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UNIVERSITÉ DE CERGY-PONTOISE

UFR DE LETTRES ET SCIENCES HUMAINES


ÉCOLE DOCTORALE "DROIT ET SCIENCES HUMAINES"

THÈSE DE DOCTORAT EN SCIENCES DU LANGAGE


Présentée et soutenue publiquement le 24 juin 2014 par

Cossi Boniface GNANGUENON

Sous la direction de Monsieur Jean PRUVOST


pour le grade de

DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE CERGY-PONTOISE


Analyse syntaxique et sémantique de la langue "fɔn" au Bénin en
Afrique de l'Ouest, pour la création d'un dictionnaire bilingue en
langues fon et français :

Approche onomastique : dérivation affixale de la nomenclature


des . Dictionnaire étymologique
des noms calendaires fon.

Membres du jury :

M. Jean PRUVOST Directeur de thèse Directeur du laboratoire


Lexique Dictionnaire Informatique (LDI – CERGY)

M. Olivier BERTRAND Professeur de Linguistique (LDI – CERGY)


Président du jury

M. Salah MEJRI Professeur de Linguistique


Université de Paris XIII Villetaneuse
Rapporteur

M. Maxime da CRUZ Professeur de Linguistique 1er Vice-recteur


U v té ’Ab -Calavi (UAC – BÉNIN)
Rapporteur
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Remerciements
Au moment où ce travail s'achève, je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont
aidé à le faire :
- M. Jean PRUVOST, mon Directeur de thèse, qui a accepté ma candidature à cette
thèse et qui la dirigée de bout en bout. Les journées de rencontre L.D.I me
permettaient de présenter quelques "morceaux d'architecture" de ce travail à chaque
fois que l'occasion se présentait et les conseils judicieux qui s'en suivaient me
permettaient eux-aussi de corriger le "tir" et de me remettre au travail.
- Toute l'équipe de laboratoire L.D.I (Lexique, Dictionnaire, Informatique), sa
disponibilité pour des échanges ponctuels et précis sur tels ou tels points qu'ils soient
administratifs ou scientifiques.
Mes remerciements au-delà des océans à ma première patrie le Bénin où j'ai puisé la
plupart des ressources à la fois humaines et matérielles qui m'ont servi à
"confectionner" chaque chapitre de cette thèse. J'ai rencontré à Cotonou1 , des
personnes merveilleuses non seulement, elles m'ont encouragé à faire cette thèse, mais
aussi elles ont mis de la documentation stratégique à ma disposition. D'aucuns m'ont
orienté vers le spécialiste de tel ou tel domaine de la linguistique avec qui j'ai pu
avoir des contacts directs ou téléphoniques.
Le professeur Georges Gankpé GUÉDOU, pionnier de la thèse en linguistique sur la
l g fɔ 1976, a ouvert la voie à la recherche dans ce domaine jusque là
inexploré par les sciences du langage. Dès que je suis vé t l
t t l t v t t l A U f
d'importantes documentations que j'ai épulchées les unes après les autres. Il m'a aussi
orienté vers le Professeur Albert Bienvenu AKOHA, un ancien ami qui est aussi
spécialiste du domaine et qui a fait deux thèses de doctorat sur cette langue fon. Un
doctorat de troisième cycle en 1980 et une thèse d'Etat en 1990.
Comme par hasard, nous sommes tous originaires de cette région située au centre du
Bénin l été lh t t p l
é t l N t l t l l g fɔ t l f l g
sonore, tonologique et harmonieuse.
Je remercie aussi le Professeur Maxime da CRUZ, Linguiste et Vice-recteur de
l'Université d'Abomey-Calavi (UAC), chargé des Affaires Académiques et de la
Recherche Universitaire, qui m'a été aussi d’ grand secours, suite à notre rencontre à
Paris. Il a accepté de corriger et de me retourner quelquefois mes travaux que je lui
envoyais par internet. Nos échanges se font aussi parfois par téléphone. Je le suis
aussi redevable.

1
Cotonou : capitale économique du Bénin, située sur le littoral.
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Mes remerciements vont aussi à mon cousin, cher frère et ami d'enfance M. Lambert
HOUESSOU qui s'est chargé du côté logistique de cette thèse. Il m'expédiait les divers
documents mis à sa disposition, depuis Cotonou à Paris chaque fois que je lui
annonçais l'arrivée d'un ami de Paris à Cotonou, les contacts se nouaient très vite et je
recevais mes documents dès le retour des amis parisiens.
Je remercie aussi le Professeur émérite Louis NOUKOUÈ, pour ses conseils, ses
encouragements et a aussi pour avoir assisté à un des colloques internationaux
organisés par le laboratoire LDI2 sur le site de l'Université de Cergy-Pontoise (UCP).
J'exprime ma reconnaissance à Mme. Brigitte RIERA, Vice-Présidente de la Direction
des Ressources Humaines de l'UCP qui a accepté d'aménager mes horaires de services
afin que je puisse disposer du temps nécessaire pour terminer cette thèse qui
effectivement est achévée aujourd'hui, dans les délais requis.
Mes remerciements aussi aux collègues de SEFIAP (Service d'Expertise de Formation
d'Ingénierie et d'Assistance Pédagogique) de l'UCP. Il s'agit notamment de Vincent ,
Noah, Thierry, Kareen, Cosette, Violaine.
U g t t f ll t t f t f Kɔ v
Ayaba Karen et Kɔɔv téph
bl p pl l t p t pé t t t
m'ont expliqué le sens de leur nom de famille car au Bénin, tous les noms portés ont
une origine, un sens voire une histoire. Je me permets de transcrire ici le nom de
certains de mes amis dans un ordre purement alphabétique. Je n’en cite que quelques
uns que ceux qui ne sont pas cités veuillent bien m'en excuser. Il s'agit de :
, Ahanhanzo
Agbidinuku ou
P t l p l t p b p ’ t l
3
étymologique est étudié plus loin, au chapitre des noms propres calendaires.

2 LDI : Lexique Dictionnaire et Informatique


3
Chapitre XX
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SOMMAIRE
PARTIE I
LA COMMUTATION ........................................................................................... 25

CHAPITRE I
LA PHONOLOGIE ................................................................................................. 27
1.1Introduction ........................................................................................................ 28
1.2 Définition des fonctions principales de base ..................................................... 30
1.3 Les principes théoriques de la méthodologie .................................................. 32

CHAPITRE II
MÉTHODOLOGIE DE LA COMMUTATION ..................................................... 35
1. Introduction ......................................................................................................... 36
2.2 Notion de phonème .......................................................................................... 39
2.3 - Conclusion ...................................................................................................... 43

CHAPITRE III
LA PHONÉMATIQUE ........................................................................................... 45
3.1Introduction ........................................................................................................ 46
3.2 Présentation des phonèmes ................................................................................ 47

CHAPITRE IV
DÉFINITION ET CLASSEMENT ......................................................................... 67
DES PHONÈMES ................................................................................................... 67
4 .1 Introduction ...................................................................................................... 68
4.2 Définition des phonèmes consonantiques ......................................................... 68

CHAPITRE V
ÉTUDE PHONOLOGIQUE COMPARÉE DES ................................................... 75
LANGUES FϽN EN UN ET KASIM ...................................................... 75
5.1 Introduction ....................................................................................................... 76
5.2 - La langue GEN (Mina) .................................................................................. 76
5.3 Définition et classement différentiel des voyelles............................................. 80

CHAPITRE VI
LA SYLLABE 91
6.1 Introduction ....................................................................................................... 92
6.2 – Inventaire des schèmes syllabiques en langue fon ......................................... 92
6.4 La structure VV ................................................................................................ 99
6.5 Tonalité ........................................................................................................... 101
66 h t ................................................................................................. 104
6.7 Ton bas ( ‵ )................................................................................................... 104
6.8 Ton moyen ( ) .............................................................................................. 104
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6.9 Mo l t ˇ .............................................................................................. 105
6.10 Conclusion sur les tons ................................................................................. 106

CHAPITRE VII
LE MOT PHONOLOGIQUE ............................................................................... 109
7. 1 Introduction .................................................................................................... 110
7.2 La notion de MONÈME .................................................................................. 110
7.3 – Inventaire des mots phonologiques ............................................................. 114
7.4 Inventaire des traits tonals ou (tonaux) ......................................................... 119
7.5 Inventaire des traits contrastifs ...................................................................... 119
7.6 - Conclusion .................................................................................................... 119

CHAPITRE VIII
SYNTHÈSE CRITIQUE ....................................................................................... 123
8.1 Introduction ..................................................................................................... 124
8.2 La notion de morphème à travers les courants de pensée. .............................. 124
8.3 Autres courants de pensée .............................................................................. 126
8.4 La Commutation .............................................................................................. 128
8.5 Conclusion ...................................................................................................... 129

PARTIE II
É A E L’AR E LA LEXICOLOGIE AU BÉNIN ..................................... 131

CHAPITRE IX
ÉVOLUTION DE LA LEXICOLOGIE EN FRANCE ........................................ 135
9.1 Introduction ..................................................................................................... 136
9.2 La lexicographie .............................................................................................. 138
9 3 L’ té l l l .................................................................................. 139
9.4 Le Dictionnaire : La genèse des dictionnaires ................................................ 140

CHAPITRE X
ÉVOLUTION DE LA LEXICOGRAPHIE AU BÉNIN ...................................... 151
10.1 Introduction ................................................................................................... 152
10.2 Aperçu historique : La pénétration européenne au Dahomey ....................... 153
10 2 3 L’œ v h ................................................ 155
10.2.5 De nouveaux chantiers ............................................................................... 159
10.3 Le bilan des réalisations ................................................................................ 161
10.4 Signes avant- ’ ép ......................................................... 164
10 5 L’ vè t g AN N....................................................... 164
10.6 Conclusion partielle ....................................................................................... 165
10.7 Les essais de production lexicographique .................................................. 167
10.8 Le Père JOULORD (juin 1907) .................................................................... 181
10 9 t t v v g l l g FƆN ...................................... 184

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CHAPITRE XI
APPROCHE THÉORIQUE DE LA LEXICOLOGIE DU FONGBE .................. 195
11.1 Introduction ................................................................................................... 196
11.2 La lexicologie du fongbe .............................................................................. 196
11.3 La lexicologie des bases ............................................................................... 197
11.4 Dérivation ..................................................................................................... 200
Remarques ............................................................................................................. 202
11.5 Conclusion ..................................................................................................... 205

PARTIE III
ONOMASTIQUE : MORPHOLOGIE DÉRIVATIONNELLE
DES NOMS PROPRES DE PERSONNES ......................................................... 207

CHAPTITRE XII
ANTHROPONYMIE : GÉNÉRALITÉS .............................................................. 209
12.1 Introduction ................................................................................................... 210
12 2 L’ té t l’ét ........................................................................................ 210
12.3 Les principaux protagonistes du domaine ..................................................... 210
12.4 La situation au Bénin ..................................................................................... 212
12.5 Conclusion ..................................................................................................... 214

CHAPITRE XIII
NOMENCLATURE ONOMASTIQUE
DES ROIS DU ROYAUME E AN ...................................................... 215
13.1 L έ : Historique ......................................................... 216
13.2 Organisation .................................................................................................. 219
13.4 Problématique (Rappel) ................................................................................ 220
13.4 Les objectifs : ................................................................................................ 220
13.5 - Formalismes de la dérivation ...................................................................... 220
13.6 - Pourquoi une fiche philologique ? .............................................................. 222

CHAPITRE XIV
PANORAMA MORPHOLEXICAL
DES NOMS DES ROIS DU ROYAUME E AN Ԑ ................................. 223

SECTION 1 : LE ROI NN ................................................................ 225


14. S1.1 Introduction ............................................................................................. 226
14. S1.2 Analyse Morpholexicale ......................................................................... 226
14. S1.3 Aperçu historique .................................................................................... 230
14. S1.4 Processus dérivationnel ........................................................................... 231
14. S1.4.1 Présentation des éléments de la fiche étymologique ........................... 231

SECTION 2 DAKODONU .................................................................................. 237


14. S2.1 - Analyse morpholexicale ....................................................................... 238
14. S2. 2 Aperçu historique .................................................................................. 240
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SECTION 3 : HWEGBAJA .................................................................................. 251
14. S3.1 - Analyse morpholexicale ....................................................................... 252
14. S3.2 Aperçu historique ................................................................................... 254
14. S3.3 Processus dérivationnel ........................................................................... 256
14.S3.4 Processus dérivationnel ............................................................................ 257

SECTION 4 : AKABA ........................................................................................ 263


14. S4.1 Analyse morpholexicale .......................................................................... 264
14. S4.2 Aperçu historique ................................................................................... 266
14. S4.3 Processus dérivationnel ........................................................................... 269

SECTION 5 : AGAJA ........................................................................................... 273


14. S5.1 - Analyse morpholexicale ....................................................................... 274
14. S5. 2 - Aperçu historique ................................................................................ 275
14. S5.3 Processus dérivationnel .......................................................................... 278

E N 6 É É ...................................................................................... 283
14. S6.1 - Analyse morpho-lexicographique ......................................................... 284
14. S6.2 - Aperçu historique .................................................................................. 285
14. S6.3 - Processus dérivationnel......................................................................... 287

E N7 PԐN L ...................................................................................... 293


14. S7.1 - ANALYSE MORPHOLEXICALE ...................................................... 294
14.S7.2 - Aperçu historique ................................................................................... 295
14. S7.3 - Dérivation KPԐN L ...................................................................... 297

E N A ϽN L .................................................................................... 301
14. S8.1 - Analyse morpholexicale ....................................................................... 302
14. S8.2 Aperçu historique ................................................................................... 303
14. S8.3 Processus de dérivation ........................................................................... 305

E N 9 A AN N .............................................................................. 309
14. S9.1- Analyse morpholexicale ........................................................................ 310
14. S9.2 - Aperçu historique ................................................................................. 311
14. S9.3 - Processus dérivationnel......................................................................... 315

E N 10 É ........................................................................................... 321
14. S10.1 - Analyse morpholexicale ..................................................................... 322
14. S10.3 Processus dérivationnel ......................................................................... 326

E N 11 L L .......................................................................................... 331
14. S11.1 - Analyse morpholexicale ..................................................................... 332
14. S11.2 Aperçu historique ................................................................................. 333
14. S11.3 – Processus de dérivationnel ................................................................. 335

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E N 12 H N IN ................................................................................ 341
14. S12.1 - Analyse morpholexicale ..................................................................... 342
14. S12.2 Aperçu historique ................................................................................. 343
14. S12.3 Processus dérivationnel ......................................................................... 346

E N 13 A L ............................................................................. 355
14. S13.1 - Analyse morpholexicale ..................................................................... 356
14. S13.2 - Aperçu historique ................................................................................ 357
14. S13.3 Processus de dérivation ........................................................................ 358

CHAPITRE XV
STRUCTURE ET ORGANISATION ................................................................ 363
DU POUVOIR SOUS LE R H N N ...................................................... 363
15.1Un modèle de structure : le modèle de GB H NA N ................................. 364
15.2. Aile droite du Roi ........................................................................................ 364
15.3 Aile gauche du roi ........................................................................................ 366

CHAPITRE XVI
MÉTHODE MATRICIELLE E RÉA N .................................................... 371
NÉ N UE EN LAN UE FƆN ................................................................... 371
16.1 - Introduction ................................................................................................. 372
16.2 Rappel de notions ......................................................................................... 374
16.3 - OBSERVATIONS ...................................................................................... 377
16.3.1 – Prise en compte des morphèmes ............................................................. 377
16.3.4 Etapes de la méthode .................................................................................. 384

CHAPITRE XVII
LA NUMÉRATION : SYNTAXE ET MORPHOLOGIE .................................... 397
DES NOMBRES EN FONGBE ............................................................................ 397
17.1 - Introduction ................................................................................................. 398
17.2 - Base de la numération ................................................................................. 398
17 3 - pé f té l é t l g fɔ ............................................... 400
17.4 FORME TABULAIRE.................................................................................. 409
DE LA STRUCTURE MORPHO-SYNTAXIQUE .............................................. 409
U E E NU ÉRATION EN LANGUE FON ................................... 409
17 5 P t " é l t " ............................................................................ 429
17.6 Conclusion ..................................................................................................... 430

PARTIE V
LES ANTHROPONYMES ÉVÉNEMENTIELS ................................................ 433

CHAPITRE XVIII ................................................................................................. 435


TYPOLOGIE D'ANTHROPONYMIE ÉVÉNEMENTIELLE ........................... 435
18 A. ANTHROPONYMIE ÉVÉNEMENTIELLE............................................ 437
18.1 Introduction ................................................................................................... 438
Page 9 sur 854
18 B. ANTHROPONYMIE : CAS SPECIFIQUES.............................................. 451

CHAPITRE XIX
NOMS PROPRES CHEZ LE FϽN ..................................................................... 453
19.1 Introduction ................................................................................................... 454
19.2 - Noms et jours de semaine .......................................................................... 454
19 3 - H ......................................................................... 457
19.4 Remarque....................................................................................................... 459
19.5 - N ’ f t ’ h t l ..................................... 460
19.6 – Prédi t F v té l v t ............................................... 460
19.7 Circonstances diverses et rang de naissance ................................................. 461
19 è pt ’ fét h .................................................................. 462

CHAPITRE XX 465
NOMS PROPRES CALENDAIRES ................................................................... 465
20 1 ALU N N v ................................................................ 466
20.2 F N PLƆ N fév .............................................................. 475
20 3 E N .......................................................................... 483
20 L N ’ v l ............................................................................. 489
20.5 NUXWASUN : mois de mai ......................................................................... 497
20.6 AYIDOSUN : mois de juin ........................................................................... 506
20.7 LIYASUN : mois de juillet ........................................................................... 515
20 A Ɔ N t ............................................................................. 527
20 9 N pt b ...................................................................... 539
20 10 ƆN N N ’ t b ................................................................. 550
20 11 A Ɔ N v b ............................................................ 561
20.12 WO N é b ................................................................... 572
20.13 ABRÉGÉ DE DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE DES NOMS DE
PERSONNES EN FON ........................................................................................ 585

PARTIE VI
LA LINGUISTIQUE ET LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE
LA COMMUNICATION ...................................................................................... 601

CHAPITRE XXI
LEXICOLOGIE ET LEXICOGRAPHIE ............................................................. 603
QUEL BILAN À NOS JOURS ? ........................................................................ 603
21.1 – Introduction ................................................................................................ 604
21.2 Le bilan vu par Bernard QUEMADA ........................................................... 604

CHAPITRE XXII
LA LE L E E L’AUTOMATISATION ............................................... 611
22.1 Introduction ................................................................................................... 612
22.2 Les phases du dépouillement lexical ............................................................. 613
22.3 Les problèmes ................................................................................................ 614
Page 10 sur 854
22.4 Conclusion ..................................................................................................... 616
CHAPITRE XXIII
DE LA LEXICOLOGIE A LA DICTIONNAIRIQUE......................................... 617
23.1 Introduction ................................................................................................... 618
23.2 Distinguer la lexicographie de la dictionnairique ....................................... 618
23.3 Conclusion ..................................................................................................... 625

CHAPITRE XXIV
INTRODUCTION AUX OUTILS DU TRAITEMENT DE LA
LEXICOGRAPHIE ............................................................................................... 627
24.1 Introduction ................................................................................................... 628
24.2 Rappel de quelques concepts préalables ....................................................... 628
24.3 Morphèmes : Entités Nommées .................................................................... 630
24.4 - Combinaison de morphèmes ....................................................................... 630
24.5 La catégorie grammaticale ............................................................................ 633
24.6 La Modélisation informatique ...................................................................... 634
24.7 Les composantes de cet arbre ........................................................................ 636
24.8 Les automates finis ........................................................................................ 637

CHAPITRE XXV
LA MODÉLISATION DU NIVEAU SYNTAXIQUE ........................................ 641
25.1 Introduction ................................................................................................... 642
25.2 Notion de phrase ............................................................................................ 643
25.4 La sémantique propositionnelle .................................................................... 651
25.5 Autres modèles .............................................................................................. 656

CHAPITRE XXVI
LES FONCTIONNALITÉS ATTENDUES DES LOGICIELS
DE TRAITEMENT DU LANGAGE NATUREL ................................................ 661
26.1 Introduction ................................................................................................... 662
26.2 Quelques définitions au préalables ............................................................... 663
26.3 Les contraintes à l'informatisation................................................................. 665
26.4 Les acteurs contributeurs à la production de logiciels .................................. 666
26.5 Les solutions pour des améliorations potentielles ......................................... 670
26.5.3 Bénéficier de l'existant ............................................................................... 673
26.6 Tableau de synthèse de fonctionnalités ......................................................... 678
26.7 Conclusion ..................................................................................................... 681
27 CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES ..................................... 683

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................ 689

LINGUISTIQUE GENERALE ET LINGUISTIQUE AFRICAINE .................. 690


OUVRAGES SPECIFIQUES : LANGUE ET CULTURE FON ......................... 707
REVUES ET ARTICLES ..................................................................................... 718
COMPLEMENT BIBLIOGRAPHIQUE SPÉCIFIQUE SUR LE FON ............. 721
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DICTIONNAIRES GÉNÉRAUX CONSULTÉS ................................................. 724
Sitographie ou webographie .................................................................................. 724
UR E ’ NF R A N ET OUTILS TÉLÉCHARGEABLES............... 725
INDEX DES MOTS CLÉS ................................................................................... 737

ANNEXES 739
SOURCE 1 : THESE DE M. BIENVENU AKOHA ......................................... 741
SOURCE 2 : THESE DE M. VINCENT BERMENT .......................................... 767
SOURCE 3 : THESE DE MME. LESLIE EDOUARD A. D'ALMEIDA …… 806
ANNEXE 4 CALENDRIERS SAGA (CALENDRIER ARABE) ...................... 845

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Table des figures
Tableau 1 Système consonantique de la langue fon 40
Tableau 2 Tableau consonantique élargie 41
Tableau 2.3 tè v l f bl 3 tè v l fɔ 42
Tableau 4 Tableau de synthèse des phénomènes consonantiques 68
Tableau 5 Tableau distinctif (degré d'aperture 1) 73
Tableau 6 Tableau distinctif des degrés d'aperture 2 73
Tableau 7 Tableau global de synthèse (voyelles nasales) 82
Tableau 8 Tableau de synthèse avec les degrés d'aperture 82
Tableau 9 Voyelles orales avec les degrés d'aperture 85
Tableau 10 Voyelles nasales avec les degrés d'aperture 85
Tableau 11 Structure tabulaire (Phénomène vocalique) 95
Tableau 12 Structure arborescente du phénomène vocalique 96
Tableau 13 Tableau mobosyllabique de synthèse 115
Tableau 14 Tableau de création de mots dissylabiques 116
Tableau 15 Tableau de création de mots trissylabiques et plus 117
Tableau 16 Tableau comparatif des types d'alphabet 172
Tableau 17 Création néonymique (GBEHANZIN) 385
Tableau 18 Unité de base quinaire 401
Tableau 19 Tableau de la base décimale 410
Tableau 20 Tableau de comptage 10 à 20 411
Tableau 21 Tableau de comptage 25 à 30 412
Tableau 22 Comptage de 30 à 35 412
Tableau 23 Comptage de 35 à 40 413
Tableau 24 Comptage 40 à 45 413
Tableau 25 Comptage de 50 à 60 414
Tableau 26 Comptage de 85 à 90 417
Tableau 27 Comptage de 95 à 100 418
Tableau 28 Tableau de synthède des multiple de 5 et de 10 419
Tableau 29 Compter de 1000 à 1005 420
Tableau 30 Compter de 1000 en 1000 420
Tableau 31 Compter de 10 000 en 100 000 420
Tableau 32 Compter de 100 000 à 1 000 000 422
Tableau 33 Compter 100 000 000 000 à 1 000 000 000 000 428
Tableau 34 Elévation en puissance 429
bl 35 L è 483
bl 36 L l 489
bl 37 L 506
bl 3 L l 515
bl 39 L v vɔ 527
bl 0L 539
bl 1L ɔ 550
bl 2L bɔ 561
bl 3L 572
Tableau 44 La composition (français -fɔ 630
bl 5 v t t fɔ éé 636
bl 6 v t t fɔ tl 640
Tableau 47 Les catégories grammaticales 645
Tableau 48 Tableau des synthèse de fonctionalités 678
Tableau 49 tableau de synthèses des services et ressources 680

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Abréviations et signes utilisés

Aj = adjectif
Agt . = agentif
ana. = anaphorique
aor. = aoriste
adv = adverbe
c = consonne
déf . = défini
Dé = déterminé
Dt = déterminant
fut. = futur
ind. = indéfini
n. = nom
nég = négation
poss. = possessif
rév. = révolu
s = syntagme
tmp. = temporel
v = voyelle
// = sépare des énoncés indépendants ; c'est une limite de phrase
ou d’énoncé.
/ = Sépare les éléments primaires de l'énoncé les uns par rapport
aux autres ; (limite de fonction.)
| = sépare les termes d'un syntagme en relation de dépendance les
uns par rapport aux autres, en d'autres termes : les éléments d'expansion
secondaires
|/…/| = Indique le caractère discontinu d'un syntagme.
+ = indique un amalgame
|| = séparation, dans un syntagme, des éléments qui sont dans un
rapport de coordination, de juxtaposition ou de double détermination.

Page 14 sur 854


Résumé de la thèse
Cette thèse dont la problématique est partie de la polémique au niveau du
b ff l l g f t l’
peut procéder à la dérivation affixale sur les noms propres fon ?
Nous avons résolu cette problématique à travers les différentes parties qui
constituent cette thèse. N v ’ t é b é l thé l " t t "
t l ppl t p l’ tf t té ph l g l
définition et leur classement en fonction de leurs traits oppositionnels, et
contrastifs, et aussi comment ces unités se combinent entre elles. Nous réalisons
que dans la langue fon, la composition et la dérivation sont aussi des facteurs de
formation des noms et des verbes. Notre démarche dans ce domaine a été de suivre
un ordre logique en partant des unités les plus petites en allant vers les plus
grandes : phonèmes, syllabes, mots phonologiques.
U ét t l’ t l l l g t l l g ph t f t Malgré le fait
que ces études aient été débutées avec la pénétration européenne, elles restent
néanmoins encore embryonnaires au Bénin. Une partie traite de la morphologie
dérivationnelle, c'est l’une des parties les plus importantes de la thèse. Dans une
approche onomastique, elle met e œ v l é v t l l t
des rois d'Abomey, la structure organisationnelle du pouvoir à la cour royale à
laquelle s'ajoute la méthode matricielle de création de nouveaux noms. Dans le
même ordr ’ é ét t -morphologique du système de numération
a été faite afin de faciliter le comptage en langue fon.
A P t ’une analyse ethnolinguistique, nous avons traité à travers une
typologie variée, les anthroponymes événementiels : choix des noms de personnes
ayant trait à la vie, au sort, à la destinée, à la mort, à la famille, à la fécondité, à
l'amitié et à la réussite N v f t l’ l du nom des jours, des mois
et les noms de personnes, qui sont nées tel ou tel jour de la semaine, ces noms qui
tiennent compte des réalités locales et ethnologiques.
Dans une perspective dynamique, après avoir fait le bilan de la lexicologie et de
l l g ph p l pé é g ph ’ éb t
d'informatisation, c'est-à-dire, de la lexicologie, l'automatisation, la dictionnairique
p b t l é t ’ t ét l g bl g l l g
fon et français.
Les apports sont à la fois quantitatifs et qualitatifs, car, notre problématique
ayant été résolue, nous avons ouvert une perspective vers l'informatisation des
langues d'une part et d'autre part sur les problèmes d'émergence des langues
nationales en tant que facteur ’ g t t vecteur de développement pour
répondre aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Mots clés
Affixe, axe syntagmatique, axe paradigmatique, Bénin, commutation,
dérivation, langue fon, néonymie, monème, onomastique, noms propres,
ph è ε s ’Ab , modélisation, TICE.
Page 15 sur 854
Summary of the thesis
This thesis that the issue is part of the controversy in the number of affixes in
the Fon language , it led us to ask if we can make the affixal derivation on his own
names ? We solved this problem through the different parts that make up this thesis
We input , discussed the theory of "Switch " , the application starts with the
identification of phonological units , their definition and their classification
according to their oppositional traits , and contrastive , and also how these units are
combined they . We realize that in his language, composition and derivation are
also factors training nouns and verbs . Our approach in this area has been to follow
a logical order from the smallest units up to larger : phonemes , syllables,
phonological words.
A state of the art of lexicology and lexicography is done. However there is still
embrionnaire , despite the fact that it was started with the European penetration ,
the works of missionaries, and the implementation of new projects in the advent of
independence.
Part deals with derivational morphology , it is one of the most important parts of
the thesis. In an onomastic approach, it implements the derivation of the
nomenclature of the names of the kings of Abomey , the organizational structure of
power in the royal court to which is added the matrix method of creating new
names. At the same orde idea, a syntactic and morphological study of the
numbering system was made to facilter counting in his language. Through an
ethno-linguistic analysis, we processed through a varied typology , event
anthroponyms : choice of personal names related to life, fate , the destiny, death,
family, fertility, friendship and success , the names of days, months and names of
people who were born on a certain day of the week, names that reflect local and
ethnological realities.
In a dynamic perspective , after taking stock of lexicology and lexicography for
tabulating the period until the beginning of computerization , that is to say,
lexicology and automation, dictionaric to lead to the creation bilingual
etymological dictionary in fon and French languages.
Inputs are both quantitative and qualitative , because our problem has been
resolved, we opened a perspective towards the computerization of languages on the
one hand and the other hand on the problem of the emergence of national languages
as factors of learning and vector of development to meet the Millennium
development Goals (MDGs ) .

Keywords
Affix, syntagmatic, paradigmatic axis, Benin, switching, bypass, néonymie, Fon
language , morpheme , onomastics , names, phoneme, g ε, kings of
Abomey, modeling, CIT.

Page 16 sur 854


Introduction

Cette thèse se situe dans le cadre d'un projet de longue date qui devait
commencer en 1995, année de ma première inscription en thèse. Le sujet d'alors
était : La machine en tant qu'outil de communication entre les hommes : Méthodes
de conception d'interfaces intelligentes. C'est un sujet ayant trait aux technologies
de l'Intelligence Artificielle (IA). La problématique était de concevoir un système
t ll g t p bl tt œ v t t pé g g t t t t
apprenant. Le système devait guider l'apprenant dans un apprentissage de tout type
de cours en l'occurrence les cours d'informatique, les systèmes d'information. Le
caractère novateur de ce thème et l'état de la technologie dans le domaine à
l'époque ne me permettaient pas de disposer des informations adéquates pour mener
à bien ce travail. Un fait majeur était aussi intervenu, c'est le décès accidentel du
Professeur qui m’a été recommandé et qui devait se charger de diriger cette thèse et
m'entourer de ses conseils. Paix à son âme.

Ma recherche d'un autre Directeur de thèse s'avèra vaine, tant le sujet était
pointu et il n'y avait pas beaucoup de spécialiste à part M. Martial VIVET qui avait
sorti un papier sur les "Tuteurs intelligents" en 1997. N'ayant pu retrouver d'autres
tuteurs, je me suis impliqué alors dans mon travail quotidien d'enseignant, maître
auxiliaire en Informatique. Les affectations renouvelées tous les ans, d'un
établissement à un autre, cette situation ne fournissaient pas la stabilité nécessaire
pour reprendre un travail de thèse. Désormais, l'objectif était se stabiliser dans son
travail de passer un concours pour se titulariser. Ce qui arriva quelques années plus
tard.

L'idée de thèse était toujours présente mais, c'était devenu difficile de trouver un
Directeur de thèse disponible et qui soit spécialiste du domaine, j'avais même tenté
une inscription au Canada à l'université Laval. Je m'apprêtais à partir quand j'ai été
sollicité par l'université de Cergy-Pontoise sur un poste de Professeur Agrégé en
Informatique et de prendre en charge la mission C2i (Certificat en Informatique et
Internet) à la faculté de Droit de cette université. C'est ainsi que j'effectuais cette
rentrée universitaire 2011-2012.

Depuis mes projets avaient changé, le plus pressant était d'écrire un livre sur la
langue fon une langue parlée par près de 60 % de la population du Bénin, une
langue véhiculaire. Un autre projet est de créer aussi un dictionnaire bilingue dans
cette même langue. Le "facteur détonateur " est le colloque auquel j'ai participé en
août 2011 à l'école des Mines de Paris au quartier Latin où j'ai présenté en une
demie heure environ un thème sur la "Syntaxe et sémantique de la langue fon au
Bénin". L'intérêt d'un tel exposé était à la mesure de l'ovation que ma prestation a
suscité au sein des participants.

Page 17 sur 854


Au cours des questions/réponses la quasi unanimité des participants me
demandait de publier un livre sur le sujet ou tout au moins un fascicule pour aider
nos enfants d'ici, vivant en France, et les initier à l'apprentissage de notre langue et
ce faisant de promouvoir notre culture, évitant le déracinement non seulement de
nos enfants mais aussi de nous-mêmes adultes. Car plusieurs de nos compatriotes
africains ne parlent même plus la langue de chez nous, sinon difficilement, soit
parce qu'ils ne rencontrent pas d'interlocuteurs, soit il y a eu un mariage mixte
interracial et dans le ménage l'un ne comprenant pas la langue de l'autre seule la
langue étrangère sert de langue véhiculaire, soit le français, l'anglais ou autres.

Donc mon exposé a suscité un tel besoin que je me sentis "investi d'une
mission". J'ai donc commencé l'écriture de cet ouvrage. Pour donner un caractère
plus scientifique à ce travail, j'ai constaté qu'il y a l'université de Cergy, un
laboratoire de : "Lexicologie, Dictionnaire et Informatique".

J'ai pris rendez-vous avec son Directeur et quelques jours plus tard, j'ai fait la
connaissance de M. Jean PRUVOST. Je lui ai expliqué mon projet et par la même
occasion je lui ai montré une copie de intervention lors du colloque dont j'ai parlé
plus haut, un exemplaire du livre que j'ai commencé à écrire et un autre, celui que
j'avais déjà écrit sur la pédagogie et les TICE4 déjà paru en kiosque qui faisait 380
pages. M. PRUVOST consulta, l'ensemble des documents et me posait un certain
nombre de conditions avant d'accepter de diriger ma thèse dont j'ai dû reformuler
le titre. Il me demanda alors de me rapprocher de l'Ecole doctorale des Sciences
Humaines section Sciences du Langage. Cette inscription fut faite dès la fin du
mois de novembre 2011.

Sans relâche, j'ai poursuivi mes efforts de recherche, mes contacts, mon voyage
aux sources, au Bénin pour me documenter et rencontrer aussi des gens, des amis
professeurs spécialistes du domaine : Le Professeur GUÉDOU d'abord qui m'a
vivement conseillé de poursuivre de travail et m'a orienté vers un de ses assistants
M. Julien GBAGUIDI, et ensuite vers M. AKOHA qui venait de sortir un ouvrage
salutaire intitulé : "Syntaxe et Lexicologie du fon-gbe". M. AKOHA était un ami
personnel qui n'a ménagé aucun effort pour m'encourager aussi dans cette voie et
promet d'être disponible et de mettre à ma disposition toute documentation
nécessaire à la rédaction de cette thèse. Il y a aussi un autre grand ami, le Vice-
recteur de l'Université d'Abomey-Calavi, le Professeur M. da CRUZ, 1er Vice-
recteur, chargé des Affaires Académiques et de la Recherche Universitaire.
Spécialiste du domaine, il a aussi mis à ma disposition tout un ensemble de
documents très utiles pour mes recherches.
J'en profite pour remercier toutes ces personnes qui ont contribué de près ou de
loin à la réalisation de cette thèse et à son achèvement aujourd'hui dans les délais de
trois ans requis.
4
TICE : Technologie de l'Information et de la Communication dans l'Education
Page 18 sur 854
PROBLEMATIQUE
PEUT-ON PRATIQUER LA MORPHOLOGIE DERIVATIONNELLE SUR LES
NOMS DES PERSONNES EN LANGUE FON ?

"La morphologie est la description des règles qui régissent la structure interne
des mots, c'est-à-dire les règles de combinaison entre les morphèmes racines pour
constituer des "mots" (règles de formation des mots) et la description des formes
diverses que prennent ces mots selon la catégorie de nombre, de genre, de temps,
de personnes et, selon le cas (flexion des mots), par opposition à la syntaxe qui
décrit les règles de combinaison entre les (morphèmes, racines et mots) pour
constituer des phrases." (J. DUBOIS et Coll., 1973 : 326)5

J'ai constaté au début de mes recherches qu'il y avait une certaine polémique au
niveau de la suffixation. Certains auteurs ne dénombrent que cinq suffixes
(BROUSSEAU, 1990)6 alors que d'autres (AKOHA, 2013)7 pensent qu'il y en a
beaucoup et qu'on ne peut les énumérer tous. Par ailleurs si l'on retient la définition
de suffixe qui selon Larousse dans "Les dictionnaires de linguistique" : le suffixe
est un affixe qui suit le radical auquel il est étroitement lié. Certains auteurs
ajoutent que le suffixe n'a pas d'autonomie propre sans le radical, alors qu'en fon, la
plupart des suffixes utilisés ont une existence propre, comme par exemple : t ,
pè ɔ è v f t (chose), ont une existence et un chacun a un sens
en dehors de la racine qu'ils sont sensés compléter.

C'est ce problème qui nous a conduit à entreprendre la démarche dérivationnelle


choisie afin d'étudier les affixes dans un cadre plus réduit qui est l’ t et
ce au niveau des noms de personnes.

Dans ce domaine, il y a plus d'ouverture, ce qui donne la possibilité de créer


de nouveaux mots. C'est ce que nous avons essayé de démontrer à travers notre
thèse par le biais de l'étude morphologique et dérivationnelle des noms des rois de
t p été b é
pas dans le sens vers lequel nous nous sommes orientés. Nous n'avons nullement la
prétention d'avoir épuisé le sujet, nous n'avons fait que l'ébaucher.

Plusieurs voies sont par ailleurs ouvertes, notamment dans le domaine


concernant l'utilisation des nouvelles technologies, toute une ingénierie pour la
lexicographie, allant de la création de dictionnaire électronique à l t t
t t l g t ll t l f t t l g l

5
Dubois Jean Dictionnaire de Linguistique Edité par Larousse (1973)

6
Anne-Marie BROUSSEAU "Panorama de la morphologie du fongbe"
7
AKOHA "Syntaxe et lexicologie du fongbe" p. 73 Ed. L’Harmattan 2013
Page 19 sur 854
moins dotées auxquelles des fonctionnalités logicielles pourraient être apportées
pour aider les locuteurs de ces langues à vulgariser l'apprentissage et la diffusion
plus large de ces langues. Cette réflexion vise donc à l'optimisation de l'effort
d'informatisation. En effet, l'informatisation des langues peu dotées, dont la nôtre,
c'est-à-dire le fongbè, ne présente pas en tant que telle une difficulté sur le plan
informatique, c'est plutôt une question de moyens humains et financiers pour
permettre aux populations concernées de se munir des moyens nécessaires et
adaptés à leur écriture.

Méthodologie
En me référant au titre de la thèse, "Analyse syntaxique et sémantique de la
l g fɔ …" t t un tel thème dans l'absolu aurait dépassé le cadre d'une thèse
de doctorat et aurait risqué de l'éloigner de la matière d'autant que notre langue est
une langue jeune qui manque encore de sources et de repère adéquats. Le fon est
l g éfé l’ét t l’ t l l l g
France par exemple, nous constatons que les langues française ou anglaise se
parlaient depuis plusieurs siècles par exemple Isidore de Seville en 570-636 avaient
déjà sorti un ouvrage : « Les étymologies (Etymologiae) », alors que la langue fon
é t p lé l v … l v A HA
En parlant de repère, je voulais parler de repères datés, écrits. Les écrits se
pp t t l l g f ’ont é ’ l’ vé t
l’ l t Révé Pè LA A b 17 0

Ainsi donc pour la langue fon, malgré la redéfinition et son recentrage au


domaine onomastique, les problèmes ’ t pas pour autant disparu. C'est ainsi
qu'au début de mon travail je me suis inscrit dans la lignée de ce qui existe en
faisant comme on dit l'analyse de l'existant en informatique. J'ai pu alors aborder
dans une première partie la théorie de la commutation.

L'analyse m'a donc conduit à étudier la phonologie mettant en évidence ses


fonctions et ses principes théoriques, ce qui m'a permis de caractériser la
ph l g l l g fɔ t v f t ll b ll b
trissyllabiqu t -delà. J'ai aussi bien appréhendé la notion de
phonème. A ce sujet, j'ai présenté un tableau récapitulatif des systèmes de
consonnes et de voyelles. J'ai pu faire une étude comparée du point de vue
phonologique avec quelques langues à structure quasi identique. (Gun, Gin, Kasim)

La synthèse que j'en tire me fait rebondir sur d'autres points. Cette première
partie est très théorique, elle ’a permis de trouver le moule dans lequel la langue
fon s'insère et les contraintes de sa œ v p pp t tres langues les
pl él b é l f ç l’ gl l’ ll ’ t

Page 20 sur 854


Ces éléments réunis nous ont permis d'aborder dans une deuxième partie la
lexicologie et la lexicographie en proposant un état de l'art de ces deux domaines
qui semblent quelque peu se confondre mais nous avons pu les "départager".

Dans l'absolu, nous dirons que la lexicologie est l’ét tf t


quant à la lexicographie, il est l f t ’él b t s. Nous avons alors
abordé l'étude la lexicologie des bases en langue fon avec les dérivations
thématiques corrélées.

Fort de toutes ces théories et méthodologies, nous avons entrepris dans la suite,
ce que nous appelons la morphologie dérivationnelle dans une approche
onomastique, et que nous concrétisons par la dérivation affixale des noms des rois
A t v p é v t qui consiste à
décomposer, à composer, et à créer de nouveaux noms (mots) à partir des unités
lexicales de base. A la fin de cette partie nous proposons trois cent soixante six
noms tous traduits de leur état de francisation à leur t pt fɔ l t
au fur et à mesure la racine ou la base, le ou les préfixes et le ou les suffixes.

Nous nous situons dans la logique de E. BENVENISTE : "La langue n'est pas
un répertoire immobile que chaque locuteur n'aurait qu'à immobiliser aux fins de
son expression propre. Elle est en elle-même le lieu d'un travail incessant qui agit
sur l'appareil formel, transforme ses catégories et produit des classes nouvelles."
C'est dans cette perspective d'évolution que nous nous situons en abordant les
aspects de la technologie de l'information et des communications vis-à-vis des
langues que l'on peut informatiser, modéliser et comment apporter de nouvelles
fonctionnalités aux rigidités de certains logiciels actuels de modélisation.

Page 21 sur 854


Organisation de la thèse
Cette thèse est constituée de six parties volontairement inégales et de trois
annexes.

Dans la partie I, comme nous l'avons abordé dans la méthodologie nous


présentons le contexte linguistique intitulé : La COMMUTATION qui comprend
huit chapitres, allant de la phonologie à la synthèse critique. Les points clés de
cette partie étant la commutation dont l'application commence par l’identification
des unités phonologiques, leur définition et leur classement en fonction de leur
traits oppositionnels, dans une première étape et contrastifs dans une seconde
étape, et enfin comment ces unités se combinent entre elles. Nous retenons aussi
que dans la langue fon, la composition et la dérivation sont aussi des facteurs de
formation des noms et des verbes.

Notre démarche a été de suivre un ordre logique en partant des unités les plus
petites en allant vers les plus grandes : phonèmes, syllabes, mots phonologiques.

La partie II
Dans cette partie, nous abordons l'état de l'art de lexicologie. Nous avons
présenté dans une première étape la situation de la lexicologie en France. Elle nous
entraine dans une "ballade dans le musée virtuel des dictionnaires à l'UCP et nous
abordons la typologie des dictionnaires ensuite, à savoir les dictionnaires bilingues
et les dictionnaires monolingues, les dictionnaires extensifs et les dictionnaires
intensifs, les dictionnaires de choses et les dictionnaires de mots.

Au Bénin, l'état de l'art du point de vue lexicologique a débuté avec la


pé ét t pé l œ v t l œ v
nouveaux chantiers à l'avènement de l'indépendance. Quant à la lexicographie, en
dehors des afforts faits par les gouverneurs, les missionnaires et hommes d'affaires
l t pt l l g fɔ è 17 0 p t l’ v g Révérend
père LABAT en 1780. Il ’ t v 1851, l'ouvrage de Frederick E. FORBES
intitulé "DAHOMEY AND THE DAHOMANS".

Il y a eu ensuite en 1879 le "Dictionnaire abrégé de la langue Fo-GBE OU


DAHOMEENNE" de M. l'abbé Ph. E. COURDOUX.

Le premier dictionnaire qui respecte les normes graphiques et qui soit conforme
l’ lph b t t t l ’est édité ’en 1963 ’est celui du Révérand Père
SEGUROLA. Cette lexicographie s'est étoffée depuis.

Page 22 sur 854


Partie III
Dans cette partie, nous avons abordé la morphologie dérivationnelle, c'est une
des parties les plus importantes de la thèse, elle comprend cinq chapitres, le gros
pavé dans cette partie est la dérivation de la nomenclature des noms des rois
d'Abomey, la structure organisationnelle du pouvoir à la cour royale à laquelle
s'ajoute la méthode matricielle de création de nouveau noms.

Partie IV
Quant à la partie IV, nous avons fait une étude syntaxico-morphologique du
système de numération fɔ N v ét é l système binaire (base 2) le
système quinaire (base 5), le système sénaire (base 6), le système octal (base 8), le
système décimal (base 10), le système duodécimal (base 12) , le système
hexadécimal (base 16), très couramment utilisé en informatique, le système
vigésimal (ou vicésimal, base 20) et enfin le système sexagésimal (base 60). Ce
dernier système était utilisé pour la numération babylonienne, ainsi que par les
Indiens et les Arabes en trigonométrie. Il sert encore actuellement dans la mesure
du temps et des angles.

Partie V
La partie V, aborde la typologie des anthroponymes événementiels, celui des
cas spécifiques qui traite du choix des noms de personnes ayant trait à la vie, au
sort, à la destinée, à la mort, à la famille, à la fécondité, à l'amitié et à la réussite.
Ceci montre comment les gens naissent et évoluent en fonction de leur milieu
social et les différents noms qu'ils peuvent porter en fonction de leur âge ou de
leur rang social.

Au niveau de ces cas spécifiques d'anthroponymie, un chapitre est consacré au


nom des jours et des mois et les noms de personnes qui sont nées tel ou tel jour de
la semaine, et qui prennent en compte ces réalités locales et ethnologiques. Nous y
avons ajouté trois cent trente six (366) noms calendaires et une liste de noms qui
constituent un début de création d'un dictionnaire étymologique bilingue de noms
de personnes en fon et en français.

Partie VI
La partie VI représente la partie technologique de cette thèse. Nous y faisons le
bilan de la lexicologie et de la lexicographie depuis la période mécanographique
’ au début de l'informatisation, c'est-à-dire la lexicologie et l'automatisation.

Ces bilans étant effectués respectivement par M. QUEMADA et M.


ZAMPOLLI. Nous avons abordé la lexicologie et la dictionnairique que nous
complétons par une étude relative aux outils de traitement de la lexicographie.
Nous y avons proposé quelques démarches de modélisation au niveau syntaxique
et de nouvelles fonctionnalités implémentables sur des outils logiciels qui
Page 23 sur 854
présentent quelques g té l œ v ce qui entrave
l'informatisation et la vulgarisation des langues qu'elles soient ou non, mieux ou
peu dotées.

En conclusion, notre problématique ayant été déterminée, nous avons ouvert


une perspective d'une part vers l'informatisation des langues et d'autre part sur le
problème d'émergence des langues nationales en tant que facteurs de
développement. Nous nous sommes interrogés sur quelques politiques que
devraient mettre en place les dirigeants de nos Etats d'Afrique en général et en
particulier au Bénin, afin de résoudre quelques problèmes de formation et d'emploi
en faisant de telle sorte que le binôme : alphabétisation culturelle et
l'alphabétisation numérique puissent devenir des facteurs de développement afin
d'enrayer les tares qui ankylosent et plombent la vie des populations qui continuent
de lutter désespérément pour sortir de la pauvreté eu égard aux Objectifs du
Milénaire pour le Développement (OMD).

Puissent ces deux facteurs contribuer à une réelle émergence


"développementale" de nos pays d'Afrique.

Page 24 sur 854


PARTIE I

LA COMMUTATION

Page 25 sur 854


Page 26 sur 854
Chapitre I

LA PHONOLOGIE

Page 27 sur 854


1.1Introduction
En phonologie, on ’ t g l f t p p tl g t
té ll t ffé t l ph ét t f é Ell ’ té
différences sonores qui généreront une différence de sens (différences distinctives).
La langue est un système : l ’ l g t g é tè
’ pp t t l h b ’ t tt é l’ bl
l’ pp t b

Selon le linguiste français Antoine CULIOLI8, la linguistique a pour objet "le


langage appréhendé à travers les langues naturelles". ’ t t
g f l l g g ’ tp l l g t ’l l g tp
naturelles, car il y a aussi des langues artificielles. Le langage naturel se distingue
t l l’ ff ’ l t l "l g g " l
distingue aussi du langage formel et des langues naturelles, il est le propre de
9
l’h L l g t ll t t t t l l
sont d ffé t t l t v g ’

l f ç l l p l ’ l g
distinguent entre eux. Qu'elles soient savante, administrative, juridique, populaire
ou familière, ces diverses langues sont des «répertoires lexicaux et des registres
grammaticaux. Parmi ces registres se distinguent aussi, selon DAMOURETTE et
PICHON :

1 Le "registre diachronique 10" qui est variable selon l’âge et la génération


2 Le "registre diatopique" ou l’"usance" variable selon l’espace, la région ou
8 Antoine CULIOLI : LA THÉORIE DES OPÉRATIONS ÉNONCIATIVES 2000 Université de Toulouse II

9
Un idiome (du grec idios signifiant « propre », « spécial ») est l'ensemble des moyens d'expression
(langage, modes de pensée) d'une communauté donnée, relatif à un domaine d'activité spécifique de cette
communauté. Une même communauté peut s'exprimer dans plusieurs idiomes plus ou moins disjoints suivant
leurs différentes activités.

Pour le latin, le terme idioma signifie : idiotisme, qui est une forme ou locution propre à une langue, restant
impossible à traduire littéralement dans une autre langue de structure analogue (gallicisme, anglicisme,
germanisme, hispanisme, latinisme, etc.).

10
Diachronique : http://www.universalis.fr/encyclopedie/diachronie-et-synchronie-linguistique/
Depuis Ferdinand de Saussure, on a coutume en linguistique de distinguer l'approche diachronique et
l'approche synchronique du langage. Est dite « diachronique » une approche qui s'intéresse à l'évolution d'une
langue au cours de son histoire.
Une approche « synchronique » ne prend au contraire en compte qu'un seul et unique état de la langue
considérée. Ainsi, si l'on étudie l'évolution de l'ordre des mots dans la phrase depuis l'ancien français jusqu'au
français moderne, on adopte une perspective diachronique ; en revanche, si l'on étudie l'ordre des mots dans la
phrase tel qu'il se manifeste seulement en français moderne, ou bien en ancien français, et sans en considérer
sur l'évolution, on adopte une perspective synchronique.
Page 28 sur 854
selon le "regiolecte".
3 Le "registre diastratique ou la "parlure", variable selon la classe sociale ;
4 Le "registre diaphasique" ou la "disance" variable selon la situation, le
métier, la profession ou le groupe (argot, jargon).

Jean-Marc LEMELIN11 précise néanmoins que "les registres peuvent être des
manières de se démarquer des autres générations, des autres régions, des autres
l l t g p l’ t ce peuvent être des
’ t té ’ l é t …"
"Avec la phonologie, la linguistique accède au titre de la science ; elle se
distingue de la phonétique articulatoire ou acoustique, historique ou
expérimentale, normative (orthoépie) ou corrective (orthophonie, phoniatrie). Les
deux parties de la phonologie sont la phonématique (discontinue ou discrète :
segmentale) et la prosodie (continue : suprasegmentale". (LEMELIN, 2008)

Selon LEMELIN, la phonématique a pour objet les unités de la deuxième


t l t l g g t l’ l l g t cours. Il
affirme que "ces unités sont des traits, qui sont des unités qui se distinguent selon
le mode et le type d’articulation. Le phème est le trait (compact/diffus, grave/aigu,
haut/bas, etc…) permettant de distinguer un phonème d’un autre phonème ;
l’ensemble de phèmes définissant un phonème est le phème, qui est la "substance
phonique" du phonème. Le phonème est la plus petite unité significative de la
forme de l’expression."

L'étude phonétique d'une langue peut se faire sans faire appel au sens. À la
limite, on pourrait bien étudier les caractéristiques phonétiques d'une langue qu'on
ne comprend même pas. Par contre, la phonologie s'occupe de la fonction des sons
dans la transmission d'un message. Il faut donc comprendre une langue pour faire
de la phonologie. C'est-à-dire que la phonologie recherche les différences de
prononciation qui correspondent à des différences de sens, ce qu'on appelle
des oppositions distinctives.

A l’ t l thè A N U UN l plupart des travaux que nous


avons consultés et qui sont relatifs à la description des langues africaines
montrent qu'elles sont basées sur une méthodologie qui a été suivie par Emilio
BONVINI dans sa thèse intitulée " Traits oppositionnels et traits contrastifs en
Kasim "»12 L thé l’ét ph l g ll
t p ’ t tt éth l g été él b é t l g t
explicitée par E. BONVINI. "Cette théorie commence à être suffisamment connue

11
Diagrammatique du langage : initiation à la linguistique. JML / automne 2007 et hiver 2008
http://www.forum.exionnaire.com/phonetique-3518-les-types-de-consonnes
12
Thèse de doctorat de 3ème cycle. Directeur de thèse Professeur Maurice HOUIS Institut National des
Langues et Civilisations Orientales 1974 Paris
Page 29 sur 854
pour que p f éfé t bl gé ’ f l g
13
copie ou une mauvaise paraphrase."(BOLE-RICHARD, 1983)
Il est en de même de la thèse de M. Marc-Laurent HAZOUME14 qui évoque le
fait que « la linguistique traditionnelle a fixé comme critère d’analyse le principe
de la commutation pour "dégager les phonèmes d’un parler" qui eux-mêmes sont
"un ensemble de traits pertinents qui se réalisent simultanément" le trait étant lui-
même considéré comme une unité qui "permet à lui seul, de distinguer, un signe,
un mot ou un énoncé d’un autre signe, mot ou énoncé" 15. Il assume en
conséquence, la notion de « fonction distinctive.» tt f t t l’ t
principales fonctions de base des systèmes phonologiques selon André
AR NE l ’ git des :

 fonction distinctive,
 fonction contrastive,
 fonction expressive.

Nous faisons un bref rappel de ces trois fonctions avant de poursuivre notre
étude.

1.2 Définition des fonctions principales de base


1.2.1 - La fonction distinctive

Elle représente la fonction phonologique par définition. En tant que telle, elle
permet d'identifier en un point de la chaîne sonore un élément par rapport, par
opposition, à tous les éléments qui auraient pu s'y trouver, si le contenu informatif
du message avait été différent. ffé t t t tl tè l ’ gt
l’ t g t (rapports in praesentia t l’ p igmatiques
(rapports in abstentia).
U élé t t éf p l’ t t t v
rapports de cooccurrence, celui dit (rapports in praesentia) et celui dénommé
pp t ’ pp t t l’ p g t pp t in abstentia).

tt f t t tv v ’ t l t l g g l
fois au niveau monème et au niveau phonème. Ce dernier représente "la plus petite
e
unité distinctive, potentiellement signifiante (2 articulation)". Quant au monème, il
"compose les potentialités distinctives d'un ou de plusieurs phonèmes en
ère
distinctions de sens c'est la plus petite unité distinctive signifiante (1
articulation)."
13
té t ph l g tg t l ’ p l E E : le gen-mina du sud –Togo et sud-Bénin
L’HAR A AN P 197
14
Etude descriptive du "Gungbè" : (Phonologie Grammaire) v ’ l g t t hè
doctorat de troisième cycle sous la direction du Professeur HOUIS juin 1979 Paris
15
A. MARTINET La description phonologique Publication roumaine et française 1956.
Page 30 sur 854
1.2.2 - La fonction contrastive
Dans la fonction contrastive, il p p l l ’ p
’ pp t pl t " l v t l v p é t
variantes du même élément fonctionnel abstrait (du même phonème)."
La variation de forme sonore est entièrement conditionnée par le contexte : 2
sons en distribution complémentaire un seul phonème fonctionnel. Cette fonction
contrastive joue sur l'axe syntagmatique. "Elle contribue à faciliter l'analyse en
unités successives : aperception des jonctures, signalisation des unités (perception,
cognition). "
Dans cette fonction, la différence de son ne peut être expliquée par le contexte
car les deux sons apparaissent dans le même contexte. Il existe alors au moins une
paire minimale, un contexte où la différence de sens est entièrement supportée par
la seule différence de son, cette différence étant fonctionnelle.

1.2.3 - La fonction expressive.


Cette fonction : "elle est non phonologique, hors système, elle exprime l'état
d'esprit du locuteur. En français l'accent ou le redoublement des consonnes peut
assumer une fonction expressive : c'est impo’ssible, incroy'able, irr:éel,
irr: emplaçable ".
L'analyse phonématique met donc en jeu les distributions, elle met à jour
aussi le système des oppositions, nous dirons que les traits contrastifs sont
donc limités à une langue donnée.

HA U E ff p ll ’ tt pt f t ll v t
’ t ll ’ t é l l tp pt "le rapport des sons dans
la chaîne, c'est-à- l t b t l’ t g t " ’l
refuse de se laisser enfermer dans de telle théorie linguistique. Il emprunte
é éth ’ l l t :"notre souci premier étant une
description exhaustive de la langue, nous en analyserons les faits à la lumière du
travail de BONVINI sur le Kasim dans lequel, il définit le trait comme un "élément
de l’unité phonologique" et l’unité phonologique comme un "ensemble structuré de
traits pertinents qui se comporte comme une totalité au plan phonologique"16.

M. BONVINI considère co t t l’ét té ph l g ll -


ci sont au nombre de trois, à savoir : phonème, syllabe, mot phonologique. "La
b t phé è évélé l’ t ’ h ph è ’l f t
pas confondre avec les morpho-phé è pl l’ét l b
des phonèmes a une valeur stratégique f l’ t ’ té pé
phonèmes sans dépasser les limites de la deuxième articulation. À aucun moment,
l ’ t f t pp l g ts extra-phonologiques". (BONVINI, 1974)

16
E. BONVINI Traits oppositionnels et traits contrastifs en Kasim page 16 POF ETUDES (1975)
Page 31 sur 854
1.3 Les principes théoriques de la méthodologie
Av t ’ b l éth E N N p p l p p b :

1.3.1 Notion de "Trait pertinent"


A la base de tout système phonologique, il y a le trait pertinent, qui est la seule
réalité linguistique commune à toute manifestation de la face signifiante du signe
linguistique. Il peut se définir comme : " particularité phonique minimale
constitutive d l’ té ph l g " N N 197

tt té ph l g ’ t p pp t t l’ té ’
bl g é tè P pl / / t ffé t /ᴐ/ ’ t
guère une impression qui soit basée uniquement sur l’ t ’ tp ’l
t l t ’ pp t t f t p "p
17
minimales" .
Ce principe : "Trait pertinent" possède certaines caractéristiques que nous
analysons ci-dessous :

 Le trait pertinent est une réalité linguistique, "comme la langue dont il fait
partie, le trait pertinent est une réalité immatérielle et logique."

 L t tp t t ’ tf v l’ té t lf tp t v l
différentes fonctions assumées par cette unité au niveau du signifiant : "le
trait pertinent est neutre du point de vue de la fonction de l’unité"

 Le trait pertinent peut aussi fonctionner au niveau de deux unités différentes


et participer à leurs fonctions respectives. Par exemple la nasalité peut être
un trait pertinent en langue fon et peut se manifester à la fois au niveau du
ph è ’ tl ’ l té t t v
’ ll b ’ t l l té v l l l n parlerait de
"trait pertinent oppositionnel" ou de "trait pertinent contrastif."

1.3.2 – L’ té ph l g
L’ té ph l g ’ ll t : phonème, syllabe ou mot phonologique, elle
se définit comme "un ensemble structuré de traits pertinents qui se comporte
t t l té pl ph l g L’ té ph l g p t v
comme sous-multiple une unité qui lui serait identique ; ’ t termes, elle est
irréductible à un sous-ensemble de la même classe, car toute réduction impliquerait
ét t t l’ té t t t ll " p 16 t t
est une réalité physique concrète, qui peut être décrite en termes phonétiques,

17
Paires minimales : deux mots qui se distinguent par le sens et qui diffèrent entre eux par un seul son.

Page 32 sur 854


t t l t l’ té ph l g t l h ’ bt t l ’
p ’ t p p t p t pp éh ’ t v ffé
autres unités de même ordre.

1.3.3 - Rapport hiérarchique


BONVINI, situe les unités phonologiques dans un "rapport hiérarchique les
unes par rapport aux autres, mais chaque unité est à considérer comme la résultante
’ « complexification » des traits et non point comme une simple combinatoire
’ té fé "N p v t ég l t l t t p p l’ té
pé t p l é lt t l t t l’ té l t
immédiatement inférieure, car chaque unité a ses traits pertinents propres. Fort de
ce principe nous pouvons affirmer que dans la langue fon, par exemple /a/ est un
phonème, c'est-à-dire une unité à définir selon les traits pertinents phonétiquement
p p l’ té "ph è " t / / t ll b et par conséquent une unité à
déf l l t t p p l’ té " ll b " " p t ’ ff
’l hé h t ’ té p " pl f t " t t ’ tl f t
h té pé p t t t t v p pp t l’ té
infé t ’ pp t t p l’ té l t é t t
supérieure." (BONVINI, 1975 : 17)

1.3.4 – Identification des unités phonologiques


N t b tf t v t v l t " ’ tf l té ph l g
la langue fon qui sont au nombre de trois et sont vues dans leur hiérarchie :
phonème, syllabe, mot phonologique" (AGBIDINOUKUN, 1992). Le phonème
étant défini comme "la plus petite unité qui entre dans la composition de la chaîne
parlée."
Exemple : (lampe/rampe)
agbà : canon / agbᴐ : souffle

E ’ t t l ph è t l pl p t t té t tv l h î
parlée, c'est-à-dire la plus petite unité de son capable de produire un changement de
sens par commutation.18 Cette chaîne parlée pourrait être alors représentée comme
une succession de phonèmes, ensemble simultané de traits pertinents qui se relient
entre eux. Ils se soudent en se complexifiant, pour former des "unités plus grandes
qui se comportent comme un tout au plan fonctionnel" 19.

18
Le fait de remplacer un son par un autre dans une paire minimale s'appelle la commutation. Si la
commutation change le sens, nous tirons la conclusion que les deux sons appartiennent à deux classes distinctes.
Chaque classe s'appelle un phonème.
19
L. PRIETO : "Traits oppositionnels et traits contrastifs", WORD 10, p. 47
Page 33 sur 854
1.3.5 - Les axes syntagmatique et paradigmatique20
P v t l’é é t p p N ff
"conformément aux axes syntagmatique et paradigmatique, les unités
phonologiques ont la propriété d’entrer en contraste avec d’autres unités de même
classe dans la chaîne, ainsi que celle de s’opposer à d’autres unités à apparaître à
leur place dans la chaîne parlée et avec lesquelles elles forment système".
(BONVINI , 1974 : 18)

1.3.6 – La double définition


A travers ce principe, BONVINI met en évidence le fait que chaque unité puisse
avoir une double définition l’ t g t tt v l l
té p pp t t t ’ ll pp t t t l’ p g t
’ t la mise en valeur de ce qui oppose les unités qui peuvent figurer dans les
mêmes contextes. Aussi propose-t- l ’ pp l "t t p t t pp t l" l
particularités phoniques qui permettent de définir paradigmatiquement une unité et
"traits pertinents contrastifs" les particularités phoniques qui permettent de donner
une définition syntagmatique de la même unité. Ce sont des expressions qui
viennent de L. PRIETO21

1.3.7 – La complémentarité
BONVINI pense que, que c t l’ p g t ou sur l'axe
syntagmatique, les deux définitions proposées ci-dessus sont complémentaires. Il
cite à ce propos A. MARTINET : "l’important n’est pas de réaliser des économies
sur le plan paradigmatique au dépens du plan syntagmatique, ou vice versa.
L’essentiel est de donner une représentation qui rende justice à tous les éléments
distinctifs."(MARTINET, 1965 : 124)22 Nous arrivons enfin au huitième et dernier
p p l ’ g t l "définition centrale"

1.3.8 – La définition centrale


Quand bien même les définitions évoquées au-dessus apparaissent comme
complémentaires, pour BONVINI, "la définition paradigmatique reste centrale
par rapport à la définition syntagmatique. C’est elle qui nous permet d’identifier et
de définir – notamment en traits oppositionnels – les unités phonologiques et de
les classer". Elle se base sur la foncti ’ pp t l’ té t-à- ’ ll
è l’’ té t t ’ b t h v l t t
l’ p

20
En linguistique structurale, la notion d'axe syntagmatique est fondamentale et fonctionne en opposition à
l’axe paradigmatique. Une chaîne parlée est une suite d'éléments du discours, lessyntagmes, dont certains
éléments, nommés paradigmes, ont une valeur sémantique. Un des apports essentiels de Ferdinand de
Saussure aux sciences du langage est d'avoir mis en évidence l'interaction entre l'axe syntagmatique qui est un
enchaînement de signifiants, et l’axe paradigmatique où chaque signifié de la même classe est interchangeable.
21
L. PRIETO : "Traits oppositionnels et traits contrastifs", WORD 10, p. 54
22
A. MARTINET : La linguistique synchronique, 1965 p . 124

Page 34 sur 854


CHAPITRE II

MÉTHODOLOGIE DE LA COMMUTATION

Page 35 sur 854


"Là où la théorie ne convient pas, c’est elle qu’il faut modifier et non pas faire à
tout prix entrer la langue dans un cadre qui n’est pas fait pour elle."
A. MARTINET
1. Introduction
Le fongbè présente un type phonologique du point de vue contrastif qui
nécessite que les principes théoriques soient bien définis. l ’ g t ’ l g
l ll l phé è b t t g ôl "l’
l b ph è l’ té é t évèl ffé t
phé è p t b l té t ’ p t b l té l - et
tris ll b v tt t l’h v l’ t té
23
consonantique."(GUEDOU, 1976 : 36) L éth l g œ v t ll
24
de la commutation . Ce principe va nous permettre non seulement de dégager les
phonèmes mais aussi les "traits pertinents", ceux-ci étant la base de tout système
phonologique. Nous allons nous demander comment appliquer ce principe ?

2.1 La commutation
La commutation sera appliquée dans un premier temps au choix des signes qui
v t v l’ l ph l g que. Elle sera aussi appliquée dans le cadre des
b t t v g lé l’ p t t tôt élé t ,
nous ajoutons le fait que dans la langue fon, la composition et la dérivation sont

23
ό t gbè : Langage et culture chez les fon (Bénin) CNRS UNB SELAF ACCT 1985
24
Principe de la commutation a été inventé par les phonologues. C'est l'un des outils fondamental
du fonctionnalisme d'André Martinet.
La commutation consiste à commuter un son avec un autre pour savoir si ce son permet de distinguer des
unités significatives, c'est-à-dire des paires minimales (comme roi et foi).
Si les deux sons se révèlent des unités non distinctives d'unités significatives, alors ce ne sont pas
des phonèmes, mais seulement des variantes (allophones) d'un même phonème. Parmi elles, on distingue
les variantes contextuelles et les variantes libres.
Luis PRIETO a essayé d'utiliser la méthode de commutation au niveau sémantique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Phon%C3%A8me
3. LING. Opération qui consiste à remplacer un segment phonique ou sémantique de la chaîne du langage
par des segments de même classe, de façon à constituer d'autres mots de la langue ainsi qu'à dégager des
distinctions linguistiques pertinentes. Méthode de commutation; commutation phonique, syntaxique :
4. Tout repose (...) sur l'opération dite commutation, celle qui nous a permis d'opposer l'initiale de lampe et
celle de rampe et d'analyser en deux unités successives l'initiale de cruche par rapprochement avec ruche.
MARTINET1967, p. 81.
♦ Principe de commutation. Principe selon lequel une distinction phonétique n'est reconnue linguistiquement
pertinente que si elle entraîne une distinction sémantique et inversement.
♦ Épreuve, test de commutation. L’ép v t t t t t ficiellement un
changement dans le plan de l'expression (signifiants) et à observer si ce changement entraîne une modification
corrélative du plan du contenu (signifiés)`` (Éléments de sémiologie ds Communications, IV, 1964, p. 118) :
5. ... dans la paire minimale mal/pal, on substituera à /m/ le phonème /k/ écrit c et on constatera qu'il y a une
nouvelle paire minimale (comportant deux termes ayant un sens) : cal/pal. L'épreuve de commutation a ainsi
dégagé une unité de la structure de la langue : /m/. Ling. 1972.

Page 36 sur 854


aussi des facteurs ou principe de formation des noms et des verbes que nous aurons
’ pp f h pt ph l g tt thè

2.1.1 Cadre théorique de la commutation


Pour appliquer ce principe de commutation, nous allons commencer par
identifier les unités phonologiques, les définir et les classer en fonction de leur
traits oppositionnels, dans une première étape et contrastifs dans une second étape,
et enfin nous allons voir comment ces unités se combinent entre elles.

N t é h ’ ff t l l g p t t unités les
plus petites en allant vers les plus grandes : phonèmes, syllabes, mots
phonologiques. Nous faisons remarquer que même si le mot phonologique est
analysé en dernier, il est toutefois présent dès le départ comme signe qui va servir à
établir les paires minimales. "À l’intérieur de ce signe, la commutation ne s’opère
qu’entre segments qui ont la même place et la même fonction. Les segments
centraux ne commutent qu’avec les segments centraux, et de même les non-
centraux, qu’avec les non-centraux, ainsi d’un bout à l’autre de l’analyse, c’est
cette vision d’ensemble qui permet d’appréhender chaque unité et de lui attribuer
les traits qui la caractérisent par rapport au tout" (BONVINI, 1974).

2.1.2 La phonologie de la langue FON


Av t l œ v tt éth l g p é p N N
ème
thèse de doctorat de 3 cycle évoquée et référencée plusieurs fois dans notre
étude, nous allons procéder à un aperçu sur la phonologie de la langue fon au
Bénin.
Plusieurs études ont été faites sur la phonologie de la langue fon, celles qui ont
t l pl t tt t t l’ ’ pp t ll AÏ
196925, de GUÉDOU dans sa thèse de doctorat de 3ème cycle26 en 1976, de celles
’A HA é EA27 en 1977, dans sa thèse en 198028 et de son
récent ouvrage paru en 201029 t l thè ’A N U UN 30

À p t ’ t pt f t l l tè t t l l’ P A
t t l Ph t A t v p l’ A t t l Af

25
1969b, Preliminary notes on the phonology of the fon. Ibadan, University (Dept. of Linguistics and
Nigeria Languages.
26
ό t gbè : Langage et culture chez les fon (Bénin) CNRS UNB SELAF ACCT 1985
27
Problèmes des tons en fon-gbè : identification, combinaison Paris II
28
l élé t ’ g f -gbè : nominal et syntagme nominal, Paris thèse de Doctorat
ème
de 3 cycle Paris III, 396 p.
29
Syntaxe et lexicologie du fon-gbè Bénin 2010 L’H tt
30
Analyse contrastive des syntagmes nominaux du fogbe et du français (étude appliquée à l'enseignement du
français dans un pays francophone d'Afrique)par Cosme Christian Agbidinoukoun

Page 37 sur 854


tt t l P f UE U p é t l g t ’é é
p t t p p l’ tf t v phonèmes et de
leurs variantes. "Nous nous sommes servi surtout des monèmes simples ou à défaut
de ceux-ci, des combinaisons de monèmes ayant en tous points un comportement
linguistique identique à celui des monèmes simples. Les phonèmes ont été examinés
en fonction de leur position au sein du monème :

- Position initiale et centrale pour les consonnes


- Position initiale, centrale et finale pour les voyelles

L’étude phonématique proprement dite a été suivie de l’examen des faits de


prosodie."La Prosodie31 étant l'étude des phénomènes de l'accentuation et de
l'intonation (variation de hauteur, de durée et d'intensité) qui permet de véhiculer de
l'information liée au sens telle que la mise en relief, mais aussi l'assertion,
l'interrogation, l'injonction, l'exclamation.

En dehors des cas des morphèmes [é] qui signifie : "il" et [è] qui signifie "on",
l p f UE U t t l l g pé t l’ t l b l
aucune voyelle que la voyelle [a], il a alors jugé superflu de vouloir de faire une
ét "l t b t ’ ph è f t h f t v l
position initiale pour les voyelles et la position interne après [a] pour les
consonnes". Quant aux consonnes, il estime que les positions initiales et
t v l t t t té t v ’l t l
dissyllabiques où effectivement les consonnes peuvent occuper la position interne
sans que la voyelle précédente soit forcément [a] ’ t l p pl
[cùkú], "chien", [célú] : "parfum". Il conclut à la fin que "le fon n’a pas de syllabe
de structure fermée du type CVC, car tous ses monèmes présentent une structure
syllabique ouverte C ou VC". (GUEDOU, 1985 :30)

Le professeur GUEDOU propose un aperçu sur la structure syllabique. On


distingue dans cet aperçu trois structures différentes :

2.1.2.1 Monosyllabique V ou CV

Pour les morphèmes on a le monosyllabe V


à signifie en français tu
é on
ou CV
bᴐ et
mí nous

31
http://www.linguistes.com/phonetique/prosodie.html
Page 38 sur 854
Pour les lexèmes, le monosyllabe CV
ό : parole
gbè : voix
bà : chercher
ou CVV
céú : rapidement
dàá : père
gԑú : fécule de manioc

2.1.2.2 Le dissyllabe VCV


àsá : cuisse
fᴐ pied
àvú : chien

ou CVCV
kánli : animal
cùkú : chien
ᴐtᴐ : ami
gàlí : farine de manioc

2.1.2.3 Le trissyllabe CVCVCV


ό όtό : culotte
zígígí : grand bruit
lògòzò : tortue

2.1.3 Conclusion
En conclusion nous pouvons retenir que les formes canoniques les plus usuelles
sont : V ou CV morphèmes, VCV ou CV pour les lexèmes non verbaux et CV
pour les lexèmes verbaux, soit (V)CV.32
Nous reviendrons sur ce point plus loin dans le chapitre SYLLABE

2.2 Notion de phonème


Le phonème est u té l g t l’ l : un « son » de la langue. ’ t
une unité distinctive l ’ t p p t p t t g t
elles les unités signifiantes ou morphèmes. Les phonèmes sont identifiés par la
méthode des paires minimales : des séquences qui se distinguent par la plus petite
différence possible comme par exemple : garçon / gardon, pierre / bière, malade /
salade, mourir / pourrir / sourire, lèvre / livre / Louvre.
Le phonème est une unité abstraite : non pas la réalité matérielle des sons, mais ce
qui a un rôle fonctionnel dans la communication, ce qui fait système.
32
B.O YAÏ (1969b : 7- lèv l f t 1 2 lp f ’l b l
comme suit : c(c)v.

Page 39 sur 854


La phonologie, ou étude fonctionnelle des phonèmes, fait abstraction :

- des variantes régionales, par exemple, le « r » roulé et le « r » grasseyé ;


- des variantes liées à la place dans la syllabe, par exemple, une même
t pl f bl f ll b ’ éb t :
- implosive vs explosive ; ’ p t v ph ét vs phonologique), le
« r » ’ t ’ t p l « r » de rat) ;
- de la modification des consonnes en fonction de la voyelle qui suit par
pl [ ] [g] t p t ’ t l t ffé t l ’l t
v ’ [] ’ [ ];
- l’ l t l p t ’ p t t ff té p l
consonne qui la suit (exemples : vingt- h t …

Les phonèmes en tant que unités distinctives paradigmatiques sont divisées en


en consonnes33 et en voyelles34. À ce niveau, cette dichotomie repose, non
l t t t ’ ph ét ffé
p t L v ll ff t ’ pp t ’ p t t l

Nous allons commencer par présenter les phonèmes consonantiques et


vocaliques de la langue fon, pour ensuite les définir et les classer. Il est à noter
p t l l t t p l’ tf t ph è ’ t
pas le même pour les phonèmes consonantiques et vocaliques. En dehors de
quelques cas où le [a] est en position initiale, nous ne pourrons opposer les
’ p t t l t t v l t l v ll ne seront
pp bl ’ p t f l t t

Le système consonantique comporte vingt-deux phonèmes en sept ordres et


quatre séries.
Labiales Apicales Alvéolaires Dorsales Vélaires Uvulaires Labiovélaires

Sourdes f t s c k x kp
Sonores v d z j g γ=h gb
Neutres b ɖ l y w
Nasales m n ŋ
=ny

Tableau 2.1 : Système consonantique de la langue fon Source35


Tableau 1 Système consonantique de la langue fon

33
Une consonne se caractérise phonétiquement par une obstruction plus ou moins forte du passage de l'air à
un point de la cavité supraglottale.
34
Les voyelles se caractérisent phonétiquement par la vibration des cordes vocales et par le fait que le
passage de l'air n'est pas restreint dans la cavité supraglottale. Du point de vue phonologique elles constituent le
œ l syllabe.
35
Source : GUEDOU (Xo et gbé)
Page 40 sur 854
p t l f t l té t ’ pp t
dégressives :

Apicales

Dorsales
Labiales

Alvéolaires

labiovélaires

Vélaires

Uvulaires
Sourdes f t c s kp k x
Voisantes
Orales

Sonores v d j z gb g γ

Non voisantes b ɖ y l w

Nasales m n ŋ

Tableau 2.2 : Tableau consonantique36


Tableau 2 Tableau consonantique élargie

Selon le professeur (AKOHA, 2010 : 44), le système du fon-gbè se prête si bien


t gl v l t l ’ l été ç p l p ph ét t
époque. Il comprend douze timbres : sept voyelles orales avec quatre degrés
’ p t t v ll l v t gé ’ p t l ’ t "l
nasale syllabique" (GUEDOU, 1985).

Source : (Guédou, 1985)


36

Page 41 sur 854


Tableau des systèmes vocaliques

Voyelles orales Voyelles nasales


Anté- Posté- Anté Posté-
Aperture neutre Aperture neutre
rieures rieures rieur rieures
1 i u 1 į N
ų
2 e o 2 ᶓ ᶗ
3 ԑ ᴐ 3 ą
4 a

Tableau 2.3 : Système vocalique du fon37. Tableau 3 Système vocalique du fɔn

2.2.1- Inventaire des phonèmes


Après avoir identifié les différents phonèmes, la suite de notre étude est de les
définir et de les classer.
l’ v év é pl h t v l éth l g ’ tl
commutation qui va nous permettre de trouver des oppositions en contexte
t p l t ’ tf l ph è L l g f
comporte en majorité de monèmes courts, ce qui va nous permettre de trouver plus
facilement un grand nombre de paires minimales. Nous ne donnerons ici que les
pp t é l’ tf t t l éf t ph è
Nous écarterons donc :

 l p é é pt bl ’ t t p p
une pause virtuelle)
 Les emprunts
 Les idéophones

En définitive, les signifiants retenus ont les schèmes suivants :

CV
à CV
CCV
à CCV
CVCV
à CVCVCV

37
Source : Guédou, 1985

Page 42 sur 854


2.2.2 éf t l’ té ph l g
À tt ét p l’ l ph l g ll p p bl
éf t l’ té ph l g l l’ t t t t ll t éf
l’ p g t l’ t g t
" l’ p g t l t t éf t t pp t l t l’
syntagmatique, il est contrastif. Les oppositionnels dans ce contexte définitoire
sont centraux. Leur absence nous oblige à parler d'unité phonétique ou d'unité en
distribution complémentaire."(AGBIDINOUKOUN, 1992)38
Nous constatons toutefois que quand on définit l'unité phonétique par les seuls
traits oppositionnels, c'est que ses éléments constitutifs coïncident aussi bien sur
l'axe paradigmatique que sur l'axe syntagmatique.

2.2.3 - Classement
Après avoir inventorié et défini les unités phonologiques, nous allons à présent
procéder à un double classement : les unités qui visent à dégager la relation entre
té tè t l t t v évél l’é f
la relation entre unités.

2.3 - Conclusion
Pour conclure sur cet aperçu de la phonologie de la langue fon, la
éth l g œ v p l p f UE U ’ t p pl t l
’ é ll p t éth ’ t f ation. Pourtant au niveau de
l’ v t l’ b v t f t pp ît t h
t t f t v p l l’ p g t N
p ’ ét f t l p t t îner des confusions au
v éf t t l t b/ ɖ/ t /ŋ p
t t ph è l ’ t t t l ’ tg è p bl
l l g ’ pp l’ p g t l b/ ɖ/ t /ŋ

AGBIDINOUKOU estime que "dans la réalité phonologique de la langue fon,


de telles oppositions ne peuvent se faire à moins de se situer à un niveau purement
phonétique." Il conclut ’ éth ’ tf t ’ p
l’ l l’ paradigmatique serait insuffisante et que les conclusions tirées
v t ’ t ll è t b t bl t l f g
niveau phonétique (étude de signe en tant que réalité physique) et au niveau
phonologique (étude du signe en tant que réalité fonctionnelle et structurelle). Il
propose alors de dépasser cette étude phonologique faite sur la langue fon en nous
p t ’ éth ’ l b é l’ét g l
38
Analyse contrastive des syntagmes nominaux du fogbe et du français (étude appliquée à l'enseignement du
français dans un pays francophone d'Afrique) par Cosme Christian Agbidinoukoun Paris 1992

Page 43 sur 854


p g t t t g t ’ t ff t cette approche que nous mettons
œ v t ét - t N t t p t ’ t ll
39
proche a été abordée par le professeur (AKOHA, 2010 : 37-53) .

39
Syntaxe et lexicologie du fon-gbè
Page 44 sur 854
Chapitre III
LA PHONÉMATIQUE

Page 45 sur 854


3.1Introduction
La phonématique est le palier de la phonologie où sont étudiés les phonèmes.
L ph é t t t l’ l ph è l l t l’
de leur combinaison pour former les signifiants de la langue. En effet, "chaque
phonème d’une langue peut se combiner avec les autres, suivant certaines règles,
valables pour la langue dont il fait partie. Ces règles déterminent le contexte ou
les contextes où ce phonème peut apparaître. Chaque phonème entretient des
rapports syntagmatiques avec les autres phonèmes de la langue. Par ailleurs
chaque phonème figure dans des contextes où d’autres phonèmes pourraient
figurer : on dit de ce fait qu’il est en opposition avec les autres phonèmes et qu’il
entre dans des rapports paradigmatiques"(Denoël-Gonthier, 1969 : 280)40

l’ v év é pl h t ll t t p é
l’ pé t "commutation" qui consiste à remplacer dans un monème, une
tranche phonique par une autre tranche attestée dans la même langue, ce qui peut
p t t l l g E ’ t t é l t
ph è t t l ’l t t L ph è t v é v ll et
consonnes.

En effet, pour plusieurs linguistes, "Les termes "consonnes" et "voyelles" sont


ambigus, étant donné souvent utilisé tantôt pour désigner des classes
phonématiques, tantôt pour décrire certains sons phonétiquement comme
"vocaliques" et être la réalisation d’un phonème classé comme "consonne"
phonologique. L’usage d’un même terme à deux niveaux différents (phonétiques et
phonologiques) est source de confusion." Pour lever cette ambigüité dans le sens de
l l té l pt ’ tl "v ll " t " "
pour désigner des unités phonologiques. Toutefois si besoin est de faire allusion à
des unités phonétiques, nous ajouterons toujours le terme "phonétique" afin de
marquer la différence.

’ f ç gé é l l g f t ll h té
significative minimale est volontairement succincte et ne préjuge pas de la classe
ou de la catégorie grammaticale à laquelle elle appartient. Le but recherché ici
’ét t p l p é é t l’ét bl t ’ ffé
niveau du signifié, en relation avec une différence au niveau du signifiant.

40
La linguistique, guide alphabétique, Denoël-Gonthier, 1969, p.280
Page 46 sur 854
3.2 Présentation des phonèmes

3.2.1 Les phonèmes consonantiques41


Le système consonantique comporte vingt-deux phonèmes en sept ordres et
quatre séries.

3.2.1.1 - Le phonème /p/


Le phonème /P/ a un statut particulier dans un certain nombre de langues
africaines. Selon un article de M. HOUIS, rapporté par M. Bole-Richard dans son
ouvrage42, il en parle dès 1974 dans la revue Afrique et Langage, n° 1, Paris. Cet
article traite des langues comme l l b l g l F l’E é t
l'Anyi. Selon cet article, il apparaît que les langues citées :

1 - l'occurrence de /p/ est très limitée. La vérification de son statut fonctionnel


reste aléatoire, en raison de la difficulté d'établir des oppositions ;

2 - Il paraît lié à l'expressivité, se rencontrant dans des idéophones ou des


"lexèmes verbo-nominaux ou nominaux dont le signifié expressif est évident" ;

3 - On le trouve enfin dans des mots d'emprunt. Le son [p] existant dans le stock
potentiel de la langue, sa présence dans les emprunts est maintenue et son identité
phonologique s'en trouve ainsi renforcée.

Le même phénomène a été souligné par plusieurs autres auteurs pour des
langues comme le Bawlé (CREISSELS et KOUADIO, 1977)43, le Tem
(TCHAGBALE Z, 1977)44

Au Bénin, à propos de la langue fon, selon M. AGBIDINOUKOUN, "les études


faites sur la phonologie de la langue fon ne reconnaissent pas à [p] le statut de
phonologique". La raison qui aurait été évoquée pour un tel rejet serait
"l'impossibilité de produire des paires minimales avec [p] et de les opposer avec
des paires minimales des autres consonnes établies dans des contextes
grammaticalement identiques."

41
(Voir tableau du système consonantique) Le système consonatique comporte vingt-deux phonèmes en sept
ordres et quatre séries

42
Systèmatique phonologique et grammaire d'un parler Ewé L'Harmattan 1983
43
Description phonologique et grammaticale d'un parlé baoulé
44
Le statut phonologique de /p/ en Tem, Afrique et Langage n°8, Paris
Page 47 sur 854
Pour le professeur AKOHA, le son [p] serait attesté dans "la catégorie des
idéophones45 et avec des mots d'emprunt, on le trouve également dans des verbaux
et des nominaux". Par ailleurs, Il pense qu'il est "difficile de trouver des paires
minimales parfaites qui autorisent clairement son intégration sans équivoque dans
le système phonologique" Il propose cependant quelques oppositions pour
réflexion, auxquelles nous tentons de trouver des paire minimales :

Le phonème /p/ est identifié par les oppositions suivantes :

a) p/f /páá/ "uniformément" fáá : " sans encombre"


b) p/d /péύ/ " ll légè " éύ "b pl " l è
souvent géminé déúdéú)

c) p/kp pέ "battement des mains " gbέ "l v " "l "
d) p/g kpó "bâton" gbó "orange"

e) p/b pέ "supplanter" (jeu de Ludo) bέ "ramasser"


f) p/a pὶ marque de désapprobation bὶ "ou"
tὶ "sac de jute" ;
ὶ "femelle"

Le phonème /p/ est sourd, occlusif et bilabial non nasal. Il est articulé avec une
légère aspiration et n'apparaît dans les constituants qu'à l'initial, sauf dans quelques
rares cas comme il est montré dans nos exemples ci-dessus. (Cf. 3.1.1.1, f(p/a))

3.2.1.2 Le phonème /b/


Il est identifié par les rapprochements suivants :

a) b/p bὲέ "ramasser" pὲέ "exactement "


bὶ "ou" (alternative) pὶ "marque
de désapprobation"

b) b/v bà "chercher" và "couvrir", "tâcher"


bԑ "cacher" vԑ "rouge"
bᴐ "limon " vᴐ "offrande", "sacrifice"
bù "envelopper" vù "petit"
bí "tout", "entier" ví "enfant"
bᴐ "b " vᴐ "pagne"
45
Idéophone : vocable d'exclamation ajouté à certaines langues ou dialectes (par exemple, ajout de "con"
dans le patois toulousain)
Ideophones sont un type de mots utilisés par les orateurs pour évoquer une impression vive d'une certaine
sensation ou d'une perception sensorielle, par exemple : sentir, colorier, former, sonner, l'action, ou le
mouvement.
.
Page 48 sur 854
c) b/ɖ bí "cuit" ɖ "enterrer"

d) b/m blέ "séduire", "tromper" lέ " ’ tt h " (sens affectif)


bù "perdre" mù "se saouler", "tomber",
"terrasser"

Le phonème /b/ est occlusif, sonore, bilabial, non nasal. Ce phonème peut avoir
deux réalisations selon les contextes. Sa réalisation peut être occlusive, bilabiale
[b] l ’l t t l ll b v ll l L ’l t t l
ll b v ll l l t l é ’ t t t tf " l é" t
réalise bilabiale nasale [m].

Nous reviendrons dans la suite de notre étude sur les problème de nasalisation
t l’ p t l pl t v é l ph l g de certaines langues
les langues kwa, gbè et autres.

3.2.1.3 Le phonème /f/


Son identité phonologique est établie par les oppositions suivantes :

a) f/v fá "frais", "froid", "mouillé" vá "couvrir", "tâcher"


fί "lieu", "ici" vί "enfant"
Afί " f ll " vί "pleurs"
(sens de verser des larmes)

b) f/p fέ "épousseter" pέ "supplanter"


(jeu de ludo)
fεὲ "t ll " pεὲ "juste à point",
"convenable"

c) f/t fί "cendre" atí "arbre"


fú "poil" tú "fusil"
fᴐ "ramasser" tᴐ "coudre", "rivière"
d) f/s fὸ "brune" ὸ "fusil" , "tonnerre"
fᴐ "pied" ᴐ "perdrix"

La réalisation de /f/ est une labiodentale, constrictive sourde et non nasale

3.2.1.4 - Le phonème /v/


Il est identifié par les rapprochements suivants :
a) v/f (cf 1.3 a)
b) v/b (cf 1.2 b)
Page 49 sur 854
c) v/d vὸ " t l’ " ὸ "trou"
vɔ "sacrifice" dɔ "couche"
vᶗ "verre de terre" ᶗ "là-bas"
àvɔ "pagne", "tissu" àdɔ "nid", "logis"

d) v/z àvɔ "pagne", "tissu" àzɔ "fumée"

La réalisation du phonème /v/ est une labiodentale constrictive sonore et non


nasale.

3.2.1.5 - Le phonème /t/


Il est identifié grâce aux oppositions suivantes :
a) t/d t "allumer" d "séparer" (bagarre)
tɔ "père" dɔ "semer"
àtá "beignet de haricot" àdá "excrément"
tὸ "singe" ὸ "foyer"

b) t/ɖ tό "oreille" ɖό "posséder" (quelque chose)


tú "fusil" ɖú "cartouche"
tɔ "coudre", "rivière" ɖɔ "dire", "filet de pêcheur"

c) t/f (cf 1.3 c)

e) t/s tὸ "oreille" ὸ "fusil" , "tonnerre"


tί "arbre" ί "main"
tɔ "rivière" sɔ "demain"
f) t/n tòn "musaraigne" nòn "mère"
g) t/m tàn "histoire", màn "folie", "manifestation hostile",

La réalisation du phonème /t/ est une occlusive, sourde, apico-dentale et non


nasale.

3.2.1.6 - Le phonème /d/


a) d/v (cf. 1.4 c)

b) /ɖ ό "semer" ɖό "posséder" (quelque chose)


dà "peser" ɖ "préparer", (cuisiner)
àdɔ "nid", "logis" ɖɔ "urine"

c) d/z ᶗ "tirer" ᶗ " h " "v l " v l ’

d) d/t (cf. 1.5 a)


Page 50 sur 854
L ph è / / t l f p l l L’ l t
la région alvéolaire. Il apparaît toujours comme tel.

3.2.1.7 - L ph è /ɖ/
ɖ /t (cf. 1.5 b)
b ɖ/ (cf. 1.6 b)

ɖ / ɖᶗ "convoitise" ᶗ "maladie"
ɖὶ "peine" ὶ "oeuf"
ɖ "cuivre" zà "balayer"
ɖè "enlever" z "prendre"

ɖ /l ɖὶ "enterrer" lὶ "repasser"
ɖ/ ᶗ "rester" lᶗ "tisser"

"L ph è /ɖ/p t v é l t t v tl t t L ’l
pé è v ll l é l t t l v ét fl [ɖ] l
pointe de la langue retournée se posant derrière les alvéoles).
L ’l pé è v ll l l t alors marqué du trait contrastif
"nasalité" et se réalise apicale nasale [n]" (BOLE-RICHARD, 1983)46

Selon M. AGBIDINOUKOUN47 l t " p bl ’ pp et n en


t t g t l t t l’ p g t "

3.2.1.8 - Le phonème /l/


Il est identifié grâce aux oppositions suivantes :

a) l/d ą = ᶗ=
lᶗ " t " ᶗ " rester "
àlɔ " main" àdɔ " famine "
lą " v " ą " serpent"

b) l/t
lɔ " monstruosité" tɔ " vè " " ’ "
lè " gain", "bénéfice" tè "igname"
lό" crocodile" tό "oreille"

46
Systèmatique phonologique et grammaire d'un parler Ewé L'Harmattan 1983
47
Analyse contrastive des syntagmes nominaux du fongbe et du français (étude appliquée à l'enseignement du
français dans un pays francophone d'Afrique) par Cosme Christian Agbidinoukoun

Page 51 sur 854


c) l/ ɖ
(cf. 1.7 d)
d) l/y
lɔ "casser" yɔ "tombeau", "caveau"
lì "moudre" yí "partir", "aller"
flɔ "allumer" fyɔ "bouillir", "cramer"

e) l/ ḭ =
àlò"cure-dent" àzò " corne "
lą " v " ą " natte"
lḭ"h h " ḭ " oeuf"

Le phonème /l/ est sonn t t l té l L’ p l ôté l l g l


peut avoir cependant trois réalisations selon les contextes [l] [ᶅ] []
Il se réalise [l] en position C- de CV et en position -c- de CcV, si C est une
consonne grave : /p, b, f, v, k, g, kp, gb, x, h, w/.
l é l [ᶅ] p t - de CV (vibrante) et en position -c- de
CcV(vibrante) si C est une consonne grave.
l é l [ɾ] p l v b t b tt t p ition -c- de CcV et de
CcV (Vibrante) si C- est une consonne aigüe : /t, d, s, z, c, j, y/. En ce cas peut
apparaître une voyelle épenthétique très brève entre C- et –c-.
Le phonème /l/ peut apparaître en seconde position de Cc- après toute
l’ pt /l/ t /ɖ/ LE-RICHARD, 1983).

3.2.1.9 - Le phonème /m/


a) m /p

b) m / b lέ " ’ tt h " (sens affectif) blέ "séduire", "tromper"


lέ "hameçon"

c) m/n ᴐ "p èg " ᴐ "mère", "rester"


Le phonème /m/ est nasal, bilabial toujours sonore. Il apparaît en position
initiale

3.2.1.10 - Le phonème /s/


Il est identifié à partir des oppositions suivantes :

a) s/c àsɔ "perdrix" àcɔ "parure"


sɔ "prendre" cɔ "guetter"
ὶ "respecter" ὶ "éteindre"

Page 52 sur 854


b) s/t (cf. 5e)

c) s/z sò "fusil" zò "feu"


sùn "lune" zùn "broussaille", "insulte"
ί "couper" ί "appuyer"
sà "vendre" zà "balayer"
sè "entendre" zè "prendre"
àsè "chat" àzè "sorcellerie"

La réalisation de /s/ est une sifflante, constrictive, sourde alvéolaire. Il est


é l é l’ v t p l l ég lvé l L ’ ll t b é v
le /w/, il est réalisé chez certain locuteur, comme « une pre-dorso-alvéolaire
sourde [š] »48.

3.2.1.11 - Le phonème /z/


a) z/s (cf. 1.10 c)
b) z/d (cf. 1.6 c )
c) z/j zà "balayer" jà "pleuvoir"
zán "utiliser" ján "serrer"
ǎ "nuit" ǎ "siège en bois"
ὲ "fendre", "opérer", ὲ "sel"

d) /ɖ zɔ "loin", ɖɔ "filet pour la pêche"


àzɔ "fumée", ɖɔ "urine"
zà "balayer" ɖ "cuisiner"
(cf. 1.7 c)

Le phonème /z/ est une constrictive sonore, alvéolaire. Il apparaît en position


initiale et en position intervocalique.

3.2.1.12 - Le phonème /c/


Il est identifié grâce aux oppositions suivantes :
a) c/j àcà "manière", "façon de faire" àjà "cage"
ί "éteindre", ί "gonfler"
b) c/s (cf. 1.10.a)
c) c/t cá "démodé", tà "allumer"
d) c/k cá "attaché", kà "clouer"
cán "manger cru", kán "découper"
acɔ "parure" akɔ "clan"

48
E. BONVINI
Page 53 sur 854
e) c/y cɔ "surveiller" yɔ "fondre" (bougie)
àcà "manière", "broderie" àyà "peigne"
àcú "rat sauvage", àyú "cuir"

f) c/ny c "éteindre" y "recevoir"


c "éteindre" ny "nommer"
àcà "manière", "façon de faire" àyàn "cime"

Les réalisations de ce phonème peuvent varier selon les locuteurs, allant de


l’ l v p l t l l [ ] ff é p t-alvéolaire ou palato-
alvéolaire.

3.2.1.13 - Le phonème /j/


Son identification phonématique ressort des oppositions suivantes :
a) j/c (cf.1.12 a)
b) j/z (cf.1.11c)
c) j/d ὲ "sel" ὲ "bave"
ὸ "graisse" ὸ "planter"
j "rendre", "laisser" d "sûr"
ὸ "vol" ὸ "foyer"
d) j/g àjɔ "commerce" agɔ "fête"
ǎ "siège en bois" gǎ "chef"

ǎ "friture" gǎ "lance"
e) j/y ὲ "sel" ὲ "esprit"
àjà "nasse" àyà "peigne"
d) j/ny j "perle" ny "aiguille"
àjà "nasse", "cage" ànyàn "p é ’ g "

Les réalisations de /j/ peuvent aussi varier selon les locuteurs, allant de
l’ l v p l t l [ɟ] légè t ff é ff é p t-
alvéolaires ou palato-alvéolaires. Ce phonème apparaît en position initiale et en
position intervocalique.

3.2.1.14 - Le phonème /y/


L’ t té ph l g phè t pp t v t :
a) y/c (cf. 1.12 e)

b) y/d àyɔ "vulve", "vagin" àdɔ "nid"


c) y/j (cf.1.13 e)
d) y/g ày "vagin" àg "foule"
e) y/l (cf. 1.8 d)

Page 54 sur 854


f) y/w yɔ "tombe" wɔ "pate de maïs"
nyɔ "bon" wɔ "oubli"
nylɔ "appel" wlɔ "amasser"

La réalisation de ce phonème devant voyelle orale est une continue palatale


sonore (glide)49 t t t "gl " ’ ppl ’ ph è
p t t ’ t t /l/ t /w/, il peut participer
comme deuxième terme à une séquence Cc-. Il est marqué de trait contrastif
« nasalisation » t t p év l l t é l l [ɲ] p t -
ᶌ ᶌ

3.2.1.15 - Le phonème /k/


Il est identifié par les oppositions suivantes :

a) k/g kú "mort" gú "divinité de la guerre"


kàn "corde" gàn "fer"
àkɔ "clan" àgɔ "réjouissance"
ί "paille" gί "patte de maïs fermenté"

b) k/c (cf 1.12 d)

c) k/kp kɔ "cou" kpɔ "panthère"


kàn "fouiller" kpàn "mettre au dos"
ὲ "rancune" pὲ "papaye"

d) k/x kú "mort" xú "os"


kɔ "sable" xɔ "tique"
ká "sable" xá "tique"
kò "rire" xò "grosse"

La réalisation du phonème /k/ est une occlusive vélaire, sourde non nasale avec
coarticulation labiale devant voyelle postérieure. On peut ajouter que sa réalisation
peut être exposée à des variations allant de la région médio-p l t l l ’l
pé è v ll té l ég vél l ’ ll p é è v ll
postérieure.

49Linguistique Glide : Son phonétiquement intermédiaire entre les voyelles et les consonnes.
(phonologiquement consonantique)

Page 55 sur 854


3.2.1.16 - Le phonème /g/
Les oppositions suivantes permettent de l'identifier
a) g/k (1.15 a)
b) g/gb g "marcher avec fierté" gb "aboyer"
gὸ "bouteille" gbὸ "couper"
gὸ "bouteille" gbὸ "couper"
gɔ "ternir" gbɔ "cesser"
gǎ "flèche" gbǎ "male" , "caisse"
gàn "fer" gbàn "trente"
ag "rivage" agb "portail"
g "rivage" àgbè "écureuil"
gǎ "chef" gbǎ "penché" , "tordu"

c) g/h gàn "fer" hàn "chant"


gǎ "flèche" hǎ "singe"
gùn "dischromie" hùn "sang"

c) g/j (cf.1.13 d)
La réalisation de /g/ est une occlusive vélaire sonore

3.2.1.17 - Le phonème /kp/


Les réalisations suivantes justifient l'identité phonologique de /kp/
a) kp/gb kpɔ "ensemble"
b) kp/c kpɔ "ensemble" cɔ "surveiller"
pὲ "outil de maçonnerie" ὲ "grâce"
àkpɔ "tourment" àcɔ "pomme d'adam"
c) kp/k (cf.15 c)
d) kp/x kpɔ "panthère" xɔ "case"
kp "bosse", "montée" ό "parole"
kp "enclos", "palissade" x "balai"

La réalisation de ce phonème /kp/ est une occlusive sourde à double point


d'articulation, simultanément vélaire et bilabiale. Il apparaît en position initiale et
en position intervocalique.

3.2.1.18 - Le phonème /gb/


Ce phonème est identifié à partir des oppositions suivantes :
a) gb/kp (cf.17 a)
b) gb/b gbǎ "male" bǎ "chicotte"
gbǎ "male" bǎ "chicotte"

Page 56 sur 854


c) gb/g (cf.16 b)
d) gb/h agbɔ "respiration" hɔ "dissiper","aller mieux"
gbɔ "aspirer" hɔ "aigle", "nombril"
agbàn "bagage" ahàn "boisson"
gb "grande jarre" h "tenir"
gbàn "trente" hàn "chanson"

e) gb/n gbɔ "aspirer" ɔ "sucer", "téter"


La réalisation de ce phonème /gb/ est une occlusive sonore à double point
d'articulation et labio-vélaire. Il apparaît en position initiale et en position inter
vocalique.

3.2.1.19- Le phonème /w/


Son identification phonologique ressort des oppositions suivantes :

a) w/kp àwà "bras" àkpà "plaie"


w "dix" kp "bosse", "montée"
w "odeur" p "mettre au dos", "endosser"
wɔ "oublier" pɔ "hamac" , "département"
wɔ "silure noir" pɔ "regarder"

b) w/gb wol "froisser" gb l "élargir"


ɔ "pâte, purée de céréale" gbɔ "mouton"
ɔ "oublier" gbɔ "passer par"

c) w/b w "pousser", "germer" b "perdre"


wà "viens" bà "chercher"
"dix" b gris-gris"

d) w/y àwà "bras" yà "souffrance"


"s'incliner" "ombre"
àwό "mensonge"," secret" ό "prodigalité"

e) w/h awɔ "pet" hɔ "cervelle"


ú "éclater" hú "arroser"
"noircir" h "fumer" (poisson)
wɔ "découvrir" hɔ "s'affaisser"

La réalisation du phonème /w/ devant voyelle orale est glide, une continue
vélaire sonore labialisée. Il apparaît en position initiale et en position
intervocalique. Comme /l/ et /y/ il peut participer comme deuxième terme à une
séquence /Cc-/.

Page 57 sur 854


3.2.1.20 - Le phonème /x/
Il est identifié par les rapprochements suivants :

a) x/h x "balai" h "canif"


xwé "fête" hwé "soleil"
xw "type d'arbre", h "justice"
"sarcler" h "cheveux blanc", "moisissure"

b) x/kp (cf. 1.7 d)


c) x/c xɔ "acheter" ɔ "surveiller"
xà "compter" , "lire" cà "démoder"
ɔ "faire des libations" ɔ "surprendre"

Ce phonème est une fricative vélaire sourde. Il apparaît en position initiale et en


position intervocalique. Il est réalisé au niveau du voile du palais avec légère
friction du dos de la langue. Il pourrait aussi être dit dorso-vélaire sourd50

3.2.1.21- Le phonème /h/


a) h/x (cf. 1.20 a)
b) h/gb (cf. 1.18 d)
c) h/g (cf. 1.16.c)
d) h/j ah "boisson" "rapport sournois"
hɔ "viande filandreuse" ɔ "commerce"
hὶ "griller" ὶ "accoucher", "produire"

La réalisation de ce phonème est une consonne constrictive sonore dont la


constriction comme pour le /x/, simultanément à deux niveaux : vélaire et glottal.

3.2.1.22- L ph è /ŋ/ v

3.2.2 – Les phonèmes vocaliques


Nous venons de dégager le système phonématique du fongbè en étudiant les
oppositions entre les phonèmes consonantiques, nous allons étudier à présent les
phonèmes vocaliques et procéder par la suite à la définition de leurs traits
caractéristiques et en faire un classement.

l’ lph b t ph ét t t l AP l v ll sont la
représentation des sons produits par l'écoulement libre de l'air dans la cavité
buccale. Le passage de l'air sans obstruction est ce qui distingue fondamentalement
les voyelles des consonnes.

50
HAZOUME M.L. Etude descriptive du "gungbè" Thèse de doctorat du troisième cycle juin 1979 Paris
Page 58 sur 854
Nous devons distinguer les voyelles phonétiques qui sont différentes des
voyelles graphiques. Les premières ne représentent toujours qu'un seul son,
contrairement aux voyelles graphiques, qui, utilisées seules ou regroupées, peuvent
exprimer à l'écrit des sons différents. Il y a donc souvent plus d'une façon de
transcrire un son. Par exemple, le son [o] peut s'écrire avec les voyelles
graphiques o, au, eau. Ainsi, le mot eau est formé à l'écrit des trois voyelles
graphiques e-a-u mais est transcrit en alphabet phonétique par le symbole [o] qui
représente l'unique son effectivement prononcé.

Le système des voyelles en fongbè comporte 12 phonèmes : sept orales avec


t gé ’ p t t l p t p t pl l l
syllabique. Nous avons :

3.2.2.1 Le phonème /i/


Il est identifié par les rapprochements suivants :

a) i/in l "chemin" l "hanche"


t "sac de jute" t "arbre"
ί "respecter" ί "croître" , "couper"

b) i/e ɖ "enterrer" ɖè "enlever"


s "queue" sè "meule"
d "saleté" "un"
d) / ε s "queue" s "malin"
v "enfant" v "iguane"
ki "bourrer" "écarter"

e) i/a ki "bourrer" "clouer"


y "aller" y "récolter" (maïs)

f) /ᴐ b "tout" bɔ "boue"
h "fumer" (viande) hɔ "écrouler" (mur)
"queue" ɔ "cheval"

g) i/o v "pleur" avὸ "type de sac à maïs"


l "chemin" àlὸ "cure-dent"
"marché" àxὸ "indigo"

h) i/u ɖ "enterrer" ɖú "manger"


àsὶ "femelle" ú "mâle"
àɖ "savon" àɖú "dent"

Page 59 sur 854


3.2.2.2Le phonème /e/
a) e/i (cf. 2.1 b)
b) /ε tè "débout" tε "endroit", "place"
lè "bénéfice" lε "sot", "abruti"
sé "meule" sε "loi"

c) e/o sé "meule" "montagne"


"palmiste" "mur"
gb "herbe" gb "orange"

d) /ᴐ àg "rivage" gɔ "grenier"
kè "hernie" ɔ "cou"
hè "hoquet" hɔ "case"

e) e/u é "divulguer" ú "mort"


ɖé "enlever" ɖú "manger"
é "entendre" ú "fermer"

f) e/a kpè "butte" , "estrade" kpà "palissade"


sè "entendre" sà "vendre"
"sorcellerie" àzà "toit", "couvre-chef"

La réalisation de ce phonème /e/ est antérieure, tendue, de deuxième degré


’ p t t l

3.2.2.3 L ph è /ε/
Ce phonème est assez rare au niveau lexique
a) ε/ (cf. 2.2 b)

b) ε/ gb "groupe" gbǎ "malle"


l "folie" àlà "branche"
ɖὲ "prière" ɖ "cheveu"
xὲ "oiseau" xà "panier"

c) ε/ᴐ t "cimetière" tɔ "père"


gb "groupe" gbɔ "mouton"
s "destin" ɔ "cheval"

d) ε/ε s "destin" "loi"


p "remerciement" p "toux"
Page 60 sur 854
kpὲ "minimum" kpὲn "papaye"

e) ε/ k "clouer" ú "mort"
v "varan" v "jeune"
"bave" "jeune"

f) ε/ ὲ "déplacer" sὸ "foudre"
ɖ "rapiécer" ɖ "posséder"
lὲ "folie" àlὸ "cuir-dent"

La réalisation de ce phonème est une voyelle antérieure, orale, tendue non


l b l t è gé ’ p t

3.2.2.4 Le phonème /a/


Son identité phonologique est identifiée par les oppositions suivantes :

a) / ε (cf. 2.3 b)
b) / ᴐ àlà "branche" lɔ "main"
gbǎ "caisse" gbɔ "main"
xà "panier" ɔ "case", "chambre"

c) a/ an tà "tête" tàn "histoire", "récit"


agbǎ "canon" agbǎ "assiette", " plat"
dǎ "être méchant" dǎ "remuer", "bouger"
gǎ "flèche" gǎ "chef"

d) a/e (cf. 2.2 f)

f) a/o sà "vendre" sὸ "tonnerre"


ɖ "aiguiser" ɖὸ "posséder"
ɖ "caca" ɖὸ "foyer"

g) a/u bà "chercher" b "perdre"


akà "famine" ú "sécheresse"
awà "bras" awù "chemise"

L é l t ph è / / t l lâ h l b l ’ t v ll
centrale de grande aperture.

Page 61 sur 854


3.2.2.5 L ph è / ᴐ/
L’ t té ph l g ph è t ét bl p l pp t
suivantes :
a) ᴐ /ᴐ fɔ "ramasser" fɔ "se lever"
gɔ "tort" gɔ "fruit de ronier"
tɔ "coudre" tɔ "musaraigne"
ɔ "fumée" ɔ "maladie"
kpɔ "panthère" pɔ "hamac"

b) ᴐ /i (cf.2.1 f)
c) ᴐ /e (cf. 2.2 d)
d) ᴐ /d kpɔ "panthère" pɔ "hamac"
e) ᴐ /ε (cf. 2.3 c)
f) ᴐ /a (cf. 2.2 b)
g) ᴐ /o kɔ "cou" "gésier"
tɔ "coudre" kɔ "cou"
d "dormir" k "vingt"
h) ᴐ /u xɔ "chambre" xú "os"
bɔ "boue" bú "perdu"
tɔ "père" tú "fusil"

L é l t ph è /ᴐ /. C'est une voyelle postérieure, elle est orale,


labialisée de troisième degré d'aperture.

3.2.2.6 Le phonème /o/


L'identification phonologique de ce phonème se fait grâce aux oppositions
suivantes :
a) /ᴐ fὸ "disparaître" fɔn "se réveiller"
tὸ "ranger" tɔn "percer", "sortir"
ɔ "fumée" ɔn "maladie"

b) o/i (cf. 2.1 g)


c) o/e (cf. 2.2 c)
d) o/ε (cf. 2.3 f)
e) o/a (cf. 2.4 f)
f) o/ᴐ (cf. 25 g)

g) o/u ὸ "trou" ú "danser"


"pilier", "montagne" ú "fermer"
"parole" "mer"

Page 62 sur 854


Le phonème /o/ est une voyelle postérieure tendue de deuxième degré (mi-
ouverte). Il apparaît en position initiale. Contrairement au dérivatif a -, il est
facultatif. Il apparaît aussi en position finale.

3.2.2.7 Le phonème /u/


L'identité phonologique de ce phonème ressort des oppositions suivantes :

a) u/ṵ kú "mort" "creuser"


g "héritage" g "dartre" , "dyschromie"
s "interdit" "lune"
sú "payer" ú "arracher"

b) u/i (cf. 2.1 h)


c) u/e (cf. 2.2 e)
d) u/ε (cf. 2.3 e)
e) u/a (cf. 2.4 g)
f) u/ᴐ (cf. 2.5 h)
g) u/o (cf. 2.6 g)

Le phonème /u/ est une voyelle postérieure, tendue, orale labialisée de premier
degré d'aperture.

3.2.2.8 Le phonème / ḭ/ / in/


L'identité phonologique de /ḭ / t pp t v t
a) ḭ / (cf. 2.1 a)

b) ḭ /ε fn "voler" (fraude) f "fendre"


ln "durer" l "compter"
"eau" sὲn "peinture"
n "caca" m "nudité"

c) ḭ / lin "penser" lǎn "déborder"


n "caca" ǎn "feuille légumineuse"
az "arachide" ǎn "jour"

d) ḭ /ᴐ p "toux" pɔ "hamac"
gin "aiguiser" gɔ "louper" ,"manquer RDV"
fn "voler" (fraude) fɔ "se réveiller"

e) ḭ / s "eau" "lune"
"appuyer" "injure"
t "exister" tú "reconnaître"
Page 63 sur 854
"avaler" ú "tomber", " ’ ff "
La réalisation du phonème /ḭ / /in/ est nasale antérieur, non labiale de
p gé ’ p t

3.2.2.9 L ph è /ε /
a) ε / p n "toux" kpè "pierre"
b) ε /ε (cf.2.8 b)
c) ε /l al "hanche" lὶ "moudre"
d) ε / k n "rancune" k "corde"

e) ε /ᴐ kp n "rancune" kpɔ "h "


s n "adorer" sɔ "t " t
l n "compter" lɔ "t "

3.2.2.10 Le phonème /an/


Les comparaisons ci-desso éf t l’ t té ph l g / /.
Certains aspects ayant été abordés plus haut comme il est indiqué en (a,b,c) ci-
dessous :

a) an/a (cf.2.4 c)
b) an/in (cf. 2.8 c)
c) an/ε (cf. 2.9 d)

d) an/ᴐn àtàn "dolo" tɔ "tois"


ǎ "jour" ɔ "maladie"
làn "viande" lɔ "sauter"
hàn "porc" hɔ "porte"

e) an/un kàn "fouiller" "creuser"


lǎ "velours" l "sécheresse"
zàn "velours" "insulte"

Ce phonème est une voyelle centrale. Sa réalisation est nasale, non labiale, lâche
t ’ p t l

3.2.2.11L ph è /ᴐ /
L pp t v t p tt t ’ét bl t té ph l g
a) ᴐ /ᴐ (cf. 2.6 a)
b) ᴐ / (cf. 2.8 d)
c) ᴐ /ε (cf. 2.9 e)
d) ᴐ / (cf. 2.10 d)

Page 64 sur 854


e) ᴐ / fɔ "se réveiller" fú "souffler"
tɔ "percer" tú "détacher"
hɔ "arracher" hú "ouvrir"

L é l t ph è t l l b l é p té ’ t
voyelle lâche et nasale de trois è gé ’ p t

3.2.2.12 Le phonème /un/


L’ t té ph l g t pp t v t :

a) un/u (cf. 2.7 a)

b) un/in (cf. 2.8 e)

c) /ᴐ (cf. 2.11 e)

d) un/ε t "connaître" t "essai"


s "lune" sὲn "peinture"
f "épousseter" fὲn "ongle"

e) un/an (cf. 2.10 e)


L ph è / / t l p té t p gé ’ p t l b l é

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Page 66 sur 854
Chapitre IV
DÉFINITION ET CLASSEMENT
DES PHONÈMES

Page 67 sur 854


4 .1 Introduction
Après avoir présenté les différentes oppositions entre les paires minimales qui
t p ’ t f é l ph è t ’ p t t l ph è
v l ’ t p t ll p v l éf tl l v tl
"trait pertinent", c'est-à-dire la particularité phonique minimale constitutive de
l’ té ph l g éf t E N N "le trait pertinent est une
réalité linguistique, c'est-à-dire qu’il fonde son identité non pas sur la substance
phonique, articulatoire ou acoustique, mais uniquement sur le rôle qu’il assume au
niveau des unités phonologiques en vue de la construction de la face signifiante du
signe. (BONVINI, 1974 : 15)"51 ’ t éf t l g p t pl
p g ph ’ l t pé P pp t l p é t tion que nous avons
faite, nous retenons que le "trait pertinent" reste une réalité à la fois logique et
abstraite dont la manifestation est une différence phonique qui est évoquée dans
l’ét tt t ppl é t t

Par exemple, dans la langue f l f gbè l’ pp t p/ p p


ffé p t ’ t l t l t t l t g t t
pp lé p tv t l b l t l b vél P ll p l’ pp t p/f, elle
correspond phonétiquement à une ffé p t ’ t l t t p
appesantir sur la notion de trait pertinent, nous restons fidèle à la ligne énoncée au
éb t tt ét tt é p E N N thè té pl ’
fois déjà dans ce document. Ainsi, nous allons étudier les phonèmes dans le cadre
typique de la langue fongbè et voir quel est le "véritable statut" de ce concept à
p t t t pp t l t t tf ’ l p é tent. Pour ce faire, nous
proposons ci-dessous les tableaux récapitulatifs des phonèmes vocaliques et
consonantiques suivis de leurs traits définitoires.

4.2 Définition des phonèmes consonantiques


4.2.1 Tableau de synthèseTableau 4 Tableau de synthèse des phénomènes consonantiques
/p/ Occlusif p/f, s
Bilabial p/t, f
sourd p/b

/b/ Occlusif b/v, z


Bilabial b/v, d
sonore b/p

/f/ constrictif f/p


labio-dental f/p, t, kp
sourd f/v

51 ème
E. BONVINI Traits oppositionnels et traits contrastifs en Kasim Thèse de doctorat de 3 cycle 1974 Paris
Page 68 sur 854
/v/ Constrictif v/b
labio-dental v/b, d, gb
sonore v/f

/t/ occlusif t/f


dental t/f, s
sourd t/d

/d/ occlusif d/v


dental /v ɖ
sonore d/t

/ɖ/ occlusif ɖ /v
rétroflexe ɖ/
sonore ɖ/t

/l/ sonante l/d


latéral l/ ɖ

/s/ constrictif s/t


sifflant s/f, t, c
sourd s/z

/z/ constrictif z/d


sifflant /v ɖ
sonore z/s

/c/ occlusif c/s


palatal c/s, t, k
sourd c/j

/j/ occlusif j/z


palatal j/z, d, g
sonore j/c

/y/ sonante y/j


palatal y/l, g
/k/ occlusif k/x, w
vélaire k/c, kp, x
sourd k/g

/g/ occlusif g/h, w


vélaire g/j, gb, h
Page 69 sur 854
sonore g/k

/kp/ occlusif Kp/x, w


Labio-vélaire Kp/p, k, x
sourd Kp/gb

/gb/ occlusif gb/h, w


Labio-vélaire gb/b, g, h
sonore gb/kp

/w/ sonnante w/gb, h


Labio-vélaire w/gb, y

/x/ constrictif x/kp


uvulaire x/kp, p
sourd x/h

/h/ constrictif h/w, gb


uvulaire h/gb, b
sonore h/x

4.2.2 Classement des consonnes


4.2.2.1 Classement selon les séries
Occlusives : p b t ɖ g p gb
Constrictives : f, v, s, z, x, h.
Sonnantes : l, y, w.

4.2.2.2 Classement selon les points ’ t l t


Bilabiales : p, b
Labio-dentales : f, v
Dentales : t, d
Rétroflexes : ɖ
Latérale : l
Sifflantes : s, z
Palatales : c, j, y
Vélaires : k, g
Labio-vélaires : kp, gb
Uvulaires : x, h

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4.2.2.3 Classement selon la résonnance
Consonnes sourdes : p, f, t, s, c, k, kp, x
Consonnes sonores : b v ɖ l g gb h

4.2.3 Tableau récapitulatif du système des consonnes en langue fon


Consonnes Labiales Alvéolaires Pala- Vélaires
tales

Palatales
Bilalabiales

Sifflantes
latérales
Labio-debtales
Dentales

Vélaires

Uvulaires
Retroflexes

Labio-vélaires
Localisation

Résonance

Sourdes p f t s c k kp x
Sonores z j g gb h
b ɖ
sonantes l y w

Tableau 4.1 : Tableau de synthèse effectué par nos soins

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4.3 Définition et classement des voyelles
/i/ antérieur / / /
p gé ’ p t / / /
oral i/in

/e/ antérieur /ᴐ / /
è gé ’ p t / / /
oral /

/ / antérieur /ᴐ / /
è gé ’ p t / / /
oral /

/a/ central / /
aperture maximale / /
oral a/an

/ᴐ/ postérieur ᴐ/
t è gé ’ p t ᴐ/

oral ᴐ/ᴐ

/o/ postérieur /
p gé ’ p t / ᴐ
oral /ᴐ
/u/ postérieur /
p gé ’ p t / ᴐ a
oral /ų

/in/ antérieur / ᴐ
p gé ’ p t /
nasal In/i

/ / antérieur /ᴐ
è gé ’ p t /
nasal /
/an/ Central / ᴐ
Aperture maximale /ᴐ
nasal an/a

/ᴐ / postérieur ᴐ /
p gé ’ p t ᴐ /
nasal ᴐ /ᴐ

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/un/ postérieur /
p gé ’ p t /ᴐ
nasal un/u

4.3.1 Classement des voyelles


Les définitions que nous avons faites des voyelles plus haut, nous permettent
de proposer les classements suivants :

1 – Résonnance :
Orales : i, e, a, ᴐ, o, u
Nasales : in, an, ᴐn, un

2–P t ’ t l t
Antérieures : i, e
in
Centrales : a, an
Postérieures : ᴐ o, u,
ᴐ un
3– g é ’ p t :
Premier degré : i, u
In, un
Deuxième degré : e, o
Troisième degré : ᴐ

Aperture maximale : a, an

À l’ l t ff t é p p un tableau récapitulatif du
Système vocalique.

4.2.2 Tableau – Voyelles orales


Tableau 5 Tableau distinctif (degré d'aperture 1)
Antérieures Centrales Postérieures
Voyelles orales
Premier degré i u
Deuxième degré e o
Troisième degré ᴐ
Degré maximale a

Tableau 4.2 : Tableau distinctif proposé par nos soins


Tableau 6 Tableau distinctif des degrés d'aperture 2

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4.3.3 Tableau Voyelles nasales
Antérieures Centrales Postérieures
Voyelles nasales
Premier degré in un
Deuxième degré
Troisième degré ᴐ
Degré maximale an

Tableau 4.3 Tableau distinctif proposé par nos soins

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Chapitre V
ÉTUDE PHONOLOGIQUE COMPARÉE DES
LANGUES : FϽN GEN GUN ET KASIM

Page 75 sur 854


5.1 Introduction
Nous ouvrons cette brèche dans notre étude car certains documents qui nous ont
p f tt ét t t t t t t ’ l g é N
t t ’l thé l l ’ tèg h t p l g
étudié à travers les phonèmes et leurs oppositions phonologiques. Cependant
certaines spécificités apparaissent et il semble opportun de nous pencher de là-
dessus. Nous allons présenter une description des consonnes et des voyelles à
l’ t l l g p é té -dessus, en langue gen (mina)52 en gun53 et le
kasim54

5.2 - La langue GEN (Mina)


La langue GEN est une langue qui est parlée dans le sud-est du Togo et le sud-
ouest du Bénin t g ’ é ll ’ p tt té
de la population dans les deux pays. La langue gen ou mina a cependant une
position quasi centrale dans le groupe Ta l g p bé f t ’ ll l g
de communication privilégiée. Elle se comprend assez aisément sans apprentissage
de longue durée soit nécessaire. Le dynamisme commercial des Minas, notamment
l f f t tt l g ’ t p t tilisée comme langue
l l’ bl g ég l t é

L b thé l ll l’ét tt l g été f t p Ré


Bole-Richard est celle élaborée par E. BONVINI dans sa thèse que nous avions
évoquée plus ’ f t ét

Nous constatons que le système phonétique gen, du gun et le fon sont


identiques car elles appartiennent toute au groupe "Gbè." Il contient le même
nombre de voyelles et de consonnes et leurs définitions phonologiques presque
identiques.

52
Langue parlée au sud du Togo et du Bénin. Traitée par Rémy Bole-Richard
53
L g g p lé p p t l p p l t l’ émé au sud est du Bénin
54
Langue parlée par les Kasina, un groupe ethnique situé à la fois au Ghana et au Burkina-Fasso

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5.2.1 Tableau de synthèse différentielle entre les Langues : Fon et Gen

Fon Gen
/p/ Occlusif p/f, s
Bilabial p/t, f Bilabial p/kp, f
sourd p/b sourd p/b

/b/ Occlusif b/v, z


Bilabial b/v, d Bilabial b/gb, v
sonore b/p voisé b/p

/f/ constrictif f/p


labio-dental f/p, t, kp labio-dental f/p, t
sourd f/v sonore f/v

/v/ constrictif v/b


labio-dental v/b, d, gb labio-dental v/b, d
sonore v/f sonore v/f

/t/ occlusif t/f


dental t/f, s dental t/f, s
sourd t/d sourd t/d

/d/ occlusif d/v


dental /v ɖ dental /v ɖ
sonore d/t sonore d/t

/ɖ/ occlusif ɖ /v
rétroflexe ɖ/ apical ɖ/ l
sonore ɖ/t voisé ɖ/t

/l/ sonante l/d sonante l/d


latéral l/ ɖ latéral l/ ɖ

/s/ constrictif s/t


sifflant s/f, t, c sifflant s/ t, c
sourd s/z sourd s/z

/z/ constrictif z/d


sifflant /v ɖ sifflant z/ d, j
sonore z/s sonore z/s

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/c/ occlusif c/s
palatal c/s, t, k palatal c/s, t, k
sourd c/j sourd c/j

/j/ occlusif j/z


palatal j/z, d, g palatal j/z, d, g
sonore j/c sonore j/c

/y/ sonante y/j sonnante y/j


palatal y/l, g palatal y/l, g

/k/ occlusif k/x, w


vélaire k/c, kp, x vélaire k/c, kp, x
sourd k/g sourd k/g

/g/ occlusif g/h, w


vélaire g/j, gb, h vélaire g/j, gb, h
sonore g/k sonore g/k
/kp/ occlusif Kp/x, w
Labio-vélaire Kp/p, k, x Labio- vélaire kp/p, k, x
sourd Kp/gb sourd kp/gb

/gb/ occlusif gb/h, w


Labio-vélaire gb/b, g, h Labio-vélaire gb/b, g, h
sonore gb/kp sonore gb/kp

/w/ sonnante w/gb, h sonnante w/gb, kp


Labio-vélaire w/gb, y Labio- vélaire w/ y

/x/ constrictif x/kp


uvulaire x/kp, p postérieur x/k, kp
sourd x/h sourd x/h

/h/ constrictif h/w, gb


uvulaire h/gb, b postérieur h/g, g b
sonore h/x sonore h/x

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5.2.2 Classement des consonnes
5.2.2.1 Classement selon les séries
Occlusives : p b t ɖ g p gb
Constrictives : f, v, s, z, x, h.
Sonnantes : l, y, w.

5.2 2 2 l t ffé t l l l p t ’ t l t
Fon Gen
Bilaliales : p, b p,b
Labio-dentales : f, v f, v
Dentales : t, d t, d, l
Rétroflexes : ɖ ɖ
Latérale : l
Sifflantes : s, z s, z
Palatales : c, j, y c, j, y
Vélaires : k, g k, g
Labio-vélaires : kp, gb kp, gb, w
Uvulaires (Postérieures) : x, h x, h

5.2.2.3 Classement différentiel selon la résonnance


Langue Fon
Consonnes sourdes : p, f, t, s, c, k, kp, x
Consonnes sonores : b v ɖ l g gb h

5.2.2.4 Classement différentiel selon la résonnance


Langue Gen
Consonnes sourdes : p, f, t, s, c, k, kp, x
Consonnes sonores : v, d, z, j, g, gb, h
Consonnes sonnantes : l, y, w
Consonnes voisées : b ɖ

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5.3 Définition et classement différentiel des voyelles
Langues Fon Gen
/i/ antérieure / / i/u i/u
premier degré / / / / f é
d’ p t
oral i/in i/in

/e/ antérieure /ᴐ / / i/o


è gé ’ p t / / / /
orale / /

/ / antérieure /ᴐ / / /ᴐ
è gé ’ p t / / / / v t
orale / /

/a/ centrale / / / ᴐ
aperture maximale / / a/e, o (i, u) (ouverte)
orale a/an a/an

/ᴐ/ postérieure ᴐ/ ᴐ/
troisième gé ’ p t ᴐ/ ᴐ/
orale ᴐ/ᴐ ᴐ/ᴐ

/o/ postérieure / o/e


p gé ’ p t / ᴐ /ᴐ
orale /ᴐ /ᴐ

/u/ postérieure / u/i


p gé ’ p t / ᴐ a / ᴐ f é
orale /ų /ų

/in/ antérieure / ᴐ In/un


p gé ’ p t / / f é
nasale In/i In/i

/ / antérieure /ᴐ /ᴐ
deuxième degré / / (ouverte)
’ p t
nasale / /

/an/ Centrale / ᴐ /ᴐ
Aperture maximale /ᴐ an/in, un
(ouverte)
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nasale an/a an/a
/ᴐ / postérieure ᴐ / ᴐ /
p gé ’ p t ᴐ / ᴐ / v t
nasale ᴐ /ᴐ ᴐ /ᴐ

/un/ postérieure / un/in


p gé ’ p t /ᴐ /ᴐ f é
nasale un/u un/u

5.4 Cas de synthèse : Définition et classement des voyelles


Les définitions que nous avons faites des voyelles plus haut, nous permettent
de proposer les classements suivants :
1 Résonnance :

Fon
Orales : i, e, a, ᴐ, o, u
Nasales : in, an, ᴐn, un

Gen
Orales : i, e, a, ᴐ, o, u
Nasales : in, an, ᴐn, un
Identité parfaite entre les deux langues

2 P t ’ t l t
Fon Gen Obs
Antérieures : i, e i, e idem
in in idem
Centrales : a, a, idem
an an idem
Postérieures : ᴐ o, u, ᴐ o, u, idem
ᴐ un ᴐ un idem

3 gé ’ p t :
Fon Gen obs
Premier degré : i, u i, u idem
In, un In, un idem

Deuxième degré : e, o e, o idem


Troisième degré : ᴐ ᴐ idem
ᴐ ᴐ idem
Aperture maximale : a, an a, an idem
Page 81 sur 854
À l’ l t ff t é p p l t bl é pt l tf
Système vocalique, nous constatons une réelle concordance entre la définition et le
classement des voyelles.

De ce fait, nous aboutissons à un tableau récapitulatif identique aux deux


langues.

4 - Tableau global de synthèse (Voyelles orales)


Tableau 7 Tableau global de synthèse (voyelles nasales)
Antérieur Centrales Postérieures
Voyelles orales es

Premier degré i u
Deuxième degré e o
Troisième degré ᴐ
Degré maximale a

Tableau 5.1 : Tableau global de synthèse (Voyelles nasales)

Antérieur
Centrales Postérieures
Voyelles nasales es

Premier degré in un
Deuxième degré
Troisième degré ᴐ
Degré maximale an

Tableau 5.2 : T le u e e ec le e r ’ er ure Tableau 8 Tableau de


synthèse avec les degrés d'aperture

Page 82 sur 854


5.5 Etude comparée des langues Fon et Gun : Systèmes vocaliques
5.5.1 Définition et classement des voyelles
Langues Fon Gun
/i/ antérieure / / / i/u
p gé ’ p t / / / i/e
oral i/in

/e/ antérieure /ᴐ / / e/o


deuxième degré ’ p t / / / /
orale /

/ / antérieure /ᴐ / / /ᴐ
è gé ’ p t / / / /
orale /

/a/ centrale / / / ᴐ
aperture maximale / / /
orale a/an

/ᴐ/ postérieure ᴐ/ ᴐ/
t è gé ’ p t ᴐ/ ᴐ/
orale ᴐ/ᴐ ᴐ/ᴐ

/o/ postérieure / o/e


p gé ’ p t / ᴐ / ᴐ
orale /ᴐ
/u/ postérieure / u/i
p gé ’ p t / ᴐ / ᴐ
orale /ų

Commentaire
Les voyelles l / ᴐ / tl t t l
v ll l f ’l ’ t l t t l té

/in/ antérieure / ᴐ In/un


p gé ’ p t / /
nasale In/i In/i

/ / antérieure /ᴐ /ᴐ
è gé ’ p t / /
nasale / /

Page 83 sur 854


/an/ Centrale / ᴐ /ᴐ
Aperture maximale /ᴐ an/in, un
nasale an/a an/a

/ᴐ / postérieure ᴐ / ᴐ /
p gé ’ p t ᴐ / ᴐ /
nasale ᴐ /ᴐ ᴐ /ᴐ

/un/ postérieure / un/in


p gé ’ p t /ᴐ /ᴐ
nasale un/u un/u

5.5.2 Définition et classement des voyelles (suite)


1 Définition et classement des voyelles
Les définitions que nous faites des voyelles plus haut, nous permettent de
proposer les classements suivants :
1 – Résonnance :

Fon
Orales : i, e, a, ᴐ, o, u
Nasales : in, an, ᴐ un

Gun
Orales : i, e, a, ᴐ o, u
Nasales : in, an, ᴐn, un
Nous notons une certaine corrélation entre ces deux langues.

2 –P t ’ t l t
Fon Gun Obs
Antérieures : i, e i, e idem
in in
Centrales : a, a idem
an an idem
Postérieures : ᴐ o, u, ᴐ o, u, idem
ᴐ un ᴐ un idem

3 – gé ’ p t :
Fon Gun obs
Premier degré : i, u i, u idem
In, un In, un idem
Deuxième degré : e, o e, o idem
Troisième degré : ᴐ ᴐ idem
ᴐ ᴐ idem
Page 84 sur 854
Aperture maximale : a, an a, an idem

À l’ l t ff t é p p l t bl é pt l tf
Système vocalique, nous constatons une réelle concordance entre la définition et le
classement des voyelles. De ce fait, nous aboutissons à un tableau récapitulatif
t l g f t pp ît l t v ’ p t p
l v ll l tt gé ’ p t p l v ll l (Cf. tableaux
ci-dessous).

Tableau global de synthèse : Voyelles orales


Tableau 9 Voyelles orales avec les degrés d'aperture
Voyelles orales Antérieures Centrales Postérieures

Premier degré i u
Deuxième degré e o
Troisième degré ᴐ
Degré maximale a

Tableau 5.3 : Voyelles orales avec les ffé t gé ’ p t

Tableau global de synthèse : Voyelles nasales

Voyelles nasales Antérieures Centrales Postérieures

Premier degré in un
Deuxième degré
Troisième degré ᴐ
Degré maximale an

Tableau 5.4 : Voyelles nasales ec le ff re e r ’ er ure


Tableau 10 Voyelles nasales avec les degrés d'aperture

Page 85 sur 854


5.5.3 Tableau de synthèse différentielle consonantique : Langues Fon et Gun
Fon Gun
/p/ Occlusif p/f, s
Bilabial p/t, f Bilabial p/ f
sourd p/b sourd p/b
Non- p/m
nasal

/b/ Occlusif b/v, z


Bilabial b/v, d Bilabial b/ v
sonore b/p sonore b/p
Non- b/p
nasal
/f/ constrictif f/p
labio-dental f/p, t, kp labio- f/ t
dental
sourd f/v sourd f/v

/v/ constrictif v/b


labio-dental v/b, d, gb labio- v/ d
dental
sonore v/f sonore v/f

/t/ occlusif t/f


dental t/f, s apico- t/f, s
dental

sourd t/d sourd t/d


Non- t/n
nasal

/d/ occlusif d/v


dental /v ɖ apico- d/v, z
dental
sonore d/t
non- d/n
nasal

Fon Gun
/ɖ/ occlusif ɖ /v
rétroflexe ɖ/ apico- ɖ/
alvéolaire
sonore ɖ/t sonore ɖ/t
Page 86 sur 854
non- ɖ/
nasal

/l/ sonante l/d


latéral l/ ɖ latéral l/t, d, n

/s/ constrictif s/t


sifflant s/f, t, c sifflant s/ t, c
continu
sourd s/z sourd s/z

/z/ constrictif z/d


sifflant /v ɖ sifflant, z/ d, j
continu
sonore z/s sonore z/s

/c/ occlusif c/s


palatal c/s, t, k palatal, c/k, s
alvéolaire
sourd c/j sourd c/j
non- c/ny
nasal

/j/ occlusif j/z


palatal j/z, d, g Palatal, j/ g, z
alvéolaire
sonore j/c sonore j/c
Non- j/ny
nasal

/y/ sonante y/j sonante y/j


palatal y/l, g palatal y/l, g

Fon Gun
/k/ occlusif k/x, w
vélaire k/c, kp, x vélaire k/c, k , x, kp
sourd k/g non- k/kp
nasal
sourd k/g

/g/ occlusif g/h, w


vélaire g/j, gb, h vélaire g/j, gb, h
sonore g/k sonore g/k
Page 87 sur 854
non- g/ŋ
nasal
/kp/ occlusif Kp/x, w
Labio-vélaire Kp/p, k, x Labio- Kp/p, k
vélaire
sourd Kp/gb sourd Kp/gb

/gb/ occlusif gb/h, w


Labio-vélaire gb/b, g, h Labio- gb/b, g
vélaire
sonore gb/kp sonore gb/kp

/w/ sonnante w/gb, h


Labio-vélaire w/gb, y continu w/c, l, y
-vélaire

/x/ constrictif x/kp


uvulaire x/kp, p fricatif- x/k, c, kp
vélaire
sourd x/h sourd x/h

/h/ constrictif h/w, gb


uvulaire h/gb, b fricatif- h/g, g b
vélaire
sonore h/x sonore h/x
5.5.4 Commentaire
Nous constatons une forte similitude entre les phonèmes fon et gun. Les traits
distinctifs portent sur les phonèmes / ŋ l /.
Les consonnes nasales sont toujours associées à des voyelles nasales alors que
l pp é /b ɖ / t tt té v t v ll l
Qua t l ll b ŋ ll p é t l p / / tp
pl f l l ’ ll p é è é t t ’ t
’ ll v t:
[ ]l ’ ll p é è bl b l / / /b/

Exemple : b : ’ assé
ún ɔ : ’ v
[ ]l ’ ll p é è t t l t f / / t /g/ v t
l ll ll v t [ŋ]
Exemple : ŋ je suis parti
ŋ je suis venu
[ŋ] ŋ ɔ je refuse
ŋ gɔ je suis revenu
Page 88 sur 854
5.5.5 Classement des consonnes
5.5.5.1 Classement selon les séries
Occlusives : p b t ɖ g p gb
Constrictives : f, v, s, z, x, h.
Sonnantes : l, y, w.

5.5.5.2 l t l l p t ’ t l t
Fon Gun
Bilaliales : p, b p,b
Labio-dentales : f, v f, v
Dentales : t, d t, d, l (Apicales)
Rétroflexes : ɖ ɖ lvé l
Latérale : l
Sifflantes : s, z s, z
Palatales : c, j, y c, j, y
Vélaires : k, g k, g (dorsales)
Labio-vélaires : kp, gb kp, gb, w
Uvulaires (Postérieures) : x, h x,h

5.5.5.3 Classement selon la résonnance


Langue Fon
Consonnes sourdes : p, f, t, s, c, k, kp, x
Consonnes sonores : b v ɖ l g gb h

5.5.5.4 Classement selon la résonnance


Langue Gun
Consonnes sourdes : p, f, t, s, c, k, kp, x
Consonnes sonores : b v ɖ g gb h
Consonnes nasales : m, n, ny
Consonnes continues : w, l, y

Page 89 sur 854


Page 90 sur 854
Chapitre VI
LA SYLLABE

Page 91 sur 854


6.1 Introduction

En continuant d'appliquer la méthodologie proposée par E. BONVINI, dans sa


thè té pl h t ll p v l’ét l è té : la
syllabe, car grâce à la commutation, nous avons dégagé les systèmes vocaliques et
consonantiques sur le plan des paradigmes, ensemble des unités qui peuvent se
b tt l’ l’ t t t t t pp t
v t l ’ pp t Ce plan de commutation seul ne suffit pas car ce qui
caractérise une langue, ce ne sont pas seulement les unités phonologiques, mais
également la façon que ces unités ont de se combiner pour former des signes ou
des mots. Il est important de tenir compte du contexte, c'est-à- l’ v t
’ té l h î ’é é p t t-à-dire sa place : la place
l’ té l ph è p pp t ph è é tf è

E t t ’ t té l g t la syllabe a ses propres traits pertinents que nous


qualifions de "prosodique" afin de les distinguer des traits phonématiques qui eux,
caractérisent les phonèmes. La démarche que nous adopterons est la suivante :

- Inventorier les différents schèmes syllabiques en langue fon


- Etudier leurs traits caractéristiques ;
- Proposer une définition de la syllabe fon en fonction des caractéristiques que
nous aurions étudiées.

6.2 – Inventaire des schèmes syllabiques en langue fon


Av t f l’ v t hè ll t g l
structure Ceci étant nous allons nous demander comment est structuré un
phonème ?

6.2.1 Structure phonématique des monèmes


E f ç ’ t l g l t ne immense variété de
monèmes par exemple :
"V (eau), CV (rat), CCV (trot), CVC (pâte), CVCC (porte), CVCCV (parti),
l t …" A L N 2005 P 9 55

À travers la structure que nous avons présentée ci- t t ’l


y a des "rapports de dépendance mutuelle entre traits pertinents successifs
p tt t ’ l’ t ’ bl t l -tend, c'est-à-
dire une unité phonologique autre et supérieure au phonème que nous appelons
« syllabe » ".

55
Initiation à la linguistique Cours et applications corrigées. Christian BAYLON, Paul FABRE Armand COLIN
2005
Page 92 sur 854
6.2.1 .1 Plan graphique
 C et V pour représenter respectivement le trait consonantique et le trait
vocalique.
 Majuscule/Minuscule (C/c, V/v) pour représenter un sous-ensemble de la
même classe de traits.

6.2.1 .2 Schèmes syllabiques


Pour faciliter la compréhension de la structure de ces schèmes, nous les
regroupons en deux séries :

6.2.2 Série 1
a) Schème de type monophonématique : /V/
V /à /? "Est-ce que"
/ù/ "je"
/à/ "tu"
/é/ "il, elle"

b) Schème de type diphonématique : /CV/


CV /tɔ/ "père"
/ ɔ/ "mère"
/wà/ "faire"
/ p / "enclos, palissade"

c) Schème de type triphonématique : /CcV/CcV


/xwé/ "maison"
/ l / "joue"
/klé/ "citron"
/ / "quartier"

d) Schème de type tétraphonématique : /CccV


CccV
/xwlὲ/ "bois"
/hwlǎ/ "cacher"
/h l / "disputer une chose à plusieurs"

6.2.3 Série 2
a) CVv- /baà/ "largement", "en profondeur"
/kiὶ/ "très gonglé", "inflammation"
/l ὲ/ "très long" , "indéfiniment"

Page 93 sur 854


b) CVc- /geg- (é / "beaucoup"
/ g g- (à)/ "long", "élancé"
/h - ɔ ú / "parlementaire"
/ ú- ú/ "Sous la protection de la divinité Gu"

c) CvVc- / - / "culotte princière"


/hὸόt-(ɔ / "père de jumeaux"
/hὸό -(ɔ / "mère de jumeaux"
/hὸόv- ί)/ " jumeau(x)"

d) CvVv /b ί / "bè " ’ p t


Cette structure est rarissime en langue fon

6.3 Remarques
Dans la série 1 par exemple, les différents schèmes peuvent se rencontrer soit à
l’ét t lé t f tp t ’ tt t t ll t l
p v t p ’ p t ll p t t-à- ’l p v t t v
en position initiale, position médiane ou en position finale.
/v/ est une réalité monophonique qui représente les voyelles e et a et
l’ h ph è /N/ é l [ ] v t bl b l [ ] v t t t t
h g p gb v tl ll l é l [η]

/ -c- / de CcV représente l et r


/ -v-/ p é t l’ h ph è /U/ é l f l b l t [ ]
devant une voyelle antérieure et centrale.
Il représente aussi /I/ qui se réalise sous forme de palatalisation [y].

Dans la série 2, les différents schèmes ne peuvent occuper que la position


t l é t t t l ’ pp tp l’ét t lé
à la position finale.
/-c-/ p é t l ph è / l g η/
/-v-/ représente deux réalisations différentes :

Cas 1 : il précède V
l ’ gtt p l é 1 l’ h ph è /U/56 précédent une
voyelle antérieure ou centrale qui est réalisée sous forme de labialisation.

56
Un archiphonème est une unité phonologique regroupant les particularités distinctives de deux ou
plusieurs phonèmes dont l'un au moins est exclu dans certaines positions (syllabe fermée, position finale…).
C'est-à-dire que l'opposition entre ces phonèmes ne se réalise pas dans ces positions : elle est neutralisée.

Par exemple en français standard l'opposition entre le « o » ouvert et le « o » fermé se neutralise en fin de
mot. En effet, le « o » ne peut être que fermé en fin de mot. On note généralement les archiphonèmes à l'aide
d'une lettre majuscule : En position finale, on dit que l'archiphonème « /O/ » se réalise fermé.
Page 94 sur 854
Cas 2 : Il suit V
l ’ gt l ’ p t ph ème vocalique. Toutefois, son timbre est
identique à celui de V.

En conclusion, nous dirons que V et C représentent les voyelles et les


consonnes pertinentes de la langue fon. –v- et –c- représentent des sous-ensembles
de V et de C.
Nous proposons ici une structure tabulaire et une structure arborescente ci-
dessous :
Structure tabulaire

1 2
V CcV
A
CV CvV

CVc- CvVc-
B
CVv- CvVv-

Tableau 6.1 : Structure tabulaire Phénomème vocalique


Tableau 11 Structure tabulaire (Phénomène vocalique)

Légende :
A- pé t l t t p ll b l’ t t l’ét t
lé t p t t ’ p t ll p t

B - représente les quatre types syllabiques attestés exclusivement en


p t t l é ’ tt t P ll té
p pp t A ’ t l p é ’ ph è g l pè

1 R pé t l t p ll b ’ tt t p ’ t
phonèmes marginaux précédant V en dehors de C.
2 Représente, au contraire, les quatre types syllabiques qui admettent
l pé ’ ph è g l t t

En matière de fréquence, nous dirons que 1 est plus fréquent que 2, il en est de
A t ’ t dire que,A est plus fréquent que B.

Àp t t bl t l’ b ll b -dessous à partir de
noyau V

Page 95 sur 854


Tableau 6.2 : Structure arborescente du phénomène vocalique57
Tableau 12 Structure arborescente du phénomène vocalique

Commentaire
Il ressort de ce tableau que les variations syllabiques en Kasim vient de
l’él g t p l’ t ffé t t t t v t t
après :

Avant : Asyllabicité : c-
Vibration / latéralité : -c-
Labialisation : -v-

Après : Longueur : -v-


"Laxité" : -c-

Tableau 6.3 Arbre syllabique58 (Source : HAZOUME)Figure 1 Arbre syllabique


57
Source E. BONVINI
Page 96 sur 854
Pour ce tableau en langue gungbé qui se rapproche du fon, nous
constatons cependant beaucoup de similarités avec la description du kasim
faite par E. BONVINI, en ce qui concerne la description des Voyelles et des
Consones.

Par exemple :

-c- de CcV représente i et r


VCcV

-v- de CvV p é t l’ h ph è /U/ é l f


de labialisation [w]. Il représente également /i/ qui se réalise sous forme de
palatalisation [y].

-vc- de CvcV représente les voyelles et les consonnes pertinentes de la


langue.

Nous retenons à partir de diagramme syllabique en arborescence :


L él g t ll b t l’ t ’ t t t
au noyau syllabique V.

Ces traits peuvent se définir comme suit :

 Asyllabicité : c
 Vibration / latéralité : -c-
 Labialisation / palatalisation : -v-

Avant de conclure sur ce point nous présentons ici le dénombrement effectué


p A HA tt ét t 19 0 ll t pé t tv ’
certaine réalité de la langue fon.

L p f A HA t t l ff lté l’ p t t
telle étude, celle de structure syllabique, car dit-il : "pour une langue de "tradition
orale" comme le fon-gbè il est très difficile de dire avec certitude qu’on a éliminé,
tous les synthèmes (mots dérivés, mots composés d’un corpus ; pourtant nécessaire
à toute identification de structures canoniques."

Àp t ’ p 122 t " g tt é" p t


ne disposons pas pour notre étude) M. AKOHA relève les proportions
suivantes ’ l lf f A HA 2010 : 50-53)

58
Source HAZOUME étude descriptive du GUNGBE Thèse de doctorat du 3 ème cycle Paris 1976
Page 97 sur 854
Monosyllabiques (41.66%)
V 0.81%
à? est-ce que ?
é il, elle

CV 40.84%
tɔ père
kpan porter sur le dos

Dissyllabiques (47.46%)
VCV13.80%
àwà bras
àtàn vin de palme

CVCV 26.80%
finlin se rappeler
gali gari : farine de manioc

CVV 6.62%
lĕè l è t…
ĭ miel

VV 0.24%
éŏ non
ŏ oh ! (compassion)
Trissyllabiques (10.95%)
VCVCV 7.84%
àvivɔ froid
àwewè parcimonie

CVCVCV 1.80%
còkòtò culotte
ὶgĭ ὶ vacarme

VCVV 0.82%
ĭὶ arachide
àlùn sécheresse

CVCVV 0.24%
Béléú rapidement

CVVCV 0.24%
cáunká culotte
Page 98 sur 854
Dans les différentes structures qui sont présentées nous constatons un
enrichissement de structure par rapport aux deux structures précédentes

6.4 La structure VV
tt l f t b l’ét t t ll b l l g
fon.

6.4.1 Etude des traits caractéristiques des syllabiques


Nous constatons à travers notre étude ci-dessus que tous ces schèmes
représentent un point commun : la p é ’ ph è v l / / p t
lui seul composer une syllabe. /V/ est nécessaire dans la syllabe et est par la même
’ t ph è t l l ll b t t
schèmes, ils résultent de la complexification du premier élargissement à gauche
’ élé t pé phé t ph è t / / t év t ll t
’ élé t pé phé t ph è /-c-/suivant le processus :

V CV CcV

6.4.2 Définition du trait p pp t l’ p g t


Sur cet axe, la tonalité est le seul trait oppositionnel identifié au niveau de la
syllabe ’ t t t p ff t l g t t l l ll b

6.4.3 Définition du trait par rapport l’ t g t


6.4.3.1 Syllabicité
L f t ’ bl p l é l t ’
syllabe est un trait caractéristique de la syllabe que nous dénommons "Syllabicité".
t t tlé l p é / / l é l’ l b t t g t t
donc un trait contrastif.

6.4.3.2 Asyllabicité
Ce trait définit les unités phoniques de la syllabe ne pouvant fonctionner comme
t ll b ’ t l t t p p / -/ appelé phonème marginal de la
syllabe. Il est impossible pour cet élément de composer à seul une syllabe. Ce trait
est donc en contraste avec le trait ll b té ’ t t t t tf

6.4.3.3 Latéralité
La syllabe t éf p l t t l té l té l l’ té ph t
schème syllabique est la consonne /l/.
Exemple :
blă attacher, lier
Page 99 sur 854
tlέ déchirer
hl répandre par terre des miettes (sacrifice)

6.4.3.4 Vibration
On parle de trait contrastif "vibration" lorsque la consonne interne du schème
/CCC/ est [r] identifiée comme une variante de /l/.
Exemple : trέ : coller

6.4.3.5 Labialisation
La syllabe est affectée par le trait "labialisation" lorsque la consonne interne /-c-
/ du schème syllabique /CCV/ est la consonne labiale /W/.
Exemple :
hwan caillou ί h : lancer le caillou
hwέ sillon lί h έ : tracer le sillon

6.4.3.6 Labio-latéralité
Le labio-latérité est aussi un signe contrastif, qui définit les syllabes
tétraphonématiques de schème /CCCV/ qui comporte les séquences de consonnes
internes /-wl-/.
Exemple :

xwlὲ : bois
hwlǎ : secréter un liquide, suppurer
hwl : arracher de, se disputer quelque chose

À l’ l pé t t p p t t té t ll b
nous proposons une définition.

Page 100 sur 854


6.5 Tonalité
Comme toutes les autres langues, notamment celles du groupe "Gbè", le fongbè
ît l’ té ’ é é v t h t él t
ôl t tfp l t t t l g t tl é l ’ gtb
’ h t l tv p ’ ll st conditionnée : soit biologiquement, dans ce
ll p t v l l t l’âg l t tp l t t
cas, un ton haut par exemple en fin de phrase pourra se réaliser plus bas que le ton
bas placé au début de la phrase.

Ces variations de hauteur appelées "tons" t p té p l’élé t t l


la syllabe t v ll p t t ét ’ t pl tôt l
relation qui existe entre ces différents tons que leur réalisation acoustique.
"Le ton est étudié en relation avec les consonnes parce qu’ils constituent un
trait prosodique qui affecte la syllabe, et la contigüité phonique entraîne des
modifications de registres dans sa production ; ainsi nous pensons que la nature
d’une consonne influe sur le ton qui affecte la voyelle qui lui est associée pour en
constituer une syllabe [TCHITCHI, 1984].59 Dans cette étude, nous allons porter à
nouveau une attention particulière sur le système consonantique en distinguant trois
catégories de consonnes :

 La catégorie des consonnes sonores,


 La catégorie des consonnes sourdes ou obstruantes
 La catégorie des consonnes sonantes qui comprend les nasales et les
continues.

Nous établirons en fonction de chaque catégorie des oppositions en vue de


dégager les tons phonologiques par rapport aux constituants que ce soit le
constituant verbal ou le constituant nominal et nous ferons intervenir chaque
catégorie de consonne.
6.5.1 Le constituant verbal
Le constituant verbal est en général monosyllabique, le ton affecte la voyelle et
de ce fait la syllabe. Nous allons donc établir des oppositions en vue de dégager
les tons phonologiques sur la base des constituants monosyllabiques avec chaque
catégorie de consonnes.
6.5.1.1 Consonnes sonores
Les oppositions ù/ú ou ú /ù sont attestées avec les consonnes sonores et se
présentent comme suit :
Exemple :

59
té t l’A A E hè t t t è l P 19

Page 101 sur 854


và cacher, recouvrir vá écraser
ɖ manger ɖú cartouche, munition
bɔ réunir bɔ boue,
gàn aiguiser gán garer, chef
dò maigrir dó porter, semer
6.5.1.2 Consonnes sourdes
Nous allons attester les mêmes oppositions : ù /ú ou ú/ ù
kɔ refuser ɔ évoquer
fàn délayer fán agripper, embrasser
pὲ alourdir pέ tousser
sò f g p ’ lg só piler

6.5.1.3 Consonnes sonores


Nous allons attester les mêmes oppositions ù /ú ou ú/ ù
mà rage (enrager) má(n) partager
mɔ nier mɔ trouver
lɔ tisser lɔ sauter

Les oppositions que nous avons présentées ci-dessus nous permettent de


conclure que le constituant verbal monosyllabique est affecté de deux tons
phonologiques, un ton bas et un ton haut, quelle que soit la consonne qui se trouve
à la position initiale.

6.5.1.3 Consonnes sourdes


Le constituant nominal
Contrairement au constituant verbal, celui nominal est dissyllabique. Nous
f l t p l pp t ’ té l l

a) Consonnes sonores
Nous allons attester les mêmes oppositions de ton dans le cadre des voyelles
sonores : ù /ú ou ú/ ù
gὸ le passage gό ou (àgé) rivage
gbὸ bélier gbό portail
ègbè ’h àgbé écureuil
vὶ pleur vί poussière (noire)

De ces diverses oppositions attestées, il en résulte que les tons bas et haut sont
pertinents dans la langue fon.

b) Consonnes sourdes
Nous allons attester les mêmes oppositions
Page 102 sur 854
fὶ rat sauvage fί cendre
gbὸ bélier gbό portail
egbè ’h àgbé écureuil
tὶ rat sauvage tί sac

L t p t p t té l é p l p é ’ t b
h t l t t ’ t ’l ’ p ’ pp t ’ té
lexicales isolées entre les tons moyen et bas. Cette opposition est attestée entre le
ton haut et le ton bas ou moyen. Les tons bas et moyen, constituent à eux deux un
ton non-haut par simple procédé opérationnel.

c) Consonnes sonantes
Les oppositions attestées dans ce cadre sont identiques à celles observées
proposées ci-dessus.
donú origine bonù agonie
t ɔ p bl ’ p ɔ sein (sein de femme)
ὲ poisson ὲ argent

L’ pp t t t l é t t b t t l ’l ’ gt
consonnes sourdes et sonantes.

Après avoir étudié les types de sons en combinaison avec les différentes
catégories de consonnes (sonores, sourdes, sonantes), nous abordons plus en détail
les types de ton générique en langue fon à savoir :

 ton haut
 ton bas
 ton moyen

t é l t l t ’ t é l t mélodiques modulées
montantes ou descentes et même dans certains cas des réalisations un peu plus
b p b l t b h bt l ’ t
AGBIDINOUKOUN trouve onze registres tonaux dans un corpus qui lui a servi de
b ’étude. Nous présenterons ces registres au paragraphe modulation.

Nous allons adopter le plan suivant pour faire cette étude relative à la tonologie :

 Ton haut
 Ton bas
 Ton moyen
 Modulation
Ce sont les quatre tons qui sont retenus par la Commission Nationale de la
Langue Fon
Page 103 sur 854
6.6 Ton haut )

L t h t ’ p p l’ t g ' ) . Il est attesté par les oppositions :

xó parole xò grossesse
tó oreille tò pays
kó gésier kò argile
k sable k cou
fέ épousseter fὲ se baisser

6.7 Ton bas ( ‵ )


Il ressort les mêmes oppositions que les exemples ci-dessus auxquelles nous
pouvons ajouter :
sὲ peinture sέ loi
kὲ écarter kέ choyer
asὶ femme asί main

Les exemples que nous avons proposés contiennent chacun ces consonnes, ceci
pour montrer que cette opposition existe avec des syllabes de tout type, car de
nombreuses paires pourraient attester de la même opposition dans des syllabes de
types :
/ClV/, /CwV/, /CyV/
hlɔ vengeance hlɔ ’ ff
hwί couteau, sabre, hwὲ trait, cicatrice
cyɔ cadavre ɔ poudre, talc
6.8 Ton moyen ( )
(Matérialisation facultative par de signe)
Ce ton est souvent contextuel dans la langue, certain lexèmes très restreints
l’ tt t t p t ’ v l pp t v t :
nu bouche nù boire
nu bouche nú bouche
mi vous mὶ me, moi
mi vous mί nous

Nous faisons observer que tous ces lexèmes sont de structure CV où C


représente /n/ et /m/.

Page 104 sur 854


6.9 l t ˇ
Ce trait phonétique se réalise comme un ton montant ou un ton descendant.
l ’ t pl p t v t él pt
’ t l t p t l l t v
mouvement. La modulation peut parfois assumer une fonction distinctive.

6.9.1 Ton modulé haut


l p té t pp ît v ll p é é é ’
t N l’ v v pl h t
que le t h t p t pp ît b v ll p é é é ’
sourde que sur une voyelle attestée devant une consonne sonore. Dans ce dernier
cas, la syllabe t ll ’ l è v b l HA U E 60.

Exemple :

V coûter cher
Z prendre
gb refuser
dn réussir, passer

’ ll b à marge syllabique [C-sonore] et à ton haut est attestée


v t tl è ’l t l v b l l pl -
dessous :
tɔ père tɔ sortir
tέ cimetière tέ étendre
tú fusil tú cracher
ɔ sable ɔ briller
calebasse découper, fouiller

Il apparait de tout ce qui précède que le ton modulé montant est une variante
du ton phonologique haut dans la mesure où ils apparaissent dans des contextes
mutuellement exclusifs.

6.9.2 Ton modulé descendant


Ce ton se manifeste par la coalescence de deux voyelles. Cette combinaison est
tt té v ’ v ll f l ’ l è v b l t pronom e. Elle
’ t v t p l’ té ’ té b v l è
en suture ouverte.
Exemple :
é έ ὲ il lui a donné

60
Etude descriptive du gungbè
Page 105 sur 854
/il/ /a donné / /lui/
é ɖὸ ὸ ὲ il écoute les informations
é ɖὸ ὲ il est en train de sarcler la terre

l’ v év é éb t h pt tl tl l t
on arrive à plusieurs registres dont (AGBIDINOUKUN, 1992 : 107) en a fait
l’ v t t:

1- Bas-bas
2- Bas
3- Moyen
4- Haut
5- Haut-haut
6- Bas-haut ou montant
7- Moyen-haut
8- Moyen-bas
9- Haut-bas ou descendant
10-Haut-moyen
11-Bas-moyen

Nous arrivons à 11 registres différents. Chacun de ces registres ne peut être


tt té gâ l’ t t t éf t b t f t
tonales et ce dans le discours de la langue fon. Afin de conclure sur ce point nous
dirons que la modulation est ainsi un trait contrastif et prosodique à la fois. Elle est
l’ ff t l l ll b t ll ff t l ll b qui en
résulte.

6.10 Conclusion sur les tons


La langue fon a deux tonèmes : le tonème bas et le tonème haut, les onze
registres que nous avons énumérés sont des réalisations de ces deux tonèmes sur
l’ t t P g t ll t t t é l t du tonème haut)
est produit grâce à la sonorité de la consonne. Suite à notre analyse de phonème, ou
phè t l té t ’ ll b , nous pouvons en proposer une
définition de celle-ci. M. GUEDOU accorde une attention particulière à
l’ t p ét t ph l g ph è / / t /y/ qui sont interprétés comme
’ p è ffé t tè v :

- leur position dans les différents types de structure syllabique, leur possibilité
de commutation avec tous les phonèmes consonantiques du système et le
fait que contrairement aux voyelles, ils ne soient jamais porteurs de ton.

Page 106 sur 854


- le comportement prosodique de ces consonnes est identique à celles des
consonnes sourdes (GUEDOU, 1985 : 32-33).

Nous reviendrons sur ces points dans la suite de notre étude des syllabes
notamment au niveau de leurs structures multiples (tri, quadri ou
quinquasyllabique).

6.11 Définition de la syllabe


« L'étymologie du mot syllabe est syllabè, du grec συλλαβή = assemblage (de
lettres) > syllabe du verbe συλλαμβάνω j'assemble = ensemble + prendre, une
syllabe est un ensemble de sons (= phonèmes) prononcés dans un même souffle. »61
La syllabe a une réalité articulatoire ’ t g p p t
en une seule émission de voix. Elle est facile à isoler sur un plan acoustique car elle
t g lé p v t ’ t té
En français, elle comporte obligatoirement une voyelle et une seule,
éventuellement précédée et suivie de consonnes.
On distingue des syllabes ouvertes (terminées par une voyelle) et des syllabes
fermées (terminées par une consonne). Les syllabes ouvertes et conformes à un
schéma : consonne + éventuellement [l/r/j/m/w] + voyelle sont les plus fréquentes.
La syllabe en langue fon est une unité phonologique prosodique de rang
supérieur au phonème. Elle se définit à partir des caractéristiques suivantes :

a) Nécessairement nous retenons :

 L pé ’ ph è central /V/ (voyelle) ;


 La présence du trait prosodique oppositionnel tonalité ;
 La présence du trait prosodique contrastif asyllabicité ;

b) Accessoirement nous retenons :

La présence des traits contrastifs suivants :


(Pour la définition de ces notions cf. 6.2.3)
 Asyllabicité
 Latéralité
 Labialisation
 Vibration
 Labio-latéralité

61
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20121211001445AAeQ81w

Page 107 sur 854


Fig. 6.4 Arbre syllabique62 (Source : HAZOUME)

Légende
V phonème central
s Trait de "syllabicité"
c Trait de latéralité63 ou de vibration
v Trait de labialisation
c- Trait de laxité64
v- Trait de longueur
C Phonème marginal
a t ’ ll b té
T Trait de tonalité
m Trait de modulation
n Trait de nasalisation

A parti de ce modèle graphique, nous allons pouvoir en déduire les


caractéristiques propres à la langue fon

62
Source HAZOUME étude descriptive du GUNGBE Thèse de doctorat du 3 ème cycle Paris 1976
63
L l té l té té l té l ’ t-à- l v p l’ t l t
l ll l t t t l’ t l t fé l l g t l’ t l t pé l t p l
f t ’ l h lb l l’ é l tlb t ’ ôté l té l ôté b l té l
l’ b t l v f bl b t ép l f t l’ t l p
64
L té ’ t l té t phé è lâ h p pp ition à la tension. Elle se manifeste par une
f bl é v t l’ pp lv lp pp t l p t p
Page 108 sur 854
Chapitre VII

LE MOT PHONOLOGIQUE

Page 109 sur 854


7. 1 Introduction

En poursuivant notre étude dans la logique impulsée par E. BONVINI, nous


arrivons à la notion de "MOT PHONOLOGIQUE", qui reste une notion à définir à
travers ses traits caractéristiques. Ainsi donc après avoir étudié le phonème (cf.
chapitre 2.2), la syllabe (cf. chapitre 6), nous abordons le troisième palier, le Mot
phonologique.

Àt v l’ét ll b avons fait émerger un certain nombre de


hè t p v t t lé ’ t p v t b v ’ t
schèmes. Cette situation "entraîne comme conséquence que « non seulement les
syllabes peuvent se combiner entre elles, mais certaine ’ t ll
éf t ’ f t tt b L ’ t t
t é p l’ t ’ t t t ll f t p t l
è pé l’ t ’ té pé ll p t
un tout au plan phonologique. Comme les unités précédentes, cette unité devrait
être définissable en termes de traits oppositionnels et de traits contrastifs. Nous
appellerons cette unité : « mot phonologique »." [E. BONVINI]65 p 176.

Pour être plus précis dans la définition du « mot phonologique », E. BONVINI


apporte quelques précisions, à savoir ne pas confondre « mot phonologique avec le
"monème" de A. MARTINET, ni avec " Forme libre" de JAKOBSON. Avant
’ ll pl l l pt « mot phonologique » nous allons nous
interroger dans un premier temps sur la notion de « monème de A. MARTINET,
et dans un second temps la notion de « Forme libre » de JAKOBSON.

7.2 La notion de MONÈME


Martinet commence par définir la l g t t ’ t t "Une langue
est un instrument de communication doublement articulé et de caractère vocal".
A l’ p « instrument de communication » ’ t p f
pour qui une langue est avant tout une vision particulière du monde, mais elle ne
v tp ’ l g tp l : car le caractère « arbitraire »,
dans le sens saussurien du terme , de la « double articulation » implique alors une
l l’ pé p t lè h l g ’ tt t
66
bien avec une vision "néo-humboldtienne, sinon whorfienne" , des rapports entre
l l g ’ p l tl f ç t p ç t l é l té

65
E. BONVINI ( hè …)
66
Voir théorie de Whorf, cf. La linguistique, Guide alphabétique. A. MARTINET, J. MARTINET, H. WALTER
Paris Denoël 1969, 12, p. 94-95
Page 110 sur 854
En voulant préciser la définition de la notion de langue, A. MARTINET
utilise l t è ph è … "Une langue est un instrument de
communication selon lequel l’expérience humaine s’analyse, différemment dans
chaque communauté, en unités douées d’un contenu sémantique et d’une
expression phonique, les monèmes ; cette expression phonique s’articule à son
tour en unités distinctives et successives, les phonèmes, en nombre déterminé dans
chaque langue, dont la nature et les rapports mutuels diffèrent eux aussi d’une
langue à une autre." Àl’ tt l g éf t p v t ’l
’ p "langue sans articulation de l’expérience en monèmes (première
articulation) et manifestation de monèmes sous la forme d’une articulation en
phonèmes (deuxième articulation)."

À travers cette définition, on peut retenir que le terme monème désigne « l’ té


signifiante minima » et celui du phonème « l’ té t t v b ». Il précise
"l t è é t ’ ’ tt p ’l t ’ pl
beaucoup moins gé é l l ph è tp ’l é g l té
base de la syntaxe telle que nous la concevons ici." Une des raisons pour laquelle
on a préféré le terme lancé par Henri FREI de monème au plus usuel morphème,
poursuit-il, est le fait que, "morphène" a été longtemps employé pour désigner,
p t ’ p t l g t ’ é g
communément comme grammaticaux. La question qui se pose à la définition de
monème est de savoir comment concevoir le terme « effet de sens » pour ne pas
le confondre avec les « traits de sens » l b t t l’ l é t
monèmes ?

E ff t ’ t l’ pé t t t v év é t p t é
début du chapitre sur le "phonème", qui permet de dégager les monèmes. La
t t é t l ’ t t ’ ffé p
différence de forme et vice-v "L’ t l t tt pé t f l
notion saussurienne de signe qui suppose la coïncidenc ’ g fé t ’
g f t t t p t é ’ tp p tl g t
’ pl t ll ï "

"L’ pé t t t p t ég g l ffé
correspondant à des différences de f p v l’ l l
l g ’ t l’ b t g ’ l ’ t pl p bl
’ l l g t t g t
67
reçoivent le nom de monème."(MARTINET, 1985 : 33)

67
André MARTINET Syntaxe générale. Armand Colin – collection U Paris 1985 p. 33

Page 111 sur 854


7.2.1 - Selon A. MARTINET
l’ v év é pl h t A t t éf t l l g :
"un instrument de communication doublement articulé et de caractère vocal".
L’ p « instrument de communication » ’ t p f ceux pour
qui une langue est avant tout une vision particulière du monde, mais elle ne veut
p ’ l g tp l : car le caractère « arbitraire », dans le
sens saussurien du terme , de la « double articulation » implique alors une analyse
l’ pé p t lè h l g ’ tt t b v
68
une vision "néo-humboldtienne, sinon whorfienne" , des rapports entre la langue
’ p l tl f ç t p ç t l é l té

En voulant préciser la définition de la notion de langue, A. MARTINET


tl l t è ph è … "U l g t t t
t l l l l’ pé h ’ l ffé t
chaque communauté, en unités doué ’ t é t t ’
expression phonique, les monèmes ; tt p ph ’ t l t
en unités distinctives et successives, les phonèmes, en nombre déterminé dans
chaque langue, dont la nature et les rapports mutuels diffè t ’
langue à une autre." À t v tt l g éf t p t t ’l ’
p " l g t l t l’ pé è p è
t l t t f t t è l f ’ t l t en
phonèmes (deuxième articulation)."

De cette définition, on peut retenir que le terme monème désigne « l’ té


signifiante minima » et celui du phonème « l’ té t t v b ». Il précise
"l t è é t ’ ’ tt p ’l t ’ pl
b p gé é l l ph è tp ’l é g l té
base de la syntaxe telle que nous la concevons ici." Une des raisons pour laquelle
on a préféré le terme lancé par Henri FREI de monème au plus usuel morphème,
poursuit-il, est le fait que, "morphène" a été longtemps employé pour désigner,
p t ’ p t l g t ’ é g
communément comme grammaticaux. La question qui se pose à la définition de
monème est de savoir comment concevoir le terme « effet de sens » pour ne pas
le confondre avec les « traits de sens » l b t t l’ l é t
monèmes ?

E ff t ’ t l’ pé t t t v év é pl h t t
avoir prat é ’ pl p é é t l p t L t t é t
l ’ t t ’ ffé p ffé
forme et vice-versa. "L’utilisation de cette opération se fonde sur la notion
saussurienne de signe qui suppose la coïncidence d’un signifié et d’un signifiant
68
Voir théorie de Whorf, cf. La linguistique, Guide alphabétique. A. MARTINET, J. MARTINET, H.
WALTER Paris Denoël 1969, 12, p. 94-95
Page 112 sur 854
et dont on peut déduire que rien n’est proprement linguistique qui n’implique une
telle coïncidence."

"L’ pé t t t on qui permet de dégager les différences de sens


corresponda t ffé f p v l’ l l
l g ’ t l’ b t g ’ l ’ t pl p bl
’ l l g t t g t
reçoivent le nom de monème."[A. MARTINET, 1985 : 33]69

7.2.2 - Selon R. JAKOBSON


Le linguiste américain Roman Jakobson a établi un rapport entre les diverses
aphasies et les deux fonctions fondamentales du langage. Il s'agit de la fonction de
sélection et la fonction de combinaison.
La fonction de sélection se caractérise par une utilisation correcte des matériaux
de la langue, autrement dit les mots et morphèmes. "Le morphème est l'unité
grammaticale de première articulation qui se combine aux lexèmes suivant les
règles de la morphologie."
Pour mieux comprendre l'organisation structurale du langage et la signification
des termes monème, morphème, phonème, trait et syntagme, il est nécessaire
d'expliquer ce que sont les unités de première articulation du langage.

"Les unités de première articulation du langage sont les monèmes. Les


monèmes sont les plus petites unités dotées de sens. On doit considérer le signifié et
le signifiant pour mieux comprendre. Les monèmes sont constitués de contenus
sémantiques (ayant du sens) qui sont le signifié, également appelé sens, et le
signifiant ou expression phonique. Les mots peuvent éventuellement être constitués
d'un monème ou de plusieurs monèmes. Prenons un exemple. Le mot tableau est
constitué d'un seul monème alors que le mot télévision est constitué de plusieurs
monèmes. Autrement dit, un monème est une unité linguistique minimale de
première articulation obtenue par commutation." 70

7.2.3 Selon E. BONVINI


Selon BONVINI, "le mot phonologique recouvre un ensemble plus restreint de
formes libres. Pour nous, il a une signification bien précise : il s’agit de l’unité qui
se comporte comme un tout au plan phonologique. En tant qu’unité, elle possède
une cohésion interne qui lui vient de sa structuration phonologique propre. Elle
exclut par là d’autres unités qui sont certes structurées, mais qui tirent leur
cohésion d’autres domaines que la phonologie, comme c’est le cas, par exemple
des syntagmes de détermination ou des « mots-phrases ». Dans le sens que nous lui
69
André MARTINET Syntaxe générale. Armand Colin – collection U Paris 1985 p. 33
70
http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/troisieme-articulation

Page 113 sur 854


donnons, "le mot phonologique" est un tout indivisible : il ne peut avoir un autre
"mot phonologique" comme sous-multiple."

Après avoir défini le "mot phonologique", nous allons procéder à un inventaire


des mots phonologiques identifiables au niveau de la langue fon, nous ferons
ensuite le bilan des schèmes tonals. Toute cette étude comme nous l’avions évoqué
plus haut se fait dans la cadre théorique développé par E. BOVINI dans sa thèse de
doctorat.

7.3 – Inventaire des mots phonologiques


À la lumière des différentes définitions proposées plus haut, nous pouvons dire
que la langue fon admet plusieurs catégories de mots phonologiques de type :

 Monosyllabique
 Dissyllabique
 Trisyllabique
 Quadrisyllabique

7.3.1 Monosyllabique
Nous distinguons quatre types correspondants :
a) V à signifie en français tu, est-ce que ?
é il
un, je

b) CV sùn lune
ɖέ langue
gb vie
mà rage
tú fusil
tɔ père

c) CCV hlà hyène


srà quartier
έ mesure
hlέ sacrifice,

d) VCV ényί si (conjonctif)


ét quoi ?
àbá bras
àbɔ épaule
àgú fufu (igname pilée)

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e) CVV ɔ feu
Xwé maison
xwί ligne
h ί poignard

f) CVCV xwlà "Grand-Popo"


h lέ sauver

VCV CVN CVVN CCV CCV CCVV CCVVN CVCV


N
ί gbɔ ὲὶ fl glὲ lὲὶ hlὲὶ tanwu
éteint aspiré rancune Anti- tarot hameçon disperser cicatrice
syllabe
Mono

dote

Fig. : 7.1 Tableau monosyllabique de synthèse (créé par nos soins)


Tableau 13 Tableau mobosyllabique de synthèse

7.3.2 Dissyllabique
Les schèmes sont très variés :

VCV àzɔ fumée B-H71


àgɔ grenier B-H
àmɔ fromage B-H
àjί jeu de société B-H
ὲ grâce B-B

VCCV àglà chien B-B


àklà friandise B-B
àglò sac B-B

VCVV àxwà cri B-B


àsyá drapeau B-H
àlúún sécheresse B-H
VCVCV h lί jeune fille B-H

VVCV yɔ pɔ petite fille H-H

CVV gèè prestement B-B


céún rapidement H-H

71
B-H : tons Bas et Haut
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CVCV kókó bouillie H-H
d ὲ doucement H-B
kézè journée H-B
Tableau de création de mots dissyllabiques

V CV CVN CVVN CCV CCVN CCVV CCVVN CVCV


V VC VCVV VCC VCCV VCCV VCVC
VV VCVN VCCVVN
V N V N V V
CV CVC CVCVV CVCC CVCCV CVCCV CVCCCC CVCVC
CVV V
CVCVN
N V N V N V
CVN …
CVVN …
CCV …
CCV …
CCVN …
CCVV …
CCVV …
N
CVCV …

Fig. 7.2 Tableau de création de mots dissyllabiques


Tableau 14 Tableau de création de mots dissylabiques

Ce tableau va nous permettre de faire le décompte des combinaisons possibles


ll b E l’ l p è p t p t autres cas, les
syllabes en première position vont apparaître en ordonnées et celles de deuxième
position en abscisses.

7.3.3 - Trisyllabiques72
l t p é té p l’ t pl g p ll b ées
notamment par la corrélation singulier / pluriel

VCVCV
àcokè genre de musique B-M-B73
àfafà éventail B-M-B
àjanjàn Récipient de mesure B-M-B
àjakà souris B-M-B
CVCVCV
cokotò culotte M-M-B
logozò tortue M-M-B
tᴐlᴐlɔ directement M-M-B

72
La plupart des exemples de cette catégorie sont tirés de la thèse de M. Laurent HAZOUME Paris 1979.
Il utilise donc les semi-consonnes
73
B-M-B : Tons Bas, Moyen Bas
Page 116 sur 854
VCCVCV gl t quelle mâchoire ? B-B-H
l ɔ la vendeuse de beignet B-B-H

CVCVCV xwélέlέ74 ces maisons-ci H-H-H


Remarque
Nous arrivons à partir des cas tri, quadri et quinquasyllabique à l’ t l t
h ɣ t t -conso Ell t t t ’ v ll
particulière [ ] / [ ] [‘h’ v é] / [ ] [ ] / [ ]

VCVVCV tέ Quel cri ! B-H-H


àsyá ɔ le porteur du drapeau B-H-H

VCVCVCV h lίɖέ Cette jeune fille B-H-H

CVVNCVV
CVN.CVN

CVV.CVN

CVVN.CV
CV.CVN

CV.CVV

CVN.CV

CVV.CV
CV.CV

V …
CV …
CVN …
CVV …
CVVN …
CCVN …
CCVV …

Fig. 7.3 Tableau de création de m r ll que α α α e lu Tableau 15


Tableau de création de mots trissylabiques et plus

Commentaire
À partir du canevas de mots trisyllabiques proposé au dessus, on peut constater
que la tendance amorcée dans les mots dissyllabiques à accorder une préférence

74
Les semi-consonnes:
h t ’ v ll p t l è [ ] / [ ] [‘h’ v é] / [ ] [ ] / [ ]
Elles sont toutes les 3 constrictives médianes ouvertes, orales et sonores.
- Du point de vue articulatoire les 1/2 consonnes correspondent à un phénomènede palatisation ou de
fermeture de la voyelle correspondante.
- L’ p t tb p pl p t t l v ll p t t l t t ’ l
classement de ces sons parmi les constrictives médianes.
- Ell ’ pp t t ll p l tè l b l t tp l p t ’ t l t
- Pas de bruit de friction.
Page 117 sur 854
aux types de syllabes les plus pl f t ’ pl f P pl l
syllabes CV et CVN entre dans la plupart des combinaisons pour création de mots
trissylabiques.

On peut à partir de ce tableau faire plusieurs combinaisons. Les syllabes


possibles en première position apparaissent en ordonnées, et en abscisses
apparaissent les combinaisons de deux syllabes qui constituent les deuxièmes et
troisièmes syllabes. Nous constatons que chacune des combinaisons correspond à
ll b ’ tp ép t pé é ent. On notera aussi que la
structure CV.CV.CV devrait être la plus nombreuse ou la plus fréquente. Nous
t t bl ’l t plèt t pl f pp ît
quelques raretés de syllabe à attaque complexe comme CCVN ou CCVV dans la
constitution des trissyllabiques.

7.3.4 Les quadrisyllabiques75


Les mêmes observations que nous avons faites à propos des semi-consonnes :
[ ] / [ ] [‘h’ v é] / [ ] [ ] / [ ] t t v l bl t p
structure. Les structures quadrisyllabiques concernent notamment les trisyllabiques
é pl l t / lέ /

VCV-CV-CV àsé-lɔ-lέ Ces chats-là B-H-H-H


àwù-tέ-lέ l g ’h b t ? B-B-H-H

VCVV-CV-Cv àsràn-ɖé-lέ quelques plaisanteries B-B-H-H

VCVV – Cv –CV h - ɔ-lέ Ces guerriers-là B-B-H-H


VCVC – CV – CV àhwlί-tέ-lέ les quelles des jeunes filles ? B-H-H-H
CV-CV-CV-CV έ-ɖé-tέ-lέ l g ’ ? H-H-H-H

À partir d’ tableau à double éntrée, nous pouvons faire le décompte du


nombre de syllabes contenu dans un corpus donné. Mais une autre utilisation de ce
tableau serait de faciliter aussi la création lexicale. Le schème syllabique étant
éf p t ’ p p é v t t t t
’ tl tp v t t t p ît t t ’ p t
ce tableau, dans bon nombre de cas, il y a duplication de radical.

7.3.5 Les mots phonologiques à cinq syllabes (Quinquasyllabique)


l t l pé t t l’ t de quadrisyllabiques et des signes
initialement attestés dont la marque est ici le pluriel
Exemple :

75
La plupart des exemples de cette catégorie sont tirés de la thèse de M. Laurent HAZOUME Paris 1979 du
fait de certaines similitudes entre le fon et le gungbè.
Page 118 sur 854
VCV-CV-CV-CV
 ί-ɖé-tέ-lέ quels marchés (lesquels) ? B-H-H-H-H
 àvùn-ɖé-tέ-lέ quels genres de chiens ? B-B-H-H-H
 h lί-ɖέ- tέ-lέ quels genres de jeunes filles ? B-H-H-H-H

l pp ît ég l t v l t t l E ff t "ɖé" t
inhérent haut porte dans les combinaisons ci-dessus un ton modulé montant dû à
l’ t g t l
À l’ l g v t hè variés, nous allons présenter une
étude du trait oppositionnel.

7.4 Inventaire des traits tonals ou (tonaux)


Disyllabique
B-B
B-H
H-B
H-H

Trisyllabique
B-B-H
B-H-H
H-H-H
MMB

Quadrisyllabique
B-H-H-H
B-B-H-H
H-H-H-H

Quinquasyllabique
B-H-H-H-H
B-B-H-H-H

7.5 Inventaire des traits contrastifs


Nous rappelons que ces traits contrastifs sont les mêmes que ceux qui ont été
déjà étudiés au point 2 se rapportant à la "SYLLABE".

7.6 - Conclusion
Nous venons de terminer cette description phonologique de la langue fon. Notre
é h ’ tèg l l g pt v ’E N N lg é tt
Page 119 sur 854
g éth l g ’ v p p tt œ v l’ bl
exigences de cette méthodologie. Nous retenons que en matière de tonologie, les
langues "Gbè" en général et le "fon" en particulier "opposent deux hauteurs
tonales : H (haut) et B (bas), bien que beaucoup d’entre elles manifestent trois tons
ponctuels (H B M)76 et au moins un ton montant (BH). Il a été retenu de ne noter,
dans l’orthographe, qu’un seul des deux tonèmes, celui qui est le moins
fréquent"(BEDOU-JONDOH, BOLOUVI, GBETO, 2005 : 15).

Les différents auteurs de ce fascicule estiment que les travaux à venir qui se
baseront sur l t t t t pl pé t l ’l
faudra retenir, parmi la diversité qui existe actuellement. Dans ce contexte
’ l ’ tl t è t t l t "réalisé comme ton haut, ton
montant (et parfois comme ton moyen) l’accent aigu, soit systématique marqué.77"

N ’ v p l p ét t ’ v ép é l t N h h
poursuivent afin de mieux appréhender les points critiques de cette étude,
notamment en ce qui concerne la détermination des traits caractéristiques et
p t t ph è l l t t l’h v l N v
la théorie ne peut pas tout notamment pour une langue comme le fon qui est encore
éb t ’h t t v lg t tf les transcriptions
tonologiques entraînent une certaine lenteur dans la rédaction. Il reste beaucoup à
faire pour hisser notre langue au niveau de celles qui font le tour du monde. Mais
l’ ff A AR NE "Là où la théorie ne convient pas, c’est elle
qu’il faut modifier et non faire à tout prix entrer la langue dans un cadre qui n’est
fait pour elle."

N v t ét é t t p ’ té ph l g : le
phonème et la syllabe et au-delà, nous avons abordé la notion de "mot
phonologique" t f é ’ b ll b h té t
ét é f t pp t ’ ll t t t v l t té tè
l ll pp t t t ’ ll t œ v v l " té tg ë
la chaîne parlée". Nous constatons que par ces traits, les unités deviennent au
v g f t tt l p vé f l’h p thè
que de L. PRIETO qui veut que "toute unité phonologique soit analysable en traits
oppositionnels et en traits contrastifs". Nous proposons ainsi pour finir cette étude
un tableau des traits pertinents des unités phonologiques qui représentent les
résultats de notre recherche.

76
HBM : Haut, Bas, Moyen
77
L’orthographe harmonisée
L'orthographe harmonisée des langues gbe du Ghana, du Togo, du Benin et du Nigeria Bedou-Jondoh,
Edith ... [et al. 2005]

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UNITES TRAITS
PHONOLOGIQUES OPPOSITIONNELS CONTRASTIFS
PHONEME
Consonnes sourd nasalisation
sonore vibration
sonant
bilabial
dental
apical
sifflant
palatal
vélaire
labio-vélaire
postérieur

Tableau 7.5.1 : Tableau de traits pertinents

UNITES TRAITS
PHONOLOGIQUES OPPOSITIONNELS CONTRASTIFS
PHONEME

Voyelles
antérieur
central
postérieur
fermé
moyen
ouvert
fermé
nasal
oral

Tableau 7.5.2 : Tableau de traits pertinents

Page 121 sur 854


Tableau des unités phonologiques (suite)
UNITES TRAITS
PHONOLOGIQUES OPPOSITIONNELS CONTRASTIFS
SYLLABE
Ton syllabicité
asyllabicité
apicalisation
palatalisation
labialisation
modulation

Schèmes tonals Modulation


descendante
Longueur
vocalique
Harmonie
vocalique
Séquence de
voyelles

Tableau 7.6 : Mots phonologiques traits oppositionnels et traits contrastifs


(langue fon)

N v v l p f ’ l ’ t point possible de résoudre tous


les problèmes que soulève la phonologie. Les explications de certains faits ne
peuvent être considérés comme définitives, cependant les solutions proposées
pp tl g t hé t l’ét t actuel des connaissances. Par ailleurs
l’ b ’ thé f ll pt bl t t t peu avec les
t p ét t l’ t l t t l p t t l l g f p l
interprétations peuvent apparaître arbitraires et un paradigme pourrait en dominer
un autre. Ce qui peut laisser la place à un volontarisme interprétatif. Seuls les natifs
de la langue peuvent se prévaloir de l’ t p ét t l pl pl bl t t
compte du déploiement de cette langue.

Page 122 sur 854


Chapitre VIII

SYNTHÈSE CRITIQUE

Page 123 sur 854


8.1 Introduction
Cette analyse critique porte sur la notion de morphème proposée à travers
différents courants de pensée, de Martinet, en passant par Harris, pour aller à
Chomsky. La deuxième partie de cette analyse portera quant à elle sur la théorie de
"Commutation" quelles sont ses forces et faiblesses dans la détermination ou
l’é g t t p t t ’ ph è ?

8.2 La notion de morphème à travers les courants de pensée.

L’ l phè t f t l’ l l g t
scientifique. Car le morphème est un terme définissable au point de vue théorique,
tandis que "le mot est une réalité apparemment floue et difficilement délimitable."

Par exemple quand les dictionnaires en donnent une définition plus


p éh v t té t l éf t g ph t t ll ’ té
comprise entre deux espaces, leur définition est assez comparable à celle du
phè tt éf t l’ vé t p ’ ppl t
g ph L’ l phè t v t g ’ t l p tt
un renouvellement complet de la description grammaticale traditionnelle, parce que
le morphème est un concept définissable et défini. Il faut reconnaître cependant que
t phè ’ tl t s sont les grammaires
l g p t lè l’ t l t p t p v
distinguer deux types de monèmes : les monèmes conjoints et les monèmes libres.

8.2.1 Les monèmes conjoints


Ces types de monèmes sont complexes car dans leur rapport avec le contexte
dans la chaîne, ils se comportent en tous points comme des monèmes uniques. Pour
illustrer tt t t AR NE p p l’ pl ui suit : « dans gaîté,
les deux monèmes /ge/ et /-té/ sont dits conjoints parce que, dans ses rapports le
contexte, gaîté p t l’ té joie qui, elle, est inanalysable en deux
effets de sens correspondant à des différences formelles et donc identifiables
comme un monème unique. » (MARTINET, 1985 : 34)
Après avoir défini la notion de monèmes conjoints nous allons passer à la
définition de ceux dits libres.

8.2.2 Les monèmes libres


Le terme libre veut simplement dire non- t L l b té è ’
aucun rapport avec les "blancs de la graphie" car les monèmes qui composent
"p t " t t b l’é t l apparaissent séparés
les uns des autres. Pour finir nous retenons les expressions de synthèses suivantes :

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les complexes de monèmes conjoints sont appelés des "synthèmes", les monèmes
libres forment des "syntagmes".78

En distinguant monèmes conjoints et monèmes libres, Martinet se rapproche de


la tradition européenne préstructuraliste, qui voyait dans le morphème un
p t f l t té ’ ôl g t l t t ’ t g t
expressément : il préfère opposer le morphème au lexème, alors que Marouzeau
opposait le morphème au sémantème.

Sa notion de morphème a donc une extension moindre que celle des autres
l g t p ’ ll b p t l t té g f tv
minimales que les autres linguistes appellent morphèmes. Une telle divergence
terminologique peut certes créer quelques confusions, mais il faut bien reconnaître
"qu’elle n’est pas trop grave, dans la mesure où chez Martinet, le morphème est
malgré tout une unité significative minimale".

Pour mieux comprendre la portée la pl l g l’ g -martinettien du


morphème, nous devons partir du "fondateur de la linguistique structuraliste
américaine", Léonard Bloomfield. Dans son ouvrage intitulé "Language", il appelle
"forme linguistique", toute "forme phonétique qui a un sens" (Bloomfield, 1990 : 31),
’ t-à-dire aussi bien une phrase, un syntagme t E ’ t t
"forme linguistique" correspond au "signe linguistique" de Saussure. Il définit en
ces termes le morphème :

"Une forme linguistique qui ne possède pas de ressemblance phonétique et


sémantique partielle avec une autre forme, est une forme simple ou un morphème."
Il arrive des cas où des morphèmes peuvent présenter des ressemblances
phonétiques partielles, comme le font par exemple en anglais "bird «oiseau»
[b@:d] et burr «halo» [b@:], ou même des homonymies comme air, aire, haire,
hère, mais cette ressemblance est purement phonétique et non sémantique
(Bloomfield, 1970, 153)."

Le morphème est donc, dès les origines de la linguistique moderne américaine,


pl ’ p f ; ’ t f l g t ’ t-à-dire finalement une
forme qui signifie quelque chose. Rares sont ’h l g ’
langue particulière qui utilisent vraiment cette notion de morphème.

Ainsi donc en nous référant aux origines de la linguistique moderne américaine,


nous dirons que la notion de morphème dépasse la notion de, "pure forme" ’ t
f l g t ’ t-à-dire finalement une forme qui "signifie quelque
chose".

78
Martinet p.34 (cf. bibliographie)
Page 125 sur 854
Afin de poursuivre cette analyse nous allons examiner quelques autres courants
de pensée comme : le courant harrissien et chomskyen.

Pour ces courants, la linguistique américaine a proposé une autre conception du


morphème, qui repose non pas sur une simple différence terminologique, comme
dans le cas du fonctionnalisme martinettien, mais sur une véritable divergence
théorique, puisque elle définit le morphème sans la moindre référence à la
signification.
8.3 Autres courants de pensée
8.3.1 Le courant harrissien
En étudiant par exemple la position du "distributionnalisme de Harris," pour
analyser une suite de la chaîne parlée, nous constatons que Harris recherche
’ b ’ l pp ll "segments morphémiques : morphemic segments,
lesquels sont définis premièrement comme des "séquences phonémiques
indépendantes" (d’après Harris, 1964 : 157), c’est-à-dire des séquences qui
peuvent commuter dans un contexte donné, et dont le contexte peut commuter, et
deuxièmement comme des "séquences phonémiques indépendantes qui ont des
similarités distributionnelles avec d’autres séquences phonémiques indépendantes"
(d’après Harris, 1964 : 179). Puis il réunit en une seule unité qu’il appelle
précisément morphème les segments morphologiques qui sont en distribution
complémentaire, le morphème étant dans ces conditions "une classe d’un ou de
plusieurs éléments morphémiques complémentaires" (d’après Harris,1964 : 212-213).

Avec de tels principes on peut segmenter la suite formée par le mot récepteur en
trois morphèmes, en vertu des trois séries de commutations :

ré-cepteur / per-cepteur / con-cepteur / ac-cepteur


ré-cep-teur / ré-dac-teur / ré-flec-teur / ré-trac-teur / ré-duc-teur
récep-teur / récep-tion / récep-tivité / récep-tacle.

La première série de commutations montre que ré- est un segment phonique


indépendant de son environnement, la deuxième que –cep-, et la troisième que –
teur le sont également. Il ’ t p p bl l tt b g fé l
l l p h p t t ’ t té l g t
minimales.
Exemple en fon
agbaza signifie (corps)
a- gbaza a- est un segment phonique indépendant de son environnement.
a-gba-za -gba- est aussi un segment phonique
agba-za -agba- est également un segment phonique

Page 126 sur 854


agba-za -za agbaza peut commuter avec klegbaza, kpↄgbaza, legbazan,
tègba
agbaza peut aussi commuter avec :
agbasá qui signifie (sale de cérémonie chez les fons) a- gba- sá
agbasà signifie (route) a-gba- sà
agbasú (adpete de agbá (canon (par extension dieu de la guerre)))

8.3.2 Le courant chomskyen


"La linguistique chomskyenne va dans le même sens. Elle relève "des contre
exemples à « l’hypothèse » qui définit les morphèmes comme des éléments porteurs
de sens" (Chomsky, 1969, 110), tels, en anglais, que le "«to» dans «I want to go»
ou le support postiche «do» dans «did he come?»" (Chomsky, 1969, 109). "Le
morphème est alors défini, ainsi que le précise Manfred Bierwisch, simplement par
sa place à l’intérieur de l’ensemble du modèle, et non par sa capacité d’avoir une
signification propre" (Bierwisch, 1967, 53)".

t l phè ’ t pl "une unité objective", mais, selon le


mot même de Manfred Bierwisch, une "unité de théorie" ’l t l
t l g h l’ v t g ’év t l f Ell
permet de laisser au terme morphème une seule signification, à savoir celle qui
p éf t t "’ té g f t v l " l t
l p t t b éf l phè l’ t ’ g fé t
’ g f t t p l t ’ t ’ f ph ’ n
contenu et de son expression, à moins de ne pas donner au mot sens uniquement
l’ pt t é t p t pt l g
é l té b t v t ’ tt l’ p p l g t l
Car le signifié ’ phè p t t é t g t l ’ tl
raison pour laquelle Martinet donne des précisions qui paraissent redondantes, mais
qui a posteriori ne le sont pas, quand il définit ainsi le monème :

"Comme tout signe linguistique, le monème est une unité à deux faces, une face
signifiée, son sens ou sa valeur, et une face signifiante qui la manifeste sous forme
phonique et qui est composée d’unités de deuxième articulation" (Martinet, 19672,
16). Cela ne veut pas dire pour autant que toutes les catégories morphologico-
sémantiques de la grammaire traditionnelle correspondent forcément à une valeur,
’ t-à-dire à un signifié de morphème.

Page 127 sur 854


8.4 La Commutation
Nous revenons quelque peu que le terme commutation cette procédure que
nous avons appliquée dans la recherche des traits oppositionnels et traits
contrastifs. Nos proposerons une définition et mettrons en lumières certaines de ce
p t l té tl t l ’l ’ gt ’ è ’
morphème...

8.4.1 Définition
Mettre œ v l t t p tf té g f tv
"consiste à comparer des paires ou des groupes d’énoncés qui présentent une
opposition partielle à la fois dans l’expression et dans le contenu; si l’opposition
n’est pas partielle (autrement dit, s’il n’y a pas une identité manifeste à un endroit
ou à un autre des énoncés) et si cette opposition n’existe pas à la fois dans
l’expression et dans le contenu, la comparaison est sans intérêt" (Gleason, 1969 :
56 p l’ l phè

P t l’ p t t t ffé t-ce que partielle


t t v l f ’ v l t l pl bl
supposer que "la différence partielle de forme est le support de la différence
partielle de sens, qu’elle est associable à la différence de sens, et donc que ces
deux différences partielles sont les deux faces d’un signe linguistique, lequel ne
sera un morphème, que s’il est minimal". C’ t-à- ’ l ’ t p l -même
décomposable en associations de différence partielle de forme et de différence
partielle de sens plus petites.

8.4.2 Particularités de cette commutation


Depuis le structuralisme, les linguistes utilisent beaucoup la procédure de la
commutation pour justifier leurs analyses. ’ t l’ l t t ’l
l t l ph è ’ l g ’ t l’ l t t l
l g t é tf t l tt t é t ’ t t
syntaxique ou montrent que des unités significatives entrent directement dans une
t t l p t t ’ ’ pl p tt p é l
f ç v t l’ v ll bt té p è t l t
comme les morphèmes ou des unités de seconde articulation comme les phonèmes.

Pour identifier des phonèmes, on cherche "la plus petite différence possible dans
l’ p t p ’ l ffé l t "
(Gleason, 1969, 54).

Si nous partons de cet exemple représentant une séquence phonique "«je vois
une tête» on fait commuter le segment /tεt/ avec le segment /fij/, une partie
l t l g f t h gé p ’ bt t l l «je vois une
fille» au lieu de «je vois une tête», avec maintien de la partie de signification «je
Page 128 sur 854
vois une». Il est donc permis de penser que la différence de signifiant /fij/ est à
associer à la différence de signifié «fille», t l’ t g f t /fij/ et
du signifié «fille», f g l g t t t t h ’être
l t phè t ’l t l’ t g f t
/t t/ t g f é «tête». "

Si nous nous intéressons à un autre exemple, "dans le signifiant /tεt/ de ce


morphème, on fait commuter le segment /t/ avec le segment /b/ ou /f/, on obtient le
morphème bête ou fête, qui n’ont absolument rien de commun avec le sens du
morphème tête. La différence de sens, cette fois, n’est pas partielle, mais totale, le
remplacement de /t/ par /b/ ou /f/ n’ayant pas fait apparaître un élément de sens
que l’on ne retrouverait pas dans le signifié «tête», et un élément de sens qui serait
une partie du signifié «tête»."

À partir de cet exemple, nous dirons donc que /t/, /b/ et /f/ sont des phonèmes
f ç ’ t-à- té t tv ’ét t p bl
g fé p tt t t g l’ té g f t v l tête l’ té
significative minimale bête ou fête. On montrerait de la même façon que le
signifiant du lexème tête contient deux autres phonèmes, à savoir /ε/ et /t/, en
faisant commuter le premier de ces segments avec /2A/ ou /2E/, et le second avec
/R/, ce qui donnerait respectivement tante ou teinte, et terre tl g fé ’ t
absolument rien de commun avec le sens de «tête». Il faut donc que la commutation
’ g t f l t î ffé p t ll t p
quelconque ou totale, pour que ce segment formel puisse être considéré comme le
g f t ’ té g f t v l ll pé t phè ’ l ’ vè
’ ll t l

8.5 Conclusion
’ t tt t t tt p t l ph l g . La
t t p t ’ tf phè ’ t p p é
t f ll ’ t "l p é p l ll l p t t f t pp
p l t l él t t t té ’l h h p t
79
erreurs" (Mounin, Georges, 1968 : 64) , A son père qui lui a dit: "Tu as vu l’p’tit
âne", f t v t l’ p "l’p’t t g ç " ép "Oh!
l’beau tâne !".
" t t l f t ’ tp tâne, mais un âne, il se
reprendra et dira : "l’beau nâne"; t l ’ ’l t l g t t
t ’ t-à- l’ té t t l t f t ll é ll f ç "
(Mounin, 1968 : 64).

79
Clefs pour la linguistique, Paris, Seghers
Page 129 sur 854
P ll l t t ’ t p p é faillible ni une
p é t f l t ppl bl ’ t p p t t
p é tl t é é t t l t t l l’ p
bl ép é ’ t p v l p t l g t ’
analyse et p ’ p t t pt l f ç tl
h f t t l l g l ll t v ll l t t l’
peut proposer des découpages en unités grammaticales reposant sur des intuitions
ou sur des rapproch t gé l ’ l ph l l g
par exemple.

pl p t v l f ’ t-à-dire au point de vue


morphologique, on peut procéder aussi à des découpages. La question serait de
savoir quelle théorie cohérente peut-on donner de ces prétendus éléments
ph l g p tl t l l g f ? l’ b t l
deuxième partie de cette thèse : la lexicologie que nous allons aborder.

Les dictionnaires de linguistique tiennent ordinairement le même langage, mais


tt t l’ t l ff lté ’ éf t g t "Un mot
résulte de l’association d’un sens donné à un ensemble de sons susceptible d’un
emploi grammatical donné." Cette formule (A. Meillet), conçue en termes assez
gé é p p v ’ ppl t t l g f t pp ît l ff lté
proposer une définition précise du mot. Nous notons cependant que la variété des
procédés morphologiques fait que la définition du mot varie suivant les langues, et
que par conséquent : le mot ne comporte donc pas de définition générale applicable
t t l l g ’ t ll ’ p p é ll t t l
pé é t é l f ç t ’ p l’ pl g t l «Un mot
résulte de l’association d’un sens donné à un ensemble donné de sons susceptible
d’un emploi grammatical donné».80 (VENDRYES, 19682 : 108). Tout ceci revient
bien à voir malgré tout dans le mot une unité significative plus ou moins
assimilable au morphème.

80
Revue demétaphysique et de morale, Paris, 1913, p. 11
Page 130 sur 854
PARTIE II

ÉT T DE L’ RT DE L LEXICOLOGIE
AU BÉNIN

Page 131 sur 854


Introduction
"La lexicologie est une science relativement jeune dont les méthodes sont l’objet
de discussions constantes. Elle est généralement regardée dans une vision
restreinte, comme une branche de la sémantique ayant pour objet l’étude des sens
des unités lexicales. Cette science consiste notamment à structurer le lexique en
microsystèmes (champs sémantiques ou lexicaux), rendant ainsi possible la
combinaison la combinaison en un discours cohérent des unités dont elle s’occupe,
lesquelles sont décrites au moyen d’un ensemble de traits distinctifs (les sèmes).
Cependant, la lexicologie inclut également l’étude des filiations étymologiques, des
phénomènes de dérivation, de composition et de néologie". (COLOT, 2002 :15)

Selon BUTET DE LA SARTHE,81 "la lexicologie a pour objet la connaissance


et la coordination des mots repose sur la détermination de leurs fonctions, et on
t t p f t t l ffé t pl ’ p t f
’ p é " L f t t p v t t
dogmatiques ou lexicologiques. Dans le premiers cas, ces fonctions consistent
l ’ pl t p pp t l g f t l
ll t p b l t t ffé t é ’ t
raison des différentes parties qui le composent.

Les fonctions dogmatiques : Ell t b t ’ l t


divisent en réels, hypothétiques, rationnels, et imaginaires.

Mot réel : un mot est dit réel, quand celui-ci existe dans une langue, comme
partie du discours et qui est en usage comme signe de telle ou telle idée.

Exemple :
Enfant, jeune efficacement sont des mots réels. On distingue généralement
dans les mots réels le sens propre, ou celui qui leur est originellement attaché, et le
sens figuré celui qui leur est secondairement attribué par un rapport quelconque de
celui-ci avec le sens primitif.

Mot hypothétique ’ t l t ’ét t p ’ g t b t


é lf é l p l’ t ’ pl p t t l f l

Exemple :
fame t h p thét p ’ l t b e à infâme, et à fameux.
spect : est un hypothétique car sans lui on aurait ni spectacle, ni aspect, ni
respect.

81
PRF U E E LA AR HE A RE E ’UN UR PLE E LE L E p
Crapelet Paris An IX 1801

Page 132 sur 854


Les mots hypothétiques se servent de bases les uns aux autres, souvent avant
’ t ll ’ t é l

Mot rationnel ’ t l t tl f t ’ tp t t l
l L l g t p t t é p l’ g b t t f t l f t
h p thét ’l p t pl ’ ll p pl : conscrire,
év l t ’ét nt que des mots rationnels, il y a quelques
années.

Mot imaginaire : Un mot imaginaire est celui dont les parties représenteraient
p é ’ é p t bl p pl t t …

Fonctions lexicologiques : Pour distinguer les mots dans leur fonctions


lexicologiques, il faut distinguer les parties qui entrent dans leur formation et que
nous rangeons dans trois ordres à savoir : les racines, les prépositions, les
désinences.
La racine : la racine est un mot simple ou considéré comme tel, qui sert à
pé t é p p l pt bl ’ t fé p ll tl g
’ t l g h l t tt
La préposition : La préposition est un mot réel ou hypothétique, représentant en
général des pp t ’ p t p t f tè v t p
p p f g é l’ é l l g h l ll l ’ t
La désinence : Nous entendons par désinence, certaines parties qui sans être
essentiellement censées mots p tf ’ t l t t
modifient les idées par celles de quantité ou de qualité quelconques.

tt p t l’ t t nous sommes livrés à une méthodologie


g l l g ph p t ’ pl t xplication, à chaque énoncé de
v t ’ t é h t é ll t l’ b t l
lexicologie est bien la connaissance et la coordination des mots, il est basé sur des
fonctions effectives que nous venons de décrire à savoir les fonctions dogmatiques
et les fonctions lexicologiques.

N ll p v t
ét l’ét t l’ t de la lexicographie et de la
l g ph l’ l œ v l t l év l t l
temps et l’ p t v ffé t p g ’ F
et au Bénin.

Page 133 sur 854


Page 134 sur 854
Chapitre IX
ÉVOLUTION DE LA LEXICOLOGIE
EN FRANCE

Page 135 sur 854


9.1 Introduction

"La lexicologie est une discipline nommée, constituée et admise dans la


tradition européenne. Son origine épistémologique est bien représentée par une
insertion, au XVIIIème siècle, dans le programme de la Grammaire générale. La
lexicologie doit contenir, sur l’objet que constituent les « les mots », des
« principes raisonnés communs à toutes les langues » et révélateurs de la raison
parlante, du logos". (REY, 1977 : 155)82 L’ t p t t
t p p é tt éf t l l l g l’Encyclopédie, à savoir Douchet
t é l’ l t t : qui correspondent au "plan de
l’expression (forme et substance), au plan du contenu, et à ce qu’ils nomment
« étymologie »."

Le premier domaine désignerait tout ce qui se rapporte à "la phonétique et à la


phonologie du mot". Le second domaine concernerait plutôt "la sémantique
lexicale," qui est distincte de la "logique" de la phrase. Quant au troisième niveau
l’ét l g l g p "à la fois des considérations que nous
dirons diachroniques, historiques et étymologiques (comme nous entendons
« étymologie ») et une analyse formelle de la morphologie, envisagée comme
créativité dans le temps social".

Cette conception de la lexicologie est dite plutôt post-cartésienne et


v l t Ell f t p t ’ bl éfl l g tl l g g
b t l é t l l p l pé t ’
83 84
Heidegger ou Derrida , mais ne visait pas à constituer un domaine scientifique
spécifié.

82
Rey Alain, (1977), Le lexique : images et modèles. Du dictionnaire à la lexicologie
Ed. Armand Colin, Français.
83
Heidegger : Martin Heidegger (1889-1976)
Fondateur de l'existentialisme, Heidegger voulait avant tout établir une ontologie, c'est-à-dire clarifier la
question de l'être. Son approche subjective du concept (être et penser sont le même, dit-il en citant Parménide) le
conduit à affirmer que l'être s'enracine dans le temps, c'est-à-dire la capacité humaine de se projeter soi-même.
La suite de sa réflexion mène Heidegger à s'orienter de plus en plus vers la poésie, seule capable d'exprimer les
pensées, aux frontières du langage, qu'il cherche à saisir.
84
Jacques Derrida, né Jackie Derrida le 15 juillet 1930 à El Biar (Algérie française), et mort
le 8 octobre 2004 à Paris, est un philosophe français qui a créé puis développé la notion de déconstruction. À la
suite de Heidegger, Derrida cherche à dépasser la métaphysique traditionnelle et ses résonances dans les autres
pl t œ v t t g l pl pp t t ll p l et écriture dans
la linguistique, raison et folie dans la psychanalyse, sens propre et sens figuré dans la littérature, hostilité et
hospitalité, masculin et féminin dans la théorie des genres ; oppositions qui correspondent au
couple ontologique premier, sensible et intelligible, et ses multiples déclinaisons : intérieur et extérieur, rationnel
et irrationnel, sens et non-sens, fondateur et fondé.

Page 136 sur 854


L’év l t ’ pl t t é g é « la linguistique »
e
coïncide au début du XIX siècle avec le comparatisme, la description des
systèmes morphosyntaxiques différents et la volonté de reconstruire inductivement
leur évolution. Ainsi "on peut considérer RASK85 et BOPP comme des morpho-
syntacticiens ; malgré leur intérêt pour l’unité lexicale, il n’est pas raisonnable
d’en faire des lexicologues." (REY, 1977 : 156)

Dans le domaine de la linguistique, se dégage un conflit entre linguiste pure et


p t t h l’h t l l g g ét t l’ p t
spécifique et essentiel de ce comportement. Il était donc normal que les pratiques
t t l ég l t l’ t v té l g g è t l ît
l’é h g ’ f t t t l t l l g t l t
l l t tf tp l thé l g t ’ tl
l’év l l l g

Après ces considérations historiques, nous sommes amenés à distinguer une


é p blè lé tl f t g ’ t
nous pouvons retenir que "l’objet de la lexicologie est une théorie compréhensive
du fait lexical, tant au niveau des structures (lexique, vocabulaire) que des unités
(mot, idiome)".86 Ce qui nous conduit par ailleurs à plusieurs approches de
définition de la lexicologie selon les besoins méthodologiques et heuristiques.

Les linguistes fonctionnalistes : Le lexique est considéré comme "un ensemble


phè è ’ l g " ’ t éf t est
adoptée par la plupart des linguistes fonctionnalistes et distributionnalistes.

Les pragmatiques L l p t t éé l’ bl
« mots », c'est-à-dire comprendra la plupart des morphèmes libres envisagés
comme intégrant du syntagme (phrase) et indirectement de la phrase (sentence),
ainsi que toutes les unités formées de plusieurs morphèmes ayant ce même

85
Rasmus Christian Rask (Prononciation danoise :ˈʁɑ ˈ ʁ t æ ˈʁɑ ɡ) (Brændekilde dans l'île
de Fionie, le 22 novembre 1787 –Copenhague, le 14 novembre 1832) est un érudit et philologue danois, reconnu
aujourd'hui comme le premier représentant d'une philologierationaliste, fondée sur des bases empiristes.
Il visita l'Islande (1813-15), la Russie (1819), la Perse (1819) et l'Inde (1820-23) afin d'étudier les langues de
ces pays. Il rapporta un grand nombre de manuscrits précieux et fut à son retour nommé bibliothécaire de
l'Université de Copenhague, puis professeur d'histoire littéraire et enfin de langues orientales.

Apports scientifiques : Suite à ses voyages, Rasmus Rask écrivit une Grammaire de l’islandais (1811) et
des Recherches sur l’origine de l’ancienne langue nordique ou islandaise (1818). Il y fut le premier à mettre en
évidence la parenté entre le vieux norrois et le gotique d'une part, et le lithuanien, le vieux slave, le grec ancien et
le latin d'autre part. On lui doit également la formulation originale de la loi de Grimm sur la mutation
consonantiqueentre les parlers indo-européens et les langues germaniques, bien qu'en cette matière il se soit
borné à comparer le vieux norrois au grec ancien, puisqu'à cette époque le sanskrit était encore ignoré des
philologues européens.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rasmus_Rask
86
Auteur Non identifié.
Page 137 sur 854
tè ’ tég t tt éf t l tp g t " ’ ll
t ll t l g " t ’ ll l t t
en traitant certains morphèmes liés (préfixes, suffixes).

Les fonctionnalistes et inter ou intralinguistiques : Dans cette approche on


définit le lexique comme "un ensemble indéterminé mais fini d’éléments, d’unités
ou d’ « entrées » en opposition aux éléments réalisant directement des fonctions
« grammaticales » telles que les fonctions « déterminant », « auxiliaire » etc. Cet
ensemble peut correspondre aux morphèmes lexicaux et à leurs productions
codées ou à l’ensemble des « idiomes » mots et locution."

De façon générale, la lexicologie et la lexicographie constituent deux disciplines


œ ’ t l p l ll l pé t l ff lté l
distinction. De manière plus synthétique nous dirons que "la lexicologie désigne
l’étude du lexique dans la langue, tandis que la lexicographie renvoie à la
confection des dictionnaires et plus largement, d’ouvrages présentant un modèle
de ce qu’est ce lexique." (F. Gaudin, L. Guespin, 2000 : 15)

Du côté des lexicologues – lexicographes, on songe en tout premier à Bernard


QUEMADA qui dirigea "Trésor de la Langue Française", ou encore à J. Dubois
qui donnera "Le Dictionnaire du français contemporain" et du côté des
lexicographes, nous pourrons citer Josette Rey-Debove et Alain Rey, dont la
réflexion théorique fait pa t l’h t l pl l ll
v l p g ph é é l’h t t

La lexicologie apporte à la lexicographie la précision dans la terminologie (dans


l’ l t t b é l hé "Ell p é t l f
dimensions morphologiques et sémantiques, et ces deux dimensions peuvent être de
point diachronique ou synchronique." (L. Lipka, 2002 :13)

La lexicographie est apparue avant la lexicologie, or, avant de disposer des


ét thé l t ’ b f él t g é t
l b t ’l v t à désigner, et on a enregistré les sources de difficulté.
Après ces approches définitoires de la lexicologie et de la lexicographie nous
allons ouvrir une brèche spécifique sur la lexicographie.

9.2 La lexicographie
La lexicographie est subdivisée en deux branches : la première branche
l’ ppl t f t t ) et la deuxième concerne la
théorie (recherche des dictionnaires). Les deux branches sont toutes à la fois, aussi
p t t l’ l’ t L p è ét p t l thé l h h
tl p t t l’ ppl t l f t
Page 138 sur 854
De même, selon Jean PRUVOST, "il faut distinguer deux étapes, tout d’abord
celle de la lexicographie qui relève de la recherche scientifique sur des ensembles
de mots, sans que l’élaboration d’un dictionnaire constitue une motivation ou un
objectif, et à la seconde étape serait désignée par la « dictionnarique », et tout ce
qui concerne les contraintes propres qui correspond à la mise en œuvre d’un
produit public défini. Un dictionnaire de qualité est défini par sa solide
lexicographie et son efficace dictionnarique tout au long de son
élaboration." (Pruvost, 2001),

9.3 L’ té l l l
L t l’ té l l ll ’ té t t t l g ph
p v t ’ él b t l elle la théorie linguistique a peu de place. La
tradition, issue des procédés quasi universels de la transcription graphique,
g t l té èt l l tè ’ g h t t
culturelles.
"Le dictionnaire a pour contenu un choix d’unité de ce type, unités
sociolinguistiques qui ne coïncident pas avec les unités dégagées par l’analyse
fonctionnelle. Le classement des occurrences de l’unité de premier type, mis en
évidence par les exemples, permet de définir des unités plus grandes,
translexicales. Ce sont par exemple les syntagmes nominaux et verbaux, les
énoncés à structure sémantique analogue" (REY, 1977 : 124).

Ainsi donc, à partir de la typologie de ces grandes unités, on peut dégager des
l ’ té l l t l f f t ll t é t p
parler par exemple de "« substantifs animés » ou « non animés », de verbes à sujet
animé et objet non animé » ou « à sujet non animé sans objet », etc. er rejoindre
ainsi les préoccupations de la linguistique post-chomskyenne quant aux traits
sémantiques liés à la syntaxe (subcatégorisations)" (REY, 1977 12 ’ t
l’ l f ll et sémantique des énoncés nominaux qui conditionne
l’ ff té l pt l g ph l l l t t p
’ t g p t ’év t l ép t t f ll ’ pt f ll
t tp pt t ’ lyse des contenus in abstracto. Il apparaît
ainsi que le dictionnaire lèv ’ « grammaire sémantique » capable de définir
l f t t é t t p b l té ’ pp t
de chaque unité considéré l ’ t n cela que le dictionnaire de
langue se distingue du dictionnaire thématique.

Le rôle de dictionnaire l lt f ç t ’ t ll p t
pé t l p p l ét p h t p t ’ b ll
l é v t l l’ v té g

Page 139 sur 854


9.4 Le Dictionnaire : La genèse des dictionnaires87
À la question de savoir qui a inventé le dictionnaire P v t p ’l
serait "incongru de n’apporter qu’une seule réponse à pareille question". Il évoque
l’h t l p R tt été é v t l l p g ’Eg pt
de Bonaparte. Elle constitue la première trace d'un dictionnaire plurilingue ? Il
semblerait que sur cette pierre figurait la même information qui était transcrite en
trois codes différents à savoir : les hiéroglyphes, le démotique et le grec. "Mais si la
confrontation des hiéroglyphes a permis en 1822 à Champollion de percer leur
mystère, il ne serait pas très convaincant d'assimiler cette trace de plurilinguisme à
un dictionnaire trilingue."

Sur ladite pierre figuraient en effet les mêmes informations transcrites en trois
codes différents, les hiéroglyphes, le démotique et le grec. Mais si la confrontation
des hiéroglyphes a permis en 1822 à Champollion de percer leur mystère, il ne
serait pas très convaincant d'assimiler cette trace de plurilinguisme à un
dictionnaire t l g l l’ t p l l’ t
t h l l’ v t év "l l t
appartenant à un dialecte ou à un écrivain, par exemple Homère ?"

Car selon M. PRUVOST, "les conditions ne sont pas encore remplies pour
faire aboutir le genre lexicographique. Même si le dictionnaire monolingue va
prendre souche dans les répertoires plurilingues, qu'il s'agisse de l'Antiquité ou du
Moyen Âge, les mots sont encore prisonniers des conceptions métaphysiques : on
ne s'intéresse pas pleinement au langage pour lui-même mais à son essence divine.
Ainsi, les Sommes du Moyen Âge, correspondent à des résumés des connaissances
de l'époque – par exemple la Summa theologica de Saint Thomas d'Aquin (1225-
1273) – mais ne décrivent pas les mots. Y sont seulement transmis les concepts et
les savoirs de l'époque, fortement teintés d'interprétation métaphysique. Les
Étymologies (Etymologiae) d'Isidore de Séville (570-636), l'un des ouvrages
fondateurs de la pensée médiévale, restent en réalité totalement imprégnées d'une
pensée religieuse qui ne laisse presque aucune place aux considérations sur la
langue."

87
Jean PRUVOST Université de Cergy-Pontoise UFR de Lettres et Sciences humaines CNRS, INaLF,
GEHLF GDR 8410

Page 140 sur 854


9.4.1 - Le rôle du dictionnaire
Le « Dictionary » est dérivé du latin « Dictionarius ». Il serait utilisé en 1225
par le poète et le grammairien anglais Joannes de Garlandia (John of Garland) "La
première apparence de ce mot était en 1526 dans le Oxford English Dictionary"
Pour citer d’ t "l l v -dictionnaire" est apparu en
F t l l é v l ’ g l g
pl pl é t b tôt l g ’Et t t t ï é
e
à pe p è v l l’ p é t v té siècle), allait
p v f lt l é l t t l ff L ’ l g p t
l t l l l g l ’él g t é bl t
Comme la trans l ’ v v ff t pl l v t
é ’él b lv v t v épôt

De la même façon, à partir du moment où la langue devient commune sur un


g t t t v t l g ff ll ’ t l p v p bl ’
t l v t té t t é t ’ f lt l ff l é t
tt t t é l tb ’ t t t v l
grammaires et des dictionnaires. En effet, "le mot dictionnaire ’ b été é vé
aux ouvrages bilingues (Robert Estienne, 1539)" ’ t tt p p t v
les premiers dictionnaires du français ont été publiés au XVIe siècle et surtout au
XVIIe siècle.

Par exemple le "Dictionary of the French and English Tongues" de Cotgrave,


p bl é L 1611 t l’ p p l l g ph p
la connaissance du français. Le Dictionnaire français de Richelet (1680), Le
Dictionnaire universel de Furetière 1690 l t l’A é 169
et le dictionnaire des Arts et des Sciences de Thomas Corneille (1694) font partie
des ouvrages fondamentaux de la lexicographie française, desquels devaient
naître, par imitations, corrections et enrichissements successifs, tous les grands
dictionnaires français.

En tant que tel, le dictionnaire est devenu un outil qui est destiné à répondre à
certaines questions que l'on se pose à propos de certains mots dont on ignore les
t t l’ th g ph l p é t t è t
premier outil didactique. Il ne serait pas totalement faux non plus d'affirmer qu'il
est né des difficultés rencontrées par les élèves.

"En effet, les gloses – c'est-à-dire les remarques explicatives ajoutées


brièvement en marge ou entre les lignes, destinées à commenter dans les ouvrages
de grammaire latine ou d'enseignement du latin les passages difficiles – sont
instaurées pour aider les clercs qui ne maîtrisent pas parfaitement le latin. Lorsque
les gloses sont regroupées, on aboutit à un glossaire, le plus célèbre étant celui de
Reichenau (VIIIe siècle) qui rassemblait un peu plus d'un millier de mots difficiles
Page 141 sur 854
d'une vulgate de la Bible, avec leur traduction en un latin plus facile ou en langue
romane. Le dictionnaire bilingue, et à terme le dictionnaire monolingue, sont déjà
là en germes. En vérité, traduire puis expliquer en ajoutant un commentaire
lorsque la traduction se révèle insuffisante, c'est déjà forger les premières
définitions."

Les dictionnaires multilingues ou plurilingues sont apparus à la Renaissance


v l g t v g f t l E p L’ pl élèb t
le "Dictionarum ou Dictionnaire polyglotte de l'érudit italien Ambrogio
Calepino (v. 1440-1510)." Cet ouvrage au début était consacré en 1502 aux seules
langues latines, italienne et française. Plus tard, dans ses dernières éditions, il en
compte plus de dix langues mises en parallèle. Ce type d'ouvrage était désigné par
le nom de son auteur, le Calepin, comme ce sera le cas plus tard pour le Littré, le
Larousse, ou le Robert.

Mais dès le XVIIe siècle, le "calepin" est assimilé à un recueil de notes et est
devenu le "petit carnet" l’ p t gl p h

Au XVIe siècle, la langue française est encore une langue fluente, elle reste très
mouvante, même si les poètes de la Pléiade, Du Bellay en tête, s'emploient à la
valoriser et à lui donner un statut littéraire indiscutable avec, notamment, la
Défense et illustration de la langue française publiée en 1549.
"Dix ans auparavant, François 1er avait imposé par l'édit de Villers-
Cotterêts, la langue française, celle du Nord, comme langue administrative, le
latin n'était plus dès lors la langue écrite prépondérante. Et les langues d'oc
perdaient par là même toute légitimité. Paraissait à la même date, 1539, le tout
premier dictionnaire où les mots français venaient en premier dans la
nomenclature, avec leur traduction en latin suivie parfois de quelques explications
en français : le Dictionnaire françois-latin contenant les motz et manieres de
parler françois tournez en latin (1 vol., in-folio) de Robert Estienne."

En 1531, l'imprimeur érudit avait publié le Dictionarium seu Linguae latinae


thesaurus, dictionnaire latin-français, et il eut l'idée en 1539 de l'inverser, en
présentant en premier les mots français. Le premier dictionnaire français, ou plus
précisément français-latin, était né, le processus conduisant au dictionnaire
monolingue français-français était amorcé.

Pour l'heure, le mot français est suivi du mot latin, auquel s'ajoutent parfois des
explications en français, mais il suffira de faire disparaître le latin en ne gardant que
les mots français pour bénéficier d'un dictionnaire de mots français suivis de
définitions dans la même langue.

Page 142 sur 854


Jean Nicot (1530-1600) participera à la réédition de ce dictionnaire en 1573,
puis sera publié à titre posthume, en 1606, le Thresor de la langue françoise tant
ancienne que moderne (1 vol., in-folio), une reprise améliorée du dictionnaire de
Robert Estienne, offrant une plus grande place aux définitions.

Qu'un dictionnaire nouveau s'inspire plus ou moins largement des précédents,


voilà qui est une constante inévitable dans ce genre "littéraire". À y bien réfléchir,
on pourrait d'ailleurs s'interroger sur l'avantage qu'il y a à transformer une
définition parfaite pour éviter l'accusation de plagiat. La langue n'appartient à
personne, mais cependant une définition de dictionnaire reste la propriété de
l'éditeur. Il faudrait pouvoir citer la définition du concurrent.

"Dans les Dictionnaires du français moderne (1539-1863), Bernard QUEMADA


recense environ 3 000 titres originaux, ce qui représente plus de 10 000 ouvrages
p ’l p é t t t l éé t v l pé
’ét ’l él té t t p t lté p l naires-
lexicographes de la fin du XIXe siècle." (HABABOU, 2005 : 127)88

Le XIXe siècle que Pierre LAROUSSE qualifie de « siècle des dictionnaires »,


l l t U v l t l t l’ t t
conteste un des éléments centraux. La France, puis les pays francophones se
caractérisent par ce « foisonnement lexicographique ».
Jean PRUVOST à travers son ouvrage "Les dictionnaires de la langue
française", rappelle un certain nombre de chiffres : « les chiffres sont éloquents :
916 dictionnaires et 251 encyclopédies publiés en langue française pour la seule
période 1994-1996 g l l ’ t l b p t t t l
f t l p t ’ t p f pp pl p t l è tl v g
89
rédigés en langue française.

N ’ v p l’ t t ’ ll pl l t historique pour le
90
locuteur intéressé, il peut se rendre sur le site indiqué ci-dessous ou se reporter à
la bibliographie spécialisée du domaine de lexicographie. Nous allons maintenant
b l t p l g t v t p é t l’ét t l’ t de la
lexicologie au Bénin.

88
Thèse de doctorat en science du langage : LA LEXICOGRAPHIE BILINGUE AU GABON 2005
89
Que sais-je ? p. 5 Jean PRUVOST
90
http://www3.u-cergy.fr/dictionnaires/histoire_dico/mvd._histoire1_dico.html
Page 143 sur 854
9.4.2 Typologie des dictionnaires91
l’ v év é pl h t l g tf l é v l’ b t
dictionnaire l t l’h b t l lt p h h l éf t
t g t h g é P l’ t l t
dictionnaire, les gens arrivent à développer ou élargir leur connaissance sur le
’ él p l l ît l l g ’ ll t
t ll L’ b t t t l f pé g g t t
L t t f t p t v l A ’h l
existe grande entreprises éditoriales en France. Elles mobilisent beaucoup de
chercheurs et de moyens et emploient par la même occasion des techniques de
recherche très sophistiquées du genre : banque de données, fichiers informatisés.
Même si les dictionnaires présentent des caractères communs : visée didactique,
lph bét l p t t t ’l t pl
types. Nous allons présenter ci-dessous les principaux traits sous lesquels les
dictionnaires p v t ffé l t ’ t l l
chercheurs proposent une typologie comme ce qui suit :

1 – les dictionnaires bilingues et les dictionnaires monolingues.


2 – les dictionnaires extensifs et les dictionnaires intensifs
3 – les dictionnaires de choses et les dictionnaires de mots

Nous allons définir très brièvement chacun de ces types.

9.4.2.1 – les dictionnaires bilingues et les dictionnaires monolingues.


Ces types de dictionnaires représentent un objet de traduction, ils impliquent la
connaissance par le lecteur soit de la langue source, soit de la langue cible. Si la
langue source diffère de la langue cible, les dictionnaires sont dits bilingues ou
lt l g p t l t l’ t éf pp tiennent à la même
langue que la définition, on dira que les dictionnaires sont unilingues ou
monolingues. Il est intéressant de savoir que les premiers dictionnaires étaient
bilingues.92

9.4.2.2 – les dictionnaires extensifs et les dictionnaires intensifs


p l t t f t t f " ’ tl
densité de la nomenclature qui entre en jeu." Un dictionnaire t t t f ’l
v t t gl b l t t l t ’ l g pl tôt tous les mots
pt bl ’ t ép t é l té l t
t ’ t ’l t t f l -ci vise à décrire
l t t h tf l té ’ t l p pl
91
http://www3.u-cergy.fr/dictionnaires/
92
Analyse sémantique
Page 144 sur 854
des dictionnaires spécialisés : de l'informatique, de linguistique, de cuisine ou
’ t

9.4.2.3 – les dictionnaires de choses et les dictionnaires de mots


Ils sont qualifiés de "dictionnaires encyclopédiques" et "dictionnaire de langue".
Pour ces types de dictionnaires, la distinction porte notamment sur la nature des
informations données. En ce qui concerne le dictionnaire encyclopédique, il donne
des renseignements sur la chose désignée par le mot, comme son utilisation, son
origine, ou sa place dans la culture de la communauté. Certains de ces
dictionnaires ne tiennent plus compte de l’ lph bét pé t t et
propose une autre configuration plus méthodique des connaissances des matières.
Nous pouvons constater la description encyclopédique a souvent recours à
l’ g ph p p é t l éfé t
Nous devons attirer les lecteurs sur le fait que "les mots d’entrée du dictionnaire
sont des unités définies arbitrairement. Il faut donc faire attention à ne pas
confondre la nomenclature d’un dictionnaire et le lexique d’une langue."

9.4.2.4 Dictionnaire actuels


Dans ce chapitre nous allons présenter quelques dictionnaires actuels.
l t pl g t f ç l ’ gt
notamment de : le Littré, les Robert, le Dictionnaire du Français au collège, le
Lexis, le Grand Larousse de la Langue Française (GLLF) et le Trésor de la Langue
Française (TLF), etc.

Le Littré
Le Littré, sa première édition date de 1863-1873. Sa forme la plus condensée
’ pp ll Dictionnaire de la Langue française, abrégé du dictionnaire de Littré
(1976 t ’ p p p l l g t è l l
p v lég l’év l t t t l’ét l g t t t p
exclusivement empruntées à la langue classique. Actuellement, cet ouvrage est
plutôt considéré beaucoup plus comme « monument culturel » comme un
instrument de connaissance de la langue contemporaine.

Du nom de son auteur le dictionnaire L L RE t l’œ v ’E l L tt é l


naquit le 1er février 1801 à Paris. Son père lui donna un second prénom
l v R b p l’ pt bl ’ t Brillant élève, qui
était destiné à la médecine, mais il se métamorphose petit à petit en érudit en
p bl t t t t t t œ v H pp t Il devient de
pl pl élèb ’ t ’ 1840 lui fut proposée une chaire d'Histoire
médicale qu'il refuse, ne souhaitant guère le contact avec le public.

Page 145 sur 854


Émile Littré nourrissait le projet dès 1841 de rédiger un dictionnaire
ét l g ’l t p bl h l h t ph
H h tt é v é t é l é lh t p t ’ p b t
Il a fallu attendre les années 1859 pour que les premiers textes du Dictionnaire de
la langue française (4 vol., in-4°) soient remis à Hachette, et les années 1872 pour
que ce dictionnaire en quatre volumes qui fait une large part à l'histoire du mot soit
achevé. Un Supplément publié en 1877 couronne l'ensemble. Le dictionnaire Le
LITTRE a connu un réel succès auprès du public cultivé qui trouvait dans cet
ouvrage une somme d'informations jusque-là inégalée quant à l'étymologie et à la
filiation historique des sens d'un mot, le tout cautionné par de grands auteurs.

" Aussi prit-on rapidement l'habitude d'évoquer "le Littré" avec déférence,
comme une autorité ; il devint même l'instrument indispensable de toute recherche
sérieuse en langue française. Son prestige ne diminua guère au fil des années,
ainsi, jusqu'à la publication du Dictionnaire de Paul Robert, presque un siècle
après, Littré fut le plus souvent considéré comme la seule véritable référence des
lettrés."93

Les ROBERT
Ces dictionnaires sont à la fois descriptifs, historiques et analogiques. Ils se
divisent en plusieurs ouvrages : Le Grand Robert de la Langue française (1953-
1964). La 2ème édition date de 1985 et est en 9 volumes, Paris. Le Robert 1ère
édition parue en 1953 en 6 volumes. Le Petit Robert (3ème édition, 1994 et le
Robert méthodique (1982)

Paul Robert est né en 1910 en Algérie, dans une famille aisée, et il a entrepris
ét t l’ t t l t ’ thè l f l
g 19 5 R l pé t t l l g ph l’
affectation pendant la guerre au service du décodage, où il participe à l'élaboration
d'un dictionnaire du chiffre, son contact apprécié avec la langue anglaise, ses
premiers essais à titre personnel de mise en analogie des mots anglais puis des mots
français, vont le conduire peu à peu à transformer son loisir en activité dévorante,
au point de bientôt recruter des auxiliaires sur sa fortune personnelle pour faire
aboutir le dictionnaire dont il rêve.

93
Jean PRUVOST Université de Cergy-Pontoise UFR de Lettres et Sciences humaines CNRS, INaLF,
GEHLF GDR 8410

Page 146 sur 854


En 1950, il apprend que le premier fascicule de son dictionnaire obtient le prix
t lA é f ç è l l h v lœ v
commencée et, en 1952 et 1953, il recrute pour l'aider deux collaborateurs
d'excellence, Alain Rey et Josette Rey-Debove.

La nomenclature du Petit Robert, de plus de 50 000 mots est très variée. En


dehors des termes les plus utilisés de la langue, elle comprend des mots
scientifiques ou techniques, des mots régionaux répandus et les néologismes
acceptés dans la langue. La plupart de ces exemples littéraires sont empruntés aux
auteurs des XIXe et XXe siècles.

LAROUSSE
N t ’ t 1 56 p ît l Nouveau dictionnaire de la
langue française, dictionnaire de petite taille, destiné notamment à un public
l L v g ît è é bl ’ tl t l t Petit
Larousse illustré dont la première édition est de 1905 et que l'on doit à ses
successeurs. Mais ce petit dictionnaire de 714 pages, avec déjà les célèbres
l t l t vt l é P L œ v pl g
envergure. Ainsi donc moins, de 1865 à 1876, ce sont quinze gros volumes in-
quarto, auxquels s'ajouteront à partir de 1878 deux suppléments, qui seront publiés
sous le titre de Grand dictionnaire universel du XIXe siècle.

Le Dictionnaire du Français au collège est en principe issu du Dictionnaire du


Français contemporain (Larousse, 1966). Il est fortement orienté vers les
préoccup t pé g g ’ t t qui privilégie la langue
actuelle. Il exclut les mots vieillis et archaïques ou trop spécialisés.

Le dictionnaire LAROUSSE t l’œ v Pierre Larousse. Il est né en 1817


dans le village de Toucy en Bourgogne où il est élevé entre la forge de son père et
l'auberge tenue par sa mère. Son appétit de savoir et sa boulimie de lecture lui
ouvrent sans tarder les portes de l'École normale de Versailles. À l’ l’Ecole
Normale, il devient Instituteur et ensuite directeur de l'école dont il avait été l'élève.
Il quitte son village pour Paris. Il fréquente avec ardeur les bibliothèques et les
amphithéâtres. Il publie alors les premiers ouvrages destinés à l'enseignement de la
langue, fondant en 1852 la librairie, la maison d'édition qui porte toujours son nom.

Nous pouvons retenir cependant que "Le Grand dictionnaire universel du XIXe
siècle de Larousse ne fit pas en réalité concurrence au Dictionnaire de la langue
française de Littré, les publics différaient, et loin de mettre ces ouvrages dos à dos,
il conviendrait plutôt de reconnaître à chacun une dimension hors du commun. Au
point qu'il était presque impossible à d'autres lexicographes de s'imposer".

Page 147 sur 854


Ce dictionnaire recueillit un succès certain auprès des étudiants et des élèves de
classe préparatoire, d'une part grâce au classement rigoureux des définitions, et
d'autre part grâce aux 300 pages préliminaires consacrées à un remarquable
Tableau de la formation de la langue, ce dernier étant rédigé par Darmesteter.94 Il
’ g t Dictionnaire général de Darmesteter.

œ v f tp v p t l t U é p gé p
Claude AUGÈ, et en 1904 les sept volumes in-quarto du Nouveau Larousse
illustré, font leur apparition et seront largement répandu, avec des planches
ll t é l t b ll t t œ t l
singulièrement amincie du prédécesseur en 17 volumes, il méritait sa notoriété de
par son homogénéité et la fiabilité des informations apportées. En 1910 paraissait
le Larousse pour tous en deux volumes, intitulés ensuite Larousse Universel en
1923, et Nouveau Larousse Universel en 1948. Il devait donner naissance au
Larousse en trois volumes, le L3.

Le Grand Larousse de la Langue Française s'inscrit désormais dans une


perspective, moderniste, en ajoutant à la nomenclature des articles exclusivement
consacrés à la linguistique. Il est aussi bien influencé par la lexicologie structurale
que par les dernières recherches concernant l’ét l g t l l g t
historique. La distinction entre le sens propre et le sens figuré domine la
l f t pl L’ét l g l p t t t lph b t
phonétique international et la catégorie grammaticale du mot, ainsi que ses
synonymes et ses antonymes sont mis en évidence.

Les exemples divers et variés apportent une réelle lumière dans la description
des articles de ce dictionnaire. Le GLLF est le plus souvent considéré comme un
« dictionnaire de phrase » l l t ’ t t lé l
distribution de ce terme dans la phrase. Le GLLF est aussi une encyclopédie de la
grammaire et de la linguistique.

Le Quillet
Aristide Quillet, tout comme Pierre Larousse, ét t t t ’ t
t t t ll t p t l g ph v ’ t v l
dictionnaire encyclopédique. Nous faisons remarquer notamment que parmi les
ouvrages qui seront issus de la maison d'édition qu'il a créée au Dictionnaire
encyclopédique de 1950, en 5 volumes, vont s'ajouter deux Suppléments (1952,
1963).

94
Arsène Darmesteter naît dans une famille juive installée en Lorraine depuis le milieu du XVIIIe siècle et
dont les ancêtres sont originaires du ghetto de Darmstadt.Calmann, le père, et Cerf, le grand-père, sont relieurs et
libraires ; l’ g l t t ét t tf l du tsar de Russie..
Page 148 sur 854
Raoul Mortier, décide de donner désormais de donner à cet ouvrage une
t l té t P f l ’ t b é it de collaborateurs,
des enseignants et des techniciens en particulier. Il y intègre de nombreux tableaux
synoptiques et un soin tout particulier pour clarifier les informations
encyclopédiques. Depuis 1940, il est réédité plusieurs fois, avec 40 000 mots dans
sa première édition, le Quillet de la langue française (3 vol., in-8°) représente,
avant le Lexis de 1979 (Larousse), le premier dictionnaire de langue à présenter des
illustrations. C'est tardivement que les éditions Hachette, à qui on doit le Littré,
reprirent le chemin de la lexicographie avec en 1980 le Dictionnaire Hachette (1
vol., in--4°), préfacé par Roland Barthes, un peu plus de cent ans après la parution
du Dictionnaire de la langue française.

Chaque année désormais, en même temps que le Petit Larousse paraît donc
le Dictionnaire Hachette, disponible depuis 1995 sur cédérom, le multimédia
représentant en effet un secteur en pleine expansion chez Hachette.

Enfin, en 1995 était publié à l'occasion du sixième sommet de la Francophonie,


à Cotonou, le Dictionnaire Universel Afrique. Il est édité conjointement par
l'AUPELF-UREF. Depuis 1998, ce Dictionnaire francophone ’est pérennisé en
devenant le Dictionnaire Universel Francophone. Il contient, entre autres unités
lexicales, environ 10 000 mots de l'univers francophone.

Le TLF : Le Trésor de la Langue Française


"La plus grande aventure lexicographique de ce demi-siècle est sans conteste
celle de l'élaboration du Trésor de la langue française (le TLF) : plus de 90 000
mots traités dans le cadre de 16 volumes in-quarto (25 000 pages environ) publiés
entre 1971 et 1994, avec pour directeurs P. Imbs, jusqu'au septième volume, et B.
Quemada, du huitième au seizième, l'addenda étant sous la direction de G. Gorcy"
(PRUVOST, ..) C'est lors du Colloque organisé en novembre 1957 à Strasbourg
qu'était esquissé ce projet grandiose. Y participait B. Quemada, pionnier de la
lexicographie assistée par les machines mécanographiques d'abord, informatiques
ensuite.
"Le TLF est une œuvre ambitieuse qui représente le plus important modèle de
lexique dans l’histoire des dictionnaires de langue française. A côté des mots
littéraires, sa nomenclature de 90 000 mots comprend des termes techniques,
scientifiques, régionaux, argotiques, historiques, etc… Les noms de pays et des
peuples ainsi que leurs dérivés sont également représentés".

L éth ’ l LF t t t f é l e du
p bl l p é l’ l é t l’ l t b t ll
Les contextes attestés des acceptions des mots définis sont présentés en détails.

Page 149 sur 854


Dès 1977, Bernard QUEMADA, devait prendre la direction du TLF après avoir
assuré la programmation de la documentation informatisée nécessaire à
l'élaboration du dictionnaire papier, une documentation informatisée sur la langue
française qui fit l'admiration de tous les pays, de par son ampleur et sa qualité.

Élaboré dans le cadre du CNRS, ce dictionnaire de la langue française du XIXe


et du XXe siècle a indéniablement bénéficié de directeurs de très grand talent avec
P. Imbs qui l'a fait naître et B. Quemada qui lui a donné sa dimension moderne et
son rayonnement international.

Soutenu dès 1959 par le gouvernement qui souhaitait favoriser des projets
d'envergure – l'acquisition du plus gros ordinateur existant dans les années 1960, le
Gamma Bull 60, en est le symbole –, le projet s'appuyait déjà en 1969 sur près de
80 millions d'unités-mots disponibles grâce à un remarquable programme de saisie
de textes sur bandes perforées.

En 1977, le dictionnaire s'insère dans un sous-ensemble du CNRS, l'Institut


National de la langue française, l'INaLF, créé par B. Quemada qui fédère ainsi
nombre de laboratoires et d'excellents linguistes qui se mettent au service de la
langue française. D'autres dictionnaires installés dans cette institution viennent
compléter la description de la langue française tout au long de l'histoire de notre
langue.

Page 150 sur 854


Chapitre X

ÉVOLUTION DE LA LEXICOGRAPHIE AU
BÉNIN

Page 151 sur 854


10.1 Introduction
En matière de recherches lexicologiques ou lexicographiques, "le terrain de la
langue fon n’est pas non plus vierge. Les premiers travaux publiés sur cette langue
par les missionnaires et les administrateurs coloniaux comprenaient tous les
"lexiques"". (AKOHA, 2010 : 234)

Parmi ces travaux on retiendra les ouvrages suivants :

 "Dictionnaire abrégé de la langue fon-gbè ou dahoméenne, première


partie Français-Dahoméen" l’ bbé Ph UR U 187995

 "Manuel Dahoméen, Grammaire, Chrestomathie, Dictionnaire français-


dahoméen" du gouverneur DELAFOSSE 1894 ;

 "Eléments de grammaire de langue fon ou dahoméen suivi de


vocabulaire de conversation, du lieutenant d'infanterie de marine"A.
BONNAVENTURE 1895

 "Manuel Français-Dahoméen, Grammaire, Phrases usuelles,


Vocabulaire" de Révérend Père JOULORD 1907

Tous ces lexiques fournissent de renseignements intéressant mais du point de


vue linguistique, ils ne sont pas satisfaisants, parce que ces ouvrages ont été
élaborés sans une étude scientifique de la langue. On ne saurait non plus leur en
t g ’ t tl l g t ’ t év l ppé ’ pè

Le Petit-Dahoméen : Grammaire, Vocabulaire, Lexique en langue du Dahomey


l ALAP N t v g tp 1955 l ’ t l
t t t ’ p t t t g t l t l l
du français, rechercher et trouver leurs équivalents dans la langue fon.
"L’ g ce du caractère pertinent des tons, la non distinction de certains
phonèmes segmentaux et le postulat de relations biunivoques entre le français et le
fon-gbè ont pu faire commettre à ces chercheurs de graves erreurs dans la
segmentation de la langue pa lé l’ tf t té g f t tl
transposition des unités." (AKOHA, 2010 : 234)

’ t ’ 1963 l t Fon-Français du Père SEGUROLA est


é té l p pt t b ’ g ces linguistiques. Non
l t l pté l’Alph b t Ph ét t t l l tf
clairement tous les phonèmes et prend en compte la notation des tons.

95
En ce qui concerne cet ouvrage et tous les autres, se référer à la bibliographie pour les références
complètes.
Page 152 sur 854
L’ét t l’ t l l l g t l l g ph l l g f ’ ère
l t té l p t t v p f l’ él f
que cette étude réponde aux normes et aux caractéristiques de la linguistique. Pour
ce faire, nous allons présenter un aperçu historique des démarches, les essais
lexicographiques entreprises pendant la période coloniale par les missionnaires et
divers administrateurs et même certains nationaux. Nous ferons ensuite une étude
parallèle à celle-ci en prenant en compte les travaux lexicographiques effectués
ou entrep p l’è l’ ép t t l ff t t p p
l’Et t p l p t l g t l

10.2 Aperçu historique : La pénétration européenne au Dahomey


" L’Europe, par le biais de la colonisation, en important et imposant ses
langues a mis en péril ces langues africaines. Leur apprentissage obligatoire dans
les écoles et la nécessité de tout consigner par écrit ont fondé le ciment de ces
nouvelles nations et ont créé une nouvelle menace : le déclin des langues
vernaculaires. Néanmoins, la «tradition scripturale » des civilisations
européennes a également conduit, ce qui est un phénomène moins connu, à la
conception et à la réalisation de supports linguistiques de diverses natures, dont
l’un d’entre eux est le dictionnaire.

Ces dictionnaires peu diffusés et de nature presque confidentielle constituent


aujourd’hui un patrimoine linguistique et historique qu’il convient
96
d’exhumer."(HABABOU, 2005 : 20) Contraire t ’ ff
HA A U thè phé è ’ t p p p l’Afrique
b h ’ ll tp p t t l’Af p p t t
Af l l tp é ’ tl l g ’l g t toutes
l é l l’Af té t l pt t l b h ’ t
p t ’év gél t f ées, ensuite par la création des écoles
qui sont rendues obligatoires où les colons passaient de village en village, de
p p t ’ v l f t l’é l

Il y a eu é t ’ g t t ég p ét t
’l v l t p ll l’é l bl t p éfé t l h p
l’ v t l’ lt t l bl g é l

96
Virginie HABABOU : Thèse de doctorat de l’université de Cergy-Pontoise, 2005
Page 153 sur 854
10.2.1 Les missionnaires t l’év gél t
On ne peut pas parler de la lexicographie au Bénin en faisant abstraction de
l’év gél t qui de façon générale connaît quatre phases distinctes au niveau de
l’Af f ç gl b l

Phase 1 : Fondation des communautés chrétiennes


"Dès le Ier siècle, sous la figure tutélaire de l'évangéliste Marc, des
communautés chrétiennes sont fondées en Afrique du Nord et la Bonne Nouvelle se
répand en Égypte à travers des judéo-chrétiens, des esclaves et des marins. Du IIe
siècle au IVe siècle, le grand nombre de saints et martyrs ainsi que la notoriété des
immenses théologiens africains (Origène, Athanase, Cyrille, Tertullien, Cyprien,
Augustin) prouvent l'intense activité apostolique dans ces régions. D'Égypte - où le
monachisme naît au IVe siècle avec Antoine et Pacôme, le christianisme descend
en Nubie et chrétien en Éthiopie. Mais après la conquête vandale (Ve siècle) puis
l'expansion de l'islam dans toute l'Afrique du Nord (VIIe siècle), le christianisme
s'effondre. "

Phase 2 : Evangélisation sur les côtes atlantiques


Après cette première phase, débute une nouvelle période qui part du XVème au
–XVIe siècle. Dans cette phase, "les explorateurs portugais procèdent à une
évangélisation le long des côtes atlantiques (Cap-Vert, Principe, São Tomé,
Angola), puis d'autres missionnaires occidentaux entrent dans les régions du
Bénin, Congo, Mozambique, Madagascar Écoles et hôpitaux catholiques
commencent à s'implanter. Le XVIIIe siècle voit cependant s'éteindre la quasi-
totalité des missions au sud du Sahara."

Phase 3 : Concurrence entre congrégation


Toujours dans le souci de la domination culturelle, dans la poursuite de leur
pl ’ lt t t " è l g ég t
parfois en concurrence entre elles (Pères Blancs, spiritains et de très nombreuses
religieuses), ainsi que des missionnaires protestants de toutes confessions, pénètrent
pl v t l t t ét bl t bl t" ’ tt t él
de colonialisme et grâce à d'importants financements occidentaux, institutions et
infrastructures ecclésiales que se mettent en place : préfectures ou vicariats
apostoliques, puis évêchés. Pour parachever cette évangélisation une dernière phase
ét t é l ’ g t l pé v l té è l

Page 154 sur 854


Phase 4 : Les catéchistes
’ t cette phase : la seconde moitié du XXe siècle, que de plus en plus par
les catéchistes et le clergé autochtone l'Évangile continua d'être enseigné à
l'Afrique dans toute sa plénitude.

10.2 2 L’ vé ç t th ’ ffaires au Dahomey


p tt t l l g ph p l l’ vé Européens en
Afrique globalement et plus localement au Dahomey, car notre pays abrite une
société dont la culture est basée sur la tradition orale. En effet cette société ne savait
ni lire ni écrire. La population dite primitive en dehors de leurs langues, elles
tl t ’ t t p g ph p

À t v l’ t p pl ’ p t t b t v t ’ t f
’ p ’ p t lf pl t U b ll t b t
’ t est déposée dans divers musées français, notamment le « Musée de
l’H » é P ’ t p è l’ vé Européens au royaume
è l’ép tt f ’« analphabétisme » va se transformer.
De nouvelles structures vont se mettre en place : des relations diplomatiques des
f ç v l t l’ vé Pè th l
97
Lyon au royaume du Danhomè

Selon CORNEVIN, "les premiers européens à avoir débarqué sur la côte


dahoméenne sont probablement des Portugais. Après Joao de Santarem et Pedro
de Escobar, qui longèrent (1471-1473), la Côte des esclaves, Diego d’Azambuja,
le 20 janvier 1482, fonda le premier fort portugais, San Jorge del Mina, dans
l’actuel Ghana. A partir de 1530, la traite commence à exercer ses ravages. La
côte du Togo et du Dahomey sera appréciée à sa juste valeur, et en raison de
l’abondance de la qualité de la marchandise, sera appelée « Côte des esclaves ».
il semble, d’après Casimir Agbo dans son Histoire de Ouidah, que des Européens
trafiquaient depuis quelques temps déjà au pays des Popo lorsqu’ils débarquèrent
dans la région de Ouidah". (Cornevin, 1981 : 239)

10.2.3 L’œ v h
10.2.3.1 Les Capucins Bretons
Après les différentes phases que nous avons énumérées plus haut, nous allons
t t h p t pl pé f t l l g ph t v l’œ v
missionnaires au Dahomey. Cette période commence p l’ vé p
t ’ t llè t 166 h Labouret et Rivet citent 98

97
Danhomè était le nom à la base. Il a été francisé en Dahomey.
98
Le royaume d’Arda et son évangélisation au XVIIe siècle, pp.17-18.

Page 155 sur 854


"Il vint à Juda, il y a vingt ou trente ans, sous le grand-père du roy qui règne
aujourd’hui, des Capucins français en mission qui preschèrent aux nègres la foy de
Jésus-Christ ; ils en instruisirent un grand nombre. Le roy même les ayant escouté
favorablement et gouté les Vérités qu’ils avaient annoncées, se laissa persuader de
recevoir le baptesme. Il consentit mesme d’épouser une des femmes qu’il
entretenait à sa court et de ne voir que celle-là. La veille du jour pris pour la
cérémonie pris pour la cérémonie du baptesme de ce prince, quelques nègres
auxquels cette nouveauté cette Nouveauté parut dangereuse et qui d’ailleurs
estoient mal intentionnés pour la Religion nouvelle mirent le feu aux couvents des
religieux et persuadèrent au Roy que cestoit ces Dieux mêmes qui s’opposaient à
son baptesme et ne voulaient pas consentir qu’il scandalisât ses sujets et les mits en
péril de mourir, en abandonnant leur culte des Dieux auxquels il devaient les
heureux succès de son Règne… " (Cornevin, 1981 : 245).

10.2.3.2 La tentative espagnole : Un début de lexicographie bilingue


E 165 h ’A 99, envoie à la cour de Philippe II un ambassadeur
é p g é ’ t l ’ g t ’ bt v
espagnol des relations commerciales suivies et des missionnaires pour évangéliser
l p l tp p v t l’ p t g t h
p l l t pé l ’A tp é tt p

"La cour de Madrid ne voit que les possibilités d’évangélisation et les deux
ambassadeurs sont rapidement instruits dans la religion catholique ; baptisés sous
les noms de Felipe et d’Antonio, ils participent à la traduction de la doctrine
chrétienne qui paraît fin 1658 en espagnol et en popo."100 Cette parution est la
première initiative lexicographique au Dahomey. Malgré cette publication qui
devrait évangélisation la population, il y a eu des résistances, car fort de onze
membres, la délégation de Madrid embarque à Cadix le 25 novembre 1659.

L v v l ôt ’A l 1 v 1660 L
t t tv p g l ’ p l lg t ’év gél t t t l p p l t
’ t h té l é t f tp l t p rler désormais de
religion.

Quelque temps après, cette mission fut arrêtée. Les missionnaires furent
rappelés. "Ils prennent place à bord de vaisseaux faisant route pour l’Amérique, le
Supérieur Luis Antonio de Salamanca meurt en mer. Deux rescapés : Antonio de
Salamanca et Frère Carlos de los Hinojosos, sont appelés en Espagne en 1661
pour rendre compte de ce qui s’est passé dans le royaume d’Arda." (Cornevin,
1981 : 247)

99
Arda déformation du nom du royaume d’Allada.
100
Popo est une ethnie au sud-oust du Bénin dont le nom est assimilé à la langue.
Page 156 sur 854
10.2.3.3 g p p t ’é f ç 166
La Compagnie des I t l éé p lb t 166 v l’
des hauts représentants, le contrôleur Villault de Bellefonds, pour étudier les
p b l té ’ p l l g l ôt ’Af ll lt
’ b l 10 v b 1666 v re de la compagnie armé à Amsterdam
t t l’é p g t h ll L v g été ff t é ll lt "en tire une
relation des côtes d’Afrique, Guinée avec des habitants qui remettra en honneur
cette partie du monde. Un rapport de 455 pages a été édité à Paris en 1669."

10.2.3.4 L’ t ll t f ç tl Af L (1839-1887)
Ap è l’ b l t l’ l v g v ll t v té v t l Ell t gé é
par un certain Bouët- ll l ’ gt l’ t v té l Maisons
de Marseille. Elle est aussi lucrative et plus humaine que le commerce des
esclaves. Vingt ans après, les commerçants marseillais, les Pères catholiques de
L v t l t l l’ p v t
« d’efficaces ambassadeurs de l’influence française. »

Pendant cette période, le trafic avec le Brésil avait pour é l’ t


l ôt ’ t b ll t v té th l t v té
t p t p p l p t p t g ’ t ’ 1 35 h p ll f t
construite dans l’une des régions au sud- t l’ pp ll Agoué. Cette
h p ll f t t t p bé l ’ tl
premier édifice au Danhomé. Malheureusement cette chapelle fut détruite par un
incendie et cet emplacement est devenu le cimetière des chrétiens.

Quelques années plus tard, cette même région de la côte ouest- f ’ t


vue confiée aux missionnaires du Sacré- œ ép t v t
p t l é t l’év é L b v ll

10.2.4 é t ’ é l
À l’ l g . de Marion-Brezillac conduite à Rome dès 1856
p l pt h é ’ tl -Leone qui sera imposée aux Pères des
Missions Af L’ pé -lé ’ p é l é lt t
attendus et quelques années plus tard, le 28 août 1860 un Vicariat Apostolique du
Bénin et du Dahomey sera créé. Partis de Toulon le 5 janvier 1861, les RR. P.
Borghero et Fernandez arrivent à Ouidah. Il est intéressant de noter que "le début
de cette visite du Dahomey qui constitue l’un des plus remarquables témoignages
du catholicisme français dans le monde furent assurés par un Italien et un
Espagnol, aidés par d’auxiliaires brésiliens" (Cornevin, 1981 : 298).

Débarqués le 18 avril 1861, les deux Pères sont reçus à la maison Régis au fort
f ç l é è t ’ ll v t ’Ab l é p t
deux mois, mais les tensions entre les chrétiens, les missionnaires et le reste de la
Page 157 sur 854
population sont telles que le Père P. Borghér ’ t v fl gé p
que la foudre est tombée l ’l f p t t v l
p l f ll l’ t v t ç t f ç M. Lartigue pour le
101
libérer.

Suite à cet incident, de nouveaux missionnaires, les Pères Laffite, Cloud et


Courdioux arrivent ; ils créent une nouvelle école dans les bâtiments du fort.
Renforcé par une nouvelle équipe, le R.P Borghero effectue des reconnaissances
v l’ t g L g Abé t té b ésiliennes étaient
pl l ç t l’ v t t g v L g v ’ t ll
v ll t ’ f é l l t t p ît pl f v bl P t -
Novo, région située au sud du Dahomey, frontalière du Nigéria actuelle. Une autre
école y est ainsi construite sur un terrain concédé.

L’é l t construite g â l’ pp g v t f ç Ell f t


g é pl t l 15 t1 6 pé ’ t b ’ ff ls. La
mission se développe aussi sur le plan sanitaire. Ce volet est tenu par le frère Hélie,
l t ’ p

Pl t t t tv ’ t ll t t l t v
v p t t t t l’é p f ç t pl pl par exemple :

- 1882 : É t ’ v t p t l l istances du Père


Courdioux ;

- 24 juin 1883 é t ’ p éf t p t l t l p
titulaire est le Père Ménager installé à Agoué.

- 1886 : Réinstallation de la mission à Ouidah par le P. Ménager aidé du P.


gè f é p l’ vé t t lg l f l’ é

l t p t t t tt pé ’ ff v ï
avec le congrès de Berlin en 1885 où les grandes puissances se sont partagé
l’Af lg é l v t f -allemande intervenue en 1885, aucun
h g t ’ t t venu dans les missions catholiques.

Nous constatons néanmoins que malgré la bonne volonté des missionnaires et


v h ’ ff l’év gél t ’ p g b au
Dahomey Év p é P t p v v ’ t t l

101
Les grandes dates de la mission au Dahomey, numéro spécial de juillet 1946 de la revue Grands lacs, p.
35.

Page 158 sur 854


10.2.5 De nouveaux chantiers
L t t b p év l é l é pl t v l’ t
Monseigneur Louis DARTOIS en juillet 1901. Ce dernier vient au Dahomey, fin
t b 1901 t ’ét bl t h

« La population, fière de posséder le Vicaire Apostolique du Dahomey, avait


dressé à l’entrée de la ville un arc de triomphe sous lequel sa Grandeur reçut avec
les compliments des dignitaires, ceux des enfants qui lui remirent en même temps
une croix pastorale offerte par la ville de Whydah102 ».

Ap è h h ’ t l v ll P t -Novo qui reçoit aussi avec enthousiasme


le Vicaire Apostolique, Monseigneur DARTOIS. Celui-ci y séjourne plusieurs
jours. Un dimanche a ’ , il annonce aux fidèles venus nombreux
aux auditoires qui remplissaient l’église, que son seul but, en venant au Dahomey
était "de sauver les âmes et qu’il était prêt à donner tout son sang pour le salut de
ses chers chrétiens si le Bon Dieu le lui demandait."

Le premier chantier ouvert par Mgr. AR ét t t l’égl


l’égl h lt v t tt thé l v t p ét t p l
culte. A cet effet, il écrit dans une lettre au cardinal préfet de la Propagande de la
Foi : « ’ l é- œur et ma devise est ce mot du prophète
Ezéchiel : "Stilla ad Africam".

"Dans ma pensée, ce mot est une prière au Sacré- œ l « stiller » les


g tt g pé tt t ’Af p l t f
v t l’év u Sacré- œ h t g b h t
’él v gl h p éb t , une modeste mais vraie église".
lf t t l ’Ab pt l h t h
l v b p ’é l t f face à la demande du gouverneur des
colonies de faire des écoles laïques comme en France.

En 1902, le Vicariat Apostolique de Dahomey, compte cinq mille (5000)


h ét th l p t l t t l’ P éf t v
Ouidah, Agoué, Grand-Popo, Athiémé, Zagnanado et Abomey- Calavi ; et dans les
quatre stations soustraites au vicariat de la Côte du Bénin à savoir, Porto-Novo,
Kétou, Adjarra et Péréré.

Mgr DARTOIS meurt subitement à Ouidah le 5 avril 1905 après trente-six


h l t v t ’ l t p g pè v t
à Agoué vers la fin mars, accompagné de Monseigneur PELLET, vicaire général
des Missions Africaines, venu de Lagos pour le visiter.

102
Ouidah (une autre façon d’écrire le nom de cette ville)
Page 159 sur 854
Le Père STEINMETZ, alors supérieur de la mission de Ouidah et visiteur
p t l v t p l t l’év éf t é t « Ainsi s’est achevée une vie
missionnaire qui réalisait la triste prophétie de ses armes épiscopales : un cœur
duquel s’écoulaient des gouttes de sang sur une terre avec cette devise : « Stilla ad
Africam » (Féconder l’Afrique) ».

10.2.5.1 La pastorale missionnaire de Mgr Steinmetz


La Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi confie à Monseigneur
STEINMETZ, âgé de trente huit ans, un territoire qui fait le tiers de la France pour
ff l’œ v pé é 1906 193 l g l v t l
é l ’ p t t œ v :

- 1909 hèv g â l gé é té h ét h t ’E p l
construction de la première c thé l l’A F ’l l 9 1909
Marie Immaculée, patronne de Ouidah. Depuis 1648, Monseigneur STEINMETZ
lt pl l f t ’é l lp P : « Nous donnons à
l’école autant d’importance qu’à l’église, car c’est à l’école qu’on apprend le
chemin de l’église » ;

- en 1914, Monseigneur STEINMETZ ouvre le séminaire de Ouidah, confié


’ b Pè A t th p Pè L PAR ;

- e 192 l’œ v b t t l’ t p p t h é l Pè
h ULER ’ t tt ép l Pè UL R p bl
manuels de langue Fon, et que Monseigneur STEINMETZ fait traduire en langue
fon le catéchisme, des prières, et des passages essentiels des Evangiles.

10.2.5 2 L p g è l’Ev g l h
À l’ l g 191 l’Év g l p pl h
tant par le nombre des Missions ouvertes dans un certains nombre de villes et
village importants comme par exemple : Dassa, Savè, Bohicon, Allada, Sokponta,
que par le développement du Séminaire (le Grand bâtiment avec sa tour, en 1930),
v t œ l v t é l p gè l’év g l t
partie à la bonne influence que le retour des dahoméens mobilisés pour la guerre a
l l t b ’ t ll t
dans les villages.

Des jeunes bâtirent eux-mêmes des chapelles pour les réunions des
catéchumènes. Ainsi le mouvement de conversion au catholicisme est très prononcé
tp tt p l’ v

Page 160 sur 854


10.3 Le bilan des réalisations
Le nombre de stations passe de vingt-deux (22) en 1914 à vingt-sept (27) en
1920 et à soixante-neuf (69) en 1923.

L b ’é l p ît l t -huit (48) écoles


libres catholiques que le Gouvernement général de Dakar approuve dans les huit
l f ç ’Af l’ t 1923 v gt-et une (21) appartiennent au
Dahomey dont dix-neuf (19) écoles primaires, une (1) école supérieure et un (1)
séminaire .

Beaucoup de ceux qui vont à ces écoles reçoivent le baptême et font leur
première communion. "Près de quatre-vingt-dix (90) pour cent des employés de
l’administration au Dahomey sont des catholiques." N’ t-ce pas ce résultat qui a
forgé au Dahomey/Bénin, l’ é l th l t l lg g
cultivés ?

L bl l’ t g EN E tl g tp tf ’ t
f t l ’l p l g PAR p
retraite bien méritée.

En 1934-1935, on pouvait compter : 179 Eglises et chapelles dont 18 stations


principales et 161 stations secondaires ; 40 Prêtres missionnaires et 5 prêtres du
Dahomey ; 5 frères missionnaires ; 49 religieuses européennes et 10 religieuses
dahoméennes ; 324 catéchistes ; élèves des écoles primaires : 6 173 dont 3 935
garçons et 2 238 filles ; 20 540 catéchumènes ; 18 orphelinats-internes ; 8
ouvroirs103 ; 2 f t ph g t t ’A Abomey)
et 3 asiles de vieillards.

Ap è 3 ’ t v té g EN E p
retraite active dans le vicariat où il décide "de rester et de mourir."

En 1950 à la célébration de ses noces de diamants sacerdotales, le peuple sonne


60 p p l’h v t éléb é l
f v t l’ llég

Le 29 mars 1952, Monseigneur STEINMETZ, tire sa révérence à Dieu. Ces


derniers sacrements lui ont été donnés par son successeur : Monseigneur
PARISOT.

103
Ouvroir l é vé t v ’ g ll v t F t h t bl ont les membres
é t t bé év l t t v ’ g ll p l é t

Page 161 sur 854


l h th l ’ t év l ppé p t v
l pl fl t l’Af l’ t « ’ t ît l’œ v
Ap t l g F ç EN E ’ll t », écrit R.
F U L HER ’ t g PAR p g l
v t ’ t l’ét bl t l hiérarchie ecclésiastique au
Dahomey.
10.3.1 L’ t t t l hé h lé t A F104 et ses implications au
Dahomey
Par division du vicariat du Dahomey, la Propagande de la Foi érige des
Préfectures Apostoliques : celle de Niger par la constitution apostolique « Ad
faciliorem evangelii praedicationem reddendam » du 28 avril 1942 ; celle de
Parakou (Dahomey), le 13 mai 1948 avec Monseigneur FAROUD nommé Préfet
Apostolique. Le vicariat de Dahomey devient alors Vicariat Apostolique de
Ouidah. En 1954, est érigé le Vicariat Apostolique de Porto-Novo (Dahomey) et
Monseigneur PARISOT nommé administrateur apostolique. Ainsi trois divisions
ecclésiastiques existent au Dahomey lors de la création de la Délégation
apostolique de Dakar.

10.3.2 Fondation de la Délégation Apostolique de Dakar


Le 23 décembre 1948 est fondée la Délégation Apostolique de Dakar dont la
t ’ l t t l’A F l’A E F 105., et du
g ’ t g évél t p gè Egl ’Af t
l’ t t l hé h v ég Ap è ll l’Af
britannique, le Saint-Siège institue la hiérarchie ecclésiastique en Afrique Française
et à Madagascar le 14 septembre 1955. Car pour le pape Pie XII, « les travaux et le
zèle des messagers de l’Evangile depuis de longues années ont fait faire de tels
progrès au christianisme qu’il est permis d’espérer que les efforts conjugués des
Pasteurs et des Prêtres et la qualité des fidèles produiront des développements
toujours plus heureux » . La mesure intéresse alors cinquante un (51) vicariats et
préfectures apostoliques, soit la totalité des territoires dépendant de la Délégation
Ap t l l’ pt v t R b t v t p
ap è él vé g ’ h v hé

En instituant la hiérarchie épiscopale, le Saint-Siège ne touche à aucune des


pt lé t t t l év t ’ v
èg t t l tp tl tt v è L’ mportance historique
t évé t t l t ’ g t p v t t t
é t é L’Egl t ff t év l ppé p ’ ll t ét bl
de façon stable et définitive dans ces régions qui sur le plan civique et politique
sont alors en pleine mutation.
104
Afrique Occidentale Française
105
A.E.F : Afrique Equatoriale Française
Page 162 sur 854
P l’Egl th l Af ’ t l’h l té L v
p t l g v t ’ l v P tf l
territoires à eux confiés, sont désormais les successeurs, les continuateurs de la
Mission rédemptrice directement responsable de leurs diocèses. Pour le Dahomey
sont alors concernés par cette mesure les vicariats de Porto-Novo et de Ouidah.

10.3.4 t l’ h è h
Du Vicariat de Ouidah l’ h è h Al l v t h
t él vé g ’ h è l 1 pt b 1955 v p èg
Cotonou dont il porte la dénomination et le Vicariat Apostolique de Porto-Novo
devient diocèse lequel, avec les Préfectures de Parakou et de Niamey, reste
suffragant de Cotonou. Monseigneur PARISOT est intronisé archevêque de
Cotonou.

10.3.5 L’ t g P t
Nommé évêque de Tacapitane et Vicaire Apostolique du Dahomey,
g PAR ç t l’ t l thé l l 2 t b
1935 des mains de Monseigneur PETIT de Juleville évêque du lieu, assisté de
Monseigneur CESSOU, Vicaire Apostolique de Lomé et de Monseigneur
BRUNHES, évêque de Montpellier. Il prend possession du vicariat le 14 février
1936. Il continue dans la ligne de son prédécesseur et accroît les fondations de
missions dans le nord du pays et au-delà.

10.3.6 La création ’é l
L é t ’é l ît p gè é bl l ît pl t
son allocution de présentation du vicariat au Cardinal Tisserant, doyen du Sacré
Collège : « La principale formule d’apostolat de nos missionnaires, fut toujours et
est restée l’école. » Aussi le 1er novembre 1948 est-il fondé à Cotonou le collège
AUPIAIS, premier collège secondaire libre de garçons qui reste le plus grand
pl l p ’h L é vé t bl é l
ménagère est ouverte à Cotonou et plus tard en 1953, une semblable débute à
Porto-Novo.

10.3.7 é t ’ g ff l f
N t l’ t f g PAR l é t g
t t tè ’h : « Le guide du catéchiste », édité alors
par le Séminaire et dont le premier numéro paraît le 15 décembre 1944, et en
janvier 1946 « La Croix au Dahomey » b ll t th l ’ f t é gé
Séminaire, et auquel les séminaristes collaborent. « La Croix au Dahomey »
devient « La Croix du Bénin » en 1975. Par ailleurs, par circulaire du mois de juin
19 2 l Ap t l é l’é l té h t g t l

Page 163 sur 854


’ v t l 19 3 v - f 19 élèv ’ t tt é l
fournit des catéchistes aux différentes missions du vicariat.

10.3.8 Création des Préfectures Apostoliques


E f ’ t l’ p l Ap t l h l
Propagande de la Foi érige les Préfectures apostoliques de Niger et celle de
Parakou. En novembre 1954, un Cours Normal pour former des instituteurs est
construit à Bohicon et fonctionne au début avec deux Pères. Il est confié par la suite
aux soins des frères des Ecoles chrétiennes du Canada. A la rentrée scolaire
’ t b 1955 ’ t au tour du Séminaire Saint- ll ’ t p h g p l
Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice. Plus tard en 1957, un collège secondaire
catholique est fondé à Porto-Novo.
Dans un rapport à la Propagande de la Foi datée du 28 octobre 1945,
Monseigneur PAR lg ’l f 9 p t h é t
déjà leur ministère dans le vicariat aux côtés de leurs confrères missionnaires. Ce
b p t p v t ’ ît p p tt
progressivement la relève. Après vingt-cinq ans passés à la tête du Vicariat devenu
h è g PAR é ’ h v
t éb t l’ é 1960 l t ’ ’ é g
é h l 21 v l l’ é l ét bl palais épiscopal.

10.4 Signes avant- ’ ép


Le décret de transfert de la hiérarchie ecclésiastique au clergé local en 1960 Le
Saint-Siège a institué la hiérarchie ecclésiastique en Afrique Occidentale Française
par la bulle « Dum tantis ecclesiae » en une période où les peuples manifestaient
leurs a p t l’ t ét t p lt t vl l ’ t t
événement ayant été considéré comme signe avant coureur des indépendances,
R v t p è l’ ép p h t fè
effectivement la hiérarchie ecclésiastique au clergé local des territoires de Mission.
Après avoir reconnu les mérites des pères de la Société des Missions Africaines
qui pendant cent ans (1860-1960) ont travaillé à répandre l’évangile en terre
dahoméenne, Rome par la Sacrée Congrégation de la Propagande confie la
hé h lé t l gé h p ’ l ét t t p l f

10.5 L’ vè t g AN N
Dans le décret du 5 janvier 1960 qui scelle ce passage, il est dit sans ambages :
« La Congrégation de la Propagation a jugé que le temps était venu pour
l’archidiocèse de Cotonou de passer des mains de la Société des Missions
Africaines à celles des prêtres du clergé local ». Car, sur le rapport du Cardinal
Agagianian, Pro-préfet de la S. Congrégation de la Propagande qui a rendu
témoignage du mérite des Missionnaires de la SMA, le Pape Jean XXIII a confié le
Page 164 sur 854
diocèse de Cotonou aux soins des prêtres du clergé local. La conséquence de ce
transfert de la hiérarchie fut la nomination à la même date du 5 janvier 1960 de Mgr
t l év l l’ h è t p
succéder à Mgr Louis Parisot archevêque de Cotonou. Mgr Bernardin Gantin,
v tp l l p h v l’A F L b ll
l’élév t b l gé t ht g ’ h v ît
l l p té g l’ h è l é g ég t l
P p g é v f v bl ’ tp l p p l é t-il dans sa
bulle de nomination : « Les membres de ce conseil vous ont jugé tout à fait capable
g è l’ pl t v t f t
’Ev l l’A h v t v tè h t gé
la connaissance des choses et des hommes. Aussi, l’ v t f l b -aimé,
le Cardinal Propréfet de la Congrégation de la Propagande, en vertu de notre
p v p t l v ég g l l’Egl t l p
Mauritanie et vous élevons comme Archevêque au siège Métropolitain de
Cotonou » l ’ vè è l l l gé t ht v p bl
propre formation et des candidats au sacerdoce.

10.6 Conclusion partielle


Nous constatons que la lexicographie ne transparaît pas systématiquement à
travers toutes les périodes que nous avons traitées dans ce chapitre, elle y est en
toile de fond car les écoles, les chapelles et les structures missionnaires sont les
f v bl p é g ’ t ll t h l g l
traduction bilingue de texte religieux en espagnol et en langue popo, des rapports
p t t t été f t t t g v ’ t té t ’ t
tt t ’ pp t l l v v l f Pè
l t l’ bbé A t l’év gél t du Dahomey
’h é p g é l t t ’ t t
traversant les différentes étapes des structures ecclésiales, de la Mission aux
diocèses passant par la préfecture et le vicariat. Après la grande guerre, les efforts
des missionnaires se concrétisent dans le sud et le centre du pays par une
consolidation des missions existantes qui voient leurs stations secondaires se
démultiplier.

"Dans l’ensemble l’évangélisation s’enracine au Dahomey, grâce à la


scolarisation de l’enfance et de la jeunesse qui permet aux missionnaires de
trouver parmi les chrétiens des interprètes et des catéchistes qui les soutiennent
dans leur tâche. Ainsi, affirme Jérôme ALLADAYE, « avec des écoles catéchétiques
et primaires, des centres de formation professionnelle, des collèges, aucun secteur
de l’enseignement n’échappait aux missionnaires catholiques au Dahomey ».
L’enseignement privé catholique est donc de loinle plus important et occupe la
première place dans l’œuvre scolaire coloniale." On peut alors entrevoir quels
soins les Pères prennent à la fondation du clergé autochtone et combien les
Page 165 sur 854
p è t p t t ht t l’ v é
l’év gél t v l h t du Dahomey et permettent de couvrir tout le territoire.
E l’Egl h tt t pl té p t
l gé t ht tl t l’ f t -delà de ses
frontières.

Sur le plan politique, la colonie du Dahomey obtient son indépendance au


t l hé h lé t t l gé t ht L’ é
1960, « fut donc pour les catholiques dahoméens l’année de passage de leur
gouvernement matériel et spirituel entre les mains de leurs frères de race. Evêques
et prêtres locaux apportèrent leur soutien et prodiguèrent des conseils aux laïcs à
la tête du nouvel État, afin qu’ils s’employassent à construire un Dahomey fidèle
aux enseignements de l’Église ». Néanmoins les avatars l’Église avec le
Gouvernement révolutionnaire du Dahomey/Bénin vont nous démontrer le
t ’ tt t t t l’h t l’Egl h pè
les indépendances.

« Telle a été l’origine de l’œuvre des pères de la Société des Missions


Africaines chez nous. Aujourd’hui nous rendons grâce à Dieu pour tous ces
vaillants agents de la stabilisation de la foi des premiers groupuscules de chrétiens
chez nous et de l’évangélisation de notre pays. L’Eglise famille de Dieu au Bénin,
et toute la Nation béninoise leur rendent « un hommage mérité pour cet amour
déployé au quotidien dans l’abnégation, l’endurance et la foi en un avenir
meilleur… L’héritage est grand, riche et précieux ». Publié le 27 décembre 2010.

Page 166 sur 854


10.7 Les essais de production lexicographique
"A la suite des missionnaires catholiques, les colons se sont donc mis à
transcrire et à étudier le fon-gbè, mais, il faut le reconnaître, avec les moyens du
bord, ou, dans le meilleur des cas, avec les méthodes que le développement de la
philologie classique pouvait à l'époque mettre à leur disposition. Les plus connues
de ces études sont, par ordre chronologique :

- celle du Révérend père LABAT en 1780


- celle de FORBES en 1851
- celle du docteur HENRICI en 1857
- celle de l'abbé COURDIOUX en 1879
- celle du gouverneur DELAFOSSE en 1894
- celle du lieutenant d'infanterie de marine A. BONNAVENTURE en 1895
- celle du Révérend Père JOULORD en 1907

Ces études qui s'intéressent toutes à la grammaire et au lexique de la langue


sont, dans la plupart des cas, "suivies d'un recueil de conversation", ce qui prouve
bien qu'elles étaient faites avant tout pour faciliter l'apprentissage rapide de la
langue fon aux Européens, c'est-à-dire aux missionnaires, aux fonctionnaires et aux
administrateurs coloniaux." (AKOHA, 1980 : 13)106

L é h œ v p l’ bl t t v ’l
’ g l g l l l g ét te à partir
d'une certaine taxinomie de la langue française pour trouver coûte que coûte les
équivalents en langue fon c'étaient des canevas standards qu'il fallait meubler de
mots fon. Finalement, ce sera une langue fon complètement dénaturée qui est
trans t t l p t é ph t ’ p bl ’ ît
p pl l’ l t té f ç t t t t p
cherchant à étudier cette langue. Malgré les insuffisances de ce travail qui serait
sorti des "cliniques du langage" comme le dirait le professeur AKOHA, ils ont
t b é l’él b t b ’ v g tè t l g f l
’ gt t t v g tè lg t bé éf é ’ pp
l’ép p t bé t t tement réservé à cet usage. Au nombre de ces ouvrages
nous pouvons citer :

- h p v R l t t b bl é té 192
- té pl ô -h - gb lv t té h
- h h l … l paroissien) édité en 1961

lg é l l t t l’ t l t v g l t
p t g è p ’l t été éé té pl f

106
Thèse de doctorat de 3ème cycle.
Page 167 sur 854
N v ’ l’ép l thé l g t ét t
balbutiements et ce ne sont pas non plus les missionnaires ou les gouverneurs qui
en sont les premiers demandeurs ou spécialistes de ces théories. Car les erreurs qui
sont souvent commises sont la plupart du temps techniques du genre :

- la non distinction stricte des différents parlers et les confusions


évidentes entre mahi, goun, aïzo et fon ; cette lacune relève surtout du choix
des informateurs.
- la non identification de tous les phonèmes de la langue
- de graves confusions rendant certaines transcriptions pratiquement
illisibles ;
- les paires minimales les plus souvent confondues sont :
ɖ/ /h ɔ/ ; / / …
- le caractère phonématique des tons était par ailleurs totalement ignoré à
ces époques.

N ’ v p p consulter l’ bl v g té p
auxquels nous avons accès nous allons les présenter ci-dessous en faire une analyse
par rapport à nos observations faites plus haut.

10.7.1 Manuel Dahoméen (Maurice DELAFOSSE, 1894)


Ce livre volumineux de 432 pages débute par une note adressée au Général
DODDS en ces termes :

Monsieur le Général,
Vous avez bien voulu accepter la dédicace de « Manuel Dahoméen ». Puisse
votre nom glorieux inscrit en tête de mon modeste travail, lui donner une autorité
pl g t l l’ tt t v t p v
h v t œ v p t t t vl t

Maurice DELAFOSSE
Paris 15 juin 1894

Le « Manuel Dahoméen … » p t h pt l ’ t t
d t t è p t p t pl ’ t p g
vocabulaire Français- h é t pl ’ t p g v b l
Dahoméen-Français. Cet ouvrage est présenté par certains chercheurs béninois
l’ v ages représentant " la synthèse la plus rigoureuse des
recherches jusque là effectuées sur le fongbè".

L g v l f v t p t p l l g f ’l
décrit en ces termes : "La langue dahoméenne est certainement dans un État
primitif, mais elle est capable de développement. Et, même telle qu'elle est, elle
Page 168 sur 854
pourrait suffire à exprimer presque toutes les idées que nous rendons a l'aide de nos
langues européennes, et presque toujours ce serait avec une même concision que la
langue française par exemple."

Dans son introduction, le Gouverneur, M. DELAFOSSE présente les caractères


gé é l l g h é t l’ l l g F ’ t
l l l g l’ép l l t t ’ mposait à tous à
cause des conquêtes des rois qui annexaient les différentes prises au royaume
’Ab t l b f l f é t l l g f
termes :

« Le dahoméen est une langue monosyllabique et juxtaposante. Elle se compose


uniquement de radicaux ouverts, c'est-à-dire terminés par une voyelle, qui en se
juxtaposant sans addition de préfixes ni de suffixes, forme des mots composés dont
le sens est souvent très éloigné du sens du radical.
Exemples :
S lune, vi enfant : s vi (enfant de la lune), étoile.
h maison, ta tête : h ta (tête de la maison) toit, etc...

Les radicaux ne subissent aucune modification intérieure. Les idées de temps,


de genre, de nombre, etc... s’expriment par l’addition de nouveaux comme on le
verra dans la partie grammaticale de cet ouvrage.» M. DELAFOSSE poursuit sa
description plus en écrivant :

“Il ne faut pas accorder une importance exagérée de langues monosyllabiques,


agglutinantes et à flexion. En effet, la même langue peut réunir tous ces trois
caractères si l’on entend par monosyllabiques, les langues qui ont pour des
radicaux des langues monosyllabiques et au moins les deux derniers.» Il conclut
sur ce point en disant que toutes les langues au moins le grand nombre, très
certainement sont composées de racines monosyllabiques. La plupart du temps
closes dans les langues européennes, sémitiques, hamitiques, etc. ouvertes la
plupart du temps dans les langues guinéennes.”

En faisant analyse comparative, M. DELAFOSSE trouve que la langue français


tl l g h é t t b té ’ t
à dire « le français est monosyllabique quant aux radicaux (constituer, radical stit ;
intention, radical ten ou tent ; bateau, radical bat, etc.) il est quelque fois
juxtaposant : essuie-main, chevrefeuille, etc. Il est agglutinant, puisqu’il fait usage
d’un nombre impressionnant de préfixes et de suffixes : ( mont, amont, monter,
remonter, sur monter … ), c’est une langue à flexion puisque la constitution
intérieure des mots est changée pour exprimer les idées de temps, de genre, de
nombre etc…), recevoir, reçois, reçu etc… »

Page 169 sur 854


ELAF E t v ’ l t ff l f épartition des
langues en grandes catégories car plusieurs langues peuvent se rattacher à la fois à
plusieurs de ces familles. Une langue peut évoluer et dans cette évolution sociale,
t t v ’ t l g ll p t h g tè P faciliter la
classification des langues et surtout pour pouvoir définir en quelques mots le
tè gé é l ’ l g lp p l l f t v t pp t
tout idiome est :

1. Juxtaposant ou affixant ; c'est-à-dire formant des mots composés juste par


t p t p l’ pl p éf t ff ;

2. Additif ou flexatif : c'est-à-dire indiquant les différences de nombre, de


t p t … p l’ t ff p t l t p
modification intérieure du mot ;

3. Sexuel ou asexuel : c'est-à- tl t t g l’ t


pas. Il conclut en ces termes : « le français est une langue en général
affixante, flexative et sexuelle ; au contraire le dahoméen est une langue
juxtaposante, additive et asexuelle.»

La langue fon a été aussi étudiée par les missionnaires de Bâle et de Brême. Des
écrits ont été publiés par ceux- ’ t t HLE EL ont
107
transcrit la langue fon dans son Schlüssel zur Eure-Sprache , il en est de même
du docteur Henrici dans son Lehrbuk der Ephe-Sprache108.

E 1 9 l’ép où M. DELAFOSSE écrivait son livre, on comptait déjà


v g t été p bl é t ét t é l’ét l l g
dahoméenne comme il se plaît à nommer la langue fon et qui renfermaient quelques
données linguistiques sur le dialecte dahoméen" (Delafosse, 1894).
l ’ g t s ouvrages suivants :

1 – « Le voyage du chevalier Des Marchais » Cet ouvrage selon Delafosse


renfermerait des mots et ph l th g ph é l t l’ v t g
t p t l l g h é ’ p h gé p l
commencement du XVIIIème siècle.

2 – L’ v g F b : « Dahomey and Dahomans » édité en 1851 Cet


ouvrage traite plus particulièrement du vocabulaire de la langue dahoméenne.

3 – L’ bbé Ph E UR AU f t p ît 1 79 « Les Actes de la


société philologique » un "dictionnaire abrégé de la langue f -gbé ou

107
Stuttgart, 1857, in-8°
108
Stuttgart und Berlin, 1891, in-8°
Page 170 sur 854
dahoméenne." (Français-dahoméen). Il renferme environ 3 000 mots français
traduits en dahoméen. M. Delafosse apprécie bien la qualité de cet ouvrage qui lui
t été ’ tè g t l té

4–l lv ’ Albé « Les établissement français du golfe du Bénin»109


Ce livre renferme "de très courts rudiments de grammaire, avec un tableau de
conjugaison assez inexact et sujet à beaucoup de critiques. La partie principale de
l’ v g t v b l ’ v 1700 t f ç t t h é t
en popo." M. Del f p h t v g l f t l’ t p l
façon on prononcerait les mot selon le mode indigène. Cette situation déroute le
lecteur car il ne sait pas quelle valeur devrait être attribuée à chaque lettre ni à
chaque groupe de lettres.

5 – Le livre du Dr. HENRICI


lv ’ tp t t f t pl l f lp g
tl l t h é tl f t ’l t tl t é
l t t l p t g t l ’ p été abordée dans cet ouvrage.

l f t ffé t v g t l év
l ff t t ’ t ’l é ’ é l -
N pp t f ç b égé l p p M. Delafosse sur sa
démarche :
"L v g t v v p l é t p g
pét t t t t- -f t ff t p bt pp f
p t l l g h é ’ v l bl
tt l fâ h t l p t v t ’ p f té l pé P
p t t ’ t h é t é
Allada, Porto-Novo, etc, pour recueillir de matériaux nouveaux. ’ ll t l
p t h p g ’ét pl
p t lè t tt hé t ’ t é A N E A t
A N p l t b l t l h é ât t f ç
’ gl t ’ t ’ p t t ’ ll 000 t
p t v b l l p g l g t l ph tl
é t ’ t v ét bl l g t ôl t l g t
ainsi obtenus t g t t l t t l h
beaucoup et à des indigènes de pays différents. Quelques uns sachant le français
’ t été ’ g t l té " l f 1 9 21-22)

109
Ouvrage publié en 1889 à Paris N° 8

Page 171 sur 854


10.7.2 La structure de "MANUEL DAHOMEEN" de Delafosse

Chapitre I : Alphabet, Prononciation et orthographe


Dans ce chapitre, nous retenos essentiellement que "tous les sons de la langue
h é p v t l’ ’ lph b t p é h t v ll
simples de cinq nasales et de vingt deux consonnes et ne comprenant aucun
caractère ni signe qui ne fasse partie de notre alphabet latin." (Delafosse, 1894 : 36)

Ab t l’ t t l ff l’ tt ’ t h é
et que ce ’ pl f l t "l t ’ét t t p é
t f tv h ll b t t ’ p t l
t t p tp f t l’ ’ ll ép v lf t
donc prononcer t t t t l ll b ’ t ll pl
p f h pt ll p l l’ b v
l f l l g h é ’ tp pl h p t f t-
l l ’ l t p lé p gè ’ gè p l "gb"
l " p" t t p f ll p ’ vé t bl
h p v t t t l té ll b " b ’ t "
dit-il : que le bégaiement et le zezaiement qu’on rencontre assez facilement chez les
nègres sont très rares chez les dahoméens proprement dits. Chez les Achanti au
contraire et les Mina, les bégues sont très nombreux."

l f ’ t b p ét p h pt l’ lph b t
dah é p t tt l’ lph b t pl t l t
l’ét ’ l g t ’ t t pl f l lph b t t pl pl Nous
nous trouvons ici en présence d’une langue qui n’a point d’alphabet, il me semble
sage, autant dans notre intérêt que dans celui des indigènes et celui de la science,
de la doter d’un alphabet simple et rationnel, plus logique que celui que l’usage a
imposé à la plupart des langues littéraires."

l f pp ît p l’ lph b t l
langue fon. Nous présentons ci- t bl é pt l tf l’ lph b t
présenté par chacun des auteurs qui ont travaillé sur cette langue et que nous avons
cité plus haut.

10.1 Tableau récapitulatif et comparatif des différents types


’ lph b t t l é p ffé t t t t v llé l l g
dahoméenne (le fon) Tableau 16 Tableau comparatif des types d'alphabet

Page 172 sur 854


Source : Delafosse p. 45

Chacun des alphabets proposés a ses avantages et aussi ses inconvénients.


Pour Schlegel, il a adopté le Standard Alphabet de Lepsius. Cet alphabet
préco l’ pl p t t g t t l tt p té
l’ lph b t g è
L’ lph b t t L p ppelé alphabet général de Lepsius, est un
lph b t b é l’alphabet latin. Il est développé par Karl Richard Lepsius pour
l’é t l g t p t l ll ’Afrique.

Il a été publié en 1855, et ensuite révisé pour plusieurs langues en 1863. Bien
que largement t l t v t pl t t lph b t ’ p été beaucoup utilisé,
ét t ff l l p l’ép b signes
diacritiques qu'il comporte.

Page 173 sur 854


E 1 63 l’ lph b t t t é utilisé par la Church Mission Society pour
écrire un certain nombre de langues africaines dont : kanuri (Bornu), ewe Eẃ t
son dialecte anglo (Aonglo), peul (fula), ga (gä) haoussa, hétéro (Hétéro), Igbo
(ibo), maa (Masai), nama (Nama), nubien (Nubian), nupe (Nupe), twi (Oji),
et zoulou (Zulu) ; et des langues asiatiques : turkmène (Turkmène), kurde (Kurd),
t f t …

Ces lettres représentant les "clics"110, elles ont été utilisées l’é t
langues sud- f t t été pté b l l’Alphabet
Phonétique International en 1989.

M. HENRICI té l’ t l t l tt g ecques et a néanmoins utilisé


l’ lph b t t L p t l’ bbé OUDIAUX, il a conservé certains
signes gre l ’ pl p l g t l t t
différents types de caractères : il représente les sons nasaux par des lettres grasses
et écrit gb et kp. Quant à M. ALBÉCA, il exprime les sons par le système qu’on
appelle la prononciation figurée.

A h pt l b l’ét "L’AR LE E UN "

A v l’ t l l f t v ’l ’ p ’ t l éf l
l g ’ tp t A partir de son exemple :

Homme veut dire en fon : sunu (sú ú


L’h t: ↄ l ff t ’ t l v tp f l ffé
Pour plus de p é tè ’ tf t p pl p :
"Cet homme là" on dirait en fon : sunu él v l’ t l t l’ lph b t fↄ
puisé l’ lph b t t t al ou de celui retenu par la Commission Nationale
de Promotion des Langues . On écrirait ’h ↄ : Cet homme là ou
ↄ.

l ’ tp t l’ t l éf ’ t p dans la langue
fon. En effet pour un travail effectué depuis 1894 par une personne non native qui
ne se base que sur des témoignages plus ou moins concordants, ces auteurs ne
comprenant pas la langue fon ne peuvent que commettre des erreurs de non sens.

Nous saluons cependant leur initiave l’ t t v t ’ v t p


ce travail lexicographie qui nous sert ’h de base de réflexion.

110
Clic : un son claquant
Page 174 sur 854
Au chapitre suivant, M. DELAFOSSE analyse comment se fait "La formation
des mots".

Source : (Delafosse 1894 : 116)

p v l t t t é t é l’ v g
Delafosse, ce dernier a proposé quatre façons de former des noms composés en
langue fon.

Nous reviendrons plus en détail sur ce point au chapitre Morphologie de cette


thèse, mais avant nous pouvons relever certains points importants de cette
démarche.

1- Le préfixe "a"
Selon Delafosse, la syllabe "a" t pl é l p t ’
très grand nombre de substantifs est le seul affixe proprement dit de la langue
h é Ell ’ p ll - g f t ’ t l’a
t g tf l’a négatif, il semble seulement comporter une idée nominale, à
tel point t t l t t t l’ f t p é é t
a devient un substantif ou un nom.

Il propose quelques exemples assez pertinents qui, ’l tf t


dans les faits, ne sont que l’ b t de pur hasard ou de simple
juxtaposition.

Prenons le cas par exemple de "adu" qui veut dire en français dent avec
lequel M. DELAFOSSE fait le lien avec "du" qui signifie manger.

Page 175 sur 854


p t v é t l ’ l t t du et adu (dent et
g t t t t l’ p f
pp h t é t t tl t ’ t t p ét t

Il en est de même des exemples : ho hɔ h t t t aho hɔ


(dette, crédit)

Ce sujet a été traité par le Professeur AKOHA, au chapitre 2 : Morphologie


de son livre "Syntaxe et lexicologie du fon-gbé". Il a été abordé dans le sens de
’ l pp ll « amuïssement vocalique ». Il dit en substance, « la forme la
plus courant et la plus significative demeure celle du à- initial des nominaux
commençant par à- qui dans une relation de détermination secondaire, doivent
occuper la fonction de déterminé (Dé) nominal non régi par le fonctionnel.»
(AKOHA, 2010 : 55). Il poursuit plus loin en disant que cet amuïssement de
l’à- initial revêt un caractère obligatoire. Il peut alors selon la situation
tt v l h g t t l’ p g t l
essentielle de la détermination secondaire.

2 – Le redoublement
Ce système de composition par redoublement rappelle à certains égards, la
forme du parfait grec. Il sert à former des verbes neutres et des verbes passifs.
Il sert surtout à former des noms abstraits puis quelques adjectifs et aussi des
verbes dont le sens primitif peut se trouver ainsi modifié.

M. Delafosse fait la distinction entre le redoublement parfait et le


redoublement imparfait.

Exemples :
Redoublement parfait
F : souffler f f : souffle
ú : perdre gúgú : perte
: respecter : respect

Redoublement imparfait
: partager : partage
: vendre vente
F ’év ll ff : éveil, réveil

3 – Les radicaux
Il existe dans la langue fon un certain nombre de radicaux qui sont peu ou
presque pas usités. Il y en a dont le sens primitif peut être modifié mais qui peuvent
concourir en fonction des préfixes ou des suffixes qui leurs sont affectés à la
f t ’ b p t t p é b t tf p v t t

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utilsés adjectivement, adjectif ou verbe. Ce ne sont pas de véritables affixes,
cependant comme ils ont un sens par eux-mêmes et ils peuvent servir de base à leur
tour à un mot composé :

Les principaux sont :

Comme préfixes : me, nu, le ou (mɛ, nú, lɛ)


Suffixe : t t t ʹ

A v l f t t l’ v t pl h t l
observations et les remarques sont pertinentes mais la plupart des exemples sont
souvent erronés.

Par exemple :

Cas de préfixes
P l p éf
Blo : faire
Me (m l h l ’
Meblo traduit par "agent" est un non sens en fon.
Par contre t t v k k ú ú v

Cas de suffixes
Ut l t t t ú t tɔ

:
En tant que suffixe, il signifie : "chose de", "chose pour". Il désigne en
composition soit un objet, soit une action. Il sert à former ainsi, soit des mots
concrets, soit des mots abstraits.

Exemple de nom concret :

Avɔl : objet à tisser la toile (métier à tisser)

l : action de dormir (sommeil) cette traduction est fausse


l ’ bjet ou un quelconque objet qui fait dormir.
l t lg t ’ t d aml
Verbal d h v …
A l l f t l : dormir

Ce sont des subtilités de la langue que seul un natif de la langue peut déceler ou
un spécialiste du domaine.
Page 177 sur 854
Pour désigner un objet, un produit ou quelque chose qui fait dormir on dirait
simplement : aml nu (sommeil-chose), ou (bien chose pour sommeil) cela peut
désigner tout ce qui peut permettre de dormir ; un matelas, un lit, fè … ,
m l t p é l ú p p é p (Delafosse, 1894 122 ’ t p
t l ’

C e uff e u (agentif)
to signifie originellement en français "père", il a aussi le sens de "celui qui",
"l’ t …" :

blo (faire, agir), to (qui agit) g t p é ’ P


l fé ’ g t l f ut ajouter le préfixe nu soit :
nubloto bl tɔ l ’ f t l h g t

P t l’ pl avol to ( v l t ) est correct : celui qui tisse une toile.


Tu to : (celui qui porte le fusil) donc un soldat. Ce mot est mal orthographié on
t l’é t:( - - )

tú : fusil (un nominal)


h : tenir (un verbal) : soldat (porteur de fusil)
tɔ pè g tf

l’ v év é pl h t, on peut comprendre, voire tolérer ces


t t t ’ th g ph car l’ép l ’ p t ’ lph b t qui
soit normalisé pour ces types de langue, encore moins de phonologie qui soit
enseignée ou développée de façon expresse et qui concerne notamment la langue
fon. Chacun y va à sa manière en utilisant les moyens et matériaux du bord pour
arriver à ses fins.

4 – Juxtaposition
La juxtaposition est la quatrième façon de composer les mots en dahoméen,
proposée par Delafosse. "Mais la façon la plus ordinaire, la plus générale de former
des mots composés, noms, adjectifs, verbes ou particules, celle qui caractérise le
l gé p t l l l g h é ’ t l t p t
radicaux. (Delafosse, 1894 : 124). Selon ce dernier, la juxtaposition se fait en
mettant le dernier mot qui devrait se trouver en français le premier et en continuant
l’ rdre ainsi interverti.

P l v b l ’ g t gé é l t ’ pp t p t pl
p tf v t l’ l g ainsi, on peut par ce biais,
former beaucoup de nouveaux mots et de façon illimitée.

Page 178 sur 854


Exemple :

Nom
Alovi : lɔv : doigt (de alo, main et vi, enfant : enfant de la main)
v : étoile ( l tv f t : enfant de la lune)
111
pl b ff : lune et de mi excrément)
Soit : excrément de la lune
Verbe
Gbaso : se procurer (de gba chercher, et so p v b t l ’l t
t tf t t ’ v v l l t é l
traduirait par :

casser la montagne (gba : casser, so : montagne)

Pour percevoir le sens que M. Delafosse voulait donner à ce mot, l f ll t


é b ɔ : (ba : chercher ; ɔ : prendre = se procurer)

Dalo tt l l ɖ lɔ : aider)
Jayi: tomber par terre (de ja ou jɛ : tomber, ayi : terre)

N ’él tp é

Nous allons conclure cette partie concernant la formation des mots en langue
dahoméenne, en rappelant que dans la plupart des cas les règles de formation des
mots sont justes alors que les exemples sont souvent erronés. Ces exemples
ressemblent au jargon que les soldats dits sénégalais parlaient une fois que ceux-ci
étaient ôlé l’ é f ç p éf l l l F alors
’l t cun mot de la langue française. Cela est dû l’ b
’ lph b t é t t ’ v t ’é t ’ t tp
chacun y allait de sa méthode, motivé par la volonté et le goût de laisser quelque
chose pour la postérité et que leurs travaux soient poursuivis et améliorés par
’ t

Nous allons maintenant aborder la partie lexicographique de l’ouvrage de


Delafosse, c'est-à-dire la partie qui traite du vocabulaire afin de voir comment les
mots sont coordonnés et et nous demander quel est leur vrai sens par rapport à
celui qui leur sont attribués.

111
Etonné par une pareille étymologie, M. Delafosse a raconté une anecdote à propos des noms de
métaux avaient des étymologies analogues il cite le cas du nom du plomb en maya qui signifie tausoit
I d è pp .
(Delafosse, 1894 :125)
Page 179 sur 854
VOCABULAIRE FRANÇAIS – DAHOMEEN (p.196)
N v t té t b ’ s comme dans les exemples que
nous avons cités précédemment. Les erreurs dans ce chapitre concernent les mots.
Non seulement certains sont mal orthographiés mais aussi ils ne portent pas le sens
effectif qui leur est dévoué. Ces erreurs se notent tant dans la partie :

Vocabulaire Français – Dahoméen que dans la partie Dahoméen-Français

Exemple :
Cas : Vocabulaire Français – Dahoméen

L p ép t " "
Cette préposition a plusieurs sens en fonction du contexte de son utilisation.
Selon Delafosse, cette préposition ne se traduit pas. Il l’ té t v
pl ’ l a proposés :

1) Exprime un mouvement ’ à Porto-Novo demain :


H gb
i Hɔgb ú ɔ)

2) Exprime une appartenance :


Je demeure à Porto-Novo (sens de "dans")
(contresens)

Traduction correcte Hɔgb ú


Ou
(c’ à P r -Novo que je demeure)

3) E p l’ é p h p t gb dye cewe
( ’ t encore un contresens)
Traduction correcte : gbà cé

Le "dye" ɖ é utilisé par Delafosse signifie v tl h p v ’ t


à moi)

Al "élɔ" g f : ce, celui-ci.

4) Exprime une tendance vers une autre personne


Exemple :
Il parle au chef : e do x g

Page 180 sur 854


Cette traduction exprime l’ é ’ t é p é l ’ ll t core
en cours de réalisation normalement.

" il a parlé au chef " t é é lé l l’ t p


présent.

La traduction correcte x
Sans vouloir corriger toutes les erreurs incrustées dans les traductions effectuées
par M. Delafosse et ses collaborateurs, je me propose de reprendre dans son
intégralité tous les mots commençant par la lettre A de la partie vocabulaire
Français-Dahoméen, et vice-versa.

Nous allons passer maintenant à un autre ouvrage traitant aussi de la


l g ph l l g f l ’ gt lv Pè UL R Il est intitulé :
"Manuel Français-Dahoméen : Grammaire, Phrases usuelles, Vocabulaire"

10.8 Le Père JOULORD (juin 1907)


Le Père JOULOURD est un missionnaire qui a été envoyé au Dahomey
’h p p v ’év gél t t p
mission spécifique le travail sur la langue dahoméenne. Il y a eu échange épistolaire
t l Pè l t l’év F ç EN E t v parlé
supra l l pé ’év gél t t nous rapportons ici un extrait :
« Un de vos missionnaires dont vous avez guidé les premiers pas et encouragé
les efforts dans l’ét l l g h é t h ép v
p h bl t v l t l v p ’ gé té g g p t
filiale reconnaissance.
g t bé l’œ v t l’ t f l’ t l’ t
contribuent à la gloire de Dieu et au salut des âmes.
Ag é l’ p la vénération avec laquelle je suis, de Votre
Grandeur, le très humble et très obéissant serviteur. »
J. JOULORD

Mon cher Père,


L’ ’ t v l l l g h é ’ pl : vous
voulez bien me le dédier ; soyez en remercié.

Je suis persuadé que cet ouvrage sera très utile, non seulement aux
missionnaires, mais encore à tous ceux qui, par leur position, sont en rapport avec
le peuple dahoméen. Les indigènes aiment p l l’E pé t é
Page 181 sur 854
Votre livre arrive à son heure, il était désiré depuis longtemps. Dieu daigne le
bénir ; ’ l bé t tt t l p ’ v tp
répandre les bienfaits de la civilisation chrétienne.

Ag é h Pè l’ t t ff t t év é
N.S
François STEINMETZ
Ev ’A
Vicaire apostolique du Dahomey

Cet ouvrage est intitulé : Manuel Français-Dahoméen


Grammaire, Phrases usuelles, Vocabulaire. Il est édité 1907 à Lyon
Il est divisé en trois parties :

 L p è p t p t l’ th g ph l p t t l
classification des mots qui composent les différentes parties du discours
avec les règles de grammaire. Elle aborde de façon globale les notions
p él l’ lph b t l’ t l l t t
b t tf l’ tf t p tè é t
p t p l’ét v b l ugaison et la formation des mots et
des phrase.

 La deuxième partie correspond à l p t thé t p ’ ll t t


différents thèmes de conversation sous forme de : "phrases usuelles" :
Rencontres, visites et entretiens familiers, demander, remercier, le temps
et sa division, l p l v g l t v l l hé l’é l t
indigène. Selon le Père JOULORD ces conversations "permettront
’ét l t t l ph h é "

 La troisième partie est consacrée au « Vocabulaire Français-Fongbe » et


« Fongbè-Français » ’ t t v l p p t v t pè
celui du Gouverneur Delafosse. Il présente à la fois un aspect
grammatical, lexicographique et dictionnairique.

Cet ouvrage comprend environ cent pages qui contiennent près de 7 000 mots.
La présentation de ces mots ne requiert aucune structure dictionnairique spécifique
t v ’ t t t v l t t tf ç
en face du mot fon.

Du point de vue de la t t t ’ t ’ t p t
’ g f ç l’ t l g f t
voir les correspondance possible entre les différentes rubriques fondamentales de la
Page 182 sur 854
grammaire, et des règles gramm t l p t l pé ’ t
travail important puisque dix huit chapitres ont été consacrés à cette partie portant
sur la grammaire, qui se présente comme suit :

l’ t l b t tf; l’ tf t p ; Du verbe ; Du
participe ; l’ v b ; De la proposition ; De la conjugaison ; l’ t t
ou exclamation ; De la formation des mots ; l’él t l t t ; De la
construction de la phrase ; l’ t t t l’ t t . Le chapitre traitant
de l’article t l’ h pt l pl t l pé t t p
’ t l :

L’ t l éf t l’ t l p t t f

1.1 Article indéfini


lt v l’ t l éf : (le, la, les) qui sert en français à déterminer un
’ t p f ; le nom seul est exprimé.

Exemple :
Le soleil : houezivo h vↄ´ (orthographe actualisée)
Les hommes : sounou lè ú lέ (idem)

Nous faisons remarquer ici que la particule "lɛ" est une marque de pluriel de
l’ t l le au singulier contraiment ’ ff UL R

1 2 L’ t l p t t f
L pè l t l’ t l p t t f du, de, des, de ne se traduit pas
non plus.
Exemple :
 l’ : sin ὶ
 Du pain : ouohouhou ɔ ú ú

Deuxième partie : Phrases usuelles


Troisième partie : Vocabulaire Français-Fongbé (A – Z)

Cet ouvrage du Père JOULORD est assez complet en ce qui concerne le projet
t p l pl ’ è l ! N t t ’h beaucoup
’ v ée tf v l p t ’ l g gé é l l ’ g t
notamment de la catégorisation de la langue fon dans un groupe, le groupe Gbé
depuis 1980, un alphabet international et aussi un alphabet spécifiquement africain.

P l Pè UL R l tè p p l l l g h é t
’ t t ll t ll b t t p t l f t t
l tf é ’ l v ll , et quelque fois de deux consonnes
Page 183 sur 854
v ’ v ll "L f gbé p p p f é
grand nombre de mots avec lesquels on peut exprimer à peu près toutes les idées
l’ l g pé tl t p té
langues étrangères sont peu nombreux." (JOULORD, 1907 : 76)

La formation des mots en langue fon est soumise à des règles régulières très
simples, ce qui selon Joulord peut se faire de trois façons :

- Par le redoublement du radical, nom, verbe, ou adjectif


- Par la juxtaposition ou réunion de deux ou plusieurs noms
- Au moyen des préfixes, ou de suffixes, c'est-à-dire des particules initiales ou
finales qui déterminent ou complètent le sens du mot.

Ces différentes façons de formation des mots ont été aussi identifiées et
présentées par M. Delafosse. Sans vouloir reprendre ces méthodes, nous
pourrons revenir sur certains cas dans la partie « Morphologie » que nous
allons aborder plus loin à la partie III : ONOMASTIQUE : MORPHOLOGIE
DERIVATIONNELLE DES NOMS PROPRES DE PERSONNES.

Nous énumérons ci-dessous quelques sites pour acquisition de ressources


lexicographiques et dictionnairiques.

http://fr.glosbe.com/fon/fr/ (dictionnaire en ligne)


http://www.koeppe.de/titel_details.php?id=644
http://athaia.org/benin-dictionnaire.html (apprentissage sur site)
http://s476491504.onlinehome.fr/dico_syntaxe/dico_syntaxe.php
(le fongbe du Benin de A à Z)

10.9 Dictionnaires et divers ouvrages de la langue FƆN

Principaux dictionnaires
DICTIONNAIRE ABREGE DE LA LANGUE FO-GBE COURDIOUX (1879)
DICTIONNAIRE FRANÇAIS-FON SEGUROLA (1963) 1er Dico fon
LEXIQUE FRANÇAIS-F N PAR EN RE ’ N ERE 1969

 Manuel de Conversation Française-Dahoméenne (1914)


 Katekismu e no kplon do DAN-HO-ME gbe me (1931)
 Yehué wema kpevi (1928)
 Yehué e no le Mahu ho Archidiocèse de Cotonou (1929)
 Contes Dahoméen ALAPINI (1941)
 Le Petit Dahoméen ALAPINI (1955)
 Yehué e no ha lé Archidiocèse de Cotonou (1961)

Page 184 sur 854


GRAMMAIRE ELEMENTAIRE ET EXERCICES PRATIQUES (1963)
MANUEL PROGRESSIF DE CONVERSATION EN LANGUE FON
DUJARRIER :
 Partie 1 (1964)
 Partie 2 (1965)
 Partie 3 (1967)

Syllabaires (V. HOUESSINON A. FADONOUGBO (1968)


WA KPLON FONGBE XIXA HOUNYEME (1968)
CAVI FONGBE TON ALPHALIT (1970)
XOME CE HUN ALPHALIT (1970)
NUKPLONWEMA FONGBEME TON DAPR
ALPHABET DES LANGUES NATIONALES (Commission Nationale de
Linguistique CNL 1972)

INITIATION A LA TONALITE ET A LA GRAMMAIRE DE LA LANGUE


FON (Guillet 1972)
DICTIONNAIRE FRANÇAIS-FON RASSINOUX 1974

MI WA XA LO DO FONGBE ME CNL
LIRE, ECRIRE ET PARLER FON (GUELIGUE Eugène SELIDJI (1978)
PARLONS FON : Langue et Culture du Bénin (D. FADAÏRO, 2001) 112

10.9.1 Dictionnaire Français-Fon SEGUROLA (1963) 1er Dico fon


Le premier dictionnaire de la langue fon le plus accompli est édité en 1963. Il
t bl g ’ t l « Dictionnaire Fon-Français » du Révérend Père B.
E UR LA l p v t f t l l g f ’ t l g
t l t t l v t f t l’ b t ’ét tf . Elle peut ainsi se
h v ll l pl l f ç l’ gl l’ ll
Elle est aussi té ’ lph b t t ’ bl ègl g t l
syntaxiques, phonologiques et lexicales à la fois.

è l ’ l g pl t t t t ll p t t f l t
pl té b p ’ t pl tl t Des thèses
universitaires ont commencé à émerger afin de compléter ou approfondir certains
aspects de cette langue. Au nombre de ces thèses, nous pouvons citer les plus
célèbres :

M. Georges GUEDOU 1976


M. Bienvenu AKOHA 1980
M.Basile HOUNKPATIN 1986
112
Aux éditions L'Harmattan 2001
Page 185 sur 854
M. Maxime DA CRUZ 1993
M. Flavien GBETO 1996

Ce premier dictionnaire, l Pè E UR LA l’ ff
introduction, a commencé à Abomey en 1948 à partir des 38 pages (183 à 220) de
l’ v g UL R t v é p lé supra, publié en 1907.

La préoccupation du Père SEGUROLA était selon ses propres termes


"d’enrichir le mince bagage de mots découvrir une notation plus exacte des sons
et surtout de l’intonation. C’est ainsi que progressivement, au long de ces quinze
années, les 38 pages du P. JOULORD sont devenues 640…"

Ce dictionnaire été éé té é t l’ é 2000 t tt


version est la plus élaborée car elle prend en compte les nouveaux changements qui
sont intervenus entre temps. l ’ g t v l lph b t t mettre les tons
l ph l’ té t t t tp pl b t
et expressions nouveaux. Le Père SEGUROLA reconnaît par ailleurs que "de par
sa nature d’ailleurs, un travail de ce genre n’est jamais achevé. Dans des
domaines peu défrichés, il faut savoir se contenter d’attraper au vol le
renseignement qu’on vous livre occasionnellement au compte-gouttes, recueillir
le conte, le proverbe, la phrase usuelle, tirer parti de toutes les lectures, opérer par
regroupement, par tâtonnement, se débattant plus d’une fois entre les informations
contradictoires, notant tel fait grammatical, risquant une hypothèse de travail,
posant des pierres d’attente… Il faudrait plus de documents, plus de connaissance,
plus de temps."

Ce dictionnaire commence par présenter les « principes de l’écriture et de la


lecture de la langue fon. » à savoir :

Les voyelles (simples et nasalisées) et leur prononciation. Il en est de même des


consonnes. Il aborde ensuite les tons et les règles élémentaires de tonalité. Nous
f h tf t l té t ’ l t v
dans le dictionnaire avec sa signification. Toutefois, le ton varie souvent selon sa
position sur la ou les syllabe(s) du mot dans la phrase selon des règles précises que
nous aborderons plus loin dans la partie III concernant "La morphologie
dérivationnelle" de notre étude. Il est possible que la même entrée recouvre des
sens différents, on pourra parler alors de présentation polysémique.

Par exemple :
Le mot : avὸ
Selon le contexte, il peut avoir deux sens différents :

Page 186 sur 854


Premier sens l p t é g ph p t t ’ 50 g
environ ’ é l l’ l ï f ç pl gé é l
’ tp l t té ét l t b t p t v
(avὸ) plusieurs degrés de charge possible.

Deuxième sens avὸ g b ’ f t ff t p


Nous proposons un nouvel exemple : ou le même mot, la même entrée même a
quatre sens différents :

Awa
1. joie ǎ é f t
2. Grande maison
3. toit, pigeonnier
4. Outil de menuisier

l f t h l t t ’ tl t t p l è tt
pt p l é l’ t é tl t g ph , désigné par un ensemble
de paraphrases ayant des trait t l h g t ’ pl t
historiquement ou logiquement. Quant à la structure de ce dictionnaire, nous
pl t ’l ’ p t t p t l è , mais seulement que
chaque page est divisée en deux colonnes et contient environ une vingtaine de
mots. Ce sont des mots sont en langue fon et ils sont expliqués en français, des
exemples dans les deux langues sontv proposés pour compléter l’ f t ou
pour faciliter la compréhension.

10.9.2 Dictionnaire Français – Fon


Le dictionnaire Fon-Français de 601 pages que nous avons présenté ci-dessus
est complété par un second dictionnaire des mêmes auteurs : Français – Fon de 389
pages, de même format. Il a la même structure que le premier. Les mots à expliquer
sont, cette fois- f ç t l’é v l t f t pl é f v
exempl p pé l L’ th g ph l g f t
p té ’ t l v l lph b t t p pt v l ph l g et
les tons appropriés.

La première édition de ce dictionnaire date de 1974. Il a été réédité en 1987,


épuisé, il a été réédité en 2000. Cette dernière version est une nouvelle édition
entièrement revue, corrigée et augmentée. Les auteurs avaient voulu y ajouter des
éléments de grammaire mais ils déplorent que les t l’aient point
permis. Un autre ouvrage est vivement conseillé à cet effet il est intitulé : "Eléments
de recherche sur la langue fᴐn" l l l t l’ t l tt
grammaire.

Page 187 sur 854


10.9.3 "Eléments de recherche sur la langue fᴐ "
Ce document qui aurait pu compléter le dictionnaire Français-Fon est publié en
é t ép é 19 3 l ’ t p vé hl l t l lg é
documents que nous avons décrits supra, c'est-à-dire le « Manuel Français –
Dahoméen de Joulord paru en 1907, car le Père Joulord est arrivé au Dahomey en
1 97 t ’ t tôt pp tt l g N v é pl é l
conditions dans lesquelles cet apprentissage a été fait et les critiques que nous
avions formulées p p p v g l ’ est suivi plus tard en 1914
un « Manuel de conversation français-dahoméen ». Ces documents ont été les
principaux ouvrages qui ont servi de base aux deux dictionnaires élaborés par le
Père Basile SEGUROLA.

Cet ouvrage qui est édité après plusieurs autres, devrait normalement t une
refonte et un approfondissement de plusieurs ouvrages dont bons nombres sont
malheureusement épuisés. Les dictionnaires, malgré leur valeur culturelle,
pourraie t t év l ppé p p l’ h l lt
f P l l t pp t ’él b g p
répondre à toutes les exigences de la science linguistique actuelle pouvant aborder
tous les types de systèmes et méthodes linguistiques modernes ll t ’
« racines des systèmes tonaux, grammaticaux et syntaxiques. Dans cette
perspective il a fallu regrouper en un fascicule provisoire, les " Elements de
grammaire FON". Il se présente comme un instrument de travail pratique qui
p t v l f tf ’ p t é h h t
comprendre cette langue. Il est divisé en 12 chapitres. Chaque chapitre se présente
comme une étape, "un résumé du chemin parcouru et un point de départ pour une
recherche plus approfondie. Chaque chapitre s’efforce de donner dans la clarté et
la simplicité, les éléments clés de nos connaissances actuelles, invitant les
techniciens à aller plus loin." Ce document dans ses grandes lignes présente :

 Comment écrire et lire le Fongbè ?


 Quelle est la structure des phrases ?
 La morphologie
 La syntaxe et les tons.

10.9.4 "Dictionnaire Fon – Français (Hildegard Höftmann, 2003)"


Cet ouvrage de H. Höftmann est le deuxième dictionnaire Fon-Français après
celui du Père SEGUROLA. Il est de publication plus récente. "Il est
l’aboutissement des études sur la langue Fon que l’auteur a faite au Bénin de
1974 à 1983. « Le corpus textuel du dictionnaire, comprend les textes du genre
traditionnel (comme les contes, des proverbes, des enregistrements de divers
Page 188 sur 854
entretiens, mais aussi des textes modernes appartenant à différents genres de
(journaux, magasines, publications de divers organismes ou de l’Université
Nationale du Bénin, ainsi que le l’enregistrement de dialogues, au marché, à
l’école ou bien dans la sphère familiale)» 113
l b l ff lté l’ t l’él b t tionnaires
bilingues du moment où la structure de la langue-source diffère considérablement
de la langue-cible. Dans ce contexte où les sphères culturelles et historiques sont
différentes, le problème linguistique auquel on est confronté est celui de "découvrir
l’équivalence des lexèmes ou des expressions, qui réflètent des idées et des valeurs
culturelles, spirituelles et historiques. Il n’y a qu’au niveau du vocabulaire de
base que l’on constate une équivalence linéaire ou, tout au moins, presque
linéaire. On est donc obligé de paraphraser le contenu : le sens d’un lexème de la
langue-souce doit être alors décrit et expliqué dans la langue-cible en se
rapprochant autant que possible du sens de la langue-source." (Hildegard
Höftmann, 2003 : 13)

Pour h l t tt t l’ t é l f t pt l
fréquence de leur présence dans le corpus-fon qui sert de base de ce dictionnaire.
Le contenu de ce corpus est en majorité de termes courants qui sont utilisés dans la
vie quotidienne. À ces mots sont ajoutés quelques mots spéciaux et modernes
’l tt h tf t l ’ t té lèv nt
des sphè h t lg ph l ph l’ bl
entrées sont bel est bien acceptées par la plupart des locuteurs fon. Ces entrées déjà
énumérées peuvent être complétées par de nombreux néologismes dont le
développement se fait à un rythme très accéléré.

Ce Dictionnaire Fon – Français comprend environ 8.000 entrées. "Nous avons


t é p t t pé t l l è ’ té l t t ’ tl t
t t t p bl l t t ’ tl t l L anque éventuel
’ é v l t f t l l g -cible est ainsi compensée par des
références contextuelles." (Höftmann, 2003 :14)

L’ t ’ p l p ét t ’ v t él t v l lt v ’ t
insuffisant et souhaite que cet ouvrage représente une étape sur les travaux de la
l g f A l’ t t Höft pé t
grammaticale, en abordant assez sommairement quelques éléments de
Morphologie de la langue fon notamment la structure syllabique, la formation des
noms ou des mots. Il fait aussi une brève analyse de la structure des verbes, avec
l l f t é t t g tl v b ’ t l’évé t
les verbes composés. Il fait un bref aperçu sur la Syntaxe de la langue fon, à
t v l’ét p p t : (la proposition minimale, la proposition élargie)
avec un Élargissement par les compléments circonstanciels.
113
Avant-Propos de l’auteur : Hildegard Höftmann, 2003
Page 189 sur 854
Le dictionnaire t t t l pp ît l t è p t l t té ’
structure tout à fait particulière différente des présentations antérieures c'est-à-
dire de celui de DELAFOSSE, du Père JOULORS, et du Père SEGUROLA.

Les entrées sont transcrites phonétiquement entre crochet [ ] ; les symboles qui
t tl é t l’A t Ph ét t t l AP l f t
attention à certaines particularités de la langue fon notamment des points de vue
transcription orthographique et phonétique.

t l’é t ph ét l l l vé t bl v ll
nasales sont marquées par le tilde alors que la nasalisation des voyelles après
l ’ tp térialisée.

Exemple : h n ù , nù ù , m m , gùn nù gù n
Les homonymes sont marqués par des chiffres arabes, qui sont disposés en
exposant.
Exemple :

 1

 2

L v t l è t é p l g ’ég l té :
Exemple bɔt [ bɔ t ] l’ép l .

ou abɔ [ bɔ ] soit : " bɔt = abɔ "

De ce fait, ’ t l t qui est le plus abouti actuellement du point de


v l g ph N pé ’ t t é t v t l
emboiter le pas.
10.9.5 Vocabulaire des élections Français – Fon
Il est édité par le CENALA ’ t t 6 p g l’ b t f
document est bien indiqué par le Directeur dans son introduction : « Les exigences
de la démocratie ouvrent des nouvelles perspectives à la revalorisation et à
l’ h t l g t l L’él b t pé t v b l
’ t p bl t v l b tf v t :

 Redynamiser les langues béninoises en mettant à la disposition des


p pl é l’ g t él t tl p l
permettre de mieux communiquer avec les populations locuteurs des langues
nationales ;

Page 190 sur 854


 Donner à ces populations une culture démocratique à travers la maîtrise,
dans les langues nationales, des termes utilisés dans le domaine des
élections. »

t v l gâ t tf l’ g pé t
Culturelle et Technique à travers le Réseau International de Néologie et de
Terminologie (RINT).

La p t t l’ t l t b t t v p tt
résoudre quelques problèmes rencontrés dans la mise en place des outils de
t tl ff pè té t él t L’é p
déplore le manque de terminologie appropriée dans les langues nationales pour
f l t l’ pp p t t l ff v b l t h pè
populations concernées.

h l è tt t l’ l’Alph b t Ph ét t t l t
les règles phonologiques et tonologiques sont aussi respectées. Chaque mot est
t tp é v l t t t é l’ t é l g f

10.2.3.6 Lexique des mathématiques Français-Fon


’ t v g ll t f é té 1999 p l t N t l L guistique
Appliquée (CANALA)

l’ ff l t ANALA l A A U "il
s’agit d’un modeste lexique de mathématique bilingue français-fon qui a pour
ambition de combler un vide parmi tant d’autres. … Nous ne sommes qu’aux
balbutiements de la confection des ouvrages du genre. Nous restons ouverts à
toutes les critiques et suggestions qui nous permettront d’améliorer".

l ’ gt ’ t t t v 500 t t t 33 t t
trois) pages allant de A à Z dans lequel, il est expliqué par juxtaposition, en
colonnes verticales et en face à face, les mots français traduits en fon. Il a le
é t ’ v p té t l é l’Alph b t Ph ét t t l t t
cependant que tt tl t l’ lph b t ’ t pas systématique puisque
certaines lexies sont restée l’ét p t le sans la prise en compte de cet
alphabet.

Il manque à ce document quelques efforts de structuration, quant aux entrées.


Il manque aussi h h l pé t t t ’ t ’
b l t l ’ pl permettant aux
utilisateurs potentiels de ce document, de mieux comprendre les notions de

Page 191 sur 854


mathématique qui sont mises à portée de ceux qui veulent se servir de ce
document114.

Il manque également à ce tl t élé t t l l’ t


susceptible ’ tt à voir dans un dictionnaire ou tout autre document qui est
conçu dans un but lex g ph l ’ gt t t:

 la Partie du discours qui indique si la lexie à expliquer est un nom, un verbe


t t t t p ’élé t ;

 le genre ’l t fé l t ;

 définition : décrire le sens mot ;

 note t t t t p ’ f t pt bl ’ té l l t
10.9.6 L l’ t t F ç – Fon
’ t p ttf l f t3 p g l t é té l pé é t
115
par le CENALA ’ t v g ll t f publié en 2002. Il a une
structure quasi similaire à celui du Lexique des mathématiques Français-Fon.
L’Alph b t Ph l g t t l t p té

Dans ce fascicule, nous avons le genre, et une description très sommaire des
lexèmes qui sont insérés, t l’ t é t-à-dire de "l’unité de
signification". En dehors des points les termes expliqués sont précis.

Nous allons compléter la liste par quelques ouvrages de vulgarisation de M.


Iréné Assogba FANDOHAN à savoir :

 Nuwlansen yoyo fonme ton le (1985)


 le fongbé(2010)
 le guide pratique pour transcrire le fongbe, ayizogbe et tofingbe (2011)

10.9.7 Conclusion
Ap è v f t l’ét t l’ t de la lexicologie et de lexicographie au Bénin en
gé é l t pl p t l è t l l g f l ’ t vé é que cette science
’ tl l l g t v é è p h h t b é
domaine la seule personne qui a apporté une contribution aussi sommaire soit-elle
tt tt p t l l g t t ’ été v v t ée

114
http://glosbe.com/editor-faq
115
CENALA : Commission Nationale d’Alphabétisation en Langue Nationale
Page 192 sur 854
par le Professeur GUÉDOU, est le professeur AKOHA. Il précise dans son récent
ouvrage116 (AKOHA, 2010) : « Cette étude prend appui sur la description des sons
de la langue Fon f n-gbe] (Bénin) qu'elle approfondit au moyen des notions de
phonologie paradigmatique et de phonologie syntagmatique. Elle revient ensuite
sur toutes les autres étapes de la description linguistique pour offrir de la langue
Fon une analyse exhaustive et rigoureuse. Une partie de l'ouvrage est consacrée à
l'étude du lexique fon avec une approche adaptée aux spécificités structurelles de
la langue ».117

Cet ouvrage té g l’ té t ’ l l tè l p p
"Démarche Lexicologique Originale" selon ses propres termes. Il conseille
vivement à tout lexicographe qui serait tenté de "confectionner un dictionnaire
pour une langue à tradition orale comme le fon" éfé ’ p
t ’ t l g t p tp l h h NR ,
Luc BOUQUIAUX et Jacqueline M.C. THOMAS. Tous ces questionnaires sont
regroupés dans leur ouvrage intitulé : "Enquêtes et description des langues à
tradition orale." 118

Aujourd'hui, les efforts tendent de plus en plus vers une politique


’ lph bét t . Malgré celles qui ont été œ v p l ég
successifs et qui ont montré que dans leur diversité, chacune des langues
nati l b ’ h p pé ’ p Le CENALA119 ’ t ff t
l’ ’ v p t p bl f l p tt pl p è
les occupations qui sont les siennes. En effet, le CENALA constitue la structure par
laquelle le Bénin procède à la transcription et à la promotion des langues y compris
l l g t l E ’ pp p t ainsi un tel attribut, le CENALA constitue
une entité à part entière tl p t t lp t é l’État béninois de mettre en
place quelques éléments de projet tè ’ lph bét t La réussite de ces
projets passe nécessairement par le renforcement des p té ’ p t
promotion de ce centre. Ce qui pourrait permettre l’État béninois de lui donner
plein pouvoir quant à ce qui concerne les travaux dévolus au développement
effectif des autres langues nationales.

La ou les seules et uniques langues qui pourraient être choisies pour le


développement scientifique pourraient être du ressort du ministère en charge de
l’ lph bét t en collaboration avec un comité ou une commission ad hoc,
constituée à cet effet l p t p t ’ t t ’
avancée par rapport à la crédibilité du gouvernement p ô le changement.

116
Syntaxe et lexocologie du fon-gbè
117
http://jembeambition.over-blog.fr/article-le-fongbe-59964850.html
118
Se référer à la bibliographie générale
119
CENALA : CEntre NAtional de Linguistique Appliquée.
Page 193 sur 854
Ce faisant, le ministère aurait sans doute la possibilité de mettre en place une
politique subséquente et une stratégie adéquate pour conduire sans risque la
politique ’ lph bét t de l'État.

Page 194 sur 854


Chapitre XI

APPROCHE THÉORIQUE
DE LA LEXICOLOGIE DU FONGBE

Page 195 sur 854


11.1 Introduction
L t p él ’ p t p tè l l g
lexicographie est de savoir si l'on peut prétendre à une lexicologie ou à une
lexicographie systématique de l l g fɔn ?

Pour une lexicologie et une lexicographie adaptées aux structures de la langue


fon, le Professeur AKOHA propose à travers son ouvrage "Syntaxe et lexicologie
du fongbe", quatre étapes principales :

1. Recensement systématique des monosyllabiques


2. Recensement systématique de certains dissyllabiques
3. Recensement systématique de certains synthèmes
4. Recours aux moyens habituels (questionnaires et textes) pour exemplifier
les mots recensés et pour recenser les mots restant.

Nous reviendrons sur ses propositions au moment de la confection de notre


dictionnaire, ainsi nous verrons dans quel cadre ces propositions peuvent intervenir
dans notre démarche qui consiste à créer un dictionnaire étymologique des noms
propres fon.

Pour répondre à cette question posée plus haut, nous allons aborder l’ét
lexicologique spécifique de la langue fon.

11.2 La lexicologie du fongbe


Ap è ét t l’ t l l l g t l l g ph t v l
différents documents écrits par les divers acteurs : administrateurs, missionnaires
h ’ ff l pé l l tl t ’l t
étrangers ou des nationaux, nous allons aborder la partie lexicologie dans le cadre
typique de la langue fon, car il nous a paru opportun de saisir cette langue à travers
son mode de fonctionnement interne. Quelles sont les bases sur lesquellles elle se
fonde pour exercer ou pour remplir sa fonction de langage ? Sachant "que toute
l g g t p p t l’ tf t ll -ci est la condition
nécessaire pour que la description puisse vraiment être considérée comme interne et
’ ll p f une pédagogie120 ." (HOUIS, 1966)

Nous étudierons dans ce chapitre, la lexicologie des bases, la forme canonique


des lexèmes en fon, nous présenterons une taxinomie des lexèmes, et la lexicologie
des nominaux.

120
Aperçu sur les structures grammaticales des langues négro-africaines (suivi de réflexion sur les langues
en Afrique noire) 1966 Polycopie Faculté de Théologie S.J Lyon
Page 196 sur 854
La lexicologie est le palier de la description qui rend compte des unités telles
’ ll tf l é p f t t té é l g tt té
dénommée aussi constituant syntaxique peut être verbale ou nominale selon M.
H U ’ t t t gé é l p la plupart des langues Mandé et Kwa ou Gbé,
tég l ll pp t t l f L f t ’ ll ég g tf t
p l’ét bl t t l g ph
11.3 La lexicologie des bases
La lexicologie b t l’ét élé t tt tf l b
langue fon. C tt b p t ï v l l è t f é ’
pl l è é ’ de plusieurs dérivatifs.
Notre étude dans ce cadre portera sur le lexème, dans ses manifestations
simples, dérivées et composées.

11.3.1 Notion de lexème


"Le lexème est élément de base de la connaissance lexicale. Lorsqu’on parle
d’apprendre un « nouveau mot » dans une langue étrangère, on se réfère en fait à
un lexème de cette langue : une entité générale qui se « matérialise » dans les
phrases par un ou plusieurs mot-formes. Ainsi, DOG est un lexème de l’anglais,
qui est associé aux deux mots-formes dog (singulier) dogs (pluriel)". (POLGUERE,
2002 :36)121
Selon H U "l l è t t p l t t ’ té
première articulation indivisible en unité plus petite de même articulation"122. Il
propose le schéma ci-dessous :

Fig. : 11. 1 Constituant syntaxique123


Figure 2 Constituants syntaxiques

121
Notion de base en lexicologie (voir bibliographie)
122
HOUIS. M "Afrique et Langage" n° 7, premier semestre 1977 P. 19
123
Constituant syntaxique : source thèse AGBIDINOUKOUN
Page 197 sur 854
11.3.2 Structure des lexèmes
l l g f b v t l’ l l t t
l è l ’ gt l structure ouverte et la tendance au monosyllabisme. Nous
réitérons cette observation l’ v é év é l
chapitre précédent quand nous traitions la phonologie, dans la partie qui se
rapporte aux syllabes.

11.3.2.1 La structure ouverte


Une structure est dite ouverte quand le lexème est terminé par une voyelle et de
ce fait, elle peut donner lieu à la formation de nouveaux nominaux.
Par exemple dans les structures :

Schéme Lexème de base lexèmes dérivés


CV tú fusil tú ɔ p p ét ’ f l
enfant vg l’ î é l f ll

CVV père vú Petit-père (sens affectif)


b bière b g bouteille de bière
CCV lɔ v lɔ útɔ v

Nous nous en tenons à ces quelques schèmes pour l’ stant.

11.3.2.2 Tendance au monosyllabisme


’ t té t l pl p t l g f t
notamment celles du groupe Gbé l f l g t l g A t v pl
études et des travaux à partir de corpus divers, l pl p t t t vé
l l "Le caractère principal de la langue dahoméenne est d’être
essentiellement monosyllabique et juxtaposante. Les radicaux sont généralement
formées d’une seule consonne suivie d’une seule voyelle et quelque fois de ceux
consonnes suivie d’une voyelle."124 (JOULORD, 1907 : 76)

La langue fon pourrait t l tt té t f t l ’ t l


monosyllabisme dans la décomposition qui est très productive.

11.3.2.3 Forme canonique


Il importe de dégager pour une langue, ’ l t f
radicaux, ou au contraire une multiplicité de formes. La forme canonique est la
structure typique qui se présente le plus fréquemment dans les radicaux.

124
Manuel Français-Dahoméen P. JOULORD (Voir bibliographie)
Page 198 sur 854
Forme CVC
Cette forme concerne les langues à forme canonique radicale CVC.
"l t f t ’ b v t l l g g p é ég l -
g é tl t t ’ t lg é t l t l’ p t é tt
l’h gé é té g p t l pé ’ f
radicale CVC. Il ne faut pas considérer cette forme canonique de façon absolue, il
’ gt v t t t ’ fé t H U 1966 : 61). Pendant
l’ b v t qui a été menée, on trouve aussi des bases CVCV et CVCVC dans
lesquelles on ne peut pas nécessairement isoler un radical CVC. Il sera fortement
recommandé de prévoir une étude à ce sujet. Toutefois, ce sont des langues qui
utilisent très largement le procédé de dérivation par suffixe. Ce té l
pl t p l g ’ tl pt t ’ t ll b f é t-à-dire
terminées par une consonne.

Forme CVCV et CV
Cette forme caractérise les langues à forme canonique radicale CVCV ou CV.
Ces langues contrairement à celles que nous avons présentés ci-dessus, elles sont
té é p l f t ’ ll ’ tt t p ll b f é
seulement de syllabes v t t é p v ll ’ t l
totalité des langues des groupes mandé kwa ou gbé dont le fon du Bénin. En effet
’ t p p l g t t v t p lé " ll b
primitif." Pour Delafosse par exemple, "tout radical du bambara ou du maninka
CVCV doit se ramener à une combinaison de deux radicaux CV".

Les langues kwa ou gbè, possèdent une majorité de CV, on y rencontre aussi
les formes CVCV. Quant aux radicaux quadrisyllabiques CVCVCVCV, ce sont
’ ment des dissyllabiques redoublées. Cette interprétation qui se fait par
l ll b ’ t v l bl ’ v l è , également au niveau et
des constituants qui sont souvent complexes (dérivation et composition)

P thè p l l g f l’ bl t t
lexicales de base comprend :

Les monosyllabiques : V et CV
Les dissyllabiques : VCV, CVCV, CVV, et VV
Les trisyllabiques : VCVCV, CVCVCV, VCVV, CVCVV et CVVCV

Il est à noter que la tendance est à la réduction du nombre de syllabes, c'est-à-


dire que :"le nombre de mots relevés dans la structure diminue au fur et à mesure
qu’augmente le nombre de syllabes". (AKOHA, 2010 : 254) Quelques exemples
avaient été déjà proposés plus haut.

Page 199 sur 854


11.4 Dérivation
Dans un sens plus large, le terme de "dérivation" peut désigner le processus de
formation des unités lexicales incluant aussi la "composition". Dans un emploi
pl t t t pl t l ’ pp " p sition". Nombreuses sont les
langues africaines qui utilisent le procédé de la dérivation. Les marques de la
dérivation, les dérivatifs, sont des monèmes qui apparaissent toujours liés à un
signe. P tt œ v l p é v t l g f pourrait
avoir recours aux procédés suivants :

 Dérivation thématique
 Dérivation nominale par suffixation
 Dérivation nominale par gémination

11.4.1 Dérivation thématique


Nous parlons de dérivé quand un ou plusieurs dérivatifs marquent un lexème ou
p é l t thé t l ’ l è l t p éf é é v tf
thématique pour former une base l tt b t g f ll t
l b v b l ll - p tp t é p t l phè
On distingue en langue fon, plusieurs dérivatifs thématiques :

/à-/ : il a une fréquence très élevée ;


/é-/ : noté sur le seul g f t é g f " ";
/ -/ é v t f thé t é l l t tt té l g f t
qui signifie : "quatre".

11.4.2 Le dérivatif thématique /à-/


Soit par exemple les constituants suivants :

A ɔ ú tɔ l gbè
h t/ / pp t t/ l /t b /f t h
Les chats de Koku ont fuit de la maison

A ú l b ú
Haricot / les/tous /germer, pousser
Tous les haricots ont germé (poussé)

Ah gb t
A é / ’ t/ , attaquer/ lion / ville, pays
’ t l’ é tt é la ville du Lion (Lion le roi des animaux)

A l b flé
Oeufs/les /tous /eclore
Tous les oeufs ont éclos
Page 200 sur 854
A , Agb è l ; Ah A l t l t
effet la fonction sujet dans les divers énoncés ci-dessus. En les décomposant nous
obtenons :
 l
 ú l
 hwàn
 l

Nous constatons un élément commun qu t p éf é l è


’ è t t él t g l /pl l t v
phè l / .

, ú h p t t v t t é
préfixe pour former la base. "Nous appelons bases, les éléments radicaux ou
thé t ’ t é vé l t l té pé f
l v b l t év t ll t ’ t è é v t L
domaine de la lexicologie des bases e t p é é t l’étude des éléments lexicaux."
(HOUIS, 1966 : 60)
L phè /-l / /- / p é t t pp l "morphèmes
majeurs" ’ t phè f t l’ t té p g t tt t
et qui ont aptitude à assumer des fonctions syntaxiques.

Nous reviendrons plus bas dans notre étude sur ces morphèmes qui sont
qualifiés par ailleurs de particules. Par contre A , A ú Ah A
p t l l’ pp t l p éf

Ainsi , ú h t ll t l l g l p éf
ff t v t l ôl v t f thé t

L hé tt tf p t ’ét bl l hé -dessous

Fig; : 11.2 Schéma de constituant syntaxique Figure 3 Schéma de constituant syntaxique


Source : Thèse de M. HAZOUME125
125
Thèse HAZOUME
Page 201 sur 854
Il est possible que la base soit simple ou complexe.
Ell pl ll f t pp l é v tf t pl l ’ ll
compose de plusieurs dérivatifs. Il existe aussi en langue fon un morphème "o" à
ton bas qui comme le "à" t p éf é l è N l’ pp ll "particule
ad-nominale".

11.4.3 L p t l - l / /
Nous appelons particules ad- l l phè ’ t p t vé
pl ’ l pt N l t g t phè p
cette appellation.
"Ce morphème n’entre pas dans la cohérence du constituant syntaxique comme
le dérivatif thématique. Il est donc par définition associé aux constituants
syntaxiques. Nous proposons de l’étudier ici pour montrer qu’il est assimilé à tort
au dérivatif thématique." (AGBIDINOUKOUN, 1996 : 168)

En effet la particule - l / / ’ t f t ’ pp t v l
valeur vocative.
Exemple :

ɔ ú
/p t / ɔ ú / p – partir /interrogatif
ɔ ú t-il parti ?

-ɔ ɖ è h -ɔ -ɖ è
/part./argent-défini/voici/boisson-défini/insis.-voici/
l’ g t t v l b

s ié é m , é djày ca i gbant n
/p t / ɔ /v /v / l t l / l/ t t bé/ 35 000 FCFA
ɔ v t ép l rcle 35 000 FCFA

daà Géd ié ém ézn s d ca an é


/p t / é ú/v / l/ pp / ɔ / 50 000 F F

é ú l pp é ɔ pp t t pé
céréminoniel) en mettnat 50.000 CFA dans le cercle (la cour des cérémonies)

Remarques
L p t l / / ’ ’ v l tt t l t t
’é é l p l l l t é l f t
t l ’ t l è pl l l
fonction prédicative dans un énoncé nominal.

Page 202 sur 854


l f ç l l l v tf/ / t é l’ tf é
’ b t é vé thé t

A t v pl p v l / / t t t
p t p l f ç l é v t f / -/. Par conséquent, on ne peut
p l’ l é vé thé t

N t ’ t p t l /-l / t /- /
L p t l /-l / v l pl l té pt bl l /- / v l
emphatique. Elles soutiennent toutes deux l g ’ t p l g

L p t l pl l /-l / ’ pp ît ét t pl l té
pl t ’ t l’é é

Exemples :
l l : des poulets
l a : poulet six : (six poulets)

l è pl l p t l t t t f l’ v t
marquer la totalité on dira alors :

l a l : la totalité des six poulets

L p t l /- /p tt p t l l’ l g t p t ’ t l
é é p t ’ l

Quand je dis par exemple :

’ t ;
ɔú é : ’ tl

tt p t l /- / t bv l t ll l l l l
locuteur veut insister
ɔ h : ’ t l ’ t é

11.4.4 Conclusion partielle


N p l tt p t ’ l p t l ad-
nominales, leur usage est économique si on le compare à celui des systèmes
différenciés de modalités. Dans tous les cas, les particules sont facultatives et
’ pp t l b L’ b l p t l pl l pl l
g l l’ b ’ p t l ’ ph pl l t l té

Page 203 sur 854


11.4.5 Dérivation nominale par suffixation
En langue fon, nous pouvons distinguer les suffixes suivants :

/-tɔ/ : père ff ’ g tf
/- ɔ/ : mère (suffixe marquant la possession)
/-v / : enfant (marque le diminutif)
/- / : bouche ff t l’ g
/-gɔ/ : n ème ff l’ l
/- ɔ ɔ/ : l tv t … v t ɔ : possession)

Ce sont ces suffixes qui ont été retenus officiellement par les membres de la
l g g p bè g p l l g f g tg

Ce procédé de suffixation est beaucoup plus utilisé en fon que le préfixation. En


dehors des suffixes qui sont retenus et cités ci-dessus, il est difficile de déterminer
avec certitude, le nombre de suffixes qui opére dans la langue fon. Pour ces
ff l p phé t t h vé l p ’ t
l p ’ t pl l hé té gne leur forte
implication dans des mots composés qui pourraient appartenir à des listes ouvertes.
Au nombre de ces suffixes nous pouvons citer :

chose
: corde, liane
tà : t t
t : arbre

"... toutes considérations faites, nous convenons p l’ t t l l g f


utilise six suffixes."126 (AKOHA, 2010 : 74)

Nous reviendrons en détail sur ce procédeé de suffixation dans la suite de notre


étude dans la partie III de cette thèse : Onomastique Morphologie dérivationnelle.

11.4.6 Dérivation nominale par gémination


t p é v t t p gé t ’ ff t p pl p l è
de départ. Le redoublement est un trait de morphologie nominale. Il peut
’ ppl l è v b l l è v b l à valeur qualifiante ou un lexème
nominal.

Exemple
fl (se souvenir) : fl fl (action de se souvenir)
ɖ (enterrer) : ɖɖ t ’ t

126
Syntaxe et lexicologie du fon-gbè (voir bibliographie)
Page 204 sur 854
ǎ (arrivée) : ǎ t ’ v
(nuit) : t

À t v pl l bl t p t p f t pl p f
accompagné de modification tonale ou de changement de voyelle. Tout ceci se fait
l’ de règles bien précises sur lesquelles nous nous attarderons dans la
deuxième partie de cette thèse.

11.5 Conclusion
N v p é t l’ét t l’ t de la lexicologie au Bénin en ce qui
concerne notamment la langue fon, langue dominante au Bénin N ’ v p
l p ét t ’ v ép é l sujet notamment en ce qui concerne la lexicologie
des bases et la formalisation des divers procédés de formation de nouveaux thèmes
ou de la création lexicale. Un certain nombre de ces points sera approfondi
notamment dans la partie onomastique où nous étudierons la formation des noms
propres en fon et leur sémantique.

Page 205 sur 854


Page 206 sur 854
PARTIE III

ONOMASTIQUE :

MORPHOLOGIE DÉRIVATIONNELLE
DES NOMS PROPRES DE PERSONNES

Page 207 sur 854


Page 208 sur 854
Chaptitre XII

ANTHROPONYMIE : GÉNÉRALITÉS

Page 209 sur 854


12.1 Introduction
L’ t est une discipline linguistique qui a pour objet l'étude des noms
propres, elle comprend diverses branches telles que l'anthroponymie,
l'hydronymie127, et la toponymie128. Notre étude portera essentiellement sur
l'anthroponymie.
12.2 L’ té t l’ét
"L’anthroponyme ou nom de personnes concerne chacun d’entre nous. Non
seulement il exprime notre existence, notre singularité et notre appartenance à
diverses communautés (famille, clan, groupe religieux ou professionnel, etc.), mais
il permet aussi de nous identifier et de nous rattacher aux temps, espaces sociaux et
événements du passé, voire au monde invisible" (Bourdieu P., 1994 : 1).

Cette énumération ne suffit pas pour mettre en exergue toutes les facultés que
procure ce signe linguistique ’ l t : un mot, une expression, ou une phrase
entière, aux facettes et vertus multiples. Cette attestation, ’ ll t auditive ou
v bl l’ t té elle est une compo t t ll l p ’ t
pourquoi de nombreuses disciplines des sciences humaines ont discerné
l’ th p « b t-carrefour» vers lequel converge encore leur
curiosité.

12.3 Les principaux protagonistes du domaine


Les linguistes et philologues ont été les premiers à manifester un intérêt certain
p l’ g t l g f t p p gé é l t
personnels en particulier. Nous pouvons citer entre autres :

Eusèbe Salverte (1824) ;


129
Albert Dauzat (1925, 1945) ;
130
Paul Lebel (1946) ;
le R.P. Joseph E. Vroonen131 (1967) ;
et Marie-Thérèse Morlet (1967).

Ceux-ci, font figures de pionniers chez les francophones.

127
Toute appellation désignant une entité d’eau ou la partie de l’onomastique qui étudie les noms des cours
d’eau.
128
La science qui étudie le nom des lieux
129
Dauzat, Albert : notice d'autorité personne n° FRBNF11898768, catalogue Bn-Opale Plus, Bibliothèque nationale de
France, créée le 18 janvier 1977, modifiée le 4 mars 2009
Nouvelle Revue d’Onomastique, sur Société française d'onomastique (consulté le 10 juin 2013)

130
Les noms de personnes en France PUF 1946
131
Les noms des personnes dans le monde Anthroponymie universelle comparée. Bruxelles Editions de la
Liberairie encyclopédique 1967.
Page 210 sur 854
Parmi la jeune génération, nous pouvons évoquer :

Christian Baylon, (1982)


Gary-Prieur. M-N132, (1994),
Fabre. P (1998).

Parmi les historiens, nous avons (Dupâquier. J, 1990) et (Menant.F, 1996). Il y a


aussi des sociologues qui ont, abordé le sujet, on peut citer (Bourdieu. P, 1994) ;
(Segalen. M, 1980), les philosophes (Armengaud. F, 1990) ; (Engel. P, 1990).

Les psychologues (Guéguen. N, 2008), les psychanalystes (Clerget. J, 1990), les


hé l g tl é g ph t t l é l’ th p
outil auxiliaire de recherche, destiné à éclairer certains phénomènes propres à leur
discipline respective.

Les anthropologues ont aussi décidé à un moment donné de tirer profit des
ressources offertes par le champ anthroponymique. Leur véritable entrée en scène
intervient au début des années 1960, avec Claude Lévi-Strauss. En effet, ses thèses
sur les fonctions sociales du nom propre bouleversent la tradition (1962 : 240) : le
nom propre ne sert pas seulement à désigner, signifier et interpeller, souligne-t-il ;
par sa formulation linguistique et par les mécanismes de sa transmission, il procède
’ pé t l f t l « »
affirme l’ t « l l’ t … »

Dans la même optique, Christian Bromberger (1982, 1983) insiste sur la


valorisation des fonctions symboliques du nom en proposant un recadrage
méthodologique (1982 : 104) : étudier la structure du système anthroponymique
dans son ensemble, analyser non seulement le système des noms propres et ses
fonctions apparentes, mais aussi les dy ’ été l t t
sociale globale. Car, précise-t-il : « Envisagés dans la pluralité de leurs fonctions et
de leurs significations, les noms propres constituent un matériel particulièrement
riche pour l’analyse anthropologique » (1982 : 122), «dans la mesure où leur prise
en compte permet de cerner les lignes de force autour desquelles s’articule le
champ social et que symbolise la constellation de noms dont chaque individu est
nanti» (1983 : 11).

Initialement, la plupart des études menées dans ce domaine consistaient à


l l l t tè l f l’ g l ff t l
interpréter, à en analyser une facette ou une catégorie particulière (le choix, les
sobriquets, etc.) ou à appréhender leur v t l’ p t l t p

132 -N ëll Gary-Prieur, 1994, Grammaire du nom propre, Paris, PUF, coll. "Linguistique nouvelle"
»

Page 211 sur 854


(Bromberger C., 1982 : 103). Leur apport à la compréhension du domaine
anthroponymique demeure important.

Les travaux de Lévi-Strauss et de Bromberger assignent donc aux noms propres,


envisagés dans leur totalité, une valeur déterminante ; ils y voient un « inévitable
outil heuristique p l’ l th p l g ». D’ t anthropologues ont
v l p l ’ gt t t Centlivres. P, 1972) ; (Héritier. F, 1983,
2002); (Becker. Ch, 1991) ; Bernard Vernier, 1999 ; Cécile Leguy, 2005) ont
ensuite expérimenté de nouvelle approche sur des systèmes anthroponymiques tant
t ’ ll

é l L g 2005 p pl ’ t v g t l
noms portés par les Bwa du Mali comme clé de lecture pour accéder à leurs
opinions sur les relations matrimoniales en vigueur dans leur société.Malgré les
études de Lévi- t t b g l t b t ’ ll t
pp t l p é l’Af l ’ vè l tè
anthroponymiques en Afrique restent peu explorés par les africanistes et surtout par
les chercheurs africains eux-mêmes.

Les publications sur cette thématique se font encore au compte-gouttes et elles


t l’œ v uelques linguistes, historiens, psychologues, sociologues, juristes,
politologueset anthropologues. Nous pouvons en citer quelques-uns comme : Pierre
Nthombaye, qui a investigué au Burundi (1983), Baroan Kipré Eme en Côte-
’v 19 6 h f l’ l g t h t h l 199
Adrian Koopman en Afrique du Sud (2002), KwenziMikala Jérôme au Gabon
(2008). Ils ont pourtant apporté la preuve que le nom personnel africain recèle une
richesse insoupçonnée.
12.4 La situation au Bénin
L t t ’ t guère meilleure au Bénin éf t ’ l f
l’ th p on rencontre quelques ouvrages de vulgarisation qui traitent des
noms de personnes expliquant assez sommairement les conditions et circonstances
’ tt b t U b è h été v t par le P f é
thè t bè133. Cette thèse ayant un caractère généraliste traite de "Langage
et Culture chez les fon". Il aborde la partie relative au nom de la personne dans un
chapitre, intitulé : "«Une parole sociale » qui crée l’être : le nom." (Guédou. G,
1985 : 338). Il donne la signification du nom notamment chez les fon par le
syntagme : "ny " qui signifie littéralement " t - " " - "
ll pp t l - "le ny , nous disait un vieux, c’est le cri ou
l’évocation (m i ) qui fait exister la personne d’un individu ou d’une chose
(ny ). C’est aussi le cri qui permet de "toucher" un être et lui seul.

133
X et bè : Langage et culture chez les fon (Bénin)
Page 212 sur 854
C’est le cri qui permet de le distinguer des autres. C’est le nom que porte un
individu ou une chose et qui permet de l’appeler, de le chanter ou de l’interpeller."

Pour le professeur Guédou, "le nom sert en effet une réalité sociale, un x où
l’on peut lire les préoccupations passées, actuelles et futures du groupe dans lequel
est né son porteur. C’est aussi un lieu d’expression culturelle où se réflète la vision
du monde de la communauté et où s’actualisent les rapports les gb t (êtres vivants
humains), le gb t (le créateur), les n y s m (le monde des invisibles) et
le milieu écologique. Le ny est aussi une réalité psycho-sociale : un facteur
d’intégation de l’individu à son groupe." (1985 : 342)

Comme par ailleurs, tout reste à faire dans ce domaine, malgré le fait que
l’ p t t soit tel que l’UNE tt é l’ tt t h h
nombre de domaines à explorer dans cette discipline. Dans ce cadre, nous pouvons
citer : (Annexe 2 : Données UNESCO).

M. Nouréini Tidjani-Serpos Humaniste, Intellectuel et Créateur, par ses qualités


’ t ll t l h t t ’h l tt N é - p ’ t
résolument dans une démarche universelle. Il souhaite promouvoir une approche
intersectorielle guidée par la culture et sensible aux cultures du monde, aux
différences et aux solidarités. Essayiste, critique littéraire, romancier et poète,
Nouréini Tidjani-Serpos a publié pl v g t pl ’ t
’ t l v é l .

Il a aussi été co-directeur de la revue "Nigerian journal of Humanities",


directeur de publication du "journal of the Literary Society of Nigeria" et membre
du comité de rédaction de la revue « Présence Africaine ». Comme tous les poètes,
Nouréini Tidjani-Serpos est un homme de vérité, de liberté et de justice. Il est aussi
polyglotte. Il a une "forte pé v l’UNE en assumant
successivement les fonctions de :

 Ministre-Conseiller, Délégué permanent adjoint (1991-1995), puis


Ambassadeur, Délégué permanent du Bénin (1995-1998) ;

 Président du Conseil exécutif de 1995 à 1997, de 1998 à 2000, et de Sous-


t gé é l h gé ép t t Af l’ g
p té l’UNE .

L’ th p gè l l’h t e nos pays depuis la cohabitation


avec les colonisateurs, les missionnaires et explorateurs divers.

Page 213 sur 854


P l’ té t ’ pouvoir politico-administratif, une meilleure identification de
chaque habitant par son nom (électeur, déplacé, démobilisé, victime, agent de
l’ t t v pé t f
12.5 Conclusion
Le constat de carence en étude anthroponymique est également valable pour
l’ bl des communautés béninoises, et notamment en ce qui nous concerne la
communauté Fon, celle qui nous préoccupe le plus. Les Fon sont pourtant reconnus
pour leur résistance continue à la pénétration européenne, leur organisation
militaire et politique et pour leur civilisation rayonnante dans la région du golfe de
Guinée depuis le XIV siècle L’ l anthroponymique p l’ g forts
que nos rois ’ tt b t représente par exemple une précieuse source
’ f t tè t lt es et de religions.

Ainsi nous allons aborder dans cette troisième partie la nomenclature


onomastique des rois d , la région fondatrice et berceau du
Dahomey à travers la description et la dérivation affixale des rois du royaume de
Danxome.

Page 214 sur 854


Chapitre XIII

NOMENCLATURE ONOMASTIQUE
DES ROIS DU ROYAUME DE DANXOM

Page 215 sur 854


13.1 L έ : Historique
De son passé glorieux, le Danxom l’ pp ll t p t t royaume qui
a connu un veritable rayonnement depuis le XVIe siècle. " ’ p è l t t l
pl ép l Al tv p t é g
actuel. La tradition fait remonter à la fin du Moyen Age les origines du royaume."
(AHANHANZO-GLELE, 1974)134

13.1.1 Des origines135


Son origine lointaine aurait été attribuée à une migration, suite à des querelles
de succession, à des conflits des Aja136, les otochtones de la région de Tado située
l’ t l g l f t t ’ é g ph
v t é ét é t l’ p é ’ t f t
t t fl é l’ pp l t p v é son
é l t t tl g t ’ t v

Nous allons nous inspiré du récit fait par (SOSSOUHOUNTO, 1955)137


pp té p L l E ’AL E A138 dans sa thèse de doctorat référencée
ci-dessous. Nous présentons très schématiquement les principales étapes de cette
péripétie.

1 – Ag l p thè âl t éé l’ t th l
t ’Agb Ell t Al gbɔ ɔ f ll ɔ

2 – Son premier fils se serait nommé Kakpo, son second fils Ag p ɔ ú.

3 – L fl t A ɔl tL t t
b ’ f t t l pl bl t été A hútɔ A p -
ɔ ɔ t gb gb tL h tɔ

é t l’ p t l p p l t des Agasuvi139 t l v ll
ffé t g t l A ɔl ll t l
tô ɔ t v tv t

L l l ’ t é t té l t p t ’
fille, car dans la coutume Aja, la succession était patrilinéaire.

134
LE DANXOME de Maurice AHANHANZO-GLELE 1974 NUBIA PARIS
135
Conférer annexe n°3
136
Aja : Communauté au Bénin dans la région du Mono (Sud-Est)
137
"Les anciens rois de la dynastie d’Abomey, Essai généalogique et historique. (voir bibliographie)
138
Thèse de doctorat LE DAHOMEY SOUS LE REGNE DE DADA GLELE DAXOMƐ 1858-1889
139
ils et descendants de la panth re Agas
Page 216 sur 854
Le rejet de cette candidature provoqua une grande émeute au sein des deux
parties. Malgré leur vaillance et leur bravoure le clan des agasuvi fut mise en
minorité et dut céder, et décida ainsi de qu tt ɔ, pour se render à Allada.

’ t tt é t l fl î é ’Aɖɔl t b p
’ A t ft A hútɔ ’A .

l pl h lt v t ’ tt All . Ils furent conduits par


A ɔl tL l f t ç s par les chefs locaux ɔ A gb t b
’ t l bt t l’ t t ’ t ll p t t l l v l t

l t p p è A ɔl t t ’ t t è fils
gb gb t L h tɔ l é Lui aussi mourut quelque temps après.

’ t p fl H g t t l tô U
bagarre terrible éclata à nouveau et cette fois-ci entre les quatre fils
d’A ɔl L trois autres étaient contre leur grand frère qui prit le pouvoir.
Ils finirent par régler leur différend v ll g p é l
H gb H gb g f : "la querelle est terminé."

l’ de cette pacification, les trois autres frères reconnurent la légitimité de


leur grand-frère. Ils prirent alors chacun différentes directions pour aller se créer de
nouveaux horizons.

b l f l ont l t é, descend alors vers sa


famille maternelle et va fond l A v pl t P t -
Novo140
13.1.2 L g t v l pl t ’Agbɔ
H g ’All t t ’ t l A hútɔ p t
la succession. Quelque temps après, deux de ses neveux moururent aussi, il ’ g t
t pɔ t ɔ t fl é gb g ou Do-Aklin.
Celui-ci devenu orphelin, ne souhaite plus rester à Allada l ll h l’ l de
pè A p ɔ Hinvi- v l ll v v t ’ ll
’ t ll ll f ’év t t t p t év t ll p t rv
t l l f l t t l h l b t pé t l l
t l p Al gbɔ ɔ ’Ag ú pɔ t ’A ú- p ú
gb g g l v l l ’ t l t p H gb -Agɔ
avec sa petite troupe. P t é H gb l v é l
vt é pl l ég é tl é v t-à-dire
l pl t ’Agb v t l’ vé é g t ’All

140
Porto-Novo : nom don é p l pl t p t g t v tt ég bl l
v ll P t ’ P t -Novo, qui signifie littéralement :" le nouveau Porto"
Page 217 sur 854
Dogbagri tt H gb v t p t ’ t ll ɔv l ég
de Zado. Cet endroit où a résidé Dogbagri, t t t ’ pp ll All ɔ
’ tl ’ l ép é f ll é Sava- c . Ils vont avoir
cinq enfants ɔ -Hlan, Gany x s , Dako-D gbɔ t ɔgb Dogbagri
p t f l ɔ -Hlan. Il décide peu de temps après de quitter cette région
t ’ t ll pl l v é ou Hwawe.

E t H é t gb g bt t l ’ v t f t
laquelle furent h é l l l v t f é l’ l pè
A p ɔ H v- v A ’h , tt f t ste aussi et
porte le nom ’Ag ú l f t ’Ag ú).

t t ’
t té, Dogbagri, massacra tous les roitelets
ét t h t ’ pp t p g l ’ g t
l’ é H t p h E v h l ’ t tt é l
p th ’ h f é b g ɔ ou Ouassa qui devient son ami et
de sa troupe et leur montrèrent le chemin de Hwawé. Dogbagri le couvre de
cadeaux. Le roi Gbaguidi accorda à Dogbagri et sa suite une large concession à
H é pè l’ t ll v ll de Bohicon anciennement appelée Gbɔ ɔn c'est-
à-dire le marché aux esclaves).

Dogbagri ou "Do-Aklin, mort vers 1620 à Zounzonsa est inhumé à Allada p è


t Ag tA h t " RNE N 19 1

13.1.3 La succession
À la mort de Dogbagri dit Do-A l ’ t fl G qui fut
é g é p l é L t l’ v év ée plus loin au chapitre
XIV : Panorama morpholexical des noms des rois du royaume de Danxomἑ
v t l èg h ’Agb

En effet, étant désigné pour succéder à pè " ú t All


p v l’ v t t t é fè -Donu, prit le
pouvoir et soumit tout le monde à son commandement. Il devient roi de Wawé et
au retour de ú, ce dernier fut obligé de se soumettre. l t
lft t p l Al t - f l Ah t H égb
t l tô l t éé l v f t ’Agb "
141
’AL E A 1973

141
Thèse de doctorat : LE DAHOMEY U LE RE NE E A A LELE … b bl g ph
Page 218 sur 854
Voici le récit très synthétique de l f t ’ p t t élèb :
l ἑ qui est devenu un État. Il a été pendant de longues
périodes, l’ l pét t té t l pé l t f ç
anglais et portugais notamment de 1876 à 1882.

Au XIXe siè l l p t l p t é l é
t l l p t v t l èt ôt ll t p p p
(Grand-P p v p t t tf ç 1 75 l’ t P t -
Novo (L N é l’ t l ’ét ’ t p t t l fl v é é t
ff t ’ l ét t l t t p p l tp t
royaume. A t t p t ’ t t p v l p
mahi et les pays yoruba de Dasa et Sabe (Savè actuel).

Av t ’ b l’ét th p l t ’Ab
qui nous conduira à présenter :

 l’ét l g h ;
 la structure morphologique et lexicale de chacun de ces noms ;
 la dérivation affixale ;
 les lexèmes dérivatifs ;
 et un bref historique du règne de chaque roi.

Nous allons ainsi avoir un panorama morpholexical des noms des rois
’Ab v l t de leur règne et de celles de leurs dynasties.

Le terme dynastie, qui vient du grec dunasteia, succession de souverains qui ont
une même famille.

13.2 Organisation
Le royaume ’Ag Agb a connu 13 rois dont 12 sont repertoriés
officiellement.

Av t ’ ll ét l tt ét ll p é t l cadre strucutrel
dans lequel notre analyse v ’ é . Il ’ g t ’ l ph l g t t
sémantiquement des noms de personnes, des noms propres. Notre corpus dans un
premier temps porte sur la dynastie des treize (13) rois ’Abomey.

Pour ce faire, nous allons à travers le processus morphologique de chaque nom,


extraire les parties composant sa structure morphologique identifiable, à partir de la
séquence de morphème contenu dans ce nom. Nous dégagerons aussi, la catégorie
grammaticale de chaque pas de dérivation et nous en donnerons une interprétation
sémantique appropriée. Car "l’analyse de la structure des mots révèle, par les
parties composantes du mot, les parties composantes de l’idée qu’il signifie."
Page 219 sur 854
(Ginette, 1959 : 279)142 Nous allons ensuite nous interroger sur le système
dérivationnel.

13.4 Problématique (Rappel)

PEUT-ON PRATIQUER LA MORPHOLOGIE DÉRIVATIONNELLE SUR LES


NOMS DES PERSONNES EN LANGUE FON ?

"La morphologie est la description des règles qui régissent la structure interne
des mots, c'est-à-dire les règles de combinaison entre les morphèmes racines pour
constituer des "mots" (règles de formation des mots) et la description des formes
diverses que prennent ces mots selon la catégorie de nombre, de genre, de temps,
de personnes et, selon le cas (flexion des mots), par opposition à la syntaxe qui
décrit les règles de combinaison entre les (morphèmes, racines et mots) pour
constituer des phrases." (J. DUBOIS et Coll., 1973 : 326)
13.4 Les objectifs :
• Reconnaître les néologismes dérivés, du ressort de la morphologie ;
• Expliquer la formation des mots dérivés ;
• Ré l l ’ l g phè -racines ; (domaine de la
lexicologie) ;
• fé l g f t ’ é vé p t ll l levant de
la sémantique ;
13.5 - Formalismes de la dérivation
L’ ff t p t t t p été t v

• Morphologique
• Syntaxique
• Sémantique

13.5.1 Morphologique
- Reconnaissance des formes
- Ré lt t l té t phè ff t ’ phè
racine
- ’ t f l pl b "d’automates à nombre fini d’états"
(Voir modèle plus loin)

142
Citation prise dans l’ouvrage LA DE INITION LAROUSSE 1990 Paris

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13.5.2 Syntaxique
- Ce formalise pallie certaines insuffisances du formalisme du niveau
morphologique :

- l p l’ l l t v tl ff
- té p l’ l t p t éb t ’ l f
le sens inverse.
Exemple :

l’ v t par exemple que le préfixe "dé" opère sur le verbe "Nationalise" et


que le suffixe "- t " ’ ppl sur le résultat, nous aurons alors recours à des
p thè p p t t ’ b :
Exemple :

Utilisation des parenthèses


((dé – ((nationN – al)A – ise)V)V – ation)N
N : nominal (nation)
A : adjectival (national)
V : verbal (Nationalise) dénationalise
N : nominal (dénationalisation)
13.5.3 Niveau sémantique
Il permet de faire la distinction entre les morphèmes autonomes, les morphèmes
racines, et les affixes car « les racines sont considérées comme des "briques" avec
lesquelles les affixes construisent des "murs" »

t p ’ b t

- Les catégories de base (morphèmes de base)


- les opérateurs (les affixes)

Exemple :
- L é vé ENA NAL A N ’ t p èt l é lt t
plusieurs opérations de transformations successives, chacune se greffant sur
la précédente :
- ation [dé – [-ise[-al[nation]]]]
- f l p t ’ p l t f t g f t lé
l’ ppl t ’ ff

Et p œ v
• Création de fiche philologique
• é t ’ b l l t

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Exemple : Le nom du roi GANNYIX U
• Dérivation affixale
• Cas de préfixe
• Cas de suffixe

13.6 - Pourquoi une fiche philologique ?


• Dégager les règles de mots
• Traitement automatique envisageable (Création de dictionnaire envisagé)
• Pouvoir décomposer les mots
Car, "considérés du point de vue de leur origine les mots constituent une masse
hétérogène."[H. MITTERAND ; "Les mots français"]

• R l’ét l g
• Avoir une vue synthétique de la dérivation

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Chapitre XIV

PANORAMA MORPHOLEXICAL
DES NOMS DES ROIS DU ROYAUME
DE D XOMԐ

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Page 224 sur 854
Section 1 : Le roi ǎ ú

N° 1

ǎ ú ǎ ú
Le chef, ’ t l’ âl

ǎnnyǐxɛ̀sú

gǎn nyǐ xɛ̀ sú

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14. S1.1 Introduction
Le roi GANGNIHESSOU (orthographe francisée)
Il ’é t lph b t f t ǎ n x ú
Étymologiquement, il signifie en français "l’oiseau mâle qui est le chef. "

Nous allons procéder à une analyse morpholexicale. Cette analyse va consister à


utiliser le principe de "décomposition" du nom du roi :

 N t t ’ l’ l é p t e la lexie ǎ ú nous
avons 4 morphèmes distincts qui peuvent tenir lieu chacun de base à de
nouveaux mots, à savoir :
Gǎn, , , Sú.

 Explication de chacune des bases

 Dérivation affixale

14. S1.2 Analyse Morpholexicale


"La morphologie est la description des règles qui régissent la structure interne
des mots, c'est-à-dire les règles de combinaison entre les morphèmes bases pour
constituer des "mots", (règle de formation des mots) et la description de formes
diverses que prennent ces mots selon la catégorie de nombre, de genre, de temps,
de personne et selon le cas (flexion des mots) par opposition à la syntaxe qui
décrit les règles de combinaison entre les morphèmes lexicaux (morphèmes,
racines, et mots) pour constituer des phrases". (J. DUBOIS et Coll. 1973 : 326)

Compte tenu du caractère agglutinant de la langue fon, nous pouvons


décomposer le nom comme suit :
ǎ n ú ǎ n x ú
/chef/ t pp l / / âle
L’ âl tl h f ’ t l’ mâle v tl ôl
de diriger la basse cour.

l t p é ’ b /gǎ / et ’ bl phè dérivatifs :


/N /, /x /, et/ ú/ qui constituent aussi des bases

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14. S1.2.1 Etude détaillée des constituants ǎ / / /ú
Base 1 : / ǎ /
Il représente la base à partir de laquelle nous faire des dérivations préfixale et
suffixales.
G : n. Roi, chef, responsable, toute personne qui exerce une
p ll ’ t té à quelque niveau que ce soit.

/l/ / tɔ / égbé
Nous/élire/ h f/ t / ’h
N v él t h f ’h

gǎ / tɔ / ɔ / A
h f p / t / ’ pp l / A
L h f ’Et t t p ’ pp ll A
Base2 :
v.(1) t ’ pp l
N / / ɔ/ ?
Comment/toi/appeler /
t’ pp ll -tu ?

/ ɔ/ / ɔ
/ / pp l / ɔ
’ pp ll ɔ

n(2) / /t é/ / ú/
Expliquer/nom/tien, ton/intérieur/pour/moi
Explique-moi les sens de ton nom

ɔ / / ɔ/ / /v
Pè / ’ t/ /f
imposer/nom/enfant
’ t l pè f t.

Base 3 X
X n (1) Oiseau, gibier à plume
X / è/ɖ / /
/ / t / g / té
Mon oiseau est dans sa cage

Azé/ / ɔ/ tɔ / è é/ á
Sorcellerie oiseau/ne pas/sortir/journée/non
Le hibou ne sort pas dans la journée

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X v(2) t p t b tt pl
A ɔ/
Travail/ battre son plein
L t v l bât pl
bé gbé / /
F t/ /
oiseau de brousse ou de forêt :
l’ : oiseau sauvage par opposition à
Xwé/
Maison /Oiseau
Oiseau de maison : oiseau domestique ou oiseau de la
basse cour)

L l " ú" t v t v l p t l "a". Elle


peut prendre plusieurs formes (nominal, adjectival,
verbal)

aj. âl masculin, époux


bétɔ/ ɔ/ h / / ú
h /l /t / / âl
L h t é âl

/ tɔ / ú/ / pɔ / n
Fille/lui/mari/venir/voir, regarder/lui
Le mari de sa fille est venu le voir (Son gendre)

v. Fermer, boucher, obstruer, enfermer, combler, payer


ɔ ú/ /hɔ /tɔ / b /ɖ /t / / t
ɔ ú/f /p t /p / ll /v ll /v t /
ɔú f é p t et est allé en ville

E / / axɔ/ /( ɔ
On/ payer/dette/ à lui
On lui a payé ses dettes

Agbé p / / / /bɔ/ gbetɔ /


Agbéwunkpan/ h / h / ’ /v /f
Agbéwunkpan a tellement chanté qu’ l la voix
enrouée

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n. Tontine, paie, pari
E/ / /
Il/tomber/tontine/dans
Il est entré dans une tontine
/ / / ɖɔ / / / / l t l
Nous/cueillir/pari/dire/je/vais/manger, gagner/loterie
Nous avons parié que je vais gagner à la loterie

2.2 R ’ gé é l
: êt ’ pp l

Nous faisons remarquer que le ton modulé haut-bas matérialisé par le


signe accent circonflexe v é ’ t p f gé L t p t h g t
peut engendrer par la mê l h g t ’ t

Exemple :
N ɔt é soit littéralement (Comment nom ton est-il ?)
E ’ t t : quel est ton nom ? Ou bien
t t’ pp ll -tu ?

b N t é Ici nous constatons que le même mot " " est


à la fois un nominal et un verbal.
Comment /nom /tien/ est ?

N On peut utiliser une forme raccourcie


p v l é lt t :
t t’ pp ll -tu ?

x n. Oiseau, gibier à plumes.


Il peut aussi servir de base à la création de nouveaux
t p l pl l ’ t lui v t
notre troisième base que nous allons dériver.
Nous pouvons citer par exemple sa composition avec
’ t t.

tv l ú mâle, masculin

Nous faisons remarquer ’amuïssement vocalique. La particule préfixale


/a/ " ú" p ît, pour créer la lexie ú.

Page 229 sur 854


L ègl ’ ppl tè ’ ï t t ll é t p l
Professeur AKOHA. Il écrit : « la forme la plus courante et la plus significative
demeure celle de à- initial des nominaux commençant par à- qui dans une relation
de détermination secondaire, doivent occuper la fonction de déterminé (Dé)
nominal non régi par le fonctionnel. Dans ce cas, l’ordre des termes est pertinent
et suit les schémas S=Dt-De. » (Akoha. B, 2010 : 55)

Exemple :

– ú /v - ú/
/ ’ f t / "g "
vɔ – / vɔ /
De tissu | prix / " le prix du tissu"
f ç l ph l g l l ǎ ú
14. S1.3 Aperçu historique
G (1620) t l’ f l î é 143 de DO-AKLIN ou DOGBAGRI
et qui, l l t t p v t ’ t tp XVIe
siècle et serait basée à TADO, une ville située sur les rives de la rivière MONO, qui
fait frontière entre le Togo et le Bénin ’ ’h . Ainsi DO-AKLIN, en quittant
144 145
TADO, emporte l t l , siège d’Ag ú . Il ’ét t dirigé vers le nord avec
toute sa troupe, p è p t f ll l ’ t ll v l s p
é év t t h

-A L N bt t l t ’A PAHÉ A Nɔ146 (Maître des terres de


’ t ll pl t l l g ferroviaire de Bohicon. Il y a eu
t t t t l Ag úv t l é év -AKLIN meurt vers 1620
laissant donc ses deux enfants qui avaient soumis à leur autorité, quelques
groupements voisins, notamment "OUO" qui leur avait donné le terrain, diverses
tribus yoruba, puis A PAHÉ le chef de la terre.

Après v él ét l bt l p v t ’ pp l t ll t
l ég ú ét t l f l î é v t f t ô iser roi en 1620 à
la mort de leur père. Il partit alors à Allada pour sa consécration et pour ramener
t fét h t l ’Ag ú fè p î é p ft
absence pour usurper le trône P é t ú ’ pu régner. Son
emblème est symbolisé par un oiseau et un tambour.

143
Le second s’appelle DAKO qui deviendra aussi roi sous le nom de DAKODONU
144
K t clɛ̀ : siège spécial pour les rois
145
Agas : le roi de Tado, le père de DO-AKLIN. En ant né de a on mystique de la couche en ret d’une
panthère avec la princesse Aligbonu, fille du roi de Tado.
146
Propriétaire terrien
Page 230 sur 854
l’ pp ll l éf ’l v tl é PA l ’A ’l
v t ’ ll "Il se compare à Sasué avaleur de criquet qui ne laisse aucune
trace de ses victimes". (BITON. M-M, 2000 : 81). Ainsi évincé du pouvoir,
sournoisement par son frère, il a préfé é l’ l v l t é hé l l
est alors élevé au grade de Grand Prêtre Vénérable à Allada h f p t f t t
Ag ú ou Ag ú ɔ . "A partir de ce moment, et à cause de cette usurpation, plus
personne n’allait se faire sacrer roi à Allada. Le sacre se fit désormais à Abomey.
Ainsi s’explique le transfert à Agbomey du siège de l’intronisation des rois."
(AHANHANZO GLELE, 1974 : 85)
14. S1.4 Processus dérivationnel
Nous allons présenter ci-dessous, une fiche étymologique de dérivés de bases du
nom Gànnyx ú t f t tp l’ bl p tl
t ’Ab
E e le e f c e
Ru r que 1 : Rece e e e e
E e le :
e:G
e : Xέ
Ru r que 2 : E c r l que R c e E D r
ét l b tl é v t

Pr f e e uff e
La base 2 : ’ p été t té t t t l f t lté t
14. S1.4.1 Présentation des éléments de la fiche étymologique

14. S1.4.1.1 Rubrique 1 : Recensement des bases


Cette première rubrique contient le "faisceau de bases" en activité dans la langue.
Ces bases dans la langue fon, ont généralement une unité morphologique
marquée, par exemple :

- P ǎ , ú ú ún
- P p b t t bl t ú b h g
dans : D ú t é vé des
éléments constitutifs de Dakodonu)
14. S1.4.1.2 Rubrique 2 : Encart étymologique
E tp pl l l’ét l tt h nt les différents
aspects de la dérivation, nous proposons de reconnaître une unité aux expansions
Page 231 sur 854
du mot. Une fois que nous dégageons la racine, nous obtenons la forme
morphologique minimale, la notion sémantique de base, p pl
147
ú v b t p é t l’ té b l
la "forme morphologique minimale."

14. SA1.4.1.3 Rubrique 3 : Le corps des fiches

1 Les bases
Par rapport à la racine, une base peut être morphologiquement plus étendue.
Une base étant définie comme l’élé t t l l é v t tt é v t
p t t pl ême génératrice de nouveaux dérivés. On peut aussi définir la
base de façon diachronique et synchronique à la fois.

Dans une perspective diachronique, chaque élément du mot est une unité de
signification. "Chaque combinaison "préfixe-radical-suffixe" produit une unité
nouvelle, car chacun possède son autonomie de sens. Cela suppose que nous
puissions tenir compte de la charge sémantique de chaque morphème dans le choix
du mot et l’organisation de la phrase." (Pages. P, 1985 : 31)

Dans une optique synchronique, "le terme de base ’ t p l l


l’ té l l tè é t t … À l’ té h é l t
dépendances de dérivations entre chacun des termes". (Guilbert : XXXII)

Pour donner une définition "laconique" de base nous pouvons convenir que,
’ t t lèv p éf t ff pp h
davantage de la notion de "radical".

Les bases que nous allons présenter dans notre étude comportent la plupart,
sinon toutes, des combinaisons et règles morphologique p bl pt bl
’ t utilisées pour constituer son système dérivationnel.

Nous présentons ci-dessous une fiche étymologique dont la b N qui


présente deux caractéristiques essentielles :

 Maintien de la base au cours de la dérivation av lt l


p éf h v ɔ t l ff ú t ou (ji)

 La formation de nouvelles unités lexicales, qui une fois entrées dans le


l p v t v b ’ t é vé

147
Voir exemple ci-dessus, les unités morphologiques minimales
Page 232 sur 854
Notre analyse morpholexicale se fera suivant la structure qui suit :
2 Analyse morpholexicale
Cette analyse va consister à la décomposition du nom du roi :

• Décomposition du la lexie initiale


• Explication de chacune des bases
• Dérivation affixale

3 Les éléments de dérivation : Préfixes et suffixes


Autour de la base et légèrement détachés se distribuent les préfixes, les suffixes et
les désinences, et ils occupent une position géographiquement déterminée.

A partir de la base GAN (CHEF)

Base Suffixe Lexème dérivé

Page 233 sur 854


4 Le sens des noms dérivés
r fc

ǎ b L hât t h f h tt
Un autre sens est possible au lieu de chicotte, on peut
entrevoir un autre mode de châtiment, comme une
malédiction
ǎ gbè L h f l b pp é é p l

ǎ h L h f p

ǎ gbè L tl v p t l t t t ’
l h

ǎ l tô t g v

g h ὲ P è é t bl t ép h bl

ǎ ὲt è L h f v t b p t
l’ t t t è pp é é p té l
év l pp b H p pl
ǎ l p t t ’ t p l t
g ’ pè L’ té l tp t
h h ’ b t "l’ét " b t
l t

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5 La signification des noms dérivés
r fc

gǎ h f l v té l t
gǎ g t ’ p R Pé t l
Rép bl
gǎ h f f t ’ f ll
At gǎ l l g fè pè f t
ᴐɖ gǎ É g h f P p h f
A ᴐgb gǎ L h f l A ᴐgb

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Section 2 DAKODONU

N° 2

D ùD h l
D o tua Donù et a fait rouler la jarre à indigo

Dǎkodon

dǎ ko do n

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14. S2.1 - Analyse morpholexicale
A N U ’é t f : ǎ
Cette analyse va consister à la décomposition du nom du roi. Nous constatons
’ l’ l é p t e la lexie ǎ , nous avons quatre (4) bases
à savoir :

ǎ
Explication de chacune des bases

Base 1 D :
D : n. (1) b t f l’ f tt t l
L t t l l l’ t l l g f
b b t ’ t phè p l é
p l ph l’ t lé p t v h t
en bas selon les contextes

v. (2) Être méchant


’ p p t t
répréhensible envers son prochain. On dira :
N v /ɔ / :
-h /l / t é h t
Le jeune-homme ou la personne est méchant(e)

din
/ t / é h t/t p
Tu es très méchant

v. (3) Enfreindre une règle


E/ / / /
Il/ désobéir/ dieu/lois, règles/sur
Il désobéit aux lois de Dieu
Base 2
: n. (1) terre, argile, boue
/ / ko /b /t / ɔ /
N /p / g l /p /bât / / v
N v p l’ g l p bât
avec.

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aj (2) Num, card. vingt (20)
/ ɔ/ ɔ / ú / / / / ko
E f t/l / v / h /l pt / ’ /aller/20
L’ f t pté ’ 20

x ém o :
Il/acheter/livres/20
Il a acheté 20 livres

ad. (4) Déjà


v/ / o/ à
enfant/le/déjà/arriver
l’ f t t é vé

Base 3 D
D n. Trou, creux, fosse, fond, bassin, piscine, terrier, le
f l l’ g ’ h

A b v / ɔ / ɔ148/b / / /
A b v /l l /part. /chercher/chose/trou, fond/trop
A b v h h t p ître le fond des choses
A b v tt t
l’ g h

/ tɔ/ ɔ/ tɔ /gɔ gɔ
/ vè ’ /le/ profond
Le puits est profond

/ /ɔ t gǎ / gb / tɔ / l / ɔ/ f / h /
t
Depuis/trou/le/roi, chef /p /Agb / /l
/part./combattre/armée
p l éb t l ’Agb f t la
guerre

Un/ ùn/ d
je/ creuser/trou
’ é t

/ / / /
l/ t t bé/ t /
Il est tombé dans un trou
148
P t l t l’h b t t pl t l t tl v b
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n. (1) bouche, bord, en bordure, embouchure, terrier, trou
Af / ɔ/ b ɔ/ /
Rat/ le/rentrer/trou/dans
Le rat est rentré dans un trou
N / ɔ/gɔ gɔ
Trou, bouche /le/profond
le trou est profond

14. S2. 2 Aperçu historique


D D 1 2 – 1645)
149
Comme nous l’ v év é pl h t t l fè t
ú l ’ t p é p v p t f è ét t p t All
pour se faire introniser roi. Dakodonu paraît t l p qui débuta un
règne réel de 1620 à 1645, ayant pleinement exercé le pouvoir et ce pendant 25 ans.
l ’ét t é t g é v t l ép t fè l v tt ép p
A ɔ é l t p g t ’ét t é
rouler cette jarre.

E f t b t A l ’ t tl v t N ,
’ A -DONU). Il établit solidement sa domination sur toute la région.
L’ bl p l tt t l t fè ú l
contexte pas l pl v ’l f b tt t l A
v l ît p ’ p hé té é g f l Ah

Son emblème :
Une jarre à indigo et un "briquet indigène" ou une motte de terre.
Certains disent ’ t v t t l’ t v tt l
v l é b p ’ p tt p f b t té …

P ll p t l AHANHAN LELE 197


A N ’ p f t ’év fè ú p v l t
t hé f A t l’ t b pt é p ou Dakosi, l f
p (Dako) l f t f t tt f ’ pp ll P t
v l’hé t p é pt f

Ce jeune est très « récalcitrant et intraitable », et par conséquent ne peut


’ t v pè l v l f l l N h t pl
aller le jeune Dokpo est allé demander asile p è ’ t A EN h f

149
Dans certaine littérature on trouve DAKPODONU au lieu de Dakodonu. Mais le vrai nom c’est Dako.
Puisqu’il y a des descendants qui portent ce nom.
Page 240 sur 854
de tribu qui est un rival redoutable de DAKODONU, père de DOKPO. Ce dernier
fut maudit, et rayé de la liste des futurs prétendants au trône A pt p
et lui fait entièrement confiance malgré le fait que tous les anciens du royaume lui
demandèrent de chasser cet enfant qui "avait refusé de rester dans la nasse
familiale et qui de surcroît était maudit par son père".

Peu de temps après, u b g é l t t l p tl v A


hôt t "pè pt f" l v tl v ’ l t l A
son exploit à son père, ’ l a vaincu son principal ennemi. Il remonte de suite
l’ t pè p v b vé son ennemi.

Celui- l p t hl l p l léf ’l v tp ées


contre son fils au moment de sa disgrâce. p t l l
f l l f t pp l l t t v h f lt p ’ p l
ép ll t ll ’A g tp l l ég vv t
celui-ci.
"Absous par son père et redevenu prince héritier Do po vient s’installer à
l’emplacement actuel d’Abomey car son caractère et son tempérament rendaient
toujours impossible, toute cohabitation avec son père."150 Il demande et obtient un
lopin de parcelle auprès du chef Kolli. Dokpo venait de prendre possession de cette
terre quand son père Dakodonou mourut à Wawé en 1645. Il devient alors roi sous
le nom de Aho, et Hwégbajà, pour rappeler la moquerie des vieux conseillers
d’A .

150
Maurice AHANHANZO GLELE : LE DANXOME NUBIA 1974 Paris
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14. S2.3 Processus dérivationnel
Dérivation ff l ǎ
Base 1 : DA

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Dérivation

Page 243 sur 854


Page 244 sur 854
Page 245 sur 854
Lexie Signification
Enfant né avec cordon ombilical attaché au cou
Epouse de Dako
t Culotte
A t Escargot
A l ɔ N p p ’ p t v ú A l
tɔ Vendeuse de bouillie
Epouse de Dako
Cokot Culotte
Akot Escargot
Akot ’ g t

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Dérivation affixale
Préfixe(s)+base+suffixe(s) Création lexicale Signification

Préfixe Base Suffixe Création lexicale

1 2 3 1 2 3 Lexie

a gbɔ v Agbɔ v
fan han Fandohan
a gl è adoglwè
v gɔ gɔ
gb do n b n
ú do b tɔ N b tɔ
ma ba gb do b gb

Signification des lexies créées

Lexie Signification
a glwè Foyer, cuisine de fortune
Agbɔ v Nom propre de personne (Enfant paisible)
Fan han Nom propre de personne (Insaisissable)
Vi gɔ Enfant adoptif, ou confié
b do Pauvreté, état de manque chronique
Nu b tɔ Curieux
b gb do Chercher à percer le mystère de la création

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Signification des lexies créées

Lexie Signification

tɔ hypocrite
ɔ tɔ Bienfaiteur (offreur de bien)
H gǎ Chef de famille
t Lieu divin de partage
ú é La bénédiction du Saint-Esprit
b La vie à témoin
b h égblé Etre victime du mauvais sort

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Section 3 : HWEGBAJA

N° 3

(1645 – 1685)

L p ’ t é h ppé l ’ t pl

HWÉ BÁJÀ

hwè gb(ɛ̌) j

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14. S3.1 - Analyse morpholexicale
H UE A A ’é t f H égb

Cette analyse va consister à la décomposition du nom du roi.


La décomposition de la lexie H égb , se fait en trois bases à savoir :

Hwé, gba, ou

Explication de chacune des bases

Dérivation affixale
Préfixe + base Création lexicale Signification
Base + suffixe Création lexicale Signification
Préfixe(s)+base+suffixe(s) Création lexicale Signification

n. Poisson, petit, soleil


ɖɔ è l hwè gégé
Mon filet a pris beaucoup de poissons

ɖɔ è l h èv p gégé
Mon filet a pris énormément de poissons

ú l h è
La lune a attrapé le soleil (éclipse)

N gɔ t é h è
v t v l’ p è -midi

v. Être petit
Nya nἑ ɔ h è ìn tawùn
Cette personne est petite, pas corpulente du tout

èA b ɔh é
Le bébé mis au monde par Ayabaest trop petit

En fait il y a une anecdote qui dit que les poissons sont les enfants du soleil,
’ tp p t pp ll p h ev )
b tl b /gb / t / /
N ’él v l Ell ’ t p t v
è gb t l particule préfixale /a-/ de aja.
tt t t gb gb h ègb

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G : v. refuser, interdire, rejeter, renier, renoncer à, empêcher de
/ gb / ú
Sika/ refuser/ mari (Sika a divorcé, Sika a quitté son mari)

gb t gb
Je renonce aux histoires

U gb bɔ égl
l l t t tp t t l ’ t t té

: n. (1) nasse, cage


: cage à oiseau

èɖ tɔ
Mon oiseau est dans sa cage

l : cage à poules

n. (2) t l h tt p p g h l
éé v ú p t

: n. (3) groupe ethnique qui peuple la région entre Tado,


Ath é é t p l t ’A l

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14. S3.2 Aperçu historique151
H É (1645 – 1685)

De son nom de nom DOKPO, alias Aho qui lui avait été donné par son père
Dogbagri, v , avant son accession au pouvoir, l ’ est donné
t gâ l .

L'échappé bel
H égb èg 16 5 1685 soit quarante ans de règne ! Il ’ t tt b é ce
nom phrastique p ’ l "aurait échappé à un guet-apens : il aurait été jeté à la
vè t ’ t é h ppé. Il avertit ainsi son entourage lors de
p p v ’l a difficile de renouveler cette opération"152. Le roi
H égb ’ t ll p è h f l l ll t l pè p ’l
h t t pl v v v pè é l créa ainsi le premier palais
’Ab l ft t enceinte autour de ses possessions, la future
pt l ’Abomey." (Biton : 2000 : 78). Hwégbaja, ainsi è
pè A N l h f é év . Il continue à grignoter divers
groupements Guédévi dont les chefs (Lansou, Aholo) sont tués. (Cornevin. R,
1981 : 95). Il ’ p é év f t l v bl g t l p t
sous peine de mort. Il étend son royaume en soumettant les chefs hostiles et aussi
les Adja, Topli venus les secourir. La région de O gbég soumet ainsi que
ll ’Ag ll p plé b Ah l
b g tt l ég t v ’ t ll v l v l .

La construction du palais royal


H égb t t p l Agb Ab é ’ p t t l
forêt, ses successeurs bâtiront leur palais en prolongement de celui-ci. Quand un roi
meurt on lui dressait des autels là où il avait vécu.

A la fi è l l’ t tp è H égb v
dans l t pl ’Ag f reconnaître t t ’ t g
secrets du royaume. A l’ tt é é tout le pays lui appartient
désormais ’ l l’ v t h té

Le p l H égb t tpè l ’ h f é év pp lé
ét t t t t H égb év t le tuer. Pour ne pas irriter
la population, il préféra user de stratagème. Il conseilla à Houessou son fils, futur
roi de sympathiser v l’ é bl t l terrain pour
’ t ll

151
Pour le lecteur qui voudrait en savoir davantage, je leur conseille vivement de se référer aux ouvrages
’h t é é
152
’ t l tté t t pl t tt p AN E AHANHAN
GLELE 1974)
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Dan accueilli Akaba et chercha à le tuer. Un soir Akaba se rendait chez Dan
avec ses chiens de chasse ceux-ci tombèrent dans un trou creusé sur le chemin.
Akaba furieux cacha sa colère mais demanda de nouvelles terres pour agrandir sa
maison. À chaque fois Akaba trouvait le terrain trop petit, Dan finit par se fâcher
"Bientôt tu finiras par construire dans mon ventre !"

Le lendemain, Dan fut provoqué en duel. Dan est tué et Akaba lui planta dans le
ventre le mat central qui devait supporter sa case. Danhomé (dans le ventre de
Dan).

Reconnu par le peuple comme roi, il nomme des ministres, le plus importants
est Mἑ u. Il siège immédiatement à gauche du roi tandis que Migan siège à droite.
Il a autorité sur les princes et les princesses. Mἑ u ’ p l droit de faire couler le
sang.

Adjaho est le deuxième ministre du roi l t l l ôl


t t t ’A t t p l l t Lég é é h f l p l

Tokpon : deuxième ministre sur la gauche du roi après Miga ’ p


l’ g lt t ff t t él bé t b f l

pt l’ l t l’ é pl ôté g

p t l’ l g h èg ôté h

Sogan : commande la cavalerie Gán) littéralement chef des chevaux.

Aplogan est le ministre des cultes

Binazon est le trésorier du roi on dirait de nos jours le ministre des fiances.

Les ministres sont pris parmi les Anato, les Dahoméens libres.

Ap è l t H égb 16 5 A b p tl é
cette maison ’ l t t tl t t l ét t pl té l v t
roi Dan. Le ’appela désormais Danhomé.

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14. S3.3 Processus dérivationnel

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14.S3.4 Processus dérivationnel

Préfixe Base Suffixe


Lexie
1 2 3 e 1 2 3
dan hwè Danhwè
dan hwè tɔ Danhwètɔ
ɖè hwè ú èh è ú
hl hwè ú t Hl h è út
gǎ hwè tɔ h è tɔ
gǎ hwè tɔ ǎ h è tɔ 153

La signification des lexies créées


Lexie Signification

Danhwè n. Période de la pêche des poissons-serpents


Danhwètɔ n. Quelque chose qui est propre aux poissons-serpent
èh è ú v. Se débarrasser des arrêtes de poisson
Hl h è út v. Faire un sacrifice à base de poisson pour un pays
h é tɔ n. Chef qui distribue les poissons
ǎ h é tɔ n. Le grand chef qui distribue les poissons

153
La possibilité est offerte de pouvoir faire de la néonymie, du moment que la nouvelle lexie formée a un
sens dans la langue en question.
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Dérivation préfixale : hw : maison
Préfixe Base Création lexicale
1 2 3 xwé La lexie Signification
do xwé xwé Maison en sous-sol
gǎ xwé g xwé Maison du roi ou du chef
glè xwé Gléxwé Nom de ville (Ouidah)
tɔ xwé ɔxwé La maison du père
v gǎ xwé gǎ xwé La maison du préssenti roi
a ga sa xwé agasaxwé h g b
a hɔ ú xwé Ahɔ úxwé La fonction publique

Dérivation ff l h é : maison

Base Suffixe
Lexie Signification
xwé 1 2 3
xwé ɔ x étɔ P p ét ’
xwé gbi gb x égb gb Maison en ruine
xwé gb x égb Grande demeure
xwé gbla ga da x égbl g Maison immense

14.S3.5 Processus dérivationnel : H É

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Nota
Nous faisons observer que l’ t" " t fl v é ’ tp
f hé l t gb l p t h g f t t t t g f t l
h
Il y a aussi des cas de polysémie dont il faut tenir compte car on peut constater
que l gb qui peut signifier :

- Refuser, repousser, interdire, renier


- Société, association, groupe, tontine, camarade, compagnon, copain
- E gé ép l t bondant.

l’ t h g l l t t "gb " il peut aussi signifer :


- Vie, existence, monde, Providence
- Tresser, tordre, filer, corder
- Cueillir
- Pousser de nouvelles feuilles.

Il est donc important de tenir compte du contexte dans lequel ce mot est utilisé.
l ’ tp l l mot qui necessite de telles préoccupations, mais il y a en langue
f b p t l l l’ t t ét t N’ v -nous pas dit
dès le début que la langue fon est une langue à ton !

Après cette parenthèse, nous poursuivons le processus dérivationnel que nous


avons entamé.

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Dérivation (Préfixe + Base + Suffixe)
Dérivation affixale

La signification des lexies créées


Lexie Signification

Ah gb ú n. La guerre a des principes


gb n. Nous sommes venus régler le différend

Le ventre ne refuse rien


Aɖɔ gb ú é n.
La famine ne recule devant rien

Afɔ ɔgbèl n. Tous le monde est présent maintenant


A ɔgb tɔ n Qui refuse les contraintes du clan
gb gbé út n. Le chef ne refuse pas ’é t l p pl

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14. S3.6 Processus dérivationnel : H É
Base 3 : AJA (Nasse, Cage)
Nous faisons observer dans cette base, la présence de la particule dérivative "a",
que nous avions déjà évoqué plus haut.

Page 261 sur 854


La signification des lexies créées
Lexie Signification

A n. ll ’A
A n. g l ég ’A
n. Originaire de la région de Djija
gb n. Lampe à tempête
ú ad. Brusquement
A ú n. L ôt l fl
A ú n. Porc-épic
A t ú n. l v ’A

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Section 4 : AKABA

N° 4

(1680 – 1708)
b b g ɔl h
’ tl t t l élé v t l’ b -fromager

Akaba

A ká bá

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t t t v t té ’ les bases, les
trois racines (A, Ka, Ba) ou bases que nous venons de décomposer t
ll - , mais elles ne caractérisent pas le nom lui-m P contre une
analyse morpho-syntaxique de l’é é ’ tt él nous fait constater
’l tl t u procédé morphologique dit le redoublement. Il porte sur
deux morphèmes : pour et pour k àk à
14. S4.1 Analyse morpholexicale
p t b p b b

D : v. Durer, Résister
l élɔ t ú
cette viande est très résistante (résiste sous la dent)
t t:
" élɔ t wú : cet homme est très endurant, téméraire,
(sens de couargeux)"

t l t "l g ɔ ɖ l : la tortue est très lente" (elle


’ tt t p h

t é t t " vɔ élɔ : ce tissu a les fils très


résistants" (qui ne ’ ff l h t pas facilement)

É/ / ú
Il/ endurer/ mort
l ’ f ôlé pl f l t t ’il
’ t t t vv t

n.(2) bave :
g ɔ
l’ g tb v

Gluant :
fév ɔ ɔ
La sauce gambo est gluante

D av. (1) Doucement


h ɔ
l v t t ’ l t plaît

av. (1) lentement (au sens de marquer les pas lentement)

bǎ bǎ v 1 F gé é bǎ g f
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doucement (tout doucement)
bǎ bǎ h tɔ gb é
’ tt t t t é v l v

Si nous revenons aux bases dérivées dans le nom Akaba à savoir: / a / ka/ ba
Nous avions déjà défini comme a- comme un dérivatif thématique préfixé au
lexème kaba. Nous rappelons la fréquence de cette particule dérivative est très
élevée en langue fon.

Ka : n. (1) calebasse
ɔ gb é ɖ ɖ p ɔɔv
ɔ é ɔɔv g calebasse pleine de maïs.

: v. (2) Clouer
é è l ú
Ils ont cloué Jesus sur la croix

: n. (1) chicotte, verge, fouet


Hú ú v ɔ p b p
Hú ú f ppé l’ f t v h tt
Hú ú a chicoté l’ f t

B : n.(2) b b bǎ é v b b
Ah gb b é ɔ
Ah ’ t t t b b

Bà : n. (3) l t t pât g tè t l
Taf t hàn làn b
f p ép é l pât g v l v p

Bà : v. (4) chercher
A ot ny n n n b a b b dn
A t ɔ h h éf t l’ g t ’lp v
perdu

(1) Agbangb v n b b é ba
(2) Agbangb s n av n b b é ba
Le chien d’Agb gb t p t l l’ h hé v

N A v h tɔ ɔ b l
A v h tɔ ’ p h h ll

: n. (5) niveau, mesure


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A b bǎ
A b ’ p tt t v

14. S4.2 Aperçu historique


règna de 1680 à 1708, soit vingt huit ans (28) de règne. Il avait comme
pé é pé pè l é l ’appelait
H UE U H é ú 154 qui signifie enfant garçon né pendant une journée
soleillée. Il a œ ll i Hangbé. Il avait été depuis
longtemps désigné par son père et ’ è tô ’ l’âg 50 ’ t
p l ’l ’ t h l nom llég A b

Son emblème est un sanglier avec un sabre ou un caméléon grimpant un arbre.


Il a été intronisé par Ag ú ɔ , le grand prêtre v ú l f ll l t
chaussé les sandales brodées de son père. "Puis il est laissé sur le trône dans
l’obscurité et lorsque les dignitaires viennent le chercher ils le trouvent
profondément endormi, comme le seront dans les mêmes circonstances tous les rois
d’Abomey (à l’exception de Béhanzin)". (Cornevin, 1981 : 100).

’ t t ’lp ç l ph : "D d aba aba aganman n


lià hun". En se comparant à un caméléon le roi Akaba "rappelle qu’il d t attendre
longtemps avant de parvenir au pouvoir. Cette phrase peut également signifier que
ce qui concerne le royaume doit se faire avec sérénité, la démarche du caméléon
traduisant ici au figuré celle d’A aba. De plus cet animal est également la
représentation d’une grande divinité fon créatrice de l’univers." (Biton, 2000 : 78)

L œ ll ’A b bé éf é t t t fè
Selon la tradition, et "conformément aux coutumes relatives au jumeaux, Akaba ne
pouvait pas rég œ H gbé était obligée de quitter son époux pour
rejoindre son frère au palais." (ALLADAYE, 2008 : 53)155

Les choses évolueront plus tard vers son abdication forcée. Il lui fut élevée,
"une construction royale Allada-vikpé où, selon la tradition, elle se livra à une
débauche assez habituelle alors chez les princesses." (Cornevin, 1981 : 100)

Comme ses prédécesseurs, Akaba agrandit son territoire aux dépends ’ h f


local Dan " l - ll té p bât , conseilla à Akaba de rester chez son père
g f t ’l l é tp lt tl t t : « N’ -tu
pas assez de place construiras-tu jusque dans mon ventre ? ». Akaba humilié le
provoqua en duel. Il sera vaincu et tué. Akaba él v t b ’ t

154
H é l l úp ú âl ’ H E g ç é pl l l
155
éô ALLA A E "F é nes" Les Editions du flamboyant 2008 PARIS
Page 266 sur 854
ainsi que le royaume dit la tradition acquit son nom : Danx m ce qui signifie dans
le ventre de Dan." (Biton, 2000 : 71). 156

Les activités militaires


L’ t v té lt ’A b t p tè t t é t l
« Ouénénou ». Ceux-ci étaient sous le commandement de Yahassé Kpolou,
prennent Abomey par p éb t èg ’A b l f t p t
repoussés. Par la suite un certain nombre de chefs des villages environnant sont
p é l t t ll ’A b l ’ g t h fs de Sinhoué, de Sahé qui se
t t l v g h fl v ff P l t ’ t t
’ p g t l é é et que les combats font rage que la variole
emporta Akaba. « Grâce à l’extraordinaire ressemblance de sa sœur jumelle,
Tassin Ahangbé,157 on a pu faire croire à l’armée que le souverain était toujours
vivant, jusqu’à la victoire décisive de Lissézoun à 4 kilomètres au nord-ouest de
Bohicon ». Malheureusement, le chef des Ouéménou perdit la vie lors de ces
combats (1708).

Intronisation d'une reine


Agbo Sassa, f è ’A A A ét t t p p g v ’ét t p
encore initié aux forces occultes qui sauvegarderaient la vie des rois. Il renonça à
é pè ’ t Hangbé qui fut pompeusement intronisée à sa
place. « Les véritables bacchanales auxquelles elle se livrait indignèrent nombre de
notables. » Elle dû abdiquer elle-même. C’ t l p v t été
p t p A b l - è p v l f t ’A A A.
Agbo Sassa, sera t t l’exil au pays des Mahi, à Ouessé.

Confusion au niveau des dates


Nous constatons à travers nos r h h ’l f v
l’exécuteur de Dan. Est-ce H égb , le père d’A b A b l -
lisant Cornevin158 l’ v g té éfé pp t :

"Pour loger décemment sa fille Ahangbé, ou Hangbéla sœur jumelle de


d’A aba et A aba lui-même, Ouegbadja demande un terrain à son voisin Dan,
chef d’un groupement Fon du voisinage. Mais comme Ouégbadja trouve la
parcelle trop petite, Dan lui dit : « Mais tu construiras donc bientôt presque sur
mon ventre ! ». Paroles imprudentes !

156
tt v été t t p ll p p é l’ v g P f AHANHANZO
GLELE intitulé : LE DANXOME.
157
La diversité de nos sources est telle que l’orthographe des noms changent d’un auteur à un
autre c’est le cas de Tasi HANGBE pour certain et TASSIN AHANBGE pour d’autre.
158
La République Populaire du Bénin Des origines dahoméennes à nos jours CORNVIN G-P
Maisonneuve et Larose. 1981
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Dan est tué et sur sa tombe, Ouégbadja établit la case de son fils A aba, d’où
le nom de Dan homé houegbé (la case sur le ventre de Dan) (2). Cette Case existe
encore à l’état de ruine, serait d’après les traditions dahoméennes, l’origine du
nom du royaume. Delafosse croit cette étymologie tardive (1)159. En effet, le
meurtre de Dan peut se situer vers 1640-1645. Or le mot Daouma ou Daumé
figurait sur l’atlas de Mercator (1560), celui de d’Ortelius (1570) et sur l’atlas de
cosmographie universelle de Munster et Belleforest édité à Paris en 1575".

Nous invitons le lecteur à se référer aux ouvrages ou aux documents spécialisés


faisant foi dans le domaine.

159
Em. G. WATERLOT, Les bas-reliefs des bâtiments royaux d’Abomey, p .2, note 3
Page 268 sur 854
14. S4.3 Processus dérivationnel
Base 1 : A
Nous faisons observer dans cette base, la présence de la particule dérivative "a",
que nous avions déjà évoqué plus haut.
Base 2 : KA

Page 269 sur 854


La signification des lexies créées

Lexie Signification
Akàja n. Nasse traditionnelle pour pisciculture
A p h tɔ n. Porteur de hamac
tɔ n. Malfaiteur
A ɖɔ ad. Nid de souris
A ɖ n. Étagère
l’ é t ll ’ tt t
A b ɔ n.
palais du roi
A tɔn n. H b t t ’A
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La signification des lexies créées

Lexie Signification
Abadaxwé n. Orient éternel (Mort)
gbéb t n. Oasis de bonté
Hl b t n. Lieu de sacrifice
Ah b h é ú n. Pé éé Ah b b
N égl b n. U p ’ p t pl chicoter
gb b n. Sous la menace de la vengeance divine
é b hlɔ ú n. Je bénéficierai de la vengeance divine
bǎ é n. Nous atteindrons un niveau certain ! (défi)

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Section 5 : AGAJA

N° 5

(1708 – 1740)

At g ɔ ú ɔɖé
ou ( ’àgja )
« Il n’est possible à aucun peuple de mettre au feu la buche qui a pris la taille
d’un grand arbre160 »

AGAJA

A gá j

160
Traduction proposée par M. AKOHA
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14. S5.1 - Analyse morpholexicale
Le nom Ag l t t ph -syntaxique que Akaba.
Paradoxalement b g phè t ll b Ce nom est doté
’ p t l é v t v thé t - et de deux bases Ga et ja, distinctes ces
b ’ tp l l p t ’ tt re dans la déclinaison du nom
Agadja, que nous allons étudier ci-dessous :

A préfixe (1) part. der. (Particule dérivative)


Selon Segurola dans le dictionnaire Fon-Français écrit que :
" " l t g v ’l t v ’ t h t t
l t ’l t v ’ t b . Il tombe
habituellement dans les mots composés, sauf dans la syllabe initiale du mot
composé : èt t é t : palmier

p l t f ll ’ b

p.n Particule à sens négatif …p


A b ǎ
A b ’ tp llé hé

p.i Particule interrogative : Est-ce que ?


é gbè gandji à ?
Est-ce que tu es bien rentré à la maison ?

p.p Pronom personnel : Tu


Tu as bien dormi
a) A ɖɔ lɔ g
b) A ɖ lɔ g

Dans la phrase (a)


C’ t l’ p l
Tu /dors/sommeil/bien

Dans la phrase (b)


l p é é ’ pp ll lg v h g t
voyelles.
L t l v ll "ɔ" ɖɔ t l " " lɔ
p t p l phé è ’él

G : n. (1) longueur, taille


N b / / / g /tɔ ?
Combien/est/appelé/haut/sien
Quelle est sa taille ?
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aj. (2) long, grand
N élɔ ɖ g
Cet homme est grand (de grande taille)

: v. (1) Arriver, venir


’ v ’ v
’ xwé gbè v l ’ v l maison

(2) Pleuvoir, tomber


ji/ / égbé
H t/t b / ’h
l pl ’h
(l pl t t bé ’h

Nota
(3) L phè
, a parfois, l l t t l " "
l ’ g t ’un amalgame avec changement de voyelle
comme nous l’avions déjà évoqué dans des exemples précédents.
Exemple :
ɔ , p t ’é reaussi : v j ay
L’ f t t t bé p t

14. S5. 2 - Aperçu historique


Agadja (1708 – 1740)
Dossou Agadja, avait été désigné par son frère le roi AKABA pour lui
succéder. Cette succession a duré trente deux ans (32) et a connu quelques
péripéties.

’ b l’ t t té Hangbé l œ ll ’A b ).
Ensuite le jeune Agbo Sassa qui demande son accès au trône qui fut contraint à
l’ l (parce que trop jeune pour gouverner). Tout compte fait Agadja est venu au
pouvoir l t âgé 19 ’ t t p t ’l v t v 22
Mais à cette ép p ’l ’ p ’hôp t l dans ces royaumes, l’
pouvait établir un acte de naissance fiable, on ne peut faire des suppositions ou
spéculer la date de naissance effective. t pt f t l’é t t 19 t 22
’ tp g nd.

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Le symbolisme : un bateau
"Son règne est évoqué par un anachronique bateau à vapeur et une croix. Le
navire rappelle ses exploits guerriers et l’arrivée des Fon sur la cote. …La croix
rappelle l’introduction de la religion catholique dans le royaume".

E f t p t l bôl b t v p A A A soit
anachronique, puisque à cette époque, il n'y a que ces types de bateau qui
accostaie t l Af p t p t l l v l l g t
africaines.

L b l b t t pl tôt g é l t t
Après avoir mené une campagne contre Also Houessa, souverain des Ouéménou,
pour venger la mort de ses frères : p h t gb t bé l ’
pé é t p g Ag t pp t l’ tt l’ é b
’ Cette armée, en 1698, avait sévèrement malmené le royaume de Porto-
Novo. Elle était gé p l’Al f ’ idji.

v t tt é ’ pé té é t Ag t b tt t t U
arrangement intervient vers 1712, "Agadja se reconnaît vassal d’Oyo. Il devrait
ainsi livrer chaque année, 41 jeunes gens, 41 jeunes filles, 41 fusils, 41 barils de
poudre, 41 ballots contenant chacun 41 pagnes…, etc." En fait, le chiffre 41 est un
chiffre noble par excellence. Il est réservé au roi et porte le nom de spécial de
kandé lissa." (Cornevin, 1981 : 104)

Ce tribut pesant que payait Agadja au souverain, a affaibli quelque peu le


royaume. Cependant Agadja se réarme et lance des assauts contre les régions
environnantes pour réorganiser son armée.

La Prise d'Allada
Il va prendre Allada plus tard l’ ’ vt t v
cours de laquelle Houffon, le roi des Houédas de Savi, fait parade de ses richesses.
Agadja donne à Houffon, les rois des Houéda, f ll l p N UE É
mariage. Na GUEZÉ t alors Savi, la ville de résidence du roi Houffon avec
plusieurs servantes. En 1724, l’é ’Ag Dalzel fait mention de
propositions faites par Agadja aux rois de Savi et Allada pour demander le libre
trafic avec les Européens, en payant les coutumes correspondantes, mais ces
propositions ’ t p t l’ tt t ces souverains. Ce qui entraîne un casus
belli.

Al t ’All , Agadja lance alors une attaque contre Allada et ses


régions. Il mène une campagne qui dura trois jours. Des milliers de guerriers
’All f t t és l’ é complètement décimée. Il prend Allada et soumet par
la même occasion toutes les régions qui étaient sous son contrôle.
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Ap è l p ’All t ses dépendances, ce fut le tour de Savi ’ t
fille, l p N UE É v ’ h g "En grand secret, l’armée
dahoméenne se concentre près de Savi. Le Gaou (chef de l’armée), fait traverser le
chenal à gué si bien qu’un détachement d’assaut atteint les remparts dont les
canons restent muets : la veille au soir, la princesse Na GUE avait mouillé la
poudre. Dès lors, la résistance de Savi s’effondre." (Cornevin, 1981 : 105).

Le réarmement des Amazones


Agadja continuait les guerres, les invasions et remet en marche de combat les
corps des amazones mis en place par son père le roi Hwégb .

Agaja è v ll p g v l ’Ab afin de


t v l v p é h g t p t pé ’lp t v
directement. Ces campagnes se sont dirigées vers les Max b l t
Paouignan, mais il rencontre quelques résistances. Agadja fut un véritable
conquérant qui é pl l ’Ab l ç tl tt
Hounto hú tɔ t-à-dire "celui qui prend le chemin des bateaux" ’ t
l èg ’Ag t l t v l’E p En effet son nom fort :
« at n j ag dj m ny z d n a é » provient d’une sentence qui signifie que
« personne ne pourra mettre le feu à l’arbre tombé tout entier c'est-à-dire que l’on
ne peut s’attaquer à un arbre s’il n’est déjà découpé. »161 ’ t mise en garde
’ l adressait à ses voisins Alladanou, c'est-à- l h b t t ’All .

Pour mieux comprendre le sens de cette phrase, il faut resituer le contexte. Nous
v p thè p l’ pl :

Chez les fons et encore dans les villages, ’h t t t


préparer l l h p tt ll é vé l sur
trois m tt t ’ pp ll f ou "àd gl è". Ils utilisent alors des fagots
de bois, bien découpés et qui vont facilement qui dans ces "àd gl è", pour préparer
et faire les repas.

L’ g p tt l ph 'Agadja, ’ t que l’ p t pas mettre un


arbre entier couché, ou tombé par terre dans un foyer, "àd gl è", avec tous ses
branchages, pour faire du feu avec, l’ v découpé en fagots de bois au
préalable. Il organise par ailleurs, une conférence des responsables de la tradition
l f ’ét bl v t g f l é l’h t
l t tt pp t té pour la faire mettre en chanson, afin de la
mémoriser et de pouvoir en faire une transmission et une diffusion aisées.

Agadja mourut suite à une brève maladie en avril 1732.

161
Une autre traduction proposée par M. AKOHA : Il n’est possible aucun peuple de mettre au eu la
b che qui a pris la taille d’un grand arbre ».
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14. S5.3 Processus dérivationnel
Base 1 : A
Nous faisons observer dans cette base, la présence de la particule dérivative "a",
que nous avions déjà évoqué plus haut.
Base 2 : GA (flèche, longueur, long, intervalle)

Dérivation (Base + Suffixe)

Page 278 sur 854


Dérivation Base 2 : GA (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées

Lexie Signification
A g é n. h A g
é gǎ p n. Nous louons le Dieu tout- puissant
A g g étɔ n. Porteur du long chapeau
Ag hú ad. Marcher à pied (voyager à pied)
Alɔg ú tɔ n. Donneur à main longue
Ag l tɔ é n. Chez une prostituée
n. Nous refusons les paroles (ou discours) trop
gb g g ɖ ɖɔ
longues

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Base 3 : AJA DJA, JA (Idem que le roi HWEGBADJA)
Nous faisons observer dans cette base, la présence de la particule dérivative "a",
dont nous avions déjà évoqué plus haut.

Dérivation (Base + Suffixe)

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La signification des lexies créées

Lexie Signification
A n ll ’A
A n. g l ég ’A
J n. Originaire de la région de Djija
gb n. Lampe à tempête
ú ad. Brusquement
A ú n. L ôt l fl
A ú n. Porc-épic
A t ú n. Sur l v ’A

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t 6 É É

N° 6

(1740 – 1775)
L f e l’e re e u c ’ e
T

TÉ BÉSÚ

Té gbé sú

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14. S6.1 - Analyse morpho-lexicographique
La structure morpho-lexicographique égbé ú t f é t
syllabes qui ont chacune un véritable sens décrivant le lexème principal, dont
l’ p ph ’énonce comme suit :

hun
Nous constato ’l p é é ’ lg

Té n. (1) t b l ’g encore appelé : "tév "


égb h p ’ g me

é plé b l téglé ɔ
l t blé p lt v l h p ’g

av. (2) debout


té b ɖ ɔ liì !
Lève-toi et marche !

Gbé n. 1 "gb " h p f t


ú h è gbé
v f t v l fô t

gbé (2) chasse


l nyi nya gbé ɔ
l ét t llé h é h

S v. (1) Fermer, boucher, obstruer, combler, enfermer


ú hɔ ɔ
Ferme la porte

Al ɔ ú
Le chémin est bouché (sens de bouchon)

É ú tɔ g p
f él v l p

Hɔ l tɔ ú bɔ v ɔ na bi ɔ b gl
Sa serrure est obstruée et la clé a du mal à rentrer

ú h xɔ
"Combler faute dette"

Faire pénitence, expier un crime


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14. S6.2 - Aperçu historique
T 1 – 1775)
Le roi Tégbé ú a règné pendant trente cinq ans (35). Il a pour emblème un
buffle portant une tunique. L’ p ph é v l è t
«A ú gb ɔ bɔ lɔ lɔ gl »

l ’ t p t p bl t ’ b ffl l’h b t ’l ’ t p t t
endossé. Cette sentence rappelle la cuisante cérémonie que Tégbésu a dû subir
pendant son intronisation car ses ennemis avaient placé l’ t dans la
t pè ’l v tp t l l éé ’ t t , et ils
espèrent la lui enlever, le discréditer afin de l’év tô .M ’ét t p
p égbé ú g é tö tl v t t l

La succession controversée du roi Agaja


l v l ’Ag l v :

"Le Hérissé (1) Agadja aurait de son vivant désigné Tégbés comme
successeur. La mère de son frère Aghidissou, gardienne du trésor royal, en aurait
conçu une vive amertume et aurait profité de l’envoi de présents à Oyo pour
glisser un magnifique morceau de corail, faisant dire au souverain oruba qu’il en
recevrait toujours d’aussi beaux si son fils était nommé roi. L’Alafin aurait alors
fait connaître à Agadja son désir de voir monter Aghidissou sur le trône. Agadja
découvrant l’intrigue, aurait fait emprisonner la gardienne du trésor. C’est à partir
de cet événement que la garde du trésor royal fut retirée à l’épouse du roi devenue
mère.

Selon Dunglas au contraire (2) Agadja, mort subitement, n’aurait pas eu le


temps de désigner son successeur, d’où l’intrigue de la mère d’Aghidissou pour
obtenir l’appui de l’Alafin d’Oyo. Mais Migan Landiga et le Méwu font annoncer
par le Kpanligan, crieur public, l’élection du prince Avissou, qui dit peu après la
phrase sacramentelle donnant le nom fort : Ama ma no gbé gbé nou Tégbéssou (la
feuille ne refuse pas le nom de Tégbéssou)"162 (Cornevin, 1981 : 107).
Selon Mme. Biton, le nom fort de Tégbésou signifie « l’ t t h p
’g tt é » (Biton, 2000 : 81) est plus proche de la réalité et ce notre
traduction.Comme ses prédécesseurs, gbé ú t b tt p g l
royaume.

Les campagnes militaires d ègbè ú


Dès son arrivée au pouvoir, il lance plusieurs campagnes. La première
campagne est dirigée contre le chef de la ll t v té f i sera tué lors
du combat. Il lance aussi une attaque contre les Za, c'est-à-dire les habitants de la

162
tt t t ’ tp t v ’ p p é éb t
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ég t é v gt èt l
’Ab l v t
égbé é é t tt pl t t p l’ é
dahoméenne, les chefs de Za et de Zado font leur soumission.

Tégbessou a négligé depuis plusieurs années le versement de tribut à Oyo. Une


g é l t t t Ab Ell t l é p l v t ’
égb ’ét t p p t v l’ t t t é t
farouche.

L’ é ’ p v t t l gt p l t t F pl
L’Al f ’ tp é pt égb f t g é égb t
à Abomey et en 1747. Dahoméens et Yoruba aboutissent à un accord et chaque
année une ambassade Yoruba vient à Cana chercher le fameux "Agban".163

Plusieurs autres campagnes ont été menées contre les Maxi, contre les Hweda
ensuite, ’ l f t tt p Ap è l v t égbé l
installe plusieurs centaines de familles Fon à Oudah, ce qui donné lieu à la création
de nouveaux quartiers à Ouidah, v F é é é

La nomination d'un dauphin


Pour éviter les problèmes de succession, Tégbessou désigna son fils Adjokpalo
qui devient ainsi Vi-daho. Mais les investigations ont révélé A p l ’ét t
p fl l p éfé é l v Ag v ’ l é g t
Gnansounou. A la mort de Tégbéssou en 1774, Gnansounou fut alors t ô é. Il
prononça de suite la phrase rituelle : « Sin mé kpen gla ma jè avi vͻ » C'est-à-dire :
l p l’ t p l f . Ce qui semble un défi lancé à ses
ennemis. Il dira donc, ayant é é tô ’ pl e de mes
ennemis, car ils ne peuvent guère me détourner de mes objectifs de défendre et
’ grandir le royaume de mes ancêtres.

163
Agban l t b t p tl h é l ’
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14. S6.3 - Processus dérivationnel
Base 1 : T É É
Dérivation affixale

Préfixe + Base Création lexicale Signification

Préfixe Base
t t Lexie Signification
1 2 3
té tè
a fɔ pé te Afɔ pété Nous sommes mobilisés
a flé te Aflétè Espèce des poissons : Brochet
Nom propre (Le marché bat son
a ɖ te A ɖ té
plein)
a ɖ te A ɖ te Nous sommes vigilents
h è ɖ H éɖ té Le soleil est au zénith
kpa t ɖ te p t ɖ te La palissade tient debout
ɖɔ te ɔté Veiller (dormir debout)
é kpé te é pétè Prendre à bras le corps
a gɔ te gɔ tè P t bl ô
h ɖ te H ɖ tè Maintenir debout, entretenir
é é é ètè Mettre debout, redresser
gb ɔ te b ɔtè L v ’ tp ’ té

Dérivation (Base + Suffixe)

Base + suffixe Création lexicale Signification


Dérivation suffixale : ba bǎ b b h h h tt pât

Base Suffixe
Lexie Signification
te 1 2 2
te té Action de se mettre debout
te ɖ ɖ Teɖ Igname cuite
té è ɖ ɖ Te é ɖ F l f t l’ g
tè é Eponge
te kan gan ú Te g ú Récipient à éponge
te vi Tev Igname
te é v Téév Nom de fille jumelle
te li bɔ ɔ Tel bɔ ɔ Pât tt ’g
te ú te ú Te ú t ú Fortement, solidement
té té Tété (nù) Un peu de tout
te è Te é Mettre en verticale

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Dérivation BASE 1 : T (Préfixe + Base + Suffixe)

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La signification des lexies créées

Lexie Signification
étégú gú n. été pl t bl t v
Eh útég n. Il est plus grand de taille
Nyaɖ pɔté ú n. Cette personne est la meilleure
ɔté pɔ n. Je vais atendre (attente prometteuse)
gb p ɖ té n. ’ l v v t
pl ɖ t f n. Accroche-le là
fɔtɔ pété ú n. l tt p ’ v
Núgb ɖ té ɔb n. On ne peut pas dissimuler la vérité

A E2 É É G

Préfixe + Base Création lexicale Signification

Préfixe Base 2
e Lexie Signification
1 2 3
a gbè gbé Petit insecte qui pique la peau
é gbé égbé A ’h
v gbè gbè L v l’ f t
gbe gbè Nous avons accepté
é fl gbe Efl gbè Il a essayé de parler
ɔ gbe ɔ gbé Il faut jeter
ɔ gbe Nɔ gbé Au dos de la mère
a han gbe Ah gbé Nom de princesse H gbè
gl gbé l gbé N ’ v ll g
ú zan gbe ú gbè Le jour de la mort
a xi ɔ gbe A ɔgbè L hé
é tɔ gbé étɔgbè Écouter ce que dire le père

Dérivation (Base + Suffixe)

Base + suffixe Création lexicale Signification


Dérivation suffixale : gbe

Base 2 Suffixe
Lexie Signification
gbe 1 2 3
gbé é gbé bé égbé U l’ t
gbe tɔ hú bétɔ hú Sa voix est dégagée
gbe tɔ N ɔ bétɔ ɔ Sa voix est belle
gbe ɖé gbé ɖé béɖégbéɖé A tout jamais
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gbe tɔ bé tɔ Un fugitif
gbe bé Rat des champs
gbe é bé é Incantation sur une poudre
gbe bé Salut, salutation
gbe ɔ pɔ bé ɔ pɔ Voix unie (Sens unité)
gbe ú bé ú Enfant né hors du foyer

Dérivation BASE 2 : GBE (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées

Lexie Signification
gbéɖé n. Une certaine chanson
gb ɔ ɔ é n. ’ tb ’ t l v g
gb ú n. Nous devons remercier le Seigneur
gbé ɔ n. Je prendrai le chemin tracé par Dieu
A gb ɔé n. ff l ’ pp éh der un salut sous la colère
gb h n. Nous avons allumé les feux de brousse
E pl gbé év n. Il a appris une autre langue
E gb bɔtúbú n. Il fait la chasse et son fusil a disparu
gb gbé n. Noix de kola à quatre lobes est apte à la divination
gbét é n. Le jour de ta naissance. (jour d'anniversaire)

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Dérivation : É É
Base 3 : É É )

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation BASE 3 : (Préfixe + Base + Suffixe)

Préfixe(s)+base+suffixe(s) Création lexicale Signification

Préfixe Base Suffixe


Lexie
1 2 3 1 2 3
ú
do gbé tè sugbétè
bo ú Bo ú ú
win v Win úvi
gb p ɖé gb ú p é
ma ɖ su v ɖ su év
hɔ Hɔ ú
vi ɖé b suɖéb
su ɔ N su ɔ
h ú ɔ v l H ú ú ɔv l
hɔ ú p Ahɔ ú ú p

La signification des lexies créées

Lexie Signification
gbétè n. Nom propre de personne
ú ú n. Nom propre de perssonne
úv n. Nom propre de personne
gb ú p é n. Essayer de respecter les lois de la nature
ɖ ú év n. ’ t f t t b
Hɔ ú n. Êt f é
ɖéb n. Un gendre à problème
N ɔ n. L è ú
H ú ú ɔv l n. Difficile de laver le linge sale en famille
Ahɔ ú ú p n. Un chef qui ne respecte pas les règles

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Section 7 : KPԐN L

N° 7

(1775 – 1789)

pἐ gl v vɔ
U ll gé t p l’ f

KPἐN LÁ

Kpἐn glá

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Comme dans les autres cas, la structure morpho-syntaxique du nom Kpἐ gl est
formé de deux syllabes qui ont chacune un sens explique le lexème de base, dont
l’ p ph ’é t:

kpἐ à à c'est-à-dire q ’ c i i rsible ne


cr i p ’ fr i .

14. S7.1 - Analyse morpholexicale


Kp n n.(1) g f caillou, pierre.
E pἐ ἐɔ
l l él p l’

Afɔ ɔ h ɔ p pἐ p
Afɔ ɔ l p é l’

(2) kpἐ tú p t h t
b tɔ hɔ p tú tɔ b ɖ gbé
b tɔ ’ t hété t h t h rgé son fusil et
’ t llé l h

Gl n. (1) (courage, témérité, audace)


aj. (1) Courageux, téméraire
v. (2) glǎ é t t t f t t g
Ah ú gl t ú E hú gb p lɔ p
Ah ú t t è l t é b ffl à mains nues.

Comme nous avons eu l’ l lg l p t ph l g


tt thè l t ôl pt l l l g f L épl t
l’ t ’ p t t ph è h g plèt tl

Par exemple en reprenant le morphème "gl " p t v l l’ t t :

gl g té é té
adjectif (courageux, téméraire)
lǎ v b t g t
Gl : ou (a) gla nom chien
l gl : une forme géminée signifie courage, terrible, énergique

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14.S7.2 - Aperçu historique
Le roi Kpingla (1774 – 1789)
l t l’ s a avoir une date précise de règne selon Cornevin, il a
commencé un 17 mai 1774 et il serait mort le 17 avril 1789. Soit un règne de de 15
seulement. Règne très court par rapport à ses prédécesseurs. Comme ses derniers,
le règne de Kpingla est marqué par plusieurs expéditions guerrières, qui sont
dirigées notamment contre les Hwéda, les wémἐ u, les Max ’ t p tt
té p v t t té l l t

Son emblème : un oiseau passereau qui tient dans son bec, une balle de raphia.
L f l év l’ t t f l pé l é du royaume de
ἐ contrairement à ceux qui étaient fabriqués par les artisans locaux. Ce
fusil évoque aussi ses exploits guerriers. Quand à la pierre immersible, qui ne craint
pas la température froide l’ , elle g f ’lb v t
peuvent pas le détourner d b tf p v ’ t g t
tous ceux qui chercheraient à le distraire de sa régence.

Expédition contre les Hwéda


À la fin de 1774, le roi des Hwéda meurt à Hindji sur les bords du lac Ahémé,
laissant deux neveux Eyi et Agbamou, fils du roi de Savi. Agbamou chasse son
rival Eyi qui va trouver refuge auprès du roi Kpingla à Abomey. Ce dernier
organise une expédition contre les Houéda. Il bloque les 800 pirogues du réseau
lagunaire, entre le lac Ahémé et Grand Popo.

"Lestroupes Hwéda affamées, ne pouvaient plus tenir. Ainsi Agbamou,


semblable ainsi à Vercingétorix, se livra-t-il pour sauver son peuple. Comme jadis
le héros gaulois, à Rome, il fut emmené à Abomey et exécuté, cependant que ses
guerriers étaient vendus comme esclaves, ou sacrifiés « pour arroser la tombe des
ancêtres de Kpingla »" (Cornevin, 1981 : 112).

Les expéditions de Kpingla sont pour la plupart couronnées de succès mais la


campagne de Séré Tchi entre Grand Popo et le lac Ahémé a été un échec complet.
Elle a lieu en 1775, juste après les coutumes annuelles l ’ t lé p ’ t
victoires en attaquant les Maxi où il y a eu beaucoup de massacres, il en est
des attaques contre les Akpénou du village ’E pè L f l b ge
des Porto-Noviens et va se réfugier chez les Ouéménou de Dangbo.

La mobilisation des Amazones


Une autre campagne célèbre est celle de 1782 ’est celle qui mobilisa les
amazones P t f l l’Al f ’ p gl v "
armée razzier des esclaves dans la région d’Ag t v l
’Ab p pè ’ è l v t t ’ p
lt ’ hèv éf t
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Le Cankawa, chef de la colonne fut tué. "Humilié par cet échec, Kpe gl
bl t p l t t ’ forte armée de 800 amazones. "Un élan
’ th t p t t t l f p l L Ag pp t
l’ vé tt é v t éf g h l éé h p t l
collines de la région de Tchéti et Doumé. Kpengla retourne à Abomey, et le Gaou
é t f l g tt ’ét t réfugié les Agouna ; au début de 1782, le
cortège des captifs arrivent à Abomey avec le chef des Séré Tchi prisonnier et
Agouma qui malheureusement meurt en chemin.

Vers la fin de règne


L’ è tt p gl t ll é éb t 17 9
t l’ ggl é t ’ é l èt ’ g l
rive gauche de la rivière Yema (actuelle Nigéria) ’ l è 2000 prisonniers
environ. "L’armée de Kétou se rassemble en voyant l’armée dahoméenne défiler au
nord de la ville. Bientôt les deux armées sont face à face, à vrai dire, sans qu’il y
ait de part et d’autre un très vif désir d’en venir aux mains, les Fon parce qu’ils
sont encombrés de prisonniers et de butin, les oruba parce qu’ils veulent
seulement défendre leur ville. Ainsi l’arrivée inopinée entre les deux armées d’un
éléphant blessé à mort leur sert-elle de prétexte avec une éclipse de soleil
survenant au même moment, pour s’en aller chacun de leur oté."164

Peu après cette expédition, Kpingla tombe malade de la variole selon Dunglas.
Voulant démentir les rumeurs de sa mort prochaine, il annonce une sortie publique,
l t p l t ’ ffondre au moment où le Migan annonçait aux
foules assemblées que le roi allait prochainement venir, il meurt donc le 17 avril
1787.

164
Cornevin 1981 P. 115
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14. S7.3 - Dérivation KPԐN L
Base 1: (KPIN ou KPԐN) (GLA)

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Dérivation (Base + Suffixe)

Dérivation BASE 1 : KPIN (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées

Lexie Signification
p n. La cartouche est tombée par terre
Ahwankp gbé n. L l l’ é é
Ah gǎ ú pin n. Le chef militaire claironne
xɔ p ú n. En ven t hèt - fl t
é ɔ p p n. Mon enfant tousse
ú p ɔ n. Re b l p ’ ht l fl t
Wakplɔ p ú ú n. Viens apprendre à jouer au clairon
p n. Va rendre le clairon
Page 298 sur 854
fú fú p g ɔ n. Soufle dans le clairon
N p xɔt n. Lancer un caillou sur le toit de la maison

Dérivation: KPINGLA
Base 2: (KPIN GLA)

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation Base 2 : GLA (Préfixe + Base + Suffixe)

Nota
Toutes les nouvelles lexies créées quelles soient sous forme de phrase ou sous
f ’ té l l t p t L f é p v t l
former une portion de la phrase, un mot ou une combinaison de mots. La
déclination se fait plus tar p è l’é é t t p t tt
phrase.

La signification des lexies créées

Lexie Signification
A úgl gl n. La potasse qui résiste à fondre
Avú ɖ glǎ ɔ pɔx é n. ’ tl h g g l
A ɔgl gl ɔ p n. Le tabac roulé persiste dans la bouche
ɖégl ɔh h é n. ’ t l’ f t gè
At p tɔgl hɔ n. Le menuisier a mis la charpante du toit
’ tl f g é t garde ses
Hú ɖéglǎ ɔ p n.
feuillages
Ah gl gl ɔgb t n. ’ t é g g g
bétɔx gl l n. Le chasseur a tué un guépard
ɔ gl gl b t n. Marchez avec ardeur pour aller prendre la ville
E ɔb glǎ n. Il fait trop l’ p t t

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Section 8 : A ϽN L

N° 8

(1789 – 1797)
SÒ l
Le palmier à huile a été foudroyé par contre le palmier dattier165
lui a résisté

A Ɔ̀ N LǑ

Agɔ̀n lǒ

165
P l ’Af t P h -Orient atteignant 20 mètres de haut, cultivé pour la production des
dattes.
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14. S8.1 - Analyse morpholexicale
N p l’ l v f t l’ét Ag d ’A b
à propos de la particule dérivative "a".

"A" préfixe (1) part. dér. (Particule dérivative)


Selon Segurola dans le dictionnaire Fon-Français écrit que :

"a" : il a t g v ’l t v ’ t h t t
l t ’l t v ’ t b
Il tombe habituellement dans les mots composés, sauf dans la syllabe initiale
t p é èt t é t : palmier
p l t f ll ’ b

ǎ part. nég (2) Ne … p

A b ǎ
A b ’ tp llé hé

part. interro. (3) Est-ce que


h égbè g ?
Est-ce que tu es bien rentré à la maison ?

pr. pers. (4) Tu


Tu as bien dormi
a) A ɖɔ lɔ g
b) A ɖ lɔ g
l ph ’ t l’ p l
Tu /dors/sommeil/bien
Dans la phrase (b)
l p é é ’ pp ll lg v
changement de voyelles.
L t l v ll ɔ ɖɔ t l

p t p l phé è ’él Dans ce contexte, à l l


p t l l è « gɔ » t « gɔ » ’
autre contexte. Ce t v l é p t Agɔ gl
comme suit :

Agɔ – gl ou Agɔ – gol

L ph é é p l Agɔ gl tp t ll -ci :

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S dj dét n b ag nt n gl ce qui signifie que, le palmier à huile a été
foudroyé par contre l'ananas lui a résisté, l dé bɔ gɔ gl
Dans cette expression, seul le fruit des ces deux arb été év é ’ t une
métaphore.

n. (1) : datte ou ananas, coco


p gɔ ú
Pelle-moi un ananas pour manger

Gl n. (1) t p t t p tt l tt l’ p t p
protéger.
úé ɔ ɔ gl ɔ ɔ l é gl ú
l’ p v t h t p t t t l t l
gens fortunés échapperaient à la mort.
t t l tp v t ’ h t l g h
ne mourront pas.

v. (2) : Résister avec succès,


N Agb l gl tɔtɔ l bɔ é b hɔ
Agb l é té v è t
t lp t ’l t f t

pɔ b gl h dé
E t p tég t -
E t’é p

14. S8.2 Aperçu historique


Agɔ gl 17 avril 1789 – 17 avril 1797 soit 17 ans de règne.
De son nom de naissance Sindozan, il se donne un nouveau nom p éléb
tt l Agɔ gl l bl t ’ l t é h ppé l - l
foudre, de toute façon ce nom fait allusion à sa force et bt l ’l p
surmonter.
Il met en place une série de réformes qui le rendent populaire. À savoir, il
supprime les taxes qui pénalisent le port de h t p l’ é t
l l f L’ g p -ɖ - bâ ll t pp é l ’ g t ’
T en bois dont une branche enfoncée dans la bouche pesait sur la langue de la
victime. Ce bâillon devait empêcher les condamnés de gâ t t t
de proférer des menaces.

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Les expéditions guerrieres
Agɔ gl ’ t pas reposé non plus sur ses lauriers, il a fait des guerres
comme tous ses prédécesseurs. Il mena plusieurs campagnes. Il attaque les
l t v t l l ég l l pl t ’ t
attaques contre les Max ’ tp l è tt p s
son armée a été vaincue par le chef des Max b l A ɔ

" unglas nous livre d’après une tradition familiale recueillie auprès d’un
D
instituteur, M. Houngbédji, les circonstances de la troisième campagne. Ag ngl ,
sortant incognito du palais à la nuit tombée, lie conversation avec l’un des soldats,
qui lui indique les véritables raisons de la démoralisation de la troupe : en
campagne, il n’y a pas de femmes pour faire la cuisine des guerriers.
« Le roi, dit le soldat qui n’a pas reconnu Agonglo, a plus de 1000 femmes alors
que beaucoup de soldats n’en ont pas. »
Convaincu par cette argumentation, le roi prescrit le lendemain un grand
rassemblement des troupes et à leur stupeur générale, il distribue plusieurs
centaines de ses femmes aux guerriers qui en sont dépourvus. Le Gaou demande
l’autorisation au roi de retourner faire la campagne Gbowélé qui est enlevé
quelques jours plus tard au cours d’un assaut endiablé. " (Cornevin, 1981 : 116).

Fin de règne : La variole


Agɔ gl b p p tt v ll g t ’Ab
malheureusement, au cours de b t ll tt f - t l h
Al pé f t t é ’ét t 1796 P t p pl t Agɔ gl t é é é
des suites de la variole le 17 mai 1797.

Je constate dans cet ouvrage de Cornevin166 ’ l épét t f t


depuis A b t l l’ t v tt t l v l l t
l pé t ’ è tô t é è v

166
La République Populaire du Bénin Des origines dahoméennes à jours. Ed. G-P Maisonneuve et Larose

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14. S8.3 Processus de dérivation
Dérivation : AGONGLO

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Dérivation (Base + Suffixe)

Dérivation Base 1 : A ƆN (Préfixe + Base + Suffixe)

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La signification des lexies créées

Lexie Signification
éɖ g n. Installer sa ma maison dans une cocoteraie
gɔ t ɔ n. Nous irons au bas du cocotier
b ɖ gɔ t ɔ n. Il y a de la richesse à produire de coco
b ɔ gɔ n. L’ t llé l’ té
Nú é gb gɔ ɖ f n. l ’ tp t t v
éb gɔ n. l tt t llé Agɔ
Núɖégb gɔ t n. R ’ t vé cocotier
l gɔ ǎ n. Se cacher derrier un cocotioer
Egbé gɔ gbè n. l pté l l éé ’Agɔ
gb gɔ n. Nous refusons de jouer le tam-t ’Agɔ

DERIVATION AGONGLO
BASE 2: (AGONGLO)

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Dérivation (Base + Suffixe)

Dérivation BASE 2 : GL (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées

Lexie Signification
éɖ gl n. ’ t ll t l
gl l n. Nous irons au quartier Glo
Núgl b ú n. Indomptable
b ɔgl é n. L’ pé ét é gb è
Nú é gb gl ɖ f n. Tout est invulnérable ici
éb gl é n. Ils se sont installés chez M. Glo
Núɖ gl ɖ f n. ’ t impossible
l gl é n. Se cacher se M. Glo
Egbé gl gbè n. ’ t ’h l’ v l
gb gl n. Nous ne voulons rien entendre de M. Glo

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t 9 A AN N

ADǍNƉ ZÀN
(1797 - 1818) N° 9

Adǎn ɖó z n

P ’ blè représentatif publié officiellement

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14. S9.1- Analyse morpholexicale
La particule dérivative "a" dont nous avons déjà parlé réapparaît ici au début du
A ǎ zan. Son absence dénaturerait complètement le sens de ce nom aussi
phrasique comme les autres.

: n. (1) colère, emportement, fureur, bravoure, vaillance, courage.

A ǎ p é p é
Un peu de courage, un peu de peur
’ t p i se dit quand on a une décision
douloureuse et risquée à prendre. (risque calculé, mitigé)

tɔ é
’ tɔ é ’él " " t
" " " ǎ "
Le feu ne se met en colère p ll h l’
(L f p t p b v l’ )

Ɖ : v.. (1) Etaler, mettre, arranger, ranger, disposer, étendre


ɖ : étendre la natte, ou faire le lit
ɖ ú t : signer ff t g ’ tf t
ɖ ú : pé l ’ tt l ’
ɖ t té : prêter attention

n. (1) Lit, natte, couche


Fl : rouler la natte, défaire la natte

f ɔ lɔ gbé gbé é
L f f t é b ll tt

f fɔ b mlan zànt n
f ’ t év llé t enroulé sa natte

n. (2) Nuit
n. (3) Il est ici souvent utilisé avec la particule dérivative « a » jour
on a alors azan ou zan
Exemple :
Question : Azan t égbé ?
’ t quel jour ’h ?

Rép Égbé ɔ nyɔ zan gb


A ’h ’ t
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ɔɔ gbè

ɔɔ gbè
’ tl hé ’A

v. (4) Utiliser, appliquer, employer


E ɔ t tɔ
Il utlise trop sa voiture

Zan v. (5) Consommer, dépenser


tɔ ɔ gègè
t b p ’h l
ɔ ɔ ɔ
L f ɔ ép t p ’ g t

14. S9.2 - Aperçu historique


n (1797 -1818)
Le règne de Madogougou Adandozan a été banni de la dynastie des rois
’Ab , pourtant il a duré 21 ans ! blè pé t g t t
ép ï main. "L’animal réclame de la nourriture alors qu’il n’a guère
entamé ce qu’il possède. Oyo est ainsi ridiculisé sous les traits d’un animal cupide
et vorace." (BITON, 2000 : 82)

La raison évoquée pour bannir ce roi de la dynastie selon la tradition, serait la


cruauté dont il a fait preuve pendant la période où il régnait. En fait le règne devrait
revenir à son grand frère A mais malheureusement celui-ci a un handicap,
lf t v ’ t l chevauchait un autre. Cette
malformation présageait un mauvais signe du destin. Car un souverain digne de ce
t v lf t p tl pl ’ t
le roi Agɔ gl aurait désigné son autre fils Gankpé, le futur Guézo
v âg , l v t l’ép l
confier la régence à Madogougou Adandozan ét t l pl âgé.

L gâ
"Pour expliquer la disgrâce dans laquelle il tomba, on invoque aussi le peu
’ p t ’l t h g t l
té ’l t é l’ t p pl t p l tv l
mère de Gézo). Ces raisons ne paraissent pas toutes vraisemblables." (BITON,
2000 : 81)
En politique extérieure par contre, il semble avoir été le premier à avoir refusé
v l t b t l’Al f ’
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l l t pé t ’ t p t t été v t
notamment celles contre les Maxi. L t t ’ t été pas précises sur les
t ’ p v pé l f t é

Il semblerait donc que Fransisco Felix de Souza est un riche commerçant


condottière, un mercenaire et commandant du fort portugais de Ouidah en 1788,
appréciant bien la richesse du pays. Il fait venir son frère g p l pl
l t t f t l l l ’ l v s particulièrement
fructueux.

Le trafic d'armes
Francisco Félix de Souza, lv p t t t f ’ v
Abomey où règne Adandozan. Comme ce dernier ne payait rien, Francisco fait
ré l p p l é t t t lv l -
Ab Il menace Adandozan non seulement de ne plus rien lui fournir,
’ ll ’ t ll p b p pp v l
Danxomἐ t t g A ’ pè H é t :

"e voudrais savoir ce que tu as dans la tête et qui te donne tant d’audace.
Comme je crois plutôt que c’est de la couleur de ta peau que tu veux te prévaloir
pour affronter l’idole des Dahoménou, je saurai bien t’obliger à sa
vénération."(CORNEVIN, 1981 : 269)

Le prisonnier du roi
Quelques jours après cette scène, Adandozan fait emprisonner Francisco de
Souza. Selon Hazoumé rapporté par Cornevin, "les féaux du tyran vinrent se saisir
du prisonnier."
Au moment de cet emprisonnement, le prince Gankpé, fut é hé t
lég t tô h h t nt éb ’A l v l
rendre visite au prisonnier Francisco Felix de Souza et conclut un pacte de sang
v l t t p ’ pp l t p l l f t év
caisse percée, escortée par une soixantaine de ses partisans.

Ainsi libéré, F p t f t pé p débarrasser


de son f è l A ’ t ’ l p ép t t ’
appellera de nos jours p ’Et t

L p Et t è t
p ’Ét t l p t l’ pp l L t tp
plus très claires ’ t ’ t A l - t
demandé à Gankpé de lui succéder mais ’ t p t ’ l été v t ’
coup de force. Selon le récit de Cornevin que nous rapportons, ce passage semble
décrire les circonstances dans lesquelles ce coup de force a eu lieu.
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"Le jour convenu, le roi et les ministres se trouvaient réunis dans une des salles
du palais Adanjro-akodé, lorsque brusquement on entendit dans le lointain les
roulements graves du Dogba, le grand tam-tam de guerre, unique dans tout le
royaume et qui annonce l’arrivée du roi. Très étonné, Adandozan tourna
machinalement la tête du côté où il croyait trouver le Dogba, instrument magico-
rituel qui doit toujours demeurer à proximité du monarque. Le Dogba avait
disparu, mais on entendait toujours ses roulements qui allaient en se rapprochant.
Les assistants, muets et immobiles, très émus portaient leurs regards vers la
porte d’où parvenait le son du dogba, pendant qu’Adandozan, sans dire mot, assis
sur le siège royal (Zinkpo), les yeux dilatés par la stupéfaction, les narines
frémissantes, regardait lui aussi dans la direction de l’invisible tam-tam. Ce fut
presque un soulagement, au moment où un nouveau cortège royal, le Dogba en
tête, suivi des chanteurs de la cour menés par l’oiseau du roi Ahossou Hê, entra
dans la salle. Le prince Gankpé y remplaçait le roi. Brusquement prenant son
courage à deux mains, le Migan Atindéba ou, d’une voix étranglée par l’émotion
s’écria : « Deux soleils ne peuvent exister à la fois », puis s’approcha
d’Adandozan, il lui arracha des pieds les sandales brodées, insignes de la royauté,
en lui disant : « Tu n’es plus roi maintenant. Tu ne pouvais plus occuper le in po
de Ouégbadja. ».
Adandozan, à la nuit tombée, est alors emmené dans une prison royale, le Hé-
dja-na-monou, située au nord du palais Singbodji." (CORNEVIN, 1981 : 119)

l t t tv ’é t f l ’A t p -daho
Daapo qui finit p p l ’Ag g é

’ t A p l p v t é ’ t ll t t
souverain en 1818.

Adandozan ainsi destitué, il semble que "les enfants et les femmes de ce roi ont
été vendus aux européens ou dispersés dans la famille de son père Agonglo sa
descendance nommée « les enfants du désordre ». Lui-même sera gardé en vie car
le sang royal ne peut couler, en semi-liberté dans la maison de Mehou face au
palais royal il finira sa vie très vieux et sera même préposé à l’éducation du jeune
Gbéhanzin." (BITON, 2000 : 82)

La prise de pouvoir
Guezo ayant pris le pouvoir essaya, lui ou ses descendant ’ ff l t
règne précédent. Aucune allégorie ne représente Adandozan aucune tenture
aucune récade167, juste un bas-relief reproduit deux fois sur les murs du palais de
Guézo rend hommage à la politique de son prédécesseur vis-à-vis des prétentions
gé v ’

167
Récade un petite canne de parade des rois, taillée ayant un la tête recourbée vers le bas et qui porte un
symbôle de puissance du roi.
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Certains historiens disent que la disgrâce à laquelle Adandozan a eu à faire face
serait due à sa détermination de " transformer en profondeur des habitudes et une
mentalité traditionnelle trop attachée aux vieilles coutumes. Son malheur est
d’avoir osé s’attaquer aux tabous des institutions." (BITON, 2000 : 82)

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14. S9.3 - Processus dérivationnel
Dérivation : ADAN OZAN

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation BASE 1 : ADAN (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées : Base 1 : ADAN de ADANDOZAN

Lexie Signification
- - è n. Je vais manifester une certaine colère
- tɔ é n. Le feu lè ’ v t h l’
b l ú pɔ n. Les problèmes de la vie sont nombreux
Le feu en colère ne se hasarde pas en rencontrer
Zowadanmakpéto n.
l’
tɔl gb n. Les ennemis seront chatiés
N hú n. v l’ b l b v All )
n. La colère du peureux a atteint une portée, une
H ɔ f é
Certaine limite
gb ú éb n. Nous les avons tous calmés
b tɔ ɔ ú n. La colère humaine a des effets
n. Le Vo ú l f ll byosoqui se
ú tɔ ú
manifeste dans la mer en furie

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Dérivation: ADANDOZAN
Base 2: (ADAN ƉO ZAN)

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation BASE 2 : (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées Base 2 : A AN AN

Lexie Signification
A ɖ p p n. l t pl ’
N ɔɖ gégé n. L b p ’ g t
A éɖ pl n. f t ’ p g
bɖ é n. Nous devons tous rentrer au pays
ɖ úgégé n. N v v b p ’ t t
Aglú d n. Le porc est trop gras
éb ɖ ú é n. l t’ t t pé é
b ɖ gbé pɔ n. Ils ont tous la voix unie
A éɖ ú n. f ’ él lt
A ɖ ú n. ’ tl lè l él lt

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Dérivation: ADAN OZAN
BASE 3: (ADAN O ZAN)

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation Base 3 : ZAN (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées

Lexie Signification
Ebl tɔ n. Il a arrangé son lit
Etɔ ǎ ǎ h é n. Il est sorti dans la matinée
H gbév n. N f ll é l v ú
ú gbé n. Le marché de v ú
ɔ ǎ gbé è n. A ’h ’ t l f
N ɔ ɔtɔ n. t té gbétɔ
Efɔ ǎ ǎ t n. l ’ t év llé b h t è tôt
Elɔ g n. l ’ t él b
Fɔ ú p t n. Ici, il y a des moustiques
étè n. Nous partirons à minuit

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t 10 É

N° 10

GEZÒ (1818 – 1858)


Gé dé gbé
Aucun oiseau cardinal ne met le feu à la brousse

EZÒ

Ge zò

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14. S10.1 - Analyse morpholexicale
Nous avons ici deux morphèmes Ge et Zò qui signifient respectivement oiseau
cardinal (couleur de feu) et feu. Ce sont les deux bases qui constituent le nom
Gezò

Ge : n. (1) Touraco (oiseau)


n. (2) La pointe des pieds, la moitié avant de la plante de pied
E ɖ gé : il est sur la pointe des pieds.

Ext. (3) Orteil


N v ɔ gbɔ b gè
Le jeune-homme a préféré prendre ses jambes au cou

Agb gb é gé b pɔ p t
Agb gb ’ t l p t p p g
dessus de la palissade.

pɔ ú ɔ gè ú b tɔ gɔ ǎ
pɔ ú t llé l p t p h f l t.

: N. (1) Feu
é l ò : la maison a pris feu
é : maison
Wli : atraper

tɔ é
Le feu ne va pas dans la l’
L f ’ vt p h la rivière)
Mà v p t l ég t … p
Yi : verbe. Aller
ɔ : riviè ’ p
ɔ é:lt ’ ’ lt l vè
ɔ ɔ hú : la patte est chaude

Zomanyi : nom de quartier à Ouidah


Signifie : "l f ’ v p " ’ t l’ é v
des esclaves avant leur déportation.

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14. S10.2 - Aperçu historique
G u Gu 1 18 – 1858) soit 40 ans de règne
Pl p é t t l’ blè l ’ g t tantôt ’ b ffl
’ l P pl l l ph t ll é é
gbé : Aucun oiseau cardinal ne met le feu à la brousse, signifie que le
buffle ne l v t ’ l p ît f t ’ t ll p
voilée à son prédécesseur Adandozan, et à ses ennemis potentiels. l ’ tf p
ll b ffl ’l t ît é L t t t ’ b ffl t
traversé Abomey en fureur détruisant tout sur son passage, seul le roi Gézo, dont
les voyageurs qui venaient à Abomey décrivent comme un homme grand et fort et
qui mesurait environ 1.92 m, a pu maitriser cet animal.

Un long règne
Gezò régna longtemps, 40 ans de règne. Il est décrit comme un souverain
paisible cependant èg t ll t é p b g A ’
pé l p t l g t v t pè ’ t ff h l
té ’ ’ 1850 et malgré le premier échec contre les Maxi.

Les éclatants succès remportés par Gezò lors de ses premières campagnes font
affluer une quantité de volontaires dans les armées dahoméennes. Une nouvelle
expédition contre les Maxi a permis de prendre leurs agglomérations les unes après
las autres. Leur chef Agbosou Midohoun est fait prisonnier. ’ t pé t
t été é t ’ t ég : Savé, Inoubi, Atakpamé, Léfou-Léfou.

Introduction de nouvelles cultures vivrières


Les succès jalonnés de quel é h ’ t f t que renforcer l ét t
é A é v t 1 -1851), il y a eu une effroyable
sécheresse ce qui incita Gezò à ordonner de cultiver le manioc, introduit du Brésil
par les commerçants portugais de Ouidah.

Le règne de Gezò apparaît l’ pl bl des rois du


Danxom l t t l’ p t tl l té l t v l
européens, son amitié et le pacte de sang conclu avec le Chacha de Souza aidèrent
l g p t l p t p ’ t l èg Gezò ’ t
institué une « armée de métier » p t t l f ég t ’A

Une reforme administrative


’ t ég l t l réorganisa une administration imparfaite sans doute
mais très supérieure à celle des États voisins. Son administration comportait :

 Les Yovogan ou chefs de province qui dépendent du Mewu, le premier


ministre assis à la gauche l’é h p v , auquel ils doivent

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pt p t t f pp t l h t l’h l
de palme.

 Les Gouverneurs de province rendent également justice pour délits


ordinaires, la peine de mort demeurant du ressort du roi.

 Sur le plan fiscal, Gezò complète ou remplace le Kouzou, impôt perçu par
l’ t é Toffo t l’Ag lt l maïs, le mil et
le netté, par une redevance en huile de palme, à laquelle sont astreints
tous les cultivateurs de palmeraie.

 l t éé ég l t p t ’ pp ll "Dénou". Ils
sont confiés à des fermiers qui prélèvent une part des redevances pour
l pt t tt t l’ t l g t

Des droits sur les marchés sont également institués. Il a conduit le pays dans une
expansion économique. Les palmeraies sont systématiquement étendues, le cocotier
qui jusque là était réservé aux domaines des chefs est diffusé chez tous les paysans
du secteur côtier. Ainsi, après la grande famine des années 1848, Gezò prescrit la
culture obligatoire du manioc, il introduit aussi la culture du maïs tendre, le tabac,
la tomate, le bananier, le p ’A g l l’ h l g b t .

Il met aussi au point le contrôle des cultures. Des Agbadji-Gbéto sont nommés,
ils sont considérés comme des « Intendants Généraux des Terres ». Ils assurent la
bonne tenue des plantations royales sur lesquelles travaillent les prisonniers de
g l v l’é p t
l v l l’h l p l b ll é l é
passait pour un économiste avéré. Malheureusement un coup de fusil reçu en plein
œ l p t ’ t t t , décapite ainsi le royaume du
Danhomé en pleine ascension économique, et mettra fin à ce règne florissant.

Triste fin de règne


A t ’ l v llé l é , t é l ég ’ f
et de Mekon l’ é dahoméenne pa p té ’E p environ 2
kilomètres au sud de Kétou, un village ami parce que déjà conquis par les forces
danhoméennes. C t p l ’ét t ’ vé t bl p é t p té
ltè ’ pp ll "akpaka" ’ t t é v l tv
168
lègba l b l t ’l t ç b tp t t p f l ’
tireur embusqué, un certain jeune homme nommé Kpénou qui a pris la fuite. Gézo
très grièvement blessé est examiné par ses Kpamégan, les médecins du roi, les
hamaquaires accélèrent alors leur marche pour arriver rapidement à Abomey.

168
Légba est une divinité qui se charge de protéger la demeure des rois et des villages et les habitants
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Pendant ce temps l’ é continuait ses représailles. Elle v g l v ll g ’E p
et massacre les habitants.

"Le secret de l’accident est bien gardé et de nombreuses versions parlent de


petite vérole, mais Paul Hazoumé avait percé le secret et connu la vérité.
Naturellement, il fallait trouver une explication en raison de l’invulnérabilité du
roi. L’explication fut trouvée par la matière du projectile, vieux morceau de cuir de
buffle ou d’hippopotame racorni, non prévu dans l’arsenal magique."
(CORNEVIN, 1981 :125)

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14. S10.3 Processus dérivationnel
Dérivationnel: GEZO

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation BASE 1 : ADAN (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées : Base 1 : "GE" de E

Lexie Signification
l gè élɔ n. N ll tt p t l è
ɔ ɔ gè b tɔ n. Elle est partie sur la pointe de pieds
pl g ɖɔ n. Accompagne- l’ t v
ɔ gébl ɔ n. ’ v l bé l l’ xcrément
H úɔgègétɔ n. Amène la chose en grand nombre
é pɔgègé n. Ils sont venus très nombreux
N ɔ ɔ gè ɔ n. th bâ l t p l t v l
ǎ gé ɔ n. Le chef est venu identifier la personne
ɖɔ g é ɔ n. Selon mon destin, je serai aisé demain
N ɔ úgé pl pɔ n. Cette personne a beaucoup de favoris

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Dérivation : E
Base 2 : (GE )

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation BASE 2 : Z (Préfixe + Base + Suffixe)

Lexie Signification

E f plɔ ú ! n. Cà fait en février !


gbé glét n. N v b lé l h b h p
’ t l l personne qui vend les cornes de
N - gb tɔɔ n.
buffle
flɔ ɔ ɔ gb n. Nous allons allumer le feu, il fait froid
éb è gb l n. l v tt t gb
Eɖ l gbè gbè n. Il a préparé la viande de fait
Et fɔ n. Il a marché sur une braise
té é n. Levez-vous, il y a le feu !
F lh bú n. L t F lh tp
n. ’ t ff l b l èv l’ b
Ah h ɔv ú ahanhanzo qui ressemble à de l’ l l
b l

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Section 11 L L

N° 11

L L 1 5 – 1889)
lé l l ɔ é
l ’ tg è p bl l v h p lt vé (ou)
Il est encombrant de saisir à bras le corps un champ labouré

LƐ̌LƐ

lɛ̌ lɛ

Nota
l l’ f t pp té p l P f é ô ALLA A E Historien
de son Etat, il semblerait que le nom GLELE est utilisé à tort pour désigner notre
roi, et que ce serait une déformation de DELELE (ALLADAYE, 2008 : 95)169

169
FRE UE AN EENNE éô ALLA A E E t Fl b t 200 P
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14. S11.1 - Analyse morpholexicale
Comme les p é é l l l v t ’ é é ph lè l l
ɔ b égé l l tp ég l t « Glèl l »

Nous sommes dans le cas de structure de dérivation flexionnelle avec


bl t l v tè v t ’ té l l t t
ou un radical soit redoublé pour former une unité lexicale nouvelle dont le sens est
très proche de la première. Nous parlerons dans ce cas de mots dérivés par
redoublement.

Par exemple en prenant le lexème glélil , en le décomposant nous avons :


glè-lil (glé >champ) et (lil >cultivé) soit : champ cultivé
Ll tl bl t l : action de cultiver

L , signifie aussi : laver


L glè : laver le champ, ’ t t lt ver le champ

Exemple : L : lavé le corps


l l : action de laver le corps

Ce que nous observons par ailleurs, ’ t bl t t p g é


de changement v ll t l ll ) tp l l l l
de la première syllabe h g p "l l "

Glé : n. (1) Champ


At v glé ɔ ɖ gb fǎf
Le champ d’ Atavi (oncle) ’ét p t v
A gbè ɔ gl l ɔ glé n an
Le jour de marché, les paysans ne vont pas au champ

L : v. (1) L glè : labourer ou cultiver le champ

pɔh é ɔ l glé tɔ t
pɔh é lt v b h p

úl ú v l
ép h -toi de laver les enfants
(laver le corps des enfants)

: corps
: enfant
L l s de pluriel)
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v.(2) ’ f h bt
L g : se livrer à la prostitution
L : fréquenter différents marchés
L g ’ pf

14. S11.2 Aperçu historique


Gl l (1858 – 1889) soit 31 ans de règne
Son emblème royal est le lion. De son nom de naissance Badohoun, f l l
g l è tô ff lté lg é t t tv l’
fè l’ p h l t l’ p ’ tt b ’ t
celui que nous avons décliné plus haut à savoir : GL l , tiré de la phrase, " lé l l
ɔ è" l ’ t g è p bl l v champ cultivé (ou) Il serait très
encombrant de saisir à bras le corps un champ labouré tout entier l ’ g t ’
v t t l l p t h pl b é l t
ét ô bl p . Il manifeste ainsi sa volonté de gouverner contre vent
t é t ’l tl p l gt p E ff t l ég p t 31

pé é l v t l’ b ’ g l l
l éb p ’ pé t v t et en a connu aussi de cuisants échecs.
Comme son t Agadja, il organisa un concile de la tradition, son règne fut
brillant. Cependant il a eu quelques dissensions avec les Français à propos de la
possession de Cotonou et diverses prérogatives royales.

èg t l l’ép l lt pl v t
’E pé ff t é l ’Ab t p è l t
pl t v l v p pé l’Angleterre,
l’All g l P t gal et surtout la France. Il faut citer aussi les premiers
contacts avec les missionnaires th l f ç t l’œ v tt ég
est considérable.

Les campagnes militaires


Sa première expédition fut dirigée t l g v ll g ’ h ou Idigny à
v gt l èt ét ’ét t fév 1 60. La ville est enlevée
et tous les habitants valides emmenés en captivité.

Une autre expédition a été menée contre Abeokuta g v g l


’ pp v t p l ôl ép l h f ’ h nga, l l é t
tt ’Abé t p p pè é l p l éf
’ h g 1 62 L f t L h f o fut tué.

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Quelques chrétiens furent faits prisonniers. Plusieurs autres expéditions ont été
menées contre beaucoup de régions : en pays yoruba, le 15 mars 1864.

U t è pé t 1 73 l’ é h é v gé
systématiquement b p v ll g p b L’Al f ’ ’ ff l
et adresse le 15 octobre 1881 au gouverneur Griffith de Lagos une lettre demandant
du secours contre les Dahoméens. ’ t p l’ é h é
continue ses avancées. En 1882, il détruisit la vallée de la Yewa v ll g ’ llé
Aworro et environnants)

Guerres à répétition
L èg lèlè t g l g tl
t p b t t t tv fl l
royaume de Porto-N v é h lg é l f t ’ l t f t é g ff
p pl é p t t " tp ’ t pp t
demande alors aux Français leur protection." Si l l signa un traité avec la
France le 19 Mai 1868, cédant Cotonou aux Européens, il refusa toujours de
recevoir des émissaires anglais qui venaient d'interdire le commerce de l'esclavage
sur les côtes.

Ce commerce qui vit son déclin dès lors que les navires britanniques attaquèrent
sans relâche les navires esclavagistes depuis le Nigeria.170

Fin de règne
L g è l f èg l l t l p è
opérations militaires peu après le décès du roi qui est intervenu le 29 décembre
1889. Comme les parlementaires français ne sont pas décidés à lancer une
pé t ’ v g t été p éfé é l été ’ ll g é A l
f v ’ h g t g v t t ’ ff t ’ p l taires
se sont mis devant le fait accompli. Le Colonel Doods étant à Abomey pendant la
période, il met en place dès 1892, des structures administratives coloniales, installe
un roi de substitution en la personne de fils du précédent roi, Kundo qui accèdera
au trône en 1889.

170
http://www.cairn.info/revue-histoire-monde-et-cultures-religieuses-2007-2.htm

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14. S11.3 – Processus de dérivationnel
Dérivation : GLELE
Base 1: (GL L )
Nous faisons remarquer que l l l est une déformation de Glél l .
Nous pouvons év l p ’ lg t l ph è glé t
ll N l t l "lè" "glè" p ît f t pl "l ", mais ce dernier
phonème v t pl l "lè" p f gl . Nous notons, mais aussi il y a
redoublement de ce m phè "l " ’ t bt l t gl l
v t p p L l

l’ v s expliqué ’ t t t l t "l l ", vient du


p é é bl t ph è "l " et signifie Labourer ou cultiver. Ce
bl t ’ t f t vec changement de voyelle se qui fait donc "lil " Ce
procédé t l’ t p ’ hèv t

Exemple :

Ap è tt p é v ’ pp t t p ît é
nous passons au processus dérivationnel p t b v "glè "
h p l gl t "l " lt v

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1 lè

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Dérivation (Base + Suffixe)

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La signification des lexies créées : Base 1 : lè l l

Lexie Signification
glèt égbé n. N h p ’h
ǎ étɔglè n. Le champ de leur chef est très propre
è gl t n. Ils sont arrivés au champ depuis longtemps
Egbɔɔ glètɔ n. l v champ
lɔ glè n. ’ b él ff h p
N èlɔgl gbè ú n. Cette personne est très courageuse
ɔ ɔglèɔ n. A v v l h pp p v g
glègbè n. ègl
ú úglègbè n. ’ t -homme très audacieux
v ɖɔglè p è n. Essayer de parler un peu des affaires de champ

Dérivation L L
Base 2 : (GLE L )

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Dérivation (Base + Suffixe) GL L

Dérivation BASE 2 : l (Préfixe + Base + Suffixe)

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La signification des lexies créées Base 2 : l l

Lexie Signification

úgb l ú pɔ n. l gb l t v v
éb ɔ l b è n. Ils sont tous arrivés en liesse
glèl l ɔ é n. On ne peut pas prendre un champ cultivé
l l n. Il ne sert à rien de faire de la palabre
P l L gb p v l p
ɖ úl gb ú n.
L gb
ɔh tɔ l ɔ n. Pardonne-lui ses péchés
E ɔ l l n. Il dandine, il va de-ci de-là
b t l ú ú é n. ’ tl g l p f l ll t
b tɔ l b n. Nos amis sont tous partis
b l égbé n. Venez ! Je vous invite à la ripaille

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t 12 H N N

N° 12

GB H N N
(1889 -1894)
G r
L’ v dét t œ f à une distance incommensurable depuis la terre

BƐHƐNZIN

BƐ HƐN (A)ZIN

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14. S12.1 - Analyse morpholexicale
À l’ g t v l é ’ ’ tl
p é ure de formation des noms. Le nouveau souverain prononce une
phrase qui témoigne de sa force ou de sa vison du pouvoir et des perspectives de
èg t l’ t l : GB H N N é p
comme suit : GB - H N – N

Nota
l phè /h / t / /
Il y a deux cas à observer
Cas de nasalisation : b h n az n
Univers/ /œ f

’él b h ’
(Absence de la particule « a »)

G n. (1) Vie, monde, univers, existence, Providence


G p ɖ ɔ : la vie est encore devant (la vie
continue)

v. (1) Kp Rester
av. ɖ t
Av. N ɔ : Avant, devant, front

G bl
/ b / t /
L v ’ t b p : (je suis dans le noir,
plus rien ne va pour moi)

v. (1) Tenir, détenir, saisir, garder, contenir retenir, maintenir,


maitriser
ɔ ú v ɔ gb l’ f t ɔ ú t t è gâté
éɔ ú : garde-moi la maison
A v : difficile de maitriser la colère

n.(1) Œ f : il y a absence de la particule dérivative "a" dans


l’é é l ph
L ègl ’ b v l’é é v t:
Kokolo s l
P l / / œ f l’œ f la poule

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n.(2) Poids
Agb ɔ p z n : le bagage est vraiment lourd

aj. Vif, habile, malin, rusé


N p v A b ɔ
Ayaba, la fille de la princesse Dokpa est très rusée

Verb. Murir, arriver à maturité


Agɔ ɔ : le coco est bien mûr

14. S12.2 Aperçu historique


H N N Communément appelé BEHANZIN (1889 – 1894)
Il t l f l p t p pè l l p l é De son nom de
naissance Koundo ( ùn un d d ), signifie littéralement « C’est une graine que j’ai
mise en terre » l v l tô 1 9 ébut 1890 puisque son père est
décédé le 29 décembre 1889. E é t tô l f t
pé é b h bɔ v

L’ v ét t œ f t bl p l t t l
devient objet de convoitise. Il a deux emblèmes représentatifs œ ft
deux mains sortant de terre, et un requin montrant ses dents.

La sentence de b h
At v tt t H N N fait allusion au fait ’ l t prêt à
accomplir de grands dessins pour sa patrie en particulier en ce qui concerne la
guerre avec les français qui lui paraît él t bl ’ t t lt t
son père le roi GL L enjoint à Kondo de résister aux Français car il "les trouve
désormais gourmands". Exploitant son emblème le « Requin » l H N N
t ’l t t bl t l barre et empêcherait les navires
f ç ’ t f Cotonou.

P ll l l lég ’ t ’ p b t
v l ’ t ’ t p v t t l p v l
était échu. Ces différents protagonistes voulaient tester sa puissance ou tout
simplement voulaient le ridiculer. Ainsi donc pour faire voir à ces personnes de
quoi il est capable l t œ f tl l ç t t f l’ h
l’œ f t b p t t p l’ l t t t
ceux qui étaient là. La surprise était grande t tl tt t l’œ f
retombe mais il est toujours resté suspendu dans les airs, défiant ainsi toutes les
théories sur l'attraction des corps et des lois de la gravitation.

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’ t en ce moment-l ’l p ç l ph magique qui restera célèbre
l’h t H NA N ƆA R .

L’ v dét t l’œ f t ll t l t p t l'évaluer.


t t t lég l ’ t t t tt ph t
p t t ll ’ pp té

Le casus belli
é l hé l g t H N N et les F ç ’ t l’
du royaume de Porto-Novo, car déjà en 1861, les Anglais attaquèrent la ville de
Porto Novo (anciennement Hogbounou mais rebaptisée en 1782 telle quelle par les
Portugais) mais celle-ci appela à l'aide les Français qui s'empressèrent de fortifier la
ville. Cette annexion de fait déplut fortement au b h qui continua de
percevoir les impôts dû à son royaume de Porto Novo. Mais, lorsqu’après 1882, le
Roi de Porto Novo renouvela la protection demandée au Français, les forces armées
du Dahomey fondirent sur la ville.

En Mars 1889, le souverain se heurta aux Français lorsqu'un de ses


détachements envoya la tête décapitée d'un chef de village dans le drapeau français
aux autorités coloniales. ’ t l P ’ét t h gé l’ép
négocier la reddition des Français. "Le Prince, repartit bredouille non sans avoir
averti que les Français se fortifiaient dans Cotonou et que des troupes sénégalos-
gabonaises avaient fait leur apparition dans la ville. Le 21 Février 1890, les
ambassadeurs Fon du Dahomey furent mis en prison. Le 5 Mars, Béhanzin et son
armée mirent le siège devant Cotonou. La guerre durera jusqu'au 3 Octobre 1890
sans que le souverain n'ait pu reconquérir son honneur perdu. Le traité d'Ouidah fut
humiliant. Il perdait ses droits coutumiers sur Porto Novo en échange d'une rente
annuelle de 20 000 francs et voyait son royaume amputé de ses côtes. La Colonie
du Dahomey était née".

Déclaration de guerre
b h t p p ép l ’ p gé é l’h l t l
été fl gé ’ t 1892, que les soldats de Béhanzin s'emparent des villages
près de Porto-Novo afin de sécuriser ses frontières. Les Français prennent ce
prétexte pour lui déclarer la guerre.

La riposte des Amazones


"Des nouvelles alarmantes (largement exagérées) de sacrifices humains et
d'esclavages étaient venues aux oreilles du gouvernement français qui avait donné
l'ordre de soumettre le" Royaume Dahoméen". Les affrontements feront rage durant
deux ans. L'armée française a fort à faire avec le corps féminin du Roi Béhanzin.
Le Colonel Alfred Dodds, en charge du corps expéditionnaire français, finit par

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prendre Abomey le 17 Novembre 1892. Béhanzin part dans le maquis avec ses
troupes pour préparer la résistance."

La rédition de Béhanzin
A t p t l’ f t l t é é l
t p è l h t ’Ab l 27 v 1 9 l’ p f
cesser la guerre et de rencontrer le Président de la République Française. "Il désirait
lui dénoncer les méfaits que les troupes coloniales accomplissent sous sa
responsabilité et au nom de la France au Danxomé (sans son plein accord pensait-
il). " ’ t ’arrête l èg b h l èg l pl t
l’h t l t ’Ab p ’l ’ é 5 . "Il fut
ép té v t g t t f ’ f t t ’ t t é
fort Tartenson à Fort-de-France à la Martinique. Sous la pression de la presse et en
raison de la dégradation de son état de santé, il fut exilé en Algérie où il mourut en
décembre 1906 à Blida."171 (BITON, 2000 : 85)

171
Hazoumé, Paul, Le Pacte de sang au Dahomey
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14. S12.3 Processus dérivationnel
Dérivationnel : GBEHANZIN
La derivation p t t b t t H N A N

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Dérivation (Base + Suffixe)
Base + suffixe Création lexicale Signification

Dérivation BASE 1 : (Préfixe + Base + Suffixe)

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La signification des lexies créées : Base 1 : de H NA N

Lexie Signification
gb ú n. Respecter les lois de la nature
n. l t t vt l’ pp é t l v
ú gb él
par les amis)
l t l v ’ t b t Et
Eɖɔgb bl n.
confronté à de grandes difficultés)
h gb ɔɖ ɖ n. Nous allons ménager la nature
é ɔɖɔgb tɔ ǎ n. l t l’h t v
ú úgb v ú n. L v ’ h t t è ff l
úɖúgb t é n. Profite bien de ta vie
bl gb ɔɖ n. N ll bât ll
A gb é n. ll v !
n. Ils disent que les charges de la vie sont
é ɖɔgb gb ɔ h
insupportables

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Dérivation : H NA N
Base 2 : ( N A N)

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation BASE 2 : H N (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées Base 2 : de H NA N

Lexie Signification
ɔgb h t ú n. Cette histoire est très répugnante
h n. Nous allons le préserver pendant longtemps
élɔh vv n. tt ll g tt è l
h v ɔɖ v n. Qui a g é l’ f t p t ’ l ét t p t t ?
bɔb h ɖ f n. Il vaut mieux le garder ici
h gb tɔ n. ’ t p t b t
éb h ɖ ɖ n. Ils vont tous le garder précieusement
n. E l g ’ ’lg
pé úb h úb
complètement
h t tɔ n. Viens, nous allons préserver notre pays
pl pl h hú b ú l t t bt t ’ t

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Déritation Base 3 : A N de H N N

Dérivation (Base + Suffixe)

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Dérivation BASE 3 : A N (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées

Lexie Signification
n. ’ h t œ f f p
ɔ ú
rentrer
Éh ɔb gb n. Il a cassé tous les oeufs
ɖ ɖǎ l éɖ é n. Voici les enfants qui ont préparé les oeufs
ǎ n. N ll v l œ f v t p t
l ɔ n. L tp œ f p t
(n) ɔ é é n. v h t œ f bl h
ɔ ǎ vɔvɔfǎ n. L f ll v œ f g vv
é ɔ plé ɖ n. Ils assemblent les œ f l b
Egbéɔ pɔ n. A ’h l œ f t h
úɖ ú ɖú n. Prépare- vt œ f g

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BEHANZIN ET SA STRUCTURE DU POUVOIR
DE DROITE A GAUCHE DE BEHANZIN
LES SEPT "FEUTRES"

DAADA
(Le Roi)

Mig n awú Kpɔsú Mɛw Adjaxó Tɔ̀kpɔ̀ Sɔ̌gǎn

Fig.: 14.S12.1 Structure de la cour royale sous Behanzin

Cette organisation ou hiérarchisation du pouvoir été pl p l


p è f p l H égb , qui proposa à l pé " p
législatif", composé de (41) quarante et un articles qui font force de loi. Cette
hiérarchisation du pouvoir a connu des accomodements et des adaptations au cours
du temps et l l l’ t v L t ’ tp h gé l ôl
les fonctions non plus. La pratiqu p t v ’ t p pl
en ce qui concerne le corps des Amazones t t tv Ag t été
f é t é gé p é A si à travers cet organigramme, ll
pé t ’ è gé é l l ôl e ses dignitaires du roi sous la dynastie
pè l pé t t p é v t
Agoliagbo.

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Page 354 sur 854
t 13 A L

N° 13

(1894 – 1900)

Allada lἐ f
Le royaume a trébuché mais il est toujours sur pied

A LÍÀGB

Agòo lí gb ́

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AGOLIAGBO est le dernier roi de la dynastie dahoméenne. Son nom comme
pé é t é vé ’ ph ’l p é l’
intronisation.
14. S13.1 - Analyse morpholexicale
AGOLIAGBO se décompose comme suit : AGO LI AGBO ’ t
bl t ll t t v p l’ té p l v t
’é l t t AGO L AGBǑ

It. Attention ! Place ! ’ t l’ p


quand on veut provoquer un rassemblement pour diffuser
un message provenant du roi ou de tout autre dignitaire du
royaume. Cela se fait l’ ’ gong, pp lé
p lg g é : intrument métallique
traditionnel en double p p é l’ l’ t

Ag m sé nù m sè gbè
Votre attention ! du silence ! Écoutez-moi !!!

L V.(1) Rassembler, attrouper, réunir, élire


Mi na l t gǎ tɔ ɔ : nous allons élire notre
Président de la République demain.

Êt l é t ét bl t
é élɔ l
Cette maison est bien établie

V.(2) Écraser, broyer, moudre, râper, repasser, aiguiser

l gb è ll l ï
A v ɖ vɔ tɔ l li
A v t t p h bt

N. (1) l ll t l ú

N. (1) P t l v t p t ’ v ll h p t
Agb ɔ tɔ h l g l’ t é
palais royal
Nɔ té pɔ ɖ agbodji : attends-moi à la porte
On peut dériver les mots suivant :
Agbonu : (à la porte)
Agboji : (sur la porte)
Agb l’ té p t
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N. (2) Culbute, saut en hauteur
N gb lb t bl l g é
Lɔ gb : sauter, bondir en hauteur

N. (3) Buffle, bélier, surnom des amazones du royaume


’Ab

14. S13.2 - Aperçu historique


G L G 1 – 1900) soit 6 ans de règne.
Il est le 13e roi mais le 12e selon la dynastie à cause du fait ’ v b l
èg ’A blè t pé t p bl b l s:
un pied, un balai, un rocher ou une motte de terre, et un arc.

l’ v pl é pl h t ’ t pp l ll t "il
semble que ce roi désire s’acquitter de sa dette envers la puissance conquérante et
demande à son entourage de se rallier à lui. Le balai indique clairement la
politique que souhaite mener le souverain. Mais ses frères, en plus des fils de Gl l
on constaté le roi Agoliagbo, voulait profiter de l’administration coloniale afin de
se créer des fiefs personnels. Ils se liguèrent contre lui et ne lui laissèrent guère
la possibilité de la mettre en œuvre. Ils ont demandé et ont obtenu son exil."
(BITON, 2000 : 86)

l vv ú ú l
De son vrai nom de naissance wolu J v v l été l Gaou Goutchili, Général de
l’ é son frère, le Roi Béhanzin avant de se faire attribuer le nom
d’Ag l gb à son accession au trône. Son p v f t l’ b
l’ t t l l f ç l’ t t ’ v ét bl l f
humains et le commerce des esclaves. Il entre alors en disgrâce avec cette
t t l’ v l b l t ’ 1910 L
le 22 1910 été p bl é l’ té t t A -LI-AGBO à retourner
en son pays. Signé par le Gouverneur- é é l ll P t l’ té t t
deux articles dont le plus utile est le premier :

Arrêté de rapatriement
ARTICLE PREMIER.- AGO-LI-A ’Ab
déporté en Afrique Equatoriale F ç p p lt ’avril
1900 t t é g g p ’ g v fl tl f
172
qui l'ont suivi au Gabon.

172
http://blaisap.typepad.fr/bninr/lexilinterieurdeagoliagbo.html
Page 357 sur 854
À t l é p t ’ é vè l f t t
t é pp h ’Ab ’ t ll t l é
pè l v t f t t l vé t l gt p ’ l’
h l’ ép dance. Il fut le dernier roi de la dynastie. Cependant la relève
continue de se faire à Abomey.

14. S13.3 Processus de dérivation


Dérivation : AGOLIAGBO
La derivation portera sur trois bases disctinctes : A L A
BASE 1: ( G LI AGBO)

tt l ’ tp t è p tv tè é v t t é t l l
tout au moins en matière préfixale.

Dérivation (Base + Suffixe)

Mêmes observations pour la production de nouvelles lexies


Page 358 sur 854
Dérivation BASE 1 : AGO (Préfixe + Base + Suffixe)
Préfixe(s)+base+suffixe(s) Création lexicale Signification

Préfixe Base Suffixe


1 Lexie
1 2 3 ago 1 2 3
mi yi ’ ago bo na g b
mi do ago do hwe gbé g h gbè
é ’ ago do pɔ h é é g pɔh é
é ú ago ɖ t è ú g ɖ t

La signification des lexies créées : Base 1 : AGO de AGO LI AGBO

Lexie Signification
g b n. Allons sollicit l’ tt t p p
g h gbè n. ll t l’ tt t p ll
é g pɔh é n. Ag p ll h l
è ú g ɖ t n. Ag écoutez-moi ! Votre attention ’ l v pl ît

Page 359 sur 854


Dérivation AGOLIAGBO
BASE 2 : (AGOLI AGBO)

Dérivation Base 2 : LI (Préfixe + Base + Suffixe)

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La signification des lexies créées Base 2 : LI de AGO LI AGBO

Lexie Signification

N ɔl bɔl f n. v h t l f tt ’g
Núb ɖ l l n. Tout va pour le mieux
gú l l n. Achète-moi du sésame écrassé
E ɔ úl h p é n. l b ît l b l t p temps
ɔ l gb éɔ n. L f ll é é él ï

Dérivation Base 3 : AGBO d’AGO LI AGBO

Dérivation (Base + Suffixe)

Base + suffixe Création lexicale Signification


Dérivation suffixale : agbo

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Dérivation BASE 3 : AGBO (Préfixe + Base + Suffixe)

La signification des lexies créées

Lexie Signification
l gb b é n. Nous allons installer le portail et nous en aller
éhú gb b è n. l t t é l b ffl t l’ t p té
bétɔ l gb ɖ n. L h tt pé b ffl pl f t
é ɔ gb gú ɖ n. Ils se sont tous enfuis l’ té l v ll
L gb gb ɔ n. ’ t l L gb tl h f p t l

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CHAPITRE XV

STRUCTURE ET ORGANISATION
DU POUVOIR SOUS LE ROI GB NZ N

Page 363 sur 854


DE DROITE A GAUCHE DE BEHANZIN
LES SEPT "FEUTRES"

DAADA
(Le Roi)

Mig n awú Kpɔsú Mɛw Adjaxó Tɔ̀kpɔ̀ Sɔ̌gǎn

Fig.: 14.S12.1 (bis) Structure de la cour royale sous Behanzin


15.1Un modèle de structure : le modèle de GB H NAZIN

tt g t hé h t p v été pl p l
p è f p l H égb p p l pé " p
législatif", composé de (41) t t t l f t f l tt
hé h t p v t t pt t
t p t l l l’ t v L t ’ tp h gé l ôl
les fonctions non plus. La pratiq p t v ’ t , par
exemple en ce qui concerne le corps des Amazones qui est une initiative du roi
Agadja et a été f é t é gé p é A t v t g g
ll pé t ’ è gé é l l ôl g t t
f ç p t lè l ôl l èg GB H NA N

15.2. Aile droite du Roi

15.2.1 Migan
Migan signifie littéralement "N t h f" l t l’h
confiance et bourreau, Premier ministre du roi, il a autorité sur tous,
sauf les princes et les princesses du sang royal.

g t pp lé œl p l t l’œ l
t l’ ll p l t é g l t h f ’ t
un notable qui a un pouvoir très étendu. Il gère tout et rend compte au
roi.

tt " t t " été éé l H ègb


P t l t l g pp ll l ɔ ú.

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A ses prérogatives de Premier ministre, ’ ajoutaient des
tt b t t ’l ç t sous le "akaba" t b l
l tt b t p t l ît t t l ff p té
devant la cour. Quand il ’ v t p t h l éfé t
En cas de condamnation, ’ t l é pè v ll
l’ v t t L l él bé t l v tl
une calebasse contenant des cauris avec lesquels il joue. Dès que tous
les avis sont recueillis, si par concours de circonsatance, le roi dépose
tous les cauris dans la calebasse, alors le vertdict est malheureusement
une condamnation à mort.

Pandant que le roi participe aux campagnes militaires et se trouve


sur le champ de bataille, le Migan ne va jamais à la guerre. Il assurait
l t té l’ t t t P t n administration,
il est entouré de ses adjoints ou le Kotto, Vice-Ministre.

Origine du mot
À partir de la phrase suivante :
M é ny g n d mi nù n n (voilà notre chef)
Chacun répète i t l’h b t f t "migan"

15.2.2 pt l’ é L p h f l’ é
’ t g t t l pé t

Il entretenait beaucoup d’ p ll t l pays voisins


en se faisant passer pour des étrangers ou commerçants immigrés. Ces
espions apprennent les langues du pays et y prenaient femme. Ces
espions étaient souvent des maxis ou des gens ’Ag l . Ceux-ci
t t l v l vé t p g ph l ’ gt
des cartes dessinées ou tissées sur toiles comme certaines de tentures
t t ll tl é ’Ab ll sé
t t v llé p l t l Ab
Quand parfois le terrain est rude et que les combats devenaient plus
ff l l ú ét t- tl ’ t t t lt t
l t t "E ɔ vɔ " L t p b tt t
ignorait les raisons de ces succès consécutifs à la nouvelle stratégie
l’ p g tt b t è l g pé t

De retour à Agbo , après les rudes b t ll v t


l ú t l g ét t l g té ’ t t ét t l ’l
doit rendre compte, de la campagne à genou, citer les faits de guerre,
et exhiber au besoin les trophées.
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’ t ’ pè l que le roi le fait détacher et ensemble, ils
exécutent des pas de danse.
L ú g t é é t p t t Ell
p t t p t t l vé ’h t p
de guerre.
La section permanente se composait de la garde royale et de la
garde des ministres.
La garde royale était forte de :
Cinq compagnies de 40 à 60 hommes chacune. Chaque compagnie
avait un uniforme différent, une bannière particulière et un chef.
400 gardes de corps, les ut n qui ne quittent pas le roi et ne
v t l g ’ v l
Une compagnie de 40 fusiliers ;
Le bataillon des amazones ou femmes-soldats, 200 environ, (400 à
600) estiment les français, lors de la "campagne du Dahomey". Les
amazones gardent bien le palais et ne vont l g ’ v l
b t ll A f t év l ppé p é ll p
f t pl t f t p ’él t p été t é
p Ag
À cette garde personnelle du roi on peut ajouter la garde des
ministres et des dignitaires, f t h v t l’ p t
charges de 10 à 30 hommes.
Tout ce monde était armé par le roi de fusils et de coutelas et
nourris par l’État pendant la campagne militaire. Les campagnes ont
lieu une fois par an et ce pendant la g è h Al ú
En cas de victoire, le souverain distinguait les soldats méritants,
leur attibuait des esclaves qui travaillaient pour eux, il leur donnait
aussi des femmes et des biens.
Les plus valeureux étaient invités ou devenaient membre du Grand
Conseil National A l t t pè l f t
Coutumes. L l l ú pl ôté g
15.2.3 pɔ
L t l g l l’ l g h t
èg ôté ú

15.3 Aile gauche du roi


L tt b t h t ègbé ú à cause de vous : pour
15.3.1 vous servir) Selon Cornevin. Mais une autre traduction est proposée
«L p l ’ »
Il a autorité sur les princes et les princesses.
En charge des princes qui se sont rendus coupables de lèse-
Page 366 sur 854
té l ’ p l t f l l g l l
charge de répéter à haute voix et en public le discours que le roi lui dit
à voix basse. Il doit aussi ravitailler en bois de chauffage les cuisines
du palais.

l l t t l ú t t h t ll t
corpulence analogues à celles du souverain pour que le tailleur,
" " ’ p l t p t l l p
p p p pt l
t t p p é p l P f UE U t l
t l’ lt g ’ t t ’l l p l
l t ’ t l tp h b ll
le roi.

L tt b t v é :
l t h gé l’ t t t -delà des
f tè ’Agb ’ t-à- ’ l ét t h gé v l
E pé Agb lf tf t égbè ú, P é pt l
f ll l L p t l l h g l è t
pè ’ ll Agb l’ pp ll l ú : "Père des princes".
l p ’ p l p é l t t p v t t
enfermés.
’ t ú v tl t p ’l t l
v t l’ ll t t t v tp v
doit passer par lui.

Origine du mot
’ét t l ègbè f tv v "hausa"173 v t
leu g t g ’ pp ll l b b

Ceux-ci lui conseillèrent, "pour son bonheur et celui de son


royaume de porter des sandales et la grande toge". Le roi accepta,
mais après leur départ, il opte pour porter les sandales et refuse la
t g l t p ’h b ll v lg h l
t t l ll p t tt
toge à sa place en disant l ph v t " éú ɔ è ɔ
" g f l l t t p p é p l P f
AHANHAN - LELE "L’h b t l v t t ’ t l
propriétaire qui le porte". Il faisait ainsi allusion à son ami en disant
que " si votre ami intime le porte, c’est tout comme si c’est vous-
même qui le portez".

173
Hausa : groupe ethnique venant du Nigéria
Page 367 sur 854
Ainsi le syntagme " ú ú" p b v t " " t-
à- "l’h b t l ’ " t "l p l ’ "
" v " l’ nt proposé les différents traducteurs dont
’ p lé

15.3.2 A
è t l t ’ tl t lt l t
tt é p E l t l h f t l v ú s L pl
g lt ét t l ú A tl tú ú
c'est-à-dire son garde de corps. Il vivait constamment avec lui.

Il était par ailleurs le chef de la police secrète pp lé l g l


f tf l’ p g les pays étrangers luttait contre les
p ’ t t t té l l g
f t l l’ét t té l p pulation, le moral de
l’ é l’ t t t l’ p p bl

Du point de vue judiciai l ôl g ’nt t l


t t p t p t f é l t l vé té p l
t- - ép v t l’ ép té ép
’ p p tt p t ’ pp ll fɔ
"Adimu". t t t ’é ’ b v t pé l
’l f t t p bl t pé t t l
prévenu. Si le coq résiste à la potion, le prévenu est alors innocent.
Dans le cas conteraire si le coq meurt alors sa culpabilité est établie,
et il passe au jugement. La sentence est alors prononcée par le Migan
é v l’ pp b t A t h gé l
p t v tl p tl p t t tg ’ t
un Surintendant et super Administrateur du palais royal.
15.3.3 ɔ pɔ
’ t l’ g t l’ p t lf " b úgǎ
’ t p bl l’ té l’ t t t
ç l’ t p l l ɔ pɔ ’ p t Affaires
domaniales et entre autres de Délibération des biens familiaux.

E t t t l’ g lt l p é t l’ p t
champs de culture, aidé par les hum n p t c'est-à-dire les scrutateurs
’hé t g p t l f pp t ’ l p
v t l t t l h p l t p t t ll t l’
disait alors : T p l glè n é.
Page 368 sur 854
Ce qui signifie que "T p a labouré en tes lieux et place".

Ces collaborateurs hum n p t , étaient répartis dans plusieurs régions


et étaient chargés de procéder à la répartition des terres de culture à la
él t t h p tl t ’h b t t

ɔ pɔ f t v ll l hé t tt l
trois ou tous les cinq jours et pratiquement tous les jours dans
différentes régions.

h é t ɔ pɔ t ’ h
lt vv è ’ l f t pl t p l h l l v t
été déjà institué dans le corpus juridiciaire de H ègb
qui b tt t p l h l ét t p bl p t
’ tgâ tt t t h l é ’h
doit la plus grande partie de sa richesse par la culture du palmier à
huile.

Origine du syntagme tɔ pɔ
ɔ pɔ t t t t v ll t l’ t té A l
était aussi le responsable des saisies et confiscation des biens en
faveur du roi.

L p ɔ pɔ ’ pp l t Al j nmàd p n t ét t l’
l f p ft ’ l
se situait à quelques kilomètres du palais, où les épouses du roi
ll t p l’ ll -ci furent souvent molestées par le
propriétaire de cette source, b é l l
source était la contraction des deux mots : Odi (nom du propiétaire et
Odo (qui signifie, trou, ou puits). Comme en fon le trou se dit Odo ou
do tout court on dit alors Odido (le trou ou le puits de Odi) et
l’h b t f t

Pour en revenir au syntagme ɔ pɔ l f t l’


Al j nmàd p n ait saisi ce puits a sus té l’é v ll t
’é ɔ pɔ g f f « Eau est bon marché ! »
Ce q g f é p t p l’ p t
v l té p l g t Alɔ ɔpɔ
v t ɔ pɔ t ’ t v tt té l

Page 369 sur 854


15.3.4 ɔg

En tant que tel, il commande la cavalerie lors des campagnes


lt l t h gé ’ pp v b h ff g
et en eau les femmes du roi.

Page 370 sur 854


CHAPITRE XVI

MÉT ODE M TRICIELLE DE CR TIO


O MI E E L G E

(A partir des axes syntagmatique et paradigmatique)

Page 371 sur 854


16.1 - Introduction
La préoccupation concernant la création de mots nouveaux ne date pas
’ ’h l " " ’ t té é l pp t
son ouvrage (DEROY, 1971 : 5)174 p t ’ t ’ éb t e
è l ’ pp ît l t é l g l l é g " l’ bl
p f t v ll té l l Et ’ t p l l g t
contemporaine que la question de néologie a été circonscrite avec précision, car les
progrès scientifiques, techniques et culturels du présent siècle ont pour ont eu pour
ff t é t l é t ’ b t v é t
débouché sur une étude de la néologie beaucoup plus systématique et plus souple :

" usqu’à récemment, à n’en pas douter, la néologie apparaît comme un


phénomène linguistique sans grande valeur ni intérêt particuliers, qui évoluait tout
simplement dans les ornières de la lexicologie et de lexicographie. Elle végétait
doucement, connue et explorée seulement que par quelques linguistes et par
quelques chercheurs perspicaces et avant-gardistes. Ces dernières années, cette
situation s’est radicalement modifiée et un sentiment de vive curiosité s’est
rapidement développé, tant chez les linguistes que chez les terminologues, à
l’égard de la néologie. " (J.- C. BOULANGER 1979 : 36)

Dans le cadre de notre travail, nous précisons que la dénomination "création


néonymique" est un processus qui va consister à introduire de nouveaux lexiques
par une méthode que nous allons expliciter dans les lignes qui vont suivre ce qui va
p tt p ’ l g év t l , soit dans les langues fon, gun
ou toutes autres langues apparentées.

Cette expression "création néonymique" est à distinguer de celle de la simple


dénomination "néologi l l " l’ p t la langue commune.

L l g fɔ ’ tp t llé -nous en tenant compte de âg


qui daterait du XVe siècle, par rapport à ’ t l g ét bl p
millénaires, comme les langues indo-européennes. Il est à rappeler aussi que le
premier essai de transcription lexicale ne date que de 1850175.

Pour nous permettre de faire l’analyse exhaustive de toutes les possibilités de


dérivations, la dérivation flexionnelle par exemple, ces possibilités sont très
limitées. Car en dehors des cas de principe de redoublement et de flexion tonale, il
ne nous est pas possible de pratiquer sur la langue fon, la dérivation flexionnelle.

174
Néologie et néologisme : "Essai de typologie générale" In La Banque des mots 1, pp 5-12
175
DAHOMEY AND THE DAHOMANS. The journals of two missions and residence at his capital in the
years 1849 and 1850 By FREDERICK E.
Page 372 sur 854
Nous entendons par langue flexionnelle en typologie morphologique, une
langue dans laquelle les lemmes ou les mots peuvent changer de forme selon leur
rapport grammatical aux autres lemmes. Dans ces langues, tous les mots ne sont
pas « invariables » (ce qui est le cas dans une langue isolante) : certains modifient
leur forme (sonore et ou visuelle). On dit d'eux qu'ils subissent le jeu de la flexion
et que l'ensemble des formes différentes d'un même mot fléchi forment son
paradigme. Chaque forme d'un même paradigme peut transmettre un ou plusieurs
types de traits grammaticaux (genre, nombre, fonction syntaxique, classe lexicale,
temps, mode, etc.) pouvant s'opposer (singulier contre pluriel, masculin contre
neutre, première personne du singulier contre première personne du pluriel, etc.).
Les formes d'un même paradigme, cependant, ne changent pas de sens global :
seuls les traits grammaticaux s'opposent. La flexion nominale est souvent nommée
déclinaison tandis que celle du verbe est la conjugaison.

Nous rappelons que la typologie morphologique est une branche de la typologie


linguistique qui traite de la classification des langues selon leur morphologie, c'est-
à-dire la façon dont s'y forment les mots. Elle a été développée par les frères
Friedrich et August von Schlegel.

L'échelle correspondante n'est pas absolue, mais plutôt continue et relative. Bien
qu'il soit difficile de classifier une langue comme purement analytique176 ou
purement synthétique177, il est possible de dire qu'elle est par exemple plus
synthétique que le chinois mais moins que le coréen.178

176
Une langue isolante est en typologie morphologique une langue qui est extrêmement analytique, c'est-à-
dire où tous les mots restent invariables quelle que soit leur fonction syntaxique.Les langues isolantes sont
traditionnellement opposées aux langues agglutinantes, aux langues synthétiques (ou langues fusionnelles et
aussi anciennement appelées langues flexionnelles) et surtout aux langues polysynthétiques.Des exemples
typiques de langues isolantes sont le chinois et le vietnamien.

177
Une langue synthétique (appelé aussi fusionnelle) est, en typologie morphologique, une langue se
définissant par la combinaison de morphèmes langagiers. Toutes les langues de cette catégorie font partie du
groupe des langues flexionnelles. Les langues indo-européennes (excepté l'arménien), notamment, sont des
langues synthétiques.

Les langues synthétiques se différencient des langues agglutinantes dans le fait qu'elles présentent un
syncrétisme poussé dans leurs éléments signifiants minimaux : une seule forme, indécomposable, vaut pour
plusieurs éléments sémantiques (ou grammaticaux) identifiables. Le latin ou le grec ancien en sont des exemples
classiques.

L'allemand en fournit un exemple quant aux langues contemporaines. Dans Der Mann ist mein Lehrer
(« L'homme est mon professeur »), l'article der indique à la fois le défini (s'opposant à l'article indéfini), le
singulier, le masculin, et le nominatif. Il en est de même dans les langues slaves. Les langues romanes font partie
également de cette catégorie de langue.

Cette différence n’est pas justifiée du point de vue de l’étude du langage oral, c'est-à-dire sans
préconceptions héritées de l’usage de l’écrit (lui-même hérité d’une tradition millénaire
largement influencée par l’histoire des langues et de la langue française en particulier).177
Page 373 sur 854
Nous sommes conscients que toutes les langues du monde comportent des
processus lexicaux et des processus syntaxiques. Toutefois, la part qui relève de
l’ t l’ t v é é t ’ l g l’ t tt v t
partie artificielle car la frontière entre lexique et syntaxe est le plus souvent liée à
l’h t l’é t l g ’ t l pl p t t p t l t
té t ’ t éf l t t t éf t t l t
syntaxe. Or cette notion de mot est souvent très difficile à justifier et à formaliser
du point de vue linguistique. Ainsi en français, les pronoms personnels postposés
dans une construction comme « donne-le moi » ne sont pas considérés comme
appartenant au mot « donne ».

En tenant compte de ce manque (les éléments de dérivation fonctionnelle)


adéquats qui pourront nous conduire à une création plus rigoureuse de ces
nouveaux noms en langue fon, nous allons plutôt essayer par une approche
pragmatique de p p é h v t ’
p t tt œ v l l t t l l l t v

Notre travail en matière de création néonymique, par rapport au cadre


éth l g l l l ’ t f t œ v pionnier dans ce domaine
’ t v l té t ’ th p ymie en langue fon au Bénin. Par
f t pé pp t t t b t l’ v t l é t
lexicale qui explorerait sur le plan linguistique des modèles de création
néonymique dans le cadre de dérivation affixale prenant en compte la structure
morphologique et morphosyntaxique de ces noms dérivés.

Nous précisons par ailleurs que cette création se f t p t ’ t


é ’ t t t bl bl té éé p t ’
diagramme à 90° sous-tendu par les axes syntagmatique et paradigmatique

16.2 Rappel de notions

16.2.1 Un syntagme
Un syntagme peut se définir comme étant un ensemble d'éléments associés ou
p é t l é lt b tf té é é ’ t
par exemple d'une phrase d'accroche dans une publicité ou d'un slogan.

Le concept de syntagme (l'axe des unités coprésentes) s'oppose à celui de


paradigme (l'axe des substitutions) que nous pouvons définir comme étant une
classe d'éléments commutables, c'est à dire l'ensemble des éléments substituables
en un point d'un énoncé.

178
http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_synth%C3%A9tique
Page 374 sur 854
Lors de la production ou de l'interprétation d'un énoncé linguistique, deux
é t ll t l ép t t œ v :

 il s'agit d'abord de la comparaison des unités avec les unités semblables


qui pourraient lui être substituées (axe paradigmatique) ;

 ensuite mettre ces unités (semblables) en rapport avec les unités


coprésentes (axe syntagmatique). Ainsi la valeur d'une unité
significative, par exemple un mot dans une phrase d'accroche qui
p t éf p pl l f t ’Ab " b h
" l’ v ét t œ f; (l'objet dans une image
publicitaire,) est déterminée à la fois par l'influence de celles qui
l'entourent dans l'énoncé et par le rappel de celles qui auraient pu
prendre sa place.

16.2.2 Rapports syntagmatiques et rapports associatifs179


Les rapports syntagmatiques sont ceux qui "dans le discours, les mots
contractent entre eux, en vertu de leur enchaînement" (Saussure, 1967 : 170). Ils
sont "fondés sur le caractère linéaire de la langue, qui exclut la possibilité de
prononcer deux éléments à la fois" (Saussure, 1967, 170) et contraint par
conséquent les unités linguistiques à se présenter les unes après les autres dans la
chaîne parlée. Ferdinand de Saussure appelait syntagmes les combinaisons "de deux
ou plusieurs unités consécutives" (Saussure, 1967 170 “combinaisons qui ont
pour support l’étendue" (Saussure, 1967 : 170) et qui se font par conséquent sur
l’ h t l l h î p lé

Les rapports associatifs se définissent eux par le fait que, "en dehors du
discours, les mots offrant quelque chose de commun s’associent dans la mémoire
du locuteur et de l’auditeur." (Saussure, 1967, 171) Pour reprendre un des
exemples de Ferdinand de Saussure, le mot enseignement est impliqué dans une
série associative qui a en commun le radical enseign-, à savoir enseignement,
enseigner, enseignons, renseigner, etc., et dans une autre série associative qui a en
commun le suffixe -ment, à savoir enseignement, changement, armement, etc.

Ces deux séries associatives ont, chacune, en commun un élément qui est une
té g f t v ’ t-à-dire un élément formel et sémantique. Mais le même mot
enseignement t pl é é tv l’élé t
est seulement phonétique, à savoir enseignement, clément, justement, etc., et dans
une série associative qui repose "sur la seule analogie des signifiés". (Saussure,
1967, 174), à savoir enseignement, instruction, apprentissage, éducation.

179
http://books.openedition.org/pup/484
Page 375 sur 854
Ferdinand de Saussure oppose clairement les rapports associatifs et les rapports
syntagmatiques en les caractérisant de la façon suivante :

"Le rapport syntagmatique est in praesentia : il repose sur deux ou plusieurs


termes également présents dans une série effective. Au contraire le rapport
associatif unit des termes in absentia dans une série mnémonique virtuelle"
(Saussure, 1967, 171).

16.2.3 - Rapports paradigmatiques


Le terme de " pp t p g t " t p H l l v tl é
p t b tt é t " pp t t f" év l ppé p
(Hjelmslev, 1938 : 161). Mais par ce nouveau terme, il désigne seulement la
l t ’l t t "corrélation" existant" t l b ’
tég " H l l v 193 162 ’ l pp ll p g ’ t
t l élé t ’"une classe d’éléments qui peuvent être placés à une même
place d’une chaîne" (Hjelmslev, 1966, 56). C’ t l pp t p g t
l’ pp pp t t g t L pp t t g t
ét t l pp t l’é é t té t ff t v t
œ v tl pp t p g t , les rapports "entre des unités qui peuvent
fg t t t t t ’ l t t ll t”
2
(Martinet, 1967 ,27).

Nous proposons ci- t l éf t l’ p tt v l


Dictionnaire de linguistique de Jean Dubois :

"On appelle rapport syntagmatique tout rapport existant entre deux ou plusieurs
unités apparaissant effectivement dans la chaîne parlée" (Dubois, Alii, 1973,477).
"En linguistique moderne, un paradigme t t t é p l’ bl té
entretenant entre elles un rapport virtuel de substituabilité"
(Dubois et Alii, 1973:353).

16.2.3.1- Liens entre ces deux sortes de rapport


Une fois bien distingués, l’ t g t ’ t-à- l’ h t l l
h î p lé t l’ p g t ’ t-à- l’ v t lp pp t l
h î p lé l p t p l ép t b v ’l f t t
’ pp t p l’ l’ t H l l v t t t "le
mécanisme de la langue est établi sur un réseau de rapports syntagmatiques et
paradigmatiques qui se conditionnent mutuellement” H l l v 193 161

N l l’ t é ies paradigmatiques met en


év l’ t ’ b l’ t g t A l
paradigmatique et le syntagmatique sont liés entre eux et se conditionnent bien
mutuellement.
Page 376 sur 854
Pour expliciter cette méthode de création néonymique, nou ll p t
l’ pl l é v t b ét ph H NA N p
t t p t ’é é ph ’ h î p lé p t é
é E l v é vé l ’y a
p ègl pé f l p v t é p t ’ l t lé ’
ensemble de mots clés.

N t é h ’ pp t é p composition car "La


composition consiste à créer une unité lexicale par concaténation de plusieurs
radicaux, pouvant ou non être autonomes par ailleurs, par exemple, choufleur,
auto-radio et hippodrome sont créés par composition, chou et fleur, auto et radio
peuvent constituer des unités lexicales à part entière, en revanche, hippo- ne peut
exister indépendamment d’une autre base."180 (JOUSSE. A-L, 2002)

Prenons par l’é é t EHAN N :

b h bɔ :
L’ v ét t œ f t la terre en mesure la portée)

16.3 - Observations
16.3.1 – Prise en compte des morphèmes
Dans cette phrase, seuls les trois morphèmes p t été t p l
t t p tô v 1 90 b h
donné le syntagme HAN N ’ l élèb HAN N. Ce nom
francisé, il devient BEHANZIN.

 R ’ p h ’ t l t phè f que l h î p lé
soit plèt v b H A ɔA

16.3.2 – Décomposition des constituants


Il peut aussi se décomposer comme suit :
 b
 H
 A
 ɔ
 A

Dérivation sémantique et morphologique de termes, analyse en corpus spécialisé et


180

modélisation au moyen des fonctions lexicales. Mémoire de maîtrise d’Anne -Laure JOUSSE sous
la co-directon de Myriam BOUVERET et de Marie-Claude L’HOMME
Page 377 sur 854
16.3.3 - Tableau de nouveaux noms créés

Le e e c e e ’u l e ce e

1 G G n Vie/Refus
N pɔ b
Je ne vais pas renoncer à la vie à cause de ses
difficultés

2 G n Vie/Tenir
pɔ ú gb h ɖé è
F t l t p t’ …

b h ɖé
La vie va en tenir (Au tant en tiendra la vie !)

3 G n Vie/Oeuf
b

b ɖ lɔ

4 G n Vie/Et
gb b gl
Nous ne pouvons guère jouir de la vie

5 G n Vie/Terre
b p p ɔ é ɖè

La vie et la terre sont à égalité


Qui dit la vie dit la terre

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6 G JR n Vie/Mesure
N ɔ ɔ t gb
Un fou ne sait rien de la (dimension, taille,
ègl l’ v

ɔ t gb
Un fou ignore tout de la notion de la mesure

b fl ɔǎ ɔ ú tú gb
L’ f t gâté t p p év p t
connaître les règles de la vie

7 G n Tenir/Vie
A lɔ plé b h gb ɖ te
’ tp bl t ff t
maintiendrons ou que nous retiendrons
té t t l’ v .
… p h l l t b !)

8 n Tenir/Tenir
u Agb h h ɔ ɔ ɔ é ɔ b
At pp t h g ’ tl qui en
souffre.

H h éɔhh ɔ ɔ h é
Tiens-moi donc et je te tiens aussi nous ne nous en
privons pas

9 n Tenir/Oeuf
E h ɔɔ ú ɔ ɔtɔ
ɔ ɔa

l’œ f ’ t p pp té l l
(marché), on ne pourra pas en acheter

10 n Tenir/Et
H bɔ ú jr
Tiens et nous allons en prendre la mesure

Page 379 sur 854


11 n Tenir/Terre
Afɔ hú v ɔ h
Dès que tu te réveilles, essaie de rendre hommage à
La terre.

E ’ t t R gâ h
matin quand tu te lèves.

12 JR n Tenir/Mesure
pɔ b h lɔ t èl b

F t ’ v l t t t
t p ’év l l p té t t t
entreprends.

13 G n Πf/
A gb f flè ɔ l ɔ ɖè !

L’œ f f ’é l ’ t l’ ff l
p l l’ p !

14 n Πf/
A h tɔ f é h

L p t ’œ fs ne participe guère à
une course à pied.

15 n Πf/ f
A ɖ ɖɔ h h ɔ ɔ bɔ l na
ɖ ɖ ú

’ tp f l’œ f l’œ f
la poule va se mettre à pondre spontanément

16 I n Πf/Et
ɔ l gb úé ɔ ɔ ɖè ɖ ɖ
ɖ t

Ou ɔ l gb é ɔ ɔ ɖè
ɖ ɖ ɖ t

L’œ f t t v ’ t
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p t l ’l t p l ép l p l

17 n Πf/
A ’ ɔ ɔ ɔ

’ tp p t l’ ft bé

18 JR n Πf/
A ɖé tɔ l tɔ ú

l ’ p t ’œ f h
comptage ou de son pesage.

19 G n Et / (vie, monde, univers)


ɔ gb èt

Et la lumière fut ! Et l’ v ’é l t !)

20 n Et/Tenir
h è ú !

A l l l ’ t p é l l lâ h
prise !

21 n Et/Πf
ɔ ɔ flé !

Et l’œ f ’ t ainsi éclos !

22 n Et /Et
ɔh èh t bɔ l

Et la lumière a duré un certain temps, et puis


la pluie est survenue !

23 n Et/Terre
ɔ

Et la terre en mesure la portée

Page 381 sur 854


24 JR n Et/Mesure
ɔ hɔ tɔ ɔ ú gb é lɔ

l p té l’ té f ’
aussi la continuité.

25 G n Terre/Monde, Vie, Univers


A gb l
Ou
ú ú l p gb p

On ne peut pas séparer la terre de la vie et vice


versa

26 n Terre/Tenir, posséder
A h úɖ ɖɔ ú ɔ è

L t lv l t ’ ll t
sensée détenir dans ses entrailles

27 n Terre/Oeuf
A ɔ gb ɔ flé é

L’œ f l t ’ tl v l’é l t

28 n Terre/Et
tɔ tɔ

La terre érige des montagnes et le fleuve les


convoite (ou en jaloux)

29 n Terre/Terre
A A t gb

La terre, la terre, et toujours la terre

30 JR n Terre/Mesure
A ɔ ú ɔ

Le ou la commerçant(e) qui sait mesurer les grains


(ses marchandises), ne peut pas mesurer la terre.
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31 JR G n Mesure/Monde, Vie, Univers
A gb lɔgb gb

On ne peut mesurer le monde à main nue

32 JR n Mesure/Tenir, détenir
è ɔ h ɖ b é ɔ ɔ

’ t p t tl h ’
apprécie mieux leur portée.

33 Jr n Mesure/Oeuf
A ɔ tɔ

L l’œ f f t p pt g

34 JR n Mesure/Et
gb l r gb ɔ ɔ ɖ lɔtɔ
L A ht t éé l’ v f ç

35 JR n r ɔ ɔ ɖè l ɖ t

On ne peut pas tracer des voies dans une ville si


l’ mesure pas la terre (le sol)
(Allusion au cadastre)

36 JR JR n Mesure/Mesure
N r r ɔ ú pǎ

Il est préférable de mesurer les choses avant de


p é l t b t l’ v gl tt

Page 383 sur 854


16.3.4 Etapes de la méthode

1 Choix de la phrase à exploiter


2 Décomposer la phrase en ses plus simples constituants
3 Tracer un repère orthonormé
4 Orienter les axes abscisse et ordonnée

5 Transformer ces axes en axe syntagmatique (abscisse) et axe


paradigmatique (ordonnée)

6 Créer à partir de ce repère un tableau à double entrée appelée matrice


(lignes/colonnes)

7 Créer autant de lignes que de colonnes ’l tt t


exploiter

Disposer dans un premier temps, à partir de la deuxième colonne sur


8
l’ syntagmatique chaque constituant dans chaque case du tableau
ainsi créé

p t l’ p g t h tt t l
9
m phè h lg t t p t l
deuxième ligne.

P tt t l è lg l’ p g t
10
tl b v h tt t t é l’
syntagmatique

Pour créer un nouveau lexème, il faut concaténer chacun des


11
constituants ainsi combinés. Inscrire le lexème formé dans la case
intersection (ligne/colonne) de chaque constituant traité

12 P vl’ pé t ’ ép l’ bl tt t
p t t l lg v t l’ p g t

13 Revenir à la ligne v t p t tt t l’
paradigmatique et reprendre la combinaison un par un des constituants
l’ t g t t t ’ ép t t
les constituants, situés sur les deux axes.

Page 384 sur 854


16.3.5 - Néonymie trisyllabique
On peut aussi procéder à la même création néonymique avec trois syllabes.
L p é tl ll é t pl h t l t l tt t l’ p g t ue se prennent par
’ lg l’ t t t b é v tt t l f l’ t g t
E pl p l H NA N :

16.3.5.1 Tableau de création néonymique trisyllabique (Tableau 17 Création néonymique (GBEHANZIN)


H N A N Ɔ A R
H N G G G H N G AZIN G Ɔ G A G R
A N G I G I H N G I AZI G I Ɔ G I AYI G I R
Ɔ G G H N G AZIN G Ɔ G A G R
A G G H N G AZIN G Ɔ G A G R
R G JR G JR H N G JR AZIN G JR Ɔ G JR A G JR R

Fig. : 16. 1 Tableau de création néonymique


16.3.5.2 Recensement et signification des mots créés

1 G G n U v / /U v …
b ɔh ’ ɔ é gb ɔ h éɖ
H N

N l p t ’ pp p ’ p t t l
l’ v ’ t l’ v t tt t l

2 G G n U v /Πf/U v
b ɖ ɖ gb v :
GB ’ INGB

Il n’y a pas de génération spontanée sans un


germe vital.
(Un œuf n’engendre pas la vie ex nihilo)

3 G G n Vie, Et/Vie, Univers, monde


ɖ gb bɔ gb p ɖ té
Ou
ɖ gb ú ɔ bɔ gb ɔ p ɖ tè

’ tp ’ t é l
’l l v v v

4 G G n Monde, Vie, /Terre/Monde, vie, univers


b ! A gb , L v ’ tl t !
Vie ! Terre de vie !
La vie ! l ’ v t

é ɔ ú ɔ gb f
Quiconque refuse la vie sur terre, ne peut vivre
dans ce monde.

5 G JR G n Monde, Vie/Mesure/ Monde, Vie


A ɔ ɖè tú gb b ɔ gb !
Nul ne peut se prévaloir de réguler le monde, le
monde s’autorégule !

b ɔ gb é ú ɔ
Les règles de la vie, c’est la vie même qui les fixe
6 G n Monde, Vie/Tenir, détenir, maintenir

7 G n /Πf/
b h b ú f flé

- C’est parce qu’il y a de la vie dans l’œuf qu’il


s’éclot
- (C’est parce que l’œuf contient un germe de vie,
qu’il peut éclore)

8 G n Monde, Vie/Et/Tenir
b t é bɔ h !

’ tt v lf tb l pé v !

9 G n Monde, Vie/Terre/Tenir, préserver


b ɔ h

- Le monde, c’est la terre qui le maintient


- La vie c’est la terre qui l’entretient

10 G JR n Monde, Vie/ Mesure/Tenir, préserver


b v h

’ t ff l t l’é lb l
nature, ou du monde

11 G n Monde, Vie, Univers/Tenir/Oeuf


b h bɔ

L’ v ét t œ f t l’ v l
portée

12 G n /Πf Πf
b ɔ bɔ é flé ɔ é ɔ flé
La vie c’est comme des œufs car l’un s’éclot
après l’autre

13 G I n /Et/Πf
ɖɔ gb bɔ flé !
- On a dit vie et l’œuf s’est éclos !
- Au comment c’était l’œuf
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14 G I n / /Πf
b ɔ ’ ɔh ɔ é ɔ gb

- La vie c’est comme un œuf si l’on ne sait comment


le tenir, il se casse

- La vie est aussi fragile qu’un œuf

15 G JR n N t / /Πf
N é bɔ é ɔ ɖɔ ɔ gb ɖ

’ tl t é l t ll
lb g t t tég ’œ f

16 G n Vie, Monde, Nature/Tenir/Et


b h bɔ h l h l gl

L t ét t l h ’ll t
difficile de le lui arracher.

’ t-à- ’ t t ’ p t
arracher son destin des mains de la nature ou de
l é t l’ v t l t
’ t ét , il faut être un croyant)

17 G n Vie, Monde, N t /Πf /Et


h gb bɔ tɔ ɔ v

ét l’œ f l’ v tl l
convoitent.
E ’ t termes, les gens sont jaloux de mon
sort

18 G n Vie, Monde, Nature/Et/Et


É gb bɔ gb h ú

’ tp p é
que nous allons combattre le processus de
procréation
Page 388 sur 854
19 G n Vie, Monde, Nature/Terre/Et
Al gb gb tɔ ɖè ú ɖ v ú
hɔ gb

A v l ’ l t p t ép l
t l’ v ’lf t

On ne peut pas de façon radicale séparer la terre


du monde.

20 G JR n Vie, Monde, Nature/Et


b é bɔ gb ɔ

L v p t t vé l’
respecte ses règles

21 G n Vie, Monde, Nature/Tenir/Terre


b h bɔ ɖé

’ tl t ét tl t l ll
nous sommes.

E ’ t t s, t ’ t éé
et protège la terre sur laquelle nous vivons.

22 G n N t /Πf/
b ɔh tɔ
b ɔ h

’ tl t t t t l’œ f l t
’ t la nature qui entretien la vie sur terre
’ t g l v t

23 G n Vie, Monde, Nature/Et/Terre


G ɔ ɔ h

La Terre181 ne peut pas condamner la Nature,


ou le Monde t lv ll t ’l t
pu commettre.

181
Terre, Nature, Monde, Univers ici dans le contexte de leur utilisation, ces entités sont considéres comme
des forces cosmiques détenant un pouvoir sur l’homme en tant qu’individu soumis aux lois cosmiques.
Page 389 sur 854
En considérant la terre et la nature comme deux
t té t t t g t l’ l’ t l
peut y avoir des effets « néfastes » l’ l’ t
’ t p p t t l’ p tera "plainte contre
l’ t " Et v t lt b l?

24 G n Vie, Monde, Nature/Terre/Terre


G p p pé ú ɔ gb tɔ ɔɖ

E fl t t l t tl t ’ t
l’h bt

25 G JR n Vie, Monde, Nature/Mesurer/Terre


G ma r ú ɔ é ɔ é ɔ ɔ
t b ǎh é

Quand la nature ne te délivre pas une parcelle


de terre, tu ne sauras point t’ t ll

On ne peut avoir de légitimité sur quelque chose


l’ ét t p ’ t
localisation.

G JR n Vie, Monde, Nature/Tenir/Mesure(r)


G r gègè bɔ ɔ v plɔ

L t p ’ p pl ègl
que le pékin ne peut appréhender.

E ’ t t l f t ll l’é l
la vie pour y apprendre ces lois.

Apprendre ou adhérer aux lois de


l’ t pé

27 G JR n N t /Πf/Mesure(r)
b ɔɖ

’ tl t lb l œ f

’ t t b l ôl l
de chacun ou selon les capacités de chaque
Page 390 sur 854
individu.

28 G JR n Vie, Monde, Nature/Et/Mesurer


b b ú ɔ ɔ

Que la nature fasse la part des choses et nous


nous y associerons.

29 G JR n Vie, Monde, Nature/Terre/Mesure (r)


b éɖ ɔé ɖ tɔ gɔ

t t " b " t lé
Dieu en é t l t p ,
créé les mesures ou les lois qui vont avec.

30 G JR JR n Vie, Monde, Nature/Mesure/Mesure(r)


b ɔ gb ɖ tɔ é

l pp t t ’ é t p
’év l l N t l l

t l’ p té l’h
v t l’ té l f l
nature

Ce processus de "néonymisation", peut se poursuivre avec tous les énoncés


phrasiques de tous les rois dont nous avons étudié la structure morpholexicale.

Nous recommandons vivement à tous ceux qui sont intéressés par la création de
nouveaux noms, de tt œ v tt éth l g é t pl h t
faisant les combinaisons nécessaires à partir des axes syntagmatique et
paradigmatique. Les mêmes résultats peuvent être obtenus p t ’ pl
tableau à double entrée, pour faire émerger tous les types de noms, les noms forts
ou les noms métaphoriques qu l’ souhaiterait acquérir soi- l’
aimerait faire porter par un enfant.

Page 391 sur 854


16.3.5.3 - Remarque
Nous laissons ci-dessous, cette portion de processus de dérivation à cause de
l’observation que nous faisons plus bas sur la taille des mots nouveaux qui sont
ainsi créés. Nous maintenons par ailleurs le tableau dans lequel sont inscrits ces
mots pour de raisons pratiques de lisibilité et de distinctibilité ou leur séparabilité.

Dérivation (Base + Suffixe)

Nota
c L’œ f t bien gros
La coquille est blanche

Pour les nouveaux noms ci-dessus créés ( t ’ t le t t l


processus de dérivation que nous avons fait). Nous sommes conscient, que certains
de ces nouveaux mots sont sans doute un peu longs structurellement et difficiles à
lire pour les non-h b t é ’ p h l é p t t
tirets "-" pour en faciliter leur lisibilité et leur compréhension.

Exemple :
1- c soit :
A - -ɖ ú L’œ f t b g " l t" , je ne sais pas si on peut dire
" v l t" p é l f v ï l l’œ f

Page 392 sur 854


: est comme, resté ɖɔ
A Πf
’ t… rondelet ou ovalet
Le mot " rondelet" dérive de rond
" v l t" " v ï l" é v t t ll t v l f l’œ f v t
de ovo, ovi : racine latine).

l t " v l " v ï l t t ts
ne donneraient pas le sens exact, que je souhaite conférer à ce terme.
Comme nous sommes dans un processus de création de néonymique pourquoi
ne pas en ajouter un à la liste française aussi !

Créons donc OVALET ! Comme RONDELET !

2- soit A - - é é L ll bl h

A Œ f ll é é : blanc (couleur blanche)

En effet, le fait de séparer ces syntagmes par des tirets facilite leur lecture et
aussi leur compréhension.
Quiconque serait confronté à la difficulté de lire en entier les mots dérivés peut
les découper en ses divers constituants afin de mieux en comprendre le sens.

Nous abordons à présent la quatrième partie : La syntaxe et la morphologie du


système de numération en langue fon.

Page 393 sur 854


Page 394 sur 854
PARTIE IV

LA SYNTAXE ET LA MORPHOLOGIE DU
SYSTÈME DE NUMÉRATION EN LANGUE FON.

Page 395 sur 854


Page 396 sur 854
CHAPITRE XVII

LA NUMÉRATION : SYNTAXE ET MORPHOLOGIE


DES NOMBRES EN FONGBE

Page 397 sur 854


17.1 - Introduction
Par numération l f t t l’ t v té l pé t t b
b p t g t p g L’ bl ègl t
pratiques concourant à cette représentation constitue un système de numération.

Un système de numération t bl ègl p t


’ tl g t p pé t b l é
l N p v g t é t p
que l'écriture, de la nécessité d'organiser les récoltes, le commerce et la datation.

A l f t pt gt éf l p é t t
l’ p t tt pp h t g l
pl p t tè é t
l t pl tè é t t été év l ppé
t p l t été aussi utilisés par différents peuples.

17.2 - Base de la numération182


Le premier système de numération t ’ t tè tè l t l
n'est pas pratique lorsque les nombres deviennent trop grands. On choisit une base
et on regroupe les unités par paquets chaque fois qu'on atteint la valeur de la base.
De même, on regroupe ces paquets en paquets d'ordre supérieur, et ainsi de suite.
Le nombre d'éléments de chaque paquet, qui constitue la base de la numération, est
généralement identique.

Nous distinguons entre autres :

 Un système binaire (base 2) utilisé dans des langues d'Amérique du Sud et


d'Océanie. Il est à la base du système de numération utilisé en informatique
(E p l t p pl ’ t pt él t t : 1 le courant
passe : le circuit est ouvert. 0, le courant ne passe pas : le circuit est fermé.)

 Un système quinaire (base 5) était utilisé parmi les premières civilisations, et


jusqu'au XXe siècle par des peuples africains, dont le Bénin par exemple. Il
est aussi, partiellement utilisé dans les notations romaines et mayas.

 Un système sénaire (base 6) Un système sénaire est un système de


numération de base six. La notation sénaire positionnelle nécessite l'emploi
de six chiffres. On utilise d'habitude les chiffres 0 à 5 du système décimal.
On différencie alors les notations décimales des notations sénaires au moyen
d'un indice 10 ou 6. Ainsi, 1456 = 6510.
182
http://fr.wikipedia.org/wiki/Num%C3%A9ration
Page 398 sur 854
 Un système octal (base 8) est utilisé en Pame du nord (Northern Pame), au
Mexique, et en Yuki, en Californie, ainsi qu'en informatique.

 Un système décimal (base 10) a été utilisé par de nombreuses civilisations,


comme les Chinois dès les premiers temps, et, probablement, les Proto-indo-
européens. Aujourd'hui, il est de loin le plus répandu.

 Un système duodécimal (base 12) est utilisé au Népal par le peuple chepang.
On le retrouve, à cause de ses avantages en matière de divisibilité (par 2, 3,
4, 6), pour un certain nombre de monnaies et d'unités de compte courantes en
Europe au Moyen Âge, partiellement dans les pays anglo-saxons dans le
système d'unité impérial, et dans le commerce. Il sert aussi pour compter les
l h tl œ f

 Un système hexadécimal (base 16), très couramment utilisé en informatique.


’est un système de numération dit positionnel en base 16. Il utilise ainsi 16
symboles, en général les chiffres arabes pour les dix premiers chiffres et les
lettres A à F pour les six suivants.

Le système hexadécimal est utilisé notamment en électronique numérique


et en informatique car il est particulièrement commode et permet un
compromis entre le code binaire des machines et une base de numération
pratique à utiliser pour les ingénieurs. En effet, chaque chiffre hexadécimal
correspond exactement à quatre chiffres binaires (ou bits), rendant les
conversions très simples et fournissant une écriture plus compacte.
L'hexadécimal a été utilisé la première fois en 1956 par les ingénieurs de
l'ordinateur Bendix G-15.183

 Un système vigésimal (ou vicésimal, base 20) existe au Bhoutan184 en langue


dzongkha, et était en usage chez les Aztèques et, quoiqu'irrégulier, pour la
numération maya. Certains pensent qu'il a aussi été utilisé par les Gaulois ou
par les Basques dans les premiers temps, mais on ignore en réalité si leur
numération avait un caractère décimal ou vigésimal.

 Un système sexagésimal (base 60) était utilisé pour la numération


babylonienne, ainsi que par les Indiens et les Arabes en trigonométrie. Il sert
actuellement dans la mesure du temps et des angles.

183
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_hexad%C3%A9cimal
184
Le Bhoutan, en orme longue le Royaume du Bhoutan, est un pays d’Asie du Sud sans accès à la mer.
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Certaines bases de ces numérations sont utilisées dans des domaines
scientifiques, notamment en électronique numérique et en informatique. Par
exemple en arithmétique, une base désigne la valeur dont les puissances
successives interviennent dans l'écriture des nombres dans la numération N-adique,
ces puissances définissant l'ordre de grandeur de chacune des positions occupées
par les chiffres composant tout nombre.

Par commodité, on utilise usuellement, pour les bases entières à partir de deux,
un nombre de chiffres égal à la base. En effet, l'écriture d'un nombre en base N à
l'aide de N chiffres allant de 0 à N-1 correspond à son développement en base N.
Parmi les différentes cultures humaines, de nombreux systèmes de numération
traditionnels reposent sur les nombres 5, 10 ou 20. Cela peut s'expliquer par le fait
que dans beaucoup de cultures on utilise le comptage sur les 5 doigts de la main,
sur les 10 doigts des deux mains ou les 20 doigts des mains et orteils des pieds.

Ainsi en Shuars185, le nombre 10 se dit " " l bl ’ t l


que proviennent les chiffres romains V pour 5 (une main) et X pour 10 (deux mains
jointes). Toutefois, certains systèmes de numération peuvent être beaucoup plus
limités. Ce qui nous amène aux spécificités de l é t l g fɔ

17.3 - pé f té l é t l g fɔ
Pl b t v t l é t f p pl

 l tè pt b 5 tl l gt ’
E pl f

 Atɔɔ 5
 10
 fɔtɔ 15
 20
 tɔɔ 25
 gb 30

l ’ gt t l b v bl p 5
L é t t p é l p é té p l t g ɔ ɔ
p l

185
Les Shuars sont l'un des peuples amérindiens faisant partie d'un groupe ethnolinguistique habitants des
forêts de la Haute Amazone qui ont été désignés par les premiers envahisseurs espagnols sous le nom de Jivaros
(Xibaros). Leurs territoires sont actuellement coupés en deux, depuis la guerre de 1941, par la frontière entre
l'Équateur et le Pérou.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Shuars

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 l é t é l l ll t p
pt l t ég l t pp lé tè é t b 10 L
pl p t l g vv t é p t l b b 10 l
pé t l t t t f t t t l pt l
gt t tè t tf t pl g t
t f t ’ t t ’l p t é é bl tl l g
g b p pp t l b 2 t t v t t bl
t t lt pl t é bl L b v b l
0 1 2 3 5 6 7 9 10

 L tè v gé l t v l b é t fɔn,
p l’ p t v s et des deux pieds pour compter.
N pé t pl b bl t bl é pt l g
b h ff tl é l’ p l g fɔ

N t b tf tt p t ’ t t té l tè
pt g fɔ t t ph l g f t
t
17.3.1 Le numéral
Comme nous avons évoqué supra, que plusieurs types de systèmes apparaissent
dans la numération en fon, nous retenons néanmoins que la base principale reste le
système décimal. Au fur et à mesure de notre analyse, nous présenterons le statut
réel des numéraux. Il va s'agir, à travers l'étude du constituant du numéral, arriver
à intégrer dans une classe de constituants et faire ressortir dans un second temps,
le système comptable de la langue. Nous en ferons aussi une analyse syntagmatique
en vue de mettre à jour les syntagmes auxquels ils participent et ce à travers
différents tableaux que nous présenterons ci-dessous.
17.3.1.1 Numéral cardinal
3.1.1.1 de 1 à 5
E fɔ l é ét bl t t partir de 1 à 5 le comptage se
fait unité par unité et ce sans doute c ’ t s peuples, l œ v
système quinaire utilisant les doigts de la main.
On dit :
Tableau 1 - Les unités de la base quinaire
ɖè ɖè ɖ p un 1
è è deux 2
Atɔ trois 3
quatre 4
Atɔɔ cinq 5

Fig. 17.1 Tableau des unités de la base quinaire Tableau 18 Unité de base quinaire
Page 401 sur 854
Remarque

Nous constatons dans les numérations comme ce fut le cas lors du chapitre sur
"La commutation", que les noms en fon sont sont constitué é v tf / /
thé t N ll ff l phè / / t/ / p v
t t l t bl - v b h / ɖè/ t
des dérivatifs, comme dans la strucutre : tɔɔ / / t é v tf l t
fɔtɔ t-à-dire le nombre 15, dont les termes constitutifs sont :

 àf qui signifie (pied)


 àt n qui signifie (trois). Cette structure sera étudiée dans les tableaux qui
vont suivre.

17.3.1.1.2 De 5 à 40
5 0 pt p é 5 t t é t t ’ p
1 aux chiffres quinaires.

A six 6
è è tɔɔ è Sept 5+2 = 7
tɔ tɔ tɔɔ tɔ huit 5+3 = 8
tɔɔ neuf 5+4=9
Wo dix 10
ɖ p ɖ p ɖ p 10+1 = 11
è è è è 10+2 = 12
tɔ tɔ tɔ ǎtɔ 10+3 = 13
10+4 = 14

De la morphologie
Du point de vue morphologie, nous constatons, comme dans le cas des
dérivations que nous avons effectuées plus haut au niveau de la
l t l ’l b l t l
’ t t g v t ’ uter pour former le lexème "final"

E pl tɔɔ è

Radical Suffixe Lexème Chiffre


tɔɔ è è 5+2 = 7
tɔɔ tɔ tɔ 5+3 = 8
ɖ p ɖ p 10+1 =11
è è é è 10+2 = 12

Cette construction va se poursuivre ainsi en fonction des dizaines, des centaines


ou des milliers à compter.
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Àp t 15 l l’ é t t p 1 1 pt " l"
"g " ú
Racine Elément P ’ cr e Chiffre
f 1
N ú ɖ p 15+1= 16
N ú è 15+2= 17
N ú Atɔ 15+3= 18

Racine Incrément P ’ cr e Chiffre


Ko (20)
N ú ɖ p 20+1= 21
N ú è 20+2= 22
N ú Atɔ 20+3= 23
N ú 20+4 =24
N ú Atɔɔ 20+5 = 25

Remarque
Pour revenir à l'exemple de fɔtɔ v év é pl h t
 àf qui signifie (pied)
 àt n qui signifie (trois).
ceci nous donne un total de 15, dans la mesure où la strucutre syntagmatique de
fɔtɔ t : trois pieds (3 x 5), ce qui met en évidence par ailleurs, le système
de base quinaire.

Ce système est aussi attesté au niveau de certains termes d'emprunt qui sont
utilisés comme unités monétaires de base. C'est le cas par exemple de :

fl ɖ p
/franc / un / un franc (FCFA)186

pɔ ɖ p
(pound) de l'anglais
/pound/ un /
25 F. CFA
ɖɔl ɖ p un dollar équivalent
/dollar / un/ de 5 FCFA

À la suite de ces divers exemples, nous pouvons dire que les numéraux
s'intègrent dans plusieurs t g p v t t hétérofonctionnels ou
homofonctionnels.
186
FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine.
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Syntagmes hétérofonctionnels
C'est le l é l pp ît t g qualificatif au sein duquel il
assume la fonction de qualifiant, comme l'attestent les exemples qui suivent :

ɖ p ɖ p 10 1 = 11
fɔ è fɔ è 200 2 = 00

ɖ p t è (deux) assument ici la fonction de qualifiant alors que


t fɔ ll l f é s.

l ɖè ú ɖ p ɖ p v t t t l lf t
œl g t pl ɖé

Syntagmes homofonctionnels

Ce sont des syntagmes au sein desquels les numéraux s'intègrent le plus


fréquemment. Ce sont notamment le syntagme de coordination et le syntagme
distributif.

Syntagme de coordination
Soit par exemple :

gb tɔɔ
trente / cinq gb tɔɔ 30+ 5 = 35

ɖégb
quarante/trente ɖé gb 40+30 = 70

ɖé ɖ p
ɖé ɖ p
quarante/vingt/grain/un 40+20+1 = 61

La structure profonde de tous ces numéraux peut s'établir comme suit :

 gb p ɖ tɔɔ p

 ɖé p ɖ gb p

 ɖé p p ú ɖ p

A " p … p " pé t "l phè t f"

Page 404 sur 854


Syntagme distributif
L é l pp â t l t g sous forme redoublée.
Exemple :

ɖo p ɖo p un à un

è è è è: deux par deux

tɔ tɔ trois par trois

La particularité de ce syntagme c'est que les deux termes sont dans une relation
d'immédiateté.

P t p t ll v b h l tè
numération à val l

17.3.1.1.3 L tè é t v l l

L v l l t p l tè é l t bt t l
l g ff t é ll t t t gɔ gɔɔ.
De façon générale, le premier se dit : ɔ tɔ t- - " v t"
L v b p è t t ɔ ɔ tɔ
l t g tɔ è L v b t g g tɔ

Au niveau de la suffixation, il existe quelques particularités que nous


expliquons :
lorsque le numéral est isolé et n'est suivi d'aucun autre numéral, par exemple :
è tɔ ɖè gb … gɔ ff t t

we gɔɔ deuxième
tɔ gɔɔ troisième
gb gɔɔ trentième

Lorsqu'il est attesté une composition de deux ou plusieu é gɔ t


nécessairement suffixé au dernier numéral :

é gɔɔ
ú é gɔɔ
vingt/deux / dérivatif le vingt deuxième
le vingt deuxième jour
tɔ gɔɔ le 40x3 ième gbɔ tɔ gɔ ɔ
quarante/trois / dérivatif le 120 eme le 120ème mouton
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Par rapport à tous ces cas traités et aux pl œ v l
que le "numéral" a un double statut à sa classe. Il peut en effet participer à la classe
des noms d'une part et à sa sous-classe des qualificatifs d'autre part. Alors que les
ordinaux sont à intégrer dans la classe des noms.

Nous poursuivons ci-dessus notre étude à travers les différents tableaux qui vont
suivre.

17.3.1.1.4 De 40 à 200
0 200 p pl l pt g f tp p ’ é t t 0
40. La possibilité de comptage unité par unité reste toujours, mais pour un
pt g g pé l t pl ’ ll p l ts de 40 par 40
ɖé t p é " " t l t t "ɖé"

Compte tenu du caractère polysémique du terme "kan", on peut lui attribuer le


sens de : Corde, de lot ou de tas. A " ɖé" t
187
laquelle serait attachée une quarantaine de cauris ), ce, peut-être aussi un lot de
quarante unités de grains comptés et rangés de part en part.

Racine Incrément Pas Chiffre


’ cr e

N ú ɖ p 40+1= 41
N ú è 40+2= 42
N ú Atɔ 40+3= 43
N ú 40+4 =44
N ú g é Atɔɔ 40+5 = 45

17.3.1.2 Multiples de 40
Racine Incrément Pas Chiffre Lexème
’ cr e

(40)
N ú ɖé ɖ p ) 40 x 1 = 40 ɖé
è 40 x 2 = 80 è
Atɔ 40 x 3 = 120 tɔ
40 x 4 = 160
Atɔɔ f 1 e 40 x 5 = 200 Afɔ é

187
Cauri : unité monétaire au temps de nos anc tres
Page 406 sur 854
tt tég l’ é t l’élé t té t l pt g
p ît t l’ p l’ét p lt pl pl L’ é t t p t
directement sur le radical. Il en t l pt g 200 1000
le tableau ci-dessous.

17.3.1.3 De 200 à 1000

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17.4 FORME TABULAIRE
DE LA STRUCTURE MORPHO-SYNTAXIQUE
DU SYSTÈME DE M R TIO E L G E ON

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bl 1 A E E ALE

ɖ ɖ ɖ p 1

è è è 2

Atɔ 3

Atɔɔ 5

A 6

è - è 7

tɔ t - tɔ

- 9

W 1

Fig.: 17.4.1 Tableau de la base décimaleTableau 19 Tableau de la base décimale

R
L é t vɔ " " t pl tôt l l

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Fig. 17.4.2 Tableau de comptage de 10 à 20Tableau 20 Tableau de comptage 10 à 20

R
L pt g l b f t 10 15 p t 15 l
pt g l’ é t t v l p 1 1 ’ 19

l l pp ît l t bl - l t t t g t 15
t- - "Afɔ- tɔ " fɔtɔ t3p ’l f t p tl
f t pt l t l t p N t l b

p t 15 l p p ’ é t t p t v l p 1 1
’ 20 l ’ t pl b ’ t l t " ú " p p " "
20 t lt pl 5

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bl pt 25 30
R é t P 188

tɔɔ N ú ɖ p 25 1 26 tɔɔ ú ɖ p
N ú è 25 2 27 tɔɔ ú è
N ú Atɔ 25 3 2 tɔɔ ú tɔ
N ú 25 29 tɔɔ ú
b 30 b

R
tp p v l pt g pè

Fig.: 17.4.3 Tableau 4 : compter de 25 à 30

tɔɔ ú t l p 1p f at n nu n at n tt
p ’ t p
l t pl ’ tl l t "gb " é g 30 t- - 29 1
b ’ p ’ét l g t

bl 5 pt 30 35
189
R é t P
b N ú ɖ p 30 1 31 gb ú ɖ p
N ú è 30 2 32 gb ú è
N ú Atɔ 30 3 33 gb ú tɔ
N ú 30 3 gb ú
Atɔɔ 30 5 35 b tɔɔ
b tɔɔ 35 b tɔ

Fig.: 17.4.4 Tableau 5 : compter de 30 à 35


Tableau 22 Comptage de 30 à 35

Remarque
N t l pé l éb t l ’ t l’ é tN ú
tl p ’ é t t 1 1ɖ p è tɔ t t
ph l g lf l’ é t t pas ff ’ t t
à la gb p tt v ll forme comptage.

188
Pas Ic : Pas d’incrémentation
189
Pas Ic : Pas d’incrémentation
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Tableau 23 Comptage de 35 à 40
Tableau 24 Comptage 40 à 45

bl 6 pt 35 0

Fig.: 17.4.5 Tableau 6 : compter de 35 à 40

R
0 f g f ɖé ’ t lt pl 5 ’ t p l b
ɖé g f "p " l ’ gt tt l t U l t 0 té
190
l h t t p l t p t t
L té t ɖé = ɖé f v ll té pt g t
l p t- - l l ’ t t pl ff
é t tl p

t f p t ɖé l tè é t p l b gé l
ɖé p t ’é phè " " t "ɖé"

bl 7 pt 0 5

F g 17 6 bl 7 pt 0 5

190
Cauri : unité monétaire sous nos aïeuls
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R
L’ b v t p v f t bl p t v t t
t v

1–l pt g l é l l’ p t tl t f t 1 10
l b é l t p té
2–L pt g f t v l’ é t "N ú " v l p 1
3– ɖé tl té t ɖé t t 10

p t tt év l tè ggl t t l l g
P t v ll p t l ll l pt g
p t l’ v tp v l p

Tableau 25 Comptage de 50 à 60
bl pt 50 60
191
R é- P
t
ɖ p 0 10 1 51 ɖé
ɖ p
è 0 10 2 52 ɖé è
Atɔ 0 10 3 53 ɖé tɔ
0 10 5 ɖé
f 0 10 5 55 ɖé fɔtɔ
ú ɖ p 0 10 6 56 ɖé
ú è 0 10 7 57 ɖé t è
ú tɔ 0 10 5 ɖé t tɔ
ú 0 10 9 59 ɖé t
W 192
0 20 60 ɖé

Fg 17 7 bl pt 50 60

pt g ’ tl ɖé tp l ll t té l
10 t l té 1 10

p t l’ ’ p t l é l’ é t ú t l’ t
p é t t p 1 1 ɖ p è tɔ … L’ é t v t pè ɖé
fɔtɔ ɖé fɔtɔ ú ɖ p t t

191
Pas d’incrémentation
odoat n est l’expression utilisée par le feu Professeur Mathématicien Cyprien GNANVO qui
192

signifie (5 lots de 10) soit 5 x 10.


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bl 9 pt 60 70

F g 17 bl 9 pt 60 70

L p p ’ é t t t t v l bl
l h ff 65 t l ɖé tɔɔ = ɖé tɔ
t p l g t v t l’é é t ɖé ú tɔɔ
tp fɔ h g t l’ p
v ɖégb ɖé 0 gb 30 t 70

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F g 17 9 bl 10 pt 70 75

bl 11 pt 75 0

F g 17 10 bl 11 pt 75 0

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R
L p p ’ é t t t t v l bl
l h ff 0 t l é é = é l t 0 té
Nous retenons suite aux divers exemples que nous avons proposés que de 1 à 30 la
base quinanire est attestée et que de quarante à mille et au-delà, la base quadragésimale
est attestée.
bl 12 pt 0 5

F g 17 11 bl 12 pt 0 5

bl 13 pt 5 90

F g 17 12 bl 13 pt 5 90
Tableau 26 Comptage de 85 à 90

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Tableau 27 Comptage de 95 à 100

R
L p p ’ é t t t t v l bl
L h ff 90 pé t l é = é
è
l t ú ’ pp t pl 5 g
t p l g t v t l’é é t é tɔɔ
ú tɔɔ f t b 5 5 = 90 t 2 0 10

bl 1 pt 90 95

F g 17 13 bl 1 pt 90 95

bl 15 pt 95 100
R c e P N b t g fɔ
f ú ɖ p 95 1 =96 é fɔtɔ ú
ɖ p
é fɔtɔ ú è 95 2=97 é fɔtɔ ú è
é fɔtɔ ú tɔ 95 3=9 é fɔtɔ ú tɔ
é fɔtɔ ú 95 =99 é fɔtɔ ú
0 20=100
é
F g 17 1 bl 15 pt 95 100

R
L p p ’ é t t t t v l bl
L h ff 100 p é t l é = é
t 0 2 20 = 100
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bl 16

:1 1 T le u 1 : e e quelque ul le e e e1
Tableau 28 Tableau de synthède des multiple de 5 et de 10

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bl 17 pt 1000 1005

R c e P N b t g fɔ
f ú ɖ p 1000 1 f tɔ ú ɖ p
f tɔ ú è 1000 2 f tɔ ú è
Af tɔ ú tɔ 1000 3 f tɔ ú tɔ
Af tɔ ú 1000 f tɔ ú
Af tɔ ú Atɔɔ 1000 5 f tɔ ú tɔɔ

Tableau 29 Compter de 1000 à 1005

F g 17 16 bl 17 pt 1000 1005

bl 1 pt p l t 1000 1000

:1 1 T le u 1 : C er e 1 e 1 Tableau 30 Compter de 1000 en 1000

Tableau 31 Compter de 10 000 en 100 000

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bl 19 pt p l t 10 000 1 00 000

F g 17 1 bl 19 pt p l t 10 000 100 000

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bl 20 pt p l t 100 000 1 000 000

:1 1 T le u 2 : C er rl e1 e 1 Tableau
32000000 Compter de 100 000 à 1 000 000

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bl 21 pt p l t 1000 000 10 000 000

F g 17 20 bl 21 pt p l t 1 000 000 10 000 000

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bl 22 pt p l t 1000 000 10 000 000

R c e I c P I re ef

F g 17 21 bl 22 pt p l t 1 000 000 100 000 000

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bl 23 pt p l t 100 000 000 1000 000 000

R c e I c P I c re e f

F g 17 22 b 23 pt p l t 100 000 000 100 000 000 000

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bl 2 pt p l t 1 000 000 000 10 000 000 000

R c e P N b t g fɔ

F g 17 23 bl 2 pt p l t 1 000 000 000 10 000 000 000

Page 426 sur 854


bl 25 pt p l t 10 000 000 000 100 000 000 000

R c e P N b t g fɔ

F g 17 2 b 25 pt p l t 10 000 000 000 100 000 000 000

Page 427 sur 854


bl 26 pt p l t 100 000 000 000 1000 000 000 000
R c e P N b t g fɔ

F g 17 25 b 26 pt p l t
1 e 1 Tableau 33 Compter 100
000 000 000 à 1 000 000 000 000

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Elévation en puissance
193
Tableau 27 : W l

:1 2 T 2 : El e u ce Tableau 34 Elévation en puissance

17.5 P t " é l t "

"Si on analyse cette numération, on voit que les bases utilisées pour nommer les
nombres sont multiples. Au moment de l’écrit, on ne peut pas utiliser des bases
multiples, si on veut la base cinq, on s’en tient à cette base et on donne des noms
aux nombres pour harmoniser ce qu’on lit et ce qu’on écrit. Voilà ce qui a entraîné
la nécessité de la décimalisation pour la commission de langue fon, et nous
indiquerons les symboles pour transcrire.
L’écriture a entraîné des changements dans la numération. Et j’ai accepté de
conduire le travail de décimalisation de manière à obtenir un système de
numération décimale aisée à l’usage et harmonieux pour l’écriture et la lecture.
Ce sont les dix symboles indo-arabes que tout le monde utilise maintenant, que
nous utiliserons nous aussi sans complications : les voici : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9.
Ce sont ces dix symboles que nous allons utiliser pour écrire tous les nombres, on
les appelle les chiffres ( l ) comme on disait des lettres".(GNANVO,
2012)194

193
Ce tableau a été tiré du projet de livre du feu Professeur Cyprien GNANVO 2012
194
Projet de livre « uide pour lire et écrire le ɔn » 2011. Cyprien GNANVO
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17.6 Conclusion
Nous avons présenté la structure morphosyntaxique des nombres dans le
système de numération en fon. À partir de tableaux bien structurés, nous avons
montré comment, p t ’ les nombres se créent, se forment et
’ ll g t f t b ff ’ t t p f l
syntagme final.

Les trois caractéristiques à la base de création de nombre dans le système de


numération peuvent se résumer comme suit :

1 – Étape comptage unitaire


Elle consiste à énumérer tous les nombres de 1 à 10 (Voir tableau n° 1) ;

2–L p é ’ b une racine, ou un pivot : la dizaine (10)


’ t p t pv t l’ l pt g é t l p
unitaire, allant de 1 à 5 ;

3– ’ é t
Àp t 15 Afɔtɔ lf t p l pt g t l’ ’
é t ’ "assiette" t "N ú " ’ t ’ t œl
p ’l ’ gt l éf t t g ’ pensent que
nu n œ l t nù n (grain) sont quasi homophones. Év l’œ l l
pt g p ît v bl bl p t l’ t l t grain permet de faire
une addition unité par unité et constituer par l t l t
lt pl t v t l l l U g tb l ôl ’ é t
l’ v v gé À cet incrément, il faut dériver pas à pas de 1 à 1.

A t ’ des nombres très élevés pouvant atteindre des puissances


infinitésimales.

Cas de multiple
A - l lt pl ɖé 0 t ɖé è tɔ
, quand on arrive à des nombres très élevés, la mise en puissance est
vivement recommandée pour éviter de traîner avec des zéros.

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’ tl p pl t bl l t bl ° 28, dont nous
présentons un extrait ci-dessous :
ɔbl ɖ p
195
(al ) Mille milliard, un billion
1 000 000 000 000 = 1012
p è196 ou un tetrillion

Les travaux de recherche se poursuivent au niveau du système de numération en


l g fɔ L t t l " é l t "

195
Al p fɔ g f " b "
196
Expression qui signifie 10 puissance 12 (1012)
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PARTIE V

LES ANTHROPONYMES ÉVÉNEMENTIELS

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Page 434 sur 854
CHAPITRE XVIII

TYPOLOGIE D'ANTHROPONYMIE
ÉVÉNEMENTIELLE

Page 435 sur 854


Page 436 sur 854
18 A. ANTHROPONYMIE ÉVÉNEMENTIELLE

Page 437 sur 854


18.1 Introduction
Pour expliquer certains anthroponymes béninois, nous allons prendre en
compte les événements, les circonstances qui ont entouré la naissance ou qui l’ t
marqué. Généralement, en ce qui concerne un nouveau-né par exemple, le nom qui
lui est attribué est généralement en rapport avec les problèmes que sa famille a eu
à résoudre avant son avènement ou sa délivrance. Ces problèmes peuvent être
’ ph l ph p h l g p blè ’ té l
p t t l é é b h lh ’ l famille à un
moment donné.

’ t t t f t t ll p t ép , pour
l’h t t é p t g L p t t , par exemple pour
l’ f t t é ’ v g l’ é v g pourrait être impliqué
’ tl p pl AL H NU Alixonu : Chose de
chemin ou de trajet).

l b b ’ th p t évé t l :
 Les anthroponymes traduisant la vie, le sort, la destinée
 Les anthroponymes traduisant la mort
 Les anthroponymes traduisant la famille
 Les anthroponymes traduisant la fécondité
 L th p t t l’ t é l é t
 Les anthroponymes traduisant la force
 Les anthroponymes traduisant la vaillance
 Les anthroponymes traduisant la souffrance ou la maladie
 Les anthroponymes traduisant le conflit ou les règlements de conflits
 Les anthroponymes traduisant les traits de caractères
 Les anthroponymes traduisant les traits de caractères
 Les anthroponymes traduisant la noblesse
 Les anthroponymes traduisant la gourmandise
 L th p t t l t t t ’ ph l

N p v l é é t ’ ll p p v pl t t
tous ces cas dans le contexte de cette thèse. Nous retiendrons que quelques types et
’ t t ’ p tég v :
 Les anthroponymes traduisant la vie, le sort ou la destinée
 Les anthroponymes traduisant la mort
 Les anthroponymes traduisant la force
 L th p t t l’ t é l é t
 Les anthroponymes traduisant la famille et la fécondité
 L th p t t l’ t é la réussite
Ensuite nous aborderons des cas spécifiques
Page 438 sur 854
18.2 Les anthroponymes traduisant la vie, le sort ou la destinée
L v l g fɔ t gb

b èɖé b n vie
cé Pr. Poss. Mon, ma
ɖé Pro. Ind. Un, certain
Ma vie à moi.
Le port de ce nom par une personne permet à celle-ci de se
pt ’ l un ôl v E ’ t s
termes t v , ’ t v pl

b b n. vie
v. planter
ú n. chose

L é l tl v t b ú lɔ hɔ
l v pl té b l h l’h
peut pas l’ h t l f ff t v t ég t v
entre planter et arracher. Ce nom a un sens déterministe, entre
l’ t p t p t tt œ v l t bl
t t tp pp t l’h

b ɖé b n. vie
ɖé Pron. Ind. Un, certain
adv. Entre, intérieur, dans
Dans une vie quelconque

Ce nom joue en quelque sorte le rôle de boussole pour celui qui


le porte. Une recherche de repère. Avoir un repère dans la vie
permet de lui donner un sens et de la vivre pleinement.

La plupart du temps, l’h t ép é par les événements


surtout ceux qui l’ t f t ff l v l ’ t t
’ p ’ g t ég t, ’
découragement.
’ t l ’ b ’ b l ’ pè p
’ t

b p b n. vie
p v. rester
’ t ’ pt L v t ’ t t:
" t ’l l v l l’ p p t
l’ v t v t f é l p t p
Page 439 sur 854
l’ v t p ép l t p l f t continuer à
espérer de la vie.

b pɔ b n. vie
pɔ v. regarder
’ tl v g é l’ f t p t l t
E ’ t t t avenir est sous la protection de la vie,
du Dieu le Créateur et non à la merci des caprices de la mort.

b ɔɖé b n vie
Nɔ Agentif, possession mère
ɖé Pron. ind. Un, quelconque
b ɔ ɖé t l ’ t p p p ét l v

E l ’ p v p ême qui
régente la vie de chacun en ce bas monde. Ce nom donne une
t v t ’ p t f p l ll
déterminisme, où t t t églé ’ v p l é t t
’ pl t pl f A t lf tb l
tabous et aller au delà des préjugés.

b t b n. ʋ
t n. arbre
adv Dans, entre, intérieur
l’ b v
Etre épanoui, avoir le bonheur, tout marche
à souhait. "L’ b l v "197(P. SAULNIER, 68)

b t ɔ b n. vie
t n. arbre
N ɔ v. Fondre, pourrir
L’ b v f ’ t p t t é
f t ï v l p t
pilier de la famille.

b tɔ b n vie
ɔ Pro. poss son
Adv. sur
’ f l t l v ’ tf p v
’ pt t p tt pt p tements
mesquins de ceux qui nous entourent.
197
Arbre de la vie représentation schématisée par un triangle qui présente plusieurs paliers d’étapes de vie
et les traits caractéristiques de chacune de ses étapes. P. SAULNIER (SMA)
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b ú b n. vie
ú Pron. pers je
v. Laisser, abandonner, confier
adv. à
’ t l v l t t tl p t
les médisances ou tout ce que les gens colportent sur moi,
’ t l t ’ b ’ t ll g t
régule tout.

b ú b n. Vie, nature
v Faire, agir
ú n. chose
b ’ t f t f ç l t
p l b f t ’elle a pu nous apporter à un moment
quelconque de notre vie.

18.3 Anthroponymes traduisant la mort


ú ú ú n. La mort
ú n. Chose
P lé ’ p ’ h t t é l t
On ne peut rien contre la mort. Elle vient au moment ’ ll v t
pour faucher les gens.

ú úɖé ú n. mort
ú n. chose
ɖé Pron. ind. Un, quelconque
Un objet, quelconque destiné à la mort. La mort représente dans
ce contexte une sorte de divinité ou de fatalité à qui on donne ou
on attribue des gens ou des objets qui sont sacrifiés au nom de
la mort.

útɔn ú n. mort
ɔ adj. poss A lui, pour lui,
N útɔ v ɖ é l é:
En voilà encore une chose qui appartient à la mort.

úv ɖé ú n. mort
v n Enfant
ɖé pron. ind. Un, quelconque
U f t t t é l t ’ tp t
enfant vivra longtemps.
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Kuzankpo ku n. mort
zan v. Utiliser, user
kpo n Reste
N p útɔ
L t l t pl é ’ t p pl ’
f lll l t ’ p ép g é l f t tt f ll p
b p ’ f t t p t l t t v
l p t ’ ’l tl t l t

’ t l tl t v t pl ’ P t
on dirait "Les indésirables de la mort".

Autre interprétation

ku n. mort
zan (a) v. jour,
kpo n Reste

Si on utilise la particule "a" avec "zan" on aurait azan qui signifie jour.
N l g t l ’él
Le sens de ce nom deviendrait L l t ’ tp ore arrivé.
On peut encore epérer de vivre.

úɔ ú n. mort
ɔ n. commerce
Commerce de la mort.
P t l l t l h î p p f èb

úh ɖé ú n. mort
hú v.
ɖé Pron. ind Un, quelconque

La mort en a encore fauché.


Le port ép év t t
tt b t ’ t l’ f t ît t l ’ ’ t
mourait.

h p ú n. mort
h v. ét ’
p n ât
’ t l ét ph t l tt t
bât v l l ll t l p ’ ll t
son chemin.
Page 442 sur 854
Parfois, la violence avec laquelle la mort intervient
dans certaines familles fait penser à cette métaphore.

úgblé ú ú n. mort
gblé v. ât éf
ú n chose
L t gâté l f t Dans ce contexte la mort est vue comme
t bl -f t . Elle vient semer la désolation au sein des familles.
La famille concernée ressent profondément les méfais de la mort et les
vit comme un acharnement.

ku n. mort
ya Adv. Proche, à proximité de
Pron. pers Nous

N p té l t E ’ t t l g f
l t tt ét ’ lf t t t t
’ tt mourir.

18.4 Anthroponymes traduisant la famille


Dans la culture africaine en général et celle béninoise en particulier, les discours
l v l t l’h sont des éléments fondamentaux. Ces discours sont
tenus surtout en fonction des diffiucultées rencontrées, en face des événements de
la vie ou vis-à-vis d’autres personnes, dans la recherche du bonheur et la réalisation
t Ré l t ’ t avant tout transmettre la vie qui vient des
ancêtres et de Dieu, pour que la famille dont on fait partie puisse continuer à
grandir. Dans cette optique "l’enfant est la chose la plus importante de la vie". Les
noms donnés au premiers-nés en sont une conséquence.

é ɔ Xwé n. maison
N ɔ adj. bon
L tb p l t l f ll t ’ t
b f ll t tl ’ b t ’ t l
fois. Une famille unie et enviable.

é Kan n. Ligné, clan


cé Adj. Pos. mon
Adv. Dans, intérieur, au sein
Au sein de ma famille, au sein de mon clan. On ne sent bien que dans
f ll l ’ point l t l’ té l f ll ’ t t
l’ p t p p ét p t t que celle de sa famille.

Page 443 sur 854


A ɔ ú A ɔ n. Famille, clan
wa v. Faire, agir
ú n. chose
t p v t t g f
littéralement faire quelque chose. Ici on remercie le clan dans
l l l’ f t t é

A ɔ ú A ɔ n. Famille, clan
v. Tomber, convenir, survenir
ú n. chose
Une famille serviable.
U l v l l p t l f l t ’ té t p t
convenir à tous.

éɖ ɔ Xwé n. maison
ɖ n. Prière, bénédiction
N ɔ adj. bon
f ll l ’ b p l l t l
p t b h t t tt f ll L p è tl
bé é t t l f ll é g t l t
profitent.

é é n. maison
ni Particule annonçant le futur, un souhait, Que cela soit


ú v. Grandir, élever

Que la maison grandisse, qualitativement que quantitativement. Que son


’élèv - l h t ’ l p t t è h t pour la réputation
des enfants qui en sont ou seront issus.

é f Xwé n maison
nà Particule annoçant le futur, un Ç v …
souhait, une réalisation certaine l v …
fà adj./nom Froid, calme, tranquille, paix,
La paix va arriver au sein de la maison.

’ t t é l gé é l t p
enfant ’ t f ll Ell p t l p l f ll t l
l’ t t p l l ff lté tt
famille, cette naissance peut permettre de souder les liens et présage ’un
Page 444 sur 854
avenir meilleur pour le couple.

H ɔ H ú n. Clan, famille
Nyɔ adj. Bon / bonne
La famille ou le clan est une bonne chose. On salue ici les bienfaits que
peut apporter une famille unie.

A ɔgb tɔ A ɔ n Clan, famille


b v. Refuser, nier
ɔ Agentif, possession : père
l ’ f l b ll t l
Cependant, celui qui refuse son clan, ne peut pas refuser son sang,
le sang du clan qui coulepourtant dans ses veines.

A ɔɖ gbɔ A ɔ n. Clan, famille


ɖ Particule exprimant un souhait N’ ’ …
bɔ v. F p t
Celui qui porte ce nom, ou celui à qui ce nom est attribué cherche à se
l bé l’ p l f ll l v t l p l p l t ll té
tt f ll t l’ét ff l’ v h
dit en langage familier.

18.5 Anthroponymes traduisant la fécondité

Nɔ ú Nɔ n. mère
N v. Être, représenter
N n. chose
U è t t p t t l pt ’ f t
’ tp l ’ h g t l t é vé
Ce nom est donné à une femme ou une future mère pour lui signifier
’ ll l’ p t t ’ ll é t l p t

N vɔ ɔ N n. chose
ɔ adj. Vil, vide, sans valeur
N ɔ adj. Bon, intéressant

Une chose sans valeur peut parfois parfois procurer le bonheur.


p f l ’ gt ’ f ’ v p
v ’ f t tt tl l’ b é t ’ s disent
’ ll ’ v l l ’ ’ t pp hé ’ ll
t ’ tb pé t ll fini par lui donner à la longue un
f t ’ tp l t ît l t
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l’ t t ’lf t éf g t h tf l’ p t
sur des individus.

t v n. enfant
t n. corps
’ tg â l’ f t ’ t l’ f t l ép t
le cadre de son attribution :
 Soit les parents font des efforts énormes et de sacrifices pour
avoir
leurs premiers enfants.
 t ’ tl t f t ’l t t ff t onsentis avant
’ v t f t t- l l’ f t t l b
ff t ’l t p tf ég t f

H è vɔ hwé n. Soleil, ou poisson


ma Adv. particule de négation
ɔ v. F t ’ét
tè p l é th è
1 - Le soleil ne finit jamais.
2 - Un cours ’ t t p ’l ét t é é

’ t é f tp l tt t l é
’ tt t l f lle à cause de sa postérité ou de sa prospérité.
P l pè p pl v t ’ v f t l é
ne peuvent point lui nuire et comme le soleil qui ne manque pas
’é l t t l p p ’ l b
aux attaques de ses ennémis. Cet enfant sera aussi fort et résistera
t t tt ’ ’ ll v

Ahwá hú h n. Armée, monde, foule


hú adv. exprimant le superlatif pl g …
n. chose
L g l’ é tt pl f t l f ’ v
tout seul.
L’ f t t é f t ’ é p
braver et déjouer tous les subterfuges des ses ennemis ou de ses
adversaires.

gb n. Divinité de la guerre, dieu des forgerons


Particule de privation p v p …
gb v. p t

P pl l f ’ p t p
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l f l t ’ tt p gé t
Pour affirmer sa puissance et son invicibilité ou son invulnérabilité
face à ses attaques, il se donne ce nom, qui signifie que le fer ne
rompt pas et que lui et toute sa famille seront aussi solides que
l f t t l f tp v ’ anté de fer.
Ils seront invicibles voire inattaquables.

hú ú n. Fusil, arme
ma Particule de privation, de négation p …
h v. tuer
n. mort

Nul ne peut tirer sur la mort avec un fusil.


’ t une ét ph ’ tp l t t phé è
t l l f p ît p h t t t
compter avec. Le parent qui donne ce nom à un son enfant, le
compare à la mort par conséquent, son enfant est insaississable
t ’ ne peut lui faire aucun mal.

ú v n. enfant
v. Être, représenter
ú n. chose

U f t l’ p t ’ t v l l ôl
primordial dans la culture de chez nous. Donner ce nom à un enfant
ne fait que lui donner de la valeur, du point de vue social.

Ajíyɔʹ n. Enfant, progéniture


Nyɔʹ adj. bon
tl l pé è aj
et v sont synonymes.

vi n. Enfant
v. faire
ú n. chose
l’ v pl h t l’ p
(signifie littéralement faire quelque chose) mais il exprime
le remerciement, la reconnaissance.
t t l’ f t l h g
pour un service aux parents dans une circonstance donnée.

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18.6 A th p t t l’ té l é t

v l
/ lú n. ami
v n. enfant
E f t ’ h
Ce nom est donné parfois à un enfant quand sa maman a été
épousée par son père avec les faveurs des amis ou ’ è
’ t g âce à ces ou cet ami (s) ’ l a pu avoir cet enfant.

/ lú n. ami
n. trou
adv. Particule exprimant un lieu l’ té
dedans, un nom qui est donné en signe de
té g g b f t ’ tf t

ɔ tɔ
ɔ tɔ n.
n. Chose
h ’
’ t ff ’ ’ té
p t v l v

ɔ tɔ ɔʹ
ɔ tɔ n.
Nyɔʹ adj. ɔ p t t tl é v l "n"
signe de nasalisation
Ce nom signifie ’ tb
E ’ t t l tb ’ v
lf tt t ’l t è

n. Honneur, prévenance, délicatesse


n. chose
U é p b p ’ég
p év U p l’ v t t v él t

b tɔ ú
b tɔ n. L’h
ú n. Les règles
b tɔ ú ɔ

Page 448 sur 854


l ’ tp f l p t l ègl é ctées par les hommes ou
les lois qui viennent des hommes. Ce nom est donné à des enfants
quand on est confronté à des réels problèmes qui viennent des ses
proches.
A
terre
na Particule exprimant le futur
Accoucher, enfanter, engendrer, produire, émettre
’ t p : Dieu y pourvoiera. Ici le mot terre
pl l p t t p l t
sera fertile.

F ɔ
f adv. lieu signifie ici
na Particule exprimant le futur
N ɔ N ɔ ɔ p t t tl é v l
"n " signe de nasalisation

’ t h t " b " E ’ t t ’ t vœ
tf lé l’ t l’ v t év l l b t l’
ît ll t

Alɔ ɔ
Alɔ n. main
N ɔ N ɔ ɔ p t t tl é v l
n signe de nasalisation
L tb ’ t b g t é
enfant dont la naissance coï v b v ll
év
Pron. pers. Signifient eux
v. supposer, penser, croire, imaginer
Pro rel. Signifie "que"

l p t ’ v p ’ b él t t
’ tl é f t tl t l
déjouent tous les mauvais pronostics, ou les mauvaises pensées des
uns et des autres.

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18 B. ANTHROPONYMIE : CAS SPECIFIQUES

 Nom de jour de semaine


 Cas des jumeaux
 Cas des naissances "anormales"
 Noms calendaires

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Page 452 sur 854
CHAPITRE XIX
NOMS PROPRES CHEZ LES FϽN

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19.1 Introduction
Le nom est une réalité ethnologique ’ t " " l’ p t l l
pé p t p é t ll tf t g p l l t él p t
’ t l ’ p lt ll éflèt l v l
té t ’ t l tl pp t t l gb tɔ t v v t h
tl v bl Nú ɖ

’ t ’ é h f t ît v t tt b é
celui du jour de sa naissance ou celui des circonstances dans lesquelles il est né, ou
les condit l ll p t ét t v t
t t b bl Ell v t l l l t
t ll t ll té t bt gâ v ú l t t t
social des parents ou du géniteur.

l’ b l l’ f t pp t ’ f ’ l’âg 15
25 v ff t - ’ l’âg l’ l P l t
v "ɖɔ p vú" ’ t -homme plus émancipé, il peut se donner
’ t À âg pl v - l 0 lp t
"gǎ - " ’ t " h f" t t tt té p p b l té
sociale qui lui incombe, et qui justifie la charge dont il est responsable au sein
été té E ff t l "gǎ - " t p b l té
sociale.

Nous allons donc explorer certaines de ces catégories de noms :

- L l A gbé À certains de ces noms,


dit "noms de jour de naissance" sont attachées certaines connotations
heureuses ou malheureuses qui proviennent de la symbolique du jour.

- L l ’ tl 365 366 l’ é
N g l l’ ff t t t l t l l’ é t
p t bt t ’ tè t g t
19.2 - Noms et jours de semaine
Avant de commencer nous expliquons le sens des mots :
Azan et gbé.
 A ǎ é p 2 h
 bé ôl p t p t p t t t tp " "
l plé t t l t p v ǎ
P pl t ǎ t gbè l ɔ ?
Quel jour reviendras-tu ?
A ǎ t é gbé ? gbé l ú gbè ?
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’ t l ’h ? Jeudi ou dimanche ?
N t t t l g ç tp ɔ
ɔ ɔɔ l ɔ ú ɔɔv ɔɔ l t ɔ l’ pt f
Sans avoir une explication à ce sujet ll f l
é t f v ll p t t l p bl

ɔ t tp l é g f
- Cou, goulot
- Gerbe, tas, lot
L’ t l té t ɔ t p pl f t ɔ .
L phè
- Gras
- Rendre
Traits caractéristiques
Jour Garçon Fille

Jour faste
gbè
ɔ Sika Enfant très chanceux
Lundi
Il semblerait que les enfants qui sont nés ce jour, ttè
h l é tf l t l v ’ t
f t p l éé l l ’ f t
l’ g t t t ét gè ’ p p
déterminer cette origine exacte, mais il semblerait selon mes
recherches ’ ll t ’ g b . (Voir annexe jointe à
cette thèse)

l
lég fɔ t t tp
Et "C’est gonfler pour lui" f v bl l’ t
une augmentation de quelque chose, un gain du destin.

Jour peu faste


t gbè ɔ l Abalawa
Tête dure
Mardi ɔ l ou ablawa
L f t é t h
t l p ît ’ l t tb p ff lté
dans leur vie quotidienne. Ils ont l "t t " f t t
enclins aux situations périlleuses et aux blessures souvent
mortelles.

t pp lé gbè l v té ú
Ange gardien des forgerons et dieu de la Guerre.

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Commen le jour précédent, il serait aussi d’ g b
"Thlata"

Jour peu faste


A g gbè
ɔ ú A v Enfant très hésitant
Mercredi
L tté l tA g g f " l g" L f t é
jour seraient des enfants nonchalants et peu vigilants. Ils
mettraient beaucoup de temps à réussir leur projet. Ils ne
rencontrent pas beaucoup de difficultés dans la vie quotidienne,
mais "ils ne réussisent jamais très brillamment. Ils hésitent
beaucoup dans leur décision.198

Il arrive parfois que certaines femmes natives d


g l t té ’ t b t t ll tt t t è
longtemps pour avoir de nouvelles couches.

N ɔ gbè
Jour calme
L gbè ɔɔv A b
Très sociable
Jeudi
L’ g t t b t" l h " ’ t l
5è l t pp lé f ’ l N ɔ
gbè
’ t h b t ll t éé
calme. Il est très recommandé pour les cérémonies de tout
genre. Les enfants nés ce jour sont très sociables.

Jour du roi
A ɔsú gbè
f Af (vi) Enfant très coléreux
Vendredi
t t l A ɔ gbé ’ t l
t é l v té p t ’ t v té pl
tè p t t l été fɔ

Les enfants nés ce jour sont f t gé é l tt t


méchants mais sincères. Ils sont souvent très difficiles du point
de vue de caractère voir insupportables. La légende dit "qu’ils
seraient envoyés pour prendre la place de leur père." l t
é l p l v té p t t h h t
pl t t t t ’ t enfants très coléreux et
très virils.

198
Xó et bé : UEDOU Voir Bibliographie)
Page 456 sur 854
Jour néfaste
b gbé
ɔɔ l b Très rancunier
Samedi
b t ’ g b " bt" l 7 è
b gbé t l f t l h l l lég
l ’l p t é è l sibigbè, que
cela se répète trois ou sept fois dans les mêmes conditions. Les
enfants natifs de ce jour sont de caractère sombre, ombrgeux. Ils
seraient très rancuniers. Sibigbé est un jour néfaste.

ɔ ú gbè
ɔ Jour faste
A lú gbè A b
ú Très généreux
Dimanche
’ tl v ú l t é v ú ’ t
jour faste. Les enfants nés ce jour sont nobles, très généreux, et
très capables.

À travers ce parcours de noms de jour de naissance, nous avons constaté que


parmi les sept jours de la semaine, il y en a trois qui sont néfastes. Cela ne signifie
pas tous les enfans nés t ’h bl t !

h l fɔ l t qui se pratiquent et qui permettent de conjurer les


mauvais sorts et de mettre ces enfants sous la protection de certaines divinités.
19.3 - Cas de jumeaux : H
"Les naissances gémélaires sont entourées de beaucoup de rites car elles sont
considérées comme des accouchements anormaux." Dès leur naissance, les
jumeaux sont marqués par deux fils de couleurs différentes autour du poignet. Le
premier né est considéré comme le plus jeune : c’est lui qui a été envoyé par son
grand frère ou sa grande soeur pour voir comment se présente le : /gb m / "monde-
vivant." C’est un messager envoyé en éclaireur dans le monde.

S’il juge que le monde vaut la peine d’être visité, il fait signe à son second et ce
dernier "peut alors naître", sinon, le second retrourne (l ) et on l’accouche mort-né.
Ils sont systèmatiquement nommés selon les codes de dénomination : zin s et Sà
gb ." (GUEDOU, 1976 : 616)

A t l t g ç l p ’ pp ll t ú
Et l gb
Si c’ t f ll t ɔl
 L p è ’ pp ll H é
 L è ɔlú
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- ú t é
’ t g ç t f ll l g ç ’ pp ll t l f ll é

Il existe aussi des "jumeaux uniques" ’ t l’ f t t é pé t t l


l èg ɔ gú t l t t
ceux qui sont réservés aux "jumeaux vrais"

Agɔ ú /Agɔ ì Agɔ ú/


Agɔ E v l’ v t
ú ú âl
F ll f
E f tg ç f ll é l’ v
t f t é l’ v t g ç l’ pp ll
Agɔ ú Agɔ
’ t f ll l’ pp ll Agɔ Agɔ è Agɔ
lf tl f t é b l’ v
et pour les seconds, enfant-femells nées à rebours.

ú/ ì ú/ ì
A v l
ú ú âl
Sì F ll f
E f tg ç f ll é l f l’

l’ f t g ç f ll pé t l
p l èg t éé l
ît v p é t t l p t l f l’ t
placé sous les auspices de la divinité protectrice des jumeaux.

’ t l t t
’ t g ç l’ pp ll ú ’ t " f t- âl
né à la renverse.
’ t f ll ll ’ pp ll " f t-femelle née à la
renverse".

ú/ ú Wu ú/
Wu n. Corps, enveloppe

L’ f t t é v l ppé
ç ú
Fille ú
L t ú g f p v l pp
Page 458 sur 854
Et t é ffé t é t p l fɔ pp ll
Xoxovi, non seulement deux f t ’ gé él
t t ’ tp ég l è t é pl t l f
accouche.

L té è t ll l v t v ú
dans les maisons. Or c v ú h b t t h b t ll t l forêts ou dans la
brousse appelées : ú l t b l é p l g ’ l l
t v ú é

ú/ Do ú/
La première naissance qui vient après les jumeaux est aussi
f ppé tè éé ét t l’ t
des jumeaux. Ces enfants ne sont pas à proprement parler des
t ’l t v é p f l t
profond, provoqué par les jumeaux. Ils ont pour noms :
 ç ú
 F ll
 Do n. Trou
 Si n. Femelle on dit aussi asi
Enfant-femelle trou à fermer
19.4 Remarque
N t ’ h t t t l l p éfé
l’ t organes génitaux et de la constitution anatomique de la femme.
Ainsi, les vieilles (les personnes âgées) qui à une certaine époque, continuent de
faire des accouchements dans certains villages réculés et qui font office de sage-
femme déclarent que :

"L’enfant doit se présenter, dans un accouchement normal la tête la première


et la face retrournée vers la terre. C’est par la tête que l’homme naît d’abord
puisque c’est d’elle que dépend tout le corps.

La face doit être tournée vers la terre car elle signifie que le nouveau-né
s’accroche à cet élément ( = terre) et désire y rester. "L’homme est surtout un
terrien de vocation et doit le manifester dès sa naissance. Toute position contraire
à celle-là est étrange. De même tout incident marquant l’accoucehment ou toute
relation bizarre du nouveau-né avec les éléments dans lesquels il baigne traduit la
volonté d’un esprit." (GUEDOU, 1976 : 621).

Les sages-femmes sont très attentives à ces détails et elles les notent en
officiant, les rapportent ap è l’ h t h f ll t v té pè

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19.5 - N ’ f t ’ h t l
ú/ Bo ú/
L’ f t g ç p é t l’ h t v l
bl l t é t t pp lé ú
l ú
 A l tt
 l Montrer, mesurer
 h ú
Ces noms signifient littéralement "Amulette-montrer-chose.
L ’ l ’ g t f ll ll t é ɔ
A l tt - ît

ɔ/ ɔì ɔ
E f t é v l bl l l l
ɔ " t p èt f " p ɔ ɔ ’ t g ç

19.6 – P é t F v té l v t
L F tl é t l’ t l v t L f t lté p ît
l’ v l t l p t -parole des dieux. Il est consulté en cas de doute ou
l l p ’ é p t t tl l f ll L
roi l p t tb p l
tpé t p l F t l f t t é f t tt b
fét h tép l F

Par exemple :

L L ú L Iroko n. Arbre fétiche


Enfant dont la naissance a été prédite par la
divinité L végét ’ t
f ll ll ’ pp ll L f l

L L ì Déesse Pureté et fécondité


Garçon ou fille donné par Lisa, la déesse de la
pureté et qui possède toutes les nuances de
v t t ll p éfè p t tl
couleur blanche

L gb L gb ì Divinité Protection, affaire trouble


Garçon ou fille dont la naissance a été prédite par
L gb é l tp t t à la fois.

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ì Divinité n. Serpent : Richesse
N g ç f ll ép é
l h ’ tl é v t Elle représente
l’ -en-ciel.

19.7 Circonstances diverses et rang de naissance


l’ v év é pl h t t é l v
t l l g l’ f t

p tɔtɔ p / ɔ ɔ
p R t gâ h g
v p l ’
ɔ agt.signifie père
ɔ p
Littéralement : grâce au père de quelqu’un
N é f t ’ g l l
le grand-père paternel a él è pè l’ f t

Al ú /Al ì Al / ú
Al h
p p t l t v
Al p l h h

Nú h

Littéralement on traduirait par : chose du chemin.


E f t é ’ v g p t t t
Une fille ’ pp ll t Al ì.

La croyance populaire dit que ces enfants sont courageux,


endurants et forts.

ú/ ì ú
N t
Nú h
Chose de nuit.
Enfant né pendant la nuit.

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Ah ú Ah / ú
Ahwan n. Guerre
p èp l
Nú h

Enfant né pendant la guerre ou pendant des préoccupations


lt été “g lvau é” p l t l L
Professeur GUEDOU199 ’ pl l
Il désigne désormais, les enfants nés au petit jour. En effet
’ tl t l g tt tl

ɔtɔ ú ɔ /tɔ
L
ɔ v Ev
ɔ Pè
Enfant né dès le premier jour de la lune.
L f ll ’ pp ll ú l gbé l l l pp ît

Ab ú t ’ g b v pl b
Une femme est è ’Ab ú f t t
b âg L f t t t t
vv t pè l é è t t pp lé Ab bú
Les g ç é Ab ú t
Ab l lú ú A ú
L f ll Ab ú ’ pp ll t A pé N ɔ gbé

19.8 è pt ’ fét h
A ì
N ’ f è pt fét h
Les enfants nés de cette mère peuvent porter les noms
suivants :
 L p g ç ú
 L è g ç
 L t è g ç ɔ
’ t f ll l l’ v t

 h é
 t

199
Thèse de Doctorat de 3ème cycle Xó et bé 1 7 Paris sorbonne Nouvelle
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Agbè ì gbè
n. divinité représentant la mer.
en postposition, dérivé de , "main" : sous la
dépendance de, en la possession de, au regard de.
N ’ è pt fét h Agb L f t
auront pour nom :
l’
ç ɔú ɔ ɔ ɔ Hú tɔ t Hú é ɔ
F ll ɔ v ɔh é hú é t N’

ɔ ɔ

’ tl h l t l t les signes du fa. Ses enfants


auront pour noms :

 Favi : enfant de la divinité fà


 F tɔ : appartenant l v té f
 F ɔn : l b g l v té f

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CHAPITRE XX

NOMS PROPRES CALENDAIRES

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20.1 ALU N N : mois de janvier :
Alu : lu
Aluú sécheresse
n : mois
è h pé f v bl l h l ’ pl feuillage pour
h l f t l b t p l f ll l’ ff t
de la chaleur torride.

20.1.1Noms du mois aluú ún

1 A 11 E péh 21 t -
2 N v 12 Ah 22 A
3 A gb 13 N v 23 A
A l è 1 All 2 Agl g
5 H 15 A é 25
6 g 16 A 26 pé ég
7 hégbé 17 Ff 27 hé
P th 1 2 A gb
9 Agb gb 19 H é h 29 é

10 gb 20 30 A

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20.1.2 g f t fɔ
Français Fon Préfixe Racine Suffixe

u Aɖ v adj. Cru
’ t potion, une mixture à base de plante que le Migan200,
faisait boire à des personnes sur qui pèsent de gros soupçons, ou qui
t pé é p bl ’Ab p l f
avouer la vérité. Si la personne soupçonnée boit la potion sans
l ’ g ff t l ll t
l t ll v l t l’ ’ p
l t t p ’ ll p

n. Enfant
tp t v t t l t l’ t
situé sur la lettre i, l ’l h g p t ’ t h t
t b l é g l f t

M ’ tp vé t té v g
L ff : un adjectif qualificatif qui pourrait se traduire par
t ’ l v : enfant innocent

à à ’ p i r du roi
201
G x
Na n. Titre de noblesse
v n. Mort
t t p é ’ p éf N ’ t t t é vé
femmes de la famille royale, princesse ou reine et « savà » qui signifie
la mort.
N v t f élég é l l p éléb l
f é ll Ell ’ p éé p éf t
appartenant à la famille royale, afin de leur assurer un enterrement
g p p l â

Ajagb Aja bè / Nɔ
Il est compose Aja ’ té é qui selon
l’h t l’ fl ’A t l’ g
la création du royaume qui sera plus tard le royaume
’Ab l t t p é qui signifie voix ou
langue.

200
Le nom du justicier des rois d’Abomey
201

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Nɔ : agt.qui veut dire mère, possession.
L tté l t A gbè ɔ é g g t l
est spécialisée dans la langue aja, pour en assurer la traduction et
l’é t t g l tf tt l g

êl l /l /
A n. Chat
v b v l’ p v t
L n. Mil
Littéralement, le chat est tombé dans tombé dans un tas de mil,
séché t l ’ t p
v t ’ t p p èg l’ p l
t ôl ’ t t

u hwi ɖɖ
Hwi n. couteau, poignard
ɖ ɖ adj. tranchant
Couteau tranchant.
Celui qui porte ce nom, veut sans doute mettre en avant, sa
perspicacité et son habileté à régler les comptes ou les conflits
’ f ç t h t ’ l t

V u V vi N /
E f t
Nyi v. Etre
N n. Chose
L’ f t t l h omme dans presque toutes les
sociétés, l’ é , on accorde une importance
p t lè l p gé t L ’ f t t
événement qui est célébré. L’ f t l v l p v l
marchande mais plutôt une valeur affective de très grande portée.

Pr p / ɔ /tɔ
’ t f é v t t p tt t
’ pl
p Montatagne, colinne, montée
h t h t
Nɔ v Et t
ɔ Pè
Version 1 : Sentinelle
l ’Ab p t l pé g
les rois disposent des guetteurs sur des collines ou des montagnes
ou sur toute hauteur, afin que ceux-ci puissent renseigner les
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’l b v t l’ l p t
’ t tt pp ll t é g t t bl é
p ôl ’éclaireur ou de guetteur.

g f l tté l t p ɖé ɔ tɔ
celui qui fait le guet en haut sur une certaine colinne ou sur
une plateforme surélevée. (Un guetteur, une sentinelle, en hauteur)

Version 2 : Bouffon du roi


tt v ’ été té p p p t
l ’ g t é p p
’ l l ôl p t l l t t t l
se passe toujours au palais des rois à Abomey. En somme ’ t l
bouffon du roi.
L’ p t t è ɔ p ɖ ú
202
ou p ɖ ú tɔ
p ɖ : distraire, amuser

Version 3 : Un huissier
lp t ’ g t ’ h « gardien du temple »
en quelque sorte, car dans le palais royal à Abomey, il y a une grande
ll l t tt ll ’ pp ll p ɖ
Celui qui se charge de garder ou de protéger les entrées de cette
ll ’ pp ll p ɖ ɔtɔ

Agbo Gba /ji


Version 1
p t v l l’ l l’ t
ou non sur le « o » de la racine agbo
Agb n. Buffle
Gba n. La cour se dit aussi (agba)
adv. Sur, dessus, haut
l b ffl l p t t t p été dans le sens des
chasseurs, qui pistant le gibier Agbo (buffle) arrivent sur son
domaine. Là où vivent les buffles dans la forêt.

Version 2
Agb : Divinité protectrice des Gédévi203 qui habitent le plateau
204
l l v t ’é f Agb
202
Daada : Titre du roi
203
Gédév les descendants des rois d’Abomey oi H egba
204
Dictionnaire F n-français (Segurola et Rassinoux) SMA janvier 2000

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Agb gb g f t l pl t l v té gb

D gb (Do agbà) adj.


D
Gros
n. Calebasse
’ t g l b ’ t l’un des types de calebasses dans
205
l ll ll l g p l p l ,
lors des cérémonies royales.

êc c é/gbé
n. Destin
Cé pron. pers. mon
bé n. Voix
La voix de mon destin.
’ t ét t ’ tl ’ p ’ t
’ t l v t

ê A Nǎ/
A n. Marché
Nǎ : particule servant à former le futur
v. Tomber, avoir lieu, se passer
Le marché va avoir lieu.

’ t éf tl é p tp
empêcher que le marché ait lieu au jour habituel.

D u D Avɔ ú
Na : titre réservé aux femmes de la famille royale, reine ou
Princesse.
v tt p t f p t
Avɔ n. tissu, étoffe, pagne
Nú : préposition qui signifie à, pour, envers, en faveur.
N vɔ ú t l l l f mme dignitaire
’ p l t l tt t g b t
princesses.

205
C’est une sorte d’autel portatif que l’on fixe en terre, et sur lequel on offre au défunt de la
nourriture. Il est en métal et est orné de pendentifs surmonté de figurines symboliques matérialisant
la présence d’un défun. Dictionnaire fon-français) Segurola.
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ll Al Al ka
Allada l ég l ’Ab ll t f
t t ép v t ’ t ll Ab
Depuis le coup forcé de Dakodonu, qui a évincé son grand frère
’ét t Ab p tt é é ’ t t
les choses ont changé.

Ka : calebasse
’ t b l du parler de Aladaka.
Il désigne la calebasse dans laquelle on sert à boire aux rois
pendant la cérémonie ’ t t L l b ’All .

ê A / ɔ/
A n. ce mot est polysémique il signifie : siège de pensée,
t t œ tt t l t tè …
v R ppl t h bl âl .
lf t v tt pl t tég t é l

ê A N ɔ
A n. Argent
206
N ɔ adj. Bon, utile
L’ g t t b tl l ’lp t
procurer tout ce dont nous avons besoin.

f ê Ff fi Fa
Fi adv. ici
Fa adj. Frais, calme, paisible
p ép l’ té
Ff t g f : dans la paix, en paix, dans
le calme et la sérénité. Par extension : dans la fraicheur

T ê T ɔ N /
ɔ n. Père
N v t
n. Destin
’ t l pè t t ’ t t l’év g l :
ton père tu honoreras.

206
Le son nasalisé est produit l’aide du o ouvert ɔ . On peut ajouter le n inal ou non soit nyɔ̀ ou nyɔ̀n
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u X
é Hà

è n. Maison
R
H n. Familiarité, camaraderie, catégorie
Clan des inimitiés de famille
H t l té v ’ f ll

Autre sens
h è l l l è
n : fin, qui cesse de briller
hà : surprise
Le soleil s'est éteint de façon subite.
Ceci peut se rapporter à un grand événement, comme le décès
subit d'un dignitaire, d'une personne très importante, un support
de famille par exemple, la lumière d'une famille.

D D Do ji
Premier sens :
n. Trou, la mort
adv. sur, dessus
Au dessus du trou, de la mort.
l ’ p t prétendre dominer la mort.

Deuxième sens
Do : v. semer
dji : le coeur
Il signifie alors : Soit courageux.

uê n A Nɔ
A n. argent
Nɔ : agt.de possession, mère
p è l’ g t : Un richard

A N ɔ
A adv. Quoi ? ’ t-ce ?
N ɔ adj. Bon
’ t-ce qui est bon ?
’ t t ’ p tb p
Peut-on faire la distinction entre le bien ou le mal ?
Faire la part des choses.
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l l Agl g
Agl n. Mur
adv. Contre
t l ’ t l ’ f t
t ’ ’ t l t
p t l’ tt

D D daa Nɔ
v té v ú
Nɔ : agt. de possession (mère)
L h f v

pè g
pé n. Rencontre, joindre, aller à la rencontre possibilité,
n. Bouteille, contre
Se rencontrer, une rencontre critique, "Se rentrer de dans"

Dans le dialecte maxi (mahi) par exemple


l g f t Et p bl …
Arriver au bout de quelque chose.

êc c è/
n. Destin
é pron. poss. Mon
v l’ té
’ t t

p t v l qui est
propre, pur.
On peut alors le traduire par : Destin pur, propre.

ê a ma na gb
Expression
A : particule
Ma : particule négation
Na : particule exprimant le futur
b v. Cueillir
Tu ne le cueilleras pas.
’ t t t f ll ll f t ’ é
l h L l t l’ tt l l gb gb
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devient : Amanàgb
Tu ne refuseras pas. Tu ne pourras pas refuser, par exemple de
v t ’ t p f t ll t ll h

n. Destin
: agt.appartenance (signifie aussi main)
Dans les mains du destin.
U ét t p t t t p év ’ v t
t ’ pp t t

A ɔ N ɔ
A ɔ n. Tribu, clan, grande famille
N ɔ adj. Bon
t b E ’ t t ’ t l’ p l g l v f ll
ou en clan.

A ɔ / ɔ

ɔ : famille
t l l ll
t l él l g f l
le tien, à toi.
nyɔ : bon, bien
L p t g t ɔt ɔ?
Quel clan ou quelle famille est meilleure que l'autre ?

Deuxième sens
En supprimant la règle d'élision, on dirait :
ɔt ɔ t t l t le meilleur, au sens
comparatif du terme.

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20.2 F N PLƆ N : mois de février
Z f nkpl n: f plɔ n)
ZO n. Feu
F f n. Cendre
plɔ v. Ramasser ou nettoyer
ú n. Mois

’ tl tt g h p p l préparer à la saison des pluies


pour semer plus tard. Le feu est mis à ces champs (brûlis) avant le ramassage
ou le nettoyage des cendres.

Au Bénin p t l’ g lt f t b l Ap è v b lé pl tôt
incendié les mauvaises herbes et les arbres, on nettoie les champs afin de les
préparer à recevoir les pluies, qui interviendront la saison prochaine afin de
pouvoir semer, le mil, le maïs et diverses cultures.

Les cendres vont servir de fertilisant pour le sol prédisposé à recevoir les semences.

20 2 1 L f plɔ

1 A 11 F g 21 t -
2 g 12 hé 22 ég é
3 ôvôl 13 Ag 23 Agb
Aff 1 Agb g 2
5 N éA 15 l 25 A f
6 ôv 16 Ff t 26 Ag l g
7 gbè 17 Agb p 27 l h

1 èt é 2 Agb g
9 A h 19 ô 29 Agb gl
10 Ah v 20 A

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20.2.2 Signification des noms de f plɔ

Français Fɔ Préfixe Racine Suffixe


e Aja
A n. Communauté de la population béninoise vivant dans
la région du Mono.
n. Querelle

A ɖé h gbè
U ll ’A t t l ’ t
la querelle ajà a déjà été violente, elle ne peut rien me faire.
’ t éf l p t l ses ennemis
potentiels.

D ue D ì do g
Do v. Planter, témoigner
n. Reconnaisse
pron. pers. Moi
- Témoigne-moi une certaine reconnaissance.
- Identifie-moi
- Donne-moi un nom

Tomassénou è ú / è/ ú
n. Oreille
Ma : particule de négation
è v. Entendre
Nú n. chose
è ɖè ǎ ɔ ɔ
l’ ll ’ t t l v t p t fâ h
p t b ll l’ té l’ ’ p t
des ragots qui sont déversés sur soi.
Il faut éviter de colporter de fausses rumeurs afin de ne pas
énerver ses proches.

ff Afɔ ɔ Afɔ ɔ
Afɔ n. Pied
ɔ n. Marche
Marche à pied

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ff f fɔ ɔ

fɔ p
ɔ b b
bon augure
Partir de bon pied, avoir de la chance

A Nɔ
Nayé n. Mère, épouse
A F
ɔ agt. n. Mère
Mère au foyer. Femme réputée pour faire de la bonne cuisine
pour la famille royale.
C’est le nom d’une épouse de H ègbajà, roi d’Abomey

D uV D
n. Origine
v adj. Différent
’ g ffé t
p t ’ g ffé t

Wê H gbè
H n. Jugement, querelle, conflit, ligne
bè n. Jour
Le jour de jugement, ou du règlement du conflit

D D Dako si
Dako ’ ’Ab
n. Femme
La femme de Dako
A la mort du roi DAKO DONU, il est devenu une divinité
t pt f t pp lé

Ajaxɔ aja ɔ/
A n. Communauté aja
ɔ ɔ n. Chef, roi
n. Femme
L f ’A R Ajà)
’ tl l pé é t l t
des rois, ils deviennent sytématiquement des dieux à vénérer
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depuis l’ -delà.
A l pt A hɔ ú t pp lé hɔ

Ahɔ v
Ahɔ n. Roi
n. Enfant
Enfant du roi (un prince)

(autre orthographe)
A ɔ h f
v f t
Enfant de roi, un prince en l'occurrence.

fa N ɔ
Fa n. Génie et art de la divination. On consulte le fa pour
t l’ v
N ɔ adj. Bon
Le bon présage ou bonne augure. Un enfant qui porte ce nom
p t ’ pp l v t f ç

Wec ê c H é/
H F t
Cé pron. poss. Mon, ma
’ t f t ’ t " lp "

u agasu Nɔ
Ag p thè l t l’ g l’h t
’Ab :
Nɔ : agt.de possession mère
h f v ú ɔ l f ll l

agbaza g
Agbaza n. Corps
ǎ n. Chef
L h f p ’ t t : le médecin du roi

V lê ê Vl v L /
n. Enfant
L art. Ind. Les, marque du pluriel (article indéfini) ;
adv. Intérieur de, au sein de...
Au sein des enfants, parmi les enfants.
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’ t h t tt t f tp l f t

f f fifa
Fifa n. Fraicheur, paisible, calme
n. Endroit, place, lieu
Un endroit paisible

u Agb p / ú
Agb : Divinité protectrice des Gédévi qui habitent le
207
pl t l l v t ’é f Agb gb l gb

Kpa : palissade
Nú : bouche, au bord de, porte
A p t l’ l Agb l gb

D J ɔ / è
n. Perle, richesse, gloire
ɔ adj. Poss. son, appartenance
è v. Exister,
De perles, il en existe ! Il y en a des perles !
l t tp l gl L’é v l t l t l !

Dô u D ɔ Nɔ
ɔ n. Richesse
Nɔ g t f p è è …
l ’ p è h : un riche

ê u A N / ú
A n. Argent
N v. Partir
n. Mort