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MASTER DE RECHERCHE : COMMERCE INTERNATIONAL

2019/2020

Réalisé par :
 MERABET CHAIMAE Encadré par :
 GASSIR YOUNESS
 BOUSHITE IMANE  M.CHKONDI
 HAMMA NOUHAILA
 BENAJI SOUKAINA
PLAN
Chapitre I : visualisation générale sur l’économie marocaine et chinoise

Section 1 : positionnement des deux pays à l’intérieur de l’économie mondiale

Section 2 : le Maroc autant que pays en développent

Section 3 : La première puissance économique mondiale comme but pour la Chine

Chapitre II : la relation économique et commerciale sino-marocaine

Section 1 : présentation globale de la relation entre les deux partenaires

Section 2 : les différents accords entre les deux pays

Section 3 : Maroc-Afrique-Chine ; un partenariat triangulaire

Chapitre III : la mise en place d’un partenariat de progrès entre le Maroc et la chine

Section 1 : sur le plan agricole

Section 2 : De la coopération au partenariat stratégique

Section 3 : l’impact de ce partenariat

Conclusion

Webographie

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Introduction :
L’ouverture et la libéralisation commerciales à l’échelle internationale sont devenues des choix
irréversibles. La mondialisation croissante de la production, rendue possible grâce à la
décomposition des processus productifs et à l’essor sans précédent de l’innovation technologique,
a fait du commerce extérieur un pilier central de la croissance et une source de richesse
incontournable. Au cours des deux dernières décennies le Maroc a réalisé des avancées
notables en termes d’ouverture économique, il a développé ses relations commerciales avec
plusieurs pays amis et voisins à travers la conclusion de nombreux accords de libre-échange
le liant à 55 pays qui lui donnent accès à un marché de plus d’un milliard de consommateurs.

L’ouverture de l’économie marocaine à son environnement mondial, euro-méditerranéen, arabe et


africain, est d’ores et déjà fortement engagée. En matière d’Accords de libre-échange (ALE), le
Maroc est un champion. Ces accords visent à supprimer les barrières commerciales, à faciliter le
commerce transfrontalier des biens et des services et à accroître les perspectives d’investissement
des entreprises étrangères au Maroc. Ils constituent également une opportunité pour le Maroc
d’améliorer ses exportations et conquérir de nouveaux marchés. C’est aussi un moyen pour les
entreprises nationales d’être plus compétitives et de s’ouvrir sur le reste du monde. Le Maroc a
ainsi signé son premier accord d’association en 1996 avec l’Union européenne (UE), entré en
vigueur en 2000 et prévoyant un traitement spécifique pour les produits agricoles. En 1995, un
accord a été signé avec la chine touchant plusieurs activités économiques et Grâce à sa position
géographique stratégique et aux opportunités d’investissements qu’il offre, le Maroc est devenu
dans quelques décennies un partenaire commercial incontournable pour la chine

Les relations bilatérales entre le Maroc et la Chine sont régies par « l’accord commercial et
économique » signé à Rabat le 28 mars 1995 et entré en vigueur en 1999. Les dispositions de cet
accord prévoient un octroi mutuel de facilités douanières en vue d’encourager le développement
de la prospection commerciale dans l’objectif de dynamiser les échanges bilatéraux entre les deux
partenaires. Cependant, Il faut souligner qu'en ce qui concerne les rapports Maroc-Chine, ceux-ci
remontent fort loin dans l'histoire. Au 8e siècle, sous la dynastie des Tang, il y avait déjà un
Chinois, Du Huan, qui avait effectué une visite au Maroc, suivie en 1336 par une autre visite d'un
grand voyageur de la dynastie des Ming Wang Dayuan. Des années après, en 1446, le grand

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voyageur marocain Ibn Battouta est arrivé en Chine et y a séjourné trois ans. De même, le Maroc
a servi de passerelle entre la Chine et l'Europe.
Des acquis de la civilisation ancienne chinoise, tels que les méthodes de fabrication du papier et
de la poudre, ont été introduits en Europe via le Maroc.
Concernant la consolidation des acquis, le Maroc, premier Royaume à avoir reconnu la République
populaire de Chine, entretient des relations politiques stables avec ce pays depuis le premier
novembre 1958. Aujourd’hui, les échanges économiques sino-marocains connaissent un
développement en profondeur, avec des projets phares dans divers domaines. Avec un volume
commercial de 4,4 milliards de dollars américains en 2018, la Chine demeure le troisième
partenaire commercial du Maroc. L’investissement d’entreprises chinoises dans l’industrie
automobile a enregistré des résultats substantiels. Citic Dicastal a signé avec le gouvernement ma-
rocain un accord d’investissement de 350 millions d’euros pour la production des jantes en
aluminium, un record de l’investissement chinois au Maroc.

Si la relation entre les deux États a progressé, force est de constater qu’elle demeure sans
comparaison avec celle qu’entretient le royaume avec l’Union européenne (UE), son principal
partenaire commercial. Afin de dépasser le simple cadre de la coopération bilatérale, Rabat et
Pékin ont souhaité franchir une nouvelle étape en mettant en place un partenariat stratégique. Dès
lors, ce saut qualitatif vers un approfondissement de la relation soulève un certain nombre
d’interrogations.
La présente étude a pour objectif de comprendre l’état d’avancement de la coopération sino-
marocaine et elle est divisée en trois chapitres portant respectivement sur des généralités sur
l’économie marocaine et chinoise, le positionnement actuel et mondial de l’économie sino –
marocaine et la mise en place d’un partenariat de progrès entre les deux Etas, tout en portant un
regard critique sur leurs forces et faiblesses respectives arrivant à des recommandations pour en
tirer profit.

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Chapitre I : visualisation générale sur l’économie marocaine et chinoise
Section 1 : positionnement des deux pays à l’intérieur de l’économie mondiale
A- Le positionnement du Maroc à l’intérieur de l’économie mondiale :
1-Les indicateurs de Croissance :

Ces dernières années, l’économie marocaine a été caractérisée par une stabilité macroéconomique
et un faible niveau d’inflation. L’économie marocaine reste solide et repose principalement sur les
exportations, le boom de l’investissement privé et le tourisme. Après avoir été touchée par une
sécheresse en 2016, qui a entraîné un ralentissement de la croissance du PIB, l'activité économique
s'est à nouveau redressée. La croissance en 2018 a été moins prononcée que l'année précédente, la
croissance de la valeur ajoutée agricole diminuant malgré une production céréalière élevée, elle
devrait atteindre 3,2%. Le FMI s'attend à ce que le taux de croissance reste au même niveau en
2019, tandis que la Commission de la Planification Supérieure Marocaine prévoit une croissance
plus lente (2,9%).
Le gouvernement marocain n'a pas atteint son objectif de réduction du déficit budgétaire en 2018
par rapport aux niveaux indicatifs de la loi de finances pour 2018. Le déficit budgétaire du premier
semestre de 2018 était estimé à 3,3% du PIB et à 3,8% à la fin de l'année, contre un objectif de 3%
du PIB (et des prévisions du FMI de 3,7%). Il y a eu une augmentation des dépenses publiques
sous la forme d'un investissement public plus important (avec une augmentation des dépenses en

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capital de 6%). En ce qui concerne les revenus, les impôts directs ont diminué de 3,7% (à la fin du
mois de juin 2018 - Banque mondiale), parallèlement à la baisse de l’impôt sur les sociétés. En
outre, le Maroc n'aborde pas le problème croissant de l'évasion fiscale, avec une fuite de capitaux
estimée à environ 37 milliards de dirhams au cours des 10 dernières années. La dette brute des
administrations publiques devrait s'être stabilisée à environ 65% du PIB en 2018 et devrait encore
diminuer pour atteindre 63,8% en 2019, selon le FMI. L'inflation a atteint un niveau proche de
zéro en 2017 mais est restée maîtrisée, sous les 2% selon le dernier résultat de la Commission de
Planification du Maroc (2,4% selon les prévisions du FMI). Le déficit du compte courant devrait
s'établir à 4,3%, les importations ayant augmenté beaucoup plus rapidement que les exportations.
Le roi Mohammed VI a lancé la troisième phase de l'Initiative Nationale pour le Développement
Humain (INDH), qui vise à renforcer le capital humain et à renforcer l'inclusion des jeunes, avec
une enveloppe de financement de 18 millions MAD. Les autorités marocaines ont mis en place un
plan de développement dans la région du Rif, qui était l'épicentre des manifestations de masse
d'Hirak en 2016-2017 ; Cependant, la plupart des projets d'infrastructure ont accusé de gros retards
et la peine de prison infligée aux organisateurs du Hirak a provoqué de nombreuses manifestations
au Maroc et parmi la diaspora en France. 188 manifestants ont été graciés par le roi en 2018 ;
néanmoins, les dirigeants du mouvement restent emprisonnés à ce jour.
Le chômage, qui a augmenté ces dernières années, a légèrement diminué en 2018 pour s'établir à
9,5% selon le FMI (ou 9,8% selon la Commission Marocaine de la Planification), touchant
particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans (26%) et les nouveaux diplômés. Le taux de pauvreté
reste l'un des plus élevés de la région méditerranéenne, avec 15% de la population vivant sous le
seuil de pauvreté. Il existe également de grandes différences dans les niveaux de développement
des différentes régions.

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2-Les principaux secteurs économiques :

Compte tenu de la richesse du sol marocain, l'économie est dominée par le secteur agricole. Ce
secteur emploie près de 37% de la population active et contribue à 12,38% du PIB. L'orge, le blé,
les agrumes, le raisin, les légumes, les olives, le bétail et le vin sont les principales cultures du
pays. La croissance économique repose fortement sur ce secteur.
Le Maroc possède une quantité relativement faible de ressources minérales, les phosphates étant
sa principale source de richesse. L’industrie représente 26,13% du PIB et emploie un peu moins
du cinquième de la population active. Les principaux secteurs sont les textiles, les articles en cuir,
la transformation des aliments, le raffinage du pétrole et l’assemblage électronique. Cependant, de
nouveaux secteurs sont en plein essor : la chimie, les pièces automobiles, les ordinateurs,
l’électronique et l’aérospatiale. L'émergence de nouveaux secteurs devrait permettre au pays de
réduire sa dépendance au secteur agricole.

Le secteur des services représente un peu moins de la moitié du PIB et emploie 43,5% de la
population active. Il est porté par l'immobilier et le tourisme, qui reste très dynamique (hausse de
8,5% d'année en année en novembre 2018). Outre l'attribution de concessions pour de nombreux
services publics dans les grandes villes, les politiques de tarification du pétrole et du gaz et la
réglementation de l'exploration sont libéralisées depuis 2015. Les procédures d'appels d'offres sont
devenues de plus en plus transparentes.

3-Les différentes stratégies sectorielles renforçant les performances marocaines :


La transformation amorcée par le Maroc depuis les années 2000 et qui commence à donner ses
fruits, comme en atteste l’évolution des valeurs ajoutées sectorielles, émane de l’engagement avéré
de notre pays dans la mise en œuvre des stratégies sectorielles visant la modernisation de son
système productif et le renforcement de ses performances et de sa résilience.
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 Concernant le secteur agricole, ce dernier a connu une dynamique importante depuis la
mise en œuvre du Plan Maroc Vert avec une transformation structurelle de son offre de
production. En effet, l’investissement dans le secteur agricole a presque doublé depuis
2008, passant de 7,1 milliards de dirhams à plus de 13,3 milliards de dirhams en 2016.
 De son côté, le secteur de la pêche maritime a enregistré une évolution positive, sous
l’impulsion de la stratégie Halieutis. Outre l’impact social positif de cette stratégie, en
termes de création de revenus et d’emplois, la dynamique de modernisation des
infrastructures et des équipements qui y est associée devrait élargir les perspectives de
développement du secteur de la pêche maritime et renforcer sa contribution à la valeur
ajoutée nationale.
 Pour ce qui est du secteur industriel, bien que sa contribution à la croissance économique
et à la création d’emplois reste globalement stable, des changements profonds sont à
l’œuvre notamment avec le développement des nouveaux métiers qui devraient renforcer
le contenu technologique des exportations du secteur industriel. La part des exportations à
contenu technologique moyen ou élevé est, de ce fait, passée de 29% en 2006 à 51% en
2015. Par conséquent, le Maroc s’est classé à la 37ème place sur 144 pays, en termes de
qualité des exportations industrielles en 2015.
 En parallèle, la dynamique enclenchée au niveau de l’automobile et de l’aéronautique s’est
positivement répercutée sur les créations d’emplois qui ont connu une croissance annuelle
moyenne respective de 11% et de 10% entre 2008 et 2016, atteignant 92.500 emplois en
automobile et 12.000 emplois en aéronautique en 2016.
 Pour ce qui est du repositionnement stratégique du secteur des phosphates et dérivés, le
Groupe de l’OCP poursuit l’exécution de son programme d’investissements, d’un montant
de 200 milliards de dirhams, étalé sur la période 2008-2025. Cette stratégie accorde une
place de choix au renforcement des partenariats avec les opérateurs régionaux et mondiaux
pour une meilleure intégration de la chaîne de valeur.
 Par ailleurs, et afin de saisir les opportunités mondiales dans le secteur de l'offshoring et se
positionner parmi les pays émergents dynamiques dans ce secteur et attirer davantage de
sociétés étrangères, un plan de performance 2016-2020 a été signé, en 2016. Ce plan a pour
objectifs, à l’horizon 2020, d’attirer un investissement de 1,5 milliard de dirhams favorisant

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la création de 60.000 emplois directs supplémentaires et la génération d’un chiffre
d’affaires supplémentaire de 18 milliards de dirhams.
 Pour ce qui est de la connectivité logistique, en tant que vecteur d’attractivité et de
compétitivité de l’économie nationale, le Maroc ne cesse de déployer des efforts à même
d’améliorer ses performances logistiques qui lui ont permis de passer, au titre de l’indice
de performance logistique du 94ème rang en 2007au 86ème rang en 2016.
 L’insertion de l’économie marocaine dans l’ère du numérique n'est possible aujourd'hui,
que grâce à l’essor du secteur des télécommunications. Pour accompagner les ambitions
du développement du secteur, le Maroc s'est doté d'une nouvelle stratégie Maroc Digital
2020, lancée en juillet 2016 pour accélérer la transformation numérique du pays avec
comme objectifs la mise en ligne de 50% des démarches administratives, la réduction de
la fracture numérique de 50% et la connexion de 20% des PME. Elle ambitionne,
également, de positionner le Maroc en tant que hub numérique régional avec une relance
stratégique forte du BPO sur l'Europe et un positionnement de choix en Afrique
francophone.
 Non moins important, le secteur financier occupe une place vitale dans le dynamisme de
l’économie marocaine notamment dans le processus d’accumulation du capital, de la
hausse de la productivité et d’apport à la valeur ajoutée nationale. La valeur ajoutée du
secteur des activités financières et assurances a enregistré une progression annuelle
moyenne, en volume, de 4,3% entre 2009 et 2016, largement supérieure à celle de la valeur
ajoutée totale (3,2%).

Cette diversification porte également sur les échanges extérieurs marocains. Bien que l'Union
européenne demeure le principal partenaire commercial, force est de constater que sa place se
réduit au fil des années au bénéfice de nouveaux partenaires tels que les pays émergents et le
Continent Africain. Cependant, sur une cinquantaine de pays avec lesquels il est lié par des accords
de libre-échange, il enregistre un déficit commercial à l’exception de la Jordanie. Cela donne
sérieusement à réfléchir sur ses capacités productives et son potentiel compétitif.

4-Evolution du Contexte économique Extérieur du Maroc :


Le Maroc s’est orienté depuis plusieurs années vers l’ouverture de son économie. Ce choix s’est
concrétisé par l’adhésion à l’OMC en 1995, la signature de plusieurs accords de libre-échange

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avec l’Union européenne, les Etats-Unis, la Turquie et les pays de l’accord d’Agadir. Le
Royaume a aussi signé de nombreux accords commerciaux avec d’autres pays, notamment
africains.

Le résultat a été une hausse du taux d’ouverture de l’économie nationale qui est passé de 51% en
2000 à 64,8% en 2011. Comparativement aux autres pays émergents (graphe 1), le Maroc
enregistre un taux d'ouverture moyen sur la période 2006-2011 équivalent à 60,5%. A titre de
comparaison, ce niveau est supérieur à celui de l’Egypte (39,5%), de l'Inde (36,6%), de l'Argentine
(35,8%) de la Turquie (43,6%). Il reste toutefois inférieur à celui affiché notamment par la Tunisie
(86,9%) et la Jordanie (97,9%).

En plus des performances commerciales, le Maroc a consolidé son attractivité aux capitaux
étrangers, avec une progression des IDE qui lui sont destinés de 23% en 2017, faisant ainsi du pays
le 5ème pays d’accueil d’IDE au niveau africain, après l’Égypte, l’Éthiopie, le Nigéria et le Ghana.
En termes de ventilation géographique, la France reste le premier pays investisseur avec 27% du
total des investissements étrangers reçus par le Maroc en 2017. Elle est suivie des Etats-Unis (17%
du total des IDE en 2017), des Émirats Arabes Unis (10%) et du Royaume-Uni (6%). Les
performances extérieures du Maroc sur le plan commercial et financier sont le produit de la
diversification des liens de partenariat tissés par le Royaume avec plusieurs pays développés,
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émergents et en développement. Ces performances trouvent, également, leur origine dans les
relations de coopération privilégiées que le Maroc a pu fructifier avec des organisations régionales
et internationales, notamment en termes de mobilisation des financements nécessaires pour
accompagner le processus de transformation structurelle de l’économie marocaine.

5-Le commerce Extérieur du Maroc :


5-1 Les indicateurs du Commerce Extérieur

En 2018, les échanges commerciaux de marchandises avec le reste du monde enregistrent une
progression de 10,1%. Ils se chiffrent à 756,2 Mds DH contre 686,9Mds DH en 2017. Le taux de
croissance annuel moyen de ces échanges s’établit à 6,3% au cours de la période 2007-2018.

Au terme de l’année 2018, les importations augmentent de 9,8% ou 43Mds DH (+6,7% ou


+27,5Mds DH en 2017 par rapport à 2016). Quant aux exportations, elles continuent leur tendance
haussière (soit +10,6% ou +26,3Mds DH en 2018 contre +10,3% ou +23,2Mds DH en 2017)
(Graphique G0-4).
Ainsi, à un rythme plus accentué par rapport à 2017, les échanges commerciaux dégagent un déficit
commercial de 205,9Mds DH en aggravation de 16,6Mds en 2018.
En revanche, le taux de couverture des importations par les exportations s'améliore légèrement de
0,4point : 57,2% en 2018 contre 56,8% un an auparavant.

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Le taux de pénétration des importations mesuré par le rapport entre les importations et la demande
interne (PIB +importations - exportations) s'établit à 36,5% en 2018 contre 35% en 2017 soit un
gain de 1,5point.

L’effort d’exportation, mesuré par le rapport entre les exportations et le PIB, s'inscrit en hausse
depuis 2013, passant de 20,6% à 23,4% en 2017 et 24,7% en 2018. Le taux de dépendance qui
représente la moyenne des importations et des exportations, rapportée au PIB, augmente de
1,7point : 34% contre 32,3% en 2017.
Le taux de couverture des importations par les exportations par groupes de produits laisse
apparaitre une dégradation de ce taux pour les produits bruts de 17points, soit 81,9% en 2018
contre 98,9% une année auparavant.
Les produits alimentaires et les biens finis de consommation affichent une légère baisse du taux
de couverture de leurs importations par leurs exportations, enregistrant successivement des pertes
de 0,7point et 0,9point.
En revanche, le taux de couverture de la balance commerciale des demi-produits marque une
hausse de 5,9points (60,7% en 2018 contre 54,8% en 2017). Passant de 41,4% en 2017 à 45% en
2018, le taux de couverture des importations de biens d'équipements par leurs exportations réalise
un gain de 3,6points. De même, le taux de couverture de la balance commerciale des produits
énergétiques, s’améliore légèrement (4% en 2018 et 3,3% en 2017).

5-2 Echanges commerciaux par principaux partenaires

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L’Europe demeure le partenaire principal du Maroc en termes d’échanges commerciaux en 2018
avec une part de 66,4% et un total de 501,9Mds DH. Ces échanges sont répartis principalement
entre l’Espagne (141,1Mds DH) et la France (116,9Mds DH). L’Asie intervient pour 16,2% dans
le total des transactions commerciales et occupe le deuxième rang.
L’Amérique se place en troisième position en 2018 avec une part de 11,1%. Ces échanges sont
effectués essentiellement avec les Etats-Unis, soit 51,1Mds DH en hausse de 11,3Mds DH par
rapport à 2017. L’Afrique contribue à hauteur de 5,3% au total des échanges commerciaux en
2018. Quant à l’Océanie, sa part demeure faible (0,2%) (Tableau T4-1).
Le déficit commercial avec l’Europe se creuse de 6,6Mds DH et se chiffre à 115,9Mds DH. Il
représente 56,3% du déficit global en 2018. Le déficit avec l’Asie contribue à hauteur de 32% au
déficit global et se situe à 65,9Mds DH contre 57Mds DH en 2017. Concernant le déficit
commercial avec le continent Amérique, il se chiffre à 28,8Mds DH en 2018 contre 30,4Mds DH
en 2017.
5-3 Les Investissement Directs Etrangers (IDE)
Le Maroc s’illustre dans la bataille des Investissements directs étrangers (IDE) et gagne une
manche sur le terrain africain. Le Royaume est, en effet, arrivé à arracher la quatrième place sur le
continent en termes d’accueil des IDE, avec 3,6 milliards de dollars en 2018, en nette hausse
(35,5%) par rapport à l’année précédente, selon un nouveau rapport de la Conférence des Nations
unies sur le commerce et le développement (Cnuced) sur l’investissement dans le monde. Et ce,
après avoir été classé cinquième dans l’édition de l’année dernière. Ce qui permet au pays de rester
sur sa lancée, confirmant son trend haussier observé ces dernières années. Les flux d’IDE attirés
par le Maroc en 2018 sont, en effet, au niveau le plus élevé durant les six années dernières, relève
la Cnuced. Cette évolution renseigne sur l’amélioration de l’attractivité du Maroc pour les
investissements étrangers, selon les auteurs de World Investment Report 2019. « Le pays continue
de bénéficier de performances économiques relativement stables et d’une économie diversifiée,
qui attire des investissements étrangers », indiquent-ils, précisant que ces IDE sont destinés
notamment à la finance, aux énergies renouvelables, aux infrastructures et à l’industrie automobile.
Ainsi, relève la Cnuced, l’investissement le plus important a été l’acquisition des 53% de Saham
Finances par Sanlam Emerging Markets (Afrique du Sud) pour un milliard de dollars.

Cette attractivité devrait être renforcée, avec l’adoption de la charte d’investissement qui est
prévue cette année, rappelle le rapport. Le Maroc est devancé par l’Égypte qui a attiré 6,8 milliards

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de dollars d’IDE au cours de l’année dernière, l’Afrique du Sud (5,3 milliards) et le Congo (4,3
milliards). Le Maroc et l’Égypte sont ainsi les principaux acteurs de la dynamique des flux des
IDE en Afrique du Nord qui ont augmenté de 7%, pour atteindre 14 milliards de dollars en 2018.
L’Égypte est restée donc le principal pays bénéficiaire d’IDE en Afrique en 2018, bien que les flux
qu’il a attirés aient diminué de 8%, note la Cnuced. Ces IDE ont profité notamment à l’industrie
pétrolière et gazière, avec d’importantes découvertes de réserves de gaz offshore ayant attiré les
investissements des multinationales. Le pays est devenu un exportateur net de gaz en janvier 2019.
L’Égypte a signé au moins 12 accords d’exploration et de production avec des sociétés pétrolières
internationales en 2018. Ces IDE ont également bénéficié à la modernisation de l’infrastructure de
stockage de céréales (2 milliards de dollars), l’infrastructure médicale (un milliard), l’industrie
textile (830 millions de dollars). Par ailleurs, la France est le principal investisseur en Afrique,
avec un stock des IDE de 64 milliards de dollars, suivie des Pays-Bas (63 milliards) et les États-
Unis (50 milliards).

Au niveau mondial, World Investment Report 2019 fait ressortir une chute des IDE, dont les flux
ont diminué de 13%, pour atteindre 1.300 milliards de dollars en 2018. Ce qui représente le niveau
le plus bas depuis la crise financière mondiale et souligne le manque de croissance de
l’investissement international cette décennie, relève António Guterres, secrétaire général des
Nations unies. « Nous devons faire preuve d’ambition en matière d’action pour le climat, réduire
la vulnérabilité de la dette et réduire les tensions commerciales afin de créer des environnements
propices à l’intensification des investissements durables et à long terme ».

A- La Chine sur le chemin de la première puissance économique mondiale


1- La civilisation de la CHINE
La Chine fut pendant des siècles la civilisation la plus avancée, surpassant le reste du monde dans
de nombreux domaines tels que les arts, la médecine ou les sciences. Elle fut à l'origine de
nombreuses inventions : on peut citer par exemple la poudre à canon, le papier, l'imprimerie
xylographique dès le 9ème siècle ou encore la boussole. On estime que la Chine a été la première
puissance mondiale durant la majeure partie des vingt derniers siècles, de l'Antiquité jusqu'à la
révolution industrielle. Jusqu'au 18ème siècle c'est également en Chine qu'on trouvait le niveau de
vie le plus élevé de la planète. La civilisation chinoise a fortement imprégné toute l'Asie de l'Est,
notamment aux niveaux religieux (confucianisme et taoïsme) et linguistique (les sinogrammes ont
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été utilisés dans toute la région et de nombreux mots chinois sont présents dans les langues qui y
sont parlées). La civilisation chinoise est l'une des plus anciennes du monde, et existe depuis plus
de 5 000 ans. Elle a irrigué toute l'Asie du Sud-Est de sa culture et de ses inventions, apportant le
papier, la boussole, l'écriture, l'imprimerie, l'art de la céramique et de la porcelaine, la soie, la
calligraphie, ou encore le confucianisme à nombre de ses voisins, du Vietnam au Japon, en passant
par la Corée.

2- Le domaine économique
L'émergence de la Chine comme superpuissance économique pose aux États-Unis un problème
d'adaptation difficile. Si les autorités chinoises se plaisent à rappeler que la Chine est toujours en
voie de développement, avec en particulier un revenu par tête parmi les plus faibles au monde, son
poids économique est pourtant déjà celui de la deuxième puissance économique mondiale depuis
le 2e trimestre 2010, avec un taux de croissance de l'ordre de 10 % par an, qui s'est maintenu
pendant 25 ans. Deux orientations-clés expliquent cette croissance ultra-rapide et continue : tout
d'abord la décision de convertir la Chine à l'économie de marché prise à la fin des années 1970 par
Deng Xiaoping, et concrétisée par la nouvelle constitution de 1982 ; ensuite, l'adhésion de la Chine
à l'Organisation mondiale du commerce au début de l'année 2002, qui couronne vingt années de
réformes économiques et légales soigneusement planifiées, et quinze ans de difficiles négociations.
C'est cette deuxième étape, ardemment attendue par les dirigeants chinois, qui a ouvert le marché
mondial à la Chine, et fait d'elle le premier but des investisseurs étrangers. D'ores et déjà, la Chine
est la première destination au monde pour les investissements, la première pour l'exportation de
produits liés aux technologies de l'information (ordinateurs et téléphones portables, appareils photo
numériques...) et dispose des plus importantes réserves de change au monde.

3-Les Réformes économiques chinoises


1-Une réforme économique, qu’est-ce à dire ?
Le fonctionnement du marché ne permettant pas toujours d'aboutir à une situation d'équilibre
satisfaisante, l'intervention de l'Etat devient alors nécessaire pour réguler l'économie et ce dernier
élabore une politique économique. Les politiques économiques sont mises en place par les États
afin de lutter contre les dysfonctionnements de l'économie de marché et assurer ainsi une prospérité
économique et sociale à court terme comme à long terme. Il s'agit donc pour la Chine de prendre
un ensemble de décisions avec les organes qui lui sont propres (gouvernement, banque centrale…)

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et ce afin de garantir à l'ensemble des agents économiques les moyens complets de leur subsistance
et de leur « bien vivre ». Les décisions et objectifs des politiques économiques portent donc sur
des thèmes aussi variés que la lutte contre les inégalités sociales ou la stimulation de la croissance
économique. Toutefois, tous ces champs d'exploration sont interdépendants et ne peuvent être pris
comme élément isolé.

Les « vagues » de réformes en Chine

La réforme économique chinoise avait connu dans ses ensembles quatre périodes importantes, et
qui avaient pour grand part l‘épanouissement et la croissance rapide de l‘économie chinoise

A. De la fin de 1978 à Octobre 1984 : réforme du système de gestion micro-économique

Le point clé de la première période a été la réforme du système de gestion micro- économique.
Dans la vie économique quotidienne, le problème le plus manifeste était le manque d'initiatives
des agents micro-économiques. La réforme a donc débuté par l'amélioration de ce dernier. Le
principal objectif était d'améliorer le mécanisme d'incitation des paysans, des dirigeants
d'entreprises et des employés pour accroître l'efficacité économique. Des mesures effectives ont
été prises. Dans les régions rurales, le système de propriété collective a été remplacé par celui de
responsabilité des ménages. En villes, le principal objectif de la réforme a été d'accroître
l'autonomie des entreprises. Dans ce but, un certain nombre d'expérimentations pour améliorer le
système de gestion ont été menées. Certaines d'entre elles, après la démonstration initiale de leur
réussite, ont été étendues à l'ensemble du pays. En zone rurale, l'attention fut portée sur la
promotion du système de responsabilité des ménages et en zone urbaine sur une série de réformes
spécifiques et multiples du système de gestion des entreprises d'Etat.

a. Système de responsabilité des ménages (ou paysan) : réforme agricole


Le système de responsabilité des ménages correspond à une réforme de système de gestion micro-
économique en zone rurale dans un contexte d'économie fortement autarcique. Sous ce système,
les terres étaient distribuées à un ménage selon le nombre de ses membres ou celui de ses
travailleurs. D'après le contrat, le ménage devait payer les taxes à l'Etat, s'acquitter de son quota
d'approvisionnement est transférer à l'équipe une certaine somme à titre de fonds d'investissement,
sociaux, etc. le ménage disposait du surplus. Désormais, si le paysan n'est pas, à proprement parler,

15
propriétaire de la terre, il en a toutefois la jouissance durant quinze ans. En effet, ce système, qui
peut être considéré comme un système de bail, permet au paysan d'être rémunéré pour sa
production. Les paysans sont libres de choisir leurs cultures et les quantités ne sont plus soumises
à quota. Un petit marché libre se développe. A partir de 1982, ce système est généralisé dans les
villages. La libéralisation de la plupart des produits agricoles est autorisée, signifiant la fin de
l'achat planifié par l'Etat.

b. Réforme des entreprises Pendant cette période (1979-1984)


On a assisté à l'octroi d'une certaine autonomie aux entreprises en échange de l'augmentation de
leur efficacité. La constitution d'entreprises privées est légalisée pour l'industrie légère et les
services. La création de sociétés mixtes avec des capitaux étrangers est désormais possible. Deng
Xiaoping lance la réforme dite de la "porte ouverte", qui ouvre la Chine vers l'extérieur. Les
investissements étrangers sont désormais souhaités et leur accueil est concentré vers un ensemble
de zones ouvertes au commerce extérieur. Cinq zones économiques spéciales (ZES) sont destinées
aux entreprises étrangères à partir de 1979 (dont les villes de Canton et Shanghai ainsi que la zone
de Shenzhen, près de Hongkong), ainsi que des zones franches. Ces ZES constituent des
laboratoires expérimentaux pour la Chine, lui permettant de s'ouvrir progressivement aux
techniques du commerce extérieur.

B. D'octobre 1984 jusqu'à la fin de 1991 :


Réforme du mécanisme d'allocation planifiée des ressources Le point clé de la deuxième période
était de réformer le mécanisme d'allocation des ressources. La réforme du système de gestion
micro-économique avait accordé d'une part aux entreprises une autonomie partielle de gestion, qui
eut pour conséquence de créer une offre et une demande de ressources de biens et services en
dehors du plan. D'autre part, les contraintes pesant sur le système d'allocation centralisé et planifié
sont devenues de plus en plus apparentes. Pour résoudre ce conflit et augmenter la rentabilité des
entreprises d'Etat, la réforme fut menée encore plus avant. Cette phase incluait celle des
consommations intermédiaires, des devises, des financements, obtenir des résultats positifs. Après
la réforme du système de gestion microéconomique, les entreprises d'Etat pouvaient disposer d'une
part de leurs profits et de leur production :

16
 Pour utiliser ces profits à l'accroissement de la production, les entreprises avaient besoin d'un
canal d'approvisionnement de facteurs de production en dehors du plan.

 Pour accroître les revenus issus de l'augmentation de la production, les entreprises avaient besoin
d'un canal de vente en dehors du plan.

Tous ces changements ont ébranlé le mécanisme d'allocation planifiée et centralisée des
ressources. Une série de réformes des systèmes administratifs concernant la gestion des produits
semi-finis, du commerce extérieur et du système de financement furent introduites pour créer des
conditions favorables à la réforme des entreprises. Parmi elles, la réforme du système administratif
de gestion des produits semi-finis était la plus complète, tandis que la réforme des institutions
financières progressait très lentement.

C. De 1992 à 1997 : Réforme de l'environnement macroéconomique


Le relâchement du système de gestion micro-économique et du mécanisme d'allocation des
ressources a amélioré d'une part l'environnement externe dans lequel les entreprises pouvaient
rechercher les profits, et d'autre part a généré des troubles économiques causés principalement par
une concurrence issue de la double voie des prix des facteurs et des comportements de recherche
de rente. Pour résoudre ces problèmes, il était logique que la réforme s'étende à l'environnement
macro-économique inchangé jusqu'alors. La réforme (au sens large) de l'environnement macro-
économique concernait les prix des facteurs (matières premières, bien matériels et combustibles),
des produits (produits finals et services), le taux d'intérêt (prix du capital), le taux de change (prix
des devises étrangères) et les salaires (prix de travail).

D. Les réformes de 1998-2000 : les réformes d'avant l'entrée à l'OMC

Le porteur de ces réformes n'est que le premier ministre de la Chine Zhu Rongji qui a accédé au
pouvoir au printemps 1998 et qui avait pour ultime objectif l'intégration de son pays au sein de
l'organisation mondial de commerce (OMC). D'où l'importance qui ont précédé l'entrée à l'OMC.
Zhu a introduit un programme audacieux, comprenant :

 La réforme des entreprises d'Etat,

 La privatisation des logements publics,

 La légitimation et l'élargissement de secteur privé,

17
 La réforme des relations avec des investisseurs étrangers,

 La réduction de moitié de la bureaucratie, la fermeture des entreprises de l'armée,

Nouvelles réformes économiques et sociales XI Jinping, a présenté lors du XIXème Congrès du


Parti communiste chinois (PCC)1 tenu en 2017, un nouveau modèle de développement porté sur
les grandes orientations de la politique économique chinoise. 1. Vers un nouveau modèle de
développement chinois, plus soucieux de performances qualitatives. Dans son premier discours de
ce type, XI Jinping a annoncé que « le socialisme à caractéristiques chinoises est entrée dans une
nouvelle ère ». En outre, M. XI a ajouté aux échéances officielles de 2020 (« réalisation d’une
société de relative aisance ») et de 2049 (« société socialiste aboutie et forte »), la réalisation d’une
« économie socialiste moderne » à l’horizon 2035.

Pour atteindre ce nouvel objectif, le « problème principal de la société » ne serait plus, selon XI
Jinping, « de répondre aux besoins toujours croissants du peuple chinois », mais « la contradiction
entre un développement déséquilibré et inadapté, et la quête par le peuple d’une vie toujours
meilleure ». Il s’agit de la première requalification du « problème principal de la société chinoise
» depuis 35 ans et le début du processus d’ouverture et de réforme. Il annonce à ce titre l’entrée
dans une « nouvelle ère ». Afin de répondre à ce nouveau problème et passer « D’une croissance
rapide » à une « croissance qualitative », une « nouvelle vision du développement » est mise en
avant. « Tirée principalement par la consommation », elle doit se concentrer sur la montée en
gamme de l’industrie, l’ouverture, le respect de l’environnement, la répartition des richesses et la
lutte contre la pauvreté. En outre, les ressources sont allouées « de manière décisive par le marché
avec un Etat qui joue mieux son rôle ». La réalisation d’une « société de moyenne aisance »,
réaffirmée plusieurs fois par XI Jinping dans son intervention, comprend le doublement du PIB de
2010 à 2020 (i.e. une croissance annuelle moyenne de 6,5% entre 2016 à 2020). S’il n’évoque pas
explicitement l’accroissement de la production, le président chinois met en avant le « besoin
d’accroitre la productivité globale des facteurs ».

2- Environnement économique
a. Principales caractéristiques de l’économie
L'économie chinoise demeure l'un des principaux moteurs de la croissance mondiale ; selon les
autorités chinoises, elle a représenté environ 30% de l'expansion économique mondiale pendant la
période à l'examen. Cependant, la croissance s'est modérée à mesure que l'économie s'ajustait à la
18
"nouvelle normalité", et que les principaux facteurs y contribuant sont passés de l'investissement
à la consommation, de la demande extérieure à la demande intérieure et des industries
manufacturières aux services. Le changement de la structure de développement est manifeste : les
services représentent désormais plus de 50% du PIB et la part du commerce des marchandises dans
le PIB a reculé. La croissance s'est traduite par une hausse des revenus ruraux ; cela a eu pour effet
de faire baisser l'inégalité de revenus et les niveaux de pauvreté. En conséquence, le PIB par
habitant de la Chine a atteint 8 124 dollars EU en 2016. Pourtant, en dépit de cette croissance
impressionnante et de la réduction sans précédent de la pauvreté, l'écart de revenus entre les plus
riches et les plus pauvres restes considérables.

3-Evolution économique récente


La croissance du PIB réel s'établissait à 6,9% en 2015 et à 6,7% en 2016, soit moins que les années
précédentes (tableau ci-dessous). Le PIB réel devrait croître d'environ 6,8% en 2017. Durant la
période à l'examen, la consommation a contribué pour près des deux tiers à l'expansion
économique. Les raisons qui expliquent cette croissance fondée sur la consommation tiennent
notamment à la forte création d'emplois, à la hausse des revenus et à l'amélioration de la couverture
de la sécurité sociale.

Les principaux indicateurs économiques de la Chine :


Le contexte économique en abrégé

19
La croissance de l’économie chinoise, au ralenti en 2016, a légèrement repris en 2017. Ce résultat
constitue une première remontée après cinq baisses consécutives du taux de croissance de
l’économie du pays depuis 2011. En effet, selon les données du FMI, la croissance du produit
intérieur brut (PIB) de la Chine est passée de 9,5% en 2011 à 7,9% en 2012, à 7,8% en 2013, puis
à 7,3 % en 2014, pour terminer à 6,9 % en 2015 et à 6,7 % en 2016 « Selon les données de la
Banque mondiale, en 2017, le PIB de la Chine se situait au 1er rang mondial, devant celui des États-
Unis ». La Chine dispose d’un PIB (milliards de USD) de 11.232,11 d’un PIB (Croissance annuelle
en % prix constant) de 6.7%, d’un PIB par habitant (USD) de 8.123, d’un taux d’inflation de 2%,
d’une balance de transactions courantes (milliards de USD) de 196.38, d’une balance de
transactions courantes en pourcentage du PIB de 1.7%, d’un taux de change moyen de Yuan
Chinois pour 1 EUR de 7.07% , d’un taux de chômage de 4% en 2017 et d’un déficit budgétaire
correspond à 4% du PIB.

Les perspectives économiques pour la période de 2018 à 2020 sont modérées, mais elles
demeurent optimistes. Toutefois, la guerre commerciale déclarée en juillet 2018 par les États-Unis
par l’imposition d’une surtaxe sur les importations chinoises (et la riposte chinoise) pourrait
compromettre ces perspectives. Parmi les défis auxquels la Chine fera face au cours des années à
venir, il faut mentionner d’entrée de jeu, sur le plan extérieur, la gestion de la guerre commerciale
avec les États-Unis, qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’économie chinoise et
mondiale si elle prend de l’ampleur. Par ailleurs, sur le plan intérieur, il y a la nécessité de mieux
contrôler les risques que représente le niveau élevé de l’endettement des entreprises et la menace
que constituent la surcapacité industrielle et la flambée des prix des logements.

Pour l’économie chinoise, le secteur de service est le secteur le plus générateur d’emploi avec un
pourcentage significatif de 55.9%, ce dernier génère 51.6% de valeur ajoutée en % du PIB et 7.8%

20
de valeur ajoutée (croissance annuelle en %) suivi de l’industrie 26.6% de l’emploi total et 39.8%
de la valeur ajoutée et en dernier lieu le secteur agricole avec 17.5% de l’emploi total et 8.6% de
la valeur ajoutée (en % du PIB) et 3.3% de la valeur ajoutée (croissance annuelle en %).

3- L’émergence de la Chine dans le commerce mondial :


1-Le commerce Extérieur de la Chine :

Toujours en 2016, la Chine était le premier exportateur (13.2%) et le deuxième importateur (9.8%)
de marchandise au monde. Cette dernière a vu son commerce extérieur rebondir vigoureusement
en 2017, à la faveur d'une meilleure conjoncture et d'une demande mondiale robuste. Les
exportations du géant asiatique, exprimées en dollars, ont progressé de 7,9% en 2017. De leur côté,
les importations chinoises se sont envolées de 15,9% en 2017 (après une chute de 5,5% en 2016),
témoignant du vif renforcement de la demande intérieure sur fond de stabilisation de la deuxième
économie mondiale.

Le commerce extérieur chinois (exportations et importations de biens et services) a enregistré


un recul en 2016 pour la seconde année consécutive, de 5,7% s’élevait à 4347 Mds USD, ce qui
correspondait à 37,1 % du PIB. Les exportations et les importations représentaient respectivement
53,1% et 46,9% du commerce total de biens et services. Contrairement à l’année 2015, le recul
affecte de manière égale les importations (2040Mds USD) et les exportations (2 306 Mds USD).
Quant au Balance commerciale hors service a chuté pour s’établir à 494 Mds USD en 2016. La
valeur effective du commerce de biens était de 4000 Mds USD. Quant à la valeur du commerce de
services, elle était estimée à 661,5 Mds USD. Elle se situait alors au 5ème rang mondial des
exportateurs (4,3%) et au 2ème rang des importateurs (9,6%) de services commerciaux.

2- Le rôle majeur des investissements directs Etrangers :


21
Selon les chiffres publiés le 11 juillet par le ministère chinois du Commerce, les investissements
directs étrangers (IDE) effectifs en Chine ont connu une croissance de 7,2 % au cours du premier
semestre par rapport à la même période de l’année dernière pour passer à 478,33 milliards de yuans
(61,87 milliards d’euros), et ceci avec la création de 20 131 nouvelles entreprises à capitaux
étrangers. En juin, le montant des IDE effectifs a encore augmenté de 8,5 % par rapport à la même
période de l’année dernière pour s’élever à 109,27 milliards de yuans (14,13 milliards d’euros).
On constate une concentration accélérée des IDE dans les hautes technologies. Au cours du
premier semestre, ils ont connu une croissance de 44,3 %, soit 28,8 % du total, avec 50,28 milliards
de yuans (6,5 milliards d’euros) investis dans la fabrication hi-tech.
Les IDE effectifs dans le secteur pharmaceutique ainsi que dans les équipements électroniques et
de télécommunication ont connu une hausse respectivement de 12,8 % et de 25 %, tandis que ceux
des services haut de gamme ont augmenté de 71,1 % à 87,56 milliards de yuans (11,3 milliards
d’euros) avec une croissance respective de 68,1 %, de 77,7 % et de 62,7 % dans les services
informatiques, les services pour la recherche, l’innovation et la conception, ainsi que dans les
services relatifs au transfert des résultats de la recherche scientifique et technologique.
Enfin, on constate une croissance rapide des IDE au Tibet et dans les zones pilotes de libre-
échange. Ils ont augmenté de 21,2 % à 34,96 milliards de yuans (4.52 milliards d’euros) au Tibet
et de 20,1 % dans les zones pilotes de libre-échange.
La provenance des IDE demeure stable, ceux de l’Union européenne, de l’ASEAN et des pays
riverains de « la Ceinture et la Route » augmentant respectivement de 22,5 %, de 7,2 % et de 8,5
%.
a. Des exportations de plus en plus diversifiées
La composition des exportations chinoises a profondément changé. Leur essor a été porté par
l’industrie manufacturière qui fournit en 2002 près de 95% des exportations, contre 50% en 1980,
laissant une place marginale aux produits primaires. Dans les années 1980, ce sont le textile et
l’habillement (vêtement, chaussures) et les produits manufacturés divers (jouets) qui sont les
postes les plus dynamiques. Dans les années 1990, ce sont les produits de l’industrie électrique et
électronique. En 2001, ceux-ci ont supplanté les produits textile habillement pour devenir le
principal poste d’exportation. Ces changements reflètent une remarquable adaptation des
exportations chinoises à la demande mondiale. La Chine s’est donc positionnée sur les créneaux
les plus porteurs et a même élargi sa part du marché mondial dans différents secteurs. Aussi, la

22
composition des exportations chinoises à destination du Maroc est désormais profondément
hétérogène. Leur essor est porté surtout par des industries fortement internationalisées et très
compétitives.
Section 2 : le Maroc autant que pays en voie de développement
1-les principaux indicateurs économiques du Maroc
1-1 Les indicateurs de croissance

La croissance du PIB réel a fléchi, passant de 4,1 % en 2017 à un taux estimé à 3 % en 2018, à
cause du ralentissement de l’accroissement de la valeur ajoutée agricole qui n’a été que
partiellement compensé par les bons résultats des secteurs non agricoles. Les activités minières
ont constitué le plus fort moteur de croissance hors agriculture, en particulier la production et
l’exportation de phosphates. Le taux de chômage a enregistré une légère baisse, à 9,8 %, laquelle
masque néanmoins un repli chronique de la participation au marché du travail qui a perdu 0,5 point
de pourcentage pour s’établir à 46,2 %. Le taux de change est arrimé à un panier euro-dollar et
l’inflation est restée sous la barre des 2 %.

À moyen terme, la performance économique devrait s’améliorer sous l’effet de bonnes politiques
budgétaire et monétaire, de stratégies sectorielles plus cohérentes et d’un meilleur climat de
l’investissement, mesures qui visent toutes à favoriser des gains de compétitivité progressifs. Certes,
la croissance devrait reculer à 2,9 % en 2019 en raison de la faible progression attendue du côté de la

23
production agricole après deux années exceptionnelles, mais elle devrait ensuite se stabiliser à moyen
terme autour de 3,6 %
*Les principaux indicateurs macroéconomiques se résument dans :

1-2 Les indicateurs relatifs au développement humain et aux inégalités sociaux


La valeur de l’IDH ne cesse d’augmenter au Maroc. Elle est passée de 0,458 en 1990 à 0,530 en
2000 et à 0,667 en 2017, soit un accroissement de 45,5% en vingt-sept ans – et la vitesse de
croissance de l’IDH demeure soutenu. Cette performance a déjà valu au Maroc, en 2010, de figurer
parmi les dix pays ayant démontré la plus forte augmentation de leur IDH depuis 1970. La valeur
de l’IDH du Maroc évolue dans la région arabe et progresse dans la catégorie du développement
humain moyen. Le Maroc passe du 126ème rang en 2014 sur un total de 188 pays au 123ème rang
sur un total de pays de 189. L’espérance de vie à la naissance au Maroc a augmenté de 11,4 ans,
les années moyennes de scolarité ont augmenté de 3,3 ans et les années de scolarité prévues ont
augmenté de 5,9 ans. Le RNB par habitant du Maroc a augmenté d’environ 93,2% entre 1990 et
2017.

24
Tableau 1 : Evolution de l'IDH du Maroc pour la période 1990 – 2017

Compte tenu de ce qui précède, comment interpréter le classement du Maroc ?

Compte tenu du fait que le calcul de l’indicateur a connu des modifications dans ce nouveau
rapport, il devient difficile de comparer pour un pays donné le classement de cette année avec celui
des années précédentes. De plus, les indicateurs inclus dans l’IDH capturent des tendances «
lourdes » et non les changements sensibles d’une année à l’autre.

En 2015, le Maroc est classé 123ème parmi 189 pays et territoires. Il faut retenir de ce classement
non pas le chiffre mais la valeur de l’IDH, laquelle est en accroissement constant : 0,458 en 1990
et 0,667 en 2017. Le taux de croissance annuel moyen de l’IDH a atteint 1,37% et une croissance
importante de 58,6 % entre 1990 et 2017.

Le Maroc n’a pas fait l’objet d’une analyse de l’Indice du Développement Humain ajusté aux
inégalités dans la mise à jour des données statistiques du développement humain. Certes, la valeur
de l'IDH féminin 2017 pour le Maroc est de 0,598, contre 0,713 pour les hommes, soit une valeur

25
IDG de 0,838. En comparaison, les valeurs IDG1 pour la Tunisie et la Libye sont respectivement
de 0,897 et 0,929.

S’agissant de l’Indice des inégalités du genre, le Maroc a une valeur de 0,482, ce qui le classe
119ème sur 160 pays dans l'indice 2017. Au Maroc, 18,4% des sièges parlementaires sont occupés
par des femmes et 28,0% des femmes adultes ont atteint au moins un niveau d’instruction
secondaire, contre 34,8% de leurs homologues masculins. Pour chaque 100 000 naissance vivante,
121 femmes meurent de causes liées à la grossesse ; et le taux de natalité chez les adolescentes est
de 31,1 naissances pour 1 000 femmes de 15 à 19 ans. La participation des femmes au marché du
travail est de 25% contre 74,1% pour les hommes.

Qualité du développement au Maroc

Sur un total de 13 indicateurs le Maroc réussit à se classer dans le tiers supérieur en termes de
performance à l’échelle mondiale sur deux indicateurs qui sont liés à la qualité de l’éducation et
celle du niveau de vie. Il se classe dans le tiers intermédiaire pour deux indicateurs en santé et
niveau de vie. Par ailleurs, six indicateurs classent le Maroc dans le tiers inférieur mondial en
termes de performance dans le domaine de la santé, de l’éducation et de niveau de vie. L’analyse
de ces performances montre que le Maroc pourrait bénéficier d’efforts supplémentaires en termes
de qualité de la santé

Inégalités femmes-hommes sur le cycle de vie

Sur un total de 12 indicateurs, le Maroc rejoint le tiers supérieur en termes de performance à


l’échelle mondiale sur deux indicateurs qui sont liés aux inégalités du genre durant l’enfance et
la jeunesse. Il se classe dans le tiers intermédiaire pour trois indicateurs liés aux inégalités du
genre à l’âge adulte. Par ailleurs, des efforts supplémentaires restent à déployer aux niveaux de
26
six indicateurs qui classent le Maroc dans le tiers inférieur mondial en termes de performance
dans le domaine de l’égalité du genre tout au long de la vie

Autonomisation des femmes

Sur un total de 13 indicateurs, le Maroc améliore ses performances en rejoignant le tiers supérieur
à l’échelle mondiale sur trois indicateurs qui sont liés à la santé reproductive et à la valorisation
socio-économique. Il se classe dans le tiers intermédiaire pour quatre indicateurs liés à la santé
reproductive, la violence contre les femmes et les filles et la valorisation socio-économique. Par
ailleurs, deux indicateurs méritent l’attention du Maroc pour renforcer davantage la condition
féminine

Durabilité environnementale

Sur un total de 9 indicateurs, le Maroc fait partie du tiers supérieur dans un seul indicateur à
l’échelle mondiale lié à la durabilité environnementale. Il se classe dans le tiers intermédiaire

27
pour cinq indicateurs en termes de durabilité et menaces environnementales. Trois indicateurs
liés à la durabilité environnementale restent à améliorer pour sortir du dernier tiers.

Viabilité socio-économique
Sur un total de 10 indicateurs, le Maroc s’illustre avec une performance soutenue dans le tiers
supérieur à l’échelle mondiale sur trois indicateurs liés à la durabilité économique et à la durabilité
sociale. Il se classe dans le tiers intermédiaire pour quatre indicateurs dans les mêmes catégories
de durabilité. Par ailleurs, un seul indicateur concernant la durabilité économique classe le Maroc
dans le tiers inferieur

2- le Maroc ; un modèle de développement national


2.1 Le renforcement des performances marocaines
 Le secteur primaire en performance soutenue

Jouant un important rôle socio-économique et environnemental, l’agriculture est l’un des secteurs
ayant connu une transformation structurelle ces dernières années. Ces efforts portent aujourd’hui
leurs fruits puisque l’investissement public global dans le secteur a plus que triplé en huit ans

28
seulement. Il est passé de 3,1 milliards de dirhams en 2008 à 9,9 milliards de dirhams en 2016,
soit un taux de croissance annuel moyen de près de 14,4%. Le soutien à l’investissement privé est
passé, pour sa part, de 1 à 3,3 milliards de dirhams sur la même période.

En dressant un panorama des réalisations du secteur, la DEPF relève une croissance soutenue de
la valeur ajoutée agricole. Le taux de croissance annuel moyen (TCAM) est évalué à 6% sur la
période 2008-2017. Une ventilation tirée par le bon comportement des différentes filières
agricoles, notamment la filière céréalière ayant enregistré des performances de près de 80 millions
de quintaux, dépassant ainsi la moyenne.

Un rebond a également été observé au niveau de la production agricole hors céréales. Citons à titre
d’exemple l’élevage, une filière qui affiche des taux de réalisations avancés aussi bien pour les
viandes rouges (90 % en 2016) que les viandes blanches (68 %). De bonnes performances ont été
observées au niveau de l’arboriculture qui affiche pour la même période des taux de réalisation
significatifs.

La DEPF relève à cet effet 70% pour l’arboriculture et 57% pour les agrumes. La DEPF indique à
ce propos que «le caractère soutenu de la croissance du secteur agricole apparaît au niveau de la
baisse marquée de l’écart-type de la valeur ajoutée agricole (VAA) de près de 63,5% entre les
deux périodes 1990-1999 et 2000-2017, induite notamment par un rétrécissement du poids de la
céréaliculture dans la VAA»

Le Plan Maroc Vert a par ailleurs contribué au renforcement de l’inclusivité de la politique agricole
nationale. A cet effet, 215 projets ont été réalisés avec un investissement de près de 2,1 milliards
de dirhams sur un budget global avoisinant 15 milliards de dirhams. Pour capitaliser ces acquis,
l’agriculture marocaine est appelée à renforcer son positionnement à travers la redynamisation de
l’agrégation agricole et une meilleure adéquation entre l’offre agricole et la demande agro-
industrielle.

 Un repositionnement des secteurs industriels à envisager

Le secteur industriel a consolidé ses performances depuis 2014. La valeur ajoutée du secteur
s’est accrue de 10% entre 2014-2017. Une progression ayant eu des effets positifs sur l’emploi du
secteur. 288.126 postes ont été créés sur ladite période, soit 57% de l’objectif d’emplois escomptés
à l’horizon 2020 dans le cadre du Plan d’accélération industrielle. L’automobile reste le plus gros

29
pourvoyeur d’emploi dans le secteur, suivi de l’agroalimentaire et du textile-habillement. La bonne
performance du secteur industriel s’étend également à l’export.

Les ventes du secteur ont affiché une progression annuelle de 10,3 % sur la période 2014-2017,
soit des exportations de 149,4 milliards de dirhams. La branche automobile a vu son chiffre
d’affaires à l’export rebondir ces dernières années, détenant une part de 40 % de l’ensemble des
exportations industrielles. La branche aéronautique arrive, pour sa part, en tête des branches ayant
enregistré la plus forte augmentation de ses exportations avec une hausse de 20 % entre 2017 et
2016. Son chiffre d’affaires à l’export a atteint 18,4 milliards de dirhams en 2017 et 13,8 milliards
de dirhams à fin octobre 2018, soit une croissance de +14 % par rapport à la même période de
l’année dernière.

Les branches industrielles traditionnelles ont connu, à leur tour, des progressions notables au
même titre que le secteur de l’offshoring dont les exportations grimpent en moyenne de 8 % sur la
période 2009-2017, passant ainsi de 4,9 milliards de dirhams à 9,1 milliards de dirhams. En
commentant la dynamique industrielle, la DEPF préconise un repositionnement de ces secteurs en
vue de mieux capter les opportunités qui s’offrent aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale
et faire face à une concurrence de plus en plus intense. La DEPF recommande dans ce sens
l’affinement des spécialisations au profit de créneaux dynamiques et à plus forte valeur ajoutée, la
meilleure valorisation de la production locale ainsi que la prospection de nouveaux marchés
porteurs, notamment en Afrique.

2.2 Le commerce extérieur au Maroc


Le taux de croissance annuel moyen de ces échanges s’établit à 5,9% au cours de la 2007-2017.
Bien qu’à un rythme moindre par rapport à 2016, les importations affichent une augmentation de
6,5% ou +26,7Mds DH en 2017 contre +10,3% ou +38,4Mds DH une année auparavant. Elles
s’élèvent à 437,3Mds DH contre 410,6Mds DH en 2016 et 372,2Mds DH en 2015. Quant aux
exportations, elles s’accroissent nettement passant de 218Mds DH en 2015 à 226Mds DH en 2016
pour arriver à 248Mds DH en 2017, soit une hausse de 10,1% ou +22,8Mds DH contre +3,5% ou
+7,6Mds DH en 2016).
L'accroissement des importations est imputable principalement à la hausse de la facture
énergétique. La hausse des achats de biens d’équipement, de demi-produits, de produits bruts ainsi
que de produits finis de consommation a également participé à l’augmentation des importations.

30
Quant au dynamisme des exportations ce dernier est surtout porté par les ventes des phosphates et
dérivés, du secteur automobile ainsi que du secteur agriculture et agro-alimentaire. Ainsi, les
échanges commerciaux dégagent un déficit commercial de 188,8Mds DH en aggravation de
3,9Mds en 2017, mais à un rythme moindre par rapport à 2016 (185Mds DH) et 2015 (154.2Mds
DH).
Section 3 : la première puissance économique mondiale comme but pour la chine
1- QUALIFICATIONS :

 La Chine est le pays le plus peuplé du monde. Elle compte huit agglomérations de plus de
dix millions d'habitants, dont la capitale Pékin, Shanghai, Canton, Shenzhen et Chongqing, ainsi
que plus de trente villes d'au moins deux millions d'habitants. Avec 9 596 961 km2 selon les
chiffres de l'ONU, la Chine est également le plus grand pays d'Asie orientale et le troisième ou
quatrième plus grand pays du monde par la superficie. La Chine s'étend des côtes de l'océan
Pacifique au Pamir et aux Tian Shan, et du désert de Gobi à l'Himalaya et au nord de la péninsule
indochinoise. Depuis 2014, le PIB en parité de pouvoir d'achat de la république populaire de Chine
est le plus élevé du monde. La Chine est également l'un des cinq membres permanents du Conseil
de sécurité des Nations unies. Elle est le premier exportateur mondial et dispose de l'arme
nucléaire, de la plus grande armée du monde et du deuxième plus grand budget militaire.
Gouvernée par le Parti communiste chinois, la Chine a adopté une « économie socialiste de
marché » où capitalisme et contrôle politique autoritaire se côtoient en une formule spécifique.
La Constitution de la république populaire de Chine la définit comme « un État socialiste
de dictature démocratique populaire, dirigé par la classe ouvrière et basé sur l'alliance des ouvriers
et des paysans ». Le préambule de la Constitution spécifie le rôle dirigeant du Parti communiste
chinois et continue de citer officiellement le marxisme-léninisme comme idéologie de référence
de l'État. La Chine est l'une des plus anciennes civilisations au monde, et est parfois citée comme
la plus ancienne civilisation continue. La république populaire de Chine est finalement proclamée
le 1er octobre 1949 à la suite de la victoire militaire du Parti communiste chinois sur
le Kuomintang qui s’est exilé à Taïwan avec le gouvernement de la république de Chine. Elle se
présente comme une « république socialiste » et exerce depuis 1997, un contrôle sur vingt-
deux provinces, cinq régions autonomes, quatre municipalités (dont Pékin) et deux régions
administratives spéciales (Hong Kong et Macao). La civilisation chinoise a fortement imprégné
toute l'Asie de l'Est, notamment aux niveaux religieux (confucianisme, taoïsme et développement

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du bouddhisme chan), linguistique (les caractères chinois ont été utilisés dans toute la région et de
nombreux mots chinois sont présents dans les langues qui y sont parlées), ainsi qu'artistique
(calligraphie, peinture, imprimerie, instruments de musique). On peut ajouter que : Capitalisme,
contrôle politique et sécurité autoritaire se mélangent dans ce pays dont la croissance et les
investissements à l'étranger se multiplient. La première armée du monde revendique par ailleurs
sa main-mise sur la zone stratégique de mer de Chine méridionale. L'ouverture économique du
régime dirigé par le président Xi Jinping n'a été accompagnée d'aucune ouverture en matière de
droits de l'Homme, vis-à-vis des opposants ou des minorités, de censure ou de liberté d'expression.

 Economiquement la Chine est la seconde économie mondiale et le plus grand exportateur


au monde. Le pays possède les plus importantes réserves de change au monde. La crise globale de
2009 a mis fin à une croissance à deux chiffres et à causer un ralentissement dans la stratégie de
croissance basée sur les exportations. Cependant, la Chine a toujours l'une des croissances du PIB
la plus rapide du monde et a cru de 6,6% en 2018. Grâce à la résilience de la demande extérieure,
ainsi qu'à la consommation domestique significative, la croissance s’est renforcée, malgré les
inquiétudes grandissantes concernant les risques financiers dans le cadre d'une restructuration
économique menée par le gouvernement communiste. Les tensions commerciales entre les États-
Unis et la Chine devraient toutefois commencer à affecter la croissance en 2019. Par conséquent,
le PIB devrait diminuer légèrement en 2019 et 2020, pour atteindre 6,2%, selon les estimations du
FMI.

À la fin de 2018, l'inflation atteignait 2,2%, soit légèrement plus qu'en 2017 (1,6%). Dans les deux
prochaines années, l'inflation devrait rester stable à 2,4% et 2,7% en 2019 et 2020 respectivement.
La dette publique est un sujet préoccupant en Chine. Bien que le chiffre officiel pour 2018 soit de
50,1%, le nombre réel serait beaucoup plus élevé et devrait augmenter dans les années à venir.
On estime que le ratio dette / PIB de la Chine était en réalité de 300%, ce que Forbes considère
comme le plus gros problème du pays. Le niveau de crédit chinois est élevé par rapport aux niveaux
internationaux : la dette des entreprises a atteint 165% du PIB et la dette des ménages (bien que
toujours faible) a augmenté de 15% du PIB au cours des cinq dernières années. L’an dernier le
gouvernement a envisagé de réduire les dépenses de son budget et le président Xi Jinping a déclaré
que la réduction des prêts aux grandes entreprises d'État était « la priorité des priorités ». La guerre
commerciale entre la Chine et les États-Unis, ainsi que les politiques visant à réduire l'endettement
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et la présence de banques parallèles, empêchaient les entreprises d'obtenir des financements en
2018. Cela a toutefois incité les autorités à prendre des mesures d'assouplissement monétaire, telles
que permettre aux banques de proposer davantage de prêts aux petites entreprises. Le budget du
gouvernement a atteint un niveau record de -4,2% du PIB en 2018, une tendance qui devrait se
poursuivre en 2019, année où on estime que ce chiffre sera de -4,5%. Bien que le ralentissement
de l’économie et les retombées négatives de la guerre commerciale avec les États-Unis accentuent
la nécessité d’une politique budgétaire plus active, les décideurs chinois devraient augmenter le
déficit budgétaire au cours de l’année à venir. En mai 2017, pour la première fois depuis 1998,
Moody’s Investors Service a dégradé la note de l’indice de solvabilité de la Chine. D'autre part, la
Chine dispose toujours d'importantes réserves de devises étrangères (estimées à 3 000 milliards de
dollars) qui pourraient servir de tampon à la volatilité des dettes extérieures, ainsi que d'un
excédent du compte courant de 200 milliards de dollars.

La Chine doit toujours faire face à de nombreux défis : une population vieillissante et un
rétrécissement de la main-d’œuvre, le manque d’ouverture de son système politique, et des
problèmes de compétitivité dans une économie qui repose fortement sur le capital et l’expansion
du crédit. Un large fossé demeure entre les niveaux de vie dans les villes et les campagnes, entre
les zones urbaines du littoral chinois, et l’intérieur et la partie occidentale du pays, ainsi que chez
les classes moyennes urbaines et les individus qui n’ont pas réussi à profiter de la croissance de
ces dernières décennies. Ces inégalités sont de plus en plus préoccupantes aussi bien pour les
autorités chinoises que pour les investisseurs. La pauvreté a fortement diminué en Chine, et le
chômage reste stable à 4%. Ce taux devrait rester similaire en 2019 et 2020. Selon le ministre des
ressources humaines et de la sécurité sociale Yin Weimin, le faible taux de chômage était en grande
partie causé par la nouvelle économie internet et l'entreprenariat. De nombreux analystes déclarent
cependant que les chiffres du gouvernement sont un indicateur peu fiable de l’emploi, car ils
prennent en compte uniquement l’emploi dans les zones urbaines et ne mesurent pas les millions
de travailleurs migrants qui arrivent chaque année dans le pays. Enfin, environ 43 millions de
personnes vivent toujours avec un revenu inférieur à 1 dollars par jour, le seuil de pauvreté établi
par le gouvernement (selon les statistiques officielles, environ 100 millions de personnes vivaient
sous ce seuil il y a cinq ans).

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L’économie de la Chine, très diversifiée, est dominée par les secteurs manufacturier et agricole.
La Chine est le pays le plus peuplé au monde, et l’un des plus importants producteurs et
consommateurs de produits agricoles. Ce secteur emploie environ 16,4% de la population active,
et représente 8% du PIB bien que seuls 15% du territoire chinois (environ 12,2 milliards km²)
soient cultivable. La Chine est le plus grand producteur de céréales, riz, coton, pommes de terre et
thé au monde. En ce qui concerne le bérail, le pays domine le secteur de l’élevage de moutons et
de porcs ainsi que la production halieutique. Une série de plans vise à transformer, moderniser et
diversifier l’agriculture pour augmenter la productivité. De plus, le pays dipose d'importantes
ressources naturelles et possède des réserves de charbon significatives (la première source
d'énergie du pays), qui représente les deux tiers de la consommation totale d’énergie primaire. La
Chine est le premier producteur mondial de plusieurs minerais (étain, fer, or, phosphates, zinc et
aluminium) et possède d’importantes réserves de pétrole et de gaz naturel. Il est le cinquième
producteur de pétrole au monde, avec 3,8 millions de barils par an.

Les secteurs de l’industrie contribue à 40,5% du PIB de la Chine et emploie 26,3% de la


population. Le pays reste une destination de choix pour la décentralisation des usines de fabrication
grâce une main-d’œuvre bon marché, même si les salaires augmentent régulièrement. Le
développement économique de la Chine a coïncidé avec le développement du secteur
manufacturier compétitif et tourné vers l’export. Plus de la moitié des exportations chinoises sont
réalisées par des sociétés au capital étranger. Leur part dans la valeur ajoutée de ce secteur varie

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selon les industries : plus de 60% pour les produits électroniques, et moins de 20% pour la majorité
des biens d’équipement. Le secteur public contribue toujours à environ 40% du PIB.

La part du tertiaire dans le PIB est de 51,6%, et il emploie 56% de la main-d’œuvre. Bien que les
parts du PIB de ce secteur soient en croissance ces dernières années, le secteur des services dans
son ensemble n'a pas progressé car il est notamment encombré par les monopoles publics et des
réglementations contraignantes. Aux vues du fait que le pays se concentre sur les exportations
manufacturières et qu'il existe des barrières à l'investissement dans ce secteur, le développement
du secteur a été restreint. Cependant, le gouvernement chinois se concentre de plus en plus sur les
secteurs des services et particulièrement sur les sous-secteurs de la finance, de la logistique, de
l'éducation, de la santé et devrait également se classer parmi les premiers exportateurs en termes
de transport, tourisme et construction.

2- Vers la première puissance :


la Chine émerge sans à-coups pour devenir l'une des superpuissances du XXIe siècle, du fait de
son développement économique, politique, et militaire, appuyé par l'importance de
sa population et la force de sa civilisation.

Les atouts de la Chine sont en effet nombreux : son économie connaît chaque année l'une des plus
fortes croissances au monde. Elle est par ailleurs le pays le plus peuplé de la planète (avec plus de
1,3 milliard d'habitants) et le troisième plus grand par la superficie. Outre qu'elle dispose de l'armée
la plus grande du monde ainsi que de l'arme nucléaire, la Chine est membre permanent du Conseil
de sécurité des Nations unies, ce qui lui confère une influence diplomatique très importante.

La Chine est actuellement la deuxième puissance économique mondiale. D'après la Banque


mondiale, la Chine pourrait devenir la première puissance économique de la planète en dépassant
les États-Unis entre 2020 et 2030. Elle est également une puissance spatiale depuis 2003 où elle a

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envoyé pour la première fois un homme dans l'espace. La Chine peut par ailleurs s'appuyer sur sa
présence dans de nombreuses organisations, notamment l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) depuis le 1er janvier 2002 ou encore l'Organisation de coopération de
Shanghai.

Au-delà même de sa puissance démographique, économique, politique et militaire, la Chine


s'appuie sur sa culture, riche, ancienne et répandue dans toute l'Asie-Pacifique qu'elle a influencée,
adossée à ses cinq mille ans d'histoire. Le chinois (mandarin), avec plus d'un milliard de locuteurs,
est aujourd'hui la langue la plus parlée dans le monde.

Cependant, la Chine présente un certain nombre de faiblesses majeures, qui pourraient handicaper
sa montée en puissance : le pays présente des risques d'explosion sociale, liés à l'inégalité entre
régions côtières et villes d'un côté, arrière-pays campagnard de l'autre. De l'aveu même des
dirigeants chinois, les huit cents millions d'agriculteurs que compte encore le pays obligent à
considérer la Chine comme étant toujours un pays en voie de développement. Les tensions nées
de cette situation sont accrues par les inégalités sociales et la corruption notoire de certains hauts
fonctionnaires. Par ailleurs, le pays reste encore très dépendant de l'étranger pour sa technologie
comme pour ses exportations. Enfin, les approvisionnements énergétiques ou l'impact de la
croissance sur l'environnement ne sont pas aujourd'hui totalement maîtrisés.

Les Etats-Unis sont la première économie mondiale devant la Chine et le Japon, La première place
des Etats-Unis, que le pays occupe depuis plus d’un siècle après avoir détrôné le Royaume-Uni,
pourrait être contestée par la Chine.
En effet, la Chine a connu une croissance très rapide depuis plus de trente ans et, malgré un
ralentissement, sa croissance reste largement supérieure à celle des Etats-Unis (environ 6,5 % en
Chine contre environ 3 % aux Etats-Unis). Cependant, la Chine n’est pas à l’abri de graves
difficultés, notamment du fait d’une hausse rapide de la dette des entreprises publiques.
D’ailleurs depuis décembre 2014, le PIB en PPA de la Chine dépasse celui des États-Unis. Ainsi
le pays serait-il la première puissance économique mondiale. Toutefois, ces bons résultats se
heurtent à une conjoncture qui rappelle avec force les déficiences du système chinois. Cet
aboutissement doit désormais être pour la Chine l’occasion de faire une autocritique approfondie
de sa situation depuis trente ans, aussi bien en interne que sur la scène internationale, car les défis
restent de taille. La politique étrangère du pays, les déséquilibres sociaux qui s’accroissent, la

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corruption et la question des minorités sont notamment des problématiques qui, si elles ne sont pas
réellement affrontées, pourraient sérieusement compromettre les accomplissements économiques
de ces trois dernières décennies.

 Et donc la Chine peut-elle devenir le maître du monde ?

La Chine vise la première place mondiale en 2050. Pour y parvenir, elle investit plutôt pour
le moment le terrain de l'économie et de la technologie que celui de la puissance militaire.

Les dirigeants chinois ont une date en ligne de mire : 2050. Si rien ne change d’ici là, cela fera un
siècle que le Parti communiste gouverne le pays. Deux siècles auparavant, les guerres de l’opium
(1840-1842, 1856-1860) avaient marqué son rabaissement sous les coups des puissances
européennes (Grande-Bretagne, France). Pour que 2050 signes vraiment le retour en majesté de la
Chine sur la scène internationale, les leaders chinois se sont fixé un objectif : leur pays devra alors
s’être hissé "au premier rang du monde en matière de puissance globale et de rayonnement
international", selon les termes du président Xi Jinping en 2017. Comprendre : la Chine devra
avoir dépassé les Etats-Unis.

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Chapitre II : la relation économique et commerciale sino-marocaine
Section 1 : présentation globale de la relation entre les deux partenaires
A-La relation économique et commerciale sino-marocaine :
a- de la coopération au partenariat stratégique
Depuis plusieurs décennies, le Maroc s’est engagé dans une politique de libéralisation axée sur le
renforcement de la compétitivité économique et de la diversification de ses partenaires
commerciaux. De nombreuses réformes sur le plan institutionnel, législatif et réglementaire ont
permis d’améliorer l’environnement des affaires et l’attractivité du royaume chérifien. Ces efforts,
conjugués à une conjoncture internationale favorable, sont à l’origine des bonnes performances
économiques. Sur la période 2000-2009. Le Maroc a ainsi enregistré une croissance réelle annuelle
de 4.9% en moyenne du PIB (FMI), soit presque deux fois le taux moyen des années 1990, et ce
malgré une tendance peu favorable marquée par une importante sécheresse en 2007, et le début de
la crise financière en 2008 Dans le contexte de mondialisation croissant et d’intensification des
échanges, la diversification des partenaires commerciaux, notamment avec les puissances
émergentes (BRICS.), est devenue un impératif majeur. Grâce à sa position géographique
stratégique et aux opportunités d’investissements qu’il offre, le royaume ambitionne de jouer un
rôle de plate-forme d’échange. De son côté, la Chine est devenue en l’espace de quelques
décennies un partenaire commercial incontournable. En 2009 elle a supplanté l’Allemagne en tant
que premier exportateur de marchandises (OMC,2010). Sur le continent africain, la Chine a
développé une stratégie multiforme fondée principalement sur le renforcement de sa coopération
économique et commerciale, symbolisée par la mise en place du désormais incontournable «
Forum on China Africa Coopération » (FOCAC). Des intérêts essentiellement économiques et
énergétiques guident sa stratégie en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte).
Les relations bilatérales entre le Maroc et la Chine sont régies par « l’accord commercial et
économique » signé à Rabat le 28 mars 1995 et entré en vigueur en 1999 Les dispositions de cet
accord prévoient un octroi mutuel de facilités douanières en vue d’encourager le développement
de la prospection commerciale dans l’objectif de dynamiser les échanges bilatéraux entre les deux
partenaires. Par la suite, ce cadre a été enrichi par la signature d’autres conventions relatives à des
domaines spécifiques (santé, agriculture, travaux publics…). Jusqu’à présent, la coopération
économique et commerciale a produit des résultats faibles et se caractérise avant tout par un rapport
de force en la défaveur du Maroc.
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Si la relation entre les deux États a progressé, force est de constater qu’elle demeure sans
comparaison avec celle qu’entretient le royaume avec l’Union européenne (UE), son principal
partenaire commercial. Afin de dépasser le simple cadre de la coopération bilatérale, Rabat et
Pékin ont souhaité franchir une nouvelle étape en mettant en place un partenariat stratégique. Dès
lors, ce saut qualitatif vers un approfondissement de la relation soulève un certain nombre
d’interrogations : quels sont les leviers susceptibles de faire évoluer la relation sino-marocaine
vers un partenariat gagnant-gagnant ? Les mesures envisagées seront-elles su2santes pour corriger
le caractère asymétrique de la relation ? Pour le Maroc, ces nouvelles perspectives représentent-
elles davantage une menace ou une opportunité ?
La présente étude aura pour ambition d’analyser l’état d’avancement de la coopération sino-
marocaine sur le plan économique et commercial, notamment au travers d’une approche
comparative avec d’autres États d’Afrique du Nord. L’évaluation se fera également à l’aune de la
relation bilatérale Maroc UE. La problématique questionnera les perspectives de développement
du partenariat dans des domaines porteurs (économie de la connaissance, tourisme, énergies
renouvelables, …). Il s’agira également d’apprécier dans quelle mesure la coopération bilatérale
peut évoluer dans le sens d’un intérêt mutuel entre les deux parties, tout en portant un regard
critique sur leurs forces et faiblesses respectives.
b-Une coopération asymétrique et aux résultats encore Modestes
a -Le cadre de la coopération bilatérale

La montée en puissance de la Chine en Afrique du nord :


Si la stratégie d’expansion de la Chine en Afrique date du début des années 1990, on parle
désormais de « l’offensive économique chinoise en Afrique » (Niquet,2006 ; Brodmann, 2008).
Sur le modèle de la « Françafrique » qui a caractérisé pendant des décennies les relations entre la
France et le continent africain, l’expression « Chinafrique » (Michel et Beuret,2008) est désormais
utilisée. La doctrine figure dans le « document sur la politique chinoise à l’égard de l’Afrique »
publié en ...3, qui précise les objectifs de la coopération Sur les plans politique, économique,
militaire et culturel, et ce « dans un esprit gagnant-gagnant ». La tenue du sommet Chine-Afrique.
La même année a marqué également une étape importante. A bien y regarder, le mode de
pénétration est toujours le même. Il repose sur le développement d’un large réseau composé de
délégations commerciales, de chambres de commerce sino-africaines et de centres de promotion
des investissements sur l'ensemble du continent (Niquet,2006). La Chine offre aujourd’hui à ses

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partenaires toutes les facilités nécessaires (prêts, dons,) pour intensifier les relations et les inscrire
dans la durée. Comme le souligne à juste titre Valérie Paone, elle a également démontré « après
de nombreuses années de gestation et d’accumulation de savoirs sa capacité à évoluer rapidement,
à s’intégrer et à adapter de nouveaux concepts dans ses modes opératoires » (Paone,2007). La
dimension culturelle fait partie de la stratégie de soft power de la Chine. Ainsi, la mise en Place
des instituts Confucius doit permettre d’assurer le rayonnement de la culture chinoise et de la
langue. Au Maroc, l’ouverture de l'Institut au sein de l'université Mohammed V de Rabat en 2009,
et plus récemment à Casablanca, a eu pour effet l’augmentation des demandes d’apprentissage du
mandarin. Plus symbolique, un musée du thé sino-marocain verra prochainement le jour à
Essaouira. Guidée par des intérêts commerciaux et énergétiques, la Chine est Progressivement
entrée dans une phase d’ascension en Afrique du nord. En effet, les cinq pays d’Afrique du Nord
représentent un marché régional de près de 150 millions de consommateurs et un tiers du PIB du
continent.
Pour Pékin, le Maroc est perçu à la fois comme un marché, un lieu d’investissement, et une plate-
forme d’échanges vers l’UE en profitant des accords de libre-échange face aux barrières
commerciales imposées aux produits chinois. En effet, le royaume dispose d’un certain nombre
d’atouts importants. En premier lieu, sa situation géostratégique en fait une véritable tête de pont
pour accéder aux marchés du bassin Méditerranéen, de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique
subsaharienne. Depuis plus d'une décennie, le Maroc s’est lancé dans une politique de grands
travaux afin de se doter de solides infrastructures répondant aux standards internationaux. Le port
Tanger-Med, disposant d’installations ultra modernes, a pour ambition de se positionner comme
le nouveau « hub » de la Méditerrané. Il pourrait ainsi devenir un centre logistique important pour
la distribution des produits chinois en Europe et en Afrique. Avec la réalisation du programme de
renforcement et d'extension des axes routiers, le réseau autoroutier comptera.1800 km à l’horizon
2015 Et reliera l’ensemble des villes dont la population dépasse les 400 000 habitants. Le pays
dispose de 15 Aéroports internationaux ce qui en fait la première plateforme aéroportuaire de la
région. Il convient de rappeler ici que le Maroc avait signé en 2000 Un accord « Open sky » avec
les États-Unis. Par la suite, il a conclu en 2006 avec l’UE un accord qui vise à réaliser
Progressivement l'intégration totale du Maroc dans l'espace aérien commun européen. Depuis la
signature de l’accord, le Traffic international a considérablement augmenté. En second lieu, le
royaume détient 70%. des réserves mondiales de phosphates. L’Office Chérifien des Phosphates

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(OCP) a signé un important contrat avec la société chinoise Sinochem Corporation. Plus gros
consommateur de minerai et d’acier, second consommateur de pétrole après les États-Unis, Pékin
doit alimenter sa croissance autour de ... par an. Cela explique largement la bonne coopération
entretenue avec les États détenteurs de richesses énergétiques tels que l’Algérie et la Libye qui
disposent d’importantes réserves de pétrole. Enfin, last but not least, le Maroc jouit d’une bonne
stabilité sur le plan politique. Le pays a été épargné par les évènements du printemps arabe de telle
sorte que l’on parle désormais de « l’exception marocaine ». Face aux revendications d’ordre
social, une nouvelle constitution a été adoptée par référendum, en juillet 2011. Les élections
législatives de novembre .... Ont été marquées par la victoire du Parti de la Justice et du
développement (PJD), dont le secrétaire général, M. Abdelilah a été nommé chef du
gouvernement.
c-La stratégie de diversification des partenaires commerciaux du Maroc

Depuis le début des années1990, la politique de développement économique s’appuie sur une
véritable stratégie d’ouverture sur l’extérieur [. Dans la droite ligne de son adhésion à
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le Maroc a conclu de nombreux accords de libre-
échange. Ces accords visent à supprimer les barrières commerciales, à faciliter le commerce
transfrontalier et à accroître les perspectives d’investissement des entreprises étrangères au Maroc.
Cela a permis au royaume de tisser des liens importants avec l’UE, les États-Unis, la Turquie, les
Émirats Arabes Unis… Il est à noter que le Maroc est le seul État africain à bénéficier d’un tel
accord avec les États-Unis. Le Maroc se positionne ainsi en quatrième position dans le monde
arabe entant que marché de destination pour les exportations américaines en 2011. Les
exportations marocaines vers les États-Unis ont connu un important essor marqué par une
augmentation de .56% en 2011 par rapport à leur niveau de 2009 Grâce à ces accords, le Maroc
offre aux entreprises des opportunités d'investissements majeurs dans une multitude de secteurs.
Les chiffres du commerce extérieur marocain en 2012. Démontrent la diversité des partenaires
commerciaux. Les principaux pays fournisseurs du Maroc sont l’Espagne (12.9% des importations
marocaines), la France (12,3% la Chine (6,8%), les États-Unis (6,5%). Viennent ensuite l’Arabie
Saoudite (5.9%), la Russie (5,4%) et l’Italie (5%). Les principaux clients du Maroc sont la France
(qui absorbe22.3% des exportations marocaines), l’Espagne (16,9%), le Brésil (6%.), l’Inde (5%),
les États-Unis (3.8%), et l’Italie (3.4%). La Chine apparaît seulement au 15e rang (1.2%) derrière

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Singapour. La diversification progressive des débouchés extérieurs a permis une progression du
commerce extérieur depuis le début des années 2000. Cette augmentation a été favorisée par la
libéralisation des échanges et la baisse des tarifs douaniers qui sont passés de 33% en 2002 à 20%
en 2009(OMC). Les exportations de biens, essentiellement des produits manufacturés, ont
représenté presque 33% du PIB en 2008, contre 13% en 2004 Cependant, les exportations ont
connu un net ralentissement en 2009 et 2010. Dû à l’impact de la crise économique mondiale
(OCDE, 2011). La récente stratégie de développement et de promotion des exportations « stratégie
Maroc Export Plus » a pour objectif de tripler les exportations marocaines de biens et services
(hors phosphates et dérivées) en 10 ans (2008.-2018), avec un doublement à l’horizon 2015
(Ministère marocain du Commerce extérieur).
L’idée est de consolider la position du Maroc sur ses marchés traditionnels mais surtout de se
diversifier vers de nouveaux marchés à forts potentiels. Ces efforts de diversification des
partenaires commerciaux sont orientés principalement vers les puissances émergentes (Vloebergh,
2011). La Chine fait partie de ces marchés de niches, c’est-à-dire peu ou pas couverts par les
exportations marocaines et pouvant être ciblés pour un nombre limité de produits.
d- Un partenariat stratégique en gestation

Un partenariat multidimensionnel construit autour du pilier Economique


La Chine et le Maroc ont émis la volonté d'encourager les échanges commerciaux et d'en
diversifier la structure. En 2012, plusieurs rounds de consultations politiques se sont tenus dans la
perspective de l'instauration d'un partenariat stratégique. À l’occasion de la visite officielle du
ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération, M. Youssef Amrani, en avril 2012 le
Maroc et la Chine se sont engagés à renforcer davantage leur coopération multidimensionnelle, à
travers la mise en place d'un partenariat stratégique institutionnalisé afin d’intensifier les échanges
commerciaux et favoriser les investissements. Cela exige un changement qualitatif de la relation
qui passera à la fois par l’exploration des potentialités sectorielles et l’émergence de pôles de
compétence créateurs de valeur ajoutée mais qui imposera également de lever un certain nombre
d’obstacles. Fondamentalement, l’objectif est double : d’une part, consolider les relations
économiques et commerciales ; d’autre part, réduire le déficit commercial entre les deux pays à
travers notamment la promotion des investissements chinois au Maroc et le développement de la
coopération dans de nouveaux secteurs. Suite à la visite de travail au Maroc du premier ministre
chinois Wen Jiabao en juin 2012 le royaume chérifien serait disposé à octroyer à la Chine un parc

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industriel destiné à accueillir l'installation d'entreprises chinoises et à promouvoir les
investissements chinois. Dans la foulée, les partenaires ont conclu un mémorandum d'entente
établissant un mécanisme de coopération bilatérale dans le domaine des mesures de défense
commerciale. D’après le ministère marocain du Commerce extérieur, ce mécanisme vise établir
des consultations entre les deux parties concernant les questions liées aux enquêtes de défense
commerciale en vue de favoriser un traitement équitable en matière de commerce, en faisant
prévaloir un règlement à l'amiable des différentes questions. Notons que le Maroc a adopté en juin
2011 une loi qui établit les règles et les procédures régissant l'application des mesures antidumping
en cas d'importation de produits en dumping, des mesures compensatoires en cas d'importation de
produits subventionnés ainsi que des mesures de sauvegarde en cas d'accroissement massif des
importations ... Si le partenariat stratégique est conçu autour d’un d’un pilier économique, la
dimension politique et diplomatique n’est pas pour autant oubliée. L’on rappellera ici que de
solides liens politiques se sont tissés entre les deux États depuis la conférence de Bandung en 1955
au cours de laquelle la Chine présenta ses « cinq principes de coexistence mutuelle .. », clé de
voûte de sa politique extérieure. La Chine et le Maroc ont établi des relations diplomatiques en
1960 avec l’ouverture de l’Ambassade de Chine à Rabat. La représentation diplomatique du Maroc
à Pékin a été ouverte en 1960 Premier État non arabe à reconnaître le gouvernement provisoire
algérien en septembre 1958 la Chine a également établi des relations diplomatiques avec l’Algérie
quelques mois après. Depuis les années 60, Pékin et Rabat entretiennent des rapports assez
amicaux. Ainsi, le Maroc considère l'île de Taiwan comme une province chinoise et respecte la
position de la Chine sur le Tibet. De son côté, la Chine ne reconnaît pas le Polisario et considère
la région du Sahara comme une province marocaine. Plus récemment, la relation a été marquée
par les visites successives de Jiang Zemin au Maroc, en 1999 du roi Mohammed VI en Chine en
2002, puis celle de l'actuel président chinois Hu Jintao, au Maroc, en 2004 Le nouveau partenariat
stratégique doit tout d’abord permettre d’améliorer
Le dialogue politique afin d’assurer une meilleure coordination des actions et des positions dans
le cadre des organisations internationales et à la veille des conférences multilatérales. Cela s’inscrit
dans la volonté de l’Empire du milieu de consolider sa stature internationale (Cabestan,2010).
L’autre axe important concerne les questions régionales. Assurément, la Chine a tout intérêt à agir
en faveur de la stabilité de la région du Maghreb et de la promotion du processus d'intégration
régionale en redynamisant l’Union du Maghreb Arabe (UMA), et à coup sûr elle en tirera des

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bénéfices sur le plan économique. La signature en décembre 2012 d’un mémorandum d’entente
entre l'Académie marocaine des études diplomatiques et l'Institut de diplomatie de Chine marque
une première étape. L’objectif est de renforcer les relations de coopération entre les deux
établissements dans le domaine de la formation diplomatique et notamment faciliter l'échange
d'étudiants et de chercheurs dans ce domaine.
e- L’identification de nouvelles niches de croissance

L’intensification de la relation entre la Chine et le Maroc impose d’élargir le spectre de la


coopération à des domaines porteurs. De manière non exhaustive, un éclairage particulier peut être
porté sur trois secteurs prometteurs et à forte valeur ajoutée : l’économie de la connaissance, le
tourisme et les énergies renouvelables. Dans le contexte actuel de mondialisation intense,
l’économie de la connaissance est incontestablement un levier de développement important et un
secteur générateur d’emplois. La stratégie de la Commission européenne intitulée « Europe 2020
: une stratégie pour une croissance intelligente », qui élève la recherche et l'innovation au premier
rang des priorités européennes, en est une parfaite illustration. Le secteur des technologies de
l’information et de communication (TIC) est en plein développement. À cet égard, une stratégie
nationale pour la société de l’information et l’économie numérique « Plan Maroc Numeric 2013 »
a été mise en place. L’insertion du royaume dans l’économie de la connaissance passera
inévitablement par le développement de partenariats internationaux. Un premier pas a été franchi
avec la signature en décembre 2012 d’un partenariat entre le constructeur chinois Huawei et le
ministère de l’enseignement supérieur pour le soutien de la formation et de la recherche en matière
de développement des TIC au sein des établissements universitaires marocains. Cela permettra
également l’organisation de sessions de formation en faveur des étudiants et enseignants-
chercheurs. A n’en pas douter, le tourisme apparaît comme une locomotive puissante de croissance
économique et un secteur créateur d’emplois. Il représentait 11.7% du PIB en 2008 Le Maroc a
lancé une stratégie touristique intitulée « Vision 2020 » dont l’objectif est de doubler la taille du
secteur touristique et de placer le pays parmi les 20 Premières destinations touristiques mondiales.
D'après les prévisions de l'Organisation mondiale du tourisme, la Chine sera le premier marché
émetteur de touristes à l'horizon 2020 Pour l’heure, il est certain que l’absence de ligne aérienne
directe est un frein considérable. Cela est d’autant plus surprenant qu’une ligne Pékin-Alger a vu
le jour en 2009 Afin de pouvoir satisfaire la demande et les besoins croissants en électricité et de

44
réduire la dépendance énergétique du pays vis-à-vis de l’extérieur, le Maroc a engagé un
programme de développement énergétique (« stratégie énergétique 2020-2030 »). Ce programme
réserve une place importante aux énergies renouvelables. Pour preuve, trois lois relatives à ce
domaine ont été adoptées en 2010. La même année, le Maroc a lancé un projet visant à construire
une centrale électrique solaire Ouarzazate, plusieurs projets de construction de parcs éoliens et des
projets d'efficacité énergétique dans les secteurs du bâtiment, de la santé, des écoles et du tourisme
(Commission européenne, 2011). Le Maroc dispose également d’un potentiel solaire important.
Dans le cadre de « l'initiative Desertec .. », le projet baptisé Saiwan, de mise en place d’une centrale
solaire de ... mégawatts (MW) au Maroc intéresse particulièrement le gestionnaire du réseau
électrique chinois State Grid Corporation of China (SGCC). Premier producteur mondial
d'équipement éolien, la Chine se fixe comme objectif de rattraper son retard sur les Européens sur
le marché maghrébin de l’électricité.

Section 2 : les différents accords entre les deux pays :


Dans le cadre de sa politique de coopération internationale et de promotion des échanges
commerciaux, le Maroc a conclu, avec la Chine, des accords préférentiels prévoyant des facilités
douanières ainsi que des avantages fiscaux pour les différentes parties
A. Chronologie des accords de coopération signés entre le Maroc et la Chine

Voici la chronologie des accords de coopération signés entre le Maroc et la Chine entre1999 et
2014: - 28 octobre 1999 - Signature à Rabat des accords de coopération dans les domaines
économique et technique entre le Royaume du Maroc et la République populaire de Chine sous la
présidence de SM le Roi Mohammed VI.
- 24 mars 2000 -Signature à Rabat d'une convention de coopération économique et technique au
terme de laquelle le gouvernement chinois met à la disposition du Maroc un prêt de 3,6 millions
de dollars remboursable sur 10 années pour la réalisation de projets de développement
économique. - Mai 2000 -Signature à Pékin d'un protocole de coopération en matière
d'enseignement entre l'Ecole supérieure internationale de gestion (ESIG) et l'University of
international business and economics (UIBE).
- Juin 2000 -Signature à Pékin d'un contrat relatif à la construction de trois piscines couvertes à
Kenitra, Fès et Marrakech.

45
- 18 janvier 2001 -Signature à Rabat d'un accord de coopération bilatérale visant le développement
du sport au Maroc et en Chine.
- Avril 2001 -Signature à Pékin d'un mémorandum entre le Maroc et la Chine, en matière
d'administration publique destiné à consolider et développer les relations bilatérales dans le
domaine de la gestion administrative et des ressources humaines.
- 13 avril 2001 -Signature à Rabat d'un accord de coopération entre le Maroc et la Chine pour la
construction de trois complexes sportifs à Marrakech, Fès et Kenitra.
- 21 mai 2001 -Signature à Rabat d'un protocole de coopération et de développement des relations
bilatérales entre l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) et le Parti Communiste Chinois
(PCC). - 30 novembre 2001 Signature à Rabat d'un accord de prêt de 150 millions de yuans
(équivalent à 195 millions de dirhams) entre le Maroc et la banque d'Import-Export de Chine
(Eximbank), destiné à la construction et d'équipement de polycliniques dans différentes régions du
Royaume.
- 5 février 2002 -Signature à Pékin de cinq instruments de coopération entre le Maroc et la Chine
lors d'une cérémonie présidée par SM le Roi Mohammed VI et le président Jiang Zemin. Il s'agit
d'un échange de lettres portant sur la coopération économique et technique, d'un accord de
coopération économique et technique, d'un protocole d'accord de coopération dans les secteurs du
développement social, de l' emploi et la formation professionnelle et de deux autres accords de
coopération portant sur les domaines de l'environnement et de la santé.
- 6 février 2002 -Signature à Pékin de trois accords de coopération entre le Maroc et la République
Populaire de Chine. Il s'agit d'accords de coopération dans le domaine du tourisme et de la
télévision ainsi que d'un accord de coopération entre l'Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) et
l'agence de presse chinoise, Chine Nouvelle (XINHUA).
- 7 février 2002 -Signature à Shanghai d'un mémorandum d'entente entre les hommes d'affaires
marocains et leurs homologues chinois visant à promouvoir les relations commerciales entre les
deux pays. - 27 août 2002 -Signature à Rabat de cinq accords de coopération entre le Maroc et la
Chine sous la présidence du premier ministre, M.Abderrahmane Youssoufi et du premier ministre
du conseil des affaires d'Etat de la république populaire de Chine, M. Zhu Rongji. Il s'agit d'un
accord de coopération économique et technique portant sur un prêt sans intérêt, d'un accord sur la
non-double imposition paraphé en Avril 2002 et d'un accord en matière d'urbanisation et d'habitat
entre les ministères concernés des deux pays.

46
- 3 septembre 2002 -Echanges de notes à Pékin entre le Maroc et la Chine confirmant l'exemption
réciproque de visa pour les détenteurs de passeport marocain et ceux de Hong Kong.
- 11 février 2003 -Signature à Rabat d'un accord de coopération dans le domaine ferroviaire entre
le Maroc et la Chine. Cet accord vise la réalisation du tunnel Borj Moulay Omar qui constitue une
importante étape pour le parachèvement des travaux du doublement de la voie entre Sidi Kacem
et Meknès.
- 21 avril 2003 -Signature à Casablanca d'une convention entre la Confédération Générale des
Entreprises du Maroc (CGEM) et la China Council for promotion of international Trade (CCPIT),
portant création d'un conseil d'affaires Maroco-chinois. Aux termes de cet accord, les deux parties
s'engagent à développer le partenariat d'affaires dans les domaines du tourisme, des technologies
de l'information, de la céramique, du textile-habillement et de la pêche.
- 1er décembre 2003 -Signature à Rabat d'un accord de coopération entre l'académie du Royaume
et l'Académie des sciences sociales de Chine pour les études d'Afrique et d'Asie Occidentale. Cet
accord prévoit l'échange de publications, de recherches et de visites, ainsi que des missions pour
les chercheurs désireux d'effectuer des études sur des questions intéressant le Maroc et la Chine.
- 30 août 2004 -Signature à Marrakech d'un accord de coopération entre la chambre de commerce,
d'industrie et des services de Marrakech et le bureau de commerce de la région chinoise de Xi'An,
destiné à développer la coopération économique et technique et à promouvoir les échanges
commerciaux.
- 16 mai 2005 -Signature à Rabat d'une convention de coopération entre le Maroc et la Chine dans
différents domaines.
- 4 septembre 2005 - Signature à Casablanca d'un accord commercial et un mémorandum d'entente
entre L'Office Chérifien des Phosphates (OCP) et la société chinoise Sinochem Corporation, pour
la réalisation d'un projet de joint-venture de fabrication au Maroc de l'acide phosphorique.
- 5 septembre 2005 -Signature à Rabat de deux accords de coopération dans les domaines
économique et technique.
Le premier document porte sur la coopération économique et technique et comprend un don
chinois de 20 millions d'yuans et le deuxième accord concerne la formation par la Chine de 60
cadres marocains dans le secteur de l'industrie textile.
- 3 janvier 2006 -Signature à Settat d'un mémorandum d'entente pour le renforcement des relations
de coopération et dôamitié entre les régions de Ningxia (Chine) et Chaouia-ouardigha. Aux termes

47
de cet accord, les deux parties s'engagent à promouvoir la coopération dans les domaines
notamment économique, touristique, commercial et culturel, et à développer l'échange
d'expériences et d'expertises.
- 24 avril 2006 -Signature au cabinet Royal à Rabat, sous la présidence de SM le Roi Mohammed
VI, et du Président de la République populaire de Chine, M.Hu Jintao, de sept accords de
coopération entre le Maroc et la République populaire de Chine, concernent les domaines du
tourisme, de la santé, de la culture, de l'économie, des travaux publics, de la recherche scientifique
et du commerce. - Juillet 2006 -Signature à Rabat d'un mémorandum d'entente pour la coopération
dans le domaine de l'eau. Ce mémorandum vise le développement de la coopération entre les deux
pays dans l'aménagement des lacs et des rivières, la gestion des phénomènes des inondations et de
la sécheresse, l'exploitation, l'utilisation et la protection des eaux souterraines, la gestion et
l'envasement des barrages, la promotion et l'utilisation des technologies de collecte des eaux de
pluie ainsi que le renforcement des compétences dans le domaine de la gestion des ressources en
eau et la formation des administrateurs de l'eau et des ingénieurs.
- Octobre 2006 -Signature à Marrakech d'un protocole de coopération décentralisée entre le
conseil communal de la ville de Marrakech et celui de Ningbo (Sud-est de Chine) qui ambitionne
l'établissement, entre les deux cités, de liens de collaboration à travers un programme pluriannuel.
- 3 novembre 2006 -Signature à Marrakech d'une convention de partenariat entre les régions de
Marrakech-Tensift-Al Haouz et la région Chinoise de Chongqing, portant sur le renforcement de
la coopération bilatérale entre les entreprises, les institutions et les universités.
- 5 mai 2007 -Signature à Casablanca d'un accord de coopération destiné à promouvoir la
destination Maroc en Chine entre le directeur général de L'Office National Marocain du Tourisme
(ONMT) et le directeur général du Bureau du tourisme du Guangdong.
- 30 novembre 2007 -Signature à Pékin d'un accord de coopération entre l'agence Maghreb Arabe
Presse (MAP) et l'agence Chine nouvelle (XINHUA). Cet accord porte sur l'échange
d'informations, de photographies et de données entre la MAP et XINHUA, il porte aussi sur les
échanges de visites dans les deux pays respectifs au profit des journalistes et cadres des deux
agences pour des durées allant d'une semaine à une dizaine de jours, ainsi que sur l'élargissement
de leur coopération en matière de formation de cadres journalistes, techniciens et informaticiens
et sur l'échange des données et la collecte d'informations relatives aux évènements au Maroc et en
Chine.

48
- 26 mars 2008 -Signature à Rabat d'un accord de coopération économique et technique entre le
Maroc et la Chine portant sur un don d'environ 33 millions de dirhams (30 millions de yuans), et
un échange de lettres portant sur un don d'environ 11 millions de dirhams (10 millions de yuans)
pour la fourniture de matériel d'enseignement. L'accord prévoit l'envoi d'équipes médicales
chinoises multidisciplinaires dans différentes régions du Royaume pour effectuer des actes
médicaux, en étroite collaboration avec le personnel médical marocain.
- 11 mai 2010 -Signature à Casablanca d'une convention de partenariat entre l'ISCAE (Institut
Supérieur de Commerce et d'Administration des Entreprises) et l'Université Chinoise "Nanjing
Audit University". Ce partenariat permet de créer des canaux de communication pour favoriser les
échanges des étudiants et des enseignants et développer des activités de formation et de recherche
communes entre les deux établissements.
- 22 juin 2010 -Signature à Pékin d'un protocole de coopération culturelle entre le Maroc et la
Chine pour les trois années à venir (2010-2013). Ce protocole, vise à renforcer la coopération
bilatérale dans les domaines notamment de la culture, la publication, l'enseignement et les affaires
islamiques. Aux termes de cet accord, la Chine octroie 15 bourses aux étudiants marocains, et le
Maroc accorde dix bourses aux candidats chinois répondant aux conditions requises pour suivre
des études supérieures dans les universités du Royaume.
- 18 décembre 2010 -Signature à Rabat d'une convention de coopération dans les domaines
pédagogique et académique entre l'Université Mohammed V-Agdal de Rabat et l'Université
Donghua de Shanghai.
- 14 février 2011 -Signature à Rabat d'un mémorandum d'entente pour le financement de la
réalisation de l'autoroute Berchid-Beni Mellal pour un montant de 248 millions de dollars, soit 2
milliards de dirhams (MMDh).
- 22 mars 2011 -Signature à Rabat d'un mémorandum entre l'Agence marocaine de développement
des investissements (AMDI) et l'Agence de promotion de l'investissement en Chine (CIPA) dont
le but est de renforcer le partenariat dans le domaine de la promotion des investissements à travers
l'échange d'information et d'expertise entre les deux pays.
- 21 avril 2011 -Signature à Casablanca d'un mémorandum d'entente de financement de la Petite
et Moyenne Entreprise Marocaines (PME) entre la China Développent Bank et la BMCE Bank.
- 25 mai 2011 -Signature à Settat d'un protocole de coopération entre la région de Chaouia
Ouardigha et la région autonome Hui du Ningxia, qui encourage le rapprochement entre les

49
collectivités locales des deux régions et consolide la compréhension entre les peuples marocain et
chinois.
- 15 juin 2012 -Signature à Rabat d'un mémorandum d'entente entre l'Agence marocaine de
développement des investissements (AMDI) et la Banque chinoise de développement (CDB) dans
le but de renforcer le partenariat en matière d'investissement.
- 18 juin 2012 -Signature à Pékin d'un accord pour la mise en place d'un musée national de thé à
Essaouira entre les gouvernements marocain et chinois.
- 20 juillet 2012 -Signature à Pékin d'un mémorandum d'entente établissant un mécanisme de
coopération bilatérale dans le domaine des mesures de défense commerciale entre le Maroc et la
Chine.
- 29 octobre 2012 -Signature à Rabat d'un accord de partenariat entre l'Union des Ecrivains du
Maroc et l'Union des écrivains de Chine de nature à promouvoir l'échange culturel entre les deux
instances. - 3 décembre 2012 -Signature à Rabat d'un mémorandum d'entente entre l'Académie
marocaine des études diplomatiques et l'Institut de diplomatie de Chine, destiné au renforcement
des relations de coopération entre les deux établissements dans le domaine de la formation
diplomatique.
- 28 décembre 2012 -Signature à Rabat d'un accord de partenariat entre le Maroc et la Chine pour
le soutien de la formation et de la recherche en matière de développement des technologies de
l'information et de la communication au sein des établissements universitaires marocains.
- 20 juin 2013 -Signature à Casablanca d'un mémorandum d'entente entre le groupe bancaire
marocain BMCE Bank et la Chambre de commerce et d'industrie chinoise pour l'Afrique (CAJ-
CCI), visant à développer les relations économiques entre le Maroc et la Chine et à faciliter les
courants d'affaires entre cette puissance asiatique et les différents pays africains.
-24 juin 2013 -Signature à Pékin d'un accord stratégique entre Attijariwafa bank et Bank of China
pour favoriser les échanges commerciaux et les investissements entre l'Afrique et la Chine.
- 29 juin 2013 -Signature à Rabat d'une lettre d'intention pour l'établissement d'un partenariat
d'amitié entre Rabat et la ville chinoise Jinan, dans l'objectif de consolider et développer la
coopération amicale entre les deux mairies.
- 26 juillet 2013 -Signature à Rabat d'un contrat pour la réalisation d'une nouvelle centrale
thermique à Jerada entre L'Office National de l'Electricité et de l'Eau potable (ONEE) et la société
chinoise SEPCO III.

50
- 9 décembre 2013 -Signature à Pékin d'un accord de coopération entre la Fondation Chinoise pour
la Paix mondiale, et la Fondation diplomatique.
- 23 décembre 2013 -Signature à Rabat d'un accord entre le Maroc et la Chine, portant sur
l'exemption des visas pour les porteurs de passeports diplomatiques et de service, ainsi qu'un
accord de don en faveur du Maroc.
- 1er avril 2014 -Signature à Rabat d'un mémorandum d'entente entre l'Agence marocaine de
développement des investissements (AMDI) et le Bureau de commerce de la municipalité de
Qingdao de la Chine afin de renforcer le partenariat dans le domaine de l'investissement.
- 14 mai 2014 -Signature à Rabat d'une convention de partenariat entre l'Office national marocain
du tourisme (ONMT) et l'Office chinois du tourisme visant le renforcement de la coopération entre
le Maroc et la Chine en matière de tourisme et de culture.
- 19 juin 2014 Signature à Pékin d'un mémorandum d'entente entre le Royaume du Maroc et la
République populaire de Chine, en vue de renforcer la coopération dans les domaines de la radio,
de la télévision et du cinéma.
- 22 juillet 2014 -Signature à Rabat d'un mémorandum d'entente portant sur l'implantation, dans la
zone franche de Tanger Automotive City (TAC), d'une unité du groupe chinois Shandong
Shangang, leader mondial dans la fabrication des produits en acier.
- 24 septembre 2014 -Signature à Casablanca d'un contrat de financement entre L'Office National
de l'Electricité et de l'Eau Potable (ONEE) et China Exim Bank, d'un montant de 299,88 millions
de Dollars US, équivalent à environ 2,5 milliards de dirhams.
- 23 octobre 2014 -Signature à Pékin d'un mémorandum d'entente entre l'Agence marocaine de
développement des investissements (AMDI) et l'Association chinoise de développement des
investissements extérieurs dans l'objectif de renforcer le partenariat entre les deux pays en matière
d'investissement.

51
B- L’actualité au niveau des accords concluent entre les deux pays :

 Les accords conclus entre le Maroc et la Chine après la visite royale effectuée en 2016
à Pékin vont bon train.
 La première convention est un mémorandum d'entente pour la création d’un parc
Industriel et Résidentiel au Maroc entre le Royaume du Maroc et le groupe chinois HAITE. Ce
mémorandum, qui porte sur la réalisation de zones logistiques et résidentielles dans la région de
Tanger, a été signé, du côté marocain, par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du
Commerce, de l'Investissement et de l'Economie Numérique et M. Iliyas El Omari, Président de la
Région Tanger –Tetouan – Al Hoceima, et du côté chinois, par M. Li Biao, président du Groupe
HAITE.
 La deuxième convention est un accord de Coopération dans le domaine de
l’investissement et des Finances entre le Gouvernement du Royaume du Maroc et la banque
chinoise “Industrial and Commercial Bank of China Limited”. Elle a été signée, côté marocain,
par Moulay Hafid Elalamy, et, du côté chinois, par M. Liu Jian Chang, vice-président de "industrial
and Commercial Bank of China Limited".
 La troisième convention est un mémorandum d'entente relatif au transfert des Eaux Nord-
Sud entre le Gouvernement du Royaume du Maroc et China Harbour Engineering Company ltd,
signée, côté marocain, par M. Mohamed Boussaid, ministre de l'Economie et des Finances, M.
Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture et de la Pêche Maritime, M. Abdelkader Amara,
ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, et, du côté chinois, par M. Li
Yi, Vice-Président de China Harbour Engineering Company ltd.
 La quatrième convention est un protocole d’entente entre l’Office national de l’Electricité
et de l'Eau Potable (ONEE) et SEPCO III Electric Power Construction, portant sur la réalisation
des études en vue de la conclusion d’un contrat pour l’extension et la maintenance de la centrale
thermique de Jerada. Ce protocole a été signé, côté marocain, par M. Ali Fassi Fihri, Directeur
Général de l’ONEE et du côté chinois par M. Wang Lujun, Président of SEPCO III.
 La cinquième convention est un accord de Partenariat entre l’Office Nationale Marocain
du Tourisme et l’Association des Tours Opérateurs Chinois (CITS). Cet accord a été signé, côté
marocain, par M. Abderrafie Zouiten, directeur général de l’Office National Marocain du

52
Tourisme (ONMT), et, du côté chinois par M. Yu Lei, président de l’Association des Tours
Opérateurs Chinois.
 Le sixième document est une convention de partenariat entre YANGTSE, la Société
d’Investissement Energétique (SIE), Marita Group et la Banque Centrale Populaire pour l’achat et
la construction d’une unité de fabrication de bus électrique au Maroc. Cette convention qui porte
sur la construction d’une unité industrielle de fabrication de bus électriques dernière génération
(Ultra-Light) «Made in Morocco» (Montant de l’investissement estimé à 1,2 Milliard DH), a été
signée, côté marocain, par M. Ahmed Baroudi, Directeur Général de la SIE, M. Laarbi Bencheikh,
directeur Général de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, M.
Rachid Smidi, directeur Délégué de Marita Group, et M. Mohamed Benchaaboun, Président-
Directeur Général de la Banque Centrale populaire, et du côté chinois par M. Huang Xiu Rui,
directeur Général de Yangtse Ltd.
 La septième convention porte sur un partenariat entre Linuo Ritter, la Société
d’Investissement Energétique (SIE), Cap Holding et Attijariwafa Bank pour la création d’une unité
de production Industrielle de Chauffe-Eaux Solaires au Maroc (Montant d’investissement estimé
à 96 Millions DH). Elle a été signée, côté marocain, par M. Ahmed Baroudi, M. Chakib Alj,
Président Directeur Général de CAP HOLDING, et M. Mohamed El Kettani, Président Directeur
Général d’Attijariwafa Bank, et du côté chinois par M. Su Ming, Directeur Général de Linuo
Paradigma.
 Le huitième document est une Convention de partenariat entre Hareon Solar, Société
d’Investissement Energétique (SIE), Jet Contractor et Attijariwafa Bank pour le développement
d’une unité de production de cellules photovoltaïques au Maroc (Montant de l’investissement
estimé à 1,1 Milliard MAD / Investissement sur quatre phases).
 La neuvième convention, un mémorandum d’Entente entre China Africa Development
Fund (CAD Fund) et Attijariwafa Bank, vise l’accompagnement des entreprises africaines en
complétant l’offre existante de crédit par un apport en capitaux et une gouvernance plus efficace,
ainsi que l’ouverture de nouvelles perspectives pour une exploration des opportunités
d’investissement maroco-chinoises en Afrique. Ce mémorandum a été signé, côté marocain, par
Mohamed El Kettani et, côté chinois, par M. Chi Jianxin, président de “the Board of China Africa
Development Fund”.

53
 La dixième convention est un mémorandum d’entente entre Haite Group, Morocco-China
International et BMCE Bank of Africa. Elle porte sur la création au Maroc d’un parc industriel
sino-marocain, d’un fonds d’investissement sino-marocain d’une taille cible de USD 1 milliard,
ciblant les secteurs de l’aéronautique, financier, des parcs industriels et de l’infrastructure, le
lancement d’une société de gestion de fonds et le renforcement du partenariat dans les domaines
de l’assurance Vie en Chine, du leasing d’avions, ainsi que d’un partenariat technique pour le
lancement d’une banque dédiée au secteur des nouvelles technologies en Chine. Ce mémorandum
a été signé, côté marocain, par M. Othman Benjelloun, Président-Directeur Général de BMCE
Bank of Africa, et du côté chinois, par MM. Li Biao et Xie Kang, Président of Morocco-China
International Co.
 La onzième convention est un mémorandum d’entente entre BMCE Bank of Africa et
China Africa Development Fund (CAD Fund), portant sur le financement de projets de
développement en Afrique dans les secteurs-cibles du Fonds, l’investissement sur les marchés de
la dette publique et privée en Afrique, le partenariat dans le cadre du Club «223», initiative créée
par le Groupe BMCE Bank of Africa dans le sillage de la COP22 qui a été organisée à Marrakech
. Ce mémorandum a été signé, côté marocain, par M. Othman Benjelloun, et, du côté chinois par,
M. Chi Jianxin président de “The Board of China Africa Development Fund).
 La douzième convention, un accord relatif au financement pour la construction d’une
cimenterie au Maroc, a été signée, côté marocain, par M. El Hachmi Boutgueray, Président
Directeur Général de ANOUAR INVEST et M. Othman Benjelloun, et, du côté chinois, par Liu
Jian Chang, Deputy General Manager (vice-président) de Industrial and Commercial Bank of
China Limited.
 La treizième convention est un mémorandum d’Entente pour le développement d’un hub
industriel et logistique pour la fabrication de pièces de rechange des industries ferroviaires,
automobiles et aéronautiques entre Sichuan Huatie hi-tech Construction Engineering co. ltd et la
Société Nationale de Transport et de la Logistique (SNTL) avec ATTIJARIWAFA BANK. Elle a
été signée, côté marocain, par M. Mohamed Benouda, Directeur Général de Société Nationale de
Transport et de la Logistique (SNTL) et Mohamed El Kettani, et, du côté chinois, par M. Xie Xue,
CEO of Sichuan Huatie Hi-Tech Construction Engineering CO., LTD.
 La quatorzième convention est un mémorandum d’entente pour le développement des
zones logistiques en Afrique entre China Harbour engineering company LTD, la Société Nationale

54
de Transport et de la Logistique (SNTL) et Attijariwafa Bank. Ce mémorandum d’entente
ambitionne le développement de zones logistiques clé en main en Afrique, en combinant le savoir-
faire marocain et chinois dans l’ingénierie et les infrastructures et en profitant de l’expérience
marocaine dans l’aménagement des plateformes logistiques. Il a été signé, côté marocain, par MM.
Mohamed Benouda et Mohamed El Kettani, et, du côté chinois, par M Li Yi, Vice-President de
China Harbour Enginnering Company LTD.
 La quinzième convention est un mémorandum d’entente pour le E-commerce
transfrontalier Chine-Afrique entre CLEVY CHINA, Société Nationale de Transport et de la
Logistique (SNTL) et Attijariwafa Bank. Visant le développement d’une plateforme de marché
électronique pour les produits chinois à destination de l’Afrique, en utilisant le Maroc comme hub
de distribution et porte d’entrée vers l’Afrique, ce mémorandum a été signé, côté marocain, par
MM. Mohamed Benouda et Mohamed El Kettani, et, du côté chinois, par Mme Xiao Dong Chen,
CEO de CLEVY CHINA.
Cette cérémonie de signature s’est déroulée en présence de la délégation officielle
accompagnant SM le Roi lors de Sa visite officielle en République populaire de Chine, de
directeurs d'établissements publics et semi publics, et de plusieurs opérateurs économiques
chinois et marocains.
 En Novembre 2017 La Chine et le Maroc ont signé un mémorandum d'entente sur « la
nouvelle route de la soie » et qui fait de notre royaume l’un des premiers pays signataires en
Afrique.
Ce mémorandum est un signal politique fort et l’indication d’une volonté de renforcer la
coopération entre les deux pays à travers la mise en œuvre d’un certain nombre de projets
structurants.
Ces projets, dans le cadre de la route de la soie, concernent souvent le développement des
infrastructures terrestres, maritimes et aériennes, ainsi que le développement du commerce et de
l’investissement.

Section 3 : Maroc-Afrique-Chine ; un partenariat triangulaire


1- Les relations bilatérales :
 Le premier groupage (Maroc-Afrique)
Le Maroc n’a cessé depuis son indépendance de réaffirmer son identité africaine en plaçant le
continent au cœur de ses choix stratégiques. Il a toujours accordé une importance primordiale au

55
développement de ses relations avec ses confrères africains à travers la consolidation de ses
relations politiques et l’établissement de partenariats diversifiés et féconds, fidèle en cela aux liens
historiques profonds qu’il entretient avec ses pays. Aujourd’hui, sous le règne de Sa Majesté le
Roi Mohammed VI, cette vocation africaine a pris une nouvelle dimension en s’inscrivant dans le
cadre d’une vision de long terme qui s’appuie sur les vertus de la coopération Sud-Sud et sur
l’impératif du développement humain, dans l’établissement de rapports économiques équitables
justes et équilibrés. Les différentes visites officielles effectuées dans plus d’une douzaine de pays
africains et la dernière tournée royale en Afrique, témoignent de l’engagement sincère du Royaume
du Maroc en faveur du continent. Un engagement qui embrasse désormais tous les domaines, qu’ils
soient politiques, économiques, sociaux, culturels ou spirituels. Le choix de l’ancrage africain pour
notre pays participe d’une logique qui s’accorde avec les reconfigurations actuelles de l’économie
mondiale caractérisées par le rattrapage économique des pays émergents et l’évolution vers un
système mondial multipolaire ou notre continent est appelé à se positionner en tant que nouveau
pôle mondial de croissance. Les résultats économiques enregistrés durant la dernière décennie et
les bonnes perspectives qui se dessinent, invitent à prendre la juste mesure de la dynamique
d’émergence en cours qui prend appui sur des fondations solides et une capacité de résilience
remarquable face à la crise économique et financière international. Ce processus irréversible ne
saurait être pérennisé et renforcé sans une transformation structurelle et une diversification des
économies africaines et leur mutation vers des activités à haute valeur ajoutée et à fort contenu
technologique. Ces objectifs ne pourraient être atteints sans une coopération Sud-Sud renforcée et
la construction d’espaces régionaux qui sont à même de permettre à nos marchés d’atteindre une
taille critique, de créer des économies d’échelle et d’opérer ainsi le repositionnement international
souhaité. A cet égard, la stratégie économique développée par le Maroc en direction du continent
africain, ambitionne d’ériger notre pays en hub régional, au service du co-développement dans les
différents domaines clés pour notre avenir commun (la sécurité alimentaire, les infrastructures, la
bancarisation et l’inclusion financière, les énergies renouvelables, la croissance verte…).

Le deuxième (Chine-Afrique)
La relation Sino-africaine connait une évolution remarquable, concrétisée par un accroissement
exponentiel des investissements, de projets et de programmes en renforcement de capacités et de
la compétitivité, basée sur le pragmatisme, la sincérité, et l’honnêteté. D’ailleurs l’arrivée

56
spectaculaire de la Chine sur le continent africain à compter des années 1990 est intimement liée
à la rapide conversion et extraversion de l’économie chinoise et à la mutation de son tissu productif
suite aux réformes entamées par Deng Xiaoping vers la fin de l’année 1978. Cette nouvelle période
se caractérisera par des changements significatifs du point de vue du rapport entre la Chine et
l’Afrique. Plébiscité par la plupart des gouvernements et généralement assez bien accueilli par de
nombreux intellectuels africains (sur le continent comme dans la diaspora). Les premiers voient
principalement la Chine comme un allié politique, un partenaire économique plus efficace et un
bailleur de fonds moins exigeant ; tandis que les seconds la considèrent plutôt comme un moyen
de briser les liens de dépendance vis-à-vis de l’Occident, d’enterrer le « consensus de Washington
» ou encore comme une opportunité pour l’Afrique de retrouver le chemin du développement.
Avec un modèle économique basé sur l’accroissement des salaires, les nouvelles technologies,
l’économie verte et de l’économie numérique et digitale, la Chine s’est positionnée comme l’un
des plus grands marchés de technologies, souvent présenté comme un levier de tous les autres
secteurs. À l’évidence, la présence croissante de la Chine en Afrique offre à cette dernière,
l’opportunité de desserrer un lien encore plus étroit aux anciennes puissances coloniales et aux
Institutions financières internationales, en plus de contribuer à l’élargissement de l’espace
politique. Ces dernières années, la Chine a multiplié la construction d’infrastructures, secteur dans
lequel son savoir-faire et sa compétitivité sont indéniables. L’Afrique n’en reste pas moins une
terra incognito pour la Chine. La politique africaine de la Chine souligne l’intérêt stratégique pour
le pays d’accroître davantage ses investissements dans les pays africains à l’appui de leur
croissance économique et développement. La Chine compte bien renforcer davantage ses
investissements à l’appui de la croissance économique et du développement des pays africains.
Les jeunes fonds de capital-investissement commencent également à manifester un intérêt pour
l’Afrique. La politique africaine de la Chine souligne l’intérêt stratégique pour le pays d’accroître
davantage ses investissements dans les pays africains à l’appui de leur croissance économique et
développement. La Banque Africaine pour le développement et la Chine a mis en place un nouveau
mécanisme de cofinancement visant à stimuler le développement économique et le progrès social
en Afrique et à renforcer davantage le partenariat entre l’institution et le pays, « la Chine coopère
avec l’Afrique dans tous les secteurs, notamment celui de la santé qui est un domaine important
pour le continent Africain ».

57
Du fait de l’appui financier de la Chine, les États africains recouvrent de nouvelles marges de
souveraineté. Les nouveaux liens qui se sont tissés entre la Chine et l’Afrique permettent de réduire
la pression financière qui pèse sur les États africains, lesquels retrouvent des marges de manœuvre
budgétaire que les ajustements structurels leur avaient retirées, de prendre part à un processus de
développement plus autocentré et moins dépendant de recommandations externes. La Chine a
optimisé les structures d'investissements et la qualité en Afrique. À titre d’exemple, pour le dernier
trimestre, la banque chinoise de développement a pris part à plusieurs projets lancés au Maroc en
coopération avec la BMCE Bank Of Africa, présente en Chine depuis près de 16 ans, en signant
deux accords économique et financier. La banque a acté un mémorandum d’entente avec China-
Africa Development Fund (CAD Fund) portant sur le renforcement de la coopération dans les
domaines de l’infrastructure, de l’automobile, des énergies renouvelables, de l’agriculture, de
l’électronique, des mines et parcs industriels pour le financement de projets de développement en
Afrique. Ce partenariat porte également sur
L’investissement dans les marchés de la dette publique et privée en Afrique. Néanmoins ce
partenariat nécessite un soutien imminent du gouvernement, pour renforcer la collaboration entre
la Chine et les pays partenaires. Par ailleurs, le contexte a énormément changé sur le continent
Africain et, en raison de l'existence d'un plan national de développement, il y a une tendance à
avoir plusieurs projets allant de-ci et de-là. Le financement ne va pas aux secteurs en besoin, d’où
la nécessité de d’implication de la Chine dans des secteurs vulnérables en Afrique, notamment
l’agriculture, le logement et l'infrastructure, pour développer le continent et se concentrer
davantage sur le financement du commerce et de la transformation de l'économie.
Et Dans le cadre du partage d'expériences en matière de gouvernance, les pays d’Afrique et la
Chine ont déployé de nombreux efforts ayant pour but d'atteindre l'excellence et d'améliorer les
mécanismes politiques établissant les bases de l'autonomisation des relations sino-africaines. Des
échanges bicontinentaux, tels que l’échange entre les cadres du Rassemblement des républicains
(parti au pouvoir en Côte d’Ivoire) et le Parti communiste chinois, ont pour but de partager
l’expérience de gouvernance et renforcer les perspectives de coopération entre les deux partis
politiques. La performance du multipartisme en Afrique a démontré, dans plusieurs cas, un manque
de cohésion politique nationale dont les répercutions sont majoritairement défavorable à la stabilité
politique. À ce titre, S.E.M Moussa MARA, ancien Premier Ministre du Mali, recommande de «
restructurer les mécanismes politiques dans certains pays africains prenant exemple sur le modèle

58
chinois qui a eu un bon rendement ». Il est aussi primordial qu’outre les échanges entre partis
politiques, la Chine et l’Afrique donnent davantage d’importance au partage du savoir militaire
comme le démontre la récente visite du Ministre chinois de la défense, S.E.M. Wanquan, au Gabon
afin de densifier la coopération militaire. Un échange qui a été amicalement démontré lors de la
participation de l’armée chinoise à un défilé militaire en Aout 2018 à Librevil.
En future les exportations de la Chine en Afrique se sont élevées à 90 M$ en 2016, plus
précisément en Afrique du sud, en Algérie, en Égypte et au Kenya, dans l’équipement et
l’industrie. La Chine voit dans l’Afrique un réservoir de matières premières (comme le charbon
provenant d’Afrique du Sud, ou les minerais du Gabon), et un débouché pour son industrie
manufacturière. Les indicateurs économiques sino-africains seront déterminants au niveau de la
croissance, à travers une gouvernance économique efficace, et une identification et détermination
des besoins économiques pour un développement indépendant, et durable du continent africain.

 Le troisième (Maroc-Chine)

L’émergence de la Chine en tant qu’acteur clé de l’économie mondiale et devenir une plaque
tournante du commerce et de l’investissement international ne se sont pas faites sans choc
concurrentiel, parfois brutal, notamment au niveau des secteurs dont la compétitivité est fortement
sensible aux coûts de la main d’œuvre. A l’instar des autres pays du pourtour méditerranéen, le
Maroc n’a pas été épargné par cette évolution, en particulier au niveau de certains secteurs et
branches d’activités dans lesquels la Chine détient un avantage compétitif presque absolu.
Néanmoins, force est de constater qu’au-delà des considérations concurrentielles, la sensibilité de
la Chine aux intérêts des pays en développement en général et de l’Afrique en particulier, est un
point positif qu’il faudrait renforcer davantage, en vue d’aboutir sans heurt à une mondialisation
qui soit à la fois équitable et inclusive.
Au cours ces dernières années, la coopération économique et commerciale entre la Chine et le
Maroc a connu une progression remarquable. Les entreprises automobiles chinoises ont investi
massivement dans des usines de fabrication de moyeux d’automobiles à Tanger, d’ensembles de
rechange comme les climatiseurs et les biellettes de direction d'automobiles à Kénitra. La centrale
thermique de Jerada d’une capacité de 350 mégawatts réalisée par une entreprise chinoise a
récemment été mise en service officiellement. Le gouvernement chinois a mis en place un Crédit
préférentiel à l’acheteur d’un montant 300 millions de dollars destinés au financement de projets

59
au Maroc. Des entreprises chinoises et espagnoles ont réalisé ensemble les stations d’énergie
solaire Noor Ouarzazate CSP (Concentrating Solar Power) Phase I et II. C’est l'une des plus
grandes centrales électriques solaires en cours de construction dans le monde. La phase II du projet
a été récemment connectée avec succès au réseau électrique national. En matière de
télécommunications, l’entreprise chinoise Huawei est un des principaux fournisseurs des trois
opérateurs marocains. Grâce à la décision d’exemption de visa, les touristes chinois ont dépassé le
nombre de 100.000 au Maroc au cours de l’année 2017. La nette amélioration de la connaissance
mutuelle et le développement des échanges ont permis une forte augmentation des opportunités de
coopération. Actuellement, des entreprises chinoises explorent les possibilités de coopération avec
la partie marocaine pour le développement de zones industrielles, d’implantation d’usines de
fabrication de véhicules électriques et de participation active à plusieurs projets d’infrastructure
dans les secteurs comme le port, les centrales électriques, le gaz naturel, l’énergie renouvelable,
les chemins de fer, ainsi que dans le domaine des parcs industriels et de la finance, etc. Cela devrait
fournir un nouvel élan à la coopération économique et commerciale entre nos deux pays.
Le Maroc et la Chine ont dépassé le simple cadre de la coopération bilatérale pour s’engager dans
un partenariat stratégique. Ce nouveau partenariat économique Maroc-Chine marque une nouvelle
ambition qui vise à diversifier et équilibrer les échanges entre les deux pays en développant les
alliances entre des grands groupes chinois et leurs homologues marocains, en renforçant les
exportations vers la Chine et aussi de renforcer les investissements chinois au Maroc en créant des
bases productives hors de la Chine, en développant des projets d'investissement chinois ou de Co-
investissement au Maroc et en encourageant la mise en place de Joint-venture maroco-chinoise
dans plusieurs secteurs au Maroc. En tant que pays en développement, la Chine et le Maroc
ont beaucoup de similitudes. Dans le contexte économique actuel, ils font tous les deux face à la
transformation de leur mode de développement et ont donc intérêt à travailler ensemble pour
relever les défis. Aujourd’hui deuxième économie dans le monde, la Chine possède des fonds, des
technologies, des équipements et des expériences de gestion, tandis que le Maroc, de son côté, a
surtout des atouts, vu l’abondance de ses ressources humaines, la haute performance de ses mains-
d’œuvre et la grande capacité de son marché. Il est à noter en particulier que les stratégies et
politiques que les deux pays ont mises en œuvre pour faire cela, à savoir l’initiative chinoise «la
Ceinture et la Route» et «le Plan d’accélération industrielle pour la période 2014-2020» du Maroc,
sont en parfaite synergie. Cette complémentarité conduit naturellement à une coopération étroite.

60
Le moment est donc venu pour mettre en valeur les atouts respectifs pour renforcer le Partenariat
stratégique sino-marocain, transformer les potentialités en force motrice du développement et en
résultats concrets au profit de des peuples africains et chinois, et défendre ainsi les intérêts
communs des deux pays. De même, le développement de cette coopération est tributaire du
raffermissement des relations économiques bilatérales et du rééquilibrage de la balance
commerciale entre les deux pays. Le volume des investissements chinois au Maroc augmente sans
cesse. La croissance de l'économie chinoise et le renforcement du potentiel de ses entreprises
créent des conditions favorables aux investissements à l'étranger. Encouragés par le gouvernement
chinois, ces investissements au Maroc couvrent entre autres la pêche, l'industrie de transformation,
les télécommunications. L'Empire du milieu constitue également un gigantesque marché à
explorer. Le Maroc a tout intérêt à investir ce grand marché aux perspectives fortement
prometteuses, notamment dans les domaines du tourisme et de l’agroalimentaire.
Le Royaume aspire à ce que ses relations avec la Chine soient une base d’influence positive sur le
développement régional et une plateforme solide pour ouvrir ce partenariat sur de nouvelles
perspectives et de nouveaux secteurs. Ces ambitions légitimes ne sont certes pas le fruit de hasard.
En effet, les deux pays se sont lancés ces dernières années dans un ballet diplomatique intensif
avec la multiplication des visites de haut niveau ce qui constitue un pilier important et apporte une
grande contribution à la promotion du développement des relations sino-marocaines. La confiance
mutuelle entre Rabat et Pékin s’est consolidée par la signature de centaines d’accords de
coopération, ce qui dénote la volonté sincère des deux pays de fructifier les perspectives d’un
avenir prometteur. Dans ce même élan, le Royaume, grâce à sa position géographique, mais aussi
à ses ressources humaines et les accords de libre-échange qu’il a conclus avec de nombreux pays,
a le potentiel pour devenir un hub pour les investissements étrangers en Afrique. Ainsi, la politique
africaine du Maroc constitue un avantage de taille pour les partenaires chinois.
2- Le rôle du Maroc en tant que passerelle entre la Chine/ Europe et Chine/Afrique :
Chine/France :

La Chine, qui a de plus en plus besoin de matières premières, se trouve dans l’obligation de
diversifier ses partenariats, de s’ouvrir sur de nouveaux marchés (Afrique francophone), et de ne
plus limiter sa présence aux marchés dits "traditionnels" (Afrique anglophone). Les dirigeants
chinois assurent, dans ce sens, que la Chine et l'Afrique partagent le même destin et que l'Empire
du milieu vient en Afrique non pas comme "une puissance conquérante", mais plutôt comme un

61
partenaire de développement et de progrès. Le Maroc a un important rôle à jouer en tant que
passerelle entre la Chine et l'Europe d'un côté et l'Afrique de l'autre, grâce à des atouts stratégiques
dont il dispose, à savoir sa position géographique privilégiée, au carrefour de l’Europe, de
l’Afrique, de la Méditerranée et de l’Atlantique. C’est aussi un pays jouissant d’une grande
stabilité sociale et disposant d’une base industrielle solide. Fort de ces atouts, il est, depuis 2011,
parmi ceux de la région en mesure de maintenir une croissance économique régulière. Très actif
dans la coopération régionale, le Maroc a beaucoup de relations "exceptionnelles" avec les pays
de l’Afrique surtout après son retour à l’Union africaine en 2017, et deviendra dans les années à
venir une plateforme importante pour la coopération régionale. Il a certainement beaucoup
d’expérience à partager, vu la réussite de ses nombreux projets sur le continent. Ensemble avec la
Chine, qui souhaite poursuivre sa coopération renforcée avec les pays africains dans le cadre du
Forum sur la coopération sino-africaine, ils pourront bien envisager une coopération tripartite.
Dans cette relation euphorique et cette dynamique nouvelle qu’emprunte la coopération Chine-
Afrique, le Maroc, de par son emplacement géographique, a toute sa place et joue un rôle de
catalyseur. Ce dernier continuera à participer activement à la promotion d’un partenariat sino-
africain équilibré, dense et profitant à tous le Maroc a en effet vocation d’être une plateforme de
production et d’exportation pour le rayonnement des industries, des services et en général du
savoir-faire chinois vers le continent africain et de par le monde. Le Maroc se place donc comme
un acteur incontournable d’une coopération triangulaire entre la Chine et ses partenaires africains.
Le Maroc jouit d’une position géostratégique incontestable, d’une stabilité politique et d’un
environnement des affaires attractif permettant d’être une plateforme idéale pour les investisseurs
». Ainsi que la présence dans le continent d'un important réseau d'institutions financières et
bancaires marocaines, sont autant d'éléments qui concourent également au succès de cette
coopération trilatérale. S’ajoute à cela le modèle de développement singulier qui s’appuie sur la
promotion des grands chantiers comme celui de la station solaire Noor, le port de Nador-West Med
ainsi que, la mise en place des infrastructures logistiques (port Tanger-Med) et financières
(Casablanca Finance City), reconnus désormais comme des fondements structurants permettant au
Royaume marocain de jouer pleinement son rôle de porte d’entrée d’excellence vers le continent
africain. La construction du grand port Dakhla Atlantique devra renforcer cette vocation du
Royaume en tant qu’axe d’échanges commerciaux et d’interactions humaines entre l’Afrique et le
reste du monde ainsi que le train à grande vitesse et la liaison ferroviaire s’étendant de Tanger à

62
Lagouira en vue de relier le Maroc au reste des pays africains. Tout semble ainsi mis en place pour
réussir un partenariat sino-marocain à la hauteur de leurs liens politiques et diplomatiques
privilégiés et conforter la position du Royaume en tant que hub de développement de ce modèle
de coopération.

 Chine/Afrique :

Une collaboration stratégique a été actée par un partenariat triangulaire Maroc-Chine, au profit du
continent africain, afin de placer le capital humain au sein du programme de développement, et
mettre en exergue, une coopération sino-africaine à l’image du modèle de développement Chinois.
Et donc le Maroc comme étant la quatrième destination des investissements directs étrangers sur
le continent, première destination en Afrique du Nord pour les investissements directs étrangers
entrants, premier investisseur en Afrique francophone, Le Maroc se considère désormais comme
l’un des catalyseurs des relations entre le Chine et l’Afrique et appelle les partenaires chinois à
investir massivement pour l’industrialisation de l’Afrique. Le Maroc joue un rôle prépondérant
dans l’accroissement des investissements chinois en Afrique. Et il entend bien maintenir sa
position de hub pour le continent, qu’il continuerait de participer activement à la promotion d’un
partenariat sino-africain équilibré, dense et profitant à tous. Aujourd’hui Le Maroc rappelle,
d’ailleurs, que le royaume est le premier investisseur en Afrique de l’Ouest et le deuxième à
l’échelle du continent, avec des entreprises présentes dans 27 pays africains. Ce dernier dispose,
aussi, de plusieurs atouts lui permettant d’être le moteur-clé d’une dynamique régionale. Réputé
pour ses fortes relations, notamment avec les pays de l’Afrique subsaharienne, le Royaume
constitue un élément clé de cette éventuelle coopération triangulaire Chine-Maroc-Afrique.
Surtout lorsqu’on sait que le pays asiatique n’est pas fortement présent en Afrique francophone.
Dans ce sens, le partenariat tripartite Maroc-Chine-Afrique commence déjà à trouver sa voie, après
la finalisation, avec la Banque centrale de Chine, d’un accord de swap dirham-yuan de 15 milliards
de DH. L’objectif est de faciliter les opérations commerciales, et même d’investissement, entre les
opérateurs marocains et chinois.

63
Chapitre III : la mise en place d’un partenariat de progrès entre le Maroc
et la chine
Depuis plusieurs décennies, le Maroc s’est engagé dans une politique de libéralisation axée sur le
renforcement de la compétitivité économique et de la diversification de ses partenaires
commerciaux. De nombreuses réformes sur le plan institutionnel, législatif et réglementaire ont
permis d’améliorer l’environnement des affaires et l’attractivité du royaume chérifien. Ces efforts,
conjugués à une conjoncture internationale favorable, sont à l’origine des bonnes performances
économiques. Sur la période 2000-2009, le Maroc a ainsi enregistré une croissance réelle annuelle
de 4,7 % en moyenne du PIB (FMI), soit presque deux fois le taux moyen des années 1990, et ce
malgré une tendance peu favorable marquée par une importante sécheresse en 2007 et le début de
la crise financière en 2008. Dans le contexte de mondialisation croissant et d’intensification des
échanges, la diversification des partenaires commerciaux, notamment avec les puissances
émergentes (BRICS), est devenue un impératif majeur. Grâce à sa position géographique
stratégique et aux opportunités d’investissements qu’il offre, le royaume ambitionne de jouer un
rôle de plate-forme d’échange. De son côté, la Chine est devenue en l’espace de quelques
décennies un partenaire commercial incontournable. En 2009, elle a supplanté l’Allemagne en tant
que premier exportateur de marchandises (OMC, 2010). Sur le continent africain, la Chine a
développé une stratégie multiforme fondée principalement sur le renforcement de sa coopération
économique et commerciale, symbolisée par la mise en place du désormais incontournable «
Forum on China Africa Cooperation » (FOCAC). Des intérêts essentiellement économiques et
énergétiques guident sa stratégie en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte).
Les relations bilatérales entre le Maroc et la Chine sont régies par « l’accord commercial et
économique » signé à Rabat le 28 mars 1995 et entré en vigueur en 1999. Les dispositions de cet
accord prévoient un octroi mutuel de facilités douanières en vue d’encourager le développement
de la prospection commerciale dans l’objectif de dynamiser les échanges bilatéraux entre les deux
partenaires. Par la suite, ce cadre a été enrichi par la signature d’autres conventions relatives à des
domaines spécifiques que nous verrons de près dans ce chapitre, notamment le domaine
agroalimentaire, pourquoi la Chine, grande puissance mondiale, et le Maroc, pays en
développement du nord de l’Afrique, doivent-ils travailler ensemble autour de la question
agroalimentaire en Afrique ? Ainsi que sur le plan industriel compte tenu que la Chine, est

64
aujourd’hui le premier producteur de phosphate et de ses dérivés qu’il utilise avant tout pour ses
besoins domestiques et le Maroc, possède l’essentiel des réserves de phosphates dans le monde et
en est le premier exportateur, et nous allons voir est-ce que tout est positif dans ce partenariat ou
bien il y a des inconvénients et des menaces sur le l’économie marocaine.

Section 1 : sur le plan agroalimentaire


La Chine, grande puissance mondiale, est aujourd’hui, on le sait, le premier partenaire économique
de l’Afrique. Le Maroc, pays nord-africain à revenu intermédiaire, a l’ambition de développer des
relations de partenariat et de solidarité sud-sud avec les pays africains. Il possède les plus grandes
réserves de phosphate du monde dont il est le premier exportateur. La Chine est devenue, depuis
le début du siècle premier producteur de cette matière première. C’est donc autour des phosphates
et en tenant compte des besoins immenses de l’Afrique en engrais que le Maroc peut développer
avec la Chine un partenariat de type triangulaire avec les pays africains. Ainsi donc l’Afrique est
aujourd’hui un centre stratégique autant pour la Chine que pour le Maroc. La Chine en tant que
grande puissance mondiale, présente partout dans le continent. Le Maroc qui, grâce aux initiatives
de SM le Roi Mohammed VI, a révélé son désir de renforcer sur le plan politique ses relations
avec ses racines africaines (le retour du pays à l’Union africaine réalisé en 2016) et sa volonté de
faire avancer son intégration économique à l’ensemble africain. Il vise par ailleurs à se placer, du
fait de sa position géographique, comme un pays relai entre l’Afrique et l’Europe. Cette fonction
rejoint certainement la stratégie chinoise de la ceinture et la route.

1.1 La question agricole en Chine

Avec une superficie de 9.562.911 km² (troisième pays le plus grand de la planète) et une population
de 1,371 milliard de personnes (pays le plus peuplé au monde, mais bientôt dépassé par l’Inde), la
Chine est la deuxième puissance économique mondiale avec un PIB qui a dépassé les 10.000
milliards de dollars en 2014. Depuis 1980, point de départ de la politique d’ouverture et de réforme
initiée par Deng Xiao Ping, l’économie chinoise a connu des transformations majeures et rapides.
En 35 ans, le pays est passé du stade d’une économie en développement à celui d’une économie
émergente pour devenir la deuxième puissance économique dans le monde, avec l’ambition de
parvenir, autour de 2030 au premier rang. Avec des taux de croissance à deux chiffres jusqu’à
2014, la Chine a amélioré son niveau de développement humain qui la situe aujourd’hui au 90ème
rang selon l’indice de développement humain du PNUD (Programme des Nations unies pour le

65
développement) de 2014. Depuis cette date, avec une baisse du rythme de la croissance
économique, qui varie désormais entre 6,5 et 7% annuellement, la Chine escompte atteindre un
revenu par tête d’habitant de 10.000 dollars en 2020 (contre 312 en 1980), ce qui lui permettra
d’intégrer le champ des pays à revenu individuel intermédiaire.

La population chinoise augmente depuis 2015 de 0,5% par an, avec une structure démographique
déséquilibrée (48,8% de femmes). Les progrès économiques réalisés ont permis bien sûr une
amélioration de l’espérance de vie moyenne, qui est passée de 67,8 ans en 1981 à 76,3 en 2015
(77,6 ans pour les femmes). Selon les statistiques du PAM (Programme alimentaire mondial de
l’ONU), on comptait en 2000 six adultes ayant un emploi pour une personne âgée de plus de 60
ans. En 2030, ils ne seront plus que deux, compte tenu de la tendance des évolutions économique
et démographique du pays. Avec ses 106 millions d’ha de superficies arables, ses 514 millions
d’ha de terres agricoles et ses 212,4 millions d’ha de surfaces forestières, la Chine, grande
puissance agricole, parvient à nourrir plus de 20% de la population mondiale. Elle ne possède
cependant que 9% de la surface labourable de la planète et ses ressources en eau ne représentent
que 9,5% des ressources mondiales. Enfin, 40% du pays est recouvert par des montagnes ou des
déserts (Gobi et Taklamakan).

1.2 Les progrès de l’agriculture chinoise au service de la croissance et de la lutte contre la


pauvreté

Trois grandes zones se partagent l’essentiel de la production agricole chinoise :

• La zone centre-est et nord-est, avec une prédominance des céréales (blé, maïs) et de la pomme
de terre ;

• La zone sud et sud-est pour les cultures tropicales et le riz ;

• Un espace pastoral qui entoure les deux premières zones ;

L’activité agricole représente aujourd’hui 10% du PIB, bien moins que lors du lancement de la
politique d’ouverture et de réforme en 1979. Les produits phares de l’agriculture chinoise sont
d’essence végétale : blé, riz, maïs, pomme de terre, soja, betterave, canne à sucre ainsi que tous les
fruits et légumes. La Chine est au premier rang au niveau mondial pour ses productions de riz, de
blé et de pommes de terre. Elle est deuxième producteur pour le maïs. Les grandes performances

66
réalisées ces dernières années sont liées à la croissance rapide de l’économie qui a engendré une
hausse des revenus familiaux et donc de la demande alimentaire, tant sur le plan quantitatif au
départ, que sur le plan qualitatif par la suite. De 2000 à 2014, la production de céréales s’est accrue
de 40%, à un rythme plus rapide donc que celui de la progression démographique à la même
époque. Selon le PAM, l’apport calorique par habitant s’est situé en 2013 à un niveau égal à celui
du Brésil (3.263 kcal). Les progrès réalisés dans l’agriculture chinoise sont dus aux politiques
publiques de soutien des prix domestiques et de la promotion des techniques d’innovation
(semences hybrides, engrais variés, irrigation, mécanisation, etc.). L’objectif essentiel de ces
politiques publiques était d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour répondre au mouvement
d’urbanisation nourri par un grand transfert de main d’œuvre de la campagne vers la ville en faveur
de l’industrialisation accélérée du pays. Alors que 26% des habitants vivaient dans les villes en
1980 ce taux s’est élevé à plus de 56 % en 2015. Le plan national pour une urbanisation dite
rénovée (2014-2020) a pour objectif de porter ce pourcentage à 60 % en 2020. L’urbanisation a
par ailleurs eu un impact qualitatif sur les modes alimentaires avec toutes ses conséquences en
termes de progression des revenus familiaux et d’élargissement des classes moyennes. C’est ainsi
qu’on a observé un passage progressif des modes alimentaires avec prédominance des céréales à
des régimes plus riches en protéines et plus diversifiés (part grandissante dans la consommation
des produits laitiers, de la viandes, des légumes et des fruits). Les progrès réalisés par la production
agricole ont permis à un milliard de chinois de sortir de la pauvreté et au pays d’atteindre l’objectif
du millénaire pour le développement, à savoir réduire de moitié en 2015 la proportion de la
population souffrant de la faim. Ainsi, les 2/3 de la réduction observée dans le monde du nombre
des personnes atteintes de malnutrition entre 1990 et 2014 concernent la Chine. Les taux de
malnutrition d’enfants et d’adultes chinois ont connu, depuis le début du siècle, des baisses
sensibles.

1.3 Les échanges commerciaux agroalimentaires de la Chine

La Chine est une grande puissance agricole, première dans plusieurs productions de base. Pourtant,
en matière de commerce extérieure, elle, qui a une balance commerciale largement excédentaire,
enregistre un déficit structurel dans ses échanges agroalimentaires avec le reste du Monde. En
2014, ses exportations en la matière étaient de 56,8 milliards d’euros et ses importations
supérieures à 88,6 milliards d’euros, soit donc un déficit de 32 milliards d’euros. Les trois

67
principaux produits responsables de ce déséquilibre sont le sucre (50% de la consommation
domestique sont importés), les huiles alimentaires (42%) et le soja (20%). Les achats chinois de
soja représentent 60% de ses échanges mondiaux. La dépendance des filières animales,
principalement laitière, augmente également. Compte tenu de la taille du marché chinois, ses
importations ont nécessairement un impact direct sur le marché mondial des matières premières
agricoles. La Chine est en effet le premier client agricole de la plupart des grands pays exportateurs
de matières agricoles d’Amérique, du nord et du sud, d’Océanie et d’Asie du sud-est. Avec 23%,
les Etats-Unis sont au premier rang en valeur des importations agroalimentaires de la Chine. Celle-
ci est ainsi le deuxième client agricole des Etats-Unis. Elle est le premier client du Brésil (21% des
importations agricoles chinoises). L’Europe quant à elle, est dans un degré de dépendance plus
faible vis-à-vis de la Chine. La France est le premier fournisseur agricole et agroalimentaire de la
Chine (2,4% des importations chinoises), suivie de l’Allemagne et des Pays-Bas (1,2% pour
chacun de ces pays). La nature des ventes européennes à la Chine est spécifique. Il s’agit pour la
France des vins et spiritueux (46% du total), des produits laitiers (20%), des viandes (10%) et de
l’orge (pour le reste). Les exportations agricoles chinoises se concentrent sur les fruits et légumes,
produits à forte intensité de main d’œuvre. Ils sont vendus surtout sur les marchés asiatiques de
proximité. Les Chinois, grâce à une compétitivité en amélioration, exportent de plus en plus vers
l’Europe et l’Afrique des productions transformées : conserves de tomates et de champignons,
d’ail et d’asperges. Les clients traditionnels des produits agricoles chinois sont le Japon (19%), les
Etats-Unis (12%) et la Corée du sud (7%) qui achètent légumes, fruits frais ou transformés, viandes
préparées et produits de la mer. Le thé chinois est bien sûr vendu partout dans le monde. Pour
renforcer sa position dans le commerce international, la Chine a réussi à adhérer à l’Organisation
Mondiale du Commerce en 2001, moment majeur dans l’évolution des relations économiques
internationales. Tout en défendant le libre-échange sur le plan industriel, la Chine maintient ses
positions relatives au soutien interne des prix agricoles pour assurer leur stabilité. Depuis la crise
mondiale de 2008, elle a renforcé sa présence dans le G20 et son leadership dans les BRICS.
Attachée aux accords commerciaux bilatéraux, elle développe des relations spécifiques,
notamment avec les pays du voisinage asiatique dans l’objectif de renforcer la base de son
intégration régionale, garantir son approvisionnement en matières premières et assurer des
débouchés à ses productions. Elle a conclu plusieurs accords de libre-échange avant tout avec les
entités chinoises, Taïwan qu’elle revendique, Macao et Hong Kong qu’elle a récupéré dans le cadre

68
de l’approche « Un pays, deux systèmes », avec les pays de l’ASEAN, ainsi qu’avec d’autres pays
tels que le Pakistan, Singapour, l’Australie, le Chili, le Pérou et la Suisse. Depuis 2015, la Chine
est en position de leader dans les Banque d’investissement dans les infrastructures et Banque de
développement des BRICS, devenues les nouveaux instruments de sa présence en tant que
puissance mondiale dans le commerce et l’investissement. C’est dans ce cadre qu’il faut situer le
lancement par le président Xi de la stratégie de la route et de la ceinture ou de la nouvelle route de
la soie. La Chine est engagée depuis 2007 dans de nouvelles négociations de commerce et
d’investissement avec l’Union européenne. Celle-ci, comme les Etats-Unis et l’Australie, refuse
encore de lui reconnaitre le statut d’économie de marché du fait de l’importance des subventions
que les pouvoirs publics chinois accordent à ses productions nationales. Pour les autorités
chinoises, la question des produits agricoles est d’une grande sensibilité, notamment sur les
dossiers des lignes tarifaires concernant le blé, le coton et le sucre pour lesquelles elles voudraient
parvenir à l’autosuffisance.

1.4 La coopération sino-africaine en matière agricole


Depuis que la Chine est devenue « l’atelier du monde », ses rapports avec l’Afrique se sont
affirmés. Dès le début du siècle, elle est devenue le premier partenaire de la plupart des pays
africains. Partenaire commercial, la Chine achète matières premières minérales et hydrocarbure à
l’Afrique et lui vend des produits industriels. Partenaire en IDE, elle place ses entreprises pour
exploiter les ressources naturelles et accompagner les projets d’infrastructure mis en place ici et
là. Partenaire en matière de coopération financière et technique, elle est devenue le premier
donateur public, notamment pour les pays les plus pauvres. Les rapports sino-africains, fondés
pendant la période maoïste sur des considérations politiques, voire idéologiques, répondent
désormais à des impératifs économiques liés aux intérêts de l’économie chinoise dans son
évolution dynamique et doivent contribuer au développement des économies africaines dans le
cadre de l’approche gagnant-gagnant. La coopération de la Chine dans le domaine agricole en
Afrique prend appui sur le fait que ce continent possède 30% des terres arables non exploitées du
monde et jouera un rôle majeur dans l’avenir alimentaire de la planète et de l’Afrique elle-même,
compte tenu de l’essor de sa démographie et de la progression de son dynamisme urbain. Mais
l’accroissement de la demande alimentaire est également chinois, tant sur le plan quantitatif que
qualitatif. Ainsi, pour les Chinois, le développement nécessaire de l’agriculture africaine a un
double objectif : répondre aux besoins alimentaires croissants des pays africains mais aussi

69
contribuer à satisfaire la demande alimentaire additionnelle de la Chine. L’Afrique doit donc, à
l’avenir, participer à nourrir la Chine.

C’est pour ces considérations que des entreprises chinoises, comme l’ont fait d’ailleurs des
entreprises occidentales ou des pays du Golf, ont acheté ou loué des terres vierges dans un grand
nombre de pays africains : RDC, Zambie, Soudan, Angola, Guinée, Tanzanie, Gabon, Ghana,
Mali, Togo, Nigéria, Mauritanie, Mozambique, Sierra Léone et Cameroun. Ainsi, selon certaines
sources d’information, les entreprises chinoises exploiteraient environ de 5% des terres cultivables
d’Afrique de l’est, centrale et de l’ouest ; seulement 250.000 ha selon d’autres sources dans
différentes régions en Afrique ; chiffres exagérés, selon d’autres sources encore qui estiment que
la Chine ne viendrait qu’en 19ème position des pays qui exploitent des terres cultivables en
Afrique, à peine 0,16 million d’ha, loin derrière les Emirats Arabes Unis (1,9 million d’ha), l’Inde
(1,8 million d’ha), le Royaume Uni (1,5 million d’ha), les Etats-Unis (1,4), l’Afrique du Sud (1,3)
ou encore l’Italie (0,6). Les pays africains les plus concernés par la présence des entreprises
chinoises sont par ordre d’importance le Mozambique (800.000 ha) le Zimbabwe (101.000 ha), le
Cameroun (10.000 ha) et l’Ouganda (4.000 ha). Les entreprises chinoises qui interviennent en
Afrique produisent riz, maïs, manioc, sucre et maraichage, destinés aux marchés locaux, et coton,
cacao, hévéa, huile de palme, destinés à l’exportation dans le monde et principalement vers la
Chine. Via leurs investissements, des entreprises chinoises produisent du bois dans certaines zones
forestières africaines. Le recours accru à l’importation des produits alimentaires amène la Chine à
délocaliser une partie de sa production dans le monde, notamment de riz, soja et légumes en Russie.
En effet, l’essentiel des exploitations chinoises dans le monde se trouve dans des pays plus
développés que les pays africains : en Europe de l’est : Russie (80.000 ha), Ukraine et Bulgarie.
30.000 agriculteurs chinois seraient installés à Birobidjan, en Russie. Aux Etats-Unis (40.000 ha
dédiés à la production porcine dans le Missouri, le Texas et la Caroline du Nord), en Australie et
en Amérique Latine (Chili, Brésil, Cuba (5.000 ha), Mexique (10.000 ha)), en Asie (les Philippines
(1,2 million ha), le Laos (700.000 ha), le Kazakhstan (7.000)). Enfin, en Europe de l’ouest,
quelques domaines en France et en Allemagne pour la production du blé, du vin et du fromage. Le
partenariat sino-africain dans le domaine agricole concerne des actions d’aide visant la diffusion
de l’innovation technologique dans ce domaine. La coopération chinoise a créé en Afrique
quelques 25 centres de démonstrations agricoles dédiés aux semences à haut rendement et
l’utilisation des produits phytosanitaires d’origine chinoise dans le cadre de l’approche de la

70
« révolution verte ». De même, elle a développé des interventions dans les zones les plus pauvres
en Afrique avec le soutien du PAM1 pour lutter contre la malnutrition. Le rachat en 2016 du groupe
SYNGENTA2 (pesticides et semences) par CHEMCHINA3, considéré comme une opération phare
des IDE chinois (43 milliards de dollars) aura des conséquences en Afrique, cette grande entreprise
d’origine suisse est en effet présente dans certains pays africains, notamment au Cameroun et en
Côte d’Ivoire. A l’occasion du 2ème forum de coopération sino-africaine (FCSA) tenu sous forme
de sommet à Johannesburg en décembre 2015, le président Xi Jinping a annoncé l’accroissement
de l’aide chinoise à l’Afrique à des niveaux jamais égalés : 60 milliards de dollars dont 5 sous
forme de prêts sans intérêt et 35 de prêts concessionnels. Il a également annoncé l’octroi aux pays
africains de crédits destinés à financer 10 grands projets de coopération dans les domaines de
l’agriculture, de l’industrie, de la lutte contre la pauvreté, de la culture, de la sécurité, de la
protection de l’environnement et de verte. Cette initiative vise à compenser la réduction des achats
chinois de matières premières africaines depuis 2014et la baisse du rythme de la croissance de son
économie qui a d’ailleurs entrainé une baisse des achats africains à la Chine et une chute des IDE
chinois en Afrique (chute supérieure à 14% en 2015) et des importations chinoises de ce continent
(de plus de 40% cette année-là). Dans cette conjoncture critique pour les économies africaines, le
président chinois a réuni le sommet de Johannesburg pour rénover les bases du partenariat sino-
africain. A côté de ces propositions en matière de financement, la Chine a pris l’initiative
d’accompagner un processus d’industrialisation de certaines économies africaines dans le cadre
d’une approche de coproduction et même de délocalisation de certaines activités dont une partie
est liée au secteur agroalimentaire. Ces propositions reflètent par ailleurs le passage de l’économie
chinoise à un nouveau modèle de développement fondé sur le marché domestique, la hausse des
salaires, l’économie des matières premières, l’utilisation des technologies très avancées et la
promotion de l’économie verte. Plus généralement, ce nouveau partenariat intègre la logique de la
stratégie de la ceinture et la route. C’est à partir du début du siècle que l’Afrique a amélioré son
rythme de croissance porté à quelques 5% par an jusqu’à 2014, et c’est la demande chinoise en
hydrocarbures et matières premières qui a permis au continent africain de sortir ces économies de

1
PAM : Programme alimentaire mondial st l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU. Le PAM est la plus grande
agence humanitaire qui lutte contre la faim dans le monde.
2
SYNGENTA : est une société suisse spécialisée dans la chimie et l'agroalimentaire, Elle est le leader mondial dans
la recherche liée à l'agriculture.
3
CHEMCHINA : est un conglomérat de chimie chinois, ChemChina est présent dans différents domaines liés la
chimie notamment les pneus automobiles, le raffinage de produits pétroliers, ou les produits fertilisants.
71
la stagnation qu’elles connaissaient depuis quatre décennies. C’est donc grâce à la Chine et à
certains pays émergents que l’Afrique a ouvert un sentier de croissance et a pu résister aux effets
dévastateurs de la crise mondiale de 2008. A côté des pays producteurs de matières premières et
produits énergétiques, certains pays ont pu améliorer leurs performances économiques grâce à la
réalisation de réformes macro-économiques et structurelles (Rwanda, Ethiopie, Côte d’Ivoire,
Ghana, …). La croissance a cependant chuté pour tous les pays africains producteurs de matières
premières et d’hydrocarbures ainsi que pour les pays déstabilisés directement ou indirectement par
les perturbations qui ont affecté la région MENA en 2011 (« le printemps arabe »). C’est dans ce
cadre que l’on peut situer le nouveau partenariat proposé par la Chine à l’Afrique au sommet de
Johannesburg.

1.5 Démographie et question alimentaire en Afrique

Au XXIème siècle, l’Afrique sera au centre de la question alimentaire pour des considérations
démographiques et face aux perspectives de son urbanisation rapide. Le rapport de l’ONU de juin
2017 sur les tendances démographiques dans le monde prévoit que la population mondiale
approchera les 10 milliards d’individus en 2050, soit une augmentation de plus de 30% de la
population actuelle (7,55 milliards). Après 2050, la progression démographique continuera avec
une tendance cependant à la décélération. A la fin du siècle, le nombre des Terriens sera de 11,18
milliards d’individus. Dans cette évolution des 30 prochaines années, la progression
démographique la plus significative sera africaine. On assistera à une réduction de la population
européenne et à une régression relative du nombre des Asiatiques. Si le taux de croissance
démographique mondiale maximum a été enregistré il y a 50 ans (2%), il tourne aujourd’hui autour
de 1%. Chaque année, le nombre d’habitants dans le monde s’accroit de quelques 85 millions de
personnes et c’est en Afrique que cette progression est la plus rapide. Ainsi, la population asiatique,
qui représente 60% de la population mondiale en 2017, verra sa part se réduire à 43% en 2100. Par
contre, celle de l’Afrique passera de 17% (1,2 milliard de personnes) à 40% (4,4 milliards) entre
ces deux dates. En 2030, le Nigéria avec 410 millions d’habitants sera le troisième pays le plus
peuplé au monde après l’Inde (1,5 milliards) et la Chine (1,4 milliard). Par ailleurs, plus de la
moitié de la croissance démographique dans les 30 prochaines années sera concentré dans 10 pays,
dont 6 africains : Nigéria, RDC, Ethiopie, Tanzanie, Ouganda et Egypte. Les pays non africains
sont l’Inde, le Pakistan, les Etats-Unis et l’Indonésie. La structure en âge aura tendance à changer

72
du fait du vieillissement des populations qui touchera à terme même l’Afrique. Le nombre des plus
de 60 ans passera de 962 millions (13%) en 2017 à 1,4 milliard en 2030 et 3,1 milliard en 2100
(soit le 1/3 de la population mondiale). Cela est le résultat d’un phénomène tangible de ces
dernières décennies, la baisse de la fécondité, même en Afrique. Si la fertilité a chuté en Afrique,
pour se situer à 4,7 naissances par femme, elle est cependant trois fois plus élevée qu’en Europe
(1,6 naissance par femme). Toutes ces données et ces prévisions révèlent l’ampleur des défis en
matière de besoins alimentaires dans le monde et notamment en Afrique, défis amplifiés par le
phénomène de l’urbanisation et les modifications des modes de consommation.

Dans les pays développés (le nord) et en Amérique Latine, l’urbanisation démarrée dès le XIXème
siècle est arrivée à son terme dans les années 1960. Elle a beaucoup progressé en Asie, notamment
en Chine ces dernières décennies. Au XXIème siècle, le processus d’urbanisation sera donc pour
l’essentiel africain, et à la fin du siècle, le monde sera totalement urbanisé. Selon ONU-Habitat, la
progression urbaine la plus rapide se concentre en Afrique (4,5% par an) contre 2% pour la
population. Ce phénomène d’urbanisation africaine prendra une ampleur exceptionnelle tout au
long du siècle. Les mêmes sources estiment que le nombre d’habitants des villes en Afrique sera
de 1,2 milliard en 2050, contre 400 millions en 2017 et à peine 30 millions en 1960. Les grandes
villes africaines deviendront des villes géantes : Lagos, Le Caire, Johannesburg, Kinshasa,
Nairobi, Khartoum, Alger, Dar Es-Salaam, Accra, Abidjan, Addis Ababa, Casablanca, Kampala,
Luanda, Le Cap, qui abriteront de 5 et 30 millions d’habitants. Bien sûr, si elle s’accompagne d’un
mal développement, l’urbanisation en Afrique sera source de grands défis : surpopulation,
pollution, criminalité, vulnérabilité aux inondations, aux flambées des grandes maladies et aux
changements climatiques. Mais, cette urbanisation peut être chargée d’espoir. L’amélioration des
rythmes de croissance observée ici et là depuis 2000 pourrait permettre aux cités de devenir les
catalyseurs de la transformation structurelle du continent, avec l’élargissement déjà tangible
aujourd’hui des classes moyennes. C’est dans ce sens que la CGLUA (Cités et gouvernements
locaux unis africains) a adopté, avec le soutien d’ONU-Habitat, un grand programme urbain pour
l’Afrique, visant à réinventer la transition urbaine et à la rattacher à un mouvement
d’industrialisation et de croissance économique. Le but est de répondre aux grands besoins en
logements (4 millions par an dont 60% pour les citadins), d’assurer une planification urbaine
efficace, devant déboucher sur un développement durable des cités. Quelles que soient les
perspectives de l’urbanisation en Afrique, elle sera source d’accroissement de la demande

73
alimentaire en quantité (pour répondre à l’exode rural) et en qualité avec la montée des couches
moyennes.

1.6 Pour des partenariats triangulaires sur la question agroalimentaire en Afrique

L’Afrique pourrait devenir le point focal d’un partenariat original et vertueux entre la Chine, le
Maroc et les pays africains, un partenariat de type triangulaire. L’objet de cette initiative tournera
sur la promotion d’une révolution verte et la satisfaction des besoins alimentaires fondamentaux
en Afrique. Faire avancer l’agriculture africaine, c’est avant tout contribuer à lutter contre la
pauvreté, c’est permettre, dans une partie du monde rural, l’émergence d’excédents financiers pour
alimenter l’industrialisation du continent et encadrer le mouvement de son urbanisation. A partir
de leurs atouts en matière de réserves et de production de phosphates, la Chine et le Maroc peuvent
œuvrer ensemble pour vulgariser les instruments d’innovation agricole en Afrique. Cette action
que pourraient mener les deux pays doit les amener à développer une réflexion commune qui
permettrait à la Chine de rationaliser et de restructurer sa production de phosphates, ce qui pourrait
lui permettre de mieux conserver ses réserves, de maitriser les prix à la production et de lutter
contre les risques de pollution destructrice de l’environnement naturel. Les deux pays, l’un premier
producteur, l’autre premier exportateur et surtout détenant des plus grandes réserves mondiales de
phosphates, doivent travailler ensemble en toute responsabilité pour rationaliser et réguler la
production de la matière première et sa valorisation. Une approche utile pour contribuer à résoudre
la question alimentaire dans le monde, et notamment en Afrique. Une question devenue
composante majeure de la mondialisation face aux défis nés de la progression démographique dans
les décennies à venir, particulièrement d’origine africaine. Un partenariat centré autour de
l’alimentation, besoin majeur de l’humanité. Un partenariat de nature triangulaire dans lequel le
Maroc et la Chine peuvent se rencontrer en Afrique. Un partenariat d’essence vertueuse au service
des deux pays et d’un continent qui sera de plus en plus le centre d’intérêt du monde et de
l’humanité dans les décennies à venir.

74
Section 02 : De la coopération au partenariat stratégique
1-un partenariat stratégique autour du pilier économique

Les perspectives économiques nationales pour 2019 se basent sur des hypothèses afférentes aux
nouvelles tendances de l’environnement international, notamment l’évolution des prix des
matières premières et de la demande mondiale adressée au Maroc. Elles supposent, également, la
reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2018, et une production céréalière moyenne
durant la campagne 2018/2019, accompagnée de la consolidation des autres cultures et des
activités de l’élevage.

En ce qui concerne les flux d’IDE, bien que la Chine devrait voir sa force d’attraction encore se
renforcer, et partant la normalisation de son cadre réglementaire, le risque d’éviction du Maroc
mérite d’être nuancé. D’une part, le Maroc et la Chine ne paraissent pas en concurrence directe en
matière d’IDE

Les pays d’Asie représentent plus de 70% des investissements directs en Chine alors que,
s’agissant du Maroc, les pays de l’Union Européenne, particulièrement la France, en constituent
la principale source. Cela montre bien que, parmi les critères d’implantation des entreprises
étrangères, la proximité des marchés cibles constitue désormais un critère de choix, surtout pour
les petites et moyennes entreprises. En effet, en plus de sa proximité avec l’Union Européenne,
son ancrage démocratique, son engagement dans l’économie de marché, la stabilité de son cadre
macro-économique et la mise en œuvre des réformes structurelles visant la modernisation de
l’environnement des affaires et la valorisation du capital humain constituent autant d’éléments
permettant de compenser quelque peu les avantages compétitifs dont disposent la Chine
(abondance de la main-d’œuvre, faiblesse des coûts salariaux, demande domestique en forte
croissance, stratégie d’ouverture favorisant les partenariats par rapport aux industries).

Depuis les années 1990, le Maroc a fait de l’ouverture de son économie un axe stratégique de
sa politique commerciale. Solidement arrimé à l’Union européenne, de loin son premier partenaire
commercial, le royaume chérifien a multiplié les accords commerciaux, notamment avec les
puissances émergentes. Les relations bilatérales sino-marocaines reposent sur « l’accord
commercial et économique » signé à Rabat le 28 mars 1995 et entré en vigueur en 1999. La

75
progression soutenue des échanges permet à la Chine d’être aujourd’hui le troisième fournisseur
du Maroc. L’étude de la coopération entre les deux États permet d’observer le caractère nettement
asymétrique de la balance commerciale, la présence des produits marocains demeurant très limitée
en Chine. Afin de dépasser le simple cadre de la coopération bilatérale, Rabat et Pékin ont souhaité
franchir une nouvelle étape à travers l’élaboration d’un partenariat stratégique dans le but
d’intensifier les échanges commerciaux et favoriser les investissements. L’objectif est double :
d’une part, consolider les relations économiques et commerciales ; d’autre part, réduire le déficit
commercial entre les deux pays à travers notamment la promotion des investissements chinois au
Maroc et le développement de la coopération dans des domaines porteurs. Si le partenariat
stratégique est conçu autour d’un pilier économique, la dimension politique et diplomatique n’est
pas pour autant oubliée. Il s’agira ici d’apprécier dans quelle mesure la coopération sino-marocaine
peut évoluer dans le sens d’un intérêt mutuel entre les deux parties, tout en portant un regard
critique sur leurs forces et faiblesses respectives

2-Un partenariat stratégique à l’épreuve d’entraves persistantes

L’irrésistible percée chinoise en Afrique suscite un certain nombre de critiques.


« Néocolonialiste », « prédatrice », « hégémonique », « impérialiste », sa montée en puissance est
souvent pointée du doigt dans les pays développés (Paone, 2007 ; Brunet et Guichard, 2011).
Figurent parmi les reproches adressés à l’Empire du milieu : l’absence de conditionnalité au
respect des droits de l’homme, la destruction de l’emploi local, le dumping, l’endettement des pays
africains, le non-respect des normes environnementales. Il est vrai que la méthode chinoise sur
laquelle repose la politique de coopération lui confère une place unique par rapport aux autres
puissances. Comme le souligne L. Vairon, « la Chine émerge progressivement dans cet espace
méditerranéen comme un partenaire certes moins puissant que les États-Unis, mais plus habile,
plus stable et moins dominateur et moralisateur que les Européens » (Vairon, 2010, p. 40). En
d’autres termes, la Chine adapte sa politique de façon pragmatique au gré de ses intérêts. Elle use
habilement de son statut de grande puissance économique, de son siège au Conseil de Sécurité des
Nations Unies, mais sait également apparaître comme un pays en voie de développement,
soucieuse des intérêts des partenaires. Elle est capable de proposer des crédits à taux faibles, à des
annulations de dettes et n’hésite pas à faire des dons à l’image du nouveau siège de l'Union
Africaine, construit à Addis-Abeba pour un coût total de plus de 150 millions d'euros.

76
De plus en plus visible, la présence chinoise au Maghreb suscite aujourd’hui également de vives
inquiétudes et une certaine méfiance parmi les populations. L’Algérie accueille sur son sol la plus
grande communauté chinoise d’Afrique du Nord, soit plus de 35 000 personnes, contre environ 3
000 au Maroc (Ambassade de Chine au Maroc). Les commerçants chinois sont capables de vendre
en gros, à des prix défiant toute concurrence. On assiste depuis quelques années à une véritable
déferlante des produits chinois. Certains n’hésitent plus à parler désormais « d’invasion chinoise
» et stigmatisent la mauvaise qualité des produits. Au Maroc, l’association des fabricants de jouets
a fait part de son ressentiment et a dénoncé des « pratiques déloyales et concurrentielles de
commerçants qui ne parlent même pas arabe » (Richer, 2008, p. 136). Comme le relève F.
Lafargue, « loin des discours officiels, les critiques encore feutrées se multiplient. Un sentiment
de xénophobie est latent contre ces milliers de travailleurs chinois, qui vivent isolés du reste de la
population » (Lafargue, 2008, p. 69). Dans des pays qui connaissent des taux de chômage élevés,
particulièrement chez les jeunes, les autorités ont été obligées de réagir. L’Algérie et le Maroc ont
engagé un processus de renforcement des exigences à l’endroit des commerçants qui voudraient
s’installer et des mesures visant à réglementer les conditions de séjour des ressortissants
(Bertoncello et Bredeloup, 2009, p. 54). Indubitablement, le secteur du textile a particulièrement
pâti de l’importation des produits chinois. Si la Chine et le Maroc sont des partenaires
commerciaux, ils n’en sont pas moins des concurrents directs sur certains marchés. Il est
significatif de rappeler que l’industrie du textile, de l’habillement et du cuir représente près de 38%
des emplois de l’industrie. Pays producteur et exportateur de produits textiles, le Maroc a subi le
contrecoup de la fin de l'accord multifibres fin 2004 qui a libéralisé le commerce mondial de
vêtements au profit de la Chine. Le déferlement de produits textiles chinois s’est déroulé d'abord
sur le marché de l'UE puis sur le marché local. Ce phénomène aurait détruit, en un an, près de la
moitié des emplois du secteur, soit 95 000 sur 200 000. En effet, des pays comme le Maroc ou la
Tunisie, fournisseurs traditionnels de l’UE n’ont pas pu faire face à la concurrence chinoise. Suite
au lobbying intense des fabricants européens et nord-africains auprès des institutions européennes,
la Commission a signé avec la Chine un protocole d'accord en juin 2005 dit accord de Shanghai,
qui fixe des quotas pour 10 catégories textiles jusqu'à la fin de 2007. L’objectif était notamment
de permettre aux entreprises tunisiennes et marocaines, le temps de réorganiser leur production,
de réduire leurs coûts et de revoir leur stratégie de commercialisation. Pourtant, avec la fin des

77
contingents en 2007, les économies tunisiennes et marocaines se sont de nouveau retrouvées
exposées à la concurrence chinoise.

3-la chine, et le Maroc : centres de production des engrais phosphatés :


Avec la potasse et l’azote, les phosphates sont une composante essentielle des engrais. L’avenir
de l’agriculture et la question alimentaire dans le monde sont intimement liés à l’évolution de la
production de phosphates, particulièrement pour les grands ensembles démographiques
d’aujourd’hui et de demain : l’Afrique, l’Inde, la Chine, les Etats-Unis et le Brésil.

En termes de réserves mondiales, un pays prédomine de loin : le Maroc avec 50 milliards de


tonnes, soit 72% des réserves connues dans le monde. Il est suivi de la Chine avec 3,7 milliards de
tonnes, de l’Algérie (2,2 milliards), de la Syrie (1,8 milliard), de l’Afrique du Sud (1,5 milliard),
de la Russie (1,3 milliard), de la Jordanie (1,3 milliard), de l’Egypte (1,2 milliard) et des Etats-
Unis (1,1 milliard). Viennent ensuite des pays avec des réserves moyennes : l’Arabie Saoudite
(960 millions de tonnes), Israël (130 millions de tonnes), la Tunisie (100 millions de tonnes), le
Sénégal (50 millions de tonnes) et le Togo (30 millions de tonnes).

En termes de production, la Chine est actuellement le premier producteur mondial, avec entre 80
et 100 millions de tonnes, production trois fois supérieure à celle du Maroc qui ne produit que 30
millions de tonnes, suivi des Etats-Unis (27,6 millions de tonnes), de la Russie (12,5 millions de
tonnes), de la Jordanie (7,5 millions de tonnes), de l’Egypte (5,5 millions de tonnes), de la Tunisie
(4 millions de tonnes), d’Israël (3,3 millions de tonnes), de l’Arabie Saoudite (3,3 millions de
tonnes), de l’Afrique du Sud (2,2 millions de tonnes, du Sénégal (un million de tonnes), du Togo
(un million de tonnes) et de la Syrie (750.000 tonnes).

Synthèse : le Maroc est le premier en réserves et en exportation du phosphate alors que la


chine ; premier en production et deuxième en réserves

3-1 le Maroc, centre important du marché mondial des phosphates


Le Maroc possède l’essentiel des réserves de phosphates dans le monde. Ces réserves sont situées
dans quatre grands sites : Ouled Addoun (44% du total), Gantour (37%), Meskala (17%) et
Boukraa (2%). Le gisement d’Ouled Addoun, de loin le plus important au niveau mondial, se
subdivise en trois zones : la zone Khouribga, en exploitation depuis 1920, couvre 4000 km², la
zone de Sidi Hajjaj et la zone de Sidi Chenane et Kasba Tabla.

Le gisement des Gantour, situé plus au sud, comprend la zone de Youssoufia, en exploitation
depuis les années 1930, la zone de Ben Guérir, entrée en activité à la fin des années 1970 et les
zones de Djenane El Kheil-Elouata, de Nzalet El Harrarcha et de la Tassaout (les phosphate de
Ben Guérir s’étalent sur 12.000 ha et se caractérisent par une sédimentation importante, groupant
23 niveaux phosphatés de bonne teneur). Le gisement de Meskala, situé entre Marrakech et
Essaouira, se présente sous forme de trois ensembles phosphatés dont la surface totale est de l’ordre
de 900 km²

78
Enfin, dans le Sahara, anciennement colonie espagnole, un gisement sous forme d’un grand arc
qui part de la côte aux environs de Laâyoune (Boukraa) pour arriver à la côte Atlantique avant
Dakhla. Il comprend quatre zones : Boukraa, Izri, Imeslgen et Labadilla. Il est exploité par la
société Boukraa dont l’OCP est le principal actionnaire.

Une entreprise nationale, la plus grande du pays, l’OCP Group, a la charge depuis la découverte
des premières mines en 1920 de l’extraction, de la revalorisation et de l’exportation des phosphates
et de leurs dérivés en acides et en engrais. Elle détient une position de leader dans les échanges
internationaux des phosphates puisqu’elle assure 28% des exportations mondiales sous toutes les
formes. Avec une capacité de production de 32 millions de tonnes de la roche phosphate, l’OCP
possèdent depuis 2017 une capacité de production de 12 millions de tonnes d’engrais dans les sites
de transformation de Safi et surtout de Jorf Lasfar.

Le Maroc est devenu depuis plusieurs décennies premier exportateur de phosphates bruts ou
valorisés en acide et en engrais. Depuis les années 1960 jusqu’à la fin du XXème siècle, les
productions en URSS (Russie) et aux Etats-Unis dépassaient les niveaux de production marocains
et à côté de pays producteurs moyens, tels l’Algérie, la Tunisie, la Syrie, la Jordanie, le Sénégal,
le Togo, l’Afrique du Sud et dernièrement l’Arabie Saoudite, entraient en concurrence avec les
exportations marocaines.

Depuis le début de notre siècle, la Chine est devenue le premier producteur de phosphates. Elle a
réussi, en moins de 10 ans, à doubler sa production. Un producteur qui répond certes pour
l’essentiel, aux besoins de son marché domestique, mais qui, par ses exportations, entre en
concurrence avec les ventes marocaines à l’étranger.

L’OCP reste cependant dans une position de leader partout dans le monde. Ses ventes concernent
aujourd’hui 90% des importations de l’Amérique du nord (Etats-Unis), 30% de l’Amérique du sud
(Brésil), 25% de l’Asie du sud (Inde principalement), 38% de l’Europe, 36% de l’Océanie, 9% de
l’Asie de l’est et 24% de l’Afrique. L’OCP a développé depuis trois décennies des partenariats
industriels avec ses grands clients des pays émergents (Inde et Brésil) sous forme de joint-ventures
permettant la valorisation des phosphates marocains aussi bien au Maroc que dans les pays
d’accueil (voir en annexe les destinations des exportations de phosphates et dérivés du Maroc).
3-2 les phosphates en chine :
Avec une production de près de 100 millions de tonnes, la Chine aura consommé l’ensemble de
ses réserves en moins de 40 ans, ce qui constitue pour elle un souci majeur. Selon les statistiques
disponibles, la production de la roche phosphate n’a cessé d’augmenter. Depuis le début du siècle,
elle a plus que doublé pour atteindre 80,7 millions de tonnes en 2016. Son exportation a cependant
tendance à stagner, sinon à diminuer : 358.000 tonnes en 2013 et 278.000 tonnes en 2016

La production des acides quant à elle a augmenté avant de se stabiliser depuis 2015 : 17,1 millions
de tonnes en 2013, 16,2 millions de tonnes en 2016. L’exportation d’acide continue cependant à
progresser : 285.000 tonnes en 2013, 352.000 tonnes en 2016.

79
Les exportations d’engrais DAP et MAP varient d’une année sur l’autre avec cependant une
tendance à l’augmentation. Pour le DAP, 2 millions de tonnes en 2015, 1,4 million de tonnes en
2016 et une tendance à l’augmentation en 2017 de plus de 10%. Pour le MAP, 1,2 million de
tonnes en 2015, 0,6 million de tonnes en 2016 et, là aussi, une augmentation très prononcée en
2017, de quelques 54%

La caractéristique majeure de la structure de production des phosphates en Chine est le fait qu’un
grand nombre d’entreprises interviennent dans l’exploitation de la matière première brute et dans
sa valorisation en acide : une dizaine d’entreprises publiques et une multitude de producteurs
privés travaillant de façon artisanale, voire informelle.
En matière de coûts de production et donc de compétitivité, la Chine est classée derrière les grands
pays producteurs. L’Arabie Saoudite enregistre les coûts les plus faibles, suivie du Maroc, de la
Russie, des Etats-Unis et enfin de la Chine
La multiplication des petits producteurs est source de perturbations et de problèmes :

 Accumulation des excédents de production de 50% pour les deux engrais : phosphate
d’ammonium et phosphate de diammonium;
 Surcapacité de production qui s’accroit et engendre, ce qui est logique, la baisse des prix
au niveau international au détriment des autres pays producteurs, notamment du Maroc ;
 Approches et comportements différenciés et contradictoires du gouvernement central et
des pouvoirs provinciaux et locaux. Ceux-ci ont tendance à soutenir les petits producteurs
dont les pratiques perturbent le marché et favorisent la baisse des prix. Les pouvoirs publics
centraux semblent par contre être à l’écoute des grands groupes que gêne la politique de
distribution des petits producteurs. Ils ont ainsi imposé une taxe sur les exportations pour
les contenir. Mais cette taxe a été supprimée en 2014, ce qui a été à l’origine d’une hausse
des capacités de production d’engrais et donc la chute des prix. Ces dernières années, la
construction de nouvelles unités de valorisation de la matière première a été interdite. On
est donc face à une gestion complexe du secteur du fait de la dualité qui le caractérise
(grosses entreprises publiques et petits producteurs privés) et les interventions
contradictoires des pouvoirs centraux et locaux ;
 Montée des risques de pollution qui constituent un danger pour l’environnement, et
notamment pour les rivières, polluées par les sous-produits qui y sont déversés, notamment
par le phosphogypse stocké illégalement. Selon des ONG, 300 millions de tonnes de
phosphogypse, soit 200 kg par habitant, constituent, par leur présence, un grand danger
pour les eaux chinoises. Les terres de Sichuan risquent d’être totalement empoisonnées par
cette pollution dévastatrice, pour la Chine, il est primordial de réduire la production de
phosphates étant donné tous les défis auxquels il lui faut faire face : la disparition des
réserves dans moins de quatre décennies, l’accumulation des surcapacités et le risque de
désastres écologiques. Les pouvoirs publics chinois doivent rationaliser et restructurer le
système de production des phosphates et de leur revalorisation. Pour cela, ils peuvent

80
prendre exemple sur l’expérience en cours depuis 2015 dans ce sens dans le secteur du
charbon et la dupliquer à celui des phosphates. Dans cette approche de régulation, un
partenariat sino-marocain peut être utile.

Section 3 : les inconvénients et les menaces du partenariat Sino-Marocaine


3.1 Le déficit de la balance commerciale entre le Maroc et la Chine
On a assisté ces dernières années à une progression de la présence chinoise en Afrique du Nord
dans un certain nombre de secteurs clés, au premier rang desquels la construction d’infrastructures.
En Algérie, les entreprises de bâtiment et des travaux publics (BTP) ont remporté de nombreux
marchés publics, parmi lesquels l’aéroport d’Alger, l’hôpital universitaire et 50 000 logements à
Oran (Souiah, 2011). Dans une moindre mesure, le Maroc bénéficie également du savoir-faire
chinois en la matière. Les sociétés adjudicataires des marchés publics d'infrastructures (autoroutes,
ponts, chemins de fer, télécommunications, ouvrages hydrauliques, installations sportives...)
peuvent compter sur place sur une forte main d’œuvre à faible coût. Ainsi, Transtech engineering
corporation (TEC) a construit le tunnel ferroviaire de Borj Moulay Omar en 2004 sur la voie qui
relie Sidi Kacèm à Meknès, puis a géré les travaux de la liaison ferroviaire entre Tanger et le port
de Ras R’mel. D'une longueur de 172 km, la construction de l’autoroute Berrechid- Béni Mellal a
été adjugée aux entreprises CWE (China international water & Electric Corporation) et Covec.
Dans le monde des télécommunications, le géant des télécoms chinois Huawei est le premier
fournisseur d’infrastructures de Maroc Telecom (IAM) et il est désormais très présent sur le
marché des smartphones. De grandes entreprises chinoises sont présentes dans le secteur des
équipements électroniques. Lenovo, leader dans la fabrication de PC, a installé un bureau régional
au Maroc. En matière de prospection pétrolière le groupe pétrolier chinois CNOOC collabore avec
l’ONHYM (Office national marocain des hydrocarbures et des mines). Enfin, dans le secteur de la
pêche, les deux pays ont créé « plusieurs joint-ventures embauchant quelque 2 000 ouvriers
marocains ». Les principaux atouts des entreprises chinoises sont leur compétitivité par rapport
aux fournisseurs occidentaux (la main d’œuvre chinoise est rémunérée aux conditions du pays
d’origine) et leur rapidité dans l’exécution des travaux.

En termes de volume d’échanges, si les résultats restent modestes, force est de constater qu’ils
évoluent à un rythme soutenu. D’une manière générale, les échanges avec les États d’Afrique se
sont intensifiés depuis 30 ans avec la montée en puissance de la Chine sur le plan économique. Le
volume du commerce bilatéral entre la Chine et l'Afrique s'est élevé à 166,3 milliards de dollars

81
en 2011, en croissance de 83% par rapport à l'année 2009, ce qui fait de la Chine le premier
partenaire commercial de l'Afrique (ministère chinois du Commerce). La Chine est désormais
perçue par les États du Maghreb comme un acteur incontournable. Toutefois, il convient
d’observer que « les importations des cinq pays nord-africains équivalent à 1 % des exportations
totales chinoises, et leurs exportations seulement à 0,3 % du total des importations chinoises »
(Bregolat Obiols, 2010, p. 24). La progression est aujourd’hui significative puisque la Chine est
devenue le premier fournisseur de l’Égypte, le troisième de l’Algérie, de la Libye et le septième
de la Tunisie.

Le Maroc a connu une progression soutenue des relations commerciales avec la Chine qui est
aujourd’hui son troisième fournisseur. L’analyse de la structure des échanges permet de constater
que le royaume importe principalement des produits à forte valeur ajoutée (automobiles,
ordinateurs, téléphonie, électroménager …) mais également du thé. Les principales exportations
marocaines sont les phosphates et dérivés, les produits de la mer, les primeurs et agrumes.

L’évolution de la balance commerciale Maroc-Chine démontre que les exportations vers la Chine
ont augmenté de 80 % entre 2009 et 2010 et que les importations ont augmenté de 25 % en 2010
(ministère du Commerce extérieur). La croissance des exportations s’explique avant tout par la
très forte progression des exportations des produits chimiques, notamment des phosphates et leurs
dérivés. Au final, il convient d’observer le caractère nettement asymétrique de cette coopération
marquée par une balance commerciale fortement déséquilibrée, la présence des produits marocains
demeurant très limitée en Chine. Ce déficit s’est creusé en raison notamment de l’accroissement
des importations des biens d’équipement et des biens intermédiaires en provenance de Chine.

3.2 Les défis et contraintes du Maroc


Un nombre encore trop important d’entraves à l’investissement et au développement des échanges
commerciaux paralyse le Maroc. Ces obstacles (pesanteurs administratives et bureaucratiques,
corruption, manque d’efficacité des tribunaux dans le règlement des litiges commerciaux) ont pour
effet de décourager les investisseurs étrangers et nuisent à la compétitivité des entreprises
marocaines à l’export. Dans l’optique d’attirer de nouveaux investisseurs, le Maroc s’est lancé
depuis plus d’une décennie dans des réformes visant à améliorer l’environnement des affaires
(OCDE, 2011). En ce qui concerne les pays du Maghreb, le Maroc demeure la première destination
des investissements directs étrangers (IDE). Entre 2010 et 2011, ils ont augmenté de 60%, toutes

82
origines confondues (CNUCED). Néanmoins, en raison des insuffisances du cadre juridique et
règlementaire, les investissements demeurent globalement faibles et ne portent que sur un nombre
limité de domaines. Il convient d’observer que le flux des IDE chinois à destination du Maroc est
très faible, très loin derrière la France, l’Espagne et les Émirats arabes unis. Les investissements
chinois sont nettement plus nombreux dans les pays disposant de ressources énergétiques
importantes (Afrique du Sud, Nigeria, Algérie, Soudan, Zambie) (Bart, 2011, p. 253-254, p. 97).
Dans ces conditions, le Maroc s’est lancé dans une politique de promotion de l'investissement. La
mise en place en 2009 de l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) vise
à permettre une meilleure coordination au niveau des différents organismes marocains qui
interviennent dans ce secteur pour davantage d’efficacité (OCDE, 2011, p. 49).

Améliorer la compétitivité des entreprises marocaine sur le marché chinois est également un axe
important dans le développement du partenariat. Afin de rééquilibrer la balance commerciale
bilatérale, il convient d’améliorer leurs performances à l’export. D’une manière générale, elles
rencontrent des difficultés à opérer sur les marchés étrangers. Si le potentiel du marché chinois est
à l’évidence immense, l’on observe une inadaptation de l’offre d’exportation marocaine à la
demande d’importation chinoise. A plus de 90%, les entreprises marocaines sont des PME. Elles
rencontrent de surcroît des difficultés dans l’accès aux financements. D’après le ministère de
l’Économie et des Finances, les exportations « demeurent concentrées sur quelques secteurs à
faible valeur ajoutée et pour lesquelles les perspectives d’essor sont limitées ». Dès lors, en vue de
promouvoir les exportations marocaines, un dispositif d´incitations aux activités orientées vers
l´exportation a été mis en place. Lancé en 2011 par le ministère du Commerce, labellisé « Audit à
l’export », le programme vise à soutenir les entreprises exportatrices dans l’amélioration de leurs
systèmes à l’export à travers un diagnostic de leurs capacités. La présence des banques marocaines
en Chine serait aussi un facteur d’appui important. La Banque Marocaine du Commerce Extérieur
(BMCE), qui dispose aujourd’hui d’un bureau de représentation à Pékin et la China Development
Bank ont signé un mémorandum d'entente qui vise à mobiliser 150 millions de dollars pour
soutenir les petites et moyennes entreprises dont les activités s’orientent vers l’export (ministère
du Commerce). Du côté chinois, d’importants efforts doivent être entrepris afin de réduire
progressivement les mesures non tarifaires (MNT), véritables obstacles pour les échanges
commerciaux. Le gouvernement chinois les applique malgré la faible part des importations de
produits du Maroc. Les entreprises marocaines sont confrontées à une large variété d’obstacles

83
non tarifaires (règlements techniques, exigences en matière de conformité, procédures douanières)
qui se déroulent aussi bien à l’importation qu’à l’exportation, et tant au Maroc qu’à l’étranger. Les
exportations de produits agricoles et alimentaires semblent particulièrement entravées, certains
produits pouvant être directement en concurrence avec leurs produits domestiques. Concrètement,
les entreprises doivent faire face aux exigences relatives aux caractéristiques des produits (limites
de tolérance de résidus, étiquetage…) et aux procédures contraignantes de certification. Les
exportations de produits textiles, habillement et cuirs semblent être davantage entravées par les
procédures nationales que par les règlementations étrangères, notamment lors du contrôle et de
l’enregistrement de leurs produits au Maroc.

3.3 Le partenariat stratégique sino-marocain : une menace pour la relation Maroc-UE ?


L’Union Européenne est le principal partenaire commercial du Maroc avec une part de 50% du
commerce extérieur en 2011. Elle est, de loin, son premier client, fournisseur et investisseur. Le
commerce bilatéral a plus que doublé dans la dernière décennie grâce à la zone de libre-échange.
Les échanges commerciaux bilatéraux ont légèrement augmenté en 2011 et 2012. Malgré leur
dynamisme, ces échanges sont marqués par un déficit chronique en défaveur du Maroc. En effet,
le royaume chérifien est le 23e partenaire de l’UE pour ce qui est des exportations et n’occupe que
la 38e place pour ce qui est des importations (Commission européenne). Les exportations du Maroc
vers l’UE se concentrent principalement sur trois catégories de produits : textile et vêtements,
produits agricoles et machinerie. Le Maroc importe principalement des machines et du matériel de
transport, des biens manufacturés, des produits chimiques et des carburants. Depuis l’accord
commercial de 1969, les relations bilatérales ont connu des avancées importantes. Premier
bénéficiaire des fonds européens dans la région, le royaume a poursuivi sa stratégie d’arrimage à
l’UE dans le cadre des politiques euro-méditerranéennes successives (processus de Barcelone,
politique européenne de voisinage, Union pour la Méditerranée). Les progrès constants réalisés lui
ont permis d’obtenir un « statut avancé » en 2008 (Jaidi et Martin, 2010). Cette relation de
proximité constitue l’une des formes de coopération les plus abouties entre l’Union et un autre État
sans avoir l’adhésion comme perspective. Poursuivre l’intégration progressive au marché intérieur
de l’UE et l’approfondissement des relations en identifiant de nouvelles actions de coopération,
telle est la nouvelle feuille de route adoptée par les parties. Au 1er mars 2012, date marquant la fin
du démantèlement douanier progressif, la zone de libre échange pour les produits industriels est
devenue effective. Depuis cette date, tous les produits industriels européens entrent au Maroc en

84
franchise de droits. En matière agricole, secteur stratégique pour le royaume (16,4 % du PIB en
2009), l’UE n’avait pas souhaité jusqu’à présent une libéralisation totale des produits. L’accord
conclu entre l’UE et le Maroc et entré en vigueur le 1er octobre 2012 va dans le sens d’une très
grande libéralisation des échanges. Dans la cadre de la politique européenne de voisinage, le
nouveau plan d’action (2013-2017) conclu en novembre 2012 doit permettre de nouvelles
avancées sur le plan commercial, notamment en matière de libéralisation du commerce dans le
secteur des services. Les travaux préparatoires en vue de l’ouverture des négociations pour un
accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) ont été finalisés. Il convient d’observer
ici que le Maroc est le premier partenaire dans la région avec lequel l'UE lance ce type de
négociations. Selon Eneko Landaburu, chef de la Délégation de l’UE auprès du Maroc, ce nouvel
accord doit permettre de « sortir de la facilitation des échanges par la réduction des tarifs douaniers
vers une convergence réglementaire sur les éléments essentiels qui assurent la compétitivité pour
une intégration plus grande des produits marocains dans le marché européen de 500 millions
d’habitants ». La relation bilatérale devrait donc s’intensifier dans les prochaines années.

Toutefois, si pendant des décennies, la Méditerranée a été la chasse gardée de l’UE, désormais ce
temps est révolu. Elle conserve encore de l’avance mais la Chine et l’Inde (Nicolas, 2010), à un
degré moindre, gagnent du terrain. À coup sûr, la Chine saura profiter pleinement du nouveau
statut avancé octroyé au Maroc. Pour l’heure encore limitée, la concurrence vive des entreprises
chinoises dans certains domaines pourrait représenter à terme une menace pour les intérêts
européens. Cela impose donc à l’Union européenne, dans le contexte du printemps arabe,
d’accorder aux États méditerranéens l’attention et la priorité nécessaires, d’engager une action
politique forte en y mettant les moyens financiers adéquats sous peine de voir un jour la Chine
devenir le premier partenaire économique et commercial.

Si les échanges commerciaux ont progressé de manière significative depuis quelques années, la
relation économique et commerciale sino-marocaine demeure dans l’ensemble limitée et marquée
par son caractère asymétrique. Les prémices d’un partenariat stratégique ambitieux laissent
entrevoir des perspectives de développement intéressantes. Pour autant, sa mise en œuvre dépendra
largement de l'évolution de la situation politique et économique des deux pays. Il est d’ores et déjà
possible de dire que la montée en puissance de la Chine va se confirmer et son influence devrait
s’accroître considérablement dans les décennies à venir. Face au regain d’intérêt d’autres

85
puissances pour l’Afrique du Nord, elle devra toutefois faire face à une rude concurrence de l’Inde
et du Brésil. De son côté, le Maroc est à la fois un pays dynamique et fragile. Le contexte politique
actuel dans les pays de la rive sud de la Méditerranée, la dépendance du Maroc vis-à-vis de ses
partenaires commerciaux traditionnels et sa vulnérabilité aux phénomènes climatiques sont autant
de facteurs d’incertitude. En définitive, toute la question est de savoir si le saut qualitatif effectué
entre la simple coopération et le partenariat stratégique servira les intérêts chinois ou s’il amorcera
un rééquilibrage de la relation bilatérale dans une logique « gagnant-gagnant ».

86
Conclusion
Il est bien de rappeler que les relations commerciales entre le Maroc et la Chine ont connu, ces
cinq dernières années, un bond phénoménal. De ce fait, la Chine est le 3e partenaire commercial
du Royaume, après l’Union européenne et les États-Unis.

Pourtant, les relations économiques avec la Chine sont loin d’être équilibrées. La Chine pèse près
de 11% dans le déficit de la Balance Commerciale des Biens. Une tendance qui s’est confirmée
depuis le début des années 2000. Vient s’y ajouter l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001.

Selon les Statistiques de l’Office des Changes, la balance commerciale entre le Maroc et la Chine
est déficitaire à fin septembre 2015, avec un solde commercial estimé à 20,88 MMDH. Quant
aux exportations du Maroc vers la Chine, à la même période, elles sont estimées à 1,71 MMDH,
alors que ses importations se sont chiffrées à 22,59 MMDH.

Les deux pays semblent complémentaires sur plusieurs points. En ce qui concerne la Chine, le
Maroc représente une destination privilégiée grâce à son positionnement géostratégique comme
plateforme d’investissement, d’exportation et d’off-shoring ce qui permet aux investisseurs
chinois un accès préférentiel aux marchés de 55 pays (soit 1,2 milliards de consommateurs) avec
lesquels le Maroc a conclu des accords de libre-échange (tels que l’UE, les USA, les Pays Arabes,
etc.).

La bonne nouvelle alors, est que cette concurrence chinoise pourrait inciter les industries
marocaines à s’adapter pour le meilleur intérêt des consommateurs ; c’est-à-dire celui des
Marocains. Et si les produits chinois pouvaient atteindre plus facilement le Maroc, c’est que ce
dernier pourrait exporter plus aisément en Chine, et les entrepreneurs marocains auront plus de
facilités pour atteindre l’un des plus grands marchés dans le monde, celui de la Chine.

La mauvaise nouvelle est que, à l’heure actuelle, plus de la moitié des exportations marocaines est
constituée seulement par des minéraux (de plomb, de cuivre, de zinc…), des circuits intégrés, des
engrais chimiques ou des débris de cuivre. C’est principalement la production des grandes
industries marocaines, alors que les très petites et moyennes entreprises ont du mal à se retrouver
dans ce modeste tableau des exportations marocaines. Certes, cela nous montre l’incapacité de

87
plusieurs entreprises marocaines à relever le défi de la concurrence. Mais ceci est dû
principalement à la protection de l’État qui reste un handicap majeur à l’émergence de marché
libre, constitue un obstacle à un fonctionnement efficace, et d’allocation optimum des ressources
rares.

88
Table des matières
Introduction :......................................................................................................................................................... 2
Chapitre I : visualisation générale sur l’économie marocaine et chinoise .............................................................. 4
Section 1 : positionnement des deux pays à l’intérieur de l’économie mondiale ....................................................4
A- Le positionnement du Maroc à l’intérieur de l’économie mondiale :..........................................................4
B- La Chine sur le chemin de la première puissance économique mondiale .................................................13
Section 2 : le Maroc autant que pays en voie de développement ..........................................................................23
1-les principaux indicateurs économiques du maroc .........................................................................................23
2- le Maroc ; un modèle de développement national ........................................................................................28
Section 3 : la première puissance économique mondiale comme but pour la chine .............................................31
Chapitre II : la relation économique et commerciale sino-marocaine .................................................................. 38
Section 1 : présentation globale de la relation entre les deux partenaires ............................................................38
1-La relation économique et commerciale sino-marocaine : .............................................................................38
2-Une coopération asymétrique et aux résultats encore Modestes ..................................................................39
3-La stratégie de diversification des partenaires commerciaux du Maroc .........................................................41
4-Un partenariat stratégique en gestation .........................................................................................................42
5-L’identification de nouvelles niches de croissance ..........................................................................................44
Section 2 : les différents accords entre les deux pays : ...........................................................................................45
A. Chronologie des accords de coopération signés entre le Maroc et la Chine ..................................................45
B . L’actualité au niveau des accords concluent entre les deux pays :...............................................................52
Section 3 : Maroc-Afrique-Chine ; un partenariat triangulaire ...............................................................................55
1- Les relations bilatérales :............................................................................................................................55
2- Le rôle du Maroc en tant que passerelle entre la Chine/ Europe et Chine/Afrique : ................................61
Chapitre III : la mise en place d’un partenariat de progrès entre le Maroc et la chine .......................................... 64
Section 1 : sur le plan agroalimentaire ...................................................................................................................65
Section 02 : De la coopération au partenariat stratégique .....................................................................................75
1-un partenariat stratégique autour du pilier économique................................................................................75
2-Un partenariat stratégique à l’épreuve d’entraves persistantes .....................................................................76
3-la chine, et le Maroc : centres de production des engrais phosphatés : .........................................................78
Section 3 : les inconvénients et les menaces du partenariat Sino-Marocaine .....................................................81
3.1 Le déficit de la balance commerciale entre le Maroc et la Chine .................................................................81
3.2 Les défis et contraintes du Maroc .................................................................................................................82
3.3 Le partenariat stratégique sino-marocain : une menace pour la relation Maroc-UE ? ................................84
Conclusion : ......................................................................................................................................................... 87

89
WEBOGRAPHIE

 Rapport de Fathallah Oualalou : Chine - Maroc - Afrique Un partenariat

agroalimentaire novateur

 Nouvelle route de la soie : Les opportunités pour le Maroc/Par Tarik EL

MALKI | Edition N° :5157 Le 28/11/2017

 Profil économique et commercial de la Chine/ édition 2016/ Ministère de

l'Industrie, du Commerce, de l’investissement et de l'Économie numérique

 Rapport de la conférence des experts sur la Coopération Sino-

Africaine/Le 6 Mars 2018

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