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UNIVERSITE MOHAMED V

FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES ECONOMIQUES ET SOCIALES


SOUISSI RABAT

Master de Commerce International

L’accord d’association UE/Maroc


Aspects commerciaux

Réalisé par : Encadré par :


Mme Imane Semlali Mr Gueddari

Mme Latifa Boutaourout

Mme Nadia Kecha

Année universitaire : 2018-2019

1
Listes des abréviations, cigles et acronymes :

 CADTM : Comité pour l’Abolition de la Dette du Tiers


Monde.

 ACAA : Accord sur l'évaluation de la Conformité et


l'acceptation des produits industriels.

 ALBA : Alliance bolivarienne pour les Amériques.

 ALECA : Accord de Libre Echange Complet et


Approfondi.

 ANPME : L’Agence Nationale de la promotion de la


PME.

 OMPIC : Office Marocain de Propriété Industrielle et


Commerciale.

 PEV : Politique Européenne de Voisinage

 PME : Petite et Moyenne Entreprise.

 PMV : Plan Maroc Vert.

 UE : Union Européenne

2
Plan

Introduction

Chapitre 1 : PRESENTATION GENERALE ET OBJECTIFS SUR LE PLAN


COMMERCIAL DE L’ACCORD D’ASSOCIATION UE/MAROC

1/ Présentation de l’accord d’association et secteurs ciblés

2/ Objectifs de l’accord commercial UE/Maroc

Chapitre 2 : DEFIS, ENJEUX ET PERSPECTIVES D’UNE ZONE DE LIBRE-


ECHANGE ENTRE LE MAROC ET L’UE

1/ Les défis et enjeux d’une zone de libre échange pour le Maroc

2/Perspectives tracées par l’accord d’association Maroc/UE

Conclusion

3
Introduction

Les liens du Maroc avec l’union européenne ne datent pas d’aujourd’hui, mais il
s’agit de rapports séculaires, qui ont été institués par l’histoire et le voisinage géographique.
Il semble de ce fait que le destin du Maroc est lié à cet espace attractif.

Le Maroc, en signant l’accord d’association avec l’Union-européenne devait


démontrer qu’il est capable de résister face à la compétition, car en signant l’accord il allait
se jeter à l’eau, il s’agit pour lui de démontrer qu’il sera capable de nager, et ceci devait être
dans un délai de moins de 12 ans.

Le partenariat UE-Maroc, initié avec l'Accord Commercial de 1969, a connu un


tournant avec l’Accord d’association signé en 1996 et avec la Politique européenne de
voisinage. Ces derniers ont permis un renforcement des relations politiques, économiques et
commerciales ainsi qu’un développement soutenu des échanges culturels et humains. 1

Sur la base de cet Accord d’association, les relations entre le Maroc et l’Union
européenne (UE) se sont développées progressivement et de manière soutenue vers un
véritable partenariat UE-Maroc, faisant du Maroc un partenaire privilégié.

Il est vrai que pour le Maroc, le rapprochement avec l’UE constitue un choix
fondamental de sa politique étrangère. Son objectif est d’atteindre une proximité optimale
avec l’UE visant à conforter et à accompagner sa dynamique de modernisation politique
d’ouverture économique et de cohésion sociale. Il conçoit également cette vocation comme le
moyen privilégié de promouvoir sa concertation et sa coordination avec l’UE sur les
questions stratégiques d’intérêt commun.

Le Plan d’action UE-Maroc dans le cadre de la PEV2 a permis une utilisation plus
ciblée des instruments mis à disposition par l’Accord d’Association et a appuyé l’objectif
marocain d’une intégration plus forte des structures économiques et sociales marocaines à
celles de l’Union.

Les relations entre Bruxelles et Rabat étaient jusqu’à présent régies par un Accord
d'Association, en vigueur depuis 2000. Accord qui s'inscrit dans le cadre du processus de
Barcelone qui permettra, à terme, la mise en place de la grande zone de libre-échange euro-
méditerranéenne.3

Depuis le 13 octobre 2008, le Maroc bénéficie du « Statut avancé» visant à renforcer


les échanges et la participation du Maroc dans les programmes et agences communautaires.
Un pas de plus vers l’adhésion.

Les deux parties ont adopté le Document Conjoint Maroc-UE sur le renforcement des
relations bilatérales.

1
Plan d’action Maroc pour la mise en œuvre du statut avancé 2012-2016.
2 Politique européenne de voisinage
3 http://www.douane.gov.ma

4
Le Statut Avancé vise à raffermir le partenariat dans des domaines stratégiques
concernant les liens politiques, le rapprochement juridique, le parachèvement du processus de
libéralisation des échanges des biens, des services et des droits d’établissement, la libre
circulation des capitaux et des moyens de paiement, la facilitation des mouvements des
personnes à des fins professionnelles, la coopération en matière sécuritaire et de contrôle des
flux migratoires ainsi que l’implication des partenaires économiques et des acteurs sociaux
dans les deux parties.

Le statut avancé permettra au Maroc d’aboutir à un marché commun avec l’UE, un


espace de libre échange reposant sur un marché unique, un régime d’investissements ouvert,
un rapprochement des législations et une interconnexion des réseaux énergétiques. En tant
que voisin de l’UE, le Maroc pourrait ainsi accéder à de meilleures opportunités
commerciales et à des coûts moins élevés.

Le document conjoint constitue un cadre permettant de renforcer et de porter le


partenariat Maroc-UE à des stades dépassant l’association-même sans aboutir à celui de
l’adhésion.

En effet, sur le plan économique, la mise en œuvre des dispositions de ce document


devrait aboutir à la mise en place d’un espace économique commun entre les deux parties,
caractérisé par une intégration poussée de l’économie marocaine à celle de l’UE et s’inspirant
des normes qui régissent l’Espace Economique Européen.

En effet, le nouveau Plan d'action du statut avancé constitue une étape importante du
processus continu de renforcement des relations entre le Maroc et l’UE qui mobilisera tous
les leviers, les mécanismes et instruments du Statut avancé. Cet instrument favorisera la
conception et la mise en œuvre de politiques et mesures visant à promouvoir la consolidation
de l'État de droit, de la démocratie et des droits de l’homme, la croissance économique,
l’emploi et la cohésion sociale, la réduction de la pauvreté et la protection de
l’environnement, contribuant ainsi à l’objectif à long terme du développement durable. La
mise en œuvre de ce nouvel instrument tient compte de l’équilibre nécessaire entre
l’accélération de la dynamique d’ouverture et de modernisation de l’économie marocaine et
l’impératif d’un développement socioéconomique durable.

Dans cette présentation nous allons mettre la lumière sur les aspects commerciaux de
l’accord d’association UE/Maroc, en essayant d’apporter des réponses à la problématique
suivante:

Quels sont les objectifs de l’accord commercial de l’accord d’association UE/Maroc ?


Et quels sont les opportunités que décèle cet accord pour le Maroc, ainsi que les enjeux
auxquels serait exposée l’économie marocaine par la conclusion de ce dernier.

Pour traiter cette problématique nous allons exposer les secteurs concernés, ainsi que
les objectifs de l’accord Commercial Maroc/UE en premier lieu.

5
Ensuite nous allons tenter de déterminer si la conclusion de l’accord d’association
constitue une menace ou une opportunité pour l’économie du Maroc. Et en dernier lieu nous
allons examiner les perspectives tracées, dans plusieurs secteurs, susceptibles d’offrir de
nouvelles opportunités commerciales et une insertion soutenable de l’économie marocaine
au niveau international.

Chapitre 1 : PRESENTATION GENERALE ET OBJECTIFS


SUR LE PLAN COMMERCIAL DE L’ACCORD D’ASSOCIATION
UE/MAROC

1/ Présentation de l’accord d’association et secteurs ciblés

Le premier Accord liant le Maroc à l'Europe Communautaire a été conclu en 1969.


Cet Accord se limitait aux simples échanges commerciaux. Depuis 1976, les relations entre le
Maroc et l'ensemble Communautaire sont régies par un Accord de Coopération global

Signé le 26 février 1996 et entré en vigueur le 3 mars 2000, l'Accord d'Association


Maroc-UE amorce une étape nouvelle dans les relations Maroc-Communautaires. En
remplaçant l'Accord de Coopération de 1976, il constitue une adaptation des relations entre le
Maroc et l'Union européenne au nouveau contexte économique global et socio-économique
des deux parties.

Et en introduisant la réciprocité dans les préférences commerciales, il donne au


concept de partenariat un sens plus pragmatique.

Le contenu de l'Accord comporte quatre volets fondamentaux à savoir la création, le


dialogue politique, la libéralisation progressive des échanges, la coopération financière et la
coopération économique, sociale et culturelle.

En outre, l'élément fondamentalement nouveau dans cet Accord est


incontestablement, l'instauration d'une zone de libre-échange et l'inclusion de nouveaux
aspects ne figurant pas dans le précédent Accord, il s'agit des droits d'établissement et de
prestation des services.

On peut résumer l'accord d'association en deux points essentiels :


• L'accord discrimine entre les produits industriels et les produits agricoles et
agro-industriels, auxquels sont assimilés ceux de la pêche qu'ils soient frais ou transformés.
• L'aspect commercial est dominant, l'objectif essentiel est d'établir une zone de
libre-échange. Les autres volets de coopération passent au second plan.

1.1. Les produits industriels

En pratique, dès l'entrée en vigueur de l'accord, le Maroc abandonne les restrictions


quantitatives (ou de mesures d'effet équivalent) appliquées aux produits originaires de l'UE.
En parallèle, le démantèlement des barrières tarifaires s'effectue à des rythmes différents et
6
décroissants selon le degré de sensibilité des produits. C'est ainsi que les produits ont été
ventilés en six listes, les trois premières présentent un caractère général, les trois suivantes
concernent des produits particuliers :

• Un démantèlement total dès l'entrée en vigueur de l'accord pour les biens


d'équipement (liste 1). Il faut dire qu'il s'agit de biens non fabriqués au Maroc et dont les
droits d'importation étaient déjà très faibles (souvent de 2,5 %).
• Un démantèlement rapide, en quatre ans, à raison de 25 % par an, dès l'entrée
en vigueur de l'accord, pour les matières premières, les pièces de rechange et
les produits non fabriqués localement (liste 2).

• Un démantèlement lent, en dix ans, à raison de 10 % par an, après un délai de


grâce de trois ans, pour les produits industriels fabriqués au Maroc (liste 3)

Tableau : Calendrier des rythmes de désarmement tarifaire

Année de Biens Matières Produits


d'équipement premières et fabriqués
démantèlem produits non
ent (liste 1) localement
fabriqués (liste 3)
localement

(liste 2)

2000 100% 25% Délai de


grâce
2001 25%

2002 25%

2003 25%
10%
2004
10%
2005
10%
2006
10%
2007
10%

7
2008 10%

2009 10%

2010 10%

2011 10%

2012 10%

Le démantèlement tarifaire concernant les trois listes, telles qu'elles sont


annexées à l'accord, est présenté dans le tableau n° 1. Il porte sur près de 60 %
des importations marocaines. Par secteur d'activité, la situation est fort variable,
qu'il s'agisse de la proportion des importations originaires de l'UE ou du taux de
protection.

Les listes particulières portent sur les voitures automobiles ou l'élément industriel des
produits agricoles transformés :
• Le démantèlement pour les voitures automobiles (liste 4) est d'abord lent : de 3 % par an de
la quatrième à la sixième année de l'entrée en vigueur de
l'accord ; puis plus rapide : de 15 % par an pour les années suivantes, jusqu'à
l'élimination des droits d'importation.
• Le démantèlement de l'élément industriel des produits agricoles transformés
suit deux rythmes : quatre ans dès l'entrée en vigueur de l'accord (liste 6-1) ou
dix ans à partir de la quatrième année (liste 6-2).

1.2. Les produits agricoles

Les produits agricoles2 proprement dits, ceux des industries agricoles et de la pêche,
frais et transformés, sont intéressés par une seconde phase dont les négociations prévues en
2001 ont déjà pris un sérieux retard.

Dans une première phase de cinq ans, l'accord conserve le statu quo, c'est-à-dire les
avantages déjà accordés par l'UE avant l'accord d'association, avec quelques aménagements
et améliorations mineurs.

8
2 : Les objectifs de l'accord d’association entre Maroc
et Union Européenne

Cet accord vise à réaliser un certain nombre d’objectifs, sur le plan commercial
et économique.

2.1_ les objectifs visés par l’Accord d’association sur le plan


économique et politique :

L'accord d'association (AA) entre l'Union européenne et le Maroc est entré en


vigueur en 2002. Le premier Plan d'Action commun UE-Maroc remonte à 2005. Un nouveau
plan d'action UE-Maroc a été officiellement adopté en Décembre 2013. Depuis 2008, le
Maroc bénéficie d'un statut avancé avec l'Union européenne. Plusieurs des objectifs de ce
statut avancé ont été renforcées par le nouveau plan d'action, à savoir:

-Renforcer le dialogue et la coopération politique ainsi que dans le domaine de


la sécurité: L'UE et le Maroc échangent régulièrement sur les grandes questions régionales.
L'Union européenne a publié une communication sur le Maghreb (17.12.2012 / JOIN (2012)
36 final), qui identifie les perspectives de coopération pour soutenir le processus
d'intégration, sur la base des orientations choisis par les Etats membres de l'Union du
Maghreb arabe.

-L’intégration progressive du Maroc dans le marché intérieur de l'UE grâce à la


convergence législative et réglementaire: Plusieurs projets de loi ont été préparés au Maroc à
cet effet, souvent avec le soutien de l'UE (par exemple à travers le jumelage entre les
autorités marocaines et européennes). Par le biais du Programme "Réussir le statut avancé"
(180 millions €), l'UE soutient le développement d'un plan de convergence nationale qui
aidera à Maroc à exploiter le potentiel offert par une éventuelle adhésion au marché intérieur
de l'UE.

- Elargir le partenariat pour inclure de nouveaux acteurs: Le Parlement


européen a un rôle accru à jouer depuis le traité de Lisbonne, comme illustré par les travaux
de la commission mixte parlementaire UE-Maroc, qui élabore des recommandations sur le
partenariat UE-Maroc. Le Comité économique et social européen a signé un accord de
partenariat avec le Comité économique et social marocain. L'interaction avec et le soutien à la
société civile marocaine ont été d'autant plus renforcés.

2.2-les objectifs visés par l’accord sur le plan commercial :

Objectifs de l’Accord : Sur le plan commercial, l’Accord vise à :

2.2.1) .Etablir une zone de libre-échange industrielle «ZLE » :

Pour les produits industriels : Les exportations marocaines bénéficient


d’un accès aux marchés de l’UE en franchise depuis l’entrée en vigueur de l’accord,

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alors que les produits originaires de l’UE accèdent au marché marocain selon le
schéma suivant :

Accès libre pour les biens d’équipement et certaines pièces de rechange dès le 1er
mars 2000.

Accès libre pour les matières premières et intrants non fabriqués localement depuis
mars 2003.

Élimination progressive des droits de douane (DD) pour les produits fabriqués au
Maroc, à raison de 10% par an à compter de la 4ème année de l’entrée en vigueur de
l’Accord : la 9ème tranche de réduction est intervenue le 1er mars 2011, date qui
correspond à la réduction deo 90% des droits appliqués.

Élimination progressive des DD pour certains véhicules automobiles depuis Mars


2003 à raison de 3% par an pendant 4 ans et 15% par an à compter de la 8ème année de
l’entrée en vigueur de l’Accord jusqu’à la suppression totale des droits : depuis le 1er mars
2011, ces produits accèdent au marché marocain en bénéficiant d’une réduction de 87% des
droits.

2.2.2) .Approfondir la libéralisation du commerce des produits agricoles et de la pêche

Pour les produits agricoles :

L’Accord d’Association a prévu (articles 16 et 18) une libéralisation progressive des


échanges agricoles entre les deux parties ;

Un nouvel Accord relatif à la libéralisation des produits agricoles, agro-industriels et


les produits de pêche a été signé le 13 décembre 2010.

2.2.3).Libéraliser les échanges de services et l’établissement la libéralisation du


commerce des services et du droit d’établissement est prévue par l’article 31 de l'Accord
d'Association qui stipule

« 1. Les parties conviennent d’élargir le champ d’application du présent Accord de


manière à inclure le droit d’établissement des sociétés d’une partie sur le territoire de l’autre
partie et la libéralisation de services fournis par les sociétés d’une partie envers les
destinataires de services dans une autre partie».

Les négociations bilatérales entre le Maroc et l’UE basées sur le principe d’une
libéralisation progressive et réciproque du commerce des services et du droit d’établissement,
ont commencé en février 2008.

Ces négociations ont été intégrées dans les négociations de l’Accord de Libre
Echange Complet et Approfondi entre le Maroc et l’Union Européenne.

10
2.2.4) .renforcer l’intégration commerciale à travers la mise en œuvre du protocole
Pan-Euromed sur les règles d’origine

Afin de bénéficier des avantages préférentiels prévus par l’accord Maroc-UE en


matière commercial, les exportations marocaines sont tenues de satisfaire les critères de
l’origine , conformément aux dispositions du Protocole Pan-Euromed sur les règles
d’origines , en vigueur depuis le 1er janvier 2006.

Ce protocole est appliqué par l’UE, les pays de l'Association Européenne de Libre
Echange (Suisse, Norvège, Islande et Liechtenstein), les Îles Féroé, la Turquie, l’Algérie,
l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Palestine, la Syrie et la Tunisie. Ce
système a été étendu également aux pays des Balkans occidentaux.

La Convention régionale sur les règles d'origine préférentielle Pan-Euro-


méditerranéenne remplacera le réseau actuel de protocoles conclu par l’UE avec chaque
partenaire commercial a été signée par le Maroc en avril 2012.

Cette Convention est actuellement en cours de révision par les Parties Contractantes
étant donné que sa version initiale était une simple compilation des différents protocoles sur
les règles d’origine.

Accord instituant un mécanisme de règlement des différends

Un Accord visant l’instauration d’un mécanisme de règlement de différends entre le


Maroc et l’UE a été signé en décembre 2010, lors de la 9ème session du Conseil
d’Association.

L’Accord régira tout type de différend de nature commerciale et prévoit l’épuisement


de la procédure de règlement des différends énoncée dans l’Accord d’Association, avant de
recourir au mécanisme bilatéral qui prévoit, au préalable, une procédure de conciliation avant
de passer à l’arbitrage.

Cet Accord est entré en vigueur en janvier 2014.

-Accord de Libre Echange Complet et Approfondi entre le Maroc et l’Union


Européenne

-Les négociations de cet Accord ont été lancées officiellement le 1er mars 2013. 4
Rounds de négociations: se sont déroulés jusqu’à présent :

22 au 25 avril 2013 à Rabat

24 au 27 juin 2013 à Bruxelles

20 au 24 janvier 2014 à Rabat

11
7 au 11 avril 2014 à Bruxelles

-Accord entre l'Union européenne et le Royaume du Maroc relatif aux mesures de


libéralisation réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés,
de poissons et de produits de la pêche

-Accord entre le Maroc et l’Union Européenne instituant un mécanisme de règlement


des différents

2.3 Le règlement des différends

Dans ses rapports avec les pays tiers, la Communauté a institué différents types de
procédures de règlement. Ainsi, l’Accord du 27 avril 1976 conclu entre la Communauté
européenne et le Maroc n’a pas échappé à la règle. En effet, cet accord a prévu des
procédures propres à régler les différends qui pourraient surgir éventuellement entre les deux
parties. De ce fait, tout différend relatif à l’interprétation ou à l’application de l’accord doit
trouver une solution dans les dispositions prévues à cet effet.
D’un point de vue juridique et compte tenu de la « mixité » de l’accord avec le Maroc,
les difficultés ne sont pas à exclure. En effet, deux solutions dans l’ordre juridique
communautaire peuvent être envisageables : -la première consisterait à considérer qu’aux fins
de la procédure de règlement et quelles que soient les dispositions de l’accord mis en cause,
la Communauté et les États membres forment un bloc. De toute façon, celle-ci et ceux-là
prendraient ensemble des décisions nécessaires à la mise en œuvre de la procédure et feraient
cause commune.

On peut admettre que ce type de procédure était impliqué par la disposition de


l’association avec la Grèce qui stipulait que pour « l’application de cette procédure
(l’arbitrage), la Communauté et les États membres sont considérés comme une seule partie au
différend »134.
- la seconde solution, plus complexe mais beaucoup plus fondée en droit, considéré que
suivant les cas, « c’est la Communauté ou un (ou plusieurs) États membres qui sont en cause,
laissant même ouverte la possibilité que la Communauté et un (ou plusieurs) États membres
puissent être mis en cause ensemble (Convention sur le droit de la mer par exemple) »135.
Devant cette situation, quelle est la solution envisagée par l’accord de coopération de 1976 ?
Dans le cas d’un différend résultant de l’interprétation de l’accord, il est prévu que celui-ci
soit soumis au Conseil de Coopération (article 52 de l’accord). Il s’agit là d’un mécanisme
que la pratique contemporaine tend à développer et qui est comme l’ont souligné les deux
auteurs (J. Groux et P. Manin), « en quelque sorte la « négociation institutionnalisée » au sein
d’un organe de gestion de l’accord international (comité mixte) »136. Ainsi, il est privilégié
le règlement des litiges par voie diplomatique mais dans le cas où le Conseil ne parvient pas à
trouver une solution au litige, chaque partie désigne un arbitre tout en le notifiant à l’autre
partie. Compte tenu de la mixité de l’accord, celui-ci a prévu dans ce même article 52 que «
la Communauté et les États membres sont considérés comme une seule partie au différend ».
Ainsi, l’organe de règlement est donc un tribunal à trois membres qui statue à la majorité. A
cet égard, les parties sont tenues de prendre les mesures adéquates pour assurer l’application
de la décision des arbitres.
S’agissant des différends qui surgissent à la suite de l’application de l’accord, il est prévu des
mécanismes souples et non contraignants qui laissent aux parties une certaine liberté de

12
négociation pour trouver une solution adéquate, sans que ce soit obligatoirement une solution
juridique. Ainsi, comme l’a fort justement souligné le professeur Vald Constantinesco, le
règlement des différends relatifs à l’exécution de l’accord « se caractérise par le jeu dans un
premier temps, de l’exception d’inexécution »137. En effet, comme le stipule l’article 51 de
l’accord « si une partie contractante estime que l’autre partie
contractante a manqué à une obligation de l’accord, elle peut prendre les mesures appropriées
». Mais « au préalable, elle doit fournir au Conseil de Coopération tous les éléments utiles
pour permettre un examen approfondi de la situation, en vue de rechercher une solution
acceptable pour les parties contractantes ». A cet effet, les parties sont tenues à ce que les
mesures prises doivent apporter le moins de perturbations possibles à l’exécution de l’accord.

Il résulte donc des dispositions de l’accord que celui-ci privilégie le règlement


pacifique des différends par le biais de procédures diplomatiques ou arbitrales. Mais, comme
l’accord est conclu pour une durée indéterminée, il a été nécessaire de prévoir une clause de
dénonciation (article 57 de l’accord). Celle-ci permettrait à chacune des parties de mettre fin
à l’accord conclu si elle le juge opportun. Il s’agit en fait d’une clause de sauvegarde
utilisable dans des cas extrêmes, dont chacun espère qu’elle ne sera jamais employée.

Quoi qu’il en soit du fondement juridique de l’accord de coopération de 1976,


question qui intéresse à priori les instances communautaires, ce qui importe évidemment plus
pour le Maroc, c’est la nature et surtout le contenu de cet accord.
Si telles sont les bases juridiques et institutionnelles qui fondent les relations du Maroc avec
la CEE, il faut s’interroger sur les principales dispositions contenues dans l’accord de 1976.

Chapitre II : LES ENJEUX ET LES DEFIS ZONE DE


LIBRE ECHANGE POUR MAROC ET L’UE

L’évolution des échanges entre le Maroc et l’Union


Européenne

L’UE est le partenaire privilégié du Maroc en termes d’échanges


commerciaux, d’investissements, de source de flux touristiques ou de transferts de nos
concitoyens résidants à l’étranger.

En effet, le Maroc, a choisi depuis son indépendance le marché européen comme


premier partenaire commercial, les échanges entre ces deux partenaires sont caractérisés par
une forte asymétrie qui se manifeste par la part prépondérante de l’Europe dans le commerce
marocain, par des échanges marqués par des complémentarités traditionnelles entre le Nord et
le Sud et un déficit commercial structurel.

Les relations commerciales entre le Maroc et l’UE constituent l’élément


essentiel de la coopération entre les deux parties puisque l’UE est le partenaire qui absorbe
une part relativement importante des exportations et des importations marocaines :
Exportations marocaines vers l’UE passant de 60 milliards de dirhams en 2000 à 97 milliards
de dirhams en 2011; et importations marocaines en provenance de l’UE progressant de 72
milliards de dirhams à 167 milliards de dirhams sur la même période (Graphique1).

13
GRAPHIQUE 1 :

On remarque une progression assez remarquable des échanges commerciaux entre


les deux parties et par l’évolution du commerce extérieur de marchandises entre le Maroc et
l’UE durant la période entre 1998 et 2011, malgré la chute qu’elles ont connu à partir du
milieu de l’année 2008 suite à la crise financière qu’a connu le monde pour reprendre à
progresser à partir du milieu de l’année 2009.

GRAPHIQUE 2 :

14
Le Graphique 2 présente la part de l’UE dans les échanges commerciaux du Maroc
entre 1998 et 2011. Une baisse de la part de l’UE dans les échanges extérieurs du Maroc,
corollaire d’une diversification progressive des débouchés extérieurs (de 75% en 2000 à 57%
en 2011) et des sources d’approvisionnement du Maroc (de 60% en 2000 à 47% en 2011).

GRAPHIQUE 3 :

Le graphique 3 représente, quant à lui, le solde des échanges de biens entre le


Maroc et l’union européenne (en milliards de DHs). Malgré leur dynamique, les échanges
commerciaux Maroc-UE sont marqués par un déficit chronique en défaveur du Maroc
(évolution du solde commercial avec l’UE de 13 milliards de dirhams en 2000 à 70 milliards
de dirhams en 2011).

 Malgré l’évolution marquante dans la composition des exportations marocaines, il


faut souligner que les échanges entre le Maroc et l’UE présentent les caractéristiques-type des
échanges de nature NORD/SUD puisque le commerce repose essentiellement sur les
importations, en provenance de l’UE, de biens d’équipement et de haute technologie et des
exportations vers ce même marché de produits de matières premières et des biens intensifs en
main d’œuvre et à faible valeur ajoutée.

 En résumé:

● Les exportations du Maroc vers l’UE ont évolué d’une manière rapide, et si l’on
compare avec l’ensemble des exportations marocaines, on constate que l’UE occupe une
place prépondérante dans le commerce extérieur marocain.
● Les importations marocaines en provenance de l’UE, elles, ont connu une mention
parallèle aux exportations.

Cela atteste que le Maroc est très dépendant de l’UE, et que cette dernière constitue
son principale partenaire.

15
Les défis et les enjeux d’une zone de libre échange pour Maroc

LES DÉFIS :

L’Accord d’association entre le Maroc et l’Union européenne (UE) a constitué le


socle de l’édifice d’un partenariat stratégique, menant à l’instauration d’une zone de libre-
échange (ZLE), permettant aux 28 pays de l’UE d’accéder au marché marocain, et
réciproquement, ouvrir les marchés européens qui comptent environ 500 millions de
consommateurs, aux sociétés exportatrices marocaines.

Néanmoins, cette ouverture engendre des risques et retombées néfastes sur l’économie
marocaine, si des préparatifs ne sont pas entrepris ;

Si le régime du libre-échange est viable pour les économies qui se trouvent au même
niveau de développement, il serait nuisible, voire suicidaire de l’instaurer entre une économie
vulnérable et fragile et une autre plus développée.

En effet, l’ouverture de l’économie marocaine aux entreprises européennes signifie


nécessairement l’acceptation de l’impératif de compétitivité comme seul facteur pour
améliorer le développement de la nation, aussi, une tendance à la baisse d’une recette fiscale
déterminante dans le budget général de l’Etat marocain constitue un vrai souci préoccupant
pour la recherche de substitutions, et aussi, qu’en est-il de la balance commerciale ;

La compétitivité des entreprises marocaines : le point de bascule

Le libre-échange, d’une part, s’est traduit fatalement par de multiples conséquences


fâcheuses sous forme de faillites en chaîne des entreprises nationales incapables de soutenir
la pression de concurrents plus aguerris et plus expérimentés, d’une autre part, l’entreprise
marocaine comparée à l’entreprise européenne, s’est trouvée incapable de produire dans les
mêmes conditions que ses partenaires européens plus développés, ce qui a généré des
licenciements et a augmenté le taux du chômage.

A cet égard, il convient de signaler que la pénétration des importations a non


seulement fragilisé les entreprises marocaines mais aussi, a affecté certains secteurs
vulnérables notamment les secteurs alimentaires et métalliques, en conséquence, leurs
industries a souffert particulièrement de l’ouverture, alors qu’en dépit de sa faible
compétitivité, le matériel d’équipement ou de bureau a été moins affecté du fait d’une forte
concurrence étrangère déjà existante dans le secteur.4

De plus, une étude faite par la banque mondiale a identifié les secteurs de céréales de
minoteries, de la viande, les produits laitiers et du sucre comme devant être parmi les plus

4
http://wikimemoires.net/2009/11/accord-de-cooperation-entre-maroc-union-europeenne-ue/

16
grands perdants du dé protection5. Sa dépendance alimentaire est croissante et est devenue
alarmante.

Les recettes de l’Etat : une perte colossale

Pour le financement de son budget, le Maroc reste tributaire des ressources d’origine
douanière et ce malgré, la portée de la fiscalité directe et indirecte et la tendance à la dé-
protection en vigueur depuis 19856.

Ainsi, si on rappelle que les recettes douanières représentent 20% des recettes fiscales
et plus de 30% en prenant en compte l’ensemble des taxations des importations (TVA), les
pertes annuelles se sont s’élevées à plus de 1MMDH, voire 20% des recettes budgétaires,
l’ampleur de l’enjeu financier apparaît clairement.

L’instauration de la ZLE sera à l’origine d’un manque à gagner important pour le


trésor national ce qui obligera les pouvoir à rechercher des ressources budgétaires de
substitution et/ou à réduire leurs dépenses.

Accentuation de la dépendance

Les importations dans le cadre des accords de libre-échange avec l’Union européenne
sont dominées par trois groupes de produits : 33% pour les demi-produits (produits
chimiques, matières plastiques, et cartons), 25% pour les produits finis d’équipement
industriel (les voitures industrielles, machines et appareils divers) et 22% pour les produits
finis de consommation (les voitures de tourisme, tissus et fils de fibres pour le troisième)7.

Pour les exportations, on trouve les produits finis de consommation (voitures de


tourisme, vêtements et bonneterie) représentant 31%, les produits agricoles et de la mer
(crustacées, poissons et tomates fraiches) 29%, et les demi-produits (phosphates) 20%.

Le processus de production de notre pays est très dépendant des intrants industriels et
technologiques importés qui constituent près de la moitié (46,7%) de ses consommations
intermédiaires8.

Il en résulte une faible valeur ajoutée à l’exportation, notamment pour les activités de
sous-traitance. Les réexportations sous forme d’admission temporaire pour perfectionnement
actif sans paiement9 (ATPA SP) sans grande valeur ajoutée constituent 17% de la valeur
totale des exportations en 2013.

5
http://attacmaroc.org/fr/2018/01/28/les-impacts-des-accords-de-libre-echange-conclus-par-le-maroc-
accentuation-de-la-dependance-et-pillage-des-ressources/
6
1ibid
7
2ibid
8 Les importations couvrent 33,6% en moyenne des besoins en intrants du marché intérieur durant la période 2006-2011 contre 27,6% sur la période 2000-2005. CESE.
9 Le régime d’admission temporaire pour perfectionnement actif permet aux entreprises établies sur le territoire national d’importer en suspension des droits et taxes,
des marchandises destinées à être réexportées après ouvraison, transformation, complément de main-d’œuvre ou réparation. http://www.douane.gov.ma/

17
A côté de la facture énergétique qui est très lourde (plus du quart de la valeur total des
importations), le solde de la balance des produits finis d’équipement constitue le quart du
déficit global, et celui de la balance des demi-produits presque le cinquième.

Pour la balance alimentaire, la valeur des exportations des trois principaux produits
agricoles, tomate fraiches agrumes et légumes, ne couvrent pas celle des importations du blé
tout seul.

Tableau 3. Balance agricole

Alors que la situation économique des principaux partenaires du Maroc n’est pas
toujours au beau fixe, les exportations marocaines continuent toutefois d’augmenter de 20
milliards de dirhams chaque année, pour la troisième année consécutive. Il s’agit d’une
croissance soutenue et régulière du commerce extérieur marocain, malgré le ralentissement
de la croissance mondiale10 .

Cela s’est traduit par la hausse des exportations vers l’Europe dans le cadre de la
répartition des exportations préférentielles en 2014 pour enregistrer un total d’export vers
l’Union Européenne de près de 48,7 milliards de dirhams, soit près de 83,2% du total des
exportations préférentielles11.

Répartition des exportations préférentielles en 2014 (%)

10
http://www.cfcim.org/magazine/49674
11 http://www.cnce.org.ma/sites/default/files/REC%2020-10-2016.pdf

18
Accord Turquie
d'Agadir AELE
6% 2%
2%
Etats- Unis
7%

L'Union
Europée nne
83%

Ainsi, il a enregistré une hausse significative de l’ordre de 23,1% en 2014. Ces


exportations sont principalement constituées des produits finis de consommation, produits
d’alimentation, boissons et tabac et les demi produits, avec des parts respectives de 40,7%,
24,3% et 18%.

Elles sont concentrées au niveau de quatre pays qui constituent 59,3% du total des
exportations préférentielles en provenance de cette zone à savoir, la France (29,6%),
l’Espagne (17,3%), l’Italie (6,6%) et l’Allemagne (5,8%). S’agissant des principaux produits
exportés vers l’Union Européenne, les voitures de tourisme occupe le premier rang, avec une
part de 30,2% du total des exportations préférentielles de cette zone, suivis des engrais
naturels et chimiques (7,4%), de l’acide phosphorique (7,1%) et des crustacés, mollusques et
coquillages (5,8%). Les expéditions des tomates fraiches et des préparations et conserves de
poissons et crustacés, constituent quant à elles, les parts respectives de 4,1% et 3,6% du total
des ventes de ces produits auprès de l’Union Européenne dans le cadre préférentiel en 2014.

LES ENJEUX :

La nouvelle ZLE s’insère dans le cadre d’une vision géopolitique : la fondation d’un
espace de paix et de prospérité, partagé entre l’UE et les pays du sud de la Méditerranée.
C’était en effet l’un des objectifs du processus de Barcelone lancé en novembre 199512.

Les entreprises marocaines peuvent accéder, sur un pied d’égalité, au marché


communautaire. Cette franchise de droits ne court toutefois que pour les produits industriels.

Face aux enjeux que porte la ZLE pour le Maroc, le Gouvernement marocain a lancé
plusieurs réformes et chantiers, dont les objectifs assignés consistent d’une part à la mise à

12
http://eeas.europa.eu/archives/delegations/morocco/eu_morocco/trade_relations/index_fr.htm

19
niveau et au développement des capacités des entreprises nationales exportatrices, et d’autre
part, mettre en place des garde-fous, à même d’amortir les chocs éventuels de l’ouverture.

Il en est ainsi, à titre d’exemple, de l’adoption de la loi sur la défense commerciale, de


la refonte du Code du travail, la mise en place de l’Assurance maladie obligatoire (AMO).
Parallèlement, un effort de réaménagement institutionnel a été mené.

On cite à titre d’exemple la création de l’Observatoire du commerce extérieur. Les


autorités publiques ont ainsi accompagné l’instauration de la ZLE d’une panoplie de mesures
sociales, et ce, dans une perspective intégrée, où les champs, économique, social et politique
vont de pair.

La ZLE que le Maroc a mis en place avec l’Europe a été une première étape avant
d’aboutir à l’Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). Et cet accord n’est
lui-même qu’une phase intermédiaire devant conduire, à long terme, à la mise en place d’un
Espace économique commun (EEC).

Au fond, l’idée est de permettre aux entreprises marocaines d’adhérer au marché


intérieur européen. L’enjeu est donc de taille. Pour ce faire, les entreprises exportatrices
marocaines doivent répondre à des normes techniques, sanitaires et phytosanitaires
rigoureuses, avant d’espérer bénéficier des quatre libertés fondant le marché intérieur de
l’UE : libre-circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes. Parmi les
réalisations s’inscrivant dans ce sens, notons la création en 2009 de l’office national de
sécurité sanitaire des produits alimentaires13.
La ZLE établie entre le Maroc et l’UE, tout en amenant de nouveaux défis aux
secteurs productifs marocains, a offert d’énormes opportunités aux entreprises d’exportation,
notamment dans le domaine du textile, de l’agro-industrie... En ce sens, elle conforte certains
plans sectoriels comme le Plan Emergence, le Plan Maroc Vert, ou encore le Plan Maroc
Export Plus. Toutefois, des restrictions ou des limitations continueront de frapper certains
produits importés, comme par exemple les voitures d’occasion. De même, les produits
importés de l’UE resteront assujettis à la TVA (environ 20%) et à la taxe parafiscale à
l’importation.

Une nouvelle étape s’ouvre donc dans les relations commerciales entre le Maroc et
l’UE. Afin de tirer profit des nouvelles opportunités nées de la nouvelle ZLE, les entreprises
exportatrices marocaines devront améliorer sensiblement leur compétitivité. A l’heure
actuelle, les autorités marocaines encouragent les entreprises d’exportation à se regrouper
dans le cadre de consortiums d’exportation. En outre, les entreprises marocaines gagneront à
agir de concert avec des opérateurs relevant de la zone de libre-échange envisagée dans le
cadre de l’Accord d’Agadir. En effet, cet accord admet le cumul diagonal de l’origine dans
l’optique des échanges euro-méditerranéens, ce qui est de nature à renforcer l’intégration sud-
sud.

L’entrée en vigueur de la ZLE euro-marocaine fait partie d’une stratégie globale de


diversification des partenaires commerciaux du Maroc. Elle conforte par ailleurs les multiples
stratégies de développement sectoriel mises en route, et ouvre le marché économique à une

13
https://fr.wikipedia.org/wiki/Office_national_de_sécurité_sanitaire_des_produits_alimentaires

20
multitude d’acteurs nouveaux, transcendant le principe de libre concurrence au niveau
national, pour l’étendre à la zone maroco-européenne.

Il est à préciser que l’accord de libre-échange a ouvert beaucoup d’opportunités


réelles aux exportations marocaines sur le marché européen et a pu avoir des retombées plus
générales pour le pays.

En effet, l’ouverture constitue une opportunité indéniable pour la rentabilité des


entreprises exportatrices qui bénéficient d’une baisse des droits sur les intrants et sur les biens
d’équipement : cet avantage est d’autant plus important que les entreprises marocaines
importent une part non négligeable de ceux-ci, de surcroît principalement de l’Europe. Mieux
encore, en permettant aux entreprises nationales de travailler pour un marché plus vaste,
l’ALE leurs ouvre la possibilité d’exploiter des « Economies d’échelle » appréciables que
n’autoriserait pas l’étroitesse du marché intérieur.

Ainsi, l’entreprise marocaine dispose de plusieurs atouts, qui résident dans les
avantages compétitifs que représentent la main d’œuvre bon marché, la disponibilité de
certaines ressources naturelles, agricoles en particulier, et la proximité géographique du
marché européen.

La réussite de l’accord de libre-échange consiste dans l’amélioration de


l’environnement de l’entreprise et l’attraction des investissements étrangers. En effet, le taux
de croissance des investissements étrangers a grimpé et la nouvelle situation a attiré les
capitaux extérieurs du fait de la libéralisation des échanges et de la garantie que constitue un
engagement contractuel.

Le Maroc a enregistré un montant record de 33.5 milliards de dirhams d’attraction


d’investissements directs étrangers (IDE) en 2018, et ce, malgré un contexte international et
régional défavorable.

De grands groupes ont choisi la destination Maroc pour ses opportunités de croissance
et de développement : après Renault, Bombardier ou encore Safran, il s’agit notamment des
majors mondiaux suivants : Eaton, Aerolia, Alcoa, Shandong, PSA Peugeot Citröen. Ces
implantations attestent de la confiance placée dans la destination Maroc par des groupes de
renommée mondiale et réaffirment le positionnement du Royaume en tant que plateforme de
production et d’échanges14.

ALECA : FORTES ATTENTES DES OPERATEURS FACE AU DEFI DE


COMPETITIVITE

Au courant de l’année 2014, le Centre Marocain de Conjoncture a réalisé une enquête


auprès d’un échantillon représentatif des chefs d’entreprises marocains sur les relations
Maroc-Union Européenne. Cette enquête intervient 15 ans après l’entrée en vigueur de
l’Accord d’Association. L’objectif de cette enquête a été de recueillir les avis des opérateurs
sur les choix de la politique d’ouverture préconisée par le Maroc ainsi que leur appréciation
quant aux efforts consentis sur la voie de la convergence vers les acquis communautaires.

14
http://www.mcinet.gov.ma/content/performances

21
Ce sondage d’opinion vise également à prendre la mesure des attentes des opérateurs
face au défi de compétitivité dans la perspective du nouvel Accord de Libre-Echange
Complet et Approfondi (ALECA). Les résultats de ce sondage ont révélé que 74,4% des
opérateurs enquêtés apprécient l’ouverture de l’économie nationale sur son environnement,
16,3% considèrent cette ouverture comme négative et seulement 9,3% la trouvent sans effets.
L’impact de l’ouverture sur l’activité économique est ainsi considéré, globalement, comme
positif par la grande majorité des chefs d’entreprises: Une appréciation favorable15.

2. Perspectives tracées par l’accord d’association Maroc/UE :

A l’occasion du Conseil d’Association UE-Maroc du 23 juillet 2007, le Maroc et


l’Union européenne ont décidé de lancer un processus de réflexion conjoint visant à renforcer
les relations bilatérales16.

A cet effet, un groupe de travail ad-hoc a été établi. Il a tenu des réunions les 16 mai,
18 juillet et 17 septembre 2008. A l’occasion de la première réunion, le Maroc a présenté une
série de propositions concrètes visant à donner corps au ‘Statut Avancé’ auquel il aspire dans
ses relations avec l’Union européenne. De son côté, l’Union européenne a également élaboré
un certain nombre de propositions allant dans le sens de la concrétisation de cette ambition.
Le groupe de travail considère que le partenariat Maroc-Union européenne, initié dans le
cadre de l’accord d’association et de la politique européenne de voisinage, a permis un
renforcement des relations politiques, économiques et commerciales ainsi qu’un
développement soutenu des échanges culturels et humains.

Ce partenariat traite désormais également des domaines stratégiques liés à la sécurité


collective, à la coopération régionale, à la résolution des conflits, à la bonne gouvernance, à
la lutte contre le terrorisme, à la régulation des flux migratoires, à la promotion des droits de
l’homme et à la coopération en matière d’emploi et affaires sociales. Il s’étend à de nouveaux
domaines tels que la coopération énergétique, la recherche et l’innovation, l’environnement et
le développement durable.

Concernant la dimension économique, financière et sociale, les deux parties affirment


leur volonté que le Statut Avancé, dans sa dimension économique et financière, devrait
permettre, à terme, la mise en place d’un espace économique commun, entre l’UE et le
Maroc, caractérisé par une intégration poussée de l’économie marocaine à celle de l’UE et
s’inspirant des normes qui régissent l’Espace Economique Européen.

Les deux parties confirment que cet objectif passe par la mise en œuvre d'actions
conjointes dans quatre axes complémentaires : (a) Rapprochement du cadre législatif du
Maroc à l’acquis communautaire, (b) Conclusion d'un Accord de Libre Echange Global et
Approfondi, (c) Coopération économique et sociale et (d) Adhésion du Maroc aux réseaux
transeuropéens et coopération sectorielle.

a. Rapprochement du cadre législatif du Maroc à l’acquis communautaire

15
https://www.portailsudmaroc.com/documents/311214_183243-accord-de-libre-echange-aleca.pdf
16
Document conjoint UE-Maroc sur le renforcement des relations bilatérales

22
L’intégration du Maroc au marché intérieur de l’Union européenne constitue un
objectif ambitieux qui doit être atteint à travers un processus graduel et séquencé, basé sur la
reprise progressive de l’acquis communautaire de l’UE. Elle contribuera à stimuler les
réformes structurelles, développer la croissance économique au Maroc et en même temps à
réduire la pauvreté et développer l’emploi et la cohésion sociale.

b. Conclusion d’un Accord de libre-échange approfondi et global

Conformément aux recommandations de la feuille de route Euromed et aux objectifs


du document conjoint sur le Statut avancé les deux parties œuvreront d’abord pour la
conclusion d’un Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA) et à terme pour
l’édification d’un espace économique commun.

L’Accord de Libre-échange Approfondi (ALEA) qui doit permettre à terme


d’instaurer la libre circulation des marchandises (mesures tarifaires et non tarifaires), des
services, des capitaux et de la présence temporaire des personnes physiques à des fins
professionnelles.

D'un point de vue opérationnel, l’ALEA pourrait être concrétisé par l’ensemble des
mesures suivantes, qui forment un ensemble indivisible et cohérent, dans les secteurs
suivants:

1. Accès aux marchés publics.

2. Facilitation de l’accès au marché pour les produits industriels – harmonisation de la


législation et des normes marocaines.

3. Mouvements de capitaux et paiements.

4. Mesures sanitaires et phytosanitaires.

5. Droits de la propriété intellectuelle et industrielle.

6. Politique de concurrence

7. Protection du consommateur

8. Douane et facilitation du commerce.

9. Commerce et développement durable, notamment les aspects sociaux et


environnementaux, y inclus la bonne gouvernance des pêches.

10. Mécanisme d’alerte ou de consultation rapide en matière de mesures ayant un


impact sur le commerce et l’investissement.

23
c. Coopération économique et sociale17

ƒ Investissement:

Etant donné l’importance de cette dimension dans le processus de développement du


Maroc, et dans l’accès des entreprises européennes au marché marocain, il est suggéré
d’organiser un "Forum économique Maroc –UE". ƒ

Etablir un groupe de travail UE-Maroc composé de représentants des associations


patronales et d’entrepreneurs européens et marocains. Ce groupe ferait rapport régulièrement
au Conseil d’association concernant les obstacles au commerce et à l’investissement. Des
représentants des organisations représentatives des syndicats de salariés pourraient être
associés à ce travail. ƒ

C’est ainsi que le renforcement de l’agence marocaine de développement des


investissements comme point focal pour les investissements étrangers est inévitable.

Industrie:

Un renforcement de la coopération en vue de soutenir la politique de recherche et


d’innovation industrielle du Maroc, notamment par la mise en place, la promotion et le
soutien des clusters et pôles d’innovation. ƒ

Politique d’entreprise:

Développer la coopération entre le Maroc et le réseau de soutien aux petites et


moyennes entreprises en Europe (Enterprise Europe Network) et ce, notamment, à travers
l’appui du Maroc PME18 en sa qualité de point focal national vis-à-vis de ce réseau de soutien
aux PME en Europe. Et aussi améliorer l’environnement et les conditions pour le
développement d’entreprises compétitives et la promotion de l’investissement.

Normalisation et réglementation technique:

Les deux parties confirment leur intérêt pour la conclusion d’un accord de
reconnaissance mutuelle des procédures d'évaluation de la conformité (ACAA). Le Maroc
doit poursuivre l'alignement de la législation horizontale et sectorielle ainsi que la mise à
niveau des infrastructures. Une fois la législation horizontale alignée, les organismes
marocains de normalisation, d’accréditation et de métrologie pourront participer aux travaux
des organismes européens, avec le statut prévu par ces organismes pour les pays de la
politique de voisinage.

Propriété industrielle :

17
Plan d’action Maroc pour la mise en œuvre du statut avancé 2012-2016.
18
Nouvelle appellation de l’agence nationale pour la promotion de la PM. ANPME.

24
Soutien au développement des capacités de l'OMPIC dans la délivrance de brevets
nationaux et exploration de la possibilité pour le Maroc de signer un accord de validation
avec l'Office européen des brevets, ce qui va renforcer les capacités d'attractivité du capital-
recherche.

Agriculture :

Le groupe de travail considère que la modernisation du secteur agricole, qui emploie


plus de 40% de la population active marocaine et qui est soumis à des contraintes majeures,
est un enjeu important pour la réussite du développement économique et social du Maroc et
de son intégration au marché unique européen, à travers :

*La modernisation et renforcement des capacités dans le secteur agricole dans le cadre
de la libéralisation des échanges et en cohérence avec les perspectives du Plan Maroc Vert
(PMV).

*Réglementation et normalisation de la conformité non sanitaire et codes de bonne


pratique des produits agricoles et de la Pêche

* Facilitation du commerce par l’élimination des barrières non tarifaires existantes


pour les produits agricoles et de la Pêche.

Pêche

* Poursuite du partenariat dans le secteur de la pêche et des industries de la pêche


entre opérateurs communautaires et marocains à travers l’ouverture de nouvelles opportunités
d’investissements, notamment les pôles de compétitivité régionaux et les zones franches
d’exportation dédiées à la valorisation des produits de la mer.

*Poursuite et renforcement de la coopération et échange d’informations et


d’expertises sur les normes réglementaires relatives au commerce des produits de la pêche
notamment sur « le Paquet Hygiène19 » fixant les exigences relatives à l’hygiène des denrées
alimentaires et des denrées animales.

*Assurer la mise en œuvre d'un cadre de gouvernance de la pêche en cohérence avec


le contenu et les objectifs de la Stratégie Halieutis20 et avec la politique commune de pêche

19 Ensemble de textes réglementaires, appelé « Paquet hygiène », concerne l’ensemble de la filière agroalimentaire depuis
la production primaire, animale et végétale jusqu’au consommateur en passant par l’industrie agroalimentaire, les métiers
de bouche, le transport et la distribution (« de la fourche à la fourchette »). Son objectif est d'harmoniser le niveau de
sécurité sanitaire en impliquant l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, soumis ainsi aux mêmes exigences, en
officialisant la responsabilité des professionnels et en optimisant les contrôles des autorités sanitaires.
20Elaborée conformément aux orientations stratégiques de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, elle vise la mise à niveau et la
modernisation des différents segments du secteur de la pêche ainsi que l'amélioration de sa compétitivité et de sa
performance. C’est une stratégie renouvelée de développement et de compétitivité du secteur. Elle ambitionne de
valoriser de façon durable l’abondante ressource halieutique marocaine et de tripler le PIB du secteur d’ici 2020 pour en
faire un moteur de croissance pour l’économie nationale. Elle vise ainsi à porter le nombre des emplois directs à 115.000

25
en matière de conservation et d’exploitation durable des ressources halieutiques et de
domaines d’intérêt partagés.

Etablissement :

Facilitation de l'établissement et amélioration de l'environnement des affaires en


s’attelant plus particulièrement à la réforme du système judiciaire par une harmonisation du
droit des sociétés afin d’assurer une protection de toutes les parties et faciliter les activités des
entreprises, et à la simplification des procédures et à la réduction des lourdeurs
bureaucratiques. Ainsi que par la mise en place de mesures permettant d’assurer la création
d’entreprises ‘en ligne’.

Sauf qu’il demeure clair que l’UE est, pour l’essentiel, une construction servant les
intérêts des multi-coloniales et non des peuples. En conséquence, il serait illusoire de croire
en la possibilité de relations équitables entre l’UE et les pays du sud en l’état actuel des
choses.

Le réseau international des activistes, dans le cadre du comité pour l’abolition de la


dette illégitime préconise que ce n’est que par la lutte des peuples de l’UE pour une Europe à
leur service et des peuples du sud pour la libération nationale et la démocratie que les
conditions de relations équitables seront réunies.

Dans ce cadre, les mouvements de gauche doivent se ressaisir et s’unir pour accentuer
le combat vers un monde de justice et de dignité humaine. Ce combat pourrait s’articuler
autour des axes suivants21 :

Exiger la tenue d’un débat public national et démocratique au sujet des objectifs et des
répercussions de tout accord, une totale transparence des négociations et une procédure
démocratique pour décider de la validation ou du rejet de tout accord.

Remettre l’être humain et l’universalité des Droits de l’Homme au cœur des échanges
sociaux et bilatéraux entre États en faisant de la solidarité internationale notre grande devise.
Dans ce cadre, renforcer les mouvements de la société civile qui se battent pour les droits
humains, l’environnement, le développement, le féminisme… ;

Soutenir la lutte du peuple marocain pour la démocratie, la souveraineté nationale et


les droits et acquis sociaux ;

Soutenir le droit à l’autodétermination des peuples ;

contre 61.650 actuellement et à augmenter la valeur des exportations des produits de la mer à plus de 3,1 milliards de
dollars.
21
Abdellah Elharif, Accords de libre-échange Maroc-Union européenne : conséquences et perspectives,
13/07/2018 http://www.cadtm.org

26
S’inspirer des blocs régionaux qui permettent aux peuples de mieux se protéger tel
que l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques) en Amérique Latine ;

Encourager les initiatives visant à développer le commerce équitable, en développant


les circuits locaux d’échange de produits agricoles faisant vivre les produits dits de terroir,
élargir les champs de l’économie sociale, les systèmes d’échange locaux ou les réseaux de
troc pour remettre en cause le système commercial mondial ;

Et enfin, côté migratoire le « travailler et vivre ensemble » était longtemps confondu


avec un droit à la différence dénué de toute adhésion à l’espace commun ; ce qui s’entend
souvent en établissant des frontières internes favorisant le communautarisme. Notre avenir
commun est dans l’égalité des droits, le combat pour une société juste qui retrouve ses
valeurs de laïcité et de terre d’accueil. Il est à notre portée de démolir ses murs de peur et de
stéréotypes érigés par le capitalisme vers un monde de justice, de démocratie, de paix et de
fraternité.

27
CONCLUSION

Au regard des faibles performances de l’économie marocaine, et en particulier le


secteur d’exportation, il est aujourd’hui urgent que le gouvernement marocain se penche sur
l’impact de l’accord de libre-échange complet et approfondi sur notre compétitivité
commerciale. On attend de cet accord une amélioration de l’environnement de l’appareil
productif marocain, une plus forte attraction sur les IDE, une incitation pour les producteurs
locaux à améliorer leur productivité, soigner la qualité de leurs produits et accéder à une
compétitivité forte, Autrement-dit, une stratégie de mise à niveau soutenue et repoussée de la
part de l’Etat.

Le Maroc doit mettre à profit les opportunités qu’il offre en matière de délocalisation,
et récemment on vient de discuter une nouvelle approche, celle de co-localisation, mais
surtout renforcer son attractivité à travers la définition de nouvelles offres industrielles basées
sur des secteurs structurants à fort potentiel (offshoring, automobile, aéronautique,
électronique, etc.).

De plus, il convient de se pencher sur la cohérence globale de l’offre marocaine en


termes de règles d’origine notamment, puis prendre les mesures d’ajustement qui s’imposent
le cas échéant.

L’ALECA doit servir à accélérer la compétitivité industrielle du Maroc. Il faut donc


que l’offre productive marocaine soit de nature à lui permettre de gagner des parts de
marché. C’est à cette condition seulement qu’on pourrait tirer profit de cet accord. Le
cas échéant, le Maroc servira comme une plateforme commerciale pour des pays
dont la compétitivité et le potentiel à l’export sont plus forts que ceux du Maroc.

L’ouverture progressive de l’économie marocaine, qui suppose au terme de la


transition prévue, l’accueil des importations européennes sans aucune restriction mise sur les
apports en capitaux, en technologies, en expériences et en savoir-faire, et en débouchés par
les partenaires européens au Maroc, qui doivent être un véritable levier du changement dans
les structures de l’économie marocaine, l’attraction des investissements étrangers aujourd’hui
est d’autant plus perceptible que le Maroc s’est déjà engagé dans les réformes profondes dont
l’effet est d’inciter le capital étranger à s’investir au Maroc à travers :

-Libéralisation commerciale et démantèlement progressif du système de protection.


-Réformes fiscales et homogénéisation de la fiscalité.
-Créations des instruments nécessaires au développement du marché financier.
-Accélération et extension du champ des privatisations des entreprises publiques.
Reste donc que les délocalisations vers le Maroc soient orientées vers les créneaux pour
lesquels le Maroc est absent notamment informatiques, électroniques ou électroménagers afin
d’assurer une diversification du tissu industriel marocain.

En fin, sur un plan strictement politique, un ALE fixerait définitivement, une nouvelle
ère de coopération entre les deux parties qui mettrait fin, ou du moins atténuerait, les
compagnes déstabilisatrices orchestrées par certains milieux européens contre notre pays.

28
Bibliographie

*Rapports des organisations internationales :

 Plan d’action Maroc pour la mise en œuvre du statut avancé 2012-


2016.

 Plan d’action Maroc pour la mise en œuvre du statut avancé 2012-


2016.

 Document conjoint UE-Maroc sur le renforcement des relations


bilatérales

*Webographie :

 http://www.douane.gov.ma

 http://www.cadtm.org Abdellah Elharif, Accords de libre-échange


Maroc-Union européenne : conséquences et perspectives

 http://www.douane.gov.ma

 http://wikimemoires.net/2009/11/accord-de-cooperation-entre-
maroc-union-europeenne-ue/

 http://attacmaroc.org/fr/2018/01/28/les-impacts-des-accords-de-
libre-echange-conclus-par-le-maroc-accentuation-de-la-dependance-et-pillage-des-
ressources/

 http://www.cfcim.org/magazine/49674

 http://eeas.europa.eu/archives/delegations/morocco/eu_morocco/trade_
relations/index_fr.htm

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Office_national_de_sécurité_sanitaire_d
es_produits_alimentaires

29