et 235, date de
l’assassinat de Sévère Alexandre et de sa mère et proclamation de la damnatio
memoriae.

Commentaire :

Nous sommes en présence d’un personnage qui a gravi la majorité des échelons de
l’administration municipale. Il semblait être duumuir au moment où il fit graver cette
dédicace.

Cette inscription semble avoir été martelée.

CIL VIII, 2631 (=18101) (= ILS 5778).

90
Localisation : Lambèse.
Description : Pierre
Dimensions : 58 x 99
Hauteur des lettres : 3.5
Hederae : 1 (l.1), 1 (l.3)
Ligatures :

Transcription :

ISIDI AUG

L. FIGILIUS SECUNDUS FL CRISPINUS

AEDILES LACUM QUOD ANNIS II II

CESSAUERIT UT SALERET

CURAVERUNT

Restitution :

Isidi aug(ustus)/ L(ucius) Figilius Secundus Fl(avius) Crispinus/ aediles lacum quod
annis II II/ cessauerit ut saleret/ Curaverunt.

Traduction :

A Isis auguste, Lucius Figilius Secundus et Flavius Crispinus, édiles, ont remis en état
la fontaine qui avait cessée (de fonctionner) depuis quatre ans.

Datation :

Toujours selon Dupuis on peut dater cette inscription autour de 250-260 sans pouvoir
être davantage précis.

91
Commentaire :

Selon X. Dupuy (« Constructions publiques et vie municipale en Afrique de 244 à


276 », in Mélanges de l’Ecole française de Rome, n°104, Paris, 1992, p. 272), vu la
rareté du gentilice Figilius et l’identité des cognomina, on peut penser que le père de L.
Figilius Secundus, L. Figilius Felix, flamine perpétuel sous les Philippe, ayant obtenu le
titre de uir egregius, son fils a continué sa carrière municipale tout en poursuivant ses
libéralités.

CIL VIII, 2660 (= ILS 5787) (= AE 1973, 645).

Localisation : Lambèse. Au nympheum.


Description :
Dimensions : 54 x 115
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures : AE (l.3), TA (l.4), ME et LI (l.6), TI, LI, TI, NT, TI (l.7),
AU, LI et LI (l.8)

Transcription :

IMPP CAESS C AUR VALERIUS DIOCLETIANUS P

F INVICTUS AUG ET M AURELIUS VALERIUS MA

XIMINIANUS P F INVICTUS AUG AQUAE DUCTUM

TITULENSEM AB ORIGINE USQUE AD CIVITA

TEM LONGA VETUSTATE CORRUPTUM

PER AURELIUM MAXIMIANUM V P P P N AD MELIO

92
REM STATUM ADDITIS LIMIS RESTITUERUNT CURANTIBUS AE

MILIO LUCINO AUGURE CUR REI P ET IULIO AURELIO 7

Restitution :

Impp(eratores) Caess(ares) C(aius) Aur(elius) Valerius Diocletianus P(ius) / F(elix)


Invictus Aug(ustus) et M(arcus) Aurelius Valerius Ma/ximinianus P(ius) F(elix)
Invictus Aug(ustus) aquae ductum / Titulensem ab origine{m} usque ad civita/tem
longa vetustate corruptum / per Aurelium Maximianum v(irum) p(erfectissimum)
p(raesidem) p(rovinciae) N(umidiae) ad melio/rem statum additis limis restituerunt
curantibus Ae/milio Lucino augure cur(atore) rei p(ublicae) et Iulio Aurelio
|(centurione)

Traduction :

Les imperatores caesares Caius Valerius Dicletianus pieux, invincible et heureux


auguste et Marcus Aurelius Maximianus pieux, heureux et invincible auguste, le long de
l’aqueduc Titulensem qui conduisait les eaux était vétuste et détruit, depuis la source
jusqu’à la cité. Aemilius Lucinus augure et curateur de la république et Iulius Aurelius,
centurion, par l’entremise d’Aurelius Maximianus, homme perfectissime et praese
provinciae Numidiae, ils remirent en état (l’aqueduc), ajoutèrent un canal et furent
chargés d’en prendre soin.

Datation :

Aurelius Maximianus fut en fonction de 290 à 293.

CIL VIII, 2661 (= ILS 5788) (=AE 1973, 645).

93
Localisation : Lambèse. Au nympheum.
Description :
Dimensions : 53 x 120
Hauteur des lettres : 5
Hederae : 1 (l.4), 4 (l.5), 6 (l.6)
Ligatures : NT (l.3), NT (l.4), IAN (l.5)

Transcription :

AQUAM TITULENSEM QUAM ANTE ANNOS

PLURIMOS LAMBAESITANA CIVITAS IN

TERVERSO DUCTU VITORRENTIS AMISERAT

PERFORATO MONTE INSTITUTO ETIAM A

SOLO NOVO DUCTU SEVERINIUS APRONIANUS V P P P N

PAT COL RESTITUIT CUR AELIO RUFO V E FL

PP CUR R P

Restitution :

Aquam Titulensem quam ante annos / plurimos Lambaesitana civitas in / terverso ductu
vi torrentis amiserat / perforato monte instituto etiam a / solo novo ductu Severinius
Apronianus v(ir) p(erfectissimus) p(raeses) p(rovinciae) N(umidiae) / pat(ronus)
col(oniae) restituit cur(ante) Aelio Rufo v(iro) e(gregio) fl(amine) p(er)p(etuo)
cur(atore) r(ei) p(ublicae)

Traduction :

94
La cité de Lambèse, depuis un grand nombre d’années, avait perdu dans le tournant
(teruerso) amenant le flux d’eau (ui torrentis) à l’aqua Titulensis il fut reconstruit encore
depuis une nouvelle base, et la montagne fut percée (par un canal). Severinius
Apronianus homme perfectissime, praeses pronvinciae Numidiae, patron de la colonie,
a reconstruit (l’aqueduc), par les bons soins d’Aelius Rufus vir egregius flamine
perpétuel et curateur de la république.

Datation :

A partir des années 276-282, selon M. Janon (« recherches à Lambèse : I. La ville et les
camps, II. » Aquae Lambaesitanae, in antiquités africaines, n°7, 1973, p.226).

Commentaire :

Une crue d’un oued avait endommagé l’aqueduc, et il fut reconstruit aux frais de la cité.
On peut remarquer qu’il est assez rare de voir un curateur flamine perpétuel à une
période « pré-dioclétienne ». Cela montre que la charge de curateur commençait déjà à
être occupée par les curiales.

CIL VIII, 2677.

Localisation : Lambèse. Au forum.


Description : Autel
Dimensions : 89 x 70
Hauteur des lettres : 6
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

95
VICTORIAE

AUGUSTAE

C GARGILIUS

FELIX Q Q AE

DILICIUS

DUM

VIRALICIUS

QUINQUEN

NALIS

LDDD

Restitution :

Victoriae/ augustae / C(aius) Gargilius/ Felix Q(uirina) q(uaestoricius) ae/dilicius/


dum/viralicius/ quinquen/nalis/ l(ocus) d(ato) d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

A Victoire Augusta, Caius Gargilius Felix, de la tribu Quirina, ancien questeur, ancien
édile, ancien duumvir quinquennal. Emplacement attribué par décret des décurions.

Commentaire :

Nous en face d’un dédicant dont le cursus municipal semble complet à ceci près qu’il
manque le flaminat perpétuel. Mais il montre qu’il a achevé chacune des fonctions qu’il
a occupées.

Cependant nous nous sommes permis de modifier la restitution. En effet, à la ligne 4


Renier lisait le deuxième Q comme « q(uaestorius) » mais étant donné la tournure
donnée aux deux fonctions suivantes nous avons préféré «q(uaestoricius) ». Mais cette
restitution est sans doute sujette à caution.

CIL VIII, 2699 (= 18112).

96
Localisation : Lambèse.
Description : Sur des fragments de l’attique de l’arc de Commode,
trouvés au pied du monument, du côté ouest. Fragment endommagé
dans sa partie
Dimensions : 50 x 203
Hauteur des lettres : 10 (l.1), 9 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

IMP CAES M AURELIO COMMOD

C. POMPONIUS MAXIMUS EX C

DECURIO COLONIA THAMOGADEN

Restitution :

Imp(eratori) caes(ari) M(arco) Aurelio commod[o] [Antonino augusto ]/

C. Pomponius Maximus ex c[enturione legionis III Augusta ( ?) ]/

Decurio colonia Thamogaden[sium]

Traduction :

A l’imperator caesar Marcus Aurelius Commodus Antoninus auguste. C. Pomponius


Maximus ancien centurion de la légion III Auguste, et décurion de la colonie de
Timgad.

Datation :

Commode (180-192).

97
CIL VIII, 2711.

Localisation : Lambèse. Au Nord-Est du forum.


Description : base. Bloc brisé en haut à gauche.
Dimensions : 110 x 70
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

M AURELIO AN

TONINO PIO AUGUSTO PONTIF

MAX TRIB POT XI COS III

PROCOS SEVERI AUG N FILIO

[S]EXTILIUS SATURNINUS

FL P OB HONOREM FLA

MONI PERPETUI IN SE CON

LATI POLLICITUS EX HS V N

AMPLIATA PECUNIA POSU

IT ET DED PAETER HS XII N HO

NORARIA SUMMA ET EO AM

PLIUS HS VIII N R P INLATIS ET

DATIS SPORTULIS CONDECURIO

NIBUS SUIS ET HONORIB FUNC

98
TIS DUPLIS

Restitution :

[imp(eratori)] caes(ari] M(arco) Aurelio An/tonino Pio augusto pontif(ici)/ max(imo)


trib(unicia) Pot(estatis) XI co(n)s(uli) III/ proco(n)s(uli) Severi aug(usto) n(ostro) filio/
[S]extilius Saturninus / Fl(amen) p(erpetuus) ob honorem fla/moni perpetui in se
con/lati pollicitus ex (sestertium) V n(ummum)/ ampliata pecunia posu/it et ded(icavit)
praeter (sestertium) XII n(ummum) ho/noraria summa et eo am/plius (sestertium) VIII
n(ummum) r(ei) p(ublicae) inlatis et/ datis sportulis con(silio ?)decurio/nibus suis et
honorib(us) funct(is) duplis

Traduction :

A l’imperator caesar Marcus Aurelius Antoninus Pieux Auguste, grand pontife, ayant
revêtu la puissance tribunicienne pour la onzième fois, consul pour la troisième fois,
proconsul, fils de notre Auguste Sévère. Sextilius Saturninus, flamine perpétuel avait
promis sur l’honneur pour son flaminat perpetuel une statue de 5000 sesterces, somme
qu’il augmenta. Il posa et consacra. Indépendamment de la summa honoraria s’élevant
à 12000 sesterces qu’il augmenta de 8000 sesterces acquittés envers la république et il
distribua des sportules envers le conseil des décurions ( ?) et le doubla pour ceux ayant
exercé les honneurs.

Datation :

Caracalla est associé au trône en 198, il a revêtu onze fois la puissance tribunicienne.
Donc nous pensons que cette inscription daterait de 208-209..

CIL VIII, 2714 (= 18118).

99
Localisation : Lambèse. Entre les thermes et les petits bains.
Description :
Dimensions : 35 x 37
Hauteur des lettres : 3.5 (l.1-3), 2 (l.4), 1 (seq.)
Hederae : 1 (l.8).
Ligatures :

Transcription :

IMP CAES M AURELIO SE

PIO FELICI AUGUSTO

AU

CURIAE SABINAE SENIORES Q

C POMPONIUS FELIX FL . PP C IULIUS FORTU

C VALERIUS CLODIANUS FL PP C FABRICIUS IM

L POSTUMIUS HONORATUS F P M ASIUNIUS SAGU

L LICINIUS FELIX FL PP C POMPONIUS FE

C SOSSIUS PULCER IM PP C VALERIUS SE

SITTIUS SATURIAN . IM PP L POSTUMIUS FIL

NUS IM PP L LICINIUS FELI

Restitution :

Imp(eratori) caes(ari) M(arco) Aurelio Se[vero Alexandro]/ Pio felici augusto [et Iuliae
Mamaeae]/ aug(ustae) [matri augusto n(omine) et cast(rorum) et sen(ati) et patriae]/
curiae sabinae seniores q[---] C(aius) Pomponius felix fl(amen) p(er)p(etuus) C(aius)

100
Iulius Fortu[natus]/ C(aius) Valerius Clodianus fl(amen) p(er)p(etuus) C(aius) Fabricius
im()/ L(ucius) Postumius Honoratus f(lamen) p(erpetuus) M(arcus) Asiunius Sagu()/
L(ucius) Licinius felix fl(amen) p(er)p(etuus) C(aius) Pomponius Fe(lix ?)/ C(aius)
Sossius Pulcer im pp C(aius) Valerius Se( ?)/ Sittius Saturian(us) im pp Lucius
Postumius Fil( ?)/ [---]nus im pp / Lucius Licinius Feli[x]

Traduction :

Pour l’imperator caesar Marcus Aurelius Severus Alexander, pieux, heureux Auguste
et à Iulia Mamea, Augusta, mère pour le nom d’Auguste, et mère des camps et du Sénat
et de la Patrie, les seniores des curies sabines [---] Caius Pomponius Felix, flamine
perpétuel, Caius Iulius Fortunatus, Caius Valevius Clodianus flamine perpétuel, Caius
Fabricius im( ?), Lucius Postumius Honoratus flamine perpétuel, Marcus Asiunius
Sagu( ?), Lucius Licinius Felix, flamine perpétuel, Caius Pomponius Felix ( ?), Caius
Sossius Pulcer im pp (flamine perpétuel ?), Caius Valerius Se( ?), Sittius Saturianus, im
pp (flamine perpétuel ?), lucius Postumius Fil( ?) [---nus (flamine perpétuel ?), Lucius
Licinius Felix.

Datation :

Entre 226-235.

CIL VIII, 2723 (= 18120) (= ILS 5568) (= AE 1987, 1061).

Localisation : Lambèse.
Description : Fragment d’architrave muluré en haut et en bas
Dimensions : 42 x 132 x 28
Hauteur des lettres : 6 à 5.
Hederae :
Ligatures :

101
Transcription :

OB DIEM FESTISSIMUM DE

XIMI ///////////

ORNANDAMPLATEAM ARCUS

SILICIO SILICIANO FL PP CUR REI P

Restitution :

] Ob diem festissimum de[signationis 3] / [3 ma]ximi [[3]] / [3 ad ex]ornandam plateam


arcus [3] / [3 curante] Silicio Siliciano fl(amine) p(er)p(etuo) cur(atore) rei p[ublicae

Traduction :

Pour le jour de grande fête, ---- pour les ornements de la rue et l’arc --- par les soins de
Silicius Silicianus, flamine perpétuel et curateur de la république.

Datation : Bas-Empire (mais indéterminée).

Commentaire :

Silicius Silicianus semble cumuler les fonctions de curateur et de flamine perpétuel.

CIL VIII, 2757 (= AE 1977, 863) (= AE 1987, 1065).

102
Localisation : Lambèse. Découvert parmi les métériaux du fort
byzantin.
Description : Autel brisé dans sa partie supérieure.
Dimensions : 70 x 56
Hauteur des lettres : 6
Hederae : 1 (l.11)
Ligatures : LI (l.1), IR (l.2), TI (l.4), UM (l.5), HE, VE, TI, NUM, HA,
UM, TI (l.6), NAM, THAMUC, NAM (l.7), AMIL, VI, IR (l.8), VIR,

Transcription :

AELIO RUFO IANUA

IUS V E FL PP DUUMVIRA

LICIO D O R P CURATORI

AD FISCI ADVOCATIONES

TER NUMERO PROMOTO

THEVESTINAM HADRUMETI

NAM THAMUC AD NNONAM

PERP AEMIL VICTORINUS

FL PP IIVIR ET HOR PARITOR A MIL

IIVIR CONCORDISSIMO

FRATRI

Restitution :

[1] Aelio Rufo Ianua/[r]ius v(iro) e(gregio) fl(amini) p(er)p(etuo) duumvira/licio


d(ecreto) o(rdinis) r(ei) p(ublicae) curatori / ad fisci advocationes / ter numero promoto
/ Thevestinam Hadrumeti/nam Thamuc(adensem)(!) ad annonam / perp(etuo) a

103
mil(itiis) Victorinus / fl(amen) p(er)p(etuus) IIvir et Hor(atius) Paritor a mil(itiis) / IIvir
concordissimo / fratri

Traduction :

A Aelius Rufus Iuanuarius, vir egregius, flamine perpétuel, ancien duumvir, par décret
de l’ordre de la république, curateur perpétuel, nommé avocat du fisc à trois postes
successifs, Théveste, Hadrumète, Timgad, et chargé de l’annone , ayant effectué son
service militaire. Aemilius Victorinus, flamine perpétuel, duumvir, et Horatius Paritor
ayant fait son service militaire, duumvir. Au frère, le plus entendant.

Datation :

Selon J-M David, le titre a militiis remplaçant l’énumération des postes militaires que
doit occuper un chevalier, n’apparaît que sous le règne de Septime-Sévère et disparaît
avec la réforme de Gallien. En conséquent cette inscription date d’avant 260. Pour J-M
David, cette inscription trouverait sa place entre 248-250 et 260.

Commentaire:

Nous sommes en présence d’un cursus inversé. Pour J-M David le lapicide voulait
montrer que les deux fonctions ont été gérées en même temps. Il aurait ainsi préférer les
intégrer toutes les deux en une seule et même formule tout en les distinguant par deux
termes ter numero et perpetuo.

Titre mis en relation avec les réformes des administrations de l’annone et des domaines
en Numidie, pendant les persécutions de Valérien (257-260).

CIL VIII, 2776 (= 18133).

104
Localisation : Lambèse. Parmi les matériaux du fort byzantin.
Description : Autel.
Dimensions : 115 x 38
Hauteur des lettres : 5.5
Hederae : 1 (l.11), 1 (l.12).
Ligatures : NI (l.5)

Transcription :

D.M.S

SEXTO . VERTE

BLASIO . VICT

ORI PRIMO . DU

MVIRO . MUNICI

PII . LAMBESIS . V

XIT . ANN . LXXX

SEX . VERTEBLASI

US . VICTOR PR

F . EQUITUM FIL

PATRI RARISSI

MO FECIT

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum)/ Sexto Verte/blasio Vict/ori primo du[u]/mviro munici/pii


Lambesis v[i]/xit ann(is) LXXX/ Sex(tus) Verteblasi/us victor pr[ae]/f[ectus ] Equitum
fil(ius)/ patri rarissi/mo fecit

Traduction :

105
Aux sacrés dieux mânes, à Sextus Verteblasius Victor, premier duumvir du municipe de
Lambèse, il vécut quatre-vingt-dix ans. Son fils Sextus Verteblasius Victor, préfet des
cavaliers a fait cette dédicace à son père exceptionnel.

Datation :

On constate la mention du premier duumvir du municipe de Lambèse ; statut auquel la


cité parvient entre 166 et 185. Mais selon J-M Lassere (« Recherches sur la chronologie
des épitaphes païennes de l'Africa » in antiquités africaines, n°7, Paris, 1973, p.101) le
personnage est mort à un âge assez avancé, et le monument n’est pas antérieur à
l’époque sévérienne.

CIL VIII, 3296.

Localisation : Lambèse. Voie de Diana, dans les ruines d’un grand


tombeau, près de celui de Flavius Maximus (n° 2764).
Description : Sur un fragment de frise.
Dimensions : 50 x 280
Hauteur des lettres : 9
Hederae : 1 (l.1), 3 (l.2), 5 (l.3).
Ligatures : RI, IN, IL, NI (l.2).

Transcription :

P AELIO MAXIMO FATRI ET LORENIAE PROCESSAE

MATRI ET ACUTIAE FLACCINILLAE CONIUGI P. AELIUS

PROCESSUS EQ R FL PP SB E PAR

106
Restitution :

P. Aelio Maximo fatri et Loreniae Processae/ Matri et Acutiae Flaccinillae coniugi P.


Aelius/ Processus eq(ues) r(omanus) fl(amen) p(er)p(etuus) sb e par

Traduction :

A mon frère P. Aelius Maximus et à Lorenia Processa, ma mère, et à Acutia Flaccinillae


mon épouse. P. Aelius Processus, chevalier romain et flamine perpétuel.

CIL VIII, 3300.

Localisation : Lambèse. Au Sud-Est des ruines, près des arcs.


Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

CAELIAE OCTA

VIAE VIX . AN . XL

ET FILII EIUS VET

ERIOSA VIX AN X

ET / / GOGIUS VIX

AN VIII FAUSTINUS

FL PP AED PAR ME

107
RENTISSIMUS FECIT

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum)/ Caeliae Octa/viae vix(it) an(nis) XL/ et filii eius Vet/eriosa
vix(it) an(nis) X et [---] Gogius vix(it)/an(nis) VIII Faustinus/ fl(amen) p(er)p(etuus)
aed(ilis) par(ens) me/rentissimus fecit

Traduction :

Aux sacrés dieux mânes, à Caelia Octavia qui vécut soixante ans et à son fils Veteriosa
qui vécut dix ans et [---] Gogius qui vécut huit ans. Faustinius flamine perpétuel, édile
parent le plus méritant à fait cette dédicace.

CIL VIII, 3301.

Localisation : Lambèse. Au Nord-Ouest de l’arc de Commode, après le


ravin.
Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

Q. MALLIUS

DONATUS D

UVIRALICIUS

108
QUI VIXIT AN

V TANNONIA

VALERIA COI

UX MARITO

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum)/ Q. Mallius/ Donatus d[u]/uviralicius/ qui vixit an(nis)/


[LX ?]V Tannonia/ Valeria coi/ux marito

Traduction :

Aux dieux mânes sacrés, Q. Mallius Donatus, ancien duumvir, qui vécut soixante-cinq
ans. Tannonia Valeria, sa femme, à son mari.

CIL VIII, 3306.

Localisation : Lambèse. A l’Est des arcs, près du ravin.


Description : sur un cippe.
Dimensions : 58 x 40
Hauteur des lettres : 3
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

POMPONIUS

NEPOTIANUS

DECUR VIXIT AN . XXXXIII

CORNELIA TAE

CUSA CONIUGI

109
KARISSIMO

H.S.E

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum)/ Pomponius/ Nepotianus/ decur(ionis) vixit an(nis) XXXXIII/


Cornelia Tae/cusa coniugi/ karissimo/ H(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

Aux sacrés dieux mânes, Pomponius Nepotianus, décurion, a vécu quarante-trois


années. Cornelia Taecusa, (a dédié) pour son très cher époux, il repose ici.

CIL VIII, 3307.

Localisation : Lambèse. Nécropole du Nord.


Description : Cippe
Dimensions : 57 x 45
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

SALLUSTIA VIC

TORIA SACERDA

MAGNA V A XCV

MENSIB VII IU

110
LIUS FAUSTINUS

ET IULIA DONATA

MATRI BENEMERENTI

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum)/ Sallustia vic/toria sacerda/ magna v(ixit) a(nnis) XCV/
mensib(us) VII Iu/lius Faustinus/ et Iulia Donata/ matri benemerenti

Traduction :

Aux sacrés dieux mânes, Sallustia Victoria grande prêtresse vécut quatre-vingt-quinze
années et sept mois. Iulius Faustinus et Iulia Donata, à leur mère bien méritante.

AE 1987, 1064.

Localisation : Lambèse (Lamasba). Trouvée en 1916 dans les thermes


proches du capitole.
Description : base retaillée en chapiteau. Publiée dans B.C.T.H., 1917,
p.273, et non reprise par l’Année Epigraphique. Lecture et étude de J.
MARCILLET-JAUBERT, Z.P.E., 69, 1987, p.207-209.
Dimensions : 48 x 51 x 48
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

[…]liu[s]/ Aemilianus a m[i]litiis, fl(amen) p(er)p(etuus) et/

[S]ex(tus) Sinicus / Rufus fl(amen) p(er)p(etuus) / […]


111
Traduction :

---- Aemilianus, ayant effectué son service militaire, flamine perpétuel et Sextus Sinicus
Rufus, flamine perpétuel ----

Datation :

Sextus Sinicius Rufus doit sans doute être identifié à l’advocatus homonyme qui honore
comme son patron le légat consulaire Ti. Iulius Pollienus Auspex, en poste sous
Caracalla. Un autre avocat de Lambèse dans les années 198-200.

AE 1987, 1070.

Localisation : Lambèse (Lamasba).


Description : petit autel en calcaire, inscrit sur trois faces.
Dimensions : 26 x 12 x 12
Hauteur des lettres : 15
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

Mer[ur(io)] / aug(usto) sacr[um] / P(ublius) Aelius / Max(i)m[us] / aram l[i]b(e)n(s)


m(e)rito de(dicavit ?), // quam in / honor[em] P(ublii) Ael(ii) / Felici[s] fl(aminis)
pe[rp(etui) / promiserat ?] // donavit

Traduction :

112
A Mercure Auguste sacré, Publius Aelius Maximus a consacré un autel de bon gré,
comme de juste, qu’il avait promis en l’honneur de Publius Aelius Felix, flamine
perpétuel, il a fait don.

Commentaire :

Un autre P. Aelius Maximus, père de P. Aelius Processus, chevalier romain et flamine


perpétuel, est connu à Lambèse (cf. CIL VIII, 3296). La promesse semble avoir été
réalisée par un parent (peut-être le frère).

1.2.5. VERECUNDA (Henschir Markûna)

CIL VIII, 4187.

Localisation : Verecunda (Marcouna). Au forum, sur un autel


hexagonal.
Description :
Dimensions : 165 x 54
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures : DI, NI (l.2), EM (l.6), DIT (l.9), TI (l.10), LI (l.12), IE

Transcription :

GENIO

SANCTISSI

MO ORDINIS

C . VALERIUS

113
SECUNDUS

OB HONOREM

FL . PP . AB UNI

VER . ORD . IN

SE CONL . ADDIT

AD LEGITIMA HS II CC CC N QUAE

POLLICITUS

ERAT ET AMPLI

US HS DC N EX

HS V N FACIED

DEDIC . CURAVIT

Restitution :

Genio/ sanctissi/mo ordinis/ C(aius) Valerius/ Secundus/ ob honorem/ fl(amonii)


p(er)p(etui) ab uni/verso ord(ine) in / se con(lati) addit(is)/ ad legitima(m) (sestertiius) II
[milibus] CC CC n(ummis) quae/pollicitus/ erat et ampli/us (sestertiis) DC n(ummis)
ex/ (sestertium) V (milibus) n(ummum) faciend(um)/ dedic(andumque) curavit

Traduction :

Au très saint Génie de l’ordre, Caius Valerius en l’honneur de son flaminat perpétuel
qui lui a été conféré par l’ensemble de l’ordre, ajouta à la somme légitime de 2400
sesterces promises et fut augmentée de 600 sesterces, il pris soin de faire faire et de le
dédié pour une valeur de 5000 sesterces.

CIL VIII, 4191 ( = 18489) (= AE 1987, 1080).

114
Localisation : Verecunda (Marcouna). Au forum.
Description : Base.
Dimensions : 54 x 35
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures : TI (l.2), TI, IL, IR (l.3), DI, LI (l.4), IR (l.5), TI (l.6).

Transcription :

GENIO PATRIAE AUG P HORATIUS

P HORATI CRESCENTIS FIL QUIR RESTITUTIANUS

AEDILICIUS PRAEF PRO IIIVIR IIIVIR DESIG

COL III CIRTENS ARAM CONSTITUIT IDEMQ

DEDICAVIT FL PP EQ R EUASI

MULASIUS

Restitution :

Genio patriae Aug(usto) P(ublius) Horatius / P(ubli) Horati Crescentis fil(ius) Quir(ina)
Restitutianus / aedilicius praef(ectus) pro IIIvir(is) IIIvir desig(natus) / col(oniarum)
[I]III Cirtens(ium) aram constituit idemq(ue) / dedicavit fl(amen) p(er)p(etuus) eq(ues)
R(omanus) Euasi / Mulasius

Traduction :

Au Génie Auguste de la patrie, Publius Horatius Restitutianus, fils de Publius Horatius


Crescentius, de la tribu Papiria, ancien édile, praefectus pro triumviris, triumvir désigné
des quatre colonies cirtéennes, flamine perpétuel et chevalier romain. Il a érigé le même
autel et l’a dédié. Euasius Mulasius

115
Datation :

Première moitié du IIIème siècle.

Commentaire :

P. Horatius Restitutianus a mené une carrière municipale dans la Confédération


citéenne ; quand il y est devenu triumvir, il a fait cette dédicace au Genius patriae.
Devenu ensuite flamine perpétuel, il est entré dans l’ordre équestre ; ces mentions ont
été ajoutées plus tard par une autre main. Euasi (vocatif) doit être son signum tandis que
Mulasius (au nominatif), ethnique de Mylasa ( ?) doit se rapporter à celui qui a complété
le premier texte.

CIL VIII, 4193.

Localisation : Verecunda (Marcouna). Au forum.


Description : Autel hexagonal.
Dimensions : 100 x 55
Hauteur des lettres : 6 (l.1), 4 (seq.)
Hederae :
Ligatures : DI (l.5), MA (l.6), IE (l.13), ND, UR (l.14).

Transcription :

GENIO

POPULI

Q. CAECILIUS Q. F

RUFUS OB HONO

116
REM FL PP ADDITIS

AD LEG SUMMAM

HS II N EX HS II II N POL

LICITUS FUERAT

SEMPRONIA PAU

LINA EIUS ET

Q. CAECILIUS CAS

TUS FIL FL PP FA

CIENDUM DEDI

CANDUMQUE CURA

Restitution :

Genio/ populi/ Q(uintus) Caecilius Q(uinti) f(ilius)/ Rufus ob hono/rem fl(amen)


p(er)p(etuus) additis/ ad leg(itimam) summam/ (sestertium) II n(ummum) ex
(sestertium) II II n(ummum) pol/licitus fuerat/ Sempronia Pau/lina eius et/ Q. Caecilius
Cas/tus fil(ius) fl(amni) p(er)p(etui) fa/ciendum dedi/candumque cura(verunt ?)

Traduction :

Au Génie du Peuple, Quintus Caecilius Rufus, fils de Quintus, en l’honneur de son titre
de flamine perpétuel, ajouta 2000 sesterces à la somme de 4000 qui fut promise.
Sempronia Paulina et Q. Caecilius Castus fils du flamine perpétuel ont fait faire (cet
autel) et l’on dédié. Ils en prennent soin.

Datation :

150 (F. Jacques, le privilège de la liberté, p. 742).

117
CIL VIII, 4194 (= 18490) (= ILS 6852).

Localisation : Verecunda (Marcouna). Au forum.


Description : autel.
Dimensions : 117 x 61
Hauteur des lettres : 6.5 (l.1 et 2), 5 (seq.)
Hederae :
Ligatures : LI (l.5)

Transcription :

GEN VICI

AUG

CN BAEBIUS

CN FIL STELLAT

CAEREALIS ORT

FL PP ADIECTIS

AT. LEGITIMAM

FL HS II M N

HS I DCC N

ET AMPLIUS

INLATIS REI PUBLICAE

HS I N

118
POSUIT

IDEMQ

DEDICAVIT

Restitution :

Gen(io) Vici/ aug(usto)/ Cn(eius) Baebius/ Cn(eius) fil(ius) stellat/ Caerealis Ort(a ?)/
Fl(amen) p(er)p(etuus) adiectis/ at. Legitimam/ Fl( ?)( sestertium) (duorum) m(illia)
n(ummum)/ (sestertium) I DCC n(ummum)/ et amplius/ Inlatis rei publicae/ (sestertium)
I n(ummum) Posuit/ idemq(ue)/ dedicavit

Traduction :

Au Génie du Vicus Auguste, Cneius Baebius Caerealis Cae, fils de Cneius, d’Ortus,
flamine peprétuel, ayant ajouté à la somme légitime de 2000 sesterces, 1700 sesterces
de plus, et s’acquitta envers la république d’une augmentation de 1000 sesterces, il posa
et consacra.

CIL VIII, 4196 (= 18491).

Localisation : Verecunda (Marcouna). Au forum.


Description : base
Dimensions : 135 x 62
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures : RI, NI, LI (l.4), THI, MA (l.5), MA, MA (l.6)., RI, LI, AV
(l.8), MA, RI, TR (l.9), RI (l.10), IN, TI (l.14), MA (l.15).

119
Transcription :

IOM

CONSERVATORI

IMP CAES M AURELI SEVERI

ANTONINI PII FELI

CIS AUG PARTHIC MAXIMI

BRIT MAXIMI PONTIF MAXI TR P

XV IMP II COS IIII PROCS

DIVI SEVERI FIL ET IULIAE AUG

MATRIS AUG E CASTROR ET SE

NATUS AC PATRIAE //////

L. PROPERTIUS L. F MARTI

ALIS VET FL PP OB HONORE

FLAMONI PERPETUI AB OR

DIN IN SE CONLATI QUOD EX

HS IIII N PROMISERAT AM

PLIATA SUMMA FACIEN

DAM DEDICANDAMQUE

CURAVIT

Restitution :

I(ovi) o(ptimo) m(aximo)/ conservatori/ Imp(eratori) caes(ari) M(arci) Aureli Severi/


Antonini pii feli/cis aug(usti) Parthic(i) Maximi/ Brit(anici) maximi pontif(icis)
maxi(imi) tr(ibunitia) p(otestatis)/ XV Imp(eratoris) II co(n)s(ulis) IIII proc(on)s(ulis)/
120
divi Severi fil(ii) et Iuliae Aug(ustae)/ matris aug(usti) e(t) castror(um)et se/natus ac
patriae [----]/ L(ucius) Propertius L(ucii) f(ilius) Marti/alis vet(eranus) fl(amen)
p(er)p(etuus) ob honore[m]/ flamoni perpetui ab or/din(e) in se conlati quod
ex/(sestertium) IIII (nummum) promiserat am/pliata summa facien/dam
dedicandamque/ curavit

Traduction :

A Jupiter le plus grand le meilleur conservateur de l’imperator caesar Marcus Aurelius


Severus Antoninus Pieux, heureux auguste, grand parthique, grand britannique, grand
pontife, a revêtu quinze fois la puissance tribunicienne, acclamé imperator pour la
deuxième fois, trois fois consul, et quatre fois proconsul, fils de divin Sévère et de Iulia
Augusta mère d’auguste et des Champs et du Sénat et de la patrie [----], Lucius
Propertius Martialis, fils de Lucius, vétéran, flamine perpétuel en l’honneur de son
flaminat conféré par l’ordre, apporta comme contribution 3000 sesterces qu’il avait
promis et augmenta la somme pour faire faire la statue et la dédicacer.

Datation :

213.

CIL VIII, 4197 (= 18492) (= ILS 450).

Localisation : Verecunda (Marcouna). Au forum.


Description : découvert sur un autel.
Dimensions : 131 x 62
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures : identiques à n° 4196.

121
Transcription :

IUNONI CONCORDIA

AUG PRO SALUTE

IMP CAESAR M AURELI

SEVERI ANTONINI PII FEL

ICIS AUG PARTH

MAX BRIT MAX

PONTIF MAX TR P XV IMP

II COS IIII PROCOS DIVI

SEVERI FIL ET IULIA AUG

MATRIS AUG ET CASTROR E

SENATUS AC PATRIAE

QUOD L. PROPERTIUS L. F VIC

TOR VET OB HONOREM FLA

MONI PERPETUI AB ORDINE

IN SE CONLATI EX HS IIII

PROMISERAT PROPER

TIUS MARTIALIS VE FL PP

FRATE E. PROPERTIUS VIC

TOR AEVOCATUS FILIUS EIUS

AMPLIATA SUMMA FACIEND DEDI

CANDAMQUE CURAVERUNT

Restitution :

Iunoni concordia/ aug(usta) pro salute/ Imp(eratoris) caesar(is) M(arci) Aureli/ Severi
Antonini pii fel/icis aug(usti) parth(ici)/ Max(imi) Brit(annia) max(imi)/ pontif(icis)
122
max(imi) tr(ibunitia) p(otestatis)XV imp(eratoris)/ II co(n)s(ulis) IIII proco(n)s(ulis)
divi/ Severi fil(ii) et Iulia Aug(ustae)/ matris aug(usti) et castror(um) e(t)/ senatus ac
patriae/ quod L(ucius) Propertius L(ucii) f(ilius) Vic/tor vet(eranus) ob honorem
fla/moni perpetui ab ordine/ in se conlati ex HS IIII/ promiserat Proper/tius Martialis
ve(teranus) fl(amoni) p(er)p(etui)/ Frater e(t) Propertius Vic/tor aevocatus filius eius/
ampliata summa faciend(um) dedi/candamque curaverunt.

Traduction :

A Junon Concorde Auguste, pour le salut de l’imperatoris caesaris Marcus Aurelius


Severus Antoninus Pieux, heureux auguste, grand parthique, grand britannique, grand
pontife, ayant revêtu la puissance tribunicienne pour la quinzième fois, imperator deux
fois et consul trois fois, proconsul, fois proconsul, fils de divin Sévère et de Iulia
Augusta mère d’auguste et des Champs et du Sénat et de la patrie. L. Propertius Victor,
fils de L., vétéran, en l’honneur de son flaminat conféré par l’ordre, il avait promis
comme contribution 4000 sesterces. Propertius Martialis, vétéran, flamine peprétuel,
son frère et Propertius Victor, aevocatus, son fils, augmentèrent la somme pour faire
faire (la statue) et la dédier.

Datation :

213 (en se référant à la puissance tribunicienne).

Commentaire :

C. 4196-4197.

Selon François Jacques, les deux bases ont été dédiées à Jupiter et Junon en 212. La
Concorde ramène au règne commun de Caracalla et Géta. Les dédicants sont deux frères
s’étant engagés à la même pollicitatio. La statue de Junon est élevée par augmentation
de la somme par le fils de dédicant et son frère. Pour François Jacques : « L'intervention
du frère, Martialis, peut d'abord s'expliquer par l'absence éventuelle de Propertius Victor
junior » (Jacques F., Le privilège de la liberté, p. 722). Ce dernier est dit en effet
aeuocatus ; on sait que les évocats sont des soldats d'élite, en général ayant fait leur
temps de service dans les cohortes romaines, qui, leur temps fini, se réengagent et se
voient confier des fonctions avant tout administratives.

123
CIL VIII, 4202 (= 18494).

Localisation : Verecunda (Marcouna).


Description : Base.
Dimensions : 125 x 36
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures : RI (l.1), NI (l.2), AV (l.3), LI, RI (l.4), NI, NI, PI, AV (l.5),
TH, MA, RI, MA (l.6), LI (l.8), TE, LI, TE (l.9), LI, RI, LI (l.10), TH,
TI, NI, LI, VA, NI (l.11), MA (l.14), RI, NI RT (l.15), PL, RI (l.16),
VA (l.17), VA (l.18), ND, DI, ND, AM (l.20)

Transcription :

VICTORIAE

GERMANICAE

AUG . IMP . CAES . M . AU

RELI . SEVERI . ANTO

NINI . PII . FELICIS . AUG . PAR

TH . MAX . BRIT . MAX . GERM

MAX . PONT . MAX . P . P

C. IULIUS . SECUNDINUS

EX . VOLUNTATE . IULI . TER

TIOLI . PATRIS . ET . IULIORUM

THEVESTINI . ET . SILVANI

FRATRUM . OB . HONO

124
REM . FL . PP INLA

LEGITIMA . HS . II . N . ET . CON

DECURIONIBUS . SPORTU

LAS . DUPLAS . ET . CURIIS

SING . HS CXX N . STATUA

QUAM EX HS VIIII N

PROMISERAT . FACI

END . DEDICANDAMQ

. CURAVIT .

Restitution :

Victoriae/ germanicae/ aug(usta) imp(eratoris) caes(aris) M(arci) Au/reli Severi


Anto/nini pii felicis aug(usti) Par/th(ici) max(imi) Brit(annia) max(imi) Germ(anici)/
Max(imi) pont(ificis) max(imi) p(atris) p(atriae)/ C(aius) Iulius Secundinus/ ex
voluntate Iuli Ter/tioli patris et Iuliorum/ Thevestini et Silvani/ fratrum ob hono/rem
fl(amonii) p(er)p(etui) inla(to)/ legitima (sestertium duorum milium) n(ummum) et
con(silium ?)/decurionibus sportu/las duplas et curiis/ sing(ulis sestertios) CXX
n(ummos) statua[m]/ quam ex (sestertium) VIIII (milibus) n(ummus)/ promiserat
faci/end(am) dedicandamq(ue)/ curavit

Traduction :

A l’auguste Victoire germanique de l’imperator caesar Marcus Aurelius Antoninus


Pieux, heureux auguste, grand parthique, grand britannique, grand germanique, grand
pontife, père de la patrie. C(aius) Iulius Secundinus par la volonté de Iulius Tertiolius
son père et des « Juliens » ses frères de Théveste et de Silvanus en l’honneur du
flaminat perpétuel conféré, il s’acquitta d’une somme légitime de 2000 sesterces et fit
don du double de sportules pour le conseil des décurions et pour chaque curies 120

125
sesterces ; il avait promis de faire faire et de dédier une statue d’une valeur de 90000
sesterces.

Datation :

Elegabal (218-222)

CIL VIII, 4219 (= 18499) (= ILS 6849).

Localisation : Verecunda (Marcouna). Au forum.


Description : Cippe hexagonale.
Dimensions : 105 x 30
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

PRO SA C. IULI PROMI

LUTE US VIC SERAT

ET IN TORI SUA

COLU NUS PE

MITA AEDI CUNIA

TE D LIS ST FECIT

N VA TUAM ET DE

LERIA MAR DICA

NI ET SYAE VIT

GALLI QUM

126
ENI O

AUG REM

DIL

TA

Restitution :

Pro sa/lute/ et in/colu/mita/te d(ominorum)/ n(ostrum) Va/leria/ni et/ Galli/eni/


aug(ustorum)/ C(aius) Iuli/us vic/tori/nus/ aedi/lis st[a]/tuam / Mar/syae/ qu[a]m/ o[b
ho/no]rem/ [ae]dil/[i]ta[tem] / Promi/serat/sua pe/cunia/ fecit/ et de/dica/vit

Traduction :

Pour le salut et la conservation de nos maîtres Valerien et Gallien, augustes. Caius


Iulius Victorinus, édile, avait promis sua pecunia une statue de Marysae en l’honneur de
son édilité. Il la fit faire et la dédia.

Datation :

Selon Fr. Jacques l’érection de la statue de Marysas est l’indicateur de l’accession de


cette cité à l’autonomie municipale. Ainsi malgré la présence d’une activité édilitaire et
de magistratures municipales, on ne peut dater la promotion de ce uicus qu’avec la
construction de cette statue. Cela nous place donc entre 253 et 260, date à la fois de la
promotion et de l’inscription en elle-même (Jacques F., Le privilège de la liberté, p.
723).

CIL VIII, 4249 (= 18503) (= ILS 6852a)

127
Localisation : Verecunda (Marcouna). Dans le jardin d’une ferme.
Description : Inscription en deux fragments.
Dimensions : a) 50 x 76 ; b) 50 x 136
Hauteur des lettres : 5.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

CN BAEBIO CN F REALI MUNICIPI ORTANORUM

ATQUE FALERT ERECUNDENSIUM INCOLAE

ET FLAMINI PER ET PRINCIPI ET

SEVERAE INGE VERI FILIAE EIUS PARE

FILI VIXIT S LXXX MATER ANNI….

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum)/ Cn(eio) Baebio Cn(eio) f(ilio) [stell(at) cae]reali municipi
Ortanorum/ atque Falert[ensium v]erecundensium incolae/ et flamini per[petuo] et
principi et/ severae inge[nui Se]veri filiae eius pare[ntibus]/ fili vixit [pater anu]s LXXX
mater anni[s][----]

Traduction :

Aux dieux mânes sacrés, à Cneius Baebius, fils de Cneius, du municipe Stellat Caeralis
Ortanorum et de Falerta et Verecunda, incola et flamine perpétuel et princeps et
ingenuus de Sévère et Sévéra sa fille pour ses parents [---

128
1.2.6. LAMBIRIDI (Khirbet-Ulêd-Arîf)

CIL VIII,4418.

Localisation : Lambiridi (Khirbet-Ulêd-Arîf). Découvert à l’oued de


Chaba.
Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

L AN IS IUS ANTONINUS

DUUMVIRALICIUS MUN LAM

BIRIDI IN HONOREM CIVI

UM SUORUM QUOD IN SE PLE

NO SUFFRAGIO ET AMORE

DUMVIRATUM CONTULIS

SENT PROMISERAT SUA PEC

UNIA FECIT IDEMQUE D D

Restitution :

L(ucius) An[t]is[t]ius Antoninus/ duumviralicius mun(icipi) Lam/biridi[s] in honorem


civi/um suorum quod in se ple/no suffragio Et amore/ dumviratum contulis/sent
promiserat sua pec/unia fecit idemque d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

129
L(ucius) Antistius Antoninus, ancien duumvir du municipe de Lambiridi en l’honneur
de ses citoyens, qui lui ont apporté son vote et son amour et le duumvirat, il avait
promis de faire faire avec son argent et par décret des décurions.

Commentaire :

Nous n’avons pas réussi à déterminé de quel acte d’évergétisme il s’agissait. Masquerat
reste évasif dans sa description et aucune concordance ne fut trouvé ni dans L’Année
Epigraphique ni dans les Inscriptions Latines d’Algérie. Quoiqu’il en soit nous sommes
en présence d’un ancien duumvir, remerciant les citoyens du municipe pour la confiance
qu’ils lui ont apporté lors de son élection au duumvirat. Cette dédicace semble avoir été
promise par ce L. Antistius Antoninus, peut-être s’est- il acquitté de la summa
honoraria qu’il avait promis lors de son élection mais qu’il n’avait pu réaliser.

1.2.7. DIANA (Aïn Zama)

CIL VIII, 4575.

Localisation : Diane (Ain Zama).


Description : autel
Dimensions : 98 x 50
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

130
GENIO

POPULI

L. VOLUSSIUS

Q. F PAP SATUR

NINUS VOLUS

IANUS AEDILIS

Restitution :

Genio/ populi/ L(ucius) Volussius/ Q(uinti) f(ilius) pap(iria) Satur/ninus Volus/ianus


aedilis

Traduction :

Au Génie du Peuple, Lucius Volussius Saturninus Volusianus, fils de Quintus, édile.

CIL VIII, 4577.

Localisation : Diana (Ain Zama).


Description : autel
Dimensions : 100 x 59
Hauteur des lettres : 7
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

IOVI

TORI

C. CREP

IUS C. FIL PAP

131
ROMANUS

ONT AEDILI . Q . P

PRAEF . I . D . II. VIR .

OB . HONOR . II . VIR . SUI

PRAET . LEG . EX . HS . VI .

MIL . N . DED. DEDIC .

Restitution :

Iovi [vic]/tori sa(crum)]/ C(aius) Crep[ere]/ius C(aii) fil(ius) Pap(iria)/ Romanus/


[p]ont(ifex ?) aedilis Q. P. ( ?) / praef(ectus) I(ure) D(icundo) / duumvir / ob honor(em)
duumvir(atum) sui / praet(er ?) leg(itimam) ex (sestertium) VI mil(ibus) n(ummum)
ded(it) dedic(avit)

Traduction :

A sacré Jupiter Victorieux, Caius Creperius Romanus, fils de Caius, de la tribu Papiria,
pontife, édile Q.P. praefectus iure dicundo duumvir en l’honneur de son duumvirat, en
plus de la somme légitime de 6000 sesterces il donna et consacra.

Commentaire :

Selon Willmanns, dans le commentaire de cette inscription (CIL VIII), l’interpréation


de Q.P est douteuse. Deux lectures ont été mises en évidence soit Quaestor Publicus
soit aedilis quaestor potestatis. Mais aucune des deux interprétations n’est probante.

CIL VIII, 4580.

132
Localisation : Diane (Ain Zama).
Description : autel
Dimensions : 100 x 68
Hauteur des lettres : 7 (l.1), 4 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

SAT AUG

L. PAPIUS L. FIL PAP

APOLLA AEDILIS

Q IIVIR PRAEF I D

PRO IIVIRIS QQ

OB HONOREM SA

CERDOTI SUI STA

TUAM SIBI ANNO

EXPLETO POSUIT

ITEMQ DEDIC

Restitution :

Sat(urno) aug(usto)/ L(ucius) Papius L(ucii) fil(ius) pap(iria)/ Apolla aedilis/ Q(uaestor)
IIviru[um] praef(ectus) i(ure) d(icundo) pro IIviris q(uin)q(uenalis)/ ob honorem
sa/cerdoti sui sta/tuam sibi anno/ expleto posuit/ itemq(ue) dedic(avit)

133
Traduction :

A Saturne Auguste, L. Papius Apolla, fils de L., de la tribu Papiria, édile, questeur,
duumvir, praefectus iure dicundo pro duumviris quinquennalis, en l’honneur de son
sacerdoce, a posé une statue pour la fin de son mandat et l’a dédié.

CIL VIII, 4582.

Localisation : Diana (Zana).


Description : autel
Dimensions : 88 x 62
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

VICTORIAE

AUGUSTORUM SAC

DEDICANTE

D. FONTEIO FRONTI

NIANO LEG AUGU PRO PR

EX TESTAMEN

TO M. COSSINI SE

CUNDI FL PP EX HS

II II M N L. SUTORIUS

L. F PAPIRIA FELIX FL PP

HERES EIUS POSUIT

134
Restitution :

Victoriae/ augustorum sac(rum)/ dedicante/ D. Fonteio Fronti/niano leg(ato) augu(sto)/


pro pr(aetori) ex testamen/to M(arci) Cossini Se/cundi fl(amoni) p(er)p(etui) ex
(sestertium)/ II II m(ilibus) n(ummum) L(ucius) Sutorius/ L(ucii) f(ilius) papiria felix
fl(amen) p(er)p(etuus)/ heres eius posuit

Traduction :

Pour la Victoire des augustes sacrés, dédié par D. Fonteius Frontinianus legat d’Auguste
pro-préteur par testament de M. Cossinus Secundus flamine perpétuel qui s’est acquitté
de 4000 sesterces. L. Sutorius Felix, fils de L., flamine perpétuel, son héritier, a posé.

CIL VIII, 4583.

Localisation : Diana (Zana)


Description : autel
Dimensions : 100 x 56
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

ICTORIAE PARTHIC

MP CAESARUM

SEPTIMI SEVERI PII

ERTINACIS AUG ARA

BICI ADIABEN PARTH

135
MAX ET M. AURELI ANTONINI AUGUSTOR

…………………………….

T. AURELIUS FORTIS AE

II VIRU OB HONOREM

IIVIRATUS QUAM EX

II II MIL N POLLICITUS

AT AMPLIATA PEC

IA ANNO IIVIRATUS

SUI DEDIT IDE

UE DEDICA

Restitution :

[V]ictoriae parthic(ae)/ [i]mp(eratorum) caesarum/ [Lucii] Septimi Severi pii/


[p]ertinacis Aug(usti) ara/bici Adiaben(i) Parth(ici)/ max(imi) et M(arci) Aureli
Antonini augustor(um)/[et L(ucii) Septimi Getae caes(ari)]/ T(itus ?) Aurelius Fortis
ae[d](ilis)/ II viru(m) ob honorem/ IIviratus quam ex/ [sestertium] II II mil(ibus)
n(ummum) pollicitus/ [er]at ampliata pec/[un]ia anno IIviratus/ sui dedit ide[m]/[q]ue
Dedica[vit]

Traduction :

A la Victoire parthique, des imperatores caesares augustes Lucius Septimus Severus


Pieux Pertinax auguste, grand Arabique, grand Adiabène, grand Parthique et Marcus
Aurelius Antoninus et Lucius Septimus Geta caesar. Titus Aurelius Fortis, édile,
duumvir, qui en l’honneur de son duumvirat promettait de la somme de 4000 sesterces,
somme qui fut augmentée lors de l’année de son duumvirat.Il dédia (l’autel) et
l’inaugura.

Datation :

197-198.

136
CIL VIII, 4589.

Localisation : Diana (Zana).


Description : base
Dimensions : 100 x 67
Hauteur des lettres : 7 (1-2), 5 à 4 (seq.)
Hederae :
Ligatures : LI (l.3), LI (l.6), AV, NI (l.7)

Transcription :

DIVO PIO

PATRI

IMP CAESM AURELI

ANTONINI AUG

ARMENIACI ET

IMPER CAES L. AURELI

VERI AUG ARMEIACI

C. IULIUS C. FIL PAP

CAESIANUS AEDIL

II VIRR Q FL PP PROMI

SIT PRAETER LEGITIMA HS X N

POSUIT IDEMQ DEDIC

DD

Restitution :

Divo pio/ patri/ Imp(eratori) caes(ari) M(arci) Aureli/ Antonini Aug(usti)/ armeniaci et/
imper(atori) caes(aris) L(ucii) Aureli/ Veri aug(usti) Armeniaci/ C(aius) Iulius C(aii)

137
fil(ius) Pap(iria)/ Caesianus aedil(is)/ II vir q(uaestor ?) fl(amen) p(er)p(etuus) promi/sit
praeter legitima (sestertium) X n(ummum)/ posuit idemq(ue) dedic(avit) d(ecreto)
d(ecurionum)

Traduction :

Au divin Père Pieux, imperator caesar Marcus Aurelius Antoninus auguste, Arménien
et pour l’imperator caesar Lucius Aurelius Verus auguste Arménien. C. Iulius
Caesianus, fils de C., de la tribu Papiria, édile, duumvir, questeur, flamine perpétuel
avait promis indépendamment de la somme légitime de 10 000 sesterces. Il posa cela et
l’inaugura par décret des décurions.

Datation :

161-169.

CIL VIII, 4594 (= 18649).

Localisation : Diana (Zana). Dans la forteresse byzantine.


Description : base
Dimensions : 105 x 50
Hauteur des lettres : 4
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

IMP CAESL. SEP

SEVERO PIO PERTI

AUG PARTHICO AR

ADIABENICO TR

V IMP VIII COS II

138
COS C. IULIUS C. F

MONTANIUS FL

MISSUS ANTE TE

EX IN…LGENTIA

NESTA MISSIONE C

ARET //////// P

OB HONOREM FLAMONI

PETUI PRAETER LEG

HS X MIL N QUAE REI P

INTULIT EX HS X

AMPLIATA PECU

DEDIT IDEM QUE DE

Restitution :

Imp(eratori) caes(ari) L(ucio) Sep[timio]/ Severo pio Perti[naci]/ aug(usto) parthico


ar[abico]/ Adiabenico tr[ibunitia potestate]/ V imp(erator) VIII co(n)s(ul) II [p(ater)
p(atriae) pro]/co(n)s(ul) C(aius) Iulius C(aii) f(ilius) [pap(iria)]/ Montanius fl(amen)
[p(er)p(etuus) vet(eranus ?)]/ missus ante te[mpus]/ Ex in[du]lgentia [eius ho]/nesta
missione C[um Excus]aret[ur] legat(o) aug(usti) p[ro praetore]/ Ob honorem flamoni
[per]/petui praeter leg[itim(a)]/ (sestertium) X mil(ibus) n(ummum) quae rei p[ublicae]/
Intulit ex (sertertium) X (nummum)/ ampliata pecu[nia]/ dedit idem que de[dacvit]

Traduction :

A l’imperator caesar Lucius Septimius Severus Pieux Pertinax auguste, Parthique,


Arabique, Adiabénique, ayant revêtu la puissance tribunicienne pour la cinquième fois,
acclamé huit fois imperator, consul pour la deuxième fois, père de la patrie, proconsul,
Caius Iulius Montanius, fils de Caius, de la tribu Papiria, flamine perpétuel, vétéran,

139
renvoyé prématurément et ayant été excusé par le légat d’Auguste pro-préteur. En
l’honneur de son flaminat perpétuel et en plus de la somme légitime de 10 000 sesterces
qu’il paya l’attention de la république il augmenta la somme de 10 000 sesterces qu’il
augmenta davantage. Il dédia cela (monument) et l’inaugura.

Datation :

197-198.

CIL VIII, 4596 (= 18650).

Localisation : Diana (Zana).


Description : base
Dimensions : 115 x 60
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DIVO

COMMODO FRATRI/

IMP CAES L. SEPTIMI

SEVERI PII PERTI

NACIS AUG ARABI

CI ADIABENICI PART

MAXIMI TRIB P VIII

IMP XI COS II P

P PROCOS

M IULIUS C FIL PAPIR

140
RUFUS MONTANI

ANUS AEDIL IIVIR IIVIR

QUINQ FL PP EX HS IIII

MIL N INLATIS REI PU

SUMMIS HONORARIS

ET FL PP EX HS X MIL

AMPLIATA PECUNIA

DEDIT IDEMQUE DEDI

CAVIT

Restitution :

Divo/Commodo fratri/ Imp(eratori) caes(ari) L(ucius) Septimi/ Severi Pii Perti/nacis


aug(usti) arabi/ci adiabenici Part(hici)/ maximi trib(unicia) p(otestate) VIII/ imp(eratori)
XI co(n)s(uli) II p(atri) P(atriae) proco(n)s(uli)/ M(arcus) Iulius C(aii) fil(ius) Papir(ia)/
Rufus Montani/anus aedil(is) IIvir IIvir/ quinq(uennalis) fl(amen) p(er)p(etuus) ex
(sestertium) IIII/ mil(ibus) n(ummum) inlatis rei pu(blicae)/ summis honoraris/ et
fl(amen) p(er)p(etuus) ex (sestertium) X mil(ibus) (nummum)/ ampliata pecunia/ dedit
idemque dedi/cavit

Traduction :

Au frère du divin Commode, l’imperator caesar Lucius Septimus Severus Pieux


Pertinax auguste, arabique, adiabénique, grand parthique, ayant revêtu la puissance
tribunicienne pour la huitième fois, acclamé onze fois imperator consul pour la
deuxième fois, Père de la Patrie, proconsul. Marcus Iulius Rufus Montanianus, fils de
Caius, de la tribu Papiria, édile, duumvir, duumvir quinquennal, flamine perpétuel s’est
acquitté d’une summa honoraria de 4000 sesterces versée à la république et somme
qu’il augmenta jusqu’à 10 000 sesterces pour son flaminat perpétuel. Il a également
donné et consacré.

141
Datation :

201.

CIL VIII, 4597.

Localisation : Diana (Zana).


Description : base
Dimensions : 120 x 72
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DIVO

COMMODO FRATRI

IMP CAES L. SEPTIMI SEVE

RI PII PERTINACIS AUG

PART MAX ARAB

ADIAB PONTIF MAX TRIB POT

VIIII IMP XI COS III P P L. M. MUCIUS

L. FIL PAP MUCIANUS Q AED

II VIRU PRAEF I D PRO II VIRS

QQ FL PP STATUAM QUAM

ONOREM FLAMONII PP

ER LEGITIMAM POLLI

142
S EST RESTITUIT IDEM

DEDICAVIT

Restitution :

Divo/ Commodo fratri/ imp(eratori) Caes(ari) L(uci) Septimi Seve/ri pii Pertinacis
Aug(usti)/ part(hici)max(imi) arab(ici)/ Adiab(enici) pontif(icis) max(imi) trib(unicia)
pot(estate)/ VIIII imp(eratori) XI co(n)s(uli) III p(atri) p(atriae) L(ucius) Mucius/
L(ucii) fil(ius) pap(iria) Mucianus q(uaestor) aed(ilis)/ II viru(m) praef(ectus) i(ure)
d(icundo) pro II virs ?/ q(uin)q(uennalis) fl(amen) p(er)p(etuus) statuam quam/ [ob]
[h]onorem flamonii p(er)p(etuis)/ [praet]er legitimam polli/[citu]s est restituit
idem[que]/ dedicavit

Traduction :

Au frère du divin Commode, imperator caesar L. Septimus Severus Pieux Pertinax


auguste, grand parthique, arabique et adiabénique, grand pontife, ayant revêtu pour la
huitième fois la puissance tribunicienne, acclamé dix fois imperator, et consul pour la
troisième fois, Père de la Patrie. Lucius Mucius Mucianus, fils de Lucius, de la tribu
Papiria, questeur, édile, duumvir, praefectus iure dicundo, duumvir quinquennal,
flamine perpétuel, a érigé une statue en l’honneur de son flaminat perpétuel
indépendamment de la somme légitime. Il restaura et consacra aussi.

Datation :

201

143
CIL VIII, 4600.

Localisation : Diana (Zana).


Description : base
Dimensions : 105 x 66
Hauteur des lettres : 4
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

M. VALERIO MAXI/MIANO M. VALERI

MAXIMIANI QQ

SACERDOTALIS FIL

PONT COLONIAE

PETOVIONENSIUM

LEG AUG PR PR C V

COS DES INNOCENT

PRAESIDI PATRONO

AQUILI RESTUTUS FL

PP AEDIL IIVIRU IIVIR

QUIN PRAEF IURE DICUNDO PRO

IIVIRIS ET MARCIA

NUS AUGUR AEDIL

IIVIRU SUA PEC FEC

144
IDEMQ DEDIC

Restitution :

M(arco) Valerio Maxi/miano M(arci) Valeri/ Maximiani q(uin)q(uennalis)/ sacerdotalis


fil(ii)/ pont(ificis) coloniae/ petovionensium/ leg(ati) aug(usti) pr(o) pr(aetore)
c(larissimi) v(iri)/ co(n)s(uli) des(ignati) Innocent / praesidi patrono/ Aquili Restutus
fl(amen)/ p(er)p(etuus) aedil(is) IIviru(m) IIvir(um)/ quin(uennalis) praef(ectus) iure
dicundo pro/ IIviris et Marcia/nus augur(atus) aedil(is)/ IIviru(m) sua pec(unia) fec(it)/
idemq(ue) dedic(avit)

Traduction :

A Marcus Valerius Maximianus, de Marcus Valerius Maximianus quinquennal, fils du


prêtre et pontife de la colonie de Petovionens, legat d’Auguste propréteur, homme
clarissime, consul désigné, gouverneur et patron. Aquilus Restutus flamine perpétuel,
édile, duumvir, duumvir quinquennal, praefectus iure dicundo pro duumviris et
Marcianus, augure, édile, duumvir, il a fait aussi et a consacré avec son argent.

CIL VIII, 4604.

Localisation : Diana (Zana).


Description : base
Dimensions : 112 x 62
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures : NE (l.8), RI (l.9)

Transcription :

CORCHIUIO

145
PAULINO FL PP

ADVOCATO FIL

DELISSIMO REI

PUBLICAE EX DE

CRETOS SPLEN

DISSIMI OR

DINIS DIANEN

SIUM OB MERITA

Restitution :

Corchiuio/ Paulino fl(amoni) p(er)p(etui)/ advocato fi(lio)/ delissimo rei/ publicae ex


de/cretos splen/dissimi or/dinis dianen/sium ob merita

Traduction :

A Corchius Paulinus flamine perpétuel, fils de l’avocat de la délicieuse république, par


décret du très splendide ordre de Diana pour les mérites.

1.2.8. MADAUROS (Mdaurusch)

CIL VIII, 4681 (= ILAlg I, 2207).

146
Localisation : Madauros (Mdaurusch).
Description : dé d’autel
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

T CLODIUS LOUELLA

AED IIVIR Q FL PP SAC

LIBERI PATRIS V A XLVIIII

HIC SITUS EST

COLUM MORU AC PIE

LAUD AC TITULIS OR

NATUS V HON OMNIBU

S HIC CARUS FUERAT

FELIC A L MINUS UNO

GESSIT STUDIOS ET

USUS ON ORDINIS EST

ADQUE VIRU V EGR FL

PATRIAE P ADMOD

LARGUS MUNIDATOR

ED SATOR IN G SUO

LENAEI PAT CULTOR

FEL SAC ADDIDIT HIC

147
DECUS AC NOMEN SUAE

CLAUDIAE GENTI INSPIC

IES LEC PRIMORDIA

VERSICULORUM

Restitution :

D(is) M(anibus) s(acrum) / T(itus) Clodius Lo(q)uella / aed(ilis) IIvir q(uaestor)


fl(amen) p(er)p(etuus) sac(erdos) / Liberi Patris v(ixit) a(nnos) XLVIIII / hic situs est /
colum(en) moru(m) ac pie(tatis) / laud(ibus) ac titulis or/natus v(ixit) hon(este)
omnibu/s hic carus fuerat / felic(iter) a(nnos) L minus uno / gessit studios(e) et / usus
(h)on(oribus) ordinis est / adque viru(m) v(ir) egr(egius) fl(amen) / patriae p(ius)
admod(erator) / largus munidator / ed(!) sator in g(ente) suo[rum] / lenaei Pat(ris) cultor
/ fel(ixque) sac(erdos) addidit hic / decus ac nomen suae / Claudiae genti inspic/ies
lec(tor) primordia / versiculorum

Traduction :

Aux dieux mânes sacrés, Titus Clodius Loquella, édile, duumvir, questeur, flamine
perpétuel, prêtre de Liber Pater vécut quarante-neuf ans, il repose ici. Pilier des mœurs
et de la piété, il vécut orné par les louanges et les titres ornés, il était honnête en tout et
cher à tout le monde, il géra studieusement et avec succès pendant presque cinquante
années et il exerça les honneurs de l’ordre, vir egregius, flamine de la patrie, pieux,
admoderator, et généreux munidator [---] dans sa gens, responsable du culte de
Lenaeius Patris et prêtre heureux il ajouta cette distinction pour le nom de sa gens
Claudia, lecteur des vers originels.

ILAlg I, 2049.

148
Localisation : Madauros. Découvert en 1919 au Sud-Est du forum.
Description : autel. Gravure assez frustre.
Dimensions : 117 (hauteur)
Hauteur des lettres : 6-5.5
Hederae : 1 (l.3).
Ligatures :

Transcription :

HERCULI AUG

SAC

M ANTONIUS

MARTIALIS

VALER// // N// //

FL//////////////

/////////////////

Restitution :

Herculi Aug(usto) / sac(rum) / M(arcus) Antonius / Martialis / Valer[ia]n[us] / fl(amen)


[p(er)p(etuus)] [----

Traduction :

A Hercule Auguste sacré, Marcus Antonius Martial Valerianus, flamine perpétuel [---

Commentaire :

Sans-doute s’agit-il du même personnage que l’on retrouve au n°2056.

ILAlg I, 2056.

149
Localisation : Madauros. Trouvée dans les grands thermes.
Description : Deux morceaux d’une inscription. . Ils se raccordent au
milieu du dernier mot de la l.6. Le fragment de gauche, comprenant le
début des l. 2-5, la majeure partie de la l.6, les l. 7-10, est au musée de
Guelma ; l’autre fragment (fi des l. 1-6) est resté à Mdaourouch.
Dimensions :
Hauteur des lettres : 3.5
Hederae : 2 (l.1), 1 (l.3), 2 (l.4), 1 (l.10)
Ligatures :

Transcription :

AUG SACRUM

M A US MARTIALIS

VALERI S QUEST

AED IIVI P ET VIRIA

POMPONIL A EIUS IANU

AM PRONAUM C OMNIBUS

SUIS ITEMQUE P RIETEM VE

VETUSTATE DIL PSUM RES

TUIT ET CUM LIBERIS SUIS L AN

DEDICAVIT

Restitution :

] Aug(usto) sacrum / M(arcus) A[ntoni]us Martialis / Valeri[anu]s qu(a)est(or) [et] /


aed(ilis) IIvi[r fl(amen) p(er)]p(etuus) et Viria / Pomponil[l]a (uxor) eius ianu/am

150
pronaum c[um] omnibus / suis itemque p[a]rietem {VE} / vetustate dil[a]psum
res[ti]/tuit et cum liberis suis l(ibens) an(imo) / dedicavit

Traduction :

Pour ---- Auguste sacré, Marcus Antonius Martial Valerianus, questeur et édile,
duumvir, flamine perpétuel et Viria Pompilla, sa femme, il a restitué le portique d’entrée
avec tous ses ornements, et le vieux mur qui tombait en pièce, il a consacré avec ses
enfants de bon cœur.

Commentaire :

S. Gsell fait justement remarquer qu’il manque peut-être le terme «ornamentis » à la


ligne l.6 – 7, ce qui rendrait l’expression plus claire : cum omnibus ornamentis suis. De
même le VE de vetustate a été martelé deux fois par erreur.

ILAlg I, 2088.

Localisation : Madauros. Trouvé dans les grands thermes, au Sud,


encastré dans un mur de l’agence.
Description : dé de base. Qualité assez frustre
Dimensions : 60 x 90
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

PRO //ALUTE

IMPPP CAESARUM L SEPTIM /////// I PII PERTI

NACIS AUG P /////////////

151
PARTH //AX P ////////////

F//L P M PRINC ///////TUTI //////////

//////////////////////////////////ULIAE

DOM////////////////////AT /// CASTRO

RU //////////////////////////

C IULIUS URBANUS PRISCIANUS OB HONO

EM AEDILITATIS INLATA PRIUS //////

/////////// // S A AM SUA PE///

/////////////E

Restitution :

Pro [s]alute / Imppp(eratorum) Caesarum L(uci) Septim[i Sever]i Pii Perti/nacis


Aug(usti) p(atris) [p(atriae) 3 Arab(ici) Adiab(enici)] / Parth(ici) [m]ax(imi) p(ontificis)
[m(aximi) et M(arci) Aureli Antonini Aug(usti) Pii] / F[e]l(icis) p(ontificis)
m(aximi) princ[ipis iuven]tuti[s [[et P(ubli) Septimi]]] / [[[G]et[ae Aug(usti) principis
iuventutis]] et I]uliae / Dom[nae Aug(ustae) matris Augg(ustorum) m]at[ris] castro/ru[m
et Fulviae Plautillae Aug(ustae) / C(aius) Iulius Urbanus Priscianus ob hono/[r]em
aedilitatis inlata prius [rei pu]b[lic(ae)] / [summa legitima] s[t]a[tu]am sua pe[cunia] /
[fecit et d]e[dicavit]

Traduction :

Pour le salut des Imperatores Caesares Lucius Septimus Severus Pieux Pertinax
Auguste Père de la Patrie --- grand Arabique, grand grand Adiabène, grand Partique,
grand pontife et Marcus Aurelius Antoninus Auguste Pieux, Heureux, grand pontife,
princeps iuventitutis, et Publius Septimus Geta, Auguste, princeps iuventutis, et Iulia
Domna Augusta, mère des Augustes, mère des Champs, et Fulvia Plautilla Auguusta,
Caius Iulius Urbanus Priscianus, en l’honneur de son édilité a fait ériger une statue, à
ses frais, par l’acquittement de la somme légitime pour la première république, et l’a
consacré.

152
Datation :

202-205.

ILAlg I, 2089.

Localisation : Madauros. Trouvé dans les grands thermes. au sud


encastré dans un mur de l’agence.
Description : dé de base. Martelage aux l.6 et l.7.
Dimensions : 96 (hauteur)
Hauteur des lettres : 4
Hederae : 2 (l.1), 2 (l.4), 2 (l.5), 2 (l.10), 1 (l.11)
Ligatures : IL (l.12)

Transcription :

PRO SALUTE

IMPERATORUM CAES

L SEPTIMI SEVERI PII

PERTINACIS AUG P P

ET M AURELI ANTONI

NI AUG ET P SEPTIMI

GETAE A////// ET IULIAE

AUGUST// MATRI/////////

MATRIS CASTRO////

Q MATTIUS RUSTICUS

FLAV//NUS STATUAM

QU ////RO HONORE AEDIL////

153
AM//LIUS AD LEGITIMAM

P//MISERAT INLAT/////

US HONORARIA FECI////

GYMNASIO DATO DEDICA

VIT

Restitution :

Pro salute / Imperatorum Caes(arum) / L(uci) Septimi Severi Pii / Pertinacis Aug(usti)
p(atris) p(atriae) / et M(arci) Aureli Antoni/ni Aug(usti) et P(ubli) Septimi / Getae
A[ug(usti)] et Iuliae / August[ae] matri[s Augg(ustorum)] / matris castro[rum] /
Q(uintus) Mattius Rusticus / Flav[ia]nus statuam / qu[am p]ro honore aedil(itatis) /
am[p]lius ad legitimam / p[ro]miserat inlat[a pri]/us honoraria feci[t et] / gymnasio dato
dedica/vit

Traduction :

Pour le salut des imperatores caesares Lucius Septimus Severus Pieux Pertinax
Auguste, Père de la Patrie et Marcus Aurelius Antoninus Auguste et Publius Septimus
Géta Auguste et Iulia Augusta, mère des Augustes, mère des Champs, Quintus Mattius
Rusticus Flavianus avait promis, pour son édilité, l’érection d’une statue dont la somme
légitime fut augmenté en premier pour l’honneur et il donna un gymnase, il consacra.

Datation :

198 (association de Caracalla et Geta au règne de Septime-Sévère)-211.

154
ILAlg I, 2101.

Localisation : Madauros.
Description : deux morceaux d’une table. Le principal a été trouvé en
1917 sur le forum, au nord ; l’autre, qui comprend la fin des l. 2-12, en
1919, au nord du théâtre. Ils se raccordent à la l.6.
Dimensions : 61 x 123
Hauteur des lettres : 3
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

PRO TANTA SECURI. . . . . . . . . . . . .

DD NN VALENTINIANI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . RUM AU//////

[THERM]AS AESTIVAS OLIM SPLEN[DID(ISSIMAE)] COLONI[AE 3]A[3] /

////TRO ANNIS RUINARUM LABE DEFORMES PA. . . . . //////////////UM SOLI

ORUM ITA CORRUPTIS UT GRAVIBUS DAMNIS ADFICERENT ////C OMNI IDONITATE CON

STRUCTAS ET CULTU SPLENDIDO DECORATAS SED ET PATINAS AMPLIATO AERIS


PONDERE

OMNI IDONITATE FIRMISSIMAS PROCONSULATU PUBLI AMPELI V C OCTAVIO PRIVATIA

NO V C LEGATO NUMIDIAE CEC PONTILIUS PAULINUS FF PP P C CURAT R REI P PECUNIA

PUBLICA PERFECIT PORTICUM QUOUE INGREDIENTIBUS AB ATRI SED ET PRONAUM

EIDEM COHERENTEM COMMEANTIBUS PER VIAM TRABIBUS TI NIS. . . . CETERISQUE

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .ILIUS PAULI

155
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ORDINE

Restitution :

Pro tanta securi[tate temporum] / dd(ominorum) nn(ostrorum) Valentiniani [et Valentis


perpetuo]rum Au[gg(ustorum)] / [therm]as aestivas olim splen[did(issimae)] coloni[ae
3]a[3] / [3]tro annis ruinarum labe deformes pa[rietibusque 3]um soli/orum ita corruptis
ut gravibus damnis adficerent [3]c omni idonitate con/structas et cultu splendido
decoratas sed et patinas ampliato aeris pondere / omni idonitate firmissimas
proconsulatu Publi Ampeli v(iri) c(larissimi) Octavio Privatia/no v(iro) c(larissimo)
legato Numidiae C(a)ec(ilius) Pontilius Paulinus ff(lamen) p(er)p(etuus) p(atronus)
c(oloniae) curat(o)r rei p(ublicae) pecunia / publica perfecit porticum quo[q]ue
ingredientibus ab atri[o] sed et pronaum / eidem coh(a)erentem commeantibus per viam
trabibus ti[g]nis [3] ceterisque / [3 Pont]ilius Pauli/[nus 3] ordine

Traduction :

Pour la grande sécurité des temps, nos maîtres Valentinien et Valens , perpétuels
Augustes, les thermes d’été, jadis de la très splendide colonie ---- (il est question d’un
fort état de délabrement des murs) ---- par toute l’aptitude construite et le culte
splendide décoré mais et par le poids augmenté de plaques de bronze, toute aptitude de
prévisions, par le proconsulat de Publius Ampelius, homme clarissime, Octavius
Privatianus , homme clarissime, légat de Numidie, Caecilius Pontilius Paulinus flamine
perpétuel, patron de la colonie, curateur de la république, il a achevé par l’argent
publique le portique et les entrées par l’atrium mais et le même pronaos cohérent, les
voyageurs empruntant la voie, par les poutres de bois ---- Pontius Paulinus --- pour
l’ordre

Datation :

364 (avant le partage de l’Empire).

ILAlg I, 2118 (= AE 1920, 17) (= AE 1959, 72).

156
Localisation : Madauros. Fouille du forum.
Description : base. Brisée en bas.
Dimensions : 56 (largeur).
Hauteur des lettres : 5 (l.1-6), 3 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

IULIO SABINO

VICTORIANO EQ R

FL PP CENTENARIO

VIRO GLORIOSAE

INNOCENTIAE PRO

BATAE FIDEI

Q CALPURNIUS HONORATUS FL PP

// FLAVI// VICTORIANUS

////LAVIU ////////IANUS FL PP

// IULI ////////NUSTUS

// CORNEL SALVIUS CHA RR////

////ARENTES LAUDABIL/////////////

. . . . . . . . . . . . . . VO ET ///////////

. . . . . . . . . . /////. . . . . . . . . . . . . . . . . .

Restitution :

157
[1] Iulio Sabino / Victoriano eq(uiti) R(omano) / fl(amini) p(er)p(etuo) centenario / viro
gloriosae / innocentiae pro/batae fidei / Q(uintus) Calpurnius Honoratus fl(amen)
p(er)p(etuus) / [1 Flavi[us] Victorianus / [1 F]laviu[s 3]ianus fl(amen) p(er)p(etuus) / [1]
Iuli[us 3]nustus / [1] Cornel(ius) Salvius Cha[1]rr[3] / [p]arentes laudabil[es 3] / [3]vo
et [

Traduction :

Pour Iulius Sabinus Victorianus, chevalier romain, flamine perpétuel, homme disposant
de 100 000 sesterces( ?) de glorieuse mœurs irréprochables, digne de foi, Quintus
Honoratus, flamine perpétuel, Flavius Victorianus et Flavius flamine perpétuel, Iulius,
Cornelius Salvius ----, parents louables

ILAlg I, 2130.

Localisation : Madauros.
Description : Quatre morceaux d’une frise haute de 60 cm et encastrée
dans la forteresse. Le morceau a) à l’intérieur au sud et les b), c), d)
dans la muraille est à l’extérieur à droite de l’entrée. Plusieurs lettres
sont à cheval sur deux pierres.
Dimensions : longueur = 68 (a)), 166 (b)), 105 (c)), 78 (d)). Total de
longueur = 510.
Hauteur des lettres : 9 (l.1), 8.5 (seq.)
Hederae : 9 (l.1), 10 (l.2), 3 (l.3), 9 (l.4), 4 (l.5)
Ligatures : LI, IP (l.3), DI (l.4).

Transcription :

158
Q OBSTORUS Q FIL PALATINA HONORATUS VET COH I UR SSI

IONIS FL PP IIVR QUOD EI ORDO COL MADAUR MILITANTI DECURION OB

TULISSET QUODQ IN EUM HONOREM FL PP CONTULISSET ARCUM ET S REI PU

BL OMNIBUS HONORARIIS SUMMIS SUA PEC EX HS XL MIL FECIT ET OB DEDICATIO


ONI

BUS ET EPULUM CURIIS ET GYMNASIUM POPULO DEDIT

Restitution :

Q(uintus) Obstor[i]us Q(uinti) fil(ius) Palatina Honoratus vet(eranus) coh(ortis) I


ur[banae honestae mi]ssi/ionis fl(amen) p(er)p(etuus) IIv[i]r quod ei ordo col(oniae)
Madaur(ensium) militanti decurion[atum 3] ob/tulisset quodq(ue) in eum honorem
fl(amonii) p(er)p(etui) contulisset arcum et s[tatuam inlatis] rei pu/bl(icae) omnibus
honorariis summis sua pec(unia) ex (sestertium) XL mil(ibus) (nummum) fecit et ob
dedicatio[nem sportulas decuri]oni/bus et epulum curiis et gymnasium populo dedit

Traduction :

Quintus Obstorius Honoratus, fils de Quintus, de la tribu Palatina, vétéran de la


première cohorte urbaine, a rempli sa mission avec honneur, flamine perpétuel,
duumvir, à cause de l’ordre de la colonie de Madauros, ayant exercé la charge de
décurion, et qu’en l’honneur de son flaminat perpétuel, il fit faire par un arc et une
statue, à ses frais, dont il s’est acquitté envers la république, et couvrant toutes les
summae honorariae, s’élevant à 40 000 sesterces et en échange de la dédicace il fit
distribuer des sportules aux décurions et un banquet aux curies ainsi qu’un gymnase au
peuple, il donna.

ILAlg I, 2131.

159
Localisation : Madauros. Trouvée en 1920, à environ 100 m à l’est de la
forteresse , dans un mur de très basse époque.
Description : Table
Dimensions : 44 x 74 x 7
Hauteur des lettres : 5.5
Hederae : 1 (l.1)
Ligatures :

Transcription :

TI . CL . LOQUELLA . AEDIL . IIVIRAL . FL . P . P .

SACERD . LIBERI . AEDEM . SANCTUARI . SU .

IS . SUMPTIB . FECIT . POST . CUIUS . OBITUM .

PETENTIB . CL . FLORENTINO . ET . DIO . FIL . EIUS

ORDO . SACRATOR . MEMORIAE . EIUS

CAUSA . TITULOS . INFIGI . PERMISIT

Restitution :

Ti(berius) Cl(odius) Loquella aedil(icius) IIviral(icius) fl(amen) p(er)p(etuus) /


sacerd(os) Liberi aedem sanctuari su/is sumptib(us) fecit post cuius obitum /
petentib(us) Cl(odis) Florentino et Dio fil(iis) eius / ordo sacrator(um) memoriae eius /
causa titulos infigi permisit

Traduction :

Tiberius Clodius Loquella, ayant occupé la fonction d’édile, de duumvir, flamine


perpétuel, prêtre de Liber, a fait faire un sanctuaire, à ses propres frais, après sa mort,
par les sollicitations pour les Clodii, Florentinus et Dius, ses fils, l’ordre des Sacratii a
permis de le fixer dans les inscriptions, en sa mémoire.

160
ILAlg I, 2145.

Localisation : Madauros.
Description : Quatre morceaux d’une table. . Trois ont été retrouvés
dans un mur de basse époque, à l’intérieur des grands thermes ; ils sont
aujourd’hui au musée de Guelma, où on les a raccordés. Le quatrième,
comprenant le début des l. 1-8, était encastré dans un mauvais mur
antique, à l’ouest des petits thermes.
Dimensions : 103 x 185
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

M CORNELIO FRONTONI QUIR GABIN NO EQ R

EX INQUISITIONE ALLECTO FL PP IIVI I HONES

TAE MEMORIAE VIRO M CORNELI VICT INI FL PP

BIS IIVIRALIS FILIO SPENDIDISSIMUS O O ET PO

PULUS COLONIAE MADAURENSIUM O SIGNEM

IN SE AMOREM ET FRUMENTI COPIAM T ORE IN

OPIAE SIBI LARGITER PRAESTITAM HONO M BIGAE

ET STATUAE DECREV RUNT PECUNIA CA QUAM

CORNELIAE ROMANI A POSTUMIANA E CTORINA

CLAUDIANA ET EULOGIA ROMANILLA F ET HERE

DES EIUS SUA PECUNA POSUERUNT S RTULIS

161
DECURIONIBUS ET CURIALIBUS DAT

Restitution :

M(arco) Cornelio Frontoni Quir(ina) Gabin[ia]no eq(uiti) R(omano) / ex inquisitione


allecto fl(amini) p(er)p(etuo) IIvi[ral]i hones/tae memoriae viro M(arci) Corneli
Vict[or]ini fl(aminis) p(er)p(etuo) / bis IIviralis filio spendidissimus o[rd]o et
po/pulus coloniae Madaurensium o[b in]signem / in se amorem et frumenti copiam
t[emp]ore in/opiae sibi largiter praestitam hono[re]m bigae / et statuae decrev[e]runt
pecunia [publi]ca quam / Corneliae Romani[ll]a Postumiana e[t Vi]ctorina / Claudiana
et Eulogia Romanilla f[iliae] et here/des eius sua pecun[i]a posuerunt s[po]rtulis /
decurionibus et curialibus dat[is]

Traduction :

Pour Marcus Cornelius Frontonus Gabinianus, de la tribu Quirina, chevalier romain, ex


inquisitione allecto, flamine perpétuel, duumvir, homme d’honnête mémoire, Marcus
Cornelius Victorinus, flamine perpétuel, deux fois duumvir, l’ordre le plus splendide et
le peuple de la colonie de Madauros, pour la marque distinctive, l’amour et la
distribution généreuse de blé en abondance pendant la famine, ils ont décrété d’offrir un
char et une statue par l’argent publique, de Cornelia Romanilla Postumiana et Victorina
Claudiana et Eulogia Romanilla, ses filles et héritières, elles ont posé, à leurs frais, par
le don de sportules aux décurions et aux curiales.

Commentaire :

le titre de vir honestus ne se rencontre pas avant le IIIème siècle. La mention de la tribu
montre qu’il n’est pas postérieur au premier tiers de ce même siècle. eq(uiti) R(omano)
ex inquisitione allecto est une expression insolite. et frumenti copiam montre qu’il a fait
preuve de libéralité en temps de disette.

ILAlg I, 2162 = ILAlg-01, 4011.


162
Localisation : Madauros.
Description : Trois morceaux d’une base, trouvés l’un au forum, en
1917, les deux autres à une trentaine de mètres au nord-est de la
forteresse, en 1921. Le premier comprend le début des l. 2-6 ; le
second, la deuxième moitié des l. 1-13 et le haut de la dernière lettre
de la l. 14 ; le troisième la première moitié des l. 11-13 et lesl. 14-19.
Les l. 18-19 sont plus courtes que les autres à cause d’un défaut de la
pierre.
Dimensions : 138 x 54 x 51
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures : AE (l.4), ME (l.5), AM, MA (l.9), NE, VS (l.12), TR, TI,
AM, VE (l.17)

Transcription :

IO IULIA

NO ATRONO COL

BONO DQUE PRAE

STANTI E SENATORIAE

DIGNITATIS ORNAMEN

CUIUS PROCONSULATU

PLURIMA CI

PUBLICA FUERIT

TATUAM MARMO

NDAM CLIENS

163
ORDO MA RENSIUM ET

SI IMPARI BENEFICIIS EIUS HO

NORIFICO OBSEQUIO DECRE

VIT EAMQUE AURELII

SATURNINUS CRESCENTI

ANUS FL PP P C ET NICANDER

FL PP P C FRATRES ETIAM ATQUE

ADVECTAM PROPRIA LI

BERALITATE POSUERUNT

Restitution :

[Ceion]io(?) Iulia/no [c(larissimo) v(iro) p]atrono col(oniae) / bono [a]dque prae/stanti


e[t] senatoriae / dignitatis ornamen/[to] / cuius proconsulatu / [beneficia] plurima
ci/[vitas et res] publica fuerit / [consecuta s]tatuam marmo/[ream pone]ndam cliens /
ordo Ma[dau]rensium et/si impari beneficiis eius ho/norifico obsequio decre/vit eamque
Aurelii / Saturninus Crescenti/anus fl(amen) p(er)p(etuus) p(atronus) c(oloniae) et
Nicander / fl(amen) p(er)p(etuus) p(atronus) c(oloniae) fratres etiam atque /advectam
propria li/beralitate posuerunt

Traduction :

Pour Ceionius Iulianus, homme clarissime, patron de la bonne colonie et ayant reçu
l’ornements de praeses et la dignité sénatoriale, la république et la cité aurait obtenu,
sous son proconsulat, un certain nombre de bénéfices, les clients et l’ordre de Madaure
ont fait poser une statue en marbre, et malgré les inégales faveurs de sa soumission
honorifique, il (l’ordre) aurait décidé, de même que Aurelius Saturninus Crescentianus,
flamine perpétuel, patron de la colonie et, Nicander, flamine perpétuel, patron de la
colonie, ses frères et ils ont fait transporter par leur propre libéralité.

164
ILAlg I, 2194.

Localisation : Madauros.
Description : Deux morceaux d’une même inscription, qui avait
appartenu à un mausolée. Les Byzantins les ont employés dans la
construction de leur forteresse. Le morceau a) (long de 121 cm) est
encastré dans la muraille à l’intérieur, au nord de l’entrée ; b) (121 cm)
dans le couloir de l’entrée.
Dimensions : 50 (hauteur)
Hauteur des lettres : 4.5 (l.1), 5.5 (l.2), 4 (l. 3-4)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DIIS MANIBUS SACR

TI CLAUDIUS TI F QUIR HISPANUS

TRIB MIL LEG III AUG(USTAE) SCR ///// PRAE /////ABR FLAM P//RP

PIUS VIXIT ANNIS XXX // III H S EST

Restitution :

Diis(!) Manibus sacr(um) / Ti(berius) Claudius Ti(beri) f(ilius) Quir(ina) Hispanus /


trib(unus) mil(itum) leg(ionis) III Aug(ustae) scr(iba) [q(uaestorius)]
prae[f(ectus) f]abr(um) flam(en) p[e]rp(etuus) / pius vixit annis XXX[1]III h(ic)
s(itus) est

Traduction :

165
Aux dieux mânes sacrés, Tiberius Claudius Hispanus, fils de Tiberius, de la tribu
Quirina, ayant servi dans la légion III Auguste, scriba quaestorius, praefectus fabrum,
flamine perpétuel, pieux, il vécut trente-trois ans (sans doute plus), il repose ici.

ILAlg I, 2206.

Localisation : Madauros. Encastré dans la muraille sud de la forteresse,


à l’extérieur.
Description : Dé
Dimensions : 177 (hauteur)
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

TI CLAUDIUS TI F QUIR LUCINUS

BIS IIVIR FLAM PERP

VIX ANN LXII

HSE

Restitution :

D(is) M(anibus) s(acrum) / Ti(berius) Claudius Ti(beri) f(ilius) Quir(ina) Lucinus / bis
IIvir flam(en) perp(etuus) / vix(it) ann(os) LXII / h(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

166
Aux dieux mânes sacrés, Tiberius Claudius Lucinus, fils de Tiberius, de la tribu
Quirina, duumvir à deux rerises, flamine perpétuel, il vécut soixante-deux ans. Il repose
ici.

1.2.9. THAGASTE (Sûk Aghas vulgo Arrhas)

CIL VIII, 5142( = ILAlg I, 867).

Localisation : Thagaste (Sûk Aghas). Au musée.


Description : table. L’inscription est dans un cadre à queues d’aronde.
Dimensions : 55 x 150
Hauteur des lettres : 7.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

IOVI OPT MAX STATORI ET IUNONI AUG REG

M GARGILIUS SYRUS V E F PP ET IUL VICTORIA EIUS

LIBERALITATE ET PECUNIA SUA

POSUERUNT

Restitution :

Iovi Opt(imo) Max(imo) Statori et Iunoni Aug(ustae) Reg(inae) / M(arcus) Gargilius


Syrus v(ir) e(gregius) f(lamen) p(er)p(etuus) et Iul(ia) Victoria eius / liberalitate et
pecunia sua / posuerunt

167
Traduction :

A Jupiter meilleur et grand Stator et Junon Reine Auguste, Marcus Gargilius Syrus, vir
egregius, flamine perpétuel, et Iulia Victoria son épouse pour sa générosité et son
argent. Ils ont posé (cette dédicace).

1.2.10. CALAME (Gelma)

CIL VIII, 5297 (= ILAlg I, 184).

Localisation : Calame (Gelma). Trouvé en 1843, vers la partie


supérieure de la rue d'Annctuna. Maintenant au Louvres (n°1915).
Description : fronton en marbre rouge. L’inscription est dans le tympan.
Les l.3-6 occupent l’intérieur d’un cartouche que tiennent deux Tritons.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

NEPTUNO

AUG

L FL ANICIUS

PRIVATUS SA

168
CERDOS NEPTUNI AED IIVIR

ET IIVIR QQ AEDICUL CUM

OMNIB ORNAMENT EIUS P S P D

Restitution :

Neptuno / Aug(usto) / L(ucius) Fl(avius) Anicius / Privatus sa/cerdos Neptuni aed(ilis)


IIvir / et IIvir q(uin)q(uennalis) aedicul(am) cum / omnib(us) ornament(is) eius
p(ecunia) s(ua) p(osuit) d(edicavit)

Traduction :

A Neptune Auguste, Lucius Flavius Anicius Privatus, prêtre de Neptune, édile, duumvir
et duumvir quinquennal a fait poser, à ses frais, une petite niche avec tous ses ornements
et il a consacré.

CIL VIII, 5298 (= ILAlg I, 185).

Localisation : Calame (Gelma).


Description : base en marbre rouge.
Dimensions : 123 (hauteur)
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

NEPTUNO

AUG

169
Q NICANIUS

Q NICANI MAX

IMI FIL PAP

HONORATUS

AEDIL IIVIR

STATUAM OB HO

NOREM IIVIR

PROMISSAM

HS V N AMPLI

US AD LEGITI

MAM SUM

MAM HS VII CCC

XXXX POSUIT ET

DEDIC

Restitution :

Neptuno / Aug(usto) / Q(uintus) Nicanius / Q(uinti) Nicani Max/imi fil(ius) Pap(iria) /


Honoratus / aedil(is) IIvir / statuam ob ho/norem IIvir(atus) / promissam / (sestertium)
V(milibus) n(ummum) ampli/us ad legiti/mam sum/mam (sestertium) VII(milibus)
CCC/XXXX posuit et / dedic(avit)

Traduction :

A Neptune Auguste, Quintus Nicanius Honoratus, fils du grand Quintus Nicanius, de la


tribu Papiria, édile, duumvir, avait promis une statue d’une valeur de 5000 sesterces en
l’honneur de son duumvirat, en tant que somme légitime qui fut augmentée jusqu’à
7340 sesterces. Il posa et consacra.

170
CIL VIII, 5332 (= 17486) (= ILAlg I, 247).

Localisation : Calame (Gelma).


Description : base.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae : 3 (l.9)
Ligatures :

Transcription :

M(ARCO) AURELIO CARINO

NOBILISSIMO CAES AUG PR IU

COS FILIO

IMP CAES M AURELI CARI

INVICTI P F AUG P P TR P II P

M CONS I////////COS FRATRI

M AURE////////////////////// NO

BILISSIM CAES AUG PR IU

RES PUBL COL KAL CUR

MACRINIO SOSSIANO

C V CUR REI PUBL

Restitution :

M(arco) Aurelio Carino / nobilissimo Caes(ari) Aug(usto) pr(incipi) iu(ventutis) /


co(n)s(uli) [3] filio / Imp(eratoris) Caes(aris) M(arco) Aureli Cari / Invicti P(ii)
F(elicis) Aug(usti) p(atris) p(atriae) tr(ibunicia) p(otestate) II p(ontificis) / m(aximi)

171
cons(ulis) I[I pro]co(n)s(ulis) fratri / M(arci) Aure[li Numeriani] no/bilissim(i)
Caes(aris) Aug(usti) pr(incipis) iu(ventutis) / res publ(ica) col(oniae) Kal(amensium)
cur(ante) / Macrinio Sossiano / c(larissimo) v(iro) cur(atore) rei publ(icae)

Traduction :

A Marcus Aurelius Carinus, le plus noble caesar auguste, princeps iuventis, consul, fils
de l’imperator caesar Marcus Aurelius Carus, invincible Pieux, heureux auguste, Père
de la Patrie, ayant revêtu pour la deuxième fois la puissance tribunicienne, grand
pontife, consul pour la deuxième fois, pour le frère du proconsul, Marcus Aurelius
Numerianus, le plus noble, caesar auguste, princeps iuventis. La république de la
colonie de Calama, par les soins de Macrinius Sossianus, homme clarissime, curateur de
la république.

Datation :

Selon S. Gsell, l’inscription date de 283.

Commentaire :

Les noms de Carus et de ses fils ont été martelés.

CIL VIII, 5335 (= ILAlgI, 256).

172
Localisation : Calame (Gelma).
Description : deux pierres, dont la première a disparu et dont la seconde
se trouve dans le jardin du commandant de la place. A droite, une
troisième pierre devait compléter l'inscription.
Dimensions : 30 (hauteur)
Hauteur des lettres : 6
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

BEATISSIMIS TEMPORIBUS DD NN VALENTINIANI ET VALENTIS PERPETUORUM AUGG


PROCONS

NE V C FABI FABIANI PISCINAM QUAE ANTEA TENUIS AQUE PIGRA FLUENTA CAPIEBAT
NUNC VE

RUM INTONANTIUM MOTIBUS REDUNDANTEM Q BASILIUS FLACCIANUS FL PP AUGUR


ET CUR

ET EXCEPTO ////// TRUCTO ADQ PERFECTO CUM ///ILIO MAXIMO AUF//IANO

Restitution :

Beatissimis temporibus dd(ominorum) nn(ostrorum) Valentiniani et Valentis


perpetuorum Augg(ustorum) procons[ulatu] / [v(iri) c(larissimi) Iuli Festi Hymetii
legatio]ne v(iri) c(larissimi) Fabi Fabiani piscinam quae antea tenuis aque pigra fluenta
capiebat nunc ve[ro 3] / [3]rum q(uintus) Basilius Flaccianus fl(amen) p(er)p(etuus)
augur et cur(rator) [3] / [3] et excepto[rio 3 ex]tructo adq(ue) perfecto cum [Bas]ilio
Maximo Auf[id]iano [filio suo dedicavit]

Traduction :

173
Pour les temps heureux de nos maîtres Valentinien et Valens, Augutes perpétuels, sous
le proconsulat du clarissime Iulius Hymetius et la légation du clarissime Fabius
Fabianus, il prennait [---] le bassin qui retenait auparavant les eaux stagnantes qui
maintenant déborde, Quintus Basilius Flaccianus, flamine perpétuel, augure et curateur
[---] et [---] avec Basilius Maximus Aufidianus, son fils, a consacré.

Datation :

364-375.

Commentaire :

L’inscription est très endommagée. Mais elle semble mentionner la réparation d’un
abreuvoir ou d’un bassin qui débordé. Réparation effectuée Quintus Basilius Flaccianus
et son fils Basilius Maximus Aufidianus.

CIL VIII, 5337 (= ILAlg I, 254).

Localisation : Calame (Gelma).


Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DN

FL VALENTINIA

NO PIO FELICI AUG

VICTORI SEMPER

174
PROCONS P AMPELI C V

Q BASILIUS FLAC

CIANUS FL PP

AUGUR CUR REI P

CUM DEVOTISSI

MO ORDINE

POSUIT ET D D

Restitution :

D(omino) n(ostro) / Fl(avio) Valentinia/no Pio Felici Aug(usto) / Victori semper /


procons(ulatu) P(ubli) Ampeli c(larissimi) v(iri) / Q(uintus) Basilius Flac/cianus
fl(amen) p(er)p(etuus) / augur cur(ator) rei p(ublicae) / cum devotissi/mo ordine /
posuit et d(e)d(icavit)

Traduction :

A notre maître, Flavius Valentinianus, Pieux, Heureux Auguste, toujours vainqueur, du


pronconsul Publius Ampelius, homme clarissime. Quintus Basilius Flaccianus, flamine
perpétuel, augure, curateur de la république, avec le plus dévoué ordre. Il posa et
consacra.

Datation :

Publius Ampelius fut proconsul d’Afrique en 364 (cf Pallu de Lessert,, Fastes des
provinces africaines, II, p. 67-69).

CIL VIII, 5338 (= 17488) (= ILAlg I, 253).

175
Localisation : Calame (Gelma). Au musée désormais, et auparavant
« dans une maison de la place du Marché » (RENIER).
Description : base. Brisée en haut.
Dimensions : 125 (hauteur)
Hauteur des lettres : 7.5 à 6
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

/////////// N //

//////////////ULIAN//

PERPETUI VICTO

RIS SEMPER AUG ORDO KALAMENSIS

SPLENDIDUS CUM

BASIL CIRRENIANO RES

TI[T]UTO SACERDOTALI P A

CUR REI P DEDICAVIT

Restitution :

[D(omini)] n(ostri) / [Fl(avi) Claudi I]uliani / perpetui Victo/ris semper Aug(usti) / ordo
Kalamensis / splendidus cum / Basil(io) Cirreniano Res/ti[t]uto sacerdotali p(rovinciae)
A(fricae) / cur(atore) rei p(ublicae) dedicavit

Traduction :

176
De notre maître Flavius Claudius Iulianus, vainqueur perpétuel, toujours Auguste.
L’ordre splendide de Calame avec Basilius Cirrenianus Restitutus, prêtre de la province
d’Afrique et curateur de la république a consacré.

Datation :

Cette dédicace daterait de 361-363 selon C. Lepelley (les cités, t. II, p.96) qui se calque
sur le règne de Julien. S. Gsell pense avoir reconnu un Basilius Cirrenianus, curateur de
Calame en 373 (IlAlg. I, 272). Ainsi si on le croise avec les dates du règne de Julien
(361-363), on peut penser qu’il aurait été à deux reprises curateurs. Mais entre 364 et
367, le curateur de la colonie était Basilius Flaccianus (IlAlg. I,254 et 250) et sans
doute appartenait il à la même famille. Mais il semble que le curateur de 373 ne
mentionne pas son titre de sacerdotalis provinciae Africae, mais celui de flamine
perpétuel. Ainsi S. Gsell pense qu’il peut s’agir de son père (IlAlg. I, 253, p.28).

Commentaire :

Selon C. Lepelley, la dédicace à Julien montre bien la force du paganisme parmi les
notables municipaux (les cités, t. II, p.96). Le martelage du nom de Julien serait une
réaction chrétienne tardive.

CIL VIII, 5351 (= ILS 343, 1435) (= ILAlg. I 285) (AE 1922, 19).

Localisation : Calame (Gelma).


Description : base
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

T FLAVIO T F QUIR MACRO

IIVIR FLAMINI PERPE

177
TUO AMMAEDARENSIUM

PRAEF GENTIS MUSULAMIO

RUM CURATORI FRUMENTI

COMPARANDI IN ANNONA

URBIS FACTO A DIVO NERVA TRA

IANO PROC AUG PRAEDIORUM

SALTUM [HIP]PONIENSIS ET THEVESTINI

PROC AUG PROVINCIAE SICILIAE

MUNICI MUNICIPI

Restitution :

T(ito) Flavio T(iti) f(ilio) Quir(ina) Macro / IIvir(o) flamini perpe/tuo Ammaedarensium
/ praef(ecto) gentis Musulamio/rum curatori frumenti / comparandi in annona[m] / urbis
facto a divo Nerva Tra/iano proc(uratori) Aug(usti) praediorum / saltu(u)m
[Hip]poniensis et Thevestini / proc(curatori) Aug(usti) provinciae Siciliae /
munici[pes] municipi(i)

Traduction :

A Titus Flavius Macer, fils de Titus, duumvir, flamine perpétuel, d’Ammaedara, préfet
de la gens des Musulames, curateur chargé par le divin Nerva Trajan de l’achat de blé
pour l’annone, procurateur d’Auguste des domaines impériaux des saltus d’Hippone et
Theveste, procurateur d’Auguste de la province de Sicile. Les citoyens des municipes.

CIL VIII, 5356 (= 17494) (= ILAlg I, 283).

178
Localisation : Calame (Gelma). Au musée
Description : base dont il ne reste que trois fragments comprennant
quelques lettres : l.1-3 ; une partie des l.3-11 et le début des l.12-14.
Dimensions :
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

L SUANIO VICTORI

VITELLIANO OMNIBUS

HONORIBUS FUNCTO C V

ET CONSULARI VIRO

CURATORI REI PUB ET PA

TRONO COLONIAE OB INSI

GNEM IUSTITIAM ET IN

TEGRITATEM EIUS ERGA

REM PUBLICAM PARI

TER ET CIVES SPLENDI

DISSIMUS ORDO KALA

MENSIUM PECUNIA

PUBLICA DECREVIT

ET POSUIT

Restitution :

179
L(ucio) Suanio Victori / Vitelliano omnibus / honoribus functo c(larissimo) v(iro) / et
consulari viro / curatori rei pub(licae) et pa/trono coloniae ob insi/gnem iustitiam et
in/tegritatem eius erga / rem publicam pari/ter et cives splendi/dissimus ordo
Kala/mensium pecunia / publica decrevit / et posuit

Traduction :

A Lucius Suanius Victor Vitellianus, par tous les honneurs accomplis, homme
clarissime, et consulaire, curateur de la république et patron de la colonie en retour de
l’insigne et de la justice et de son intégrité à l’égard de la république et l’ensemble des
citoyen ; le plus splendide ordre de Calame décida et posa (la statue).

Datation :

Selon S. Gsell l’usage du terme patronus coloniae signifie que l’inscription n’est pas
antérieure à Septime Sévère, car Calame était encore un municipe lors de la mort de
l’empereur. H-G Pfaulm (« Titulature et rang social sous le Haut-Empire », in
Recherches sur les structure sociales de l’Antiquité classique, Nicolet C. (dir.), Paris,
1970, p.174) parvient à être plus précis en la plaçant dans le dernier tiers du IIIème siècle.
Pour cela il argue que le terme consularis vir ne fut utilisé qu’à partir de cette période.

Commentaire :

En ce qui concerne le personnage, il fut compliqué de savoir si oui ou non il fallait


l’intégrer au corpus. Mais C. Lepelley (les cités,t. II p. 97) affirme que le nom de ce
personnage et de sa famille n’est pas attesté ailleurs donc il serait probablement
d’origine locale. Par contre il apparaît improbable que cet homme ait effectué une
carrière municipale. Toujours selon C. Lepelley l’expression omnibus honoribus functo
fait référence à la carrière sénatoriale. Mais étant donné son origine locale et son titre de
curateur qui, à la fin du IIIème siècle, a tendance à devenir une charge municipale nous
avons décidé d’en tenir compte et de l’intégrer.

180
CIL VIII, 5367 (= 17496) (= ILAlg I, 288).

Localisation : Calame (Gelma). Maintenant au Louvres (n°2032).


Description : deux fragments d’une base en marbre. Il doit manquer une
lettre au début. A la l. 10 défaut de la pierre entre lA et N; l. 15 entre IV
et S; l. 19 entre SI et GN, entre VE et R.
Dimensions : 100 x 55
Hauteur des lettres : = 5 (l. 1-2), 3 (seq.).
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

IULIO Q FIL

PAP RUSTICIANO

EQ R FL PP IIVIRAL AEDILIC INNO

CENTIAE GRAV///ATIS ET VERE

CUNDIAE ANTISTI AMATORI STU

DIORUM FIDISSIMO OMNIBUS AMI

CO ET PER OMNIA VITAE LAUDABIL

ET SPECTATO PATRI IULII LUCILI

US ET RUSTICIANUS RESTITU

ET RUSTICIANUS AERE PR

CAVIMUS OBLATION

V E PATRUI II

181
CIR //

VO //

I //LIUS RUSTIC. . . . . . . . . . . .

NOSTER SACERDOTII SUI . . . . .

IN TEMPLO MEMORIAM STA

TUAE HERCULIS LOCATIONE

SIGNAVERIT FIRMANTE V P CUR

R P ACCEDENTE AUCTORITATE

PROCONSULUM

Restitution :

[3] Iulio Q(uinti) fil(io) / Pap(iria) Rusticiano / eq(uiti) R(omano) fl(amini) p(er)p(etuo)
IIviral(icio) aedilic(io) inno/centiae grav[it]atis et Vere/cundiae antisti(ti) amatori
stu/diorum fidissimo omnibus ami/co et per omnia vitae laudabil[i] / et spectato patri
Iulii Lucili[a]/[n]us et Rusticianus Restitu/[tus] et Rusticianus aere pr/[oprio
dedi]cavimus oblation[e] / [3] v(iri) e(gregii) patrui II[3] / [3]CIR[3] / [3]VO[3] / [6] /
I[u]lius Rustic[ianus pater] / noster sacerdotii sui [3] / in templo memoriam sta/tuae
Herculis locatione / signaverit firmante v(iro) p(erfectissimo) cur(atore) / r(ei)
p(ublicae) accedente auctoritate / proconsulum

Traduction :

A [---] Iulius Rusticianus, fils de Quintus, de la tribu Papiria, chevalier romain, flamine
perpétuel, ancien duumvir, ancien édile, de mœurs irréprochables, de grande noblesse,
dignitaire de Verecunda, amateur d’études, ami fidèle pour tous et digne d’éloge pour
toute la vie et père estimé des Iulius, Lucilianus et Rusticianus Restitutus et Rusticianus
nous avons dédicacé, par un sacrifice, et par notre propre argent [---] Notre père Iulius
Rusticianus, à la mémoire de son sacerdoce dans le temple, une statue d’Hercule fut

182
disposée par le curateur de la république, homme perfectissime, auquel s’ajoute
l’autorité de proconsul. Il signa.

ILAlg. I, 260.

Localisation : Calame (Gelma). Fouilles du théâtre romain par M. Joly


en 1903.
Description : Deux morceaux, se raccordant, d’une frise en marbre
blanc.
Dimensions : 228 x 21
Hauteur des lettres : 6.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

AUGGG(USTORUM) SEMPER

PROC . FL . EUCSINI . C . V . LEGATIONE . FL . CLODIANI . C . V . IUL . RUSTICIUS . VESPER


. CUR . R

Restitution :

[Beatissimis temporibus ddd(ominorum) nnn(ostrorum) Gratiani Valentiniani et


Theodosi perpetuorum] Auggg(ustorum) semper [3] / proc(onsulatu) Fl(avi) Eucsini
c(larissimi) v(iri) legatione Fl(avi) Clodiani c(larissimi) v(iri) Iul(ius) Rusticius
Vesper cur(ator) r[ei p(ublicae)

183
Traduction :

Au retour des temps heureux de nos maîtres, Gratien Valentinien et Théodose, perpétuel
Augustes, toujours [---] proconsulat de Flavius Escinus, homme clarissime, la légation
de Flavius Clodianus, homme clarissime, Iulius Rusticus Vesper, curateur de la
république.

AE 1960, 214.

Localisation : Aïn Nechma (à 5 km au sud-ouest de Gelma).


Description : Bloc de marbre rouge.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

Q(uinto) Fl(avio) Lappiano C(ai) Fl(avi) Lappia/ni fil(io) Pap(iria) fl(amini)


p(er)p(etuo) municipii Ka/lamensium splendidissimo / eq(uiti) R(omano) ob insignem
singula/remq(ue) eius in cives munifi/centiam ac liberalitatem / qua inter cetera ab
univer/sis omne curarum onus / amolitus est in qua re pa/rentum suorum liberali/tates
supergressus sit po/pulus Thabarbusitanus / statuam ex (sestertium) VI mil(ibus)
DCLXI / n(ummum) constantem obtulit / quam oblationem liben/ter et grate susceptam
/ idem Lappianus reddita / {n}omni pecunia solo ho/nore contentus ampli/us etiam
exibito epulo / et gymnasio cum ci/vibus dedicavit

Traduction :

A Quintus Flavius Lappianus, fils de Caius Flavius Lappianus, de la tribu Papiria,


flamine perpétuel du très splendide municipe de Calame, chevalier romain, pour
l’unique insigne et en échange de sa munificence et de sa libéralité envers les citoyens,

184
et, entre autre, par l’ensemble de tous les soins, la charge éloignée, il surpassa, à ce
moment-là, les libéralités de ses parents, le peuple de Thabarbusitanus érigea une statue
conséquente d’une valeur de 6661 sesterces, il offrit volontiers une oblation et entrepris
cela avec plaisir, Lappianus, pour restauré son nom, par l’argent, par l’unique honneur,
il consacra aussi par un banquet et une distribution d’huile aux citoyens.

Datation :

En 383, Eusignius était proconsul dAfrique. De plus cette année-là il y eu quatre


empereurs Gratien, Valentinien II, Théodose et Arcadius du 16 janvier au 25 août. Etant
donné que l’inscription ne mentionne que trois noms soit elle est antérieure au 16
janvier soit postérieur au 25 août.

1.2.11. THIBILIS ( Annûna)

CIL VIII, 5534 (= ILAlg II, 4692).

Localisation : Thibilis (Annûna).


Description : autel
Dimensions : 68 x 58
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

L SITTIUS M F QU

RUFINO E PUBL

EXORNATIO DECU

185
CIRTENSIUM

V A XXVII

HSE

Restitution :

D(is) m(anibus) s(acrum)/ L(ucius) Sittius M(arci) f(ilius) Qu(irina) / Rufino e(ques)
publ[icus]/ exornatio decu(rionis)/ Cirtensium/ V(ixit) a(nnis) XXVII/ H(ic) s(itus)
e(st).

Traduction :

Aux dieux mânes sacrés, Lucius Sittius Rufinus, fils de Marcus, de la tribu Quirina,
chevalier publique, ayant revêtu les ornements de décurions de Cirta, il vécut vingt-sept
années. Il repose ici.

1.2.12. SIGUS (Bordj-Ben-Zekri)

AE 1982, 954.

Localisation : Bou Hadjar, entre Sigus et Ouled Rahmoun.


Description : bloc de pierre en forme de tympan triangulaire, provenant
probablement d’un mausolée. Traces de réglure.
Dimensions : 81 x 278 x 33
Hauteur des lettres : 5.9 à 6.2
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

186
Chioni / memoriae / P(ubli) Exoppi P(ubli) fil(ii) Quir(ina) / Nivalis / quaest(oris)
aed(ilis) IIIvir(i) quinq(uennalis) omnibusq(ue) / honoribus IIII coloniar(um) funct(i)
v(ixit) a(nnos) LXXV / Chioni / Exoppia Saturnina patri incomparabili

Traduction :

A la mémoire de Publius Exoppius Nivalis Chionius, fils de Publius, de la tribu Quirina,


questeur, édile, triumvir, quinquennal, et ayant occupé tous les honneurs des quatre
colonies, il vécut 75 ans, Exoppia Saturnina Chionia, à son père incomparable.

Datation :

Première moitié du IIIème siècle, à cause de memoriae et du signum en i. De plus, la


confédération fut dissoute après 251.

1.2.13. THUBUNAE (Tobna)

AE 1987, 1085.

Localisation : Thubunae (Tobna).


Description : pierre provenant d’un mausolée.
Dimensions : 65 x 160
Hauteur des lettres : 7
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

C(aius) Iulius C(aii) f(ilius) Papiria (tribu) Vict[ori]nus a milit(iis) fl(amen)


p(er)p(etuus) municipii Thub(unensium) se vivo sibi et Aeliae T(iti) f(iliae) Eme/ritae
quondam con[iu]g[i] c[ar]i[s]simae et Iuliis [---

187
Traduction :

Caius Iulius Victorinus, fils de Caius, de la tribu Papiria, a fait son service militaire,
flamine perpétuel du municipe de Thubunae, de son vivant et de Aelia Emerita, fille de
Titus, jadis sa très chère et Iulius [---

1.2.14. THUBURSICU NUMIDARUM (Khamissa)

ILAlg. I, 1228.

Localisation : Thubursicu Numidarum. Fouille du forum novum


Description : base
Dimensions : 111 (hauteur)
Hauteur des lettres : 5.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

HERCULEM

INVICTUM PRO

SALUTE DIOCLE

TIANI ET MAXI

M//// AUGG

ORDO ET POPU

LUS HOC LOCO

PONENDUM

188
CENSUIT

CURANTE

C UMBRIO TER

TULLO E V CUR

R.P

Restitution :

Herculem / invictum pro / salute Diocle/tiani et Maxi/m[iani] Augg(ustorum) / ordo et


popu/lus hoc loco / ponendum / censuit / curante / C(aio) Umbrio Ter/tullo e(gregio)
v(iro) cur(atore) / r(ei) p(ublicae)

Traduction :

Hercule Invincible, pour le salut de Dioclétien et Maximien, Augustes, l’ordre et le


peuple décida de poser (la statue) en ce lieu, par les soins de Caius Umbrius Tertullus,
homme éminent, curateur de la république.

Datation :

Première Tétrarchie de Dioclétien et Maximien (en tant qu’Auguste) : 293-295.

Commentaire :

En dressant cette statue d’Hercule, le conseil et le peuple de Thubursicu ont voulu


surtout honorer l’empereur Maximien Hercule.

ILAlg. I, 1236.

189
Localisation : Thubursicu Numidarum. Découverte dans les
substructions de la platea vetus ; aujourd’hui dressée sur cette place.
Description : Base hexagonale. La partie supérieur est taillée en forme
de socle rond.
Dimensions : 190 (hauteur)
Hauteur des lettres : 4.5
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

MINER

AUG . SACR

Q . VETIDIUS . PA

IUVENALIS . Q . VETIDI

FELICIS . F . STATUAM

QUAM OB HONOREM

AEDIL . AMPLIUS . AD .

SUMMAM . HONORA

RIAM . POLLICITUS . EST

EX . HS . V . INTRA . AN

NUM . HONORIS . SUI .

POSUIT . INLATIS . A . SE

REI . P . FLAMONI

UM . HS . VI . MIL . OB

DECURIONATUM .

190
HS . IIII . MIL . OB AEDI

LITATEM . HS . IIII .

MIL . DEDICAVIT .

Restitution :

Miner[vae] / Aug(ustae) sacr(um) / Q(uintus) Vetidius Pa[p(iria)] / Iuvenalis Q(uinti)


Vetidi / Felicis f(ilius) statuam / quam ob honorem / aedil(itatis) amplius ad / summam
honora/riam pollicitus est / ex (sestertium) V (milibus) (nummum) intra an/num honoris
sui / posuit inlatis a se / rei p(ublicae) ob flamoni/um (sestertium) VI mil(ibus)
(nummum) ob / decurionatum / (sestetium) IIII mil(ibus) ob aedi/litatem (sestertium)
IIII / mil(ibus) (nummum) dedicavit

Traduction :

Pour Minerve Augusta sacrée, Quintus Vetidius Iuvenal, de la tribu Papiria, fils de
Quintus Vetidius, s’est acquitté en l’honneur de son édilité de de la summa honoraria
augmentée de 5000 sesterces pour l’érection d’une statue qu’il posa avant l’année de
son honneur, a contribué envers la république d’une somme de 6000 sesterces en
l’honneur de son flaminat, 4000 pour son poste de décurion, et 4000 en l’honneur de
son édilité. Il consacra (la statue).

Commentaire :

Q. Vetidius Iuvenalis a accompli la totalité du cursus municipal. Edile à l’époque où il


fit ériger cette statue de Minerve, il parvint plus tard aux magistratures supérieures, le
duumvirat et le duumvirat quinquennal.

Il semble curieux de voir deux sommes différentes pour son poste d’édile. Le terme
amplius semble signifier qu’il augmenta sa summa honoraria de 1000 sesterces. Peut-
être s’agit-il d’un « évergète récalcitrant » : sans doute a-t-il tardé à s’acquitter de la
somme promise et il dû l’augmentée avant l’expiration de son poste (« intra annum
honoris sui »).

191
ILAlg. I, 1256.

Localisation : Thubursicu Numidarum. Sanctuaire de Saturne de


Damous-El-Kasba.
Description : Dédicace de l’arc qui précède le temple. L’inscription
s’étendait sur six blocs. Dont cinq ont été retrouvés ; le bloc b) est brisé
à droite. Le bloc e) manque
Dimensions : longueur = 61 (a)), 76 (b)), 115 (c)), 105 (d)), 71 (f)).
Hauteur des lettres : = 10 (l.1), 8 (l.2-3).
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

Impossible dans le cas présent.

Restitution :

Pro salute pro[3]e Impp(eratorum) L(uci) Septimi Sev[er]i [P]ii Pert(inacis) Aug(usti)
Ar[ab(ici) Adiab(enici) Parth(ici) max(imi) pon]t(ificis) max(imi) p(atris) p(atriae) et /
Imp(eratoris) M(arci) Aureli Antonin[i Aug(usti) [[et P(ubli) Septimi Ge]t[ae
Caesaris]]] et Iuliae Domn(a)e Aug(ustae) matr(is) [Augg(ustorum) et castrorum [[et
Fulviae Plautillae]]] / Aug(ustae) arcum at ornamen[tum templi Satur]ni M(arcus)
Fabius Laetus fl(amen) p(er)p(etuus) cum coniuge et [3 fecit] idemq(ue) ded(icavit)

Traduction :

Pour le salut, [---] des imperatores Lucius Septimus Severus Pieux Pertinax Auguste,
grand Arabique, grand Adiabène, grand Parthique, grand pontife, Père de la Patrie et de
l’imperator Marcus Aurelius Antoninus Auguste et Publius Septimus Geta Caesar et
Iuliae Domna Augusta, mère des Augustes et des Champs et Fulvia Plautilla Augusta.

192
Marcus Fabius Laetus, flamine perpétuel, a fait un arc et les ornements du temple de
Saturne, et l’a consacré.

datation :

Entre 202 et 205.

ILAlg. I, 1295.

Localisation : Thubursicu Numidarum. Fouilles de la platea vetus.


Maintenant au musée de Guelma.
Description : Morceaux d’une base en marbre
Dimensions : 95 (hauteur)
Hauteur des lettres : 6
Hederae : 1 (l.1), 1 (l.4), 1 (l.7), 1 (l.8), 2 (l.10)
Ligatures :

Transcription :

L CA

PAP GUS

TAL ENA

TIS F I//I

IIVIR

PERP

PR AF I

MO O US

193
IN CU RIBU

TUS A TO OB

MERITA DEDIC

Restitution :

L(ucio) Ca[lpurnio] / Pap[i(ria) Au]gus/tal[i Aspr]ena/tis f[il(io) aed]i[l]i / IIvir[o


flamini] / perp(etuo) [sacerdoti] / pr(ovinciae) Af[ricae pr]i/mo o[rdo et popul]us / in
cu[rias cont]ribu/tus a[ere conla]to ob / merita [fecer(unt) et] dedic(averunt)

Traduction :

Pour Lucius Calpurnius Augustalis, de la tribu Papiria, fils de Asprenas, édile, duumvir,
flamine perpétuel, premier prêtre de la province d’Afrique, l’ordre et le peuple ont
contribué dans les curies par la distribution d’argent, ils ont fait et ont consacré.

Commentaire :

l.6-8, cela signifie qu’avant Calpurnius Augustalis, aucun citoyen de Thubursicu n’était
encore parvenu à la prêtrise du culte impérial célébré par la province d’Afrique.

ILAlg I, 1297.

Localisation : Thubursicu Numidarum. Trouvée dans la salle située à à


l’angle sud-est de la platea vetus. Maintenant au musée de Guelma.
Description : Base. Bonne qualité de gravure.
Dimensions : 81 x 62
Hauteur des lettres : 8 (l.1), 6 (l.2), 5 (l.3), 3,5 (l.4), 3 et 2,5 (seq.).
Hederae : 2 (l.3), 1 (l.6), 3 (l.9).
Ligatures : NI (l.3)

194
Transcription :

LARCIAE

LAETAE

A LARCI MACRINI

PRINCIPIS . GENTIS . NUMI

DARUM . ET . FLAMINIS . PERPETUI

UXORI . CUI . ORDO . STATUAM . PUBLI

CE . PONENDAM . CUM . DECREVISSET

IPSA . HONORE . CONTENTA . SUA . PECUN

POSUIT DD

Restitution :

Larciae / Laetae / A(uli) Larci Macrini / principis gentis Numi/darum et flaminis


perpetui / uxori cui ordo statuam publi/ce ponendam cum decrevisset / ipsa honore
contenta sua pecun(ia) / posuit d(e)d(icavit)

Traduction :

Pour Larcia Laeta, de son mari Aulus Larcius Macrinus, princeps de la gens des
Numides et flamine perpétuel, son époux et l’ordre qui décréta la pause d’une statue aux
frais de la république, il posa à ses frais

ILAlg I, 1299.

195
Localisation : Thubursicu Numidarum. Fouilles des grandes citernes au
Nord-Ouest du forum novum.
Description : pierre brisée à droite et en haut (mais l’inscription paraît
avoir commencé à notre l.1).
Dimensions :
Hauteur des lettres : 6
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

C VASIDIUS PAC

FL PP V P CURATOR

I PUBLICE SUMTU COLOCAV

SUO

Restitution :

C(aius) Vasidius Pac[atus] / fl(amen) p(er)p(etuus) v(ir) p(erfectissimus) curator [re]/i


public(a)e sum(p)tu col(l)ocav[it] / suo

Traduction :

Caius Vasidius Pacatus, flamine perpétuel, homme perfectissime, curateur de la


république a placé à ses frais.

ILAlg I, 1343.

196
Localisation : Thubursicu Numidarum. Près d’Aïn el Youdi, au Nord.
Description : Dé d’autel enterré.
Dimensions :
Hauteur des lettres : 7
Hederae : 3 (l.1), 1 (l.2), 1 (l.5) 1 (l.6), 3 (l.7)
Ligatures :

Transcription :

DMS

M IULIUS .

GALLICUS .

INGENUI . F .

DEC AEDIL .

II . VIR P . V . A .

LXV H S E

Restitution :

D(is) M(anibus) s(acrum) / M(arcus) Iulius / Gallicus / Ingenui f(ilius) / dec(urio)


aedil(is) / IIvir p(ius) v(ixit) a(nnos) / LXV h(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

Aux dieux Mânes sacrés, Marcus Iulius Gallicus, fils de Ingenuus, décurion, édile,
duumvir, pieux, il vécut soixante-cinq ans, il repose ici.

197
ILAlg I, 1345.

Localisation : Thubursicu Numidarum. Au sud-ouest d’El Gaoussa.


Description : Stèle. Belle gravure.
Dimensions : 322 x 44
Hauteur des lettres : 9-8
Hederae :
Ligatures : RV (l.4).

Transcription :

L . IUNIUS .

PAP . FLORUS

IIVIR . PIUS . VIX .

AN . XLI . H . S . E

Restitution :

L(ucius) Iunius / Pap(iria) Florus / IIvir pius vix(it) / an(nos) XLI h(ic) s(itus) e(st).

Traduction :

Lucius Iunius Florus, de la tribu Papiria, duumvir, pieux, il vécut quarante-et-un ans, il
repose ici.

ILAlg I, 1346.

198
Localisation : Thubursicu Numidarum. Au Nord d’Aïn el Youdi.
Description : stèle. A la l.2 le F oublié a été gravé ultérieurement mais
peu profondément.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

M . LABERIUS

L . FQUIR . LARGUS

II . VIR . VIX . ANN .

XLVIII . H . S . E

Restitution :

M(arcus) Laberius / L(uci) f(ilius) Quir(ina) Largus / IIvir vix(it) ann(os) / XLVIII h(ic)
s(itus) e(st)

Traduction :

Marcus Laberius Largus, fils de Lucius, de la tribu Quirina, duumvir, il vécut quarante-
huit ans, il repose ici.

ILAlg I, 1347.

199
Localisation : Thubursicu Numidarum.
Description : stèle trouvée avec n° 1346
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae : 1 (l.1), 1 (l.4), 1 (l.5).
Ligatures :

Transcription :

L . LABERIUS . M . F

QUIR . PRUDENS

AED . II . VIR . COL . IUL

SICCA VIX . AN .

LV . H . S . E

Restitution :

L(ucius) Laberius M(arci) f(ilius) / Quir(ina) Prudens / aed(ilis) IIvir col(onia) Iul(ia) /
Sicca vix(it) an(nos) / LV h(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

Lucius Laberius Prudens, fils de Marcus, de la tribu Quirina, édile, duumvir de la


colonie Iulia Sicca.

Datation :

200
Selon J.-M. Lassère (Ubique populus, Paris, 1977) cette inscription daterait
probablement du Ier siècle ap. J.-C.

ILAlg I, 1348.

Localisation : Thubursicu Numidarum.


Description : Stèle trouvée avec n° 1346 et n°1347
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

L . LABERIUS . L . F

QUIR . VIBULLUS . AED

ILICIUS . COL . IUL

CIRTA . NOVA . VIXIT

ANN . XXXIIII

H.S.E.

Restitution :

L(ucius) Laberius L(uci) f(ilius) / Quir(ina) Vibullus aed/ilicius col(onia) Iul(ia) / Cirta
nova vixit / ann(os) XXXIIII / h(ic) s(itus) e(st)

201
Traduction

Lucius Laberius Vibullus, fils de Luicus, de la tribu Quirina, eu la charge d’édile, de la


colonie Iulia Cirta Nova, il vécut trente-quatre ans, il repose ici.

Datation :

Idem que l’inscription précédente.

Commentaire :

La colonia Iulia Cirta Nova est en fait la colonie de Sicca.

ILAlg I, 1352.

Localisation : Thubursicu Numidarum. Fouilles des thermes au Nord-


Ouest du forum novum.
Description : Cette stèle funéraire avait peut-être été apportée là pour
être employée dans la construction du fortin de basse époque qui
recouvrit les thermes.
Dimensions : 196 (hauteur)
Hauteur des lettres :
Hederae : 3 (l.1), 2 (l.2), 2 (l.5), 1 (l.6), 2 (l.7), 1 (l.8)
Ligatures :

Transcription :

L SEIUS

L FIL QUI

RINA IU

VENALIS

202
AED IIVIR

MUN THU . IIVIR

KOL SICEN P . V

AN LV H S

Restitution :

L(ucius) Seius / L(uci) fil(ius) Qui/rina Iu/venalis / aed(ilis) IIvir / mun(icipii)


Thu(bursicensis) IIvir / kol(oniae!) Sic(c)en(sis) p(ius) v(ixit) / an(nos) LV h(ic) s(itus)
[est]

Traduction :

Lucius Seius Iuvenalis, fils de Lucius, de la tribu Quirina, édile, duumvir du municipe
de Thubursica, duumvir de la colonie de Sicca, pieux, il vécut cinquante-cinq années, il
repose ici.

Datation :

Idem que l’inscription précédente.

ILAlg I, 1363.

Localisation : Thubursicu Numidarum. Ravin d’Aïn el Bir.


Description : Dé d’autel dont le couronnement manque.
Dimensions : 120 (hauteur).
Hauteur des lettres : 6-3
Hederae : 3 (l.2), 1 (l.3), 1 (l.6), 2 (l.7), 1 (l.11), 1 (l.12), 2 (l.13), 2
(l.15) , 3 (l.16).
Ligatures :

203
Transcription :

HERACLI

DMS

L VETIDIUS

MATERNUS

VETIDIANUS

EQUES ROM

Q VETIDI IUVENA

LIS QUINQUEN

NALICI FILIUS

UTRAQ LINGUA

ERUDITUS P V A XVIII

M IIII D XXVIII PER

MISSU PRAESIDIS A

KARTHAGINE DE STU

DIO RELATIS RELIQUIIS

HSE

Restitution :

Heracli / D(is) M(anibus) s(acrum) / L(ucius) Vetidius / Maternus / Vetidianus / eques


Rom(anus) / Q(uinti) Vetidi Iuvena/lis quinquen/nalici filius / utraq(ue) lingua / eruditus
p(ius) v(ixit) a(nnos) XVIII / m(enses) IIII d(ies) XXVIII per/missu praesidis a /
Karthagine de stu/dio relatis reliquiis / h(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

204
A Hercule, aux dieux Mânes sacrés, Lucius Vetidius Maternus Vetidianus, chevalier
romain, fils du quinquennal Quintus Vetidius Iuvenal, érudit en latin et en grec, pieux, il
vécut trente-huit années, quatre mois et vingt-huit jours, ayant reçu la permission du
gouverneur de revenir à Carthage pour y étudier, il repose ici.

1.2.15. THAGURA (Td ûra)

ILAlg. I, 1045.

Localisation : Thagura. Conservé au bordj


Description : Stèle. La barre des A est remplacée par une sorte de S
penché à droite.
Dimensions : hauteur = 250
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

DMS

AELIUS MAR

TIALIS FL PP

PIUS VIXIT

ANNIS LXXV

AELIUS ROGA

TIANUS OM

NIBUS HONO

205
RIBUS FUNC

TUS PIUS VI

XIT AN LXXIII

SACERDOTE

IOVIS

AELIUS MAR

TIALIS VET//

ANUS AVO

ET PATRI

Restitution :

D(is) M(anibus) s(acrum) / Aelius Mar/tialis fl(amen) p(er)p(etuus) / pius vixit / annis
LXXV / Aelius Roga/tianus om/nibus hono/ribus func/tus pius vi/xit an(nos) LXXIII /
sacerdote / Iovi/ Aelius Mar/tialis vet[er]/anus avo / et patri

Traduction :

Aux dieux mânes sacrés, Aelius Martial, flamine perpétuel, pieux, il vécut soixante-
quinze années, Aelius Rogatianus Pieux ayant occupé tous les honneurs, il vécut
soixante-treize ans, sacerdoce de Jupiter, Aelius Martial, vétéran, pour son ancêtre et
père.

Commentaire :

sacerdote = sacerdos. Iovis n’est pas à la bonne place peut-être avait-il était omis plus
haut.

206
1.2.16. TIDDIS (Kheneg)

CIL VIII, 6710 (= ILS 6863) (= ILAlg II, 3611).

Localisation : Tiddis (Keneg).


Description : base.
Dimensions : 142 x 52
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures : IR (l.3), NL et TA (l.11)

Transcription :

Q . SITTIO

Q . FIL . QUIR

FAUSTO . IIIVIRO

PRAEF . I . D . COL . VE

NERIAE . RUSICADE

ET . COL . SARN . MILEU

ET . COL . MINERVIAE

CHLLU . AEDILI

MUNICIPES . OB

MERITA . EIUS

AERE CONLATO

DD

207
Restitution :

Q(uinto) Sittio / Q(uinti) fil(io) Quir(ina) / Fausto IIIviro / praef(ecto) i(ure) d(icundo)
col(oniae) Ve/neriae Rusicade / et col(oniae) Sarn(iae) Mileu / et col(oniae) Minerviae /
Ch(u)llu aedili / municipes ob / merita eius / aere conlato / d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

A Quintus Sittius Faustus, fils de Quintus, de la tribu Quirina, triumvir, praefectus iure
dicundo de la colonie de Veneria Rusicade, et de la colonie de Sarnia Mileu et de la
colonie de Minerve Chullu, édile, les citoyens, pour ses mérites et sa libéralité. Par
décret des décurions.

CIL VIII, 6711 (= ILAlg II, 3610).

Localisation : Tiddis (Kheneg).


Description : base. Cassure en bas à drote, touchant le dernier D de la
dernière ligne et passant entre le T et le O de la précédente.
Dimensions : 142 x 46
Hauteur des lettres : 3.5
Hederae : 1 (l.3), 2 (l.5), 3 (l.6), 2 (l. 7,8,9), 6 (l.10), 5 (l. 11,12), 3
(l.13).
Ligatures : NI (l.7), TI (l.8), IT et TI (l.14)

Transcription :

APRONIAE SEX(TI) FIL(IAE) FI

DAE CONIUGI

Q SITTI Q FIL QUIR FAUS

TI PROBATI AB

208
IMPP L SEPTIMIO SEVERO

PIO PERTINACE AUG ET

M AURELIO ANTONINO AUG

IN QUINQ DECURIAS ALLECTI A DIVO

M ANTONINO PIO FLAM PERP

VIR QUINQ IIIVIR PRAEF I D

L VENER RUSIC PRAEF I D

COL SARN MIL ET PRAEF I D

COL MINERV CHULLU AEDIL

AMICI OB MERITA MARITI

IUS IN SE AERE CONLATO

LDDD

Restitution :

Aproniae Sex(ti) fil(iae) Fi/dae coniugi / Q(uinti) Sitti Q(uinti) fil(ii) Quir(ina) Faus/ti
probati ab / Impp(eratoribus) L(ucio) Septimio Severo / Pio Pertinace Aug(usto) et /
M(arco) Aurelio Antonino Aug(usto) / in quinq(ue) decurias allecti a divo / M(arco)
Antonino Pio flam(inis) perp(etui) / [III]vir(i) quinq(uennalis) IIIvir(i) praef(ecti) i(ure)
d(icundo) / [co]l(oniae) Vener(iae) Rusic(ade) praef(ecti) i(ure) d(icundo) / col(oniae)
Sarn(iae) Mil(eu) et praef(ecti) i(ure) d(icundo) / col(oniae) Minerv(iae) Chullu aedil(is)
/ amici ob merita mariti / [e]ius in se aere conlato / l(ocus) d(atus) d(ecreto)
d(ecurionum)

Traduction :

Pour Apronia Fida, fille de Sextus, épouse Quintus Sittius Faustus, fils de Quintus, de la
tribu Quirina, approuvé par les imperatores Lucius Septimus Severus Pieux Pertinax
Auguste, le divin Marcus Antoninus Pieux et Marcus Aurelius Antoninus Augustus qui

209
le fit admettre dans les cinq décuries. Flamine perpétuel, triumvir quinquennal, triumvir,
praefectus iure dicundo de la colonie Veneria Rusicade, praefectus iure dicundo de la
colonie de Sarnia Mileu et praefectus iure dicundo de la colonie de Minerve Chullu,
édile. Pour ses services, son mari et ses amis ont participé financièrement. Lieu octroyé
par décret des décurions.

Commentaire :

La carrière de Q. Sittius Faustus fut rédigée dans l’ordre indirect. Sous l’empereur
Marc-Aurèle (169-176) Faustus fait son entrée chez les juges des cinq décuries.
Septime-Sévère et Caracalla l’annoblissent (probatum), il fait donc son entrée dans
l’odre équestre (vraisemblablement à l’âge de soixante-sept ans). On peut s’interroger
sur l’étrange présence des trois préfectures à l’intérieur du cursus cirtéen. Selon H-G
Pfaulm (« les juges des cinq décuries origiaires d’Afrique » in Antiquités Africaines,
T.2, 1968, p.173) ces postes étaient, habituellement, l’apanage d’anciens triumvirs. Or
Q. Sittius Faustus les a revêtus en tant qu’ancien édile.On en conclut que pour obtenir
ce poste, il était juste nécessaire d’être magistrat et le rang de cette fonction ne jouait
pas obligatoirement.

CIL VIII, 6712 (= ILAlg II, 3612).

Localisation : Tiddis (Kheneg).Au cimetière à l’Est.


Description : autel. Sur le côté gauche, aiguière, le côté droit est caché.
Dimensions : 130 x 61 (largeur totale) / 65 (hauteur du champs inscrit)
x 41 (largeur du champs inscrit)
Hauteur des lettres : 6 (l.1-5), 5 (seq.)
Hederae : 1 (l. 1), 2 (l. 3), 2 (l. 5), 2 (l. 7 et 8).
Ligatures :

210
Transcription :

DM

Q SITTIUS

C FIL QUIR

URBANUS

AED Q P

QUAESTOR

V A LXXXXII

HSE

Restitution :

D(is) M(anibus) / Q(uintus) Sittius / C(aius) fil(ius) Quir(ina) / Urbanus / aed(ilis)


q(uaestoria) p(otestatis) / quaestor / v(ixit) a(nnos) LXXXXII / h(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

Aux dieux mânes sacrés, Quintus Sittius Urbanus, fils de Caius, de la tribu Quirina,
aedilis quaestoria potestatis, questeur, il vécut quatre-vingt-douze ans. Il repose ici.

ILAlg II, 3574.

Localisation : castellum tidditanorum.


Description : pierre taillée en réemploi dans un mur.
Dimensions : 103 x 104 x 49
Hauteur des lettres : 7.5 à 6.5
Hederae :
Ligatures :

211
Transcription ;

FORTUNAE AUG

SAC

Q SITTIUS

C FIL QUIR

URBANUS AED QUAES

AEDEM CUM SIMULA

CRO A SOLO CUM OM

NI CULTU S

P FECIT

IDEMQUE DEDICAVIT

Restitution :

Fortunae Aug(ustae) / sac(rum) / Q(uintus) Sittius C(ai) fil(ius) Quir(ina) / Urbanus


aed(ilis) quaes(tor) / aedem cum simula/cro a solo cum om/ni cultu s(ua) p(ecunia) fecit
/ idemque dedicavit

Traduction :

Pour Fortuna Augusta sacré, Quitus Sittius Urbanus, fils de Caius, de la tribu Quirina,
édile, questeur a fait, à ses frais, un temple avec une représentation, depuis la base, tout
le culte, et il l’a consacré.

ILAlg II, 3606.

212
Localisation : castellum tidditanorum.
Description : base en forme d’autel.
Dimensions : 130 x 48 x 46
Hauteur des lettres : 5 à 4.5.
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

L IULIO L FIL

QUIR(INA) CIVILI

AED PRAEFECTO PRO

IIIVIRIS IIIVIRO

PRAEF IURIS DICUND

COLONIAE SARNIAE MILEU BIS

QUINQ FLAM PERPET

PRAEF IUVENT CIRT

AERE CONLATO

DD

CL FAOM BDP

E HS D N

Restitution :

L(ucio) Iulio L(uci) fil(io) / Quir(ina) Civili / aed(ili) praefecto pro / IIIviris IIIviro /
praef(ecto) iuris dicund(o) / coloniae Sarniae Mileu bis / quinq(uennali) flam(ini)
perpet(uo) / praef(ecto) iuvent(utis) Cirt(ae) / aere conlato / d(ecreto) d(ecurionum) //
CL FAOM BDP / e(x) (sestertium) D n(ummum)

213
Traduction :

Pour Lucius Iulius Civilis, fils de Lucius, de la tribu Quirina, praefectus pro triumviris,
triumvir, praefectus iure dicundo, de la colonie de Sarnia Mileu, deux fois quinquennal,
flamine perpétuel, préfet de la jeunesse de Cirta, a contribué par une distribution
d’argent, par décret des décurions, [---], par 500 000 ( ?) sesterces.

ILAlg II, 3613.

Localisation : Castellum tidditanorum.


Description : Autel
Dimensions : 116 x 41 x 41
Hauteur des lettres : 5 à 4.
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

Q VOLTIO

Q F QUIRI

NATALI AED

QUAESTORI

AMICI AERE

CONLATO

MERENTI

POSUERUNT

DD

214
Restitution :

Q(uinto) Voltio / Q(uinti) f(ilio) Quiri(na) / Natali aed(ili) / quaestori / amici aere /
conlato / merenti / posuerunt / d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

A Quintus Voltius Natal, fils de Quintus, de la tribu Quirina, édile, questeur, méritant,
par distribution d’argent, ses amis ont posé, par décret des décurions.

Commentaire :

Le gentilice Voltius, assez rare, est attesté aux environs de Constantine.

1.2.17. CIRTA (Constantine)

CIL VIII, 6942 (= ILS 6854) (= ILAlg II, 471).

Localisation : Cirta (Constantine). Dans le mur de la grande mosquée et


maintenant au Square.
Description : autel.
Dimensions : 109 x 62
Hauteur des lettres : 6.5 (l.1), 6 (l.2-4), 5.5 (l.5), 5 (seq.)
Hederae : 2 (l.5), 1 (l.9), 2 (l.10)
Ligatures :

Transcription :

CONCORDIAE

215
COLONIARUM

CIRTENSIUM

SACRUM

C IULIUS C FIL QUIR

BARBARUS QUAEST

AED STATUAM QUAM

OB HONOREM

AEDILITATIS POLLI

CITUS EST SUA PECU

NIA POSUIT

LDDD

Restitution :

Concordiae / coloniarum / cirtensium / sacrum / C(aius) Iulius C(aii) fil(ius) Quir(ina) /


Barbarus quaest(or) / aed(ilis) statuam quam / ob honorem / aedilitatis polli/citus est
sua pecu/nia posuit / l(ocus) d(atus) d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

Pour la Concorde sacrée des colonies cirtéennes, Caius Iulius Barbarus, fils de Caius, de
la tribu Quirina, questeur, édile, a fait poser une statue, à ses frais, en l’honneur de son
édilité. Emplacement attribué par décret des décurions.

Datation :

Inscription datant de l’année 224 (cf. ILAlg. II 471, p. 42) selon H-G Pflaum.

216
CIL VIII, 6944 (= ILAlg II, 473).

Localisation : Cirta (Constantine). Trouvée au « Café de l’inscription


romaine », rue d’Aumale.
Description : base de marbre ; détruite dans un incendie.
Dimensions : 125 x 66
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

NAE REDUCI

AUG SACRUM

PRO SALUTE ET FELICISSIMO REDITU

IMP CAESARIS L SEPTIMI SEVERI PII PERTINA

CIS AUGUSTI ARABICI ADIABENICI

PARTHICI MAXIMI FORTISSIMI FELI

CISSIMIQUE PR ET IMP CAESARIS

M AURELI ANTONINI PII FELICIS

AUGUSTI PORTISSIMI ET SUPER OM

NES PRINCIPES IDULGETISSIM

FIL AUG NOSTRI ET IULIAE AUGUS

TE MATRIS AUGUSTI NOSTRI ET CAS

TRORUM TOTIUSQUE DOMUS DIVINA

217
EORUM C SITTIUS Q FILI QUIRINA

FLAVIANUS AEDILIS IIIVIR PRAEFEC

TUS COLONIARUM OB HONO

REM IIIVIRATUS DEDIT DEDICAVITQUE

REPRESENTATIS ETIAM SUO QUOQUE

TEMPORE UTRIUSQUE HONORIS R P HO

NORARIS SUMMIS HS VICENUM MILL

IUM NUMMUM ET OB DEDICATIONEM

TANTI NUMINIS LUDOS QUOQUE SCAE

NICOS POPULO AEDIDIT

DDS PP

Restitution :

[Fortu]nae reduci / Aug(ustae) sacrum / pro salute et felicissimo reditu / Imp(eratoris)


Caesaris L(uci) Septimi Severi Pii Pertina/cis Augusti Arabici Adiabenici / Parthici
maximi fortissimi feli/cissimique pr(incipis) et Imp(eratoris) Caesaris / M(arci) Aureli
Antonini Pii Felicis / Augusti [et L(uci) Septimi Getae nobilissimi Caesaris
pii]ssim(orum) / fil(iorum) Aug(usti) nostri et Iuliae Augus/t(a)e matris Augusti [et
Caes(aris)] et cas/trorum totiusque domus divina[e] / eorum C(aius) Sittius Q(uinti)
fili(us) Quirina / Flavianus aedilis IIIvir praefec/tus coloniarum ob hono/rem IIIviratus
dedit dedicavitque / repr(a)esentatis etiam suo quoque / tempore utriusque honoris r(ei)
p(ublicae) ho/noraris summis (sestertium) vicenum mill/ium nummum et ob
dedicationem / tanti numinis ludos quoque scae/nicos populo aedidit / d(ecreto)
d(ecurionum) s(ua) p(ecunia) p(osuit)

Traduction :

A la Fortune Auguste sacrée restaurée, pour le salut et le bonheur restitué, de


l’imperatoris caesar Lucius Severus Pieux Auguste, grand Arabique, Adiabène,

218
Parthique, le plus fort et le plus heureux princes et pour l’imperator caesar Marcus
Aurelius Antoninus Pieux, Heureux Auguste, et Lucius Septimus Geta le plus noble
caesar, les fils les plus pieux de notre Auguste et Iulia Augusta, mère d’Auguste et de
caesar et des Camps et de toute la maison divine, et d’eux même (ses deux fils
Caracalla et Géta). Caius Sittius Flavianus, fils de Quintus, de la tribu Quirna, édile,
triumvir, préfet des colonies, a dédié et consacré en l’honneur de son triumvirat et s’est
acquitté encore sans délais et au bon moment de 20 000 sesterces pour chacune des
deux summae honrariae et pour la dédicace du grand numen, il (le dédicant) offrit au
peuple des représentations théâtrales. Il posa, à ses frais, par décret des décurions.

Datation :

En l’année 198, Septime-Sévère associe à la direction de l’Empire Caracalla et son frère


Géta. Peut-être cette inscription célèbre-t-elle cette association ? Mais par prudence on
peut avancer un cadre chronologique allant de 198 à la mort de Septime-Sévère en 211.
Dans son commentaire de l’inscription H-G Pflaum assure que « cette inscription n’est
pas antérieure à 201 » c’est-à-dire l’année au Caracalla reçu son titre de Pius.

Commentaire :

Le cursus présenté par C. Sittius Flavianus est ascendant. Le titre de préfet des colonies
se rapporte-t-il sans doute au titre de praefectus iure dicundo. En effet, ces préfets, dans
le cadre de la confédération cirtéenne, exerçaient, au nom des triumvirs, une juridiction
s’étendant sur une ou plusieurs colonies sous l’influence de Cirta.

CIL VIII, 6947 (= ILAlg II, 478).

Localisation : Cirta (Constantine).


Description : cippe. Les l.2-3 ont été martélées.
Dimensions : 110 x 70
Hauteur des lettres : 6 (l.1-3), 5.5 (l.4-5), 5 (l.6-10), 4 (l.11), 3.5 (l.12-
13)
Hederae : 1 (l. 13), 1 (l. 14).

219
Transcription :

GENIO POPULI

/////////////

///////IMI///

C PONTIUS

T FILI

US QUIR SATUR

NINUS STATUAM

QUAM OB HONOREM

AEDILITATIS PROMI

IT SUA PECUNIA POSUIT

D CUIUS DEDICATIO

EM LUDOS ETIAM SCAE

ICOS CUM MISSILIBUS

DIDIT L D D D

Restitution :

Genio populi / [6] / [3]imi / C(aius) Pontius / T(iti) fili/us Quir(ina) Satur/ninus statuam
/ quam ob honorem / aedilitatis promi/[s]it sua pecunia posuit / [a]d cuius
dedicatio/[n]em ludos etiam scae/[n]icos cum missilibus / [e]didit l(ocus) d(atus)
d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

Au Génie du Peuple ---- Caius Pontius Saturninus, fils de Titus, de la tribu Quirina, il a
posé une statue, à ses frais, qu’il avait promis en l’honneur de son édilité, il organisa

220
pour la dédicace des représentations théâtrales avec des distributions de présents au
peuple. Emplacement attribué par décret des décurions.

CIL VIII, 6948 (= ILS 6858) (= ILAlg II, 479).

Localisation : Cirta (Constantine). Découvert dans le mur de la Casbah,


à l’extérieur.
Description : Sur un dé de piédestal. La l.13 est illisible.
Dimensions : 62 x 62
Hauteur des lettres : 5.5 (l.1), 5 (l.2-3), 4.5 (l.4), 4 (l.5), 3.5 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

GENIO POPULI

M ROCCIUS FELIX

M FIL QUIR EQ PUBLI

TRIUMVIR SAC URB FL DIVI

M ANTONINI STATUAM QUAM

OB HONOREM TRIUMVIRATUS PROMISIT

EX HS VI MIL N SUA PECUNIA

POSUIT AD CUIUS DEDICATIONEM

SPORTULAS DENARIOS SINGULOS

SECUNDUM MATRICEM PUBLIC

CIVIBUS DE SUO DEDIT ITEMQUE

LUDOS SCAENICOS CUM MISSILIBUS

221
....................

Restitution :

Genio populi / M(arcus) Roccius Felix / M(arci) fil(ius) Quir(ina) eq(uo) publi(ico) /
triumvir sac(erdos) urb(is) fl(amen) divi / M(arci) Antonini statuam quam / ob honorem
triumviratus promisit / ex (sestertium) VI mil(ibus) n(ummum) sua pecunia / posuit ad
cuius dedicationem / sportulas denarios singulos / secundum matricem public(am) /
civibus de suo dedit itemque / ludos scaenicos cum missilibus / [edidit

Traduction :

Au Génie du Peuple, Marcus Roccius Felix, fils de Marcius, de la tribu Quirina,


chevalier publique, triumvir, prêtre de la ville, flamine du divin Marcus Antoninus, en
l’honneur de triumvirat avait promis l’érection d’une statue d’une valeurs de 6000
sesterces, qu’il érigea à ses frais.Il donna pour la dédicace, des libéralités pour ses
clients (sportulas denarios singulos), comme une seconde mère nouricière et
pareillement il organisa des spectacles scéniques avec distributions pour ses citoyens.

CIL VIII, 6950 (= ILAlg II, 481).

Localisation : Cirta (Constantine). Découvert à 1500 m au Sud de


Constantine.
Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

222
Transcription :

ONO

Q IU

HONO

AUGUR

ADLECTUS I

DECURIAS

POT TRIUMVIR I

PRAE

ARN

Restitution :

[H]ono[ri] / Q(uintus) Iu[lius [3] f(ilius) Quir(ina)] / Hono[ratianus] / augur [3] /


adlectus i[n V] / decurias [(a)ed(ilis) q(uaestoriae)] / pot(estatis) triumvir I[III
col(oniarum)] / [q(uin)q(uennalis) prae[f(ectus) col(oniae)] / [S]arn[iae Milev

Traduction :

Quintus Iulius Honoratianus signum Honorius, fils de Iulius, de la tribu Quirina,


augure, admis dans les cinq décuries, aedilies quaestoriae potestatis, triumvir des quatre
colonies, quinquennal, préfet de la colonie de Sarnia Mileu.

Datation :

La mention du signum Honorius peut placer ce personnage dans le courant du IIIème


siècle.

223
CIL VIII, 6958 (= ILAlg II, 501).

Localisation : Cirta (Constantine). Trouvée dans la rue du 26ème de


Ligne en 1855. Maintenant au square.
Description : Débris d’une base, de forme convexe. Cassure sur toute la
hauteur à gauche et à partir de la l. 9 en bas à droite.
Dimensions : 100 x 100
Hauteur des lettres : 7 (l.1), 6.5 (l.2), 5.5 (l.3), 5 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

LADI SACRUM

DRATUS BAEBIANUS

INDEX AEDIL QUAEST IIIVIR

RUSICADENSIS CHULLITANAE

R DIEM LUDORUM FLORALIUM

OS IIIVIR SUA PECUNIA FECIT

QUOD QUINQUENNAL PUBLICUM

TEM TUMULTU GAETULORUM

LI FRATRIS SUI CENTURI

ATRIS SUI EIUSDEM VOLUNTAT

REI PUBLICAE INLATIS H

NOVUM HS C MIL //// MIS

CRO SUA PECUNIA FECI

Restitution :

224
[Pal]ladi sacrum / [--- Qua]dratus Baebianus / [--- V]index aedil(is) quaest(or) IIIvir /
[praf(ectus) i(ure) d(icundo) col(oniarum)] Rusicadensis Chullitanae / [IIIvir
q(uin)q(uennalis) praete]r diem ludorum floralium / [3 qu]os IIIvir sua pecunia fecit / [--
- et] quod quinquennal(is) publicum / [--- i]tem(?) tumultu Gaetulorum / [---]li fratris
sui centuri[o]/[onis --- p]atris(?) sui eiusdem voluntat/[e ---] rei publicae inlatis
h/[onorariis summis --- cum ad opus] novum (sestertium) C mil(ia) [n(ummum)
pro]mis[issit] / [--- cum simula]cro sua pecunia feci[t]

Traduction :

A Pallas sacré,[---] Quadratus Baebianus [---] Vindex édile, questeur, triumvir,


praefectus iure dicundo des colonie de Rusicade et Chullu, triumvir quinquennal, a
organisé à ses frais des jeux lors des Floralies (peut-être en l’honneur de son triumvirat)
et lors du soulèvement des Gétules [---] son frère, centurion [---], son père par la même
volonté [---] s’est acquitté envers la république des summae honorariae [---] au nouvel
opus d’une valeur de 100 000 sesterces qu’il avait promis [---] avec une effigie à ses
frais, il a fait.

CIL VIII, 6962 (= ILAlg II, 528).

Localisation : Cirta (Constantine). « Dans un marabout » (Falbe).


Description : bloc brisé sur toute la hauteur à gauche.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

225
VANO

ACRUM

ONIUS P F QUI

RIALIS AEDI

IIIVIR ACONIU

CONUS EQUES

MANUS MINE

IALIS F C ITEM

CURIUM AERE

TEMPLO AERUC

UA PECUNIA

IT D D D

Restitution :

[Sil]vano / [Aug(usto s]acrum / [P(ublius) Pac]onius P(ubli) f(ilius) Qui[r(ina)] /


[Ce]rialis aedi[(lis) q(uaestoriae) p(otestatis)] / IIIvir [P(ublius) P]aconiu[s] / [3]conus
eques / [Ro]manus [no]mine / [Cer]ialis f(aciendum) c(uravit) item / [Mer]curium
aere/[um in] templo Aeruc(inae) / [de s]ua pecunia / [posu]it d(edit) d(ecreto)
d(ecurionum)

Traduction :

A Silvanus Auguste Sacré, Publius Paconius Cerialis, fils de Publius, de la tribu


Quirina, aedilis quaestoriae potestatis, triumvir, Publius Paconius [---]conus Cerialis,
chevalier romain, pris soin de faire faire l’ « airain de Mercure » dans le temple
d’Aerucina. Il le posa à ses frais et donna par décret des décurions.

226
CIL VIII, 6965 (= ILS 3181) (= ILAlg II, 531).

Localisation : Cirta (Costantine). « Au pied de l’arceau de la basilique


sur laquelle s’appuyait l’ancien hôtel d’Orient » (Poulle). Maintenant au
Square.
Description : table de pierre.
Dimensions : 106 x 154 x 38
Hauteur des lettres : 12 (l.1), 9 (l.2), 7.5 (l.3), 7 (l.4), 6.5 (l.5-7), 6 (l.8-
9), 5.5 (l.10)
Hederae : 5 (l. 2), 6 (l. 3), 2 (l. 4)
Ligatures :

Transcription :

VENERI AUG

L IULIUS L F Q MARTIA

LIS IIIVIR AED ET Q POT SI

MULACRUM AEREUM VENERIS

CUM AEDE SUA ET CUPIDINIBUS

EX LIBERALITATE L IULI MARTIALIS

PATRIS SUI SUPER ALIAM LIBE

RALITATEM ROMAE AETERNAE

QUAM NOMINE VICTORIS FRATRIS

I POSUISSET DEDIT DEC DEC

227
Restitution :

Veneri Aug(ustae) / L(ucius) Iulius L(uci) f(ilius) Q(uirina) Martia/lis IIIvir aed(iliciae)
et q(uaestoriae) pot(estatis) si/mulacrum aereum Veneris / cum aede sua et Cupidinibus
/ ex liberalitate L(uci) Iuli Martialis / patris sui super aliam libe/ralitatem Romae
aeternae / quam nomine Victoris fratris / [su]i posuisset dedit dec(reto) dec(urionum)

Traduction :

Pour Vénus Augusta, Lucius Iulius Martial, fils de Lucius, de la tribu Quirina, triumvir
aediliciae et quaestoriae potestatis a donné une représentation en bronze de Vénus avec
son temple et des Cupidons. Par libéralités du père de Lucius Iulius Martial en
remerciement de la générosité de la Rome éternelle au nom de Victor, son frère, a fait
mettre, il donna, par décret des décurions.

CIL VIII, 6995 (= ILS 411) (= ILAlg II, 560).

Localisation : Cirta (Constantine). Découverte près de la porte Valée.


Transportée au musée, où elle ne se trouve plus.
Description : base
Dimensions : 93 x 77
Hauteur des lettres :
Hederae : 1 (l. 2), 2 (l. 4)
Ligatures : HE (l.8), RI (l.9)

Transcription :

228
DIVO PERTINACI

AUG PATRI

L SCANTIUS

L FIL QUIR

IULIANUS EQ PUB

EXORNATUS STATUAM

QUAM PROMISIT

EX REDITIBUS LO

CORUM AMPITHE

ATRI DIEI MUNERIS

QUEM DE LIBERA

LITATE SUA OB HO

NOREM IIIVIRA

TUS EDIDIT DEDIT

Restitution :

Divo Pertinaci / Aug(usti) patri / L(ucius) Scantius L(uci) fil(ius) Quir(ina) / Iulianus
eq(uo) pub(lico) / exornatus statuam / quam promisit / ex reditibus lo/corum
amp(h)ithe/atri diei muneris / quem de libera/litate sua ob ho/norem IIIvira/tus edidit
dedit

Traduction :

Au divin Pertinax Auguste, Père, Lucius Scantius Iulianus, fils de Lucius, de la tribu
Quirina, pour son entrée dans l’ordre équestre avait promit d’embellir la statue. Grâce
aux revennus des places de l’amphithéâtre, il organisa en l’honneur de son triumvirat
une journée de jeux de gladiateurs.

229
CIL VIII, 6996 (= ILAlg II, 562).

Localisation : Cirta (Constantine). Au Square.


Description : table de marbre. « Elle avait servi de seuil de porte et est
presque complétement frustre excepté en sa partie inférieure » (Poulle).
Dimensions : 100 x 155
Hauteur des lettres : 5 (l.1), 4 (l.2-3), 3 (seq.)
Hederae :
Ligatures : NI (l.1), THI (l.5), NI, NI, PI, LI (l.10), PI (l.11), RI (l.13)

Trascription :

NINI PII GERMANIC

MOD FRATRIS DIVI AN

I HADRIANI PRONEPOTIS

THICI ABNEPOTIS DIVI NERVAE ADNEPOTIS

EPTIMI SEVERI PII PERTINACIS AUG ARABICI ADIABENICI PARTHIC

MAXIMI PONTIF MAX TR POTESTATIS XVIII IMP XI COS III P P PR

IMP CA L SEPTIMI SEVERI PII PERTINACIS AUG ARABICI ADIAB

NTONINI GERM SARM NEPOTIS

NES DIVI HADRIANI ABNEPOTIS DIVI

IVI NER ADNEP M AURELI ATONINI PII FELICIS AUG

IMP CAES L SEPTIMI SEVERI PI

ADIABENICI PARTHICI MAXIM FILI IMP M AUR

IVI ANTONINI PII PRONEPOTIS DIVI HADRIA

230
FORTISSIMI NOBILISSIMIQ

QUIR

IIIMVIR OB HONOREM IIIVIRATUS PR

LEG OB HONOREM IIIRATUS ET AED R P INTULIT ET

HON AED POL POSUIT ET LUDOS CUM MISSIL(IBUS) ET ACRO

………………………………………………………

Restitution :

[Indulgentiae Imp(eratoris) Caes(aris) divi M(arci) Anto]nini Pii Germanic[i] /


[Sarmatici filii divi Com]modi fratris divi An/[tonini Pii nepotis div]i Hadriani
pronepotis / [divi Traiani Par]thici abnepotis divi Nervae adnepotis / [L(uci) S]eptimi
Severi Pii Pertinacis Aug(usti) Arabici Adiabenici Parthic(i) / maximi pontif(icis)
max(imi) tr[i(buniciae)] potestatis XVIII imp(eratoris) XI co(n)s(ulis) III p(atris)
p(atriae) pr(oconsulis) / [et] Imp(eratoris) Ca[es(aris)] L(uci) Septimi Severi Pii
Pertinacis Aug(usti) Arabici Adiab(enici) / [Parthici maximi filii divi M(arci) A]ntonini
Germ(anici) Sarm(atici) nepotis / [divi Antonini Pii pro]ne[poti]s divi Hadriani
abnepotis divi / [Traiani Parthici et d]ivi Ner[vae] adnep(otis) M(arci) Aureli
A[n]tonini Pii Felicis Aug(usti) / [trib(unicia) pot(estate) XIII imp(eratoris) II
co(n)s(ulis III p(atris) p(atriae) proco(n)s(ulis) et] Imp(eratoris) Caes(aris) L(uci)
Septimi Severi Pi(i) / [Pertinac(is) Augusti Arabici] Adiabenici Parthici maxim(i) fili(i)
Imp(eratoris) M(arci) Aur(eli) / [Antonini fratris divi M(arci) Antonini Pii nepotis
d]ivi Antonini Pii pronepotis divi Hadria[ni] / [abnepotis divi Traiani Parthici et divi
Ne]rvae adnepotis [[[P(ubli) Septimi Getae Pii Aug(usti)]]] / [[[trib(unicia) pot(estate) II
co(n)s(ulis) II]]] / <<fortissimi nobilissimiq(ue)>> / <<[6]>> / [M(arcus) Caecilius
Q(uinti) f(ilius)] Quir(ina) Natalis IIImvir ob honorem IIIviratus pr(aeter) / [(sestertium)
XL(milia) n(ummum) quae ex] leg(itimis) ob honorem III[vi]ratus et aed(ilitatis) r(ei)
p(ublicae) intulit et / [statuam securitatis saeculi quam ob] hon(orem) aed(ilitatis)
pol(licitus) posuit e[t l]udos cum missil(ibus) et acro[amatibus] / [3 edidit]

Traduction :

231
A l’indulgence de l’imperator caesar divin Marcus Antoninus Pieux, germanique,
sarmate, fils du frère du divin Commode, petit-fils du divin Antonin le Pieux, arrière-
petit fils du divin Hadrien, arrière-arrière-petit-fils du divin Trajan, parthique, arrière-
arrière-arrière-petit-fils du divin Nerva et de Lucius Septimus Severus Pieux Pertinax
Auguste, grand arabique, grand adiabène, grand parthique, grand pontife, ayant revêtu
pour la dix-huitième fois la puissance tribunicienne, acclamé onze fois imperator, trois
fois consul, Père de la Patrie, proconsul, et de l’imperator caesar Lucius Septimus
Severus Pieux Pertinax Auguste, grand arabique, grand adiabène, grand parthique, fils
du divin Marcus Antoninus, germanique, sarmate, petit-fils du divin Antonin le Pieux,
arrière-petit-fils du divin Hadrien, arrière-arrière-petit-fils du divin Trajan, parthique, et
du divin Nerva, Marcus Aurelius Antoninus Pieux, heureux auguste, ayant revêtu treize
fois la puissance tribunicienne, acclamé deux fois imperator, trois fois consul, Père de
la Patrie proconsul et l’imperator caesar Lucius Septimus Severus Pieux Pertinax
Auguste, grand arabique, grand adiabène, grand parthique, fils de l’imperator Marcus
Aurelius Antoninus, frère du divin Marcus Antoninus Pieux, petit-fils du divin Antonin
le Pieux, arrière-petit-fils du divin Hadrien, arrière-arrière-petit-fils du divin Trajan,
parthique et du divin Nerva, Publius Septimus Geta, Pieux, Auguste, ayant revêtu deux
fois la puissance tribunicienne, consul à deux reprises, le plus fort et le plus noble.
Marcus Caecilius Natalis, fils de Quintus, de la tribu Quirina, en l’honneur de son
triumvirat s’acquitta, outre, la somme de 40 000 sesterces en l’honneur de son
triumvirat et de son édilité, qu’il versa à la république, il fit édifier une statue Securitatis
Saeculi pour son accession à l’édilité ; il organisa des jeux avec distribution de pain et
des chants.

Datation :

210 (cf. Jacques F., Les cités de l’Occident romain, p. 206-207).

CIL VIII, 7094 (= ILAlg II, 674).

232
Localisation : Cirta (Constantine).
Description : cinq frangments.
Dimensions : 51 (hauteur)
Hauteur des lettres : 6
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

M CAE L QUIR NAT UENNALI NIARU

DEN TANAE PR M AEDILI VIRAT

REI P ARCUM A AEREA RTUT N O

ANTO UEM OB HO POLLICITUS ANNO

Restitution :

M(arcus) Cae[cilius Q(uinti) fi]l(ius) Quir(ina) Nat[alis aed(ilis) IIIvir quaest(or)


quinq]uennali[s praef(ectus) colo]niaru[m Milevitanae et Rusica]/den[sis et Chulli]tanae
pr[aeter (sestertium) LX(milia) n(ummum) quae ob honore]m aedili[tatis et III]virat[us
et quinquennalitatis] / rei p(ublicae) [intulit] arcum [triumphalem cum statu]a aerea
vi]rtut[is domi]n[i n]o[stri] / Anto[nini Aug(usti) q]uem ob ho[norem quinquennalitatis]
pollicitus [est eodem] anno [s]ua pecunia extru[xit]

Traduction :

Marcus Caecilius Natalis, fils de Quintus , de la tribu Quirina, édile, triumvir, questueur,
quinquennal, préfet des colonies de Milev, Rusicade et Chullu, indépendamment de la
somme de 60 000 sesterces dont il s’est acquitté envers la république en l’honneur de
son édilité de son triumvirat et de sa quinquennalité, il éleva, en l’honneur de sa

233
quiquennalité, et à ses frais un arc de triomphe avec une statue du la Vertue en bronze
pour notre maître Marcus Antoninus Auguste la même année.

Datation :

211-218 (Ibid. p. 207).

CIL VIII, 7095 (= 19435) (= ILS 2933) (= ILAlg II, 675).

Localisation : Cirta (Constantine). Trouvée rue Cahoreau. Maintenant au


square.
Description : écornée à l’angle supérieur gauche.
Dimensions : 58 x 64 x 67
Hauteur des lettres : 1.5
Hederae :
Ligatures : NI (l.12)

Transcription :

ECILIUS Q F Q NATALIS AED IIIVIR QUAES

TOR QQ PRAEF COLONIARUM MILEVITANAE ET

RUSICADENSIS ET CHULLITANAE PRAETER HS

LX N QUAE OB HONOREM

AEDILITATIS ET IIIVIR

234
ET QQ REI P INTULIT ET STATUAM AEREAM SECURI

TATIS SAECULI ET AEDICULAM TETRASTYLAM

CUM STATUA AEREA INDULGENTIAE DO

MINI NOSTRI QUAS IN HONORE AEDILI

TATIS ET IIIVIRATUS POSUIT ET LUDOS SCAE

NICOS DIEBUS SEPTEM QUOS CUM MISSI

LIB PER IIII COLONIAS EDITIT ARCUM TRI

UMPHALEM CUM STATUA AEREA VIRTUTIS DOMINI N

ANTONINI AUG QUEM OB HONOREM QUINQUEN

NALITATIS POLLICITUS EST EODEM ANNO SUA

PECUNIA EXTRUXIT

Restitution :

[M(arcus) Ca]ecilius Q(uinti) f(ilius) Q(uirina) Natalis aed(ilis) IIIvir quaes/tor


q(uin)q(uennalis) praef(ectus) coloniarum Milevitanae et / Rusicadensis et Chullitanae
praeter HS / LX (milia) n(ummum) quae ob honorem aedilitatis et IIIvir(atus) / et
q(uin)q(uennalitatis) rei p(ublicae) intulit et statuam aeream securi/tatis saeculi et
aediculam tetrastylam / cum statua aerea indulgentiae do/mini nostri quas in honore
aedili/tatis et IIIviratus posuit et ludos scae/nicos diebus septem quos cum missi/lib(us)
per IIII colonias editit arcum tri/umphalem cum statua aerea virtutis domini n(ostri) /
Antonini Aug(usti) quem ob honorem quinquen/nalitatis pollicitus est eodem anno sua /
pecunia extruxit

Traduction :

Marcus Caecilius Natalis, fils de Quintus , de la tribu Quirina, édile, triumvir, questueur,
quinquennal, préfet des colonies de Milev, Risicade et Chullu, indépendamment de la

235
somme de 60 000 sesterces dont il s’est acquitté envers la république en l’honneur de
son édilité de son triumvirat et de sa quinquennalité ; et de la statue en bronze de
Securitas Saeculi ainsi qu’une chapelle tétrastyle avec une statue en bronze de
l’Indulgence de notre Maître en l’honneur de son édilité, et du triumvirat ; et des
représentations théâtrales avec distributions de pain qu’il organisa pendant sept jours
pour les quatre colonies ; la même année, comme promis, il érigea à ses frais un arc de
triomphe avec une statue en bronze de la Vertue pour nôtre maître (Marcus) Antoninus
Auguste en l’honneur de sa quinquennalité.

Datation :

F. Jacques (Les cités de l’Occident romain, p. 206-207) daterait l’érection de l’arc en


212 et 217.

CIL VIII, 7096 (= ILAlg II, 676).

Localisation : Cirta (Constantine). . Enterrée à six mètres au-dessous du


sol, près des fondations du temple qui fermait la rue Cahoreau.
Description :
Dimensions : 46 (hauteur)
Hauteur des lettres : 6
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

D IIIVIR QUAEST

TANAE ET RUSI

236
AETER HS LX N

ATIS ET IIIVIR ET

AM SECURITA

ETRASTYLAM

NTIAE DO

EDILITA

OS SCAENI

MISSLIB PER

HALEM CUM STA

NI AUG QUEM

CITUS EST EODEM

UXIT

Restitution :

[M(arcus) Caecilius Q(uinti) f(ilius) Quir(ina) Natalis ae]d(ilis) IIIvir quaest(or) /


[q(uin)q(uennalis) praef(ectus) coloniarum Milevi]tanae et Rusi/[cadensis et Chullitanae
pr]aeter HS LX(milia) n(ummum) / [quae ob honorem aedilit]atis et IIIvir(atus) et /
[q(uin)q(uennalitatis) rei p(ublicae) intulit et statuam aere]am securita/[tis saeculi et
aediculam t]etrastylam / [cum statua aerea indulge]ntiae do/[mini nostri quas in honore
a]edilita/[tis et IIIviratus posuit et lud]os scaeni/[cos diebus septem quos cum]
miss[i]lib(us) per / [IIII col(onias) edidit arcum triump]halem cum sta/[tua aerea virtutis
domini n(ostri) Antoni]ni Aug(usti) quem / [ob honorem quinquennalitatis polli]citus
est eodem / [anno sua pecunia extr]uxit

Traduction :

Même traduction que CIL VIII 7095. Les inscriptions CIL VIII, 7097 et 7098
reprennent exactement les mêmes propos.

237
CIL VIII 7099 (= ILS 6853) (= ILAlg II, 679).

Localisation : Cirta (Constantine). Encastrée dans le mur de la Casbah.


Description : base de statue
Dimensions : 33 x 73
Hauteur des lettres : 6.5 (l. 1), 4 (l.2), 3 (seq.).
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

SUR UN COTE :

CURANTE L SATTIO

L DOMITIO L F

TIRONI AUGURI

DUOMVIR VICENSUMARI

HC

SUR UN COTE :

CURANTE L SATTIO

Restitution :

Curante L(ucio) Sattio // L(ucio) Domitio L(uci) f(ilio) / Tironi auguri / duomvir(o)
vicensumari / h(onoris) c(ausa) // Curante L(ucio) Sattio.

Traduction :

238
Par les soins de Lucius Sattius. Lucius Domitius Tirinus, fils de Lucius, augure,
duumvir du vingtième, en son honneur. Par les soins de Lucius Sattius.

CIL VIII, 7101 (= 19437) (= ILAlg II, 794).

Localisation : Cirta (Constantine).Au musée de Constantine.


Descriptions : pierre brisée à gauche à partir de la l. 5.
Dimensions : 50 x 50.
Hauteur des lettres : 3.
Hederae :
Ligatures : DI (l.2), AE (l.7)

Transcription :

MEMORIAE

L FABI . FELICIS . AEDI

LIS Q IIIVIR OMNIBUS

HONORIBUS FUNCTUS

IIIVIR IIII COL PATRI EQ

USTICI FRONTONIS SEVE

I ET FABIAE MONNULAE

V . A . LXXX . H . S

Restitution :

239
Memoriae / L(uci) Fabi Felicis aedi/lis Q(uirina) IIIvir omnibus / honoribus functus /
IIIvir IIII col(oniarum) patri eq(uitum) [R(omanorum)] / [R]ustici Frontonis Seve/[r]i et
Fabiae Monnulae / v(ixit) a(nnos) LXXX h(ic) s(itus)

Traduction :

Pour la mémoire de Lucius Fabius Felix, de la tribu Quirina, triumvir, ayant exercé tout
les honneurs, triumvir des quatre colonies, père des chevaliers romains, Rusticus
Frontinus Severus et Fabia Monnula. Il vécut quatre-vingt ans. Il repose ici.

CIL VIII, 7103 (= 19438) (= ILAlg II, 682) (= AE 1938, 38).

Localisation : Cirta (Constantine). Découverte près de l’église. Puis


placé au musée de la place Négrier (1860-1861).
Description : pierre brisée à gauche et en bas.
Dimensions : 62 x 56
Hauteur des lettres : 5.
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

FIL Q FRONTONI

URBIS AUGURI

UGURUM VII AED

AEF I D COLL MILEVI

EX CONSENSU CIVIUM

240
ENTIAS EIUS BIGAM

RE CONLATO VEL EX

////// CONSTITUERE EX

Restitution :

[M(arco) Fabio L(uci)] fil(io) Q(uirina) Frontoni / [sacerd(oti) sa]c[r(ae)] urbis auguri /
[magistro a]ugurum VII aed(ili) / [IIIvir(o) pr]aef(ecto) i(ure) d(icundo) col(oniarum)
Milevi/[tan(ae) et Rusic(adensis)] ex consensu civium / [ob munific]entias eius bigam /
[quam ex ae]re conlato vel ex / [pecunia publica] constituere ex[po]/[stulaverant

Traduction :

A Marcus Fabius Frontonus, fils de Lucius, prêtre de la ville augure sacré, maître des
augures, (sept fois ?) édiles, triumvir, praefectus iure dicundo des colonies de Mileu et
Risucade, par consensus des citoyens, ils avaient réclamé, en échanges des
magnificences de son bige, que par aere conlato ou par l’argent publique, d’élever (un
monument).

CIL VIII, 7105 (= ILAlg II, 683).

Localisation : Cirta (Constantine). A la Casbah, dans la maison de l’aga.


Description : entablement. Trois fragments de l’architrave.
Dimensions : 52 x 405
Hauteur des lettres :
Hederas :
Ligatures :

241
Transcription :

Q FULVIUS Q FIL QUI AF TUS Q PR IVIR AED QUASTORI

CIAE POTESTATIS O ONOREM AEDIL ARCUM QUEM POLLICIT ERAT

SUA PECUNIA FECIT IDEM DEDICAVIT

Restitution :

Q(uintus) Fulvius Q(uinti) fil(ius) Qui[rin]a F[aus]tus q[uinquenn(alis)] pr[aef(ectus)


col(oniarum) II]Ivir aed(ilis) qua[e]stori/ciae potestatis o[b h]onorem aedil[itatis]
arcum quem pollicit[us] erat / sua pecunia fecit idem[q(ue)] dedicavit

Traduction :

Quintus Fulvius Faustus, fils de Quintus, de la tribu Quirina, quinquennal, préfet des
colonies, triumvir, aedilis quaestoriciae potestatis, en l’honneur de son édilité a fait
posé, à ses frais, un arc le même qu’il avait promis et le consacra.

CIL VIII, 7110 (= ILAlg II, 797).

242
Localisation : Cirta (Constantine)
Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Trascription :

Q IUNIUS FIRMI

NUS . P F . ARNENSIS . AED .

IIVIR QUAEST FL . PP

V A LXVII H S E

Restitution :

Q(uintus) Iunius Firmi/nus P(ubli) f(ilius) Arnensis aed(ilis) / IIvir quaest(or) fl(amen)
p(er)p(etuus) / v(ixit) a(nnos) LXVII h(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

Quintus Iunius Firminus, fils de Publius, de la tribu Arnensis, édile, duumvir, questeur,
flamine perpétuel, il vécut soixante-sept ans. Il repose ici.

CIL VIII, 7112 (= ILAlg II, 690).

243
Localisation : Cirta (Constantine). A la Casbah
Description : Base
Dimensions : 92 x 45
Hauteur des lettres : 6 (l.1-3), 5 (l.4-5), 4.5 (l.6), 4 (seq.)
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

L . MAECILI

O . P . F . Q . NEPO

TI . FL . PP . EQ . P

EXORNATO

OMNIBUS HO

NORIBUS IN . IIII . COL .

FUNCTO

P . PACONIUS . CERI

ALIS AMICO OPTI

MO ET MERENTI . S . P . P

L.D.D.D

Restitution :

244
L(ucio) Maecili/o P(ubli) f(ilio) Q(uinti) nepo/ti fl(amini) p(er)p(etuo) eq(uo) publico /
exornato / omnibus ho/noribus in IIII col(oniis) / functo / P(ublius) Paconius Ceri/alis
amico opti/mo et merenti s(ua) p(ecunia) p(osuit) / l(ocus) d(atus) d(ecreto)
d(ecurionum)

Traduction :

A Lucius Maecilius, fils de Publius, petit-fils de Quintus, flamine perpétuel, chevalier


romain par décoration, s’étant acquitté de tous les honneurs dans les quatre colonies.
Publius Paconius Cerialis, à son meilleur et méritant ami, a posé à ses frais.
Emplacement attribué par décret des décurions.

CIL VIII, 7117 (= ILAlg II, 800).

Localisation : Cirta (Constantine)


Description : tablette de pierre, encadrée d’une moulure.
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

P . SITTIUS P . F .

DENTO . AED . IIVIR

QUAEST . II . FLAM

QUINQ

245
V . A . LX . H . S . E

Restitution :

P(ublius) Sittius P(ubli) f(ilius / Dento aed(ilis) IIvir / quaest(or) II flam(en) /


quinq(uennalis) v(ixit) a(nnos) LX h(ic) s(itus) e(st)

Traduction :

Publius Sittius Dento ( ?), fils de Publius, édile, duumvir, questeur à deux reprises,
flamine, duumvir quinquennal, il vécut soixante ans. Il repose ici.

Datation :

Ier siècle ap. J.-C.

Commentaire :

La magistrature duumvirale n’exista que dans les premiers temps de la confédération


cirtéenne et peut être même avant. La mention du flamine (sans perpetuus) est un signe
d’antiquité.

1.2.18. RUSICADE (Stora)

CIL VIII, 7963 (= ILS 5473) (= ILAlg II, 10).

246
Localisation : Rusicade. Philippeville. Stora
Description : Découverte dans les fouilles du palais de justice de la pace
Corneille. Marbre blanc de bonne qualité. L’inscription est
partiellement effacée de la l.2 (incluse) à la l. 4 (incluse).
Dimensions : 92 x 163
Hauteur des lettres : 5.5 (l.1), 3.5 (l.6), 2.5 (seq.)
Hederas :
Ligatures :

Transcription :

VICTORIAE AUGUSTAE SACRUM

///////////////////////////////

///////////////////////////////

///////////////////////////////

L CORNELIUS L FIL QUIR FRONTO PROBIANUS EQ P ORN

DEC IIII COL FL PP DIVI ANTONINI

STATUAM CUM TETRASTYLO QUAM OB HONOREM FLAM PRAETER HS LXXXII N

QUAE REI P PRAESENTIA INTULIT PROMISERAT ET DEC HS XX N SED ET

CETERA QUAE LIBERALITATE SUA PATRIAE CONTULIT EX HS XXX MIL N DEDIT

IDEMQUE DEDICAVIT AD CUIUS DEDICATIONEM ETIAM LUDOS

SCAENICOS CUM MISSILIBUS EDIDIT

Transcription :

Victoriae Augustae sacrum / [----]/ L(ucius) Cornelius L(uci) fil(ius) Quir(ina) Fronto
Probianus eq(uo) p(ublico) orn(atus) / dec(urio) IIII col(oniarum) fl(amen)

247
p(er)p(etuus) divi Antonini / statuam cum tetrastylo quam ob honorem flam(onii)
praeter (sestertium) LXXXII(milia) n(ummum) / quae rei p(ublicae) praesentia intulit
promiserat et dec(urionatus) (sestertium) XX (milia) n(ummum) sed et / cetera quae
liberalitate sua patriae contulit ex (sestertium) XXX mil(ibus) n(ummum) dedit /
idemque dedicavit ad cuius dedicationem etiam ludos / scaenicos cum missilibus edidit

Traduction :

A Victoire Auguste sacré … Lucius Cornelius Fronto Probianus, fils de Lucius, ayant
eu l’ornement de chevalier romain, décurion des quatre colonies, flamine perpétuel du
divin Antonius, il promettait en l’honneur de son flaminat, indépendamment des 82 000
sestesterces et des 20 000 pour son poste de décurion, l’érection d’une statue avec
tétrastyle comme présent à la répulique et pour sa liberalité de 30 000 sesterces qu’il
versa à sa patrie entre autres choses. Il donna et consacra cela (la statue) ad
dedicationem, de plus il organisa des représentations théâtrales avec distribution.

CIL VIII, 7978 (= ILS 1147) (= ILAlg II, 29).

Localisation : Rusicade (Philippeville), dans la propriété Brochini, rue


des Numides. Maintenant au musée.
Description : Base. Légèrement mutilée en haut.
Dimensions : 105 x 51
Hauteur des lettres : 5 (l. 1-3), 3 (seq.)
Hederae : 3 (l.1), 1 (l.2), 1 (l.3), 4 (l.4), 3 (l.5), 3 (l.6), 2 (l.7), 4 (l.9), 4
(l.10), 3 (l.11), 2 (l.12), 1 (l.13), 3 (l.14), 4 (l.15), 1 (l.16), 1 (l.18), 1
(l.19), 2 (l.21), 2 (l.22), 2 (l.23), 5 (l.24).
Ligatures : IT (l.2), IR (l.5), IR (l.6), TI, DI (l.9), RI (l.12), TI, TI
(l.13), AE (l17).

248
Transcription :

CLAUDIAE P F

QUIR GALLITTAE

CONIUGI

Q AUSTURNI P F

QUIR LAPPIANI EQ

P EXOR AED IIIVIR IIII COL

PRAEF III COL DUC BIS

SORORI

TI CLAUDI CLAUDIANI LEG

AUGGG PR PR C V CONSUL

PROVINC ET EXERC PANN

INFERIOR ET SUPERIOR

PRAEPOSITI VEXILLATION

DACISCARUM LEG LEG XIII GEM

ET V MACEDONICAE PIAE

CANDIDATO AUGGG ET

EIS DEVOTISS//O PRAE

TORI TUTELAR //////

DOTI SEPTEMV//O

EPULONUM // DO

TI LAURENT LAVINAT

Q AUSTURNIUS

249
LAPPIANUS CONIUG RA

RISSIMAE S P P D D

Restitution :

Claudiae P(ubli) f(iliae) / Quir(ina) Gallittae / coniugi / Q(uinti) Austurni P(ubli) f(ilii) /
Quir(ina) Lappiani eq(uo) / p(ublico) exor(nati) aed(ilis) IIIvir(i) IIII col(oniarum) /
praef(ecti) III col(oniarum) duc(enarii) bis / sorori / Ti(beri) Claudi Claudiani leg(ati) /
Auggg(ustorum) pr(o) pr(aetore) c(larissimi) v(iri) consul(aris) / provinc(iarum) et
exerc(ituum) Pann(oniarum) / inferior(is) et superior(is) / praepositi vexillation(um) /
Daci{i}scarum leg(ato) leg(ionum) XIII Gem(inae) / et V Macedonicae Piae /
candidato Auggg(ustorum) et / eis devotiss[im]o prae/tori tutelar[io sacer]/doti
septemv[ir]o / epulonum [sacer]do/ti Laurent(ium) Lavinat(ium) / Q(uintus) Austurnius
/ Lappianus coniug(i) ra/rissimae s(ua) p(ecunia) p(osuit) d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

Pour son épouse Claudia Gallitae, fille de Publius, de la Tribu Quirina ; Quintus
Austurnius Lappianus, fils de Publius, de la tribu Quirina, ayant revêtu l’ornement de
chevalier romain, édile, triumvir des quatre colonies, préfet des trois colonies, aux
appointements de 200 000 sesterces ( salaire ducénaire), pour sa sœur, Tiberius
Claudius Claudianus légat pro préteur des Augustes, homme clarissime, consulaire des
provinces et des armées des Pannonies inférieure et supérieure, chef des détachements
de vexilliaires daces, légat des légions XIII de Germanie et V de Macédoine « Pieuse »,
candidat des Augustes et leurs très dévoué préteur tutélaire, prêtre du collège des
septemvir epulon, prêtre du des Laurentes Lavinates, Quintus Austurnius Lappianus a
posé, à ses frais,par décret des décurions, pour son épouse très précieuse.

Datation :

Géta est offciellement proclamé Auguste en 209 mais selon H-G Pflaum (ILAlg. II, 29,
p.6) quelques inscriptions africaines mentionneraient cette titulature dès 198.

250
Commentaire :

Praefecti III coloniarum ducenarii bis. Cette expression semble vouloir signifier, pour
H-G Pflaum (Ibid.) qu’il s’agissait d’un procurateur décénaire ayant exercé deux
fonctions de cet échelon.

De plus, on peut en déduire par cet inscription que les praefectus iure dicundo (dont les
émoluments s’élève à 200 000 sesterces provennant du trésor de la république cirtéenne)
étaient d’anciens triumvirs.

CIL VIII, 7986 (= ILS 6862) (= ILAlg. II 36) (= AE 1982, 272 bis).

Localisation : Rusicade.
Description :
Dimensions : 75 x 89
Hauteur des lettres : 5 (l.1), 4 (l.2), 3 (l.3-6), 2 (l.7-9), 3.5 (l.10).
Hederae : 2 (l.1), 2 (l.2), 1 (l.3), 2 (l.4), 1 (l.5), 1 (l.6).
Ligatures :

Transcription :

C CAECILIUS Q F GAL GALLUS HAB

EQUUM PUB AED HAB IUR DIC Q PRO

PRAET PRAEF PRO IIIVIR IIII PRAEF FABR COS

II ET PRAET II HAB ORN QUINQ D D EX V DECURIIS

DECURIARUM III QUINQUENNALIS PRAEF I D RUSICADI

FLAM DIVI IULI

NOMINE SUO ET PROXINIAE M F PROCULAE UXORIS SUAE ET

251
FIL GALLAE ET GALLI ET CORUNCANIAE ET NIGELLINAE TRIBUNAL

ET ROSTRA

S P F C

C CAECILIUS Q GAL

GALLUS S P

Restitution :

C(aius) Caecilius Q(uinti) f(ilius) Gal(eria) Gallus hab(ens) / equum pub(licum)


aed(ilis) hab(ens) iur(is) dic(tionem) q(uaestoris) pro / praet(ore) praef(ectus) pro
IIIvir(is) IIII praef(ectus) fabr(um) co(n)s(ularis) / II et praet(orius) II hab(ens)
orn(amenta) quinq(uennalicia) d(ecreto) d(ecurionum) ex V decuriis / decuriarum III
quinquennalis praef(ectus) i(ure) d(icundo) Rusicadi / flam(en) divi Iuli / nomine suo et
Proxiniae M(arci) f(iliae) Proculae uxoris suae et / fil(iorum) Gallae et Galli et
Coruncaniae et Nigellinae tribunal / et rostra / s(ua) p(ecunia) f(acienda) c(uravit) //
C(aius) Caecilius Q(uinti) (!) Gal(eria) / Gallus s(ua) p(ecunia)

Traduction :

Caius Caecilius Gallus, fils de Quintus, de la tribu Galeria, chevalier publique, édile
disposant du droit du questeur propréteur, praefectus pro triumviris à quatre reprises,
praefectus fabrum, deux fois consul et deux fois préteur, ayant reçu les ornements de la
quinquennalité par décret des décurions, juges des trois premières décuries, praefectus
iure dicundo de Rusicade, flamine du divin Jules, en son nom et de Proxinia Procula,
fille de Marcus, sa femme et de ses enfants Galla et Gallus et Coruncania et Nigellina,
les rostres et le tribunal, il supervisa et les fit faire à ses frais, Caius Caecilius Gallus,
fils de Quintus, de la tribu Galeria, par son argent.

252
CIL VIII, 7989 (= ILAlg. II, 38).

Localisation : Rusicade. Dans le théâtres.


Description :
Dimensions : 20 x 58
Hauteur des lettres : 3
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

M FABIUS L FIL QUIR FRONTO AUGUR

HONOREM PRAEF /// M / A ///

DEDIT PRAETER OBLATIONEM DEN

FILI SUI SENECIONIS AD CULTUM THEA

Restitution :

M(arcus) Fabius L(uci) fil(ius) Quir(ina) Fronto augur [praef(ectus) i(ure) d(icundo)
ob] / honorem praef(ecturae) [3]m[3]a[3] / dedit praeter oblationem den(ariorum) 3
n(omine)] / fili(i) sui Senecionis ad cultum thea[tri

Traduction :

Marcus Fabius Fronton, fils de Lucius, augure, praefectus iure dicundo, en l’honneur de
praefectura [---] m[ ---]a [---] il donna indépendamment du don d’argent [---] au nom,
de son fils Senecion pour l’ornement du théâtre.

253
CIL VIII, 7990 (= ILS 6861) (= ILAlg II, 42).

Localisation : Rusicade (Phillipeville), dans le forum, au milieu des


ruines de la basilique.
Description : Base.
Dimensions : 78 x 57 x 70
Hauteur des lettres : 3 à 2.
Hederae :
Ligatures : IT (l.11), IT (l.16).

Transcription :

SEX . OTACILIUS . M . F

QUIR . RESTITUTUS

M . OTACILI . FRUCTI

PONTIFICIS . FRATER

IIIVIR . AED . QUAES

TORIAE . POTESTATIS

AUGUR . SUPER . HS XX

LEGIT . QUAE . OB . HONO

AEDILITAT . R . P . DEDIT

ET . HS VI . OB . DIEM . LUD

ET . HS XXXIV . INIBI . LEGIT .

OB . HONO AUGURAT

R . P . INTULIT . ET . AT . HS IIII

QUAE . IN . VOLUPTAT . PROMI

254
SER . ADIECTIONE . A . SE . FACTA

DEXTROS . DUOS . SUA . PEC . POSUIT

DEDICAVITQ . D . D

Restitution :

Sex(tus) Otacilius M(arci) f(ilius) / Quir(ina) Restitutus / M(arci) Otacili Fructi /


pontificis frater / IIIvir aed(ilis) quaes/toriae potestatis / augur super (sestertium) XX
(milia) / legit(ima) quae ob hono(rem) / aedilitat(is) r(ei) p(ublicae) dedit / et
(sestertium) VI(milia) ob diem lud(orum) / et (sestertium) XXXIV (milia) inibi
legit(ima) ob hono(rem) augurat(us) / r(ei) p(ublicae) intulit et at (sestertium) IIII(milia)
/ quae in voluptat(es) promi/ser(at) adiectione a se facta / dextros duos sua pec(unia)
posuit / dedicavitq(ue) d(ecreto) d(ecurionum)

Traduction :

Sextus Otacilius Restitutus, fils de Marcus, de la tribu Quirina, de Marcus Otacilius


Fructus pontife et frère, triumvir, aedilis quaestoriae potestatis, augure, outre la
contribution légitime de 20 000 sesterces qu’en l’honneur de son édilité il donna à la
république, et des 6 000 sesterces pour le jour des jeux, et il s’acquitta evnvers la
république de la contribution légitime de 34 000 sesterces en l’honneur de sa charge
d’augure et par ailleurs les 4 000 sesterces qu’il avait promis en vue des fêtes, par
l’ajout fait de « dextros duos » qu’il posa à ses frais et consacra par décret des
décurions.

1.2.19. MILEV (Mila)

AE 1967, 558.

255
Localisation : Mileu (Mila). Trouvée en remploi dans le mur byzantin à
l’Est, entre la porte romaine et la porte de Constantine.
Description : base rectangulaire de grès. Mutilée en bas et à gauche.
Dimensions : 138 x 61
Hauteur des lettres : 5
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

L(ucio) Flavio T(iti) fil(io) / Quir(ina) Crescenti / aed(ili) q(uaestori) IIIviro /


q(uin)q(uennali) praef(ecto) iu/ventutis pr(aefecto) i(ure) d(icundo) / |(coloniae)
Mi(nerviae) Chul(l)it(anae) ex tes/tamento D(ecimi) Ha/teri Crescentis

Traduction :

A Lucius Flavius Crescentius, fils de Titus, de la tribu Quirina, édile, questeur, triumvir,
triumvir quinquennal, préfet de la jeunesse, praefectus iure dicundo de la colonie de
Chullu, par testament de Decimus Haterus Crescentius.

1.2.20. CUICUL (Djemila)

CIL VIII, 8318 (= ILAlg. II 7793) (= AE 1913, 21).

256
Localisation : Cuicul (Djemila)
Description : Basilique Julienne. Base jumelle du ILAlg. II, 7794.
Dimensions : hauteur = 120, largeur = 80.
Hauteur des lettres : 5 (l. 1-5), 3 (l. 6-16).
Hederas :
Ligatures :

Transcription :

IMP . CAES . M . AURE

LIO . ANTONINO . AUG

ARM . MED . PART . MAX

PONT . MAX . TR POT

XXII . IMP . V . C

C. IULIUS CRES RES

CENTIANUS . EQUO MP . EX

ORNATUS . FL . P . P . IIII C CIRT . ET . CUIC

PONT . OMNIBUSQ . HONORIBUS . IN . V

COLONIIS . FUNCTUS . STATUAM . QUAM

EX . HS . III . N . EX LIBERALITATE .

SUA . PROMISIT . AMPLIATA . PEC

CUNIA . IN . BASILICA . IULIA

QUAM . A . SOLO . PECUNIA . SUA

EXTRUXIT . POSUIT . IDEMQUE

DEDICAVIT

257
Restitution :

Imp(eratori) caes(ari) M(arco) Aure/lio Antonino A[ug](usto)/ arm(eniaco) med(ico)


part(hico) max(imo)/ Pont(ifici) max(imo) [t]r(ibunicia) [p]ot(estate)/ XXIII
Imp(eratori) V [co(n)s(uli) III, p(atri) p(atriae)]/ C. Iulius Cres[cens] [Didius
C]res/centianus equo [publico ab i]mp(eratore) ex/ornatus Fl(amen) p(er)p(etuus) IIII
col(oniarum) Cirt(ensium) et Cuic(uli)/ Pont(ifex) omnibusq(ue) honoribus in V/
coloniis functus statuam Quam / ex (sestertium) III (milibus) n(ummum) ex liberalitate/
Sua promisit ampliata pec/cunia in basilica Iulia / qua A solo pecunia sua/ extruxit
posuit idemque/ dedicavit

Traduction :

Pour l’imperator caesar Marcus Aurelius Antonius Auguste, grand arménique, grand
mèdique, grand parthique, Grand Pontife, ayant revêtu la puissance tribunicienne pour
la vingt-troisième fois, acclamé cinq fois imperator, consul trois fois, Père de la Patrie.
Caius Iulius Crescens Didius Crescentianus, chevalier romain par décoration impériale,
flamine perpétuel des quatre colonies, pontife de Cirta et de Cuicul, s’est acquité de tous
les honneurs dans les cinq colonies, il avait promis le don de 3000 sesterces pour
l’érection d’une statue, la somme fut augmentée, il a construit, à ses frais, depuis la base
dans la basilique Julienne, il a posé cela et l’a consacré.

Datation :

Règne de Marc-Aurèle (169-180) après la mort de Verus. L’inscription semble


contemporaine de C. 8319 donc elle daterait de 169.

CIL VIII, 8319 (= ILS 5533) (= ILAlg. II 7794) (= AE 1913, 21).

258
Localisation : Cuicul (Djemila)
Description : Basilique Julienne. Sur un piédestal. Base jumelle de
ILAlg. II 7793.
Dimensions : hauteur = 115, largeur = 80
Hauteur des lettres :
Hederas :
Ligatures :

Transcription :

DIVO VERO FRA

TRI IMP CAES . M . AURELI

ANTO AUG

ARM . MED . PARTH . MAX . PONT

MAX . TRIB . POT XXIII . IMP . V . COS . III . P P

C . IULIUS . CRESCENS . DIDIUS . CRES

CENTIANUS . EQUO PUBLICO . AB IMP . EXORNA

TUS . FL . P . P . IIII . COL . CIRT . ET CUIC . PONT

OMNIBUS . Q . HONORIBUS IN V . COL . FUNCT

STATUAM . QUAM . EX . HS III . N . EX LIBERA

LITATE . SUA . PROMISIT . IN BASILICA . IU

LIA . QUAM . A . SOLO . PECUNIA

SUA . EXTRUXIT . POSUIT . IDEM

QUE . DEDICAVIT

Restitution :

Divo Vero fra/tri Imp(eratoris) caes(aris) M(arci) Aureli/ Anto[nini]


259
Aug(usti)/ arm(eniaci) med(ici) parth(ici) max(imi) Pont(ificis)/ max(imi) trib(unicia)
pot(estatis) XXIII Imp(eratoris) V co(n)s(ulis) III p(atris) p(atriae)/ C. Iulius Crescens
Didius Cres/centianus equo publico ab imp(eratore) exorna/tus fl(amen) p(er)p(etuus)
IIII col(oniarum) Cirt(ensium) et Cuic(uli) pont(ifex)/ omnibus q[ue] honoribus in V
col(oniis) funct(us)/ statuam quam ex (sestertium) III n(ummum) ex libera/litate sua
promisit in basilica Iu/lia quam a solo pecunia / sua extruxit posuit idem/que dedicavit

Traduction :

Identique que l’inscription précédente.

Datation :

Entre février 169 et le 9 décemdre 169.

AE 1989, 900.

Localisation : Cuicul (Djemila).


Description : base érigée sur le forum vetus.
Dimensions : 211 x 63 x 62 (dimensions totales), 104 x 63 (dimensions
du champs épigraphique.
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

Divo Co[m]modo / divi M(arci) Antonini Pii Germ(anici) / Sarm(atici) filio fratri /
imp(eratoris) Caes(aris) L(uci) Septimi Severi Pii / Pertinacis Aug(usti) Arab(ici)
Adiab(enici) Parth(ici) max(imi) / propagatoris imperi pont(ificis) max(imi)
trib(unicia) / pot(estate) XI imp(eratoris) XI co(n)s(ulis) III p(atris) p(atriae)
proco(n)s(ulis) patris / Imp(eratoris) Caes(aris) M(arci) Aureli Antonini Aug(usti) Pii
felici(s) / trib(unicia) pot(estate) VI co(n)s(ulis) II proco(n)s(ulis) [[et]] / [[P(ubli)

260
Septimi Severi Getae Caesaris]] / M(arcus) Tullius M(arci) f(ilius) Quir(ina) qui et
Pap(iria) Pu/dens statuam quam sup(er) leg(itimam) ho/noris aed(ilitatis) suae
promiserat de/dit curante Scribonio Scribo/niano sororis fil(io)

Traduction :

Au divin Commode, fils du divin Marcus Antoninus pieux, germanique, sarmatique,


frère de l’imperator caesar Lucius Septimus Severus Pertinax, pieux, Auguste, grand
arabique, grand adiabène, grand parthique, propagateur de l’Imperium, grand pontife,
ayant revêtu pour la onzième fois la puissance tribunicienne, onze fois imperator,
consul pour la troisième fois, Père de la Patrie, père de l’imperator caesar Marcus
Aurelius Antoninus, Auguste, pieux, heureux, ayant revêtu pour la sixième fois la
puissance tribunicienne, deux fois consul, proconsul et de Publius Septimus Géta,
caesar, Marcus Tullius Pudens, fils de Marcus, des tribus Quirina et Papiria, avait
promis en plus de la somme légitime, l’érection d’une statue en l’honneur de son édilité,
statue qu’il dédia, par les soins de Scribonius Scribonianus, son neveu.

Datation :

10 décembre 202 – 9 décembre 203

Commentaire :

M. TULLIUS PUDENS, qui a fait ériger cette statue au divin Commode à l’occasion
de son édilité, a tenu à mentionner sa double tribu.

1.2.21. AUTRES

AE 1989, 858.

261
Localisation : Henchir Aïn Oued Ghrouss.
Description : plaque de calcaire gris, brisée droite et en bas
Dimensions : 59 x 37 x 19
Hauteur des lettres : 4.5 à 5.5
Hederae :
Ligatures :

Restitution :

D(is) M(anibus) [s(acrum)] / P(ublius) Caeci[lius] / Martial[is] / dec(urio) IIII


co[lon(iarum)] / v(ixit) a(nnos) LXXXX[1?] / h(ic) s(itus) [e(st)]

Traduction :

Aux dieux mânes sacrés, Publius Caecilius Martialis, décurion des quatre colonies, il
vécut 90 ans, il repose ici.

CIL VIII, 2481 (= 17970).

Localisation : Besseriani. Découvert près de la porte ouest de la


citadelle qui donne accès à une enceinte ; « à l’intérieur de laquelle on
voit, à demi renversé, un arc de triomphe semblable » (Baudot).
Description :
Dimensions :
Hauteur des lettres :
Hederae :
Ligatures :

Transcription :

262
PRO SALUTE D N …………… CU……M N HOC ……CIPIO N

QUEM CLODIUS VICTOR POMPONIUS MACIA……ATUS PROMISER E MO

TUM QUOD PATRIAE PATERNO E ARCESILAO COS HORA NOC….ESSIS CONTIGITDEDI


ANTE V P FLAVIO FLA

ANO P N CLODIUS VICTOR F FLAVIUS PAULINIANUS FECERUNT CURANTE OCCEIO


DONATIANO ROMANO C REI

Restitution :

Pro salute d(ominorum) n(ostrum duorum) [----] [ar]cu[m ex sestertium] [----] m[ilibus]

N(ummum) hoc [loco muni]cipio n(ostro)/quem Clodius Victor Pomponius

Macia[nus ob honorem IIvir]atus [promiserant post terra]e mo/tum quod

patriae Paterno e[t] Arcesilao co(n)s(ulibus) hora noc[tis (illa) somno f]essis contigit

Dedi[c]ante v(iro) p(erfectissimo) Flavio Fla[vi]/ano p(raeside sive patrono)

N(ostro) Clodius Victor f(ilius) Flavius Paulinianus fecerunt curante

[C]occeio Donatiano [e(quite)] romano c(uratore) rei(publicae)

Traduction :

Début de l’inscription incomplet. Nous débuterons à la l.2 à partir de Clodius Victor


Pomponius.

Clodius Victor et Pomponius Macianus en l’honneur de leur duumvirat, qu’ils avaient


promis de faire après de tremblement de terre dont la patrie fut atteinte sous les consuls
Paternus et Arcesialus, à cette heure de la nuit arriva, pendant que tout le monde
dormait, par la consécration de Flavius Flavianus praeses et notre patron, le fils Clodius
Victor et Flavius Paulinianus ont fait faire, par les soins de Cocceius Donatianus,
chevalier romain, curateur de la république.

Commentaire :

263
Dans le cas présent nous sommes en face d’une dédicace faite par Clodius Victor et
Pomponius Macianus deux duumvirs ayant promis la construction d’un arc à leurs frais.
Cette promesse fait suite au tremblement de terre (terrae motum) qui avait frappé la
ville sous les consulats de Paternus et d’Arcesilaus en 267. Le gouverneur Flavius
Flavianus (286-287) gouverneur et patron de la ville inaugura l’arc ayant été construit
aux frais du fils de Clodius Victor et de Flavius Paulinianus. Monument laissé sous la
responsabilité du curateur de la république et chevalier romain de son état, Cocceius
Donatianus.

C. Lepelley (Les cités, vol. 2, Paris, 1979, p. 71) fait remarquer deux choses. Tout
d’abord il semble que le phénomène municipal se poursuive au Bas-Empire. Mais
surtout on constate que même après un tremblement de terre la crise du IIIème siècle a
plongé l’Empire, du moins la province de Numidie, dans certaines difficultés finacières.
On le voit avec l’écart (vingt ans) entre la promesse faite de construction d’un arc et
l’érection de ce dernier. De plus C. Lepelley remarque que les héritiers sont tenus
d’accomplir les promesses faites ob honorem par leurs disparus.

264
DEUXIEME PARTIE : Les notables, la Numidie
et la cité

265
2.1. Notabilités et épigraphie : la question des fonctions
municipales

Cette sous-partie développera trois thématiques : d’abord nous traiterons, en guise


d’introduction, de l’aspect général de la vie politique dans les cités africaines ; puis nous
nous concentrerons sur les charges municipales rencontrées dans les inscriptions ; et
pour finir nous tenterons d’approcher le cas si particulier de la Confédération cirtéenne.

2.1.1. Le notable et la cité : origines et représentations

Une des premières interrogations que l’on peut avoir relève de l’origine des
notables de Numidie. Lorsque nous parlons d’ « origines » au pluriel nous sous-
entendons l’origine géographique, ethnique mais aussi politique (c’est-à-dire
l’émergence politique du notable dans la cité en Numidie). Ainsi il convient, avant tout,
d’expliquer les modalités de peuplement de certaines cités de Numidie afin d’en
approcher plus précisement ses élites.

Sous les royaumes numides, on trouve des traces d’une sédentarisation des
nomades. J.-M. Lassère avance l’hypothèse de causes fiscales1. Mais G. Camps n’est
pas de cet avis et ne pense pas qu’il y ait eu une politique de sédentarisation menée par
Massinissa : « les tribus possédaient déjà chacune un territoire dont les dimensions
variaient avec leur propre puissance »2. Des concentrations de populations existaient
déjà. Ainsi, chaque tribu disposait d’un ou plusieurs marchés. Certains pouvaient abriter
une population importante comme Calame, Thubursicu Numidarum, Thagaste. Il
existait également des ports assez actifs tels que Rusicade, et sans parler de Cirta
(période postérieure au proconsulat de Salluste). J.-M. Lassère constate ainsi une vitalité
de la population numide au IIème siècle ap. J.-C3. Ainsi, la question de l’importance de la
population en Numidie se pose. Et par voie de conséquence sur l’impact de la conquête
romaine sur des structures urbaines préexistantes. Le constat de J.-M. Lassère semble

1
LASSERE J.-M., Ubique populus, C.N.R.S., Paris, 1977, p. 51.
2
GASCOU J., Aux originies de la Berbérie, Massinissa ou les débuts de l’Histoire, Lybica, Paris, t. VIII,
1, 1960, p.42.
3
LASSERE J.-M., Ubique populus, C.N.R.S., Paris, 1977, p. 52.

266
alors s’orienter vers une sorte de superposition des différentes influences. Les feuilles
de l’Atlas archéologique de l’Algérie qui correspondent au royaume Numide montrent
que les sites strictement numides sont assez rares, mais que les sites romains ne sont que
« les descendants romanisés des sujets de Massinissa » qui « ont continué à occuper les
mêmes terres »1. Les toponymes romains sont également très rares en Numidie centrale.
De même pour une toponymie phénicienne à l’intérieur des terres.

Qu’en est-il des évolutions de la densité urbaine dans la période pré-coloniale (au
sens romain du terme) ? On a une population nombreuse accoutumée au mode de vie
urbain ou villageois au nord et au centre de la Numidie. Cependant on constate que ces
populations devenaient de plus en plus clairsemées à mesure que l’on s’avançait vers les
limites méridionales et orientales du royaume et vers les confins gétules. D’où
l’importance de l’effort consenti par Rome au IIème siècle dans la région de l’Aurès-
Nemencha.

Jusqu’à Marius la colonisation s’est effectuée essentiellement autour du territoire


de Carthage et sur une bande côtière allant de Carthage à Hadrumète. Mais avec Marius,
on constate plusieurs fondations de villages et comptoirs suivant le Bagradas qui est la
voie naturelle de Carthage vers les régions numides : installation de Marianistes à
Thuburnica, Uchi Maius et Thibaris. Mais il faut relativiser en indiquant que ce ne sont
que des établissements de courte durée car l’offensive de Pompée jusqu’en territoire
numide réduisit considérablement le nombre de Marianistes.

J. Kolendo pose, dans son ouvrage, le problème de la génèse de ce colonat romain


en Afrique2. Focalisons-nous sur Cirta, car elle constitue la plus ancienne colonie
romaine en Afrique où l’élément romain, représenté par les mercenaires de Sittius, est
très fort.

P. Sittius de Nucerie voyait avec grand intérêt le blé de Numidie. Afin de servir
ses intérêts, il s’entend avec César qui convoitait le royaume. Après avoir commis
l’erreur de rejoindre le parti de Catilina, il part pour l’Espagne. Il se loue, lui et son
armée privée, au roi Bocchus II de Maurétanie. Par la suite Sittius conserve cependant
des liens étroits avec des marchands de blé de Rome qui le mettent en relation avec

1
Ibid. p. 52.
2
KOLENDO J., Le colonat romain en Afrique sous le Haut-Empire, Annales Littéraires de l’Université
de Besançon, Paris, 1991.

267
d’autres négociants italiens à Cirta. Ainsi l’invasion de la province par le roi Juba est
l’occasion pour Sittius d’aider César et d’être récompensé en retour. Ce qui fut le cas.

Le fief de Sittius est un pays sans unité géographique. Il se compose de deux


territoires arbitrairement rassemblés par la conquête ; au sud les hautes plaines se
terminant aux environs du Djebel ; et au nord zone très entaillée par des fleuves tels que
l’Ampsaga Thapsus. Au sud, les terres sont lourdes et bien arrosées propices aux
cultures de céréales. Ainsi l’immense territoire de Cirta concentre la majorité des
propriétés des aristocrates provinciaux. Ces richesses foncières et la proximité de ports
comme celui de Rusicade ont sans doute contribué à la prospérité de Cirta et plus
largement par la suite de la Confédération cirtéenne. En effet, Rusicade était le seul
grand port avant Césarée, et Chullu avait une certaine renomée essentiellement due à ses
teintureries de pourpre. Ainsi, il semble que le colonat en lui-même soit une création
romaine. C’est, en tout cas, la théorie de J. Kolendo qui ne voit pas, sous l’Etat
carthaginois, de formes d’établissements rappelant de près ou de loin le colonat
romain1.

Dans son étude sur les mobilités et migrations de peuplement en Afrique, J.-M.
Lassère montre bien la présence d’Italiens, Libyens, Thraces, Grecs, Gaulois et
Espagnols et même des Juifs (notamment à Carthage et à Cirta). Selon lui cette
immigration serait en grande partie due au rôle de l’armée qui aurait brassé un grand
nombre de personnes d’origines différentes. Bien que notre étude soit assez différente
de celle effectuée par J.-M. Lassère, nous pouvons cependant dire qu’il est assez
difficile de retrouver des origines étrangères présentes dans l’onomastique. A.
Chastagnol souhaitait notamment percevoir les survivances indigènes dans les curies
par l’étude des cognomina2. Cette étude, compte tenu des objectifs de notre mémoire, ne
peut être développée avec exhaustivité. Cependant, il apparaît que la différenciation
entre un notable d’origine indigène et un notable romain semble difficile à réaliser.
Nous avons, tout de même, pu identifier un notable municipal d’origine italienne :
Cneius Baebius Stellatina Cerealis, originaire de Verecunda3. Mais il fait figure
d’exception dans notre corpus. J.-M. Lassère affirme que les effectifs italiens sont peu
nombreux et qu’il est difficile de les différencier. La raison essentielle en est que les

1
Ibid. p. 28.
2
CHASTAGNOL A., l’album municipal de Timgad, Rudolph Habelt Verlag GmbH, Bonn, 1978, p. 69.
3
C. 4194.

268
Romano-africains ont adopté l’onomastique romaine1. Nous irons même plus loin en
disant qu’étant donné le groupe social que nous étudions, on peut s’attendre à voir une
notabilité municipale alignée sur le modèle romain et donc parfaitement intégrée. Tous
ces questionnements renvoient au débat sur l’amplitude de la romanisation en Afrique et
pour notre cas en Numidie. Mais il nous semble intéressant de voir si cet aspect pourrait
faire l’objet d’un développement plus profond dans un travail ultérieur. Dans l’état
actuel de nos connaissances, nous ne pouvons affirmer s’il existe ou non une volonté
des notables municipaux de conserver un indice de leur origine ethnique ou
géographique. Le fait que nous étudions une strate de la société où le niveau de
romanisation doit être le plus élevé n’aide pas forcément à la résolution de ce problème.

Cependant nous aimerions attirer l’attention sur le cas de T. Flavius Macer2. Selon
J.-M. Lassère, T. Flavius Macer est un Numide né vers le Ier siècle ap. J.-C.3. Il semble
être à la fois citoyen de Calame et d’Ammaedara dont il est duumvir et flamine
perpétuel. Il est également préfet de la tribu des Musulames. Cette préfecture indique
deux choses : la première est que le colonat romain a entrainé une modification des
pratiques des populations nomades ou semi-nomades. Ainsi, l’ingérence des Romains
dans la gestion des terres est matérialisée par le poste de praefecti gentium (surveillance
des tribus) ; mais surtout qu’il apparaît possible que cet homme soit originaire de la
tribu des Musulames. En effet, les autorités romaines pouvaient nommer un préfet
originaire de cette gens afin de mieux la contrôler. Cet exemple montre bien qu’il
apparait difficile de différencier des notables d’origine indigène et d’autres d’origine
romaine. Selon M. Christol, la préfecture des Musulames était une responsabilité
exercée au terme d’une carrière municipale parfaite. A l’inverse, J.-M. Lassère qualifie
cette préfecture « d’administration séquestrée »4. Cette fonction renvoie également à la
question de la romanisation des élites de Numidie et de leur intégration dans le système
institutionnel romain.

L’origine des notables paraît assez complexe à approcher compte tenu de


l’adoption par ceux-ci de la citoyenneté romaine (hégémonie totale des tria nomina dans
notre corpus). Cependant, cette origine est étroitement liée aux phases de peuplement et
d’occupation du territoire de Numidie. Ainsi, nous souhaiterions pour un travail futur

1
LASSERE J.-M., Ubique populus, C.N.R.S., Paris, 1977, p. 389.
2
C. 5351.
3
op. cit. p. 625.
4
LASSERE J.-M., Ubique populus, C.N.R.S., Paris, 1977, p. 625.

269
développer une approche prosopographique afin de reconstituer les déplacements de
certaines familles de notables.

Parler de notables municipaux induit de traiter du gouvernement de la cité. Ainsi,


il faut également étudier l’intégration du notable dans la vie politique de la cité. Nous
allons donc voir, rapidement, les différentes institutions et organismes de la vie
municipale. Au commencement, il y a les assemblées populaires ou comices. Ces
dernières ont gardé pendant longtemps (jusqu’au IVème siècle) la faculté d’élire leurs
magistrats (exception notable dans l’Empire). Au IIème siècle, on constate l’existence de
ce que P. Corbier nomme « une démocratie municipale dans les villes d’Afrique »1 due
à la vitalité d’institutions telles que les comices. Le populus était réparti en curies. Les
historiens en ont compté dix à Lambèse. Une curie réunit des curiales. Ces derniers
fixent les amendes, perçoivent des donations. En plus, ils ont prérogative dans
l’organisation de banquets et de jeux, ainsi que l’érection de statues aux bienfaiteurs.
Plusieurs inscriptions dans notre corpus mentionnent les remerciements accordés à des
notables pour des actes de générosité envers la cité. L’album de la curia commodiana 2
recense cinquante-deux curiales. Cela montre que les curies ne comprennent qu’une
fraction du populus c’est-à-dire ceux qui délibèrent. Il faut distinguer peuple et
membres de la curie. La curie réduit le rôle politique du peuple : en effet, pour l’élection
des magistrats, le peuple se contentait d’acclamer (pour montrer son approbation ou
non) les candidats qui lui étaient suggérés. Le peuple pouvait, en revanche, voter les
éloges et les honneurs3.

La direction réelle de la ville revenait au sénat local ou splendissimus ordo et aux


magistrats. Cette assemblée était composée de décurions (au IVème siècle le terme
disparaît et devient curiales). D’un point de vue étymologique, le conseil municipal était
aussi appelé « ordre des décurions ». L’appellation de « sénat » était réservée aux cités
pérégrines. Le nombre optimal de cent décurions n’était pas forcément atteint. Le
conseil symbolisait le socle du pouvoir municipal. Les grands magistrats de la cité
étaient issus de ce conseil. Après l’élection, le magistrat présidant le scrutin, proclamait
officiellement le vainqueur. Les décurions devaient détenir un cens minimum variant

1
Corbier P., Griescheimer M., L’Afrique romaine, 146 av. J.-C. – 439 ap. J.-C., Paris, 2005, p. 377.
2
AE 1982, 958.
3
ILAlg. I 1295, CIL VIII 7103 (à titre d’exemples). La première (Thubursicu Numidarum) fait état d’un
Lucius Calpurnius Augustalis récompensé par l’ordre et le peuple, sans doute par l’érection d’une statue
en marbre. Le deuxième trouvée à Cirta mentionne l’érection ex consensu civium d’un monument à la
gloire de Marcus Fabius Frontonius pour sa générosité.

270
d’une cité à l’autre en fonction de la législation et de la situation économique. Pour le
Haut-Empire, on ne connaît que le cens décurional de la ville de Côme sous Trajan et
s’élevant à 100 000 sesterces1. Pour la période plus tardive, le Code Théodosien évoque
une loi datée du 5 avril 342 dans laquelle Constance répond à Rufinus, comte d’Orient2.
Dans sa lettre, il est dit qu’« on assignera de même à la curie celui qui possède moins de
25 jugères en propre et en cultive une quantité équivalente ou moindre de nos terres ».

Les magistrats en exercice étaient donc originaires de ce conseil restreint. Les


charges furent, en grande partie, fixées par les lois flaviennes qui ont permis la mise en
place de structures institutionnelles simplifiées. Ces lois municipales s’assimilaient à de
réelles constitutions écrites pour les cités. Les municipes et colonies recevaient une « loi
donnée » (lex data) accordée par le fondateur lui-même mandaté par le Sénat et
l’Empereur. Une des lois flaviennes qui renseigne sur la constitution municipale est la
Lex Irnitana ou les « lois des municipes flaviens de Bétique » dont on a retrouvé
quelques fragments. Les fragments de la loi d’Irni recoupent ceux de Malaca et
Salpensa3. On est donc en présence d’une loi unique avec des variations selon les
communautés (nombre de décurions, somme maximum engagée dans les procès). Selon
F. Jacques, on peut appliquer cette constitution unique à tous les municipes de Bétique
mais aussi d’Espagne. Pour F. Jacques les « variations locales ne remettent pas en cause
l’unicité »4. L’analyse de cette loi a permis un renouveau des études sur la vie
municipale.

Outre ces éléments que nous avons vus, nous pensons qu’il faut également
analyser la façon dont la cité se percevait et par conséquent comment elle percevait ses
notables municipaux. En effet, il nous apparaît qu’une étude sur le vocabulaire de
certaines inscriptions touchant à l’activité publique permettrait de comprendre
davantage les implications politiques induites par l’exercice des magistratures (que nous
verrons plus tard). Pour cela, nous nous sommes inspiré d’un article rédigé par E.
Lyasse et paru dans Le quotidien municipal en Occident5. Dans cet article E. Lyasse

1
Pline Le Jeune, Epitoma, I, 19.
2
Code Théodosien, XII, 1, 33.
3
Les lois de Malaca et Salpensa datent de 82-84 ap. J.-C. Celle d’Irni daterait de 91. Grâce à ces
fragments les historiens disposent des trois quarts de la charte des municipes de Bétique organisés par
Dioclétien.
4
Les cités de l’Occident romain, Paris, 1990, p. 13.
5
LYASSE E., « L’utilisation des termes res publica dans le quotidien institutionnel des cités.
Vocabulaire politique romain et réalités locales » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain,

271
analyse l’emploi du terme res publica dans les inscriptions. Elle constate que c’est une
expression qui apparait fréquemment dans les sources latines touchant à l’activité
publique et que l’emploi de res publica n’est soumis à aucune condition de statut. Ainsi
n’importe quelle cité pouvait user de ce terme pour se définir. La problématique
développée par E. Lyasse recoupe une partie de nos interrogations. En effet, elle
s’interroge : comment cette notion est-elle utilisée dans les inscriptions en rapport avec
le fonctionnement des institutions locales ? Certaines institutions que nous avons
évoquées précédemment telles que l’ordre des décurions ou bien le populus.

E. Lyasse distingue donc trois contextes d’emploi du terme res publica :

1- Res publica dans un contexte évoquant les finances de la cité. Elle peut
apparaître à propos de la somme honoraire pour dire qu’elle lui a été
versée ou qu’un don supplémentaire lui a été fait.
2- Res publica comme justification d’honneurs accordés par une
communauté. Res publica citée pour l’octroi d’un honneur à un
personnage, pour le recompenser pour son attitude envers la cité : usage
de l’expression ob merita ou l’emploi de termes tels que integritas,
iustitia, pietas, munificentia. Dans le cas présent, le sens de res publica
est beaucoup plus abstrait : celui d’un intérêt commun à tous les
membres de la communauté.
3- Res publica comme acteur de l’érection d’un monument. Ce sont (selon
E. Lyasse) les plus nombreuses. La république apparait en tant qu’auteur
de la dédicace.

Ces trois catégories se retrouvent dans certaines de nos inscriptions. En revanche,


ce n’est pas la troisième catégorie mais la première qui domine nettement dans
notre corpus :

BERRENDONNER C., CEBEILLAC-GERVASONI M., LAMOINE L. (ed.), Presses Universitaires


Blaise-Pascla, Clermont-Ferrand, 2008, p. 187-202.

272
Répartition des inscriptions
(en fonction des trois catégories d'E. Lyasse)

Catégorie 3
15%

Catégorie 2
20%
Catégorie 1
65%

La nette domination de la première catégorie n’est cependant pas anormale dans la


mesure où les inscriptions répertoriées traitent des notables. Il est donc normal que les
inscriptions mentionnant le versement d’une somme honoraire inlatis rei publicae
domninent (d’autant plus que les inscriptions mentionnant un évergétisme ob honorem
sont assez bien représentées dans notre corpus, comme nous le verrons ultérieurement).

On peut s’interroger sur ce qu’englobe le terme res publica ? Dans la majorité des
cas repertoriés l’expression est employée seule ; par conséquent on peut en déduire que
res publica englobe à la fois le populus et l’ordo decurionum ainsi que les magistrats
municipaux. Son emploi aurait peut être une forme d’ambition unificatrice et serait donc
vecteur d’une identité commune au sein même de la cité. Cependant, E. Lyasse affirme
que le terme de Res publica n’est pas le même partout dans l’Empire. A Corfinum par
exemple la formule est : res publica populusque Corfinensis1. Les deux sont ainsi
dissociés. De notre côté, nous constatons que certaines inscriptions de notre corpus font
cohabiter le terme res publica avec une autre expression. A Timgad, Flavius Aulinus,
flamine perpétuel et curateur de la république de son état, a fait poser un autel en
l’honneur de Julien l’Apostat2. Cette entreprise fut réalisée par la république et l’ordre
de la colonie3. A Calame, le splendidissimus ordo décide, aux frais de la cité, la pose

1
CIL IX, 3308, 3152 et 3162.
2
C. 2387.
3
Resp(ublicae) et ordo coloniae Tham(u)g(adi).

273
d’une statue en l’honneur d’un notable du nom de Lucius Suanis Victor Vitellianus pour
l’honorer des bienfaits dont il a comblé pareillement (pariter) la république et les
citoyens1. Dans les deux cas, l’hypothèse d’une vision englobante du terme paraît peu
crédible. En effet, dans la première inscription, on fait cohabiter la république et l’ordre,
ce qui sous-entendrait que le terme res publica s’appliquerait à l’ensemble des citoyens
de la cité, à l’exception faite des décurions et donc des magistrats. On pourrait avancer
l’hypothèse de tensions entre la classe dirigeante et les citoyens de la colonie. Cette
hypothèse est sujette à caution mais elle peut paraître pertinente si on la replace dans le
contexte du règne mouvementé de Julien l’Apostat. Surtout si l’on tient compte de
l’importance de la population chrétienne en Afrique et de la cohabitation avec les
milieux polythéistes détenteurs de certaines grandes magistratures. Les relations entre
ces notabilités « païennes » et les milieux chrétiens pourraient faire l’objet d’un travail
plus approfondi. Dans la deuxième inscription, c’est l’inverse, la république est
distinguée de l’ensemble des citoyens. A ce constat, on peut tirer deux hypothèses : la
première serait que la république représenterait le populus distingué des citoyens
(notables municipaux compris) ; la deuxième serait plus matérielle, il s’agirait de
distinguer la république en tant qu’ensemble urbain et la communauté civique.
Cependant cette dernière semble peu probable à notre sens dans la mesure où la cité le
récompense pour sa droiture, son sens de la justice et son intégrité. Il n’est pas fait
mention d’actes de générosité (érections de statues, fincancement de constructions
d’édifices publics) mais uniquement de qualités morales. En fin de compte, la première
hypothèse rejoint ce que nous avons dit précédemment c’est-à-dire qu’il y a une
distinction entre populus et membres des curies. E. Lyasse distingue les deux termes res
publica et populus. Son hypothèse la plus plauside serait que ce soit le terme decreto
decurionum qui englobe les termes res publica et populus2. A notre sens, nous pensons
que les faits de ne sont pas si simples : l’usage de l’expression decreto decurionum a
plus un sens formel, qu’une visée « communautaire ». Nous pensons que le terme a une
portée englobante et c’est pour cela que les deux exemples évoqués précédemment
peuvent faire figure d’exceptions. A cela nous ajouterons que le poste de curateur se dit
curator rei publicae. Et comme nous allons le dire ultérieurement, le curateur est en
charge de l’ensemble de la cité populus et ordo. De même, nous pourrions nous

1
C. 5356. Ob insignem iustitiam et integritatem eius erga rem publicam pariter et cives.
2
LYASSE E., « L’utilisation des termes res publica dans le quotidien institutionnel des cités.
Vocabulaire politique romain et réalités locales » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain,
Presses Universitaires Blaise-Pascla, Clermont-Ferrand, 2008, p. 197.

274
interroger sur l’usage fait par les notables du terme de patria que l’on retrouve dans
trois inscriptions à Timgad, Rusicade1. Mais le terme « patrie » semble plus générique,
plus englobant et n’avoir qu’un sens politique très limité.

Pour conclure partiellement sur l’emploi du terme res publica, E. Lyasse résume
deux hypothèses habituellement avancées : la première affirme que son usage serait le
signe d’une romanisation et la volonté de la manifester ; la deuxième voudrait qu’elle
soit, au contraire, l’expression d’une revendication d’autonomie. Pour E. Lyasse il ne
s’agirait uniquement que d’un terme du vocabulaire politique romain. Cela n’est pas un
indice de romanisation ou d’autonomie politique. Selon nous il convient de ne pas
sureprésenter cette expression mais ne pas la sous-estimer non plus. En effet, E. Lyasse
affirme que l’emploi de cette expression peut varier en fonction des aires
géographiques. Ainsi il est très rare en Gaule mais il reste fréquent en Espagne et en
Afrique. Cette dernière se caractérise d’ailleurs pour un fort esprit de conservatisme et
de traditionalisme en ce qui concerne la vie politique.

La discussion sur cette expression semble éloignée de notre sujet d’étude, mais le
fait est qu’au contraire cette notion de république, de différenciation entre le peuple et
les curies, entre les citoyens et l’ordre des décurions, fonde l’esprit des notables et
caractérise l’exercice de des magistratures que nous allons voir.

Nous souhaiterions, dans la lignée de ce que nous avons dit, nous arrêter
brièvement sur un autre point de vocabulaire : celui des qualités morales exigées des
notables. S. Lefèbvre fournit une étude sur les chevaliers d’Afrique mais en s’attardant
sur le vocabulaire employé dans les hommages publics2. Dans son article, S. Lefèbvre
montre les qualités civiques que la communauté attend de ses citoyens. On constate que
l’intégrité est mise en valeur avec des expressions telles que : innocentia, intergritas,
prudentia. De même d’autres expressions signifiant le lien entre citoyens et magistrats
peuvent être trouvées : fides, insignis. Dans notre cas, nous tenons l’exemple de Lucius
Suanius Victor Vitellanius de Calame remercié ob insignem, iustitiam et integritatem3.
Selon S. Lefèbvre l’usage du terme insignis signifie donc la relation unissant le corps

1
C. 2387 et AE 1977, 1728 pour Timgad et C. 7963 pour Rusicade.
2
LEFEBVRE S., « Donner, recevoir, : les chevaliers dans les hommages publics d’Afrique », in L’ordre
équestre, histoire d’une aristocratie (IIème siècle av. J.-C.- IIIème siècle ap. J.-C.), actes du colloque
international de Bruxelles-Leuven (5-7 octobre 1995), DEMOUGIN S., DEVIJVER H., RAEPSAET-
CHARLIER M.-T. (ed.), Ecole française de Rome, Rome, 1999, p. 513-578.
3
C. 5356

275
des magistrats et les citoyens. Nous avons dit précédemment que, dans cette inscription,
le terme res publica est séparé de cives. Ainsi, à partir de la remarque de S. Lefèbvre on
peut sans doute émettre l’hypothèse que res publica fait référence davantage à l’ordo
decurionum et au corps des magistrats. Mais cette hyptohèse est sujette à caution. De
plus il serait intéressant, pour un travail futur de croiser ce vocabulaire du notable avec
certains textes traitant de la politique et des qualités de l’homme politique (Cicéron par
exemple). Ces qualités sont essentielles pour les citoyens à l’exercice des magistratures.

Ces charges municipales étaient une des caractéristiques essentielles de la


notabilité car seules les élites pouvaient y accéder. Nous allons, dans le cas présent nous
attarder sur le parcours classique du cursus municipal (visible dans la majorité des
inscriptions). Nous débuterons par les magistratures dites « inférieures » (questure et
édilité) puis nous continuerons par les magistratures « supérieures » (duumvirat,
quinquennalat, flaminat perpétuel).

2.1.2. Le cursus municipal

Dans un premier temps il convient de mentionner une distinction dans la


qualification des charges municipales : une fonction municipale peut être qualifiée
d’honor (un honneur) ou munus que l’on peut traduire par charge ou office. L’honor
induit le versement d’une somme honoraire ou summa honoraria (= summa legitima)
afin de pouvoir exercer la fonction convoitée. Le munus ne demande aucune taxation.
Le terme « charge » que nous employons est donc commode mais fortement connoté.

Pour plus de clairvoyance, nous avons réalisé un schéma comprenant les


magistratures standards :

276
Cursus municipal classique (Numidie non cirtéenne)

FLAMINAT

PERPETUEL

QUINQUENNAL

DUUMVIRAT

EDIILITE/QUESTURE

ORDO DECURIONUM

277
En bas de l’échelle du cursus municipal se trouvait l’édilité et la questure.
L’édilité était un honneur qui impliquait le versement d’une summa honoraria (« ob
honorem aedilitatis »). Un notable accédant à l’édilité devait y rester en poste entre huit
et neuf ans avant de pouvoir accéder au duumvirat. Les édiles s’occupaient des travaux
publics et des marchés et des affaires de police locale. Quoi qu’il en soit les inscriptions
de notre corpus nous montrent que l’édilité était le premier stade du cursus municipal.
Nous avons plusieurs mentions de summa honoraria ou même d’actes d’évergétisme ob
honorem aedilitatis : ces éléments montrent l’importance qu’avait cette magistrature
dite « inférieure » puisque les notables jugeaient utile de la mentionner. On peut se
demander si ce phénomène était identique dans d’autres provinces de l’Occident
romain. La fonction d’édile est présente dans la grande majorité des provinces de
l’Occident romain. Si l’on s’en réfère à la rubrique 19 des lois minicipales flaviennes
(fragments d’Irni), l’édilité en Espagne disposait des mêmes caractéristiques et
prérogatives que celle d’Afrique et donc de Numidie. Cependant J. Gascou éprouve une
certaine difficulté à obtenir des cursus complets1 dans les cités de Gaule narbonnaise. Et
selon lui outre la pauvreté de la documentation épigraphique, il n’est pas rare que, dans
un cursus municipal, l’on néglige la mention d’une fonction inférieure pour ne faire état
que de la fonction la plus prestigieuse2. Les mentions de l’édilité s’étendent sur toute la
durée de notre période d’étude : ce qui sous-entend que l’édilité se place au-delà du
IVème siècle. Le maintien de cette magistrature inférieure est un indice d’un certain
conservatisme municipal dans les cités de Numidie (Confédération cirtéenne incluse) et
plus globalement en Afrique.

Cependant si l’édilité peut être qualifiée incontestablement d’honor qu’en est-il


pour la questure ? En effet, cette fonction ne peut être un honor car elle n’implique pas
de paiement de summa honoraria (aucune mention dans notre corpus). Tout d’abord il
convient de préciser les prérogatives du questeur. Le questeur prend en charge tout ce
qui concerne les finances de la cité. Si l’on s’en réfère à la rubrique 20 des fragments
irnitains de la loi municipale flavienne, « Sur les droits et les pouvoirs des questeurs »,
ces derniers avaient toute autorité pour « lever, exiger, conserver, administrer et répartir

1
Cf. GASCOU J. « La carrière des magistrats dans les villes de Gaule narbonnaise » in Splendidissimas
civitas, études d’histoire romaine en hommage à François Jacques, DEMOUGIN S., CHASTAGNOL
A., LEPELLEY C. (ed.), Publications de la Sorbonne Paris, 1996, p. 119-131.
2
Ibid. p. 122.

278
l’argent commun des citoyens de ce municipe, au gré des duumvirs ». Ainsi cette
fonction relevait d’une certaine importance au sein de la cité. Contrairement à ce que dit
P. Corbier, elle n’était pas le moins élevé des honneurs1 : dans les mentions de cursus
municipaux, la place de la questure pouvait varier d’une inscription à l’autre 2. Cette
fonction municipale restait problématique pour les historiens comme l’a montré F.
Jacques dans son article traitant de « La questure municipale en Afrique du Nord »3.
Selon lui il n’y avait pas de place fixe pour la questure (ce que confirment les
inscriptions de notre corpus). La base du problème est de savoir si la questure était un
honor ou un munus. Nous avons dit qu’elle ne faisait pas partie de la carrière des
honneurs, en conséquence elle devait être un munus. Mais F. Jacques pensait qu’elle
n’en était pas un. Il soutenait son propos en affirmant que dans les inscriptions, on ne
mentionnait que les carrières les plus brillantes. Affirmation reprise par J. Gascou
comme nous l’avons vu précédemment. Les notables ne détaillaient pas toutes les étapes
de leur carrière surtout les exercices qui allaient de soi. Donc il n’y avait pas de cursus
type et rigoureux. De même, il évoque des variations en fonction des provinces. Nous
avons relevé en tout dix-huit inscriptions mentionnant la questure. Voici un tableau
récapitulatif :

Position de la
Références Localisation Datation questure dans le
cursus
Deuxième avant la
CIL VIII,
Timgad moitié du IIIème praefectura iure
2400
siècle. dicundo
Après le
AE 1979, duumvirat et la
Timgad
670 praefectura iure
dicundo
CIL VIII, Entre 224
Lambèse Avant l’édilité
2620 et 235
CIL VIII,
Lambèse Avant aedilicius
2677
CIL VIII,
Diane Après l’édilité
4580
1
op. cit. p. 380.
2
Dans ILAlg II 3613, la questure est placée après l’édilité ; dans l’AE 1982 954 elle est présente avant
cette dernière ; et dans CIL VIII 4589, elle prend place après le duumvirat.
3
Jacques F., « La questure municipale en Afrique du Nord » in Bulletin archéologique du C.T.H.S., 17,
1981, p. 211-224.

279
Entre le
CIL VIII,
Diane duumvirat et le
4589
flaminat perpétuel
CIL VIII,
Diane Avant l’édilité
4597
Entre le
CIL VIII,
Madauros duumvirat et le
4681
flaminat perpétuel
ILAlg I, quaestor et
Madauros
2056 aedilis
CIL VIII, Après aedilis
Tiddis
6712 quaestoria potestatis
ILAlg II, Castellum
Après l’édilité
3574 tidditanorum

ILAlg II, Castellum


Après l’édilité
3613 tidditanorum
CIL VIII,
Cirta 224 Avant l’édilité
6942
CIL VIII,
Cirta Après l’édilité
6958
CIL VIII, Après
Cirta
7110 duumvirat
CIL VIII, Après
Cirta Ier siècle
7117 dummvirat
AE 1967,
Milev Après l’édilité
558
AE 1982, Entre Sigus
Avant l’édilité
954 et Ouled Rhamoun
CIL VIII,
Aïn Beida Avant l’édilité
4626

Ce tableau vient confirmer les propos de F. Jacques sur l’absence de règle en ce


qui concerne le positionnement de la questure dans le cursus municipal. On constate
même qu’au sein d’une même cité, la place varie et il semble que cela ne dépende pas
non plus de la période durant laquelle l’inscription fut gravée. Il ne faut pourtant pas
parler d’« anarchie », mais il semble néanmoins que l’absence de règle soit la règle en
ce qui concerne la questure. F. Jacques pense qu’il faut parler de « règles appliquées
souplement plutôt qu’envisager une situation anarchique ou explicable par le caractère
du munus qu’aurait la fonction »1. Nous nous plaçons dans cette optique bien que les
inscriptions montrent qu’au sein d’une même cité à une période donnée, la questure

1
Ibid. p. 214.

280
n’ait pas la même place d’un cursus à l’autre. L’album de Timgad peut nous donner une
autre piste sur ce débat. Comme nous l’avons dit cet album rassemble tous les membres
de l’ordo decurionum avec leurs fonctions (actuelles et anciennes). L’album est daté de
la fin du règne de Julien l’Apostat (vers 364) et pourtant un questeur et trois ou quatre
anciens questeurs (quaestoricii) sont inscrits sur celui-ci. Ils côtoient les fonctions
honoraires telles que les duumvirs, les flamines perpétuels, les édiles. F. Jacques en
conclut donc, qu’à la fin du IVème siècle, la questure était bien au rang des honneurs et
que son exercice contribuait à définir la position des notables dans la curie et dans la
cité. La questure conférait, selon lui, le dignitatis gradus, qui différenciait l’honor du
munus. Etant donné que la majorité de nos inscriptions datait de la fin du IIème siècle et
s’étendait tout au long du IIIème siècle, il nous est impossible de confirmer ou d’infirmer
la conclusion de F. Jacques. Cependant nous attirons l’attention sur les autres fonctions
mentionnées à la fin de l’album : notamment celle de la préfecture de l’annone, de
même que les clericii. En nous basant sur ces deux exemples, on peut dire que cette
préfecture ou bien même les clericii ne sont pas des fonctions municipales et sont
encore moins des honneurs. Par conséquent, nous pouvons, quelque peu, nuancer les
propos de F. Jacques qui conclut en affirmant, cependant, que la « variété des carrières
interdit de conclure à une nivellement conduisant les notables à devenir de simples
fonctionnaires bénévoles »1. En ce qui nous concerne, nous pensons que cette absence
de place fixe dans le cursus peut signifier que cette fonction pouvait être accordée à un
moment ou à un autre de la carrière du notable. En effet, cette fonction impliquait une
gestion financière des caisses de la cité, c’était donc une fonction de confiance. Les
citoyens qui élisaient un notable au poste de questeur attendaient de lui les qualités
morales que nous avons vu précédemment (fides, integritas). Par conséquent, nous
pensons que la questure n’était pas un honor, ni une magistrature mais une fonction
municipale honorifique car les citoyens et l’ordre plaçaient leur confiance en ces
hommes, administrateurs des finances publiques. De plus, l’article 20 de la loi flavienne
montre que le questeur devait rendre des comptes aux duumvirs (« au gré des
duumvirs »). Donc si l’on s’en réfère à cette loi, d’un point de vue strictement
hiérarchique on peut dire que le questeur était subordonné au duumvir. Mais cette loi ne
concerne peut-être que l’Espagne. La place de la questure est peut-être différente en
Numidie : le tableau que nous avons réalisé montre plusieurs cas où la questure se place

1
Ibid. p. 220.

281
après le duumvirat. Et les exemples sont bien trop nombreux pour penser qu’il s’agit
d’une erreur du lapicide. La place de la questure en Numidie pourrait être une question à
développer en la croisant avec d’autres pronvinces (autres que l’Espagne).

Par la suite viennent les magistratures supérieures : duumvirat, quinquennalat et le


flaminat perpétuel. Ces fonctions sont les plus présentes dans les inscriptions de par le
fait qu’elles sont les plus prestigieuses.

Les duumvirs étaient les véritables dirigeants de la cité. La fonction était


collégiale et annuelle. Les notables avaient la possibilité d’y accéder aux environs de
trente ans. Cette haute magistrature était réservée à l’élite des décurions. Le duumvirat
était un honneur car son accession impliquait le paiement d’une summa honoraria (ob
honorem duumviratus). Les duumvirs en sortie de mandat avaient l’obligation de
désigner leur successeur (la désignation par la curie et le suffrage par le peuple ne
suffisant pas forcément). Les duumvirs étaient investis du pouvoir judiciaire et, plus
globalement, étaient détenteurs de la potestas locale. De même, ils étaient responsables
des acta publica. Les travaux publics n’étaient pas forcément une prérogative des
duumvirs car ces cura leurs étaient conférées une fois qu’ils devenaient duoviralicii
(anciens duumvirs) ou flamines perpétuels. D’une façon plus générale, E. Lyasse
constate que l’on trouve très rarement des duumvirs dans le cas de dédiants (dedicante)
ou dans celui de réalisateur (curante). Plus fréquemment, ces rôles sont tenus par le
gouverneur ou le curateur. La plupart des exemples viennent essentiellement d’Afrique
du Nord et surtout de Numidie1. Cependant, il apparaît assez complexe de savoir si un
édifice relevait d’une initiative publique ou bien d’un acte d’évergétisme. L’arc
construit par les deux duumvirs Clodius Victor et Pomponius Macianus en l’honneur de
leur duumvirat, est un édifice public mais relève d’une pratique évergétique2. A
l’inverse, la première réparation de l’aqueduc dit « aqua Titulensis » est réalisée par le
gouverneur Severinius Apronianus3. Une autre réparation est effectuée par Aemilius
Licinius, curateur, et Iulius Aurelius, centurion, mais par l’entremise du gouverneur
Aurelius Maximianus4. Ces inscriptions et la remarque de E. Lyasse nous conduisent à

1
LYASSE E., « L’utilisation des termes res publica dans le quotidien institutionnel des cités.
Vocabulaire politique romain et réalités locales » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain,
BERRENDONNER C., CEBEILLAC-GERVASONI M., LAMOINE L.(ed.), Presses Universitaires
Blaise-Pascla, Clermont-Ferrand, 2008, p. 194.
2
C. 2481.
3
C. 2661.
4
C. 2660.

282
constater que les travaux publics ne semblaient pas être une des prérogatives des
duumvirs. Mais E. Lyasse pense que cela peut être le cas ou bien inversement, c’est-à-
dire que cela était la norme (participation des duumvirs aux travaux publics) et donc que
seules les activités des gouverneurs et des curateurs étaient mentionnées car plus
exceptionnelles1. Cet argument a silentio peut être sujet à caution dans la mesure où ce
sont, avant tout, les édiles qui prennent en charges les travaux publics. Mais ces édiles
doivent, sans doute, rendre des comptes aux duumvirs. La rubrique 27 des lois
municipales flaviennes (fragments d’Irni) traite de l’intercessio entre les duumvirs et les
édiles. Ainsi les décisions des édiles pouvaient être cassées par les duumvirs. Du moins,
c’est ce que révèlent les lois espagnoles. La question serait de savoir si cela était
transposable à la Numidie.

On peut également s’interroger sur l’évolution du rôle des duumvirs dans les cités
de Numidie. Selon toute vraisemblance, avec l’essor du curateur au Bas-Empire, on
peut penser que ce dernier eclipsa les duumvirs. Mais les inscriptions montrent que les
duumvirs étaient encore présents au IVème siècle (comme le montre l’album de Timgad).
Cependant les inscriptions sur la remise en état de l’aqueduc de Lambèse que nous
avons vues précédemment ne viennent pas remettre en question la présence des
duumvirs mais peut-être remettre en cause certaines de leurs prérogatives (nous ne
pensons pas à l’activité édilitaire, mais au contrôle des édiles et au droit d’intercessio).
Il faut cependant toute raison garder et s’interroger plutôt sur une évolution du rôle des
duumvirs au sein de la cité. Selon C. Lepelley « le duumvirat eût été toujours la
fonction essentielle de la vie municipale »2 . Nous pensons que cela est vrai mais force
est de constater qu’avec l’autorité du curateur de la république, cette fonction risquait de
devenir plus honorifique que véritablement utile (le développement que nous allons
faire sur le curateur peut éclairer cette question). D’un point de vue plus général, il faut
constater que le duumvirat fait partie intégrante du cursus municipal dans la grande
majorité des cités d’Occident. Cependant dans certaines cités, le duumvirat recouvrait
une particualrité le distinguant de la magistrature municipale classique : ainsi dans la
colonie de Vienne (Narbonnaise) existait la fonction de duumvir du trésor 3. La présence

1
LYASSE E., « L’utilisation des termes res publica dans le quotidien institutionnel des cités.
Vocabulaire politique romain et réalités locales » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain,
BERRENDONNER C., CEBEILLAC-GERVASONI M., LAMOINE L.(ed.), Presses Universitaires
Blaise-Pascla, Clermont-Ferrand, 2008, p. 193.
2
LEPELLEY C., Les cités de l’Afrique romain au Bas-Empire, vol.1, Paris, 1979, p. 160.
3
ILS 6997.

283
de cette fonction semble insolite dans la mesure où l’on a découvert des inscriptions
mentionnant la questure1. Cette fonction n’apparaît pas en Numidie qui semble
présenter une certaine homogénéité, exception faite de la Confédération cirtéenne.

Le flaminat perpétuel était la fonction la plus mentionnée avec le curateur


duumvirat. Ce sacerdoce occupait une place de choix dans la hiérarchie des
magistratures municipales. Les flamines étaient issus des grandes familles de notables,
car cette fonction revêtait un grand prestige. Cependant, le flaminat perpétuel n’était pas
obligatoirement dévolu aux magistrats municipaux : ce sacerdoce était fréquemment
revêtu par les vétérans (comme le montre certaines inscriptions)2. Elle resta longtemps
appréciée par les notables car c’était une reconnaissance officielle de réussite sociale.
Le flaminat perpétuel constituait l’aboutissement d’une carrière municipale au sein
d’une même cité. Le graphique suivant confirme ce que nous disons :

Mentions de charges
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Questure Edilité Duumvirat Quinquennalité Flaminat
perpétuel

On constate ainsi une nette domination du flaminat dans les inscriptions. Nous
pouvons également observer que plus les fonctions éaient prestigieuses et plus elles
étaient présentes dans les inscriptions. La quinquennalité (que nous allons voir
ultérieurement) ne vient pas contredire ce que nous disons puisqu’en général elle venait
se superposer au duumvirat. Nous tenons à préciser que seules les magistratures les plus
courantes ont été prises en compte : par conséquent, les charges administrées dans la
Confédération cirtéenne sont exclues ; de même que la praefectura iure dicundo (qui

1
ILS 6998.
2
CIL VIII, 4197 et 4594 (à titre d’exemples).

284
fera l’objet d’un développement plus détaillé en deuxième sous-partie). La
prédominance du flaminat perpétuel, dans les inscriptions, est assez flagrante.

Un flamine était élu chaque année et venait s’ajouter à la liste des précédents.
Comme l’indique la titulature de la fonction, le flamine gardait sa charge à vie. Les
flamines avaient la charge d’assurer les cérémonies et rites dédiés au culte impérial au
sein de la cité1. Il leur incombait ainsi tout ce qui touchait aux actes de loyalisme aussi
bien à l’égard de l’empereur vivant qu’envers les princes divinisés. Sur l’album de
Timgad, A. Chastagnol dénombre un total de trentre-six flamines perpétuels2. De plus,
l’album nous révèle que les flamines étaient recrutés parmi les anciens édiles et les
duoviralicii. Parmi ces trente-six flamines perpétuels (« FL P » ou « FL PP ») deux
reçoivent une dénomination supplémentaire : «FL P EXCT » = flamen perpetuus
exactor. Les exactores (choisis parmi les notables les plus riches de la curie) de l’année
étaient chargés de recouvrer les arriérés de l’impôt dans la cité. Selon A. Chastagnol, les
flamines devaient « tourner » pour effectuer cette lourde charge3. Nos inscriptions
montrent relativement bien le haut niveau de fortune personnelle qu’il fallait avoir pour
exercer le flaminat4. Les inscriptions montrent que le flaminat suivait le duumvirat mais
C. Lepelley préfère temporiser en soutenant qu’il n’y avait pas forcément de règle 5. Les
inscriptions de notre corpus dont le cursus municipal est complet montrent que le
flaminat est même supérieur au duumvirat (ne serait-ce que par la dépense ob honorem
qu’il apporte). Mais on peut se poser la question de sa position face à la curatèle de cité.
Sur l’album de Timgad on constate que le curateur Octavius Sosinianus est flamine
perpétuel, de même que dans l’inscription 2723 du CIL6. Mais ces deux inscriptions
sont assez tardives : elles étaient en place au moment où le curateur est devenu un
notable de la cité. Mais une autre inscription mentionne un certain Aelius Rufus qui
cumulait les fonctions de flamine perpétuel et de curateur autour de la fin des années
270 et début 2807. Nous avons donc une preuve, comme le montre M. Janon, que la
charge de curateur commençait déjà à être occupée par des curiales avant le IVème

1
Lepelley C. Les cités de l’Afrique romaine au Bas-Empire, t.1, Paris, 1979, p. 165-168.
2
Chastagnol A., L’album municipal de Timgad, Bonn, 1978, p. 29.
3
Ibid., p. 30.
4
Les mentions d’actes d’évergétisme dans le corpus laissent entrevoir de très importantes dépenses pour
ce sacerdoce.
5
Lepelley C., Les cités, vol. 1, p. 167.
6
CIL VIII, 2723 (= 18120) (= ILS 5568) (= AE 1987, 1061).
7
C. 2661.

285
siècle1. Les inscriptions 2661, et 2723 posent une question que nous avons déjà
approchée avec le duumvirat, celui de l’activité édilitaire. En effet, dans les deux
inscriptions (que nous prenons à titre d’exemple), le curateur/flamine est en charge de la
réparation de l’aqueduc (C. 2661) et de l’ornementation de la route et de l’arc (C. 2723).
La question sur l’évolution du rôle des flamines en ce qui concerne les cura est posée
par T. Kotula en 1979 dans une étude sur les flamines africains2. T. Kotula remarque
une fréquente conjonction entre le flaminat et la curatelle, mais il révèle aussi une série
d’inscriptions mentionnant des flamines chargés de cura de la construction ou de la
restauration d’un édifice public sans être curator. L’hypothèse de T. Kotula est que les
flamines seraient devenus des sortes de conservateurs des monuments publics. C.
Lepelley, quant à lui, n’est pas d’accord avec cettte thèse. Selon lui, si les flamines
étaient choisis c’est qu’ils appartenaient à l’élite locale et donc qu’ils offraient
davantage de garanties pour cette responsabilité. Ainsi ils agissaient en tant que
dignitaires de la cité et non en tant que flamines3. En ce qui nous concerne, les seuls
exemples que nous avons trouvés sont des inscriptions dans lesquelles le curateur est
également flamine perpétuel. Par conséquent, on peut timidement en déduire que dans le
cas de la Numidie, la fonction de flamine relève davantage d’une fonction honorifique
(lorsqu’elle est cumulée avec celle de curateur) alors que c’est la curatelle qui dispose
de véritables prérogatives sur ces cura. On peut néanmoins s’interroger sur l’évolution
du flaminat au sein des cités et savoir si cette fonction est detenue par certaines familles
de notables au sein d’une même cité. Et si l’influence d’un flamine ne se limite qu’aux
bornes de celle-ci ? Le cas de Quintus Sulpicius Licinius peut apporter quelque lumière
à cette question4. Son inscription est découverte à Timgad mais sur celle-ci on lit que ce
notable a été flamine perpétuel à la fois à Timgad et à Lambèse5. Manifestement, le
flaminat pouvait être exercé dans plusieurs cités par une même personne.
Malheureusement c’est le seul exemple que nous ayons (hors Confédération cirtéenne).
Cette inscription pose la question du lien qu’entretenaient les cités entre elles, ainsi que
de la mobilité et de la dispersion des membres des familles de notables au sein d’une

1
Janon M., « recherches à Lambèse : I. La ville et les camps, II. » Aquae Lambaesitanae, in Antiquités
africaines, 7, 1973, p. 226.
2
KOTULA T., « Epigraphie et histoire : les flamines perpétuels dans les inscriptions latines nord-
africaines du Bas-Empire », in Eos, 67, 1979, p. 131-136.
3
LEPELLEY C., Aspects de l’Afrique romaine, les cités, la vie rurale, le christianisme, Edipuglia, Bari,
2001, p. 116-117.
4
C. 2407.
5
Fl(amen) p(erpetuus) in splendidissimis civita[t]ib[us] duabus col(oniae) [Th]amug(adensium) et
municipi Lambaesitani.

286
même province. La fonction de flamine perpétuel était tellement ancrée dans la vie
municipale qu’elle fut maintenue sous les chrétiens. Ainsi le concile d’Elvire (Grenade)
certifia que le flaminat n’était pas incompatible avec la foi chrétienne sous trois
conditions : interdiction des sacrifices, du port de la couronne et d’organisation des
jeux. La charge perdit de son contenu religieux pour ne devenir, finalement qu’un
honneur. Le flamine perpétuel continua, tout de même, à présider les hommages publics
à la majesté de l’empereur.

L’obtention de la quinquennalité projetait le notable parmi l’élite des décurions.


Le duumvirat quinquennal était obtenu en général à un âge fort avancé. Les duumvirs
quinquennaux (comme l’indique le terme) étaient élus, tous les cinq ans, pour effectuer
le census. A l’instar du flaminat c’était une des fonctions les plus prestigieuses. Il
semble qu’à partir du IVème siècle, la quinquennalité ait disparu. En effet, cette fonction
est absente de l’album de Timgad. Mais, comme le fait remarquer C. Lepelley1, les
quinquennales ont été mentionnés dans une constitution adressée à Grégorius, préfet du
prétoire, en 336. Les quinquennales apparaissaient parmi les dignitaires supérieurs avec
les honoratii, duumvirs et flamines perpétuels2. Ainsi, on peut dire qu’il n’y avait pas de
réelle uniformité en ce qui concerne la disparition de la quinquennalité. La situation
semblait différente en fonction des cités.

Les fonctions que nous venons de voir étaient révélatrices d’une certaine
notabilité et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes fondé sur les cursus
municipaux afin de rassembler les notables.

2.1.3. Les fonctions municipales dans la Confédération cirtéenne

En Afrique, les magistratures municipales étaient relativement uniformes à


quelques exceptions près. Une de ces exceptions, et non des moindres, était la
Confédération cirtéenne. Dans l’introduction nous avons dit à quel point cette
confédération de quatre cités était puissante et constituait une sorte d’entité à part
entière au sein même d’une province. Ainsi, l’autonomie induit une certaine rupture vis-

1
Lepelley C., Les cités, vol. 1, p. 152.
2
Code théodosien, IV, 6, 3 = Code justinien, V, 27, 1.

287
à-vis des schémas traditionnels et notamment en ce qui concerne les charges
municipales. En effet, la Confédération cirtéenne présentait un éventail de fonctions
mêlant à la fois uniformité et exception. Les magistratures de la Confédération ont été
fixées après 16 av. J.-C.

Le cursus municipal de la Confédération cirtéenne

FLAMINAT PERPETUEL

QUINQUENNAL

TRIUMVIRAT

PRAEFECTUS PRO
TRIUMVIRIS

EDILITE / AEDILIS
QUAESTORIAE
POTESTATIS

ORDO DECURIONUM

288
A l’instar des autres cités de Numidie, les débuts de carrière se font avec l’édilité.
Mais la terminologie est différente : à la place d’édilité on trouvait le titre d’aedilis
quaestoriae potestatis1. Il semble qu’il y ait une différence de titre mais pas forcément
de différence d’attributions. Nous pouvons constater que le terme aedilis est toujours
présent dans les inscriptions de la Confédération cirtéenne2. Par conséquent on peut
penser que ce sont, peut être, deux fonctions différentes induisant des champs d’actions
divers. Dans son article sur les magistratures de la Confédération cirtéenne, J. Gascou se
pose la question de l’aedilis quaestoriae potestatis en se demandant à quoi elle
correspond3 ? La première interprétation sur cette fonction nous vient de T. Mommsen
pour qui les élites recouvrant ce titre devaient exercer des pouvoirs juridictionnels
dévolus à l’origine au questeur propréteur de la province d’Afrique. Cela expliquerait
l’emploi de l’expression quaestoria potestatis4. Ainsi, durant le Ier siècle ap. J.-C., les
pouvoirs du questeur propréteur ont glissé vers les édiles cirtéens. J. Gascou, quant à
lui, cherche plutôt une explication dans le contexte politique et notamment cherche un
lien dans la politique menée par les empereurs. Selon lui, il y aurait eu création de cette
magistrature en réaction aux décisions prises par Caligula de transférer les pouvoirs du
proconsul au légat de légion (en 39). La Confédération resta sous l’autorité du
proconsul, du moins pendant un temps. Puis il y eut un changement sous le règne
d’Hadrien et Cirta passa sous l’autorité du légat de la IIIème légion. Afin d’éviter un
conflit de compétence entre le légat et le proconsul, les édiles cirtéens furent dotés des
pouvoirs des questeurs propréteurs d’Afrique. J. Gascou constate ici une volonté de
limiter les pouvoirs juridictionels du proconsul (de rang sénatorial). Il conclut en disant
l’aedilis quaestoria potestatis n’était pas une institution spécifique à la Confédération
cirtéenne et donc qu’il n’existe pas de véritable indépendance de celle-ci vis-à-vis du
pouvoir impérial. Nous ne pouvons pas trancher dans la mesure où nous n’avons trouvé
que peu d’inscriptions mentionnant cette fonction et que la totalité sont circonscrites
aux cités de la Confédération. Le faible nombre de mentions nous interdit toute
conjecture. Dans la continuité, nous faisons remarquer que la questure est également
présente dans les colonies de la Confédération (cf. tableau sur les mentions de la
questure en Numidie).

1
Cf. C. 6962, 7990.
2
CIL VIII, 7110, 7117 (à titre d’exemple)
3
Gascou J. « Les magistratures de la Confédération cirtéenne », in Bulletin archéologique du C.T.H.S.,
17, 1981, p. 326.
4
Mommsen T., Gesammelle Schriften, t. V, p. 490.

289
Après l’exercice de l’édilité vient celui de la praefectura pro triumviris. Nous
n’avons relevé que deux mentions de cette fonction, respectivement à Verecunda et
Castellum Tidditanorum1. Il ne faut pas confondre cette fonction avec la praefectura
iure dicundo (que nous verrons ultérieurement). En général, la praefectura pro
triumviris était exercée avant l’accès au triumvirat. Ces préfets étaient les représentants
directs des triumvirs sur les pagi et castella de la Confédération cirtéenne. Ils
bénéficiaient donc d’un rang supérieur, dans la hiérarchie, au magister pagi.

Les triumvirs étaient les véritables dirigeants de la Confédération cirtéenne. Ils


siègaient à Cirta et avaient autorité sur l’ensemble du territoire des quatre colonies. A
l’instar des duumvirs, ils prenaient le titre de quinquennal tous les cinq ans. Cependant
une de nos inscriptions prouve que les triumvirs ont été précédés par les duumvirs dans
les premiers temps de la Confédération cirtéenne2. On peut émettre l’hypothèse que les
duumvirs étaient les magistrats dirigeant les cités avant que la contributio à Cirta ne se
mette en place. Le remplacement des duumvirs par les triumvirs se fait à l’époque
flavienne. Les raisons de ce changement sont, selon J. Gascou, difficiles à cerner 3. Les
premiers documents mentionnant les quatre colonies sont datables de 103-105, donc du
règne de Trajan. Le triumvirat n’était pas en lui-même une magistrature étrangère à la
société romaine (les premier et deuxième triumvirats de 60 et 43 av. J.-C.). Mais le
triumvirat, comm nous l’entendons à l’époque républicaine, était davantage une entente
informelle qu’une véritable magistrature. En revanche, le triumvirat en tant que
magistrature existait ailleurs qu’en Cirtéenne. A Vienne (Narbonnaise), il existait des
triumvirs reponsables des espaces publics4. On ignore totalement la fonction exacte de
ce triumvirat. Force est de constater, tout de même, que l’étendue de ses prérogatives
devait être moindre que le triumvir cirtéen. Comme nous l’avons dit, avant que Cirta ne
soit gouvernée par les triumvirs, la cité l’était par des duumvirs. Donc on peut émettre
plusieurs hypothèses sur l’origine du triumvirat : il peut être la conséquence d’une
remise « au goût du jour » d’une institution préromaine voire punique. Mais, à notre
sens, il faut exclure cette hypothèse car manifestement le triumvirat existe dans le
monde romain et de plus Cirta est une possession romaine depuis la deuxième moitié du
Ier siècle av. J.-C. L’autre hypothèse que nous privilégions est l’influence du triumvirat

1
C. 4191 et ILAlg II, 3606.
2
C. 7117.
3
Gascou J., « Les magistratures de la Confédération cirtéenne » in Bulletin arhéologique du C.T.H.S., 17,
1981, p. 323.
4
ILS 6997, 6998.

290
qu’ont partagé Octave, Antoine et Lépide. D’ailleurs c’est peu après 44 av. J.-C.
qu’Octave a fait de Cirta une colonie et lui a conferé un immense territoire. Il se peut
donc que la Confédération ait adopté ce système institutionnel à la faveur de son
expérience passée. Notre hypothèse est fortement sujette à caution cependant nous
pensons qu’elle présente plus de pertinence qu’une éventuelle résurgence de
caractéristiques puniques.

Le flaminat perpétuel vient, à l’instar des autres cités de Numidie, couronner le


cursus municipal du notable. Les caractéristiques semblent identiques à ce que nous
avons vu précédemment. Nous attirons, toutefois, l’attention sur une inscription de
Cuicul évoquant un certain C. Iulius Crescens Didius Cres/centianus, flamen perpetuus
IIII coloniarum1. Cette inscription semble montrer que le flamine perpétuel de la
Confédération occupait son sacerdoce pour les quatre colonies de la Confédération.
Mais il faut prendre garde car le fait qu’un flamine perpétuel ait autorité sur plusieurs
cités n’était pas inhérent à la Confédération cirtéenne.2

Une autre fonction inhérente, cette fois, à la Confédération cirtéenne, était la


praefectura iuventutis. Nous n’avons que deux mentions de cette fonction3. Dans les
deux cas, il semblerait que la praefectura iuventutis ait été le sommet de la carrière
municipale au sein du cursus de la Confédération cirtéenne : dans les deux inscriptions
elle était exercée après la quinquennalité et le flaminat perpétuel. Pour le cas de Lucius
Flavius Crescentius, la praefectura iuventutis s’intercale entre la quinquennalité et la
praefectura iure dicundo. Ce constat, selon P. Petitmengin vient infirmer la théorie de
T. Mommsen voulant que les praefecti iure dicundo soient des triumvirs ou des
quinquennaux en exercice4. Cependant nous ne pouvons nous appesantir sur cette
fonction car très marginale et assez faiblement documentée. Malheureusement nous
n’avons trouvé presque aucune documentation sur cette fonction, dont les prérogatives
semblent assez obscures. Cependant si nous nous risquions à une hypothèse : peut-être
existe-t-il un lien entre cette préfecture et l’institution des iuvenes, qui était organisée en
collèges ayant pris une grande importance au IIIème siècle. Cette institution rassemblait
les fils des notables d’une cité. Ces derniers obtenaient un local, puis se plaçaient sous

1
C. 8318.
2
C. Q. Sulpicius Licinius était flamine perpétuel à la fois dans le municipe de Lambèse et la colonie de
Timgad. Ainsi, il semble qu’un flamine perpétuel pouvait l’être dans plusieurs cités à la fois.
3
ILAlg. II 3606 ; AE 1967, 58.
4
Petitmengin P., « Inscription de la région de Milev », in Mélanges d’archéologie et d’histoire, 79-1,
1967, p. 181.

291
la protection d’une divinité et s’adonnaient à des sports violents impliquant l’usage
d’armes. Ces iuvenes pouvaient, selon Y. Le Bohec, servir de milice civile en cas de
désordres1. Ainsi en 238, les iuvenes ont soutenu les Gordiens contre le soulèvement des
légionnaires. Mais nous ne pouvons apporter de preuve concrète à ce que nous disons.
Cette fonction reste dans tous les cas assez mystérieuse.

Dans cette sous-partie nous avons tenté d’approcher de façon générale les
différents aspects des charges municipales que nous trouvons sur les inscriptions de
notre corpus. Les problèmes posés par certaines fonctions sont autant de difficultés pour
comprendre le cursus municipal en Numidie : la place de la questure, les compétences
des duumvirs, l’évolution des prérogative des prérogatives des flamines. Ce que l’on
constate de façon générale, c’est que le cursus municipal des cités de Numidie (hors
Confédération cirtéenne) est relativement classique et commun à beaucoup de cités de
l’Occident romain et surtout vis-à-vis de la Proconsulaire. Finalement, l’analyse des ces
magistratures montre bien qu’avant la création de la province de Numidie en 193 une
partie des cités était un prolongement de la province d’Afrique proconsulaire. Dans
notre liste des magistratures, il n’est pas fait mention de fonctions telles que le sufétat
qui constitue la magistrature suprême de la cité pérégrine. Mais l’étude du sufétat nous
placerait pendant la période républicaine. Cependant, il serait intéressant pour un travail
futur d’étudier cette phase de transition de la cité pérégrine (avec une conservation des
institutions préromaines) au muncicipe (avec la mise en place du cursus municipal
classique) sur le territoire de la Numidie. Donc de reculer les bornes de notre
chronologie. Quant au cas de la Confédération cirtéenne, il se distingue avant tout par
son statut si particulier. Son cursus, tout à fait singulier, relève sans doute du fait que
l’histoire de cette confédération de quatre cités remonte aux premiers temps de la guerre
civile. Ainsi dès le Ier siècle av. J.-C., cette aire constituait une enclave romaine dans une
zone (la Numidie) que Rome ne contrôlait pas encore et où elle n’avait pas fermement
pris pied. Mais le fait que, parfois, des cités aient des institutions qui diffèrent de la
norme, peut évoquer soit un statut particulier soit une survivance d’institutions
indigènes.

1
LE BOHEC Y., Histoire de l’Afrique romaine, Picard, Paris, 2005, p. 129.

292
A côté des magistratures que nous avons vues, il existe certaines fonctions
particulières méritant une analyse plus précise car elles ne sont pas considérées comme
des magistratures municipales traditionnelles.

2.2. Les particularismes de certaines fonctions

Cette sous-partie a pour objectif de mettre en lumière certaines charges dont le


statut municipal est assez ambigu et que nous n’avons pas pris en compte dans les
cursus précédents. Nous prenons pour exemple le curator rei publicae qui, lors de sa
première mise en charge, ne pouvait être considéré comme un magistrat municipal
(mais plutôt comme un fonctionnaire impérial) mais qui, par la suite, est devenu un
agent à part entière du système politique de la cité. D’autres fonctions telles que les
praefecti iure dicundo posent le problème de leur place et de leur insertion dans les
cursus municipaux. Ainsi, nous tenterons d’approcher les questions posées par la
praefectura iure dicundo. Une étude sur les curateurs de cité sera également faite afin
de montrer le processus d’intégration au monde municipal. Enfin, nous commenterons
certaines magistratures plus marginales dans les inscriptions de notre corpus. Il est assez
difficile d’établir, sans débat, quelles fonctions peuvent être considérées comme
« normales » et quelles autres comme « particulières ». La différenciation que nous
avons opérée dans cette sous-partie peut être remise en question. Ainsi, on peut nous
reprocher de ne pas avoir traité de la questure dans cette partie, alors qu’elle pose des
problèmes identiques à la praefectura iure dicundo. Ou bien de ne pas avoir fait une
plus grande part au patronat de cité. Mais dans ce développement l’objectif était de
mettre en évidence la singularité de ces fonctions qui ne sont pas les plus représentées
dans notre corpus.

2.2.1. La praefectura iure dicundo

La praefectura iure dicundo était le titre le plus répandu parmi les préfets
municipaux en Afrique romaine. Nous avons dénombré vingt-deux mentions de
praefectus iure dicundo dans notre corpus.

293
Références Localisation Datation
C. 1842 Théveste
C. 2343 Timgad
AE 1987, 1073 Timgad Milieu du IIème s.
C. 2400 Timgad Seconde moitié du IIIème s.
AE 1979, 670 Timgad
C. 4191 Verecunda Première moitié du IIIème s.
C. 4580 Diane
C. 4597 Diane Début du IIIème s.
C. 4600 Diane
C. 6710 Castellum Tidditanorum
C. 6711 Castellum Tidditanorum Début du IIIème siècle
ILAlg. I, 3606 Castellum Tidditanorum
C. 6944 Cirta Fin IIème – début IIIème s.
C. 6950 Cirta IIIème s.
C. 6958 Cirta
C. 7094 Cirta 211-218
C. 7095 Cirta 210
C. 7103 Cirta
C. 7105 Cirta
C. 7978 Rusicade Fin IIème – début IIIème s.
AE 1967, 558 Milev

Quel sens avait cette magistrature? Si l’on prend une définition générale, nous
pouvons dire que le praefectus iure dicundo était une magistrature, assez prestigieuse (si
l’on tient compte du nombre de mentions), dont le détenteur disposait des pouvoirs
juridictionnels des duumvirs ou des triumvirs (dans le cas de la Confédération
cirtéenne) en cas d’incapacité de ces derniers. W. Liebenam, tenant de la théorie
classique, distinguait quatre catégories de praefecti iure dicundo1 :

1
Liebenam W., Städteverwaltung in römischen Kaiserreich, Leipzig, 1900, p. 260-263.

294
1- Celui qui remplaçait (temporairement) l’un des duumvirs iure dicundo (c’est-
à-dire la fonction suprême conférant dans les cités de droit romain toutes les
responsabilités en matière administrative et judiciaire) lorsqu’il quittait la cité
pour une durée supérieure à une journée et que son collègue était déjà absent.
Le préfet était, donc, désigné par le duumvir. Il prenait ainsi le titre de
praefectus a duumviro relictus. Ce dernier disposait alors de toutes les
attributions du duumvir. Néanmoins, il n’avait pas le pouvoir de nommer un
autre préfet et ne pouvait obtenir la citoyenneté romaine per honorem. Ces
règles retiraient toutes les prérogatives essentielles des magistrats municipaux.
Par conséquent, W. Liebenam en a conclu que cette fonction n’était pas un
véritable honor. Au demeurant, la durée (très réduite) du mandat et le mode de
désignation (par le duumvir et non par le peuple) ne conduisait pas au
versement d’une summa honoraria, caractéristique d’un honor.
2- Dans le cas où les deux duumvirs étaient empêchés d’exercer leurs fonctions,
deux praefecti iure dicundo étaient désignés jusqu’à la date des prochaines
élections.
3- Quand une cité nommait duumvir un empereur afin de l’honorer, le princeps
ne pouvait venir dans la cité pour gouverner, alors on nommait un praefectus
iure dicundo. Ce dernier exerçait (sans collègue) la fonction de duumvir au
nom de l’empereur.
4- Lors de circonstances exceptionnelles (une crise par exemple), un praefectus
iure dicundo était désigné avec les duumvirs et coexistait avec eux dans une
relation similaire à celle des consuls avec le dictateur durant la période
républicaine.
Dans son article sur cette charge, J. Gascou confronte la théorie de W. Liebenam
avec la réalité africaine1. Il constate l’inexistence des deuxième et quatrième catégories
sur le territoire de l’Afrique romaine. Selon lui, dans la plupart des inscriptions
africaines, la praefectura iure dicundo précède directement le duumvirat. Cette position
serait révélatrice du prestige de cette fonction2. Nous sommes d’accord avec cette
dernière affirmation : notre corpus semble montrer le haut niveau d’estime que les
notables municipaux avaient pour cette fonction. Cependant, nous souhaiterions revenir

1
Gascou J., « La praefectura iure dicundo dans les cités de l’Afrique romaine », in L’Afrique dans
l’Occident romain (Ier siècle av. J.-C. – IVème siècle ap. J.-C.), Actes du colloque de Rome (3-5 décembre
1987), Ecole française de Rome, 1990, p. 367-380.
2
Ibib. p. 369.

295
sur la position de la praefectura iure dicundo dans les inscriptions en nous fondant sur
notre aire géographique. Nous avons donc réalisé un tableau, à l’intérieur duquel nous
montrons la place du préfet vis-à-vis du duumvirat au sein des inscriptions de notre
corpus épigraphique. Nous tenons à dire que nous excluons, dans ce tableau les cités de
la Confédération cirtéenne.

Références Localisation Avant duumvirat Après duumvirat


CIL VIII, 2343 Timgad X
AE 1979, 670 Timgad X
CIL VIII, 4580 Diane X
CIL VIII, 4597 Diane X
CIL VIII, 4600 Diane X

Le tableau nous montre que, pour la Numidie, le cas est peut être différent de ce
que dit J. Gascou. En effet, il semble que la praefectura iure dicundo était considérée
par les notables de Numidie comme digne d’être mentionnée devant le duumvirat. Mais
attention, notre hypothèse est fortement sujette à caution considérant le très faible
échantillonnage dont nous disposons. Qui plus est, ce tableau met en évidence des
inscriptions « non cirtéennes ». Mais il semble que pour la Confédération, le constat soit
identique à celui-ci, si ce n’est plus (nous le prouverons un peu plus loin).

En ce qui concerne la praefectura iure dicundo, la question de savoir si elle est un


honor ou un munus se pose, dans les mêmes termes que pour la questure. W. Liebenam
affirme que cette fonction, de par la perte des prérogatives duumvirales, ne pouvait
inclure le paiement d’une summa honoraria et donc n’était pas un honor. J. Gascou
tente de répondre à cette question1. Il ne trouve pas de preuve de versement de summa
honoraria. Qui plus est les prafecti iure dicundo ne sont pas présents sur l’album de
Timgad2. J. Gascou pose alors la question de savoir si la préfecture n’existait plus dans
la Timgad du IVème siècle ou plutôt si elle n’était pas ou plus considérée comme un
honneur ? A notre sens, il faudrait faire le lien avec la questure étudiée précédemment.

1
Gascou J. « la praefectura » p. 370-372.
2
CIL VIII, 2403 (= 17824, 17903) (= AE 1948, 118) (= AE 1949, 133) (= AE 1956, 133) (= AE 1978,
891).

296
Il nous semble que la praefectura iure dicundo présente les mêmes problématiques :
place dans le cursus, honor ou munus ? Dans l’album de Timgad, les questeurs sont
présents, alors que ces derniers n’impliquaient pas de paiement de somme honoraire.
Est-ce à dire qu’au IVème siècle à Timgad, la questure était devenue un honneur alors
que la praefectura iure dicundo était reléguée au rang d’un simple munus alors qu’elle
était supérieurement placée dans la hiérarchie municipale ? J. Gascou trouve une
ébauche de réponse dans une inscription de Rusicade (une des trois colonies de la
Confédération) mentionnant une dépense ob honorem praefecturae, effectuée par
Marcus Fabius Fronto, augure, praefectus iure dicundo1. J. Gascou en déduit donc
qu’au sein de la Confédération cirtéenne, la praefectura iure dicundo était un honor
puisqu’elle induisait un acte d’évergétisme ob honorem2. Nous ne devons pourtant pas
généraliser à toute la province pour deux raisons : la première réside dans l’exception
institutionnelle qu’était la Confédération cirtéenne (rappelons l’exemple de l’édilité et
l’aedilis quaestoriae potestatis) ; la seconde est l’absence d’autres preuves
épigraphiques dans l’ensemble de la province de Numidie.

Qu’en était-il alors de la praefectura iure dicundo au sein de la Confédération


cirtéenne ? A titre de comparaison nous avons réalisé un tableau similaire au précédent
mais en rassemblant les inscriptions de la Confédération cirtéenne. Nous y étudions la
position du praefectus iure dicudo (dans les inscriptions) mais vis-à-vis, cette fois, du
triumvirat.

1
CIL VIII 7989 (= ILAlg II, 38).
2
Gascou J., « Les magistratures de la Confédération cirtéenne », in Bulletin archéologique du C.T.H.S.,
17, 1981, p. 332.

297
Références Localisation Avant le Après le
triumvirat triumvirat
CIL VIII, 6710 Castellum X
Tidditanorum
ILAlg I, 3606 Castellum X
Tidditanorum
CIL VIII, 6711 Castellum X
Tidditanorum
CIL VIII, 6944 Cirta X
CIL VIII, 6950 Cirta X
CIL VIII, 6958 Cirta X
CIL VIII, 7094 et Cirta X
7095
CIL VIII, 7103 Cirta X
CIL VIII, 7105 Cirta X
CIL VIII, 7978 Rusicade X
AE 1967, 558 Milev X

Il semble que la praefectura iure dicundo ait un statut supérieur au sein de la


Confédération cirtéenne dans la mesure où, dans le tableau, la plupart des inscriptions
mentionne la praefectura iure dicundo après le triumvirat. De plus, les triumvirs
bénéficiaient d’une plus grande autorité que les duumvirs, ce qui donne un statut encore
plus prestigieux au praefectus iure dicundo. Avant tout, il ne faut pas confondre
praefectus iure dicundo et praefectus pro triumviris. Dans la Confédération, le
praefectus iure dicundo appliquait la juridiction, au nom des triumvirs, dans les trois
colonies contribuées à Cirta. Selon les cas, les praefecti iure dicundo exerçaient
l’autorité sur une, deux ou les trois colonies1. Dans son article sur les magistratures de la
Confédération, J. Gascou s’interroge sur le rapport de la praefectura iure dicundo avec
les autres fonctions du cursus cirtéen2. Comme nous l’avons évoqué précédemment, la
praefectura iure dicundo a été (du moins au sein de la Confédération) un honor.

1
Lucius Iulius Civilis exerça à Milev (ILAlg. II, 3606) ; un certain ---Quadratus Baebianus----Vindex
était praefectus iure dicundo à Rusicade et à Chullu ; et Q. Sittius Faustus le fut pour Rusicade, Milev et
Chullu.
2
Gascou J., « les magistratures », p. 330.

298
L‘inscription utilisée par J. Gascou, même si l’on doit rester prudent quant à son usage,
éloigne la théorie du munus. Une autre inscription achève de rendre irrecevable
l’assimilation de la praefectura iure dicundo à un munus1. On peut y lire la mention
d’un praefectus III coloniarum ducenarii bis. H-G Pflaum dans son commentaire
pensait qu’il s’agissait d’un procurateur ducénaire qui avait exercé deux fonctions de cet
échelon2. J. Gascou y voit plutôt un praefectus faisant office de fonctionnaire pendant
une durée de deux ans et donc qui percevait un salaire3. Ces émoluments pouvaient être
une sorte de compensation financière pour la lourdeur de la charge. Quoi qu’il en soit, J.
Gascou affirme que s’il y avait rémunération alors la praefectura ne pouvait être un
munus.

Une autre question que pose le tableau est la place de la praefectura iure dicundo
dans le cursus municipal de la Confédération. J. Gascou évoque le caractère autonome
de cette fonction vis-à-vis du triumvirat et de la quinquennalité4. Comme nous l’avons
dit, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la questure. La principale
caractéristique de cette dernière était l’absence de place fixe dans le cursus municipal de
Numidie. Notre tableau nous a dit que la praefectura iure dicundo suivait le triumvirat ;
ce qu’a également constaté J. Gascou. Mais, selon lui, ce n’est pas concluant car elle
tient une place différente dans d’autres inscriptions. C’est effectivement le cas pour
l’inscription du CIL VIII n° 6711. Si cela était effectivement la règle alors il n’y aurait
pas d’exception. Cette absence de règlementation viendrait, selon certains historiens
(comme S. Gsell), du mépris des lapicides pour l’ordre de succession des charges. Cette
explication est irrecevable pour J. Gascou pour qui le sens dans les inscriptions est
respecté. A titre d’exemple, il mentionne les inscriptions n° 6710 et 6711 du CIL VIII :
on y constate que, même si le sens est inversé, l’ordre de succession des charges est
respecté. Et, contrairement, à ce que disait S. Gsell, il n’y avait pas forcément de
survalorisation du triumvirat par les lapicides.

On peut donc conclure en disant que la praefectura iure dicundo n’avait pas (à
l’instar de la questure) de place fixe dans le cursus cirtéen.

1
CIL VIII, 7978 (= ILS 1147) (= ILAlg II, 29).
2
ILAlg. II, 29, p. 6.
3
Gascou J., « les magistratures », p. 334.
4
Ibid. p. 325.

299
La praefectura iure dicundo pose tout de même une question plus générale : celle
de sa signification et de son statut vis-à-vis des autres magistratures et surtout plus
largement des cités. En effet, comme nous l’avons dit, dans la majorité des cas, la
préfecture se plaçait après les hautes fonctions municipales ce qui signifiait qu’elle
pouvait leur être supérieur. Dans son ouvrage intitulé Municipium et civitas sine
suffragio, l’organisation de la conquête jusqu’à la guerre sociale, paru en 1978, M.
Humbert s’attache à faire le lien entre la conquête romaine de l’Italie et l’extension du
corps civique. Selon lui, cette extension fut conduite selon un plan « mûrement
réfléchi »1 : chaque progression tendait soit à protéger l’avance qui venait d’être
réalisée, soit à préparer la suivante. Si l’on s’en réfère à ce que nous avons dit en
introduction de ce mémoire sur la conquête de la Numidie, nous sommes dans un
schéma similaire. Dans son ouvrage M. Humbert laisse une grande part à l’étude de la
praefectura iure dicundo, il s’interroge pour savoir si le praefectus iure dicundo serait
l’indice d’une baisse d’autonomie juridictionnelle d’une cité puisqu’il avait autorité sur
celle-ci ? C’est ce qu’il constate pour des cités comme Arpinum et Anagnia où il y a
effectivement confiscation (début IIIème siècle av. J-C.).La question se pose également
pour la Numidie. On peut s’interroger sur l’origine de cette praefectura iure dicundo.
On peut se demander si elle obéissait aux mêmes stratégies qu’en Italie au IIIème siècle
av. J.-C. Le fait est qu’à l’état actuel de notre travail, il nous paraît difficile de répondre
à la question. Cependant, le cas des trois colonies contribuées à Cirta peut nous éclairer.
M. Humbert prend l’exemple de la cité de Caere qui « accueille » en 272 av. J.-C., un
praefectus iure dicundo qui ne vient pas remettre en question l’existence des institutions
locales2. Cependant cette idée de conservation des magistratures locales lors de l’arrivée
du praefectus iure dicundo peut-être remise en cause. S. Aounallah, dans son étude sur
les cités du Cap Bon, n’a recensé que deux praefecti iure dicundo pour cette zone et
dans ces deux cas ils semblent avoir remplacé l’édilité : praefectura iure dicundo pro
aedilitatis3. Cela vient sans doute s’inscrire dans les deux types de préfectures que M.
Humbert distingue : les préfectures-municipes, c’est-à-dire quand le préfet arrive après
que la cité soit devenue un municipe. A ce moment là, on a un partage entre préfet et
magistrats locaux ce qui exclut toute incompatibilité (à l’une la juridiction, à l’autre

1
HUMBERT M., Municipium et civitas sine suffragio, l’organisation de la conquête jusqu’à la guerre
sociale, Ecole Française de Rome, Rome, 1978, p. 282.
2
Ibid. p. 302.
3
AOUNALLAH S., «Le Cap Bon, jardin de Carthage, recherches d’épigraphies et d’histire romano-
africaines (146 a.C. – 235 p. C.), Ausonius, Bordeaux, 2001, p. 197.

300
l’administration au sens plus large). Cette situation se retrouve plus ou moins dans la
Confédération cirtéenne lorsque des praefecti iure dicundo, représentant les triumvirs de
Cirta, sont envoyés à Rusicade, Chullu ou Milev. La deuxième catégorie est la
préfecture ayant précédé la création du municipe. Dans ce cas, il y a incompatibilité
entre préfecture et municipe. Ce dernier nait donc d’une maturation longue au moment
où le préfet disparaît. Nous ne pensons pas que cette deuxième situation se retrouve en
Numidie. Cependant il conviendrait peut-être de remonter à une plus haute période pour
étudier cette apparition des praefectii iure dicundo. Au final, M. Humbert conclut sur
les rapports entre préfets et magistrats en disant que le « pouvoir des magistrats doit
triompher des rivalités locales alors que le préfet doit réaffirmer l’unité contre les
tendances au fractionnement »1. La situation semble, sans doute, différente en Numidie
mais l’étude de M. Humbert peut nous conduire à à nous interroger sur le lien entre le
statut et les magistrats d’une cité et cette fonction particulière.

La praefectura iure dicundo fut une fonction prestigieuse, digne d’être


mentionnée dans les cursus des notables municipaux de Numidie. Sa place au sein des
magistratures de la Confédération cirtéenne semble avoir revêtu des prérogatives plus
importantes que dans le reste de la Numidie. Mais, à l’instar de la questure, la préfecture
n’avait pas forcément de position fixe dans les cursus municipaux. Cette absence de
rang véritable, pose le problème de statut au sein de la hiérarchie municipale. Le curator
rei publicae ne pose pas les mêmes questions que la praefectura iure dicundo, mais est
une fonction complexe à étudier autant dans son évolution que dans ses prérogatives.

2.2.2. Le curator rei publicae

Le curateur de cité constitue un cas particulier dans notre analyse des charges
municipales parce qu’il n’en est, justement, pas une. Le curator rei publicae a fait son
apparition dans l’Italie de l’époque trajane. Leur nombre augmenta en Italie entre le
IIème et le IIIème siècle ap. J.-C. Pour l’Afrique du Nord, on ne connaît aucun curateur de
cité antérieur au règne de Septime Sévère. La documentation provient essentiellement
d’Afrique proconsulaire. Le nombre de mentions de curateurs est très limité en

1
Ibid. p. 403

301
Numidie. Pour notre part, nous avons recensé vingt curateurs de cité en Numidie.
Néanmoins l’apport de ces inscriptions n’est pas négligeable. Nous pouvons dire que le
curateur avait un statut assez ambigu, notamment dans le cas de l’Afrique.

Curateurs Localisation Références


Iulius Lambesius Timgad CIL VIII 2345, 2346 et
2347
Flavius Aulinus Timgad CIL VIII 2387
Aelius Iulianus Timgad CIL VIII 2388
Octavius Sossianus Timgad CIL VIII 2403
M. Virrius Flavius Timgad CIL VIII 2409
Iugurtha
Cocceius Donatianus Besseriani CIL VIII 2481
Aemilius Licinius Lambèse CIL VIII 2660
Aelius Rufus Lambèse CIL VIII 2661
Silicius Silicianus Lambèse CIL VIII 2723
Macrinus Sossianus Calame CIL VIII 5332
Quintus Basilius Calame CIL VIII 5335 et 5337
Flaccianus
Basilius Cirrenianus Calame CIL VIII 5338
Lucius Suanius Victor Calame CIL VIII 5356
Vitellianus
? Calame CIL VIII 5367
Iulius Rusticus Vesper Calame ILAlg. I, 260
Caius Umbrius Tertullus Thubursicum Numidarum ILAlg. I, 1228
Caius Vasidius Pacatus Thubursicum Numidarum ILAlg. I, 1299
Caecilius Pontilius Madauros ILAlg. I, 2101
Paulinus

Le curateur de cité était, à l’origine, nommé par l’empereur afin de contrôler les
finances d’une cité en crise. Il intervenait lorsque les cités avaient des difficultés à

302
percevoir l’impôt, ou lorsqu’elles contractaient trop de dettes ; de même lorsque la
corruption sévissait à un niveau devenu critique. L’objectif était de rétablir l’équilibre
des finances dans la cité. Sous le Principat et jusqu’au début du Bas-Empire, le curateur
était un émissaire de l’empereur, et par conséquent la fonction n’était absolument pas
une magistrature. Le curateur était soit de rang équestre soit sénatorial ; il était extérieur
à la ville : donc soit originaire de Carthage soit étranger à la province. Dans tous les cas,
il n’était jamais originaire de la cité au sein de laquelle il officiait. Mais à partir de
Constantin, il semble que la fonction ait opéré quelques changements : les curateurs
étaient de plus en plus recrutés parmi les curiales et se placèrent peu à peu à la tête de la
cité. De par sa nomination par le prince on peut considérer que le curateur disposait
d’une position lui permettant d’accéder au sommet de l’Etat. Selon M. Christol, c’était
un intermédiaire tant dans le sens descendant qu’ascendant. En effet, il pouvait devenir
un personnage important pour ses administrés, si ces derniers souhaitaient que
s’adaptent pour leur profit son activité et sa position. Il devint à l’occasion un
« auxiliaire de la vie municipale »1. La curatelle qui, au départ, ne devait durer que le
temps nécessaire pour la remise en ordre des finances, s’installa plus durablement dans
la cité qu’elle gérait. Après la mort de Constantin en 337, le processus était presque
achevé : les curateurs étaient, désormais, recrutés constamment dans l’aristocratie
locale. Le curateur accédait à la tête de la cité par combinaison de l’élection et
confirmation de l’empereur (étape devenant quasiment théorique). La fonction devint
annuelle mais non collégiale. Les curateurs devinrent supérieurs aux autres magistrats
(comme le montre l’album de Timgad2). Le curateur devint un véritable « maire » pour
la cité ayant autorité en matière de police, justice, finances, travaux publics,
administration et rédaction des acta publica. Le curateur devint, dans les faits, un
magistrat. Mais il faut nous abstenir de le considérer comme tel. On voit encore en lui
un agent de l’Etat, héritier de la situation du siècle précédent. A l’inverse des autres
magistratures il n’y avait pas de catégorie d’anciens curateurs, on les cataloguait sans
distinction parmi les honoratii et chez les flamines perpétuels dans les rangs desquels ils
étaient recrutés.

1
CHRISTOL M., « Les cités et les « autorités publiques » : curatelle et patronat. Le cas des Sénateurs en
Italie », in Le quotidien municipal dans l’Occident romain, BERRENDONNER C., CEBEILLAC-
GERVASONI M., LAMOINE L. (ed.), Presses Universitaires Blaise-Pascla, Clermont-Ferrand, 2008, p.
531.
2
CIL VIII, 2403. Sur l’album, Octavius Sosinianus, curator, est placé avant les duumvirs.

303
Pour le cas de la Numidie, F. Jacques constate que les curateurs furent pris dans
les rangs des notables municipaux à une époque assez haute1. Selon lui, il existait deux
types de curateurs en Afrique2 :

1- Les fonctionnaires nommés pour leurs aptitudes administratives ou à cause de


leur position. Leur présence matérialisait la volonté de faire régler les
problèmes par une personne étrangère à la cité.
2- Un notable dont la nomination était le reflet d’une position dominante (locale
ou régionale) antérieure à la curatelle et en fonction du degré d’intégration du
personnage.
Cette deuxième catégorie annonçait les curateurs de la période tardive. La curatelle
devait devenir « une institution évoluant sans véritable solution de continuité »3.

On peut se demander ce qu’impliquait la mise en place de cette nouvelle


« magistrature » au sein de la cité ? Les inscriptions nous montrent que le curateur ne
remplaçait en aucun cas les magistrats ni ne se substituait à l’ordo (institution
fonctionnant de façon assez traditionnelle, notamment dans le cas de l’Afrique). De
même, l’épigraphie nous apprend que le curateur ne faisait que donner son accord à une
mesure déjà prise. Nous pouvons qualifier les relations entre le curateur et les notables
municipaux en reprenant la formule de F. Jacques : « les curateurs se situent en quelque
sorte par rapport à la cité comme l’empereur vis-à-vis des institutions romaines issues
de la République »4. La curatelle impliquait une incapacité juridique et politique de la
cité car ses actes avaient besoin d’une sanction supérieure. Cependant, cette situation
n’avait rien de définitif dans la mesure où le curateur n’était là que pour un temps
(variable en fonction de la mission). L’intégrité de la cité demeurait donc entière. Les
historiens considèrent qu’un duumvir sur deux devenait, un jour, curateur de cité. Ainsi,
même si la nomination était confirmée en dernier ressort par l’empereur, on ne pouvait
plus parler de sélection des notables. Comme nous l’avons dit précédemment, la
curatelle de cité devint, de facto, une magistrature, mais d’un point de vue strictement
juridique elle ne l’était pas. En effet, la curatelle ne s’insérait pas dans une carrière, à
une place précise. Mais attention, cela ne signifiait pas non plus que le curateur était un

1
Jacques F., Le privilège de la liberté : politique impériale et autonomie municipale dans les cités de
l’Occident romain (161-244), Paris, 1984, p. 239.
2
Ibid. p. 246-247.
3
Ibid. p. 247.
4
Jacques F, « Le privilège de la liberté », p. 280.

304
fonctionnaire. D’où le traitement du curator rei publicae dans notre sous-partie sur les
fonctions particulières.

Le curateur pouvait avoir des prérogatives financières notamment en ce qui


concernait les biens municipaux. En général, on constate, par notre corpus, que le
curateur avait la charge de la cura des édifices publics et des statues offertes en
dédicace. Les cura semblent dominer dans nos inscriptions : sur vingt-et-une, nous en
avons dénombré dix. Mais d’autres témoignages épigraphiques montrent que le curator
rei publicae ne se contentait pas d’entretenir les travaux ou même d’y consentir ; il s’y
consacrait personnellement. Ainsi, Aemilius Licinius a participé à la reconstruction
d’un aqueduc endommagé par la crue d’un oued1. Caecilius Pontilius Paulinus, curateur
de Madauros, répara pecunia publica le portique et les entrées de l’atrium et du
pronaos2. Une autre inscription, de type honorifique, rend grâce à Lucius Suanius Victor
Vitellianus pour son intégrité et sa justice envers la république de Calame3. Cette
inscription montre bien la place du curateur dans la cité et les exigences qu’avaient les
citoyens envers celui-ci.

Malheureusement, les témoignages épigraphiques sont trop peu nombreux et trop


épars, dans le cas de la Numidie, pour arriver à définir plus précisément les champs
d’intervention des curatores rei publicae. Cependant, leur place dans les inscriptions les
met dans la position de décideurs. La fonction de curateur semble avoir pris plus
d’ampleur à mesure qu’il s’intégra dans la vie municipale. Cette fonction fut,
progressivement, occupée par les notables de cité. Cette assimilation, semblait dater du
IIIème siècle: Aelius Rufus (dont l’inscription se placerait entre les années 276 et 282)
cumula la fonction de curateur de la république et de flamine perpétuel. Cela montre
que les curateurs commencèrent à s’intégrer parmi les curiales bien avant l’avènement
de Constantin.

2.2.3. Quelques fonctions plus marginales

1
CIL VIII 2660.
2
ILAlg. I, 2101.
3
CIL VIII 5356.

305
Nous approcherons ici, quelques fonctions très faiblement présentes dans notre
corpus, d’où le qualificatif de « marginal ». Certaines fonctions ne faisaient pas partie
intégrante du cursus municipal, d’autres étaient assez spécifiques à une région. Ainsi,
nous mentionnerons les cas des juges des cinq décuries. Nous parlerons également du
patronus civitatis.

Les juges des cinq décuries constituaient une sorte de groupe intermédiaire entre
les domi nobiles (c’est-à-dire les notables de la cité) et les membres de l’ordre équestre.
Les notables pouvaient être inscrits sur la liste des Iudices ex quinque decuriis par
approbation de l’empereur. Les trois premières décuries se composaient en général des
eques, tandis que les dernières étaient réservées aux citoyens dont la fortune n’excédait
pas la moitié du cens équestre (500 000 sesterces). Dans notre corpus nous avons relevé
trois juges :

Noms des juges Localisation Datation Références


Q. Sittius Faustus Castellum Fin du IIème siècle CIL VIII 6711
Tidditanorum
Q. Iulius Cirta IIIème siècle CIL VIII 6950
Honoratianus
C. Caecilius Rusicade fin Ier siècle CIL VIII 7986
Gallus

Nous pouvons faire remarquer que les trois mentions de juges se trouvent dans le
territoire appartenant à la Confédération cirtéenne. Peut-être la Confédération, de par sa
prospérité économique et la richesse de ses élites, était-elle un choix idéal pour les
empereurs en ce qui concernait la province de Numidie ? En effet, comme nous l’avons
dit Rusicade était le port le plus important et le plus grand après celui de Césarée. De
plus, il faut rappeler que Cirta est la plus ancienne enclave romaine sur le territoire
numide.

Attardons-nous sur ces trois personnages aux carrières relativement glorieuses. C.


Caecilius Gallus, semble selon H-G Pflaum1, être originaire de Gaule Narbonaise (peut-

1
Pflaum H-G, « Les juges des cinq décuries originaires d’Afrique », in Antiquités africaines, t.2, 1968, p.
154.

306
être de Lyon) comme l’indiquerait sa tribu (Galeria). Quoiqu’il en soit, ce personnage
appartenait à la noblesse cirtéenne. Il eut une carrière relativement prestigieuse :

1- Il fut édile investi d’une autorité juridictionnelle sachant que les quatre
colonies ne dépendaient pas de l’autorité du proconsul d’Afrique.
2- Praefectus pro triumviris à quatre reprises.
3- Par la suite, il mit temporairement un terme à sa carrière africaine et partit à
Rome pour occuper la praefectura fabrum. Il semble que Gallus ait eu des
liens dans les hautes sphères.
4- Le sénat cirtéen lui décréta les ornements de la quinquennalité.
5- Promotion parmi les juges des cinq décuries à Rome.
6- Il revint de Rome, et accède réellement au triumvirat quinquennal.
7- Praefectus iure dicundo de la ville de Rusicade et flamine du divin Jules.
La carrière de Q. Sittius Faustus, se divisa en deux parties selon H-G Pflaum1 ;
chacune rédigée dans l’ordre indirect. Il fut agrégé comme juge par l’empereur Marc-
Aurèle et reconnu comme chevalier par les empereurs Septime-Sévère et Caracalla (vers
198). Q. Sittius Faustus est également mentionné sur une autre inscription du Castellum
Tidditanorum2. Cette dernière doit être antérieure à l’inscription 6711 puisque son
cursus s’arrête au triumvirat et à la prafectura iure dicundo des trois colonies.

Q. Iulius Honoratianus signum Honorius était un notable de la Confédération.


Son cursus est tout à fait classique. Il faut rappeler néanmoins que le poste de juge des
cinq décuries ne constituait pas une magistrature municipale, mais était du bon vouloir
de l’empereur.

On peut se demander de quelle façon appréhender l’adlection d’un notable parmi


les judes des cinq décuries. Tout d’abord les trois cursus que nous vennons de voir nous
montre des notables dont la carrière municipale est exemplaire et complète. Alors nous
pouvons nous interroger pour savoir si l’adlection arrivait pour couronner une belle et
longue carrière locale ou bien si elle pouvait se manifester à n’importe quel moment
d’un cursus ? Comme nous l’avons dit, cette fonction n’est pas une magistrature
municipale, mais ne semble pas être non plus une fonction administrative impériale. Il
apparaît plutôt que cette fonction est un tremplin pour intégrer l’ordre équestre, et donc

1
Ibid. p. 173-174.
2
C. 6710

307
pour prétendre à la gestion de postes impériaux. Lorsque N. C.-B. Obiang Nnang parle
des chevaliers africains, il affirme qu’un certain nombre d’entre eux ont été inscrits au
préalable dans les décuries de juges réservées aux citoyens fortunés qui jouissent d’une
fortune d’au moins 200 000 sesterces. Selon N. C.-B. Obiang Nnang, la décision
impériale de coopter un provincial dans les cinq décuries pouvait survenir à tout
moment de la carrière municipale et se transformait, très vite, en une distinction
honorifique permettant aux notables de veiller sur leurs propres intérêts locaux à partir
d’une position de grand prestige, sans pour autant devoir se déplacer à Rome1. Le cas de
C. Caecilius Gallus montre un notable qui a suivi une double carrière à la fois à
Rusicade et à Rome (avec la préfecture des ouvriers). Sa carrière ne se limita pas
uniquement aux bornes de la Confédération. En revanche les deux autres personnages
que nous avons vus viennent confirmer ce que dit N. C.-B. Obiang Nnang, à savoir que
leur carrière s’est limitée à l’exercice de magistratures cirtéennes et qu’à l’inverse de C.
Caecilius Gallus ces notables ne sont pas entrés dans l’ordre équestre. Dans le cas
présent, être juge des cinq décuries relève davantage d’une fonction honorifique, que
d’un tremplin pour une carrière extra-provinciale. Cette adlection, pour un notable,
relève de ce que A.N. Sherwin-White nomme « the imitation of Rome »2. Selon lui,
l’adlection aux juges des cinq décuries est une preuve non pas d’intérêt mais plutôt d’un
sentiment d’admiration et de fierté du notable envers l’Etat romain. Il montre le désir de
gravir les échelons3. En nous fondant sur les propos de N. C.-B. Obiang Nnang et sur
nos propres inscriptions, nous pensons qu’il faut nuancer ces propos. Il y a bien deux
comportements qui découlent de cette adlection : le premier est une volonté de monter
dans la hiérarchie de l’administration impériale et aussi de la société romaine en
général ; le deuxième est une satisfaction du notable qui considère que cette adlection
est un titre honorifique et la marque de la confiance de l’empereur.

Nous souhaitons conclure sur cette fonction en revenant sur ce que nous avons dit
sur l’origine de ces notables et le fait qu’en Numidie, les trois inscriptions mentionnant
les juges des cinq décuries appartiennent toutes au territoire de la Confédération
cirtéenne. Nous pensons, qu’il y a peut être également un lien avec le degré de
romanisation de la région. L’octroi de cette fonction semble être une marque de

1
OBIANG NNANG N. C.-B., Les empereurs romains et les cités d’Afrique, du IIème au IIIème siècle ap. J.-
C., L’Harmattan, Paris, 2011, p. 109.
2
SHERWIN-WHITE A.N., The roman citizenship, Oxford University Press, Londres, 1973, p. 375.
3
Ibid. p. 378.

308
confiance envers le notable cirtéen mais aussi envers la cité et plus généralement la
Confédération (zone la plus anciennement romanisée de Numidie).

Nous terminerons par l’évocation du patronus civitatis. Le patron d’une cité était,
en règle générale, une personne influente et riche (issue de la cité ou non) que la curie
locale choisissait. Le patron conservait son titre à vie. Le patron de cité avait pour
devoir de défendre et protéger celle-ci en cas de procès notamment devant les instances
impériales. Il était l’intermédiaire de la cité face au gouverneur et au princeps. De plus,
il devait se montrer généreux et contribuer financièrement à l’embellissement de
l’espace public (participation aux travaux) en échange de quoi il obtenait soutien
politique, amélioration de son prestige et érection de statues en son honneur. On était
réellement dans le cadre d’un échange de services : le patron apportait son influence et
son prestige et la cité représentée s’attachait à accroître ces deux derniers par l’octroi
d’honneurs. On scellait les contrats sur une table de bronze (dite « table de patronat »
sur laquelle on indiquait la date du contrat). Certes, nous pouvons douter de la place du
patronat dans ce développement sur les fonctions dites « marginales » pour deux
raisons : d’abord nous avons conscience de l’importance du patronat notamment en ce
qui concerne le monde de la cité romaine ; et deuxièmement, il est vrai que nous avons
dénombré dix-huit noms de patroni dans notre corpus dont six sont présents sur l’album
municipal de Timgad1. Cependant, nous arguerons, pour justifier la place du patronat de
cité dans notre raisonnement, qu’il n’était pas considéré comme une charge municipale
et donc pouvait être occupé par des personnalités extérieures à la cité : en général, il
pouvait être originaire de la cité, provenir d’une cité voisine, ou avoir des biens sur le
territoire de celle-ci. Ainsi, Vulcanius Rufinus2 (vir clarissimus) n’était pas, selon A.
Chastagnol, originaire de Timgad, mais un aristocrate de Rome domicilié dans l’Urbs.
Qui plus est, il faut dire qu’au moins un tiers des patrons du corpus était de rang
consulaire. Pour l’Afrique, R. Ganghoffer avait trouvé quatre groupes d’individus
servant de base de recrutement pour les patroni civitatis3 :

 Les proconsuls et leurs légats.


 Les hommes originaires d’Afrique du Nord et occupant un poste important
au sein de l’administration impériale.

1
CIL VIII 2403.
2
Ibid. premier patron à être mentionné sur l’album.
3
Ganghoffer R., L’évolution des institutions municipales en Occident et en Orient au Bas-Empire, Paris,
1963, p.188.

309
 Les curatores rei publicae.
 Les membres de l’aristocratie municipale.
La dernière catégorie est réellement celle qui nous intéresse, mais il semblerait
que (dans le cas de la Numidie), la majorité des patrons aient été des légats ou bien des
gouverneurs (praeses provinciae Numidiae). Ce constat vient confirmer les dires de R.
Ganghoffer qui soutenait qu’entre le Ier et jusqu’à la moitié du IIIème siècle, beaucoup de
patrons furent choisis parmi les légats de Numidie. Après l’accession de Valentinien Ier
en 364, on ne trouvait plus de patron/gouverneur en Numidie. Il semble, donc, que cette
institution ait évolué et ait été intégrée réellement par la société municipale. Cependant,
les inscriptions nous montrent que le patronat était déjà intégré par les élites
municipales bien avant le IVème siècle. Ainsi, pour contrebalancer l’exemple de
Vulcanius Rufinus évoqué précédemment, nous trouvons Pompeius Deuterius (famille
des Pompeii) et Aelius Amplius qui étaient tous deux originaires de Timgad et dont les
familles se trouvaient bien représentées parmi les corps de magistrats et décurions
municipaux. Le choix du patron reposait moins sur l’origine de celui-ci que sur son
prestige et sa capacité à bien défendre sa cité.

Nous souhaiterions également revenir sur la troisième catégorie évoquée par R.


Ganghoffer : les curatores rei publicae. Dans un article intitulé « Les cités et les
« autorités publiques » : curatelle et patronat. Le cas des Sénateurs en Italie. » M.
Christol s’attache à étudier les rapports entre la curatelle et le patronat 1. En ce qui nous
concerne, nous avons recensé deux cas où le curateur est également patron : L. Suanius
Victor Vitellianus à Calame et Caecilius Pontilius Paulinus à Madauros 2. Une étude sur
le lien entre ces deux fonctions peut paraître paradoxale car le patronat de cité n’entrait
pas dans le développement d’une carrière au service de l’Etat. De plus il s’agissait
d’institutions dissymétriques (selon M. Christol) car la curatelle était attribuée par
autorité impériale alors que la cooptation du patron relevait davantage d’une initiative
locale. Néanmoins M. Christol fait remarquer que ces fonctions étaient l’apanage de
mêmes personnes (sénateurs, chevaliers, notables). M. Christol s’appuie sur une thèse
développée par M. Harmand en 1975 affirmant que la cooptation du patron pouvait être

1
Voir CHRISTOL M., « Les cités et les « autorités publiques » : curatelle et patronat. Le cas des
Sénateurs en Italie » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain, BERRENDONNER C.,
CEBEILLAC-GERVASONI M., LAMOINE L. (ed.), Presses Universitaires Blaise-Pascla, Clermont-
Ferrand, 2008, p. 523-544.
2
Respectivement C. 5356 et ILAlg. I, 2101.

310
reliée à l’exercice d’une responsabilité impériale1. La conséquence serait une adjonction
du patronat au cours de l’exercice de la curatelle. La véritable question dans le cas
présent est de savoir si le patronat était accordé pendant ou après la curatelle.
Malheureusement, nos inscriptions ne peuvent pas nous aider. Et M. Christol reste
prudent lorsqu’il aborde ce problème. Mais selon lui, la réponse à cette question
conduirait à deux conclusions2 :

- Si le patronat est accordé après la curatelle alors celui-ci doit être considéré
comme une récompense afin de remercier le curateur de sa diligence envers la
cité.
- Si le patronat est accordé pendant la curatelle alors il prend la forme d’une
sorte de procédé de pression afin d’obtenir du curateur une attitude conforme
aux intérêts de la cité (thèse favorisé par Harmand).

Malheureusement il nous apparaît difficile dès à présent de prendre part à ce


débat, compte tenu du nombre d’inscriptions que nous avons. De même F.
Jacques pense qu’il n’y a pas assez de témoignages pour fournir une étude
probante3. Pour M. Christol, il conviendrait, malgré la minceur du dossier, d’opter
pour une démarche plus qualitative que quantitative. L’étude de M. Christol se
base essentiellement sur l’Italie. Dans notre cas, nous pensons que malgré le faible
nombre de témoignages, cette problématique pose des perspectives intéressantes
notamment pour étudier les liens entre l’ordo decurionum et les curateurs de la
république.

La plupart de ces charges se plaçait dans une sorte de nébuleuse, comme le montre
bien l’exemple du curateur de cité qui était une magistrature dans les faits mais sans
l’être vraiment à la différence d’un duumvir par exemple.

L’étude de ces fonctions particulières révèle la complexité du cursus municipal


en Numidie. La praefectura iure dicundo, à l’instar de la questure, pose le problème de
sa place dans le cursus d’un notable municipal. De plus, les prérogatives de ces préfets

1
HARMAND M., Le Patronat sur les collectivités publiques des origines au Bas-Empire, Paris, 1975.
2
CHRISTOL M., « Les cités et les « autorités publiques » : curatelle et patronat. Le cas des Sénateurs en
Italie » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain, BERRENDONNER C., CEBEILLAC-
GERVASONI M., LAMOINE L. (ed.), Presses Universitaires Blaise-Pascla, Clermont-Ferrand, 2008, p.
570.
3
JACQUES F., Le privilège de la liberté : politique impériale et autonomie municipale dans les cités de
l’Occident romain (161-244), Ecole française de Rome, Paris, 1984, p. 109-111.

311
étaient, semble-t-il, de nature différente au sein de la Confédération et dans le reste du
territoire de la province. Le curateur de cité ne présente pas les mêmes problématiques.
Mais l’étude sur l’évolution de cette fonction est révélateur des transformations de
l’appareil politique municipal. D’autres fonctions plus spécifiques telles que le patronat
démontrent bien cette diversité et la complexité du classement de ces postes particuliers
dans les cursus municipaux. Jusque-là nous avons étudié les fonctions et les cursus
municipaux en tant que tels. Par la suite, nous allons nous interroger sur la notion
d’hérédité des charges municipales.

2.3. Les familles de notables : une « hérédité » des charges ?

L’objectif de cette sous-partie ne sera pas de fournir une étude exhaustive sur
l’onomastique et les liens de filiation entre les familles de notables, mais de tenter
d’approcher plus généralement les dynamiques de reproductions sociales au sein de la
notabilité municipale. Nous ne pouvons nous adonner à une prosopographie complète
de familles de notables car nous ne

nous sommes intéressé qu’aux notables. Ainsi, aucune femme ni aucun enfant ne
sont présents dans notre corpus. En conséquence, cette sous-partie traitera
essentiellement de la question de la transmission des charges à travers les différents
membres d’une même famille. Dans un premier temps, nous aborderons le problème
sous un angle assez général et théorique. Par la suite, nous tenterons d’illustrer notre
propos avec des exemples issus de notre corpus et notamment avec l’album de Timgad.

2.3.1. Généralités

L’élite dirigeante d’une cité ordinaire se composait en grande partie des membres
des familles siégeant au conseil et donc inscrits sur l’album décurional. Cette élite
(comme nous l’avons dit précédemment) rassemblait les plus importants propriétaires
fonciers disposant d’un capital immobilier relativement conséquent. Le cens demandé
variait selon les cités. Malheureusement nous n’avons pas trouvé d’exemple pour la

312
Numidie. Pour être membre de la curie, C. Lepelley évaluait ce cens à environ 50
jugères (= 12,5 ha) ce qui était assez peu selon lui1. Une loi de Constance II établissait
le cens à 25 jugères et la mise en culture d’autant de domaines impériaux. En 439, une
loi de Valentinien III réclamait 300 sous soit une propriété de 150 jugères c’est-à-dire
environ 38 ha.

La carrière municipale était, pour le décurion, l’affaire d’une vie. Le notable y


trouvait un moyen d’accroitre le prestige de sa famille. Ainsi, « l’horizon social et
quotidien se limitait pour un grand nombre de provinciaux à la petite patrie »2. En
général, l’aristocratie locale se résumait, pour une cité, à une dizaine de familles. D’où
l’importance de la dignitas pour ces familles. Ainsi, plus une famille parvenait à
prolonger les carrières de ses héritiers et plus son prestige croissait. On peut dire qu’à la
richesse et l’éducation s’ajoutait l’honorabilité forgée par un service rendu à la cité
depuis des générations. L’élection permettait d’accéder réellement aux magistratures
mais l’hérédité ne sembla pas avoir été incompatible avec le principe électif. Ainsi,
l’accumulation de bienfaits envers la cité au fur et à mesure du parcours était un moyen
assez sûr de connaître une gloire locale. Pour reprendre la juste formule de P. Le Roux :
« la fierté de servir (la cité) fondait la noblesse locale »3. Les élites nourrissaient de
fortes ambitions en cherchant à cumuler des responsabilités locales. Ce principe
d’excellence exprimé par le dévouement, la générosité et l’autorité, ainsi que la
réputation de sa famille jouait un rôle primordial dans la gravitas (le poids faisant qu’un
notable était écouté par ses concitoyens).

Il convient donc de ne pas sous-estimer l’importance de l’hérédité dans la vie


politique municipale. On peut définir l’hérédité comme le caractère d’un bien, d’une
dignité, d’une charge transmis par voie de succession. L’emploi de ce terme peut
paraitre sujet à caution car il induit un système légal de transmission de la charge
(assimilable à la charge qu’un agent du pouvoir royal pouvait transmettre à son fils dans
la France du XVIIème-XVIIIème siècle). Cela n’est pas le cas dans la société municipale
romaine. Cependant, des études ont montré que bien que cette terminologie ne soit pas
totalement correcte, elle révèle tout de même une tendance qui tant à se généraliser dans
les cités de l’Occident romain durant le Bas-Empire et à la fin du Haut-Empire. Cet

1
Lepelley C., Les cités de l’Afrique romaine au Bas-Empire, vol. 1, Paris, 1979, p. 199.
2
Le Roux P., Le Haut-Empire Romain en Occident : d’Auguste aux Sévères, Paris, 1998, p. 290.
3
Ibid. p. 295.

313
aspect héréditaire de la fonction municipale T. Kotula l’évoque dans un article sur les
fils de décurions et paru en 19971. Selon lui, il y aurait une transmission de la charge de
décurion du père au fils ce qui impliquerait que l’ordre des décurions et les
magistratures municipales étaient dominés par quelques familles puissantes, bénéficiant
de stratégies matrimoniales avantageuses et d’un accroissement de la natalité au sein de
cette famille (ce qui permettait d’occuper plus de postes et donc d’accroître le prestige
de la famille). N. C.-B. Obiang Nnang se place dans la même perspective que T. Kotula
lorsqu’il traite des cités d’Afrique. Il va même jusqu’à dire que l’ « ordre devint
pratiquement héréditaire et dynastique »2. Ainsi, le terme « hérédité » n’est pas d’une
grande justesse mais dans les faits son emploi semble pertinent.

Les jeunes des familles aristocratiques étaient formés précocement à la gestion des
affaires publiques. Une loi de Constantin, datée de 320, obligeait les fils de notables
municipaux à tenir des charges à partir de 18 ans. Cependant, le cas mentionné ici ne
recouvrait que l’Afrique proconsulaire. Il semblerait que les charges se transmettaient
de père en fils. Mais certains éléments constituaient des cas particuliers.

Autant pour des fonctions comme le duumvirat, le fils pouvait succéder à son
père ; autant le cas est différent pour le patronat de cité. En effet, S. Lefebvre affirme
que le patronat de cité était héréditaire : « les liens sont indiqués comme devant être
transmis aux enfants du patron et aux descendants des citoyens. »3. Cependant, si l’on
s’en réfère à A. Chastagnol, dans le cas de la Numidie, il y a une clause spécifique à la
transmission du patronat de cité. Seuls les patrons extérieurs à la cité (surtout ceux
appartenant à la noblesse italienne) pouvaient être désignés à titre héréditaire et ainsi
transmettre leur clientèle à leurs descendants en tant que patroni originales. A l’inverse,
pour un notable local, le lien demeurait personnel. Ainsi, son fils ne pouvait devenir
patron qu’après la conclusion d’un nouveau contrat de patronat4.

De même, une minorité de décurions fortunés pouvait prétendre à entrer dans


l’ordre équestre après avoir occupé certains postes comme les fameux Juges des cinq
décuries (traités précédemment). Ces postes créaient ce que Y. Le Bohec appelle des

1
Voir KOTULA T., « Les fils de décurions : pépinières des élites municipales » in Les élites provinciales
sous le Haut-Empire romain (Antiquas, 22), KOTULA T., LADORMISKI A. (ed.), Wroclaw, 1997, p.
35-43.
2
OBIANG NNANG N. C.-B., Les empereurs romains et les cités d’Afrique, du IIème au IIIème siècle ap. J.-
C., L’Harmattan, Paris, 2011, p. 106.
3
Lefebvre S., L’administration de l’Empire Romain, Paris, 2011, p. 183.
4
Chastagnol A., L’album municipal de Timgad, Bonn, 1978, p. 26.

314
« cursus mixtes »1, c’est-à-dire un cursus équestre prenant le relais d’un municipal.
Cependant le notable ne pouvait ensuite passer au rang sénatorial. « Les mentalités de
l’Antiquité admettaient bien qu’un homme passe d’un stade à un autre, mais pas qu’il
franchisse deux étapes de son vivant. La deuxième étape serait pour son fils »2. Ainsi, le
fils pouvait compléter l’ascension de la famille dans la hiérarchie mais aussi au sein de
la société.

E ce qui concerne l’hérédité du poste de décurion au sein du conseil, il convient


de souligner, comme le fait C. Hugoniot, « l’ancienneté d’un recrutement endogamique
au sein des curies »3. Cette hérédité trouva son aboutissement par la loi de 320 (évoquée
précédemment). Mais comme nous l’avons dit, les fils de décurions constituaient des
candidats idéaux ne serait-ce que pour leur fortune, leur éducation mais aussi
l’honorabilité de leur famille (avec des ancêtres ayant longtemps servi la cité). Ainsi les
lois sur l’hérédité des décurions ne faisaient qu’officialiser une situation qui existait
déjà, de fait. Il faut cependant prendre garde à ne pas voir dans cette situation quelque
chose de systématique. Ce processus se poursuivit et s’accentua tout au long du IIIème
siècle. Cependant, R. Ganghoffer pensait qu’en Occident le phénomène de l’hérédité du
décurionat ne fut réellement adopté que très tardivement, à l’inverse des curies dites
« orientales »4.

Ainsi, on peut se demander si cette hérédité des postes fut, au fur et à mesure,
l’unique condition sine qua non du renouvellement des décurions et donc des
magistratures municipales ? Certaines inscriptions de notre corpus nous montrent une
situation plus complexe qu’il n’y paraît. Dans notre développement, nous avons abordé
cette question de la transmission des postes municipaux sous l’aspect d’une approche
générale. A la lumière de ce que nous avons dit, il semble qu’avant la loi de 320
l’ « hérédité d’une fonction » n’était pas réellement institutionnalisée. Cependant, dans
les faits, la situation semble différente. Le fait que le système politique romain soit
censitaire et que le nombre de familles de notables au sein d’une même cité soit assez
réduit (une dizaine), on peut penser qu’il y avait une transmission de fait. D’autant plus
que l’évergétisme ob honorem obligeait les notables et leurs descendants à une

1
Le Bohec Y., Naissance, vie et mort de l’Empire Romain, Paris, 2012, p. 293.
2
Ibid.
3
Hugoniot C., Rome en Afrique : de la chute de Carthage aux débuts de la conquête arabe, Paris, 2000,
p. 142.
4
Ganghoffer R., « l’évolution des institutions municipales », Paris, p. 59.

315
surenchère de libéralités inter-générationelles (comme nous l’avons dit : l’obligation de
dépasser son prédécesseur). Dans le développement suivant nous avons pris le cas de
l’album de Timgad et plus généralement de l’ensemble des notables de la cité afin de
voir si certaines grandes familles se maintenaient et accaparaient les postes de décurions
et de magistrats. L’étude des notables de Timgad peut également poser des questions
comme le niveau de romanisation ou bien la mobilité des notables et bien sûr la
transmission des fonctions municipales.

2.3.2. Etude de cas : Timgad

L’album de Timgad constitue un exemple exceptionnel d’album municipal car il


fut un des seuls retrouvé avec celui de Canusium. Dans cet album, cent-soixante-huit
noms (réellement inscrits) ont été dénombrés. A. Chastagnol pense que l’on pouvait
atteindre, sans doute, un maximum de cent-quatre-vingt-huit noms. Dans un second cas,
on aurait cent-quarante-neuf noms (réellement inscrits) pour un maximum de cent-
cinquante-neuf (sans les honoratii et les praetextati). Ainsi, l’album recense une grande
partie des membres de l’ordre des décurions (occupant un certain nombre de fonctions)
en poste à Timgad dans la deuxième moitié du IVème siècle. Dans cette sous-partie nous
tenterons de dégager certaines grandes familles de notables en nous focalisant
uniquement sur la ville de Timgad. Ainsi nous relierons certains gentilices présents sur
l’album de Timgad avec la liste des curiales présents dans l’inscription mentionnant la
curia commodiana1 et celle des notables municipaux de Timgad (issus de notre corpus).

La curia commodiana (comme nous l’avons dit dans le commentaire) rassemble


cinquante-deux curiales dont vingt appartiennent déjà à des familles connues pour leurs
libéralités. En ce qui concerne la liste sur les notables de Timgad (hors album et liste de
la curia commodiana), nous avons recensé dix-neuf personnages. Nous tenterons
également de faire un lien entre ces deux listes.

Avant de commencer, nous avons jugé opportun de rappeler quelques notions


d’onomastique afin de compléter notre propos. En passant des curiales de la curia

1
AE 1982, 958.

316
commodiana aux membres de l’album de Timgad, on peut constater l’évolution des
noms des individus en Numidie.

Les tria nomina étaient réservés, en règle générale, aux citoyens romains. Le
pérégrin avait le nom unique accolé au lien de filiation avec le père. Mais, à partir de la
Constitution antonine de 212 cette dissociation onomastique ne fut plus pertinente.

Le système du gentilice était né en Italie centrale vers 700 av. J.-C. Le système
onomastique était indissociable de la citoyenneté romaine notamment quand elle fut
élargie aux nouveaux citoyens. Le praenomen quant à lui, était un nom individuel.
Ainsi, il permettait d’identifier un individu au sein d’une même famille (désignée par
son gentilice). Dans certains cas, durant la période impériale, le gentilice fut utilisé
comme prénom ou cognomen. Le praenomen disparaît graduellement au cours des IIème
et IIIème siècles, et ne se retrouve quasiment plus au IVème siècle. Cependant, il semble
qu’en Afrique, du moins, le prénom resta davantage de temps qu’ailleurs dans l’Empire.
Les duo nomina s’imposèrent de plus en plus. Puis, à la fin du IVème et au début du Vème
siècle, le gentilice s’efface également petit à petit. Le cognomen permettait d’identifier
un individu en particulier. L’usage du cognomen triompha dans les premières décennies
de l’Empire. Il était attribué dès la naissance et reflétait souvent une particularité
physique, ou un détail biographique. Le cognomen pouvait également être tiré d’un nom
de métier, d’un nom d’animal ou bien d’un nom de peuple. I. Kajanto recensa environ
deux mille cognomina spécifiquement latins. Avec la disparition du praenomen, le
cognomen dériva de plus en plus du gentilice (exemple : Publius Licinius Licinianus).

En ce qui concerne le phénomène de filiation et de transmission des noms, la règle


générale voulait que l’enfant porte le gentilice du père et son prénom s’il était l’aîné.
Mais il convient d’avertir qu’il n’y avait pas de règle fixe pour ce genre d’héritage. Les
nouveaux citoyens pouvaient adopter le gentilice des gouverneurs. Ainsi, les
gouverneurs voyaient leur nom correspondre à de courtes tranches chronologiques qui
formaient autant de strates onomastiques. En comparant, par exemple les listes
onomastiques d’une province ou d’une cité avec les Fastes consulaires, on peut juger
des progrès de la romanisation dans cette zone. Après l’édit de Caracalla de 212, le
gentilice n’apparaissait plus comme un « recognitif » de la citoyenneté romaine. Ainsi,
tout au long de la période tardive, le praenomen et le gentilice eurent tendance à
s’effacer au bénéfice d’un nom unique aussi appelé nom diacritique. La transmission du

317
cognomen présente une situation assez confuse (absence de règle à l’instar du gentilice).
D’un point de vue strictement théorique, le fils aîné prenait le cognomen du père, le
second en formait un calqué sur le gentilice maternel, enfin le cadet avait le cognomen
terminé en « -anus » dérivé de celui du père. Ainsi, en Afrique, la filiation était
exprimée par rapport au cognomen du père.

Maintenant que nous avons tenté de préciser quelques points, qu’en est-il pour les
notables de Timgad ?

D’un point de vue strictement onomastique, A. Chastagnol, dans son étude sur
l’album, a distingué soixante-cinq gentilices différents dont vingt-cinq étaient
représentés par plus de deux individus. Les gentilices les plus nombreux étaient issus de
diverses familles impériales : cinq Aelii, huit Claudii, dix Flavii, seize Iulii. Ce constat
n’était pas propre à la Timgad du IVème siècle : pour les IIème et IIIème siècles, pas moins
de trente-sept Iulii furent mentionnés, pour les Flavii on a dix-neuf mentions avec un
accroissement sous Constantin, et dix-huit pour les Aelii (sous le Haut-Empire). Pour les
cognomina, on constate une extrême dispersion (environ 150 cognomina).

Il est, en général, plus aisé de regrouper des individus ayant le même gentilice (et
donc appartenant à la même famille au sens large du terme) que de reconstituer les
généalogies à l’intérieur de chaque gens. Selon A. Chastagnol, la chose étant même
souvent impossible1. Une des seules indications pourrait être une filiation expressément
signalée. Dans son intervention, lors du colloque international sur l’onomastique latine
qui s’était tenu à Paris en octobre 1975, A. Chastagnol annonçait pouvoir approcher les
liens familiaux par deux biais : soit en analysant les cognomina afin d’intégrer les liens
de filiation, soit en examinant l’ordre d’apparition des personnages dans l’album. Les
personnages de l’album étant cités par ordre d’ancienneté, on pouvait donc, selon A.
Chastagnol, arriver à discerner le fils du père. Mais pour lui, cette approche paraissait
un peu trop approximative. On peut trouver des mentions qui peuvent, tout de même,
nous aiguiller (« iunior » ou « maior »).

Notre objectif ici n’est pas de fournir une analyse onomastique ou une étude
prosopographique exhaustive mais plutôt d’approcher quelques liens familiaux en
montrant la présence d’une « hérédité » des charges, tout en nous interrogeant sur
l’exclusivité de cette pratique. Pour cela, nous avons mis en lien les familles les mieux
1
Chastagnol A., « L’album municipal » p. 70.

318
représentées sur l’album avec les noms des curiales de la curia commodiana1et du reste
des notables municipaux de Timgad que nous avons trouvés.

Nous avons réalisé un tableau fondé sur le modèle comparatif effectué par A.
Chastagnol dans son étude sur l’album municipal. Nous avons pris en compte dix-huit
gentilices. Ces derniers ont été sélectionnés en fonction de leur correspondance avec
ceux des curiales de la curia commodiana (inscription datée du début du IIIème siècle).
La colonne « Autres notables » recense les similitudes de gentilice avec les autres
inscriptions de notre corpus et localisées à Timgad.

Gens Album de Timgad Curia Autres notables


commodiana
Acilli Acilius Concessanus Marcus Acilius Marcus Acilius
Acilius Valerianus Lucanus Concessus
Acilius Acilianus Marcus Acilius (AE 1987, 1073)
Acilius Speratianus Caladianus
Aelii Aelius Ampelius Publius Aelius
Aelius Iulianus Victor
Aelius Bibianus
Aemilii Aemilius Chorentus Lucius Aemilius
Victor
Lucius Aemilius
Donatus
Annii Annius Verissimus Marcus Annius Caius Annius
Annius Gallus Faustus Victor
Annius Cresconius (C. 2403)
Annius Urc[----
Antonii Antonius Victor Marcus Antonius
Antonius Vindicianus Saturninus
Antonius Petronianus Quintus Antonius
Antonius Iuanuarius Sulla
Antonius Datianus

1
AE 1982, 958.

319
Antonius Botellicus
Antonius Florus
Antonius Petronianus
Antonius Salonius
Caecilii Caecilius Quintus Caecilius
Calcedonius Ateanus
Caelii Caelius Secundianus Publius Caelius
Caelius Matutinus Saturninus
Caelius Optatus
Claudii Claudius Licentius Tiberius Claudius
Claudius Saturus Victor
Claudius Firminus
Iunior Lucius Claudius
Claudius Ticerius Festivus
Maior
Claudius Ticerius
Iunior
Claudius Firminus
Maior
Claudius Discolus
Claudius Felix
Clodii Clodius Atianus Caius Clodius
Clodius Restitutus Saturninus
Cornelii Cornelius Valentinus Marcus Cornelius
Servandianus
Quintus Cornelius
Victor
Egnatii Egnatius Florentius Lucius Egnatius
Agricola
Flavii Flavius Palminus Titus Flavius
Flavius Vincentius Cuminus
Flavius Aquilinus
Flavius Faustinianus

320
Flavius Donatianus
Flavius Pullentius
Flavius Primianus
Flavius Ianuarius
Flavius Crescentianus
Flavius Repentinus
Helvii Deux personnages Quintus Helvius
mais pas de Muricus
cognomen
Iulii Iulius Gubernius Quintus Iulius Sapa Iulius Lambaesius
Quintus Iulius (C. 2345-2346-
Iulius Victorinianus Mychronius 2347)
Iulius Leporius Lucius Iulius Publius Iulius
Iulius Eustratius Donatus Liberalis
Iulius Zuccarius (x2) Quintus Iulius (C. 2343- AE
Iulius Placuntius Thelemacus 1979, 670)
Iulius Paulus Quintus Iulius
Trigetius Iulius Fortunatus
Valerinus
Iulius Faustus
Iulius Agrobius
Iulius
Victoraninianus
Iulius Baric
Iulius Protasius
Victor
Pomponii Pomponius Quintus Pomponius
Cresconius Geminus
Pomponius
Maurentius
Pomponius Uranius
Pomponius
Eucromius

321
Sallustii Sallustius Victorinus Quintus Sallustius
Sallustius Germanus Candidus
Valerii Valerius Erenianus Lucius Valerius
Valerius Porphyrius Felix
Lucius Valerius
Victor
Ulpii Ulpius Purpurius Marcus Ulpius
Ulpius Isthefanus Felix
Ulpius Victor Marcus Ulpius
Peculiaris

Ce tableau nous montre bien la continuité des gentilices entre le début du IIIème et
la deuxième moitié du IVème siècle. Afin de montrer l’hérédité des charges nous allons
plus particulièrement nous intéresser aux dix gentes les plus représentées.

Les Iulii sont la gens la plus représentée sur l’album mais aussi sur la liste des
curiales de la curia commodiana, ainsi que dans les autres inscriptions de Timgad.
Selon A. Chastagnol, il y aurait certainement plusieurs branches dans cette gens. Etant
donné le nombre important de personnages mentionnés sur l’album de Timgad, il
apparaît difficile d’établir des liens de filiation précis. Cependant, nous pensons que
Iulius Victorinianus (augure) était le père de Iulius Victorininianus (non excusatii). De
plus, il se peut que les deux Iulius Zuccarius soient frères. De même, on peut penser que
les quatre personnages portant le praenomen et le nomen Quintus Iulius étaient peut-être
de la même fratrie. Le cas du curator Iulius Lambaesius est sans doute différent. Son
cognomen peut indiquer son origine géographique (Lambèse) ; ainsi nous pensons qu’il
n’a peut-être rien à voir avec la gens Iulia de Timgad.

Pour le cas des Flavii, nous ne pouvons en tirer d’interprétation probante étant
donné qu’il y avait plusieurs familles du même nom. D’autant que ce gentilice impérial
fut assez usité en Afrique.

Les Pomponii de l’album occupaient tous le même poste et donc semblent avoir
été de la même génération. Le lien avec Quintus Pomponius Geminus n’est pas évident.

322
Quoi qu’il en soit, sur les quatre Pomponii de l’album, trois occupaient des postes
d’officiales, à l’exception de Pomponius Eucromius. Mais, il n’y a aucun personnage
appartenant à la gens Pomponia parmi les magistrats mentionnés en tête de l’album. On
peut donc émettre l’hypothèse que les Pomponii étaient des nouveaux arrivants au sein
de l’ordre des décurions de la cité.

Les Claudii sont plutôt bien représentés dans l’album. Selon A. Chastagnol
Claudius Licentius et Claudius Saturus étaient frères ; Claudius Ticerius Maior et
Claudius Firminus Maior appartenaient à la seconde génération ; Claudius Firminus
Iunior, Claudius Ticerius Iunior, Claudius Discolus et Claudius Felix à la troisième1.
Ces personnages occupent un certain nombre de postes tout au long de l’album
municipal.

Chez les Antonii, Antonius Victor appartenait à la génération la plus ancienne,


Antonius Vidicianus et Antonius Petronianus à la suivante, et les autres à la dernière. Là
encore le constat est le même que pour les Claudii. Une gens accaparant le décurionat
sur plusieurs générations.

L’album de Timgad est un bon indicateur afin savoir si oui ou non il y avait une
hérédité du décurionat. Si l’on s’en tient uniquement aux cinq gentilices que nous avons
commentés, on constate effectivement une hérédité pour la charge de décurion. La curia
commodiana montre également la dominence de certaines familles au sein des curiales.
A. Chastagnol constate une grande continuité avec les gentilices des IIème-IIIème siècles2.
Ce constat nous amène à penser que les mêmes gens se retrouvaient à occuper les postes
de décurions ou de magistrats et cela sur plusieurs générations. Cependant, il convient
de dire que les gentilices les plus courants sont ceux appartenant aux familles impériales
(Iulii, Claudii, Flavii). Il est donc assez complexe de reconstituer précisément des liens
de filiation et donc l’hérédité des charges. En revanche, on peut s’interroger sur la
signification de cette prédominance des gentilices impériaux. C. Nicolet affirme que
« Rome est une société nominaliste : le nom veut dire quelque chose », « le simple
énoncé de l’onomastique se présente comme un véritable état-civil… »3. Donc
l’importance de ces gentilices a une signification. C. Hoët-Van Cauwenberghe a, quant

1
Chastagnol A., « L’album municipal », p. 66.
2
Chastagnol A., « L’onomastique de l’album de Timgad », in L’onomastique latine, actes du colloque
international, tenu à Paris, du 13 au 15 octobre 1975, Paris, 1977, p. 326.
3
NICOLET C., L’onomastique des groupes dirigeants sous la République, CNRS, Paris, 1977, p. 59.

323
à lui, fait le lien entre la multiplication des gentilices impériaux et la diffusion de la
citoyenneté en Laconie et en Messénie1. Bien que son étude ne concerne pas la même
aire géographique, elle peut néanmoins nous donner des pistes de réflexions sur cette
question. Pour ce qui est du mécanisme de diffusion de la citoyenneté le rôle des
empereurs est fondamental. En vertu des pouvoirs censoriaux ils accordent ou non la
citoyenneté romaine. Une fois la citoyenneté romaine obtenue, il est d’usage que le
naturalisé prenne le praenomen et le nomen de l’empereur. Dans le cas de la Laconie et
de la Messénie, C. Hoët-Van Cauwenberghe constate que les gentilices impériaux
représentent environ 75% des nomina. Dans le cas de Timgad, on compte, également,
un grand nombre de gentilices impériaux. C. Hoët-Van Cauwenberghe constate que les
Iulii et les Claudii dominent nettement. Il en conclut la place centrale occupée par les
Julio-claudiens dans la diffusion de la citoyenneté. Dans notre cas aussi, on constate une
grande importance de ces deux gentilices. Pourtant Timgad est une colonie fondée en
100 par Trajan, donc l’importance de la gentilice Julio-Claudienne nous amène à nous
interroger sur la notion de mobilité (mais nous y reviendrons plus tard). C. Hoët-Van
Cauwenberghe observe également une prédominance des Aurelii. Il explique cet état de
fait comme la conséquence directe de l’édit de Caracalla (accès à la citoyenneté romaine
à tous les pérégrins) qui a entrainé une multiplication des Aurelii. Mais,
paradoxalement, on ne dénombre que quatre Aurelii sur l’album de Timgad et aucun
autre dans notre corpus de notables de Timgad. Cette faible part peut s’expliquer par le
fait que les notables de Timgad disposaient de la citoyenneté depuis déjà fort longtemps
(peut-être depuis les Julio-Claudiens) et donc que la constitution antonine n’eut pas
vraiment d’effet sur ces familles. Cependant, il serait intéressant d’étendre ce constat
fait à Timgad à toute la Numidie afin d’étudier le niveau de diffusion de la citoyenneté
dans cette province. Les Antonii (gentilice des Antonins) sont logiquement assez bien
représentées (puisque Trajan était fondateur de la colonie de Timgad) mais pas autant
que les Iulii.

Parallèlement aux gentilices impériaux, on trouve d’autres nomina qui sont assez
bien représentés à Timgad mais aussi dans le reste de la province. Nous pensons
particulièrement aux Sallustii. Deux Sallustii sont présents sur l’album de Timgad et un

1
HOËT-VAN CAUWENBERGHE C., « Diffusion de la citoyenneté romaine : notes sur les gentilices
impériaux en Laconie été en Messénie » in Splendidissimas civitas, études d’histoire romaine en
hommage à François Jacques, DEMOUGIN S., CHASTAGNOL A., LEPELLEY C. (ed.), Publications
de la Sorbonne Paris, 1996, p. 133-149.

324
sur la liste des curiales de la curia commodiana. Ce gentilice se retrouve également à
Cirta, Thibilis, Tiddis, Rusicade, Chullu, Milev et Sigus 1. Selon J.-M. Lassère, les
Sallustii font partie des plus anciennes familles romanisées de Numidie2. Ce constat
nous amène à nous interroger sur la notion de mobilité au sein de la province en nous
basant sur l’exemple de Timgad.

Avant tout il convient de préciser que Timagd était à la base une colonie militaire.
Ce constat explique également le fait que les gentilices des Julio-Claudiens dominent
dans cette cité car parmi les soldats installés à Timgad, certains officiers pouvaient avoir
obtenu la citoyenneté sous les empereurs julio-claudiens. Afin d’étudier les mobilités au
sein d’une même province, J.-M.Lassère prône l’étude des tribus3. Ainsi chaque citoyen
était inscrit dans une tribu et si sa tribu d’origine était différente de celle de la cité où il
vivait, alors il pouvait y avoir migration. Nous avons tenté d’appliquer ce concept à
Timgad. Timgad est inscrite dans la tribu de Trajan qui est la tribu Papiria. Cependant la
tribu Papiria est celle de beaucoup de villes militaires ayant reçu une promotion de
Trajan. Malheureusement, dans le cas de Timgad nous n’avons pas trouvé de notables
d’une tribu autre que celle de la cité. Cependant, nous souhaiterions étendre cette
méthodologie à toute la Numidie pour une future étude.

Une autre question que l’on peut se poser est l’existence d’un lien entre les
notables de Timgad et les premiers légionnaires qui ont occupé la colonie : est-ce-que
les élites de Timgad sont d’anciennes familles de vétérans romains ou des familles
africaines promues à la citoyenneté romaine par des empereurs ? Malheureusement nous
n’avons pas le temps de développer cette problématique dans l’état actuel de notre
mémoire. Cet aspect nous voudrions l’étudier plus en détail dans un prochain travail.
Cependant on peut chercher une ébauche de réponse chez Y. Le Bohec qui pense que
Timgad n’a vraisemblablement pas été une colonie de vétérans 4. De même J.-M.
Lassère ne recense que quatorze vétérans en tout5. Malgré tout, une étude
prosopographique pourrait être faite sur cette question.

1
LASSERE J.-M., Ubique populus, C.N.R.S., Paris, 1977, p. 220.
2
LASSERE J-M, « Onomastica africana XVII/XVIII : gentilices romains d’origine africaine », in
Identités et cultures dans l’Algérie antique, Briaud-Ponsard (dir.), Publication des universités de Rouen et
du Havre, 2005, p. 189.
3
Op. cit. p.
4
LE BOHEC Y., Timgad, Paris, 1984, p. 110-111.
5
LASSERE J.-M., Ubique populus, C.N.R.S., Paris, 1977, p. 262.

325
Au final si l’on devait résumer notre sous-partie, nous dirions que l’on constate
que les charges échoyaient à quelques grandes familles. Il faut, pourtant, se garder de
généraliser et penser qu’au IVème siècle, les curies se fermaient aux nouveaux venus.
L’exemple des Pomponii illustre bien ce phénomène. D’ailleurs, la composition de
l’album le montre bien puisque l’on observe des grandes familles, accaparant des postes
depuis plusieurs générations, qui côtoyaient des familles intégrées plus récemment dans
l’ordo. Parallèlement, l’étude des gentilices nous amène à constater l’importance des
nomina impériaux notamment des Julio-Claudiens. Cet état de fait nous incite à penser
que les colons de Timgad avaient la citoyenneté romaine depuis plusieurs générations.
Mais la présence de ces gentilices sur la listes des curiales de la curia commodiana
(début du IIIème siècle) et sur l’album de Timgad que la deuxième moitié du IV ème siècle
sous-entend une sorte de présence permanente de certaines familles de notables au sein
du conseil des décurions. Ainsi, on peut conclure en reprenant la formule de P. Le Roux
qui exprime le principe de transmission des postes en ces termes : « hérédité et
renouvellement des familles assuraient la permanence de la vie politique »1.
Malheureusement notre approche des mobilités des notables de Timgad au travers des
études sur les tribus n’a pas abouti. L’essentiel des notables qui ont metionné leur tribu
est originaire de Timgad et inscrit dans la tribu Papiria. Que peut-on en conclure ? Si
nous devions prendre un risque nous dirions qu’à partir du IIIème siècle, les notables ne
trouvent plus grand intérêt à la mobilité et que sans doute ce phénomène concernerait
des catégories plus modestes. Cependant nous pensons que la pauvreté de la
documetation épigraphique (dans ce domaine à Timgad) ne nous permet pas d’aboutir à
des conclusions tranchées. A notre sens, il conviendrait de développer plus en détail
cette question dans un travail futur et d’étendre la problématique à l’ensemble de la
Numidie.

1
Le Roux P., Le Haut-Empire romain en Occident : d’Auguste aux Sévères, Paris, 1998, p. 290.

326
L’approche des notables municipaux par le biais de l’étude des fonctions
municipales peut sembler limitée. Cependant, nous avons fondé le choix de nos
inscriptions sur les mentions de ces charges. En effet, comme nous l’avons dit
précédemment, une autorité politique induisait forcément une position économique et
sociale dominante. D’autant plus que l’exercice de magistratures fondait la notabilité.
Cela est assez perceptible dans les inscriptions qui mettent en exergue des cursus
souvent complets sans omettre aucune fonction (ou alors très rarement) contrairement à
d’autres provinces. Cette attitude témoigne d’une certaine fierté de ces notables envers
le système municipal instauré par Rome.

Dans un premier temps nous avons donné une approche générale de la vie
municipale dans les cités de Numidie. De même, nous nous sommes interrogé sur les
diverses vagues de peuplement qui arrivèrent en Numidie durant la période préromaine.
Notre volonté serait de poser les fondations d’une réflexion sur les origines préromaines
des notables ou sur une influence des structures politiques ou culturelles puniques,
gecques ou numides sur les cités romaines et donc sur le système politique municipal en
Numidie. L’analyse du rôle des curies dans les cités et sur celui de l’ordo nous conduit
aux origines politiques du pouvoir des notables dont l’élection et le cens sont des piliers
fondamentaux. On constate qu’en Afrique le rôle des curies est resté central dans le
système municipal mais à l’époque tardive (alors qu’il diminuait dans d’autres
provinces). Le questionnement qui découle de cette constatation porte sur les raisons de
cette permanence du rôle des curies. Peut-être faut-il y voir un cas inhérent à l’Afrique ?
Si cela est avéré, qu’elles en sont les raisons ? Qu’en est-il pour la Numidie ? Autant de
questions pour lesquelles nous n’avons pas encore de réponse mais qui posent les bases
d’un développement futur. De même, les interrogations posées par l’usage du terme res
publica dans les inscriptions permettent une approche du concept d’autonomie
municipale et surtout de la notion de corps civique. L’étude du vocabulaire induit un
croisement entre la cité et l’autoreprésentation des notables et des liens qu’ils
entretenaient.

En ce qui concerne les fonctions en elles-mêmes, on constate que les différentes


magistratures municipales présentes dans les inscriptions montrent une hiérarchie bien
structurée. Néanmoins certaines fonctions comme la questure continuent à poser des
problèmes dans la mesure où les historiens éprouvent des difficultés à dire s’il s’agissait
d’un honor ou d’un munus. La place du flaminat perpétuel peut également poser des

327
difficultés : le sacerdoce se plaçait-il obligatoirement après le duumvirat ou bien sa
place était-elle moins fixe qu’on ne le pensait ? A ce tableau des carrières vient s’ajouter
le cas très particulier de la Confédération cirtéenne. Comme nous l’avons évoqué, les
magistratures au sein de la Confédération étaient différentes de celles du reste de la
Numidie. On constatait qu’à dénomination identique les prérogatives étaient différentes
pour une même charge qu’elle soit dans une cité contribuée à Cirta ou appartenant à la
province de Numidie. Au final, il apparaît, qu’excepté la Confédération critéenne, la
hiérarchie municipale des cités de Numidie suivait le cursus municipal « classique » qui
prévalait en Afrique et dans la plupart des cités de l’Occident romain. Le cas de la
Confédération cirtéenne pose, quant à lui, le problème de l’origine de ses magistratures
si particulières. Etaient-elles issues d’une tradition pré-romaine ou bien relevaient-elles
davantage d’une particularité institutionnelle romaine (due sans-doute à un statut
particulier) comme cela était le cas pour certaines cités (exemple de Vienne en
Narbonaise) ?

Nous avons également tenté d’approcher plus en détail des fonctions que l’on peut
considérer comme particulières. Que ce soit la praefectura iure dicundo, le curator rei
publicae ou bien le patron de cité, ces fonctions permettent toutes le même constat :
selon les historiens elles ne peuvent être qualifiées de magistratures mais dans les faits
elles le sont. Cela est notamment le cas pour le curateur de cité dont l’évolution au Bas-
Empire l’a porté au sommet de la hiérarchie municipale. Malheureusement, il apparaît
difficile de suivre cette évolution au travers de nos inscriptions dans la mesure où la
majorité est assez tardive. Mais il conviendrait sans doute de se pencher davantage sur
cette phase d’intégration au corps des magistrats dont on ignore si elle s’est produite
rapidement ou sur un temps plus long. Le patron quant à lui, bien qu’il soit tenu en
grande estime par la cité, n’était pas forcément originaire de celle-ci ou même
d’Afrique. De plus, dans le cas de la Numidie, les patrons de cité semblent avoir été des
gouverneurs et des légats en majorité. Dans son article M. Christol a fait le lien entre
l’exercice de la curatelle et l’obtention du patronat1. M. Christol cherche avant tout à
savoir à quel moment un curateur devenait patron afin de savoir si le patronat de cité
était une récompense, un remerciement de la communauté pour service rendu ou bien un

1
CHRISTOL M., « Les cités et les « autorités publiques » : curatelle et patronat. Le cas des Sénateurs en
Italie » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain, BERRENDONNER C., CEBEILLAC-
GERVASONI M., LAMOINE L. (ed.), Presses Universitaires Blaise-Pascla, Clermont-Ferrand, 2008, p.
523-544.

328
encouragement à adopter l’attitude voulue par la cité. On peut également s’interroger
sur l’utilité de cette fonction conférée au curateur à partir du moment où celui-ci
s’intégrait au corps municipal. A ce moment là, la réponse à cette question nous
conduirait à répondre à celle de M. Christol (dans le cas de la Numidie) : si le curateur
appartenait déjà aux hautes magistratures municipales de la cité, alors l’obtention du
patronat en tant que moyen de pression n’a plus lieu d’être étant donné que, faisant
partie de la cité, le curateur était davantage préoccupé par son intérêt (celui de la cité).
Le patronat pouvait donc être une récompense. La question reste ouverte. En résumé,
ces fonctions forment des cas particuliers venant se « greffer » aux cursus municipaux
dits « classiques » (édilité /questure  duumvirat  duumvirat quinquennal  flaminat
perpétuel).

Nous nous sommes posé la question d’une hérédité des magistratures (du moins
du siège de décurion). Tout d’abord il faut prendre garde lorsque l’on parle d’hérédité. Il
ne s’agit pas d’une hérédité légale mais d’une hérédité de fait induite par le cens et la
nécessité de munificence. La réponse à la question de l’hérédité semble affirmative mais
il faut se garder de négliger un certain renouvellement des curies où des nouveaux
arrivants côtoyaient ainsi les décurions issus de certaines grandes familles de notables.
L’approche de l’onomastique de certains notables de Timgad pouvait également nous
renseigner sur la question des mobilités entre les groupes sociaux mais aussi entre les
cités. Malheureusement la tentative d’étudier les mobilités territoriales ne semble pas
très concluante et il faudrait sans doute élargir le spectre de sélection des inscriptions
afin de réaliser une prosopographie plus complète. Cependant, l’étude des gentilices et
le lien fait avec la diffusion de la citoyenneté nous montre une certaine ancienneté de
son obtention chez les notables de Timgad. Peut-être existe-t-il un lien avec les
légionnaires qui vivaient à Timgad durant ses premières heures ? Quoi qu’il en soit, on
constate une nette domination des gentilices impériaux ce qui donne un indice de
l’action des empereurs sur le territoire de la Numidie.

Au sein du monde grec et romain l’accès à une notabilité obligeait les privilégiés à
une certaine générosité envers la cité et le peuple afin de justifier leur position
dominante. Cette générosité était la pratique évergétique. Cette dernière se retrouve
dans les inscriptions de notre corpus. Ainsi évergétisme et notabilité semblaient
inextricablement liés. Cet aspect, nous allons le voir dans notre dernière grande partie.
Nous nous concentrerons plus particulièrement sur l’évergétisme dit « ob honorem ».

329
Cet évergétisme était une caractéristique de l’accès à une magistrature municipale.
Ainsi, nous tenterons d’entrevoir ce que nous apprennent les inscriptions sur cette
pratique afin de savoir si elle concernait toutes les cités ou si les sommes versées étaient
identiques. Nous poserons également la question d’un éventuel « évergétisme forcé ».

330
TROISIEME PARTIE : L’évergétisme en
Numidie

331
3.1. L’évergétisme ou le devoir de donner

L’évergétisme était un devoir très important dans la carrière d’un notable, car il
permettait à celui-ci d’accroitre son prestige par des libéralités envers la cité et ses
citoyens. L’évergétisme se révéla être un des piliers essentiels de la vie municipale. Par
ailleurs, nous précisons qu’il est assez largement représenté dans notre corpus
épigraphiques. En effet, une grande partie des inscriptions récupérées mentionne des
actes de munificence de la part des notables municipaux. Le graphique suivant illustre
bien notre propos :

Répartition typologique des inscriptions


Dédicaces
impériales
9%
Autres
6%
Inscriptions
funéraires
19%

Evergétisme
45%
Inscriptions
honorifiques
16%

Dédicaces à une
divinité
5%

On peut constater que les mentions de libéralités constituent quasiment la moitié


de notre corpus épigraphique. Cette observation explique que nous désirions consacrer
cette dernière grande partie à une approche de l’évergétisme en tant qu’axe de recherche
pour un futur travail de recherche.

332
Comme nous l’avons dit, il semble que cette pratique n’était pas un droit mais un
devoir, implicite. Les notables d’une cité n’étaient pas fondamentalement obligés de
faire preuve de munificence. Mais ils y étaient socialement poussés. Il ne faut pas voir
dans l’évergétisme un acte coercitif dans lequel les citoyens d’une cité et leurs
dirigeants obligeraient les bienfaiteurs à donner. La pratique évergétique se verrait
plutôt comme une convention socialement mais moralement obligatoire1. L’Afrique
romaine n’échappait pas à ce constat. Qu’en était-il réellement pour la province de
Numidie ? Existait-il plusieurs types d’évergétisme ? Nos inscriptions révèlent un
certain nombre d’aspects sur ces notions et ces questions. Et c’est ce que nous allons
voir dans cette sous-partie.

3.1.1. Qu’est-ce-que l’évergétisme ?

La générosité envers sa patrie était un comportement inhérent aux sociétés


grecques et romaines. En effet, l’évergétisme ne pouvait se concevoir qu’au sein d’un
système de cité. Ce phénomène était, selon F. Jacques, révélateur de l’attitude des
notables envers leur communauté2. Le mot « évergétisme » n’avait aucune
correspondance dans l’Antiquité. C’est un néologisme fondé par A. Boulanger et H-I
Marrou3. Le terme fut forgé d’après les libellés des décrets honorifiques d’époque
hellénistique par lesquels les cités honoraient ceux qui « faisaient du bien à la cité ».
Une évergésie était donc un bienfait et l’évergète un bienfaiteur. Le phénomène
remontait à l’époque classique mais prend vraiment de l’importance durant la période
hellénistique.

Les bienfaiteurs ont eu un impact croissant dans la vie des cités à partir de la fin
du Vème siècle. A l’époque hellénistique certains rois reçoivaient même ce surnom, tels
que Ptolémée III et Bérénice d’Egypte. Si l’on s’arrête quelques instants sur la
civilisation grecque, on constate qu’il faut distinguer l’évergète (citoyen/bienfaiteur

1
Veyne P., Le pain et le cirque, sociologie historique d’un pluralisme politique, Paris, 1976,
2
Jacques F., « Le privilège de la liberté » p. 688.
3
Boulanger A., Aelius Aristide et la sophistique dans la province d’Asie, 1923, p. 25 ; Marrou H.-I.,
Histoire de l’éducation dans l’Antiquité, 1948, p. 405.

333
d’une cité) du titre officiel décerné par décret et octroyé, au départ, seulement aux
étrangers, en reconnaissance pour des bienfaits publics tels que la distribution gratuite
de céréales, la construction d’un édifice ou une fondation. A partir du IIème siècle av. J.-
C., le titre était également octroyé par la cité à certains riches notables dont les
libéralités subvenaient aux besoins de la communauté. Athènes présentait une
particularité : entre le Vème et le Ier siècle, aucun décret n’accorda à un citoyen le titre
d’évergète. Avec l’Empire romain, il semble que l’évergétisme prit, progressivement,
l’aspect d’une redevance obligatoire ou plutôt un versement dont il convenait de
s’acquitter obligatoirement .

P. Veyne discerna deux grandes variétés d’évergétisme1 :

1. Une évergésie offerte par les notables en dehors de toute obligation


définie. Ce que P. Veyne qualifie « d’évergétisme libre ».
2. Une évergésie offerte à l’occasion d’une élection à un honneur public, à
une magistrature ou une fonction municipale. Ce qu’il nomme
« évergétisme ob honorem ». Cet évergétisme présentait la particularité
d’être moralement voire légalement obligatoire. Nous verrons plus
particulièrement ce type d’évergétisme ultérieurement.
Mais, toujours selon P. Veyne, cette distinction apparaît superficielle2. En effet, il
exista plusieurs cas où un acte d’évergétisme libre était la conséquence d’une pression
quelconque ; et inversement un don fait ob honorem s’accompagnait fréquemment
d’une libéralité faite de « bon gré ». On pouvait parler d’une ambivalence du
phénomène évergétique : d’une part nous avons des notables rivalisant de munificence
(à des fins politiques) ; et de l’autre un peuple pressant ces élites à donner.

L’évergétisme relevait, ainsi, d’une compétition permanente. Elle constituait


l’affirmation d’une autonomie civique revendiquée. Une cité ayant des notables assez
aisés pour faire preuve de libéralités était donc une cité prospère et puissante. Et plus les
dons étaient importants, plus le prestige de la cité grandissait. D’autant plus, que ces
actes d’évergétisme étaient liés à la notion de romanité. Ainsi, une cité ornée par ses
notables de certaines infrastructures, apanages de l’identité romaine (arcs, forum,
théâtres…), pouvait accéder à un statut supérieur (municipe par exemple). Cependant, il

1
Veyne P. Le pain et le cirque, sociologie historique d’un pluralisme politique, Paris, 1976, p. 21-23.
2
Ibid. p. 22.

334
ne faut pas assimiler vie municipale et urbanisme. Selon F. Jacques, l’évolution des
travaux ne reflétait pas la situation globale de la cité et plus particulièrement, la vitalité
de son activité politique1. Ainsi, une diminution des dons ne conduisait pas forcément à
un ralentissement ou une stagnation de l’activité édilitaire. Au sein d’une même cité, les
évergésies n’étaient que le fait d’un petit nombre. L’évergétisme monumental, présent
dans les sources épigraphiques, pouvait donner une image biaisée de la réalité. Il mettait
en évidence une petite élite possédant de grands moyens. La couche sociale concernée
était donc très limitée ; les dépenses se révélèrent moins importantes qu’il n’y paraissait.
Les notables ne prenaient pas obligatoirement en charge l’urbanisme. Par exemple, à
Cuicul, les thermes (élevés sous Commode), le temple (érigé sous les Sévères) et l’arc
(Caracalla) furent construits par la cité (pecunia publica). Il ne faut pas négliger les
moyens financiers de la cité en termes de rentrées fiscales. A titre d’illustration, la
caisse de la Confédération cirtéenne pouvait recevoir 250 000 sesterces par an,
uniquement au titre des sommes honoraires. Par comparaison, Timgad ou Théveste en
recevaient 50 000 HS/an. Ainsi, il faut se garder de croire que les cités et l’ordre des
décurions se retrouvaient, en matière de financement, dans un état contemplatif
attendant la contribution généreuse et providentielle d’un richissime notable.
Cependant, les cités ne rechignaient tout de même pas devant des libéralités liées à
l’urbanisme (érection d’arcs, réparation d’aqueduc, construction de marché…). En effet,
des évergésies importantes permettaient d’éviter un grand investissement pour la cité.
Cette dernière faisait l’économie d’un chantier coûteux et se contentait ainsi d’honorer
le notable par un titre honorifique ou l’érection d’une statue (chose relativement
courante). Dans le cas de l’Afrique du IVème siècle, les permanences l’emportaient sur
les changements, ou pour reprendre la formule de F. Jacques il y aurait « plus de
permanence que d’évolution »2. Mais, il faut prendre garde car l’absence d’actes
d’évergétisme ne prouvait pas la déliquescence du système municipal.

De plus, l’évergétisme mettait en jeu l’honneur des familles de notables dont les
membres devaient se montrer dignes de leurs aïeux voire de les surpasser en libéralités.
Ainsi, ce « devoir » de munificence était une pression sociale à la fois extérieure (le
notable vis-à-vis de la cité et ses citoyens), intérieure (le notable vis-à-vis de sa famille)

1
Jacques F., « Le privilège de la liberté », p. 757.
2
Ibid. p. 765.

335
et intériorisée (autocontrainte du notable qui se devait de faire ce que le peuple et
l’ordre de la cité attendaient de lui, de même que de sa famille).

Mais nous nous devons de faire attention en usant du terme « contrainte ». Un acte
d’évergétisme était bien loin d’en être une. Une libéralité (même ob honorem) n’était
pas un impôt : « l’évergétisme n’est pas un quasi-impôt »1. L’évergétisme qu’il fut
collectif ou individuel pouvait suppléer aux défaillances d’une cité mais il ne remplaçait
pas les revenus publics. Ainsi, si une cité était riche alors les évergètes se montraient
d’autant plus munificents. Mais on ne peut que s’interroger sur cette notion de
contrainte. Car la pratique évergétique dans l’Antiquité induisait une forme d’obligation
mais dans ce cas on aurait pu rapprocher l’évergétisme de l’impôt. Seulement comme
nous l’avons dit précédemment le phénomène était double. L’évergétisme relevait d’un
mélange entre deux notions : contrainte et spontanéité. S’il n’était que contrainte alors
l’évergétisme serait un impôt ; et s’il se caractérisait uniquement par la spontanéité alors
rien ne différencierait l’évergète du mécène. Mais dans tous les cas l’évergétisme ne
saurait être qualifié d’impôt ou de « quasi-impôt ». Pour P. Veyne l’évergétisme fut plus
facile à mettre en place qu’un impôt car les notables avaient un goût prononcé pour le
don d’ostentation2. Mais sans contrainte informelle l’évergétisme ne se résumerait qu’en
des actes de mécénat isolés. Il y avait bien une attente des autres (la cité) et donc par
voie de conséquence une valorisation du don par le notable.

C’est cette bipolarité qui différenciait ainsi l’évergétisme du mécénat. Le mécénat


était un acte libre et sans obligation d’un point de vue moral. C’est en cela qu’il est
assez difficile dans les inscriptions de discerner une générosité, reflet d’un geste
« librement » consenti, et un acte d’évergétisme dans l’entièreté de son sens.

La compétition pour les magistratures locales impliquait de lourdes dépenses


évergétiques de la part des « bonnes familles ». Ainsi, une famille connue pour ses
libéralités avait davantage de chance de briguer un plus grand nombre de fonctions
municipales. Par exemple Marcus Cornelius Frontonus Gabinianus3, pour avoir fait
preuve de générosité envers la république de Madauros, a reçu une dédicace
honorifique. Cette inscription nous montre que l’accumulation de bienfaits envers la cité
au fur et à mesure du parcours était un moyen assez sûr de connaître une gloire locale.

1
Veyne P., « Le pain et le cirque », p. 227.
2
ibid. p. 235.
3
ILAlg. I, 2145.

336
Cette inscription nous montre aussi que l’évergète pouvait parfois venir au secours des
finances publiques lorsque la cité traversait une période difficile. Marcus Cornelius
Frontonus Gabinianus fut remercié pour avoir fait distribuer du blé à ses frais aux
citoyens de la cité en période de disette.

Outre ces généralités sur la pratique évergétique, nous allons nous attarder sur
certaines problématiques posées par les études sur l’évergétisme.

3.1.2. Quelques problématiques posées par l’évergétisme

L’évergétisme posa un certain nombre de questions aux historiens. Nous pensons


devoir évoquer quelques-unes de ces interrogations pouvant être approchées comme axe
de recherche. Dans un premier temps, nous travaillerons sur les motivations réelles des
notables quand ceux-ci se sentaient obligés de faire preuve de munificence. Dans son
ouvrage Le Pain et Le Cirque, P. Veyne s’interroge sur la question du patriotisme
comme moteur du don des notables. P. Veyne distingue six motivations : les dons aux
dieux, la piété, la pollicitation, les epidoseis (c’est-à-dire les souscriptions publiques),
les promesses ob honorem et le patriotisme1. Par conséquent, nous poserons la question
de ce patriotisme dans un contexte africain. Nous retiendrons également une hypothèse
avancée par M. Le Glay sur le lien entre évergétisme et religion2.

L’évergétisme relevait à la fois d’un calcul politique de la part des élites mais
aussi d’une fierté. Dans son ouvrage P. Veyne pose la question d’un patriotisme
alimentant cette volonté des notables de faire preuve de munificence envers leur
république3. Dans le cas de l’Afrique romaine, cette fierté est visible. L’Afrique
romaine constituait un « îlot de prospérité et de traditionalisme »4. Dans son article, T.
Kotula montrait que la fierté du statut municipal ou colonial était davantage exacerbée

1
Veyne P., « le pain et le cirque », p. 210-217. P. Veyne illustre le thème du patriotisme plus en détail de
la p. 242 à 246.
2
Le Glay M. « Evergétisme et vie religieuse dans l’Afrique romaine », in L’Afrique dans l’Occident
romain (Ier siècle av. J.-C. – IVème siècle ap. J.-C.), actes du colloque de Rome (3-5 décembre 1987),
Ecole Française de Rome, 1990, p. 77-88.
3
op. cit. p. 242-246.
4
Lepelley C. « Evergétisme et épigraphie dans l’Antiquité tardive : les provinces de langue latine », in
Actes du Xème congrès international d’épigraphie grecque et latine (4-9 octobre 1992), Nîmes, Christol
M., Masson O. (éd.), 1997, p. 335-352.

337
en Afrique qu’ailleurs dans l’Empire1. L’inscription honorant Marcus Cornelius
Frontonus Gabinianus, le récompense « ob insignem in se amorem et frumenti
copiam ». Bien qu’il faille toute proportion garder, la mention de son amour et de son
respect de la république de Madauros semble confirmer la thèse d’un patriotisme des
notables débouchant alors sur des actes d’évergétisme par amour de leur « petite
patrie ».

Dans son ouvrage sur les Aspects de l’Afrique romaine, C. Lepelley avance
l’hypothèse que le culte des génies de cité serait une manifestation d’une forme de
patriotisme local. Varron (cité par saint Augustin) définissait un génie comme « un dieu
préposé à tout ce qui doit être engendré, et qui a puissance en ce domaine »2. Ce culte
connut un grand succès notamment en Afrique. Ainsi dans notre corpus huit mentions
du Génie sont toujours placées en début d’inscription :

Références Localisation
C. 4187 Verecunda
C. 4191 Verecunda
C. 4193 Verecunda
C. 4194 Verecunda
C. 4575 Diane
C. 6947 Cirta
C. 6948 Cirta
AE 1968, 647 Timgad

Selon C. Lepelley, le culte des génies était une forme de patriotisme municipal car
« cette divinité était avant tout l’expression sacrée de la collectivité transcendant les
individus et la génération présente, mais limitée aux dimensions de la cité, dont le génie
était, comme pour un individu, le double divin »3. Ainsi, il y avait plusieurs dieux
civiques, de même que pour les allégories (Concorde, Victoire…), mais au sein de la
cité il ne pouvait y avoir qu’un seul génie comme il n’y avait qu’une seule communauté

1
Kotula T., « Snobisme municipal et prospérité relative : recherches sur le statut des villes d’Afrique du
Nord sous le Bas-Empire » in Antiquités africaines, 8, 1974, p. 111-131.
2
Augustin, La cité de Dieu, VII, 13 : « deus … inquit qui praepositus est ac vim habet omnium rerum
gignenderam ».
3
Lepelley C. Aspects de l’Afrique romaine : les cités, la vie rurale, le christianisme, 2001, Bari, p. 40.

338
civique1. Ce culte permettait d’exalter l’unité des citoyens et l’intégrité de la cité. Dans
nos inscriptions, on trouve un certain nombre de dédicaces aux génies effectuées par des
dignitaires en exercice. Les notables en profitaient pour rappeler leur cursus dans le
cadre d’un acte d’évergétisme ou d’une dédicace d’une statue ou d’un autel. Et pour
cause, sur les huit inscriptions répertoriées, six évoquent des libéralités. Sur une
inscription évoquant un acte d’évergétisme de la part de C. Valerius Secundus, on
constate également l’existence d’un génie de l’ordre2 montrant ainsi l’unité du conseil
des décurions. A Verecunda, on trouve quatre mentions de génies dont une évoquant le
génie de l’ordre, une autre le génie du peuple, le génie de la patrie, et le génie du vicus3.
Cette notion d’unité ou de concordia nous l’avons précédemment évoquée sur le
vocabulaire du notable dans les inscriptions.

P. Le Roux semble assez favorable à cette thèse d’un sentiment patriotique chez
les notables et notamment les plus généreux. Selon lui, « patriotisme et évergétisme sont
associés et indissociables »4. Nous avons compté huit inscriptions mentionnant le terme
patria.

Références Localisation Type d’inscription Contexte d’emploi


de « patria »
C. 2398 Timgad Dédicace Rappel de la
honorifique construction d’un
marché pour la
patrie
C. 2399 Timgad Inscription idem
honorifique
C. 2481 Besseriani Evergétisme ob Evocation d’un
honorem tremblement de
terre qui frappa la
patrie
C. 4681 Madauros Inscription Flamen patriae
funéraire

1
Ibid.
2
CIL VIII 4187.
3
Respectivement CIL VIII, 4187, 4193, 4191 et 4194.
4
LE ROUX P. La toge et les armes, Rome entre Méditerranée et Océan, Presses universitaires de
Rennes, Rennes, 2011, p. 568.

339
AE 1987 Timgad Inscription Pour remercier
honorifique Corelia Valentina
Tucciana de sa
générosité envers la
patrie
C. 7963 Rusicade Rappel d’un acte Mention d’une
d’évergétisme somme de 30 000
sesterces que
Lucius Cornelius
Fronto Probianus
versa à la patrie
C. 4191 Verecunda Dédicace à une Au Génie Auguste
divinité de la patrie
AE 1997, 1728 Timgad Dédicace de la Maison située « au
maison des Corfidii centre de la
patrie »1

Le terme patria, patriae revêtait plusieurs sens. C’était une notion à la fois
concrète et abstraite. La patrie n’était pas au départ une idée strictement politique mais
se situait davantage du côté de l’affectivité et du sentiment. L’attachement à la patrie
relevait de l’identité. La patriae proprement dite était celle de ses pères, la cité de sa
naissance. Cicéron séparait « patrie selon la nature » (cité locale) et « patrie selon le
droit » (Rome)2. La question d’un double attachement à la fois à la communauté
ancestrale et à la communauté romaine (au sens large) se pose ainsi. Dans le cas de la
Numidie, il semble que le terme patrie n’ait pas été utilisé pour qualifier Rome mais
bien la cité du notable, sa terre natale. P. Le Roux fait un constat identique pour
l’ensemble des cités d’Occident : la patrie commune (Rome) n’est jamais concernée3.
Mais nous nous éloignons de notre sujet initial. La patrie était l’objet d’’un attachement
particulier dont témoignaient les évergésies. Pour l’Afrique et l’Italie, on remarque qu’il
y a l’organisation de jeux, la distribution de sportules et l’organisation de banquets. Ces
éléments sont également visibles dans nos inscriptions mentionant des actes
1
« in umbilico sitam patrie ».
2
Leg. II, 5.
3
Op. cit. p. 568.

340
d’évergétisme. Mais le patriotisme local était également un enjeu de compétition entre
les élites. Cette compétition se retrouvait parallèlement dans la pratique évergétique. Ce
qui nous fait conclure qu’évergétisme et patriotisme sont bien liés comme l’affirme P.
Le Roux. Ce patriotisme reflétait l’estime politique dans laquelle les notables tenaient
leur cité et il entretennait la fierté et l’esprit de compétition entre les notables
municipaux.

En se référant à une étude du vocabulaire, P. Le Roux montre que le terme amor


patriae se retrouve dans les inscriptions des notables des cités latines de l’Empire. Cette
expression est assez peu fréquente et relativement circonscrite géographiquement :
Italie, Afrique du Nord et surtout l’Afrique proconsulaire. Alors qu’elle est quasiment
absente en Narbonnaise et dans les provinces hispaniques1. Dans le cadre de la
Numidie, les amor patriae ou amator patriae ne se retrouvent pas dans notre corpus.
Cela ne signifie pas forcément que les notables des cités de Numidie ne partagent pas
eux-aussi une certaine fierté pour leur patrie (le silence des sources n’étant pas un
argument forcément recevable). Cependant nous avons trouvé la trace d’un certain
Potamius qualifié par les décurions de Timgad d’amator civium2. Selon C. Lepelley, le
titre amator civium semble archaïque et peut correspondre avec un titre d’origine
punique3. A l’inverse P. Le Roux pense qu’il n’y a pas lieu de chercher des origines
puniques aux formules telles qu’amans patriae, amator patriae amator civiium qui sont
sans doute issues d’un contexte d’essor des cités sous l’Empire4. Pour notre part, nous
nous rangeons de son côté, notamment en ce qui concerne la Numidie où l’influence
punique, certes, se fit sentir, mais fut moins importante qu’en Proconsulaire romaine.

Les notables agissaient-ils par un cynique calcul politique ? Ou bien au contraire,


Avions-nous affaire à une élite mue par un sincère « patriotisme » et un amour de la cité
matérialisé par une volonté d’accroître son prestige et sa richesse par sa munificence. A
vrai dire, la solution peut se trouver au carrefour de ces deux thèses. L’ambition était
une des principales caractéristiques des notables briguant les magistratures municipales.
L’évergétisme constituait donc pour chacun une étape incontournable dans le processus
« électoral ». Néanmoins, loin d’affirmer que l’évergétisme était considéré par la

1
LE ROUX P. La toge et les armes, Rome entre Méditerranée et Océan, Presses universitaires de
Rennes, Rennes, 2011, p. 566.
2
C. 2400.
3
LEPELLEY C., les cités de l’Afrique romaine au Bas-Empire, vol. 2, Etudes Augustiniennes, Paris,
1979, p. 193.
4
Op. cit. p. 578.

341
notabilité municipale comme un onus (un fardeau), un mal nécessaire, nous pensons
qu’il était également la conséquence d’une fierté, d’un « snobisme municipal » pour
reprendre la formule de T. Kotula1. Nous arguons, que sous le Bas-Empire, alors qu’une
crise du système municipal sévissait (notamment en Orient), l’Afrique resta une
véritable « place forte » du modèle municipal classique. Cette province se caractérisa
par un fort esprit de conservatisme et un véritable traditionalisme africain. Nous
pensons que la remarque de P. Veyne cerne tout à fait l’état d’esprit des notables
municipaux : « le patriotisme (grec) est celui d’un bon citoyen, pair parmi ses pairs, qui
ne se distingue des autres que par un dévouement plus grand au bien public »2 Ainsi, il
faut être réaliste mais sans être totalement cynique. La compétition pour les
magistratures municipales obligeait les familles de notables à d’importantes libéralités.
Mais à côté de cela, on constate un patriotisme local qui cimentait la concordia entre le
populus et l’ordo. L’évergétisme était donc un facteur de pacification des rapports entre
les « classes » au sein de la cité.

Nos propos sur le génie de la cité permettent d’introduire une question que se sont
posés P. Veyne puis M. Le Glay (dans son article sur l’évergétisme et la vie religieuse)3.
Existe-t-il un évergétisme religieux ?

En Afrique, les édifices publics étaient généralement érigés, ornés et réparés soit
aux frais de la communauté (pecunia publica), soit grâce aux dons des notables astreints
ob honorem (sua pecunia). Les temples et autres bâtiments religieux étaient toujours
presque dûs à un évergétisme privé. Du moins c’est la théorie de P. Veyne. Selon lui
« l’évergétisme est civique et non religieux alors que, tout au long de l’histoire, c’est
plus souvent en faveur de leurs dieux que les hommes ont fait preuve de quelque
facilité à donner »4. M. Le Glay pense, quant à lui, que l’évergétisme n’était pas
seulement civique, mais relevait du religieux. Tous les honneurs donnaient lieu à des
libéralités « sacrées » au bénéfice de divinités officielles du panthéon gréco-romain en
premier lieu, puis venaient les dieux/patrons des cités, ensuite les abstractions divinisées

1
Kotula T., « Snobisme municipal et prospérité relative : recherches sur le statut des villes d’Afrique du
Nord sous le Bas-Empire » in Antiquités africaines, 8, 1974, p. 111
2
Veyne P. « le pain et le cirque », p. 243.
3
Le Glay M., « Evergétisme et vie religieuse dans l’Afrique romaine », in L’Afrique dans l’Occident
romain, (Ier siècle av. J.-C. – IVème siècle ap. J.-C.), Actes du colloque de Rome (3-5 décembre 1987),
Ecole Française de Rome, 1990, p. 77-88.
4
Veyne P. « le pain et le cirque », p. 29.

342
(Fortune par exemple) et les empereurs (« morts ou vifs »). On peut remarquer que
l’évergétisme impérial a servi de modèle à l’évergétisme privé.

Pour M. Le Glay, l’épigraphie africaine apporte « un démenti formel à cette vue


(celle de P. Veyne) trop catégorique »1. Selon M. Le Glay, il ne faut pas ignorer le
caractère religieux de l’évergétisme africain. En effet, il constate qu’une grande partie
des libéralités faites ob honorem se matérialisait par l’érection de statues et d’autels en
l’honneur des divinités.

Nous avons recensé, pour la Numidie, quarante inscriptions mentionnant des


érections de statues et autres constructions avec la mention d’une divinité (dieux,
allégories, empereurs). Les inscriptions ont été classées par cité. Nous mentionnons
également les divinités honorées et les références des inscriptions.

Cités Divinités honorées Références


THEVESTE Mercure C. 1842
Diane C. 2343
Fortune C. 2344
Mars C. 2345
THAMUGADI Numen impérial C. 2346
Jupiter C. 2347
Génie de la colonie AE 1968, 647
Diane AE 1982, 958
Jupiter C. 2620
LAMBESE Isis C. 2631
Victoire Auguste C. 2677
Mercure AE 1987, 1070
Génie de l’ordre C. 4187
Génie de la patrie C. 4191

1
op. cit. p. 83.

343
Génie du peuple C. 4193
VERECUNDA Génie du vicus C. 4194
Jupiter C. 4196
Junon Concorde C. 4197
Victoire germanique C. 4202
Génie du peuple C. 4575
Jupiter victorieux C. 4577
DIANE Saturne C. 4580
Victoire C. 4582
Victoire parthique C. 4583
THAGASTE Jupiter/Junon C. 5142
CALAME Neptune C. 5297
Neptune C. 5298
Fortune C. 6944
Génie du peuple C. 6947
Génie du peuple C. 6948
CIRTA Pallas C. 6958
Silvanus C. 6962
Venus C. 6965
Pertinax (divinisé) C. 6995
Indulgence C. 6996
RUSICADE Victoire C. 7963
THUBURSICU Minerve ILAlg. I, 1236
NUMIDARUM
MADAUROS ? ILAlg. I, 2056
CASTELLUM Fortune ILAlg. II, 3574
TIDDITANORUM

A la lumière de l’analyse de ces inscriptions, nous n’embrassons pas totalement la


thèse de M. Le Glay. Nous pensons qu’en effet l’aspect religieux dans ces inscriptions
est évident. Cependant, il trouve souvent place dans une inscription à caractère civique

344
comme en témoignent, les inscriptions mentionnant le genius. Nous avons dit
précédemment que ce culte servait essentiellement à agréger les citoyens autour de la
thématique de l’unité du corps civique. Ainsi, le genius appartenait au monde du
religieux mais relevait dans notre cas du domaine politique. Cependant, l’un
n’empêchait pas l’autre dans un monde romain où temporel et spirituel entretenaient des
liens assez étroits.

Sans vouloir empiéter sur notre deuxième sous-partie, nous souhaiterions


seulement souligner que sur les trente-neuf inscriptions répertoriées, vingt-trois relatent
un évergétisme ob honorem soit presque 60% du total. L’évergétisme ob honorem reste
un évergétisme que P. Veyne qualifie de « civique ». Le sens religieux est sans doute
présent mais il est secondaire. Le notable s’acquitte d’une libéralité en échange d’une
magistrature. La dédicace pouvait être faite au dieu, mais le contenu de l’inscription se
plaçait dans un contexte politique. C’est en cela que nous croyons que M. Le Glay a été
trop critique vis-à-vis des dires de P. Veyne. Nous pensons nécessaire de dire que nous
ne rejetons pas la thèse de M. Le Glay mais pensons qu’elle doit être nuancée. Ainsi, les
références aux divinités dans une inscription rappelant un don ob honorem ne fait que
confirmer le lien unissant sphère religieuse et monde politique. Dans un article faisant le
lien entre évergétisme et religion, M. Frost tente de montrer que les actes de
munificences rimaient avec une réaction conservatrice dans la Mantinée du Ier siècle ap.
J.-C1. L’objectif était donc le maintien des célébrations traditionnelles au sein de la cité,
par l’organisation de jeux, l’érection de temples mais aussi le financement de fêtes
religieuses. Dans l’article de M. Jost on constate que les libéralités servent un
conservatisme religieux, mais le motif sous-jacent reste le politique et le désir
d’affirmation d’une identité politique au travers de la religion. A notre sens, les
dédicaces honorifiques aux divinités doivent être perçues davantage comme des
manifestations politiques et non comme des démonstrations de piété induviduelle ou
collective. La pietas est un des fondements du citoyen mais c’est avant tout le politique
qui forge son identité. Ainis nous pensons que des libéralités impliquant des dédicaces à
des divinités relève de la relation si particulière de la religion romaine dans lequel le
religieux rejoint le politique ; mais surtout en est un des outils (une justification du

1
Voir JOST M., « Evergétisme et tradition religieuse à Mantinée au Ier siècle av. J.-C. », in
Splendidissimas civitas, études d’histoire romaine en hommage à François Jacques, DEMOUGIN S.,
CHASTAGNOL A., LEPELLEY C. (ed.), Publications de la Sorbonne Paris, 1996, p. 193-200.

345
politique par le religieux). Dans le cadre de la Numidie mais plus généralement sur celui
de la religion civique, cette question d’un évergétisme religieux peut encore faire débat.

3.1.3. L’évergétisme et la question de l’urbanisme

La pratique de l’évergétisme est étroitement liée avec l’activité édilitaire et peut


modifier la morphologie d’une cité. Dans la majorité des actes d’évergétisme recensé
(soixante-sept), les deux tiers sont des érections de statues en l’honneur d’un notable le
plus souvent. Mais il y avait également des mentions d’érections de statues dédiées à
une divinité : à Théveste, Quintus Longueius Faustinus a élevé une statue de Mercure en
l’honneur de son accession à l’édilité et à Timgad, Marcus Pompeius Prudentianus a
dédié une statue à Mars1. L’érection de statues pouvait également être faite en l’honneur
de l’empereur : C. Iulius Crescens Didius Crescentianus, notable de Cuicul, a offert
deux statues de Lucius Verus et Marc-Aurèle, A Cirta M. Caecilius Natalis paya pour
l’érection d’une statue de Caracalla en l’honneur de son édilité2. La conséquence de ce
foisonnement statuaire fut un encombrement des fora littéralement envahis par une
foule de statues de pierre. L’érection de statues aussi couteuse soit-elle n’eut pas de réel
impact sur l’urbanisme en général. Cependant d’autres constructions directements
issues d’actes d’évergétisme marquèrent la cité d’une empreinte beaucoup plus visible
et d’un coût substantiel. Nous pensons notamment au financement de la construction de
bâtiments tels que des temples ou des bassins. Voici une liste des diverses constructions
monumentales (hors dotations statuaires) issues de libéralités.

Type de construction Localisation Références


Arc Besseriani C. 2481
Marché avec ornements Timgad C. 2398-2399
Temple avec statue Timgad AE 1968, 647
Fontaine Timgad AE 1979, 670
Restauration d’un Lambèse C. 2660-2661

1
Respectivement C. 1842 et C. 2372.
2
Respectivement C. 8318-8319 (Cuicul) et C. 7094 (Cirta).

346
aqueduc et mise en place
d’un nouveau canal
Remise en état d’une
Lambèse C. 2631
fontaine
Ornementation de la rue
Lambèse C. 2723
et d’un arc
Restauration d’un bassin Calame C. 5335
Arc Cirta C. 7094
Chapelle tétrastyle avec
Cirta C. 7095-7096
statue de bronze
Arc Cirta C. 7105
Basilique Cuicul C. 8318
Arc et décoration du
Thubursicu Numidarum ILAlg. I, 1256
temple de Saturne
Reconstruction du
portique et réhabilitation Madauros ILAlg. I, 2089
du vieux mur
Arc Madauros ILAlg. I, 2130
Construction d’un temple Madauros ILAlg. I, 2131
Construction d’un temple
Tiddis IlAlg. II, 3574
avec statue
Restauration de la curie Théveste AE 1982, 961

En regardant ce tableau, deux élements apparaissent : d’abord le poids de


l‘investissement consenti par le notable pour la construction d’un arc ou d’une
basilique ; puis l’aspect ostentatoire de ces monuments. On constate ici la volonté d’être
vu, la démonstration de richesse faite par le notable. M. Cébeillac-Gervasoni étudie
certains choix de constructions monumentales issus d’actes d’évergétisme des notables
et elle place ces choix en termes d’autocélébration1. Pour ce faire, elle isole trois
groupes de constructions :

1
CEBEILLAC-GERVASONI M. « autocélébration des élites locales : quelques réflexions autour de la
viabilité » in Autocélébration des élites locales dans le monde romain : contexte, textes, images (IIème s.

347
1- Forum et ponts.

2- Via, semitia, crepidines, platea, mais aussi porta, murum et turris.

3- Porticus et arcus.

M. Cébeillac-Gervasoni affirme alors la nécessité pour les élites anciennes ou


nouvelles de se faire remarquer et de gagner l’estime de leurs concitoyens. Afin
d’atteindre ce but, ils optent pour des travaux lourds d’une certaine viabilité qui étaient
pris en charge par les autorités municipales et financés par le trésor public (en règle
générale). Dans notre cas, nous pouvons prendre l’exemple du curateur de Madauros
(flamine perpétuel et patron de la colonie) Caecilius Pontilius Paulinus qui a achevé la
repération d’un pronaos et du portique d’entrée de l’atrium des thermes avec l’argent
publique1. On peut s’interroger sur l’origine de ces choix de constructions et comment
les expliquer ? M. Cébeillac-Gervasoni donne trois points d’explications. D’abord elle
constate que la majorité des travaux est réalisée aux frais de la cité et commandée par
les hauts magistrats. Ces derniers, comme les duumvirs, ont tout de même une certaine
responsabilité dans les cura et envers qui les édiles doivent rendre des comptes. Ensuite,
M. Cébeillac-Gersaoni évoque une nécessité politique : il en va du prestige du notable et
de sa famille mais aussi du prestige de la cité vis-à-vis des autres et surtout vis-à-vis du
pouvoir impérial. Et enfin, M. Cébellac-Gervasoni y voit des phénomènes de modes de
vie notamment avec les édifices d’eau (thermes, amphithéâtres, piscines..). Il en va de
même pour la décoration de certains édifices (les ornamenta). Elle évoque également la
grande importance des portiques qui « vont devenir un indice du degré de
romanisation »2. Ces différents types de constructions se retrouvent dans notre tableau.

Nous avons dit, plus haut dans notre raisonnement, que la vitalité édilitaire d’une cité
et la générosité des notables n’étaient pas forcément liées dans la mesure où un grand
nombre de travaux étaient réalisés grâce à des fonds publics (pecunia publica). Nous
avons cité F. Jacques pour qui il ne faut pas voir dans les libéralités la source essentielle
de l’activité édilitaire d’une cité. Mais cela n’empêche pas S. Demougin de dire que
l’évergétisme n’est pas seulement à considérer comme un simple bienfait mais comme
un suppléant aux carences de l’Etat (surtout en période troublée). Il affirme ainsi la

av. J.-C. – IIIème s. ap. J.-C.), CEBEILLAC-GERVASONI M., LAMOINE L., TREMENT F. (dirs.),
presses universitaires Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, 2004, p. 157-169.
1
ILAlg. I, 2101.
2
Op. cit. p. 168.

348
nécessité de la pratique évergétique pour le fonctionnement harmonieux de l’Etat et des
communautés1. Néanmoins, on peut opposer à S. Demougin l’argument de l’utilité des
bâtiments édifiés. En effet, si l’on s’attache à détailler la liste des constructions issues
des actes d’évergétisme monumental, on constate que pour une majorité des cas elles
n’apportent rien au bien commun.

P. Gros pose judicieusement la question dans un article intitulé Modèle urbain et


gaspillage des ressources dans les programmes édilitaires des villes de Bithynie au
début du IIème siècle ap. J.-C. dans lequel il montre que la multiplication de dépenses
pour des constructions ne répond pas forcément aux besoins des citoyens2. De plus, il
constate qu’il y a expulsion des bâtiments non-décoratifs des centres urbains. On assiste
à l’érection de théâtres et d’amphithéâtres alors que la cité n’en a pas les moyens. Dans
le cas présent l’évergétisme ne compense pas au manquement de la cité mais en est à
l’origine. Qui plus est l’auteur constate l’existence d’évergètes récalcitrants. Ainsi une
crise frumentaire (Bithynie) s’agrave en une crise sociale opposant le populus à ses
élites. Malheureusement, en ce qui concerne la Numidie et dans le cadre actuel de notre
travail, nous n’avons pas les instruments pour répondre à cette question. De même, nous
prenons le risque d’en poser une autre (sans pour autant pouvoir y répondre
actuellement) : l’évergétisme et l’accroissement des dépenses qu’induit la compétition
pour les magistratures provoquent-ils la ruine de certains notables ? On peut tenter de
trouver un élément de réponse dans le Digeste dans lequel Hermogénien estime légitime
le versement par la cité d’une pension aux décurions ruinés par leur évergétisme3. Il
apparaît que ce phénomène existait mais qu’en était-il pour la Numidie ?

Il apparaît tout de même assez évident que les dotations monumentales faites par
les notables à la cité ont contribué à la diffusion de la romanité et donc à un changement
du statut de la cité (passage de municipe à colonie par exemple). On est donc en droit de
se demander si la principale motivation de ces dotations était l’accession au statut de
colonie et si oui avait-elle une influence sur cet évergétisme monumental après
l’obtention de ce statut ? Ainsi la véritable question est : le statut colonial obtenu, les
1
DEMOUGIN S., « De l’évergétisme en Italie » in Splendidissimas civitas, études d’histoire romaine en
hommage à François Jacques, DEMOUGIN S., CHASTAGNOL A., LEPELLEY C. (ed.), Publications
de la Sorbonne Paris, 1996, p. 49-50.
2
Voir GROS P. « Modèle urbain et gaspillage des ressources dans les programmes édilitaires des villes
de Bithynie au début du IIème siècle ap. J.-C. » in L’origine des richesses dépensées dans la ville antique,
LEVEAU P. (ed.), actes du colloque d’Aix-en-Provence (11 et 12 mai 1984), Université de Provence,
Aix-en-Provence, 1985, p. 69-87.
3
Digeste, 50, 2, 8.

349
notables municipaux avaient-ils réellement intérêt à réinjecter de l’argent à nouveau
dans ces grandes opérations de travaux publics ? A la première question nous répondons
négativement : l’accession au colonat n’était pas la seule motivation du notable-évergète
(comme nous allons le voir avec l’évergétisme ob honorem). Quant à la deuxième, W.
Ben Akacha y répond négativement pour le cas de Thugga1. Bien au contraire, il
remarque que l’évergétisme édilitaire renaît avec la promotion coloniale. L’exemple de
Dougga démontre une continuité dans le fonctionnement de la vie des cités de
Proconsulaire, et relativise l’impact de la crise du IIIème siècle sur les villes africaines.
Qu’en est-il pour la Numidie ? Nous avons pris comme cité-témoin, Lambèse. Lambèse
obtient le statut de municipe sous l’empereur Marc-Aurèle vraisemblablement entre 183
et 185. En revanche, le passage de municipe à colonie s’opère grosso modo entre 197 et
252 (l’éventail est assez large mais cela n’a pas d’impact sur notre propos). Si on s’en
réfère au tableau précedent, nous avons quatre inscriptions mentionnant une activité
édilitaire. Ces quatre inscriptions se placent toutes, au plus tôt, dans la seconde moitié
du IIIème siècle2. Certes le faible nombre d’échantillon n’est pas probant mais il vient
confirmer ce que dit W. Ben Akacha pour Thugga (en tout cas pour Lambèse).

Nous souhaiterions conclure en revenant rapidement sur la question de la gestion


de l’eau. Nous avons recensé six inscritpions mentionnant la construction ou la
réparation d’un édifice d’eau.

Type d’édifice Localisation Références


Remise en état d’une
Lambèse C. 2631
fontaine
Restauration d’un aqueduc
et mise en place d’un Lambèse C. 2660-2661
nouveau canal
Construction d’une
Timgad AE 1979, 670
fontaine
Restauration des thermes Madauros ILAlg. I, 2101
Remise en état d’un bassin Calame C. 5335

1
Voir BEN AKACHA W., « Statut institutionnel, évergétisme et urbanisme à Thugga », in Mélanges de
l’Ecole française de Rome, 123-2, Rome, 2011, p. 613-627.
2
C. 2631 = 250-260 ; C. 2660 = 290-293 ; C. 2661 = 276-282 ; C. 2723 = période tardive sans être plus
précis.

350
L’eau pouvait soit être qualifiée d’aqua publica notamment dans le cas des
fleuves de grandes dimensions et surtout les voies navigables, soit pouvait être privée ce
qui est souvent le cas pour les fleuves de moindre importance comme l’aqua ductus
c’est-à-dire l’eau canalisée. C’est notamment le cas pour les aqueducs ; l’expression
aqua ductus se retrouve dans les inscriptions C. 2660 et C. 26611. Dans le cas de nos
inscriptions, on peut se demander si ce sont les notables qui disposaient d’une autorité
sur la propriété de l’eau ou si au travers de ces notables municipaux l’eau appartenait à
la cité ? Le ius aquae est un droit dont dispose les cités d’octroyer l’aduction d’eau à un
particulier et d’en tirer une redevance. Si l’on en croit R. Biundo, dans la plupart des
cas, la gestion de l’eau s’effectue au niveau local. A Venafrum et Urso, la décision
d’accorder une adduction d’eau à un particulier relève de la compétence des dumvirs2.
Cependant Frontin affirme que les magistrats chargés de cette tâche peuvent varier3. En
effet, dans le cas de l’aqueduc Aqua Titulensis il s’agit de deux duumvirs. Seulement la
remise en état des thermes à Madauros est due à un curateur4. Idem pour la réparation
du bassin (ou de l’abreuvoir) à Calame5. Il semble que ces investissements aient été
honéreux pour les cités. Alos on peut se demander quelle est la part de l’évergétisme et
celle de la caisse publique. R. Biundo conclut son article en disant que les dépenses
hydrauliques des cités sont supérieures aux revenus mais que toutefois les cités peuvent
compter sur des initiatives individuelles soit sous la forme d’évergésie soit du
versement des summae honorariae municipales (ce qui fut le cas pour l’Aqua
Titulensis).

L’évergétisme semblait avoir plusieurs fonctions : révélateur de la


puissance d’une cité, vecteur de « pacification » sociale, « générateur de secours » en
cas de défaillance des finances d’une cité, et enfin instrument électoral. C’est ce dernier
point que nous allons approfondir. Nous approcherons plus en détail un des visages de
l’évergétisme : l’évergétisme dit « ob honorem ». C’est-à-dire une dépense répondant à

1
« aquae ductum » (C. 2660), « ductu ui torrentis » (C. 2661).
2
BIUNDO R. « Aqua Publica : Propriété et gestion de l’eau dans l’économie des cités de l’Empire » in
Le quotidien municipal dans l’Occident romain, BERRENDONNER C., CEBEILLAC-GERVASONI
M., LAMOINE L. (ed.), Presses Universitaires Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, 2008, p. 368.
3
De aquis urbis Romae, 95.
4
ILAlg. I, 2101, mais l’inscription est assez endommagée.
5
C. 5335.

351
une promesse de libéralité faite lors de la candidature pour une magistrature ou un poste
municipal.

L’évergétisme ob honorem est un cas très particulier car il pose la question d’un
évergétisme forcé ? Comme nous l’avons dit l’évergétisme était un savant mélange
entre contrainte et liberté. Mais le don ob honorem semble, cependant, brouiller cette
définition car il implique la notion d’obligation légale et non plus morale. La promesse
ob honorem constitue une forme d’évergétisme particulièrement intéressante à étudier
car il s’accompagne d’autres actes de munificences (dans les inscriptions) dont les
sommes sont mentionnées. Ainsi, l’étude de ces sommes peut révéler les différences de
fortunes entre les notables de chaque cité et une hiérarchie des cités (en termes de
prospérité) fondée sur le montant des sommes honoraires que les notables doivent
verser lors de leur entrée en fonction. De même, la question de la contrainte se retrouve
dans la formule ampliata pecunia relatant l’augmentation d’une somme. Ce supplément
était-il fait de bon gré ou constituait-il une sorte de pénalité ? L’évergétisme ob
honorem pose, ainsi, un certain nombre de questions que nous allons tenter d’examiner.

3.2. L’évergétisme ob honorem en Numidie : une générosité


« imposée » ?

3.2.1. Les libéralités ob honorem : un évergétisme différent

L’évergétisme dit « ob honorem » était (comme nous l’avions rapidement évoqué)


un don fait volontairement à l’occasion d’un honneur qu’il ait ou non donné lieu à une
promesse rappelée lors de la dédicace. L’évergétisme ob honorem se décomposait en
trois sortes de dépenses que le nouvel élu devait, parfois, honorer avant sa prise de
fonction :

1- Summa honoraria (ou summa legitima) c’est-à-dire la somme honoraire


payée en numéraire au trésor public de la cité et identique pour tous entre
ses murs (à magistrature égale).
2- Pollicitatio, qui était une dépense volontaire se concrétisant fréquemment
par un opus.
352
3- Ampliato ou adiecto (pas obligatoire) : il s’agissait d’un éventuel
dépassement du devis initial.
Il était fréquent que ces divers éléments finissent par dériver les uns des autres. En
effet, l’obligation de verser une somme légitime (identique pour tous) conduisait le
notable à un accroissement de sa dépense en la coiffant d’une nouvelle promesse
volontaire. Ce désir relevant, comme il fut dit plus haut, d’une volonté de se distinguer
et de surpasser ses concurrents voire ses aïeux. On peut constater un désir pour
l’individu d’augmenter sa générosité. Quand les dépenses excédaient la summa
honoraria, on parlait alors de dépenses faites ob honorem.

Les inscriptions mentionnant des actes d’évergétisme ob honorem occupent une


place très importante au sein de notre corpus. Pour illustrer notre propos, nous avons
réalisé un histogramme basé sur les inscriptions tirées du volume VIII du C.I.L.

100
90
80
70 Dédicaces impériales

60 Inscriptions funéraires
Activité édilitaire
50
Inscriptions honorifiques
40
Promesses ob honorem
30
20
10
0
Inscriptions (CIL VIII)

L’histogramme montre bien que les inscriptions ob honorem représentent un peu


plus d’un tiers du dossier épigraphique tiré du C.I.L. VIII. Dans la partie précédente,
nous avons réalisé un diagramme circulaire illustrant, dans le même esprit, la part des
inscriptions de type évergétique dans notre corpus épigraphique. Le pourcentage
approchait des 45% ce qui semble assez important pour la province de Numidie. Cette

353
nette domination pouvait révéler une puissance de certaines grandes familles de
notables au sein de cette province.

De même, on peut s’interroger sur l’évolution de l’évergétisme ob honorem.


Malheureusement nous n’avons qu’un assez faible échantillonnage d’inscriptions
datées. Notre graphique n’est donc pas forcément probant. Nous avons recensé vingt
inscriptions datées. Nous les avons insérées dans un graphique afin de constater
l’évolution des libéralités faites ob honorem dans la province de Numidie. En abscisse,
sont indiquées les années. Elles sont classées par tranche de 50 ans s’étalant de l’année
100 jusqu’à 300 ap. J.-C. (notre borne chronologique à peu de chose près). Le nombre
d’inscriptions est affiché en ordonnée.

Evolution de l'évergétisme ob honorem


(Numidie)
12

10

6
promesses ob honorem
4

0
100-150 150-200 200-250 250-300

On constate que le pic de dons a réellement lieu à la fin du IIème et début du IIIème
siècle. Cette croissance s’explique peut-être par l’accession au pouvoir impérial des
empereurs africains, les Sévères. Cette explication est sujette à caution mais on peut y
voir une sorte de fierté africaine, identique à celle évoquée par T. Kotula. Mais
l’explication peut aussi être inverse. L’augmentation du nombre d’inscriptions
mentionnant des dons ob honorem peut sans doute signifier un enrichissement des
notables africains. Cette croissance de l’évergétisme ob honorem pourrait être liée à la

354
politique de promotion municipale menée par l’empereur Septime Sévère. Mais J.
Gascou minimise l’impact de la politique de Septime Sévère sur l’Afrique en affirmant
que la création de la province de Numidie n’accéléra pas le processus de
municipalisation1. Cependant, il faudrait, à titre de comparaison, compléter le graphique
avec une autre courbe issue des promesses ob honorem d’une autre province afin que
l’analyse ait un sens. En prennant en compte plus largement les provinces romaines de
l’Afrique du Nord (Proconsulaire, les deux Maurétanies et la Numidie), R.M. Haywood
constate que le nombre de dédicaces faites ob honorem commence à croître sous
Hadrien pour atteindre son apogée sous les Sévères et par la suite cet évergétisme
décroît fortement2. Dans d’autres provinces le phénomène semble identique (en tout cas
en ce qui concerne les Antonins). P. Gros montre un accroissement de l’activité
édilitaire issue de l’évergétisme au début du IIème siècle dans les cités de Bithynie3. E.
Melchor Gil le constate également dans la province de Bétique. Il met d’ailleurs cet
accroissement de libéralités civiques en corrélation avec le processus de
municipalisation initié sous César puis Auguste mais largement diffusé sous les
Flaviens4. Cette large diffusion du statut municipal sous la dynastie flavienne
expliquerait ce qui se passe en Afrique. L’empereur Hadrien s’attache à consolider les
possessions impériales. Son règne est caractérisé par un très large octroi du statut
municipal notamment en Afrique (mais aussi dans d’autres provinces de l’Empire
comme en Orient). L’évergétisme ob honorem étant lié aux notables municipaux eux-
mêmes en lien avec le statut de leur cité, l’accroissement de cet évergétisme semble
directement corrélé avec la multiplication des municipes.

Afin de justifier le traitement de l’évergétisme ob honorem dans une entière sous-


partie, nous pouvons nous demander quelle place il occupe dans le total des actes
d’évergétisme recensé en Numidie. Sur les soixante-sept cas d’évergétisme attestés dans
notre corpus, quarante-cinq sont issus de promesses ob honorem.

1
GASCOU J., La politique municipale de l’Empire Romain en Afrique proconsulaire, de Trajan à
Septime Sévère, Ecole Française de Rome, Rome, 1972, p. 196.
2
HAYWOOD R.M., « Roman Africa » in An economic survey of Ancient Rome, Tenney F. (dir.), vol.
IV ; Pageant Books inc., Paterson (New-Jersey), 1959, p. 73-74.
3
Voir GROS P. « Modèle urbain et gaspillage des ressources dans les programmes édilitaires des villes
de Bithynie au début du IIème siècle ap. J.-C. »in L’origine des richesses dépensées dans la ville antique,
LEVEAU P. (ed.), actes du colloque d’Aix-en-Provence (11 et 12 mai 1984), Université de Provence,
Aix-en-Provence, 1985, p. 69-87.
4
MELCHOR GIL E., « Consideraciones sobre la munificencia civica en la Bética romana » in Elites
hispaniques, NAVARRO-CABALLERO M., DEMOUGIN S. (ed.), Ausonis, Bordeaux, 2001, p. 157-
160.

355
On ne peut que constater la grande proportion des inscriptions mentionnant des
dons ob honorem par rapport aux autres démonstrations de libéralités plus classiques.
Cette forme d’évergétisme semblait alors dominer dans le cas de la province de
Numidie mais il faut faire attention à ne pas généraliser.

Comme nous l’avons dit un don ob honorem se divisait en trois (somme


honoraire, pollicitation, et augmentation de la somme versée). La pollicitation était un
don fait en plus de la somme honoraire. En conséquence, cette pollicitatio se
rapprochait davantage d’un évergétisme classique. Cette libéralité était faite de bon gré
mais accompagnait obligatoirement une somme honoraire. La somme honoraire allait en
général de soi ; par conséquent les notables préféraient mentionner sur les inscriptions le
montant de leur pollicitatio (seul évergétisme permettant réellement de mettre en valeur
leur générosité). La pollicitation était devenue progressivement obligatoire dans les
faits.

La question de l’obligation de ces versements renvoie à celle d’une imposition par


la loi ou la tradition. Ce phénomène change le concept d’évergétisme. En effet, s’il y
avait une pression alors le don perdait son sens initial pour devenir une prestation
classique. Dans le cas présent, on peut se demander si nous pouvons encore parler
d’évergétisme ou plutôt évoquer une sorte d’impôt ?

Le fait est que dans notre corpus épigraphique, il apparait que la somme honoraire
se confondait fréquemment avec la pollicitatio. On peut en conclure que dans l’esprit
des notables, la pollicitation était bien associée à la somme honoraire. A Timgad, C.
Annius Victor, en plus de la somme honoraire, a organisé des jeux1. Sextilius
Saturninus de Lambèse versa quant à lui une somme honoraire de douze mille sesterces
en l’honneur de son flaminat et indépendamment de cette somme il fit preuve d’une
générosité supplémentaire envers les décurions2. Comme nous l’avons dit, cette dernière
n’est que très rarement mentionnée dans les inscriptions. On peut penser que cela venait
du fait qu’étant donné que cette contribution était obligatoire alors les notables ne
voyaient pas l’intérêt de la préciser3. Cet argument n’est pas totalement valable mais
nous ne voyons pas d’autres raisons expliquant l’absence de mention de la somme

1
C. 2344.
2
C. 2711.
3
On peut faire un parallèle avec la mention du décurionat dans le corpus. Cette charge n’apparaissait que
très rarement car elle était une étape nécessaire et peu prestigieuse du cursus municipal.

356
honoraire dans la mesure où celle-ci était obligatoire. De plus, il n’était pas rare que les
élites romaines ne mentionaient dans leurs inscriptions que des éléments qui les
mettaient en valeurs. J. Gascou use de l’argument a silentio lorsqu’il parle des
magistratures dans les villes de Gaule narbonnaise. Il met en avant le fait que les
notables négligeaient de mentionner une fonction inférieure pour mettre en exergue les
plus prestigieuses1. Ce raisonnement peut-être appliqué à cette situation dans la mesure
où la somme honoraire, étant obligatoire, ne valorisait pas la générosité du notable. Au
fur et à mesure ces promesses ob honorem étaient devenues moralement obligatoires.
Mais la question d’une obligation légale, nous allons la poser ultérieurement avec le
phénomène des ampliationes.

En termes de quantité, l’apogée de l’évergésie ob honorem se situa sous le règne


de Septime Sévère. Ce type d’évergésie se concentra dans la province de Numidie,
durant la période allant d’Antonin à Sévère Alexandre, avec un nombre de dons presque
égal à celui de la Proconsulaire. On assista à une extraordinaire flambée entre 193 et
217 en Numidie. La progression des évergésies ob honorem semble confirmer une
modification des exigences des communautés. L’évergésie ob honorem apparaissait
davantage comme un investissement pour une carrière ultérieure qu’une promesse
électorale immédiate ou un remerciement pour fonction décernée. La promesse
évergétique était un argument de campagne. Le notable donnait sa parole de réaliser une
libéralité s’il accédait au poste durant l’élection. Il ne s’acquittait de cette promesse
qu’une fois la fonction obtenue. Par sa générosité supra legitimam, le notable préparait
son accession à son futur poste.

L’évergétisme ob honorem était représentatif de la notabilité. Pour reprendre deux


expressions de P. Veyne : la libéralité ob honorem était une « particularité propre aux
oligarchies » qui jouaient « le rôle de compensation symbolique »2. Il y avait une
nécessité pour les notables de faire profiter la communauté des citoyens de dons en
échange de leur suffrage. Cet évergétisme constituait l’élément structurant de la vie
municipale. Dans le cas présent, le lien entre vie politique et évergétisme est évident.
Un autre point, que nous avons vu et qui fait du don ob honorem un évergétisme

1
GASCOU J. « La carrière des magistrats dans les villes de Gaule narbonnaise » in Splendidissimas
civitas, études d’histoire romaine en hommage à François Jacques, DEMOUGIN S., CHASTAGNOL
A., LEPELLEY C. (ed.), Publications de la Sorbonne Paris, 1996, p. 122.
2
Veyne P. « Le pain et le cirque » p. 218.

357
particulier, est la notion de contrainte. Il semble que cette forme d’évergétisme ait
intégré une plus grande pression morale, sociale mais aussi légale.

Nous allons maintenant nous attarder plus particulièrement sur les summae
honorariae. Les sommes honoraires sont de bons indicateurs lorsque l’on veut étudier
les notables municipaux. Elles permettent parfois d’établir, une hiérarchie entre les cités
mais aussi d’approcher quelques aspects d’histoire économique.

3.2.2. La summa honoraria

Une summa honoraria était une somme d’argent versée par un notable lors de
l’accession à une charge municipale (dérivatif du terme honor). A charge égale, cette
somme était fixe mais pouvait varier selon les cités. En revanche, il n’existe pas de
preuve que ces sommes honoraires aient varié selon les époques dans une même cité et
pour une même charge. Ce versement était obligatoire et ne devait souffrir d’aucun
retard d’exécution. En Afrique, la somme honoraire était, traditionnellement, versée en
numéraire à la caisse publique de la cité. Mais il arrivait tout de même que ces sommes
soient dévolues parfois aux constructions des monuments par les magistrats pour
l’ornement d’une cité. R. Duncan-Jones situe la plupart des mentions de summae
honorariae africaines entre le IIème et le IIIème siècle1.

En termes d’étude des sommes, on peut constater qu’il existait une très grande
disparité de l’amplitude des summae honorariae. Comme nous l’avons dit
précédemment, la pollicitatio se confondait avec la somme honoraire dans les
inscriptions. La conséquence en est que les montants gravés ne sont pas forcément
représentatifs de ce qui était réellement demandé aux notables municipaux (pour la
summa honorariae uniquement). En effet, les paiements décrits ob honorem se
révélaient un indice incertain pour évaluer les charges fixes pour l’office. Il apparait
1
Duncan-Jones R., The economy of the Roman Empire, Cambridge, 1982, p. 82.

358
complexe de différencier les dépenses faites ob honorem des paiements fixes pour
l’office car ils étaient souvent confondus.

Dans notre corpus nous n’avons trouvé que quinze mentions des summae
honorariae sur les quarante-cinq inscriptions relatant un évergétisme ob honorem.
Comme nous l’avons dit, le fait que la somme honoraire ait été obligatoire ne suscitait
pas un grand intérêt pour les notables ; la contrainte ne valorisant pas la générosité. Le
diagramme suivant nous permet de vérifier ce constat.

Part des summae honorariae dans les


promesses ob honorem

summae
honorariae
25%

promesses ob
honorem
75%

Le faible pourcentage des mentions de summae honoriae vient confirmer notre


propos. La somme honoraire ne révélait aucunement une qualité de munificence chez le
notable. C’est pour cette raison qu’elle était quasi-systématiquement accompagnée
d’une pollicitatio. C’était au travers de cette dernière que le peuple et l’ordre de la cité
pouvaient évaluer la générosité d’un notable.

Un des exemples les plus importants de ce dépassement de somme honoraire fut


le cas de Marcus Caecilius Natalis, un notable de la Cirta du début du IIIème siècle, et
que l’on retrouve dans quatre inscriptions de notre corpus épigraphique1. Ces dernières
sont assez complètes étant donné que le montant des sommes honoraires y est
1
C. 6996, C. 7094, C. 7095 et C. 7096. Ces quatre inscriptions furent toutes découvertes à Cirta. Le
contenu des deux dernières est identique. De plus, C. 7095 et 7096 constitue une sorte de résumé des
libéralités effectuées par Marcus Caecilius Natalis.

359
mentionné et que les dons relevant de la pollicitatio sont distincts. Marcus Caecilius
Natalis, en plus des summae honorariae, fit construire une statue de la Sécurité en
bronze en l’honneur de son édilité1. Il organisa des jeux avec des distributions
publiques. Il fit ériger également un arc de triomphe avec une statue en bronze de la
Vertu2 pour sa quinquennalité. Il donna pour bâtir une chapelle tétrastyle avec une
statue en bronze de l’Indulgence pour son accession au triumvirat3. Et en plus de cela, il
organisa des représentations théâtrales avec distribution pendant sept jours dans les
quatre colonies de la Confédération cirtéenne. On est en présence d’un comportement
évergétique caractéristique du parfait notable. Marcus Caecilius Natalis ne se contentait
pas de la somme honoraire mais faisait preuve d’une munificence supplémentaire et
extrêmement prodigue.

Dans le cas précédent nous avons la chance d’avoir les summae honorariae
différenciées des autres formes d’évergétisme. Mais dans d’autres inscriptions cette
différenciation est plus compliquée. Nous avons cependant tenté de réaliser un tableau
des montants en nous basant sur nos inscriptions, ainsi que sur les travaux de R.M.
Haywood4.

 MONTANTS DES SUMMAE HONORIAE (IIème et IIIème siècles)


 Décurionat
 Thubursicu Numidarum = 4000 (ILAlg. I, 1236)
 Cirta = 20 000 (C. 7963)
 Edilité
 Cirta = 20 000 (C. 7094)
 Rusicade = 20 000 (C. 7990)
 Timgad = 2000(AE 1987, 1073)5
 Théveste = 4000 (C. 1842)
 Thubursicu Numidarum = 4000 (ILAlg. I, 1236)

1
C. 6996 et 7095.
2
C. 7094 et 7095.
3
C. 7095
4
Haywood R.M., « Roman Africa » in An economic survey of Ancient Rome, Tenney F. (dir.), vol. VIII,
1959, p. 76-77.
5
En ce qui concerne les deux inscriptions de Timgad (AE 1968, 647 et AE 1987, 1073) les montants des
summae honorariae sont sujets à caution étant donné l’ambiguïté découlant de notre traudction.

360
 Duumvirat
 Cuicul = 4000
 Hippo Regius = 10 000
 Triumvirat
 Cirta = 20 000 (C. 6944)
 Quinquennalité
 Cirta = 20 000 (C. 7094)
 Hippo Regius = 10 000
 Flaminat perpétuel
 Diana = 10 000 (C. 4589)
 Lambèse = 12 000 (C. 2711)
 Thubursicu Numidarum = 6000 (ILAlg. I, 1236)
 Timgad = 10 000 (AE 1968, 647)
 Verecunda = 2000 (C. 41941)

A la lumière de ces chiffres, on peut constater des écarts assez importants entre les
cités. Cirta, Rusicade, Théveste étaient les trois cités où les dons enregistrés ont été les
plus nombreux et les plus couteux. Mais ces sommes honoraires ne permettent pas de
nous renseigner sur la taille des fortunes individuelles au sein d’une même cité.
Cependant, il est possible de voir le niveau de richesse des notables municipaux en
comparant avec d’autres cités. Donc on peut établir une hiérérachie des cités. Et même
entre les provinces. En Numidie, les montants sont relativement modestes mais toujours
plus élevés que dans certaines cités du Cap Bon comme l’a montré S. Aounallah qui
mentionne deux inscriptions provennant de Vina faites ob honorem sufetats2.A titre
d’indication, il faut dire que le sufétat est la magistrature suprême de la cité pérégrine.
Sachant cela, S. Aounallah fait remarquer les sommes honoraires payées pour le sufétat
s’élèvent à 2400, 2600 sesterces (à peine supérieur à l’exercice de l’édilité à Timgad). S.
Aounallah conclut en disant que comparativement « avec ce qui se passe dans les cités
romano-africaines, la somme de 2400 sesterces est d’un niveau très moyen3. Mais d’un
autre côté, les sommes honoraires des cités de Numidie ne peuvent rivaliser avec

1
Voir aussi C. 4202 où la somme est identique.
2
AOUNALLAH S., Le Cap Bon, jardin de Carthage, recherches d’épigraphies et d’histire romano-
africaines (146 a.C. – 235 p. C.), Ausonius, Bordeaux, 2001, p. 199.
3
Ibid. p. 200.

361
d’autres cités. Même les très honéreuses magistratures de la Confédération cirtéenne ne
sont rien à côté de celle de Carthage. L’exercice du duumvirat dans cette dernière
implique le versement d’une somme honoraire de 200 000 sesterces1 (dix fois plus élevé
que le triumvirat de Cirta et cinquante fois plus cher qu’à Cuicul). Ainsi, une
hiérarchisation du niveau de richesses des notables municipaux peut être effectuée en
comparant les sommes honoraires de chaque cité. La disparité des montants nous
renvoie à la question d’une législation ayant pour objectif de fixer les taux ou bien était-
ce chaque cité qui fixait elle-même les sommes. Ces grandes différences entre chaque
cité nous conduisent à penser qu’en effet chacune d’entre-elles légiférait pour établir
une règle. Mais selon R. Duncan-Jones, il semble que les taux de paiement dérivaient
d’une constitution impériale2. L’empereur Antonin le Pieux décida de fixer le montant
de la summa honoraria, dont devaient s’acquitter les décurions de Macédoine, à 2000
sesterces. R. Duncan-Jones prévient qu’il ne faut pas forcément y voir une volonté du
gouvernement d’évaluer le potentiel économique des classes dominantes des cités. En
revanche, il faut dire que le montant de ces sommes honoraires constitue un reflet de la
santé économique d’une cité.

L’exemple le plus flagrant en est Cirta. Pour chacune des quatre fonctions civiles
(décurion, édile, triumvir, quinquennal), les notables devaient s’acquitter d’une somme
honoraire de 20 000 sesterces. Alors que pour d’autres cités, nous avons d’assez grandes
variations en fonction des charges. De plus, il apparaît également que dans les autres
colonies contribuées à Cirta (Rusicade, Milev et Chullu) les notables payaient le même
montant que ceux de la cité-mère. La somme élevée de 20 000 sesterces (la plus élevée
de Numidie) est une preuve de la grande richesse des familles de notables municipaux
de la Confédération cirtéenne. Une carrière politique complète impliquait un minimum
de 60 000 sesterces (édilité + triumvirat + triumvirat quinquennal)3. On peut penser
également qu’une si grande somme demandée était le signe d’un excès d’élitisme de la
part des notables. Par des montants équivalents pour chacune des charges au sein de la
Confédération, ses dirigeants et son conseil manifestaient une volonté de fermer l’entrée
des charges aux décurions les moins fortunés. Ainsi, peut-être que, jusqu’à la
dissolution de la Confédération cirtéenne (deuxième moitié du IIIème siècle), les curies
ne bénéficiaient pas d’un renouvellement de leurs membres. Comparativement, un

1
ILAfr., 390.
2
op.cit. p. 83.
3
L’inscription C. 7094 mentionne la somme honoraire totale dépensée par Marcus Caecilius Natalis.

362
duumvir de Cuicul devait verser 4000 sesterces, et un édile de Timgad, 2000. P. Corbier
explique cet écart par le biais de l’histoire de la fondation de ces cités. En effet, à
l’origine Timgad et Cuicul étaient des colonies militaires. Ainsi, les colons de ces cités,
tous vétérans, ont reçu des lots de terres relativement égaux. Mais ces dotations
respectaient la hiérarchie sociale. Ainsi les officiers bénéficiaient de lots de terre plus
étendus. Ce constat expliquerait les différences entre Timgad et Cirta par exemple1.

Outre les informations que donne l’étude des summae honorariae, nous allons
nous intéresser désormais au troisième élément du don ob honorem c’est-à-dire
l’ampliato.

3.2.3. Ampliata pecunia, augmentation voulue ou forcée ?

Le phénomène de l’ampliato ou somme dite adiecto est le troisième élément que


nous avons évoqué dans notre première sous-partie. Il s’agit d’un dépassement de la
promesse initiale c’est-à-dire summa honoraria et pollicitatio. Cette augmentation est
assez visible dans les inscriptions grâce aux expressions « amplius » et « ampliata
pecunia » :

CIL VIII, 4194 (= 18490) (= ILS 6852)

Autel (117 x 61) découvert à Verecunda sur le forum.

Restitution :

Gen(io) Vici/ aug(usto)/ Cn(eius) Baebius/ Cn(eius) fil(ius) stellat/ Caerealis Ort(a ?)/ Fl(amen)
p(er)p(etuus) adiectis/ at. Legitimam/ Fl(?)( sestertium) (duorum) m(illia) n(ummum)/ (sestertium) I DCC
n(ummum)/ et amplius/ Inlatis rei publicae/ (sestertium) I n(ummum) Posuit/ idemq(ue)/ dedicavit

Traduction :

Au Génie du Vicus Auguste, Cneius Baebius Caerealis Cae, fils de Cneius, d’Ortus, flamine
peprétuel, ayant ajouté à la somme légitime de 2000 sesterces, 1700 sesterces de plus, et paya, en plus de
ce qui était déjà prévu, 1000 sesterces pour l’autel qu’il fit faire et dédicacer.

1
Corbier P., Griesheimer M., L’Afrique romaine, 146 av. J.-C. – 439 ap. J.-C., Paris, 2005, p. 85.

363
Nous avons dénombré dans notre corpus, dix-sept inscriptions évoquant une
ampliato (adiecto). Nous les avons rassemblées dans le tableau suivant en indiquant
localisation et références.

Montants de
Localisation Références l’ampliato
(facultatif)
Théveste C. 1842 2000
Lambèse C. 2711 8000
Verecunda C. 4187 600
Verecunda C. 4193 2000
Verecunda C. 4194 1000
Verecunda C. 4196 -
Verecunda C. 4197 -
Diana C. 4583 -
Diana C. 4594 10 000 ( ?)
Diana C. 4596 6000
Calame C. 5298 2340 ( ?)
Rusicade C. 7990 -
Cuicul C. 8318 -
Timgad C. 2344 -
Timgad AE 1968, 647 -
Thubursicu Numidarum ILAlg. I, 1236 5000
Madauros ILAlg. I, 2089 -

Le phénomène d’augmentation de la pollicitation versée par un notable pour sa


cité remet sur la table le même problème que celui posé à l’évergétisme romain en
général : la question d’une contrainte. En effet, comme nous l’avons vu, la pollicitation
devint, de facto, progressivement, un versement presque obligatoire d’un point de vue
moral et social. Nous avons évoqué une pression reposant sur des élites municipales
censées faire preuve de munificence à l’égard de leur cité. L’ampliato n’est pas
uniquement un phénomène inhérent à la Numidie mais aussi à la Proconsulaire et
l’article de P. Gros nous révèle qu’il était présent dans les cités d’Orient (dans le cas de

364
la Bithynie)1. Certains bouleutes rechignaient à s’acquitter du versement de la somme
honoraire alors Pline (alors gouverneur) décida d’imposer des pénalités en cas de retard
de paiements.

Dans les textes épigraphiques, on constate qu’il était fréquent que la dépense
finale dépasse la somme initiale2. Et parfois la mention de la somme ajoutée était
qualifiée ampliata pecunia ou adiecta pecunia. Le problème est que bien que le souci de
surenchère ait été une constante chez les notables ; la pollicitation était déjà une
libéralité supplémentaire. Donc on peut se demander pourquoi un notable ayant fait
preuve d’une munificence particulièrement généreuse augmentait-il cette somme ?

Dans un premier temps on peut penser qu’étant donné que la pollicitatio était
devenue obligatoire dans les faits, la seule chance pour un notable de faire étalage d’une
générosité plus grande que ses collègues reposait dans l’ampliato c’est-à-dire le
dépassement de ce que l’ordre et la cité attendaient de lui. Ainsi les ampliationes
devenaient les véritables manifestations de l’évergétisme des notables3.

Cette hypothèse se tient ; cependant certaines expressions (que nous allons voir ci-
après) dans notre corpus nous laissent entrevoir plutôt une forme de pénalité. F. Jacques
dans son article parle plutôt de pénalité de retard (dans la réalisation d’un acte
d’évergétisme) pour les « évergètes récalcitrants »4. La preuve de retards d’exécution
est difficile à trouver. Mais le fait que certains évergètes aient cru bon de préciser qu’ils
avaient accompli leur promesse anno suo, durant l’exercice même de leur honneur,
semble prouver que ce n’était pas couramment le cas. Ainsi, à Thubursicu Numidarum
Quintus Vetidius Iuvenal mentionne une pollicitatio effectuée « intra annum honoris
sui » (avant l’expiration de l’année de son honneur)5. A Diane, T. Aurelius Fortis avait
promis une somme de 4000 sesterces pour son accession au duumvirat. Sur son
inscription le notable évoque l’augmentation de cette somme l’année de son duumvirat

1
GROS P. « Modèle urbain et gaspillage des ressources dans les programmes édilitaires des villes de
Bithynie au début du IIème siècle ap. J.-C. »in L’origine des richesses dépensées dans la ville antique,
LEVEAU P. (ed.), actes du colloque d’Aix-en-Provence (11 et 12 mai 1984), Université de Provence,
Aix-en-Provence, 1985, p. 69-87.
2
Dans le cas de la Numidie, ce constat est quasi-systématique. Avec une surélévation de la somme
honoraire dont devait s’acquitter le notable initialement.
3
F. Jacques évoque cette hypothèse dans son ouvrage le privilège de la liberté, Paris, 1984, p.735.
4
Jacques F., « Ampliato et Mora : évergètes récalcitrants d’Afrique romaine », in Antiquités africaines, 9,
1975, p. 159-180.
5
ILAlg. I, 1236.

365
(« anno IIviratus sui »)1. Si l’on pousse plus loin l’interprétation on peut émettre
l’hypothèse que le fait que T. Aurelius Fortis se croit obligé de préciser que cette
augmentation s’est faite l’année de son duumvirat (sa promesse ob honorem porte sur le
duumvirat) signifierait que le notable n’a pas subi de pénalité pour le retard dans
l’exécution d’une libéralité promise. De plus, des rescrits impériaux pénalisaient les
retards de d’accomplissement de promesses2. La jurisprudence impériale imposait une
exécution des engagements sous certains délais sous peine d’avoir à payer des intérêts
de retard.

A Timgad, C. Annius Victor avait élevé une statue (d’une valeur de 16000
sesterces) en l’honneur de son édilité alors qu’il était flamine perpétuel3. Q. Caecilius
Rufus de Verecunda avait promis une statue d’une valeur de 4000 sesterces pour son
flaminat. Cette somme fut augmentée de 2000 sesterces et ce sont sa femme et son fils
qui élevèrent cette statue4 car le personnage était décédé.

Ainsi se pose la question des taux d’intérêt en cas de retard. Le calcul apparaît très
difficile à faire car pour l’effectuer, selon F. Jacques, il faut remplir trois conditions5 :
en premier lieu, connaître le montant de la promesse initiale et celui de l’adiecto ; puis
savoir à quel moment les promesses ont été faites et réalisées ; et enfin avoir la preuve
d’une intervention contraignant l’évergète à s’acquitter de son dû. Il va sans dire que ces
conditions ne sont jamais réunies dans les inscriptions. De plus, un rappel à l’ordre était
quelque chose de honteux pour les récalcitrants. En conséquence, il n’y a aucune
mention d’une quelconque contrainte. Les inscriptions reflètent plutôt l’image d’un
évergétisme idéal. P. Corbier met en garde contre cette vision : « Grâce au texte
épigraphique, l’historien ne connaît qu’un monde heureux, paisible et ordonné qu’il doit
naturellement critiquer comme il le fait pour un texte littéraire ou historique »6.

Néanmoins F. Jacques, en se référant à un rescrit d’Antonin le Pieux et de Marc-


Aurèle sur les dettes7 , parvient à trouver des taux d’intérêt fluctuant entre 5 et 6%.

1
C. 4583.
2
Un passage d’Ulpien dans le Digeste (L, 12, 1) mentionne un rescrit de Septime-Sévère et Caracalla.
3
C. 2344. La valeur de la statue paraît relativement disproportionnée surtout pour une charge d’édile. R.
Duncan Jones (The economy of the Roman Empire, Cambridge, 1982, p. 78-79) avait montré que le prix
médian d’une statue s’élever à 5000 sesterces.
4
C. 4193.
5
F. Jacques, « Ampliato et Mora », p. 174.
6
Corbier P., Griesheimer M., L’Afrique romaine, 146 av. J.-C. – 439 ap. J.-C., Paris, 2005, p. 33.
7
Digeste, XXII, 22, 17.

366
Selon lui, les taux des pollicitations étaient assez homogènes dans toute l’Afrique du
Nord. Il en déduit donc que les dépassements ne devaient pas être très importants.

A Théveste, on a une promesse de 5000 sesterces faite pour l’édilité exécutée


après que le pollicitant ait occupé la praefectura iure dicundo. L’ampliato s’élève à
2000 sesterces. F. Jacques en conclut donc que le retard de paiement oscille entre six et
huit ans. Le paiement de ces intérêts, selon F. Jacques, ne permet pas d’envisager une
ampliato, manifestation d’un simple comportement évergétique proprement dit1.

Bien qu’une pénalité de retard soit une hypothèse assez plausible, il faut nuancer
en disant que le phénomène d’ampliato était sans doute double. D’un côté, il y avait une
pénalité de retard imposée à des notables rechignant à s’acquitter de leur promesse ob
honorem. Cette adiecto serait donc l’indice d’une victoire de la cité dans un conflit
l’opposant à un aristocrate municipale cherchant à se soustraire à ses obligations
morales, sociales et légales. La notion de pression et de contrainte de la part de la curie
et du peuple de la république remettrait en question le sens même d’ « évergétisme ».
Mais dans certains cas, peut-être, la summa adiecta relevait-elle d’un véritable esprit
somptuaire. Dans ce cas, la mention des sommes n’était que le rappel des engagements
pris, dans un souci de légalisme.

Que traduisent réellement les retards de ces notables ? Assistons-nous à une


« crise de l’économie somptuaire » 2? A cette deuxième question F. Jacques repond
négativement en soulignant un traditionalisme africain bien ancré dans les mentalités
des notables. De plus, sous les Sévères on assista à un progrès des dons ob honorem.
Quant à la première question, F. Jacques ne voit pas en ces retards une attitude des
notables cherchant à échapper à leurs engagements3. Selon lui, la lenteur d’exécution
relèverait d’un aspect du phénomène évergétique : « la nonchalance, fait d’une
civilisation »4. Ce laxisme des notables serait ainsi une composante inhérente de leurs
attitudes envers leur patrie. Nous souhaiterions réellement développer plus en détail ce
point dans un prochain travail, car nous pensons qu’il peut y avoir des pistes de
recherche pouvant nous éclairer sur les particularités de cet évergétisme ob honorem
mais aussi sur la situation économique des notables en Afrique.

1
Jacques F., « Le privilège de la liberté », p. 750.
2
Veyne P. « Deux inscriptions de Vina » in Karthago, vol. IX, 1958, p. 91.
3
op. cit. p. 743. F. Jacques rejette également toute idée d’une « pression terroriste » sur les notables de la
part de la curie, du peuple ou des autorités impériales.
4
Ibid.

367
Une des problèmatiques qu’on pourrait développer serait notamment la question
de l’origine de la richesse de ces notables. En effet, c’est cette richesse qui influence
l’importance d’un acte d’évergétisme. Une approche régressive serait donc à faire pour
expliquer la quantité d’argent « injectée » dans une libéralité.

Quelles étaient les sources du revenu des notables dans les cités ? Ptolémée en
recense plusieurs : les Themelia (constructions ?), l’agriculture, le commerce maritime,
les charges de régisseur, les prêtrises, les honneurs publics, les cadeaux et legs,
l’éloquence et le commerce1. Dans l’introduction de son traité sur l’agriculture,
Columelle mentionne la guerre, le commerce, le prêt à intérêt, le droit, la politique et
l’agriculture. Cicéron, quant à lui, distingue les « moyens honnêtes » (le commerce et
les publica) des « moyens malhonnêtes »2 (captations d’héritage, corruption électorale,
trafic d’influence, prêts à intérêt illégal dans les provinces, honoraires d’avocats,
pillages des provinces, accaparement des terres). A ces derniers, il ajoute également les
spéculations d’amateurs d’art sur les objets précieux3. Autant chez Ptolémée que chez
Cicéron on constate que les choses publiques sont un moyen pour les notables
d’accumuler des richesses (mais elles ne sont pas les seules). Il ne faut pas négliger
l’importance du politique dans le fonctionnement économique des sociétés antiques. Le
politique joue un rôle important pour détourner les élites des investissements (usage de
capitaux pour en tirer un revenu) et pour les orienter vers des dépenses à caractères
évergétiques afin d’accroître le prestige d’une cité. Une dépense évergétique
débouchant sur la réalisation d’un opus apparaît en toute logique comme une dépense à
but non lucratif (notamment lorsqu’il s’agit d’une statue par exemple), ce n’est pas un
investissement. P. Leveau use de l’expression « pétrification de richesse » pour qualifier
les parures monumentales d’une cité4.

Dans son article, P. Leveau avoue qu’il apparait difficile de connaître l’origine des
fortunes des notables par le biais des dépenses somptuaires visant davantage à
l’accroissement du prestige et du confort qu’au développement économique. Cependant,
il émet l’hypothèse que des constructions évergétiques ont pu servir de couverture à de

1
Tétrabiblos, IV, 2.
2
Paradoxe, VI.
3
ad familiares, VII, 23.
4
LEVEAU P. « Richesses, investissements, dépenses : à la recherche des revenus des aristocraties
municipales de l’Antiquité » in L’origine des richesses dépensées dans la ville antique, LEVEAU P.
(ed.), actes du colloque d’Aix-en-Provence (11 et 12 mai 1984), Université de Provence, Aix-en-
Provence, 1985, p. 20.

368
rentables opérations (les loyers constituant pour l’aristocratie municipale un revenu on
négligeable). Pour cela, il prend l’exemple du marché de Sertius à Timgad1. P. Leveau
met en avan le caractère évergétique de cette construction mais il pense également
qu’elle a pu servir de couverture à une opération immobilière pour son généreux
donateur. Sertius (Marcus Plotius Faustus) aurait pu ainsi obtenir sa résidence en ville
sur un terrain de l’enceinte. En échange, la ville bénéficierait de la location de stalles et
les corps de métiers auraient pu être emballés par une dépense se transformant en
salaire2.

Ce type de relation aurait permis à certains de considérer la dépense évergétique


comme un investissement. Ainsi dépenses utilitaires et comportements somptuaires se
mêlent. Et la question que l’on peut se poser est de savoir si les Anciens faisaient cette
distinction ? Les actes de munificences civiques peuvent donner des indications sur
l’origine de la richesse des notables. Cependant, la rente et les revenus tirés des loyers
perçus pour l’exploitation d’un aqueduc ou bien d’un marché ne peuvent à eux-seuls
expliquer les sources de la richesse de notables tels que Marcus Caecilius Natalis de
Cirta. Cicéron, Columelle et Ptolémée parlent d’autres sources de revenus. Qu’en-est-il
pour les notables de Numidie ? Avaient-ils un impact sur le commerce ou la production
artisanale ? Et si oui, à quel point leur influence se faisait-elle sentir ? Malheureusement
les objectifs de cette année et la nature de la documentation (essentiellement
épigraphique) ne permettent pas encore de donner des réponses à ces questions. Mais
nous souhaiterions développer ces porblématiques pour un futur travail, notamment en
partant des actes de libéralités et en les croisant avec les sources archéologiques et la
situation économique des cités afin de voir comment les notables se positionnaient vis-
à-vis de ces considérations économiques.

1
C. 2398 et 2399.
2
Op. cit. p. 21.

369
L’évergétisme qualifié d’ob honorem faisait partie intégrante de la notabilité car il
en était un des facteurs déterminant. Le notable municipal et l’évergète ne faisaient
qu’un. Le monde politique et l’évergétisme étaient inextricablement liés. C’est, en tous
cas, ce que laissait entrevoir cette forme d’évergétisme. Car, en effet, le don ob honorem
n’était qu’une des différentes facettes du phénomène évergétique. On peut même tenter
d’aller plus loin en disant que la munificence ob honorem n’était pas de l’évergétisme.
La libéralité ob honorem semble bien plus complexe et impliquait une contrainte
beaucoup plus forte qu’un acte d’évergétisme classique. L’étude de ces libéralités ob
honorem permet d’établir une hiérarchie entre les différentes cités de Numidie et les
familles de notables municipaux. En effet, les mentions d’évergétisme ob honorem,
contrairement à d’autres, évoquent très fréquemment les sommes engagées par les
notables. Cette « transparence » nous permet d’analyser les coûts de l’évergétisme pour
un notable et les variations d’amplitude de sommes entre chaque cité sont de bons
indices de leur santé économique mais aussi du niveau de vie des notables. Mais on peut
également se poser la question d’un surendettement des notables poussés à des
libéralités de plus en plus honéreuses. Ce constat nous conduit à une réflexion sur une
obligation à l’évergétisme.

En effet, nous avons dit qu’il fallait différencier l’évergétisme du mécénat. Ce


dernier était une dépense librement consentie sans aucune forme de coercition ; alors
que l’autre induisait une forme de pression morale et sociale. Sans vouloir reprendre une
terminologie marxiste, on pourrait parler aussi de pression de « classe » : le notable était
contraint à la générosité par la tradition et le devoir dévolu à son rang.

L’évergétisme ob honorem poussa plus loin ces notions de contrainte et de


pression. En effet, il se divisait en trois parties (dont deux systématiques) : une summa
honoraria (summa legitima) dont le versement était obligatoire pour quiconque briguait
un poste municipal ; une pollicitatio qui se rapprochait davantage d’un évergétisme
classique mais qui devint presque obligatoire dans les faits ; et enfin une ampliato
(adiecto) qui était un dépassement des sommes promises précédemment.

Dans le cas de la somme honoraire, on constate de fortes variations de prix entre


les cités mais aussi entre les provinces. Exception faite de la Confédération cirtéenne,
les sommes honoraires payées par les notables de Numidie sont dans la moyenne. Si
l’on procède à une moyenne des sommes payées par les notables pour l’accès à une

370
fonction quelconque on obtient environ 6500 sesterces de somme honoraire en moyenne
par cité (hors Confédération cirtéenne). De plus, une grande partie des sommes
honoraires était investie dans l’érection de statues. Parallèlement à cela, R. Duncan-
Jones a évalué à 5000 sesterces le prix moyen d’une statue en Afrique1. Le prix de la
statue comparé à la somme honoraire moyenne promise par un notable montre que
l’investissement du notable se faisait dans un éventail de prix identique au cours moyen.
Donc les notables des cités de Numidie (hors Confédération) ne se caractérisaient pas
par une générosité excessive, de même que les sommes honoraires demandées pour les
fonctions municipales n’étaient pas outrancières. Mais le cas de la confédération
cirtéenne peut nous conduire à certaines interrogations notamment en matière
d’inflation. Est-ce que les sommes honoraires étaient volontairement ou non indexées
sur les variations des prix ? Et si non on peut se demander si la Confédération cirtéenne
ne constituait pas une sorte de « bulle inflationniste » induisant aux notables cirtéenns
une dépense évergétique importante qui influencerait les coûts d’autres constructions
ailleurs dans la province. L’état actuel de notre documentation ne permet pas de
répondre pour le moment à cette question qui reste en suspend.

La nature même de la somme honoraire niait le sens de l’évergétisme, car elle


était une obligation assimilable presque à une prestation (toutes proportions gardées).
Tandis que l’ampliato impliquait une sorte de surveillance de la cité sur les promesses
de ces notables contraints de s’en acquitter. Cet aspect pourrait être assez intéressant à
développer plus précisément dans un travail ultérieur. Nous regrettons tout
particulièrement de ne pas avoir pu mener un travail de comparaison avec les sources
juridiques et littéraires. Ces perspectives feront ainsi l’objet d’une recherche plus
approfondie pour une future étude.

Cette question de l’ampliato renvoie également à une interrogation sur l’origine


des richesses investies par les notables dans la cité. On constate que la pratique
évergétique n’était pas qu’une générosité mais aussi un investissement de la part des
notables : investissement politique mais aussi financier. Nous avons vu que l’origine de
la richesse des notables pouvait être multiple (agriculture, commerce, spéculation
immobilière). A partir des actes d’évergétisme (notamment ceux faits ob honorem) nous
souhaiterions, pour un travail futur, adopter une démarche régressive pour revenir aux

1
DUNCAN-JONES R., The economy of the Roman Empire, Cambridge university press, 1982 pour la
présente édition, p. 78-79.

371
origines de la fortune de ces élites. Par une étude des prix, de la nature des évergésies,
des fonctions occupées par les notables et de leurs origines et de la situation
géographique et économique de leur cité ; nous voudrions voir dans quels domaines
d’activités les notables municipaux de Numidie puisaient-ils les revenus leur permettant
ces évergésies ?

L’évergétisme ob honorem reste un phénomène intéressant à étudier car il est


révélateur des mentalités et des structures d’une société. D’autre part, de par sa nature,
on se trouve dans une sorte contribution intermédiaire entre l’évergétisme et l’impôt.

372
CONCLUSION

373
Au terme de ce travail, il convient de revenir sur ce que nous avons écrit. Nos
objectifs lors de ce mémoire étaient relativement modestes. Notre but était avant tout de
recenser les notables de la province de Numidie. Les inscriptions rassemblées en
première partie constituent la matière première de notre travail de deuxième année de
Master. Nous avons tant bien que mal tenté de les rassembler avec le plus
d’exhaustivité. Nous les avons traduites et parfois commentées et datées.

Dans un deuxième temps, la vie municipale en Numidie a été étudiée par le biais
de ces inscriptions et notamment l’étude des fonctions municipales. Les cités de
Numidie (à l’instar de celles d’Afrique) se caractérisaient par un certain traditionalisme.
Les curies constituaient le cœur de la cité et alimentaient le sénat (l’ordo). Le système
municipal perdura pendant longtemps en Afrique (et en Numidie). L’ordre des
décurions votait et délibérait. A la tête des cités, les magistrats les dirigeaient,
appliquaient les décisions, présidaient aux constructions, rénovations et
embellissements. Ils rendaient la justice ou faisaient appliquer les lois impériales.

Ces magistratures de Numidie mêlaient à la fois homogénéité et hétérogénéité. Le


cursus classique pour un notable de Numidie débutait avec l’édilité et finissait avec
l’obtention de la quinquennalité et/ou du flaminat perpétuel, en passant par le
duumvirat. Certaines charges n’étaient pas fixes et ne réclamaient pas de paiement de
somme honoraire (caractéristique d’un honor). La questure en faisait partie d’où la
difficulté à en définir la vraie nature. La Confédération cirtéenne, quant à elle,
accompagnait son autonomie par une singularité des charges. L’origine de ce
particularisme semble assez difficile à trouver. Deux hypothèses peuvent être mises en
avant : une tradition héritière des magistratures puniques ou bien une particularité
institutionnelle romaine. En ce qui nous concerne, nous pensons que la seconde semble
la plus plausible, étant donné qu’avant l’apparition des triumvirs et donc de la
contributio des trois colonies (Rusicade, Milev, Chullu) à Cirta, chaque cité était dirigée
par les duumvirs. Le cursus cirtéen était différent du cursus classique. Le triumvirat
constituait la magistrature suprême de la Confédération. Son autorité s’étendait sur Cirta
et les trois colonies qui lui étaient contribuées. Le cas de la Confédération cirtéenne
donne un statut particulier à la Numidie dans la mesure où elle forme une province dans
la province.

374
Certaines fonctions possédaient des particularités qui les rendaient remarquables
en analysant les inscriptions. La praefectura iure dicundo en faisait partie. Le
praefectus disposait de pouvoirs juridictionnels lui permettant de remplacer, si besoin
était, les duumvirs en cas d’absence ou d’incapacité. Dans la Confédération cirtéenne,
les praefecti semblaient cependant avoir des prérogatives supérieures à ceux du reste de
la Numidie. En effet, les praefecti iure dicundo de la Confédération étaient des
représentants des triumvirs dans les autres colonies (Chullu, Milev, Rusicade). Ainsi, à
titre égal, autorité différente. Le praefectus iure dicundo pouvait également signifier une
perte d’autonomie politique de la part de la cité (comme ce fut le cas dans l’Italie du
IIIème siècle av. J.-C.). Mais dans le cas de la Numidie du IIème siècle, cette analyse
semble difficile à mettre en oeuvre dans la mesure où le préfet est un notable originaire
de la cité. Mais il conviendrait sans-doute de se pencher davantage sur cette question de
l’origine du notable occupant le poste de préfet. De même on peut se demander si les
praefectii iure dicundo apparaissent réellement à partir du début de l’expansion romaine
en Numidie (sous Trajan). Le cas des curateurs de cité pose, quant à lui, des
problématiques différentes. En effet, les inscriptions ont montré la progressive
intégration du curateur dans le monde municipal. Ainsi, à partir du IIIème siècle, ce poste
fut occupé par les notables originaires de la province de Numidie. La fonction devenait
donc municipale mais sans s’intégrer au cursus. Cette ambiguïté se retrouvait également
chez le patron de cité. En effet, le patronat n’était pas une charge municipale ; mais il
revêtait un grand prestige au sein des cités. Cependant, ce patronat ne pouvait être
considéré comme un identifiant d’une élite municipale de Numidie. En effet, un patron
d’une cité n’était pas forcément originaire de celle-ci (ni même de la province). M.
Christol a fait le lien entre ces deux fonctions en posant une question intéressante et à
vrai dire révélatrice des dynamiques qui pouvaient exister entre le curateur et la cité
dans laquelle il était envoyé : le patronat était-il accordé pendant ou à l’expiration de
l’exercice de la curatelle1 ? L’adlection aux juges des cinq décuries n’obéit pas aux
mêmes problématiques. Il semble que cette fonction ait été un tremplin à l’ordre
équestre. Toutefois, pour d’autres, être juges, être juge des cinq décuries constituait
l’aboutissement d’une carrière muninipale brillante et faisait davantage office de
magistrature honoris causa.

1
CHRISTOL M., « Les cités et les « autorités publiques » : curatelle et patronat. Le cas des Sénateurs en
Italie » in Le quotidien municipal dans l’Occident romain, BERRENDONNER C., CEBEILLAC-
GERVASONI M., LAMOINE L. (ed.), Presses Universitaires Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, 2008, p.
523-544.

375
Nous avons également évoqué comment les curies et les magistratures se
renouvelaient. En effet, le principe des libéralités ob honorem cumulé à une présence
d’une bureaucratie plus forte a conduit à une diminution du rôle du peuple. Par voie de
conséquence, les curies se fermaient aux nouveaux arrivants et restaient en « circuit
fermé ». Cependant la chose ne semble pas aussi tranchée. En effet, malgré le fait que
certaines grandes familles parviennaient à établir une sorte de quasi-hérédité des
charges ; un renouvellement s’effectua avec une ouverture aux plus modestes. Au IV ème
siècle, on assistait à un élargissement des conseils. L’exemple de l’album municipal de
Timgad montre bien que les curies n’étaient pas dépeuplées et bénéficiaient d’un certain
renouvellement. De même, le principe électif ne fut pas forcément mis à mal mais se
transforma. Ainsi, le peuple avait toujours gardé un rôle important dans la désignation
des magistrats. La nécessité d’une approbation de la part des citoyens d’une république
expliquait donc le maintien d’une pratique évergétique. Ainsi, en Numidie, les curies
électorales conservaient leur rôle premier au moins sous la forme d’acclamation. Mais
la décision incombait au final à l’ordo decurionum. Pour en revenir à la question d’une
hérédité des charges l’étude de la curia commodiana et de l’album de Timgad montre
bien l’ambivalence de la situation. Les curies se voyaient ainsi peuplées de nouveaux
arrivants mais les grandes familles restaient tout de même en tête dans la compétition
aux magistratures et parvenaient à briguer les postes les plus prestigieux. Dans cette
« course » aux honneurs, l’évergétisme tenait une place première dans les cités de
Numidie. L’étude du cas de Timgad nous a permis d’approcher des notions telles que la
citoyenneté et aussi la mobilité. Ainsi il apparaît qu’à Timgad les gentilices des familles
impériales dominent nettement. La large diffusion du gentilice des Julio-Claudiens
montrent que les notables disposent d’une citoyenneté antérieure à la fondation de la
colonie par Trajan. Ce constat renvoie à la question de la mobilité qui malheureusement
reste sans réponse au terme de notre étude. Ainsi nous souhaiterions l’ouvrir à d’autres
cités de Numidie, tout en étudiant les tribus, afin d’approcher la mobilité des familles de
notables plus en détail.

L’évergétisme reste une pratique intimement liée avec la politique et notamment


la politique municipale puisque c’est par elle que le notable pouvait prétendre accéder
aux hautes fonctions de la cité. Cette notion du politique est centrale dans les mentions
évergétiques ; même lorsque ce sont des dédicaces à des divinités. L’évergétisme est
avant tout un évergétisme civique. Nous pensons que l’aspect religieux est avant tout un

376
prétexte pour valoriser la cité (en est témoin notamment la notion de génie de la cité).
L’évergétisme ob honorem vient confirmer notre hypothèse puisqu’il s’agit d’un
évergétisme essentiellement civique. Nous avons montré que l’évergétisme recouvrait
plusieurs aspects qui le différenciaient du simple mécénat. En effet, il mêlait à la fois
contrainte et liberté de donner. Ce caractère implicite était ce qui définissait
l’évergétisme. Le notable subissait une pression sociale (venant à la fois des citoyens et
des décurions de la cité mais aussi de sa propre famille), morale (nécessité d’une
dépense équivalente à la dignité de son rang) et parfois même légale (notamment dans le
cadre de l’évergétisme dit ob honorem). Nous avons dit que les dons et libéralités
étaient à la fois motivés par des ambitions personnelles mais aussi par un véritable
amour de sa patrie. Les notables de Numidie, et plus généralement africains,
éprouvaient une fierté à l’égard de leur cité et la matérialisait par l’évergétisme. L’étude
du vocabulaire de la patria dans les inscriptions révèle une certaine fierté et un amour
de cette patrie que l’on ne retrouve pas dans d’autres provinces. Mais il faut se garder de
tout idéalisme, le patriotisme n’était pas le seul moteur de cette générosité. La
« course » aux honneurs pouvait constituer une motivation suffisante à l’évergésie. Cet
« évergétisme électoral » a pris un aspect tout à fait singulier qui celui de l’évergétisme
ob honorem.

L’évergétisme ob honorem était une particularité au sein même du phénomène


évergétique. Les raisons étaient multiples. Comme nous l’avons dit l’évergétisme
impliquait à la fois une contrainte et une liberté. De ce fait, la libéralité ne pouvait être
considérée ni comme un impôt ni comme relevant du mécénat. Mais l’évergétisme ob
honorem allait plus loin car il induisait progressivement une forme d’obligation
davantage marquée. En premier, la summa honoraria (somme honoraire), dont chaque
notable devait s’acquitter pour postuler à une charge, était un versement obligatoire.
Cette somme variait en fonction des cités et pouvait même donner des indices sur leur
situation économique. Mais son caractère obligatoire ne relevait pas d’un véritable
évergétisme. Ensuite, la pollicitation se rapprochait davantage d’un acte d’évergétisme
classique car elle induisait le don volontaire d’une somme qui se transformait en général
en opus. Mais cette pollicitatio devint progressivement un don systématique et
obligatoire. Et pour finir le système de l’ampliato se définissant par un dépassement du
la somme prévue initialement. Ce dépassement pouvait relever du véritable évergétisme
(la pollicitation devenant obligatoire dans les faits). Mais, en fait, il apparait que ce

377
dépassement pouvait également être une sorte de pénalité pour des retards de paiement
ou des réticences des notables à s’acquitter de leurs promesses.

Pour conclure sur notre travail nous dirons que lpremières ébauches de
raisonnements que nous avons posés doivent servir de base de réflexion sur un travail
futur. La question d’une prosopographie des familles de Numidie au travers des études
épigraphiques et littéraires pourra constituer une piste de recherche intéressante. De
même, il apparaitra nécessaire de joindre au corpus épigraphique, une lecture des textes
antiques et notamment législatifs afin peut être d’étudier le rapport entre les notables
municipaux de Numidie et les fonctionnaires impériaux et donc avec le pouvoir
impérial. La question des mobilités à la fois sociale et géographique pourra être
analysée tout en élargissant le cadre chronologique de notre étude. De plus, il
conviendrait d’étudier plus en détail le cas de la confédération cirtéenne afin de trouver
l’origine de son originalité institutionnelle et de sa prospérité économique. Nous
souhaiterions comprendre quelles étaient les prérogatives de la praefectura iuventutis
qui est très faiblement renseignée. La tentative d’analyse des mobilités faites à Timgad
pourrait être élargie à l’ensemble de la Numidie et croisée avec une étude onomastique.
Ainsi une étude des tribus pourrait nous donner d’avantage d’indices sur l’origine de ces
notables. Mais pour ce faire, il conviendra d’élargir chronologiquement notre champs de
recherche.

Nous pensons qu’une étude plus approfondie sur l’évergétisme (et sur ses
différentes facettes) pourrait nous permettre d’envisager plusieurs aspects de la vie
municipale et notamment les moyens financiers des notables municipaux. L’aspect
économique mais aussi urbanistique peut être analysé par le biais de l’étude des sommes
investies par les notables et par la nature de leurs évergésies. Il conviendrait de croiser
ces éléments avec des sources archéologiques et numismatiques pour appréhender la
situation économique des cités de Numidie. De même le cas de la Confédération
cirtéenne devrait être également étudié afin de savoir si les sommes non négligeables
demandées aux notables cirtéens ne faisaient pas de cette confédération une « bulle
inflationniste » qui influencerait les prix. Et si cela est effectivement le cas à quel point
cette influence se faisait-elle sentir ?

Ainsi de multiples perspectives de recherches pourraient être envisagées pour un


travail futur.

378
ANNEXES

379
STATUTS DES CITES DE NUMIDIE

Fondation ou
Cité Municipe Colonie
déduction

Théveste Début IIème s. X Début IIème s.

Mascula ? ? ?

Thamugadi 100 X 100

Lambèse Début IIème s. 183-185 197-253

Verecunda ? 253-260 X

Lambiridi ? ? ?

Diana
Début IIème s. X Début IIème s.
veteranorum

Madauros 70-96 X 70-96

Thagaste ? ? ?

Fin IIIème s. ?
ème
Calame ? Début II s.
(C. 5332)

Thibilis ? ? ?

Sigus ? ? ?

Thubunae ? ? ?

Thubursicu
Début IIème s. 100-117 X
Numidarum

Thagura ? ? ?

Tiddis ? ? ?

Ier s. av. J.-C.


Cirta Ier s. av. J.-C. X Après 251 (colonie
à part entière)

Ier s. ap. J.-C. Après 251 (colonie


Rusicade X
(contributio à Cirta) à part entière)

380
Milev Idem (Rusicade) X Idem (Rusicade)

Deuxième moitié
Fin Ier – début IIème
Cuicul 96-98 du IIème s. ? (C.
s.
8318)

381
QUANTITE D’INSCRIPTIONS POUR CHAQUE CITE

Cité Nombre d’inscriptions découvertes

Théveste 2

Mascula 1

Thamugadi 23

Lambèse 18

Verecunda 9

Lambiridi 1

Diana 11

Madauros 13

Thagaste 1

Calame 11

Thibilis 1

Sigus 2

Thubursicu Numidarum 13

Thagura 1

Tiddis 6

Cirta 20

Rusicade 5

Milev 1

Cuicul 3

382
RECENSEMENT DES ACTES D’EVERGETISME EN NUMIDIE

Evergétisme ob honorem
Cité Evergétisme (références)
(références)

Théveste C. 1842, AE 1998, 961. C.1842, AE 1998, 961.

C. 2344, 2362, 2372, 2399, C. 2344, 2362, 2372, AE


Timgad AE 1968, 647, AE 1968, 1968, 647, AE 1987, 1073.
670, AE 1987, 1073.

C. 2631, 2711, 2723, AE C. 2711, AE 1987, 1070.


Lambèse
1987, 1070.

C. 4187, 4191, 4193, 4194, C. 4187, 4193, 4194, 4196,


Verecunda
4196, 4197, 4202, 4219. 4197, 4202, 4219.

Lambiridi C. 4418. C. 4418.

C. 4577, 4580, 4583, 4589, C. 4577, 4580, 4583, 4589,


Diana
4594, 4596, 4597, 4600. 4594, 4596, 4597.

C. 5297, 5298, 5335, 5367, C. 5298.


Calame
AE 1960, 214.

C. 6942, 6944, 6947, 6948, C. 6942, 6944, 6947, 6948,


6958, 6962, 6995, 6996, 6958, 6995, 6996, 7094,
Cirta
7094, 7095, 7096, 7099, 7095, 7096, 7105.
7105.

Rusicade C. 7963, 7990. C. 7963, 7990.

C. 8318 (= C. 8319), AE C. 8318 (= C. 8319), AE


Cuicul
1989, 900. 1989, 900.

Thubursicu Numidarum ILAlg. I, 1236, 1256, 1299 ILAlg. I, 1236

ILAlg. I, 2056, 2088, 2089, ILAlg. I, 2088, 2089.


Madauros
2130, 2131.

ILAlg. II, 3574, 3606,


Tiddis
3613.

383
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395
INTRODUCTION ________________________________________________________ 5

PREMIERE PARTIE : Corpus épigraphique __________________________________ 27

1.1. Considérations méthodologiques ________________________________________ 28

1.2. LES NOTABLES DE NUMIDIE : CORPUS EPIGRAPHIQUE ________________________ 35


1.2.1. THEVESTE (Tebessa) _________________________________________________________ 35
1.2.2. MASCULA (Krenschela) ______________________________________________________ 38
1.2.3. THAMUGADI (Timgad) _______________________________________________________ 39
1.2.4. LAMBESE (Lamasba) _________________________________________________________ 88
1.2.5. VERECUNDA (Henschir Markûna) _____________________________________________ 113
1.2.6. LAMBIRIDI (Khirbet-Ulêd-Arîf) ________________________________________________ 129
1.2.7. DIANA (Aïn Zama) __________________________________________________________ 130
1.2.8. MADAUROS (Mdaurusch) ___________________________________________________ 146
1.2.9. THAGASTE (Sûk Aghas vulgo Arrhas) ___________________________________________ 167
1.2.10. CALAME (Gelma) _________________________________________________________ 168
1.2.11. THIBILIS ( Annûna) ________________________________________________________ 185
1.2.12. SIGUS (Bordj-Ben-Zekri) ____________________________________________________ 186
1.2.13. THUBUNAE (Tobna) _______________________________________________________ 187
1.2.14. THUBURSICU NUMIDARUM (Khamissa) _______________________________________ 188
1.2.15. THAGURA (Td ûra) ________________________________________________________ 205
1.2.16. TIDDIS (Kheneg) __________________________________________________________ 207
1.2.17. CIRTA (Constantine) _______________________________________________________ 215
1.2.18. RUSICADE (Stora) _________________________________________________________ 246
1.2.19. MILEV (Mila) _____________________________________________________________ 255
1.2.20. CUICUL (Djemila) _________________________________________________________ 256
1.2.21. AUTRES _________________________________________________________________ 261

DEUXIEME PARTIE : Les notables, la Numidie et la cité ______________________ 265

2.1. Notabilités et épigraphie : la question des fonctions municipales ________ 266


2.1.1. Le notable et la cité : origines et représentations _______________________________ 266
2.1.2. Le cursus municipal _______________________________________________________ 276
2.1.3. Les fonctions municipales dans la Confédération cirtéenne ______________________ 287

2.2. Les particularismes de certaines fonctions ________________________________ 293


2.2.1. La praefectura iure dicundo ________________________________________________ 293
2.2.2. Le curator rei publicae _____________________________________________________ 301
2.2.3. Quelques fonctions plus marginales __________________________________________ 305

2.3. Les familles de notables : une « hérédité » des charges ? ____________________ 312

396
2.3.1. Généralités_______________________________________________________________ 312
2.3.2. Etude de cas : Timgad _____________________________________________________ 316

TROISIEME PARTIE : L’évergétisme en Numidie_____________________________ 331

3.1. L’évergétisme ou le devoir de donner _________________________________ 332


3.1.1. Qu’est-ce-que l’évergétisme ? _______________________________________________ 333
3.1.2. Quelques problématiques posées par l’évergétisme ____________________________ 337
3.1.3. L’évergétisme et la question de l’urbanisme ____________________________________ 346

3.2. L’évergétisme ob honorem en Numidie : une générosité « imposée » ? _________ 352


3.2.1. Les libéralités ob honorem : un évergétisme différent ___________________________ 352
3.2.2. La summa honoraria _______________________________________________________ 358
3.2.3. Ampliata pecunia, augmentation voulue ou forcée ? ____________________________ 363

CONCLUSION ________________________________________________________ 373

ANNEXES ___________________________________________________________ 379

BIBLIOGRAPHIE ______________________________________________________ 384

Catalogues épigraphiques : ______________________________________________ 385

Manuels d’épigraphie :__________________________________________________ 385

Manuels universitaires : ________________________________________________ 386

Ouvrages généraux sur l’Afrique antique : ____________________________________ 386

Ouvrages spécialisés : ____________________________________________________ 387

Articles : ______________________________________________________________ 390

397