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Céramique

Cet article concerne les « arts du feu ». Pour les céramiques développées en science des
matériaux, voir céramique technique.
Pour le cimetière antique, voir Céramique (Athènes).
La céramique fut le premier « art du feu » à apparaître, bien avant la métallurgie et le travail
du verre.

 Une première branche, la terre cuite, recouvre l’ensemble des


objets, fabriqués à partir de terreargileuse, qui ont subi une
transformation physico-chimique irréversible au cours d’une
cuisson à température élevée. Elle reste actuellement le matériau
le plus répandu dans les arts de la table ou la construction
(briques, tuiles).
 Une seconde branche de matériaux céramiques a vu le jour au
cours du XXe siècle. Ce sont lescéramiques techniques dotées de
nouvelles propriétés (tenue à très haute
température, tribologie,conductibilité , etc.). Elles se rencontrent
dans les applications médicales, sanitaires ou industrielles.
Si les premiers indices d'utilisation de la céramique au Paléolithique (~29000 av. J.-C.) relèvent
du domaine cultuel, son utilisation domestique (plats et jarres) apparait au Néolithique (~10000
av. J.-C.), avec la sédentarisation des peuplades.
Son utilisation comme moyen d'expression artistique se développe ensuite et témoigne de l'art de
vivre des civilisations qui lui donnent des formes et des décorations de plus en plus
élaborées : vases grecs, poteries précolombiennes, céramique et porcelaine chinoises,
céramique et
porcelaine d'Europe
et du Moyen-Orient.

Grès émaillé par Jean


Carriès,Grenouille à
oreilles de lapin, vers
1891 - Petit Palais,
Paris.

Sommaire
[masquer]

 1

G
Panneau mural à décor d'azulejos à l'entrée du marché central de Funchal(île de Madère).
é
n
éralités
 2 Évolution historique
o 2.1 Préhistoire
o 2.2 Extrême-Orient
 2.2.1 Chine
 2.2.2 Corée
 2.2.3 Japon
 2.2.4 Inde
o 2.3 Moyen-Orient, Méditerranée et Europe
o 2.4 Amériques
 2.4.1 Amérique du Nord et États-Unis
 2.4.2 Mésoamérique
 2.4.3 Amérique du Sud
o 2.5 Afrique
 3 Notes et références
 4 Voir aussi
o 4.1 Articles connexes
o 4.2 Liens externes
o 4.3 Bibliographie

Généralités[modifier | modifier le code]


Le mot « céramique » vient du grec ancien κέραμος, kéramos, qui signifie « terre à potier »,
« argile ». Il a donné son nom à un quartier d'Athènes, le Céramique.
Un matériau céramique est solide à température ambiante et n'est ni métallique, ni organique.
Les objets en céramique sont réalisés par solidification à haute température d'une pâte humide
plastique (verres minéraux), ou frittage (agglutination par chauffage) d'une poudre sèche
préalablement comprimée, sans passer par une phase liquide (céramiques polycristallines) ;
par assimilation, on désigne sous le terme « céramique » les objets ainsi fabriqués.
On peut distinguer plusieurs catégories de céramique :

 la céramique domestique, principalement la poterie, l'une des plus


anciennes formes de céramique, antérieure au travail des métaux,
qui utilise les terres argileuses comme matériau de base ;
 la céramique de bâtiment qu'on peut répartir de cette manière:
 les carreaux de faïence ou de grès employés dans les travaux
de carrelage;
 la porcelaine sanitaire, employée dans les appareils sanitaires;
 les briques de maçonnerie, tuiles, blocs, carreaux, boisseaux,
voûtains, donc tous les éléments d'infrastructure
de parement ou de couverture en terre cuite;
 la céramique d'art, qui délaisse la fonction utilitaire pour se centrer
sur la valeur décorative ou esthétique ;
 la céramique technique, particulièrement développée au XXe siècle,
et qui utilise des matériaux à base d'oxydes, de carbures,
de nitrures, etc.

Vase de la Dynastie Ming,porcelaine - 1403–1424.

Église St Michael and All Angels, Blantyre, Malawi.briques (Détail).

Porcelaine sanitaire.

Pièces de roulements, céramique composite (nitrure de silicium Si3N4).

Évolution historique[modifier | modifier le code]


Préhistoire[modifier | modifier le code]
La Vénus de Dolní Věstonice (République tchèque) est l'un des plus anciens témoignages de
création en céramique : cette Vénus paléolithique est une représentation féminine datant de
29 000 à 25 000 avant le présent (BP) (Gravettien)1.
La céramique est ensuite attestée :

 en Afrique dès le XIe millénaire av. J.-C. (il s'agit de tessons


apparemment domestiques)2

 entre le IXe millénaire av. J.-C. et le XIVe millénaire av. J.-C. en


Chine du sud3 ;
 vers le VIIe millénaire av. J.-C. en Chine du nord et en Chine
centrale4 ;
 vers le VIIe millénaire av. J.-C. ou le VIIIe millénaire av. J.-C. au
Japon5 ;
 au VIIe millénaire av. J.-C. au Proche-Orient [réf. nécessaire].
D'abord fondée sur la poterie en colombins, la technique de travail évolue vers la fin
du Néolithique avec l'invention du tour rapide, qui apparut en Chine dans la culture de Longshan,
entre 3000 et 2000 ans avant J.-C. Le tour lent apparut même plus tôt, dès la culture de
Yangshao, vers 4000 ans avant J.-C.

Articles connexes : Période Jōmon, Peiligang, Yangshao et Protohistoire de la Mésopotamie.

Vénus de Dolní Věstonice

Ceramique de l'age du Bronze - Cambodge

Extrême-Orient[modifier | modifier le code]


Chine[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Céramique chinoise.
Coupe noire « coquille d'œuf » typique de la culture de Longshan, datant de près de 5 000 ans (université
de Pékin).

Si la céramique chinoise est universellement connue pour la porcelaine, inventée sous


la dynastie Han de l'est (de 25 à 220 après J.-C.)6, elle est aussi riche d'une longue tradition
d'innovations techniques et stylistiques.
En effet, la poterie est en Chine un art d'une extrême ancienneté : si laculture de Yangshao, qui
date de plus de 4 000 ans avant J.-C., est la première à fournir des poteries en grand nombre, les
tout premiers exemplaires de terres cuites datent de 6 000 ans avant J.-C., avec les
cultures Cishan (au Hebei) et Peiligang (au Henan)4. À l'époque néolithique, après la culture
Yanshao, puis la culture Majiayao, les productions de Longshan témoignent de l'apparition du
tour rapide, indispensable du fait de la finesse et de la hauteur de certaines pièces de prestige
dites « coquille d'œuf »7.
La céramique se développe encore, tant sur le plan des formes et des décors que sur le plan
technique, sous les dynasties des Shang et desZhou.
Beaucoup de pièces notables proviennent du mobilier funéraire (mingqi) : armée enterrée de Qin
Shi Huangdi ; représentations de bâtiments, de fermes et figurines humaines des Han ;
danseuses et musiciennes, représentations humaines ou animales « trois couleurs » des Tang,
parfois de grande taille.
Les vases « bleu et blanc », qui apparaissent sous la dynastie mongole des Yuan, se
développeront pleinement sous les Ming, puis encore au début de la dynastie des Qing, lors du
règne de l'empereurKangxi. Sous les Qing également se développent les porcelaines de la
« famille rose » et de la « famille verte ».
Les céramiques et porcelaines chinoises ont eu une grande influence sur le développement des
techniques et des styles en Corée, au Japon puis en Europe.
Corée[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Céramique coréenne.

En Corée, l'influence de la céramique chinoise se fit sentir très tôt, dès l'occupation du pays par
la Chine de 108 avant Jésus-Christ à 313 après J.-C. C'est à ce moment qu'apparurent les
premiers fours élaborés, sans doute au plus tard vers le IIIe siècle après J.-C8. L'art de la
céramique en Corée connut un développement rapide et produisit des pièces
de céladon raffinées. La porcelaine coréenne blanche connut une grande popularité
au XVe siècle, et était souvent décorée de cuivre.
Vers le milieu de la période Joseon, vers la fin du XVIIe siècle, les potiers coréens produisirent des
céramiques « bleu et blanc », faisant appel à l'oxyde de cobalt.
Japon[modifier | modifier le code]
Plat à décor Imari (Arita, Japon,XVIIIe siècle).

Article détaillé : Poterie japonaise.

Après la période Jomon, les premières céramiques japonaises sont les haniwa (埴輪?, cylindres
de terre cuite), qui sont des figurines funéraires japonaises. On les a retrouvés dans de
nombreuses tombes du Kofun (古墳時代, kofun jidai?, IIIe siècle auVIe siècle) à travers tout le
Japon. Ils sont le sujet de recherches scientifiques et archéologiques depuis l'ère
Edo (江戸時代?) mais sont manipulés le moins possible car ils sont très fragiles.
Les sources anciennes évoquant les haniwa sont peu nombreuses. On compte parmi elles
le Nihon Shoki (日本書紀?,Annales du Japon, début du VIIIe siècle).
Puis, c'est vers l'époque de Nara, au VIIIe siècle, que fut tentée la première assimilation de la
céramique chinoise. La Cour japonaise connaissait d'élégants vases sancai (« trois couleurs »),
caractéristiques de la dynastie Tang. La beauté de ces céramiques faisait d'elles des objets
rituels, comme le montre l'une de ces pièces conservées auShōsō-in. Les trois
couleurs Tang firent plus qu'influencer la céramique japonaise : elles apportèrent au Japon la
révélation de la couleur9. Mais, sans doute du fait de l'importance donnée aux objets laqués, le
Japon ne connut pas de véritable développement de la céramique avant la fin du XVIe siècle10 ; ce
fait explique peut être aussi que c'est au Japon que naquit une technique particulière de
réparation des céramiques, à savoir le kintsugi[interprétation personnelle].
À partir de 1616 se développa une production autochtone de porcelaine, inspirée de la production
chinoise, au travers des potiers coréens ramenés de force de leur pays après l'invasion de la
Corée par le Japon à la fin du XVIe siècle11. De plus, l'invasion de la Chine par les Mandchous se
traduisit à partir de 1640, et pendant plusieurs décennies, par un afflux de potiers chinois vers la
région d'Arita, au Japon, ce qui contribua à l'amélioration des techniques. La production de
porcelaine japonaise la plus connue est laporcelaine d'Imari, produite à Arita, et par ailleurs
largement exportée vers l'Europe.
Inde[modifier | modifier le code]
La production céramique de haute qualité dans l'Empire moghol est quasiment inexistante. Ceux-
ci se servaient presque exclusivement de vaisselle chinoise en porcelaine. On peut pourtant
signaler une production de carreaux de revêtement aux couleurs vives réalisés par la technique
de la cuerda seca, sans doute principalement à Lahore. Une série d'entre eux, conservée
au musée Guimet, provient de la tombe de Madani à Srinagar.
Moyen-Orient, Méditerranée et Europe[modifier | modifier le code]
Carreau de revêtement aux lapins, aux serpents et à la tortue utilisé pour illustrer Les Merveilles des
choses créées et les curiosités des choses existantes d'Al-Qazwini (XIIIe siècle) ; céramique siliceuse à
décor moulé et peint sous glaçure réalisée en Iran auXIXe siècle.

Vase de la Manufacture de Sèvres, offert par Louis XVIII au futur Charles X.


Le Déluge, embarquement sur l'Arche de Masseot Abaquesne, 1550. Exposé au musée national de la
Renaissance d'Écouen.

La céramique apparaît au Proche-Orient plusieurs millénaires avant J.-C., à Çatal Hüyük (entre -
6500 et -5700) en Anatolie, et en Mésopotamie au Néolithique avec en particulier les cultures
deHassuna (entre -6500 et -6000) et Samarra (entre -6200 et -5700). En Égypte antique, la
culture de Badari (dès -5500) offre une belle céramique rouge polie à bord noir.
L'apparition du tour au Proche-Orient puis en Europe permet la production rapide de nombreux
récipients standardisés. La pose de vernis noir à base d'oxydes métalliques permet d'améliorer
les techniques de décor. La technique est reprise par les potiers de laGrèce antique puis dans
l'Empire romain, notamment avec la technique de la céramique sigillée dont un des principaux
centres de production est le site de La Graufesenque, dans le sud-ouest de la Gaule. La
céramique romaine, dans les premiers temps de l'Art de la Rome antique hérite de l'apport de
la céramique étrusque puis du contact avec toutes les formes de céramique du monde antique.

Articles détaillés : Céramique grecque antique et Céramique sigillée.

La découverte du décor vitrifié (à base d'eau, de silice et d'oxydes métalliques), déjà employée
dans l’Empire byzantin et en terre d’Islam, permet au Xe siècle le développement de la poterie
vernissée. Les Arabes qui occupent l'Espagne jusqu'au XVe siècleet l'Italie du Sud
jusqu'au XIIe siècle introduisent la technique en Europe. La technique de la terre vernissée est
redécouverte enFrance entre le XIVe et le XVIe siècle, notamment avec les travaux sur
l'émail de Bernard Palissy dont les Italiens et les Espagnols avaient jusque là le quasi-monopole
en Europe. En Italie, auQuattrocento, elle atteint des sommets avec les bas-reliefs enterracotta
invetriata des Della Robbia.

Article détaillé : Art de la céramique en terre d'Islam.

Les techniques empruntées aux potiers ottomans et arabes permettent aussi aux Italiens de
découvrir le sgraffiato et lesmajoliques. Le décor à istoriato apparaît à Florence et
à Faenzaau XVe siècle et la faïence est fréquemment utilisée. La technique de la porcelaine est
redécouverte et affinée, mais s'interrompt au début du XVIIe siècle.
À partir du XVIe siècle, l'art des potiers italiens se répand. AuXVIIe siècle, l'Europe subit deux
influences : l’une italienne àNevers, l’autre chinoise à Delft. La faïence française duXVIIIe siècle,
avec des décors cuits à température de petit feu, se développe avec des centres de production
comme Marseille,Strasbourg, Niderviller.
Le secret de fabrication de la porcelaine est réétudié. Ehrenfried Walther von
Tschirnhaus et Johann Friedrich Böttger découvrent la façon de faire de la porcelaine véritable
en 1708 alors qu'ils travaillent pour la manufacture de Meissen en Allemagne. Les premiers
échantillons de kaolin sont introduits en France parFrançois-Xavier d'Entrecolles en 1712.
En 1765, on découvrira les gisements de kaolin à Saint-Yrieix-la-Perche au sud de Limoges, ce
qui permettra enfin de reproduire en France la porcelaine chinoise12. Dès lors la fabrication
devient intensive, variée et abondante. La Manufacture de Sèvres devient Manufacture nationale
en France. Au XIXe siècle, ses collections sont alimentées par son directeur, Alexandre
Brongniart.
En Europe comme en Orient, la céramique connut un essor particulièrement important durant la
Renaissance. Le château d'Écouen (devenu musée national de la Renaissance, Val d'Oise) fut
bâti parAnne de Montmorency, grand amateur de céramiques. L'imposante demeure contient
donc de très nombreuses faïences et céramiques de l'époque Renaissance, dont une partie fut
réalisée par Masseot Abaquesne. On peut citer notamment le triptyque en faïence Le Déluge,
embarquement sur l'arche, ainsi que les pavements en céramique. Ce sont des œuvres typiques
de la Renaissance, probablement réalisées vers 1550, et très colorées du fait de leur fonction
d'ornement. Mais on peut aussi admirer au château d'Écouen des assiettes de faïence réalisées
par Nicolà da Urbino en 1525 ainsi que des céramiques de Bernard Palissy. D'origine différente
mais de la même époque, le musée national de la Renaissance d'Écouen expose également 522
pièces uniques de céramique ottomane (plats, bouteilles, coupes, etc.). Elles furent pour
l'essentiel réalisées dans la deuxième moitié du XVIe siècle, à Iznik, enTurquie. De très
nombreuses autres faïences et céramiques provenant du monde entier sont visibles dans ce
musée, dans la collection des Arts du feu. Toutes les œuvres datent de la Renaissance.
L'industrialisation croissante à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle modifie le rapport à la
céramique. La généralisation de procédés de fabrication pour la production de masse et les
nouveaux moyens de transport (notamment le chemin de fer), signent l'arrêt de la pièce unique
artisanale aux profit des Arts appliqués. Les ateliers se transforment en fabriques et la petite
industrie se développe dans des centres comme Limoges, Vallauris ou encore Saint-Uze.
La « Céramique parlante »13 se caractérise par l'emploi de texte dans le décor (sous forme de
strophes, poésies, proverbes, etc.) et d'illustrations associées.

Sous la révolution française, des milliers d'assiettes


accompagnent au jour le jour les évènements politiques en les
illustrant de bonnets phrygiens, de coqs, de canons ou
de drapeaux.
On trouve les grands personnages de l'histoire de
France : Bayard, Jeanne d'Arc, Henri
IV, Thiers,Gambetta, Mac-Mahon, etc.
Lorsque le conflit éclate en 1914, l'assiette participe à l'effort
d'union nationale en exprimant des accents guerriers (« Vive le
son du canon !»), humoristiques ou satiriques.
Au début du XXe siècle, l'art nouveau fait rentrer l'art — et
en particulier la céramique — dans la majorité des foyers.
Il est prolongé après la Première Guerre mondiale par l'art
déco et les recherches sur ledesign. Mais la crise
économique de 1929 et l'arrivée de matériaux comme
la fonte, l'aluminium ou l'inoxvont amener un désintérêt
pour la céramique utilitaire. L'apparition après la Seconde
Guerre mondialedes matières plastiques va aggraver la
situation des artisans et des petites fabriques.
En parallèle, l'évolution de la chimie et de l'étude des
matériaux va aussi permettre la création de nouveaux
matériaux céramiques pour des applications industrielles ;
aussi appelée néocéramique, c'est lacéramique technique.
Face à cette désaffection de l'artisanat utilitaire, un
nouveau courant artistique apparaît dans l'immédiat après-
guerre : la céramique contemporaine naît des échanges
entre artistes, souvent des peintres venus à la céramique.
Les techniques de céramique orientales, notamment celles
de Chine et du Japon — par l'intermédiaire de
l'anglais Bernard Leach — sont popularisées. En France,
des villages de potiers revivent. C'est le cas de La
Borne sous l'impulsion de Jean et Jacqueline Lerat et leurs
travaux sur legrès. Vallauris vit une véritable renaissance
avec l'arrivée de nombreux artistes, suivis rapidement par
une célébrité : Picasso.
De nombreux artistes travaillent aussi en Italie à Albisola :
Jorn, Wifredo Lam, Fontana, Capogrossi, Arroyo,
Recalcati, Rougemont, Mondino, Laveri, etc. Depuis les
futuristes jusqu'aux artistes les plus contemporains
du movimento artistico mediterraneo, les ateliers de cette
petite ville balnéaire sont restés ouverts à toutes les
tendances contemporaines.
Amériques[modifier | modifier le code]
Amérique du Nord et États-Unis[modifier | modifier le
code]

Bol anasazi en céramique peinte,XIe-XIIIe siècles, Chaco


Canyon.

Article connexe : Chaco Canyon.

Les populations indiennes d'Amérique du Nord ont


développé un art de la céramique important.
Les Anasazis en particulier ont, dès le VIe siècle, mis au
point un style de poteries décorées de figures (lignes,
points) reprenant sans doute des décors simples de
vannerie. Plus tard, le style devint plus complexe : des
représentations d'animaux ou d'êtres humains furent
dessinées. Les couleurs utilisées étaient différentes selon
les régions : noir et blanc dans le Colorado, noir et rouge
dans le nord de l'Arizona, rouge et chamois dans l'Utah. La
poterie était souvent richement décorée de motifs
incrustés, avant cuisson, au moyen de divers objets (épis
de céréales, tige de yucca ou coquillages).
De nos jours, aux États-Unis, la technique des cuissons
rapides, notamment celle du raku japonais, est
réappropriée par des artistes comme Paul Soldner. Sa
simplicité apparente conjuguée à la vague des rencontres
professionnelles de potiers permet une large
démocratisation de l'art céramique à partir des années
1970 en Amérique, puis de 1981 en Europe.
Mésoamérique[modifier | modifier le code]
Les différentes civilisations mésoaméricaines ont
développé un art de la céramique très élaboré. La plus
ancienne pièce céramique de Mésoamérique est une petite
figurine provenant du site de Tlapacoya-Zopihalco. Elle est
datée de 2300 av. J.-C.
Amérique du Sud[modifier | modifier le code]
Article connexe : Art des Andes centrales.

Vase-portrait mochica anse-goulot en forme


d'étrier, Ier siècle av. J.-C.-VIIIe siècles, musée du quai Branly,
Paris.

Si la céramique apparaît tardivement dans les Andes


centrales vers 1800 - 1000 avant J.-C., elle est bien plus
précoce dans les zones côtières d'Équateur, de Colombie
et du Venezuela où elle apparaît au moins dès le
cinquième millénaire av. J.-C. Mais c'est à la basse
Amazonie que revient la palme de la plus ancienne
céramique avec la céramique des sites de Taperinha et de
Caverna da Pedra Pintada, datée des septième-huitième
millénaires av. J.-C.
Elle apparait également plus précocement dans l'Amazonie
au pied des Andes qu'au Pérou même, comme l'atteste le
Complexe Mayo-Chinchipe14 situé sur le versant oriental
des Andes équatoriennes, ainsi que les cultures
Tutshcaynio et Shakimu dans le bassin versant de l'Ucayali
péruvien.
Au Pérou, son apparition semble surtout liée à un but
utilitaire, notamment pour la cuisson des nouveaux
produits agricoles. Cependant, on connaît aussi quelques
figurines féminines, comme la Vénus de Curayacu, du
musée national du Pérou, datée du IIe millénaire avant
notre ère[réf. nécessaire]. Ce personnage féminin se présente
dans une attitude frontale et hiératique, les bras plaqués
sur le corps, le décor se résumant à des incisions.
La céramique de Chavin apparaît vers 1200/800 – 300 av.
J.-C. Elle agit comme un médium qui véhicule
l’iconographie de Chavin vers les régions éloignées de la
cité principale. Les formes de céramique les plus
fréquemment rencontrées sont des vases globulaires à
anse-goulot en étrier et des bouteilles à haut col. En
général, les surfaces sont de couleurs sombres (gris, noir
ou brun) ; un décor de félins, de fleurs ou d'oiseaux est
incisé, gravé ou modelé.
Vers 100 à 600 après J.-C., la poterie polychrome des
Nazcas reprend en grande partie les thèmes
iconographiques des Paracas, mais une nouveauté
technique fondamentale y apparaît : les couleurs sont
désormais appliquées avant cuisson, et non plus séparées
par des incisions. Les types de céramiques s’enrichissent
également, de vases sphériques à goulots reliés par une
anse pont (qui existaient déjà chez les Paracas), de
gobelets, de bols, de terrines, de jarres, de récipients
anthropomorphes. Les couleurs, posées en aplat, sont le
plus souvent délimitées par un contour noir, formant divers
motifs décoratifs, avec une grande dislocation dans les
figures.

Articles détaillés : Céramique


Cupisnique, Céramique Mochica et Céramique Chimú.

Vers 100 à 700 après J.-C., la culture mochica est la seule


culture qui crée de véritables scènes complexes avec
interaction de personnages multiples, notamment dans sa
poterie funéraire. Les spécialistes distinguent cinq phases
différentes, reconnaissables à la forme de l’anse-goulot en
étrier. Les décors sont variés, entre le modelage, le relief,
l'incision, la peinture, ou encore le dessin au trait, le tout
dans des tons lie de vin sur crème en général. Parfois, ces
poteries peuvent également être noires (phase 3) ou à
engobes gris ou polychromes (phase 5). L'évolution a lieu
vers plus de réalisme, de vie et une plus grande
complexité, et la poterie mochica est la première qui parte
à la conquête de l’expression (personnages en train de
rire). Les thèmes sont donc riches et variés : félins,
guerriers portant bouclier rond, masse d'arme, tunique en
coton et casque, ou encore chamans mastiquant de la
coca mêlée à de la chaux.
Enfin, au XVe siècle, la céramique inca est marquée par
l'apparition de différentes formes comme l’aryballe (grande
jarre accrochée dans le dos) et le florero (avec un long col
évasé). Les décors sont de préférence géométriques, mais
il existe tout de même des motifs floraux, des
représentations d'animaux et d'humains.
Afrique[modifier | modifier le code]

Vase Teke, RD Congo.

Articles détaillés : Art de la céramique en terre


d'Islam et Céramique d'Afrique subsaharienne.

Même si l'étude des céramiques africaines n'a pas fait


l'objet de la même attention que celles du Proche-Orient,
de la Chine ou de l'Europe, des céramiques ont été
produites en Afrique de l'Ouest, on l'a vu, dès
leIXe millénaire av. J.-C., soit 500 ans avant les premières
céramiques égyptiennes et 2000 ans avant le Proche-
Orient. Ces céramiques ne semblent pas associées à
l'invention de l'élevage et de l'agriculture, ce qui modifie la
vision classique de la révolution néolithique.
Les fouilles de Hasi Uenzga au Maroc, dans le Rif oriental,
ont mis au jour des tessons de céramique encore plus
anciens, qui pourraient également dater du IXe millénaire
avant J.-C.

Carreaux de céramique lustrée décorant la partie supérieure


du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan en Tunisie.

La terre cuite, du fait de sa faible valeur, a rarement été


réemployée alors que les métaux ont été transformés et
refondus tandis que le bois était la proie des termites. C'est
donc en terre qu'ont été modelées les plus anciennes
figures retrouvées.
La barrière physique du Sahara, en limitant les échanges,
a créé des conditions de développement différentes entre
le nord et le sud du continent africain.
 Les pays du Maghreb, sous l'influence phénicienne,
puis romaineet arabe, ont découvert deux innovations
majeures :
1. le tour de potier a permis l'apparition d'une
céramique régulière produite en quantité ;
2. les émaux et les glaçures, introduits par les
arabes, ont favorisé la production de
céramique décorative et architecturale. L'un
des plus anciens et des plus remarquables
ensembles de céramiques lustrées du
Maghreb et même de tout le bassin
méditerranéen, est celui composé de 139
carreaux de céramique à reflets métalliques
ornant la partie supérieure du mihrab(niche de
prière) de la Grande Mosquée de
Kairouan en Tunisie ; cet ensemble précieux
de carreaux monochromes et polychromes
date du début de la seconde moitié
du IXe siècle (vers 862)15.

 Les régions d'Afrique subsaharienne, à l'écart de ces


innovations, ont créé des styles de poteries plus
centrés sur les valeurs plastiques et symboliques du
travail de la terre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

1. ↑ Vénus de Dolní Věstonice [archive]

2. ↑ É. Huysecom, "Un néolitihique "très" anciens en Afrique


de l'Ouest ?, Dossier Pour la Science no 76, juillet-

septembre 2012

3. ↑ Découverte des premiers tessons de poterie en


Chine [archive]

4. ↑ a et b LI, He, La Céramique chinoise (2006), p. 19

5. ↑ La plus vieille poterie du monde serait japonaise [archive]

6. ↑ HE Li, La Céramique chinoise (2006), p. 39.

7. ↑ Tour de potier et céramiques « coquilles d'œuf » dans la


culture de Longshan [archive]
8. ↑ Influence de la céramique chinoise en Asie de l'est et du
sud-est [archive]

9. ↑ Elisseeff D. et V. : La Civilisation japonaise (1974),p. 305.

Les Grandes Civilisations - Arthaud.(ISBN 2-7003-0014-9)

10. ↑ Développement de la céramique japonaise grâce aux


prisonniers coréens à la fin du XVIesiècle [archive]

11. ↑ Importance des potiers coréens pour le développement


de la céramique japonaise au XVIIesiècle [archive]

12. ↑ Porcelaine véritable, donc dure, alors que les principaux

centres de production européens (Rouen,Saint-

Cloud, Chantilly, Mennecy, Vincennes etSèvres) utilisaient


une porcelaine tendre.

13. ↑ Françoise Marcard, La France de 1870 à 1918, Armand

Colin, Paris, 2005

14. ↑ http://www.arqueo-ecuatoriana.ec/fr/galerie-

ceramologique/59-oriente/102-complejo-mayo-
chinchipe [archive]

15. ↑ La céramique lustrée (Qantara patrimoine


méditerranéen) [archive]

Voir aussi[modifier | modifier le code]


Sur les autres projets Wikimedia :
 la céramique, sur Wikimedia Commons

 céramique, sur le Wiktionnaire

Il existe une catégorie consacrée à ce


sujet : Céramique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

 Porcelaine | Faïence | Grès | Terre-papier


 Céramique chinoise | Céramique mochica |Céramique
d'Afrique subsaharienne
 Céramique grecque antique | Typologie de la
céramique grecque
 Céramique technique
Liens externes[modifier | modifier le code]
 Académie internationale de la céramique
 Site infoFaience
Bibliographie[modifier | modifier le code]

 He Li, La Céramique chinoise, Thames &


Hudson, 2006 (ISBN 2-87811-270-9)
 Cécile et Michel Beurdeley, La Céramique chinoise -
Le Guide du connaisseur, Office du livre, Fribourg -
Vilo, Paris, 1974
 Christine Lahaussois, La céramique, coll. Arts et
techniques, éd. Massin, (ISBN 2-7072-0255-X)
 Vocabulaire technique de la céramique, ouvrage
collectif, éditions du patrimoine, 2001(ISBN 2-85822-657-1)

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